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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Thu, 18 Dec 2025 12:20:54 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La fin de l&#039;Occident | Nicolas Baverez]]></title>
	<description><![CDATA[<p dir="ltr" id="docs-internal-guid-d8829e30-7fff-8603-b116-1919f7f9d327">Le pseudo-plan de paix des &Eacute;tats-Unis et les n&eacute;gociations engag&eacute;es avec la Russie pour forcer l&#39;Ukraine &agrave; une capitulation inconditionnelle alors qu&#39;elle n&#39;a pas perdu la guerre, puis la publication par Trump, le 4 d&eacute;cembre, l&#39;Administration Tr de la &laquo;Strat&eacute;gie nationale de s&eacute;curit&eacute;, pr&eacute;lude &agrave; un rapatriement significatif des forces am&eacute;ricaines stationn&eacute;es en Europe, marquent beaucoup plus qu&#39;un tournant g&eacute;opolitique, une rupture historique. Ils actent la fin de l&#39;Occident, qui a domin&eacute; le monde de la fin du XVe si&egrave;cle jusqu&#39;au d&eacute;but du XXI si&egrave;cle.</p><p dir="ltr">En 1918, d&eacute;j&agrave;, dans une Allemagne en ruine, Oswald Spengler avait annonc&eacute; le d&eacute;clin de l&#39;Occident en raison des d&eacute;r&egrave;glements du capitalisme, du d&eacute;racinement des masses, de la chute de sa vitalit&eacute; et de la perte de ses valeurs. Son jugement &eacute;tait exact pour l&#39;Europe, qui s&#39;est suicid&eacute;e mat&eacute;rielle-XXe si&egrave;cle. Mais l&#39;Occident s&#39;&eacute;tait r&eacute;incarn&eacute; dans les ment et moralement avec les grandes guerres du &Eacute;tats-Unis, qui jou&egrave;rent un r&ocirc;le d&eacute;cisif dans la victoire des d&eacute;mocraties lors des trois conflits mondiaux, en 1918, en 1945 et en 1989, r&eacute;int&eacute;gr&egrave;rent l&#39;Allemagne, l&#39;Italie et le Japon parmi les nations libres, soutinrent la reconstruction et l&#39;int&eacute;gration de l&#39;Europe apr&egrave;s 1945.</p><p dir="ltr">Alors m&ecirc;me que Francis Fukuyama c&eacute;l&eacute;brait son triomphe et l&#39;av&egrave;nement pour l&#39;&eacute;ternit&eacute; de la d&eacute;mocratie de march&eacute;, alors m&ecirc;me que la mondiali sation semblait placer le XXIe si&egrave;cle sous le signe de son apoth&eacute;ose, l&#39;Occident s&#39;est d&eacute;sint&eacute;gr&eacute; jusqu&#39;&agrave; se trouver aujourd&#39;hui isol&eacute;, divis&eacute; et domin&eacute;. pays occidentaux ne rassemblent plus que 1,3 milliard des 8 milliards d&#39;hommes qui peuplent la plan&egrave;te. Le d&eacute;collage du Sud a r&eacute;duit le poids du G7 de 75% &agrave; 45% du PIB mondial depuis 1975, l&#39;Asie (35% du PIB mondial) produisant d&eacute;sormais plus que les &Eacute;tats-Unis (25%) ou l&#39;Union europ&eacute;enne (14%). La Chine et l&#39;Inde figurent d&eacute;sormais dans les cinq premi&egrave;res &eacute;conomies de la plan&egrave;te et ambitionnent de retrouver le r&ocirc;le de premier rang qui fut le leur avant la r&eacute;volution industrielle.</p><p dir="ltr">Les tyrannies modernes dominent 72% des habitants de la plan&egrave;te contre 46% en 2012 et contr&ocirc;lent plus de la moiti&eacute; du PIB mondial. Leurs institutions et leurs principes demeurent tr&egrave;s h&eacute;t&eacute;rog&egrave;nes, mais elles sont align&eacute;es autour de la volont&eacute; de construire un monde post-occidental organis&eacute; autour de zones d&#39;influence imp&eacute;riales et r&eacute;gies par les rapports de force. Le bloc des empires autoritaires est adoss&eacute; &agrave; l&#39;alliance nou&eacute;e entre la Chine et la Russie, sur laquelle se greffent de mani&egrave;re opportuniste l&rsquo;iran et la Turquie. Il dispose d&#39;alli&eacute;s et de relais puissants avec la Cor&eacute;e du Nord, Cuba ou le Venezuela.&nbsp;</p><p dir="ltr">La dynamique de d&eacute;soccidentalisation du monde la crise int&eacute;rieure et &agrave; la r&eacute;gimes autoritaires qu&#39;&agrave; la d&eacute;sunion des d&eacute;mocraties. Apr&egrave;s l&#39;effondrement de l&#39;Union sovi&eacute;tique, elles ont renonc&eacute; &agrave; stabiliser le syst&egrave;me international, faisant de 1989 une paix manqu&eacute;e comme en 1918, et c&eacute;d&eacute; &agrave; la grande illusion de la fin de l&#39;histoire. Le d&eacute;clin &eacute;conomique, la paup&eacute;risation et la d&eacute;stabilisation des classes moyennes, l&#39;encha&icirc;nement des guerres perdues ont d&eacute;bouch&eacute; sur la d&eacute;composition d&eacute;mocratie.</p><p dir="ltr">N&eacute;e en 2016 avec le Brexit et l&#39;&eacute;lection de Donald Trump, la vague populiste a d&eacute;ferl&eacute; sur les &Eacute;tats-Unis et l&#39;Europe. Elle culmine avec le second mandat de Donald Trump, plac&eacute; sous le signe de la transformation de l&#39;Am&eacute;rique en d&eacute;mocratie illib&eacute;rale. Les &Eacute;tats-Unis sont d&eacute;sormais align&eacute;s sur les r&eacute;gimes autoritaires, qu&#39;il s&#39;agisse de la g&eacute;n&eacute;ralisation du mensonge et de la peur ou de la politique &eacute;trang&egrave;re qui fait de la Chine un comp&eacute;titeur, de la Russie un partenaire, des alli&eacute;s asiatiques des clients, de l&#39;Europe un adversaire et une proie.</p><p dir="ltr">Sous son caract&egrave;re h&eacute;t&eacute;roclite, la strat&eacute;gie de s&eacute;curit&eacute; nationale des &Eacute;tats-Unis est tout enti&egrave;re guid&eacute;e par le slogan America First et align&eacute;e sur le partage du monde en zones d&#39;influence port&eacute;es par la Chine et la Russie, qui n&#39;ont pas manqu&eacute; de s&#39;en f&eacute;liciter. Les &Eacute;tats-Unis entendent disposer d&#39;un monopole strat&eacute;gique dans l&#39;h&eacute;misph&egrave;re occidental, affichant un pr&eacute;tendu corollaire Trump qui s&#39;ajouterait &agrave; la doctrine Monroe de 1823 et au corollaire Roosevelt de 1904. L&#39;Asie-Pacifique et Ta&iuml;wan sont abandonn&eacute;s &agrave; la Chine, au nom d&#39;une approche purement mercantile. La Russie n&#39;est pas pr&eacute;sent&eacute;e comme une menace mais comme un partenaire indispensable au service de la stabilit&eacute; strat&eacute;gique. L&#39;Europe est vivement critiqu&eacute;e pour son d&eacute;clin d&eacute;mographique et &eacute;conomique, ses violations de la libert&eacute; et son hostilit&eacute; &agrave; la Russie, alors que les principaux p&eacute;rils qui la menaceraient seraient l&#39;immigration et la r&eacute;glementation. Son avenir et la p&eacute;rennit&eacute; de son alliance avec les &Eacute;tats-Unis auraient pour condition la d&eacute;sint&eacute;gration de l&#39;Union et le gouvernement de ses nations par les partis dits patriotiques&raquo;, en r&eacute;alit&eacute; d&#39;extr&ecirc;me droite.</p><p dir="ltr">Le constat est donc clair. Donald Trump a r&eacute;alis&eacute; ce dont Staline avait r&ecirc;v&eacute; et que Xi et Poutine ont plac&eacute; au c&oelig;ur de leurs projets imp&eacute;riaux : l&#39;&eacute;clatement de l&#39;Occident, la destruction de l&#39;ordre mondial de 1945, le divorce des Etats-Unis avec L&rsquo;Europe mais aussi avec leurs alli&eacute;s asiatiques, le ravalement des &Eacute;tats-Unis de nation indispensabile en puissance r&eacute;gionale.&nbsp;</p><p dir="ltr">Pour l&#39;Europe, le choc est tellurique. Il contraste avec la faiblesse de ses dirigeants, priv&eacute;s de toute volont&eacute;, de toute dignit&eacute;, de toute lucidit&eacute; ,&nbsp; de Kaja Kallas &acirc;nonnant que &ldquo;les Etats-Unis restent nos grands alli&eacute;s&rdquo;.&nbsp;</p><p dir="ltr">Donald Trump a parfaitement raison de d&eacute;noncer la perte de dynamisme d&eacute;mographique et &eacute;conomique avec le recul de 25% &agrave; 14% du PIB mondial depuis 1980, l&#39;exc&egrave;s de bureaucratie, la perte de contr&ocirc;le de l&#39;immigration, l&#39;abandon de souverainet&eacute;. En revanche, il est mal fond&eacute; &agrave; d&eacute;noncer les insuffisances de nos d&eacute;mocraties, alors qu&#39;il est l&#39;auteur d&#39;une tentative de coup d&#39;&Eacute;tat et qu&#39;il a corrompu l&#39;Am&eacute;rique en d&eacute;mocratie il lib&eacute;rale.&nbsp;</p><p dir="ltr">L&#39;Europe a pour alternative sa vassalisation et son partage au terme d&#39;un nouveau Yalta entre les &Eacute;tats-Unis et la Russie, ou bien sa transformation en puissance souveraine et en bloc autonome dans le monde le monde multipolaire, volatile et bellig&egrave;ne du XXIe si&egrave;cle.</p><p dir="ltr">Si elle souhaite pr&eacute;server sa libert&eacute; et sa civilisation, elle doit imp&eacute;rativement assurer par elle-m&ecirc;me sa s&eacute;curit&eacute;. D&#39;o&ugrave; trois priorit&eacute;s.</p><p dir="ltr">1) Le soutien massif &agrave; l&#39;Ukraine, ce qui passe par la mobilisation des 215 milliards d&#39;euros d&#39;avoirs gel&eacute;s chez Clearstream pour financer les 150 milliards de transferts n&eacute;cessaires dans les deux prochaines ann&eacute;es.</p><p dir="ltr">2) L&#39;acc&eacute;l&eacute;ration du r&eacute;armement pilot&eacute; non par l&#39;Union, qui n&#39;a aucune comp&eacute;tence, mais par un directoire des grandes nations, dont le Royaume-Uni.</p><p dir="ltr">3) Un effort majeur de comp&eacute;titivit&eacute; avec l&#39;application effective du rapport de Mario Draghi, qui devrait &ecirc;tre nomm&eacute; &agrave; la t&ecirc;te de la Commission en remplacement d&#39;Ursula von der Leyen, qui incarne la faiblesse et la capitulation de l&#39;Union.</p><p dir="ltr">Dans un monde de pr&eacute;dateurs, l&#39;Europe est en tr&egrave;s grand danger. Mais elle b&eacute;n&eacute;ficie aussi d&#39;une chance unique de reprendre pied avec le XXIe si&egrave;cle et d&#39;en devenir un acteur majeur si elle renoue avec la libert&eacute; et la raison qui fond&egrave;rent son succ&egrave;s et forment le coeur de son destin comme de sa civilisation.</p><p dir="ltr">&nbsp;</p><p dir="ltr"><a href="https://www.lefigaro.fr/vox/monde/nicolas-baverez-la-fin-de-l-occident-20251214">Nicolas BAVEREZ </a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Thu, 18 Dec 2025 11:18:32 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1179/la-chute-de-l%E2%80%99occident-nicolas-baverez</link>
	<title><![CDATA[La chute de l’Occident | Nicolas Baverez]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L&rsquo;Occident a perdu sa cr&eacute;dibilit&eacute; et montr&eacute; sa vuln&eacute;rabilit&eacute; en &eacute;chouant &agrave; g&eacute;rer les risques syst&eacute;miques et les chocs qui caract&eacute;risent le XXIe si&egrave;cle.</p><p>L&rsquo;Occident a domin&eacute; le monde de la fin du XVe&nbsp;si&egrave;cle au d&eacute;but du XXe&nbsp;si&egrave;cle, exportant ses modes de production, ses institutions et ses id&eacute;es sur tous les continents &agrave; travers trois grands mouvements de mondialisation&nbsp;: le XVIe&nbsp;si&egrave;cle avec les grandes d&eacute;couvertes ; le XIXe&nbsp;si&egrave;cle avec la convergence de la colonisation, de la r&eacute;volution industrielle et du libre-&eacute;change ; la fin du XXe&nbsp;si&egrave;cle avec l&rsquo;effondrement de l&rsquo;empire sovi&eacute;tique, l&rsquo;universalisation et la d&eacute;r&eacute;gulation du capitalisme, le basculement dans l&rsquo;&egrave;re num&eacute;rique. Le succ&egrave;s de l&rsquo;Occident a repos&eacute; sur quatre principes&nbsp;: l&rsquo;invention du capitalisme ; le progr&egrave;s de la science pour conna&icirc;tre et valoriser l&rsquo;univers ; la construction de la libert&eacute; politique qui permet aux individus et aux nations de d&eacute;cider de leur destin ; enfin, la conscience de l&rsquo;unit&eacute; et de la solidarit&eacute; des nations libres face aux soci&eacute;t&eacute;s d&rsquo;Ancien R&eacute;gime puis aux totalitarismes.</p><p>La troisi&egrave;me mondialisation a sembl&eacute; marquer le triomphe de l&rsquo;Occident, en faisant entrer l&rsquo;humanit&eacute; dans l&rsquo;&acirc;ge de l&rsquo;histoire universelle. Elle a en r&eacute;alit&eacute; provoqu&eacute; sa chute. La part des grands pays d&eacute;velopp&eacute;s dans la production mondiale a &eacute;t&eacute; ramen&eacute;e de 45 &agrave; 30 % tandis que le centre de gravit&eacute; du capitalisme basculait vers l&rsquo;Asie.</p><p>Le syst&egrave;me g&eacute;opolitique est devenu multipolaire et le leadership des &Eacute;tats-Unis s&rsquo;est d&eacute;compos&eacute; en m&ecirc;me temps qu&rsquo;ils d&eacute;mantelaient l&rsquo;ordre mondial de 1945. Enfin, les d&eacute;mocraties occidentales ont &eacute;t&eacute; frapp&eacute;es par une crise existentielle li&eacute;e &agrave; la d&eacute;stabilisation des classes moyennes, faisant le lit des mouvements et des dirigeants populistes.</p><p>L&rsquo;Occident a perdu sa cr&eacute;dibilit&eacute; et montr&eacute; sa vuln&eacute;rabilit&eacute; en &eacute;chouant &agrave; g&eacute;rer les risques syst&eacute;miques et les chocs qui caract&eacute;risent le XXIe&nbsp;si&egrave;cle. &Agrave; la suite des attentats du 11 septembre 2001, il a encha&icirc;n&eacute; les conflits sans fin. Il s&rsquo;est r&eacute;v&eacute;l&eacute; incapable de ma&icirc;triser le krach financier de 2008 provoqu&eacute; par l&rsquo;emballement de l&rsquo;&eacute;conomie de bulles. Aujourd&rsquo;hui, &agrave; la rare exception de l&rsquo;Allemagne ou d&rsquo;Isra&euml;l, il d&eacute;montre son incapacit&eacute; &agrave; g&eacute;rer l&rsquo;&eacute;pid&eacute;mie de coronavirus et cumule catastrophe sanitaire, &eacute;croulement &eacute;conomique et troubles politiques.</p><p>L&rsquo;Occident fait d&eacute;sormais face &agrave; de puissantes forces qui lui sont hostiles et qui entendent le supplanter.</p><p>Mais l&rsquo;origine de sa chute est int&eacute;rieure, li&eacute;e &agrave; la corruption de ses valeurs, de ses institutions et de ses m&oelig;urs.</p><p>Le capitalisme de bulles a d&eacute;laiss&eacute; la production pour la sp&eacute;culation et l&rsquo;innovation pour la rente&nbsp;: il repose sur un mod&egrave;le &eacute;conomique et social insoutenable associant croissance faible, surendettement et accroissement vertigineux des in&eacute;galit&eacute;s. L&rsquo;ignorance et la d&eacute;magogie cultiv&eacute;es par les dirigeants politiques et par les r&eacute;seaux sociaux ont nourri le m&eacute;pris pour l&rsquo;&eacute;ducation et pour la science, cr&eacute;ant un foss&eacute; entre une &eacute;lite ma&icirc;trisant les nouvelles technologies et la population. La d&eacute;mocratie a &eacute;t&eacute; largement vid&eacute;e de son sens par l&rsquo;&eacute;rosion des contre-pouvoirs et de l&rsquo;&Eacute;tat de droit, l&rsquo;asservissement du d&eacute;bat public aux passions collectives, la d&eacute;ification des identit&eacute;s qui ont euthanasi&eacute; l&rsquo;id&eacute;e de bien commun, la tyrannie du court terme qui interdit toute vision de l&rsquo;avenir. Enfin, comme dans les ann&eacute;es 1930, l&rsquo;unit&eacute; des nations libres s&rsquo;est d&eacute;faite avec le tournant nationaliste, protectionniste et isolationniste des &Eacute;tats-Unis, le Brexit et la divergence de plus en plus explosive de l&rsquo;Europe entre le Nord et le Sud &ndash; autour de la gouvernance de l&rsquo;euro &ndash; comme entre l&rsquo;Ouest et l&rsquo;Est &ndash; qui a bascul&eacute; dans l&rsquo;autoritarisme sous l&rsquo;influence de la Hongrie de Viktor Orban.</p><p>L&rsquo;Occident a ainsi perdu son leader, avec la trahison par les &Eacute;tats-Unis de l&rsquo;h&eacute;ritage des P&egrave;res fondateurs comme de leurs alli&eacute;s, sa strat&eacute;gie et sa colonne vert&eacute;brale avec l&rsquo;Otan, mais surtout ses principes avec le d&eacute;voiement de la libert&eacute; politique et l&rsquo;abandon des droits de l&rsquo;homme. La force de l&rsquo;Occident a tenu &agrave; sa capacit&eacute; &agrave; se remettre r&eacute;guli&egrave;rement en question &agrave; travers la comp&eacute;tition entre les individus, les entreprises et les nations, tout en restant fid&egrave;le &agrave; ses valeurs. Il doit aujourd&rsquo;hui se r&eacute;inventer, quitte &agrave; s&rsquo;inspirer de la Cor&eacute;e du Sud et de Ta&iuml;wan. En &eacute;laborant un nouveau pacte &eacute;conomique et social inclusif.</p><p>En r&eacute;orientant le capitalisme vers la production, l&rsquo;innovation et la transition &eacute;cologique. En investissant massivement dans l&rsquo;&eacute;ducation &agrave; la science, aux technologies mais aussi &agrave; la citoyennet&eacute;. En ranimant le d&eacute;bat public et en r&eacute;engageant les citoyens dans la vie des nations. En reconstruisant une alliance des d&eacute;mocraties face aux menaces des d&eacute;mocratures et du djihadisme.</p><p>En renouant avec le fil de son destin qui se confond avec la libert&eacute;. Non pour dominer le monde mais pour d&eacute;fendre, dans l&rsquo;environnement g&eacute;opolitique tr&egrave;s chaotique et dangereux du XXIe&nbsp;si&egrave;cle, la conciliation de la diversit&eacute; des cultures et l&rsquo;existence de valeurs universelles qui fondent la dignit&eacute; des hommes.</p><p>(Chronique parue dans&nbsp;Le Figaro du 04 mai 2020)</p><p>&gt;&nbsp;<a href="http://www.lefigaro.fr" target="_blank">Lefigaro.fr</a></p><p>&nbsp;</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1178/80-ans-plus-tard-rien-na-change</guid>
	<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 20:37:29 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1178/80-ans-plus-tard-rien-na-change</link>
	<title><![CDATA[80 ans plus tard rien n&#039;a changé ...]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Aujourd'hui E.Macron voudrait nous imposer la bonne parole par un Label décidé par ses amis de RSF par exemple ...</p>

