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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<pubDate>Sun, 13 Feb 2022 18:45:54 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/838/vie-democratique</link>
	<title><![CDATA[VIE DEMOCRATIQUE]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Issu d’une famille de juifs polonais qui ont été exterminés par le nazisme,  ayant parcouru la planète pour comprendre et prévenir et parfois réconcilier, en  rendant hommage par mon œuvre  à mes frères et mes grand-parents victimes de la barbarie nazie au moment même où je naissais, je ne laisserais personne me donner de leçons antifascistes. </p>

<p>Le point de départ de mon invention de la Thérapie sociale à Mantes la jolie a été mon combat contre la haine et le racisme qui avaient décimé toute ma famille. Ce combat m’a permis d’écouter pendant des dizaines d’années des milliers de personnes dans de nombreux pays et de comprendre les racines du Mal, qui ne se manifeste pas toujours à l’identique. Ainsi,  les antisémites sont devenus des antisionistes, les fascistes et les nazis ont été remplacés par les islamistes. La gauche émancipatrice du genre humain est devenue intolérante et sectaire. </p>

<p>La véritable constante, c’est la psyché humaine confortée dans la destructivité par un environnement pathogène. L’environnement pathogène dans lequel nous vivons aujourd’hui se manifeste, en partie,  par l’impossibilité du débat démocratique qui est remplacé par les insultes et les anathèmes. Ainsi, pour certains, refuser de participer à la diabolisation d’Eric Zemmour,  signifie qu’on appartient au camp du Mal absolu, en l’occurence de ce qu’ils appellent l’extrême-droite, sans qu’il soit davantage précisé ce que veut dire  cette appellation infamante.</p>

<p>Un certain nombre  de questions ne peuvent pas être débattues sans faire l’objet de railleries ou pire encore de l’expression d’un profond dégoût à l’endroit de celui qui les évoque.   </p>

<p>Mis à part la délinquance financière et les escroqueries en col blanc, les vols et cambriolages commis par quelques roms, les mafias d’Europe de l’Est,  les restes du  banditisme corse, est-il vrai que la plus grande partie de la criminalité et la totalité du terrorisme soit le fait de personnes issues de l’immigration musulmane. </p>

<p>Est-il vrai que  le gouvernement de Vichy et Laval en particulier ont souhaité préserver les français juifs de la déportation,  tant qu’il leur restait un peu d’autonomie face aux occupants allemands? </p>

<p>Est-il vrai que l’affaire Dreyfus en créant un doute sur la culpabilité  de cet officier français juif a fragilisé l’armée française avant 14? </p>

<p> Zemmour a-t-il exonéré de toute responsabilité Pétain et Vichy dans la destruction d’une partie des juifs de France? A t-il l’intention ainsi de réhabiliter Pétain et la collaboration?</p>

<p> Est il vrai que dans certains endroits du pays, un français peut ne plus se sentir chez lui? Est-il exact de dire qu’en fonction de la poursuite de l’immigration  et de la démographie  en général, cette tendance ne va pas s’inverser ?</p>

<p>Est-il exact  de dire que les chercheurs en sciences sociales et les historiens peuvent être manipulés par une  idéologie , quelle qu’elle soit?</p>

<p>Est-il vrai que la politique de la ville a déversé beaucoup d’argent dans les banlieues avec un résultat pour le moins mitigé  et que ces banlieues ont été privilégiées par apport à la France des villages et des petites villes du monde rural?</p>

<p>Est-il vrai qu’on acheté la paix sociale dans les banlieues pour éviter les émeutes provoquées par des éléments hostiles à la nation et à l’état?    </p>

<p>Est-il vrai que la justice est inefficace pour lutter contre la criminalité, en grande partie en raison des postulats idéologiques de nombreux juges qui ont privilégié l’action éducative plutôt que la sanction pénale? </p>

<p>D’autres sujets sur l’école, le pédagogisme et l’enseignement de l’histoire, sur la désindustrialisation, sur la bureaucratie, les  prestations sociales des étrangers, le regroupement familial, l’attribution de logements sociaux, les déserts médicaux lancés par le candidat Zemmour pourraient faire également l’objet de débats et de controverses utiles.  </p>

<p>Mais, je le répète, la discussion argumentée et le débat qui caractérisent la vie démocratique semble aujourd’hui difficile, sinon impossible.  <b>Ceux qui le souhaitent doivent combattre Zemmour, ses idées, ses propositions, sa vision de la France et de l’histoire,  mais le plus souvent ils le diabolisent en le caricaturant jusqu’à en faire un personnage monstrueux et repoussant ou alors ils refusent de l’écouter, en le traitant par le mépris et en le rejetant dans l’insignifiance.</b></p>

<p>Je ne défends pas Zemmour, il le fait très bien tout seul,  mais je défends ma conception de la vérité, du réel quand je le connais et quand j’écoute ceux qui en parlent honnêtement, autant  que ma raison puisse  distinguer le mensonge de la propagande ou la vérité des faits. Chacun  peut  critiquer, attaquer même ou défendre, encenser même tel ou tel candidat. Mais à côté de ce qui va devenir une course politique qui se fera dans les alliances et les oppositions, les conflits et les accords comme toujours, les réseaux sociaux qui permettent l’anonymat libèrent   toute la violence que nous n’osons pas montrer dans une vie sociale civilisée, tout ce qui git dans nos ténèbres secrètes et qui ne sort à l’air libre que dans les épisodes de guerres civiles  de massacres collectifs et de  génocides.  La nuance y est interdite. La complexité ignorée. Le réel manipulé au service de la passion de détruire et de salir l’adversaire.</p>

<p>Eric Zemmour confirme certes devant Appoline de Malherbe sur BFMTV qu'il est le candidat de la rupture sans compromis. Ce qui pourrait être  vrai pour l'ensemble des candidats à l'élection présidentielle s'ils veulent exister et se démarquer dans une compétition qui s'annonce féroce et peut-être violente , avec ses coups bas et ses chausse-trappes. Mais ce qui est vrai pour les candidats ne doit  pas être la règle pour les citoyens qui souhaitent vivre dans une démocratie qui n'est pas seulement définie par le processus électoral mais aussi par l'usage de la raison.  Or, nous imitons trop souvent  ces candidats voués au clivage par le processus électoral lui-même. Comment choisir en toute sérénité et même avec passion, pourquoi pas ?   en limitant la puissance des émotions incontrôlables, des diabolisations absurdes, des anathèmes et des mensonges sinon en apprenant la vie démocratique faite de conflits assumés où l'on s'efforce d'écouter les voix multiples et d'affirmer notre  voix unique qui utilise notre esprit critique et s'enrichit de notre expérience réelle et de celle des autres   ?  </p>

<p>Charles Rojzman</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/837/sept-theses-sur-la-nation</guid>
	<pubDate>Sat, 12 Feb 2022 19:19:39 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/837/sept-theses-sur-la-nation</link>
	<title><![CDATA[Sept thèses sur la nation]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Sept thèses sur la nation</p><p>Cette cam­pa­gne électorale est la plus déplo­ra­ble que j’ai pu connaî­tre. Parmi les prin­ci­paux can­di­dats, il n’y en a pas un pour rache­ter l’autre. Roussel est « moins pire » et peut-être Kuzmanovic pourra-t-il faire enten­dre sa voix. En atten­dant, je vais pré­ci­ser ma posi­tion sur une ques­tion qui occupe pas mal de place, celle de l’immi­gra­tion et, cor­ré­la­ti­ve­ment, celle de l’iden­tité de la France. Pour l’iden­tité de la France, il serait de bon conseil d’aller lire ou même relire le livre éponyme de Fernand Braudel. On devrait aussi ouvrir les livres de Claude Nicolet, comme La fabri­que d’une nation. Ça nous chan­ge­rait du zem­mou­risme ambiant ! Mais dans un monde où les igno­rants font masse der­rière des demi-ins­truits et des impos­teurs média­ti­ques, com­ment en appe­ler à la réflexion et au tra­vail ? Je pro­pose de défi­nir ici ma posi­tion en sept thèses.</p><p>1. La nation est le seul cadre per­ti­nent qui per­mette à la démo­cra­tie, c’est-à-dire à la sou­ve­rai­neté du peuple d’exis­ter. La sou­ve­rai­neté de la nation et la sou­ve­rai­neté popu­laire sont la même chose, consi­dé­rée sous deux angles dif­fé­rents. Il est impos­si­ble de défen­dre la démo­cra­tie dans le cadre d’Union euro­péenne ou d’allian­ces sous la direc­tion états-unienne, comme l’Otan. Voilà le point essen­tiel. Comme les défen­seurs appoin­tés du pré­tendu « camp natio­nal » ne posent aucune de ces ques­tions, il s’ensuit que ces gens ne défen­dent pas la nation fran­çaise, mais sont seu­le­ment des exploi­teurs de la mala­die de la nation.</p><p>2. Toutes les nations sont égales en droit et en dignité ! La paix uni­ver­selle est l’objec­tif que doit pour­sui­vre tout citoyen qui veut défen­dre sa patrie. La défense de la nation impose la condam­na­tion de toute poli­ti­que impé­riale, impé­ria­liste ou néo-impé­ria­liste. Toutes les nations ont le droit de défen­dre leur inté­grité sur tous les plans.</p><p>3. Une nation est une com­mu­nauté de vie et de destin. Elle a une iden­tité et une culture et le citoyen n’est pas seu­le­ment celui qui jouit d’un cer­tain nombre de droits. Le citoyen est celui qui jouit des biens que pro­cure la culture de la nation, de son patri­moine, de sa langue et de la dou­ceur de ses mœurs. Une nation peut accueillir des « mou­ve­ments migra­toi­res », mais elle doit se donner pour objec­tif d’assi­mi­ler ces étrangers qui veu­lent s’ins­tal­ler dura­ble­ment. Le simple droit n’est rien sans les « bonnes mœurs », cette « éthicité » dont parle Hegel. Les citoyens sont des frères (fra­ter­nité) et donc ils peu­vent s’entre-épouser et par­ta­ger les mêmes repas. Le com­mu­nau­ta­risme sépa­ra­tiste, quel­les qu’en soient les formes peut être inter­prété comme un acte de guerre contre la nation.</p><p>4. L’immi­gra­tion n’est un droit pour per­sonne. La nation décide elle-même qui seront ses hôtes. Aucun étranger ne doit être consi­déré a priori comme un ennemi, il doit jouir des garan­ties per­son­nel­les de tout homme, mais il n’a aucun droit à séjour­ner, tant que ce droit ne lui a pas été accordé par un acte juri­di­que qui découle de la sou­ve­rai­neté natio­nale. Tout cela est l’ABC du droit inter­na­tio­nal. S’il y avait un droit à séjour­ner où on en a le désir, tous les enva­his­seurs seraient légi­ti­més !</p><p>5. Il en découle que toute nation a le droit de pren­dre toutes les mesu­res qu’elle jugera bonnes pour défen­dre son iden­tité natio­nale. On a intro­duit le fran­çais comme langue de la République fran­çaise pré­ci­sé­ment dans ce but : défen­dre le carac­tère propre de notre pays. Cela n’empê­che en rien d’appré­cier la culture et le carac­tère des autres nations. Mais cela inter­dit les apo­lo­gies de « créo­li­sa­tion » qui n’est pas autre chose que le rabo­tage de toute diver­sité par le déve­lop­pe­ment de la mon­dia­li­sa­tion capi­ta­liste. On peut aimer l’Italie ou la Grande-Bretagne, mais pré­ci­sé­ment parce qu’ils sont dif­fé­rents des Français et enten­dent rester dif­fé­rents. L’indif­fé­ren­cia­tion géné­ra­li­sée est une des mani­fes­ta­tions de l’hor­reur capi­ta­liste.</p><p>6. La défense de la nation est incom­pa­ti­ble avec le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste qui est, par nature, mon­dia­liste. Toutes les fron­tiè­res, qu’elles soient natio­na­les, mora­les, cultu­rel­les, sexuel­les, sont autant d’obs­ta­cles à l’accu­mu­la­tion illi­mi­tée du capi­tal et il cher­che à les faire sauter. Le supra­na­tio­nal est son mode d’exis­tence, qu’il s’agisse de cons­ti­tuer un empire, comme jadis les empi­res colo­niaux et aujourd’hui l’empire amé­ri­cain, ou qu’il s’agisse d’enti­tés supra­na­tio­na­les comme l’UE, qui est une sorte de fan­tôme du Saint Empire romain ger­ma­ni­que. On ne peut être maître chez soi sans avoir rejeté la domi­na­tion du capi­tal, c’est une pure escro­que­rie. Inversement, pré­ten­dre être « anti­ca­pi­ta­liste » tout en accep­tant le mon­dia­lisme capi­ta­liste, c’est se condam­ner à rester l’extrême gauche du capi­tal.</p><p>7. La nation ne s’oppose pas à l’uni­ver­sa­lisme, mais l’exprime. Elle est l’uni­ver­sa­lisme concret, tant est-il que l’uni­ver­sel ne peut exis­ter que dans la par­ti­cu­la­rité. La nation est un juste milieu entre le cos­mo­po­li­tisme des mon­dia­lis­tes et la loi du sang tri­bale, l’unité du par­ti­cu­lier et du géné­ral. Comme tout pro­duit his­to­ri­que, elle peut évoluer. Mais seule une société des nations sou­ve­rai­nes peut être le cadre de cette évolution.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sat, 12 Feb 2022 09:31:03 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/836/est-ce-que-le-monde-arabe-est-pret-a-tuer-dieu</link>
	<title><![CDATA[Est-ce que le monde arabe est prêt à tuer Dieu ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>C’est le récit d’un bout de linge qui chiffonne le monde arabe. L’histoire à peine croyable, d’un lynchage national dont est victime l’actrice égyptienne, Mona Zaki, pour avoir enlevé sa culotte dans une adaptation cinématographique de la comédie italienne, Perfetti sconosciut. Du geste, on ne perçoit rien. Pas une miette de peau. On déduit simplement l’objet de l’indignation, dans une main de femme, qui le met rapidement dans un sac.</p>

<p>Cette scène (insignifiante sous d’autres cieux), de l’unique production arabe de Netflix, a suffi, à elle seule, à soulever l’ire de tout un peuple, et jeter, sur les boulevards du net, des milliers d’émeutiers numériques en convulsion. Du Koweït au Qatar, en passant par la Palestine, l’Iraq et l’Égypte, la meute hurle des clics enragés. Souvent, sans avoir vu le film, se fiant aux ouï-dire, au fameux téléphone arabe, de plus en plus rapide, et de moins en moins intelligent. La machine infernale des réseaux sociaux s’est mise en branle comme une moissonneuse-batteuse. On a fait feu de tout bois, du moindre pixel de l’épiderme féminin. Le film bouscule, en effet, quelque peu les mœurs. Il se précipite, de facto, dans un bourbier à tabous, car il met en scène des femmes non voilées, parlant d’adultère, d’homosexualité et de sexualité de jeunes filles. Bref, une abomination pour tout fondamentaliste qui se respecte. La hchouma, pour mieux le dire en « français » !</p>

