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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<pubDate>Wed, 02 Mar 2022 21:04:02 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[CEUX QUI CONDUISENT VS. CEUX QUI NOUS CONDUISENT]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Denis MAILLARD - 16 Nov 2018</p><p>GILETS JAUNES : CEUX QUI CONDUISENT VS. CEUX QUI NOUS CONDUISENT</p><p>Telle une alerte météo mettant les départements, les uns après les autres, en vigilance orange ou rouge, la journée de mobilisation des « gilets jaunes », se prête déjà à toutes les spéculations. Les agités du blocage attisent l’espoir d’une tempête révolutionnaire quand les docteurs en mouvements sociaux officiels ironisent déjà sur cette bourrasque sans lendemain. Pourtant, à la veille de la manifestation, bien malin  qui peut prédire, sans se tromper, l’ampleur du mouvement, son impact ou sa durée. Au risque d’être démentis par les événements, regardons cette mobilisation – dont le foisonnement sur les réseaux sociaux est déjà un enseignement – avec les lunettes de l’analyse politique, la seule qui vaille à ce stade.</p><p>  L’élection d’Emmanuel Macron restera comme le moment d’une bascule ; elle est autant l’aboutissement d’une transformation de la société française que son entrée dans un autre moment de son histoire. De ce point de vue, le mouvement des « gilets jaunes » finit de révéler ce qui n’était pas encore tout à fait perceptible en mai 2017. A nos yeux, ce mécontentement condense les contradictions nées de la situation politique du printemps électoral ; il en est à la fois son prolongement et sa récusation, le rejeux et le rejet. Trois traits au moins nous semblent devoir être soulignés.</p><p>  1 – La révélation : conducteurs et dirigeants</p><p>  Ce n’était un secret pour personne. L’élection du Président de la République avait laissé à découvert un pays clivé entre deux France politiques. Situation normale dans une élection de ce type mais hors norme tant la coupure épousait les contours d’une nouvelle géographie physique (centres urbains contre périphérie), culturelle (diplômés contre décrocheurs) et économique (gagnants contre perdants de la mondialisation). Toutes choses résumées par l’idée d’une rupture entre le peuple et son élite ; celle que le Président a reconnu ne pas avoir réussi à réparer – dans un  mea culpa peu courant. Et pour cause. Le différent ne se situe pas là où il dit être : il n‘est pas juste économique, il ressort avant tout d’un imaginaire en colère. A travers la contestation des prix du carburant, le conflit se porte en réalité sur la légitimité du mode de vie de ceux qui vont donner de la voix le 17 novembre. C’est l’opposition des conducteurs et des dirigeants : « ceux qui conduisent » contre « ceux qui nous conduisent ».</p><p>  Cette fracture n’est pas réductible par de simples mesures techniques et un peu d’empathie. Car, véritable non-dit de l’élection d’Emmanuel Macron, elle éclate aujourd’hui au visage de tous : sur le dos de qui se réalisera la transition énergétique ? Qui sera, à la fin, le dindon de la farce écologique ? Sur ce point, « ceux qui nous conduisent » se conduisent bien mal. Quelle image donne-t-on de ces Français « qui roulent au diesel et fument des clopes » ? Politiquement suspects, écologiquement contestables et socialement égoïstes, leur sort est scellé. Ils se sentent alors devenir les exclus du tournant écologique de notre système productif. Comme les autres Français, ils étaient fiers de la Cop21 ; ils n’avaient pas saisi, en revanche, que la transition écologique allait se réaliser au détriment de la justice sociale et de leur manière de vivre. Car en définitive les puissants n'expriment aucune solidarité envers les plus pauvres ou les plus fragiles, alors qu'ils se préoccupent sincèrement de la qualité de l'air ou de celle de leurs aliments bio, du réchauffement climatique ou des prochaines vagues caniculaires. A chaque fois, « ceux qui conduisent » ont le sentiment que « ceux qui nous conduisent » s’exonèrent socialement et économiquement des contraintes qu’ils font peser sur leurs épaules.</p><p>  2 – La continuation : société de marché et dialectique de l’Etat</p><p>  Conduire, c’est savoir se débrouiller seul. C’est la vérité de la civilisation de la voiture ; une civilisation de l’individu dont la révolte – on le voit dans la préparation minutieuse des blocages – prend des airs survivalistes : il faut s’attendre à tout... Pour le coup, cette attitude est totalement adaptée au « nouveau monde » révélé en mai 2017. C’est pourquoi les bloqueurs du 17 novembre ne peuvent être ramenés à des fachos pollueurs électeurs de Marine Le Pen : ce sont les individus autonomes de la société de marché dont le premier président élu est Emmanuel Macron.</p><p>  La société de marché se caractérise par un effacement du conflit social organisé où la négociation était première parce que le conflit avait ses vertus, reconnu comme tel et régulé (notamment par la démocratie sociale). A la place, une société beaucoup plus fluide s’affirme à travers l’évitement du conflit, l’individualisation des relations sociales et la prééminence de l’intermédiation (c'est à dire un soutien direct à des entités individuelles qui se débrouillent seules). Cela ne signifie pas que les confits n'existent plus, mais ils revêtent des formes différentes, beaucoup plus directes, imprévisibles et radicales où il serait possible d’obtenir « tout, tout de suite ! », parce qu'il existerait des solutions simples. C’est la fameuse « tentation populiste », bien réelle mais si mal comprise. La journée du 17 novembre restera sans doute comme le premier conflit d’envergure de cette société de marché. Cela lui donne ce visage si particulier à cheval entre un mouvement de citoyens, de consommateurs, de contribuables et de travailleurs ; dans la société de marché ces termes sont synonymes.</p><p>  Mais société de marché ne veut pas dire disparition de l’Etat. Au contraire. Nous habitons plus que jamais ce paradoxe tocquevillien qui fait marcher de conserve affirmation de l’individu et renforcement de l’Etat. Sauf que les grandeurs s’inversent : l’Etat puissant faisait naître un individu dominé. Ce dernier a fini par s’émanciper au détriment d’une puissance publique  qui ne sait plus à quoi lui sert d’être puissante et d’être publique. Elle tend alors à disparaître sous forme de service pour réapparaître sous forme de nuisance : elle emmerde les citoyens quand elle devrait les aider, les culpabilise quand elle devrait les protéger, les abandonne quand elle devrait les soutenir grâce à ses « premières lignes » : ces fonctionnaires du quotidien et des guichets – dont Maggy Biskupski, la porte-voix des « policiers en colère », portait incarnation. Ils partagent aussi le mode de vie de « ceux qui conduisent ».