<?xml version='1.0'?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" >
<channel>
	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/all?offset=610</link>
	<atom:link href="https://ememiom.fr/iom/blog/all?offset=610" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<description><![CDATA[]]></description>
	
	<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/520/la-reponse-de-gilles-clavreul-a-alain-finkielkraut</guid>
	<pubDate>Fri, 30 Apr 2021 19:18:36 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/520/la-reponse-de-gilles-clavreul-a-alain-finkielkraut</link>
	<title><![CDATA[la réponse de Gilles Clavreul à Alain Finkielkraut]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX/TRIBUNE - Dans un entretien paru le 26 avril dans Le Figaro, Alain Finkielkraut critiquait sévèrement le terme de «tenaille identitaire». Gilles Clavreul, qui a fait l’expression sienne, défend son usage et revient sur le débat qui sous-tend leur désaccord selon lui: la nation est-elle un fait de culture ou une construction politique?</p><p class="fig-paragraph">Gilles Clavreul est co-fondateur du Printemps républicain et délégué général du club de réflexion L’Aurore. Il a été délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme de 2015 à 2017.</p><p>À découvrir</p><p class="fig-paragraph">Lorsque j’ai commencé à employer l’expression «tenaille identitaire», courant 2016, mon idée n’était pas d’habiller de neuf le poncif usé jusqu’à la corde, ni vrai ni faux comme tous les poncifs, qui voudrait que «les extrêmes se rejoignent». Pas davantage n’ai-je voulu dire qu’ils se ressemblent, qu’ils disent la même chose ou qu’ils représentent le même type de menace.</p><p class="fig-paragraph">En revanche, m’est apparu quelque chose comme un mécanisme qui rend solidaires entre elles des formes de protestation politique, sociale, religieuse, thématique très diverses, caractéristiques de l’ «âge identitaire» dans lequel, comme le signale Laurent Bouvet*, nous sommes désormais entrés. Généralisation des affirmations individuelles et collectives au détriment du commun, effacement des repères normatifs traditionnels (politiques, syndicaux, de classe, etc.), valorisation publicitaire du «narcissisme des petites différences»…Autant de signes auxquels nous ne pouvons plus échapper.</p><p class="fig-paragraph">Ce n’est pas seulement un fait politique, ni de culture, mais un fait de civilisation, sensible aussi bien dans la consommation de masse - le «venez comme vous êtes» de Mc Donald’s - que dans le militantisme radical. C’est que, pour être furieuse et stridente, la petite musique identitaire s’écrit sur une portée néo-libérale et marchande, la «dégradation de l’être en avoir et de l’avoir en paraître» dénoncée par Guy Debord. L’abaissement du politique a créé un vide, la solitude de l’individu perdu dans la foule prophétisée par Tocqueville a précipité le manque et engendré de nouveaux besoins: les propositions identitaires remplissent ce vide.</p>
<p>Pour être furieuse et stridente, la petite musique identitaire s’écrit sur une portée néo-libérale et marchande</p>
<p class="fig-paragraph">Pourquoi «tenaille»? Parce que ces propositions que tout oppose politiquement, par exemple celle des suprémacistes américains et celles des «wokes», s’articulent néanmoins autour d’un même axe, en l’occurrence celui de la race. Elles prétendent rapporter ce que l’on dit et ce que l’on pense à ce que l’on est. Ce faisant, le tout-identitaire étouffe petit à petit la conversation démocratique: rabattant le citoyen sur l’individu et l’individu sur ses attaches, sa naissance, son genre ou encore la religion dans laquelle il a été élevé, il assigne à chacun des positions fixes et tue l’idée même d’une délibération collective. Second attribut de la tenaille: la pression de la pince gauche accentue celle de la pince droite, et réciproquement. Elles s’entre-alimentent dans une surenchère d’anathèmes et de procès en sorcellerie où chacun est sommé de prendre parti ou enrôlé de force dans l’un ou l’autre camp.</p><p class="fig-paragraph"><a href="https://www.lefigaro.fr/vox/societe/alain-finkielkraut-sarah-halimi-insecurite-ecologie-qu-est-la-gauche-devenue-20210425" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">Dans une interview parue lundi dernier dans Le Figaro</a> , Alain Finkielkraut réfute l’idée de tenaille, y voyant une «idée fausse». Tel que je comprends son raisonnement, il estime qu’on ne peut pas opposer ni mettre sur le même plan ceux qui participent de l’avènement de cet âge identitaire et ceux qui s’en inquiètent, s’en affligent et tentent d’y résister. Ceux-ci ont pour seul tort d’être parfois excessifs, poussés par l’angoisse de voir leur culture disparaître ; les premiers, en revanche, sont les agents d’une passion destructrice qui vise à ce qu’un multiculturalisme obligatoire supplante la culture française. En d’autres termes, il n’y aurait pas deux grands récits identitaires face-à-face, mais une identité menacée d’un côté et des destructeurs d’identité de l’autre, ou plus simplement une proie, le «nous» français et européen, et des prédateurs.</p>
<p>Quelle identité défend-on ? Qui s’accorde sur quoi ? Prend-on tout en bloc, ou bien s’autorise-t-on à faire le tri ?</p>
<p class="fig-paragraph">Je vois surgir immédiatement deux difficultés. D’abord je ne suis pas sûr que tous ceux qui défendent une identité menacée s’en font exactement la même idée qu’Alain Finkielkraut: Péguy, Kundera, la galanterie française dont «Finkie» faisait un magnifique éloge dans L’identité malheureuse, sont des figures assez imperceptibles, pour dire le moins, dans le programme du Rassemblement national. Nous voilà face à un premier écueil: quelle identité défend-on? Qui s’accorde sur quoi? Prend-on tout en bloc, ou bien s’autorise-t-on à faire le tri? Etc. Deuxième problème: les contempteurs de notre identité menacée veulent-ils le nivellement généralisé des valeurs et l’écrasement des origines dans un grand tout relativiste - ce qui a plutôt été la thèse d’Alain Finkielkraut depuis La défaite de la pensée - ou bien avancent-ils masqués, derrière un multiculturalisme apparent, pour imposer une identité de remplacement, comme le disent Eric Zemmour ou Renaud Camus? Dans cette dernière hypothèse, il y a certes bien confrontation des modèles, pour ne pas dire choc des civilisations ; reste que la France selon Zemmour et Camus n’est pas plus la France que l’islam selon Tariq Ramadan et Youssef Al-Qaradawi n’est l’islam - du moins, rien n’oblige à adhérer à la vision qu’ils en donnent.</p><p class="fig-paragraph">Je pourrais m’en tenir là pour dire pourquoi je garde quand même la tenaille dans ma caisse à outils: elle me sert à repousser des propositions dont l’identité est le principe, et dont je ne veux pas. Mais l’argumentation d’Alain Finkielkraut se situe sur un plan plus élevé. D’abord, il invite - et là-dessus nous tomberons entièrement d’accord - à juger les champions identitaires sur le plan à la fois intellectuel et moral: entre la pensée pauvrette et répétitive des wokes, le délire décolonial et la brutalité islamiste, d’un côté, et la culture démocratique, française et européenne, de l’autre, est-il seulement besoin de manifester sa préférence, tant elle est évidente, spontanée, immédiate?</p>
<p>Identité politique et identité culturelle</p>
<p class="fig-paragraph">Ensuite, il pose, et se pose, la question culturelle: pour Alain Finkielkraut, l’identité, c’est la culture. Eh bien, si curieux que cela paraisse, c’est sur cette idée qui sonne comme une évidence, que mon chemin s’éloigne pourtant du sien: de l’identité culturelle, qu’on recueille en héritage et qu’on perpétue, je sépare l’identité politique, celle qu’on choisit en fonction d’un projet d’organisation collective et de principes de vie auxquels on adhère. Or mon identité politique, c’est celle d’un citoyen de la République française indivisible, laïque, démocratique et sociale. Bien sûr, cette identité n’est pas sans lien avec ma culture ; mais elle ne s’y résume pas. Je peux même dire qu’en sens inverse, Méditerranéen que je suis, une partie de ma culture échappe à mon être politique. Ainsi, culture et politique se recoupent, mais ne se superposent pas.</p><p class="fig-paragraph">Alain Finkielkraut a le grand mérite de poser clairement les termes du débat: soit on fait de la nation un fait de culture, comme il l’avance. Soit, comme je le crois, la nation est d’abord une construction politique. Là est le fond de notre désaccord. On pourrait, de façon un peu scolaire, renvoyer à l’opposition entre Fichte et Renan: bien qu’Alain cite ce dernier, c’est plutôt vers le premier qu’il penche quand il fait de la nation la transcription dans l’ordre du politique d’une communauté d’idée et de sensation dont la langue est le creuset.</p>
<p>Soit on fait de la nation un fait de culture, comme il l’avance. Soit, comme je le crois, la nation est d’abord une construction politique.</p>
<p class="fig-paragraph">Or, me semble-t-il, l’histoire de la construction nationale en France témoigne d’une expérience toute autre: c’est l’Etat qui a fait la nation, d’abord sur le plan juridique, militaire et administratif, et ensuite seulement, bien plus tard, par l’unification culturelle. Ainsi, de quand faut-il dater la naissance d’une «politique de la langue», pour paraphraser Michel de Certeau? Certainement pas de la Renaissance, écrivait Colette Beaune**: vers 1500, «la langue n’est pas l’un des soucis majeurs du sentiment national français». L’erreur d’interprétation est pourtant fréquente à propos de l’édit de Villers-Cotterêts (1539): il fixe la langue administrative, mais ne lui assigne aucune fonction unificatrice. C’est la langue des papiers officiels, ce n’est pas encore celle du peuple. Plus tard, la création de l’Académie française, qui participe de l’idéal de perfection formelle du Grand Siècle, n’a rien d’un instrument de conquête des masses. Après les projets inaboutis de l’abbé Grégoire sous la Convention, il faut attendre la IIIème République pour que la mosaïque linguistique et la faible pénétration du français au sud d’une ligne Saint-Malo-Genève soient perçues comme un enjeu, la persistance des parlers locaux étant vue comme un frein à l’établissement ferme et durable du régime républicain. Mais auparavant, on compte plusieurs siècles de cohabitation paisible entre plurilinguisme et sentiment national: les divisions dont le pouvoir s’inquiète sont politiques, sociales, religieuses surtout, mais pas linguistiques.</p><p class="fig-paragraph">La culture ne devient un enjeu qu’avec l’effacement progressif et inexorable de la référence religieuse, à laquelle les plus hardis des révolutionnaires, nota Quinet, n’ont pas osé toucher un siècle plutôt. Mais dans la France en plein bouleversement technique, économique, démographique de la fin du XIXème siècle, il devient urgent de donner à une République encore fragile et contestée une base sociale solide: si on sourit aujourd’hui de la forme naïve et franchement catéchuménale de la «morale de nos pères» prônée par Jules Ferry, il faut se rappeler que des intellectuels conséquents, comme le néo-kantien Charles Renouvier, ont auparavant jeté les bases d’une «morale laïque» et proposé à la République d’assumer le «pouvoir spirituel» en lieu et place de l’Eglise. Discours si puissant qu’il est difficilement entendu de nos jours: pourtant, il nous a faits.</p>
<p>Identité de la France et identité nationale</p>
<p class="fig-paragraph">Alors, en effet, s’est épanouie une culture proprement française - française, comme le dit Braudel, et non nationale, car rien ne ressemble moins à une nation, quant à ses caractères propres, qu’une autre nation. Ce fut l’erreur de Nicolas Sarkozy, que de mal choisir ses mots, lorsqu’il se mit en quête «d’identité nationale», initiative mi-politicienne, mi-bureaucratique, à partir d’une intuition pourtant légitime: eût-il parlé d’identité de la France, sans la tremper dans le bain finalement peu révélateur de la question migratoire, l’initiative aurait pu porter ses fruits. Chérir la France, c’est être patriote ; mais exalter la nation, de façon générique, comment le faire sans être complaisant envers le nationalisme? Voilà une belle question de frontières…</p><p class="fig-paragraph">Revenons à l’aurore de la IIIème République. L’identité française y devint un projet politique à part entière, adossée à un récit unificateur, parfois oublieux des vicissitudes de l’Histoire, peu disert sur les zones d’ombre, mais plus respectueux de la diversité qu’on ne le dit souvent. Une culture-palimpseste qui se surimpose aux identités locales sans les effacer complètement. «Les France cousues ensemble» de Braudel se manifestent encore partout, les «petites patries»*** ne défient pas la culture française, au contraire elles la fortifient. Tel ces disques multicolores qui paraissent tout blancs quand on les fait tourner, c’est la richesse de ses tons, la variété de sa palette, qui fait l’unité de la France, à condition de rester toujours en mouvement. A cela, une seule limite, mais elle est nette: de la diversité, on peut tout accepter comme culture, mais on doit tout lui refuser comme politique. Ainsi, comme l’avait fermement rappelé le Conseil constitutionnel, il y a une langue corse, une histoire corse, des paysages et une âme corses ; mais il n’y a pas de peuple corse. Et pas davantage - au moment où le Gouvernement s’engage sur une pente glissante, celle de la reconnaissance d’un prétendu «droit à la différenciation» - de peuples basque, breton, afro-descendant, alsacien, etc.</p><p class="fig-paragraph">Ainsi l’identité n’est, pour la vie de la cité, ni bonne, ni mauvaise en soi. Elle est une donnée que le politique doit intégrer, mais elle n’indique rien par elle-même quant à ce qui permet à l’homme d’habiter l’espace collectif. En revanche, l’instrumentalisation idéologique de l’identité, c’est-à-dire la politique identitaire, raréfie incontestablement l’oxygène démocratique en restreignant nos choix à nos appartenances. Il y a peut-être des identités plus désirables ou plus confortables que d’autres, mais aucune politique assise sur l’identité n’est construite, selon moi, sur des fondations solides.</p>
<p>La laïcité, enfin</p>
