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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Sun, 15 Oct 2023 12:05:36 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Un état binational et démocratique ou deux états vivant paisiblement côte à côte ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Un état binational et démocratique (laissez moi rire jaune) ou deux états vivant paisiblement côte à côte (je ris encore.. et toujours jaune ). On nous fait croire que le problème israélo-palestinien est complexe alors qu'il est très simple et facile à résoudre si...</p>

<p>LA SOLUTION : Reconnaissance par les Palestiniens  et le monde arabo-musulman d'un état souverain juif ( entendu comme nationalité intégrant des minorités aux droits égaux). Renoncement au retour des réfugiés ou plutôt aux descendants de plusieurs générations des réfugiés de 1948 sur le territoire de l'état d'Israël comme c'est le cas pour les réfugiés du monde entier ( Inde-pakistan, Grèce-Turquie, Allemagne-Pologne...). Création d'un état palestinien intégrant Gaza, la Cisjordanie, la Jordanie, état provisoirement démilitarisé, coopérant économiquement avec Israël. Aides données au développement de cet état par Israël, la communauté internationale, les pays richissimes  du Golfe.  Education à la paix en Palestine en place des incitations à la haine anti-juive des manuels scolaires et de l'éducation en général. Echange de territoires entre Israël et cet état palestinien: grandes implantations de Cisjordanie contre certains  territoires du Neguev et de Galilée... Traités de paix entre Israël, la Palestine et les états arabes et garanties sécuritaires. </p>

<p>La clé du problème , c'est uniquement la reconnaissance et l'acceptation d'un état souverain juif. Tout le reste en découle. </p>

<p>Mais voilà... avec le développement irrésistible de l'islamisme dans le  monde musulman, il n'en sera pas question, pas plus que le renoncement à islamiser le continent européen. </p>

<p>Charles Rojzman</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 14 Oct 2023 06:26:02 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La “Bible” stratégique de Mackinder réexaminée]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Il y a si longtemps que Brzezinski a formulé la notion de Mackinder que la diplomatie classique s’est étiolée.</p><p>Par Alastair Crooke – Le 11 septembre 2023 – Source <a href="https://strategic-culture.su/news/2023/09/11/the-mackinder-strategic-bible-reconsidered/">Strategic Culture</a></p><p>En 1997, Zbig Brzezinski, le premier à avoir fait de l’Afghanistan un bourbier dans lequel la Russie devait être entraînée, a écrit son célèbre ouvrage, The Grand Chessboard (Le Grand Échiquier). Cet ouvrage a ancré “pour toujours” dans le zeitgeist des Américains la doctrine Mackinder selon laquelle “celui qui contrôle le Heartland asiatique contrôle le monde” .</p><p>Il est intéressant de noter que son sous-titre était “American Primacy and Its Geostrategic Imperatives” (La primauté américaine et ses impératifs géostratégiques). Brzezinski avait déjà écrit dans son livre qu’en l’absence de l’Ukraine, la Russie ne deviendrait jamais la puissance centrale ; mais avec l’Ukraine, la Russie pourrait le faire et le ferait. C’est ainsi que la doctrine de Mackinder, “Celui qui contrôle le Heartland” , a été codifiée dans le “droit canon” des États-Unis : ne jamais permettre un Heartland uni. L’Ukraine a été considérée comme la charnière autour de laquelle tournait le pouvoir du Heartland.</p><p>Brzezinski a en outre ordonné que ce “Grand jeu d’échecs” soit une pure primauté américaine : “Non, personne d’autre ne joue” , a-t-il insisté ; il s’agit d’un jeu exclusivement réservé à un seul joueur. Une fois qu’une pièce d’échecs est déplacée, “nous” (les États-Unis) tournons simplement l’échiquier dans l’autre sens – et déplaçons les pièces d’échecs de l’autre camp (pour “eux”). Il n’y a pas ‘d’autre’ dans ce jeu” , a averti Brzezinski.</p><p>C’est le dilemme d’aujourd’hui. Il y a si longtemps que Brzezinski a formulé la notion de Mackinder que la diplomatie classique s’est étiolée.</p><p>C’est toutefois Henry Kissinger qui a modifié la célèbre formule de Mackinder : “Celui qui contrôle l’argent contrôle le monde” en référence au dollar et à l’hégémonie financière des banques.</p><p>Mais Kissinger s’est trompé dès le départ. Le principe a toujours été le suivant : “Celui qui dispose de capacités de production, de matières premières, de denrées alimentaires, d’énergie (humaine et fossile) et d’une monnaie saine peut changer le monde” . Mais Kissinger a tout simplement ignoré ces conditions complémentaires et a axé les États-Unis sur la création d’une “toile d’araignée” mondiale de dollars militarisés (touchez-la et la poudre des sanctions vous empoisonne). En outre, ce système a été renforcé par Wall Street, qui a réservé l’accès à des milliers de milliards de dollars nouvellement imprimés aux seuls pays qui s’y conformaient.</p><p>Kissinger a toutefois élaboré la doctrine de la “triangulation” , en guise de clin d’œil à Mackinder : les États-Unis doivent chercher à s’allier soit à la Russie contre la Chine, soit à la Chine contre la Russie. Mais ils ne doivent jamais laisser la Chine et la Russie s’allier contre l’Occident. Le Heartland doit toujours être fracturé.</p><p>Ces “règles” sont inscrites dans les circuits mentaux de Washington. Pourtant, les notions qui les sous-tendent n’ont plus guère de validité aujourd’hui. La masse terrestre, les États militarisés (du Heartland asiatique) contre les puissances navales (les atlantistes) ne reflètent guère les instruments de pouvoir plus abstraits d’aujourd’hui.</p><p>La sphère du dollar, par exemple, a sans aucun doute été une source de puissance américaine (imposant aux États la contrainte d’acheter et de détenir des dollars) depuis les accords de Bretton Woods et les accords sur les pétrodollars. Elle a créé une demande virtuelle massive pour le dollar qui a d’abord bien fonctionné pour Washington. Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas.</p><p>C’était trop beau pour être vrai : imprimer et au diable les conséquences. La dette ? Peu importe, il suffit d’imprimer un peu plus. Washington en a trop fait (l’attrait politique était trop grand).</p><p>C’est ainsi que l’“hégémonie” du dollar est passée du statut d’outil de projection de puissance à celui de principale source de vulnérabilité pour les États-Unis. En clair, l’excédent massif de dollars et de dettes en dollars de Washington a transformé le “dollar” en une épée à double tranchant : il se retourne désormais contre l’Occident. Sous le poids de la finance, la base manufacturière occidentale s’est atrophiée et s’est rétrécie, entraînant une société américaine à deux vitesses, caractérisée par d’énormes inégalités.</p><p>Le conflit actuel en Ukraine a mis en évidence les déficiences de la puissance hégémonique qui découlent spécifiquement d’une base manufacturière négligée.</p><p>Mackinder, s’il était présent aujourd’hui, devrait donc ajuster son modèle, en faisant la distinction entre les terres qui sont “en dehors” d’un ensemble de politiques économiques (le bloc asiatique, africain et mondial du Sud dirigé par les BRICS) et celles qui sont “à l’intérieur” , c’est-à-dire au sein d’un paradigme consumériste “côtier” fondé sur l’endettement.</p><p>Les coûts spécifiques associés à cette militarisation excessive (c’est-à-dire à une “guerre” financière “totale”) sont liés à ce qui précède. Le Trésor américain a utilisé de multiples variantes : la dette (pour effondrer en premier lieu la position mondiale de la Grande-Bretagne d’après-guerre) ; les taux d’intérêt militarisés pour “remettre à sa place” le miracle économique japonais du début des années 1980. La France et l’Occident ont déployé la guerre pour mettre fin aux aspirations de Kadhafi à une sphère panafricaine utilisant un dinar or, plutôt que le franc ou le dollar. Et puis il y a eu la sanction sans précédent de la Russie qui, paradoxalement, a donné lieu à un <a href="https://www.businessinsider.com/war-in-ukraine-russia-richer-millionaires-billionaires-uhnw-wealth-ubs-2023-8">regain de force économique russe</a>, plutôt qu’à un effondrement financier (comme on s’y attendait).</p><p>Mais là encore, nous voyons l’incongruité du double tranchant de l’“épée des sanctions” : le Wall Street Journal a <a href="https://www.wsj.com/articles/europeans-poorer-inflation-economy-255eb629">noté</a> que les Européens s’appauvrissaient – en raison des confinements, mais plus précisément en se joignant au “projet” de guerre financière de Biden (destinée à mettre la Russie à genoux) :</p><p>En 2008, la zone euro et les États-Unis avaient des produits intérieurs bruts (PIB) équivalents, l’écart de PIB est maintenant de 80 %. Le Centre européen d’économie politique internationale, un groupe de réflexion basé à Bruxelles, a <a href="https://www.lemonde.fr/en/opinion/article/2023/09/04/the-gdp-gap-between-europe-and-the-united-states-is-now-80_6123491_23.html">publié</a> un classement du PIB par habitant des États américains et des pays européens : l’Italie se situe juste devant le Mississippi, le plus pauvre des 50 États, tandis que la France se situe entre l’Idaho et l’Arkansas, respectivement 48e et 49e. L’Allemagne ne sauve pas la face : elle se situe entre l’Oklahoma et le Maine (38e et 39e). Le salaire médian américain est désormais une fois et demie supérieur à celui de la France.</p><p>Cela valait-il la peine que les dirigeants européens hypothèquent l’avenir de l’Europe au nom de la solidarité avec la Maison Blanche ? De toute façon, le stratagème des sanctions n’a pas fonctionné.</p><p>Eh bien… les États-Unis et l’Union européenne sont confrontés à une nouvelle version de l’histoire géostratégique de Mackinder, qui consiste à empêcher l’émergence d’un Heartland unifié. Il s’agit d’une variante du plan de “recadrage” des prouesses technologiques japonaises : il est clair que l’outil de l’“Accord du Plaza” (1985) consistant à truquer les taux d’intérêt contre un Japon “vaincu” et docile ne fonctionnera pas pour la Chine.</p><p>Au contraire, la Chine est soumise à un siège technologique accompagné d’une campagne de stigmatisation, au cours de laquelle son dirigeant est dénigré, tandis que l’économie chinoise est écrasée par un nombre croissant de technologies interdites à l’exportation ou par des mesures visant à interdire la coopération technologique. Chaque jour, les médias occidentaux célèbrent les difficultés économiques qui en résultent pour la Chine :</p><p>Sa croissance fulgurante s’est ralentie, la brève poussée post-pandémique s’est essoufflée, et les analystes soulignent les problèmes structurels profonds qui <a href="https://s2.washingtonpost.com/camp-rw/?trackId=596a495a9bbc0f0e09e976aa&amp;s=64f6a9046ab78601b57bd9db&amp;linknum=5&amp;linktot=77&amp;linknum=5&amp;linktot=77">minent</a> les perspectives d’avenir de la Chine. Xi et la clique au pouvoir (sic) s’efforcent de relever les nouveaux défis posés par l’économie chinoise qui arrive à maturité… L’économie chinoise a un jour semblé être le nouveau moteur du monde [comme le Japon l’a été]… mais un sentiment de stagnation est en train de s’installer.</p><p>C’est vrai. L’usure prolongée de l’économie chinoise par les Américains a freiné la croissance. Les exportations chinoises vers les États-Unis et l’Europe sont en baisse et le chômage des jeunes est une préoccupation majeure des dirigeants chinois.</p><p>Mais la Chine comprend bien qu’il s’agit d’une guerre : la “guerre stratégique de Mackinder” . Lors d’un récent voyage à Pékin, la secrétaire américaine au commerce, Gina Raimondo, a <a href="https://s2.washingtonpost.com/camp-rw/?trackId=596a495a9bbc0f0e09e976aa&amp;s=64f6a9046ab78601b57bd9db&amp;linknum=5&amp;linktot=77&amp;linknum=5&amp;linktot=77">prévenu</a> que l’incertitude ambiante, alimentée également par les mesures sévères prises par le gouvernement chinois à l’encontre des entreprises étrangères, rendait la Chine “ininvestissable” aux yeux des investisseurs américains.