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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<pubDate>Sun, 04 Jan 2026 12:41:39 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Analyses | Géopolitique - Géostratégie - Analyses et débats]]></title>
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<p>Où la surenchère verbale et les provocations militaires d’Erdogan risquent-elles de conduire ?<br />Que peut faire la France et l’UE pour s’y opposer ?</p>
<p>La France, Chypre, la Grèce et l’Italie ont lancé mercredi 26 aout l’initiative Eunomia, afin de « contribuer à la baisse des tensions en Méditerranée orientale ». Eunomia se traduira par des exercices interarmées. Le premier se tient sur trois jours, entre Chypre et Grèce, il rassemblera les quatre pays de l’initiative. La France a déployé dès lundi 24 aout trois Rafale de la 4e escadre de chasse de Saint-Dizier. La France aligne en outre la frégate La Fayette, actuellement en mission MEDOR (méditerranée orientale). Deux Rafale et le La Fayette avaient déjà participé à un exercice commun avec Chypre, il y a une quinzaine de jours. Les chasseurs s’étaient ensuite posés en Crète, en forme de soutien à la Grèce. L’Italie a déployé une frégate, Chypre des hélicoptères et un navire, et la Grèce, des F-16, des hélicoptères et une frégate. Furieux de cette initiative, Erdogan a insulté la France et son Président qu’il a jugé « en état de mort cérébrale » et le 30 aout il s’en est pris ouvertement à Athènes déclarant à propos des ressources gazières qu’il convoite illégalement :<br />« Le peuple grec accepte-t-il ce qui va lui arriver à cause de ses dirigeants cupides et incompétents ? Lorsqu’il s’agit de combattre nous n’hésitons pas à donner des martyrs. Ceux qui s’érigent contre nous en Méditerranée sont-ils prêts aux mêmes sacrifices ? »</p><p>Analyse des forces et faiblesses et des cartes dans la main du nouveau sultan de la Sublime Porte.<br />Erdogan veut retrouver le leadership spirituel et temporel que la Sublime Porte a exercé sur le pourtour méditerranéen, en Irak et sur la péninsule arabique.<br />Sa stratégie se déploie à plusieurs niveaux sur lesquels il est, plus ou moins, en position de force.</p><p>Au niveau spirituel, il se voit incarner le renouveau islamique que voulait promouvoir Al Banna lorsqu’il crée les Frères Musulmans en 1933 et il veut s’en servir comme levier pour reconstituer l’Empire Ottoman. La transformation de Sainte-Sophie en mosquée dans l’ancienne capitale de l’Empire byzantin constitue la preuve éclatante de son objectif islamique. Pour le mettre en œuvre, Erdogan s’appuie à l’intérieur de la Turquie sur le Parti de la justice et du développement ou AKP (en turc : Adalet ve Kalkınma Partisi) qui malgré une érosion récente du aux difficultés économique reste le socle de son pouvoir.</p><p>Au niveau diplomatique, Recep Tayyip Erdogan se comporte comme le successeur des califes ottomans, agissant comme si le XXème siècle n’avait pas existé. Il développe une stratégie révisionniste, qui consiste à s’affranchir de tous les traités internationaux comme celui de Lausanne de 1923 et de ceux qui établissent le droit maritime international. Il vient de concrétiser cette stratégie près de l’île grecque de Kastellórizo, située à 3 kilomètres de la Turquie, en y envoyant prospecter un bâtiment de recherche sismique escorté par des navires de guerre. La nature grecque de cette ile a été reconnu par le traité de Lausanne de 1923 que la Turquie n’a d’ailleurs pas ratifié. Cette stratégie est habile car créant un fait accompli, il rend ainsi responsable d’escalade les grecs si ceux-ci décidaient d’employer la force pour l’obliger à se retirer de leur ZEE. A Ankara, le 13 aout, il menace « Nous disons si vous attaquez notre Oruc Reis (le bâtiment de recherche sismique), vous aurez à payer un prix très élevé ».</p><p>Au niveau militaire, il dispose une armée de terre importante presque entièrement déployée dans les zones de peuplement kurde et aux frontières de la Syrie et de l’Irak. Une bonne aviation mais une marine qui n’est pas compétitive face aux grandes marines occidentales car elle ne possède ni SNA ni porte-avion. La France seule <a href="https://www.geopolitique-geostrategie.fr/jean-bernard-pinatel/analyses#ancre1">[1]</a>, avec ses 5 SNA dont trois sont opérationnels en permanence, est capable d’envoyer par le fond la flotte turque de méditerranée orientale. Ainsi, Erdogan n’a pas les moyens maritimes de ses ambitions. Néanmoins la très grande proximité d’une vingtaine d’iles grecques de la cote turque comme Kastellorizo (3km) rend leur conquête possible par surprise sans réelle supériorité maritime alors que leur reprise demanderait aux Grecs des moyens sans commune mesure avec ceux utilisés pour les occuper.</p><p>Au niveau économique, même si récemment la Turquie cherche à diversifier ses échanges vers la Russie, l’Irak et les pays du Golfe, elle reste très vulnérable à des sanctions économiques européennes. En effet, L’Union européenne à 28 demeure le premier partenaire commercial de la Turquie avec une part de marché stable (42% en 2018 et 41% en 2019). La Turquie a exporté pour 83 Mds USD de biens vers l’UE, qui absorbe ainsi 48,5% des exportations turques (contre 50% en 2018), et a importé pour 69 Mds USD de produits en provenance de l’UE (34,2% des importations turques), soit une baisse de 14% par rapport à 2018 <a href="https://www.geopolitique-geostrategie.fr/jean-bernard-pinatel/analyses#ancre2">[2]</a>.</p>
<p>Quelles sont les cartes diplomatiques dans la main d’Erdogan pour mener à bien sa stratégie pan-Ottomane ?</p>
<p>Erdogan est conscient qu’il ne peut bénéficier de l’appui des USA dans sa stratégie de reconquête.<br />Ses attaques contre les Kurdes en Syrie ont été très critiquées au Sénat et au Congrès des Etats-Unis. Aussi dès le coup d’état manqué, il s’est tourné vers Poutine qui y voit une opportunité conjoncturelle pour son industrie de défense. Ainsi, le 5 avril 2018 la Turquie a acheté 4 systèmes S-400 à la Russie (contrat de 2,5Md $) plus performant que le Patriot américain. Et le 12 juillet 2019, Ankara recevait les premiers composants du système de défense russe S-400.<br />La réponse américaine ne se fait pas attendre. Mi-juillet 2019, les États-Unis ont annoncé la décision d’exclure la Turquie du programme de chasseur-bombardier de 5e génération F-35 Lightning II <a href="https://www.geopolitique-geostrategie.fr/jean-bernard-pinatel/analyses#ancre3">[3]</a>. De plus, des voix se sont élevées au Congrès et au Sénat pour exclure la Turquie de l’OTAN car son achat des S-400 russe est une violation de l’embargo sur les armes <a href="https://www.geopolitique-geostrategie.fr/jean-bernard-pinatel/analyses#ancre4">[4]</a> .<br />Cette stratégie de renversement d’alliance militaire à des limites car il est évident que compte tenu du rôle que joue l’église orthodoxe en Russie, Poutine n’abandonnera pas la Grèce orthodoxe en cas de crise militaire. Ses liens actuels avec Erdogan lui permettront probablement de jouer une fois de plus le médiateur pour une désescalade en méditerranée orientale.</p><p>Ne pouvant bénéficier d’un appui ni de la Russie ni des Etats-Unis pour sa stratégie révisionniste et de reconquête, Erdogan a-t-il la capacité de dissuader l’UE de réagir à une agression contre la Grèce ?<br />La communauté turque en Europe représente environ 6 millions de personnes dont presque la moitié en Allemagne (2 700 000) et 600 000 en France. Erdogan essaie de se servir de cette diaspora tant sur le plan religieux que politique pour dissuader les européens de toute condamnation, sanction voire réaction militaire à sa politique. Mais sa capacité à influencer la politique des Etats européens est limitée notamment parce qu’une partie de cette immigration est Kurde (1 million en Allemagne, 250 000 en France) . Par ailleurs, la communauté turque en France est bien mieux intégrée que la communauté d’origine arabe ; la preuve : la délinquance y est beaucoup moins élevée. Les accusations et les mots d’ordre prononcés par des mouvements fascistes turcs seront peu suivis par les citoyens franco-turcs. En revanche Erdogan entretient un réseau d’activistes nationalistes capables d’actions violentes comme ceux qui ont saboté les kiosques à journaux lorsque le Point avait comparé Erdogan à Hitler. Ces activistes sont manipulés par les services secrets turcs et sont capables de mener des assassinats ciblés contre les Kurdes et les Arméniens mais ils sont bien suivis par la DGSI et ne sont pas capables de dissuader le Président français d’agir. Cette diaspora n’est qu’un des facteurs qui explique la modération d’Angela Merkel vis à vis de la Turquie, les liens historiques et économiques étant d’après moi plus déterminants. En revanche, la menace d’une nouvelle vague de migrants n’est plus aussi crédible, la Bulgarie et la Grèce ayant fermé leurs frontières avec la Turquie et renforcé leurs moyens de contrôle depuis la pandémie. De plus l’UE, non sans mal a officiellement décidé le renforcement de Frontex, qui disposera d’un contingent permanent de 10.000 gardes-frontières et gardes-côtes d’ici 2027 pour assister les pays confrontés à une forte pression migratoire.</p>
<p>Quelles peuvent être les options militaires d’Erdogan et les ripostes possibles de l’UE et donc les objectifs stratégiques d’Erdogan?<br />Option 1</p>
<p>Il a les moyens militaires de s’emparer par surprise et par la force d’une ou de plusieurs iles grecques qui sont à seulement de 3 à 5 kms de la cote turque et probablement de les conserver car la Grèce ne disposera pas des alliés nécessaires pour les reconquérir, le prix humain étant trop élevé.<br />En revanche son exclusion de l’OTAN serait inévitable. Déjà depuis le coup d’état et son achat de plusieurs batteries de S-400 à la Russie, des voix s’élèvent aux USA comme celle du Senator Lindsay Graham et du député au congrès Eliot Angel et au Canada pour exclure de l’OTAN les états qui ne partagent pas les valeurs démocratiques.<br />La France trouverait des alliés pour bloquer le soutien qu’il fournit actuellement aux milices islamiques qui contrôlent Misrata et Tripoli et interdire tout mouvement aux navires de commerce et à la marine de guerre turque en méditerranée orientale.<br />Sur le plan économique je ne vois pas comment l’UE pourrait justifier les sanctions économiques contre la Russie à cause de la Crimée et ne pas sanctionner économiquement la Turquie. Cette option militaire m’apparait déraisonnable car le prix à payer serait supérieur au bénéfice tiré et Erdogan ne l’envisagerait que s’il était assuré d’une neutralité allemande et anglo-saxonne.</p>
<p>Option 2</p>
<p>Erdogan pourrait poursuivre la recherche-production illégale de gaz dans les ZEE qui, selon le traité de Lausanne et le droit maritime, appartiennent à la Grèce et à Chypre <a href="https://www.geopolitique-geostrategie.fr/jean-bernard-pinatel/analyses#ancre5">[5]</a>, faisant porter à ses deux états la responsabilité d’une escalade militaire.<br />Ainsi lorsque Chypre a annoncé jeudi 8 novembre 2019 avoir signé son premier accord d’exploitation de gaz, d’une valeur de 9,3 milliards de dollars (8,4 milliards d’euros), avec un consortium regroupant les sociétés anglo-néerlandaise Shell, l’américaine Noble et l’israélienne Delek <a href="https://www.geopolitique-geostrategie.fr/jean-bernard-pinatel/analyses#ancre6">[6]</a>, Ankara lui a contesté le droit de faire procéder à des explorations et à de la production dans sa ZEE, arguant que les autorités chypriotes-grecques, qui contrôlent le sud de Chypre, ne peuvent exploiter les ressources naturelles de l’île, tant qu’elle n’est pas réunifiée. Mais, presque simultanément en juin 2019, la Turquie, annonçait l’envoi d’un second navire de forage pour explorer les fonds marins au nord de Chypre à la recherche de gaz naturel. Immédiatement Chypre a délivré un mandat d’arrêt pour les membres d’équipage du bateau de forage turc, le Fatih.<br />Dès avril 2019, le département d’Etat américain avait exprimé sa préoccupation et demandé à la Turquie de ne pas poursuivre ses projets visant à commencer des activités de forage de gaz dans la “zone économique exclusive de Chypre”.<br />A l’issue du sommet des sept pays d’Europe du Sud à La Valette, vendredi 14 juin 2019 , une déclaration commune a été publiée enjoignant la Turquie de « cesser ses activités illégales » dans les eaux de la zone économique exclusive (ZEE) de Chypre. « Si la Turquie ne cesse pas ses actions illégales, nous demandons à l’UE d’envisager des mesures appropriées » , ont-ils ajouté <a href="https://www.geopolitique-geostrategie.fr/jean-bernard-pinatel/analyses#ancre7">[7]</a>.<br />Le ministère turc des Affaires étrangères a estimé samedi que cette déclaration était « biaisée » et contraire aux lois internationales.<br />Enfin le 23 juillet 2020 en présence de homologue chypriote Nicos Anastasiades à l’Elysée, le Président Macron a tenu « à réaffirmer une fois de plus l’entière solidarité de la France avec Chypre et aussi avec la Grèce face à la violation par la Turquie de sa souveraineté. Il n’est pas acceptable que l’espace maritime d’un État membre de notre Union soit violé ou menacé. Ceux qui contribuent doivent être sanctionnés. »</p>
<p>Conclusion</p>
<p>La déclaration du Président Macron ouvre une nouvelle étape dans les relations de l’UE et de la France avec la Turquie : celle des sanctions.<br />Le premier stade des sanctions serait des sanctions économiques ciblées. Elles accentueraient les difficultés économiques de la Turquie et éroderaient la base électorale de l’AKP mais pourraient inciter Erdogan à choisir l’option militaire plutôt que de le calmer car visiblement il est condamné à une sorte de fuite en avant.<br />L’autre option serait évidemment l’arraisonnement des bâtiments d’exploration production turcs dans les zones économiques exclusives de la Grèce et de Chypre, pays faisant partie de l’UE.<br />Cette option légitime risquerait de transformer ce différend en crise militaire chaude. Néanmoins, si la diplomatie échouait, on ne voit pas comment à long terme la Grèce et Chypre pourraient accepter sans réagir cette violation de leur ZEE. Rien ne dit qu’ils ne le feront pas même sans l’appui initial diplomatique de l’UE et militaire d’au moins une grande puissance navale comme la France.</p><p>En revanche si la Turquie décidait de s’emparer par surprise d’iles grecques en espérant l’absence de réaction militaire à court terme, l’UE serait obligée d’infliger à la Turquie les mêmes sanctions qu’elle a infligé à la Russie pour son coup de force sur la Crimée ; l’exclusion de l’OTAN serait alors inévitable.<br />Les récentes élections en Turquie ont montré la fragilisation de la base du pouvoir d’Erdogan notamment du fait des difficultés économiques. Il ne faut pas exclure que la fuite en avant nationaliste puisse lui apparaitre une solution pour sécuriser son pouvoir.</p><p><a href="http://www.geopolitique-geostrategie.fr/general-jean-bernard-pinatel">Général (2S) Jean-Bernard PINATEL</a><br />Vice-Président de GEOPRAGMA<br />Auteur de <a href="https://livre.fnac.com/a10591417/Jean-Bernard-Pinatel-Histoire-de-l-Islam-radical-et-de-ceux-qui-s-en-servent" rel="noopener" target="_blank">« Histoire de l’Islam radical et de ceux qui s’en servent »</a>, Lavauzelle, Mai 2017</p><p><a name="ancre1">[1]</a> Le SNA à l’inverse des sous-marins classiques turcs est capable de rester en plongée tout le temps de s’y déplacer à grande vitesse ; alors qu’un sous-marin classique déchargerait ses batteries en quelques heures et devrait remonter son schnorkel pour les recharger. La furtivité d’un SNA est incomparable à celle d’un sous-marin classique. Pour mémoire, lors des manœuvres interalliées de Péan en 1998, le SNA Casabianca réussit à « couler » le porte-avions USS Dwight D. Eisenhower et le croiseur de classe Ticonderoga qui l’escortait. Lors de COMPTUEX 2015, un exercice mené par l’US Navy, le SNA Saphir a vaincu avec succès le porte-avions USS Theodore Roosevelt et son escorte, réussissant à « couler » le porte-avions américain.</p><p><a name="ancre2">[2]</a> Le poids des trois principaux clients de la Turquie (Allemagne, Royaume-Uni et Italie, qui représentent respectivement 15,4 Mds USD, 10,9 Mds USD et 9,3 Mds USD) recule en 2019 de même que les exportations vers les Etats-Unis (8,1 Mds USD, qui demeure le 5ème client et vers l’Espagne (7,6 Mds USD) qui demeure le 6ème client de la Turquie. La part de la France (7ème client) parmi les clients de la Turquie est passée de 4,3% en 2018 à 4,5% en 2019, soit une progression constante depuis 2017. A l’inverse, les exportations vers l’Irak (4ème client) augmentent de 7,8% (9 Mds USD) de même que celles vers la Hollande (8ème client, +14,4%), vers Israël (+11,9%) qui devient le 9ème client et vers la Russie (+13,4%) qui devient le 11ème client de la Turquie. In fine, on notera que les exportations des principaux fournisseurs de la Turquie ont toutes enregistré des baisses importantes en 2019 par rapport à 2018, sauf la Russie.</p><p><a name="ancre3">[3]</a> Ergodan au Salon international de l’aéronautique et de l’espace MAKS qui s’est tenu dans la région de Moscou du 27 août au 1er septembre 2019 se fait présenter Su-57 « Frazor », le nouveau chasseur-bombardier russe de 5e génération. D’après plusieurs agences de presse dont Associated Press le président turc a demandé à M. Poutine si cet appareil était « disponible à la vente pour des clients et Poutine a répondu oui.</p><p><a name="ancre4">[4]</a> Le 20 aout 2020, Monsieur Cardin un haut administrateur de la commission des affaires étrangères du Sénat a envoyé une lettre au secrétaire d’État Rex Tillerson et au secrétaire au Trésor Steve Mnuchin au sujet de l’achat des S-400 par la Turquie où il indique : « La législation impose des sanctions à toute personne qui effectue une transaction importante avec les secteurs de la défense ou du renseignement de la Fédération de Russie », a déclaré M. Cardin dans la lettre. M. Cardin a également demandé à l’administration Trump d’évaluer comment l’achat turc pourrait affecter l’adhésion de la Turquie à l’OTAN et l’aide américaine à la sécurité à Ankara.</p><p><a name="ancre5">[5]</a> L’indépendance de l’île est proclamée en 1960. En 1974 le régime des colonels au pouvoir en Grèce fomente un coup d’Etat afin d’annexer l’île. Des soldats turcs débarquent alors dans le nord. Ils créent la République Turque de Chypre du Nord (38% du territoire), reconnue uniquement par la Turquie, soumise à un embargo et trois fois plus pauvre que le sud de l’île. Les Chypriotes grecs réfugiés dans le sud sont expropriés. L’armée turque est présente dans le Nord de l’Ile.</p><p><a name="ancre6">[6]</a> La licence d’exploitation, d’une durée de 25 ans, concerne le champ gazier Aphrodite, le premier découvert au large de l’île méditerranéenne, par la société Nobel en 2011. Ses réserves sont estimées à 113 milliards de mètres cubes de gaz.</p><p><a name="ancre7">[7]</a> « Nous réitérons notre soutien et notre entière solidarité avec la République de Chypre dans l’exercice de ses droits souverains à explorer, exploiter et développer ses ressources naturelles dans sa zone économique exclusive, conformément au droit de l’UE et au droit international. Conformément aux conclusions précédentes du Conseil et du conseil européen, nous rappelons l’obligation incombant à la Turquie de respecter le droit international et les relations de bon voisinage. Nous exprimons notre profond regret que la Turquie n’ait pas répondu aux appels répétés de l’Union européenne condamnant la poursuite de ses activités illégales en Méditerranée orientale et dans la mer Égée et nous manifestons notre grande inquiétude au sujet de réelles ou potentielles activités de forage au sein de la zone économique exclusive de Chypre. Nous demandons à l’Union européenne de demeurer saisie de cette question et, au cas où la Turquie ne cesserait pas ses activités illégales, d’envisager les mesures appropriées, en toute solidarité avec Chypre ». <a href="https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/06/14/sommet-des-pays-du-sud-de-lunion-europeenne" rel="noopener" target="_blank">Sommet des pays du sud de l’Union européenne</a></p>
<p><br class="clearfix"></p>
<p>Intervention de Jean-Bernard Pinatel, Général de Brigade, lors du Colloque CIGPA sur : « La dérive panislamiste et néo-ottomane d’Erdogan, Comment l’allié occidental est-il devenu une menace globale ? »<br />Colloque organisé par le Centre international de géopolitique et de prospective analytique CIGPA, samedi 29 février 2020 à la Maison de la Chimie Paris.<br /></p><p>[embedded content]</p><p>Source : <a href="https://cigpa.org/jean-bernard-pinatel-relations-turco-russes-alliance-conjoncturelles-ou-pacte-strategique-video/" rel="noopener" target="_blank">CIGPA</a></p>
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<p>Publié par Jean-Bernard PINATEL, le 5 Jan 2020, dans <a href="https://www.geopolitique-geostrategie.fr/jean-bernard-pinatel/analyses" rel="category tag">Analyses</a>, <a href="https://www.geopolitique-geostrategie.fr/jean-bernard-pinatel/autres" rel="category tag">Autres</a></p>
<p>Ou comment une belle métaphore devient une désinformation stratégique</p>
