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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Sun, 11 Jan 2026 17:56:04 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Le Bêtisier de Maastricht]]></title>
	<description><![CDATA[<p>En 1997, cinq ans après le référendum sur le traité de Maastricht, Jean-Pierre Chevènement publiait "Le Bêtisier de Maastricht" (Editions Arléa). Voici quelques extraits des citations mises en exergue dans le livre. La crise de la zone euro jette une lumière crue sur le surréalisme de ces dernières.</p>
<p>« [Les partisans du "non"] sont des apprentis sorciers. […] Moi je leur ferai un seul conseil : Messieurs, ou vous changez d'attitude, ou vous abandonnez la politique. Il n'y a pas de place pour un tel discours, de tels comportements, dans une vraie démocratie qui respecte l'intelligence et le bon sens des citoyens. » (Jacques Delors à Quimper, 29.8.92)</p>
<p>« Ce qui n’était pas prévu, c’est que les peuples puissent refuser ce que proposent les gouvernements. » (Michel Rocard, International Herald Tribune, 28.7.92)</p><p>« Le traité de Maastricht fait la quasi-unanimité de l’ensemble de la classe politique. Les hommes politiques que nous avons élus sont tout de même mieux avertis que le commun des mortels.» (Élisabeth Badinter, Vu de Gauche, septembre 1992)</p><p>« Maastricht apporte aux dernières années de ce siècle une touche d’humanisme et de Lumière qui contraste singulièrement avec les épreuves cruelles du passé. » (Michel Sapin, ministre socialiste des finances, Le Monde, 6.5.92)</p><p>« Interrogez les peuples de Bosnie, de l’ex-Yougoslavie, de Pologne et des autres pays. Ils nous disent : “ chers amis français, entendez-nous. Apportez-nous votre soutien et votre oui. Ce sera un oui à la française, à l’amitié, à la paix, à l’union. Votre oui à l’union fera tâche d’huile dans nos pays où nous souffrons tant ”. Les gens qui sont aujourd’hui sous les bombes seraient désespérés si les Français tournaient le dos à l’unité européenne. » ( Jack Lang, France Inter, 18.9.92)</p>
<p>« Oui, pour aller de l’avant dans les conquêtes sociales, il n’est d’autre avenir que la Constitution de l’Europe.» ( Julien Dray, Assemblée nationale, 6.5.92)</p>
<p>« Mon raisonnement est profondément socialdémocrate. À vrai dire, je n’ai pas encore compris pourquoi les libéraux veulent de cette Europe-là» (Michel Rocard, Libération, 3.8.92)</p><p>« Le traité de Maastricht agit comme une assurance-vie contre le retour à l’expérience socialiste pure et dure. » (Alain Madelin à Chalon-sur-Saône, 4.9.92)</p><p>« Si le “non” l’emporte, on ne reparlera plus de l’Europe mais des batailles qui se sont déroulées au cours des siècles passés.» (Simone Veil, 14.9.92)</p><p>« Un “non” au référendum serait pour la France et l’Europe la plus grande catastrophe depuis les désastres engendrés par l’arrivée de Hitler au pouvoir. » (Jacques Lesourne, Le Monde, 19.9.92) « Je suis persuadé que les jeunes nazillons qui se sont rendus odieux à Rostock votent “non” à Maastricht. » (Michel Rocard, Le Figaro, 17.9.92)</p><p>« En votant “non”, nous donnerions un magnifique cadeau, sinon à Hitler, à Bismarck. » (Alain-Gérard Slama, Le Figaro, 18.9.92)</p><p>« Moi aussi, j’ai peur de l’Allemagne. [...] Il ne faut pas prendre l’Allemagne pour un gros chien dressé parce qu’elle a été irréprochablement démocratique depuis quarante-cinq ans. » (Françoise Giroud, Le Nouvel Observateur, 3.9.92)</p><p>« M. De Villiers, donc s’installa à l’Elysée. [...] Le “non” français à Maastricht fut interprété, de fait, comme un encouragement aux nationalismes. Il relança la guerre dans les Balkans. [...] Si bien que, sans aller, comme certains, jus- qu’à imputer à ce maudit “non” le soulèvement transylvain, la nouvelle guerre de Trente ans, entre Grèce et Macédoine, les affrontements entre Ossètes du Nord et du Sud, puis entre Russes et Biélorusses, bref, sans aller jusqu’à lui attribuer toutes les guerres tribales, ou paratribales, qui enflammèrent l’Eu- rope de l’Est, on ne peut pas ne pas songer que c’est lui, et lui seul, qui offrit à Berlin l’occasion de son nouveau “Reich”.» (BHL, Le Figaro, 18.9.92)</p><p>«Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir: la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie » (Michel Rocard, Ouest-France, 27.8.92)</p><p>« Si le Traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing, RTL, 30.7.92)</p><p>« Le traité d’union européenne se traduira par plus de croissance, plus d’emplois, plus de solidarité. » (Michel Sapin, ministre socialiste des finances, Le Figaro, 20.8.92)</p><p>«L’Europe, ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry à Béthune, 12.9.92)</p><p>« Avec Maastricht, on rira beaucoup plus. » (Bernard Kouchner, Tours, 8.9.92)</p><p>« Si vous voulez que la Bourse se reprenne, votez “oui” à Maastricht ! » (Michel Sapin, université d’été du PS à Avignon, 31.8.92)</p><p>« Pour pouvoir dîner à la table de l’Europe [monétaire], encore faut-il savoir se tenir à cette table et ne pas manger avec ses doigts. [...] Si la monnaie unique a un mérite, et un seul, c’est d’obliger les pays à se conduire correctement.» (Jean-Marc Sylvestre, France Inter, 18.9.92)</p><p>« La France est une locomotive. Elle n’a pas le droit d’être dans le wagon de queue. [...] Le train de l’espoir ne passe pas deux fois. » ( Jack Lang, RTL, 23.8.92)</p><p>----<br />Quelques exemplaires d'occasion sont encore disponibles <a class="liens" href="http://www.amazon.fr/gp/offer-listing/2869593481?tag=chevenement20-21&amp;linkCode=sb1&amp;camp=2386&amp;creative=8474">à la vente sur Amazon</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1230/%C2%ABla-guerre-des-12-jours-une-autre-victoire-pour-les-mollahs-%C2%BB</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Jan 2026 12:22:24 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1230/%C2%ABla-guerre-des-12-jours-une-autre-victoire-pour-les-mollahs-%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[«La guerre des 12 jours, une autre victoire pour les mollahs ?»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX/TRIBUNE - Si l’Iran est sorti de la guerre de 12 jours contre l’État hébreu avec des pertes considérables, le régime chiite iranien n’a jamais été autant glorifié, aimé et soutenu par les populations musulmanes, analyse Razika Adnani, philosophe et islamologue.</p><p class="fig-paragraph">Razika Adnani est philosophe et islamologue. Son dernier ouvrage Sortir de l’islamisme (éditions Erick bonnier, 2024). </p><p class="fig-paragraph">Beaucoup d’analystes géopolitiques ont affirmé que <a href="http://www.lefigaro.fr/international/make-iran-great-again-donald-trump-brandi-la-menace-d-un-changement-de-regime-20250623" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">le régime chiite iranien</a> était sorti affaibli de la dernière guerre, dite la guerre des 12 jours, qui l’avait opposé à Israël et aux États-Unis. En effet, l’Iran en est sorti avec des pertes considérables. Sur le plan de la politique internationale, cette guerre a révélé un Iran isolé, étant donné que ni la Russie, ni la Chine, ni les pays musulmans sunnites ne lui ont manifesté leur soutien. Sur le plan militaire, elle a montré un Iran incapable de protéger sa population en situation de guerre et qui a encaissé beaucoup de pertes. Cependant, si on analyse la situation selon l’idéologie du chiisme, l’histoire de l’islam politique, la doctrine politico-religieuse de Khomeiny et du point de vue du monde musulman, on arrive plutôt à une autre conclusion.</p><p class="fig-paragraph">L’Iran est le pays qui compte aujourd’hui <a href="https://www.lefigaro.fr/international/comment-l-iran-s-appuie-sur-les-chiites-pour-asseoir-son-influence-regionale-20200109" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">le plus de chiites</a> dans le monde et dont le pouvoir est aux mains d’un clergé chiite. Le chiisme est une version de l’islam qui est née à Médine, aujourd’hui en Arabie saoudite, en 632, le jour même de la mort du prophète d’un différend politique entre Ali, son gendre et son cousin, et les autres compagnons du prophète. Ali a revendiqué son droit légitime de succéder au prophète comme guide politique et spirituel des musulmans, que les autres compagnons du prophète ne lui ont pas reconnu. Ils ont alors désigné Abou Baker comme calife, ensuite Omar, ensuite Othman et enfin Ali. Non seulement Ali est arrivé en quatrième position, mais son pouvoir lui a été également contesté par le gouverneur de Damas Muawiya et une guerre civile qui a duré cinq ans les a opposés. Elle a fini par la victoire du dernier qui fonda la dynastie des Umayyades. Ali a été assassiné en 661 par ses anciens partisans et, en 680, son fils al-Hossein a été massacré par les Umayyades lors de la bataille de Karbala. Des événements politiques que les chiites n’ont jamais oubliés. Le chiisme, qui était une doctrine politique, est alors devenu une théologie et une idéologie constituant un islam à part entière et surtout en opposition à l’islam sunnite qui était celui de l’État.</p><p class="fig-body-link">À lire aussi <a class="fig-body-link__link" href="http://www.lefigaro.fr/vox/monde/israel-a-agi-dans-la-legalite-contre-l-iran-20250703" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">«Israël a agi dans la légalité contre l’Iran»</a></p><p class="fig-paragraph">Dans toute leur histoire, les chiites ont été animés par le désir de venger Ali et son fils al-Hossein, de reprendre le commandement politico-religieux du monde musulmans usurpé par les sunnites et de récupérer les deux villes saintes de l’islam : <a href="http://www.lefigaro.fr/flash-actu/arabie-saoudite-les-pelerins-affluent-a-la-mecque-pour-accomplir-le-rite-du-tawaf-20250602" target="_blank" data-fig-type="NewsFlash" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">La Mecque</a> et Médine. Ils ont réalisé des avancées importantes dans certaines étapes de l’histoire musulmane dont le Califat fatimide qu’ils ont créé au Xe siècle (909 -1171). Le problème, c’est qu’ils ont toujours été minoritaires dans le monde musulman et les villes saintes ont continué d’être dans les mains des sunnites, leurs ennemis ancestraux, faisant que leur désir de vengeance n’a jamais été réellement assouvi.</p><p class="fig-paragraph">Le chiisme s’est implanté en Iran et est devenu la religion officielle du pays en 1501 où la population majoritairement sunnite a été forcée de se convertir au chiisme. Les dignitaires religieux chiites se veulent toujours des descendants du prophète, ce qui leur donne un statut social et politique spécifique, mais aussi une légitimité pour porter l’idéologie et le combat du chiisme, le vrai islam selon eux, contre le sunnisme, le mauvais islam. En 1979, la branche la plus conservatrice et fanatique, guidée par Khomeiny (1902-1989), arrive à prendre le pouvoir en Iran. L’événement était grandiose pour tous les musulmans conservateurs et notamment les militants islamistes, c’est-à-dire ceux qui refusent toute séparation entre le politique et le religieux en islam. Pour les Mollahs iraniens, c’était une étape historique vers la réalisation de leur objectif final : unifier les musulmans pour constituer un seul peuple musulman indivisible sous l’autorité de l’Imam et donc du chiisme, comme l’affirme Khomeiny dans Le petit livre vert de l’Ayatollah Khomeiny.</p>
<p>Même les populations du Moyen-Orient qui ont craint l’embrasement de la région et ont voulu que la guerre s’arrête ont exprimé de l’admiration pour le régime iranien et les Mollahs</p>
<p class="fig-paragraph">Ainsi, si <a href="http://www.lefigaro.fr/international/apres-l-elimination-de-hauts-grades-iraniens-l-ayatollah-ali-khamenei-sait-qu-il-n-est-plus-intouchable-20250615" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">Khomeiny </a>évoque la guerre sainte contre l’Occident, dont fait partie Israël selon lui, qu’il présente comme le monde du mal, de l’impérialisme et de l’injustice, en finir avec l’Occident et Israël n’est pas la finalité de son idéologie qui est d’unifier tous les musulmans sous l’autorité de l’Imam, mais un des moyens vers sa réalisation. Pour les Mollahs, le conflit israélo-palestinien est ce que l’histoire leur a offert pour réaliser cette finalité. Afficher une hostilité à Israël et ses alliés les États-Unis, ce que la majorité des pays musulmans sunnites ne font plus, est le moyen le plus efficace pour influencer les populations musulmanes sunnites et les avoir dans leur camp ou même les voir se convertir au chiisme.</p><p class="fig-paragraph">Ils n’ont pas eu tout à fait tort. Le régime chiite iranien n’a jamais été autant glorifié, aimé et soutenu par les populations musulmanes - sunnites et chiites confondus - que cette fois-ci. Pour la plus grande partie, les Mollahs sont des héros. Ils sont les seuls à avoir tenu tête à Israël depuis la guerre du Kippour de 1973, à lui infliger des dégâts sur son propre territoire et à ne pas se faire petit devant l’arrogance des États-Unis. Même les populations du Moyen-Orient qui ont craint l’embrasement de la région et ont voulu que la guerre s’arrête ont exprimé de l’admiration pour le régime iranien et les Mollahs. Très rares sont les populations qui en Syrie, au Liban et en Irak ont rejeté les Mollahs en rappelant leur entrisme et les malheurs qu’ils ont causés à leur pays.</p><p>

