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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:14:07 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[On ne peut pas se dire de gauche et défendre l&#039;idéologie islamo-salafiste - Belgique]]></title>
	<description><![CDATA[<p itemprop="description">Accepterait-on, dans nos partis démocratiques respectant la neutralité de l'état, l'égalité de tous les citoyens et les libertés, des élus soutenant des mouvements catholiques intégristes ou chrétiens se revendiquant de l'Ancien Testament ? Non.</p><p>Pourtant, des élus et militants se présentant comme de gauche, actifs au sein de leurs partis, se prennent pour de nouveaux savants de l'islam et nous disent que le salafisme "quiétiste" - par opposition au salafisme djihadiste - ne représente aucun danger pour nos sociétés. Difficile alors de ne pas les qualifier d' "islamisto-gauchistes".</p><p>Je reprends les propos du Président Français tenus lors de l'hommage émouvant rendu au colonel Arnaud Beltrame assassiné dans l'attentat islamiste de Trèbes.</p><p>L'islam est une religion mais l'islamo-salafisme est une idéologie ennemie de nos démocraties.</p><p>Si on ne peut pas interdire une idée, comme le rappelle le premier ministre français, on peut combattre une idéologie totalitaire, sectaire, discriminatoire, neutraliser sa propagation et l'inféodation de franges de la population à celle-ci, comme on doit le faire face à l'idéologie néo-nazie.</p><p>Nous n'avons besoin ni d'un imam ni d'un islamologue pour rappeler à ces "démocrates de gauche" islamisto-compatibles que :</p><p>1- Le salafisme est une mouvance de la religion islamique qui a pour but de revenir aux sources d'un islam présenté comme originel.</p><p>2- Pour cette mouvance fondamentaliste, le texte coranique ne doit être interprété que sous le prisme de la sunna (ensemble de paroles, gestes et attitudes du prophète) et de la charia.</p><p>3- Cette forme de salafisme non djihadiste est présentée abusivement comme quiétiste et donc uniquement mystique ; elle refuserait, selon ses prosélytes et ses soutiens, de s'impliquer dans la vie politique. Il est pourtant connu que la diffusion de l'islamisme au sein des populations de culture musulmane a un impact politique puisqu'il vise à séparer celles-ci du reste de la population, des institutions publiques et des lois civiles.</p><p>4- Le salafisme "quiétiste" et le salafisme djihadiste (qui incite ses adeptes à prendre les armes sous le prétexte que ce serait pour eux une obligation religieuse pour combattre les démocraties et les régimes islamiques pas assez puristes) partagent la même matrice idéologique d'Ibn Taymiyya (1263-1367) - le premier à avoir appelé au djihad contre toutes formes d'interprétation - et d'Ibn Abdelwahb dans l'Arabie du XVIII siècle - fondateur du wahhabisme, il a élaboré la lutte contre toutes formes de croyances qui s'éloigneraient du Coran et de la sunna.</p><p>5- Les élus et militants islamisto-compatibles ignoreraient-ils la réalité de certains quartiers colonisés par les salafistes soi-disant quiétistes ? Bien loin de la méditation spirituelle, mystique chez eux ou dans des lieux de prière, on les rencontre dans les rues, les mosquées, des associations, lors de conférences et de colloques ; ils utilisent un langage violent, empreint de rejet, de haine, porteur de revendications spécifiques et de particularismes liés à leur vision religieuse et à l'application de la charia ; ils remettent en cause nos lois et nos valeurs, ils poussent parents et jeunes à refuser de suivre certains enseignements, rendant ainsi impossible l'intégration future dans la vie socio-économique ; ils considèrent les femmes comme inférieures aux hommes et méritant asservissement et une certaine violence de la part des hommes, justifient les agressions sexuelles. Ils abusent des libertés conquises chez nous contre le totalitarisme pour quémander toujours plus d'un religieux totalitaire dans la gestion de la cité.</p><p>Tous ces points et bien d'autres prouvent qu'on est loin de l'image du gentil islamiste ne dérangeant personne telle que défendue par des élus et militants au nom de la liberté de culte et de l'anti-racisme.</p><p>Ces islamistes, se présentant comme non violents, restent de fervents religieux fondamentalistes, opposants acharnés à la séparation de la religion et de l'état et à la séparation des pouvoirs, intransigeants sur la soumission de la femme, fervents adeptes de la limitation des libertés, prosélytes hyperactifs et champions des interdits.</p><p>Affirmer que les Salafs "quiétistes" ne basculent pas dans le djihadisme ou dans le terrorisme est soit un manque de connaissance de la réalité soit une la dangereuse conscience d'une contre-vérité. Les exemples ne manquent pas dans nos sociétés européennes et dans d'autres pays de la bascule dans la violence. En ce sens, sous le regard à la fois attentif et haineux d'autres ennemis extrémistes religieux de nos démocraties pluralistes et égalitaires, ils sont les premiers ennemis de notre société sécularisée.</p><p>J'imagine qu'il est très difficile pour un non-musulman de comprendre que les imams et prédicateurs salafistes s'affichant quiétistes puissent, sous l'image savamment cultivée de religieux respectables, propagent leurs messages intransigeants et porteurs de violence, inquiétant non seulement le monde arabo-musulman mais aussi les pays à forte densité de citoyens musulmans.</p><p>Sous prétexte da la liberté religieuse - pourtant limitée par des lois belges et européennes sur la liberté de conscience de chacun, l'égalité, la non discrimination, l'ordre public, les Droits de l'Homme,...-, nos responsables ont laissé faire n'importe quoi dans une majorité de lieux de culte en Belgique et de leurs succursales à savoir les écoles coraniques. Les autorités politiques informées par le sécuritaire savent que n'importe qui peut se déclarer Imam et ouvrir une mosquée avec quelques amis proches et entamer le travail de diffusion de cette idéologie.</p><p>Il faudrait que l'exécutif des musulmans de Belgique, les musulmans laïques, les musulmans progressistes et toutes autres personnes d'appartenance musulmane souhaitant vivre dans une société apaisée entre citoyens, se mobilisent pour combattre toutes les formes de salafisme, surtout le soi-disant quiétiste, tranquillement et d'une moindre visibilité que les aspirants terroristes, à l'oeuvre pour continuer à gangrener un très grand nombre de mosquées du royaume. Par son inlassable travail de recrutement sur le terrain, par son contrôle socio-religieux dans les rues, les quartiers, sur les commerçants, sur les entreprises, sur les associations, il prend en otage des pans entiers de citoyens de confession musulmane et aggrave la ghettoïsation de populations déjà socialement et culturellement marginalisées.</p><p>Cette idéologie importée sur notre territoire, colonisatrice, il est de notre devoir de la dénoncer et d'évincer ses propagandistes et recruteurs pour protéger autant les citoyens musulmans que le reste de la population Le salafisme dont le qualificatif de quiétiste est une véritable arnaque pour tromper les crédules, constitue une menace réelle, un fléau, pour la cohésion du pays.</p><p>Les autorités doivent prendre des mesures urgentes pour disqualifier et neutraliser par les moyens adéquats cette armada de salafistes, anciennes et nouvelles versions, qui endoctrinent des citoyens musulmans partout où ils peuvent sévir, grâce à des discours et des programmes religieux importés.</p><p>A charge pour les hommes et femmes politiques, élus et militants, de se débarrasser de toute attitude complaisante, voire complice , envers l'idéologie salafiste. Ni la paix sociale, ni l'anti-racisme ne peuvent servir de caution à des accommodements n'ayant rien de raisonnable.</p><p class="last-paragraph">Hamid Bénichou, administrateur du Centre citoyen belge musulman laïque</p><p>Pourtant, des élus et militants se présentant comme de gauche, actifs au sein de leurs partis, se prennent pour de nouveaux savants de l'islam et nous disent que le salafisme "quiétiste" - par opposition au salafisme djihadiste - ne représente aucun danger pour nos sociétés. Difficile alors de ne pas les qualifier d' "islamisto-gauchistes".Je reprends les propos du Président Français tenus lors de l'hommage émouvant rendu au colonel Arnaud Beltrame assassiné dans l'attentat islamiste de Trèbes.L'islam est une religion mais l'islamo-salafisme est une idéologie ennemie de nos démocraties.Si on ne peut pas interdire une idée, comme le rappelle le premier ministre français, on peut combattre une idéologie totalitaire, sectaire, discriminatoire, neutraliser sa propagation et l'inféodation de franges de la population à celle-ci, comme on doit le faire face à l'idéologie néo-nazie.Nous n'avons besoin ni d'un imam ni d'un islamologue pour rappeler à ces "démocrates de gauche" islamisto-compatibles que :1- Le salafisme est une mouvance de la religion islamique qui a pour but de revenir aux sources d'un islam présenté comme originel.2- Pour cette mouvance fondamentaliste, le texte coranique ne doit être interprété que sous le prisme de la sunna (ensemble de paroles, gestes et attitudes du prophète) et de la charia.3- Cette forme de salafisme non djihadiste est présentée abusivement comme quiétiste et donc uniquement mystique ; elle refuserait, selon ses prosélytes et ses soutiens, de s'impliquer dans la vie politique. Il est pourtant connu que la diffusion de l'islamisme au sein des populations de culture musulmane a un impact politique puisqu'il vise à séparer celles-ci du reste de la population, des institutions publiques et des lois civiles.4- Le salafisme "quiétiste" et le salafisme djihadiste (qui incite ses adeptes à prendre les armes sous le prétexte que ce serait pour eux une obligation religieuse pour combattre les démocraties et les régimes islamiques pas assez puristes) partagent la même matrice idéologique d'Ibn Taymiyya (1263-1367) - le premier à avoir appelé au djihad contre toutes formes d'interprétation - et d'Ibn Abdelwahb dans l'Arabie du XVIII siècle - fondateur du wahhabisme, il a élaboré la lutte contre toutes formes de croyances qui s'éloigneraient du Coran et de la sunna.5- Les élus et militants islamisto-compatibles ignoreraient-ils la réalité de certains quartiers colonisés par les salafistes soi-disant quiétistes ? Bien loin de la méditation spirituelle, mystique chez eux ou dans des lieux de prière, on les rencontre dans les rues, les mosquées, des associations, lors de conférences et de colloques ; ils utilisent un langage violent, empreint de rejet, de haine, porteur de revendications spécifiques et de particularismes liés à leur vision religieuse et à l'application de la charia ; ils remettent en cause nos lois et nos valeurs, ils poussent parents et jeunes à refuser de suivre certains enseignements, rendant ainsi impossible l'intégration future dans la vie socio-économique ; ils considèrent les femmes comme inférieures aux hommes et méritant asservissement et une certaine violence de la part des hommes, justifient les agressions sexuelles. Ils abusent des libertés conquises chez nous contre le totalitarisme pour quémander toujours plus d'un religieux totalitaire dans la gestion de la cité.Tous ces points et bien d'autres prouvent qu'on est loin de l'image du gentil islamiste ne dérangeant personne telle que défendue par des élus et militants au nom de la liberté de culte et de l'anti-racisme.Ces islamistes, se présentant comme non violents, restent de fervents religieux fondamentalistes, opposants acharnés à la séparation de la religion et de l'état et à la séparation des pouvoirs, intransigeants sur la soumission de la femme, fervents adeptes de la limitation des libertés, prosélytes hyperactifs et champions des interdits.Affirmer que les Salafs "quiétistes" ne basculent pas dans le djihadisme ou dans le terrorisme est soit un manque de connaissance de la réalité soit une la dangereuse conscience d'une contre-vérité. Les exemples ne manquent pas dans nos sociétés européennes et dans d'autres pays de la bascule dans la violence. En ce sens, sous le regard à la fois attentif et haineux d'autres ennemis extrémistes religieux de nos démocraties pluralistes et égalitaires, ils sont les premiers ennemis de notre société sécularisée.J'imagine qu'il est très difficile pour un non-musulman de comprendre que les imams et prédicateurs salafistes s'affichant quiétistes puissent, sous l'image savamment cultivée de religieux respectables, propagent leurs messages intransigeants et porteurs de violence, inquiétant non seulement le monde arabo-musulman mais aussi les pays à forte densité de citoyens musulmans. Sous prétexte da la liberté religieuse - pourtant limitée par des lois belges et européennes sur la liberté de conscience de chacun, l'égalité, la non discrimination, l'ordre public, les Droits de l'Homme,...