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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Mon, 19 Jul 2021 08:15:21 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/668/de-nombreux-etats-utilisent-un-logiciel-espion-pour-cibler-leurs-concitoyens</link>
	<title><![CDATA[de nombreux États utilisent un logiciel espion pour cibler leurs concitoyens]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Révélations d’un consortium de journalistes créé par Forbidden Stories, avec la cellule investigation de Radio France : de nombreux États utilisent un logiciel espion pour cibler des militants, des avocats, des hommes politiques, et des journalistes.Plus de 50 000 numéros de téléphone ont été entrés dans le système qui active le logiciel Pegasus © AFP / Andrew Brookes / Cultura CreativeProjet Pegasus</p>
<p>C’est sans doute l’affaire de cyber espionnage la plus importante depuis l’affaire Snowden. En 2013, on découvrait, sidéré, dans le contexte de l’après-11 septembre, que la NSA avait mis en place un système de surveillance mondialisé de données. Mais les révélations que <a target="_blank" href="https://forbiddenstories.org/fr/">Forbidden Stories</a> et ses partenaires, avec le concours technique du Security Lab d’Amnesty International, sont en mesure de faire aujourd’hui, semblent encore plus graves. Car elles montrent que cette surveillance n’est pas l’apanage d’un pays aux pratiques déviantes, aussi grand soit-il, mais qu’elle est généralisée, et concerne tous types de nations. </p><p>Qu’il s’agisse du Mexique, de l’Inde, du Maroc, de l’Indonésie, de l’Arabie Saoudite, des Émirats arabes unis, du Kazakhstan, de l’Azerbaïdjan, du Togo, du Rwanda, et même de la Hongrie, un membre de l’Union européenne, des agences gouvernementales ciblent leur propres concitoyens, ainsi que des personnalités à l’extérieur de leurs pays qui n’ont pour seul tort que d’être des avocats, des journalistes, des diplomates, des médecins, des sportifs, des syndicalistes, de simples militants, ou des hommes politiques, y compris des ministres, et 13 chefs d’État ou de gouvernements (dont trois européens comme nous le préciserons durant les jours prochains). "Ce que l’on voit avec le projet Pegasus est très différent et encore plus inquiétant que ce qu’on voyait dans l’affaire Snowden", estime Laurent Richard, le directeur de Forbidden Stories. "Ici, on a affaire à une société privée qui vend un logiciel extrêmement intrusif, à des États connus pour leur politique répressive en matière des droits de l’Homme et contre des journalistes. Et on voit clairement que ces États détournent cet outil pour l’utiliser contre ces populations-là". </p>
<p>Un logiciel de piratage des smartphones</p>
<p>Le logiciel espion dont il est question porte le nom très évocateur de Pegasus. Il n’est commercialisé qu’auprès d’États ou d’agences gouvernementales, avec l’aval du gouvernement israélien, par une société baptisée NSO, qui emploie 750 salariés à Herzliya, dans la banlieue de Tel Aviv, mais aussi à Chypre et en Bulgarie. Officiellement, il a pour but d’aider les services de renseignement à lutter contre la criminalité. Sur son site Internet, NSO précise qu’il "crée des technologies qui aident les agences gouvernementales à prévenir et à enquêter sur le terrorisme et les crimes, pour sauver des milliers de vies dans le monde". Pour cela, Pegasus pénètre dans les smartphones, qu’ils fonctionnement sous le système d'exploitation d'Apple, iOS (y compris dans sa dernière version) ou celui de Google, Android. </p><p>Il a ensuite accès à tout : contacts, photos, mots de passe. Il peut lire les emails, suivre les conversations, même sur les messageries chiffrées, géolocaliser l’appareil, et activer micros et caméras pour transformer le smartphone en véritable mouchard. "Nous nous engageons à vérifier le bon usage de notre technologie (…) et nous enquêtons sur toute allégation crédible d’un mauvais usage de nos produits", affirme NSO sur son site. Et il est vrai que la société a mis en place une adresse mail dédiée aux lanceurs d’alerte qui auraient des informations sur un possible détournement de l’usage de son logiciel.</p>
<p>Un consortium pour enquêter </p>
<p>La réalité semble cependant éloignée de ce discours officiel. Nos confrères de Forbidden Stories l’ont très vite compris lorsqu’ils ont eu accès à une liste de plus de 50 000 numéros de téléphones entrés par 12 clients de NSO dans le système qui active Pegasus. Ils ont alors partagé cette liste, qui court sur plusieurs années après 2016, avec un consortium international qu’ils ont constitué avec 16 médias, parmi lesquels : le Washington Post aux Etats-Unis, le Guardian en Grande-Bretagne, le Süddeutsche Zeitung en Allemagne, la cellule investigation de Radio France, et le journal Le Monde en France. </p><p>Pendant plusieurs mois, près de 80 journalistes ont analysé ces numéros de téléphone et identifié nombre de leurs propriétaires, dans une cinquantaine de pays. Certains ont accepté de nous confier leurs téléphones, car être sélectionné comme cible ne signifie pas forcément être attaqué ou infecté. Le Security Lab d’Amnesty International, partenaire technique du projet et spécialiste de l’analyse de ce type d’infection, a pu établir que sur 67 téléphones expertisés, 37 présentaient des signes d’attaque ou d’infection de Pegasus. </p>
<p>Cibles de Pegasus : les journalistes </p>
<p>Parmi les numéros sélectionnés comme cible, nous avons pu comptabiliser plus de 180 journalistes. Et si l’on devait établir un classement des pays les plus actifs avec Pegasus, le Mexique serait sans doute dans le peloton de tête. Là-bas, ce sont près de 15 000 numéros de téléphone qui ont été sélectionnés comme autant de cibles potentielles pour une attaque du logiciel espion. Parmi eux, celui de Cecilio Pineda, un journaliste assassiné en mars 2017, quelques semaines après que son numéro est apparu dans le listing. Figurent aussi une vingtaine de membres des principaux médias de la capitale Mexico (dont El Tiempo, El Mundo et la télévision nationale), ainsi que des journalistes de publications locales, un chroniqueur de Bloomberg, et un producteur de CNN. </p><p>En Inde, ce sont 30 journalistes, dont cinq d’investigation, 10 chargés de l’information internationale, et huit spécialistes politiques, qui ont été sélectionnés parmi les cibles du logiciel espion. Y-a-t-il un lien de cause à effet ? Certains d’entre eux avaient enquêté sur le contrat controversé des 36 avions Rafale vendus en 2016 par la France au gouvernement indien. Ils étaient poursuivis par des grands groupes industriels proches du premier ministre indien, Narendra Modi, dont "Reliance Industrie", le partenaire de Dassault soupçonné d’être impliqué dans une affaire de corruption dans le cadre de la vente des Rafale. </p><p>Nos investigations nous ont aussi conduits en Arabie Saoudite. Le journal israélien Haaretz avait déjà révélé que le royaume avait acheté le logiciel Pegasus en 2017, juste avant que Mohamed Ben Salman n’entame une purge parmi près de 500 de ses opposants. Mais nos investigations démontrent qu’une partie de l’entourage et de la famille du journaliste Jamal Khashoggi, assassiné au consulat saoudien d’Istanbul le 2 octobre 2018, a été sélectionné sur la liste de ses cibles potentielles après le meurtre, dont sa fiancée, son avocat, l’un de ses enfants, et même le procureur en charge de l’enquête à Istanbul. Figurent aussi sur la liste des journalistes de la chaîne qatarie Al Jazeera. </p><p>En Hongrie, pays membre de l’Union européenne, même constat. Les numéros de 10 avocats ont été rentrés dans le système Pegasus, ainsi que ceux de nombreuses personnalités, dont Zoltan Varga, le patron d’un grand groupe de médias indépendant, et deux journalistes de Direkt36, un site d’investigation indépendant de Budapest. </p>
<p>Des Français ciblés</p>
<p>La France n’est pas cliente de NSO... Mais plusieurs journalistes de l’hexagone figurent parmi les numéros sélectionnés. C’est le cas de deux journalistes de Mediapart, dont son fondateur, Edwy Plenel, mais aussi de Dominique Simonnot, l’actuelle contrôleuse générale des lieux de privations de liberté (CGLPL), qui jusqu’en 2020 était journaliste au Canard enchaîné, ou encore de Bruno Delport, le directeur de TSF Jazz, qui postula en 2019 à la présidence de Radio France. Figurent encore parmi les numéros sélectionnés, ceux de confrères du Monde, de France2, de France24, de RFI, Rosa Moussaoui de l'Humanité, un ancien responsable du bureau de l’AFP à Rabat, ainsi que le journaliste du Figaro Eric Zemmour.</p><p>L’analyse des données auxquelles nous avons eu accès nous a permis de démontrer que ces numéros de téléphone avaient été rentrés dans le système Pégasus par le Maroc, parfois compte tenu de leurs prises de positions considérées comme hostiles au régime ou de leur proximité avec des Marocains perçus comme des opposants, mais dans d’autres cas pour des raisons inconnues. Le Security Lab d’Amnesty avait déjà trouvé des traces d’infection du logiciel Pegasus <a href="https://www.franceinter.fr/le-pouvoir-marocain-soupconne-d-avoir-espionne-un-journaliste-d-investigation-avec-le-logiciel-pegasus">dans le téléphone portable d’Omar Radi</a>, le journaliste du site d’information indépendant Le Desk, officiellement accusé de viol et d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État, et emprisonné au Maroc depuis juillet 2020. </p><p>Or le même laboratoire a pu démontrer que le téléphone d’Edwy Plenel a lui aussi été infecté, après qu’il a participé au festival culturel d’Essaouira en juin 2019, à l’invitation du Desk, où il a plaidé pour la libération des prisonniers du Rif, incarcérés après des manifestations en 2016. Outre ses fonctions de patron de média, Bruno Delport préside quant à lui, le conseil d’administration de Solidarité Sida, une association qui démarrait des projets de prévention auprès de prostituées et de toxicomanes au Maroc, lorsque son téléphone a été attaqué. Au total, nous avons pu établir qu’au moins 35 numéros de journalistes ont été sélectionnés comme cibles par le Maroc. Et en deux ans, toutes professions confondues, ce sont plus de 10 000 numéros que l’utilisateur du logiciel de NSO dans ce pays a rentré dans le système, dont près de 1 000 correspondent à des citoyens Français.  </p><p>En réponse à nos questions, l’ambassade du Maroc nous a adressé la réponse suivante : "Les autorités marocaines ne comprennent pas le contexte de la saisine par le consortium international de journalistes (Forbidden Stories) sollicitant les réponses et précisions du gouvernement marocain sur les outils de surveillance numérique de NSO group". </p><p>Evoquant le cas d’Omar Radi, elle ajoute : "Les autorités marocaines demeurent depuis le 22 juin 2020 dans l’attente de preuves matérielles de la part d’Amnesty International qui a été incapable de prouver une quelconque relation entre le Maroc et NSO".</p>
<p>NSO argue de sa bonne foi</p>
<p>En octobre 2019, NSO avait déjà été fragilisé pour avoir rendu possible le piratage de 1 400 téléphones, en exploitant une vulnérabilité de la messagerie chiffrée WhatsApp. Une centaine de journalistes et des militants des droits de l’Homme avaient alors été ciblés. Facebook, maison mère de WhatsApp, avait déposé une plainte à laquelle s’étaient joints Google, Microsoft et d’autres sociétés informatiques. En décembre 2020, nos confrères du Guardian révélaient que des traces de Pegasus avaient été repérées dans les téléphones portables d’une douzaine de journalistes de la chaine Qatari Al Jazeera. Et en décembre 2020, le projet Cartel, déjà conduit par Forbidden Stories avec la cellule investigation de Radio France, avait documenté un dévoiement de Pégasus au Mexique. </p><p>En réponse aux questions que nous lui avons adressées, NSO réaffirme qu’il a pour mission de sauver des vies. "Nous assurons cette mission avec détermination, en dépit de tentatives répétées de nous discréditer sur la base de fausses informations", explique le groupe. Au regard de ce que nous révélons, peut-il pour autant continuer d’ignorer que de nombreux pays détournent sa technologie à d’autres fins que la prévention du crime organisé et du terrorisme ? Dans sa réponse, la société ajoute : "_NSO Group continuera d’enquêter sur toute allégation de mauvais usage (de Pégasus), et nous prendrons des décisions en fonction des résultats de ces enquêtes. Cela peut aller jusqu’à fermer l’accès de notre système à nos clients … Ce que nous avons déjà fait par le passé de nombreuses fois, et que nous n’hésiterons pas à refaire si nécessaire_".</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/667/rapport-de%C2%A0la%C2%A0rand-sur%C2%A0l%E2%80%99armee-francaise%C2%A0-l%E2%80%99avant-dernier%C2%A0clou-du%C2%A0cercueil%C2%A0-t%C2%A01299</guid>