<p>En parallèle, d’autres brasiers enflamment la toile, et des voix s’élèvent pour que le mari de Mona Zaki, lui-même acteur, la répudie ! Qu’on ne s’étonne surtout pas : cette pratique est largement utilisée afin de mettre à l’épreuve la « Zhommitude » des mâles musulmans, gardiens du temple et vigiles aux portes de la vertu. On a tous en tête le tube de l’été algérien de 2018 : « Si tu es un homme, voile ta femme ». Ryad Mahrez, richissime footballeur de Manchester City, et accessoirement joueur de l’équipe de Palestine, n’y échappe pas. Il est continuellement interpellé par ses « mœurs-brigadiers-followers », afin de voiler sa nouvelle épouse, le mannequin britannique Taylor Ward. On ne manque, d’ailleurs, aucune occasion, d’appeler le couple à la retenue, en leur qualité d’ambassadeurs du monde musulman ! Et notamment, lorsque la belle Ward « ose », encore, poser en bikini ou poster ses échographies de grossesse en maillot de bain. (Re) la hchouma ! Les talibans du Net, tels des gamins qui ne savent pas distinguer leurs orteils des seins de leurs mères, se (ré) offusquent… et convulsent ! Encore !</p>

<p>De telles immondicités se produisent par millions dans les plis oubliés de la galaxie d’Allah. Dans ses villes et villages. Dans ses balafres de douars. Dans ses familles, entre amis et voisins-germains. Dans la mêlée d’une fratrie dévote. Cet œil collectif liberticide et inquisiteur pèse sur tout le monde. Il s’érige en système castrateur. Il est constamment braqué sur vous, voit tout, dénonce, jalouse, censure, épie, juge, lapide ou exécute. Pour le non-conformisme d’un mot. Pour une pensée qui s’égare. Pour une parole qui blesse le récit canonique. Pour une jupe jugée trop courte, des cheveux qui volent ou l’audace d’un baiser. Pour des bouches qui boivent ou des lèvres qui frôlent des glaces sans se cacher. Pour les rumeurs d’un amour tu. La société fait le guet pour son Dieu, se substitue à lui, le remplace, lui succède. Elle tient la comptabilité des hassanates, envoie au bagne ou au paradis. C’est un califat sans Calife, où chacun est, à la fois, sujet et dieu, Azraël et Gabriel. C’est le dernier stade de l’évolution du dévot : l’Homo-Deus-Daech. Celui qui sait et accomplit les volontés d’Allah. </p>

<p>L’islamisme n’est pas une pathologie filiale. Elle peut s’attraper sans prévenir. Là où l’esprit est défait. Par medersas ou métaverses. Par le livre ou le live, les tablettes d’argiles ou numériques. Et les technologies qui servent à créer des ponts creusent aussi des fossés et des tombes.</p>

<p>Notre siècle est un multivers, où se côtoient deux mondes en déphasage temporel. L’un, ancré dans l’hégire et l’autre écrivant son millénaire. L’un désirant rejoindre son passé et l’autre préférant conquérir le futur et les étoiles. Deux visions rivales, connectées par des vortex en fibre optique, où naviguent, simultanément, le pire de l’homme et son meilleur, l’audace et l’immobilisme, les innovations et les archaïsmes, le désir de vivre et celui de mourir.</p>

<p>Le Daech-land se complaisait, jusque-là, à rester en marge du monde. Mais la transmutation par perfusion ADSL le rattrape et l’oblige à l’interaction et aux réponses. Il accueille l’internet, comme jadis, il recevait l’imprimerie, c’est-à-dire, dans la méfiance et le rejet. Et même s’il en tire, astucieusement, quelques profits, il y reste globalement réfractaire. Il ne voit, dans cette technologie, à quelques exceptions près, qu’un moyen d’innover en matière de prosélytisme téléchargeable, d’endoctrinement en streaming, de jihad-Tik-Tok, fatwa-tweet, insulte-insta et crachats-story. Le monde binaire, du halal-haram se sent agressé et fragilisé par cet interminable flux de questions et d’idées nouvelles en térabytes, auxquels, il n’apporte aucune réponse rationnelle. Et c’est pour cela qu’il réagit, parce qu’il panique, par la violence, fanatisme, extrémisme et repli sur soi. En réalité, ce monde craint de s’éteindre parce qu’il n’a rien de raisonnable à opposer à sa phobie de la liberté, excepté ses quelques sombres et désuètes croyances. Et tant qu’il n’en prendra pas conscience par lui-même, le monde islamique se sentira toujours obligé de mourir et de tuer pour sauver ce qui lui reste de Dieu !</p>

