<?xml version='1.0'?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" >
<channel>
	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/all?offset=440</link>
	<atom:link href="https://ememiom.fr/iom/blog/all?offset=440" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<description><![CDATA[]]></description>
	
	<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/711/lhistoire-oubliee-de-lesclavage-africain-en-chine</guid>
	<pubDate>Sat, 11 Sep 2021 11:36:03 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/711/lhistoire-oubliee-de-lesclavage-africain-en-chine</link>
	<title><![CDATA[L&#039;histoire oubliée de l&#039;esclavage africain en Chine]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Dans un <a href="https://pulitzercenter.org/sites/default/files/the_idea_of_america_full_essay.pdf" target="_blank">article</a> du New York Times faisant partie du 1619 Project, la journaliste Nikole Hannah-Jones affirme que les États-Unis ont été "fondés en tant que plantocratie" et que l'idéologie raciste est le "péché originel "de ce pays. Un postulat que <a href="https://pulitzercenter.org/builder/lesson/reading-guide-quotes-key-terms-and-questions" target="_blank">développe le programme d'enseignement issu du projet journalistique</a> en établissant un lien direct entre, d'un côté l'esclavage et, de l'autre, les politiques, les lois et la culture toujours en vigueur actuellement aux États-Unis. La mort de George Floyd et les manifestations Black Lives Matter suscitées par ce drame ont consolidé ce récit et mené à des actions en rafale. Des statues ont été déboulonnées et des commissions d'enquête ont été mises en place pour exposer <a href="https://www.nationaltrust.org.uk/features/addressing-the-histories-of-slavery-and-colonialism-at-the-national-trust" target="_blank">les liens historiques</a> des institutions américaines avec l'esclavage. Selon certains militants, le maintien de l'ordre plongerait même ses racines dans l'asservissement des Noirs, ce qui justifierait <a href="https://www.vanityfair.com/culture/2020/08/the-abolition-movement" target="_blank">l'abolition pure et simple de la police</a>. Des organisations de défense des libertés fondamentales, des universitaires et des personnalités politiques se sont prononcés en faveur de réparations. Autant de manifestations d'une lutte constante et douloureuse pour assumer le legs que l'esclavage et le racisme ont laissé aux États-Unis. </p><p>L'esclavage était un système brutal. Il a tué et torturé des millions d'Africains et légué des cicatrices psychologiques dévastatrices aux générations futures. Mais reste que le projet 1619 semble faire sien le postulat d'un exceptionnalisme américain : en parlant de "péché originel", on laisse entendre que les États-Unis seraient les seuls coupables. De fait, toutes les discussions sur la traite des esclaves commencent par l'implication des Européens en Afrique. C'est ainsi le cas de la <a href="https://news.un.org/en/story/2020/03/1060202" target="_blank">Journée internationale de commémoration des victimes de l'esclavage et de la traite transatlantique des esclaves</a> qui, décrétée par l'ONU, rend hommage aux "15 à 20 millions d'Africains qui ont été séquestrés et traînés de force dans les Amériques et les Caraïbes" et fait débuter cette histoire en 1501. </p><p>Mais cette approche néglige les preuves historiques montrant que les Africains ont été déracinés de leur continent et réduits en esclavage bien avant la formation des premiers États occidentaux modernes. Il y a plus de mille ans, et durant plusieurs siècles, l'empire chinois a fait partie d'un réseau d'esclaves dont les navires traversaient les océans Indien et Pacifique pour livrer sur ses côtes des cargaisons humaines en provenance d'Afrique. Cette interaction avec des esclaves africains aura consolidé le lien entre peau foncée et infériorité dans l'esprit des Chinois. Une pensée toujours à l'oeuvre dans la Chine contemporaine, où les Noirs subissent là aussi racisme et mauvais traitements. </p>
<p>"S'ils ne meurent pas, on peut les garder"</p>
<p>Les <a href="https://books.google.co.uk/books?id=jqAGIL02BWQC&amp;pg=PA45&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q&amp;f=false" target="_blank">premiers Africains</a> arrivés en Chine sont des cadeaux que le roi de Kalinga, à Java, fait à l'empereur Tang en 813 après J.-C. Ces jeunes garçons et filles sont traités comme des ornements exotiques, au même titre que les rhinocéros et autres animaux en compagnie desquels ils sont présentés. Les Chinois les dénomment Zangzi, en référence à Zanzibar, qui désigne à l'époque toute la région côtière de l'Afrique orientale, y compris Madagascar. On ne sait rien du sort de ces enfants esclaves, qui disparaissent de l'histoire après avoir été mentionnés qu'une seule fois. </p><p>Plus tard, <a href="https://www.jstor.org/stable/41503160?seq=1" target="_blank">on sait</a> que des esclaves africains sont la propriété personnelle de marchands arabes résidant dans des villes portuaires chinoises comme Canton, qui abritait une importante communauté arabe. À l'époque, que le Cantonais moyen ait pu croiser des Africains dans sa vie quotidienne est plus que probable. Ensuite, de riches Chinois en sont venus à vouloir des esclaves en nombre. Ce qui exige une ligne d'approvisionnement partant d'Afrique de l'Est, traversant l'océan Indien, s'arrêtant en Inde et passant finalement par le détroit de Malacca pour atteindre les villes portuaires chinoises. Le voyage dure environ six mois et les naufrages sont monnaie courante. Les captifs à mourir en cours de route sont donc nombreux. Sans compter que même ceux qui arrivent vivants en Chine risquent encore de mourir subitement en essayant de s'acclimater à leur nouvel environnement. Comme <a href="https://books.google.co.uk/books?id=ZpGMCwAAQBAJ&amp;pg=PA1&amp;source=gbs_toc_r&amp;cad=3#v=onepage&amp;q&amp;f=false" target="_blank">le fait remarquer</a> un fonctionnaire de la dynastie Song (960-1279 après J.-C.) : "Si, en captivité, on leur donne de la nourriture cuite, après plusieurs jours, ils ont la diarrhée... C'est pourquoi ils tombent parfois malades et meurent". Bien que le chroniqueur attribue ces décès à un changement de régime alimentaire, les effets cumulatifs des maladies et des mauvais traitements pendant le voyage auraient également fait des ravages. "S'ils ne meurent pas, on peut les garder", écrit-il. Le sous-entendu est clair : ils sont considérés comme des biens meubles. </p>
<p>Le rôle des esclaves</p>
<p>Aux yeux des Chinois, les Africains possédaient une force physique extraordinaire et les esclaves sont donc principalement contraints de se livrer à des travaux pénibles, comme le transport de marchandises lourdes sur leur dos, la réparation de navires et le travail sur les quais. Certains servent également de portiers à leurs riches propriétaires et constituaient peut-être une décoration vivante insolite pour impressionner les visiteurs. En dehors de quelques descriptions, nous ne savons rien de leur vie quotidienne, mais il y a fort à parier qu'elle était plus que pénible. Comme <a href="https://www.google.co.uk/books/edition/The_Blacks_of_Premodern_China/colwNdOiiCQC?hl=en&amp;gbpv=0" target="_blank">le souligne</a> l'historien et philosophe Don J. Wyatt dans son ouvrage Les Noirs en Chine pré-moderne, on ne trouve aucune trace de propriétaires chinois s'interrogeant sur la moralité de l'asservissement, affranchissant leurs esclaves ou même s'enquérant de leur bien-être physique. La chose est d'autant plus stupéfiante quand on sait que la tenue de registres est profondément ancrée dans la culture chinoise, d'autant plus pour les événements sortant de l'ordinaire. Wyatt en conclut donc que le système chinois d'asservissement des Africains était tout aussi oppressif, cruel et banal que l'esclavage aux États-Unis au XIXe siècle. </p>
<p>Ce qu'une peau foncée inspire aux Chinois</p>
<p>La cruauté des Chinois à l'égard des Africains trouve son origine dans leur conception traditionnelle du teint. Les premiers textes chinois font référence aux voisins du sud à la peau plus foncée, tels que les Malais et les Khmers, appelés Kunlun pour insister sur leur différence physique. Et les Kunlun avaient non seulement une apparence différente, mais ils étaient également considérés comme des barbares sauvages et sous-humains, par opposition aux Chinois civilisés, vertueux et supérieurs. À mesure que les Africains ont été plus nombreux en Chine, eux aussi ont été qualifiés de Kunlun. </p><p>Les propriétaires d'esclaves leur donnaient aussi d'autres noms, comme les esclaves du diable (guinu) ou les hommes sauvages (yeren). Pour les Chinois, ces étiquettes disaient leur caractère inférieur et justifiaient leur asservissement. Comme preuve de cette infériorité, leur nature simple, leurs passions bizarres et leur incapacité à parler la langue humaine (c'est-à-dire la langue chinoise) sont souvent évoquées. Dans la vision confucéenne du monde, mettant l'accent sur la hiérarchie et l'ordre naturel, les esclaves africains demeuraient extérieurs à la civilisation et ne pouvaient donc espérer atteindre un statut pleinement humain. </p><p>Les descriptions d'esclaves africains disparaissent après le XIe siècle, ce qui rend difficile pour les historiens de reconstituer ce qu'il est advenu de cette population. Plusieurs facteurs tels que la perturbation des chaînes d'approvisionnement, les maladies, la mort par surmenage et un taux de natalité inexistant pourrait avoir conduit à l'effondrement de la communauté après quelques décennies. Mais si les esclaves sont désormais une note de bas de page oubliée de l'histoire chinoise, l'antipathie envers les étrangers - en particulier ceux dont la peau est plus foncée - est toujours d'actualité, tout comme l'association de la couleur noire avec l'infériorité. </p>
<p>Un racisme qui s'est manifesté durant le Covid-19</p>
<p>Avec l'ouverture de la Chine voulue par Deng Xiaoping dans les années 1980, les villes chinoises commencent à voir affluer les visiteurs internationaux. Une <a href="https://africasacountry.com/2020/05/a-brief-history-of-anti-black-violence-in-china" target="_blank">période</a> marquée par plusieurs flambées de violences à l'encontre des étudiants africains dans des grands centres urbains comme Pékin, Wuhan et Nankin. Alimentés par la xénophobie et le racisme, des centaines d'étudiants chinois forment des bandes pour attaquer les Africains et les chasser des campus. Dans un écho aux termes désignant les esclaves de Canton, des appels sont lancés pour "tuer les diables noirs". Au départ, les autorités refusent d'offrir une protection adéquate aux étudiants africains et en arrêtent même certains accusés d'avoir provoqué les violences. D'autres efforts seront également déployés pour étouffer ces événements avant qu'ils n'atteignent les médias internationaux et menacer les étudiants afin qu'ils gardent le silence. </p><p>Un racisme qui s'est également manifesté durant <a href="https://www.hrw.org/news/2020/05/05/china-covid-19-discrimination-against-africans" target="_blank">la crise du Covid-19 en 2020</a> - en Chine, ce sont les Africains que l'on soupçonne largement de propager la maladie en Chine. Des entreprises interdisent l'embauche de Noirs, tandis que des propriétaires expulsent leurs locataires africains, les forçant à dormir dans la rue. La police et les fonctionnaires du gouvernement ont aussi ciblé les Africains pour leur faire subir le test Covid et les ont obligé à rester en quarantaine même en cas de résultat négatif. Une discrimination raciale que le gouvernement chinois a <a href="https://www.reuters.com/article/us-health-coronavirus-china-africa-idUSKCN21V0HV" target="_blank">niée catégoriquement</a>, en accusant les États-Unis de diffuser des fake news. Si on en croit le discours officiel, le racisme n'existe pas en Chine. </p>
