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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<pubDate>Sun, 12 Feb 2023 00:32:06 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[« Maintenant, je sais »]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Il y a quelques jours, un jeune homme, étudiant en École de Commerce, me posa cette question : « À quoi cela vous sert-il aujourd’hui de savoir le latin et le grec ancien ? ». Il ajouta : « il y a des traductions, il n’y a plus aucun besoin de connaître ces langues mortes ». je lui répondis alors : « Et à quoi sert-il aujourd’hui de savoir compter, puisque les smartphones ont une calculatrice à l’intérieur, que les ordinateurs calculent plus vite et mieux que nous, il n’y a plus besoin non plus d’apprendre à compter… », et il me répondit : « Absolument c’est tout à fait inutile ». <br /> <br />Il s’en est suivi une longue discussion pour savoir qui de l’humain ou de la machine est le maître. Si l’humain ne sait plus rien et que seule la machine sait, alors l’humain est son esclave, la machine décide de tout, ou plus exactement la petite élite qui programme la machine décide de tout. <br /> <br />Je pense que la réflexion de ce jeune homme n’est pas du tout isolée. Elle correspond à la pente du moindre effort que l’ensemble du système propose en permanence à la jeunesse. Regardez les émissions de télévision destinées aux jeunes, écoutez les émissions de radio destinées aux jeunes, regardez tout ce qui sur l’Internet est destiné aux jeunes : on leur explique qu’il n’y a pas de raison de s’en faire, qu’il faut profiter de la vie et que l’on n’est pas là pour faire des efforts, s’ennuyer ou se fatiguer. Qu’apprendre, finalement, ne sert pas à grand-chose, qu’il faut surtout profiter de la vie et trouver les bonnes coinches pour devenir milliardaire, comme le leur conseille l’actuel locataire de l’Élysée. <br /> <br />Que la seule chose dont il faut avoir peur c’est le réchauffement climatique, et au nom de cette religion réchauffiste, accepter tout et n’importe quoi. Comme au nom de la lutte contre les pandémies, qui sont maintenant promises à un développement régulier, et systématiquement adossé à des grands groupes pharmaceutiques dont on découvrira probablement assez vite qu’ils prendront l’habitude de fabriquer le vaccin avant de fabriquer le virus…<br /> <br />On ne mesure pas encore à quel point notre société se transforme ainsi rapidement. À quel point notre civilisation se décompose. <br /> <br />En une ou deux générations la société sera numériquement dominée par des personnes qui n’auront plus aucune clé pour se révolter. Elles s’en seront remises aux machines dont elles penseront être propriétaires pour organiser leur vie – qui leur sera présentée et vendue comme une vie de plaisirs – et lorsqu’elles se rendront compte que « le pain et les jeux » qu’on leur fournit est un programme insuffisant, elles n’auront plus les ressources suffisantes pour vouloir autre chose, et encore moins pour le conquérir. <br /> <br />Il n’y a que dans quelques écoles d’élite, comme l’École alsacienne – où sont scolarisés les enfants du ministre de l’éducation par exemple – que l’on apprend non seulement la nécessité mais aussi le goût de l’effort. Que l’on apprend que tout ce que l’on ne sait pas soi-même, c’est un morceau de liberté que l’on perd. <br /> <br />On apprend cela aussi dans les pensions de Suisse où vont les enfants de milliardaires.<br /> <br />Qu’avoir des collaborateurs ou des machines qui savent à votre place, c’est avoir des collaborateurs ou des machines qui décident à votre place, et que l’on ne peut donc se permettre de renoncer à connaître des pans entiers de la connaissance humaine. Même si personne ne peut penser détenir l’intégralité de la connaissance à lui tout seul aujourd’hui, cette ambition des encyclopédistes d’être « un honnête homme » n’est plus à notre portée… c’est que l’on en sait beaucoup plus qu’à l’époque.<br /> <br />La préparation de la « société liquide », ou l’organisation du « Great Reset », c’est en œuvre sous nos yeux. C’est d’ailleurs écrit en toutes lettres dans les programmes de divers organismes et institutions, et les discours que de vieux contestataires peuvent opposer ne servent pas à grand-chose, dans la mesure où la génération qui vient, n’a ni moyens, ni raison de les entendre. <br /> <br />C’est d’une part, qu’elle est largement composée de personnes issues de l’immigration c’est-à-dire que cela ne favorise pas l’existence de traditions ou la reproduction de représentations inconsciemment issues des luttes du passé, et d’autre part qu’elle est projetée dans une inconscience dans le domaine politique et social qui est compensée par une angoisse vitale dans le domaine climatique et viral.<br /> <br />Lorsque les baby-boomers, devenu Papy-boomers – qu’on leur apprend chaque jour à haïr – auront quitté cette vallée de larmes, ils seront enfin libres.<br /> <br />Libres d’obéir sans même s’en rendre compte, car ils ne sauront plus guère faire autre chose…<br /> <br />Et ils penseront, après avoir regardé un journal de propagande : « Je suis content les médias pensent comme moi »…<br /> <br />Comme nous sommes dimanche, je diffuse – lorsque je ne suis pas interdit de parole ici – une chanson sur cette page et comme nous parlons du savoir, qui est un autre nom du pouvoir, cela m’a fait penser à une chanson de 1974 qui évoque cette question du savoir, mais sous un tout autre angle qui est celui de l’expérience de la vie que l’on peut se constituer au fil du temps, sentiment trompeur que lorsque l’on ne sait pas grand-chose, on a – tout naturellement – de savoir tout. Sur les paroles de Jean-Loup Dabadie et une musique de Philippe Green, c’est Jean Gabin qui interprète ce titre « Maintenant, je sais »</p>

<p>https://youtu.be/xUC42A1nRbc</p>

<p>Gilles CASANOVA</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/902/ukraine-une-guerre-transformationnelle</guid>
	<pubDate>Mon, 06 Feb 2023 21:22:18 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/902/ukraine-une-guerre-transformationnelle</link>
	<title><![CDATA[UKRAINE : UNE GUERRE TRANSFORMATIONNELLE]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Pierre Lellouche : « …Des fractures irréversibles s’ouvrent entre les différentes parties du monde qui ne se font plus confiance ! Le conflit russo-ukrainien actuel n’est pas sans rappeler le micro-événement qu'a représenté l’assassinat, le 28 juin 1914, de François-Ferdinand de Habsbourg dans une province obscure inconnue du grand public, la Bosnie. Là aussi, l'événement avait été provoqué par des haines ethniques nourries par de hasardeux partages territoriaux… Et puis, soudainement, tout s’enchaîne, la spirale de violence se déroule, et on est entraîné dans un cycle de guerres qui a duré de 1914 jusqu’à 1945, avec 70 millions de  morts, le tout suivi par la partition de l’Europe 70 ans durant. En février 2014, on a observé, d’un œil distrait, le renversement du président ukrainien, qui a dégénéré en un conflit local limité, puis en une guerre larvée, laquelle a brutalement pris de l’ampleur en février 2022. Allons-nous être capables de nous arrêter là? »</p>

<p>*****<br />- Vous êtes l’une des rares personnalités européennes à mettre en question la ligne officielle de Bruxelles et de la majorité des gouvernements européens, qui consiste à offrir à l’Ukraine un soutien inconditionnel, notamment militaire, « jusqu’à sa victoire ». Pourquoi cette stratégie vous semble-t-elle erronée ? </p>

<p>Pierre Lellouche — Parce que je pense d’abord en termes d’intérêts nationaux français, et de sécurité des Français. Qu’on me comprenne bien : je condamne sans réserve l’agression de Poutine, comme les violations qui en résultent de tous les accords internationaux sur les frontières en Europe. Mais l’indignation morale ne saurait à elle seule tenir lieu de politique étrangère, sinon nous passerions notre temps à guerroyer contre tous les méchants. Dans cette affaire gravissime pour l’avenir de l’Europe, notre intérêt national est-il de nous laisser entraîner inexorablement vers un conflit, désormais présenté comme civilisationnel, contre notre voisin russe ? Est-il de nous aligner docilement derrière les États-Unis, qui pilotent toute cette affaire, alors qu’ils n’ont pas, eux-mêmes, défini clairement leurs buts de guerre, et qu’ils semblent les avoir délégués au régime de Kiev ?<br />Ou bien faut-il poser nos propres conditions afin d’éviter un effondrement économique et social dans nos pays en raison de la guerre économique et énergétique qui résulte du conflit ukrainien, et surtout afin d’éviter que l’engrenage en cours ne conduise à un embrasement généralisé ?</p>

<p>Je constate que ce conflit n’est plus seulement une affaire de territoire à l’Est de l’Ukraine, voire de statut de ce pays — à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Otan —, ce qu’il était à l’origine. Au fil des mois, cette guerre est devenue une guerre par procuration, non déclarée, entre d'une part les États-Unis et l’OTAN et, d'autre part, la Russie. Une guerre qui se joue certes sur le sol ukrainien et en partie, depuis peu, sur le territoire russe. Mais surtout une guerre qui met en présence pas moins de quatre puissances nucléaires majeures, dont la France.</p>

<p>Cette guerre est aussi, déjà, une guerre à dimension mondiale par ses répercussions économiques, énergétiques ou alimentaires.<br />Dans cette guerre, vécue en Occident comme une guerre d’abord morale, on peut certes continuer à invoquer à l’envi les grands principes, la démocratie contre la barbarie, le bien contre le mal, « le prix » que chacun est prié de payer pour la liberté des Ukrainiens qui, nous dit-on, conditionne la nôtre…</p>

<p>Mais on peut craindre aussi, comme c’est mon cas, depuis le début de cette crise, qu’à force d’additionner les erreurs de calcul, de part et d’autre, tout cela ne finisse très mal. En un véritable désastre généralisé, et, à tout le moins, en une transformation en profondeur des rapports de force internationaux, dont, au final, les Européens risquent d’être les grands perdants.</p>

<p>Car en Ukraine, les erreurs de calcul se sont empilées sans discontinuer depuis des mois, voire des années.</p>

<p>— Vous avez décrit cette guerre comme une « guerre par procuration » entre l’Occident et la Russie. L’Ukraine n’est-elle donc, selon vous, qu’un instrument dans cette confrontation des grandes puissances ? N’a-t-elle pas sa volonté propre ?</p>

<p>P. L. — Je ne dirais pas cela. Les Ukrainiens ont été attaqués sur leur territoire et ils essayent de se défendre. On a vu en Ukraine un vrai mouvement de solidarité nationale, une volonté de résister. En revanche, nous n’avons aucune visibilité quant au processus de prise de décision à Kiev, aussi bien sur le plan politique que sur le plan militaire. On dit que le système russe est très personnalisé et très secret, et c’est vrai. Mais le système ukrainien est tout aussi opaque. Nous ne savons pas quelles sont les intentions réelles de Zelensky, qui a beaucoup évolué depuis le début de la guerre. En mars, il évoquait la possibilité que l’Ukraine proclame sa neutralité en échange de garanties de sécurité. Il se disait prêt à discuter des statuts des républiques auto-proclamées et des territoires occupés par les Russes. </p>

<p>Aujourd’hui, il n’en est plus question. Pas plus qu'il n'est question de reprendre des négociations avec les Russes, alors que de telles négociations avaient eu lieu au début du conflit en Biélorussie et en Turquie. Désormais, Zelensky refuse —  il a même publié un oukase à cet effet —  de négocier avec la Russie tant que Poutine restera au pouvoir, ce qui est une façon de dire que le but de guerre de l’Ukraine n’est rien d’autre qu’un changement de régime à Moscou, après une défaite de l’armée russe et la libération de la totalité du territoire ukrainien, Crimée comprise. </p>

<p>En vérité, nous ne savons pas ce qui est déterminant dans la prise de décision par Kiev, nous ne savons pas quelles sont les forces politiques réellement à la manœuvre, derrière le président.  En Occident, on ignore presque tout des réseaux concurrents tenus par des oligarques qui s’entre-déchirent ou des forces politiques souterraines qui influencent la présidence.</p>

<p>Pourtant, de notre côté, nous, les Occidentaux, nous fournissons des armes en quantité mais, au nom de la morale et face à des opinions publiques très remontées contre la Russie, aucun gouvernement n’ose questionner les objectifs finaux du conflit. (…)</p>

<p>Le problème, cependant, est que, par la dynamique même du conflit, cette guerre est bel et bien devenue un affrontement global qui va très au-delà du sort de l’Ukraine ; c’est en vérité une guerre non déclarée entre les États-Unis et la Russie, avec derrière eux, leurs alliés, européens d’un côté, chinois et iraniens de l’autre. Qui est en train de transformer durablement le système international. En ce sens, la guerre d’Ukraine est vraiment une guerre transformationnelle.</p>

<p>D’ici là, au flou des buts de guerre s’ajoute la logique propre de l’engrenage qui se met en place, mois après mois, sous nos yeux.<br />Or, cet engrenage, j’y reviens, personne à Paris ou en Europe n’a de prise sur lui. Nous nous sommes embarqués dans une sorte de suivisme aveugle, avançant dans le noir, tels les somnambules de 1914…</p>

<p>— Pourriez-vous préciser le fond de votre pensée lorsque vous parlez de « suivisme aveugle » ?</p>

<p>P. L. — Premièrement, quand on parle de « position occidentale », on parle en réalité, globalement, de celle qui est formulée par les États-Unis. </p>

<p>Ce sont eux qui fournissent l’essentiel de l’aide militaire et financière à l’Ukraine, eux qui pilotent le conseil de guerre qui ne dit pas son nom dit de « Rammstein », présidé par Lloyd Austin. Les Européens suivent sous l’impulsion des pays les plus proches, donc les plus hostiles à la Russie : les Baltes, les Polonais, la Finlande, la République tchèque, relayés par la commission de Bruxelles. Les velléités de résistance des « grands » Européens, France et Allemagne notamment, ont été progressivement balayées. Olaf Scholz a été très critiqué de toutes parts pour ses hésitations à livrer des armes à l’Ukraine au début du conflit, et Emmanuel Macron pour avoir passé trop de temps au téléphone avec Poutine. Tous deux ont dû faire machine arrière …</p>

<p>Pour autant, les intérêts stratégiques sont-ils vraiment identiques des deux côtés de l’Atlantique ? Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que cette guerre sert d’abord, objectivement, les intérêts américains. C’est même, pour eux, une guerre parfaite, « a perfect war », sans « body bags », sans morts. Une guerre qui leur permet de retrouver pleinement leur leadership politique en Europe, avec une Otan véritablement ressuscitée. Une guerre qui va permettre à l’industrie de l’armement américaine de livrer pour des centaines de milliards d’euros d’armements modernes aux alliés, à commencer par l’Allemagne qui vient de décider de se réarmer. Et, cerise sur le gâteau, c’est une guerre qui va remplacer le gaz russe par le gaz naturel liquéfié (GNL) américain.</p>

<p>… Or, la guerre du gaz — les représailles de Poutine aux sanctions économiques occidentales — va entraîner des conséquences sociales et économiques redoutables au sein de l’UE, sans parler du risque réel d’un élargissement du conflit sur le sol européen, y compris indirectement, via, par exemple, un accident nucléaire sur la centrale de Zaporojie.</p>

<p>Mais le paradoxe de toute cette affaire est que, si le conflit ukrainien est à l’évidence, central pour l’avenir des Européens, tel n’est pas le cas pour les États-Unis, pour qui cette crise est en définitive secondaire. L’Ukraine, par exemple, n’a joué rigoureusement aucun rôle et a été à peine mentionnée dans les récentes élections de mi-mandat, entièrement tournées vers la question de l’avortement et la politique intérieure américaine.</p>

<p>— Selon vous, pour les États-Unis, il n’est plus seulement question d’aider l’Ukraine, mais d'affaiblir durablement la Russie, de faire en sorte qu'elle ne fasse plus partie des grandes puissances…</p>

<p>P. L. — En effet, aux États-Unis, et chez certains en Europe aussi, l’idée d’affaiblir, de « balkaniser » la Russie, de la sortir du rang des grandes puissances pour qu’elle ne puisse plus jamais se lancer dans des aventures militaires est exprimée plus librement, sans toutefois être affichée ouvertement par Bruxelles, contrairement à Washington. Sans surprise, les propositions les plus radicales sont venues de Pologne ou des pays baltes. Ainsi, on a entendu Lech Walesa déclarer vouloir découper la Russie en morceaux et réduire la population de ce qu'il resterait de la Russie à cinquante millions d’habitants…</p>