</p><p>Stop ! Prenez le temps d’assimiler les propos de la secrétaire au commerce : adoptez notre modèle économique, ou nous vous rejetterons !</p><p>La secrétaire d’État Yellen a elle aussi récemment prononcé un <a href="https://home.treasury.gov/news/press-releases/jy1425">discours</a> sur les relations entre les États-Unis et la Chine, laissant entendre que la Chine avait largement prospéré grâce à l’ordre de marché anglo-saxon de “libre fonctionnement” , mais qu’elle s’orientait à présent vers une position étatique – qui “est conflictuelle à l’égard des États-Unis et de leurs alliés” . Les États-Unis veulent coopérer avec la Chine, mais entièrement et exclusivement selon leurs propres conditions, a-t-elle déclaré.</p><p>Les États-Unis recherchent un “engagement constructif” , mais qui doit être subordonné à la garantie par les États-Unis de leurs propres intérêts et valeurs en matière de sécurité : “Nous ferons clairement part à la RPC de nos préoccupations concernant son comportement (…) tout en nous engageant avec le monde à faire progresser notre vision d’un ordre économique mondial ouvert, équitable et fondé sur des règles” . Mme Yellen a conclu en déclarant que la Chine devait “respecter les règles internationales actuelles” .</p><p>Comme on pouvait s’y attendre, la Chine n’a pas l’intention de s’en laisser conter.</p><p>Cette situation est exactement la même que celle qui s’est produite en 2007 lors du Forum de Munich sur la sécurité. L’Occident insistait pour que la Russie accepte le paradigme de sécurité globale de l’OTAN. Le président Poutine a défié l’Occident : “Vous le faites : vous attaquez continuellement la Russie – mais nous ne plierons pas” . L’Ukraine est aujourd’hui le terrain d’essai de ce défi lancé en 2007.</p><p>En d’autres termes, le discours de Mme Yellen témoigne d’une incapacité totale à reconnaître que la “révolution” sino-russe ne se limite pas à la sphère politique, mais qu’elle s’étend également à la sphère économique. Il montre à quel point l’“autre guerre” – la guerre pour sortir de l’emprise de l’“ordre” mondial dirigé par l’Occident – est importante à la fois pour Poutine et pour Xi.</p><p>En 2013 déjà, dans un <a href="https://branko2f7.substack.com/p/the-rule-of-nihilists">discours</a> sur les leçons tirées de la désintégration de l’Union soviétique, Xi avait attribué la cause de cette explosion aux “couches dirigeantes” (avec le pivot vers l’idéologie occidentale du marché libéral de l’ère Gorbatchev-Yeltsine), qui avaient conduit l’Union soviétique au nihilisme.</p><p>Le point de vue de Xi était que la Chine n’avait jamais fait ce détour désastreux vers le système libéral occidental.</p><p>Poutine a répondu : “[La Chine] a réussi de la meilleure façon possible, à mon avis, à utiliser les leviers de l’administration centrale (pour) le développement d’une économie de marché … L’Union soviétique n’a rien fait de tel, et les résultats d’une politique économique inefficace – ont eu un impact sur la sphère politique” .</p><p>Washington et Bruxelles ne comprennent pas. En clair, Xi et Poutine estiment que le désastre soviétique est le résultat d’un virage imprudent vers le libéralisme occidental, tandis que l’“Occident collectif” considère que l’“erreur” de la Chine – qui fait l’objet d’une guerre technologique financiarisée – est son éloignement du système mondial “libéral” .</p><p>Ce décalage analytique est tout simplement inscrit dans les circuits mentaux de Washington. Cela explique en partie la conviction absolue de l’Occident que la Russie est si faible et si fragile sur le plan financier, en raison de l’erreur primordiale qu’elle a commise en s’éloignant du système anglo-saxon.</p><p>Le point culminant : Washington enfreint sa (propre) règle numéro un, celle de Brzezinski : l’“impératif” de veiller à ce que la Russie et la Chine ne s’unissent pas contre l’Occident.</p><p>La grande question qui se pose aujourd’hui est de savoir si la militarisation de la technologie en tant qu’“impératif géostratégique” pour diviser le Heartland sera plus efficace pour atteindre cet objectif que ne l’a été la militarisation du dollar.</p><p>La semaine dernière, Huawei a lancé son nouveau smartphone équipé de son propre processeur 9000s fabriqué par l’entreprise chinoise de semi-conducteurs SMIC, à l’aide d’un processus de fabrication 7nm-class. Il y a moins d’un an, lorsque les États-Unis ont introduit leur vaste ensemble de sanctions contre l’industrie chinoise des semi-conducteurs, les “experts” ont promis que cela tuerait l’industrie, ou du moins que cela bloquerait son processus technologique à la norme 28nm. Il est évident que la Chine est désormais en mesure de produire en masse des puces de 7 nm sur son propre sol. L’iPhone 14 Pro a des puces de 4 nm, la Chine est donc presque à égalité, ou peut-être avec 1 ou 2 ans de retard.</p><p>D’un seul coup, <a href="https://twitter.com/RnaudBertrand/status/1698709810164945014">note</a> Arnaud Bertrand, la Chine a démontré que les efforts des États-Unis pour entraver Huawei et l’industrie chinoise des semi-conducteurs ont été inefficaces. Qu’ont apporté les sanctions ? Elles ont contribué à la construction d’un écosystème autochtone de semi-conducteurs qui n’existait pas avant les sanctions. D’<a href="https://www.phenomenalworld.org/analysis/iran-sanctions-inequality/">autres</a> <a href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2023-08-25/for-global-oil-markets-a-us-iran-deal-is-already-happening">États</a> l’ont compris : confiez vos semi-conducteurs à des entreprises occidentales et les États-Unis n’hésiteront pas à utiliser l’industrie à des fins géopolitiques. Achetez donc chinois, dit Bertrand.</p><p>Cette semaine, la Chine a lancé un fonds d’investissement de 40 milliards de dollars pour soutenir son industrie des semi-conducteurs.</p><p>Alastair Crooke</p><p>Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/931/les-etats-unis-et-l%E2%80%99occident-sont-en-train-de-degriser-%E2%80%93-le-courrier-des-strateges</guid>
	<pubDate>Wed, 04 Oct 2023 04:10:20 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Les États-Unis et l’Occident sont en train de dégriser – Le Courrier des Stratèges]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Jour 576 -Le New York Times a dressé un bilan impartial des derniers neuf mois de guerre: il apparaît que, dans la guerre d’attrition qui se livre, les Russes ont gagné plus de terrain que les Ukrainiens depuis janvier 2023. Cette semaine, Seymour Hersh a publié de nouvelles informations sur le sabotage de Nordstream, effectué il y a un an, véritable acte de guerre des États-Unis…contre l’Allemagne, comme l’explique le grand journaliste américain. Enfin, nous revenons sur l’ovation au Waffen SS Hunka au Parlement canadien. Cynthia Chung explique qu’il s’est agi de tout sauf d’une gaffe malencontreuse.</p>

<p>Les Russes ont conquis plus de territoire que les Ukrainiens depuis janvier 2023</p>
<p>Les forces russes ont gagné plus de territoire en Ukraine cette année que la partie ukrainienne, malgré la contre-offensive ukrainienne lancée en juin, a rapporté <a href="https://www.nytimes.com/interactive/2023/09/28/world/europe/russia-ukraine-war-map-front-line.html">le New York Times</a> jeudi 28 septembre.</p><p>Malgré neuf mois de combats acharnés en Ukraine, seulement 500 miles carrés de territoire ont changé de mains cette année. La Russie a gagné 331 miles carrés et l’Ukraine 143, soit une différence de 188 miles carrés, ce qui représente le gain net de territoire de la Russie depuis le début de l’année.</p><p>La plupart des combats du premier semestre se sont concentrés autour de la ville de Bakhmut, dans le Donbass, que la Russie a entièrement capturée en mai après une bataille brutale qui a débuté en août 2022. La contre-offensive de l’Ukraine s’est concentrée sur le sud, mais les combats se sont poursuivis près de Bakhmut et sur l’ensemble du front oriental.</p>
<p>New York Times, 28 septembre 2023</p>
<p>Le New Yor Times cite Marina Miron, chercheur postdoctorale au King’s College de Londres, qui déclare que la Russie semble se satisfaire de conserver le territoire qu’elle contrôle actuellement plutôt que de chercher à obtenir des gains rapides.</p><p>“Elle ne perd rien à ne pas aller de l’avant”, explique le chercheur. “Toute la stratégie en Ukraine consiste pour les Russes à laisser les Ukrainiens se heurter à ces défenses, à en tuer autant que possible et à détruire autant d’équipements occidentaux que possible“.</p>
<p>Seymour Hersh publie un nouveau texte un an après l’attaque américaine contre Nordstream</p>
<p>[embedded content]</p><p>Seymour Hersh est, avec <a href="https://johnhelmer.net/the-bornholm-blow-up-repeats-the-bornholm-bash-poland-attacks-germany-and-blames-russia/">John Helmer</a> et <a href="https://www.moonofalabama.org/2022/09/whodunnit-facts-related-to-the-sabotage-attack-on-the-nord-stream-pipelines.html">Moon of Alabama</a>, un des analystes qui a donné des informations fiables sur la responsabilité directe du gouvernement américain dans le sabotage de Nordstream fin septembre 2022. Huit mois après son premier article et un an après les faits, il donne <a href="https://seymourhersh.substack.com/p/a-year-of-lying-about-nord-stream">d’amples détails sur les motivations du gouvernement américain.</a> Nous en traduisons plusieurs extraits :</p><p>“Il y avait une faille – un manque de compréhension entre ceux qui ont mené la mission et le président Biden, quant aux raisons pour lesquelles il a ordonné la destruction des oléoducs au moment où il l’a fait. Mon rapport initial de 5 200 mots, publié au début du mois de février, se terminait de manière énigmatique par la citation d’un fonctionnaire au courant de la mission qui m’avait dit : “C’était une belle histoire de couverture”. Le fonctionnaire a ajouté : “Le seul défaut était la décision de le faire”. (…)</p><p>Je suis maintenant en mesure d’écrire sur la faille inexpliquée citée par le fonctionnaire anonyme. (…)</p><p>Revenons aux gazoducs Nord Stream : Il est important de comprendre qu’aucun gaz russe ne circulait vers l’Allemagne via les gazoducs Nord Stream lorsque Joe Biden a ordonné leur destruction le 26 septembre dernier. Nord Stream 1 fournissait de grandes quantités de gaz naturel à bas prix à l’Allemagne depuis 2011 et contribuait à renforcer le statut de l’Allemagne en tant que colosse industriel et manufacturier. Mais il a été fermé par Poutine à la fin du mois d’août 2022, alors que la guerre en Ukraine était, au mieux, dans une impasse. Nord Stream 2 a été achevé en septembre 2021, mais le gouvernement allemand dirigé par le chancelier Olaf Scholz l’a empêché de livrer du gaz deux jours avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie.</p><p>Étant donné les vastes réserves de gaz naturel et de pétrole de la Russie, les présidents américains, depuis John F. Kennedy, ont été attentifs à l’utilisation potentielle de ces ressources naturelles à des fins politiques. Ce point de vue reste dominant chez Joe Biden et ses conseillers en politique étrangère, le secrétaire d’État Antony Blinken, le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan et Victoria Nuland, aujourd’hui adjointe intérimaire de M. Blinken.</p><p>Jake Sullivan a convoqué une série de réunions de haut niveau sur la sécurité nationale à la fin de l’année 2021, alors que la Russie renforçait ses forces le long de la frontière ukrainienne et qu’une invasion était considérée comme presque inévitable. Le groupe, qui comprenait des représentants de la CIA, a été invité à formuler une proposition d’action susceptible de dissuader Poutine. La mission de destruction des oléoducs est motivée par la volonté de la Maison Blanche de soutenir le président ukrainien Volodymyr Zelensky. L’objectif de Sullivan semblait clair. “La politique de la Maison-Blanche consistait à dissuader la Russie d’attaquer”, m’a dit le fonctionnaire. “Le défi qu’elle a lancé à la communauté du renseignement était de trouver un moyen suffisamment puissant pour y parvenir et d’affirmer avec force la capacité des États-Unis.