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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<pubDate>Sun, 29 Sep 2024 18:44:42 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Aux origines de la pensée de M. Nétanyahou, par Dominique Vidal (Le Monde diplomatique, novembre 1996)]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L’intransigeance de M. Benyamin Nétanyahou a surpris certains. De ce premier ministre mal élu, théoriquement ficelé par la signature de ses prédécesseurs au bas des accords d’Oslo et en principe soumis à la volonté de l’Europe comme des Etats-Unis de voir avancer les négociations, ils attendaient un minimum de réalisme. Il n’en a rien été. En quatre mois, les décisions du dirigeant du Likoud ont provoqué parmi les Palestiniens une explosion de colère sans précédent depuis l’Intifada. « Chassez le naturel, il revient au galop. » Le proverbe s’applique ici on ne peut mieux. Car, si son entrée en politique remonte à moins de quinze ans, le chef du gouvernement israélien est un pur produit du sérail « révisionniste », mâtiné il est vrai d’ultralibéralisme américain.</p><p>On a présenté son père, Ben-Zion, comme un professeur d’histoire juive, spécialiste de l’Inquisition en Espagne. Information exacte, mais incomplète : il fut surtout, dans les années 30, le secrétaire particulier de Vladimir (Zeev) Jabotinsky, le fondateur du courant sioniste le plus réactionnaire, dit révisionniste. Homme de conviction, Ben-Zion Nétanyahou décida même, en 1962, de fuir le « socialisme » israélien en s’exilant, avec sa famille, aux Etats-Unis où il éleva ses fils dans la fidélité aux idées de Jabotinsky. Un retour en arrière, aux sources de l’extrême droite juive, s’impose donc.</p><p>Vladimir Jabotinsky se fait connaître durant la première guerre mondiale en créant la Légion juive, qui contribuera — tardivement — à la « libération » de la Palestine par les troupes du général Allenby en 1918. Intégré en 1921 dans l’Exécutif sioniste, il en dénonce les compromissions avec la puissance mandataire britannique et le quitte pour fonder, en 1923, le Betar (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb1" rel="appendix" title="Acronyme de Brit (alliance) Trumpeldor, du nom d’un officier juif de l’armée (...)" id="nh1">1</a>), puis, en 1925, l’Alliance des sionistes révisionnistes. Entre-temps, par antibolchevisme, il s’est compromis avec les hommes de l’ataman Simon Petlioura, pourtant responsables, dans son Ukraine natale, d’épouvantables pogroms où périssent quelque 40 000 juifs (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb2" rel="appendix" title="Sur ce point, voir l’excellente Histoire de la droite israélienne, de Marius (...)" id="nh2">2</a>)…</p><p>En quoi les révisionnistes s’opposent-ils à la majorité des sionistes, au point de quitter, en août 1935, l’Organisation mondiale, au sein de laquelle ils ont rassemblé jusqu’à 21 % des suffrages ? Au socialisme dans lequel le parti Mapaï dissimule son nationalisme, Jabotinsky préfère un modèle occidental à la fois politiquement autoritaire (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb3" rel="appendix" title="Les révisionnistes extrémistes, dits birionim (brigands), préconisent même (...)" id="nh3">3</a>) et économiquement libéral, qui plaît à la bourgeoisie et aux classes moyennes affluant alors en Palestine. Pour le reste, les sionistes révisionnistes disent tout haut ce que les sionistes socialistes et libéraux pensent sans doute tout bas, mais estiment nécessaire de dissimuler.</p><p>Mieux vaut, considèrent David Ben Gourion comme Haïm Weizmann, s’abriter derrière la présence britannique pour conquérir la Palestine hectare après hectare, plutôt que de prétendre former, sans attendre et par la force, un Etat. Vladimir Jabotinsky, lui, ne veut pas de ce vague commonwealth national au statut et aux frontières mal définis. « Le but du sionisme, explique-t-il en 1924, est de créer un Etat juif. Son territoire : les deux rives du Jourdain. Le système : la colonisation de masse. La solution du problème financier : un emprunt national. Ces quatre principes ne peuvent être appliqués sans une approbation internationale. D’où le mot d’ordre de l’heure : une nouvelle campagne politique et la militarisation de la jeunesse juive d’Eretz Israël et de la diaspora (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb4" rel="appendix" title="Cité par Walter Laqueur, Histoire du sionisme. Calmann-Lévy, Paris, 1973, p.  (...)" id="nh4">4</a>). »</p>
<p>Un « mur d’acier » contre les Arabes</p>
<p>Voilà le fameux « mur d’acier ». Marqué par les premières émeutes antijuives de 1921 et 1922, Vladimir Jabotinsky livre sous ce titre, dans l’hebdomadaire sioniste russe Rasswyet, le 4 novembre 1923, le fond de sa stratégie : « Tous les peuples indigènes — qu’ils soient civilisés ou sauvages — considèrent leur pays comme leur foyer national, dans lequel ils seront toujours les seuls maîtres. Ils n’accepteront pas volontairement non seulement un nouveau maître, mais même un nouveau partenaire. Ainsi les Arabes.  (…) La colonisation sioniste, même la plus limitée, doit soit s’arrêter, soit s’accomplir au mépris de la volonté de la population indigène. C’est pourquoi cette colonisation ne peut se poursuivre et se développer que sous la protection d’une force indépendante de la population locale — un mur d’acier que la population indigène ne puisse percer.  (…) Le mur d’acier, c’est le renforcement en Palestine d’un gouvernement sur lequel les Arabes n’auraient aucune influence, autrement dit un gouvernement contre lequel les Arabes se battront (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb5" rel="appendix" title="Cité par Lenni Brenner, The Iron Wall. Zed Books, Londres, 1984, pp. 74 et (...)" id="nh5">5</a>). »</p><p>Entre le sionisme révisionniste et les fascismes alors en pleine ascension, il y a plus que des ressemblances : une parenté. D’autant que les militants du mouvement portent volontiers la chemise brune, célèbrent le culte du chef et se comportent en armée disciplinée. Chez eux, la violence est une seconde nature : contre les grévistes ou les meetings juifs de gauche, ils font le coup de poing ; contre les militants nationalistes arabes, ils tirent des coups de fusil. Et lorsque les Palestiniens déclenchent leur grande révolte, en 1936, les révisionnistes, avec leur milice, la Haganah-B, aident les troupes britanniques à la réprimer dans le sang. Même le racisme n’est pas absent de la pensée de Jabotinsky : il affleure notamment dans sa nouvelle, Samson, qui rejette toute « mixité » entre juifs et non-juifs. Tant et si bien que David Ben Gourion surnommera Jabotinsky « Vladimir Hitler » — et les nazis des « révisionnistes allemands ». Le futur premier ministre d’Israël commentera même publiquement un article du Führer en affirmant : « Je pensais lire Jabotinsky — les mêmes mots, le même style, le même esprit (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb6" rel="appendix" title="Cité par Michel Bar-Zohar, Ben Gourion. Fayard, Paris, 1986, pp. 112 à (...)" id="nh6">6</a>). »</p><p>Idéologique et politique, le rapprochement se matérialise sur le terrain. Si Jabotinsky se défend d’admirer le Duce, Mussolini, lui, ne tarit pas d’éloges à son sujet. « Pour que le sionisme réussisse, il vous faut un Etat juif, avec un drapeau juif et une langue juive. La personne qui comprend vraiment cela, c’est votre fasciste, Jabotinsky », confiera-t-il en 1935 à David Prato, futur grand rabbin de Rome (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb7" rel="appendix" title="Cité par Lenni Brenner, Zionism in the Age of the Dictators. Croom Helm, (...)" id="nh7">7</a>). Généreux, le maître de l’Italie accepte d’accueillir une école navale du Betar à Civitavecchia, au nord de Rome. Lors de son inauguration, les étudiants révisionnistes entonnent Giovinezza, l’hymne fasciste, et crient : « Vive l’Italie ! Vive le roi ! Vive le duce ! (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb8" rel="appendix" title="Idem, p. 119." id="nh8">8</a>) »…</p><p>A la mort de Jabotinsky, en 1940, ses héritiers se divisent pour un temps. La seconde guerre mondiale voit les tenants de l’Irgoun respecter la trêve dans le combat contre les Britanniques, qui sont en revanche la cible de nombreuses actions armées du groupe Stern, puis Lehi — ce dernier se déshonorera en proposant une alliance au Troisième Reich (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb9" rel="appendix" title="Même M. Itzhak Shamir le reconnaît, tout en rejetant la responsabilité sur (...)" id="nh9">9</a>)… Tous se retrouveront néanmoins pour recourir au terrorisme dans leur « lutte de libération » : de l’attentat de l’Hôtel King David, qui fit 200 morts et blessés le 22 juillet 1946, au massacre du village palestinien de Deir Yassine (9 avril 1945), où tombèrent 250 civils, les pages les plus noires de la naissance de l’Etat d’Israël et de l’expulsion de 800 000 Palestiniens sont signées par les hommes de Menahem Begin et de M. Itzhak Shamir, dont on sait le rôle qu’ils joueront, trente ans plus tard, à la tête du Likoud et de l’Etat juif.</p><p>M. Benyamin Nétanyahou a de qui tenir.</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh1" title="Notes 1" rev="appendix">1</a>) Acronyme de Brit (alliance) Trumpeldor, du nom d’un officier juif de l’armée tsariste, héros de la guerre russo-japonaise, mort en défendant la colonie juive de Tel Hai, en Haute-Galilée, contre les Bédouins du voisinage. L’hymne du Betar commence par ces mots : « Betar,De la fosse, pourriture et poussière,Naîtra une racePar le sang et la sueur,Fière, généreuse, dure. »</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh2" title="Notes 2" rev="appendix">2</a>) Sur ce point, voir l’excellente Histoire de la droite israélienne, de Marius Schattner, coll. « Questions au XXe siècle », Complexe, Bruxelles, 1991.</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh3" title="Notes 3" rev="appendix">3</a>) Les révisionnistes extrémistes, dits birionim (brigands), préconisent même ouvertement la dictature. Dans ses « Chroniques d’un fasciste » (sic), publiées par le journal Doar Hayam, leur chef, Aba Ahimeir, écrit en 1928 : « Je ne suis pas un démocrate et je suis fermement convaincu que la seule forme de gouvernement possible est celle d’une minorité active sur une majorité passive » (Cité par Yaacov Shalit, Jabotinsky and the Revisionist Movement. 1925-1948, Frank Cass, Londres, 1988, p. 365). A peine les nazis arrivés au pouvoir, Ahimeir suggérera à ses amis de prendre « la pulpe antimarxiste » et de rejeter « l’écorce antisémite ». « Hitler, assure-t-il, ne nous a pas fait plus de mal que Staline. » (Cité par Marius Schattner, ibid, p. 110.)</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh4" title="Notes 4" rev="appendix">4</a>) Cité par Walter Laqueur, Histoire du sionisme. Calmann-Lévy, Paris, 1973, p. 386.</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh5" title="Notes 5" rev="appendix">5</a>) Cité par Lenni Brenner, The Iron Wall. Zed Books, Londres, 1984, pp. 74 et 75.</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh6" title="Notes 6" rev="appendix">6</a>) Cité par Michel Bar-Zohar, Ben Gourion. Fayard, Paris, 1986, pp. 112 à 115.</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh7" title="Notes 7" rev="appendix">7</a>) Cité par Lenni Brenner, Zionism in the Age of the Dictators. Croom Helm, Londres et Canberra, 1983, p. 117.</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh8" title="Notes 8" rev="appendix">8</a>) Idem, p. 119.</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh9" title="Notes 9" rev="appendix">9</a>) Même M. Itzhak Shamir le reconnaît, tout en rejetant la responsabilité sur Abraham Stern. Ce qui ne l’empêche pas de commenter ainsi ces démarches : « Elles n’étaient pas de mon goût et pourtant, du point de vue moral et national, j’estimais qu’elles n’étaient pas interdites. » (Voir Charles Enderlin, Shamir, Olivier Orban, Paris, 1991, pp. 80 à 82.)</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 22 Sep 2024 14:11:08 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Propriété privée des moyens de production et d’échange contre droit à l’existence]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Christine Cuny − 1er juillet 2024</p>
<p>A la fin  de l’année 1788, quelques mois avant que n’éclate la Révolution, Maximilien Robespierre, alors candidat aux Etats Généraux, faisait ce constat édifiant : </p>

<p>La  plus grande partie de nos concitoyens est réduite par l’indigence à ce suprême degré d’abaissement où l’Homme, uniquement occupé de survivre, est incapable de réfléchir aux causes de sa misère et aux droits que la nature lui a donnés.</p>

<p>Les choses auraient-elles changé ?…</p>

<p>Non, bien sûr, puisque la précarisation et l’aggravation des conditions de travail des salariés – statut qui concerne désormais la majorité des travailleurs en France -, ont un impact direct sur leur vie et sur les moyens sociaux de la sauvegarder. C’est la protection sociale de la majorité de la population qui est mise en péril dans la mesure où le financement des institutions chargées de la promouvoir est assuré par l’intermédiaire de cotisations impactées sur la masse salariale. Le chômage ou encore l’allongement de la durée de la vie ne sont cependant pas les seuls responsables d’une situation dont la gravité nécessiterait peut-être de par son ampleur, un sursaut salutaire.<br />Car, il faut dire que les salaires, non revalorisés par rapport au coût de la vie, ne suffisent plus à financer les institutions censées protéger l’ensemble des travailleurs  – mais aussi l’ensemble de la population – contre les accidents de la vie qui restent d’ailleurs étroitement liés au travail…<br />Rappelons qu’à partir de 1983 les différents gouvernements, de droite comme de gauche, ont libéré certains prix concernés par une ordonnance de 1945 – laquelle donnait au gouvernement le pouvoir d’interdire les hausses, de fixer leur montant ou encore, de contrôler celles décidées par le secteur privé. Une ordonnance qui finira par être abrogée par le Parlement en 1986…<br />Quels devaient être les bénéficiaires de ces grandes manœuvres, dont l’heureuse conséquence devait être une rémunération du travail intérieur bloquée à son minimum pour permettre à l’extérieur des ventes grassement rétribuées ? Cette mesure de libération des prix, comme bien d’autres mesures “libérales”, n’était destinée, sous couvert d’une nécessaire résistance à la concurrence internationale, qu’à servir les intérêts des propriétaires du grand capital en laissant désormais les mains libres aux entreprises exportatrices dans leurs visées de profit maximum : c’est ainsi que de 1992 à 1999 le commerce extérieur de la France aura dégagé de confortables excédents… tandis que les salaires devaient courir misérablement après le coût de la vie, et l’ensemble des travailleurs après la vie tout court… Reste à savoir combien de temps encore sera supportable cette situation indigne.<br />Faisons maintenant un petit bond en arrière, vers ce passé commun que les dominants s’évertuent à nous faire oublier. Devant l’Assemblée nationale constituante (élue en octobre 1945), Pierre Cot, le grand ami de Jean Moulin, avait été le rapporteur – après qu’il ait participé à son élaboration au sein de la commission compétente -, du projet d’une nouvelle Constitution pour la France. Dans ce projet figurait une Déclaration des Droits de l’Homme dont l’article 36 déclarait que…</p>