<p>Derrière la volonté d’infliger une défaite humiliante à la Russie, il y a évidemment l’espoir que Poutine n’y survivrait pas et qu’il y aurait nécessairement un changement de régime à Moscou… On ne présente plus cette guerre comme un conflit territorial, mais comme une « guerre de la démocratie contre le totalitarisme », et Poutine comme un « criminel de guerre » et un monstre, ce qui exclut toute possibilité de dialogue avec lui. À quoi on répond, du côté russe, par une logorrhée tout aussi définitive sur la guerre contre l’Occident, émaillée de menaces irresponsables de frappes nucléaires sur les capitales occidentales.<br />(…)<br />P. L. — Comme dans bien d’autres cas, la politique européenne, dans ce dossier, a été dictée par l’émotion et la morale, et non pas par le bon sens et les intérêts bien compris des citoyens. Nous sommes partis la fleur au fusil, promettant comme Bruno Le Maire, « une guerre économique totale à la Russie ». Et nous nous retrouvons aujourd’hui à expliquer aux Français qu’ils doivent « payer le prix de la liberté ». Plus facile à dire à Washington qu’à Paris ou à Berlin… </p>

<p>Nous avons militarisé nos relations commerciales et financières avec la Russie au fil des sanctions américaines et de huit paquets de sanctions européens successifs, et nous nous étonnons que Poutine ait choisi de militariser ses livraisons d’hydrocarbures en Europe ! À aucun moment, les grands pays européens, à commencer par la France et l’Allemagne, n’ont été capables de définir les objectifs de leur politique de sanctions. S’agissait-il de punir la Russie, et jusqu’où? Ou de se préparer éventuellement à négocier en utilisant la levée des sanctions comme une monnaie d’échange ? Faute d’accord entre les États sur leurs objectifs, nous avons laissé la Commission récupérer l’initiative et gérer la situation à sa guise. </p>

<p>C’est ainsi que la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, qui n’a aucune compétence en la matière, s’est auto-proclamée cheffe de guerre en Europe et est parvenue à imposer aux gouvernements son activisme bureaucratique. Guidée par l’indignation, l’UE pensait avoir le beurre et l’argent du beurre, en imposant des sanctions drastiques à la Russie tout en continuant, dans un premier temps, d’importer du pétrole et du gaz russes. Le pétrole a été ensuite placé sous embargo. Mais pas le gaz, dont la sortie n’était prévue qu’au bout de deux ans. C’était sans compter sur la réaction de Poutine pour qui le gaz est une arme de destruction massive des économies européennes. Progressivement, il a commencé à fermer les robinets et à littéralement étrangler les Européens. <br />…<br />L’autre point important est que cette escalade dans les sanctions a révélé la montée en puissance des pays du Nord-Est au détriment du noyau historique de l’UE, à savoir la France et l’Allemagne. Dans l’une de ses récentes tribunes, le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a eu des mots très durs à l’égard de l’Allemagne et de la France. Et les États baltes ne sont pas en reste ; ils ont joué un rôle de premier plan dans l’adoption d’une violente ligne antirusse.</p>

<p>On a donc assisté à un déplacement du centre de gravité de l’UE au profit des États du Nord-Est de l’Europe, qui ne se cachent pas de faire plus confiance à Washington qu’à Paris ou à Berlin. Voilà qui aboutit à faire des Etats-Unis un membre officieux mais omniprésent de l’Union, de par leur poids et leur influence. </p>

<p>—  On a vu fleurir des initiatives consistant à bannir tout ce qui est russe de l’environnement européen et punir l'ensemble des Russes comme « responsables collectivement de la guerre ». Que pensez-vous de cette approche ?</p>

<p>P. L. —  En adoptant sans distinction des mesures contre les citoyens russes, les Européens les stigmatisent tous en les traitant comme des criminels ou comme des esclaves.</p>

<p>À mon avis, associer le peuple russe tout entier à Poutine, lui faire payer les agissements de ses dirigeants, constitue une faute à la fois morale et politique. Qu’on puisse mettre en cause les responsables, c’est une chose. Mais criminaliser tout un peuple, c’en est une autre. Vouloir interdire la culture russe, bannir ses écrivains, ses artistes, ses sportifs, interdire l’accès à des citoyens russes à notre territoire, serait adopter la même attitude que Poutine emploie envers ses opposants. Ce serait de l’intolérance totale et un pas de plus vers la « guerre des civilisations », souhaitée d’ailleurs des deux côtés par les milieux les plus extrêmes ! Il n’est pas étonnant que de telles propositions arrivent à Bruxelles par le biais des Finlandais ou des Baltes, ces derniers étant, depuis des années, pointés du doigt pour la façon dont ils traitent les minorités russes sur leurs territoires. </p>

<p>La montée en Europe d’une politique guidée par le revanchisme et l’intolérance, d’où qu’elle vienne, est extrêmement dangereuse. C’est elle qui est en train de creuser davantage un fossé civilisationnel, de transformer un conflit territorial en une guerre de civilisations sans fin.  C’est elle qui, à force de diaboliser la nation toute entière et de laisser transparaître la volonté de balkaniser et démembrer la Russie, contribue à transformer cette guerre en une nouvelle « guerre patriotique », une guerre existentielle pour les Russes.</p>

<p>Nous, les Européens, nous avons déjà commis par le passé une lourde erreur, celle de ne pas avoir su aider la Russie, ni sous Gorbatchev, ni sous Eltsine. De ne pas avoir cherché à l’inclure dans l’architecture de sécurité européenne. De ne pas en avoir fait un partenaire et de l’avoir considérée comme un ennemi vaincu, désormais sans grande importance. Aider financièrement les Russes, disait Bush père à Gorbatchev, ce serait verser de l’eau dans le sable. … Je trouve que c’est un gâchis immense.<br />Cette guerre est en train de fabriquer un clivage qui risque d’être encore plus grave que celui de la guerre froide. À l’ouest, on a tendance à essentialiser la Russie comme historiquement coupable de tous les totalitarismes, à présenter le peuple russe comme « violent par nature », etc. Et la Russie nous renvoie le même discours de rejet total en présentant l’Europe et sa démocratie comme entièrement corrompue, dégénérée, désireuse d’imposer son hégémonie au monde entier, etc.</p>

<p>Ce qui était initialement un conflit sur un bout de territoire ukrainien et le statut de l’Ukraine s’est transformé en une guerre de civilisations, des deux côtés. Or cette évolution est extrêmement préoccupante, notamment en raison des conséquences géopolitiques que cela entraîne pour nous, les Européens.</p>

<p>— Précisément, quelles seront, selon vous, les conséquences géopolitiques de cette « guerre civilisationnelle » entre la Russie et l’Occident ? </p>

<p>P. L. — À mes yeux, la rupture radicale avec la Russie qui est en train de s’installer, peut-être définitivement, ou en tout cas pour de longues années, bousculera totalement le rapport de forces sur le continent eurasiatique. Et cela, au détriment des Européens. Comment ne pas voir qu’est en train d’émerger un mastodonte sino-russe qui va dominer tout le « Heartland » eurasiatique. Le « Heartland » qui s'étend de la Volga au Yangtze et de l'Himalaya à l'Arctique est le territoire le plus fertile et le plus important, stratégiquement, du monde. Celui qui contrôle le « Heartland », disait Mackinder, tient le monde.</p>

<p>En nous engageant, des deux côtés d’ailleurs, dans une rupture civilisationnelle, nous fabriquons collectivement non seulement un nouveau rideau de fer, mais, derrière lui, une alliance solide entre la Russie et la Chine sur le continent eurasiatique. Une alliance qui rendra la position des Européens plus vulnérable. Il sera très difficile de contrebalancer la puissante alliance de l’industrie chinoise et des matières premières russes. Dans un tel système géopolitique, le risque est que le continent tout entier, y compris la péninsule européenne à son extrémité ouest, soit à terme dominé par l’alliance russo-chinoise. </p>

<p>Quant aux États-Unis, ceux-ci vont redevenir, à terme, une puissance essentiellement maritime, préoccupée surtout par ses problèmes intérieurs et les profondes divisions apparues dans son fonctionnement démocratique. C’est l’Amérique de « l’America First », totalement obsédée par sa situation interne, voire isolationniste. À l’inverse, l’Europe, elle, dépendra encore plus des États-Unis pour ce qui est de sa survie et sa sécurité, au moment où précisément elle comptera moins dans la stratégie américaine. Dans un tel système, l’Amérique du Nord, « outlying island », pourra bien sûr survivre sans trop de problèmes grâce à son écosystème interne de création de richesses et d’innovation, à son marché intérieur, à ses universités qui sont les meilleures du monde, à ses avantages technologiques, à son dynamisme social… Tout cela va lui permettre de prospérer et de rester une puissance importante. En revanche, je crains que nous, les Européens, déjà affaiblis par la désindustrialisation, la perte de compétitivité dans les nouvelles technologies, le vieillissement de notre population, et par une immigration de plus en plus considérable venant du Sud, nous risquions d’être les dindons de la farce de ce basculement géopolitique. </p>

<p>— Mais pour de nombreux hommes politiques et personnalités publiques d’Europe, il est impossible, dans les circonstances actuelles, de ne pas rompre de manière décisive avec la Russie car le droit international a été violé...</p>

<p>P. L. — On peut comprendre que, devant le spectacle des atrocités commises, l’opinion publique demande que l’on punisse les responsables, qu’on les fasse passer devant les juges. La guerre, c’est rarement beau, et comme je l’ai déjà dit, des exactions ont manifestement eu lieu. L’idée de sanctionner les dirigeants qui lancent les guerres est noble, et les vainqueurs de 1945 l’ont mise en œuvre à Nuremberg… Mais, dans les années récentes, les chefs d’État qui ont été traînés devant la Cour de La Haye, ce sont des « petits » : des chefs de factions yougoslaves, quelques petits chefs d’État africains… Jamais on n’a vu un leader d’une puissance nucléaire devant la CPI !</p>

<p>D’autre part, je vous rappelle également qu’un certain nombre de pays importants, les États-Unis en tête, ne participent même pas à ce système car ils n’ont pas ratifié la Convention de Rome sur la Cour pénale internationale. </p>

<p>Tous ceux qui proposent de traîner Poutine devant la justice internationale devraient se rappeler qu’on n’a jamais sérieusement envisagé d’y amener George W. Bush ou les autres responsables de la guerre illégale en Irak et des atrocités commises dans ce pays. D’ailleurs, tous les accords de stationnement des militaires américains sur des territoires étrangers prévoient des clauses qui permettent aux soldats américains d’échapper à la justice locale et internationale. Ce n’est donc pas la première ni sans doute la dernière fois que le droit international a été violé.</p>

<p>Selon un adage connu, la guerre, ce sont des gens qui s’entretuent et qui ne se connaissent pas, dirigés par des gens qui se connaissent mais qui ne s’entretuent pas. Et ces gens qui se connaissent et qui ne s’entretuent pas ne se traînent pas non plus les uns les autres devant les tribunaux, sauf en cas de capitulation et de défaite militaire. Le jour où l’on verra les chars occidentaux à Moscou, ce sera une autre histoire mais, en dehors de ce scénario peu probable, toutes les conversations sur Poutine à La Haye relèvent de la gesticulation politico-médiatique habituelle et, souvent, de l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques. </p>

<p>— Il sera d’autant plus difficile de réaliser ce scénario que, en dehors du camp occidental et de quelques-uns de ses alliés, la Russie n’est pas vue comme un État-paria ou un ennemi. Beaucoup d’États d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique continuent à coopérer avec la Russie. Pourquoi, selon vous, l’Occident n’a-t-il pas su rallier la plupart des pays à sa cause ? </p>

<p>P. L. — Effectivement, la position occidentale dans cette affaire est minoritaire à l’échelle de la planète. Un grand nombre de pays ne sont pas du tout convaincus par la logorrhée auto-satisfaite des Occidentaux sur un prétendu système international qui serait basé sur les règles du droit. Ces pays ont parfaitement compris que les Occidentaux s’assoient sur les règles de droit lorsque cela les arrange. Quand les États-Unis décident d’envahir tel ou tel pays, comme ils le font depuis quelques décennies, le monde se couche. Quand ils appliquent le droit extraterritorial qui protège leurs intérêts au détriment des intérêts des autres, c’est pareil. Quand ils s’arrogent des droits particuliers pour leurs soldats, on les laisse faire.</p>

<p>En Afrique et en Amérique latine tout particulièrement, on sait quelque chose de ces doubles standards occidentaux ; conséquemment, ce qui se passe entre la Russie et l’Ukraine n’y est pas du tout perçu de la même manière que chez nous. Et il ne s’agit pas seulement des pays jadis proches de l’URSS comme Cuba ou le Nicaragua, mais aussi de l’Argentine, du Brésil ou de nombreux autres pays africains ou arabes. (…) Le « narratif » américain sur la guerre est au mieux contesté dans toutes ces régions, voire rejeté.<br />*****<br />Extraits d’un entretien paru dans Politique Internationale, N 178, hiver 2023</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/901/dmitri-medvedev-parle</guid>
	<pubDate>Mon, 06 Feb 2023 19:02:43 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/901/dmitri-medvedev-parle</link>
	<title><![CDATA[DMITRI MEDVEDEV PARLE]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Dmitri Medvedev a commenté la rencontre entre Vladimir Zelensky et Ursula von der Leyen, qui a eu lieu la veille, au cours de laquelle la "restauration de l'économie ukrainienne" (sic) a été discutée. </p>

<p>Hier, un patient vert du service de traitement de la toxicomanie a reçu la visite d'une femme gynécologue qui s'est fait passer pour le médecin en chef de l'Europe. Ils discutaient de la reprise rapide et fabuleuse de l'économie de la Petite Russie (*) dans l'UE. Eh bien, c'est, bien sûr, un mensonge. </p>

<p>Pendant ce temps, le régime de Kiev, soutenu par ses manipulateurs occidentaux, combat la Russie "jusqu'à la victoire", et l'économie de ce malheureux territoire se transforme rapidement en détritus puants. On en parle ouvertement, même dans les pays qui promettent au régime ukrainien le rétablissement et l'amour éternel de l'Europe.</p>

<p>Voici une brève épicrise de l'économie ukrainienne en difficulté, basée sur les données médicales de Goldman Sachs. Quelques chiffres marquants caractérisant la maladie.</p>

<p>1. L'Ukraine a désormais perdu les territoires qui lui fournissaient environ 40 % de son potentiel industriel national et environ 15 % de son PIB d'avant-guerre.</p>

<p>2. Elle n'a plus accès à des réserves minérales d'une valeur de plus de 12 000 milliards de dollars. Dont 63 % des gisements de charbon et 42 % des métaux.</p>

<p>3. L'agriculture se dirige vers l'abîme à toute vapeur. Tout d'abord, une forte baisse des rendements. Blé : 19,4 millions de tonnes en 2022 contre 32,5 millions en 2021. Maïs : 18,4 millions de tonnes, soit 35,1 millions. <br />Deuxièmement, les itinéraires terrestres à travers la Pologne et la Roumanie ont multiplié les coûts de transport par un facteur de 2 à 3.  </p>

<p>4. A la fin de 2022, le PIB de l'Ukraine aura chuté de 35 à 36 %. Et ses pertes totales dues à l'affrontement avec la Russie ont atteint 830-850 milliards de dollars. Et ce malgré le fait qu'en 2021, le PIB du pays était de 200 milliards de dollars. Même leur ministère de l'économie a dû reconnaître cette chute record comme le pire résultat de l'histoire du pays.  </p>

<p>5. Ensuite, seulement l'effondrement final de l'industrie, l'hyperinflation, la pauvreté et le chômage total. La dette nationale du pays passera de 107 milliards à 180 milliards-200 milliards d'ici la fin de l'année. Les espoirs d'une récupération, même microscopique, sont minces. </p>

