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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<pubDate>Sat, 01 Mar 2025 13:10:09 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Les Européens après le passage à tabac de Washington : « ça fait tout drôle d’être à poil »]]></title>
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<p><a href="https://i0.wp.com/www.vududroit.com/wp-content/uploads/2025/03/Gk5dMrWXQAA2ETw.jpeg?ssl=1"></a></p>
<p>Au-delà de la schadenfreude qu’il a procuré à ceux qui essaient de résister depuis trois ans à l’inepte propagande russophobe et aux conséquences de l’aveuglement des élites à la réalité du monde, le traquenard tendu à Zelensky dans le bureau ovale appelle quelques observations.</p><p>Tout d’abord évidemment l’insondable sottise suffisante de ceux qui nous gouvernent en Europe incapables non seulement de prévoir mais d’imaginer que l’entretien entre Donald Trump et le président ukrainien ne puisse pas bien se passer. Certains allant même jusqu’à dire : « la rencontre entre Zelensky et Trump à Washington est une très grande victoire de l’effort diplomatique franco-britannico-ukrainien. Ce n’était pas facile mais Zelensky l’a fait : Trump le rencontre avant Poutine ». Après le bain de sang du bureau ovale on est contraint de se demander une nouvelle fois : mais qui sont ces gens ? Qui sont ces dirigeants, ces ministres, ces parlementaires ces élus, ces journalistes, ces intellectuels ? Sur quelle planète habitent-ils ? Dans quelle cave sont-ils enfermés ? On savait déjà que tous ces gens aux compétences approximatives (coucou Jean-Noël Barrot) considèrent qu’il était tout à fait inutile d’écouter Vladimir Poutine (vous savez celui qui a 42 cancers et qui boit du sang de bois de cerf pour se soigner) et les dirigeants russes (qui ne sont rien que des moujiks jamais sortis de la période stalinienne). Eh bien, ces indécrottables ignares considéraient également qu’il n’était pas nécessaire d’écouter Donald Trump. Ce qu’il faut c’est l’insulter parce que si on l’écoute pour essayer de comprendre ce qu’il veut pour son pays, on ne va pas s’en sortir. D’ailleurs, on ne va pas non plus écouter son vice-président, juste sortir Bernard Guetta de son EHPAD pour lui vomir dessus sur toutes les chaînes. Et parce que nous on est super fort on va refoutre en taule le roumain dont il avait pris la défense à Munich. Façon pour von der Leyen de lui rappeler qui c’est Raoul. Non mais !</p><p>Donc on a dit à Zelensky : « t’inquiète, Macron et Starmer ont tout expliqué à Trump. Tu vas voir, il va te filer tout le pognon et toutes les armes que tu veux. Tu vas pouvoir continuer à rafler les gens dans la rue pour les envoyer se faire massacrer sur le front ». Macron nous avait prévenu sur Tik-tok (!!!).</p><p>Alors Zelensky il a bien écouté, s’est déguisé comme d’habitude, avec son pyjama habituel de « gobelin vert » ridicule. Trump l’a accueilli en lui disant « tu t’es mis sur ton 31 aujourd’hui ». Cette entrée en matière aurait dû alerter Zelensky, mais armé de sa condescendante arrogance habituelle, il a pris ensuite Trump et Vance à l’envers. Mauvaise pioche. Mauvaise pioche parce que c’était leur faire un royal cadeau à ces deux là qui n’attendaient que ça pour lui en mettre plein la tronche. Parce qu’il ne faut pas s’imaginer que ce qui s’est transformé en « incendie de benne à ordures » était improvisé. Les Européens ont envoyé Zelensky dans un piège (mortel ?) dans lequel il est tombé à pieds joints.</p><p>Macron, Starmer, VDL, Kalas, et autres sont des bricolos politiques, des amateurs. Comment ont-ils pu oublier que pendant quatre ans, ils ont toujours soutenu Biden et les démocrates dans leur combat à mort contre Trump ? Ne pas se rappeler qu’ils ont pris parti pour Kamala Harris pendant la campagne électorale, pendant que leurs médias insultaient Trump tous les jours. Le traitant désormais d’espion russe (!!!). Et puis surtout ils font la démonstration qu’ils ne comprennent rien à ce qui se passe. Donald Trump, cette fois-ci entouré d’une équipe très solide, s’est préparé depuis quatre ans. Et que lui a compris le bouleversement du monde et la nécessité de parer les dangers, financiers, économiques, sociaux, et militaires que les États-Unis y courent. Comme son secrétaire d’État Marco Rubio l’a affirmé, il a donc un projet stratégique qu’il entend mettre en œuvre à marche forcée. Sa priorité est la réforme interne qu’il mène au pas de charge, et sur le plan extérieur, il doit d’abord se débarrasser des boulets. Et comme l’a dit Emmanuel Todd avant son élection : « le premier job de Donald Trump sera celui de gérer la défaite de l’Occident en Ukraine ». Nous y sommes. Ce renversement stratégique est-il le bon pour les USA ? Il est plus facile de raconter l’Histoire quand on connaît la fin. Et même si cette Histoire s’accélère, là nous n’en sommes qu’au début.</p><p>Tout ceci était lisible, prévisible, et écrit. Comment les dirigeants européens ont-ils pu se dispenser de faire l’analyse de la victoire politique de Trump et du trumpisme en novembre dernier ?</p><p>Trump a dit avant de repartir en Floride : « Soit nous mettons fin à la guerre, soit nous les laissons se battre et nous verrons ce qui se passe. »</p><p>Finalement, après la schadenfreude, ça fait tout drôle d’être à poil.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1055/les-raisons-de-la-colere-de-trump</guid>
	<pubDate>Sat, 01 Mar 2025 08:16:33 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1055/les-raisons-de-la-colere-de-trump</link>
	<title><![CDATA[Les raisons de la colère de Trump.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Trump son collistier Vance et tous ceux destinés à occuper des postes dans le gouvernement ont la même évaluation sur les menaces militaires qui pèsent sur les USA. <br />1) La première est la Chine et ils n'ont pas arrété durant la campagne de critiquer Biden  qui en soutenant la guerre en Ukraine, a renforcé cette menace en poussant la Russie dans les bras de la Chine. Leur conclusion est qu'il faut arreter la gerre d'Ukraine , donner à Poutine les 4 oblats annexés et le détacher de la Chine par exemple en l'attirant dans une exploitation commune de l'Arctique.</p>

<p>2) la seconde est l'islam radical que Vance et Pete Hegseth, Tulsi Gabbard l'ont rencontré dans leur déploiement en Afghanistan et en Irak. La conclusion est un soutien inconditionnel à Israel qui est la sentinelle avancée dans ce combat.</p>

<p>Le clown Zelensky et le gamin réveur et inculte en géopolitique Macron n'ont pas compris que résister ne servirait à rien. </p>

<p>Pour l'Ukraine et  garantir un prochain cessez le feu, Trump ne veut pas envoyer de troupes mais ce que Zelensky n'a pas compris c'est qu'un accord sur les terres rares qui entrainerait les entreprises américaines à investir des centaines de milliards de dollars en Ukraine est une garantie bien plus forte que les quelques milliers de soldats européens. </p>

<p>D'où les paroles et la colère de TRUMP.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 01 Mar 2025 08:08:18 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1054/est-ce-macron-qui-a-conseille-a-zelensky-de-resister-a-trump</link>
	<title><![CDATA[Est-ce Macron qui a conseillé à Zelensky de résister à Trump ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Est-ce Macron qui a conseillé à Zelensky de résister à Trump, lui qui n'a cessé de dire qu'il fallait tenir tête à Trump ? En tous cas l'attitude et les paroles de Zelensky dans le bureau ovale étaient suicidaires.</p>

<p>Quelle erreur de ne pas avoir compris que :<br />1) l'Ukraine n'était qu'un pion dans la stratégie des démocrates pour lesquels l'alliance économique de l'UE et de la Russie était la menace principale comme le professait Zbigniew Brzeziński dans le grand échiquier des nations publié en 1997 en France!<br />2) pour Trump, comme il n'a cessé de le proclamer durant la campagne présidentielle, c'est la Chine qui est la menace principale! Et avoir poussé la Russie et ses immenses ressources énergétiques et minérales dans le camp chinois au lieu de l'arrimer à l'Occident était une faute stratégique. Et, considérés depuis Washington,  les 4 oblats et la Crimée annexés par Poutine ne sont qu'un faible prix à payer pour  détacher la Russie de la Chine.<br />3) l'accord sur les terres rares que Zelensky n'a pas voulu signer aurait entrainé après le cessez-le-feu de gigantesques investissements américains et ils auraient été  une garantie bien supérieure à la présence de quelques troupes européennes.</p>

<p>La conséquence de cette erreur d'analyse de Zelensky et de ceux qui l'ont conseillé d'adopter cette attitude est sa destabilisation dans son pays. Voir ci-dessous la déclaration d'Alexander Dubinsky</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1052/l%E2%80%99entretien-complet-entre-trump-et-zelensky</guid>
	<pubDate>Sat, 01 Mar 2025 05:31:48 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[L’entretien complet entre Trump et Zelensky]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1053/bureau-oval-ukraine" class="embed-insert"><img class="elgg-photo" alt="Bureau oval Ukraine" src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1053/medium"></a> <a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1050/ttump-zelensky-maison-blanche" class="embed-insert"><img class="" alt="Ttump Zelensky Maison blanche" src="https://ememiom.fr/iom/cache/1740519422/default/file/icons/video.gif"></a> </p>