-, nos responsables ont laissé faire n'importe quoi dans une majorité de lieux de culte en Belgique et de leurs succursales à savoir les écoles coraniques. Les autorités politiques informées par le sécuritaire savent que n'importe qui peut se déclarer Imam et ouvrir une mosquée avec quelques amis proches et entamer le travail de diffusion de cette idéologie. Il faudrait que l'exécutif des musulmans de Belgique, les musulmans laïques, les musulmans progressistes et toutes autres personnes d'appartenance musulmane souhaitant vivre dans une société apaisée entre citoyens, se mobilisent pour combattre toutes les formes de salafisme, surtout le soi-disant quiétiste, tranquillement et d'une moindre visibilité que les aspirants terroristes, à l'oeuvre pour continuer à gangrener un très grand nombre de mosquées du royaume. Par son inlassable travail de recrutement sur le terrain, par son contrôle socio-religieux dans les rues, les quartiers, sur les commerçants, sur les entreprises, sur les associations, il prend en otage des pans entiers de citoyens de confession musulmane et aggrave la ghettoïsation de populations déjà socialement et culturellement marginalisées.Cette idéologie importée sur notre territoire, colonisatrice, il est de notre devoir de la dénoncer et d'évincer ses propagandistes et recruteurs pour protéger autant les citoyens musulmans que le reste de la population Le salafisme dont le qualificatif de quiétiste est une véritable arnaque pour tromper les crédules, constitue une menace réelle, un fléau, pour la cohésion du pays.Les autorités doivent prendre des mesures urgentes pour disqualifier et neutraliser par les moyens adéquats cette armada de salafistes, anciennes et nouvelles versions, qui endoctrinent des citoyens musulmans partout où ils peuvent sévir, grâce à des discours et des programmes religieux importés.A charge pour les hommes et femmes politiques, élus et militants, de se débarrasser de toute attitude complaisante, voire complice , envers l'idéologie salafiste. 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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:12:58 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Européennes 2019 : L’avenir est à ceux qui ne se lèvent pas]]></title>
	<description><![CDATA[<p>« L’Europe intégrée, ça ne pouvait convenir à la France, ni aux Français… Sauf à quelques malades comme Jean Monnet, qui sont avant tout soucieux de servir les Etats-Unis. Ou alors à tous ces personnages lamentables de la IVe République. Ils trouvaient ainsi un moyen de se décharger de leurs responsabilités ! Ils n’étaient pas capables de les saisir ; alors, il fallait les repasser à d’autres. Tenir leur rang dans le monde ? Pas question ! Mettons-nous sous le parapluie. Avoir une armée et la faire obéir ? Pas question ! La donner à d’autres ! Remettre le pays debout et servir d’exemple au monde ? Pas pour eux ! L’alibi tout trouvé, c’était l’Europe. L’excuse à toutes les dérobades, à toutes les lâchetés : l’Europe intégrée ! » (Charles de Gaulle, in “C’était De Gaulle” d’Alain Peyrefitte)</p><p>Certains de mes lecteurs se sont étonnés du silence de ce blog sur le débat des élections européennes. A titre personnel, je dois dire la honte au front que je me suis pratiquement désintéresse de la campagne, moi qui d’habitude regardait tous les débats, lisait tous les programmes. Je dirais même que j’ai eu du mal à supporter cette campagne. La pauvreté des argumentaires, les cris hystériques, l’accent mis sur l’accessoire et le désintérêt pour l’essentiel, la pauvreté humaine des porte-parole des différents camps… non, franchement, il n’y a rien à retenir. Si l’affaire n’était pas sérieuse, on pourrait presque s’amuser de voir ceux qui condamnent le nationalisme taxer hystériquement leurs adversaires de « parti de l’étranger », ceux qui dénoncent les théories du complot révéler à longueur d’émissions le Grand Komplot Russo-Americain contre l’Europe. On a plus parlé de la visite de Steve Bannon à Paris – une espèce de Séguéla américain – ou des « racines chrétiennes de l’Europe » que du chômage de masse et la précarité, qui est pourtant le cancer qui ronge nos sociétés tous pays confondus.</p><p>Cette élection fait pour moi un désagréable contraste par rapport aux élections présidentielles de 2017. A l’époque, et grâce au positionnement « social-souverainiste » du Front National, on avait pu débattre – ou au moins effleurer – des questions de fond : De l’appartenance de la France à l’Euro et même à l’Union européenne, du chômage, du rôle de l’Etat. Les débats politiques n’étaient peut-être pas extraordinaires, mais au moins il y avait des gens qui proposaient des choses différentes. Cette fois-ci, c’est le même discours partout. Comme le notait à très juste titre un commentateur, l’ensemble de la classe politique française a embrassé la vision supranationale. Qu’ils soient partisans de cette Europe ou d’une autre Europe, l’ensemble des partis et des commentateurs politiques – à de très rares exceptions groupusculaires près – accepte aujourd’hui l’idée que la souveraineté ne réside pas dans la Nation, et que celle-ci doit être soumise à une normative venue d’institutions placées au dessus d’elle et de nature fédérale. Personne ne parle de sortir de l’Euro, de reprendre les instruments de la souveraineté. Ceux qui parlent d’une « sortie des traités » n’y voient qu’un moyen tactique de négocier de nouveaux traités, d’établir de nouvelles institutions tout aussi supranationales que celles d’aujourd’hui.</p><p>Vous trouvez que j’y vais un peu fort ? Je pense qu’il est inutile de donner des exemples de soumission au principe supranational chez les europhiles, tant elle me paraît évidente. Mais même les partis traditionnellement considérés comme eurosceptiques s’y mettent. Vous voulez quelques exemples ? Et bien, prenez Ian Brossat qui affirme sur la foi de l’exemple britannique qu’un Frexit serait « une folie » et qu’il faut « faire l’Europe sociale ». Ou bien la France Insoumise, qui propose un « règlement européen sur la règle verte » qui reviendrait en fait à ce que les institutions européennes impose aux nations une règle par nature constitutionnelle. Et je pourrais continuer à l’infini. Lorsque les eurolâtres dénoncent les « nationalistes », ils se fabriquent des croquemitaines qui n’existent pas. Il n’y a plus de nationalistes chez nous. Même le Rassemblement national, depuis le départ de Philippot et le recentrage sur les fondamentaux de l’extrême droite, semble nolens volens adhérer à la pensée unique supranationale.</p><p>Je pense qu’il ne faut pas banaliser ce point, qui pour moi est le grand saut conceptuel des trente dernières années. Ceux qui se remplissent la bouche du mot démocratie feraient bien de réfléchir au fait que l’idée même de démocratie est inséparable de l’idée de cité, c’est-à-dire, d’un ensemble de personnes unies par des liens de solidarité inconditionnelle et se concevant un destin commun. C’est cette solidarité inconditionnelle (ce mot est important), ce destin conçu comme commun qui permet, dans une société aux intérêts divers et souvent antagoniques, de fonder un compromis vivable, de limiter l’expression nue des rapports de force, d’imposer aux dominants des obligations envers les dominés. Cette solidarité, cette vision de destin commun existe dans beaucoup de collectivités : la famille, le village… mais la plus grande d’elles est la nation. Et c’est pourquoi la pensée politique a fait résider la souveraineté « essentiellement » à ce niveau-là. Tout pouvoir, toute contrainte exercée sur les nations ne peut avoir d’autre fondement que la force. Toute structure supranationale, quelle que soit le déguisement « démocratique » qu’elle puisse revêtir, n’est en fait qu’un lieu ou les plus forts imposent leur volonté aux plus faibles, sans qu’une quelconque solidarité vienne adoucir cette domination. L’exemple grec illustre parfaitement cette question : imaginez-vous une nation européenne administrer à l’une de ses régions et à ses habitants le traitement que l’Union européenne a administré à la Grèce et aux Grecs ? Non, bien sûr que non. A l’intérieur des nations, l’idée de devoir de solidarité réciproque est trop forte pour permettre de tels excès.</p><p>C’est pourquoi la question fondamentale n’est pas ce savoir si c’est cette Europe ou une autre Europe qu’il faut, mais de savoir si les décisions finales doivent être prises au niveau national, c’est-à-dire par des assemblées et des gouvernements représentant des individus solidaires entre eux, ou bien par des organismes supranationaux qui ne représentent et ne peuvent représenter que des rapports de force entre groupes qu’aucune solidarité ne réunit. Et la question, comme le montre l’exemple grec, n’est pas purement théorique.</p><p>A cette question, l’ensemble de notre classe politique a répondu « supranationalité ». Et l’explication est double. Du point de vue structurel, cette évolution est logique dans le contexte d’un capitalisme mondialisé qui n’a plus besoin des nations. La libre circulation des capitaux, la mise en compétition de tous contre tous nécessite précisément qu’on affaiblisse ce lien national, cette solidarité inconditionnelle qui empêche les rapports de compétition de se manifester dans toute leur force. Marx le disait déjà en 1848 : le capitalisme transforme tous les rapports sociaux en rapports monétaires, et tend à briser tout ce qui s’oppose à cette transformation. Mais au niveau de la l’idéologie, il faut aussi comprendre comment la supranationalité, qui était anathème il y a quelques années presque partout, est devenue aujourd’hui presque naturelle dans l’ensemble de la sphère politico-médiatique.</p><p>L’explication tient à mon sens à la complète domination du champ politique par les classes intermédiaires, dont le propre est de vivre dans le présent. Un groupe social qui, pour reprendre la formule d’un politicien britannique, est comme le mulet : sans la fierté d’une origine, et sans espoir de postérité. Or, l’exercice de la souveraineté implique effort et responsabilité dans le temps long. Celui qui exerce un pouvoir souverain ne peut se cacher derrière quelqu’un d’autre pour couvrir ses fautes. Et cela fait peur à nos politiques. Eh oui, nos politiques ont la trouille. La trouille de devoir vraiment gouverner, la trouille d’avoir à prendre des vraies décisions et des responsabilités qui vont avec. C’est pourquoi d’ailleurs ils ont organisé leur propre impuissance, transférant des pouvoirs à Bruxelles, à des autorités administratives indépendantes, aux juges, à toutes sortes de comités et commissions. Chaque décision fait aujourd’hui l’objet de dizaines de consultations d’organismes de toute sorte, appelés à donner un avis qui n’a aucun intérêt mais qui permet à l’autorité de diluer les responsabilités.