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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Thu, 22 Apr 2021 21:30:50 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[« La focalisation sur la race et le genre fait aujourd’hui écran aux questions sociales » – Le Comptoir]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Philosophe spécialiste des Lumières et des précurseurs du socialisme, Stéphanie Roza vient de publier « La gauche contre les Lumières ? » (Fayard, 2020) dans lequel elle revient sur l’émergence, au sein de la gauche intellectuelle, d’une critique radicale contre les principes fondateurs des Lumières, au risque de jeter le bébé avec l’eau du bain. À l’heure où le rapport à l’universalisme, à la science ou au progrès sont au cœur du débat public, nous avons souhaité nous entretenir avec elle.</p>
<p>Le Comptoir : Dans votre livre, vous analysez la manière dont s’est développée dans une partie de la gauche, à partir des années 1970, une critique radicale contre l’universalisme, le rationalisme et le progressisme des Lumières. En quoi s’agit-il d’une rupture avec les critiques qui avaient déjà pu être observées depuis le XIXe siècle ?</p>

<p><a href="https://comptoirdotorg.files.wordpress.com/2021/04/lxa1096_23.jpg"></a><br />Stéphanie Roza © Celine Nieszawer</p>
<p class="has-text-align-left">Stéphanie Roza : Dès le XIXe siècle, il y a déjà des critiques du machinisme mais qui ne sont pas forcément dirigées contre le progrès en tant que tel. En revanche, au début du XXe siècle, des syndicalistes révolutionnaires en rupture de ban par rapport au mouvement socialiste et la Deuxième Internationale, comme Georges Sorel et un certain nombre d’intellectuels regroupés autour de la Revue socialiste, développent une critique très radicale du progrès. Ce dernier est accusé d’être une valeur portée par la République bourgeoise qui compromet le mouvement ouvrier avec la bourgeoisie républicaine. S’il s’agit d’une critique radicale de l’héritage des Lumières, ce n’est pas une critique du rationalisme. Sorel prend soin de distinguer le rationalisme des Lumières, critiquable car lié au progressisme, du rationalisme de Pascal au XVIIe siècle qui constitue à ses yeux le bon rationalisme. Cette critique reste toutefois limitée à l’entourage de Sorel et ne débordera pas sur le mouvement ouvrier, la CGT et les socialistes. Une bonne partie de ce très petit groupe partira vers l’extrême droite. Comme l’a montré Zeev Sternhell, les idées soréliennes auront une influence sur Mussolini et constitueront l’une des sources du fascisme italien. Georges Valois fondera même le premier parti fasciste français et Hubert Lagardelle deviendra ministre du travail sous Pétain…</p><p>Dans les années 1970, la critique est à la fois plus radicale sur le plan philosophique puisque, chez Michel Foucault et Jacques Derrida, la raison est en soi à rejeter, mais prend également plus de poids au sein de la gauche. Progressivement, l’héritage de Foucault va devenir particulièrement présent dans la gauche intellectuelle. La critique radicale du progrès va également fonder des mouvements décroissants au sein desquels quelqu’un comme Jean-Claude Michéa a un certain écho. Ce sont des critiques beaucoup plus massives au sein de la gauche aujourd’hui.</p>
<p>Quel est votre regard sur le concept d’intersectionnalité et ses usages qui font aujourd’hui débat ?</p>
<p>Je ne suis pas hostile à l’idée que l’on puisse prendre en compte des discriminations qui peuvent s’empiler, d’autant que ce n’est pas une découverte. C’est même une idée assez banale prise en compte depuis longtemps à gauche dans le mouvement ouvrier, féministe ou antiraciste. Les revendications féministes dans le mouvement ouvrier émergent notamment avec l’idée déjà chez Marx que « La femme est le prolétaire de l’homme » et qu’il existe une double oppression. En revanche, le concept d’intersectionnalité dans ses usages actuels provient de militants et d’intellectuels, comme Kimberlé Crenshaw, qui militent ouvertement pour une politique de l’identité. Elle l’écrit très clairement dès son article fondateur : la race et le genre sont plus déterminants que la classe. Crenshaw considère même que la classe est une conséquence de la race et du genre. Ce n’est pas possible de faire plus anti-marxiste et plus éloigné de la manière dont les combats pour l’émancipation ont été menés jusqu’à présent. La mise à l’écart des problématiques socio-économiques est centrale et, en tant que représentante de la vieille tradition socialiste, je ne suis pas du tout d’accord avec cette approche.</p><p>Dans le débat public, les questions de race et de genre finissent aujourd’hui par faire écran aux problématiques sociales, comme on l’observe avec cette notion délirante de « privilège blanc ». Des personnalités noires, journalistes, ultra-médiatiques, ayant toutes leurs entrées dans les salons parisiens expliquent qu’il existerait un « privilège blanc », et, par conséquent, que les gens au RSA et les mères célibataires dans le fin fond des Ardennes ou de la Basse-Normandie seraient « privilégiées ». D’un point de vue de gauche, c’est renversant !</p>
<p>L’ouvrage de Stéphane Beaud et Gérard Noiriel, Races et sciences sociales, qui avait été précédé d’<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2021/01/BEAUD/62661" target="_blank" rel="noreferrer noopener">un article dans le Monde Diplomatique</a> et analyse de façon critique l’intersectionnalité, a fait l’objet d’une violente cabale médiatique et sur les réseaux sociaux. Comment expliquer ces réactions ?</p>

<p><a href="https://comptoirdotorg.files.wordpress.com/2021/04/gerard-noiriel1_0.jpg"></a></p>
<p>Si j’ai également été surprise par la violence des réactions, elle s’explique à mon avis par la publication en 2019 par Gérard Noiriel de son livre Le Venin dans la plume dans lequel il comparait Édouard Drumont et Éric Zemmour en expliquant que la haine du premier pour les juifs était comparable à celle du second pour les musulmans. Cette analogie historique, qui me paraît largement excessive et peu sérieuse venant d’un historien, a pu amener le milieu militant à considérer Noiriel comme étant dans le camp des intersectionnels et des indigénistes. Dès lors, ce nouveau livre peut apparaître comme une volte-face expliquant la violence des attaques.</p><p>Il faut également ajouter que l’atmosphère est devenue complètement empoisonnée. Nous sommes quand même en pleine pandémie, dans un contexte où les gens ne vont pas bien, se retrouvent seuls chez eux, derrière leur ordinateur et en arrivent à des niveaux de violence verbale qu’ils n’auraient pas face à quelqu’un dans la vraie vie. Enfin, la logique des anti-universalistes est une logique de surenchère. Ces gens sont dans une fuite en avant vers toujours plus d’agressivité contre ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, en particulier vis-à-vis des personnes qui viennent de la gauche. On n’est jamais assez purs pour eux et il s’agit d’excommunier les hérétiques.</p>
<p>Vous soulignez que, contrairement à une idée répandue, la vision attribuée aux Lumières d’une croyance aveugle dans un progrès linéaire, mécanique, irréversible des sciences et des techniques amenées à s’imposer aux peuples est une reconstruction historique. Pouvez-vous expliquer ce malentendu ?</p>
<p>Si l’on a autant de discussions aujourd’hui sur la question des progrès, c’est d’abord parce que l’on se rend bien compte des dégâts du progrès technologique et industriel tel qu’on l’a connu, et il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. On est forcé de s’interroger sur le concept de progrès et j’ai voulu rappeler que depuis le XVIIIe siècle, c’est une notion complexe. Les Lumières, que l’on a tendance à présenter rétrospectivement comme un mouvement univoque, sont traversées par énormément de polémiques et de débats, en particulier sur la question du progrès. La question était de savoir si les progrès des sciences et des arts amenaient mécaniquement ou pas le progrès moral ou des mœurs, comme on disait au XVIIIe siècle. Rousseau, qui est pourtant l’auteur du Contrat social, a un rapport d’autocritique vis-à-vis des Lumières. Dans le Discours sur les sciences et les arts, il dit que le progrès des sciences et des arts nous corrompt moralement et rend les sociétés plus malades qu’elles ne l’étaient. D’autres, comme Montesquieu ou Voltaire estiment que le progrès des arts et des sciences ainsi que le développement du « doux commerce », rapprochent les peuples mais ce n’est pas une opinion partagée par tous. Ceci conduira au débat de savoir s’il faut en finir avec la réglementation du prix du grain par l’État royal, en libéralisant le marché, ou si cela ne risque pas de dérégler l’économie et générer des problèmes d’approvisionnement. Là aussi, il y a débat.</p><p>« S’il existe un courant libéral au sein des Lumières et progressiste au sens commun du terme, il existe aussi des courants minoritaires proposant une vision du monde et du progrès plus égalitariste. Les Lumières sont un courant pluriel. »</p>
<p>Quelle a été l’influence des penseurs liés à la révolution conservatrice allemande (Spengler, Heidegger) sur Max Horkheimer et Theodor Adorno dans leur critique du règne de la technique, de la raison ou de la marchandisation de la science ? N’y-a-t-il pas un risque de réduire l’ École de Francfort à ces influences encombrantes ?</p>
<p>Je tiens d’abord à souligner que je n’incrimine pas l’École de Francfort en général ni l’ensemble du travail d’Adorno et Horkeimer mais que mon propos porte sur la Dialectique de la raison — texte sur lequel ils sont d’ailleurs revenus de façon critique. Dans ce texte publié dans les années 1940, ils rejettent la raison dans son fondement même. Raisonner de manière logique, c’est déjà contraindre et hiérarchiser donc dominer. L’ École de Francfort est d’ailleurs d’autant moins à incriminer dans son ensemble qu’Habermas qui est l’un de ses héritiers a lui-même critiqué la Dialectique de la raison au nom du rationalisme.</p>
<p><a href="https://comptoirdotorg.files.wordpress.com/2016/02/foucault43.jpg"></a></p>
<p>En revanche, cette critique isolée dans les années 1940 est reprise par Foucault, Derrida et la french theory dans les années 1960-1970. Or, Foucault cite abondamment Nietzsche qui est dans une critique radicale de la raison dès la fin du XIXe siècle et pas du tout d’un point de vue de gauche. Il fait le lien entre le rationalisme, le progressisme, l’universalisme des Lumières et le socialisme contre lequel il est en guerre. Il y a un grand malentendu sur l’héritage de Nietzsche, notamment en France, où des gens pensent que c’est un auteur subversif et progressiste. Lui-même se prononce ouvertement pour l’esclavage, explique que les nobles se sont avilis quand ils ont abandonné leurs privilèges lors de la nuit du 4 août 1789 et cite les théories racistes de son époque. Il faut vraiment faire une lecture sélective des textes de Nietzsche sans s’intéresser au sens global pour voir en lui un penseur de l’émancipation. Finalement, les « nietzschéens de gauche » comme Foucault s’avèrent être des gens beaucoup plus troubles d’un point de vue politique que ce que l’on a voulu faire croire…  </p>
<p>Foucault est d’ailleurs en guerre contre le marxisme et la tradition socialiste…</p>
