<?xml version='1.0'?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" >
<channel>
	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/all?offset=630</link>
	<atom:link href="https://ememiom.fr/iom/blog/all?offset=630" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<description><![CDATA[]]></description>
	
	<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/480/la-vie-sans-frigo-cest-possible-cest-meme-mieux</guid>
	<pubDate>Sun, 18 Apr 2021 20:15:37 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/480/la-vie-sans-frigo-cest-possible-cest-meme-mieux</link>
	<title><![CDATA[La vie sans frigo, c&#039;est possible... C&#039;est même mieux !]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">Quoi de plus réconfortant (surtout en ce moment) qu’un réfrigérateur propre et scintillant empli de victuailles soigneusement rangées et étiquetées ? Tous ces petits pots, ces fromages, ces blancs de volaille et ces légumes emballés sous cellophane, que l’on contemple avec tendresse, ne sont-ils pas le symbole par excellence du progrès, du confort et de l’hygiène démocratiques ? L’indispensable frigo, pourtant, dont on attribue l’invention au savant écossais William Cullen en 1748, n’a fait son apparition en France qu’en 1952 alors que sa production industrielle avait commencé à Chicago dès 1913…</p><p class="article-text article-body__item">À l’époque, et avant d’entrer dans le langage courant, le mot « Frigidaire » était celui d’une marque américaine déposée par William Crapo Durant, pionnier de l’industrie automobile d’origine française et fondateur de General Motors. Jusqu’au début des années 1960, donc, nos grands-parents, c’est à peine imaginable, vivaient sans frigo, et se contentaient du bon vieux garde-manger en bois situé sous l’escalier ou même, dans certains immeubles parisiens, sous les fenêtres, avec des grilles donnant sur l’extérieur…</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/478/avec-indoor-live-view%C2%A0google-fait-un-pas-de-plus-vers-le-gps-total</guid>
	<pubDate>Sun, 18 Apr 2021 20:10:59 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/478/avec-indoor-live-view%C2%A0google-fait-un-pas-de-plus-vers-le-gps-total</link>
	<title><![CDATA[Avec &quot;Indoor Live View&quot;, Google fait un pas de plus vers le GPS total]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">Dans l’une de ses nouvelles, Borges raconte l’histoire d’un cartographe tatillon et jamais satisfait. Il lui manque toujours des détails supplémentaires. Il enrage de ne pas pouvoir faire figurer sur sa carte du monde telle route, trop fine, tel ruisseau. Alors, il agrandit l’échelle. C’est déjà mieux. Mais il manque certains lieux-dits, et les calvaires. Alors, il zoome encore. À la fin, sa carte est vaste comme le monde lui-même et enfin le plus minuscule des graviers est cartographié. Une fuite en avant que Google a décidé de courir. C’est la même idée : que rien n’échappe à la cartographie du monde.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/477/faut-il-jeter-le-recyclage-documentaire</guid>
	<pubDate>Sun, 18 Apr 2021 08:37:20 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/477/faut-il-jeter-le-recyclage-documentaire</link>
	<title><![CDATA[Faut-il jeter le recyclage ? [Documentaire]]]></title>
	<description><![CDATA[<p>
Pourquoi ne remet-on pas en question notre consommation en vente à distance également qui génère beaucoup de pollution ?
Par Caroline</p><p>En ce qui concerne notre périmètre, celui de l’emballage, de nombreux projets sont actuellement en cours pour limiter l’impact des colis en vente à distance : un format adapté au produit, qui se plie facilement et dont les consignes de tri sont bien visibles, pour faciliter son tri, puis son recyclage. Les acteurs du secteur y travaillent !</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/476/eugene-poubelle%C2%A0-histoire-d%E2%80%99un-nom-propre</guid>
	<pubDate>Sun, 18 Apr 2021 08:35:54 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/476/eugene-poubelle%C2%A0-histoire-d%E2%80%99un-nom-propre</link>
	<title><![CDATA[Eugène Poubelle : histoire d’un nom propre]]></title>
	<description><![CDATA[<p> C'est un nom qu'a priori personne ne voudrait porter. Pourtant, il serait assez flatteur d'être parent d'Eugène Poubelle. Si ce préfet de la Seine a été largement critiqué au XIXe siècle pour l'instauration des bacs à ordures ménagères, aujourd'hui, son apport à l'hygiène quotidienne est unanimement reconnu. Au point que Google célèbre ce jeudi le 190e anniversaire de sa naissance avec un doodle le mettant en scène en train de nettoyer les rues de la capitale.</p><p>À l'image du sandwich ou de la guillotine, la poubelle doit son nom à son créateur, avec la particularité que cette antonomase trouve son origine dans une volonté de critiquer et même de ridiculiser le porteur du nom. En 1883, les rues de Paris sont souvent jonchées de détritus, car chacun est libre d'y jeter ses déchets en attendant le passage des chiffonniers.</p>
<p>Premier tri sélectif</p>
<p>Face à cette situation, Eugène Poubelle impose aux propriétaires de fournir à leurs locataires des récipients « de bois garnis de fer blanc » avec couvercle, lesquels seront ensuite ramassés. Il met également en place un premier tri sélectif avec des bacs réservés aux papiers et chiffons, au verre et aux débris de vaisselle, et même un à destination des coquilles d'huîtres. Il sera également à l'origine du tout-à-l'égout.</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/environnement/le-casse-tete-du-recyclage-des-capsules-de-cafe-18-03-2021-2418354_1927.php" class="Capsule premium" title="">À LIRE AUSSILe casse-tête du recyclage des capsules de café</a></p><p>À la fois révolutionnaire et pleine de bon sens, la mesure est très mal accueillie, notamment parce qu'elle prive les chiffonniers de leur gagne-pain. Une partie de la presse dénonce cela, ainsi que des soupçons de conflit d'intérêts avec les fabricants de récipients ou entreprises de ramassage. Durant cette polémique apparaît l'appellation moqueuse « boîtes Poubelle », dont <a class="Link" href="https://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2017/07/12/26010-20170712ARTFIG00265-quand-le-prefet-poubelle-donnait-son-nom-a-la-boite-a-ordures.php" title="">Le Figaro</a> revendique la paternité. L'expression est restée, les critiques envers le système du préfet Eugène Poubelle ont depuis été balayées.</p><p>La rédaction vous conseille</p><p>dmp</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/475/how-french-companies-are-also-being-hit-hard-by-brexit</guid>