</p><p>Imaginez-vous : si demain on récupérait les instruments de souveraineté, nos politiques ne pourraient plus se contenter de discuter de la couleur du papier peint et de réunir des « conférences citoyennes » pour ne rien faire. Il faudrait définir et mettre en œuvre une politique monétaire, une politique commerciale, une politique industrielle, une politique budgétaire. Une idée devenue inimaginable pour les jeunes politiques d’aujourd’hui. Il n’y a que les vieux pour se souvenir qu’il fut un temps où la France avait un ministère de l’industrie qui faisait une politique industrielle, un ministère des finances qui faisait la politique monétaire et budgétaire. Aujourd’hui, le ministère de l’industrie a disparu et le ministère des finances soumet son budget à Bruxelles pour approbation. A la rigueur, on pourrait se contenter d’un ministère de la transposition, qui se contenterait de prendre les directives européennes et les transcrire dans le droit interne. Et cela conviendrait parfaitement à nos politiques, qui détestent prendre des responsabilités. Mieux vaut laisser quelqu’un là-haut à Bruxelles nous dire ce qu’il faut faire et prendre le blâme si les choses tournent mal. Ces gens-là veulent une France à leur dimension : ce sont des nains, et ils veulent une France naine. Je dirai même plus : ce sont des nains qui ne peuvent imaginer que la France puisse être autre chose.</p><p>En témoigne l’argument vedette de la campagne, celui qu’on peut résumer dans la formule « unis nous sommes plus forts ». On nous a répété jusqu’à la nausée que la France toute seule ne pèse rien, qu’il nous faut cette « union de 500 millions de citoyens » pour avoir du poids devant les géants que sont la Chine, la Russie et les Etats-Unis. Seulement, il faut écouter la voix de l’expérience : en quoi l’Europe nous a permis de peser quand les Etats-Unis utilisent leur appareil judiciaire et l’extraterritorialité de leurs lois pour imposer des amendes ou faire pression sur nos entreprises ? Qu’a fait cette « Europe de 500 millions de citoyens » lorsque les américains ont décidé d’imposer unilatéralement des sanctions à l’Iran et menacé les entreprises européennes qui ne les appliqueraient pas ? Rien, bien entendu. Ou plutôt si : elle a fait des moulinets, voté des motions de principe… et à l’arrivée, aucun effet. C’est Sun Tzu qui constatait déjà, six siècles avant notre ère, que la victoire ne va pas aux armées plus nombreuses, mais aux armées les plus décidées à combattre. Les européens sont peut-être une armée de 500 millions, mais leurs troupes et surtout leurs généraux n’ont pas envie de combattre. Parce que combattre, c’est dangereux, on risque de prendre des coups. Mieux vaut s’entendre avec le chef de bande, d’être dans ses bonnes grâces même s’il faut de temps en temps lui donner son goûter pour qu’il ne vous tape pas.</p><p>Il faut quelquefois sortir de son pays pour réaliser des choses qui pourtant sont évidentes. Il y a un mois, j’ai eu l’occasion de passer quelques semaines en Hollande. Un pays dont les citoyens ont leurs priorités fort claires. Leur préoccupation est de s’enrichir, de vivre dans un cadre agréable, d’avoir une belle maison dans une belle ville. Ils n’ont aucun message à transmettre à l’humanité, aucune envie de consacrer des moyens à peser dans les affaires du monde, aucune ambition qui aille au-delà du quotidien. Ils ont la vision autocentrée qu’on peut résumer dans la formule « ça m’suffit ». Et il ne faut pas se tromper : cette position, c’est celle de la plupart des européens aujourd’hui, le tintamarre écologique servant à fournir l’indispensable petit supplément d’âme.</p><p>La France, qui avait d’elle une vision qui allait un peu plus loin que cela, est en train de rentrer dans le moule « européen ». Chez nous aussi, quelque soient les rodomontades de nos hommes politiques sur la place de la France dans le monde, on est tout à fait prêts à sortir de l’histoire, à remiser le surmoi républicain dont parlait Slama au magasin des accessoires. Quels sont les dirigeants français qui aujourd’hui sont prêts à payer le prix pour continuer à peser dans les affaires du monde ? Il suffit de regarder la manière dont le budget de la Défense est traité pour répondre à cette question. Et il n’y a pas que les armées. Un a un, les laboratoires qui ont fait notre fierté ferment, les entreprises qui forment notre base industrielle disparaissent ou sont rachetées et dépecées par des intérêts étrangers, y compris en usant de pressions politiques ou judiciaires. Ou sont les grands projets nationaux industriels et scientifiques ? On les confie à l’incompétence européenne : alors que le GPS américain fonctionne depuis un quart de siècle, le projet Galileo européen a vingt ans de retard et reste confidentiel. ITER se construit à Cadarache et, financé à minima et géré en dépit du bon sens par la Commission européenne, prend un an de retard chaque année qui passe. Et surtout n’essayez pas de constituer un champion industriel national ou européen : la commission veille et mettra des bâtons dans les roues au nom de la défense des intérêts du consommateur. Et cela ne semble gêner personne. Ces sujets sont absents du débat électoral, qu’il soit national ou européen. Au fond, on votera pour celui qui maintiendra le niveau de vie – quitte à emprunter – et qui nous permettra de mener notre petite vie tranquille. On est même prêt à accepter des immigrés pour payer nos retraites. Et après nous, le déluge. C’est un point sur lequel Macron et les « gilets jaunes » sont d’accord : les maitres mots de la politique doivent être « proximité » et « quotidien ». L’éternité ? L’Histoire ? Rien à foutre. Ecoutez ceux qui vous disent que l’Euro est une bonne chose parce que cela vous permet de voyager sans avoir à changer d’argent à la banque. Ses effets globaux ? Ses conséquences à long terme ? Aucune importance. S’il y a un argument qui illustre parfaitement la médiocrité du rêve européen d’aujourd’hui, c’est bien celui-là.</p><p>C’est là peut-être l’effet le plus pernicieux de la construction européenne. Certains europhiles sincères ont pensé possible d’injecter à l’Union européenne le surmoi à la française. C’est l’inverse qui s’est passé : c’est le provincialisme de la Mitteleuropa qui l’a emporté. La grande majorité des européens aujourd’hui ne demande à l’Europe autre chose que de préserver sa richesse et son niveau de vie, rien d’autre. Et surtout pas de se mêler des affaires du monde : ça coûte cher, on peut prendre des coups et ça rapporte peu. En France, les europhiles ont lâché la proie pour l’ombre. Ils ont réussi en trente ans à tuer l’idée même d’un projet national, mais sans être capables de créer un projet européen. Ils ont construit une société profondément médiocre, bâtie essentiellement sur les peurs. La grande expérience traumatique initiatique de notre jeunesse, c’est de devoir attendre un mois les résultats de Parcoursup, son idole politique une jeune autiste obsédée par la fin du monde.</p><p>Dans ces conditions, le débat politique n’a plus aucun intérêt. Dès lors que Le Pen comme Macron, Brossat comme Bellamy, Mélenchon comme Jadot sont d’accord pour laisser aux bonzes de Bruxelles le soin de décider de l’avenir de notre pays, dès lors que leur projet est finalement le même projet, qu’est-ce que cela change de voter pour l’un plutôt que pour l’autre ? Et quel est l’intérêt de les voir s’écharper pour savoir qui est le plus écologique, qui a les plus dansé avec Bannon ou Poutine ?</p><p>Et à l’arrivée, qu’est-ce qu’on constate ? Un vote circonstanciel. Le fait que les résultats diffèrent largement des prévisions des sondages tend d’ailleurs à indiquer que le choix des électeurs est moins un choix longuement réfléchi que le résultat d’un coup de tête de dernière minute. La polarisation organisée et voulue par l’Elysée lui a permis de rejouer la stratégie de l’élection présidentielle en appelant au vote utile contre le croquemitaine « nationaliste » et de doper la participation. La manœuvre n’a que partiellement fonctionné – le RN reste le premier parti de France – mais a permis de réduire les dégâts et surtout de poursuivre le dynamitage du paysage politique français. Les partis politiques « de gouvernement » dont on attendait qu’ils organisent un véritable bipartisme en France se retrouvent laminés : à eux deux, ils ne dépassent pas les 15%. LREM se voit donc confirmé dans son rôle de parti unique des classes intermédiaires, avec EELV dans le rôle de conscience morale. Plus que jamais le RN se voit donc confirmé dans son rôle de premier opposant… et d’opposant inéligible.</p><p>Car il y a un autre enseignement de ce scrutin, et c’est l’effondrement de l’organisation qui revendiquait la fonction d’opposition à LREM, c’est-à-dire, de la France Insoumise. Avec 6,3%, elle ne retrouve même pas le résultat du Front de Gauche de 2014. Et ne parlons même pas de ses scores de 19,6% à la présidentielle et 11% au premier tour des législatives de 2017. Même s’il passe d’un cheveu devant la liste du Parti socialiste, il peut difficilement maintenant revendiquer une primauté dans l’opposition de gauche. Mélenchon aimait à dire que la force allait à la force, et que la position de leader des Insoumis dans la gauche ne laissait d’autre alternative aux autres forces que de passer par les fourches caudines d’un ralliement inconditionnel à LFI et à son chef. J’ai toujours pensé – et je l’ai écrit largement ici – que cette attitude était suicidaire, parce qu’elle supposait que les autres organisations de gauche allaient renoncer à leur autonomie sans aucune contrepartie. Je pense que le Petit Timonier a raté le coche : en 2017, plus de souplesse dans la négociation aurait pu lui permettre d’être au deuxième tour. Après la présidentielle, un peu de bienveillance aurait pu lui permettre de regrouper derrière lui une gauche déboussolée et en mal de leader. Mais cela aurait impliqué de mettre sous contrôle les tendances « gauchistes » de son mouvement. Il a préféré leur laisser la bride sur le cou, avec les résultats qu’on connaît : LFI a humilié ses alliés institutionnels potentiels tout en pratiquant le débauchage au moyen de prébendes – le cas de Leila Chaïbi ou celui d’Emmanuel Maurel, récompensés de leur ralliement par des postes de député européen, sont de ce point de vue assez emblématiques.   </p><p>En laissant les tendances « gauchistes » agir, Mélenchon a oublié la règle N°1 de tout gourou qui veut faire son chemin dans la vie, à savoir, qu’il doit recadrer régulièrement chaque groupe de son mouvement de manière qu’aucun ne puisse réclamer une primauté quelconque sur les autres, et que tous restent dépendants du gourou. Laisser un groupe prendre l’ascendant sur les autres, c’est risquer qu’il puisse remettre en cause un jour le pouvoir du gourou lui-même. Mélenchon a commis la grave erreur de laisser les « gauchistes » de son mouvement prendre le pas sur les « centristes » comme Guénolé et les « souverainistes » comme Kuzmanovic et de pratiquer une véritable chasse aux sorcières dans la constitution de la liste pour les élections européennes. Les départs fracassants qui s’en sont suivis ne sont que la partie visible d’un gros iceberg sur lequel le Titanic insoumis s’est fracassé.</p><p>Et maintenant ? Et bien, rien ne changera. Le gouvernement n’a aucune raison pour modifier sa politique, puisqu’aucune alternative pouvant lui disputer le pouvoir n’apparaît à l’horizon. Le RN est en tête mais reste aussi inéligible qu’avant, et il est difficile de voir dans les écologistes, qui ont cru nécessaire de rappeler qu’ils étaient favorables « à la liberté d’entreprendre et à l’économie de marché », une opposition sérieuse aux politiques macroniennes. L’avenir est à ceux qui ne se lèvent pas.</p><p>Descartes</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:12:22 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La monnaie parallèle de Salvini peut-elle remplacer l’euro?