<p>Black face à la télévision</p>
<p>Ce récit officiel influence une grande partie de la conversation publique sur la race et les représentations des personnes noires. Par exemple, <a href="https://www.bbc.com/news/world-asia-china-43081218" target="_blank">une émission</a> diffusée à la télévision lors du Nouvel An lunaire 2018, regardée par des millions de téléspectateurs, mettait en scène des acteurs chinois en blackface, des acteurs africains en tenue tribale et un acteur noir déguisé en singe. Malgré les remontrances internationales, et quelques critiques exprimées sur l'internet chinois, on a vu une nouvelle blackface dans <a href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2021-02-12/chinese-tv-features-blackface-performers-in-new-year-s-gala" target="_blank">l'édition 2021</a> du programme. Certains Chinois ont défendu l'émission en affirmant que l'intention était humoristique et non discriminatoire. D'autres accusent le cinéma ou la télé américains d'exporter en Chine <a href="https://www.youtube.com/watch?v=YsJWGTmJU94" target="_blank">des représentations négatives des Noirs.</a> Selon <a href="http://www.changemag-diinsider.com/blog/racial-discrimination-in-china-a-social-issue" target="_blank">un universitaire chinois</a>, qui avait pourtant condamné le sketch comme raciste, "la Chine n'a pas d'histoire d'esclavage" et le racisme en Occident remonte "à l'esclavage et au colonialisme produits de la domination des Européens sur les Africains". </p><p>L'amnésie historique de l'esclavage chinois engendre donc un sentiment de supériorité morale, même chez certains intellectuels chinois libéraux. Cette image d'une Chine historiquement vertueuse est peut-être réconfortante, mais elle entrave une analyse honnête des causes du racisme anti-africain dans la Chine contemporaine. C'est une vérité qui dérange : l'antipathie traditionnelle à l'égard des personnes à la peau plus foncée révèle des notions de supériorité raciale profondément enracinées dans la culture chinoise. </p><p>Le climat politique actuel en Chine dissuade d'autant plus d'aborder la question de l'esclavage et du racisme chinois. Sous la présidence de Xi Jinping, l'histoire de la Chine est celle d'une civilisation morale vieille de 5 000 ans, qui s'est toujours comportée de manière pacifique et a coopéré avec le reste du monde. La politique étrangère chinoise moderne, à l'instar du projet "la Ceinture et la Route", s'inscrit dans la continuité de cette politique de non-exploitation et de coopération gagnant-gagnant. C'est l'image que la Chine veut présenter au monde et à ses propres citoyens. Des faits historiques gênants, comme la présence d'esclaves africains en Chine, discréditent ce récit et le Parti communiste ne ménage pas sa peine pour être la seule source légitime de l'histoire chinoise. Il est très risqué pour les historiens de produire ou de diffuser des études remettant en cause la ligne officielle. </p>
<p>Une histoire effacée de la mémoire collective</p>
<p>Le passif historique de la Chine en matière d'esclavage et de racisme démontre que les cultures non occidentales ont elles aussi leur propre héritage de traitements cruels et d'assujettissement des individus en fonction de la couleur de leur peau. Le "péché originel" de l'esclavage n'est pas propre à une culture ni à une époque historique spécifique, mais constitue une constante funeste dans toutes les civilisations humaines. </p><p>Ce qui varie, c'est la manière dont les nations modernes se confrontent ou non à cet héritage. En Occident, cette histoire fait partie du programme scolaire. On en parle dans des livres, des films et des séries télévisées. Elle imprègne la culture et constitue la toile de fond des débats sur la race. S'il arrive que le discours sur l'esclavage et la race soit amer, l'important est qu'il fasse partie de la conversation. </p><p>À l'inverse, l'histoire de l'esclavage africain en Chine est largement méconnue. Elle n'est pas enseignée dans les écoles ni présente dans la culture populaire et ses liens avec le racisme anti-noir actuel ne sont pas reconnu. De fait, les traces des esclaves africains ont été effacées de la mémoire collective chinoise et remplacées par la version aseptisée de l'histoire telle que la conte le régime. En dehors de la Chine, nous pouvons encore contester ce récit. D'où l'importance, cruciale, d'élargir les discussions sur l'esclavage historique au-delà de la traite transatlantique pour inclure la route indo-pacifique, largement plus ancienne. </p>
<p><a href="https://www.lexpress.fr/lexpress-audio/?xtatc=INT-156" target="_blank"><br />L’application L’Express<br />Pour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyez<br /><br />Télécharger l’app<br /><br /></a></p>
<p>Cet <a href="https://areomagazine.com/2021/03/19/the-forgotten-history-of-african-slavery-in-china/" target="_blank">article</a> est initialement paru dans Areo Magazine, site d'opinion et d'analyse dirigé par Helen Pluckrose. Areo Magazine entend défendre les "valeurs libérales et humanistes", comme la liberté d'expression ou la raison.  </p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/710/esclavage-la-grande-explication-rokhaya-diallo-mathieu-bock-cote</guid>
	<pubDate>Sat, 11 Sep 2021 11:34:43 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/710/esclavage-la-grande-explication-rokhaya-diallo-mathieu-bock-cote</link>
	<title><![CDATA[Esclavage : la grande explication Rokhaya Diallo-Mathieu Bock-Côté]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Attention, sujet incandescent. La journaliste antiraciste et l’essayiste conservateur ont accepté de débattre du passé esclavagiste de l’Europe et de la France, alors que sort au Seuil un ouvrage majeur sur le sujet.</p>
<p class="has-drop-cap">Les militants « racialistes » qui donnent de la voix à la faveur du mouvement Black Lives Matter en feraient presque oublier l’essentiel : depuis les années 1990, le passé occulté de l’esclavage remonte lentement à la surface en Occident, grâce au travail des historiens et à la mobilisation des associations. Le 16 septembre paraît au Seuil Les Mondes de l’esclavage, un monumental ouvrage collectif montrant l’extrême diversité d’un phénomène remontant à la préhistoire et jamais tout à fait éteint. Par son ampleur — plus de 12 millions de victimes — et par ses conséquences économiques, sociales, culturelles, la traite transatlantique occupe une place à part dans ce récit.</p><p class="has-background">Lire aussi dans L’Express<br /><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.lexpress.fr/actualite/idees-et-debats/l-histoire-oubliee-de-l-esclavage-africain-en-chine_2149022.html" target="_blank">L’histoire oubliée de l’esclavage en Chine</a></p><p>Entre le XVIIe siècle et la deuxième moitié du XIXe siècle, elle a contribué de manière décisive à l’essor des grandes puissances européennes. « La traite et l’esclavage ne sont pas les accidents malheureux d’une modernité par ailleurs émancipatrice, mais une de ses cryptes », écrit l’historien Paulin Isnard dans la préface de cet ouvrage qu’il a dirigé. Pour le sociologue conservateur Mathieu Bock-Côté, qui vient de publier La Révolution racialiste et autres virus idéologiques (Presses de la Cité), certains feraient de cette vérité douloureuse un argument massue justifiant une relecture culpabilisante de l’histoire occidentale, dans le droit fil des luttes américaines. Raccourci facile, lui rétorque la journaliste et documentariste Rokhaya Diallo, l’une des figures de la mouvance précisément dénoncée par l’intellectuel québécois. Si la mémoire se déploie aujourd’hui avec insistance, c’est parce que des voix nouvelles — et bien françaises — se font entendre, se réjouit-elle. Réunis par L’Express, ils ont débattu. Courtoisement, mais sans concession. </p><p>Que pensez-vous de la manière dont le passé de l’esclavage est aujourd’hui mis au jour et discuté dans les sociétés occidentales ?</p><p>Mathieu Bock-Côté. — J’observe avec effarement qu’on en vient un peu partout, sous l’effet de l’américanisation des esprits, à faire de l’esclavage le principe central à partir duquel relire l’histoire occidentale, comme s’il révélait la vérité existentielle de notre civilisation. Il existerait une histoire globale supranationale « des Blancs » qui transcenderait celle des différentes nations. C’est absurde.</p><p class="has-background">Lire aussi dans L’Express<br /><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.lexpress.fr/actualite/idees-et-debats/frederic-regent-l-esclavage-a-ete-le-fait-d-une-elite-pas-de-tout-le-peuple-francais_2150518.html" target="_blank">Frédéric Régent : « L’esclavage a été le fait d’une élite, pas de tout le peuple français »</a></p><p>En Nouvelle-France — vous me pardonnerez cet exemple « domestique » —, l’esclavage a beau avoir été un phénomène périphérique, il est présenté comme la matrice des discriminations qui existeraient dans la société québécoise actuelle. Cela n’est pas sans effets sur la vie sociale et l’intégration des immigrés et de leurs descendants, dont certains s’approprient cette filiation imaginaire. Au seul motif qu’ils sont noirs, certains jeunes issus de l’immigration s’inscrivent dans l’espace public comme des descendants d’esclaves, alors que d’un point de vue québécois, ils sont les enfants des premières générations de réfugiés qui ont bénéficié, à partir des années 1960, de l’hospitalité québécoise.  </p><p>Rokhaya Diallo. — Je ne pense pas du tout que l’actuelle mise en lumière du passé de l’esclavage soit due à une « américanisation » des consciences, comme vous dites. Elle vient du fait que, depuis les années 1990, de nouvelles voix, plus nombreuses qu’auparavant, se sont joint au débat. En 1998 notamment, lors de la commémoration dans l’Hexagone des 150 ans de l’abolition de l’esclavage, des Français d’outre-mer ont milité pour qu’il ne soit plus seulement présenté sous l’angle de l’abolition, mais aussi sous celui des victimes. Le terme même d' »américanisation » mérite qu’on s’y attarde.</p><p>« L’esclavage a-t-il été un principe structurant aux États-Unis ? Oui. En France, la réponse est non. »</p><p class="has-text-align-right">Mathieu Bock-Côté</p><p>Ceux qui l’emploient nient la spécificité française dans l’histoire de l’esclavage, comme ils nient la dimension américaine de la France : la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane se trouvent dans les Caraïbes, donc dans la sphère géographique des Amériques. Penser notre pays comme seulement européen, c’est faire abstraction de cette partie de lui-même dont nos concitoyens sont toujours à la fois habitants et ressortissants. </p><p>La France a activement participé à la traite transatlantique depuis les Antilles à partir du XVIe siècle, et n’a aboli l’esclavage qu’en 1848. Cette réalité historique ne justifie-t-elle pas à elle seule, Mathieu Bock-Côté, de revenir sur ce passé ? </p><p>M. B.-C. — Il n’y a aucun doute que la question de la mémoire de l’esclavage se pose, en France comme dans d’autres pays. Mais la manière dont on en fait le pivot à partir duquel entreprendre une réinterprétation hypercritique du passé me paraît contestable. L’esclavage a-t-il été un principe structurant des Etats-Unis ? Oui. En France, la réponse est non. Pas plus qu’au Québec. </p><p>R. D. — Pardon, mais nous ne sommes pas au Québec. En France, la traite n’est pas une question périphérique. Des territoires entiers ont servi à concentrer des populations et ont été organisés autour de l’esclavage : la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane… A Saint-Domingue, 90 % des habitants étaient réduits en esclavage. Ces endroits sont structurellement — c’est bien le mot — nés du massacre des natifs et de la déportation sur son sol de populations africaines. La langue créole n’existe que du fait de la traite.