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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Sun, 17 Apr 2022 08:43:10 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[« Le dernier baiser »]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Il régnait le 3 mai 1981 une atmosphère un peu curieuse, qui ressemblait beaucoup à celle qui règne ce dimanche. </p>

<p>Les chroniqueurs politiques – Alain Duhamel et Jean-Pierre Elkabbach étaient déjà les papes de l’éditorialisme et du commentariat – étaient tous bien d’accord : même si l’on n’utilisait pas encore le terme, Valéry Giscard d’Estaing allait « enjamber » cette élection présidentielle et rester sept ans de plus à la tête de notre pays. Il n’y avait de toute façon pas d’alternative possible, si ce n’est un effroi sans fin au cas où serait élu son adversaire.   </p>

<p>Les sondeurs donnaient depuis toujours une confortable avance au président sortant, même si elle s’était érodée au fil du temps – il n’était plus qu’entre 52 et 54 % comme Macron aujourd’hui –. Mais, « en même temps » chacun sentait qu’il se passait peut-être quelque chose : et si l’impensable avait lieu…</p>

<p>Ce serait quelque chose proche de la fin du monde. </p>

<p>Raymond Aron, dont on loue aujourd’hui, notamment « à gauche », les talents de visionnaire, et l’extrême capacité à présenter des analyses nuancées, expliquait dans le Figaro que, si d’aventure était élu ce monstre de François Mitterrand, dès lundi 11 mai 1981, les chars russes défileraient sur les Champs Élysées, rien de moins.</p>

<p>Tous les gens importants avaient dit combien il était indispensable de voter Valéry Giscard d’Estaing au second tour de l’élection présidentielle.</p>

<p>Tous les gens chics, tous les gens bien, tous les gens qui avaient accès à la parole publique, mettaient en garde contre le communisme et le malheur dans lequel il plongerait le pays, et d’abord les plus faibles !</p>

<p>Tous ceux qui avaient mené le pays les 23 dernières années étaient rassemblés en rangs serrés derrière lui, comme le sont derrière Emmanuel Macron tous ceux qui ont mené le pays les 41 dernières années. Les haines interpersonnelles immenses qu’il y avait entre tous ces gens étaient bien plus faibles que celles qui séparent aujourd’hui ceux qui font corps, ceux qui font bloc, derrière le seul candidat possible : Emmanuel Macron. </p>

<p>Valéry Giscard d’Estaing était sûr d’être réélu, puisqu’il avait fait, au premier tour, à peu de chose près, le score d’Emmanuel Macron dimanche dernier, tandis que son concurrent avait fait, à peu de chose près également, le score de Marine Le Pen dimanche dernier.</p>

<p>On se relayait sur les plateaux de télévision, fort peu nombreux à l’époque – mais très suivis alors par la population qui ne disposait pas des réseaux sociaux –, pour expliquer à quel point tout cela était joué, à quel point, naturellement, il y avait toujours un risque, parce que le suffrage universel présente cette possibilité de sombrer dans l’inconnu et dans l’aventure, mais que les gens bien étaient plus nombreux que les aventuriers dans ce pays, et que l’on n’allait pas baisser pavillon devant le monstre socialo-communiste, monstre collectiviste qui allait couper les vaches et les chèvres en deux et socialiser les femmes.</p>

<p>Parce que c’était rien moins qu’un saut de civilisation qui nous était annoncé. </p>

<p>Il était expliqué par tous les gens importants, sans notables exceptions, que nous allions basculer d’un coup dans l’enfer communiste, de la même façon que l’on nous propose aujourd’hui de refuser de basculer dans l’enfer national-socialiste.</p>

<p>On nous rappelait les victimes des camps soviétiques, de la même manière qu’on nous chante Oradour-sur-Glane, on nous chantait la Sibérie et l’on nous racontait, dans le détail, comment on mourrait lorsqu’on n’avait pas les bonnes idées, à Moscou. </p>

<p>De doctes spécialistes nous expliquaient comment, si par malheur François Mitterrand était élu, la Ve République serait morte parce que la République serait tuée, il contournerait les règles, l’État de droit, et tout ce qui fait la démocratie, pour installer un régime socialo-communiste marqué par un collectivisme violent et agressif.</p>

<p>Ce serait la fin de la propriété privée.</p>

<p>Ce serait la fin de toutes les valeurs qui ont fait notre monde, et un basculement dans le noir, dans le sombre enfer qui était le monde totalitaire communiste, dont la chape de plomb s’installerait à 20h, si François Mitterrand était élu, ce qui serait impensable, im-pen-sable !</p>

<p>L’ambiance était donc à ce mélange de certitude absolue de la reconduction du président sortant, et de frissons délivrés à toute la population, que nous étions au bord du précipice que la moitié – certes minoritaire – du pays ne rêvait que d’aller en enfer, sous la direction d’un diable incarné, créature du sombre Brejnev, car il n’y avait pas encore de Poutine pour faire peur.</p>

<p>L’élection de François Mitterrand, c’était naturellement, naturellement, la rupture avec nos alliés historiques, c’était l’isolement international définitif de la France qui serait mise au ban des nations, des nations civilisées s’entend, puisqu’elle basculerait d’un bloc et d’un coup dans le camp communiste, entraînant la force de frappe de notre pays, eh oui ! Déjà !</p>

<p>Et doctement, certains calculaient le déséquilibre mondial qu’entraînerait le basculement de la force de frappe française dans le camp communiste, en cas d’élection de François Mitterrand.</p>

<p>Autant dire que voter pour François Mitterrand c’était s’exposer à la guerre mondiale, ou, au minimum hâter l’apocalypse nucléaire de manière inconsidérée. </p>

<p>Qui avait le droit de répondre à ce torrent de vérités étincelantes, d’expressions de ce qui n’était pas encore « le cercle de la raison » ou « la seule politique possible » ? Quelques obscurs collectivistes, autour du monstre François Mitterrand, on les montrait parce que les règles du temps de parole étaient déjà installées, mais on sentait bien qu’on ne les montrait que pour mieux démontrer que jamais il n’accèderaient au pouvoir et jamais la mort communiste ne recouvrirait de son linceul le visage de la fille aînée de l’église.</p>

<p>C’était tout pareil à aujourd’hui.</p>

<p>Comme aujourd’hui, les dirigeants communistes dont on pouvait imaginer qu’ils allaient se battre pour renverser Valéry Giscard d’Estaing, se bousculaient sur les plateaux de télévision pour dire à quel point François Mitterrand était un danger, parce que finalement il n’était pas différent de Valéry Giscard d’Estaing, il était comme tous les autres, et que si l’on voulait vraiment mener le combat pour les travailleurs et contre le capitalisme il fallait se détourner de François Mitterrand. Comme LFI le chante aujourd’hui à l’encontre de l’adversaire d’Emmanuel Macron. </p>

<p>Eh oui, tout pareil à aujourd’hui !</p>

<p>Ils expliquaient – comme LFI aujourd’hui – que seule la présence massive de leurs députés au Parlement pouvait aider les travailleurs, mais sûrement pas ce menteur de François Mitterrand, qui avait eu la Francisque autrefois. </p>

<p>Ils avaient déjà fait échouer l’élection législative de 1978, la gauche y était largement majoritaire au premier tour, mais après une visite de Zorine, l’ambassadeur d’URSS, chez Giscard, les Communistes avaient déclaré qu’on ne pouvait pas faire confiance aux Socialistes, les reports ne s’étaient donc pas faits correctement, et la droite avait gardé la majorité des députés. Donc on avait la certitude, chez les éditorialistes, comme en haut lieu qu’il réussiraient, cette fois-ci aussi, à imposer la reconduction du sortant.</p>

<p>Donc, tout s’annonçait bien pour cette seconde semaine de l’entre-deux-tours. La France passerait à côté de la déchéance et de l’enfer collectiviste, Valéry Giscard d’Estaing serait réélu, et tout continuerait comme avant. </p>

<p>Tout ce que la société compte de gens élégants et raisonnables, tous ceux qui vous ont amusé et fait rire, tous ceux qui vous ont émus et passionnés, tous les présentateurs de télévision, tous les gens bien sont rassemblés : il faut empêcher ce péril mortel, il faut empêcher l’élection de François Mitterrand !</p>

<p>On se fait des frissons en pensant qu’une élections n’est jamais gagnée tant que le résultat n’est pas vraiment proclamé, mais en haut lieu on n’a pas peur.</p>

<p>Du côté des opposants on n’affiche pas un moral de vainqueur, on pense volontiers que c’est perdu, comme d’habitude…</p>

<p>Il faut dire que depuis 23 ans, l’idée de l’alternance est présentée comme le chaos absolu, et que la population, dans sa majorité, marche dans cette chanson du chaos et reconduit toujours les mêmes, malgré des succès de moins en moins évidents. </p>

<p>Dans la fin de matinée du dimanche 10 mai, les sondeurs font savoir aux autorités qu’ils confirment leurs inquiétudes de la veille. Il est en train de se passer quelque chose, que l’on voit mal mais qui inquiète. </p>

<p>Dans cette fin de matinée, les visages des autorités et des éditorialistes qui lisent les sondages « sortie des urnes » font penser à cette chanson écrite par Serge Lama et composée par Alice Dona, qui décrit bien leur désarroi à la lecture des chiffres que présentent les instituts :</p>

<p>« C'est la barque qui chavire en plein cœur de juillet<br />Sur un étang calme et plat comme nos destinées<br />C'est la fleur qui tombe morte avant d'être fanée<br />C'est le train qu'on prend sans savoir qu'il va dérailler<br />L'avion qu'une bombe en plein vol va pulvériser<br />Le point d’orgue au milieu d’un chef-d’oeuvre inachevé ». </p>

<p>Qui sait si cette description ne sera pas d’actualité dimanche pour les puissants d’aujourd’hui ? </p>

<p>Comme nous sommes dimanche, mes réflexions m’ont conduit, comme habituellement vers une chanson, je vous incite à écouter celle-ci, parce qu’elle est très belle. Et parce que ce qui est évoqué incarne curieusement, cette semaine, une forme d’espoir pour des millions de Français.</p>

<p>Elle a été interprétée par son auteur, comme par sa compositrice, et aussi par Annie Girardot, actrice principale du film dont la chanson porte le nom puisqu’elle est la chanson de ce film sorti le 11 mai 1977. </p>

<p>J’ai choisi l’interprétation de la compositrice.</p>

<p>Le dimanche, avec plus ou moins de succès, mais pour le plaisir de quelques aficionados, je diffuse une musique sur cette page.</p>

