<?xml version='1.0'?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" >
<channel>
	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/all?offset=500</link>
	<atom:link href="https://ememiom.fr/iom/blog/all?offset=500" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<description><![CDATA[]]></description>
	
	<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/645/%C2%AB-4-mois-de-prison-pour-une-gifle-mazette-%C2%BB</guid>
	<pubDate>Tue, 15 Jun 2021 06:03:44 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/645/%C2%AB-4-mois-de-prison-pour-une-gifle-mazette-%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[« 4 mois de prison pour une gifle ! Mazette... »]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Zéro mois de prison(pour l’instant) et les honneurs de la République en Marche pour quelqu’un qui a failli me tuer devant trois témoins. Des Coups reconnus par l’agresseur. Qui avait été interrogé par la police  2 à 3mn seulement après l’agression. </p>

<p>4 ans plus tard... j’attends patiemment que la justice juge...en espérant que mon agresseur et ses avocats n’obtiennent pas le renvoi. </p>

<p>Après tout je peux attendre après les législatives et les prochaines présidentielles, non ? </p>

<p>Il y a des jours où j’ai envie de crier ma révolte devant les lenteurs de la justice et devant les lâchetés de certains politiques...le temps permet toutes les réhabilitations et tous les mensonges qui continuent d’être formulés en coulisse (et dont j ai les preuves écrites... )</p>

<p>La Photo date  de septembre 2017. Une cicatrice de 15 centimètres due aux chirurgiens qui m’ont sauvé la vie en me découpant le crâne. Après deux coups de casque qui avaient provoqué une hémorragie dangereuse...</p>

<p>Cet Acte chirurgical nécessaire  a permis de traiter en urgence un hématome extradural soit une poche de sang mortelle de la taille d’une aubergine... </p>

<p>oui deux coups de casque c’est plus fort qu’une gifle ! Et  je ne suis qu’un justificiable ordinaire....</p>

<p>J’ai eu deux mois d’ITT. Et j’ai été hospitalisé à Beujon à Paris et à St Luc à bruxelles. Ce fut long. Les dommages sont aussi psychologiques comme on s’en doute. </p>

<p>Je réclame la même Justice pour tous et des délais raisonnables pour toutes les affaires !</p>

<p>Monsieur Macron dotez svp la justice des moyens qui s’imposent !</p>

<p><a href="https://www.facebook.com/boris.faure.7">Boris FAURE</a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/643/chevenement%C2%A0-%C2%AB%C2%A0la-degradation-du-niveau-du-debat-politique-est-consternante%C2%A0%C2%BB</guid>
	<pubDate>Sun, 13 Jun 2021 09:15:21 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/643/chevenement%C2%A0-%C2%AB%C2%A0la-degradation-du-niveau-du-debat-politique-est-consternante%C2%A0%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[Chevènement : « La dégradation du niveau du débat politique est consternante »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Entre <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/elections-regionales/declarations-de-melenchon-la-gauche-denonce-mais-pas-trop-08-06-2021-2430122_2592.php" title="">les déclarations complotistes de Jean-Luc Mélenchon</a> qui ont fait scandale et <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-macron-gifle-par-un-homme-dans-la-drome-08-06-2021-2430053_20.php" title="">la gifle infligée au président de la République</a>, la vie publique française cabote dans des marécages de plus en plus nauséabonds. Ce n'est pas bon signe alors que la présidentielle se jouera dans moins d'un an maintenant et que, dans un pays sous pression, la surenchère verbale et éditoriale et la radicalisation des positions tiennent lieu de débat. Dans cette atmosphère délétère, nous sommes allés interroger celui qui incarne encore « l'ordre juste » républicain, l'ancien ministre de la Recherche et de l'Industrie, de l'Éducation nationale, de la Défense et de l'Intérieur – sous François Mitterrand – <a href="https://www.lepoint.fr/tags/jean-pierre-chevenement" class="Link Link--entity">Jean-Pierre Chevènement</a>.</p><p>Le Point : Le débat politique, si l'on peut parler encore de débat, est-il devenu un cloaque ?</p><p>Jean-Pierre Chevènement : La dégradation du niveau du débat politique est évidemment consternante. Mais à quoi faut-il la rattacher ? Ne sommes-nous pas victimes d'une sorte de maladie infantile ou peut-être sénile de nos institutions parce que le système des partis politiques ne répond plus ou pas encore à la demande ? Je m'explique. Il ne suffit pas de détruire. Il faut remplacer. Le général de Gaulle a mis près de dix ans pour substituer aux anciens partis de la IVe République une majorité gaulliste, d'ailleurs trop écrasante pour ne pas lui échapper. Les anciens partis se sont adaptés aux institutions de la Ve République, le Parti socialiste à Épinay en 1971, quand son premier secrétaire a été considéré comme le candidat naturel à l'élection présidentielle, mouvement auquel la droite a répondu avec la création du RPR par <a href="https://www.lepoint.fr/tags/jacques-chirac" class="Link Link--entity">Jacques Chirac</a> en 1976. Dès lors, chaque parti devenu « parti de système » a prospéré sur son orbe, les socialistes de 1981 à 2017, la droite de 1995 à 2012. Les Français ont d'abord considéré cette opposition inscrite dans l'histoire comme naturelle, avant de s'en détourner de plus en plus manifestement. En 1993, le <a href="https://www.lepoint.fr/tags/ps" class="Link Link--entity">PS</a> est écrasé et, en 1997, Jacques Chirac se piège avec sa dissolution ratée. Les abstentions et les votes extrêmes ne cessent de monter tout au long de cette période, jusqu'à donner corps au « dégagisme » que nous connaissons aujourd'hui. Les partis de gouvernement qui avaient adapté leurs modes de fonctionnement aux institutions ne recueillent plus en 2002 que 35 % des voix au premier tour et, en 2017, ils sont renvoyés sèchement dans les cordes, la droite avec <a href="https://www.lepoint.fr/tags/francois-fillon" class="Link Link--entity">François Fillon</a> et le PS avec Benoît Hamon ne totalisent à eux deux que 26 %.<br /></p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/en-marche-pour-la-pestilentielle-2022--11-06-2021-2430564_20.php" class="Capsule free" title="">À LIRE AUSSIEn marche pour la pestilentielle 2022 ?</a></p><p class="Blockquote">Je recommande un peu plus de hauteur de vues dans la manière dont le président de la République est traité dans le débat public.</p><p>Comment en sommes-nous arrivés à l'impasse dans laquelle nous nous trouvons, selon vous ?</p><p>La turbulence du système en 2017 traduit le sentiment des Français que ni l'un ni l'autre des partis de gouvernement n'apportent de réponses claires aux grands défis que doit relever le pays. Tous les deux sont prisonniers de choix européistes partagés mais qui sont en fait néolibéraux et même caractéristiques d'une société de l'avidité, multipliant les fractures. Les électeurs rejettent les candidats qui expriment cette politique du pareil au même à tel point que François Hollande n'a même pas pu se représenter en 2017 et qu'Emmanuel Macron a empoché la mise, mais très provisoirement puisque le « dégagisme » dont il a bénéficié le frappe aujourd'hui à son tour. Pourtant, Emmanuel Macron ne manque pas de réelles qualités : il est intelligent, il a dominé politiquement la gestion de la crise du Covid en ne s'en remettant pas aux avis contradictoires des experts, et il a eu raison. Mais cela ne suffit pas, car il n'a pas surmonté le rejet et la méfiance que les Français éprouvent vis-à-vis de leurs élites dirigeantes depuis les années 1930 et qui expriment la crise de la France à notre époque. Pourtant, Emmanuel Macron est armé intellectuellement pour y remédier : il lui faut penser une Europe autonome où la France puisse exercer sa souveraineté sans l'aliéner. C'est le « cercle carré » de la politique française ! Il est un peu tôt pour reprocher à Emmanuel Macron de ne pas y avoir réussi. C'est pourquoi je recommande un peu plus de hauteur de vues dans la manière dont le président de la République est traité dans le débat public.</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/jean-pierre-chevenement-contre-la-violence-l-angelisme-ne-protege-pas-09-09-2020-2391180_20.php" class="Capsule premium" title="">À LIRE AUSSIJean-Pierre Chevènement : « Contre la violence, l'angélisme ne protège pas »</a></p>
<p><a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/justice/macron-gifle-des-armes-et-mein-kampf-auraient-ete-decouverts-chez-un-suspect-09-06-2021-2430304_2386.php" title="">Recevoir une gifle, ou en l'occurrence un soufflet, est un geste fort humiliant.</a> Quand la victime en est le président de la République, c'est aussi la fonction qui est visée…</p>