<p class="fig-paragraph">Un dernier mot sur la laïcité. Là encore, quand bien même son histoire témoigne d’une modalité singulière de règlement de la question théologico-politique, elle est un principe philosophique et politique et non un trait culturel. Nous ne la défendons pas parce qu’elle est française, mais parce qu’elle rend possible un équilibre précieux entre les libertés individuelles et les règles de vie collective. En faire une spécialité française, c’est se résigner à ce qu’elle ne soit pas universalisable: ce n’est pas ce qu’attendent de nous les intellectuels et militants algériens, tunisiens, turcs ou iraniens qui envient notre laïcité. Ayons de l’ambition pour nos principes: ils sont plus grands que nous. Et le principe de laïcité nous intime - non pas de déchirer le palimpseste du récit français où le Texte catholique se laisse découvrir à chaque ligne ; mais de regarder avec un intérêt bienveillant et détaché toutes les écritures, pour écrire notre propre partition, librement.</p><p class="fig-paragraph">* Laurent Bouvet, Le péril identitaire, Éditions de l’Observatoire, 2020</p><p class="fig-paragraph">** Colette Beaune, Naissance de la nation France, Gallimard, 1985</p><p class="fig-paragraph">*** Olivier Grenouilleau, Nos petites patries, Gallimard, 2019</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/519/henri-proglio%C2%A0-%C2%AB%C2%A0les-joyaux-de-l%E2%80%99industrie-ne-sont-pas-eternels%E2%80%A6%C2%A0%C2%BB</guid>
	<pubDate>Fri, 30 Apr 2021 19:16:03 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/519/henri-proglio%C2%A0-%C2%AB%C2%A0les-joyaux-de-l%E2%80%99industrie-ne-sont-pas-eternels%E2%80%A6%C2%A0%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[HENRI PROGLIO : « LES JOYAUX DE L’INDUSTRIE NE SONT PAS ÉTERNELS… »]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>En France, le capitaine d’industrie fait partie des espèces disparues sous les présidences Sarkozy et Hollande. Pour comprendre les raisons de cette mise à mort, notre reporter politique a retrouvé Henri Proglio, le charismatique « self-made » boss de Veolia et d’EDF (années 1990-2014). Le sujet du jour ? La perte des « joyaux de la couronne » (le titre de son livre). Attention, entretien thermonucléaire ! </p>
<p class="p1">« Je suis seul dans ma chanson, prisonnier à l’extérieur, qui est au bout du refrain ? » (paroles Pascal Mounet). Antibes, Alpes-Maritimes. Raymond Peynet et ses amoureux, Nicolas de Staël et son désespoir, Jean Michard-Pellissier et son fils le regretté Hubert, alias Pelmiche, avocats gaullistes qui arrangèrent les affaires narcotiques des Stones confinés à Villefranche-sur-Mer, le Festival de Jazz, la datcha de Britney Spears, Henri Proglio. Enfant de vendeurs de fruits et légumes du marché Masséna, HEC entré à la Compagnie Générale des Eaux comme attaché, il a sauvé la vieille maison des sottises de Jean-Marie Messier et l’a transformée en géant, Veolia, avant de diriger EDF.<br />Proglio fait fantasmer. Moins pour son physique à la Roy Scheider que pour la puissance qu’on lui prête. Homme secret, au point de publier ses mémoires en plein confinement quand les librairies étaient fermées, il parle toujours à voix basse, je n’aimerais pas être son chargé de clientèle au Groupement interministériel de contrôle. L’attachée de presse de l’éditeur semble presque inquiète de la publicité qui pourrait être faite à l’ouvrage. Son récit, passionnant et accablant, vaut autant pour ce qu’il dévoile que ce qu’il laisse entrevoir (si vous avez prévu de voter Balladur l’an prochain, réfléchissez). Proglio raconte l’intégration modèle des Italiens de la Riviera. Il décrit aussi les hauts-fonctionnaires défroqués, la noblesse de cour et l’effondrement industriel du pays, d’Alstom en Technip jusqu’à la tentative de privatisation d’ADP et bientôt l’équarrissage d’EDF.<br />Un de mes meilleurs amis, économiste, a une règle : ne jamais investir dans une boite dirigée par un énarque ou un polytechnicien. Ça lui réussit très bien. Découvrir la bouille de Messier le mois dernier en couverture des Echos Week-end, revenu inchangé, tel les émigrés de 1815, distribuer ses bons points à l’économie nationale, c’est aussi violent que de militer à l’UNEF et voir son harceleur récompensé aux Trophées de la mixité. Début 2000, quand tout le monde le trouvait trop puissant, invité de la semaine des Inrockuptibles j’écrivais : « Il est cuit, comme avant lui Haberer et Pétriat, concessionnaires de marchés publics se rêvant condottieres d’industrie ». Le paragraphe avait sauté à la maquette, l’hebdomadaire étant à l’époque particulièrement rockuptible. Celui qui, été 2002, avait dû quitter Vivendi la crotte au derrière, s’apprête à khashoggiser Veolia et Suez, avec des airs de vieux sage. « Henri !!! Henri !!! Au secours !!! » </p><p class="p1">Bertrand Burgalat</p><p>Pourquoi ce livre ?<br />Henri Proglio : Je ne voulais surtout pas faire un bouquin de souvenirs, parce que ça ne sert à rien. Il y a trente ans, quand les Américains venaient dans notre pays, ils me disaient à quel point ils étaient émerveillés par la créativité de la France et par l’existence ici de leaders mondiaux dans à peu près tous les domaines industriels. On a vu s’effondrer nombre d’empires dont il ne reste plus de trace. Si vous allez en Crète, on vous fait visiter le Palais du Roi Minos. Là, il n’y a rien, même pas un souvenir. Ces pans entiers de l’industrie française, qui ont été balayés par l’Histoire, n’ont pas disparu : j’ai été sollicité par un groupe indien pour faire partie de leur comité stratégique, ils ont racheté récemment ce qui restait de la sidérurgie française, ils se portent très, très bien ! Ce livre, c’est donc pour jeter une bouteille à la mer.</p><p class="p1">Qu’est-ce qui a provoqué cet effondrement ?<br />C’est l’invasion des systèmes économiques par une élite issue de la haute administration.</p><p class="p1">Cela n’existait pas déjà, ce lien entre le pouvoir et les grandes entreprises, du temps de Pierre Guillaumat et de Sylvain Floirat ?<br />Il y avait de vrais industriels, qu’on appelait capitaines d’industrie quand ils réussissaient, qui menaient des aventures industrielles. Sylvain Floirat, c’était un aventurier qui avait créé un empire, Matra, et qui l’a confié ensuite à un homme qui n’était pas non plus un technocrate, Jean-Luc Lagardère. Un empire qui aura bientôt totalement disparu, mais ça, ce n’est pas la faute de la technocratie, c’est celle de l’héritage. On a une dictature de la haute technocratie d’État qui a envahi le système. Il y a une tendance naturelle à confier le destin de ce pays à ces gens qui sortent de l’Inspection des finances, du Conseil d’État ou du Corps des mines, et ont été formés dans les cabinets ministériels. On en voit le résultat. Vous ajoutez un américanisme galopant, les États-Unis envahissant le monde de manière pacifique avec la gouvernance, la compliance et toutes les règles qui encadrent les entreprises cotées, et vous arrivez à un constat d’échec effrayant.</p>
<p>« LES BANQUIERS D’AFFAIRES N’ONT DE BANQUIER QUE LE NOM …»</p>
<p class="p1">Ce constat d’échec n’empêche pas certains personnages qui ont tout foiré, comme Messier, de continuer à sévir…<br />Ah surtout pas ! Polytechnicien, énarque, inspecteur des finances, il incarne ce système. Essayez de retirer de ses propos une conviction, vous n’y arriverez pas. Ces gens-là ne sont pas forcément mal intentionnés, ils ne croient en rien, ils n’ont pas de vision.</p><p class="p1">Il reste persuadé d’avoir eu raison avant tout le monde avec ses lieux communs sur le numérique… <br />Il partage avec certains de nos dirigeants actuels l’absence d’affect, qui fait leur force. Ils n’ont ni convictions ni regrets, ça rend tout possible.</p><p class="p1">Comment y remédier ?<br />Je crois aux vraies convictions partagées. Cette caste qui méprise le reste du peuple finira par être balayée. Quand, comment, je ne sais pas.</p><p class="p1">Et l’inversion des rapports entre l’entreprise et la banque d’affaires ?<br />Normalement, la finance est au service de l’économie, aujourd’hui l’économie est au service de la finance. Les cours de bourse n’ont plus aucun sens, aucun phénomène concret n’atteint les sphères financières, on va de spéculations en spéculations, de bulle en bulle. La finance est respectable, comme toutes les disciplines techniques. Quand ça devient une fin en soi c’est plus préoccupant. Les banquiers d’affaires n’ont de banquier que le nom, ce sont des conseillers financiers. Un banquier, c’est quelqu’un qui prête de l’argent, les banquiers d’affaires, eux, ne prêtent rien.</p><p class="p1">Dire que Messier a une banque, c’est un abus de langage. Ce qui est aussi contradictoire avec la justification du capitalisme, c’est l’irresponsabilité et la légèreté de ces dirigeants médiocres. Vous écrivez que certaines valeurs individuelles sont incompatibles avec la conduite d’une grande société. On n’est pas loin du Bushido ou de l’officier en première ligne. Slim Pezin, qui a été le directeur musical de Claude François, explique souvent que si l’idole pouvait se montrer odieux avec son entourage, c’est parce qu’il était odieux avec lui-même, qu’il s’infligeait une discipline de fer…<br />Pour moi l’autorité nait du respect des autres, pas de la contrainte, ni de la crainte. Chez Veolia j’ai beaucoup fait en matière d’apprentissage, on essayait de donner un sens à l’expression ascenseur social dans notre centre de formation, qui allait du CAP au Bac +5. Quand je remettais les prix, on me demandait souvent des conseils pour réussir et je répondais : « Avant de vous demander si vous méritez la reconnaissance de vos chefs, ce qui est la règle dans le monde actuel, posez-vous la question de savoir si vous méritez le respect de vos collaborateurs. Les gens qui vous tirent vers le haut c’est très bien, mais ceux qui vous portent, c’est beaucoup plus important, car ils sont plus nombreux, plus stables et plus fidèles. » Savoir si je pouvais être digne du respect des gens que je dirigeais, c’est ça qui m’a porté toute ma vie.</p><p class="p1">On ne voit pas où les caciques actuels pourraient avoir appris ces choses-là…<br />Je ne vais pas comparer un chef d’entreprise à Napoléon, mais qu’est-ce qui fait que, malgré ses déconvenues et les défaites, ses soldats l’adoraient ? C’est parce qu’il vivait à leurs côtés, qu’il était avec eux. Franchet d’Espérey disait : « Quand on est officier de la Légion, on n’a pas besoin de se retourner pour savoir si les hommes vous suivent ». Si les équipes ont le sentiment que vous êtes simplement guidé par la Bourse, par les aléas et les opportunités, que vous n’avez pas une vision à laquelle vous les associez…</p><p></p>
<p>LE PDG ET SON DOUBLE_<br />Nostalgique d’un temps où la France pouvait encore être fière de son parc industriel, l’ex-boss de Veolia souhaite aujourd’hui enrayer son lent démantèlement.</p>
<p class="p1"><br />Mais aujourd’hui, dans les affaires, le modèle de commandement c’est plus Gamelin que Chateau-Jobert… <br />Dans le CAC 40, si vous cherchez les capitaines d’industrie il n’y en a pas beaucoup. Un type comme Carlos Tavares, qui n’est pas spécialement jovial, en est un. Ghosn, qui était peut-être un dictateur, aussi.</p><p class="p2">Que pensez-vous de l’offensive de Veolia sur Suez ?<br />Du mal. J’ai consacré 39 ans de ma vie à Veolia, j’ai embauché et formé Frérot, alors après il paraît qu’il faut tuer le père, rien de surprenant à ça. Cette opération est un non-sens qui va fortement impacter le métier de la délégation de service public, créé au XIXe siècle, qui implique à la fois des compétences et une compétition. Si vous n’avez pas de compétition je ne vois pas pourquoi vous délègueriez à une entreprise privée un monopole public. Sous prétexte de renforcer Veolia, on va pousser à la régie la plupart des collectivités locales qui ne veulent pas, et on le comprend, d’un monopole privé. Et cela ne se limitera pas à la France, puisqu’on n’aura pas de vrai concurrent mondial. Cette opération est en train d’abîmer les deux groupes dans leur essence même. En 2005, quand il avait été question d’associer nos activités à l’étranger, elles étaient alors complémentaires. Ils ont finalement préféré fusionner Gaz de France avec Suez pour éviter que Suez se fasse acheter par les Italiens. Ils ont évidemment ruiné Gaz de France, comme ils ont ruiné tout le reste.</p><p class="p2">Et aujourd’hui c’est le démantèlement d’EDF…<br />Ça fait trente ans que l’Allemagne cherche à le faire. Grand pays industriel, ils connaissent l’importance de l’énergie dans cette compétition. La France possède un atout considérable, EDF, grâce au nucléaire et à l’hydraulique. Il y a eu un triple pari en 1946 : donner à la France une indépendance énergétique, une compétitivité dans ce domaine, et à tous les Français un service de l’électricité de même qualité et de même prix. Cinquante ans après, non seulement le pari a été gagné mais on est deux fois et demi moins cher que l’Allemagne. Ce constat fait l’admiration du monde entier et l’agacement de Berlin. Ça ne s’arrange pas quand, pour des raisons purement politiciennes, Merkel se met en tête de lancer l’energiewende, catastrophe absolue qui met au tapis les deux gros électriciens du pays, fait exploser le coût et les émissions de CO2. Comme il leur est impossible de revenir en arrière, la seule issue est de tuer la concurrence et EDF. </p><p class="p2">On a accepté ?<br />Bon an mal an, la France a résisté. Arrive le candidat Hollande. En 2012 le PS négocie un accord avec les Verts. Le chef de la délégation du PS est Michel Sapin. Un membre de la délégation EELV pousse le bouchon et, au milieu de la nuit, Sapin lui dit « Je vous lâche 24 réacteurs nucléaires ». La moitié du parc nucléaire ! L’émissaire manque de tomber à la renverse, il avait pour mission d’en obtenir deux. Il reste deux heures en interruption de séance tellement il se marre. Président d’EDF, je n’ai pas le droit d’intervenir dans la campagne, mais j’ai quand même 180 000 personnes qui peuvent légitimement se demander pourquoi le chef ne dit rien. À une question de lecteurs du Parisien sur le sujet je réponds : « Si on arrête le nucléaire c’est un million d’emplois détruits ». Hurlements des socialistes. Hollande fait cette déclaration historique : il y a deux mecs que je vais virer immédiatement si je suis élu, c’est Squarcini et Proglio. J’ai tenu jusqu’à la fin de mon mandat. Hollande, réalisant plus tard que Sapin avait signé n’importe quoi, rectifie le tir en disant « deux réacteurs ». Lesquels ? Il cherche la centrale la plus ancienne, c’est Fessenheim. On venait de la rénover complètement à grand frais. Hollande a tout promis, jusqu’à l’inversion de la courbe du chômage, alors va pour la fermeture de Fessenheim. Mais c’est l’actuel Président qui a tenu cette promesse insensée de son prédécesseur.</p><p class="p2">J’ai l’impression qu’on démolit le nucléaire au moment où il peut venir à bout de ses défauts.<br />Il faut maintenant qu’on arrive à transformer les déchets radioactifs en matière première, d’où l’importance des réacteurs à neutrons rapides, qui vont transformer les déchets en combustible. Sauf qu’en France on a arrêté toutes les recherches et toutes les expérimentations. On n’existe déjà plus dans le nucléaire. L’EPR est en difficulté, et on mise encore tout dessus. Le modèle nucléaire français risque d’être remplacé par le russe et le chinois, et les Américains qui vont s’y remettre.</p><p class="p2">Est-ce que l’écologie politique n’est pas ce qui a fait le plus de mal à la planète depuis 45 ans ? La phobie du nucléaire a fait progresser les énergies fossiles, la voiture électrique fait croire à une alternative au rail, les attaques contre la construction de lignes ferroviaires, le folklorisme architectural et la décentralisation ont permis en creux le mitage et la destruction des centre-villes, les lois réglementant les grandes surfaces ont amplifié la corruption des élus locaux, etc. À propos de Davos et Greta Thurnberg vous parlez de dictature de l’insignifiance…<br />Les écolos sont sympathiques, on leur a expliqué que le vent, le soleil et les vagues peuvent subvenir aux besoins énergétiques de la planète, c’est assez rassurant mais ce n’est pas vrai. La technique les laisse totalement indifférents. Si vous me demandez si les énergies dites renouvelables sont une solution, je vous réponds que c’est une mauvaise réponse à une bonne question. Elles ne sont pas là quand on en a besoin, on n’a pas résolu la question du stockage, les batteries et la production photovoltaïque sont un désastre environnemental, et je n’aimerais pas m’occuper du démantèlement du parc éolien, avec des pales de 32 mètres en matériaux composites indestructibles…</p>
