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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Mon, 01 Nov 2021 21:36:20 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Wok&#039;ier : Quand les séries télévisées se mettent à prôner la haine de la France !]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Laurent Wauquiez: </p>

<p>"Quand les séries télévisées se mettent à prôner la haine de la France : de l’urgence d’arrêter tout de suite </p>

<p>L’avantage des réseaux sociaux, c’est que, de temps en temps, on tombe sur des perles qui font réagir. Cette semaine nous en a livré deux sur lesquelles je voudrais revenir avec vous.</p>

<p>La première est tirée d’une série du service public « L’Ecole de la vie » et raconte les pérégrinations d’un professeur d’histoire. Une des scènes de la série mérite qu’on s’y arrête. Je passe déjà sur le fait que le professeur fait évidemment cours en sweat-shirt, posture cool - pour incarner l’autorité on repassera - mais cela fait malheureusement longtemps qu’on n’en est plus là. Nous voici donc dans la salle de classe et le débat tourne autour de l’empire colonial français. La salle rivalise de mots pour dénoncer évidemment les horreurs prêtées à la France – bon, on est assez loin de Céline dans Voyage au bout de la nuit et les arguments tournent vite à la caricature. Mais, au fond de la salle, un élève - blanc bien évidemment pour achever de camper la caricature - lève le ton en disant qu’on a aussi apporté la civilisation. Horreur ! Tollé général et pour éviter que la discussion ne prenne la moindre tournure intéressante, les scénaristes mettent dans la bouche de l’élève une phrase raciste ; le professeur lui tombe dessus et le met physiquement hors de sa salle de cours. La suite de la série sera à la hauteur de cet extrait, puisque l’on va découvrir que l’élève en question est un horrible militant d’extrême-droite qui finira par attaquer au couteau un élève maghrébin.</p>
<pre>
Sans revenir jusqu’à « Thierry la Fronde », il y a une époque où le service public s’employait au moins à nous faire aimer les grandes œuvres de la littérature française. Eh bien non, le message de la série est tout autre : si vous aimez la France, c’est que vous êtes raciste. CQFD. Affligeant.
</pre>
<p>Arrêtons-nous un moment. Je passe d’abord sur la tristesse que m’inspire l’aveuglement du scénario. Un professeur s’est fait décapiter en France par un islamiste, mais, bien évidemment, nos séries télévisées préfèrent une histoire où un horrible élève d’extrême-droite tente de tuer un maghrébin. Quand on préfère détourner le regard des vrais sujets, on peut toujours compter sur le service public. Mais l’essentiel est ailleurs. D’abord, aucun débat possible, la France n’aurait commis que des crimes dans son histoire et de préférence des crimes contre l’humanité. Pourtant, des historiens sérieux se sont employés à montrer que la réalité est plus complexe, à l’image de Jacques Marseille ; la France, contrairement au Royaume-Uni, n’a jamais été dans une démarche consistant seulement à exploiter économiquement ses colonies et était portée notamment sur le plan de l’éducation ou des grandes infrastructures par le mythe de la France universelle et civilisatrice. Étrange ensuite qu’au lieu d’apprendre à chérir l’histoire de France, ses grands moments, sa lente construction, son refus constant de tous les totalitarismes, les séries du service public préfèrent nous apprendre à nous détester. Sans revenir jusqu’à « Thierry la Fronde », il y a une époque où le service public s’employait au moins à nous faire aimer les grandes œuvres de la littérature française. Eh bien non, le message de la série est tout autre : si vous aimez la France, c’est que vous êtes raciste. CQFD. Affligeant.</p>

<p>Mais TF1 n’est pas en reste. Cette fois-ci, on est avec « Demain nous appartient », série de grande audience diffusée juste avant le journal de 20h. Nous voilà dans la cour de récréation. Une jeune étudiante, visiblement au bord de l’insurrection – sur le mode « je suis trop en colère » - apostrophe ses camarades : « je suis Lopez-Diallo, j’en ai marre de pas me retrouver dans nos programmes, l’Education nationale en a rien à foutre de nos individualités. Les programmes ont été créés par des hommes blancs hétéros qui nient nos différences. » Tous les élèves l’acclament : « bien dit meuf ! » Galvanisée, elle enchaîne : « on veut étudier des auteurs, noirs, gays, non-binaires. » Au fond de la cour, un horrible élève, blanc évidemment, maugrée. La conclusion tombe, impitoyable : il se fait qualifier de vieux mâle blanc. Tirez le rideau. Autre visage, même haine de la France. Mais, cette fois-ci, le principe c’est que chacun n’existe qu’à travers ses différences, il faut appartenir à une minorité pour avoir voix au chapitre. Apprendre ce qu’on a en commun, devenir un citoyen, défendre ce qui fait que nous sommes français, tout ceci doit céder devant un seul impératif : vive les minorités qui doivent imposer leur volonté à la majorité. J’ai trop vu ce que cela donne aux États-Unis, notamment en Californie ; je vois trop à ce que cela conduit – le démembrement de notre société ; je ne verrai pas cela monter en puissance sans réagir.</p>

<p>Ce chemin ne conduit qu’à l’échec. Et nous ne pouvons considérer comme anodin que des séries télévisées n’aient plus honte de relayer ces discours de déconstruction et de haine de la France. Il faut réagir, car quand nous faisons cela nous sommes les meilleurs alliés de tous ceux qui, dans les quartiers, prônent la haine de la France, ce que Pascal Bruckner avait très bien et très tôt compris quand il disait : « la repentance permanente nous désarme face à la barbarie de l’islamisme ».</p>

<p>Alors, je le dis clairement aux esprits chagrins : je suis pour qu’on apprenne à aimer la France, son histoire, ses valeurs, sa littérature ; je pense que pour qu’une société tienne il faut apprendre ce qu’on a en commun ; je crois que la plus belle des choses à transmettre à nos enfants n’est pas de s’enfermer dans une minorité, mais de devenir libre en devenant citoyen de la République."</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 31 Oct 2021 20:49:55 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[L’Empire et ses techniques de guerre hybride]]></title>
	<description><![CDATA[<p id="caption-attachment-103318" class="wp-caption-text">Le quartier général de l’OTAN à Bruxelles</p><p>Animé d’un complexe de supériorité à toute épreuve, alimenté par sa supériorité technologique, l’Europe d’abord, puis les États Unis, ce que nous appelons « le monde occidental » dans nos textes, a toujours prétendu régner sur le monde. Piller ses ressources, imposer sa loi et son idéologie, combattre avec acharnement tout peuple ou dirigeant résistants. Bien sûr, tout cela au nom de « la civilisation », histoire de conserver bonne conscience.</p><p>Mais, au contraire de ce que pense la majorité des occidentaux, la décolonisation n’a pas entraîné la fin de la volonté de domination occidentale. Celle-ci n’a fait que prendre des moyens détournés, beaucoup moins visibles mais toujours bien présents. Nous allons vous montrer, dans ce chapitre, que la volonté impériale occidentale est toujours bien présente et les techniques utilisées pour l’exercer sans que les peuples, occidentaux ou pas, n’en soient conscients.</p><p>Pourquoi cacher « l’Empire » et son impérialisme aux yeux des peuples occidentaux ? Parce que, comme s’en est aperçu le gouvernement étasunien pendant la guerre du Vietnam, le peuple occidental, dans sa grande majorité et en particulier chez les jeunes, ne veut plus de colonisation ni de guerre d’agression. Ce peuple à une image de lui-même qui reflète la bienveillance, le sens de l’humanité et de la justice, la liberté de penser et la démocratie, les droits de l’homme…Notions que les gouvernements occidentaux vont donc être obligé d’accoler à chacune de leurs initiatives impériales afin que leurs peuples ne se rebellent pas contre elles. Guerres humanitaires, obligation de protéger des peuples martyrisés par leur « dictateur », défense des droits des minorités opprimés…Les États-Unis maquillent d’un vernis de bienveillance toutes leurs guerres impériales. Et, sous l’effet d’une intense propagande médiatique complice, la population gobe l’alibi et se débarrasse ainsi de toute culpabilité.</p><p>Mais alors pourquoi les médias, qui ne sont maintenant plus aux mains de l’État mais sont soit disant « indépendants », collaborent-ils à ce néocolonialisme ? D’une part parce que les propriétaires de ces médias sont les riches fortunes qui profitent financièrement de ce néocolonialisme et doivent donc l’entretenir pour accroître encore plus cette fortune, d’autre part pour manipuler les consciences afin que la population continue de croire qu’elle vit dans un pays démocratique, égalitaire, bienveillant. Enfin, que le meilleur et unique système socio-économique est celui dans lequel nous vivons et qu’il est « logique et bienveillant » de l’imposer aux autres, pour leur bien, les pauvres. Ce monopole médiatique permet, en dernier lieu, de cacher aux populations occidentales la décadence dans laquelle le monde occidental est engagé à cause de l’incurie du système ultralibéral que ses élites cherchent à imposer au monde entier.</p><p>Nous verrons donc dans ce chapitre les techniques que le monde occidental, en particulier le monde anglosaxon qui est un expert en guerre hybride, utilise contre les pays qui ne veulent pas coopérer avec « l’Empire ». Ingérence politique en soutenant l’opposition, Révolutions de couleurs et installation d’une marionnette au pouvoir, attaques sous fausses bannières, assassinats politiques, chantages et sanctions économiques, propagande mensongère et autres « psyops » [opérations psychologiques pour créer une situation de toute pièce], intimidation militaire allant jusqu’à lancer une « guerre humanitaire »…Entre approches théoriques et exemples concrets, nous allons vous montrer ces techniques de guerre hybride utilisées pour mettre au pas les récalcitrants (Venezuela, Cuba, Corée du Nord, Iran…) les gêneurs (Irak, Syrie, tout homme politique populaire se voulant indépendant) et les concurrents potentiels (Russie, Chine).</p><p>Mais voyons d’abord cette notion « d’Occident », « d’Empire » et de guerres hybrides impérialistes qui touchent le monde entier.</p><p>La Russie est depuis longtemps l’ennemi né de l’Empire, comme nous le verrons plus en détail dans le chapitre <a href="https://lesakerfrancophone.fr/5-le-combat-usa-vs-russie">« le combat USA-Russie »</a>.</p><p>L’Amérique du sud, dite l’arrière-cour des Etats Unis, en particulier Cuba, le Venezuela riche en pétrole et tout pays virant à gauche, sont sous les fourches caudines des Etats Unis.</p><p>Le Moyen orient et ses richesses pétrolières. L’Afghanistan en 2001 puis l’Irak, la Somalie, la Syrie, la Lybie et enfin l’Iran qui, depuis la destitution du Shah, résiste à l’impérialité étasunienne.</p><p>Nous aurons un chapitre détaillé <a href="https://lesakerfrancophone.fr/10-la-syrie">sur la Syrie</a> qui, depuis 2015, subit les foudres de l’Empire.</p><p>Même les alliés récalcitrants sont mis au pas.</p><p>L’Afrique, l’Asie, le monde entier doit obéissance à l’hégémon.