<p>« Le printemps arabe » est une belle métaphore qui décrivait assez bien les révolutions tunisienne et égyptienne à leurs débuts. Mais elle a été abusivement utilisée pour présenter ce qui se passait en Libye et en Syrie, fournissant un prétexte à la France pour intervenir dans ces conflits avec le rêve de remplacer les dictateurs de ces pays par des gouvernements démocratiques alors même que l’expérience irakienne et afghane aurait dû conduire nos dirigeants à la prudence.<br />En rajoutant la guerre à la guerre civile dans ces deux pays, la France et les anglo-saxons ont favorisé l’émergence de l’Etat islamique et accéléré la diffusion d’un Islam radical dans tout le Sahel et en Europe.</p><p>Le 4 janvier 2011, il y a neuf ans, le jeune vendeur ambulant Mohamed Bouazizi s’immolait par le feu en Tunisie. Par ce geste, il entendait protester contre la confiscation de sa carriole par la police. Après plusieurs jours de violence qui firent plus de 300 morts, Ben Ali quitta le pouvoir le 14 janvier 2011 pour se réfugier en Arabie Saoudite. Cet acte de protestation allait engendrer les deux plus grandes erreurs stratégiques commises depuis la chute du mur. Et ce sont deux présidents français Nicolas Sarkozy et François Hollande qui en sont les premiers responsables pour avoir écouté les sirènes humanitaires de bobos parisiens médiatiques et superficiels comme Bernard Henry Levy qui sont des ignorants de la réalité profondes des forces religieuses radicales qui agissent dans le monde musulman.</p><p>Le 25 janvier les manifestations de rues commencèrent en Egypte. Le 11 février le Président Moubarak abandonna le pouvoir. Quelques jours plus tard, une autre tentative de révolution eut lieu au Bahreïn avant d’être réprimée, dans l’indifférence médiatique générale, par l’Armée de l’Arabie Saoudite. Seuls les évènements qui se sont déroulés en Tunisie, en Egypte et au Bahreïn pouvaient, dans leurs motivations originelles, être considérés comme un « Printemps » en référence au « Printemps des peuples » de 1848 ou au Printemps de Prague. Tout ce qui s’est passé ensuite dans ces deux pays ainsi qu’au Maghreb, en Libye et au Moyen-Orient n’avait plus rien à voir avec des révolutions mues par des aspirations démocratiques.</p><p>Bien plus, appliquée à la Libye et à la Syrie cette métaphore a constitué une des grandes désinformations médiatiques de l’après-guerre froide, contribuant à justifier des interventions extérieures qui n’ont fait que rajouter la guerre à des guerres civiles aux motivations autres que démocratiques.<br />En effet, les manifestations de rue ne furent spontanées qu’en Tunisie, Egypte et Barheim. Elles étaient le fait de la bourgeoisie et des jeunes de la génération Facebook qui protestaient contre la prédation économique réalisée par les familles et les proches des Présidents Ben Ali et Moubarak ou par la famille royale de religion sunnite, très minoritaire au Bahreïn, pays où 80% de la population est chiite.</p><p>Mais en Tunisie et en Egypte, cette petite bourgeoisie était mal organisée et a été vite débordée par les Frères Musulmans qui, mieux structurés, ont pris en marche ces mouvements alors que leur stratégie était d’islamiser en profondeur la société avant de chercher à prendre le pouvoir par les urnes. C’est aussi la raison de leur échec total en Egypte et de leur demi-échec en Tunisie.</p><p>A Bahreïn, le deux poids deux mesures politique et médiatique dès qu’il s’agit de l’Arabie Saoudite a été total. Les manifestations qui s’y sont déroulées ont été volontairement caricaturées ou passées sous silence en France. Personne n’a appelé le roi du Bahreïn à démissionner, ni n’a encouragé les opposants bahreïniens. Au contraire, l’intervention de l’Arabie saoudite voisine fut soutenue par les Européens et les Américains. Bahreïn est pourtant dirigé par un Roi sunnite qui opprime 80 % de ses sujets qui sont chiites. Personne n’a contesté ce pouvoir assis sur une minorité religieuse, alors que cet argument a été employé à tout bout de champ en Syrie pour contester la légitimité du régime d’Assad.</p><p>En revanche en Syrie et en Libye et, il n’y a pas eu de « printemps arabe » mais deux guerres civiles.</p><p>En Syrie, avec l’appui du Qatar et de la Turquie, la guerre civile a été initiée par la branche armée des Frères Musulmans qui s’opposent depuis 40 ans par des actions terroristes au régime laïc alaouite, allié de l’URSS athée. François Hollande conseillé par des incompétents irresponsables a joué le camp des islamistes radicaux certes contre un dictateur mais sans percevoir que son régime laïc était le rempart face aux Frères Musulmans et à l’islam radical. Il a fallu l’intervention de la Russie et la résilience des minorités ethniques et confessionnelles et en premier lieu des Kurdes pour qu’un Etat islamique de s’installe pas à Damas.</p><p>En Libye c’est une répartition injuste de la manne pétrolière qui a exacerbé la rivalité traditionnelle entre les tribus de la tripolitaine et de cyrénaïques. Le rêve du Président Sarkozy de remplacer un dictateur par un gouvernement d’union nationale, cette fois-ci sous la bannière de l’ONU, sera une fois de plus déçu. Depuis 9 ans on assiste à l’affrontement d’un camp laïque et musulman modéré réunis sous le commandement d’un militaire, le général Kalifa Haftar appuyé par l’Egypte, les émirats arabes unis et par la Russie et d’un camp regroupant des islamiques radicaux et de milices d’obédiences Frères Musulmans qui tiennent la capitale et Misrata. Ce camp est soutenu de plus en plus ouvertement par Erdogan qui, en janvier 2020, va se faire donner l’autorisation d’envoyer des troupes à Tripoli par un parlement à ses ordres. C’est par cette voie contrôlée par des milices islamiques, soutenues par un membre de l’Otan, que les djihadistes du Sahel reçoivent armes et munitions et tuent nos soldats.</p><p>Ces erreurs stratégiques ont eu des conséquences tragiques pour les populations de ces pays mais aussi pour l’Europe qui a subi une vague d’immigration massive avec les conséquences sécuritaires et politiques que l’on connait. Pour la France la décennie 2020 risque d’être pire si nous n’arrivons pas à éviter que les islamistes radicaux prennent le pouvoir dans ce G5 sahélien où vivent 93 millions d’habitants francophones.</p><p>Comment pourrons-nous alors empêcher l’immigration massive qui en résulterait ?<br /><br /><a href="http://www.geopolitique-geostrategie.fr/general-jean-bernard-pinatel">Général (2S) Jean-Bernard PINATEL</a><br />Vice-Président de GEOPRAGMA<br />Auteur de <a href="https://livre.fnac.com/a10591417/Jean-Bernard-Pinatel-Histoire-de-l-Islam-radical-et-de-ceux-qui-s-en-servent" rel="noopener" target="_blank">« Histoire de l’Islam radical et de ceux qui s’en servent »</a>, Lavauzelle, Mai 2017<br /></p><p>Source : <a href="https://www.atlantico.fr/decryptage/3585691/vous-avez-dit-printemps-arabe-ou-comment-une-belle-metaphore-est-devenue-une-desinformation-strategique-egypte-tunisie-libye-syrie-moubarak-maghreb-jean-bernard-pinatel-" rel="noopener" target="_blank">ATLANTICO</a></p>
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<p>Publié par Jean-Bernard PINATEL, le 27 Nov 2019, dans <a href="https://www.geopolitique-geostrategie.fr/jean-bernard-pinatel/analyses" rel="category tag">Analyses</a>, <a href="https://www.geopolitique-geostrategie.fr/jean-bernard-pinatel/analyses/sahel" rel="category tag">Sahel</a></p><p>La France va rendre hommage lundi aux treize soldats français qui ont trouvé la mort dans un double accident d’hélicoptères au Mali. Emmanuel Macron prononcera leur éloge funèbre lors de la cérémonie aux Invalides.</p><p>Atlantico.fr : Au vu des événements qui se sont déroulés au Mali (13 soldats français ont trouvé la mort), la situation semble de plus en plus tendue dans cette zone. Certains partis politiques, comme LFI, en profitent pour appeler à une discussion « pour envisager les voies de sortie » de l’opération lancée en 2014.</p><p>Quelle est la situation au Mali (tant sur le plan militaire que géopolitique) ? Le niveau de menace pour les forces françaises a-t-il augmenté ?</p><p>Jean-Bernard Pinatel : La situation au Mali doit être examinée non seulement au niveau des cinq pays du G5 Sahel mais aussi au regard des 4 pays riverains de la méditerranée et en particulier de la Lybie et de la Tunisie.</p><p>La zone d’opération Barkane couvre cinq pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina, Niger et Tchad) où vivent 93 millions d’habitants sur 5 000 000 de km2, près de 8 fois la superficie de la France.</p><p>Une chronologie sommaire est en effet nécessaire pour comprendre la situation actuelle :</p><p>• Aout 2011 mort de Kadhafi</p><p>• Novembre 2011 le gouvernement s’inquiète du pillage des arsenaux libyens et du retour dans leur pays des militaires originaires du Sahel qui servaient dans l’armée libyenne avec un armement considérable. On parle notamment de 5000 SAM7 disparus.</p><p>• 2012 tout le Nord du Mali est en rébellion ; les villes de Tombouctou et de Gao sont aux mains de plusieurs organisations islamistes AQMI et le MUJAO dont les chefs ne sont pas originaires du Mali et qui cohabitent plus ou moins avec les indépendantistes Touaregs du massif des ifhogas</p><p>• Le 12 janvier2013 début de l’opération Serval face à la menace des rebelles qui après avoir pris Konna menacent Bamako.</p><p>Depuis le 18 janvier 2013 je ne cesse d’écrire que le retour à la stabilité du Mali ne pourra être obtenue seulement par une option militaire ; que notre objectif doit se limiter à casser les katibas et à ramener les bandes à de petits groupes qui seront incapables de contrôler durablement une ville ; que pour faire monter en puissance l’armée malienne comme celle du Burkina et qu’elles soient capables de conduire seules des actions offensives vers le nord, il faudra reconstruise presque complétement le corps des officiers qui a démontré en 2011 sa lâcheté et sa corruption ; qu’il est essentiel de mettre en place une solution d’autonomie pour l’AZAWAD qui ressemble à celle que les espagnols ont consenti aux Basques afin de dissocier les Touaregs des bandes d’islamistes dont l’encadrement est souvent étranger ou qui a servi de longues années en Libye.</p><p>Au final l’opération Barkane est un succès car cet engagement limité a permis de garantir un niveau de sécurité acceptable et elle fournit les délais nécessaires à la reconstruction des armées de ces pays. Dans ce domaine on est à peine au milieu du gué. Elle permet aussi, tant bien que mal, de préserver une activité économique minimale notamment grâce à l’exploitation de leurs richesses minières. Cet objectif est atteint avec un surcout financier limité pour notre budget militaire de l’ordre de 1,5 milliard d’€ (moins de 5% de nos dépenses militaires) si on prend en compte l’usure accélérée des matériels. Et aussi avec des pertes humaines très limitées même si elles sont toujours très douloureuses.</p><p>Cela dit l’objectif de muscler les forces de ces pays pour leur permettre de mener des actions offensives contre les rebelles du Nord sera un travail de longue haleine. Certains pensent même que c’est illusoire. Le Tchad a connu une stabilité relative à partir du moment où se sont les Toubous ou les Goranes qui ont pris le pouvoir à N’Djamena car les nomades du désert ont un ADN de guerrier ce qui n’est pas le cas des populations sédentaires du Sud.</p><p>Enfin sur un plan géographique plus large tant que les milices islamiques continueront de contrôler Misrata en Libye et une partie de Tripoli, Erdogan pourra continuer à ravitailler en armes et en munitions les islamistes du Sahel.</p><p>L’armée française peut-elle continuer à combattre dans les conditions actuelles ? En a-t-elle les moyens ? Est-ce qu’une opération européenne par exemple serait plus efficace ?</p><p>Jean-Bernard Pinatel : L’armée française a les moyens d’empêcher la reconstitution de katibas qui pourraient à nouveau contrôler durablement une ville et des villages dans ces pays. Elle tire de cette mission un bénéfice considérable en capacité opérationnelle car une armée qui ne se bat pas ne vaut rien. Quant aux européens, ils nous aident logistiquement et prennent en compte des actions de formation et notre Ministre des armées se bat quotidiennement pour leur faire accroître cet effort. Mais tant que l’Allemagne ne changera pas sa Constitution, elle ne pourra pas engager ses forces dans des opérations militaires. Quant à l’Italie elle a des intérêts considérables en Libye et joue un jeu qui va dans le sens de ses propres intérêts et pas nécessairement dans celui d’une stabilisation de la Libye.</p><p>Quelles seraient les conséquences d’un retrait du Mali ?</p><p>Jean-Bernard Pinatel : Les conséquences seraient des vagues d’immigration vers la France. Je rappelle que 93 millions de personnes vivent dans ces 5 pays, beaucoup ont des parents qui vivent et travaillent France. Stabiliser la situation sécuritaire et aider ces pays dans leur développement est la seule option sérieuse.</p><p>Certains observateurs estiment que la France défend non seulement des intérêts politiques mais aussi économiques au Sahel, notamment sur les questions liées à l’uranium. Est-ce crédible ?</p><p>Jean-Bernard Pinatel : Non, l’uranium est une ressource abondante et bien répartie sur l’ensemble de la planète : 44 % des réserves se trouvent dans les pays de l’OCDE – l’Australie est le premier producteur -, 22 % dans les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et 34 % dans le reste du monde. Nous ne sommes absolument pas dépendants du Niger.</p><p>Ces opérations sont certes nécessaires mais lorsqu’elle déploie ses forces armées, la France est souvent accusée de néocolonialisme. Comment sortir de ce cercle vicieux ?</p><p>Jean-Bernard Pinatel : La France est au Sahel à la demande express et en coordination permanente avec les gouvernements légaux. Pour mémoire l’or du Burkina et du Mali est presque exclusivement exploité par des compagnies qui sont canadiennes, australiennes, turques, russes, etc.. Et pas françaises !</p><p>On n’empêchera pas les islamo-gauchistes, compagnons de route de l’Islam radical, de reprendre la chanson du néocolonialisme.</p><p>Source : <a href="https://www.atlantico.fr/decryptage/3583631/operation-barkhane--la-france-financierement-a-la-peine-au-sahel-mali-niger-gao-jean-bernard-pinatel" rel="noopener" target="_blank">ATLANTICO</a></p>
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<p>Publié par Jean-Bernard PINATEL, le 26 Nov 2019, dans <a href="https://www.geopolitique-geostrategie.fr/jean-bernard-pinatel/analyses" rel="category tag">Analyses</a>, <a href="https://www.geopolitique-geostrategie.fr/jean-bernard-pinatel/analyses/russie" rel="category tag">Russie</a></p><p>Après l’incident en Mer Blanche dans lequel un essai de missile a provoqué la mort de 5 ingénieurs russes, Vladimir Poutine a expliqué vouloir investir plus de moyens dans l’armement. Son but, à terme, est de mettre au point un missile extrêmement puissant et capable de survoler n’importe quelle zone.</p><p>Avec Jean-Bernard Pinatel, Cyrille Bret</p><p>Atlantico : Selon vous, est-ce réaliste ? Comment la Russie, aux vues de son budget lié à l’armement, peut-elle mettre au point une telle arme ?</p><p>Jean-Bernard Pinatel : Avant de répondre précisément à votre question il est essentiel de replacer la Russie à sa place réelle parmi les grandes puissances et de tordre le coup à la désinformation permanente des Etats-Unis et de l’OTAN qui n’ont pour but que d’une part, faire peur aux européens pour éviter une alliance de l’Europe avec la Russie qui contesterait la suprématie mondiale des Etats-Unis, et d’autre part, de justifier vis-à-vis de l’opinion publique américaine le montant faramineux que Washington consacre à la défense.</p><p>Si on compare les facteurs utilisés par les géopoliticiens pour classer les puissances entre elles, on constate que la Russie et la première puissance mondiale par la superficie de son territoire 17,2 millions de km2, 25 fois la superficie de la France et de ses territoires outre-mer. Elle est aussi la première puissance par le nombre des ogives nucléaires déclarées qui sont des armes de dissuasion et qui n’ont jamais été utilisées offensivement depuis 1945.</p><p>Mais sur les autres facteurs, la Russie se situe au 10èmerang des puissances comparées dans le tableau ci-dessous pour son PIB. Son PIB n’atteint pas les 60% du PIB français et seulement 8% de celui des Etats-Unis. Elle dépense pour sa défense un peu moins que la France alors qu’elle possède un territoire 25 fois plus étendu que le nôtre. Comme le nôtre, le budget de la défense de la Russie n’est que le dixième du budget militaire des Etats-Unis. Le budget des 17 agences de renseignement américaines est largement supérieur à la totalité du budget de la défense de la Russie. La Russie est donc essentiellement une puissance régionale. Elle n’a pas les moyens pour intervenir militairement dans le monde entier comme des Etats-Unis. Son budget est essentiellement défensif avec une capacité de projection du même ordre que celle de la France, 4000 hommes aux approches de son territoire (distance Damas-Moscou =2500km)</p><p>La Russie est une puissance spatiale et aéronautique capable de développer des missiles ou des avions aussi performants que ceux des Etats-Unis ou de l’Europe car elle possède des ingénieurs de très grande qualité. Il faut se rappeler qu’elle a été capable de mettre un homme en orbite avant les Etats-Unis.</p><p>Elle est donc tout à fait capable de moderniser les lanceurs qu’elle possède déjà et, à certaines périodes de la guerre froide, les MIGs ont surclassé les avions américains. Donc si Poutne met l’effort sur sa dissuasion nucléaire au détriment de ses forces classiques, il peut le faire.</p><p>Cyrille Bret : La déclaration de Vladimir Poutine s’inscrit dans le sillage du vaste programme de modernisation des forces armées qu’il a lancé lorsqu’il était Premier ministre en 2009. Au vu des lacunes de ses forces armées durant la Guerre de Géorgie, la Russie a lancé un plan de remontée en puissance de ses armées, de son complexe militaro-industriel et de ses capacités opérationnelles. Le budget fédéral a été fortement mis à contribution pour porter les effectifs graduellement à 800 000 hommes sous les drapeaux et pour moderniser tous les armements.</p><p>Dans le domaine des missiles, la Fédération de Russie dispose d’une excellence technologique démontrée. Le dernier salon MAKS 2019 en août à Moscou a insisté sur les capacités de projections de force. Plusieurs nouveaux concepts sont mis sur la table comme celui d’un missile de croisière à propulsion nucléaire (encore très loin d’être réalisé) ou celui (bien plus réaliste) de missiles hypersoniques. La Russie a assurément les capacités technologiques et financières pour se lancer dans un nouveau programme ambitieux en matière de missiles. Mais, comme toutes les puissances militaires, elles n’a pas de ressources budgétaires illimitées : elle doit choisir entre différents projets. Elle ne pourra pas financer la modernisation des tanks, celle de la marine qui est particulièrement nécessaire ni tous les projets en même temps.</p><p>L’armement russe est-il en passe de devenir le meilleur du monde ? Y a-t-il un risque de perte de supériorité militaire occidentale ?</p><p>Jean-Bernard Pinatel : Non en aucune façon. La Russie à une marine que les forces occidentales sont capables de balayer de la surface du globe en une journée (SNLE exclus évidemment). Elle a des avions performants mais numériquement ils représentent moins du dixième des avions comparables que peuvent aligner les puissances occidentales. Ses forces terrestres sont réparties sur l’ensemble de son territoire et si la Russie décidait de les regrouper face à l’Europe nous en serions avertis bien avant qu’elles ne s’engagent. La Russie a comme la France, la capacité de projeter et de soutenir 4000 à 5000 hommes à 3000à 4000Km. Pas plus.</p><p>Cyrille Bret : Si on mesure cette excellence selon l’offre et la demande, le complexe militaro-industriel russe dispose d’atouts évidents. Les systèmes de défense anti-aériennes du groupe public Almaz Antey sont plébiscités sur les marchés : ainsi, Viking, S300 et S400 intéressent de nombreux pays qui ne veulent pas ou ne peuvent pas se procurer des PATRIOT américains ou des systèmes européens. La Turquie, l’Inde et l’Arabie Saoudite ont même souhaité acquérir ces équipements. De même, en matière de chasseurs ou de tanks, l’excellence russe est reconnue sur les marchés. Toutefois, en matière navale, la restructuration du groupe OSK ne doit pas masquer les faibles capacités exportatrices russes.</p><p>Face aux Occidentaux, d’autres facteurs jouent que l’excellence commerciale et technologique. Ainsi, les armements russes ne travaillent pas en coalition alors que l’Occident est, lui, structuré par de grandes coalitions régionales (OTAN, ASEAN). C’est plutôt la montée en puissance quantitative et qualitative de la Chine qui préoccupe les Etats-Unis.</p><p>Si perte il y a, comment l’Occident peut-il remédier à cette infériorité ? Par plus d’armement ?</p><p>Jean-Bernard Pinatel : La seule faiblesse de l’occident réside dans l’attitude des Etats-Unis. Ils ne se comportent pas comme des alliés. Ils décident uniquement et unilatéralement en fonction de ce qu’ils évaluent comme leurs intérêts, comme par exemple les Kurdes de Syrie ou le rapatriement des djihadistes emprisonnés en Syrie. De plus, l’Europe est divisée sur les intérêts à défendre et sur les stratégies et les moyens à mettre en œuvre lorsqu’elle arrive rarement à s’entendre sur un objectif à atteindre. Elle n’est en aucun cas inférieure à la Russie dans les moyens matériels qu’elle possède et quelle peut mettre en œuvre.</p><p>Cyrille Bret : Plusieurs hypothèses sont à examiner. La première est celle d’une course aux armements en Europe pour contrer la Russie. Cette course n’est aujourd’hui pas engagée. Rares sont les pays membres de l’OTAN qui consentent un effort de défense important comme la Pologne, le Royaume-Uni, l’Estonie … ou la France. La deuxième hypothèse est celle d’une relance de la R&amp;D. Celle-ci est en cours notamment en France et en Europe par le Fonds de défense européen. Quant à la troisième hypothèse, c’est celle qui tient à la refondation de l’OTAN au sommet de Londres les 3 et 4 décembre prochains. Aujourd’hui, la supériorité militaire des Etats-Unis et de l’OTAN est contestée mais n’est pas véritablement entamée par la modernisation des forces armées russes. En revanche, faute d’un sursaut stratégique européen, l’écart risque de se creuser.</p><p>Source : <a href="https://www.atlantico.fr/decryptage/3583560/l-armement-russe-est-il-en-passe-de-devenir-le-meilleur-au-monde--jean-bernard-pinatel-cyrille-bret" rel="noopener" target="_blank">ATLANTICO</a></p>