<p>Oui, s’il apparaît aujourd’hui comme un penseur de gauche, rappelons qu’à l’époque il fait campagne contre le marxisme et l’union de la gauche. Foucault soutient André Glucksmann quand ce dernier sort son pamphlet Les maîtres penseurs (1977), déclare que la tradition socialiste est raciste, entièrement condamnable, et serait proche de ce que l’on a appelé la « deuxième gauche ». La démarche de Foucault est une démarche de substitution par rapport à la tradition socialiste historique.</p>
<p>Vous reprenez le concept d’Anti-lumières à Zeev Sternhell, qui tend à créer une filiation entre des contre-révolutionnaires du XVIIIe siècle, comme Joseph de Maistre ou Edmund Burke, et des penseurs de la révolution conservatrice allemande des années 1920 dont certains se sont directement compromis dans le nazisme. N’y-a-t-il pas là une focalisation sur les idées qui néglige les facteurs politiques, économique, sociaux ou religieux dans la construction des idéologies ? Une critique que vous adressez par ailleurs à ceux qui font des Lumières la cause principale des totalitarismes et de tous nos maux contemporains.</p>
<p>Zeev Sternhell a été au centre de polémiques très vives entre historiens et ses travaux ne sont pas sans défauts. Il est vrai qu’il s’intéresse principalement à la bataille des idées sans toujours s’interroger sur leur diffusion. Il oublie en particulier que Sorel a occupé une place marginale dans le mouvement socialiste d’ensemble et que le fascisme avait bien d’autres sources politiques, socio-économiques que les seules idées soréliennes. Je partage en partie ces critiques.</p><p>Néanmoins, Sternhell a eu, à mes yeux, une intuition extrêmement puissante car il a été le premier à souligner l’existence d’une contre-modernité idéologique qui s’est construite dès le XVIIIe siècle en opposition aux Lumières, à l’héritage de la Révolution française et dont les schèmes de pensée sont restés à peu près les mêmes. Il y a évidemment des évolutions car les Anti-Lumières ont à réagir face à des facteurs nouveaux, comme l’émergence du socialisme international, mais la matrice conceptuelle reste assez stable. Cette intuition profonde et juste rejoint d’ailleurs celle de Georges Lukacs qui avait exhumé dans La destruction de la raison (1954) toute une tradition d’irrationalisme depuis la Révolution française. Le nazisme a bien sûr de multiples causes, comme le traité de Versailles ou la crise de 1929 mais dans le cœur idéologique du fascisme, il y a la haine explicite de 1789 et la volonté d’annuler la Révolution française. Cela n’explique pas tout et mon livre ne prétend pas tout expliquer. Le succès des Anti-lumières de gauche que je dénonce dans le livre s’explique, outre les raisons idéologiques, par des raisons socio-politiques, comme l’effondrement de l’Union soviétique, le fait que la gauche a perdu sa base de classe, les mutations structurelles dans le monde du travail, mais du point de vue de l’histoire intellectuelle, Sternhell a raison.</p>
<p>À l’heure du défi écologique, défendre les Lumières n’implique-t-il pas de reconsidérer une partie de son héritage du XVIIIe siècle ? Dans son livre Les Lumières à l’âge du vivant, la philosophe Corinne Pelluchon plaide pour un renforcement de ses idéaux émancipateurs — autonomie, idée d’une société d’égaux, rationalisme, unité du genre humain — mais de repenser le sens du progrès technologique, la séparation absolue nature/civilisation ou encore la question de l’universalisme.</p>
<p>Tout d’abord, les Lumières ne sont qu’un héritage et ne pouvaient pas prévoir la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui, ni Marx d’ailleurs. Il y a bien sûr un droit d’inventaire à faire mais qui n’est pas spécifique aux Lumières. Ce que je trouve intéressant dans l’héritage des Lumières concernant la question du progrès, c’est le méliorisme, l’idée qu’il est possible d’améliorer notre condition individuelle et collective par des efforts communs qui passent par le politique et la démocratie.</p><p>Les progrès techniques doivent être soumis au débat démocratique. On trouve déjà chez Rousseau et un peu chez Condorcet cette idée qu’il faut soumettre tout cela à la discussion publique afin que nous restions maîtres, en tant que collectivité humaine, de nos progrès. Choisir ceux qui nous intéressent, ceux qui ne nous intéressent pas, ou encore ceux sur lesquels on souhaite revenir. Aujourd’hui, nous devrions à mon sens nous interroger beaucoup plus sur ce que les réseaux sociaux et les nouvelles technologies font de nous et nous demander si nous n’avons pas intérêt à abandonner certaines choses.</p><p>« Je crois que le déplacement de la vie politique sur les réseaux sociaux détruit complètement le débat démocratique. Je ne suis donc pas une dévote aveugle du progrès technologique. »</p>
<p><a href="https://comptoirdotorg.files.wordpress.com/2021/04/9782348059803.jpg"></a></p>
<p>En revanche, si je suis d’accord avec la nécessité de décroître dans un certain nombre de domaines, c’est une erreur de croire que l’on pourra dépolluer uniquement en décroissant. Nous sommes allés tellement loin dans la dégradation de notre environnement qu’il va nous falloir de la science et de la technologie pour conjurer le danger écologique majeur qui pèse sur nous. De la même manière que pour faire face à l’épidémie de Covid-19 provoquée par les conséquences de la mondialisation, on a fait confiance à la science pour développer des vaccins. À propos de la séparation nature/civilisation, le livre de Serge Audier, La cité écologique, qui plaide pour une réconciliation entre le républicanisme, la tradition socialiste et l’écologie politique, apporte une contribution intéressante au débat. Ce qui n’est plus possible, c’est d’être progressiste comme dans les années 1920-1930 mais les décroissants qui fustigent la gauche de l’époque devraient se rappeler que les gens mourraient de faim. Quoi qu’on pense rétrospectivement des plans quinquennaux en Union soviétique, ils répondaient à une nécessité urgente de modernisation et d’industrialisation. La Chine s’est développée à toutes vitesses et on l’accuse de polluer mais elle nourrit et vaccine sa population. Il faut donc être nuancé et remettre les choses dans leur contexte. Si l’on doit rétro-pédaler, cela ne pourra se faire efficacement que de façon rationaliste, sans renoncer au progrès scientifique et technique car cela serait se priver d’une de nos meilleures armes.</p><p>Concernant l’universalisme, s’il est vrai qu’une partie des Lumières a défendu la colonisation au XVIIIe siècle, d’autres l’ont fortement critiquée, comme Denis Diderot qui appelait les indigènes à se révolter contre le colonisateur les armes à la main. De façon plus générale, s’imaginer que les colonisateurs français ont colonisé parce qu’ils étaient pénétrés par leur mission civilisatrice, c’est quand même avoir un raisonnement anti-matérialiste et croire que les idées mènent le monde. La Grande-Bretagne, l’Italie ou l’Allemagne ont colonisé sans avoir besoin d’invoquer les Lumières. Ce mouvement a davantage à voir avec l’économie européenne et il ne faut pas être dupe des justifications en surestimant le rôle de l’idéologie. Si l’on reste sur les idées, on peut d’ailleurs aussi bien opposer que les Lumières ont justifié la décolonisation. C’est au nom de ces idéaux que des leaders indépendantistes ont justifié leur lutte contre le colonisateur. Finalement, les Lumières représentent un mouvement pluriel qui a permis de mettre en avant l’idée de droits humains, même s’ils ne sont pas partout respectés. En ce sens, la Déclaration des droits de l’Homme est quand même un progrès par rapport à la situation qui prévalait auparavant. De ce point de vue, les Lumières restent quelque chose de positif pour l’histoire de l’Humanité.</p>
<p>Nos desserts :</p>
<p>Crédit photo de la une : © Flickr / Hossam el-Hamalawy</p>
<p>WordPress:</p>
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</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/496/the-camp-crash-en-vue-pour-le-phare-de-la-startup-nation-blast</guid>
	<pubDate>Thu, 22 Apr 2021 11:14:26 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/496/the-camp-crash-en-vue-pour-le-phare-de-la-startup-nation-blast</link>
	<title><![CDATA[The Camp : crash en vue pour le phare de la startup nation | Blast]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Une visite comme un rendez-vous manqué… Ce jeudi 26 mars, aux portes de The Camp, il y a un malentendu. Envoyé par Provence promotion, l’agence de développement de la métropole Aix-Marseille Provence, le carton d’invitation promettait de toucher du doigt un « nouveau modèle français » « au cœur d'un espace qui a entamé sa mue pour devenir la Capitale d'affaires française du futur ». Et notamment, au programme de cette visite de presse, une « rencontre à The Camp avec des dirigeants qui ont fait le choix de s'implanter en Provence » pour des « retours d'expérience d'entrepreneurs et de talents qui ont quitté Londres, San Francisco et Paris pour lancer des activités nouvelles à l'échelon international ». Alléchant, forcément. Sauf que... c’était la veille. Loupé.</p><p>[embedded content]</p>
<p>26 mars 2021, Aix-en-Provence, en route pour le futur...</p>
<p>Ce jour-là, à l’accueil, les agents de sécurité tiquent - plan Vigipirate oblige. Ils finissent par nous laisser entrer respirer l’air du futur. Nous resterons trois heures pour quelques prises de vues, seuls ou presque au milieu d’une sorte de vestige design à la gloire du capital et du numérique. Avec l’impression d’être des touristes perdus devant un de ces monuments de l’ère soviétique figés dans le temps, dans leurs rêves de gloire et leur monumentale mélancolie. Lost in translation...</p>
<p><a href="https://static.blast-info.fr/attachments/stories/2021/-sRduOExR1K99TSF0VOc_Q/attachment-1.jpg" target="_blank" rel="noopener noreferrer"></a><br />26 mars 2021, Aix-en-Provence, à l’entrée du campus<br />(Crédits Antoine Dreyfus / Blast)</p>
<p>Écrire qu’il n’y a personne dans les couloirs est injuste : il n’y a pas de couloirs à The Camp. Tout est en rondeur, en verre, toile et béton. Le genre de lieu qui en met plein la vue. Il y a même une piscine bioclimatique, c’est dire, un terrain de beach volley, une salle de sport, de l’ombre et des plantes.</p><p><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.vezzoni-associes.com/architecture/thecamp/">L’agence Vezzoni</a> , du nom de l’architecte marseillaise qui a signé le bâtiment, a bien fait les choses. C’est très beau mais vide. Sur une matinée entière, on aura croisé une demi-douzaine de personnes maximum, dont deux consultants (externes), le fils d’un dirigeant et trois employés. Sans oublier - c’est impossible - le portrait dans le hall du fondateur, Frédéric Chevalier, disparu juste avant l’inauguration dans un accident de la route. L’impression est étrange, forcément. Et flippante, pour dire les choses. Surtout quand on a en mémoire les discours prononcés au berceau du projet, annonçant une véritable fourmilière. The Camp était « vendu » comme la Silicon valley française. Un lieu pour inventer, sous le soleil exactement et au son des cigales, la société de demain. Le génie français était de retour, le monde entier allait débarquer. On allait voir ce qu’on allait voir.</p><p>[embedded content]</p>
<p>26 mars 2021, Aix-en-Provence, The Camp : très beau, très vide...</p>