</p><p>Après ces quelques exemples pour vous montrer la réalité d’un « empire étasunien », nous allons passer en revue les différentes « armes de guerre hybride » utilisées par l’Empire pour exercer son pouvoir impérial.</p><p>Voyons d’abord les maîtres d’œuvre officiels de cet impérialisme, la CIA pour l’action dans l’ombre et l’OTAN pour la force visible.</p><p>L’OTAN, le bras armé de l’Empire.</p><p>La CIA, le maître d’œuvre caché de l’impérialisme étasunien et ses supplétifs du Mi6, du Mossad et des « Five Eyes » (le regroupement des services secrets étatsuniens, anglais, canadiens, australiens, néo-zélandais).</p><p>Sans oublier le Pentagone.</p><p>A notre époque de privatisation totale, pourquoi ne pas privatiser les outils de l’impérialisme ? c’est le cas avec George Soros et les « ONG humanitaires ».</p><p>Conséquence de cette guerre hybride menée par l’intermédiaire d’ONG,</p><p>Une des plus vieilles techniques occidentales pour continuer à exercer un pouvoir sur les anciennes colonies fut d’y placer leurs propres marionnettes à la tête. Le changement de régime et sa version plus « démocratique », la révolution de couleur, continuent d’être pratiqués.</p><p>Le dollar qui est devenue la monnaie internationale est utilisé comme arme financière.</p><p>Grace au dollar et au système financier occidental, les sanctions et pressions sur l’économie des pays sont faites pour affamer le peuple afin que celui-ci se révolte contre son dirigeant qui est dans la ligne de mire de « l’Empire ».</p><p>Les attaques sous fausse bannière, un vieil outil toujours d’actualité.</p><p>Le terrorisme est depuis longtemps utilisé pour déstabiliser les gouvernements en place. La manipulation d’attentats terroristes sous fausse bannière ne date donc pas d’aujourd’hui. Après la seconde guerre mondiale, la CIA avait déjà monté l’opération Gladio et des groupes appelés Stay Behind pour empêcher l’idéologie communiste de s’étendre en Europe de l’Ouest.</p><p>Voyons maintenant ce qu’il en est du terrorisme à notre époque.</p><p>Arrestations arbitraire et assassinats par drones.</p><p>Même si on en parle peu, le risque de guerre bactériologique est bien là.</p><p>Attaques informatiques et cyber guerre comme dernière arme de guerre hybride en date.</p><p>La perversion des organismes internationaux.</p><p>Et même du sport.</p><p>Les manipulations psychologiques des populations par les médias, dites propagande de guerre ou « psyops » en anglais, sont faites pour que les peuples ne comprennent pas les causes réelles de tous ces événements qui troublent une hypothétique paix mondiale et en viennent à soutenir ces « guerres hybrides » qui ne ressemblent pas à de vraies guerres.</p><p>Voici un chapitre entier pour donner un exemple détaillé de « psyop » montée contre la Russie, <a href="https://lesakerfrancophone.fr/12-laffaire-skripal">l’affaire Skripal</a>.</p><p>Pour une bonne vue d’ensemble de l’Empire, lisez l’interview de Daniele Ganser, l’auteur du livre « les guerres illégales de l’OTAN ».</p><p>Et pour ceux qui veulent rentrer dans les détails théoriques, voici le travail d’Andrew Korybko, le spécialiste de la théorie des guerres hybrides.</p><p>Une fois ces techniques de guerre hybride bien comprises, voyons maintenant le « terrain de jeu » sur lequel l’Empire va exercer son pouvoir, l’Eurasie, dont il faut à tout prix empêcher l’intégration en sapant ses deux gros piliers de soutien, la Russie et la Chine. Ce que les spécialistes du sujet nomment <a href="https://lesakerfrancophone.fr/4-leurasie-terrain-du-grand-jeu">« le Grand jeu »</a>.</p><p>Ceux que la géopolitique internationale intéresse peu, peuvent passer directement au chapitre montrant que derrière le système dit démocratique du monde occidental se cache en réalité <a href="https://lesakerfrancophone.fr/13-ploutocratie-et-ultraliberalisme">une ploutocratie</a> et un <a href="https://lesakerfrancophone.fr/17-quest-ce-que-letat-profond">État profond</a> qui dirige l’Empire.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 31 Oct 2021 20:45:53 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Une alliance Franco-Russe est-elle encore possible ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Emmanuel Leroy − Octobre 2021</p><p id="caption-attachment-104630" class="wp-caption-text">Emmanuel Leroy (debout) et Slobodan Despot (Assis)</p><p>Mesdames et Messieurs,</p><p>Pour bien présenter les choses, et de manière un peu paradoxale, je voudrais commencer mon introduction par une conclusion, celle que fit Alexis de Toqueville, le célèbre philosophe français dans son fameux livre De la démocratie en Amérique paru en 1835 :</p><p>Il y a aujourd’hui sur la terre deux grands peuples qui, partis de points différents, semblent s’avancer vers le même but : ce sont les Russes et les Anglo-Américains. Tous deux ont grandi dans l’obscurité ; et tandis que les regards des hommes étaient occupés ailleurs, ils se sont placés tout à coup au premier rang des nations, et le monde a appris presque en même temps leur naissance et leur grandeur. Tous les autres peuples paraissent avoir atteint à peu près les limites qu’a tracées la nature, et n’avoir plus qu’à conserver.</p><p>Mais eux sont en croissance : tous les autres sont arrêtés ou n’avancent qu’avec mille efforts ; eux seuls marchent d’un pas aisé et rapide dans une carrière dont l’œil ne saurait encore apercevoir la borne (…). Pour atteindre son but, le premier s’en repose sur l’intérêt personnel, et laisse agir, sans les diriger, la force et la raison des individus. Le second concentre en quelque sorte dans un homme toute la puissance de la société (…). Leur point de départ est différent, leurs voies sont diverses ; néanmoins, chacun d’eux semble appelé par un dessein secret de la Providence à tenir un jour dans ses mains les destinées de la moitié du monde.</p><p>Presque deux siècles après la sortie du livre de Toqueville, il faut reconnaître à cet auteur d’avoir eu une certaine prescience des événements, même si l’on peut observer que depuis le XIXème siècle, c’est un peu plus de la moitié du monde que les Anglo-américains ont mis sous leur coupe, bien que l’on puisse remarquer aujourd’hui leur retrait en Irak, en Syrie et en Afghanistan, prélude sans doute à d’autres abandons, ce qu’illustre parfaitement le célèbre aphorisme prêté, entre autres auteurs, à Oscar Wilde : « Les États-Unis d’Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence, sans jamais avoir connu la civilisation. »</p><p>Sur les relations diplomatiques entre la France et la Russie depuis le 11ème siècle, force est de reconnaître qu’elles connurent des hauts et des bas et que de Henri 1er à Emmanuel Macron ce fut un peu un parcours de montagnes russes entre nos deux pays ; mais j’observe que dans la langue française, il n’existe pas de mot péjoratif pour désigner un Russe. Tout au plus, on dira un Popov ou un cosaque – ce qui pour les Russes serait plutôt un compliment – alors que pour d’autres pays voisins comme l’Angleterre ou l’Allemagne avec lesquels la France fut longtemps en guerre, les termes dépréciatifs ne manquent pas : des Godons aux Rosbifs en passant par les Schleuhs ou les Boches et je ne les citerai pas tous.</p>
<p>Aujourd’hui quel est l’état des lieux que l’on peut faire dans le domaine des relations franco-russes ?</p>
<p>On se souvient que le quinquennat de M. Macron avait commencé de manière assez ambiguë en accueillant avec faste Vladimir Poutine à Versailles en mai 2017 à l’occasion du tricentenaire de la venue de Pierre 1er en France, ce qui ne l’avait pas empêché d’accuser la Russie d’être intervenue dans la campagne présidentielle de l’année précédente. Puis, lors du Forum de Saint Pétersbourg le 25 mai 2018 le journal Kommersant avait noté qu’ « Emmanuel Macron était étonnamment soumis à Vladimir Poutine » et plus fort encore, ce qu’aucun chef d’État occidental n’avait encore admis «  que l’OTAN n’avait pas tenu ses promesses faites à la Russie, que l’Occident et surtout les États-Unis étaient responsables de la dégradation des relations avec la Russie ».</p><p>Mais ce n’est pas tout, durant l’automne 2019, le président français recevait les félicitations du journal Vzgliad qui écrivait, je cite : « Macron est devenu le nationaliste n°1 en Europe […] Il se comporte comme Marine Le Pen ». La comparaison est peut-être un peu osée et parfois la presse russe, il faut le reconnaître, fait preuve d’un optimisme quelque peu excessif.</p><p>Mais toutes ces déclarations sont à remettre en perspective et surtout dans leur contexte. N’oublions pas que depuis 2016, Donald Trump est au pouvoir et que son arrivée dans l’arène politique internationale a provoqué un véritable électrochoc dans les chancelleries occidentales. La parfaite adéquation qui existait entre les capitales européennes et Washington avant l’élection de M. Trump a volé en éclat et désormais les chefs d’État occidentaux ont perdu leur chef d’orchestre et ne savent plus à quel saint se vouer, si j’ose dire.</p><p>Ceci explique en grande partie la position française durant ces 4 années, avec notamment la critique de l’OTAN et le rapprochement sur certains sujets avec les positions du Kremlin. Mais au final, n’oublions jamais que M. Macron a fait ses classes à la French American Foundation, comme ses deux prédécesseurs et un certain nombre d’autres dirigeants français, et je doute fort que cette officine créée par M.M. Giscard d’Estaing et Gerald Ford au siècle dernier soit devenue une pépinière d’agents du Kremlin.</p><p>Donc, pour résumer notre propos, M. Macron a profité du relatif effacement de l’Amérique sur la scène internationale durant les années Trump, pour tenter de faire avancer son agenda européen, quitte à relâcher un peu la pression contre la Russie, essentiellement en paroles, car dans les faits, la France ne s’est jamais désolidarisée de la politique de sanctions anti-russe votée à l’initiative de Londres et de Washington.</p><p>Pour entrer dans le vif du sujet, sur la possibilité d’une alliance entre la France et la Russie, je vous propose d’examiner la situation dans chacun des deux pays :</p>
<p>État des lieux en France</p>