<p>« POUTINE ? JE L’AI TROUVÉ À CHAQUE FOIS TRÈS TIMIDE. »</p>
<p class="p2">Et l’hydrogène, ça va marcher ?<br />Je n’y crois pas du tout, c’est un piège à subventions. Il faut beaucoup d’électricité pour fabriquer de l’hydrogène, il n’y en a pas à l’état pur. La France, qui n’est pas le pays qui a dépensé le plus en la matière, a accordé aux énergies dites nouvelles 50 milliards de subventions en dix ans, autant que coûterait le grand carénage du parc nucléaire. Pour produire 2,5 % de l’électricité française depuis 10 ans… </p><p class="p2">La commission européenne ne nous aide pas à y voir plus clair ?<br />Les pays européens ont tendance à faire désigner des seconds couteaux à Bruxelles, à l’exception des Anglais, qui faisaient nommer des gens pervers, totalement acquis aux Britanniques, qui voulaient récupérer le système européen à leur profit. </p><p class="p2">Quand j’ai entendu Nathalie Loiseau fanfaronner à la radio, quelques heures avant que le Royaume-Uni signe l’accord sur le Brexit, en disant que Boris Johnson était en train de pleurer sa race tellement on l’avait dérouillé, j’ai compris que les Anglais avaient gagné.<br />Avec eux, dès qu’un contrat est signé il est rediscuté, c’est pourquoi il doit comporter des poison pills, afin qu’il ne soit pas contesté sur ses clauses principales. Les Anglais quittant Bruxelles laissent la place aux Allemands. Qu’est-ce qui les gêne ? Leur politique énergétique, qu’ils ont complètement ratée. Et EDF. J’avais amené EDF dans un partenariat de gazoduc paneuropéen avec les Russes, South Stream. Les Allemands ont réussi à faire échouer ce projet. Mais depuis qu’ils ont abandonné le nucléaire en 2012, ils ont rouvert leurs mines de lignite et de charbon, ils ont doublé leurs émissions de CO2 et le prix de l’électricité. Ils ont donc absolument besoin de gaz. D’où leur besoin d’un nouveau réseau, Nord Stream 2, passant par la Mer Baltique. Ils sont en guerre avec les Russes sur les droits de l’homme et à peu près tout, sauf sur le gaz. Nous on est plus malins que ça : les Américains nous disent qu’il faut faire la guerre aux Russes, au lieu de laisser les Allemands tranquilles on interdit Nord Stream 2, on vexe les Allemands et ils assassinent EDF. Il y a une volonté farouche de Bruxelles, sous les ordres de Berlin, d’assassiner EDF tant qu’on n’aura pas lâché sur Nord Stream.</p><p class="p2">Est-ce qu’on n’a pas surestimé Merkel ? Parce que les réformes structurelles, c’est son prédécesseur Schrœder qui les a faites, ce qui l’a amené à être battu…<br />Vous savez où il est Schrœder ? Il est président de Nord Stream. C’est là que l’Allemagne est raisonnable, parce qu’ils savent qu’ils en ont besoin.</p><p class="p2">Comment parvenez-vous, en tant qu’ancien président d’une entreprise nationale, à travailler avec le pouvoir actuel en Russie, c’est à dire avec l’ancien appareil du KGB ?<br />Il est partout le KGB, moi ça ne me gêne pas. Quand j’étais PDG d’EDF j’avais comme interlocuteur Rosatom. Les Russes ont un système nucléaire qui a été entièrement repensé après Tchernobyl, et qui aujourd’hui est remarquable.</p><p class="p2">Vous racontez dans votre livre le clan Eltsine, voyant Gorbatchev entrer dans la pièce, la quitter aussitôt en le traitant de traître. Qu’est-ce qu’ils lui reprochaient ?<br />Ils lui reprochaient d’avoir cassé l’Union Soviétique comme continuation de l’ancien Empire russe, et laissé le pillage s’installer par les oligarques.</p><p></p>
<p>AVEC LES MAINS_<br />Lors de cette masterclass accordée aux lectrices et lecteurs de Technikart, M. Proglio prodigue quelques conseils au Président du Syndicat national de l’édition phonographique.</p>
<p class="p2"><br />Et Poutine ?<br />J’ai eu l’occasion de le voir plusieurs fois, et à chaque fois je l’ai trouvé très timide.</p><p class="p2">On ne peut pas en dire autant de Raffarin avec la Chine et les transferts de technologie. Mata-Hari a été fusillée pour moins que ça…<br />Vous donnez beaucoup de crédit à Raffarin…</p><p class="p2">Je n’ai pas dit qu’il s’y connaissait en technologie ou qu’il parlait chinois, mais la France se vante souvent de construire douze kilomètres de ligne à grande vitesse, et ensuite…<br />La Chine c’est le quart des habitants de la planète, refuser de vendre à l’Asie c’est compliqué. Ce qui importe c’est d’être constamment en avance de phase, d’exporter des matériels, donc des technologies, mais en ayant un temps d’avance dans vos centres de recherche et dans vos projets. Au moins vous leur vendez des équipements, sinon ils se les procurent quand même. Ils achètent tous les modèles d’avions, tous les modèles de centrales nucléaires du monde. Ils voient tout ce qui se fait, puis ils font leur réacteur à eux, qui est un concentré des meilleures techniques existantes dans le monde.</p><p class="p2">La question subsidiaire : comment trouvez-vous la décision rendue hier pour les écoutes de Sarkozy avec son avocat ?<br />Je suis assez scandalisé par le principe. Les filets dérivants, le fait de piéger qui que ce soit en le mettant sur écoute pendant dix-huit mois, ça me dérange, et là, en plus, c’est un délit d’intention. Dans quel pays au monde ce serait acceptable ? C’est une honte. </p><p class="p2">Le très vertueux Benoît Hamon, dont la compagne fait bénéficier un grand groupe de luxe de ses talents d’influence, avait eu cette phrase élégante qui nous rappelle de bons souvenirs : « Si on n’a rien à cacher, il n’y a pas de problème à être écouté ».<br />Notre photographe : Même le juge Van Ruymbeke a déclaré qu’il n’aurait jamais épluché les fadettes d’un avocat…<br />Henri Proglio : Les professionnels de la magistrature savent que c’est inique. Un juge est là pour faire respecter le droit, s’ils se mettent à faire le droit et la loi…</p><p class="p2">Quand j’avais vingt ans ça m’arrivait d’être écouté, par la fine équipe de l’Élysée ou le juge Bruguière. S’il y a un truc qui n’apparaît jamais dans les fiches d’interception, c’est l’humour, et Thierry Herzog en a beaucoup. Aujourd’hui j’aimerais bien être plus souvent écouté, en tout cas pour mes disques.</p><p class="p1">Les joyaux de la couronne, avec Pierre Abou, (Robert Laffont, 312p, 20€.)</p><p class="p3"><br />Entretien Bertrand Burgalat<br />Photos Florian Thévenard </p><p class="p3"> </p><p class="p2"> </p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/518/kaspersky-a-identifie-les-nouveaux-outils-de-piratage-de-la-cia</guid>
	<pubDate>Thu, 29 Apr 2021 21:34:53 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/518/kaspersky-a-identifie-les-nouveaux-outils-de-piratage-de-la-cia</link>
	<title><![CDATA[Kaspersky a identifié les nouveaux outils de piratage de la CIA]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="delta py0p5">Chaque mois, les éditeurs d'antivirus reçoivent des échantillons des menaces en cours. Depuis deux ans, Kasperksy a isolé des malwares très sophistiqués, et il vient de les identifier comme des logiciels de cyber-espionnage utilisés par le renseignement américain.</p><p>Cela vous intéressera aussi</p><p class="mt1"> [EN VIDÉO] Qu'est-ce qu'une cyberattaque ?  Avec le développement d'Internet et du cloud, les cyberattaques sont de plus en plus fréquentes et perfectionnées. Qui est derrière ces attaques et dans quel but ? Quelles sont les méthodes des hackers et quelles sont les cyberattaques les plus massives ? </p><p class="zeta py0p5">Pour espionner et contre-espionner, les agences du renseignement de n'importe quel pays utilisent les mêmes outils que les pirates : des malwares. Tout est secret défense, mais Kaspersky pense avoir mis la main sur les <a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/tech/definitions/informatique-logiciel-561/" class="tooltip-link" data-color="bright-blue" data-title="Logiciel" data-number="" data-copy="Formé à partir des mots logique et matériel, le mot logiciel a été inventé en 1969 pour remplacer le terme anglais software. Il désigne l'ensemble des programmes et des procédures nécessaires au fonctionnement d'un système informatique : c’est lui qui indique à l’ordinateur comment effectuer les..." data-image="https://cdn.futura-sciences.com/buildsv6/images/midioriginal/5/7/6/576df1d0de_128295_logiciel-c-carlos-muza-unsplash.jpg" data-url="/tech/definitions/informatique-logiciel-561/" data-more="Lire la suite">logiciels</a> utilisés par la CIA. Bien évidemment, en prenant le soin de ne pas la nommer.</p><p class="zeta py0p5">Dans son <a href="https://securelist.com/apt-trends-report-q1-2021/101967/" target="_blank">rapport trimestriel</a>, le seul célèbre éditeur d'antivirus explique ainsi qu'il a étudié des échantillons de malwares envoyés en février 2019 aux experts de sécurité. C'est ce qui se fait habituellement, et les plus grands antivirus sont chargés de les analyser pour renforcer la protection de leurs solutions, mais aussi de faire le point sur les menaces actuelles.</p>
<p>Une variante d'un cheval de Troie utilisé depuis 2014</p>
<p class="zeta py0p5">Certains des échantillons ne peuvent être associés à aucune activité connue. Kaspersky explique qu'il a alors isolé les malwares les plus sophistiqués, et les experts ont découvert des similitudes dans le codage, le <a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-gnomon-14968/" class="tooltip-link" data-color="purple" data-title="Gnomon" data-number="" data-copy="On appelle «&amp;nbsp;gnomon&amp;nbsp;», ou «&amp;nbsp;style »,&amp;nbsp;la tige, verticale ou non, qui projette son&amp;nbsp;ombre sur un cadran solaire. Le terme vient du grec&amp;nbsp;signifiant&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;celui qui sait&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;Gnomon : du simple bâton au cadran solaire&lt;br /&gt;Dans l’Antiquité, le gnomon était en..." data-image="https://cdn.futura-sciences.com/buildsv6/images/midioriginal/9/6/e/96ede18295_76402_gnomon.jpg" data-url="/sciences/definitions/physique-gnomon-14968/" data-more="Lire la suite">style</a> et les techniques utilisés dans la famille des logiciels malveillants dits Lambert. Il y a quatre ans, sous le nom de <a href="https://community.broadcom.com/symantecenterprise/communities/community-home/librarydocuments/viewdocument?DocumentKey=7ca2e331-2209-46a8-9e60-4cb83f9602de&amp;CommunityKey=1ecf5f55-9545-44d6-b0f4-4e4a7f5f5e68&amp;tab=librarydocuments" target="_blank">Vault7</a>, <a href="https://wikileaks.org/ciav7p1/" target="_blank">WikiLeaks</a> avait révélé au grand public les outils de la CIA et, chez Kaspersky, on avait décidé de les classer sous le nom de Lambert, avec un code <a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-couleur-4126/" class="tooltip-link" data-color="purple" data-title="Couleur" data-number="" data-copy="La couleur, c'est ce qui permet de différencier deux objets de formes et de structures identiques, par exemple le drapeau italien du drapeau français. C'est aussi ce qui n'est ni blanc, ni gris, ni noir. Le blanc et le noir étant les bornes de la gamme des gris neutres.&lt;br /&gt;Quelquefois, la couleur..." data-image="https://cdn.futura-sciences.com/buildsv6/images/midioriginal/7/9/5/7951943cc1_85596_couleur.jpg" data-url="/sciences/definitions/physique-couleur-4126/" data-more="Lire la suite">couleur</a> pour chaque variante.</p><p class="zeta py0p5">Aujourd'hui, il s'agit donc de Purple Lambert, et ce cheval de Troie permet de surveiller l'activité du réseau sur l'<a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/tech/definitions/informatique-ordinateur-586/" class="tooltip-link" data-color="bright-blue" data-title="Ordinateur" data-number="" data-copy="Un ordinateur est un terminal électronique fonctionnant à l’aide d’un programme ou d’un jeu d’instructions qui lui font lire, manipuler et modifier des données numériques. L’origine de l’ordinateur remonte au milieu du 19e siècle lorsque le mathématicien britannique Charles Babbage conçut une..." data-image="https://cdn.futura-sciences.com/buildsv6/images/midioriginal/b/7/8/b7881acca1_68781_ibmmark1jpg.jpg" data-url="/tech/definitions/informatique-ordinateur-586/" data-more="Lire la suite">ordinateur</a> infecté. C'est un malware passif, qui agit en arrière-plan, et selon Kaspersky, son code date de 2014. C'est une découverte extrêmement rare et, bien sûr, l'éditeur ne nomme pas la CIA... Mais comme il range sa découverte dans la « <a href="https://securelist.com/unraveling-the-lamberts-toolkit/77990/" target="_blank">famille Lambert</a> », forcément, il s'agit des toolkits de piratage utilisés par le renseignement américain dans le passé contre l'« État islamique », ou encore le secteur de l'aviation civile chinoise.</p><p>Intéressé par ce que vous venez de lire ?</p><p>Lien externe</p><p>Définitions associées</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/517/thomas-pesquet-%C2%AB%C2%A0sans-l%E2%80%99ecole-publique-gratuite-et-obligatoire-je-n%E2%80%99aurais-sans-doute-pas-fait-grand-chose-de-ma-vie%C2%A0%C2%BB</guid>