<p>le droit de propriété ne saurait être exercé contrairement à l’utilité sociale ou de manière à porter préjudice à la sûreté, à la liberté, à l’existence ou à la propriété d’autrui.</p>

<p>Or ce projet de Constitution de 1946 qui renfermait, pour la France, de même que pour les pays qui avaient été jusque-là sous sa domination, les promesses d’un renouveau social et politique, sera – tout comme l’avait été en son temps le projet de Constitution de juin 1793 qui mettait en exergue, sous l’impulsion de l’Incorruptible, le même droit à l’existence -, repoussé par… le peuple de France.<br />Rechercherait-il donc son propre malheur ?… La question reste, plus que jamais, ouverte.<br />Christine Cuny</p>

<p>Quel est le premier objet de la société ? C’est de maintenir les droits imprescriptibles de l’homme. Quel est le premier de ces droits ? Celui d’exister. La première loi sociale est donc celle qui garantit à tous les membres de la société les moyens d’exister ; toutes les autres sont subordonnées à celle-là ; la propriété n’a été instituée ou garantie que pour la cimenter ; c’est pour vivre d’abord que l’on a des propriétés. Il n’est pas vrai que la propriété puisse jamais être en opposition avec la subsistance des hommes. Les aliments nécessaires à l’homme sont aussi sacrés que la vie elle-même. Tout ce qui est indispensable pour la conserver est une propriété commune à la société entière.</p>

<p>Maximilien Robespierre<br />Extraits de “Discours et rapports à la Convention” Christian Bourgois Editeur 1965</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 22 Sep 2024 14:08:56 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Des chercheurs en IA s’inquiètent de l’effondrement des modèles]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Evan Gorelick – Le 6 août 2024 – Bloomberg</p><p></p><p>Dans certains secteurs de l’industrie technologique, on croit fermement que l’entraînement des systèmes d’intelligence artificielle sur de plus grandes quantités de données en ligne permettra à ces outils de s’améliorer au fil du temps, au point de surpasser les humains dans l’exécution de certaines tâches.</p><p>Mais <a href="https://www.nature.com/articles/s41586-024-07566-y">un nouvel article de recherche</a> jette un doute sur cette approche et tire la sonnette d’alarme sur ce qui pourrait être une faille fatale dans la manière dont les systèmes d’intelligence artificielle sont développés. Dans cet article, publié par la revue Nature en juillet, les chercheurs constatent que lorsque les modèles d’IA sont entraînés sur des données comprenant du contenu généré par l’IA – ce qui sera probablement de plus en plus fréquent – ils finissent par voir leurs performances se dégrader, un phénomène appelé “effondrement du modèle“.</p><p>Ces conclusions s’ajoutent <a href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2024-07-24/ai-fever-cools-sending-nasdaq-100-into-1-trillion-tailspin">au scepticisme croissant</a> quant à la trajectoire à long terme de l’IA et interviennent à un moment où Wall Street se demande déjà si <a href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2024-04-30/why-artificial-intelligence-is-so-expensive">les investissements massifs</a> des grandes entreprises technologiques dans le développement de l’IA finiront par porter leurs fruits.</p><p>Les chatbots d’IA tels que ChatGPT sont alimentés par <a href="https://www.bloomberg.com/features/2023-chatbot-ai-training-quicktake/">de grands modèles de langage</a> formés sur une quantité presque inconcevable de données (<a href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2020-06-11/trillions-of-words-analyzed-openai-sets-loose-ai-language-colossus">des milliers de milliards de mots</a>, dans certains cas) tirées de pages web, d’articles, de sections de commentaires et plus encore. Grâce à ces vastes ensembles de données, les entreprises spécialisées dans l’IA ont pu créer des produits capables de fournir des réponses étonnamment pertinentes aux requêtes des utilisateurs.</p><p>Toutefois, certains observateurs de l’IA craignent que ces modèles finissent par perdre en précision et par s’effondrer s’ils sont entraînés sur des contenus générés par l’IA plutôt que par des êtres humains. <a href="https://arxiv.org/abs/2311.12202">Un article publié en 2023</a> sur l’effondrement des modèles a montré que les images d’humains produites par l’IA se déformaient de plus en plus après que le modèle ait été entraîné à nouveau sur “même de petites quantités de leur propre création“. Les chercheurs ont comparé ce phénomène à un système d’IA “empoisonné” par son propre travail.</p><p>Dans le nouvel article de Nature, des chercheurs d’Oxford, de Cambridge et d’autres universités ont constaté que les modèles d’IA formés à partir de contenus générés par l’IA produisent des résultats non désirés et potentiellement absurdes. <a href="https://www.nature.com/articles/d41586-024-02420-7">Comme l’expliquent les chercheurs</a>, les erreurs d’un modèle sont exacerbées par le modèle suivant, ce qui éloigne l’IA de la réalité jusqu’à ce que les résultats deviennent essentiellement du charabia.</p><p>Dans un exemple, les auteurs ont montré qu’une recherche sur l’architecture historique britannique se transformait en une discussion incompréhensible sur les lièvres lorsqu’elle était introduite dans un grand modèle de langage qui avait été entraîné plusieurs fois avec du contenu généré par l’IA.</p><p>“Nous démontrons que [l’effondrement du modèle] doit être pris au sérieux si nous voulons conserver les avantages de la formation à partir de données à grande échelle extraites du web“, écrivent les chercheurs dans l’étude.</p><p>Bien que l’effondrement des modèles reste largement une préoccupation théorique, l’article de Nature note que les futurs modèles d’IA “s’entraîneront inévitablement à partir de données produites par leurs prédécesseurs“, à mesure que les écrits et les images générés par l’IA se répandent sur le web et s’infiltrent dans les ensembles de données en ligne.</p><p>Des entreprises technologiques, dont Meta, Google et Anthropic, ont également expérimenté l’entraînement de modèles sur des données dites “synthétiques“, qu’elles créent à l’aide de l’IA générative. En théorie, l’option synthétique permet aux entreprises d’IA de répondre à leur besoin incessant de données tout en évitant les problèmes juridiques, éthiques et de protection de la vie privée liés à la collecte d’informations sur divers sites web. Mais la perspective de l’effondrement du modèle pourrait mettre à mal ces projets.</p><p>Les conclusions de l’article ne font que renforcer l’urgence pour les entreprises d’IA d’obtenir l’accès à des données de haute qualité générées par des êtres humains, mais cela peut s’avérer coûteux. OpenAI, le fabricant de ChatGPT, <a href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2023-12-13/openai-axel-springer-ink-deal-to-use-news-content-in-chatgpt">a dépensé des millions de dollars</a> pour conclure des partenariats avec des éditeurs tels que News Corp. et Axel Springer SE afin d’obtenir la licence de leur contenu pour entraîner ses modèles. Il n’est pas certain non plus que ces données suffisent à répondre aux besoins des entreprises technologiques.</p><p>Selon les chercheurs, il est vital pour les développeurs d’IA de préserver l’accès à des données d’entraînement originales qui n’ont pas été polluées par du contenu d’IA. Mais il n’existe pas de moyen facile de suivre le contenu généré par l’IA à grande échelle. À cette fin, les chercheurs suggèrent que ceux qui élaborent des modèles d’IA travaillent à une “coordination à l’échelle de la communauté” afin de comprendre la provenance des données qu’ils explorent en ligne.</p><p>Evan Gorelick</p><p>Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/974/ce-jour-ou-ukraine-et-russie-sont-devenues-ennemies</guid>
	<pubDate>Sat, 21 Sep 2024 20:53:28 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/974/ce-jour-ou-ukraine-et-russie-sont-devenues-ennemies</link>
	<title><![CDATA[Ce Jour ou Ukraine et Russie sont devenues ennemies]]></title>
	<description><![CDATA[<p>D’année en année, en Occident, les 24 février courent le risque d’être rappelés comme jour où l’Ukraine aura été envahie par la Russie qui, pour sa part, s’en tiendra aux termes d’opération spéciale. </p><p>En réalité, le 24 février 2022 a été le jour où la tension entre Ukraine et Russie se sera radicalisée. </p><p>Il sera le jour où des familles auront commencé à se déchirer avant de se désunir. Il sera ce jour où, aux treize mille victimes tombées dans le Donbass depuis 2014, auront commencé à s’en ajouter d’autres par centaines de milliers. </p><p>Dans les chancelleries et dans les rédactions occidentales, le narratif de rigueur fixera et jusqu’à nouvel avis figera la Fédération de Russie dans son rôle de coupable et de responsable des hostilités. </p><p>Alors que l’application des accords de Minsk I et II aurait ouvert une autre voie que celle d’un conflit d’ampleur, négliger l’échec de la diplomatie a toutes les chances de s’imposer si l’essentiel est de rendre fautive, « la Russie de Poutine ».</p><p>Certes, l’Occident ne se résume pas aux porte-voix qui, urbi et orbi vouent aux gémonies un pays si souvent résumé à son seul dirigeant alors que sa population avoisine les 144 millions d’habitants. Mais la place accordée à qui voudrait nuancer ce discours dominant est réduite à peau de chagrin.</p><p>Et quand existe la possibilité de livrer un autre éclairage que celui sensé illuminer les esprits, c’est souvent pour le disqualifier et le dénoncer comme provenant du Kremlin, avec toute la déconsidération convenue.</p><p>Alors oui, dans nos contrées, la liberté de s’exprimer demeure mais au prix du discrédit jeté sur toute parole qui s’écarte de la ligne suivie par les médias dits « mainstream ». Or ce sont eux qui façonnent l’opinion publique.</p><p>Et celle-ci, forte de ce qu’elle assimile, affirme. Que l’Ukraine est une démocratie et la Russie, une dictature. Que l’Ukraine est victime de l’agression russe. Le ton est ainsi donné. Pour combien de temps, l’avenir le dira.</p><p>Mais il sera de toutes façons trop long et ne ressuscitera plus les morts ni ne guérira les plaies ouvertes il y a dix ans déjà sur un champ de bataille fratricide. </p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/973/comprendre-ce-que-nous-vivons-comprendre-ce-que-nous-voyons</guid>
	<pubDate>Thu, 01 Aug 2024 07:35:47 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/973/comprendre-ce-que-nous-vivons-comprendre-ce-que-nous-voyons</link>
	<title><![CDATA[Comprendre ce que nous vivons, comprendre ce que nous voyons.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Comprendre ce que nous vivons, comprendre ce que nous voyons, est fondamental pour comprendre qui nous sommes, et où nous allons. </p>

<p>Les Jeux olympiques n’étaient pas venus depuis 100 ans à Paris, en France, et la cérémonie d’ouverture de ces Jeux olympiques est le moyen et le moment par lequel un pays se donne à voir au monde, montre qui il est, ce qu’il veut montrer de lui et ce qu’il est capable de faire et d’apporter au monde. </p>

<p>Donc cette cérémonie est tout autant destinée à montrer au monde entier ce que nous sommes, qu’à nous dire à nous-mêmes qui nous sommes et qui nous voulons être demain. Les concepteurs de cette cérémonie l’ont d’ailleurs présentée comme telle : un message politique pour la France de demain et un message délivré au monde. </p>

<p>Ils y sont parfaitement parvenus. </p>

<p>Mais il faut décrypter ce message et déterminer si nous le partageons.  S’il est un message fonctionnel ou souhaitable pour la Nation pour le collectif qu’elle constitue à la fois à travers le temps et à la fois dans l’espace qui est celui de la France.</p>

<p>Critiquant une série de tableaux qui me semblaient parfaitement déplacés dans cette cérémonie d’ouverture, je me suis fait rétorquer par des personnes qui se considèrent comme intellectuelles et qui se vivent comme de gauche, qui se veulent « évoluées », et « avancées », que chacun des tableaux même les plus critiqués renvoyaient à une tradition française existante, que seule mon inculture, ou mon aveuglement d’extrême droite, ne me permettait pas de reconnaître et de distinguer.</p>

<p>Ils ont raison sur un point, chacun des éléments que nous avons vus renvoie à une tradition. Une société est faite de ses traditions. Comme une société est faite aussi de leur subversion. Quoi de plus vrai. Le problème est d’arriver à bien placer les yeux en face des trous.</p>

<p>Le carnaval c’est le moment où les hommes se déguisent en femmes, où les femmes se déguisent en hommes, allez à Dunkerque qui a maintenu sa grande tradition du carnaval et vous verrez cela, et c’est terriblement français ! Mais les hommes se déguisent en femmes grotesques et les femmes se déguisent en hommes grotesques, c’est un moment de subversion, de transgression, c’est un rite qui permet le fonctionnement harmonieux de la société le reste de l’année. </p>

<p>Le Magistrat qui se déguise le jour du carnaval en une sorte de créature que l’on appelle aujourd’hui de ce mot anglo-saxon « drag queen », cela fait partie de la tradition française et de la vie de la société. Et il n’y a aucun mal à cela.</p>

<p>La difficulté c’est le jour où il viendrait au tribunal requérir devant la Cour d’assises la perpétuité contre un accusé, habillé en drag queen. Non, pour requérir la perpétuité contre l’accusé, il va bien s’habiller en robe, c’est exact, mais ce n’est pas la même robe, c’est la robe du magistrat. C’est toujours une robe, mais  elle n’a pas le même sens ! Ce n’est pas le même rite. </p>

<p>Le rite dans une société c’est fondamental. Et ce qui est fondamental c’est de comprendre que le rite c’est de faire les choses au moment et au lieu où il convient de les faire. Pas n’importe quand, pas n’importe comment. </p>

<p>Tout le message contenu dans cette cérémonie d’ouverture c’est de briser les rites, briser les codes. Montrer cette image de Marie-Antoinette qui tient sa tête dans ses mains, on nous dira c’est une image classique du Grand guignol, là encore une tradition à la française. C’est indiscutable, la question est de savoir si elle avait sa place ce jour là dans cette cérémonie d’ouverture.</p>

