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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<pubDate>Sat, 17 Apr 2021 16:20:30 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Changement de période historique]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Quelques son­da­ges récents ont sou­li­gné une nou­velle fois le déclin irré­mé­dia­ble de la gauche en France. Il semble bien, sauf retour­ne­ment impro­ba­ble à quel­ques mois de la pro­chaine pré­si­den­tielle que l’essen­tiel se jouera entre le « centre droit » (Macron, LREM), la droite clas­si­que (LR) et le RN de Marine Le Pen. La gauche semble vouée à faire de la figu­ra­tion au pre­mier tour pour se par­ta­ger un bon quart des électeurs. Cette situa­tion n’est pas propre à la France. La puis­sante social-démo­cra­tie alle­mande est en voie de lente dis­pa­ri­tion. En Israël, le parti tra­vailliste qui long­temps fut le pilier de ce pays joue main­te­nant les uti­li­tés. Au Royaume-Uni, les conser­va­teurs réno­vés par Boris Johnson ont fait s’écrouler le « red wall » tra­vailliste. Nos voi­sins ita­liens, dont nous sommes sou­vent si pro­ches, ne connais­sent plus, en matière de gauche, que le « cen­tro­si­nis­tra », le centre gauche qui, poli­ti­que­ment, n’est pas bien dif­fé­rent de LREM. La liste est longue ! Mais nous pou­vons, sans être exhaus­tifs, com­men­cer à réflé­chir sur ce qui appa­raît bien comme un chan­ge­ment d’époque his­to­ri­que.</p><p>Ce qui est épuisé, c’est tout un ensem­ble de caté­go­ries poli­ti­ques rui­nées par l’évolution du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste au cours des der­niè­res décen­nies. Pour carac­té­ri­ser cette évolution, il est sans doute per­ti­nent de repren­dre l’expres­sion du phi­lo­so­phe ita­lien Diego Fusaro, « Capitalisme absolu ». Ce capi­ta­lisme est absolu pour plu­sieurs rai­sons. D’une part, il a rompu tous les liens avec les formes socia­les qui l’avaient pré­cédé. Les appar­te­nan­ces fami­lia­les, natio­na­les, reli­gieu­ses, n’ont plus aucune place : les indi­vi­dus sont des indi­vi­dus inter­chan­gea­bles, mobi­les, noma­des, qui doi­vent pou­voir cir­cu­ler à volonté dans le marché mon­dial du tra­vail. La famille et la patrie, pour tout dire, les capi­ta­lis­tes trou­vent cela par­fai­te­ment rin­gard. Accumuler du capi­tal et accu­mu­ler du patri­moine, cela n’a rien à voir. L’impé­ra­tif du capi­tal est de cir­cu­ler en per­ma­nence, alors que le patri­moine, l’usine fondée par le grand-père, la maison de famille, tout cela est du capi­tal mort, empâté dans la matière, alors que la flui­dité est la vertu pre­mière du capi­tal. On l’a trop oublié : Marx, dans Le Manifeste du parti com­mu­niste, défi­nit la bour­geoi­sie comme la grande classe révo­lu­tion­naire et le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste ne peut sur­vi­vre qu’en révo­lu­tion­nant en per­ma­nence les forces pro­duc­ti­ves et les rap­ports de pro­duc­tion.</p><p>Le capi­ta­lisme actuel peut être dit absolu en un deuxième sens : il règne sans par­tage. Le capi­ta­lisme de la période anté­rieure sou­le­vait deux types d’oppo­si­tions qui pou­vaient se com­bi­ner : l’oppo­si­tion de la classe ouvrière — le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste pro­duit son propre fos­soyeur — et celle d’une partie de classe domi­nante, notam­ment chez les intel­lec­tuels, por­teurs de ce que Hegel nom­mait « cons­cience mal­heu­reuse », c’est-à-dire la prise de cons­cience de l’oppo­si­tion entre les idéaux pro­cla­més par les révo­lu­tions bour­geoi­ses du XVIIIe et XIXe siècle et la réa­lité concrète du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste. La culture bour­geoise, la « grande culture » comme dirait Adorno, est, de fait, deve­nue incom­pa­ti­ble avec le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste au stade actuel. La véri­ta­ble opé­ra­tion de des­truc­tion de la culture menée par une frac­tion de la « classe capi­ta­liste trans­na­tio­nale » prend ainsi son sens. Les pré­ten­dus « éveillés » (woke), les acti­vis­tes trans­gen­ris­tes et autres « déco­lo­niaux » sont l’aile mar­chante du capi­tal, son extrême gauche et rien d’autre.</p><p>Pendant ce temps, la classe ouvrière a été métho­di­que­ment pul­vé­ri­sée par la mon­dia­li­sa­tion et la réor­ga­ni­sa­tion du capi­tal. Significativement, l’indus­trie auto­mo­bile fran­çaise est en voie de dis­pa­ri­tion — on annonce dans cer­tains milieux économiques que, d’ici à la fin de la décen­nie, plus aucune voi­ture ne sera cons­truite en France. Autour de la « numé­ri­sa­tion » de l’économie — le « great reset » dont parle le forum de Davos — se joue une réor­ga­ni­sa­tion struc­tu­relle du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste avec le nou­veau pilier qui n’est plus l’entre­prise, mais la pla­te­forme (Amazon et ses émules) qui joue à la fois le rôle de marché et d’orga­ni­sa­teur de la pro­duc­tion sans avoir à en sup­por­ter les coûts et les ris­ques. Ce qui conduit à la trans­for­ma­tion du pro­lé­ta­riat tra­di­tion­nel en un « pré­ca­riat », mêlant sala­riés aux sta­tuts pré­cai­res et pseudo tra­vailleurs indé­pen­dants — en réa­lité des tra­vailleurs à façon comme l’étaient les canuts lyon­nais dans les années 1830.</p><p>Ces trans­for­ma­tions n’ont pas été com­bat­tues, mais accom­pa­gnées et même pré­cé­dées par les partis de la gauche. Champion des reven­di­ca­tions « socié­ta­les », les partis de gauche ont tourné réso­lu­ment le dos non seu­le­ment aux reven­di­ca­tions des ouvriers et employés, mais aussi à leurs préoc­cu­pa­tions et à leur men­ta­lité. Ils recru­tent électeurs et mili­tants dans les clas­ses moyen­nes supé­rieu­res ins­trui­tes, habi­tant les cen­tres-villes des gran­des métro­po­les. Ces partis sont des éléments, bien­tôt inu­ti­les d’ailleurs, de la classe capi­ta­liste trans­na­tio­nale.</p><p>Dans ces condi­tions, sur le plan social, la gauche et la droite se valent, dans l’opi­nion de ceux que Christophe Guilluy appelle « les gens ordi­nai­res ». C’est parce qu’ils sont ration­nels et qu’ils com­pren­nent assez bien ce qui est en ques­tion sur le théâ­tre poli­ti­que que les mem­bres des clas­ses popu­lai­res pré­fè­rent aujourd’hui voter pour Marine Le Pen plutôt que pour Mélenchon. Évidemment, les don­neurs de leçons dénon­ce­ront l’abru­tis­se­ment des masses par les médias et les réseaux sociaux, ou leur « alié­na­tion ». On connait le mépris des gens qui se croient ins­truits pour « ceux d’en bas ». Mais en réa­lité, le « pro­gres­sisme » appa­raît comme la prin­ci­pale menace pour les clas­ses pau­vres, pour ce pré­ca­riat qui subit le « pro­grès » dans ses pires aspects. Être conser­va­teur, au moins, c’est se pro­non­cer pour conser­ver ce que l’on a, les acquis sociaux des décen­nies de luttes ouvriè­res, mais aussi un cer­tain genre de vie auquel les « gens ordi­nai­res » sont atta­chés. Quand l’inter­na­tio­na­lisme a été liquidé au profit du mon­dia­lisme, le retour à la nation appa­raît comme un ultime refuge.</p><p>De cette situa­tion, il ne sera pas facile de sortir. En effet, toute marche arrière est inter­dite : on ne peut pas reve­nir à la situa­tion des « trente glo­rieu­ses » et au « par­tage » (pro­duit d’un rap­port de forces) entre capi­tal et tra­vail : la com­bi­nai­son des des­truc­tions mas­si­ves, de l’hégé­mo­nie des États-Unis et de la puis­sance sovié­ti­que ne revien­dra pas. Pas plus que ne revien­dra l’énergie abon­dante et bon marché qu’était le pétrole. On ne peut comp­ter sur la crois­sance infi­nie pour per­met­tre à toutes les aspi­ra­tions de coexis­ter et on sait bien qu’il n’est guère pos­si­ble que les pau­vres s’appau­vris­sent indé­fi­ni­ment et que les riches conti­nuent de s’enri­chir. Tout indi­que qu’à moyen terme nous connai­trons une crise économique et sociale de grande ampleur et per­sonne ne peut exclure une catas­tro­phe de type troi­sième guerre mon­diale dont les consé­quen­ces seraient autre­ment effroya­bles que celles de la deuxième. Comme il n’y a pas de grand com­plot dont il suf­fi­rait de démas­quer les com­plo­teurs, mais ce que ce qui est en cause, c’est le grand auto­mate qu’est le capi­tal, c’est à une révo­lu­tion radi­cale qu’il faut nous pré­pa­rer, pas seu­le­ment une révo­lu­tion sociale, mais aussi une révo­lu­tion morale. Au « tou­jours plus », au délire de toute-puis­sance de l’homme qui croit se faire tout seul, il faut sub­sti­tuer le sens des limi­tes, de la juste mesure et retrou­ver la com­mu­nauté poli­ti­que comme lieu où peut se penser véri­ta­ble­ment le bon­heur. On se sou­vient peut-être qu’un des grou­pes post-soixante-hui­tards avait pour devise : « nous vou­lons tout, tout de suite, vivre sans entra­ves et jouir sans temps mort. » Cette devise n’avait abso­lu­ment rien de révo­lu­tion­naire, contrai­re­ment à ce que croyaient ses auteurs, elle était exac­te­ment la devise du capi­ta­lisme absolu et c’est à cela que nous devons tour­ner le dos, défi­ni­ti­ve­ment après quel­ques siè­cles de crois­sance de la richesse et de la puis­sance.</p><p>Denis COLLIN – 13 avril 2021</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 17 Apr 2021 05:46:45 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/469/2022-l%E2%80%99outsider-unite-nationale-citoyenne</link>
	<title><![CDATA[2022 : L’OUTSIDER - UNITE NATIONALE CITOYENNE]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Macron contre Le Pen, Le Pen contre Macron… A un peu plus d’un an du second tour de l’élection présidentielle, tel est le scénario d’un « remake » sur lequel s’accordent encore la quasi-totalité des acteurs, des commentateurs et des augures professionnels d’une vie politique que la pandémie en cours a figée dans une trompeuse immobilité. La seule différence, qui n’est pas insignifiante, que ces divers spécialistes envisagent par rapport au scrutin de 2017 résiderait dans le fait que la victoire du président sortant sur sa concurrente ne lui serait pas automatiquement assurée en 2022.</p><p>Or, cette deuxième manche, présentée comme inéluctable, d’un duel qui opposerait les mêmes protagonistes qu’il y a quatre ans, les Français, dans leur très grande majorité, n’en veulent pas et jusqu’à plus ample informé, c’est à eux, c’est aux électeurs, c’est aux citoyens qu’il appartient de faire en sorte que l’histoire ne nous repasse pas les plats mal réchauffés d’une confrontation qu’ils ne souhaitent pas voir se reproduire. Qu’en est-il, pour autant que l’on puisse se risquer au jeu hasardeux des pronostics, alors que l’équation française, par ces temps difficiles et troublés est particulièrement lourde d’inconnues ?</p><p>D’un côté, l’emprise incontestée de Marine Le Pen sur son Rassemblement national, le niveau et la stabilité de son socle électoral semblent lui garantir, dans l’état actuel de l’opinion et des candidatures déclarées, l’accès à la finale. Il n’en est pas de même pour son vainqueur de 2017 dont le sort se joue en ce moment même sur sa personne, sur son bilan et sur sa capacité à vaincre le plus redoutable des adversaires, ce virus face auquel son gouvernement, sa majorité, et lui-même, empêtrés dans leurs hésitations, leurs contradictions, leurs variations, leurs promesses non tenues, leurs résultats décevants, sont apparus toujours en retard d’une guerre. La stature et les chances d’Emmanuel Macron sont singulièrement fragilisées au moment où il aborde la dernière ligne droite de ce funeste mandat quinquennal, trop long quand le chef de l’Etat n’est pas à la hauteur de ses pouvoirs et de ses responsabilités, trop court pour que son tempo soit différent de celui des législateurs.