<p>Hebib KHALIL</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/835/la-taxonomie-une-maladie-europeenne</guid>
	<pubDate>Wed, 09 Feb 2022 21:20:50 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/835/la-taxonomie-une-maladie-europeenne</link>
	<title><![CDATA[La taxonomie, une maladie européenne]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Pendant que les can­di­dats et les médias essaient de nous inté­res­ser, sans y par­ve­nir vrai­ment, à la cam­pa­gne en vue de l’élection pré­si­den­tielle fran­çaise, la com­mis­sion de l’Union euro­péenne s’occupe de notre avenir.<br />
Elle s’est enga­gée dans l’élaboration d’une « taxo­no­mie » (en bruxel­lois dans le texte) des acti­vi­tés économiques, per­met­tant de les clas­ser dans la caté­go­rie « verte » ou « non verte ». Il s’agit de dis­tin­guer celles qui sont com­pa­ti­bles avec le « déve­lop­pe­ment dura­ble » de l’Union euro­péenne et nos mul­ti­ples tra­jec­toi­res de « tran­si­tion écologique et énergétique » vers la neu­tra­lité car­bone en 2050, de celles qui ne le sont pas.<br />
Cette clas­si­fi­ca­tion aura des consé­quen­ces impor­tan­tes pour les États et pour les inves­tis­seurs privés. Les États ne pour­ront plus sub­ven­tion­ner le déve­lop­pe­ment des acti­vi­tés économiques se trou­vant dans la mau­vaise colonne de la « taxo­no­mie ». Les ban­ques et les fonds d’inves­tis­se­ment pour­ront exiger que les pro­jets qui leur seront pré­sen­tés par les entre­pre­neurs soient consi­dé­rés comme « verts », ce qui sécu­ri­sera leurs inves­tis­se­ments.<br />
Le voca­bu­laire uti­lisé dans ces négo­cia­tions est loin d’être neutre. Il mêle la tech­no­cra­tie la plus abs­conse et la morale à des­ti­na­tion des jeunes enfants, un jargon incom­pré­hen­si­ble fait de seuils dont la jus­ti­fi­ca­tion scien­ti­fi­que et tech­ni­que ne peut être com­prise que de quel­ques spé­cia­lis­tes, et un code cou­leur pour le commun des mor­tels, sem­bla­ble aux petits visa­ges sou­riants ou gri­ma­çants à l’inten­tion des enfants des écoles pri­mai­res.<br />
Cela me rap­pelle les négo­cia­tions com­mer­cia­les inter­na­tio­na­les des années 1990, bap­ti­sées « Uruguay round », conclues par la créa­tion de l’orga­ni­sa­tion mon­diale du com­merce en 1995. Dans ces négo­cia­tions, les États-Unis ont imposé que les aides publi­ques à l’agri­culture, dans le monde entier, soient clas­sées de façon à pou­voir être pla­cées dans trois boîtes : une verte, une orange et une rouge. Seules les aides pou­vant être pla­cées dans la boîte verte seraient auto­ri­sées après la signa­ture d’un nouvel accord, les autres devant dis­pa­raî­tre. Tout à fait par hasard, la boîte verte cor­res­pon­dait au sys­tème amé­ri­cain d’aide à l’agri­culture, tandis que la poli­ti­que agri­cole com­mune, fondée à cette époque sur une pro­tec­tion du marché euro­péen et une garan­tie des prix agri­co­les, tom­bait dans la boîte rouge. L’Union euro­péenne a, bien entendu, accepté de réfor­mer sa poli­ti­que agri­cole dans le sens voulu par les États-Unis, en 1992. Elle a pro­gres­si­ve­ment déman­telé la pro­tec­tion du marché euro­péen et laissé la concur­rence mon­diale fixer le revenu des agri­culteurs euro­péens, ce qui a favo­risé une indus­tria­li­sa­tion de l’agri­culture dont tout le monde déplore les effets aujourd’hui, en raison de ses consé­quen­ces sur l’envi­ron­ne­ment et la santé, sans que per­sonne ne remette en cause les rai­sons de cette évolution.<br />
La dis­cus­sion sur la taxo­no­mie euro­péenne d’aujourd’hui pré­sente des simi­li­tu­des avec cette ancienne négo­cia­tion.<br />
Cette dis­tinc­tion entre ce qui est vert et ce qui ne l’est pas, entre le bien et le mal, laisse penser qu’il pour­rait y avoir un chemin indo­lore de « tran­si­tion » vers une crois­sance dura­ble, grâce au déve­lop­pe­ment de tech­no­lo­gies nous per­met­tant de vivre demain comme aujourd’hui tout en ayant fait ce que nous devions pour « sauver la pla­nète ».<br />
C’est une super­che­rie, car aucune tech­no­lo­gie, aucune source d’énergie n’est « verte » au sens où elle serait sans impact sur notre envi­ron­ne­ment. Toutes sont consom­ma­tri­ces d’énergie, qu’il faudra pro­duire, et de matiè­res (métaux, miné­raux, eau…) qu’il faudra extraire de l’envi­ron­ne­ment.<br />
La voi­ture électrique dont la bat­te­rie sera rechar­gée par de l’électricité pro­duite par des éoliennes, des pan­neaux solai­res, voir des réac­teurs nucléai­res, ne pro­duira pas de CO2 lorsqu’elle rou­lera sur nos routes (ce qui ne sera pas vrai si l’électricité est pro­duite avec du char­bon, du gaz ou du fioul). En revan­che, sa cons­truc­tion aura généré une pro­duc­tion de gaz à effet de serre supé­rieure à celle de la cons­truc­tion d’une voi­ture à moteur ther­mi­que. Le métal et le plas­ti­que néces­sai­res à son assem­blage, s’ils ne peu­vent pas être com­plè­te­ment recy­clés, géné­re­ront des déchets. Le recy­clage de ces véhi­cu­les électriques lui-même consom­mera des quan­ti­tés impor­tan­tes d’énergie. Celui des bat­te­ries est encore bien loin d’être garanti. Enfin, pour ali­men­ter en électricité un parc auto­mo­bile équivalent à celui du parc de véhi­cu­les ther­mi­ques d’aujourd’hui, il faudra pro­duire et poser des mil­liers de kilo­mè­tres de câbles de cuivre et d’après cer­tains experts consom­mer en 30 ans plus de réser­ves de ce métal que nous n’en avons consommé depuis l’aube de l’huma­nité. Les mines de cuivre sont de moins en moins pro­duc­ti­ves. Le pour­cen­tage de mine­rai dans la roche de plus en plus faible et il faut dépla­cer et trans­for­mer des quan­ti­tés crois­san­tes de roches pour extraire, à l’aide de pro­duits chi­mi­ques, le mine­rai qui est ensuite trans­porté vers les lieux de consom­ma­tion. Mais cela ne nous trou­blera pas, cette acti­vité minière se dérou­lant loin de chez nous, en Amérique du Sud ou bien en Afrique, alors qu’en Europe, aucun projet minier ne peut être déve­loppé en raison de l’oppo­si­tion des opi­nions publi­ques.<br />
Il n’y a rien de très écologique dans tout cela et l’amé­lio­ra­tion en termes d’émissions de CO2 sera payée par d’impor­tan­tes dégra­da­tions des milieux et une exploi­ta­tion ren­for­cée des res­sour­ces métal­li­ques de la pla­nète, portée un niveau sans pré­cé­dent.<br />
Ces nou­vel­les tech­no­lo­gies « de tran­si­tion » devraient être pré­sen­tées pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire des ten­ta­ti­ves de trou­ver des solu­tions à l’impasse du déve­lop­pe­ment du capi­ta­lisme fondé sur la consom­ma­tion sans limite d’énergies fos­si­les. Ces ten­ta­ti­ves com­por­tent d’impor­tan­tes consé­quen­ces néga­ti­ves sur l’envi­ron­ne­ment qui sont loin d’être connues et évaluables avant leur géné­ra­li­sa­tion.<br />
Aussi, plutôt que de pro­mou­voir de grands bas­cu­le­ments tech­no­lo­gi­ques, obéis­sant à des calen­driers très serrés, d’ailleurs inte­na­bles, il serait plus pru­dent de mul­ti­plier les ini­tia­ti­ves, de tester, d’étudier les consé­quen­ces de chacun de nos actes sur notre envi­ron­ne­ment, d’aller len­te­ment en somme.<br />
Mais la len­teur ne cor­res­pond pas aux inté­rêts du capi­ta­lisme finan­cier à la recher­che de nou­veaux mar­chés qu’il faut déve­lop­per rapi­de­ment pour géné­rer des taux de retour sur inves­tis­se­ments rapi­des et élevés. La « taxo­no­mie euro­péenne » sécu­ri­sera les inves­tis­se­ments futurs et contri­buera au déve­lop­pe­ment de ces nou­veaux mar­chés, en leur don­nant un label écologique et en assu­rant la bonne cons­cience des consom­ma­teurs.<br />
Cette pru­dence ne convient pas non plus à ce qu’est deve­nue la poli­ti­que qui, faute d’être capa­ble de pro­po­ser un projet de société, pré­sente un cata­lo­gue de solu­tions tech­ni­ques. Les partis poli­ti­ques ne nous pro­po­sent plus de choi­sir entre le socia­lisme ou le capi­ta­lisme, la coo­pé­ra­tion ou la concur­rence, la fra­ter­nité ou la défense de nos inté­rêts égoïstes, la droite ou la gauche, mais entre le nucléaire ou les énergies renou­ve­la­bles, la réno­va­tion ther­mi­que totale ou par­tielle de nos loge­ments, la 5 G pour tous main­te­nant au plus tard, etc.<br />
Le capi­ta­lisme a connu une période de crois­sance extra­or­di­naire au len­de­main de la Deuxième Guerre mon­diale jusqu’au début des années 1970. Là, il a connu un pre­mier coup d’arrêt dont il s’est sorti en s’affran­chis­sant des contrain­tes natio­na­les qui limi­taient son déve­lop­pe­ment, ce que l’on a décrit comme la mon­dia­li­sa­tion ou la glo­ba­li­sa­tion de l’économie. Ce deuxième souf­fle n’a pas été dura­ble et depuis le début des années 2000 les économistes s’inter­ro­gent pour savoir si nous sommes entrés dans une phase longue de sta­gna­tion économique.<br />
Mis en cause du point de vue de sa capa­cité à géné­rer une crois­sance économique dura­ble, le capi­ta­lisme l’est aussi en raison des résul­tats de cette crois­sance économique : des­truc­tion mas­sive de l’envi­ron­ne­ment, épuisement des res­sour­ces natu­rel­les à com­men­cer par les énergies fos­si­les, bou­le­ver­se­ments cli­ma­ti­ques, explo­sion des iné­ga­li­tés dans le monde entier. Cette évolution a été syn­thé­ti­sée par l’économiste Branko Milanovic en 2016 grâce à sa « courbe de l’éléphant » décri­vant l’évolution des reve­nus de la popu­la­tion mon­diale. Cette courbe mon­trait une aug­men­ta­tion forte en pour­cen­tage, mais déri­soire valeur abso­lue, des reve­nus des plus pau­vres, une explo­sion des reve­nus les plus riches, et entre les deux un effon­dre­ment du revenu des clas­ses dites moyen­nes, c’est-à-dire la grande majo­rité de la popu­la­tion mon­diale.<br />
Dans ces condi­tions, l’accu­mu­la­tion du capi­tal a besoin d’inven­ter un récit ver­tueux pour se retrou­ver une légi­ti­mité. Cette taxo­no­mie y contri­buera en habillant de vert la pour­suite de la crois­sance économique dans les mêmes condi­tions que celles dont nous déplo­rons les effets aujourd’hui.<br />
Mais il y a un autre visage de ce débat euro­péen sur la taxo­no­mie.<br />
Il s’est concen­tré sur l’énergie, en par­ti­cu­lier sur le fait de savoir s’il fal­lait clas­ser le nucléaire et le gaz dans la caté­go­rie des « pro­duits verts » ou non. Le gou­ver­ne­ment fran­çais a défendu ce point de vue en expli­quant que la pro­duc­tion d’électricité d’ori­gine nucléaire était peu émettrice de CO2, à la dif­fé­rence de la pro­duc­tion d’électricité uti­li­sant des énergies fos­si­les. L’Allemagne et la Pologne ont défendu l’intro­duc­tion du gaz dans la caté­go­rie verte en expli­quant que celui-ci émettait beau­coup moins de gaz à effet de serre pour pro­duire de l’électricité que le char­bon ou le lignite et per­met­tait une baisse impor­tante et rapide des émissions de gaz à effet de serre du sec­teur de l’énergie dans les pays ne sou­hai­tant pas uti­li­ser l’énergie nucléaire. La France, l’Allemagne et la Pologne se sont enten­dues pour défen­dre leurs inté­rêts, deve­nus com­muns, et ont obtenu gain de cause auprès de la Commission de l’Union euro­péenne qui a inté­gré le nucléaire et le gaz dans les énergies de tran­si­tion pour une durée limi­tée.<br />
Les Verts alle­mands à peine arri­vés au pou­voir avec leurs par­te­nai­res du SPD en ont été un peu fâchés, sans aller jusqu’à se reti­rer de la coa­li­tion. Pascal Canfin, ex-minis­tre EELV du gou­ver­ne­ment de Jean-Marc Ayrault et ex-direc­teur géné­ral du WWF, main­te­nant député euro­péen macro­nisme s’est féli­cité de ce com­pro­mis.<br />
Sans tran­cher sur le fait de savoir si le nucléaire et le gaz sont des énergies écologiques ou non, il faut cons­ta­ter que grâce à cet acte délé­gué, la Commission euro­péenne étend sen­si­ble­ment son champ de com­pé­tence sans que per­sonne n’y trouve à redire.<br />
Le traité de Lisbonne entrée en vigueur le 1er décem­bre 2009 a fait de la poli­ti­que énergétique une com­pé­tence par­ta­gée : les États mem­bres sont com­pé­tents pour tout ce que l’union n’a pas décidé de régler elle-même. L’arti­cle 194 du TFUE (traité sur le fonc­tion­ne­ment de l’Union euro­péenne) pré­cise que les États mem­bres conser­vent le droit de déter­mi­ner leur mix de pro­duc­tion énergétique. En d’autres termes, les États mem­bres ont le droit de choi­sir s’ils pré­fè­rent recou­rir au nucléaire, au gaz ou à tout autre source d’énergie pour répon­dre à leurs besoins. Cependant l’arti­cle 191 du même traité pré­voit que l’Union euro­péenne peut adop­ter, pour pro­té­ger l’envi­ron­ne­ment, des mesu­res affec­tant sen­si­ble­ment le choix d’un État membre entre les dif­fé­ren­tes sour­ces d’énergie et la struc­ture géné­rale de son appro­vi­sion­ne­ment énergétique.<br />
C’est un bon exem­ple de l’équilibre du droit de l’Union euro­péenne : entre la liberté lais­sée aux états mem­bres et le pou­voir de la Commission euro­péenne, c’est ce der­nier qui finit tou­jours par l’empor­ter. Dans l’exem­ple qui nous occupe, la liberté lais­sée aux États de choi­sir leur mix énergétique n’est plus qu’un leurre, puisqu’un acte délé­gué de la com­mis­sion de l’Union euro­péenne peut en réa­lité le défi­nir. Il est amu­sant de voir les can­di­dats à l’élection pré­si­den­tielle en France défen­dre ou récu­ser le recours à l’énergie nucléaire pour pro­duire de l’électricité alors qu’en réa­lité, la réponse à cette ques­tion ne dépend déjà plus d’eux, mais de l’avenir du texte que la Commission euro­péenne a mis en consul­ta­tion au début du mois de février. Il faut pré­ci­ser que le texte en ques­tion ne peut plus être amendé, il ne peut plus être qu’adopté ou rejeté par le Parlement euro­péen et le conseil euro­péen.<br />
Il y a par ailleurs quel­que chose d’irréel à voir la Commission euro­péenne déci­der du bon mix énergétique pour l’Union euro­péenne d’ici à 2050, au moment où les résul­tats désas­treux de la poli­ti­que de libé­ra­li­sa­tion du marché de l’énergie qu’elle a impo­sée en Europe affec­tent dure­ment la popu­la­tion. Les prix de l’électricité et du gaz sont au plus haut. La com­mis­sion a d’ailleurs dû oublier pour quel­que temps les règles qu’elle a impo­sées ces der­niè­res années, pour per­met­tre aux gou­ver­ne­ments euro­péens de cor­ri­ger mas­si­ve­ment les « dys­fonc­tion­ne­ments » du marché de l’énergie, en sub­ven­tion­nant les entre­pri­ses, en fixant des prix régu­lés de vente de l’énergie très loin des cours astro­no­mi­ques atteints sur « les mar­chés », en accor­dant des chè­ques au consom­ma­teur pour qu’ils puis­sent se chauf­fer et se dépla­cer, en pra­ti­quant la fis­ca­lité qu’ils sou­hai­taient sur l’énergie.<br />
En quel­ques semai­nes, l’Europe a remis en vigueur tous les outils de l’économie admi­nis­trée qui avait permis à l’Europe de sortir de la pré­ca­rité énergétique.<br />
Étonnamment, cela ne sus­cite aucun vrai débat en France et ailleurs, sur la libé­ra­li­sa­tion du marché de l’énergie, la per­ti­nence de la poli­ti­que de l’Union euro­péenne et des moda­li­tés d’inter­ven­tion de la Commission euro­péenne. Des amé­na­ge­ments tem­po­rai­res sont pro­po­sés, mais per­sonne ne se risque à deman­der que nous sor­tions de ce cadre absurde, imposé par pure idéo­lo­gie par la Commission euro­péenne appuyée par un cer­tain nombre d’États mem­bres de l’Union, convain­cus que la concur­rence était la réponse à toutes les ques­tions.<br />
Bien au contraire, les can­di­dats à gauche comme à droite, se disent par­ti­sans d’une Europe forte. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Elle dis­pose déjà d’une force consi­dé­ra­ble. Les États-Unis d’Amérique sont, per­sonne ne le contes­tera, un vieil État fédé­ral. Mais dans celui-ci, le niveau fédé­ral n’a jamais pré­tendu impo­ser à chacun des États son mix électrique, une fis­ca­lité indi­recte unique, ni beau­coup d’autres choses impo­sées au sein de l’Union euro­péenne. Impuissante à l’exté­rieur, l’Union euro­péenne dis­pose d’une puis­sance déme­su­rée à l’inté­rieur. La com­mis­sion la ren­force chaque jour sous les applau­dis­se­ments. Thierry Breton vient de pré­sen­ter un plan de déve­lop­pe­ment de l’indus­trie euro­péenne des semi-conduc­teurs. Au lieu de lais­ser les États mem­bres déve­lop­per leur poli­ti­que indus­trielle, les allian­ces qu’il sou­haite avec d’autres états mem­bres de l’union, la com­mis­sion veut impo­ser un cadre à tous les États mem­bres, conforme au droit de la concur­rence de l’Union euro­péenne, la com­mis­saire en charge de ce dos­sier l’a réaf­firmé. Généreusement, Thierry Breton pré­voit un finan­ce­ment de son plan, en partie par le plan de relance euro­péen, lequel est financé par les contri­bu­tions des États mem­bres et la France paie beau­coup plus qu’elle ne reçoit à ce titre. C’est ainsi que si la France veut faire quel­que chose dans le domaine des semi-conduc­teurs, elle va fina­le­ment payer plus cher en le fai­sant dans le cadre euro­péen que si elle le fai­sait toute seule, en étant de sur­croît sou­mise aux inter­mi­na­bles pro­cé­du­res de l’Union qui font que nous arri­vons tou­jours après la bataille.<br />
Évidemment cela n’est pas un sujet de débat pour une élection pré­si­den­tielle en France, puis­que chacun sait que nous élisons un Président de la République dis­po­sant de pou­voirs tel­le­ment étendus qu’il pourra trans­for­mer le pays en cinq ans sans être soumis à toutes ces choses secondai­res…<br />
La cam­pa­gne pré­si­den­tielle est déci­dé­ment déconnec­tée de la réa­lité et il est dif­fi­cile de repro­cher aux citoyens de s’en désin­té­res­ser.<br />
Jean-François Collin<br />
9 février 2022</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/834/ce-qui-manque-a-eric-zemmour</guid>
	<pubDate>Tue, 08 Feb 2022 20:29:30 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/834/ce-qui-manque-a-eric-zemmour</link>
	<title><![CDATA[Ce qui manque à Eric Zemmour !]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Ce qui manque à Eric Zemmmour  c’est de parler droit dans les yeux aux musulmans de ce pays, à la jeunesse des quartiers, à leurs parents, à tous ceux qui se sentent plus algériens ou maliens, plus maliens ou sénégalais que français, à tous les immigrés du Maghreb et d’Afrique noire, à toutes les générations nées sur le sol français et qui possèdent la nationalité française, de parler à tous,  à ceux qui travaillent et à ceux qui ne travaillent pas , aux gens honnêtes et aux délinquants, à ceux qui veulent réussir et à ceux qui sont assistés, aux femmes, aux hommes, de leur parler et de leur dire la réalité crue de ce qu’ils font ou ne font pas pour être des français comme les autres, leurs responsabilités et leurs fautes, leurs vices et bien sûr leurs vertus car elles existent, de leur dire qu’il les accueillera volontiers avec amour s’ils acceptent de se fondre dans ce pays, avec gratitude et bonheur, s’ils renoncent à la victimisation que certains encouragent pour les utiliser dans leur combat politique, s’ils chassent de leur sein les brebis galeuses, qu’ils connaissent bien, qu’ils cessent enfin d’écouter les voix qui tentent de les  arracher à la communauté nationale. Il faudra aussi  qu’il considère leur bonne volonté qui n’est pas toujours reconnue parce qu’ils sont essentialisés de part et d’autre et qu’il leur demande de l’aider dans son combat contre l’immigration de masse, illégale ou clandestine sans qu’il soit traité de raciste et en y voyant  leur propre intérêt. </p>

<p>Ce qui manque à Zemmour c’est une certaine finesse de langage qui lui fait dire quand il parle de grand remplacement qu’il ne voit dans la rue que des noirs et des arabes, choquant inutilement ceux-là même des français antillais ou d’origine africaine ou maghrébine  qui sont en accord avec ses idées sur l’assimilation. Il alimente  ainsi les préjugés de racistes véritables, et  éloigne de lui des esprits lucides et généreux qui deviennent enclins à accepter les caricatures qu’on fait de lui dans la presse et les réseaux sociiaux. .</p>

<p>Ce qui manque à Zemmour c’est de ne pas voir qu’il ne suffira pas d’arrêter l’immigration de masse  légale ou illégale et de changer la façon de gouverner le pays pour retrouver une société saine et indemne de toutes les maladies des sociétés modernes,  et qu’il faudra mettre en place une nouvelle  éducation civique et populaire  des adultes adaptée à l’époque et  qui aide chacun à retrouver le goût de se projeter dans l’avenir et de vivre le présent avec moins de violences dans les familles et les organisations. La tentation totalitaire ne se limite pas à l’islamisation. Elle est la réponse inévitable à l’addition de tous les malaises sociaux provoqués par la crise multiple du sens, de l’autorité, du travail, du lien  que vit la civilisation occidentale.   </p>

<p>Ce qui manque à Eric Zemmour dans son combat pour l’école, c’est de parler aux enseignants, de leur dire qu’ils ne sont pas  des « pédagogistes »  qui refusent de transmettre le savoir et la belle histoire de France, mais qu’ils ne le peuvent pas dans les conditions qui leur sont imposées et qu’il faudra changer, faire une pédagogie de l’autorité et de la responsabilité, qu’il reconnaisse qu’ils font ce qu’ils peuvent pour susciter l’intérêt de gamins malmenés dans leurs familles, dans leur quartiers, soumis à de propagandes diverses, écrasés par la folie du monde adulte. </p>

<p>Ce qui manque à Eric Zemmour, c’est d’avoir l’audace de dire aux juifs de France que leurs institutions ne les représentent pas et qu’elles   aussi vivent sur les bénéfices que leur assurent leur adhésion aux pouvoirs en place  tout comme les dignitaires musulmans avec les pays d’origine  et leur rappeler tout ce que la France a fait pour les juifs, depuis la révolution française et Napoléon et même un peu avant au temps de la royauté finissante, qu’elle en a fait des citoyens pour la première fois dans l’histoire et que malgré les antisémitismes, le peuple français a  dans sa majorité courageusement aidé les juifs à rester indemnes de l’horrible persécution d l’occupation, qu’il leur dise aussi qu’il n’est pas maurassien, pétainiste, mais qu’il cherche à rétablir le réel pour ne pas rester dans toutes les repentances, en se trompant peut-être et qu’il s’excuse s’il a été maladroit et blessant, comme il l’a fait dans sa conversation au téléphone avec les Sandler. </p>

<p>Il faudra donc qu’il ne se contente pas de dire qu’il sera le président de tous les français sans exclusive quand il sera élu mais qu’il le démontre dès aujourd’hui, dans sa campagne pour l’accession au pouvoir suprême en allant voir des publics qui ne l’aiment pas peut-être, qui n’aiment pas en tout cas  cet avatar de lui qui a été fabriqué par ses adversaires , qu’il ne se contente pas de parler à ses partisans, à ces foules enthousiastes et honnêtes auxquelles se sont mêlés des groupes qui ne rêvent que d’exclusion et d’intolérance, qu’il refuse , malgré ou en raison de ses convictions profondes,  de faire ce que font  tous les politiques qui ne s’adressent qu’à leur clientèle privilégiée et négligent trop souvent ce qui fait l’âme d’une nation . Car, il le sait bien, comme le disait Renan qu’il admire , « l'essence d'une nation est que tous les individus aient beaucoup de choses en commun, et que tous aient oublié bien des choses. «  </p>