<p>Je vous propose d’écouter, aujourd’hui, Alice Dona qui chante « Le dernier baiser » :<br />https://youtu.be/qxJrtIW4LH8</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
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	<pubDate>Sat, 16 Apr 2022 12:54:10 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/867/france-apeuree-presidentielle-sous-contrainte-paysage-politique-instable</link>
	<title><![CDATA[France apeurée, présidentielle sous contrainte, paysage politique instable]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Pour la première fois sous la Ve République, le rite présidentiel lors de ce premier tour ne s’est pas déroulé selon la seule prise de la dispute politique commune des Français.</p><p>D’une part, la campagne s’est déroulée dans un contexte psycho-politique contraint par des crises extérieures, pandémie de Covid-19 et guerre en Ukraine, après un quinquennat marqué par des tensions intérieures, dont la jacquerie des Gilets jaunes, générant peurs, réflexes défensifs et de conservation. D’autre part, sur le moyen terme, si l’efficacité démocratique de la présidentielle s’érode par le contournement de la souveraineté nationale, condition de la souveraineté populaire, près de trois Français sur quatre, un peu moins qu’en 2017, se sont quand même mobilisés. Comme d’habitude, les catégories populaires et les jeunes moins insérés ont été les plus abstentionnistes, mais la participation ne s’est pas effondrée, preuve que symboliquement, ce rite politique de catharsis et d’élaboration d’un contrat politique demeure car c’est ce qui nous relie.</p><p>Dans une France apeurée, le rite présidentiel aura été sous contrainte.</p><p>Il en résulte un paysage politique balkanisé et instable. Trois familles politiques recomposées, dirigées par des leaders charismatiques : néolibérales avec Emmanuel Macron, sociétales autour de Jean-Luc Mélenchon et nationales chez Marine le Pen, se dégagent.</p><p>Cela conduit à un second tour entre Emmanuel Macron et Marine le Pen plus ouvert qu’en 2017, obligeant à de nécessaires cohérences et arbitrages entre vision politique pour la France, et situation ici et maintenant des Français. Cette situation impose également de sortir des postures de pures dénonciations anti-Le Pen ou anti-Macron pour se centrer sur la résolution de notre dépression morale, de nos régressions politiques et du déclin économique afin de convaincre des électeurs majoritairement rétifs, pour des raisons différentes, au Président candidat et à la dirigeante du Rassemblement national.<br />Gagner par défaut ou sous l’effet de la peur cette élection, conduirait à un faible consentement aux politiques du futur Président, dans la mesure où la campagne n’aura pas aligné le paysage politique sur les équilibres sociologiques du pays et l’Etat sur la nation empêchant ainsi la France, à partir de son Imaginaire, de peser ultérieurement sur les procédures néolibérales bruxelloises et l’ordo-libéralisme allemand.</p>
<p>Une présidentielle sous contraintes et marquée par la peur</p>
<p>Une présidentielle est un rite qui vise à réactiver l’Imaginaire français au travers d’une dispute politique commune dont les candidats sont les acteurs. Il s’agit ainsi de dénaturaliser, par la passion politique, nos diversités d’origines, territoriales, de statuts et classes sociales par ce processus présidentiel qui vise à construire un avenir commun au travers d’un contrat nouant gouvernants et gouvernés. La souveraineté nationale est donc la condition de la souveraineté populaire. Leur contournement par les procédures de l’Union européenne et le néolibéralisme affaiblissent l’efficacité démocratique et la République. Mais le rite présidentiel liant gouvernants et gouvernés demeure.</p><p>Cette symbolique explique la pérennité de ce rite électoral au fondement de nos institutions, nonobstant les politiques menées par le sommet de l’Etat et le Président de la République, et son bilan qui conduit deux tiers des Français en début de campagne à ne pas souhaiter sa reconduction.</p><p>La singularité de notre exception politique est que le rite présidentiel recèle ses étapes et passages obligés. Le moment du déploiement de la dispute est celui du premier tour qui comporte des séquences : préparation des présidentiables à la conversation avec le pays, mise à égalité des candidats, capacité à repérer l’enjeu latent du pays au travers du lien direct avec lui, exposition des projets en cohérence avec l’incarnation des candidats puis, ultimement, dégagement d’un programme.</p><p>La campagne de second tour est celle de la construction du commun.</p><p>Ce commun devra encastrer la dispute déployée lors de la campagne. La figure du futur président, au travers de sa double dimension spirituelle et temporelle, devra préserver la fonction de sa personne pour tenir un mandat. Telle est la logique de notre monarchie républicaine ou prime l’incarnation a fortiori quand l’avenir et le monde semblent se dérober dans le moment néolibéral actuel.</p><p>Le rite de cette présidentielle est, dès le départ, contrarié. Quand débute la campagne, le pays semble épuisé par la pandémie. Pour y faire face collectivement, les Français consentent un important recul des libertés individuelles. Le reflux de la vague pandémique, et le « quoi qu’il en coûte », qui a momentanément évité le pire économiquement et socialement, auront effacé, pour partie, le spectacle désolant de l’incurie de l’Etat, de ses manquements, dissimulations voire mensonges initiaux.</p><p>Le calendrier de la campagne a été raccourci par le Président-candidat de sorte que les inquiétudes et peurs sanitaires, économiques, financières, écologiques, migratoires ou géopolitiques génèrent l’évidence d’une reconduction du Président de la République, afin de ne pas rajouter de l’instabilité politique à ce tableau déjà angoissant pour les français. Cette situation et conviction présidentielle ont guidé la stratégie de premier tour d’Emmanuel Macron de ne jamais descendre dans l’arène, et esquiver la question de la construction de l’avenir. Quand fut annoncée une émission prometteuse « Où va la France ? », ce fut plutôt à la place : « que ressent Emmanuel Macron ? »</p><p>Le candidat et Président sortant a eu comme stratégie de substituer à la question « comment construire un avenir meilleur ? » – qui l’aurait confronté à son bilan et pour laquelle Marine Le Pen est davantage créditée – « comment et qui pour réagir au mieux aux crises ? », lui permettant de capitaliser sur son avantage, incontestable, de se mettre en scène et de dire ce qu’il a retenu des épreuves communes que « nous » avons eu à traverser. Or, après le quinquennat Macron et la jacquerie des Gilets jaunes, soutenue par deux Français sur trois, sous les inquiétudes et peurs immédiates, la question latente du pays demeure ; celle de la maîtrise de son destin et de la remise de l’Etat au service de la nation.</p><p>Dans l’esquive de la question de la France, Eric Zemmour va débouler de façon fracassante et inédite dans notre histoire politique, dans la pré-campagne en imposant à sa façon la thématique du devenir de la France, de son déclin et de sa disparition dont il fera récit au travers d’une explication identitaire et civilisationnelle : celle du « grand remplacement » redouté par deux Français sur trois, la même proportion estimant que « l’on ne se sent plus en France comme chez soi ». Un temps, il sera même qualifié pour le second tour dans les intentions de vote, menaçant le lent travail de mutation idéologico-politique du RN, conduit à bas bruit par Marine Le Pen, afin de passer d’un parti d’extrême droite antirépublicain, le FN paternel, à une orientation souveraine et gaullienne. Pour Eric Zemmour, notre malheur procède de son éloignement du passé, d’une vision unifiée et mythique dont il fait récit, permettant ainsi de la dénaturaliser, défataliser. Pour Marine Le Pen, notre déclin vient d’une panne politique de souveraineté et d’avenir.</p><p>La guerre en Ukraine menée par Poutine va être le troisième temps de cette étrange campagne.</p><p>La dynamique et des ralliements de transfuges de la Droite et du RN vers Eric Zemmour vont le conforter et l’enclaver définitivement dans son approche identitaire et civilisationnelle. Cette dernière ne résistera pas aux justifications de Poutine dans la guerre contre l’Ukraine et à sa critique de l’Occident considéré comme décadent. Eric Zemmour devra alors ramer que le vrai danger civilisationnel venait du Sud, rendant son propos moins appropriable encore pour un large public. Cette position inconfortable le conduira à un déni et retard de réaction appropriée à la guerre menée par Vladimir Poutine, et même à refuser l’accueil des réfugiés ukrainiens.</p><p>Parallèlement, les inquiétudes sur le pouvoir d’achat générées par cette guerre et les sanctions économiques contre la Russie vont nettement devenir la priorité immédiate des Français – devant la protection sociale et la sécurité – alors qu’elle n’était qu’en troisième position en 2012 et 2017. Cela va permettre à Marine Le Pen de renforcer son emprise sur les classes populaires et moyennes inférieures avec la souplesse, par rapport à Zemmour, que lui permet le diagnostic de la résolution des problèmes de la France par le retour de la politique et souveraineté nationale. La guerre et la présidence française de l’Union européenne vont permettre au Président-candidat Emmanuel Macron de déployer sa stature internationale, et sa capacité à se mettre en mouvement dans les crises que semble convoquer la nouvelle période.</p><p>La campagne est jugée inintéressante par plus de trois Français sur quatre. Une majorité d’électeurs estime que Marine Le Pen, puis Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour l’ont bien menée ; un Français sur cinq seulement émet ce même jugement à l’égard du Président candidat Emmanuel Macron, qui pâtira de son refus de débattre avec les autres présidentiables.</p><p> Alors que les deux tiers des électeurs d’Emmanuel Macron, de Marine Le Pen et d’Eric Zemmour avaient fait leur choix depuis plusieurs mois, Jean-Luc Mélenchon a convaincu la moitié de son électorat dans les toutes dernières semaines.</p><p>Cette faible prise du pays sur le déroulement de la présidentielle, marquée par les inquiétudes, a généré d’une part une prévalence plus forte des grands médias comme support de décision de vote, hormis Internet pour les électorats Jadot et Mélenchon, et un fort effet de vote utile pénalisant les candidats à faible dimension présidentiable. Ce vote utile qui a bénéficié à Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, a entraîné la quasi disparition, au plan national, des partis de gouvernement PS et LR et a confirmé la faiblesse de l’écologie politique, nonobstant la réalité et la perception du péril que représentent le réchauffement climatique et l’extinction de la biodiversité.</p>
<p>Trois familles politiques recomposées : néolibérale avec Emmanuel Macron, sociétale avec Jean-Luc Mélenchon et nationale avec Marine Le Pen</p>