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<p>Des groupes terroristes armés d’Al Qaida et de l’Etat Islamique prennent de plus en plus pour cibles les mines d’or en Afrique, comme au Burkina Faso par exemple.</p><p>Atlantico : Pouvez-vous nous expliquer les modalités de ces attaques ? Pourquoi ciblent-ils des pays tels que le Burkina Faso ?</p><p>Jean-Bernard Pinatel : Le Burkina Faso fait partie des cinq pays (le G5 Sahel) qui subissent les agressions des terroristes islamiques depuis l’élimination de Kadhafi et l’appropriation de ses immenses arsenaux par les djihadistes, démontrant une fois de plus l’incapacité des occidentaux, dont la France, à gérer les après-guerres à cause de notre volonté d’imposer par la force des armes la démocratie dans des pays qui ne sont prêts ni historiquement ni culturellement pour la mettre en œuvre. C’est le cas depuis 2001 en Afghanistan, depuis 2003 en Irak et depuis 2011 en Lybie et en Syrie. L’intervention française au Mali a évité qu’AQMI et le MUJAO ne s’emparent de la capitale Bamako et a chassé leurs katibas des villes du Nord, Gao et Tombouctou notamment. L’opération Barkane, qui a suivi avec comme fer de lance les 4000 hommes de l’armée française, arrive à éviter que ces terroristes islamiques se regroupent en grandes formations et s’emparent des grandes villes. Mais Barkane ne peut éviter que des petits groupes armés commettent des exactions contre les biens et les personnes sur cette zone d’opération immense. En effet ces 5 pays (Mauritanie, Mali, Burkina, Niger et Tchad) où vivent 93 millions d’habitants représentent une superficie de 5 000 000 de km2 près de 8 fois la superficie de la France. Les forces armées locales, en dehors de celles du Tchad, ne sont pas capables d’actions offensives et ne peuvent qu’assurer une relative sécurité dans les villes.</p><p>Ainsi, au Burkina Faso, la situation sécuritaire s’aggrave jour après jour. Un bilan officiel, du 4 avril 2015 au 16 juin 2019, recense 283 attaques terroristes qui ont fait 524 morts et 308 blessés. Le premier semestre 2019, à lui seul, est responsable de près de 50% de ce tragique bilan. La situation sécuritaire est telle dans les provinces du Nord et de l’Est que les commerçants de Ouagadougou refusent de transporter les marchandises vers elles et que les habitants de ces régions doivent les chercher à leurs risques et périls ou en payant une taxe aux groupes djihadistes qui contrôlent les axes. L’armée du Burkina Faso n’a pas les moyens d’assurer la sécurité dans les deux provinces du Sahel et de l’Est et ne sort plus de ses cantonnements dans les provinces du Nord, de la Boucle de Mouhoun, des hauts-Bassins et du centre-Est. Les hôtels de la capitale sont vides et les expatriés ont évacué leurs familles. De leur côté, les terroristes n’ont pas de mal à recruter car les soldes qu’ils offrent sont supérieures à celles que reçoivent les militaires burkinabé.</p><p>Il existe une dizaine d’entreprises étrangères spécialisées dans l’extraction d’or au Burkina Faso. Vont-elles devoir quitter le pays ? Le gouvernement burkinabé peut-il les protéger ?</p><p>Jean-Bernard Pinatel : Non car ces entreprises étrangères font partie de grands groupes qui sont très habitués à travailler dans des zones à risque et à sécuriser leur site de production et l’acheminement de leur production.</p><p>Le risque est pour les équipes de prospection qui travaillent en amont et recherchent les filons. C’est pourquoi, malgré la menace terroriste et aussi bizarre qu’il puisse paraitre, la production d’or n’a fait qu’augmenter depuis 2015 jusqu’en 2018 (derniers chiffres connus) pour atteindre les 40 tonnes en 2018 . Il est trop tôt pour savoir si la situation sécuritaire en 2019 aura un impact sur la production. A noter que cette production contribue à environ 20% du PIB et à 70% des recettes d’exportation.</p><p>La dizaine de grands groupes miniers qui ont des filiales aurifères au Burkina Faso produisent probablement plus de 90% de la production malienne officielle. Plusieurs centaines de petites entreprises disposant d’un permis d’orpaillage produisent le reste de la production comptabilisée, tandis que la production de milliers d’orpailleurs clandestins échappe à tout contrôle. Les chiffres de l‘or produit par cet orpaillage illégal sont fantaisistes (1 à 20 tonnes) car ils échappent au contrôle du gouvernement burkinabé y compris l’or racketté par les djhadistes.</p><p>Les grandes exploitations minières qui appartiennent à des groupes anglais, australiens, canadiens, russes, turcs… et dans lesquelles l’Etat possède 10% du capital de leur filiale locale se sont organisés. Leur site de production est sécurisé et la production d’or est évacuée par hélicoptère vers l’aéroport de Ouagadougou. Certains de ces groupes payeraient une taxe aux groupes djihadistes pour ne pas être inquiétés. Le rôle des « security officers » employés par ces groupes est essentiel pour évaluer la menace, garder le contact avec les autorités sécuritaires mais aussi négocier avec les groupes terroristes et éventuellement même acheter leur protection, comme l’avait fait le groupe Lafarge en Syrie.</p><p>Quant aux milliers de petites sociétés et d’orpailleurs familiaux, ils achètent leur sécurité en donnant une partie de l’or qu’ils produisent aux groupes djihadistes qui, bien entendu, ne font qu’en prélever qu’une partie car ils n’ont aucune envie de prendre en charge la production elle-même qui demande un savoir-faire ni d’accepter de travailler dans des conditions inhumaines.</p><p>Où transite l’or accumulé par ces groupes armés ? D’autres pays voisins peuvent-ils être gangrenés par ces attaques ?</p><p>Jean-Bernard Pinatel : Pour les grands groupes miniers, leur production est transportée hors du du site de production, évacuée du Burkina Faso et commercialisée par leur filière respective.</p><p>Pour les orpailleurs, ils fondent les poussières et pépites récupérées dans de petits lingots comprenant des impuretés (ils « lingotent ») et vont les vendre à Ouagadougou où leur teneur en carat est évaluée par des commerçants qui les rétribuent en conséquence puis se chargent de la vente et du transport à l’international.</p><p>Pour les groupes djihadistes, ils évacuent l’or payé pour leur sécurité par les orpailleurs via des intermédiaires et des complicités vers Dubai où il est raffiné et vendu en Inde et en Chine. Le Mali est aussi un pays aurifère et sa production est environ le double de celle du Burkina. Les sites de production ont à faire face de la même façon au risque terroriste.</p><p>Source : <a href="https://www.atlantico.fr/decryptage/3583500/les-juteux-trafics-d-or-de-l-etat-islamique-en-afrique" rel="noopener" target="_blank">ATLANTICO</a></p>
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<p>Publié par Jean-Bernard PINATEL, le 27 Juil 2019, dans <a href="https://www.geopolitique-geostrategie.fr/jean-bernard-pinatel/analyses" rel="category tag">Analyses</a>, <a href="https://www.geopolitique-geostrategie.fr/jean-bernard-pinatel/analyses/chine" rel="category tag">Chine</a></p><p>ATLANTICO : Alors que le budget militaire américain pour 2020 est estimé à 718 milliards de dollars et qu’il reste supérieur à celui des autres pays de la planète réunis, la supériorité militaire américaine semble incontestable. Pour autant, la Chine augmente de manière impressionnante son budget de défense et se place comme potentiellement compétitive de l’hégémonie américaine sur le long-terme. La toute-puissance américaine pourrait-elle être contestée en cas de conflit ouvert ? Quelles seraient les doctrines respectives des Etats-Unis et de la Chine ?</p><p><a href="http://www.geopolitique-geostrategie.fr/general-jean-bernard-pinatel">Général Jean-Bernard PINATEL</a> : Je vais répondre simultanément à ces deux questions car elles sont intimement liées.</p><p>Un budget militaire s’évalue en fonction des objectifs politiques qui le sous-tend.</p><p>Pour les Etats-Unis l’objectif est clair. Ils veulent conserver la suprématie mondiale qu’ils ont acquise à la chute de l’URSS. On doit néanmoins se poser une question. Est-ce que ce montant de 718 milliards de dollars est nécessaire ? N’est-il pas, en partie, le résultat de l’influence qu’exerce le complexe militaro-industriel sur démocratie américaine et dont le Président Eisenhower avait déjà dénoncé le risque en avril 1953 à la fin de son second mandat?</p><p>En effet quand on lit la propagande récurrente sur la menace militaire Russe alimentée par les publications d’organisations financées par ce budget, comment ne pas penser que l’Etat amplifie sciemment les menaces pour justifier les sommes extravagantes qu’il prélève dans les poches des américains.<br />L’exemple de la désinformation sur les armes de destruction massive soi-disant possédées par Saddam Hussein pour justifier l’agression contre l’Irak y incite fortement.</p><p>Un autre fait permet de crédibiliser cette hypothèse : le budget des 17 agences de renseignement américaines est supérieur au total du budget militaire russe qui est du même ordre de grandeur que celui de la France : environ le dixième du budget des Etats-Unis !</p><p>La motivation chinoise pour accroître son budget militaire est d’une toute autre nature.</p><p>La Chine est, en effet, dans une position de vulnérabilité croissante par rapport au risque que représente pour elle la puissance maritime des Etats-Unis et la propension de Washington à décréter unilatéralement un embargo sur le pétrole et à le faire respecter comme cela se passe actuellement avec le Venezuela et l’Iran.</p><p>En effet, malgré ses efforts, la dépendance énergétique nette de la Chine est de l’ordre de 15% en croissance constante avec une vulnérabilité particulière vis à vis du pétrole puisque les deux tiers du pétrole consommé en Chine sont aujourd’hui importés. Et 85% de ces importations transitent par la mer, avec un tonnage en croissance rapide comme le montrent le graphique et la liste des pays fournisseurs.</p><p><a href="http://www.geopolitique-geostrategie.fr/wp-content/uploads/2019/07/OK.jpg"></a><br />Cliquer sur l’image pour plus de détails.</p><p>Ces chiffres expliquent la crainte dans laquelle vivent les dirigeants chinois vis-à-vis des Etats-Unis. Une fermeture du détroit d’Ormuz ou du détroit de Malacca plongerait l’économie et la société chinoises dans une crise profonde. Dans ce contexte de vulnérabilité, on assiste à une double évolution des dépenses militaires chinoises. D’une part elles augmentent fortement. La Chine a annoncé le 5 mars 2019 une croissance de 7,5% de son budget de défense le portant à 1,19 trillions de yuan soit 177,6 milliards de dollars. D’autre part, et c’est une évolution qui a commencée à la chute de l’URSS, la part de la marine s’accroit fortement.</p><p>ATLANTICO : Bien qu’une guerre ouverte entre Etats-Unis et Chine semble hautement improbable, certains scénarios comme une possible invasion de Taïwan pourraient-ils dégénérer en réelle escalade ?</p><p><a href="http://www.geopolitique-geostrategie.fr/general-jean-bernard-pinatel">Général Jean-Bernard PINATEL</a> :Il ne peut y avoir que des crises locales et, le plus souvent, par puissances interposées entre deux puissances nucléaires. En effet, à l’ère nucléaire, le bénéfice espéré d’une agression est bien inférieur au risque d’escalade nucléaire qui peut résulter d’une confrontation directe. L’Inde et le Pakistan s’affrontent depuis leur indépendance. Tant que ces deux puissances n’étaient pas nucléaires, elles se sont opposées directement dans trois guerres qui ont fait des dizaines de milliers de morts. Depuis la fin des années 80, devenues puissances nucléaires, il n’y a eu que des affrontements limités et par milices interposées.<br />La Chine sait très bien que si elle décidait par un coup de force militaire de s’emparer de Taiwan, elle ne pourrait pas le faire par surprise du fait de la concentration de forces que cela impliquerait. Même si elle réussissait et que les Etats-Unis évitaient de riposter directement, le bénéfice de cette action serait largement moins grand que les dommages que pourraient lui faire subir une riposte indirecte américaine.</p><p>En effet, pour longtemps encore, la marine américaine est en capacité d’interdire toutes les importations maritimes de pétrole de la Chine et de stopper une grande partie de ses exportations qui s’effectuent par mer et ainsi de plonger le pays dans une crise économique profonde qui mettrait en cause la survie du régime actuel. La Chine, malgré l’augmentation impressionnante de sa flotte, ne peut espérer réussir à briser un blocus américain avant au moins deux décennies car le gap de puissance entre leurs forces aéronavales ne se mesure pas en termes de tonnage mais de capacités opérationnelles et il reste aujourd’hui considérable.</p><p>Des experts américains cités dans l’article de The Atlantic, lesquels affirment qu’une défaite américaine est envisageable face à la Chine dans les cinq ans à venir et que le pays représente la plus grande menace pour les Etats-Unis.</p><p>L’auteur de cette déclaration devant de comité sécurité de l’Aspe Institute est l’amiral Philip Davidson qui est le commandant des forces américaines dans le Pacifique (USPACOM).</p><p></p><p>Il n’est donc que le chef que d’un des six commandements des Etats-Unis. Son propos est donc limité à sa zone de responsabilité et il n’envisage en aucun cas l’hypothèse d’une confrontation totale et mondiale entre la Chine et les Etats-Unis.</p><p>Il ne traite que du rapport des forces en présence dans sa zone de responsabilité, le Pacifique. Et il le fait pour moi avec une phrase ambiguë « China’s capabilities don’t outnumber America’s in the region for now, it’s possible they could overtake the United States’ within the next five years ». En effet, le début de sa phrase que l’on peut traduire par « Les capacités de la Chine ne sont pas plus nombreuses que celles de l’Amérique dans la région pour l’instant » fait penser qu’il parle plutôt du nombre de bateaux, d’avions ou de forces terrestres que de leurs réelles capacités opérationnelles.</p><p>A l’opposé la grande majorité des forces aéronavales chinoises est déployée dans la mer de chine, le golfe du Bengale jusqu’à Djibouti pour assurer la sécurité de ses approvisionnements.</p><p>Aussi il est tout à fait possible que l’amiral Davidson ait raison et que, dans cinq ans, le nombre de bâtiments ou d’avions chinois déployés dans sa zone de responsabilité ( USPACOM) puisse dépasser (« overtake ») le nombre des avions et bâtiments américains. Mais en termes de capacités à mener une bataille aéronavale les américains disposent d’une expérience que n’ont pas les chinois et ils conserveront probablement pour une ou deux décennies encore des capacités opérationnelles bien supérieures.</p><p><br /><a href="http://www.geopolitique-geostrategie.fr/general-jean-bernard-pinatel">Général (2S) Jean-Bernard PINATEL</a><br />Secrétaire Général du Think Tank GEOPRAGMA<br />Auteur de <a href="https://livre.fnac.com/a10591417/Jean-Bernard-Pinatel-Histoire-de-l-Islam-radical-et-de-ceux-qui-s-en-servent" rel="noopener" target="_blank">« Histoire de l’Islam radical et de ceux qui s’en servent »</a>, Lavauzelle, Mai 2017<br /></p>
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<p>Publié par Jean-Bernard PINATEL, le 10 Juin 2019, dans <a href="https://www.geopolitique-geostrategie.fr/jean-bernard-pinatel/analyses" rel="category tag">Analyses</a>, <a href="https://www.geopolitique-geostrategie.fr/jean-bernard-pinatel/analyses/usa" rel="category tag">USA</a></p><p>Avec l’Iran et le Venezuela, Trump manie le chaud et le froid. Il passe en six mois du risque de guerre à la négociation. Il est trop facile de considérer le Président des Etats-Unis comme un bonimenteur. En effet, il se déroule, derrière le brouillard des déclarations, une guerre économique féroce dont nous subissons nous aussi les effets : elle a été l’élément déclencheur de la crise des gilets jaunes dont, bien entendu, les causes sont plus diverses et plus anciennes.</p><p></p>
<p>Alors pourquoi cette stratégie de tension avec le Venezuela et l’Iran ?</p>
<p>Selon différentes évaluations, le Venezuela est aujourd’hui le pays qui aurait des réserves prouvées de brut du même ordre, voire supérieures, à celles de l’Arabie Saoudite tandis que l’Iran se situe au quatrième rang mondial pour le pétrole brut et au premier rang pour le gaz naturel.</p><p>En dehors des néoconservateurs et du complexe militaro-industriel, l’opinion américaine ne veut plus voir ses boys tués à l’extérieur à cause du pétrole alors même qu’avec le pétrole et le gaz de schiste extraits du sol américain les Etats-Unis deviennent auto-suffisants, voire exportateurs.</p><p></p><p>Le problème est que, malgré les efforts extraordinaires de productivité réalisés par l’industrie d’exploration-production américaine, le pétrole de schiste n’est compétitif que si les prix du brut restent supérieurs à 60$ le baril. En effet, cette industrie a investi à perte pendant une dizaine d’années pour réussir le tour de force extraordinaire d’abaisser son seuil de compétitivité de 80$ le baril aux alentours de 40$ le baril pour les nouveaux projets. Mais il faut rajouter le poids de la dette contractée. En effet pour réaliser les investissements nécessaires, la dizaine de milliers de petits et plus gros entrepreneurs qui se sont lancés dans ce nouvel eldorado ont souscrit des emprunts auprès des multiples petites banques locales américaines. Celles–ci ont titrisé immédiatement ces emprunts qui se sont disséminés dans l’ensemble du secteur bancaire américain. Les taux d’intérêts et le remboursement de cette dette viennent donc s’ajouter aux frais de forage et d’exploitation actuels. Même si l’on manque d’études systématiques, la majorité des analystes avancent la nécessité d’avoir un baril de brut au-dessus de 60 dollars pour que ces dettes puissent être remboursées et que l’on n’assiste pas à une nouvelle crise semblable à celle des subprimes.</p><p>On comprend mieux alors les prédictions catastrophiques qui se sont multipliées quand le prix du brut est passé de 122$ en janvier 2014 à 36$ en janvier 2016, menaçant ainsi toute l’industrie de l’extraction du pétrole de schiste aux Etats-Unis et par contrecoup tout le système bancaire américain.</p><p></p>
<p>La guerre économique</p>
<p>Heureusement, l’option choisie par Trump, le business man, n’a pas été celle de Bush junior qui, selon plusieurs auteurs américains, considèrent que la guerre en Irak a été « Blood for no Oil »</p><p>Pour Greg-Palast1, par exemple, la motivation première des conseillers de Bush était machiavélique : stopper la production de brut irakien pour maintenir les cours du brut aux alentours de 100$ et permettre ainsi de rentabiliser les investissements faits dans le pétrole et le gaz de schiste. « The invasion was not about « blood for oil », but something far more sinister: blood for no oil. War to keep supply tight and send prices skyward. Oil men, whether James Baker or George Bush or Dick Cheney, are not in the business of producin</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 04 Jan 2026 11:56:11 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1217/lintervention-americaine-au-venezuela-nest-pas-terminee-elle-commence</link>
	<title><![CDATA[L&#039;intervention américaine au Venezuela n&#039;est pas terminée : elle commence !]]></title>
	<description><![CDATA[<p><a class="embed-insert" href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1218/usa-venezuela"><img alt="USA VENEZUELA" class="elgg-photo" src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1218/medium"></a></p><p>Les larbins de l&rsquo;&Eacute;tat profond ont peut-&ecirc;tre cri&eacute; victoire trop t&ocirc;t et oubli&eacute; que le monde a beaucoup chang&eacute; depuis le coup d&rsquo;&Eacute;tat am&eacute;ricain de la CIA au Chili en 1973.</p><p>Sur le front int&eacute;rieur, comme au niveau international, l&rsquo;affaire est tr&egrave;s loin d&rsquo;&ecirc;tre pli&eacute;e en faveur de Washington.</p><p>1️⃣ AU VENEZUELA</p><p>La propagande euro-mondialiste d&eacute;vers&eacute;e dans les m&eacute;dias mainstream est trompeuse. Il ne suffit pas de montrer en boucle quelques milliers de personnes en liesse chez les Venezueliens expatri&eacute;s, ou au Venezuela m&ecirc;me, pour en conclure que Maduro et son r&eacute;gime y font l&rsquo;objet d&rsquo;une ex&eacute;cration g&eacute;n&eacute;rale.</p><p>S&rsquo;il est exact que le r&eacute;gime est devenu tr&egrave;s impopulaire chez beaucoup de Venezueliens (comme je l&rsquo;ai dit dans ma vid&eacute;o d&rsquo;hier soir), il n&rsquo;en est pas moins vrai qu&rsquo;il b&eacute;n&eacute;ficie encore de solides soutiens (comme je l&rsquo;ai dit aussi). Notamment dans les cat&eacute;gories les plus modestes de la population.</p><p>M&ecirc;me si Maduro est d&eacute;test&eacute; par beaucoup de Venezueliens, il est tout de m&ecirc;me moins impopulaire que Macron en France !</p><p>Par ailleurs, il faut avoir l&rsquo;ignorance crasse et le parti-pris pro-&eacute;tasunien et pro-isra&eacute;lien de Zemmour et Knafo (qui se sont r&eacute;jouis du coup d&rsquo;&Eacute;tat am&eacute;ricain !) pour ne pas comprendre :</p><p>⚠️ que des millions de Venezueliens se rappellent avec horreur les d&eacute;cennies d&rsquo;avant Hugo Ch&aacute;vez.<br />
&Agrave; titre d&rsquo;exemple, j&rsquo;ai rappel&eacute; dans ma vid&eacute;o d&rsquo;hier le pedigree du pr&eacute;sident Carlos Andr&eacute;s P&eacute;rez, agent de la CIA et inf&acirc;me crapule, qui avait fini par &ecirc;tre emprisonn&eacute; puis par s&rsquo;enfuir pour terminer sa vie en Floride.</p><p>⚠️ que les Am&eacute;ricains (&laquo;&nbsp;gringos&nbsp;&raquo;) font l&rsquo;objet d&rsquo;une d&eacute;testation plus importante que Maduro et le r&eacute;gime instaur&eacute; par Hugo Ch&aacute;vez.<br />
Celui-ci a rebaptis&eacute; le pays &laquo;&nbsp;R&eacute;publique bolivarienne du Venezuela&nbsp;&raquo;, pour rappeler aux Venezueliens la grandeur de leur histoire (le &laquo;&nbsp;Libertador&nbsp;&raquo; Simon Bolivar) et leur redonner la fiert&eacute; de lutter contre toute ing&eacute;rence &eacute;trang&egrave;re.</p><p>D&egrave;s lors,tout dirigeant du Venezuela qui arrivera dans les bagages de l&rsquo;Oncle Sam fera l&rsquo;objet d&rsquo;un rejet absolu et imm&eacute;diat de pans entiers de la soci&eacute;t&eacute; venezuelienne.</p><p>On l&rsquo;a vu,&ocirc; combien !,avec la piteuse tentative de Trump, lors de son premier mandat, d&rsquo;imposer le blanc-bec Juan Guaido (qui &eacute;tait financ&eacute; par les barons de la drogue colombiens !), et cela avec le mis&eacute;rable soutien de Macron qui y avait d&eacute;j&agrave; fourvoy&eacute; notre diplomatie.</p><p>Du reste,Maduro ne gouvernait pas le Venezuela tout seul. Il &eacute;tait soutenu par une majorit&eacute; de parlementaires, par les grandes institutions du pays et par la Cour supr&ecirc;me qui a confi&eacute; la pr&eacute;sidence par int&eacute;rim &agrave; sa fid&egrave;le vice-pr&eacute;sidente Rodriguez conform&eacute;ment &agrave; la Constitution v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lienne.</p><p>Alors ?<br />
Que va faire et que peut faire Trump ?<br />
Imposer son propre pr&eacute;sident serait le meilleur moyen de susciter une guerre civile et un enlisement tragique de l&rsquo;arm&eacute;e am&eacute;ricaine.</p><p>2️⃣ SUR LA SC&Egrave;NE MONDIALE</p><p>Ce matin, P&eacute;kin vient de publier un communiqu&eacute; tout-&agrave;-fait extraordinaire. La diplomatie chinoise, tr&egrave;s mesur&eacute;e et allusive depuis les ann&eacute;es 1990, y retrouve des accents martiaux dignes de l&rsquo;&egrave;re mao&iuml;ste.</p><p>▪️ elle qualifie le coup d&rsquo;&Eacute;tat am&eacute;ricain de &laquo;violation flagrante du droit international &raquo;</p><p>▪️ elle exige &laquo; la lib&eacute;ration imm&eacute;diate du pr&eacute;sident Maduro et de son &eacute;pouse &raquo;</p><p>▪️ elle demande &agrave; Washington de &laquo; cesser de chercher &agrave; renverser le gouvernement du Venezuela &raquo;</p><p>Cette fermet&eacute; et ces exigences montrent que la Chine fait du Venezuela un casus belli car elle y voit</p><p>▪️la remise en cause inacceptable du droit international et des souverainet&eacute;s nationales</p><p>▪️un &eacute;tranglement pr&eacute;m&eacute;dit&eacute; de ses approvisionnements en hydrocarbures.</p><p>Ce changement de ton n&rsquo;annonce rien de bon pour Washington,o&ugrave; l&rsquo;on a peut-&ecirc;tre sous-estim&eacute; la nouvelle capacit&eacute; de r&eacute;torsion de P&eacute;kin.</p><p>Que fera Trump si la Chine d&eacute;cr&egrave;te un embargo total de l&rsquo;exportation vers les &Eacute;tats-Unis des terres rares, essentielles pour l&rsquo;industrie et les technologies de pointe, dont elle a quasiment le monopole mondial ?</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 04 Jan 2026 11:53:22 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1216/lonu-lue-lordre-du-monde-aux-ordres-des-usa</link>
	<title><![CDATA[L&#039;ONU, l&#039;UE : l&#039;ordre du monde aux ordres des USA.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Le « droit international » mis en place après la Seconde Guerre mondiale n’a jamais permis de mettre fin à une guerre, de résoudre un conflit ni de renverser un dictateur.</p>