</p><p><br />Je sais maintenant ce que j’ignorais à l’époque : la véritable raison pour laquelle l’administration Biden “a évoqué la suppression du gazoduc Nord Stream”. Le fonctionnaire m’a récemment expliqué qu’à l’époque, la Russie fournissait du gaz et du pétrole dans le monde entier via plus d’une douzaine de gazoducs, mais que les gazoducs Nord Stream 1 et 2 partaient directement de la Russie pour rejoindre l’Allemagne en passant par la mer Baltique. “L’administration a mis Nord Stream sur la table parce que c’était le seul auquel nous pouvions accéder et qu’il serait totalement dénié”, a déclaré le fonctionnaire. “Nous avons résolu le problème en quelques semaines, début janvier, et en avons informé la Maison Blanche. Nous avons supposé que le président utiliserait la menace contre Nord Stream comme moyen de dissuasion pour éviter la guerre”.</p><p>Le groupe de planification secret de l’agence n’a pas été surpris lorsque, le 27 janvier 2022, Mme Nuland, alors sous-secrétaire d’État aux affaires politiques, assurée et confiante, a averti Poutine de manière stridente que s’il envahissait l’Ukraine, comme il en avait manifestement l’intention, “d’une manière ou d’une autre, Nord Stream 2 n’ira pas de l’avant”. Cette phrase a suscité une grande attention, mais pas les mots qui l’ont précédée. La transcription officielle du département d’État montre qu’elle a fait précédé sa menace en disant qu’en ce qui concerne le gazoduc, “nous continuons d’avoir des contacts très forts et très étroits avec le gouvernement ukrainien” : “Nous continuons à avoir des conversations très fortes et très claires avec nos alliés allemands”.</p><p>Interrogée par un journaliste qui lui demandait comment elle pouvait affirmer avec certitude que les Allemands seraient d’accord “parce que ce que les Allemands ont dit publiquement ne correspond pas à ce que vous dites”, Mme Nuland a répondu par un étonnant double langage : “Je dirais qu’il faut revenir en arrière et lire le document que nous avons signé en juillet [2021] et qui indique très clairement les conséquences pour le gazoduc en cas de nouvelle agression de l’Ukraine par la Russie. Mais cet accord, qui a été présenté aux journalistes, n’a pas précisé les menaces ou les conséquences, selon les rapports du Times, du Washington Post et de Reuters. Au moment de l’accord, le 21 juillet 2021, M. Biden a déclaré à la presse que l’oléoduc étant achevé à 99 %, “l’idée que quoi que ce soit puisse être dit ou fait pour l’arrêter n’était pas possible”. À l’époque, les républicains, menés par le sénateur Ted Cruz du Texas, ont décrit la décision de M. Biden d’autoriser l’acheminement du gaz russe comme une “victoire géopolitique générationnelle” pour Poutine et une “catastrophe” pour les États-Unis et leurs alliés.</p><p>Mais deux semaines après la déclaration de Nuland, le 7 février 2022, lors d’une conférence de presse conjointe à la Maison Blanche avec Scholz en visite, Biden a indiqué qu’il avait changé d’avis et qu’il se joignait à Nuland et à d’autres conseillers en politique étrangère tout aussi faucons pour parler de l’arrêt de la construction de l’oléoduc. “Si la Russie envahit – ce qui signifie que des chars et des troupes franchissent à nouveau – la frontière de l’Ukraine, a-t-il déclaré, il n’y aura plus de Nord Stream 2. Nous y mettrons fin”. Interrogé sur la manière dont il pourrait le faire puisque le gazoduc est sous le contrôle de l’Allemagne, il a répondu : “Nous le ferons, je vous le promets : “Nous le ferons, je vous le promets, nous pourrons le faire”.</p><p>M. Scholz, interrogé sur la même question, a déclaré : “Nous agissons ensemble : “Nous agissons ensemble. Nous sommes absolument unis et nous ne prendrons pas de mesures différentes. Nous prendrons les mêmes mesures, et elles seront très très dures pour la Russie, et elle devrait le comprendre.” Certains membres de l’équipe de la CIA considéraient alors, et considèrent aujourd’hui, que le dirigeant allemand était parfaitement au courant de la planification secrète en cours pour détruire les oléoducs.</p><p>À ce stade, l’équipe de la CIA avait établi les contacts nécessaires en Norvège, dont la marine et les forces spéciales partagent depuis longtemps des missions de couverture avec l’agence. Les marins norvégiens et les bateaux de patrouille de classe Nasty ont aidé à faire entrer clandestinement des agents de sabotage américains au Nord-Vietnam au début des années 1960, lorsque les États-Unis, sous les administrations Kennedy et Johnson, menaient une guerre américaine non déclarée dans ce pays. Avec l’aide de la Norvège, la CIA a fait son travail et a trouvé un moyen de faire ce que la Maison Blanche de Biden voulait faire aux oléoducs.</p><p>À l’époque, le défi lancé à la communauté du renseignement était d’élaborer un plan suffisamment énergique pour dissuader Poutine d’attaquer l’Ukraine. Le fonctionnaire m’a dit : “Nous l’avons fait : “Nous avons réussi. Nous avons trouvé un moyen de dissuasion extraordinaire en raison de son impact économique sur la Russie. Et Poutine a agi en dépit de la menace”. Il a fallu des mois de recherche et de pratique dans les eaux tumultueuses de la mer Baltique aux deux plongeurs experts de la marine américaine recrutés pour cette mission avant qu’elle ne soit jugée concluante. Les superbes marins norvégiens ont trouvé l’endroit idéal pour poser les bombes destinées à faire sauter les pipelines. Les hauts fonctionnaires suédois et danois, qui continuent d’affirmer qu’ils n’avaient aucune idée de ce qui se passait dans leurs eaux territoriales communes, ont fermé les yeux sur les activités des agents américains et norvégiens. L’équipe américaine de plongeurs et de personnel de soutien à bord du navire-mère de la mission – un dragueur de mines norvégien – serait difficile à cacher pendant que les plongeurs feraient leur travail. L’équipe n’a appris qu’après le bombardement que Nord Stream 2 avait été fermé avec 750 miles de gaz naturel à l’intérieur.</p><p>Ce que je ne savais pas à l’époque, mais que j’ai appris récemment, c’est qu’après l’extraordinaire menace publique de Biden de faire exploser Nord Stream 2, avec Scholz à ses côtés, le groupe de planification de la CIA a été informé par la Maison Blanche qu’il n’y aurait pas d’attaque immédiate contre les deux gazoducs, mais que le groupe devait s’organiser pour poser les bombes nécessaires et être prêt à les déclencher “à la demande” – après le début de la guerre. “C’est à ce moment-là que nous avons compris que l’attaque des oléoducs n’était pas dissuasive, car au fur et à mesure que la guerre avançait, nous n’en avons jamais reçu l’ordre”, a déclaré le petit groupe de planification qui travaillait à Oslo avec la marine royale norvégienne et les services spéciaux sur le projet.</p><p>Après l’ordre de Biden de déclencher les explosifs placés sur les oléoducs, il a suffi d’un court vol avec un chasseur norvégien et du largage d’un sonar de série modifié au bon endroit dans la mer Baltique pour que l’opération soit menée à bien. À ce moment-là, le groupe de la CIA avait été dissous depuis longtemps. C’est aussi à ce moment-là que le fonctionnaire m’a dit : “Nous avons compris que la destruction des deux pipelines russes n’était pas liée à la guerre en Ukraine – Poutine était en train d’annexer les quatre oblasts ukrainiens qu’il voulait – mais qu’elle faisait partie d’un programme politique néocon pour empêcher Scholz et l’Allemagne, avec l’hiver qui approchait et les pipelines fermés, de se dégonfler et d’ouvrir le Nord Stream 2, qui avait été fermé. “La crainte de la Maison Blanche était que Poutine mette l’Allemagne sous sa coupe et qu’il s’attaque ensuite à la Pologne.(…)</p><p>L’administration Biden a fait sauter les oléoducs, mais cette action n’avait pas grand-chose à voir avec la victoire ou l’arrêt de la guerre en Ukraine. Elle résulte de la crainte de la Maison Blanche de voir l’Allemagne hésiter et se détourner du gaz russe, et de voir l’Allemagne, puis l’OTAN, pour des raisons économiques, tomber sous l’emprise de la Russie et de ses ressources naturelles étendues et peu coûteuses. C’est ainsi qu’est née la crainte ultime : que l’Amérique perde sa primauté de longue date en Europe occidentale.</p>
<p>seymourhershsubstack.com<br />Cynthia Chung : l’hommage du Parlement canadien à Iaroslav Hunka était tout sauf un “malheureux incident”</p>
<p>Cynthia Chung, présidente de la Fondation “Rising Tide” et auteur d’un ouvrage de première qualité sur les survivances du fascisme après la Seconde Guerre mondiale, a commenté sur son blog l’hommage rendu à l’ancien Waffen SS Iaroslav Hunka. Selon elle, il s’agit de tout sauf d’un raté malencontreux :</p><p>Encore un scandale “très embarrassant” pour le gouvernement canadien, impliquant cette fois un nazi ukrainien de 98 ans qui a été ovationné au Parlement canadien lors du discours du président ukrainien Zelensky vendredi dernier, le 22 septembre 2023. Hmmm, coïncidence ?</p><p>Selon les responsables des relations publiques, tout cela est dû au président de la Chambre des communes, Anthony Rota, qui avait invité Yaroslav Hunka à assister au discours du président ukrainien Zelensky devant le Parlement canadien. On nous dit donc que le gouvernement Trudeau et Zelensky ne sont que les spectateurs innocents de cette malencontreuse bévue due à l’inadvertance d’un seul homme.</p><p>Plus étrange encore, le discours de Rota lors de la comparution de Zelensky devant le Parlement s’est déroulé comme suit :</p><p>“Nous avons ici dans cette salle aujourd’hui un vétéran ukrainien canadien de la Seconde Guerre mondiale, qui a combattu pour l’indépendance de l’Ukraine contre les Russes… (il écarquille les yeux et fait une pause) et qui continue à soutenir les troupes aujourd’hui, même à l’âge de 98 ans (applaudissements et standing ovation).</p><p>Vous pouvez visionner la vidéo du discours de Rota ici. M. Rota a depuis démissionné de son poste de président de la Chambre des communes, acceptant l’entière responsabilité de cet incident “profondément embarrassant”.</p><p>Dans ses “excuses”, M. Trudeau a déclaré :</p><p>“Il sera très important que nous nous opposions tous à la propagande russe, à la désinformation russe, et que nous continuions à soutenir fermement et sans équivoque l’Ukraine, comme nous l’avons fait la semaine dernière en annonçant de nouvelles mesures pour soutenir l’Ukraine dans la guerre illégale que mène la Russie contre elle.</p><p>Apparemment, Trudeau s’excuse en disant que tout cela est de la faute de la Russie ?!?</p><p>Cependant, si nous devons croire qu’il s’agit simplement d’une erreur de Rota, pourquoi M. Hunka, qui a servi dans la 14e division de grenadiers de la Waffen-SS, une unité volontaire composée principalement d’Ukrainiens ethniques sous le commandement nazi, a-t-il été présenté par le président de la Chambre des communes comme un vétéran de la Seconde Guerre mondiale qui a combattu les Russes ? Un point sur lequel même M. Rota a semblé perplexe après avoir lu ces lignes à haute voix… manifestement, ce n’est pas lui qui a rédigé son discours.</p><p>Oui, si vous étiez Ukrainien et que vous combattiez les Russes pendant la Seconde Guerre mondiale, cela signifiait que vous étiez directement aligné sur les nazis. Pour être clair, la division de grenadiers de la Waffen-SS à laquelle M. Hunka a participé n’a pas seulement tué des Russes, mais aussi des civils polonais et juifs.