<p>Ceci nous rappelle que ...<br />Durant sa détention lors des procès de Nuremberg, Hermann Göring a eu plusieurs entretiens avec le psychologue américain Gustav Gilbert. </p>

<p>Dans l'une d'elles, consignée dans le journal de Gilbert, Göring faisait une observation froide et cynique sur la façon dont on peut amener les gens à la guerre. Il dit à Gilbert, presque avec désinvolture : « Les gens ordinaires ne veulent pas la guerre. Pourquoi un fermier risquerait-il sa vie ? » Son plus grand espoir est de rentrer chez lui sain et sauf. </p>

<p>C'est la même chose partout : en Russie, en Angleterre, en Amérique, même en Allemagne. Le peuple ne veut pas la guerre, c'est clair. Göring poursuivit ensuite en développant l'idée qui le préoccupait : « Mais au final, ce ne sont pas les gens qui décident de la politique. Ce sont les dirigeants, élus ou pas. Et quel que soit le système – démocratie, dictature, gouvernement parlementaire ou régime totalitaire – il est toujours étonnamment facile d'amener la population à suivre la direction souhaitée. » </p>

<p>Gilbert a tenté de rétorquer : « Mais en démocratie, c'est différent. Les citoyens peuvent exprimer leur volonté par l'intermédiaire des personnes qu'ils élisent. » </p>

<p>La réponse de Göring fut cinglante : « Oui, c’est bien beau en théorie. Mais en pratique, on peut manipuler les gens partout. Il suffit de leur répéter qu’ils sont menacés. Et quiconque appelle à la prudence ou à la paix peut être aussitôt accusé de manque de patriotisme et de mettre le pays en danger. Cette méthode fonctionne partout. » </p>

<p>Ce dialogue est consigné par Gustav Gilbert dans son « Journal de Nuremberg » (Nürnberger Tagebuch), daté du 18 avril 1946, et reste l'une des définitions les plus claires de la propagande politique moderne.</p>