<p>L’ONU s’est vite révélée être un immense bazar au sein duquel les bons sentiments l’emportent sur le principe de réalité. Pire : au fil des décennies, ce « machin », comme l’appelait De Gaulle, a fait de plus en plus la part belle aux pires régimes de la planète. Et l’impuissance de cette organisation s’est maintes fois vérifiée : elle a été dans l’incapacité de faire appliquer sa décision sur le conflit israélo-palestinien en 1948, s’est avérée totalement inutile pendant la guerre froide - forte tension géopolitique entre bloc atlantiste et bloc soviétique - qui dura près d’un demi-siècle, a été enjambée et marginalisée lors des actions contre Milosevic en Yougoslavie en 1999, Hussein en Irak en 2003 et Kadhafi en Libye en 2011, toutes effectuées sans son accord. L’ONU, conçue par des technocrates pour des technocrates, n’a jamais été en capacité de résoudre aucun conflit, car les individus à sa tête se sont obstinés, depuis 80 ans, à croire contre toute évidence que la parole et la diplomatie suffisaient à empêcher les guerres.</p>

<p>Pendant plusieurs décennies, ce système a pu fonctionner car les États-Unis étaient l’unique superpuissance (l’URSS étant amoindrie par sa faiblesse économique), et car, au début des années 1990, avec la chute du bloc soviétique, les élites mondiales ont cru à la « fin de l’histoire », c’est-à-dire une paix éternelle dans un monde totalement aux mains des Occidentaux mondialistes et les atlantistes. Mais l’éveil de la Chine et des pays arabes, terreau du terrorisme islamiste, et le redressement d’une Russie humiliée d’avoir été méprisée par l’Occident, ont abouti au monde actuel, dans lequel l’ONU s’avère aussi impuissante qu’inutile.</p>