<p>Je comprends qu'humainement Emmanuel Macron veuille relativiser la portée de ce soufflet, comme vous dîtes, mais symboliquement il s'agit d'un acte gravissime car il porte atteinte au président de la République élu au suffrage universel par 66 % des Français au second tour de la présidentielle et donc à l'homme de la nation qu'il est ainsi devenu, pour reprendre l'expression de De Gaulle. Est-ce que pour autant Emmanuel Macron en perd sa légitimité démocratique ? Assurément, non. Mais cela signifie que, malgré ses efforts, plusieurs discours de fond bien construits sur le séparatisme, par exemple, sans parler du renouvellement du gouvernement, l'actuel président de la République peine à convaincre. Je lui conseille de se concentrer sur l'essentiel : comment économiquement, après la crise, allons-nous retomber sur nos pieds ? Quid de cette dette faramineuse ? La Banque centrale européenne (BCE) maintiendra-t-elle sa politique monétaire accommodante qui nous a permis d'emprunter à des taux très bas et qui a soutenu le « quoi qu'il en coûte » ? Le gouvernement, à travers prêts garantis et indemnisation du chômage partiel, est parvenu à préserver le tissu économique du pays. Mais sera-t-il capable de financer les choix courageux que <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/politique/reforme-des-retraites-ce-qu-en-pensent-bayrou-et-woerth-05-06-2021-2429712_20.php" title="">le commissariat général du Plan lui recommande, ainsi en matière de politique énergétique ou de politique familiale ?</a> La France saura-t-elle redevenir une puissance industrielle et technologique majeure en Europe ? Après septembre 2021, date où auront lieu les élections allemandes, l'ambiance risque de se tendre. Il faudra convaincre la CDU allemande de maintenir, au sein de la BCE, le cap d'une politique monétaire accommodante afin de préserver les chances de croissance en Europe et d'éviter que ne se creuse à nouveau la fracture entre les pays du Nord et les pays du Sud. Il faudra convaincre la CDU que cette politique est plus conforme aux intérêts à long terme de l'Allemagne que la remontée des taux d'intérêt souhaitée par les défenseurs du « bas de laine ». Cette politique intelligente est conforme aux intérêts de la France et elle est à notre portée. Emmanuel Macron est-il résolu à défendre à l'échelle européenne le maintien d'une politique qui nous permettrait à nous Français de rester à flot ? C'est là un point capital.</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/jean-pierre-chevenement-memoires-d-un-insoumis-10-09-2020-2391254_20.php" class="Capsule premium" title="">À LIRE AUSSIJean-Pierre Chevènement – Mémoires d'un insoumis</a></p><p>Ne prête-t-on pas trop d'importance à cette gifle dont l'auteur a un profil et un CV pour le moins baroques ?</p><p>Malheureusement, non. Il s'agit d'un attentat contre l'homme qui doit incarner la légitimité et donc la puissance de l'État. C'est donc un acte extrêmement grave auquel Emmanuel Macron ne peut répondre que politiquement. Il lui incombe de faire que son quinquennat apparaisse non pas comme le stade ultime de la décomposition de l'ancien système des partis, mais comme le point de départ d'une dynamique vertueuse de refondation républicaine.</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/postillon/sebastien-le-fol-lettre-aux-melencholatres-07-06-2021-2429918_3961.php" class="Capsule premium" title="">À LIRE AUSSISébastien Le Fol – Lettre aux mélenchonlâtres</a></p>
<p>À sa place, comment auriez-vous réagi ? Comme François Bayrou qui avait donné une taloche à un gamin qui lui faisait les poches ?</p>
<p>François Bayrou avait eu un geste de père de famille, mais François Bayrou n'incarnait pas l'État. C'est pourquoi on ne peut pas traiter ce geste par le mépris. <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/justice/macron-gifle-des-armes-et-mein-kampf-auraient-ete-decouverts-chez-un-suspect-09-06-2021-2430304_2386.php" title="">Il nécessite une riposte judiciaire ferme</a>.</p><p>Vous dites qu'Emmanuel Macron doit y répondre politiquement. De quelle manière ?</p><p>En reprenant la main sur une politique d'envergure, allant dans le sens de ce qu'il a défini quand il a évoqué la reconquête de l'indépendance industrielle et technologique de la France. J'attends, par exemple, qu'en matière énergétique la France fasse le choix en matière nucléaire qui nous donne une visibilité à long terme. Que l'on cesse de nous créer à nous-mêmes, et particulièrement aux catégories modestes, des difficultés au nom d'une lutte dogmatique contre un réchauffement climatique dont la France et l'Europe sont infiniment moins responsables que la Chine et les États-Unis.<br /></p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/le-choc-mai-1981-chevenement-mitterrand-me-regarde-comme-un-demeure-11-05-2021-2425822_20.php" class="Capsule premium" title="">À LIRE AUSSILe choc mai 1981 – Chevènement : « Mitterrand me regarde comme un demeuré… »</a></p>
<p>Percevez-vous en ce moment une surenchère dans la violence en politique ou la loupe déformante des réseaux sociaux et des chaînes d'information en continu exagère-t-elle le phénomène ?</p>
<p>La violence en politique a toujours existé, elle prend aujourd'hui des formes différentes. La gifle de Tain-l'Hermitage est quand même beaucoup moins grave que l'attentat du Petit-Clamart contre le général de Gaulle. Mais l'effet de loupe des réseaux sociaux et des chaînes d'information que vous pointez fort justement participe à l'enfièvrement du climat. Il faut retrouver du bon sens. Résister à l'idéologie du temps. Un exemple : « l'heuristique de la peur », concept forgé par le philosophe Hans Jonas, s'est substituée à la recherche du progrès sous l'influence des écologistes. L'idée de catastrophe à l'horizon a remplacé la perspective méliorative des Lumières.</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/jean-pierre-chevenement-les-guerres-civiles-commencent-toujours-a-bas-bruit-10-10-2019-2340497_20.php" class="Capsule premium" title="">À LIRE AUSSIJean-Pierre Chevènement : « Les guerres civiles commencent toujours à bas bruit »</a></p>
<p>L'évolution du discours de <a href="https://www.lepoint.fr/tags/jean-luc-melenchon" class="Link Link--entity">Jean-Luc Mélenchon</a> est à ce titre symptomatique, jusqu'à ses propos choquants sur les meurtres ignobles de Mohammed Merah…</p>
<p>Il est en effet peu sensé, comme l'a fait <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/politique/melenchon-predit-un-meurtre-la-semaine-avant-la-prochaine-election-06-06-2021-2429837_20.php" title="">Jean-Luc Mélenchon, d'assimiler les meurtres commis en 2012 par Mohammed Merah à une tentative de manipulation de l'opinion</a> à l'occasion de la campagne présidentielle. Hélas, le djihadisme trouve son origine dans des fractures bien plus anciennes et bien plus profondes dans le monde musulman, dans les relations entre l'Orient et l'Occident et dans la société française. Mais il y a un équilibre à trouver entre ces menaces bien réelles et le déchaînement tous azimuts du « pia pia » médiatique.</p><p>Les déclarations de Jean-Luc Mélenchon ne sont pas de simples « pia pia » médiatiques.</p><p>Soyons charitables : elles dénotent surtout d'une très grande confusion d'esprit. Mais, s'il vous plaît, peut-on revenir au fond ?<br /></p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/dans-les-abimes-de-jean-luc-melenchon-09-06-2021-2430301_20.php" class="Capsule premium" title="">À LIRE AUSSIDans les abîmes de Jean-Luc Mélenchon</a></p>
<p>Allez-y !</p>
<p>Le fond, pour moi, ce sont les problèmes auxquels est confronté Emmanuel Macron en tant que président de la République : la crise économique, la tension sino-américaine, le déséquilibre qui s'est créé en Europe entre l'Allemagne, les pays du Nord, d'une part, et les pays du Sud, d'autre part, la montée de l'islamisme radical à l'échelle mondiale… Sommes-nous capables d'apporter des réponses à ces problèmes qui préservent les chances de l'autonomie européenne face aux États-Unis et à la Chine ? Sommes-nous capables de mener une politique européenne dans laquelle la France puisse s'inscrire en préservant son identité ? Beaucoup ont glosé sur la « déconstruction » de la France qui serait le vrai projet d'Emmanuel Macron alors qu'il n'a employé cette expression – peut-être mal calibrée – que dans une seule interview à un média américain. Pour le reste, il a plutôt multiplié les interventions destinées, au contraire, à redonner ses lettres de noblesse au patriotisme républicain. Je l'encourage à persévérer dans cette voie. Emmanuel Macron n'a pas d'autre choix que de créer un rapport de force avec les débris de l'ancien système politique. C'est la seule manière à terme d'obliger à une restructuration de la vie politique française qui ait du sens du point de vue de la démocratie, mais de laquelle nous sommes encore fort éloignés. Cette béance de notre système politique est la meilleure explication de la violence à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui. Rappelons-nous qu'en 1967 de Gaulle n'avait plus qu'une voix de majorité à l'Assemblée nationale et cela ne l'a pas empêché d'installer pour longtemps la Ve République. Maintenant, celle-ci doit s'adapter aux grands enjeux qui se profilent devant nous : la France en Europe et l'Europe entre les États-Unis et la Chine. Ce n'est pas facile. Il faut beaucoup de ténacité et de courage à Emmanuel Macron pour défricher ce nouveau chemin que l'incivisme ambiant rend particulièrement ingrat.</p><p>Le discours de fermeté républicaine qui a toujours été le vôtre peut-il encore imprimer de nos jours dans une société qui semble de plus en plus fracturée ? N'est-ce pas trop tard ?</p><p>Non, si ce discours allie la fermeté et la continuité dans le contenu et le laconisme dans l'expression.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/642/neil-oliver-lockdown-is-the-biggest-single-mistake-in-world-history</guid>
	<pubDate>Sat, 12 Jun 2021 14:17:25 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/642/neil-oliver-lockdown-is-the-biggest-single-mistake-in-world-history</link>
	<title><![CDATA[Neil Oliver: &#039;Lockdown is the biggest single mistake in world history&#039;]]></title>