<p>L’entretien complet entre Trump et Zelensky :<br />DONALD TRUMP (répondant à un journaliste) Je ne suis pas aligné avec Poutine. Je ne suis aligné avec personne. Je suis aligné avec les États-Unis d’Amérique. Et pour le bien du monde. Je suis aligné avec le monde. Et je veux en finir avec cette histoire. Vous voyez la haine qu’il a pour Poutine. C’est très difficile pour moi de conclure un accord avec un tel niveau de haine. Il a une haine immense. Et je comprends cela. Mais je peux vous dire que l’autre camp ne l’aime pas non plus. Donc, ce n’est pas une question d’alignement. Je suis aligné avec le monde. Je veux régler ce problème. Je suis aligné avec l’Europe. Je veux voir si nous pouvons trouver une solution. Vous voulez que je sois dur ? Je peux être plus dur que n’importe quel être humain que vous ayez jamais vu. Je serais si dur. Mais vous n’obtiendrez jamais d’accord comme ça. Voilà comment ça fonctionne.<br />J.D. VANCE Je vais répondre à cela. Écoutez, pendant quatre ans aux États-Unis, nous avons eu un président qui se montrait dur avec Vladimir Poutine lors des conférences de presse. Et ensuite, Poutine a envahi l’Ukraine et a détruit une grande partie du pays. Le chemin vers la paix et la prospérité passe peut-être par la diplomatie. Nous avons essayé la voie de Joe Biden, celle de bomber le torse et de faire comme si les paroles du président des États-Unis comptaient plus que ses actions. Ce qui fait des États-Unis un grand pays, c’est leur engagement dans la diplomatie. C’est ce que fait le président Trump.<br />VOLODYMYR ZELENSKY D’accord. Il a occupé des territoires, nos territoires. De grandes parties de l’Ukraine. L’est et la Crimée. Il les a occupés en 2014. Pendant de nombreuses années, et je ne parle pas seulement de Biden. À cette époque, c’était Obama, puis le président Obama, puis le président Trump, puis le président Biden, et maintenant le président Trump. Que Dieu bénisse : maintenant, le président Trump va l’arrêter. Mais depuis 2014, personne ne l’a arrêté. Il a simplement occupé et pris. Il a tué des gens.<br />DONALD TRUMP 2015.<br />VOLODYMYR ZELENSKY 2014.<br />J.D. VANCE 2014 et 2015.<br />DONALD TRUMP 2014. Je n’étais pas là.<br />VOLODYMYR ZELENSKY Mais de 2014 à 2022 (…) personne ne l’a arrêté. Vous savez que nous avons eu des discussions avec lui, beaucoup de discussions. Mes discussions bilatérales. Et nous avons signé avec lui. Moi, en tant que nouveau président, en 2019, j’ai signé avec lui un accord, j’ai signé avec lui, Macron et Merkel. Nous avons signé un cessez-le-feu. Un cessez-le-feu. Tous m’ont dit qu’il ne bougerait jamais. Nous avons signé avec lui un contrat sur le gaz. Mais après, il a rompu le cessez-le-feu. Il a tué notre peuple et il n’a pas échangé les prisonniers. Nous avons signé un échange de prisonniers, mais il ne l’a pas respecté. De quelle diplomatie, J.D., parlez-vous ? Que voulez-vous dire ?<br />J.D. VANCE Je parle de la diplomatie qui mettra fin à la destruction de votre pays.<br />Monsieur le Président, avec tout le respect, je pense que c’est irrespectueux de venir dans le Bureau Ovale et d’essayer de débattre de cela devant les médias américains. En ce moment, vous envoyez de force des conscrits sur le front parce que vous manquez d’hommes. Vous devriez remercier le président d’essayer de mettre fin à ce conflit.<br />VOLODYMYR ZELENSKY Êtes-vous déjà allé en Ukraine ? Vous parlez de nos problèmes.<br />J.D. VANCE J’y suis allé…<br />VOLODYMYR ZELENSKY Venez une fois.<br />J.D. VANCE J’ai regardé et vu les reportages, et je sais que vous emmenez des gens en tournée de propagande, Monsieur le Président. N’êtes-vous pas d’accord pour dire que vous avez des difficultés à recruter des soldats ?<br />VOLODYMYR ZELENSKY Nous avons des problèmes. Je vais répondre.<br />J.D. VANCE Et pensez-vous qu’il soit respectueux de venir dans le Bureau Ovale des États-Unis d’Amérique et d’attaquer l’administration qui essaie de prévenir la destruction de votre pays ?<br />VOLODYMYR ZELENSKY Beaucoup de questions. Commençons par le début.<br />J.D. VANCE D’accord.<br />VOLODYMYR ZELENSKY Tout d’abord, en temps de guerre, tout le monde a des problèmes, même vous. Mais vous avez un bel océan et ne ressentez pas cela pour l’instant, mais vous le sentirez à l’avenir.<br />DONALD TRUMP Vous n’en savez rien.<br />VOLODYMYR ZELENSKY Que Dieu vous bénisse, vous n’aurez pas de guerre.<br />DONALD TRUMP Ne nous dites pas ce que nous allons ressentir. Nous essayons de résoudre un problème. Ne nous dites pas ce que nous allons ressentir.<br />VOLODYMYR ZELENSKY Je ne vous dis pas…<br />DONALD TRUMP Parce que vous n’êtes pas en position de nous dicter cela. Rappelez-vous ceci : vous n’êtes pas en position de nous dicter ce que nous allons ressentir. Nous allons nous sentir très bien.<br />VOLODYMYR ZELENSKY Vous en ressentirez l’influence. Je vous le dis.<br />DONALD TRUMP Nous allons nous sentir très bien et très forts.<br />VOLODYMYR ZELENSKY Vous en ressentirez l’influence.<br />DONALD TRUMP Vous n’êtes pas en bonne position en ce moment.<br />Vous vous êtes placé dans une très mauvaise position. Et il a raison à ce sujet. Vous n’êtes pas en bonne position. Vous n’avez pas les cartes en main pour le moment. Avec nous, vous commencez à en avoir.<br />VOLODYMYR ZELENSKY Je ne joue pas aux cartes. Je suis très sérieux, Monsieur le Président. Je suis un président en temps de guerre…<br />DONALD TRUMP Vous jouez aux cartes. Vous jouez aux cartes. Vous jouez avec la vie de millions de personnes. Vous jouez avec la Troisième Guerre mondiale. Vous jouez avec la Troisième Guerre mondiale. Et ce que vous faites est très irrespectueux envers ce pays, ce pays qui vous a soutenu bien plus que ce que beaucoup de gens ont dit qu’il aurait dû faire.<br />J.D. VANCE Avez-vous dit « merci » une seule fois pendant toute cette réunion ? Non. Pendant toute cette réunion, avez-vous dit « merci » ? Vous êtes allé en Pennsylvanie et avez fait campagne pour l’opposition en octobre. Offrez quelques mots d’appréciation aux États-Unis et au président qui essaie de sauver votre pays.<br />VOLODYMYR ZELENSKY S’il vous plaît. Vous pensez que si vous parlez très fort de la guerre, vous…<br />DONALD TRUMP Il ne parle pas fort. Il ne parle pas fort. Votre pays est en grande difficulté. Attendez une minute.<br />VOLODYMYR ZELENSKY Puis-je répondre ?<br />DONALD TRUMP Non. Non. Vous avez beaucoup parlé. Votre pays est en grande difficulté.<br />VOLODYMYR ZELENSKY Je sais. Je sais.<br />DONALD TRUMP Vous n’êtes pas en train de gagner. Vous ne gagnez pas cette guerre. Vous avez une sacrée chance de vous en sortir grâce à nous.<br />VOLODYMYR ZELENSKY Monsieur le Président, nous restons dans notre pays, nous restons forts. Depuis le début de la guerre, nous avons été seuls, et nous sommes reconnaissants. J’ai dit merci dans ce cabinet, et seulement dans ce cabinet.<br />DONALD TRUMP Vous n’avez pas été seuls. Nous vous avons donné, par l’intermédiaire de ce président stupide, 350 milliards de dollars. Nous vous avons fourni du matériel militaire. Et vos hommes sont courageux. Mais ils ont dû utiliser notre matériel militaire. Si vous n’aviez pas eu notre équipement militaire…<br />VOLODYMYR ZELENSKY Vous m’avez invité…<br />DONALD TRUMP Si vous n’aviez pas eu notre équipement militaire, cette guerre aurait été terminée en deux semaines.<br />VOLODYMYR ZELENSKY En trois jours. Je l’ai entendu de la bouche de Poutine : en trois jours.<br />DONALD TRUMP Peut-être moins.<br />VOLODYMYR ZELENSKY C’est quelque chose, en deux semaines. Bien sûr. Oui.<br />DONALD TRUMP Ça va être très difficile de faire affaire dans ces conditions, je vous le dis.<br />J.D. VANCE Dites juste merci.<br />VOLODYMYR ZELENSKY Je l’ai dit de nombreuses fois, merci au peuple américain.<br />J.D. VANCE Acceptez qu’il y ait des désaccords. Allons débattre de ces désaccords au lieu d’essayer de les exposer aux médias américains alors que vous avez tort. Nous savons que vous avez tort.<br />DONALD TRUMP Mais vous voyez, je pense qu’il est important pour le peuple américain de voir ce qui se passe. Je pense que c’est très important. C’est pourquoi j’ai laissé cette discussion durer si longtemps. Vous devez être reconnaissant.<br />VOLODYMYR ZELENSKY Je suis reconnaissant.<br />DONALD TRUMP Vous n’avez pas les cartes en main. Vous êtes acculé là-bas, votre peuple meurt. Vous manquez de soldats.<br />VOLODYMYR ZELENSKY Non, s’il vous plaît, Monsieur le Président.<br />DONALD TRUMP Écoutez. Vous manquez de soldats. Ce serait une sacrée bonne chose. Ensuite, vous nous dites : « Je ne veux pas de cessez-le-feu. Je ne veux pas de cessez-le-feu. Je veux continuer et obtenir ceci. » Écoutez, si vous pouviez obtenir un cessez-le-feu maintenant, je vous dirais de le prendre. Ainsi, les balles cesseraient de voler et vos hommes cesseraient de mourir.<br />VOLODYMYR ZELENSKY Bien sûr que nous voulons arrêter la guerre.<br />DONALD TRUMP Mais vous dites que vous ne voulez pas de cessez-le-feu.<br />VOLODYMYR ZELENSKY Mais je vous ai dit, avec des garanties.<br />DONALD TRUMP Je veux un cessez-le-feu, parce que vous obtiendrez un cessez-le-feu plus rapidement qu’un accord de paix.<br />VOLODYMYR ZELENSKY Demandez à notre peuple ce qu’il pense du cessez-le-feu—<br />DONALD TRUMP Ce n’était pas avec moi. Ce n’était pas avec moi. C’était avec un type nommé Biden, qui n’était pas une personne intelligente. C’était avec Obama.<br />VOLODYMYR ZELENSKY C’était votre président.<br />DONALD TRUMP Excusez-moi. C’était avec Obama, qui vous a donné des draps, et moi, je vous ai donné des Javelins.<br />VOLODYMYR ZELENSKY Oui.<br />DONALD TRUMP Je vous ai donné des Javelins pour détruire tous ces chars. Obama vous a donné des draps. En fait, l’expression est : Obama a donné des draps, et Trump a donné des Javelins. Vous devez être plus reconnaissant parce que, laissez-moi vous dire, vous n’avez pas les cartes en main. Avec nous, vous avez des cartes. Mais sans nous, vous n’avez aucune carte. Ce sera un accord difficile à conclure, car les attitudes doivent changer.<br />UNE JOURNALISTE Et si la Russie viole le cessez-le-feu ? Et si la Russie rompt les négociations de paix ? Que ferez-vous dans ce cas ? Je comprends que la conversation est tendue.<br />DONALD TRUMP Que dites-vous ?<br />J.D. VANCE Elle demande : et si la Russie viole le cessez-le-feu ?<br />DONALD TRUMP Et si quoi que ce soit ? Et si une bombe tombait sur votre tête maintenant ? OK ? Et s’ils le violaient ? Je ne sais pas, ils l’ont fait avec Biden, parce qu’ils ne le respectaient pas. Ils ne respectaient pas Obama. Ils me respectent. Laissez-moi vous dire, Poutine en a bavé avec moi. Il a traversé une fausse chasse aux sorcières où ils l’ont utilisé, ainsi que la Russie, la Russie, la Russie, la Russie. Vous avez déjà entendu parler de cette affaire ? C’était un mensonge. C’était une arnaque impliquant Hunter Biden et Joe Biden. Hillary Clinton, le sournois Adam Schiff. C’était une arnaque des démocrates. Et il a dû traverser cela. Et il l’a fait. Nous n’avons pas fini en guerre. Et il a dû le supporter. Il était accusé de toutes ces choses. Il n’avait rien à voir avec ça. C’était sorti de la chambre à coucher de Hunter Biden. Ça venait de la chambre à coucher de Hunter Biden. C’était dégoûtant. Et puis ils ont dit : « Oh, l’ordinateur portable de l’enfer a été fabriqué par la Russie ». Les 51 agents. Tout cela n’était qu’une escroquerie. Et il a dû supporter tout cela. On l’accusait de toutes ces choses. Tout ce que je peux dire, c’est ceci : il a peut-être rompu des accords avec Obama et Bush, et peut-être avec Biden. Il l’a fait. Peut-être. Peut-être qu’il ne l’a pas fait. Je ne sais pas ce qui s’est passé. Mais il ne les a pas rompus avec moi. Il veut conclure un accord. Je ne sais pas s’il peut conclure un accord. Le problème, c’est que je vous ai donné du pouvoir pour être un dur à cuire, et je ne pense pas que vous auriez été un dur à cuire sans les États-Unis. Et votre peuple est très courageux.<br />VOLODYMYR ZELENSKY Merci.<br />DONALD TRUMP Mais soit vous concluez un accord, soit nous nous retirons. Et si nous nous retirons, vous devrez vous battre. Je ne pense pas que ce sera joli, mais vous devrez vous battre. Mais vous n’avez pas les cartes en main. Une fois que nous signerons cet accord, vous serez dans une bien meilleure position. Mais vous ne montrez aucun signe de gratitude. Et ce n’est pas une bonne chose. Honnêtement, ce n’est pas une bonne chose. Très bien. Je pense que nous en avons assez vu. Qu’en pensez-vous, hein ? Ça va faire de la très bonne télévision. Je peux vous le dire. Très bien. Nous verrons ce que nous pouvons faire pour arranger cela. Merci.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Tue, 25 Feb 2025 22:02:40 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La filière viticole française présente les grandes lignes de son plan de relance]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Les organisations professionnelles ont commencé il y a 18 mois par établir un diagnostic du secteur, confronté à une chute de la consommation de vin en France (-70% depuis les années 1960), à un essoufflement des exportations et aux aléas climatiques.</p>
<p><a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1049/production-de-vinwebp" class="embed-insert"><img class="elgg-photo" alt="production-de-vin.webp" src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1049/medium"></a></p>
<p>"De gros nuages s'amoncellent sur l'ensemble de la filière", résume Bernard Farges, président du Comité national des interprofessions des vins (CNIV). Face à ce constat, partagé par les différents acteurs malgré la diversité des situations le vin rouge est par exemple plus affecté que le champagne, une feuille de route collective a été tracée.</p>
<p>Valoriser et moderniser l'image du vin</p>
<p>Elle a notamment pour ambition de "valoriser et moderniser l'image du vin", afin d'attirer les nouvelles générations, qui s'en sont progressivement éloignées. "L'objectif (...) est de rapprocher les jeunes des vins en désacralisant le produit et en favorisant sa consommation dans les moments de convivialité et de plaisir", détaille le plan de relance, intitulé "Cap Vins".</p><p>Parmi les autres axes identifiés figurent l'innovation (packaging, vins sans alcool...), la mise en avant des efforts environnementaux des viticulteurs, des stratégies plus ambitieuses à l'exportation ou une adaptation de l'offre à la demande. Face à la crise, un dispositif d'aide à l'arrachage a été mis en place mi-octobre par le ministère de l'Agriculture pour résorber la surproduction. Malgré l'urgence apparente, la filière ne s'est pas fixé de calendrier précis.</p><p>En ce moment :</p><p>"Notre mission, c'est de tracer un cap", explique Bernard Farges, du CNIV. "Il y a 18 mois, nous aurions été incapables de venir devant vous (les médias) pour dire que la filière viticole devait réduire la voilure, qu'elle devait innover... Le mot de relance n'était pas encore dans notre vocabulaire."</p><p>"On a dû partager une vision, ce qui n'était pas forcément simple. Cela a nécessité beaucoup de discussions, de consensus", affirme Jérôme Bauer, président de la Confédération nationale des appellations d'origine contrôlées (CNAOC).</p><p>"On est arrivés à un point de maturité où on est tous alignés", souligne-t-il, défendant le plan présenté malgré le manque de mesures concrètes pour le moment. "Ce n'est pas un document creux. C'est une ambition affichée et partagée."</p><p> (Avec AFP)</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1044/pourquoi-lukraine-compte</guid>
	<pubDate>Tue, 25 Feb 2025 21:56:25 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1044/pourquoi-lukraine-compte</link>
	<title><![CDATA[&quot;Pourquoi l&#039;Ukraine compte&quot; ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Pour ceux qui demandent : "Pourquoi l'Ukraine compte" ?<br />C'est pourquoi l'Ukraine est importante.<br />L'un des plus grands pays d'Europe compte 603 548 km2 soit plus de 40 millions 44,13 millions (2020. )</p>