</p><p class="fig-paragraph">Le régime iranien et par conséquent les Mollahs ne sortent pas affaiblis de <a href="http://www.lefigaro.fr/international/iran-des-funerailles-nationales-pour-les-morts-de-la-guerre-des-douze-jours-20250628" target="_blank" data-fig-type="NewsFlash" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">cette dernière guerre</a> qui les a opposés à Israël et aux États-Unis même si elle leur a démontré que l’idée du gouvernement islamique universel dont parle Khomeyni semblait plus compliquée à réaliser. Cependant, elle leur a permis d’avoir une image positive auprès d’une grande partie des populations musulmanes chiite et sunnite compris, ce qui est pour eux une victoire de plus dans leur marche vers la réalisation de la finalité de leur doctrine : gouverner spirituellement et politiquement le monde musulman.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1229/presidence-trump-la-fin-de-l%E2%80%99illusion-d%E2%80%99immunite</guid>
	<pubDate>Sat, 10 Jan 2026 22:30:03 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1229/presidence-trump-la-fin-de-l%E2%80%99illusion-d%E2%80%99immunite</link>
	<title><![CDATA[Présidence TRUMP, la fin de l’illusion d’immunité.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>J’aimerais rappeler une chose essentielle.<br />Bien sûr, je me joins au concert d’articles des camarades pour condamner Trump, son administration et ce que les États-Unis sont en train de déployer....Mais je veux mettre en avant un point important...</p>

<p>Ce qui est en train de se passer avec Trump choque profondément nos sociétés occidentales blanches.<br />On parle de rupture, de folie, de dérive autoritaire, de fin de la civilisation. Mais il faut le dire clairement: ce choc est avant tout un choc de position, pas un choc de réalité.</p>

<p>Pour une grande partie du monde, ce que Trump incarne n’a rien de nouveau.</p>

<p>L’Amérique latine vit depuis des décennies sous la menace permanente de coups d’État, de sanctions, d’asphyxie économique, d’ingérences directes ou indirectes. Le Chili, le Guatemala, le Brésil, le Honduras, le Venezuela… la liste est longue. Des gouvernements élus renversés, des peuples punis collectivement, avec la bénédiction ou l’organisation directe de Washington et de ses alliés.</p>