</p><p class="has-background">Lire aussi dans L’Express<br /><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.lexpress.fr/actualite/societe/christiane-taubira-le-systeme-esclavagiste-est-a-l-origine-du-racisme-actuel_1696752.html" target="_blank">Christiane Taubira : « Le système esclavagiste est à l’origine du racisme actuel »</a></p><p>Les populations ultramarines auraient-elles moins d’importance que les populations hexagonales ? En outre, la manière dont la figure des Blancs et des Noirs a été conçue – cette fameuse racialisation du monde qui fait si peur aujourd’hui —, est intimement liée à la traite, et ses conséquences sont encore visibles. La figure actuelle du Noir est largement influencée par tous les préjugés forgés à l’époque.  </p><p>M. B.-C. — Autrement dit, quelle que soit la réalité historique et des temps présents, il nous faudrait voir le monde en noir et blanc ?  </p><p>R. D. — De quelle réalité parlez-vous ?  </p><p>M. B.-C. — Sous la pression et l’intimidation idéologique de la mouvance indigéniste, il existe aujourd’hui, dans certaines franges non négligeables des populations issues de l’immigration, une mémoire fantasmée, qui consiste à se réapproprier le passé de manière militante sous le vernis de l’expertise universitaire, pour faire le procès de l’identité nationale en prétendant dévoiler ses sombres pages et supposément cachées.  </p><p>R. D. — Quel est le rapport avec ce que je viens de dire ?  </p><p>M. B.-C. — Vous soutenez que la figure du Noir est « codée » racialement par cet héritage, et donc que nos sociétés seraient fondamentalement structurées racialement depuis des siècles. C’est faux. La remontée à la surface des identités raciales s’explique fondamentalement par un effacement de la culture et de la nation.  </p><p>R. D. — Le problème n’est pas de s’approprier une mémoire qui n’est pas la sienne, mais de reconnaître que les sociétés occidentales ont été fondées sur des inégalités dont on constate encore aujourd’hui l’héritage. Vous parlez de « sociétés d’accueil », mais ce n’est pas parce qu’on est Noir qu’on est forcément immigré ! De nombreuses populations noires en France n’ont pas été « accueillies », elles sont présentes dans l’Hexagone depuis des siècles. </p><p>M. B.-C. — Certes. Mais vous ne pouvez nier la réalité de l’immigration massive qui a transformé radicalement les sociétés occidentales depuis cinquante ans, et qui dépassait largement leur capacité d’intégration.  </p><p>Pourquoi évoquer les « pages sombres » de l’histoire serait-il nécessairement hypercritique, Mathieu Bock-Côté ? Les sociétés ne sont-elles pas suffisamment mûres, aujourd’hui, pour affronter la faute morale de l’esclavage ? </p><p>M. B.-C. — Ce n’est pas une question de maturité. L’esclavage est évidemment un crime, une honte, toutes les sociétés l’ont pratiqué, et il faut bien sûr en parler historiquement. Mais sa mémoire est instrumentalisée. </p><p>R. D. — A vous écouter, on a l’impression que certains inventent des choses qui n’ont pas existé pour satisfaire des revendications mémorielles. Je le répète, il s’agit d’inclure dans un récit qui était tronqué, parce que conçu d’un seul point de vue, des perspectives jusque-là invisibles. Il me paraît tout aussi important de raconter depuis une autre perspective la colonisation, en rappelant par exemple comment les soldats des colonies ont largement contribué à l’effort de guerre durant les deux conflits mondiaux.</p><p class="has-background">Lire aussi dans L’Express<br /><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.lexpress.fr/actualite/societe/comment-macron-va-commemorer-la-journee-sur-l-esclavage-et-les-vingt-ans-de-la-loi-taubira_2150513.html" target="_blank">Comment Macron va commémorer la journée sur l’esclavage et les vingt ans de la loi Taubira</a></p><p>Ces récits permettent aux uns et aux autres de se situer historiquement dans une nation qui ne les a pas découverts ces cinquante dernières années. Vous voyez cette démarche comme conflictuelle, mais il n’y a là aucune accusation envers la France.  </p><p>Quand le Mouvement des indigènes de la République* dont les membres se présentent comme « descendants d’esclaves et de déportés africains », écrit dans son manifeste fondateur : « La France a été un Etat colonial ; la France reste un Etat colonial », vous n’y voyez qu’une simple interpellation, Rokhaya Diallo ? </p><p>R. D. — J’y vois un rappel quant à la raison de la présence d’une grande partie des populations non blanches en France. Le traitement inégalitaire des populations d’outre-mer résulte de vestiges des pratiques coloniales. Je dis simplement que certains personnages historiques n’ont été présentés que sous leur jour le plus favorable, et qu’il me paraît salutaire de les montrer sous toutes leurs facettes. </p><p>M. B.-C. — Et la commémoration du bicentenaire de la mort de Napoléon, alors ? Certains ne s’y sont-ils pas opposés au motif qu’il avait rétabli l’esclavage ? Au regard de l’histoire, Napoléon peut tout de même difficilement être réduit à cet épisode.  </p><p>R. D. — Cette commémoration a fait l’objet de controverses, en effet, mais elle a eu lieu, ce qui est bien la preuve que ce que vous annoncez comme une calamité s’abattant sur notre pays est un fantasme. De nombreux autres griefs peuvent être adressés à Napoléon : son antisémitisme, la détérioration de la situation des femmes avec le Code civil, ses techniques de guerre — par exemple, la manière dont ses généraux ont réprimé la révolte de Saint-Domingue en utilisant des techniques de futurs massacres de masse … </p><p>M. B.-C. — A quoi vous référez-vous ?  </p><p>R. D. — Au gazage des soldats noirs révoltés, dans les cales des bateaux et à leurs noyades massives… </p><p>M. B.-C. — On y est : Napoléon antisémite, sexiste, raciste et précurseur de Hitler… </p><p>R. D. — Ces gazages n’ont pas existé, peut-être ?  </p><p>M. B.-C. — Votre exemple est une belle illustration de la réécriture sélective du passé, qui oublie tout ce qui caractérise Napoléon à l’échelle de l’histoire.</p><p>Que pensez-vous du <a href="https://www.lexpress.fr/actualite/politique/plutot-que-de-deboulonner-des-statues-l-elysee-suggere-des-contre-monuments_2128338.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">déboulonnage des statues de personnages </a>qui furent acteurs ou complices de l’esclavage ? </p><p>R. D. — Ces actions ne datent pas de Black Lives Matter. La statue de Joséphine de Beauharnais a été plusieurs fois mise à bas ces trente dernières années en Martinique, par exemple. Je me souviens aussi de celle de Colbert devant l’Assemblée nationale. Elle avait été revêtue d’un drap noir par le Cran il y a une quinzaine d’années parce que l’association jugeait parfaitement déplacée la présence de la statue de l’auteur du Code noir [NDLR : édit de 1685 donnant un cadre juridique à l’exercice de l’esclavage et définissant l’esclave comme un bien « meuble »] devant la Chambre des députés, où siègent des élus d’outre-mer. Je trouve important qu’un pays s’interroge sur les symboles qu’il veut mettre en avant dans les espaces représentant la nation.</p><p class="has-background">Lire aussi dans L’Express<br /><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.lexpress.fr/actualite/idees-et-debats/marylin-maeso-l-histoire-n-est-pas-un-bloc-statique-elle-ne-cesse-de-s-ecrire_2128344.html" target="_blank">Marylin Maeso : « L’universalisme est la seule manière de préserver la dignité de chaque être humain »</a></p><p>M. B.-C. — La mouvance indigéniste nous invite à l’autocritique ? Eh bien, je l’invite à s’autocritiquer en se demandant pourquoi le nouvel iconoclasme visant les statues et la censure des écrits, des films, des chansons, enthousiasme si peu les sociétés occidentales. Peut-être est-ce parce qu’elles ne se reconnaissent pas <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.lexpress.fr/actualite/idees-et-debats/nous-devons-combattre-le-racisme-mais-aussi-cesser-de-tout-voir-a-travers-les-races_2128082.html" target="_blank">dans ce portrait falsifié de leur passé</a> ? Toutes les civilisations, en se déployant au fil de l’histoire, ont commis des injustices et des crimes, c’est une évidence, mais est-ce là leur seul héritage ? </p><p>R. D. — Encore une fois, vous semblez totalement oublier que les mouvements que vous qualifiez d' »indigénistes » font, eux aussi, partie des sociétés occidentales. Ce n’est pas parce qu’ils sont minoritaires qu’ils sont « moins » français, ou anglais, ou belges…</p><p class="has-background">Lire aussi dans L’Express<br /><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.lexpress.fr/actualite/societe/colonialisme-esclavage-faut-il-deboulonner-les-statues-symboles-d-un-passe-controverse_2127722.html" target="_blank">Colonialisme, esclavage : faut-il déboulonner les statues symboles d’un passé douloureux ?</a></p><p>J’imagine, Mathieu Bock-Côté, que vous n’envisagez pas un instant que les Etats présentent des « excuses », voire demandent « pardon », comme <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/05/29/l-allemagne-demande-pardon-a-la-namibie-pour-le-genocide-des-herero-et-des-nama_6082006_3212.html" target="_blank">s’apprête à le faire l’Allemagne auprès des Namibiens </a>pour le génocide de dizaines de milliers d’entre eux entre 1904 et 1908 ?  </p><p>M. B.-C. — La politique des excuses me semble théoriquement fragile et politiquement hasardeuse. Elle en vient à confisquer la mémoire de la nation, et la seule continuité dans laquelle elle est autorisée à se reconnaître est celle des pages sombres et des gestes dont elle doit se repentir.</p><p>« Ce qui est remis en cause ici n’est pas la légitimité de l’État, mais la fidélité à ses idéaux.« </p><p class="has-text-align-right">Rokahya Diallo</p><p>Quant aux pages glorieuses, et qui inspiraient jusqu’alors la fierté, elles sont relativisées, oubliées ou niées. Nous savons que l’histoire est tragique. La prétention de ceux qui sont attachés à une certaine idée de la nation n’est pas de dire que tout est rose et merveilleux, mais de rappeler que l’histoire des sociétés est un mélange de grandeurs et de misères. </p><p>R. D. — Je pense au contraire qu’on peut tout à fait célébrer des gloires tout en reconnaissant qu’on a commis des crimes dans le passé. Il me semble extrêmement important de présenter des excuses pour ce génocide, comme l’Allemagne l’a fait, du reste, pour l’Holocauste, dont le traitement de la mémoire peut servir de modèle pour l’esclavage. Ce qui est remis en cause ici n’est pas la légitimité de l’Etat, mais la fidélité à ses idéaux. Reconnaître qu’il a pu faillir le renforce bien plus qu’il ne l’affaiblit. Je crois aussi beaucoup à la force des créations culturelles. Ce qui nous manque, c’est un patrimoine — des livres, des films, etc. — nous permettant d’insérer ce passé dans un récit collectif. L’histoire de l’esclavage n’est pas seulement l’histoire des Noirs mais celle des inégalités entre les hommes, et en ce sens, elle est notre héritage à tous.  </p><p>__________<br />* Il a donné naissance au Parti des indigènes de la République. </p><p class="has-primary-background-color has-background">Source : <a href="https://www.lexpress.fr/actualite/idees-et-debats/esclavage-la-grande-explication-rokhaya-diallo-mathieu-bock-cote_2157065.h">Claire Chartier, « Esclavage : la grande explication Rokhaya Diallo-Mathieu Bock-Côté », L’Express, 30 août 2021</a>.</p>
<p>Partager :</p>

<p>WordPress:<br />J’aime chargement…</p>