<p>La nouvelle carte électorale que dessine ce scrutin présidentiel de 1er tour n’est qu’une esquisse. Elle est la photographie d’un stade de la décomposition-recomposition de notre système politique qui ne peut se stabiliser tant la confrontation entre l’Imaginaire français et le néolibéralisme, la République française et l’Union européenne, la nation et le sommet de l’Etat le fait turbuler, empêchant toute coïncidence stable entre situations sociales, idéologie et représentation politique. C’est en France la marque des périodes bonapartistes, en réponse aux instabilités stato-nationales et pannes d’avenir politique, que de générer différents avatars de césarismes, souvent qualifiés à tort en France de populismes à travers les figures de Macron, Mélenchon et Le Pen, dont la vocation est, par leurs incarnations, de faire synthèse entre des forces centrifuges par un lien symbolique vertical et direct avec les Français, permettant de les tenir ensemble par l’image, le verbe et l’action.</p><p>Ces périodes bonapartistes sont celles du retour de la prévalence du retour du commun sur celles de la dispute sociale qui structure l’axe Gauche/Droite. Dans ces moments, la symbolique politique préempte la question sociale. Au premier tour, Gauche et Droite de gouvernement vont momentanément disparaître, corps et biens au plan national avec les scores d’Hidalgo et Pécresse.</p><p>De ce moment bonapartiste et paysage instable ; trois familles émergent de ce premier tour avec à leurs têtes des César.</p><p>Emmanuel Macron agrège un électorat que l’on pourrait qualifier de néolibéral en ce qu’il est préservé des effets du cours des choses, pense et souhaite le demeurer. Il est relativement confiant pour lui dans le cours actuel de la mondialisation. C’est un électorat qui vit de ses rentes, retraites et confortables revenus et pour qui la question des impôts est un enjeu important. Générationnellement, il a connu la croissance et le progrès économique, social et sociétal, a adhéré à l’idée d’un dépassement des nations et se sent à l’aise dans la mondialisation. Ainsi après le « pouvoir d’achat », sa seconde motivation de vote est « la place de la France dans le monde » et en cinquième position, « la construction européenne », alors qu’elles sont en bas de tableau pour l’ensemble des Français. Mais son sujet n’est plus tant de s’adapter pour construire l’avenir que de préserver le présent. Il est d’autant plus favorable aux réformes structurelles qu’il en est exonéré pour des raisons objectives.</p><p>C’est un électorat essentiellement constitué de « boomers », dont deux tiers sont âgés de plus de 50 ans, et qui a vieilli en cinq ans ; il est constitué pour moitié de retraités et de diplômés du supérieur ; le tiers des cadres supérieurs et professions intellectuelles votent pour lui. Quatre électeurs sur dix ont un niveau de revenu individuel au sein du foyer supérieur à 1 900 euros nets par mois ; cet électorat est aux deux tiers urbain. Cette famille néolibérale se situe pour un tiers à Gauche et s’est « droitisée » en cours de mandat, représentant dorénavant deux tiers de cet électorat. Cet électorat sait gré au Président-candidat de porter la voix de la France à l’extérieur et assurer l’ordre à l’intérieur, et de savoir répondre aux crises – en témoigne chez eux l’importance de la question de la pandémie et de la guerre en Ukraine dans les motivations de vote.</p><p>Jean-Luc Mélenchon, par son talent de tribun, est celui dont l’électorat est le plus hétérogène socialement et idéologiquement. On pourrait qualifier cette famille de « sociétale » car il regroupe ceux qui veulent avoir leur place dans la Société ; du jeune diplômé qui galère pour obtenir un « vrai travail », au sans-diplôme ubérisé qui revendique sa liberté, du bobo au communautariste, voire aux musulmans et même islamistes dont certains ont appelé à voter pour lui. Si ses électeurs ont en commun de vouloir se faire une place dans la société, c’est qu’ils ils vivent la précarité sociale, des discriminations sexuelles, ethniques ou relégations territoriales. Par un verbe poétique, comme les notions d’insoumis ou de « France métissée » différente de la tradition républicaine, Mélenchon peut agréger des individus précarisés ou séparés dans un vis-à-vis avec les « élites » et la classe dirigeante. Ces agrégations dynamiques autour du César Mélenchon, en surplomb de dynamiques à la base et localement fort diverses, expliquent ses scores impressionnants dans des départements délaissés comme en Seine-Saint-Denis où clientélisme, communautarisme et séparatisme prospèrent, mais également dans des territoires « bobo » où des jeunes et moins jeunes à relatif capital culturel ne sont pas intégrés professionnellement.</p><p>La dynamique Mélenchon a permis de rallier, dans la dernière ligne droite, des électeurs de Gauche plus traditionnels devenus orphelins et des écologistes votant non pas tant pour lui que contre Marine Le Pen, espérant qu’il soit qualifié au second tour.</p><p>Il lui manquera 420 883 voix. 91 % de son électorat se situe à gauche et 8 % à droite. 41 % des sympathisants socialistes ont voté Mélenchon contre 22 % Macron. 31 % des écologistes ont voté Mélenchon contre 31% Jadot et 16% Macron. La lutte contre la précarité, la santé, le pouvoir d’achat, l’éducation, la protection de l’environnement, le logement, la lutte contre le chômage et la défense des services publics sont les priorités de cet électorat sociétal avec des niveaux sensiblement supérieurs à la moyenne, un électorat sociétal aussi plus féminin que la moyenne. Il est, avec celui de Jadot, le plus jeune, un tiers ayant moins de 35 ans. En moyenne il est assez diplômé, près de la moitié ayant le bac ou un diplôme du supérieur, mais cela est très variable en fonction des territoires.</p><p>Les électeurs Mélenchon sont dans le même temps les moins fortuné, 43 % vivant avec moins de 1 300 euros nets. 21% des professions intellectuelles supérieures et cadres ont voté Mélenchon et 26 % des catégories populaires. Si les thèmes sociaux traditionnels sont les plus mis en avant, a contrario, la lutte contre l’immigration clandestine est deux fois moins importante que pour la moyenne du corps électoral, la lutte contre le terrorisme étant de 22 points en moins, et la sécurité et la lutte contre la délinquance de 20 en moins.<br />Cet électorat sociétal est le plus communautariste religieusement, avec 69 % des musulmans qui votent Mélenchon. A titre de comparaison, seuls 29 % des catholiques votent Macron, 27 % Le Pen et 10 % Zemmour.</p><p>Le vote Marine Le Pen est national, et social pourrait-on rajouter, en ce que cet électorat est le plus homogène ; actif, salarié et populaire, veut mettre la question sociale à l’abri de la question nationale pour stabiliser les rapports sociaux dégradés par le néolibéralisme, qui profite au capital au détriment du travail. L’ouverture des frontières et l’immigration clandestine sont vécues comme un levier et facteur de remise en cause de notre modèle social et souveraineté politique. La nation et ses frontières sont pour cette famille politique ce qui protège au mieux le monde du travail et le salariat. La sécurité et la lutte contre la délinquance, le pouvoir d’achat, la lutte contre l’immigration clandestine sont le trio de tête pour 8 sur 10 de ses électeurs, suivi de la lutte contre le terrorisme pour les ¾ d’ entre eux. Cet électorat national est, après celui de Mélenchon, le plus jeune mais le moins diplômé et, après celui de Jadot, le plus féminisé.</p><p>Marine Le Pen arrive en tête chez les classes moyennes inférieures et populaires, ouvriers et employés dont un tiers vote pour elle dès le premier tour.</p><p>En termes de revenu mensuel par personne, cet électorat représente le quart des moins de 1 900 euros, mais il est dépassé par Mélenchon chez les moins de 900 euros. Cet électorat est le plus soudé. Il est celui qui met le plus en avant, pour expliquer son vote, la personnalité de Marine Le Pen et le fait qu’elle aille à l’Elysée, mais également le plus en avant son projet. En revanche, son étiquette n’a motivé qu’un tiers seulement de l’électorat comme celui de Macron, les autres électorats le mettant plus en avant. Cette famille nationale est la plus friande des débats télévisés contradictoires entre les candidats. Ils recueillent l’agrément des deux tiers de ses membres, contre la moitié de l’ensemble des votants, comme si par procuration, ils appréciaient de voir leur championne les défendre ainsi.</p><p>Ces familles néolibérale de la rente, sociétale du précariat et nationale de la condition ouvrière, vont servir de socles et terres de conquêtes avec les abstentionnistes aux candidats Macron et Le Pen, pour convaincre dans l’entre-deux-tours, selon une alternative décisive pour eux et la France pour le nouveau quinquennat.</p>
<p>Entre-deux-tours : opposition front républicain/référendum anti-Macron ou résolution de notre dépression, de notre déclin et de nos divisions ?</p>
<p>On le sait depuis un certain temps, le phénomène d’individuation et la crise du système politique font que les consignes de vote n’ont que peu de poids. Même les abstentionnistes de premier tour nous disent dans les sondages, le jour du vote, qu’ils ne boudent pas les urnes par désintérêt ou désarroi mais par insatisfaction ou mécontentement politique des choix proposés, et interrogations sur le fait de savoir si les politiques pèsent encore sur le cours des choses. Quant aux électeurs de premier tour, ils n’ont pas voté par suivisme partisan ou politique, mais selon leurs intérêts, représentations et évaluations des candidats pour ces dernières variables.</p><p>Néanmoins l’électorat Mélenchon semble être un enjeu déterminant. Les questions politiques l’inciteraient à voter Macron face à Marine Le Pen, dépeinte alors comme d’extrême droite et anti-démocratique, alors que les questions sociales l’amèneraient à voter Marine Le Pen face à un Emmanuel Macron vu comme le Président des riches et arrogant, voire brutal lors des mouvements sociaux. La tentation serait alors grande, on le voit dès maintenant chez les militants, entourages, commentateurs et journalistes, de construire un récit à partir d’une d’alternative simple : « front républicain » ou « référendum anti-Macron ».</p><p>Un entre-deux-tours ramené à un affrontement Macron/Le Pen serait oublier qu’en France, du fait de notre Imaginaire, notre rapport à la politique est absolu et non relatif comme dans les pays anglo-saxons. Les choix électoraux ne se font pas, comme sur un marché de biens et services, à partir de qui « lave plus blanc » ou représente un moindre mal. Se comparer ou attaquer l’autre, chez nous, signifie que le candidat n’existe pas par lui-même, que son projet n’est pas suffisamment solide pour faire l’économie d’attaquer l’Autre. Le citoyen a besoin d’avoir la preuve dans l’entre-deux-tours que le présidentiable est en capacité, non de dénoncer mais de résoudre, non de se positionner mais de dépasser les contradictions d’un pays dont la dépression nationale, le pessimisme, la défiance, la peur de l’avenir et de la globalisation procèdent du fait que l’Etat se retourne contre la nation.</p><p>Le premier tour est le moment de la dispute, le second tour celui du commun qui doit l’encastrer.</p><p>Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont quelques jours pour faire la démonstration qu’il, elle, est en capacité de faire face aux crises et de déployer, mettre en œuvre, de façon cohérente, une vision de la France, un projet et enfin un contrat qu’il ou elle incarnera et garantira en France et au sein de l’Union européenne.</p><p>De la qualité de l’entre-deux-tours dépendra également, au travers de son spectacle en cohérence avec ce que nous sommes et de la centralité de la politique, le consentement pour les cinq ans à venir au nouveau Président de la République et à son action pour faire face aux immenses enjeux qui nous attendent collectivement et personnellement. Sinon la République continuera à se déliter ; ce sera l’accentuation des passions tristes, de notre déclin économique, des reculs sociaux, des communautarismes, séparatismes, forces centrifuges et affrontements, avec ses risques autoritaires et de recul des libertés.</p><p>Stéphane Rozès<a href="https://www.revuepolitique.fr/france-apeuree-presidentielle-sous-contrainte-paysage-politique-instable/#fn-21450-1" id="fnref-21450-1">1</a><br />Président de Cap, enseignant à Sciences-po, Paris</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/866/l%E2%80%99amelioration-des-retraites-est-possible-a-court-et-moyen-terme-50-ans</guid>
	<pubDate>Sat, 16 Apr 2022 11:28:12 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/866/l%E2%80%99amelioration-des-retraites-est-possible-a-court-et-moyen-terme-50-ans</link>
	<title><![CDATA[L’AMÉLIORATION DES RETRAITES EST POSSIBLE À COURT ET MOYEN TERME (50 ANS)]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Le <a>précédent article</a> a prouvé, notamment à partir des chiffres du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) que les cotisations actuelles et les fonds de réserves permettent d’améliorer dès aujourd’hui les retraites notamment en garantissant 1 100 euros dès aujourd’hui à tous les retraités actuels et futurs sans toucher à l'âge de départ. Cela est possible en prenant la situation actuelle : 42 ans de cotisations et âge légal de départ à 62 ans.</p>

