<?xml version='1.0'?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" >
<channel>
	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/all?offset=670</link>
	<atom:link href="https://ememiom.fr/iom/blog/all?offset=670" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<description><![CDATA[]]></description>
	
	<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/425/pourquoi-le-perfectionnisme-est-lennemi-de-la-productivite</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 22:03:28 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/425/pourquoi-le-perfectionnisme-est-lennemi-de-la-productivite</link>
	<title><![CDATA[Pourquoi le perfectionnisme est l&#039;ennemi de la productivité]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="p1 infos">Republication du 1er mars 2019</p><p class="p1 lettrine">Le perfectionnisme n’est pas une conscience morale visant à bien travailler. Ce n’est pas le plaisir du travail bien fait. Le perfectionnisme est l’incapacité totale à fixer des limites réalistes et sensées à notre travail de peur de se sentir mal.</p><p class="p1">Le perfectionniste travaille beaucoup, afin de confirmer sa valeur, de se prouver qu’il vaut quelque chose. Le perfectionniste ne sait pas travailler normalement car pour lui, cela signifie mauvais travail. Et mauvais travail veut dire échec. L’échec est inacceptable pour lui. Que vont penser les autres ?</p><p class="p1">Le perfectionnisme est donc une tentative de ne jamais se retrouver nez à nez avec son estime de soi qui est donc souvent peu élevée. L’estime de soi est la valeur que l’on se porte, c’est l’opinion de soi-même. Plus elle est élevée, plus <a href="https://www.maddyness.com/2019/01/04/confiance-en-soi/" target="_blank" rel="noopener">on se fait confiance</a>. Moins elle l’est, plus le regard des autres prend de la place. Et le regard des autres ne doit pas diriger vos choix, ni la gestion de votre temps et priorités.  Par souci de perfectionnisme on peut avoir tendance à négliger ce qui est vraiment important comme tâche pour avancer vers ses objectifs. Et même s’oublier soi-même, ou oublier ses proches.</p><p class="p1">Les 2P : le peureux et le perfectionniste. Ils ont un point en commun. Ils attendent d’être prêts, que tout soit parfait pour se lancer. Du coup, ils ne se lancent jamais ou trop tard ! Que de regrets… et de « j’aurais dû »…</p>
<p>Il faut accepter que la perfection n’existe pas</p>
<p class="p1">La perfection est un concept qui n’existe pas. Elle est seulement dans les intentions. Le monde bouge, les besoins des consommateurs sont mouvants, donc ce qui est parfait pour vous ne le sera pas forcément dans six mois. Et puis, vous trouverez toujours une personne qui vous dira que votre travail, les couleurs de votre site nouveau site web auraient pu être mieux. On peut toujours améliorer un produit, et on peut aussi s’améliorer soi-même par la connaissance de soi. De même, j’entends souvent « je cherche l’homme ou la femme parfaite ». J’ajoute tout le temps les mots « parfait·e pour vous ». C’est-à-dire qu’elle vous correspond, avec ses qualités et ses défauts, à l’instant T. Car nos envies et nos goûts peuvent aussi évoluer…</p><p class="p1">Le perfectionnisme a donc une conséquence majeure. Il vous ralentit dans l’exécution des tâches vraiment importantes pour progresser vers vos objectifs professionnels ou personnels.</p><p class="p1">« Quand j’ai une tâche importante à donner, je la donne toujours à des personnes paresseuses. Parce qu’elles trouvent des solutions plus rapidement que les perfectionnistes. Elles vont à l’essentiel. »</p><p>Bill Gates</p>
<p>Quelles solutions pour sortir du perfectionnisme ?<br />Remplacer perfectionnisme par « faire de son mieux » et vous lancer</p>
<p class="p1">C’est ce que j’appelle la confiance en soi, cette capacité à se lancer malgré les doutes et les incertitudes. Les retours clients sur un produit vous feront davantage gagner de temps ! Alors acceptez les doutes et faites confiance à votre capacité à faire face à ce qui va arriver. Vous avez survécu à combien de journées « pourries » ? Toutes, puisque vous lisez cet article. Tout va bien se passer…</p>
<p>Tolérer l’échec et devenir patient</p>
<p class="p1">L’échec est la première étape de la réussite. Un enfant échoue 2000 fois avant de marcher. Vous avez tenté combien de fois de faire du vélo avant de réussir ? Le perceviez-vous comme un échec ? </p><p class="p1">Pour arriver à changer votre perception de l’échec, reprenez ce que vous pensez être un échec dans votre vie, et observez ce que cela vous a permis de développer comme qualités, que vous n’auriez pas eues sans cet « échec ». Toute réussite n’est pas immédiate, alors vous devez apprendre à devenir patient.</p>
<p>Arrêter avec le regard des autres</p>
<p class="p1">La vraie liberté est cette capacité qu’ont les enfants à être insouciants et dans l’instant présent. Ils ne se disent pas « que vont penser les autres si je dis ou je fais ci ou ça ». C’est un choix. Observez les conséquences du regard des autres sur votre vie actuelle (professionnelle, argent, carrière, amour, amis, corps). Puis, quelles auraient été les différences si vous n’aviez pas tenu compte de celui-ci ?</p>
<p>Diminuer les horaires afin de ne pas faire 13 mois en 12</p>
<p class="p1">Savez-vous que selon une étude d’Harvard 47% du temps éveillé, nous ne sommes pas concentrés sur ce que nous faisons. Divertis par nos pensées, les notifications mails, les discussions peu importantes…</p><p class="p1">Ayez bien en tête ce qui est prioritaire pour vous pour l’année à venir en clarifiant vos 2 à 3 tops objectifs. Puis développer le focus et la pleine conscience. Interrogez-vous dès que vous faites quelque chose en vous demandant :« est-ce que ce que je fais est important pour me rapprocher de mes 2-3 objectifs ». Si tel est le cas, continuez, sinon changez votre focus, c’est-à-dire là où vous mettez votre attention, votre temps et votre énergie.</p>
<p>S’affirmer et apprendre à dire non</p>
<p class="p1">L’affirmation de soi est cette capacité à exprimer ses opinions de façon ni passive ni agressive. Elle permet de savoir dire non aux autres. Pour la développer, il est important d’avoir de l’estime pour soi. On a tendance à naturellement se sous-estimer. Pour l’améliorer, listez vos 5 qualités principales, 5 compétences principales, 5 accomplissements dans votre vie. Puis, interrogez votre entourage en leur posant ces questions. « Quels sont selon toi mes 5…. »</p>
<p>Se fixer des limites et des deadlines</p>
<p class="p1">Il faut apprendre à se dire non à soi aussi. Car l’on est son pire ennemi. Pour cela mettez-vous des limites. Rappelez-vous quand on vous demande en urgence de livrer un projet ou effectuer une tâche pour « ce soir ». Vous y arrivés ! Car vous allez à l’essentiel. C’est tout l’intérêt de se fixer des dates limites à l’exécution d’une tâche.</p>
<p>Placer la barre moins haute.</p>
<p class="p1">Par exemple, au lieu de consulter 10 sites internet pour un projet, décidez de n’en consulter que 5.</p>
<p>Demander de l’aider et déléguer</p>
<p class="p1">C’est une illusion de croire que l’on peut y arriver seul.</p>
<p>Faire des to do list</p>
<p class="p1">Voir une trop longue to do list peut être effrayant et décourageant. Vous devez apprendre à l’écremer. C’est pourquoi, je vous invite à prendre un crayon et à colorer les 3 tâches principales que vous souhaitez effectuer chaque jour ou semaine. Ainsi, elles sortent du lot et rassurent votre cerveau quant à sa capacité à les accomplir. Il peut aussi se focaliser dessus.</p>
<p>Faire une « to me list »</p>
<p class="p1">Vous devez vous préserver, car le fait de se sentir bien est un moteur de la performance. Quel est votre niveau de confiance en vous, de créativité, d’audace quand vous êtes heureux. C’est pourquoi je vous invite à faire une « to me list » chaque jour. C’est-à-dire « qu’est-ce que je vais faire pour moi aujourd’hui ». Cela peut-être prendre 5 minutes pour aller discuter avec ses collègues comme s’autoriser à prendre 10 minutes pour méditer. Libre à vous, il faut une activité qui vous aide à avoir des émotions positives.</p><p class="p1 infos">François Thibault est le fondateur du cabinet FT Conseil, spécialisée dans la motivation, le développement personnel et la productivité.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/424/vers-une-mondialisation-enracinee-%E2%80%93-telegraph</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 22:02:16 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/424/vers-une-mondialisation-enracinee-%E2%80%93-telegraph</link>
	<title><![CDATA[Vers une &quot;mondialisation enracinée&quot; ? – Telegraph]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Poisson CHÈVRE</p>
<p>Source : <a href="https://www.lefigaro.fr/vox/societe/et-si-le-monde-d-apres-voyait-naitre-une-mondialisation-enracinee-20200409" target="_blank">Lefigaro.fr</a></p><p>Auteur : Louis Manaranche</p><p>Bio : Louis Manaranche est normalien, agrégé d'histoire. Il enseigne à l'université Paris-IV et écrit pour Le Figaro et Le Figaro vox. Il est président de Fonder demain, laboratoire d'idées indépendant né dans la foulée de la Manif pour tous.</p>
<p>Et si le monde d’après voyait naître une mondialisation... enracinée?</p>
<p>«Des dirigeants politiques et acteurs économiques pourtant chantres de la mondialisation libérale, ont admis questionner le fait que celle-ci soit, toujours, un bien en soi.»</p>
<p>FIGAROVOX/TRIBUNE - Cette crise devrait faire évoluer notre perception des échanges et notre rapport à la mobilité, argumente l’historien Louis Manaranche. Mais également accélérer le bouleversement des clivages politiques déjà en cours. </p>
<p>La grave crise sanitaire que nous vivons suscite d’innombrables réactions sur le «monde d’après». Il y a là un ressort bien naturel d’espérance qui permet de tenir dans des journées pour les uns trop pleines, pour d’autres tragiquement vides et pour d’autres enfin marquées par d’angoissantes maladies sur lesquelles plane l’ombre de la mort.</p><p>Les profondes réformes, voire les véritables révolutions, que doivent opérer nos sociétés occidentales opulentes semblent s’y révéler d’une urgence cruciale. La protection de l’environnement apparaît ainsi comme une des réponses à la fois aux origines de la pandémie, en particulier à travers la question de la protection des espèces animales, mais aussi à sa rapide propagation, dont les particules fines qui troublent l’horizon de nos métropoles seraient un accélérateur. Le temps de repos imposé à la planète permet a contrario de voir la faune s’épanouir au cœur même des villes et la pollution atmosphérique, de la Chine aux États-Unis, se réduire heureusement…</p><p>L’intensité des échanges de personnes, de biens et de capitaux, de caractéristique est mise en accusation.</p><p>De même, l’intensité des échanges de personnes, de biens et de capitaux, de caractéristique - certes contestée mais généralement admise - du progrès mondial hérité du dernier siècle est désormais globalement mise en accusation. On lui reproche ainsi d’avoir été une idole aveuglant les élites face au risque évident que ces échanges propageraient le mystérieux virus. De même, l’interdépendance, jadis célébrée comme un bien en soi, apparaît comme une limitation parfois mortelle de notre souveraineté et en particulier de notre autonomie productive.</p><p>La seconde remise en question est plus profonde que la première. En effet, tous étaient, quelle que soit leur volonté réelle de réagir et à l’exception de quelques irréductibles sceptiques, convaincus que «le sol se dérobait sous nos pas» pour reprendre la si éloquente expression de Bruno Latour. En revanche, des dirigeants politiques et des acteurs économiques, jusqu’alors chantres résolus de la mondialisation libérale, ont admis questionner le fait que celle-ci soit, toujours, un bien en soi. La question des conditions concrètes de la souveraineté est alors réapparue sur le devant de la scène.</p><p>De quoi ces remises en causes profondes sont-elles le signe annonciateur? Bien évidemment, il est trop tôt pour le dire et la situation sanitaire reste l’urgence. Néanmoins, quelques options apparaissent.</p><p>Un autre enjeu fondamental est celui du positionnement politique face à la mondialisation.</p><p>Cela concerne en premier lieu le rythme et l’importance des échanges. De nouvelles pistes sont explorées comme l’extension du télétravail pour une part non-négligeable des Français, en particulier parmi les catégories socio-professionnelles supérieures. Cela permet de ne pas multiplier les trajets, d’être davantage présent auprès de sa famille: en somme d’habiter sa domus. Associé à une consommation plus mesurée de produits plus locaux, ce recours au travail à distance semble ainsi être une piste de ré-enracinement qui redonne au local des énergies toutes entières consacrées jusqu’alors au global. Pour autant, un corollaire est à mentionner: l’invasion du numérique. Le télétravail suppose la connexion, de bonne qualité et constante. Ce que la sédentarité crée comme présence aux siens est aspiré par un cadre de travail qui peut toujours vous mobiliser, qui reste toujours auprès de vous: l’écran et ses injonctions. Cela a évidemment un coût social: la solitude concrète n’est que peu atténuée par ces artefacts et l’interaction incarnée que permet la machine à café, la pause-déjeuner ou encore le plus cool afterwork n’est plus. N’évoquons même pas ici la baisse de productivité consécutive. En ce qui concerne la question environnementale, l’avantage n’est guère plus évident. S’il est certain que les déplacements en voiture ou avion ont un impact considérable sur la planète, le coût écologique des data centers ou encore de l’extraction des métaux rares est à prendre en compte. Cela pose enfin, entre autres, des problématiques majeures en termes d’aménagement du territoire et de création d’un espace authentiquement commun...</p><p>Un autre enjeu fondamental est celui du positionnement politique face à la mondialisation, dont l’évocation précédente du rapport du travail au temps et à l’espace n’est pas étrangère. Une alternative drastique commence à occuper l’espace médiatique. Il s’agirait de choisir entre une authentique gouvernance mondiale qui supplanterait les gouvernements nationaux et une réaffirmation vigoureuse de la souveraineté de ces derniers. Remarquons en premier lieu que la question, intermédiaire, du devenir des institutions européennes n’occupe pas le cœur du débat. Tout au plus évoque-t-on un nouveau stade de leur remise en cause. </p><p>On ne créera du neuf, durable, qu’en prenant le temps de descendre à la racine des problèmes.</p><p>La première option s’appuie sur la prise en compte de la dimension mondiale de la pandémie actuelle. Les réponses isolées et non-coordonnées à l’expansion du virus ont montré leur inefficacité et même leur nocivité et l’on perçoit bien que la crise économique exigera très bientôt la même coordination. De là à considérer que pour un monde où tout est étroitement lié, une puissante structure de gouvernance - assimilable à un gouvernement mondial sous certaines plumes - serait la réponse, il n’y a qu’un pas. La mondialisation étant intrinsèquement bonne, il est du ressort d’une autorité mondiale d’en réguler le cours et de créer un ordre entre les nations interdépendantes. Une grave crise de la mondialisation doit donc mener à davantage de mondialisation et non à plus de subsidiarité.</p><p>De l’autre côté, l’idée nationale retrouve une certaine véhémence. La grande perméabilité des frontières a accéléré de manière inédite la pandémie et les solidarités inter- et transnationales sont longtemps restées lettre morte. Il ne faudrait dès lors compter que sur l’échelon traditionnellement pertinent, au moins pour les héritiers de la tradition politique européenne: l’État-nation. Il est même fort à parier que cet enjeu apparaîtra, en ces termes, dans les prochaines échéances politiques.</p><p>Il serait trop facile de conclure en renvoyant dos à dos les solutions des uns et des autres et en appelant au bon sens. Tous s’entendent pour enterrer aussi bien le «ni-ni» que le «en même temps». Si le réel est complexe, la reconstruction qui s’annonce supposera une certaine radicalité, au sens étymologique. On ne créera du neuf, durable, qu’en prenant le temps de descendre à la racine des problèmes. Cela suppose à la fois de la patience et un certain courage face à d’autres idoles qui ne manqueront pas de s’effondrer. Et cela permettra de redécouvrir que radicalité et mesure ne sont pas des antonymes.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/423/un-dimanche-une-chanson-reveurs</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:32:57 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/423/un-dimanche-une-chanson-reveurs</link>
	<title><![CDATA[Un dimanche, une chanson : Rêveurs]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Lorsque l'on est jeune, en matière de politique, on a facilement le sentiment que c'est l'intention qui compte, et que si l'on est pétri de bonnes intentions, alors ce que l'on fait est bien, et le résultat sera à la hauteur de nos espérances.</p>

<p>Les baby-boomers, qui voyaient la génération précédente s’être effondrée dans la guerre, pas seulement avoir perdu face a des troupes étrangères, mais avoir dénoncé, menti, trahi, assassiné, retourné sa veste, fait tant et tant de turpitudes, qu'elle n'était absolument pas un modèle, même si, les Résistants, eux, étaient un modèle, il ne leur échappait pas qu'ils n'avaient pas représenté pendant toute la durée de la guerre l'écrasante majorité du pays. </p>

<p>Alors ils cherchaient ailleurs des modèles, dans les guerres de libération du tiers-monde, Che Guevara, Ho Chi Minh, des gens dont parvenait en Occident une image extraordinairement romantique, probablement très éloignée de la réalité, pour ne pas parler de Mao Tsé toung, vu à l'époque comme une sorte de libérateur, dont on sait aujourd'hui les dizaines de millions de morts que sa politique a engendrés.</p>