<p>Il n’est pas aisé de le reconnaître tant cela est difficile à accepter mais cela fait très longtemps que la France a perdu sa souveraineté au profit d’une bourgeoisie compradore elle-même au service de l’oligarchie anglo-saxonne. On peut bien évidemment faire remonter les origines de cet abandon à la Révolution française, mais des signes avant-coureurs se faisaient déjà sentir sous l’Ancien régime.</p><p>Cela s’est fait de manière subreptice, sans à-coups majeurs, essentiellement par la corruption mais aussi par une habile politique d’influence qui a consisté à subjuguer et corrompre les élites françaises, à les convertir à l’idéologie marchande. Cela n’empêcha pas bien sûr quelques sursauts ou quelques frictions, on se souvient de Fachoda ou de Mers-El-Kébir, mais dans l’ensemble, et surtout après la parenthèse napoléonienne, la haute bourgeoisie française avait choisi son camp, celui de l’alliance avec Albion et la haute finance.</p><p>De la Restauration jusqu’à aujourd’hui – hormis quelques rares sursauts d’indépendance comme sous le règne de Charles X ou l’épisode gaullien – la France fut un pays sous influence dont l’espace de souveraineté s’est réduit comme une peau de chagrin d’année en année et dont la marge de manœuvre aujourd’hui est à peu près aussi étendue que celle dont disposait un Etat satellite membre du Pacte de Varsovie. C’est d’ailleurs ce que disait à sa façon Vladimir Poutine en 2011 : « Nous aimerions être alliés aux États-Unis, mais ce que je vois aujourd’hui (…) ce n’est pas une alliance ; parfois, j’ai l’impression que l’Amérique ne veut pas d’alliés mais qu’elle veut des vassaux ». On voit ici la parfaite maîtrise de l’art de la litote du président russe.</p><p>De fait, la France se trouve depuis les traités de Maastricht et de Lisbonne dans la situation d’un pays ayant abdiqué toute idée d’indépendance en la transférant à des fonctionnaires européens, donc non élus, qui émettent leurs directives dans la plus totale opacité et sous la pression continue des groupes de pression financiers ou idéologiques. En même temps, ayant abandonné sa monnaie au profit de l’euro, aucune politique économique nationale ne peut être lancée sans l’accord de la BCE et aucun pays ne peut prétendre à la souveraineté lorsqu’il n’est pas maître de sa monnaie, et a fortiori lorsque des juges étrangers sont maîtres de ses lois et de sa jurisprudence.</p><p>Et lorsque la république française se croit encore une grande puissance en signant un contrat mirobolant avec l’Australie, ses bons « amis » anglo-saxons se font une joie de lui rappeler quel est son rang et que dans cette alliance atlantique, malgré toutes ses courbettes et tous ses efforts, et Dieu sait si elle en a fait depuis son retour en 2009 dans le commandement intégré de l’OTAN, elle restera à jamais l’éternelle vassale.</p><p>Après avoir brossé un rapide état des lieux de la situation française, peu réjouissante il faut le reconnaître, qu’en est-il de la Russie ?</p>
<p>Situation de la Russie De Eltsine à Poutine, 20 ans pour reconstruire une nation</p>
<p>De la Rus’ de Kiev jusqu’à aujourd’hui, la vie du peuple russe n’a pas été celle d’un long fleuve tranquille, et des invasions mongoles jusqu’au démantèlement de l’Union soviétique les habitants de la grande Russie n’ont pas toujours connu une vie de quiétude ; mais quel peuple sur la terre peut se targuer de n’avoir connu que paix et prospérité ?</p><p>Pour mettre un peu de baume au cœur des Français et leur donner quelque espoir quant à l’avenir, regardons simplement les 30 dernières années qu’a connu la Russie.</p><p>En 1991, Gorbatchev est renversé et remplacé par Boris Eltsine qui appliquera à la lettre tous les conseils que lui donneront les « spins doctors » anglo-saxons et qui transformera la Russie en vaste champ de foire où tout pouvait s’acheter et se vendre. Dans la dernière décennie du siècle passé le PIB de la Russie s’effondrera de près de 50 %.</p><p>A partir de 1991, l’économie est privatisée à marche forcée et c’est le règne des oligarques et de la finance hors sol. Les partisans de la thérapie de choc menée par le professeur Jeffrey Sachs qui prônaient la libéralisation rapide des prix et du commerce, des programmes de stabilisation de l’inflation et des privatisations massives, l’ont emporté avec l’appui du FMI et de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) qui était à l’époque dirigée, on s’en souvient, par un certain Jacques Attali avant que ce dernier ne soit contraint à démissionner en 1993 pour la gestion problématique de son établissement.</p><p>Mais au tournant du millénaire, lors de son entrée en fonction de président par intérim de la Fédération de Russie le 31 décembre 1999, Vladimir Poutine va remettre progressivement la Russie sur les rails en mettant au pas les oligarques et en restaurant la souveraineté et le prestige de l’État.</p><p>Cela ne s’est pas fait tout seul et si la Russie est sortie aujourd’hui de l’ornière, tous les problèmes ne sont pas résolus, mais à la différence de l’Europe, et notamment de la France qui semble s’enfoncer chaque jour dans un puits sans fond, la Russie à contresens de l’Occident, reconstruit sa puissance et son indépendance dans un monde qui sera multipolaire – que cela plaise ou non à Washington et à Londres -.</p><p>Mais parallèlement au redressement économique et financier spectaculaire de la Russie depuis le début du siècle, c’est surtout sur le plan militaire que la Russie a effectué un rétablissement tout à fait exceptionnel, qui a dissuadé jusqu’à présent les puissances occidentales à s’aventurer sur les voies dangereuses de l’intervention militaire.</p><p>Schématiquement, on peut considérer que la Russie à opérer ce redressement en deux périodes :</p><p>2000-2010 : La Russie reconstruit son dispositif de défense afin de sanctuariser son territoire c’est la politique du bouclier, où il est impératif d’empêcher l’OTAN d’utiliser son avantage stratégique en termes de puissance aérienne et de puissance navale.</p><p>Le développement par la Russie des systèmes anti-missiles actuellement sans équivalent dans le monde, et la mise au point de systèmes de guerre électronique qui sont capables d’annihiler une attaque massive de missiles de croisière ont tout simplement changé la donne en matière stratégique, comme l’a montré l’attaque avortée des Américains – avec la France à leurs côtés, hélas – le 31 août 2013 contre la République arabe syrienne. Les années qui suivirent verront de nombreux navires britanniques et américains subir les curieux effets de cette guerre électronique capable de transformer un redoutable cuirassé, voire un porte-avions en un inoffensif tas de ferraille. Ce ne sont pas les commandants successifs du malheureux destroyer USS Donald Cook qui pourront dire le contraire.</p><p>La seconde période 2010 -2020 est celle que l’on pourrait appeler la politique de la lance où la Russie a réussi à mettre au point tout un arsenal d’armes offensives révolutionnaires à capacité hypersonique qui réduisent à néant les velléités offensives de l’OTAN.</p><p>Ainsi, en l’espace de 20 années, la Russie a mis sur pied une politique de défense qui a tétanisé les états-majors occidentaux et qui pourrait se définir comme la possibilité d’opposer un véritable déni de guerre à tout éventuel agresseur. C’est une révolution dans l’art de la guerre et qui va bien sûr relancer le phénomène des guerres hybrides que nous observons depuis quelques années et vis-à-vis desquelles la Russie semble nettement moins bien préparée.</p><p>Après avoir fait état du retour de la puissance en Russie, et au lendemain de la victoire du parti présidentiel lors des dernières législatives, comment définir ce pays et ses institutions ?</p><p>Je crois que la meilleure définition qui n’ait jamais été donnée est celle de Winston Churchill : « La Russie est un rébus enveloppé de mystère au sein d’une énigme. » et pour moi qui l’observe et la suit depuis des décennies, je ne peux qu’acquiescer à cette laconique mais très juste définition. Et c’est sans doute une volonté de la Providence que d’avoir rendu ce pays relativement peu perméable aux influences étrangères.</p><p>Quoique, depuis la fin de l’Union soviétique et jusqu’à aujourd’hui, l’influence occidentale pour tenter de modifier l’ADN du peuple russe est plus que jamais active :</p><p>Que ce soit le par le biais des diverses ONG à vocation prétendument humanitaire, des sectes religieuses, des réseaux sociaux, de la publicité, de la mode vestimentaire même, nous voyons le poison sirupeux de l’Occident se répandre dans le corps et dans l’esprit de la société russe. Tant que les jeunes étudiants du MGU ou du MGIMO continueront d’arborer des vêtements avec l’inscription « University of Los Angeles » ou des casquettes « I love New-York », cela signifiera que dans leur tête – et de manière inconsciente, ce qui est plus grave – ils considèrent la culture américaine comme supérieure à la leur.</p><p>Sur le plan constitutionnel aussi, il reste encore des scories datant de l’ère Eltsine. Certes l’article 15 qui assurait la prévalence des traités internationaux sur les lois russes a été heureusement aboli à l’occasion de la révision constitutionnelle de 2020, mais le fameux article 13 qui interdit à la Russie de définir juridiquement sa propre conception du monde est toujours en vigueur.</p><p>Certes, cela n’a pas empêché Vladimir Poutine lors du sommet du G20 de 2019, de déclarer que « le libéralisme est obsolète » et que les valeurs libérales entrent « en conflit avec l’intérêt de la majorité écrasante de la population », mais si le libéralisme est dépassé, ce dont je suis bien convaincu, la question qui se pose alors est : par quoi le remplacer ? Et la Russie n’a toujours pas répondu à cette question.</p>
<p>En conclusion, que pouvons-nous tirer de tout ce que nous venons de voir ?</p>
<p>En ce qui concerne la France institutionnelle, tant qu’elle n’aura pas recouvré une pleine et entière souveraineté, aucune alliance politique avec la Russie ne sera possible, puisque le jeu des puissances thalassocratiques avec lesquelles la France est embarquée, est justement d’isoler, d’encercler et de faire chuter le dernier adversaire qui leur reste sur le continent.</p><p>Alors, si aucune alliance de nature politique entre la Russie et la France n’est envisageable aujourd’hui… que faire ?</p><p>Sans être un adepte du marxisme-léninisme, mes amis m’accorderont cette qualité, je dois reconnaître certaines vertus à la praxis marxiste et à ce sujet je me souviens qu’au siècle dernier, quand il y avait encore un Parti communiste en France, lorsque l’unité d’action au sommet entre les dirigeants de gauche n’était plus possible, on prônait alors l’unité d’action à la base entre les militants des différents partis.</p><p>Eh bien en quelque sorte, c’est la voie qui nous est ouverte, celle de l’action par la capillarité qui consiste à tisser des liens, chacun à son niveau, dans le domaine culturel – comme l’érection de la statue de Jeanne d’Arc à St Petersbourg, ce qui n’est pas un événement anodin, ou encore la présentation à Paris de la prestigieuse collection Morozov – et bien sûr dans le monde des idées avec le travail inlassable du Dialogue Franco-russe, et aussi avec les Journées du livre russe de notre ami Dimitri de Kochko et avec les multitudes d’associations russophiles qui œuvrent chacune dans leur domaine pour tisser les liens d’amitié entre nos deux pays et parmi lesquelles notre jeune <a href="https://www.institut1717.org">Institut 17/17</a> entend également jouer son rôle.</p><p>Quant à moi, comme disait Léon Bloy, j’attends les Cosaques et le Saint-Esprit… Quoique, les Cosaques nous ayant fort aimablement accueillis aujourd’hui, attendons surtout le Saint-Esprit !</p><p>Emmanuel Leroy</p><p>  INSTITUT 1717<br /></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
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	<pubDate>Sun, 31 Oct 2021 20:42:52 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Comment sauver la chasse ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>16 septembre 2021#16</p><p>Interdiction de la chasse à la glu, conflits avec les écolos, colère des agriculteurs contre les sangliers… Les chasseurs seraient-ils une espèce menacée ? Un livre blanc sur l’avenir de la chasse à l’horizon 2040 propose de tout changer. L’AntiÉditorial l’a lu.</p>
<p>Un contexte tendu  </p>