</p><p>  3 – La confirmation : les travailleurs de l’arrière accusent le coup</p><p>  Ces « premières lignes » de la République sont intimement mêlés avec ceux que l’on appelle les « travailleurs de l’arrière », c’est-à-dire ce back office de la société qui a le sentiment d'être invisible, peu considéré et, pourtant, d'être celui qui fait « tenir » la société, qui fait qu'elle se poursuit malgré tout. Les révoltés du 17 novembre savent le besoin qu’on a d’eux mais le peu de reconnaissance qu’ils en obtiennent. Certes le back office de la société est plus large que « ceux qui conduisent » mais ceux-ci en font largement partie : ils sont ouvriers, artisans, auto-entrepreneurs, livreurs de 5h du matin dans les grandes villes, routiers au long cours, transporteurs locaux, représentants, retraités parfois, chômeurs ou restant au foyer, mais aussi ambulanciers, infirmiers, aides-soignants, enseignants, ouvriers du bâtiment ou supplétifs de la restauration etc. Des travailleurs et des consommateurs, des citoyens et des contribuables ; des Français en un mot. Dont il va bien falloir tenir compte tant ils contribuent de manière souvent invisible, fréquemment discrète, parfois secrète, à l’épanouissement de l’autre société, le front office, qu’ils viennent servir, aider et faire marcher tous les jours. Car l’un ne fonctionne pas sans l’autre ; il n’y pas d’un côté les vertueux et de l’autre ceux qui ne sont rien.</p><p>Sans doute la civilisation de la voiture connaît-elle ses derniers feux mais son inévitable transformation ne saurait se résumer à aller cracher sur sa tombe. Pas en République, pas en France.</p><p>  Pour tout dire, la mobilisation des « gilets jaunes » a déjà une  vertu. Elle agit comme une revanche du symbolique dans une société qui ne connaît plus que des symboles. Le symbolique, c’est cette capacité des individus à se rapporter à quelque chose qui les précède et les domine, c’est-à-dire à un ensemble de rites, de symboles, de récits, d’interdits et d’obligations qui forment la société. Lors de son « itinérance mémorielle » sur les traces de la Grande guerre, le Président de la République s’est évertué à remuer des symboles ;  en redessinant la carte de la France contemporaine à partir des ronds-points et des accès d’autoroutes virtuellement bloqués, les « gilets jaunes » sont venus lui rappeler qu’il existait une autre dimension de la vie en commun – le symbolique que seule la politique permet d’inscrire dans le réel. Avant même le 17 novembre, c’est une première leçon. Gageons qu’il y en aura d’autres. Espérons seulement que le Président ne réponde pas encore une fois : « j’ai entendu mais… je ne change rien ».</p><p>  Denis MAILLARD est président de Temps Commun, cabinet de conseil en relations sociales.</p><p>Il est l'auteur de Quand la religion s'invite en entreprise, Fayard, 2017</p>
<p><a href="https://www.laurorethinktank.fr/blocnote/gilets-jaunes-ceux-qui-conduisent-vs-ceux-qui-nous-conduisent/bloc-notes/">→ retrouver<br />les différentes<br />Bloc-notes</a></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Tue, 01 Mar 2022 23:50:33 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Quand le gouvernement français dénonçait l’extrême droite au pouvoir en Ukraine – Le Courrier des Stratèges]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Le gamin réélu haut la main au second tour par les instituts de sondage de ses potes milliardaires face à Z, comme Le Lionel en 2002 ! Alors pourquoi aller voter face à cet embargo médiatique vantant l’immense valeur du Grand Timonier dans la négo et l’interdiction des médias opposants ? Pourquoi voter, merde ?</p><p>Moi je dis que dès qu’il est réélu, le gamin doit centraliser l’information sous un Haut Commissariat héritier du CSA En Marche, qui désormais dira aux journalistes de se mettre à sprinter vers ce qu’il faut dire ou pas – la marche, c’est lent, c’est long comme l’arrivée au pouvoir de Mao, Hurry Up! a hurlé Tonton McKinsey – , car l’AFP sous contrôle de Facebook et Le Monde sous celui de la Fondation Bill et Melinda Gates sont encore trop timorés, de véritables tortues des Galápagos… Dans StartUp Nation, il y a Start(Hurry)Up !</p><p>« Mais regardez comment le Courrier des Stratèges ose faire un article tendancieux contre mon ami Bill et son fils Hunter ? Je n’ai même pas eu l’temps de leur rendre la politesse d’avoir accéléré le conflit en Ukraine pour installer un énième nuage de fumée devant la crise du Covid ? A 45 jours du premier tour, sont des génies du timing les p’tit gars de McKinsey ! J’avais quand même pas l’choix vu l’énormité des scandales en cours de publication… Qu’auraient tué ma campagne de 15 jours ! On a eu raison de faire une perquis’ chez Mediapart, hein. Et de saisir les ordi avec leur stratégie d’entre deux tours… Finaux, hein ! »</p><p>« Mais quelle crise du Covid ? » se dit Mame Michu… « Caisse qu’y barbot’ cor’ ces s’tanés sites complotis’ ? » Mame Michu a la mémoire de poisson rouge, elle vient de changer de chaîne avec sa zapette et a déjà oublié ce que disait la précédente émission… Gars Jacques Tsé vendait non seulement la face peu avenante en 1981 de Tonton La Francisque, mais aussi à ses annonceurs du temps de cerveau disponible, par tranches de trente secondes d’attention, séquence du genre « où est le paper board, les gars, MERDE, chui en présentation ! » :</p><p>– 1. 30″ pour le Covid ;<br />– 2. 30″ pour le dernier Petit Gervais Danone ;<br />– 3. 30″ pour le dernier BigMac triple steack, triple cheddar, triple bacon ;<br />– 4. 30″ pour le dernier opus posthume de Johnny ;<br />– 5. 30″ pour le CD Band Aid dont 4,5% des recettes après impôts iront aux réfugiés ukrainiens ;<br />– 6. 30″ pour la tablette de chocolat blanc Milka ;<br />– 7. 30″ pour le Babybel vert ;<br />– 8. 30″ pour les biscottes Pasquier ;<br />– 9. 30″ pour les radiateurs à bain d’huile Delonghi ;<br />– etc.</p><p>Mame Michu achètera pour ses p’tits quinquins ce qui l’a fait saliver… certain !<br />Elle votera pour le candidat qui la f’ra saliver…<br />« Tu sais que Monsieur Manu il est passé hier à la télé, la veille des élections, il était à la maison d’retraite de Trifoullis et il a donné une tablette de chocolat blanc Milka spécial gencives à toutes les centenaires retraitées… Il est génial Monsieur Manu, hein, je l’adore, moi aussi… »</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/846/le-projet-d%E2%80%99adhesion-de-l%E2%80%99ukraine-a-l%E2%80%99ue-cache-t-il-le-declenchement-d%E2%80%99un-jeu-d%E2%80%99alliance-militaire-%E2%80%93-le-courrier-des-strateges</guid>
	<pubDate>Tue, 01 Mar 2022 23:44:32 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Le projet d’adhésion de l’Ukraine à l’UE cache-t-il le déclenchement d’un jeu d’alliance militaire ? – Le Courrier des Stratèges]]></title>