</p><p>Il y a quatre ans, la jeunesse, l’audace, la nouveauté, l’annonce d’une pratique différente de la politique, le rejet des anciens partis, (et le naufrage de François Fillon) étaient autant d’atouts qui avaient permis au séduisant transfuge de la gauche, discrètement soutenu par le grand patronat, d’arriver en tête du premier tour. La sainte horreur du nom de Le Pen, une prestation ratée de sa concurrente, et le ralliement, au nom du front républicain, de douze millions de votants (quarante-deux points gagnés d’un dimanche sur l’autre !) lui avaient permis de triompher avec 66% des suffrages exprimés. Ceux qui avaient voté pour Emmanuel Macron au premier tour, ceux qui avaient voté contre Marine Le Pen au second tour, ont été également déçus. Parvenu à l’Elysée, l’inconnu le plus célèbre de France s’y est révélé un homme sans convictions, en tout cas sans autre conviction qu’un attachement moutonnier à l’Union européenne, sans cohérence, sans boussole et sans scrupules. A la fois autoritaire et inconséquent, volontaire et velléitaire, despotique et solitaire, il n’a pas renouvelé l’art de gouverner, il n’a pas davantage apporté au pouvoir le changement et la « révolution » qu’il s’était imprudemment engagé à mener. Quant à ceux dont l’appoint massif lui avait offert la présidence sur un plateau, aussi ingrat, aussi léger, aussi oublieux que Jacques Chirac quinze ans plus tôt, il avait à peine élu ignoré et désappointé les gogos à qui il devait sa victoire écrasante. Eux s’en souviendront le jour venu et ne reporteront pas sur lui, la prochaine fois, des votes qui ne devaient rien à la sympathie pour sa personne mais tout au rejet de la fille de Jean-Marie.</p><p>Aussi bien, avant et au lieu de spéculer sur la répartition des suffrages entre le président sortant et les autres candidats à la magistrature suprême, il y aurait peut-être lieu, au moment où nous sommes et au point où il en est, de se demander si Emmanuel Macron sera en mesure de se représenter ou si, comme son prédécesseur, il ne sera pas conduit par l’évidence des sondages et l’éclatement de sa majorité, hier pléthorique, aujourd’hui divisée, à décliner le dangereux honneur d’être candidat à sa réélection. Ne sont pas seulement en cause dans cette affaire l’affaiblissement et la perte de poids d’un homme qui, comme les grand rôles de l’Opéra, ne cesse de chanter « Marchons ! Marchons ! » sans bouger d’un pouce ni les résultats vraisemblablement désastreux pour lui de ces élections départementales et régionales qui, comme les mirages dans le désert semblent s’éloigner à mesure qu’on s’en rapproche. La vraie question, la question de fond est de savoir si le Cercle de la raison sociale, si le grand lobby médiatique, financier, économique et politique qui a ses entrées à l’Elysée et qui dîne au « Siècle » misera comme en 2017 sur le jeune poulain qui s’est avéré un canasson ou s’il se trouvera un cheval de rechange.</p><p>Il est en France, en 2021, un personnage que sa cote de popularité place depuis des mois en tête du palmarès des hommes politiques. Venu de l’ex-UMP en même temps qu’un certain nombre de ralliés, ayant au fil des mois imposé son autorité au groupe parlementaire de la République en marche, bien placé de par son origine partisane et de son séjour de trois ans à Matignon pour faire l’union du centre droit et du centre gauche. Alors que, d’évidence, le parti dit des Républicains n’a pas encore choisi celui de ses représentants qui le mènerait en 2022 à une nouvelle défaite et une nouvelle humiliation, et que les Marcheurs prient tous les jours le ciel qu’un nouveau report le nouveau désastre que leur promettent les prochaines élections locales, Edouard Philippe est le mieux placé aujourd’hui, pour ne pas dire le seul candidat en mesure de prendre avec une chance réelle de l’emporter le relais que lui offriraient une majorité effilochée et une opposition démoralisée. Silencieux et discret, l’ancien Premier ministre qui peut légitimement se flatter d’être le seul représentant de la Macronie à avoir emporté une grande ville aux dernières municipales, n’en est pas moins à l’affût et la publication, dans quelques jours, d’un livre signé de son nom lui permet une opportune rentrée en scène. La correction la plus élémentaire lui a interdit jusqu’à présent de prendre ses distances avec un président qui ne l’a pas particulièrement bien traite. Mais la loyauté a ses limites. Nul ne s’étonnerait ni ne serait en droit de s’offusquer si le maire du Havre rompait le moment venu avec le futur ancien président de la République. Il n’est pas plus condamnable de trahir un traître que de voler un voleur.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/467/face-aux-oppressions-la-liberte-de-se-definir-est-la-plus-belle-conquete-de-la-laicite</guid>
	<pubDate>Sat, 17 Apr 2021 05:42:31 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/467/face-aux-oppressions-la-liberte-de-se-definir-est-la-plus-belle-conquete-de-la-laicite</link>
	<title><![CDATA[&quot;Face aux oppressions, la liberté de se définir est la plus belle conquête de la laïcité&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">Qu’est-ce que l’universel ? Une première définition résulte de la logique des ensembles. Trois termes permettent de quantifier le degré d’extension d’un caractère : universel, particulier, singulier. Est universel ce qui appartient à tous les individus d’un ensemble donné. Par exemple, tous les êtres humains sont des êtres de culture, munis de raison (homo sapiens). Est particulier ce qui concerne une partie des membres d’un ensemble. Par exemple, certains êtres humains sont adeptes d'une religion, d'autres de l'humanisme athée ou agnostique. Enfin, est singulier tout individu compris comme personne unique. Nelson Mandela a été un individu unique, singulier, par l'ensemble des qualités qui furent les siennes, notamment pour l'émancipation des Noirs. Les trois termes - universel, particulier et singulier - étant définis, on peut maintenant tenter de penser les questions qui importent à la réflexion pour comprendre le rapport entre laïcité et identité(s).</p><p class="article-text article-body__item">Chaque individu est donc unique, et singulier au sens littéral. La carte d'identité en témoigne : elle assure la possibilité de ne pas confondre un individu avec un autre. Un individu peut partager avec d'autres certains particularismes, tout en restant dépositaire des caractères universels de l'humanité. Singulier, particulier et universel sont donc trois aspects du même individu. Voyons l’identité de la personne. Qui suis-je ? Prenons l'exemple d'Ulysse, en grec « Odysseus ». C'est le rusé, l’homme « aux mille tours » de l’Iliade et de l’Odyssée. L'Odyssée, c'est son périple, le grand voyage de sa vie, après la victoire sur Troie. Un retour mouvementé à Ithaque, où l'attend Pénélope.</p>
<p>Mondialisation et communautarisme : une identité écartelée</p>
<p class="article-text article-body__item">Ulysse est-il encore le même après tant d'épreuves ? Selon Platon, dans le Mythe d’Er le Pamphylien, pas tout à fait. Au moment de choisir une nouvelle destinée, Ulysse prend celle d’une personne modeste, sans gloire ni pouvoir ni fortune. Ce choix de raison est inspiré par le souvenir de l’odyssée. Sagesse. Une idée forte, existentialiste : on se choisit, on se définit, plus ou moins librement certes, mais l’essence de chaque individu singulier est en suspens dans sa liberté, comme écrit Sartre. On se fait par son aventure existentielle et jusqu’au dernier souffle, on ne peut dire réellement ce que l’on est. Seule la mort transforme la vie en destin, et encore n'est-ce alors qu'une illusion rétrospective. Il n’est dès lors d’identité que narrative. En racontant l'Odyssée, on met en évidence le périple d'Odysseus comme vie singulière d'Ulysse.</p><p>« Tu trahis ta communauté » : telle est la condamnation par laquelle les islamistes refusent aux femmes la liberté de ne pas porter le voile.</p><p class="article-text article-body__item">Aujourd’hui, la question de l’identité personnelle se trouve écartelée. D’un côté, une mondialisation impérieuse, voire inhumaine, qui exalte l’individualisme tout en le canalisant par des conditionnements publicitaires et idéologiques uniformisants. De l’autre, les compensations identitaires apparentes que proposent des religions à nouveau avides de pouvoir politique et de restauration de traditions rétrogrades. À l’identité personnelle que chacun est libre de se définir, semble s’opposer l’identité collective d’un groupe humain qui attend des individus qui le composent une soumission inconditionnelle, au nom de la solidarité du groupe. La notion même d’identité collective consacre une logique de l’allégeance que l’on retrouve dans le communautarisme. Celui-ci impose littéralement le primat de la communauté particulière à la fois sur les individus et sur la communauté humaine universelle.</p>
<p>Risque de guerre entre communautés</p>
<p class="article-text article-body__item">D’un même mouvement, le souci de l’individu et celui de l’universel sont donc mis à mal. L’enfermement communautariste dans le particularisme religieux et coutumier nie l’individu, qu’il réduit à un échantillon anonyme, dans le moment même où il récuse toute référence universelle. Celle-ci consigne en effet dans les droits reconnus à tout être humain des libertés fondamentales qui transcendent la diversité des us et coutumes. Par exemple, le droit à l'intégrité physique conduit à condamner l'excision du clitoris, horrible mutilation physique, sexuelle et sensuelle.</p><p class="article-text article-body__item">Un autre exemple. « Tu trahis ta communauté » : telle est la condamnation menaçante par laquelle les islamistes refusent aux femmes la liberté de ne pas porter le voile. Tel est bien le communautarisme, qui exige l'allégeance voire l'effacement de toute singularité individuelle librement choisie. Avec, à la clef, le risque majeur d'affrontements intercommunautaires dès lors que l'appartenance prime absolument, sans distance aucune, sur la liberté de la personne. La montée des communautarismes ainsi compris porte donc en elle le danger de la guerre entre les communautés en même temps que celui de la négation de la liberté individuelle au nom de la fidélité au groupe.</p>
<p>Sacralisation du machisme</p>