(…)</p><p><br />Cependant, ce n’est pas la seule gaffe que le gouvernement canadien a commise récemment et dont il a rendu les “ze Russians” responsables.</p><p>Le 27 février 2022, la vice-première ministre canadienne Chrystia Freeland a tenu une écharpe portant le slogan “Slava Ukraini”, qui signifie “Gloire à l’Ukraine”, avec les couleurs “Sang et terre” de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) (qui a collaboré avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale et massacré des Juifs et des Polonais).</p><p>Elle a ensuite publié cette photo sur son compte Twitter (qu’elle a remplacée quelques heures plus tard par une photo d’elle sans l’écharpe “sang et terre”) et a accusé ses détracteurs de “puer la désinformation russe”.</p><p>Selon l’attaché de presse de Mme Freeland, il s’agissait là d’un autre cas de “diffamation classique par le KGB […] accusant les Ukrainiens et les Canadiens d’origine ukrainienne d’être des extrémistes de droite, des fascistes ou des nazis”, ce qui est une déclaration déroutante à plusieurs niveaux.</p><p>On ne voit pas très bien en quoi il s’agit d’un cas de “désinformation russe”, puisque la photo est bel et bien authentique, ce que Mme Freeland n’a pas nié. De plus, elle tenait bien un emblème “Blood and Soil” (sang et sol), d’origine nazie, à la vue de tous. Enfin, on se demande pourquoi le gouvernement canadien semble ignorer que le KGB n’existe plus. Pense-t-il également que l’Union soviétique existe toujours ?</p><p>Le fait que le grand-père de Mme Freeland ait été le rédacteur en chef d’un journal nazi pendant la Seconde Guerre mondiale en Galicie n’est pas sans rapport avec tout cela, et Mme Freeland en est consciente et ne s’en excuse apparemment pas. Chaque fois qu’elle est interrogée à ce sujet, elle ne nie rien, mais se contente d’imputer la responsabilité d’une telle enquête à la désinformation russe dans le but de “déstabiliser les démocraties occidentales”.</p><p>Il est intéressant de noter que c’est le journal canadien “The Globe and Mail” qui a rapporté cette histoire, intitulée “Freeland knew her grandfather was editor of Nazi newspaper” (Freeland savait que son grand-père était rédacteur en chef d’un journal nazi), et qu’il ne s’agit donc pas d’une publication russe, à ma connaissance. Et sur qui se fondent ces informations ? Sur personne d’autre que l’oncle de Mme Freeland, John-Paul Himka, qui était à l’époque professeur émérite à l’université d’Alberta.</p><p>Selon le Globe and Mail, Mme Freeland savait depuis plus de vingt ans que son grand-père, Michael Chomiak, était le rédacteur en chef d’un journal nazi qui vilipendait les Juifs et soutenait la cause nazie.(…)</p><p>Mais ce n’est pas tout, il y a aussi la conduite douteuse des militaires canadiens qui ont été surpris en train d’entraîner des nazis ukrainiens d’aujourd’hui.</p><p>Oui, il existe aujourd’hui des nazis ukrainiens. Même le “Conseil atlantique”, une publication pro-OTAN, a écrit un article intitulé “L’Ukraine a un vrai problème avec la violence d’extrême droite (et non, RT n’a pas écrit ce titre)”.</p><p>Les nazis ukrainiens ont reçu un entraînement continu de la CIA, du SAS britannique ainsi que d’autres pays de l’OTAN comme le Canada depuis au moins 2014, et ce jusqu’à aujourd’hui, comme l’ont confirmé The Times, Ottawa Citizen, CTV News et Radio Canada.</p><p>Le gouvernement canadien a tenté de nier toute connaissance de l’entraînement de militants nazis en Ukraine et a affirmé qu’il n’était pas responsable de la vérification des personnes qu’il entraînait, puisque cette responsabilité incombait au gouvernement ukrainien. Toutefois, ces affirmations d’ignorance se sont évanouies lorsque les nazis ukrainiens qu’ils entraînaient ont publié des photos sur leurs comptes de médias sociaux, montrant leurs badges nazis les identifiant comme tels lors de ces séances d’entraînement avec les forces canadiennes et américaines, au vu et au su de tout le monde.(…)</p><p>Max Blumenthal a récemment publié sur Twitter une émission spéciale de 60 minutes datant de 1997 et exposant la politique d’après-guerre d’Ottawa consistant à accueillir des vétérans SS nazis.</p><p>Andriy Biletsky, premier commandant du bataillon Azov et plus tard parlementaire du Corps national, a dirigé l’organisation paramilitaire nazie “Patriote d’Ukraine” et a déclaré en 2010 que la nation ukrainienne avait pour mission de “mener les races blanches du monde dans une croisade finale […] contre les Untermenschen [sous-hommes] dirigés par les Sémites”.</p><p>Pour ceux qui insistent particulièrement sur le fait que les nazis ne font pas “officiellement” partie de l’armée ukrainienne, sachez que le bataillon Azov fait partie de la Garde nationale ukrainienne et qu’il fait donc officiellement partie de l’armée ukrainienne.</p><p>En 2019, le Soufan Center, qui suit les groupes terroristes et extrémistes dans le monde entier, a lancé un avertissement :</p><p>“Le Bataillon Azov apparaît comme un nœud critique dans le réseau transnational de l’extrême droite violente… [Son] approche agressive de la mise en réseau sert l’un des objectifs primordiaux du Bataillon Azov, à savoir transformer les zones sous son contrôle en Ukraine en la principale plaque tournante de la suprématie blanche transnationale.”</p><p>Le Soufan Center a décrit comment le “réseau agressif” du Bataillon Azov s’étend dans le monde entier pour recruter des combattants et répandre son idéologie de suprématie blanche. Les combattants étrangers qui s’entraînent et combattent avec le Bataillon Azov retournent ensuite dans leur propre pays pour appliquer ce qu’ils ont appris et recruter d’autres personnes.</p><p>En 2014, Newsweek a publié un article intitulé “Ukrainian Nationalist Volunteers Committing ‘ISIS-Style’ War Crimes” (Volontaires nationalistes ukrainiens commettant des crimes de guerre à la manière d’ISIS). Est-ce une indication de la façon dont les Azov et ISIS ont reçu leur financement et leur formation des mêmes sources ? Hmmm.</p><p>L’un des conseillers du président Zelensky, Oleksiy Arestovych (qui a démissionné en janvier 2023), a déclaré dans de nombreuses interviews son admiration ouverte pour les tactiques et l’approche d’ISIS/ISIL en matière d’affaires et de gouvernance. Double hmmm….</p><p>En fait, ces officiers militaires canadiens et américains qui ont formé des nazis ukrainiens l’ont fait sous la rubrique de l’OTAN, qui a également fait d’étranges “gaffes” publiques sur le sujet des nazis.</p><p>Étrangement, l’OTAN a publié sur son fil Twitter, à l’occasion de la Journée de la femme en mai 2022, le portrait d’une femme soldat ukrainienne qui portait justement le symbole nazi du Soleil noir sur son uniforme.</p><p>L’OTAN a également fait la promotion d’un court-métrage en l’honneur des collaborateurs nazis de la Baltique appelés les “Frères de la forêt”. Le film de l’OTAN présente les “Frères de la forêt”, d’anciens combattants de la Waffen SS qui ont volontairement collaboré avec les nazis, comme des héros anticommunistes.</p><p>Une autre erreur ? (…)</p>
<p>cynthiachungsubstack.com</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 16 Sep 2023 21:25:06 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[SMSgate : &quot;La Commission européenne s&#039;enfonce dans son déni et son mensonge.&quot; Entretien avec le lobbyiste Frédéric Baldan et Me Diane Protat]]></title>
	<description><![CDATA[<p>ENTRETIEN ESSENTIEL - Nouveaux rebondissements et surprenants enseignements dans l'affaire des SMS échangés entre Ursula Von der Leyen et Albert Bourla. Pour rappel, la présidente de la Commission européenne est soupçonnée d’avoir négocié en catimini avec le PDG de Pfizer, sans mandat à cet effet, un "méga contrat" d'achat de vaccins anti-Covid-19. Afin de mettre à jour cet état de fait présumé, la justice a été saisie par le lobbyiste belge Frédéric Baldan et l’avocate française Me Diane Protat. Plusieurs plaintes ont été déposées en Belgique et au Luxembourg. Et pour saisir toutes les subtilités de ces procédures, comme l'ampleur du SMSgate au sein de l'administration supranationale de Bruxelles, le statut de "lobbyiste" de M. Baldan est tout sauf anodin. En effet, enregistré au registre de transparence de l'Union européenne (UE) comme l'exige son activité (1), il a été récemment suspendu dans de troublantes circonstances. Or, l'on observe que l'industriel pharmaceutique Pfizer, accrédité comme lobbyiste auprès du Parlement européen, ne remplit manifestement pas les critères exigés. Des critères à propos desquels il est en revanche demandé à Frédéric Baldan de s'expliquer. (Lire la suite de l’article en dessous de la vidéo)</p><p><br />Quelques jours avant d'être suspendu de son activité de lobbyiste à Bruxelles, Frédéric Baldan est invité par la parlementaire européenne Michèle Rivasi (Europe Écologie-Les Verts) lors d'une conférence. Celle-ci vise à informer la population des différentes procédures judiciaires entamées dans le cadre du SMSgate. Il expose alors sa première plainte déposée avec Me Diane Protat à l'encontre d'Ursula von der Leyen, enregistrée en avril 2023 auprès du tribunal de Liège, pour prise de corruption et prise illégale d'intérêts. Mais il décrit aussi une deuxième procédure, déposée à Luxembourg et qui se compose de deux volets.</p><p>Le premier volet porte sur une violation présumée de la Commission européenne des droits fondamentaux en matière de transparence. Le second volet concerne le non respect d'"un code de conduite qui s’applique aux commissaires européens notamment pour des problèmes de conflits d’intérêt et de corruption". Selon lui, une démission de la présidente de la Commission européenne est nécessaire afin de prévenir toute interférence avec les affaires judiciaires en cours.</p>
<p>Mesure de rétorsion immédiate ?</p>
<p>Trois heures après avoir soutenu publiquement cette idée, il reçoit un email du <a href="https://commission.europa.eu/about-european-commission/service-standards-and-principles/transparency/transparency-register_fr">Secrétariat du registre de transparence de l'UE</a>. Un courrier électronique qui est envoyé "sans le nom d'un haut fonctionnaire, sans coordonnées de contact". Son contenu l'informe d'un "contrôle de qualité" de sa déclaration d'activité de lobbyiste.</p><p>Ses données de déclarations seraient "soudainement" devenues "incohérentes". Elles n'ont pourtant posé aucun problème en six ans d'activité.</p><p>Le lobbyiste belge vérifie alors les textes. L'accusation n'est "pas clairement définie". Et de toute façon, elle ne montrerait que la faillite des processus préalables d'encadrement et de contrôle de la pratique du lobbyisme. M. Baldan va donc plus loin. Il essaye de comprendre "qui est en face de lui". Le secrétariat du registre à la transparence n'a "aucun organigramme" et "pas d'adresse postale". </p><p>Finalement, il identifie - avec l'aide de journalistes - quelques fonctionnaires qui collaborent à cette entité. Le lobbyiste découvre qu'une "n-1" de Mme von der Leyen en est à la tête. Cette subalterne directe de la présidente impliquée dans le SMSgate dirige par ailleurs l'unité de transparence de la Commission européenne. De facto, lorsque quelqu'un demande l'accès aux SMS de Mme von der Leyen envoyés à M. Albert Bourla (le cœur de l'affaire), il s'adresse directement à la personne qui a suspendu M. Baldan. Lui qui est contraint de recourir à la justice pour obtenir l'accès aux SMS...</p><p>"Personne ne remet en cause ma pratique professionnelle", poursuit le lobbyiste belge. Cette suspension a été actée dans l'urgence et sans attendre les propositions d'éclaircissements faites par M. Baldan. Pour autant, un élément particulier est exigé par le Secrétariat du registre à la transparence : suite à sa suspension, M. Baldan doit supprimer de sa déclaration d'activité, qui est publique, la mention à sa plainte portée contre Mme von der Leyen.</p><p>Et il doit faire de même à propos de ses rendez-vous avec les députés européens : un contresens complet pour ce bureau chargé en théorie de donner les informations aux citoyens afin de surveiller la pratique des lobbyistes !</p>