<p>En Afrique, la colonisation n’a jamais été une “parenthèse”. C’est une violence structurante qui se prolonge par l’extraction des ressources, les frontières imposées, les guerres par procuration, les dictatures soutenues tant qu’elles servent les intérêts du Nord. Pour beaucoup de peuples africains, la brutalité impériale n’a jamais porté de masque.</p>

<p>En Asie aussi, entre guerres, occupations, sanctions, bombardements, famines organisées, expérimentations militaires et économiques, la violence occidentale est une donnée permanente, pas une exception.</p>

<p>Alors quand Trump parle d’annexer, de punir, de voler, de sanctionner, de bombarder, quand il traite le droit international comme un obstacle gênant, le Sud global ne voit pas un monstre inédit.... Il voit l’Empire qui parle enfin sans langage diplomatique.</p>

<p>Ce qui change aujourd’hui, c’est que cette violence devient visible au centre, qu’elle s’adresse aussi à des populations blanches occidentales, à leurs institutions, à leur confort moral.</p>

<p>Il faut aussi rappeler une chose essentielle: depuis plus de deux ans, un G est en cours à Gaza, sous les yeux du monde, avec le soutien explicite ou tacite de grandes puissances occidentales. Des États membres de l’OTAN, des gouvernements qui se disent démocratiques, dont le Canada et la France, ont continué à soutenir politiquement, militairement ou diplomatiquement cette destruction massive d’un peuple enfermé, bombardé, affamé.</p>

<p>Pour un Gazaoui, pour un Palestinien, pour un Yéménite, pour un Congolais, pour un Haïtien, Trump n’est pas une rupture morale.<br />Les menaces contre le Venezuela, les projets d’annexion du Groenland, le ICE qui tue, les discours impériaux décomplexés ne sont pas plus choquants que ce que ces peuples subissent depuis des décennies.</p>

<p>Trump n’est pas l’origine du problème.<br />Il est le symptôme, brutal, grotesque, accentué, d’un système impérial qui a toujours fonctionné ainsi, mais qui ne prend plus la peine de se justifier.</p>

<p>Ce que nous vivons dans les sociétés blanches occidentales, ce n’est pas l’arrivée de la barbarie.<br />C’est la fin de l’illusion d’immunité.</p>

<p>Et si cela nous choque aujourd’hui, c’est peut-être parce que, pour une fois, la violence du monde ne reste pas cantonnée à la périphérie. Elle commence à frapper le centre....</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1228/citations-de-l%E2%80%99ayatollah-khomeini-publiees-apres-la-revolution-de-1979</guid>
	<pubDate>Sat, 10 Jan 2026 21:58:29 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1228/citations-de-l%E2%80%99ayatollah-khomeini-publiees-apres-la-revolution-de-1979</link>
	<title><![CDATA[Citations de l’ayatollah Khomeini, publiées après la révolution de 1979]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Cette série de citations de l’ayatollah Khomeini, publiées après la révolution de 1979, explique contre quoi le peuple iranien se bat : </p>

<p>« Nous exporterons notre révolution dans le monde entier. Jusqu’à ce que le cri “Il n’y a de dieu que Allah” résonne sur toute la Terre »… </p>

<p>« Le Coran ordonne : “Guerre ! Guerre jusqu’à la victoire !” Une religion sans guerre est une religion boiteuse. » « Tuer les infidèles est l’une des missions les plus nobles qu’Allah ait réservées à l’humanité. » </p>

<p>« L’établissement de l’État islamique dans le monde entier fait partie des grands objectifs de la révolution. » </p>

<p>« Nous nous sommes fixé comme but la diffusion mondiale de l’influence de l’islam et la suppression de la domination des conquérants du monde. » </p>

<p>« Nous souhaitons faire dépérir les racines corrompues du sionisme, du capitalisme et du communisme dans le monde entier. Nous souhaitons, comme le veut Dieu Tout-Puissant, détruire les systèmes fondés sur ces trois piliers, et promouvoir l’ordre islamique du Prophète… dans le monde de l’arrogance. » </p>

<p>« L’islam impose à tous les hommes adultes, à condition qu’ils ne soient ni handicapés ni incapables, de se préparer à la conquête des pays afin que la loi de l’islam soit obéie dans chaque pays du monde. » </p>

<p>« Ceux qui étudient la Guerre Sainte islamique comprendront pourquoi l’islam veut conquérir le monde entier. » </p>

<p>« On ne peut rendre les gens obéissants qu’avec l’épée ! L’épée est la clé du Paradis, qui ne s’ouvre que pour les Guerriers Saints ! »</p>

<p>Aucun de ces propos n’est un langage codé.</p>

<p>Il n'y a aucune métaphore dans ces discours qui sont clairs comme du cristal. C'est l'islam.</p>