<p class="article-text article-body__item">En quoi la laïcité est-elle concernée par ces rappels ? Perçue à tort comme une machine de guerre contre les religions, alors qu’elle assure leur égale liberté dans les limites du droit commun, elle est combattue par tous les moyens possibles, souvent hypocrites, au nom de cultures et d’identités collectives qui souvent sont mutuellement exclusives. Les communautarismes religieux se font entrepreneurs identitaires, au risque de ressusciter la guerre des Dieux. Il est grave en effet de convaincre les personnes que le fait de choisir librement ses références spirituelles et son mode d’accomplissement porte atteinte au groupe. C’est une version fanatique de l’identité, sans distance, que l’on donne ainsi.</p><p class="article-text article-body__item">Au nom de la culture et de la religion, le deuxième sexe subit la sacralisation de la domination machiste. Dans Tartuffe, le dévot intime l’ordre à Dorine de cacher son sein. Dans l’islamisme politique, la femme doit se voiler entièrement car sinon elle est rendue responsable du désir de l’homme, ainsi déchargé de sa responsabilité quand il ne maîtrise pas ce désir. Bref, la laïcité émancipe chacune et chacun au niveau le plus radical : celui de la libre définition de l'identité. Elle rend en effet possible le libre choix d'une façon d'être et de vivre en libérant la personne de toute aliénation à une vision du monde imposée, qu'elle soit religieuse ou idéologique. Ne demeurent plus alors que les droits fondamentaux des êtres humains, dans les limites qu'impose l'ordre public pour assurer leur coexistence. La liberté personnelle de se définir, et de choisir sa vie, voire sa mort, est la plus belle conquête de la laïcité, à rebours des oppressions traditionnelles.</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/promouvoir-le-respect-des-principes-de-la-republique-par-henri-pena-ruiz">"Promouvoir le respect des principes de la République", par Henri Pena-Ruiz</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/466/david-dornbusch-ca-fait-un-moment-que-ces-campagnes</guid>
	<pubDate>Sat, 17 Apr 2021 05:39:43 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/466/david-dornbusch-ca-fait-un-moment-que-ces-campagnes</link>
	<title><![CDATA[David Dornbusch - Ça fait un moment que ces campagnes...]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Ça fait un moment que ces campagnes délirantes anti Verts m interrogent et je m'appretais à écrire quelques commentaires suite à une énième affaire ridicule à Vincennes quand je suis tombé sur cet édito d'Abel Mestre dans Le Monde que je reproduis précédé de quelques commentaires.</p><p>J'en partage très largement les analyses.</p><p>Au coeur du dispositif il y a très probablement LREM. On est pas ici pour faire de la morale mais de la politique, c'est pas charmant comme méthodes mais c'est leur choix.</p><p>Le plus surprenant dans cette affaire est surtout la coalition qui s'opère à chaque occasion.</p><p>D'un côté on a la droite poubello-mediatique, en gros tout ce qui va de Julien Aubert à Goldnadel-Zemmour, et évidemment au delà toute la fachosphère. Rien de très surprenant.</p><p>Et d'un autre côté on a ce que je vais appeler les "je suis laïc et republicain" puisque chacunes de leur intervention commence par ces mots qu'elles concernent la pêche à la ligne, les courses en sac ou la purée de céleri.<br />On va trouver comme exemple type ici le vieux stalinien Konopnicki, qui s'est mis en valeur par un post et un édito particulièrement intéressant "je suis laïc et republicain donc j'aime les aéro clubs"<br />On va évidemment trouver les roquets de la galaxie vallso-PR, j'en ai trouvé un, Delb, dont je met une photo ci dessous.<br />Et puis toute une galaxie d'ex socialistes en déshérence, qui ne semble plus savoir hoqueter rien que "je suis laïc et republicain"</p><p>Qu'est ce qui peut réunir ces 3 composantes aux motivations si disparates, LREM la peur, les ex socialos la mauvaise rancune, l'extrême droite sa haine naturelle de tout. Mystère.</p><p>Bon laissons la parole à Mestre pour des compléments d'analyses</p><p>"La « diabolisation », une occasion à saisir pour les écologistes<br />Les attaques régulières contre Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ont un côté positif pour les écologistes : elles leur confèrent un statut de principal opposant au gouvernement.</p><p>Par Abel Mestre</p><p>Analyse. Parfois, il faut savoir contre-attaquer. C’est aussi vrai en politique. Les différentes polémiques qui frappent les maires écologistes depuis plusieurs semaines – menus végétariens dans les cantines à Lyon ; financement de la mosquée de Strasbourg ; propos de la maire de Poitiers, Léonore Moncond’huy, affirmant que « l’aérien ne doit plus faire partie des rêves d’enfants » ; accusations d’« islamo-gauchisme » – sont autant d’occasions pour Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de renforcer sa centralité dans le débat politique français.</p><p>Les stratèges écologistes sont persuadés que ces « attaques » sont le fruit d’une « stratégie délibérée » du gouvernement. A deux mois du scrutin régional, une « diabolisation » viserait le parti au tournesol pour casser sa dynamique électorale acquise lors des élections européennes de 2019, confirmée aux municipales de 2020. « C’est une cabale, un pilonnage politique, veut croire Sandra Regol, numéro 2 du parti. Et, à côté de cela, le Rassemblement national a un tapis rouge. Tout est fait pour refaire le match Macron-Le Pen. Leur stratégie est de nous avoir à l’épuisement. »</p><p>Pendant longtemps, les écologistes n’ont eu de cesse de se justifier, de rectifier leurs déclarations, ignorant le vieux principe politique qui veut qu’« en bien ou en mal, l’essentiel est que l’on parle de nous ». Ce ne serait plus le cas. Mme Regol continue : « C’est difficile, tout cela. Mais on revendique le clivage, on répond. D’où notre idée de plainte en diffamation contre Marlène Schiappa et Gérald Darmanin. » Fin mars, Julien Bayou, secrétaire national, avait en effet annoncé son intention d’attaquer les deux ministres après les accusations visant son parti de proximité avec « l’islamisme radical ».</p><p>Resserrer les rangs<br />Ces polémiques, qui se succèdent à un rythme hebdomadaire, sont usantes pour les écologistes, peu habitués à un tel déluge. Les coups les plus durs sont portés par des ministres et relayés par des personnalités de droite et d’extrême droite. Ils deviennent ainsi les épouvantails de la vie politique.</p><p>Mais si l’on change de perspective, il y a un aspect positif, pour eux, à cette « diabolisation » : c’est autour d’EELV que le débat se fait, ce sont leurs propositions et l’action de leurs élus qui clivent. In fine, cela confère au parti écologiste un statut de principal opposant au gouvernement. Un avantage certain un an avant la présidentielle. Autre point positif : cela contribue à resserrer les rangs d’une famille qui s’est souvent distinguée par son individualisme et son manque de solidarité interne.</p><p>« Même si on a fait corps face à ces attaques, il y a tout de même des dommages collatéraux, pondère David Cormand, l’ancien secrétaire national d’EELV, aujourd’hui député européen. On doit venir sur un champ de bataille qui n’est pas le nôtre, mais celui de l’extrême droite. Cela fait le jeu des fachos. S’ils [certains ministres] font cela, c’est pour créer des dissensions au sein de la gauche et des écologistes, en faisant croire que l’on a un problème avec la République. Ils veulent nous marquer du sceau de l’infamie. »</p><p>Arnauld Champremier-Trigano, conseiller en communication auprès d’EELV, est habitué à ce genre de campagne. Lui qui a travaillé pour Jean-Luc Mélenchon lors de la présidentielle de 2012 sait les bénéfices qu’un parti peut tirer d’une telle période. « La centralité que cela nous confère est une bonne chose. On voit que l’écologie politique est le nouveau paradigme, ce contre quoi le vieux monde se mobilise. La droite et La République en marche ont des électorats âgés. Ils parlent à leur socle. Ils n’ont pas compris que l’écologie était une pensée globale qui ne se limite pas à la question environnementale mais qui comprend les questions démocratiques, sociales, de genre, etc. »</p><p>Pour M. Champremier-Trigano, c’est surtout la preuve qu’un redécoupage politique est à l’œuvre : « La pensée du passé, c’est l’extrême droite. Celle du présent, qui estime qu’il faut sauver les meubles, c’est LRM. Et celle du futur, c’est l’écologie. » Et, selon lui, il est logique que les deux premières se coalisent contre la troisième.</p><p>« Maladresse »<br />Il y a un risque pour EELV : celui de décourager les électeurs pouvant être tentés par le vote Vert et de perdre des suffrages essentiels. Jean-Daniel Lévy, directeur délégué d’Harris Interactive, estime que ce danger est plus que modéré. Selon lui, ces « polémiques apportent, au contraire, de l’eau au moulin des détracteurs d’EELV, mais ne lui portent pas préjudice ». M. Lévy poursuit : « Les écologistes parviennent à être une alternative alors qu’ils ne sont pas à l’Assemblée nationale et ne sont pas incarnés par une personnalité forte. Que l’on soit d’accord ou pas, leur projet est identifiable et en rupture avec ce qui s’est fait dans le passé, aussi bien à droite qu’à gauche. »</p><p>Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean Jaurès (proche du PS), souligne, de son côté, que la séquence vécue par EELV peut être « dommageable en ce qui concerne [son] changement de statut ». Il estime que les « effets négatifs » sont probables, « car la crédibilisation est une question très importante pour une élection présidentielle. Ils ont une maladresse, un manque de sensibilité à ce qu’est le pays ».</p><p>Mais M. Finchelstein insiste également sur les effets que ce genre de polémiques a sur l’ambiance politique générale. « Je ne comprends pas cette stratégie de diabolisation d’EELV. On voit que la frontière entre le RN et certaines autres forces politiques est de plus en plus poreuse, poursuit-il. Les intentions de vote des sondages récents montrent aussi qu’il y a une dédramatisation de l’idée d’une possible accession au pouvoir de Marine Le Pen. C’est très inquiétant. » Comme si, pour le pouvoir, il y avait une inversion des valeurs et des adversaires principaux.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 17 Apr 2021 05:38:03 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[&quot;La gauche doit s’oublier pour s’extraire de son petit espace reclus&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">Cher Benoît Hamon,</p><p class="article-text article-body__item"><a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/04/14/benoit-hamon-mettons-nous-d-accord-sur-nos-desaccords-et-agregeons-ce-qui-nous-reunit-pour-2022_6076686_3232.html" target="_blank">Vous avez raison</a>, il y a assurément dans la gauche un socle de valeurs dans lequel beaucoup se reconnaissent. Et bien entendu, personne ne dira le contraire, il faut agir vite et fort face au réchauffement climatique et face à l’énième crise économique et sociale qui s’abat sur notre pays. Les constats sont largement partagés et l’effroi nous envahit tous chaque jour davantage. Dire que 2022 est le dernier rendez-vous est cependant inconséquent pour un responsable politique. Élémentaire.</p>
<p>La gauche morcelée</p>