	<pubDate>Fri, 16 Jul 2021 11:10:24 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Rapport de la RAND sur l’Armée française : l’avant-dernier clou du cercueil ? (T 1299)]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Rapport de la RAND sur l’Armée française : l’avant-dernier clou du cercueil ? (T 1299)</p>
<p><a href="https://www.defnat.com/e-RDN/vue-tribune.php?ctribune=1405" target="_blank"></a></p>
<p>Le think tank RAND Corporation a présenté un rapport intéressant sur les armées françaises. Il y a ici matière à réflexion sur le rôle et la place de la France dans l’Otan. Une contribution pour alimenter un débat nécessaire et utile alors que la campagne présidentielle démarre et qu’il est important de réfléchir aux grands enjeux de notre politique de défense pour les années à venir.</p><p><a href="https://www.rand.org/pubs/research_reports/RRA231-1.html"></a>Les rapports de la RAND Corporation sur l’Armée française se suivent et ne se ressemblent pas. En 2014, elle avait publié une étude sur Serval qui avait laissé les Américains pantois, eux qui découvraient notre guerre légère, imposée certes par des moyens limités mais fidèle à nos traditions <a href="https://www.defnat.com/e-RDN/vue-tribune.php?ctribune=1405#1">(1)</a>. Intérêt à l’époque très relatif, puisque nous relevions que dans le même temps « la Quadriennal Defense Review 2014 nous ignore, ne nous citant qu’une fois en légende de photo comme complément de la composante africaine en RCA, ce qui nous ramène à 1991 où, dans l’ordre de bataille du Pentagone, la division Daguet n’était que la force d’appoint du 30e Corps d’armée égyptien ». Sept ans plus tard, nous n’intéressons de nouveau la RAND – et le Pentagone commanditaire du rapport – que comme force d’appoint dans la guerre annoncée sur le théâtre européen.</p>
<p><br />Nach Moskau!</p>
<p>La France est, dès le titre, embarquée dans la nouvelle croisade du monde libre face au péril slave. « France could support a U.S.-led war effort in Eastern Europe now or in the next ten years. The French are practiced in joint operations, which surely would be a requirement in a conflict against Russia. » Nous voici revenus à cette vieille couverture du magazine Collier’s du début des années 1950, montrant un GI aux couleurs américaine et onusienne devant une carte indiquant Moscou comme quartier général des forces d’occupation occidentales. La chose semble acquise : les tankistes de Poutine ont acheté les cartes Michelin qui les mèneront jusqu’aux bords de Seine sur les traces des cosaques d’Alexandre Ier. Aurions-nous manqué un épisode ?</p><p>La RAND s’interroge tout de même : « Is Russia a French Strategic Priority? ». Sans doute pas, vu que « a large-scale conventional war with Russia in that region is generally considered unlikely ». Les Français, en cette année de Bicentenaire napoléonien, se souviennent surtout de ce que Bernard Montgomery répondit à un journaliste qui mettait en doute ses compétences stratégiques : « Je sais au moins une chose, qu’il ne faut jamais prendre la route de Moscou ». Il semble que cette première et peut-être unique leçon de l’art de la guerre soit oubliée du Pentagone. Mais si les Français ont planté leur drapeau sur les tours du Kremlin en 1812, pourquoi pas la bannière étoilée ? Nous allons donc faire la guerre aux Russes, une guerre de haute intensité comme on dit dans les colloques, que ça plaise ou non aux Français. La RAND ne s’interroge même pas, commettant l’erreur habituelle sur les pouvoirs ou plutôt l’absence de pouvoirs de guerre du président de la République <a href="https://www.defnat.com/e-RDN/vue-tribune.php?ctribune=1405#2">(2)</a>, et l’adhésion supposée des Français qui n’est que de l’indifférence à des guerres pour lesquelles ils ne sont plus consultés.</p><p>Qu’importe : The French sont relégués au rôle de supplétifs fidèles à l’Alliance mais à l’usage limité, et notre Céma réduit au rôle de commandant de harka. Merci pour La Fayette et de Grasse ! Il faut dire que le spectacle que nous donnons de meilleur élève de la classe atlantique a de quoi combler les Américains : la Royale a terminé son intégration dans l’US Navy et s’en félicite, l’Armée de l’air fait des manœuvres communes depuis le printemps avec l’US Air Force, et on annonce nos Leclerc pour les prochains exercices dans les faubourgs varsoviens. Quant à la fameuse interopérabilité, que pourrait-elle être d’autre que l’adoption par nos forces des normes Made in USA – s’il est une guerre que l’Amérique a gagnée, c’est bien celle des normes ?</p>
<p>Le clairon de Gunga Din <a href="https://www.defnat.com/e-RDN/vue-tribune.php?ctribune=1405#3">(3)</a></p>
<p>Sur le fond, la RAND ne nous apprend rien qu’on ne sache déjà au travers des multiples travaux parlementaires qui se succèdent depuis des années, dont son rapport n’est qu’un copié-collé (qu’elle a dû facturer très cher). Il n’est par exemple un secret pour personne que nous n’avons plus d’hélicoptères lourds (le rapport de 2014 citait un officier français qui regrettait déjà l’absence de CH-47 Chinook) et que Barkhane a dû en emprunter aux Danois et aux Britanniques : que le taux d’attrition de nos matériels est ridiculement bas ; que nos stocks ne nous permettent de tenir un feu que quelques jours ; que nos avions de transport tactiques se compteront sur les doigts des deux mains l’année prochaine avec le retrait anticipé des Transall C-160, etc. S’y ajoute une certaine mauvaise foi, comme dans l’évocation de l’A330 MRTT, avion certes polyvalent mais qui n’emporte que la moitié de la charge utile du C-17 Globemaster III américain – les Américains restent dans la compétition de celui qui aura le plus gros engin –, tout en oubliant de signaler que l’US Air Force ne se remet pas de ne pas avoir choisi l’avion d’Airbus plutôt que le Boeing KC-46 Pegasus.</p><p>Relevons que dans un tableau, la RAND indique l’inflation de poids de nos engins blindés, sans les mettre toutefois en regard des capacités d’emport désormais inadéquates de nos C-130J et A400M. Cela renvoie au rapport de 2014 où elle émettait des doutes pour l’avenir, et s’interrogeait sur la pertinence du nouveau matériel au standard Otan, trop lourd pour des expéditions, trop chichement compté pour une guerre en Europe : « Intriguingly, although the French are moving forward with fleet modernization in tune with SCORPION, there is an undercurrent of resistance because of the perceived value of lower-technology vehicles, which reportedly are easier to sustain in the field than their newer replacements. It would be interesting to learn what the logistical burden of operating VBCIs in Mali was compared with the ancient VABs. »</p><p>On attend toujours ce bilan comparatif. On attend surtout que s’élabore une stratégie française d’emploi des forces, puisque les incantations d’ingénieurs comme « numérisation » ou « protection » ne sauraient en tenir lieu, de même que le fantasme de « furtivité » qui vient d’être abandonné par l’US Air Force.</p>
<p>Aporie nucléaire</p>
<p>La RAND finit par aborder la question de la nucléarisation du conflit, et est bien ennuyée car cet impensé de la Force de frappe française, ce brouillard sur lequel repose notre concept de dissuasion, ce refus de la riposte graduée qui avait motivé le retrait de l’Otan, le Pentagone non seulement ne le maîtrise toujours pas, mais il n’entre pas dans ses plans de bataille qui reposent toujours sur le découplage entre bataille de terrain et escalade nucléaire. Sauf que l’Amérique est hors de portée des divisions russes, pas la France. Ce n’est pas nouveau, on le sait depuis 1966.</p><p>Comment articuler la projection dans une bataille de rencontre avec la sanctuarisation de l’Hexagone ? Si nos troupes sont au contact à Kaliningrad ou si nous autorisons les Américains à utiliser nos ports, nos aéroports et nos routes pour acheminer du matériel et des hommes, les Russes effectueront des frappes en profondeur sur notre territoire. La riposte nucléaire sera donc mise en œuvre. La sécurité de la France passe-t-elle alors par l’injonction faite à Moscou de ne pas neutraliser les marches de son empire hérité des Tsars ? L’hypothèse de loin la plus probable est que nous nous retirerons sur le Mont Pagnotte <a href="https://www.defnat.com/e-RDN/vue-tribune.php?ctribune=1405#4">(4)</a> et resterons à l’écart, comme à la bataille de Lépante (1571).</p><p>Le rapport de la RAND, bancal dès son prolégomène arbitraire, a au moins le mérite de reposer la question restée encore sans réponse en 2021 : que fait la France dans l’Otan <a href="https://www.defnat.com/e-RDN/vue-tribune.php?ctribune=1405#5">(5)</a> ? Les Américains y répondent, nous délivrant du trouble de penser comme écrivit d’eux Tocqueville. Avec en ligne de mire la neutralisation de la bombinette du Général. On peut leur reprocher beaucoup de choses, sauf de ne pas avoir de suite dans les idées. Surtout quand il s’agit de la France. ♦</p><p><br /><a id="1" name="1">(1)</a> Voir : « La Guerre des Français », RDN n° 777, février 2015.<br /><a id="2" name="2">(2)</a> Voir : « Je veux savoir pourquoi je me fâche » (Tribune n° 919), RDN, 25 juillet 2017 ; et « La guerre, le Président et la Constitution » (Tribune n° 995), RDN, 24 avril 2018.<br /><a id="3" name="3">(3)</a> Gunga Din est un poème de Rudyard Kipling de 1892, adapté à Hollywood en 1939 par George Stevens avec Sam Jaffe, du nom d'un Intouchable qui n'a d'autre ambition que de devenir le clairon d'un régiment britannique de l’Armée des Indes. Une parodie de son sacrifice final sert de séquence d'ouverture à The Party de Blake Edwards avec Peter Sellers (1968).<br /><a id="4" name="4">(4)</a> Domaine royal dans l'Oise, où se trouve un petit belvédère de chasse pour regarder de loin la meute, auquel Louis XV fit allusion en conseil des ministres au début de la Guerre de Succession d’Autriche, pour indiquer que la France ne retirerait rien à y participer (ce qui se confirmera à la fin du conflit).<br /><a id="5" name="5">(5)</a> Voir : « Le degré zéro de la pensée stratégique », RDN n° 711, août-septembre 2008, repris in « L’Alliance atlantique transformée », RDN n° 752, Été 2012.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/666/la-prediction-du-mit-sur-leffondrement-de-la-civilisation-semble-etre-en-phase-avec-la-realite</guid>
	<pubDate>Fri, 16 Jul 2021 11:06:31 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/666/la-prediction-du-mit-sur-leffondrement-de-la-civilisation-semble-etre-en-phase-avec-la-realite</link>
	<title><![CDATA[La prédiction du MIT sur l&#039;effondrement de la civilisation semble être en phase avec la réalité]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Ces dernières décennies sont marquées par la crainte d’un déclin de notre civilisation telle que nous la connaissons, alors même que les progrès technologiques et industriels semblent exponentiels. La surpopulation et la surconsommation placent les générations actuelles dans une véritable impasse. En 1972, une équipe de scientifiques du MIT a publié une étude prédisant la fin de ce que l’on appelle la « civilisation industrielle » au cours du 21e siècle, et ces prédictions semblent aujourd’hui totalement en phase avec la réalité, selon une nouvelle étude.</p><p>Actuellement, d’autres chercheurs tentent toujours d’établir des scénarios prédictifs afin d’aider les acteurs au pouvoir à prendre des décisions, qui détermineront en quelques sortes l’avenir de l’humanité. Si <a href="https://archive.org/details/limitstogrowthr00mead" target="_blank" rel="noopener">l’étude</a> a été critiquée à l’époque, de nouvelles recherches montrent que ces prédictions se sont révélées étrangement exactes jusqu’à présent.</p><p>Une <a href="https://advisory.kpmg.us/content/dam/advisory/en/pdfs/2021/yale-publication.pdf" target="_blank" rel="noopener">nouvelle étude</a> publiée dans le Yale Journal of Industrial Ecology et menée par Gaya Herrington, responsable de la durabilité et de l’analyse des systèmes dynamiques au sein du cabinet comptable KPMG, a examiné l’évolution de la situation depuis le rapport initial de 1972 et a conclu que nous pourrions effectivement assister à l’effondrement de la civilisation (telle que nous la connaissons) dès 2040.</p><p>Mais cela ne se produira que si nous poursuivons notre approche actuelle de l’extraction et de la surexploitation des ressources, ce qui suggère qu’il y a de l’espoir, bien qu’il soit difficile de le croire. Nous précisons que cette étude a été réalisée de manière indépendante — et exclut le cabinet KPMG, dans le cadre de la thèse de maîtrise à Harvard de Gaya Herrington.</p>