<p>Pour cet embarquement pour le futur, mis sur orbite en 2017, on se presse autour du berceau. C’est même l’embouteillage. Ils sont tous là, sur la photo et au bas des <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://static.blast-info.fr/attachments/stories/2021/-sRduOExR1K99TSF0VOc_Q/attachment-9.png">éléments de communication</a> : entrepreneurs précédés d'une réputation flatteuse, grands groupes, opérateurs nationaux, collectivités, French tech (l’avant-garde de la start-up nation, « cet écosystème qui bouillonne »...), services de l'Etat.</p><p>L’investissement est à la hauteur, également : 85 millions d’euros au total dont 40 pour financer 12 000 m2 de bâtis, avec des partenaires financiers dont plusieurs du CAC 40 (Accor, Air France-KLM, Sodexo, CMA-CGM, Vinci immobilier, Vinci construction, SNCF Gare &amp; connexions, etc.), des banques (Crédit Agricole, Caisse d’Épargne, Caisse des dépôts), des collectivités territoriales, la Chambre de commerce et d’industrie Marseille-Provence et un apport de Frédéric Chevalier – l’homme/icône du hall d’entrée, qui avait fondé (puis vendu) au début de la décennie 90 <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.highco.com/">le groupe de communication HighCo</a> .</p><p class="blockquote-text">« Le camp de base de ceux qui vont explorer l'avenir »</p><p>Ça devait être la révolution en marche, donc. « The Camp est le camp de base de ceux qui vont explorer l'avenir » entend-on, alors. Jean-Claude Bailly en fut le président éphémère. Des trémolos dans la voix, l’ex-patron de La Poste lançait même : « The Camp est un projet humaniste ! »</p><p>Aujourd’hui, c’est une coquille vide. Un « courant d’air », selon le mot d’un chef d’entreprise marseillais. The Camp, c’est The Crash…</p>
<p>Vaisseau amiral de la macronie</p>
<p>Retour en arrière. En juillet 2016, Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, débarque à Aix-en-Provence pour veiller sur la gestation du projet, alors en chantier. Équipé d’un casque de réalité virtuelle, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://gomet.net/quand-thecamp-se-devoile-macron-adore/">l’ancien banquier d’affaires s’offre un survol</a> du site (virtuel, donc), dont la livraison est attendue pour 2017. Il est déjà venu sur place l’année précédente (en 2015) <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://gomet.net/aix-en-provence-lancement-the-camp-leconomie-numerique-etait-cle-du-consensus-construire-metropole-demain/">lancer les grands travaux.</a> Sous le casque, Emmanuel Macron a une vision. Pour lui et pour la France.</p>
<p><a href="https://static.blast-info.fr/attachments/stories/2021/-sRduOExR1K99TSF0VOc_Q/attachment-2.jpg" target="_blank" rel="noopener noreferrer"></a><br />Le 5 juillet 2016, pas encore président de la République mais ministre, Emmanuel Macron vit « l’expérience ». Sous le casque, la startup nation est là ! Tout s’éclaire...<br />(Crédits The Camp Fred Bruneau)</p>
<p>Le patron de Bercy n’est pas encore Jupiter mais les bases de la start-up nation sont déjà là. « Face à un monde de plus en plus destructif, théorise le futur chef de l’État, il faut accélérer, avoir des structures légères pour aller plus loin (…) La France a besoin de femmes et d’hommes qui prennent des risques ». A ses côtés, Frédéric Chevalier boit du petit lait devant ce tableau qui semble dessiner en creux son portrait.</p><p>« Le monde bouge et cela oblige à de profonds changements », lance l’homme d’affaires, au sujet « d’un lieu de formation, d’acculturation, un lieu transdisciplinaire, transculturel et transgénérationnel ». « Les progrès réalisés lors des 20 prochaines années seront plus importants que ceux réalisés pendant des siècles », annonce-t-il, prophétique.</p><p>Également présent, Pierre-René Lemas, patron de la Caisse des dépôts et consignations, bras armé de l’État en matière économique, a compris le message. Tous les deux énarques, le préfet Lemas et Emmanuel Macron se connaissent bien : le second était l’adjoint du premier de 2012 à 2014 au secrétariat général de la présidence de la République, sous Hollande. « Nous investissons car nous sommes sûrs que ce projet sera rentable, assène le directeur général de la Caisse des dépôts, non seulement économiquement mais aussi sur le plan humain, environnemental ». « The Camp marque un véritable succès de la « saison deux » de la French tech », s’emballe le ministre Macron.</p><p>[embedded content]</p>
<p>Macron 1er (de cordée) et les autres, «  dans le design d’une expérience globale »… (vidéos de promotion de The Camp)</p>
<p>Sur le moment, on ne comprend pas tout : quoi s’agit-il, au juste ? D’imaginer la ville du futur ? D’incuber des start-up ? Développer des produits high tech ? Ou peut-être tout ça à la fois, ou encore autre chose ?... Peu importe. Le milieu économique aixo-marseillais et les élus présents ce jour-là rayonnent. Chacun est en persuadé : il se passe quelque chose. Ceux qui sont là partagent un même sentiment. Un truc grisant, qui vous laisse euphorique : celui d’en être. On se sourit, on parle disruption ou friction, on s’auto-congratule, on trinque à l’avenir – radieux, forcément.</p><p>Opposant historique à Maryse Joissains, maire LR d’Aix-en-Provence depuis deux décennies, Lucien-Alexandre Castronovo se souvient de l’ambiance de l’époque. Cet enthousiasme débordant, il l’a touché du doigt par ricochet lors des séances du conseil territorial : « The Camp ? Tous les élus étaient pour, rappelle ce vieux routier de la politique locale. Frédéric Chevalier était une personnalité reconnue, il s’agissait de développer la métropole en faisant du développement durable. En plus, il y avait la technopole autour, installée depuis 20 ans. Tout cela paraissait cohérent. »</p><p>Habile à sentir les choses, Maryse Joissains ne rate jamais une occasion de répéter combien The Camp va apporter à la Provence. Elle prêche en terrain conquis. Chevalier superstar !</p>
<p>Un destin fracassé dans un virage</p>
<p>Le vendredi 21 juillet 2017, dans l’après-midi, Frédéric Chevalier se tue à moto dans l’arrière-pays à 52 ans, sur la route de Cabriès. Le choc. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://gomet.net/les-reactions-mort-frederic-chevalier-tweets/">Les hommages tombent de partout</a> pour saluer « l’entrepreneur de génie » et le « visionnaire ». Renaud Muselier, président LR de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (qui a hérité d’un dossier lancé par son prédécesseur, le socialiste Michel Vauzelle), exprime sa « tristesse » comme le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, celle du patron des patrons Pierre Gataz est « très grande », son futur successeur Geoffroy Roux de Bézieux salue un « entrepreneur génial », Jean-Claude Gaudin, le maire LR de Marseille, confie son « immense émotion ». Même Marsactu, poil à gratter de la presse locale, se fend d’un mot pour celui qui, un temps, fut son financeur.</p><p>Cinq jours plus tard, la cathédrale d’Aix est recueillie, pour un dernier adieu. Le souci c’est que le patron « charismatique » que tout le monde pleure a pris, trop vite, un virage connu des motards pour provoquer des sensations fortes. Et qu’il a aussi tué une adolescente, Alexia, presque 15 ans. Carmela et Karim Belaid, ses parents, sont anéantis. Ils vont se battre trois ans dans un sentiment d’abandon pour, enfin, faire reconnaître la non-responsabilité de leur fille dans l’accident. Les assurances ont payé. Le dossier n’a jamais été judiciarisé. Et pas un mot des édiles pour la gamine…</p>
<p><a href="https://static.blast-info.fr/attachments/stories/2021/-sRduOExR1K99TSF0VOc_Q/attachment-3.jpg" target="_blank" rel="noopener noreferrer"></a><br />Frédéric Chevalier, l’inventeur de The Camp, avec Emmanuel Macron, en juillet 2016.<br />(Crédits The Camp Rea)</p>
<p>La vie continue, et les affaires avec. The show must go on. Claironné partout, l’enjeu est trop important. Homme providentiel ou pas, Aix, la Provence et la France auront leur phare. The Camp doit exister. Mais après ce coup de massue, comment rebondir ? Il faut parer au plus urgent. Un président par intérim, Jean-Claude Bailly, l’ex-boss de La Poste, est nommé. Le business reprend doucement. Le 28 septembre 2017, The Camp ouvre enfin. La fête est belle, la fusée est lancée.</p>
<p>Saison 2, Mounir brosse et dort à The Camp</p>
<p>A l’Élysée, où Emmanuel Macron s’est installé, on couve toujours le projet de près. En juillet 2018, Mounir Mahjoubi délocalise son cabinet trois jours durant sur place. De quoi montrer qu’il est toujours en pointe, donc là où ça se joue. Jamais en mal d’inspiration, le secrétaire d’État en charge du numérique débarque donc avec sa valise et sa brosse à dents. Derrière, il s’agit de vendre la French tech, l’outil/label piloté par l’État pour faire émerger la start-up nation. La chasse aux (futures) licornes est ouverte. Ça tombe bien, Mahjoubi entend passer la seconde. Reprenant l’injonction jupitérienne, il l’explique à La Provence, qui a dépêché son reporter pour saluer l’évènement : « Pendant 5 ans, la French tech a eu pour but de faire émerger des start-up, on en a plus de 10 000 en France. Maintenant cette nouvelle phase, cette saison 2, c’est passer de l’éclosion à l’envol. »</p><p>Devant la presse locale, le ministre mouille la chemise et donne de lui : Mounir précise qu’il va dormir sur place ; Mounir dans un data center ; Mounir, très pro mais très cool, répond à des étudiants au cours d’une interview « pop-corn » (sic) surréaliste : « On est une équipe de X-Men. Le professeur Xavier pourrait être le président. Il prend les décisions pour gérer le pays et nous menons son projet. »<br />Une équipe de... quoi ? De... X-Men ? Sérieusement ?</p><p class="blockquote-text">« On n’a pas besoin de mots, on veut de l'impact ! »</p><p>Si Mahjoubi reste indépassable, un modèle du genre, ses collègues de l’équipe X-Men embrayent. Les ministres défilent : un jour Muriel Pénicaud, en charge du Travail, pour décrire à l’été 2019 « le côté ruche » et les « fertilisations croisées », nourries de « toutes ces rencontres probables et improbables » qu’elle a immédiatement perçues. Jean-Yves Le Drian, lui, a sa vision. Enfin une variante, exprimée un an et demi plus tôt : lui parlait d’une « fertilisation très stimulante ». On apprécie la nuance. Une autre fois, voilà Jean-Baptiste Lemoyne, son secrétaire d’État aux affaires étrangères, qui vient carrément « montrer la voie aux leaders du G7 à Biarritz », parce qu’il a vu ici « des projets concrets qui ont de l'impact ». Et puis, le même le souligne : « on n’a pas besoin de mots, on veut de l'impact ! »</p><p>[embedded content]</p>
<p>Les ministres défilent (extraits de vidéos institutionnelles The Camp)</p>
<p>A un tel niveau, on est effectivement à des sommets, on n’a pas besoin non plus d’être à Biarritz. Difficile de faire plus creux. Or plus ça flotte, plus c’est creux, et réciproquement - la règle ne ment jamais. Et puis quand l’homme de la saison 2 Mounir Mahjoubi n’est plus là pour délivrer de fortes pensées, son successeur au numérique vient à son tour éclairer le présent. En juillet 2019, Cédric O explique combien The Camp est une réussite : « On voit que ça marche ! », lance-t-il, engagé dans son « French tech tremplin ». Paroles d’expert, là encore.</p>
<p>Virtuel vs réel , The match</p>