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX/ENTRETIEN - Le gouvernement italien a annoncé l’émission de minibots, des mini-bons du Trésor, qui seraient susceptibles de devenir une monnaie parallèle à l’euro. Le décryptage de David Cayla.</p><p class="fig-paragraph">David Cayla est économiste et maître de conférences à l’université d’Angers. Il publiait l’année dernière <a href="https://livre.fnac.com/a11559846/David-Cayla-L-economie-du-reel" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE">L’économie du réel</a> (De Boeck supérieur, 2018) et est l’auteur, avec Coralie Delaume, de La Fin de l’Union européenne (Michalon, 2017), et de <a href="https://livre.fnac.com/a13192750/Coralie-Delaume-10-1-questions-sur-l-Union-europeenne" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE">10+1 Questions sur l’Union européenne</a> (Michalon, 2019).</p><p class="fig-paragraph">Le parlement italien a voté une motion demandant au gouvernement d’accélérer l’émission de minibots, des mini-bons du Trésor (Buoni Ordinaro del Tresorio). Quelle serait la forme de cette monnaie?</p><p class="fig-paragraph">David CAYLA.- Le projet de minibots n’est pas de créer une monnaie au sens usuel du terme car ce sont des titres qui n’auront pas cours légal, qui ne seront pas convertibles et qui ne seront pas émis par le système bancaire. Il s’agit d’une monnaie fiscale, une reconnaissance de dette, que l’État italien envisage de faire circuler dans l’économie. Concrètement, les minibots serviront à payer les entreprises à qui l’État doit de l’argent par des titres de dette, titres qui seront en retour acceptés pour le paiement des impôts.</p><p class="fig-paragraph">L’idée, en réalité, n’est pas nouvelle. En juillet 2009, la Californie, alors en situation de quasi-faillite, avait émis des bons comparables appelés IOU («I owe you», c’est-à-dire «je vous dois»). Au plus fort de la crise argentine, en 2001-2002, les provinces avaient émis des monnaies parallèles sur le même principe, la plus connue étant les bons patacón (Bono Patacón), émis par la province de Buenos Aires.</p>
<p>Les partisans d’un « Italexit » et d’une rupture franche avec l’euro, tel l’économiste et député de la Lega Claudio Borghi, militent pour des titres papier.</p>
<p class="fig-paragraph">Contrairement aux monnaies argentines, les minibots italiens seraient émis sans intérêt et sans échéance. Par ailleurs, on ne sait pas quelle forme ils pourraient prendre, car il y a deux options possibles: soit une émission de titres virtuels exclusivement électroniques ; soit la création de titres papiers qui pourraient circuler sous forme de coupures identiques à celles d’un billet. Les partisans d’un «Italexit» et d’une rupture franche avec l’euro, tel l’économiste et député de la Lega Claudio Borghi, <a href="https://www.france24.com/fr/20190605-mini-bot-italie-italexit-salvini-ligue-euro-monnaie-union-europeenne-sortie-bons-tresor" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE">militent pour des titres papier.</a></p><p class="fig-paragraph">Mais pour l’instant, toute cette affaire ne repose que sur une motion du Parlement italien votée juste après les élections européennes et qui demande leur mise en place accélérée conformément au programme de la coalition gouvernementale. La décision d’y recourir ou non, et sous quelle forme, est surtout entre les mains de l’exécutif italien. Or, le ministre des finances italien <a href="https://www.repubblica.it/economia/2019/06/08/news/g20_in_giappone_si_parla_di_web_tax_e_dazi_attenzione_sull_italia_bilaterali_importanti_per_tria-228235326/?ref=RHPPLF-BH-I228236361-C8-P1-S2.4-T1" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE">refuse pour l’instant d’y avoir recours</a>. C’est donc un scénario qui reste très incertain.</p><p class="fig-paragraph">Ces bons du trésor peuvent-ils à terme circuler comme une «monnaie parallèle» en Italie?</p><p class="fig-paragraph">À partir du moment où cette monnaie fiscale est, comme son nom l’indique, acceptée par l’État pour le paiement des impôts, alors toute personne qui paie des impôts en Italie peut être intéressée par en détenir. Mais sa circulation dépendra aussi de sa forme, matérielle ou virtuelle, de la confiance des individus dans son caractère sécurisé et de son acceptation en guise de paiement. Or, comme les minibots n’ont pas cours légal, il sera possible de les refuser en paiement. De plus, puisqu’ils ne donnent pas lieu à intérêt et ne peuvent servir qu’à payer l’administration fiscale, il s’agira d’une monnaie de second ordre, moins intéressante que l’euro et dont les détenteurs chercheront à se débarrasser au plus vite en la rendant au gouvernement italien dès qu’ils le pourront.</p>
<p>La Commission entend imposer de nouvelles mesures d’austérité, ce que le gouvernement refuse pour l’instant.</p>
<p class="fig-paragraph">L’adage de Greshan selon lequel «la mauvaise monnaie chasse la bonne» n’est valable que si la mauvaise monnaie a cours légal et ne peut être refusée. Dans ce cas, en effet, la «bonne» monnaie est thésaurisée (et donc arrête de circuler) et la «mauvaise» devient très vite le seul moyen de paiement en usage dans l’économie. Mais les minibots que chacun est libre de refuser ou d’accepter n’entrent pas dans cette configuration. Il y a donc de fortes chances pour que les commerçants et les salariés refusent d’être payés dans une telle monnaie. Ainsi, la «mauvaise monnaie» des minibots risque fort de peu circuler en dehors des relations entreprises / administrations. Pour qu’elle circule, il faudrait soit en imposer l’usage (mais cela est contraire à l’appartenance de l’Italie à la zone euro), soit rémunérer les détenteurs avec un intérêt, ce qui la rendrait intéressante à détenir. Mais dans ce cas, si elle devient trop intéressante, elle risque alors d’être thésaurisée et de ne pas circuler non plus.</p><p class="fig-paragraph">Est-ce un instrument politique pour l’Italie face à la Commission européenne, qui vient d’annoncer une procédure pour déficit excessif à son égard?</p><p class="fig-paragraph">Oui, c’est une menace sérieuse. Le gouvernement se trouve actuellement face à des négociations difficiles avec la Commission qui pourrait imposer à l’Italie une amende pour déficits excessifs. L’adoption du budget avait fait l’objet d’une passe d’arme similaire à l’automne qui s’était soldée par un <a href="https://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/12/19/97002-20181219FILWWW00112-budget-rome-trouve-un-accord-avec-bruxelles.php" data-fig-type="NewsFlash" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">compromis.</a> Mais, depuis, l’Italie affronte un trou d’air économique et les déficits budgétaires s’aggravent. La Commission entend donc imposer de nouvelles mesures d’austérité, ce que le gouvernement refuse pour l’instant.</p>
<p>Payer ses créanciers directement avec des bons du trésor est un moyen de contourner les marchés financiers. En somme, les minibots pourraient partiellement désarmer la Commission.</p>
<p class="fig-paragraph">Dans ces négociations, la Commission dispose d’un avantage décisif: celui des marchés financiers qui déterminent les taux d’intérêt auquel l’État italien emprunte. En effet, dès que la tension monte avec Bruxelles, le «spread» (qui mesure l’écart de taux entre l’Italie et l’Allemagne) augmente, ce qui signifie que l’Italie doit payer d’avantage pour emprunter. Or, avec une dette publique qui dépasse 130% du PIB, le coût des intérêts est énorme. Pour s’en sortir financièrement, l’Italie doit compter sur les achats de titres publics de la Banque centrale européenne. Or, depuis la crise grecque de 2015, la BCE est apparue comme un acteur politisée. Autrement dit, il est impératif pour l’Italie de trouver un accord avec les autorités européennes si elle ne veut pas voir ses taux d’intérêt exploser et si elle entend continuer de bénéficier du soutien de la BCE.</p><p class="fig-paragraph">Dans ce contexte, l’usage des minibots peut être utile. Payer ses créanciers directement avec des bons du trésor est un moyen de contourner les marchés financiers. Et comme il s’agit de titres émis sans intérêt, cela permet de réduire les frais financiers occasionnés par les dépenses publiques. En somme, les minibots pourraient partiellement désarmer la Commission. Mais ils seraient aussi perçus comme un casus belli de la part des autorités européennes, BCE comprise. L’Italie est-elle prête à la rupture, ce qui signifierait financer l’ensemble de ses dépenses publiques (dont le paiement des salaires des fonctionnaires) avec des minibots et, à terme, quitter l’euro? C’est peu probable.</p>
<p>Il serait aberrant, pour l’Italie, de vendre ses réserves d’or au moment où elle envisage de quitter l’euro.</p>
<p class="fig-paragraph">Justement, l’Italie a-t-elle les moyens de quitter la zone euro? Quels sont les scénarios envisageables à l’heure actuelle?</p><p class="fig-paragraph">L’euro n’a pas été fait pour qu’on le quitte facilement. Dans <a href="https://www.lefigaro.fr/vox/politique/les-elections-europeennes-derniere-chance-pour-l-union-europeenne-20190520" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">10+1 Questions sur l’Union européenne</a> , le livre que j’ai co-écrit avec Coralie Delaume, nous montrons toutes les difficultés qu’engendrerait une telle entreprise pour la France. Le cas italien est similaire au cas français. Il s’agit d’une grande économie industrielle ouverte aux autres pays européens. Rompre avec l’euro entraînera nécessairement un chaos économique et financier et une multitude de contestations juridiques de la part des créanciers floués.</p><p class="fig-paragraph">Par ailleurs, les minibots ne peuvent se substituer à l’euro. <a href="https://www.marianne.net/economie/jacques-sapir-l-objectif-du-gouvernement-italien-est-de-creer-une-monnaie-parallele-l-euro" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE">Contrairement à ce qu’affirme Jacques Sapir</a>, je ne crois pas que, s’ils étaient émis, ils auraient vocation à circuler dans l’économie et à remplacer l’euro. Pour cela, il faudrait pouvoir les imposer non seulement dans les transactions internes, mais aussi vis-à-vis de l’étranger. Or, une monnaie fiscale ne peut être qu’une monnaie locale, éventuellement intéressante pour les contribuables, mais dénuée de tout intérêt dès lors qu’on ne réside pas en Italie et qu’on n’y paie pas d’impôt. Il faudrait donc pouvoir convertir les minibots en euros, ce qui suppose de les adosser à une banque centrale et d’en faire une véritable monnaie.</p><p class="fig-paragraph">Enfin, et surtout, je ne crois pas que le gouvernement italien souhaite sortir de l’euro. Le leader de la Lega et ministre de l’intérieur Mateo Salvini a récemment affirmé qu’il était envisageable de <a href="https://www.capital.fr/economie-politique/litalie-nexclut-pas-lidee-de-puiser-dans-ses-reserves-dor-1327139" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE">vendre une partie des réserves d’or de la Banque d’Italie</a> pour faire face aux problèmes budgétaires italiens. Une déclaration à laquelle Mario Draghi a <a href="https://www.reuters.com/article/ecb-reserves-draghi/countries-must-seek-ecb-approval-to-manage-gold-reserves-draghi-idUSF9N1XJ02N" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE">répondu</a>, faisant savoir que l’or de la Banque d’Italie n’appartenait pas au gouvernement italien et que toute vente ne pourrait se faire qu’avec l’accord de la BCE. Mais il serait aberrant, pour l’Italie, de vendre ses réserves d’or au moment où elle envisage de quitter l’euro. L’or est en effet de plus en plus recherché par les pays qui souhaitent s’affirmer sur le plan monétaire, comme la Russie ou la Chine qui en <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/06/06/la-ruee-vers-l-or-des-banques-centrales_5472274_3234.html" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE">multiplient les achats.</a></p>
<p>L’euro est une monnaie fragile, mal conçue, qui finira sans doute par éclater avec fracas.</p>