<p>D'un mur ami</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1227/l%E2%80%99ukraine-entierement-russe-d%E2%80%99ici-2-ans%C2%A0-qui-est-alexandre-douguine-l%E2%80%99ideologue-qui-murmure-a-l%E2%80%99oreille-de-vladimir-poutine%C2%A0</guid>
	<pubDate>Sat, 10 Jan 2026 12:06:58 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1227/l%E2%80%99ukraine-entierement-russe-d%E2%80%99ici-2-ans%C2%A0-qui-est-alexandre-douguine-l%E2%80%99ideologue-qui-murmure-a-l%E2%80%99oreille-de-vladimir-poutine%C2%A0</link>
	<title><![CDATA[&quot;L’Ukraine entièrement russe d’ici 2 ans&quot; : qui est Alexandre Douguine, l’idéologue qui murmure à l’oreille de Vladimir Poutine ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>l'essentiel Front haut, barbe fournie, mi-Raspoutine mi-Soljenitsyne, Alexandre Douguine, sulfureux idéologue russe de 63 ans, proche de Vladimir Poutine, revient dans l’actualité en déclarant dernièrement que l’Ukraine serait "totalement russe d’ici deux ans".</p><p>Alexandre Douguine vient de jeter un véritable pavé dans la mare. Alors qu’un plan de paix pour mettre fin à près de quatre ans de guerre, entre l’Ukraine et la Russie, pourrait toucher au but, l’idéologue russe ultranationaliste vient de faire des déclarations chocs dans un média en ligne pro-ukrainien. L’Ukraine serait russe "entièrement d’ici deux ans au plus tard", a affirmé, sur le site en ligne <a href="https://ukrainetoday.org/" target="_blank">Ukraine today</a>, daté du 25 novembre 2025, le philosophe ultraconservateur, proche de Vladimir Poutine.</p><p>Torpillant le plan de paix, le sulfureux universitaire moscovite refuse de croire à une "souveraineté" ukrainienne, émettant de sérieux doutes sur les <a href="https://www.ladepeche.fr/2025/11/25/guerre-en-ukraine-ils-ont-accepte-kiev-donne-son-feu-vert-au-plan-de-paix-americain-et-consent-a-limiter-son-armee-a-800-000-soldats-13073505.php" target="_self">propositions d’une fin de conflit par le président américain</a>, Donald Trump. Des propos inflammables d’abord tenus sur la propre chaîne Telegram d’<a href="https://www.ladepeche.fr/2022/08/21/attentat-mysterieux-contre-la-fille-de-leminence-grise-de-poutine-tuee-dans-lexplosion-de-sa-voiture-a-moscou-10498941.php" target="_self">Alexandre Douguine</a>, et qui ont été reproduits sur le site en ligne ukrainien.</p><p class="std-elt__inline">À lire aussi : <a href="https://www.ladepeche.fr/2025/11/26/guerre-en-ukraine-il-est-incontournable-qui-est-kirill-dmitriev-larme-secrete-de-vladimir-poutine-13072825.php">Guerre en Ukraine : "Il est incontournable…" qui est Kirill Dmitriev, l’arme secrète de Vladimir Poutine ?</a></p>
<p>Daria, sa fille, tuée dans un attentat</p>
<p>En Russie, Alexandre Douguine, 63 ans, est une véritable figure du patriotisme dont le visage rayonne sur toutes les télés. En août 2022, <a href="https://www.ladepeche.fr/2022/08/22/russie-qui-etait-daria-douguine-fille-du-cerveau-de-poutine-tuee-dans-un-attentat-a-la-voiture-piegee-10500067.php" target="_self">Daria, sa fille meurt dans un attentat à la voiture piégée</a>, dans le sud-ouest de Moscou, alors que c’est lui qui était visé. Les autorités russes, dont le FSB (ex-KGB), avaient alors attribué cette attaque aux services ukrainiens.</p><p>Depuis de longues années, on prête à Alexandre Douguine, polyglotte érudit (il parle dix langues, dont le français), un rôle de "conseiller occulte" de Poutine. Ce qu’il n’a jamais véritablement confirmé. Dans certains cercles russes, proches du pouvoir, il est cependant considéré comme "l’inspirateur intellectuel" des milieux nationalistes. Ce qui peut expliquer le durcissement et la radicalisation de la politique extérieure de Poutine, depuis ces dix dernières années et sa détestation de l’Occident. Avec une obsession majeure qui lie les deux hommes : reconstituer l’empire d’antan.</p>
<p>En relation avec le controversé Alain Soral</p>
<p class="std-elt__inline">À lire aussi : <a href="https://www.ladepeche.fr/2025/11/26/guerre-en-ukraine-voila-ce-que-je-dirais-comment-steve-witkoff-a-conseille-a-la-russie-de-presenter-son-plan-de-paix-a-donald-trump-13074934.php">Guerre en Ukraine : "Voilà ce que je dirais…" Comment Steve Witkoff a conseillé à la Russie de présenter son "plan de paix" à Donald Trump</a></p><p>En France, Douguine a été en relation avec le nationaliste radical controversé, Alain Soral, essayiste d’extrême droite, condamné pour ses propos antisémites.</p><p>Les prises de parole d’Alexandre Douguine, vu comme le "Raspoutine de Poutine" interviennent à un moment clé du conflit russo-ukrainien. Elles viennent surtout réaffirmer ses positions anti-occidentales et légitimer l’intervention russe en Ukraine, selon une vision clairement "civilisationnelle", plaçant la Russie au cœur de l’Eurasie.</p><p class="std-elt__inline">À lire aussi : <a href="https://www.ladepeche.fr/2025/11/26/guerre-en-ukraine-un-deferlement-de-478-drones-russes-dragonfire-le-canon-laser-qui-pourrait-tout-changer-13075160.php">Guerre en Ukraine : un déferlement de 478 drones russes, "DragonFire", le canon laser qui pourrait tout changer</a></p>
<p>"Radicalement anti-modernes et anti-occidentaux"</p>
<p>En France, les théories ultranationalistes de Douguine, omniprésentes en Russie, restent peu relayées. Elles sont même vivement critiquées par des intellectuels comme Pierre-André Taguieff, philosophe et historien des idées. "Les nouveaux traditionalistes russes sont avant tout des nationalistes radicalement anti-modernes et anti-occidentaux qui, tel Douguine, dénoncent le 'mondialisme' à visage américain, souvent jumelé avec le 'sionisme' (toujours 'mondial') comme l’ennemi absolu", écrit-il en 2023, dans, La Revue des deux mondes.</p><p>L’influence de Douguine sur le plan de paix proposé par les États-Unis reste minime. Les différents observateurs du conflit notent que l’idéologue "poutinien" n’agit pas dans le cercle diplomatique et ne participe pas directement aux négociations de paix. Douguine reste un doctrinaire mais toujours dans l’ombre du maître du Kremlin.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1226/le-coup-detat-dursula-von-der-leyen-a-propos-de-laccord-avec-le-mercosur</guid>
	<pubDate>Sat, 10 Jan 2026 09:18:55 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1226/le-coup-detat-dursula-von-der-leyen-a-propos-de-laccord-avec-le-mercosur</link>
	<title><![CDATA[Le coup d&#039;État d&#039;Ursula VON DER LEYEN à propos de l&#039;accord avec le MERCOSUR.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>DERNIÈRE MINUTE : <br />Catastrophe pour les agriculteurs de l'UE et la sécurité alimentaire européenne après la signature de l'accord de libre-échange Mercosur entre l'UE et 4 pays d'Amérique du Sud.</p>

<p>Von der Leyen a gagné, avec le soutien de ses véritables électeurs, des lobbyistes et des géants de la chimie et de l'agroalimentaire.</p>

<p>Le facteur décisif a été la décision de Meloni de soutenir l'accord.</p>

<p>La Commission européenne contourne totalement le Parlement européen démocratiquement élu. Elle entend «exclure le Parlement européen de la suite de la procédure», ce qui confère à sa présidente, Ursula von der Leyen, le pouvoir de signer directement l'accord</p>

<p>Bien qu'une coalition importante de nations se soit opposée à cette mesure — notamment la Pologne, la France, l'Irlande, la Hongrie et l'Autriche, la Belgique s'abstenant —, elle n'est pas parvenue à atteindre la «minorité de blocage» requise. La Première ministre italienne, Meloni, avait auparavant laissé entendre qu'elle ne soutiendrait pas l'accord, mais s'est finalement ralliée à von der Leyen malgré les manifestations massives des agriculteurs.</p>

<p>Les risques sont énormes. Le Brésil autorise à lui seul l'utilisation de pas moins de 3 669 pesticides. L'accent mis par l'Europe sur la consommation locale pour réduire les émissions de carbone liées au transport deviendra une farce, car les aliments importés de l'autre bout du monde seront souvent moins chers que les produits locaux. En revanche, les entreprises chimiques européennes engrangeront des profits colossaux.</p>

<p>Une grande partie des aliments que les Européens consommeront à l'avenir proviendra de l'État brésilien du Mato Grosso, qui présente le taux d'«agrotoxicité» le plus élevé au monde.</p>

<p>« Cet État brésilien est le royaume de l'industrie agricole. Coton, riz, canne à sucre, maïs, production massive de soja transgénique et utilisation record de pesticides. Le Mato Grosso remporte tous les concours mondiaux d'agrotoxicité. C'est le terme employé par ceux qui dénoncent l'empire chimique. Le Brésil autorise l'utilisation de 3 669 pesticides. C'est un véritable eldorado pour les multinationales, principalement européennes. Des produits interdits sur le Vieux Continent sont vendus ici», affirmait le documentaire franco-allemand «Pesticides : l'hypocrisie de l'Europe».</p>

<p>L'eurodéputée polonaise Anna Bryłka ( @annabrylka ) a également souligné comment l'utilisation de pesticides en Amérique du Sud représente non seulement un risque pour la santé, mais aussi un risque concurrentiel pour les agriculteurs polonais et européens.</p>

<p>Bryłka affirme que «les agriculteurs des pays du Mercosur produisent des aliments selon des normes interdites dans l'UE : utilisation d'autres produits phytosanitaires, d'hormones de croissance et absence de véritables normes environnementales ». Cette situation contraint les agriculteurs européens à concurrencer une production moins chère, pourtant interdite par la loi sur leur propre territoire. Elle qualifie par ailleurs l'importation d'aliments aux normes inconnues de «risque pour la santé de millions d'Européens».</p>

<p>Encore une « grande victoire» pour les partisans de l'UE, le tout dans une opacité totale et sans même un vote du seul organe démocratiquement élu, le Parlement européen.</p>

<p>Les députés du Parlement européen devaient discuter et voter, et leur vote n’était pas consultatif.  La Hyène a décidé de le contourner en signant avant même leur réunion. C’est une illégalité, une sorte de coup d’état qu’ils devraient dénoncer et attaquer en justice s’ils n’étaient pas veules!</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1225/mahyar-monshipour-sur-le-voile-a-trop-vouloir-inclure-on-risque-de-rendre-invisibles-celles-qu%E2%80%99on-pretend-defendre</guid>
	<pubDate>Fri, 09 Jan 2026 22:18:49 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Mahyar Monshipour sur le voile : &quot;À trop vouloir inclure, on risque de rendre invisibles celles qu’on prétend défendre&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Alors que Teddy Riner appelle à la tolérance sur le port du voile dans le sport, Mahyar Monshipour, ancien champion du monde de boxe, prend une tout autre voie. Né à Téhéran et fort de son expérience, il alerte auprès de « Marianne » sur la dimension idéologique d’un symbole qu’il refuse de banaliser.</p>