	<description><![CDATA[<p>IN the week in which calls have been made for “freedom day” to be delayed in England, and in the wake of pausing of easing of restrictions in <a href="https://www.heraldscotland.com/news/homenews/" class="section-link">Scotland</a>, archeologist and television presenter Neil Oliver has called the continued lockdown “the world’s biggest mistake”.</p><p>Speaking in an interview in the Herald magazine tomorrow, ahead of his debut as live show host on the new television channel, GB News, he said, “I think it’s been mishandled from very early on.</p><p>“I think it’s the biggest mistake in <a href="https://www.heraldscotland.com/news/world_news/" class="section-link">world</a> history. I’m not suggesting evil or malicious intent. I just think it’s a mistake.”</p><p>He described how over the past year, it was finding his voice as a commentator, both on Talk <a href="https://www.heraldscotland.com/life_style/arts_ents/tv_radio/" class="section-link">Radio</a> and in his Sunday Times column, led to him voicing the kind of views that he felt were otherwise unspoken – and landing the GB News job.</p><p>“I’m apolitical, but over the lockdown I have had opinions. I think it is the biggest single mistake in world history, and I’m just horrified by the damage that has been done.</p><p>"Whoever lockdown has saved, I think by an order of magnitude others have been hurt.”</p><p>Seeing the footage coming out of Italy, he and his wife, he said, accepted the first lockdown as probably a good thing.</p><p>“But then it became clear to me the damage that was being done to the <a href="https://www.heraldscotland.com/business_hq/markets_economy/" class="section-link">economy</a>, and I became aware of the number of people I know personally that have been ruined by it, self-employed people that were getting no help, nothing for furlough.</p><p>"People who have had no support, no help, lost businesses, lost livelihoods and all the rest of it.”</p><p>The period of the pandemic, he said, has seen a “stymying and silencing of debate”. “People talk to me all the time – people that I know quite well, but also people who come up to me for the first time.</p><p>"And they whisper. On the dog walk, miles from anywhere, people come up and they lower their voices, because they want to say that they think things are wrong.”</p><p>The <a href="https://www.heraldscotland.com/opinion/letters/" class="section-link">letters</a> he received over the past year, and these conversations he had, and his sense that these "views were not being reflected in the established media" were what, he said, had made him "interested in being part of GB News".</p><p><a href="https://www.heraldscotland.com/news/19363751.neil-oliver-lockdown-biggest-mistake-world-history/">READ FULL INTERVIEW: Neil Oliver ahead of GB News debut: 'I'm in disbelief at the shambles Scotland has become'</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/640/la-vigie-n%C2%B0-169-gratuit-qu%E2%80%99est-ce-que-la-france-garder-le-bon-cap-lorgnette-tchuss-angele</guid>
	<pubDate>Sat, 12 Jun 2021 11:12:35 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/640/la-vigie-n%C2%B0-169-gratuit-qu%E2%80%99est-ce-que-la-france-garder-le-bon-cap-lorgnette-tchuss-angele</link>
	<title><![CDATA[La Vigie n° 169 (Gratuit) : Qu’est-ce que la France ? | Garder le bon cap | Lorgnette : Tchüss, Angèle !]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Lettre de la Vigie en date du 9 juin 2021</p><p><a href="https://www.lettrevigie.com/wp-content/uploads/2021/06/image-LV-169.jpg"></a></p>
<p>Qu’est-ce que la France ?</p>
<p>Dire la France est aujourd’hui beaucoup moins évident et partagé qu’hier. De nombreux hiatus existent, entre générations, entre populations. Au-delà, c’est une compréhension commune de la géographie, de l’histoire et de l’État, ces trois piliers de la personne France, qui semble ne plus être partagée. En prendre conscience est indispensable avant de lancer tout projet de grande stratégie.</p><p>Pour lire l’article, <a href="https://www.lettrevigie.com/blog/2021/06/09/quest-ce-que-la-france-lv-169-gratuit/">cliquez ici</a></p>
<p>Garder le bon cap</p>
<p>Dans une situation stratégique aussi fluide, comment garder le bon cap ? Comment conduire une manœuvre efficace ? Comment se débarrasser de biais stratégiques intempestifs ? De l’Europe à l’Afrique, la pratique est difficile, les difficultés se suivent et se ressemblent.</p><p>Pour lire l’article, <a href="https://www.lettrevigie.com/blog/2021/06/09/garder-le-bon-cap-lv-169/">cliquez ici</a></p>
<p>Lorgnette : Tchüss, Angèle</p>
<p>Angela Merkel quitte le pouvoir : nous ne la regretterons pas. Cette politicienne au sang froid savait tuer ses rivaux politiques. Excellente pour arriver au pouvoir et s’y maintenir, mais ô combien décevante depuis qu’elle y régnait. Certes, son côté mesuré, nuancé et « comme il faut » a plu au notable français, impressionné par cette retenue germanique qu’il prend pour de la saine rigueur. Et pourtant… elle a systématiquement décidé tard, prenant toujours le temps de laisser se pourrir les situations avant de se prononcer, du bout des lèvres. Les quelques fois où elle s’est laissé guider par l’instinct, ce fut catastrophique : que ce soit la décision d’arrêter le nucléaire après Fukushima ou celle d’accueillir un million de migrants au cœur de l’été 2015.</p><p>Bien sûr, sa politique n’est peut-être pas néfaste pour l’Allemagne dont elle a su toujours préserver les intérêts de court terme et l’idéal de petit rentier satisfait et vieillissant. À l’extérieur, ce fut pire. On la présente comme pro européenne : ce fut la plus germanolâtre des dirigeants allemands depuis la guerre. Pire : Pas un dirigeant français pour s’en apercevoir.</p><p>Tschüss Angèle, tu ne nous manqueras pas.</p><p>JOCV</p><p>Abonnés : cliquez directement sur les liens pour lire en ligne ou téléchargez le numéro pdf (<a href="https://www.lettrevigie.com/page-abonnes-telechargement-des-numeros/">ici</a>), toujours avec votre identifiant/mot de passe. Nouveau lecteur : lisez l’article au numéro, en cliquant sur chaque article (2,5 €), ou alors en vous abonnant (abo découverte 17 €, abo annuel 70 €, abo. orga 300 € HT) : <a href="https://www.lettrevigie.com/s-abonner-la-vigie/">ici, les différentes formules</a>.</p><p>Crédit photo : Black nexus.cz Photography on Visualhunt</p>
<p>Facebook Twitter LinkedIn</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/639/sahelistan-poil-aux-dents-le-cadet-n%C2%B0-67</guid>
	<pubDate>Sat, 12 Jun 2021 11:11:21 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/639/sahelistan-poil-aux-dents-le-cadet-n%C2%B0-67</link>
	<title><![CDATA[Sahelistan, poil aux dents (Le Cadet n° 67)]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Les articles se multiplient, en France mais surtout à l’étranger, unanimes quant à l’échec annoncé de Barkhane – car il est inutile de se bercer de périphrases.</p><p></p><p><a href="https://allafrica.com/view/group/main/main/id/00071159.html">Source</a></p><p>Le sommet de Pau n’aura rien apporté, et la conférence de presse n’aura été qu’un déroulé de formules creuses. Ce ne sont pas 220 soldats français de plus ni même les drones Reaper qui vont nous faire gagner la guerre dans cette zone immense où la France n’a jamais été que tolérée par des peuples plus ou moins nomades qui n’avaient pas désarmé même du temps de la colonisation (relire Terre des hommes de Saint-Exupéry). C’est notamment ce que rappelle un essai paru récemment <a href="https://www.lettrevigie.com/blog/2020/01/25/sahelistan-poil-aux-dents-le-cadet-n-67/#_ftn1" name="_ftnref1" id="_ftnref1">[1]</a> : nous ne sommes au Sahel que les instruments d’un jeu africain sur lequel nous pensons encore peser, cultivant une nostalgie coloniale assez déplacée, finalement fiers de ce mot de Françafrique qui nous donne le rôle du vilain mais nous fait croire encore à un statut de moyenne puissance, et nous essayant comme les Américains au nation building.</p><p>Guerre contre le terrorisme, guerre préemptive, bataille de l’avant : voilà qu’on nous ressort la panoplie de Bush-le-petit, comme si les batailles perdues et les guerres ratées depuis 2001 n’avaient servi à rien. Sommet du vocabulaire d’importation, le concept de « Sahelistan », un mot (pour citer Robespierre, dans un tout autre contexte), inventé par des fripons pour faire peur aux imbéciles. Il est censé désigner un gigantesque no-man’s-land, sans ressource immédiatement négociable comme le pétrole, sans eau, sans infrastructure, sans débouché par la mer si ce n’est la Libye, mais dont la constitution serait un danger mortel pour l’Europe, à l’image de l’État islamique en Syrie et en Irak.</p><p>Sauf que ces pays présentent à l’inverse des facilités dans tous les domaines ci-dessus rappelés. Et surtout qu’ils n’ont pas constitué un front avancé dans la lutte contre les djihadistes – que la très fine manœuvre de Trump contre la Perse nous force désormais à récupérer – puisque ceux-ci sont nos propres gamins endoctrinés religieusement dans nos mosquées, partis pour d’emblée revenir, la grâce divine ne leur étant pas tombée dessus sur le chemin de Damas mais dans les rues de Seine Saint-Denis comme le rappellent deux autres ouvrages parus ce mois-ci <a href="https://www.lettrevigie.com/blog/2020/01/25/sahelistan-poil-aux-dents-le-cadet-n-67/#_ftn2" name="_ftnref2" id="_ftnref2">[2]</a>.</p><p>Les Américains et les Européens l’ont bien compris qui nous laissent nous débrouiller au Sahel, puisque le risque que les Peuls, Dogons ou Touaregs provoquent des troubles en France est le même que celui de voir les Talibans faire des attentats sur les Grands boulevards : à peu près égal à zéro. Et si question religieuse il y a à régler, ce n’est pas au « Sahelistan », c’est à domicile.</p><p>Le Cadet</p><p><a href="https://www.lettrevigie.com/blog/2020/01/25/sahelistan-poil-aux-dents-le-cadet-n-67/#_ftnref1" name="_ftn1" id="_ftn1">[1]</a>           Marc-Antoine Pérouse de Montclos, Une guerre perdue. La France au Sahel. J.C. Lattès, 2020.</p><p><a href="https://www.lettrevigie.com/blog/2020/01/25/sahelistan-poil-aux-dents-le-cadet-n-67/#_ftnref2" name="_ftn2" id="_ftn2">[2]</a>           Bernard Rougier (dir.), Les territoires conquis de l’Islamisme, PUF, 2020.</p><p>            Hugo Micheron, Le jihadisme français : Quartiers, Syrie, prisons, Gallimard, 2020.</p>
<p>Facebook Twitter LinkedIn</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/638/la-creation-du-parc-des-buttes-chaumont-en-1867-retronews</guid>