<p>Dans tout cela, les dindons de la farce, ce sont, comme depuis un siècle, les pays européens. Depuis des années, l’Europe occidentale demeure l’unique zone géographique à continuer à croire, naïvement et contre toutes les évidences, en un droit international qui réglerait tout. Après la Seconde Guerre mondiale et pendant plus de 70 ans, les dirigeants européens, à l’exception notable de De Gaulle, se sont rangés derrière les États-Unis. Qu’il s’agisse des Français Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy et Hollande, des Britanniques Eden, Wilson, Thatcher, Blair et Cameron ou des Allemands Adenauer, Kiesinger, Schmidt, Kohl et Merkel, tous ont accepté de se soumettre non seulement à la vision géopolitique, mais également aux idées et à la politique économiques ￼des États-Unis.</p>

<p>Par ailleurs - attention, sujet tabou jamais évoqué dans les médias ni dans les manuels scolaires -, à la fin du dernier conflit mondial, lorsqu’ils sont arrivés dans tous les pays et villes qu’ils ont libérés, ￼les États-Unis se sont systématiquement opportunément emparés à la fois du matériel, de l’argent (billets et pièces et lingots d’or) et du personnel scientifique des nazis, mais également de toutes les richesses matérielles (lingots, billets, œuvres d’art, tableaux) que ceux-ci avaient confisqués aux juifs ￼et qu’il était impossible de restituer à leurs propriétaires, soit parce qu’ils étaient morts soit parce qu’on ne pouvait pas déterminer leur identité exacte. Cet afflux de richesse physique et matérielle a permis aux États-Unis d’acquérir une puissance économique et militaire considérable, au point d’être deux ou trois fois plus puissants que n’importe quel autre pays dans le monde… et cela fait 80 ans que ça dure ! Cela, les dirigeants de l’époque le savaient, les historiens l’ont vérifié et documenté, ￼mais personne n’a jamais dénoncé cette injuste spoliation donnant plusieurs longueurs d’avance aux États-Unis.￼￼</p>

<p>Les dirigeants européens ont accepté cet état de fait, étant rassurés de constater que l’idéologie des présidents américains successifs était pleinement en accord avec la leur. Aussi longtemps que l’on était d’accord avec le grand frère américain et qu’il nous assurait de sa protection, il n’y avait pas de raison de ne pas lui obéir. ￼Tout a changé, une première fois en 2016 et une seconde fois l’année dernière, avec l’arrivée de Trump au pouvoir.￼ Contrairement à tous ses prédécesseurs depuis 70 ans, Trump juge que l’Europe est plus encombrante qu’utile et n’a plus l’intention de la protéger. De plus, il ￼￼ne considère pas la Russie comme l’ennemi des États-Unis. Trump, s’il est sur la même ligne économique que ses prédécesseurs ainsi que les dirigeants européens successifs depuis un demi-siècle, n’adhère en revanche aucunement à leurs idées atlantistes et multiculturalistes. ￼Surtout, Trump fait quelque chose que les présidents américains ne faisaient jamais jusqu’à présent : il assume de se contreficher du droit international et des directives de l’ONU. Là où ses prédécesseurs tenaient ce genre de discours en aparté, dans le secret des tête-à-tête avec les autres dirigeants, lui le dit ostensiblement devant les caméras. Trump ne reconnaît qu’une chose : le rapport de force. Et c’est ce qui fait sa force face à Poutine, à Xi Jinping, à Khamenei, à Kim Jong-un ou à tout autre dirigeant autoritaire. ￼ Tous les dirigeants de ce « Sud global » ￼savent désormais, et plus encore après l’opération effectuée au Venezuela, que Trump est capable de faire ce qu’il dit qu’il va faire, là, où, depuis 50 ans, les dirigeants occidentaux, y compris américains, se contentaient de parler et de menacer sans jamais joindre les actes à la parole…</p>

<p>Et voilà comment les dirigeants européens se retrouvent, et leurs peuples avec eux, comme les dindons de la farce : 80 ans à prôner la diplomatie et le respect du droit international face à des États autoritaires qui n’en avaient que faire et 80 ans à se contenter de la protection des États-Unis sans envisager de se rebâtir une vraie puissance et une vraie souveraineté nationale… pour finalement se retrouver aujourd’hui abandonnés par ce grand frère protecteur￼ et complètement nus face aux dangers du monde￼ !</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 03 Jan 2026 17:07:15 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1214/frederic-chatillon-l%E2%80%99eminence-brune-du-rn</link>
	<title><![CDATA[Frédéric Chatillon : l’éminence brune du RN]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1215/frederic-chatillon" class="embed-insert"><img class="elgg-photo" alt="Frédéric CHATILLON" src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1215/medium"></a> C’est un proche que Marine Le Pen veut à tout prix cacher. Mouillé dans les affaires de financement du parti, ce gudard pur et dur partage les obsessions « antisionistes » d’Alain Soral, tout en se passionnant pour Assad et Poutine.</p>

<p>­défense (GUD) dont il devient le président en 1991. Cette filiale d’Ordre nouveau, spécialisée dans le tabassage des gauchistes, manie la barre de fer avec la même délicatesse que l’humour : ses troupes se nomment joyeusement les « Waffen Assas ». Mais ça, c’était avant, bien sûr.</p>

<p>Désormais chef d’entreprise, à la tête d’une petite société au nom breton (Riwal) qui prépare et imprime tous les kits de campagne du RN, Frédéric Chatillon est censé avoir changé. C’est du moins ce qu’affirmait Marine Le Pen en 2017 pour justifier le recours à ce prestataire de services douteux, qu’elle qualifie de « très bon fournisseur » et « compétent ». Et tant pis s’il a pu avoir, à 20 ans, des « engagements à l’extrême droite » comme d’autres politiques en ont eu à « l’extrême gauche ». Pour Denis Le Moal, un ancien gudard qui rappelle que Chatillon organisait « chaque année un dîner pour le jour anniversaire du Führer » dans sa jeunesse, la seule chose qui cloche dans la qualification de « néonazi » à son sujet serait « l’emploi abusif de 'néo' ».</p>

<p>Avec sa carrure de boxeur, ses 54 printemps et ses cheveux plaqués n’ont rien lissé de ses convictions passées. Avant de devenir le conseiller en communication de la présidente du RN, Chatillon était déjà le chouchou des Le Pen. À commencer par le père. Riwal sera mise au service des trois mairies remportées par le FN en région PACA, dès sa création, en 1995.</p>