	<pubDate>Sun, 18 Apr 2021 08:32:25 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/475/how-french-companies-are-also-being-hit-hard-by-brexit</link>
	<title><![CDATA[How French companies are also being hit hard by Brexit]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Jean-Marc Barki, chief executive of French manufacturer Sealock, anticipated Brexit would disrupt his business. But the scale of the problem hit home only when one of his trucks got stuck in the UK for seven weeks.</p><p>“We went from a system of pure fluidity to a really complex one,” said Barki, whose company relies heavily on the import of a UK made synthetic component to produce its industrial adhesive. He subsequently discovered that the paperwork required to import it to the EU’s single market from Britain was missing some crucial details.</p><p>“Those kinds of delays are unthinkable for a midsize company like us,” he said. If the problems do not ease soon, he added, he will have to consider changing his product’s formula to include ingredients from Germany or Italy rather than the UK.</p>
<p>Jean-Marc Barki, chief executive of French adhesive manufacturer Sealock. He is considering sourcing ingredients for his products from Germany and Italy rather than the UK © Sealock</p>
<p>More than three months after the introduction of the UK’s new trading relationship with the EU, the damaging consequences of non-tariff barriers have become all too clear for many British companies reliant on exports to the bloc’s single market.</p><p>Perhaps less well documented has been the impact on businesses and consumers in the EU and in particular France, one of the UK’s closest trading partners.</p><p>According to the latest French customs data for February, released last Thursday, the picture has improved slightly from the sharp drop in trade between the two countries seen in January.</p><p>In the first month after the new UK-EU trade deal came into force on January 1, imports from the UK to France fell to 78 per cent of their monthly average for the second half of 2020. Analysts said the fall was caused by disruptions at the border with Britain and the impact of Covid-19 on global trade.</p><p>While February did show a recovery, with imports from the UK to France down just 2 per cent on the monthly average for the second half of 2020, exports to the UK were still down 16 per cent compared with the same monthly average last year.</p><p>“In the long term we are expecting an incredibly important impact [on trade],” said Vincent Vicard, economist at the Centre for forecasting and international information (CEPII), a research centre.</p><p>France earns its largest trade surplus from the UK, importing much less than it exports. But some French sectors, such as wine, jewellery and aircraft, rely heavily on selling their products to the UK and were hit by the steepest falls in January.</p>
<p>Haulage costs and red tape on the rise</p>
<p>Although the effect of the pandemic may have played its part in the decline, analysts also blamed Brexit related factors such as higher transit costs, more red tape, new fiscal rules, duties on certain goods and costs related to any delays from customs checks.</p>
<p>Bordeaux wine merchant Gavin Quinney is paying for trucks to come into France from the UK empty © Edward Findlay</p>
<p>Gavin Quinney, a Bordeaux wine merchant who exports most of his wine to the UK, said: “A lot of people are reporting issues with customs declarations and new paperwork.”</p><p>But he added that exporters were also often paying higher haulage fees, as they were forced to bring in relatively empty trucks from the UK and send them back full.</p><p>“There are literally no goods coming in from the UK at the moment so we agree to pay for the truck to come in empty,” Quinney said.</p><p>Costs for one truck’s transit are estimated to have risen between €80 and €300, according to an estimate by CPME, a union representing small and mid-sized companies.</p><p>Other companies have been forced to find other transit solutions. CLAAS, a German manufacturer of agricultural tractors that produces its farm vehicles in the northern French city of Le Mans, is sending its products through Ireland rather than Calais and Dover.</p><p>“We prepared for the worst-case scenario. Still, there are some hiccups,” said Trevor Tyrrell, senior vice-president for CLAAS’s western Europe sales and service division.</p>
<p>Trevor Tyrrell, from German tractor manufacturer CLAAS, said the company had been prepared for the worst but still faced hiccups © Si Barber/FT</p>
<p>And while large companies such as CLAAS have the resources to implement new logistics and adapt their cost models to include delays, many small companies reliant on trade with the UK do not, analysts said.</p>
<p>‘The worst is yet to come’</p>
<p>“For small companies, not used to dealing with international trade, the additional costs and logistics can seem too much,” said Medef, France’s largest employer federation. “Some are already considering abandoning the UK market.”</p><p>The implementation of new standards for goods, and vague or unequal implementation of the Brexit agreement in EU countries, could lead to more hurdles for French companies: “The worst is yet to come,” added Medef.</p><p>Although the UK has pushed back full customs checks on some food and agricultural products entering from the EU from April to October (and in some cases January), French exporters are already bracing for further problems once they come into force.</p>
<p>Recommended</p>

<p><a href="https://www.ft.com/content/1b08132e-0fa0-492d-8c00-3ae49c44e0e5" data-trackable="image-link" tabindex="-1" aria-hidden="true"><br /><br /></a></p>
<p>For example, food and pharmaceutical products will have to comply with the UK’s own system of certification, independent of EU labels.</p><p>Carrying out independent laboratory tests on each shipment could prove an unbearable cost for small producers, said wine merchant Quinney. “These certificates would be a disaster for us,” he said.</p><p>Pharmaceutical and chemical manufacturers are also in the line of fire, according to Vicard, as UK-specific certificates on medicine and chemicals are likely to be costly.</p><p>“When it comes to new products, companies might very well change their international production strategy to avoid the extra cost,” said Vicard.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/470/changement-de-periode-historique</guid>