	<pubDate>Fri, 11 Jun 2021 21:16:59 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/638/la-creation-du-parc-des-buttes-chaumont-en-1867-retronews</link>
	<title><![CDATA[La création du parc des Buttes-Chaumont en 1867 | RetroNews]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="rtejustify">Dans les dernières années du Second Empire, l'empereur Napoléon III prend Londres en exemple et veut aérer la capitale. Outre les travaux qu'il confie à Haussmann, il demande à l'ingénieur Jean-Charles Alphand de construire un parc aux buttes Chaumont, un lieu alors insalubre situé sur l'ex-commune de Belleville (rattachée à Paris en 1860). Le site, anciennement appelé "mont Chauve", fut une carrière de gypse avant d'être transformée en décharge.</p><p class="rtejustify">L'architecte Gabriel Davioud, l'ingénieur Eugène Belgrand et le jardinier Jean-Pierre Barillet-Deschamps participent au projet. Le parc est inauguré le 1er avril 1867, après trois ans de travaux. Superbe jardin à l'anglaise, il séduit aussitôt les journalistes avec son lac, son belvédère, ses falaises et sa grotte artificielle.</p><p class="rtejustify"><a href="https://www.retronews.fr/journal/la-presse/28-fevrier-1867/126/554267/2" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Presse du 28 février</a>, si elle rappelle que "tout est à faire dans les quartiers qui entourent ce beau parc", n'hésite pas à placer celui-ci "au premier rang des curiosités parisiennes". Tout comme <a href="https://www.retronews.fr/journal/le-petit-journal/28-mars-1867/100/1092933/3" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Petit Journal du 28 mars</a> qui affirme que le parc des Buttes-Chaumont est "la plus belle chose que Paris puisse montrer". Et de rappeler ce qu'était le lieu avant la création du parc :</p><p class="rtejustify">"Tout était là réuni comme à plaisir – le laid, l'horrible, le dangereux, le puant, l'infect ! La nature y avait mis la sécheresse, l'aridité, des fondrières impossibles ; l'homme y avait établi des dépôts de poudrette et des ateliers d’équarrissage. Pouah !"</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/636/qatar-connection-le-courrier-qui-accable-doha-dans-le-financement-du-terrorisme-au-sahel-blast</guid>
	<pubDate>Thu, 10 Jun 2021 20:41:16 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/636/qatar-connection-le-courrier-qui-accable-doha-dans-le-financement-du-terrorisme-au-sahel-blast</link>
	<title><![CDATA[Qatar Connection : le courrier qui accable Doha dans le financement du terrorisme au Sahel | Blast]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Au lendemain de la chute de Mouammar Kadhafi en octobre 2011 en Libye, le Qatar a été soupçonné de financer les groupes terroristes islamistes au Sahel, sans preuves. Dans un nouveau volet de notre enquête sur l’argent noir de l’émirat, un courrier officiel - et explosif - prouve le double jeu de Doha et son soutien à ceux que la France combat depuis dix ans, entre Mali et Niger.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/635/abou-moussab-al-souri-lhomme-qui-a-theorise-le-nouveau-jihad</guid>
	<pubDate>Wed, 09 Jun 2021 19:32:24 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/635/abou-moussab-al-souri-lhomme-qui-a-theorise-le-nouveau-jihad</link>
	<title><![CDATA[Abou Moussab Al-Souri, l&#039;homme qui a théorisé le &quot;nouveau jihad&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p><a href="https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/affaire/merah/merah-un-enfant-de-toulouse_123017.html" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::/faits-divers/affaire/merah/merah-un-enfant-de-toulouse_123017.html">Merah</a>, <a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/attentat-a-boston/attentats-de-boston-les-deux-suspects-viendraient-de-l-etranger_307161.html" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::/monde/usa/attentat-a-boston/attentats-de-boston-les-deux-suspects-viendraient-de-l-etranger_307161.html">Tsarnaev</a>, <a href="https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/tueries/meurtre-terroriste-de-londres/qui-est-le-principal-suspect-du-meurtre-d-un-soldat-a-londres_331856.html" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::/faits-divers/tueries/meurtre-terroriste-de-londres/qui-est-le-principal-suspect-du-meurtre-d-un-soldat-a-londres_331856.html">Adebolajo</a>. <a href="https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/affaire/merah/" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::/faits-divers/affaire/merah/">Toulouse</a>, <a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/attentat-a-boston/" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::/monde/usa/attentat-a-boston/">Boston</a>, <a href="https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/tueries/meurtre-terroriste-de-londres/" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::/faits-divers/tueries/meurtre-terroriste-de-londres/">Londres</a> et maintenant <a href="https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/attaque-au-siege-de-charlie-hebdo/" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::/faits-divers/attaque-au-siege-de-charlie-hebdo/">Paris</a>. Les tueries perpétrées par de jeunes hommes se répètent dans le monde. Fini les explosions simultanées dans les métros et les gares, les avions détournés ou lancés sur des tours. Fini les attentats nécessitant des années de préparation minutieuse et des réseaux sophistiqués.</p><p>Les récentes attaques jihadistes en Occident procèdent d'une nouvelle logique. Elles sont conduites par de toutes petites cellules autonomes agissant avec les moyens du bord. Un "nouveau jihad", théorisé par un Hispano-Syrien, dont les effets sont particulièrement pervers.</p><p>Ce nouveau type de jihad a été théorisé par Abou Moussab Al-Souri (le Syrien), un "idéologue d'Al-Qaïda 'canal historique', bien qu'ayant toujours fait preuve d'une grande indépendance personnelle vis-à-vis de la direction du mouvement", explique Alain Rodier, directeur de recherche au sein du Centre français de recherche sur le renseignement, sur <a href="http://www.atlantico.fr/decryptage/pourquoi-declenchement-guerre-civile-en-europe-rien-vue-esprit-mais-releve-bien-implacable-projet-applique-etat-islamique-alain-1918874.html" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::http://www.atlantico.fr/decryptage/pourquoi-declenchement-guerre-civile-en-europe-rien-vue-esprit-mais-releve-bien-implacable-projet-applique-etat-islamique-alain-1918874.html">Atlantico</a>.</p><p>Moustapha Sitt Mariam Nassar, de son vrai nom, est né à Alep, en Syrie, en 1958. Il a traversé toutes les époques du jihad, expliquait le politologue Gilles Kepel dans un portrait du théoricien pour <a href="http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2013/04/28/al-souri-le-cerveau-du-djihad-des-pauvres_3167899_3232.html" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2013/04/28/al-souri-le-cerveau-du-djihad-des-pauvres_3167899_3232.html">Le Monde</a>. Il rejoint en 1976 la branche paramilitaire des Frères musulmans syriens, assiste au soulèvement et au massacre de Hama (Syrie), vit un temps en France, puis en Espagne où il acquiert la nationalité par mariage, avant de partir pour l'Afghanistan où se déroule le "premier âge" du jihad, celui contre l'Armée soviétique. De retour en Europe (France, Espagne, Royaume-Uni), il défend le GIA (groupe terroriste algérien) et lance une publication.</p><p>Et puis, en 1996, quand les talibans prennent le pouvoir, il s'installe en Afghanistan aux côtés d'Oussama Ben Laden. En 1997, Al-Souri organise un rendez-vous entre le journaliste de CNN Peter Bergen et Ben Laden. <a href="http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e8d853c8-3205-11e4-861b-f2a0f94a952e/Les_th%C3%A9oriciens_de_lEtat_islamique" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e8d853c8-3205-11e4-861b-f2a0f94a952e/Les_th%C3%A9oriciens_de_lEtat_islamique">Le reporter se souvient</a> d'Al-Souri : "Il était dur et très intelligent. Il apparaissait comme un vrai intellectuel, très au courant de l’histoire, et il avait des objectifs des plus sérieux. Pour sûr, il m’a davantage impressionné que Ben Laden".</p><p>Après le 11 septembre 2001, les Américains envahissent l'Afghanistan, lancent des écoutes massives, surveillent les mouvements de fonds, utilisent des drones et ont même recours à la <a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/torture-la-cia-a-menti-a-la-maison-blanche-et-au-congres-selon-un-rapport-du-senat-americain_768517.html" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::/monde/usa/torture-la-cia-a-menti-a-la-maison-blanche-et-au-congres-selon-un-rapport-du-senat-americain_768517.html">torture</a>. Al-Souri se cache au Pakistan pour échapper à la traque. Il écrit un volumineux ouvrage de 1 600 pages intitulé Appel à la résistance islamique mondiale, explique <a href="http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2760p056.xml0/" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2760p056.xml0/">Jeune Afrique</a>. En décembre 2004, il met en ligne ce véritable manuel du jihad. Sa tête est mise à prix 5 millions de dollars par les Américains. Mais, un an plus tard, ce sont les Pakistanais qui lui mettent la main au collet, avant de le remettre à la CIA qui le retient dans ses prisons secrètes.</p><p>Les Américains finissent par le livrer aux Syriens. Une erreur. Il a été depuis relâché, comme d'autres islamistes radicaux. En effet, pour semer la zizanie parmi les rebelles et accréditer l'idée d'une guerre contre le terrorisme et non contre des opposants nationalistes, le régime de Bachar Al-Assad a lui-même fait libérer des jihadistes. Depuis, on ignore où se trouve Al-Souri.