<p class="article-text article-body__item">Voyez-vous, la question aujourd’hui n’est pas celle des valeurs, mais celle des projets politiques concrets qui se constituent pour gouverner le pays face à ces grands défis. Et il n’est pas vrai que toute union vaille, même sur la base d’un tout petit dénominateur commun. Le contexte, lui, n’est pas celui d’une victoire politique possible d’une des forces constituées à gauche - toutes sont données perdantes en 2022. Alors, comme vous le dites : « Après tout, si les divergences dominent les convergences, épargnons-nous le simulacre de vaines réunions de famille qui ajouteront une couche supplémentaire de dépit et de déception dans l’électorat de gauche. »</p><p>« Ces divergences - mot peut-être trop faible - dominent les convergences, et endigueront sans aucun doute l’avènement d’un projet politique national commun et ambitieux. »</p><p class="article-text article-body__item">En effet, il existe bel et bien au sein de la gauche des ruptures profondes sur l’Union européenne, sur la décentralisation, sur le travail, sur l'antiracisme, et sur bien d’autres sujets qui produisent logiquement des conflits politiques réguliers. Et ces sujets ne sont pas secondaires, ils sont fondamentaux en cela qu’ils augurent des formes d’organisation de la société bien dissemblables. Sans revenir sur chacun d’eux, ces antagonismes mis en exergue ne permettent pas aux gens, fort logiquement, d’identifier le PS, EELV, la FI ou le PC dans un espace politique cohérent. Ces divergences - mot peut-être trop faible - dominent les convergences, et endigueront sans aucun doute l’avènement d’un projet politique national commun et ambitieux. C’est une question de fond et non d’ego, même si les ego sont largement répandus.</p><p class="article-text article-body__item">Surtout, sur ces questions qui sectionnent la gauche, il n’y a pas d’éloignement évident entre deux camps qui pourraient se dissocier rationnellement. Les proximités et les discordes se réajustent et ré-ordonnent la gauche sur chaque sujet. Les conflits sont aussi à l'œuvre à l'intérieur même des partis. Tout est décousu. Ce grand désordre et l’inertie des organisations sclérosent les clarifications historiques nécessaires. En l’état, la gauche est un espace politique informe qui s’efface.</p><p>« L’élection présidentielle de 2017 et la crise des gilets jaunes avaient montré que son effondrement était jusqu’ici en route. Les récents sondages de l’IFOP et d’Elabe indiquent que sa mort est désormais actée. »</p><p class="article-text article-body__item">Dès lors, faire croire aux Français qu’une union des partis de gauche est possible et souhaitable, ce serait continuer de leur mentir. Il faut dire la vérité aux Français, la gauche n’est plus le signifiant juste qui porte l’idéal républicain d’émancipation qu’elle a pu être. Elle n’existe plus en tant que tel, et toute union des forces qui s’en réclament serait stérile et perfide. La dignité de la représentation se situe à travers cette vérité-là.</p><p class="article-text article-body__item">L’élection présidentielle de 2017 et la crise des gilets jaunes avaient montré que son effondrement était jusqu’ici en route. Les récents sondages de l’IFOP et d’Elabe indiquent que sa mort est désormais actée.</p><p class="article-text article-body__item">Pour autant, cela ne signifie guère que son idéal, que l’on évoquait juste avant, s’est lui aussi éteint. Non, il est simplement désormais orphelin d’un corpus politique concret, de figures qui l’incarnent, d’une esthétique qui le redessine et d’un camp qui le porte de façon harmonieuse. L’édification d’une nouvelle proposition de contrat social, ancrée dans les valeurs de partage, de solidarité et d’écologie et qui réenchante la vie, constitue bien la nécessité historique.</p><p>« Loin de certains de ces combats puérils et débranchés du sens commun, elle doit enfin prendre conscience des véritables conditions sociologiques et culturelles de la victoire. »</p><p class="article-text article-body__item">Pour mettre en place ce véritable aggiornamento, la gauche doit s’oublier pour s’extraire de son petit espace reclus et redescendre de son piédestal moralisant du haut duquel elle est toujours convaincue d’avoir raison et d’être en avance. Loin de certains de ces combats puérils et débranchés du sens commun, elle doit enfin prendre conscience des véritables conditions sociologiques et culturelles de la victoire. Alors, certains resteront évidemment englués dans leur petit enclos sectaire et continueront de ne se parler et de ne se comprendre qu’entre eux. Pour d’autres, il faudra non pas s’unir mais se désunir de la gauche. Ce décrochage est inévitable pour se reconnecter au pays et recomposer alors à partir des aspirations et des afflictions majoritaires du peuple français.</p><p class="article-text article-body__item">Oui, l’heure presse pour avancer et éviter bien des désastres.</p><p>A LIRE AUSSI :<a href="https://www.marianne.net/politique/gauche/union-de-la-gauche-une-reunion-pour-sauver-les-apparences" target="_blank">Union de la gauche : une réunion pour sauver les apparences ?</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
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	<pubDate>Fri, 16 Apr 2021 22:22:02 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/464/lire-le-communique-cour-de-cassation</link>
	<title><![CDATA[Lire le communiqué | Cour de cassation]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a name="hautart" id="hautart"> </a></p>
<p> Trouble mental et irresponsabilité pénale<br /></p><p>Rejet des pourvois<br /></p><p> <br /></p><p>Mercredi 14 avril 2021 - Pourvoi 20-80.135<br /></p><p> <br /></p><p>Une personne qui a commis un acte sous l’emprise d’une bouffée délirante abolissant son discernement ne peut pas être jugée pénalement même lorsque son état mental a été causé par la consommation régulière de produits stupéfiants. En effet, la loi ne prévoit pas de distinction selon l’origine du trouble psychique.<br /></p><p>La loi<br /></p><p>Selon la loi, une personne ne peut pas être tenue pénalement responsable de ses actes lorsqu’elle était atteinte, au moment des faits qui lui sont reprochés, d’un trouble psychique ou neuropsychique qui a aboli son discernement ou le contrôle de ses actes.<br /></p><p>Irresponsabilité pénale et règles de procédure<br /></p><p>Lorsqu’à l’issue des investigations et des expertises psychiatriques, il existe des charges suffisantes contre une personne mise en examen pour un crime et qu’il est plausible qu’elle soit pénalement irresponsable, le juge d’instruction peut saisir la chambre de l’instruction pour que des débats aient lieu sur ces deux questions en présence des parties civiles, des experts et, le cas échéant, de la personne mise en examen.<br /></p><p>C’est ainsi que les juges d’instruction ont procédé dans cette affaire.</p><p>Les faits et la procédure<br /></p><p>La chambre de l’instruction a considéré qu’il existait des charges suffisantes contre l’intéressé d’avoir commis les faits de séquestration d’une famille et de meurtre d’une femme aggravé par la circonstance que les faits ont été commis en raison de l’appartenance de la victime à la religion juive.</p><p>Selon les avis unanimes de différents experts psychiatriques, cet homme présentait, au moment des faits, une bouffée délirante aigüe.</p><p>Après avoir relevé que cette bouffée délirante était due à la consommation régulière de cannabis, la chambre de l’instruction a déclaré l’homme pénalement irresponsable, son discernement ayant été aboli lors des faits.<br /></p><p>La chambre de l’instruction a placé cet homme en soins psychiatriques contraints sous la forme d’une hospitalisation complète et l’a soumis à une interdiction d’entrer en contact avec les parties civiles et de paraître sur le lieu des faits pendant vingt ans.<br /></p><p>La question posée à la Cour de cassation<br /></p><p>Lorsqu’elle est à l’origine d’un trouble psychique, la consommation de produits stupéfiants constitue-t-elle une faute qui exclut l’irresponsabilité pénale ?</p><p>La réponse de la Cour de cassation<br /></p><p>En cohérence avec la jurisprudence antérieure, mais pour la première fois de façon aussi explicite, la Cour de cassation explique que la loi sur l’irresponsabilité pénale ne distingue pas selon l’origine du trouble mental qui a fait perdre à l’auteur la conscience de ses actes.<br /></p><p>Or, le juge ne peut distinguer là où le législateur a choisi de ne pas distinguer.</p><p>Ainsi la décision de la chambre de l’instruction est conforme au droit en vigueur.</p><p>Les pourvois formés par les parties civiles sont donc rejetés.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/463/arret-n%C2%B0404-du-14-avril-2021-20-80135-cour-de-cassation-chambre-criminelle-eclifrccas2021cr00404</guid>
	<pubDate>Fri, 16 Apr 2021 22:14:13 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/463/arret-n%C2%B0404-du-14-avril-2021-20-80135-cour-de-cassation-chambre-criminelle-eclifrccas2021cr00404</link>
	<title><![CDATA[Arrêt n°404 du 14 avril 2021 (20-80.135) - Cour de cassation - Chambre criminelle - ECLI:FR:CCAS:2021:CR00404]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a name="hautart" id="hautart"> </a></p>

<p>Responsabilité pénale<br />Rejet</p>
<p>Demandeur(s) : Mme A... X... , et autre(s), parties civiles<br /></p><p>Défendeur(s) : M. H... Z...<br /></p><p> <br /></p><p>Faits et procédure<br /></p><p>1. Le 4 avril 2017 à 5 heures 35, des fonctionnaires de police du 11ème arrondissement de Paris sont intervenus au domicile de la famille P..., [...], à la suite d’un appel téléphonique avertissant que cette famille était victime d’une séquestration. Après avoir forcé la porte, les policiers ont interpellé M. H... Z... dans la pièce principale, en train de réciter des versets du Coran.</p><p>2. Dans le même temps, les policiers ont découvert le corps sans vie d’une femme, Mme J... X... née Y.... Les premiers éléments ont montré qu’elle était tombée du balcon d’un appartement situé dans l’immeuble contigu.</p><p>3. Une information judiciaire a été ouverte le 14 avril 2017 des chefs d’homicide volontaire et d’arrestation, enlèvement, détention ou séquestration avec absence de libération volontaire avant le septième jour.</p><p>4. Le 10 juillet 2017, M Z... a été mis en examen de ces chefs. Après la délivrance d’un réquisitoire supplétif, la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance vraie ou supposée de la victime à une race ou une religion déterminée a été notifiée à l’intéressé.</p><p>5. Par ordonnance de transmission de pièces aux fins de saisine de la chambre de l’instruction, en date du 12 juillet 2019, les juges d’instruction, après avoir écarté la circonstance aggravante précitée, ont estimé qu’il existait contre M. Z..., d’une part, des charges suffisantes d’avoir commis les faits d’homicide volontaire et de séquestration qui lui étaient reprochés et d’autre part, des raisons plausibles d’appliquer le premier alinéa de l’article 122-1 du code pénal.</p><p>6. Les parties civiles et le ministère public ont interjeté appel de cette ordonnance.<br /></p><p>Examen des moyens<br /></p><p>Sur le premier moyen proposé pour Mme E... Y..., Mme D... Y... et M. F... Y... et sur les 7, 8 et 9ème branches du moyen unique proposés pour Mme A... X..., M. C... X... et Mme B... X..., repris par Mme E... Y..., Mme D... Y... et M. F... Y...</p><p>7. Ils ne sont pas de nature à permettre l’admission du pourvoi au sens de l’article 567-1-1 du code de procédure pénale.<br /></p><p>Sur le deuxième moyen proposé pour Mme E... Y..., Mme D... Y... et M. F... Y...