<p>Charles Rojzman</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/833/larriere-salle-de-la-candidature-de-zemmour-a-la-presidentielle</guid>
	<pubDate>Mon, 07 Feb 2022 20:02:14 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/833/larriere-salle-de-la-candidature-de-zemmour-a-la-presidentielle</link>
	<title><![CDATA[L&#039;arrière-salle de la candidature de Zemmour à la présidentielle.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>C'est à la lumière de ce qui se passe dans l'arrière salle qu'on peut aussi lire les mesures que Zemmour compte mettre en oeuvre s'il accède au pouvoir. Les milieux financiers et patronaux peuvent compter avec Zemmour sur un candidat tout aussi dévoué à leur cause que Macron et Pécresse.</p>

<p>Je ne mentionne pas seulement le fait qu'il est très proche de Bolloré, lequel se trouve en affaire avec Alexis Kohler, l'actuel secrétaire général de l'Elysée, comme nous en informe le dernier livre-enquête de M. Endeweld ("L'emprise"). Je me réfère ici surtout à la fin du discours qu'il a tenu lors de son meeting à Lille le 5 février, qui mérite toute notre attention. </p>

<p>Après avoir longuement déclaré qu'il voulait "réconcilier les classes" pour rassembler le travailleur et l'employeur, et valoriser le travail en récompensant le mérite et l'effort, Zemmour a écarté toute politique qui consiste "à gaspiller l'argent public". </p>

<p>Je cite: "L'argent public n'existe pas, cet argent, c'est celui que ceux qui le promettent vont vous voler".  Ainsi, toutes les mesures de redistribution de l'argent public consistent selon lui à "déguiser un racket organisé en charité". En conséquence, conclut Zemmour, il faut cesser de financer la bureaucratie, l'assistanat, l'immigration et l'endettement de l'Etat. </p>

<p>"La France est déjà le pays le plus taxé du monde". Zemmour préconise des solutions à mettre en oeuvre très vite pour mettre fin à ce gaspillage. Parmi celles- ci:  arrêter le financement du "grand remplacement" en cessant d'accorder des aides sociales et des logements sociaux aux "étrangers non-européens" (il développe longuement ces points); ou encore mettre fin aussi à la redevance qui finance l'audiovisuel public, notamment France inter  dont, je cite, la propagande est "immigrationniste, wokiste et décoloniale".</p>

<p> "L'Etat doit être au service des Français", insiste Zemmour<br />Inutile de préciser que Zemmour ne compte pas dans le gaspillage de l'argent public les aides multiples aux entreprises, notamment à celles du CAC 40, qui s'élèvent annuellement à un total de 140 milliards, et qu'il ne mentionne pas non plus l'évasion fiscale (80 milliards). </p>

<p>Pour améliorer le pouvoir d'achat, Zemmour veut mettre en oeuvre une mesure qu'il n'hésite pas à qualifier de "révolutionnaire". Il déplore que le salaire net soit trop bas pour les salariés, et que le salaire brut soit trop élevé pour les employeurs. Aussi, pour "valoriser" le travail et le mérite, il compte supprimer les "charges sociales" car selon son diagnostic, ce sont elles qui "empêchent" de le valoriser (en oubliant de mentionner que les cotisations sociales financent la retraite et la protection sociale). Au lieu d'augmenter les salaires (et avec eux "les taxes"),  Zemmour veut instaurer un système de "primes 0 charge": cela permettra selon lui d'augmenter les revenus des salariés sans appauvrir l'entreprise. Zemmour déclare s'inscrire dans la politique de la "participation" voulue par le Général de Gaulle, selon laquelle les travailleurs doivent être associés au bénéfice de leur entreprise. Une prime leur sera versée en fin d'année en fonction des résultats, et cette prime pourra monter jusqu'à 3 mois de salaire, sans charge pour l'employeur et sans impôt pour le salarié. Zemmour insiste: ce sera le moyen de "récompenser celui qui travaille" : celui qui travaillera plus sera mieux rémunéré et cela permettra aussi "de lutter contre les arrêts maladie" et l'absentéisme de complaisance" (sic!). </p>

<p>Les propos racistes de Zemmour sont odieux et scandaleux mais on aurait tort de ne voir qu'eux. Ses propos sont des appels à la violence contre les immigrés, les Musulmans et les étrangers, mais ils sont aussi une menace pour l'ensemble des salariés (qu'il cherche à diviser), quelle que soit leur origine.</p>

<p>Avec Zemmour, plus d'augmentation de salaires mais des primes, qui permettent aux patrons de ne plus avoir à financer les retraites et la protection sociale, et sont destinées à produire l'illusion que les salariés bénéficient d'une augmentation de revenus. Avec Zemmour, c'est encore une diminution drastique des impôts qui permettent le financement des services publics. Cela tombe bien:  l'Union européenne exige le "remboursement de la dette" et "la baisse de la dépense publique".</p>

<p>En définitive, les mesures promises  par Zemmour sont-elles très éloignées de celles de Macron ou de Pécresse? J'invite chacun à lire l'allocution télévisée de Macron du 12 juillet 2021, dans laquelle il annonçait la mise en place du pass sanitaire. Vous verrez que là aussi, il était question de récompenser le travail, d'en finir avec les règles et les statuts qui lui font obstacle , d'en finir avec l'assistanat, de récompenser enfin le mérite et l'effort.</p>

<p><a rel="nofollow" href="https://www.facebook.com/didier.carsin"><br />Didier CARSIN </a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/832/ce-qui-manque-a-zemmour</guid>
	<pubDate>Mon, 17 Jan 2022 21:01:59 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/832/ce-qui-manque-a-zemmour</link>
	<title><![CDATA[CE QUI MANQUE A ZEMMOUR]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Ce qui manque à Eric Zemmour, c’est de pas avoir pas l’audace de faire comme Donald Trump lorsqu’il a affirmé avec force  à à la communauté africaine-américaine qu’ils étant des américains comme les autres, aussi capables de réussir dans la société américaine que d’autres,  mais qu’ils devaient aussi regarder en face les vices et les fautes au sein de leur communauté. Ce qui manque à Eric Zemmmour  c’est de parler droit dans les yeux aux musulmans et aux franco-africains de ce pays, à la jeunesse des quartiers, à leurs parents, à tous ceux qui se sentent plus algériens ou maliens, plus maliens ou sénégalais que français, à tous les immigrés du Maghreb et d’Afrique noire, à toutes les générations nées sur le sol français et qui possèdent la nationalité française, de parler à tous,  à ceux qui travaillent et à ceux qui ne travaillent pas , aux gens honnêtes et aux délinquants, à ceux qui veulent réussir et à ceux qui sont assistés, aux femmes, aux hommes, de leur parler et de leur dire la réalité crue de ce qu’ils font ou ne font pas pour être des français comme les autres, leurs responsabilités et leurs fautes, leurs vices et bien sûr leurs vertus car elles existent, de leur dire qu’il les accueillera volontiers avec amour s’ils acceptent de se fondre dans ce pays, avec gratitude et bonheur, s’ils renoncent à la victimisation que certains encouragent pour les utiliser dans leur combat politique, s’ils chassent de leur sein les brebis galeuses, qu’ils connaissent bien, qu’ils cessent enfin d’écouter les voix qui tentent de les  arracher à la communauté nationale. Il faudra aussi  qu’il considère leur bonne volonté qui n’est pas toujours reconnue parce qu’ils sont essentialisés de part et d’autre et qu’il leur demande de l’aider dans son combat contre l’immigration de masse, légale ou clandestine sans qu’il soit traité de raciste et en y voyant  leur propre intérêt. </p>

<p>Ce qui manque à Zemmour c’est une certaine finesse de langage qui lui fait dire quand il parle de grand remplacement qu’il ne voit dans la rue que des noirs et des arabes, choquant inutilement ceux-là même des français antillais ou d’origine africaine ou maghrébine  qui sont en accord avec ses idées sur l’assimilation. Il alimente  ainsi les préjugés de racistes véritables, et  éloigne de lui des esprits lucides et généreux qui deviennent enclins à accepter les caricatures qu’on fait de lui dans la presse et les réseaux sociiaux. .</p>

<p>Ce qui manque à Zemmour c’est de ne pas voir qu’il ne suffira pas d’arrêter l’immigration de masse  légale ou illégale et de changer la façon de gouverner le pays pour retrouver une société saine et indemne de toutes les maladies des sociétés modernes,  et qu’il faudra mettre en place une nouvelle  éducation civique et populaire  des adultes adaptée à l’époque et  qui aide chacun à retrouver le goût de se projeter dans l’avenir et de vivre le présent avec moins de violences dans les familles et les organisations. La tentation totalitaire ne se limite pas à l’islamisation. Elle est la réponse inévitable à l’addition de tous les malaises sociaux provoqués par la crise multiple du sens, de l’autorité, du travail, du lien  que vit la civilisation occidentale.   </p>

<p>Ce qui manque à Eric Zemmour dans son combat pour l’école, c’est de parler aux enseignants, de leur dire qu’ils ne sont pas  des « pédagogistes »  qui refusent de transmettre le savoir et la belle histoire de France, mais qu’ils ne le peuvent pas dans les conditions qui leur sont imposées et qu’il faudra changer, faire une pédagogie de l’autorité et de la responsabilité, qu’il reconnaisse qu’ils font ce qu’ils peuvent pour susciter l’intérêt de gamins malmenés dans leurs familles, dans leur quartiers, soumis à de propagandes diverses, écrasés par la folie du monde adulte. </p>

<p>Ce qui manque à Eric Zemmour, c’est d’avoir l’audace de dire aux juifs de France que leurs institutions ne les représentent pas et qu’elles   aussi vivent sur les bénéfices que leur assurent leur adhésion aux pouvoirs en place  tout comme les dignitaires musulmans avec les pays d’origine  et leur rappeler tout ce que la France a fait pour les juifs, depuis la révolution française et Napoléon et même un peu avant au temps de la royauté finissante, qu’elle en a fait des citoyens pour la première fois dans l’histoire et que malgré les antisémitismes, le peuple français a  dans sa majorité courageusement aidé les juifs à rester indemnes de l’horrible persécution d l’occupation, qu’il leur dise aussi qu’il n’est pas maurassien, pétainiste, mais qu’il cherche à rétablir le réel pour ne pas rester dans toutes les repentances, en se trompant peut-être et qu’il s’excuse s’il a été maladroit et blessant, comme il l’a fait dans sa conversation au téléphone avec les Sandler. </p>

<p>Il faudra donc qu’il ne se contente pas de dire qu’il sera le président de tous les français sans exclusive quand il sera élu mais qu’il le démontre dès aujourd’hui, dans sa campagne pour l’accession au pouvoir suprême en allant voir des publics qui ne l’aiment pas peut-être, qui n’aiment pas en tout cas  cet avatar de lui qui a été fabriqué par ses adversaires , qu’il ne se contente pas de parler à ses partisans, à ces foules enthousiastes et honnêtes auxquelles se sont mêlés des groupes qui ne rêvent que d’exclusion et d’intolérance, qu’il refuse , malgré ou en raison de ses convictions profondes,  de faire ce que font  tous les politiques qui ne s’adressent qu’à leur clientèle privilégiée et négligent trop souvent ce qui fait l’âme d’une nation . Car, il le sait bien, comme le disait Renan qu’il admire , « l'essence d'une nation est que tous les individus aient beaucoup de choses en commun, et que tous aient oublié bien des choses. «  </p>

<p><a href="https://www.facebook.com/Charles.Rojzman"><br />Charles Rojzman </a></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Mon, 10 Jan 2022 07:53:19 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Quand Jean Daniel, l&#039;ancien directeur du Nouvel Observateur, s&#039;inquiétait du changement de visage de la France.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>par Bérénice Levet, pour Le Figaro - décembre 2021</p>

<p>L'écrivain et philosophe Bérénice Levet a lu le livre posthume de Jean Daniel. Aux antipodes de certaines positions prises par son hebdomadaire, le fondateur du Nouvel Observateur, que l'on découvre sous un jour nouveau, y regrette notamment l'abandon de notre modèle d'assimilation.</p>

<p>La gauche n'a pas seulement perdu le peuple au sens sociologique du terme, elle ne l'a pas non plus perdu seulement en tant que réalité politique, communauté historiquement constituée cimentée par des souvenirs, une langue, des mœurs, elle a perdu l'homme, les hommes, conspuant depuis plusieurs décennies, le besoin d'histoire et d'histoires même, de passé, de racines, de continuité historique.</p>

<p>Tel est le sentiment, poignant, qui nous gagne et nous étreint en refermant le livre de Jean Daniel qui paraît aujourd'hui aux Éditions de l'Observatoire, «Réconcilier la France. Une histoire vécue de la nation».</p>

<p>Ce livre est une somme, couvrant quelque quatre décennies de réflexions, fruit du magnifique et patient travail accompli par Benoît Kanabus qui a sélectionné les textes, les a articulés et ordonnés aux questions qui travaillent plus impérieusement que jamais notre société, rendant sa continuité et sa cohérence à cette méditation. Livre posthume, certes, dans la forme, non dans le fond. À l’exception de quelques inédits, l'essentiel fut publié du vivant de l'auteur, il convient d'y insister car bon nombre de lecteurs ne laisseront pas d'être surpris tant le contraste semble grand entre le souvenir que l'on peut avoir du directeur du Nouvel observateur, du rôle qu'il joua dans la vie intellectuelle, des positions prises par son journal, et le Jean Daniel tel qu'il se dessine au fil des pages de cet ouvrage. Énigme que cette mise en sourdine d'une pensée légitimement inquiète. Seul Alain Finkielkraut saura faire valoir cet autre visage de Jean Daniel.</p>

<p>Ce livre est important à plusieurs titres. D'abord parce qu'il est l'œuvre d'un observateur engagé, ou plutôt embarqué, au sens de Camus : un observateur qui ne déserte pas la caverne des hommes mais n'entend pas sacrifier à la cause de la vérité à quelque combat du jour ou à quelque idéologie.</p>

<p>«Je ne pardonnerai jamais à la gauche, ma famille, [de ne s'être] pas inquiété de ce que devenait le visage même de la France.» Jean Daniel <br />Jean Daniel se fait le témoin, capital, l'enquêteur, l'explorateur et le penseur des mutations qui affectent la France dès les années 1980 et les peint par le menu. Il voit ce qu'il voit, et le dit, l'écrit, sans trembler. Il voit une France qui se communautarise, s'islamise, se décompose -– «Il y a en ce moment, en Occident,  prévient-il, une islamisation de la vie quotidienne dont l'expansion est inquiétante». Une France gagnée, grignotée par un modèle non seulement étranger mais contraire au génie français – génie au sens d'esprit : le modèle communautaire importé des pays anglo-saxons. Il entend se lever, de manière toujours plus sonore et véhémente, l'exigence de représentativité, de «visibilité» comme on dit aujourd'hui, dans les séries télévisées, dans les grandes écoles, dans l'espace public.</p>