<p>Il y avait donc une ambiance générale de rupture avec le passé, de rupture avec des ainés dont le discours prônait d’abord la reconstruction du pays, et l’effort, alors que ce que la jeunesse voulait c'était vivre en liberté, jouir de sa jeunesse, et du plaisir du temps qui passe, en partageant au mieux tous les bonheurs que la vie pouvait donner, le partager entre tous les individus, qui étaient naturellement là pour être heureux…</p>

<p>Alors il y avait ceux qui se tournaient vers les petites fleurs, voire les champignons ou les herbes interdites, ceux qui se tournaient vers les diverses variétés de l'extrême gauche romantique, mais ils avaient tous en commun cette absence de réalisme, ce grand romantisme qui leur faisait penser que l'intention comptait plus que la précision ou la stratégie. </p>

<p>Et tous les ennuyeux qui voulaient les faire réfléchir, qui leur disaient que la jeunesse ça ne suffit pas pour changer le monde, leur semblaient tout à fait décrits par ce slogan qui avait à l'époque sensibilisé vigoureusement cette jeunesse, quel que fut son choix, et qui avait été produit par le groupe spontanéiste « Vive la révolution », qui disait : « Nous ne sommes pas contre les vieux, nous sommes contre ce qui les a fait vieillir ! ».</p>

<p>Et c'était là l’idée : ne pas vieillir, garder son âme d'enfant, garder son innocence, ne pas participer aux combinaisons, ne pas se salir les mains dans la politique, qui finalement se termine toujours affreusement comme elle le fit en juin 1940, par l'abdication devant le mal absolu.</p>

<p>C'est comme ça que fleurirent toutes sortes de groupes et d'organisations, une grande créativité, une grande fraîcheur, un grand Printemps, mais tout cela aboutit à la fin à donner la main aux forces du marché, c'est-à-dire aux forces du Capital le plus concentré, qui lui n'était pas du tout romantique, mais avait la finesse d'exploiter toutes ces intentions, pour les transformer en marchandise.</p>

<p>Ce qu’il fit. Avec beaucoup d’astuce et de chatoyance. En recrutant comme dirigeants de la création dans les grandes agences de publicité les plus créatifs de ces contestataires, pour donner à un avenir du tout-marché les allures de la liberté finale des individus.</p>

<p>C’est ce qui arrive lorsque au lieu d’essayer de construire un programme raisonné et réfléchi, on se laisse prendre par le romantisme, par les émotions plutôt que par la raison. Mais évidemment on n’est pas raisonnable lorsqu’on a 20 ans, et la très faible capacité de dialoguer avec la génération précédente explique probablement en partie cela￼. </p>

<p>Sans repères sérieusement fixés, l’évolution n’enseigne rien, et ressemble plus à une dérive qu’à une maturité￼.￼ L’évolution de l’élite de cette génération, de l’extrême gauche vers le courant socialiste, s’est poursuivie par l’évolution du courant socialiste vers le néolibéralisme. </p>

<p>Pierre Moscovici, que je prends souvent en exemple de ce qu’est devenu aujourd’hui le Parti socialiste et ce courant politique, n’était-t-il pas membre de la Ligue communiste d'Alain Krivine dans sa jeunesse ? Celle-là même qui disait dans son « manifeste » de 1972 (« Ce que veut la Ligue communiste » ed. Maspero￼￼) que le Parti choisirait lui-même les directeurs des entreprises après la Révolution, le Parti ￼pourrait même autoriser d’autres partis, si ceux-ci avaient pris le soin de soutenir la révolution et non de s’y opposer…￼￼ mais en privé les responsables de la LC ne voyaient pas comment ce serait possible et le Parti unique leur apparaissait – à regret – comme la seule hypothèse vraisemblable. ￼</p>

<p>Et on a là une des réponses clef à la question : « Comment en sommes-nous arrivés là ».</p>

<p>Une chanson raconte ce mouvement, cette dynamique implacable. C’est surprenant mais la France est un pays où l’on arrive à faire des chansons sur beaucoup de choses y compris des raisonnements politiques qui ne sont pas si simples.</p>

<p>Le dimanche, avec plus ou moins de succès, mais pour le plaisir de quelques aficionados, je diffuse une musique sur cette page.</p>

<p>Je vous propose d’écouter aujourd’hui une chanson de 2009, dont les paroles ont été écrites par David McNeil et Alain Souchon, et la musique composée par ce dernier, qui l’interprète, elle s’appelle : « Rêveurs ». </p>

<p>Depuis 2009, de l'eau a coulé sous les ponts, et le mouvement engagé s'est poursuivi au-delà de ce que la chanson racontait.  Les dynamiques sont plus fortes que les individus, et récemment, il y a un an, Alain Souchon – qui avait fait une chanson pour dire son soutien à Arlette Laguiller – est allé sur les médias dire à quel point il était un fervent soutien du télévangéliste qui narcisse à l'Élysée…</p>

<p>  <a href="https://m.youtube.com/watch?v=b8ih6UDaXMY&amp;feature=youtu.be"><br />C'est ici</a></p>