<p> <a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1045/ukraine-la-carte" class="embed-insert"><img class="elgg-photo" alt="Ukraine, la carte" src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1045/medium"></a> </p>

<p>Classement d'avant-guerre de l'Ukraine :<br />Les premières réserves d'uranium en Europe<br />#2 en Europe 10ème place mondiale. place sur les réserves de titane;<br />2. place en termes de réserves de minerai de manganèse découvertes dans le monde (2,3 milliards de tonnes, soit 12% des réserves mondiales);<br />N° 2 mondial les plus grandes réserves de minerai de fer (30 milliards de tonnes);<br />2. place en Europe en ce qui concerne les réserves de minerai de mercure;<br />N° 3 à la place de l'Europe (13. place dans le monde) dans les réserves de gaz galvanisé (22 billions de mètres cubes)<br />4. basé sur la valeur totale des ressources naturelles de la Terre ;<br />7. place dans les réserves de charbon dans le monde (33,9 milliards de tonnes)</p>

<p>L'Ukraine est un important pays agricole :<br />Le premier en Europe en termes de labour ;<br />3. place dans le monde (25% du monde) sur le territoire de la terre noire stérile (cherjoznom) ;<br />Classé premier dans le monde pour l'exportation d'huile de tournesol et de tournesol ;<br />2. place sur Terre pour la production d'orge&4 place dans l'orge pour l'exportation;<br />numéro 3 mondial et 4ème le plus grand exportateur de maïs;<br />Le 4ème du plus grand producteur mondial de pommes de terre ;<br />Le numéro 5 mondial son plus grand producteur de seigle ;<br />5. place dans le monde pour la production d'abeilles (75 000 tonnes);<br />8. place pour l'exportation du blé parmi les pays du monde ;<br />9ème au monde. lieu pour produire des œufs de poule;<br />16. Place au monde dans l'exportation de fromage.<br />L'Ukraine peut répondre aux besoins alimentaires de 600 millions de personnes.</p>

<p>L'Ukraine est un important pays industrialisé na :<br />Premier en Europe dans la production d'ammoniac ;<br />Europe 2. et le monde est 4. le plus grand réseau de gazoducs se trouve ici<br />N° 3 en Europe. Pas de 8 dans le monde. la plus grande en termes de capacité installée des centrales nucléaires;<br />La longueur du réseau ferroviaire (21 700 km) en Europe est de 3. place 11 dans le monde entier. lieu;<br />3. place dans le monde (après les États-Unis et la France) dans la fabrication d'équipements de localisation ;<br />Le numéro 3 mondial au plus grand exportateur de fer<br />La 4ème des plus grandes centrales nucléaires au monde pour exportateur de turbines ;<br />Le 4ème du plus grand fabricant mondial de lance-roquettes ;<br />4. un endroit dans le monde pour l'exportation de l'argile<br />4. place dans les exportations mondiales de titane<br />8. place dans le monde pour l'exportation de minerai et de concentrés;<br />9. place dans le monde pour l'exportation de produits industriels de protection ;<br />10e du plus grand producteur d'acier mondial (32,4 millions de tonnes).<br />Source : Nouvelles de et sur l'Ukraine en anglais<br />Le Grand Sándor</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1042/christopher-lasch-le-seul-et-vrai-paradis</guid>
	<pubDate>Tue, 25 Feb 2025 21:29:41 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1042/christopher-lasch-le-seul-et-vrai-paradis</link>
	<title><![CDATA[Christopher LASCH : Le seul et vrai paradis.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Une histoire de l’idéologie du progrès et de ses critiques. Climats, 2002, traduit et présenté par Frédéric Joly. 512 pages</p>

<p> <a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1043/trahison-des-elites" class="embed-insert"><img class="elgg-photo" alt="Trahison des élites." src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1043/medium"></a> </p>