<p>Mesurer le risque d’effondrement et établir des scénarios</p>
<p>Herrington a comparé les projections de l’équipe du MIT à des données réelles et tangibles sur le développement économique et l’extraction des ressources, afin de déterminer à quel point nous nous sommes engagés dans ce scénario inadéquat.</p><p>Ont été étudiées les données relatives à dix variables clés, à savoir la population, les taux de fertilité, les taux de mortalité, la production industrielle, la technologie, la production alimentaire, les services, les ressources non renouvelables, la <a id="acttrigger0" onmouseout="if (!window.__cfRLUnblockHandlers) return false; javascript:act_hide_tooltip(event,this);" onmouseover="if (!window.__cfRLUnblockHandlers) return false; javascript:act_show_tooltip(event,this,'#tooltip62722','.trigger62722');" href="https://trustmyscience.com/?s=Pollution" target="_self" class="act_anchor trigger62722" data-cf-modified-e2ed62f7a02ce4b0f937d3d2-="">pollution</a> persistante, le bien-être humain et l’empreinte écologique. Herrington a ainsi constaté que les données les plus récentes correspondent le mieux à deux scénarios particuliers, à savoir le scénario « BAU2 » (business-as-usual) et « CT » (comprehensive technology).</p><p></p>
<p>Le scénario BAU2 (business-as-usual), qui implique de continuer à vivre selon nos modèles actuels, montre un déclin drastique de la population et de ses différents indicateurs de qualité de vie, avec notamment une augmentation exponentielle de la pollution et des pénuries alimentaires. © Gaya Herrington, 2021</p>
<p>« Les scénarios BAU2 et CT montrent un arrêt de la croissance d’ici une dizaine d’années », conclut l’étude. « Les deux scénarios indiquent donc que le maintien du statu quo, c’est-à-dire la poursuite d’une croissance continue, n’est pas possible. Même associé à un développement et à une adoption technologiques sans précédent, le business as usual tel que modélisé conduirait inévitablement à un déclin du capital industriel, de la production agricole et des niveaux de bien-être au cours de ce siècle ».</p><p></p>
<p>Dans le scénario de « technologie globale » (CT), le déclin économique s’installe aussi, avec toute une série de conséquences négatives possibles, mais il ne conduit pas à un effondrement de la société. © Gaya Herrington, 2021</p>
<p>« Étant donné la perspective peu attrayante de l’effondrement, j’étais curieuse de voir quels scénarios s’alignaient le plus étroitement sur les données empiriques actuelles », a expliqué Herrington. « Après tout, le livre qui présentait ce modèle de monde était un best-seller dans les années 70, et nous devrions maintenant disposer de plusieurs décennies de données empiriques qui rendraient la comparaison significative. Mais à ma grande surprise, je n’ai pas trouvé de tentatives récentes en ce sens. J’ai donc décidé de le faire moi-même ».</p><p></p>
<p>Malheureusement, le scénario qui correspondait le moins aux dernières données empiriques se trouve être le plus optimiste, connu sous le nom de « SW » (Stabilized World, soit « monde stabilisé »), dans lequel la civilisation suit une voie durable et connaît les plus faibles baisses de croissance économique, grâce à une combinaison d’innovations technologiques et d’investissements généralisés dans la santé publique et l’éducation. © Gaya Herrington, 2021</p>
<p>Herrington a précisé au magazine Motherboard que l’effondrement « ne signifie pas que l’humanité cessera d’exister ». « Mais il détruira notre mode de vie. La croissance économique et industrielle s’arrêtera, puis déclinera, ce qui nuira à la production alimentaire et au niveau de vie… En termes de calendrier, le scénario BAU2 montre qu’un déclin brutal s’installera vers 2040 », ajoute-t-elle.</p><p>Tout semble donc indiquer que les meilleures données disponibles suggèrent que ce que nous déciderons au cours des dix prochaines années déterminera le sort à long terme de la civilisation humaine.</p><p>Herrington a notamment souligné la « montée en puissance rapide » des priorités environnementales, sociales et gouvernementales, ce qui incite à l’optimisme et témoigne du changement de mentalité qui s’opère au sein des gouvernements et des entreprises. Selon elle, il n’est peut-être pas trop tard pour créer une civilisation véritablement durable et équitable pour tous, bien qu’il soit de plus en plus difficile d’y croire.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/665/pass-sanitaire-%C2%ABune-remise-en-cause-profonde-et-inedite-de-notre-modele-de-societe%C2%BB</guid>
	<pubDate>Thu, 15 Jul 2021 05:30:43 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Pass sanitaire: «Une remise en cause profonde et inédite de notre modèle de société» .]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Par François-Xavier Bellamy et Loïc Hervé<br />Publié 13/07/2021<br /> <br />Depuis l’apparition du coronavirus, nous sommes passés par bien des expériences inédites, et nous avons vu vaciller, de confinement en couvre-feu, la rassurante et illusoire évidence de nos libertés publiques. <br />Mais il ne faut pas se méprendre: la vraie rupture historique pour notre modèle de société date de lundi dernier, avec les mesures annoncées par le président de la République. Si nous nous sommes opposés, il y a plusieurs mois déjà, à la création du pass sanitaire par le Parlement européen et le Parlement français, c’est parce que nous refusons absolument le monde qui se dessine sous nos yeux.<br />Une précision d’abord, dans la confusion et les caricatures du moment: s’opposer au pass sanitaire n’est pas être antivaccins. <br />La vaccination est un progrès scientifique prodigieux, et l’une des plus belles pages de l’histoire de notre pays est sans doute d’y avoir largement contribué à travers l’œuvre de Pasteur. <br />Mais comment comprendre que cette tradition scientifique aboutisse à la déraison que nous constatons aujourd’hui? Avec dix-huit mois de recul, nous connaissons désormais le coronavirus: nous savons chez quels sujets il provoque des formes graves. 93 % des victimes du coronavirus en France avaient plus de 65 ans; 65 % avaient un facteur de comorbidité. <br />En dessous de 40 ans, sans facteur de comorbidité, le risque de mourir du coronavirus est quasi inexistant.<br />Pourquoi alors ne pas adopter la même stratégie de vaccination que celle qui a lieu chaque année face à la grippe saisonnière ? <br />Rappelons que, sans susciter aucune opposition, plus de 10 millions de vaccins ont été administrés l’an dernier contre cette épidémie, majoritairement pour les personnes vulnérables, âgées ou présentant une fragilité particulière. Le nombre de morts est ainsi contenu chaque année, sans qu’il soit jamais question de vacciner toute la population tous les ans au motif qu’il faudrait éviter la circulation du virus. On ne traite pas les plus jeunes d’irresponsables égoïstes parce qu’ils ne se font pas vacciner contre la grippe! Ce débat doit être mené sans simplisme et sans leçons de morale: oui, on peut être favorable aux vaccins, y compris à une campagne très large pour vacciner les personnes vulnérables face à cette épidémie, et affirmer que la stratégie de masse actuellement choisie semble hors de toute mesure: pourquoi faudrait-il vacciner un adolescent, qui ne risque absolument rien du coronavirus, au motif qu’il faut protéger les personnes âgées, si celles-ci sont vaccinées? C’est faire complètement l’impasse sur le nécessaire arbitrage entre bénéfice et risque, y compris du point de vue collectif.<br />L’accès à un espace public sera différencié selon nos données de santé. <br />Comment une telle révolution peut-elle s’opérer avec une justification si faible, sans vrai débat parlementaire, et en caricaturant tous ceux qui osent s’en inquiéter ?<br />Mais là n’est même pas le problème essentiel, en un sens. Ce que nous n’acceptons pas, et n’accepterons jamais, c’est la transformation de nos vies quotidiennes, de nos relations humaines, de notre modèle de société, qui s’accomplira de manière certaine et potentiellement irréversible par la mise en œuvre du pass sanitaire. <br />Pour la première fois dans notre histoire, il faudra présenter un document de santé pour effectuer les actes les plus simples du quotidien - prendre un train, entrer dans un magasin, aller au théâtre… <br />L’accès à un espace public sera différencié selon nos données de santé. <br />Comment une telle révolution peut-elle s’opérer avec une justification si faible, sans vrai débat parlementaire, et en caricaturant tous ceux qui osent s’en inquiéter? <br />Rappelons pourtant combien ces contraintes inédites paraissaient inimaginables il y a encore quelques mois: quand certains redoutaient que le vaccin puisse devenir le critère d’une existence à deux vitesses, on les traitait de complotistes. <br />Lorsque le pass sanitaire a été créé, le gouvernement jurait que jamais il ne conditionnerait l’accès à des actes quotidiens - seulement à des événements exceptionnels réunissant des milliers de personnes. <br />C’est d’ailleurs à cette condition explicite qu’un tel dispositif avait été accepté par les autorités administratives compétentes pour la protection des libertés ou des données privées. <br />Le fait que l’État méprise à ce point la parole donnée, sur des sujets aussi graves et en un temps aussi court, a de quoi inquiéter n’importe quel Français sur l’avenir de la liberté.<br />Car c’est bien tout notre modèle de société qui est aujourd’hui menacé. Si le gouvernement a la certitude que la vaccination générale est absolument indispensable, alors il devrait en tirer toutes les conséquences, et la rendre obligatoire. <br />Nous ne pensons pas cela; mais ce serait au moins, du point de vue démocratique, une décision plus loyale que l’hypocrisie de cette contrainte déguisée. <br />Ce serait surtout éviter de basculer dans ce nouveau monde où l’État contraindra chaque citoyen à contrôler son prochain pour déterminer ses droits. Le serveur d’un bistrot sera sommé de vérifier la vaccination et la pièce d’identité d’un client pour pouvoir servir un café; les mariés devront demander un QR Code à leurs invités avant de les laisser entrer… <br />Et la police viendra sanctionner ceux qui n’auront pas participé efficacement à ce contrôle permanent. Qui peut prétendre qu’un tel dispositif permet de «retrouver la liberté»? <br />Il constitue au contraire un précédent redoutable en matière de contrôle permanent et de droits différenciés, en particulier au regard des enjeux majeurs touchant la santé et la bioéthique dans les années qui viendront. Ne pensez surtout pas que, parce que vous êtes vacciné, vous aurez «une vie normale»: quand on doit présenter dix fois par jour un document de santé et sa carte d’identité, pour acheter une baguette ou faire du sport, on n’a pas retrouvé la liberté. Quand chacun doit devenir le surveillant de tous les autres, on n’a pas «une vie normale».<br />On nous dira qu’il faut choisir entre le pass sanitaire et le confinement généralisé: mais ce chantage est absurde. Dès lors que les plus vulnérables sont vaccinés, il n’y a aucune raison de revenir au confinement, aucune raison en particulier de fermer les amphis et d’enfermer les adolescents. <br />Nous n’avons pas à choisir entre deux manières inutiles et dangereuses d’abandonner la liberté. <br />Ce combat n’est pas individualiste, au contraire: c’est se sentir vraiment responsables d’un bien commun essentiel que de défendre cette liberté aujourd’hui gravement menacée. Il y a là un défi de civilisation: face aux modèles autoritaires qui triomphent ailleurs dans le monde, l’Europe et la France doivent montrer qu’une action publique efficace, même en période de crise, n’impliquera jamais d’abandonner les règles intangibles qui fondent nos démocraties. <br />Les libertés fondamentales, l’égalité des droits, l’amitié civique, ne sont pas des privilèges pour temps calmes, mais des principes qui nous obligent.</p>