<p>80 ans plus tard rien n'a changé ...</p>

<p>En France le vrai danger c'est E.Macron.</p>

<p>En Europe c'est U.Van der Leyen.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1177/jacques-baud-nous-repond-%E2%80%93-voix</guid>
	<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 13:19:57 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1177/jacques-baud-nous-repond-%E2%80%93-voix</link>
	<title><![CDATA[Jacques BAUD nous répond – Voix]]></title>
	<description><![CDATA[<p>– Bonjour Jacques BAUD! Vous vous rappelez bien sûr la <a href="https://helenerichardfavre.ch/?s=Jacques+BAUD">série d’entretiens</a> que nous avions menés ensemble sur ce blog. C’était un article de Sylvain BESSON qui avait motivé ma démarche auprès de vous <a href="https://helenerichardfavre.ch/serie-dentretiens-avec-jacques-baud-auteur-de-gouverner-par-les-fake-news/">pour en savoir un peu plus</a>. Nous étions début septembre 2020. </p><p>Voici ce même journaliste reprendre un article paru sur <a href="https://www.rferl.org/a/eu-blacklist-russia-sanctions-shadow-fleet/33619173.html">Radio free Europe</a> et parler de vous en termes que je vous serais reconnaissante de commenter. L’article en question, paru sur le site de la <a href="https://www.tdg.ch/jacques-baud-lex-agent-secret-suisse-sanctionne-par-lue-741232896311">Tribune de Genève</a>, est déjà suivi de plus de 300 commentaires. Qu’avez-vous à nous en dire?</p><p>Jacques BAUD: Merci pour votre question. Oui, j’ai été surpris par cette information, même si je ne sais pas encore en ce moment si elle est vraie ou non. Je pars de l’idée qu’elle l’est.</p><p>Mon approche du conflit russo-ukrainien (comme des autres, d’ailleurs) est d’exposer les faits afin de comprendre ce qui se passe, avec la finalité d’y trouver une solution. Comme je le répète souvent: « de la manière de comprendre une crise découle celle de la résoudre ». Cette compréhension doit se faire indépendamment de toute préférence pour l’une ou l’autre des parties en présence. Aujourd’hui, particulièrement en Europe, si votre appréciation s’écarte un tant soit peu de la ligne officielle, vous êtes considéré comme « pro-russe » ou « conspirationniste ». Si vous lisez les commentaires des différentes interviews que j’ai accordées, les commentaires « équilibrés », « factuels » ou « balancés » reviennent le plus souvent. Après une interview qui a été publiée sur un média américain, un internaute a commenté: « Bien que Baud soit pro-ukrainien, il a bien compris la position russe! ». On est aux antipodes de ce que racontent nos journalistes. En novembre 2022, le journaliste suisse Jean-Philippe Schaller de la RTS déclarait que j’<a href="https://youtu.be/bEv4-IJsl9k?t=1510">étais un agent</a> au service de Vladimir Poutine! Quelles sont ses sources? Aucune: c’est du conspirationnisme pur et simple.</p><p>Le problème aujourd’hui est que si l’on dit que « la Russie gagne » on est automatiquement considéré comme « pro-russe ». Mais la victoire ou la défaite de l’un ou de l’autre ne dépend pas de ce que nous disons ou pensons! C’est une réalité. On pourrait même aller plus loin, j’ai expliqué dès 2022 pourquoi l’Ukraine perdait. Si on en avait tenu compte et aidé l’Ukraine non pas pour affaiblir la Russie mais pour qu’elle gagne, elle gagnerait aujourd’hui. Tout était parfaitement clair à la fin 2022. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les Américains ont conseillé à Zelensky <a href="https://www.washingtonpost.com/national-security/2022/11/05/ukraine-russia-peace-negotiations/">d’ouvrir un dialogue</a> avec la Russie.</p><p>Nos journalistes croient aider l’Ukraine, mais c’est faux. À Bruxelles, j’ai été à quatre reprises arrêté dans la rue par des Ukrainiens (de Kharkiv, Odessa et Dniepropetrovsk) qui m’ont remercié pour ce que je fais. Un Ukrainien m’a même envoyé une carte postale avec le timbre de l’attaque contre le croiseur russe Moskva dans la Mer Noire. Nous avons un regard plus polarisé que les Ukrainiens eux-mêmes sur ce conflit. D’ailleurs, pour ceux qui veulent prendre la peine de lire mes livres, ils constateront que je n’utilise aucune source russe, mais exclusivement la presse ukrainienne et américaine: je prends la presse européenne (suisse en particulier) pour les mauvais exemples! Nos journalistes n’utilisent que l’information qui sort des bureaux de l’administration ukrainienne. Les journalistes ukrainiens sont beaucoup plus honnêtes et professionnels que les nôtres. La catastrophe de la bataille de Krinky, sur le Dniepr, par exemple, a été rapportée en grands détails avec des critiques sérieuses contre les militaires britanniques qui l’avaient planifiée et dirigée. Pas un mot dans nos médias. Lisez mes livres. Il y a des centaines de notes: elles viennent presque toutes de médias ukrainiens ou américains.</p><p>Aujourd’hui, même le premier ministre belge reconnaît qu’une <a href="https://newsukraine.rbc.ua/news/russia-won-t-lose-belgium-s-pm-makes-controversial-1764794303.html">défaite de la Russie est une illusion</a>. C’était déjà ce que les Américains pensaient en novembre 2022, lorsqu’ils ont conseillé à Zelensky d’ouvrir un dialogue avec Moscou. Dire que la Russie ne perd pas ne signifie pas que l’on est pro-russe, c’est un avertissement. Qu’ont fait les Besson et autres plumitifs pour tenir compte de ces avertissements et faire en sorte que l’on aide l’Ukraine efficacement ? Rien! Rien du tout, à part vociférer contre la Russie. Le problème est qu’aujourd’hui le narratif entre en collision avec la réalité et, après 4 ans (!), le système se défend en interdisant les vues qui ne lui plaisent pas. J’ai décrit exactement les mécanismes internes à la conduite ukrainienne qui la défavorisaient sur le terrain. Qui s’en est soucié pour améliorer la conduite ukrainienne? Personne. Aujourd’hui, on s’aperçoit qu’on a loupé une occasion. Cette guerre, qu’on le veuille ou non, est plus dictée par la haine de la Russie que par l’amour de l’Ukraine. Même Zelensky s’en est aperçu.</p><p>Lorsque Sylvain Besson m’a appelé vendredi 12 décembre, il m’a demandé si je croyais que la Russie avait bien attaqué l’Ukraine, j’ai répondu que oui, mais que je pense qu’il y a eu provocation, exactement comme en Géorgie en 2008, et que je m’appuyais sur une interview d’Olekseï Arestovitch (alors conseiller de Zelensky), dans une <a href="https://www.youtube.com/watch?v=1xNHmHpERH8">interview du 18 mars 2019</a> au média ukrainien Apostrof’, lors de laquelle il explique qu’il faudra une guerre avec la Russie pour pouvoir entrer dans l’OTAN et que cette guerre aurait probablement lieu en « 2021-2022 ».  À ceci s’ajoutent les observations faites par les observateurs de l’OSCE entre le 16 et le 21 février 2022, qui montraient une claire intensification des frappes contre les populations du Donbass. Sans compter le décret du 24 mars 2021 de Zelensky qui déclare la reprise de la Crimée et qui marque le début de la montée en puissance de l’Ukraine sur les pourtours du Donbass. Évidemment, Besson s’est bien gardé de le mentionner dans son article!… et pour cause!</p><p>Mais il y a d’autres choses pas honnêtes. Par exemple, j’ai toujours refusé les invitations de médias officiels russes, parce que je voulais éviter que mes analyses puissent être instrumentalisées à des fins de propagande. J’ai expliqué ça aux journalistes russes qui l’ont très bien compris. Les médias mentionnés par Besson (Agoravox, media 4-4-2 et RT) sont des médias qui ont repris (sans me le demander) des interviews faites sur d’autres plateformes et/ou vendues par elles. Omerta est un média qui m’interviewe occasionnellement, dont le directeur (Régis le Sommier) apparaît également sur Europe 1 et d’autres médias mainstream français.</p><p>Quant à la présence de soldats nord-coréens en Ukraine, je ne l’ai pas mise en doute. J’ai mis en doute leur intégration dans les forces russes. Et les faits m’ont donné raison.  La conférence à laquelle j’ai participé à Winterthour portait sur la neutralité de la Suisse. Je ne me suis jamais exprimé sur les questions liées au Covid et aux vaccins, comme le suggère Besson. Contrairement à ce qu’il affirme, je n’ai jamais participé à la « formation d’armées locales », j’ai toujours été engagé dans le cadre des Nations Unies et sous leur contrôle.</p><p>Conclusion: une fois de plus, Sylvain Besson ne s’est pas montré comme un  journaliste intègre. Une étude de l’Université d’Uppsala (pas une officine comme Conspiracy Watch payée par le gouvernement britannique!) le qualifie de <a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/09546553.2014.849930?scroll=top&amp;needAccess=true">conspirationniste et d’inspirateur d’Anders Breivik</a>, responsable de la tuerie d’Utoya.</p><p>Dans tous les cas de figure, penser que l’UE conduit l’Ukraine à sa perte n’est – à ma connaissance – pas un délit!</p><p>-Merci beaucoup de vos réponses, Jacques BAUD. Et juste encore pour préciser à nos lecteurs que si vous avez donc eu droit à être fiché conspirationniste par Conspiracy Watch, du seul fait de vous avoir <a href="https://www.conspiracywatch.info/sur-rt-france-jacques-baud-coche-toutes-les-cases-du-conspirationnisme-geopolitique.html">interrogé sur mon blog m’a valu d’être étiquetée telle sur ledit site.</a> C’est dire où on en est!</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
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	<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 12:43:54 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1176/trump-prepare-t-il-la-prochaine-crise-economique-europeenne</link>
	<title><![CDATA[Trump prépare-t-il la prochaine crise économique européenne ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://legrandcontinent.eu/fr/p/gilles-gressani/" class="text-red no-underline">Gilles Gressani</a><br />31 juillet 2025</p>
<p>Le dernier volume papier du Grand Continent paru sous la direction de <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2025/07/30/face-a-trump-leurope-ramasse-les-coquillages-une-conversation-avec-giuliano-da-empoli/">Giuliano da Empoli</a> — L’Empire de l’ombre  : guerre et terre au temps de l’IA — est disponible <a href="https://legrandcontinent.eu/shop/produit/empire-de-lombre/">par ici</a>, ainsi <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/offre-legc-x/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">qu’en abonnement</a></p>
<p>Au-delà des tarifs, vous êtes persuadés que nous sommes en train de manquer un élément central de la stratégie de Donald Trump de vassalisation du continent.</p>
<p>L’annonce de l’accord avec Donald Trump marque <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2025/07/29/le-jour-de-la-dependance/">un déclassement politique</a> et ouvre un risque réel de <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2025/07/29/le-jour-de-la-dependance/">dissolution de l’Union européenne</a> — mais sur le plan économique quelque chose de bien pire que n’importe quel effet de droits de douane se dessine en ce moment.</p>
<p>De quoi s’agit-il ?</p>
<p>Pour comprendre ce qui se joue, il faut faire quelques pas en arrière. </p><p>Car, loin des projecteurs du spectacle trumpiste, quelque chose s’est passé ces derniers mois d’extrêmement étonnant. </p><p>Depuis janvier, les économies qui ont récemment noué des accords asymétriques avec Trump — comme celui de dimanche avec Ursula von der Leyen — ont acheté 400 milliards de dollars supplémentaires de dette publique américaine. </p>
<p><a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2025/02/21/lempire-aux-pieds-dargile-la-faille-economique-du-projet-de-donald-trump/">La stratégie conçue</a> par le conseiller économique de Trump — <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2025/02/28/la-doctrine-miran-le-plan-de-trump-pour-disrupter-la-mondialisation/">Stephen Miran</a> — d’absorption de l’immense dette américaine par un tribut impérial est-elle en train de fonctionner ?</p>