<p>Les chasseurs sont à cran. <a href="https://www.conseil-etat.fr/actualites/actualites/le-conseil-d-etat-juge-que-la-chasse-a-glu-est-illegale">Le Conseil d’État a interdit la chasse à la glu</a>, une méthode traditionnelle de capture des grives et des merles. Jusqu’ici pratiquée dans les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse et le Var, elle a été jugée non conforme à<a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex%3A32009L0147"> la réglementation européenne sur la protection des oiseaux</a>. Puis la haute juridiction administrative <a href="https://www.conseil-etat.fr/actualites/actualites/le-conseil-d-etat-juge-que-plusieurs-techniques-de-chasse-traditionnelles-des-oiseaux-sont-illegales">a annulé les arrêtés ministériels</a> autorisant d’autres pratiques régionales. Citons la tenderie aux grives, merles noirs, vanneaux huppés et pluviers dorés, en usage dans les Ardennes. Ou encore, la capture des alouettes des champs à l’aide de pantes (filets horizontaux) ou de matoles (cages), comme on le fait en Gironde, dans les Landes, dans le Lot-et-Garonne et dans les Pyrénées-Atlantiques.</p><p>Ces chasses sont très minoritaires, elles représentent à peine 7 % des prises de gibiers, mais elles ont un impact émotionnel fort, aussi bien auprès des antichasse que des fédérations. Pour les uns, leur mise en cause est une étape nécessaire pour la sauvegarde d’espèces dont les effectifs sont en chute libre. C’est <a href="https://www.lpo.fr/actualites/lettre-ouverte-de-la-lpo-aux-5-parlementaires-landais-qui-demandent-le-maintien-du-piegeage-des-alouettes-a-l-aide-des-matoles-et-pantes">le point de vue de la Ligue de protection des oiseaux</a>. Les autres la considèrent comme <a href="https://www.chassepassion.net/actualite-de-la-chasse/chasse-petit-gibier-deau/chasse-traditionelles-conseil-etat/">un acharnement contre le mode de vie rural et les traditions locales</a>. Ces deux arrêts successifs du Conseil d’État suscitent des mouvements de protestation, <a href="https://www.chassepassion.net/actualite-de-la-chasse/insolites/chasseurs-et-agriculteurs-unis-pour-une-mobilisation-inedite-dans-les-ardennes/">dans les Ardennes</a> comme <a href="https://www.sudouest.fr/gironde/bordeaux/chasses-traditionnelles-les-chasseurs-ecrivent-a-macron-5265437.php">en Gironde</a>. Certaines associations locales ont même <a href="https://www.francebleu.fr/infos/agriculture-peche/a-biscarrosse-et-pissos-les-chasseurs-votent-la-greve-des-battues-1629478183">décrété la grève</a>. Les chasseurs sont en effet responsables de la régulation des sangliers.</p>
<p>Un loisir en crise</p>
<p>Derrière ce débat se profile un autre : l’avenir de la chasse. Ce loisir va-t-il, peut-il, doit-il disparaître ? Va-t-il, peut-il, doit-il évoluer ? Naguère, ces questions auraient semblé incongrues, tant le lobby de la chasse était électoralement puissant. Désormais, elles s’imposent, parce que la chasse est en déclin. Certes, <a href="https://www.chasseurdefrance.com/">la fédération nationale</a> (FNC) revendique plus d’un million d’adhérents. Mais dans les faits, il y a deux fois moins de chasseurs qu’en 1975. Ils sont moins nombreux que les pêcheurs, et deux fois moins nombreux que les footballeurs amateurs. Et leur population prend de l’âge. La moitié a plus de 55 ans.</p><p>« La chasse est une occasion unique de brassage intergénérationnel et sociologique », <a href="https://www.chasseurdefrance.com/decouvrir/les-chasseurs-aujourdhui/">proclame la fédération nationale</a>. Elle permet « de dépasser les clivages sociaux : ruraux, urbains et tous les milieux socioprofessionnels se retrouvent. » Si cela reste en partie vrai, pas plus de 8 % des chasseurs sont agriculteurs. Beaucoup (49 %) sont des cadres ou des professions libérales. Plus ennuyeux à notre époque : il n’y aurait que 25 000 chasseresses. Plus de 97 % des effectifs sont masculins.</p><p>Les chasseurs insistent sur la « défense de la ruralité », mais ils sont de plus en plus urbains, comme l’ensemble des Français. Et avec la perte de la transmission de père en fils, le déclin du monde agricole, le développement de l’habitat périurbain et la progression des idées animalistes ou vegan, les porteurs de fusil sont cernés. Une évolution qui n’a pas échappé à certains élus locaux. Signe des temps : la FNC a récemment adressé à 600 000 de ces élus <a href="https://www.chasseurdefrance.com/wp-content/uploads/2021/02/LaChassecoeurdeBiodiversiteV1.pdf">un plaidoyer chiffré</a> pour défendre son point de vue, en insistant sur la contribution de la chasse à l’économie, via le tourisme par exemple, où l’apport est estimé à un milliard d’euros.</p>
<p>Qui en veut aux chasseurs ?</p>
<p>« On aurait tort de croire que seule la chasse est attaquée. En réalité, c’est l’ensemble de nos modes de vie qui sont chaque jour remis en cause par une minorité militante », <a href="https://www.lefigaro.fr/vox/societe/willy-schraen-la-chasse-fait-partie-de-la-vie-tout-comme-la-mort-qui-donne-un-sens-a-notre-existence-20210409">déclare au Figaro</a> le président de la Fédération nationale des chasseurs. « La pensée écologiste radicale, qui compose la branche politique de nombreux mouvements antichasse et antichasseurs, pratique un véritable travail de sape à coups d’éclat médiatiques uniquement à charge. »</p><p>Mais passé le constat défensif, peut-être destiné à rassurer son public, le patron des chasseurs livre une analyse lucide. « Nous payons des années de silence », reconnaît Willy Schraen. Nous n’avons pas su nous remettre véritablement en cause. L’humanisation de l’animal, et maintenant du végétal, accompagnée par une urbanisation grandissante et une rupture profonde avec le monde naturel, a provoqué un bouleversement ontologique majeur. Pour beaucoup de nos concitoyens, l’animal est devenu sacré par essence. Pour eux, l’équilibre naturel doit se faire sans les hommes, considérés comme inutiles dans le monde sauvage et nuisibles dans l’univers rural où l’agriculture façonne les paysages. Nous avons lourdement péché par orgueil en croyant que la chasse pouvait demeurer inchangée. »</p><p></p>
<p>Comment rebondir ?</p>
<p>La fondation François-Sommer a été créée pour favoriser une chasse soucieuse de la nature. C’est un organisme reconnu d’utilité publique. L’AntiÉditorial a lu avec attention le <a href="https://fondationfrancoissommer.org/wp-content/uploads/2021/06/LIVRE_BLANC.pdf">livre blanc que cette fondation vient de publier.</a> Il le dit clairement : en gros et en détail, la chasse a moins d’une génération pour changer. Par exemple, les experts se prononcent pour l’interdiction des élevages destinés au lâcher de faisans, une activité qui ressemble sans doute plus au ball-trap qu’à la chasse. Ce n’est « pas défendable », estiment les auteurs. De même, en y mettant les formes, le livre blanc recommande la disparition des grandes chasses privées et clôturées empêchant le gibier de circuler librement. En fait, le document fourmille de propositions et d’idées, qui vont de la formation au tir à la participation aux réseaux de surveillance des espèces protégées.</p><p>L’idée principale, c’est de retisser « le lien avec la société ». D’un côté, il faudrait faire partager aux non-chasseurs « le bonheur de sentir partie prenante de l’univers sauvage qui entoure l’homme depuis sa création ». De l’autre, les chasseurs doivent progresser dans le « respect de l’animal », un sujet particulièrement sensible à notre époque, comme il l’est devenu pour les éleveurs. En d’autres termes, « l’éthique » et « l’exemplarité » sont devenues essentielles. « Cela passe notamment par une connaissance plus fine de l’environnement sociétal », « une meilleure formation aux problématiques agricoles et environnementales », et une participation plus active à la sauvegarde « des espèces et des espaces ». En bref : alors que les conflits d’usage de la nature entre paysans, écolos, sportifs et chasseurs se multiplient, il va falloir apprendre à comprendre. À se comprendre.</p><p>Le livre blanc insiste sur la formation et la sécurité, un sujet sensible pour une activité qui se veut accessible à tous. Car les chasseurs font peur. Leur présence dans les zones partiellement urbanisées ne va pas de soi, et le partage de la nature devient problématique avec le développement de toutes sortes de loisirs. Certes, le nombre d’accidents a baissé de 41 % en vingt ans, celui des accidents mortels suivant la même évolution. Mais la société n’est plus prête à tolérer dix morts par an.</p><p>Le livre blanc sur la chasse en 2040 milite pour une « chasse raisonnée », soucieuse des « biens communs » chers aux nouvelles générations et veut proposer « un contrat social, moral et écologique avec la société ».</p>
<p>Réconcilier chasseurs et agriculteurs</p>
<p>La réconciliation avec les agriculteurs, en particulier, est un sujet fondamental. Les chasseurs estiment que les paysans ont leur part de responsabilité dans le déclin de la biodiversité. De fait, la lutte contre les insectes, l’usage de gros matériel agricole, les monocultures ou la suppression des haies provoquent, sans doute plus que la chasse, la disparition d’oiseaux jadis communs. L’agriculture productiviste a précipité le déclin de la chasse au petit gibier. Mais son alternative, disons la battue aux sangliers, ne convient pas forcément à une époque plus individualiste, et qui cherche aussi à retrouver des plaisirs simples. Les chasseurs ont donc un intérêt vital à la transition écologique de l’agriculture et à la transformation des paysans en « gestionnaires essentiels des paysages et de la biodiversité ».</p><p>Mais <a href="https://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=7591&amp;PHPSESSID=ktufn2co6f8d7jjel2u22acs06">les agriculteurs aussi ont des raisons d’être fâchés</a>. Prenez les ravages commis par les sangliers dans les champs de céréales. Certains syndicats, comme la Confédération paysanne, voudraient désormais que ces animaux, qui commettent 85 % des dégâts agricoles, soient <a href="https://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=7679">déclarés nuisibles</a>. La population de ceux que l’on appelle parfois familièrement « cochons » a quintuplé en vingt ans et ne cesse de croître, alors même que l’on en abat 800 000 par an, un chiffre déjà astronomique. Les chasseurs versent désormais quelque 50 millions d’euros par an aux exploitants agricoles victimes des dégâts. Au rythme de progression des sangliers, <a href="http://www.fedechasseurslandes.com/IMG/pdf/les_degats_de_sangliers_aux_cultures_menacent_la_chasse_def.pdf">certaines sociétés de chasse pourraient être au bord de la faillite</a>. Clairement, pour des raisons d’ailleurs complexes, <a href="https://reporterre.net/La-proliferation-des-sangliers-un-casse-tete-ecologique">la chasse au sanglier a échappé à ses promoteurs</a>, qui y voyaient une réponse au déclin du petit gibier.</p>
<p>Un rôle indispensable</p>
<p>Oui, me diront certains, mais en fait, pourquoi tous ces efforts ? Ne serait-il pas plus simple d’abolir la chasse ? C’est un autre débat. En attendant, L’AntiÉditorial relève deux objections, l’une pratique, l’autre éthique. Côté philosophie, l’enjeu sociétal est de partager la nature alors que nous avons des visions souvent très différentes… de l’humain. Côté concret, rappelons que nous ne vivons plus dans un monde sauvage où l’équilibre se fait autrement. Il faut bien réguler certaines espèces qui prolifèrent comme il faut préserver certaines qui déclinent. Comme le montre <a href="https://www.la-croix.com/traces-loup-brigade-traque-protege-2021-08-13-1201170704">ce reportage publié dans l’hebdo de La Croix</a> même les loups sont chassés, bien que l’espèce soit protégée. Si la chasse actuelle est condamnée, un monde sans chasse n’est pas d’actualité. Et décidément, l’avenir de la chasse n’est pas au bout du fusil, mais dans le dialogue.</p><p></p><p>Livre blanc publié par la fondation François-Sommer (2021)</p><p>Plaidoyer chiffré adressé par la Fédération Nationale des Chasseurs (2020)</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