<p>Problème, il y a la réalité. Elle est cruelle car les résultats, qui ne se paient de mots, sont catastrophiques. A l’opposé des propos grandiloquents déposés en-veux-tu-en-voilà.</p><p>Retour au réel, donc... Depuis la mort de son fondateur, The Camp ne décolle pas. Agissant comme un révélateur, la crise du Covid l’achève. Le site se vide pendant que d’autres lieux numériques moins ambitieux, à Marseille, fonctionnent.</p><p>En février dernier, à la suite d’une alerte des commissaires aux comptes, les banques et les héritiers Chevalier se retrouvent devant <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://static.blast-info.fr/attachments/stories/2021/-sRduOExR1K99TSF0VOc_Q/attachment-6.pdf">le tribunal de commerce.</a> On est au bord de la rupture. Serge Magdeleine, le DG du Crédit agricole Alpes Provence, prend le dossier en mains. Il pèse au sein de la banque. Il est aussi directeur de la transformation digitale et IT du groupe, et membre du comité exécutif. Le digital, c’est son truc. Il accepte de remettre au pot 2,5 millions d’euros. En tout, avec le PGE (le prêt garanti par l’État mis en place lors de la crise sanitaire), 4 millions d’euros sont réinjectés. Un accord de conciliation est trouvé.</p>
<p><a href="https://static.blast-info.fr/attachments/stories/2021/-sRduOExR1K99TSF0VOc_Q/attachment-4.jpg" target="_blank" rel="noopener noreferrer"></a><br />26 mars 2021, Aix-en-Provence : print the legend !<br />(Crédits Antoine Dreyfus / Blast)</p>
<p>Pendant ce temps, la presse spécialisée fait état des grincements de dents des entreprises partenaires, dont certaines voudraient se désengager. La lettre A <a href="https://www.blast-info.fr/articles/2021/the-camp-crash-en-vue-pour-le-phare-de-la-startup-nation--sRduOExR1K99TSF0VOc_Q#footnotes">[1]</a>, par exemple : « Agnès Moutet-Lamy, directrice territoriale Grand Sud-Est de cette filiale de la SNCF chargée de la gestion des gares voyageurs (Gares &amp; Connexions, ndlr) souhaite réduire les investissements, d'autant que la baisse des redevances a été considérable. »</p>
<p>Des collectivités légères, légères, légères...</p>
<p>Les collectivités locales et territoriales continuent, elles, à soutenir le projet même si la gêne est palpable dans leurs rangs – le refus systématique opposé aux demandes de réaction est symptomatique de la tension existante autour de ce dossier. Dans la corbeille, la métropole Aix-Marseille-Provence, présidée jusqu’en 2018 par Jean-Claude Gaudin et depuis par la LR Martine Vassal, a mis 10 millions d’euros. Le conseil départemental des Bouches-du-Rhône dirigé par la même Martine Vassal détient une créance de 5 millions. Même somme pour la région Paca. Contrairement à ce que <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.challenges.fr/economie/the-camp-le-lieu-totem-daix-marseille-en-passe-detre-sauve_757692">le magazine Challenges</a> assure, la dette n’a pas été annulée. Les 20 millions des collectivités sont toujours à rembourser. Ils devaient commencer à l’être en 2020. Dans les faits, il est question de rogner 10% du total, soit 2 millions d’euros passés par pertes et profits.</p><p>[embedded content]</p>
<p>26 mars 2021, Aix-en-Provence : la ruche est vide, désespérément vide...</p>
<p>De son côté, la chambre de commerce - qui n’est pas dans le tour de table des collectivités - y est de sa poche pour un million d’euros. « Il y a eu un décalage du remboursement, précise à Blast Philippe Blanquefort, directeur général de la CCI métropolitaine Aix-Marseille-Provence. Compte tenu du contexte, nous avons décidé de le décaler en 2023 ». Il sera progressif : « 20 000 euros en 2023, 80 000 euros en 2024, et ainsi de suite », détaille le même Philippe Blanquefort. A condition que l’avenir ne ressemble pas au présent, et que The Camp décolle enfin.</p><p>A la chambre de commerce toujours - où Frédéric Chevalier s’était un temps investi, pilotant un club de patrons baptisé le Top 20 -, on veut encore et toujours croire à la réussite. Philippe Blanquefort, à nouveau : « Le tribunal de commerce a validé le plan de redressement, nous n’avons pas à nous prononcer sur ce protocole, ce n’est pas notre rôle. Mais dès le départ nous avons cru à ce projet. Oui, The Camp a des difficultés financières et de gouvernance mais nous sommes très bienveillants à son égard car c’est un projet essentiel pour le développement de nos territoires. »</p>
<p>Faire semblant de croire...</p>
<p>Dans le plan publiquement vendu, la société d’exploitation envisageait bien de commencer à rendre l’avance consentie à partir de la 3ème année d’exercice, censée être celle de l’équilibre. C’est ce qui était promis par les promoteurs de The Camp, encore en 2019, alors que le déficit est déjà profond. Dans les faits, ceux qui ont annoncé ce timing, comme ceux qui ont voulu y croire, ont fait preuve d’un bel élan d’optimisme. On a fait semblant de croire possible quelque chose – un mirage - qui ne l’était pas. Quand on sait que les collectivités n’ont pas le droit de consentir des avances remboursables sur plus de 5 ans, on peut s’interroger : a-t-on en toute connaissance de cause survendu des délais... qu’on savait impossible à tenir ?</p><p>[embedded content]</p>
<p>En mai 2019, Olivier Mathiot, le président de The Camp, affiche son optimisme au micro de MProvence TV. La réussite à portée de doigt...</p>
<p>Un bon connaisseur du dossier le confie à Blast, sous couvert d’anonymat : « C’est un montage inacceptable : atteindre l’équilibre en 3 ans était impossible, par conséquent ils auraient dû garantir les avances et l’activité sur le foncier. Le vrai problème c’est celui-là : avoir mis les collectivités uniquement sur la société d’exploitation et pas sur l’immobilier ». Dans le montage du projet, les deux sont en effet séparés : d’un côté l’exploitation (la SAS The Camp), de l’autre l’immobilier et le foncier (The Camp i).</p><p>Alors que la première, aujourd’hui placée sous assistance respiratoire, prend l’eau, la deuxième se porte nettement mieux : la SAS The Camp affichait 22 millions d’euros de déficit cumulé à la fin de l’exercice 2019 (le dernier déposé) ; quand à The Camp i, si la société a plus de 20 millions d’emprunts à rembourser au Crédit Agricole et à la Caisse d’Epargne, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://static.blast-info.fr/attachments/stories/2021/-sRduOExR1K99TSF0VOc_Q/attachment-7.png">la valeur vénale du site</a> est estimée, après expertise, entre 25,1 et 30,4 millions d’euros… L’argent public est donc arrivé sur la première. Il a permis en particulier de payer les loyers : 2,25 millions d’euros par an versés à la SCI The Camp i - dans les dernières et récentes négociations, ce montant aurait été revu à la baisse.</p><p>Si on résume, le contribuable a été mis à contribution pour soutenir une activité bancale sur laquelle de nombreuses questions pouvaient se poser dès le départ, pendant que les collectivités étaient tenues à l’écart de la seconde entité, sur laquelle la véritable valeur était agrégée…</p>
<p><a href="https://static.blast-info.fr/attachments/stories/2021/-sRduOExR1K99TSF0VOc_Q/attachment-5.jpg" target="_blank" rel="noopener noreferrer"></a><br />Un site... endormi (photo promotionnelle The Camp)<br />(Crédits The camp / Géraldine Aresteanu)</p>
<p>Cette dichotomie exploitation/immobilier a d’ailleurs été au cœur du bras de fer livré en coulisses ces dernières semaines, entre les banques, qui espéraient solder définitivement l’activité pour se payer sur la bête, et les collectivités pieds et poings liés, qui ont tout fait pour empêcher ce plan de se réaliser. Finalement, tout le monde a conclu qu’il était urgent d’attendre. Inenvisageable en effet, alors que les discours triomphants résonnent encore dans la pinède, d’annoncer que le projet annonciateur du monde de demain s’était déjà crashé, que l’incarnation de la startup nation était un cuisant échec et que des millions d’euros d’argent public avaient été brûlés sans garantie en aussi peu de temps - pour une ode à l’initiative privée...</p><p class="blockquote-text">« The Camp est quasiment mort avec Chevalier »</p><p>Frédéric Chevalier disparu en 2017, The Camp avait perdu son père fondateur, avec ses qualités, ses défauts, son énergie, sa vision. Le projet était fou mais au moins il était incarné. Le voilà orphelin. « The Camp est quasiment mort avec Chevalier, estime un chef d’entreprise en vue, peu amène avec ceux qui ont suivi. Il faut que quelqu’un le reprenne et l’incarne à son tour. » D’après nos informations, une offre de reprise a été faite récemment, mais elle a été refusée.</p><p>Depuis 2017, les successeurs ont géré l’après Chevalier. Il y a d’abord eu, nous l’avons vu, Jean-Paul Bailly. Président par intérim, l’ancien patron de la RATP (1994-2002) puis de La Poste (2002-2013), centriste, polytechnicien et habitué aux grands groupes, a réussi à attirer d’autres mastodontes du CAC 40, la SNCF et il a sauvé les meubles. Venu du digital, Olivier Mathiot l’a remplacé en mai 2018, en tant que président non exécutif.</p><p>« D’entrée, ça part mal, note un patron du cru. Non exécutif, ça veut dire quoi ? Il ne... prend pas de décisions ? » Cousin de Pierre Kosciusko-Morizet, ce diplômé d’HEC a été le directeur marketing de Priceminister. « Président de Rakuten France, il est un entrepreneur reconnu et engagé dans le développement de l’économie collaborative et l’essor global du secteur du numérique qui participe positivement à la création du monde de demain ! », précise une notice biographique de The Camp.</p><p>[embedded content]</p>
<p>26 mars 2021, Aix-en-Provence, lost in translation...</p>
<p>« La création du monde de demain » ? Visiblement, ce n’est pas une évidence pour tout le monde. Plusieurs sources nous l’ont affirmé : les relations entre le directeur général Patrice Ceccaldi et Olivier Mathiot ne sont pas bonnes. Arrivé en 2019, le premier a coupé dans les salaires, jugés trop nombreux et élevés. Le nombre de salariés est ainsi passé de 67 en 2018 à 53 en 2021.</p><p>Pour autant, les documents comptables que nous nous sommes procurés témoignent d’un certain embonpoint. La masse salariale pèse 3,748 millions d’euros (cotisations sociales comprises) en 2017. En 2019, elle grimpe à 4,770 millions d’euros. En 2016, le salaire du président de The Camp - il s’appelle alors Frédéric Chevalier - s’élève à 420 000 euros net (35 000 euros net mensuels). Il n’est plus « que » de 287 281 euros net (23 940 euros nets mensuels) en 2017. Et il baisse encore de 63 % en 2018 pour se fixer à 105 000 euros net (8 750 euros net, tout de même), avec l’arrivée d’Olivier Mathiot. Ce qui reste confortable pour un « non exécutif » dans une boîte aux résultats catastrophiques et sous perfusion d’argent public. D’autant que certains reprochent mezza voce à l’ex-président de France Digitale de ne pas avoir su attirer les investisseurs qu’il devait faire venir.</p>
<p>Décrochage</p>
<p>Curieusement, les mentions relatives à la rémunération de la présidence n’apparaissent plus dans les comptes déposés pour l’exercice 2019. Olivier Mathiot l’exerce au titre de Math invest, sa société... spécialisée dans la production de films pour le cinéma, à qui elle a été confiée. Interrogé par Blast, il explique qu’elle n’est plus que de « 60 000 euros annuels » « depuis 2019 ». Parce « [qu’]il s’agit d’accompagner les efforts de chacun », complète-t-il. Il nous a aussi assuré ne toucher aucune autre rémunération en lien avec The Camp – par exemple au titre d’une activité de consultant.</p><p>Si aucun document officiel ne permet de le vérifier (The Camp n’ayant pas publié ses comptes en 2020), la façon dont la rémunération du président s’est effondrée depuis 2016 témoigne a minima d’un décrochage inquiétant.</p>