<p>Quid de la conformité de l'activité de Pfizer comme lobbyiste ?</p>
<p>M. Baldan a alors une idée simple mais redoutable : aller vérifier les déclarations pour d'autres groupes de lobbys, dont l'industriel Pfizer. Quelle entité juridique inscrite dans le registre de transparente représente le lobbysime ? Pfizer Inc., soit l'entreprise outre-Atlantique, dont est responsable directement son PDG impliqué dans le SMSgate, M. Albert Bourla.</p><p>Le géant américain Pfizer remplit-il les conditions pour pratiquer le lobbyisme à Bruxelles ? La question <a href="https://www.euractiv.fr/section/sante/news/pfizer-garde-ses-entrees-au-parlement-europeen/">a fait débat</a> il y a quelques mois. M. Baldan se souvient surtout <a href="https://violationtracker.goodjobsfirst.org/?company=pfizer">de toutes les condamnations avérées de Pfizer</a> pour corruption.</p><p>Mais alors comment la déclaration pour accéder à ce droit d'exercer comme lobbyiste à Bruxelles a-t-elle pu être faite ? "Ils ont fait une fausse déclaration en connaissance de cause", affirme Frédéric Baldan. D'après lui, l'industriel pharmaceutique "ayant été déjà condamné pour corruption à l'étranger", les fonctionnaires du Secrétariat au registre de la transparence "n'auraient jamais dû accepter la déclaration de Pfizer et les accréditer comme lobby". </p><p>"On a visé juste", dit Me Protat car "tout est fait pour mettre des bâtons de les roues" à celui qui est devenu "un lanceur d'alerte". "On ne peut pas laisser les institutions européennes dérailler à ce point", lance Frédéric Baldan afin d'expliquer son engagement. Il s'agit pour lui de faire toute la lumière sur des agissements de hauts fonctionnaires européens dont la nature fait soupçonner à Me Diane Protat "une collusion" au détriment des citoyens et de la démocratie. "La Commission européenne s'enfonce dans son déni et son mensonge", ajoute M. Baldan.</p><p>Une affaire qui n'a pas fini de faire parler d'elle et, pourtant, ni les médias français, ni l'Agence France-Presse ne l'évoquent. Un comportement qui choque M. Baldan : "J'ai contacté de grands journalistes. Ils sont pleinement informés de la situation. Ils refusent de relayer l'information." Il s'agit bel et bien pourtant d'un "fait journalistique" à propos de contrats menés dans la plus grande opacité et qui ont coûté des dizaines de milliards d'euros aux contribuables européens.</p>
<p>Note :</p>
<p>(1) Le registre de transparence est une base de données qui répertorie l'ensemble des organisations dont le souhait est d'influencer le processus législatif et de mise en œuvre des politiques des institutions européennes. Son but est de mettre en évidence les origines, intentions et budgets des divers lobbyings afin de permettre théoriquement au public de surveiller ces derniers et leurs activités.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Fri, 15 Sep 2023 14:11:27 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/929/la-lucidite-de-francis-gutmann-sur-la-france-et-le-monde</link>
	<title><![CDATA[La lucidité de Francis Gutmann sur la France et le monde]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Pour avoir participé aux fondements de la Communauté européenne, travaillé avec François Mitterrand, Claude Cheysson ou Jacques Chirac, Francis Gutmann concilie modération du propos et ambition pour son pays et pour le monde. Rédigé avant l’accession de François Hollande à la présidence, son livre n’a pas beaucoup vieilli en deux ans tant la continuité prévaut sur le changement: «La France est arrogante tout en ayant perdu la fierté d’elle-même […]. Elle n’ose plus même parler d’indépendance. Elle aimerait qu’on l’admire encore, alors qu’elle a perdu confiance en elle. […] Nul n’est crédible pour autrui si son identité se brouille, il n’y a que des sots à vouloir récuser un patriotisme qui en est la vivante expression; et dans les troubles de la terre, il importera d’autant plus d’avoir des convictions qu’il n’y aura plus de certitudes.»</p><p>Abordant le sujet de l’OTAN, il note: «Trois ans après notre retour dans l’organisation militaire intégrée, il faut bien constater déjà combien, chez nombre de nos militaires, toute singularité de pensée disparaît sous la pression de la «machinerie» atlantique. […] L’OTAN aujourd’hui, pour quoi faire? Elle tend à devenir moins l’institution d’une défense commune qu’une organisation politique réunissant les Américains et leurs alliés.»</p><p>A la lumière de la crise en Ukraine, les remarques sur la Russie valent quelques développements: «M. Poutine avait trouvé une effro­yable situation politique et économique. Toute son action a visé à la restauration de la Russie dans ses limites resserrées, à la constitution d’un Etat, ainsi qu’à l’assainissement et au redressement d’une économie proche de la faillite […]. Washington, soutenu par les Européens, ne cesse de prendre ou de favoriser des mesures susceptibles d’être interprétées par Moscou comme autant de provocations. Ce sont le soutien à grand bruit et à grands frais de pays de l’ex-Union soviétique aux frontières de la Russie, la proposition d’accueillir certains d’entre eux au sein de l’OTAN (mais une OTAN pour quoi faire?), la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo, l’affaire – à ses débuts – du bouclier antimissile, etc. Madame Condoleezza Rice était même allée naguère déclarer que les Etats-Unis ne laisseraient pas les Russes faire obstacle à l’élargissement de l’OTAN. Cette déclaration est assez surprenante car elle revient à dire à un assiégé – ou qui craint de l’être – qu’il ne doit pas s’opposer au renforcement de son siège. […] Quand M. Mendeleïev parla à M. Solana, non plus de «maison commune» chère à Gorbatchev, mais d’une sorte d’accord de sécurité de «Vancouver à Vladivostok», cela aurait mérité d’être creusé. […] L’intérêt de l’Europe est de s’entendre avec la Russie plutôt que de participer à son encerclement. […] L’Europe a besoin d’une Russie nouvelle forte et stable.» Et de rappeler que ce sont les Européens qui ont dénoncé le système de livraison de gaz, stable, favorable aux parties, pour lui préférer un régime plus «libéral».</p><p>Quels sont les outils d’une nouvelle politique? L’Etat se voit réhabilité: «Il n’y a pas à être pour ou contre l’Etat, le fait est qu’il a seul la vocation et la capacité d’exercer l’autorité au service de l’intérêt général et de représenter une nation vis-à-vis de l’extérieur.» Or l’Etat, la nation, la démocratie, sont inséparables. «La démocratie est un état de vie, un état d’esprit avant d’être une forme de gouvernement.» Le chantier est immense.</p><p>Les institutions économiques internationales telles le FMI, la Banque mondiale et l’OMC ne sont pas épargnées. «Le libéralisme le plus exigeant y régnait.» «Le FMI […] n’est pas responsable de la crise actuelle, il est coupable de ne s’être jamais préoccupé des désordres d’une libéralisation financière conduisant par ses excès à une fragilisation générale au risque de désordres en chaîne.» Pour sa part, l’OMC est l’objet d’un commentaire judicieux: «Plutôt que de viser, de cycle en cycle, la libération des échanges, à faire du monde à marche forcée un espace ouvert à tous vents, l’Organisation pourrait d’abord chercher à être le lieu d’un authentique dialogue entre pays plus anciennement avancés et pays émergents.»</p><p>Les Européens sont invités à penser leur défense: «Il faut se départir de l’idée que les Américains seront toujours là pour défendre l’Europe.» Au-delà de l’Europe, il convient de se montrer plus équitable en matière de lutte contre la prolifération nucléaire: «Il y a déjà deux poids deux mesures. On admet dans la péninsule indienne que l’Inde et le Pakistan détiennent chacun la bombe, on n’accepte pas qu’un autre pays qu’Israël la possède au Moyen-Orient!» La prétention américaine à la «Space Domination» et à l’arsenalisation corollaire n’ira pas sans contestation, dont la Chine montre le chemin.</p><p>Au-delà du cas français, l’ambassadeur Francis Gutmann dispense une leçon de lucidité, de courage, de liberté, à celles et à ceux qui s’interrogent sur l’ordre du monde et les changements à y apporter.</p><p>Gabriel Galice est président de l’Institut international de recherches pour la paix à Genève (Gipri)</p><p>* Changer de politique. Une autre politique étrangère pour un monde différent?, Francis Gutmann, Ed. Riveneuve, 2011.</p><p>«L’intérêt de l’Europe est de s’entendre avec la Russie plutôt que de participer à son encerclement»</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Wed, 13 Sep 2023 21:52:59 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/928/en-afghanistan-les-femmes-se-suicident-de-desespoir</link>
	<title><![CDATA[En Afghanistan, les femmes se suicident de désespoir]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Temps de lecture: 4 min — Repéré sur <a href="https://www.bbc.com/news/world-asia-66636750" target="_blank">BBC</a>, <a href="https://www.theguardian.com/world/2023/aug/28/despair-is-settling-in-female-suicides-on-rise-in-talibans-afghanistan?CMP=share_btn_tw" target="_blank">The Guardian</a></p><p>En Afghanistan, il n'y a plus de statistiques officielles. Ce que l'on sait de ce pays dont se sont emparés les <a href="https://www.slate.fr/dossier/677/talibans" rel="noreferrer" target="_blank">talibans</a> le 15 août 2021 est transmis par les quelques associations humanitaires qui y sont encore et par les Afghans qui parviennent à communiquer avec l'extérieur; le monde libre.</p><p>C'est le cas de Latifa, 18 ans, qui a raconté par téléphone lors d'une interview qu'elle avait fait une tentative de suicide. Latifa voulait devenir médecin, mais depuis deux ans, elle n'a plus le droit de faire <a href="https://www.slate.fr/dossier/6721/etudes" rel="noreferrer" target="_blank">d'études</a> puisqu'elle est une fille. Ses parents ont donc organisé un mariage pour elle, avec son cousin héroïnomane. «J'avais deux options: soit épouser un drogué et avoir une vie épouvantable, soit me tuer. J'ai choisi la deuxième option.»</p><p>Abonnez-vous gratuitement à la newsletter quotidienne de Slate.fr et ne ratez plus aucun article!</p><p><a href="https://www.slate.fr/newsletters" rel="noreferrer" target="_blank">Je m'abonne</a></p><p>Latifa est un poids mort pour sa famille, comme des millions de <a href="https://www.slate.fr/dossier/1815/filles" rel="noreferrer" target="_blank">filles</a> afghanes qui ne gagneront jamais leur vie, n'ont le droit de rien faire dans l'espace public et n'ont que le rôle de femelles reproductrices depuis que les fous de Dieu ont pris les commandes de leur pays. Selon les chiffres de l'ONU, neuf femmes sur dix y sont victimes de violences familiales sous une forme ou une autre.</p><p>Les filles sont devenues une monnaie d'échange contre de la nourriture; l'Unicef rapporte des occurrences de bébés filles de 3 semaines vendus pour éviter la famine à leur <a href="https://www.slate.fr/dossier/142/famille" rel="noreferrer" target="_blank">famille</a>. Les exemples de fillettes afghanes livrées à des hommes deux, trois, quatre fois plus âgés qu'elles ou davantage abondent. «Je ne veux pas de lui. S'ils m'obligent à y aller, je me tuerai. Je ne veux pas quitter mes parents»: tels sont les mots d'une fillette de 10 ans vendue à un homme de 70 ans pour acquitter les dettes de sa famille, <a href="https://www.independent.co.uk/asia/south-asia/afghanistan-child-marriages-food-crisis-b1963454.html" rel="noreferrer" target="_blank">relayés par</a> <a href="https://www.independent.co.uk/asia/south-asia/afghanistan-child-marriages-food-crisis-b1963454.html" rel="noreferrer" target="_blank">The Independent</a>. On ne sait ce qu'il est advenu d'elle.</p>