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	<pubDate>Sun, 31 Oct 2021 20:36:52 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Avec la Chine, la guerre grise a commencé]]></title>
	<description><![CDATA[<p>21 octobre 2021#21</p><p>L’affaire des sous-marins australiens qui oppose la France aux États-Unis n’est pas seulement une question de gros sous ou d’amour-propre. C’est le révélateur d’une crise bien plus profonde. Entre la Chine et les États-Unis, la tension ne cesse de monter. Et elle ne peut que monter encore. C’est cela qui marginalise la France. Les deux superpuissances peuvent-elles éviter ce que l’on appelle « le piège de Thucydide » ? Ou vont-elles s’enliser dans la « guerre grise » ?</p>
<p>Le piège de Thucydide, c’est quoi ?  </p>
<p>En 2017, un politologue américain, Graham Allison, publie un livre-choc : Destined for war. Traduit en français sous le titre Vers la guerre, l’ouvrage est un best-seller. Allison n’est pas le premier venu. Il a enseigné à Harvard pendant cinquante ans. Et il a conseillé plusieurs secrétaires à la Défense. Sous Reagan, Clinton et Obama.</p><p>Sa thèse, c’est que les États-Unis et la Chine sont, sinon voués à la guerre, du moins entraînés vers elle. C’est en quelque sorte leur destin. Certes, la guerre peut sembler « à la fois improbable et déraisonnable ». Certes, il étudie des situations historiques similaires dans lesquelles le conflit a pu être évité. Certes, le dernier chapitre de son livre affirme que la guerre « n’est pas inévitable ». Il n’empêche. La Chine et les États-Unis risquent d’être entraînés au conflit presque malgré eux.</p><p>Ce mécanisme, c’est ce qu’il appelle « le piège de Thucydide ». Le piège de Thucydide, c’est « l’inévitable bouleversement qui se produit quand une puissance ascendante menace de supplanter une puissance établie ». Selon lui, ce mécanisme « a jeté les deux plus grandes puissances du moment sur la voie d’un cataclysme dont personne ne veut, mais qu’elles seront incapables d’éviter. » C’est assez glaçant.</p>
<p>Le malheur grec</p>
<p>Allison se réfère à un évènement vieux de deux-mille-quatre-cents ans, la guerre du Péloponnèse. Elle a opposé deux coalitions de cités grecques, l’une menée par Athènes et l’autre par Sparte. Entre 431 et 404, les deux villes sont alors au faîte de leur puissance. Et ces deux « superpuissances » se sont livré une bataille sans merci. D’une certaine façon, on peut dire que la Grèce ne s’en est jamais relevée. Comme on l’a dit de l’Europe après la Première Guerre mondiale.</p><p>Un historien de l’époque, Thucydide, a raconté cette guerre avec un grand souci d’exactitude. Et surtout, il a essayé d’en comprendre les ressorts. Il aborde le sujet dans son Histoire de la guerre du Péloponnèse : « La cause véritable, mais non avouée, en fut à mon avis la puissance à laquelle les Athéniens étaient parvenus et la crainte qu’ils inspiraient aux Lacédémoniens, qui contraignirent ceux-ci à la guerre. »</p><p>Dans cette longue phrase, tout est pesé. Tout est pensé. Tout est condensé.</p><p>1/ La guerre a des ressorts objectifs qui échappent aux discours officiels.</p><p>2/ Elle a un caractère inéluctable. Thucydide parle bien de contrainte.</p><p>3/ Il n’y a donc pas un agresseur et un agressé. La guerre obéit à une double causalité, elle commence des deux côtés, quoique de façon dissymétrique. Il y a d’un côté une puissance émergente, qui devient trop vite trop forte et trop conquérante. Il y a, en face, une puissance déclinante qui voit son hégémonie menacée et qui prend peur.</p><p>Imaginé par l’historien grec de l’Antiquité et popularisé par le politologue américain de Harvard, le « piège de Thucydide » est même devenu <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pi%C3%A8ge_de_Thucydide">un concept géostratégique</a>.</p>
<p>La Chine ne se cache plus</p>
<p>Peut-on échapper à son destin ? La guerre est-elle inéluctable ? Vous connaissez l’histoire passée. Maintenant, remplacez Sparte par Washington et Athènes par Pékin. Ajoutez que jamais dans l’histoire un rééquilibrage des pouvoirs entre deux superpuissances étatiques ne s’est fait aussi rapidement qu’aujourd’hui – ni sur le plan militaire, ni sur le plan économique, ni sur le plan technologique, ni même sur le plan idéologique.</p><p><a href="http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/La-Suite-des-temps/Demain-la-Chine-guerre-ou-paix">Demain la Chine, guerre ou paix</a> ? Dans un essai publié par Gallimard, le sinologue Jean-Pierre Cabestan fait mine de s’interroger. En réalité, ce directeur de recherche au CNRS est très inquiet. L’arrivée au pouvoir de Xi Jimping, en 2012, a « intensifié l’affirmation de la puissance chinoise ». Pour Cabestan, « son nationalisme est de plus en plus sourcilleux et revanchard, sa politique étrangère et de sécurité est chaque jour plus agressive et dominatrice ». Le successeur de Mao, Deng Xiaoping, avait pour stratégie de passer sous les radars. Il faut, disait-il, « cacher ses talents et attendre son heure ». Le conseil remonterait à un empereur de l’époque des Tang, il y a une douzaine de siècles. Désormais, avec Xi Jimping, plus question de se cacher.</p><p>Il y a désormais un peu partout dans la région « une accumulation de passions et de poudre ». D’autant que la mue spectaculaire de l’armée chinoise, dont il passe les forces en revue et en détail, n’est pas terminée. L’objectif de la Chine est d’être la première puissance militaire et économique du monde à l’horizon 2049, cent ans après la prise de pouvoir par les communistes, c’est-à-dire d’ici une génération.</p>
<p>Guerre grise</p>
<p>Pour l’instant, bien sûr, les gesticulations et pressions contre Taïwan, ce n’est pas l’amorce d’une invasion et le début d’une guerre mondiale. Mais c’est déjà la guerre grise, celle qui ne dit pas son nom.</p><p>La « zone grise », grey zone situation en anglais, c’est un concept assez récent, mais qui s’est imposé en raison notamment des actions de la Russie et de la Chine. Ce n’est ni la guerre ni la paix, c’est l’ambiguïté. On mène des opérations qui ne sont pas suffisamment agressives pour être considérées comme ouvrant un conflit. Mais elles ont un impact suffisant pour modifier le statu quo, pour faire bouger le rapport de force. Et pour cela, on emploie des moyens qui sortent du cadre des relations internationales telles qu’on les conçoit depuis la Seconde Guerre mondiale. Par exemple, on déstabilise une élection. Ou des hackers mènent des cyberattaques sur des systèmes importants, mais pas vitaux.</p><p>Attaques cybernétiques, propagande digitale, opérations destinées à atteindre le moral des populations visées, notamment à Taïwan… Cabestan en fait l’inventaire. Il n’est pas le seul. « Faire face aux « situations de zone grise » serait devenu, ces dernières années, <a href="https://www.cairn.info/revue-defense-nationale-2018-7-page-74.html">le principal défi de sécurité pour le Japon</a> », estime la revue Défense nationale. Par zone grise, « les autorités nippones désignent des frictions répétées, ne relevant ni du temps de paix, ni du temps de guerre et qui ont trait à la souveraineté. »</p><p>Par exemple, les Chinois font des incursions maritimes dans les eaux contiguës et territoriales des îles Senkaku, qui sont contrôlées par le Japon mais revendiquées par la Chine. Mais Pékin n’envoie pas de navire de guerre. Seulement des garde-côtes. Ou des bateaux de pêche. « La république populaire a décidé de faire un usage systématique des zones grises », écrit Cabestan.</p>
<p>Équilibre par la terreur</p>
<p>L’un des éléments qui poussent à la modération, c’est la dissuasion. Le nucléaire. Si la Chine se sent capable d’envahir Taïwan, elle ne peut prendre le risque d’une escalade. Le fait d’équiper les sous-marins australiens d’une propulsion nucléaire est un premier pas pour ce pays, et un tournant par rapport au contrat avec la France. Cela pose des questions de prolifération. Encore un sujet à défricher pour L’AntiÉditorial…</p><p>Cabestan, Jean-Pierre. (2021). Demain la Chine : guerre ou paix ? Gallimard.</p><p>Allison, Graham. (2019). Vers la guerre. Odile Jacob.</p><p>Thucydide. (1990). Histoire de la guerre du Péloponnèse. Robert Laffont.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 31 Oct 2021 16:17:21 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/734/vers-une-californisation-des-identites</link>
	<title><![CDATA[Vers une californisation des identités]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Tout le monde sait que les principales industries du web sont américaines et notamment californiennes. Que la plupart des innovations du web viennent de là-bas. Mais quel est le modèle que nous impose cette industrie qui révolutionne nos usages, et en quoi il est en train de révolutionner jusqu'à notre cadre juridique.</p><p><br />1. Le web tel qu'on le connaît est californien.</p><p>publicité</p><p>La libre circulation des idées et des personnes fait partie de la culture américaine. Elle est même un des piliers de la mythologie US dès la conquête de l'ouest. On la retrouve plus tard dans les autoroutes physiques lancées par Al Gore Sr dans les années 50, et jusqu'aux <a href="http://www.cite-sciences.fr/derosnay/articles/auto.htm" target="_blank">autoroutes de l'information</a> d'Al Gore Jr des années 90 pour populariser le web. Le partage de l'information -incluant les informations personnelles- est intrinsèquement américain.</p><p>Mais c'est en Californie que s'est cristalisé la vision holistique d'un web global, qui change le monde. Dès 1988, le philosophe Edgar Morin décrivait déjà une californisation des consciences (Vingt ans après, p. 155-156) : "Voici que font irruption en France des thèmes et des vecteurs venus de Californie. Là-bas, avait jailli une sorte de révolution culturelle juvénile portant en elle une revendication à la fois libertaire et communautaire, existentielle et sociale..." Une analyse qui reste d'actualité, et qui s'est amplifiée avec le développement des nouvelles technologies.</p><p><br />2. La californisation des identités en ligne</p><p>Web 2.0, réseaux et médias sociaux sont rentrés dans le vocabulaire des internautes, même les moins avertis. Le développement du web a vu le passage d'un web de l'information à un web des identités. Mais derrière cette révolution des usages se cachent des enjeux planétaires en termes juridiques et d'influence.</p><p>a/ Disparition des limites entre identité physique et numérique : aujourd'hui on communique aussi bien, sinon mieux, via le web plutôt que physiquement. La plupart des innovations et créations du web sont conçues ou pilotées depuis la Californie.