<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh6HnBR_UKE127mekfjDsM3Fm3EH7ndzKn_QszthBC1sWZBiKAiHmmyg8JVQMc4-bDEqI9-0m3SqIHKrBk7Kf2-xCo-28P7QnV53V18Txw8AhIAzl9fEyYe0pbXW-mRChIAGN9TLSkc5eULDLwBTFY9Ogmg7Y2vUCwjXk2shXZBAbn4w57Ep79q8dQ3LPSC/s474/lasch.jpg" imageanchor="1"></a><br /><br />Les précédents ouvrages de Christopher Lasch traduits en français, La culture du narcissisme et La révolte de ses élites, nous ont permis de découvrir une pensée originale, plutôt inclassable au regard des typologies traditionnelles ou des critères politiques. Lasch, formé à gauche, dans une ambiance marxiste corrigée par les philosophes de l’école de Francfort, maintient vivante l’idée de « théorie critique » qui fut propre à ce courant de pensée … du temps de sa splendeur. Disparu en 1994, Lasch commence à être connu en France, grâce, notamment, aux éditions Climats et à l’action de Jean-Claude Michéa qui trouve en lui un compagnon intellectuel, dont il partage les références à George Orwell et à la notion de «société décente» et la critique des philosophies de l’histoire et de l’idéologie du progrès.<br /><br />C’est, en effet, de l’idéologie du progrès qu’il est question dans Le seul et vrai paradis, publié aux États-Unis en 1991. On dira que la critique du progrès n’a rien de très originale : les critiques de type « écologiste » (Ellul, Jonas ou les heideggériens) sont bien connues et dominent largement le débat public aujourd’hui. La Dialectique de la raison de Adorno et Horkheimer avait exploré brillamment le terrain sur le plan philosophique<a href="http://denis-collin.viabloga.com/news/christopher-lasch-le-seul-et-vrai-paradis#_edn1" name="_ednref1" id="_ednref1">[1]</a>. On pourrait, dans le même ordre d’idée et dans une inspiration de type philosophie analytique, citer le livre de von Wright, Le mythe du progrès.<a href="http://denis-collin.viabloga.com/news/christopher-lasch-le-seul-et-vrai-paradis#_edn2" name="_ednref2" id="_ednref2">[2]</a> Cependant, l’analyse de Lasch est originale à bien des égards. De l’école de Francfort, Lasch a appris l’importance d’une théorie de la culture et la nécessité de ne pas couper l’analyse psychologique de la compréhension des phénomènes sociaux. À l’inverse des critiques écologistes du progrès, Lasch ne s’intéresse pas à la critique de la technique qui lui semble visiblement sans intérêt, et il se concentre sur les questions de philosophie politique et d’auto-représentation de la société (ce qu’on pourrait encore appeler une analyse critique des idéologies). Au total donc, le travail de Lasch ne trouve pas place dans les cases déjà toutes prêtes où l’on voudrait le ranger.<br />On peut résumer l’argument de Le seul et vrai paradis en trois étapes qui forment trois thèses :<br />(1) L’idéologie du progrès est à bout de souffle et ne peut que montrer ses contradictions.<br />(2) Les revendications sociales et émancipatrices des classes populaires ne coïncident pas nécessairement avec le « sens de l’histoire » réclamé par l’idéologie du progrès.<br />(3) La haine de la gauche contre le populisme n’a aucun fondement ; au contraire, le populisme est presque le seul mouvement qui défende l’idée d’une société décente.<br />La première partie consiste à exhiber les contradictions de l’idéologie du progrès. Du reste, il le note, « l’inflation rhétorique autour du progrès (…) touche à sa fin » (p.154). Travaillant d’abord en philosophe, Lasch introduit ici des distinctions conceptuelles opératoires. Alors que les tenants du progrès y voient un remède contre le désespoir, Lasch montre que le progrès et l’espoir sont deux concepts différents et, à certains égards, presque opposés. Pour comprendre ce premier point, il faut renoncer à l’idée trop répandue qui présente le progrès comme une religion séculière, née dans le prolongement de l’eschatologie chrétienne. Lasch ne nie pas que le judaïsme et le christianisme aient encouragé un intérêt pour l’histoire qu’on ne peut pas trouver dans la Grèce ancienne. Mais « ni l’attitude juive ni la chrétienne, bien qu’elles sauvaient l’histoire du hasard, n’impliquaient une croyance dans l’innovation progressiste, ni ne se montraient proches des grossières célébrations de la destinée raciale et nationale qui accompagnent si souvent les idéologies progressistes dans le monde moderne. » (p.45) Ce qui distingue clairement l’idéologie du progrès, c’est qu’elle n’attend pas un accomplissement de l’histoire mais simplement « un solide progrès sans aucun terme prévisible » (p.46). De ce point de vue, bien que Lasch ne fasse pas là-dessus la clarté nécessaire, on trouvera là une des différences essentielles entre le marxisme et le progressisme libéral – dont il note par ailleurs la profonde parenté. Le marxisme, comme le christianisme, est bien un eschatologie, le communisme étant le nom générique désignant les finalités ultimes de la communauté humaine. Au contraire, le progressisme ne présuppose aucun arrêt, aucune finalité, mais un mouvement illimité. Ce qui stimule ce progrès, c’est le progrès matériel et l’innovation technique. En dépit de ses réticences – souvent tues par les thuriféraires libéraux – Smith ne croit pas possible de résister au mouvement que fait naître l’aspiration à l’abondance. Cependant les faits ne tardent pas à démentir l’optimisme des progressistes. On doit bien constater que la croissance de la richesse s’accompagne de celle de la pauvreté et que les idéaux de la liberté individuelle se transforment en un idéal de la croissance illimitée des désirs et de la consommation et l’esprit civique cède la place à la préoccupation exclusive de la jouissance privée.<br />Quand les progressistes affirment que l’idée de progrès est nécessaire pour stimuler les ardeurs des individus, Lasch note qu’au contraire que « l’idéologie progressiste mine l’esprit de sacrifice. Elle ne nous donne pas non plus un antidote efficace au désespoir, alors même qu’elle doit une partie substantielle de son attrait résiduel à la crainte que sa disparition nous laisse entièrement dans le désespoir. » (p.77) L’espérance sans l’optimisme, telle est l’attitude morale que Lasch défend – il en donne un exemple passionnant quand il analyse le mouvement de Martin Luther King (p.353 sq.)<br />Seconde distinction conceptuelle qui révèle les antinomies du progrès, celle de la mémoire et de la nostalgie. Lasch remarque ainsi : « Si un étrange effet de l’idée de progrès est d’affaiblir la tendance à formuler des réserves intelligentes au sujet du futur, la nostalgie, sa jumelle idéologique, sape la capacité à faire un usage intelligent du passé. » (p.78) Pourquoi la nostalgie est-elle la « jumelle idéologique » du progrès ? Il y a cela au moins deux raisons.<br />La première est que celui qui est habitué aux louanges du progrès, la seule alternative ne peut-être que louanges d’un passé idéalisé. La nostalgie apparaît donc comme le symétrique obligé de la croyance aveugle aux « lendemains qui chantent ».<br />La deuxième raison réside dans la nature même de la nostalgie, souvenir des temps heureux, regret du paradis perdu, mal du pays qu’on a quitté. Si l’histoire est conçue comme un développement à la fois progressif et nécessaire, son modèle est celui de la croissance de l’individu et le passé apparaît nécessairement comme l’enfance. Mais si l’enfance est charmante, elle est aussi un état dont il faut sortir. Le couple nostalgie/progrès oppose ainsi un passé sans histoire, pétrifié, au présent dynamique, la simplicité à la complexité. Mais en même temps cette opposition institue une muraille entre le présent et le passé. Au contraire la mémoire ne s’inquiète pas de la perte du passé, si typique de la nostalgie, mais au contraire de la « dette permanente » à son égard. « Il arrive que la mémoire idéalise le passé, mais pas pour condamner le présent. Elle tire espoir et réconfort du passé afin d’enrichir le présent, et de faire face avec courage à ce qui nous attend. » (ibid.) Lasch montre en détail comment dans la formation de la mentalité progressiste américaine la nostalgie de l’enfance a joué un rôle décisif – les États-Unis ne sont-ils pas la nation dans encore dans l’enfance ?<br />Troisième topique des pensées du progrès, l’opposition entre communauté et société, pensée d’abord par la tradition sociologique (Tönnies, par exemple), permet de concevoir l’histoire comme un processus graduel dans lequel on passe du particulier à l’universel, du sentiment et du préjugé à la raison et la liberté. Le passage de la communauté à la société ne va pas sans regrets du passé (la communauté apporte la sécurité à l’individu), ni sans craintes (la « cage d’acier » du monde moderne selon Weber) : il y a bien une ambivalence morale de la pensée sociologique. Mais ce passage est cependant conçu comme inévitable. Ce processus a un nom dans la tradition sociologique aussi bien qu’économique : modernisation. Ici encore, comme le montre Lasch, le progressisme de Marx ne le cède en rien à celui des hérauts du capitalisme libéral. La « modernisation » telle qu’elle est décrite par l’économiste Walt Rostow et qui se veut une réponse au marxisme – Rostow présente clairement son ouvrage comme une contribution à la lutte anti-communiste – n’est cependant qu’une reprise sous une autre forme du nécessitarisme économique qui caractérise le marxisme standard. Lasch montre que cette façon de voir ne permet absolument pas de comprendre les conflits auxquels sont confrontées nos sociétés. « Il devrait désormais être évident que le concept de modernisation ne nous renseigne pas plus sur l’histoire de l’Occident que sur celle du reste du monde. Plus nous en apprenons au sujet de cette histoire, plus le développement du capitalisme industriel en Occident paraît avoir été le produit d’une conjonction unique de circonstances, le résultat d’une histoire particulière qui ne donne l’impression d’avoir inévitable qu’a posteriori, ayant largement été déterminée par la défaite de groupes sociaux opposés à la production à grande échelle, et par l’élimination des programmes concurrents de développement économique. » (p.150) Évidemment on pourrait demander à l’auteur comme il explique cette défaite de ces groupes sociaux et l’élimination de ces projets différents. Il reste la pertinence de l’insistance sur la contingence du développement historique et l’exceptionnalisme occidental – des thèmes qu’on retrouve chez quelqu’un comme Immanuel Wallerstein.<br />La racine de la critique du progrès selon Lasch réside dans l’affirmation qu’il n’y a pas équivalence et peut-être pas compatibilité entre le progrès, tel qu’il est couramment défendu dans la pensée libérale aussi bien que marxiste, et la liberté. Lasch centre son analyse sur les mouvements de protestation anti-capitalistes qui ne s’inscrivent pas dans la perspective socialiste progressiste, ces mouvements dédaigneusement qualifiés de petits-bourgeois ou de populistes. La question centrale est, selon Lasch, celle de l’attitude à l’égard du salariat. Dans une note, il remarque d’ailleurs : « L’acceptation grandissante du travail salarié n’est qu’un indice de l’appauvrissement du débat politique au XXe siècle. Un autre indice en est la quasi-disparition des questionnements sur le travail. Au XIXe siècle, la population se demandait si le travail était une bonne chose pour le travailleur. Nous nous demandons aujourd’hui si les employés sont satisfaits de leurs postes. Un haut niveau de « satisfaction dans le travail » permet alors de répondre à ceux qui déplorent la division du travail, le déclin de la connaissance du métier, et la difficulté à trouver un travail susceptible de procurer aux travailleurs un sentiment de réalisation. Le principe libéral selon lequel chacun est le meilleur juge de ses intérêts bien compris interdit de demander ce dont la population a besoin, par opposition à ce qu’elle dit vouloir. Pourtant, les enquêtes consacrée à la « satisfaction dans le travail » et à la « morale » du travailleur ne sont guère encourageantes. Le rêve de s’épanouir dans les affaires, même s’il signifie des horaires écrasants et des résultats incertains, reste presque universellement attirant. » (p.190)<br />On peut constater comme un fait avéré que les illusions concernant le progrès sont sérieusement mises à mal. En effet, « la prédiction voulant que “nous soyons tôt ou tard tous prospères”, formulée avant tant de confiance il y a quelques années à peine, n’emporte plus l’adhésion. » (p.154) Cependant, Lasch prend immédiatement ses distances avec le catastrophisme – notamment tel qu’il est défendu dans certains milieux écologistes<a href="http://denis-collin.viabloga.com/news/christopher-lasch-le-seul-et-vrai-paradis#_edn3" name="_ednref3" id="_ednref3">[3]</a>3. Le catastrophisme lui semble n’être que le revers de la rhétorique du progrès. Or, « on doit commencer par mettre en question le fatalisme qui imprègne dans sa totalité cette rhétorique du progrès et du désastre. » (p.155) Il existe une insatisfaction grandissante à l’égard du libéralisme et de toutes les pensées qui nous bercent en nous faisant croire que ce sera mieux demain. Une des preuves en est, selon Lasch, l’apparition du « républicanisme », tel qu’il a été repensé par J.G. Pocock, en particulier. L’ « humanisme civique » et la « vertu républicaine » semble être des remèdes à cette situation. Cependant, Lasch prend ses distances avec ce nouveau républicanisme et ce langage de la citoyenneté qui « clarifie et obscurcit simultanément les enjeux politiques. » (p.157) Cette prise de distance avec un courant dont on pourrait, a priori, le croire proche permet de cerner l’originalité de ceux qu’étudie en priorité Lasch, à savoir les populistes. Ainsi, il montre que des gens comme Thomas Paine ne rentrent pas dans les catégories définies par Pocock ; ils sont républicains par certains aspects et libéraux par d’autres, anti-républicains par certains autres aspects ou encore anti-libéraux. Le populisme ne peut donc pas rentrer dans les catégories traditionnelles de la philosophie politique. Ainsi Paine doit-il être vu « comme l’un des fondateurs d’une tradition populiste qui s’inspirait du Républicanisme comme du libéralisme, mais combinait ses éléments jusqu’à parvenir à un résultat inédit. » (p.165) Lasch consacre tout un développement à Locke.<br />Contrairement à Pocock qui en fait un pur libéral, il souligne que la pensée de Locke est finalement complexe et qu’il n’est pas un pur et simple apologiste de l’enrichissement personne et qu’il a parfaitement conscience des inconvénients et des effets indésirables de ce « progrès ». Lasch s’appuie également sur des écrivains souvent classés comme « réactionnaires », ainsi Carlyle. Ces « personnalités paradoxales » « défiaient la canonisation de gauche mais avaient généralement plus de choses intéressantes à dire sur la vie moderne que ceux qui marchaient au pas derrière la bannière du progrès » (p.218). Il interroge également la tradition calviniste, mais aussi la philosophie d’Emerson. On remarquera également le passage qu’il consacre à William James (p.255 et sq.) et à Georges Sorel (p.275 et sq.). Dans ces sources variées, il voit des analyses et des questionnements qui donnent tout son sens au mouvement populaire de réaction contre le progrès. Lasch souligne et analyse avec beaucoup de finesse l’importance des facteurs religieux, ou, plus précisément, la manière dont la religion – singulièrement le puritanisme – va être l’expression des réticences et des critiques du « progressisme ». C’est vrai d’Emerson et de James dont il interprète la philosophie dans le cadre d’une renaissance du puritanisme, mais c’est également le cas du mouvement de Martin Luther King.<br />Or, Lasch, à la différence des « progressistes » n’interprète pas ce rapport au religieux sur le mode de la fausse conscience, mais bien comme une expression critique de la réalité du monde vécu. « Les théories sociales issues des Lumières, qui affirment qu’une maîtrise scientifique de la nature devrait “exorciser” la peur et la crainte, et donc faire naître chez les hommes et les femmes un sentiment de sécurité, ne peuvent expliquer pour quelles raisons tant d’entre eux se sentent plus que jamais menacés et tendent, par conséquent, à se penser comme les victimes impuissantes des circonstances. Pas plus de telles théories ne peuvent-elles expliquer pour quelles raisons la résistance la plus efficace au sentiment d’impuissance dominant, ces dernières années, a précisément été le fait des populations qui avaient les meilleures raisons du monde de se présenter comme des victimes, à savoir le peuple noir du Sud, opprimé dans un premier temps par l’esclavage, par la répression politique et système pervers de ségrégation raciale ensuite. » (p.349) Le populisme, défini par Lasch, regroupe plusieurs mouvements de contestation du mode de production capitaliste ; il possède indéniablement des traits républicains classiques : la défense de l’indépendance des individus, l’attachement aux traditions et aux vertus de la communauté, le goût de l’effort et du travail bien fait et le sens des limites. Mais il est aussi lié à la propriété individuelle, garante de l’indépendance.<br />Les premiers représentants de ce courant populiste, Brownson, Cobbett et même Paine, caractérisent « une certaine tradition qui se distingue par son scepticisme quant aux bénéfices du progrès commercial, et plus particulièrement par la crainte que la spécialisation sape les fondations sociales de l’indépendance morale. » (p.178) Mais ce qui intéresse plus spécifiquement Lasch, c’est la question du salariat. Dans l’historiographie, notamment marxiste, les mouvement qui au XVIIIe et XIXe siècle s’oppose au travail salarié sont soit purement et simplement passés sous silence, soit considérés comme condamnés par le sens de l’histoire. Pourtant quand, en 1826, Langston Billesby, un imprimeur de Philadelphie, constate que le salariat met fin au « choix de travailler ou non » et que c’est là « l’essence même de l’esclavage » (cf. p.185), c’est une question absolument fondamentale qui est posée. Artisans, paysans, face à la montée en puissance du capitalisme et des pouvoirs financiers, les « populistes » défendent une « éthique du producteur » contre les parasites représentés par les banques. Il s’agit d’une éthique qui « n’était pas “libérale” ou “petite-bourgeoise”, au sens où le XXe siècle entend ces termes. Elle était anticapitaliste, mais ni socialiste, ni social-démocrate, à la fois radicale, révolutionnaire même, et profondément conservatrice ; et elle mérite pour ces raisons une attention plus soutenue, quant à ses particularités, que celle qu’elle a habituellement suscitée. » (p.187)<br />La thèse de Lasch, peut-être discutable, mais en tout cas stimulante, est que ce mouvement n’est pas limitée aux mouvements populistes américains – jusqu'au parti des fermiers de La Follette entre les deux guerres mondiales. C’est une caractéristique des premiers pas du mouvement ouvrier en Europe aussi. Et la radicalité même des revendications du mouvement ouvrier naissant tient à ce que ce n’est pas d’abord un mouvement de salariés, mais qu’il est au contraire dominé par les artisans et quand il s’agit de salariés, il s’agit d’ouvriers qualifiés liés entre eux par la possession d’un métier au sens entier du terme – avant que les métiers ne deviennent des emplois ! Évidemment, Lasch cite le cas américain des Knights of Labor, aux origines du syndicalisme aux USA. Mais c’est aussi vrai en Europe, en Angleterre ou en France avec la place singulière que joua le proudhonisme et ses diverses variantes. Après tout, les paroles de l’Internationale disent « producteurs, sauvons-nous nous-mêmes ! ». Ce n’est pas l’union des prolétaires mais l’union des producteurs qui est revendiquée et les producteurs sont aussi bien les ouvriers que les artisans, les petits patrons et les fermiers et métayers. Et si la perspective ouverte est celle de la coopération, il ne s’agit pas comme chez Marx du processus qui exproprie les expropriateurs, mais au contraire d’un moyen de combat pour empêcher l’expropriation du travailleur indépendant ou pour rétablir ici et maintenant « la propriété individuel des moyens de production ». Ce qui intéresse Lasch chez Sorel comme chez les socialistes de la Guilde (G.D.H. Cole) c’est comment la critique du « progressisme », des valeurs hédonistes de la société capitaliste se combine avec une certaine conception du rôle du mouvement ouvrier et syndical. Chez Sorel, le syndicalisme révolutionnaire et la violence ouvrière sont exaltés comme des instruments de régénération morale. Les luttes ouvrières, dans cette perspective, ne devraient pas vraiment se concentrer sur les questions matérielles, et la revendication du « contrôle ouvrier » doit être étroitement liée à celle d’un « travail noble ». Sorel affirmait qu’en limitant la lutte aux revendications matérielles, les ouvriers ne « fourniraient pas plus d’occasions à l’héroïsme de se manifester que lorsque des syndicats agricoles discutent du prix du guano avec des marchands d’engrais. » Cependant, Lasch fait remarquer : « S’il entendait par là que les ouvriers devaient imposer un contrôle sur l’industrie au lieu de simplement négocier simplement un partage plus important des profits, son conseil était un conseil de bon sens syndicaliste. Il n’en restait pas moins quelque peu mystérieux de savoir comment les ouvriers en viendraient à assurer un contrôle de l’industrie sans discuter du prix du guano et d’autres problèmes terre-à-terre. Trop d’emphase portée sur l’héroïsme pouvait facilement faire dévier le mouvement syndicaliste de la question du contrôle ouvrier de la production vers la pompe et le spectacle des grèves qui ne laissaient, derrière une histoire légendaire, aux générations suivantes qu’un simple arrière-goût — comme dans le cas de l’IWW (Industrial Workers of the World) aux États-Unis, mais rien sur le plan des réalisations concrètes. » (p.285) C’est donc l’idéologie du contrôle ouvrier de la production qui empêche le syndicalisme de tomber dans la mystique du combat ».<br />La question du contrôle ouvrier conduit aux tentatives des socialistes britanniques de la Guide de réconcilier syndicalisme et collectivisme. Si le problème de la révolution sociale se réduit à la question du changement de maître, elle est, en effet, d’un intérêt limité. Les socialistes de la Guilde tenaient les syndicats pour des « gouvernements embryonnaires ». Cole réhabilite le terme de « corporation », en soulignant qu’il ne peut évidemment avoir le même sens qu’au XIVe siècle. La ligne de fracture au sein du mouvement ouvrier, telle que l’établit Lasch, opposerait ainsi ceux qui font de la pauvreté la question centrale (les progressistes, les sociaux démocrates) contre ceux qui placent l’abolition de la domination au premier rang des revendications. Les premiers vont naturellement aller dans le sens du progrès capitaliste – qui prépare, même contre son gré – les conditions de l’abondance. Les seconds vont plus volontiers s’opposer au moins à certaines formes de ce « progrès », la centralisation de la production, l’expropriation des savoirs ouvriers. Alors que les progressistes voient dans la diminution du travail et la propagation des loisirs des éléments fondamentaux de l’amélioration de la condition ouvrière, les seconds vont plutôt défendre la valeur du travail bien fait. Si les valeurs morales importent peu aux progressistes, à la recherche de la paix et du bien-être, les syndicalistes vont au contraire défendre l’honneur, la fierté, le courage du combattant, le sens de la solidarité.<br />Bien sûr, cette opposition ne peut être considérée absolument et, en pratique, les positions des uns et des autres sont toujours bien plus complexes. Mais Lasch construit là un dispositif conceptuel qui, en premier lieu, permet de comprendre des combinaisons historiques atypiques au regard de la conception progressiste tant des marxistes que de la gauche social-démocrate ou libérale. L’existence d’un mouvement ouvrier à la fois anti-capitaliste et « réactionnaire », à la fois violemment opposé à l’ordre existant – encore une fois les wobblies (les partisans des I.W.W.) en sont un exemple particulièrement frappant – et, en même temps, ancré dans les traditions. En second lieu, la polarisation construite par Lasch rend compte de ce sur quoi s’ouvre le livre, « l’obsolescence du clivage entre la droite et la gauche » (p. 23 et sq.).<br />Il est clair que la manière dont Lasch pose cette question est fortement « américanocentrée ». Par exemple, la critique qu’il conduit de la manière dont les libéraux – au sens américain du terme – se sont progressivement perçus comme une « minorité civilisée » au milieu de la masse réactionnaire du peuple américain ne trouve pas d’équivalent en Europe jusqu’aux années 70, où le mouvement ouvrier avait une indépendance suffisante pour véhiculer sa propre conception du progrès sans laisser aux minorités éclairées ce soin. Cependant, l’affaiblissement des organisations ouvrières traditionnelles, la pulvérisation sociale de la classe ouvrière ont conduit de ce côté-ci de l’Atlantique à la percée sous les espèces de la « gauche sociétale » de phénomènes absolument comparables à ceux que connaissaient depuis déjà longtemps les États-Unis. C'est-à-dire à une situation où les esprits libéraux et progressistes constatent d’air désolé que le progrès n’est guère compatible avec le gouvernement du peuple par le peuple… avant de s’en remettre aux experts, mieux qualifiés que les tribuns pour savoir ce qui bon ou non (cf. p.391). La question du racisme offre un bon exemple de cette impuissance politique de la pensée libérale progressiste. En 1950, l’ouvrage « La personnalité autoritaire » de Nevitt Sanford va essayer de montrer sur la base d’enquêtes sociologiques que le racisme s’enracine dans des attitudes archaïques et dans « l’esprit de clocher tribal ». La vulgate progressiste trouve là sa base scientifique : il suffit de déraciner cette « esprit de clocher » et de lutter contre l’ignorance pour éradiquer le racisme. Laschoppose ces illusions dangereuses aux travaux de Horkheimer et Adorno <a href="http://denis-collin.viabloga.com/news/christopher-lasch-le-seul-et-vrai-paradis#_edn4" name="_ednref4" id="_ednref4">[4]</a> , notamment dans la Dialectique de la raison (1947) : « Horkheimer et Adorno avançaient que la “raison” était une partie du problème, pas sa solution. Bien que la raison libérât le genre humain de la superstition et de la soumission à l’autorité, elle faisait disparaître toute conscience des limites naturelles aux pouvoirs humains. Elle donnait lieu à la dangereuse fantaisie qui veut que l’homme puisse remodeler à sa guise à la fois le monde naturel et la nature humaine même. La raison transformait la philosophie morale en ingénierie sociale … » (p.404). À l’antiracisme progressiste, Lasch oppose l’analyse de Hannah Arendt <a href="http://denis-collin.viabloga.com/news/christopher-lasch-le-seul-et-vrai-paradis#_edn5" name="_ednref5" id="_ednref5">[5] </a>qui montre la spécificité moderne du racisme, né non pas de l’ancienne communauté et de « l’esprit de clocher » mais bien de la dissolution de la communauté politique traditionnelles – elle montre de façon convaincante que le nazisme n’est pas un produit de l’État-nation mais bien de la destruction de l’État-nation par l’impérialisme.<br />Un deuxième exemple se trouve dans la critique libérale du maccarthysme comme une forme du populisme traditionnel aux États-Unis. Lasch note que « les libéraux ignoraient à quelques exceptions près les tensions internationales qu’exploitait McCarthy. La majorité d’entre eux refusait d’admettre que la politique de confinement de Truman et son domestic loyalty program avaient contribué à générer l’hystérie anticommuniste qui se retournait désormais contre Truman lui-même et ses principaux conseillers. » (p.413) Sur ces deux exemples comme sur beaucoup d’autres on voit bien que c’est de nous qu’il s’agit – et pas seulement des Américains des années 50. L’identification du populisme et du fascisme est aussi un des classiques de la littérature américaine de ces années-là, tout l’analyse du populisme comme « autoritarisme de la classe ouvrière » (p.416). Lasch rappelle que, sur la base de ces analyses, les libéraux qui s’inquiétaient jadis du déclin de la participation populaire à la vie politique en viennent « désormais à se demander s’il ne fallait pas se féliciter de “l’apathie” dans la mesure où elle réduisait le danger que des personnes “accablées par leur statut”, cherchant désespérément, telle qu’Adorno les dépeignait, une “reconnaissance sociale”, trouvent des exutoires politique à leur “rage sociale refoulée”. » (p.417) Sur toutes ces questions, Lasch montre en détail le mépris colossal des sociologues, psychologues et tutti quanti à l’égard des ouvriers et « l’étroitesse d’esprit éduquée » des élites : en cela aussi, nous sommes directement<br />Le dernier chapitre est consacré au « populisme droitier » et à la « révolte contre le libéralisme », c'est-à-dire à la montée des conservateurs derrière Reagan et à la réaction contre les idées libérales – notamment en matière de déségrégation sociale et raciale. Contre les interprétations habituelles qui mettent en cause une classe ouvrière embourgeoisée réagissant aux questions raciales, Lasch montre que « une bonne partie du mécontentement de leur mécontentement [celui de la classe ouvrière et des fractions les plus modestes de la classe moyenne] à l’encontre du libéralisme est étrangère aux problèmes raciaux. Ce mécontentement constitue en partie une réaction au type de paternalisme irréfléchi qui incite les libéraux à se considérer comme des “bienfaiteurs” auprès des populations paupérisées. » (p.432) Une analyse que les belles âmes de la gauche française auraient dû lire, avant de vanter leur célèbre « bilan » tout en courant derrière les obsessions sécuritaires et anti-immigrés.<br />La lecture de Le seul et vrai Paradis n’apporte pas de réponse décisive et tranchée aux questions qui se posent aujourd’hui à tous ceux que l’organisation sociale existante ne satisfait et qui se résignent mal à ce que l’augmentation de la production matérielle et de la consommation soit le seul horizon qu’on puisse encore laisser ouvert pour l’humanité. Dans le désordre, voici quelques unes de ces questions :<br />- Quelle est la question centrale ? Pauvreté et exclusion ou domination et exploitation ? Évidemment, pauvreté et « exclusion » (le terme est extraordinairement connoté idéologiquement, mais laissons cela de côté) sont des problèmes graves. Cependant, si on admet qu’ils sont des conséquences d’une organisation sociale porteuse en elle-même, même dans l’abondance relative garantie à certaines couches du salariat, de domination, de liquidation du sens de la liberté publique, alors les « solutions » à apporter sont fondamentalement différentes.<br />- Doit-on accepter comme nécessaire historiquement le mouvement qui dissout les communautés traditionnelles, en premier lieu les communautés politiques, au nom d’un universalisme aussi abstrait que l’individualisme dont il est le pendant ? Cette question est reliée à la précédente. N’est-ce pas la constitution de vastes ensembles centralisés qui ôte toute effectivité à la démocratie ? L’autonomie est-elle possible à une échelle supérieure aux niveaux locaux ou au niveau des petites nations ?<br />- Doit-on continuer de revendiquer tout ce qui permet de fuir le travail ou d’en diminuer le poids (réduction du temps de travail) ou, au contraire, n’est-ce pas le rapport salarié lui- même qui est maintenant en cause ? D’un certain point de vue, les patrons l’ont compris qui ont utilisé à leur profit et en vue d’augmenter la domination et l’exploitation, le refus du salariat et l’aspiration à contrôler son propre travail. Ainsi les « externalisations » d’activités réalisées auparavant dans les entreprises et désormais confiées à des petites entreprises, souvent montées par des anciens ouvriers ou cadres.<a href="http://denis-collin.viabloga.com/news/christopher-lasch-le-seul-et-vrai-paradis#_edn6" name="_ednref6" id="_ednref6">[6]</a><br />- Est-il possible de construire un mouvement de lutte contre l’organisation sociale capitaliste, sans reprendre appui sur un certain nombre de valeurs morales – le goût de l’effort, l’honnêteté et l’honneur, le sens des limites, bref tout ce par quoi Orwell définit une société décente ? La désertion de la gauche par une fraction importante des classes populaires pose brutalement cette question. Il ne s’agit pas évidemment de s’adapter aux préjugés, souvent effectivement réactionnaires, qui se sont développés chez les ouvriers « français de souche », mais d’en finir avec la critique déracinée de la gauche officielle – une critique qui se réduit finalement au mépris ancestral des intellectuels pour les travailleurs ordinaires – au profit d’une critique enracinée, c'est-à-dire une critique qui ne s’arrête pas à des manifestations superficielles parfois déplaisantes mais en comprenne réellement le fondement social et psychologique et trouve des forces de transformation politique.<a href="http://denis-collin.viabloga.com/news/christopher-lasch-le-seul-et-vrai-paradis#_edn7" name="_ednref7" id="_ednref7">[7]</a><br />Faute de s’atteler à répondre à ces questions, il est a craindre que nous ne soyons condamnés encore pour pas mal de temps à la déploration et à l’excitation impuissante.</p>