<p class="fig-paragraph">Aussi, le scénario le plus vraisemblable est que l’Italie cherche à rééquilibrer en sa faveur le rapport de force très déséquilibré qu’elle entretient avec la Commission en avançant la menace des minibots. Mais je ne crois pas qu’elle ira jusqu’à leur émission et je ne pense pas qu’elle soit prête à quitter l’euro dans le contexte actuel. Il faudrait vraiment que la Commission défende une ligne intransigeante et humiliante pour que le gouvernement italien décide de mettre certaines de ses menaces à exécution. Pour l’instant, il n’a aucun intérêt à se fâcher avec les entrepreneurs ni à organiser le saut dans l’inconnu qu’impliquerait une sortie de l’euro.</p><p class="fig-paragraph">Comment se porte l’euro? Si l’Italie en sort, cette monnaie a-t-elle encore un avenir?</p><p class="fig-paragraph">L’euro est une monnaie fragile, mal conçue, qui finira sans doute par éclater avec fracas. Mais je ne crois pas que sa fin viendra d’une décision politique italienne, même s’il est évident que la sortie d’un grand pays comme l’Italie la condamnerait à courte échéance.</p><p class="fig-paragraph">Je pense en revanche qu’elle aura du mal à survivre à la prochaine crise financière majeure qui touchera le continent européen. Mais il est très difficile de prévoir quand surviendra une telle crise.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/416/pour-castaner-%C2%AB%C2%A0l%E2%80%99islam-de-france%C2%A0%C2%BB-c%E2%80%99est-l%E2%80%99islam-des-freres-musulmans</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:11:40 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Pour Castaner, « l’islam de France » c’est l’islam des Frères musulmans]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Depuis 1999, nos dirigeants s’entêtent à vouloir construire « l’islam de France ». De Chevènement à Macron en passant par Sarkozy et Valls, la ligne politique aura été erratique, les objectifs flous, les moyens insuffisants. Mais surtout, le choix des interlocuteurs aura été jusqu’à aujourd’hui calamiteux permettant à l’islam consulaire de se maintenir tout en légitimant la prise de pouvoir des Frères musulmans. Dernier exemple en date: le 29 mai, le ministre des Cultes Christophe Castaner a rompu le jeûne du ramadan aux côtés du CRCM, une organisation frériste.</p>
<p>Notre ministre des Cultes, Christophe Castaner, a honoré de sa présence lors d’un dîner d’iftar (rupture du jeûne du Ramadan), le 29 mai dernier, le Conseil régional du Culte musulman d’Alsace, ce qui a offusqué le Conseil national dudit culte, actuellement aux mains des Turcs pro-Erdogan. Mais le choix de M. Castaner, avec l’accord probable du président, en dit long sur la stratégie inquiétante de l’exécutif concernant l’organisation de la religion musulmane en France. Cette dernière demeure un des angles morts de la « pensée politique » du pouvoir macronien, mais soyons honnête, c’est l’angle mort de tous les partis politiques français depuis quarante ans.</p><p dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">À <a href="https://twitter.com/hashtag/Strasbourg?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Strasbourg</a>, pour partager l’iftar du CRCM.<br />Une ville de concorde et de fraternité où le respect des sensibilités, des croyances et des convictions de chacun est naturel. <a href="https://t.co/iJeYIFEiFW">pic.twitter.com/iJeYIFEiFW</a></p><p>— Christophe Castaner (@CCastaner) <a href="https://twitter.com/CCastaner/status/1133828945709867009?ref_src=twsrc%5Etfw">29 mai 2019</a></p><p>La nouvelle génération de nos politiciens ne connait quasi rien à l’islam, son histoire, ses fondements théologiques, ses évolutions contemporaines, sa géopolitique. De même elle perpétue une « politique arabe » erratique, sans cap ni intelligence. La politique désastreuse de Nicolas Sarkozy en la matière en aura été l’illustration, projetant sur les représentants français autoproclamés de l’islam dans les années 2000, une vision simpliste mêlant la longue histoire des relations entre l’Etat et l’Eglise catholique et protestante et avec les juifs, avec la mémoire floue de la gestion de l’islam colonial algérien.</p>
<p>Sarkozy rompt la digue du Culte</p>
<p>En 2003, se prenant pour un tout petit Napoléon, Nicolas Sarkozy alors ministre des Cultes, voulait un interlocuteur : il créa le Conseil français du Culte musulman (CFCM). Il n’aura réussi qu’à adouber l’islam politique des Frères musulmans qui a rapidement mis la main sur le CFCM et ses instances régionales. Puis il a aggravé la situation durant son quinquennat en décidant que ce serait à l’aune des mètres carrés de mosquée qu’on élirait les représentants siégeant au CFCM. Résultat ? L’ouverture de la compétition générale : c’est à qui aura la plus grande mosquée pour avoir le plus d’élus ! Or qui peut financer des mosquées-cathédrales dans toutes les métropoles françaises sinon les réseaux financiers étrangers. Les subsides publics – donc l’argent du contribuable français – furent aussi utilisés pour cofinancer la construction de centres culturels islamiques annexes aux mosquées venant agrandir de facto les espaces cultuels ; et le tour est joué.</p><p>A lire aussi: <a href="https://www.causeur.fr/royaume-uni-islamophobie-definition-161811" target="_blank">L’appel de 44 intellectuels britanniques contre une définition officielle de l’islamophobie</a></p><p>Dès lors, le président Sarkozy a renforcé l’islam consulaire autant qu’il a encouragé des puissances financières islamiques étrangères (Qatar, Arabie saoudite, Emirats, Turquie) à déverser des millions pour construire des mosquées favorables à leur courant idéologique. Les islamistes des Frères musulmans et autres dérivés salafistes ont évidemment raflé la mise. Puis, le quinquennat achevé en terminant sur la catastrophe libyenne, Nicolas Sarkozy s’en est lavé les mains quand il s’est avéré que l’arrière boutique n’était pas aussi « modérée » que la vitrine qu’il avait vendue aux Français ignares en la matière. François Hollande, le président, inventa « la déradicalisation », concept fumeux qui coûta un « pognon de dingue » mais ne lui survécut pas faute d’avoir le début d’un embryon de résultat… Où l’on voit que si Emmanuel Macron met ses pas dans ceux de Nicolas Sarkozy ou de son prédécesseur, il n’en sortira rien de bon. Doit-on craindre qu’il fasse pire ?</p>
<p>« L’islam français » ne peut pas exister</p>
<p>Islam de France, en France, islam français… Autant d’expressions qui ne disent rien de la réalité. « L’islam français » tel qu’en rêvent candidement nos politiques ne peut pas exister, et ce pour différentes raisons. Les musulmans sont une minorité religieuse nouvellement installée en France depuis les années 1960 et dont le dynamisme démographique est incomparable à tout ce que la France a connu en termes de minorités religieuses. La première vague vient de divers pays, des singularités nationales qui colorent aussi pour partie leur islam ; longtemps cet islam fut dirigé à distance par les pays d’origine (Algérie, Maroc, Tunisie, etc.). La force de l’idéologie fréro-salafiste est d’avoir surmonté ses folklores nationaux d’origine pour proposer aux générations nées en France une identité « neuve » de double rupture : d’avec l’islam dit du bled et d’avec la France républicaine.</p><p>En outre, imaginer construire l’islam sur le modèle consistorial juif comme certains ont l’air de le plaider auprès du président de la République est une aberration en plus d’une stupidité anachronique : les musulmans du XXIe siècle ne ressemblent en rien aux Israélites de 1806 déjà quasi totalement assimilés quand Napoléon achève le projet d’émancipation citoyenne commencé avec le mémoire de Malesherbes adressé à Louis XVI en 1788. Au début du XIXe siècle, les juifs n’aspirent qu’à être d’authentiques Français et ne nourrissent aucune acrimonie à l’égard de la civilisation française. Ensuite, l’histoire des relations entre la France et les mondes de l’islam est singulière et complique beaucoup les choses, elle est faite de conflictualités, de guerres mémorielles, de méfiance réciproques, ce que tout le monde feint d’ignorer en glissant perpétuellement la poussière sous le tapis ou en clivant inutilement, comme le fit le candidat Macron en novembre 2016 lors de son voyage en Algérie. Enfin, et c’est sans doute le plus sérieux, que cela plaise ou pas aux candides, l’islam est un ordre politico-juridique qui ne peut pas, ne veut pas se fondre dans un ensemble social laïc qui lui préexiste, à savoir la loi de 1905.</p>
<p>La France était « une et indivisible »</p>
<p>Ce cadre où se sont inscrits, non sans peine, catholiques, protestants et juifs, les représentants qui parlent aujourd’hui au nom des Français musulmans n’en veulent pas. S’ils le voulaient vraiment comme ils le prétendent dans leurs discours devant les ministres, pourquoi ne s’entendent-ils pas depuis près de deux décennies, pour se structurer en conformité stricte avec la loi de 1905 ? Mais nous sommes, paraît-il, au temps du « patriotisme inclusif » (discours d’Emmanuel Macron devant la presse du 25 avril), de l’identité nationale « à la carte » ; quand en 1806 sous l’autoritarisme napoléonien et en 1905 au temps de la IIIe République, nous étions dans le patriotisme assimilateur qui garantissait la liberté de cultes aux individus et aux collectifs, mais rejetait toute forme de sécession politique au nom de son appartenance religieuse.</p><p>A lire aussi: <a href="https://www.causeur.fr/islam-de-france-musulmans-146022" target="_blank">L’islam de France est-il (vraiment) différent des autres?</a></p><p>La France fut en effet « une et indivisible ». Elle ne l’est plus depuis que, devant une immigration de masse qu’ils n’ont souhaité ni contenir ni analyser les effets à long terme, nos dirigeants nationaux et locaux ont décidé de pratiquer une gestion communautariste des populations. C’est cela la cause de la partition ou sécession dont tous les politiques parlent aujourd’hui comme s’ils n’y étaient pour rien : ils en sont les premiers artisans. Les minorités tyranniques ne s’affirment que quand le camp majoritaire est las ou naïf. Les hommes de la IIIe République avaient fait l’expérience de la pression religieuse dans la vie sociale et dans la vie politique, ils n’en voulaient plus. Nos politiques actuels n’ont rien connu de l’antagonisme entre un pouvoir religieux et un pouvoir civil, ils ont l’air de benêts qui pensent que la sécularisation est un fait établi qui va s’imposer par magie à tous les nouveaux venus. Ils regardent donc l’islam comme une sorte de judaïsme acariâtre ou de protestantisme belliqueux, ne comprenant pas la spécificité de la religion musulmane qui est une orthodoxie en même temps qu’une orthopraxie, qui ne délie pas pouvoir temporel et spirituel, à moins de renier le sens même de la vie du prophète de l’islam Mohamed, donc s’exposer à se renier soi-même. Le wahhabisme né en Arabie au XVIIIe siècle s’inspirait du rigorisme de l’école hanbalite (IXe siècle) et d’Ibn Taymiya (XIIIe siècle), et illustre bien que l’islamisme n’a pas attendu les impérialismes coloniaux européens ou le méchant « orientalisme » occidental pour se forger, indépendamment, en idéologie politique. Cet ordre politico-religieux consubstantiel à l’islam dès ses origines, n’a été qu’en se durcissant au gré des aléas géopolitiques du siècle écoulé, avant même l’abolition du califat par Atatürk.</p>
<p>Inculte comme un ministre des Cultes</p>