	<description><![CDATA[<p>A l’heure actuelle, la seule démarche existante d’adhésion prévue par les traités est celle de l’article 49 décrite ci-dessus, et c’est une procédure longue.</p><p>L’état dépose sa candidature, le Conseil doit voter à l’unanimité et recevoir un avis conforme du parlement européen, puis s’engage les négociations entre les états-membres et l’état candidat.  </p><p>La très bureautique Union européenne n’est pas célèbre pour la rapidité de ses procédures ! par exemple, la Croatie, dernier pas à avoir rejoint l’UE, a déposé sa candidature en 2003, est devenue officiellement candidate en 2004, les négociations ont débuté en 2005, se sont finies en 2011 et l’adhésion a eu effectivement lieu en 2013.</p><p>Cinq pays sont actuellement candidats à l’adhésion — la Turquie, la Serbie, la Macédoine du Nord, le Monténégro et l’Albanie — mais leurs candidatures sont bloquées depuis des années.</p><p> A moins de changer les traités, on a peu de chance de voir l’Ukraine adhérer à l’UE demain matin, mais il est certain que le sujet est sur la table des négociations à moyen terme.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/845/plusieurs-franchises-cybercriminelles-se-positionnent-sur-le-conflit-ukraine-russie</guid>
	<pubDate>Tue, 01 Mar 2022 22:29:52 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/845/plusieurs-franchises-cybercriminelles-se-positionnent-sur-le-conflit-ukraine-russie</link>
	<title><![CDATA[Plusieurs franchises cybercriminelles se positionnent sur le conflit Ukraine-Russie]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Des franchises cybercriminelles affichent de plus en plus ouvertement leur soutien, soit au gouvernement russe, soit aux Ukrainiens. Ainsi, le groupe biélorusse UNC1151, les Red Bandits, Cooming Project et SandWorm se font défenseurs du gouvernement de Vladimir Poutine. A rebours, les Anonymous ont été parmi les premiers à lancer des cyberattaques sur des infrastructures russes, dont le site internet du Kremlin, et Ghostsec s’érige également en allié des Ukrainiens. Quant à ATW, tout en étant contre l’Occident (AgainstTheWest), il est en faveur de l’Ukraine.</p><p>Au sein du gang Conti, c’est la débandade. Officiellement, la franchise a pris parti pour le gouvernement russe : « Si une organisation quelconque décide d’organiser une cyberattaque ou des activités de guerre contre la Russie, nous utiliserons toutes les ressources possibles pour riposter en attaquant les infrastructures critiques de l’ennemi ». Mais l’unité est loin d’être faite. L’un des proches du groupe, un infiltré ukrainien a priori, a décidé de faire fuiter des archives équivalent à un an d’échanges entre les hackers du gang. Ces échanges mettent en évidence des adresses Bitcoin, les liens entre Conti et les attaques par rançongiciels Emotet et TrickBot, le contenu de négociations avec des grandes entreprises piratées, mais aussi la manière dont les hackers approchent des éditeurs en sécurité pour obtenir d’eux des produits en démo pour analyse.</p><p>Pour sa part, la franchise LockBit 2.0 se proclame pour la paix dans le monde et l’argent dans ses poches : « Notre communauté est composée de nombreuses nationalités du monde. Nous venons de la CEI, notamment Russes et Ukrainiens, mais nous avons également des Américains, des Anglais, des Chinois, des Français, des Arabes, des Juifs et bien d’autres dans notre équipe. Nous sommes tous des gens simples et pacifiques. Nous sommes tous des Humains. Pour nous, il ne s’agit que d’affaires et nous sommes tous apolitiques. Nous ne sommes intéressés que par l’argent. Nous ne participerons jamais, en aucune circonstance, à des cyberattaques contre les infrastructures critiques d’un pays du monde ou à des conflits internationaux ».</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Mon, 28 Feb 2022 22:07:08 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Crise en Ukraine : victoire stratégique pour la Chine, danger pour l’Europe]]></title>
	<description><![CDATA[<p>La Russie a reconnu l’indépendance des territoires séparatistes du Donbass. Ses troupes sont prêtes à pénétrer sur le territoire ukrainien où déjà les Spetsnaz opèrent.</p><p>Je ne peux que condamner cette action contrevenant au respect de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et au droit international, même si les précédents des référendums d’autodétermination de Bosnie-Herzégovine de 1992 et la déclaration d’indépendance du Kosovo, suivis de déploiements militaires par les USA ou l’OTAN servent de prétexte à la Russie.</p><p>On peut être étonné de l’impréparation de l’Occident, car l’offensive hybride russe est préparée de longue date : déploiement de troupes qui ont attiré l’attention, certes, mais avant attaques cyber clairement identifiées, déploiement d’agents provocateurs en Ukraine, distribution de 700000 passeports russes à des Ukrainiens d’origine russe (ce qui est en soit une invasion), vote au parlement russe d’une résolution reconnaissant l’indépendance des républiques autoproclamées de l’est de l’Ukraine, ballet diplomatique avec la Chine.</p><p>L’opération militaire en cours aurait pu être évitée si, dès 2014, l’OTAN et l’UE n’avaient pas encouragé l’éviction du président ukrainien démocratiquement élu ; si la Russie n’avait pas réagi à cette ingérence par l’annexion de la Crimée et le soutien aux revendications des séparatistes russophones du Donbass.</p><p>L’Ukraine aurait dû dès son indépendance en 1991 devenir neutre et fédérale, reconnaissant les droits de ses minorités russophone et tatare et adoptant le bilinguisme. Elle n’a en effet cessé de frôler des guerres civiles que la géographie des résultats électoraux prédisait.</p><p>Surtout l’extension sans fin de l’OTAN à l’est (dont celle, en cours de facto, à l’Ukraine), le refus de la mise en place d’une grande conférence sur la paix et la sécurité en Europe, le refus d’entendre le besoin de protection des minorités russes dans les pays de l’ex-URSS (près de 20 millions de Russes de l’étranger proche) et le refus du multilatéralisme au profit d’une hégémonie étasunienne dans les relations internationales ont été les facteurs d’une guerre froide larvée entre l’Occident et la Russie. Par ailleurs, la relance de la course aux armements initiée par les USA a été perçue à Moscou comme une menace : mise en place du « bouclier antimissile » en 2012, arrêt des discussions sur les accords New START (traité de réduction des armes stratégiques), sortie des USA du FNI (traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire) en 2020, ou encore sortie des USA du traité dit « ciel ouvert » en 2019 ont été autant d’étapes d’une escalade à laquelle l’Union européenne n’a fait qu’emboîter le pas. La Russie de son côté a renforcé ses dispositifs militaires, dont le plus grave a été le déploiement de missiles nucléaires de moyenne portée Iskander dans l’enclave de Kaliningrad en 2018.