<p>Il est évident que la Russie continuera à travailler pour atteindre les objectifs de l'opération militaire spéciale. Cela signifie que le PIB de l'Ukraine pourrait s'effondrer de 5 à 10 % supplémentaires d'ici la fin de l'année. Par conséquent, la perspective de la faillite complète de l'État ukrainien et de sa fin inévitable devient de plus en plus claire.  </p>

<p>Qui est à blâmer est une question rhétorique. Comme l'a honnêtement admis la sage-femme maléfique Ursula von Quelque chose d'incompréhensible, le gouvernement ukrainien paie son adhésion à l'UE et à l'OTAN avec la vie de ses citoyens. </p>

<p>Peu importe une économie misérable. La camarilla de Kiev n'est pas embarrassée par la ruine du pays. Elle continue à dilapider son territoire par des dépenses militaires exorbitantes. </p>

<p>En partant du principe que l'Occident mettra toujours de l'argent sur la table. Il ne laissera pas tous les détourneurs de fonds, qui se partagent l'argent de l'Occident, mourir de faim. </p>

<p>Car cette année, pour les seuls besoins urgents, le budget ukrainien doit dépenser 55 milliards de dollars avec un déficit de 38 milliards de dollars. Il est clair que plus le soutien est important, plus le clown fou et les autres parasites, malades d'une forme ouverte de kleptomanie, voleront.</p>

<p>Seulement, plus longtemps les dirigeants nazis ukrainiens mendient et volent l'aide de leurs donateurs, plus proche sera l'effondrement final de l'économie. Après tout, ils devront payer l'intégralité de leur traitement. Et le but des esthéticiens occidentaux n'est pas de soigner l'économie du pays malheureux.</p>

<p>L'Occident a beaucoup d'expérience dans l'élimination des pays tests. L'Occident n'est pas le bon docteur Eibolite, mais le docteur Mengele. C'est un sinistre tueur de médecins. Par conséquent, l'Ukraine connaîtra le triste sort de ces colonies qui ont été violées sous la forme la plus perverse, puis jetées pour mourir dans la poubelle pourrie de l'histoire. </p>

<p>Le traitement sadique de l'économie ukrainienne sera progressif. D'abord, l'amputation de l'industrie et du secteur agraire. Puis la paralysie de toute l'économie. Et après ça, la mort organique du reste du pays.</p>