<p>Depuis le début de son second mandat, Trump montre qu’il est pleinement conscient de la principale vulnérabilité américaine — celle que nous avions appelée précédemment <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2025/02/21/lempire-aux-pieds-dargile-la-faille-economique-du-projet-de-donald-trump/">son talon d’Achille</a>. </p><p>Elle découle de l’état extrême du cycle de l’endettement accumulé au cours du dernier quart de siècle aux États-Unis.</p><p>Sous Clinton, en 2001, les comptes étaient excédentaires. Depuis, chaque événement majeur a creusé davantage le déficit : l’éclatement de la bulle Internet, le 11 septembre, les baisses d’impôts pour les riches sous Bush, les guerres en Irak et en Afghanistan, la crise Lehman et ses suites, les baisses d’impôts pour les entreprises sous Trump, la crise Covid, puis les politiques industrielles de Biden. </p><p>À chaque fois, il y a un choc, puis un ajustement partiel, mais on ne revient jamais en arrière. Le déficit s’aggrave par paliers.</p>
<p>Et il ne semble pas y avoir de consensus pour corriger cette trajectoire dans la politique américaine.</p>
<p>Absolument. Ni les républicains, ni les démocrates ne sont prêts à faire les sacrifices nécessaires. Les finances publiques deviennent alors le réceptacle de toutes les tensions sociales et politiques du pays — c’est un contexte qu’a connu, dans une tout autre dimension, l’Italie dans les années 70-80.</p>
<p>À ce stade, quelle est la place de la dette américaine dans le monde ?</p>
<p>Je pense qu’on ne se rend pas toujours compte de l’immensité de son poids.</p><p>Aujourd’hui, la dette américaine représente plus d’un tiers de la dette publique mondiale, 35 000 milliards de dollars sur un total de 102 000 milliards, selon les données du Fonds monétaire international, et les deux-tiers de la dette de l’OCDE (59 000 milliards).</p><p>Un autre chiffre impressionnant : la moitié des nouveaux titres de dette émis dans le monde en 2025 seront des bons du Trésor américains.</p>
<p>Face à l’inertie de cette dette immense, l’administration Trump cherche donc à éviter une crise de la dette sans demander de sacrifices aux différentes composantes de sa coalition — les électeurs non-éduqués, les investisseurs de Wall Street et les seigneurs de la tech ?</p>
<p>Oui c’est exactement cela.</p><p>Plusieurs pistes sont explorées. D’abord, les droits de douane sont vus comme une taxe indirecte sur les étrangers — même si, en réalité, ce sont les consommateurs américains qui en paient le prix. Ensuite, <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2025/04/07/pourquoi-le-dollar-americain-va-continuer-de-dominer-le-monde-geopolitique-des-stablecoins/">Trump favorise la diffusion des stablecoins</a>, car les émetteurs sont obligés d’investir leurs réserves en bons du Trésor américain. </p><p>Mais ce sont là des solutions partielles. </p><p>Les États-Unis sont à un stade avancé de dégradation fiscale. En 2024, ils ont dû trouver des acheteurs pour l’équivalent de près d’un tiers de leur PIB en titres de nouvelle émission. </p><p>Et cela ne va pas s’arrêter là. Car Trump ne fera qu’empirer les choses, avec les plus de 3 000 milliards de nouveau déficit promis au cours des dix prochaines années via son « Big Beautiful Bill ».</p>
<p>C’est impressionnant, d’autant que les États-Unis connaissent pourtant croissance et plein emploi…</p>
<p>Et pourtant, après Israël, qui était en guerre, les États-Unis ont eu en 2024 le déficit le plus élevé de l’OCDE en proportion du PIB. </p><p>L’OCDE montre qu’ils ont la plus forte nécessité de refinancement parmi les 38 démocraties avancées, bien qu’en Italie, la dette a continué de grimper et en France, elle a littéralement explosé .</p>
<p>Mais justement, pourquoi serait-il difficile pour les États-Unis de trouver des acheteurs pour leur dette — un défaut américain semble inconcevable ? </p>
<p>Le Trésor américain doit retourner constamment sur les marchés pour emprunter des montants colossaux. Si ce n’était pas l’Amérique, avec son dollar, sa suprématie technologique et militaire, un tel pays aurait déjà sombré.</p><p>Pour contrôler le coût des intérêts, qui approche désormais les 1 000 milliards de dollars, les administrations récentes ont privilégié des titres à très court terme — les fameux bills. </p><p>En cela, il y a une continuité totale de méthode entre l’administration Biden, quand Janet Yellen était Secrétaire au Trésor, et l’administration Trump, dont la politique est mise en œuvre par Scott Bessent qui a revendiqué hier cette proximité . </p><p>Résultat : les États-Unis ont aujourd’hui la part de dette à court terme la plus élevée de l’OCDE, et celle-ci a le plus progressé ces cinq dernières années. Cela les rapproche des pays émergents, incapables de se financer à long terme. </p>
<p>Et c’est là qu’intervient la pression de Donald Trump sur le président de la Réserve fédérale, Powell ?</p>
<p>D’abord je remarque que Donald Trump attaque Powell et la Fed dans un style typique d’un autocrate de pays en développement. L’affaire des 2,5 milliards pour la rénovation du siège n’est qu’un prétexte pour le virer de ces fonctions sous de fausses apparences constitutionnelles.</p><p>L’objectif, c’est de soumettre la Fed. Virer son président pour y placer un fidèle lors du prochain renouvellement, au plus tard en mai 2026.</p>
<p>La Fed et Powell semblent aujourd’hui la seule institution qui prétende une forme d’autonomie face au recentrement exécutif total mené par Donald Trump — quelles seraient les conséquences d’une Fed soumise à la Maison-Blanche ?</p>
<p>Une Fed politisée pourrait baisser les taux comme Trump le souhaite, même si le plein emploi et une inflation importée par les droits de douane ne le justifieraient pas. Cela réduirait immédiatement le coût des intérêts, au moins des obligations à court-terme sur les plus de 10 000 milliards de dollars de dette émise chaque année. Cela relancerait l’inflation, ce qui produirait une érosion de la valeur réelle du stock de dette existant.</p>
<p>Pensez-vous qu’il s’agit d’un autre coup politico-narratif de Donald Trump, une sorte de défaut masqué — comme les tarifs sont une sorte d’impôt géopolitiquement déguisé ?</p>
<p>Oui, c’est exactement cela. </p><p>Le Trésor rembourserait les montants promis, mais en dollars dévalués par l’inflation. Les intérêts pèseraient moins car les recettes fiscales gonfleraient avec les prix. Et, en dernier recours, Trump pourrait même ordonner à la Fed de racheter directement la dette publique.</p><p>Selon Ray Dalio, fondateur du fonds Bridgewater, ce serait un « défaut non déclaré » . </p>
<p>Et c’est là qu’intervient le risque pour les économies européennes, n’est-ce pas ?</p>
<p>Nous ne nous en rendons pas bien compte, mais le risque est direct, profond, presque existentiel.</p><p>Notre degré d’exposition est massif. </p><p>Aujourd’hui, l’Europe est le premier créancier mondial du gouvernement américain, devant la Chine et le Japon. Rien qu’en Belgique et au Luxembourg, on trouve 827 milliards de dollars de créances sur les États-Unis. Ajoutez la France (375 milliards), l’Irlande (327), l’Allemagne (102), et les investissements de la zone euro dans la dette américaine sont 1,5 fois ceux du Japon et deux fois ceux de la Chine. Et cela sans compter les flux via la Suisse (303 milliards) ou le Royaume-Uni (809 milliards). </p><p>Au total, l’exposition de la zone euro pourrait atteindre 2 000 milliards de dollars sur 9 000 de dette extérieure américaine.</p>
<p>Mais il n’y aurait pas aussi un risque pour l’économie américaine ?</p>
<p>Oui ce type d’inflation peut devenir très dangereuse, comme en Italie à l’époque ou plus récemment en Turquie sous Erdoğan. Mais tout laisse penser que c’est bien le plan de Trump. Un retour à la période 1941–1951, quand la Fed garantissait le financement de la guerre à Roosevelt.</p>
<p>Et malgré tout, nos achats de dette américaine continuent — pourquoi ?</p>
<p>C’est le plus surprenant. </p><p>Depuis janvier, alors que le dollar a perdu 13 % face à l’euro, les principaux créanciers étrangers des États-Unis n’ont pas réduit leur exposition. Au contraire, ils ont acheté pour 400 milliards de dollars supplémentaires de dette Trump.</p>
<p>Faut-il chercher une explication géopolitique ou politique plutôt qu’économique ?</p>
<p>Les chiffres parlent d’eux-mêmes.</p><p>La Chine continue à réduire son exposition lentement mais sûrement.</p><p>Ce sont surtout le Japon (+73 milliards), le Canada (+80), la France (+40), la Belgique (+37) — des pays qui ont adopté d’une manière plus ou moins forcée une position conciliante vis-à-vis de Trump — qui se sont engagés dans cet achat.</p>
<p>Comment expliquer cette stratégie, au vu des pertes déjà enregistrées et des risques que nous courons en augmentant notre exposition ?</p>
<p>Je n’ai aucune réponse. Je sais seulement que ceux qui ont acheté ont déjà perdu beaucoup, à cause de la dépréciation du dollar. Et si Trump affaiblit la Fed, cela ne fera que provoquer de nouvelles baisses du dollar. </p><p>Une baisse de 10 % supplémentaire — hypothèse plausible — ferait chuter de 200 milliards d’euros la valeur de nos investissements européens en dette américaine.</p>
<p>Mais qui prend ces décisions d’achat en Europe ? </p>
<p>C’est précisément l’un des points les plus problématiques. En Europe, les investisseurs en bons du Trésor américain sont de nature très diverse : banques centrales, certes, mais aussi institutions financières privées, fonds d’investissement, particuliers… </p><p>Les choix d’allocation ne résultent pas d’un centre décisionnel unique, comme en Chine. </p>
<p>Existe-t-il une forme de stratégie collective ?</p>
<p>Non, et c’est là qu’apparaît la faiblesse politique de la zone euro : une incapacité persistante à penser les grandes questions dans une optique systémique et globale. Au lieu d’une politique coordonnée, on assiste à une accumulation de décisions fragmentées, sans prise en compte des effets d’ensemble – sur les rapports de force politiques, les négociations commerciales, ou même la stabilité économique.</p><p>C’est un cas évident de problème d’action collective. </p><p>Et dans le monde trumpiste, nous pouvons nous interroger sur le rôle que pourraient jouer les grands régulateurs financiers européens. Ces derniers pourraient engager un dialogue plus ouvert avec le politique – non pas de façon contraignante, mais soft, pour orienter les grandes décisions d’allocation privées. </p><p>Il ne faut pas sacrifier l’autonomie en Europe, mais nous devons apprendre à fonctionner comme un système, justement, face à des puissances comme la Chine ou les États-Unis qui, elles, agissent comme des systèmes cohérents.</p>
<p>L’Europe pourrait-elle de nouveau être la grande perdante de l’offensive trumpiste ?</p>
<p>Tout à fait. Trump pourrait être le premier à en souffrir, bien sûr, si les investisseurs étrangers dans les actions américaines provoquaient une nouvelle chute de Wall Street. </p><p>Mais ce qui est certain, c’est que le plan de Trump semble se dessiner, et que l’assaut contre la Fed est aussi un assaut contre nous, Européens. Et cette fois-ci le coût économique pourrait faire bien plus de mal que les droits de douane.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1175/pourquoi-limmigration-massive-nest-pas-une-solution</guid>
	<pubDate>Tue, 16 Dec 2025 09:31:33 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1175/pourquoi-limmigration-massive-nest-pas-une-solution</link>
	<title><![CDATA[Pourquoi l&#039;immigration massive n&#039;est pas une solution.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Le conférencier utilise des boules de chewing-gum pour démontrer pourquoi l'immigration massive n'est pas une solution pour lutter contre la pauvreté.</p>
<p>
<iframe height="240" src="https://www.youtube.com/embed/cAfov7HN4yU" width="320"></iframe>
</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1174/la-suisse-et-lunion-europeenne</guid>
	<pubDate>Tue, 16 Dec 2025 09:17:00 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1174/la-suisse-et-lunion-europeenne</link>
	<title><![CDATA[La Suisse et l&#039;Union européenne.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>La confrontation entre la démocratie directe suisse et la technocratie européenne n’est pas un simple désaccord politique : c’est un choc de légitimités.<br />D’un côté, un peuple qui décide. De l’autre, des élites qui imposent.<br />Ce texte montre pourquoi la Suisse représente aujourd’hui le dernier bastion de souveraineté populaire en Europe.</p>