<p>Articles similaires</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/709/necessaire-souverainete-preface-natacha-polony-coralie-delaume</guid>
	<pubDate>Fri, 10 Sep 2021 22:23:25 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/709/necessaire-souverainete-preface-natacha-polony-coralie-delaume</link>
	<title><![CDATA[NÉCESSAIRE SOUVERAINETÉ - Préface Natacha Polony, Coralie Delaume]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://www.michalon.fr/catalogue/couv/9782841869626r.jpg"></a><br /><a href="https://www.michalon.fr/catalogue/couv/9782841869626r.jpg">recto</a><br />Préface Natacha Polony<br /> <a href="https://www.michalon.fr/index.asp?navig=auteurs&amp;obj=artiste&amp;no=40358" title="Lire la fiche de l'auteur">Coralie Delaume</a><br /><a href="https://www.michalon.fr/catalogue/structure_pop.asp?no=722" title="Voir la fiche MICHALON ÉDITEUR">Michalon éditeur</a></p>
<p>« Coralie Delaume connaissait mieux que quiconque cette forfaiture intellectuelle qui consiste à assimiler le “souverainisme” (le suffixe en lui-même n'est là que pour faire de ce mot un stigmate) à un identitarisme. Alors que la souveraineté n'est que l'autre nom de la démocratie, faire de sa défense une forme de nationalisme et de “fermeture à l'autre” (selon le vocabulaire en vigueur) permet de maquiller en noble ouverture le contournement systématique de toutes les institutions démocratiques par des instances “indépendantes”, c'est-à-dire non élues. Pendant des années, à travers ses articles, ses interviews, Coralie a dévoilé cette trahison opérée notamment au nom de l'idéal européen. (…)</p><p>Toute chose qu'elle faisait avec une précision chirurgicale. (…) Reste aujourd'hui ce texte, qui embrasse sa pensée, qui pose des jalons et trace un chemin pour quiconque, parmi les gouvernants, aurait l'ambition de perpétuer la France et la République. Ce texte, et tous les autres, comme une obligation, pour ceux qui restent, de ne pas laisser se défaire encore un peu la démocratie. Pour que nous poursuivions, à notre tour obstinés, le combat contre l'hypocrisie, les forfaitures et les mensonges, ces fantômes devant lesquels Coralie Delaume a jusqu'au bout refusé de s'incliner. » (Natacha Polony)</p><p>Disparue en 2020, Coralie Delaume laisse ce court texte inachevé. Elle a signé quatre ouvrages : "Europe, les États désunis" (2014) ; "La Fin de l'Union européenne" (2017) ; "Le couple franco-allemand n'existe pas" (2018) et "10+1 questions sur l'Union européenne" (2019), en collaboration avec David Cayla. Unanimement saluée, sa pensée figure parmi les plus originales et pertinentes de sa génération.</p>
<p><br />Broché - format : 11,5 x 18,5 cm<br />ISBN : 978-2-84186-962-6 •  À paraître le 16 septembre 2021 • 96 pages<br />EAN13 : 9782841869626</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/708/une-super-tempete-solaire-pourrait-aneantir-internet-en%C2%A02023</guid>
	<pubDate>Sun, 05 Sep 2021 11:05:19 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/708/une-super-tempete-solaire-pourrait-aneantir-internet-en%C2%A02023</link>
	<title><![CDATA[Une super tempête solaire pourrait anéantir internet en 2023]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Une tempête solaire extrême ou une éjection de masse coronale pourrait endommager les réseaux électriques et potentiellement provoquer des pannes d’électricité prolongées, d'après une étude.</p><p>Les conséquences de ce genre d’événement solaire, dont la probabilité d’existence est estimée entre 1,6 à 12% par décennie, atteindraient bien des domaines : transports, GPS, technologie électromagnétique et, surtout, internet. Cette <a href="https://www.ics.uci.edu/~sabdujyo/papers/sigcomm21-cme.pdf" target="_blank">nouvelle étude</a> montre d’ailleurs que les défaillances pourraient être catastrophiques, en particulier pour les câbles sous-marins qui sous-tendent l’Internet mondial et les satellites autour de la Terre.</p><p>Lire aussi : <a href="https://www.rtbf.be/tendance/green/detail_la-nasa-a-capture-une-eruption-solaire-tres-impressionnante?id=10766506" target="_blank">La Nasa a capturé une éruption solaire très impressionnante</a></p><p>Sangeetha Abdu Jyothi de l’Université de Californie, a présenté lors d’une conférence son article intitulé "<a href="https://www.ics.uci.edu/~sabdujyo/papers/sigcomm21-cme.pdf" target="_blank">Solar Superstorms : Planning for an Internet Apocalypse</a>" (en français "Super tempêtes solaires : planifier une apocalypse de l’Internet"). Dans celui-ci, elle détaille l’impact qu’aurait sur la Terre un nuage de particules solaires magnétisées qui sont dégagées en même temps que certaines éruptions solaires. Selon elle, si l’électricité reviendrait en quelques heures ou quelques jours, Internet serait gravement endommagé.</p>
<p>Internet pourrait-il disparaître ?</p>
<p>Ce sont principalement les longs câbles sous-marins qui relient les continents qui seraient impactés par une tempête solaire massive. Même si les infrastructures locales resteraient en bon état, les câbles sous-marins risqueraient de couper à la source et donc de rendre inutilisables ceux qui auraient résisté.</p><p>"Ce qui m’a vraiment fait penser à cela, c’est qu’avec la pandémie, nous avons vu à quel point le monde n’était pas préparé. Il n’y avait pas de protocole pour y faire face efficacement et c’est la même chose avec la résilience d’Internet", a déclaré Sangeetha Abdu Jyothi à <a href="https://www.wired.com/story/solar-storm-internet-apocalypse-undersea-cables/" target="_blank">Wired</a> avant son discours. "Notre infrastructure n’est pas préparée pour un événement solaire à grande échelle. Nous avons une compréhension très limitée de l’étendue des dommages."</p><p lang="en" dir="ltr" xml:lang="en">A popular story from <a href="https://twitter.com/WIRED?ref_src=twsrc%5Etfw">@WIRED</a> this week explores how even if the power comes back after the next big solar storm, the internet may not. <a href="https://t.co/fd8OhonfnJ">https://t.co/fd8OhonfnJ</a></p>
<p>— Condé Nast (@CondeNast) <a href="https://twitter.com/CondeNast/status/1432389501192650753?ref_src=twsrc%5Etfw">August 30, 2021</a></p>
<p>Si les câbles en fibre optique ne subiraient probablement pas trop de dégâts, ce sont principalement les répéteurs - qui augmentent le signal et qui sont placés tous les 50 à 150 km - qui pourraient être gravement endommagés et ainsi couper complètement les lignes.</p><p>Lire aussi : <a href="https://www.rtbf.be/tendance/techno/detail_3-belges-sur-4-ne-connaissent-pas-la-cause-de-leurs-problemes-de-wifi?id=10747536" target="_blank">3 Belges sur 4 ne connaissent pas la cause de leurs problèmes de WiFi</a></p><p>Thomas Overbye, directeur du Smart Grid Center de la Texas A&amp;M University, explique, selon <a href="https://www.wired.com/story/solar-storm-internet-apocalypse-undersea-cables/" target="_blank">Wired</a>, que l’on manque d’expérience sur les tempêtes : “Certaines personnes pensent qu’une perturbation géomagnétique serait un scénario catastrophique et d’autres pensent que ce serait un événement moins majeur. Je suis un peu au milieu.”</p>
<p>Une tempête solaire massive est-elle envisageable ?</p>
<p>Les tempêtes solaires sont monnaie courante mais elles n’ont pas souvent d’impact sur nous ou nos installations. Le cas évoqué dans l’étude serait une super tempête, un évènement très rare qui n’est arrivé que 3 fois dans l’Histoire récente. Notamment en 1859, l’évènement Carrington pendant lequel les aiguilles des boussoles oscillaient dans tous les sens, les lignes télégraphiques ont été impactées et des aurores boréales étaient visibles en Colombie…</p><p>On se souvient également de la tempête solaire de 1989 qui avait mis hors service le réseau d’Hydro-Québec et causé une panne d’électricité de neuf heures dans le nord-est du Canada.</p><p>L’activité faible du Soleil depuis 30 ans laissent certains scientifiques penser qu’il risque d’y avoir un évènement majeur d’ici 2023 ou 2026, fin du cycle solaire actuel. Les latitudes les plus proches des pôles sont les plus en danger. D’après cette étude, l’Asie est confrontée à moins de risques alors que l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les autres pays insulaires de la région perdraient la plupart de leurs connexions longue distance.</p>
<p>Quelles solutions pour éviter l’effondrement d’Internet ?</p>
<p>Après l’annonce un peu catastrophiste, la chercheuse propose quelques solutions pour éviter qu’Internet ne disparaisse suite à une éruption solaire massive. Des mécanismes d’isolation électrique pourraient être installés aux endroits où les câbles sous-marins sont mis en terre, les nouveaux data centers devraient être construits plus espacés géographiquement les uns des autres, des tests standardisés pourraient être mis en place pour mesurer la résilience des infrastructures.</p><p>Le but de cette étude n’est pas d’alarmer à outrance mais bien de se préparer à un évènement possible pour ne pas se retrouver démunis.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/707/la-france-des-villes-moyennes-une-strategie-d%E2%80%99avenir-pour-les-territoires</guid>
	<pubDate>Sun, 05 Sep 2021 08:55:58 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/707/la-france-des-villes-moyennes-une-strategie-d%E2%80%99avenir-pour-les-territoires</link>
	<title><![CDATA[La France des villes moyennes, une stratégie d’avenir pour les territoires]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Partager cet article:</p>

<p><a href="https://claude-rochet.fr/la-france-des-villes-moyennes-une-strategie-davenir-pour-les-territoires/#" rel="nofollow" onclick="window.print();if(typeof(_gaq) != 'undefined') { _gaq.push(['_trackEvent','PRINTFRIENDLY', 'print', 'NULL']); }else if(typeof(ga) != 'undefined') { ga('send', 'event','PRINTFRIENDLY', 'print', 'NULL'); } return false;" title="Printer Friendly, PDF &amp; Email"><br /><p></p><br /></a></p>
<p id="pvc_stats_17165" class="pvc_stats all pvc_load_by_ajax_update" data-element-id="17165"> </p><p></p><p>Suite à mon livre sur les villes intelligentes (“<a href="https://claude-rochet.fr/publications/villes-intelligentes-vraiment/">Villes intelligentes, réalité ou fiction?</a>“) l’ISSEP m’a proposé de réaliser une étude sur les villes moyennes face à la politique des métropoles, sujet qui devrait être au coeur du débat politique si nous avions une presse et des médias qui faisaient un travail d’information.</p><p>Les mouvements sociaux de ces dernières années ont mis l’accent sur la paupérisation de la France périphérique, périphérie qui commence dès la banlieue des métropoles qu’elles sont supposées inonder leur richesse. Cet antagonisme entre métropoles et territoires n’est pas propre à la France et n’est pas le résultat d’un accident de l’histoire : c’est celui de politiques délibérées qui ont fait des métropoles l’axe incontournable du développement économique et de la compétition dans la mondialisation.</p><p><a href="https://www.va-editions.fr/la-france-des-villes-moyennes-c2x35402706?fbclid=IwAR3j1g4t3fajhDS5Zf6HBHuOTbsK7w4WJ5lE8mlv1Q1f_Ge8h9ZAcN0dL48">
<p></p>
</a>Cette étude montre, d’une part, que les hypothèses économiques sur lesquelles se fonde cette fascination pour le big is beautiful ne sont pas vérifiées et que l’on est largement dans le domaine de l’idéologie. Elle montre d’autre part, au travers de nombreuses études de cas et d’analyses des dynamiques urbaines, tant historiques que dans le contexte de la révolution numérique, que les villes moyennes fournissent un cadre plus favorable à l’innovation et au développement face aux enjeux écologiques et énergétiques, fondé sur la cohésion entre villes et territoire.</p><p>Je mets en ligne un preprint (une pré-publication non officielle) d’extraits de cette étude. L’étude est disponible sur les librairies en ligne et <a href="https://www.va-editions.fr/la-france-des-villes-moyennes-c2x35402706?fbclid=IwAR3j1g4t3fajhDS5Zf6HBHuOTbsK7w4WJ5lE8mlv1Q1f_Ge8h9ZAcN0dL48">sur le site de l’éditeur</a>.</p><p>NB: Vous pouvez télécharger ce PDF en cliquant sur le pictogramme en haut de la barre de navigation ci-dessous</p>