<p><a href="https://static.blast-info.fr/attachments/stories/2021/-sRduOExR1K99TSF0VOc_Q/attachment-8.png" target="_blank" rel="noopener noreferrer"></a><br />Extrait des comptes 2017 et 2018 de la SAS The Camp:à la ligne 622000, le montant de la rémunération du président. En 2019, cette ligne dédiée a disparu...</p>
<p>La vie de The Camp prolongée après le jugement de conciliation du 16 février (tribunal de commerce d’Aix) – qui acte pour mémoire la poursuite de l’activité de la société d’exploitation -, une nouvelle page peut-elle s’écrire ? Le projet va-t-il enfin décoller pour flotter au même niveau que les discours qui ont présidé à sa naissance ?</p>
<p>Futur incertain</p>
<p>En off, beaucoup de proches du dossier confient leur pessimisme, laissant entendre qu’on n’a fait que repousser l’échéance. Malgré tout, si ces belles promesses ont une chance un jour de se réaliser, ce pourrait être sans Olivier Mathiot. L’auteur de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.radio-en-ligne.fr/podcasts/40-nuances-de-next">« 40 Nuances de Next »</a> (une série de podcast sur les champions de la tech française) est donné partant en mai. Franchement pas mécontent de lui, l’actuel président du truc du futur dément à Blast un éventuel départ : « Je ne sais pas d’où viennent ces rumeurs. Je n’ai pas besoin de partir pour l’instant car c’est justement une présidence non exécutive, qui ne demande pas la même implication qu’une direction générale opérationnelle, qui elle est assurée par Patrice Ceccaldi. »</p><p>L’intéressé vient pourtant d’être <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.maddyness.com/2021/03/24/olivier-mathiot-directeur-general-fonds-investissement-2050-marie-ekeland/">recruté comme directeur général</a> de 2050, un nouveau fond d’investissement aux ambitions affichées. Une nouvelle étape sur un parcours en marche vers le futur, à la vitesse de la lumière. A cette vive allure pas sûr qu’Olivier Mathiot ait le temps d’apercevoir, de tout là-haut, le crash annoncé. Quelque part, sur terre, en Provence.</p><p>Au milieu de la garrigue. Là où dort aujourd’hui un mirage.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/495/quand-la-presse-francaise-imagine-l%E2%80%99invasion-de-la-suisse</guid>
	<pubDate>Thu, 22 Apr 2021 11:09:17 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/495/quand-la-presse-francaise-imagine-l%E2%80%99invasion-de-la-suisse</link>
	<title><![CDATA[Quand la presse française imagine l’invasion de la Suisse]]></title>
	<description><![CDATA[<p>«A l’heure où la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine attire tous les regards, ne serait-il pas opportun de se lancer dans une petite rapine, vite fait bien fait, façon Moyen Age? […] Un coffre-fort rempli à craquer nous attend sur notre palier. […] Seules Genève et Zurich nous intéressent. Et puis on repart aussitôt, promis.»</p><p>Voilà comment commence «Envahir la Suisse», le dossier publié ce jeudi dans <a href="https://www.sopress.net/#big-bang" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Big Bang</a>, la nouvelle revue annuelle du groupe <a href="https://www.sopress.net/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">So Press</a>, l’éditeur en vue de So Foot ou Society entre autres titres. Une revue française, vous l’avez compris.</p><p>Un dossier malin, qui assure à l’ovni journalistique (340 pages découpées en 12 chapitres à lire sur une année) une petite promo gratuite garantie en Suisse, vu les fantasmes soulevés par le sujet dans le pays à la neutralité perpétuelle proclamée. Promo assumée alors, le dossier est vraiment intéressant car s’appuyant sur de vraies sources stratégiques et militaires, c’est même tout ce qui fait son intérêt. Et ce n’est pas tous les jours qu’un magazine branché s’attarde sur le général Guisan, le réduit national et l’armée de milice, admettons-le.</p>
<p>«Un os très dur»</p>
<p>Un peu de provoc pour commencer: «Envahir la Suisse n’est pas seulement une bonne idée, cela paraît de prime abord une mission excessivement simple: rappelons que les Suisses sont tellement habitués à vivre dans l’opulence et la paix qu’ils ont tendance à oublier de fermer leurs portes à clé. Bingo», explique d’abord suavement la revue. Avant de donner la parole à des stratèges militaires, qui corrigent immédiatement: «Vouloir envahir la Suisse, c’est tomber sur un os très dur», selon le professeur d’histoire militaire Jean-Charles Jauffret, un Marseillais, qui se souvient de sa surprise en tombant sur un avion à réaction à Interlaken: «Il y a des abris dans des montagnes granitiques où les avions sont stockés. Les Alpes suisses sont truffées de repères.»</p><p>Big Bang a cependant établi un plan d’attaque redoutable. L’invasion commencerait avec une «attaque cybernétique qui prendrait pour cible le réseau électrique, combinée à une campagne aéroterrestre très violente, destinée à briser le moral de la population. Celle-ci pourrait se focaliser sur l’agglomération zurichoise et les centres de décision.» Boum. Qui vient de se rappeler que l’hypothèse d’une attaque informatique est régulièrement pointée par les responsables de la défense suisse, sans réponse assurée pour l’instant?</p><p>Serviable, le magazine a planché sur une carte de l’annexion, avec des flèches partout, et tout au centre, le réduit national. L’infanterie de la région d’Annecy et Annemasse s’attaquerait à Genève et Sion tandis que celle de Belfort viserait Zurich et Neuchâtel. Un commando de parachutistes bloquerait le tunnel du Saint-Gothard. Les cyberéquipes françaises s’en prendraient aux services du SRC à Berne…</p>
<p>«La Red Team» au rapport</p>
<p>Pour explorer ce plan d’apocalypse, le magazine a eu recours aux bons conseils d’un expert de la Red Team, cette équipe de l’armée française dont le boulot est de plancher sur des scénarios improbables de défense et d’attaque en compagnie de romanciers de science-fiction (France Culture vient de leur consacrer <a href="https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-emission-du-vendredi-26-mars-2021" rel="noopener noreferrer" target="_blank">une émission</a>). «Le but du jeu est de conquérir les villes principales. Une fois que vous avez conquis Genève, Bâle et Zurich, vous contrôlez les institutions, les infrastructures, analyse l’expert, Michel Goya; il peut y avoir des maquisards ou une guérilla qui subsiste dans les montagnes, ce n’est pas grave» – Traduisez, la Suisse ce n’est pas l’Afghanistan», explicite la revue…</p><p>Big Bang revient ensuite sur la fortune qui pourrait rejaillir sur l’Hexagone – avec un éclairage des plus sérieux sur l’échange automatique de renseignements et sur l’évasion fiscale: même Pascal Saint-Amans, le directeur du Centre de politique et d’administration fiscales de l’OCDE joue le jeu. Les failles du <a href="https://www.fedpol.admin.ch/fedpol/fr/home/kriminalitaet/geldwaescherei.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">MROS</a>, le Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent qui dépend de Fedpol, sont aussi auscultées. «En admettant que la relative impuissance du MROS découle avant tout d’une volonté politique, le passage de la Suisse sous pavillon français pourrait permettre de changer la donne.»</p><p>Enfin, la revue revient aussi sur la nécessité pour la Suisse de se réinventer, «quand elle deviendra la 14e région française, après l’annexion». Les classes populaires seront plus visibles dans l’espace public, et les frontaliers n’auront plus d’intérêt à venir. «On redeviendra ce pays de paysans et de montagnards sans véritable industrie», avance le chorégraphe Gilles Jobin, lui qui a déjà imaginé l’invasion de la Suisse, mais cette fois par les Etats-Unis, <a href="https://www.letemps.ch/culture/danse-guerre-gilles-jobin" data-hovercard="https://www.letemps.ch/culture/danse-guerre-gilles-jobin">dans son spectacle Text to Speech</a>. «On travaillera un peu moins, on manifestera plus», plaisante l’humoriste Thomas Wiesel.</p>
<p>Une Suisse qui parlerait français</p>
<p>Le plus grand défi du nouvel Etat central sera de faire parler tout le pays dans la langue de Molière, imagine Big Bang, qui évoque la Mehrsprachigkeit fondatrice de l’identité suisse. Ah, et les «impérialistes français» apporteront dans leurs valises un nouveau cadre, celui de «l’exception culturelle». «L’art arrêtera peut-être d’être considéré comme le hobby du membre de la famille qui a raté sa vie», commente encore Thomas Wiesel; on verra enfin des films suisses, on entendra de la musique suisse et on visitera des expos d’artistes suisses. Même s’ils seront tous désormais référencés comme français.»</p><p>Entre subversion et regard décalé, il y a encore plein d’autres choses intrigantes, dérangeantes mais aussi fort distrayantes et qui donnent à penser dans ce dossier suisse. Qui ne constitue qu’un des douze chapitres de la revue, datée «du 1er mai 2021 au 1er avril 2022». Une belle utopie de presse. Big Bang, qui se présente comme «L’almanach des possibles», fait fort.</p><p>Big Bang, 340 pages, en librairie, 19,90 euros.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/494/wikileaks-hillary-clinton-email-archive</guid>
	<pubDate>Wed, 21 Apr 2021 21:17:18 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/494/wikileaks-hillary-clinton-email-archive</link>
	<title><![CDATA[WikiLeaks - Hillary Clinton Email Archive]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="lead">On March 16, 2016 WikiLeaks launched a searchable archive for over 30 thousand emails &amp; email attachments sent to and from Hillary Clinton's private email server while she was Secretary of State. The 50,547 pages of documents span from 30 June 2010 to 12 August 2014. 7,570 of the documents were sent by Hillary Clinton. The emails were made available in the form of thousands of PDFs by the US State Department as a result of a Freedom of Information Act request. More PDFs were made available on February 29, 2016, and a set of additional 995 emails was imported up to February 2, 2018.</p><p class="pull-right small">Common names for email recipients and senders <a href="https://github.com/wsjdata/clinton-email-cruncher/blob/master/HRCEMAIL_names.csv" target="_blank">courtesy of WSJ</a>.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/493/les-militants-du-djihad-institut-montaigne</guid>
	<pubDate>Wed, 21 Apr 2021 20:55:49 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/493/les-militants-du-djihad-institut-montaigne</link>
	<title><![CDATA[Les militants du djihad | Institut Montaigne]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="text-align-justify">L'Institut Montaigne a, depuis plusieurs années, porté une attention particulière au sujet de l’idéologie islamiste et du djihadisme. Après plusieurs travaux sur le sujet, notamment <a href="https://www.institutmontaigne.org/publications/terreur-dans-lhexagone">Terreur dans l’Hexagone</a> (2015) et <a href="https://www.institutmontaigne.org/publications/la-fabrique-de-lislamisme">La Fabrique de l’islamisme</a> (2018), il nous a paru nécessaire d'étudier le parcours sociologique et idéologique des djihadistes français et européens.</p><p class="text-align-justify">Cet ouvrage, <a href="https://www.fayard.fr/documents-temoignages/les-militants-du-djihad-9782213718286?qt-livres_li_s_interne_livre=1">Les militants du djihad</a>, est le fruit d’un travail initié en 2018 qui a permis de constituer une base de données inédite de plus de 1 460 djihadistes actifs entre 2010 et fin 2019 dans quatre pays européens (France, Royaume-Uni, Belgique et Allemagne). 700 djihadistes liés à la France y sont identifiés, ce qui représente environ 30 % des 2 500 djihadistes français estimés pour la période. </p><p class="text-align-justify">Ces femmes et ces hommes ont commis des attentats, en ont projeté (20 % des personnes identifiées dans la base de données sont des terroristes), sont partis en Syrie ou ont voulu rejoindre cette zone de guerre pour y faire le djihad. </p><p class="text-align-justify">Pourquoi ce travail ? Car il est nécessaire de s’appuyer sur des chiffres clairs et des données concrètes pour dépasser les débats passionnés, comprendre les raisons de l’engagement sans précédent de citoyens européens dans le djihadisme, et ainsi tenter d’anticiper les grandes tendances à venir du djihadisme, qui mute sous nos yeux. </p><p class="text-align-justify">Trois enseignements principaux se dégagent de ce travail :</p>