<p>C’est exactement comme le fait de savoir que nous mangeons chaque jour, plusieurs fois par jour et la plupart du temps en compagnie de nos collègues de travail de notre famille, de nos amis, ou des gens qui se trouvent placés à côté de nous par le hasard. Il faut savoir que nous déféquons aussi chaque jour, cela fait partie de la condition humaine, et nos appartements, nos écoles, nos entreprises, sont faits pour que nous puissions le faire au cours de la journée, au moment voulu, dans une certaine discrétion, mais sans pour autant cacher le fait que nous allons aux toilettes. Il n’y a aucune honte à le faire, c’est tout à fait naturel et il n’y a pas à en rougir. </p>

<p>Le problème, c’est si nous décidons, comme dans le film de Luis Bunuel (Le charme discret de la bourgeoisie) de déféquer autour de la table du repas tandis que nous mangeons dans l’intimité des toilettes. Ou bien comme nous le suggèrent certains tableaux de la cérémonie d’ouverture, carrément au milieu de la table du repas, parmi les convives et les victuailles. </p>

<p>La question est celle du discernement et de l’opportunité, la question est celle des rites et des codes.</p>

<p>Dans la vie familiale, l’accouplement est un moment de la vie familiale. Mais il ne se fait pas n’importe quand et n’importe comment. On considère légitime que le père de famille et la mère de famille s’accouplent régulièrement. Personne n’y voit matière à scandale ni à difficulté. Mais on considère que s’ils sont fondés à le faire, ils ne sont pas fondés à le faire publiquement au milieu de la famille des enfants et des grands-parents pourquoi pas. De la même façon on considère comme parfaitement déplacé, et pour tout dire condamnable moralement et même illégal, que l’accouplement, même s’il est fait discrètement, ait lieu entre le père de famille et un autre membre de la famille. Certes on m’objectera que nous avons vu ces derniers temps qu’il y avait des familles à la mode où ça se faisait. C’est justement un problème. Nous avons noté que si une partie du monde bobo a trouvé cela adapté en son temps, ce n’est pas considéré par la majorité de la population comme la bonne manière de faire.</p>

<p>La manière de vivre ensemble d’une société n’est pas une vérité absolue, comme un calcul mathématique peut tendre à l’être. Mais elle est la vérité de cette société, elle est la façon dont cette société arrive à vivre, et souhaite vivre. Elle nous dit ses représentations, ses espoirs, ses craintes, ce qui fait la vie humaine, ce qui fait une société, ce qui fait que collectivement nous échappons à la mort, qui individuellement nous frappera tous inévitablement. </p>

<p>Pour montrer cette société, pour montrer cette France qui traverse les siècles, et ambitionne de les traverser encore, il convient de montrer ses rites, ses espoirs, son art, ses réussites, ce qu’elle croit, et non de montrer un carnaval de leur subversion.</p>

<p>C’est exactement comme inviter à déjeuner des personnes à qui l’on souhaite faire une bonne impression, car on souhaite entretenir avec eux de bonnes relations, et se mettre à déféquer à table. Oui nous déféquons. Oui c’est absolument indispensable. Oui, il n’y a pas de honte à le faire. Mais pas à table. Pas devant les invités. Pas le jour où l’on fait un effort pour bien accueillir les invités !</p>

<p>Tout le problème de cette cérémonie d’ouverture c’est qu’elle n’est pas construite comme une cérémonie d’ouverture mais comme un carnaval de mise à bas de tous les rites de toutes les traditions de tout ce qui peut représenter la société française aux yeux de la très grande majorité des Français, qui ne partagent pas les engouement ou les fantasmes d’une petite bourgeoisie urbaine qui considère le stade national comme dépassé, comme toxique, comme agressif, et qu’il ne mérite que d’être traîné dans la boue. </p>

<p>Au fond ce sont les millions de Français des catégories populaires qui croient à ces rites et ses traditions qui peuvent se sentir traînés dans la boue par cette cérémonie d’ouverture. </p>

<p>Ils ne seront pas troublés outre mesure puisqu’ils savent que quand ils votent pour un parti politique, l’establishment fait bloc pour lui fermer la porte du pouvoir, et pour lui fermer même l’accession prévue par les textes de loi, aux postes de responsabilité à l’Assemblée nationale… </p>

<p>Oui c’est la même idée ! Et c’est tout naturellement que critiquer cette cérémonie d’ouverture c’est être renvoyé à n’être qu’un ces 13 millions de « fachos » qui déshonorent la France. </p>

<p>Oui tout est dans tout.</p>

<p>Mais il y a toujours de la Raison dans l’Histoire. Pourquoi cet engouement permanent pour la transgression, pour la fête, pour le carnaval chaque jour partout de la part des élites au pouvoir ?</p>

<p>Parce que l’on consomme plus les jours de carnaval. Le commerce marche mieux quand on fait la fête. La société festive est une société plus rentable, si c’est une société qui est basée sur la consommation. Donc on comprend tout naturellement que cette cérémonie financée par Coca-Cola et Louis Vuitton aille dans le sens de cet homo festivus. </p>

<p>La perspective c’est la société liquide. Celle qui est développée par Georges Soros, celle qui est voulue et dont la perspective est orchestrée par des symposiums comme celui de Davos qui se tient chaque année entre milliardaires et dirigeants politiques. </p>

<p>Cette société où toutes les traditions, tous les rites, sont déclarés dépassés, cette société néolibérale où comme le disait Margaret Thatcher « there is no society there are individuals », il n’y a plus de société, il n’y a plus que des individus, par centaines de millions évoluant dans une forme de liberté individuelle apparente totale s’étant libérés de la Nation, s’étant libérés de leur sexe, de leur genre, de leurs obligations morales, mais soumis à quelques monopoles ou oligopoles détenus par quelques dizaines de milliardaires qui organiseront et contrôleront leur vie dans un totalitarisme « soft » qui se présente comme une fête permanente et désirable. </p>

<p>C’est donc le message de cette cérémonie d’ouverture. </p>

<p>Je ne suis pas « choqué » des images que j’ai vues, comme le serait une sorte de vieille douairière, qui regretterait Otto Abetz et ses bonnes manières (Otto Abetz fut ambassadeur du Reich à Paris du 3 août 1940 à la Libération). </p>

<p>Non je suis simplement un observateur conscient, qui regarde et entend ce que l’on nous dit. Puisqu’il y a un message il convient de le décrypter et non de le répéter à la manière de perroquets en disant que c’est la seule façon de vivre. Que c’est la vraie gauche, donc la seule vie, et qu’il convient de censurer tout le reste, qui n’est que fascisme et mort. </p>

<p>On peut être en accord avec ce message néolibéral woke des milliardaires, au moins faut-il le comprendre et faut-il en partager le sens et pas seulement croire que l’on est de gauche, parce qu’on a de l’argent et qu’on ne partage pas pour autant les valeurs de la petite bourgeoisie commerçante du siècle passé.</p>

<p>Mon propos n’est pas de demander l’avènement d’un nouveau fascisme, eh non, mon propos est d’inciter à réfléchir ceux qui veulent bien lire, entendre et comprendre ce qu’ils voient. </p>

<p>La voie qui nous est proposée, et un peu imposée, c’est celle de la destruction d’une société, de la destruction d’une civilisation, même si c’est la voie du plus grand profit pour quelques milliardaires et les princes qu’ils ont installés au sommet de l’establishment politique pour nous diriger.</p>

<p>Il y a aussi une tradition française, c’est celle de renverser les puissants, de renverser la table, et de choisir son destin.</p>

<p>L’avenir nous dira si c’est le carnaval totalitaire de la consommation ou si c’est la tradition politique consciente et raisonnée qui l’emportera.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
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	<pubDate>Sun, 21 Jul 2024 10:36:48 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[L’appel de 50 personnalités pour un référendum sur «le tour de vis fédéraliste» de l’Union européenne.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Une impensable démocratie sans démos ni kratos.<br />- Le terme démocratie n’a de sens qu’au pluriel. Il y a des démocraties parce qu’il y a des peuples, des nations, des communautés politiques. C’est peut-être le prix à payer pour la préservation d’une dimension essentielle de la diversité humaine, mais c’est ainsi : l’idée d’une démocratie unique est une abstraction vide ou bien l’expression d’une dangereuse utopie impériale fondée sur le rêve d’un empire planétaire gouverné par des super-oligarques, caste d’imposteurs suprêmes célébrant le culte de la démocratie, après en avoir confisqué le nom et interdit la pratique réelle. </p>

<p>La prétendue « démocratie » sans frontières des individus n’a plus rien de commun que le nom avec la démocratie incarnée par une communauté (toujours particulière) de citoyens actifs, une démocratie de participation où l’identité civique prime à la fois de l’identité ethnique et l’identité consumériste. La vision médiatique dominante de « la démocratie » … c’est le pouvoir du peuple sans pouvoir ni peuple. Une impensable démocratie sans « démos ni kratos.</p>

<p>L’étrange néo-démocratie qui se profile est dénuée de peuple souverain, s’imagine sans principe d’autorité ni instance de pouvoir, se veut sans histoire ni mémoire, elle prend la figure d’une pseudo-démocratie de consommateurs et actionnaires frénétiques, d’ethniques fanatiques, d’administrés et d’électeurs apathiques. A l’acratie des gouvernants répond l’apathie des gouvernés. –</p>

<p>Ces paroles écrites il y a plus de 20 ans par l’un des courageux signataires de cette tribune me reviennent en mémoire à la lecture de leur texte, à l’heure où l’imposture démocratique – celle de la démocratie virtuelle, planétaire, trans-étatique et post-nationale - a nettement progressé et où les défenseurs de la démocratie originelle – de la démocratie dont l'élément de base n’est pas un individu insulaire mais une communauté autonome – sont régulièrement discrédités et diffamés.</p>

<p>Je joins le texte de la tribune en entier. A lire, méditer et partager.</p>

<p>Le texte de l’introduction est tiré de « Résister au bougisme » (2001) de P.-A. Taguieff</p>

<p>***</p>

<p>L'appel de 50 personnalités pour un référendum sur « le tour de vis fédéraliste » de l'Union européenne </p>

<p>En novembre 2023, une résolution du Parlement européen a proposé de modifier les traités pour généraliser la règle de la majorité qualifiée, puis une résolution semblable a été adoptée à l'Assemblée nationale. Cinquante personnalités*, dont Arnaud Montebourg et Marcel Gauchet, appellent à organiser un référendum sur ce sujet qui engage la souveraineté de la France.</p>

<p>Collective, Tribune</p>

<p>L'Union européenne n'en finit plus de dériver vers une supranationalité écrasante. D'année en année, la devise « Unis dans la diversité » a cédé sous une centralisation uniformisatrice effaçant les identités et les souverainetés nationales. Tournant le dos à ce qui la fonde, l'Union devient un carcan normatif où l'État de droit n'est brandi que pour justifier l'extension sans limites d'un système autoritaire. Imaginée comme un espace de prospérité où le « doux commerce » et la coopération renforceraient la paix entre les nations, elle est devenue une « prison des peuples » reposant sur des dogmes aveugles qu'il est interdit d'interroger malgré leurs évidents et dramatiques échecs économiques, sociaux et géopolitiques.</p>

<p>Cette dérive est servie par les deux dynamiques sans frein de l'élargissement et de l'approfondissement, le second étant toujours présenté comme indispensable au premier, lui-même inéluctable. </p>

<p>L'extension illimitée du territoire de l'Union européenne, sans stratégie ni délibération démocratique, semble échapper à la raison et ne plus obéir qu'à un automatisme incontrôlé. Entre 2004 et 2007, l'Union a déjà accueilli des États qui n'adhéraient pas à l'idée d'une autonomie stratégique. Il en est résulté une soumission accrue à l'hégémonie américaine tandis que les travailleurs de l'Ouest étaient livrés à la concurrence de ceux de l'Est. L'entrée irréfléchie, récemment promise, de l'Ukraine et de la Moldavie risque encore de ruiner des pans entiers de l'économie française, sans parler des conflits avec la fédération de Russie ni des distorsions culturelles et sociologiques que l'on feint d'ignorer. </p>

<p>L'approfondissement consiste ensuite, au nom de l'efficacité décisionnelle menacée par les élargissements, à accentuer le tour de vis fédéraliste en confisquant toujours davantage la souveraineté des peuples au profit des institutions supranationales. Cette captation continue passe depuis l'origine par l'interprétation extensive des compétences de l'Union, toujours défendue par la Commission et systématiquement validée et accentuée par la Cour de justice de l'Union européenne qui a imposé brutalement d'elle-même, en marge des traités et même contre leur lettre, la primauté inconditionnelle du droit européen, y compris sur les constitutions nationales. L'augmentation considérable du budget de l'Union, soustrait au contrôle des peuples et même parfois utilisée contre eux pour sanctionner leurs choix électoraux, révèle un déficit démocratique considérable, particulièrement injuste pour les pays contributeurs nets comme la France. Enfin, l'abandon du vote à l'unanimité au Conseil de l'Union, remplacé progressivement par le vote à la majorité qualifiée, a déjà ôté aux États membres leur droit de veto sur des domaines essentiels. Le projet de réforme des traités en préparation propose de généraliser définitivement, en toutes matières, y compris la défense et la politique extérieure commune, la règle de la majorité, actant ainsi officiellement la disparition du droit de veto des États membres et donc de ce qu'il leur reste encore de souveraineté. C'est ainsi la fédéralisation complète d'une Union élargie à trente-sept qui se prépare à l'insu des Français. </p>

<p>Depuis des décennies déjà, une grande partie des lois nationales n'est plus que la transposition servile de directives communautaires, tandis que la Cour de justice étend l'empire de sa jurisprudence et de son interprétation abusive des traités. Jusqu'ici, grâce au droit de veto résiduel, chaque pays membre pouvait encore, en théorie, refuser de consentir à une politique qui lui serait préjudiciable. Mais depuis la Conférence « citoyenne » sur l'avenir de l'Europe, organisée en 2022 de façon parfaitement opaque et pseudo-démocratique, la suppression de ce droit est programmée. </p>

<p>En mai 2023, des dirigeants français et allemands élus mais non mandatés pour cela ont déclaré vouloir réformer l'UE dans ce sens. En septembre 2023, des experts franco-allemands ont déposé leur rapport. Le 22 novembre 2023, une résolution du Parlement européen a proposé de modifier les traités pour généraliser la règle de la majorité qualifiée à tous les domaines sans exception et prévoir davantage de sanctions contre les États membres récalcitrants. Le 29 novembre suivant ce fut le tour de l'Assemblée nationale française de voter une résolution en faveur d'un projet de traité reléguant notre souveraineté et prévoyant explicitement que les frontières extérieures, la protection civile, les affaires étrangères, la sécurité commune, la défense, l'industrie et l'éducation deviennent des « compétences partagées » de l'Union européenne, c'est-à-dire que les États n'y disposeront plus que d'une compétence résiduelle. </p>