<p>Alors que Teddy Riner s’est récemment exprimé sur le port du voile dans le sport en appelant à la tolérance et à la relativisation, d’autres voix, beaucoup plus rares, mais ô combien plus courageuses, choisissent de regarder la réalité en face. Mahyar Monshipour en fait partie.</p>

<p>Champion du monde de boxe, français né en Téhéran, il parle en connaissance de cause. À rebours des discours consensuels, il boxe avec les mots comme il le faisait avec les poings : le voile n’est pas un simple bout de tissu, mais l’instrument visible d’un système profondément patriarcal, liberticide, codifié dans des textes religieux que bien peu osent encore critiquer frontalement.</p>

<p>Là où le monde du sport reste largement silencieux – par prudence, ignorance ou par souci d’inclusion mal comprise – Mahyar, lui, prend position, tel qu’il l’explique à Marianne. Il parle du voile, de l’islam, du Coran, et de ce que signifie vraiment l’acceptation de certains symboles dans l’espace public, en particulier dans les arènes sportives. Car derrière le voile, dit-il, il n’y a pas que de l’identité ou de la foi : il y a un projet. Et ce projet, si on n’y prend garde, pourrait bien fissurer ce que la République a mis des décennies à construire. Il le fait sans haine, mais avec clarté. Et avec une franchise rare. Et un amour pour la France et son modèle de laïcité. Tout était au fond, dans le titre de son livre, publié en 2007 : La rage d'être Français (Grasset).</p>

<p>Marianne : Vous êtes l’un des rares, dans le monde du sport, à tenir ce genre de propos sur le voile, tel que vous l’avez fait en réponse à Teddy Riner. Est-ce que vous ne vous sentez pas un peu seul, malheureusement ?</p>

<p>Mahyar Monshipour : Oui, je le suis. Pour deux raisons. D’abord parce que nos compatriotes ne savent pas ce qu’est le voile. Notamment ceux qui sont eux-mêmes de culture musulmane. C’est un sujet que je connais bien. J’ai quitté l’Iran à cause de cela. Il m’habite. C’est devenu l’un de mes centres d’intérêt, j’ai beaucoup lu, beaucoup réfléchi sur la question.</p>

<p>À LIRE AUSSI : Port du voile avec la robe : saisi par un syndicat d'avocats, le Conseil d'État confirme l'interdiction</p>

<p>J’en parle souvent avec des amis, parfois eux-mêmes issus de milieu musulman. Et je vois bien à quel point c’est compliqué pour eux d'en parler. Parce que, quand ta mère est voilée, quand ta sœur l’est aussi, même si tu n’adhères pas entièrement à l’idéologie du voile, cet objet abject, il y a quelque chose de profondément intime qui est touché. Et donc, forcément, en parler, le critiquer, ça devient délicat. Il y a une réaction émotionnelle.</p>

<p>Il y a ceux qui sont ignorants – et j’utilise ce mot sans mépris – parce qu’ils ne connaissent pas, parce qu’ils viennent d’un contexte judéo-chrétien où le voile n’a pas le même sens, la même charge symbolique. Et puis il y a ceux qui, sans vraiment pratiquer ou adhérer à la religion, se laissent porter par le « move », par une forme d’air du temps, sans recul critique. Donc oui, je suis un des seuls à m’exprimer ainsi. Mais je me le permets parce que je connais très bien ce dont je parle.</p>

<p>Et justement, est-ce que vous pouvez nous parler des conditions dans lesquelles vous avez quitté l’Iran ?</p>

<p>Bien sûr. Et je vais vous dire : je suis arrivé dans de très bonnes conditions grâce à la France. Je suis arrivé ici en 1986, j’avais dix ans. Je suis arrivé à Poitiers, et à l’époque, j’étais ce qu’on appelait un allophone – le seul de mon établissement. À ce moment-là, ce n’était pas courant. Les élèves issus de l’immigration étaient pour la plupart originaires d’anciennes colonies francophones. Mais un enfant qui arrive à dix ans, qui ne parle pas un mot de français, c’était rare. Aujourd’hui, on a vu arriver des vagues venues de Tchétchénie, de Géorgie, du Soudan, d’Afghanistan ou de Syrie. Mais il y a quarante ans, c’était très différent.</p>

<p>À LIRE AUSSI : 2 ans de la mort de Mahsa Amini : en Iran, les femmes desserrent l'étau... et surtout leur voile</p>

<p>Moi, je suis arrivé dans des conditions extrêmement favorables. Mon père voulait me protéger. J’ai quitté l’Iran avec un visa d’études. À dix ans. Je ne suis pas arrivé sur un bateau, ni caché sous un camion. Non, je suis arrivé comme si je venais faire des études universitaires. J’ai eu cette chance. Et je n’oublie pas que c’est une exception.</p>

<p>Est-ce que vous pouvez nous expliquer en quoi, selon vous, le voile sert à invisibiliser le corps des femmes et à les extraire du monde du sport ?</p>

<p>Regardez, au-delà des débats d’opinion sur l’islam ou des hadiths – du type « on ne sait pas si c’est vrai » – il y a un fait incontournable : dans le livre sacré de l’islam – je n’ai même pas envie de le nommer – celui que les croyants considèrent comme la parole divine, ces règles sont écrites noir sur blanc. C’est dans ce texte, considéré comme intouchable, sacré. Évidemment, pour moi, c’est une parole d’homme, pas une parole divine.</p>

<p>Mais ce texte, il ne contient pas seulement des prescriptions sur le voile. Il contient aussi des passages sur l’esclavage, ce que Daesh a reproduit dans les territoires conquis : vendre des femmes sur les marchés aux esclaves, ça ne sortait pas de nulle part. C’était codifié, il y a 1400 ans. Codifié. Et dans ce même texte, à plusieurs reprises, il est dit que les femmes doivent cacher leur corps à la vue des hommes pubères – sauf à certains membres masculins de leur famille.</p>

<p>À LIRE AUSSI : Le prix de la créativité : la guerre de l’Iran contre les chanteuses, rappeurs et poètes</p>

<p>Ça veut dire qu’il y a une hiérarchie religieuse définissant qui a le droit de voir une femme « normalement » et devant qui elle doit se cacher. On a là un système qui construit une forme d’invisibilisation des femmes dans l’espace public.</p>

<p>Et ça va plus loin. Le même livre stipule qu’une fille hérite de la moitié de ce qu’hérite son frère. Il affirme que le témoignage d’une femme vaut la moitié de celui d’un homme. J’aime bien rappeler ça aux Français, souvent peu au fait de ces réalités. Quand on les touche personnellement, ils réalisent. Je le dis à vous cher ami journaliste : imaginez que votre sœur témoigne dans une affaire d’agression, qu’elle soit en face de son agresseur, et que lui aussi témoigne. Son témoignage à lui vaudra le double du sien. Donc oui, c’est un système profondément misogyne.</p>

<p>Donc, l’islam est, selon vous, intrinsèquement misogyne ?</p>

<p>Misogyne, esclavagiste, oui. Et là vous me direz « oui mais ce n’est pas cela qu’on autorise ». C’est là que ça devient dangereux : si, sur une base d’ « inclusion » mal comprise, on permet le port du voile dans le sport, alors dans quelques années, ce sera la même chose à l’école. Et tout ce qu’on aura construit pourra s’effondrer.</p>