</p><p>Rien n’a été fait pour remédier à la montée des tensions, bien au contraire. Ainsi, aucune pression n’a été exercée en sept ans par l’UE pour que soient ratifiés par l’Ukraine les accords de Minsk, lesquels prévoyaient une autonomie des régions séparatistes dans les frontières ukrainiennes. Depuis 8 ans, la situation de guerre dans les régions de Louhansk et de Donetsk n’a donc pas été résorbée – 14000 êtres humains y ont trouvé la mort. Notons que l’Ukraine, malgré une armée de plus de 280000 soldats n’est absolument pas préparée pour tenir tête à l’armée russe. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky le sait fort bien – il faut dire qu’il a été sûrement, et paradoxalement, le plus sage des dirigeants européens ces dernières semaines, car il comprend le rapport de force réelle et que si celui-ci s’exacerbe, les rodomontades occidentales seront suivies de peu d’effets concrets sur le terrain. L’Ukraine a été utilisée comme prétexte à l’escalade, d’abord par la Russie, mais aussi par les Etats-Unis et pourrait être le pion sacrifié dont la conséquence serait un démembrement plus grave encore. La perte des deux républiques autoproclamées de l’est est un minimum presque acceptable. Plus grave serait l’extension de l’offensive jusqu’aux rives du Dniepr et la prise de la région de Marioupol qui permettrait à la Russie d’assurer une continuité territoriale avec la Crimée et qui est, je le crois, son objectif stratégique de long terme et dont elle se saisira immédiatement si les USA enjoignaient l’Ukraine à une riposte militaire.</p><p>La réalité, c’est que l’Ukraine est laissée à elle-même.</p><p>La France, elle, paie très cher les conséquences de son abandon manifeste de souveraineté nationale par son retour depuis 2009 dans le commandement intégré de l’OTAN. Emmanuel Macron ne peut à la fois être juge et partie en proposant des solutions de paix bienvenues d’un côté et en demeurant de l’autre soumis aux intérêts de l’OTAN et de l’UE. La voix d’une France souveraine, indépendante et non alignée aurait pu apporter une solution diplomatique ; elle aurait eu à tout le moins plus de crédit. Cela exige de cesser de suivre la ligne politique du clan des néoconservateurs et des faucons états-uniens pour qui l’OTAN et son extension permanente sont l’alpha et l’oméga d’une vision des Etats-Unis comme la « Nation utile » et donc hégémonique.</p><p>Aujourd’hui, les fauteurs de guerre des deux camps, partisans du choc des civilisations, des empires contre les nations, semblent marquer un point. Pour la France, plus que jamais alignée sur un empire américain qui la méprise, la rupture définitive avec la Russie ne fera qu’accélérer le déclin – « C’est de la guerre entre Napoléon et les Russes que date notre décadence » déclarait de Gaulle.</p><p>Pour le monde, le renforcement des liens entre une Russie éloignée de l’Europe et une Chine impérialiste dessine les frontières de deux blocs et les fronts d’une nouvelle guerre froide à l’échelle du monde.</p><p>Le positionnement atlantiste de la France et les nouvelles sanctions économiques que l’OTAN et l’UE prévoient d’infliger déjà à la Russie, en plus des sanctions déjà existantes, ne resteront pas sans conséquences pour les peuples d’Europe. Ces sanctions, comme les précédentes, frapperont aussi les Français et nos entreprises. Le prix du gaz russe sera encore accru, avec des conséquences graves pour notre population, tandis que les exportations agricoles et industrielles françaises se verront privées de marchés importants dans le monde russophone. Il y a plus de 500 entreprises françaises en Russie. Qui sait que ces entreprises françaises sont le premier employeur privé sur le marché russe ? L’Europe importe un tiers de son gaz de Russie. Or, la totalité ne pourra être compensée par le gaz de schiste étasunien ou celui du Qatar.</p><p>La conséquence d’une éventuelle rupture de l’approvisionnement en gaz russe pourrait conduire à une crise économique sans précédent : de l’industrie allemande qui sera gravement touchée à la désagrégation définitive de l’Ukraine dont les finances et le système politique ne supporteront pas un choc du gaz en plus de l’occupation de son territoire.</p><p>Enfin et surtout, l’isolement de la Russie par le camp occidental précipitera inéluctablement son alliance avec la Chine, déjà largement avancée.</p><p>L’action commune des deux pays dans le cadre de l’Organisation de la coopération de Shanghai et la multiplication des ingérences extérieures signent bien une nouvelle configuration géopolitique, dont le camp occidental sortira affaibli. Notons que cette alliance en construction a été rejointe par l’Iran – là encore, le retrait unilatéral des USA de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, après quinze ans de négociation, accroît les tensions et précipite l’Iran dans les bras de la Chine.</p><p>Pour se prémunir de sanctions éventuelles, la Russie a développé avec la Chine un système SWIFT autonome (CIPS) et a liquidé ses réserves en dollars. Le risque pour les USA est de plomber le dollar comme monnaie de référence mondiale, pourtant l’objectif géostratégique premier de Washington. Si tel devait être le cas, l’affaire ukrainienne serait un terrible coup du scorpion de la Chine contre les USA dont elle veut briser la domination hégémonique.</p><p>Lors du « premier conflit d’Ukraine » qui a vu l’annexion de la Crimée par la Russie, c’est déjà la Chine qui lui était venue en secours pour tenir bon face aux sanctions occidentales. Ainsi la Chine avait sauvé l’économie russe par le biais d’un prêt financier de 50 milliards de dollars et d’une entente commerciale de plus de 400 milliards de dollars, matérialisée par l’achat de gaz naturel russe sur… 30 ans, à un très bon prix sous le cours, donnant un immense avantage à la Chine. De plus, la Chine investissait également 25 milliards pour construire le gazoduc « Force de Sibérie » pour acheminer le gaz. Il est en fonction depuis 2019. Cela avait sauvé la Russie, et depuis la coopération entre les deux puissances n’a fait que s’accélérer : accords commerciaux, agricoles, spatiaux (avec le projet notable de construction d’une base commune permanente sur la Lune) et bien entendu géostratégique avec des votes communs réguliers au Conseil de Sécurité de l’ONU et surtout des transferts de technologies militaires au profit de la Chine, au point que la Chine est aidée pour le développement de son système de défense anti-missiles, domaine dans lequel la Russie a un avantage comparatif notable.</p><p>Cette fois, en préparation de la deuxième crise ukrainienne, la Russie a signé un nouvel accord de coopération avec la Chine, lors de la visite officielle de Vladimir Poutine à Xi Jinping, le 4 février dernier où a été signé un nouvel accord gazier de 30 ans !</p><p>Aujourd’hui, la Russie livre près de 17 milliards de mètres cubes de gaz à la Chine. Le nouvel accord prévoit de livrer 48 milliards de mètres cubes de gaz en 2025 !