<p>Mais le poids des retraites dans un pays se calcule autrement que par le ratio cotisations/retraites payées : il faut faire le rapport entre le Produit Intérieur Brut (PIB) et le total des dépenses pour les retraites.</p>

<p>Aujourd’hui, en France, qui a le meilleur système de retraite du monde, malgré ses carences, notamment pour les femmes, il est de 14,7%. C’est un ratio plus élevé que dans la majorité des pays européens pour un service bien supérieur. <br />En effet, dans les autres pays, le régime obligatoire est nécessairement complété par des régimes privés qui rapportent aux banques et assurances et coûte beaucoup plus cher qu’un régime obligatoire aux populations. Si l’on inclut les cotisations ou capitalisations privées pour la retraite, le taux français est inférieur à ce qui est ailleurs consacré pour la retraite ; par rapport aux États-Unis c’est même 30% de moins et pourtant il y a des américains qui doivent travailler jusqu’à la mort pour éviter la misère. Et, de plus, le montant de la retraite est garanti en France avec le système du calcul par rapport aux salaires perçus pendant 25 ans alors que les retraites par capitalisation peuvent s’effondrer avec une crise boursière. </p>

<p>Le COR a fait le calcul de l’évolution du ration retraites/PIB. Il a retenu divers scénarios. <br />Dans tous les cas, d’ici 2070, le ratio sera en constante baisse sur la base des conditions actuelles de retraite.<br />La situation la plus probable est la suivante : sans modifications, le ratio actuel de 14,7 % se maintiendra jusqu’en 2030 et diminuera ensuite pour atteindre seulement 11,3 % en 2070.<br />Cela signifie, par rapport au PIB de la France en 2019 (2,7 billions soit 2 700 Md €), une marge d'action de 91,8 milliards d’euros par an ou encore une possibilité d’augmenter de près de 25% les retraites sans peser plus sur les autres catégories sociales.</p>

<p>Voilà la seule vérité : le système actuel est plus que pérenne. Il est garanti avec des déficits déjà comblés par les réserves et améliorable immédiatement sans prendre de risques. Il est pérenne sur le demi-siècle à venir et pourra être amélioré.</p>

<p>Il est vrai que cela nécessiterait de trouver une autre base aux cotisations que le travail humain, par exemple en créant « une cotisation robots » taxant la plus-value du travail des robots. <br />De plus, une égalité des salaires femmes/hommes et un rééquilibrage entre salaires et dividendes, afin de mettre fin à la dérive actuelle, donneraient des ressources supplémentaires pour les retraites et toute la protection sociale. </p>

<p>DIRE, COMME MACRON QU’IL FAUT PORTER A 65 ANS (voire 67 ans selon Édouard Philippe) L’AGE DE LA RETRAITE POUR AMÉLIORER TRÈS LÉGEREMENT LES BASSES RETRAITES ET SAUVER UN SYSTÈME EN PÉRIL EST DONC UN TERIBLE MENSONGE.<br />Il au noter que mis devant ce constat par le journaliste à France Inter mercredi matin, Édouard Philippe a invalidé les études du CO car il n’avait aucun argument crédible. <br />Merci de partager sans modération <br />À suivre : Retraite 3 : Puisque c’est possible, comment améliorer les retraites et la situation des jeunes.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/865/adieu-la-gauche%C2%A0-le-24-avril-defaire-macron%C2%A0</guid>
	<pubDate>Sat, 16 Apr 2022 10:50:51 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/865/adieu-la-gauche%C2%A0-le-24-avril-defaire-macron%C2%A0</link>
	<title><![CDATA[Adieu la gauche ! Le 24 avril, défaire Macron !]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Avec le résul­tat du pre­mier tour de l’élection pré­si­den­tielle, la gauche appa­rait tri­ple­ment désar­mée, électoralement, phy­si­que­ment et sur­tout poli­ti­que­ment.</p><p>  Électoralement, les scores réa­li­sés de ce que les com­men­ta­teurs nom­ment les can­di­dats de gauche n’ont jamais été à un niveau aussi catas­tro­phi­que.</p><p>• Le PS et le PCF sont réduits à un état micro­sco­pi­que, et de fait à un rôle mar­gi­nal.<br />
Le PS tient encore par quel­ques muni­ci­pa­li­tés et un réseau d’élus qui ont de plus en plus de dif­fi­cultés à se renou­ve­ler. A court terme il est sim­ple­ment menacé de dis­pa­ri­tion, d’autant que ses porte-dra­peaux que la macro­nie n’a pas encore avalés sont sur le point, au len­de­main du second tour, de faire le pas que la plu­part des caci­ques ont déjà fran­chi.</p><p>• Le PCF, en plus grande dif­fi­culté, finan­cière notam­ment, ne repose pas sur le réseau local qui existe encore au PS. Il tente pour s’en sortir de tabler sur des accords aux élections légis­la­ti­ves, mais il est là dans une situa­tion inex­tri­ca­ble. Selon les pro­jec­tions des résul­tats acquis au pre­mier tour, lui, comme le PS, ne pour­rait pré­ten­dre à rien face à LFI qui a raflé les fonds de tiroirs électoraux de la gauche.</p><p>• Le score de LFI ne peut faire illu­sion. Il s’appuie essen­tiel­le­ment sur la dis­pa­ri­tion des pré­cé­dents, mais aussi sur un électorat essen­tiel­le­ment petit- bour­geois ou encore rele­vant de cou­ches socia­les mar­gi­na­les. Il est aussi la réa­li­sa­tion de réseaux com­mu­nau­tai­res à qui LFI et Jean Luc Mélenchon font les yeux doux. La néces­sité de repren­dre pied dans la classe ouvrière et chez les sala­riés n’est pas atteinte. La ligne « Terra Nova » l’a emporté. Les ouvriers majo­ri­tai­re­ment comme les sala­riés ont choisi Marine Le Pen et non Jean Luc Mélenchon.</p><p>  Physiquement, la cam­pa­gne électorale n’a pas témoi­gné d’un engoue­ment par­ti­cu­lier. Contrairement aux pré­cé­den­tes, les mobi­li­sa­tions ont été moin­dres. L’effet Ukraine et la double manoeu­vre — média­ti­que et poli­ti­que, avec la non-cam­pa­gne de Macron — expli­quent en partie cela. Mais en partie seu­le­ment. Ce sont les dis­cours, les pro­gram­mes, les ini­tia­ti­ves qui n’ont pas mobi­lisé les foules.</p><p>  Politiquement enfin et sur­tout. Tout se résume dans l’appel au soir du pre­mier tour à cons­ti­tuer un « front répu­bli­cain » contre MLP et en faveur de Emmanuel Macron, tour­nant le dos au combat urgent contre celui qui depuis 5 ans assume une poli­ti­que auto­ri­taire, liber­ti­cide, répres­sive, vio­lente, anti sociale, des­truc­trice de la nation. Voir <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Ql6KFmssvN8" rel="external">ici</a>.<br />
Cela relève d’une faillite poli­ti­que sur laquelle les res­pon­sa­bles toutes ten­dan­ces confon­dues se mon­trent inca­pa­bles de tirer le moin­dre bilan. A force d’avoir tourné le dos aux cou­ches popu­lai­res, aux ouvriers et sala­riés pour pré­fé­rer la petite bour­geoi­sie des villes essen­tiel­le­ment toute acquise à la mon­dia­li­sa­tion, la « gauche » en arrive à s’inven­ter un fas­cisme fan­tasmé qui lui permet de tour­ner casa­que à la vitesse grand V. « L’anti­fas­cisme » de paco­tille de la gauche n’est en réa­lité qu’alibi à l’adhé­sion à la mon­dia­li­sa­tion dont Emmanuel Macron est le chan­tre, au libé­ra­lisme économique, au capi­ta­lisme, tout sim­ple­ment.</p><p>• Le fas­cisme de Marine Le Pen relève de la dia­bo­li­sa­tion néces­saire à la réé­lec­tion de Macron. Si le FN his­to­ri­que­ment —dans les années 1970, 1990 — a compté en son sein des nazillons actifs, et d’autres, plus expé­ri­men­tés, dont l’ori­gine relève des heures les plus som­bres de l’his­toire, le temps aidant, ceux-là ont soit bon­ne­ment dis­paru, soit choisi une acti­vité plus clas­si­que. Ils n’en sont pas plus sym­pa­thi­ques, mais poli­ti­que­ment, ils ne don­nent pas au RN la cou­leur que la gauche tient à lui attri­buer pour jus­ti­fier le ral­lie­ment à Macron. Le RN s’appa­rente plus à l’aile droi­tière du RPR des années 80 qu’à un parti de mili­ciens cons­ti­tué de gros bras armés dont la tâche, comme cela est de cou­tume dans tout parti fas­ciste, est de casser le mou­ve­ment ouvrier et ses orga­ni­sa­tions.</p><p>• La gauche oublie dans ce ral­lie­ment à Macron qu’elle creuse encore plus pro­fon­dé­ment sa tombe. Comme dans la région PACA par exem­ple, cette stra­té­gie risque de l’éradiquer pour une longue période de la vie poli­ti­que natio­nale.</p><p>• La gauche et tous ses res­pon­sa­bles démon­trent leur inca­pa­cité à s’inter­ro­ger sur les rai­sons pour les­quel­les 3 ouvriers sur 4, parmi ceux qui iront voter, le feront pour Marine Le Pen, les rai­sons pour les­quel­les le PIS polo­nais trouve ses sou­tiens les plus sta­bles dans les cou­ches les plus pau­vres, les rai­sons pour les­quel­les aussi elle a dis­paru de la carte là où les PC étaient des puis­san­ces (France, Italie) et pour­quoi les autres pays ont suivi la même voie. Cette situa­tion est inter­na­tio­nale et tient indis­cu­ta­ble­ment à l’orien­ta­tion des dif­fé­rents partis com­mu­nis­tes et socia­lis­tes sur les­quels il fau­drait reve­nir. En Grande-Bretagne par exem­ple, le « red wall » tra­vailliste a voté Johnson… Les dif­fé­rents ater­moie­ments sur le fas­cisme, la néces­sité des mobi­li­sa­tions anti­fas­cis­tes, le fait de devoir faire bar­rage à l’extrême droite évacuent sim­ple­ment la réflexion sur la lutte des clas­ses, ses res­sorts et les répon­ses à appor­ter.</p><p>Dans cette situa­tion, alors que l’échéance du 24 avril s’annonce comme impor­tante pour pou­voir ren­voyer l’actuel loca­taire de l’Elysée, Emmanuel Macron, les chefs de gauche sont plus inté­res­sés par leurs manœu­vres électorales en vue des légis­la­ti­ves pour sauver leurs postes que par l’urgence pour les Français.</p><p>Macron a su ordon­ner l’usage des LBO dans les mani­fes­ta­tions contre la réforme des retrai­tes ou encore des GJ, pour créer des mil­liers de bles­sés, des dizai­nes d’éborgnés ou d’ampu­tés. Pour tout citoyen atta­ché aux valeurs répu­bli­cai­nes, il devrait être exclu de donner sa voix à celui dont le bilan auto­ri­taire, vio­lent, anti­so­cial, liber­ti­cide est sans pré­cé­dent. Il s’ins­crit dans la pour­suite d’une poli­ti­que syno­nyme de sac­cage des ser­vi­ces publics, de l’école, des hôpi­taux, des­truc­tion des sta­tuts, de l’emploi, des salai­res… Il a su béné­fi­cier des cabi­nets-conseils à Mac Kinsey, a su illus­trer la répu­bli­que exem­plaire avec plus de 30 pro­ches, minis­tres, dépu­tés ou inti­mes, pour­sui­vis par la jus­tice, mais pro­tégé, a été capa­ble de rabais­ser la nation et de fouler les prin­ci­pes répu­bli­cains, et encore et encore pour 5 ans.</p><p>Voilà ce que la gauche reven­di­que en appe­lant à voter Macron.</p><p>Voilà pour­quoi, le 24 avril, "pas une voix pour Macron" devrait être un cri de ral­lie­ment.</p><p>Jacques Cotta<br />
le 15 avril 2022</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/864/retraites-la-verite</guid>
	<pubDate>Sat, 16 Apr 2022 07:21:02 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/864/retraites-la-verite</link>
	<title><![CDATA[RETRAITES : LA VÉRITÉ]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Il n’y a pas de problème des retraites dans le système actuel. </p>