	<pubDate>Thu, 29 Apr 2021 11:09:51 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/517/thomas-pesquet-%C2%AB%C2%A0sans-l%E2%80%99ecole-publique-gratuite-et-obligatoire-je-n%E2%80%99aurais-sans-doute-pas-fait-grand-chose-de-ma-vie%C2%A0%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[Thomas Pesquet : « Sans l’école publique, gratuite et obligatoire, je n’aurais sans doute pas fait grand-chose de ma vie »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Article publié le 17 septembre 2018</p><p id="caption-attachment-616963" class="wp-caption-text">Thomas Pesquet selfie Crédits – ESA-NASA</p><p>Ce film est le fruit du travail d’une équipe de documentaristes qui m’ont suivi pendant toute la mission. Mon investissement fut d’abord d’être leur interlocuteur afin de leur indiquer ce qui était intéressant à montrer pendant la phase de préparation. Une fois à bord de la station, j’ai changé de rôle et me suis transformé en cadreur, preneur de sons, réalisateur aussi, car, évidemment, j’étais seul pour manipuler la caméra HD. J’ai donc un rapport assez proche avec le film puisque j’en signe toutes les images dans l’espace. Ce fut une expérience intéressante, mais qui m’a occasionné quelques frustrations, car il y a beaucoup d’images que j’aurais aimé faire, mais que je n’avais pas le temps de tourner. J’aurais notamment adoré montrer la préparation des <a href="http://www.esa.int/spaceinvideos/Videos/2017/01/Spacewalker_s_view">sorties extra-véhiculaires</a>, mais ma priorité n’était évidemment pas là ! Sur la fin de la mission toutefois, l’un de mes coéquipiers m’a aidé à tourner des plans dans lesquels je suis devant la caméra. Si j’ai accepté ce projet de film, c’est parce qu’il a une dimension pédagogique. Expliquer ce que l’on fait dans la station et pourquoi on le fait, c’est essentiel, tout comme il est essentiel de faire passer un message écologique. Le spectacle que nous offre la terre, c’est celui de sa beauté, mais aussi de sa fragilité.</p>
<p>Cette dimension pédagogique, de partage de vos expériences, de vos connaissances, de votre vie à bord… est une première en France. Elle a suscité un engouement inédit qui tient beaucoup à votre personnalité, non ?</p>
<p>Ce n’est pas uniquement grâce à moi, énormément de gens ont été impliqués dans cette volonté de partager la mission avec le plus grand nombre. D’autres l’ont d’ailleurs fait avant moi, notamment aux États-Unis. Mais il est vrai que j’ai été le premier Français à m’impliquer autant. Gamin, j’aurais adoré suivre le quotidien des astronautes et je me dis que pour les enfants d’aujourd’hui fascinés par l’espace, c’est extraordinaire de pouvoir vivre les travaux des astronautes en direct grâce aux technologies modernes et aux réseaux sociaux.</p>
<p>Vous avez particulièrement échangé avec les écoliers avant, pendant et après la mission. Pendant, il y a notamment eu une série d’<a href="https://proxima.cnes.fr/fr/proxima-et-les-jeunes">expériences</a> (croissance de graines, de cristaux, réaction enzymatique) réalisées conjointement par les classes et vous-même afin de comparer vos résultats, des conférences vidéos, un <a href="https://www.esa.int/fre/ESA_in_your_country/France/Concours_d_ecriture_Le_Petit_Prince_et_Proxima">concours d’écriture</a>…, des <a href="http://www.ariss-f.org">liaisons radioamateurs.</a>Pourquoi autant d’interactions avec les scolaires  ?</p>
<p>D’abord, je dois avouer que, concernant ces petites expériences, les lycéens et collégiens ont obtenu de bien meilleurs résultats que moi. J’ai trouvé très sympa qu’ils constatent que je ratais des manipulations qu’eux parvenaient à faire ! (Rires). Pour répondre à votre question, l’<a href="https://www.esa.int">agence spatiale européenne </a>m’a accompagné dans cette démarche-là. Elle m’a aidé à mettre en place ces échanges et a créé ces kits de manipulations destinés aux écoliers. Il y a d’ailleurs au <a href="https://cnes.fr/">CNES</a> (Centre national d’études spatiales) et à l’<a href="https://www.esa.int">ESA</a> des gens qui se servent de l’espace comme outil pédagogique. Bien sûr, lorsqu’on part dans l’espace, c’est pour faire de la recherche et préparer des explorations, pas pour prendre des photos et tweeter ! Cette communication ne se fait donc que sur le temps libre des astronautes qui ont envie de le faire. Même si ce partage n’est pas, et ce ne sera jamais, un objectif des missions spatiales, celles-ci ont évidemment une dimension d’inspirations et d’éducation essentielles selon moi.</p><p>Le spatial peut être un outil pédagogique, qui aide à faire passer des connaissances. Mais on peut aussi le voir à l’envers, autrement dit, comme un moyen de faire comprendre qu’acquérir des connaissances scientifiques à l’école c’est la première étape pour des missions comme Proxima. C’est un cercle vertueux. Si, par l’exploration spatiale, on donne envie à des jeunes de suivre des études scientifiques, on rend possibles les missions du futur, missions dont ils seront les maîtres d’œuvre. Je pense aussi à cette petite fille de 5 ans qui, avec l’aide de ses parents, m’avait écrit de manière très candide son intérêt pour mon aventure. Son père lui, m’avait remercié en me disant : « grâce à vous, elle ne veut pas devenir Thomas Pesquet, mais Peggy Whitson ». Peggy Whitson était ma collègue à bord et la commandante de la station. La petite avait compris que la chef de Thomas Pesquet c’était une fille, et que c’était ça qu’elle voulait devenir ! Génial non ?</p>
<p>Vous avez un don pour la pédagogie. Vous vient-il de vos parents – votre mère était institutrice et votre père professeur de mathématiques ?</p>
<p id="caption-attachment-616966" class="wp-caption-text">Affiche film 16 levers de soleil</p><p>Le goût de l’apprentissage est dans mon caractère. J’aime découvrir des nouveautés, j’aime apprendre, avoir de nouvelles cordes à mon arc. Ce qui, d’ailleurs, n’est pas si simple, passé un certain âge. Cela m’oblige à me remettre en cause, à accepter de ne pas « bien faire », de rater… Lorsqu’on aime apprendre, souvent on aime aussi transmettre. C’est mon cas. J’aime expliquer, vulgariser les choses compliquées, utiliser des images… Et sans doute mon histoire familiale n’y est-elle pas étrangère. Outre mes parents, mon frère – après avoir fait des études d’ingénieur – s’est réorienté pour devenir prof en école d’ingénieur. En fait, je suis le seul qui a mal tourné ! Même si, enfant, je ne m’en rendais pas compte, je sais aujourd’hui qu’avoir des parents enseignants a forgé en moi la conviction de l’importance des études. C’est un moyen extraordinaire de faire de sa vie ce que l’on a envie d’en faire, de réaliser ses rêves. J’ai bien conscience que ce que je dis là ressemble à de « grands mots », que cela pourra passer pour des clichés, mais c’est pourtant la réalité. Ce n’est certes pas le seul moyen d’être heureux dans sa vie, mais c’est le moyen accessible à tous. J’ai grandi avec ça en moi. J’ai toujours eu foi dans la mission de l’école, je ne l’ai jamais remise en cause comme d’autres adolescents ou jeunes adultes peuvent le faire.</p>
<p>Y avait-il quelque chose que vous n’aimiez vraiment pas à l’école ?</p>
<p>Mais il y avait plein de choses que je n’aimais pas à l’école, que croyez-vous ?! (Rires) Le fait d’avoir conscience que l’école a tant fait pour moi ne signifie pas non plus que je me levais joyeusement tous les matins pour m’y rendre ou que j’étais toujours passionné par ce qui se passait sur le tableau noir. Je reconnais toutefois que j’étais un élève facile. Comme j’habitais à la campagne, je me levais chaque jour à 6 h, mercredi et samedi compris pour prendre le car et, ça je n’aimais pas ! Par contre, aucune matière ne me rebutait. Bien qu’ayant fait une carrière scientifique, j’étais fan de langues et de philosophie, j’ai même passé le concours général en anglais et en philo. Je me souviens aussi que j’étais très nul en travaux pratiques de physique-chimie. Je consternais mon prof tant je ratais toutes les expériences d’une façon presque absurde, un peu comme dans ces bandes dessinées où le savant fou fait jaillir du tube à essai un improbable mélange bouillonnant !</p>
<p>De quoi rêvait l’élève Thomas Pesquet ?</p>
<p>Figurez-vous que je rêvais de devenir… astronaute ! Mais j’avais bien conscience que c’était presque impossible, qu’il fallait tomber au bon endroit au bon moment. Je savais qu’il n’était pas raisonnable d’orienter toute ma vie vers un objectif si incertain. L’un de mes anciens profs de maths m’a un jour ressorti les fiches de renseignements que les élèves remplissent au début de l’année. À la question : quel métier voulez-vous faire plus tard ? J’avais écrit « pilote », ce qui était tout à fait sincère. Comme quoi, je ne m’étais pas totalement trompé. J’ignore, par contre, d’où me vient cette passion depuis toujours pour l’espace… Je ne l’ai pas hérité de mes proches, aucun n’ayant de liens avec l’activité aéronautique. Je n’avais d’ailleurs jamais pris l’avion avant d’embarquer, à 20 ans, pour Toulouse afin d’intégrer <a href="https://www.isae-supaero.fr/fr/">Supaero</a>, l’Institut Supérieur de l’Aéronautique et de l’Espace.</p><p id="caption-attachment-616968" class="wp-caption-text">Thomas Pesquet</p>
<p>Vous échangez beaucoup avec les enseignants. Quel regard portez-vous sur leur travail ?</p>
<p>Je sais à quel point la mission d’enseigner est difficile. Les connaissances techniques, scientifiques, les savoirs ne suffisent évidemment pas. Il faut intéresser celles et ceux qui sont en face de soi, convaincre, se renouveler, mais aussi garder sa propre motivation à enseigner année après année. Or, le chômage crée beaucoup d’inquiétudes et d’interrogations chez la jeune génération. Beaucoup d’adolescents se demandent, plus qu’autrefois, à quoi va leur servir le diplôme qu’ils auront parfois eu tant de mal à obtenir. Il y a un vrai questionnement sur l’utilité de l’école qui se traduit par une remise en cause du rôle des enseignants. Pour l’avoir vu avec mes parents, puis aujourd’hui avec mon frère, je sais à quel point leur tâche est compliquée. Même si je pratique la pédagogie à mon petit niveau, je ne suis pas certain d’être capable de faire face, jour après jour, à des élèves de CM2 ou de 4e pas tous passionnés par ce que je leur raconterais.</p><p>Je sais ce que je dois à chacun de mes professeurs. C’est grâce à eux qu’il y a des parcours comme les miens et comme tant d’autres. Le système éducatif français m’a permis de beaucoup recevoir. Sans l’école publique, gratuite et obligatoire, je n’aurais sans doute pas fait grand-chose de ma vie. Je sais qu’on ne leur dit pas souvent merci, moi je le dis : merci à vous !</p>
<p>Pour finir, quelle est votre vie aujourd’hui ?</p>
<p>Aujourd’hui, je suis revenu au centre des astronautes de l’ESA, à Cologne, en Allemagne. Je continue à m’entraîner pour le cas où l’on déciderait de me renvoyer dans l’espace et je travaille sur la suite de la station spatiale internationale. D’ici une dizaine d’années, nous aimerions mettre en orbite autour de la lune une plus petite station internationale qui ne sera pas habitée de façon permanente. Elle servirait de base pour faire des missions vers la lune et pour assembler des structures sur la route vers mars. Il faut définir cette station, ses missions, les projets qui vont en bénéficier, comment on va opérer depuis le sol, avec quels réseaux de communication… les tâches ne manquent pas.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/516/une-campagne-abjecte</guid>
	<pubDate>Thu, 29 Apr 2021 11:08:24 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/516/une-campagne-abjecte</link>
	<title><![CDATA[Une campagne abjecte]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Ancien EELV passé à LFI, Sergio Coronado s’est fendu sur Twitter d’un mes­sage de sou­tien à l’igno­ble cam­pa­gne EELV d’Ile-de-France, cam­pa­gne visant les « vieux » (les « boo­mers »), les chas­seurs et Alain Finkielkraut. Voici le texte de Coronado : « “Ok Boomer !” peut être résumé par : “Votre géné­ra­tion a connu le plein emploi, elle a consommé sans limi­tes, n’a pas pris soin de la pla­nète et vous voulez encore nous expli­quer ce que nous devons faire ? Vous avez échoué. Laissez-nous gérer main­te­nant” ». Ce mes­sage est tout sim­ple­ment une salo­pe­rie qui signe la nature pro­fonde de son auteur et des cra­pu­les d’EELV à qui il apporte son sou­tien. Il faut en effet ne pas man­quer d’air pour s’en pren­dre à une « géné­ra­tion qui a consommé sans limite ». Peut-être mon­sieur Coronado appar­tient-il à un milieu où l’on consomme sans limite, mais les gens qui ont plus 60 ans aujourd’hui (les « boo­mers » sont nés entre 1942 et 1960) n’ont pas passé leur jeu­nesse pendus au por­ta­ble, ou rivés sur leur écran d’ordi­na­teur… Boomer moi-même, je peux témoi­gner que la très grande majo­rité de mes cama­ra­des d’école pri­maire n’a jamais mis les pieds ni dans un lycée, ni dans un col­lège : à l’âge de 14 ans, ils sont partis au tra­vail ou, pour les chan­ceux en appren­tis­sage. Comme les gens de cette époque consom­maient sans limi­tes, ils étaient plu­sieurs cen­tai­nes de mil­liers à vivre dans des bidon­vil­les et encore plus nom­breux étaient ceux qui habi­taient des loge­ments insa­lu­bres et étroits (une famille de 5 per­son­nes dans 40 m² était chose cou­rante. Ah ! Ces salauds de pau­vres qui ne son­geaient qu’à consom­mer sans limi­tes ! Quand les cités HLM sont sor­ties de terre, elles appa­rais­sent comme de véri­ta­bles palais : salles de bain, WC, des fenê­tres par­tout et même par­fois un balcon ! Je vous le dis, ces boo­mers ne pen­saient qu’à consom­mer sans limi­tes… En plus, ils tra­vaillaient ! Quelle hor­reur ! Quant aux « boo­mers » tar­difs, ils ont connu de meilleu­res condi­tions sani­tai­res et sco­lai­res, mais aussi le chô­mage de masse [qui com­mence dans les années 70], les « plans sociaux » et la montée en flèche des iné­ga­li­tés.</p><p>Le mes­sage de ce M. Coronado s’ins­crit cepen­dant dans une orches­tra­tion sour­noise, menée depuis de nom­breu­ses années main­te­nant : les res­pon­sa­bles de la crise sont les « vieux » [« boo­mers » en nov­lan­gue] qui n’ont pensé qu’à eux avec leurs miro­bo­lan­tes retrai­tes et ont sac­cagé la pla­nète — ce que ne font évidemment pas les don­neurs de leçon à Coronado, qui ne pren­nent évidemment jamais l’avion, vivent dans des appar­te­ments où il ne fait jamais plus de 12° l’hiver et don­nent aux pau­vres leurs indem­ni­tés par­le­men­tai­res… Et pour­quoi l’atta­que contre les vieux ? Tout sim­ple­ment pour 1) jus­ti­fier la réforme des retrai­tes et 2) faire, comme en Grèce, main basse sur les pen­sions, ce qui est déjà dans les tuyaux de Bercy.</p><p>De deux choses l’une : Coronado est un crétin ou un agent sti­pen­dié. À moins que ce ne soient les deux. En tout cas, il se situe clai­re­ment du côté des pri­vi­lé­giés et il est un bon repré­sen­tant de cette petite-bour­geoi­sie demi-ins­truite, gen­tri­fiée qui peuple l’appa­reil de LFI comme celui des Verts (de gris). Pouah ! Comme disait jadis Mélenchon, qu’ils s’en aillent tous ! Et ne jamais voter EELV.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/515/%C2%ABzero-covid%C2%BB-contre-%C2%ABstop-and-go%C2%BB-une-etude-dresse-un-bilan-comparatif-sans-appel</guid>
	<pubDate>Thu, 29 Apr 2021 11:03:38 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/515/%C2%ABzero-covid%C2%BB-contre-%C2%ABstop-and-go%C2%BB-une-etude-dresse-un-bilan-comparatif-sans-appel</link>