<p>François-Xavier Bellamy est philosophe et député européen. Loïc Hervé est vice-président des Centristes</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 11 Jul 2021 21:02:02 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/664/est-il-juridiquement-possible-de-rendre-le-vaccin-covid-obligatoire</link>
	<title><![CDATA[Est-il juridiquement possible de rendre le vaccin Covid obligatoire ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Merci à vous, @StarHawk Louise Michel, d'apporter votre pierre au rétablissement de la vérité, et de faire oeuvre de salubrité et je dirais même de "santé" publique - de santé intellectuelle notamment - en ayant écrit ce 11/07/2021 : <br />"Je viens d’écouter le dernier «  interdit d’interdire « sur la vaccination obligatoire et je dois dire que le niveau de comprenette de l’invité juriste censé expliquer le droit en la matière m’a laissé pantois. </p>

<p>On a un vrai pb de comprenette</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
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	<pubDate>Sun, 11 Jul 2021 08:23:55 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/663/laffaire-haouach-60000-wallons-pour-oublier-un-fiasco-politique-belgique</link>
	<title><![CDATA[L&#039;affaire Haouach: 60.000 wallons pour oublier un fiasco politique - Belgique]]></title>
	<description><![CDATA[<p itemprop="description">Le débat sur la neutralité de l'État et la problématique du port des signes convictionnels par des fonctionnaires publics devient une ligne de fracture qui divise profondément la société. Elle se manifeste entre partis politiques, au sein de certains d'entre eux et se reproduit dans toutes les strates de la société. Elle divise les générations, et parfois même les familles.</p><p>C'est dans ce contexte que s'inscrit l'affaire Haouach, qui s'est terminée piteusement par la <a href="https://www.levif.be/actualite/belgique/ihsane-haouach-demissionne-en-tant-que-commissaire-aupres-de-l-institut-pour-l-egalite-entre-les-femmes-et-les-hommes/article-normal-1446485.html" target="_blank">démission de l'intéressée</a>, soupçonnée d'accointances avec les Frères musulmans, le lendemain du jour où la secrétaire d'Etat, Sarah Schlitz, qui se glorifiait d'être seule responsable de sa désignation, était parvenue à sauver sa tête à la suite d'un débat devant la Chambre des représentants. L'arbre de cette démission ne doit pas cacher la forêt des manquements démocratiques qui ont caractérisé cette triste affaire. Nonobstant les propos forts du Premier ministre devant la Chambre, le 8 juillet dernier, qui a rappelé avec force quelques valeurs fondamentales, le gouvernement a multiplié les erreurs, les dérapages, les fautes.</p><p>Le premier manquement grave a été la désignation de Ishane Haouach en qualité de commissaire du gouvernement auprès de l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes (IEFH). Ecolo - cela s'était déjà manifesté clairement lors de la campagne électorale bruxelloise avant les élections du 27 mai 2019 - milite activement pour un modèle de société dans lequel la neutralité est inclusive et où, exception faite des agents qui ont un pouvoir de coercition, chacun peut exhiber en tout temps et en tout lieu son appartenance religieuse.</p><p>L'affaire Haouach: 60.000 wallons pour oublier un fiasco politique</p><p>Force, cependant, est de constater que cette position n'a pas été reprise dans le pacte de gouvernement, et que lorsqu'un membre de celui-ci exerce ses fonctions, il se doit de se conformer à l'accord passé entre les partenaires de la majorité, et est tenu, pour le surplus, à poursuivre l'intérêt général. Il ne peut se laisser guider par sa propre militance. En trois clics sur Internet, la secrétaire d'État pouvait savoir qu'Ishane Haouach est une croisée musulmane de la neutralité inclusive. Elle s'exprimait notamment ainsi "Le point négatif est que malheureusement notre communauté est à la traîne, nous sommes une réelle force politique mais nous ne sommes pas unis, il n'existe pas de véritable lobby. Il n'y a qu'à regarder les dernières élections politiques et le nombre de musulmans qui ont élu des représentants de partis politiques qui ont voté des lois qui ne sont pas en faveur des musulmans (abattage rituel, voile, cours de religion...) Nous ne sommes pas du tout organisés pour faire pression.".</p><p>En faisant que la voix de l'Etat au sein de cette institution soit celle d'une activiste religieuse, la secrétaire d'État a commis une lourde faute, couverte malheureusement trop longtemps par l'ensemble du gouvernement</p><p>De même, diabolisant ses contradicteurs, elle n'hésite jamais à évoquer des "intégristes laïques", des "fondamentalistes laïques", à suggérer que certains d'entre eux sont liés à l'extrême droite, à confondre le combat pour une neutralité d'apparence des fonctionnaires publics à de l'islamophobie et à du sexisme. Bref, Ishane Haouach, qu'elle soit ou non liée aux Frères musulmans, est une activiste. Par essence, l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes est un lieu qui a pour vocation de protéger toutes les femmes, quelles que soient leurs convictions, leur origine, leur situation sociale. Il s'agit autant de protéger les femmes issues de la diversité qui entendent porter le voile contre les discriminations dont elles sont victimes notamment au travail que les femmes issues de la diversité qui sont victimes de pressions archaïques et patriarcales. En faisant que la voix de l'Etat au sein de cette institution soit celle d'une activiste religieuse, la secrétaire d'État a commis une lourde faute, couverte malheureusement trop longtemps par l'ensemble du gouvernement. La faute aurait été identique si elle avait désigné une activiste intransigeante, issue des milieux laïques.</p><p>Toutes les femmes comme l'IEFH méritent que la voix de l'Etat au sein de cet Institut soit celle d'une personnalité dans laquelle chacune et chacun puisse se reconnaître, qui soit consensuelle sur les questions qui divisent et qui fasse naturellement preuve de tolérance. Il est grand temps de tirer les enseignements de ce triste épisode qui n'est que la pointe émergée d'un iceberg. Il arrive malheureusement que des commissaires de gouvernement soient désignés sur un coin de table, en catimini, afin de gratifier des affidés sans grande aptitude. Le principe d'égal accès des Belges aux emplois publics exige que la législation soit modifiée, à tous les niveaux de pouvoir, pour que les représentants de l'État dans des organismes publics soient désignés après un appel public aux candidats et une comparaison objective de leurs titres et mérites. Il est singulier, en effet, que dans l'affaire Haouach, c'est le parti qui a fait de la moralisation de la vie publique l'un de ses principes fondateurs qui est tombé dans les dérives qu'il a dénoncées, souvent à juste titre, chez les autres, pendant tant d'années.</p><p>Le deuxième manquement grave de la secrétaire d'Etat et du gouvernement est de ne pas avoir sur le champ réagi à <a href="https://www.levif.be/actualite/belgique/de-croo-apres-les-declarations-d-ihsane-haouach-pas-de-marge-pour-le-moindre-incident-supplementaire/article-normal-1445945.html" target="_blank">l'interview indigne pour un représentant de l'État, donnée dans la presse le 3 juillet 2021 par Ishane Haouach</a>. Risible est le pare-feu, avancé tant par l'intéressée que par la Secrétaire d'État, selon lequel elle se serait exprimée à titre personnel. Lorsqu'une représentante de l'Etat réagit à sa mise en cause, pour la manière dont elle exerce ses fonctions, elle ne s'exprime pas à titre personnel. Elle engage l'État et le gouvernement responsable de sa désignation. A ce titre, il est lourdement fautif dans son chef de plaider pour une conception de la neutralité qui n'est pas celle du gouvernement. Il est lourdement fautif de taxer de sexiste et de raciste celui qui exige qu'elle conserve une neutralité d'apparence. Il est lourdement fautif, par référence à la démographie, d'induire l'idée que la protection des libertés individuelles doit se fonder sur une logique arithmétique et de remettre ainsi en cause la séparation des Églises et de l'État. Il est lourdement fautif de remettre en cause implicitement la jurisprudence de la Cour constitutionnelle qui estime que dans l'enseignement officiel doivent coexister des établissements qui acceptent le port des signes convictionnels par les élèves et d'autres qui les interdisent. Il est lourdement fautif, a fortiori dans le chef de quelqu'un qui, à tort ou à raison, est soupçonné d'accointances avec les Frères musulmans, de qualifier ceux et celles qui ne partagent pas ses vues de "fondamentalistes laïques".</p><p>Ces propos devaient s'analyser comme une faute grave qui devait déboucher sur une sanction immédiate. Il est déplorable que cette décision n'ait pas été prise immédiatement, que la secrétaire d'Etat et le gouvernement aient pu se satisfaire de la comédie consistant pour l'intéressée à nuancer ses propos sur un réseau social, tout en continuant - c'est une constante - à jouer la victimisation. Il est préoccupant que dans pareil contexte, car telle est la réalité, elle ait pu conserver la confiance du gouvernement.</p><p>Le troisième manquement grave est, pour le gouvernement, d'avoir refusé l'audition d'Ishane Haouach par le Parlement sollicitée par l'opposition parlementaire. La qualité du modèle démocratique s'apprécie au degré de respect de l'opposition. Refuser cette audition a été une manière vaine d'instituer le "Circulez, il n'y a rien à voir", et plus grave encore de se solidariser avec l'intéressée, en la déresponsabilisant pour les propos qu'elle avait tenus.</p><p>Le flou entoure les raisons réelles de la démission d'Ishane Haouach</p><p>Le quatrième manquement grave est un dysfonctionnement structurel de l'État qui engage le gouvernement dans son ensemble. Le flou entoure les raisons réelles de la démission d'Ishane Haouach. A-t-elle démissionné parce que le Premier ministre, à juste titre cette fois, lui a rappelé les exigences de sa fonction ? A-t-elle démissionné, comme elle l'affirme, parce qu'elle n'a pas supporté des attaques personnelles dont elle aurait fait l'objet sur les réseaux sociaux, ces égouts de la démocratie, y subissant comme tant d'autres des attaques abjectes dirigées contre tout qui exprime des opinons tranchées. Ou a-t-elle démissionné parce que, dans l'ombre du non-dit public, le choix ne lui en a pas été laissé, les services de renseignement ayant mis en évidence les liens qui l'uniraient aux Frères musulmans ?</p><p>Le simple fait qu'un tel rapport des services de renseignement existe est plus que préoccupant. Après la faillite du SGRS dans l'affaire Conings, voici les services de renseignement qui se comportent à nouveau comme les carabiniers d'Offenbach. Ils laissent le gouvernement se solidariser publiquement avec une personnalité dont ils estiment qu'elle est de nature à présenter un danger pour les valeurs qui fondent l'état de droit. En tout état de cause, ceci pose à nouveau la question de la responsabilité personnelle de la secrétaire d'Etat. Il lui appartenait, en effet, avant de procéder à la désignation de Ishane Haouach, compte tenu d'éléments qu'elle ne pouvait ignorer, de vérifier et faire vérifier par les services compétents que rien ne pouvait lui être reproché et qu'elle n'avait pas de liens avec des mouvances douteuses.</p><p>Le cinquième manquement serait de ne pas faire, au Parlement, dans la transparence démocratique, la clarté sur la nature exacte des liens qui existeraient entre Ishane Haouach et les Frères musulmans. Dans son interview au Soir, elle déclarait : "J'invite qui que ce soit à prouver quoi que ce soit, je n'ai rien à cacher. Je ne connais pas cette mouvance, ni de près ni de loin. Là aussi, je réfléchis à l'opportunité d'une action en justice". Affirmer qu'elle ne connaît pas cette mouvance, ni de près, ni de loin n'est guère crédible.</p><p>Rien ne serait pire que de laisser la rumeur en suspens.</p><p>Agir en justice pour laver son honneur est un droit inconditionnel qui se justifierait avec plus d'évidence encore que cette suspicion semble émaner désormais de l'appareil d'État. Mais, au-delà de cette éventuelle initiative personnelle, l'intéressée, tout comme l'ensemble des citoyens, ont le droit de savoir à partir de quels éléments factuels ce soupçon a été émis. Rien ne serait pire que de laisser la rumeur en suspens. Si elle est inexacte, l'intéressée a droit à un démenti officiel. Si elles se fondent sur des éléments objectivés, les citoyens ont le droit de savoir avec quelle légèreté ce dossier a été traité par leur gouvernement en général, par la secrétaire d'État en particulier.</p><p>Que déduire de ce fiasco démocratique ?</p><p>Il était un temps où les membres du gouvernement n'assumaient pas leur responsabilité politique. Accrochés à leur mandat comme des crabes sur un rocher, il se refusaient à démissionner quand bien même des manquements graves avaient été commis sous leur égide. Tel fut par exemple le cas de Charles-Ferdinand Nothomb après le drame du Heysel. Puis vint l'affaire Dutroux et le retour de la dignité en politique. Louis Tobback après la mort de Samira Adamou, Johan Vande Lanotte et Stefaan De Clerck après l'évasion de Marc Dutroux ont, avec honneur, assumé la responsabilité d'actes accomplis sous leur égide et dont ils n'étaient pas personnellement responsables. Nous voilà revenus au temps passé.</p><p>Ici, la secrétaire d'Etat est personnellement responsable de ses choix. Elle est responsable de son manque de minutie au moment de désigner Ishane Haouach. Elle est responsable de s'être satisfaite de l'excuse absurde selon laquelle la commissaire se serait exprimée à titre personnel et n'engageait ainsi qu'elle-même par ses propos et elle est responsable d'avoir manifesté à son égard une indulgence et une mansuétude extrêmes en passant l'éponge après la tenue de ceux-ci. En ne tirant pas immédiatement les conséquences de cette situation, Sarah Schlitz démontre qu'est revenu le temps de Charles-Ferdinand Nothomb.