<p>Le parcours sociologique des femmes et des hommes qui choisissent le djihad montre l’homogénéité sociale et géographique du phénomène et la préexistence de failles personnelles, qui peuvent rendre les individus vulnérables aux discours radicaux. <br /> <br />L’approche religieuse et idéologique décrit les chemins intellectuels et spirituels d’accès au djihadisme et met en lumière le rôle du salafisme dans le parcours d’au moins la moitié des djihadistes français.<br /> <br />La reconstitution des réseaux éclaire la mécanique exacte du militantisme, du recrutement et de l’engagement, qui se jouent avant tout à l’échelle locale, sur des territoires précaires travaillés de longue date par l’islamisme.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/492/la-fabrique-de-lislamisme-institut-montaigne</guid>
	<pubDate>Wed, 21 Apr 2021 20:51:00 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/492/la-fabrique-de-lislamisme-institut-montaigne</link>
	<title><![CDATA[La fabrique de l&#039;islamisme | Institut Montaigne]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Les Frères musulmans européens</p>
<p class="text-align-justify">L’objectif ultime des Frères Musulmans repose sur un projet d’expansion. En Europe, ils défendent des positions politiques et sociales qui doivent transcender les appartenances nationales d’origine. Les connexions entre les Frères musulmans européens et leurs homologues du Moyen-Orient sont indéniables mais elles ne sont pas systématiques, ils ne prennent pas leurs ordres en Égypte mais partagent des références et des buts similaires.</p><p class="text-align-justify">A partir des années 1980, ils s’emparent des problématiques des communautés musulmanes d’Europe, comme l’identité, l’éducation ou l’islamophobie. Ils mobilisent ensuite la communauté musulmane et constituent des réseaux, des associations et des fédérations générales ou sectorielles à différentes échelles, pour représenter cette communauté auprès des municipalités, des États européens ou de l’Union européenne. Les Frères musulmans européens s’appuient sur un discours identitaire et proposent une forme de citoyenneté musulmane. </p><p class="text-align-justify">En France, l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) s’est progressivement imposée comme un acteur majeur autour de deux thèmes centraux : la lutte contre l’islamophobie et la question de la Palestine. Au Royaume-Uni, la principale organisation liée aux Frères musulmans est la Muslim Association of Britain. Les objectifs sont similaires et ils s’appuient sur des associations caritatives islamiques. En Allemagne, l’Islamische Gemeinschaft Deutschland est moins puissante que ses homologues français et britanniques, la communauté musulmane allemande étant majoritairement turque.</p><p class="text-align-justify">Si en Europe, les Frères musulmans ont su se mouvoir avec habileté dans les années 1980 et 1990, ils ont eu depuis des difficultés à renouveler leurs cadres. Surtout, ils ont été pris de court par la montée du salafisme. Celui-ci va profiter d’une forte demande religieuse de la jeunesse européenne et de l’attrait des jeunes pour cette version simplifiée de l’islam.</p>
<p>L’encadrement de la diaspora turque par la religion</p>
<p class="text-align-justify">En Europe, les organisations religieuses turques ont pour objectif premier de maintenir le lien de la diaspora (environ cinq millions de personnes en Europe, dont près de trois millions en Allemagne) avec la communauté d’origine. </p><p class="text-align-justify">Cet encadrement est assuré par le département des Affaires étrangères de la Diyanet - institution émettant l’islam officiel - qui exerce un contrôle étroit des imams qu’elle envoie en Europe et du réseau Millî Görüs - mouvement politique - disposant d’un réseau dense de mosquées et d'associations dans les pays européens.</p>
<p>La prédication salafiste en Europe</p>
<p class="text-align-justify">Le salafisme, sans être majoritaire, est le courant islamique le plus dynamique en Europe. Il s’agit avant tout d’un salafisme quiétiste (focalisé sur le discours religieux et le comportement des croyants) plutôt que politique ou djihadiste. Il s’est imposé progressivement comme la référence à partir de laquelle chaque musulman doit juger sa pratique religieuse. </p><p class="text-align-justify">Cette diffusion n’est pas le fait d’un État seul, il est le fait d’une accumulation d’initiatives spontanées, qui émanent certes de ce que les Saoudiens ont semé, mais qui ne leur appartient plus, tant ce développement leur a échappé. Il n’existe aujourd’hui aucune organisation salafiste d’envergure en mesure de faire l’unité du mouvement.</p>
<p>Les Médias</p>
<p class="text-align-justify">Les chaînes de télévision saoudiennes, particulièrement développées au Maghreb, ont contribué à l’imprégnation théologique et religieuse des populations musulmanes françaises d’origine maghrébine. A partir de leurs relations familiales et amicales, ces populations ont été progressivement exposées à cette interprétation particulièrement rigoriste de l’islam. </p><p class="text-align-justify">L’exemple du salafisme montre l’importance des médias dans la diffusion de l’idéologie :</p>
<p>Les livres jouent aujourd’hui un rôle majeur dans la diffusion du salafisme, parce que leur gratuité et leur simplicité les rendent facilement accessibles ;<br />Les cassettes ont été diffusées au Maghreb et en Europe occidentale pour répandre la bonne parole islamiste tout au long des années 1980 et 1990 ;<br />Les chaînes de télévision par satellite occupent une place importante. Al Jazeera a su proposer une offre de débat politique inédite dans le monde arabe, couplée à la construction d’un système de propagande destiné à promouvoir les Frères musulmans et leur leader religieux, Youssef al-Qaradâwî. Les chaînes de télévision religieuse saoudiennes (Iqraa notamment) ont également contribué à l’islamisation des musulmans à travers le globe.<br />Aujourd’hui, internet et les réseaux sociaux ont pris le relais, avec une puissance impressionnante.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/491/confessions-dun%C2%A0general-irakien-mes-anciens-compagnons-darmes-ont-rejoint-daesh</guid>
	<pubDate>Wed, 21 Apr 2021 20:41:35 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/491/confessions-dun%C2%A0general-irakien-mes-anciens-compagnons-darmes-ont-rejoint-daesh</link>
	<title><![CDATA[Confessions d&#039;un général irakien : &quot;Mes anciens compagnons d&#039;armes ont rejoint Daesh&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Grand, mince, une fine moustache blanche, le docteur Waleed Kattan affiche une prestance assez british. Cet ophtalmologiste de 66 ans, formé en <a href="https://www.lepoint.fr/tags/autriche" class="Link Link--entity">Autriche</a> et en <a href="https://www.lepoint.fr/tags/grande-bretagne" class="Link Link--entity">Grande-Bretagne</a>, dirige depuis quelques années une clinique à Erbil, capitale du Kurdistan irakien. Il a fui Bagdad après deux tentatives d'assassinat. À l'époque de <a href="https://www.lepoint.fr/tags/saddam-hussein" class="Link Link--entity">Saddam Hussein</a>, cet orthodoxe était le chrétien le plus gradé de l'armée irakienne.  À la tête du grand hôpital militaire de Bagdad, Waleed Kattan a examiné les yeux et prescrit des lunettes à la plupart des officiers supérieurs. « Je côtoyais la crème du parti Baas, qui dirigeait alors le pays. Même si j'étais chrétien, j'entretenais avec eux une vraie solidarité. C'étaient des frères d'armes. Nous étions des laïques. Pourtant, beaucoup d'entre eux sont devenus les cadres de l'armée de Daesh », constate l'ancien général.</p><p>Le Point.fr : Un chrétien pouvait donc devenir général du temps de Saddam Hussein…</p><p>Waleed Kattan : Je n'ai jamais aimé Saddam Hussein. Mais il était issu du parti Baas, un parti laïque, fondé par un Syrien chrétien, Michel Aflak, en 1947 à Damas. À l'époque de Saddam Hussein, l'<a href="https://www.lepoint.fr/tags/irak" class="Link Link--entity">Irak</a> comptait 1,5 million de chrétiens. Combien en reste-t-il aujourd'hui ? 200 000 ? 300 000 ? La plupart vivent aujourd'hui dans la région autonome du Kurdistan. Musulmans sunnites et chiites, chrétiens, et même yazidis, nous étions des Irakiens. Et les chiites irakiens se sont battus avec autant de détermination que les autres durant la guerre contre l'<a href="https://www.lepoint.fr/tags/iran" class="Link Link--entity">Iran</a>.</p><p>L'ouvrage du journaliste américain Michael Weiss, auteur de État islamique. Au coeur de l'armée de la terreur, révèle que Abou Ali al-Anbari, qui dirige Amniyat, les services de sécurité de Daesh, est un ancien agent des renseignements du régime de Saddam. Comment des laïques ont-ils pu rejoindre les pires des islamistes ?</p><p>Le régime irakien n'a été laïque que jusqu'à la première guerre du Golfe. Saddam Hussein a ensuite pris un virage islamiste très marqué. Un virage, qui, je pense, a échappé aux Occidentaux. En mettant en avant la religiosité de l'État, il cherchait sans doute à détourner les critiques liées à l'effondrement de notre économie provoqué par les sanctions économiques. Mais c'est surtout après 2003 que beaucoup de cadres qui dirigeaient l'Irak sont devenus islamistes, par réaction vis-à-vis des Américains qui ont détruit notre pays.</p><p>Vous connaissez donc les anciens baasistes qui encadrent aujourd'hui les combattants de l'État islamique ?</p><p>Oui, je connais la plupart d'entre eux. Pour moi, l'État islamique, c'est la bête de l'Apocalypse, ce sont des monstres, et il n'est pas question d'excuser leurs atrocités. Mais il faut savoir que les Américains, à partir de 2003, ont donné le pouvoir en Irak aux Iraniens, aux chiites, qui nous ont persécutés. Mon frère a été tué, j'ai eu la chance d'échapper à deux tentatives d'assassinat. C'est pourquoi je me suis installé au Kurdistan. Ma femme, dentiste, exerce également à Erbil. Avant même la prise de pouvoir de Mossoul par l'État islamique, les chrétiens vivaient dans la crainte permanente des enlèvements, des extorsions de fonds.</p><p>Quel regard l'ancien général porte-t-il sur les peshmergas, les combattants kurdes ?</p><p>Je connais personnellement de nombreux officiers supérieurs kurdes. Contrairement à leurs homologues de l'armée irakienne, eux, en revanche, n'hésitent pas à se battre en première ligne. Quant aux soldats, ils sont très combatifs, très déterminés. Mais ils ne possèdent pas l'armement pour reprendre seuls la ville de Mossoul, qui compte deux millions d'habitants.</p><p>Avez-vous encore des contacts avec des gens de Mossoul ?</p><p>C'est de plus en plus difficile, mais nous arrivons encore à savoir ce qui se passe. Notamment quand des hommes de Daesh se rasent la barbe et vont se fondre, incognito, dans le flux des réfugiés. Vous, les Européens, vous êtes trop naïfs : vous accueillez chez vous des criminels islamistes qui ne cherchent qu'à vous détruire. Retenez ces chiffres : nous étions 1,5 million de chrétiens en Irak. Aujourd'hui, nous ne sommes plus que 200 000. Tous les jours, des familles chrétiennes partent.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/490/pourquoi-les-anciens-officiers-baasistes-de-saddam-hussein-rallies-a-l%E2%80%99etat-islamique-pourraient-bien-en-etre-le-talon-d%E2%80%99achille</guid>