<p>Retarder l’âge de départ en retraite n’est pas un choix comptable mais un choix idéologique qui vise à un double transfert d’argent vers le capital.<br /> Le premier transfert par l’augmentation des dividendes au lieu de payer des cotisations de retraite. <br />Le deuxième par l’incitation que cela produit à capitaliser pour la retraite : les milieux financiers sont les grands bénéficiaires des fonds de pension. </p>

<p>Les chiffres de la huitième édition du rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) prouvent que le régime est garanti et qu’il peut rapidement être amélioré sans le mettre en péril.</p>

<p>Sauf en 2020 avec l’effet COVID où il fut de 0,8%, le déficit annuel actuel est de 0,4% soit 9 Md par an. Mais ce déficit est très passager. En maintenant la part du PIB consacré aux retraites, Il diminuera progressivement d’ici 5 ans pour atteindre l’équilibre au plus tard en 2030.</p>

<p>Or, il y a actuellement 2 fonds de réserves des retraites.<br />Le premier, grâce à Martine Aubry, qui est la seule à avoir pris une bonne mesure pour les retraites depuis 1990, est le fonds de réserves de 35 Md € de la Caisse Nationale d’assurance Vieillesse (Retraite Sécurité Sociale).<br />Le second, celui des caisses de retraites complémentaires est de 116 Md.</p>

<p>Il y a donc en réserves plus 150 Md d’euros, plus les revenus générés par cette épargne et ses plus-values, pour faire face aux déficits qui vont diminuer jusqu’en 2030 soit plus de 20 Md de réserves par an pour un déficit de 4Md par an maximum. Il suffit d’employer moins de 20% des réserves pour combler le déficit prévu jusqu’à son extinction naturelle en 2030.</p>

<p>Dans le régime actuel il est donc possible d’améliorer les retraites d’au moins 10 Md par an sans toucher à l’âge des retraites. Porter à 1 100 € par mois la retraite minimale pour ceux ayant une carrière complète (sur la base de 42 ans de cotisations) cela concernerait 150 000 personnes par an et représente en moyenne environ 100 € par personne soit 15 millions € par mois et 180 millions par an. (ATTENTION, il y a actuellement 5 millions de personnes avec une retraite inférieure à 1 100 € par mois mais le projet de Macron ne prévoit les 1 100 € minimum que pour les futurs retraités avec une carrière complète). DIRE QU’IL RECULE LA RETRAITE À 65 ANS POUR AUGMENTER. À 1 100 EUROS LE MINIMUM DE RETRAITE POUR UNE CARRIÈRE COMPLÈTE AVEC AU MOINS LE SMIC COMME BASE DE COTISATION EST DONC UNE ÉNORME FUMISTERIE.</p>

<p>En maintenant l’âge actuel des retraites (62 ans) et le nombre actuel d’années de cotisations exigés (42 ans), il est possible, sans épuiser les fonds de réserve et sans obérer l’avenir de garantir ce minimum de retraite à tous les retraités ! </p>

<p>Plus encore, puisque le régime actuel sera excédentaire à partir de 2033, il est possible de faire plus d‘ici là. </p>

<p>Bien noter que le minimum de retraite de 1 100 € par mois promis par Macron concerne les futurs retraités et seulement ceux ayant cotisé sur la base du SMIC pendant au moins 42 ans à temps complet.<br />Tous ceux qui croient qu’avec Macron ils auront une augmentation de leur retraite actuelle à 1 100 €/mois sont trompés, ils ne sont pas concernés par la promesse. De même tous ceux qui prendront leur retraite à partir de 2023 mais qui ont eu des périodes d’inactivité ou des périodes à temps partiel ne seront pas concernés. C’est souvent le cas des femmes. Il en est de même pour les agriculteurs, les autoentrepreneurs ou les commerçants quand ils cotisent sur une base mensuelle inférieure au SMIC.   </p>

<p>À suivre, SUR MA PAGE UNIQUEMENT, <a href="https://ememiom.fr/iom/blog/view/866/l%E2%80%99amelioration-des-retraites-est-possible-a-court-et-moyen-terme-50-ans"><br />POURQUOI LE RÉGIME SERA-T-IL MATHÉMATIQUEMENT EXCÉDENTAIRE APRÈS 2030  ? </a> permettant de ramener progressivement l’âge de départ à 60 ans avec 40 ans de cotisations ?</p>

<p>NB : Sources : rapports du COR, données INSEE, démographie et budgets divers</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/863/en-france-qui-fera-barrage-a-l%E2%80%99extreme-droite-economique</guid>
	<pubDate>Mon, 11 Apr 2022 17:43:18 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/863/en-france-qui-fera-barrage-a-l%E2%80%99extreme-droite-economique</link>
	<title><![CDATA[En France, qui fera barrage à l’extrême-droite économique?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Myret Zaki</p><p>Il ne faut pas se leurrer: ce 24 avril, l’élection présidentielle dans l’Hexagone n’opposera pas une candidate d’extrême-droite à un candidat «républicain», mais deux candidats extrêmes, chacun à sa façon. À l’extrême-droite identitaire de Marine Le Pen, s’opposera l’extrême-droite économique, celle d’Emmanuel Macron. On connaissait depuis longtemps la première et son héritage xénophobe assumé, qui fait une nouvelle fois office de repoussoir pour une partie de la France, comme en 2017. Mais on a plus de mal à saisir l’extrémisme économique d’Emmanuel Macron, qui est rejeté par l’autre partie de la France, un électorat de taille quasi égale. Le 24 avril, Macron sera probablement reconduit pour un second mandat. C’est pourquoi cet édito abordera sa politique économique, et pourquoi les politiciens que l’on situait le plus à droite par le passé la trouveraient extrême aujourd’hui.</p><p>Avec Macron, il y a un problème d’étiquetage: d’aucuns le situent au centre de l’échiquier, le jugent modéré. Mais ce sont ses clients, ceux qui bénéficient de ses politiques. Les autres, qui sont demandeurs d’une politique sociale, ont massivement porté leur vote sur Jean-Luc Mélenchon et aussi sur Marine Le Pen. Si on examine le premier mandat de Macron du point de vue des politiques sociales, et son programme 2022 encore plus décomplexé, on le trouvera à droite de la droite. Encore une fois, ceux dont la situation ne s’est pas détériorée ou s’est améliorée sous son quinquennat le situeront sur leur centre parfait, parce qu'il défend leurs intérêts et qu’ils sont sa cible prioritaire. Ils trouveront choquant d’associer «Macron» et «extrémisme». Lier le président au bon vieux camp républicain leur convient. Mais ils ne représentent pas la majorité. Que signifie le mot républicain et pour qui, quand plus de 50% des votes des Français sont allés à des partis d’extrême-droite ou d’extrême-gauche, ce 10 avril? Plus rien, évidemment.</p>
<p>L’échelle gauche-droite s’est déplacée vers la droite</p>
<p>L’évaluation du président sortant souffre d’une faiblesse majeure. Elle échoue à mesurer Emmanuel Macron aux dirigeants de droite les plus radicaux du passé, comme Giscard, Reagan ou Thatcher, sur des points de politique fiscale et sociale. Si on le fait, on sera surpris de voir qu’il va plus loin que ces ultras qu’on a tant caricaturés.</p><p>Beaucoup ont loupé le phénomène, mais depuis une quarantaine d’années, l’échelle gauche-droite s’est déplacée vers la droite. Ce qu’on appelait socialiste à l’époque du premier mandat de Mitterrand (qui a nationalisé les banques et des fleurons industriels, et créé l’ISF, cet impôt de solidarité sur la fortune que Macron a supprimé) serait aujourd’hui jugé d’extrême-gauche, voire comparé à Chavez au Venezuela. Ce qu’on situait au centre hier serait aujourd’hui classé socialiste. Le dernier spécimen en date de président socialiste, François Hollande, n’a jamais taxé à 75% les revenus supérieurs, mais il a par contre allégé les cotisations patronales et lourdement imposé les classes moyennes en augmentant la TVA, c’est la façon moderne d’être socialiste. Ce qu’on appelait «de droite» ou même «ultra-libéral» hier serait aujourd’hui perçu comme social-libéral ou centriste modéré. Comme Giscard d’Estaing, qui avait certes instauré le CDD en 1979, mais qui avait augmenté l’imposition des entreprises et des plus hauts revenus; aujourd’hui, c’est tout juste s’il resterait admis au club de la droite.</p><p>Mieux: si Reagan et Thatcher étaient là aujourd’hui, ils seraient choqués (ou jaloux). Sous Ronald Reagan, le taux d’imposition des entreprises a baissé de 45% à 35% aux États-Unis. Sous Margaret Thatcher, il a été ramené de 52% à 34% au Royaume-Uni. On a trouvé ces politiques extrêmes, et Renaud chantait qu’aucune femme n’est plus con, fière ou malhonnête que son frère, «à part peut-être Madame Thatcher». Mais aujourd’hui, ces figures paraissent pépères. Sous Macron, les entreprises ont vu leur taux d’imposition passer de 33,3% en 2017 à 25% en 2022, un taux qui pourrait encore baisser s’il est réélu.</p><p>Publicité</p><p>Le côté radical de la politique de Macron réside encore plus dans le rabotage méthodique de tout le volet social. Les aides personnelles au logement (APL), mises en place en 1977 sous le très libéral Giscard d’Estaing, sont trop sociales pour Emmanuel Macron, qui coupe dedans pour financer les baisses d’impôts des entreprises et des grandes fortunes.</p>
<p>Le passé, témoin gênant d’une autre façon d’être à droite</p>
<p>L’assurance chômage est aussi un marqueur de la droitisation. Non seulement Emmanuel Macron n’a pas tenu sa promesse de campagne 2017 d’élargir les droits aux allocations chômage «à tous» et «avec les mêmes droits», ni l’idée d’indemniser en cas de démission, mais depuis octobre il a durci le droit aux allocations chômage, dont le montant va baisser. En outre, les contrôles vont s’intensifier et «les demandeurs d’emploi qui ne démontreront pas une recherche active verront leurs allocations suspendues», a averti Macron.</p><p>Ce type de mesures n’est pas nouveau, et la France n’est pas une exception. «Temps Présent» vient de faire un reportage éclairant sur la sévérité des sanctions de l’assurance-chômage en Suisse. C’est cette attitude kick ass (plus sévère) héritée du sarkozysme qui interpelle. Sa tonalité contraste avec un Jacques Chirac qui en 1995, demandait aux entreprises de «considérer comme un devoir national d'offrir une chance d'insertion à des milliers de Français». Le passé est le témoin gênant d’une autre façon d’être à droite. Dans le même temps qu’il traque la fraude sociale, le gouvernement Macron délaisse la fraude fiscale, qui porte sur des dizaines de milliards d’euros, et qui n’est pas un sujet de campagne.</p><p>Publicité</p><p>Dans le même registre, on assiste au durcissement des conditions du RSA (le revenu de solidarité active, versé aux plus pauvres). Pour l’obtenir, il faut désormais travailler au moins 15 à 20 heures par semaine. Un filet social qui se transforme en travail précaire à mi-temps, payé au salaire minimum. Une mesure qui peut servir à vernir la façade du taux de chômage. Et qui est une subvention de plus aux entreprises, qui auront de la main-d’œuvre payée par l’État, tandis qu’elles touchent déjà deux fois plus d’aides publiques qu’il y a quinze ans (dont une bonne part finit en dividendes plutôt qu’en salaires).</p><p>Quant à l’inflation, le sujet brûlant qui concerne tous les salariés, et qu’ont combattu en priorité les présidents de la Ve république, il est absent du programme de Macron. À ce jour, les fonctionnaires n’ont pas de garantie de voir leurs payes ajustées à la forte hausse des prix. Les promesses destinées à stimuler le pouvoir d’achat, de type «primes exceptionnelles», restent cosmétiques. Les salaires seront les grands oubliés de ce second quinquennat.</p>
<p>Le choix proposé aux Français.e.s sera entre deux extrêmes</p>
<p>Le curseur a beau se déplacer à droite, et à droite de la droite, beaucoup d’observateurs dérivent avec lui, sans attaches, perdant leurs points de repère historiques, estimant que c’est «gauchiste» de voir de l’extrémisme dans cette politique (qui sied à leurs intérêts spécifiques). Mais si l’on sait se placer dans l’analyse et que l’on a saisi le glissement progressif, on voit que le choix proposé aux Français.e.s sera entre deux positions extrêmes. L’une (celle de Marine Le Pen) est nettement plus inacceptable en raison de sa tentation du rejet et de la discrimination. Mais, tout en lui faisant barrage, il vaut mieux prendre ses repères dans le passé et regarder en face le genre de politiques, socialement aliénantes et clivantes, qu’on verra s’affirmer de manière plus crue avec le deuxième mandat d'Emmanuel Macron.</p><p>Publicité</p><p>C’est la deuxième fois que les Français votent pour ces deux propositions qui divisent le pays en deux parties irréconciliables. Cela nous met face à un parti gouvernemental qui est radical pour une moitié des Français, et à une opposition lepéniste qui est radicale pour l’autre moitié du pays. Et tandis que l’extrême est la nouvelle norme et que ces partis sont devenus mainstream, ce sont les socialistes et les républicains qui sont devenus marginaux, en voie d’extinction. Pire qu’extrêmes, eux sont insignifiants.</p><p>Chroniques de Myret Zaki:</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 10 Apr 2022 12:16:24 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[« L’Art de la guerre »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Si l’on veut bien prendre un peu de recul par rapport à des évènements très angoissants, la guerre en Ukraine n’est pas une initiative russe, même si la Russie a pris l’initiative des combats en court-circuitant les forces ukrainiennes qui s’apprêtaient à attaquer la Crimée et le Donbass. Elle a été planifiée dès 2019 comme l’atteste le plan de la Rand Corporation présenté à la Chambre des représentants le 5 septembre 2019.</p>
<p>Le plan stratégique des États-Unis contre la Russie a été élaboré il y a trois ans par la Rand Corporation. La Rand Corporation dont le quartier-général siège à Washington, est « une organisation mondiale de recherche qui développe des solutions pour les défis politiques » : elle a une armée de 1 800 chercheurs et autres spécialistes recrutés dans 50 pays, qui parlent 75 langues, distribués en bureaux et autres sièges en Amérique du Nord, en Europe, en Australie et dans le Golfe Persique. Le personnel états-unien de la Rand vit et travaille dans plus de 25 pays. La Rand Corporation, qui s’auto-qualifie d’« organisation sans profit et non partisane », est officiellement financée par le Pentagone, par les armées de Terre et de l’Air US, par les Agences de sécurité nationale (CIA et autres), par des agences d’autres pays et de puissantes organisations non-gouvernementales.</p>