</p><p>Le deuxième enseignement, non moins préoccupant, est que le gouvernement dans son ensemble, malgré la réticence de certains partenaires de la majorité, a admis qu'un représentant de l'État doté, d'une fonction d'autorité et d'un pouvoir de coercition, peut, dans son apparence, manifester son appartenance à une confession religieuse. Un commissaire de gouvernement, en effet, a le pouvoir de suspendre les décisions de l'organisme qu'il contrôle. Devant la Chambre, le Premier ministre s'est référé au code de déontologie des mandataires publics qui prévoit que "Les mandataires publics sont au service de tous les citoyens, sans discrimination d'aucune sorte. Dans leur attitude ou comportement, ils s'abstiennent de manifester des préjugés ou des stéréotypes". En admettant qu'Ishane Haouach siège voilée au conseil d'administration de l'IEFH, le gouvernement, dans son ensemble, a admis, implicitement mais certainement, qu'elle ne méconnaissait pas cette disposition. Autrement dit, malgré ce qui ressemble à une bérézina pour ceux qui ont défendu la désignation d'Ishane Haouach, celle-ci constitue sans doute pour eux, une victoire en creux, un rendez-vous avec l'avenir et avec une société où il ne sera plus exigé des fonctionnaires publics d'être neutres et d'apparaître comme tels.</p><p>Le troisième enseignement est l'émergence progressive d'une pensée unique. L'universalisme est considéré comme un microbe viral. Défendre la neutralité de l'Etat et exiger une neutralité d'apparence de tout fonctionnaire public, homme ou femme, quelle que soit sa religion, quelle que soit son origine, quelle que soit ses convictions idéologiques, est trop souvent présenté comme une manifestation de racisme, de sexisme, voire de complaisance avec les idées de l'extrême droite. Plus pernicieuse encore est cette idée sous-jacente selon laquelle le combat nécessaire et indispensable contre les discriminations racistes et sexistes et notamment contre les biens réelles discriminations à l'embauche ou dans l'éducation, ne peut se concilier avec la volonté de maintenir une neutralité d'apparence dans le chef des fonctionnaires publics. Ainsi considère-t-on, en réalité, que le prescrit religieux domine la loi civile et que si une loi religieuse impose un traitement différencié entre femmes et hommes, l'Etat doit s'y conformer. Or il n'y a guère de raison de donner à la liberté de religion une primauté sur les autres droits et libertés. C'est à juste titre que le Premier ministre, devant la Chambre, a déclaré à ce propos : "Tous les droits fondamentaux ont la même importance. Il ne s'agit pas d'un catalogue 3 Suisses. La Constitution est notre contrat de cohabitation et contient l'ensemble des droits fondamentaux que nous devons protéger et renforcer tous ensemble".</p><p>Lorsque les responsables politiques, comme c'est le cas ici, s'avèrent incapables de résoudre un problème et, par leurs atermoiements, le laissent se gangréner, il faut faire preuve d'imagination pour sortir de la crise par le haut.</p><p>Le quatrième enseignement est la faillite du monde politique dans la manière d'aborder la problématique du port des signes convictionnels dans les administrations publiques. Certains ont des positions tranchées et les défendent de manière cohérente, mais antinomiques. D'autres, tétanisés à l'idée de déplaire à leur électorat, offrent des numéros de funambulisme, préférant n'affirmer leurs valeurs que dans le secret cadenassé de leurs consciences. Les événements récents ont démontré que pour les différents partis politiques, aussi essentielle soit la question de la neutralité, elle ne peut constituer une question de gouvernement. Ils s'arrêtent avant que la crise politique ne devienne inéluctable, avant que ne se pose la question de la démission du gouvernement alors même que, dans le modèle démocratique, c'est souvent de la crise assumée que nait la solution, fut-elle de compromis. Lorsque les responsables politiques, comme c'est le cas ici, s'avèrent incapables de résoudre un problème et, par leurs atermoiements, le laissent se gangréner, il faut faire preuve d'imagination pour sortir de la crise par le haut. Ne faut-il pas alors s'adresser au peuple lui-même ?</p><p class="last-paragraph">Le référendum est interdit en Belgique, mais la Constitution consacre la possibilité d'organiser des consultations populaires dans les régions. Tant à Bruxelles qu'en Flandre, le législateur s'est abstenu de rendre l'instrument effectif. En Région wallonne, cependant, 60.000 citoyens peuvent provoquer une consultation populaire. Le moment est sans doute venu qu'ils prennent la main, que soit soumise au vote de chacune et de chacun une question cohérente et équilibrée sur les exigences de neutralité dans les administrations publiques. Ainsi, dans une démocratie revivifiée, les citoyens suppléeraient les défaillances coupables de leurs responsables politiques. Qui sait alors, si ceux-ci, aux parlements flamand, de la Communauté germanophone et de la Région de Bruxelles-Capitale ainsi qu'à la Chambre des représentants, ne pourront, dans un effet d'entraînement, tirer, dans l'intérêt général, les conséquences de ce qui serait une magistrale leçon de démocratie vivante.</p><p>C'est dans ce contexte que s'inscrit l'affaire Haouach, qui s'est terminée piteusement par la démission de l'intéressée, soupçonnée d'accointances avec les Frères musulmans, le lendemain du jour où la secrétaire d'Etat, Sarah Schlitz, qui se glorifiait d'être seule responsable de sa désignation, était parvenue à sauver sa tête à la suite d'un débat devant la Chambre des représentants. L'arbre de cette démission ne doit pas cacher la forêt des manquements démocratiques qui ont caractérisé cette triste affaire. Nonobstant les propos forts du Premier ministre devant la Chambre, le 8 juillet dernier, qui a rappelé avec force quelques valeurs fondamentales, le gouvernement a multiplié les erreurs, les dérapages, les fautes. Le premier manquement grave a été la désignation de Ishane Haouach en qualité de commissaire du gouvernement auprès de l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes (IEFH). Ecolo - cela s'était déjà manifesté clairement lors de la campagne électorale bruxelloise avant les élections du 27 mai 2019 - milite activement pour un modèle de société dans lequel la neutralité est inclusive et où, exception faite des agents qui ont un pouvoir de coercition, chacun peut exhiber en tout temps et en tout lieu son appartenance religieuse. Force, cependant, est de constater que cette position n'a pas été reprise dans le pacte de gouvernement, et que lorsqu'un membre de celui-ci exerce ses fonctions, il se doit de se conformer à l'accord passé entre les partenaires de la majorité, et est tenu, pour le surplus, à poursuivre l'intérêt général. Il ne peut se laisser guider par sa propre militance. En trois clics sur Internet, la secrétaire d'État pouvait savoir qu'Ishane Haouach est une croisée musulmane de la neutralité inclusive. Elle s'exprimait notamment ainsi "Le point négatif est que malheureusement notre communauté est à la traîne, nous sommes une réelle force politique mais nous ne sommes pas unis, il n'existe pas de véritable lobby. Il n'y a qu'à regarder les dernières élections politiques et le nombre de musulmans qui ont élu des représentants de partis politiques qui ont voté des lois qui ne sont pas en faveur des musulmans (abattage rituel, voile, cours de religion...) Nous ne sommes pas du tout organisés pour faire pression.". De même, diabolisant ses contradicteurs, elle n'hésite jamais à évoquer des "intégristes laïques", des "fondamentalistes laïques", à suggérer que certains d'entre eux sont liés à l'extrême droite, à confondre le combat pour une neutralité d'apparence des fonctionnaires publics à de l'islamophobie et à du sexisme. Bref, Ishane Haouach, qu'elle soit ou non liée aux Frères musulmans, est une activiste. Par essence, l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes est un lieu qui a pour vocation de protéger toutes les femmes, quelles que soient leurs convictions, leur origine, leur situation sociale. Il s'agit autant de protéger les femmes issues de la diversité qui entendent porter le voile contre les discriminations dont elles sont victimes notamment au travail que les femmes issues de la diversité qui sont victimes de pressions archaïques et patriarcales. En faisant que la voix de l'Etat au sein de cette institution soit celle d'une activiste religieuse, la secrétaire d'État a commis une lourde faute, couverte malheureusement trop longtemps par l'ensemble du gouvernement. La faute aurait été identique si elle avait désigné une activiste intransigeante, issue des milieux laïques. Toutes les femmes comme l'IEFH méritent que la voix de l'Etat au sein de cet Institut soit celle d'une personnalité dans laquelle chacune et chacun puisse se reconnaître, qui soit consensuelle sur les questions qui divisent et qui fasse naturellement preuve de tolérance. Il est grand temps de tirer les enseignements de ce triste épisode qui n'est que la pointe émergée d'un iceberg. Il arrive malheureusement que des commissaires de gouvernement soient désignés sur un coin de table, en catimini, afin de gratifier des affidés sans grande aptitude. Le principe d'égal accès des Belges aux emplois publics exige que la législation soit modifiée, à tous les niveaux de pouvoir, pour que les représentants de l'État dans des organismes publics soient désignés après un appel public aux candidats et une comparaison objective de leurs titres et mérites. Il est singulier, en effet, que dans l'affaire Haouach, c'est le parti qui a fait de la moralisation de la vie publique l'un de ses principes fondateurs qui est tombé dans les dérives qu'il a dénoncées, souvent à juste titre, chez les autres, pendant tant d'années. Le deuxième manquement grave de la secrétaire d'Etat et du gouvernement est de ne pas avoir sur le champ réagi à l'interview indigne pour un représentant de l'État, donnée dans la presse le 3 juillet 2021 par Ishane Haouach. Risible est le pare-feu, avancé tant par l'intéressée que par la Secrétaire d'État, selon lequel elle se serait exprimée à titre personnel. Lorsqu'une représentante de l'Etat réagit à sa mise en cause, pour la manière dont elle exerce ses fonctions, elle ne s'exprime pas à titre personnel. Elle engage l'État et le gouvernement responsable de sa désignation. A ce titre, il est lourdement fautif dans son chef de plaider pour une conception de la neutralité qui n'est pas celle du gouvernement. Il est lourdement fautif de taxer de sexiste et de raciste celui qui exige qu'elle conserve une neutralité d'apparence. Il est lourdement fautif, par référence à la démographie, d'induire l'idée que la protection des libertés individuelles doit se fonder sur une logique arithmétique et de remettre ainsi en cause la séparation des Églises et de l'État. Il est lourdement fautif de remettre en cause implicitement la jurisprudence de la Cour constitutionnelle qui estime que dans l'enseignement officiel doivent coexister des établissements qui acceptent le port des signes convictionnels par les élèves et d'autres qui les interdisent. Il est lourdement fautif, a fortiori dans le chef de quelqu'un qui, à tort ou à raison, est soupçonné d'accointances avec les Frères musulmans, de qualifier ceux et celles qui ne partagent pas ses vues de "fondamentalistes laïques". Ces propos devaient s'analyser comme une faute grave qui devait déboucher sur une sanction immédiate. Il est déplorable que cette décision n'ait pas été prise immédiatement, que la secrétaire d'Etat et le gouvernement aient pu se satisfaire de la comédie consistant pour l'intéressée à nuancer ses propos sur un réseau social, tout en continuant - c'est une constante - à jouer la victimisation. Il est préoccupant que dans pareil contexte, car telle est la réalité, elle ait pu conserver la confiance du gouvernement. Le troisième manquement grave est, pour le gouvernement, d'avoir refusé l'audition d'Ishane Haouach par le Parlement sollicitée par l'opposition parlementaire. La qualité du modèle démocratique s'apprécie au degré de respect de l'opposition. Refuser cette audition a été une manière vaine d'instituer le "Circulez, il n'y a rien à voir", et plus grave encore de se solidariser avec l'intéressée, en la déresponsabilisant pour les propos qu'elle avait tenus.Le quatrième manquement grave est un dysfonctionnement structurel de l'État qui engage le gouvernement dans son ensemble. Le flou entoure les raisons réelles de la démission d'Ishane Haouach. A-t-elle démissionné parce que le Premier ministre, à juste titre cette fois, lui a rappelé les exigences de sa fonction ? A-t-elle démissionné, comme elle l'affirme, parce qu'elle n'a pas supporté des attaques personnelles dont elle aurait fait l'objet sur les réseaux sociaux, ces égouts de la démocratie, y subissant comme tant d'autres des attaques abjectes dirigées contre tout qui exprime des opinons tranchées. Ou a-t-elle démissionné parce que, dans l'ombre du non-dit public, le choix ne lui en a pas été laissé, les services de renseignement ayant mis en évidence les liens qui l'uniraient aux Frères musulmans ? Le simple fait qu'un tel rapport des services de renseignement existe est plus que préoccupant. Après la faillite du SGRS dans l'affaire Conings, voici les services de renseignement qui se comportent à nouveau comme les carabiniers d'Offenbach. Ils laissent le gouvernement se solidariser publiquement avec une personnalité dont ils estiment qu'elle est de nature à présenter un danger pour les valeurs qui fondent l'état de droit. En tout état de cause, ceci pose à nouveau la question de la responsabilité personnelle de la secrétaire d'Etat. Il lui appartenait, en effet, avant de procéder à la désignation de Ishane Haouach, compte tenu d'éléments qu'elle ne pouvait ignorer, de vérifier et faire vérifier par les services compétents que rien ne pouvait lui être reproché et qu'elle n'avait pas de liens avec des mouvances douteuses. Le cinquième manquement serait de ne pas faire, au Parlement, dans la transparence