<p>La fin de la vie, ou la mort de l'ancien Etat, sera accompagnée de rires insensés, de rictus intolérables et de grimaces clownesques dégoûtantes d'une bande de nazis, rendus finalement fous par l'abondance de sang et de drogues. Et le silence assourdissant des guérisseurs occidentaux, regardant avec un froid mépris l'agonie de leurs propres patients torturés.....</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Mon, 06 Feb 2023 14:30:28 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[The Ukraine War in the light of the UN Charter]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Alfred de Zayas, Professor of international law and world history at the Geneva School of Diplomacy (J.D., Harvard, Ph.D. Göttingen) former UN Independent Expert on International Order (2012-18), former Secretary of the UN Human Rights Committee, author of 12 books including “Building a Just World Order” <a href="https://www.claritypress.com/product/building-a-just-world-order/">https://www.claritypress.com/product/building-a-just-world-order/</a></p><p>The war in Ukraine did not start on 24 February 2022, but already in February 2014.  The civilian population of the Donbas has endured continued shelling from Ukrainian forces since 2014, notwithstanding the Minsk Agreements.  These attacks on Lugansk and Donetsk significantly increased in January-February 2022, as reported by the OSCE Special Monitoring Mission to Ukraine<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn1">[1]</a>.</p><p>Like all wars, this war is a tragedy for all concerned, — not only for Ukrainians and Russians, but also for the continued validity of international law and the primacy of the UN Charter.  Already NATO’s military campaigns in Yugoslavia, Afghanistan and Iraq in the 1990’s and early 2000’s sorely tried the authority and credibility of the United Nations as an Organization.  These military campaigns conducted outside Chapter VII of the UN Charter rendered the United Nations nearly irrelevant, because the Organization was unable to prevent the illegal use of force or mediate peace.  The unilateral actions of a number of states were never subject to accountability, not even the grave war crimes committed in Iraq and Afghanistan, as documented by Julian Assange in the Wikileaks publications. NATO countries grossly violated articles 2(3) and 2(4) of the Charter, absent any Charter justification, since article 51, which stipulates the right of self-defence does not cover pre-emptive military actions.  </p><p>The so-called “coalition of the willing” perpetrated naked aggression against the people of Iraq in 2003 in a series of criminal acts that constituted a revolt against the UN Charter and international law.  Such military campaigns carried out against the letter and spirit of the UN Charter and hitherto not subject to prosecution by the International Criminal Court have significantly weakened the force of international law and resulted in the emergence of “precedents of permissibility” <a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn2">[2]</a>, as I described in a Counterpunch article published on 4 March 2022, in which I clearly condemned the Russian invasion of Ukraine as an egregious violation of Art. 2(4) of the UN Charter.</p><p>On the other hand, it is clear that a violation of international law does not change jus cogens or create new international law (ex injuria non oritur jus – no right emerges from a wrong). Impunity only manifests the weakness of the system due to a lack of adequate enforcement mechanisms<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn3">[3]</a>.</p><p>On 31 January 2023 Counterpunch published an essay by history Professor Lawrence Wittner entitled “The Ukraine War and International Law”<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn4">[4]</a>.  He correctly condemns the violation of article 2(4) of the UN Charter by Russia and the war crimes that have ensued, for which there must be accountability.   Prof. Wittner refers to “rules of behavior among nations” in connection with war, diplomacy, economy, etc.  Among those rules of behavior are, of course, the “general principles of law” referred to in article 38 of the Statute of the International Court of Justice, notably the principles of good faith and the uniform application of norms. </p><p>In his book The Great Delusion<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn5">[5]</a>, Professor John Mearsheimer of the University of Chicago elucidated principles of international order and the necessity to respect agreements (pacta sunt servanda), including oral agreements.  In his article in the Economist on 19 March 2022<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn6">[6]</a>, Mearsheimer explains why the West bears responsibility for the Ukrainian crisis.  Already in 2015 Mearsheimer had signalled the importance of keeping oral agreements, as those given by the United States to Mikhail Gorbachev in 1989-91, to the effect that NATO would not expand eastward<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn7">[7]</a>.  In subsequent lectures Mearsheimer has explained that, whether of not the West considers NATO’s expansion a provocation, what is crucial is how NATO expansion is perceived by those who feel threatened by it.  In this context we must remember that article 2(4) of the UN Charter prohibits not only the use of force but also the threat of the use of force.  Promising to expand NATO to the very borders of Russia and the massive weaponization of Ukraine certainly constitute such a threat, especially bearing in mind the aggressive campaigns by NATO members in Yugoslavia, Afghanistan, Iraq, Syria and Lybia.</p><p>For decades Russian Presidents Vladimir Putin and Dmitry Medvedev have been warning the West – notably at the 2007 Munich Security Conference<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn8">[8]</a> — that NATO eastward expansion constitutes an existential menace to Russia.  Both Presidents advocate a European security architecture that will take into account the national security concerns of all countries, including Russia. Whether Russian fears are objectively justified or not (I think they are) is not the pertinent question, since their apprehension is a factum.  What is crucial is the obligation of all UN member states to settle their differences by peaceful means, i.e. to negotiate in good faith.  That is precisely what the Minsk agreements were all about.  Yet, Ukraine violated the Minsk agreements systematically.  Russia did make a credible effort to negotiate since 2014 in the context of the OSCE and the Normandy Format.  German Chancellor Angela Merkel<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn9">[9]</a> and French President François Hollande<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn10">[10]</a> recently confirmed that the Minsk agreements were intended to give Ukraine time to prepare for war.  Thus, essentially, the West entered the agreements in bad faith by deliberately deceiving the Donbas Russians.  In a very real sense, Putin was taken for a ride at Minsk and during the eight years of Normandy Format discussions.  Such behavior reflects a “culture of cheating”<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn11">[11]</a> and violates well-established principles of international relations amounting to perfidy, in contravention of the UN Charter and general principles of law.  Notwithstanding, In December 2021 the Russians put forward two peaceful proposals in the hope of averting military confrontation.  Although the treaty proposals were moderate and pragmatic, the US and NATO refused to negotiate pursuant to article 2(3) of the Charter and arrogantly rejected them.  If this was not a provocation in contravention of article 2(4) of the UN Charter, I do not know what is.</p><p>Professor Wittner is right in reminding us of the Budapest Memorandum of 1994 and the 1997 Treaty of Friendship, Cooperation and Partnership, but these instruments have to be placed in legal and historical context, in particular in the context of Western pronouncements since 2008 to bring Ukraine into NATO, an issue that in no way was foreseen in the two instruments above.</p><p>Wittner is wrong in his evaluation of the Crimean issue.  I was the UN representative for the elections in Ukraine in March and June 1994 and criss-crossed the country, including Crimea.  Without a doubt, the vast majority of the population there and in the Donbass are Russian and feel Russian.  This brings up the issue of the jus cogens right of self-determination of peoples, anchored in articles 1 and 55 of the UN Charter (and in Chapters XI and XII of the Charter) and in Art. 1 common to the International Covenant on Civil and Political Rights and International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights.  Wittner seems to forget that the US and EU supported the illegal coup d’état<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn12">[12]</a> against the democratically elected President of Ukraine, Victor Yanukovich, and immediately started working together with the Putsch-regime in Kiev, instead of insisting in re-establishing law and order as provided for in the Agreement of 20 February 2014<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn13">[13]</a>.  As Professor Stephen Cohen wrote in 2018, Maidan was a “seminal event”<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn14">[14]</a>. </p><p>Without the Maidan Putsch and the anti-Russian measures immediately taken by the Putsch-regime, the Crimean and Donbass peoples would not have felt menaced and would not have insisted on their right of self-determination.  Wittner errs when he uses the term “annexation” to refer to the reincorporation of Crimea into Russia.  “Annexation” in international law presupposes an invasion, military occupation contrary to the will of the people.  That is not what happened in Crimea in March 2014.  First there was a referendum to which the UN and OSCE were invited – and never came. Then there was an unilateral declaration of independence by the legitimate Crimean Parliament, only then was there an official request to be re-incorporated into Russia, a request that went through the due process mill, being first approved by the Duma, then by the Constitutional Court of Russia, and only then signed by Putin.  Had a referendum been held in 1994, when I was in Crimea, the results would surely have been similar.  A referendum today would confirm the will of the Crimeans to be part of Russia, not Ukraine, to which they had been artificially attached by decision of Nikita Khruschev, a Ukrainian himself.  There are no historical or ethnic reasons justifying Crimea’s attachment to the Ukraine. Many international lawyers agree that Crimea exercised its right of self-determination and was not “annexed” by Russia<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn15">[15]</a>.</p><p>Wittner is correct in recalling the fact that the General Assembly adopted a Resolution of 27 March 2014 rejecting the “annexation” of Crimea.  But what exactly does that Resolution tell us?  As a former senior lawyer with the Office of the UN High Commissioner for Human Rights and former UN Independent Expert, I must admit that for many decades the United Nations Organization applies double standards and does not live up to the Charter.  Many resolutions and pronouncements by successive Secretary Generals apply international law selectively, à la carte.  What the 2014 GA Resolution demonstrates is that the Organization is largely in the service of Washington and Brussels, partly because of the enormous financial dependency of the UN on the West.  Similarly, the GA Resolution of 2 March 2022 is yet another example of double-standards, bearing in mind that the GA had not adopted any similar resolutions when NATO committed aggression on Yugoslavia in 1999 or when the “coalition of the willing” devastated Iraq in 2003 without any threat or provocation by Saddam Hussein. </p><p>Wittner also cites Secretary General Guterres with regard to the “annexation” of Crimea and the Donbass.  As a former senior UN staffer and former rapporteur, it pains me to see how the Organization has been hijacked to support certain untenable positions of Western countries, and how it allows itself to be used in the geopolitical game, instead of remaining true to the Principles and Purposes of the Organization as laid out in the Charter. Where is the “outrage” of the Organization when it comes to the multiple aggressions of the United States against Cuba, Grenada, Nicaragua, Panama, Venezuela, the many coups-d’état directed by the US against governments it does not like, when the Organization keeps silent about the crimes committed by the CIA in Guantanamo, Abu Ghraib and secret detention centres, when the “annexation” of the Syrian Golan Heights by Israel is tacitly accepted.</p><p>Wittner poses an important question “what…are we to think about the value of international law”? As a professor of international law and a believer in the UN Charter, I ask the same question.  My 25 Principles of International Order<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn16">[16]</a> give some answers.   In my 14 reports to the UN Human Rights Council and General Assembly (2012-18) I formulated pragmatic recommendations how to reform the United Nations in order to deliver on the 1945 promise to “to save succeeding generations from the scourge of war”.  I agree with Wittner that it is necessary “to strengthen global governance, thereby providing a firmer foundation for the enforcement of international law”.  But there is a caveat – the Organization must be truly committed to peace, and not only sometimes.  It must not continue to apply international law à la carte, or it will lose all its authority and credibility.</p><p>Today what is absolutely necessary is an immediate cease-fire. The United Nations is failing the Charter if it does not make peace its priority and puts the entire system in the service of peace. The mediation proposals of Brazilian President Luiz Inácio Lula<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn17">[17]</a> must be taken seriously as well as the warnings and proposals by Professors John Mearsheimer<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn18">[18]</a>, Jeffrey Sachs<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn19">[19]</a> and Richard Falk<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn20">[20]</a>.</p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref1">[1]</a> <a href="https://www.osce.org/special-monitoring-mission-to-ukraine/512683">https://www.osce.org/special-monitoring-mission-to-ukraine/512683</a></p><p><a href="https://www.osce.org/special-monitoring-mission-to-ukraine-closed" rel="nofollow">https://www.osce.org/special-monitoring-mission-to-ukraine-closed</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref2">[2]</a> <a href="https://www.counterpunch.org/2022/03/04/precedents-of-permissibility/" rel="nofollow">https://www.counterpunch.org/2022/03/04/precedents-of-permissibility/</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref3">[3]</a> <a href="https://www.counterpunch.org/2022/04/07/no-right-arises-from-a-wrong/" rel="nofollow">https://www.counterpunch.org/2022/04/07/no-right-arises-from-a-wrong/</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref4">[4]</a> <a href="https://www.counterpunch.org/2023/02/01/the-ukraine-war-and-international-law/" rel="nofollow">https://www.counterpunch.org/2023/02/01/the-ukraine-war-and-international-law/</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref5">[5]</a> Yale University Press, 2018.</p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref6">[6]</a> <a href="https://www.economist.com/by-invitation/2022/03/11/john-mearsheimer-on-why-the-west-is-principally-responsible-for-the-ukrainian-crisis" rel="nofollow">https://www.economist.com/by-invitation/2022/03/11/john-mearsheimer-on-why-the-west-is-principally-responsible-for-the-ukrainian-crisis</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref7">[7]</a> <a href="http://www.mearsheimer.com/wp-content/uploads/2019/06/Why-the-Ukraine-Crisis-Is.pdf">http://www.mearsheimer.com/wp-content/uploads/2019/06/Why-the-Ukraine-Crisis-Is.pdf</a></p><p><a href="https://www.realclearpolitics.com/video/2023/01/10/john_mearsheimer_on_ukraine_conflict_there_are_no_realistic_options_the_west_is_screwed.html#" rel="nofollow">https://www.realclearpolitics.com/video/2023/01/10/john_mearsheimer_on_ukraine_conflict_there_are_no_realistic_options_the_west_is_screwed.html#</a>!</p><p><a href="https://duckduckgo.com/?q=john+mearsheimer+youtube+ukraine&amp;atb=v314-1&amp;iax=videos&amp;ia=videos&amp;iai=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3DJrMiSQAGOS4" rel="nofollow">https://duckduckgo.com/?q=john+mearsheimer+youtube+ukraine&amp;atb=v314-1&amp;iax=videos&amp;ia=videos&amp;iai=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3DJrMiSQAGOS4</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref8">[8]</a> <a href="http://en.kremlin.ru/events/president/transcripts/24034" rel="nofollow">http://en.kremlin.ru/events/president/transcripts/24034</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref9">[9]</a> <a href="https://english.almayadeen.net/news/politics/merkel:-minsk-agreement-attempted-to-give-ukraine-time" rel="nofollow">https://english.almayadeen.net/news/politics/merkel:-minsk-agreement-attempted-to-give-ukraine-time</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref10">[10]</a> <a href="https://global.espreso.tv/minsk-agreements-gave-ukraine-time-to-strengthen-army-and-destroyed-putins-plans-in-2022-francois-hollande" rel="nofollow">https://global.espreso.tv/minsk-agreements-gave-ukraine-time-to-strengthen-army-and-destroyed-putins-plans-in-2022-francois-hollande</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref11">[11]</a> <a href="https://www.counterpunch.org/2022/01/28/a-culture-of-cheating-on-the-origins-of-the-crisis-in-ukraine/" rel="nofollow">https://www.counterpunch.org/2022/01/28/a-culture-of-cheating-on-the-origins-of-the-crisis-in-ukraine/</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref12">[12]</a> <a href="https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-le-yeti-voyageur-a-domicile/20140311.RUE9766/le-coup-d-etat-ukrainien-a-bien-ete-pilote-par-les-etats-unis-la-preuve.html">https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-le-yeti-voyageur-a-domicile/20140311.RUE9766/le-coup-d-etat-ukrainien-a-bien-ete-pilote-par-les-etats-unis-la-preuve.html</a></p><p><a href="https://www.bbc.com/news/world-europe-26079957" rel="nofollow">https://www.bbc.com/news/world-europe-26079957</a></p><p><a href="https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2658245" rel="nofollow">https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2658245</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref13">[13]</a> <a href="https://www.scoop.co.nz/stories/HL2011/S00116/how-the-western-press-lied-about-the-2014-coup-in-ukraine-pretending-that-it-was-instead-a-real-democratic-revolution.htm" rel="nofollow">https://www.scoop.co.nz/stories/HL2011/S00116/how-the-western-press-lied-about-the-2014-coup-in-ukraine-pretending-that-it-was-instead-a-real-democratic-revolution.htm</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref14">[14]</a> <a href="https://www.thenation.com/article/archive/four-years-of-ukraine-and-the-myths-of-maidan/" rel="nofollow">https://www.thenation.com/article/archive/four-years-of-ukraine-and-the-myths-of-maidan/</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref15">[15]</a><a href="https://www.faz.net/aktuell/feuilleton/debatten/die-krim-und-das-voelkerrecht-kuehle-ironie-der-geschichte-12884464.html" rel="nofollow">https://www.faz.net/aktuell/feuilleton/debatten/die-krim-und-das-voelkerrecht-kuehle-ironie-der-geschichte-12884464.html</a> <a href="https://www.rubikon.news/artikel/die-krim-und-das-volkerrecht">https://www.rubikon.news/artikel/die-krim-und-das-volkerrecht</a></p><p><a href="https://www.faz.net/aktuell/feuilleton/debatten/die-krim-und-das-voelkerrecht-kuehle-ironie-der-geschichte-12884464.html" rel="nofollow">https://www.faz.net/aktuell/feuilleton/debatten/die-krim-und-das-voelkerrecht-kuehle-ironie-der-geschichte-12884464.html</a></p><p><a href="https://www.faz.net/aktuell/feuilleton/debatten/die-krim-und-das-voelkerrecht-kuehle-ironie-der-geschichte-12884464.html" rel="nofollow">https://www.faz.net/aktuell/feuilleton/debatten/die-krim-und-das-voelkerrecht-kuehle-ironie-der-geschichte-12884464.html</a></p>
<p>[embedded content]</p>