	<title><![CDATA[«Zéro covid» contre «stop and go»: une étude dresse un bilan comparatif sans appel]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Vivre avec le virus, ou bien lui déclarer la guerre? Ces deux stratégies sanitaires ont coexisté depuis le début de la pandémie. Pour quels résultats? Une équipe européenne d’économistes, de sociologues et de spécialistes de santé publique a examiné la question.</p><p>Ses conclusions, qui paraissent ce 29 avril sous forme de <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)00978-8/fulltext" target="_blank" rel="noopener noreferrer">commentaire</a> dans la revue The Lancet, sont sans appel: les pays qui ont appliqué la tolérance zéro face au coronavirus s’en sont beaucoup mieux sortis que ceux qui ont pratiqué le «stop and go», à l’image de la Suisse, la France ou l’Allemagne.</p><p>Lire aussi: <a href="https://www.letemps.ch/sciences/antoine-flahault-leurope-sinterroger-lopportunite-strategie-zero-covid" target="_blank" data-hovercard="https://www.letemps.ch/sciences/antoine-flahault-leurope-sinterroger-lopportunite-strategie-zero-covid">«L’Europe devrait s’interroger sur l’opportunité de la stratégie zéro covid»</a></p><p>Les scientifiques ont examiné la gestion de la pandémie lors des 12 premiers mois au niveau mondial, et comparé plus en détail les 37 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), majoritairement constituée de pays développés. Ils ont en particulier analysé les décès imputés au Covid-19, la croissance du PIB et la dureté des mesures sanitaires, et vérifié si des différences notables existaient selon les deux types de stratégie, mitigation ou élimination.</p><p>La mitigation est la stratégie du «vivre avec» qui s’est imposée dans la majorité des pays occidentaux. Elle repose sur un relatif laisser-faire et n’impose de mesures fortes que lorsque les systèmes hospitaliers sont menacés de saturation.</p><p>On a souvent entendu que la gestion de la pandémie était une affaire de compromis entre la santé et l’économie. Nos résultats montrent le contraire</p>
<p>Miquel Oliu-Barton, Université Paris-Dauphine</p>
<p>L’autre voie, l’élimination, parfois appelée stratégie du «zéro covid», consiste en des mesures fortes (fermetures, quarantaines obligatoires, etc.) qui, prises précocement, font s’effondrer la circulation virale à de très faibles niveaux. Une fois ce stade atteint, la vie reprend presque normalement, mais des mesures de lockdown, le plus souvent ponctuelles et au niveau local, sont mises en place à la moindre réapparition du virus. Des contrôles aux frontières sont pratiqués, de même que le contact tracing – ce qui est rendu plus aisé par le faible nombre de cas.</p>
<p>De meilleures performances économiques</p>
<p>Au niveau médical, les pays ayant opté pour une telle stratégie (Australie, Nouvelle-Zélande, Japon, Corée du Sud et Islande) ont observé une mortalité par million d’habitants 25 fois inférieure aux autres. Le lien de cause à effet n’est cependant pas établi, mais l’association est significative.</p><p>«On a souvent entendu que la gestion de la pandémie était une affaire de compromis entre la santé et l’économie. Nos résultats montrent le contraire», déclare Miquel Oliu-Barton, de l’Université Paris-Dauphine. La comparaison est même «accablante», d’après le communiqué publié par son équipe. Les pays du club «élimination» «ont connu une meilleure performance économique presque à chaque période [la croissance du PIB a été prise en compte semaine après semaine]. Cela leur a permis de retrouver un niveau de croissance pré-covid, soit en moyenne 10 points au-dessus des autres pays.» Le PIB a par exemple reculé en Suisse de 3% en 2020, tandis que celui de Taïwan (non inclus dans l’étude), qui a appliqué une stricte politique d’élimination du virus, a progressé de 3% sur cette période. Les mesures fortes entraînent initialement une baisse du PIB, qui est compensée sur le long terme, détaille Miquel Oliu-Barton.</p><p>Lire aussi: <a href="https://www.letemps.ch/economie/confinement-fautil-fermer-un-bref-moment-mieux-rebondir" data-hovercard="https://www.letemps.ch/economie/confinement-fautil-fermer-un-bref-moment-mieux-rebondir">Confinement: faut-il tout fermer un bref moment pour mieux rebondir?</a></p><p>Coauteur de l’étude, l’économiste Philippe Aghion de la London School of Economics, estime que «la stratégie stop and go est préjudiciable à la croissance économique car elle empêche les entreprises de planifier à long terme. Au lieu d’investir dans l’innovation, ils épargnent pour faire face au prochain confinement et privilégient des embauches en contrats de courte durée.»</p>
<p>Le «stop and go» serait plus liberticide</p>
<p>Autre signataire de l’article, <a href="https://www.letemps.ch/monde/ilona-kickbusch-loms-sort-souvent-renforcee-crises" target="_blank" data-hovercard="https://www.letemps.ch/monde/ilona-kickbusch-loms-sort-souvent-renforcee-crises">Ilona Kickbusch</a>, spécialiste en santé globale de l’Institut de hautes études internationales et du développement, à Genève, ajoute: «Les pays qui ont opté pour l’élimination ont fondé leur stratégie sur un objectif commun et de solidarité. D’autres devraient prendre cet apprentissage, montrer une action décisive et mettre de côté les arguments polarisés et non scientifiques afin de regagner le soutien de la population.»</p><p>Parmi les arguments en faveur des stratégies de mitigation figure celui des libertés individuelles, sacrées en Occident et dont le bâillonnement serait incompatible avec des mesures strictes propres au «zéro covid». Ce point est également balayé par la présente étude. En se penchant sur l’Oxford Stringency Index, une valeur permettant d’évaluer la dureté des mesures sanitaires, les auteurs estiment que c’est justement dans les pays du «vivre avec» que les libertés ont été le plus bafouées. Les mesures strictes liées au «zéro covid», plus ponctuelles et plus locales, ont été jugées moins liberticides, d’après ces estimations.</p>
<p>Appel à une coordination internationale pour éliminer le SARS-CoV-2</p>
<p>Voilà pour le bilan. Mais avec des vaccins à l’horizon, est-il judicieux de changer de cap? Les stratégies d’élimination gardent toute leur pertinence, assure Miquel Oliu-Barton: «Le coronavirus ne sera pas éradiqué dans les trois mois. L’histoire rappelle que les éradications prennent toujours plus longtemps que prévu. Le coronavirus continuera hélas probablement à circuler pendant une longue période car tout le monde ne sera pas vacciné, ou alors pas forcément immunisé malgré une vaccination, ou encore parce que des variants échappant à l’immunité pourraient émerger», prédit-il.</p><p>La mise en place d’une stratégie d’élimination ne serait pas une sinécure, mais elle ne serait pas insurmontable non plus. Elle reposerait notamment sur un découpage géographique de l’Europe en grandes régions selon la prévalence virale, avec des contrôles aux frontières entre celles-ci. «Les pays qui ont opté pour l’élimination ont agi rapidement et localement pour contrôler les résurgences du virus. Ils ont pu ainsi créer et protéger des «zones vertes» où le virus est maîtrisé et où la vie peut revenir à la normale – reprise des activités sociales et des voyages en toute sécurité. C’est pourquoi nous renouvelons notre appel à une coordination internationale avec pour objectif l’élimination du Covid-19», détaille Miquel Oliu-Barton dans le communiqué. «C’est le moment idéal pour le faire, a-t-il ajouté lors d’un entretien. Mais c’est une décision qui revient aux politiques.»</p><p>Lire aussi: <a href="https://www.letemps.ch/opinions/controler-pandemie-sauver-leconomie" data-hovercard="https://www.letemps.ch/opinions/controler-pandemie-sauver-leconomie">Contrôler la pandémie pour sauver l’économie</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/514/comparison-of-communication-tools-for-companies</guid>
	<pubDate>Wed, 28 Apr 2021 19:49:15 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/514/comparison-of-communication-tools-for-companies</link>
	<title><![CDATA[Comparison of Communication Tools for Companies]]></title>
	<description><![CDATA[<p>In contrast to chat apps for private users, business solutions offer a console where company administrators can manage the employees. Thanks to Threema Work’s high flexibility, the service easily adapts to every organization’s needs. In BYOD scenarios, Threema Work scores extra points with Threema MDM, while most other solutions only support external MDM systems. Threema Work combines comprehensive pre-configuration options with a straightforward app distribution.</p><p>All solutions support integration into directory services. External users can join Threema Work without having to complete a tedious registration process and even without providing a phone number or email address. On top of that, Threema Work can also be restricted to a closed user group.</p><p>Not to offer an option to archive user chats on a central server (e.g., for compliance purposes) is a deliberate decision of Threema Work because this would, in theory, allow the service provider to access message contents, which, in turn, would render the security benefits of end-to-end encryption completely useless.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/513/terrorisme-le-tunisien-jamel-gorchene-nest-pas-un-loup-solitaire</guid>
	<pubDate>Wed, 28 Apr 2021 05:20:07 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/513/terrorisme-le-tunisien-jamel-gorchene-nest-pas-un-loup-solitaire</link>
	<title><![CDATA[Terrorisme, le tunisien Jamel Gorchene n&#039;est pas un loup solitaire]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2021/04/Gorche%CC%80ne.jpg" data-caption=""></a></p>
<p>Originaire de M’saken en Tunisie où il a été endoctriné par un imam salafiste, Bechir Ben Hassen, le terroriste de Rambouillet, Jamel Gorchene n’a pas surgi de nulle part ! </p><p class="article__paragraph">Quel processus, s’interroge le très docte quotidien « le Monde, a conduit Jamel Gorchene, un Tunisien de 36 ans arrivé clandestinement en France en 2009, à assassiner une adjointe administrative du commissariat de Rambouillet (Yvelines), le 23 avril ? Quels ressorts ont fait basculer  « ce chauffeur-livreur sans histoire » dans la dérive meurtrière? « Troubles de personnalité », failles psychologiques », « profil énigmatique ». À en croire les déclarations publiques des experts des services anti terroristes, Jamel Gorchene serait un loup solitaire, du genre déprimé, mais sans réseaux ni visibilité. Nous ne sommes pourtant pas obligés de croire sur parole à cette présentation angélique d’un terroriste à l’allure d’un « chauffeur livreur sans histoire ».</p><p class="article__paragraph">La radicalisation progressive du terroriste de Rambouillet n’a rien à voir avec le story telling qu’on nous impose.même si son parcours a échappé, semble-t-il, à tous les radars anti terroristes. Plus grave encore, aucune coopération n’a véritablement fonctionné entre les services français et tunisiens qui aurait pu permettre de repérer les dérives de Jamel Gorchene.</p>
<p><a href="https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2021/04/3QPFNJWWNFUVCLBN42C2X2PZG4.jpg"></a><br />Mohamed Salmin Bouhlel,: 86 morts, plus de deux cent blessésDeux amis d’enfance<br />Lors de son arrivée sur le territoire français en 2009, le jeune tunisien rejoint Mohamed Lahouaiej Bouhlel, installé à Nice depuis cinq ans et qui sera l’auteur du terrible attentat de 2016 (86 morts). Ce sont des amis d’enfance du même age, originaires l’un et l’autre de la ville de M’Saken en Tunisie. La région niçoise est en effet une terre d’émigration privilégiée pour les Tunisiens de cette grande banlieue de Sousse. </p>
<p>En 2020, un autre Tunisien âgé lui d’une vingtaine d’années et originaire de Sfax, assassine trois personnes en perpétrant un attentat à la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption à Nice toujours. Dix jours plus tôt, une vidéo était diffusée sur Facebook, prêchant en arabe la décapitation de tous ceux qui offensent le prophète Mahomet. L’auteur? Un certain Bechir Ben Hassen, l’Imam de M’sakem, qui a vécu en France entre 2016 et 2020.</p><p><a href="https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2021/04/24-02-2014-09-52-24bechir_ben_hassen.jpg"></a></p>
<p> Béchir Ben Hassen, la matrice<br />Imam populiste, proche de l’Arabie Saoudite , Béchir Ben Hassen aura formé à un Islam salafiste les deux apprentis terroristes.  Né à Msaken comme eux, ce religieux n’a rien d’un tueur, mais il est bien un notable au discours rigoriste qui prêche sur la chaine qatarie El Djazira. Lors de l’arrivée au pouvoir des islamistes après 2011, ce fondamentaliste soutient le mouvement Ennhadha et encadre, par des prêches enflammés, une jeunesse en voie de radicalisation qu’il faut contenir. « Cet Imam piétiste, explique un universitaire,  tentait comme d’autres d’amortir le choc provoqué par l’islamisation du pouvoir et de la société ». .<br />Ce notable pieux n’a cessé de multiplier les allers et retours entre la Tunisie, le Maroc et la France. Béchir Ben Hassen a étudié à l’Institut d’Oum Al Qura à la Mecque, ainsi qu’à l’Université Américaine internationale de théologie islamique avant de suivre des cycles de formations au Centre Islamique et culturel de Bruxelles. Installé quelque temps au Maroc où il fait de la prison, le Cheikh Béchir Ben Hassen rentre finalement dans son pays en 2014 après avoir passé neuf mois en détention en France en raison dune plainte déposée par son épouse française pour avoir kidnappé ses enfants.<br />Al-karama à la manoeuvre<br />Lorsqu’en 2015, le vent est moins favorable aux islamistes tunisiens après l’élection de Beji Caïd Essebsi, l’Imam est  renvoyé de la mosquée de M’sakem. Après quatre ans passés à nouveau en France, il revient en Tunisie retrouve les clés du lieu de prière. C’est le moment où ses amis d’Ennahdha et leurs alliés d’ « Al Karama » forment le gouvernement. Le fait qu’il ait pris pour avocat Maitre Seifeddine Maklhouf, le chef du groupe Al-Karama, lui  permet d’asseoir encore d’avantage son influence. <br />En pleine épidémie de Covid, l’Imam conseille aux fidèles de s’immuniser en s’arrosant avec un peu d’eau et l’aide d’Allah. Or c’est ce notable porteur d’un Islam rétrograde que Jamel Gorchene consulte en février dernier lorsque, muni enfin de papiers français, il séjourne quelque temps en Tunisie dans sa banlieue de Sousse.<br />Déclarations embarrassées </p>