<p>Tout cela, nos dirigeants n’en ont cure car ils ne lisent plus rien d’autre que des livres de management des organisations ou de communication politique. La classe politique et médiatique actuelle est inculte sur ces sujets. La paresse intellectuelle autant que le désintérêt mâtiné de mépris pour la « chose religieuse » font que nos dirigeants et nos élites parlent sans savoir, se reposent sur quelques agents d’influence dont ils sont bien incapables la plupart de temps de déceler au nom de qui ils parlent, au nom de quels intérêts ils proposent telle ou telle organisation de l’islam en France. L’ignorance de nos dirigeants sur l’islam est dangereuse. L’islam comme religion, comme fait social, comme doctrine juridico-politique ne peut être ignoré car il s’est imposé dans notre paysage politique du fait d’une immigration de masse doublée d’un dynamisme démographique avéré.</p><p>Cette inculture justifie qu’ils se satisfassent de la situation bipolaire actuelle. D’un côté, nous avons les beaux discours islamo-républicains tenus dans les diners d’iftar où nos élus, nos ecclésiastiques, nos pasteurs et nos rabbins jouent des coudes à qui mieux-mieux, ou dans les colloques dits « interreligieux » organisés systématiquement par les autorités catholiques, protestantes ou juives pour valoriser « l’islam des Lumières », plutôt que débattre de questions théologiques qui fâchent. De l’autre côté, nous avons la réalité du terrain, l’islam à l’échelle locale qui demeure revendicatif politiquement et largement irrigué par le courant fréro-salafiste qui n’a de quiétiste que le nom car Hassan al-Banna est peu connu pour avoir œuvré en faveur de la doctrine de « la passivité dans la quête spirituelle » !</p>
<p>En marche vers « l’islam de France » macronien</p>
<p>« L’islam de France » est un projet qui n’avancera pas parce que l’islam dominant actuel ne se laisse pas enfermer dans un cadre de minorité, qui plus est au sein d’une nation d’héritage judéo-chrétien. Toutefois, le dynamisme démographique étant du côté de l’islam, ce culte doit s’organiser en tant que tel. Mais l’acte politique programmateur doit revenir à la République et à elle seule, et non aux représentants autoproclamés de l’islam en France. Car eux exigeront sans se décourager, comme ils le font depuis 1999, d’obtenir un statut spécifique, des arrangements singuliers, une place à part. Voilà pourquoi le choix de notre actuel ministre des Cultes est inquiétant. Il a négligé le CFCM aux mains des Turcs proches d’Erdogan, ce qui n’est pas une mauvaise idée en soi, mais ce fut pour aller adouber le représentant de l’islam concordataire, Abdelaq Nabaoui qui préside le Conseil régional du Culte musulman d’Alsace. A l’instar de Tareq Oubrou, autre star frériste convertie récemment au républicanisme, Nabaoui est chevalier de la Légion d’honneur depuis avril 2017, et il est aussi un ancien militant actif de l’UOIF (habilement rebaptisée à la veille de l’élection présidentielle, Musulmans de France). L’UOIF est une des associations islamiques les plus importantes de France, elle contrôle de nombreux lieux de culte, écoles, centres de formations ; elle est liée à l’échelle européenne aux Frères musulmans, même si ses chefs s’en défendent mollement.</p><p>A lire aussi: <a href="https://www.causeur.fr/voitures-incendies-sylvestre-castaner-157851" target="_blank">Incendies du Nouvel An: cette fois, Castaner n’a pas vu de « séditieux »</a></p><p>A la tête du CRCM depuis deux ans et demi, Nabaoui est un ancien aumônier des hôpitaux (et des armées de l’Est) qui a fait de Strasbourg la plateforme de lancement de l’islam de France dont rêve les ultralibéraux communautaristes pour qui l’argent est le nerf de la guerre. Beaucoup de ceux qui encensent <a href="https://www.institutmontaigne.org/ressources/pdfs/publications/rapport-un-islam-francais-est_-possible.pdf" target="_blank">le rapport El Karoui</a> de 2016 (« Un islam français est possible ») pour avoir alerté sur l’imprégnation salafiste dans la jeunesse musulmane française, oublient les recommandations de ce dernier en faveur d’une profonde modification de la loi de 1905 afin que l’Etat prenne notamment en charge le financement des édifices religieux à l’issue d’un « audit des cultes ». Pour conduire son projet, Hakim El Karoui a lancé, fin 2018, l’Association musulmane pour un islam de France (AMIF) avec l’aval de son ami Emmanuel Macron rencontré à la banque Rothschild. Les statuts ont été déposés en avril dernier. Abdelaq Nabaoui est membre de l’AMIF, plateforme préparant « l’islam de France » macronien, comme le CFCM fut le bébé de Nicolas Sarkozy. A ses côtés, la fine fleur frériste reconvertie dans le républicanisme inclusif du Nouveau Monde : Tareq Oubrou ou Mohamed Bajrafil. L’AMIF ne servirait-elle pas aussi de plateforme de labellisation républicaine pour l’idéologie frériste ? Tout cela se ferait bien sûr « à l’insu de notre plein gré », à l’instar de l’Institut des Cultures de l’Islam dont le Conseil d’administration est dirigé par un duo pour le moins surprenant : Bariza Khiari, ancienne sénatrice socialiste ralliée dès 2016 à Emmanuel Macron, et Nacira Guenif-Souilamas, sociologue proche des Indigènes de la République.</p>
<p>Christophe Castaner : « Le CRCM est un exemple, un laboratoire d’idées pour le futur de l’islam en France. »</p>
<p>A l’instar de son ami Hakim El Karoui, M. Nabaoui rêve de voir l’islam inclus dans le régime concordataire afin d’en faire la base arrière pour la construction de cet islam de France qui pourrait bénéficier des subsides publics, de libéralités pour enseigner dans les écoles publiques, etc. El Karoui écrit en 2016 dans son rapport que le régime concordataire est « un écosystème politique et juridique qui permet aux instances représentatives des musulmans de France et à la puissance publique de faire émerger un islam français. » Alors que 70% des Français sont pour l’abrogation du régime concordataire et que des militants républicains laïcs luttent vainement depuis des décennies pour son abrogation, M. Castaner vient valider le projet El Karoui/Nabaoui. Notre ministre a en effet déclaré lors de ce dîner de Ramadan : « À Strasbourg, le CRCM est un exemple, un laboratoire d’idées pour le futur de l’islam en France. » Bien sûr, Christophe Castaner a fait du « et en même temps » en jurant ses grands dieux qu’on ne toucherait pas à la loi de 1905, mais force est de constater que, dans l’indifférence générale, parce que ces sujets sont laissés dans l’ombre, l’opposition et les journalistes d’investigation font silence. Personne ne se donne la peine d’expliquer aux Français ce qui se joue, à savoir un énième blanc-seing offert aux idéologues fréristes, c’est-à-dire aux ennemis de la liberté, de l’égalité et de la démocratie. Aux ennemis de la nation.</p><p>La stratégie à la petite semaine de Christophe Castaner est révélatrice de l’indécision du pouvoir. Il y a fort à parier que si l’acte 2 du quinquennat qu’on nous annonce est aussi amateuriste et tourmenté que le premier, « l’islam de France » restera une Arlésienne car l’exécutif aura d’autres chats à fouetter. Et vu ce que prépare les amis du président, ce serait souhaitable pour le bien des musulmans eux-mêmes, pour la sécurité des Français également à long terme. Car, sous prétexte de lutter contre l’argent sale des Etats étrangers qui viendrait pourrir l’islam de France, le projet El Karoui/Nabaoui équivaut à financer l’islam avec l’argent public sans nettoyer les écuries d’Augias, à savoir déraciner l’idéologie fréro-salafiste dominante dans la plupart des quartiers où les musulmans sont quasi majoritaires. Pour réaliser un tel nettoyage, il faudrait déjà que nos élus soient informés (ou souhaitent l’être !) des pedigrees idéologiques de leurs interlocuteurs par les agents de liaison qui les mettent en relation… Mais chacun préfère l’aveuglement réciproque d’un marché de dupes.</p>
<p>Vers un Grand imam de France</p>
<p>En attendant, le statu quo permet la poursuite de la politique des intermédiaires, des agents troubles au service de différentes puissances étrangères qui tiennent chacun leur petite boutique de fidèles binationaux ; pour certains pays amis, cette gestion se fait en lien avec les services de renseignements français, ce qui n’est pas inutile. Le statu quo permet à des notables musulmans de s’embourgeoiser gentiment en se rapprochant du Roi-soleil, de troquer la calotte blanche en crochet pour le chapeau mou du Grand rabbin de France – ce personnage inventé par Napoléon – rêvant sans doute ainsi d’être adoubé un jour Grand imam de France. Le statu quo permet enfin à la confrérie des Frères musulmans transnationale et à tous les réseaux salafistes alliés, de continuer paisiblement à gangrener la population musulmane française.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:10:38 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[FICHES DE LECTURES – Michèle TRIBALAT, “Assimilation, la fin du modèle français,” (2013)]]></title>
	<description><![CDATA[<p>BIBLIOTHÈQUE VIRTUELLE – FICHES DE LECTURE</p><p>Michèle TRIBALAT, Assimilation. La fin du modèle français. , France, 2013</p><p>« Que voulons-nous d’eux ? »</p><p>FICHE TECHNIQUE</p><p>TRIBALAT (Michèle), Assimilation. La fin du modèle français, 2013, Paris, aux éditions Télégraphe / éditions du Toucan (éditeur indépendant), 349 pages, ISBN 978-2-81000-553-6.</p><p>L’AUTEUR</p><p>Michèle TRIBALAT est chercheuse à l’Institut National des Études Démographiques (INED), prestigieux établissement français chargé d’établir et d’analyser les statistiques relatives à la démographie. Spécialisée dans les questions de l’immigration et de l’intégration des étrangers en France, puis de la place de l’Islam et de sa pratique, elle s’est régulièrement élevée contre le flou des statistiques publiques en matière d’immigration et des pratiques religieuses. Depuis 2010, alors qu’elle s’était prononcée en faveur de la mise en place de statistiques dites « ethniques », statistiques réclamées également par des organisations d’immigrées (Mais refusées par d’autres) comme le Conseil Représentatif des Associations Noires de France, (CRAN, mais sous un autre nom), elle se trouve au centre d’une polémique alimentée par une partie de l’intelligentsia de gauche dont Hervé LE BRAS, brillant statisticiens français, qui a accusé Michèle TRIBALAT de vouloir renouer avec les pratiques nazies de fichage ethnique et religieux.</p><p>LE LIVRE</p><p>Le livre de Michel TRIBALAT, Assimilation. La fin du modèle français, est un livre à thèse. Et la thèse, dure, est crument exposée : les immigrés ne s’assimilent plus parce qu’ils ne sont plus tenus de le faire (La culture des élites valorisant d’autant plus le multiculturalisme qu’elles mêmes s’y sont plus confrontées), et, de ce fait, les immigrés, surtout musulmans, imposent la permanence de traits culturels forts, y compris ceux en désaccords flagrants avec les devoirs républicains, comme les limites toujours plus étendues posées à la liberté d’expression. Pour Michel TRIBALAT il s’agit d’une nouvelle « trahison des clercs », à l’échelle française mais aussi à l’échelle européenne.</p><p>Favorable au projet européen, Michel TRIBALAT n’en dénonce pas moins la dérive multi culturaliste des fonctionnaires de Bruxelles, trop soucieux de saper l’identité nationale dans une mosaïque de cultures, sans se rendre compte qu’au-delà du multi culturalisme le communautarisme menace de saper les fondements politiques communs à l’Europe : la démocratie sociale et politique.</p><p>L’immigration en France et en Europe est devenue un objet politique à part entière. L’arrivée au pouvoir des partis eurosceptiques, la montée des partis xénophobes et de l’extrême-droite, leur participation de plus en plus fréquente et de plus en plus longue aux gouvernements, leur enracinement dans les instances locales, la part prise par les questions migratoires dans les programmes politiques des autres formations l’illustrent. Et à chaque élection, l’illustrent de plus en plus.</p><p>Michèle TRIBALAT, chercheur à l’INED, tente de démêler les mécanismes de la politique migratoire, en France et en Europe, à travers la flou des statistiques mais, aussi, à travers les pétitions de principes et les multiples déclarations politiques et les directives européennes.