<p>La démocratie directe suisse face à la technocratie européenne : le choc des légitimités</p>

<p>L’Union européenne a une doctrine simple : les traités priment sur les peuples.</p>

<p>« Il ne peut y avoir de choix démocratiques contre les traités européens. »<br />— Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, 2015</p>

<p>Tout est dit.<br />Dans cette phrase, tout le projet technocratique européen est résumé : neutraliser la volonté populaire derrière la façade du droit.<br />Des traités écrits par des technocrates, pour des technocrates — sans mandat, sans peuple, sans contre-pouvoir.</p>

<p>En Suisse, c’est l’inverse.<br />Le peuple décide. Le gouvernement exécute.<br />La démocratie directe n’est pas un folklore institutionnel, c’est le cœur battant de notre souveraineté.</p>

<p>Et c’est précisément ce que Bruxelles ne supporte pas.</p>

<p>« La démocratie directe suisse est contraire aux intérêts des 27 pays européens. »<br />— Ursula von der Leyen, citée par André Bercoff, 2023</p>

<p>Il ne s’agit plus d’un débat de politiques, mais d’un affrontement entre deux visions du monde.</p>

<p>L’Europe post-démocratique : les décisions se prennent à huis clos, entre eurocrates, juges non élus et lobbies transnationaux.</p>

<p>La Suisse confédérale : le peuple est l’autorité suprême, le référendum un droit vivant, le vote une arme pacifique.</p>

<p>Deux systèmes irréconciliables.<br />Deux légitimités qui ne peuvent coexister.</p>

<p>En France, le peuple a dit NON à 55 % à la Constitution européenne en 2005.<br />Bruxelles a répondu : « Mauvaise réponse. »<br />Le même texte fut imposé sous un autre nom — le traité de Lisbonne — par voie parlementaire.<br />Un viol démocratique maquillé en progrès.</p>

<p>En Suisse, un tel scénario serait impensable.<br />Ici, le peuple est souverain.<br />Ni le Conseil fédéral, ni les juges étrangers, ni Bruxelles ne peuvent se substituer à lui.</p>

<p>On ne mélange pas l’huile et l’eau.<br />Et on ne mélange pas une démocratie directe vivante avec un système technocratique qui ne croit plus aux peuples.</p>

<p>La technocratie européenne ne supporte pas la liberté populaire.<br />Elle la considère comme un bug dans le système, une anomalie à corriger.<br />Mais la Suisse n’est pas un bug.<br />Elle est un bastion — le dernier d’Europe où la voix du citoyen compte plus que celle des experts payés par les lobbies.</p>

<p>À chaque nouvelle négociation Suisse-UE, certains rêvent d’« harmonisation », d’« adoption dynamique du droit européen ».<br />Mais soumettre la démocratie directe à la logique technocratique, c’est tuer l’âme de la Suisse.</p>

<p>La Suisse n’a pas à s’aligner sur un modèle post-démocratique : elle doit en être l’antidote.<br />Défendre notre démocratie directe, ce n’est pas refuser l’Europe :<br />c’est rappeler à l’Europe ce qu’elle a oublié — la souveraineté des peuples.</p>

<p>La vigilance n’est pas de la colère.<br />C’est le prix de la liberté.<br />Un peuple qui dort laisse gouverner ceux qui le trahissent.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1173/comment-la-dystopie-du-%E2%80%9Ccredit-social%E2%80%9D-a-la-chinoise-a-disparu-des-radars</guid>
	<pubDate>Mon, 15 Dec 2025 23:04:14 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1173/comment-la-dystopie-du-%E2%80%9Ccredit-social%E2%80%9D-a-la-chinoise-a-disparu-des-radars</link>
	<title><![CDATA[Comment la dystopie du “crédit social” à la chinoise a disparu des radars]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>BRUNO GUIGUE<br />Aug 03, 2025</p>

<p>Après des années de délire interprétatif sur le thème du contrôle totalitaire, les médias occidentaux, tant bien que mal, ont fini par redécouvrir les vertus du réel.</p>

<p>Traquant obstinément les preuves d’une “dictature totalitaire”, les médias occidentaux et leurs prétendus experts se sont jetés avec gourmandise, pendant des années, sur le “crédit social” à la chinoise. A les croire, ce dispositif aurait soumis l’ensemble de la population à un système orwellien de surveillance généralisée et de contrôle total. Permettant d’évaluer au jour le jour l’ensemble des comportements individuels, il aurait été assorti d’un système de notation et de sanctions impitoyables. Observé, noté, brimé sans limites par les exécutants d’un pouvoir tentaculaire, le malheureux citoyen chinois vivrait dans la hantise de cette épée de Damoclès. Asservi aux technologies les plus liberticides, tétanisé par la peur de commettre une faute, il accomplirait ses tâches quotidiennes avec la docilité de celui qui doit son salut à une obéissance totale.</p>

<p>Évidemment, tous ceux qui connaissent la Chine savent que cette histoire est un conte à dormir debout. On a beau chercher, on trouve difficilement un citoyen chinois qui relève du système en question, et la plupart d’entre eux ignorent en quoi il consiste. L’explication est simple : en réalité, seuls 2% de la population environ ont été concernés par l’application d’un dispositif qu’on nous a longtemps présenté dans les médias occidentaux comme universel, englobant et “totalitaire”. C’est un bon exemple, parmi d’autres, de ces polémiques qui monopolisent l’attention malveillante des professionnels de la désinformation, alors qu’ils n’intéressent guère la majorité des Chinois et affectent rarement leur vie quotidienne.</p>

<p>Susciter des comportements vertueux</p>

<p>En quoi consiste précisément, en effet, le “système chinois du crédit social” ? En 2014, une directive du pouvoir central de la République populaire de Chine a invité les autorités de différents niveaux à mettre en place un dispositif ayant trois caractéristiques. Prioritairement destiné aux entreprises, il devait d’abord chercher à fluidifier les interactions financières. Ensuite, il devait reposer sur l’expérimentation locale avant d’envisager une extension nationale. Enfin, il devait susciter des comportements vertueux dans l’ensemble de la société.</p>

<p>A noter que l’objectif éthique du dispositif est clairement assumé au plus haut niveau de l’État, même si l’expression correspondante n’apparaît qu’au second rang dans le rapport de Xi Jinping au XXe Congrès du PCC : “Dans le cadre du développement du projet d’éducation morale des citoyens, nous ferons rayonner les vertus traditionnelles chinoises, renforcerons l’esprit familial, l’éducation familiale (..) et élèverons le niveau de moralité et de civisme du peuple. Nous promouvrons la culture de l’honnêteté et améliorerons les mécanismes permanents du crédit social”.</p>

<p>Le PCC entend ainsi promouvoir les valeurs civiques au moment où l’individualisme, sous l’effet de la libéralisation économique, a le vent en poupe. Dans une société de tradition holiste comme la société chinoise, cette injonction n’est pas nouvelle, et la tonalité confucéenne du propos dans la Chine d’aujourd’hui n’est guère plus surprenante.</p>