<p>Une certitude, Jamel Gorchene, citoyen tunisien, en pinçait pour  « Al-Karama » et ses prédicateurs réactionnaires, tout comme une masse de jeunes islamistes énervés qui trouvent bien trop mous les Frères Musulmans d’Ennahdha au pouvoir depuis dix ans.</p><p>Après l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty en octobre 2020, un des députés d’Al-Karama, bienveillant avec Daech et connu pour ses positions hostiles à la France, Rached Khiari, avait en effet justifié, à travers un post, l’opération terroriste. L’élu qui est aussi enseignant avait montré à ses élèves les caricatures dégradantes du prophète Mohamed, en assurant que « l’atteinte au prophète est le plus grand des crimes et que celui qui ose le faire doit en assumer les conséquences qu’il soit un Etat, un groupe ou une personne » ! Le Parquet de Tunis avait ouvert une enquête.</p><p>Interrogé par Mondafrique sur les liens du terroriste avec sa mouvance, l’ancien bloggeur et aujourd’hui député d’Al-Karama, Maher Zid, répond de façon assez embarrassée: « Nous ne sommes pas un véritable parti, personne n’est vraiment partie prenante de notre organisation ». Les déclarations de Rached Khiari ne provoquent chez lui  » aucun souvenir ». Et de botter en touche en suspectant les autorités françaises d’avoir pu organiser une telle mise en scène macabre. « Il arrive que des services de renseignement organisent de tels attentats pour détourner l’attention de l’opinion publique lorsqu’ils sont déstabilisés ». Et le même Maher Zid d’ajouter: « Al Karama n’a donné aucun ordre d’assassiner cette fonctionnaire de police ». Cela va encore mieux en le disant !</p><p>De là à penser que la mouvance d’Al-Karama ait armé les assassins en France, il y aurait un pas à ne pas franchir. Pour autant, une coopération entre services de sécurité tunisien et français aurait évité utilement quelques drames ! De cet échec, personne ne veut parler.</p>
<p> </p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/512/%C2%ABquand-les-verts-pratiquent-la-discrimination-quils-denoncent%C2%BB</guid>
	<pubDate>Wed, 28 Apr 2021 05:15:42 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/512/%C2%ABquand-les-verts-pratiquent-la-discrimination-quils-denoncent%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[«Quand les Verts pratiquent la discrimination qu&#039;ils dénoncent»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX/TRIBUNE - Ce week-end, EELV a partagé plusieurs affiches mettant en scène Alain Finkielkraut ou encore les «boomers» pour encourager les électeurs à s'inscrire sur les listes pour les élections régionales. Une campagne haineuse, qui vise à cliver la société, estime Anne-Sophie Chazaud.</p><p class="fig-paragraph">Anne-Sophie Chazaud est chercheuse et essayiste, auteur de «Liberté d'inexpression, des formes contemporaines de la censure», éditions de l'Artilleur 2020 et de «Le Nouvelle Révolution culturelle» à paraître en octobre 2021.<br />_________________________________________________________</p><p class="fig-paragraph">Dans le grand concours national d'inepties que semble avoir organisé le parti EELV à l'usage d'un nombre important de ses élus qui se prêtent au jeu avec zèle, au rythme métronomique et soutenu d'une ânerie (minimum) par semaine, la dernière en date représentera peut-être, par son outrance, sa bêtise et la haine qu'elle laisse transparaître, la fameuse « petite faiblesse qui vous perdra », le coup fatal de celui qui a « trop pris la confiance » (comme disent les non-boomers).</p><p class="fig-paragraph">En effet, les affiches de campagne du candidat à la présidence de la région Île-de-France, Julien Bayou, visent cette fois-ci directement une catégorie de population, ainsi que des personnalités publiques : « Les boomers, eux, ont prévu d'aller voter », décliné en thème et variations avec « Les chasseurs, eux, ont prévu d'aller voter », mais également le plus traditionnel, infantile et indémodable « Les fachos ont prévu d'aller voter », ou encore Alain Finkielkraut nommé et représenté en photo, tout comme Éric Zemmour ou encore Gérald Darmanin dont on ne distingue pas trop ce qu'ils viennent faire dans cette brumeuse galère. Bref, on le voit, le niveau intellectuel du propos concurrence avec vigueur l'élégance du procédé.</p><p class="fig-paragraph">Après les sapins de Noël prohibés pour cause d'arbres morts (à ce propos d'ailleurs, des affiches de campagne ne sont-elles pas imprimées sur du papier fabriqué, au départ, avec des arbres morts ? Hérésie !), les bateaux à voile déclarés polluants, les rêves des enfants qu'il conviendrait de contrôler afin d'empêcher ceux-ci de voler (idéal de retour à l'âge des cavernes que Thomas Pesquet n'a manifestement pas suivi, pour notre plus grand bonheur), après les subventions islamisto-complaisantes, après le dégenrage et la débitumisation des cours de récréation (ce qui revient, grosso modo, à transformer ces dernières en sortes de cloaques boueux ou de litières pour chats dans le but principal d'y empêcher les enfants qui le souhaitent, garçons ou filles, de jouer au football, pour quelque raison mystérieuse), après la suppression arbitraire de la viande à la cantine, le bannissement de la Patrouille de France du ciel lyonnais, les élucubrations insanes sur le Tour de France, l'imposition idéologique -et dont on n'a toujours pas vu le début du commencement d'un quelconque rapport avec la préservation de la planète- de l'écriture inclusive -sauf à explorer avec la curiosité minutieuse de l'ethnologue ou du psychiatre les lubies semi-délirantes de l'écoféminisme-, voici donc venu le temps beaucoup plus clair de révéler au grand jour ce qui motive toutes ces inepties : la haine, le rejet, la catégorisation, l'essentialisation et la dénonciation des adversaires politiques transformés en ennemis. Ou comment les élus d'EELV ont illustré tout seuls comme des grands le surnom de « Khmers verts » (verts à l'extérieur, rouges à l'intérieur) qui leur est attribué de plus en plus fréquemment. Joli acte manqué (donc réussi) de cette communication politique qui, se voulant clivante et disruptive, revient en boomerang contre ses promoteurs.</p>
<p>Lors des dernières élections municipales qui ont porté à la tête de certaines métropoles des élus EELV, cela s'est précisément opéré à la faveur d'une massive désertion des bureaux de vote de la part des… boomers.</p>
<p class="fig-paragraph">On ne fera pas l'injure aux vrais marxistes de qualifier la haine exprimée sur ces affiches de « haine de classe », pour une raison simple : le gros des bataillons EELV, comme l'ont montré les dernières élections municipales, est précisément constitué de privilégiés, de gagnants de la métropolisation des territoires, de CSP+ des grandes villes qui, du reste, se sont ralliés derrière Emmanuel Macron en 2017, bien à l'abri, c'est la règle, du côté du manche. Il est toujours plaisant de voir des privilégiés dénoncer les privilèges et intérêts supposés des autres (les personnes âgées –papi mamie apprécieront- ou simplement plus âgées que soi, les chasseurs ou Dieu sait qui encore). Le vote populaire, celui des classes laborieuses ou de la France périphérique est de facto méprisé.</p><p class="fig-paragraph">On commencera tout d'abord par rappeler que, lors des dernières élections municipales qui ont porté à la tête de certaines métropoles des élus EELV, cela s'est précisément opéré à la faveur d'une massive désertion des bureaux de vote de la part des… boomers, lesquels étaient au premier tour principalement soucieux de protéger leur santé en pleine arrivée du tsunami covidien puis qui, au second tour, pour beaucoup ne se sont pas déplacés, considérant que cette élection était faussée par les difficultés du premier tour et l'absence de parallélisme des formes, ce qui d'une part entache d'une certaine façon ce scrutin d'une forme d'illégitimité dans l'esprit de nombreux citoyens en le rendant infinitésimalement représentatif du corps électoral, mais aussi permet de comprendre que c'est précisément parce que le réel a été l'exact inverse de ce qui est énoncé sur les affiches de Julien Bayou que l'écologisme politique a pu gagner quelques places. L'électorat EELV, lui, s'est déplacé. C'est du reste peut-être la conscience que ce « coup » de 2020 ne serait pas réitérable qui a poussé à la faute morale et politique que représentent ces affiches stigmatisantes, discriminatoires et haineuses : zut, la démocratie revient !</p><p class="fig-paragraph">Concernant la question de l'âge induite à la fois par le visuel et par l'emploi du terme « boomer », plusieurs remarques s'imposent. Il convient tout d'abord de rappeler que ce terme désigne les personnes nées entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et la seconde moitié des années 1960, soit les citoyens âgés de 55 à 75 ans. Selon nos jeunes Gardes rouges de foire, l'ensemble de ces personnes seraient donc rassemblables dans un gigantesque sac fourre-tout à grande contenance puisqu'elles représentent environ 22,5 millions de personnes et environ 47 % du corps électoral (comme le rappelle le journaliste Benjamin Sire sur son compte Twitter). Dans le tweet calamiteux sur lequel Julien Bayou lançait cette campagne d'affichage (dont il s'est excusé depuis, ce qui ne change rien à l'intention initiale à laquelle il a bel et bien adhéré puisqu'il l'a lui-même relayée à grand son de trompe), le candidat « écologiste » déclare : « Pour défendre leurs intérêts [sic, nous soulignons], les chasseurs, les boomers et tous les autres iront voter en juin » (oui, cela s'appelle la démocratie…). Or, quels seraient les « intérêts » communs à la vingtaine de millions de personnes âgées de plus de 55 ans, si ce n'est le vague espoir de défendre leurs retraites et leur droit d'essayer d'en jouir un minimum après des années de travail lesquelles se sont déroulées pour beaucoup, à partir des années 1980 sur fond de crise économique et de précarisation tout en élevant malgré tout des enfants dont on voudrait qu'ils viennent à présent leur cracher au visage ? Qu'est-ce qui, par ailleurs, permet aux « écologistes » d'EELV de déterminer que l'ensemble amalgamé de toute cette partie de la population serait, par nature, par essentialisation, hostile à la protection de l'environnement, à la préservation de la planète ? Au plan de l'écologie politique, le mouvement n'a-t-il pas d'abord été promu par le boomer le plus archétypal qu'est Daniel Cohn-Bendit (certes plutôt intéressé par la jeunesse) ? La discrimination par l'âge, sans doute l'une des plus abjectes qui soient au plan anthropologique, qui se veut iconoclaste, est du reste l'un des grands poncifs du conformisme de l'anticonformisme, lequel règne depuis plusieurs décennies, et qui culmina notamment dans son expression à la fois grotesque et tragique lors de la Révolution culturelle chinoise. Les jeunes y étaient incités à dénoncer (voire condamner à mort) leurs propres parents et chantaient « Les parents sont importants mais Mao l'est plus encore ». L'autorité était systématiquement défiée, les scènes d'humiliation publique étaient la règle. Dans le fond, ces affiches EELV ne sont qu'une pâle copie des dazibao de leurs aïeux.</p>
<p>Tout y démontre la haine, la volonté de monter des pans de population les uns contre les autres, d'y casser aussi la solidarité inter-générationnelle en draguant grossièrement quelque électorat jeune abstentionniste, de cliver violemment la société selon un alphabet et une sémantique manichéenne et simpliste, mais dangereuse [...].</p>
<p class="fig-paragraph">L'Histoire se répétant toujours, selon Marx, deux fois, la première sous forme de tragédie, la seconde sous forme de farce, nos « écologistes » rejouent donc la scène dans l'univers à la fois haineux et ridicule, vaguement aseptisé de la société du Spectacle dont ils sont issus, reprenant tous les stéréotypes discriminatoires de leurs aînés boomers dont ils n'ont pas même conscience d'incarner le plus pur produit, le parfait rejeton.</p><p class="fig-paragraph">Car enfin, de deux choses l'une : soit, nous le disions, le terme « boomer » désigne ici les plus âgés, au plan démographique, dans une irrévérence caricaturale de carton-pâte, soit il désigne une sorte de « catégorie politique » plus large, représentant une certaine forme d'idéologie propre à ces années au cours desquelles les boomers devinrent de jeunes adultes et prirent le pouvoir. Or, si l'on accepte cette définition du terme, force est de constater que l'idéologie qui s'est alors imposée est précisément celle que Jean-Pierre Le Goff désigne comme le « gauchisme culturel », délaissant la défense des intérêts des classes les plus défavorisées afin de promouvoir les intérêts catégoriels de minorités et communautés présentées comme dominées dans une dialectique morcelée de bac à sable. Or, le mouvement « écologiste » tel qu'il se manifeste politiquement en France (et auquel ne saurait en aucun cas se réduire la conscience écologique, fort heureusement) est précisément le produit chimiquement pur de cette idéologie typiquement « boomer » (au sens politique).</p><p class="fig-paragraph">Dans tous les sens où l'on analyse ce message, donc, rien ne va, et tout y démontre la haine, la volonté de monter des pans de population les uns contre les autres, d'y casser aussi la solidarité intergénérationnelle en draguant grossièrement quelque électorat jeune abstentionniste, de cliver violemment la société selon un alphabet et une sémantique manichéenne et simpliste, mais dangereuse : « tous les autres » (sic) sont les « méchants », les « pas beaux » (comme disent les enfants), et, quand on est à court d'argument, les autres qui ne sont pas d'accord avec nous sont nécessairement des « fachos » (terme éculé jusqu'à la corde depuis plus de 40 ans et qui désigne tout ce qui se trouve désormais grosso modo à la droite de Benoît Hamon).</p><p class="fig-paragraph">Pour finir, cette manière de désigner des pans de population à la vindicte des « jeunes » (supposés penser tous semblablement, ce qui est une façon bien méprisable de les considérer, soumis qu'ils seraient à quelque déterminisme et non possesseurs de leur libre arbitre), est une figure de style qui s'est par exemple mise en scène dans cette sorte d'hystérie haineuse exprimée par l'icône du jeunisme Greta Thunberg dans son fameux salmigondis à l'ONU « How dare you », accusant, clairement, les adultes d'être tous responsables de lui avoir « volé ses rêves et sa jeunesse » et d'être tous co-responsables de la destruction de la planète tandis que seuls les jeunes allaient expliquer la vie à tout le monde désormais, sans passer par la case « école », « études » ou « écoles d'ingénieurs » -dans lesquelles on apprendrait, par exemple en travaillant et non pas en faisant l'école buissonnière à grand renfort de coups médiatiques, à trouver des procédés écologiques qui ne seraient pas fondés sur la méfiance envers la technique et le progrès.</p><p class="fig-paragraph">Ce poncif du jeune qui vient expliquer la vie à l'adulte et lui redresser moralement ses torts (assez présent dans la sphère publicitaire, car le marché y retrouve fort bien ces petits), au besoin en l'affichant de manière ignominieuse (comme dans la campagne d'affichage EELV) est éculé jusqu'à la corde mais il traduit toujours la même haine infantile que précisément une partie importante des boomers avaient portée au pouvoir et mise en situation de domination culturelle depuis 40 ans. Comme disruption progressiste, on doit pouvoir faire mieux, même sans trop travailler…</p><p class="fig-paragraph">Enfin, l'infantilisme des mises en cause pose la question de la conception de l'écologie par ce mouvement qui se révèle n'être qu'idéologique. En effet, que sait EELV de la conscience écologique de tel ou tel mis en cause ? Sait-on si Alain Finkielkraut jette du plastique sur les chemins de randonnée ? Sait-on si Gérald Darmanin se chauffe au charbon ? Sait-on si Éric Zemmour ne pratique pas le tri sélectif et se réjouit de la destruction du patrimoine naturel mondial ? On peut, par ailleurs, être opposé pour des raisons éthiques, personnelles, à la chasse, sans pour autant avoir la stupidité de méconnaître le rôle de cette pratique dans la gestion des écosystèmes naturels et de leur régulation. Quel rapport, donc, avec l'écologie ? Certaines personnes catégorisées comme « fachos » par EELV pourront, quant à elles, être particulièrement sensibles, en raison même d'ailleurs de leur conservatisme, à la préservation de l'environnement, du patrimoine naturel, des paysages, des terroirs, de la nature et de ses vertus.</p><p class="fig-paragraph">Le message porté par ces affiches est donc inepte à tous les niveaux par lesquels on peut tenter de l'analyser. Gageons que l'électorat, même jeune, qui pourra en effet cette fois-ci se déplacer aux prochaines élections, le fera savoir, démocratiquement, ce qui permettra sans doute de refermer cette parenthèse carnavalesque sans toutefois obérer la prise en compte des enjeux environnementaux dont, en réalité, les élus EELV se préoccupent fort peu, tout occupés qu'ils sont à leur refonte sociétale.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/511/best-whatsapp-alternatives-that-respect-your-privacy</guid>