<br /></p><p>Enoncé du moyen<br /></p><p>8. Le moyen critique l’arrêt attaqué en ce qu’il a déclaré irrecevables les appels interjetés par les parties civiles contre l’ordonnance de transmission de pièces, alors « que l’article 186 du code de procédure pénale prévoit que la partie civile peut interjeter appel des ordonnances faisant grief à ses intérêts civils ; que l’article 706-120 du code de procédure pénale prévoit que le juge d’instruction rend une ordonnance de transmission de pièces dans le cadre de la procédure de saisine de la chambre de l’instruction aux fins de statuer sur l’irresponsabilité pénale du mis en examen ; qu’une telle ordonnance fait nécessairement grief aux intérêts des parties civiles ; qu’en déclarant cependant irrecevable l’appel des parties civiles, la chambre de l’instruction a méconnu les articles 6 de la Convention européenne des droits de l’homme, 186, 591, 593 et 706-120 du code de procédure pénale.  »<br /></p><p>Réponse de la Cour<br /></p><p>9. Pour déclarer irrecevables les appels formés par les parties civiles contre l’ordonnance de transmission de pièces, l’arrêt attaqué relève qu’aucune disposition du code de procédure pénale ne prévoit que cette ordonnance, visée à l’article 706-120 du même code, puisse faire l’objet d’un appel des parties civiles. 10. Les juges retiennent que la partie civile ne peut interjeter appel, sur le fondement de l’article 186, alinéa 2, du code de procédure pénale, que des ordonnances de non-informer, de non-lieu, et des ordonnances faisant grief à ses intérêts civils.<br /></p><p>11. Ils soulignent que l’ordonnance de transmission de pièces tend à la saisine de la chambre de l’instruction devant laquelle la partie civile peut faire valoir ses arguments ; que, si elle estime qu’il existe des charges suffisantes contre la personne mise en examen d’avoir commis les faits qui lui sont reprochés et que le premier alinéa de l’article 122-1 du code pénal n’est pas applicable, la chambre de l’instruction ordonne le renvoi de la personne devant la juridiction de jugement compétente et qu’enfin l’article 706-125 du code de procédure pénale dispose que dans l’arrêt de déclaration d’irresponsabilité pénale, la chambre de l’instruction, si la partie civile le demande, se prononce sur la responsabilité civile de la personne, conformément à l’article 414-3 du code civil, et statue sur les demandes de dommages et intérêts.</p><p>12. La chambre de l’instruction conclut que cette ordonnance ne fait pas grief aux intérêts civils des parties.</p><p>13. En statuant ainsi, la chambre de l’instruction a justifié sa décision.</p><p>14. En effet, la partie civile, qui est appelée aux débats, peut exercer devant la chambre de l’instruction les droits qu’elle tire des articles 706-122 et suivants du code de procédure pénale.<br /></p><p>15. L’ordonnance de transmission de pièces n’est ni définitive ni attributive de compétence puisque la chambre de l’instruction peut, soit rendre un arrêt de non-lieu ou de renvoi devant le tribunal correctionnel ou la cour d’assises, soit rendre un arrêt d’irresponsabilité pénale.</p><p>16. Elle laisse ainsi intacts les droits de la partie civile et ne fait pas grief à ses intérêts.</p><p>17. Le moyen doit, en conséquence, être rejeté.</p><p>Sur les troisième et quatrième moyens proposés pour Mme E... Y..., Mme D... Y... et M. F... Y... et sur les six premières branches du moyen unique proposé pour Mme A... X..., M. C... X... et Mme B... X..., repris par Mme E... Y..., Mme D... Y... et M. F... Y...<br /></p><p>Enoncé des moyens<br /></p><p>18. Le troisième moyen proposé aux intérêts de Mmes E... Y..., D... Y... et de M. F... Y... critique l’arrêt en ce qu’il a déclaré M. Z... irresponsable pénalement en raison d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes au moment des faits, alors :</p><p>« 1°/ que l’article 122-1, alinéa 1er, du code pénal prévoit l’irresponsabilité pénale d’une personne atteinte « d’un trouble psychique ou neuro-psychique » ; que par cette disposition, sont visées les maladies mentales ; que les articles 706-119 et suivants du code de procédure pénale prévoyant que la chambre de l’instruction peut prendre un arrêt « d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental », ne renvoie qu’aux dispositions du code de la santé publique relatives à la « lutte contre les maladies mentales » et non aux dispositions relatives à la « lutte contre la toxicomanie » ; que la consommation de stupéfiants n’est pas une maladie mentale ; qu’en considérant cependant que M. Z..., consommateur régulier de cannabis, pouvait bénéficier de cette cause d’irresponsabilité, la chambre de l’instruction a méconnu les articles 6 et 7 de la convention européenne des droits de l’homme, 111-4 et 122-1 alinéa 1er du code pénal, 591, 593 et 706-119 et suivants du code de procédure pénale ;<br /></p><p>2°/ que l’acte volontaire de consommation de stupéfiants, prohibé par l’article L. 3421-1 du code de la santé publique, est constitutif d’un comportement fautif qui exclut l’irresponsabilité ; que le mis en examen ayant volontairement consommé du cannabis, la chambre de l’instruction ne pouvait pas en déduire son irresponsabilité ; que dès lors la chambre de l’instruction a méconnu les articles 6 et 7 de la Convention européenne des droits de l’homme, L. 3421-1 du code de la santé publique, 122-1, alinéa 1er, du code pénal, 591 et 593 du code de procédure pénale ;</p><p>3°/ que la consommation de cannabis a pour but d’obtenir une modification de l’état de conscience ; que le fait qu’une personne n’ait pas encore personnellement connu tel trouble psychique précis lié à la consommation de stupéfiants n’exclut pas sa conscience des risques encourus par cette consommation ; qu’en déduisant l’irresponsabilité pénale du mis en examen du seul fait qu’il n’avait pas encore eu de bouffée délirante à la suite de sa consommation de stupéfiants, la chambre de l’instruction a méconnu les articles 121-1, alinéa 1er, du code pénal, 591 et 593 du code de procédure pénale ;<br /></p><p>4°/ que la chambre de l’instruction ne peut pas constater que les propos tenus par le mis en examen « avant et après de défenestrer J... X... » « illustrent un reste de conscience », constater également que le mis en examen a « volontairement » précipité la victime de son balcon, a agi en ayant « conscience du judaïsme de Mme X... », et en déduire cependant l’abolition de son discernement au moment des faits ; qu’en se prononçant par ces motifs contradictoires, la chambre de l’instruction n’a pas justifié sa décision et a méconnu les articles 121-1 alinéa 1er du code pénal, 591 et 593 du code de procédure pénale. »</p><p>19. Le quatrième moyen proposé aux intérêts de Mme E... Y..., de Mme D... Y... et de M. F... Y... fait valoir qu’il est reproché à la chambre de l’instruction d’avoir déclaré M. Z... irresponsable pénalement en raison d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes au moment des faits, alors « qu’à supposer que la consommation de stupéfiants ne fasse pas obstacle à l’application de l’alinéa 1er de l’article 122-1 du code pénal dès lors qu’elle a eu pour effet d’abolir le discernement du consommateur, encore faut-il que celui-ci n’ait pas eu conscience que l’usage de stupéfiants puisse produire un tel effet ; qu’en retenant que le fait que la bouffée délirante aiguë, entrainée par la consommation récemment accrue de cannabis, est d’origine exotoxique et due à la consommation régulière de cannabis ne faisait pas obstacle à ce que soit reconnue l’existence d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli le discernement de M. Z... ou le contrôle de ses actes dès lors qu’aucun élément du dossier d’information n’indiquait que la consommation de cannabis par l’intéressé avait été effectuée avec la conscience que cet usage de stupéfiants puisse entraîner une bouffée délirante, la chambre de l’instruction, qui a ainsi seulement relevé que l’absence d’une telle conscience n’était pas exclue là où elle devait en constater le caractère certain, a méconnu les articles 121-1, alinéa 1er, du code pénal, 591, 593 et 706-120 du code de procédure pénale. »<br /></p><p>20. Le moyen unique proposé aux intérêts de Mme A... X..., M. C... X... et Mme B... X..., repris pour le compte de Mme E... Y..., de Mme D... Y... et de M. F... Y..., pris en ses six premières branches critique l’arrêt en ce qu’il a, statuant en application de l’article 706-120 du code de procédure pénale, et après avoir dit notamment qu’il existe des charges suffisantes contre M. Z... d’avoir à Paris, le 4 avril 2017, volontairement donné la mort à J... X..., avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée, déclaré ce dernier irresponsable pénalement en raison d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes au moment des faits, alors :</p><p>« 1°/ que dès lors qu’il résulte de la prise volontaire de stupéfiants, constitutive d’une faute, le trouble psychique ou neuropsychique susceptible de conduire à l’abolition du discernement, n’est pas exonératoire de responsabilité ; qu’en retenant que la circonstance que la bouffée délirante aigüe, entrainée par la consommation récemment accrue de cannabis, soit d’origine exotoxique et due à la consommation régulière de cannabis ne faisait pas obstacle à ce que soit reconnue l’existence d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli le discernement de M. Z..., la chambre de l’instruction a violé les articles 122-1 du code pénal, 706-120 et 706-125 du code de procédure pénale ;<br /></p><p>2°/ que le seul fait pour une personne de consommer des stupéfiants, même sans avoir la conscience des effets potentiels sur son discernement, exclut la prise en considération de l’abolition du discernement en résultant ; qu’en se fondant, pour retenir l’existence chez M.Z... au moment des faits d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes, sur la circonstance inopérante qu’il ne résultait d’aucun élément du dossier d’information qu’il avait consommé du cannabis avec la conscience que cet usage puisse entraîner une bouffée délirante aigüe, la chambre de l’instruction a violé les articles 122-1 du code pénal, 706-120 et 706-125 du code de procédure pénale ;</p><p>3°/ que la consommation de stupéfiants, qui constitue un délit et une circonstance aggravante d’infractions, ne peut dès lors constituer une cause d’exonération de la responsabilité pénale ; qu’en retenant que la circonstance que la bouffée délirante soit d’origine exotoxique et due à la consommation régulière de cannabis ne faisait pas obstacle à ce que soit reconnue l’existence d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli le discernement de M. Z..., la chambre de l’instruction a violé les articles 122-1 du code pénal, 706-120 et 706-125 du code de procédure pénale ;</p><p>4°/ qu’en tout état de cause, lorsqu’elle rend un arrêt d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental, la chambre de l’instruction constate le trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli le discernement ou le contrôle des actes ; qu’en jugeant que la circonstance que la bouffée délirante aigüe, entraînée par la consommation récemment accrue de cannabis, soit d’origine exotoxique et due à la consommation régulière de cannabis ne faisait pas obstacle à ce que soit reconnue l’existence d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli le discernement de M. Z... ou le contrôle de ses actes, puisqu’aucun élément du dossier d’information n’indiquait que sa consommation du cannabis eût été effectuée avec la conscience que cet usage de stupéfiants pût entraîner une telle bouffée délirante, la chambre de l’instruction qui n’a