<p>L'adoption de cette réforme, qui transférera à l'Union les derniers éléments de ce que le Conseil constitutionnel français appelle les « conditions essentielles d'exercice de la souveraineté nationale » , réalisera le rêve de quelques-uns d'une Europe fédérale, dirigée par une commission portant officiellement le titre d' « Exécutif » , coiffé d'un « Président de l'Union européenne ». La fin des souverainetés nationales, et donc de nos démocraties, est ainsi clairement projetée. </p>

<p>Le peuple français pressent depuis longtemps cette dépossession. Elle dissout la souveraineté nationale et populaire. Elle sape la République. Il s'est opposé en 2005 à une première tentative de fédéralisation qui scellait sa disparition politique et culturelle, mais ses réticences ont été balayées par des dirigeants convertis à l'idéologie de la « société ouverte ». Le verdict populaire a été bafoué et contourné par la ratification parlementaire du traité de Lisbonne, simple copier-coller du traité rejeté par les Français. </p>

<p>C'est la poursuite de ce processus qui est actuellement à l'oeuvre. Nos dirigeants s'apprêtent à prendre, au nom du peuple français, une décision majeure engageant le destin de notre pays, son indépendance et son existence même en tant que nation. Exploitant l'angoisse suscitée par la guerre, ils précipitent la fédéralisation sans jamais la nommer et sans que les populations européennes puissent prendre la mesure de leur dépossession. </p>

<p>Pour ce qui nous concerne, nous refusons cette dérive. Nous pensons, dans le sillage du général de Gaulle, qu'un système fédéral post-démocratique est contraire au génie de l'Europe et de la France et à l'imaginaire collectif qui, depuis mare nostrum, produit du commun à partir de la diversité de ses nations et de leur culture propre. La déconnexion définitive entre les peuples et la machinerie européenne achèvera la déresponsabilisation des dirigeants nationaux et décuplera les réactions nationalistes, au risque de nous conduire au chaos. </p>

<p>Quelle que soit notre vision de la France et de l'Europe, et l'avis que l'on porte sur la réforme et les élargissements en préparation, nous devons exiger qu'un pareil saut qualitatif dans l'inconnu d'un système supranational, qui minore l'identité des peuples, l'existence des nations et l'expérience des États d'Europe, soit soumis au référendum. </p>

<p>Il est urgent d'ouvrir le débat sur ce qui se prépare. Les élections de juin 2024 doivent être l'occasion de se prononcer en connaissance de cause sur le projet de fédéralisation en cours ainsi que sur les élargissements en vue. </p>

<p>Les signataires de cet appel et les citoyens qui s'y associent demandent aux candidats de chaque liste aux élections européennes de prendre clairement position sur ces projets et de s'engager à les faire soumettre à la ratification populaire. </p>

<p>* Signataires : Arnaud Benedetti, rédacteur en chef de la « Revue politique et parlementaire » ; Stéphane Rozès, politologue ; Arnaud Montebourg, ancien ministre et entrepreneur ; Marcel Gauchet, philosophe et historien ; Michel Onfray, philosophe ; Jean-Éric Schoettl, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel ; Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel ; Marie-Françoise Bechtel, ancienne députée ; Anne-Marie Le Pourhiet, professeur émérite de droit public ; Xavier Driencourt, ancien ambassadeur ; Benjamin Morel, maître de conférences en droit public ; Pierre-André Taguieff, philosophe et historien des idées, CNRS ; Éric Anceau, historien... Retrouvez la liste complète des signataires sur FigaroVox Premium.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/970/filet-mignon-seche-maison-au-fil-du-thym</guid>
	<pubDate>Sat, 13 Jul 2024 14:43:05 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/970/filet-mignon-seche-maison-au-fil-du-thym</link>
	<title><![CDATA[Filet mignon séché &quot;maison&quot; - Au Fil du Thym]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Bonjour à toutes et tous</p><p>L’année dernière déjà, mon attention avait été très attirée sur les méthodes présentées par différents blogs pour obtenir des charcuteries maison. Le fait de préparer cela en étant sûr des ingrédients, d’où cela venait et en limitant le budget, le tout avec peu de travail (I.e. du salage/séchage au réfrigérateur) avait de quoi intéresser.</p><p>Ce fut le filet mignon de porc qui passa en premier par la case salage/séchage, en vue d’obtenir un vrai filet mignon séché. Pendant 2 semaines, je surveillais régulièrement la préparation, puis fut surprise de voir que la viande se conservait bien, séchait doucement et paraissait tout à fait saine.. Quand vint le jour fatidique de la dégustation mes gourmands furent conquis par le goût et par le moelleux.</p><p>Depuis, j’en ressort tous les ans, notamment lors des fêtes. Alors je partage le concept avec vous et nombres astuces acquises au fil du temps. J’espère que cela vous intéressera. Bonne journée !</p>
<p>Filet Mignon séché maison – Au Fil du Thym</p>

<p>Recette : Filet mignon séché maison</p>
<p class="wp-block-themeisle-blocks-icon-list-item-content">Saison de la recette : Toute l’année</p><p class="wp-block-themeisle-blocks-icon-list-item-content">Temps de préparation : 10 minutes *2 (+ surveillance de temps en temps)</p><p class="wp-block-themeisle-blocks-icon-list-item-content">Temps de séchage: 2 à 3 semaines</p>
<p>Ingrédients</p>
<p>Pour 1 filet mignon séché ( environ 6 personnes) :</p>
<p>1 filet mignon de porc d’environ 500g<br />1 kg de gros sel<br />3 cuillères à soupe de thym<br />2 cuillères à soupe de baie roses.<br />poivre</p>
<p>Utile à la réalisation:</p>
<p>moule à cake<br />un torchon propre et bien sec<br />1 post it + crayon !<br />Réalisation</p>
<p>Étape 1 : Le salage</p>
<p>Si vous avez un peu de temps, n’hésitez pas à parer le filet mignon c’est à dire retirer les packs de gras en excès et l’aponévrose, cela rendra la viande plus agréable à déguster.<br />Dans un moule à cake ou un tupperware long, déposez un bon lit de sel.<br />Parsemez de thym et de baies roses puis déposez le filet mignon.<br />Recouvrez le de gros sel.<br />Mettez le moule/tupp’ au frais et laissez le filet mignon se saler pendant 10 à 12h pour un filet mignon de 500g. En cas d’un poids différent, calculez par règle de trois (Temps de séchage de votre filet en heures = poids de votre filet en grammes * 12 / 500 )</p>
<p>Étape 2 : Le séchage</p>
<p>Au bout des 12h, récupérez le filet mignon de porc puis rincez le pour bien le débarrasser du sel.<br />Séchez le très soigneusement avec du papier absorbant puis poivrez légèrement (le poivre est antiseptique).<br />Déposez le au centre d’un torchon propre puis enroulez le dedans en formant une ballotine. L’idée est de limiter le contact avec l’air sans toutefois l’empêcher de respirer. N’hésitez pas à mettre un post-it sur le ligne avec la date de lancement de séchage, cela vous permettra de repérer son temps de séchage.<br />Mettez ce filet dans la partie basse du réfrigérateur et laissez sécher de 2 à 3 semaines, selon le moelleux que vous aimez. – Celui que vous voyez en photo a séché un peu plus de 3 semaines pour un poids autour de 500g -. pendant le séchage pensez bien :<br />à vérifier votre filet mignon de temps en temps (3-4j)<br />à le tourner régulièrement que la partie en contact avec le réfrigérateur ne reste jamais la même.</p>
<p>Servez ce filet mignon séché découpé en fines tranchettes. Il se dégustera à l’apéro, ou pourra agrémenter des salades, sandwiches, etc.</p><p>Astuces :</p>
<p>Il est préférable de saler le filet mignon une à deux heures de trop que pas assez. Le salage permet en effet d’aider au séchage.<br />Utilisez bien un torchon très propre et très sec afin de ne pas ramener de l’humidité autour du filet mignon. Evitez aussi les torchons lessivés avec les lessives parfumées, cela transmettra le « parfum chimique » au filet mignon.<br />Ne placez surtout pas le filet dans un tupp’ ‘ fermé, sinon l’humidité du filet mignon ne va pas s’évacuer.<br />Pour le placement dans le réfrigérateur : placez le dans les « bacs à viande/poisson » des gros réfrigérateurs (ce que fais), ou à l’étage le plus bas. Évitez le contact avec les fruits et légumes.<br />N’hésitez pas à tourner votre filet mignon séché de temps en temps (que la surface en contact avec l’étagère change et l’humidité n’y stagne pas)<br />Si vous réalisez ce filet mignon séché la toute première fois, vérifiez que votre séchage se déroule tous les 3-4 jours c’est à dire que : pas de moisissure apparait, la viande ne « sens » pas et reste saine. Elle changera très légèrement de couleur (plus foncée) en raison du séchage.<br />Si des moisissures apparaissent :<br />Cela s’explique par la présence de trop d’humidité autour du filet mignon, humidité qui ne s’évacue pas (alors que le filet devrait sécher). Cela peut être lié à un réfrigérateur trop humide, mal ventilé (l’air ne circule pas et ne « sèche » pas le filet), un torchon humide, ou encore trop serré ( ce qui ne permet pas à l’air de circuler), ou encore une viande qui aurai apprécié un peu plus de salage (filet mignon de bonne taille).<br />Dans ce cas, retirez la partie moisie, remettez dans du gros sel quelques heures, puis redémarrez le séchage.<br />Les moisissures en elles même ne sont pas toxiques (à ce que j’ai lu sur le net) : Tant que le goût/l’odeur de viande est correct, la viande est bonne. Si jamais elle prends un goût rance/ une odeur de pourriture, ne consommez pas.</p>