démocratique, la clarté sur la nature exacte des liens qui existeraient entre Ishane Haouach et les Frères musulmans. Dans son interview au Soir, elle déclarait : "J'invite qui que ce soit à prouver quoi que ce soit, je n'ai rien à cacher. Je ne connais pas cette mouvance, ni de près ni de loin. Là aussi, je réfléchis à l'opportunité d'une action en justice". Affirmer qu'elle ne connaît pas cette mouvance, ni de près, ni de loin n'est guère crédible. Agir en justice pour laver son honneur est un droit inconditionnel qui se justifierait avec plus d'évidence encore que cette suspicion semble émaner désormais de l'appareil d'État. Mais, au-delà de cette éventuelle initiative personnelle, l'intéressée, tout comme l'ensemble des citoyens, ont le droit de savoir à partir de quels éléments factuels ce soupçon a été émis. Rien ne serait pire que de laisser la rumeur en suspens. Si elle est inexacte, l'intéressée a droit à un démenti officiel. Si elles se fondent sur des éléments objectivés, les citoyens ont le droit de savoir avec quelle légèreté ce dossier a été traité par leur gouvernement en général, par la secrétaire d'État en particulier. Que déduire de ce fiasco démocratique ?Il était un temps où les membres du gouvernement n'assumaient pas leur responsabilité politique. Accrochés à leur mandat comme des crabes sur un rocher, il se refusaient à démissionner quand bien même des manquements graves avaient été commis sous leur égide. Tel fut par exemple le cas de Charles-Ferdinand Nothomb après le drame du Heysel. Puis vint l'affaire Dutroux et le retour de la dignité en politique. Louis Tobback après la mort de Samira Adamou, Johan Vande Lanotte et Stefaan De Clerck après l'évasion de Marc Dutroux ont, avec honneur, assumé la responsabilité d'actes accomplis sous leur égide et dont ils n'étaient pas personnellement responsables. Nous voilà revenus au temps passé. Ici, la secrétaire d'Etat est personnellement responsable de ses choix. Elle est responsable de son manque de minutie au moment de désigner Ishane Haouach. Elle est responsable de s'être satisfaite de l'excuse absurde selon laquelle la commissaire se serait exprimée à titre personnel et n'engageait ainsi qu'elle-même par ses propos et elle est responsable d'avoir manifesté à son égard une indulgence et une mansuétude extrêmes en passant l'éponge après la tenue de ceux-ci. En ne tirant pas immédiatement les conséquences de cette situation, Sarah Schlitz démontre qu'est revenu le temps de Charles-Ferdinand Nothomb.Le deuxième enseignement, non moins préoccupant, est que le gouvernement dans son ensemble, malgré la réticence de certains partenaires de la majorité, a admis qu'un représentant de l'État doté, d'une fonction d'autorité et d'un pouvoir de coercition, peut, dans son apparence, manifester son appartenance à une confession religieuse. Un commissaire de gouvernement, en effet, a le pouvoir de suspendre les décisions de l'organisme qu'il contrôle. Devant la Chambre, le Premier ministre s'est référé au code de déontologie des mandataires publics qui prévoit que "Les mandataires publics sont au service de tous les citoyens, sans discrimination d'aucune sorte. Dans leur attitude ou comportement, ils s'abstiennent de manifester des préjugés ou des stéréotypes". En admettant qu'Ishane Haouach siège voilée au conseil d'administration de l'IEFH, le gouvernement, dans son ensemble, a admis, implicitement mais certainement, qu'elle ne méconnaissait pas cette disposition. Autrement dit, malgré ce qui ressemble à une bérézina pour ceux qui ont défendu la désignation d'Ishane Haouach, celle-ci constitue sans doute pour eux, une victoire en creux, un rendez-vous avec l'avenir et avec une société où il ne sera plus exigé des fonctionnaires publics d'être neutres et d'apparaître comme tels. Le troisième enseignement est l'émergence progressive d'une pensée unique. L'universalisme est considéré comme un microbe viral. Défendre la neutralité de l'Etat et exiger une neutralité d'apparence de tout fonctionnaire public, homme ou femme, quelle que soit sa religion, quelle que soit son origine, quelle que soit ses convictions idéologiques, est trop souvent présenté comme une manifestation de racisme, de sexisme, voire de complaisance avec les idées de l'extrême droite. Plus pernicieuse encore est cette idée sous-jacente selon laquelle le combat nécessaire et indispensable contre les discriminations racistes et sexistes et notamment contre les biens réelles discriminations à l'embauche ou dans l'éducation, ne peut se concilier avec la volonté de maintenir une neutralité d'apparence dans le chef des fonctionnaires publics. Ainsi considère-t-on, en réalité, que le prescrit religieux domine la loi civile et que si une loi religieuse impose un traitement différencié entre femmes et hommes, l'Etat doit s'y conformer. Or il n'y a guère de raison de donner à la liberté de religion une primauté sur les autres droits et libertés. C'est à juste titre que le Premier ministre, devant la Chambre, a déclaré à ce propos : "Tous les droits fondamentaux ont la même importance. Il ne s'agit pas d'un catalogue 3 Suisses. La Constitution est notre contrat de cohabitation et contient l'ensemble des droits fondamentaux que nous devons protéger et renforcer tous ensemble". Le quatrième enseignement est la faillite du monde politique dans la manière d'aborder la problématique du port des signes convictionnels dans les administrations publiques. Certains ont des positions tranchées et les défendent de manière cohérente, mais antinomiques. D'autres, tétanisés à l'idée de déplaire à leur électorat, offrent des numéros de funambulisme, préférant n'affirmer leurs valeurs que dans le secret cadenassé de leurs consciences. Les événements récents ont démontré que pour les différents partis politiques, aussi essentielle soit la question de la neutralité, elle ne peut constituer une question de gouvernement. Ils s'arrêtent avant que la crise politique ne devienne inéluctable, avant que ne se pose la question de la démission du gouvernement alors même que, dans le modèle démocratique, c'est souvent de la crise assumée que nait la solution, fut-elle de compromis. Lorsque les responsables politiques, comme c'est le cas ici, s'avèrent incapables de résoudre un problème et, par leurs atermoiements, le laissent se gangréner, il faut faire preuve d'imagination pour sortir de la crise par le haut. Ne faut-il pas alors s'adresser au peuple lui-même ? Le référendum est interdit en Belgique, mais la Constitution consacre la possibilité d'organiser des consultations populaires dans les régions. Tant à Bruxelles qu'en Flandre, le législateur s'est abstenu de rendre l'instrument effectif. En Région wallonne, cependant, 60.000 citoyens peuvent provoquer une consultation populaire. Le moment est sans doute venu qu'ils prennent la main, que soit soumise au vote de chacune et de chacun une question cohérente et équilibrée sur les exigences de neutralité dans les administrations publiques. Ainsi, dans une démocratie revivifiée, les citoyens suppléeraient les défaillances coupables de leurs responsables politiques. Qui sait alors, si ceux-ci, aux parlements flamand, de la Communauté germanophone et de la Région de Bruxelles-Capitale ainsi qu'à la Chambre des représentants, ne pourront, dans un effet d'entraînement, tirer, dans l'intérêt général, les conséquences de ce qui serait une magistrale leçon de démocratie vivante.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Thu, 08 Jul 2021 16:34:52 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/662/ils-prevoient-un-krach-boursier-aux-proportions-bibliques</link>
	<title><![CDATA[Ils prévoient un krach boursier aux proportions bibliques]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Publié8 juillet 2021, 06:53</p><p>
Dans la foulée de Michael Burry, un des visionnaires de «The Big Short», de plus en plus d’experts prévoient un effondrement prochain des marchés.
</p><p>Michael Burry, en 2015, lors de la première new-yorkaise de «The Big Short», film hautement recommandable tiré du best-seller homonyme. Il fut un des rares qui anticipèrent à leur profit l’explosion de la bulle spéculative immobilière qui conduisit à l’effondrement de 2008.</p>
<p>Getty Images via AFP</p>
<p>Mars 2020, débâcle historique sur les marchés mondiaux. Mars 2021, records battus à Wall Street, à Francfort… En un an, les marchés boursiers mondiaux sont passés du krach à l’exaltation, à une <a href="https://www.lematin.ch/story/les-records-sur-les-marches-boursiers-presagent-ils-une-veritable-crise-financiere-213792791999">vitesse qui inquiète</a> certains observateurs, constatait l’Agence France Presse lors d’un de ses précédents états des lieux.</p><p>Ce qui ressemble à un miracle va inéluctablement se transformer en cauchemar, claironnent de plus en plus fort quelques grands noms de la finance mondiale faisant fi de toute nuance. «Il va y avoir du sang sur le sol» se risque même à affirmer l’un d’entre eux. La raison? Une intense spéculation alimentée par les interventions massives des États pour soutenir l’économie mise à l’arrêt par les vagues pandémiques. Quelque «24’000 milliards de dollars» d’argent frais ont été injectés à l’échelle mondiale, indique à l’AFP Kokou Agbo-Bloua, responsable mondial de la recherche macroéconomique chez Société Générale,</p><p>Premier sur une liste des lanceurs d’alerte établie par «Market Insider», Michael Burry est ressorti de son silence en juin pour décrire l’état des marchés comme «la plus grande bulle spéculative de tous les temps en toutes choses». Cet investisseur a acquis une certaine notoriété pour avoir détecté (et d’en avoir à terme profité), deux ans au moins avant que les faits ne lui donnent raison, que quelque chose ne tournait pas rond dans les chiffres obscurs du marché immobilier américain. Une bulle spéculative qui lorsqu’elle explosa provoqua la crise économique mondiale de 2008.</p><p>C’est «la mère de tous les krachs» qu’entrevoit désormais celui qui a été incarné par Christian Bale dans «The Big Short – Le casse du siècle», l’excellente comédie dramatique (visible sur Prime Video) tirée du best-seller homonyme qui mis en lumière ceux qui virent arriver la crise avant tout le monde.</p><p>
Jeremy Grantham
</p><p>Jeremy Grantham, en 2013 à Boston.</p>
<p>Boston Globe via Getty Images</p>
<p>Et il n’est pas le seul à jouer les Cassandre. En janvier dernier, le cofondateur du fonds GMO, Jeremy Grantham, qualifiait d’«épique» la bulle spéculative qui prospère en 2021. «Lorsque vous avez atteint ce niveau de super-enthousiasme, la bulle a toujours, sans exception, éclaté au bout de quelques mois, et non au bout de quelques années». Et de préciser: «Nous devrons vivre, potentiellement, probablement, avec la plus grande perte de valeur perçue des actifs que nous ayons jamais vue».</p><p>
Leon Cooperman
</p><p>Leon Cooperman, de sortie en 2015.</p>
<p>Getty Images</p>
<p>En mai dernier, un autre investisseur milliardaire, Leon Cooperman, prévenait «Quand ce marché aura une raison de baisser, il baissera si vite que vous aurez la tête qui tourne.» Tout en précisant que toutes les conditions pour que cela survienne n’étaient pas encore tout à fait présentes.</p><p>
Kevin O’Leary
</p><p>Kevin O’Leary, en 2019 à Los Angeles.</p>
<p>Getty Images</p>
<p>Animateur vedette de l’émission de télé-réalité financière américaine «Shark Tank», Kevin O’Leary, ne voit également pas d’autre scénario qu’un prochain effondrement. «La correction arrive — je ne sais pas quand, je ne sais pas ce qui la déclenchera…», affirme-t-il. La génération qui boursicote actuellement n’ayant jamais connu un tel retournement, le présentateur – qui semble croire aux vertus éducatives de l’expérience – assure qu’elle en tirera la leçon.</p><p>
Stanley Druckenmiller
</p><p>Investisseur milliardaire et chef du Duquesne Family Office, Stanley Druckenmiller est plus précis sur la question du quand. Il a indiqué en mai dernier qu’il retirerait ses actifs dans quelques mois. «Je serai surpris si nous ne sortons pas du marché boursier d’ici à la fin de l’année, simplement parce que les bulles ne peuvent pas durer aussi longtemps».</p><p>
Robert Kiyosaki
</p><p>Mais qui est cette personne au côté de Robert Kiyosaki? Photo prise ici en 2006.</p>
<p>Patrick McMullan via Getty Image</p>
<p>Le gourou de la finance personnelle, Robert Kiyosaki, ne fait pas dans la dentelle: «ÊTES-VOUS PRÊTS?" a-t-il tweeté en avril. "Boom, faillite, folie, crash, dépression. (…) Préparez-vous au plus grand krach et à la plus grande dépression de l’histoire mondiale.»</p><p>
Gary Shilling
</p><p class="Quote_quoteText__1fnOf">À un moment donné, mon garçon, il va y avoir beaucoup de sang sur le sol.</p><p>Gary Shilling en 1983.</p>
<p>Denver Post via Getty Images</p>
<p>C’est en avril dernier que Gary Shilling, président du fonds A. Gary Shilling &amp; Co, a livré sa grande prédiction: «Les spéculations dépassent toute logique et ce sera probablement le cas pour celle-ci. Mais à un moment donné, mon garçon, il va y avoir beaucoup de sang sur le sol.». Tout en prévenant: «Je ne fais aucune prédiction ferme quant au moment où tout cela va s’effondrer». Au moins, c’est dit.</p><p>
Eric Bourguignon
</p><p>De tous les experts s’étant exprimé dernièrement, Eric Bourguignon, responsable des activités sur titres pour compte de tiers de Swiss Life AM, compte parmi les plus modérés. À l’AFP, il indiquait: «Surendettement majeur, des secteurs qui ont été laminés définitivement, une économie tenue à bout de bras… il va falloir beaucoup de doigté pour maintenir dans la durée (ce) système.»</p><p>(JChC)</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/661/quest-ce-que-la-propagande</guid>
	<pubDate>Tue, 06 Jul 2021 16:17:54 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/661/quest-ce-que-la-propagande</link>
	<title><![CDATA[Qu&#039;est-ce que la propagande ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>C'est une façon de présenter les choses, il y a de la vérité, comme il y a de vrais morceaux de fruits dans un yaourt, mais au total c'est un mensonge…</p>