<p>Il voit une gauche flagornant la jeunesse issue de l'immigration, l'incarcérant dans ses dites origines, et se spécialisant dans la fabrique de victimes, dessinant, avec complaisance et délectation, une France xénophobe, raciste, esclavagiste, coloniale, farouchement inamicale, hostile même, aux différences. Une gauche se plaisant à «remuer chez la jeune génération issue de l'immigration, et contre la France, des souvenirs reconstruits de l'esclavagisme et du colonialisme». Et Jean Daniel de remettre les pendules à l'heure : «Le drame de la jeunesse issue de l'immigration n'est pas le passé esclavagiste et colonial que la France se refuserait à regarder en face», selon une antienne qui l'impatiente, comprenant que la France n'en sera quitte, aux yeux de ces procureurs acharnés de la France, que lorsqu'elle ne regardera plus que ses fautes, ses pages sombres, et n'aura plus d'yeux pour ses nobles accomplissements. Le drame de cette jeunesse maghrébine ou africaine est dans «l'échec de la lutte émancipatrice de leur pays d'origine», et, point absolument capital, dans la valorisation et l'exaltation des différences qui, sous couvert de générosité, n'est rien d'autre qu'un «abandon», selon le mot si profond de Jean Daniel. Et tout cela sur fond de renoncement à une politique d'intégration digne de ce nom.</p>

<p>«Le Pen apporte les plus mauvaises solutions à de bonnes questions». Nous sommes en 1984. La phrase est prononcée par le premier ministre d'alors, Laurent Fabius. Jean Daniel qui rappelle ce moment, en espère beaucoup. Tempête de réprobations. Et, en un éclair, le rideau déchiré se voit de nouveau tiré. Laurent Fabius se ravise, il «n'avait pas dit ce qu'on lui avait fait dire». Occasion manquée et depuis lors, jamais retrouvée.<br />«Je ne pardonnerai jamais à la gauche, ma famille, [de ne s'être] pas inquiété de ce que devenait le visage même de la France», écrit Jean Daniel, ce visage étant celui du communautarisme et de l'islamisation. Il ne le pardonne pas à la gauche parce qu'elle est sa famille de cœur mais force lui est de constater que les élites dans leur ensemble, politique, médiatique intellectuelle, droite, gauches mêlées, sont compromises dans cette funeste reddition avec notre modèle de civilisation, avec notre forme de société, qui renferme une certaine entente de la vie et une certaine idée de l'homme auxquelles Jean Daniel est attaché et trouve infiniment de charmes – nous y reviendrons.</p>

<p>Il voit en effet les aveuglements volontaires et les complicités de la gauche, mais celle-ci est loin d'avoir l'exclusivité du déni et de la complaisance. Lorsqu'il s'ouvre de ces inquiétudes aux hommes qui successivement présideront aux destinées de la France, il se heurte à chaque fois à une même fin de non-recevoir - Valéry Giscard d'Estaing ou Jacques Chirac ne se montreront pas moins sourds que François Mitterrand aux avertissements de Jean Daniel. Lorsqu'il fait observer au chef de l'État socialiste: «Président, le pays est en train de changer. Le clocher de votre affiche électorale, dans peu de temps, vous le verrez entouré de deux minarets», il reçoit pour toute réponse : «Vous parlez comme Le Pen» et devine un Mitterrand «redoutant ensuite qu'à chacune de nos rencontres je ne me le sujet sur le tapis».<br />«Entre le confort intellectuel et moral et le réel, de toute évidence, Jean Daniel choisit le réel.» Bérénice Levet <br />De cette lucidité qui le distingue au sein de la gauche, la clef se trouve peut-être dans une remarque faite en passant : «J'ai rarement été en complet accord avec les miens sur tous ces sujets, car je pense que les hommes sont naturellement racistes, et qu'ils ont du mal à supporter le différent. À leur nature mauvaise, il faut opposer avec une infinie patience une culture de la coexistence». Question d'anthropologie, autrement dit. Jean Daniel se sépare de la gauche rousseauiste, de cet angélisme d'un homme qui serait naturellement bon et que seules les institutions corrompraient. Son homme, comme celui du péché originel, comme celui de Soljenitsyne ou de Kolakowski, est traversé par le bien et le mal. Son anthropologie, est celle que l'on attache traditionnellement à la droite. En lisant ces lignes, l'on songe aussi à Merleau-Ponty distinguant entre deux formes d'humanisme : le premier, et le seul authentique, «affronte comme un problème le rapport de l'homme avec l'homme et la constitution entre eux d'une situation et d'une histoire qui leur soient communes», le second, faux humanisme, humanisme frelaté, «ne trouve aucune difficulté de principe dans les rapports de l'homme avec les autres hommes». L'humaniste digne de ce nom sait que l'altérité est une épreuve et que cimenter un peuple n'a rien qui va de soi. L'humanisme de Jean Daniel relève incontestablement du premier, lui qui n'eut de cesse de dénoncer un «angélisme» qui, singulièrement dans les questions d'immigration et de confrontation de l'Occident avec l'islam, «mêle la mauvaise foi à l'irresponsabilité», ou s'agaçant de ces vaines réunions politiques «où [en] revenait toujours à la même logomachie humanitariste».<br />Une des grandes saveurs de cet ouvrage vient du vent de liberté qui y souffle. Entre le confort intellectuel et moral et le réel, de toute évidence, Jean Daniel choisit le réel. On retrouve, dans ce livre, la passion de penser, d'interroger, d'inquiéter les évidences qui n'a cessé d'animer le journaliste, sa disposition à l'admiration aussi. Qui commence de penser en a fini avec le repos, la tranquillité, le mol oreiller. Pacte signé et agréé! Jean Daniel savait qu'on ne pense pas seul avec soi-même. Il se nourrissait des grands esprits du passé et du présent, on le vérifie dans cet ouvrage. C'est cette vie de l'esprit qu'il avait su faire vivre au sein du Nouvel Observateur, conviant Mona Ozouf, François Furet, d'autres intellectuels à rejoindre la rédaction. Qu'on me permette de rappeler deux anecdotes, significatives de ces dispositions d'esprit. La première, l'échange, savoureux, de Jean Daniel avec Claire Brétécher alors qu'il invitait la dessinatrice à se joindre au Nouvel Observateur. Intriguée, et quelque peu sur la défensive, l'auteur à venir de la série des Frustrés objecte : «Je ne vois pas ce que je peux faire ici», et Jean Daniel de répliquer: «- Vous moquer de nous», nous, les intellectuels de gauche, «nos tics, nos réflexes, nos secrets accommodements avec le ciel des idéologies». Pari conclu et promesse tenue, et Jean Daniel bientôt de s'en féliciter : «Grâce à Claire, il est désormais impossible de se prendre au sérieux au Nouvel Obs». «Elle est notre contre-pouvoir». À l'heure de la Woke culture et en un temps où la rédaction d'un grand journal du Soir bâillonne un dessinateur, belle leçon !<br />«J’ai commencé à me poser ces questions un jour où je regardais des jeunes gens jouer au football qui se parlaient en arabe et ignoraient les Français qui les côtoyaient.» Jean Daniel </p>

<p>La seconde, rapportée par la sociologue Évelyne Sullerot, dans son autobiographie, L'Insoumise : en avril 1971, invité à prendre la parole lors d'une conférence organisée par France Observateur  dans le sillage de la publication du «Manifeste des 343» - passé à la postérité sous le titre, donné à l'époque par Charlie Hebdo, «Manifeste des 343 salopes» -, sur le thème «Faut-il, oui ou non, dépénaliser l'avortement ?», la cofondatrice du Planning familial s'oppose vigoureusement au slogan brandi par certaines des militantes : «Mon ventre est à moi et ce qui est dedans aussi», rappelant hardiment que, dans l'avortement, «trois personnes sont concernées : la femme, le bébé et le père». «Quand j'ai dit le père, se souvient-elle, j'ai entendu des hurlements […]. J'ai vu des filles arriver sur moi comme pour me jeter dans la fosse en m'assenant des coups». «Le lendemain,  poursuit-elle dans ses mémoires, Jean Daniel, le directeur de France Observateur, m'a envoyé un immense bouquet de fleurs d'un mètre cinquante de haut : “Au nom des hommes disparus dans la circulation.” Il saluait mon courage d'avoir osé parler».</p>

<p>Pas de totems donc, pour Jean Daniel, pas de tabous, pas d'auto-censure. Quelques exemples entre mille, et c'est le livre tout entier qu'il faudrait citer. La question fait irruption dans sa vie à la faveur d'une expérience : «J'ai commencé à me poser ces questions, relate-t-il, un jour où je regardais des jeunes gens jouer au football qui se parlaient en arabe et ignoraient les Français qui les côtoyaient» - et l'on a, en lisant ces lignes, une pensée émue pour Franz-Olivier Giesbert évoquant semblable expérience, semblable épreuve, pourrait-on dire, et se voyant cloué au pilori, accusé de verser dans le suprématisme blanc par une Laure Adler ânonnant le catéchisme woke, risible au sens de Bergson, tant sa réaction relevait de cette mécanique plaquée sur du vivant qui définit le rire, selon le philosophe. Autre indice de la liberté de Jean Daniel : «La France, tu l'aimes ou tu la quittes», la célèbre sentence de Nicolas Sarkozy : croit-on que Jean Daniel allait se joindre au concert d'indignation qu'elle suscita. Nullement : «ça ne m'aurait pas choqué si Nicolas Sarkozy avait montré qu'il s'adressait à tous, aux Français de souche comme aux autres».</p>

<p>«Je ne vois pas pourquoi il serait indécent pour l'Europe de rappeler ce qu'elle a apporté au monde.» Jean Daniel <br />De cette police de la pensée qui frappe d'interdit certaines questions, Jean Daniel n'a cure. Ainsi de la question du droit du sol, brûlante d'actualité pour nous dans le contexte de l'élection présidentielle et alors que trois candidats à la fonction suprême (Éric Ciotti, Marine Le Pen, Éric Zemmour) ont eu la témérité de la remettre à l'ordre du jour. «Si les enfants d'étrangers que le hasard fait naître sur notre sol deviennent français sans que l'école fasse d'eux des citoyens – et quand Jean Daniel écrit citoyen, il entend bien des Français, c'est-à-dire des êtres investis d'une responsabilité pour la communauté historiquement constituée dont ils sont appelés à devenir membre -, alors la nation ne deviendra plus qu'une juxtaposition de communautés, c'est-à-dire qu'elle sera condamnée à disparaître». Le droit du sol sans l'intégration, martèlera-t-il, «c'est la porte ouverte au communautarisme et à la ghettoïsation ».</p>

<p>Jean Daniel s'emploie aussi à déconstruire quelques poncifs amis du masochisme occidental, et propagandes à destination de «la diversité». Entre la dette que l'Occident aurait contractée envers les autres civilisations Jean Daniel là encore s'impatiente de cette hémiplégie, de ce deux poids deux mesures : «Puisqu'on nous rappelle à juste titre ce que nous devons tous à l'âge d'or de la grande civilisation arabe, je ne vois pas pourquoi il serait indécent pour l'Europe de rappeler ce qu'elle a apporté au monde».</p>

<p>Et, en riposte à l'antienne de «ces étrangers qui ont fait la France», si assourdissante qu'on en viendrait à croire que la France est leur seul œuvre, Jean Daniel rappelle de la manière la plus énergique que là n'est pas l'esprit dans lequel il a été élevé, que dans sa famille, prévalait le sens de la dette, de la gratitude pour le don qui leur était fait : «pour les miens, [il s'agissait] de mettre l'accent non sur leur apport mais sur l'identité reçue», «mes parents ne se demandaient pas ce que le pays leur devait mais ce qu'ils devaient au pays» et ce qu'ils devaient à la France, c'étaient «des souvenirs, des projets, des valeurs, des mœurs, des rites, des usages».</p>

<p>La question de l'intégration, de l'assimilation est au cœur de cet ouvrage. Assimilation ? Reconnaissons que le terme n'apparaît que très rarement sous la plume de Jean Daniel, et l'on aurait aimé interroger sur ce point dont l'enjeu n'est pas que sémantique, mais je ne crois pas le trahir en disant qu'il ne l'aurait pas refusé. Car si le mot n'y est pas, la chose s'y trouve, et sans fard. La description qu'il propose du mécanisme de l'intégration ne laisse aucun doute sur ce point : il s'agit bel et bien de se fondre dans le creuset français, de faire pleinement sien les usages, les mœurs du pays dont on est appelé à devenir membre. La citoyenneté n'est en aucune façon une simple question de respect des lois. Le patriotisme de Jean Daniel n'est pas un patriotisme constitutionnel à la Habermas mais charnel.</p>

<p>«L’intégration était la plus merveilleuse machine au monde à fabriquer des Français.» Jean Daniel <br />Jean Daniel oppose les plus fermes répliques à chacun des faux procès intentés à l'assimilation, restituant ainsi son sens véritable, et grand, et généreux à cet idéal français. Non l'assimilation ne signifie pas le sacrifice de soi : «Devenir français, rappelle-t-il magnifiquement, ce n'était pas cesser d'être soi-même contrairement à ce que l'on entend aujourd'hui. C'était faire en sorte que la meilleure partie de soi adhère à une volonté commune».<br />La question de l'assimilation travaille tout l'ouvrage, parce que longtemps elle fut la réponse proprement, spécifiquement française à l'arrivée de populations étrangères sur notre sol et que nous y avons funestement renoncé. «L'intégration était la plus merveilleuse machine au monde à fabriquer des Français», admire Jean Daniel. Sans elle, et face au défi de l'immigration, la France se condamne à disparaître, en tout cas, à changer définitivement de visage.</p>

<p>La France se communautarise, s'islamise, se sépare. Fatalité ? Était-elle, est-elle réellement sans ressource face à ce processus ? Nullement, elle possède dans sa besace cette formidable machine, comme l'appelle Jean Daniel, qu'était l'intégration imitative, qui n'est pas qu'une machine, pas qu'une mécanique, mais une philosophie. Au poncif selon lequel l'intégration ou l'assimilation aurait échoué, Jean Daniel s'oppose vigoureusement et très justement : «On dit que le modèle français a échoué. C'est faux. Aussi longtemps qu'il a été appliqué, il a parfaitement réussi. Et quand il a cessé d'être appliqué, il n'a pas été remplacé».</p>

<p>Et ce modèle, on ne l'a plus appliqué parce que la philosophie qui l'inspirait nous a quittés, parce que les principes qui le portaient nous ont abandonnés, parce que les ressorts qui le soutenaient se sont grippés. Et Jean Daniel en fait un bel inventaire, avant, pendant, après liquidation : l'intégration, l'assimilation a été forte aussi longtemps que «la confiance que les Français avaient dans la vocation et l'avenir de leur pays» l'étaient ; aussi longtemps que «l'identité française était plus forte que celle des communautés que la France accueillait». Or c'est cette force, cette confiance, cette foi en soi, cette consistance identitaire qui se sont étiolées, et ce, alors et à raison exactement inverse, pendant que l'identité islamiste, elle, se fortifiait. De la déliquescence de l'identité française, de la substituions de la France par une myriade de communautés, Jean Daniel en reçoit le choc alors qu'il est en Algérie : «Des gens faisaient des projets de voyage, raconte-t-il. L'un d'eux me dit : ‟Il faut qu'on aille dans la société miloudine”. Je lui demande ce que c'est. C'était près de Lyon. ‟Pourquoi ne dites-vous pas Lyon ? – Parce qu'il y a toute une société berbère installée là. Il y a d'ailleurs trois voyages par semaine organisés entre Sétif et Lyon». Et Jean Daniel de commenter : «Ils en parlaient comme s'ils n'allaient plus en France, mais comme s'ils se rendaient dans une partie algérienne de la France qui se trouvait par hasard au-delà de la Méditerranée». Or, ainsi qu'il le rappelle avec force, «il est tout simplement contraire à la République qu'il y ait des ‟musulmans vivant en France”, disposant de la nationalité française mais se référant, culturellement à d'autres pays».</p>