<p><a href="https://www.foreignaffairs.com/articles/ukraine/2020-04-03/russia-love" rel="nofollow">https://www.foreignaffairs.com/articles/ukraine/2020-04-03/russia-love</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref16">[16]</a> <a href="https://www.counterpunch.org/2022/11/28/principles-of-international-order/">https://www.counterpunch.org/2022/11/28/principles-of-international-order/</a></p><p>See Chapter 2 of my book “Building a Just World Order”, Clarity Press, 2021.</p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref17">[17]</a> <a href="https://www.politico.eu/article/ukraine-war-luiz-inacio-lula-da-silva-mercosur-olaf-scholz/amp/" rel="nofollow">https://www.politico.eu/article/ukraine-war-luiz-inacio-lula-da-silva-mercosur-olaf-scholz/amp/</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref18">[18]</a> <a href="https://www.youtube.com/watch?v=CmqojuijtFg" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.youtube.com/watch?v=CmqojuijtFg</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref19">[19]</a> <a href="https://mail.google.com/mail/u/0/?tab=wm#search/mearsheimer/WhctKKXpTdsZMnWHKprjzQLSCBwNkVfcWmKkHxltlbQMdkZgfksnmLmnKDjdVDrHpNTHxLV" rel="nofollow">https://mail.google.com/mail/u/0/?tab=wm#search/mearsheimer/WhctKKXpTdsZMnWHKprjzQLSCBwNkVfcWmKkHxltlbQMdkZgfksnmLmnKDjdVDrHpNTHxLV</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref20">[20]</a> <a href="https://richardfalk.org/2022/09/14/ukraine-war-statecraft-and-geopolitical-conflict-the-nuclear-danger/" rel="nofollow">https://richardfalk.org/2022/09/14/ukraine-war-statecraft-and-geopolitical-conflict-the-nuclear-danger/</a></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Tue, 03 Jan 2023 11:34:31 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/898/ces-deux-menaces-dont-l%E2%80%99europe-devra-se-garder-en-2023</link>
	<title><![CDATA[Ces deux menaces dont l’Europe devra se garder en 2023]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L’année 2022 restera comme l’année du tournant. La guerre en Ukraine est venue certifier que les certitudes de la paix, de la solidité démocratique, d’une certaine assurance du confort matériel n’étaient plus nécessairement une donnée acquise. Comme paraît l’indiquer par ailleurs la situation sociale et économique de nombreux pays de l’Union européenne, le spectre de l’inflation revient roder et s’installe comme le carburant hautement inflammable d’un terreau politique redevenu fortement instable. En Italie, Giorgia Meloni a fait triompher une coalition de droite d’où les populistes constituent la sensibilité dominante ; en Suède, les conservateurs et libéraux alliés à la droite ultra des « Démocrates de Suède » ont renversé les sociaux-démocrates. Ce sont là deux élections dont il faudra s’interroger si elles préfigurent un mouvement plus général ou ne constituent qu’une subite mais éphémère poussée de fièvre. En France, la reconduction d’Emmanuel Macron peut s’interpréter a priori comme le signe d’une certaine stabilité, mais les législatives qui ont suivi la présidentielle ont attesté du fractionnement continu et accéléré d’une scène politique qui, pour la première fois depuis trente ans, trouve à l’Assemblée nationale une représentativité conforme aux rapports de force du pays. L’aléa est l’empreinte de cette législature naissante sous des cieux socialement incertains. En Allemagne, l’AFD, conséquence des difficultés économiques et de la guerre en Ukraine, retrouve une tonicité sondagière quand, hors UE, le Royaume-Uni n’en finit pas de s’enfermer dans une instabilité gouvernementale chronique qui n’a peut-être pas fini de produire ses effets. L’Espagne, quant à elle, qui assumera la présidence de l’UE au second semestre, entre dans un cycle électoral où le parti populaire avec ou sans l’apport de la droite nationaliste pourrait s’assurer d’une majorité, là où en Pologne les conservateurs ne sont pas certains de se maintenir au pouvoir.</p>
<p><a href="https://atlantico.fr/article/decryptage/et-la-croatie-rejoignit-l-euro-et-les-memes-illusions-que-ses-autres-membres-frederic-farah"><br />À Lire Aussi<br />Et la Croatie rejoignit l’euro… et les mêmes illusions que ses autres membres<br /></a></p>
<p>La guerre en Ukraine, les inquiétudes macro-économiques dont on aurait tort de penser qu’elles sont exclusivement indissociables de la première même si elles y trouvent un levier d’accélération, les vagues montantes de la crise migratoire plantent un décor d’où le sentiment d’assurance du modèle européen tel qu’il s’est bâti depuis plusieurs décennies paraît s’infléchir, voire s’effilocher. Dans le même temps, loin parfois de ses peuples et de leurs opinions, l’UE semble, à partir des menaces qui s’accumulent au-dessus de ses Etats-membres, accélérer la cadence de ses réponses concertées comme pour s’essayer à terme à un renforcement de son intégration. La crise sanitaire en 2020, avec le plan de relance européen, comme la guerre en Ukraine, avec l’aide jamais démentie jusqu’à maintenant à celle-ci, illustrent quelque part cette métabolisation. Comme si la dureté autant que la brutalité inattendue d’évènements exceptionnels poussaient les instances dirigeantes de l’UE à une accélération dans laquelle les plus critiques ne manqueront pas de voir une fédéralisation sournoise… et sans mandat.</p><p>C’est un paysage contrasté en fin de compte qui se découvre à quelques encablures de 2023. Le choc politique qui oppose bruxellois et nationaux à l’intérieur de nombre de pays européens est loin d’être arbitré, l’état d’équilibre instable entre chaque force en présence s’avérant à ce stade le principal enseignement de la conjoncture. L’Union n’a pas cédé, malgré la violence des lames auxquelles elle est soumise sur ses flancs, et au contraire elle a entrepris de densifier le rythme de ses initiatives, mais les pressions géopolitiques, économiques, sociales, culturelles ne cessent de s’épaissir au point de fragiliser toujours plus des sociétés travaillées par l’anomie, le pessimisme, le sentiment de dépossession tout à la fois démocratique et identitaire, les frustrations, sources potentielles de colères éruptives… C’est aussi la tectonique des influences qui, à l’intérieur de l’UE, se trouve interrogée, avec des antagonismes latents ou explicites qui dessinent une faille progressive à l’intérieur du vieux continent. L’Europe post-nationale et sociétale, à l’Ouest côtoie l’Europe nationale et chrétienne, à l’Est dans un face-à-face où deux visions s’opposent de manière quasi-irréductible tant sur les questions de mœurs que de migrations. Sans doute faut-il aller chercher dans les profondeurs de l’histoire les racines d’une divergence qui signifie que l’unité de l’Europe demeure un projet lourd d’incertitudes, loin des abstractions techno-juridiques que d’aucuns veulent y projeter. Au demeurant, ces dissensions à peine voilées génèrent quelques ambivalences comme en atteste la détermination plus marquée de l’Est à l’encontre de la Russie de Vladimir Poutine alors qu’à l’Ouest la dépendance énergétique de l’Allemagne d’un côté, la nostalgie gaullienne de la France de l’autre semblent parfois tempérer l’intransigeance du positionnement. L’image de la ligne de crête est, au final, peut-être celle qui désigne au plus près et au mieux l’entrée dans l’année qui commence. De l’évolution du conflit en Ukraine, de la suite des vents inflationnistes, du mouvement des taux directeurs, de la volonté ou non de réguler les flux migratoires à venir, et de bien d’autres facteurs encore dépend l’avenir d’une Europe confrontée sans doute à sa plus grande crise existentielle depuis l’après-guerre. Alors que le monde au prisme de la dramatique affaire ukrainienne apporte la démonstration qu’il n’a plus nécessairement l’Occident comme centre de référence, ainsi qu’en témoigne la polyarchie des réactions géopolitiques à l’entreprise guerrière opérée par Moscou depuis dix mois, et ce malgré un effet de loupe « occidentalocentré », c’est bien un point de bascule qui pourrait caractériser 2023. Dès lors les Etats européens devront se garder d’une double tentation, en forme de saut aveugle dans l’inconnu : la fuite en avant fédéraliste sans autre perspective que celle de vider les démocraties nationales de leur souveraineté populaire et la régression nationaliste sans autre objet que de réduire l’Europe à n’être plus qu’un vaste champ impuissant à l’heure où les grands ensembles civilisationnels réapparaissent comme des facteurs tout aussi actifs que décisifs des grandes dynamiques internationales.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/897/le-populisme-de-gauche-a-t-il-encore-un-avenir-%E2%80%93-le-temps-des-ruptures</guid>
	<pubDate>Mon, 02 Jan 2023 11:19:39 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/897/le-populisme-de-gauche-a-t-il-encore-un-avenir-%E2%80%93-le-temps-des-ruptures</link>
	<title><![CDATA[Le populisme de gauche a-t-il encore un avenir ? – Le Temps des Ruptures]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Tel qu’il a été théorisé en 2018 par Chantal Mouffe (1), le populisme de gauche repose sur les principes suivants :</p>
<p>Le rejet de la vision marxiste fondée sur l’opposition capital / travail. Pour Mouffe, la conception traditionnelle de la gauche n’est plus audible car cette dernière a longtemps limité sa définition du « peuple » à une conception économique et les luttes politiques à la défense d’une classe ouvrière essentialisée. À l’inverse, Mouffe insiste sur le fait que des luttes nouvelles sont advenues depuis les années 1970 : mouvements antiracistes, droits des LGBT, combats écologistes… Ces nouvelles revendications doivent être mieux prises en compte et articulées entre elles au sein des stratégies de gauche.<br />S’appuyant sur la pensée de Gramsci, Mouffe considère que la société fonctionne sur la base d’une succession de phases d’hégémonies culturelles qui imposent une certaine vision du monde et s’inscrivent dans les institutions. Par exemple, avec l’arrivée de Thatcher dans les années 1980, l’hégémonie néolibérale aurait succédé à la phase de partage hégémonique caractéristique de l’époque keynésienne. Cette culture néolibérale se serait ensuite diffusée au sein de l’appareil d’État qui ne peut de ce fait être considéré comme un agent neutre politiquement.<br />La crise financière de 2008-2009 a entrainé la déstabilisation de l’hégémonie néolibérale. Cette situation ouvre ce que Chantal Mouffe appelle un « moment populiste », une situation sociale qui permettrait d’instaurer une nouvelle hégémonie politique. Cette lutte pour l’hégémonie prend la forme d’un affrontement entre deux visions. Une vision réactionnaire (populisme de droite ou d’extrême droite) et une vision que Chantal Mouffe entend promouvoir : le populisme de gauche.<br />Les leaders de la gauche doivent donc saisir cette opportunité en engageant une bataille culturelle rassemblant les mouvements de gauche et les revendications communautaires variées afin de « construire un peuple » sur le principe d’une « chaine d’équivalences » permettant d’articuler ensemble les revendications très variées des luttes s’opposant au néolibéralisme : écologistes, féministes, ouvriers, anti-autoritaires, anti-racistes…<br />Ce rassemblement du « peuple » ainsi construit par la bataille culturelle permettrait d’engendrer un « nous » collectif fondé sur l’opposition avec le « eux » de « l’oligarchie ». L’établissement de cette nouvelle frontière peuple / élite doit être l’occasion de « radicaliser » une démocratie fondée sur des antagonismes qui sorte de « l’illusion du consensus »(2) caractéristique de l’ère libérale et de la gauche sociale-libérale.</p>
<p>À la fin de son livre, Chantal Mouffe fait part des discussions nourries qu’elle a eu avec un certain nombre d’intellectuels et de responsables politiques qui ont inspiré sa pensée. Jean-Luc Mélenchon et François Ruffin sont notamment cités. Ainsi, ce petit livre peut se lire comme la théorie qui a nourri la stratégie politique de la France Insoumise mais aussi comme une synthèse de la revitalisation politique tentée par ce mouvement. Si cette stratégie a connu des évolutions, bien décrites par le journaliste Hadrien Mathoux (3), elle n’en a pas moins continué de respecter la plupart des principes énoncés dans l’ouvrage de Mouffe.</p><p>Pourtant, la mise en œuvre pratique du populisme de gauche s’est avérée beaucoup plus difficile que ce que la théorie suggérait, et le succès électoral n’a pas toujours été au rendez-vous. Il est donc nécessaire d’établir un inventaire de cette stratégie et d’en décrire les limites.</p>
<p>Engager la bataille culturelle contre l’extrême droite</p>
<p>Il ne fait plus de doute que nous sommes entrés dans une ère identitaire. Les questions culturelles, sociétales et migratoires sont, depuis quelques années, au cœur du débat public et suscitent des réactions passionnées. Ce phénomène n’est pas totalement nouveau. Les grands débats sociétaux ont toujours été des terrains de violents affrontements politiques. L’IVG, la peine de mort, l’école, les questions religieuses ou plus récemment le mariage pour tous ont provoqué, et provoquent toujours, des débats de grande intensité entre la gauche et la droite.</p><p>Le point commun de ces débats est qu’ils touchent directement la vie concrète et sont immédiatement compréhensibles, ce qui permet facilement de se forger un avis. Ils impliquent aussi des systèmes de valeurs qui dépassent la question des intérêts personnels. De ce fait, ils marquent l’identité politique de ceux qui s’y adonnent. Pour cette raison, ce sont des débats d’identité politique.</p><p>L’émergence des réseaux sociaux a exacerbé ces sujets au détriment de ceux sur lesquels il est plus difficile de se construire une opinion, soit parce qu’ils sont techniques, soit parce qu’ils apparaissent éloignés de la vie concrète. Le fonctionnement même des réseaux sociaux, fondés sur la réaction et le partage, rend mécaniquement plus visibles les sujets marqueurs d’identité politique. S’enclenche alors une boucle de rétroaction : les sujets identitaires suscitent plus de réactions, les algorithmes les mettent en avant, et donc les responsables politiques et les journalistes les exploitent pour faire du buzz et se faire connaître, ce qui renforce la place de ces thématiques dans le débat public.</p><p>Cette transformation du système médiatique par les réseaux sociaux est vraie pour tous les forces politiques, mais les stratégies populistes en exacerbent les conséquences. C’est bien entendu le cas du populisme de droite qui met les questions identitaires ou des sujets telles que le « wokisme » au cœur de son discours. Le « America is back » de Donald Trump est le versant combatif de l’angoissant « la France disparaît » d’Éric Zemmour. Mais le populisme de gauche use des mêmes ressorts. La grille gramscienne remplaçant la grille marxiste, la « bataille culturelle » est vue comme le lieu privilégié de la bataille politique. Une bataille qui se joue sur les sujets marqueurs d’identité politique, l’objectif étant de conquérir l’hégémonie culturelle en attisant ce qui forge la culture de gauche au détriment du développement d’une idéologie structurée.</p><p>De fait, la stratégie du populisme de gauche tend à remplacer la bataille idéologique par la bataille culturelle. C’est au nom de cette logique que Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise ont massivement investi les réseaux sociaux, en privilégiant les thèmes marqueurs d’identité politique au détriment des questions européennes ou industrielles, par exemple. Les discours de Mélenchon insistent sur la créolisation, le droit au genre, l’environnement ou le bien-être animal, montrent une forte hostilité à l’énergie nucléaire. Or, ces thèmes sont les miroirs de ceux avancés par le populisme de droite : « créolisation » contre « grand remplacement », « anti-nucléaire » contre « anti-éolien », « bien-être animal » contre « pro-chasse », « théorie du genre » contre « traditionalisme », « environnement » contre « productivisme »…</p><p>De fait, la stratégie du populisme de gauche tend à remplacer la bataille idéologique par la bataille culturelle.</p><p>Prenant acte de la crise du néolibéralisme, la campagne de Mélenchon ne fait pas du néolibéralisme son adversaire principal. Il tente de gagner la bataille d’après, en privilégiant l’affrontement « populisme de gauche » contre « populisme de droite » théorisé par Mouffe. Ainsi, Mélenchon multiplie les face-à-face avec Éric Zemmour, considéré comme le principal adversaire stratégique. De plus, les critiques qu’il adresse au gouvernement sont souvent issues du même registre que celui qu’on applique à l’extrême droite : « brutal », « autoritaire », « anti-démocratique »… Cela l’amène à renforcer ses propres thématiques identitaires et à délaisser (sans l’éliminer totalement) l’armature marxiste fondée sur les rapports économiques et les conflits de classes.</p><p>Un second aspect de la bataille culturelle telle qu’elle est théorisée par Mouffe concerne les affects. Ceux-ci auraient « un rôle décisif », selon elle. « C’est le défaut de compréhension de la dimension affective des processus d’identification qui, à mes yeux, explique en grande partie pourquoi la gauche, prisonnière d’un cadre rationaliste, est incapable de cerner la dynamique du politique », explique Mouffe (4). Privilégier les affects sur l’argumentation rationnelle serait la clé pour créer le sentiment d’adhésion militant sur lequel repose la conquête du pouvoir. Dans ce processus, le rôle du leader est central : « une volonté collective ne peut pas se former sans une certaine forme de cristallisation d’affects communs et les liens affectifs qui unissent un peuple à un chef charismatique peuvent jouer un rôle important dans ce processus », écrit Mouffe.</p><p>Cette conception explique le rôle très important qu’a pris la figure de Jean-Luc Mélenchon dans la campagne de la France Insoumise. Celle-ci commence par un plébiscite sous la forme d’un parrainage citoyen et se poursuit par la mise en scène constante du candidat dans des meetings très travaillés, conçus comme de grands spectacles. La personne de Mélenchon est omniprésente sur les réseaux sociaux, amplifiée par l’action coordonnée d’une armée de militants. Cette personnalisation s’explique, il est vrai, par la nature de nos institutions qui font de l’élection et de la fonction présidentielle les clés de voûte de la politique nationale. Mais reconnaissons que la mise en scène de la campagne présidentielle de la FI favorise la figure du chef au détriment de ses conseillers et des autres députés de son groupe parlementaire à la différence, par exemple, de la campagne de Valérie Pécresse qui apparaît presque systématiquement entourée par d’autre cadres de son parti lors de ses évènements médiatiques.</p><p>Pour résumer, la bataille culturelle gramscienne engagée dans le cadre du populisme de gauche, a tendance à privilégier les affects à la raison, le culturel à l’idéologique, et développe un discours qui vise à s’adresser davantage aux identités politiques qu’aux intérêts de classe afin de rassembler son camp.</p>
<p>Un discours ambigu vis-à-vis des institutions démocratiques </p>