<p>Les liaisons dangereuses<br />La proximité avec Jean-Marie Le Pen est telle que ce dernier devient le parrain d’une de ses filles. Le « Menhir », comme l’appellent ses fidèles, est aussi le parrain d’une fille de Dieudonné – que Chatillon adore. Lorsque l’humoriste décerne à Robert Faurisson le « prix de l’infréquentabilité » sur la scène du Zénith en 2008, Chatillon multiplie les quenelles dans la salle en chantant la ritournelle « Shoah nanas ». Rien d’anormal pour ce fan de Faurisson, de Roger Garaudy (deux grandes figures du négationnisme français) et de Léon Degrelle. Le célèbre Waffen-SS belge, à qui il a rendu visite en Espagne en 1992, lui aurait dit : « Si j’avais eu un fils, j’aurais voulu qu’il soit comme vous. »</p>

<p>En Italie, où il vit le plus souvent, Chatillon fréquente volontiers les dirigeants de la Ligue du Nord et de l’extrême droite fasciste. C’est d’ailleurs en sa compagnie que Marine Le Pen a effectué sa tournée italienne de 2011, l’un des rares moments où les deux amis de trente ans ont été pris en photo côte à côte . D'habitude, ils veillent à ne pas apparaître ensemble en public.</p>

<p>Tout en laissant Marine Le Pen prendre la lumière et le pouvoir, Chatillon et quelques autres n’ont jamais cessé de rêver au « Front de la foi », à savoir l’alliance des islamistes et des nationalistes chrétiens contre les juifs. Soit la ligne d’égalité & Réconciliation. Animé par Alain Soral, le mouvement, parrainé en coulisses par Chatillon, a été cofondé en 2017 par deux de ses hussards, comme lui anciens nervis du GUD : Jildaz Mahé O’Chinal (directeur marketing de Riwal) et Philippe Péninque, une autre éminence grise de Marine Le Pen, l’homme avec qui elle a mené la purge contre Bruno Mégret.</p>

<p>À l'occasion, Frédéric Chatillon ne dédaigne pas le nationalisme arabe, particulièrement syrien. La famille Assad, qui a contribué à financer le GUD dès 1994, est un peu sa seconde famille d’adoption. Au point de s’en faire le principal propagandiste en France via sa société Riwal Syria. Ah ! la Syrie des Assad… ces financiers du Hezbollah – que Chatillon soutient – et ces grands ennemis historiques d’Israël ! « Ce n’est pas parce que je vais en Syrie que je suis antisémite », se défend l’intéressé. On sourit.</p>

<p>Chatillon, qui partage les obsessions de Soral et Dieudonné, leur a fait découvrir la Syrie et ses tyrans lors d’un premier voyage en 2006, en compagnie de Thierry Meyssan. Dix ans plus tard, il emmenait cette fois une délégation rassemblant des personnalités d’extrême droite et des élus Républicains, dont Thierry Mariani. Et comme les amis d’Assad sont souvent ceux de Poutine, Chatillon est un parfait rouge-brun auquel on peut ajouter une touche de vert.</p>

<p>En 2009, on a pu l’apercevoir lors d’une manifestation contre le « génocide palestinien », posant aux côtés du collectif Cheikh Yassine d’Abdelhakim Sefrioui, l’islamiste ayant mené campagne contre Samuel Paty. On comprend pourquoi Marine Le Pen tient à le cacher. Pourtant, il joue un rôle capital au sein du RN. En 2013, par exemple, c’est lui qui a obtenu un prêt de 10 millions d’euros de banques italiennes pour renflouer les caisses du parti.</p>

<p>Mis en examen à trois reprises, Chatillon a été condamné le 16 juin 2020 à trente mois d’emprisonnement, dont dix ferme, et 250 000 euros d’amende pour « escroquerie » et « abus de biens sociaux » dans l’affaire des « kits de campagne » du FN. Riwal est accusée d’avoir surfacturé des tracts fournis au FN pour gonfler le remboursement des frais de campagne aux législatives de 2012. L’appel est en cours. Un bracelet électronique dispense Chatillon d’un séjour en prison. Un jugement récent lui interdit en principe d’entretenir une « relation commerciale avec le FN ». Qu’à cela ne tienne : il a cédé sa place au sein de la société Riwal à Alex Loustau, son fidèle associé et ancien du GUD lui-même.</p>

<p>Tapi dans l’ombre, Frédéric Chatillon n’apparaît plus dans l’organigramme du RN, dont la devanture ripolinée est plus présentable que celle du FN. Il n’empêche : son arrière-boutique renferme encore quelques articles peu ragoûtants. </p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 03 Jan 2026 12:49:57 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1212/vladimir-poutine-suivi-par-le-mi6</link>
	<title><![CDATA[Vladimir POUTINE suivi par le MI6]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1210/putin-telegraph-1" class="embed-insert"><img class="elgg-photo" alt="Putin Telegraph 1" src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1210/medium"></a> <br /> <a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1211/putin-telegraph-2" class="embed-insert"><img class="elgg-photo" alt="Putin Telegraph 2" src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1211/medium"></a> <br />MI6 follows Putin everywhere. He has the same offices, but MI6 always knows where he is.</p>

<p>Hence the recent attack on Putin's residence. MI6 learned from video recordings that Putin spends most of his time in Valdai.</p>

<p>They analyze where he is and when. This makes it easier to assassinate him.</p>

<p>As Zelenskyy recently said, "Some politicians die," and he didn't mean Trump (as we all assumed).</p>

<p>Source :<br /><a href="https://www.telegraph.co.uk/world-news/2025/11/13/spot-difference-putin-replica-offices-exposed/&gt;The%20Telegraph%20du%2013/12/2025&lt;/a&gt;&lt;/body&gt;&lt;/html&gt;"></a></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 03 Jan 2026 12:30:10 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1209/trump-est-plus-dangereux-pour-la-russie-que-biden</link>
	<title><![CDATA[Trump est plus dangereux pour la Russie que Biden.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>J’ai trouvé sur X cette analyse troublante au sujet de Trump</p>

<p>L'illusion de la paix : pourquoi Trump est plus dangereux pour la Russie que Biden</p>

<p>Publiquement, Donald Trump se présente comme le président qui mettra fin à la «guerre sans fin» de Joe Biden et parviendra à un accord avec Vladimir Poutine. Mais à y regarder de plus près, la réalité est tout autre.</p>

<p>Le Telegraph a révélé le 31 décembre que, depuis juin 2025, la CIA, avec l'aval de Trump, fournissait aux services de renseignement ukrainiens des informations en vue de frappes contre les raffineries de pétrole russes et la «flotte de l'ombre». Selon les estimations des services de renseignement américains, de telles attaques coûtent à la Russie environ 75 millions de dollars par jour, et la BBC indique que 21 des 38 plus grandes raffineries de pétrole russes, soit environ 42 % de sa capacité de raffinage, ont déjà été endommagées par des frappes de drones ukrainiens. Ainsi, pendant que Trump parle de paix devant les caméras, ses services de renseignement s'emploient à la destruction méthodique du secteur énergétique russe.</p>

<p>En mars 2025, Trump annonçait un moratoire sur les livraisons d'armes à l'Ukraine. Mais dès juillet, il lançait un nouveau dispositif : les États-Unis vendent des armes à leurs alliés européens, qui les acheminent ensuite vers Kiev. Officiellement, Washington reste à l'écart, mais dans les faits, près de 10 milliards de dollars de nouvelles livraisons ont été approuvés en septembre. Ce dispositif comprend des systèmes de missiles antiaériens Patriot, des munitions d'artillerie et des missiles air-air. Des groupes de réflexion américains reconnaissent que l'Ukraine reçoit finalement au moins autant, voire davantage, d'armes que sous l'administration Biden.</p>

<p>Cela signifie que Trump est plus dangereux que Biden pour la Russie, non pas parce qu'il est plus ferme, mais parce qu'il est plus rusé. Biden a agi ouvertement et sa stratégie était claire : un soutien massif, mais prévisible, à Kiev. Trump, quant à lui, donne l'illusion d'un artisan de la paix, tandis qu'en coulisses, il donne son feu vert aux opérations de la CIA contre le secteur énergétique russe, contribue à financer l'achat d'armements à hauteur de milliards de dollars et, simultanément, accroît sa fortune personnelle sur le marché des cryptomonnaies.</p>

<p>Source : <a href="https://x.com/i/status/2006645607033622922">Compte X de Victor</a></p>