ainsi pas constaté que l’auteur des faits avait consommé des stupéfiants sans avoir conscience des effets susceptibles d’abolir son discernement n’a pas caractérisé l’abolition de son discernement et a ainsi violé les articles 122-1 du code pénal et 706-125 du code de procédure pénale ;</p><p>5°/ qu’en retenant l’existence de charges suffisantes de commission des faits à raison de l’appartenance de la victime à la religion juive ce dont il résultait que l’auteur des faits avait conscience de donner à son acte un mobile antisémite tout en jugeant néanmoins l’existence d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes, la chambre de l’instruction n’a pas légalement justifié sa décision et ainsi violé les articles 122-1 du code pénal, 706-120 et 706-125 du code de procédure pénale ;</p><p>6°/ qu’en tout état de cause, en retenant, d’une part, que les déclarations de M. Z... disant qu’il s’était senti plus oppressé à cause de la torah et du chandelier, qu’il pensait que le démon était Mme X..., associées aux cris qu’il avait poussés « Allah Akbar, c’est le sheitan, je vais la tuer », « j’ai tué le sheitan », « j’ai tué un démon » et aux constatations expertales selon lesquelles la conscience qu’il avait eue du judaïsme de Mme X... avait associé cette dernière au diable et avait déclenché le déchainement de violence contre elle constituaient des charges suffisantes de commission des faits à raison de l’appartenance de la victime à la religion juive, tout en jugeant, d’autre part, qu’il n’existe pas de doute sur l’existence, chez M. Z..., au moment des faits, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes, la chambre de l’instruction s’est contredite, privant ainsi sa décision de tout motif en violation de l’article 593 du code de procédure pénale. »<br /></p><p>Réponse de la Cour<br /></p><p>21. Les moyens sont réunis.</p><p>22. Pour dire qu’il existe des charges suffisantes contre M. Z... d’avoir arrêté, enlevé, détenu ou séquestré la famille P..., et donné la mort à Mme X..., l’arrêt énumère les éléments matériels réunis contre l’intéressé, constitués de ses déclarations, des constatations expertales et des différents témoignages recueillis.</p><p>23. Les juges retiennent également que les déclarations de M. Z..., disant qu’il s’était senti plus oppressé après avoir vu la torah et le chandelier, et qu’il pensait que le démon était Mme X..., jointes aux témoignages indiquant l’avoir entendu crier « Allah Akbar, c’est le sheitan, je vais la tuer », puis « j’ai tué le sheitan » et « j’ ai tué un démon », et aux constatations des experts selon lesquelles la connaissance du judaïsme de Mme X... a conduit la personne mise en examen à associer la victime au diable, et a joué un rôle déclencheur dans le déchaînement de violence contre celle-ci, constituent des charges suffisantes de commission des faits à raison de l’appartenance de la victime à la religion juive.</p><p>24. Pour dire que le discernement de la personne mise en examen était aboli au moment des faits, l’arrêt relève que le récit de M. Z..., corroboré par celui des membres de sa famille et de la famille P..., montre que ses troubles psychiques avaient commencé le 2 avril 2017, et ont culminé dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, dans ce que les experts psychiatres ont décrit de manière unanime comme une bouffée délirante.</p><p>25. Les juges relèvent que seul le premier expert saisi a estimé qu’en dépit du caractère indiscutable du trouble mental aliénant, le discernement de M. Z... ne pouvait être considéré comme ayant été aboli, au sens de l’article 122-1, alinéa 1er, du code pénal, du fait de la consommation volontaire et régulière de cannabis ; que le deuxième collège d’experts a estimé que la bouffée délirante s’est avérée inaugurale d’une psychose chronique, probablement schizophrénique et que ce trouble psychotique bref a aboli son discernement, que l’augmentation toute relative de la prise de cannabis s’est faite pour apaiser son angoisse et son insomnie, prodromes probables de son délire, ce qui n’a fait qu’aggraver le processus psychotique déjà amorcé ; que le troisième collège d’experts a estimé que le sujet a présenté une bouffée délirante caractérisée d’origine exotoxique orientant plutôt classiquement vers une abolition du discernement au sens de l’article 122-1, alinéa 1er, du code pénal, étant précisé qu’au moment des faits son libre arbitre était nul et qu’il n’avait jamais présenté de tels troubles antérieurement.</p><p>26. Les juges ajoutent que la circonstance que cette bouffée délirante soit d’origine exotoxique et due à la consommation régulière de cannabis, ne fait pas obstacle à ce que soit reconnue l’existence d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes, puisqu’aucun élément du dossier d’information n’indique que la consommation de cannabis par l’intéressé ait été effectuée avec la conscience que cet usage de stupéfiants puisse entraîner une telle manifestation.</p><p>27. Ils concluent qu’il n’existe donc pas de doute sur l’existence, chez M. Z..., au moment des faits, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes.</p><p>28. En l’état de ces énonciations, déduites de son appréciation souveraine des faits et des preuves, la chambre de l’instruction a, sans insuffisance ni contradiction, et en répondant aux chefs péremptoires des conclusions dont elle était saisie, exposé les motifs pour lesquels elle a déclaré, d’une part, qu’il existait à l’encontre de M. Z... des charges d’avoir commis les faits reprochés, d’autre part, qu’il était irresponsable pénalement en raison d’un trouble psychique ou neuro-psychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes au moment des faits.<br /></p><p>29. En effet, les dispositions de l’article 122-1, alinéa 1er, du code pénal, ne distinguent pas selon l’origine du trouble psychique ayant conduit à l’abolition de ce discernement.</p><p>30. Les moyens doivent, en conséquence, être rejetés.</p><p>PAR CES MOTIFS, la Cour :<br /></p><p>REJETTE les pourvois ;</p><p>Président : M. Soulard<br />Rapporteur : M. Guéry<br />Avocat général : Mme Zientara-Logeay<br />Avocats : SCP Buk Lament-Robillot - SCP Piwnica et Molinié - SCP Spinosi<br /></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Fri, 16 Apr 2021 20:54:48 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Boualem Sansal. Des voix dans le désert. A propos de Sarah Halimi ( I )]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Boualem Sansal, abasourdi par l’arrêt de la Cour de Cassation, m’a confié ce matin ce qu’il écrivit concernant “l’Affaire Sarah Halimi”. Les mots de l’écrivain-lanceur d’alerte infatigable prennent encore plus de résonnance aujourd’hui.</p><p>Lisez…</p><p>“Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de France. Le pays est gangrené par l’islamisme qui l’a élu terre de djihad, il est martyrisé par le terrorisme, abîmé dans ses valeurs et son mode de vie, mais rien n’y fait, la France laïque et bêtement généreuse maintient la ligne, elle protège et promeut l’islam, cheval de Troie de l’islamisme, et honore grassement ceux-là, les agents de l’UOIF, du CFCM et autres groupuscules, qui se sont autoproclamés gouverneurs de l’islam de et en France. Quel formidable succès pour eux, en peu de temps ! Encore une marche ou deux et ils seront les maîtres du pays, de très méchants maîtres, de vrais daéchiens, on peut s’en douter.</p><p>Librement ou contraint et forcé, par opportunisme ou par bêtise, ou tout simplement à son insu, on ne sait trop, l’Etat français s’est inscrit dans cette division du travail. Il participe à sa manière et selon ses moyens au plan de conquête de la planète par la soumission islamique de ses habitants. Le point de non-retour n’est plus loin d’être atteint… mais peut-être a-t-il été franchi puisque tout va à son rythme, fervent et violent.</p><p>L’antisémitisme français traditionnel qui avait reflué dans les marges obscures de la société reprend du poil de la bête à la faveur de la montée vertigineuse de l’antisémitisme islamique. Quand l’orage est là, les vents soufflent tous dans la même direction.</p><p>L’antisémitisme islamique, c’est de la haine pure, une obligation dogmatique conforme, rémunérée par des jouissances suprêmes, mais c’est aussi de la politique, des affaires. A ce train, il deviendra rapidement la valeur centrale de la France, sa colonne vertébrale. Il l’est dans certaines enclaves où on ne vit plus que dans et par la haine bienheureuse du juif.</p><p>L’assassinat de Sarah Halimi s’inscrit dans ce cadre d’évolution. Sa mort était en quelque sorte programmée. La France étant élue terre de djihad, il y a comme une fatwa naturelle sur la tête de tous les juifs de ce pays. Il y a eu les clients de l’Hyper casher à Paris, les enfants de l’école Ozar Atorah à Toulouse, Ilan Halimi à Bagneux, c’était le tour de Sarah Halimi, et demain d’autres seront la cible de l’antisémitisme islamique. Un jour, il y aura des massacres de masse, préfigurant ce à quoi beaucoup rêvent : la grande extermination finale.</p><p>Le rêve est déjà là, implanté, il travaille les esprits. La France ne le voit pas, elle refuse de comprendre qu’en la matière le rêve fait partie de la réalité, il la conçoit, l’annonce, la magnifie, l’organise, la fructifie.</p><p>Mais voilà, la France n’a jamais été très forte pour voir arriver les tempêtes. Quand elle décille, elle est déjà sinistrée, jetée sur les routes de la défaite.</p><p>Revenons à notre pauvre Sarah Halimi pour voir que dans cette affaire, il n’y a pas que l’antisémitisme islamique. Il y a la bêtise, l’aveuglement, l’entêtement, la lâcheté, la méchanceté au quotidien.</p><p>Un jeune musulman tenté par le djihad de quartier entre nuitamment chez elle par le balcon des voisins, la bat, puis prenant plaisir à la chose, la torture longuement, puis soudainement lassé la défénestre au cri de « Allah akbar ! ».</p><p>Soit dit en passant, Allah akbar n’est pas Allah est grand comme on le traduit en France, mais Allah est le plus grand, akbar est un superlatif. Les anglais qui sont de meilleurs traducteurs disent Allah the greatest. Cela veut dire qu’une sentence émise par Allah, via le coran, ne peut jamais être révoquée que par lui, aucune puissance au monde ne lui est égale ou supérieure.</p><p>Les représentants autoproclamés des musulmans et du culte musulman en France n’ont rien dit et ne disent rien. La France officielle, pareille, elle ne dit rien. Deux silences indifférents… coupables… complices.</p><p>La juge chargée d’instruire l’affaire ne voit apparemment que d’un œil, elle a refusé de qualifier le crime dans toutes ses dimensions. Elle y voyait simplement un homicide volontaire. Bon sang, on le lui a répété, c’est un abominable crime antisémite, il y a eu assassinat, séquestration, torture, barbarie, le tout au nom Allah. Mieux, elle s’est persuadée que le meurtrier était un peu dérangé sur les bords, qu’il était malade, qu’il a agi sous l’effet de la drogue, et l’a envoyé se reposer à l’hôpital. De son côté, la police n’a pas cherché très loin, elle a tellement à faire par ailleurs.