<p>Retour au réel</p>

<p>Les médias occidentaux, quant à eux, semblent avoir subitement redécouvert les vertus du réel après plusieurs années de délire interprétatif. Pourquoi un tel retournement ? Il semble que l’événement déclencheur ait été la publication d’une étude particulièrement rigoureuse par la prestigieuse MIT Review, le 22 novembre 2022 (1).</p>

<p>“Pour la plupart des gens en dehors de la Chine, les mots ‘système de crédit social’ évoquent une image instantanée : un réseau de technologies à la ‘Black Mirror’ qui note automatiquement tous les citoyens chinois en fonction de ce qu’ils ont fait de bien et de mal. Mais la réalité est que ce système terrifiant n’existe pas, et le gouvernement central ne semble pas non plus avoir envie de le construire”, souligne d’emblée l’étude du MIT.</p>

<p>En fait, “le système sur lequel le gouvernement central est en train de travailler vise à réglementer le crédit financier, à permettre aux agences gouvernementales de partager des données et à promouvoir des valeurs morales sanctionnées par l’État. A ce jour, il n’y a aucune preuve que ce système ait été utilisé abusivement en vue d’un contrôle social généralisé, bien qu’il reste possible qu’il puisse être utilisé pour restreindre certains droits individuels”. Voilà qui a le mérite d’être clair, mais il faut reconnaître que la fable dystopique du “crédit social” avait déjà été ébranlée par un article de la revue Foreign Policy du 15 septembre 2021, lequel fournissait un bon résumé de la situation : “Le système de crédit social chinois est en réalité assez ennuyeux. Un système soi-disant orwellien qui est fragmenté, localisé et principalement destiné aux entreprises”.</p>

<p>En France, c’est L’Express qui dévoile le pot aux roses le 3 décembre 2022 : “Le terrifiant système chinois de ‘notation sociale’ n’a pas de réalité. Le pays, qui vit une forte montée de l’endettement privé, cherche surtout à éviter des excès. Le projet de la Chine de construire un système de ‘crédit social’ a fait l’objet d’innombrables caricatures. A cause de documentaires fallacieux ou de séries d’anticipation comme ‘Black Mirror’, le ‘crédit social’ évoque immédiatement un système de notation automatique pour la plupart des gens vivant en dehors de la Chine. Combien de fois avons-nous entendu à la télé, à la radio, dans un dîner, l’exemple de ces gens qui, après avoir traversé hors des passages piétons, voient leur visage affiché sur des écrans publics, leur note baisser et leur compte en banque prélevé d’une amende ?”</p>

<p>Solvabilité financière et solvabilité sociale</p>

<p>Revenons donc à la réalité du “crédit social” chinois pour tenter de comprendre sur quels éléments la supercherie médiatique a pu s’appuyer et prospérer aussi longtemps, brouillant les pistes d’une compréhension rationnelle de ce programme fort complexe.</p>

<p>Lorsque le gouvernement chinois a décidé de créer le système de crédit social, en effet, le terme recouvrait deux aspects différents : la solvabilité financière et la solvabilité sociale. “La solvabilité financière est un concept familier en Occident : le système documente l’historique financier des particuliers ou des entreprises et prédit leur capacité à rembourser les emprunts futurs. Parce que l’économie de marché dans la Chine moderne est beaucoup plus jeune, le pays manque d’un système fiable pour consulter les dossiers financiers des particuliers et des entreprises. Construire un tel système, destiné à aider les banques et les autres acteurs du marché à prendre des décisions commerciales, est une mission essentielle et peu controversée”, explique l’étude du MIT.</p>

<p>Bien sûr, la notion de solvabilité sociale soulève davantage de questions. “Fondamentalement, le gouvernement chinois dit qu’il doit y avoir un niveau de confiance plus élevé dans la société, et pour nourrir cette confiance, le gouvernement lutte contre la corruption, les escroqueries aux télécommunications, l’évasion fiscale, la publicité mensongère, le plagiat universitaire, la contrefaçon de produits, la pollution, etc. Dans ce système, non seulement les individus et les entreprises seront tenus responsables, mais les institutions juridiques et les agences gouvernementales le seront également”.</p>

<p>Le problème, c’est qu’une définition extensive des objectifs poursuivis a semé involontairement la confusion. “Le gouvernement semble croire que tous ces problèmes sont vaguement liés à un manque de confiance et que l’établissement de la confiance nécessite une solution unique. Ainsi, tout comme la notation du crédit financier aide à évaluer la solvabilité d’une personne, il pense qu’une certaine forme de crédit social peut aider les gens à évaluer la fiabilité des autres à d’autres égards. En conséquence, la notation de crédit dite sociale est souvent regroupée avec la notation de crédit financière dans les discussions politiques, même s’il s’agit d’un domaine beaucoup plus récent avec peu de précédents dans d’autres sociétés”.</p>

<p>Ce qui a rendu la situation déroutante, c’est que “les gouvernements locaux ont parfois confondu ces deux éléments”. Par exemple, “la province du Liaoning envisage de récompenser le don de sang dans le système de crédit financier, alors qu’au niveau national les deux dispositifs sont séparés”. Particulièrement zélées, certaines autorités locales ont imprudemment exploité le filon en tentant d’élargir le système au contrôle de la population. Devant les réactions peu enthousiastes de la société civile comme du pouvoir central, elles ont généralement dû revoir à la baisse leurs prétentions.</p>

<p>Un dispositif destiné aux entreprises</p>

<p>Dans les faits, il s’agit donc pour l’essentiel d’un dispositif destiné aux entreprises. Le seul système qui fonctionne à l’échelle nationale est le système de “contrôle du crédit”, rendu public en 2006 et mis à jour en 2020. Selon le chercheur français Pierre Sel, l’un des rares à avoir étudié le sujet de manière approfondie, il faut comprendre ce qu’est vraiment le crédit social et “casser les mythes orwelliens”. Si l’on s’en tient à une définition rigoureuse, le “système de crédit social” sert deux fonctions principales : “faciliter le partage de l’information entre les administrations, et mettre en place un mécanisme de récompenses et de sanctions”.</p>

<p>“Afin de faciliter le partage d’informations, explique le chercheur dans une tribune publiée par Les Échos, l’État construit des bases de données à disposition des administrations. Ces données sont issues tant de l’administration fiscale, du régulateur financier, que des départements en charge de la protection de l’environnement, etc. Elles concernent majoritairement les entreprises : licence, historique juridique, déclarations fiscales – 73% des documents liés au crédit social concernent les entreprises” (2).</p>

<p>Consultable sur internet, le portail du crédit social contient surtout des données sur les entreprises, les administrations, les hôpitaux ou les particuliers qui ont manqué à leurs obligations et qui peuvent s’amender en modifiant leur comportement. “Pour ce qui est de la mise en place d’un mécanisme de récompenses et sanctions, le système de crédit social permet de pénaliser une entreprise si elle est reconnue coupable par une administration compétente d’avoir enfreint les lois en vigueur”, note Pierre Sel.</p>

<p>Cette entreprise “est alors ajoutée sur une liste noire et se voit appliquer les sanctions correspondantes. Elles incluent le plus souvent des restrictions pour l’accès aux financements ou aux marchés publics. Loin de former un système monolithique notant les individus en fonction de leur comportement quotidien, le système de crédit social punit principalement les enregistrements frauduleux d’entreprises, les chauffeurs Uber dont la licence est expirée, les ventes de médicaments non autorisés, etc.”</p>

<p>S’agissant des particuliers, qu’en est-il du système punitif si souvent présenté de manière alarmante par les médias occidentaux ? “Pour les individus, les sanctions les plus sévères sont réservées aux personnes qui refusent de rembourser leurs dettes tout en ayant la capacité de le faire. Cela reste encore à nuancer : l’inscription sur cette liste ne s’effectue qu’après trois rappels à la loi. Par exemple, les personnes qui n’ont pas payé les indemnités fixées par le tribunal se voient interdire de voyager en avion ou d’envoyer leurs enfants dans des écoles privées coûteuses, au motif qu’elles constituent une consommation de luxe. Globalement, on peut dire que le système de crédit social concerne surtout les entreprises et qu’il affecte très peu la vie de 98% des Chinois”.</p>

<p>Exit, donc, le mythe orwellien cher aux reportages à sensation façon ARTE. “Existe-t-il donc un score de crédit social centralisé calculé pour chaque citoyen chinois ? Non. Contrairement à la croyance populaire, il n’y a pas de score central de crédit social pour les individus. Et franchement, le gouvernement central chinois n’a jamais parlé d’en vouloir un”, lit-on dans l’étude publiée par la MIT Review. “Alors pourquoi les gens, en particulier en Occident, pensent-ils qu’il y en a ? Eh bien, puisque le gouvernement central a donné peu d’indications sur la façon de construire un système de crédit social qui fonctionne dans les domaines non financiers, il a ouvert la porte aux municipalités pour expérimenter leurs propres solutions. En conséquence, de nombreux gouvernements locaux ont introduit des programmes pilotes qui cherchent à définir à quoi ressemble la réglementation du crédit social, et certains sont très controversés”.</p>

<p>Des initiatives trop zélées</p>

<p>Le meilleur exemple est Rongcheng, une petite ville d’un demi-million d’habitants qui a mis en place le système de pointage de crédit social le plus célèbre au monde : “En 2013, la ville a commencé à donner à chaque résident une cote de crédit personnelle de base de 1 000 qui peut être influencée par ses bonnes et ses mauvaises actions. Par exemple, la ville a décidé que diffuser des informations nuisibles sur WeChat, les forums et les blogs enlevait 50 points, tandis que “gagner une compétition sportive ou culturelle de niveau national rapportait 40 points”.</p>

<p>Or la plupart de ces expériences ont tourné court. “Ces systèmes de notation ont eu un impact très limité en Chine, car ils n’ont jamais été élevés au niveau provincial ou national. Mais lorsque la nouvelle de programmes pilotes comme celui de Rongcheng s’est propagée en Occident, elle a sonné l’alarme pour les activistes et les médias, et certains ont dit qu’elle concernait toute la population chinoise. Comment savons-nous que ces programmes pilotes ne deviendront pas des règles officielles pour tout le pays ? Personne ne peut en être sûr à 100%, mais il convient de rappeler que le gouvernement central chinois a annulé les actions illégales de certains gouvernements locaux en matière de crédit social”.</p>