</p><p>b/ Nos données personnelles deviennent californiennes : sur les grands réseaux sociaux, nos informations sont stockées sur des "data centers", mais celui qui fait référence est "hébergé" en Californie. Et c'est la loi californienne qui s'applique, et les litiges avec Facebook ou Google sont tranchés dans le comté de Santa Clara (cf. point 15 des <a href="http://www.facebook.com.fr.mk.gd/terms.php" target="_blank">TOS de Facebook</a>, ou 20.7 des <a href="https://www.google.com/accounts/TOS?loc=US&amp;hl=fr" target="_blank">TOS de Google</a>).</p><p>c/ Disparition de l'anonymat : l'Etat de Californie a voté une loi de protection de l'identité numérique. <a href="http://blog.viadeo.com/fr/usurpation-identite-numerique-delit-vie-privee/2011/01/05/" target="_blank">L'usurpation d'identité en ligne</a> est ainsi passible, depuis début 2011, d'une amende de 10.000 dollars et/ou d'une peine allant jusqu'à 1 an de prison.<br /></p><p>d/ Préparation au web mobile, m-commerce et social commerce : au-dela du profil des utilisateurs, de plus en plus qualifié, les acteurs majeurs du web ont commencé la collecte de données personnelles mobiles, visant à préparer le terrain des marchés de l'identité personnelle géolocalisable à des fins commerciales (Entre autres, Facebook demande un numéro de téléphone pour valider la création de page, et Google propose de sécuriser son mot de passe avec son numéro de téléphone).. Et la plupart des acteurs technologiques du commerce de demainsont aussi californiens !<br /></p><p>3. Une extraterritorialité "californienne" remise en cause</p><p>Le développement du web social et du Cloud computing a contribué à créer une jurisprudence à l'échelle internationale. Car malgré la réplication des données et l'existence de serveurs (data centers), c'est le lieu d'hébergement d'un serveur de référence -celui de Californie- qui détermine le lieu juridique (et non plus la localisation des utilisateurs). La bonne santé des industries informatiques joue-t-elle sur le vote des lois, dans une Californie plombée par un déficit budgétaire, ou dans une Amérique qui y voit une industrie à ménager, comme semble l'indiquer le récent déjeuner de Barack Obama avec le gratin du web et de l'informatique et ses apparitions avec Mark Zuckerberg ?<br />Il n'empêche, les lois votées à l'échelle américaine et californienne créent une extraterritorialité informatique, c'est à dire l'application de lois hors du territoire où s'exercerait normalement la loi votée.<br /></p><p>Une alternative ? Les deux perdants des deux dernières élections présidentielles, le sénateur démocrate John Kerry et le sénateur républicain John McCain, viennent de présenter un <a href="https://www.zdnet.fr/actualites/usa-democrates-et-republicains-proposent-une-loi-sur-les-donnees-privees-39759943.htm" target="_blank">projet de loi pour créer un nouveau droit en ligne</a>, pour protéger la vie privée des habitants consommateurs américains. Un exemple à suivre ?</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/733/zemmour-en-kippa-ou-le-precheur-petainiste-de-la-synagogue-de-la-victoire</guid>
	<pubDate>Sun, 31 Oct 2021 12:27:29 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Zemmour en kippa, ou le prêcheur pétainiste de la synagogue de la Victoire]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-infos article-infos--top-article">Temps de lecture: 10 min</p><p>À la grande synagogue de la Victoire, cœur majestueux du judaïsme français, un homme est venu dénoncer la «formidable puissance juive» dans la France d’avant-guerre, et refuser qu’on use de «sentimentalisme» à propos de Vichy ou de l’extermination des Juifs. C’était le 1er juin dernier. Gilles Bernheim, ancien grand-rabbin de France, débattait des juifs français avec le journaliste Éric Zemmour. Zemmour vraiment? L’Institution cédait à une tentation: que le théoricien à succès du néo-nationalisme français, dénonciateur du grand remplacement, chantre éploré d’un pays rongé par l’immigration, figure de proue du lepenisme culturel, fut un juif, paroissien de la synagogue voisine de la rue Saint Lazare, il fallait bien regarder? Ils ont vu.</p><p>Aujourd’hui, les administrateurs de la Victoire ont décidé de ne pas diffuser le film intégral de la conférence, tétanisés par un scandale qui monte. Recensant le débat, <a href="http://www.actuj.com/2016-06/france/3642-eric-zemmour-gilles-bernheim-que-s-est-il-reellement-dit-a-la-victoire">le site juif Actu J</a> parle de propos «donnant la nausée» et décrit une réhabilitation du pétainisme par le polémiste. C’est encore plus ennuyeux que ça.</p><p>On peut en juger. La fin de la conférence <a href="https://www.youtube.com/watch?v=JGyJDNSmDNo">est sur le web</a>. Interpellé par Bernheim, Zemmour y défend une des thèses de son livre: l’influence salvatrice du régime de Vichy –l’État Français, dirigé par le Maréchal Pétain, auquel les Allemands concédèrent une souveraineté théorique après 1940– sur le destin des juifs français. Ce serait grâce à Vichy, son existence même et sa pratique, que les «israelites» français (Zemmour affectionne ce vocabulaire daté) eurent la vie sauve, tandis que les juifs étrangers, majoritairement immigrés de l’Est, les «ashkenazes» (Zemmour use avec une obsession quasi-raciale de ce terme) étaient livrés à la déportation.</p><p>Une pratique de realpolitique nationale et cynique, que Zemmour, au fil de ses propos, ne désapprouve en rien. Il admet que les lois raciales de Vichy étaient antisémites: l’abrogation du décret Crémieux, dénationalisant les juifs d’Algérie, ne visait-elle pas sa propre famille! Mais ces lois n’étaient pas exterminationnistes, et, ajoute-t-il, elles pouvaient se comprendre, tant il existait dans le peuple français une rancœur envers les juifs à la veille de la guerre.</p><p>Un antisémitisme acceptable?</p><p>Posons ceci. Zemmour brandit des banalités. L’effet retard de la zone non-occupée –lieu du pouvoir fantoche de Pétain– sur le destin des juifs est une réalité physique que toute famille juive passant <a href="https://www.cairn.info/revue-les-cahiers-de-la-shoah-2001-1-page-13.htm">la ligne de démarcation</a>, entre 1940 et 1942, connaissait. De même, l’introduction de la xénophobie dans l’antisémitisme pétainiste. De même, la différence entre l’antisémitisme d’État vichyssois, qui prétendait libérer la société Française de ses juifs, présumés irréductibles à l’intérêt national, et la rage de Hitler et de ses émules. Être chassé de la Nation n’est pas être gazé, enfin! C’était pour autant un préambule. Hitler, avant d’en venir à l’extermination, avait commencé par priver les juifs de leurs droits de citoyen, comme Pétain après lui… Mais ensuite?</p><p>Et les juifs français étaient les premiers à se plaindre des problèmes que causaient les juifs ashkenazes</p><p>Éric Zemmour</p><p>Cette dispute est inconfortable par l’idée qu’elle induit. Si l’antisémitisme peut s’arrêter avant les chambres à gaz, devient-il une option acceptable? Si un statut discriminatoire n’est pas un assassinat, fait-il partie de l’arsenal tolérable d’un État? Il n’est pas inintéressant que ce soit Éric Zemmour, ce soir-là coiffé d’une kippa, invité à prêcher à la Victoire, prophête juif et plus seulement national, qui le suggère. Il est tragique que sa vigueur anti-immigrés lui ait valu, un instant, l’intérêt d’une synagogue, avant qu’elle ne soit horrifiée. Il faut reprendre son texte. L’usage qu’il fait des banalités qu’il assène est fascinant. L’homme est d’une <a href="http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2014/10/18/polemique-zemmour-vichy-une-collaboration-active-et-lamentable_4508542_823448.html">impavidité de faussaire</a> et d’une habileté de contrebandier. Son discours glisse d’une observation supposée objective de la situation de 1940 à l’instillation de ses convictions profondes. Il évoque ainsi les prémisses des lois anti-juives de Pétain.</p><p>«À l’époque, on estime que les juifs ont pris trop de pouvoir, qu’ils ont trop trop de puissance, qu’ils dominent excessivement l’économie, les medias, la culture françaie comme d’ailleurs en Allemagne et en Europe. Et d’ailleurs c’est en partie vrai (…). Il y avait des Français qui trouvaient que les juifs se comportaient avec une arrogance de colonisateur. Et arrive encore l’immigration des juifs d’Europe de l’est et de l’Allemagne. La France est le pays qui a reçu le plus de réfugiés. Et c’est la France qui a subi le plus de conséquences. Les medecins français se plaignaient que les medecins juifs leur volent leur clientèle. Il y avait des concurrences terribles. il y avait des trafics. Il y avait l’affaire Stavisky. Tout ça n’a pas été inventé par les antisémites. Et les juifs français etaient les premiers à se plaindre des problèmes que causaient les juifs ashkenazes.»</p><p>Tout est dans une phrase: «Et d’ailleurs c’est en partie vrai»… Vrai donc qu’en 1940, les juifs sont des colonisateurs? Arrogants? Voleurs de pratiques? Tenant les medias? Si c’est «en partie vrai», Zemmour est «en partie» fasciste. Il défend «en partie» ce que les feuilles antisémites assenaient, avant la guerre et et après la défaite. En partie seulement. Il est «en partie», compréhensif pour les raisons de ceux qui hurlèrent au massacre. En partie chez Brasillach? À l’Action française dont le nationalisme intégral l’a inspiré?</p><p>La falsification de l'histoire</p><p>Ce n’est pas faire injure à un homme que de dire d’où il parle. Zemmour est de l’extrême droite française –pas simplement celle d’aujourd’hui, quelle dégénérescence, mais l’authentique, celle d’avant quarante, dont il est l’interprète et l’avocat. Quand il dit, «on estime que les juifs ont pris trop de pouvoir», il est imprécis. «On» n’est pas la France. «On» est le fascisme de l’époque, et cette histoire de puissance juive n’était pas une opinion banale: c’était l’opinion des fascistes. Cela faisait un peu de monde, mais pas du joli. «On» est l’extrême droite qui contestait à Léon Blum, en 1936, le droit d’être Président du Conseil.</p><p>«Pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain sera gouverné par un juif, avait lancé en séance le député Xavier Vallat. Pour gouverner cette nation paysanne qu’est la France, il vaut mieux avoir quelqu’un dont les origines, si modestes soient-elles, se perdent dans les entrailles de notre sol, qu’un talmudiste subtil.»</p><p>Vallat, sous Vichy, serait un commissaire général aux Questions juives tenant de <a href="http://www.akadem.org/medias/documents/--XavierVallat_8.pdf">l’antisémitisme national</a>, infiniement moins vulgaire que le teuton… Quant à Blum, normalien, conseiller d’État, admirateur de Barrès, plus que français puisqu’alsacien de souche, il n’avait rien à voir avec les débarqués d’Allemagne ou de Roumanie qui auraient créé l’antisémtisme, mais ne le subissait pas moins.</p><p>C’est la grande falsification de Zemmour. Laisser supposer que seuls les «ashkenazes» et la détestation qu’ils inspiraient faisaient naître un antisémitisme dont la véritable France aurait été immune sans cette immigration-agression. Las… L’antisémitisme pouvait aussi se passer de métèques. Entre l’affaire Dreyfus, la haine de Blum et Vichy, c’était entre nous, Français, que se jouait une méchante partie. Charles Maurras, idéologue de l’antisémitisme d’État, qui pourfendait les «États confédérés» hostiles à la Nation, ragera, condamné à la Libération: «C’est la revanche de Dreyfus»… C’est cette partie de la France qui prit le pouvoir en 1940. Ce sont les héritiers de cette France qui entendent Zemmour avec ravissement –les autres sont des dupes.</p><p>Il faudrait lire les témoignages des français libres de 1940 qui sont pour la plupart très remontés contre les juifs, très remontés contre l’influence juive qu’ils estiment néfaste et qui a préparé la défaite</p><p>Éric Zemmour</p><p>Cette falsification n’est pas sans but. Zemmour, qui entretient méthodiquement l’hostilité contre les arabos-musulmans dans la France contemporaine, puisque l’immigration nous détruirait, valide en passant par Vichy la «préférence nationale» qu’il appelle de ses vœux. Il le dit, à La Victoire. Au fond, il faut minimiser ce que Pétain faisait aux juifs -simplement des lois d’exceptions, simplement des dénaturalisations- puisqu’il faudra en venir là pour nos « États confédérés », bistres et mahométans. Zemmour n’est pas un juif timide. Il offre la diginité de son être à sa violence contemporaine. C’est presque admirable.</p>