<p>Cette situation est le fruit d'un renoncement, d'une capitulation de la France : l'abandon d'une politique d'assimilation ; elle est inséparable de la valorisation et de l'exaltation des différences qui pénètre la France dans les années 1980, selon un modèle importé des pays anglo-saxons et notamment des États-Unis, totalement étranger à la France. Le succès de l'intégration tenait aussi et d'abord à ce que la France n'accueillait pas des communautés mais des individus, elle se refusait à regarder le nouveau venu comme le représentant d'une communauté quelle qu'elle soit. La décomposition de la France procède également, et d'abord, d'une absence de politique migratoire digne de ce nom, car quelle que soit la volonté assimilationniste, le problème est insoluble aussi longtemps que l'immigration demeure massive. Selon l'analyse de Hegel, il est un moment où les changements quantitatifs se font changements qualitatifs.</p>

<p>La thèse selon laquelle l'idéal français d'assimilation, la passion du monde commun, le refus d'un pays où les individus et les communautés se trouveraient comme l'huile et l'eau, selon l'image de Renan, posés côté à côté - prélude au face-à-face selon l'avertissement d'un ancien ministre -, aurait fait son temps, ne l'a jamais impressionné. Que l'heure soit aux identités, à la diversité, à la visibilité des minorités… Jean Daniel refuse de se laisser intimider. La hantise d'être retard sur son temps ne l'a jamais atteint. Ses amis peuvent prêcher l'adaptation, il reste ferme. Et ce pour une raison simple et forte – de celle qui vous rende inflexible : le modèle français lui paraît infiniment plus savoureux, plus délectable que le modèle communautariste des Anglo-Saxons. Autre temps ? Sans doute, mais pourquoi autres mœurs, pourquoi autre modèle ? La manière française, l'entente française de la vie en commun doit être préservée, continuée, sauvée.</p>
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«Jean Daniel ne craint pas de mettre les pieds dans le plat : la rencontre de la civilisation occidentale et de la civilisation musulmane constitue bel et bien un choc.» Bérénice Levet 
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<p>Venons-en à présent au totem, au tabou, par excellence, la question de l'islam, centrale dans Réconcilier la France. Jean Daniel ne craint pas de mettre les pieds dans le plat : la rencontre de la civilisation occidentale et de la civilisation musulmane constitue bel et bien un choc – l'ouvrage de Samuel Huntington avait fait forte impression sur Jean Daniel et ce livre en porte un puissant témoignage. Redoutable erreur, note Jean Daniel, et cause des aveuglements dont nous payons le funeste prix, que d'avoir esquivé la question de la civilisation des nouveaux immigrés. L'islam est un problème et un défi pour chacun des pays européens, mais plus brûlants en France, tant le communautarisme est étranger et contraire à l'esprit français. Menace accrue pour nous, mais chance inédite aussi pour les musulmans. Occasion unique pour l'islam de se réformer, de rendre à l'individu une certaine liberté, un certain jeu. C'est sur ce défi singulier que la lecture du livre de Jean Daniel jette de très vives lumières.</p>

<p>«L'islam pose-t-il un problème à la France ?», «L'islam pose-t-il un problème à la laïcité ?, demande Jean Daniel. Lorsque la réponse n'est pas un réquisitoire, la réponse est oui». La république française est une république des individus - et le mot de Clermont-Tonnerre est, pour Jean Daniel, l'unique et dernier mot en ce domaine : ne rien accorder aux Juifs comme nation, tout leur accorder comme individu, et des individus dont nous ne voulons rien savoir des appartenances particulières (religion, certes, mais sexe, mais sexualité, que sais-je encore). Or, là est la gageure : «Il est difficile de concevoir un islam qui ne soit pas communautaire», explique Jean Daniel, «pour l'islam, la religion, c'est d'abord le groupe, la tribu, la ummah». Ce n'est donc pas seulement comme communautarisme que l'islam représente un défi, voire une «menace», pour la France, «mais en tant qu'universalisme islamiste». La laïcité libère l'individu du groupe, lui permet de faire un pas de côté par rapport à la religion de sa communauté, de sa famille, de sa tribu or, l'islam n'admet pas cette liberté du pas de côté.</p>

<p>Et c'est là, parce que la France s'adresse à l'individu et non au représentant d'une communauté, que La France peut être regardée avec Mohamed Arkoun par exemple, que cite Jean Daniel, comme une chance pour les musulmans. Et Jean Daniel de renchérir sur son ami islamologue : «Il n'est pas possible que les Arabes ignorent que la France est l'une des grandes chances de leur histoire». La France et sa farouche indifférence aux différences, aux communautés, cette république des individus leur est l'occasion de desserrer l'étau du groupe.</p>

<p>La laïcité, qui exige de l'individu de cantonner à l'espace privé l'exercice de la religion, fait le pari de la liberté : elle postule en chacun, au milieu de toutes les formes de déterminismes, ce que le poète René Char appelait «une enclave de liberté».</p>
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«La France, comme d'ailleurs presque toutes les sociétés occidentales, [..] affiche une solitude de citoyen d'où les Français ne sortent que par l'angoisse et les immigrés par le repli sur le ghetto.» Jean Daniel 
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<p>Mais de toute évidence, la France ne représente plus un modèle désirable, elle a perdu de son charme. La raison en est, en partie, et sans exonérer de leur responsabilité les musulmans, qu'elle ne s'offre plus comme nourriture spirituelle. Le spectacle que nous offrons ne présente rien de très heureux. Ces atomes, ces monades que nous sommes devenus, ces êtres vides et creux, sans histoire(s), sans passé, sans Verbe, sortis du laboratoire progressiste, et singulièrement de la pédagogie progressiste, des années 1960-1970, dont Michel Houellebecq s'est fait le romancier le plus sagace, peinent à séduire. Péché originel des années 1960-1970, que d'avoir prêté des vertus émancipatrices à toutes les formes de déliaison. Et Jean Daniel de résumer le malheur existentiel de l'homme contemporain : «La France, comme d'ailleurs presque toutes les sociétés occidentales, [..] affiche une solitude de citoyen d'où les Français ne sortent que par l'angoisse et les immigrés par le repli sur le ghetto» – parfaite trahison à l'endroit des fondateurs de la Troisième République qui exigeaient de chacun qu'il laisse ses appartenances particulières dans l'espace privé pour mieux se rattacher à cette grande et noble histoire qu'est celle de la France. Et c'est là que le rôle de l'école était majeur. Il n'est pas de tenaille identitaire : les identités particulières enferment chacun dans le cercle étroit de son identité, de sexe, de sexualité, de race, de religion ; l'identité nationale rattache chacun à une réalité plus vaste et plus haute que la sienne. Celle-ci cimente, quand les autres séparent.</p>

<p>De cette impasse, de cette crise existentielle, du malheur français, la propagande islamiste se saisit avec jubilation. L'islam politique exploite l'indigence de ce modèle, se plaît à peindre l'Occident et singulièrement la France laïque, parce que laïque, enfoncés dans le consumérisme.</p>