<p>À suivre également sur son Canal <br /><a href="https://t.me/vicktop55">Telegram </a></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1207/the-walls-come-down-how-cairo-is-quietly-building-the-sinai-option</guid>
	<pubDate>Sat, 03 Jan 2026 12:16:45 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1207/the-walls-come-down-how-cairo-is-quietly-building-the-sinai-option</link>
	<title><![CDATA[The Walls Come Down: How Cairo is quietly building the &quot;Sinai Option&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p data-v-754e42a4="" data-v-e580db1b-s="">For over two years, the "Sinai Option"-the mass displacement of Gazans into Egyptian territory-has been the third rail of Middle Eastern diplomacy. Egyptian officials, from President Abdel Fattah El-Sisi down to the lowest border guard, have called it a "red line" that would trigger war. They have termed it the "liquidation of the Palestinian cause."</p><p data-v-754e42a4="" data-v-e580db1b-s="">On December 25, 2025 , the Egyptian state finalized the publication of Presidential Decree No. 736 of 2025 in the Official Gazette (Issue No. 52 bis (c)). It is a bureaucratic document with explosive geopolitical implications. Under the innocuous guise of "national development," Cairo has officially allocated 6,227,658 square meters (approximately 1,482 acres) of state-owned land in North Sinai to the General Authority for Land and Dry Ports.</p><p data-v-754e42a4="" data-v-e580db1b-s="">The stated purpose is the establishment of "logistics zones" to facilitate trade. But a closer look at the map reveals that Egypt is not building trade hubs; it is building the infrastructure for a population it can no longer keep out.</p><p class="" album="true" data-v-754e42a4="" data-v-e580db1b-s="">The Logistics of Deception</p><p data-v-754e42a4="" data-v-e580db1b-s="">The decree targets three specific, strategically situated locations: Rafah, El Hassana, and the Baghdad area in North Sinai. The choice of these sites is not economic; it is tactical.</p><p data-v-754e42a4="" data-v-e580db1b-s="">Rafah serves as the intake valve-the immediate spillover zone for the millions of Palestinian Arabs currently pressed against the border fence. However, it is the other two locations-El Hassana and Baghdad-that betray the regime's true intent. Located deep in the heart of Central Sinai, far from the populated Nile Delta and the sensitive Suez Canal, these areas serve as a secondary layer of defense.</p><p data-v-754e42a4="" data-v-e580db1b-s="">By establishing massive "logistics zones" here, the Egyptian military is creating a defense-in-depth strategy for refugee management. The plan appears to be to process refugees at the border and then rapidly transport them to these isolated, high-security zones, effectively quarantining the Gazan population in the desert before they can mingle with the Egyptian populace or link up with domestic opposition in Cairo.</p><p data-v-754e42a4="" data-v-e580db1b-s="">Crucially, Article 2 of the decree stipulates that the Armed Forces will retain ownership and control of any military-designated land that falls within the boundaries of these newly allocated plots. This confirms that despite the civilian cover of the General Authority for Land and Dry Ports, these zones will remain under strict military jurisdiction. This is martial law disguised as urban planning.</p><p class="" album="true" data-v-754e42a4="" data-v-e580db1b-s="">The Collapse of the "Red Line"</p><p class="" album="true" data-v-754e42a4="" data-v-e580db1b-s="">Why now? The timing of Decree 736 is inextricably linked to the intense pressure cooker dynamics of the last 48 hours. Reports indicate that the Netanyahu government, emboldened by the Trump administration, is preparing to unilaterally facilitate the exit of Gazans.</p><p data-v-754e42a4="" data-v-e580db1b-s="">For months, Egypt's Foreign Minister Badr Abdelatty has insisted that displacement is a "red line."1 But the economic reality has forced a pragmatic, if cynical, shift. With the Egyptian pound under immense pressure and international debt payments looming, the regime likely views the "Sinai Option" not as a choice, but as a survival mechanism.</p><p class="" album="true" data-v-754e42a4="" data-v-e580db1b-s="">Security Nightmare in the Making</p><p data-v-754e42a4="" data-v-e580db1b-s="">The Camp David Accords were premised on a demilitarized Sinai and a clear separation between the Egyptian state and the Palestinian Arab struggle. Decree 736 erodes that separation.</p><p data-v-754e42a4="" data-v-e580db1b-s="">If these "logistics zones" become the de facto new homes for hundreds of thousands of Gazans, North Sinai will transform into a permanent launchpad for asymmetric warfare. Hamas cadres, melting into the refugee population, will find themselves in a region already scarred by a decade of insurgency against the Egyptian state. The "Baghdad" zone in Central Sinai could easily become a new center of gravity for militant activity, located within striking distance of the Israeli border but shielded by Egyptian sovereignty.</p><p data-v-754e42a4="" data-v-e580db1b-s="">Furthermore, the rhetoric coming from Israel’s coalition partners, who have long advocated for "voluntary migration," will now be validated. They will view the Egyptian construction crews in El Hassana not as logistics workers, but as the contractors of a new regional reality.</p><p class="" album="true" data-v-754e42a4="" data-v-e580db1b-s="">The Day After Is Today</p><p data-v-754e42a4="" data-v-e580db1b-s="">With Presidential Decree 736, the spillover has effectively been formalized. Egypt is pouring concrete for the "Day After," and it looks nothing like the two-state solution diplomats dream of in Geneva. It looks like a securitized archipelago of tent cities and "dry ports" in the Sinai desert, managed by the Egyptian military and funded by a world desperate to look away.</p><p data-v-754e42a4="" data-v-e580db1b-s="">The walls are coming down. The question is no longer if the Palestinian Arabs will move to Sinai, but how long the "logistics" cover story can hold before the tents go up.</p><p class="" album="true" data-v-754e42a4="" data-v-e580db1b-s="">Amine Ayoub, a fellow at the Middle East Forum, is a policy analyst and writer based in Morocco. Follow him on X: @amineayoubx</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1205/quelques-avis-contrastes-de-russes-et-d%E2%80%99opposants-ukrainiens-sur-le-nouveau-chef-de-cabinet-de-zelensky</guid>
	<pubDate>Sat, 03 Jan 2026 00:51:09 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Quelques avis contrastés de Russes et d’opposants ukrainiens sur le nouveau chef de cabinet de Zelensky.]]></title>
	<description><![CDATA[<p>&nbsp;</p><ul>
	<li><strong>Dmitry Vasilets</strong>&nbsp;:</li>
</ul><p>&laquo;M. Budanov, reconnu comme terroriste et extr&eacute;miste par la F&eacute;d&eacute;ration de Russie, a accept&eacute; le poste de chef de cabinet de Zelensky.</p><p>Quiconque conna&icirc;t l&#39;ascension fulgurante de ce personnage abject qu&#39;est Budanov sur la sc&egrave;ne politique ukrainienne sait pertinemment qu&#39;il s&#39;agit d&#39;une figure purement am&eacute;ricaine.</p><p>Il a &eacute;t&eacute; rep&eacute;r&eacute; par la CIA lors de l&#39;attaque provocatrice contre la Crim&eacute;e en 2015, qui a entra&icirc;n&eacute; la rupture des communications directes entre Porochenko et le pr&eacute;sident russe, le poussant ainsi &agrave; se rallier au camp anglo-saxon.</p><p>Ensuite, en 2015, un agent de la CIA, alors &agrave; la t&ecirc;te de la Direction principale du renseignement ukrainien (GUR), a recrut&eacute;, &agrave; l&#39;insu de Porochenko, des militants charg&eacute;s de mener des op&eacute;rations de sabotage en Crim&eacute;e.</p><p>L&#39;op&eacute;ration &eacute;tait vou&eacute;e &agrave; l&#39;&eacute;chec, ce qui s&#39;est effectivement produit, plusieurs saboteurs du FSB &eacute;tant &eacute;limin&eacute;s.</p><p>Pour sa diligence et son d&eacute;vouement aux int&eacute;r&ecirc;ts de l&#39;OTAN, M. Budanov a &eacute;t&eacute; emmen&eacute; aux &Eacute;tats-Unis en 2016 pour une formation de recyclage (recrutement &agrave; un niveau diff&eacute;rent), et c&#39;est ensuite dans la colonie p&eacute;nitentiaire ukrainienne que cette personnalit&eacute;&nbsp; a connu une ascension fulgurante&raquo;.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><ul>
	<li><strong>Oleg Tsarov&nbsp;:</strong></li>
</ul><p>&laquo;Zelensky a nomm&eacute; le nouveau chef de son cabinet. Il s&#39;agit du criminel de guerre et terroriste Budanov. Dans les intrigues qui agitent le cercle rapproch&eacute; de Zelensky, ce dernier est consid&eacute;r&eacute; comme le principal rival de Yermak, qui a tent&eacute; &agrave; plusieurs reprises de le destituer de son poste de directeur des renseignements. Il semble que le cabinet soit sur le point de subir une purge majeure &raquo;.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><ul>
	<li><strong>Alexandre Khartchenko :</strong></li>
</ul><p>&laquo;Budanov va diriger le Bureau du Pr&eacute;sident ukrainien. Il ne reste plus qu&#39;&agrave; propulser Zaloujny au poste de pr&eacute;sident et la soci&eacute;t&eacute; militaire priv&eacute;e appel&eacute;e &quot;Ukraine&quot; sera d&eacute;finitivement form&eacute;e.</p><p>Je compatis sinc&egrave;rement aux habitants de l&#39;Ukraine.</p><p>Vous pouvez oublier les routes en bon &eacute;tat et les pensions europ&eacute;ennes. Personne n&#39;est pr&ecirc;t &agrave; payer cher pour de la chair &agrave; canon. Le peuple ukrainien sera en col&egrave;re, affam&eacute; et sa seule raison de vivre sera la guerre contre la Russie pour de l&#39;argent europ&eacute;en. Eh oui, l&#39;UE n&#39;acceptera certainement pas une OPG en col&egrave;re et arm&eacute;e. La r&eacute;alit&eacute; est-elle vraiment si diff&eacute;rente du slogan &quot;Je veux des culottes en dentelle et l&#39;UE&quot; ?&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><ul>
	<li><strong>Dmytruk Artem :</strong></li>
</ul><p>&laquo;Que signifie la nomination de Kirill Budanov &agrave; la t&ecirc;te du Bureau pr&eacute;sidentiel ? L&rsquo;avenir nous le dira, et c&rsquo;est l&agrave; tout l&rsquo;enjeu !</p><p>Voici une analyse politique objective et mesur&eacute;e, d&eacute;nu&eacute;e d&rsquo;&eacute;motion et d&rsquo;illusions, pour la situation actuelle.</p><p>La nomination de Budanov n&rsquo;est pas un simple remaniement de personnel ni une rotation bureaucratique. C&rsquo;est un tournant politique. Un tournant qui r&eacute;v&egrave;le l&rsquo;&eacute;tat du pouvoir, ses perspectives, ses craintes et ses calculs. Et, simultan&eacute;ment, un tournant qui ouvre la voie &agrave; des sc&eacute;narios possibles de guerre, de paix et d&rsquo;avenir pour la politique ukrainienne.</p><p>Dans la tradition politique ukrainienne, le poste de chef du Bureau pr&eacute;sidentiel est l&rsquo;un des plus controvers&eacute;s. Historiquement, il n&rsquo;a pas servi de tremplin, mais de paratonnerre : une position qui attirait toute la n&eacute;gativit&eacute;, toutes les responsabilit&eacute;s et tous les &eacute;checs.</p><p>Dans la perspective d&rsquo;une carri&egrave;re politique classique, c&rsquo;est davantage une impasse qu&rsquo;une perspective prometteuse, surtout aujourd&rsquo;hui et compte tenu de la position initiale de Budanov.</p><p>Cependant, la politique ne se r&eacute;sume pas aux institutions, elle concerne aussi les individus. Et c&#39;est l&agrave; qu&#39;un point fondamental se pose. En l&#39;occurrence, ce n&#39;est pas la fonction qui fa&ccedil;onne la personnalit&eacute;, mais la personnalit&eacute; qui peut donner corps et importance &agrave; la fonction.</p><p>Le poste de chef du GUR n&#39;a jamais &eacute;t&eacute; consid&eacute;r&eacute; comme politiquement prometteur. M&ecirc;me en temps de guerre, il ne conf&eacute;rait ni influence politique ni position stable sur la sc&egrave;ne politique future. Pourtant, Budanov est parvenu &agrave; transformer ce poste en l&#39;un des centres de pouvoir les plus influents du pays, gr&acirc;ce &agrave; une combinaison de comp&eacute;tences institutionnelles, de qualit&eacute;s personnelles, de comp&eacute;tences manag&eacute;riales et de relations internationales. Cette exp&eacute;rience d&eacute;montre qu&#39;il a le potentiel de donner de la substance &agrave; la pr&eacute;sidence.</p><p>Budanov a tiss&eacute; des relations relativement claires et pragmatiques au sein du pays. Il est tr&egrave;s respect&eacute; dans la soci&eacute;t&eacute; ukrainienne et parmi l&#39;&eacute;lite. Il est, sans exag&eacute;ration, le militaire le plus respect&eacute; d&#39;Ukraine. Dans un pays militaris&eacute;, cela le place naturellement au c&oelig;ur des processus de compromis, de communication et de progr&egrave;s vers la paix. Il est de plus en plus per&ccedil;u comme une figure de compr&eacute;hension et de n&eacute;gociation &eacute;quilibr&eacute;e, essentielle &agrave; la constitution d&#39;une &eacute;quipe performante.</p><p>Parall&egrave;lement, il a su nouer des relations de travail avec la soci&eacute;t&eacute; civile &agrave; diff&eacute;rents niveaux &ndash; une caract&eacute;ristique extr&ecirc;mement rare chez les repr&eacute;sentants du bloc s&eacute;curitaire. Il poss&egrave;de une qualit&eacute; rare dans le paysage politique actuel : il &eacute;value les personnes non pas en fonction du buzz sur internet ou des &eacute;tiquettes m&eacute;diatiques, mais en fonction de leur travail et de leurs r&eacute;sultats concrets. C&#39;est une qualit&eacute; quasi unique de nos jours.</p><p>Un autre argument important r&eacute;side dans la logique anti-crise de Zelensky. En r&eacute;sum&eacute;, la situation est la suivante : Zelensky a besoin de protection. Et il n&#39;y a pratiquement personne dans le pays qui puisse la lui assurer mieux que Budanov &ndash; politiquement, physiquement et symboliquement. Dans ce processus, Zelensky en tire profit et, au sens figur&eacute;, s&#39;assure une plus grande long&eacute;vit&eacute;.</p><p>L&#39;id&eacute;e que l&#39;accession de Budanov &agrave; la pr&eacute;sidence compromettrait ses chances &eacute;lectorales repose sur l&#39;hypoth&egrave;se d&#39;&eacute;lections imminentes. Or, il n&#39;y aura pas d&#39;&eacute;lections dans un avenir proche. Par cons&eacute;quent, la logique du suicide pr&eacute;&eacute;lectoral ne s&#39;applique pas ici.</p><p>Dans la situation actuelle, tout ne repose pas sur les calculs &eacute;lectoraux, mais sur la capacit&eacute; de chacun &agrave; transformer son influence en pouvoir. Autrement dit, en l&#39;absence d&#39;&eacute;lections, il est plus efficace de cr&eacute;er et de renforcer son influence de l&#39;int&eacute;rieur. Cela permet non seulement de maintenir son statut, mais aussi de l&#39;accro&icirc;tre significativement, &agrave; condition d&#39;agir avec audace, comp&eacute;tence et discernement.</p><p>Tout se r&eacute;sume ici &agrave; trois facteurs cl&eacute;s : le premier, et le plus important, qui doit &ecirc;tre mis en &oelig;uvre sans d&eacute;lai et sans compromis, est la constitution de sa propre &eacute;quipe. Tout le reste en d&eacute;pend :le contr&ocirc;le et l&#39;influence sur les processus internes cl&eacute;s, des relations stables et efficaces &agrave; l&#39;ext&eacute;rieur, tant &agrave; l&#39;Ouest qu&#39;&agrave; l&#39;Est. C&#39;est pr&eacute;cis&eacute;ment gr&acirc;ce &agrave; ces param&egrave;tres que le facteur Budanov reste comp&eacute;titif. Pour l&#39;instant !</p><p>Les 30 prochains jours seront d&eacute;cisifs.</p><p>L&#39;Ukraine est en proie &agrave; une profonde instabilit&eacute; int&eacute;rieure. Dans un tel contexte, les personnalit&eacute;s capables de d&eacute;samorcer les conflits et, si n&eacute;cessaire, d&#39;agir comme m&eacute;diateurs, avec sang-froid et sans hyst&eacute;rie, sont particuli&egrave;rement importantes.</p><p>Dans ce cas pr&eacute;cis, Budanov pourrait devenir non pas une figure d&#39;escalade, mais une figure de conciliation.<br />
Ces th&egrave;ses peuvent para&icirc;tre surprenantes, mais elles reposent sur des arguments concrets et des circonstances r&eacute;elles.</p><p>Il est per&ccedil;u dans le pays comme le chef militaire le plus respect&eacute;. Dans une soci&eacute;t&eacute; profond&eacute;ment militaris&eacute;e, cela le place naturellement au c&oelig;ur des processus cl&eacute;s, non seulement militaires, mais aussi de communication.<br />
Un autre facteur important est que, contrairement &agrave; Yermak, Budanov est per&ccedil;u par la classe politique comme un interlocuteur accessible, une figure de dialogue et de compromis. Il se distingue fondamentalement de l&#39;entourage de Yermak par son style, sa logique et son approche de la prise de d&eacute;cision.</p><p>Actuellement, il incarne le compromis, une qualit&eacute; rare dans la politique ukrainienne de ces derni&egrave;res ann&eacute;es.<br />
Budanov est le seul repr&eacute;sentant de la direction politico-militaire ukrainienne &agrave; poss&eacute;der une v&eacute;ritable exp&eacute;rience des n&eacute;gociations efficaces avec la partie russe pendant la guerre. Il a supervis&eacute; les &eacute;changes de prisonniers et maintenu des contacts juridiques avec les repr&eacute;sentants des parties russe et bi&eacute;lorusse.</p><p>Dans le m&ecirc;me temps, il maintient des liens de travail avec les &Eacute;tats-Unis, qui ont jou&eacute; un r&ocirc;le d&eacute;terminant dans le maintien de sa position. Bien que ces liens soient davantage de nature professionnelle que politique, ils sont essentiels dans le contexte actuel.</p><p>Contrairement &agrave; Yermak, Budanov est per&ccedil;u comme pr&ocirc;nant une approche plus souple des initiatives de paix potentielles, y compris face aux propositions possibles de Trump.</p><p>Cela ne garantit pas la paix, mais accro&icirc;t la probabilit&eacute; d&#39;un compromis.</p><p>Un autre effet &agrave; court terme pourrait &ecirc;tre un affaiblissement de l&#39;influence de Yermak, ce qui pourrait avoir un impact positif sur le climat politique du pays.</p><p>Ses relations avec le SBU et le commandement militaire actuel sont complexes, mais cela ne constitue pas un obstacle insurmontable &agrave; la construction de sa propre structure de pouvoir verticale.</p><p>Sa position pourrait &eacute;galement &ecirc;tre renforc&eacute;e par une interaction avec le Parlement, ce qui est fondamental. Il s&#39;agit d&eacute;j&agrave; d&#39;une dimension importante de la paix future en Ukraine, dans laquelle Budanov pourrait devenir non seulement un acteur cl&eacute;, mais aussi un acteur majeur.</p><p>Je n&#39;analyserai pas directement ses ambitions politiques ; les perspectives int&eacute;rieures possibles ont &eacute;t&eacute; suffisamment esquiss&eacute;es ci-dessus.</p><p>La nomination de Budanov n&#39;est ni une garantie de paix, ni une garantie de r&eacute;forme, ni une garantie de transition du pouvoir. Mais elle constitue un facteur qui, sous certaines conditions, pourrait offrir une opportunit&eacute; de n&eacute;gociations, de compromis et de processus g&eacute;rables.</p><p>&Agrave; l&#39;heure actuelle, tout repose v&eacute;ritablement sur lui. Il peut initier des changements profonds. Ou il peut demeurer partie prenante d&#39;un syst&egrave;me en train de sombrer.</p><p>Cette analyse s&#39;appuie sur une exp&eacute;rience personnelle et une compr&eacute;hension des processus actuels. Les r&eacute;sultats, &agrave; la fois rapides et concrets, nous diront ce qui se passera ensuite. Le processus est d&eacute;j&agrave; enclench&eacute;, et le mois prochain apportera de nombreux &eacute;claircissements&raquo;.</p><p>&nbsp;</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1204/sanctions-personnelles-de-lue-sous-regime-extralegal</guid>
	<pubDate>Fri, 02 Jan 2026 22:14:55 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1204/sanctions-personnelles-de-lue-sous-regime-extralegal</link>
	<title><![CDATA[Sanctions personnelles de l&#039;UE, sous régime extralégal]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>L'inscription par l’UE sur la liste des sanctions contre la Russie de Jacques Baud (analyste, commentateur politique et ancien colonel de l'armée suisse), a été un choc dans le milieu des médias alternatifs. Il figure parmi les nouvelles personnes sanctionnées, aux côtés notamment du franco-russe Xavier Moreau.C’est le deuxième Suisse à être sanctionné, après Nathalie Yamb, militante suisse-camerounaise contre le néocolonialisme.</p>

<p>«Être inscrit sur la liste des sanctions de l'UE est un coup dur pour les personnes concernées, surtout si elles résident dans un pays de l'UE ou un État étroitement associé comme la Suisse, la Norvège ou le Royaume-Uni. Cela signifie que leurs comptes bancaires seront gelés, leurs cartes de crédit annulées, qu'elles ne pourront plus conclure de contrats avec des entreprises ou des particuliers liés à l'UE, et qu'aucune entreprise de l'UE ne sera autorisée à faire affaire avec elles, ce qui, en théorie, les empêchera même d'acheter du pain et d'autres produits de première nécessité. De plus, de nombreuses entreprises internationales suspendent tous leurs services, y compris les services postaux, les plateformes de réseaux sociaux, etc. Même les banques suisses gèlent ou clôturent les comptes, craignant des sanctions en cas de non-respect de la réglementation européenne».</p>

<p>Les sanctions contre les citoyens et résidents de l'UE sont-elles illégales ?</p>

<p>Début janvier 2025, 59 personnes figuraient sur la liste des sanctions de l'UE contre la Russie. Initialement, cet outil ne visait que les hommes d'affaires russes et les personnes résidant en Russie (ce qui était déjà problématique), mais depuis 2024, l'UE utilise les sanctions comme un instrument de pression politique pour réprimer diverses formes de dissidence. Yamb a été sanctionnée pour son activisme contre le néocolonialisme français en Afrique, et Dogru pour son engagement en tant que journaliste allemande en faveur de la cause palestinienne.</p>

<p>Dans une société libre et libérale, fondée sur l'État de droit, les sanctions contre les citoyens et résidents sont illégales. Le député européen Michael von der Schulenburg a commandé un rapport dont la conclusion est claire: les sanctions violent le droit européen en vigueur relatif aux libertés individuelles.</p>