</p><p>La France ne dispose pas d’un outil statistique pour mesurer sa population étrangère. Chaque ministère (Ministère des Affaires Étrangères, MAE, Ministère de l’Intérieur, Ministère des Affaires Sociales) dispose pour la partie qui le concerne de ses propres enquêtes statistiques, menées sur des critères qui ne se recoupent pas forcément d’un ministère à l’autre. Par ailleurs le recensement général de la population ne prenait qu’imparfaitement en compte la question de l’origine, et pas du tout les questions religieuses. Il a été supprimé, au profit d’enquêtes territoriales restreintes, qui rendent plus lointaine la possibilité d’établir des séries statistiques fiables.</p><p>La seule enquête fiable et d’envergure dont dispose la France est l’Application de Gestion centralisée des Dossiers des Ressortissants Étrangers en France (AGDREF, Ministère de l’Intérieur) dont l’INED faisait régulièrement une synthèse dans sa revue Chroniques de l’Immigration. Mais les chiffres d’AGDREF émanant du Ministère de l’Intérieur étaient plus élevés (215 000 entrées d’étrangers par an) que ceux collectés par l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSEE) qui estimait les entrées à 136 000 étrangers, soit un différentiel de 79 000 entrées représentant un écart de 58%. La revue Chroniques de l’Immigration publiant les chiffres peu consensuels d’AGDREF, elle fut supprimée (2008). Les dernières statistiques centralisées connues concernent donc la période 2008 pour des chiffres de 2006.</p><p>Ce sont donc les chiffres grossièrement sous-évalués, ceux de l’INSEE essentiellement, qui sont transmis à l’Union Européenne (UE) et à sa division statistique (EUROSTAT). La France reprenant parfois les données d’EUROSTAT pour avoir un aperçu statistique de ses propres flux migratoires, oubliant que ces chiffres d’origine soit disant européenne viennent par une grande partie de ses propre statistiques faussées.</p><p>La France se distingue en cela de ses voisins (Grande-Bretagne, Pays Bas, Danemark) qui mènent plus souvent et plus précisément des enquêtes concernant la nationalité d’origine et les pratiques religieuses. Il est parfois plus simples pour avoir des informations statistiques récentes sur la population étrangère et immigrée en France de passer par des organismes étrangers comme le Pew Forum.</p><p>Les questions du flou statistique, des outils statistiques et de la connaissance des flux migratoires sont au cœur des questions qui agitent les politiques et les démographes. Michèle TRIBALAT milite depuis de nombreuses années, et avec elle des associations d’immigrés et d’étrangers, pour des statistiques dites ethniques. Ceux qui s’y opposent mettent en avant le risque que feraient peser sur les immigrés et les étrangers de telles statistiques si un mouvement xénophobe prenait le pouvoir en France. Pour Michel TRIBALAT au contraire, seule la connaissance précise des phénomènes migratoires permettra des réponses appropriées et rapides aux questions d’intégration et d’assimilation.</p><p>Pour Michèle TRIBALAT la France est entrée depuis 2000 dans une phase d’immigration intense. Si entre 1975 et 1999 la population étrangère et immigrée avait cru de 11% (Au même rythme que le reste de la population) elle a cru en revanche de 24% entre 1999 et 2009 alors que la population native n’augmentait que de 5%. En conséquence la part des immigrés étrangers est passée de 7,4% à 8,5%, soit la plus haute proportion de son histoire. Il faut remonter à la période 1920-1926 pour avoir la même croissance de la population immigrée en France. On compte actuellement plus de 5 millions d’étrangers en France pour 65 millions d’habitants (2006).</p><p>Par rapport à ses voisins, l’immigration en France sur la période 2001-2011 est plus faible : en Espagne la population immigrée est passée de 0,9% (1991) à 12% (2011) de la population totale. En Grande-Bretagne elle a augmenté de 63% en dix ans. Si l’on prend non plus seulement la population immigrée et étrangère, mais la population immigrée et celle ayant des parents immigrés (Dite population « Immigrée sur deux générations), la France compte 19% d’immigrés et d’enfants d’immigrés, contre 20% en Allemagne, 21% aux Pays Bas, 23,5% aux États-Unis et 26% en Suède.</p><p>L’immigration sur une ou deux générations est donc forte en France comme partout en Europe. Quelle part l’immigration va prendre dans la croissance démographique de l’Europe ? Le scénario élaboré par la Commission de Bruxelles (Scénario Convergence 2010-2060) estime que sans immigration, l’Union Européenne va perdre entre 79 et 86 millions d’habitants en un demi siècle (L’indice de fécondité étant bas : 1,54 enfant par femme en Italie, 1,36 en Allemagne).</p><p>Pour la France, au vu des comportements démographiques actuels, l’immigration permettrait à la France de gagner 15 millions d’habitants sur 50 ans, faute de quoi la population française stagnerait, voire régresserait légèrement (Moins 3 millions d’habitants). Mais ce qui compte c’est l’indice synthétique de soutien (Nombre de personnes en âge d’être des actifs pour le nombre de personnes en âge d’être inactifs, soit avant 16 ans et après 67 ans). Sans immigration il passerait de 1,7 en 2007 à 1,21 en 2060, ou 1,28 avec les effets de l’immigration. Ainsi, l’immigration aura un impact majeur sur la structure démographique de la France, mais un impact très faible sur l’activité économique.</p><p>Plus important peut-être, l’indice de soutien réel (Nombre d’actifs sur les inactifs) passerait de 0,82 en 2007 à 0,56 (Sans immigration) à 0,58 (Avec immigration) en 2060, soit un apport de l’immigration de 0,02 point. Autant dire rien. L’immigration ne va donc pas compenser la détérioration de l’indice de soutien réel : il y aura, en 2060, toujours plus d’inactifs (Essentiellement des personnes âgées) que d’actifs. L’immigration n’est donc pas, selon Michèle TRIBALAT (se fondant sur les statistiques françaises, européennes et internationales) le remède universel au vieillissement de la population française.</p><p>Au sein de la population immigrée en France (Étrangère ou immigrée, sur une ou deux générations), les Musulmans en représentent la part principale. La France a la plus importante population musulmane d’Europe, exceptée la Bulgarie dont une partie de la population native est musulmane depuis le XVe siècle. Les Musulmans étaient environ 3,7 millions en France en 2006, ils étaient estimés à 4,2 millions en 2009, soit 6,7% de la population métropolitaine, 4,8 millions en 2012 soit 7,5% de la population. La France accueille 25% des musulmans d’Europe. Si elle reste à 38% catholique, 8% musulmane et 2% protestante, les personnes qui déclarent accorder beaucoup d’importance à la religion sont dans leur majorité des musulmans : les jeunes musulmans en particuliers (18 ans – 27 ans) sont 56% à accorder une grande importance à la religion (Contre 7% pour les Catholiques de la même tranche d’âge).</p><p>Les Musulmans représentent donc l’essentiel de la population immigrée (Mais plus forcément des flux migratoires actuels qui viennent d’Afrique centrale ou d’Europe de l’Est), et les Musulmans sont de plus en plus pratiquants. C’est ce qu’on appelle la désécularisation. Elle est souvent expliquée par des facteurs sociaux : la détresse économique jetant les Musulmans et leurs enfants dans les bras des imams et des prédicateurs.</p><p>Sans aucun doute la population musulmane vit dans les quartiers les plus pauvres des villes de France : ils sont 37% à vivre dans les quartiers les plus pauvres (Identifiés à travers les IRIS, Îlots Regroupés pour l’Information Statistique, unité statistique de l’INSEE de 2 000 à 5 000 habitants) alors qu’ils ne représentent que moins de 8% de la population. Ils sont 4,6 fois plus nombreux dans ces quartiers qu’ils ne le devraient. Le facteur social joue dans la mesure où les enfants d’immigrés du Sahel, du Maghreb et de Turquie (SMT) sont plus nombreux dans les quartiers aisés à accorder une importance faible à la religion que dans les quartiers pauvres.</p><p>Sur l’ensemble de l’Union Européenne (UE), les jeunes musulmans se déclarent plus religieux que leurs parents au même âge. Au contraire, les enfants d’immigrés catholiques (Les Portugais par exemple) sont en 2009 moins pratiquants que ne l’étaient leurs parents ou leurs grands frères 20 ans plus tôt, et ce même dans les quartiers pauvres. La nouvelle génération de Musulmans (étrangère, immigrée ou native), est donc plus religieuse.</p><p>La désécularisation de la population musulmane s’explique par une très forte endogamie : si 60% des Protestants se marient avec un conjoint non-protestant, ils ne sont que 11% chez les Musulmans. L’endogamie est donc très forte. 84% des enfants d’un couple comptant au moins un (Sinon les deux) parent musulman sont eux-mêmes Musulmans. Contre 60% pour les Catholique et 44% pour les Protestants.</p><p>Les Turcs sont les champions européens de l’endogamie : en France 3% seulement des jeunes filles turques arrivées enfants en France se sont mariées avec un non-Turc, 5% de l’ensemble des jeunes filles immigrées turques se sont mariées avec un non Turc. Aux Pays-Bas, 60% des Turcs se sont mariés avec des jeunes femmes turques arrivées exprès de Turquie pour le mariage.</p><p>La transmission de l’Islam s’est aussi améliorée : si 43% des parents musulmans arrivés entre 1950 et 1960 ont transmis leur religion, c’est le double un demi-siècle plus tard. Entre 1960 et 1970, 24% des enfants de parents musulmans avaient reçu une éducation religieuse, c’est 55% en 1990. Le double donc.</p><p>La population musulmane en France va prendre une place croissante dans la population française. Son accroissement démographique naturel étant égal en quantité à celui des Français natifs, soit un taux d’accroissement naturel 12 fois supérieur à celui des Français natifs, de deux parents français (Ceux que Michèle TRIBALAT appelle les « natifs au carré », faute de pouvoir dire les « Français de souche »). Avec une réduction de l’indice de fécondité de 2,8 (2007) à 2,4 (2030), le Pew Forum estime que les Musulmans en France seront 7 millions en 2020 et 9 millions en 2030. Soit une croissance de 46% en 20 ans. La France en 2030 comptera donc encore 23% des Musulmans de l’UE, qui seront 30 millions, soit 6% de la population européenne totale estimée.</p><p>Si les Musulmans sont plus nombreux qu’avant (1950-1980), et si l’Islam se transmet mieux qu’avant au sein des familles, l’Islam est aussi plus visible en France qu’auparavant. On peut le mesurer au port du voile : 19% des 18-50 ans des Musulmanes le portent, mais elles ne sont que 9% dans les quartiers riches. Ce qui veut dire que vous allez croiser une femme voilée sur 300 dans les quartiers riches contre une femme sur 12 dans les quartiers pauvres. Cela veut dire aussi que la pression sur les femmes musulmanes à porter le voile sera plus forte dans les quartiers pauvres.</p><p>Le degré de qualification joue sur le port du voile : si 35% des femmes musulmanes sans diplôme le portent, elles ne sont 12% pour celles ayant un diplôme universitaire. Les interdits alimentaires sont également plus respectés : si 80% des 18 ans – 50 ans déclarent les respecter toujours, ils sont 90% dans la tranche d’âge des moins de 18 ans (Et 94% chez les femmes). À cette visibilité accrue s’ajoute aussi une revendication accrue : des associations islamiques sont en France, comme en Europe, de plus en plus nombreuses à demander un respect des pratiques religieuses islamiques, y compris dans les écoles et y compris de la part des non-musulmans. La condamnation (Fatwa) de Salam RUSHDIE après la parution des Versets sataniques (1988) a ouvert la voie à un mouvement général d’abdication des pouvoirs publics et des élites devant les revendications des associations islamiques les plus agressives.