<p><br />UN LIEU COMMUN SUR LA CLASSE OUVRIÈRE ET LES CLASSES MOYENNES<br />Levison relève que le Bureau of Statistics exclut les employés de bureau, les vendeurs et les salariés du tertiaire de la catégorie des professions manuelle La plupart des postes ainsi omis sont répétitifs et pauvrement rémunérés. Le secteur tertiaire, par exemple, inclut les concierges, les agents de sécurité, les policiers, les pompiers, les garçons de restaurant, les serveuses, les cuisiniers, les aides serveurs, les plongeurs, les femmes de chambre, et les chasseurs. À reclasser ces trois catégories – employés de bureau, vendeurs, et salariés du tertiaire dans le secteur du travail manuel, le pourcentage d'ouvriers dans la population augmente spectaculairement. II a augmenté au fil du temps tout autant, passai de 50 % en 1900 à 70 % en 1970. Cette situation indique que les ouvriers ne peuvent être envisagés comme faisant partie de la classe moyenne qu'à la condition de considérer qu'ils occupent une position intermédiaire entre les classes supérieures d'un côté et le sous- prolétariat », en majorité noir et hispanique de l’autre.<br />SUR LA TRADUCTION FRANÇAISE<br />Quelques regrets pour terminer concernant l’édition française du livre. Alors que Lasch multiplie les citations et les renvois, on ne dispose d’aucun système de référencement. Les citations nous sont données sans même que soit précisée l’œuvre d’où elles sont tirées – ce qui est tout de même la moindre des exigences pour qui ne croit pas l’auteur sur parole et veut s’assurer non seulement de l’exactitude de la citation, mais encore du fait qu’elle n’est pas prise hors contexte. Plus ennuyeux encore : le texte original s’accompagnait d’une importante bibliographie que l’éditeur français a cru bon de supprimer pour la remplacer par une bibliographie de son cru, au motif que « la majeure partie de ces sources n’est pas accessible au lecteur français ». On aurait pu laisser au lecteur la possibilité de vérifier par lui-même qu’il n’en est pas ainsi. Le traducteur nous donne donc, outre quelques ouvrages qui sont cités dans le livre, des ouvrages qui « entretiennent un rapport » avec lui. On se demande bien quel critère a présidé à ces choix. Ainsi de nombreuses références sont tout simplement anachroniques ou arbitraires (on cite des ouvrages parus en 2002 et dont Lasch n’avait évidemment aucune idée) et surtout des oublis curieux ne manquent pas. Ainsi, alors que Lasch consacre tout un passage à Sandel, on cherchera en vain un référence au livre Michael Sandel, « Le libéralisme et les limites de la justice », traduit en français depuis plusieurs années. Cité abondamment, Dewey n’apparaît pas non plus dans cette bibliographie, alors que, là aussi, d’assez nombreuses sources sont « accessibles au lecteur français ». Même chose pour Paine, Carlyle, etc. Par exemple, Carlyle est longuement analysé et Lasch consacré plusieurs pages à son roman, Sartor Resartus ; la bibliographie l’ignore alors qu’il a été publié en collection bilingue chez Aubier en 2001. Peut-être Lasch aurait-il mérité une véritable édition scientifique ?<br />Denis COLLIN ©2003</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Tue, 25 Feb 2025 20:37:23 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Conflit en Ukraine : la phase Trump, du bonimenteur au cheval de Troie]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Trump a le culot du bonimenteur de foire. D'ailleurs, il ne le cache pas. Il s'en vante. Et c'est bien pour cela qu'il a été accepté par les élites globalistes, qui en ont grandement besoin aujourd'hui. Ses déclarations ne retransmettent pas l'état réel d'une situation, mais la manière dont il la voit, dont il la veut. Ainsi, les discussions avancent très bien avec la Russie et le "deal" sera bientôt conclu. Puisque Poutine est un gars super, qui sera d'accord sur tout. Mais pour l'instant, les pas concrets traînent, car la Russie reste réservée ...</p>