	<pubDate>Sat, 17 Apr 2021 16:20:30 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/470/changement-de-periode-historique</link>
	<title><![CDATA[Changement de période historique]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Quelques son­da­ges récents ont sou­li­gné une nou­velle fois le déclin irré­mé­dia­ble de la gauche en France. Il semble bien, sauf retour­ne­ment impro­ba­ble à quel­ques mois de la pro­chaine pré­si­den­tielle que l’essen­tiel se jouera entre le « centre droit » (Macron, LREM), la droite clas­si­que (LR) et le RN de Marine Le Pen. La gauche semble vouée à faire de la figu­ra­tion au pre­mier tour pour se par­ta­ger un bon quart des électeurs. Cette situa­tion n’est pas propre à la France. La puis­sante social-démo­cra­tie alle­mande est en voie de lente dis­pa­ri­tion. En Israël, le parti tra­vailliste qui long­temps fut le pilier de ce pays joue main­te­nant les uti­li­tés. Au Royaume-Uni, les conser­va­teurs réno­vés par Boris Johnson ont fait s’écrouler le « red wall » tra­vailliste. Nos voi­sins ita­liens, dont nous sommes sou­vent si pro­ches, ne connais­sent plus, en matière de gauche, que le « cen­tro­si­nis­tra », le centre gauche qui, poli­ti­que­ment, n’est pas bien dif­fé­rent de LREM. La liste est longue ! Mais nous pou­vons, sans être exhaus­tifs, com­men­cer à réflé­chir sur ce qui appa­raît bien comme un chan­ge­ment d’époque his­to­ri­que.</p><p>Ce qui est épuisé, c’est tout un ensem­ble de caté­go­ries poli­ti­ques rui­nées par l’évolution du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste au cours des der­niè­res décen­nies. Pour carac­té­ri­ser cette évolution, il est sans doute per­ti­nent de repren­dre l’expres­sion du phi­lo­so­phe ita­lien Diego Fusaro, « Capitalisme absolu ». Ce capi­ta­lisme est absolu pour plu­sieurs rai­sons. D’une part, il a rompu tous les liens avec les formes socia­les qui l’avaient pré­cédé. Les appar­te­nan­ces fami­lia­les, natio­na­les, reli­gieu­ses, n’ont plus aucune place : les indi­vi­dus sont des indi­vi­dus inter­chan­gea­bles, mobi­les, noma­des, qui doi­vent pou­voir cir­cu­ler à volonté dans le marché mon­dial du tra­vail. La famille et la patrie, pour tout dire, les capi­ta­lis­tes trou­vent cela par­fai­te­ment rin­gard. Accumuler du capi­tal et accu­mu­ler du patri­moine, cela n’a rien à voir. L’impé­ra­tif du capi­tal est de cir­cu­ler en per­ma­nence, alors que le patri­moine, l’usine fondée par le grand-père, la maison de famille, tout cela est du capi­tal mort, empâté dans la matière, alors que la flui­dité est la vertu pre­mière du capi­tal. On l’a trop oublié : Marx, dans Le Manifeste du parti com­mu­niste, défi­nit la bour­geoi­sie comme la grande classe révo­lu­tion­naire et le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste ne peut sur­vi­vre qu’en révo­lu­tion­nant en per­ma­nence les forces pro­duc­ti­ves et les rap­ports de pro­duc­tion.</p><p>Le capi­ta­lisme actuel peut être dit absolu en un deuxième sens : il règne sans par­tage. Le capi­ta­lisme de la période anté­rieure sou­le­vait deux types d’oppo­si­tions qui pou­vaient se com­bi­ner : l’oppo­si­tion de la classe ouvrière — le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste pro­duit son propre fos­soyeur — et celle d’une partie de classe domi­nante, notam­ment chez les intel­lec­tuels, por­teurs de ce que Hegel nom­mait « cons­cience mal­heu­reuse », c’est-à-dire la prise de cons­cience de l’oppo­si­tion entre les idéaux pro­cla­més par les révo­lu­tions bour­geoi­ses du XVIIIe et XIXe siècle et la réa­lité concrète du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste. La culture bour­geoise, la « grande culture » comme dirait Adorno, est, de fait, deve­nue incom­pa­ti­ble avec le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste au stade actuel. La véri­ta­ble opé­ra­tion de des­truc­tion de la culture menée par une frac­tion de la « classe capi­ta­liste trans­na­tio­nale » prend ainsi son sens. Les pré­ten­dus « éveillés » (woke), les acti­vis­tes trans­gen­ris­tes et autres « déco­lo­niaux » sont l’aile mar­chante du capi­tal, son extrême gauche et rien d’autre.</p><p>Pendant ce temps, la classe ouvrière a été métho­di­que­ment pul­vé­ri­sée par la mon­dia­li­sa­tion et la réor­ga­ni­sa­tion du capi­tal. Significativement, l’indus­trie auto­mo­bile fran­çaise est en voie de dis­pa­ri­tion — on annonce dans cer­tains milieux économiques que, d’ici à la fin de la décen­nie, plus aucune voi­ture ne sera cons­truite en France. Autour de la « numé­ri­sa­tion » de l’économie — le « great reset » dont parle le forum de Davos — se joue une réor­ga­ni­sa­tion struc­tu­relle du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste avec le nou­veau pilier qui n’est plus l’entre­prise, mais la pla­te­forme (Amazon et ses émules) qui joue à la fois le rôle de marché et d’orga­ni­sa­teur de la pro­duc­tion sans avoir à en sup­por­ter les coûts et les ris­ques. Ce qui conduit à la trans­for­ma­tion du pro­lé­ta­riat tra­di­tion­nel en un « pré­ca­riat », mêlant sala­riés aux sta­tuts pré­cai­res et pseudo tra­vailleurs indé­pen­dants — en réa­lité des tra­vailleurs à façon comme l’étaient les canuts lyon­nais dans les années 1830.</p><p>Ces trans­for­ma­tions n’ont pas été com­bat­tues, mais accom­pa­gnées et même pré­cé­dées par les partis de la gauche. Champion des reven­di­ca­tions « socié­ta­les », les partis de gauche ont tourné réso­lu­ment le dos non seu­le­ment aux reven­di­ca­tions des ouvriers et employés, mais aussi à leurs préoc­cu­pa­tions et à leur men­ta­lité. Ils recru­tent électeurs et mili­tants dans les clas­ses moyen­nes supé­rieu­res ins­trui­tes, habi­tant les cen­tres-villes des gran­des métro­po­les. Ces partis sont des éléments, bien­tôt inu­ti­les d’ailleurs, de la classe capi­ta­liste trans­na­tio­nale.