</p><p>Les premières installations pour réorienter le gaz fourni à l’Europe vers l’est sont déjà posées, il s’agit du titanesque gazoduc « Force de Sibérie 2 » qui traversera tout le continent, depuis la zone d’extraction de Yamal au nord de la Russie – dont l’entreprise française TotalEnergies pourrait être finalement exclue – jusqu’à la Chine. Celle-ci, de surcroît, s’engage à acheter 300 000 barils de pétrole par jour sur 10 ans à la Russie !</p><p>Résultat, la Chine reçoit un soutien massif en hydrocarbures à bas coût lui permettant de… ne plus dépendre du gaz liquéfié des Etats-Unis ni du charbon d’Australie. Ça tombe bien pour Pékin compte tenu de l’accord stratégique AUKUS (Australie, Royaume-Uni, USA dont la France est exclue) orienté contre la Chine dans le cadre du redéploiement stratégique des USA dans le Pacifique et dans l’Océan Indien. Fort logiquement, ayant reçu le soutien chinois dans l’affaire ukrainienne, la Russie soutient la Chine face à l’alliance AUKUS en particulier dans ses prétentions en mer de Chine et sur Taïwan.</p><p>Mais ce n’est pas tout ! Chine et Russie se promettent de faire croître leurs échanges commerciaux de 40%, et de les libeller non pas en dollars, mais en Euros ! D’ailleurs, la plus grande partie du commerce entre Moscou et Pékin se fait déjà en Euro. C’est là que la Chine porte principalement le fer contre les Etats-Unis d’Amérique.</p><p>Dans l’affaire ukrainienne, la chine est largement gagnante : approvisionnements garantis en gaz bon marché, contrôle sur la Russie qu’elle loge dans son escarcelle stratégique tout en déstabilisant l’Europe durablement, et enfin, elle retarde de facto le redéploiement stratégique des USA dans la zone indopacifique – toute riposte d’envergure des USA sera autant de moins à déployer face à la Chine.  </p><p>Souhaitons-nous voir la Russie se détacher définitivement de l’Europe vers laquelle elle est naturellement tournée ? Car, il doit être clair à chacun que l’alliance de la Russie avec la Chine est un pis-aller : avec la Chine, la Russie sera toujours un second couteau, menacée démographiquement et économiquement dans son extrême est sibérien et vendant son gaz à bas coût.</p><p>Le destin de la Russie était de s’aligner sur l’Occident – c’était la volonté initiale de Boris Eltsine et même de Vladimir Poutine alors jeune président de Russie – l’entêtement à vouloir étendre l’OTAN a brisé le destin d’une Europe des Nations où la Russie avait toute sa place, ce qui était la vision du Général de Gaulle.</p><p>Qu’avons-nous à gagner, nous Européens et spécifiquement Français, à perdre la Russie et à renforcer ainsi encore et encore la Chine ?</p><p>Voulons-nous que soit tiré un nouveau rideau de fer ?</p><p>Souhaitons-nous un tel dénouement ?</p><p>Si la réponse est non, cela exige d’œuvrer à un monde multilatéral et non à un monde où les blocs se confrontent en visant une hégémonie dévastatrice pour tous.</p><p>
<a>
Georges Kuzmanovic
</a>, Président de <a href="https://www.republique-souveraine.fr/projet/texte-dorientations-programmatiques/">République souveraine</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/843/la-logique-des-mots</guid>
	<pubDate>Mon, 28 Feb 2022 21:39:55 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/843/la-logique-des-mots</link>
	<title><![CDATA[La logique des mots]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Patrick_S%C3%A9riot"><br />Patrick SERIOT</a><br /></p>
<p>Le professeur Patrick Seriot, spécialiste de linguistique slave. 
Il éclaire les problèmes linguistiques de l'Ukraine et il attire l'attention sur l'importance de la différence soviétique (et russe aujourd'hui) sur la "nationalité" la "citoyenneté"</p><p>Que vient faire la langue dans la géopolitique ? Comprendre la vision du monde de V. Poutine suppose qu’on s’intéresse de près à cette question, qui attire peu l’attention en Europe occidentale, à l’exception de la Catalogne. </p><p>Le russe et l’ukrainien sont des langues différentes mais proches, comme sont proches l’espagnol et l’italien, mais moins que le tchèque et le slovaque, langues officielles de deux États différents, moins encore que le serbe et le croate, pratiquement identiques.</p><p>Après des siècles d’interdiction et de répression de la langue ukrainienne dans la Russie tsariste, puis de russification des normes de l’ukrainien sous Staline, l’immense majorité des citoyens ukrainiens sont bilingues, ou du moins comprennent parfaitement l’autre langue. Beaucoup d’entre eux parlent un mélange des deux langues, appelé le surzhyk, ou passent d’une langue à l’autre en fonction des interlocuteurs ou de la situation. Il est donc impossible de faire des statistiques fiables sur la répartition des langues, même si la question de la langue fait partie des recensements de population. Le gouvernement ukrainien a peut-être été maladroit d’imposer l’ukrainien comme seule langue officielle et de transformer le russe en langue étrangère au même titre que l’anglais, ce qui a profité à la démagogie poutinienne qui a argumenté sur la «répression» dont seraient victimes les «Russes» en Ukraine. Or «les Russes» en Ukraine ne sont pas «des Russes». Une nuance sémantique fondamentale doit être prise en compte : en Europe orientale certains pays font une différence entre «nationalité» et «citoyenneté». La citoyenneté est l’appartenance à un État (définition politique, non essentielle), la nationalité est une identité ethnique (essentielle, inaliénable). La nationalité se définit, entre autres, par la langue. Sur les papiers d’identité soviétiques était inscrite la «nationalité» : russe, ouzbèque, lettone, juive, ukrainienne… En 1975 A. Solzhenitsyne a été privé de sa citoyenneté soviétique, mais les sbires du KGB n’auraient jamais eu l’idée de le priver de sa nationalité russe, idée dénuée de sens. Cette double appartenance subsiste dans la Russie post-soviétique (même si elle n’est plus mentionnée sur les papiers d’identité), mais pas en Ukraine, où tous les citoyens sont ukrainiens au même titre que ceux dont la langue maternelle est le hongrois ou le roumain. </p><p>Dans cette logique du point de vue russe, les Suisses romands, parce qu’ils sont francophones, sont des citoyens helvétiques de nationalité française, qui rêveraient de réintégrer un jour la mère-patrie, comme les Tessinois des citoyens helvétiques de nationalité italienne, injustement séparés de la mère-patrie, logique irrédentiste. A l’inverse, les Bretons, les Basques et les Alsaciens sont, toujours de ce point de vue, des citoyens français, de nationalité bretonne, basque ou alsacienne.</p><p>Cette définition de l’identité, ou appartenance d’un individu à un groupe remonte à l’opposition entre la définition française jacobine, politique, de la nation, et la définition allemande, romantique, culturelle, d’où la différence entre Gemeinschaft (essentielle, naturelle) et Gesellschaft (superficielle, non essentielle) (un thème récurrent de l’idéologie völkisch au début du XXe siècle).