<p>Gilles CASANOVA</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/421/macron-avenir-de-la-droite-rn-les-confidences-demmanuelle-mignon</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:17:08 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/421/macron-avenir-de-la-droite-rn-les-confidences-demmanuelle-mignon</link>
	<title><![CDATA[Macron, avenir de la droite, RN... les confidences d&#039;Emmanuelle Mignon]]></title>
	<description><![CDATA[<p>C'est une femme de l'ombre à la parole rare. Une parole désormais libre. <a href="https://www.lepoint.fr/tags/emmanuelle-mignon" class="Link Link--entity">Emmanuelle Mignon</a> a été conseillère de <a href="https://www.lepoint.fr/tags/nicolas-sarkozy" class="Link Link--entity">Nicolas Sarkozy</a> de 2002 à 2009 avant de revenir aux côtés du président-candidat en 2012. Si elle travaille aujourd'hui au sein d'un cabinet d'avocats d'affaires, l'ex-directrice de cabinet du président Sarkozy garde un œil avisé sur la politique. Et la débâcle des Républicains aux européennes (8,48 % pour la liste menée par <a href="https://www.lepoint.fr/tags/francois-xavier-bellamy" class="Link Link--entity">François-Xavier Bellamy</a>, classée quatrième) a soulevé chez elle une inquiétude : la droite républicaine peut-elle mourir  ? Au-delà des batailles de chef, celle qui a bâti en grande partie le programme du candidat Sarkozy souhaite que <a href="https://www.lepoint.fr/tags/les-republicains" class="Link Link--entity">Les Républicains</a> revoient l'intégralité de leur logiciel et exclut toute alliance avec le Rassemblement national, comme le suggèrent certains à droite. Dans le long entretien qu'elle nous a accordé, Emmanuelle Mignon revient également sur les deux premières années du mandat d'<a href="https://www.lepoint.fr/tags/emmanuel-macron" class="Link Link--entity">Emmanuel Macron</a> et les ressemblances entre lui et Nicolas Sarkozy dans l'exercice du pouvoir.</p><p>Le Point : 8,48 % aux dernières européennes, un chef qui démissionne, une famille divisée… La droite traverse la plus grave crise de son histoire contemporaine. Comment en est-on arrivé là ?</p><p>Emmanuelle Mignon : C'est un phénomène qui vient d'assez loin et c'est très injuste, même si c'est la cruauté de la vie politique, de faire porter la responsabilité de cette situation à François-Xavier Bellamy et plus encore à Laurent Wauquiez. Les électeurs de la droite républicaine ont d'abord sanctionné ce qui s'est passé en 2017, avec un candidat qui, derrière son apparence de probité et d'intégrité, avait, semble-t-il, même s'il est présumé innocent, des choses à cacher. Ajoutez à cela une incapacité confondante à substituer un plan B – qui aurait pu fonctionner – à cause de la guerre des chefs ! N'ayant pu sanctionner cette mascarade en 2017, faute de solution alternative, les électeurs de droite se sont rattrapés en 2019. Et puis cela vient de plus loin encore. Je le dis avec beaucoup de franchise : cela vient du quinquennat de Nicolas Sarkozy, qui avait beaucoup promis en 2007, sans doute trop, et sur ce point, j'ai ma part de responsabilité, mais qui n'a pas été à la hauteur des promesses faites, tant sur le plan économique que sur le régalien.</p><p>Comment expliquer que La République en marche <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/politique/neuilly-versailles-ces-fiefs-qui-ont-bascule-de-la-droite-a-lrem-28-05-2019-2315623_20.php" title="">ait capté une partie de l'électorat de droite</a> ?</p><p>Il faut dire les choses comme elles sont : Emmanuel Macron est le meilleur président de droite qu'on ait eu depuis un certain temps. Il faut toutefois faire attention : l'élection européenne n'est pas l'élection présidentielle. Les projections sur 2022 sont hâtives. Si Emmanuel Macron fait des réformes qui vont dans le sens souhaité par l'électorat de droite, on reste loin de ce qu'un électeur de droite considère comme nécessaire pour redresser vraiment le pays. Je crois aussi que les Français sont pragmatiques. Quoi qu'ils fassent, le quinquennat d'Emmanuel Macron ira à son terme : autant lui donner la possibilité de poursuivre son mandat dans de bonnes conditions. C'est en 2022 qu'ils feront les comptes !</p><p>Quand on vous écoute, vous dédouanez presque complètement Laurent Wauquiez…</p><p>Oui. <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/politique/demission-de-la-presidence-lr-pourquoi-wauquiez-n-avait-pas-le-choix-02-06-2019-2316440_20.php" title="">Sa démission laisse les vraies questions béantes</a>. Et je constate que, depuis qu'il est parti, la situation s'aggrave !</p><p>Que doivent faire Les Républicains ?</p><p>Arrêter de dire « c'est le problème Bellamy ou le problème Wauquiez » ; ce sont des maux qui viennent de plus loin. Tenir compte des erreurs du passé et repenser ce qu'ils sont en prenant en considération les mouvements très profonds qui traversent la société française – et en réalité toutes les sociétés occidentales : l'écologie, le brassage sociologique et culturel né des migrations, les transformations de la démocratie, la mondialisation, l'intelligence artificielle et la robotisation.</p><p>Faut-il lever le tabou d'une alliance avec le Rassemblement national comme le suggérait déjà en 1997 Jean d'Ormesson dans le Figaro, comme l'ont repéré <a class="Link" href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/06/03/la-faute-strategique-de-laurent-wauquiez_5470702_3232.html" target="_blank" title="">nos confrères du Monde</a> ?</p><p>Ce serait une impasse complète. D'abord, pour des raisons de culture. Les partis politiques ne peuvent pas ignorer leur histoire. Comment la droite républicaine pourrait-elle s'allier avec l'extrême droite ? C'est inimaginable pour les gaullistes et pour les centristes. On voit bien que ceux qui ont tenté l'expérience lors des régionales de 1998 ne s'en sont jamais remis. De plus, si on regarde concrètement les propositions des uns et des autres, par exemple aux européennes, on ne voit pas comment il pourrait y avoir un accord. Le RN veut la modification des institutions européennes et la suppression de la Commission. LR ne peut pas être d'accord avec cette proposition. Le RN proposait la suppression de la directive sur les travailleurs détachés. Cela ne peut pas être dans les propositions de la droite républicaine. Je pourrais multiplier les exemples. Idem pour les questions économiques. Je ne vois pas comment une alliance pourrait être possible, car ce qui éloigne LR du RN est plus important que ce qui les rapproche. Enfin, en termes de pure cuisine politique, ça me paraît clair : une partie des Républicains quitterait LR et le Rassemblement national mangerait ce qui reste. Si, effectivement, l'objectif est de plier boutique et se faire racheter par le plus offrant, qu'ils y aillent. Mais pour moi, c'est impossible.</p><p>Si on regarde dans l'Histoire, la droite républicaine tenait un discours proche de celui du RN : sur l'Europe par exemple à la fin des années 1970 avec l'appel de Cochin ou en 1990 sur l'immigration…</p><p>L'électorat de droite évolue avec son temps. Heureusement ! Il n'a plus rien de commun avec l'appel de Cochin. Et les positions sur l'immigration évoluent aussi à la faveur d'une plus grande mixité. Ce n'est pas parce qu'on trouve des thématiques et des approches communes entre le Rassemblement national aujourd'hui et ce qu'a été une partie de la droite, le RPR essentiellement, à la fin des années 1970 ou même à la fin des années 1980, que l'on doit souhaiter un rapprochement avec le Rassemblement national. De toute façon, cela ferait partir définitivement une partie de l'électorat des Républicains.</p><p>Ils sont déjà partis…</p><p>Je ne pense pas. Ils ont envoyé un signal dans ces élections. Encore une fois, ce sont des élections européennes. Et si Emmanuel Macron a récupéré l'électorat de droite, c'est qu'il existe encore un électorat de droite !</p><p>Nicolas Sarkozy, en 2007, avait droitisé son discours pour siphonner les voix du FN et cela avait fonctionné.</p><p>Il a veillé à ne pas apparaître comme trop libéral. Cela avait provoqué des tensions dans l'équipe de campagne et explique en partie les ambiguïtés de son quinquennat sur le plan économique. Et il a effectivement ramené à lui l'électorat frontiste par des propositions fortes sur le régalien. Mais la caractéristique de son discours en 2007, c'est le caractère extrêmement ouvert de ses propositions, couvrant tout le spectre de l'électorat de droite, et dont certaines, franchement et sincèrement, à gauche. C'est à partir de 2010 que la ligne s'est resserrée. Je note, parce que cela me paraît important et à mettre à son crédit, qu'aussi bien en 2007 qu'en 2012, il y a eu un vrai choix alternatif pour les Français puisqu'on a eu au deuxième tour le choix entre un candidat de gauche de gouvernement et un candidat de droite de gouvernement. La droite peut retrouver un logiciel gagnant comme en 2007, mais il ne peut pas être le même. Cela suppose un travail tout à fait considérable sur elle-même.</p><p>En 2017, le choix entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen était également un vrai choix entre, comme l'a dit le président de la République, les progressistes et les populistes. N'est-ce pas là le vrai clivage ?</p><p>Si c'est le vrai clivage, alors c'est le vrai vertige parce qu'à force de dire aux Français, c'est moi ou le RN, on finira par avoir le RN. Pour moi, l'enjeu le plus délicat est de savoir comment on arrive à continuer à faire nation dans une France effectivement divisée entre, d'un côté, les gagnants de la mondialisation, de l'autre, les perdants ou ceux qui ont le sentiment de perdre. Si le jeu politique se réduit à un choix entre Emmanuel Macron, qui porterait les espoirs des gagnants de la mondialisation, et des partis politiques dispersés qui ne parleraient qu'aux perdants, on se prépare des lendemains difficiles parce que la question, pour que le pays regarde l'avenir positivement, c'est de pouvoir réunir dans une même espérance les privilégiés et les moins privilégiés, comme avaient su le faire de Gaulle ou Mitterrand. La démocratie doit avoir deux poumons, tournés vers le progrès, mais qui parlent au peuple, ayant en commun l'essentiel des valeurs républicaines, tout en permettant l'alternance. Et en cas de crise, comme la vague d'attentats de 2015 et 2016, ceux qui gouvernent peuvent s'appuyer sur ceux qui ne gouvernent pas pour faire nation ensemble. C'est important aussi.</p><p class="Blockquote">Il faut clairement abandonner les sujets de mœurs. Les Français sont devenus libéraux : les gens vivent comme ils veulent</p><p>Qu'est-ce que la droite aujourd'hui ?</p><p>La liberté, et la responsabilité qui en est la contrepartie. Le travail, facteur d'épanouissement individuel. On a des devoirs envers son pays avant d'avoir des droits. Une certaine vision de l'immigration et de l'intégration : les nouveaux venus doivent adhérer – sans perdre leur identité – aux fondamentaux de la culture française. La droite refuse le communautarisme. Le refus de l'égalitarisme. La méritocratie à condition que tout le monde puisse faire valoir son talent et son mérite. Sur ce point, c'est bien que la gauche nous ait ouvert les yeux. Ces valeurs sont éternelles, mais il faut les confronter aux enjeux du monde d'aujourd'hui.</p><p>Quel regard portez-vous sur les deux années de quinquennat d'Emmanuel Macron ?</p>
<p>Il a, de manière tout à fait spectaculaire malgré son jeune âge, revêtu les habits du président de la République. Il exerce la fonction avec toute la dignité requise, notamment à l'international. Il y a une centralisation du pouvoir à l'Élysée qui est extrêmement forte, mais c'est dans l'ADN de la Ve République. Ça ne me dérange donc pas outre mesure. Pour lui, en revanche, c'est assez dangereux et on a bien vu que, dans la crise des Gilets jaunes, il était quand même très seul. Nicolas Sarkozy était aussi très directif dans son comportement de président de la République, mais il avait autour de lui une équipe gouvernementale et parlementaire solide. On a beaucoup critiqué les petits déjeuners hebdomadaires de la majorité à l'Élysée, mais cela avait de la tenue. Emmanuel Macron a autour de lui des ministres techniciens, très compétents, mais sans assise politique, des politiques, mais qui ne sont pas des poids lourds, et enfin, des élus de droite dont on peut se demander jusqu'à quand ils seront macronistes puisqu'ils ont déjà quitté une fois leur camp… Cet aréopage est assez fragile.</p>
<p>Durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, vous étiez l'une des dernières à parler franchement au président de la République. Doit-on bousculer un chef de l'État que l'on conseille ?</p><p>C'est le problème du pouvoir en général, qu'il soit politique ou entrepreneurial. Je dis toujours aux étudiants, qui se préparent à devenir chefs eux aussi, que la responsabilité du chef est de veiller en permanence à ce que la parole soit libre autour de lui et à ce que son équipe ne se transforme pas en cour. Si on ne parle pas franchement au président, c'est d'abord la faute du président. C'est un exercice difficile, car avoir une cour est agréable et il faut avoir le courage d'accepter d'entendre ce que l'on ne veut pas entendre. Je cite souvent Confucius : « Le plus important dans ce que vous devez savoir, c'est précisément ce que vous n'avez pas envie de savoir. » Le général de Gaulle avait une bonne technique : il renouvelait son cabinet tous les trois ans. La parole était plus libre puisqu'il n'y avait pas l'enjeu de durer. La vérité m'oblige à dire que si les conseillers sont souvent timorés, c'est aussi parce que la politique n'est pas une vérité scientifique. Vous ne dîtes rien parce que vous avez peur de vous tromper. Les meilleures décisions prises par Nicolas Sarkozy, c'est quand il avait le temps de les prendre : il nous réunissait, on discutait d'une décision, chacun donnait son avis. Le président réfléchissait ensuite quelques jours, puis nous réunissait une nouvelle fois pour nous faire connaître sa décision et surtout nous convaincre de son bien-fondé. Un nouveau tour de table était alors organisé qui conduisait généralement à la validation de la décision, mais avec les nuances ou les compléments qui la rendaient vraiment bonne et acceptable par tous. Le problème est qu'à l'Élysée, on n'a généralement pas le temps. Voilà mon modeste conseil à Emmanuel Macron : permettre cette libre discussion.</p><p>On a beaucoup comparé Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron dans leur façon de gérer la présidence. Êtes-vous d'accord ?</p><p>(Sourires) Il y a beaucoup de points communs, c'est évident. L'Élysée fait perdre en sincérité, mais gagner en épaisseur. On va voir si c'est pareil avec Emmanuel Macron.</p><p>Nicolas Sarkozy aurait dit « Emmanuel Macron, c'est moi en mieux »…</p><p>C'est en tout cas ce que semble penser l'électorat de droite !</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/420/linquietude-de-lallemagne-grandit-quant-aux-consequences-de-lultimatum-de-lue-pour-la-grande-bretagne</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:14:57 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/420/linquietude-de-lallemagne-grandit-quant-aux-consequences-de-lultimatum-de-lue-pour-la-grande-bretagne</link>
	<title><![CDATA[L&#039;inquiétude de l&#039;Allemagne grandit quant aux conséquences de l&#039;ultimatum de l&#039;UE pour la Grande-Bretagne]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Des voix de plus en plus fortes s’élèvent en Allemagne pour dénoncer l’accord de retrait du Brexit comme un échec fondamental de la politique européenne qui ne peut conduire qu’à une débâcle diplomatique et à une animosité grandissante.</p><p>Si la politique de l’ultimatum de l’UE provoque une rupture géostratégique avec un pilier du système européen de défense, de sécurité et financier – tôt ou tard, comme c’est sûrement le cas dans les conditions actuelles – les récriminations à Berlin seront atroces.</p><p>« L’Europe est en bonne voie de s’infliger d’énormes dommages pendant des décennies étant donnée la manière dont elle a géré les négociations du Brexit qui ont échoué », a déclaré Marcel Fratzscher, directeur de l’Institut allemand pour la recherche économique (DIW) à Berlin.</p><p>Le professeur Fratzscher affirme que l’UE sape sa propre légitimité démocratique en exigeant que les députés de Westminster avalent le plan Barnier avec un « pistolet sur la tempe » et sous peine de « conséquences catastrophiques », après son rejet par les deux tiers d’entre eux.</p><p>Le Parlement est tout à fait en droit de rejeter un système de filet de sécurité qui enfermerait le Royaume-Uni dans une union douanière contre sa volonté. « Aucune nation souveraine ne pourrait accepter de telles conditions à la légère. Le Bundestag lui-même n’aurait guère pu voter autrement dans des circonstances comparables », a-t-il <a href="http://www.spiegel.de/%20wirtschaft/soziales/diw-chef-%20marcel-fratzscher-eu-sollte-%20grosszuegigen-brexit-aufschub-%20gewaehren-a-1258360.html">écrit dans Der Spiegel cette semaine.</a></p><p>Il soutient que si les députés capitulent et acceptent l’accord de retrait, ce serait « tout aussi catastrophique » qu’un Brexit sans accord.</p><p>Le point est évident : c’est une absurdité constitutionnelle que de tenter d’emprisonner une puissance militaire dotée d’une grande économie industrielle dans l’orbite réglementaire et juridique de l’UE sans droit de vote européen. Cette situation ne peut que dégénérer en une véritable escalade et aboutir à une crise de déchéance.</p><p><a href="https://www.telegraph.co.uk/politics/2019/03/14/can-article-50-revoked-would-mean-cancel-brexit/">Le processus de l’article 50 peut donner à l’UE un levier juridique et psychologique à l’approche du « bord du précipice », mais cela ne justifie pas d’exploiter ce pouvoir</a>. « Non seulement les Britanniques, mais toute l’Union européenne paiera un prix immense si les dirigeants de l’UE ne font pas une offre équitable à des conditions réalistes », a-t-il déclaré.</p><p>Inutile de dire que le calcul de la « théorie des jeux » pour Bruxelles a été grandement influencé par les signaux du Parlement, du Bureau du Cabinet et des puissantes forces de l’establishment économique britannique selon lesquels le Brexit pourrait être écrasé ou complètement inversé.</p><p>Sigmar Gabriel, vice-chancelier de l’Allemagne jusqu’à l’année dernière, affirme que l’Europe ne peut se permettre le luxe d’une rupture stratégique avec la Grande-Bretagne. L’UE est divisée sur de multiples lignes de clivage – Nord-Sud pour l’argent, Est-Ouest pour l’État de droit – et elle est entourée de voisins dangereux.</p><p>« Nous sommes les derniers végétariens politiques dans un monde de mangeurs de viande. Quand les Britanniques partiront, tout le monde pensera que nous sommes devenus végans », a-t-il dit.</p><p>M. Gabriel conseille à l’UE de réécrire l’accord de retrait sous peine de risque d’oubli géostratégique dans un monde « G-2 » dirigé par les États-Unis et la Chine, en mettant en garde contre la tentation de punir un allié militaire doté de l’arme nucléaire avec le premier centre financier du monde.</p><p>« Le Brexit portera atteinte au rôle de l’Europe dans le monde d’une manière que nous, Européens, semblons actuellement incapables de comprendre. Il est peut-être vrai que le Royaume-Uni s’est mis dans cette position, en raison du comportement inconsidéré de son élite politique. Mais cette position n’aide personne », a-t-il dit.</p><p>M. Gabriel était ministre allemand des affaires étrangères et était en liaison proche avec le cabinet lorsque la politique générale a été définie. Pourquoi a-t-on laissé le problème s’envenimer ?