</p><p>Les semaines et les mois passent. La famille est au désespoir. Des voix hurlent dans le désert. Des gens se mobilisent, des intellectuels, des écrivains, des amis. Qui les entend, qui les écoute ? Personne. L’affaire est une affaire crapuleuse et doit le rester. On ne va pas stigmatiser la religion de paix et de tolérance et faire des amalgames pour si… pour un banal homicide commis par un débile mental, drogué et oisif. Le parquet finit quand même par s’émouvoir et prie le juge d’instruction de revoir sa copie. Et là, le miracle se produit ou tout simplement la raison l’emporte : la juge reconnaît que le crime a un caractère antisémite. Il reste à souhaiter qu’elle le considère comme un facteur indiscutablement aggravant.</p><p>On en est là en France, on gère ces affaires et les dossiers afférents comme on gère des contentieux administratifs, et ainsi l’antisémitisme est en voie de retrouver le chemin de la banalité et de la petite bureaucratie qui lui a si bien réussi en d’autres temps.</p><p>Cette affaire a une autre dimension qui me terrifie. J’y vois l’expression d’un antisémitisme que je qualifierais de fondamental : tuer un juif c’est bel et bon mais tuer une juive c’est déjà un beau génocide, l’assassin coupe ainsi à la racine, car c’est par la mère, par la femme, que la judéité se transmet. En la torturant et en la défénestrant, il ne fait pas que prendre son pied, il la châtie pour avoir transmis le sang juif à des enfants. Les femmes juives sont doublement en danger.</p><p>Reculer sur cette affaire, se taire, c’est très directement se comporter en complices des Merah, des Coulibaly, des Fofana, et pis de ceux qui les arment aux plans religieux et idéologique et leur désignent les cibles. La justice en la matière est de punir sévèrement le coupable matériel, de dénoncer les maîtres à penser mais aussi et surtout d’agir fermement pour faire reculer l’idéologie qui fabrique aujourd’hui de l’antisémitisme au grand jour, en masse, et en toute légitimité.”</p><p>Boualem Sansal</p><p>Alger, janvier 2018</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Fri, 16 Apr 2021 05:30:33 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Le miracle de l’hydrogène sera-t-il un cauchemar ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Pendant qu’en France une maire écolo déclenche un scandale en réduisant la subvention d’un aéroclub, que l’on débat de la viande dans les cantines et de la voiture en ville, l'Allemagne travaille à sa révolution énergétique. Vous avez aimé le pétrole ? Vous allez adorer l’hydrogène !</p>
<p xmlns="" class="article_paragraphe">L’écologie ne mérite pas ça.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Ni d’être représentée par une élue assez niaise pour commenter d’un stupide « l’aérien ne doit plus faire partie des rêves d’enfants d’aujourd’hui » le légitime transfert d’une partie des subventions aux aéroclubs de sa ville vers des associations sportives asphyxiées par le Covid.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Ni d’être accusée de vouloir « interdire, punir, faire payer, freiner l’innovation, détruire les filières d’excellence industrielle comme le nucléaire et l’aéronautique, s’en prendre aux rêves des enfants… » Et pourquoi pas de les cuisiner avec du quinoa ?</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">On débat de broutilles, on s’amuse et pendant ce temps, on ne parle de rien.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Et surtout pas de notre plan hydrogène à 7 milliards d’euros. Plan qui suit, c’est le mot, une semaine plus tard et un cran en dessous, celui de l'Allemagne à 9 milliards.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe"> </p>
<p>Le jus d’éolienne, c’est mieux que le sirop de dinosaure</p>
<p xmlns="" class="article_paragraphe">L’hydrogène, je vous le fais court, c’est la nouvelle énergie miracle, le H2 de H2O, le gaz inépuisable qui se fabrique par électrolyse de l’eau, dont on remplira nos réservoirs le temps de boire un café, pour alimenter en électricité, via une pile à combustible et par le prodige de l’électrolyse inversée, les moteurs électriques de nos irremplaçables voitures, innombrables camions et indispensables avions. Et cela, en n’émettant que de la vapeur d’eau.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Un hydrogène que l’on pourra produire partout sur terre, à toute petite ou à immense échelle, avec des électrolyseurs reliés à des panneaux solaires et des éoliennes et qui permettra, en se passant de <a class="article_lien" onclick="return xt_click(this, 'C',xtn2,id_context+'::'+id_page+'::CoeurArticle_Lien_XTC', 'N');" href="https://www.caradisiac.com/theme--charbon/">charbon</a>, de <a class="article_lien" onclick="return xt_click(this, 'C',xtn2,id_context+'::'+id_page+'::CoeurArticle_Lien_XTC', 'N');" href="https://www.caradisiac.com/theme--petrole/">pétrole</a> et de gaz, de vaincre le <a class="article_lien" onclick="return xt_click(this, 'C',xtn2,id_context+'::'+id_page+'::CoeurArticle_Lien_XTC', 'N');" href="https://www.caradisiac.com/theme--rechauffement-climatique/">réchauffement climatique</a> à la force du vent et du soleil. Avouez que le jus d’<a class="article_lien" onclick="return xt_click(this, 'C',xtn2,id_context+'::'+id_page+'::CoeurArticle_Lien_XTC', 'N');" href="https://www.caradisiac.com/theme--energie-eolienne/">éolienne</a>, ça en jette plus que le sirop de dinosaure.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Bref, oubliez la ringarde <a class="article_lien" onclick="return xt_click(this, 'C',xtn2,id_context+'::'+id_page+'::CoeurArticle_Lien_XTC', 'N');" href="https://www.caradisiac.com/actualite--ecologie--electricite/">voiture électrique</a> à batterie, on a trouvé mieux : la voiture électrique à pile à combustible.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Et vous savez quoi, on a appris mercredi que d’ici 2050, l’hydrogène sera 85 % moins cher qu’aujourd’hui - soit à 1 $ le kilo, moins cher que la limonade ! - grâce à la baisse des coûts de l’électricité solaire.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">C’est Bloomberg qui l’annonce, des gens sérieux qui ne savent pas si le prix du pétrole explosera ou s’effondrera la semaine prochaine mais qui connaissent trente ans à l’avance celui d’une énergie qui n’existe pas, l’hydrogène vert.</p>
<p><a class="imageClic" href="https://images.caradisiac.com/images/9/3/4/6/189346/S0-le-miracle-de-l-hydrogene-sera-t-il-un-cauchemar-669548.jpg" data-target="#clicImage" data-toggle="modal" data-linkbigimage="https://images.caradisiac.com/images/9/3/4/6/189346/S8-le-miracle-de-l-hydrogene-sera-t-il-un-cauchemar-669548.jpg" data-linkfullimage="https://images.caradisiac.com/images/9/3/4/6/189346/S0-le-miracle-de-l-hydrogene-sera-t-il-un-cauchemar-669548.jpg" data-titleimage="Le miracle de l’hydrogène sera-t-il un cauchemar ?"></a></p>
<p xmlns="" class="article_paragraphe">Car au fait, l’hydrogène d’aujourd’hui, celui que l’on utilise dans le raffinage du pétrole, la chimie, la production d’engrais, il s’obtient par cracking du méthane (CH4), en séparant les atomes H des atomes C. C’est-à-dire en rejetant dans l’atmosphère d’énormes quantités de C02, précisément 10 000 grammes de C02, soit 80 km en voiture moyenne, pour un petit kilo de « H » produit. C’est l’hydrogène gris qui, en France, représente environ 3 % des émissions de C02, plus que le vilain transport aérien.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Mais demain, promis, on le produira proprement, à partir des excédents d’électricité de nos éoliennes et de nos panneaux solaires. Vous savez, quand le soleil brille et que le vent souffle mais que ce n’est pas encore l’heure de mettre le poulet au four ou les enfants au bain.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">On nous prend vraiment pour des cornichons.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe"> </p>
<p>Vers le panzer à hydrogène ?</p>
<p xmlns="" class="article_paragraphe">En vérité, il ne s’agit pas de sauver la planète du réchauffement climatique mais plus trivialement d’assurer les positions économiques de l’Europe dans l’après pétrole-gaz-charbon.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Puisque l’Asie en général et la Chine en particulier ont pris trois longueurs d’avance sur les batteries, il nous faut la technologie d’après, celle qui sauvera notre autonomie économique et stratégique.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">La grande Allemagne a décrété que ce serait l’hydrogène. Was sonst ? (what else ?)</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Côté français, on était bien tenté par le nucléaire nouvelle génération, la sobriété énergétique, l’isolation du bâti, le renouveau du ferroviaire et autres machins sympas, mais le cousin germain a dit « nein, trop petit, on change tout ! ».</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Dans ces cas-là, vous l’aurez noté, la France suit le mouvement et les voisins du Sud regardent leurs chaussures d’un air gêné.</p>
<p><a class="imageClic" href="https://images.caradisiac.com/images/9/3/4/6/189346/S0-le-miracle-de-l-hydrogene-sera-t-il-un-cauchemar-669551.jpg" data-target="#clicImage" data-toggle="modal" data-linkbigimage="https://images.caradisiac.com/images/9/3/4/6/189346/S8-le-miracle-de-l-hydrogene-sera-t-il-un-cauchemar-669551.jpg" data-linkfullimage="https://images.caradisiac.com/images/9/3/4/6/189346/S0-le-miracle-de-l-hydrogene-sera-t-il-un-cauchemar-669551.jpg" data-titleimage="Le miracle de l’hydrogène sera-t-il un cauchemar ?"></a></p>
<p xmlns="" class="article_paragraphe">Va donc pour le plan hydrogène, la voiture à hydrogène, le camion et l’autobus à hydrogène, l’avion à hydrogène, la moto à hydrogène et aussi, tiens, le panzer à hydrogène…</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Oui, je sais, le cliché du panzer, ce n’est pas très gentil, mais je n’ai pas envie d’être gentil.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Méchant non plus, alors va pour l’ironie qui me vient spontanément pour décrire les prouesses environnementales de nos chers voisins.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Car si la France se targue d’avoir imaginé l’écologie scientifique, l'Allemagne a inauguré avec ses Grünen l’écologie politique qui pèse beaucoup plus lourd dans les urnes et dans les gouvernements que celle de nos petits chamailleurs d’EELV.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Jusqu’à faire renoncer Angela Merkel à son industrie nucléaire quand une centrale japonaise construite au raz des flots se fait inonder - dramatique mais prévisible - par une grosse vague. Les centrales allemandes n’étaient à la merci ni d’un tremblement de terre ni d’un tsunami mais de la trouille d’un peuple.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Qu’elle soit fondée ou pas n’est pas le sujet.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Le sujet est que ce putatif péril a été, au nom de l’environnement, remplacé par une nuisance certaine, celle des centrales à charbon, le pire des combustibles fossiles. Alors que l’Europe s’inquiétait des poumons de ses citoyens et du réchauffement de la planète, l’écologiste allemand aura réussi cette performance : remettre dans le ciel du XXIe siècle les fumées du XIXe siècle. Et faire la leçon à une France qui émet deux fois et demie moins de gaz à effet de serre qu’elle.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Heureusement, à la même époque, il eut une idée géniale qui traversa le Rhin et conquit Paris : bannir les vieilles voitures des villes.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe"> </p><p xmlns="" class="article_paragraphe"> </p>