<p>Rêves brisés</p>
<p>La liste des interdits qui frappent les femmes depuis l'accession au pouvoir des talibans est interminable et vertigineuse: <a href="https://www.slate.fr/dossier/10963/interdiction" rel="noreferrer" target="_blank">interdiction</a> d'étudier après la primaire, interdiction de sortir sans être accompagnée d'un mahram (gardien), interdiction de montrer la moindre partie de son corps en public, interdiction de fréquenter les salons de beauté, les parcs d'attraction et les jardins publics, interdiction de passer le permis de conduire, interdiction d'être hôtesses de l'air, interdiction de fréquenter les bains publics et les salles de gym, interdiction de travailler pour des ONG...</p><p>Rien d'étonnant que le geste de Latifa ne soit pas isolé. Depuis l'arrivée des talibans, le nombre de <a href="https://www.slate.fr/dossier/5467/suicide" rel="noreferrer" target="_blank">suicides</a> et de tentatives de suicides de femmes a explosé dans le pays, selon les données fournies par des hôpitaux publics et des cliniques de santé mentale dans un tiers des provinces du pays. Les talibans ayant interdit la communication de ce type de statistiques dans de nombreuses provinces, elles sont envoyées en privé par des travailleurs du monde médical et correspondent à la période entre août 2021 et août 2022. Ces données laissent entendre que l'Afghanistan est l'un des très rares pays au monde où les femmes se suicident plus que les hommes.</p><p>Pour les filles qui veulent étudier quand même, il ne reste qu'une bien maigre solution: obtenir une <a href="https://www.slate.fr/dossier/369/bourse" rel="noreferrer" target="_blank">bourse</a> et un visa dans un pays étranger et partir. C'est le cas de Natkai, qui a continué à étudier même lorsque ce droit lui a été retiré. Elle a bénéficié d'une bourse lui permettant d'étudier à l'Université de Dubaï, aux Émirats arabes unis, financée par l'homme d'affaires milliardaire Khalaf Ahmad Al Habtoor.</p><p>Ce programme a été mis en place en décembre 2022, après que les talibans ont interdit aux femmes d'étudier à <a href="https://www.slate.fr/dossier/163/universite" rel="noreferrer" target="_blank">l'université</a>. Selon la BBC, cent Afghanes ont réussi à décrocher cette bourse. Certaines, qui vivaient déjà à l'étranger, se sont rendues à Dubaï.</p><p>Alors le 23 août dernier, Natkai a dit au revoir à sa famille et elle est partie à l'aéroport, direction Dubaï. Et ses rêves se sont effondrés.</p><p>«Quand les talibans ont vu nos billets et nos visas d'étudiantes, ils ont dit que les filles n'avaient pas le droit de quitter l'Afghanistan avec des visas d'études», a-t-elle confié au journaliste, la voix brisée. Natkai est l'une des soixante jeunes filles, au moins, à avoir été refoulées à <a href="https://www.slate.fr/dossier/18125/aeroport" rel="noreferrer" target="_blank">l'aéroport</a>. «Trois filles qui avaient un mahram étaient déjà dans l'avion», raconte Natkai. «Mais des fonctionnaires du ministère pour la Promotion de la vertu et la Répression du vice les ont fait descendre de l'avion.»</p><p>Shams Ahmad, qui avait accompagné sa sœur à l'aéroport dans le cadre de ce programme, témoigne: «La bourse avait donné un nouvel espoir à ma sœur après la fermeture des universités ici. Elle a quitté la maison pleine d'espoir, elle est revenue en larmes. Tous ses droits lui ont été retirés.»</p><p>Un porte-parole du ministère pour la Promotion de la vertu et la Répression du vice interrogé a déclaré qu'il n'était pas au courant de cet incident.</p>
<p>«S'il vous plaît, aidez-nous»</p>
<p>Certaines de ces filles avaient financé le <a href="https://www.slate.fr/dossier/17147/visa" rel="noreferrer" target="_blank">visa</a> d'un homme pour qu'il les accompagne, mais elles ont quand même été empêchées de partir. «Certaines sont si pauvres et impuissantes. Elles n'ont même pas les 400 afghanis [environ 5 euros] nécessaires pour la vérification des documents exigés par le ministère des Affaires étrangères», explique le frère de Natkai.</p><p>Khalaf Ahmad Al Habtoor a exprimé son indignation et sa tristesse dans un message filmé et <a href="https://twitter.com/KhalafAlHabtoor/status/1694244569800433820" rel="noreferrer" target="_blank">publié sur Twitter</a>, où il écrit: «C'est une immense tragédie, un coup porté aux principes d'humanité, d'éducation, d'égalité et de justice.» Dans cette vidéo, on entend une jeune femme relatant qu'elle a été empêchée de partir à l'aéroport, alors qu'elle était accompagnée d'un mahram. À la fin de son message, on l'entend supplier: «S'il vous plaît, aidez-nous.»</p><p>*Les noms des personnes interrogées ont été changés.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Thu, 07 Sep 2023 22:04:11 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Les cahiers au feu, l’abaya au milieu]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Revoilà les abayas. En fait, elles n’avaient jamais vraiment disparu, mais la question des signes religieux à l’école est un bâton tellement merdeux que tout le monde préférait ne pas en parler. Pourtant, les signalements d’entorses à la laïcité ne cessent de se multiplier depuis des mois, en particulier à travers le port de cet accoutrement. Le nouveau ministre de l’Éducation, Gabriel Attal, vient d’annoncer l’interdiction des abayas dans les établissements scolaires publics, mettant un terme à un flou qui entourait ce vêtement et qui laissait les chefs d’établissement se débrouiller seuls avec ce problème. Désormais, les choses sont claires.</p>

<p>Et aussitôt, on nous ressert le débat sur les signes religieux et on entend exactement les mêmes arguments qu’à l’époque où le voile avait été interdit : « non à la police vestimentaire », « les abayas n’ont rien de religieux », etc. Toujours la même rengaine pour nous dire que c’est un faux débat, que ce ne sont que des histoires d’adolescentes rebelles et qu’il ne faut pas y prêter attention. On nous dit que l’abaya n’a rien de religieux, mais dans le même temps la députée LFI Mathilde Panot nous explique que cette mesure est dirigée « contre les musulmans ». Curieux raisonnement : si ce vêtement n’a rien de religieux, alors pourquoi dire que les musulmans sont victimes de cette mesure d’interdiction ? Et puis, quand on parle de musulmans, de qui parle-t-on ? De tous les musulmans ou des plus traditionalistes, dont on sait qu’ils détestent la laïcité et qu’ils ont pour objectif de la combattre ? Il faut arrêter de nous prendre pour des cons en accusant les opposants à l’abaya d’être antimusulmans : on sait aujourd’hui très bien, et cela est parfaitement documenté, qu’il existe une stratégie pensée par des religieux traditionalistes, comme les Frères musulmans, qui utilisent les réseaux sociaux pour inciter à porter de telles tenues afin de faire plier les règles de la laïcité.</p>

<p>LA LAÏCITÉ N'EST PAS UNE OBSESSION DE VIEUX CONS<br />Évidemment, on nous dira que ce genre de discours fait le jeu de la droite radicale, renvoyant la laïcité définitivement dans le camp de l’extrême droite. Il est quand même extraordinaire que la gauche, qui a toujours défendu la laïcité dans le but de restreindre l’emprise des religieux sur la vie publique, privée et politique, soit aujourd’hui incapable de le faire face à des revendications religieuses nouvelles. La laïcité n’est pas une obsession de vieux cons ringards laïcards. C’est un pilier de toute société moderne, qui ne devrait pas être une source de clivage entre la droite et la gauche, mais au contraire un point de ralliement, une sorte de plus petit dénominateur commun à toutes les formations politiques, à la manière du Conseil national de la Résistance (CNR), dont le programme jetait des bases qui faisaient consensus entre toutes les sensibilités politiques.</p>

<p>Au lieu de cela, le combat pour la laïcité est souvent ridiculisé par ses adversaires, qui l’opposent aux problèmes sociaux comme le pouvoir d’achat ou les questions écologiques telles que le réchauffement climatique. La laïcité serait un combat minable d’arrière-garde qui nous détournerait des vraies priorités. Le combat pour la liberté n’est pourtant pas un combat désuet, car la laïcité, moyennant le respect de ses règles et de ses restrictions, apporte bien plus que la satisfaction de porter ce vêtement aussi laid que pathétique. Elle nous débarrasse des dogmes archaïques, des interdits spirituels primitifs afin de nous permettre de réfléchir, en totale liberté. Mais on se demande, quand on voit ces ados sur les réseaux sociaux qui réclament de porter ces signes religieux ridicules, si, au fond, la liberté de conscience n’est pas trop grande pour eux. Dès l’adolescence, ils se vautrent dans des religions d’un autre âge qui leur imposent des règles débiles, et pensent avoir atteint les sommets de la sagesse en s’y pliant. Alors que la liberté, la vraie, celle qui ose dire merde à Dieu, fait peur car elle nous met à l’épreuve de ce que nous sommes vraiment.</p>

<p>L’engouement pour le rigorisme religieux chez un certain nombre d’ados aujourd’hui n’est pas un signe de bonne santé politique ou philosophique. C’est plutôt le symptôme d’une médiocrité ambiante, d’une nullité intellectuelle de plus en plus revendiquée avec fierté, le tout décuplé par les réseaux sociaux dont le fonctionnement flatte immédiatement les comportements les plus abrutis.</p>

<p><a href="https://charliehebdo.fr/auteurs/riss/">Riss</a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 03 Sep 2023 15:45:26 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/925/comprendre-l%E2%80%99extreme-extensibilite-du-gluten</link>
	<title><![CDATA[Comprendre l’extrême extensibilité du gluten]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Pains, pâtes, biscuits, plats préparés... le gluten est partout dans notre alimentation. Les scientifiques du projet Elastobio en étudient les propriétés mécaniques.</p><p>Le gluten a quelque chose de magique. Sans lui, le pain, les brioches, les gâteaux ou les biscuits n’ont pas la même texture. Pourtant, le gluten n’existe pas en tant que tel dans les farines. Il se constitue lors du pétrissage à travers l’interaction de protéines végétales que l’on retrouve dans le blé et l’épeautre mais aussi l’orge, l’avoine ou encore le seigle. Au contact de l’eau et sous l’action mécanique du pétrissage, ces protéines forment alors un réseau tridimensionnel. Élastique et résistant, ce réseau de gluten est essentiel à la panification : il se déforme considérablement lors de la fermentation à la suite de la formation de bulles de gaz carbonique mais sans se rompre et permet ainsi d’obtenir des pains aérés et des gâteaux moelleux. Consommé par les humains depuis des millénaires via l’utilisation de farines, le gluten n’en garde pas moins sa part de mystère.</p><p>Le gluten, une matière molle</p><p>Mais comment étudier cette matière qui n’est ni liquide ni vraiment solide ? « Cela relève du domaine de la matière molle », explique Amélie Banc, maître de conférences à l’Université de Montpellier et physicienne spécialisée dans l’étude de la matière molle. Parmi ces matériaux, on trouve par exemple les crèmes, les mousses ou encore les gels utilisés dans des domaines aussi variés que l’alimentaire, les cosmétiques ou encore le bâtiment. Une de leurs caractéristiques principales est leur viscoélasticité. En effet, « lorsqu’elle est déformée, la matière molle ne réagit pas tout à fait comme les liquides qui s’écoulent. Ni d’ailleurs comme les solides qui eux retrouvent leur forme première lorsque la contrainte mécanique est relâchée, si cette dernière n’est pas trop forte », explique la physicienne. Ce qui est le cas du gluten, qui est ni liquide – il ne s’écoule pas – ni solide car il peut notamment s’étirer tel un chewing-gum.