<p>La visite de Macron à Washington s'est accompagnée d'une réunion du G7 en vidéo, à la Maison-Blanche, notamment avec Zelensky, sur l'initiative du Canada. Quelle surprise du calendrier. L'élite globaliste était au complet. A suivi la discussion entre Trump et Macron, dont il n'a pas été publié grand-chose. Les médias français estiment, que tout s'est très bien passé. </p>

<p>Parallèlement, l'assemblée générale de l'ONU n'a pas voté la résolution américaine, qui dans sa grande magnanimité, mettait sur un pied d'égalité l'Ukraine et la Russie, mais la résolution plus ouvertement "anti-russe", soutenue par l'Ukraine et les pays atlantistes.</p>

<p> <a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1041/vote-onu-24022025" class="embed-insert"><img class="elgg-photo" alt="Vote ONU- 24/02/2025" src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1041/medium"></a> </p>

<p>Dans la foulée, Trump, sans vergogne, affirme qu'un "deal" est bientôt prêt avec la Russie, qu'il est certain que Poutine est prêt, même à accepter la présence de contingents militaires européens en Ukraine "pour la paix", évidemment. Donc la paix aura bientôt vaincu le front ukrainien. La Pax americana, renouvelée.</p>

<p>Ainsi, alors que la Russie s'est fermement prononcée contre la présence de forces militaires européennes sur le sol ukrainien, quel que soit le drapeau, Trump déclare qu'il en a discuté avec Poutine et qu'il n'est pas opposé à cela. Et que d'ailleurs, l'idée de Macron est très bonne.</p>

<p>Si l'on estime que la position de la Russie a clairement été exprimée sur le sujet, Trump ment et manipule. Il force la situation.</p>

<p>C'est pour lui une technique de vente classique. Il ment comme un arracheur de dents ou comme un vendeur de foire. Et comme il l'affirme, de toute manière il ne sait pas faire autre chose. Je cite :</p>

<p>Donald Trump, qui se vante de son approche transactionnelle des relations internationales, a laissé entendre sur son réseau social que des « accords économiques majeurs » avec la Russie étaient envisageables. « Je fais des deals. Toute ma vie, c'est faire des deals. Je ne connais que ça », a-t-il martelé.</p>

<p>C'est d'ailleurs bien pour cela, que les élites globalistes ont accepté son élection. Le front militaire a mal tourné, la guerre rapide n'a pas conduit à la défaite de la Russie et s'engager dans un conflit traditionnel de haute intensité est risqué. La phase des négociations, conduites parallèlement à une renégociation dure des intérêts américains, est dans tous les cas salutaires - pour les Etats-Unis et les Atlantistes. Les élites globalistes russes relèvent la tête, on peut négocier, tenter de vendre (et de se vendre) ; un temps supplémentaire est donné pour l'armement en Occident ; la Russie pourrait tomber dans des pièges diplomatiques. Et si ça ne marche pas, on reprendra les combats, cette fois-ci sur le mode : vous voyez, la Russie ne veut pas la paix, il va falloir y aller nous-mêmes - en tout cas en ce qui concerne les Européens dans un premier temps. </p>

<p>Les déclarations de Trump sont claires : il tente de passer des accords commerciaux avec la Russie, pour la pousser à la faute politique. Géopolitiquement, il retire les Etats-Unis (qui deviennent miraculeusement neutres) et réduit le conflit à une confrontation bilatérale entre la Russie et l'Ukraine, dont la faute est également répartie entre ces deux pays. L'OTAN n'est pas partie au conflit, les USA non plus, l'Europe est concernée uniquement pour les sanctions et géographiquement, mais militairement ils sont tous innocents. C'est magique.</p>

<p>De son côté la Russie reste sur la réserve. Si l'interview donnée par Poutine hier était assez molle et particulièrement floue, sur le mode "nous n'avons rien contre un Etat ukrainien", "l'Europe peut participer aux négociations d'une certaine manière, mais elle doit réfléchir", Lavrov a été beaucoup plus ferme en Turquie, repoussant l'éternelle "volonté d'aider" de la Turquie et rappelant que les combats ne prendront fin que le jour où un réel accord de paix sera établi et signé. </p>

<p>Si l'on ajoute ces dernières déclarations de Trump sur les forces militaires européennes, à l'absence de concret, en passant par la prochaine prise de possession de sous-sols ukrainiens dans des frontières floues, il finit par ressembler de plus en plus à un cheval de Troie. </p>