<p>Parce que ce qu’on fait, c’est tenter de faire cohabiter notre modèle républicain avec des prescriptions moyenâgeuses, misogynes et oppressives. Ce sont des textes écrits il y a plus de mille ans. Et ce qui me sidère, c’est de voir des gens – des personnalités publiques, des athlètes – parler du voile sans en comprendre la signification. Je l’ai écrit en réponse à Teddy : « Cher Teddy, tu ne sais même pas de quoi tu parles. Tu crois que le voile, c’est juste un bout de tissu ? Mais non. Le voile, c’est tout ça. C’est un système. »</p>

<p>Et la religion, ce n’est pas un menu à la carte. Ce n’est pas comme à la cantine, où on peut dire « je prends l’entrée, mais pas le plat, juste le dessert aujourd’hui ». Quand tu entres dans une religion avec ses préceptes, tu es censé les suivre de A à Z. C’est d’ailleurs l’objectif des Frères musulmans et d’autres mouvances fondamentalistes : que tout soit appliqué. Et si on laisse une brèche – si on accepte une petite concession – c’est là que le ver entre dans la pomme. Et la pomme finit par pourrir de l’intérieur.</p>

<p>Donc pour vous, ce modèle français de laïcité, c’est une vraie richesse ? Et il faut se battre pour le préserver, y compris dans le sport ?</p>

<p>Mais bien sûr ! Qu’est-ce qu’elle est belle, la France. On a un modèle unique, précieux.</p>

<p>Je le dis souvent : il y a trois piliers de l’éducation. La famille, l’école et ensuite la culture et le sport. Regardez l’école : c’est formidable. Jusqu’au bac, tant qu’un élève n’a pas 18 ans, même s’il redouble, on considère qu’il doit être protégé des influences religieuses. Et puis, à la majorité, il entre à l’université, et là, il peut s’habiller religieusement comme il veut. C’est ça, la liberté à la française. Une loi belle, équilibrée. Elle n’interdit pas une religion, elle ne discrimine pas. Elle dit simplement : « Chaque chose à sa place. » Et c’est ainsi qu’on protège la liberté de conscience.</p>

<p>Est-ce que vous ne pensez pas qu’il faudrait, pour le sport, une loi un peu équivalente à celle de 2004 sur l’école ? Quelque chose de clair, qui fixe les règles ?</p>

<p>C’est justement ce que vise le fameux amendement en cours de discussion. Il a été adopté au Sénat et concerne l’interdiction des signes religieux ostensibles dans la pratique sportive – mais uniquement en compétition, pas dans le cadre des clubs ou du loisir. L’amendement est passé au Sénat, et j’espère qu’il passera aussi à l’Assemblée nationale.</p>

<p>Et qu’est-ce que vous voudriez dire aux sportifs, au-delà de Teddy Riner, qui tiennent un discours assez relativiste sur le voile ? Ceux qui disent : « Après tout, dans certains pays, ça se passe bien. » ?</p>

<p>Je pense qu’ils se trompent. Avec le concept d’inclusion – que tout doit être accepté, accueilli, intégré – on est en train, sans le vouloir, de préparer la future exclusion des femmes. À trop vouloir inclure sans discernement, on risque de rendre invisibles celles qu’on prétend défendre.</p>

<p>Etienne Campion, journaliste à Marianne<br />Par Etienne Campion</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1224/petrodollars-the-deal-henry-kissinger-made-with-saudi-arabia-in-1974</guid>
	<pubDate>Sun, 04 Jan 2026 20:46:49 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1224/petrodollars-the-deal-henry-kissinger-made-with-saudi-arabia-in-1974</link>
	<title><![CDATA[Petrodollars : the deal Henry Kissinger made with Saudi Arabia in 1974.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>The real reason the US is invading Venezuela goes back to a deal Henry Kissinger made with Saudi Arabia in 1974.</p>

<p>https://x.com/Ric_RTP/status/2007429683713917147?s=20</p>

<p>And I'm going to explain why this is actually about the SURVIVAL of the US dollar itself.</p>

<p>Not drugs. Not terrorism. Not "democracy."</p>

<p>This is about the petrodollar system that has kept America the dominant economic power for 50 years.</p>

<p>And Venezuela just threatened to end it.</p>

<p>Here's what really just happened:</p>

<p>Venezuela has 303 billion barrels of proven oil reserves.</p>

<p>The largest on Earth.</p>

<p>More than Saudi Arabia.</p>

<p>20% of the entire world's oil.</p>

<p>But here's the part that matters:</p>

<p>Venezuela was actively selling that oil in Chinese yuan. Not dollars.</p>

<p>In 2018, Venezuela announced it would "free itself from the dollar."</p>

<p>They started accepting yuan, euros, rubles, anything BUT dollars for oil.</p>

<p>They were petitioning to join BRICS.</p>

<p>They were building direct payment channels with China that bypass SWIFT entirely.</p>

<p>And they were sitting on enough oil to fund de-dollarization for decades.</p>

<p>Why does this matter?</p>

<p>Because the entire American financial system is built on one thing:</p>

<p>The petrodollar.</p>

<p>In 1974, Henry Kissinger made a deal with Saudi Arabia:</p>

<p>All oil sold globally must be priced in US dollars.</p>

<p>In exchange, America provides military protection.</p>

<p>This single agreement created artificial demand for dollars worldwide.</p>

<p>Every country on Earth needs dollars to buy oil.</p>

<p>This lets America print unlimited money while other countries work for it.</p>

<p>It funds the military. The welfare state. The deficit spending.</p>

<p>The petrodollar is more important to US hegemony than aircraft carriers.</p>

<p>And there's a pattern of what happens to leaders who challenge it:</p>

<p>2000: Saddam Hussein announces Iraq will sell oil in euros instead of dollars.</p>

<p>2003: Invaded. Regime change. Iraq's oil immediately switched back to dollars. Saddam lynched.</p>

<p>The WMDs were never found because they never existed.</p>

<p>2009: Gaddafi proposes a gold-backed African currency called the "gold dinar" for oil trade.</p>

<p>Hillary Clinton's own leaked emails confirm this was the PRIMARY reason for intervention.</p>

<p>Email quote: "This gold was intended to establish a pan-African currency based on the Libyan golden Dinar."</p>

<p>2011: NATO bombs Libya. Gaddafi sodomized and murdered. Libya now has open slave markets.</p>

<p>"We came, we saw, he died!" Clinton laughed on camera.</p>

<p>The gold dinar died with him.</p>

<p>And now Maduro.</p>

<p>With FIVE TIMES more oil than Saddam and Gaddafi combined.</p>

<p>Actively selling in yuan.</p>

<p>Building payment systems outside dollar control.</p>

<p>Petitioning to join BRICS.</p>

<p>Partnered with China, Russia, and Iran.</p>

<p>The three countries leading global de-dollarization.</p>

<p>This isn't coincidence.</p>

<p>Challenge the petrodollar. Get regime changed.</p>

<p>Every. Single. Time.</p>

<p>Stephen Miller (US homeland security advisor) literally said it out loud two weeks ago:</p>

<p>"American sweat, ingenuity and toil created the oil industry in Venezuela. Its tyrannical expropriation was the largest recorded theft of American wealth and property."</p>

<p>He's not hiding it.</p>

<p>They're claiming Venezuelan oil BELONGS to America because US companies developed it 100 years ago.</p>

<p>By this logic, every nationalized resource in history was "theft."</p>

<p>But here's the DEEPER problem:</p>

<p>The petrodollar is already dying.</p>

<p>Russia sells oil in rubles and yuan since Ukraine.</p>

<p>Saudi Arabia is openly discussing yuan settlements.</p>

<p>Iran has been trading in non-dollar currencies for years.</p>

<p>China built CIPS, their own alternative to SWIFT with 4,800 banks in 185 countries.</p>

<p>BRICS is actively building payment systems that bypass the dollar entirely.</p>

<p>The mBridge project lets central banks settle trades instantly in local currencies.</p>

<p>Venezuela joining BRICS with 303 billion barrels of oil would accelerate this exponentially.</p>

<p>That's what this invasion is really about.</p>

<p>Not stopping drugs. Venezuela accounts for less than 1% of US cocaine.</p>

<p>Not terrorism. There's zero evidence Maduro runs a "terror organization."</p>

<p>Not democracy. The US supports Saudi Arabia, which has zero elections.</p>

<p>This is about maintaining a 50-year-old agreement that lets America print money while the world works for it.</p>