<p>Le populisme, tel que je l’ai identifié dans mon ouvrage(5) procède non d’un contenu programmatique particulier mais d’une situation sociale spécifique caractérisée par une montée de la défiance institutionnelle. Cette défiance est elle-même la conséquence des politiques néolibérales qui, en mettant l’État au service du marché, participent à l’affaiblissement et à la perte de crédibilité des institutions publiques. Sur ce point, mon diagnostic rejoint celui de Chantal Mouffe.</p><p>Partant du constat de cette défiance, ma proposition serait de transformer les pratiques politiques en sortant du cadre conceptuel néolibéral afin de remettre les institutions publiques à l’endroit, c’est-à-dire au service de bien-être général plutôt que de les orienter systématiquement en faveur de l’organisation d’un marché en concurrence. À mon sens, cette nouvelle politique suffirait à relégitimer le rôle des institutions et à désamorcer la contestation populiste.</p><p>La proposition de Chantal Mouffe est différente. Elle souhaite s’appuyer sur cette défiance pour transformer en profondeur le fonctionnement des démocraties libérales. Ainsi, elle entend profiter de ce « moment populiste » pour développer les antagonismes et susciter l’émergence d’une « démocratie radicale ».</p><p>Le populisme de gauche théorisé par Chantal Mouffe n’est pas celui du républicanisme hérité des lumières ou du Contrat social de Rousseau, qui implique une démocratie délibérative et s’impose face aux intérêts particuliers.</p><p>Le propos de Mouffe vis-à-vis des institutions est néanmoins ambigu. D’un côté elle défend le principe de la démocratie libérale et réaffirme l’importance de la démocratie représentative (contre la démocratie des mouvements sociaux et les processus de type tirage au sort) ; d’un autre côté elle semble ouverte à l’introduction de pratiques susceptibles de contourner et d’affaiblir les institutions démocratiques. Par exemple, Mouffe estime que le rôle de l’État n’est pas d’organiser et de gérer les services publics mais de « permettre aux citoyens de prendre en charge les services publics et de les organiser démocratiquement ». De même, elle estime qu’il faut éviter de construire un espace public fondé sur « une représentation totalisante qui nierait le pluralisme » en permettant aux « communautés particulières » d’exister et de participer aux décisions aux côtés de la « communauté politique » formée par les citoyens. La nature de ces communautés particulières n’est pas explicitée. Cette vision conduit Chantal Mouffe à promouvoir une démocratie plurielle dans laquelle des légitimités politiques pourraient se constituer en dehors du Parlement : « L’espace politique traditionnel du parlement n’est pas le seul lieu où peuvent être prises des décisions politiques ; si les institutions représentatives doivent garder ou retrouver un rôle majeur, d’autres formes de participation démocratique sont aussi nécessaires pour radicaliser la démocratie » juge-t-elle.</p><p>Le populisme de gauche théorisé par Chantal Mouffe n’est pas celui du républicanisme hérité des lumières ou du Contrat social de Rousseau, qui implique une démocratie délibérative et s’impose face aux intérêts particuliers. Les transformations institutionnelles qu’elle promeut reposent sur la multiplication de niveaux de légitimité en concurrence. Pour Mouffe, les espaces communautaires sont complémentaires de l’espace politique national et permettent sa revitalisation.</p><p>Ce discours fait écho au tournant plus favorable au communautarisme pris par la France Insoumise depuis 2017. Le laïcard intransigeant qu’était Jean-Luc Mélenchon au moment des attentat de 2015 contre Charlie Hebdo est devenu l’un des défenseurs de certaines revendications islamistes, notamment lorsqu’il participe en novembre 2019 à la « marche contre l’islamophobie » qui dénonçait comme « liberticides » les lois de 2004 et de 2011 sur les signes religieux à l’école et le port de la burqa dans l’espace public(6). Cette année fut aussi celle de la rupture avec le philosophe Henri Peña Ruiz (7), défenseur de la laïcité et du droit à la critique de l’Islam et dont les propos lors des universités d’été de la France insoumise furent l’objet d’une virulente polémique(8).</p><p>Plus largement, la vision portée par la France insoumise est marquée par une profonde défiance institutionnelle. Le principe du référendum révocatoire, qui est l’une des marques de fabrique des programmes proposés par les candidats de la FI repose sur l’idée que les représentants du peuple trahissent leur mandat une fois élus et qu’il faut donc prévoir un mécanisme de révocation. La charte que les candidats de la FI aux législatives de 2017 ont été contraints de signer relève de la même logique de défiance. Il était ainsi demandé aux candidats qu’ils renoncent à agir « selon leurs seuls choix personnels » afin de se mettre « au service de la mobilisation du peuple » et de refuser « les tares de la 5ème République »(9).</p><p>La stratégie populiste développe une approche extrêmement critique des principes qui fondent la démocratie représentative. Elle considère que la légitimité politique n’émane pas d’une instance délibérative telle que le Parlement mais des luttes portées par les minorités opprimées. Ces luttes sont censées s’agréger, se compléter et se renforcer collectivement. Cette attention particulière portée à l’agrégation des revendications hétéroclites est quelque peu paradoxale pour des mouvements qui se réclament de la gauche radicale, puisqu’elle n’est pas sans rappeler la stratégie proposée par le think tank social-démocrate Terra Nova qui proposait, en 2012, de reconstruire un électorat de gauche à partir d’un socle composé des jeunes, des urbains, des minorités des quartiers populaires, des femmes et des « non catholiques », au détriment de la classe ouvrière, dont les auteurs estimaient qu’elle était perdue pour la gauche et dans une phase de déclin démographique et électoral(10).</p><p>Ainsi, à force de vouloir revitaliser la démocratie en combinant ensemble des luttes hétérogènes au nom de la construction d’une « chaine d’équivalences », le populisme de gauche rejoint un imaginaire petit bourgeois, sensible aux injustices mais qui refuse de hiérarchiser les combats politiques en mettant sur le même plan une multitude de revendications communautaires. La limite de ce cette vision est d’être peu sensible à la notion d’intérêt général qui suppose de refuser certains combats au nom de la priorité à accorder à certaines revendications jugées plus importantes. Le ralliement de l’antispéciste Aymeric Caron à la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon est assez symptomatique de cet horizontalisme des luttes.</p>
<p>le crash politique de la crise covid</p>
<p>La préférence pour les affects plutôt que pour la rationalité, la défiance structurelle portée envers les institutions politiques et la stratégie consistant à considérer a priori comme légitimes toutes les luttes sociales portées par des communautés d’intérêts particuliers sans prendre la peine de développer une vision du monde structurée idéologiquement ont conduit certains militants de la France Insoumise à promouvoir un discours paranoïaque et à surfer sur des thèses complotistes lors de la pandémie de Covid-19.</p><p>La crise Covid peut être vue comme un extraordinaire révélateur politique. L’indifférence sociale, l’individualisme culturel et le mépris pour les services publics a logiquement conduit une partie de la droite libérale à minimiser les conséquences du covid et à promouvoir des stratégies visant à laisser prospérer le virus ou à n’imposer des contraintes qu’aux « populations à risque » sans qu’on sache toujours très bien comment les définir. Il n’est à ce titre pas étonnant que Didier Raoult, dont les accointances politiques avec la droite sont avérées depuis des années, soit devenu le chef de file des « rassuristes ». De même, les réactions libertariennes du journaliste Jean Quatremer fustigeant toutes les mesures sanitaires au nom des libertés individuelles ne sont pas si étonnantes pour ce défenseur du néolibéralisme Bruxellois. Enfin, le fait que les mouvements anti-masques et antivax soient noyautés par des groupuscules d’extrême-droite adeptes des théories complotistes est plus ou moins dans l’ordre des choses.</p><p>En revanche, les ambiguïtés de la France Insoumise vis-à-vis de la crise sanitaire témoignent d’une profonde confusion idéologique. Ma thèse est que cette confusion est la conséquence de la stratégie populiste.</p><p>La crise sanitaire et les confinements ont créé une grande angoisse. La gestion chaotique de la pandémie par le gouvernement ainsi que ses multiples revirements ont légitimement renforcé la défiance. Passé l’épisode de sidération, cette angoisse a suscité des mouvements de contestation contre les restrictions à la mobilité, contre les fermetures des lieux de socialisation, contre le port du masque et la politique vaccinale. Très vite, ces mouvements ont pris des formes populistes dans le sens où ils étaient nourris et se nourrissaient d’une défiance généralisée envers les autorités politiques, médicales, journalistiques et scientifiques et qu’ils faisaient preuve d’une grande virulence.</p><p>À gauche, l’ouvrage de Barbara Stiegler sur la gestion de la pandémie (11)a renforcé l’idée que la crise Covid a été instrumentalisée par le pouvoir pour provoquer l’enfermement des populations et le contrôle des libertés.</p><p>La philosophe, qui a rejoint le Parlement de l’Union populaire en décembre 2021, estime notamment que « ce virus ne peut avoir de conséquences graves, dans l’immense majorité des cas, que sur des organismes déjà affaiblis, soit par le grand âge, soit par des facteurs de comorbidité ». Cette affirmation, infirmée par le consensus médical, conduit Stiegler à écrire que nous ne vivrions pas une pandémie (« pan » étant un préfixe suggérant la totalité d’un ensemble), mais « en Pandémie », c’est-à-dire sur un continent qui entendrait gouverner la société sur le modèle chinois.</p><p>La gestion chaotique de la pandémie par le gouvernement ainsi que ses multiples revirements ont légitimement renforcé la défiance.</p><p>« Ce tout nouveau continent mental, avec sa langue, ses normes et son imaginaire, ce sont les dirigeants chinois qui ont été les premiers à l’explorer. C’est donc eux qui ont tout à nous apprendre, tandis que les Américains et leurs cousins britanniques n’ont rien vu venir. En Pandémie, c’est la Chine désormais qui domine. Non plus seulement économiquement. Mais aussi moralement, culturellement et politiquement.</p><p>Comme tout continent, la Pandémie a une langue qui se décline en idiomes nationaux. Mais ceux-ci traduisent des dispositifs inventés par la Chine : « confinement », « déconfinement » et « reconfinement », « traçage », « application » et « cas contacts ». C’est une esthétique nouvelle qui se dessine : « Un monde cybersécurisé où chaque individu est suspect (d’être malade), fiché, tracé, code-barrisé. Code vert : vous circulez. Code rouge : vous êtes arrêté-e. […] Comment passe-t-on du vert au rouge ? C’est automatique : si vous croisez des gens malades, une zone infestée, voire des idées douteuses ». (12)</p><p>Passons sur le fait que la gestion chinoise de la pandémie, fondée sur la stratégie « zéro covid », fut extrêmement différente de celle des États-Unis ou des pays européens. Ce qui est caractéristique de cette vision et qui témoigne de son aspect populiste est qu’elle implique une profonde défiance institutionnelle. Son discours s’appuie sur le schéma suivant :</p>
<p>Le gouvernement sert les intérêts de l’oligarchie.<br />L’oligarchie a pour projet de contrôler et d’asservir la population. Si elle n’a pas créé le virus, elle a profité de son apparition pour mette en œuvre un plan de contrôle de la société.<br />Toutes les institutions qui participent à la gestion de la crise sanitaire et à la promotion du discours gouvernemental (les autorités médicales, les journalistes, les administrations des hôpitaux, les sociétés pharmaceutiques…) participent, consciemment ou non, à cette politique d’asservissement.</p>
<p>Dans cet univers mental, la lutte contre les outils « de contrôle » tels que les passes sanitaire ou vaccinal devient logiquement une priorité politique. En déplacement en Martinique, territoire durement touché par le Covid et où le taux de vaccination est particulièrement faible, la députée FI Mathilde Panot déclarait : « Au pouvoir, je le dis ici devant vous : nous mettrons fin à cette politique autoritaire de santé. Et le 13 janvier, lors de notre niche parlementaire […] nous allons présenter un texte qui demande de mettre fin au régime d’exception de santé, qui veut enlever le plein pouvoir sanitaire à Emmanuel Macron, et qui mettra fin au pass sanitaire et au pass vaccinal »(13). Notons que les expressions utilisées telles que « politique autoritaire de santé », « régime d’exception », « plein pouvoir sanitaire », renvoient à la stratégie d’extrême-droitisation de la politique gouvernementale exprimée plus haut.</p><p>Les appels à la mobilisation citoyenne contre les mesures sanitaires lancés par la France insoumise se doublent d’un principe de défiance vis-à-vis des vaccins, notamment les vaccins à ARN messager, pourtant les plus efficaces contre les formes graves de la maladie. « Je ne suis pas rassuré par un procédé qui est tout à fait nouveau et dont on ne connaît pas les conséquences. Je préfère les formes traditionnelles de vaccination », expliquait Jean-Luc Mélenchon au micro de LCI alors que la campagne de vaccination venait de débuter. « Je veux pouvoir choisir » et ne « pas être un cobaye » ajoutait-il(14). Un an plus tard, il apportait son soutien aux soignants guadeloupéens en grève contre l’obligation vaccinale et rencontrait le leader du mouvement Elie Domota, saluant ceux « qui ne se laissent pas mater ». Dans une interview donnée à la chaine locale Canal 10, il exprimait ses doutes sur d’éventuelles conséquences inflammatoires que pourraient avoir le vaccin dans une population contaminée par le chlordécone(15). Invité quelques semaines plus tard sur France Inter, Jean-Luc Mélenchon refusait d’appeler publiquement ses concitoyens à se faire vacciner, estimant qu’une telle prise de position de sa part aggraverait « la pagaille qui existe aujourd’hui dans les DOM ». « Le fait d’être contaminé n’empêche pas d’être contaminé et ne vous empêche pas de contaminer les autres » ajoutait-il avant de conclure : « Moi je suis vacciné, faites comme vous l’entendez. Mais ne faisons pas croire que la vaccination est la réponse unique. Et c’est ce que fait le gouvernement. Il passe son temps à dire : ‘‘si vous êtes vacciné il n’y aura plus de risque’’. Ce n’est pas vrai ! »(16).</p>
<p>Populisme de droite et populisme de gauche : un rapport différent aux institutions </p>
<p>La manière dont la France Insoumise s’est emparée de la politique sanitaire illustre le double rapport que le populisme de gauche entretient avec institutions. D’une part les mouvements populistes se nourrissent de la défiance envers les institutions, d’autre part ils participent activement à alimenter cette défiance. Le discours sous-jacent de tout populisme, de droite ou de gauche, est que les institutions sont corrompues par une élite dont les intérêts sont contraires à ceux du peuple. Dès lors, le leader populiste est amené à décrire les responsables politiques, le gouvernement, mais aussi les médias, les autorités sanitaires, les revues scientifiques, les parti politiques traditionnels… comme étant à la solde d’un système oligarchique.</p><p>Ce projet traditionnel de la gauche, l’idée de développer une collaboration harmonieuse entre l’individu et les institutions, est mis en danger par la stratégie du populisme de gauche.</p><p>Le problème de cette vision est qu’elle rompt avec le rapport traditionnel que la gauche entretient vis-à-vis des institutions. La gauche est naturellement pro-État, pro-éducation publique, pro-système de santé généralisé, pro-science… Elle est donc spontanément favorable aux institutions. Plus précisément, le discours de gauche porte une vision des institutions qui n’est ni réactionnaire ni ultralibérale. À la différence de la vision réactionnaire, la vision de gauche estime que les individus n’ont pas à se soumettre aveuglément ni à se laisser dominer par des institutions sociales surplombantes (État, religion, traditions…). Dans l’approche rousseauiste, l’émancipation procède d’un contrat de reconnaissance réciproque entre la société et les individus. Ainsi, les institutions sociales tirent leur légitimité d’une conjugaison éclairée des volontés individuelles qui s’incarnent en elles. La vision de gauche se démarque également de celle des ultralibéraux pour lesquels la société se résume à l’addition d’individus ou de communautés mus par leurs intérêts propres. À l’inverse, la conception institutionnaliste de la gauche reconnait que l’individu pur est une fiction et que les communautés ne sont légitimes que si elles s’insèrent dans un ordre commun et acceptent les règles collectives.</p><p>Ce projet traditionnel de la gauche, l’idée de développer une collaboration harmonieuse entre l’individu et les institutions, est mis en danger par la stratégie du populisme de gauche. En développant une critique aveugle fondée sur la multiplication des antagonismes au nom de la conquête du pouvoir et de la lutte pour l’hégémonie, en cultivant « le bruit et la fureur » pour délégitimer les institutions sociales accusées d’être sous l’emprise hégémonique du néolibéralisme, la gauche populiste en vient à construire la même représentation du monde que celle des ultralibéraux. Elle produit un imaginaire dans lequel le monde serait essentiellement composé d’individus mus par leurs passions et leurs intérêts, un monde peuplé de personnes sans convictions partagées, sans idéologie, sans collectif, et dans lequel l’État n’émane pas d’une conception de l’intérêt général mais serait le pur instrument d’intérêts particuliers.</p><p>Tout projet démocratique suppose un minimum de confiance entre les citoyens. La gauche n’a pas d’avenir si son projet est de combattre les institutions qui sont au cœur de notre société. « Rassembler le peuple » est un slogan creux si on refuse d’admettre que le « peuple » n’est pas uniquement un rassemblement d’intérêts particuliers en lutte contre l’hégémonie néolibérale mais un ensemble cohérent d’individus qui ont développé des liens de confiances les uns envers les autres à travers des institutions sociales et qui partagent un destin commun. Si le peuple n’est qu’une collection d’intérêts, il n’est guère différent d’un tas de sable dont les grains sont désorganisés et s’amassent sans structure, sans classe et sans nation.</p><p>En fait, le populisme renforce systématiquement une vision du monde qui est spécifique à la droite. En dessinant un monde anomique dans lequel les individus seraient livrés à eux-mêmes, il légitime les conceptions réactionnaires qui entendent réunir le peuple sous des institutions transcendantes fondées sur la religion, les identités culturelles ou une vision fantasmée de l’histoire. Il participe aussi à renforcer le discours ultralibéral qui glorifie la liberté individuelle et nie la légitimité de toute organisation collective, en même temps que l’existence d’un bien commun. Ainsi, en développant une critique aveugle fondée sur les affects, le populisme de gauche tend à renforcer les visions réactionnaires ou libertariennes de la société. Loin de défendre les luttes sociales en proposant une vision cohérente, il nourrit les contestations de toute sorte, ce qui renforce la crise de confiance et affaiblit les bases de la démocratie.</p>
<p>Pour une gauche de la raison </p>
<p>Il est important de reconnaît que les populismes ne sont pas apparus sans raison. La défiance institutionnelle actuelle s’explique par le fait que beaucoup d’institutions publiques ont été perverties de leur fonction initiales et que l’État lui-même a perdu en légitimité en se montrant impuissant à répondre aux enjeux sociaux et économiques qui ont été révélés par la crise de 2008, et qu’il apparaît également impuissant à répondre de manière satisfaisante à la question climatique. Le cadre européen et la mondialisation, qui soumettent l’économie française à une concurrence sans véritable régulation politique, ont poussé les gouvernements français à mener des politiques similaires, fondées sur des mesures d’attractivité au bénéfice du capital, en espérant attirer les investissements et les emplois. Ces mesures ont été payées par un accroissement de la fiscalité des ménages (notamment via la hausse des taxes sur la consommation), par la baisse des retraites, mais aussi par un affaiblissement des services publics. Le sentiment de défiance d’une grande partie de la population et le désintérêt grandissant qu’elle éprouve envers le fonctionnement de la démocratie sont les conséquences logiques de ces politiques qui semblent se mener contre les gens et non pour eux.</p><p>Un projet de gauche doit donc faire des choix. Et ces choix doivent être fondés sur la raison plutôt que sur les affects. Pour cela, il faut en revenir aux fondamentaux et commencer par admettre que la structuration politique d’une société est d’abord fondée sur des rapports sociaux, et que ces rapports sociaux s’inscrivent dans des rapports économiques.</p><p>Pour autant, il faut aussi reconnaître que le rassemblement des colères est insuffisant pour porter un véritable projet de gauche. On ne peut pas défendre et légitimer tous les mouvements d’opposition au néolibéralisme au prétexte de construire une « chaine d’équivalence ». On ne peut pas à la fois s’affirmer féministe et tolérer le voilement des petites filles ; on ne peut pas d’un côté défendre les personnels hospitaliers épuisés par le covid et de l’autre refuser d’appeler la population à se faire vacciner ; on ne peut pas s’opposer à l’intégration européenne tout en renonçant à défendre le cadre national ; on ne peut pas proposer de sortir du marché et de la mondialisation néolibérale sans penser les frontières économiques et la souveraineté nationale. Enfin, on ne peut pas articuler l’écologie et le social tout en adoptant une vision libertaire fondée sur la détestation de toutes contraintes et en promouvant les droits individuels à la consommation.</p><p>Un projet de gauche doit donc faire des choix. Et ces choix doivent être fondés sur la raison plutôt que sur les affects. Pour cela, il faut en revenir aux fondamentaux et commencer par admettre que la structuration politique d’une société est d’abord fondée sur des rapports sociaux, et que ces rapports sociaux s’inscrivent dans des rapports économiques. De ce fait, la politique ne peut se résumer au combat culturel. Elle doit d’abord repenser les contraintes et proposer une vision cohérente du monde au lieu de légitimer par avance les revendications de groupes d’intérêt diverses qui affirment s’opposer au néolibéralisme.</p><p>Développer cette pensée et promouvoir une vision cohérente suppose de renoncer à la mise en avant de thématiques qui ne servent qu’à renforcent les identités politiques, à faire du « like » sur les réseaux sociaux et à rassembler les militants de son camp. Ces pratiques relèvent peut-être d’une stratégie électorale efficace dans l’art de faire du buzz mais ne suffisent pas à développer et à promouvoir un projet politique. Pour cela il faut nécessairement en passer par la hiérarchisation des luttes, ce qui suppose de renoncer à certains objectifs afin d’en privilégier d’autres au nom de la raison et non au nom des intérêts des uns contre les intérêts des autres.