	<pubDate>Wed, 21 Apr 2021 20:38:43 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/490/pourquoi-les-anciens-officiers-baasistes-de-saddam-hussein-rallies-a-l%E2%80%99etat-islamique-pourraient-bien-en-etre-le-talon-d%E2%80%99achille</link>
	<title><![CDATA[Pourquoi les anciens officiers baasistes de Saddam Hussein ralliés à l’Etat islamique pourraient bien en être le talon d’Achille]]></title>
	<description><![CDATA[<p>©Reuters</p>
<p>Des hauts et des Baas</p>
<p class="ArticlePreview__Summary-sc-16faepc-4 wiNgz">Pour structurer son administration et son armée, l'organisation Etat islamique peut compter sur le savoir-faire de nombreux anciens officiers baasistes du régime de feu Saddam Hussein. Idéologiquement laïc et nationaliste, le baasisme a des objectifs différents de ceux de l'EI. Le degré d'adhésion réel des anciens du Parti Baas à l'Etat islamique peut donc être questionné.</p>
<p>Atlantico : On sait que l'organisation Etat islamique compte dans ses troupes de nombreux anciens du Parti Baas irakien orphelins de Saddam Hussein. Qu'est-ce que le baasisme dans la région et qui sont ces baasistes ?</p>
<p>Alain Rodier : Le parti Baas (Parti de la résurrection arabe et socialiste) a été créé en 1947 à Damas. Il avait pour objectif l'unification de tous les pays arabes en une seule nation. Il est parvenu au pouvoir en Syrie en 1963 puis après une éclipse de quatre ans, il y est revenu sur le devant de la scène en 1970 et perdure aujourd'hui. En Irak, après un bref passage en 1963, il s'est établi en 1968 et a disparu avec Saddam Hussein en 2003. A l'origine, le parti Baas prônait un socialisme arabe en insistant sur l'obligation de laïcité des institutions afin de préserver toutes les communautés religieuses. Avec le temps, les partis Baas syrien et irakien ont divergé pour finir par se séparer totalement. Il convient de ne pas oublier que la Syrie s'est opposée à l'Irak lors de la première guerre du Golfe (1990-1991) rejoignant une coalition de 34 Etats dont faisaient partie les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l'Arabie Saoudite, la Turquie, etc. A l’époque, Hafez el-Assad n’avait pas attiré les critiques des adversaires d’aujourd’hui de son fils. Et pourtant, il avait été à la base de bon nombre d’horreurs, en particulier contre les Frères musulmans.</p>
<p>Comment expliquer ce ralliement à l'organisation djihadiste Etat islamique alors même que l'idéologie baasiste est plutôt nationaliste et laïque ?</p>
<p>En fait, alors que l'Irak était soumis aux sanctions internationales 1991, personne ne s'est vraiment inquiété du fait que le régime de Saddam Hussein évoluait discrètement. De laïc, il est progressivement devenu religieux. Les constructions de palais ont fait place à celles de mosquées dont la plus grande du monde à Bagdad. La mention "Allah Akbar" a été rajoutée sur le drapeau national irakien. La consommation d'alcool a été prohibée en public et dans les restaurants. Bien sûr, cette démarche était adoptée par Saddam Hussein à des fins politiques. Il souhaitait allier l'islamisme qui progressait au nationalisme arabe. Mais cela a eu des répercussions directes sur les nominations dans le parti et dans les institutions. La nouvelle garde était également jugée sur sa foi islamique, la laïcité étant peu à peu oubliée. Après l'intervention américaine de 2003, ce sentiment s'est fortement exacerbé car les Irakiens ont pensé être les victimes d’une immense injustice. Or, les seuls à offrir un peu de résistance étaient les cadres du parti Baas et les islamistes radicaux qui, bien naturellement, se sont unis contre l’ennemi commun.</p>
<p>Quel rôle jouent les Baasistes au sein de l'organisation Etat islamique ?</p>
<p>Le plus connu, Izzal Ibrahim al Douri dirigeait le mouvement Jash Rijal al-Tariqa al-Nashibandiq qui s'est allié avec les mouvements sunnites qui résistaient à l'"occupation" américaine. Il a rejoint l'Etat Islamique d'Irak (EII), l'ancêtre de Daesh. Il y a servi de chef militaire à l'organisation Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL) lorsqu’elle a été fondée en 2013. L’EI (Daesh) a pour sa part été officiellement créé le 29 juin 2014. Douri aurait été tué en avril 2015 mais sa mort n'a jamais été confirmée. A son image, les cadres du régime de Saddam Hussein, soit par conviction, soit par opportunisme, servent en tant que professionnels de la guerre et du renseignement. Ce sont par exemple eux qui étaient aux commandes des matériels un tant soit peu sophistiqués récupérés sur les armées irakiennes et syriennes (chars, artillerie, transmissions, etc.). Ils étaient les seuls à savoir s’en servir…</p>
<p>Pourraient-ils éventuellement représenter une frange de l'EI moins extrémiste avec laquelle il serait possible de négocier ? C'est ce que suggère dans une interview l'ancien négociateur du Vatican en Irak, le Père Jean-Marie Benjamin. <a class="Colorbox" href="http://www.famillechretienne.fr/filinfo/les-frappes-seules-ne-vaincront-pas-daech-181686" target="_blank">(voir ici)</a></p>
<p>L’idée est séduisante. Elle a déjà été appliquée par les Américains entre 2006 et 2008 avec les milices des "fils d’Irak" appartenant au mouvement du "réveil" (Sahwa). Elles étaient majoritairement composées de membres de tribus sunnites de la province d’al Anbar. Cette région d’où l’EII avait été chassé par le Sahwa était alors devenue la plus sûre d’Irak. Aujourd’hui, elle est aux mains de Daesh dans sa quasi-totalité. Les autorités irakiennes (chiites) de l’époque s’étaient engagées à intégrer les hommes de ces milices dans l’armée nationale ou au moins, dans la fonction publique. Des cadres du parti Baas devaient être également réintégrés ou, tout au moins, toucher une retraite. Une bonne partie de ces promesses n’ont pas été tenues. Il en résulte que la suspicion est maintenant la règle, les sunnites et les ex-Baasistes n’ayant aucune confiance dans le pouvoir central de Bagdad. La présence massive des pasdarans de la Révolution iraniens aux côtés des milices chiites irakiennes n’est pas là pour les rassurer, d’autant que des exactions sur les populations civiles leur sont imputées.</p><p>Cela n’empêche qu’il y a quelque chose à creuser dans cette direction : tenter de convaincre les autorités irakiennes d’accorder une amnistie et une reconnaissance officielle à tous ceux qui accepteraient de se retourner contre Daesh, accorder une place dans les instances gouvernementales et administratives aux Sunnites et anciens Baasiste et convaincre ces derniers de la sincérité de ces mesures. Mais pour l’instant nous en sommes au niveau du vœu pieux.</p><p>Là où je rejoins complètement le Père Jean-Marie Benjamin, c’est sur le fait que pour gagner cette "guerre", les services secrets ont un rôle primordial à jouer : nouer des relations avec les "infréquentables", engager des tractations avec les uns et les autres, recueillir des renseignements de sources humaines qui viennent compléter les sources techniques, et agir. Encore faut-il que les autorités politiques leur en donne l’ordre.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/489/terrorisme-anatomie-du%C2%A0%C2%AB%C2%A0mein%C2%A0kampf%C2%A0%C2%BB-djihadiste</guid>
	<pubDate>Wed, 21 Apr 2021 20:33:11 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/489/terrorisme-anatomie-du%C2%A0%C2%AB%C2%A0mein%C2%A0kampf%C2%A0%C2%BB-djihadiste</link>
	<title><![CDATA[Terrorisme : anatomie du « Mein Kampf » djihadiste]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Un certain Abu Bakr Al Naji a publié sur Internet, en 2004, un texte en langue arabe qu’il a intitulé « L’administration de la sauvagerie : l’étape la plus critique que traversera l’oumma ». En choisissant ce pseudonyme, Abu Bakr Neji envoie d’emblée plusieurs messages à son lecteur.</p><p>Tout d’abord, par le choix du prénom, il se réfère au premier calife, après la mort de Mahomet, qui s’est illustré dans ses guerres de l’apostasie contre les tribus arabes ayant quitté l’islam dès qu’elles ont appris la mort du prophète. Ensuite, par le choix du nom « Al Naji », adjectif dérivé de najat, qui signifie « le salut », il est le « sauvé » donc « le sauveur », celui qui montre la voie à l’oumma, la communauté musulmane.</p><p>En réalité, il s’agirait, selon des chercheurs de l’institut lié à la chaîne de télévision Al Arabiyya, de Mohamed Hassan Khalil al Hakim, alias Abu Jihad al Masri, un cadre d’Al-Qaeda. Né en 1961, il a été tué le 31 octobre 2008 par un drone américain au Waziristan, dans le nord du Pakistan.</p>
<p>103 pages de haine</p>
<p>Son texte compte 103 pages de discours de haine, contre le juif, contre le chrétien, contre l’apostat, contre la démocratie et ses valeurs. À tel point que certains ont qualifié ce brûlot de Mein Kampf du petit djihadiste.</p><p>L’intérêt de ce livre est qu’il nous met, dès le titre, devant le paradoxe du djihadisme, qui d’un côté prône le déchaînement de la sauvagerie, l’installation de la loi de la jungle, avec l’appel à la destruction de l’ordre ancien, et en même temps théorise la gestion de cette sauvagerie et son « administration ».</p><p>Pour l’auteur, les mouvements islamistes du monde arabe qui ont choisi de pactiser avec le pouvoir en place ou de jouer le jeu des élections ont tous échoué. Il revient notamment sur le cas de la Tunisie à plusieurs reprises, là où le mouvement islamiste a évité l’affrontement armé avec le pouvoir de Bourguiba et de Ben Ali. Le travail lent d’islamisation de la société par le bas, pratiqué depuis les années 1970, n’a pas réussi à donner le pouvoir aux mouvements islamistes. <a href="https://theconversation.com/lautre-visage-des-revoltes-en-tunisie-une-societe-civile-de-plus-en-plus-forte-et-affirmee-90865">La Tunisie en est l’exemple le plus éloquent</a>.</p><p>L’auteur préconise donc la politique de la sauvagerie et de la terreur, espérant rassembler autour des djihadistes une population fatiguée du désordre et prête à se soumettre à l’ordre promis par ces derniers. C’est donc par le djihad que la conquête du pouvoir devra se faire.</p>
<p>L’étape de la démoralisation</p>
<p>L’auteur distingue deux ensembles de pays visés par le djihad : un groupe principal – la Jordanie, le Maghreb, le Nigéria, le Pakistan, la presqu’île arabe et le Yémen – et un groupe secondaire – le reste des pays musulmans. Puis, il définit trois étapes dans la guerre de conquête : l’étape de la démoralisation et de l’épuisement, celle de l’administration de la sauvagerie, et enfin l’instauration de l’État islamique.</p><p>Le théoricien du terrorisme part du principe que l’armée et la police des régimes visés ne peuvent pas soutenir longtemps un état d’urgence. Il faut donc continuer à les harceler en attaquant les lieux de culte des chrétiens et des juifs, frapper les intérêts économiques, le tourisme et surtout le pétrole dans les pays qui dépendent de ces revenus.</p>