</p><p>La théorie d'Al-Souri, telle qu'elle est exposée dans son manuel, part d'un constat simple. Après le 11-Septembre, l'Afghanistan est perdu pour les talibans. Les moyens mis en place par les Occidentaux tiennent Al-Qaïda en échec. Et, en Irak, le deuxième âge du jihad contre les Américains n'a pas abouti à un califat islamique, mais à un nouveau pouvoir chiite. Abou Moussab Al-Souri, qui a toujours fait preuve d'indépendance d'esprit, prône une autre manière de conduire le jihad.</p><p>Comme l'explique Alain Rodier, pour échapper aux radars des services de renseignement, il prône "la création de cellules clandestines sans liens avec un commandement central pour ne pas se faire détecter". Ce nouveau terrorisme local, peu coûteux, soutenu par un accès facile à des contenus sur internet, déroute les services de renseignement.</p><p>Comme le résume Gilles Kepel, c'est un jihad "'par le bas', déstructuré, qu'il nomma 'nizam la tanzim' (un système et non une organisation)". Et d'ajouter : "A un terrorisme hâtif de destruction massive devenu impraticable, il oppose la multiplication d'actions quasi "spontanéistes", mises en œuvre au long cours par des jihadistes autoradicalisés grâce aux sites de partage de vidéos – prolongés par quelques stages de formation in situ – incités à choisir eux-mêmes, dans leur proximité, une cible opportune." Pas de morts par milliers, mais des cibles symboliques, de longues traques et une caisse de résonance médiatique assurée.</p><p><a href="http://www.liberation.fr/monde/2015/01/07/la-france-face-au-troisieme-jihad_1175843" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::http://www.liberation.fr/monde/2015/01/07/la-france-face-au-troisieme-jihad_1175843">Libération</a> précise que deux types d'opérations sont privilégiées : "Celles qui visent en priorité les musulmans ayant trahi leur foi, comme ceux qui ont endossé l’uniforme des armées occidentales – ce qu’a fait Mohamed Merah. Et celles qui, selon Al-Souri, leur permettraient d’attirer les sympathies de la communauté musulmane, comme l’assassinat d’enfants juifs en représailles [à la mort] des enfants palestiniens tués par Israël. Ou les blasphémateurs – et Charlie Hebdo entre à l’évidence dans cette catégorie."</p><p>Car l'objectif de l'idéologue, explique Alain Rodier, c'est de dresser les uns contre les autres : "Ces cellules devaient pouvoir passer à l'action avec leurs propres moyens pour déclencher une guerre civile en créant des divisions entre les musulmans et les populations locales". Par la répétition de ces actions, les terroristes misent sur des réactions islamophobes, soudant en retour les croyants humiliés.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/634/qu%E2%80%99est-ce-que-la-nation-pour-les-nationalistes%C2%A0</guid>
	<pubDate>Mon, 07 Jun 2021 20:44:22 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/634/qu%E2%80%99est-ce-que-la-nation-pour-les-nationalistes%C2%A0</link>
	<title><![CDATA[Qu’est-ce que la Nation pour les nationalistes ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p id="caption-attachment-9452" class="wp-caption-text">Affiche, exposition internationale de 1937.</p><p>Ce texte est composé d’extraits de <a href="https://tempspresents.com/contributeurs/jean-yves-camus/" target="_blank" rel="noopener">Jean-Yves Camus</a>, « Les droites nationalistes radicales en France », Dominique Vidal dir., Les Nationalistes à l’assaut de l’Europe, Paris, Demopolis, 2019, pp. 133-152.</p><p>Raoul Girardet nous a fourni du nationalisme, dans l’article de l’Encyclopedia Universalis qu’il lui a consacré, une définition qui mérite d’être citée dans son intégralité. Selon lui le terme, d’origine britannique, est apparu en France « à l’extrême-fin du XVIIIe siècle, et pour désigner essentiellement les excès du patriotisme jacobin ».</p><p>Il ajoute que le mot « se généralise dans les dernières années du siècle suivant, mais en conservant, dans multiples habitudes les plus courantes de la langue, une triple signification. Il peut en effet être péjorativement employé pour stigmatiser certaines formes outrancières de patriotisme, devenant alors synonyme de chauvinisme. Il peut encore désigner les revendications d’un peuple assujetti aspirant à l’indépendance (…). Il peut enfin servir d’étiquette et de profession de foi à certaines écoles et à certains groupements qui, affirmant la primauté dans l’ordre politique de la défense des valeurs nationales et des intérêts nationaux, sont généralement classés à droite ou à l’extrême-droite de l’opinion politique (les nationalismes barrésien, maurrassien, etc…) ».</p><p>Il découle de cette définition la constatation que le mot « nationalisme » est étroitement lié à la modernité d’une part, à la forme de l’État-nation d’autre part.</p><p>On en déduit aussi que le nationalisme et le patriotisme ne sont pas sans rapports dans l’usage courant du mot : les deux termes ne renverraient pas à des idées de nature différente, mais de degré différent, selon une norme d’acceptabilité sociale qui varie dans le temps et l’espace.</p><p>Pour s’en tenir à deux exemples français du XXe siècle, la « foi patriotique » évoquée par Raymond Poincaré dans son message aux Chambres du 4 août 1914 évoquant « l’union sacrée » n’était-elle qu’une manifestation d’un réflexe de défense de « la patrie en danger » dans l’esprit de 1793, ou s’agissait-il d’une forme déguisée de nationalisme destinée à légitimer un conflit inutile causé par le choc des intérêts français et allemand ? Alors que le général de Gaulle semble avoir placé son action sous l’étendard du patriotisme, ne peut-on pas dire, avec Jean-Christian Petitfils, que « de Gaulle s’est nourri de l’œuvre de Maurice Barrès dont il adopta le nationalisme républicain, émotif et sentimental » ?</p><p>Deux faits semblent établis. Le premier est que la Révolution française modifie le rapport des français à la nation parce que, de sujets du souverain, ils accèdent au rang de citoyen d’un État et parce que la souveraineté leur est conférée. Les anciennes fidélités qui faisaient le sentiment d’appartenance à la patrie sont remplacées par des valeurs. Ainsi Monsieur de Charrette a raison, finalement, lorsqu’il exhorte les officiers de l’Armée catholique et royale en leur disant :</p><p>« Notre Patrie, c’est notre Foi, notre Terre, notre Roi. Mais leur Patrie à eux, qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l’ordre, la tradition. Alors, qu’est-ce que cette Patrie marguante du passé, sans fidélité, sans amour ? Cette Patrie de billebaude et d’irréligion ? Pour eux, la Patrie semble n’être qu’une idée, pour nous, elle est une terre ».</p><p>Le deuxième fait indubitable est que, dans la France d’après 1789, si le sentiment patriotique peut être présent dans les catégories modernes de « droite » et de « gauche », sa forme exacerbée qui est le nationalisme tend, dès la fin du XIXe siècle, à migrer définitivement vers la droite et l’extrême droite du spectre politique en prenant, en particulier, un tour xénophobe et souvent antisémite bien que n’étant fondé, chez Barrès et Maurras, sur aucun sentiment de supériorité proprement raciale.</p><p>On nous objectera qu’il existe toujours un patriotisme de gauche, porté aujourd’hui par Jean-Pierre Chevènement et Jean-Luc Mélenchon et auquel le Parti Communiste n’a jamais été insensible. Certains en déduiront la nécessité d’établir, dans l’étude du nationalisme français contemporain, une stricte symétrie entre sa forme « de droite » et sa forme « de gauche », pour aboutir parfois à une mise en équivalence quasi-totale du souverainisme des deux bords ainsi que de leurs questionnements des institutions et de la démocratie représentative. Nous ne suivrons pas cette voie, parce qu’elle conduit à ignorer que le patriotisme, à gauche, diffère de sa version de droite en ce qu’il reconnait l’existence des conflits de classe, d’une part, et qu’il n’a pas pour programme d’inscrire dans la loi l’inégalité des droits entre nationaux et étrangers, ni de rechercher, parmi les citoyens, qui peut exciper d’une antériorité suffisante pour mériter le label de « français de souche ».</p><p>Mais il est d’autres familles de pensée qui peuvent, au premier abord, sembler réfuter le nationalisme, pour peu qu’on considère celui-ci comme purement hexagonal. Il y a d’abord les indépendantismes marqués à l’extrême droite, qui ne cachent pas leur volonté d’en finir avec une France centralisatrice qui les opprimerait. À l’exception du groupuscule breton Adsav (Renaissance, fondé en 2000), ils ont disparu et leur projet d’Europe des ethnies, popularisé un temps par les figures de l’extrême-droite que furent Jean Mabire et Saint-Loup, a fait long feu. On doit mentionner aussi les nationalistes-européens, qui dès la fin de la guerre d’Algérie ont tenté, avec Dominique Venner, de dépasser le nationalisme français pour mettre en avant le combat civilisationnel de ce qu’on nommait alors l’« Occident » contre le métissage culturel et ethnique et la perte progressive d’influence de l’Europe sur les affaires du monde.</p><p>Mais ce nationalisme européen, qui inspira la Nouvelle droite à son lancement en 1968-1969, n’est pas un effacement du nationalisme français : c’est la construction, que l’on retrouve aujourd’hui au sein des diverses facettes du mouvement identitaire, d’une identité se présentant comme trois poupées gigognes : une identité locale, ancrée dans le pays ou la province (ainsi les « bannières » du mouvement völkisch Terre et Peuple, fondé par Pierre Vial, portent le nom de provinces traditionnelles, comme les locaux de Génération identitaire sont dénommés d’après des références historiques locales) ; puis une identité nationale, en l’occurrence française ; enfin une identité européenne, définie par une culture et une appartenance ethnique communes qui plongent leurs racines bien avant l’ère chrétienne, dans ce qu’on sait des indo-européens et même avant.