<p>And the consequences are terrifying:</p>

<p>Russia, China, and Iran are already denouncing this as "armed aggression."</p>

<p>China is Venezuela's biggest oil customer. They're losing billions.</p>

<p>BRICS nations are watching a country get invaded for trading outside the dollar.</p>

<p>Every nation considering de-dollarization just got the message:</p>

<p>Challenge the dollar and we will bomb you.</p>

<p>But here's the problem...</p>

<p>That message might accelerate de-dollarization, not stop it.</p>

<p>Because now every country in the Global South knows what happens if you threaten dollar hegemony.</p>

<p>And they're realizing the only protection is to move FASTER.</p>

<p>The timing is insane too:</p>

<p>January 3rd, 2026. Venezuela invaded. Maduro captured.</p>

<p>January 3rd, 1990. Panama invaded. Noriega captured.</p>

<p>36 years apart. Almost to the day.</p>

<p>Same playbook. Same "drug trafficking" excuse.</p>

<p>Same real reason: control of strategic resources and trade routes.</p>

<p>History doesn't repeat. But it rhymes.</p>

<p>What happens next:</p>

<p>Trump's press conference at Mar-a-Lago sets the narrative.</p>

<p>US oil companies are already lined up. Politico reported they've been approached about "returning to Venezuela."</p>

<p>The opposition will be installed. Oil will flow in dollars again.</p>

<p>Venezuela becomes another Iraq. Another Libya.</p>

<p>But here's what nobody's asking:</p>

<p>What happens when you can no longer bomb your way to dollar dominance?</p>

<p>When China has enough economic leverage to retaliate?</p>

<p>When BRICS controls 40% of global GDP and says "no more dollars"?</p>

<p>When the world realizes the petrodollar is maintained by violence?</p>

<p>America just showed its hand.</p>

<p>The question is whether the rest of the world folds or calls the bluff.</p>

<p>Because this invasion is an admission that the dollar can no longer compete on its own merits.</p>

<p>When you have to bomb countries to keep them using your currency, the currency is already dying.</p>

<p>Venezuela isn't the beginning.</p>

<p>It's the desperate end.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1221/comprendre-l%E2%80%99intervention-americaine-au-venezuela</guid>
	<pubDate>Sun, 04 Jan 2026 18:46:58 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1221/comprendre-l%E2%80%99intervention-americaine-au-venezuela</link>
	<title><![CDATA[Comprendre l’intervention américaine au Venezuela]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>On ne peut pas comprendre l’enlèvement de Nicolas Maduro si l’on ignore les masses financières colossales associées à un changement de régime à Caracas.<br />Gabriel Zucman<br />janv. 04, 2026</p>

<p>Il ne s’agit pas de minorer les aspects idéologiques ou géopolitiques de l’intervention américaine – réaffirmer la doctrine Monroe, asseoir des sphères d’influence impériales.</p>

<p>Mais c’est bien le pétrole qui constitue le mobile essentiel de ce coup de force : l’accaparement et l’extraction des plus importantes réserves d’or noir du monde, longtemps exploitées avec une profitabilité inouïe par les multinationales américaines et leurs actionnaires.</p>

<p>Maduro était un dictateur brutal et corrompu, mais Trump s’entend très bien avec de nombreux dictateurs brutaux et corrompus, cela ne génère chez lui nulle hostilité.</p>

<p>L’objectif principal de l’expédition trumpiste est ailleurs : reprendre l’exploitation de la manne pétrolière vénézuélienne au profit des grandes fortunes américaines, exploitation qui avait atteint un premier paroxysme dans les années 1950, pendant cet « âge d’or » mythifié par le mouvement MAGA.</p>

<p>Si l’on veut comprendre l’ambition de la Maison Blanche, c’est sur cette histoire peu connue qu’il faut revenir : celle d’un extractivisme international poussé à son paroxysme, dont Trump cherche à écrire aujourd’hui un nouveau chapitre qui, s’il y parvient, pourrait s’avérer plus extrême encore.</p>

<p>***</p>

<p>La production pétrolière vénézuélienne commence dans les années 1910 par un vice fondateur : le pétrole est pour ainsi dire donné aux majors étrangères.</p>

<p>Le dictateur Juan Vicente Gomez accorde des concessions extraordinairement généreuses aux multinationales américaines et britanniques, qui y développent rapidement la production.</p>

<p>Dès 1929, Caracas pèse pour plus de 10 % de la production d’or noir de la planète et en est le premier exportateur mondial.</p>

<p>Initialement, Britanniques et Américains se partagent le gâteau. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les seconds finissent par rafler la mise. Le Venezuela devient le premier réceptacle des investissements internationaux américains, et sa première source de profits étrangers.</p>

<p>Il faut bien prendre la mesure des richesses ainsi extraites du Venezuela par les Etats-Unis au mitan du 20e siècle.</p>

<p>En 1957, au sommet de cet extractivisme transfrontière, les profits enregistrés par les majors américaines au Venezuela sont du même ordre de grandeur que l’ensemble des bénéfices réalisés par toutes les multinationales américaines – tous secteurs confondus – dans tous les autres pays d’Amérique latine et tous les pays d’Europe continentale confondus !</p>

<p>L’équivalent de 12 % du produit intérieur net vénézuélien – c’est-à-dire de la valeur de tous les biens et services produits chaque année dans le pays – va aux actionnaires américains. Soit à peu près autant que ce que touche la classe populaire du Venezuela, les 50 % les plus pauvres du pays.</p>

<p> <a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1222/ratio-entre-les-profits-nets-d%E2%80%99impot-realises-par-les-filiales-de-multinationales-americaines-au-venezuela-et-le-produit-interieur-net-du-venezuela" class="embed-insert"><img class="elgg-photo" alt="ratio entre les profits nets d’impôt réalisés par les filiales de multinationales américaines au Venezuela et le produit intérieur net du Venezuela" src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1222/medium"></a> </p>

<p>Lecture et sources : ce graphique montre l’évolution du ratio entre les profits nets d’impôt réalisés par les filiales de multinationales américaines au Venezuela et le produit intérieur net du Venezuela. Source : calculs de l’auteur à partir des enquêtes pluriannuelles du Bureau of Economic Analysis sur les activités des multinationales américaines, voir Wright et Zucman (2018) pour une présentation de ces données.<br />Le PIB du Venezuela augmente, mais au profit des grandes fortunes états-uniennes qui encaissent les dividendes et des employés américains bien payés.</p>

<p>Le Venezuela abrite en effet au début des années 1960 la plus grande communauté d’expatriés américains. Ces derniers y vivent dans des enclaves qui leur sont réservées, dotées d’hôpitaux flambants neufs et de terrains de baseball luxuriants.</p>

<p>C’est « l’âge d’or » auquel le pouvoir trumpiste souhaite revenir. Un partage de la rente pétrolière qu’on peut difficilement imaginer plus injuste et inégalitaire.</p>

<p>***</p>

<p>C’est aussi un modèle de développement foncièrement instable, qui ne peut susciter que des réactions violentes.</p>

<p>Car comment accepter que les revenus versés aux actionnaires étrangers soient du même ordre de grandeur que ceux touchés par la moitié de la population locale ?</p>

<p>Jusqu’aux années 1950, dans la foulée de Gomez, les différents régimes au pouvoir à Caracas préfèrent choyer les capitaux internationaux, maintenant une fiscalité légère, se pliant aux désidérata des majors, s’enrichissant souvent au passage.</p>

<p>À partir des années 1960, comme dans le reste de l’Amérique latine, les gouvernements successifs vont essayer de négocier des conditions financières plus équilibrées.</p>

<p>Le Venezuela prend la tête de ce mouvement. C’est un homme politique vénézuélien, Juan Pablo Pérez Alfonzo, qui se trouve derrière la création de l’OPEP (Organisation des pays producteurs de pétrole) en 1960. Le pays prend les rênes du mouvement pour faire advenir un « nouvel ordre économique international », exiger une réécriture des règles du commerce mondial.</p>