</p><p>Les périls de l’étranger proche de l’Europe ont été exposés cette semaine en Turquie, où Recep Tayyip Erdogan fait cyniquement preuve d’une ferveur anti-occidentale en montrant des vidéos des atrocités commises dans les mosquées de Nouvelle-Zélande pendant sa campagne électorale, alléguant presque la collusion de l’État avec le tueur. « Pourquoi l’Occident est-il silencieux ? Parce qu’ils l’ont préparé et qu’ils le lui ont offert », dit-il. La Grande-Bretagne devrait être le moindre des problèmes de l’Europe.</p><p>Lorsque le peuple britannique a rendu son verdict en juin 2016, l’Europe aurait pu faire le point et reconnaître que le tapis roulant unidirectionnel de Monnet, de l’acquis communautaire et de la centralisation du pouvoir à Bruxelles n’était plus viable. Il aurait pu proposer un modèle créatif de « géométrie variable » pour le cercle des pays de la partie extérieure qui souhaitent adhérer partiellement au club à des conditions souveraines.</p><p>C’était le projet d’un « partenariat continental » – d’abord pour la Grande-Bretagne, puis comme modèle pour l’Ukraine, la Turquie et d’autres – proposé par une liste de personnalités européennes de premier plan <a href="http://bruegel.org/2016/08/%20europe-after-brexit-a-%20proposal-for-a-continental-%20partnership/">par le think tank Bruegel à Bruxelles</a>. Parmi les auteurs se trouvait Jean Pisani-Ferry, le principal conseiller économique d’Emmanuel Macron. Le projet est parti en fumée. M. Macron a déclaré que la Grande-Bretagne devait payer le prix de son apostasie et être perçue comme telle.</p><p>Gabriel Felbermayr, président de l’Institut de Kiel pour l’économie mondiale (IFW), a déclaré que tout accord avec la Grande-Bretagne perçu comme coercitif par le peuple britannique échouera. « S’il [l’accord] veut être crédible, il doit offrir des avantages mutuels », a-t-il dit.</p><p>Le professeur Felbermayr a déclaré que le péché originel de l’équipe Barnier était d’exiger que les Britanniques se soumettent à l’accord de retrait avant d’entamer des discussions sur les relations futures. Rien dans l’article 50 ne stipule un tel ordonnancement. C’était un choix politique et – nous le savons maintenant – un piège délibéré.</p><p>En janvier, il a rédigé un rapport conjoint avec les chefs des conseils d’administration des ministères allemand des finances et de l’économie, exhortant l’UE à déchirer le texte du retrait. Bruxelles devrait abandonner son « dogme de l’indivisibilité » sur les quatre libertés de l’UE et cesser d’essayer d’enfermer la Grande-Bretagne dans une union douanière avec un statut de colonie à l’image de l’échec du modèle turc. « C’est un jeu très dangereux », disaient-ils.</p><p>Ils ont averti que l’Europe est plus exposée aux retombées d’un Brexit désordonné que ce que certains à Bruxelles semblent penser. L’UE peut-elle vraiment être sûre que les pertes sont réparties de manière suffisamment asymétrique pour « gagner » ce match ?</p><p>La Commission a élaboré <a href="https://www.telegraph.co.uk/business/2019/02/06/parliament-beware-backstop-eu-political-declaration-double-trap/">la stratégie du filet de sécurité</a> au moment du pic d’orgueil de fin 2017, lorsque l’économie de la zone euro était brièvement en plein essor. Bruxelles a confondu l’effet de rattrapage de la zone euro avec une croissance autonome. C’était bien sûr le résultat d’un assouplissement quantitatif et d’un euro faible – combinés à la fin de l’austérité budgétaire – dans une économie déprimée avec un écart de production important.</p><p>La zone euro est revenue à un malaise structurel dès que les fruits à court terme ont été cueillis et que l’assouplissement quantitatif a pris fin. Elle est chroniquement incapable de générer sa propre croissance interne, comptant sur le commerce mondial pour rester hors de l’eau. La Chine refuse de se soumettre. Son économie continue de ralentir, entraînant l’Asie avec elle. C’est pourquoi l’Allemagne, l’Italie et la France sont toutes en proie à une récession industrielle.</p><p>Le ministre du Brexit, Steve Barclay, déclare que les plans d’urgence de l’opération Yellowhammer seront activés lundi, à moins qu’une extension de l’UE ne soit décidée.</p><p>Je ne doute pas que le Royaume-Uni entrera en récession s’il y a une sortie difficile dans de telles conditions, mais ces conditions s’appliqueront-elles réellement ? Un État pleinement souverain peut en tout état de cause prendre des mesures draconiennes d’autodéfense, en nationalisant au besoin certains secteurs de l’industrie automobile sur une base temporaire, comme l’a fait l’administration Obama pendant la crise Lehman. In extremis, la Banque d’Angleterre pourrait financer les dépenses d’infrastructure contracycliques au moyen de « l’hélicoptère monétaire » ou « assouplissement quantitatif du peuple » (People’s QE).</p><p>Le choc économique pour la zone euro serait moindre (dans l’ensemble), mais sa capacité de réaction serait également plus faible et les politiques populistes sont en état d’alerte.</p><p>Les taux d’intérêt sont déjà de moins 0,4 %. Le QE habituel a atteint ses limites. Les mécanismes du pacte de stabilité bloquent toute relance budgétaire sérieuse en période de crise.</p><p>Un Brexit raté à ce stade – avec le commerce mondial dans le marasme et le ralentissement des États-Unis – ferait basculer les États-membres de la zone euro dans un piège de la déflation de la dette, déclencherait un effondrement des actions des banques de la zone euro, ferait passer les écarts obligataires de l’Italie de 400 points de base à la limite du danger et exposerait les pathologies non résolues de l’Union monétaire. Tout cela suppose que Donald Trump ne frappe pas les voitures européennes d’un droit de douane de 25 %.</p><p>Le Cabinet Office dit qu’il imposera des droits de 10.8 % sur les voitures et de 12.6 % sur les autobus dans un « no-deal ». L’UE devrait concurrencer la Chine, l’Inde et le Mexique, ainsi que la Corée et le Japon, beaucoup plus tôt que ne le lui permettraient leurs futurs accords commerciaux. Une grande partie de l’excédent de 95 milliards de livres sterling de l’UE avec le Royaume-Uni partirait en fumée.</p><p>L’Institut IW d’Allemagne prévient qu’un Brexit dur dans le pire des cas pourrait réduire les exportations allemandes vers le Royaume-Uni de 57 %, avec des effets composés de chaînes d’approvisionnement rompues et de chute des investissements. Berlin ne peut pas permettre qu’un choc de cette ampleur se produise et il ne se produira donc pas.</p><p>Quoi que l’on dise aujourd’hui, cela ne durera pas une semaine s’il n’y a pas d’accord. L’UE recourra à des accords de réserve d’urgence pour que les échanges commerciaux se poursuivent en vue de sa propre préservation politique. Elle découvrira la beauté des commerçants de confiance, la technologie blockchain et la solution « MaxFac », autrefois décriée, pour la frontière irlandaise.</p><p>Les discussions entre la Grande-Bretagne et l’UE pourraient soudainement prendre une tournure très rafraîchissante.</p><p><a href="https://www.telegraph.co.uk/business/2019/03/20/german-alarm-grows-eus-dangerous-ultimatum-terms-britain/">The Daily Telegraph</a> ; traduit par XPJ</p><p>0 0 voter</p><p>Évaluation de l'article</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/419/on-ne-peut-pas-se-dire-de-gauche-et-defendre-lideologie-islamo-salafiste-belgique</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:14:07 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/419/on-ne-peut-pas-se-dire-de-gauche-et-defendre-lideologie-islamo-salafiste-belgique</link>
	<title><![CDATA[On ne peut pas se dire de gauche et défendre l&#039;idéologie islamo-salafiste - Belgique]]></title>
	<description><![CDATA[<p itemprop="description">Accepterait-on, dans nos partis démocratiques respectant la neutralité de l'état, l'égalité de tous les citoyens et les libertés, des élus soutenant des mouvements catholiques intégristes ou chrétiens se revendiquant de l'Ancien Testament ? Non.</p><p>Pourtant, des élus et militants se présentant comme de gauche, actifs au sein de leurs partis, se prennent pour de nouveaux savants de l'islam et nous disent que le salafisme "quiétiste" - par opposition au salafisme djihadiste - ne représente aucun danger pour nos sociétés. Difficile alors de ne pas les qualifier d' "islamisto-gauchistes".</p><p>Je reprends les propos du Président Français tenus lors de l'hommage émouvant rendu au colonel Arnaud Beltrame assassiné dans l'attentat islamiste de Trèbes.</p><p>L'islam est une religion mais l'islamo-salafisme est une idéologie ennemie de nos démocraties.</p><p>Si on ne peut pas interdire une idée, comme le rappelle le premier ministre français, on peut combattre une idéologie totalitaire, sectaire, discriminatoire, neutraliser sa propagation et l'inféodation de franges de la population à celle-ci, comme on doit le faire face à l'idéologie néo-nazie.</p><p>Nous n'avons besoin ni d'un imam ni d'un islamologue pour rappeler à ces "démocrates de gauche" islamisto-compatibles que :</p><p>1- Le salafisme est une mouvance de la religion islamique qui a pour but de revenir aux sources d'un islam présenté comme originel.</p><p>2- Pour cette mouvance fondamentaliste, le texte coranique ne doit être interprété que sous le prisme de la sunna (ensemble de paroles, gestes et attitudes du prophète) et de la charia.</p><p>3- Cette forme de salafisme non djihadiste est présentée abusivement comme quiétiste et donc uniquement mystique ; elle refuserait, selon ses prosélytes et ses soutiens, de s'impliquer dans la vie politique. Il est pourtant connu que la diffusion de l'islamisme au sein des populations de culture musulmane a un impact politique puisqu'il vise à séparer celles-ci du reste de la population, des institutions publiques et des lois civiles.</p><p>4- Le salafisme "quiétiste" et le salafisme djihadiste (qui incite ses adeptes à prendre les armes sous le prétexte que ce serait pour eux une obligation religieuse pour combattre les démocraties et les régimes islamiques pas assez puristes) partagent la même matrice idéologique d'Ibn Taymiyya (1263-1367) - le premier à avoir appelé au djihad contre toutes formes d'interprétation - et d'Ibn Abdelwahb dans l'Arabie du XVIII siècle - fondateur du wahhabisme, il a élaboré la lutte contre toutes formes de croyances qui s'éloigneraient du Coran et de la sunna.</p><p>5- Les élus et militants islamisto-compatibles ignoreraient-ils la réalité de certains quartiers colonisés par les salafistes soi-disant quiétistes ? Bien loin de la méditation spirituelle, mystique chez eux ou dans des lieux de prière, on les rencontre dans les rues, les mosquées, des associations, lors de conférences et de colloques ; ils utilisent un langage violent, empreint de rejet, de haine, porteur de revendications spécifiques et de particularismes liés à leur vision religieuse et à l'application de la charia ; ils remettent en cause nos lois et nos valeurs, ils poussent parents et jeunes à refuser de suivre certains enseignements, rendant ainsi impossible l'intégration future dans la vie socio-économique ; ils considèrent les femmes comme inférieures aux hommes et méritant asservissement et une certaine violence de la part des hommes, justifient les agressions sexuelles. Ils abusent des libertés conquises chez nous contre le totalitarisme pour quémander toujours plus d'un religieux totalitaire dans la gestion de la cité.</p><p>Tous ces points et bien d'autres prouvent qu'on est loin de l'image du gentil islamiste ne dérangeant personne telle que défendue par des élus et militants au nom de la liberté de culte et de l'anti-racisme.</p><p>Ces islamistes, se présentant comme non violents, restent de fervents religieux fondamentalistes, opposants acharnés à la séparation de la religion et de l'état et à la séparation des pouvoirs, intransigeants sur la soumission de la femme, fervents adeptes de la limitation des libertés, prosélytes hyperactifs et champions des interdits.</p><p>Affirmer que les Salafs "quiétistes" ne basculent pas dans le djihadisme ou dans le terrorisme est soit un manque de connaissance de la réalité soit une la dangereuse conscience d'une contre-vérité. Les exemples ne manquent pas dans nos sociétés européennes et dans d'autres pays de la bascule dans la violence. En ce sens, sous le regard à la fois attentif et haineux d'autres ennemis extrémistes religieux de nos démocraties pluralistes et égalitaires, ils sont les premiers ennemis de notre société sécularisée.</p><p>J'imagine qu'il est très difficile pour un non-musulman de comprendre que les imams et prédicateurs salafistes s'affichant quiétistes puissent, sous l'image savamment cultivée de religieux respectables, propagent leurs messages intransigeants et porteurs de violence, inquiétant non seulement le monde arabo-musulman mais aussi les pays à forte densité de citoyens musulmans.</p><p>Sous prétexte da la liberté religieuse - pourtant limitée par des lois belges et européennes sur la liberté de conscience de chacun, l'égalité, la non discrimination, l'ordre public, les Droits de l'Homme,...-, nos responsables ont laissé faire n'importe quoi dans une majorité de lieux de culte en Belgique et de leurs succursales à savoir les écoles coraniques. Les autorités politiques informées par le sécuritaire savent que n'importe qui peut se déclarer Imam et ouvrir une mosquée avec quelques amis proches et entamer le travail de diffusion de cette idéologie.</p><p>Il faudrait que l'exécutif des musulmans de Belgique, les musulmans laïques, les musulmans progressistes et toutes autres personnes d'appartenance musulmane souhaitant vivre dans une société apaisée entre citoyens, se mobilisent pour combattre toutes les formes de salafisme, surtout le soi-disant quiétiste, tranquillement et d'une moindre visibilité que les aspirants terroristes, à l'oeuvre pour continuer à gangrener un très grand nombre de mosquées du royaume. Par son inlassable travail de recrutement sur le terrain, par son contrôle socio-religieux dans les rues, les quartiers, sur les commerçants, sur les entreprises, sur les associations, il prend en otage des pans entiers de citoyens de confession musulmane et aggrave la ghettoïsation de populations déjà socialement et culturellement marginalisées.</p><p>Cette idéologie importée sur notre territoire, colonisatrice, il est de notre devoir de la dénoncer et d'évincer ses propagandistes et recruteurs pour protéger autant les citoyens musulmans que le reste de la population Le salafisme dont le qualificatif de quiétiste est une véritable arnaque pour tromper les crédules, constitue une menace réelle, un fléau, pour la cohésion du pays.</p><p>Les autorités doivent prendre des mesures urgentes pour disqualifier et neutraliser par les moyens adéquats cette armada de salafistes, anciennes et nouvelles versions, qui endoctrinent des citoyens musulmans partout où ils peuvent sévir, grâce à des discours et des programmes religieux importés.</p><p>A charge pour les hommes et femmes politiques, élus et militants, de se débarrasser de toute attitude complaisante, voire complice , envers l'idéologie salafiste. Ni la paix sociale, ni l'anti-racisme ne peuvent servir de caution à des accommodements n'ayant rien de raisonnable.</p><p class="last-paragraph">Hamid Bénichou, administrateur du Centre citoyen belge musulman laïque</p><p>Pourtant, des élus et militants se présentant comme de gauche, actifs au sein de leurs partis, se prennent pour de nouveaux savants de l'islam et nous disent que le salafisme "quiétiste" - par opposition au salafisme djihadiste - ne représente aucun danger pour nos sociétés. Difficile alors de ne pas les qualifier d' "islamisto-gauchistes".Je reprends les propos du Président Français tenus lors de l'hommage émouvant rendu au colonel Arnaud Beltrame assassiné dans l'attentat islamiste de Trèbes.L'islam est une religion mais l'islamo-salafisme est une idéologie ennemie de nos démocraties.Si on ne peut pas interdire une idée, comme le rappelle le premier ministre français, on peut combattre une idéologie totalitaire, sectaire, discriminatoire, neutraliser sa propagation et l'inféodation de franges de la population à celle-ci, comme on doit le faire face à l'idéologie néo-nazie.Nous n'avons besoin ni d'un imam ni d'un islamologue pour rappeler à ces "démocrates de gauche" islamisto-compatibles que :1- Le salafisme est une mouvance de la religion islamique qui a pour but de revenir aux sources d'un islam présenté comme originel.2- Pour cette mouvance fondamentaliste, le texte coranique ne doit être interprété que sous le prisme de la sunna (ensemble de paroles, gestes et attitudes du prophète) et de la charia.3- Cette forme de salafisme non djihadiste est présentée abusivement comme quiétiste et donc uniquement mystique ; elle refuserait, selon ses prosélytes et ses soutiens, de s'impliquer dans la vie politique. Il est pourtant connu que la diffusion de l'islamisme au sein des populations de culture musulmane a un impact politique puisqu'il vise à séparer celles-ci du reste de la population, des institutions publiques et des lois civiles.4- Le salafisme "quiétiste" et le salafisme djihadiste (qui incite ses adeptes à prendre les armes sous le prétexte que ce serait pour eux une obligation religieuse pour combattre les démocraties et les régimes islamiques pas assez puristes) partagent la même matrice idéologique d'Ibn Taymiyya (1263-1367) - le premier à avoir appelé au djihad contre toutes formes d'interprétation - et d'Ibn Abdelwahb dans l'Arabie du XVIII siècle - fondateur du wahhabisme, il a élaboré la lutte contre toutes formes de croyances qui s'éloigneraient du Coran et de la sunna.5- Les élus et militants islamisto-compatibles ignoreraient-ils la réalité de certains quartiers colonisés par les salafistes soi-disant quiétistes ? Bien loin de la méditation spirituelle, mystique chez eux ou dans des lieux de prière, on les rencontre dans les rues, les mosquées, des associations, lors de conférences et de colloques ; ils utilisent un langage violent, empreint de rejet, de haine, porteur de revendications spécifiques et de particularismes liés à leur vision religieuse et à l'application de la charia ; ils remettent en cause nos lois et nos valeurs, ils poussent parents et jeunes à refuser de suivre certains enseignements, rendant ainsi impossible l'intégration future dans la vie socio-économique ; ils considèrent les femmes comme inférieures aux hommes et méritant asservissement et une certaine violence de la part des hommes, justifient les agressions sexuelles. Ils abusent des libertés conquises chez nous contre le totalitarisme pour quémander toujours plus d'un religieux totalitaire dans la gestion de la cité.Tous ces points et bien d'autres prouvent qu'on est loin de l'image du gentil islamiste ne dérangeant personne telle que défendue par des élus et militants au nom de la liberté de culte et de l'anti-racisme.Ces islamistes, se présentant comme non violents, restent de fervents religieux fondamentalistes, opposants acharnés à la séparation de la religion et de l'état et à la séparation des pouvoirs, intransigeants sur la soumission de la femme, fervents adeptes de la limitation des libertés, prosélytes hyperactifs et champions des interdits.Affirmer que les Salafs "quiétistes" ne basculent pas dans le djihadisme ou dans le terrorisme est soit un manque de connaissance de la réalité soit une la dangereuse conscience d'une contre-vérité. Les exemples ne manquent pas dans nos sociétés européennes et dans d'autres pays de la bascule dans la violence. En ce sens, sous le regard à la fois attentif et haineux d'autres ennemis extrémistes religieux de nos démocraties pluralistes et égalitaires, ils sont les premiers ennemis de notre société sécularisée.J'imagine qu'il est très difficile pour un non-musulman de comprendre que les imams et prédicateurs salafistes s'affichant quiétistes puissent, sous l'image savamment cultivée de religieux respectables, propagent leurs messages intransigeants et porteurs de violence, inquiétant non seulement le monde arabo-musulman mais aussi les pays à forte densité de citoyens musulmans. Sous prétexte da la liberté religieuse - pourtant limitée par des lois belges et européennes sur la liberté de conscience de chacun, l'égalité, la non discrimination, l'ordre public, les Droits de l'Homme,...