</p><p>Jean-Yves Le Gallou, dans un essai paru en 2018 et intitulé Européens d’abord, Essai sur la préférence de civilisation, résume bien le but de cette famille de pensée : surpasser le nationalisme français pour faire face à l’immigration extra-européenne et à ce qu’elle appelle le « grand Remplacement », en adjurant les Européens de mettre de côté leurs querelles et différences en considérant ce qui les rassemble et qui est un héritage ethnique commun.</p><p>Seul le théoricien belge Jean Thiriart, qui eut une influence réduite dans les milieux nationalistes français des années 1960, peut être considéré comme ayant voulu abolir les nationalismes spécifiques pour les fondre dans celui d’un Empire européen unifié, y compris au plan étatique et qui se serait étendu, selon ses dires, « de Galway à Vladivostok ».</p><p>Le nationalisme d’extrême droite reste donc attaché à la forme France, à son histoire et à sa pérennité. On le voit, ces dernières années, se référer à deux formes supranationales : l’Europe des patries, celle des nations souveraines pouvant conclure entre elles des alliances ponctuelles mais n’étant pas soumises aux normes juridiquement supérieures de l’Union européenne (UE) et l’Occident, concept culturel et civilisationnel qui est opposé à l’Europe unie parce que les valeurs sur lesquelles le projet européen actuel est fondé sont dans un langage de droite, « anti-traditionnelles », « subversives » et en fin de compte périmées, vouées à disparaître du fait de ce que la droite radicale considère être la fin d’un cycle historique : celui de la domination des idées des Lumières.</p><p>Le national-populisme français est incarné, lui, par le Rassemblement National (RN), nouvelle dénomination du Front National depuis le 1er juin 2018. Son logiciel idéologique a, paraît-il, été revu pour satisfaire aux exigences de la « dédiabolisation » et de la culture de gouvernement. Pour en juger, notamment en ce qui concerne les conceptions de la nation, nous pouvons nous reporter au discours de Marine Le Pen à Lille lors du congrès du FN, le 11 mars 2018.</p><p>De par la place qu’y occupe la question de l’immigration, il indique une continuité avec les origines du parti. Une continuité débarrassée des scories propres au contexte historique de l’extrême droite des années 1970, mais une continuité quand même, seule voie, d’ailleurs, qui lui permette de se distinguer durablement dans l’offre politique, de dire et promettre « toujours plus » que la droite dite « de gouvernement » la plus droitière.</p><p>Dès le début, tout y est. Un patriotisme « de l’honneur et du devoir », de la « passion » autant que de la raison. Un pessimisme qui entrevoit « la submersion de notre continent » et la disparition de la France. L’appel à une éthique et une conception de l’homme fondée sur les valeurs traditionnelles bref, une vision du monde résolument de droite.</p><p>Marine Le Pen indique dans ce discours ce qui sera la ligne directrice du RN pour les élections à venir jusqu’en 2022 inclus : l’opposition totale entre les « mondialistes » et les « nationaux », qu’elle espère fédérer au sein de sa formation. Cette division du monde entre ceux qui ont des racines dans le sol et ceux qui n’en ont pas est, dans la vision frontiste, anhistorique, mythique, puisque Marine Le Pen la fait remonter à l’histoire biblique, évoquant le clivage politique entre «mondialistes» et «nationaux» qui, dit-elle, serait «une version moderne de la lutte éternelle des nomades contre les sédentaires», commencée «avec le mythe de l’affrontement entre Abel, le pasteur itinérant, et Caïn, l’agriculteur».</p><p>Sa vision de la nation et de la citoyenneté se décline dans des propositions : dans le domaine de l’identité avec l’arrêt de l’immigration légale et l’instauration de la préférence nationale ; dans celui des valeurs avec l’éloge de la transmission matérielle et immatérielle comme « devoir sacré », du « parti des fidélités », c’est-à-dire de la communauté de destin ; de l’économie et du social avec l’idée centrale de « régulation », qui doit permettre à l’État de contrôler l’immigration et d’instaurer des protections tarifaires aux frontières.</p><p>La régulation de l’économie et des rapports sociaux conçue par le RN veut être une riposte à la mondialisation libérale avec pour objectif la « défense des plus humbles » contre le poids de la finance (nomade) mais aussi contre l’incertitude que fait planer le passage de la société industrielle à celle des services et des nouvelles technologies. Il s’agit de lutter contre le « déclassement généralisé » en assurant à chacun à la fois la liberté d’entreprendre selon les règles du marché et un ancrage dans le sol, l’emploi (avec la mise en équivalence de la mobilité et du nomadisme, auquel Marine Le Pen oppose la réconciliation du salarié et de l’entreprise, de préférence à taille humaine, donc ancrée dans le territoire local), l’éloge de la ruralité. Le projet frontiste réaffirme la nécessité de renouer avec l’État-stratège et propose d’établir des protections tarifaires aux frontières.</p><p>Contrairement à un argument parfois utilisé par la droite libérale, cela ne montre en rien qu’il rejoint les propositions d’une certaine gauche : il y a dans Maurice Allais, économiste dont la lecture est recommandée par le parti, toutes les bases d’un capitalisme national, c’est-à-dire fondé sur l’initiative privée et l’acceptation des différences de statut social, mais tempéré par la protection qu’offrirait l’État à tous les nôtres (salariés comme entrepreneurs) face aux autres. C’est le capitalisme sans le libre-échange, plus le rapatriement dans nos frontières de tout, y compris ce qui par essence (les données stockées sur des serveurs informatiques par exemple) a été conçu pour échapper à l’inscription dans un espace fini.</p><p>La question de l’immigration, évidemment posée par le discours de Lille, tout comme celle de la présence de l’islam dans des termes de conflit civilisationnel, est finalement secondaire par rapport à la division du monde énoncée par le RN entre ce qui est fixe et ce qui bouge, entre le proche et le lointain, l’espace protégé et celui ouvert sans limite. Sur les sujets de l’immigration et du multiculturalisme, le RN n’a rien changé, simplement parce que c’est l’item de son programme qui constitue le séparateur le plus solide avec le reste du spectre politique, celui sur lequel il peut renvoyer la droite à la contradiction entre son discours et sa pratique, celui qui suscitera les dissensions les plus profondes au sein de la droite et du centre-droit.</p><p>Il faut enfin mentionner, car elle est infiniment paradoxale, la référence de Marine Le Pen à un « sens de l’histoire » qui verrait le camp nationaliste-identitaire, le sien au fond, à la veille de triompher partout. La « droite nationale » a longtemps cru, soit que l’histoire était chaos, soit qu’elle était providentiellement ordonnée. Désormais, elle semble y entrevoir un sens, celui de sa prochaine victoire qui passe par le démantèlement de l’UE mais, plus largement, par la réhabilitation des identités nationales mises entre parenthèse du fait de l’opprobre jetée en 1945, sur toutes les formes de nationalisme, du fait de leur potentielle agressivité pouvant mener à la guerre, à la discrimination et de là, aux massacres de masse.</p>
<p>Partager :</p>
<p>
Articles similaires
</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/633/le-mythe-de-la-technologie-salvatrice</guid>
	<pubDate>Mon, 07 Jun 2021 20:41:13 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/633/le-mythe-de-la-technologie-salvatrice</link>
	<title><![CDATA[Le mythe de la technologie salvatrice]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="alinea">À l’exception – notable – des climato-négationnistes et de quelques « écologistes » sceptiques<a class="article-lien-note" href="https://esprit.presse.fr/article/bihouix-philippe/le-mythe-de-la-technologie-salvatrice-39262#no1">1</a>, rares sont ceux qui se risquent à contester l’état peu affriolant de notre planète. Il faut en effet déployer des trésors d’ingéniosité pour occulter l’évidence. Très localement, la situation a pu s’améliorer – la pollution de l’air dans certaines villes européennes est moindre qu’à la fin du xixe siècle ou pendant le grand smog londonien de 1952. Mais sur les paramètres globaux, comment nier les forêts tropicales dévastées, le blanchiment des coraux, l’effondrement des populations d’animaux sauvages, l’accumulation de polluants sous toutes les latitudes, l’érosion ou la dégradation des terres arables, l’urbanisation galopante ? Sans faire le tour de la Terre, tout individu âgé de plus de 40 ans se souvient qu’il fallait nettoyer le pare-brise des voitures à la belle saison. Où sont donc passés les insectes ?</p><p class="alinea">Le débat entre les pessimistes, qui craignent pour l’environnement, et les optimistes, tenants du business as usual, ne porte donc pas sur la nécessité d’agir – personne n’est vraiment pour la disparition des éléphants ou la contamination des nappes phréatiques aux pesticides –, mais sur la gravité du problème, l’intensité et la vitesse avec laquelle il faudrait réagir, la possibilité de changer modes de production et habitudes de consommation, la manière (régulation, taxes, incitations, soutien public…) et les moyens (financiers, techniques) de mener la transition.</p><p class="alinea">La question technologique est particulièrement prégnante, bien qu’à peu près occultée. Les scénarios prospectifs se fondent en général sur une population plus nombreuse, consommant plus d’énergie et se déplaçant (elle-même ou ses marchandises) plus loin et plus fréquemment. De fait, les solutions techniques sont présumées disponibles et abordables, sinon à portée de main, que ce soit pour les énergies « décarbonées », les solutions de mobilité du futur ou la capacité des rendements agricoles à toujours s’accroître – ou à se maintenir. Les plus audacieux, comme Jeremy Rifkin, vont jusqu’à promettre de telles « ruptures » technologiques – un vocable à la mode – que tout ou presque en deviendrait gratuit ou à « coût marginal zéro », à commencer par l’énergie issue de sources renouvelables<a class="article-lien-note" href="https://esprit.presse.fr/article/bihouix-philippe/le-mythe-de-la-technologie-salvatrice-39262#no2">2</a>.</p><p class="alinea">Pourtant, si le rôle de l’innovation technologique est en effet central, il y a une différence entre les problèmes – qui sont bien là – et la multitude de solutions techniques proposées – dont certaines ne sont qu’au stade de l’annonce ou du concept (capture et séquestration du CO2, voitures à hydrogène…). Et, sans remettre en question ni la formidable inventivité humaine ni les moyens considérables de recherche et de développement dont nous disposons, nous pouvons nous demander si c’est un nouvel âge d’abondance qui se profile ou si nous n’allons pas, au contraire, vers la pénurie, selon les termes actuels d’un vieux débat « malthusien ».</p>