<p>Le seul élément concret, puisque la composition de l'équipe négociante américaine n'est toujours pas connue et que les établissements diplomatiques aux Etats-Unis n'ont toujours pas été rendus à la Russie, c'est le retour très possible d'Hollywood sans les salles de cinéma russes dès cette année. Pourquoi se priver d'un bon lavage des cerveaux russes ? Business is usual ? Non, c'est de la politique.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Tue, 25 Feb 2025 20:09:57 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Emmanuel Todd et la prophétie de la chute de l’URSS]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Première parution : <a href="https://tempspresents.com/contributeurs/romain-ducoulombier/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Romain Ducoulombier</a>, « Emmanuel Todd : un faux prophète ? », <a href="https://www.lepoint.fr/debats/emmanuel-todd-un-faux-prophete-22-02-2025-2583076_2.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Point</a>, 22 février 2025.</p><p>À chaque crise, il est consulté dans les médias comme un oracle. Pas un article ne manque de le rappeler : l’essayiste Emmanuel Todd, inclassable et impertinent, est l’homme qui a prévu la chute de l’URSS. Les commentaires des librairies en ligne sont unanimes : « Le premier et le seul à avoir prévu de manière complète cette disparition. »</p><p>Et pourtant… Son célèbre livre de 1976, La Chute finale, s’inscrit dans un débat nourri, pendant vingt ans, par de nombreux livres et de remarquables auteurs aujourd’hui oubliés, effacés par ce titre de gloire sur lequel Todd a bâti sa posture de chercheur et de prophète. Le dire, c’est retrouver l’intensité des controverses d’une époque désormais révolue. Voici l’histoire du passé de cette prophétie.</p>
<p>La chute finale</p>
<p>La chute de l’URSS en décembre 1991 est considérée comme l’événement inaugural d’un nouvel ordre mondial aux convulsions duquel nous assistons aujourd’hui. En France, l’idée que personne n’avait prédit cette chute est une légende tenace, enracinée dans notre mémoire collective. Personne, sauf peut-être Emmanuel Todd, avec son livre, La Chute finale, paru en 1976 chez Robert Laffont dans une collection, « Libertés 2000 », qui affichait son ambition prospectiviste.</p><p>Dans ses Mémoires (Le Voleur dans la maison vide, 1997), <a rel="noreferrer noopener" target="_blank" href="https://www.lepoint.fr/postillon/jean-francois-revel-un-editorialiste-heureux-ses-annees-au-point-26-01-2024-2550797_3961.php">Jean-François Revel</a>, le futur académicien, alors directeur de L’Express, devait l’immortaliser comme le « seul livre occidental » qui ait annoncé la décomposition de la sphère soviétique avec quinze ans d’avance. Pour contredire cette légende, il faut lire des livres que plus personne ne lit, feuilleter de vieilles coupures de presse jaunies d’un passé soviétique et communiste qui a été enseveli à une vitesse étonnante, une fois sa défaite consommée. En réalité, en pleine guerre froide, un débat intellectuel intense et passionné a animé de nombreux esprits de part et d’autre de l’Atlantique. Le livre de Todd est une pièce de ce grand puzzle.</p>
<p>Un livre oublié</p>
<p>Le débat s’ouvre par la publication, en 1965, d’un livre aujourd’hui oublié, mais au titre révélateur, L’Agonie du régime en Union soviétique – il s’affiche en grosses lettres rouges et noires sur fond blanc, dans la collection « Ordre du jour » à La Table Ronde. Son auteur, Michel Garder (1916-1993), est, lui aussi, un inclassable : cet anticommuniste virulent d’origine russe est un vétéran du contre-espionnage de Vichy, déporté entre 1943 et 1945, ancien combattant blessé en Indochine, officier de renseignements des services spéciaux de l’Armée et… franc-maçon.</p><p>Dans son livre, Garder décrit l’URSS comme un régime condamné à brève échéance, miné par des contradictions insolubles entre puissance et prospérité, terreur implacable et réforme impossible. Il conclut moins au risque d’un coup d’État militaire, auquel il ne croit pas, qu’à la prise de pouvoir par le KGB, ou par des élites qui mettraient un terme à ce système inefficace. Le monde de demain sera Nord-Sud, et non plus Est-Ouest. Le livre est mal reçu, mais de Gaulle le lit et en félicite son auteur. C’est aux États-Unis qu’il va être discuté.</p><p>Il franchit l’Atlantique par l’intermédiaire du journaliste Michel Tatu. Ancien correspondant du Monde à Moscou, kremlinologue respecté, Tatu est alors en résidence à l’université Columbia, à Washington. S’il ne partage pas la thèse de Garder, il considère que la situation en URSS est suffisamment grave pour qu’il en fasse un compte rendu bienveillant dans une revue américaine de référence, Problems of Communism. Le débat est ouvert.</p><p>Depuis le milieu des années 1950, les discussions académiques aux États-Unis battent leur plein autour des transformations de l’ère Khrouchtchev. En 1969, le politiste Zbigniew Brzezinski, encore professeur à Columbia, et futur conseiller à la Sécurité nationale du président Carter, organise un large débat sur les « dilemmes du changement dans la politique soviétique ». De grands universitaires américains y participent, et tous les scénarios sont sur la table : un « choc extérieur », voire une « catastrophe domestique majeure » – Tchernobyl, 1986 –, sont envisagés. Brzezinski penche pour une ouverture progressive « à la Yougoslave » ; en 1979, il engage les États-Unis dans le soutien indirect à leur « proxy » afghan.</p>
<p>Un pamphlet écrit en quelques mois</p>
<p>Au début des années 1970, le débat revient en Europe. Dans L’URSS survivra-t-elle en 1984 ? (Fayard, 1970), le dissident soviétique Andreï Amalrik annonce la chute de l’empire soviétique sous l’effet d’une guerre sino-soviétique qu’il juge imminente. Si cette prédiction est fausse, les pages d’Amalrik sur l’effondrement du glacis impérial d’Europe de l’Est et la réunification allemande sont criantes de vérité. Son préfacier, l’historien Alain Besançon, connaît bien les débats américains. Il dresse une grille d’analyse qui résume les hypothèses en jeu : adaptation conservatrice, rénovation du régime… ou effondrement.</p><p>C’est dans cette atmosphère que le livre d’Emmanuel Todd, La Chute finale, est publié en 1976. Le titre, génial, est de Jean-François Revel ; la couverture, rouge barrée du titre en lettres d’or, est à l’ancienne. Todd, 25 ans à peine, jeune docteur de l’université de Cambridge, est alors inconnu. De retour de la Hongrie communiste, la « baraque la plus joyeuse » du camp soviétique, il écrit son pamphlet en quelques mois. C’est un tour de force.</p><p>Il y livre d’abord une réflexion sur la prédiction en histoire : si la futurologie est un non-sens, la prédiction n’est pas impossible dès lors que les évolutions mentales obéissent à la succession des générations. C’est une des constantes de ses livres ultérieurs. Todd le géopolitiste n’est pas seul à jouer aux oracles. De toutes les sciences humaines, la géopolitique est en réalité la plus tournée vers le futur. Depuis ses origines, au XIXe siècle, elle ambitionne d’être la science du comportement des États : elle n’entend pas seulement l’expliquer, mais en prévoir les évolutions et percer le mystère du grand jeu des puissances. Son histoire, dès lors, mêle les modèles d’interprétation les plus déterministes aux ambitions futurologiques.</p>
<p>Une prédiction datée et précise</p>
<p>Le constat de la faiblesse de l’URSS est le deuxième point fort du livre. Il la déduit d’une évidence statistique, la hausse de la mortalité infantile, symptôme d’une société bloquée, d’une « régression sociale et sanitaire » et d’impuissance de l’État. Son analyse, qu’il ne cessera par la suite de vouloir réduire à son intuition statistique initiale, est en réalité multifactorielle, économique et politique. Le modèle centre-périphérie y joue un rôle fondamental : l’URSS est un empire paradoxal, parce que son centre, qui a subi plus longtemps le « régime » communiste, est plus pauvre que ses périphéries. Contrairement à Garder ou Amalrik, Todd ne se fourvoie pas dans une prédiction datée et précise : la chute de l’URSS se produira, dit-il, « dans dix, vingt ou trente ans », quitte à faire une prédiction qui n’en est pas vraiment une.</p><p>L’accueil du livre est excellent, mais certains lui reprochent ses provocations – il compare bizarrement le KGB à l’IFOP, pour en prévoir l’involution possible en simple instance de recensement social –, son goût pour la politique-fiction – comment ne pas penser au « hollandisme révolutionnaire » de 2012 ? –, son excès de rationalité, contraire à la prudence des historiens. Il est reçu chez Jacques Chancel dans sa mythique émission Radioscopie. Un « pamphlet » antisoviétique, attaque le journaliste. Réponse de Todd, avec un aplomb étonnant : « On est habitués à prédire la chute du capitalisme. Je pense personnellement que l’heure est arrivée de prédire la chute de l’autre système. »</p><p>Ce dossier de réception montre avec force qu’il ne faut pas juger une prophétie sur sa simple valeur prospective. Toute prophétie est d’abord une prise de position ici et maintenant. Peu importe qu’elle se réalise, le futur qu’elle prédit est un miroir du présent que le prophète juge. Comme le suggère Chancel, c’est d’abord l’anticommunisme qui fait le succès du livre. Une prophétie exerce aussi une influence sur le futur qu’elle prédit : on n’annonce pas sans risque une chute ou un âge d’or ; les anticipations des uns et des autres peuvent en être changées. Une prédiction possède enfin un puissant effet d’accréditation de son auteur, dès lors que le futur qu’elle prédisait se produit. Peu importent les conditions dans lesquelles elle est annoncée ; l’essentiel, c’est qu’elle se soit réalisée.</p>
<p>Face à Hélène Carrère d’Encausse</p>
<p>La publication de L’Empire éclaté par l’historienne et future secrétaire perpétuelle de l’Académie française Hélène Carrère d’Encausse en 1978 est le dernier rebond du débat français sur l’avenir de l’URSS. Le livre est un immense succès éditorial. S’il s’ouvre sur le constat d’une menace existentielle sur l’Union soviétique, sa chute n’est pas annoncée. L’URSS est dans une « impasse nationale » face au réveil du monde musulman et à sa croissance démographique ; mais ce défi est de moyen terme.</p><p>Quoi qu’il en soit, le désaccord avec Todd est frontal. En 1980, ce dernier publie dans Politique internationale un article consacré à la guerre en Afghanistan. La croissance de la population turcophone, conclut-il, est un débat secondaire ; c’est l’invasion soviétique et son coût qui pousseront l’URSS à la limite de ses forces, car elle ne peut pas la payer.</p><p>Les réécritures complaisantes et les triomphes faciles ont effacé ce débat dans les années 1990. Avec La Chute finale tiré de l’oubli par un compte rendu de Jean-Claude Casanova dans L’Express en février 1990, Todd devient l’homme qui avait prévu la fin de l’URSS, sorti vainqueur d’un débat réduit à sa controverse avec Carrère d’Encausse. Fin 1991, à l’occasion d’une réédition de La Gloire des nations, cette dernière dépeint elle aussi un « Occident installé dans la certitude que la puissance soviétique était inaltérable ».</p><p>Todd, depuis, ne manque jamais une occasion de rappeler sa prescience ; il n’est pourtant ni le seul, ni le premier à avoir prédit la chute de l’URSS. On a parfois le sentiment qu’il écrit et réécrit le même livre, avec les mêmes postures et le même ton – un étrange mélange de provocations et de prédictions plus ou moins sérieuses, adossé à une anthropologie des systèmes familiaux d’un déterminisme rigide. Son dernier livre à succès, La Défaite de l’Occident, est écrit sur le même patron. Il se termine lui aussi par une prédiction : « Tout est possible ». Il est certain qu’elle se produira.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Tue, 25 Feb 2025 15:07:22 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1038/le-discours-explosif-de-jeffrey-sachs-au-parlement-europeen</link>
	<title><![CDATA[Le discours explosif de Jeffrey Sachs au Parlement européen.]]></title>
	<description><![CDATA[<p>&nbsp;</p><p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" src="https://www.youtube.com/embed/pJR7If7pmNo?si=pKlLMfOYHoyDNfAo" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p><p>Le 19 f&eacute;vrier, l&#39;un des plus grands politologues des derni&egrave;res d&eacute;cennies, le pr Jeffrey Sachs, a prononc&eacute; un discours v&eacute;ritablement historique au Parlement europ&eacute;en, lors d&#39;un &eacute;v&eacute;nement intitul&eacute; &laquo; G&eacute;opolitique de la paix &raquo;, organis&eacute; par l&#39;ancien secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral adjoint de l&#39;ONU et actuel d&eacute;put&eacute; europ&eacute;en Michael von der Schulenburg.&nbsp;</p><p>Il est compr&eacute;hensible que la presse n&#39;ait pas parl&eacute; de ce discours. En effet, Sachs a diss&eacute;qu&eacute; sans anesth&eacute;sie la politique des &Eacute;tats-Unis des 30 derni&egrave;res ann&eacute;es, tout comme celle de l&#39;Europe, et sa conclusion implacable est que la guerre en Ukraine n&#39;est qu&#39;une parmi de nombreuses guerres provoqu&eacute;es par les Am&eacute;ricains et soutenues par leurs alli&eacute;s europ&eacute;ens au nom de la &quot;d&eacute;mocratie&quot; et de la &quot;libert&eacute;&quot;, qui ont entra&icirc;n&eacute; uniquement des destructions et des morts, mais pas de d&eacute;mocratie ni de libert&eacute;.</p><p>Le fait que les &Eacute;tats-Unis n&#39;aient pas respect&eacute; leurs propres accords, notamment avec la Russie, a finalement conduit aux invasions en Ukraine. Une lueur d&#39;espoir, selon Sachs, est le nouveau r&eacute;gime Trump, qui mettra certainement fin &agrave; la guerre, ajoute-t-il.</p><p>&laquo; L&#39;&eacute;largissement de l&#39;OTAN. Vous vous souvenez qu&#39;au 7 f&eacute;vrier 1991, Hans-Dietrich Genscher et James Baker III ont parl&eacute; avec Gorbatchev. Genscher a tenu une conf&eacute;rence de presse o&ugrave; il a expliqu&eacute; que l&#39;OTAN ne s&#39;&eacute;tendrait pas vers l&#39;est. &quot;Nous ne profiterons pas de la dissolution du Pacte de Varsovie&quot;. Et vous comprenez qu&#39;il s&#39;agissait d&#39;un contexte juridique, pas d&#39;un contexte al&eacute;atoire. C&#39;&eacute;tait la fin de la Seconde Guerre mondiale, n&eacute;goci&eacute;e pour la r&eacute;unification de l&#39;Allemagne.