<p>Ici Londres</p>
<p>Il y a toujours eu des enamourés de leurs persécuteurs, des bons nègres, des oncles Tom. Parfois, ce sont des personnages littéraires. Zemmour m’a toujours fait penser à Silbermann, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Silbermann_(roman)">héros d’un roman triste et ambigu</a> du futur académicien Jacques de Lacretelle: un petit juif immigré rêvant de devenir un grand français avant d’être défait par l’antisémitisme. Au moins Silbermann n’était pas un salaud. Il ne demandait la mise à l’index de personne. De même, on a connu de braves juifs communistes qui faisaient mine de croire aux procès des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Complot_des_blouses_blanches">blouses blanches</a> (des médecins juifs accusés d’avoir voulu tuer Staline) et niaient l’antisémitisme de l’Est, puisque la cause valait cela. Zemmour-Stal, Zemmour-Silbermann, Zemmour fasciste (seulement en partie) qui aimerait que notre fascisme n’ait pas tant fait de mal, qui s’arrange bien de Vichy, puisqu’un nationalisme est sa cause sacrée. Il en rajoute alors, diffamant au passage ce que la France a connu de meilleur.</p><p>Pour Zemmour, l’antisémitisme provoqué par «l’influence juive» était si courant, si normal, que même le gaullisme le véhiculait. Comment, alors, en vouloir à Pétain? «Il faudrait lire les témoignages des français libres de 1940 qui sont pour la plupart très remontés contre les juifs, très remontés contre l’influence juive qu’ils estiment néfaste et qui a préparé la défaite.» Textuellement, à la Victoire. Les Français libres. Évidemment, quelle saloperie! Ni les pêcheurs de l’Ile de Sein, ni Leclerc, ni Koenig, compagnon d’arme de la Légion juive de Palestine dans le désert de Lybie, ne méritent cela. Il y avait chez de Gaulle des radicaux et des socialistes, des maurrassiens qui abandonnaient les violences de leur maître en entrant en résistance, i<a href="http://www.laviedesidees.fr/Les-Juifs-un-probleme-pour-la.html">l y avait des juifs et des antisémites</a>, qui cessèrent de l’être dans le combat commun…</p><p>C’est à Londres, justement, que se purgeaient les insanités d’avant-guerre. Mais Zemmour n’aime pas Londres –et se le réinvente. Il fut un homme, qui correspond à la généralisation du polémiste. Il s’appelait Pierre Tissier, conseiller d’État et héros, entré antisémite chez De Gaulle, et s’indignait devant le général de l’arrivée à Londres de Georges Boris, juif et proche de Léon Blum. De Gaulle l’envoya bouler. Tissier, en pleine résistance, prônait pour la France libéréée un statut des juifs un peu soft. Il était le seul. Il n’était pas «la plupart des gaullistes», mais certainement le gaulliste auquel Zemmour, dans son étrangeté, doit trouver du charme.</p>
<p>«Auschwitz et tout ça»</p>
<p>On notera que Zemmour prophétise et manipule l’histoire à gros traits pâteux, et que cet homme est un satané imprécis.</p>
<p>Quelques exemples, tous venus de sa péroraison à la Victoire.</p>
<p>Zemmour assimile Stavisky, bourgeois et fils de dentiste, dont les escroqueries démontrèrent la corruption de la République radicale, aux immigrés des années 1930? <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Staviskyhttps:/fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Stavisky">Le bel Alexandre</a>, qui ignorait caftan et papillottes, l’aurait bien mal pris!</p><p>Zemmour dit, à quelques minutes de distance, qu’on ignorait tout du sort funeste des juifs déportés, mais que Pierre Laval, président du Conseil de Pétain, dès que furent connus les massacres à «Auschwitz et tout ça» (sic) refusa de participer à d’autres déportations. Las. Cet humanisme est une ritournelle hypothétique. Laval faisait de la politique avec les convois…</p><p>Zemmour est un cuistre avec un agenda, qui, hélas, exerce en des lieux estimables</p>
<p>Zemmour dit qu’avant la conférence de Wannsee (il prononce curieusement «wannsi», à l’anglaise) et «la Shoah, etc.» (re-sic), il n’y avait pas de massacre spécifique des juifs de la part de l’Allemagne nazie, il suffirait de lire <a href="http://www.gallimard.fr/Catalogue/DENOEL/Denoel-d-ailleurs/Kaputt">Malaparte</a>. Imbécile. Pardon. On peut aussi relire les témoignages sur la <a href="http://www.liberation.fr/planete/2010/01/08/les-traces-enfouies-de-la-shoah-par-balles_603218">Shoah par balles</a>, <a href="http://rue89.nouvelobs.com/blog/balagan/2010/06/24/censure-et-redecouverte-du-livre-noir-de-la-shoah-en-urss-155950">Le Livre noir</a> de Ehrenbourg et Grossmann, se souvenir de Babi Yar où furent fusillés les juifs de Kiev, et de <a href="http://www.ina.fr/video/VDD09029990">Panerai</a> où furent éradiqués de ceux de Vilno.<br />À l'ère des clowns</p>
<p>Zemmour n’est pas très intéressé par la vérité des morts. Il dit que 100% des juifs hollandais furent tués pendant la guerre, puiqu’ils n’avaient pas de Vichy pour les protéger. Non, 20% survécurent. Dont la famille de ma mère. C’est un peu plus qu’un détail. Il y a juste un moment où la promenade spécieuse dans les cadavres devient désobligeante.</p><p>Il suffit. Avant même d’être un révisionniste, Zemmour est un cuistre. Il en est d’autres? Mais Zemmour est un cuistre avec un agenda, qui, hélas, exerce en des lieux estimables. Il faudrait passer une existence à réfuter mot par mot les tricheries de Zemmour, en extraire le sens. Ce serait avilissant. Il n’en vaut pas la peine. Il n’est que le tricheur d’un méchant moment.</p><p>En d’autres temps, une synagogue de bon ton n’aurait pas invité un juif tenant le discours des antisémites. En d’autres temps, des républicains de bonne tenue auraient jugé indigne de considérer cet homme. En d’autres temps, il se serait trouvé quelqu’un pour lui demander raison, parce que l’idée de la France n’est pas une plaisanterie. Nous sommes à l’ère des clowns. Il en est un, qui a grimacé à la Victoire, où psalmodiaient jadis les anciens combattants, où résonne toujours la prière à la République.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 31 Oct 2021 08:13:38 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Renée Fregosi et Jacques Tarnero. “La surenchère de Zemmour à dire son amour de la France ne puise pas aux bonnes sources”]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Hans Lucas via AFP</p>
<p>Renée Fregosi, philosophe et politologue, et Jacques Tarnero, essayiste et documentariste, analysent le nationalisme de Zemmour. Pour eux, seul un discours républicain « sans illusions, sans myopie, sans aucun angélisme » peut le contrer.</p><p>Certains demandent comment, avec le nom qui est le sien, Zemmour peut-il tenir les propos qu’il tient ? Peut-on critiquer Zemmour au nom de son nom comme s’il fallait assigner à ce nom une vertu non transgressive ? Comment penser ce qui est en train de se produire chez les Français juifs ou les Juifs français, et chez les Français en général ?</p><p>Zemmour n’a jamais fait de son nom un étendard identitaire, mais pouvait-il, pour autant, ignorer ou feindre d’ignorer l’usage qui en serait fait ? Peut-il ne pas comprendre l’abri que son nom constitue pour un Jean-Marie Le Pen qui lui déclare sa sympathie ? Si Zemmour assume cette reconnaissance, cela signifie qu’il partage ses sympathies politiques, ses nostalgies, ses références, ses inspirations. Est-ce avec ce bagage-là que la France pourrait dire son dernier mot ?</p><p>Un conflit franco-judéo-juif s’est mis à enfler autour des propos d’Éric Zemmour et de sa vision de la France. Les coups pleuvent et chacun des pro et anti Zemmour est prêt à en découdre. D’un côté les représentants autoproclamés de la « communauté juive » dénonçant Zemmour, de l’autre les Juifs de banlieue, ceux qui ont dû fuir l’antisémitisme présent dans les « quartiers », partagés entre la tentation du départ vers Israël ou l’Aliyah dans le XVIIe arrondissement.</p><p>Le « creuset français » a dispersé les tribus à défaut d’unir les « masses populaires ». On connaît la version blague belge de ces fractures : à la suite d’une bagarre entre Flamands et wallons, la police sépare les parties : les Flamands à gauche et les Wallons à droite, ordonne le policier. Des voix s’élèvent: « Et nous les Belges, où se met-on ? » demandent David et Salomon. Que reste-t-il du peuple français ?</p><p>En France les focalisations sur le « signe juif » remuent toujours le passé et troublent le présent. Car « La France sans les Juifs ne serait plus la France » comme le déclarait Manuel Valls il y a quelques années, quand en 2014 la « propalestine » mettait le feu à des magasins juifs de Sarcelles, par solidarité avec Gaza.</p><p>Depuis les crimes de Mohamed Merah, l’assassinat de Sarah Halimi, celui d’Ilan Halimi, de Mireille Knoll, les Juifs ont compris qu’ils constituent, ici, une première ligne de front dans la guerre que l’islamisme a déclaré à l’Occident en général. Les  “Territoires perdus de la République” l’ont d’abord été pour les Juifs qui y vivaient. Les attentats de Nice en 2016, l’assassinat du père Hamel, du colonel Beltrame, le massacre de Charlie Hebdo, celui du Bataclan ou des terrasses du XIe arrondissement 2015 ont élargi la ligne de front et l’atroce assassinat de Samuel Paty, il y a un an, a signifié que le cancer islamiste n’avait pas régressé. </p><p>Tandis que Macron assume la mauvaise part du passé colonial et tend simultanément un miroir à la partie algérienne, celle-ci refuse ces paroles de vérité. La culture du ressentiment telle que l’Algérie l’entretient aujourd’hui n’aide sûrement pas à clarifier les choses ni à réconcilier les mémoires. Il faut rappeler que c’est bien un massacre au faciès contre les Français qui eut lieu le 5 juillet 1962 à Oran pour fêter l’indépendance. Il faut aussi rappeler les mots de Ben Bella à l’été 1982 dans Politique internationale, “Nous autres arabes, ne pouvons être que si l’autre n’est pas“. Il n’y a pas eu de Mandela en Algérie et la purification ethnique n’est pas un privilège blanc.</p><p>Depuis le 11 septembre 2001, l’islam radical a déclaré la guerre à tout ce qui n’est pas lui. Le choc des civilisations pronostiqué par Samuel Huntington s’est substitué à l’affrontement Est-Ouest.</p><p>À l’échelle de la France, comment combattre cette offensive ? À partir de quelles bases intellectuelles, de quel socle culturel, de quels principes ? La République n’est-elle pas assez armée pour affronter ce “séparatisme” ? Le pouvoir, les pouvoirs ont tardé à ouvrir les yeux, à prendre la mesure de ce que Christopher Caldwell pronostiquait dès le début des années 2000.