</p><p>Dans ces condi­tions, sur le plan social, la gauche et la droite se valent, dans l’opi­nion de ceux que Christophe Guilluy appelle « les gens ordi­nai­res ». C’est parce qu’ils sont ration­nels et qu’ils com­pren­nent assez bien ce qui est en ques­tion sur le théâ­tre poli­ti­que que les mem­bres des clas­ses popu­lai­res pré­fè­rent aujourd’hui voter pour Marine Le Pen plutôt que pour Mélenchon. Évidemment, les don­neurs de leçons dénon­ce­ront l’abru­tis­se­ment des masses par les médias et les réseaux sociaux, ou leur « alié­na­tion ». On connait le mépris des gens qui se croient ins­truits pour « ceux d’en bas ». Mais en réa­lité, le « pro­gres­sisme » appa­raît comme la prin­ci­pale menace pour les clas­ses pau­vres, pour ce pré­ca­riat qui subit le « pro­grès » dans ses pires aspects. Être conser­va­teur, au moins, c’est se pro­non­cer pour conser­ver ce que l’on a, les acquis sociaux des décen­nies de luttes ouvriè­res, mais aussi un cer­tain genre de vie auquel les « gens ordi­nai­res » sont atta­chés. Quand l’inter­na­tio­na­lisme a été liquidé au profit du mon­dia­lisme, le retour à la nation appa­raît comme un ultime refuge.</p><p>De cette situa­tion, il ne sera pas facile de sortir. En effet, toute marche arrière est inter­dite : on ne peut pas reve­nir à la situa­tion des « trente glo­rieu­ses » et au « par­tage » (pro­duit d’un rap­port de forces) entre capi­tal et tra­vail : la com­bi­nai­son des des­truc­tions mas­si­ves, de l’hégé­mo­nie des États-Unis et de la puis­sance sovié­ti­que ne revien­dra pas. Pas plus que ne revien­dra l’énergie abon­dante et bon marché qu’était le pétrole. On ne peut comp­ter sur la crois­sance infi­nie pour per­met­tre à toutes les aspi­ra­tions de coexis­ter et on sait bien qu’il n’est guère pos­si­ble que les pau­vres s’appau­vris­sent indé­fi­ni­ment et que les riches conti­nuent de s’enri­chir. Tout indi­que qu’à moyen terme nous connai­trons une crise économique et sociale de grande ampleur et per­sonne ne peut exclure une catas­tro­phe de type troi­sième guerre mon­diale dont les consé­quen­ces seraient autre­ment effroya­bles que celles de la deuxième. Comme il n’y a pas de grand com­plot dont il suf­fi­rait de démas­quer les com­plo­teurs, mais ce que ce qui est en cause, c’est le grand auto­mate qu’est le capi­tal, c’est à une révo­lu­tion radi­cale qu’il faut nous pré­pa­rer, pas seu­le­ment une révo­lu­tion sociale, mais aussi une révo­lu­tion morale. Au « tou­jours plus », au délire de toute-puis­sance de l’homme qui croit se faire tout seul, il faut sub­sti­tuer le sens des limi­tes, de la juste mesure et retrou­ver la com­mu­nauté poli­ti­que comme lieu où peut se penser véri­ta­ble­ment le bon­heur. On se sou­vient peut-être qu’un des grou­pes post-soixante-hui­tards avait pour devise : « nous vou­lons tout, tout de suite, vivre sans entra­ves et jouir sans temps mort. » Cette devise n’avait abso­lu­ment rien de révo­lu­tion­naire, contrai­re­ment à ce que croyaient ses auteurs, elle était exac­te­ment la devise du capi­ta­lisme absolu et c’est à cela que nous devons tour­ner le dos, défi­ni­ti­ve­ment après quel­ques siè­cles de crois­sance de la richesse et de la puis­sance.</p><p>Denis COLLIN – 13 avril 2021</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/469/2022-l%E2%80%99outsider-unite-nationale-citoyenne</guid>
	<pubDate>Sat, 17 Apr 2021 05:46:45 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/469/2022-l%E2%80%99outsider-unite-nationale-citoyenne</link>
	<title><![CDATA[2022 : L’OUTSIDER - UNITE NATIONALE CITOYENNE]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Macron contre Le Pen, Le Pen contre Macron… A un peu plus d’un an du second tour de l’élection présidentielle, tel est le scénario d’un « remake » sur lequel s’accordent encore la quasi-totalité des acteurs, des commentateurs et des augures professionnels d’une vie politique que la pandémie en cours a figée dans une trompeuse immobilité. La seule différence, qui n’est pas insignifiante, que ces divers spécialistes envisagent par rapport au scrutin de 2017 résiderait dans le fait que la victoire du président sortant sur sa concurrente ne lui serait pas automatiquement assurée en 2022.</p><p>Or, cette deuxième manche, présentée comme inéluctable, d’un duel qui opposerait les mêmes protagonistes qu’il y a quatre ans, les Français, dans leur très grande majorité, n’en veulent pas et jusqu’à plus ample informé, c’est à eux, c’est aux électeurs, c’est aux citoyens qu’il appartient de faire en sorte que l’histoire ne nous repasse pas les plats mal réchauffés d’une confrontation qu’ils ne souhaitent pas voir se reproduire. Qu’en est-il, pour autant que l’on puisse se risquer au jeu hasardeux des pronostics, alors que l’équation française, par ces temps difficiles et troublés est particulièrement lourde d’inconnues ?</p><p>D’un côté, l’emprise incontestée de Marine Le Pen sur son Rassemblement national, le niveau et la stabilité de son socle électoral semblent lui garantir, dans l’état actuel de l’opinion et des candidatures déclarées, l’accès à la finale. Il n’en est pas de même pour son vainqueur de 2017 dont le sort se joue en ce moment même sur sa personne, sur son bilan et sur sa capacité à vaincre le plus redoutable des adversaires, ce virus face auquel son gouvernement, sa majorité, et lui-même, empêtrés dans leurs hésitations, leurs contradictions, leurs variations, leurs promesses non tenues, leurs résultats décevants, sont apparus toujours en retard d’une guerre. La stature et les chances d’Emmanuel Macron sont singulièrement fragilisées au moment où il aborde la dernière ligne droite de ce funeste mandat quinquennal, trop long quand le chef de l’Etat n’est pas à la hauteur de ses pouvoirs et de ses responsabilités, trop court pour que son tempo soit différent de celui des législateurs.</p><p>Il y a quatre ans, la jeunesse, l’audace, la nouveauté, l’annonce d’une pratique différente de la politique, le rejet des anciens partis, (et le naufrage de François Fillon) étaient autant d’atouts qui avaient permis au séduisant transfuge de la gauche, discrètement soutenu par le grand patronat, d’arriver en tête du premier tour. La sainte horreur du nom de Le Pen, une prestation ratée de sa concurrente, et le ralliement, au nom du front républicain, de douze millions de votants (quarante-deux points gagnés d’un dimanche sur l’autre !) lui avaient permis de triompher avec 66% des suffrages exprimés. Ceux qui avaient voté pour Emmanuel Macron au premier tour, ceux qui avaient voté contre Marine Le Pen au second tour, ont été également déçus. Parvenu à l’Elysée, l’inconnu le plus célèbre de France s’y est révélé un homme sans convictions, en tout cas sans autre conviction qu’un attachement moutonnier à l’Union européenne, sans cohérence, sans boussole et sans scrupules. A la fois autoritaire et inconséquent, volontaire et velléitaire, despotique et solitaire, il n’a pas renouvelé l’art de gouverner, il n’a pas davantage apporté au pouvoir le changement et la « révolution » qu’il s’était imprudemment engagé à mener. Quant à ceux dont l’appoint massif lui avait offert la présidence sur un plateau, aussi ingrat, aussi léger, aussi oublieux que Jacques Chirac quinze ans plus tôt, il avait à peine élu ignoré et désappointé les gogos à qui il devait sa victoire écrasante. Eux s’en souviendront le jour venu et ne reporteront pas sur lui, la prochaine fois, des votes qui ne devaient rien à la sympathie pour sa personne mais tout au rejet de la fille de Jean-Marie.