<p>En vrai, l’hydrogène, ce n’est pas appétissant</p>
<p xmlns="" class="article_paragraphe"> Je pourrais aussi ironiser sur la religion de la grosse voiture lourde et puissante, le culte de la vitesse libre, le trucage délibéré des systèmes de dépollution ou l’invention du contrôle technique - meilleur moyen de faire tourner les usines quand le client en a marre d’acheter.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Et maintenant le moteur à hydrogène dont l'Allemagne veut (et donc, va) nous faire prendre le train.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Attention, j’ai un peu enjolivé la promesse au deuxième paragraphe. En vrai, c’est moins appétissant.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">D’abord, l’hydrogène ce n’est pas une énergie, mais un vecteur d’énergie, un moyen de stocker l’autre grand vecteur d’énergie qu’est l’électricité.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Sachant qu’il faut deux kilowatts d’électricité pour produire l’équivalent hydrogène d’un seul qui à la sortie de la pile à combustible, n’en restitue qu’un demi, l’efficacité n’est pas folichonne. C’est qu’il faut non seulement électrolyser, mais aussi comprimer très fortement et enfermer pour le transporter ce gaz volatil dont la molécule à deux minuscules atomes ne demande qu’à rejoindre l’univers. Des fuites très ennuyeuses car de l’hydrogène qui s’égare, c’est de l’eau terrestre perdue à jamais, pas simplement gaspillée au robinet.  </p><p xmlns="" class="article_paragraphe">On débattra ailleurs de la comparaison avec le rendement global d’un moteur électrique à batterie, une chose est sûre, les quantités d’électricité nécessaires pour produire assez d’hydrogène pour remplacer les combustibles fossiles sont vertigineuses.  </p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Car dans la vision allemande, il ne s’agit pas d’alimenter quelques flottes d’autobus et parcs de camionnettes ou de dépolluer un peu l’industrie avec de l’hydrogène issu de l’électricité non consommée des parcs éoliens et solaires. Ça, c’est du bricolage à la française ; le plan de l’Allemagne ne vise rien moins qu’à remplacer à la fois le charbon de sa sidérurgie, l’hydrogène gris de sa chimie, le pétrole de son transport routier, une partie de son gaz de chauffage et ce qu’il lui reste de nucléaire.  </p>
<p>3 000 000 de camions à hydrogène = 427 réacteurs nucléaires</p>
<p xmlns="" class="article_paragraphe">Donnons un ordre de grandeur avec le projet européen qui consiste à faire rouler sur le continent, d’ici 2030, cent mille camions à pile à combustible alimentée par hydrogène. Le transport routier est prioritaire car se prêtant très mal à l’alimentation par batteries, chaque camion devant en embarquer des tonnes qui coûteraient une fortune et prendraient la place du fret.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Selon des chercheurs de l’Atelier d’écologie politique mandatés par le site Reporterre, ce simple projet nécessitera, pour alimenter leurs piles à combustible, d’y consacrer 910 km2 de panneaux solaires – huit fois la surface de Paris ou 15 réacteurs nucléaires.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Et cela pour 100 000 camions…</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Il y en a trois millions en Europe. Tous les équiper d’une pile à combustible  – oublions l’industrie, nos voitures et tout le reste - supposerait de recouvrir l’équivalent de la Bretagne de panneaux. Ou de leur consacrer 427 réacteurs nucléaires, soit huit fois ceux dont la France dispose encore.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Et cela pour le seul remplacement du gazole du seul transport routier de marchandise…</p><p xmlns="" class="article_paragraphe"> </p>
<p>Planter des éoliennes dans des champs de panneaux solaires entre deux centrales nucléaires…</p>
<p xmlns="" class="article_paragraphe">Admettons que nos chercheurs écolos aient un peu voire beaucoup grossi le trait et que la surface du Limousin ou 300 centrales y suffiraient, il reste néanmoins évident que l’hydrogène nécessaire au remplacement du pétrole, du gaz et du charbon, même à l’échelle de la seule Allemagne, ne sera pas au rendez-vous, quand bien même on planterait des éoliennes en rangs serrés dans des champs de panneaux solaires entre deux centrales nucléaires et jusqu’aux fins fonds de la Poméranie antérieure. A moins que… A moins que… - à ce stade je ne sais s’il s’agit de colossale dinguerie ou d’une illustration de l’audace et du formidable dynamisme allemand – à moins disais-je que cet hydrogène ne soit produit dans des pays disposant à la fois d’immenses surfaces inexploitées et d’un fort ensoleillement.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Comme l’Amérique du Sud, et surtout l’Afrique, continent où la diplomatie et l’industrie allemandes s’activent ces temps-ci à nouer des partenariats et à acheter des concessions en vue d’implanter champs solaires géants et méga-centrales hydroélectriques.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Le projet consiste à importer ensuite de ces pays, par pipeline jusqu’à la Ruhr et par tankers jusqu’à Hambourg, l’hydrogène produit sur place.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Si vous ne trouvez pas cela prodigieux (ou démentiel), je souligne juste qu’il n’y a pas si longtemps – dix ans – il était impossible de conserver plus d’une semaine vingt kilos d’hydrogène dans le plus sophistiqué et hermétique des réservoirs avant qu’il ne s’enfuie.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Là, on envisage sans frémir de le transporter en bateau et dans des tuyaux. Mais sans doute  « impossible » n’est-il pas allemand.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Ah, j’oubliais : tout ceci se ferait (je n’ose pas employer le futur, ça me fiche la trouille) dans le plus grand respect de l’environnement, de la faune et de la flore, sans sacrifier de terres agricoles ni de ressources en eau vitales pour les populations locales, natürlich !</p><p xmlns="" class="article_paragraphe"> </p>
<p><a class="imageClic" href="https://images.caradisiac.com/images/9/3/4/6/189346/S0-le-miracle-de-l-hydrogene-sera-t-il-un-cauchemar-669550.jpg" data-target="#clicImage" data-toggle="modal" data-linkbigimage="https://images.caradisiac.com/images/9/3/4/6/189346/S8-le-miracle-de-l-hydrogene-sera-t-il-un-cauchemar-669550.jpg" data-linkfullimage="https://images.caradisiac.com/images/9/3/4/6/189346/S0-le-miracle-de-l-hydrogene-sera-t-il-un-cauchemar-669550.jpg" data-titleimage="Le miracle de l’hydrogène sera-t-il un cauchemar ?"></a></p>
<p xmlns="" class="article_paragraphe"> </p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Et donc, disions-nous au tout début de l’article, nos rigolos d’écolos franchouillards qui nous demandent de manger un peu moins de viande, de jeter moins de plastique, de davantage prendre le train et moins l’avion, de rouler plus à vélo et moins en auto, seraient de grands utopistes, de doux dingues, de grands malades, de futurs dictateurs ?</p><p xmlns="" class="article_paragraphe">Moi, finalement, je  les trouve assez raisonnables.</p><p xmlns="" class="article_paragraphe"> </p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Fri, 16 Apr 2021 05:25:39 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Accrochage verbal entre ministres turc et grec lors d&#039;une conférence de presse à Ankara]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Le ministre des affaires étrangères turc, Mevlut Cavusoglu, et son homologue grec, Nikos Dendias, se sont notamment opposés devant les caméras sur les frontières maritimes, les migrants et le traitement des minorités.</p><p class="fig-paragraph">Un accrochage verbal acrimonieux a opposé jeudi les ministres turc et grec des Affaires étrangères, qui ont publiquement étalé leurs divergences sur plusieurs dossiers lors d'une conférence de presse à Ankara.</p><p class="fig-body-link">À lire aussi :<a class="fig-body-link__link fig-premium-mark" href="https://www.lefigaro.fr/international/la-france-reaffirme-son-soutien-a-la-grece-face-a-la-turquie-d-erdogan-20210323" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">La France réaffirme son soutien à la Grèce face à la Turquie d’Erdogan</a></p><p class="fig-paragraph">Le Turc Mevlut Cavusoglu et Grec Nikos Dendias se sont notamment opposés devant les caméras sur les frontières maritimes, les migrants et le traitement des minorités lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à Ankara du ministre grec censée pourtant consolider le dialogue entamé par les deux pays pour résoudre leurs contentieux. «Si vous portez de telles accusations lourdes contre mon pays et mon peuple, je suis obligé d'y répondre», a fulminé Melvut Cavusoglu, visiblement excédé par des déclarations de son homologue grec.</p>
<p>Des propos «inacceptables»</p>
<p class="fig-paragraph">Nikos Dendias a notamment critiqué les activités turques en mer Égée et en Méditerranée orientale et ce qu'il considère comme une application déficiente de la part d'Ankara d'un accord sur les migrants avec l'Union européenne. «La position de la Grèce est claire et ce n'est pas la première fois que vous l'entendez: la Turquie a violé en mer Égée et à la Méditerranée orientale le droit international et la convention (internationale) de la mer et les droits même souverains de la Grèce, la Turquie a effectué 400 vols au-dessus du sol grec», a-t-il déclaré.</p><p class="fig-paragraph">Sur le dossier des migrants, Melvut Cavusoglu s'est défendu en affirmant que la Turquie s'était comportée d'une «manière décente» et accusé Athènes d'avoir «refoulé 80.000 personnes lors des quatre dernières années». Il a en outre affirmé que les activités d'Ankara en Méditerranée orientale visaient à «protéger les intérêts de la Turquie et des Chypriotes-turcs». «Nous avons nos divergences sur ces sujets mais si vous venez ici pour accuser la Turquie alors que nous avions convenu de discuter de ces dossiers, je suis obligé de répondre», a-t-il ajouté, qualifiant à plusieurs reprises les propos de son homologue grec d'«inacceptables».</p><p class="fig-body-link">À lire aussi :<a class="fig-body-link__link fig-premium-mark" href="https://www.lefigaro.fr/histoire/grece-turquie-la-guerre-de-mille-ans-20201116" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">Grèce-Turquie: la guerre de mille ans</a></p><p class="fig-paragraph">Les tensions entre les deux pays voisins et membres de l'Otan, aux relations historiquement délicates, se sont aggravées ces dernières années en raison notamment de forages gaziers effectués par la Turquie dans des eaux grecques en Méditerranée orientale. Leurs relations sont aussi empoisonnées par des griefs réciproques sur le traitement des minorités musulmane en Grèce et orthodoxe en Turquie, ainsi que par la gestion des flux migratoires aux frontières terrestres et maritimes des deux pays. Dans ce contexte, des responsables grecs et turcs ont repris cette année des discussions «exploratoires» afin d'aplanir certains de leurs différends.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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