<p>Le 24 mars, devant le magasin de Trèbes (Aude), victime d’une attaque terroriste. Eric Cabanis/AFP</p>
<p>Il appelle à frapper par tous les moyens, afin d’entretenir un climat d’insécurité. Les objectifs sont d’épuiser les forces de l’ordre et d’attirer de jeunes candidats au djihad. Les forces de l’ordre finiront ainsi par abandonner certains territoires et certaines populations, ainsi livrées à elles-mêmes, afin de se concentrer sur la protection des zones vitales du pouvoir. Ce sera la fin de la première étape.</p>
<p>Administration de la sauvagerie et nouvel ordre</p>
<p>La seconde commencera lorsque les populations lassées de l’insécurité chercheront la protection d’un nouvel ordre : ce sera « l’administration de la sauvagerie ». Un certain nombre de pays verront s’installer des principautés dirigées par Daech, comme récemment en Irak, en Syrie, en Libye, au Yémen ou dans le Sinaï. La gestion de ces zones se fera avec une telle dureté que les armées régulières des autres espaces seront terrorisées et abandonneront le combat. C’est ce que nous avons vu en Irak où les troupes régulières ont fui devant l’arrivée des soldats de Daech, leur abandonnant <a href="https://theconversation.com/morts-et-resurrections-de-letat-islamique-en-irak-81135">Mossoul</a> sans coup férir.</p><p>La troisième et ultime étape sera celle de l’instauration de l’État islamique qui appliquera alors la charia, la <a href="https://theconversation.com/comment-la-loi-islamique-peut-sattaquer-a-Daech-50811">loi islamique</a>, et instaurera un nouvel ordre que la population ne pourra qu’accepter puisqu’il met fin au désordre et à la sauvagerie. L’application de la loi de l’islam partout est un objectif suprême, mais pour y parvenir, il faut réaliser les étapes ci-dessus. Les forces de l’administration de la sauvagerie devront donc <a href="https://theconversation.com/etat-islamique-non-pas-influencer-le-scrutin-mais-abattre-la-democratie-76625">tout saccager de l’ordre mondial actuel</a>, jugé « décadent et satanique ».</p>
<p>Les deux registres de la manipulation</p>
<p>Comment ce discours de la sauvagerie et de la barbarie arrive-t-il à séduire autant de monde ? Ces jeunes terroristes qui se présentent comme les nouveaux barbares attirent à eux parce qu’au-delà de leur discours de haine, ils promettent de réaliser la cité idéale sur terre. La manipulation s’opère selon au moins deux registres : celui de la justice, donc d’une certaine forme de rationalité, et celui de l’affectif.</p><p>Les régimes arabes oppriment leurs peuples et le système judiciaire souvent corrompu génère de l’injustice et de la frustration. Un jeune en quête de justice peut être sensible à cette promesse. La manipulation se fait aussi par l’affectivité, par la glorification du sacrifice, du don de soi, de la fraternité indéfectible et du partage d’un idéal commun.</p><p>C’est la conjonction des deux registres qui fait que ce discours touche des milliers de jeunes. C’est un discours simpliste, la simplicité étant érigée en règle de communication pour Daech. Derrière la simplicité affichée du discours se trouve l’idée de la soumission totale à Allah.</p>
<p>L’islam, une citadelle prétendument assiégée</p>
<p>Si l’auteur situe la bataille <a href="https://theconversation.com/comment-devenir-djihadiste-en-quelques-clics-81340">au niveau des médias</a>, c’est parce qu’il se montre soucieux de toucher le plus grand nombre possible de masses musulmanes. S’adresser à ces dernières, en se détournant des milieux islamistes traditionnels où les militants sont sous l’emprise de leurs chefs, permettrait de recruter de nouvelles troupes de djihadistes subjugués par ce discours radical millénariste et apocalyptique qui promet de sauver le monde en le détruisant.</p><p>Il est ainsi illusoire de croire qu’en réglant la question du chômage ou de l’exclusion, le djihadisme sera vaincu, puisque dans l’esprit du djhadiste, la guerre ne peut être que totale et éternelle, jusqu’à la fin des temps.</p><p>L’analyse de l’ouvrage d’Abu Bakr Al Naji dévoile ainsi les ressorts sur lesquels repose le discours djihadiste : une vision certes médiévale, mais toujours vivante, d’une terre coupée en deux, avec d’un côté Dar El Islam (« le territoire musulman ») et de l’autre Dar El Harb (« le territoire de la guerre »).</p><p>La citadelle de l’islam semble toujours assiégée par ses ennemis qui complotent contre elle. Ce sont, dans la vision djihadiste paranoïaque du monde, les juifs sionistes, incarnés par Israël, les chrétiens croisés, représentés par l’Occident et les apostats renégats incarnés par les régimes arabes actuels. Ce sont ces ennemis qu’il faut attaquer, harceler et combattre.</p><p>La victoire finale permettra ainsi de réaliser la cité idéale, le paradis sur terre, laquelle sera totalement soumise à la loi de l’islam, la seule qui vaille. Sans que nous sachions en quoi elle consiste concrètement.</p><p><a href="https://www.collegedesbernardins.fr/">Le Collège des Bernardins</a> est un lieu de formation et de recherche interdisciplinaire. Acteurs de la société civile et religieuse entrent en dialogue autour des grands défis contemporains, qui touchent l’homme et son avenir.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/486/deplacez-votre-historique-de-messages-depuis-dautres-applications</guid>
	<pubDate>Mon, 19 Apr 2021 20:42:30 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/486/deplacez-votre-historique-de-messages-depuis-dautres-applications</link>
	<title><![CDATA[Déplacez votre historique de messages depuis d&#039;autres applications]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://telegram.org/file/464001367/2/CjzwCFB1BDY.178283/4c049986f45118c1a6" target="_blank"></a></p>
<p>Plus de 100 millions de nouveaux utilisateurs ont rejoint Telegram en ce mois de janvier, en quête de plus de confidentialité et de liberté. Mais qu'en est-il des messages et des souvenirs laissés sur les apps remplacées ?</p><p>À compter d'aujourd'hui, tout le monde peut emmener son historique de discussions avec lui (incluant les vidéos et les documents) dans Telegram depuis des applications telles que WhatsApp, Line et KakaoTalk. Cela fonctionne aussi bien pour les conversations individuelles que pour les groupes :</p><p>Pour déplacer une discussion depuis WhatsApp sur iOS, ouvrez la page des Infos de contact ou des Infos de groupe dans WhatsApp, touchez Exporter discussion, puis choisissez Telegram dans le menu de partage.</p><p>Sur Android, ouvrez une discussion WhatsApp, touchez ⋮ &gt; Plus &gt; Exporter discussion, puis sélectionnez Telegram dans le menu de partage :</p><p>WhatsApp pour iOS vous permet aussi d'exporter vos discussions directement depuis la liste des conversations. Balayez une discussion vers la gauche, puis choisissez '…' &gt; Exporter discussion.</p><p>Les messages seront importés dans le jour courant mais incluront également leurs horodatages d'origine. Tous les membres de l'échange dans Telegram verront les messages.</p>
<p>Déplacez des échanges et économisez de l'espace</p>
<p>Le meilleur dans tout cela réside dans le fait que les messages et les médias que vous déplacez ne nécessitent pas d'espace de stockage supplémentaire. Les anciennes apps stockent toutes les données sur votre appareil - contrairement à Telegram qui n'occupe virtuellement aucun espace tout en vous permettant de consulter tous vos messages, photos et vidéos quand vous le souhaitez.</p><p>Vous pouvez <a href="https://t.me/TelegramTips/243">libérer de l'espace</a> et contrôler la taille de votre cache dans Paramètres &gt; Données et stockage &gt; Utilisation du stockage.</p>
<p>Maîtrisez votre empreinte numérique</p>
<p>Vos données vous appartiennent, c'est pourquoi les utilisateurs de Telegram peuvent non seulement <a href="https://telegram.org/blog/export-and-more">exporter leurs échanges</a>, mais aussi <a href="https://telegram.org/blog/unsend-privacy-emoji#unsend-anything">supprimer les messages</a> qu'ils envoient et reçoivent pour tout le monde – sans laisser la moindre trace.</p><p>Avec cette mise à jour, vous bénéficiez d'encore plus de contrôle : les échanges secrets, les groupes que vous avez créés et votre historique d'appels peuvent désormais aussi être supprimés pour tout le monde à tout moment.</p><p>Les serveurs Telegram ne stockent pas d'information à propos des échanges et journaux d'appels supprimés. Ainsi, les données disparaissent complètement, pour toujours.</p>
<p>Salons vocaux améliorés</p>
<p>Vous pouvez maintenant voir lesquels de vos groupes disposent de <a href="https://telegram.org/blog/voice-chats">salons vocaux</a> actifs, depuis le sommet de la page de votre historique d'appels.</p><p>Lors d'un salon vocal, vous pouvez maintenant ajuster le volume individuellement pour chaque participant afin de contrôler les niveaux de leurs microphones. Les ajustements faits par les admins de groupe seront appliqués pour tous les auditeurs.</p>
<p>Lecteur audio amélioré</p>
<p>Pendant la lecture d'un morceau, touchez le nom de l'artiste dans le lecteur pour voir leurs morceaux parmi tous vos échanges. Si vous avez besoin d'avancer ou de répéter quelque chose que vous avez manqué, appuyez et maintenez la pression sur les boutons Suivant et Précédent pour faire une avance rapide et revenir en arrière.</p><p>Nous avons aussi ajouté un effet de fondu pour enchanter vos oreilles lors de la pause et la reprise de la musique.</p>
<p>Autocollants de bienvenue</p>
<p>Si vos contacts ont récemment rejoint Telegram, il peut être sympa de leur souhaiter la bienvenue en utilisant une des <a href="https://t.me/TelegramTips/233">fonctionnalités uniques</a> de Telegram. Un autocollant de bienvenue sera suggéré dans vos nouveaux échanges, prêt à être envoyé d'un simple toucher.</p>
<p>Nouvelles animations sur Android</p>
<p>Qui dit nouvelle mise à jour dit chic nouvelles animations. Attrapez-les toutes en téléchargeant des fichiers, en jouant de la musique ou en chargeant les échanges après s'être authentifié.</p>
<p>Signaler les faux canaux</p>
<p>Toutes les apps Telegram vous permettent de signaler un spam et d'autres types de contenu illégal, notamment les appels à la violence ou l'abus sur mineurs. Désormais, vous pouvez également signaler de faux canaux ou groupes se faisant passer pour des personnes célèbres ou des organisations. Ouvrez leur page de profil et touchez '…' &gt; Signaler &gt; Faux compte pour nous prévenir que quelque chose de louche se passe par ici. Nos modérateurs y jetteront un oeil.</p>
<p>Améliorations d'accessibilité</p>
<p>De nombreuses améliorations d'accessibilité ont été ajoutées à la fois pour les utilisateurs de TalkBack et de VoiceOver. Pendant que nous continuons à affiner l'interface de nos applications pour tous les utilisateurs, nous suivons avec intérêt vos retours sur notre <a href="https://telegram.org/blog/voice-chats#feature-suggestion-platform">plateforme de suggestions</a>.</p><p>Nous souhaitons chaleureusement la bienvenue à tous ceux qui nous ont rejoints récemment ! La prochaine mise à jour ne devrait pas tarder.</p><p>28 janvier 2021<br />L'équipe Telegram</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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