</p><p>En France, malheur à ceux qui ont raison trop tôt. Pierre-André Taguieff depuis plus de vingt ans tirait la sonnette d’alarme en analysant les formes nouvelles de l’antisémitisme d’origine arabo islamique dont le pro-palestinisme fut le vecteur privilégié. Georges Bensoussan proposait une relecture des relations judéo arabes débarrassées de tout vernis aussi enchanté que fictif des douceurs andalouses. De son côté Boualem Sansal rappelait la part nazie du nationalisme arabe, baasiste, nassérien, algérien. Les mythologies ont la vie dure, mais celle de l’innocence arabe a fait long feu.</p><p>Lorsque Zemmour dénonce la menace islamiste comme d’autres l’ont fait bien avant lui, on ne peut alors qu’acquiescer. Dans la foulée, il dénonce la menace que l’islam ferait peser sur l’identité française, sur ses origines chrétiennes par les bouleversements démographiques intervenus depuis trente ans, autant que par les bouleversements culturels qui les accompagnent.</p><p>Tout ceci, la gauche, les gauches n’ont pas voulu le savoir tant la figure du colonisé ne pouvait être entachée des mauvaises fréquentations que les Frères musulmans ont développées dès leur création. Il faudra attendre 1989, un échange entre Pierre Vidal-Naquet et Jean-François Lyotard dans Libération, pour que ces deux compagnons de route de la décolonisation reconnaissent simultanément avoir négligé le poids de l’islam dans le mouvement national algérien. Germaine Tillon, peu suspecte de complaisance pour la colonisation, faisait le même constat et appréhendait la part ethno religieuse de la guerre du FLN contre la France.</p><p>Ce détour est indispensable pour comprendre la complexité du moment présent en France, car ce n’est pas en criant que “le fascisme ne passera pas” qu’il faut rejeter Zemmour. Opposer une incantation antifasciste conjuratoire à une incantation symétrique salvatrice consiste à nouveau à refuser de regarder le réel. Pourquoi est-ce dans Maurras que SuperDupont-Zemmour va chercher des raisons d’aimer la France ? Zemmour a-t-il oublié que c’est sous Vichy que le Décret Crémieux – faisant des juifs d’Algérie des citoyens français à part entière – fut abrogé ?</p><p>En réécrivant la responsabilité de Pétain dans la déportation des Juifs, Zemmour s’inscrit dans le droit fil du discours révisionniste.</p><p>Pour pasticher Laurent Fabius, Zemmour pose de bonnes questions, mais quelles réponses propose-t-il ? En défendant Pétain, supposé protecteur des juifs français, le féru d’histoire Zemmour oublie les mots du créateur des Annales : “Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France : ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims, ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la fédération.” Cette fête fondatrice de la République propose d’abord un principe avant d’être un système politique : celui de l’universalité du genre humain que Vichy avait contribué à détruire. En se soumettant à Hitler, Pétain et ses complices se sont soumis à la vision du monde proposée par les nazis. La République aurait-elle besoin de telles références ?</p><p>Quels seraient les derniers mots que la France n’a pas encore dits ? Ceux de Maurras, ceux de Maurice Barres, ceux d’Abel Bonnard ou bien ceux de Jankélévitch, de Marc Bloch ou de Victor Basch ?</p><p>La surenchère de Zemmour à dire son amour de la France ne puise pas aux bonnes sources. À l’abri de son nom, il légitime la parole de ceux qui auraient été ravis de le rafler au Vel’ d’Hiv’. Il y a une voie étroite pour lutter contre le fascisme islamiste et ses masques décoloniaux ou indigénistes.</p><p>C’est dans l’idée républicaine qu’il faut se ressourcer, sans illusions, sans myopie, sans aucun angélisme, sans se payer de beaux mots, mais sûrement pas dans une outrance nationaliste porteuse de guerre civile.</p><p>Jacques Tarnero et Renée Fregosi</p><p><a href="https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/la-surenchere-de-zemmour-a-dire-son-amour-de-la-france-ne-puise-pas-aux-bonnes-sources?fbclid=IwAR1X-GkD49vhKzhFNeu47N5JKCz-tLverBqpl8Xlp56UVR-EhCdVhyKofOE">https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/la-surenchere-de-zemmour-a-dire-son-amour-de-la-france-ne-puise-pas-aux-bonnes-sources?fbclid=IwAR1X-GkD49vhKzhFNeu47N5JKCz-tLverBqpl8Xlp56UVR-EhCdVhyKofOE</a></p>]]></description>
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	<pubDate>Sun, 31 Oct 2021 08:11:07 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[«La primauté du droit européen est une impasse démocratique»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>GRAND ENTRETIEN - Observateur avisé de la vie publique, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy propose de revenir au principe dit de «loi écran», qui prévalait avant 1975 et qui donnait le dernier mot au législateur français.</p><p class="fig-paragraph">LE FIGARO. - Le thème du droit européen s’impose dans la campagne. Le lundi 18 octobre, Emmanuel Macron a condamné les remises en cause de celui-ci, fustigeant une <a href="https://www.lefigaro.fr/politique/macron-condamne-les-attaques-contre-le-droit-europeen-vieille-maladie-francaise-20211018" data-fig-type="NewsFlash" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">«vieille maladie française»</a>. Qu’est-ce que cette déclaration vous inspire?</p><p>À découvrir</p><p class="fig-paragraph">Henri GUAINO. - Que c’est tragique de ne pas avoir pris conscience de l’impasse démocratique dans laquelle nous sommes enfermés, en oubliant au passage la virulence avec laquelle son gouvernement fustigeait en 2019 la décision de la Cour de justice de l’Union européenne d’interdire <a href="https://www.lefigaro.fr/societes/2019/02/06/20005-20190206ARTFIG00103-bruxelles-rejette-comme-prevu-la-fusion-entre-alstom-et-siemens.php" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">la fusion entre Alstom et Siemens</a> et j’entends aujourd’hui le procès non moins virulent qu’il fait aux règles du marché européen de l’électricité.</p><p class="fig-paragraph">Est-ce réellement «une spécificité française»? Rappelons que, dans son fameux arrêt du 30 juin 2009, la Cour constitutionnelle fédérale allemande prévenait que «la République fédérale d’Allemagne ne reconnaît pas une primauté absolue d’application du droit de l’Union»…</p><p class="fig-paragraph">La Cour de Karlsruhe rappelle souvent que c’est le peuple allemand</p><p class="fig-premium-paywall__infos">Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 92% à découvrir.</p><p class="fig-premium-paywall__title">La liberté c’est aussi d’aller à la fin d’un débat.</p><p class="fig-premium-paywall__subtitle">Continuez à lire votre article pour 1€ le premier mois</p><p class="fig-premium-paywall__connect">Déjà abonné ? <a class="fig-premium-paywall__connect-link" href="https://connect.lefigaro.fr/login?client=horizon_web&amp;redirect_uri=https%3A%2F%2Fwww.lefigaro.fr%2Fvox%2Fsociete%2Fhenri-guaino-la-primaute-du-droit-europeen-est-une-impasse-democratique-20211026" data-js-gtm="{&quot;customCategorie&quot;: &quot;conversion&quot;, &quot;customAction&quot;: &quot;before_Landing_Connexion_paywall_auto&quot;, &quot;customLabel&quot;: &quot;bGVmaWdhcm8uZnJfXzAyOWMwOGUwLTM2N2MtMTFlYy1iNDMyLTU1MGQ5NWZmZTk2OF9fQXJ0aWNsZQ==_Henri Guaino: &#xAB;La primaut&#xE9; du droit europ&#xE9;en est une impasse d&#xE9;mocratique&#xBB;_64&quot;, &quot;customIDSPE&quot;: &quot;bGVmaWdhcm8uZnJfXzAyOWMwOGUwLTM2N2MtMTFlYy1iNDMyLTU1MGQ5NWZmZTk2OF9fQXJ0aWNsZQ==&quot;, &quot;event&quot;: &quot;customEventSPE&quot;}">Connectez-vous</a></p>]]></description>
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	<pubDate>Sun, 31 Oct 2021 07:57:31 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Voici pourquoi il ne vaut mieux pas s&#039;en débarrasser]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Et si la voiture électrique n’était pas si verte que ça ? Une étude japonaise tire la sonnette d’alarme.</p><p>À moins d’avoir vécu dans une grotte ces dernières années, l’obsession de la transition énergétique ne vous aura sans doute pas échappé. <a href="https://www.autoplus.fr/environnement">Voitures électriques</a>, hybrides ou à hydrogène : toutes les solutions seraient bonnes pour réduire coûte que coûte les émissions de CO2 du secteur des transports, qui rappelons-le, ne représente qu’environ un tiers des émissions globales de CO2. Mais selon les pouvoirs publics, il serait indispensable de bannir rapidement les voitures thermiques pour les remplacer par des voitures électriques neuves, alors qu’elles sont en parfait état de marche… Et si l’on faisait tout simplement fausse route ?</p><p>Des chercheurs japonais de l’Université impériale de Kyushu se sont penchés sur la question, et tirent la sonnette d’alarme contre cette fausse bonne idée : en effet, selon eux, conserver votre ancienne voiture essence plus longtemps serait bénéfique pour l’environnement, bien plus qu’une transition forcée vers une voiture électrique neuve. Ces scientifiques valident donc, chiffres à l’appui, une idée de bon sens : l’empreinte carbone d’un véhicule ne se limite pas à ses seules émissions à l’échappement, et <a href="https://www.autoplus.fr/pratique/rachat-de-voiture-par-une-casse-tout-ce-quil-faut-savoir-fp-278094.html">mettre à la casse</a> des voitures encore en bon état de fonctionnement n’est pas une bonne idée.</p>
<p>Transition énergétique : une mesure contre-productive</p>
<p>Selon cette étude, qui s’est intéressée aux voitures mises en circulation au Japon entre 1990 et 2016, si les voitures actuelles restaient 10 % plus longtemps en service avant d’être mises à la casse, leur empreinte CO2 serait diminuée de 30,7 millions de tonnes, car même si elles continuent à produire des émissions en circulant, elles resteront toujours moins polluantes que la production en masse de voitures neuves.</p><p>« Cela signifie que nous pouvons réduire nos émissions de CO2 juste en conservant et conduisant nos voitures plus longtemps », conclut Shigemi Kagawa, Professeur à l’Université de Kyushu, qui précise que « si la voiture est relativement récente et dispose d’un bon rendement énergétique, l’effet est encore plus important. La prochaine fois que vous penserez à acheter une voiture neuve, essayez de vous demander si votre voiture actuelle ne pourrait pas rouler encore quelques temps. »</p><p>Les chercheurs japonais pointent également du doigt les incitations gouvernementales à mettre à la casse des voitures à essence en bon état de marche : en plus d’être un gouffre pour le budget de l’État, les mesures comme la <a href="https://www.autoplus.fr/societe-economie/nouvelle-prime-a-la-conversion-quest-ce-qui-change-321043.html">prime à la conversion</a> seraient tout simplement contre-productives, en entraînant une augmentation de plus de 42 millions de tonnes de l’empreinte carbone du secteur automobile. Ainsi, détruire un véhicule existant pour en fabriquer un nouveau irait à l’encontre de toute démarche écologique, aussi louable soit-elle.</p><p>Source : <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1111/jiec.13190" target="_blank" rel="noopener">Université impériale de Kyushu (Japon)</a></p><p>À lire aussi :</p>]]></description>
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