<p><a href="https://aufilduthym.fr/filet-mignon-seche-maison/#" rel="nofollow" onclick="window.print(); return false;" title="Printer Friendly, PDF &amp; Email"></a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/969/viande-de-boeuf-sechee-maison</guid>
	<pubDate>Sat, 13 Jul 2024 11:35:17 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/969/viande-de-boeuf-sechee-maison</link>
	<title><![CDATA[Viande de boeuf séchée maison]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Vous l'avez tous vu, cette promotion de rôti de boeuf à moins de 10 euros le kilo régulièrement dans les hypermarchés. Il est sûr qu'à ce prix là, il ne faut pas chercher se régaler et encore moins trouver la viande tendre. En revanche, c'est l'occasion de tester la viande de boeuf séchée à réaliser soi-même, un peu comme la viande des grisons ce boeuf séché qui est une indication géographique protégée car élaborée en Suisse dans le canton du même nom. Utilisez le rôti de boeuf sans le déficeler ou bien vous pouvez réaliser cette recette avec du filet de boeuf.</p><p>Pour 500 g environ<br /></p><p>Temps de préparation : 10 minutes</p><p>Temps de séchage : 3 jours + 3 semaines</p><p> </p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/968/lecole-selon-marcel-pagnol</guid>
	<pubDate>Sat, 13 Jul 2024 10:51:28 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/968/lecole-selon-marcel-pagnol</link>
	<title><![CDATA[L&#039;école selon Marcel PAGNOL]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>"Les écoles normales primaires <br /> étaient à cette époque de vérita-<br /> bles séminaires, mais l'étude de la<br /> théologie y était remplacée par des<br /> cours d'anticléricalisme.<br /> On laissait entendre à ces jeunes <br /> gens que l'Église n'avait jamais été <br /> rien d'autre qu'un instrument d'op-<br /> pression, et que le but et la tâche <br /> des prêtres, c'était de nouer sur les<br /> yeux du peuple le noir bandeau de<br /> l'ignorance, tout en lui chantant des<br /> fables, infernales ou paradisiaques<br /> La mauvaise foi des "curés" était<br /> d'ailleurs prouvée par l'usage du<br /> latin, langue mystérieuse, et qui<br /> avait, pour les fidèles ignorants, la<br /> vertu perfide des formules magi-<br /> ques. La Papauté était dignement<br /> représentée par les deux Borgia, et<br /> les rois n'étaient pas mieux traités <br /> que les papes : ces tyrans<br /> libidineux ne s'occupaient guère <br /> que de leurs concubines quand ils <br /> ne jouaient pas au bilboquet ; <br /> pendant ce temps, leurs "suppôts"<br /> percevaient des impôts écrasants,<br /> qui atteignaient jusqu'à dix pour <br /> cent des revenus de la nation.<br /> C'est-à-dire que les cours d'histoire<br /> étaient élégamment truqués dans<br /> le sens de la vérité républicaine.<br /> Je n'en fais pas grief à la <br /> République : tous les manuels<br /> d'histoire du monde n'ont jamais <br /> été que des livrets de propagande<br /> au service des gouvernements.<br /> Les normaliens frais émoulus <br /> étaient donc persuadés que la<br /> grande révolution avait été une <br /> époque idyllique, l'âge d'or de la <br /> générosité, et de la fraternité <br /> poussée jusqu'à la tendresse : en<br /> somme une explosion de bonté.<br /> Je ne sais pas comment on avait<br /> pu leur exposer - sans attirer leur<br /> attention - que ces anges laïques,<br /> après vingt mille assassinats <br /> suivis de vol, s'étaient entre-<br /> guillotinés eux-mêmes.<br /> Il est vrai, d'autre part, que le curé <br /> de mon village, qui était fort intel-<br /> ligent, et d'une charité que rien ne <br /> rebutait, considérait la Sainte<br /> Inquisition comme une sorte de <br /> Conseil de Famille : il disait que si<br /> les prêtres avaient brûlé tant de <br /> Juifs et de savants, ils l'avaient <br /> fait les larmes aux yeux, et pour<br /> leur assurer une place au Paradis.<br /> Telle est la faiblesse de notre <br /> raison : elle ne sert le plus souvent<br /> qu'à justifier nos croyances."<br />                <br />                   Marcel Pagnol<br />            La gloire de mon père.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/967/une-fois-les-illusions-balayees-il-y-aura-du-temps-pour-la-clarte</guid>
	<pubDate>Sat, 06 Jul 2024 13:29:17 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/967/une-fois-les-illusions-balayees-il-y-aura-du-temps-pour-la-clarte</link>
	<title><![CDATA[Une fois les illusions balayées, il y aura du temps pour la clarté.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://i0.wp.com/www.vududroit.com/wp-content/uploads/2024/07/antifa-et-jeunesses-communistes-ont-appele-a-lutter-contre-l-arrivee-du-parti-d-extreme-droite-au-pouvoir-le-qualifiant-de-parti-raciste-sexiste-et-homophobe-photo-remy-perrin-1719906421.jpg?ssl=1"></a></p>
<p>Ceux qui ont installé Macron à l’Élysée par ce qui s’apparente à un coup d’état, nous ont fait vivre depuis sept ans une forme de cauchemar. On ne reviendra pas ici sur tous les épisodes que nous ont infligé le psychopathe de l’Élysée et la bande de gangsters politiques qui l’entourent. Simplement on s’arrêtera à une dimension particulière qui est celle du simulacre dans lequel nous vivons. Depuis sept ans, le système français fait semblant. Semblant d’être une démocratie alors que tous les traits essentiels qui la caractérisent sont foulés aux pieds tous les jours. Semblant d’être un pays prospère, alors que a été dépecé à vif par le Capital, il n’est plus qu’un espace de service désindustrialisé. Semblant d’être un pays normalement géré alors qu’il est en faillite. Semblant d’être gouverné, alors que les ministères sont occupés par de parfaits imbéciles en général corrompus, et l’Élysée par un psychopathe puéril et immature.</p><p>Depuis l’annonce de la dissolution, les mensonges ont redoublé, et le théâtre s’est transformé en cirque. Pour une énième représentation de la « grande quinzaine antifasciste » qu’on nous inflige régulièrement depuis maintenant plus de 20 ans.</p><p>Et puis, presque par hasard on tombe sur un long et remarquable article, qui déchire le voile à partir d’un lieu d’énonciation politiquement marxiste.</p><p>Une véritable bouffée d’air frais dans un environnement vicié. Enfin, c’est l’impression qu’il m’a fait.</p><p>J’ai donc décidé de le voler… J’ai essayé de joindre les auteurs sans succès. J’espère qu’ils ne m’en voudront pas, et ce d’autant que cette publication est un hommage.</p><p>Régis de Castelnau</p><p>Le temps de la clarification : Chroniques d’une anarchie annoncée</p>
<p><a href="https://i0.wp.com/www.vududroit.com/wp-content/uploads/2024/07/Jan_Matejko_Stanczyk.jpg?ssl=1"></a><br />MP 433; Matejko, Jan (1838-1893) (malarz); Stańczyk; 1862; olej; płótno; 88 x 120 [106 x 135 x 9]</p>
<p>Par Victor Sarkis et Etienne Burle – <a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/">publié le 21 juin 2024</a></p><p>« Mais, mon intention étant d’écrire des choses utiles à qui les comprend, il m’a semblé plus pertinent de suivre la vérité effective des choses que l’idée que l’on s’en fait. »</p><p>Nicolas Machiavel</p><p>On a souvent voulu comparer E. Macron à un Caligula, ou un Néron, pour son goût des outrances, du pouvoir personnel, et sa propension à tout brûler derrière lui, en ne laissant qu’un champ de ruines : « après moi, le Déluge ! » – tel est l’éternel cri de ralliement de toute la bourgeoisie impérialiste, noyée dans son narcissisme infantile.</p><p>Pourtant, ce serait bien injuste envers Caligula et Néron, dont le style flamboyant cachait une vraie vision politique (« un programme » comme on dirait aujourd’hui, dont un E. Macron avait dit un jour qu’il s’en « foutait »), et surtout, une orientation sociale favorable à la plèbe, contre l’aristocratisme du Sénat : les populares contre les optimates, orientation populaire qu’on aurait bien du mal à retrouver chez E. Macron, qui a fait de la haine du travailleur et du « populo » la profession de foi de sa République conservatrice. Il faut ici rendre hommage, entre autres, à un Lucien Jerphagon<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote1sym">1</a>, pour avoir magnifiquement vulgarisé et synthétisé la recherche historique sur l’Empire romain, et démontré que les calomnies dont on a accablé maints « mauvais empereurs » (comme un Caligula et un Néron) cachaient en réalité chez les historiens antiques une farouche haine de classe envers ceux qui avaient osé s’attaquer aux intérêts des classes dirigeantes. Pourtant, même un Suétone doit concéder à la fin de sa vie de Néron cet aveu touchant : « Il ne manqua pas de gens pour orner longtemps après sa tombe de fleurs en printemps, et en été…. ». On doute que notre président-incendiaire, dernier avatar d’un libéralisme-libertaire en phase terminale, puisse prétendre à une telle postérité.</p><p>Mais dès lors que la métaphore romaine reste néanmoins parlante pour évoquer notre situation présente et notre « forcené de l’Élysée », on aurait plutôt tendance à tourner le regard vers un autre histrion qui régna sur Rome, moins connu, mais plus incendiaire : le jeune enfant syrien Héliogabale, empereur de Rome de 218 à 222, mort assassiné (dans des toilettes publiques dit-on !) à l’âge de 19 ans.</p><p>Grand prêtre venu d’Orient dans des circonstances rocambolesques, avec la mégalomanie et l’arrogance de son jeune âge, Héliogabale passa toutes les mesures, bafoua au pied toutes les traditions romaines et les institutions, s’adonnant à des orgies sacrées dont l’outrance aurait fait passer les règnes de Caligula et Néron pour d’aimables happening. Un camée de l’époque, conservé à la BNF, le représente dans une procession publique, nu sur un char, tiré par deux femmes dénudées à l’avant : il faut le voir pour le croire, et l’antique vertu romaine du se retourner dans sa tombe </p><p>Héliogabale à l’œuvre !</p><p>Inutile de dire que ses frasques n’inquiétèrent pas outre mesure les intérêts économiques des classes dirigeantes, lui que l’empereur Julien surnommera 150 ans plus tard, de façon lapidaire, « le playboy d’Emèse ». On vit se hisser au sommet de l’État des canailles en tout genre : un ancien acteur comique prit la direction de la garde prétorienne, un de ses mignons crapuleux fût presque nommé César, et la haute administration se peupla d’un coup d’eunuques, de travestis, de coiffeurs, de cochers de cirque – bref, le lumpenprolétariat et le monde de la nuit avait pris le pouvoir, sans dommage pour les grands propriétaires fonciers. On croirait voir le portrait craché de la macronie, avec son carnaval bariolé de Benalla, de Attal, de Séjourné, de Castaner, de Darmanin, de Sibeth Ndiaye, de Bruno « renflement brun » Le Maire, et autre Schiappa en tout genre ! On sait qu’une classe est perdue quand pour se maintenir au pouvoir elle ne trouve plus que des individus à la moralité nulle, au mépris assumé de la rationalité, et qui outrepassent toutes bonnes mœurs élémentaires.</p><p>Après la mort burlesque d’Héliogabale, un règne terne et sans intérêt se passa, celui de Sévère Alexandre, un cousin placé là par sa grand-mère arriviste. Mais à sa mort débuta l’une des périodes les plus sombres de l’Histoire de Rome : celle de « l’anarchie militaire », et du coup d’État permanent – en 49 ans, de 235 à 284, Rome vit défiler 23 empereurs, soit une moyenne de un tous les deux ans. Treize périrent assassinés, 7 au combat, 2 suicidés, et un seul mourra dans son lit, de la peste. Un beau palmarès ! Seul un Dioclétien saura, après ce désastre, relever le pouvoir romain pour un temps.</p><p>Notre Héliogabale est mort le 9 juin 2024, terrassé par sa propre vanité de ne pouvoir régner sans crâner de façon effrontée sur la scène internationale. Notre période d’anarchie politique vient de s’ouvrir, et elle ne se terminera que lorsque nous aurons trouvé notre Dioclétien.</p><p>1) Comment en sommes-nous arrivés là ?</p><p>Pour comprendre l’étendue du désastre, et ce qu’elle prépare, il faut remonter à la source, et analyser les raisons de cette Bérézina.</p><p>On pourrait bien sûr remonter loin en arrière, pour comprendre ce qui forme le cadre structurel de la crise actuelle. Il y a bien entendu en premier lieu une mutation politique, la formation dans l’après-guerre du « carcan européen », c’est-à-dire, après la montée en puissance d’un impérialisme américain devenu seul impérialisme valable, l’imposition par celui-ci d’un cadre supra-national, destiné à brider toute volonté populaire, toute souveraineté nationale, et toute politique économique alternative au capitalisme<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote2sym">2</a>. Ce carcan évoluera jusqu’à former le traité de Maastrisch, l’UE, et l’interdiction pure et simple du socialisme comme politique, sous peine d’être rejeté hors du cadre européen, et de voir ses reins brisés par les institutions supranationales. En second lieu, il y a une mutation anthropologique, le « libéralisme-libertaire », théorisé dans les années 70 par Michel Clouscard : tout sérieux dans l’existence doit être refoulé, la seule consommation devient l’horizon anthropologique unique de l’individu, et la production devient un péché dont il faut se débarrasser<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote3sym">3</a>. C’est la naissance du sujet post-moderne : schizophrénoïde, ludique, libidinal, et marginal. Et la base économique de tout ceci doit bien entendu être les nouvelles couches moyennes diplômées, urbaines et tertiarisées, qui seront la base sociale du nouveau régime post-soixante-huitard. Enfin, en troisième lieu, il y a la mutation idéologique, la « destruction de la raison » théorisée par G. Lukács dans l’après-guerre<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote4sym">4</a> : pour se maintenir au pouvoir, la bourgeoisie doit, depuis le début du XIXe siècle, de plus en plus renoncer à la raison, et se faire irrationaliste militante. Lukács avait analysé en son temps la montée du nazisme, et la complaisance de la bourgeoisie impérialiste à son égard, comme étant une manifestation particulièrement violente de cette destruction de la raison ; mais il est évident que celle-ci a depuis été reprise avec fanatisme par la nouvelle bourgeoisie impérialiste mondialisée, groupée derrière le seul impérialisme atlantiste, et dont le libéralisme-libertaire est l’expression achevée depuis les années 70.</p><p>Ce triple cadre est capital pour comprendre le décor de la crise actuelle, et montrer sa profondeur historique. Macron a été l’entéléchie, le produit le plus achevé, de l’intersection de cette triple mutation : il est la manifestation la plus visible qu’ait trouvé la bourgeoisie française pour exprimer la puissance éhontée du carcan européen, du libéralisme-libertaire, et de la destruction de la raison – afin d’écraser toute résistance du prolétariat français, et de marquer la soumission sans limite de la France à l’impérialisme atlantiste. A partir de ces trois éléments, l’évolution de la vie politique française depuis 50 ans devient plus claire, et explique à la fois la constitution d’un bloc euro-atlantiste parfaitement agressif, la destruction de la gauche ancienne manière pour un produit de synthèse indigeste (la gauche sociétale et européiste), et la reconstruction d’une extrême-droite ancienne manière sur des bases totalement inédites. Nous aurons l’occasion d’y revenir.</p><p>Bien sûr, ces trois éléments sont assez anciens, et ont, pour les plus récents, plus de 50 ans. Il faut donc remonter dans les couches temporelles les plus récentes pour en trouver les causes les plus immédiates, et mieux déterminer la nature de la crise.