<p>La Rand Corp. se vante d’avoir contribué à élaborer la stratégie qui permît aux États-Unis de sortir vainqueurs de la Guerre froide, en contraignant l’Union Soviétique à consumer ses propres ressources dans l’exténuante confrontation militaire. De ce modèle s’est inspiré le nouveau plan élaboré en 2019 : <a href="#get1">« Overextending and Unbalancing Russia » (Étendre et déséquilibrer la Russie)</a> , soit : contraindre l’adversaire à s’étendre excessivement pour le déstabiliser et l’abattre. Voilà les principales lignes directrices d’attaque tracées dans le plan de la Rand, sur lesquelles les États-Unis ont effectivement avancé ces dernières années.</p>

<p>Avant tout, stipule le plan, il faut attaquer la Russie sur son flanc le plus vulnérable, celui de son économie fortement dépendante de l’exportation de gaz et de pétrole : à cet effet on va utiliser les sanctions commerciales et financières et, en même temps, faire en sorte que l’Europe diminue l’importation de gaz russe, en le remplaçant par du gaz naturel liquéfié étasunien. Dans le domaine idéologique et informatif, il faut encourager les protestations internes et en même temps miner l’image de la Russie à l’extérieur. Dans le domaine militaire il faut opérer pour que les pays européens de l’Otan augmentent leurs forces dans une fonction anti-russe. Les USA peuvent avoir de hautes probabilités de succès et de forts bénéfices, avec des risques modérés, en investissant majoritairement dans des bombardiers stratégiques et des missiles d’attaque à longue portée dirigés contre la Russie. Déployer en Europe de nouveaux missiles nucléaires à portée intermédiaire pointés sur la Russie leur assure de fortes probabilités de succès mais comporte aussi de grands risques. En calibrant chaque option pour obtenir l’effet désiré —conclut la Rand— la Russie finira par payer le prix le plus haut dans la confrontation avec les USA, mais ceux-ci et leurs alliés devront investir de grosses ressources en les soustrayant à d’autres objectifs.</p>

<p>Dans le cadre de cette stratégie —prévoyait en 2019 le plan de la Rand Corporation— « fournir des aides létales à l’Ukraine exploiterait le plus grand point de vulnérabilité extérieure de la Russie, mais toute augmentation des armes et du conseil militaire fournis par les USA à l’Ukraine devrait être attentivement calibrée afin de provoquer les coûts pour la Russie sans provoquer un conflit beaucoup plus ample dans lequel la Russie, à cause de la proximité, aurait des avantages significatifs ». C’est justement là —dans ce que la Rand Corporation définissait comme « le plus grand point de vulnérabilité extérieure de la Russie », exploitable en armant l’Ukraine de façon « calibrée pour augmenter les coûts pour la Russie sans provoquer un conflit beaucoup plus ample »— qu’est advenue la rupture. Prise dans l’étau politique, économique et militaire que les USA et l’Otan resserraient de plus en plus, en ignorant les avertissements répétés et les propositions de négociations de la part de Moscou, la Russie a réagi avec l’opération militaire qui a détruit en Ukraine plus de 2 000 structures militaires réalisées et contrôlées en réalité non pas par les gouvernants de Kiev mais par les commandements des USA et de l’Otan. L’article qui, il y a trois ans, rapportait le plan de la Rand Corporation se terminait par ces mots : « Les “options” prévues par le plan ne sont en réalité que des variantes de la même stratégie de guerre, dont le prix en termes de sacrifices et de risques est payé par nous tous ».</p>

<p>Nous sommes en train de le payer maintenant, nous les peuples européens, et nous le paierons de plus en plus cher, si nous continuons à être des pions sacrifiés dans la stratégie USA-Otan.</p>