-, nos responsables ont laissé faire n'importe quoi dans une majorité de lieux de culte en Belgique et de leurs succursales à savoir les écoles coraniques. Les autorités politiques informées par le sécuritaire savent que n'importe qui peut se déclarer Imam et ouvrir une mosquée avec quelques amis proches et entamer le travail de diffusion de cette idéologie. Il faudrait que l'exécutif des musulmans de Belgique, les musulmans laïques, les musulmans progressistes et toutes autres personnes d'appartenance musulmane souhaitant vivre dans une société apaisée entre citoyens, se mobilisent pour combattre toutes les formes de salafisme, surtout le soi-disant quiétiste, tranquillement et d'une moindre visibilité que les aspirants terroristes, à l'oeuvre pour continuer à gangrener un très grand nombre de mosquées du royaume. Par son inlassable travail de recrutement sur le terrain, par son contrôle socio-religieux dans les rues, les quartiers, sur les commerçants, sur les entreprises, sur les associations, il prend en otage des pans entiers de citoyens de confession musulmane et aggrave la ghettoïsation de populations déjà socialement et culturellement marginalisées.Cette idéologie importée sur notre territoire, colonisatrice, il est de notre devoir de la dénoncer et d'évincer ses propagandistes et recruteurs pour protéger autant les citoyens musulmans que le reste de la population Le salafisme dont le qualificatif de quiétiste est une véritable arnaque pour tromper les crédules, constitue une menace réelle, un fléau, pour la cohésion du pays.Les autorités doivent prendre des mesures urgentes pour disqualifier et neutraliser par les moyens adéquats cette armada de salafistes, anciennes et nouvelles versions, qui endoctrinent des citoyens musulmans partout où ils peuvent sévir, grâce à des discours et des programmes religieux importés.A charge pour les hommes et femmes politiques, élus et militants, de se débarrasser de toute attitude complaisante, voire complice , envers l'idéologie salafiste. Ni la paix sociale, ni l'anti-racisme ne peuvent servir de caution à des accommodements n'ayant rien de raisonnable.Hamid Bénichou, administrateur du Centre citoyen belge musulman laïque</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/418/europeennes-2019-l%E2%80%99avenir-est-a-ceux-qui-ne-se-levent-pas</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:12:58 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/418/europeennes-2019-l%E2%80%99avenir-est-a-ceux-qui-ne-se-levent-pas</link>
	<title><![CDATA[Européennes 2019 : L’avenir est à ceux qui ne se lèvent pas]]></title>
	<description><![CDATA[<p>« L’Europe intégrée, ça ne pouvait convenir à la France, ni aux Français… Sauf à quelques malades comme Jean Monnet, qui sont avant tout soucieux de servir les Etats-Unis. Ou alors à tous ces personnages lamentables de la IVe République. Ils trouvaient ainsi un moyen de se décharger de leurs responsabilités ! Ils n’étaient pas capables de les saisir ; alors, il fallait les repasser à d’autres. Tenir leur rang dans le monde ? Pas question ! Mettons-nous sous le parapluie. Avoir une armée et la faire obéir ? Pas question ! La donner à d’autres ! Remettre le pays debout et servir d’exemple au monde ? Pas pour eux ! L’alibi tout trouvé, c’était l’Europe. L’excuse à toutes les dérobades, à toutes les lâchetés : l’Europe intégrée ! » (Charles de Gaulle, in “C’était De Gaulle” d’Alain Peyrefitte)</p><p>Certains de mes lecteurs se sont étonnés du silence de ce blog sur le débat des élections européennes. A titre personnel, je dois dire la honte au front que je me suis pratiquement désintéresse de la campagne, moi qui d’habitude regardait tous les débats, lisait tous les programmes. Je dirais même que j’ai eu du mal à supporter cette campagne. La pauvreté des argumentaires, les cris hystériques, l’accent mis sur l’accessoire et le désintérêt pour l’essentiel, la pauvreté humaine des porte-parole des différents camps… non, franchement, il n’y a rien à retenir. Si l’affaire n’était pas sérieuse, on pourrait presque s’amuser de voir ceux qui condamnent le nationalisme taxer hystériquement leurs adversaires de « parti de l’étranger », ceux qui dénoncent les théories du complot révéler à longueur d’émissions le Grand Komplot Russo-Americain contre l’Europe. On a plus parlé de la visite de Steve Bannon à Paris – une espèce de Séguéla américain – ou des « racines chrétiennes de l’Europe » que du chômage de masse et la précarité, qui est pourtant le cancer qui ronge nos sociétés tous pays confondus.</p><p>Cette élection fait pour moi un désagréable contraste par rapport aux élections présidentielles de 2017. A l’époque, et grâce au positionnement « social-souverainiste » du Front National, on avait pu débattre – ou au moins effleurer – des questions de fond : De l’appartenance de la France à l’Euro et même à l’Union européenne, du chômage, du rôle de l’Etat. Les débats politiques n’étaient peut-être pas extraordinaires, mais au moins il y avait des gens qui proposaient des choses différentes. Cette fois-ci, c’est le même discours partout. Comme le notait à très juste titre un commentateur, l’ensemble de la classe politique française a embrassé la vision supranationale. Qu’ils soient partisans de cette Europe ou d’une autre Europe, l’ensemble des partis et des commentateurs politiques – à de très rares exceptions groupusculaires près – accepte aujourd’hui l’idée que la souveraineté ne réside pas dans la Nation, et que celle-ci doit être soumise à une normative venue d’institutions placées au dessus d’elle et de nature fédérale. Personne ne parle de sortir de l’Euro, de reprendre les instruments de la souveraineté. Ceux qui parlent d’une « sortie des traités » n’y voient qu’un moyen tactique de négocier de nouveaux traités, d’établir de nouvelles institutions tout aussi supranationales que celles d’aujourd’hui.</p><p>Vous trouvez que j’y vais un peu fort ? Je pense qu’il est inutile de donner des exemples de soumission au principe supranational chez les europhiles, tant elle me paraît évidente. Mais même les partis traditionnellement considérés comme eurosceptiques s’y mettent. Vous voulez quelques exemples ? Et bien, prenez Ian Brossat qui affirme sur la foi de l’exemple britannique qu’un Frexit serait « une folie » et qu’il faut « faire l’Europe sociale ». Ou bien la France Insoumise, qui propose un « règlement européen sur la règle verte » qui reviendrait en fait à ce que les institutions européennes impose aux nations une règle par nature constitutionnelle. Et je pourrais continuer à l’infini. Lorsque les eurolâtres dénoncent les « nationalistes », ils se fabriquent des croquemitaines qui n’existent pas. Il n’y a plus de nationalistes chez nous. Même le Rassemblement national, depuis le départ de Philippot et le recentrage sur les fondamentaux de l’extrême droite, semble nolens volens adhérer à la pensée unique supranationale.</p><p>Je pense qu’il ne faut pas banaliser ce point, qui pour moi est le grand saut conceptuel des trente dernières années. Ceux qui se remplissent la bouche du mot démocratie feraient bien de réfléchir au fait que l’idée même de démocratie est inséparable de l’idée de cité, c’est-à-dire, d’un ensemble de personnes unies par des liens de solidarité inconditionnelle et se concevant un destin commun. C’est cette solidarité inconditionnelle (ce mot est important), ce destin conçu comme commun qui permet, dans une société aux intérêts divers et souvent antagoniques, de fonder un compromis vivable, de limiter l’expression nue des rapports de force, d’imposer aux dominants des obligations envers les dominés. Cette solidarité, cette vision de destin commun existe dans beaucoup de collectivités : la famille, le village… mais la plus grande d’elles est la nation. Et c’est pourquoi la pensée politique a fait résider la souveraineté « essentiellement » à ce niveau-là. Tout pouvoir, toute contrainte exercée sur les nations ne peut avoir d’autre fondement que la force. Toute structure supranationale, quelle que soit le déguisement « démocratique » qu’elle puisse revêtir, n’est en fait qu’un lieu ou les plus forts imposent leur volonté aux plus faibles, sans qu’une quelconque solidarité vienne adoucir cette domination. L’exemple grec illustre parfaitement cette question : imaginez-vous une nation européenne administrer à l’une de ses régions et à ses habitants le traitement que l’Union européenne a administré à la Grèce et aux Grecs ? Non, bien sûr que non. A l’intérieur des nations, l’idée de devoir de solidarité réciproque est trop forte pour permettre de tels excès.</p><p>C’est pourquoi la question fondamentale n’est pas ce savoir si c’est cette Europe ou une autre Europe qu’il faut, mais de savoir si les décisions finales doivent être prises au niveau national, c’est-à-dire par des assemblées et des gouvernements représentant des individus solidaires entre eux, ou bien par des organismes supranationaux qui ne représentent et ne peuvent représenter que des rapports de force entre groupes qu’aucune solidarité ne réunit. Et la question, comme le montre l’exemple grec, n’est pas purement théorique.</p><p>A cette question, l’ensemble de notre classe politique a répondu « supranationalité ». Et l’explication est double. Du point de vue structurel, cette évolution est logique dans le contexte d’un capitalisme mondialisé qui n’a plus besoin des nations. La libre circulation des capitaux, la mise en compétition de tous contre tous nécessite précisément qu’on affaiblisse ce lien national, cette solidarité inconditionnelle qui empêche les rapports de compétition de se manifester dans toute leur force. Marx le disait déjà en 1848 : le capitalisme transforme tous les rapports sociaux en rapports monétaires, et tend à briser tout ce qui s’oppose à cette transformation. Mais au niveau de la l’idéologie, il faut aussi comprendre comment la supranationalité, qui était anathème il y a quelques années presque partout, est devenue aujourd’hui presque naturelle dans l’ensemble de la sphère politico-médiatique.</p><p>L’explication tient à mon sens à la complète domination du champ politique par les classes intermédiaires, dont le propre est de vivre dans le présent. Un groupe social qui, pour reprendre la formule d’un politicien britannique, est comme le mulet : sans la fierté d’une origine, et sans espoir de postérité. Or, l’exercice de la souveraineté implique effort et responsabilité dans le temps long. Celui qui exerce un pouvoir souverain ne peut se cacher derrière quelqu’un d’autre pour couvrir ses fautes. Et cela fait peur à nos politiques. Eh oui, nos politiques ont la trouille. La trouille de devoir vraiment gouverner, la trouille d’avoir à prendre des vraies décisions et des responsabilités qui vont avec. C’est pourquoi d’ailleurs ils ont organisé leur propre impuissance, transférant des pouvoirs à Bruxelles, à des autorités administratives indépendantes, aux juges, à toutes sortes de comités et commissions. Chaque décision fait aujourd’hui l’objet de dizaines de consultations d’organismes de toute sorte, appelés à donner un avis qui n’a aucun intérêt mais qui permet à l’autorité de diluer les responsabilités.</p><p>Imaginez-vous : si demain on récupérait les instruments de souveraineté, nos politiques ne pourraient plus se contenter de discuter de la couleur du papier peint et de réunir des « conférences citoyennes » pour ne rien faire. Il faudrait définir et mettre en œuvre une politique monétaire, une politique commerciale, une politique industrielle, une politique budgétaire. Une idée devenue inimaginable pour les jeunes politiques d’aujourd’hui. Il n’y a que les vieux pour se souvenir qu’il fut un temps où la France avait un ministère de l’industrie qui faisait une politique industrielle, un ministère des finances qui faisait la politique monétaire et budgétaire. Aujourd’hui, le ministère de l’industrie a disparu et le ministère des finances soumet son budget à Bruxelles pour approbation. A la rigueur, on pourrait se contenter d’un ministère de la transposition, qui se contenterait de prendre les directives européennes et les transcrire dans le droit interne. Et cela conviendrait parfaitement à nos politiques, qui détestent prendre des responsabilités. Mieux vaut laisser quelqu’un là-haut à Bruxelles nous dire ce qu’il faut faire et prendre le blâme si les choses tournent mal. Ces gens-là veulent une France à leur dimension : ce sont des nains, et ils veulent une France naine. Je dirai même plus : ce sont des nains qui ne peuvent imaginer que la France puisse être autre chose.</p><p>En témoigne l’argument vedette de la campagne, celui qu’on peut résumer dans la formule « unis nous sommes plus forts ». On nous a répété jusqu’à la nausée que la France toute seule ne pèse rien, qu’il nous faut cette « union de 500 millions de citoyens » pour avoir du poids devant les géants que sont la Chine, la Russie et les Etats-Unis. Seulement, il faut écouter la voix de l’expérience : en quoi l’Europe nous a permis de peser quand les Etats-Unis utilisent leur appareil judiciaire et l’extraterritorialité de leurs lois pour imposer des amendes ou faire pression sur nos entreprises ? Qu’a fait cette « Europe de 500 millions de citoyens » lorsque les américains ont décidé d’imposer unilatéralement des sanctions à l’Iran et menacé les entreprises européennes qui ne les appliqueraient pas ? Rien, bien entendu. Ou plutôt si : elle a fait des moulinets, voté des motions de principe… et à l’arrivée, aucun effet. C’est Sun Tzu qui constatait déjà, six siècles avant notre ère, que la victoire ne va pas aux armées plus nombreuses, mais aux armées les plus décidées à combattre. Les européens sont peut-être une armée de 500 millions, mais leurs troupes et surtout leurs généraux n’ont pas envie de combattre. Parce que combattre, c’est dangereux, on risque de prendre des coups. Mieux vaut s’entendre avec le chef de bande, d’être dans ses bonnes grâces même s’il faut de temps en temps lui donner son goûter pour qu’il ne vous tape pas.</p><p>Il faut quelquefois sortir de son pays pour réaliser des choses qui pourtant sont évidentes. Il y a un mois, j’ai eu l’occasion de passer quelques semaines en Hollande. Un pays dont les citoyens ont leurs priorités fort claires. Leur préoccupation est de s’enrichir, de vivre dans un cadre agréable, d’avoir une belle maison dans une belle ville. Ils n’ont aucun message à transmettre à l’humanité, aucune envie de consacrer des moyens à peser dans les affaires du monde, aucune ambition qui aille au-delà du quotidien. Ils ont la vision autocentrée qu’on peut résumer dans la formule « ça m’suffit ». Et il ne faut pas se tromper : cette position, c’est celle de la plupart des européens aujourd’hui, le tintamarre écologique servant à fournir l’indispensable petit supplément d’âme.</p><p>La France, qui avait d’elle une vision qui allait un peu plus loin que cela, est en train de rentrer dans le moule « européen ». Chez nous aussi, quelque soient les rodomontades de nos hommes politiques sur la place de la France dans le monde, on est tout à fait prêts à sortir de l’histoire, à remiser le surmoi républicain dont parlait Slama au magasin des accessoires. Quels sont les dirigeants français qui aujourd’hui sont prêts à payer le prix pour continuer à peser dans les affaires du monde ? Il suffit de regarder la manière dont le budget de la Défense est traité pour répondre à cette question. Et il n’y a pas que les armées. Un a un, les laboratoires qui ont fait notre fierté ferment, les entreprises qui forment notre base industrielle disparaissent ou sont rachetées et dépecées par des intérêts étrangers, y compris en usant de pressions politiques ou judiciaires. Ou sont les grands projets nationaux industriels et scientifiques ? On les confie à l’incompétence européenne : alors que le GPS américain fonctionne depuis un quart de siècle, le projet Galileo européen a vingt ans de retard et reste confidentiel. ITER se construit à Cadarache et, financé à minima et géré en dépit du bon sens par la Commission européenne, prend un an de retard chaque année qui passe. Et surtout n’essayez pas de constituer un champion industriel national ou européen : la commission veille et mettra des bâtons dans les roues au nom de la défense des intérêts du consommateur. Et cela ne semble gêner personne. Ces sujets sont absents du débat électoral, qu’il soit national ou européen. Au fond, on votera pour celui qui maintiendra le niveau de vie – quitte à emprunter – et qui nous permettra de mener notre petite vie tranquille. On est même prêt à accepter des immigrés pour payer nos retraites. Et après nous, le déluge. C’est un point sur lequel Macron et les « gilets jaunes » sont d’accord : les maitres mots de la politique doivent être « proximité » et « quotidien ». L’éternité ? L’Histoire ? Rien à foutre. Ecoutez ceux qui vous disent que l’Euro est une bonne chose parce que cela vous permet de voyager sans avoir à changer d’argent à la banque. Ses effets globaux ? Ses conséquences à long terme ? Aucune importance. S’il y a un argument qui illustre parfaitement la médiocrité du rêve européen d’aujourd’hui, c’est bien celui-là.</p><p>C’est là peut-être l’effet le plus pernicieux de la construction européenne. Certains europhiles sincères ont pensé possible d’injecter à l’Union européenne le surmoi à la française. C’est l’inverse qui s’est passé : c’est le provincialisme de la Mitteleuropa qui l’a emporté. La grande majorité des européens aujourd’hui ne demande à l’Europe autre chose que de préserver sa richesse et son niveau de vie, rien d’autre. Et surtout pas de se mêler des affaires du monde : ça coûte cher, on peut prendre des coups et ça rapporte peu. En France, les europhiles ont lâché la proie pour l’ombre. Ils ont réussi en trente ans à tuer l’idée même d’un projet national, mais sans être capables de créer un projet européen. Ils ont construit une société profondément médiocre, bâtie essentiellement sur les peurs. La grande expérience traumatique initiatique de notre jeunesse, c’est de devoir attendre un mois les résultats de Parcoursup, son idole politique une jeune autiste obsédée par la fin du monde.</p><p>Dans ces conditions, le débat politique n’a plus aucun intérêt. Dès lors que Le Pen comme Macron, Brossat comme Bellamy, Mélenchon comme Jadot sont d’accord pour laisser aux bonzes de Bruxelles le soin de décider de l’avenir de notre pays, dès lors que leur projet est finalement le même projet, qu’est-ce que cela change de voter pour l’un plutôt que pour l’autre ? Et quel est l’intérêt de les voir s’écharper pour savoir qui est le plus écologique, qui a les plus dansé avec Bannon ou Poutine ?</p><p>Et à l’arrivée, qu’est-ce qu’on constate ? Un vote circonstanciel. Le fait que les résultats diffèrent largement des prévisions des sondages tend d’ailleurs à indiquer que le choix des électeurs est moins un choix longuement réfléchi que le résultat d’un coup de tête de dernière minute. La polarisation organisée et voulue par l’Elysée lui a permis de rejouer la stratégie de l’élection présidentielle en appelant au vote utile contre le croquemitaine « nationaliste » et de doper la participation. La manœuvre n’a que partiellement fonctionné – le RN reste le premier parti de France – mais a permis de réduire les dégâts et surtout de poursuivre le dynamitage du paysage politique français. Les partis politiques « de gouvernement » dont on attendait qu’ils organisent un véritable bipartisme en France se retrouvent laminés : à eux deux, ils ne dépassent pas les 15%. LREM se voit donc confirmé dans son rôle de parti unique des classes intermédiaires, avec EELV dans le rôle de conscience morale. Plus que jamais le RN se voit donc confirmé dans son rôle de premier opposant… et d’opposant inéligible.