</p><p>Toute comparaison doit être maniée avec précaution, mais une s’impose : en 1938 pour Hitler les citoyens tchécoslovaques de langue allemande étaient «des Allemands», dont le territoire (les Sudètes) devait revenir dans le giron de la nation. Pour Poutine, les citoyens ukrainiens de langue maternelle (ou principale) russe sont «des Russes» avant d’être des citoyens ukrainiens. Il est donc logique, dans cette idéologie déterministe, que le territoire où ils sont en majorité revienne à la mère-patrie, dont ils n’auraient jamais dû être séparés. Mais cette logique a un prix : le mépris total de tout choix démocratique, de toute auto-détermination, puisque, dans ces conditions, l’individu n’existe pas en dehors du groupe auquel il est censé appartenir : la «nation» au sens ethnique. </p><p>La logique des mots</p><p>Le discours de Poutine n’est pas raciste (au sens biologique), mais ethniciste. Or, au final, la différence n’est pas grande, puisque pour lui la démocratie n’est qu’une faiblesse décadente, un facteur de division, et que seul compte le déterminisme ethnique. Chauvinisme, xénophobie et mépris du droit en sont l’expression la plus manifeste.</p><p>Quant Poutine prétend défendre ce qu’il appelle «nos concitoyens» ou «nos compatriotes» opprimés en Ukraine, il est indispensable de décoder ces mots démagogiques dont le sens premier a été détourné. Considérer que l’appartenance ethnique prime sur l’appartenance citoyenne est une idéologie politique dangereuse, qui repose sur l’idée de pseudo-naturalisme, à savoir que tout russophone, quelle que soit sa citoyenneté, est en même temps redevable de son être profond à l’État russe.</p><p>La Lettonie (membre de l’UE), où réside une importante minorité russophone, sera-t-elle la prochaine cible de la reconstitution de l’Empire soviétique ? La fragile Moldavie, presque bilingue, n’est-elle pas encore plus en danger ?</p><p>Patrick Sériot, professeur honoraire de linguistique slave, Université de Lausanne</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/842/and-you-know-fuck-eu</guid>
	<pubDate>Tue, 22 Feb 2022 21:41:20 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/842/and-you-know-fuck-eu</link>
	<title><![CDATA[And you know ? Fuck EU !]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Un peu d'histoire : And you know ? Fuck EU !<br />Lorsque, fin 2013, le président ukrainien Ianoukovitch, démocratiquement élu avec le soutien massif de l'Est ukrainien russophone, mais minoritaire à l'ouest qui fut successivement partie de l'Etat polono-lituanien, de l'empire d'Autriche, de la République de Pologne, refuse de signer l'accord d'association avec l'UE pour se rapprocher de la Russie, l'Ouest manifeste son mécontentement.<br />Les Etats-Unis, qui se sont implantés dans le pays depuis l'indépendance, y voient alors une opportunité : instrumentaliser et manipuler la protestation de l'Ouest pro-occidental pour aboutir, avec l'aide active des néonazis et de leurs milices armées, au coup d'Etat qui chassera  Ianoukovicth du pouvoir puis installera un ministère de transition composé à Washington. Le rattachement à la Russie de la Crimée et la sécession des oblasts de l'est ne seront que des réactions à ce coup d'Etat.<br />Durant le processus qui mènera au coup d'Etat, la femme qui est à la manoeuvre à Washington se nomme Victoria Nuland. Elle est alors secrétaire d'Etat adjointe pour l'Europe et ce n'est pas n'importe qui. Elle a été ambassadrice permanente à l'OTAN entre 2000 et 2003, puis conseillère pour la politique étrangère du vice-président républicain Dick Cheney de 2003 à 2005. Oui, oui, oui.... la secrétaire d'Etat adjointe du gentil Obama a été la conseillère du vice-président républicain de Bush, le concepteur des fantastiques guerres d'Afghanistan et d'Irak, l'homme des lobbys pétrolier et de l'armement. Puis Nuland a été envoyée spéciale d'Hillary Clinton pour les Forces armées américaines basées en Europe de février à juin 2010. Voilà, voilà, voilà...<br />Quant à l'ambassadeur américain à Kiev, il se nomme Geoffrey Pyatt et c'est, lui aussi, un néoconservateur de la plus belle eau.<br />Le 6 février, deux semaines avant le coup d'Etat déguisé en révolution, ces deux brebis de la douce Amérique du gentil Obama se parlent au téléphone... Mais ils sont écoutés (par on se demande bien qui) et leur conversation est publiée peu après sur Youtube. <br />A un moment, Pyatt dit à Nuland que ces couards d'Européens trouvent que la douce Amérique, toujours à cheval sur le droit et la démocratie, comme chacun sait, y va tout de même un peu fort sur ce coup-là.<br />"And you know ? Fuck EU ! "rétorque alors la très gentille et très distinguée sous-secrétaire d'Etat du gentil Obama. "Absolument ! " approuve le gentil ambassadeur défenseur de l'Etat de droit en toutes circonstances comme tout Américain.<br />C'est ainsi qu'on traite les larbins... et en réalité, si les larbins se laissent traiter ainsi, ceux qui les traitent ainsi ont bien raison de le faire.<br />Ah, deux précisions, encore ! Nuland est sous-secrétaire d'Etat aux affaires politique du gentil Biden (qui a succédé au méchant Trump) depuis mai dernier. Entretemps, elle a reconnu que la petite sauterie de Kiev avait coûté la bagatelle de 5 milliards de dollars au contribuable américain en "aide à la société civile ukrainienne"... ces gens-là, voyez-vous, ne sont pas dépourvus d'humour.<br />Alors moi, je veux bien que Poutine soit un monstre assoiffé du sang qui dégouline du couteau qu'il tient en sa mâchoire d'acier. Je n'ai rien d'un Poutinolâtre, je pense qu'il a des indulgences coupables à l'égard du despote islamiste d'Ankara et que, tôt ou tard, elles lui reviendront dans la figure ; je pense aussi qu'il s'est sérieusement pris les pieds dans le tapis en pensant qu'il fallait laisser les Azéris égorger un peu les Arméniens afin de ramener Erevan à l'obéissance.<br />Mais enfin, sur ce coup-là, ce n'est pas lui qui cherche à installer ses missiles à la porte des Etats-Unis, ce n'est pas lui qui cherche a étendre indéfiniment une alliance militaire qui aurait dû être dissoute dès lors que l'alliance militaire dont elle était censée protéger l'Europe s'était elle-même dissoute, ce n'est pas même lui qui a renversé avec l'aide de néonazis un président démocratiquement élu.<br />Alors basta avec les larmes de crocodiles et les indignations de faux-culs ! Ce que fait aujourd'hui la Russie, à tort ou à raison, n'est que la réponse du berger à la bergère, la conséquence de la manipulation de 2014 et du refus depuis, des gouvernements ukrainiens, de garantir aux russophones de l'est les droits inscrits dans les accords de Minsk patronnés par la France et l'Allemagne, des accords que Kiev a signés.</p>