</p><p>La bataille culturelle n’est pas dissociable de la bataille idéologique. Mais, plus fondamentalement, la bataille idéologique nécessite de s’appuyer sur une conception claire du bien commun et de l’intérêt général. Chantal Mouffe n’a pas tort d’affirmer que la politique est le terrain d’affrontement des antagonismes ; elle a raison de se méfier de l’illusion commode du consensus dans laquelle la gauche gestionnaire s’est fourvoyée. Rendre du sens à la politique, c’est bien réaffirmer l’existence de clivages structurants au sein de la société. Il n’en reste pas moins qu’une vision politique ne peut se passer d’un projet de société susceptible d’intégrer les adversaires du jour dans un nouvel espace collectif à construire.</p><p>Enfin, la gauche doit réaffirmer que son but est de construire de nouvelles institutions et d’instaurer un rapport de confiance entre ces institutions et les individus. Elle doit défendre la démocratie représentative et cesser de propager une vision du monde apocalyptique dans lequel prévaudrait la guerre de tous contre tous. Un tel tableau ne peut que susciter l’effroi et renforcer le besoin d’autorité et les visions paranoïaques qui sont au cœur du populisme de droite.</p><p>Références</p><p>(1)Mouffe, C. Pour un populisme de gauche, Albin Michel, 2018.</p><p>(2)Mouffe, C. L’Illusion du consensus, Albin Michel, 2016.</p><p>(3)Mathoux, H. Mélenchon : la chute. Comment La France insoumise s’est effondrée, Editions du Rocher, 2020.</p><p>(4)Toutes les citations sont extraites de Pour un populisme de gauche (2018).</p><p>(5)Cayla, D. Populisme et néolibéralisme, il est urgent de tout reconstruire, De Boeck Supérieur, 2020.</p><p>(6)Abel Mestre « LFI, accusée de complaisance avec le communautarisme, veut clarifier sa vision de la laïcité et de la République », Le Monde du 27/10/2020.</p><p>(7)<a href="https://twitter.com/jlmelenchon/status/1192796104183730176">https://twitter.com/jlmelenchon/status/1192796104183730176</a></p><p>(8) Pezet, J. Libération, Checknews, « Qu’a dit Henri Peña-Ruiz sur le ‘‘droit d’être islamophobe’’ lors de l’université d’été de La France insoumise ? », 26/08/2019, en ligne.</p><p>(9)« Charte des candidat·e·s de la France insoumise », en ligne sur <a href="https://lafranceinsoumise.fr/campagne-legislatives-2017/charte-candidat-e-s/">https://lafranceinsoumise.fr/campagne-legislatives-2017/charte-candidat-e-s/</a></p><p>(10)Jeanbart B., Ferrand, O. Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ?, Terra Nova, en ligne sur <a href="https://tnova.fr">https://tnova.fr</a>.</p><p>(11)Stiegler, B. De la démocratie en pandémie : santé, recherche, éducation, Gallimard, Coll. Tract, 2021.</p><p>(12) B. Stiegler 2020, op. cit.</p><p>(13)Herreros, R. « « Mettre fin au pass vaccinal »: la promesse de Panot en pleine vague épidémique passe mal », Huffpost, 19/12/2021, en ligne.</p><p>(14)« Covid-19 : Jean-Luc Mélenchon Mélenchon ‘‘pas rassuré’’ par le vaccin Pfizer », Le Figaro / AFP, 10/01/2021, en ligne.</p><p>(15)Toussay, J. « Aux Antilles, Jean-Luc Mélenchon surfe sur la défiance liée au chlordécone », Huffpost, 19/12/2021, en ligne.</p><p>(16) « Sixième République, libertés fondamentales, Union européenne : Jean-Luc Mélenchon répond aux questions du 7/9 », France Inter, le 3/01/2022, en ligne.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 31 Dec 2022 23:49:32 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/895/%C2%AB-on-n%E2%80%99oublie-rien-%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[« On n’oublie rien »]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>La longue patience du peuple français qui supporta sous Louis XIII, sous Louis XIV, puis sous Louis XV, que la richesse fruit de son travail qu’on lui extorquait avec de plus en plus d’intensité et de sévérité puisse servir non au bien commun, mais aux petits, menus et grands plaisirs de la Cour et de quelques aristocrates, prit fin sous Louis XVI, et ce fut 1789.<br /> <br />À partir de 1730 et jusqu’à 1780, pendant 50 ans se succèderont une série de mouvements peu ou mal organisés, des sortes de jacqueries, qui s’adressaient au souverain en lui demandant d’écouter son peuple, en lui demandant de faire ce dont son peuple avait besoin, et qui s’efforçaient d’exprimer les besoins, les souffrances et les aspirations de ce peuple.<br /> <br />Ce ne fut que la répression qui répondit à cela et à aucun moment le souhait, de la part des élites dirigeantes, d’écouter ces propos, de tenter de les comprendre ou de les prendre en compte.<br /> <br />Les élites avaient ce que l’on appellerait aujourd’hui leur propre « agenda » dont elle ne se départissaient pas, et qui les conduisait à enrichir quelques fermiers généraux ou quelques grands commis, et surtout la Cour, le roi et sa famille.<br /> <br />C’est cette accumulation qui conduisit, le moment venu, à ce que l’addition soit présentée à Louis Capet, seizieme du nom, au titre de ses père, grand-père et bisaïeul, car au fond le peuple n’avait rien oublié, le peuple a souffert, le peuple a enduré, mais à un moment, le peuple s’est réveillé, et il a réclamé la réparation du passé. Peut-être plus encore que la réparation, la vengeance…<br /> <br />On peut juger, et probablement à juste titre, que la tournée de Paris – acclamée en arrivant dans chaque quartier – de la tête de la princesse de Lamballe sur une pique – que l'on voit reproduite sur cette illustration – était injuste pour cette femme qui n’était finalement que la dame de compagnie de Marie Antoinette d’Autriche, reine de France.<br /> <br />Son sort devrait cependant faire réfléchir aujourd’hui ceux qui en font tellement trop qu’ils pourraient inspirer un jour au peuple des excès regrettables. <br /> <br />On peut penser, comme l’écrivent la plupart des analystes sérieux, que l’on va vers des convulsions. Des convulsions qui pourront être d’une violence inouïe. Que ce fut un ancien ministre de l’intérieur, pourtant partisan et ami de Macron, que ce soient des sociologues, des politologues, des praticiens de diverses sciences humaines, le diagnostic est là. Cela arrivera.<br /> <br />Personne ne peut dire quand, et surtout personne ne peut dire sur quoi cela débouchera. <br /> <br />Mon sentiment et que cela débouchera probablement sur la volonté d’inverser la réalité actuelle perçue, et paradoxalement, c’est sous les apparences de la licence, du wokisme, et de toutes sortes de stupidités de l’extrême-gauche du Capital qu’elle se présente de la façon la plus prétentieuse et la plus ouvertement agressive pour le peuple et ses traditions. On peut donc penser que ce sera un retour autoritaire à l’ordre moral qui s’opposera à la perspective d’un autre totalitarisme, « cool » celui-là dans lequel nous sommes engagés.<br /> <br />On coupera peut-être quelques têtes qui en auront trop fait, mais cela ne suffira pas à définir un mode d’organisation meilleur. <br /> <br />Pour cela il faudrait que le système actuel laisse place au débat public en raison, qui seul pourrait éloigner le spectre des violences.<br /> <br />Or celui-ci le verrouille totalement pour ne laisser passer que ce qui ressemble à ses représentations de petits bourgeois des catégories supérieures favorisés par la globalisation financière et qui ne voit dans toute protestation populaire que le fascisme la gauloise, le diesel, la stupidité et l’antisémitisme.<br /> <br />Le système médiatique des milliardaires sélectionne et exclut impitoyablement. <br /> <br />Il y a ceux qui ont le droit de parler pour ne rien dire, et produisent la pauvreté absolue de l’offre politique qui nous est présenté à chaque élection. Et il y a ceux qui n’acceptent pas un système où règne l’insignifiance, ils sont définitivement interdits de parole, et ne peuvent donc rencontrer le peuple.<br /> <br />C’est donc vers une violence renforcée qui aboutira sur une situation extrêmement difficile que ce système d’abrutissement de la société, propriété des milliardaires et produit de la logique de ce système, nous emmène.<br /> <br />En ce Premier de l’an, qui est aussi un dimanche, où – lorsque je ne suis pas interdit de parole – je place une chanson sur ce mur, cela me conduit à vous faire entendre une chanson au titre tellement d’actualité…<br /> <br />En 1961, sur une musique de Gérard Jouannest, Jacques Brel écrira et interprétera « On n’oublie rien » :</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/894/blackrock-to-take-zelenskyy%E2%80%99s-panhandling-act-to-the-next-level</guid>
	<pubDate>Sat, 31 Dec 2022 22:28:32 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/894/blackrock-to-take-zelenskyy%E2%80%99s-panhandling-act-to-the-next-level</link>
	<title><![CDATA[Blackrock to Take Zelenskyy’s Panhandling Act to the Next Level]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Blackrock is the world’s largest asset management and investment firm. It invests <a href="https://www.cnbc.com/2022/03/24/blackrocks-larry-fink-who-oversees-10-trillion-says-russia-ukraine-war-is-ending-globalization.html">more than $10 trillion in client funds</a>, a mountain of cash that casts a shadow over the GDP of many countries, including Germany, the fourth largest GDP in the world. It is fair to say it controls, or has outsized influence, on the Federal Reserve, Wall Street banks, including Goldman Sachs and Vanguard, the WEF meet and greet at Davos (and its control freak Great Reset), and all that follows, including President Biden and Congress.</p><p>Larry Fink, the founder, and CEO of Blackrock has <a href="https://discernreport.com/corrupt-volodymyr-zelensky-brings-in-globalist-blackrock-ceo-larry-fink-to-coordinate-ukraines-money-laundering/">teamed up with the Man in Perpetual Green</a>, Ukrainian President Volodymyr Zelenskyy. “Specialists of this company are already helping Ukraine to structure the fund for the reconstruction of our state,” said Green Man after a video call with Fink, according to <a href="https://www.businesslive.co.za/bloomberg/news/2022-12-28-zelensky-prepares-for-ukraines-participation-at-wef-in-davos/">Bloomberg</a>.</p><p>Zelenskyy has taken his worldwide panhandling act to the next level. According to <a href="https://www.president.gov.ua/en/news/prezident-obgovoriv-z-generalnim-direktorom-blackrock-koordi-80105">Zelenskyy’s government web page</a>—up and running, although average Ukrainians are freezing in the dark—Larry Fink will help drum up the funds to rebuild what will be blown up again. (As for Zelenskyy’s website, it is safe for the moment, hosted as it is in Santa Clara, California.)
</p><p>In accordance with the preliminary agreements struck earlier this year between the Head of State and Larry Fink, the BlackRock team has been working for several months on a project to advise the Ukrainian government on how to structure the country’s reconstruction funds.</p>
<p>Zelenskyy and Fink “agreed to focus in the near term on coordinating the efforts of all potential investors and participants in the reconstruction of our country, channelling investment into the most relevant and impactful sectors of the Ukrainian economy,” <a href="https://www.cnbc.com/2022/12/28/zelenskyy-blackrock-ceo-fink-agree-to-coordinate-ukraine-investment.html">CNBC</a> reports.</p>
<p>Good luck with that. It might be a good idea to glance at Ukraine’s massive corruption before investing a dime in that black hole. According to <a href="https://borgenproject.org/10-facts-about-corruption-in-ukraine/">Transparency International</a>, Ukraine is the second most corrupt country in Europe and <a href="https://nationalinterest.org/blog/buzz/ukraine-one-world%E2%80%99s-most-corrupt-countries-49712">ranked 120 out of 182</a> of the most corrupt countries in the world.</p><p>According to <a href="https://uacrisis.org/en/54793-top-5-ukrainian-oligarchs">Dragon Capital</a>, the richest Ukrainian oligarchs in 2016, two years after the USG-orchestrated coup in Kyiv, have accumulated over $11 billion, almost 13% of Ukraine’s GDP.</p><p>Much of the money accrued by Rinat Akhmetov, Ihor Kolomoyskyi, Victor Pinchuk, and former president and confectionary/automotive magnate Petro Poroshenko, was taken through the neoliberal organized theft of public assets, known as privatization. Kolomoyskyi is a major funder of the neo-Nazi group, Right Sector. He is widely seen as the <a href="https://warsawinstitute.org/kolomoyskyi-imf-problem-zelensky/">puppet master</a> of the former comedian and current president Zelenskyy. His reach includes <a href="https://kolomoyskyi.anticorax.org/">business operations in the US</a>.</p><p>Ukraine is a money launderer’s dream come true. Its banking sector thrives on Ponzi schemes. Oligarchs reap fortunes skimming billions from government-subsidized gas prices. Corrupt officials collaborate with oligarchs to monopolize business. In 2015, it was determined less than 50 percent of businesses in Ukraine turned a profit, and 9.8 of all business operations were controlled by and benefited corrupt government officials and the oligarchs they work for.</p><p>In July, the <a href="https://www.npr.org/2022/07/20/1112414884/corruption-concerns-involving-ukraine-are-revived-as-the-war-with-russia-drags-o">Associated Press</a> reported,
</p><p>Ukrainian President Volodymyr Zelenskyy's dismissal of senior officials is casting an inconvenient light on an issue that the Biden administration has largely ignored since the outbreak of war with Russia: Ukraine's history of rampant corruption and shaky governance.</p>
<p>Of course, Biden—or that is, since he is obviously cognitively impaired, his neocon “advisers”—do not give a hoot about the suffering of average Ukrainians victimized by free-hand oligarchs and corrupt government officials. It’s all about Russia, China, and the role of the world hegemon.</p>
<p>Earlier this year, <a href="https://www.cnbc.com/2022/03/24/blackrocks-larry-fink-who-oversees-10-trillion-says-russia-ukraine-war-is-ending-globalization.html">Larry Fink told stockholders</a> “Russia’s invasion of Ukraine is reversing the long-running trend of globalization.” Strangely, Fink seems to believe Russia’s effort to keep NATO out of Ukraine and away from its western border has “exacerbated the polarization and extremist behavior we are seeing across society today.” Submit, lest you be tarred and feathered as a polarized extremist.</p><p>It now appears Fink’s cherished globalization is headed for the rocks as <a href="https://www.forbes.com/sites/rebeccaszkutak/2022/03/23/record-setting-venture-capital-market-shows-signs-of-a-slowdown/?sh=2b4a31b13f47">the growth of capital markets slow</a> and the centrally managed economy pivots toward recession (actually a full-blown depression, but this scary subject is rarely broached in the respectable, misinformation, narrative-strict corporate propaganda media).</p><p>Larry’s not alone in his waking nightmare. Oaktree Capital Management founder Howard Marks also loses sleep over the demise of centralized, corporate-driven, neoliberal-infused, government-enforced globalization. <a href="https://www.weforum.org/agenda/2022/04/globalization-decline-ukraine-war/">Marks and WEF</a> said in April “the war is forcing the pendulum of international affairs to swing away from globalization as companies and governments rethink their interdependence.”
</p><p>To be sure, authoritarian regimes often cut themselves off from the global market for a host of reasons—Russia’s Vladimir Putin is just one example.</p>
<p>If not for lies, these guys would stand naked. According to the World Economic Forum, Putin is an “authoritarian” because he understands the global elite want to kill him, destroy Russia, and turn its JDAM-blasted smoldering remains into mutually hostile little bantustans, thus easily plundered and controlled. It has nothing to do with interdependence or the joke that is democracy. That’s feel-good PR pablum designed to deceive you.</p>
<p>“The basic problem with globalization is not hard to grasp,” writes <a href="https://www.europereloaded.com/putin-on-globalization-bonehead-elites-and-the-ever-shrinking-middle-class/">Mike Whitney</a>. “The giant corporations have outsourced millions of high-paying manufacturing jobs to low wage platforms across Asia leaving behind thousands of shuttered factories and broken communities, a sharp spike in opiate addiction, and the steady erosion of living standards.”</p><p>Putin argued the elite are oblivious to the effect of their predation. I disagree. Pathocrats enjoy witnessing the misery of millions, that’s how they get their jollies. If they are oblivious to anything, it is that many of them may be swinging from lamp posts before this is over.
</p><p>It seems like elites don’t see the deepening stratification in society and the erosion of the middle class…(but the situation) creates a climate of uncertainty that has a direct impact on the public mood. Sociological studies conducted around the world show that people in different countries and on different continents tend to see the future as murky and bleak. This is sad. The future does not entice them, but frightens them. At the same time, people see no real opportunities or means for changing anything, influencing events and shaping policy. As for the claim that the fringe and populists have defeated the sensible, sober and responsible minority—we are not talking about populists or anything like that but about ordinary people, ordinary citizens who are losing trust in the ruling class. That is the problem.</p>
<p>Zelenskyy and Fink are preparing to turn a profit on the destruction of Ukraine. “Bringing in BlackRock signals the beginning of the much-anticipated shift from bilking taxpayers to bilking private investors,” writes <a href="https://discernreport.com/corrupt-volodymyr-zelensky-brings-in-globalist-blackrock-ceo-larry-fink-to-coordinate-ukraines-money-laundering/">JD Rucker</a>.</p>
<p>BlackRock will wield its tremendous influence over corporations across the globe to funnel as much private equity into the nation as possible where the money will be distributed to all powerful parties [oligarchs] that need their palms greased.</p>
<p>Corrupt government officials (many of them Ukronazis) and the psychopathic oligarchs they serve will profit from the Zelenskyy-Fink scheme to rebuild what Russia will knock down. Russia is determined, for the sake of its national security, to turn Ukraine into a toothless, nazi- and NATO-free rump state, a former oligarch-dominated state busted up into little harmless and easily controlled remnants.</p>
<p>I don’t have a crystal ball, but I believe Zelenskyy will ultimately flee the country with a proverbial suitcase stuffed with <a href="https://americanmonetaryassociation.org/2010/12/09/how-the-us-dollar-came-to-be-a-fiat-currency/">fiat greenbacks</a> and <a href="https://seekingalpha.com/article/2850716-massive-devaluation-of-the-euro">equally devalued paper money</a> of the European Union, following in the footsteps of previous defeated and humiliated autocrats.</p><p>Larry Fink will continue to be Larry Fink. He will push “<a href="https://nypost.com/2022/02/19/larry-fink-as-wall-st-dr-evil-woke-within-reason/">stakeholder capitalism</a>,” squeaky clean window dressing for predatory neoliberalism. Larry knows what side of his bread gets the butter, that’s why he has embraced “woke” politics. “Stakeholder capitalism might just force CEOs to think twice before doing things that hurt the public,” the New York Post surmises.</p><p>More PR poison. For “Klaus Schwab and the WEF, the framework of stakeholder capitalism must be globalized,” observes <a href="https://mises.org/wire/great-reset-part-iv-stakeholder-capitalism-vs-neoliberalism">Michael Rectenwald</a> at Mises Wire. Schwab and the WEF have high hopes for rebranded neoliberalism merged with the preposterous “woke” ideology.</p><p>Not going to happen. The collective nations of the world, led by the example of Russia, will ultimately pitch neoliberalism into the dustbin of history. The problem is WEF and globalist psychopaths, deluded by mental illness and corrosive hubris. They may indeed begin the process of irradiating the planet and making any sort of social and commercial activity a relic of a forgotten past.</p><p>Reprinted with permission from <a href="https://kurtnimmo.substack.com/p/blackrock-to-take-zelenskyys-panhandling">Kurt Nimmo on Geopolitics</a>.<br />Subscribe and support <a href="https://kurtnimmo.substack.com/">here</a>.
</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/893/ukraine-bon-a-savoir</guid>
	<pubDate>Thu, 29 Dec 2022 22:06:57 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/893/ukraine-bon-a-savoir</link>
	<title><![CDATA[Ukraine : bon à savoir]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Pour ceux qui se demandent : "Pourquoi l'Ukraine est-elle importante, économiquement aussi ? " </p>