<p>Ce processus culmine dans la nationalisation, en 1976, des actifs d’ExxonMobil, Shell et Chevron au Venezuela.</p>

<p>Donald Trump a 30 ans. Il ne cesse aujourd’hui de dénoncer ce « vol ». Et ne cache guère son objectif principal : revenir aux conditions léonines de la période 1920-1960.</p>

<p>***</p>

<p>S’il y parvient, on peut envisager un doublement voire un triplement des profits de l’industrie pétrolière américaine, l’un des plus gros financeurs de Trump et du parti républicain.</p>

<p>Les réserves d’or noir du Venezuela sont en effet considérables : les plus importantes du monde. Et elles sont quasi-inexploitées, la production s’étant effondrée en raison de la mauvaise gestion du régime chaviste et du durcissement des sanctions américaines en 2017.</p>

<p> <a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1223/reserves-petrole-mondiales-2024" class="embed-insert"><img class="elgg-photo" alt="Réserves pétrole mondiales 2024" src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1223/medium"></a> </p>

<p>Les enjeux financiers sont d’autant plus importants que les prix du pétrole sont plus élevés que dans les années 1950. Si Trump parvenait à rétablir les conditions financières qui prévalaient au milieu du 20e siècle, la manne captée par les majors américaines et leurs propriétaires en serait augmentée d’autant.</p>

<p>Quand Trump dit qu’il veut « gouverner » le Venezuela, c’est là son projet.</p>

<p>Pour fixer un ordre de grandeur, les profits d’Aramco – le principal producteur de pétrole d’Arabie saoudite, pays qui abrite les deuxièmes plus grandes réserves d’or noir – se sont élevés ces dernières années à $100-$150 milliards par an.</p>

<p>$100 à $150 milliards par an : c’est la somme en jeu, aujourd’hui, derrière l’enlèvement de Maduro</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 04 Jan 2026 17:37:30 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Venezuela : « Rien pour l&#039;heure n&#039;indique que le régime va tomber »]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Auteur de « Venezuela, de la révolution à l'effondrement », maître de conférences à l'université de Rouen, Thomas Posado n'anticipe pas, à ce stade, une chute imminente du régime vénézuélien, malgré la capture de Nicolas Maduro par des forces spéciales américaines.</p>

<p>Si Donald Trump a déclaré que les Etats-Unis allaient « diriger » le Venezuela « jusqu'à ce que nous puissions procéder à une transition sûre », rien n'indique sur le terrain, pour l'instant, que le régime soit en train de tomber, juge Thomas Posado, maître de conférences à l'université de Rouen.</p>

<p>Ce raid américain peut-il contribuer à la chute du régime ?</p>

<p>Rien pour l'heure ne permet de penser qu'il va tomber. C'est une possibilité, bien sûr, mais rien n'indique que l'arrestation par un commando américain et l'exfiltration de Nicolas Maduro puisse aller jusqu'au renversement du régime.</p>

<p>A l'inverse de son prédécesseur, Hugo Chavez, charismatique, populaire et qui concentrait beaucoup de pouvoirs, Nicolas Maduro n'est qu'un élément de la hiérarchie du régime, certes numéro un nominal mais pas irremplaçable, aux côtés du ministre de la Défense depuis douze ans, Vladimir Padrino Lopez, inculpé pour narcotrafic aux Etats-Unis, du ministre de l'Intérieur, Diosdado Cabello, du président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodrigez, et bien sûrde celle qui se trouve être la soeur de ce dernier, la vice-présidente, Delcy Rodriguez.</p>

<p>Il n'y a aucun signal de dissidence ou de manque de loyauté des forces armées - au demeurant nettoyées ces dernières années de tout suspect de dissidence -, ni d'agitation dans les rues, comme cela peut s'observer dans un régime affaibli quand le numéro un disparaît. Le plus vraisemblable est que, selon les règles constitutionnelles, la vice-présidente va prendre les rênes. A elle ensuite de savoir si elle veut faire comme s'il ne s'était rien passé, ou si elle négocie avec Donald Trump.</p>

<p>Comment interpréter les déclarations de Donald Trump de samedi ?</p>

<p>Affirmer que les Etats-Unis vont « gérer le pays » peut ressembler à une rodomontade car le régime est toujours en place, pour l'essentiel, il n'y a pas de soldat américain déployé sur le terrain et c'est une chose de capturer un dirigeant, c'en est une autre de tenir un territoire de près d'1 million de kilomètres carrés peuplé de 28 millions de personnes, dont presque 1 million armés et loyal au régime.</p>

<p>On peut aussi avoir du mal à comprendre la manière dont le président Trump a marginalisé la cheffe de l'opposition, Maria Machado, alors qu'elle lui a toujours été loyale. Il a cité la vice-présidente comme nouvelle interlocutrice mais en évoquant une transition dont les contours ne sont pas clairs.</p>

<p>Au vu de ce raid qui a réussi en faisant vraisemblablement peu de victimes, on peut imaginer, en fait, un accord entre la Maison-Blanche et Delcy Rodriguez, qui aurait trahi Nicolas Maduro pour préserver le régime et se lancer dans des négociations en vue d'un accord pétrolier très préférentiel au profit des Etats-Unis en échange d'une levée des sanctions…</p>

<p>Pourquoi les Etats-Unis sont-ils intervenus ?</p>

<p>Le motif invoqué, le trafic de drogue, ne tient pas vraiment. Le Venezuela n'est pas sur la route de la drogue qui provoque les pires dégâts sanitaires aux Etats-Unis, le fentanyl, et ne pèse que pour 8 % du trafic de cocaïne. La lutte contre le trafic de drogue ne se mène d'ailleurs pas via des opérations militaires, mais de police, avec infiltration et démantèlement de réseaux, comme Washington le pratique avec récemment l'arrestation d'un baron au Mexique.</p>

<p>Au demeurant, pas sûr que la lutte contre le trafic de drogue soit au coeur de l'agenda de Trump, qui a récemment gracié un ancien président du Honduras, Orlando Hernandez, qui purgeait une peine de quarante-cinq ans de prison pour ce motif.</p>

<p>Lire aussi :<br />Après la capture de Maduro, les républicains bombent le torse, les démocrates appellent le Congrès à se réveiller</p>

<p>DECRYPTAGE - Trump joue gros auprès des électeurs latinos avec son raid sur le Venezuela</p>

<p>Les Etats-Unis sont en fait intervenus en raison des enjeux pétroliers, puisque Caracas est assis sur les principales réserves d'hydrocarbures non conventionnels de la planète, et géopolitiques. Le pays est en Amérique latine une sorte de « porte-avions » de l'Iran, de la Russie, et surtout, de la Chine. Il s'agit là en quelque sorte de la doctrine Monroe de 1823, l'Amérique aux Américains, surtout aux Yankees, déjà revisitée par Roosevelt et désormais par Donald Trump.</p>

<p>Que peut faire Caracas pour éviter une intervention plus ample ?</p>

<p>Négocier sincèrement sur le pétrole avec la Maison-Blanche, ce que Maduro avait déjà commencé, pour rouvrir ce secteur aux firmes américaines, et donner des assurances quant à l'influence chinoise. Cela déboucherait sur une relation encore plus asymétrique entre Caracas et Washington, au risque que le pays devienne une succursale des intérêts pétroliers américains, mais dispose-t-il d'une marge de manoeuvre ?</p>

<p>Il a besoin d'exporter son pétrole légalement. Actuellement, seul le groupe américain Chevron est autorisé à le faire, à hauteur de 100.000 barils par jour. Les groupes comme l'espagnol Repsol, le français Maurel et Prom et l'italien ENI le faisaient avec des licences obtenues sous Biden, mais qui ont été suspendues par Trump. Des entreprises chinoises, iraniennes ou russes peuvent exporter, mais au risque de sanctions américaines dans leurs autres zones d'activité, ou d'interception des pétroliers.</p>
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