</p><p>Aussi bien, avant et au lieu de spéculer sur la répartition des suffrages entre le président sortant et les autres candidats à la magistrature suprême, il y aurait peut-être lieu, au moment où nous sommes et au point où il en est, de se demander si Emmanuel Macron sera en mesure de se représenter ou si, comme son prédécesseur, il ne sera pas conduit par l’évidence des sondages et l’éclatement de sa majorité, hier pléthorique, aujourd’hui divisée, à décliner le dangereux honneur d’être candidat à sa réélection. Ne sont pas seulement en cause dans cette affaire l’affaiblissement et la perte de poids d’un homme qui, comme les grand rôles de l’Opéra, ne cesse de chanter « Marchons ! Marchons ! » sans bouger d’un pouce ni les résultats vraisemblablement désastreux pour lui de ces élections départementales et régionales qui, comme les mirages dans le désert semblent s’éloigner à mesure qu’on s’en rapproche. La vraie question, la question de fond est de savoir si le Cercle de la raison sociale, si le grand lobby médiatique, financier, économique et politique qui a ses entrées à l’Elysée et qui dîne au « Siècle » misera comme en 2017 sur le jeune poulain qui s’est avéré un canasson ou s’il se trouvera un cheval de rechange.</p><p>Il est en France, en 2021, un personnage que sa cote de popularité place depuis des mois en tête du palmarès des hommes politiques. Venu de l’ex-UMP en même temps qu’un certain nombre de ralliés, ayant au fil des mois imposé son autorité au groupe parlementaire de la République en marche, bien placé de par son origine partisane et de son séjour de trois ans à Matignon pour faire l’union du centre droit et du centre gauche. Alors que, d’évidence, le parti dit des Républicains n’a pas encore choisi celui de ses représentants qui le mènerait en 2022 à une nouvelle défaite et une nouvelle humiliation, et que les Marcheurs prient tous les jours le ciel qu’un nouveau report le nouveau désastre que leur promettent les prochaines élections locales, Edouard Philippe est le mieux placé aujourd’hui, pour ne pas dire le seul candidat en mesure de prendre avec une chance réelle de l’emporter le relais que lui offriraient une majorité effilochée et une opposition démoralisée. Silencieux et discret, l’ancien Premier ministre qui peut légitimement se flatter d’être le seul représentant de la Macronie à avoir emporté une grande ville aux dernières municipales, n’en est pas moins à l’affût et la publication, dans quelques jours, d’un livre signé de son nom lui permet une opportune rentrée en scène. La correction la plus élémentaire lui a interdit jusqu’à présent de prendre ses distances avec un président qui ne l’a pas particulièrement bien traite. Mais la loyauté a ses limites. Nul ne s’étonnerait ni ne serait en droit de s’offusquer si le maire du Havre rompait le moment venu avec le futur ancien président de la République. Il n’est pas plus condamnable de trahir un traître que de voler un voleur.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/467/face-aux-oppressions-la-liberte-de-se-definir-est-la-plus-belle-conquete-de-la-laicite</guid>
	<pubDate>Sat, 17 Apr 2021 05:42:31 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/467/face-aux-oppressions-la-liberte-de-se-definir-est-la-plus-belle-conquete-de-la-laicite</link>
	<title><![CDATA[&quot;Face aux oppressions, la liberté de se définir est la plus belle conquête de la laïcité&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">Qu’est-ce que l’universel ? Une première définition résulte de la logique des ensembles. Trois termes permettent de quantifier le degré d’extension d’un caractère : universel, particulier, singulier. Est universel ce qui appartient à tous les individus d’un ensemble donné. Par exemple, tous les êtres humains sont des êtres de culture, munis de raison (homo sapiens). Est particulier ce qui concerne une partie des membres d’un ensemble. Par exemple, certains êtres humains sont adeptes d'une religion, d'autres de l'humanisme athée ou agnostique. Enfin, est singulier tout individu compris comme personne unique. Nelson Mandela a été un individu unique, singulier, par l'ensemble des qualités qui furent les siennes, notamment pour l'émancipation des Noirs. Les trois termes - universel, particulier et singulier - étant définis, on peut maintenant tenter de penser les questions qui importent à la réflexion pour comprendre le rapport entre laïcité et identité(s).</p><p class="article-text article-body__item">Chaque individu est donc unique, et singulier au sens littéral. La carte d'identité en témoigne : elle assure la possibilité de ne pas confondre un individu avec un autre. Un individu peut partager avec d'autres certains particularismes, tout en restant dépositaire des caractères universels de l'humanité. Singulier, particulier et universel sont donc trois aspects du même individu. Voyons l’identité de la personne. Qui suis-je ? Prenons l'exemple d'Ulysse, en grec « Odysseus ». C'est le rusé, l’homme « aux mille tours » de l’Iliade et de l’Odyssée. L'Odyssée, c'est son périple, le grand voyage de sa vie, après la victoire sur Troie. Un retour mouvementé à Ithaque, où l'attend Pénélope.</p>
<p>Mondialisation et communautarisme : une identité écartelée</p>