<p>La formidable inventivité humaine</p>
<p class="alinea">Après tout, nous avons toujours trouvé. L’humanité a réussi à repousser les limites imposées par la nature ou sa condition physique. Elle l’a souvent fait pour réagir au risque de pénurie. Certes, les êtres humains du Néolithique ne sont pas entrés dans l’âge de bronze par manque de silex. Mais la révolution néolithique elle-même a probablement été provoquée par le franchissement d’un seuil de densité humaine, qui devenait de moins en moins compatible avec le nomadisme des chasseurs-cueilleurs : une pénurie de territoires (faiblement) productifs. Quant à la hache de bronze, elle illustre un deuxième ressort historique de l’innovation technique, l’art de la guerre, car nos ancêtres en ont vite découvert l’intérêt, indépendamment du défrichage des forêts.</p><p class="alinea">La pénurie a bien été un aiguillon essentiel, à l’origine d’une grande partie des innovations de la révolution industrielle, car la croissance permanente de la consommation allait bientôt dépasser les capacités de ponction sur les ressources renouvelables, locales ou importées. Jusque tard dans le xixe siècle, il y eut une limite purement « surfacique » à la production de produits essentiellement animaux et végétaux : colorants naturels (garance, pastel, indigo, lichen…), graisses, colles et suif des chandelles (à base de déchets d’animaux et d’os), acides et alcools produits par fermentation (vinaigre), cuirs et fourrures, fibres (laine, lin, coton, chanvre), etc. Les locomotives et machines à vapeur étaient lubrifiées à l’huile de cachalot et les égreneuses à coton revêtues de paroi stomacale de morse<a class="article-lien-note" href="https://esprit.presse.fr/article/bihouix-philippe/le-mythe-de-la-technologie-salvatrice-39262#no3">3</a> !</p><p class="alinea">L’exploitation des forêts comme combustible et bois d’œuvre conduit, à partir du xviie siècle, à une crise du bois européenne. La double invention de la pompe à vapeur et de la machine à vapeur, au tournant du xviiie siècle, permettra l’exhaure des mines souterraines et l’accès aux énormes ressources de charbon situé sous le niveau des nappes phréatiques des bassins houillers anglais.</p><p class="alinea">Parallèlement, la chimie minérale va répondre aux besoins cruciaux artisanaux et industriels : acides pour le traitement des métaux, la préparation des teintures, des fibres, etc. et produits alcalins (soude et potasse) pour la fabrication des savons et des lessives, du verre, le dégraissage des laines… Au milieu du xviiie siècle, le salpêtre des caves humides et la soude des algues et des salicornes (plantes méditerranéennes dont Marseille tire sa vocation savonnière) ne suffisent plus à répondre à la demande. Les conflits d’usage deviennent intenables jusqu’à ce que Nicolas Leblanc mette au point, dans les années révolutionnaires, un procédé industriel de production de soude à partir de sel, de craie et de charbon. Quant à la chimie organique, elle doit son développement aux besoins croissants de colorants et à la découverte du benzène et de ses dérivés – dans les reliquats de distillation du charbon des légendaires « usines à gaz » utilisées pour l’éclairage. Enfin, la polymérisation, dans les années 1930, ouvre la voie aux matériaux artificiels (matières plastiques, fibres synthétiques, résines et colles…) issus du pétrole et du gaz, en quantité jusqu’ici inimaginable.</p>
<p>Les coûts écologiques de la technique</p>
<p class="alinea">La période charnière qui va de la moitié du xviiie à la fin du xixe siècle a été déterminante dans le changement d’échelle de la production, les percées technologiques importantes et nombreuses, et la « grande transformation » des rapports économiques<a class="article-lien-note" href="https://esprit.presse.fr/article/bihouix-philippe/le-mythe-de-la-technologie-salvatrice-39262#no4">4</a>. Le xxe siècle enchaînera avec les gains de productivité de la mécanisation, de la robotisation puis de l’informatisation, améliorant les techniques permettant l’accès à des ressources abondantes, réduisant considérablement, surtout, le temps de travail humain investi pour la production des produits finis, rendant possible le niveau de consommation actuel.</p><p class="alinea">Globalement (hors l’épineux problème de répartition), le système technique, enchâssé dans un système social, moral et culturel qu’il modifiait à mesure, a plutôt bien répondu aux « besoins ». Mais cela a eu un prix : celui d’une fuite en avant, d’une accélération permanente entre des risques de pénuries et de nouvelles solutions pour y répondre, créant elles-mêmes de nouveaux besoins et de nouveaux risques ; celui de pollutions, de destructions sociales et environnementales sans précédent. Nos « ingénieurs thaumaturges » font rarement des omelettes sans casser des œufs.</p><p class="alinea">Le procédé Leblanc changea l’échelle des pollutions. Bien sûr, elles existaient avant la chimie industrielle : la ville médiévale et artisanale conciliait, avec difficulté, l’utilisation de l’eau pour les besoins domestiques avec les rejets nauséabonds des tanneurs, des corroyeurs, des blanchisseuses, des savonniers ou des teinturiers<a class="article-lien-note" href="https://esprit.presse.fr/article/bihouix-philippe/le-mythe-de-la-technologie-salvatrice-39262#no5">5</a>, tandis que l’air était souvent vicié par la combustion de bois et de charbon. Mais les rejets des premières usines chimiques allaient atteindre aussi les campagnes, provoquant d’ailleurs de vives réactions<a class="article-lien-note" href="https://esprit.presse.fr/article/bihouix-philippe/le-mythe-de-la-technologie-salvatrice-39262#no6">6</a>.</p><p class="alinea">Les nouveaux matériaux présentaient un grand désavantage par rapport au bois, aux fibres ou au cuir : non biodégradables, ils allaient générer un problème de déchets sans précédent et une pollution globale – comme les nouveaux « continents » océaniques (bel oxymore) de plastiques. Les techniques agricoles, en passant de solutions traditionnelles (boues d’épuration, alternance des cultures…) pour augmenter la productivité des sols aux nitrates de synthèse (après épuisement du guano chilien), ont été diablement efficaces, mais au prix de l’eutrophisation des rivières, de la mort biologique des sols, de l’émission de puissants gaz à effet de serre, etc. « La mine, l’aciérie, l’usine à papier, l’abattoir. Voilà les quatre fondements de cette civilisation dont nous sommes si fiers. Si tu n’es pas descendu dans la mine, si tu n’as pas senti le souffle sulfureux de l’usine à papier, si tu n’as jamais respiré la fauve et fade odeur de l’abattoir, si tu n’as pas vu le four Martin dégorger son flot de métal en délire, ô mon ami, tu ne connais pas toutes les tristesses du monde, toutes les dimensions de l’homme<a class="article-lien-note" href="https://esprit.presse.fr/article/bihouix-philippe/le-mythe-de-la-technologie-salvatrice-39262#no7">7</a>. » Mais qui pratique encore les usines aujourd’hui ? La mondialisation est passée par là, facilitée par l’abondance du pétrole et l’essor du transport conteneurisé<a class="article-lien-note" href="https://esprit.presse.fr/article/bihouix-philippe/le-mythe-de-la-technologie-salvatrice-39262#no8">8</a>. La production de nos objets manufacturés complexes, comme l’automobile ou l’électronique, dépend de flux imbriqués de milliers de fournisseurs dans des dizaines de pays ; les produits plus simples se sont concentrés dans les pays aux coûts salariaux plus bas ou aux normes environnementales plus faibles – la ville de Qiaotou, dans le Zhejiang chinois, produit 80 % des boutons et des fermetures à glissière du monde. Les coquilles Saint-Jacques et les boyaux de porc vides font l’aller-retour entre la Bretagne et la Chine pour être nettoyés, avant de revenir pour être garnis de farce.</p><p class="alinea">Ces coûts de transport faibles ont permis l’éloignement entre nos actes (consommer) et leurs conséquences environnementales et sociales (produire). On externalise les pollutions au Bangladesh, devenu haut lieu du travail du cuir, comme l’électricité et les usines à gaz permirent de repousser la pollution en périphérie des villes à la fin du xixe siècle. Edison permet de s’éclairer et de se chauffer sans l’odeur et les traces de suie du charbon, du pétrole ou du gaz. La pollution est bien là – les centrales à charbon restent la première source mondiale d’électricité et de chaleur – mais délocalisée à l’extérieur du tissu urbain.</p>
<p>Le mythe salvateur plus prégnant que jamais</p>