<p><a href="https://claude-rochet.fr/wp-content/uploads/2021/06/Les-villes-moyennesEXTRAIT.pdf" class="pdfemb-viewer" data-width="max" data-height="max" data-mobile-width="500" data-scrollbar="none" data-download="on" data-tracking="on" data-newwindow="on" data-pagetextbox="off" data-scrolltotop="on" data-startzoom="100" data-startfpzoom="100" data-toolbar="both" data-toolbar-fixed="on">Les villes moyennesEXTRAIT<br /></a></p>

<p>WordPress:<br />J'aime chargement…</p>

<p>Articles similaires</p>

<p>Partager cet article:</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/706/peter-dale-scott-les-vraies-raisons-de-la-guerre-en-afghanistan</guid>
	<pubDate>Fri, 03 Sep 2021 21:26:14 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/706/peter-dale-scott-les-vraies-raisons-de-la-guerre-en-afghanistan</link>
	<title><![CDATA[Peter Dale Scott : Les vraies raisons de la guerre en Afghanistan]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Fild : Dans un <a href="https://deep-news.media/2020/12/11/assassinat-massoud-zones-dombre/" target="_blank" rel="noopener">récent article</a> publié sur le site Deep News Média, vous offrez une analyse inédite et percutante de l’assassinat du commandant Massoud. Sachant que nous allons commémorer les vingt ans de sa mort, et que son fils est au cœur de l’actualité après la reprise de l’Afghanistan par les Talibans, quel est votre regard sur ce meurtre, ses enjeux et ses circonstances ?</p><p>Peter Dale Scott : Il faut d'abord replacer cet assassinat dans le plus vaste contexte géostratégique de l’époque. Avant même l’arrivée au pouvoir de George W. Bush en janvier 2001, son futur Vice-président Dick Cheney souhaitait imposer une stratégie de pénétration en Asie centrale. Son principal objectif était de déployer des forces armées dans cette région anciennement dominée par l’URSS, et ce dans le but d’y sécuriser les récents investissements américains dans des pays tels que le Kazakhstan. Dirigée par Dick Cheney entre 1995 et 2000, la firme Halliburton était active depuis 1997 dans l’exploitation des réserves pétrolières d’Asie centrale. En 1998, lors d’un discours devant des industriels du pétrole, Cheney <a href="https://archive.is/S8txF#selection-1551.0-1561.1" target="_blank" rel="noopener">déclara</a> n’avoir jamais « vu émerger si soudainement une région en tant que zone de grande importance stratégique comme c’est le cas aujourd’hui pour [le bassin] caspien ».</p><p>Obsédé par la sécurité énergétique des États-Unis, le Vice-président Cheney avait donc comme objectif de déployer l’armée américaine en Asie centrale, tandis que l’administration Bush <a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2002/01/ABRAMOVICI/8328" target="_blank" rel="noopener">négociait</a> différentes questions avec les Talibans, dont le passage du gazoduc TAPI en Afghanistan. Élaborés <a href="https://archive.is/OWfWp#selection-1385.102-1397.4" target="_blank" rel="noopener">en juillet 2001</a>, alors que ces négociations échouaient, les plans du cabinet Bush pour envahir ce pays enclavé qu’est l’Afghanistan dépendaient de l’utilisation du territoire de Massoud comme base arrière dans l’impénétrable vallée du Panjshir - la seule région afghane jamais envahie par les Talibans -. Ils nécessitaient par ailleurs un déploiement sur le territoire de l’allié régional des États-Unis, le Pakistan. Or, ce pays et Massoud étaient de farouches ennemis. Essentiellement, bien que le « Lion du Panjshir » accueillait positivement l’assistance de la CIA, il <a href="https://archive.is/OWfWp#selection-2063.0-2077.11" target="_blank" rel="noopener">rejetait catégoriquement</a> toute idée d’une invasion terrestre menée sous l’égide du Pentagone.</p><p>En outre, Massoud s’était opposé au projet du gazoduc TAPI, qui était promu par l’Union Oil Company of California (Unocal) et qui aurait contourné les adversaires de Washington, soit la Russie et l’Iran. Infligeant un revers aux États-Unis, Massoud avait signé <a href="https://archive.is/OWfWp#selection-1971.0-1977.11" target="_blank" rel="noopener">un accord</a> d’un million de dollars avec le rival argentin d’Unocal. Selon le journaliste Steve Coll, les responsables de la CIA ont cherché à amplifier le soutien clandestin en faveur de Massoud. Au final, la CIA ne put remplir cet objectif à cause des obstructions du Département d’État et de hauts fonctionnaires de l’administration Bush qui, jusqu’en juillet 2001, pensaient pouvoir forger <a href="https://archive.is/OWfWp#selection-1983.0-1993.20" target="_blank" rel="noopener">des relations diplomatiques</a> avec les Talibans et ne voulaient pas s’aliéner le gouvernement pakistanais.</p><p>L’assassinat de Massoud le 9 septembre 2001, suivi par les tragiques attentats contre les Tours jumelles et le Pentagone deux jours plus tard, ont rendu possible l’invasion américaine de l’Afghanistan. Le meurtre de Massoud fut planifié <a href="https://archive.is/9m78Y#selection-423.0-441.548" target="_blank" rel="noopener">avec la complicité active</a> du réseau du « cheikh aveugle » Omar Abdel Rahman, qui était emprisonné aux États-Unis à cette époque. Abdel Rahman était alors <a href="https://archive.is/OWfWp#selection-1311.129-1319.4" target="_blank" rel="noopener">sous étroite surveillance</a> dans sa prison, <a href="https://archive.is/yWVB8#selection-953.2-957.120" target="_blank" rel="noopener">à l’instar</a> de son unique contact extérieur avec des islamistes étrangers – un discret agent des postes new-yorkais nommé Ahmed Abdel Sattar. Ce dernier, avec un <a href="https://archive.is/3V2SA#selection-417.1-417.309" target="_blank" rel="noopener">autre messager</a> d’Abdel Rahman nommé <a href="https://gulfnews.com/uae/us-mans-letter-tied-to-massouds-death-1.386512" target="_blank" rel="noopener">Yassir al-Sirri</a>, a <a href="https://fildmedia.com/article/peter-dale-scott-les-vraies-raisons-de-la-guerre-en-afghanistan#selection-1353.0-1357.4">co</a>-<a href="https://archive.is/OWfWp#selection-1255.1-1255.308" target="_blank" rel="noopener">rédigé</a> le courrier de présentation ayant permis aux deux faux journalistes - mais vrais terroristes d’al-Qaïda - d’avoir accès à Massoud et de l’assassiner. Par conséquent, on ne peut exclure la possibilité que les autorités américaines savaient que le gênant commandant Massoud allait être liquidé par ces islamistes, mais qu’elles n’aient pas cherché à déjouer ce projet.</p><p>Le 10 septembre 2001, soit le lendemain de cet assassinat, des hauts fonctionnaires de l’administration Bush se sont réunis pour discuter à nouveau <a href="https://archive.is/OWfWp#selection-1121.0-1121.355" target="_blank" rel="noopener">des plans</a> de la Directive Présidentielle de Sécurité Nationale NSPD-9. Il s’agissait du document qui, <a href="https://archive.is/OWfWp#selection-1385.102-1397.4" target="_blank" rel="noopener">dès juillet 2001</a>, préparait une intervention militaire contre les Talibans. Dans tous les cas, comme je l’explique dans ma <a href="https://deep-news.media/2020/12/11/assassinat-massoud-zones-dombre/" target="_blank" rel="noopener">longue analyse</a> dédiée à cette question, la campagne militaire américaine sur le territoire afghan a été planifiée avant le 11-Septembre, et ces attentats ainsi que l’assassinat de Massoud ont permis au cabinet Bush de légitimer cette catastrophique intervention.</p><p>Fild : Première étape de la guerre contre le terrorisme, l’intervention militaire des États-Unis et de leurs alliés en Afghanistan s’est en conclue par une véritable débâcle stratégique. Ainsi, quel bilan dressez-vous de ce que l’administration Bush a nommé sa « guerre globale contre la terreur », et qui a été poursuivie par ses successeurs ?</p><p>Peter Dale Scott : Le 11 septembre 2001, dans les heures suivant les attaques meurtrières perpétrées ce jour-là, George W. Bush, Donald Rumsfeld et Dick Cheney avaient engagé les États-Unis dans ce qu’ils appelèrent ensuite la « guerre contre la terreur ». Selon moi, nous devrions plutôt l’appeler la « guerre de terreur », un déluge de violence ayant été employé contre les civils par tous les belligérants, qu’ils soient des acteurs étatiques ou non. Une guerre de terreur se caractérise par la prépondérance d’armes de destruction indiscriminées, qu’il s’agisse d’engins explosifs improvisés posés au bord des routes ou de missiles lancés depuis les airs par des drones de haute technologie.</p><p>Cette « guerre de terreur » fut déclarée par George W. Bush le soir du 11 septembre 2001, lorsqu’<a href="https://georgewbush-whitehouse.archives.gov/news/releases/2001/09/20010911-16.es.html" target="_blank" rel="noopener">il annonça</a> dans son discours à la nation que les États-Unis ne feraient « aucune distinction entre les terroristes qui ont perpétré ces actes et ceux qui les hébergent ». Cependant, la notion voulant que cette « guerre globale contre la terreur » eut pour objectif de poursuivre les terroristes perdit de sa crédibilité en 2003, lorsque cette formule fut appliquée à l’Irak de Saddam Hussein - un pays connu non pas pour héberger des terroristes mais pour en avoir été la cible. En 2005, cette notion fut de nouveau décrédibilisée suite à la publication de ce que l’on appelle le « Mémo de Downing Street ». Dans ce document, le directeur du MI6 britannique <a href="https://web.archive.org/web/20070310182232/http:/www.csmonitor.com/2005/0517/dailyUpdate.html" target="_blank" rel="noopener">rapporta</a>, après une visite à Washington en 2002, que « Bush voulait faire tomber Saddam Hussein par une action militaire, justifiée par le lien entre le terrorisme et les ADM [Armes de Destruction Massive]. Mais les faits et les renseignements étaient truqués pour répondre aux objectifs politiques. » Plus tard, de faux récits liant l’Irak aux ADM, aux attaques à l’anthrax et au minerai d’uranium du Niger prétendument acquis par Bagdad furent publiés aux moments opportuns. Rappelons alors que, quelques heures seulement <a href="https://archive.is/xrFXy#selection-1129.0-1137.345" target="_blank" rel="noopener">après le 11-Septembre</a>, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld parlait d’élargir les objectifs de la riposte américaine au 11-Septembre et de « frapper S.H. [Saddam Hussein] ».</p><p>« Arabie saoudite, Qatar et Pakistan, des alliés des USA, également soutiens financiers des djihadistes ».</p><p>Fild : Estimez-vous donc que la lutte contre le terrorisme n’était pas l’objectif principal du Président Bush et de ses successeurs ?</p><p>Peter Dale Scott : À Washington, l’establishment de la sécurité nationale continue d’affirmer que les guerres menées par les États-Unis sur le continent asiatique depuis le 11-Septembre 2001 entraient dans le cadre d’une « guerre globale contre la terreur ». Néanmoins, cette campagne militaire contre le terrorisme a été menée avec la coopération de l’Arabie saoudite, du Qatar et du Pakistan. Or, ces trois pays sont les principaux soutiens financiers et politiques des réseaux djihadistes que les États-Unis sont censés avoir combattu jusqu’à présent. En parallèle, les plus farouches opposants à ces intégristes sunnites – les gouvernements d’Irak, de Libye, de Syrie et d’Iran – ont été renversés (Irak et Libye), déstabilisés avec l’appui des États-Unis (Syrie) ou sanctionnés et menacés de guerre en tant que composante de l’« Axe du Mal » (Iran). J’en déduis que cette guerre contre le terrorisme n’a pas été menée pour le motif officiel de combattre ce fléau, mais pour d’autres raisons. En effet, la plupart des experts constatent que les campagnes militaires des États-Unis à l’étranger ont radicalement amplifié la menace terroriste au lieu de la réduire, contrairement aux opérations de police ou de renseignement. Parmi les raisons inavouées de ces interventions militaires post-11-Septembre, nous pouvons en identifier deux principales. La première était la volonté d’établir une présence durable des forces armées américaines dans les régions riches en hydrocarbures de l’Asie centrale et du Moyen-Orient. L’autre raison majeure était de justifier un dispositif de sécurité intérieure permanent et gigantesque, notamment destiné à neutraliser la menace d’opposition aux politiques militaristes. Si ce deuxième objectif a été rempli, le premier se solde par un bilan humain effroyable et un retrait humiliant des forces américaines de ces régions. Washington ayant désormais comme projet d’empêcher la Russie et la Chine de concurrencer les États-Unis.</p><p>En conclusion, si la « guerre contre la terreur » semble péniblement arriver à son terme, Washington poursuivra la militarisation sans limite de sa politique étrangère – notamment par le biais de guerres par procuration –, actant ainsi la faillite complète de sa diplomatie publique et de son prétendu rôle de « gendarme du monde ».</p><p>01/09/2021 - Toute reproduction interdite.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/705/entre-euro-et-franc-les-mysteres-de-l%E2%80%99argent-a-moillesulaz</guid>