<p>Voyez le titre : « Londres : pourquoi les Français font leurs bagages ». </p>

<p>Vous avez bien lu « les Français », donc vous avez bien compris que c'est la communauté française de Londres qui s'en va, si ce n'est intégralement, du moins majoritairement ou dans des proportions extraordinairement fortes.</p>

<p>En lisant un petit peu plus bas vous voyez qu'elle a diminué de 2,3 %, c'est-à-dire qu'on est tout à fait dans la marge d'erreur des statistiques, des comptage, des décomptes, des flux d'entrée et des flux de sortie !</p>

<p>C'est donc un mensonge, avec une présentation mensongère d'une information qui est certes donnée comme il y a de vrais morceaux de fruits dans un yaourt, dont on ne peut pas penser cependant que c'est un fruit.</p>

<p>Dites-vous bien que la très très grande majorité de ce que vous voyez sur ces chaînes d'information Mainstream est construit exactement de la même façon.</p>

<p>On vous y a dit que le variant Delta était plus proche d'un mauvais rhume que d'une grosse maladie, on vous a expliqué pourquoi : la logique de la vie est la logique des virus, ils s'adaptent de plus en plus au corps humain, ils sont donc de plus en plus contagieux, ils sont aussi de moins en moins destructeurs puisque leur but est de se reproduire et non de tuer.</p>

<p>Mais on vous dit maintenant de ce variant que les chiffres sont alarmants et que ce fou de Boris Johnson qui est un terrible partisans du Brexit, veut rouvrir toutes les libertés dans son pays alors que le variant Delta menace avec des chiffres à mourir !</p>

<p>Les chiffres sont à mourir, certes, mais il semble que la maladie l'est moins, puisque le nombre de personnes contaminées est plus grand, mais les entrées dans les hôpitaux sont moindres.</p>

<p>Naturellement, si l'on est au bord de la mort avec quatre ou cinq causes qui permettent de penser que l'on va mourir dans les jours qui viennent, il suffit d'un petit ou d'un gros rhume, ou simplement d'un coup de chaleur ou de froid. On imputera donc à ce variant un assez grand nombre de morts; dont la caractéristique sera d'être des personnes très âgées, on pourra même ajouter qu'elles étaient vaccinées… Pour bien maintenir la peur.</p>

<p>On pourrait prendre des dizaines d'autres sujets et l'on verrait que c'est toujours construit de la même façon.</p>

<p>Si vous avez une très grande intelligence, si vous déployez une très grande attention, si vous avez un très fort esprit de synthèse, et que vous avez en tête ce que l'on vous a dit à chaque instant, et le détail des propos, vous pouvez reconstituer une vérité. </p>

<p>Mais on sait très bien qu'un téléspectateur habituel ne va jamais être dans ces conditions là et qu'il ne va retenir que le sens général des gros titres.</p>

<p>Gilles CASANOVA</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/659/durabilite-horlogere-et-horlogerie-durable</guid>
	<pubDate>Sun, 04 Jul 2021 10:04:02 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/659/durabilite-horlogere-et-horlogerie-durable</link>
	<title><![CDATA[Durabilité horlogère et horlogerie durable]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Le développement durable s’installe dans nos montagnes. La loi invite les entreprises à prendre des mesures pour atteindre des buts précis. Une saine émulation règne pour dépasser ces objectifs légaux. Estompées par la facilité des dernières années, ces procédures sont pour beaucoup d’entre nous du déjà vu, du déjà pratiqué. Après la crise horlogère, nous retournons vers un fonctionnement raisonné. La montre mécanique s’inscrit pleinement dans la démarche du développement durable.</p>