	<pubDate>Tue, 27 Apr 2021 21:34:01 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/511/best-whatsapp-alternatives-that-respect-your-privacy</link>
	<title><![CDATA[Best WhatsApp alternatives that respect your privacy]]></title>
	<description><![CDATA[<p>News that WhatsApp has been <a href="https://protonmail.com/blog/whatsapp-new-privacy-policy/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">sharing</a> large amounts of highly personal data with Facebook since 2016 has led a large number of unhappy users to look for an alternative messaging app that genuinely respects their privacy.</p><p>At Proton, we view end-to-end encryption as a core requirement for any messenger app that claims to be secure and private. This means messages are encrypted on your device and can only be decrypted on the device of the intended recipient. </p><p>WhatsApp uses end-to-end encryption, so the actual messages are therefore secure on the platform. But this does nothing to stop Facebook from abusing metadata: information about whom you communicate with, from where, at what time, how often, and from which device.</p><p>Open source code is another important indicator that a service is secure. By publishing an app’s code publicly, anyone can examine it to ensure the app is doing what it is supposed to be doing. We believe open source is one of the best indicators that an app can be trusted.</p><p id="table">We have therefore limited the following list of best WhatsApp alternatives to open source messaging apps that use end-to-end encryption (E2EE). Please note that apps are not reviewed in any particular order.</p>
<p>Signal</p>
<p>Pro</p>
<p>Free<br />Very good encryption<br />Almost no metadata kept<br />Protocol independently audited<br />Seamless to use on Android<br />Disappearing messages<br />E2EE text, voice, and video group chat</p>
<p>Cons</p>
<p>Requires a valid phone number to register<br />Hosted on Amazon Web Services (AWS)</p>
<p>The Signal messaging protocol is an end-to-end messaging protocol developed by the Signal Foundation, a non-profit organization founded by cryptographer and privacy activist Moxie Marlinspike. The Signal Protocol is open source, has been professionally <a rel="noreferrer noopener" href="https://eprint.iacr.org/2016/1013.pdf" target="_blank">audited</a> for security vulnerabilities, and is widely <a rel="noreferrer noopener" href="https://twitter.com/Snowden/status/661313394906161152?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E661313394906161152%7Ctwgr%5E%7Ctwcon%5Es1_&amp;ref_url=https%3A%2F%2Fwww.indiatoday.in%2Ftechnology%2Fnews%2Fstory%2Fhow-secure-is-signal-it-s-good-enough-for-edward-snowden-so-good-enough-for-you-1757596-2021-01-10" target="_blank">admired</a> for its cryptographic strength. </p><p>Because of the quality of the Signal protocol, it is used by a variety of third-party messaging apps to provide secure end-to-end encryption for messages. These include WhatsApp, Facebook Messenger, and Skype, Unlike WhatsApp and other third-party apps that implement the Signal protocol, however, the Signal app from the Signal Foundation is 100% open source. </p><p>Crucially, in light of recent heightened awareness about WhatsApp’s privacy policies, the Signal app and Signal Foundation keep almost no metadata related to the app’s usage. Only “the date and time a user registered with Signal and the last date of a user’s connectivity to the Signal service.” This is a claim that has been <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.aclu.org/blog/national-security/secrecy/new-documents-reveal-government-effort-impose-secrecy-encryption?redirect=blog/free-future/new-documents-reveal-government-effort-impose-secrecy-encryption-company" target="_blank">proven in court</a>.</p><p>The app app itself has not been audited, however, and some <a rel="noreferrer noopener" href="https://medium.com/@maniacbolts/signal-increases-their-reliance-on-sgx-f46378f336d3" target="_blank">security concerns</a> exist around Signal’s reliance on Intel Software Guard Extensions (SGX). In theory, this could result in users’ metadata and data(but not messages) being compromised at the server level. This is a particular concern because Signal uses AWS to host its infrastructure, which is subject to legal demand from the US government.</p><p>Unlike WhatsApp, Signal is designed to replace your phone’s regular SMS messenger app on Android (not iOS). Texts exchanged to other Signal users are end-to-end encrypted, but texts to non-Signal users are not. Signal will warn you when messages are sent unencrypted. </p><p>This makes Signal very transparent in use, but the fact that users must register with a valid phone number in order to match contacts is also the main source of criticism the app receives. It should be noted, though, that contacts are stored locally only and cannot be accessed by Signal Foundation.</p><p>In addition to messages, Signal supports disappearing messages, E2EE group voice chats, and now group video chats between up to eight users. Signal is a non-profit organization that relies on donations to operate.</p>
<p>Telegram</p>
<p>Pros</p>
<p>Free<br />Channels for broadcasting messages<br />Bots for managing groups<br />Sync across multiple devices (not E2EE)<br />Polls, stickers, sharing live location, identity management<br />E2EE 1-1 text, voice, and video chat</p>
<p>Cons</p>
<p>Encryption concerns<br />Only Secret Chats are E2EE <br />Group chats (text or voice) are not E2EE<br />Collects lots of metadata<br />No group video chats<br />Requires a valid phone number to register<br />Headquartered in the UAE, which is not known for human rights or privacy from the government (despite having some <a href="https://blogs.dlapiper.com/privacymatters/dubai-difc-data-protection-law-2020/">strong privacy laws</a>)</p>
<p>With over 500 million users, Telegram is a very popular WhatsApp alternative. A big part of this popularity is the widespread perception that Telegram is highly secure, a perception only heightened by a number of governments, notably Indonesia, Russia, and Iran, trying to block or ban the app.</p><p>There are, however, some big caveats regarding the security that Telegram offers its users. Regular default “Cloud-based messages,” that can be accessed on any of a user’s devices, are encrypted in transit and when stored on Telegram’s servers, but they are not end-to-end encrypted. Only client-to-client “secret chats” are end-to-end encrypted. Secret Chats are not available for groups or channels.</p><p>The open source in-house MTProto encryption used to secure communications in Telegram (whether E2EE or otherwise) has come under <a rel="noreferrer noopener" href="https://eprint.iacr.org/2015/1177.pdf" target="_blank">criticism</a> from security experts, although the new version (<a rel="noreferrer noopener" href="https://core.telegram.org/mtproto/description" target="_blank">MTProto 2.0</a>) has been <a rel="noreferrer noopener" href="https://arxiv.org/pdf/2012.03141v1.pdf" target="_blank">formally verified</a> to be cryptographically sound. The Telegram API and all Telegram apps are open source, but its server-side backend is not. </p><p>Another issue is that Telegram may <a rel="noreferrer noopener" href="https://telegram.org/privacy" target="_blank">collect</a> a great deal of metadata from users: “We may collect metadata such as your IP address, devices and Telegram apps you’ve used, history of username changes, etc.”</p><p>On the other hand, Telegram has built its own secure cloud infrastructure, distributed across the globe. The encryption keys used to secure the Telegram Cloud are split in pieces and never stored in the same place as the information they protect.</p><p>Security considerations aside, a key feature that contributes to Telegram’s popularity (especially in repressive countries such as Iran, where it enjoys over 40 million users despite government attempts to regulate use of the service) is support for “channels.” Users can create and post to channels that any number of other users can subscribe to. </p><p>Public channels can be created using an alias and a URL that anyone can subscribe to, making Telegram a powerful tool for organizing resistance and disseminating information in repressive countries. </p><p>Other features that help make Telegram popular include polls, stickers, sharing live locations in chats, and an online authorization and identity management system for those who need to prove their identity. A bots feature assists managing groups and channels. </p><p>It also features One-to-one voice and video chats are fully end-to-end encrypted, although group voice chats are not. Group video calls are not supported.</p><p>Telegram is funded by public donations (notably from its own founder, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Pavel_Durov" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pavel Durov</a>), although it is possible in-app monetization features will be introduced in the future.</p>
<p>Threema</p>
<p>Pros</p>
<p>No phone number or email required to sign up<br />Almost no metadata kept<br />Independently audited <br />Swiss-based with own servers<br />GDPR compliant<br />E2EE group text and voice chat<br />Group polling and distribution lists (Android only)</p>
<p>Cons</p>
<p>Not free<br />Relatively small userbase<br />No group video calls</p>
<p>Like Proton, Threema is based in Switzerland, a country with very strong data privacy laws and independent from the United States and European Union. It also owns its own server infrastructure located in Switzerland. </p><p>All Threema’s apps use the open source <a href="https://nacl.cr.yp.to/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">NaCl cryptography library</a> for end-to-encryption of all communications, and all have been recently <a href="https://threema.ch/press-files/2_documentation/security_audit_report_threema_2019.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">audited</a> (in 2020) by security professionals. </p><p>An email address or phone number is not required to register an account, and it is possible to purchase Threema for Android anonymously using Bitcoin. Threema claims this allows you to text and make calls anonymously, and it goes to lengths to ensure that a <a rel="noreferrer noopener" href="https://threema.ch/en/blog/posts/metadata" target="_blank">minimum</a> amount of metadata is collected. </p><p>The fact that the app is not free is likely to be a pain point for some, but at around US$3 (one-time purchase), it’s unlikely to break the bank for most. This may contribute, however, to one of the biggest downsides with Threema: that its userbase is relatively small. </p><p>The Android app features distribution lists that allow you to send messages to multiple separate recipients. In addition to fully E2EE group text and voice calls, Threema offers a group polling feature. E2EE video calls are supported, but not for groups.</p>
<p>Wickr Me</p>
<p>Pros</p>
<p>Free<br />Built for ephemeral messaging<br />Anti-censorship feature<br />E2EE group text and voice chat<br />No phone number or email needed for signup</p>
<p>Cons</p>
<p>Apps themselves are not open source <br />Security audits are not published<br />No video chat (although available on free Pro version of app)</p>
<p>There are three Wickr apps, with the free Wickr Me being the version designed for personal use. The lowest tier of the more Slack-like Wickr Pro is also free, although it requires you to verify your identity at start-up.</p><p>Wickr Me places ephemeral messaging front and center, with messages disappearing from both the sending and receiving devices after a set period of time (six days by default). Undelivered messages sitting on Wickr servers are also deleted after this time.</p><p>You can also set a Burn-On-Read timer to determine how long a message lasts before self-destructing once it has been read. If it is not read then it will self destruct at the end of the message timer length. All metadata is scrubbed once a message is opened or expires (whichever comes first)</p><p>Wickr advertises itself as open source software, but there are a couple of major caveats to this claim. The code for the core <a href="https://github.com/WickrInc/wickr-crypto-c" target="_blank" rel="noreferrer noopener">wickr-crypto-c</a> end-to-end encryption protocol that underpins all Wickr apps is available on Github for anyone to examine, but licencing restrictions mean that it cannot truly be described as open source.</p><p>More serious from a security stand-point, though, is that while the core crypto protocol is source-available, the code for the Wickr apps themselves is not. Wickr says that its code has undergone multiple independent <a href="https://wickr.com/security/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">security audits</a>, but the full results of these audits are not publicly available.</p><p>No phone number or email is needed to register with the service. Up to 10 people can be invited into a room or end-to-end encrypted text or voice group chat. Video conferencing is not available in Wickr Me, although it is supported in the Wickr Pro app (including E2EE group chat with all room members).</p><p>Wickr is hosted on public server networks (such as Google and AWS), but has partnered with Psiphon to offer <a rel="noreferrer noopener" href="https://wickr.com/product-feature-wickr-open-access/#:~:text=Wickr%20Open%20Access%20(WOA)%20will,%2C%20video%20conferencing%2C%20and%20more." target="_blank">Wickr Open Access</a>, a powerful anti-censorship feature.</p><p>Wickr Me is free, but it is funded through Wickr’s premium Pro and Enterprise apps. </p>