<p>Les médias occidentaux, à l’époque, se sont bien gardés d’en parler : en décembre 2020, le conseil d’État chinois a publié une directive visant à réguler l’activité des gouvernements locaux utilisant le système de crédit social pour punir des actions insignifiantes comme le recyclage incorrect ou le non-port du masque. Cette directive nationale a demandé aux gouvernements locaux de “ne punir que les comportements qui sont illégaux en vertu du système législatif actuel de la Chine et de ne pas aller au-delà”. A plusieurs reprises, des dispositifs locaux ont été modifiés à la demande du pouvoir central, suite à des plaintes ou à des contrôles révélant que certaines mesures locales étaient “incompatibles avec l’État de droit”. La ville de Rongcheng, par exemple, a dû mettre à jour sa réglementation locale sur les scores de crédit social et “permettre aux résidents de se retirer du programme de notation”.</p>

<p>Corollaire du mythe orwellien de la notation généralisée, un autre mythe tenace est celui de l’utilisation massive de la haute technologie pour ficher toute la population. “Y a-t-il une technologie de pointe, comme l’intelligence artificielle, impliquée dans le système ?” interroge l’article du MIT. “Globalement, non. C’est un autre mythe courant sur le système de crédit social en Chine : les gens s’imaginent que pour suivre les comportements sociaux de plus d’un milliard de personnes, il doit y avoir un puissant algorithme central qui peut collecter et traiter les données. Mais ce n’est pas vrai. Puisqu’il n’y a pas de système central qui note tout le monde, ce type d’algorithme puissant n’est même pas nécessaire”</p>

<p>Au contraire, les experts du crédit social affirment que l’ensemble de l’infrastructure recourt assez peu à des technologies innovantes. “Alors que les responsables chinois nomment parfois des technologies telles que la blockchain et l’intelligence artificielle lorsqu’ils parlent du système, ils ne parlent jamais en détail de la manière dont ces technologies pourraient être utilisées. Si vous consultez le site Web de Credit China, ce n’est rien de plus qu’une bibliothèque numérisée de bases de données distinctes. Il n’existe aucun cas connu dans lequel la collecte automatisée de données conduit à l’application automatisée de sanctions sans l’intervention de régulateurs humains”, conclut le MIT.</p>

<p>La fable orwellienne du contrôle généralisé</p>

<p>En définitive, il va falloir faire son deuil de la fable orwellienne du crédit social à la chinoise et du contrôle totalitaire qu’il imposerait à la population. “Le crédit social, c’est un assemblage d’indicateurs hétérogènes et de mécanismes d’application qui diffèrent selon le lieu de résidence et l’activité, et dont la capacité à combiner dans un seul indicateur toutes les dimensions des interactions d’un seul individu avec les lois et les réglementations reste un fantasme”, résume la chercheuse Séverine Arsène, principale spécialiste de ce dispositif dans les milieux universitaires français (3).</p>

<p>“Ce système reste associé à l’idée d’un score universel attribué à l’ensemble des citoyens chinois qui permet d’évaluer leur comportement”, conclut également Pierre Sel. “La réalité est tout autre, et surtout plus ennuyeuse : le système de crédit social est un outil bureaucratique, reposant avant tout sur des tableurs Excel, qui concerne plus les entreprises que les individus – ceux-ci ne représentent que 0,2% des entités sanctionnées”.</p>

<p>Les Chinois espionnés, notés et brimés par une machine totalitaire qui brasse les big data pour exercer une surveillance tentaculaire et contrôler les moindres faits et gestes du simple citoyen ? Une légende, tout simplement. “Il n’y a pas de score donné aux citoyens, et personne ne se voit interdire l’accès aux hôpitaux pour avoir traversé au feu rouge. Personne ne nie les dangers posés par les technologies numériques. Mais faire croire que chaque citoyen chinois perd des points s’il achète du soda est tout bonnement faux”.</p>

<p>Dans Le Monde du 16 janvier 2020, Brice Pedroletti donnait son explication personnelle du crédit social chinois : “C’est le grand paradoxe du régime autoritaire chinois : les règles et les lois, pléthoriques et souvent très strictes, continuent d’être peu respectées, tant par les institutions que par les citoyens. Pour compenser, l’État-parti gouvernement sévit par des campagnes d’une sévérité inouïe. Il s’agirait donc de trouver un entre-deux : apporter une solution systémique à l’empire de la fraude et de l’arbitraire qu’est la Chine en instaurant une ‘contrôlocratie’ (sic) grâce à toutes sortes de paramètres et à l’intelligence artificielle. Le crédit social chinois accrédite l’idée d’un ‘capital de points’ accordé par l’État au citoyen, qui peut être bonifié – ou bien s’éroder : la citoyenneté n’obéit pas en Chine à une logique universalisante comme en Occident”.</p>

<p>Issue du journal de référence de la doxa, cette diatribe méritait d’être citée, tant elle brode avec imagination sur une notation généralisée des citoyens dont nous avons vu qu’elle n’existait pas et que le gouvernement de Beijing n’a jamais eu l’intention d’instaurer. Aussi les Chinois, très peu concernés par le système incriminé, ne sont-ils guère effrayés par ces “campagnes d’une sévérité inouïe” et ne considèrent-ils pas majoritairement leur pays, non plus, comme “l’empire de la fraude et de l’arbitraire”. A vrai dire, ils ignorent tout de cette “contrôlocratie” (catégorie journalistique parfaitement ridicule, soit dit en passant) dans laquelle un “capital de points” est accordé par l’État au citoyen, même s’ils n’ont pas la chance de vivre en Occident pour y bénéficier de la “logique universalisante” d’une citoyenneté qui, dans certains pays qui se vantent d’être démocratiques, fut longtemps réservée à la race supérieure.</p>

<p>En revanche, la société chinoise se veut une société civilisée dans laquelle les règles de droit s’appliquent à tout le monde, les hommes d’affaires ou les cadres du parti ne sont pas exemptés de la loi pénale, les rues sont sûres et les violences urbaines extrêmement rares, les policiers n’ont pas d’arme létale et ne dégainent pas le calibre pour un refus d’obtempérer. Peut-être parce qu’une certaine éthique confucéenne qui fait passer l’intérêt général avant les intérêts particuliers y exerce encore son influence malgré la montée en puissance, comme ailleurs, de l’individualisme et du consumérisme. Sans doute aussi parce que le “régime chinois” auquel la doxa occidentale attribue tous les défauts du monde prend tout de même au sérieux la sécurité de ses citoyens et se donne, tant bien que mal, les moyens de la garantir.</p>

<p>1. Zeyi Yang, « China has just announced a credit social law. Here’s what it means » , MIT Technology Review, 22 novenbre 2022.</p>

<p>2. Pierre Sel, « Crédit social en Chine : cassons les mythes orwelliens », Les Échos, 17 février 2022.</p>