	<pubDate>Thu, 02 Sep 2021 18:45:38 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/705/entre-euro-et-franc-les-mysteres-de-l%E2%80%99argent-a-moillesulaz</link>
	<title><![CDATA[Entre euro et franc, les mystères de l’argent à Moillesulaz]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Il y a un mystère Moillesulaz. Lequel ne réside pas dans le nom de ce village frontière, coupé en deux en 1826: une moitié livrée à Genève, rattachée à Thônex et l’autre à la Savoie, avalée par la commune de Gaillard. «Moille» vient de «mouiller» et «sulaz» de «soulier». Car on se mouillait les pieds à traverser le Foron, la petite rivière qui délimite les deux pays. De fait, le mystère est d’ordre économique: comment deux régimes de prix si différents peuvent-ils cohabiter à quelques mètres de distance? Et cela alors que depuis l’entrée de la Suisse dans l’espace Schengen fin 2008 et le rétablissement de la ligne de tram (No 17) entre Genève et Annemasse à la fin de 2019, traverser la frontière n’a jamais été aussi anodin.</p><p>#LeTempsAVélo, premier épisode: <a href="https://www.letemps.ch/suisse/bardonnex-villages-frontiere" data-hovercard="https://www.letemps.ch/suisse/bardonnex-villages-frontiere">A Bardonnex, des villages sans frontière</a></p><p>Certes, pour un expresso, on peut comprendre, quand on est à Thônex, qu'on préfère payer 3 fr. 30 au Sel &amp; Braise plutôt que de marcher 220 mètres et ne payer que 1,70 euro au bar La Savane, le premier à gauche après la douane et le seul ouvert de bon matin. Le même raisonnement peut s’appliquer, à la rigueur, pour un plat de spaghettis carbonara: 23 francs au Molino de Thônex contre 13,50 euros à La Gondola de Gaillard, 550 mètres ou un arrêt de tram plus loin. Deux établissements dûment testés durant ce reportage et d’excellente qualité.</p>
<p>Le fossé franco-suisse</p>
<p>L’épicerie-tabac du coin de l’avenue Tronchet, la dernière avant la France, n’a pas trop de soucis à se faire. Certains produits sont trois fois plus chers que de l’autre côté (32 francs la bouteille de Ricard, contre 11 euros) mais les cigarettes, elles, sont 30% meilleur marché. La tenancière du tabac Porte de France se défend: «Les vrais fumeurs préfèrent le goût français.» Mais elle reconnaît aussi que la fermeture de la frontière durant le premier confinement en 2020 lui a livré de très nombreux clients qui allaient habituellement se fournir en Suisse.</p><p>Cette fermeture inédite depuis la Seconde Guerre mondiale a aussi fait le bonheur, de l’autre côté, du dernier boucher de Thônex. «Ouh là là, c’était carrément incroyable ce qu’on a vendu à cette époque!» s’exclame Jean-Philippe qui, le reste du temps, ne tient que parce qu’il vend du cheval islandais, introuvable côté français. La viande reste le plus cruel reflet du fossé franco-suisse: 34 euros le kilo de filet de bœuf chez le jeune et chaleureux Abdelhamid Korbaa de la boucherie Nour à Gaillard (qui estime que plus de 60% de ses clients viennent de Suisse), contre 80 francs chez Jean-Philippe et 89 fr. 70 à la Coop de Thônex, rabais temporaire de 22% inclus. «Je ne sais pas comment font les Suisses pour nourrir leurs enfants, ils les mettent au régime ou quoi?» commente Abdelhamid en éclatant de rire.</p><p>Notre carnet de route: <a href="https://www.letemps.ch/suisse/continu-letempsavelo-premiere-etape-bardonnex-morges" data-hovercard="https://www.letemps.ch/suisse/continu-letempsavelo-premiere-etape-bardonnex-morges">#LeTempsAVélo, première étape: de Bardonnex à Morges</a></p><p>Mais pour la viande, on peut toujours argumenter. En Suisse, le bœuf est maturé de trois à six semaines, à l’ancienne. Selon Jean-Philippe, elle aurait bien davantage de goût. Sans compter qu’en France voisine, la majorité des boucheries sont halal, méthode d’abattage que certains jugent contestable.</p><p>La vraie question donc, celle qui contredit les plus élémentaires théories économiques, se pose plutôt lorsqu’on songe à toiletter son chien. Pour un Cavalier King Charles de taille moyenne, c’est 65 euros le service complet (triple shampoing, démêlage, épilation, coupe de griffes et nettoyage des oreilles) chez Doggydoux à Gaillard et presque le double (110 francs) chez Relook Dog, première enseigne côté suisse. Et pourtant, l’attente est moitié moins longue côté français (une semaine). Pourquoi les propriétaires suisses de chiens ne poussent-ils pas la promenade 400 mètres plus loin? Mystère.</p>
<p>Des dentistes qui prospèrent</p>
<p>Mystérieux aussi peut paraître l’avenir des dentistes du côté suisse. Leurs prix sont parfois huit fois plus élevés que du côté français, ils affichent pourtant une insolente prospérité! Un gigantesque centre dentaire a même ouvert en septembre 2020 au 1er étage de la tour Opale à Chêne-Bourg, avec quatre généralistes et six spécialistes, et les patients s’y pressent!</p><p>Entrons dans le détail. Le cabinet suisse Chanan, à l’avenue Adrien-Jeandin de Thônex, pratique comme tous les autres les tarifs de la SSO, la Société suisse des médecins-dentistes: 15 fr. 70 par 5 minutes pour un traitement d’hygiène dentaire, 3600 francs environ la pose d’un implant et sa couronne. A 800 mètres de là (deux arrêts de tram), trois dentistes sont installés à la rue de la Libération de Gaillard. Tarif conventionné: 26,97 euros le traitement d’une carie (une face). Pour un implant et sa couronne, on s’en sort à moins de 1800 euros. Sans compter la différence abyssale en orthodontie: du simple au quadruple pour redresser les dents de vos adolescents entre la France, qui affiche de très beaux cabinets comme Dulaar-Rouillon Birgy à Gaillard, et la Suisse.</p><p>Diantre! Il y a quinze ou vingt ans, des reportages racontaient le tourisme dentaire des Suisses en République tchèque. Et là, les Genevois ne font pas 500 mètres pour économiser des milliers de francs sur leur dentition? La clé du mystère est fournie à voix basse par Béatrice, secrétaire dans un cabinet dentaire de Thônex. Frontalière, elle vient chaque jour d’Annecy et connaît bien le secteur, des deux côtés. «C’est la pénurie, souffle-t-elle. En France, les dentistes sont seuls dans de petits cabinets, avec des listes d’attente de plusieurs mois pour les nouveaux patients. L’administration est mille fois plus compliquée qu’en Suisse, alors les dentistes ne s’associent pas. Ici, l’efficacité est maximale. On accueille même de nombreux Français qui ne peuvent pas ou ne veulent pas attendre un rendez-vous chez eux.»</p><p>Décidément. A Moillesulaz, on traverse désormais la douane sans s’en apercevoir, à pied, à vélo, en tram, en Léman Express et en voiture. Mais cela reste une frontière entre deux pays qui n’ont pas grand-chose en commun.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/704/bitcoin-btc-le-fmi-revele-les-contours-du-great-reset-monetaire</guid>
	<pubDate>Wed, 01 Sep 2021 08:09:36 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/704/bitcoin-btc-le-fmi-revele-les-contours-du-great-reset-monetaire</link>
	<title><![CDATA[Bitcoin (BTC) - Le FMI révèle les contours du Great Reset Monétaire]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Pourquoi un Great Reset ?</p>
<p>Le CBDC est le porte-étendard du Great Reset monétaire. Il viendra remplacer la monnaie fiat écroulée sous le poids de sa dette, emportant avec elle les banques en faillite. Mais avant de parler du CBDC et de nos trouvailles dans le papier du FMI, il faut expliquer pourquoi nous allons vivre un Great Reset Monétaire.</p>
<p><a href="https://join.swissborg.com/r/frederEZU5" rel="noopener" class="adv-link" target="_blank"><br /><p></p><br /></a></p>
<p>Ce n’est pas un hasard si les banques européennes ont perdu 90 % de leur valeur boursière depuis le pic de pétrole conventionnel de 2007. Investir dans une banque signifie investir dans de la dette. Or nous arrivons à un moment charnière de notre civilisation où la croissance se tasse en raison de la difficulté grandissante pour obtenir la reine des énergies: le pétrole.</p><p>Rendez-vous compte qu’en 1900, aux États-Unis, il suffisait de dépenser un baril d’énergie dans le travail d’extraction pour en obtenir 100. En 1990, nous n’étions plus qu’à 35 barils et seulement 12 barils en 2007 ! C’est ce que l’on appelle le EROEI (Energy Return on Investment). Au niveau mondial, le EROEI est désormais de 14…</p><p>Le pic pétrolier signifie certes qu’il nous en reste la moitié, mais cette moitié restante sera consommée beaucoup plus vite que la première moitié. Dit autrement, la production de pétrole mondiale va désormais baisser de plus en plus vite. Les choses deviennent critiques quand le EROEI passe en-dessous de 20. Nous y sommes :</p><p></p>
<p>La ligne rouge représente le EROEI mondial de 2019 / La courbe bleue indique l’énergie nette obtenue (énergie extraite – énergie dépensée pour l’extraire, ici exprimé en % par rapport au maximum atteint en tout début d’extraction) / Source : <a href="https://www.resilience.org/stories/2019-03-12/the-real-energy-return-of-crude-oil-smaller-than-you-would-have-imagined/">resilience.org</a></p>
<p>Pour le dire autrement encore, le manque d’énergie ne peut que déboucher sur la décroissance. Et sans croissance, on ne rembourse pas la dette. Ou bien on la rembourse via l’inflation. C’est ce qui est déjà en train de se passer. La <a href="https://www.cointribune.com/tribunes/tribune-cryptomonnaies-geopolitique/bitcoin-btc-la-bce-sinquiete-que-linflation-soit-trop-basse/">FED et la BCE viennent d’abandonner leur objecctif d’inflation inférieure à 2 %</a>.</p>
<p>Quel est le plan des globalistes du FMI et autres banques centrales ?</p>
<p>Les choses ne sont pas dites clairement mais un habitué de la nolvangue bancaire pourra trouver quelques indices dans ce papier qui commence par ce constat lucide :</p><p>« Les banques centrales ont toujours été à la pointe de la technologie et de l’innovation financières. Par le passé, l’invention du billet de banque par exemple […]. Aujourd’hui, les banques centrales sont confrontées à de nouveaux défis : la technologie « distributed ledger » (pour ne pas dire bitcoin…), les nouvelles techniques d’analyses de données (intelligence artificielle [IA] et machine learning) et le cloud computing. »</p><p>Les banquiers centraux ne font pas référence au bitcoin quand ils parlent de « FinTech ». Pour eux, la FinTech n’est pas grand chose d’autre que le CBDC et toutes les possibilités qu’offre la surveillance de masse…</p>