</p><p><br />Ces propriétés si particulières du gluten de blé sont depuis plusieurs années au cœur des travaux de recherche qu’effectuent Amélie Banc et ses collègues, Laurence Ramos, directrice de recherche du CNRS au laboratoire Charles Coulomb de Montpellier, et Marie-Hélène Morel, biochimiste et directrice de recherche de l’INRAE de Montpellier.</p><p>L’étude du gluten : un problème insoluble</p><p>Caractériser les propriétés mécaniques de cette pâte élastique et collante n’est toutefois pas chose aisée. Tel quel, le gluten est en effet insoluble dans l’eau, ce qui exclue l’étude de ses propriétés physico-chimiques et structurales dans son solvant naturel. En conséquence, de nombreux laboratoires de recherche utilisent des détergents, aussi appelés des tensioactifs, pour solubiliser dans l’eau gliadines et gluténines, les deux principales protéines végétales composant le gluten de blé. « Mais cette manipulation a un impact sur certaines interactions physiques et chimiques essentielles aux propriétés mécaniques du gluten », estime Amélie Banc. Afin d’éviter cet écueil, les chercheurs ont identifié un protocole d’extraction des protéines du gluten basé sur un solvant composé pour moitié d’eau et d’éthanol qui permet d’obtenir des échantillons représentatifs de ces protéines en partie hydrophobes. De plus, « ce solvant nous permet, notamment en jouant sur la température, de faire varier la composition des échantillons en gliadines et en gluténines afin de mieux comprendre l’influence de ces protéines sur la structure et les propriétés du gluten », poursuit la chercheuse. À partir de ces échantillons extraits en eau/éthanol, les scientifiques ont même réussi à reconstituer des gels de gluten de composition et de rigidité variables dans l’eau.</p><p>Mieux comprendre le gluten et ses propriétés mécaniques</p><p>Les échantillons de gluten obtenus par ces procédés vont alors être triturés et torturés par les scientifiques. Étudier leur résistance aux contraintes et aux déformations, autrement dit leur rhéologie, permet en effet de caractériser les matériaux mous. Pour cela, « nous utilisons notamment un rhéomètre rotatif, explique Amélie Banc. Cet appareil applique des contraintes mécaniques de cisaillement grâce à deux plaques parallèles tournant sur elles-mêmes entre lesquelles l’échantillon est confiné. » Cela permet aux chercheurs d’observer entre autres la relaxation de contrainte. « Ce test rhéologique consiste à imposer une déformation au matériau tout en mesurant la force nécessaire pour maintenir cette déformation. Si le matériau est élastique, la contrainte pour conserver cette déformation est constante dans le temps. Mais dans le cas du gluten, la force nécessaire pour maintenir l’échantillon déformé diminue petit à petit, une caractéristique des matériaux viscoélastiques. » À travers différents tests de cet acabit sur une variété d’échantillons de gluten de compositions variées, complétés d’études structurales par diffusion de la lumière et de rayons X, et en comparant les résultats obtenus à des modèles théoriques, Amélie Banc et ses collègues ont prouvé que le gluten se comporte comme un gel.</p><p>Le gluten, un gel proche de l’état critique</p><p>Mais qu’est ce qu’un gel du point de vue d’une physicienne ? « C'est un matériau hydraté par un solvant qui présente des propriétés élastiques. Il ressemble à un solide mou », précise Amélie Banc. Ce type de matière molle s’organise spontanément dans certaines conditions via la formation de liaisons intermoléculaires pour constituer un réseau tridimensionnel au cœur duquel se trouve piégé le solvant. Dans le cas du gluten, ce sont les gliadines et les gluténines qui composent le réseau de ce gel dit polymérique. Cependant, au contraire de la plupart des gels qui sont formés d’un réseau dense, le gluten demeure dans un état proche de l’état dit critique avec des propriétés rhéologiques particulières, notamment une extensibilité extrême. Mieux comprendre cette caractéristique du gluten est d’ailleurs la principale thématique du projet Elastobio coordonné par Amélie Banc et financé par l’Agence nationale de recherche (ANR). Car, à l’heure actuelle, la plupart des recherches sur le gluten se focalisent sur de petites déformations. « Dans le cadre d’Elastobio, nous avons poussé les déformations de cisaillement jusqu’à 200 000 % et étrangement, nous retrouvons les mêmes temps caractéristiques que pour de petites déformations, raconte Amélie Banc. Ce qui implique que, soit le réseau reste intact malgré les déformations, soit cette structure tridimensionnelle se reforme très rapidement. » La deuxième hypothèse est probablement la bonne. Le gluten, à l’image d’autres gels, présente ainsi des propriétés d’autocicatrisation. « Cette caractéristique est liée aux liaisons entre gliadines et gluténines – des ponts disulfures entre deux atomes de soufre et des liaisons hydrogène – qui permettent de former un maillage dynamique capable de se réorganiser sous la contrainte. » Ces types de liaisons chimiques sont en effet relativement faibles et peuvent facilement se briser avant de se reconstituer un peu plus loin sur la même chaîne de protéine ou sur une autre à proximité.</p><p>Un bénéfice pour l’agroalimentaire</p><p>Toutes ces connaissances accumulées ont permis de rationaliser et de mieux maitriser les propriétés du gluten en jouant entre autres sur la composition en protéines, sa concentration, la qualité du solvant ou encore à travers l’ajout d’additifs pour contrôler la formation de liaisons entre les différentes chaines du réseau. Ces travaux intéressent d’ores et déjà des entreprises agroalimentaires. Par ailleurs, ces recherches pourraient aussi aider au développement d’alternatives au gluten pour l’alimentation. Environ 1% de la population est en effet intolérante au gluten. « Nous cherchons actuellement à créer des échantillons avec des propriétés viscoélastiques similaires au gluten à partir d’un mélange de protéines végétales et de polysaccharides, des chaines de glucides complexes », ajoute Amélie Banc. Un espoir pour les intolérants au gluten qui pourraient de nouveau déguster des pains moelleux et aérés, mais sans gluten.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 02 Sep 2023 08:50:56 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[URNES ÉLECTORALES : URNES DES CENDRES DE LA FRANCE - - BLOG OFFICIEL DU GOUVERNEMENT PROVISOIRE PIED-NOIR EN EXIL]]></title>
	<description><![CDATA[<p style="text-align: center;">Un jour viendra où les urnes électorales seront les urnes des cendres de la France</p><p><a name="IMG_116406260" href="https://p6.storage.canalblog.com/63/42/1549693/116406260_o.jpg" target="_blank" id="IMG_116406260"></a></p><p style="text-align: center;">Salem Ben Ammar</p><p>Docteur en sciences politiques, français d’origine Tunisienne,</p><p>et engagé dans le combat contre l'Islam</p><p style="text-align: center;">Mardi 7 mars 2017</p><p>            Viendra le jour où nous allons rigoler jaune avec les revendications des musulmans de France : « Nous constituons près du tiers de la population française. En toute logique nous devons prétendre au tiers des sièges dans les différentes institutions nationales et locales représentatives du peuple ».</p><p>            Or, nous sommes mis sur la touche alors que vous êtes élus grâce à nos voix. Soit vous nous faites de la place sur vos listes soit nous créons nos propres partis politiques, ce qu’ils ont déjà commencé à faire, et nous présenterons nos candidats partout en France.</p><p>            Un autre péril qui menace la France où ils pourraient un jour ou l’autre mettre la main sur l’Assemblée Nationale et adopter les lois favorables à l’islam. Ils sont des électeurs, aucune loi en France ne saurait étouffer leurs velléités politiques.</p><p>            Le vrai péril pour la France est quand les musulmans seront 10 millions à voter.</p><p>Quand ils seront 10 millions à voter ce qui ne saurait tarder quand on sait qu’un jeune sur 5 au moins est de parents nord-africains, les urnes de la démocratie pourraient se transformer en urnes de ses cendres. Une conquête tranquille de pouvoir sans heurts ni effusion de sang.</p><p>            En naturalisant les musulmans à tour de bras, la France n’a peut- être pas imaginé le scénario qu’un jour ils seront des électeurs et des éligibles et qu’ils pourraient ainsi l’achever.</p><p>            Un musulman est, par définition, un soldat au service de la cause de sa religion; il n’a que faire de l’intérêt général d’un pays censé être de surcroît un dar al harb, une ère à conquérir, qui naïvement lui offre lui-même les armes de ses lois trop généreuses pour faire triompher la cause de l’islam.</p><p>            La France peut toujours fermer ses frontières et durcir les conditions d’accès à sa nationalité mais elle ne peut plus faire grand-chose contre la forte poussée démographique et le poids électoral grandissant de ses musulmans.</p><p>            Quelle que soit la force politique qui sera amenée à diriger les affaires du pays aux lendemains des prochaines échéances électorales présidentielles et législatives elle n’aura pas toute la marge politique nécessaire pour les traiter en simple vivier électoral où l’on vient puiser ses voix tous les 5 ans.</p><p>            C’est fini le temps où ils font figure de simples figurants sur la scène politique française. Ils savent parfaitement que le temps joue pour eux et que statistiquement ils constituent le premier politique en France avec au moins 10 millions de militants déterminés et mus par le même idéal islamiser la France.</p><p>            Pour l’heure ils sont capables de se fondre dans le creuset républicain pour ne pas continuer à nourrir les sentiments de rejet et de défiance dont ils font l’objet au sein de la majorité des Français. Ils préfèrent temporiser et poursuivre subrepticement leur stratégie d’araignée qui tisse inlassablement sa toile à l’ombre des tours en béton et s’étendre dans les coeurs des villes comme à Marseille, Paris, Lille et Toulouse où des quartiers entiers sont totalement islamisés.</p><p>            Pourquoi vont-ils relever le défi d’une guerre civile qui pourrait leur être fatale alors qu’ils ont tout intérêt à avancer à visage couvert et renforcer leur assise démographique et électorale sans que personne n’y prenne garde ?</p><p>            La France islamisée est pour bientôt et les musulmans s’en frottent les mains comme si leur victoire est acquise à 100%. Et ce n’est pas des gesticulations verbales enfiévrées et hystériques que les Français soumis aux flux migratoires incessants à forte dominante musulmane vont pouvoir éviter à la France de finir sous les griffes de l’hydre musulmane.</p><p>            Tant que le peuple continue à banaliser le danger de l’islam la France n’échappera pas à son destin musulman.</p><p>Salem Ben Ammar</p><p>Télécharger au format PDF  <a href="https://p1.storage.canalblog.com/14/19/1549693/116406791.pdf">ACp__SALEM_BEN_AMMAR11</a></p><p><a href="http://gourvernementpn.canalblog.com/archives/2017/06/22/35408534.html" title="LIBRES ÉCRITS CITOYENS- ARTICLES DÉDIÉS" rel="bookmark">RETOUR LIBRES ÉCRITS CITOYENS- ARTICLES DÉDIÉS</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/922/la-disparition-de-la-gauche-laisse-place-a-des-humeurs-tristes</guid>
	<pubDate>Sun, 20 Aug 2023 20:20:52 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/922/la-disparition-de-la-gauche-laisse-place-a-des-humeurs-tristes</link>