<p><a href="https://youtu.be/L2XNN0Yt6D8"> La conversation est publiée ici</a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/841/%C2%AB-montee-du-fn-dieu-se-rit-de-ceux</guid>
	<pubDate>Sun, 20 Feb 2022 22:47:56 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/841/%C2%AB-montee-du-fn-dieu-se-rit-de-ceux</link>
	<title><![CDATA[« Montée du F.N ? ... Dieu se rit de ceux.... &quot;]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Il y a six ans jour pour jour, Facebook me rappelle que j’avais repris un commentaire de Stéphane Rozès, inventaire non exhaustif mais synthétique des causes qui font qu’aujourd’hui non seulement le Front National est monté, mais Eric Zemmour est monté, et les Républicains ont mis en tête du premier tour de leur primaire Éric Ciotti. </p>

<p>L’explication n’a pas changé :</p>

<p>« Montée du F.N ? ... "Dieu se rit de ceux qui s'accablent des effets dont-ils chérissent les causes." Bossuet.</p>

<p>Des causes non exhaustives : jeter les individus et les peuples les uns contre les autres au nom de la libre concurrence et du libre échange, prétendre fusionner des peuples par le haut au travers de politiques et règles uniques, demander à des peuples de choisir entre leurs prospérité ou survie économiques et leurs identités, nier les frontières, condition de ce qui assemble, ne pas adapter le gouvernement des hommes et des choses à l'imaginaire des peuples, demander à un peuple de s'adapter à l'extérieur et non le déployer vers l'extérieur, omettre de comprendre qui on est, de sorte de ne pas comprendre l'autre et le monde qui se fait. Le présentisme et l'émotion morale. </p>

<p>En France : préférer l'intérêt de tous à l'intérêt général. Croire que la France est la somme des francais et que la République est une somme de minorités, penser que le paysage politico-médiatique fait le pays et que l'économie fait la Societe, penser que l'Esprit détaché du corps le fait, préférer l'Idée à l'analyse du réel, laisser perdurer des écarts entre les idéaux républicains et le quotidien, laisser des élites en surplomb de la Société, avoir délaissé la mystique républicaine et sapé sa politique puis avoir laissé Marine Le Pen la ramasser et la détourner sans comprendre sa différence d'avec son père, et enfin avoir transformé, instrumentalisé la lutte anti FN pour s'exonérer d'une renaissance républicaine ».</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/840/droite-gauche-selon-gilles-casanova</guid>
	<pubDate>Sun, 20 Feb 2022 22:45:03 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/840/droite-gauche-selon-gilles-casanova</link>
	<title><![CDATA[Droite / Gauche, selon Gilles CASANOVA]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>On me pose régulièrement cette question : mais qu’est-ce que c’est pour vous la gauche, et qu’est-ce qui distingue la gauche de la droite ?</p>

<p>Et qu’est-ce que vous voulez au juste ?</p>

<p>Alors, de façon nécessairement caricaturale parce que concentrée, je vais essayer d’évoquer quelques idées qui expriment ce que je pense</p>

<p>Droite et gauche sont essentiellement des notions relatives, mais avec le temps, sur les 230 dernières années, des caractéristiques propres sont apparues en France qui marquent la droite et la gauche. </p>

<p>La droite ne fait pas essentiellement confiance à l’humain en tant que groupe social pour se diriger seul. Elle pense qu’il a besoin de repères et de garde-fous.  L’autorité, l’ordre, la Nation, souvent aussi la religion, lui semblent être des valeurs qui, en surplombant le peuple, sont de nature à l’encadrer, le diriger, qu’une élite doit en prendre la tête, le gouverner de manière à ce qu’il évite d’aller dans les mauvais chemins. </p>

<p>Elle a notamment une crainte toute particulière que si on laisse les plus pauvres – qui sont les moins éduqués – livrés à eux-mêmes, ils ne s’abandonnent aux pires exactions. </p>

<p>La vision de l’ordre et de l’autorité nécessaires à ce projet, s’accommode du risque de l’arbitraire inévitable qui est parfois minimisé. Elle ne répond pas toujours à la question de Platon : « Mais qui va garder les gardiens ». Elle a tendance à considérer que toute contestation de l’autorité doit d’abord être réprimée avant que son propos soit examiné. </p>

<p>Si l’on devait résumer par une formule un peu directe : elle préfère une injustice à un désordre.</p>

<p>La gauche fait au contraire essentiellement confiance à l’humain en tant que groupe social pour se diriger seul. Elle va donc mettre en avant tout ce qui peut être favorable à l’auto-gouvernement à tous les niveaux de la société. Elle va être méfiante vis-à-vis de toutes les institutions qui peuvent produire de l’arbitraire, donc toutes les institutions qui vont représenter l’autorité ou la religion, y compris la Nation qui est pourtant le cadre dans lequel se situe la seule possibilité d’une politique qui puisse toucher l’universel. </p>

<p>Elle va constamment souhaiter minimiser le rôle et le pouvoir de l’élite, et elle va considérer que ce sont les moins riches vers lesquels doit se tourner en priorité l’effort de la société pour leur permettre d’acquérir les compétences et les connaissances qui permettront une cohésion sociale plus grande par une plus grande compréhension collective des besoins de la société, Et une progression vers une égalité réelle. Elle a tendance à considérer que toute contestation de l’autorité doit d’abord être soutenue avant que son propos soit examiné. Elle a tendance à mettre tellement en avant cette question de Platon « qui va garder les gardiens », qu’elle doute spontanément de ces gardiens.</p>

<p>Si l’on devait résumer par une formule un peu directe : elle préfère un désordre à une injustice.</p>

<p>On voit bien que la société française a besoin de ces deux regards qui portent un équilibre. Suivant les moments c’est l’un où c’est l’autre qui a dominé et les politiques menées ont été marquées par les principes que j’ai évoqués. Pour dire la vérité c’est essentiellement la droite qui a gouverné, mais la gauche, dans l’opposition, à travers des mouvements sociaux ou des mouvements syndicaux a beaucoup pesé comme contrepoids de cette politique, la plupart du temps de droite. Le même phénomène s’est produit lorsque la gauche était aux affaires, cette fois avec des mouvements d’opinion et des pressions économiques de droite. </p>

<p>L’histoire s’est jouée ainsi jusqu’à l’arrivée du néolibéralisme qui a intégralement changé la donne.</p>

<p>Le néolibéralisme a détruit les fondements de la gauche comme de la droite en s’attaquant très profondément à l’idée que c’étaient les humains par leurs modes d’organisation qui décidaient de leur avenir et se projetaient dans l’histoire.</p>

<p>Pour les néolibéraux l’histoire est finie. </p>

<p>Le rôle des États, des Nations, des institutions, des autorités est dépassé. La régulation par en haut souhaitée par la droite et la régulation par en bas que la gauche essayait d’imaginer, sont toutes deux inutiles. </p>

<p>Les progrès des sciences et des techniques ont créé un village global mondial et c’est à ce niveau qu’il faut raisonner. </p>

<p>Au fond la droite et son attachement au cadre national n’a-t-il pas toujours tendance à finir par imposer un régime autoritaire à la manière des Colonels grecs, de Franco en Espagne de Salazar au Portugal… Feront-ils valoir. </p>

<p>Au fond, la gauche n’a-t-elle pas toujours, à force de rechercher le moyen de faire monter cette autorité, d’en bas et du plus grand nombre, produit des systèmes totalitaires aussi effroyable que l’URSS ou la Chine de Mao... Argumenteront-ils. </p>

<p>La main invisible du marché va décider mieux que tout le monde, elle saura spontanément, elle répondra intégralement à tous les besoins de l’humanité en étant à la fois juste et efficace, avec juste ce qu’il faut de sévérité et d’encouragement pour les uns et les autres, en laissant naturellement jouer les équilibres de l’économie qui seront le cœur de ce qui va fonder une société équilibrée.  </p>

<p>Cette troisième vision du monde qui est un poulailler mondial ouvert mondialement aux renards du monde entier va dissoudre progressivement les deux visions, celle de droite celle de gauche, pour des raisons qui sont essentiellement liées au fait que les néolibéraux ont su faire s’enfuir la réalité du pouvoir des institutions que la gauche et la droite se disputaient, comme les États-Nations, vers des institutions gazeuses et incontrôlables, dont le modèle le plus caricatural est la Commission de Bruxelles</p>