<p>Pour donner à aimer ce modèle encore faut-il prouver que l'émancipation ne confine pas au vide identitaire et spirituel, d'où l'injonction de Jean Daniel : la France doit faire rayonner la patrie littéraire, artistique, intellectuelle, politique qu'elle fut, elle doit faire valoir qu'elle n'est pas un «no spirit's land».<br />On l'aura compris, ce livre s'offre comme une formidable profession de foi dans le modèle français d'intégration. Non par fétichisme du passé mais parce que Jean Daniel le juge infiniment plus savoureux que le modèle communautaire, plus savoureux et parfaitement accordé à ce que Simone Weil appelait les besoins fondamentaux de l'âme humaine. Et si ce livre est essentiel c'est que Jean Daniel sait l'art de peindre et de rendre sensibles les vertus de ce modèle. «On pousse dehors avec d'autant plus de légèreté les grandes choses qu'on ne les comprend plus», disait Balzac. Or, si nous avions montre d'autant de désinvolture à l'endroit de l'assimilation, c'est assurément que nous n'en mesurions plus la grandeur, la noblesse. Jean Daniel nous rafraîchit la mémoire. Et c'est pourquoi il doit être lu toute affaire cessante.<br />La lassitude cependant, et toujours plus au fil du temps, le gagne. «Alors ce fameux modèle français, peut-on le réexhumer, le ranimer ? Je ne le crois plus, hélas». Jean Daniel ne le dissimule pas : «Je suis fatigué et j'ai presque envie de rendre les armes et de ne plus poursuivre ce combat d'arrière-garde» – en réalité, il reprendra le flambeau, et ce jusqu'à son dernier souffle. Sans illusion toutefois, doutant toujours plus qu'on puisse arrêter le processus, seulement pourra-t-on escompter le ralentir, semble-t-il conclure par moments.<br />Là encore, il voit ce qu'il voit et il voit une France, des élites en tout cas, toujours plus disposées à laisser la France devenir américaine, comme dirait Régis Debray, se convertissant à la politique des quotas, satisfaisant à l'exigence de représentativité, de «visibilité», parlant la langue de la «diversité», des «minorités». Or, y concéder, avertit Jean Daniel, c'est s'accoutumer à «penser en termes de communautés», et rompre par là même avec la singularité française et sa délectable indifférence aux différences. Redoutable boîte de Pandore ! Une fois le couvercle soulevé…«A quand la représentation des communautés au Parlement ?», demande Jean Daniel. Le Président Macron a préfacé le livre de Jean Daniel, on ne peut que l'inviter désormais à le lire et à le méditer, lui qui s'indigne de ce que le mot «assimilation» figure dans la Constitution - qui «ne correspond plus à ce que nous voulons faire» - ou institue une commission, confiée à un soutien affiché des indigénistes, Pascal Blanchard, et chargée de dresser des listes de personnalités issues de la diversité afin de leur édifier des statues et de leur attribuer des noms de rues ou de monuments, ou dont, encore, la politique mémorielle consiste en une distribution de caractère communautaire, selon la description pénétrante qu'en a donnée récemment Pierre Nora : «Il s'agissait autrefois de rassembler la collectivité nationale autour d'une figure symbolique. [Avec Emmanuel Macron], il s'agit maintenant de faire un geste politique ou de satisfaire un groupe, une famille, une frange de la nation. Charles Aznavour pour les Arméniens, Simone Veil pour les femmes et les juifs, bientôt Joséphine Baker pour la diversité. C'est le signe d'une nation ethnicisée, parcellisée, émiettée». Martingale électorale en 2017, le «en même temps» ne trompe désormais plus personne en ce domaine : à la fin, quelles que soit les hautes et vaillantes proclamations d'Emmanuel Macron, ce sont toujours les communautaristes et les indigénismes qui gagnent.<br />«Il est une chose dont Jean Daniel ne se départira jamais : son attachement au modèle français.» Bérénice Levet <br />Cependant, aussi sévère que puisse se montrer Jean Daniel à l'endroit des dirigeants français, il n'inverse pas l'ordre des responsabilités. Il voit ce qu'il voit et il voit un islamisme de plus en plus vindicatif et des nouveaux venus et des Français d'origines maghrébine et africaine toujours plus farouchement «rebelles à la fusion». Et c'est là, rappelle Jean Daniel, «une des grandes différences avec l'immigration de la fin du XIXe siècle et du début du XXe : les Polonais, les Italiens, avaient un seul but (un seul rêve) : se fondre dans la société où ils avaient choisi de s'expatrier, de travailler». Il s'agissait bel et bien de «prendre racine» quand, à l'inverse, un Tariq Ramadan proclame que «les nouveaux immigrés, musulmans ou pas, ont le droit de modifier l'identité française», c'est alors, prévient Jean Daniel que «la difficulté survient et que la République [et la France, peut-on ajouter sans forcer son propos car la France qu'il souhaite voir se continuer ne commence pas en 1789] peut s'estimer en danger».<br />Doutes donc quant à la pérennité de la France, mais il est une chose dont Jean Daniel ne se départira jamais : son attachement au modèle français. La clef de cette opiniâtreté se trouve sans doute dans le sous-titre Une histoire vécue de la nation. Vécue et non théorique, c'est important. Cela explique, me semble-t-il, la constance dont il fait montre dans ses positions, l'assurance avec laquelle Jean Daniel avance, se risque, persiste et signe, quelle que soit l'incompréhension à laquelle il se heurte, les réprobations, les suspicions qu'il lui faudra essuyer dans son propre camp. Ce livre raconte aussi le cheminement, l'itinéraire d'un enfant du XXe siècle, du jeune homme universaliste qu'il était à sa prise de conscience de ce que l'universel ne nourrit pas son homme, que l'être humain besoin de racines, d'histoire(s), d'ancêtres. Pour se tenir debout, pour se faire bâtisseur, il a besoin de cette sève. «L'avenir ne donne rien, disait Simone Weil, il n'y a rien de plus vital que le passé». Seul le passé est nourricier, susceptible de nous orienter, de nous indiquer une direction. Puissance d'inspiration non de répétition.<br />Cette défense et illustration de la nation, de l'identité française, de l'enracinement s'ancrent en effet dans l'expérience. «Que la nation ne soit pas une assemblée d'individus libres et égaux auxquels la Déclaration des droits de l'homme aurait procuré un jour la souveraineté», «il m'a fallu beaucoup de temps, confesse Jean Daniel, pour arriver à une telle conclusion». «J'ai longtemps vécu dans le culte de l'individu et l'idolâtrie de l'universel», écrit-il encore ; il a longtemps sacrifié au «culte dévot de l'autonomie du sujet», il a voulu croire «que l'individu pouvait devenir ce voyageur sans bagages», «cet homme libre, dépourvu de passé, déraciné, disponible pour une liberté pure, une volonté désincarnée».<br />Et puis, les hommes, la réalité humaine l'ont instruit. «Cet homme n'existe pas et ne peut pas exister» et mieux encore, plus fondamentalement, «il n'est pas souhaitable qu'il existe». La saveur, la gourmandise, la délectation d'une vie d'homme est dans l'incarnation. L'abstraction, les «valeurs», selon cette clochette pavlovienne qu'on se plaît à faire tintinnabuler, ne sont guère nourricières.<br />Instruit par sa propre expérience d'abord, par le manque, peut-on dire : il sait la douleur de n'avoir pas de maison de famille, pas de paysage familier, au milieu duquel on a grandi – «J'en suis privé depuis l'Algérie» ; les Cévennes, les Causses, la Lozère, de son épouse, Michèle Bancilhon - grande photographe soit dit en passant, de Michel Foucault notamment - lui seront une terre, une civilisation de substitution.<br />L'homme, décrit Jean Daniel se faisant l'interprète profond et attentif de l'humaine condition, a besoin de «s'adosser à une Histoire comme à un refuge et à une source». Que ce refuge, que cette source vienne à manquer et notre homme s'atrophie, se dessèche, s'étiole. La nation est pourvoyeuse de vie, disait la philosophe Simone Weil. Ou alors il trouve «refuge» dans «sa» communauté, prévient Jean Daniel. Et l'on songe au mot de Voltaire, «ils se sont faits dévots de peur de n'être rien».<br />«C’est la façon de faire vivre certains morts, de faire revivre quelques disparus et de vivre à nouveau à travers eux qui rend plus armés pour affronter l'avenir…on peut fabriquer du passé.» Jean Daniel <br />«J'ai surtout découvert, poursuit Jean Daniel, que toutes les formes d'affirmation de l'identité nationale relèvent d'un besoin éperdu de continuité», besoin de continuité historique, dont José Ortega y Gasset, Simone Weil, Hannah Arendt se sont fait les penseurs. Cette créature éphémère qu'est l'homme a besoin d'opposer à sa précarité, la «pérennité» d'une civilisation, comprend-il encore. Je ne résiste pas à la tentation de citer sur ce point, la belle réflexion d'Hannah Arendt que Jean Daniel aurait sans doute infiniment goûtée : «Le monde devient inhumain, impropre aux besoins humains – qui sont besoins de mortels – lorsqu'il est emporté dans un mouvement où ne subsiste aucune espèce de permanence».<br />Fidélité à l'héritage, mémoire des morts, gratitude pour les ancêtres, cela ne signifie pas que la nation soit «un ossuaire», insiste Jean Daniel : «C'est la façon de faire vivre certains morts, de faire revivre quelques disparus et de vivre à nouveau à travers eux qui rend plus armés pour affronter l'avenir…on peut fabriquer du passé», ajoute-t-il superbement.<br />Pourquoi la gauche, les progressistes, les élites se refusent-elles à faire droit à cette belle philosophie ? Pourquoi s'obstinent-ils à criminaliser cette noble idée de l'humaine condition ? Voilà ce que l'on ne peut en effet en aucune façon pardonner à la gauche et à l'ensemble de ceux qui se réclament du progrès de l'humanité !◾️<br />Illustration : Jean Daniel &amp; son livre «Réconcilier la France. Une histoire vécue de la nation», avec la participation  de Benoît Kanabus, éditions de L'Observatoire, 577 pages, 24,00 €.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Fri, 07 Jan 2022 12:53:44 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[« La présidentielle 2022 s&#039;annonce comme une comédie tragique »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Nous vivons un triste moment sur le plan civique, mais notre situation n’est pas sans intérêt. Nous pouvons faire en direct de « l’histoire-problème », nous poser des questions historiques et essayer de les résoudre.</p><p>Comment un historien pourrait-il décrire notre campagne présidentielle ? Des évènements importants se sont produits ces dernières années : la crise des gilets jaunes a mis en évidence la baisse de niveau de vie d’une partie importante de la population ; l’épidémie de coronavirus a révélé nos déficits de production industrielle, l’incapacité de la France à produire ce dont elle a besoin – en l’occurrence des masques, des respirateurs, des médicaments.</p><p>Notre déficit commercial s’aggrave. La réindustrialisation est l’urgence, par l’action d’un État qui encouragerait l’entreprise privée. Pourtant, au-delà de quelques mots sur le sujet, mais sans programme effectif et massif, hommes et femmes politiques nous parlent d’immigration, de sécurité et d’identité.</p><p>La gauche s’évanouit dans les intentions de vote. Aujourd’hui, tout le monde est de droite. D’après les sondages, 75 % du corps électoral. C’est un minimum puisqu‘il paraît difficile de considérer comme de gauche, en un sens économique, Anne Hidalgo, maire anti-banlieusard de Paris, ou Jean-Luc Mélenchon, identitaire d’un nouveau genre avec son concept de créolisation. Quant à Christiane Taubira, qu’est-elle exactement ? Aucune idée. La France semble hésiter entre l’extrême-droite (Le Pen, Zemmour) et une droite très à droite (Valérie Pécresse ciottisée et Emmanuel Macron législateur du séparatisme musulman). Au pays de 1789, ce qui nous arrive est historiquement stupéfiant.</p><p>Cette orientation identitaire générale, dans un contexte de désastre économique menaçant, définit un nouvel unanimisme et signe la disparition, non seulement du système des partis, mais surtout des grandes idéologies qui avaient constitué notre histoire nationale.</p><p>J’ai décrit, depuis 1981 (date de publication de L’Invention de la France, co-écrit avec Hervé Le Bras) étape après étape, cette décomposition. C’est donc une véritable satisfaction intellectuelle pour un retraité tel que moi de voir s’achever un processus que j'avais commencé à suivre quarante ans auparavant. Disparition de la structuration religieuse de la France, et à sa suite, de la droite catholique, du communisme, de la social-démocratie, de la droite nationale gaulliste : tout a fini par mourir.</p>
<p><a href="https://elucid.media/wp-content/uploads/2022/01/9QF87U-highres-scaled-e1641288039196.jpg"></a></p>
<p id="caption-attachment-8419">Emmanuel Macron rencontre Valérie Pécresse à la maison Émile Zola (Medan), pour l'inauguration du musée sur l'Affaire Dreyfus, 26 octobre 2021 - @AFP</p><p>Le corps des citoyens est atomisé, privé de sentiments collectifs globaux ou sectoriels. Il est vieux. Il est donc de droite et fantasme sur l’Islam ou les Arabes. Avec cette précision que le vieillissement mental touche toutes les tranches d’âge. On pourrait évoquer une hégémonie gramscienne des retraités, dont nous avons vu s’épanouir la toute-puissance pendant l’épidémie de Covid.</p><p>On a enfermé les jeunes pour protéger les vieux, vieux eux-mêmes non soumis à l’obligation vaccinale. On s’apprête à vacciner des enfants de 5 à 11 ans sans rendre la vaccination obligatoire pour les plus de 50 ans. Si nous ne nous ressaisissons pas, nous allons atteindre un sommet du ridicule politique avec une élection présidentielle tenue pendant une cinquième vague épidémique, mais qui ne parlera, au fond, que des musulmans...</p><p>Religion et idéologies meurent partout en Occident, mais l’unanimisme de droite extrême français est unique. L’Angleterre a toujours un système bipartisan ; les États-Unis connaissent un affrontement violent entre Républicains et Démocrates. L’Allemagne reste un pays normal. Ses dernières élections ont vu une certaine reconquête des territoires de l’Est par la social-démocratie, c’est-à-dire un retour à des traditions nées avant 1914. On y a aussi assisté à une marginalisation-radicalisation de l’AfD. Contraction de l’extrême-droite en Allemagne au moment même où elle s’épanouit en France : l’histoire reste une discipline fascinante.</p><p>Il y a certainement une crise des démocraties occidentales, mais la situation française est spéciale. D’ailleurs, l’affrontement idéologique structurant des années 1992-2017, entre élitisme et populisme, toujours vivant aux États-Unis ou en Angleterre, a disparu chez nous. C’est une mutation capitale.</p><p>Arabophobie populaire et islamophobie des éduqués supérieurs ont fusionné dans un magma conceptuel qui mêle réfugiés, immigrés, enfants d’immigrés, petits-enfants d’immigrés, musulmans pratiquants ou non pratiquants. Je n’arrive pas à voir si l’immigration « noire », subsaharienne, désormais importante, intéresse vraiment les Français, mais ils ne me semblent en tout cas pas sur le point de sombrer dans un racisme de couleur de style américain. Restons nuancés dans la description de notre désastre moral.</p><p>Au-delà du vieillissement, notre fuite dans cette purée idéologico-politique a une cause : l’impuissance économique.</p><p>La France était une démocratie d’alternance, et pouvait l’être quand elle était une nation indépendante. Mais elle a perdu, avec le traité de Maastricht et ses suites, toute capacité d’action économique autonome et son système politique se trouve donc engagé dans une fuite hors de la réalité.</p><p>Le Président de la République française est, d’un point de vue constitutionnel, plus puissant dans son pays que le président des États-Unis ne l’est dans le sien. Il dispose du droit de dissolution de l’Assemblée. Il n’est pas équilibré par une Cour suprême largement nommée par ses prédécesseurs. Mais désormais, le potentiel de décision économique d’un président de la Ve république est nul. L’exécutif a abandonné le pouvoir de création monétaire et de régulation commerciale. Cet abandon rend toute action de réindustrialisation sérieuse, au-delà du mot, impossible.</p><p>Pour être efficace, l’État devrait investir conjointement avec le secteur privé, et protéger par des barrières tarifaires ou autres les industries renaissantes. L’Europe l’interdit. Ce que l’exécutif peut faire « d’économique » en France, c’est gérer, répartir la baisse du niveau de vie. Cela s’appelle dans la novlangue européenne : la réforme - des retraites, du marché du travail, etc.</p><p>Destruction des hôpitaux. Sous-équipement de la justice. Ce monde en contraction se cherche un bouc émissaire. L’Islam est là, cible irrésistible. Mais en vérité, malgré le freinage récent de l’assimilation qui résulte du blocage économique et de la chute de la mobilité sociale générale, l’intégration des Français d’origine musulmane est déjà tellement avancée et massive en France que toute islamophobie autre que symbolique, toute « reconquête » de style Zemmour, n’aboutirait qu’à une plongée immédiate du niveau de vie de tous les Français. Trop de musulmans, pratiquants ou non, bossent dans l’appareil productif français. L’identitaire est un fantasme.</p>
<p><a href="https://elucid.media/wp-content/uploads/2022/01/shutterstock_2088176203-scaled-e1641288565103.jpg"></a></p>
<p id="caption-attachment-8423">Meeting d'Éric Zemmour au parc des expositions de Villepinte, 5 décembre 2021 - @Shutterstock</p><p>Les questions identitaires permettent donc l’oubli du véritable problème : la perte de capacité d’action économique de la France et, sa conséquence, la désindustrialisation. L’élection présidentielle, dans ce contexte, est une comédie. Il faut jouer une pièce de théâtre à l’issue de laquelle un énarque quelconque sera aux commandes d’une bureaucratie impuissante et de plus en plus répressive.</p><p>La baisse du niveau de vie, quelle que soit sa répartition, finit par produire des troubles de l’ordre public, tel le mouvement des gilets jaunes. La suppression de l’Ena accompagne logiquement la montée en puissance du Ministère de l’Intérieur et de la Police. La diminution des droits juridiques des citoyens progresse à grands pas, théoriquement dirigée contre le terrorisme islamique, elle permettra en pratique un enfermement plus rapide des révoltés économiques dans le futur. L’histoire avance, assez peu masquée au fond…</p><p>Chaque élection, je le répète, est une pièce de théâtre qui doit donner le sentiment aux citoyens qu’ils vont voter pour quelque chose d’important. Les journalistes politiques sont des critiques de théâtre, qui vont commenter la qualité du spectacle. Nous avons eu, avec Sarkozy, « Le Karcher », avec Hollande, « Mister normal », enfin avec Macron, « Jeune et vieux en même temps ».</p><p>Ensuite, après l’élection… aucune différence de politique économique parce qu’il ne peut pas y avoir de politique économique. La contrainte européenne est là pour l’empêcher. Considérons, si l’on veut être optimiste, que les Français élisent un président « vice-chancelier de l’Allemagne ». En vérité, l’élection importante pour la France a déjà eu lieu en septembre et amené le SPD au pouvoir. Olaf Scholz sera notre vrai président.</p><p>La comédie en cours est jouée toutefois dans un nouveau contexte mental, parce que les électeurs ont été psychologiquement ébranlés par l’épidémie de Covid, par les confinements, par l’enfermement, le télétravail, la fermeture des universités. Une fébrilité difficile à définir rôde, menaçante. Tout peut bouger encore, tout va bouger ; une incertitude d’un genre nouveau s’installe.</p><p>Ce que nous pressentons, pour le moment, est un spectacle en deux parties, plutôt Olympia que Comédie française. En première partie : Éric Zemmour, avec « Je suis raciste et juif ». Trop fort ! Son succès au moment où j’écris (15 % dans les sondages) doit beaucoup à l’égarement du Covid et doit sans doute être classé par les historiens du futur parmi les effets psychologiques secondaires de l’épidémie. Pour la sociologie historique, le sujet n’est d’ailleurs pas la personne de Zemmour, demi-intellectuel qui a mené le discours politique français au niveau du pipi-popo-caca des écoles maternelles (au pays de Montaigne, Montesquieu, Voltaire et Diderot !). Mais ses lecteurs et ses électeurs potentiels, ce sont ces 15 % d’égarés qui méritent analyse…</p><p>Entracte… Entre en scène Valérie Pécresse, avec la possibilité d’une nouvelle pièce : « La Présidente ». Tentant. Surtout à l’échelle européenne. Si Pécresse était élue, nous assisterions à un renversement très moderne d’allure : après avoir eu une chancelière en Allemagne (Merkel) et un vice-chancelier en France (Macron), nous aurions un chancelier en Allemagne (Scholz) et une vice-chancelière en France (Pécresse). Bien sûr, Valérie Pécresse est une énarque comme Macron, comme lui bien classée à la sortie, garantie de conformisme, sélectionnée pour son incompétence économique euro-pseudo-libérale, supérieurement armée intellectuellement pour gérer la baisse du niveau de vie.</p>
<p><a href="https://elucid.media/wp-content/uploads/2022/01/9VD967-highres-scaled-e1641288903276.jpg"></a></p>
<p id="caption-attachment-8427">Vœux du nouveau chancelier allemand Olaf Scholz, Berlin, 30 décembre 2021 - @AFP</p><p>Je vais terminer par une remarque d’ordre moral, et qui s’adresse aux citoyens français en tant que responsables de leur destin. Critiquer les politiques est devenu un exercice trop facile. L’anéantissement de leur pouvoir économique par la construction européenne en fait des clowns naturels. Des boucs émissaires au second degré, des « Arabes de luxe » pour les humoristes. Ils font plus facilement ricaner que rêver.</p><p>C’est vrai, voter, dans le contexte économico-institutionnel actuel, n’a plus de sens. Mais quand même, le droit de vote existe, la liberté d’expression existe, le droit d’association existe. L’impuissance systémique de la France résulte autant de la passivité du corps des citoyens que de la nullité des professionnels de la politique.</p><p>Or, les Français ne militent pas pour l’industrie, ils ne fondent pas des partis pour prendre le pouvoir, instruments possibles de leur salut économique. Ils ne veulent pas prendre le risque de sortir de l’euro, ensemble, pour devenir ainsi les bâtisseurs d’une France nouvelle, inclusive et solidaire, qui regarderait vers l’avenir plutôt que vers un passé fantasmé. Dont acte.</p><p>Mais les électeurs français – vieux, jeunes, actifs, chômeurs, retraités, lorrains, bretons, charentais, savoyards ou rapatriés d’Algérie, riches, médiocres ou pauvres, diplômés ou non diplômés - doivent savoir que s’ils votent pour ceux qui bavassent sur la sécurité, l’immigration et l’islam, ils seront punis, personnellement et en masse, par une chute aggravée, accélérée, de leur niveau de vie dans les vingt ans qui viennent. Le racisme, s’ils s’y abandonnent, et contrairement à ce qu’ils pensent, va avoir pour eux un coût. Très élevé.</p><p>Si l’élection présidentielle qui vient est dans sa forme une comédie, elle est dans sa substance une tragédie.</p><p>Photo d'ouverture : Emmanuel Todd, Paris, 7 mai 2015 - @AFP</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Fri, 07 Jan 2022 12:38:23 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[« Les islamistes font en Europe ce qu’ils ont fait en Syrie dans les années 1980. »]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Olivier Crouslé a posté :<br />RELIGIONS<br />« Les islamistes font en Europe ce qu’ils ont fait en Syrie dans les années 1980. »</p>