</p><p>Car il y a un autre enseignement de ce scrutin, et c’est l’effondrement de l’organisation qui revendiquait la fonction d’opposition à LREM, c’est-à-dire, de la France Insoumise. Avec 6,3%, elle ne retrouve même pas le résultat du Front de Gauche de 2014. Et ne parlons même pas de ses scores de 19,6% à la présidentielle et 11% au premier tour des législatives de 2017. Même s’il passe d’un cheveu devant la liste du Parti socialiste, il peut difficilement maintenant revendiquer une primauté dans l’opposition de gauche. Mélenchon aimait à dire que la force allait à la force, et que la position de leader des Insoumis dans la gauche ne laissait d’autre alternative aux autres forces que de passer par les fourches caudines d’un ralliement inconditionnel à LFI et à son chef. J’ai toujours pensé – et je l’ai écrit largement ici – que cette attitude était suicidaire, parce qu’elle supposait que les autres organisations de gauche allaient renoncer à leur autonomie sans aucune contrepartie. Je pense que le Petit Timonier a raté le coche : en 2017, plus de souplesse dans la négociation aurait pu lui permettre d’être au deuxième tour. Après la présidentielle, un peu de bienveillance aurait pu lui permettre de regrouper derrière lui une gauche déboussolée et en mal de leader. Mais cela aurait impliqué de mettre sous contrôle les tendances « gauchistes » de son mouvement. Il a préféré leur laisser la bride sur le cou, avec les résultats qu’on connaît : LFI a humilié ses alliés institutionnels potentiels tout en pratiquant le débauchage au moyen de prébendes – le cas de Leila Chaïbi ou celui d’Emmanuel Maurel, récompensés de leur ralliement par des postes de député européen, sont de ce point de vue assez emblématiques.   </p><p>En laissant les tendances « gauchistes » agir, Mélenchon a oublié la règle N°1 de tout gourou qui veut faire son chemin dans la vie, à savoir, qu’il doit recadrer régulièrement chaque groupe de son mouvement de manière qu’aucun ne puisse réclamer une primauté quelconque sur les autres, et que tous restent dépendants du gourou. Laisser un groupe prendre l’ascendant sur les autres, c’est risquer qu’il puisse remettre en cause un jour le pouvoir du gourou lui-même. Mélenchon a commis la grave erreur de laisser les « gauchistes » de son mouvement prendre le pas sur les « centristes » comme Guénolé et les « souverainistes » comme Kuzmanovic et de pratiquer une véritable chasse aux sorcières dans la constitution de la liste pour les élections européennes. Les départs fracassants qui s’en sont suivis ne sont que la partie visible d’un gros iceberg sur lequel le Titanic insoumis s’est fracassé.</p><p>Et maintenant ? Et bien, rien ne changera. Le gouvernement n’a aucune raison pour modifier sa politique, puisqu’aucune alternative pouvant lui disputer le pouvoir n’apparaît à l’horizon. Le RN est en tête mais reste aussi inéligible qu’avant, et il est difficile de voir dans les écologistes, qui ont cru nécessaire de rappeler qu’ils étaient favorables « à la liberté d’entreprendre et à l’économie de marché », une opposition sérieuse aux politiques macroniennes. L’avenir est à ceux qui ne se lèvent pas.</p><p>Descartes</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/417/la-monnaie-parallele-de-salvini-peut-elle-remplacer-l%E2%80%99euro</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:12:22 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/417/la-monnaie-parallele-de-salvini-peut-elle-remplacer-l%E2%80%99euro</link>
	<title><![CDATA[La monnaie parallèle de Salvini peut-elle remplacer l’euro?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX/ENTRETIEN - Le gouvernement italien a annoncé l’émission de minibots, des mini-bons du Trésor, qui seraient susceptibles de devenir une monnaie parallèle à l’euro. Le décryptage de David Cayla.</p><p class="fig-paragraph">David Cayla est économiste et maître de conférences à l’université d’Angers. Il publiait l’année dernière <a href="https://livre.fnac.com/a11559846/David-Cayla-L-economie-du-reel" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE">L’économie du réel</a> (De Boeck supérieur, 2018) et est l’auteur, avec Coralie Delaume, de La Fin de l’Union européenne (Michalon, 2017), et de <a href="https://livre.fnac.com/a13192750/Coralie-Delaume-10-1-questions-sur-l-Union-europeenne" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE">10+1 Questions sur l’Union européenne</a> (Michalon, 2019).</p><p class="fig-paragraph">Le parlement italien a voté une motion demandant au gouvernement d’accélérer l’émission de minibots, des mini-bons du Trésor (Buoni Ordinaro del Tresorio). Quelle serait la forme de cette monnaie?</p><p class="fig-paragraph">David CAYLA.- Le projet de minibots n’est pas de créer une monnaie au sens usuel du terme car ce sont des titres qui n’auront pas cours légal, qui ne seront pas convertibles et qui ne seront pas émis par le système bancaire. Il s’agit d’une monnaie fiscale, une reconnaissance de dette, que l’État italien envisage de faire circuler dans l’économie. Concrètement, les minibots serviront à payer les entreprises à qui l’État doit de l’argent par des titres de dette, titres qui seront en retour acceptés pour le paiement des impôts.</p><p class="fig-paragraph">L’idée, en réalité, n’est pas nouvelle. En juillet 2009, la Californie, alors en situation de quasi-faillite, avait émis des bons comparables appelés IOU («I owe you», c’est-à-dire «je vous dois»). Au plus fort de la crise argentine, en 2001-2002, les provinces avaient émis des monnaies parallèles sur le même principe, la plus connue étant les bons patacón (Bono Patacón), émis par la province de Buenos Aires.</p>
<p>Les partisans d’un « Italexit » et d’une rupture franche avec l’euro, tel l’économiste et député de la Lega Claudio Borghi, militent pour des titres papier.</p>
<p class="fig-paragraph">Contrairement aux monnaies argentines, les minibots italiens seraient émis sans intérêt et sans échéance. Par ailleurs, on ne sait pas quelle forme ils pourraient prendre, car il y a deux options possibles: soit une émission de titres virtuels exclusivement électroniques ; soit la création de titres papiers qui pourraient circuler sous forme de coupures identiques à celles d’un billet. Les partisans d’un «Italexit» et d’une rupture franche avec l’euro, tel l’économiste et député de la Lega Claudio Borghi, <a href="https://www.france24.com/fr/20190605-mini-bot-italie-italexit-salvini-ligue-euro-monnaie-union-europeenne-sortie-bons-tresor" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE">militent pour des titres papier.</a></p><p class="fig-paragraph">Mais pour l’instant, toute cette affaire ne repose que sur une motion du Parlement italien votée juste après les élections européennes et qui demande leur mise en place accélérée conformément au programme de la coalition gouvernementale. La décision d’y recourir ou non, et sous quelle forme, est surtout entre les mains de l’exécutif italien. Or, le ministre des finances italien <a href="https://www.repubblica.it/economia/2019/06/08/news/g20_in_giappone_si_parla_di_web_tax_e_dazi_attenzione_sull_italia_bilaterali_importanti_per_tria-228235326/?ref=RHPPLF-BH-I228236361-C8-P1-S2.4-T1" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE">refuse pour l’instant d’y avoir recours</a>. C’est donc un scénario qui reste très incertain.</p><p class="fig-paragraph">Ces bons du trésor peuvent-ils à terme circuler comme une «monnaie parallèle» en Italie?</p><p class="fig-paragraph">À partir du moment où cette monnaie fiscale est, comme son nom l’indique, acceptée par l’État pour le paiement des impôts, alors toute personne qui paie des impôts en Italie peut être intéressée par en détenir. Mais sa circulation dépendra aussi de sa forme, matérielle ou virtuelle, de la confiance des individus dans son caractère sécurisé et de son acceptation en guise de paiement. Or, comme les minibots n’ont pas cours légal, il sera possible de les refuser en paiement. De plus, puisqu’ils ne donnent pas lieu à intérêt et ne peuvent servir qu’à payer l’administration fiscale, il s’agira d’une monnaie de second ordre, moins intéressante que l’euro et dont les détenteurs chercheront à se débarrasser au plus vite en la rendant au gouvernement italien dès qu’ils le pourront.</p>
<p>La Commission entend imposer de nouvelles mesures d’austérité, ce que le gouvernement refuse pour l’instant.</p>
<p class="fig-paragraph">L’adage de Greshan selon lequel «la mauvaise monnaie chasse la bonne» n’est valable que si la mauvaise monnaie a cours légal et ne peut être refusée. Dans ce cas, en effet, la «bonne» monnaie est thésaurisée (et donc arrête de circuler) et la «mauvaise» devient très vite le seul moyen de paiement en usage dans l’économie. Mais les minibots que chacun est libre de refuser ou d’accepter n’entrent pas dans cette configuration. Il y a donc de fortes chances pour que les commerçants et les salariés refusent d’être payés dans une telle monnaie. Ainsi, la «mauvaise monnaie» des minibots risque fort de peu circuler en dehors des relations entreprises / administrations. Pour qu’elle circule, il faudrait soit en imposer l’usage (mais cela est contraire à l’appartenance de l’Italie à la zone euro), soit rémunérer les détenteurs avec un intérêt, ce qui la rendrait intéressante à détenir. Mais dans ce cas, si elle devient trop intéressante, elle risque alors d’être thésaurisée et de ne pas circuler non plus.</p><p class="fig-paragraph">Est-ce un instrument politique pour l’Italie face à la Commission européenne, qui vient d’annoncer une procédure pour déficit excessif à son égard?</p><p class="fig-paragraph">Oui, c’est une menace sérieuse. Le gouvernement se trouve actuellement face à des négociations difficiles avec la Commission qui pourrait imposer à l’Italie une amende pour déficits excessifs. L’adoption du budget avait fait l’objet d’une passe d’arme similaire à l’automne qui s’était soldée par un <a href="https://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/12/19/97002-20181219FILWWW00112-budget-rome-trouve-un-accord-avec-bruxelles.php" data-fig-type="NewsFlash" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">compromis.</a> Mais, depuis, l’Italie affronte un trou d’air économique et les déficits budgétaires s’aggravent. La Commission entend donc imposer de nouvelles mesures d’austérité, ce que le gouvernement refuse pour l’instant.</p>
<p>Payer ses créanciers directement avec des bons du trésor est un moyen de contourner les marchés financiers. En somme, les minibots pourraient partiellement désarmer la Commission.</p>
<p class="fig-paragraph">Dans ces négociations, la Commission dispose d’un avantage décisif: celui des marchés financiers qui déterminent les taux d’intérêt auquel l’État italien emprunte. En effet, dès que la tension monte avec Bruxelles, le «spread» (qui mesure l’écart de taux entre l’Italie et l’Allemagne) augmente, ce qui signifie que l’Italie doit payer d’avantage pour emprunter. Or, avec une dette publique qui dépasse 130% du PIB, le coût des intérêts est énorme. Pour s’en sortir financièrement, l’Italie doit compter sur les achats de titres publics de la Banque centrale européenne. Or, depuis la crise grecque de 2015, la BCE est apparue comme un acteur politisée. Autrement dit, il est impératif pour l’Italie de trouver un accord avec les autorités européennes si elle ne veut pas voir ses taux d’intérêt exploser et si elle entend continuer de bénéficier du soutien de la BCE.</p><p class="fig-paragraph">Dans ce contexte, l’usage des minibots peut être utile. Payer ses créanciers directement avec des bons du trésor est un moyen de contourner les marchés financiers. Et comme il s’agit de titres émis sans intérêt, cela permet de réduire les frais financiers occasionnés par les dépenses publiques. En somme, les minibots pourraient partiellement désarmer la Commission. Mais ils seraient aussi perçus comme un casus belli de la part des autorités européennes, BCE comprise. L’Italie est-elle prête à la rupture, ce qui signifierait financer l’ensemble de ses dépenses publiques (dont le paiement des salaires des fonctionnaires) avec des minibots et, à terme, quitter l’euro? C’est peu probable.</p>
<p>Il serait aberrant, pour l’Italie, de vendre ses réserves d’or au moment où elle envisage de quitter l’euro.</p>
<p class="fig-paragraph">Justement, l’Italie a-t-elle les moyens de quitter la zone euro? Quels sont les scénarios envisageables à l’heure actuelle?</p><p class="fig-paragraph">L’euro n’a pas été fait pour qu’on le quitte facilement. Dans <a href="https://www.lefigaro.fr/vox/politique/les-elections-europeennes-derniere-chance-pour-l-union-europeenne-20190520" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">10+1 Questions sur l’Union européenne</a> , le livre que j’ai co-écrit avec Coralie Delaume, nous montrons toutes les difficultés qu’engendrerait une telle entreprise pour la France. Le cas italien est similaire au cas français. Il s’agit d’une grande économie industrielle ouverte aux autres pays européens. Rompre avec l’euro entraînera nécessairement un chaos économique et financier et une multitude de contestations juridiques de la part des créanciers floués.</p><p class="fig-paragraph">Par ailleurs, les minibots ne peuvent se substituer à l’euro. <a href="https://www.marianne.net/economie/jacques-sapir-l-objectif-du-gouvernement-italien-est-de-creer-une-monnaie-parallele-l-euro" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE">Contrairement à ce qu’affirme Jacques Sapir</a>, je ne crois pas que, s’ils étaient émis, ils auraient vocation à circuler dans l’économie et à remplacer l’euro. Pour cela, il faudrait pouvoir les imposer non seulement dans les transactions internes, mais aussi vis-à-vis de l’étranger. Or, une monnaie fiscale ne peut être qu’une monnaie locale, éventuellement intéressante pour les contribuables, mais dénuée de tout intérêt dès lors qu’on ne réside pas en Italie et qu’on n’y paie pas d’impôt. Il faudrait donc pouvoir convertir les minibots en euros, ce qui suppose de les adosser à une banque centrale et d’en faire une véritable monnaie.</p><p class="fig-paragraph">Enfin, et surtout, je ne crois pas que le gouvernement italien souhaite sortir de l’euro. Le leader de la Lega et ministre de l’intérieur Mateo Salvini a récemment affirmé qu’il était envisageable de <a href="https://www.capital.fr/economie-politique/litalie-nexclut-pas-lidee-de-puiser-dans-ses-reserves-dor-1327139" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE">vendre une partie des réserves d’or de la Banque d’Italie</a> pour faire face aux problèmes budgétaires italiens. Une déclaration à laquelle Mario Draghi a <a href="https://www.reuters.com/article/ecb-reserves-draghi/countries-must-seek-ecb-approval-to-manage-gold-reserves-draghi-idUSF9N1XJ02N" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE">répondu</a>, faisant savoir que l’or de la Banque d’Italie n’appartenait pas au gouvernement italien et que toute vente ne pourrait se faire qu’avec l’accord de la BCE. Mais il serait aberrant, pour l’Italie, de vendre ses réserves d’or au moment où elle envisage de quitter l’euro. L’or est en effet de plus en plus recherché par les pays qui souhaitent s’affirmer sur le plan monétaire, comme la Russie ou la Chine qui en <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/06/06/la-ruee-vers-l-or-des-banques-centrales_5472274_3234.html" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE">multiplient les achats.</a></p>
<p>L’euro est une monnaie fragile, mal conçue, qui finira sans doute par éclater avec fracas.</p>
<p class="fig-paragraph">Aussi, le scénario le plus vraisemblable est que l’Italie cherche à rééquilibrer en sa faveur le rapport de force très déséquilibré qu’elle entretient avec la Commission en avançant la menace des minibots. Mais je ne crois pas qu’elle ira jusqu’à leur émission et je ne pense pas qu’elle soit prête à quitter l’euro dans le contexte actuel. Il faudrait vraiment que la Commission défende une ligne intransigeante et humiliante pour que le gouvernement italien décide de mettre certaines de ses menaces à exécution. Pour l’instant, il n’a aucun intérêt à se fâcher avec les entrepreneurs ni à organiser le saut dans l’inconnu qu’impliquerait une sortie de l’euro.</p><p class="fig-paragraph">Comment se porte l’euro? Si l’Italie en sort, cette monnaie a-t-elle encore un avenir?</p><p class="fig-paragraph">L’euro est une monnaie fragile, mal conçue, qui finira sans doute par éclater avec fracas. Mais je ne crois pas que sa fin viendra d’une décision politique italienne, même s’il est évident que la sortie d’un grand pays comme l’Italie la condamnerait à courte échéance.</p><p class="fig-paragraph">Je pense en revanche qu’elle aura du mal à survivre à la prochaine crise financière majeure qui touchera le continent européen. Mais il est très difficile de prévoir quand surviendra une telle crise.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/416/pour-castaner-%C2%AB%C2%A0l%E2%80%99islam-de-france%C2%A0%C2%BB-c%E2%80%99est-l%E2%80%99islam-des-freres-musulmans</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:11:40 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/416/pour-castaner-%C2%AB%C2%A0l%E2%80%99islam-de-france%C2%A0%C2%BB-c%E2%80%99est-l%E2%80%99islam-des-freres-musulmans</link>
	<title><![CDATA[Pour Castaner, « l’islam de France » c’est l’islam des Frères musulmans]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Depuis 1999, nos dirigeants s’entêtent à vouloir construire « l’islam de France ». De Chevènement à Macron en passant par Sarkozy et Valls, la ligne politique aura été erratique, les objectifs flous, les moyens insuffisants. Mais surtout, le choix des interlocuteurs aura été jusqu’à aujourd’hui calamiteux permettant à l’islam consulaire de se maintenir tout en légitimant la prise de pouvoir des Frères musulmans. Dernier exemple en date: le 29 mai, le ministre des Cultes Christophe Castaner a rompu le jeûne du ramadan aux côtés du CRCM, une organisation frériste.</p>
<p>Notre ministre des Cultes, Christophe Castaner, a honoré de sa présence lors d’un dîner d’iftar (rupture du jeûne du Ramadan), le 29 mai dernier, le Conseil régional du Culte musulman d’Alsace, ce qui a offusqué le Conseil national dudit culte, actuellement aux mains des Turcs pro-Erdogan. Mais le choix de M. Castaner, avec l’accord probable du président, en dit long sur la stratégie inquiétante de l’exécutif concernant l’organisation de la religion musulmane en France. Cette dernière demeure un des angles morts de la « pensée politique » du pouvoir macronien, mais soyons honnête, c’est l’angle mort de tous les partis politiques français depuis quarante ans.</p><p dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">À <a href="https://twitter.com/hashtag/Strasbourg?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Strasbourg</a>, pour partager l’iftar du CRCM.<br />Une ville de concorde et de fraternité où le respect des sensibilités, des croyances et des convictions de chacun est naturel. <a href="https://t.co/iJeYIFEiFW">pic.twitter.com/iJeYIFEiFW</a></p><p>— Christophe Castaner (@CCastaner) <a href="https://twitter.com/CCastaner/status/1133828945709867009?ref_src=twsrc%5Etfw">29 mai 2019</a></p><p>La nouvelle génération de nos politiciens ne connait quasi rien à l’islam, son histoire, ses fondements théologiques, ses évolutions contemporaines, sa géopolitique. De même elle perpétue une « politique arabe » erratique, sans cap ni intelligence. La politique désastreuse de Nicolas Sarkozy en la matière en aura été l’illustration, projetant sur les représentants français autoproclamés de l’islam dans les années 2000, une vision simpliste mêlant la longue histoire des relations entre l’Etat et l’Eglise catholique et protestante et avec les juifs, avec la mémoire floue de la gestion de l’islam colonial algérien.</p>