<p>Cependant, si les sanctions violent certains droits de l'UE, le Conseil Européen utilise d'autres droits de l'UE pour prendre ces mesures. D'un point de vue procédural, l'UE ne viole pas ses compétences parce que les sanctions ne sont pas une question de police nationale mais *une décision de politique étrangère*.</p>

<p>Politique Étrangère, À Des Fins Intérieures</p>

<p>Aucune loi, ni dans l'UE ni dans ses États membres, n'interdit les activités menées par les personnes figurant sur la liste des sanctions contre la Russie. Au contraire. Nombre de ces activités, comme l'activisme citoyen (Nathalie Yamb), le journalisme (Hüsseyin Dogru) ou la publication d'analyses géopolitiques (Jacques Baud), relèvent explicitement des libertés fondamentales.</p>

<p>C'est là le point crucial. Puisque les actes commis ne constituent pas des crimes, les sanctions prononcées à leur encontre ne sont pas non plus des mesures judiciaires. L'UE l'affirme clairement sur sa page d'information relative aux sanctions : Les mesures restrictives, ou « sanctions », qui sont prises à l'unanimité par le Conseil de l'Union, sont un outil essentiel de la politique étrangère et de sécurité commune de l'UE pour répondre aux défis et aux évolutions mondiales qui vont à l'encontre de ses objectifs et de ses valeurs. </p>

<p>Les sanctions ne sont pas punitives et visent plutôt à modifier la politique ou le comportement des personnes visées, afin de promouvoir les objectifs de la politique étrangère et de sécurité commune de l'UE.</p>

<p>«L'UE est parvenue à créer un système permettant au pouvoir exécutif, dans le cadre légal de sa politique étrangère, de qualifier le comportement de ses citoyens d'«indésirable» et d'imposer ensuite les mesures les plus draconiennes qui soient, le tout sans procès ni condamnation. Tout ce que Baud, Yamb, Dogru et d'autres ont fait (et font encore) est parfaitement légal au sein de l'UE. Mais le Conseil de l'Union européenne a le pouvoir de leur imposer des mesures coercitives pour «encourager» un changement de comportement. Et comme les États membres sont tenus par traité d'appliquer les sanctions de l'UE, les victimes ne disposent d'aucun recours devant les tribunaux nationaux ».</p>

<p>Non illégales. Extralégales.</p>

<p>Les sanctions ne sont pas illégales au sens d’une violation du protocole. Elles relèvent des pouvoirs conférés au Conseil de l’UE par le traité de Lisbonne et s’appuient sur une procédure établie et bien définie. Elles créent un régime permettant de contourner les garanties contre la persécution politique. En ce sens, elles doivent être considérées comme des mesures extralégales. Elles ouvrent la voie à une persécution de personnes en dehors du  système juridique que nous connaissons.</p>

<p>C’est pourquoi tous les principes habituels de la justice, tous les fondements du système juridique  sont inopérants  : le respect des droits de la défense, la présomption d’innocence, le droit d’être entendu avant toute condamnation, etc., ne s’appliquent pas car les sanctions elles-mêmes ne constituent pas des mesures judiciaires.</p>

<p>Le seul recours des victimes de ce système est de saisir la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE). Mais la CJUE se contente de vérifier la cohérence formelle de la décision de sanction. Elle ne vérifie pas la proportionnalité des accusations et du régime de sanctions imposé, ni leur conformité aux droits fondamentaux des personnes sanctionnées. La CJUE s'assure uniquement de la validité de la justification fournie. Autrement dit, la CJUE ne pourra ordonner au Conseil de l'UE de les radier de la liste que si les victimes peuvent démontrer l'inexactitude factuelle des informations figurant dans la base de données des sanctions. En revanche, si les accusations sont fondées, la CJUE confirmera les sanctions. Par conséquent, tant que le Conseil ne ment pas dans sa justification des sanctions, presque tout est possible. La CJUE s'en remet au Conseil de l'UE quant à l'importance politique de la sanction.</p>

<p>Mais même si la CJUE constate que le Conseil a utilisé un raisonnement erroné (autrement dit, que les accusations sont mensongères), ce dernier peut, à tout moment, réinscrire les personnes sur la liste des sanctions en se basant sur un raisonnement modifié. Dès lors, le cirque juridique recommence pour les victimes, qui doivent saisir à nouveau la CJUE. C'est ce qui est arrivé, par exemple, à Petr Aven et Mikhail Fridman, deux hommes d'affaires russes qui ont obtenu gain de cause contre le Conseil de l'UE en 2024, mais qui figurent toujours sur la liste des sanctions, malgré un raisonnement modifié. Le Conseil de l'UE dispose ainsi d'un pouvoir quasi absolu et illimité sur les personnes sanctionnées.</p>

<p>Le droit des personnes sanctionnées de faire appel devant la CJUE n'est, au mieux, qu'un prétexte fallacieux permettant à l'UE de faire croire à l'existence d'un véritable recours juridique. En réalité, accorder aux victimes ce faux accès à la CJUE rend (probablement) encore plus difficile pour elles d'obtenir gain de cause devant d'autres juridictions. Par exemple, étant donné que les sanctions constituent une grave atteinte à leurs droits humains, il ne fait aucun doute que les tribunaux des droits de l'homme (il en existe plusieurs) pourraient être saisis pour contester le régime. Cependant, pour que ces tribunaux puissent agir, l'un des principaux obstacles est de prouver que tous les recours internes ont été épuisés. Par conséquent, avant que la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) ne soit saisie, les chances pour les victimes de voir leur affaire examinée par un tribunal des droits de l'homme semblent relativement minces (il s'agit néanmoins d'une voie que les victimes devraient probablement explorer avec leurs avocats).</p>

<p>Retourner les armes vers l'intérieur</p>

<p>Ce n’est pas la première fois que les pays de l'UE et les États-Unis utilisent les sanctions depuis pour exercer des pressions extralégales sur les militants et les journalistes en Afrique et ailleurs. En réalité, il s'agit d'un comportement néocolonial classique.</p>

<p>Les États-Unis, eux aussi, utilisent les sanctions comme un outil pour réprimer des comportements légaux, comme en témoignent leurs attaques contre le personnel de la Cour pénale internationale (CPI) ou, plus récemment, les sanctions imposées à la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese.</p>

<p>A l’instar du Patriot Act, adopté après le 11 septembre, qui a donné au gouvernement américain le pouvoir d'utiliser à l'intérieur du pays des services de sécurité initialement destinés à protéger la nation uniquement contre les ennemis extérieurs, «l'extension des sanctions de l'UE contre des personnes au sein de l'UE (ou de l'espace Schengen) transforme un instrument de politique étrangère douteux en un instrument de politique intérieure encore plus abject».</p>

<p>Les armes utilisées pour lutter contre les injustices extérieures sont désormais retournées contre nous. C'est un exemple flagrant qui illustre pourquoi le silence face aux crimes commis par nos États à l'étranger finira par nous rattraper sur le plan intérieur.</p>

<p>«À l'heure actuelle, divers commentateurs, aussi bien dans la blogosphère que dans les médias traditionnels, tiennent des propos qui s'apparentent à : «Bien fait pour eux, ces traîtres !» Ces mêmes personnes comprendront un jour ce que signifie ce système si on le laisse se développer et s'étendre dans toute sa splendeur draconienne. Il sera alors trop tard. Soit cela cesse immédiatement, soit l'avenir de la liberté et de la démocratie au sein de l'UE est sombre ». </p>

<p>La mort eurocratique de la démocratie</p>

<p>«Mon seul espoir réside dans la révolte populaire contre ce régime de sanctions funeste. La répression politique exige des réponses politiques. Cependant, il faudra beaucoup d'efforts pour revenir en arrière. Même au niveau national, les États membres semblent se satisfaire de ce nouvel outil.</p>

<p>Florian Warweg, un courageux journaliste allemand,  a interrogé les porte-parole de son gouvernement lors de la Conférence fédérale de la presse (Bundespressekonferenz) le 17 décembre, au sujet de l'affaire Jacques Baud et de sa légalité. La réponse suffisante qu'il a reçue de Martin Giese, du ministère allemand des Affaires étrangères, en dit long sur la façon dont ces bureaucrates opaques perçoivent leurs actions et sur ce qu'ils nous réservent :</p>

<p>(…) les personnes qui commettent de tels actes peuvent être sanctionnées si le fondement juridique le permet et si le Conseil de l'Union européenne prend une décision en ce sens. C'est ce qui s'est passé lundi dernier, cela continuera de se produire, cela s'est déjà produit, et quiconque œuvre dans ce domaine doit s'attendre à ce que cela puisse également lui arriver. (…)<br />Tous ceux qui contestent ces sanctions disposent de tous les recours légaux possibles. Ils peuvent faire appel auprès du Conseil et saisir la Cour de justice de l'Union européenne.</p>

<p>« Voilà. C'est ainsi que la démocratie meurt (une fois de plus). Par décret et avec la suffisance bureaucratique. Bravo, Union européenne».</p>

<p><a href="https://x.com/PLottaz">Pascal Lottaz</a> est un professeur suisse associé à l'Université de Kyoto, où il étudie <a href="https://neutralitystudies.com/">la neutralité dans les relations internationales</a>. Il analyse ici le régime de sanctions de l’UE contre ses propres citoyens et résidents.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Fri, 02 Jan 2026 00:00:13 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[L’euro va s’effondrer. Ce n’est plus une opinion, c’est une certitude historique.]]></title>
	<description><![CDATA[<p>On nous répète que l’euro est « irréversible ». Qu’il n’y a « pas d’alternative ». Qu’en sortir serait le chaos.</p><p>C’est exactement ce que l’on dit toujours avant l’effondrement d’un système monétaire.</p><p>Car l’histoire est implacable : aucune monnaie imposée par une technocratie, sans peuple souverain derrière elle, n’a jamais survécu durablement. L’euro ne fait pas exception. Il ne s’agit plus d’opinion, mais de mathématiques, de dette… et de temps qui s’épuise.</p><p class="article-editor-paragraph article-editor-content__has-focus">Par Ludovic Malot, entrepreneur &amp; économiste, Auteur <a class="article-editor-link article-editor-link" href="https://www.editions-maia.com/livre/le-suicide-monetaire-malot-ludovic-9782384416400/" rel="noopener noreferrer">« Le Suicide Monétaire »</a> aux éditions Maïa</p><p class="article-editor-paragraph">Il faut avoir le courage de le dire clairement : l’euro est une construction condamnée.</p><p class="article-editor-paragraph">Non pas par idéologie, mais par arithmétique, histoire et logique politique.</p><p class="article-editor-paragraph">Toutes les grandes monnaies artificielles imposées par le haut, sans peuple souverain derrière elles, ont fini de la même manière. L’euro n’échappera pas à cette loi.</p>
<p>Une monnaie sans nation : une anomalie historique</p>
<p class="article-editor-paragraph">Aucune monnaie durable n’a jamais survécu sans :</p><p class="article-editor-paragraph">un État souverain,</p><p class="article-editor-paragraph">un budget commun,</p><p class="article-editor-paragraph">un peuple politiquement unifié,</p><p class="article-editor-paragraph">une responsabilité démocratique claire.</p><p class="article-editor-paragraph">L’euro n’a aucun de ces fondements.</p><p class="article-editor-paragraph">Vingt pays, des structures économiques opposées, des cultures fiscales incompatibles, des cycles économiques divergents… liés par une seule monnaie rigide. C’est une aberration macroéconomique.</p><p class="article-editor-paragraph">Déjà dans les années 1960, Jacques Rueff avertissait :</p><p class="article-editor-paragraph">« L’inflation est l’impôt le plus injuste, car il frappe d’abord les plus faibles. »</p><p class="article-editor-paragraph">C’est exactement ce que produit l’euro aujourd’hui.</p>
<p>Une machine à dettes et à déséquilibres</p>
<p class="article-editor-paragraph">Les chiffres parlent d’eux-mêmes :</p><p class="article-editor-paragraph">Dette publique moyenne de la zone euro : ≈ 90 % du PIB</p><p class="article-editor-paragraph">Italie : ≈ 140 %</p><p class="article-editor-paragraph">France : ≈ 112 %</p><p class="article-editor-paragraph">BCE : bilan passé de 1 200 milliards € en 2007 à plus de 7 500 milliards €</p><p class="article-editor-paragraph">Déséquilibres TARGET2 : plus de 1 100 milliards € pour l’Allemagne seule</p><p class="article-editor-paragraph">Ces chiffres ne décrivent pas une zone monétaire saine, mais une fuite en avant permanente, rendue possible uniquement par la planche à billets et la répression financière.</p><p class="article-editor-paragraph">Rueff parlait déjà de cette dérive :</p><p class="article-editor-paragraph">« Le déficit budgétaire est la forme moderne de la banqueroute. »</p><p class="article-editor-paragraph">L’euro n’a pas supprimé les crises : il les a mutualisées, masquées, puis aggravées.</p>
<p>La BCE : cœur technocratique du problème</p>
<p class="article-editor-paragraph">La Banque centrale européenne n’est pas une banque centrale classique.</p><p class="article-editor-paragraph">C’est un organe politique non élu, qui :</p><p class="article-editor-paragraph">fixe les taux pour 450 millions d’Européens,</p><p class="article-editor-paragraph">redistribue silencieusement la richesse par l’inflation,</p><p class="article-editor-paragraph">choisit quels États survivent… et à quel prix.</p><p class="article-editor-paragraph">Quand une monnaie ne peut survivre que par des taux artificiellement bas, des rachats de dettes massifs et des règles constamment violées, ce n’est plus une monnaie : c’est un dispositif de contrôle.</p>
<p>L’euro comme instrument de domination</p>
<p class="article-editor-paragraph">L’euro n’est plus un projet de prospérité.</p><p class="article-editor-paragraph">C’est devenu un outil disciplinaire :</p><p class="article-editor-paragraph">austérité imposée aux peuples,</p><p class="article-editor-paragraph">chantage budgétaire,</p><p class="article-editor-paragraph">mise sous tutelle des États,</p><p class="article-editor-paragraph">destruction progressive des souverainetés nationales.</p><p class="article-editor-paragraph">Aucune tyrannie technocratique n’est éternelle. L’histoire est formelle : quand la monnaie devient un instrument de domination plutôt que d’échange, elle finit toujours par être rejetée.</p>
<p>Comment l’euro disparaîtra</p>
<p class="article-editor-paragraph">Pas par un vote.</p><p class="article-editor-paragraph">Pas par une conférence solennelle.</p><p class="article-editor-paragraph">Mais par :</p><p class="article-editor-paragraph">une crise obligataire majeure,</p><p class="article-editor-paragraph">une fracture Nord-Sud irréversible,</p><p class="article-editor-paragraph">une perte de confiance brutale,</p><p class="article-editor-paragraph">ou une sortie unilatérale déclenchée par nécessité.</p><p class="article-editor-paragraph">Toutes les grandes monnaies artificielles meurent de la même façon : par la réalité.</p>
<p>Conclusion</p>
<p class="article-editor-paragraph">L’euro ne sera pas sauvé.</p><p class="article-editor-paragraph">Il sera abandonné.</p><p class="article-editor-paragraph">Non parce que les peuples le voudront soudain, mais parce que les lois économiques sont plus fortes que les dogmes idéologiques.</p><p class="article-editor-paragraph">Jacques Rueff l’avait compris avant beaucoup d’autres : on ne triche pas durablement avec la monnaie sans en payer le prix.</p><p class="article-editor-paragraph">L’euro n’est pas une fatalité.</p>
<p>Sa disparition est une certitude historique.</p>
<p class="article-editor-paragraph">La seule question est désormais :</p><p class="article-editor-paragraph">qui aura le courage de s’y préparer — et qui paiera l’addition finale ?</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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