	<title><![CDATA[La disparition de la gauche laisse place à des humeurs tristes]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L'écrivain Nicolas Mathieu prétend que le monde le passionne trop pour qu'il puisse imaginer le transformer. Mais son regard aide à saisir les humeurs qui traversent la société française. Interview.</p><p>Nicolas Mathieu a reçu le prix Goncourt 2018 pour Leurs enfants après eux, qui explorait la vie d’adolescents dans l’est de la France des années 1990. La force de ses romans chorals naît de sa capacité à croquer des strates très différentes de la société française, aux regards, aux aspirations et aux intérêts divergents, illustrant le principe énoncé par Jean Renoir : « Le problème, dans la vie, c’est que chacun a ses raisons. » Il avait publié en 2014 Aux animaux la guerre, un polar (adapté en série télé avec Olivia Bonamy et Roschdy Zem) dans lequel une inspectrice du travail faisait office de détective privée dessalée à l’américaine, et un délégué du personnel, de bad boy.</p><p>Son troisième roman, Connemara, caracole en tête des ventes. Une histoire d’amour, toujours dans l’est de la France… Entre une consultante, qui est partie faire une école de commerce, a vécu à Paris, avant de revenir s’établir à Nancy, et son béguin de jeunesse, star de l’équipe de hockey sur glace d’Épinal, qui lui, est resté – tous deux subissant le déclassement d’une région en crise. Le titre du roman évoque « Les Lacs du Connemara » de Michel Sardou, cette rengaine que « tout le monde connaît mais qui ne dit pas la même chose quand elle est diffusée dans un bal populaire que quand on la passe dans une soirée HEC ».</p>
<p>Le personnage féminin de Connemara, Hélène, est ce qu’on appelle un transfuge de classe. Et on a aujourd’hui l’impression que moins il y a de transfuges de classe dans cette société… </p>
<p>Nicolas Mathieu :... Plus on en parle… Je m’interroge également là-dessus, c’est assez mystérieux. Autrefois, un transfuge de classe, c’était quelqu’un qui, grâce à l’école républicaine, changeait de milieu. Aristide Briand, fils de bistrotier qui devient le maître de la diplomatie française pendant vingt ans en est le meilleur exemple. Ils entraient dans les livres d’histoire. Aujourd’hui, ça existe toujours, mais s’il y avait dix places dans l’ascenseur social, il n’y en a plus que deux. Est donc née une espèce de passion pour les histoires de transfuges sociaux, auxquels pas mal de lecteurs s’identifient. Mais une société se raconte toujours beaucoup de mensonges sur elle-même pour se rendre supportable à ses propres yeux. Ce goût pour les parcours de transfuges est le dernier mensonge en date avec lequel notre société profondément reproductrice des inégalités s’automystifie. Ça lui permet de continuer à parler de liberté et de méritocratie. J’ai d’ailleurs parfois eu l’impression que mes romans intéressaient moins que le récit de ma vie. L’impression de subir des interviews douanières, où l’on me demandait mes papiers d’identité, où l’on me ramenait à ce que je peux représenter, à ce que mon parcours signifie. J’essaie d’esquiver, de ne pas devenir le transfuge de classe de service.</p>
<p>On vous présente souvent comme le romancier des classes populaires, alors que dans vos romans vous évoquez des milieux sociaux très différents. Pourquoi, à votre avis ?</p>
<p>N. M. : On me dit tout le temps que je parle de la France d’en bas, des couches les plus modestes de la société, d’une sorte de lumpenprolétariat. Plusieurs journalistes m’ont parlé des chômeurs que je mets en scène dans Leurs enfants après eux… alors que tous les personnages travaillent ! Ils n’ont peut-être pas des vies très éclatantes, mais ce sont celles de gens qui ne s’en sortent pas si mal. Les mondes que j’essaie de constituer marchent par strates, les écarts de classe sont subtils, il y a des frontières, certes, mais également des circulations, des passages souterrains. </p>
<p>Comment faites-vous pour construire ces mondes ?</p>
<p>N. M. : Je pars du réel que j’observe, pas des livres de sociologie que je lis ou d’une idée de la société que je me ferais. Il y a de moi un peu partout, des souvenirs de potes, des gens que j’observe. Et je me lance de plus en plus dans des dispositifs d’enquête. Je ne suis pas Florence Aubenas, je ne fais pas des immersions de six mois… Pourtant, pour Connemara, j’ai rencontré des consultants, lu des bouquins sur le sujet, passé du temps avec l’équipe de hockey à Épinal, dans les vestiaires, à faire des entretiens. C’est documenté pour produire un effet de justesse. Pas avec l’ambition d’épuiser un sujet, comme certaines biographies américaines, mais pour planter les bons pitons dans le mur avant de tendre ma toile.</p>
<p>Annie Ernaux, l’autrice de l’Événement et de Passion Simple, adaptés au cinéma en 2021, présentée elle aussi comme un transfuge de classe emblématique, fait exactement l’inverse : elle parle d’elle en se mettant à distance, en se regardant comme une sorte d’objet sociologique.</p>
<p>N. M. : Cela correspond à un moment de la littérature française. Dans les années 1970-80, la fiction, c’était trahir, fasciner les foules à peu de frais. On n’avait plus le droit d’écrire comme Balzac. Pour ma part, à chaque fois que je recommence à écrire en disant « je », ça retombe à plat. Donc, je ne dis pas qu’il ne faut pas le faire, mais que ce n’est pas mon truc ; je creuse mon sillon.</p>
<p>Dans Connemara, comme dans Leurs enfants après eux, la rencontre, le brassage social, naît du désir, du sexe. Comme dans Feu de Maria Pourchet, succès de la rentrée littéraire 2021, ou dans beaucoup de romans de Houellebecq…</p>
<p>N. M. : On peut très bien avoir envie de quelqu’un qui n’est pas de notre monde, et s’il est d’accord, ça produit des effets. Le désir a une puissance révolutionnaire ! C’est une transgression des frontières sociales qui échappe au politique, à toutes les règles. Mes personnages sont des corps avant tout. Nous ne sommes que des corps, jusqu’au bout. Et, quand on n’a plus rien, on a encore un corps. Donc je pars de là, j’essaie de rendre ce que leurs corps éprouvent. Les affects par lesquels ils sont traversés, leurs perceptions : le sexe, la sueur, l’odeur du pain grillé, etc. Je ne suis pas très intellectuel, en fait (rire). Mais, même si je ne suis pas Céline, la question de l’écriture, du style, ne m’est pas indifférente du tout. Produire des affects avec la langue, c’est peut-être même ce qui m’intéresse le plus.</p>
<p>Invité à l’émission de France 5 « C’est politique », vous opposiez une « gauche hypokhâgne » à une « gauche bac pro ». Que vouliez-vous dire par là ?</p>
<p>N. M. : Faire de la politique, ce n’est pas seulement trouver des solutions, gérer. C’est aussi représenter dans l’arène les différentes manières d’être qui existent dans le pays. Et il y a une manière d’être populaire. La gauche doit renouer avec une de ses missions historiques qui est de représenter les intérêts de ces classes populaires. Jusqu’aux années 1980, le Parti communiste les structurait culturellement et intellectuellement. Il n’a jamais vraiment eu de chance d’accéder au pouvoir, mais ses 30 % aux élections et la puissance de la CGT donnaient un cadre. Depuis, le PC est mort, et le PS a emprunté une autre trajectoire… En conséquence, les classes populaires sont à l’extrême droite ou abstentionnistes.</p>
<p>C’est donc le Rassemblement national qui représente aujourd’hui cette manière d’être ?</p>
<p>N. M. : La disparition du PC et d’une certaine gauche a laissé la place à des passions dangereuses, à un profond sentiment d’abandon et à des humeurs tristes. La gauche avait un souci profond d’égalité qu’il n’y a pas chez Marine Le Pen, qui au contraire ne cesse d’établir des hiérarchies. </p>
<p>Existe-t-il encore un tissu associatif qui pallierait la disparition des structurations politiques ?</p>
<p>N. M. : Dans les petites villes, des gens comme le maire de Connemara, il y en a encore plein. Dans les municipalités, les associations, on voit se développer des solidarités interpersonnelles, intergénérationnelles. J’ai des parents âgés, par exemple, et autour d’eux il y a tout un dispositif départemental, amical, familial, formant une nébuleuse qui fait que ça tient. La défiance que l’on constate actuellement va du bas vers le haut. Elle ne s’exprime pas entre les gens, qui eux se tiennent les coudes en permanence. Les Gilets jaunes, c’était un peu ça, des catégories sociales dominées qui ont joui à un moment d’éprouver leur force. D’être ensemble.</p>
<p>Les gens comme Hélène, branchés sur la capitale, la mondialisation, ne peuvent-ils pas eux aussi apporter quelque chose à la province ?</p>
<p>N. M. : Hélène a tenté de s’arracher à sa région d’origine, avec laquelle elle a un rapport ambivalent… Et puis elle a fait un burn out, elle est revenue, et finalement elle ne trouve pas ça si mal, même si elle a des difficultés à renouer avec ce monde. Quand j’effectuais des travaux alimentaires, j’ai écrit des procès-verbaux de comités d’entreprise, puis des comptes rendus liés à la fusion des régions. J’ai vu les gens du conseil débarquer avec leurs enquêtes, leurs slides, leurs organigrammes… D’une certaine manière, ce sont eux – ces gens qui ressemblent à Hélène, burn out en moins – qui sont devenus les députés macronistes de 2017. Ils sont emblématiques d’un phénomène plus ancien. La chose publique est contaminée par les logiques de l’entreprise. Et Macron, c’est simplement le Comex suprême… Ses outils de pensée sont les outils de management et de gestion des ressources humaines. Le cours d’éco a remplacé le cours d’histoire ou de droit comme école du pouvoir. C’est une idéologie transparente à elle-même, c’est-à-dire que les gens qui la pratiquent considèrent que ce n’est pas une idéologie mais une forme de pragmatisme. Pour eux, l’économie est un fait de nature. Il y a l’économie comme il y a de la pluie. Alors que ce sont des constructions humaines qui pourraient être changées politiquement. Mais ils préfèrent accompagner le monde, parce que dans le fond ce monde leur convient. </p>
<p>Tout cela vous donne-t-il envie de vous engager ?</p>
<p>N. M. : Non, et ce n’est pas qu’une question intellectuelle, c’est une question de métabolisme : je ne suis pas fait pour ça. Convaincre, ça ne m’intéresse pas, la chicane, encore moins. Fondamentalement, je suis très peu acteur. Je suis un voyeur depuis toujours. Et puis je n’ai pas d’idée très précise de ce que serait un monde meilleur. Le critique de cinéma Serge Daney disait en substance : « Je suis de gauche, mais je manque un peu d’imagination pour être révolutionnaire. » Disons que le monde me passionne trop pour que je pense à ce qu’il devrait être. Je me roule dedans. J’appartiens en fait à une gauche mélancolique qui ne se fait pas tellement d’illusions sur la nature humaine et les possibilités de progrès, qui sont toujours assez ténues. Même si cette lutte doit être menée, constamment. </p>
<p>La littérature est-elle capable de donner les clés pour dépasser les différences sociales ?</p>
<p>N. M. : Elle ne soigne pas, et ce n’est pas le but. Mais elle permet de comprendre ce qui nous meut et nous traverse. Pourquoi là, on est mal à l’aise ? Pourquoi, quand on se retrouve à une table avec des gens qui ne sont pas de notre monde, on a peur de commettre des impaires ? La littérature permet de démystifier les choses. De voir que ce n’est pas notre médiocrité qui s’exprime, que c’est le résultat d’un rapport de force, d’un système. Donc elle ne soigne pas, mais elle nous rend moins bêtes, moins aliénés, moins esclaves de certaines illusions.</p><p>Dans Connemara, Hélène adolescente admirait Christophe parce qu’il était beau mec, que c’était un champion de hockey. Et puis la vie a rééquilibré les choses. Quand on accomplit un parcours de transfuge, on se dit : « Si j’avais su ce que je sais aujourd’hui… » On aimerait rejouer sa jeunesse avec les armes de l’âge adulte. Un fantasme qui s’exprime de manière très éclairante dans la saga Retour vers le futur. </p><p>Retrouvez l'interview complète de Nicolas Mathieu dans <a href="https://boutique.ladn.eu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le numéro 30 de la revue L'ADN – que vous pouvez vous procurer ici</a>.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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