<p>C’est aujourd’hui cette troisième formule qui domine notre vie politique, avec un télévangéliste qui explique qu’il va réduire les inégalités en rendant les poules plus libres et les renards plus libres, « En même temps », dans un poulailler plus fraternel.</p>

<p>Autant les deux premières visions de la société ont vocation à s’équilibrer et à alterner dans la direction de la société, autant la troisième a une vocation profondément totalitaire et excluante de toute autre chose, puisqu’elle proclame le caractère naturel – laissant spontanément agir toutes les forces sociales et économiques – de sa doctrine. </p>

<p>En réalité c’est le pouvoir absolu de la finance de marché la plus concentrée qui est organisé par la dérégulation mondiale qui a commencé dans le courant des années 80 et explosé à partir de la chute du Mur de Berlin en 1989. </p>

<p>Il n’est d’ailleurs pas sans intérêt d’observer que la première mise en œuvre test de cette politique conçue par l’école de Chicago, avant d’être lancée dans de grands ensembles économiques au début des années 80, a été faite par Augusto Pinochet, après son coup d’état du 11 septembre 1973 au Chili.</p>

<p>Les dirigeants français de gauche et de droite pour la plupart ont été profondément désarçonnés par l’arrivée de cette « troisième voie », on note que la plupart d’entre eux se sont ralliés à celle-ci, avec plus ou moins d’hypocrisie, en l’appelant « la seule politique possible », ce qui explique la disparition des partis qui représentaient la gauche et la droite. </p>

<p>Et le phénomène français est évidemment reproductible dans le reste de l’Occident, en tenant compte des spécificités de chaque pays et de son histoire propre.</p>

<p>Il n’est resté que les versions radicalisées et extrêmes, de gauche comme de droite, dont la caractéristique propre est qu’elles ne sont pas conçues pour gouverner mais pour protester. </p>

<p>L’une comme l’autre font donc naturellement peur à la majorité de la société lorsqu’elles sont en position de l’emporter, et c’est ainsi que celle-ci se tourne – sans bien comprendre – vers les néolibéraux qui contrôlent l’économie et le système médiatique, pour éviter « les extrêmes » qui leur font peur.</p>

<p>On est ainsi entré dans un cercle extrêmement vicieux, extrêmement dangereux, qui est en train de miner très profondément la démocratie.</p>

<p>Il y a donc tout un travail politique, idéologique, culturel, de reconstruction des repères dans la société, et d’abord se battre pour recouvrer la souveraineté, qui est une idée centrale pour la gauche comme pour la droite, car c’est celle qui permet que la politique ne soit pas seulement celle de quelques dizaines de possédants à l’échelle du monde, mais que la démocratie puisse exister par la participation du peuple à la décision.</p>

<p>Vaste programme.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/839/nourrir-le-populisme-chapeau-le-metteur-en-scene</guid>
	<pubDate>Sun, 20 Feb 2022 22:34:38 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/839/nourrir-le-populisme-chapeau-le-metteur-en-scene</link>
	<title><![CDATA[Nourrir le populisme ::Chapeau le metteur en scène !]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Facebook de <a href="https://www.facebook.com/gilcasa"><br />Gilles CASANOVA</a></p>
<blockquote><div><b>Voilà ce que j’écrivais il y a 7 ans quand François Hollande a fait entrer dans le jeu politique Emmanuel Macron, je n’ai rien à retirer.</b></div></blockquote>
<p>[20/02/2015 : Emmanuel MACRON parle aux modestes de France.] </p>

<p>On dit, on dit… mais ce n'est pas aussi facile que cela de faire monter dans un pays comme la France, les représentations populistes. Cela demande de la volonté, il ne faut pas se louper, sinon on apparaît médiocre. </p>

<p>Déjà, si on veut de l'efficience, il faut viser les catégories populaires, car ce sont les plus nombreuses, et donc électoralement celles dont le basculement dans le populisme compte vraiment.<br />Par exemple, il faut trouver à incarner ce qui aidera au développement de représentations populistes. </p>

<p>Trouver la bonne personne, la mettre bien en scène, trouver le bon contexte, et lui écrire le bon texte. <br />Par exemple, trouvez quelqu'un qui a un emploi à vie et lui faire donner la leçon aux chômeurs, c'est un début, mais ça ne suffit pas du tout, loin de là. <br />Il faut s'assurer qu'il ait pu prendre une disponibilité dans la banque d'affaire et, en quelques mois gagner des millions d'Euro. Là vous commencez à avoir une figure intéressante. </p>

<p>Assurez vous du fait qu'il soit suffisamment jeune pour ne pas pouvoir s'appuyer sur une forme d'expérience, que la vie lui aurait finalement donnée avec le temps. </p>

<p>Mais ça ne suffit pas. Il faut lui donner de grandes responsabilités ministérielles, alors qu'il n'a jamais présenté sa candidature à aucun poste électif et jamais dialogué avec de vrais gens (les illettrés pauvres qui circulent en bus par exemple). </p>

<p>Là vous commencez à avoir un profil intéressant, mais il lui suffirait d'un mot de compassion, et tout est par terre ! Ou bien, simplement qu'il se déclare de droite, ou pas certain d'être de gauche, ce qui inciterait une grande majorité à excuser d'avance un propos inconsidéré d'un riche de droite, inconscient. Et les catégories populaires de risquer de revenir à un vote traditionnel de gauche, et c'est l'échec de la tentative. </p>

<p>Il est nécessaire pour que cela fonctionne à plein, qu'il affirme qu'il est LA gauche et qu'il sait mieux que les autres ce qui est bon pour le petit peuple, puisqu'il est de gauche et que la gauche est là pour défendre le petit peuple. </p>

<p>Ensuite, il ne reste qu'à lui trouver une bonne formule, et la lui mettre en bouche pour qu'elle soit dite avec la distance et le mépris suffisant pour bien être sûr qu'elle ne soit pas mésinterprétée. </p>

<p>Si vous avez réussi à faire tout cela, alors s'ouvre devant vous la possibilité de réussir ce qui, je vous l'ai dit plus haut, n'est pas si facile qu'on le dit. <br />Il vous reste à trouver un bon contexte, une crise économique, une montée du chômage, une dénonciation par vous-même de la finance, sans manifester une intention d'en changer les règles, par exemple, et là vous avez des chances. </p>

<p>Ensuite, pour être vraiment certain de toucher juste, il faut l'artiste. Et cela ça ne s'improvise pas, c'est du travail, et tout le monde n'est pas capable.</p>

<p>Mais c'est le triomphe romain lorsqu'on montre à la face du mode le sans-faute :<br />"Si j'étais chômeur, je n'attendrais pas tout de l'autre, j'essaierais de me battre d'abord"… (Emmanuel Macron). </p>

<p>Chapeau le metteur en scène !</p>

<p>En France, on a une extrême droite qui est tout à fait médiocre, alors si on l'aide pas un peu à trois semaines d'une élection…</p>

<p><a href="https://www.facebook.com/gilcasa"><br />Gilles CASANOVA</a></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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