<p>Sarkozy rompt la digue du Culte</p>
<p>En 2003, se prenant pour un tout petit Napoléon, Nicolas Sarkozy alors ministre des Cultes, voulait un interlocuteur : il créa le Conseil français du Culte musulman (CFCM). Il n’aura réussi qu’à adouber l’islam politique des Frères musulmans qui a rapidement mis la main sur le CFCM et ses instances régionales. Puis il a aggravé la situation durant son quinquennat en décidant que ce serait à l’aune des mètres carrés de mosquée qu’on élirait les représentants siégeant au CFCM. Résultat ? L’ouverture de la compétition générale : c’est à qui aura la plus grande mosquée pour avoir le plus d’élus ! Or qui peut financer des mosquées-cathédrales dans toutes les métropoles françaises sinon les réseaux financiers étrangers. Les subsides publics – donc l’argent du contribuable français – furent aussi utilisés pour cofinancer la construction de centres culturels islamiques annexes aux mosquées venant agrandir de facto les espaces cultuels ; et le tour est joué.</p><p>A lire aussi: <a href="https://www.causeur.fr/royaume-uni-islamophobie-definition-161811" target="_blank">L’appel de 44 intellectuels britanniques contre une définition officielle de l’islamophobie</a></p><p>Dès lors, le président Sarkozy a renforcé l’islam consulaire autant qu’il a encouragé des puissances financières islamiques étrangères (Qatar, Arabie saoudite, Emirats, Turquie) à déverser des millions pour construire des mosquées favorables à leur courant idéologique. Les islamistes des Frères musulmans et autres dérivés salafistes ont évidemment raflé la mise. Puis, le quinquennat achevé en terminant sur la catastrophe libyenne, Nicolas Sarkozy s’en est lavé les mains quand il s’est avéré que l’arrière boutique n’était pas aussi « modérée » que la vitrine qu’il avait vendue aux Français ignares en la matière. François Hollande, le président, inventa « la déradicalisation », concept fumeux qui coûta un « pognon de dingue » mais ne lui survécut pas faute d’avoir le début d’un embryon de résultat… Où l’on voit que si Emmanuel Macron met ses pas dans ceux de Nicolas Sarkozy ou de son prédécesseur, il n’en sortira rien de bon. Doit-on craindre qu’il fasse pire ?</p>
<p>« L’islam français » ne peut pas exister</p>
<p>Islam de France, en France, islam français… Autant d’expressions qui ne disent rien de la réalité. « L’islam français » tel qu’en rêvent candidement nos politiques ne peut pas exister, et ce pour différentes raisons. Les musulmans sont une minorité religieuse nouvellement installée en France depuis les années 1960 et dont le dynamisme démographique est incomparable à tout ce que la France a connu en termes de minorités religieuses. La première vague vient de divers pays, des singularités nationales qui colorent aussi pour partie leur islam ; longtemps cet islam fut dirigé à distance par les pays d’origine (Algérie, Maroc, Tunisie, etc.). La force de l’idéologie fréro-salafiste est d’avoir surmonté ses folklores nationaux d’origine pour proposer aux générations nées en France une identité « neuve » de double rupture : d’avec l’islam dit du bled et d’avec la France républicaine.</p><p>En outre, imaginer construire l’islam sur le modèle consistorial juif comme certains ont l’air de le plaider auprès du président de la République est une aberration en plus d’une stupidité anachronique : les musulmans du XXIe siècle ne ressemblent en rien aux Israélites de 1806 déjà quasi totalement assimilés quand Napoléon achève le projet d’émancipation citoyenne commencé avec le mémoire de Malesherbes adressé à Louis XVI en 1788. Au début du XIXe siècle, les juifs n’aspirent qu’à être d’authentiques Français et ne nourrissent aucune acrimonie à l’égard de la civilisation française. Ensuite, l’histoire des relations entre la France et les mondes de l’islam est singulière et complique beaucoup les choses, elle est faite de conflictualités, de guerres mémorielles, de méfiance réciproques, ce que tout le monde feint d’ignorer en glissant perpétuellement la poussière sous le tapis ou en clivant inutilement, comme le fit le candidat Macron en novembre 2016 lors de son voyage en Algérie. Enfin, et c’est sans doute le plus sérieux, que cela plaise ou pas aux candides, l’islam est un ordre politico-juridique qui ne peut pas, ne veut pas se fondre dans un ensemble social laïc qui lui préexiste, à savoir la loi de 1905.</p>
<p>La France était « une et indivisible »</p>
<p>Ce cadre où se sont inscrits, non sans peine, catholiques, protestants et juifs, les représentants qui parlent aujourd’hui au nom des Français musulmans n’en veulent pas. S’ils le voulaient vraiment comme ils le prétendent dans leurs discours devant les ministres, pourquoi ne s’entendent-ils pas depuis près de deux décennies, pour se structurer en conformité stricte avec la loi de 1905 ? Mais nous sommes, paraît-il, au temps du « patriotisme inclusif » (discours d’Emmanuel Macron devant la presse du 25 avril), de l’identité nationale « à la carte » ; quand en 1806 sous l’autoritarisme napoléonien et en 1905 au temps de la IIIe République, nous étions dans le patriotisme assimilateur qui garantissait la liberté de cultes aux individus et aux collectifs, mais rejetait toute forme de sécession politique au nom de son appartenance religieuse.</p><p>A lire aussi: <a href="https://www.causeur.fr/islam-de-france-musulmans-146022" target="_blank">L’islam de France est-il (vraiment) différent des autres?</a></p><p>La France fut en effet « une et indivisible ». Elle ne l’est plus depuis que, devant une immigration de masse qu’ils n’ont souhaité ni contenir ni analyser les effets à long terme, nos dirigeants nationaux et locaux ont décidé de pratiquer une gestion communautariste des populations. C’est cela la cause de la partition ou sécession dont tous les politiques parlent aujourd’hui comme s’ils n’y étaient pour rien : ils en sont les premiers artisans. Les minorités tyranniques ne s’affirment que quand le camp majoritaire est las ou naïf. Les hommes de la IIIe République avaient fait l’expérience de la pression religieuse dans la vie sociale et dans la vie politique, ils n’en voulaient plus. Nos politiques actuels n’ont rien connu de l’antagonisme entre un pouvoir religieux et un pouvoir civil, ils ont l’air de benêts qui pensent que la sécularisation est un fait établi qui va s’imposer par magie à tous les nouveaux venus. Ils regardent donc l’islam comme une sorte de judaïsme acariâtre ou de protestantisme belliqueux, ne comprenant pas la spécificité de la religion musulmane qui est une orthodoxie en même temps qu’une orthopraxie, qui ne délie pas pouvoir temporel et spirituel, à moins de renier le sens même de la vie du prophète de l’islam Mohamed, donc s’exposer à se renier soi-même. Le wahhabisme né en Arabie au XVIIIe siècle s’inspirait du rigorisme de l’école hanbalite (IXe siècle) et d’Ibn Taymiya (XIIIe siècle), et illustre bien que l’islamisme n’a pas attendu les impérialismes coloniaux européens ou le méchant « orientalisme » occidental pour se forger, indépendamment, en idéologie politique. Cet ordre politico-religieux consubstantiel à l’islam dès ses origines, n’a été qu’en se durcissant au gré des aléas géopolitiques du siècle écoulé, avant même l’abolition du califat par Atatürk.</p>
<p>Inculte comme un ministre des Cultes</p>
<p>Tout cela, nos dirigeants n’en ont cure car ils ne lisent plus rien d’autre que des livres de management des organisations ou de communication politique. La classe politique et médiatique actuelle est inculte sur ces sujets. La paresse intellectuelle autant que le désintérêt mâtiné de mépris pour la « chose religieuse » font que nos dirigeants et nos élites parlent sans savoir, se reposent sur quelques agents d’influence dont ils sont bien incapables la plupart de temps de déceler au nom de qui ils parlent, au nom de quels intérêts ils proposent telle ou telle organisation de l’islam en France. L’ignorance de nos dirigeants sur l’islam est dangereuse. L’islam comme religion, comme fait social, comme doctrine juridico-politique ne peut être ignoré car il s’est imposé dans notre paysage politique du fait d’une immigration de masse doublée d’un dynamisme démographique avéré.</p><p>Cette inculture justifie qu’ils se satisfassent de la situation bipolaire actuelle. D’un côté, nous avons les beaux discours islamo-républicains tenus dans les diners d’iftar où nos élus, nos ecclésiastiques, nos pasteurs et nos rabbins jouent des coudes à qui mieux-mieux, ou dans les colloques dits « interreligieux » organisés systématiquement par les autorités catholiques, protestantes ou juives pour valoriser « l’islam des Lumières », plutôt que débattre de questions théologiques qui fâchent. De l’autre côté, nous avons la réalité du terrain, l’islam à l’échelle locale qui demeure revendicatif politiquement et largement irrigué par le courant fréro-salafiste qui n’a de quiétiste que le nom car Hassan al-Banna est peu connu pour avoir œuvré en faveur de la doctrine de « la passivité dans la quête spirituelle » !</p>
<p>En marche vers « l’islam de France » macronien</p>
<p>« L’islam de France » est un projet qui n’avancera pas parce que l’islam dominant actuel ne se laisse pas enfermer dans un cadre de minorité, qui plus est au sein d’une nation d’héritage judéo-chrétien. Toutefois, le dynamisme démographique étant du côté de l’islam, ce culte doit s’organiser en tant que tel. Mais l’acte politique programmateur doit revenir à la République et à elle seule, et non aux représentants autoproclamés de l’islam en France. Car eux exigeront sans se décourager, comme ils le font depuis 1999, d’obtenir un statut spécifique, des arrangements singuliers, une place à part. Voilà pourquoi le choix de notre actuel ministre des Cultes est inquiétant. Il a négligé le CFCM aux mains des Turcs proches d’Erdogan, ce qui n’est pas une mauvaise idée en soi, mais ce fut pour aller adouber le représentant de l’islam concordataire, Abdelaq Nabaoui qui préside le Conseil régional du Culte musulman d’Alsace. A l’instar de Tareq Oubrou, autre star frériste convertie récemment au républicanisme, Nabaoui est chevalier de la Légion d’honneur depuis avril 2017, et il est aussi un ancien militant actif de l’UOIF (habilement rebaptisée à la veille de l’élection présidentielle, Musulmans de France). L’UOIF est une des associations islamiques les plus importantes de France, elle contrôle de nombreux lieux de culte, écoles, centres de formations ; elle est liée à l’échelle européenne aux Frères musulmans, même si ses chefs s’en défendent mollement.</p><p>A lire aussi: <a href="https://www.causeur.fr/voitures-incendies-sylvestre-castaner-157851" target="_blank">Incendies du Nouvel An: cette fois, Castaner n’a pas vu de « séditieux »</a></p><p>A la tête du CRCM depuis deux ans et demi, Nabaoui est un ancien aumônier des hôpitaux (et des armées de l’Est) qui a fait de Strasbourg la plateforme de lancement de l’islam de France dont rêve les ultralibéraux communautaristes pour qui l’argent est le nerf de la guerre. Beaucoup de ceux qui encensent <a href="https://www.institutmontaigne.org/ressources/pdfs/publications/rapport-un-islam-francais-est_-possible.pdf" target="_blank">le rapport El Karoui</a> de 2016 (« Un islam français est possible ») pour avoir alerté sur l’imprégnation salafiste dans la jeunesse musulmane française, oublient les recommandations de ce dernier en faveur d’une profonde modification de la loi de 1905 afin que l’Etat prenne notamment en charge le financement des édifices religieux à l’issue d’un « audit des cultes ». Pour conduire son projet, Hakim El Karoui a lancé, fin 2018, l’Association musulmane pour un islam de France (AMIF) avec l’aval de son ami Emmanuel Macron rencontré à la banque Rothschild. Les statuts ont été déposés en avril dernier. Abdelaq Nabaoui est membre de l’AMIF, plateforme préparant « l’islam de France » macronien, comme le CFCM fut le bébé de Nicolas Sarkozy. A ses côtés, la fine fleur frériste reconvertie dans le républicanisme inclusif du Nouveau Monde : Tareq Oubrou ou Mohamed Bajrafil. L’AMIF ne servirait-elle pas aussi de plateforme de labellisation républicaine pour l’idéologie frériste ? Tout cela se ferait bien sûr « à l’insu de notre plein gré », à l’instar de l’Institut des Cultures de l’Islam dont le Conseil d’administration est dirigé par un duo pour le moins surprenant : Bariza Khiari, ancienne sénatrice socialiste ralliée dès 2016 à Emmanuel Macron, et Nacira Guenif-Souilamas, sociologue proche des Indigènes de la République.</p>
<p>Christophe Castaner : « Le CRCM est un exemple, un laboratoire d’idées pour le futur de l’islam en France. »</p>
<p>A l’instar de son ami Hakim El Karoui, M. Nabaoui rêve de voir l’islam inclus dans le régime concordataire afin d’en faire la base arrière pour la construction de cet islam de France qui pourrait bénéficier des subsides publics, de libéralités pour enseigner dans les écoles publiques, etc. El Karoui écrit en 2016 dans son rapport que le régime concordataire est « un écosystème politique et juridique qui permet aux instances représentatives des musulmans de France et à la puissance publique de faire émerger un islam français. » Alors que 70% des Français sont pour l’abrogation du régime concordataire et que des militants républicains laïcs luttent vainement depuis des décennies pour son abrogation, M. Castaner vient valider le projet El Karoui/Nabaoui. Notre ministre a en effet déclaré lors de ce dîner de Ramadan : « À Strasbourg, le CRCM est un exemple, un laboratoire d’idées pour le futur de l’islam en France. » Bien sûr, Christophe Castaner a fait du « et en même temps » en jurant ses grands dieux qu’on ne toucherait pas à la loi de 1905, mais force est de constater que, dans l’indifférence générale, parce que ces sujets sont laissés dans l’ombre, l’opposition et les journalistes d’investigation font silence. Personne ne se donne la peine d’expliquer aux Français ce qui se joue, à savoir un énième blanc-seing offert aux idéologues fréristes, c’est-à-dire aux ennemis de la liberté, de l’égalité et de la démocratie. Aux ennemis de la nation.</p><p>La stratégie à la petite semaine de Christophe Castaner est révélatrice de l’indécision du pouvoir. Il y a fort à parier que si l’acte 2 du quinquennat qu’on nous annonce est aussi amateuriste et tourmenté que le premier, « l’islam de France » restera une Arlésienne car l’exécutif aura d’autres chats à fouetter. Et vu ce que prépare les amis du président, ce serait souhaitable pour le bien des musulmans eux-mêmes, pour la sécurité des Français également à long terme. Car, sous prétexte de lutter contre l’argent sale des Etats étrangers qui viendrait pourrir l’islam de France, le projet El Karoui/Nabaoui équivaut à financer l’islam avec l’argent public sans nettoyer les écuries d’Augias, à savoir déraciner l’idéologie fréro-salafiste dominante dans la plupart des quartiers où les musulmans sont quasi majoritaires. Pour réaliser un tel nettoyage, il faudrait déjà que nos élus soient informés (ou souhaitent l’être !) des pedigrees idéologiques de leurs interlocuteurs par les agents de liaison qui les mettent en relation… Mais chacun préfère l’aveuglement réciproque d’un marché de dupes.</p>
<p>Vers un Grand imam de France</p>
<p>En attendant, le statu quo permet la poursuite de la politique des intermédiaires, des agents troubles au service de différentes puissances étrangères qui tiennent chacun leur petite boutique de fidèles binationaux ; pour certains pays amis, cette gestion se fait en lien avec les services de renseignements français, ce qui n’est pas inutile. Le statu quo permet à des notables musulmans de s’embourgeoiser gentiment en se rapprochant du Roi-soleil, de troquer la calotte blanche en crochet pour le chapeau mou du Grand rabbin de France – ce personnage inventé par Napoléon – rêvant sans doute ainsi d’être adoubé un jour Grand imam de France. Le statu quo permet enfin à la confrérie des Frères musulmans transnationale et à tous les réseaux salafistes alliés, de continuer paisiblement à gangrener la population musulmane française.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/415/fiches-de-lectures-%E2%80%93-michele-tribalat-%E2%80%9Cassimilation-la-fin-du-modele-francais%E2%80%9D-2013</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:10:38 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/415/fiches-de-lectures-%E2%80%93-michele-tribalat-%E2%80%9Cassimilation-la-fin-du-modele-francais%E2%80%9D-2013</link>
	<title><![CDATA[FICHES DE LECTURES – Michèle TRIBALAT, “Assimilation, la fin du modèle français,” (2013)]]></title>