</p><p>Il y a bien entendu la crise économique de 2008, qui a brisé en Europe et en France toute croissance du PIB. A partir de là, la bourgeoisie française ne pouvait plus se contenter de voir sa richesse grossir tout en laissant le niveau de vie du petit peuple intact : pour maintenir ses profits, elle a du faire baisser le niveau de vie général, et commencer à attaquer le statut des couches moyennes. Ce furent les années Sarkozy, et Hollande, qui allèrent parfaitement dans le même sens sur ce point. Le macronisme signait déjà une radicalisation de ce projet, et son accélération, face à une crise qui dure, et un peuple français qui se rebiffe, vote moins, et délaisse les deux grandes forces traditionnelles qui faisaient l’alternance politique depuis les débuts de la Ve République, à savoir le PS et l’UMP, boudés par leurs électeurs après trop de reniements (il y en avait pourtant déjà eut beaucoup !). Le macronisme révélait donc en réalité une posture déjà défensive de la bourgeoisie, qui ne pouvait plus se payer le luxe de l’alternance, devenue à la fois inutile et trop risquée, et devait fusionner dans un seul grand bloc politique – même s’il est vrai que cette posture défensive a pris le masque d’une assurance arrogante de sa propre puissance. Mais à terme, le risque était gros : plus de pièce de rechange intégrée au cadre européiste facilement et immédiatement utilisable, au cas où le parti au pouvoir s’userait, comme c’était le cas jusqu’alors.</p><p>Et des usures et des mécontentements, il y en a eu. D’abord la crise des Gilets Jaunes, qui a vu l’irruption d’un peuple spolié et à bout sur une scène médiatique qui l’avait refoulé trop longtemps. L’UE et la domination bourgeoise étaient radicalement mises en cause, dans un mouvement populaire spontané qui démontrait par l’exemple ce qui arrivait quand on prive le prolétariat de tout outil institutionnel classique, parti ou syndicat : la violence de classe à l’état pur, dirigée contre les symboles du pouvoir. Anarchique et confus, le mouvement fut vaincu, mais par la force brute uniquement, il faut bien dire. Les justifications idéologiques de la classe au pouvoir n’avaient plus aucune importance, il s’agissait de briser. Première épreuve réussie pour le macronisme. Mais on avait eu peur, et on s’en souviendrait, et surtout, on avait fait la démonstration éclatante qu’il n’y avait aucune place pour la discussion et les compromis, et que seule la violence de classe était désormais de mise.</p><p>Puis il y a eu la crise du Covid. On a beaucoup glosé dessus, et votre serviteur avait analysé la chose en son temps<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote5sym">5</a>, mais il faut ici simplement noter qu’elle a montré la faillite organisationnelle de l’État bourgeois contemporain. Tout y a été anarchie, gabegie, et absence d’organisation, et les États occidentaux ont été humiliés sur ce point par les BRICS et autres États du Sud global, notamment la Chine. Certains auraient dû s’en souvenir au moment de penser qu’une guerre contre eux serait facile et courte… Outre son incapacité à gérer quoi que ce soit sur le plan sanitaire, le macronisme n’a trouvé sur le plan économique que le « quoi qu’il en coûte » pour éviter l’explosion sociale durant la crise sanitaire : des montagnes d’argent, un « pognon de dingue » comme l’eut dit le maboul en chef, déversées au hasard sur un peu tout le monde pour que rien ne bouge. La solution était de créer de la dette, sans aucune idée de savoir comment rembourser cela après. Les classes exploitées payeraient, c’était sûr, mais comment, et surtout comment pour éviter l’explosion sociale, la question a été balayée. L’intendance suivra. Ce furent les belles années où le macronisme vota des budgets avec entre 160 et 180 milliards de déficit par an ! La question de cette dette sera par ailleurs centrale dans la décision de dissoudre l’Assemblée nationale.</p><p>A partir de cette crise, tout a été de mal en pis. L’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022 a pris tout l’OTAN par surprise, et, malgré quelques déboires, lui a infligé de sévères coups de butoir – les premiers à vrai dire depuis la fin de la Guerre Froide, échecs en Syrie mis à part. Le macronisme dans cette affaire n’a pu que barboter péniblement, à la traîne de l’UE, elle-même à la traîne des USA. Les sanctions absurdes contre la Russie ont achevées une économie qui se relevait à peine du Covid, lui interdisant tout espoir de reprise à court et moyen terme<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote6sym">6</a>. Idem sur le dossier palestinien : l’opération militaire du 7 octobre a infligé un coup dont Israël ne se relèvera pas, quelque soit le soutien occidental, et la barbarie dont l’État sioniste peut faire preuve. Là encore, le macronisme a été piteux, soutenant sans condition Israël, tout en se montrant gêné par les massacres en rafale commis par Tsahal. Inefficient à l’extérieur, le macronisme aura réussi à ne faire qu’exacerber les tensions internes à la France sur ce conflit. Sur le plan économique, les occidentaux auront été impuissants à faire barrage à l’action de l’Axe de la Résistance, notamment des Houthis, pour garantir la libre circulation des marchandises sur les mers. La domination bourgeoise mondiale en a pris un coup, et la française n’a pu que courber le dos un peu plus.</p><p>Enfin, comme un reflet national des contradictions internationales, les élections législatives de 2022 n’ont pas donné de majorité claire à quiconque. Le bloc macroniste avait certes une majorité relative, mais ils ne sont pas parvenus à se fondre dans les LR pour gouverner ensemble : la bourgeoisie libérale-libertaire pleine et endurcie n’est pas arrivée à totalement absorber les autres types de bourgeoisies, et ce petit reste a été pour son organisme comme le morceau inassimilable qui l’a tué à petit feu. La bourgeoisie de province avait trop besoin pour garder quelques postes de notables du soutien de la petite-bourgeoisie traditionnelle, seule à même de lui fournir des électeurs pour survivre ; or cette dernière hait le macronisme au point de rendre impossible toute alliance pour les cadres de LR – question d’éthos de classe trop rétif au puritanisme macroniste.</p><p>La crise a également commencé à se manifester sur le terrain idéologique. Ces derniers mois ont émergé deux concepts intéressants pour tenter d’expliquer les bouleversements en cours, deux tentatives de reconstitution systématiques et globales, venus de milieux et d’orientations politiques différentes. Il nous faut les mentionner, car elles traduisent un besoin de théorie récent pour la conscience de l’époque, et deux jalons qui donnent de la profondeur à la crise que nous vivons. Ils ne révolutionneront probablement pas l’armature conceptuelle des lecteurs de Lukács et de Clouscard, mais ils confirmeront leurs intuitions, à partir de bases théoriques et empiriques totalement différentes.</p><p>La première tentative fut le livre, au succès discret mais réel, d’E. Todd, la Défaite de l’Occident, paru en janvier 2024. Un livre audacieux, y compris selon les critères toddiens, puisque E. Todd tentait d’y expliquer l’incapacité de l’occident à battre économiquement la Russie dans le cadre du conflit ukrainien, malgré un PIB bien supérieur, et de très loin (33 fois supérieur !), et l’influence des systèmes familiaux étaient marginaux dans l’analyse. E. Todd y pointait la désindustrialisation, et le démantèlement de l’État-nation, qui rendaient incapable d’affronter la moindre crise, et de gagner une guerre, fut-ce sur le plan strictement économique. Le « nihilisme », la fièvre du vide, s’était emparé de nos élites, et de ce que j’appellerais la « diplômocratie », de cette masse de gens qui pensent qu’ils valent mieux que les autres et sont naturellement supérieurs à eux par le simple fait qu’ils possèdent un diplôme, sans se demander une seconde ce qu’il y a derrière. Ces pays qui furent des nations sont donc mus désormais par une simple force d’inertie étrange : la rationalité y est désormais inconnue, les diplômés se dirigent vers des carrières lucratives mais improductives, les idéologies et les valeurs collectives sont mortes et enterrées, et plus aucune valeur transcendante n’encadre la vie de l’individu. C’est le concept central du livre : « l’état zéro anthropologique », où les hommes ne sont mêmes plus guidés par des valeurs inconscientes venus des modes de production pré-capitaliste, et où l’influence des anciens systèmes familiaux devient presque nulle. Pour E. Todd, le macronisme est l’incarnation française de cet « état zéro » de l’anthropologie. Ce nihilisme est sadique, belliqueux, et destructeur ; il n’est plus mu par la rationalité, ou la recherche de l’intérêt bien compris, mais par un goût du chaos. Il n’y a plus d’État-nation : il y a un « Blob » – un organisme unicellulaire visqueux et dénué de cerveau, qui ne survit qu’en se nourrissant des organismes alentour. C’est le stade suprême de la bourgeoisie impérialiste : la rapine et le pillage à l’état pur, sans soucis de la production. Le dette devient omnipotente, et la balance commerciale un trou béant, afin de vider la nation de toute souveraineté, et de donner à de richissimes possédants les clés du pouvoir réel. Inutile de dire ici que ce « nihilisme » et cet « état zéro anthropologique » ne sont que l’aboutissement parfaitement logique du libéralisme-libertaire né dans les années 70.</p><p>La deuxième tentative fut une note de synthèse, publiée en mai 2024 par Jérome Fourquet, qui développe le concept de « modèle stato-consummériste<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote7sym">7</a> » pour décrire la France depuis les années 70 (on revient toujours au libéralisme-libertaire !). Il y diagnostique la crise, et la fin prochaine de ce modèle, dont le macronisme est l’aboutissement. Ce modèle est centré sur la consommation, qui, puisque la production devient secondaire, se fait surtout par des importations (donc un déficit commercial), et par du crédit public (donc du déficit public, qui s’accumule sans fin pour former une gigantesque dette publique). Cette dette publique, loin de servir à financer une éventuelle production nationale, est utilisée pour pouvoir soutenir artificiellement la consommation, et ce, malgré les crises successives traversées par le capitalisme mondial. Bien entendu, celui-ci a été défendu et développé par tous les partis au pouvoir depuis 50 ans, sans exception. Le doigt est mis sur la contradiction majeure de la construction européenne : mettre les producteurs internationaux en compétition féroce d’une part, et d’autre part infliger aux producteurs communautaires des normes sévères et strictes. La conjonction de ces deux exigences contradictoires n’ont pu qu’aboutir au désossage de notre appareil productif national – c’est le fameux processus de désindustrialisation. Ajoutons à cela que le déficit commercial, pour maintenir un certain niveau d’importation de consommation, oblige à s’ouvrir aux investissements extérieurs – autrement dit, de faire du pays la cible des exportations de capitaux étrangers. C’est exactement la définition que Lénine donne de l’impérialisme, dont la France est désormais la victime, pour l’instant à bas bruit. On voit donc que ce modèle est parvenu à créer une sorte de bulle protectrice totalement artificielle, et très fragile, autour de la France, afin que le déclassement national réel ne soit pas vécu trop durement par la population (surtout les couches moyennes improductives, il faut bien le dire). Le réveil face aux vrais rapports de force internationaux risque d’être douloureux.</p><p>Par ces deux analyses non explicitement marxistes, on voit néanmoins un certain nombre de facteurs objectifs immédiats à l’intensification de la crise, qui montre que la classe des intellectuels, pour l’instant seulement à la marge, commence à ressentir le besoin d’une explication systématique et synoptique à la crise que nous traversons.</p><p>Voilà donc, synthétisée à l’extrême, la genèse de la situation politique actuelle en France. On voit que les contradictions sont à la fois lourdes, profondes, et courent sur le long terme. Elles ne sont donc pas résorbables en un court laps de temps, et leur convergence en un seul point, la crise politique actuelle, risque de provoquer des dégâts aux conséquences incalculables.</p><p>2) Pourquoi dissoudre ?</p><p>Passons aux causes les plus immédiates, puisqu’elles ont également leur importance dans cette séquence : pourquoi dissoudre l’Assemblée nationale au soir d’une élection européenne qui place le RN très largement en tête devant la liste macroniste ?</p><p>Le premier élément de réponse tient aux résultats de la précédente législature, en juin 2022, qui n’avait pas donné de majorité absolue à E. Macron. A l’époque, dès les résultats, tous les analystes s’étaient mis d’accord sur le fait que la question n’était pas de savoir si E. Macron devait dissoudre l’Assemblée avant la fin de son mandat, mais quand. En effet, ses grandes réformes structurelles pour saigner un peu plus le pays, et enrichir encore plus sa classe sociale nécessitaient une large majorité, surtout pour aller vite. Les choses ont fini par traîner en longueur, et si finalement la dissolution a surpris tout le monde, c’est parce qu’elle est arrivée bien plus tard que ce que tout le monde croyait. Les alliances parlementaires de circonstances avec LR, les 49.3 à répétition et les motions de censure que personne ne voulait voter auront permis à cette assemblée de tenir deux ans. Mais hélas, tout allait trop lentement, et pas assez fort pour notre Héliogabale et ses mandataires de Bruxelles. Il gouvernait, mais difficilement, et la rumeur d’une dissolution courait depuis plusieurs mois<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote8sym">8</a>. Voilà pour le décor de la décision : elle devait être prise, la seule question, c’est pourquoi maintenant et pas à un autre moment.</p><p>Plusieurs réponses, complémentaires plus qu’exclusives, plaidaient pour une décision de dissolution juste après les européennes.</p><p>Tout d’abord, il faut noter qu’E. Macron a tenté de repousser au maximum cette dissolution, en tentant de faire passer durant 2 ans ses réformes comme si de rien n’était. La question n’est donc pas de savoir pourquoi elle n’est pas arrivée avant, mais pourquoi elle n’arrive pas plus tard.</p><p>Le première élément, c’est l’impact des résultats des européennes sur la vie parlementaire française. L’Assemblée, déjà difficilement gouvernable, menaçait de devenir plus agressive, avec la sur-performance du RN, et le bon score de LFI<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote9sym">9</a>. Le bloc macroniste, déjà piteux, menaçait de se déliter lentement dans une longue guerre d’usure après les résultats exécrables de V. Hayer.</p><p>Le deuxième élément est l’impact de ces mêmes résultats à l’international. Aux yeux des partenaires européens d’E. Macron, ils sont une humiliation claire et nette de celui-ci, et un affaiblissement de fait de sa parole. Or, on sait que le personnage a un besoin pathologique de se faire remarquer par des initiatives aussi dangereuses que stupides, sur une scène internationale qui ne le prend absolument pas au sérieux, et le méprise complètement, y compris parmi ses « alliés ». La blessure narcissique était donc béante : empêché à l’intérieur, entravé à l’international, les trois prochaines années s’annonçaient comme un calvaire pour notre chérubin impulsif, incapable de se plier à la moindre discipline pour réfréner ses pulsions de management toxique. De ce point de vue là, il a donc préféré couper court au supplice de Tantale qui s’annonçait, pour se jeter dans les Charybde et Scylla de la dissolution. Trader un jour, trader toujours.