<p>Manlio Dinucci<br />Traduction<br />Marie-Ange Patrizio</p>

<p><a name="get1" id="get1"><br />Document Rand Corporation<br /></a> : <br /><a href="https://www.rand.org/content/dam/rand/pubs/research_briefs/RB10000/RB10014/RAND_RB10014.pdf"><br />Overextending and Unbalancing Russia. Assessing the Impact of Cost-Imposing Options</a>, by James Dobbins, Raphael S. Cohen, Nathan Chandler, Bryan Frederick, Edward Geist, Paul DeLuca, Forrest E. Morgan, Howard J. Shatz, Brent Williams, Rand Corporation, May 2019.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/861/guerre-dukraine-jour-44-ursula-von-der-leyen-en-docteur-folamour-a-bucha-et-kiev</guid>
	<pubDate>Sun, 10 Apr 2022 10:00:20 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/861/guerre-dukraine-jour-44-ursula-von-der-leyen-en-docteur-folamour-a-bucha-et-kiev</link>
	<title><![CDATA[Guerre d&#039;Ukraine - Jour 44 - Ursula von der Leyen en Docteur Folamour à Bucha et Kiev]]></title>
	<description><![CDATA[<p>+ La monnaie russe s’est renforcée à un peu moins de 72 roubles pour un dollar américain et à 77 contre l’euro lors des échanges à la Bourse de Moscou vendredi.</p><p>Le rouble a maintenant atteint son niveau le plus fort par rapport au dollar depuis novembre dernier et par rapport à l’euro depuis juin 2020. </p><p>+ Passionnant article d’<a href="https://planetes360.fr/la-revolution-financiere-mondiale-a-venir/">Ellen Brown</a>. Quelques extraits (1ère partie): </p><p>“En 1971, le président Richard Nixon a mis fin à la convertibilité du dollar en or au niveau international (connu sous le nom de « fermeture de la fenêtre de l’or »), afin d’éviter de vider les réserves d’or des États-Unis. La valeur du dollar s’est alors effondrée par rapport aux autres monnaies sur les marchés mondiaux. Pour le soutenir, Nixon et le secrétaire d’État Henry Kissinger ont conclu un accord avec l’Arabie saoudite et les pays de l’OPEP selon lequel l’OPEP ne vendrait le pétrole qu’en dollars, et que les dollars seraient déposés dans les banques de Wall Street et de la City de Londres. En contrepartie, les États-Unis défendraient militairement les pays de l’OPEP. Le chercheur en économie William Engdahl présente également des preuves d’une promesse selon laquelle <a href="http://www.engdahl.oilgeopolitics.net/1973_Oil_Shock/1973_oil_shock.html#:~:text=The%20Fake%20Oil%20Crisis%20of%201973%20From%20QuestionsQuestions.Net,that%20crisis%20was%20likely%20a%20completely%20contrived%20affair." target="_blank" rel="noopener">le prix du pétrole serait quadruplé</a>. Une crise pétrolière déclenchée par une brève guerre au Moyen-Orient a effectivement fait quadrupler le prix du pétrole, et l’accord de l’OPEP a été finalisé en 1974.</p><p>L’accord a tenu jusqu’en 2000, lorsque Saddam Hussein l’a rompu en vendant le pétrole irakien en euros. Le président libyen Mouammar Kadhafi a fait de même. Les deux présidents ont été assassinés, et leurs pays ont été décimés par la guerre avec les États-Unis. Le chercheur canadien Matthew Ehret <a href="https://canadianpatriot.org/2022/03/28/the-rhodes-scholars-guiding-bidens-presidency" target="_blank" rel="noopener">observe</a> :</p><p>« N’oublions pas que l’alliance Soudan-Libye-Égypte, sous la direction combinée de Moubarak, Kadhafi et Bashir, avait entrepris d’établir un nouveau système financier adossé à l’or, en dehors du FMI et de la Banque mondiale, afin de financer un développement à grande échelle en Afrique. Si ce programme n’avait pas été sapé par la destruction de la Libye sous l’égide de l’OTAN, le dépeçage du Soudan et le changement de régime en Égypte, le monde aurait vu l’émergence d’un bloc régional majeur d’États africains façonnant leur propre destin pour la première fois dans l’histoire en dehors du jeu truqué de la finance contrôlée par les Anglo-Américains. (…) </p><p>Dans le mois qui a suivi le début du conflit en Ukraine, les États-Unis et leurs alliés européens ont imposé de lourdes <a href="https://outsidevoices.substack.com/p/reporting-from-moscow-sanctions-may?s=r" target="_blank" rel="noopener">sanctions financières</a> à la Russie en réponse à l’invasion militaire illégale. Les mesures occidentales comprenaient le <a href="https://tass.com/economy/1421403" target="_blank" rel="noopener">gel</a> de près de la moitié des 640 milliards de dollars américains de réserves financières de la banque centrale russe, <a href="https://www.reuters.com/business/finance/eu-excludes-seven-russian-banks-swift-official-journal-2022-03-02/" target="_blank" rel="noopener">l’expulsion</a> de plusieurs des plus grandes banques russes du système de paiement mondial SWIFT, <a href="https://www.jdsupra.com/legalnews/new-restrictions-on-exports-to-russia-4618366/" target="_blank" rel="noopener">l’imposition</a> de contrôles à l’exportation visant à limiter l’accès de la Russie aux technologies de pointe, <a href="https://www.businessinsider.com/map-shows-countries-that-closed-airspace-russia-over-ukraine-war-2022-3" target="_blank" rel="noopener">la fermeture</a> de leur espace aérien et de leurs ports aux avions et aux navires russes, et <a href="https://home.treasury.gov/news/press-releases/jy0650" target="_blank" rel="noopener">l’instauration</a> de sanctions personnelles à l’encontre de hauts fonctionnaires russes et de magnats très en vue. (…)</p><p> Le président russe <a href="https://www.youtube.com/watch?v=7FyFkAyqn4Q" target="_blank" rel="noopener">Vladimir Poutine</a> a déclaré dans un discours prononcé le 16 mars que les États-Unis et l’Union européenne avaient manqué à leurs obligations et que le gel des réserves de la Russie marquait la fin de la fiabilité des actifs dits de première classe. Le 23 mars, Poutine a <a href="https://astutenews.com/2022/04/putins-rubles-for-gas-demand-ensures-unfriendly-countries-prop-up-russian-economy/" target="_blank" rel="noopener">annoncé</a> que le gaz naturel russe serait vendu aux « pays inamicaux » uniquement en roubles russes, plutôt qu’en euros ou en dollars, comme c’est le cas actuellement. Quarante-huit nations sont considérées par la Russie comme « inamicales », dont les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Ukraine, la Suisse, la Corée du Sud, Singapour, la Norvège, le Canada et le Japon.</p><p>Poutine a noté que plus de la moitié de la population mondiale reste « amie » de la Russie. Les pays qui n’ont pas voté en faveur des sanctions comprennent deux grandes puissances – la Chine et l’Inde – ainsi que le principal producteur de pétrole, le Venezuela, la Turquie et d’autres pays du Sud. Les pays « amis », a déclaré Poutine, peuvent désormais acheter à la Russie dans différentes devises. (…)</p><p>(…)</p><p>Les ministres de l’Énergie des pays du G7 ont rejeté la demande de Poutine, affirmant qu’elle violait les termes des contrats de gaz qui exigent une vente en euros ou en dollars. Mais le 28 mars, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a <a href="https://tass.com/politics/1428229?utm_source=tomluongo.me&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=tomluongo.me&amp;utm_referrer=tomluongo.me" target="_blank" rel="noopener">déclaré</a> que la Russie n’était « pas engagée dans la charité » et qu’elle ne fournirait pas de gaz à l’Europe gratuitement (ce qu’elle ferait si les ventes se faisaient en euros ou en dollars qu’elle ne peut actuellement pas utiliser dans le commerce). Les sanctions elles-mêmes constituent une violation de l’accord visant à honorer les devises sur les marchés mondiaux.(…)</p><p>.L’économie de la Russie est beaucoup plus petite que celle des États-Unis et de l’Union européenne, mais la Russie est un <a href="https://outsidevoices.substack.com/p/reporting-from-moscow-sanctions-may?s=r" target="_blank" rel="noopener">fournisseur mondial majeur</a> de produits de base essentiels – non seulement le pétrole, le gaz naturel et les céréales, mais aussi le bois, les engrais, le nickel, le titane, le palladium, le charbon, l’azote et les métaux des terres rares utilisés dans la production de puces informatiques, de véhicules électriques et d’avions.</p><p>Le 2 avril, le géant gazier russe <a href="https://www.zerohedge.com/energy/gazprom-halts-gas-shipments-europe-critical-pipeline" target="_blank" rel="noopener">Gazprom a officiellement interrompu</a> toutes les livraisons à l’Europe via le gazoduc Yamal-Europe, une artère critique pour l’approvisionnement énergétique européen. (…) </p><p>Richard Werner, professeur d’économie au Royaume-Uni, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=IwpjYyMHSJ0" target="_blank" rel="noopener">qualifie</a> la manœuvre russe d’astucieuse – une répétition de ce que les États-Unis ont fait dans les années 1970. Pour obtenir des produits russes, les pays « inamicaux » devront acheter des roubles, ce qui fera grimper la valeur du rouble sur les marchés mondiaux, tout comme le besoin de pétrodollars a soutenu le dollar américain après 1974. En effet, le 30 mars, le rouble avait déjà <a href="https://abcnews.go.com/Business/wireStory/russias-ruble-rebound-raises-questions-sanctions-impact-83768547" target="_blank" rel="noopener">atteint</a> le niveau où il se trouvait un mois plus tôt.(…)</p><p>La Russie suit les États-Unis non seulement en liant sa monnaie nationale aux ventes d’un produit de base essentiel, mais aussi en suivant un protocole antérieur – ce que les dirigeants américains du XIXe siècle appelaient le « système américain » de monnaie et de crédit souverains. Ses trois piliers étaient (a) des subventions fédérales pour les améliorations internes et pour soutenir les industries naissantes de la nation, (b) des tarifs douaniers pour protéger ces industries, et (c) un crédit facile émis par une banque nationale.</p><p>Michael Hudson, professeur d’économie et auteur de « <a href="https://michael-hudson.com/2021/10/3rd-edition-super-imperialism/" target="_blank" rel="noopener">Super-Impérialisme : La stratégie économique de l’empire américain</a> », parmi de nombreux autres ouvrages, note que les sanctions obligent la Russie à faire ce qu’elle a été réticente à faire elle-même : réduire sa dépendance à l’égard des importations et développer ses propres industries et infrastructures. L’effet, dit-il, est équivalent à celui des tarifs douaniers protecteurs. Dans un article intitulé « <a href="https://michael-hudson.com/2022/03/the-american-empire-self-destructs/" target="_blank" rel="noopener">L’empire américain s’autodétruit</a> », Hudson écrit au sujet des sanctions russes (qui remontent en fait à 2014) :</p><p>« La Russie était restée trop captivée par l’idéologie du marché libre pour prendre des mesures visant à protéger sa propre agriculture ou son industrie. Les États-Unis ont apporté l’aide nécessaire en imposant à la Russie une autonomie intérieure (via les sanctions). Lorsque les États baltes ont perdu le marché russe du fromage et d’autres produits agricoles, la Russie a rapidement créé son propre secteur fromager et laitier – tout en devenant le premier exportateur mondial de céréales. …</p><p>La Russie découvre (ou est sur le point de découvrir) qu’elle n’a pas besoin de dollars américains pour garantir le taux de change du rouble. Sa banque centrale peut créer les roubles nécessaires pour payer les salaires nationaux et financer la formation de capital. Les confiscations américaines pourraient donc finalement amener la Russie à mettre fin à la philosophie monétaire néolibérale, comme le préconise depuis longtemps Sergey Glaziev en faveur de la MMT [Modern Monetary Theory]. …</p><p>Ce que les pays étrangers n’ont pas fait d’eux-mêmes – remplacer le FMI, la Banque mondiale et les autres bras de la diplomatie américaine – les politiciens américains les obligent à le faire (…)”</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/860/marine-le-pen-eric-zemmour-jean-luc-melenchon</guid>
	<pubDate>Fri, 08 Apr 2022 21:32:37 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/860/marine-le-pen-eric-zemmour-jean-luc-melenchon</link>
	<title><![CDATA[Marine LE PEN, Éric ZEMMOUR, Jean-Luc MELENCHON]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Ils ne sont pas les candidats de Bruxelles</p>

<p>Ils ne sont pas au pouvoir depuis 40 ans.</p>

<p>Ils ne sont pas les candidats choisis par Davos, Bilderberg, la Trilatérale, la Banque centrale Européenne, Vanguard, BlackRock, la City ou Wall Street.</p>

<p>Aucun des trois n'a préféré le drapeau bleu à 12 étoiles jaunes au drapeau tricolore dans ses meetings…</p>

<p>Ils se sont opposées aux folies les plus graves de Macron-McKinsey dans la crise sanitaire.</p>

<p>Ils ne vous proposent pas d’être réduits à un QR-Code en liberté surveillée</p>

<p>Ils ne relaient pas sans discernement la propagande folle de l’OTAN sur la guerre en Ukraine.</p>

<p>Ils préfèrent que les décisions soient prises par le peuple français plutôt que par la Commission de Bruxelles et Joe Biden, assistés par McKinsey et ses pareils.</p>

<p>Si deux d’entre eux sont au second tour, Macron sera battu dès ce dimanche, ce sera une victoire pour les Français, contre les forces puissantes qui veulent détruire les Nations pour construire une « société liquide » dans laquelle chacun sera isolé face à d’immenses conglomérats mondialisés.</p>

<p>C’est vers eux que les votes doivent se tourner pour faire face à l’urgence de l’entrée progressive dans un monde technologique totalitaire, que représentent les projets des patrons de Macron.</p>

<p>C’est ce projet totalitaire du XXIe siècle qui est le danger, et pas les rabâchages permanents des peurs de revivre les drames du XXe siècle, qui sont dans le rétroviseur et ne reviendront pas à l’identique, mais servent à vous asservir, comme une peur de plus.</p>

<p>Selon votre Histoire et vos préférences vous avez le choix, mais seuls ces trois candidats permettent de voter contre Macron, dans ce référendum sur la disparition de ce qui a été construit en 1945 par le pacte social passé alors entre les forces, si diverses, qui avaient résisté.</p>

<p>J'ai, avec chacun de ces trois candidats, de très grandes divergences politiques. Sur des sujets importants. Mais, dans ce référendum, il faut voir où se situent les questions décisives et où se situent les questions subsidiaires.</p>

<p>Je n'hésiterai à voter pour aucun des trois, si au second tour il se trouve en face d'Emmanuel Macron. Car voter blanc, nul ou s'abstenir, ce sera alors choisir Macron.</p>

<p>Engagé à gauche depuis ma jeunesse, en ce premier tour, je voterai naturellement pour Jean-Luc Mélenchon.</p>