<p>Rencontre avec Omar Youssef Souleimane, APOSTAT, écrivain : <br />Entretien</p>

<p>"Charlie Hebdo : À quels signaux reconnaît-on une société sous l’emprise du religieux, ou en passe de l’être  ? Quelle est la stratégie des islamistes pour s’imposer  ?</p>

<p>Omar Youssef Souleimane : En Europe, ils commencent par identifier les différentes ethnies et cultures d’origine musulmane. Puis ils manipulent les politiciens, les intellectuels. En général, les islamistes s’adaptent. Ici, ils n’emploient pas les mêmes méthodes qu’au Moyen-Orient, ils profitent de la démocratie, de la liberté d’expression.</p>

<p>Ce softpower, c’est précisément le sujet de votre prochain roman…</p>

<p>Oui. Ce roman s’appelle Une chambre en exil. C’est l’histoire d’un réfugié syrien, apostat, qui enseigne la langue arabe, et ne souhaite qu’une seule chose : oublier la guerre, la violence. Il veut une vie simple, rencontrer la femme de sa vie… En cherchant un logement, il trouve une chambre dans une ville de banlieue parisienne, où il s’installe. Et là, il retrouve ce qu’il a fui : l’islamisation de la société, la radicalisation, la manipulation. Il croise une fillette de 9 ans qui est voilée. Même en Syrie, c’est très rare  ! Il est terriblement choqué. Et on découvre aussi, à travers ses discussions avec un imam, très poli, sympa avec les jeunes, avenant, que ce religieux a un vrai plan politique. Il tient un tout autre discours en public, évidemment, mais avec ce migrant qui lui fait confiance, il montre son vrai visage.</p>

<p>Vous êtes réfugié en France depuis 2012. Voyez-vous cette stratégie à l’oeuvre actuellement dans la société française  ?</p>

<p>Oui. Et c’est plus dangereux que le terrorisme. Je vais vous donner un exemple. Je dirige des ateliers d’écriture dans les Yvelines, dans des collèges et des lycées, dans le cadre d’un programme contre la radicalisation. Dans un lycée de Trappes, j’ai vu un panneau accroché au mur d’une classe, où était inscrite une longue phrase en arabe, une très belle calligraphie. C’était un verset du Coran. J’étais extrêmement choqué de voir cette phrase affichée dans une école publique, laïque, en France. J’ai demandé au professeur pourquoi il avait accroché ça, il m’a répondu : « C’est très beau. – C’est vrai, c’est très beau, mais est-ce que vous savez ce que ça dit  ? » Il m’a répondu : « Non. »… Je lui ai dit : « Ça, c’est un verset coranique. Et ce verset, je me demande bien comment il est arrivé là… »</p>

<p>Que disait-il, ce verset  ?</p>

<p>C’est un peu compliqué à traduire en français, c’est un verset très connu de la deuxième sourate, qui dit, en gros, que Dieu est la lumière du ciel et de la terre. On peut rapprocher ça de la vidéo qui a été publiée il y a quelques semaines par le Conseil de l’Europe, sur le voile associé à la beauté, à la liberté, à la mode. Ça m’a fait penser à une anecdote que j’ai vécue dans les années 1980, en Syrie. J’étais tombé sur des photos de ma grand-mère, dans les années 1960–1970. Elle n’était pas voilée. Elle était à la plage, avec ses camarades, des hommes et des femmes, en train de s’amuser. Et j’ai été vraiment interloqué, car j’ai grandi dans une famille où toutes les femmes étaient voilées. Alors, j’ai demandé à ma mère pourquoi mamy n’était pas voilée à l’époque. Elle m’a répondu : « Parce qu’à l’époque ils ne savaient pas ce qu’était la religion, ils étaient ignorants. » Plus tard, j’ai compris le pourquoi de ce changement radical entre les années 1970 et les années 1980. En 1982, à Hama, une petite ville du centre de la Syrie, les Frères musulmans avaient organisé une rébellion contre le régime d’Hafez al-Assad. Ça s’est achevé par un massacre. Après cette défaite, les Frères musulmans ont changé de stratégie. Ils ont commencé à s’infiltrer dans les milieux ouvriers, les universités, à convertir les étudiants, à leur dire qu’ils n’étaient pas de vrais musulmans. Ils appelaient ça « le nouvel islam ». Ils ont publié des livrets, des poèmes, des chansons sur le voile, pour dire que c’était quelque chose de beau, de moderne, qu’il servait à protéger le corps de la femme. Je me souviens d’une phrase qui disait : la femme voilée est beaucoup plus libre, elle est indépendante, car elle garde son corps pour elle. C’est exactement ce qu’on entend actuellement en Europe. Alors, petit à petit, les jeunes Syriennes se sont mises à se voiler, même si beaucoup d’entre elles ne le souhaitaient pas, car les non-voilées, désormais, on les regardait bizarrement, comme des femmes impudiques. Je constate qu’il se passe la même chose aujourd’hui en France, dans certaines cités de banlieue où je suis allé.</p>

<p>Des partis politiques relaient ce discours, aussi. Une partie de la gauche reprend parfois mot pour mot les arguments des islamistes radicaux…</p>

<p>J’appelle cette gauche la « gauche halal ». Je ne comprends pas leur sympathie pour les islamistes, leur complicité. En 1978, ils soutenaient Khomeyni, parce que, pour eux, il faisait la révolution contre l’impérialisme américain et le capitalisme. Et c’est toujours ce qu’ils pensent aujourd’hui. Je trouve qu’ils ont un côté masochiste, parce qu’en Iran, une fois Khomeyni au pouvoir, les premiers à avoir été massacrés ont été les militants de gauche et les communistes. Pour moi qui viens du Moyen-Orient, c’est toujours un grand étonnement de voir tout ça, parce que chez nous, la gauche et les islamistes sont des ennemis jurés. Je trouve tellement bizarre ce mariage entre les deux, en France… Quand j’ai publié mon livre Le Petit Terroriste, qui raconte mon adolescence en Arabie saoudite à l’époque du 11 Septembre, une période où j’étais très radical, de nombreux intellectuels de gauche m’ont accusé de faire le jeu de l’extrême droite, certains m’ont même dit que je faisais la pute pour le Front national… Ils paniquent dès qu’on parle de l’islam ou des islamistes, on est considérés comme des traîtres. Quand j’entends le mot « islamophobie », je suis effondré. Ça n’existe pas  ! Le seul ennemi de l’islam, c’est l’islam lui-même. Il suffit de lire le Coran pour comprendre qu’une bonne partie de cette religion, malheureusement, invite à la haine. Ce n’est pas une simple religion, c’est aussi un système politique, et depuis le début. Mahomet n’était pas seulement un prophète, c’était un chef d’État. C’est ça, le problème de l’islam. Quand les islamistes, en France, jouent les victimes, c’est ça le plus dangereux. Et quand une partie de la gauche manifeste avec eux et crie « Allah akbar  ! », pauvre France… Ce dont on a besoin, maintenant, c’est d’une vraie gauche laïque. Moi, je m’identifie à cette gauche républicaine, mais je la cherche, et je ne la trouve pas. Vous savez, après le massacre à Charlie Hebdo, j’étais dans les manifestations, place de la République, et j’étais extrêmement secoué par les slogans que j’entendais. C’était la même mélodie et les mêmes mots qu’on répétait en Syrie, au début de la révolution. Ça m’a bouleversé. Le soir même, je repensais à mon adolescence en Arabie ­saoudite, et je me disais : si je n’étais pas sorti de cette idéologie, j’aurais pu être parmi les tueurs, ce matin-là. Parce que pour nous, être un bon musulman, c’était ça : être comme ces assassins. C’était ça, l’exemple à suivre. Et à ce moment-là, j’ai décidé d’écrire mon livre Le Petit Terroriste.</p>

<p>Pourquoi, selon vous, certains musulmans considèrent que la religion est leur seule identité  ?</p>

<p>Ça vient principalement du mouvement des Frères musulmans, en Égypte. Leur slogan, c’est « L’islam est la solution ». Ils ont émergé dans les années 1920, juste après la chute de l’Empire ottoman. Il y avait une sorte de nostalgie très forte pour le personnage du calife. Ici, en France, en discutant avec de nombreux musulmans, j’ai constaté qu’on trouve cette recherche d’identité, aussi. Dans mes ateliers d’écriture, je vois beaucoup de ces jeunes de 16–17 ans, qui sont les petits-enfants des immigrés qui sont arrivés dans les années 1960–1970, et qui vivent repliés sur leur communauté. La plupart de ces élèves ne sont jamais allés à Paris, n’ont jamais vu un spectacle, jamais lu un roman, parlent très mal le français, et ne se considèrent pas comme des Français. Je leur ai posé la question : est-ce que vous êtes français  ? Non, je suis algérien. Est-ce que vous parlez arabe  ? Non. Vous êtes déjà allé en Algérie  ? Non. Pourquoi vous n’allez pas en Algérie  ? Parce que là-bas, on n’est pas les bienvenus, au bled, on est considérés comme des fils de riches… Vous êtes qui, alors  ?</p>

<p>Comment expliquez-vous ça  ?</p>

<p>Il y a beaucoup de raisons à cela, je pense. L’influence familiale, bien sûr, mais pas seulement. Quand je suis arrivé, en 2012, comme réfugié, j’ai reçu un appel de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), pour suivre un stage d’intégration. À l’époque, je ne parlais pas français. J’étais très content, je me disais que j’allais découvrir la culture française, la république, la politique… Ça a duré une journée. On a vu un type qui nous a parlé toute la journée en français, je ne compre­nais rien, et en sortant, on m’a donné une attestation pour pouvoir poursuivre mes démarches administratives, et j’ai récupéré une carte de séjour pour dix ans… C’est ça, l’intégration  ? Donc, il y a aussi une responsabilité de l’État. Les islamistes profitent de tout ça, et de l’histoire compliquée de la France avec ses anciennes colonies, ils disent aux gens : vous êtes avant tout des musulmans. Et dans les pays arabes, comme la vie est très misérable, ils nous serinent que la seule solution à tous nos problèmes, c’est l’islam, et surtout la charia. Une fois qu’on applique la charia, c’est le paradis…</p>

<p>Quand vous entendez qu’il ne faut pas confondre l’islam et l’islamisme, que dites-vous  ?</p>

<p>Je réponds : vous ne savez pas ce qu’est l’islam. Lisez le Coran. Mais si les imams eux-mêmes n’ont pas le courage de dire « ce verset appelle à la violence », nous, on ne nous croira pas. Nous sommes des apostats. Il faut savoir qu’une partie de l’histoire islamique est très, très violente, et que c’est toujours à cette partie de l’histoire que les salafistes, et les islamistes en général, renvoient, comme un exemple à suivre. Ils cultivent la nostalgie de ce passé. D’ailleurs, Éric Zemmour me fait penser à ça. Il ferait un super musulman fanatique : il est misogyne, polygame, il défend la société du patriarcat, il a la nostalgie du passé. Je me demande pourquoi il ne fonde pas un parti islamiste, avec Tariq Ramadan, par exemple…</p>

<p>Vous êtes syrien, vous avez vécu en Arabie saoudite, vous avez suivi une éducation coranique, vos parents sont très religieux… Comment passe-t-on de l’étude du Coran à l’athéisme  ?</p>

<p>Je suis devenu athée grâce au Coran. Quand je suis allé avec mon père et mon frère faire le pèlerinage à La Mecque, j’étais salafiste, très, très croyant, je connaissais le Coran par coeur. Avec ce pèlerinage, j’espérais trouver Dieu, trouver la paix, et j’ai été choqué de me retrouver dans une ambiance très violente, agressive, dans une petite ville où il faisait 50 °C, avec environ 3 millions de pèlerins… Il fallait monter en haut d’une montagne pour être au plus proche de Dieu, on tournait autour de la Kaba, on jetait des pierres pour tuer le diable, en poussant des cris… J’avais l’impression d’être dans un hôpital psychiatrique. De plus, depuis que nous étions en Arabie saoudite, je n’avais vu le visage d’aucune autre femme que ma mère, car toutes sont masquées, là-bas… Or, ce qui est paradoxal à La Mecque, c’est que c’est la seule ville où les femmes n’ont pas le droit d’être masquées. Il y avait donc des milliers de femmes du monde entier, le visage découvert, qui faisaient le pèlerinage, et moi, j’avais 15 ans… J’ai passé mon temps à les regarder au lieu d’être au plus proche de Dieu. J’ai énormément culpabilisé, aussi. Et quand on est rentrés à Riyad, j’avais beaucoup de doutes sur la religion. J’ai relu le Coran sans tabou, et je me suis aperçu que ça ne me représentait pas du tout, que je ne m’identifiais plus à ce texte. Et j’ai divorcé de Dieu définitivement.</p>

<p>Que reste-t-il des « printemps arabes »  ? Qu’espère, de nos jours, la jeunesse dans les pays arabes  ?</p>

<p>Je crois qu’aujourd’hui il y a une nouvelle génération, qui a grandi dans la guerre, dans la violence, et qui n’a plus peur de rien. En Syrie, par exemple, le régime a vendu notre pays aux Russes et aux Iraniens. La situation économique est impossible. Je pense que ça va repartir, et plus fort.</p>

<p>Mais les islamistes ne risquent-ils pas d’en profiter, justement  ?</p>

<p>Ils l’ont déjà fait. En Égypte, ils sont arrivés au pouvoir, mais ils ont été renversés par le peuple. Tout le monde a vu qui étaient les Frères musulmans, dans les pays arabes. D’ailleurs, actuellement, il y a une vague d’athéisme impressionnante dans les pays arabes, des centaines de milliers de jeunes qui détestent les islamistes. Bien sûr, ils sont menacés, alors ils se cachent, s’activent sur Internet, sous pseudonyme, mais ils sont là. Et ils cherchent autre chose. Et cette autre chose, c’est la démocratie.<br />Propos recueillis par Gérard Biard.</p>

<p>Post scriptum<br />Voir aussi dans la Revue de presse le dossier "Les nouveau clusters de l’islamisme" (Charlie Hebdo, 5 jan. 22) (note du  Comité Laïcité Répubique).</p>

<p>GÉRARD BIARD ·<br />MIS EN LIGNE LE 6 JANVIER 2022 · <br />PARU DANS L'ÉDITION 1537 DU 5 JANVIER</p>
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