</p><p>La troisième raison est en revanche beaucoup plus profonde, et porte sur la possibilité même de gouverner l’État français. On sait que la dette française atteint des niveaux dangereusement inquiétants, et plusieurs analystes<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote10sym">10</a> ont observé ces derniers mois que les obligations françaises étaient exposées à un risque élevé de dévaluation massive et rapide. Une France paralysée politiquement, avec une économie en berne et une dette colossale pourrait perdre toute confiance d’éventuels prêteurs dans un futur très proche. En clair, le risque augmente que la France ne puisse plus emprunter sur les marchés financiers les mois prochains, ou à des taux d’usuriers, et se retrouve donc en cessation de payement pur et simple. Or, tout le modèle économico-politique de ces 50 dernières années, tous partis confondus, est basé sur une capacité de l’État à emprunter massivement pour soutenir la consommation. Si ce levier-là tombe, c’est tout le système, tant politique qu’économique actuel qui s’effondre purement et simplement. Pour conjurer cette éventualité catastrophe, il faudrait pouvoir réduire les dépenses publiques, mais également avoir la force politique d’affronter la tempête sociale sans précédent que cela ne manquerait pas d’entraîner. Or, le macronisme risquait de se retrouver d’ici quelques mois dans une impasse : soit la faillite de l’État par une incapacité à emprunter sur les marchés financiers, soit la nécessité politique d’imposer des mesures d’austérité extrêmement impopulaires, en ayant aucun moyen politique de le faire. On voit donc que l’équation est impossible. Cette situation aurait pu arriver dès septembre 2024, lors du vote du budget, qui s’annonçait presque perdu d’avance, avec les trois autres groupes parlementaires qui auraient pu alors voter une motion de censure (la bonne, cette fois !). Pour éviter cela, E. Macron a donc pris les devants, et fait le choix de dissoudre avant d’arriver à cette situation catastrophe, qu’il a lui-même créée et amplifiée, afin de ne pas en porter le chapeau. Il est très clair que le but de cette dissolution est de perdre les élections, pour confier les responsabilités au RN dans une situation économique désastreuse, pour ne pas apparaître comme en étant responsable, et (qui sait ?) revenir plus tard. Pour arriver à cela, tenir des élections trois semaines à peine après un scrutin remporté haut-la-main par le RN était la meilleure façon d’y parvenir. Après avoir mis le feu à la maison, le locataire donne les clés à celui qui doit suivre, lorsqu’il n’y a plus rien à diriger.</p><p>Enfin, quatrième raison, la moins forte, les petits calculs politiciens. E. Macron et son entourage ont peut-être pensé que la division de la gauche lors des européennes entraînerait de fait une division lors de législatives qui suivraient, ce qui aurait pu permettre à son parti de gagner quelques circonscriptions. Et éventuellement, de rallier des éléments du PS et de LR proches de la macronie. C’est possible, mais ce n’aurait pas été assez pour remporter la majorité absolue. D’autant que sur ce point, ce calcul a été démenti assez vite, comme nous l’analyserons.</p><p>3) L’échec du macronisme</p><p>Puisque la vie politique française s’est désormais scindée en trois blocs distincts, on peut les analyser un par un, et même dessiner à coup sûr la logique du devenir de chacun de ces blocs. Les forces sociales en présence sont claires, et ont atteint un niveau de stabilisation quantitative provisoire telle que seule l’ampleur des résultats pourra varier, mais pas les ordres de grandeur approximatifs.</p><p>Commençons par le point le plus net : l’auto-dissolution immédiate du macronisme par cette décision. Son ampleur, et donc les restes qu’il laissera, seront encore à déterminer, mais l’essentiel est là : le grand bloc central bourgeois tel qu’il est né en 2017 est mort le 9 juin 2024. Pour une raison simple : son seul argument, répété de façon pavlovienne, « moi ou le chaos », a été dynamité. Le macronisme a mené la France au chaos, et il a paupérisé sa base sociale, qui était les couches moyennes urbaines. Il a passé 7 ans à détruire sa propre base sociale, et le 9 juin, il a atteint le point où son œuvre l’a tué. Comme expliqué précédemment, avec le mécanisme de la dette, la gestion macroniste de la France nous a amené au chaos qu’il prétendait éviter, et la chose est désormais parfaitement visible<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote11sym">11</a>. « L’orthodoxie budgétaire » a été une gabegie sans précédent, et sa réalisation a été le contraire de sa prétention ; la seule sanction logique à cet état de fait, c’est la mort politique, par désertion des électeurs.</p><p>Ce qui amène au deuxième point : l’argument massue du « camp de la raison » a toujours été le fait qu’il incarnait « la majorité silencieuse », autrement dit, qu’il avait avec lui la force du nombre. Sauf que le nombre commence à lui manquer, et une fois le processus enclenché, il devient non seulement irréversible, mais s’accélère rapidement : ceux qui étaient là uniquement parce qu’il y avait du monde s’en vont, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il ne reste plus personne. La spirale baissière du macronisme semble donc enclenchée, et on voit mal ce qui pourrait l’arrêter.</p><p>Troisièmement, après sept ans de macronisme, l’arithmétique démographique poursuit son œuvre lente, mais implacable. Il y a chaque année près de 630 000 décès par an, essentiellement des personnes âgées. Or, celles-ci votent à près de 40 % pour E. Macron, avec un taux de participation de près de 80 % aux présidentielles<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote12sym">12</a>. En appliquant la part de 90 % dans les plus de 65 ans parmi les décès, on aboutit donc en 7 ans, a une disparition biologique de près de 1,27 million d’électeurs macronistes.</p><p>D’autant que les pertes ne sont pas compensées entièrement par les arrivées. Il y a chaque année près de 800 000 jeunes qui deviennent majeurs, et à peu près autant qui rentrent sur le marché du travail, autour de 25 ans. Or, pour ne prendre que la tranche des 25-35 ans, s’ils sont près de 60 % à voter, ils sont 30 % à voter pour Marine Le Pen, 27 % à le faire pour Jean-Luc Mélenchon, et seulement 19 % à le faire pour E. Macron. Soit donc 144 000 nouveaux électeurs par an pour le RN (un million en 7 ans), 129 600 pour JLM (900 000 en 7 ans), et seulement 91 200 pour Macron (638 000 en 7 ans). On voit bien que même lente, l’évolution démographique a condamné le macronisme à un long déclin, et est parvenue à un point de rupture.</p><p>Enfin, et c’est l’élément décisif, le mode de scrutin législatif de la Ve République va achever le macronisme. Celui-ci, le scrutin uninominal majoritaire à deux tours, a en effet été conçu pour éliminer les « petits » partis marginaux, et à l’inverse, favoriser les « grands » partis traditionnels, type UMP et PS durant des années. Sa logique permettait d’amplifier de façon démesurée la moindre avance sur ses concurrents. Pour donner un exemple caricatural, en 2017, si LREM avait récolté 32 % des suffrages, ils avaient cependant obtenu 60 % des sièges.</p><p>On voit donc comment la baisse, certes relative pour l’instant, des résultats du parti macroniste laissent présager une catastrophe sans nom : la logique qui avait servi à écarter les « petits » partis « extrémistes » au profit des « grands » partis « modérés » risque de se retourner contre eux ! Pour donner un ordre d’idée de la possibilité du désastre, d’après une étude du Figaro, Renaissance pourrait ne même pas être au second tour des législatives dans… 536 circonscriptions sur 577, si le vote des européennes se prolongent à l’identique<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote13sym">13</a> ! Il est bien sûr plus que probable que le parti macroniste haussera son score par rapport aux européennes, ce qui fera un désastre un peu moins total, mais le fait sera toujours là : le macronisme peut plus ou moins disparaître législativement dès cette élection. Les premiers sondages semblent confirmer cette direction : en fonction de l’institut, le RN aurait entre 31 et 35 % des voix, l’union de la gauche aurait entre 25 et 28 %, et le parti macroniste entre 17 et 19 %. Cela peut évoluer bien sûr, mais la courte campagne interdit tout vrai bouleversement des rapports de force. Le mode de scrutin va bien sûr amplifier à l’extrême cet écart, et écarter de façon démesuré Renaissance.</p><p>D’autant qu’il ne s’est jamais s’agit d’un parti local, avec beaucoup de militants, de cadres, et d’élus locaux. Le reflux à l’Assemblée nationale sera irréversible, et si le macronisme peut vivoter encore quelque temps, il ne jouera plus de rôle majeur, avant de mourir de sa belle mort<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote14sym">14</a>. Les cadres macronistes l’ont compris, et voguent déjà vers d’autres horizons<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote15sym">15</a>.</p><p>4) L’illusion de « l’union de la gauche »</p><p>Le deuxième grand bloc, qui, après deux ans d’invectives permanentes, s’est subitement reconstitué en un temps record, c’est bien sûr l’énième édition de la sempiternelle série de « l’union de la gauche », pour une NUPES 2.0, renommée pour l’occasion « Nouveau Front Populaire ».</p><p>Il y aurait beaucoup à dire sur l’escroquerie de ce nouveau nom, qui pousse la falsification historique encore plus loin. Nous avions analysé en 2020 le mouvement historique du Front populaire du 1936, et nous y renvoyons pour constater l’écart avec cette réédition 2024 indigeste, que l’on ne pourra qu’écrire avec des guillemets<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote16sym">16</a>. Nous y avions également critiqué sévèrement toutes les précédentes tentatives « d’union de la gauche », comme étant des accords parfaitement électoralistes, et qui revenaient à s’aligner sur le programme le plus social-traître qui soit, et nous reprenons l’intégralité de ces critiques.</p><p>Il faut cependant analyser la spécificité de cette union illusoire, et montrer pourquoi elle ne pourra rien donner, pourquoi elle est impuissante à gagner quoique ce soit, et pourquoi même si elle gagnait, elle serait incapable d’appliquer son propre programme, fort mauvais au demeurant.</p><p>Pour cela, il faut analyser le passage de la « NUPES » de 2022 au « Nouveau Front Populaire » de 2024. La « NUPES » de 2022 était un coup de bluff électoraliste de Jean-Luc Mélenchon, après sa belle performance à la présidentielle, qui en avait surpris plus d’un. Gonflé par le vote utile, la nullité des candidats du PS, du PCF et de EELV, il avait réussi à concentrer sur sa personne l’intégralité du vote de gauche, qui aujourd’hui regroupe surtout des couches moyennes urbaines diplômées et tertiarisées, les banlieues immigrées (pour la faible proportion qui vote), et quelque maigres restes du mouvement ouvrier du XXe siècle, dernière roue du carrosse de cette alliage fourre-tout. Grâce à ce joli coup de force, Mélenchon était ensuite parvenu à imposer à ses concurrents à gauche un accord dont il était en mesure de dicter les termes, sur le programme notamment, et le nombre de circonscriptions. Le regroupement massif autour de sa candidature était d’ailleurs intéressant, car il signifiait que son électorat, désormais complètement concentré dans les grandes métropoles, était suffisamment déclassé, et essoré politiquement par le macronisme, qu’il était prêt à faire taire son narcissisme des petites différences entre sociaux-démocrates, afin de se grouper autour d’un bloc. La candidature de Jean-Luc Mélenchon en 2022 a été le chant du cygne des nouvelles couches moyennes libéral-libertaires « de gauche », et le signe de son crépuscule proche. On l’a vu avec le macronisme : c’est quand un groupe social se rassemble sous une seule et même bannière qu’il est le plus proche de mourir, car alors les contradictions qui le faisaient vivre se sont éteintes. D’autant que ce rassemblement s’est fait dans l’intensification du délire idéologique que portent ces couches moyennes, et qui signe son isolement idéologique et social : écologisme, féminisme, antiracisme identitaire, sociétalisme à outrance… La candidature de Mélenchon en 2022 aura réussi le tour de force de faire pire en la matière que celle de 2017, déjà bien pourvue pourtant. Le tout bien sûr avec moins d’opposition encore à l’UE, si c’était possible, et un programme aussi social-démocrate qu’inapplicable avec la méthode proposée.</p><p>La NUPES avait continué sur cette lancée, en ressuscitant au passage des partis laminés qui auraient pu disparaître, le PS et le PCF. En leur garantissant leurs députés, Mélenchon leur a sauvé la mise, en étant bien mal payé en retour, tout ça pour revenir une dernière fois dans le coup médiatiquement, et grappiller quelques députés pour LFI. Bref, ce fut une alliance purement opportuniste et électoraliste qui s’est faite sur des bases totalement confuses, et qui a relancé le pire de ce qui existait à gauche en matière de social-traîtrise, leur offrant un bain de jouvence dont le PS, et le PCF dans une moindre mesure, avaient cruellement besoin.</p><p>Bien entendu, une fois sauvés du néant électoral qu’ils méritaient pourtant, les « alliés » de LFI ont entrepris de se sauver de ses griffes, de façon parfaitement malhonnête il faut le dire – mais qu’attendre de plus des coquins qui peuplent le PS, le PCF et EELV ? Ils sont tellement réactionnaires qu’ils sont parvenus à critiquer Mélenchon par la droite, pour sa position sur l’UE, sur l’Ukraine, sur Gaza – position ô combien timide pourtant, mais que ses « amis » de gauche se sont plu à durcir de façon absurde, jusqu’à le faire passer pour un frexiteur, un bolchévique, un pro-Kremlin (si seulement !), ou un pro-Iran. Dernier délire en date : LFI serait « antisémite », pour sa position sur le conflit israélo-palestinien, position pourtant identique à celle de l’ONU sur tous les points. Mais bon : au royaume des clones où tout le monde a le même programme et les mêmes idées, il faut bien hystériser le débat afin de faire passer la moindre nuance dans l’européisme atlantiste pour une hérésie intolérable.</p><p>Parti dans ces conditions, le « Nouveau Front Populaire » allait donc parvenir à faire pire politiquement que la NUPES, ce qui est là encore une performance à saluer. D’autant qu’après les résultats du 9 juin, c’était ce qu’il faut bien appeler « l’agent de la CIA », à savoir Raphaël Glucksman, qui allait dicter ses conditions pour une union<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote17sym">17</a>. Ce bandit venu de la droite libérale et sarkozyste, agent des intérêts de l’OTAN en Géorgie sous Saakachvili<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote18sym">18</a>, et stipendié de son beau père Ghassan Salamé (agent dans le monde arabe des intérêts atlantistes, artisan de la destruction constitutionnelle de l’Irak post-husseinienne<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote19sym">19</a>, relai de l’Open Society de Soros dans le monde arabe<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote20sym">20</a>) s’est trouvé en mesure d’imposer à toute la gauche ses conditions léoniennes, et une capitulation sans condition devant l’UE et la politique internationale atlantiste.</p><p>C’est donc une union parfaitement décrédibilisée d’avance que nous vend la gauche, car il est évident aux yeux des masses que cette alliance a uniquement pour but de les aider à conserver leurs misérables sièges, et que la farce de « la peur du fascisme à nos portes » n’est pas leur principale préoccupation. Et ce ne sont pas les pleurs d’un Corbière ou d’un Rufin devant « le danger fasciste » le soir des élections qui changeront les choses. Le programme se contente de mesures parfaitement social-démocrates, défensives, souvent confuses, notamment sur le sociétal, et est parfaitement réactionnaire sur le plan international<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote21sym">21</a>. Celui-ci soutient donc « indéfectiblement l’Ukraine », et l’envoi d’armes à celle-ci, s’alignant ainsi sur la politique macroniste, et au mépris de tout risque pour la France d’escalade militaire avec la Russie. Sur Gaza, il reprend le narratif mensonger d’Israël sur le 7 octobre, et s’enferme dans le ghetto mental d’occidental narcissique. Et sur l’UE, le programme lui déclare sa soumission, et son soutien à la construction européenne.</p><p>Autant dire que dans ces conditions, le programme est inapplicable dans ses mesures sociales. Au mieux, nous aurons une réédition des mésaventures d’A. Tsipras en Grèce, qui se fit briser les reins par la commission européenne en 2015. Vu le montant de notre dette, le programme du « Nouveau Front Populaire » ne pourra se financer avec elle, et sans sortir de l’UE, aucune alternative d’application n’est même envisageable. Encore une fois, une gauche sans courage s’est pliée aux exigences d’une gauche crapuleuse, pour le plus grand bonheur des crédules qui y croient, bien naïvement encore. L’union de la gauche, c’est bien l’opium du peuple de gauche. Et il serait temps d’arrêter d’être addict à cette drogue malsaine.