	<description><![CDATA[<p>BIBLIOTHÈQUE VIRTUELLE – FICHES DE LECTURE</p><p>Michèle TRIBALAT, Assimilation. La fin du modèle français. , France, 2013</p><p>« Que voulons-nous d’eux ? »</p><p>FICHE TECHNIQUE</p><p>TRIBALAT (Michèle), Assimilation. La fin du modèle français, 2013, Paris, aux éditions Télégraphe / éditions du Toucan (éditeur indépendant), 349 pages, ISBN 978-2-81000-553-6.</p><p>L’AUTEUR</p><p>Michèle TRIBALAT est chercheuse à l’Institut National des Études Démographiques (INED), prestigieux établissement français chargé d’établir et d’analyser les statistiques relatives à la démographie. Spécialisée dans les questions de l’immigration et de l’intégration des étrangers en France, puis de la place de l’Islam et de sa pratique, elle s’est régulièrement élevée contre le flou des statistiques publiques en matière d’immigration et des pratiques religieuses. Depuis 2010, alors qu’elle s’était prononcée en faveur de la mise en place de statistiques dites « ethniques », statistiques réclamées également par des organisations d’immigrées (Mais refusées par d’autres) comme le Conseil Représentatif des Associations Noires de France, (CRAN, mais sous un autre nom), elle se trouve au centre d’une polémique alimentée par une partie de l’intelligentsia de gauche dont Hervé LE BRAS, brillant statisticiens français, qui a accusé Michèle TRIBALAT de vouloir renouer avec les pratiques nazies de fichage ethnique et religieux.</p><p>LE LIVRE</p><p>Le livre de Michel TRIBALAT, Assimilation. La fin du modèle français, est un livre à thèse. Et la thèse, dure, est crument exposée : les immigrés ne s’assimilent plus parce qu’ils ne sont plus tenus de le faire (La culture des élites valorisant d’autant plus le multiculturalisme qu’elles mêmes s’y sont plus confrontées), et, de ce fait, les immigrés, surtout musulmans, imposent la permanence de traits culturels forts, y compris ceux en désaccords flagrants avec les devoirs républicains, comme les limites toujours plus étendues posées à la liberté d’expression. Pour Michel TRIBALAT il s’agit d’une nouvelle « trahison des clercs », à l’échelle française mais aussi à l’échelle européenne.</p><p>Favorable au projet européen, Michel TRIBALAT n’en dénonce pas moins la dérive multi culturaliste des fonctionnaires de Bruxelles, trop soucieux de saper l’identité nationale dans une mosaïque de cultures, sans se rendre compte qu’au-delà du multi culturalisme le communautarisme menace de saper les fondements politiques communs à l’Europe : la démocratie sociale et politique.</p><p>L’immigration en France et en Europe est devenue un objet politique à part entière. L’arrivée au pouvoir des partis eurosceptiques, la montée des partis xénophobes et de l’extrême-droite, leur participation de plus en plus fréquente et de plus en plus longue aux gouvernements, leur enracinement dans les instances locales, la part prise par les questions migratoires dans les programmes politiques des autres formations l’illustrent. Et à chaque élection, l’illustrent de plus en plus.</p><p>Michèle TRIBALAT, chercheur à l’INED, tente de démêler les mécanismes de la politique migratoire, en France et en Europe, à travers la flou des statistiques mais, aussi, à travers les pétitions de principes et les multiples déclarations politiques et les directives européennes.</p><p>La France ne dispose pas d’un outil statistique pour mesurer sa population étrangère. Chaque ministère (Ministère des Affaires Étrangères, MAE, Ministère de l’Intérieur, Ministère des Affaires Sociales) dispose pour la partie qui le concerne de ses propres enquêtes statistiques, menées sur des critères qui ne se recoupent pas forcément d’un ministère à l’autre. Par ailleurs le recensement général de la population ne prenait qu’imparfaitement en compte la question de l’origine, et pas du tout les questions religieuses. Il a été supprimé, au profit d’enquêtes territoriales restreintes, qui rendent plus lointaine la possibilité d’établir des séries statistiques fiables.</p><p>La seule enquête fiable et d’envergure dont dispose la France est l’Application de Gestion centralisée des Dossiers des Ressortissants Étrangers en France (AGDREF, Ministère de l’Intérieur) dont l’INED faisait régulièrement une synthèse dans sa revue Chroniques de l’Immigration. Mais les chiffres d’AGDREF émanant du Ministère de l’Intérieur étaient plus élevés (215 000 entrées d’étrangers par an) que ceux collectés par l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSEE) qui estimait les entrées à 136 000 étrangers, soit un différentiel de 79 000 entrées représentant un écart de 58%. La revue Chroniques de l’Immigration publiant les chiffres peu consensuels d’AGDREF, elle fut supprimée (2008). Les dernières statistiques centralisées connues concernent donc la période 2008 pour des chiffres de 2006.</p><p>Ce sont donc les chiffres grossièrement sous-évalués, ceux de l’INSEE essentiellement, qui sont transmis à l’Union Européenne (UE) et à sa division statistique (EUROSTAT). La France reprenant parfois les données d’EUROSTAT pour avoir un aperçu statistique de ses propres flux migratoires, oubliant que ces chiffres d’origine soit disant européenne viennent par une grande partie de ses propre statistiques faussées.</p><p>La France se distingue en cela de ses voisins (Grande-Bretagne, Pays Bas, Danemark) qui mènent plus souvent et plus précisément des enquêtes concernant la nationalité d’origine et les pratiques religieuses. Il est parfois plus simples pour avoir des informations statistiques récentes sur la population étrangère et immigrée en France de passer par des organismes étrangers comme le Pew Forum.</p><p>Les questions du flou statistique, des outils statistiques et de la connaissance des flux migratoires sont au cœur des questions qui agitent les politiques et les démographes. Michèle TRIBALAT milite depuis de nombreuses années, et avec elle des associations d’immigrés et d’étrangers, pour des statistiques dites ethniques. Ceux qui s’y opposent mettent en avant le risque que feraient peser sur les immigrés et les étrangers de telles statistiques si un mouvement xénophobe prenait le pouvoir en France. Pour Michel TRIBALAT au contraire, seule la connaissance précise des phénomènes migratoires permettra des réponses appropriées et rapides aux questions d’intégration et d’assimilation.</p><p>Pour Michèle TRIBALAT la France est entrée depuis 2000 dans une phase d’immigration intense. Si entre 1975 et 1999 la population étrangère et immigrée avait cru de 11% (Au même rythme que le reste de la population) elle a cru en revanche de 24% entre 1999 et 2009 alors que la population native n’augmentait que de 5%. En conséquence la part des immigrés étrangers est passée de 7,4% à 8,5%, soit la plus haute proportion de son histoire. Il faut remonter à la période 1920-1926 pour avoir la même croissance de la population immigrée en France. On compte actuellement plus de 5 millions d’étrangers en France pour 65 millions d’habitants (2006).</p><p>Par rapport à ses voisins, l’immigration en France sur la période 2001-2011 est plus faible : en Espagne la population immigrée est passée de 0,9% (1991) à 12% (2011) de la population totale. En Grande-Bretagne elle a augmenté de 63% en dix ans. Si l’on prend non plus seulement la population immigrée et étrangère, mais la population immigrée et celle ayant des parents immigrés (Dite population « Immigrée sur deux générations), la France compte 19% d’immigrés et d’enfants d’immigrés, contre 20% en Allemagne, 21% aux Pays Bas, 23,5% aux États-Unis et 26% en Suède.</p><p>L’immigration sur une ou deux générations est donc forte en France comme partout en Europe. Quelle part l’immigration va prendre dans la croissance démographique de l’Europe ? Le scénario élaboré par la Commission de Bruxelles (Scénario Convergence 2010-2060) estime que sans immigration, l’Union Européenne va perdre entre 79 et 86 millions d’habitants en un demi siècle (L’indice de fécondité étant bas : 1,54 enfant par femme en Italie, 1,36 en Allemagne).</p><p>Pour la France, au vu des comportements démographiques actuels, l’immigration permettrait à la France de gagner 15 millions d’habitants sur 50 ans, faute de quoi la population française stagnerait, voire régresserait légèrement (Moins 3 millions d’habitants). Mais ce qui compte c’est l’indice synthétique de soutien (Nombre de personnes en âge d’être des actifs pour le nombre de personnes en âge d’être inactifs, soit avant 16 ans et après 67 ans). Sans immigration il passerait de 1,7 en 2007 à 1,21 en 2060, ou 1,28 avec les effets de l’immigration. Ainsi, l’immigration aura un impact majeur sur la structure démographique de la France, mais un impact très faible sur l’activité économique.</p><p>Plus important peut-être, l’indice de soutien réel (Nombre d’actifs sur les inactifs) passerait de 0,82 en 2007 à 0,56 (Sans immigration) à 0,58 (Avec immigration) en 2060, soit un apport de l’immigration de 0,02 point. Autant dire rien. L’immigration ne va donc pas compenser la détérioration de l’indice de soutien réel : il y aura, en 2060, toujours plus d’inactifs (Essentiellement des personnes âgées) que d’actifs. L’immigration n’est donc pas, selon Michèle TRIBALAT (se fondant sur les statistiques françaises, européennes et internationales) le remède universel au vieillissement de la population française.</p><p>Au sein de la population immigrée en France (Étrangère ou immigrée, sur une ou deux générations), les Musulmans en représentent la part principale. La France a la plus importante population musulmane d’Europe, exceptée la Bulgarie dont une partie de la population native est musulmane depuis le XVe siècle. Les Musulmans étaient environ 3,7 millions en France en 2006, ils étaient estimés à 4,2 millions en 2009, soit 6,7% de la population métropolitaine, 4,8 millions en 2012 soit 7,5% de la population. La France accueille 25% des musulmans d’Europe. Si elle reste à 38% catholique, 8% musulmane et 2% protestante, les personnes qui déclarent accorder beaucoup d’importance à la religion sont dans leur majorité des musulmans : les jeunes musulmans en particuliers (18 ans – 27 ans) sont 56% à accorder une grande importance à la religion (Contre 7% pour les Catholiques de la même tranche d’âge).</p><p>Les Musulmans représentent donc l’essentiel de la population immigrée (Mais plus forcément des flux migratoires actuels qui viennent d’Afrique centrale ou d’Europe de l’Est), et les Musulmans sont de plus en plus pratiquants. C’est ce qu’on appelle la désécularisation. Elle est souvent expliquée par des facteurs sociaux : la détresse économique jetant les Musulmans et leurs enfants dans les bras des imams et des prédicateurs.</p><p>Sans aucun doute la population musulmane vit dans les quartiers les plus pauvres des villes de France : ils sont 37% à vivre dans les quartiers les plus pauvres (Identifiés à travers les IRIS, Îlots Regroupés pour l’Information Statistique, unité statistique de l’INSEE de 2 000 à 5 000 habitants) alors qu’ils ne représentent que moins de 8% de la population. Ils sont 4,6 fois plus nombreux dans ces quartiers qu’ils ne le devraient. Le facteur social joue dans la mesure où les enfants d’immigrés du Sahel, du Maghreb et de Turquie (SMT) sont plus nombreux dans les quartiers aisés à accorder une importance faible à la religion que dans les quartiers pauvres.</p><p>Sur l’ensemble de l’Union Européenne (UE), les jeunes musulmans se déclarent plus religieux que leurs parents au même âge. Au contraire, les enfants d’immigrés catholiques (Les Portugais par exemple) sont en 2009 moins pratiquants que ne l’étaient leurs parents ou leurs grands frères 20 ans plus tôt, et ce même dans les quartiers pauvres. La nouvelle génération de Musulmans (étrangère, immigrée ou native), est donc plus religieuse.</p><p>La désécularisation de la population musulmane s’explique par une très forte endogamie : si 60% des Protestants se marient avec un conjoint non-protestant, ils ne sont que 11% chez les Musulmans. L’endogamie est donc très forte. 84% des enfants d’un couple comptant au moins un (Sinon les deux) parent musulman sont eux-mêmes Musulmans. Contre 60% pour les Catholique et 44% pour les Protestants.</p><p>Les Turcs sont les champions européens de l’endogamie : en France 3% seulement des jeunes filles turques arrivées enfants en France se sont mariées avec un non-Turc, 5% de l’ensemble des jeunes filles immigrées turques se sont mariées avec un non Turc. Aux Pays-Bas, 60% des Turcs se sont mariés avec des jeunes femmes turques arrivées exprès de Turquie pour le mariage.</p><p>La transmission de l’Islam s’est aussi améliorée : si 43% des parents musulmans arrivés entre 1950 et 1960 ont transmis leur religion, c’est le double un demi-siècle plus tard. Entre 1960 et 1970, 24% des enfants de parents musulmans avaient reçu une éducation religieuse, c’est 55% en 1990. Le double donc.</p><p>La population musulmane en France va prendre une place croissante dans la population française. Son accroissement démographique naturel étant égal en quantité à celui des Français natifs, soit un taux d’accroissement naturel 12 fois supérieur à celui des Français natifs, de deux parents français (Ceux que Michèle TRIBALAT appelle les « natifs au carré », faute de pouvoir dire les « Français de souche »). Avec une réduction de l’indice de fécondité de 2,8 (2007) à 2,4 (2030), le Pew Forum estime que les Musulmans en France seront 7 millions en 2020 et 9 millions en 2030. Soit une croissance de 46% en 20 ans. La France en 2030 comptera donc encore 23% des Musulmans de l’UE, qui seront 30 millions, soit 6% de la population européenne totale estimée.</p><p>Si les Musulmans sont plus nombreux qu’avant (1950-1980), et si l’Islam se transmet mieux qu’avant au sein des familles, l’Islam est aussi plus visible en France qu’auparavant. On peut le mesurer au port du voile : 19% des 18-50 ans des Musulmanes le portent, mais elles ne sont que 9% dans les quartiers riches. Ce qui veut dire que vous allez croiser une femme voilée sur 300 dans les quartiers riches contre une femme sur 12 dans les quartiers pauvres. Cela veut dire aussi que la pression sur les femmes musulmanes à porter le voile sera plus forte dans les quartiers pauvres.</p><p>Le degré de qualification joue sur le port du voile : si 35% des femmes musulmanes sans diplôme le portent, elles ne sont 12% pour celles ayant un diplôme universitaire. Les interdits alimentaires sont également plus respectés : si 80% des 18 ans – 50 ans déclarent les respecter toujours, ils sont 90% dans la tranche d’âge des moins de 18 ans (Et 94% chez les femmes). À cette visibilité accrue s’ajoute aussi une revendication accrue : des associations islamiques sont en France, comme en Europe, de plus en plus nombreuses à demander un respect des pratiques religieuses islamiques, y compris dans les écoles et y compris de la part des non-musulmans. La condamnation (Fatwa) de Salam RUSHDIE après la parution des Versets sataniques (1988) a ouvert la voie à un mouvement général d’abdication des pouvoirs publics et des élites devant les revendications des associations islamiques les plus agressives.</p><p>Face à cette visibilité accrue de l’islam et ces revendications accrues, les populations natives ont répondu de manière différenciée en fonction de leur niveau social. Les classes populaires (Ouvriers et employés) se sont retranchées dans les villes moyennes et petites (20 000 habitants), refusant la cohabitation avec une population immigrée musulmane de plus en plus visible et revendicative. Les classes populaires ont refusé d’être « touristes chez eux » pour s’isoler hors des grandes agglomérations. Les élites au contraire ont fait une promotion hypocrite de la diversité ethnique et culturelle, valorisant d’autant plus l’Autre qu’elles n’avaient pas à le côtoyer réellement.</p><p>La gauche en France a d’ailleurs abandonné l’électorat prolétaire, qu’elle a jugé trop éloigné de ses valeurs multiculturalistes, pour développer une thématique politique à destination des minorités (Ethniques, religieuses, sexuelles, de genre…) plus enclines selon elle à voter socialiste. Le Think Tank Terra Nova a été dans cette dynamique d’abandon des classes prolétaires la matrice idéologique du Parti Socialiste (PS).</p><p>L’assimilation, qui impose aux immigrés un référentiel cultuel établi d’après les normes du pays d’accueil, n’est donc plus au programme. La culture du dénigrement de la France est érigée en réflexe de pensée par les élites et les médias : les guerres mondiales et coloniales ayant abattu l’image positive que la France avait d’elle-même. Désormais l’Autre est valorisé a priori, de même que ce qui est français est dévalorisé systématiquement.</p><p>La France s’aligne donc sur les politiques des pays du Nord (Grande Bretagne, Belgique, Pays Bas), alors que ces mêmes pays remettent au même moment en question leur propre modèle multiculturel. Elle le fait d’autant plus aisément que l’Union Européenne (UE) encourage le modèle multiculturel.</p><p>Pour les eurocrates, en effet, l’affaiblissement de l’idée de nation renforce ses dynamiques de prise de contrôle de pans entiers de la souveraineté des États. Les élites françaises (Politiques, culturelles et médiatiques) sont des alliées objectives des fonctionnaires de Bruxelles en acceptant le transfert en France du modèle migratoire européen au détriment du modèle assimilationniste français. Alors même qu’elles n’ont pas à subir les conséquences du passage d’un modèle à un autre.</p><p>L’abandon du modèle assimilationniste est d’autant plus incompréhensible en terme démocratique que tous les signaux politiques et électoraux montrent que les classes populaires européennes sont farouchement hostiles à la perte de leurs identités nationales.</p><p>L’EXTRAIT</p><p>« Les natifs n’intéressent plus guère. »</p><p>« […] Les difficultés propres à ces natifs au carré (1) des catégories populaires n’intéressent plus guère. Terra Nova (2) brosse d’eux un portrait en creux dévastateur :</p><p>– ils incarnent la France d’hier et sont ainsi privés d’avenir ;</p><p>– ils résistent au changement et sont ainsi une entrave au progrès ;</p><p>– ils sont intolérants ;</p><p>– ils sont fermés, sur la défensive, indifférents aux autres et pessimistes.</p><p>                Ils n’ont rien pour plaire et ne peuvent qu’éprouver un fort ressentiment face à l’abandon de la gauche qui, si elle n’a pas endossée publiquement le programme de Terra Nova, est marquée par l’influence de ce groupe de réflexion. […] Ces natifs au carré […] regardent avec envie les efforts entrepris pour rendre plus agréables les fameux « quartiers populaires ». On a ainsi dépensé, dans le cadre du plan de rénovation urbaine […] 600 millions d’euros pour rénover le plateau de Clichy-sous-Bois / Montfermeil, soit une dépense d’environ 40 000 euros par habitant. […] Le lieu d’habitat des natifs au carré des catégories populaires les place souvent en dehors des zones bénéficiant de ces politiques sociales, zones qui sont aussi intégrées dans des périphéries urbaines très dynamiques. Un mélange d’exigence sur le mode de vie et d’absence de moyens financiers pour la satisfaire dans une zone fortement urbanisée les renvoie à la périphérie des centres urbains, dans des petites villes ou à la campagne où se trouvent encore quelques emplois industriels. Les catégories les plus favorisées n’ont pas de problème à faire coïncider leurs exigences avec un environnement urbain où elles peuvent facilement échapper aux nuisances.</p><p>[…] Dans les zones faiblement urbanisées, les ouvriers natifs au carré évitent les contextes les plus difficiles auxquels 9% d’entre eux sont confrontés dans les grandes unités urbaines où seulement 20% d’entre eux résident. Les cadres maximisent leur environnement social dans les grandes villes, les ouvriers dans les petites ou à la campagne.</p><p>En résidant dans de petites communes périphériques, les natifs au carré des catégories populaires réussissent à éviter les concentrations ethniques importantes auxquels ils seraient confrontés dans les grandes agglomérations. […]</p><p>Pour que l’assimilation fonctionne, les natifs au carré doivent aussi avoir le sentiment qu’ils exercent un ascendant culturel reconnu par l’ensemble du corps social, élites comprises qui sont celles qui distribuent les bons et les mauvais points. Or leur ascendant culturel est contesté […] par ces élites pour qui toutes les cultures ont un même droit de cité. La séparation devient alors la conduite rationnelle des catégories populaires pour protéger leurs propres modes de vie. […] »</p><p>(1) Natifs au carré : c’est ainsi que Michèle TRIBALAT nomme les citoyens français de parents eux-mêmes français. Ils sont donc natifs de natifs. D’où l’expression de natifs au carré. L’expression peu heureuse fait suite aux critiques formulées à l’encontre de Michèle TRIBALAT qui auparavant parlait des « Français de souche », expression jugée xénophobes par une partie de la gauche française. Notes de Erwan Bertho.</p><p>(2) Terra Nova : association de gauche proposant des idées forces dans le domaine politique (Think Tank) jugée par Michèle TRIBALAT responsable sur recentrement sur les minorités visibles des préoccupations du Parti Socialiste.</p><p>TRIBALAT (2013), pages 262 ; 263 ; 264 et 267. → Retrouvez cette fiche sur Pack Histoire-Géographie/Bibliothèque virtuelle, sur Serveur Docs/Public/Pack Histoire-Géographie/Bibliothèque virtuelle et sur histgeolaf.toile-libre.org/Bibliothèque virtuelle. © Erwan BERTHO.</p><p>→ Pour revenir à l’index des fiches de lectures classées par genre de la bibliothèque virtuelle, <a title="BIBLIOTHÈQUE VIRTUELLE – FICHES DE LECTURE – Index, « Index par genre des oeuvres présentées. »" href="http://www.hglycee.fr/?p=2961" target="_blank">cliquez ici</a>.</p><p>→ Pour revenir à l’index des fiches de lectures classées par auteurs de la bibliothèque virtuelle, <a title="BIBLIOTHÈQUE VIRTUELLE – FICHES DE LECTURE – Index, « Index par auteurs. »" href="http://www.hglycee.fr/?p=3109" target="_blank">cliquez ici</a>.</p>
<p><a href="https://www.hglycee.fr/?p=1352#" rel="nofollow" onclick="window.print(); return false;" title="Printer Friendly, PDF &amp; Email"></a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>

</channel>
</rss>