<p>Le développement durable et l’horlogerie</p>
<p>Chercher à ménager la Terre pour les générations futures est une démarche récente pour nous tous. Plusieurs gouvernements nous y engagent et dans l’industrie horlogère, cette démarche se traduit de plusieurs manières.</p><p>Tout d’abord nous sommes invités à respecter plusieurs dispositions légales, comme la diminution de notre consommation électrique, le contrôle très strict de nos rejets d’eaux usées, la gestion de nos déchets et celles de nos matières dangereuses. Plusieurs autres sont regroupées dans l’appellation de Responsabilité Sociétale des Entreprises.</p>
<p>C’est à celui qui sera le plus attentif à s’inscrire dans la démarche<br />Ensuite pour beaucoup, viennent les mesures décidées librement.<br />En amont, il y a le choix des matières, de leur provenance et la gestion attentive des quantités mises en œuvre.</p>
<p>En aval, sont installés des panneaux solaires, des systèmes de tri pour le PET, le matériel informatique et électrique, les métaux, le papier, le carton, le bois et les emballages.</p><p>Tout autour, les manufactures sont vigilantes ; elles surveillent, adaptent et optimisent leur consommation électrique. L’objet jetable, à usage unique est pourchassé, place au recyclé. Les déplacements des personnes sont optimisés. Les parkings diminuent de surface ; ils incluent des places réservées au co-voiturage et aux vélos. Les espaces verts autour des bâtiments deviennent des prairies, des vergers et des potagers. A l’image des travailleurs horlogers, les abeilles s’activent autour des ruches.</p>
<p>Un beau challenge à faire connaître</p>
<p>Pour beaucoup, faire mieux, réussir à minimiser l’influence environnementale de l’entreprise, c’est un beau défi, un vertueux challenge.</p><p>Et comme les belles choses sont à faire connaître, les jardins s’ouvrent à tous, la vie si particulière des abeilles est expliquée aux enfants des alentours et les services de communication mettent en avant la saine approche de l’entreprise. Suivre la démarche du développement durable attentivement voire passionnément est une chose dont il faut parler, c’est un important levier promotionnel.</p>
<p>Une longue tradition locale</p>
<p>Ce développement durable est d’actualité depuis le Moyen âge dans nos montagnes.</p><p>Déterminé par le contexte historique, il s’agit alors plus d’un usage prudent des ressources disponibles que d’une volonté délibérée.</p><p>Dans le monde agricole, cela se traduit par une économie de tout, par une production et une consommation locale, par une recherche de rentabilité, de durabilité et par une politique d’investissement à très long terme. A cette époque, le coût colossal des transports, la difficulté d’accéder à l’énergie et la cherté de tous les biens incitent à une parcimonie qui ménage grandement l’environnement.</p><p>Dictées par une économie de subsistance, ces prémices du développement durable s’imposent aussi dans le monde horloger commençant. Transmis de génération en génération, les outils sont faits pour durer ; les bâtiments sont soigneusement adaptés pour le métier ; la lumière gratuite du jour contribue grandement à l’éclairage des établis. Et déjà la communication sert à la recherche d’acheteurs pour les montres et les pendules. Quant aux crises, elles vont scander le rythme du négoce et par là-même celui des revenus de la population.</p>
<p>Les découvertes de la Crise du Quartz</p>
<p>Les Trente Glorieuses, ce court temps de dépenses irraisonnées, s’achèvent par la Crise du Quartz.</p><p>Les majuscules sont nécessaires pour la nommer car à la différence des crises usuelles, dues à des difficultés économiques, aux adaptations trop lentes à la modernité ou aux guerres et à leurs corollaires, la Crise du Quartz est unique. Elle sonne le glas définitif de la gestion attentive et prudente. Les bâtiments deviennent inutiles. Les outils, les machines, la montre elle-même ne valent plus rien et les décharges se remplissent de tout et de n’importe quoi. </p>
<p>Un juste retour des choses</p>
<p>Arrivant à temps, le renouveau horloger redonne de la valeur aux montres. Aujourd’hui nous renouons avec les vertus d’économie et de gestion avisée de nos prédécesseurs, les paysans-horlogers. Non pas par un ménagement de nos ressources imposé par nos capacités financières et techniques d’autrefois, mais plutôt par une gestion attentive de notre capital commun apprise après les excès de ces dernières décades.</p>
<p>Un objet dans l’air du temps</p>
<p>L’horlogerie est bien inscrite dans cette démarche de développement durable. Oui, la montre mécanique a plusieurs atouts.</p><p>Elle est autonome, car elle se remonte gratuitement soit à la main, soit au bras du porteur.</p><p>Elle est aussi économe en tout, car elle reste fonctionnelle longtemps et elle peut être entretenue partout avec un minimum de connaissances techniques.</p><p>Elle ne se jette pas, elle s’entretient sur place, donc pas besoin de voyages en Suisse pour sa révision et, bien conçue, elle ne requiert qu’un minimum de pièces de remplacement.</p><p>Elle est vraiment durable, cette machine à compter le temps ; presque inusable, Elle accompagne l’humanité et consomme très peu d’énergie provenant de son porteur.</p><p>Qui plus est, elle se transmet de génération en génération. Oui la montre mécanique est vraiment novatrice et durable !</p><p>Benoît Conrath</p><p>Horloger chez <a href="http://www.vauchermanufacture.ch">Vaucher Manufacture Fleurier</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/658/le-moment-n%E2%80%99est-plus-a-la-sideration-mais-au-ressaisissement</guid>
	<pubDate>Tue, 29 Jun 2021 19:47:28 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/658/le-moment-n%E2%80%99est-plus-a-la-sideration-mais-au-ressaisissement</link>
	<title><![CDATA[&quot;le moment n’est plus à la sidération mais au ressaisissement&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">Des citoyens sans rattachement partisan, associatif ni religieux ont rédigé cet appel en réaction au harcèlement et aux menaces de mort que subit en France la jeune Mila. <a href="https://www.marianne.net/societe/police-et-justice/au-proces-des-harceleurs-de-la-mila-fans-de-manga-et-haine-pure">La justice a commencé son travail</a> après que 100 000 messages à caractère violent dont 50 000 appels au crime et menaces de mort ont été expédiés à Mila. Le début du procès de ses harceleurs il y a quelques jours a déclenché contre elle une nouvelle avalanche de haine et de menaces en ligne.</p><p class="article-text article-body__item">La liberté d'expression comme de croire ou de ne pas croire ne saurait relever en France du bon vouloir de meutes qui imposent de faire silence tout en revendiquant le droit de menacer de mort quiconque ne partagerait pas leur mode de vie et critiquerait leurs croyances.</p>
<p>Penser librement sans crainte</p>
<p class="article-text article-body__item">Se taire ou mourir : ce n'est pas notre conception de la religion ni du respect ni de la liberté. Chacun dans notre pays doit pouvoir penser librement sans craindre d’être persécuté ou d’y laisser sa vie. Oui, le langage cru d’une jeune fille révoltée peut choquer. Rien ne peut pour autant justifier les appels aux meurtres, au viol, les incitations au suicide et les intimidations.</p><p class="article-text article-body__item">Ni l’école publique ni la police ni l’armée ne peuvent plus garantir la sécurité de Mila dans une enceinte scolaire. Elle est désormais déscolarisée, cachée, sous très haute protection policière pour échapper à une pression de masse, tandis que ses harceleurs poursuivent une vie normale. Seuls 13 d’entre eux ont pu être identifiés. Les autres sont couverts par l’anonymat des réseaux sociaux.</p>
<p>Une vie bouleversée à jamais</p>
<p class="article-text article-body__item">Quel que soit le verdict, la vie de Mila restera bouleversée à jamais. Puisque la vie d'une jeune femme est désormais en jeu et que les principes élémentaires de notre loi commune sont foulés aux pieds à travers elle, c’est à chacun d’entre nous, croyant ou athée, de prendre la mesure de la gravité de l’événement, le processus judiciaire n’exonérant pas d’exprimer notre indignation.</p><p class="article-text article-body__item">Il faut que cela cesse. En tant que citoyens, nous ne pouvons pas nous résoudre à observer en silence la poursuite de diktats et de tueries dont le but est de briser la vie et la raison de quiconque revendique le droit de croire et de penser selon ses principes et affinités.</p><p class="article-text article-body__item">Après les attentats de 2015 et 2016, <a href="https://www.marianne.net/agora/les-signatures-de-marianne/mort-de-samuel-paty-nous-navons-plus-le-droit-de-nous-coucher">l'assassinat de Samuel Paty</a> et plus largement les massacres d'intellectuels, de journalistes, de représentants de l'État et de citoyens, nous avons eu la volonté populaire, pacifique et non partisane de réaffirmer nos principes fondamentaux. Ce qui remonte des tréfonds de l'ombre, nous le reconnaissons bien et nous savons ce qu'il a déjà infligé à d'autres moments tragiques de l'histoire.</p>
<p>Valeurs de la République</p>
<p class="article-text article-body__item">Face aux injonctions et aux assassinats, le moment n’est plus à la sidération ni à l'accablement mais au ressaisissement et à l'exigence. Quelles que soient nos origines, nos appartenances politiques, nos sensibilités spirituelles et affectives, c’est la République et notre soutien explicite à ses valeurs profondes qui empêcheront toute forme d’idéologie totalitaire de les accaparer et de les détourner.</p><p class="article-text article-body__item">L’urgence est de respecter les principes fondamentaux républicains qui nous protègent tous. Faisons face au nom de notre attachement viscéral au droit. Affirmons ouvertement avec fermeté, calme et fraternité, le bien le plus précieux que doit nous garantir la République : notre essentiel de liberté.</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/societe/police-et-justice/au-proces-des-harceleurs-de-la-mila-fans-de-manga-et-haine-pure">Au procès des harceleurs de Mila : fans de manga et "haine pure"</a></p><p class="article-text article-body__item">Cet appel a été au départ rédigé par des citoyens ordinaires, un ancien humanitaire et quelques proches. Au fil des jours il a reçu les signatures des personnalités suivantes :</p><p class="article-text article-body__item">- Galia Ackerman, historienne</p><p class="article-text article-body__item">- Huguette Magnis-Chomski, dirigeante au Mouvement pour la paix et contre le terrorisme</p><p class="article-text article-body__item">- Jacques Bérès, cofondateur et ancien président de Médecins sans frontières</p><p class="article-text article-body__item">- Pascal Bruckner, essayiste</p><p class="article-text article-body__item">- Sophie Chauveau, écrivaine</p><p class="article-text article-body__item">- Cynthia Fleury, philosophe</p><p class="article-text article-body__item">- Caroline Fourest, journaliste et essayiste</p><p class="article-text article-body__item">- Charlotte Gainsbourg, comédienne</p><p class="article-text article-body__item">- Xavier Gorce, dessinateur</p><p class="article-text article-body__item">- Jacques Julliard, historien, essayiste et journaliste</p><p class="article-text article-body__item">- Robert Kéchichian, cinéaste</p><p class="article-text article-body__item">- Bernard-Henri Lévy, philosophe</p><p class="article-text article-body__item">- Jacky Mamou, président du Collectif urgence Darfour</p><p class="article-text article-body__item">- Eric Marty, écrivain</p><p class="article-text article-body__item">- Pierre Micheletti, président d'Action contre la faim</p><p class="article-text article-body__item">- Michaël Prazan, cinéaste</p><p class="article-text article-body__item">- Pierre Ramel, militant associatif</p><p class="article-text article-body__item">- Bernard Schalscha, secrétaire de France Syrie démocratie</p><p class="article-text article-body__item">- Philippe Torreton, comédien</p><p class="article-text article-body__item">Si vous souhaitez signer cet appel, rendez-vous sur <a href="https://www.change.org/p/autour-de-mila">le site change.org</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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