<p>3. Séverine Arsène, « Le système de crédit social ou la gestion technocratique de l’ordre public », in Penser en Chine, Gallimard, 2021, p. 332.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Mon, 15 Dec 2025 12:11:41 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Qu’a Trump en tête pour que les États-Unis s’adaptent à la multipolarité ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par M.K. Bhadrakumar – Le 12 décembre 2025 – Source <a href="https://www.indianpunchline.com/whats-on-trumps-mind-as-us-adjusts-to-multipolarity/">Indian Punchline</a></p><p>La transformation de l’ordre mondial en multipolarité est un travail en cours avec des variables à l’œuvre, mais son issue sera largement déterminée par l’alignement des trois grandes puissances – les États-Unis, la Russie et la Chine. Historiquement, ce « triangle » est apparu lorsque le couvercle s’est détaché du schisme sino-soviétique dans les années 1960 et qu’une féroce acrimonie publique a éclaté entre Moscou et Pékin, ce qui a incité l’administration Nixon à contrecarrer la mission secrète d’Henry Kissinger à Pékin pour rencontrer face à face le Président Mao Zedong et le Premier ministre Zhou En-lai et, espérait-il, trouver un modus vivendi pour contrer conjointement la Russie.</p><p>En réanalysant le schisme sino-soviétique, il est maintenant bien compris que le triangle Américano-sino-Soviétique n’a jamais vraiment suivi le cours envisagé par Kissinger. L’échec de Kissinger à consolider l’ouverture des relations avec la Chine était en partie dû à sa perte de pouvoir en janvier 1977 et, du point de vue systémique, c’était inévitable étant donné la complexité du chaudron bouillonnant du schisme sino-soviétique où l’idéologie se mêlait à la politique, à la géopolitique et à la realpolitik.</p><p>Alors que la mythologie occidentale dit que les États-Unis ont jeté les bases de l’essor de la Chine, l’historiographie pointe dans une autre direction, à savoir que Pékin avait toujours à l’esprit la dialectique à l’œuvre, et même un certain degré de compatibilité existait entre les intérêts chinois et américains pour contrôler l’expansion du pouvoir soviétique, Pékin étant déterminé à éviter un conflit militaire avec l’Union soviétique et concentrait son attention sur l’amélioration de sa position tactique au sein du triangle Américano-sino-soviétique.</p><p>De son côté, l’Union soviétique a également constamment encouragé l’intensification des échanges avec la Chine, malgré l’acrimonie amère et même les affrontements militaires, en vue de saper les avantages perçus que les États-Unis tiraient de la scission sino-soviétique – allant même jusqu’à chercher à persuader la Chine d’accepter le statu quo militaire et territorial en Asie.</p><p>En fait, pour retarder la coopération sino-américaine contre eux au début des années 1970, les Soviétiques ont proposé de modifier leurs revendications territoriales le long de leur frontière, de signer des pactes de non-agression et/ou des accords interdisant l’usage de la force, de fonder les relations sino-soviétiques sur les cinq principes de coexistence pacifique et de rétablir des contacts de haut niveau, y compris des liens entre partis, dans l’intérêt de leur opposition commune aux États-Unis.</p><p>Si la Chine a largement ignoré ces ouvertures, c’était presque entièrement en raison des grandes turbulences de sa politique intérieure. On se rappelle qu’à peine Mao, l’ennemi juré de l’Union soviétique, décédé en septembre 1976 (et le rideau tombé sur la Révolution culturelle), Moscou a rapidement enchaîné plusieurs gestes, y compris Brejnev envoyant un message de condoléances (le premier message du PCUS à la Chine en une décennie), suivi d’un autre message du Parti en octobre félicitant le Président nouvellement élu du PCC, Hua Guofeng, et peu de temps après, en novembre, renvoyant en Chine leur négociateur en chef pour les pourparlers frontaliers, le vice-ministre des Affaires étrangères Ilichev, afin de tenter de reprendre les pourparlers frontaliers. Mais, encore une fois, si rien n’en est sorti, ce fut à cause de l’invasion du Vietnam par la Chine et de l’intervention soviétique en Afghanistan peu de temps après, en 1980.</p><p>En effet, avec le recul, le principal héritage des années 1970, vu à travers le prisme du « triangle » États-Unis-Chine-Russie, fut la réorientation de la politique de défense de la Chine et son réalignement géopolitique avec l’Occident. La Chine n’a pas contribué de manière significative à affaiblir l’Union soviétique ou à aggraver la stagnation et la crise qui couvait dans l’économie politique soviétique.</p><p>Pendant ce temps, les divergences sino-américaines sur Taïwan et d’autres questions avaient refait surface en 1980-1982, obligeant la Chine à réévaluer sa stratégie de politique étrangère, ce qui s’est manifesté par l’annonce par Pékin, en 1982, de sa politique étrangère “indépendante” – en clair, une tentative de compter moins explicitement sur les États-Unis comme contrepoids stratégique à l’Union soviétique – et l’ouverture de « pourparlers consultatifs » avec Moscou, et une réceptivité croissante aux nombreuses ouvertures soviétiques en attente d’échanges bilatéraux (dans les domaines sportif, culturel et économique, etc.), l’orientation générale étant de réduire les tensions avec les Soviétiques et d’augmenter la marge de manœuvre de Pékin au sein du triangle Chine-États-Unis-URSS.</p><p>En effet, une détente plus large entre la Chine et l’Union soviétique a dû attendre le retrait soviétique d’Afghanistan à la suite des Accords de Genève signés en avril 1988. Néanmoins, un changement fondamental dans les relations sino-soviétiques est apparu au cours des années 1980, qui comprenait des réunions au sommet régulièrement programmées ; la reprise des liens de coopération entre le PCC et le PCUS ; l’acceptation par Pékin des propositions soviétiques en suspens de non-agression/non-recours à la force ; et la reprise des questions frontalières sino-soviétiques au niveau du vice-ministre des Affaires étrangères.</p><p>Washington a bien senti le changement d’orientation de la politique chinoise vis-à-vis de l’Union soviétique. Notamment, en examinant le changement marqué dans la stratégie chinoise, <a href="https://www.cia.gov/readingroom/docs/CIA-RDP11S00229R000201310001-2.pdf">une évaluation de la CIA notait</a> :</p><p>Plus récemment, Moscou a suivi l’appel de Brejnev en 1982 pour une amélioration des relations avec la Chine avec un arrêt de la plupart des déclarations soviétiques critiquant la Chine. Lorsque les discussions sino-soviétiques ont repris en octobre 1982, les médias soviétiques ont fortement réduit les critiques à l’égard de la Chine. Et ils sont restés discrets sur ce sujet, bien que des échanges polémiques occasionnels aient marqué la couverture sino-soviétique au moment de la visite du Premier ministre Zhao Ziyang aux États-Unis en janvier 1984. Moscou a continué à critiquer la Chine par le biais de la radio clandestine soviétique Ba Yi China. La Chine, pour sa part, a continué à critiquer la politique étrangère soviétique, bien que l’attention accordée par le passé aux politiques internes “révisionnistes” soviétiques ait pratiquement disparu depuis que les propres politiques économiques de la Chine ont été considérablement modifiées après la mort de Mao.</p><p>En résumé, avec le Secrétaire général du PCUS, Gorbatchev, consolidant le pouvoir, vers la fin 1988, par son élection à la présidence du présidium du Soviet suprême et sur, une voie parallèle, Deng avait déjoué ses rivaux politiques et était devenu le chef suprême de la Chine en 1978 – et avait lancé le programme Boluan Fanzheng pour rétablir la stabilité politique, réhabiliter les persécutés pendant la Révolution culturelle et réduire l’extrémisme idéologique – la porte s’était ouverte pour que les deux anciens adversaires entrent dans la roseraie de la réconciliation.</p><p>De manière significative, le moment de la visite de Gorbatchev à Pékin pour rencontrer Deng en 1989 était loin d’être idéal en raison des incidents de la place Tiannenmen, mais aucune des deux parties n’a proposé de reporter ou de reprogrammer la réunion. Telle était l’intensité de leur désir mutuel de réconciliation.</p><p>Aujourd’hui, le résumé ci-dessus est devenu nécessaire lorsque nous évaluons les orientations futures des politiques chinoises de l’administration Trump. La perception commune est que Trump tente de créer un fossé entre la Russie de Poutine et la Chine de Xi Jinping en vue d’isoler cette dernière et de l’empêcher de dépasser les États-Unis. Mais il n’y a aucune preuve disponible montrant un découplage entre la Russie et la Chine.</p><p>Au contraire, tous les signes montrent l’intégration progressive des deux pays. La semaine dernière, <a href="https://english.news.cn/20251202/a69a88dacc304c989ef8b088528f91e4/c.html">le Kremlin a annoncé</a> un régime sans visa pour les citoyens chinois souhaitant se rendre en Russie. Fait intéressant, c’était un mouvement réciproque. Le Financial Times a récemment rapporté qu’un homme d’affaires chinois avait acquis une participation dans le plus grand fabricant russe de drones qui approvisionne l’armée – dans le cadre de la première collaboration connue dans le domaine de l’industrie de la défense.</p><p>Avec la future puissance de Sibérie 2, la dépendance de la Chine vis-à-vis de la Russie pour sa sécurité énergétique augmentera encore. Le commerce extérieur de la Russie connaît une profonde mutation, la Chine remplaçant l’UE en tant que principal partenaire commercial de la Russie. Dans l’ensemble, les relations sino-russes sont plus étroites aujourd’hui <a href="https://merics.org/en/china-russia-dashboard-facts-and-figures-special-relationship">qu’elles ne l’ont été depuis des décennies</a>.</p><p>D’un autre côté, il n’y a aucune suggestion crédible que l’administration Trump se prépare à une guerre contre la Chine. Le Japon, sous sa nouvelle direction, marche contre le vent.</p><p>Alors, qu’a Trump en tête ? Dans son programme révolutionnaire pour la refonte du nouvel ordre mondial, Trump vise une concorde stratégique entre les États-Unis d’un côté et la Russie et la Chine de l’autre. La récente <a href="https://www.stimson.org/2025/experts-react-trump-administrations-national-security-strategy/">Stratégie de sécurité nationale</a> des États-Unis va également dans ce sens. Les implications de cette pensée révolutionnaire pour la multipolarité vont être profondes ; pour des partenaires tels que l’Inde ou des alliés comme le Japon ou l’Allemagne.</p><p>M.K. Bhadrakumar</p><p>Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1170/halalisation-et-islamisation-de-l%E2%80%99occident</guid>
	<pubDate>Mon, 17 Nov 2025 19:52:34 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1170/halalisation-et-islamisation-de-l%E2%80%99occident</link>
	<title><![CDATA[Halalisation et islamisation de l’Occident]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Je ne peux que conseiller à ceux qui ont raté l’intervention de Florence Bergeaud-Blackler ce matin sur CNews de la regarder ! Ce qu’elle décrit est EFFRAYANT ! Dans un monde normal, cette femme, réduite à écrire des livres et à en parler sur les plateaux de télévision, devrait être conseillère spéciale du président de la République ou - encore mieux - ministre d’État !</p>

<p>Elle nous apprend notamment que le halal est une invention pure et simple de l’ayatollah Khomeini au début des années 1980, qui a décrété que la viande des Occidentaux était corrompue et pouvait empoisonner les musulmans et a alors envoyé des émissaires dans tous les pays occidentaux pour y transformer la façon de fabriquer la viande en mettant au point l’abattage rituel halal ! </p>

<p>Le halal, qui fait polémique depuis quelques années, et dont ses défenseurs nous expliquent que c’est une « tradition religieuse », n’existait donc pas avant le début des années 1980 ! Mais il est parvenu à s’implanter en Occident grâce à l’aide d’idiots utiles : les chefs d’entreprise ! Car, de la même façon que, à partir des années 1970, les libéraux et en premier lieu les chefs d’entreprise ont encouragé l’immigration massive afin de remplacer les ouvriers français qui se battaient pour avoir des salaires et des conditions de travail dignes par des étrangers qui se contentent de peu, ils ont accompagné l’arrivée du halal en France mais plus largement partout en Occident car ce nouveau marché destiné à une nouvelle clientèle signifiait des entrées d’argent supplémentaires !</p>

<p>Florence Bergeaud-Blackler le dit et l’assène : la raison première de la halalisation et de l’islamisation de l’Occident, c’est l’argent, car l’argent est le nerf de la guerre !</p>

<p>Et cet exemple n’est qu’une infime partie de l’islamisation de nos sociétés occidentales, qui sont petit à petit grignotées par ces changements de mœurs !!!</p>

<p>À tout cela, Pascal Praud a naïvement répondu : « C’est difficile de combattre ce changement, car après tout, ce sont deux cultures différentes qui se font face et c’est délicat de dire que l’une est davantage dans le vrai que l’autre » !  Alors que la solution est en fait très simple ! Et elle tient en un proverbe : « À Rome, fais comme les Romains » ! Quand on est dans un pays, la culture qui est dans le vrai, c’est celle dudit pays, point barre !!!</p>

<p>C’est aussi simple que ça : quand on est dans un pays, on se conforme à la culture de ce pays ! Il ne s’agit pas de dire que cette culture est supérieure aux autres, mais simplement de dire que dans ce pays-là, c’est cette culture-là qui a cours, et que dans d’autres pays c’en est certainement une autre, mais que justement, s’il existe différents pays, c’est bien parce qu’ils existe différentes cultures !</p>

<p>Si, au Moyen-Âge, les hommes ont décidé de diviser le monde en pays avec des frontières les séparant les uns des autres, c’est bien parce qu’ils avaient conscience de l’existence de peuples distincts les uns des autres et ayant chacun une culture et des mœurs différentes ! Il n’y a donc aucune raison pour que des gens viennent s’installer dans un pays et tentent d’y imposer leur culture et leurs mœurs pour qu’elles remplacent celles dudit pays !</p>

<p>Mais durant le même Moyen-Âge, les hommes ont aussi fait l’erreur de penser qu’ils pouvaient coloniser les autres pays et y importer et imposer leur culture et leurs mœurs. On en est ensuite revenus. Alors si on a progressivement mis fin à la colonisation au début du XXe siècle, ce n’est pas pour se laisser nous-mêmes coloniser aujourd’hui par des individus de culture arabo-musulmane !</p>

<p>Que chacun reste chez soi et les vaches seront bien gardées !</p>

<p>À Rome, fais comme les Romains ; en France, faisons comme les Français ! Si tu ne veux pas vivre à la française, ne viens pas vivre en France ! Si tu veux vivre à l’arabo-musulmane, va/reste vivre dans un pays arabo-musulman !</p>

<p>Une fois de plus, ce discours-là devrait mettre tout le monde d’accord !</p>

<p>Hélas, ce n’est pas du tout le cas, puisque répétons-le, les élites dirigeantes (chefs d’entreprise, hommes politiques, etc), qui sont tous des libéraux-mondialistes, cautionnent cette importation culturelle, et plus précisément cette islamisation, autant par appât du gain que par conviction !</p>

<p>Tout cela est EFFRAYANT ! <br /><a href="https://x.com/cnews/status/1990350787117981855?s=46">https://x.com/cnews/status/1990350787117981855?s=46</a></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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