<p class="alinea">À quoi ressembleraient nos campagnes, s’il avait fallu y monter les nouvelles usines – et assumer leurs rejets – pour notre consommation exponentielle de téléphonie, d’informatique, de jouets, de vêtements ? Pour y répondre, il faut regarder les zones industrielles chinoises. Mais grâce à la distance, nous nous berçons d’illusions sur la « dématérialisation » de l’économie et la croissance « verte » à base de nouvelles technologies.</p><p class="alinea">Le numérique n’a rien de virtuel. Il mobilise toute une infrastructure, des serveurs, des bornes wifi, des antennes-relais, des routeurs, des câbles terrestres et sous-marins, des satellites, des centres de données… Il faut d’abord extraire les métaux (argent, lithium, cobalt, étain, indium, tantale, or, palladium…), engendrant destruction de sites naturels, consommation d’eau, d’énergie et de produits chimiques nocifs, rejets de soufre ou de métaux lourds et déchets miniers. Ensuite fabriquer les composants, comme les puces au silicium qui nécessitent quantité d’eau purifiée, mais aussi du coke de pétrole, du charbon, de l’ammoniaque, du chlore, des acides, etc., fournis par le cœur du capitalisme « carbonifère<a class="article-lien-note" href="https://esprit.presse.fr/article/bihouix-philippe/le-mythe-de-la-technologie-salvatrice-39262#no9">9</a> ». Puis faire fonctionner le tout, avec plus de 10 % de l’électricité mondiale ! Enfin, se débarrasser des déchets électroniques, parmi les plus complexes à traiter : une partie – majoritaire – est incinérée ou jetée en décharge ; une autre rejoint les circuits « informels » (Afrique de l’Ouest, Chine…), où ils sont brûlés à l’air libre et empoisonnent les sols et les eaux. Le reste rejoint quelques usines spécialisées, qui ne récupèrent que partiellement les ressources. In fine, le taux de recyclage de nombreux métaux rares est inférieur à 1 %, un terrible gâchis.</p><p class="alinea">Notre économie 2.0 a toujours le même souffle sulfureux, malgré les exhortations à une économie (plus) circulaire, à la transition énergétique ou à l’« écologie industrielle ». Pourtant, plus que jamais, nous vivons dans la religion exclusive du « techno-solutionnisme », en plaçant tous nos espoirs dans les innovations et les effets bénéfiques (futurs) du numérique, en fantasmant un monde où tout sera bien mieux optimisé, où les outils et les services numériques seront facteurs d’efficacité et de sobriété : énergies renouvelables distribuées par des smart grids, covoiturage bientôt servi par des véhicules autonomes, déplacements fluidifiés dans les smart cities, économie de la fonctionnalité réduisant les équipements individuels, etc., sans parler des biotechnologies et des applications médicales.</p><p class="alinea">À l’entendre, la high-tech – Californie en tête – va continuer à « révolutionner » notre quotidien, mais surtout s’apprête à sauver le monde, à l’image de milliardaires comme Elon Musk, héros des green techs, des voitures électriques aux batteries pour panneaux solaires, en attendant Hyperloop et les voyages sur Mars. Mieux, les technologies de demain ne seront pas seulement propres, elles seront réparatrices : les bactéries modifiées génétiquement dépollueront les sols, les big data et les capteurs protégeront les forêts tropicales, la science ressuscitera même le mammouth laineux, dont l’Adn dégèle en même temps que le permafrost.</p><p class="alinea">Peut-on compter sur une « sortie par le haut » à base d’innovation technologique ? Il serait périlleux de tout miser dessus. En premier lieu parce que la plupart des technologies prétendument « salvatrices » nécessitent, à plus ou moins grande échelle, des ressources métalliques, non renouvelables, et viennent accélérer, plutôt que remettre en cause, le paradigme « extractiviste » de notre société thermo-industrielle<a class="article-lien-note" href="https://esprit.presse.fr/article/bihouix-philippe/le-mythe-de-la-technologie-salvatrice-39262#no10">10</a>. Elles font en effet appel à des métaux plus rares et aggravent les difficultés à recycler correctement, soit parce que les usages dissipatifs augmentent (quantités très faibles utilisées dans les nanotechnologies et l’électronique ; multiplication des objets connectés…), soit parce que la complexité entraîne un downcycling des matières recyclées, du fait des mélanges (alliages, composites…) et des applications électroniques. La matérialité de notre consommation entraîne une contrainte systémique : avec une approche monocritère sur la question – certes vitale – du CO2, on engendre ailleurs des risques sur la disponibilité des ressources et des dégâts environnementaux.</p><p class="alinea">En second lieu parce que les gains d’efficience sont balayés par un formidable effet « rebond ». Indéniablement, la consommation d’énergie des véhicules, des avions, des centres de données, des procédés industriels baisse régulièrement, les innovations sont nombreuses et les progrès réels. Mais la croissance du parc automobile, des kilomètres parcourus, des données échangées et stockées est largement supérieure aux gains unitaires. Entre 2000 et 2010, le trafic internet a été multiplié par cent. Que vaut alors une amélioration de quelques dizaines de points d’efficacité énergétique par octet ?</p>
<p>Vers les technologies sobres et résilientes ?</p>
<p class="alinea">Il n’y a pas de solution technique permettant de maintenir – et encore moins de faire croître – la consommation globale d’énergie et de ressources. En continuant à alimenter la « chaudière du progrès<a class="article-lien-note" href="https://esprit.presse.fr/article/bihouix-philippe/le-mythe-de-la-technologie-salvatrice-39262#no11">11</a> », nous nous heurterons tôt ou tard aux limites planétaires, régulation climatique en tête.</p><p class="alinea">C’est donc – aussi – vers l’économie de matières qu’il faut orienter l’innovation. Avant tout par la sobriété, en réduisant les besoins à la source, en travaillant sur la baisse de la demande et pas seulement sur le remplacement de l’offre. Un exercice délicat, face à des « besoins » humains nourris par la rivalité mimétique et une frontière floue entre « fondamentaux » et superflu, qui fait aussi le sel de la vie. Mais on peut imaginer toute une gamme d’actions, comme bannir le jetable, les supports publicitaires, l’eau en bouteille, revenir à des emballages consignés, composter les déchets même en ville dense, brider progressivement la puissance des véhicules et les alléger, avant de passer au vélo, adapter les températures dans les bâtiments et enfiler des pull-overs, car il est bien plus efficace, plus simple, plus rapide, d’isoler les corps que les bâtiments !</p><p class="alinea">Pour recycler au mieux les ressources et augmenter la durée de vie de nos objets, il faudra les repenser en profondeur, les concevoir simples et robustes (Ivan Illich aurait dit « conviviaux »), réparables et réutilisables, standardisés, modulaires, à base de matériaux simples, faciles à démanteler, n’utiliser qu’avec parcimonie les ressources rares et irremplaçables comme le cuivre, le nickel, l’étain ou l’argent, limiter le contenu électronique. Quitte à revoir le « cahier des charges », accepter le vieillissement ou la réutilisation de l’existant, une esthétique moindre pour les objets fonctionnels, parfois une moindre performance, de l’intermittence, une perte de rendement ou un côté moins « pratique ».</p><p class="alinea">Il faudra enfin mener une réflexion sur nos modes de production, privilégier des ateliers réimplantés près des bassins de consommation, un peu moins productifs mais plus intensifs en travail, moins mécanisés et robotisés, mais économes en ressources et en énergie, articulés à un réseau de récupération, de réparation, de revente, de partage des objets du quotidien.</p><p class="alinea">Face aux forces en présence et aux tendances de fond, cela paraît bien utopique. Mais peut-être pas plus que le statu quo, un maintien ad vitam aeternam de notre civilisation industrielle sur sa précaire trajectoire exponentielle. La robotisation et l’intelligence artificielle nous promettent un chômage de masse à des niveaux inégalés tandis que nous serons rattrapés par l’effondrement environnemental. Pourquoi ne pas tenter plutôt la voie d’une transition post-croissance vers un nouveau « contrat social et environnemental » ?</p>
<p>1.</p>
<p class="alinea">Bjorn Lomborg, l’Écologiste sceptique, Paris, Cherche Midi, 2004.</p>
<p>2.</p>
<p class="alinea">Jeremy Rifkin, la Nouvelle Société du coût marginal zéro, Paris, Les Liens qui libèrent, 2016.</p>
<p>3.</p>
<p class="alinea">Henry Hobhouse, les Graines du changement. Six plantes qui ont changé l’humanité, trad. Patricia Barbe-Girault, Orléans, Regain de lecture, 2012.</p>
<p>4.</p>
<p class="alinea">Karl Polanyi, la Grande Transformation. Aux origines politiques et économiques de notre temps [1944], trad. Catherine Malamoud et Maurice Angeno, préface de Louis Dumont, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1983.</p>
<p>5.</p>
<p class="alinea">André Guillerme, les Temps de l’eau. La cité, l’eau et les techniques, Ceyzérieu, Champ Vallon, 1983.</p>
<p>6.</p>
<p class="alinea">Jean-Baptiste Fressoz, l’Apocalypse joyeuse. Une histoire du risque technologique, Paris, Seuil, 2012.</p>
<p>7.</p>
<p class="alinea">Georges Duhamel, Scènes de la vie future, Paris, Mercure de France, 1930, p. 135.</p>
<p>8.</p>
<p class="alinea">Marc Levinson, The Box. Comment le conteneur a changé le monde, trad. Antonine Thiollier, Paris, Max Milo, 2011.</p>
<p>9.</p>
<p class="alinea">Lewis Mumford, Technique et civilisation [1934], trad. Natacha Cauvin et Anne-Lise Thomasson, préface d’Antoine Picon, Marseille, Parenthèses, 2015.</p>
<p>10.</p>
<p class="alinea">Voir Yves-Marie Abraham et David Murray (sous la dir. de), Creuser jusqu’où ? Extractivisme et limites à la croissance, Montréal, Écosociété, 2015 ; Alain Gras, le Choix du feu, Paris, Fayard, 2007.</p>
<p>11.</p>
<p class="alinea">Baudouin de Bodinat, la Vie sur Terre. Réflexions sur le peu d’avenir que contient le temps où nous sommes, tome I (1996) et tome II (1999), suivis de deux notes additionnelles, Paris, Encyclopédie des nuisances, 2008.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>

</channel>
</rss>