<p><a href="https://www.sandbox.game/en/login/?r=CE.xwA9FPnbtQjYEZD86al" rel="noopener" class="adv-link" target="_blank"><br /><p></p><br /></a></p>
<p>Cela étant dit, la mitraille de banque centrale semble loin d’être au point. Il ne faut de toute façon pas se leurrer. Cette fiat 2.0 ne changera pas la face du monde :</p><p>« Il pourrait être difficile de justifier l’émission d’une monnaie numérique de banque centrale (CBDC) dans le contexte de la poursuite des objectifs de stabilité des prix et de stabilité financière, car pour certains pays, ce lien est loin d’être évident. »</p><p>« L’émission de la CBDC ne permettra probablement pas de remédier à l’instabilité existante ou à la perte de confiance dans la monnaie nationale », peut-on également lire.</p><p>Le FMI prépare ici les esprits à l’inavouable. A savoir que le CBDC ne viendra qu’après l’écroulement du système existant, après l’hyperinflation… « L’émission de CBDC nécessitera que les banques centrales puissent offrir des comptes courants au grand public »…</p><p>Voyez ce tweet du FMI qui suggère finement que le CBDC sera la réponse apportée face à la perte de productivité (baisse de la production de pétrole) et l’inflation concomitante :</p><p lang="en" dir="ltr" xml:lang="en"><a href="https://twitter.com/hashtag/POLL?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#POLL</a>: We want to hear from you. ⬇️</p><p>Which of these topics would you like to learn more about?</p>
<p>— IMF (@IMFNews) <a href="https://twitter.com/IMFNews/status/1431347866442862594?ref_src=twsrc%5Etfw">August 27, 2021</a></p>

<p>Remplacez “productivity growth” par “quantité de pétrole disponible” et il vous apparaitra que tout ce dont nous parlons dans cet article est au coeur de la réflexion des stakeholders du Great Reset dont le FMI est évidemment pleinement partie prenante.Et après ce Great Reset ?</p>
<p>Nous disions en première partie que notre système de création monétaire à partir de dettes et d’intérêts est conçu pour une économie en perpétuelle expansion. Or la baisse de la production de pétrole nous fera inexorablement évoluer d’un monde en croissance exponentielle vers une société en décroissance.</p><p>La question est : après ce Great Reset, après cette semi-explosion de la dette (inflation), quel genre de système monétaire utiliser en sachant que la décroissance rend impossible le ponzi de la dette. Il est en effet impossible de promettre que la dette (et les intérêts…) sera remboursée si l’on sait pertinemment que la production ne peut que reculer.</p><p>Face à ce changement de paradigme, le FMI lâche quelques pistes pas vraiment nouvelles en vérité :</p><p>« Les banques centrales peuvent également avoir besoin de nouveaux pouvoirs comme percevoir des intérêts sur les CBDC. »</p><p>Dit autrement, nous ne recevrons bientôt plus d’intérêts sur notre épargne, nous en payerons ! #Tauxnégatif</p><p>Le bon côté des choses est que les banquiers de ce meilleur des mondes nous payeront pour emprunter. Cela se fait déjà au Danemark. <a href="https://www.wsj.com/articles/with-negative-rates-homeowners-in-europe-are-paid-to-borrow-11616664600">Nykredit</a> – le plus grand fournisseur de prêts immobiliers du pays – a déclaré que plus de 50 % de ses prêts allant jusqu’à 10 ans ont un taux d’intérêt négatif. Oui, les Danois remboursent moins qu’ils n’empruntent.</p><p>Encore une fois, ceci est une conséquence de l’entrée en décroissance. La raison d’être des taux négatifs est de réduire la masse monétaire pour ne pas sombrer dans l’hyperinflation malgré la baisse de la production.</p><p>Que ce soit par l’inflation ou les taux négatifs, il s’agit toujours d’appauvrir les masses pour faire perdurer un peu plus longtemps la fuite en avant de l’endettement.</p>
<p>Un peu de surveillance de masse avec ceci ?</p>
<p>Le CBDC est un formidable outil de surveillance de masse :</p><p>« Les banques centrales peuvent tirer parti de la FinTech pour moderniser leurs propres systèmes de paiement, par exemple, en mettant en place une « <a href="https://www.cointribune.com/tribunes/tribune-des-stablecoins/la-bri-snobe-bitcoin-btc-et-sinteresse-a-un-stablecoin-programmable-de-surveillance-de-masse/">Digital ID</a>. »</p><p>« La fintech pourrait aider les banques centrales dans leur collecte de statistiques. Face à l’explosion des données produites en temps réel, les banques centrales utilisent de plus en plus le Big Data et l’IA pour exploiter de nouvelles sources de données (par exemple celles des réseaux sociaux, du commerce électronique et de l’internet of things) et de nouvelles techniques de collecte et d’analyse (par exemple, machine learning et le text mining). »</p><p>Ces déclarations se passent de commentaires. Elles sont limpides. Il est quasiment certain que le « Pass-sanitaire », le <a href="https://www.cointribune.com/analyses/institutions-entreprises/le-cbdc-petroyuan-devoile-lors-du-forum-de-la-bri/">« Crédit social » à la chinoise</a>, le « CBDC », la « Digital ID », ou encore le « Crédit Carbone », finiront par fusionner tous ensemble. Dans cette <a href="https://www.cointribune.com/guides-crypto/tout-savoir-sur-bitcoin-btc/collision-entre-le-bitcoin-et-la-banque-des-reglements-internationaux-le-22-mars/">dystopie technologique</a>, l’IA nous connaît mieux que nous même et peut décliner nos QR code…</p><p lang="fr" dir="ltr" xml:lang="fr">C'est bon, tout le monde a compris quel était le but de cette hystérie sanitaire ? Prêts pour la "pass-carbone" ? <a href="https://t.co/QM7LCRrkO2">https://t.co/QM7LCRrkO2</a></p>
<p>— Nicolas Teterel ∞/21 (@CryptojournalFr) <a href="https://twitter.com/CryptojournalFr/status/1432609248274436098?ref_src=twsrc%5Etfw">August 31, 2021</a></p>

<p>“Ce que nous avons appris de cette crise Covid, nous l’appliquerons pour la crise climatique” “Nous promet-il des confinements climatiques ?” /</p>
<p>L’un des intérêts propres aux banquiers sera d’interdire de crédit à ceux qui ne rentreront pas dans les cases binaires de leurs algorithmes. C’est exactement ce que <a href="https://www.cointribune.com/analyses/personnalites/jack-ma-a-t-il-ete-kidnappe-par-la-mafia-bancaire/">Jack Ma</a> veut mettre en place en Chine.</p><p>Voici ce que nous écrivions à ce sujet en début d’année :</p><p>« Que veut Jack Ma ? Le patron d’Alibaba n’est pas exactement un sauveur face à la mafia bancaire. La FinTech revient à tomber de charybde en scylla via la fusion de la finance avec la Big data. Pour Jack, « le système de crédit doit être basé sur la Big data pour en faire un bien commun ». Il faut créer un « système de crédit basé sur la Big Data ». C’est en essence ce que propose le FMI qui a publié un article sur son blog faisant l’apologie d’un système de « credit scoring ». Dit autrement, un système analysant les données personnelles (et notamment notre historique de recherche google) qui jugera si quelqu’un est digne de recevoir un prêt et de monter dans l’échelle sociale. »</p><p>La seule échappatoire à cette prison à ciel ouvert est le bitcoin. Il est une monnaie libre de dette et dotée d’une masse monétaire finie qui protége ses détenteurs contre l’hyperinflation promise par la décroissance. Tout le contraire du CBDC qui sera la cerise sur le gâteau d’Ausweis numériques auxquels on essaie de nous habituer en vue des “climate lockdowns”.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/703/un-ancien-agent-secret-suisse-au-regard-hors-normes</guid>
	<pubDate>Sun, 29 Aug 2021 20:24:04 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/703/un-ancien-agent-secret-suisse-au-regard-hors-normes</link>
	<title><![CDATA[Un ancien agent secret suisse au regard hors normes]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Jacques Baud, avec ses cheveux poivre et sel et son sourire prévenant est une personne qui a du tact. Il pèse ses mots, calme et clair. Il va loin dans l'explication des choses pour qu’on puisse comprendre le contexte, il soulève des questions, propose des interprétations qui peuvent paraître inattendues. Il ne s'est donc pas fait que des amis avec ses points de vue divergents sur le sujet qu’il le connaît le mieux: les services de renseignements et leur fonctionnement. Sa grande passion est l’écriture; plus d’une douzaine de livres à son actif, il en a publié trois ces dernières années, et deux sont en cours. Ce qui lui a valu un jour le surnom du «plus bavard des espions suisses». C’est le portrait d’une vie d’un homme qui a «murmuré aux oreilles des services de renseignement du monde entier».</p>
<p>L'arrivée dans le milieu du renseignement</p>
<p>Son parcours a commencé tôt, durant ses études d’économétrie à l’Université de Genève. Il publiait déjà des articles dans des revues britanniques sur des questions militaires, ce qui a attiré l’attention du service de renseignement suisse. Lequel s’est approché de lui pour le recruter.</p><p>Il traite alors les forces du Pacte de Varsovie, y compris celle qui se trouvaient alors en Afghanistan. En 1986, son analyse l’amène à conclure que le Pacte de Varsovie va devoir réduire ses forces. Elle est reçue avec dédain et passe à la poubelle, mais trois ans plus tard Mikhaïl Gorbatchev annonce une réduction des forces du Pacte de Varsovie: les chiffres qu’il évoque sont à 5'000 hommes près les mêmes que ce que Baud avait anticipé!.. Durant cette période, il reçoit des informations de la résistance afghane sur les tactiques soviétiques. En retour, il écrit un manuel pour aider les moudjahidin à neutraliser les mines soviétiques. Ce petit ouvrage sera repris par les Américains durant la guerre du Golfe. </p><p>Dans les années 90, alors que la Suisse commence à s’intéresser à la question des mines anti-personnel, le Département des affaires étrangères sollicite l’expérience de Jacques Baud. Il propose alors la création d’un centre de déminage au profit des Nations Unies. Il est envoyé deux ans aux Nations Unies à New York pour créer ce centre et un système de gestion informatique qui recense et traite les informations sur le minage. Un système qui est aujourd’hui en activité dans plus de 70 pays et qui est géré par le Centre International de Déminage Humanitaire de Genève.</p>
<p>Premier livre, un succès</p>
<p>En 1997, ce colonel d’Etat-major général, publie une «Encyclopédie du renseignement et des services secrets» chez un éditeur français. Le succès est immédiat. Ce pavé de plus de 500 pages dépasse les 50'000 exemplaires. Il fait grincer quelques dents chez ses collègues à Berne. Mais à l’étranger, il devient rapidement une référence, y compris dans les services de renseignement, qui lui envoient alors des informations pour compléter les futures éditions du livre. Dans certains pays de l’Est, il est traduit et utilisé pour la formation de leurs agents. Ecrivant après l’affaire des fiches en Suisse, Jacques Baud défend une idée simple: les services de renseignements ne peuvent travailler que dans la confiance, il est donc inutile de les entourer de trop de mystères; leur travail doit rester confidentiel, mais leur existence et leurs domaines d’activités peuvent être connus, car 90% des informations qu’ils utilisent sont ouvertes. Certes, il ne dévoile que ce qui est dévoilable. Pas question de porter préjudice aux services. Mais, dans un contexte démocratique, le secret ne garantit pas forcément la sécurité. Ce qui lui paraît déterminant, c’est l’intelligence avec laquelle on traite les données et comment la réflexion est partagée au sein d’un service de renseignement. </p><p>Deux ans plus tard, il publie un autre pavé, cette fois-ci avec plus de 700 pages, une «Encyclopédie des terrorismes et violences politiques». Par définition, une encyclopédie se veut un ouvrage de référence visant à synthétiser toutes les connaissances pour les rendre accessibles au public dans un but d’éducation, d’information ou de soutien à la mémoire. L’édition 2005 de cet ouvrage recevra le prix du meilleur livre sur la sécurité du Ministère de l’Intérieur en France.</p>