<p>Deuxième plus grand pays d'Europe par sa superficie et comptant une population de plus de 40 millions d'habitants, l'Ukraine occupe les rangs suivants :</p>

<p>1er rang en Europe pour les réserves prouvées récupérables de minerais d'uranium.</p>

<p>2ème place en Europe et 10ème place dans le monde en termes de réserves de minerai de titane</p>

<p>la 2e place mondiale en termes de réserves explorées de minerais de manganèse (2,3 milliards de tonnes, soit 12 % des réserves mondiales)</p>

<p>2ème place mondiale en termes de réserves de minerai de fer (30 milliards de tonnes)</p>

<p>2ème place en Europe en termes de réserves de minerai de mercure</p>

<p>3ème place en Europe (13ème place dans le monde) en termes de réserves de gaz de schiste (22 trillions de mètres cubes)</p>

<p>4e rang mondial pour la valeur totale des ressources naturelles</p>

<p>7e place mondiale en termes de réserves de charbon (33,9 milliards de tonnes)</p>

<p>L'Ukraine est un important pays agricole :</p>

<p>1ère place en Europe par la superficie des terres arables</p>

<p>3ème place mondiale pour la superficie des terres noires (25% du volume mondial)</p>

<p>1ère place mondiale pour les exportations de tournesol et d'huile de tournesol</p>

<p>2e rang mondial pour la production d'orge et 4e rang pour les exportations d'orge</p>

<p>3ème producteur et 4ème exportateur mondial de maïs</p>

<p>4e producteur mondial de pommes de terre</p>

<p>5e producteur mondial de seigle</p>

<p>5e rang mondial pour la production d'abeilles (75 000 tonnes)</p>

<p>8e rang mondial pour les exportations de blé</p>

<p>9ème rang mondial pour la production d'œufs de poule</p>

<p>16e rang mondial pour les exportations de fromage</p>

<p>L'Ukraine peut répondre aux besoins alimentaires de 600 millions de personnes.</p>

<p>L'Ukraine est un important pays industrialisé :</p>

<p>1er en Europe pour la production d'ammoniac</p>

<p>2ème réseau de gazoducs en Europe et 4ème au monde</p>

<p>3e en Europe et 8e dans le monde en termes de capacité installée de centrales nucléaires;l</p>

<p>3ème place en Europe et 11ème dans le monde en termes de longueur du réseau ferroviaire (21 700 km)</p>

<p>3e rang mondial (après les États-Unis et la France) pour la production de localisateurs et d'équipements de localisation.</p>

<p>3ème exportateur mondial de fer</p>

<p>4e exportateur mondial de turbines pour centrales nucléaires</p>

<p>4e fabricant mondial de lance-roquettes</p>

<p>4e place mondiale pour les exportations d'argile</p>

<p>4e rang mondial pour les exportations de titane</p>

<p>8e rang mondial pour les exportations de minerais et de concentrés</p>

<p>9e rang mondial pour les exportations de produits de l'industrie de la défense</p>

<p>10e producteur mondial d'acier (32,4 millions de tonnes).</p>

<p>L'Ukraine est importante. C'est pourquoi son indépendance est importante pour le reste du monde. Ces ressources sont la raison pour laquelle la Russie fait des pieds et des mains pour la prendre.</p>

<p><a href="https://bonpourlatete.com/journaliste/Jacques-PILET"><br />Jacques PILET </a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/891/banquier-daffaire-jai-ete-contributeur-et-spectateur-de-la-construction-d%E2%80%99une-chimere</guid>
	<pubDate>Wed, 28 Dec 2022 10:29:50 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/891/banquier-daffaire-jai-ete-contributeur-et-spectateur-de-la-construction-d%E2%80%99une-chimere</link>
	<title><![CDATA[&quot;Banquier d&#039;affaire, j&#039;ai été contributeur et spectateur de la construction d’une chimère&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Ma position de banquier d’affaire de l’économie réelle m’a rendu contributeur et spectateur de la construction d’une chimère. Après avoir été une source de satisfaction pour un quart des populations occidentales, l’imminence de sa révélation va montrer sa toxicité, conforme à l’image mythologique d’un animal malfaisant.</p><p>La découverte, par le plus grand nombre, de cette illusion qui est devenue l’unique support de l’Occident va ébranler la démocratie, l’économie de marché, le progrès social, l’état de droit, la fraternité et la solidarité humaine qui ont fait notre fierté. Les êtres humains et leurs dirigeants ont toujours caché une réalité désagréable derrière un décor plus flatteur. Ce n’est donc pas ce stratagème qui m’a surpris, c’est son ampleur. Cette ampleur est la raison de ma sidération que je ne peux taire.</p><p>Le « too big to fail » des heures précédant la faillite de Lehman exprime la confiance, pour ne pas dire la certitude, que le paradigme ne peut pas s’effondrer car les conséquences en seraient beaucoup trop graves. Les politiques, soutenues par les plus grands leaders d’opinions refusent, par lâcheté, ne serait-ce qu’envisager que le modèle néo-libéral-progressiste des trois dernières décennies soit désormais dans une phase irréversible de désagrégation. Le paradigme va disparaître pour les mêmes raisons qui ont fait sa gloire car le prochain « cygne noir » s’annonce plus violent que la faillite de Lehman.</p><p>Nuitamment et sans bruit, le capitalisme, dont je reste un fervent défenseur pour la globalité de ses mérites, s’est métamorphosé en néo-libéralisme dont je dénonce la nocivité.</p><p>Pour des raisons encore énigmatiques pour la science économique et pour le clergé néo-libéral, la croissance des gains de productivité, moteur de la croissance économique et des profits du XIXe et début du XXe siècle a entamé, mondialement, son déclin depuis les années 1970. Bien que ce processus soit avéré et documenté, il est tellement contre-intuitif qu’il est inadmissible. En effet, comment expliquer que la productivité, fruit de l’association de la technologie et de l’Homme, soit en régression à l’heure même où elle est la plus largement diffusée. La plus facilement accessible. La complexité très particulière de ce phénomène a obscurci sa visibilité et m’a empêché pendant vingt ans d’en comprendre l’origine et le mécanisme avant d’annoncer l’occurrence de son effondrement.</p><p>Condorcet et Hugo pouvaient s’émerveiller du Progrès dont ils étaient les témoins car il reposait sur une abondance croissante et une prospérité tangible pouvant être partagées. Bien que les grèves, les révoltes et révolutions réprimées dans le sang aient rythmé le XIXe et le XXe siècle, elles étaient suivies d’effets positifs car la taille du gâteau à partager ne cessait de croître. Il y a soixante ans, ce progrès matériel et social a été rebaptisé « croissance ». L’histoire des faits et la pensée économique s’accordent pour considérer que l’étape ultime de la croissance soutenant la démocratie, l’état de droit et la justice sociale requiert un état d’abondance correspondant à la phase dite de consommation de masse. Or cette étape a bel et bien été atteinte à la fin des trente glorieuses, postérieures à la dernière Guerre Mondiale.</p><p>« Il n’en fallait pas davantage pour mettre en œuvre des politiques recherchant délibérément une augmentation artificielle des patrimoines, indûment appelée "effet richesse". »</p><p>La consommation et les gains de productivité étant les deux ressorts de la croissance, nourrice de la prospérité moderne, il est essentiel de soutenir la première étant impuissant à ressusciter la seconde. Il est alors apparu évident que plus le patrimoine des ménages est élevé plus leur propension à consommer est importante. Il n’en fallait pas davantage pour mettre en œuvre des politiques recherchant délibérément une augmentation artificielle des patrimoines, indûment appelée « effet richesse ».</p><p>La Grande Illusion 2.0 est le résultat de cet effet, assumé ouvertement par les grands argentiers tels que Greenspan, Draghi ou Lagarde, avec la bénédiction des néo-libéraux-progressistes au pouvoir. Par ailleurs, l’effet patrimoine est plus efficace dans les pays où les actifs des ménages sont fortement financiarisés. Situation des pays anglo-saxons où les systèmes de retraites sont assurés par le principe de capitalisation géré par les fonds de pension.</p><p>Je situe à dessein la naissance de la Grande Illusion 2.0 immédiatement après la crise boursière d’Octobre 1987. Quand le 19 octobre de cette année-là, les bourses mondiales ont perdu en une journée près du quart de leur capitalisation, on comprend la panique du monde financier, étroitement lié au monde politique. De concert, ils ont tout mis en œuvre pour éviter que de telles catastrophes se reproduisent, étant tout aussi néfastes à leurs intérêts égoïstes qu’à l’ensemble de l’équilibre économique et politique des Occidentaux.</p><p>Les Etats-Unis d’Amérique restent le moteur de l’économie mondiale grâce à la prodigieuse propension d’une moitié des Américains à représenter, à eux seuls, près du quart de la consommation mondiale ! Avec l’immobilier, les actions et obligations dominent le patrimoine des ménages américains. De ce fait, l'évolution boursière conditionne le sentiment de richesse recherché. L’expansion exceptionnelle et onirique des marchés financiers depuis 1988 explique la persistance de la consommation américaine.</p><p>À LIRE AUSSI :<a href="https://www.marianne.net/economie/finance/speculation-royaume-uni-italie-chine-suisse-toutes-ces-bulles-pretes-a-exploser" target="_blank">Spéculation : Royaume-Uni, Italie, Chine, Suisse… Toutes ces bulles prêtes à exploser</a></p><p>Mais cet effet, dit de richesse, est le produit d’une gestion anormale de l'épargne. L’anormalité vient d’une pratique entamée autour des années 1990 qui n’a cessé de s’intensifier. C’est la baisse volontaire des taux d’intérêt directeurs par les grands argentiers, soutenus par les politiques, pour rendre gratuit l’endettement. Il n’en fut rien. On s’est trompé. On croyait doper l’activité économique, on a seulement nourri des bulles successives : Internet en 2000, Subprimes immobilières en 2007, Technologie en 2020. Des auteurs, souvent germaniques, ont qualifié cette pratique « d’épargne négative » ou de « taxation de l’épargne » populaire. Devant l’insuffisance de cette mesure pour soutenir durablement l’économie, les mêmes propagandistes du taux zéro ont délibérément favorisé la création monétaire. Les politiques monétaires accommodantes ont fleuri à la surface du globe, du Japon aux Usa en passant par la Chine et les pays européens. Ces mesures avaient pour seul effet d’inciter le recours à l’endettement systématique et massif. Pour que les ménages aient recours à toutes les formes de crédit revolving et autre crédit à la consommation. Pour que les entreprises, les régions, les municipalités, s’endettent pour soutenir leurs activités et la valeur de leurs actifs.</p><p>Ces techniques, d’apparence sophistiquée, sont très mathématisées mais elles reposent en fait toujours sur l’endettement. Les acteurs économiques, politiques et sociaux de tout rang que ce soient américains, chinois, français ou anglais sont à la même enseigne.</p><p>En surplomb des sociétés modernes, le monde de l’épargne et de l’investissement est en recherche de performances toujours plus élevées alors que l’activité réelle est incapable de les générer. Pour les atteindre, quoi qu’il en coûte, des professionnels de l’investissement recourent, depuis 1988, à l’endettement irréversiblement croissant.</p><p>À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/frederic-farah-la-banque-centrale-doit-ouvrir-un-nouveau-chapitre-de-son-histoire-monetaire" target="_blank">Frédéric Farah : "La Banque centrale doit ouvrir un nouveau chapitre de son histoire monétaire"</a></p><p>Les Etats, soucieux de ne pas révéler à leurs électeurs l’état de régression économique sous-jacente ont eu recours au déficit de façon délibérée et systématique. Déficit qui n’est que de la dette. On croit toujours que la France est le plus mauvais élève, ayant depuis 40 ans un déficit permanent. C’est vrai, mais c’est dans des proportions moitié moindre que la croissance américaine qui n’a été exclusivement que le fruit d’un déficit chronique, quasiment double de la France, pendant la même période. On admet que la croissance économique de nations comme les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la France aient été à crédit. On omet de dire que sans le recours à ce crédit, ces pays auraient été en récession depuis des décennies. Conclusion insensée et absurde qu’il est bienvenu de tourner en dérision. Mais conclusion de réalité.</p><p>Ce constat troublant, plonge nos certitudes dans un abîme de perplexité. On a caché que, contrairement aux apparences, la taille du gâteau des richesses réellement nécessaire aux citoyens n’a pas augmenté depuis 1988 au même rythme que dans les siècles précédents. Contrairement à la fortune, artificiellement créée, qui n’a cessé de croître.</p><p>Ayant personnellement participé à cette création factice de richesse je reste médusé, sidéré, stupéfait non pas par le phénomène mais par son ampleur. Que les trois dernières bulles des valeurs Internet, des subprimes et des technologies aient poussé à 30, 40 ou 50 % au-dessus de ce qu'on qualifie de valeurs intrinsèques serait concevable. Or nous sommes en présence d’une création de richesse, propulsant les valorisations 300, 400, 500% au-delà d’une loi normale. Et pour la première fois dans l’histoire.</p><p>Quand le cinéaste Jean Renoir présentait son chef-d’œuvre « la Grande Illusion » il constatait que la Grande guerre marquait la fin d’un monde d’élégance et de raffinement de certaines classes sociales ne pouvant échapper à leur destin de s’entretuer. En comparaison de son scénario, la version 2.0 de la Grande Illusion aura une dimension tragique pour le plus grand nombre car cette illusion est démesurée, extravagante. En l’espace d’une génération l’Occident a perdu ce qui fit sa suprématie : le discernement.</p><p>Comme toute chose sur terre est assujettie à la force de gravitation, les peuples médusés vont assister à la vérité cachée derrière le décor.</p><p>L’illusion est née de la dette gratuite. La désillusion va naître aussi de la dette, mais onéreuse. Quand le taux d'intérêt augmente, les ménages baissent leur consommation. Mais le plus grave est la baisse du patrimoine (ou de la richesse) composé d'actifs financiers qui va suivre la même trajectoire.</p><p>Les drames de l’Occident des derniers siècles ont été des engrenages mortifères souvent nés de malentendus. Celui d’aujourd’hui est d’avoir donné aux nations le sentiment factice de bénéficier, encore et toujours, de la marée montante du Progrès. Nous allons être, en dépit de tous les efforts et les artifices pour l’empêcher et la dissimuler, les spectateurs de la marée descendante faisant apparaître la régression des richesses utiles et nécessaires à la paix sociale. La boursoufflure historiquement hors norme des actifs n’a pas permis de changer le cours de l’histoire. Le reflux des marées d’équinoxe va mettre à jour les carcasses rouillées, témoins des conquêtes passées.</p><p>L’effet domino va se résumer à la baisse violente de la consommation américaine consécutive à la baisse de la valeur des actifs. C’est la Chine, dépendante du consommateur américain <a href="https://www.marianne.net/economie/ce-quimpliquerait-la-faillite-du-geant-immobilier-evergrande-le-lehman-brothers-chinois" target="_blank">qui en subira le plus d’effets</a> et affaiblira, par voie de conséquence, l’économie allemande qui est un de ses principaux fournisseurs. Or c’est la santé financière de l’Allemagne qui permet à des pays européens comme la France de contracter de nouvelles dettes à taux raisonnables pour rembourser ses anciennes dettes à taux bon marché.</p><p>« Ils ne prennent pas les mesures de soutien de l’activité socialement utile, certes incompatible avec la création de licornes. »</p><p>La paix sociale de l’Occident a été achetée en Europe par des prestations sociales financées par de la dette. La paix sociale dans les pays anglo-saxons a été nourrie de l’espoir de tout un chacun de participer à la fortune technologique qui n’a été, en fait, que le produit de l’endettement massif.</p><p>Le pire n’est pas que les Occidentaux soient contraints dans les deux prochaines années de retrouver le chemin d’une activité « humano centrée ». Ne pouvant pas gagner sur le champ de bataille, il faut redouter que des Poutine puissent gagner sur le champ des idées en montrant du doigt le chaos de l’Occident à venir. Nos gouvernements, prisonniers de leur certitude d’être dans le bien, dans le vrai et dans l’unique solution, refusent d’envisager un changement à 180° de leurs politiques. Ils ne prennent pas les mesures de soutien de l’activité socialement utile, certes incompatible avec la création de licornes.</p><p>Les quelques remèdes envisageables dépendent avant tout du diagnostic et de sa rapidité. Aucun médecin ne peut guérir un malade qui refuse d’admettre son état. Les youtubeurs admettent aisément mon diagnostic. Ceux du mainstream et de la doxa refusent ne serait-ce même que de l’écouter. Or, il risque d’être trop tard quand ils accepteront de le faire car le temps presse.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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