<p class="article-text article-body__item">Ulysse est-il encore le même après tant d'épreuves ? Selon Platon, dans le Mythe d’Er le Pamphylien, pas tout à fait. Au moment de choisir une nouvelle destinée, Ulysse prend celle d’une personne modeste, sans gloire ni pouvoir ni fortune. Ce choix de raison est inspiré par le souvenir de l’odyssée. Sagesse. Une idée forte, existentialiste : on se choisit, on se définit, plus ou moins librement certes, mais l’essence de chaque individu singulier est en suspens dans sa liberté, comme écrit Sartre. On se fait par son aventure existentielle et jusqu’au dernier souffle, on ne peut dire réellement ce que l’on est. Seule la mort transforme la vie en destin, et encore n'est-ce alors qu'une illusion rétrospective. Il n’est dès lors d’identité que narrative. En racontant l'Odyssée, on met en évidence le périple d'Odysseus comme vie singulière d'Ulysse.</p><p>« Tu trahis ta communauté » : telle est la condamnation par laquelle les islamistes refusent aux femmes la liberté de ne pas porter le voile.</p><p class="article-text article-body__item">Aujourd’hui, la question de l’identité personnelle se trouve écartelée. D’un côté, une mondialisation impérieuse, voire inhumaine, qui exalte l’individualisme tout en le canalisant par des conditionnements publicitaires et idéologiques uniformisants. De l’autre, les compensations identitaires apparentes que proposent des religions à nouveau avides de pouvoir politique et de restauration de traditions rétrogrades. À l’identité personnelle que chacun est libre de se définir, semble s’opposer l’identité collective d’un groupe humain qui attend des individus qui le composent une soumission inconditionnelle, au nom de la solidarité du groupe. La notion même d’identité collective consacre une logique de l’allégeance que l’on retrouve dans le communautarisme. Celui-ci impose littéralement le primat de la communauté particulière à la fois sur les individus et sur la communauté humaine universelle.</p>
<p>Risque de guerre entre communautés</p>
<p class="article-text article-body__item">D’un même mouvement, le souci de l’individu et celui de l’universel sont donc mis à mal. L’enfermement communautariste dans le particularisme religieux et coutumier nie l’individu, qu’il réduit à un échantillon anonyme, dans le moment même où il récuse toute référence universelle. Celle-ci consigne en effet dans les droits reconnus à tout être humain des libertés fondamentales qui transcendent la diversité des us et coutumes. Par exemple, le droit à l'intégrité physique conduit à condamner l'excision du clitoris, horrible mutilation physique, sexuelle et sensuelle.</p><p class="article-text article-body__item">Un autre exemple. « Tu trahis ta communauté » : telle est la condamnation menaçante par laquelle les islamistes refusent aux femmes la liberté de ne pas porter le voile. Tel est bien le communautarisme, qui exige l'allégeance voire l'effacement de toute singularité individuelle librement choisie. Avec, à la clef, le risque majeur d'affrontements intercommunautaires dès lors que l'appartenance prime absolument, sans distance aucune, sur la liberté de la personne. La montée des communautarismes ainsi compris porte donc en elle le danger de la guerre entre les communautés en même temps que celui de la négation de la liberté individuelle au nom de la fidélité au groupe.</p>
<p>Sacralisation du machisme</p>
<p class="article-text article-body__item">En quoi la laïcité est-elle concernée par ces rappels ? Perçue à tort comme une machine de guerre contre les religions, alors qu’elle assure leur égale liberté dans les limites du droit commun, elle est combattue par tous les moyens possibles, souvent hypocrites, au nom de cultures et d’identités collectives qui souvent sont mutuellement exclusives. Les communautarismes religieux se font entrepreneurs identitaires, au risque de ressusciter la guerre des Dieux. Il est grave en effet de convaincre les personnes que le fait de choisir librement ses références spirituelles et son mode d’accomplissement porte atteinte au groupe. C’est une version fanatique de l’identité, sans distance, que l’on donne ainsi.</p><p class="article-text article-body__item">Au nom de la culture et de la religion, le deuxième sexe subit la sacralisation de la domination machiste. Dans Tartuffe, le dévot intime l’ordre à Dorine de cacher son sein. Dans l’islamisme politique, la femme doit se voiler entièrement car sinon elle est rendue responsable du désir de l’homme, ainsi déchargé de sa responsabilité quand il ne maîtrise pas ce désir. Bref, la laïcité émancipe chacune et chacun au niveau le plus radical : celui de la libre définition de l'identité. Elle rend en effet possible le libre choix d'une façon d'être et de vivre en libérant la personne de toute aliénation à une vision du monde imposée, qu'elle soit religieuse ou idéologique. Ne demeurent plus alors que les droits fondamentaux des êtres humains, dans les limites qu'impose l'ordre public pour assurer leur coexistence. La liberté personnelle de se définir, et de choisir sa vie, voire sa mort, est la plus belle conquête de la laïcité, à rebours des oppressions traditionnelles.</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/promouvoir-le-respect-des-principes-de-la-republique-par-henri-pena-ruiz">"Promouvoir le respect des principes de la République", par Henri Pena-Ruiz</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/466/david-dornbusch-ca-fait-un-moment-que-ces-campagnes</guid>
	<pubDate>Sat, 17 Apr 2021 05:39:43 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/466/david-dornbusch-ca-fait-un-moment-que-ces-campagnes</link>
	<title><![CDATA[David Dornbusch - Ça fait un moment que ces campagnes...]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Ça fait un moment que ces campagnes délirantes anti Verts m interrogent et je m'appretais à écrire quelques commentaires suite à une énième affaire ridicule à Vincennes quand je suis tombé sur cet édito d'Abel Mestre dans Le Monde que je reproduis précédé de quelques commentaires.</p><p>J'en partage très largement les analyses.</p><p>Au coeur du dispositif il y a très probablement LREM. On est pas ici pour faire de la morale mais de la politique, c'est pas charmant comme méthodes mais c'est leur choix.</p><p>Le plus surprenant dans cette affaire est surtout la coalition qui s'opère à chaque occasion.</p><p>D'un côté on a la droite poubello-mediatique, en gros tout ce qui va de Julien Aubert à Goldnadel-Zemmour, et évidemment au delà toute la fachosphère. Rien de très surprenant.</p><p>Et d'un autre côté on a ce que je vais appeler les "je suis laïc et republicain" puisque chacunes de leur intervention commence par ces mots qu'elles concernent la pêche à la ligne, les courses en sac ou la purée de céleri.<br />On va trouver comme exemple type ici le vieux stalinien Konopnicki, qui s'est mis en valeur par un post et un édito particulièrement intéressant "je suis laïc et republicain donc j'aime les aéro clubs"<br />On va évidemment trouver les roquets de la galaxie vallso-PR, j'en ai trouvé un, Delb, dont je met une photo ci dessous.