</p><p>Il a &eacute;t&eacute; convenu que l&#39;OTAN ne se d&eacute;placerait pas d&#39;un centim&egrave;tre vers l&#39;est. C&#39;&eacute;tait explicite et cela figure dans de nombreux documents. Cherchez dans les Archives de la s&eacute;curit&eacute; nationale de l&#39;Universit&eacute; George Washington et vous pourrez obtenir des dizaines de documents. Il existe un site intitul&eacute; &laquo; Ce que Gorbatchev a entendu au sujet de l&#39;OTAN &raquo;. Jetez un &oelig;il, car tout ce que l&#39;on vous dit aux &Eacute;tats-Unis &agrave; ce sujet est un mensonge, mais les archives sont parfaitement claires.</p><p>Ainsi, la d&eacute;cision a &eacute;t&eacute; prise en 1994 d&#39;&eacute;largir l&#39;OTAN jusqu&#39;en Ukraine. C&#39;est un projet. Ce n&#39;est pas li&eacute; &agrave; une administration ou &agrave; une autre. C&#39;est un projet du gouvernement am&eacute;ricain qui a d&eacute;but&eacute; il y a plus de 30 ans.</p><p>La Russie n&#39;a pas d&#39;autre vocation que celle europ&eacute;enne. Donc, &agrave; mesure que l&#39;Europe s&#39;&eacute;tend vers l&#39;est, la Russie ne peut rien y faire. Est-il &eacute;tonnant que nous soyons constamment en guerre ? Car une chose &agrave; propos de l&#39;Am&eacute;rique est que nous croyons toujours savoir ce que nos homologues vont faire, et nous avons toujours tort.</p><p>Et l&#39;une des raisons pour lesquelles nous nous trompons toujours est que, dans la th&eacute;orie des jeux pratiqu&eacute;e par les strat&egrave;ges am&eacute;ricains, en fait, on ne parle pas avec l&#39;autre partie. On sait juste quelle est la strat&eacute;gie de l&#39;autre partie. C&#39;est merveilleux. On gagne tellement de temps. Pas besoin de diplomatie (...).</p><p>Rien n&#39;a vraiment chang&eacute; depuis Clinton, Bush, Obama, Trump, jusqu&#39;&agrave; Biden. Au contraire, les choses se sont d&eacute;t&eacute;rior&eacute;es pas &agrave; pas. Selon moi, Biden a &eacute;t&eacute; le pire. Peut-&ecirc;tre aussi parce qu&#39;il n&#39;&eacute;tait pas &quot;compos mentis&quot; (dans toutes ses facult&eacute;s mentales, n.d.t.) ces deux derni&egrave;res ann&eacute;es. Et je le dis s&eacute;rieusement, pas comme une remarque sarcastique. Le syst&egrave;me politique am&eacute;ricain est un syst&egrave;me d&#39;image. C&#39;est un syst&egrave;me de manipulation des m&eacute;dias chaque jour. C&#39;est un syst&egrave;me de relations publiques.</p><p>Ainsi, il a pu y avoir un pr&eacute;sident qui fonctionnait pratiquement pas, mais qui est rest&eacute; au pouvoir pendant deux ans, et ils ont voulu le faire candidater pour sa r&eacute;&eacute;lection.&nbsp;</p><p>Nous ne disons la v&eacute;rit&eacute; sur presque rien dans ce monde, maintenant. Donc, ce projet a continu&eacute; depuis les ann&eacute;es 1990, le bombardement de Belgrade pendant 78 jours cons&eacute;cutifs en 1999 faisait&nbsp;<br />
partie de ce projet. La division du pays alors que les fronti&egrave;res sont sacr&eacute;es, n&#39;est-ce pas ?&nbsp;</p><p>&Agrave; l&#39;exception du Kosovo. C&#39;est acceptable. Parce que les fronti&egrave;res sont sacr&eacute;es, sauf si l&#39;Am&eacute;rique les change. Le Soudan a &eacute;t&eacute; un autre projet connexe. La r&eacute;bellion au Soudan du Sud. Cela s&#39;est produit uniquement parce que les Sud-Soudanais se sont rebell&eacute;s ? Ou puis-je vous donner le manuel de la CIA ?</p><p>Pour comprendre de quoi il s&#39;agit : les &eacute;v&eacute;nements militaires sont co&ucirc;teux. Ils n&eacute;cessitent de l&#39;&eacute;quipement, de la formation, des bases, des renseignements, des finances. Cela vient des grandes puissances. Cela ne vient pas des insurrections locales.</p><p>Le Soudan du Sud n&#39;a pas vaincu le Soudan du Nord ou le Soudan dans une bataille tribale. C&#39;&eacute;tait un projet am&eacute;ricain. Je me rendais souvent &agrave; Nairobi et je rencontrais des militaires am&eacute;ricains, des s&eacute;nateurs ou d&#39;autres personnes ayant un int&eacute;r&ecirc;t profond pour la politique soudanaise. Cela faisait partie du jeu de l&#39;unipolarit&eacute;.</p><p>Donc, l&#39;&eacute;largissement de l&#39;OTAN, comme vous le savez, a commenc&eacute; en 1999 avec la Hongrie, la Pologne et la R&eacute;publique tch&egrave;que. Et la Russie &eacute;tait extr&ecirc;mement m&eacute;contente de cela, mais ces pays &eacute;taient encore &eacute;loign&eacute;s de ses fronti&egrave;res. La Russie a protest&eacute;, mais bien s&ucirc;r, sans r&eacute;sultat. Puis est arriv&eacute; George Bush Junior. Lorsque le 11 septembre a eu lieu, le pr&eacute;sident Poutine a promis tout son soutien. Et puis, les &Eacute;tats-Unis ont d&eacute;cid&eacute;, le 20 septembre 2001, qu&#39;ils lanceraient sept guerres en cinq ans.</p><p>Au fait, ce furent les guerres de Netanyahu. L&#39;id&eacute;e &eacute;tait en partie de nettoyer les anciens alli&eacute;s sovi&eacute;tiques et en partie d&#39;&eacute;liminer les partisans du Hamas et du Hezbollah. Parce que l&#39;id&eacute;e de Netanyahu &eacute;tait qu&#39;il y aurait un seul &Eacute;tat, merci. Un seul &Eacute;tat. Ce serait Isra&euml;l. Isra&euml;l contr&ocirc;lerait tout le territoire. Et quiconque s&#39;y oppose, nous le renverserons. Pas n&eacute;cessairement nous, mais notre ami, les &Eacute;tats-Unis. C&#39;est la politique des &Eacute;tats-Unis jusqu&#39;&agrave; pr&eacute;sent. Nous ne savons pas si cela changera. Maintenant, le seul probl&egrave;me est que peut-&ecirc;tre les &Eacute;tats-Unis contr&ocirc;leront Gaza au lieu qu&#39;Isra&euml;l ne le fasse.</p><p>Mais l&#39;id&eacute;e existe depuis au moins 25 ans. En fait, elle remonte &agrave; un document appel&eacute; Clean Break que Netanyahu et son &eacute;quipe politique am&eacute;ricaine ont cr&eacute;&eacute; en 1996 pour mettre fin &agrave; l&#39;id&eacute;e de la solution &agrave; deux &Eacute;tats. Vous pouvez le trouver en ligne. Donc, ce sont des projets. Ce sont des &eacute;v&eacute;nements &agrave; long terme. Ce n&#39;est pas Clinton ? C&#39;est Bush ? C&#39;est Obama ? C&#39;est une mani&egrave;re ennuyeuse de consid&eacute;rer la politique am&eacute;ricaine comme un jeu quotidien. Mais ce n&#39;est pas cela la politique am&eacute;ricaine.</p><p>Donc, le prochain tour d&#39;&eacute;largissement de l&#39;OTAN est venu en 2004 avec sept autres pays : les trois &Eacute;tats baltes, la Roumanie, la Bulgarie, la Slov&eacute;nie et la Slovaquie. &Agrave; ce moment-l&agrave;, la Russie &eacute;tait extr&ecirc;mement f&acirc;ch&eacute;e. C&#39;&eacute;tait une violation compl&egrave;te de l&#39;accord de r&eacute;unification allemande d&#39;apr&egrave;s-guerre. En essence, c&#39;&eacute;tait un truc fondamental ou une tricherie des &Eacute;tats-Unis dans un accord de coop&eacute;ration, c&#39;est ce qui a &eacute;t&eacute; fait, parce qu&#39;ils croient en l&#39;unipolarit&eacute;. Comme tout le monde s&#39;en souvient, parce que nous venons d&#39;avoir la conf&eacute;rence de s&eacute;curit&eacute; de Munich la semaine derni&egrave;re, en 2007, le pr&eacute;sident Poutine a dit : Stop. Assez. Arr&ecirc;tez-vous maintenant.</p><p>Et, bien s&ucirc;r, ce qui s&#39;est pass&eacute;, c&#39;est qu&#39;en 2008, les &Eacute;tats-Unis ont bloqu&eacute; l&#39;&eacute;largissement de l&#39;OTAN en Ukraine et en G&eacute;orgie. C&#39;est un projet &agrave; long terme. J&#39;ai entendu M. Saakashvili &agrave; New York en mai 2008 et je suis sorti en disant : Cet homme est fou. Et un mois plus tard, une guerre a &eacute;clat&eacute;, car les &Eacute;tats-Unis ont dit &agrave; ce type de sauver la G&eacute;orgie.</p><p>Comme vous le savez, Viktor Ianoukovitch a &eacute;t&eacute; &eacute;lu en 2010 en Ukraine (pr&eacute;sident, n.d.t.) avec un programme de neutralit&eacute;. La Russie n&#39;avait aucun int&eacute;r&ecirc;t territorial ou projet en Ukraine. Je le sais. J&#39;&eacute;tais l&agrave; pendant ces ann&eacute;es. Ce que la Russie a n&eacute;goci&eacute;, c&#39;&eacute;tait un contrat de location de 25 ans, jusqu&#39;en 2042, pour la base 3.<br />
navale de S&eacute;bastopol. C&#39;est tout. Pas pour la Crim&eacute;e. Pas pour le Donbass. Rien de ce genre. Cette id&eacute;e que Poutine reconstruit l&#39;Empire russe est une propagande enfantine. Si quelqu&#39;un conna&icirc;t l&#39;histoire au jour le jour et d&#39;ann&eacute;e en ann&eacute;e, ce sont des absurdit&eacute;s. Donc, il n&#39;y a pas de projets du tout. Les &Eacute;tats-Unis ont d&eacute;cid&eacute; que cet homme devait &ecirc;tre renvers&eacute;. Cela s&#39;appelle une op&eacute;ration de changement de r&eacute;gime.</p><p>Il y a eu environ une centaine de telles op&eacute;rations des &Eacute;tats-Unis, dans vos pays et &agrave; travers le monde. C&#39;est ce que la CIA fait pour vivre. C&#39;est un type de politique &eacute;trang&egrave;re tr&egrave;s inhabituel.</p><p>Mais en Am&eacute;rique, si tu n&#39;aimes pas l&#39;autre partie, tu ne n&eacute;gocies pas avec elle, tu essaies de la renverser, de pr&eacute;f&eacute;rence secr&egrave;tement. Si &ccedil;a ne fonctionne pas secr&egrave;tement, tu le fais ouvertement. Tu dis toujours que ce n&#39;est pas ta faute. &#39;Ils&#39; sont l&#39;agresseur. &#39;Ils&#39; sont l&#39;autre partie. Ils sont Hitler. Cela revient tous les deux ou trois ans. Que ce soit Saddam Hussein, Assad ou Poutine, c&#39;est tr&egrave;s pratique.</p><p>C&#39;est la seule explication de la politique &eacute;trang&egrave;re que le peuple am&eacute;ricain re&ccedil;oit de partout. Eh bien, &#39;nous faisons face &agrave; Munich 1938&#39;. Nous ne pouvons pas parler avec l&#39;autre partie. Ce sont de mauvais ennemis, implacables. C&#39;est le seul mod&egrave;le de politique &eacute;trang&egrave;re que nous avons jamais entendu de nos m&eacute;dias. Et les m&eacute;dias le r&eacute;p&egrave;tent int&eacute;gralement parce qu&#39;ils sont compl&egrave;tement soumis au gouvernement am&eacute;ricain.</p><p>*R&eacute;volution de Ma&iuml;dan et ses cons&eacute;quences*</p><p>En 2014, les &Eacute;tats-Unis ont travaill&eacute; activement &agrave; renverser Ianoukovitch. Tout le monde conna&icirc;t l&#39;appel t&eacute;l&eacute;phonique entre ma coll&egrave;gue de l&#39;Universit&eacute; de Columbia, Victoria Nuland, et l&#39;ambassadeur des &Eacute;tats-Unis, Peter Pyatt. Il n&#39;y a pas de preuves plus claires. Les Russes ont intercept&eacute; leur conversation et l&#39;ont mise sur Internet. &Eacute;coutez-la. C&#39;est fascinant. Au fait, en faisant cela, tous ont &eacute;t&eacute; promus dans l&#39;administration Biden.</p><p>Lorsque Ma&iuml;dan a eu lieu, j&#39;ai &eacute;t&eacute; imm&eacute;diatement appel&eacute;. Oh, professeur Sachs, le nouveau premier ministre ukrainien aimerait vous voir pour discuter de la crise &eacute;conomique. Parce que je suis plut&ocirc;t bon &agrave; cela. J&#39;ai donc vol&eacute; vers Kiev et j&#39;ai &eacute;t&eacute; promen&eacute; autour de Ma&iuml;dan. On m&#39;a dit comment les &Eacute;tats-Unis avaient pay&eacute; l&#39;argent pour tous les manifestants de Ma&iuml;dan. La &#39;r&eacute;volution&#39; spontan&eacute;e de la dignit&eacute;.</p><p>*La guerre en Ukraine et le contr&ocirc;le des armes nucl&eacute;aires*</p><p>Quelle &eacute;tait l&#39;intention de Poutine dans la guerre ? Je peux vous dire quelle &eacute;tait son intention. C&#39;&eacute;tait de forcer Zelensky &agrave; n&eacute;gocier la neutralit&eacute;. Et cela s&#39;est pass&eacute; sept jours apr&egrave;s le d&eacute;but de l&#39;invasion. Vous devez comprendre cela, pas la propagande qui s&#39;&eacute;crit &agrave; ce sujet, oh l&agrave; l&agrave;, les n&eacute;gociations ont &eacute;chou&eacute; et Poutine devait prendre l&#39;Ukraine. Comprenez quelque chose d&#39;&eacute;l&eacute;mentaire. L&#39;id&eacute;e &eacute;tait de r&eacute;sister &agrave; l&#39;extension de l&#39;OTAN. Les &Eacute;tats-Unis ne sont pas &agrave; la fronti&egrave;re de la Russie. Ni plus, ni moins. Je devrais ajouter un aspect tr&egrave;s important. Pourquoi sont-ils si int&eacute;ress&eacute;s ? Parce que si la Chine ou la Russie d&eacute;cidaient d&#39;avoir une base militaire sur le Rio Grande (la fronti&egrave;re &Eacute;tats-Unis-Mexique, n.d.t.) ou &agrave; la fronti&egrave;re canadienne, non seulement les &Eacute;tats-Unis seraient effray&eacute;s, mais il y aurait une guerre en dix minutes.</p><p>Et Blinken a dit &agrave; Lavrov, en janvier 2022, que les &Eacute;tats-Unis se r&eacute;servaient le droit de d&eacute;ployer des syst&egrave;mes de missiles o&ugrave; bon leur semblait. Lorsque Zelensky a dit qu&#39;en sept jours nous n&eacute;gocierions, je connais tr&egrave;s bien les d&eacute;tails car j&#39;ai parl&eacute; &agrave; toutes les parties en d&eacute;tail. Quelques semaines plus tard, il y a eu un &eacute;change de documents que le pr&eacute;sident Poutine avait approuv&eacute;s, que Lavrov avait pr&eacute;sent&eacute;s, qui &eacute;taient g&eacute;r&eacute;s par les m&eacute;diateurs turcs. J&#39;ai vol&eacute; &agrave; Ankara pour &eacute;couter en d&eacute;tail ce que faisaient les m&eacute;diateurs. L&#39;Ukraine a renonc&eacute; unilat&eacute;ralement &agrave; un accord presque conclu.</p><p>Pourquoi ? Parce que les &Eacute;tats-Unis leur ont dit de le faire. Parce que le Royaume-Uni a mis la cerise sur le 4/4<br />
g&acirc;teau en envoyant (le Premier ministre, n.d.t.) Boris Johnson en Ukraine au d&eacute;but du mois d&#39;avril pour transmettre le message.&quot;</p><p>&Ecirc;tre l&#39;ennemi des &Eacute;tats-Unis est dangereux, mais &ecirc;tre ami est fatal. Alors permettez-moi de conclure avec quelques mots sur Trump. Trump ne veut pas perdre. C&#39;est pourquoi il est plus probable que cette guerre se termine, car Trump et le pr&eacute;sident Poutine seront d&#39;accord pour mettre fin &agrave; la guerre. Peu importe que l&#39;Europe se montre belliqueuse...</p><p>La guerre est termin&eacute;e. Alors sortez-le de vos calculs. C&#39;est fini. Et c&#39;est fini parce que Trump ne veut pas soutenir un perdant. C&#39;est tout. Il ne s&#39;agit pas d&#39;une grande moralit&eacute;, il ne veut simplement pas soutenir un perdant. C&#39;est un perdant. Ce qui sera sauv&eacute; par les n&eacute;gociations qui ont lieu en ce moment, c&#39;est l&#39;Ukraine. Ensuite, il y a l&#39;Europe.&nbsp;</p><p>L&#39;Europe a besoin d&#39;une politique &eacute;trang&egrave;re, d&#39;une v&eacute;ritable politique &eacute;trang&egrave;re. S&#39;il vous pla&icirc;t, ayez une politique &eacute;trang&egrave;re europ&eacute;enne. Vous allez vivre avec la Russie longtemps, alors s&#39;il vous pla&icirc;t, n&eacute;gociez avec la Russie,&quot; a ajout&eacute; Jeffrey Sachs.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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