<p>Gilles CASANOVA</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/859/%C2%ABpretendre-que-linvasion-de-lukraine-accelere-la-construction-europeenne-est-un-contresens%C2%BB</guid>
	<pubDate>Fri, 08 Apr 2022 21:25:07 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/859/%C2%ABpretendre-que-linvasion-de-lukraine-accelere-la-construction-europeenne-est-un-contresens%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[«Prétendre que l&#039;invasion de l&#039;Ukraine accélère la construction européenne est un contresens»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX /TRIBUNE - La guerre en Ukraine n'entraîne nullement un réveil stratégique de l'Union européenne, objecte l'éditorialiste.</p><p>Guillaume Bigot est essayiste et éditorialiste sur CNews et Sud Radio. Il dirige le groupe Ipag Business school.</p><p>«Nous sommes pareils à des voyageurs de wagons-lits qui ne se réveilleront qu'au moment de la collision» écrivait Robert Musil à propos de la première guerre mondiale dans L'Europe désemparée.</p><p>Plus d'un siècle plus tard, les Européens ne sont pas moins surpris par le retour de la <a href="https://www.lefigaro.fr/vox/monde/sommes-nous-prets-pour-une-guerre-de-haute-intensite-20220227">guerre de haute intensité</a> comme disent les spécialistes. En réaction à l'invasion de l'Ukraine, l'Union européenne (UE) serait en train de sortir de sa torpeur stratégique. On assisterait à l'émergence d'une authentique volonté d'<a href="https://www.lefigaro.fr/international/friedrich-merz-l-autonomie-strategique-de-l-ue-est-une-vision-lointaine-20220127">autonomie stratégique continentale</a>. Et ceci pour trois raisons brandies par les partisans de la construction européenne : une raison sentimentale, une raison énergétique et une raison militaire dont chacune mérite d'être examinée.</p><p>La raison sentimentale a été formulée par Ursula von der Leyen: « Les Ukrainiens font partie de nous. Ils sont des nôtres et nous souhaitons qu'ils nous rejoignent. » Nous sommes tous ukrainiens répète-t-on à Bruxelles et cette communauté de destin a été renforcée par la <a href="https://www.lefigaro.fr/flash-actu/l-union-europeenne-lance-l-examen-des-candidatures-de-l-ukraine-de-la-georgie-et-de-la-moldavie-20220307#:~:text=L'Union%20europ%C3%A9enne%20a%20lanc%C3%A9,du%20Conseil%20de%20l'UE.&amp;text=Les%20trois%20pays%20ont%20d%C3%A9pos%C3%A9%20leur%20demande%20%C3%A0%20la%20suite,invasion%20russe%20de%20l'Ukraine." target="_blank" rel="noopener">demande d'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne</a>. La découverte de <a href="https://www.lefigaro.fr/flash-actu/guerre-en-ukraine-une-enquete-sur-boutcha-est-la-prochaine-etape-selon-l-onu-20220407">charniers</a> laissés par les soudards impitoyables de l'armée russe dans la banlieue de Kiev ne peut que renforcer la sympathie naturelle des Européens pour les Ukrainiens.<br />La cruauté de l'agression russe serait ressentie comme celle de tous les Européens, une sorte d'affectio societatis continental sera en train d'émerger.</p><p>À lire aussi<a href="https://www.lefigaro.fr/vox/monde/didier-rebut-le-massacre-de-boutcha-entre-dans-la-definition-du-crime-de-guerre-20220405">Didier Rebut: «Le massacre de Boutcha entre dans la définition du crime de guerre»</a></p><p>Or, dans l'histoire, on ne se pose qu'on s'opposant. La France n'est devenue elle-même qu'en combattant les Anglais pendant la guerre de Cent ans. Plus décisif encore, un sentiment d'insécurité collective continentale aurait fait naître la résolution des Européens de se défendre contre la Russie poutinienne, ennemi commun de l'UE et de ses valeurs.</p><p>Un sentiment d'insécurité collective continentale aurait fait naître la résolution des Européens de se défendre contre la Russie poutinienne, ennemi commun de l'Union européenne et de ses valeurs. En examinant cet argument sentimental, on est cependant frappé par sa fragilité.</p>
<p>Guillaume Bigot</p>
<p>En examinant cet argument sentimental, on est cependant frappé par sa fragilité. D'abord, la guerre russo-ukrainienne est intra-européenne. Les Ukrainiens sont européens mais les Russes ne le sont pas moins. Les Grecs attaqués à Chypre par des Turcs non européens et membres de l'Otan, étaient aussi européens. Les<br />Serbes bombardés par l'Otan étaient également européens. Si l'UE se sent aujourd'hui ukrainienne alors qu'elle ne s'est jamais sentie serbe ou grecque, c'est que l'Ukraine est une nation européenne pro-Otan attaquée par un autre pays européen anti-Otan.</p><p>C'est d'ailleurs ce que Madame von der Leyen confirme en expliquant qu'en Ukraine : "c'est la démocratie qui se dresse contre l'autocratie et dans ce combat-là, nous sommes unis avec nos amis canadiens et américains. »</p><p>Passons au deuxième argument de ceux qui affirment que l'UE aurait pris en main ses intérêts stratégiques à l'occasion de la guerre en Ukraine, c'est l'argument énergétique. Tous les Européens seraient réunis, nous dit-on, par la recherche d'une résilience énergétique. « La guerre d'agression russe en Ukraine nous montre de manière dramatique à quel point la sécurité et l'approvisionnement énergétique sont étroitement liés. Nous ne pouvons-nous permettre d'ignorer cela », reconnaît Patrick Graïchen, le secrétaire d'État allemand au climat. La présidente von der Leyen abonde dans le même sens : « Les 27 sont bien trop dépendants aux énergies fossiles russes, et il faut nous débarrasser de cette dépendance. »</p><p>Constats difficilement contestables mais incitent-ils les Européens à développer une vision commune de leur indépendance énergétique ? Le diagnostic est partagé, les remèdes le sont moins.</p><p>Les sanctions européennes contournent les banques impliquées dans les transactions avec Gazprom.</p>
<p>Guillaume Bigot</p>
<p>Et pour commencer, les sanctions européennes contournent les banques impliquées dans les transactions avec Gazprom. Le gaz et le pétrole russes continuent d'arriver en Europe. Face à l'ignominie des crimes commis par les soudards russes, l'UE vient de renoncer au <a href="https://www.lefigaro.fr/conjoncture/guerre-en-ukraine-la-pologne-met-la-pression-sur-les-sanctions-20220407">charbon russe</a>. C'est un dérisoire volontarisme de sauts de puces. L'indépendance énergétique demeure ainsi une velléité.<br />La filière nucléaire française offre une solution, peut-être pas immédiate mais au moins compatible avec un objectif d'autonomie énergétique européenne. Pourtant, le plan de relance européen exclut le nucléaire.</p><p>En revanche, la présidente de la Commission a déclaré que nous devons nous tourner vers "nos amis américains pour voir s'il n'est pas possible de disposer de davantage de gaz naturel liquéfié".<br />L'intérêt des 27 étaient-ils de se passer de Nord Stream II pour se jeter dans les bras du Qatar ou du Texas afin de se fournir en énergie ? Joseph Biden a répondu à cette question lors de sa conférence de presse avec le chancelier allemand, le 7 février dernier, en déclarant : « si la Russie envahit l'Ukraine, Nord Stream II ne se fera pas. »</p><p>Enfin, le troisième argument de ceux qui voient dans la crise ukrainienne l'acte de naissance d'une Europe puissance, c'est que la question militaire intéresserait enfin Bruxelles.</p><p>« La guerre a enfin contribué à créer le consensus autour de la défense européenne » analyse Nathalie Loiseau, eurodéputé et présidente de la sous-commission défense au Parlement européen. « Pour la première fois de notre histoire, nous finançons l'achat et la livraison d'armes à un pays attaqué avec des fonds européens » explique Ursula von der Leyen. Pour le Haut représentant Josep Borrell, l'adoption par le Conseil européen d'un<br />texte de doctrine défensive intitulé « boussole stratégique » exprimerait un « changement tectonique. »</p><p>Autre signe que les Européens auraient renoncé à leur naïveté : l'Allemagne a décidé de consacrer 100 milliards d'euros à sa défense. Pourtant, ici encore, on est loin de tenir les preuves d'une authentique volonté d'autonomie stratégique européenne. Effectivement, l'UE va fournir une aide militaire mais ce sont les États membres qui l'ont décidé et ce sont les Etats membres qui livreront, le tout avec la bénédiction et sous la supervision de l'Otan.</p><p>Quant au réarmement de l'Allemagne, il n'exprime aucune solidarité européenne. Berlin a commencé à s'équiper en achetant des F35 américains.</p>
<p>Guillaume Bigot</p>
<p>Quant au réarmement de l'Allemagne, il n'exprime aucune solidarité européenne. Berlin a commencé à s'équiper en achetant des F35 américains, compatibles avec les standards Otan et habilités à porter des charges nucléaires américaines… Pour l'autonomie stratégique continentale, on repassera.</p><p>Dans l'affaire Aukus, Allemands et Suédois ont réalisé un intense lobbying intensif pour que Canberra n'achète pas de sous-marins français. En matière spatiale, les sociétés allemandes préfèrent Space X à Ariane 6. La maxime gaullienne se vérifie ad nauseam : les États n'ont pas d'amis… Même les États membres n'ont que des intérêts.</p><p>D'ailleurs, la « boussole stratégique » appelle à une « coopération plus étroite et mutuellement bénéfique avec les États-Unis. » Nathalie Loiseau confirme que cette fameuse boussole européenne ne change pas de cap : « Il faut arrêter de penser qu'autonomie stratégique et lien transatlantique sont contradictoires. » Au-delà de confirmer la prophétie gaulliste d'une Union européenne qui ne<br />pourrait se réaliser qu'au profit d'une tierce puissance, deux évidences devraient nous sauter aux yeux.</p><p>La première évidence, c'est que la crise ukrainienne signe le retour de la guerre. Or, le plus authentique cri de guerre des Européens, c'est Aristide Briand qui l'a poussé en 1926: « Arrière les fusils, les mitrailleuses, les canons ! Place à la conciliation, à l'arbitrage, à la paix! » Le projet européen est tout entier fondé sur l'espoir de neutraliser la guerre par l'économie. Pourtant, l'UE commerce davantage avec la Russie qu'avec l'Ukraine.</p><p>C'est parce qu'elles ne veulent plus se défendre elles-mêmes que les nations se sont abandonnées au projet européen. C'est aussi pour cette raison que l'Union européenne est consubstantiellement liée à l'Otan.</p>
<p>Guillaume Bigot</p>
<p>C'est parce qu'elles ne veulent plus se défendre elles-mêmes que les nations se sont abandonnées au projet européen. C'est aussi pour cette raison que l'UE est consubstantiellement liée à l'Otan. Les Européens n'ont plus ni la capacité, ni la volonté de se défendre eux-mêmes alors comment les 27 trouveraient-ils le ressort de défendre une entité commune ? Les volontés se multiplient, les renoncements s'annulent. La crise ukrainienne, c'est aussi le retour des nations.</p><p>Il y a un peuple allemand et un peuple français. Il y a un peuple ukrainien et un peuple russe et sans doute les Ukrainiens sont-ils plus proches des Russes que nous ne le sommes des Allemands.<br />Les Ukrainiens se battent pour leur terre, pour défendre leurs frontières et pour leur drapeau. Les Ukrainiens sont un peuple mais les Européens ne le sont pas. D'ailleurs, qui irait mourir pour le drapeau européen ?</p><p>À lire aussi<a href="https://www.lefigaro.fr/vox/societe/guerre-en-ukraine-les-occidentaux-sont-ils-prets-a-mourir-pour-la-democratie-20220228">Guerre en Ukraine: «Les Occidentaux sont-ils prêts à mourir pour la démocratie ?»</a></p><p>On voit plus de drapeaux ukrainiens dans les beaux quartiers parisiens aux fenêtres que de tricolores au lendemain de Charlie, comme si les bobos français avaient besoin d'un patriotisme de substitution. Le bleu et le jaune du drapeau ukrainien ne sont pas les couleurs d'un patriotisme post-national qui aurait moralement réarmé ceux qui posaient des bougies après le Bataclan en bêlant : vous n'aurez pas ma haine !</p><p><a href="https://www.lefigaro.fr/vox/histoire/guerre-en-ukraine-la-memoire-du-goulag-concourt-a-l-esprit-de-resistance-contre-les-russes-20220407">La résistance héroïque des Ukrainiens</a> montre par ailleurs que ce n'est pas la taille d'un pays mais la détermination de son peuple à le défendre qui fonde son indépendance. La Suisse est petite mais personne n'ira l'envahir car le patriotisme helvète est ombrageux et armé !</p><p>Platon savait déjà que ce ne sont pas les murs qui font les cités mais le courage des hommes qui les défendent. Prétendre que l'invasion de l'Ukraine accélérerait la construction européenne revient ainsi à tomber dans un grave contresens.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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