<br />Et puis toute une galaxie d'ex socialistes en déshérence, qui ne semble plus savoir hoqueter rien que "je suis laïc et republicain"</p><p>Qu'est ce qui peut réunir ces 3 composantes aux motivations si disparates, LREM la peur, les ex socialos la mauvaise rancune, l'extrême droite sa haine naturelle de tout. Mystère.</p><p>Bon laissons la parole à Mestre pour des compléments d'analyses</p><p>"La « diabolisation », une occasion à saisir pour les écologistes<br />Les attaques régulières contre Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ont un côté positif pour les écologistes : elles leur confèrent un statut de principal opposant au gouvernement.</p><p>Par Abel Mestre</p><p>Analyse. Parfois, il faut savoir contre-attaquer. C’est aussi vrai en politique. Les différentes polémiques qui frappent les maires écologistes depuis plusieurs semaines – menus végétariens dans les cantines à Lyon ; financement de la mosquée de Strasbourg ; propos de la maire de Poitiers, Léonore Moncond’huy, affirmant que « l’aérien ne doit plus faire partie des rêves d’enfants » ; accusations d’« islamo-gauchisme » – sont autant d’occasions pour Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de renforcer sa centralité dans le débat politique français.</p><p>Les stratèges écologistes sont persuadés que ces « attaques » sont le fruit d’une « stratégie délibérée » du gouvernement. A deux mois du scrutin régional, une « diabolisation » viserait le parti au tournesol pour casser sa dynamique électorale acquise lors des élections européennes de 2019, confirmée aux municipales de 2020. « C’est une cabale, un pilonnage politique, veut croire Sandra Regol, numéro 2 du parti. Et, à côté de cela, le Rassemblement national a un tapis rouge. Tout est fait pour refaire le match Macron-Le Pen. Leur stratégie est de nous avoir à l’épuisement. »</p><p>Pendant longtemps, les écologistes n’ont eu de cesse de se justifier, de rectifier leurs déclarations, ignorant le vieux principe politique qui veut qu’« en bien ou en mal, l’essentiel est que l’on parle de nous ». Ce ne serait plus le cas. Mme Regol continue : « C’est difficile, tout cela. Mais on revendique le clivage, on répond. D’où notre idée de plainte en diffamation contre Marlène Schiappa et Gérald Darmanin. » Fin mars, Julien Bayou, secrétaire national, avait en effet annoncé son intention d’attaquer les deux ministres après les accusations visant son parti de proximité avec « l’islamisme radical ».</p><p>Resserrer les rangs<br />Ces polémiques, qui se succèdent à un rythme hebdomadaire, sont usantes pour les écologistes, peu habitués à un tel déluge. Les coups les plus durs sont portés par des ministres et relayés par des personnalités de droite et d’extrême droite. Ils deviennent ainsi les épouvantails de la vie politique.</p><p>Mais si l’on change de perspective, il y a un aspect positif, pour eux, à cette « diabolisation » : c’est autour d’EELV que le débat se fait, ce sont leurs propositions et l’action de leurs élus qui clivent. In fine, cela confère au parti écologiste un statut de principal opposant au gouvernement. Un avantage certain un an avant la présidentielle. Autre point positif : cela contribue à resserrer les rangs d’une famille qui s’est souvent distinguée par son individualisme et son manque de solidarité interne.</p><p>« Même si on a fait corps face à ces attaques, il y a tout de même des dommages collatéraux, pondère David Cormand, l’ancien secrétaire national d’EELV, aujourd’hui député européen. On doit venir sur un champ de bataille qui n’est pas le nôtre, mais celui de l’extrême droite. Cela fait le jeu des fachos. S’ils [certains ministres] font cela, c’est pour créer des dissensions au sein de la gauche et des écologistes, en faisant croire que l’on a un problème avec la République. Ils veulent nous marquer du sceau de l’infamie. »</p><p>Arnauld Champremier-Trigano, conseiller en communication auprès d’EELV, est habitué à ce genre de campagne. Lui qui a travaillé pour Jean-Luc Mélenchon lors de la présidentielle de 2012 sait les bénéfices qu’un parti peut tirer d’une telle période. « La centralité que cela nous confère est une bonne chose. On voit que l’écologie politique est le nouveau paradigme, ce contre quoi le vieux monde se mobilise. La droite et La République en marche ont des électorats âgés. Ils parlent à leur socle. Ils n’ont pas compris que l’écologie était une pensée globale qui ne se limite pas à la question environnementale mais qui comprend les questions démocratiques, sociales, de genre, etc. »</p><p>Pour M. Champremier-Trigano, c’est surtout la preuve qu’un redécoupage politique est à l’œuvre : « La pensée du passé, c’est l’extrême droite. Celle du présent, qui estime qu’il faut sauver les meubles, c’est LRM. Et celle du futur, c’est l’écologie. » Et, selon lui, il est logique que les deux premières se coalisent contre la troisième.</p><p>« Maladresse »<br />Il y a un risque pour EELV : celui de décourager les électeurs pouvant être tentés par le vote Vert et de perdre des suffrages essentiels. Jean-Daniel Lévy, directeur délégué d’Harris Interactive, estime que ce danger est plus que modéré. Selon lui, ces « polémiques apportent, au contraire, de l’eau au moulin des détracteurs d’EELV, mais ne lui portent pas préjudice ». M. Lévy poursuit : « Les écologistes parviennent à être une alternative alors qu’ils ne sont pas à l’Assemblée nationale et ne sont pas incarnés par une personnalité forte. Que l’on soit d’accord ou pas, leur projet est identifiable et en rupture avec ce qui s’est fait dans le passé, aussi bien à droite qu’à gauche. »</p><p>Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean Jaurès (proche du PS), souligne, de son côté, que la séquence vécue par EELV peut être « dommageable en ce qui concerne [son] changement de statut ». Il estime que les « effets négatifs » sont probables, « car la crédibilisation est une question très importante pour une élection présidentielle. Ils ont une maladresse, un manque de sensibilité à ce qu’est le pays ».</p><p>Mais M. Finchelstein insiste également sur les effets que ce genre de polémiques a sur l’ambiance politique générale. « Je ne comprends pas cette stratégie de diabolisation d’EELV. On voit que la frontière entre le RN et certaines autres forces politiques est de plus en plus poreuse, poursuit-il. Les intentions de vote des sondages récents montrent aussi qu’il y a une dédramatisation de l’idée d’une possible accession au pouvoir de Marine Le Pen. C’est très inquiétant. » Comme si, pour le pouvoir, il y avait une inversion des valeurs et des adversaires principaux.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/465/la-gauche-doit-s%E2%80%99oublier-pour-s%E2%80%99extraire-de-son-petit-espace-reclus</guid>