</p><p>Le fond du problème, c’est qu’une nouvelle gauche est apparue dans les années 70, et a complètement bouleversé la base sociale et l’idéologie de l’ancienne gauche. Les nouvelles couches moyennes diplômées et urbaines ont remplacé le prolétariat comme classe sociale de base, et le libéralisme-libertaire, cet anti-autoritarisme individualiste et relativiste, a remplacé le marxisme. Nous vivons l’aboutissement de ce processus. On ne peut donc que souhaiter la mort de cette gauche, dans les circonstances les plus atroces et indignes possibles, afin qu’autre chose vienne la remplacer. Cette gauche ne vit que de confusions : confusions entre le social et le sociétal (l’économie, la géopolitique et le national mis au même niveau, et souvent au dessous, de l’écologie, du féminisme, de l’antiracisme, et de bien d’autres), confusions entre européisme et souverainisme (des critiques de l’UE qui s’allient sans voir le problème avec ses thuriféraires), confusion entre internationalisme et atlantisme (des critiques de l’Ukraine et d’Israël avec ses défenseurs acharnés). Faut-il être grand clerc pour voir que cela ne pourra mener à rien ?</p><p>5) La question du « fascisme » :</p><p>Enfin, et non des moindres, le dernier point aveugle de toute cette gauche, unie pour un « Nouveau Front Populaire » : son aveuglement complet sur la véritable nature du fascisme, et son réflexe pavlovien « d’antifascisme » ânonné de façon hystérique sans aucune réflexion élémentaire. Entendons-nous bien : la fascisme est l’ennemi mortel de la classe ouvrière. Seulement, pour bien le combattre, et être un anti-fasciste conséquent et efficace, il faut d’abord avoir bien identifié le fascisme dans notre séquence historique. Sinon, on risque de complètement se tromper, en plaquant sur notre époque des catégories qui n’y sont pas effectives. A ce titre, on ne peut être que consterné d’entendre un célèbre historien du nazisme, aux travaux universitaires au demeurant intéressants, déclarer que l’on peut « plaquer 1936 sur 2024 », car « les structures sociales, et les intérêts des acteurs sociaux n’ont pas beaucoup changé » (sic!)<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote22sym">22</a>. Il faut être bien assis pour lire ou entendre cela : la lutte des classes est la même en sa structure qu’en 1936 ! Visiblement, la destruction de la raison n’a pas frappé qu’à droite ces dernières décennies… Où sont les usines et les grands appareils productifs industriels de 1936 en 2024 ? Où est le grand parti ouvrier qu’était le PCF des années 30 ? Où est l’URSS ? Où sont les croix de feu, les vétérans d’une Grande Guerre, les relais d’un NSDAP en France (très nombreux à l’époque !) aujourd’hui ? Où est aujourd’hui la petite-bourgeoisie traditionnelle, l’une des bases sociales du fascisme français des années 30, et que les années post-plan Marshall a balayée ? Où est aujourd’hui la concurrence des impérialismes de tailles équivalentes ? Nul part, tout cela a disparu. A l’inverse, où est le libéralisme-libertaire dans les années 30 ? Les nouvelles couches moyennes urbaines, diplômées et improductives ? Un secteur tertiaire et financier hypertrophié ? Un pôle unique atlantiste pour l’impérialisme mondial ? La construction européenne et la destruction des souverainetés nationales ? L’immigration a-t-elle le même niveau et la même fonction en 2024 qu’en 1936 ? Le simple fait de poser la question montre l’absurdité d’une comparaison qui serait un plaquage pur et simple des situations. Pour comprendre le fascisme actuel, il faut faire une analyse concrète de celui-ci. Sans analyse concrète, on court le risque de tomber dans le verbiage vide et pavlovien. Certes, aujourd’hui comme en 1936, il y a toujours une lutte des classes, un prolétariat et une bourgeoise. Mais si on en reste là, ce sont des concepts abstraits, et parfaitement vides. Pour leur donner du contenu, et faire une vraie analyse marxiste, il faut faire ce que personne n’ose faire à gauche : ouvrir la boite de Pandore de l’économie. Les marxistes devraient plus souvent méditer cette sage maxime d’Engels : « Il y a action et réaction de tous ces facteurs au sein desquels le mouvement économique finit par se frayer son chemin comme une nécessité à travers la foule infinie de hasards (c’est-à-dire de choses et d’événements dont la liaison intime entre eux est si lointaine ou si difficile à démontrer que nous pouvons la considérer comme inexistante et la négliger). Sinon, l’application de la théorie à n’importe quelle période historique serait, ma foi, plus facile que la résolution d’une simple équation du premier degré<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote23sym">23</a>. » Plus d’un marxiste et d’un universitaire semblent confondre l’analyse par la lutte des classes avec une équation du premier degré.</p><p>Comprenons bien : tout l’enjeu est de savoir si le fascisme actuel est bien incarné par le RN, car si c’est le cas, alors toute les unions, mêmes les plus scandaleuses et les plus contre-natures, seraient permises pour lutter contre l’affreux fascisme. Or, tel est le drame actuel, et il faudra bien qu’un marxiste l’écrive un jour : le RN n’est pas un parti fasciste, en tout cas pas au sens classique du terme, et si on trouve indéniablement des traces en lui d’éléments fascistes, il n’est pas le parti le plus fasciste de la vie politique française, loin de là.</p><p>On sait que cette thèse, parfaitement évidente de façon intuitive pour les masses à l’heure actuelle, serait extrêmement choquante pour beaucoup à gauche, et mérite donc d’être exposée méticuleusement. La démonstration est ici importante, parce que sa validité et son acceptation vont conditionner l’avenir de la « gauche » actuelle, surtout si, comme tout l’indique, le RN parvient au pouvoir à court terme (dans quelles conditions exactes et quelles alliances, c’est une autre affaire). Que les amis de la vérité qui souhaitent comprendre pourquoi leur camp politique est dans un ghetto social écoutent, et que les autres méditent la maxime du Machiavel de Stendhal : « et serait-ce ma faute si la chose est ainsi ? ».</p><p>Tout d’abord, écartons le principal élément qui gêne l’analyse : la question de la genèse historique du RN. Certes, la genèse d’un parti en politique est extrêmement importante, mais elle ne détermine pas tout. Il existe une différence pour un marxiste entre la genèse historique d’une chose (l’ensemble des éléments traçables sur une frise chronologique qui lui ont donné naissance) et sa logique interne, son essence, ce qu’il est réellement (pour une entité politique, les intérêts de classe qu’elle défend)<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote24sym">24</a>. Or ce qui fait la caractérisation politique, ce n’est pas la genèse historique, mais sa composition de classe, en interne, et son rapport avec les autres classes sociales.</p><p>Il est indéniable que le Front National ait été fondé par des anciens vichystes, des pétainistes, des anciens de l’OAS, et qu’il ait gardé très longtemps sa caractérisation fasciste de ses origines. Il est indéniable par exemple que les statuts du FN aient été déposés en 1972 par Pierre Bousquet, ancien Waffen-SS de la division Charlemagne, et alors trésorier du mouvement. Les différentes sorties de Jean-Marie Le Pen, très connues au point qu’il est inutile ici de les énumérer, témoignent de cette origine.</p><p>Seulement, et c’est ce que personne à gauche ne veut remarquer, si l’on en déduit de cette origine fasciste le fait que le RN actuel est fasciste, il faudrait alors appliquer cette logique à tous les partis politiques français (pourquoi faire une exception pour le RN ?). Et on aboutirait à un résultat absurde et ubuesque : le PS, dont l’ancêtre est la SFIO, serait un parti jaurésien (pauvre Jaurès !) ; les LR, lointain descendant du MRP serait un parti gaulliste authentique (pauvre Général !) ; le PCF serait un parti bolchévique et stalinien (si seulement…) ; et les différents débris du parti radical seraient les héritiers de Clemenceau (sans les bons mots, visiblement)… On pourrait continuer longtemps, et on voit qu’avec une telle logique, on ne parvient qu’à des absurdités sans nom<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote25sym">25</a>. Tous ces partis ont changé d’essence idéologique, parce qu’ils ont changé de base de classe : ils ont subi, comme on le disait à l’époque du PCF, une « mutation », un changement d’ADN, parce qu’ils se sont adaptés aux évolutions de classes sociales, souvent d’ailleurs dans le sens de l’opportunisme, et d’un compromis avec les trois éléments que nous avons énumérés en début d’article : soumission au carcan européen, adhésion au libéralisme-libertaire, participation à la destruction de la raison. Pour le PCF, le PS et les RPR/UMP/LR, c’est parfaitement clair. On voit mal pourquoi le FN aurait été épargné par sa mutation en RN. On peut même dire qu’au contraire, étant initialement le parti le plus compatible en soi avec ces trois éléments, il a été poussé, comme par une force centrifuge, au loin, comme par effet de répulsion par rapport aux autres partis qui convergeaient tous vers eux. Tous les thèmes classiques du fascisme traditionnel qui étaient ceux du FN historique (nationalisme agressif, antisémitisme et racialisme, pétainisme assumé, révisionnisme, défense de la peine de mort, ou encore l’expulsion des français d’origine étrangère….) ont été progressivement relayés à l’arrière-plan après le départ de Jean-Marie Le Pen, et largement édulcorés, au point qu’on a souvent du mal aujourd’hui à les retrouver dans le programme, voire même pas du tout. Il faut à ce sujet en finir avec un fantasme à gauche, celle d’une essence diabolique cachée et invisible d’un RN fasciste, qui n’attend que de parvenir au pouvoir pour réapparaître telle quelle, et intacte. Tous ceux qui ont étudié le processus de liquidation et de mutation du PCF savent qu’en la matière, il faut être hégélien<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote26sym">26</a> : l’apparence exprime l’essence, elle en est une part, et on ne peut pas faire de division métaphysique entre les deux. Lorsque le PCF a commencé à changer son discours dans les années 70 pour devenir plus social-démocrate, en abandonnant par exemple la dictature du prolétariat de son programme, cela a changé son essence, et sa radicalité révolutionnaire n’est pas revenue une fois qu’il a participé au pouvoir en 1981. En politique, lorsque la radicalité se perd, elle ne revient jamais. Car changer l’apparence de son discours demande d’acquérir des habitudes mentales qui changent une façon même de penser le monde. Cela demande des compromis, et de montrer au système mondain dominant que l’on est prêt aux arrangements, et donc d’avoir déjà renoncé à l’essentiel. Le changement de discours ne fait toujours que refléter un changement de positionnement de classe. Il faut donc regarder la réalité en face : le RN est aujourd’hui devenu un parti de droite semblable aux autres, et qui n’est pas plus fasciste qu’eux – en témoigne la tentation très forte d’une fade « union des droites » initiée avec LR.</p><p>Pour poursuivre sur la question des origines, et faire une comparaison internationale, le RN a subi selon nous une évolution assez semblable à celle du Kuomintang à Taïwan, et pour les mêmes raisons. A l’origine, comme le FN, le Kuomintang est un pur parti fasciste, né de l’opposition au Parti communiste chinois. Très atlantiste, et viscéralement anti-communiste, il impose une dictature militaire de fer à l’île de Taïwan. Seulement, l’évolution historique a suivi son cours : le fascisme taïwanais a laissé la place à la sociale-démocratie libéral-libertaire indépendantiste. Et, surprise, aujourd’hui, ce sont les sociaux-démocrates à Taïwan qui sont les plus anti-chinois, les plus anti-PCC, les plus portés à une guerre parfaitement fasciste contre la Chine, soutenue par l’impérialisme américain ; et à l’inverse, c’est le Kuomintang qui est devenu le parti le plus pro-PCC de l’île, le moins belliciste, et donc le moins fasciste objectivement. La raison de ceci en est simple : le fascisme historique a préparé l’avènement du libéralisme-libertaire, et une fois que celui-ci est parvenu à maturité, il s’est montré plus efficace et effectif que celui-ci pour combattre le communisme, et écraser les aspirations populaires. Le libéralisme-libertaire a été la réalisation de ce dont le fascisme n’était que le concept : en d’autres termes, il a été plus parfaitement fasciste que le fascisme lui-même, qui s’est retrouvé doublé par sa droite, et totalement dépassé par l’évolution historique. Il est donc devenu, par le jeu de cette dialectique, l’inverse de ce qu’il était : d’avant-garde de lutte contre le progrès humain, il est devenu l’arrière-garde de cette lutte. Il a donc dû muter en autre chose, qui n’a plus rien de sa virulence originelle.</p><p>C’est l’évolution qui s’est produite en France même<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote27sym">27</a> : après la destruction conjointe du gaullisme et du communisme dans les années 70, les anciens vichystes sont revenus au pouvoir, d’abord de façon cachée dans l’entourage de Giscard<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote28sym">28</a>, puis de façon ouverte en la personne de Mitterrand<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote29sym">29</a>. A partir de là, l’essentiel de la vie politique s’est en réalité scindée chez leurs héritiers entre vichystes opportunistes (le PS, le RPR), qui avaient eut le bon goût de passer à l’européisme atlantiste au moment où le fascisme historique avait mal tourné, et les vichystes sincères (le FN de Jean-Marie Le Pen), qui étaient les has been au cerveau un peu lent, les loosers qui n’avaient pas compris que le vent avait tourné, et qu’il fallait désormais jouer un autre air pour être « branché » et mondainement acceptable. Mais ne nous y trompons pas : le fond était le même – pourquoi réhabiliter Mitterrand pour honnir Jean-Marie Le Pen, si ce n’est finalement par concession mondaine à l’idéologie dominante ?</p><p>Par ailleurs, pour clore ces questions de filiation idéologiques, s’il faut remonter aux origines fascistes des courants de pensées, il faut aller jusqu’au bout à gauche, et refuser tous les penseurs de gauche qui se sont inspirés pour leurs concepts et catégories fondamentales des deux plus grands penseurs fascistes qui eut été : à savoir Nietzsche, et Heidegger. Mais là, on voit ce qui blesse mondainement les intellectuels gauchistes, car alors c’est tous leurs penseurs chéris, toute la pensée d’après-guerre (les Sartre, les Camus), et la pensée soixante-huitarde qui tombe sous le coup de l’anathème : les Foucault, les Deleuze, les Derrida, les Badiou – tous ont bu à la source du nazi de la forêt de Todtnauberg, et de l’eugéniste équestre fantasque de Turin. Vous voulez dénazifier messieurs les jolis grands hommes de gauche ? Très bien, mais faites-le jusqu’au bout, et d’abord dans vos rangs et chez vos maîtres ! Gageons que vous ne relèverez pas le gant, et que vous préférerez concentrer vos attaques hystériques sur un RN aux épaules bien trop fragiles pour vos fantasmes.</p><p>Il faut également écarter une autre erreur idéologique, mais très courante à gauche : l’idée saugrenue, devenu axiome intangible, qu’être pour l’immigration, c’était être progressiste, et qu’être contre, c’était être réactionnaire. On a donc l’idée qu’être internationaliste, c’est vouloir accueillir tous les immigrés du monde chez soi, tout le temps. Personne à gauche ne veut pourtant faire une analyse économique élémentaire des rapports de force entre les nations : dans une économie mondiale capitaliste, l’immigration, d’un pays à un autre, sans échange équivalent d’émigration, c’est du vol de main-d’œuvre pur et simple. Quand 100 000 africains arrivent chaque année en France<a href="https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/#sdfootnote30sym">30</a>, c’est 100 000 personnes que l’économie française va pouvoir exploiter, et dont personne en France n’aura payé l’éducation. C’es</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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