<p>Wire</p>
<p>Pros</p>
<p>Free option<br />E2EE text, voice, and video group chats<br />Syncs across up to eight devices<br />Advanced video conferencing features</p>
<p>Cons</p>
<p>Quite a lot of metadata logged (and possibly stored in plaintext)<br />Phone number or email address required to register</p>
<p>Wire is another service based in privacy-friendly based in Switzerland. A phone number or an email email to register. In order to facilitate syncing across multiple devices, however, Wire keeps quite a lot of metadata. </p><p>For years Wire kept a list of all users a customer has contacted in <a href="https://www.vice.com/en/article/gvzw5x/secure-messaging-app-wire-stores-everyone-youve-ever-contacted-in-plain-text" target="_blank" rel="noreferrer noopener">plaintext</a> on their servers until an account is deleted, and it is unclear if this practice continues. Wire’s <a href="https://www.vice.com/en/article/gvzw5x/secure-messaging-app-wire-stores-everyone-youve-ever-contacted-in-plain-text" target="_blank" rel="noreferrer noopener">privacy white paper</a>, however, makes it clear it logs data such as the participants in a group chat and user-defined folders used for organizing chats. </p><p>The functional benefit of this is that it allows Wire to work across multiple devices in a way most E2EE messenger apps (including Signal) do not. It’s also worth noting that Edward Snowden <a href="https://twitter.com/snowden/status/1175437588129308672" target="_blank" rel="noreferrer noopener">recommends</a> using Wire (or Signal).</p><p>Wire uses the Proteus protocol to provide end-to-end encryption for text messages. Proteus is an early fork from the code that went on to become the Signal Protocol. <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.x41-dsec.de/reports/Kudelski-X41-Wire-Report-phase1-20170208.pdf" target="_blank">Proteus</a>, and all <a rel="noreferrer noopener" href="https://medium.com/@wireapp/wire-application-level-security-audits-98324d1f211b" target="_blank">Wire apps</a>, have been publicly audited (making Wire the only app we are aware of to have this done).</p><p>Voice (up to 25 participants) and video calls (up to 12 participants) are end-to-end encrypted using <a rel="noreferrer noopener" href="https://en.wikipedia.org/wiki/Datagram_Transport_Layer_Security" target="_blank">DTLS</a> with an <a rel="noreferrer noopener" href="https://en.wikipedia.org/wiki/Secure_Real-time_Transport_Protocol" target="_blank">SRTP</a> handshake.</p><p>The app does support advanced video conferencing features that will appeal to business users, though, including screen sharing, screen recording, and advanced meeting scheduling.</p><p>Wire is keen to push users toward its premium Pro and Enterprise products, but a free version is available which offers similar features to the Pro app.</p>
<p>Element (was Riot.im)</p>
<p>Pros</p>
<p>Free option<br />Server federation<br />“Bridges” for interoperability with other apps<br />E2EE text chat<br />No phone number or email needed for signup</p>
<p>Cons</p>
<p>Questions over Matrix server network reliability<br />Not fully audited</p>
<p>All the other messenger apps discussed in this article rely on a centralized server network to function (although, as in the case of using AWS, this can be a highly distributed network).</p><p>Element is instead built on the idea of federation. Users can set up their own servers using the <a href="https://matrix.org/faq/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Matrix</a> communications protocol or connect to Matrix servers that have been set up by other users. Federation has received the <a href="https://twitter.com/Snowden/status/1175457923255951364" target="_blank" rel="noreferrer noopener">support</a> of Edward Snowden, but remains a controversial idea due to the potentially unreliable ad-hoc peer-to-peer nature of such a network.</p><p>Matrix servers are interoperable, so any user of any <a href="https://matrix.org/clients/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Matrix client</a> (Element is the most popular of these) can communicate with any other Matrix user. Matrix “bridges” even allow for communication with the users of other popular messaging platforms, such as Signal, Slack, or even WhatsApp.</p><p>Matrix (and thus Element) uses the <a href="https://matrix.org/docs/guides/end-to-end-encryption-implementation-guide" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Olm implementation of the Double Ratchet algorithm</a>, with Megolm used for group communications. All Element apps, plus the Matrix protocol itself, are open source, but have not been formally audited. Olm and Megolm, however, <a href="https://www.nccgroup.trust/globalassets/our-research/us/public-reports/2016/november/ncc_group_olm_cryptogrpahic_review_2016_11_01.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">have</a>.</p><p>An email or phone number is not required to register with Element, although these can be added to make contact matching easier. By default, messages are hosted on a large public server run by Matrix, but you can connect to any Matrix server or set one up yourself in a matter of seconds.</p><p>All text chats and 1:1 voice and video calls are end-to-end encrypted. Group voice and video calls ( which also allow screen sharing) leverage Jitsi ( without E2EE support in Element at the present time). The Element app is free, but premium plans are available for Element-managed Matrix servers.</p>
<p>Keybase</p>
<p>Pros</p>
<p>Free (funding model is unclear)<br />E2EE text chats with support for public and private channels<br />Can connect to people via their social media profiles with PGP verification<br />Syncs across multiple devices<br />Self-destructing messages<br />Stellar wallet<br />250 GB free storage per user<br />Encryption is not TOFU</p>
<p>Cons</p>
<p>Owned by Zoom<br />A lot of metadata logged (much of it shared on a public blockchain)</p>
<p>Keybase is a free and open source (FOSS) messenger app (servers are not open source) that end-to-end encrypts all texts and files between users. Voice and video calls are not supported directly, but are possible using a (not E2EE) Jitsi bot.</p><p>E2EE group chat, with support for private and public “Teams” (i.e., channels) is end-to-end encrypted.</p><p>Keybase is notable for allowing you to connect to others using their social media (Twitter, GitHub, Reddit, Hacker News, and Mastodon) identities, which are verified using PGP encryption keys. No phone number or email address is required, and the app will sync across multiple devices. </p><p>The PGP-based end-to-end encryption used by Keybase is solid and underwent a <a rel="noreferrer noopener" href="https://keybase.io/docs-assets/blog/NCC_Group_Keybase_KB2018_Public_Report_2019-02-27_v1.3.pdf" target="_blank">full independent audit</a> in 2019. Interestingly, Keybase is almost unique in <a href="https://keybase.io/blog/chat-apps-softer-than-tofu" target="_blank" rel="noreferrer noopener">not supporting Trust On First Use (TOFU)</a> when connecting to servers. This helps to make it resistant to man-in-the middle attacks.</p><p>The app also offers self-destructing messages; bots to automate your Keybase tasks; a Stellar wallet; full PGP support for encrypting and decrypting messages and files; and 250 GB free storage per user.</p><p>However, messages are stored on centralized servers (based in the US), which log a worrying amount of <a href="https://keybase.io/docs/privacypolicy" target="_blank" rel="noreferrer noopener">personal data</a>. This includes your Team names and memberships, hashed passwords, account activity, your Keybase user ID and your IP address, network activity, and more. Not only is information stored encrypted, but much of it is added (in hashed form) to a public blockchain.</p><p>Arguably even more concerning is that Keybase is now owned by Zoom, a company <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.theguardian.com/technology/2020/apr/02/zoom-technology-security-coronavirus-video-conferencing" target="_blank">widely</a> criticized for its many <a rel="noreferrer noopener" href="https://protonmail.com/blog/zoom-privacy-issues/" target="_blank">privacy</a> and <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.vice.com/en/article/k7e95m/zoom-leaking-email-addresses-photos" target="_blank">security</a> lapses, and which may be subject to pressure from the <a rel="noreferrer noopener" href="https://theintercept.com/2020/04/03/zooms-encryption-is-not-suited-for-secrets-and-has-surprising-links-to-china-researchers-discover/" target="_blank">Chinese government</a>. The fact that it is not clear how Zoom benefits from offering Keybase for free may also be a reason for concern.</p>
<p>Final thoughts</p>
<p>As a replacement for WhatsApp as a general purpose messenger that genuinely respects your privacy, Signal is an obvious choice, although being hosted on AWS servers remains a concern in light of its reliance on SGX. The security concerns around Telegram make it harder to recommend as a simple messenger, although its “channels” feature remains a powerful tool for organizing resistance in restrictive countries.</p><p>Another alternative for secure communication is end-to-end encrypted email. The biggest benefit of ProtonMail is its interoperability: You don’t need to have your recipient using the same messenger service to benefit from end-to-end encryption because, unlike any of the messenger apps discussed here, you can send end-to-end encrypted messages to anyone who has an email address using our <a href="https://protonmail.com/support/knowledge-base/encrypt-for-outside-users/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Encrypt for non-ProtonMail users</a> feature. The simplest way to benefit from E2EE, though, is to have both ends of the conversation using ProtonMail. Our servers are located in privacy-friendly Switzerland, and as with the messenger services discussed in this article, ProtonMail apps are open source.</p><p>The other apps discussed above all offer useful features that will appeal to those who need them, whether it’s anonymous sign-up, business collaboration tools, or server federation. Element/Matrix is a particularly strong choice for privacy enthusiasts, although its niche user base severely hampers its practicality as as a WhatsApp replacement.</p><p>As you take back your privacy in the digital age, anything you do to move more of your personal data behind strong encryption is an important step toward building an internet that puts people first.</p>
<p>FAQ</p>
<p>What are the dangers of using WhatsApp?</p><p>Since 2016, WhatsApp has <a href="https://www.wired.com/story/whatsapp-facebook-data-share-notification/#:~:text=01%3A52%20PM-,WhatsApp%20Has%20Shared%20Your%20Data%20With%20Facebook%20for%20Years%2C%20Actually,been%20in%20place%20since%202016." target="_blank" rel="noreferrer noopener">shared</a> the vast majority of its users’ transactional data and metadata with Facebook. A new privacy statement, which users must agree to by May 15, 2021, or use access to their accounts, “clarifies” this situation.</p><p>Information shared by WhatApp with Facebook includes your IP address, device ID, operating system, browser details, mobile network information, who you message, how long and how often you interact with them, transaction and payment data, and more.</p><p>Is WhatsApp chat private?</p><p>Messages in WhatsApp are end-to-end encrypted using the Signal protocol. This means only you and the intended recipient(s) can read your actual messages. So WhatsApp is secure. It does, however, collect a lot of metadata that is damaging to your privacy (see above).</p><p>What is the safest messaging app?</p><p>Signal is both highly secure and respects your privacy. We discuss it, plus the pros and cons of other good WhatsApp alternatives, in this article. </p><p>How can WhatsApp be free?</p><p>WhatsApp is owned by Facebook, which makes a <a rel="noreferrer noopener" href="https://protonmail.com/blog/how-big-tech-tracks-users/" target="_blank">huge amount</a> of money from invading users’ privacy in order to better target you with personalized ads. WhatsApp adds to the data Facebook knows about you by sending a great deal of metadata regarding your use of WhatsApp to Facebook. </p><p id="footnotes">Note that, as Signal and some of the other apps discussed in this article, show, it is possible to offer a free messaging app without invading users’ privacy in this way.</p><p><a href="https://protonmail.com/blog/whatsapp-alternatives/?utm_campaign=ww-fr-2c-generic-coms_email-monthly_newsletter&amp;utm_source=proton_users&amp;utm_medium=link&amp;utm_content=2021_-_march#table">Return to table</a></p><p>Footnotes:</p>
<p>All Telegram apps are open source, but the backend isn’t. This would not really be an issue if all communications were E2EE, but they are not by default (and no group chat is E2EE).<br />By default, Telegram chats are not end-to-end encrypted. Only client-to-client “secret chats” are. Secret chats are not available for groups or channels.<br />The 2015 audit of MTProto protocol was not very favorable. MTProto 2.0 has been formally verified to be cryptographically sound.<br />Wickr says its code has undergone multiple independent security audits, but the full results of these audits are not publicly available.<br />The Element apps and the Matrix protocol have not been formally audited. However, the Olm and Megolm protocols that underpin Matrix have.<br />All metadata is scrubbed once a message is opened or expires (whichever comes first).<br />Contacts can be added using social media profiles and verified using PGP keys.<br />Wickr has partnered with Psiphon to offer Wickr Open Access, a powerful anti-censorship feature for its servers.<br />Element and/or Matrix don’t actually own their own servers, but new Matrix servers can be set up within minutes on any server platform (or can be self-hosted). It is therefore almost impossible to shut down or block access to the Matrix platform. <br />Wire is based in Switzerland and all users outside the United States are subject to Swiss law. US users, however, are subject to US law.<br />Matrix is a community-developed open source platform whose federated servers can be hosted anywhere in the world. <br />Keybase is owned by Zoom, which may also be subject to pressure from China.</p>
<p><a href="https://protonmail.com/blog/whatsapp-alternatives/?utm_campaign=ww-fr-2c-generic-coms_email-monthly_newsletter&amp;utm_source=proton_users&amp;utm_medium=link&amp;utm_content=2021_-_march#table">Return to table</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>

</channel>
</rss>