	<pubDate>Sat, 17 Apr 2021 05:38:03 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/465/la-gauche-doit-s%E2%80%99oublier-pour-s%E2%80%99extraire-de-son-petit-espace-reclus</link>
	<title><![CDATA[&quot;La gauche doit s’oublier pour s’extraire de son petit espace reclus&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">Cher Benoît Hamon,</p><p class="article-text article-body__item"><a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/04/14/benoit-hamon-mettons-nous-d-accord-sur-nos-desaccords-et-agregeons-ce-qui-nous-reunit-pour-2022_6076686_3232.html" target="_blank">Vous avez raison</a>, il y a assurément dans la gauche un socle de valeurs dans lequel beaucoup se reconnaissent. Et bien entendu, personne ne dira le contraire, il faut agir vite et fort face au réchauffement climatique et face à l’énième crise économique et sociale qui s’abat sur notre pays. Les constats sont largement partagés et l’effroi nous envahit tous chaque jour davantage. Dire que 2022 est le dernier rendez-vous est cependant inconséquent pour un responsable politique. Élémentaire.</p>
<p>La gauche morcelée</p>
<p class="article-text article-body__item">Voyez-vous, la question aujourd’hui n’est pas celle des valeurs, mais celle des projets politiques concrets qui se constituent pour gouverner le pays face à ces grands défis. Et il n’est pas vrai que toute union vaille, même sur la base d’un tout petit dénominateur commun. Le contexte, lui, n’est pas celui d’une victoire politique possible d’une des forces constituées à gauche - toutes sont données perdantes en 2022. Alors, comme vous le dites : « Après tout, si les divergences dominent les convergences, épargnons-nous le simulacre de vaines réunions de famille qui ajouteront une couche supplémentaire de dépit et de déception dans l’électorat de gauche. »</p><p>« Ces divergences - mot peut-être trop faible - dominent les convergences, et endigueront sans aucun doute l’avènement d’un projet politique national commun et ambitieux. »</p><p class="article-text article-body__item">En effet, il existe bel et bien au sein de la gauche des ruptures profondes sur l’Union européenne, sur la décentralisation, sur le travail, sur l'antiracisme, et sur bien d’autres sujets qui produisent logiquement des conflits politiques réguliers. Et ces sujets ne sont pas secondaires, ils sont fondamentaux en cela qu’ils augurent des formes d’organisation de la société bien dissemblables. Sans revenir sur chacun d’eux, ces antagonismes mis en exergue ne permettent pas aux gens, fort logiquement, d’identifier le PS, EELV, la FI ou le PC dans un espace politique cohérent. Ces divergences - mot peut-être trop faible - dominent les convergences, et endigueront sans aucun doute l’avènement d’un projet politique national commun et ambitieux. C’est une question de fond et non d’ego, même si les ego sont largement répandus.</p><p class="article-text article-body__item">Surtout, sur ces questions qui sectionnent la gauche, il n’y a pas d’éloignement évident entre deux camps qui pourraient se dissocier rationnellement. Les proximités et les discordes se réajustent et ré-ordonnent la gauche sur chaque sujet. Les conflits sont aussi à l'œuvre à l'intérieur même des partis. Tout est décousu. Ce grand désordre et l’inertie des organisations sclérosent les clarifications historiques nécessaires. En l’état, la gauche est un espace politique informe qui s’efface.</p><p>« L’élection présidentielle de 2017 et la crise des gilets jaunes avaient montré que son effondrement était jusqu’ici en route. Les récents sondages de l’IFOP et d’Elabe indiquent que sa mort est désormais actée. »</p><p class="article-text article-body__item">Dès lors, faire croire aux Français qu’une union des partis de gauche est possible et souhaitable, ce serait continuer de leur mentir. Il faut dire la vérité aux Français, la gauche n’est plus le signifiant juste qui porte l’idéal républicain d’émancipation qu’elle a pu être. Elle n’existe plus en tant que tel, et toute union des forces qui s’en réclament serait stérile et perfide. La dignité de la représentation se situe à travers cette vérité-là.</p><p class="article-text article-body__item">L’élection présidentielle de 2017 et la crise des gilets jaunes avaient montré que son effondrement était jusqu’ici en route. Les récents sondages de l’IFOP et d’Elabe indiquent que sa mort est désormais actée.</p><p class="article-text article-body__item">Pour autant, cela ne signifie guère que son idéal, que l’on évoquait juste avant, s’est lui aussi éteint. Non, il est simplement désormais orphelin d’un corpus politique concret, de figures qui l’incarnent, d’une esthétique qui le redessine et d’un camp qui le porte de façon harmonieuse. L’édification d’une nouvelle proposition de contrat social, ancrée dans les valeurs de partage, de solidarité et d’écologie et qui réenchante la vie, constitue bien la nécessité historique.</p><p>« Loin de certains de ces combats puérils et débranchés du sens commun, elle doit enfin prendre conscience des véritables conditions sociologiques et culturelles de la victoire. »</p><p class="article-text article-body__item">Pour mettre en place ce véritable aggiornamento, la gauche doit s’oublier pour s’extraire de son petit espace reclus et redescendre de son piédestal moralisant du haut duquel elle est toujours convaincue d’avoir raison et d’être en avance. Loin de certains de ces combats puérils et débranchés du sens commun, elle doit enfin prendre conscience des véritables conditions sociologiques et culturelles de la victoire. Alors, certains resteront évidemment englués dans leur petit enclos sectaire et continueront de ne se parler et de ne se comprendre qu’entre eux. Pour d’autres, il faudra non pas s’unir mais se désunir de la gauche. Ce décrochage est inévitable pour se reconnecter au pays et recomposer alors à partir des aspirations et des afflictions majoritaires du peuple français.</p><p class="article-text article-body__item">Oui, l’heure presse pour avancer et éviter bien des désastres.</p><p>A LIRE AUSSI :<a href="https://www.marianne.net/politique/gauche/union-de-la-gauche-une-reunion-pour-sauver-les-apparences" target="_blank">Union de la gauche : une réunion pour sauver les apparences ?</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>

</channel>
</rss>