<p>Département des affaires étrangères, l’ONU puis l’OTAN, qui dit mieux?</p>
<p>En 2002, il est engagé par le Département des Affaires étrangers pour contribuer à développer le Centre de politique de sécurité internationale (CPSI) fraichement créé. Pour mémoire, il s’agit de l’une des unités qui complètent les services helvétiques, les deux principales étant le Service de renseignement stratégique du département de la Défense et le Service d'analyse et de prévention du département de Justice et Police. </p><p>Son ouvrage, «La guerre asymétrique ou la défaite du vainqueur», publié peu avant la guerre d'Irak, analyse méthodiquement les mécanismes du terrorisme et la manière de les contrer. Il jette un regard critique sur la stratégie des États-Unis et de la Grande-Bretagne dans le conflit irakien.</p><p>Il reçoit un mandat des Nations Unies pour aider à créer une structure de renseignement multidimensionnel pour les opérations de maintien de la paix. En 2003, l’ONU venait de subir une attaque mortelle contre ses bureaux à Bagdad, Kofi Annan ne souhaitait plus s’appuyer sur les espions des grandes puissances, notamment américains. L’agent suisse est choisi pour prendre la tête du premier «Joint Mission Analysis Center» (JMAC) au Soudan. Le JMAC est un organe civilo-militaire, directement subordonné au représentant spécial du Secrétaire-général des Nations Unies. Avec une équipe de 30 collaborateurs (moitié militaires, moitiés civils, moitié féminins, moitié masculins) Jacques Baud recense les groupements rebelles, discute avec eux, reconstitue leurs structures formelles et informelles sur la base des liens familiaux, amicaux, voire économiques, un vrai travail de renseignement. A cette occasion Jacques Baud constate que les informations qui circulent en Occident ont peu à voir avec la situation sur le terrain: les milliers de morts rapportés par les médias n’avaient aucune réalité, les «janjaweed» que l’on attribuait au gouvernement s’attaquaient aux forces gouvernementales. </p><p>Le quartier-général des Nations Unies à New York le rappelle alors et l’engage comme chef de la doctrine des opérations de maintien de la paix aux Nations Unies où il traite notamment la protection des civils et de la coopération civilo-militaire. Il a ainsi pu suivre la situation en Libye et une fois de plus, constater que la réalité du terrain ne correspondait guère à celle rapportée dans les médias. Il publie alors le livre «Le renseignement et la lutte contre le terrorisme» qui explique les mécanismes complexes du terrorisme et du renseignement, analyse les défauts du système actuel et la manière d'y remédier dans le cadre d'une lutte plus efficace contre le terrorisme.</p><p>Après cette mission, il passe directement de New York à Nairobi, où il effectue un travail semblable: travailler sur la doctrine de maintien de la paix pour la force d’intervention de l’Union Africaine. Deux ans plus tard il est nommé à l’OTAN à Bruxelles, comme chef de la lutte contre la prolifération des armes légères. Un poste particulier puisque la Suisse ne fait pas partie de l’OTAN. Il existe alors quelques postes négociés bilatéralement entre l’OTAN et des pays dits «partenaires». Ainsi, Jacques Baud est le seul Suisse à y travailler. Depuis Bruxelles, il observe l’enlisement de la situation en Lybie et la crise ukrainienne. Et une fois de plus, il est frappé par l’écart entre les informations transmises dans les médias et les réalités complexes du terrain.</p>
<p>2016, «Terrorisme: mensonges politiques et stratégies fatales de l’Occident»</p>
<p>Avec sa riche expérience, sa passion d’écrire et sa méthode analytique, Jacques Baud publie un ouvrage de plus de 400 pages où il critique radicalement la «guerre contre le terrorisme» menée par l'Occident, et en particulier par les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France. La violence d'aujourd'hui a été provoquée par des gouvernements occidentaux en quête de succès extérieurs pour compenser leurs déboires en politique intérieure. Le terrorisme est né d'une résistance (Djihad) contre les interventions militaires occidentales, presque toujours illégitimes et souvent illégales, oubliées ou camouflées par des mensonges. Un livre sans concessions, qui condamne une certaine hypocrisie occidentale, et décrypte les insuffisances du renseignement et de nos décisions, pour nous pousser à porter un regard plus critique et mieux informé sur les conséquences de nos propres actions. </p>
<p>Fake News</p>
<p>Aujourd’hui, le colonel à l'Etat-major général qui reste établi à Bruxelles est un retraité heureux et toujours passionné par l’écriture. </p><p>En 2020, il a sorti un livre intitulé «Gouverner par les Fake News, 30 ans d’infox par les pays occidentaux» (BPLT en a parlé <a href="https://bonpourlatete.com/actuel/l-agent-suisse-qui-denonce-les-fake-news-des-gouvernements" target="_blank" rel="noopener">ici</a>). Cet ouvrage de 400 pages, sans doute jugé provocant, lui a valu le silence des grands médias. Durant toutes les années actives dans les services de renseignement du monde entier, il y a été considéré et invité comme un expert indéniable du terrorisme pour se retrouver à la fin de sa carrière sur le banc des accusés. Suite à plusieurs interviews, notamment à TV Libertés, Le Media, RT France et Sputnik où il a détaillé les nombreuses contre-vérités, il est accusé par le site Conspiracy Watch de «cocher toutes les cases du conspirationnisme géopolitique». La réponse de Jacques Baud? «Comme on le verra dans mon dernier ouvrage sur Navalny, Conspiracy Watch est une structure qui travaille au profit du gouvernement britannique. Sa démarche est un exemple magistral d’arguments basés sur des informations que l’on a soigneusement choisies en retirant celles qui dérangent. Certaines de ses affirmations sont même contredites par le président Obama lui-même! Un comble! Ils ont fait un travail à charge, d’ailleurs, ils n’ont même pas eu le courage d’accepter ma demande de droit de réponse!»; «En fait, Conspiracy Watch n’a pas compris (ou voulu comprendre) que le propos de mon livre n’est pas de "blanchir" certains acteurs, ni de déterminer si X ou Y a raison ou tort, voire affirmer des "vérités", mais de montrer que les jugements sur lesquels les gouvernements occidentaux sont basés sur des informations très incomplètes, mais ont des conséquences parfois dramatiques.»</p><p>Libre à chacun de se faire une opinion.</p>
<p>Entretien avec Jacques Baud</p>
<p>Si vous souhaitez en savoir plus sur le plus bavard de nos agents secrets, nos confères d’Antithèse l’ont interviewé récemment. Vous trouverez <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Wec5V-OQKyM" target="_blank" rel="noopener">ici un long entretien</a> où il répond en détail à toutes les questions imaginables.</p>
<p>Indications bibliographiques<br />Encyclopédie du renseignement et des services secrets, Paris, Lavauzelle, 1997, 524 p.<br />Encyclopédie du renseignement et des services secrets, Paris, Lavauzelle, 1998, 598 p.<br />Encyclopédie des terrorismes, Paris, Lavauzelle, 1999, 270 p.<br />Les forces spéciales de l'Organisation du Traité de Varsovie : 1917-2000, Paris, L'Harmattan, 2002, 219 p.<br />Encyclopédie du renseignement et des services secrets, Panazol, Lavauzelle, 2002, 740 p.<br />Encyclopédie des terrorismes et violences politiques, Panazol, Lavauzelle, 2003, 752 p.<br />La guerre asymétrique ou la défaite du vainqueur, Monaco, Editions du Rocher, 2003, 212 p.<br />Le renseignement et la lutte contre le terrorisme: stratégies et perspectives internationales, Panazol, Lavauzelle, 2005, 413 p.<br />Encyclopédie des terrorismes et violences organisées, Panazol, Lavauzelle, 2009, 1278 p.<br />Djihad: l'asymétrie entre fanatisme et incompréhension, Panazol, Lavauzelle, 2009, 185 p.<br />Terrorisme: mensonges politiques et stratégies fatales de l'Occident, Monaco, Editions du Rocher, 2016, 424 p.<br />Gouverner par les Fake News, Clamecy, Max Milo, 2020, 399 p.<br />L'affaire Navalny - Le complotisme au service de la politique étrangère. Clamecy, Max Milo, 2021, 144 p.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/702/institut-detudes-de-geopolitique-appliquee</guid>
	<pubDate>Fri, 27 Aug 2021 11:09:22 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/702/institut-detudes-de-geopolitique-appliquee</link>
	<title><![CDATA[Institut d&#039;Études de Géopolitique Appliquée]]></title>
	<description><![CDATA[<p>D'aucuns imaginent la puissance américaine en déclin et brandissent le cas afghan comme le symbole de sa perte de puissance. En réalité il n'en est rien. La première puissance mondiale a préparé, depuis plus d'une décennie, son redéploiement stratégique : un désengagement des théâtres d'opérations méditerranéen et moyen-orientaux, pour se focaliser sur une nouvelle région bien plus stratégique dans la nouvelle guerre économique avec la Chine, l'indo-pacifique. Le « pivot » engagé par Barack Obama est aujourd'hui assumé par Joe Biden.</p><p>Loin du déclin, les États-Unis préparent au contraire leurs offensives contre leurs nouveaux adversaires, au premier rang desquels la Chine. Leur méthode ? Ne plus sacrifier des hommes et des budgets dans des guerres sans fin, ne plus tenter d'instaurer à l'étranger une démocratie libérale sur la base de valeurs étrangères [1] dont le résultat est à chaque fois (Irak, Afghanistan) implacable, à savoir le rejet par une partie des populations locales, dont on a trop souvent oublié de prendre en compte le nationalisme et le prisme religieux. De quoi nous interroger dans une autre mesure, en France, sur l'avenir de notre engagement au Mali où les groupes que l'on combat bénéficient d'un soutien populaire.</p><p>Quoi qu'il en soit, la puissance américaine, bien que désengagée des théâtres d'opérations, disposera toujours de puissants moyens de détection [2] sur les théâtres où elle s'est désengagée. En cas de nécessité, elle pourra toujours dissuader et frapper lorsque ses intérêts seront directement menacés. Si le théâtre afghan est essentiellement une affaire locale et régionale, qui devra se régler aux échelles locale et régionale, les États-Unis ont déjà noué le contact avec les forces vives en Afghanistan. Les Américains connaissent bien Abdul Ghani Baradar, qualifié de premier vice-commandeur des croyants de l' « Émirat islamique d'Afghanistan » et chef du bureau politique des talibans. Arrêté au Pakistan en 2010, il a été libéré en 2018 à la demande des États-Unis qui ont fait de lui leur principal interlocuteur. Dès lors, aujourd'hui, les États-Unis ont un contact au plus haut niveau avec les talibans [3].</p><p>Pour l'heure, la priorité américaine est dans les océans Indien et Pacifique, en mer de Chine méridionale, dans le détroit de Malaca, le canal de Panama et toute l'Asie du Sud-Est [4]. Plus que jamais, l'Union européenne doit penser à son autonomie stratégique. Si la présidence Trump avait imposé aux Européens de repenser leurs intérêts stratégiques, certains voyaient en l'élection de Joe Biden le retour de l'allié américain, garant de nos intérêts et de notre protection. Grand mal leur en a pris. Sur les plans géopolitique et géoéconomique, les prochaines décennies seront guidées par la compétition sino-américaine [5]. C'est là que se nouent les nouveaux équilibres stratégiques.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>

</channel>
</rss>