</p><p>Face à cette visibilité accrue de l’islam et ces revendications accrues, les populations natives ont répondu de manière différenciée en fonction de leur niveau social. Les classes populaires (Ouvriers et employés) se sont retranchées dans les villes moyennes et petites (20 000 habitants), refusant la cohabitation avec une population immigrée musulmane de plus en plus visible et revendicative. Les classes populaires ont refusé d’être « touristes chez eux » pour s’isoler hors des grandes agglomérations. Les élites au contraire ont fait une promotion hypocrite de la diversité ethnique et culturelle, valorisant d’autant plus l’Autre qu’elles n’avaient pas à le côtoyer réellement.</p><p>La gauche en France a d’ailleurs abandonné l’électorat prolétaire, qu’elle a jugé trop éloigné de ses valeurs multiculturalistes, pour développer une thématique politique à destination des minorités (Ethniques, religieuses, sexuelles, de genre…) plus enclines selon elle à voter socialiste. Le Think Tank Terra Nova a été dans cette dynamique d’abandon des classes prolétaires la matrice idéologique du Parti Socialiste (PS).</p><p>L’assimilation, qui impose aux immigrés un référentiel cultuel établi d’après les normes du pays d’accueil, n’est donc plus au programme. La culture du dénigrement de la France est érigée en réflexe de pensée par les élites et les médias : les guerres mondiales et coloniales ayant abattu l’image positive que la France avait d’elle-même. Désormais l’Autre est valorisé a priori, de même que ce qui est français est dévalorisé systématiquement.</p><p>La France s’aligne donc sur les politiques des pays du Nord (Grande Bretagne, Belgique, Pays Bas), alors que ces mêmes pays remettent au même moment en question leur propre modèle multiculturel. Elle le fait d’autant plus aisément que l’Union Européenne (UE) encourage le modèle multiculturel.</p><p>Pour les eurocrates, en effet, l’affaiblissement de l’idée de nation renforce ses dynamiques de prise de contrôle de pans entiers de la souveraineté des États. Les élites françaises (Politiques, culturelles et médiatiques) sont des alliées objectives des fonctionnaires de Bruxelles en acceptant le transfert en France du modèle migratoire européen au détriment du modèle assimilationniste français. Alors même qu’elles n’ont pas à subir les conséquences du passage d’un modèle à un autre.</p><p>L’abandon du modèle assimilationniste est d’autant plus incompréhensible en terme démocratique que tous les signaux politiques et électoraux montrent que les classes populaires européennes sont farouchement hostiles à la perte de leurs identités nationales.</p><p>L’EXTRAIT</p><p>« Les natifs n’intéressent plus guère. »</p><p>« […] Les difficultés propres à ces natifs au carré (1) des catégories populaires n’intéressent plus guère. Terra Nova (2) brosse d’eux un portrait en creux dévastateur :</p><p>– ils incarnent la France d’hier et sont ainsi privés d’avenir ;</p><p>– ils résistent au changement et sont ainsi une entrave au progrès ;</p><p>– ils sont intolérants ;</p><p>– ils sont fermés, sur la défensive, indifférents aux autres et pessimistes.</p><p>                Ils n’ont rien pour plaire et ne peuvent qu’éprouver un fort ressentiment face à l’abandon de la gauche qui, si elle n’a pas endossée publiquement le programme de Terra Nova, est marquée par l’influence de ce groupe de réflexion. […] Ces natifs au carré […] regardent avec envie les efforts entrepris pour rendre plus agréables les fameux « quartiers populaires ». On a ainsi dépensé, dans le cadre du plan de rénovation urbaine […] 600 millions d’euros pour rénover le plateau de Clichy-sous-Bois / Montfermeil, soit une dépense d’environ 40 000 euros par habitant. […] Le lieu d’habitat des natifs au carré des catégories populaires les place souvent en dehors des zones bénéficiant de ces politiques sociales, zones qui sont aussi intégrées dans des périphéries urbaines très dynamiques. Un mélange d’exigence sur le mode de vie et d’absence de moyens financiers pour la satisfaire dans une zone fortement urbanisée les renvoie à la périphérie des centres urbains, dans des petites villes ou à la campagne où se trouvent encore quelques emplois industriels. Les catégories les plus favorisées n’ont pas de problème à faire coïncider leurs exigences avec un environnement urbain où elles peuvent facilement échapper aux nuisances.</p><p>[…] Dans les zones faiblement urbanisées, les ouvriers natifs au carré évitent les contextes les plus difficiles auxquels 9% d’entre eux sont confrontés dans les grandes unités urbaines où seulement 20% d’entre eux résident. Les cadres maximisent leur environnement social dans les grandes villes, les ouvriers dans les petites ou à la campagne.</p><p>En résidant dans de petites communes périphériques, les natifs au carré des catégories populaires réussissent à éviter les concentrations ethniques importantes auxquels ils seraient confrontés dans les grandes agglomérations. […]</p><p>Pour que l’assimilation fonctionne, les natifs au carré doivent aussi avoir le sentiment qu’ils exercent un ascendant culturel reconnu par l’ensemble du corps social, élites comprises qui sont celles qui distribuent les bons et les mauvais points. Or leur ascendant culturel est contesté […] par ces élites pour qui toutes les cultures ont un même droit de cité. La séparation devient alors la conduite rationnelle des catégories populaires pour protéger leurs propres modes de vie. […] »</p><p>(1) Natifs au carré : c’est ainsi que Michèle TRIBALAT nomme les citoyens français de parents eux-mêmes français. Ils sont donc natifs de natifs. D’où l’expression de natifs au carré. L’expression peu heureuse fait suite aux critiques formulées à l’encontre de Michèle TRIBALAT qui auparavant parlait des « Français de souche », expression jugée xénophobes par une partie de la gauche française. Notes de Erwan Bertho.</p><p>(2) Terra Nova : association de gauche proposant des idées forces dans le domaine politique (Think Tank) jugée par Michèle TRIBALAT responsable sur recentrement sur les minorités visibles des préoccupations du Parti Socialiste.</p><p>TRIBALAT (2013), pages 262 ; 263 ; 264 et 267. → Retrouvez cette fiche sur Pack Histoire-Géographie/Bibliothèque virtuelle, sur Serveur Docs/Public/Pack Histoire-Géographie/Bibliothèque virtuelle et sur histgeolaf.toile-libre.org/Bibliothèque virtuelle. © Erwan BERTHO.</p><p>→ Pour revenir à l’index des fiches de lectures classées par genre de la bibliothèque virtuelle, <a title="BIBLIOTHÈQUE VIRTUELLE – FICHES DE LECTURE – Index, « Index par genre des oeuvres présentées. »" href="http://www.hglycee.fr/?p=2961" target="_blank">cliquez ici</a>.</p><p>→ Pour revenir à l’index des fiches de lectures classées par auteurs de la bibliothèque virtuelle, <a title="BIBLIOTHÈQUE VIRTUELLE – FICHES DE LECTURE – Index, « Index par auteurs. »" href="http://www.hglycee.fr/?p=3109" target="_blank">cliquez ici</a>.</p>
<p><a href="https://www.hglycee.fr/?p=1352#" rel="nofollow" onclick="window.print(); return false;" title="Printer Friendly, PDF &amp; Email"></a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/414/principale-consequence-de-labandon-du-modele-dassimilation</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:10:19 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/414/principale-consequence-de-labandon-du-modele-dassimilation</link>
	<title><![CDATA[Principale conséquence de l&#039;abandon du modèle d&#039;assimilation.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>L’abandon du modèle d’assimilation a eu une conséquence importante, l’intensification de l’immigration puisque l’objectif de l’assimilation était un obstacle qui permettait de sélectionner les minorités aptes à s’assimiler.</p>

<p>Ceux qui ne s’assimilaient pas, repartaient vers leurs pays d’origine. C’est cette exigence qui fit le succès du creuset républicain, respect du mode de vie français et de ses lois.</p>

<p>Sur 3,5 millions d’Italiens arrivés entre 1870 et 1940, 1,2 millions ont fait souche en France.</p>

<p>Aujourd’hui c’est le contraire, ceux qui arrivent et refusent de s’assimiler restent et intimident ceux qui s’assimilent et les accusent de « faire leur Français », d’être des « harkis », des « bougnoules de service », des « bounty »!<br />Cela va jusqu’à faire fuir les Français de souche ou de branche de longue date des quartiers et villes où ils vivaient.<br />Les fameux « ghettos » sont d’abord le résultat de deux phénomènes :<br />Une immigration de masse rendant impossible à dessein toute assimilation, et la transposition de mœurs exogènes peu habituées dans leurs pays d’origine à l’altérité sauf dans la soumission.<br />On demande aux Français de devenir étrangers dans leurs propres quartiers, leurs propres villes, leurs départements comme en Seine Saint Denis.</p>

<p>Pour en arriver là, il a fallu faire l’éloge de la diversité comme un enrichissement et criminaliser l’identité française comme étant un nazisme qui ne dit pas son nom.</p>

<p>On est passé par plusieurs stades, on a d’abord ringardisé le Français moyen, comme un Dupont Lajoie beauf réac et raciste pour dissuader quiconque de s’investir dans un processus d’assimilation.</p>

<p>La mise en valeur de la culture de l’autre s’est traduite par une régression, en 1993, 71% des jeunes d’origine maghrébine se sentaient plus proches du mode de vie et de culture des Français que du mode de vie de leur famille, 10 ans plus tard, le pourcentage tombe à 45%.</p>

<p>Parallèlement, en 1993, 35% des jeunes admettent que tout le monde parle Français à la maison, en 2003, ce chiffre tombe à 29%.</p>

<p>Donc dans 71% des familles, on parle arabe à la maison.</p>

<p>De même l’endogamie ethnique est un frein à l’assimilation et souvent elle est brisée par la conversion à l’islam de jeunes d’origine européenne qui montre ainsi patte blanche pour pouvoir se marier avec un ou une personne d’origine maghrébine et musulmane.</p>

<p>Parler de métissage d’une nation quand on entretient le repli sur soi au nom de la mise en valeur de la culture de l’autre qui crée des désastres dans les pays d’origine et criminaliser l’identité d’un peuple et d’une nation deux fois millénaires qui a tant apporté au monde, est une folie suicidaire commise au nom du progrès, de l’antiracisme et des droits de l’homme.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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<item>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:03:31 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/413/charles-rojzman-10022019</link>
	<title><![CDATA[Charles Rojzman / 10/02/2019]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Ecrit dans les débuts des "gilets jaunes" : Au fur et à mesure que se rapproche l’échéance de samedi prochain, l’hystérie collective s’étend et touche désormais pratiquement de nombreux habitants de ce pays. Les ennemis se révèlent, les paranoïas se réveillent, avec leur cortège de discours incendiaires, à teneur souvent complotiste. Les « gilets jaunes » véritables sont désormais pris dans le piège des extrémismes de droite et de gauche, à moins d’un réveil peu probable de ce cauchemar.</p><p>L’origine proche de ce désastre, on la connait. Elle part d’une colère légitime d’une grande partie du peuple entraîné malgré lui dans une chute sociale et qui compare son sort précaire avec des privilèges étalés au grand jour. Mais on méconnait l’origine lointaine de ce désastre : ces dizaines d’années de ressentiments accumulés qui ont abouti à des haines, désormais clamées au grand jour. Les violences civiles que je pressentais depuis longtemps au vu des divisions du pays, manifestées d’abord à propos de la question de l’islam et de l’immigration, se sont tournées vers celui qui représente l’autorité suprême, le Président de la République. Rien de plus banal. Le premier pas vers la guerre civile, c’est la mise en cause du chef, surtout si celui-ci montre sa faiblesse. Or, ce garant de la solidité des institutions ne s’est pas montré à la hauteur d’une fonction qu’il a discrédité par ses errements caractériels et ses alliances fragiles ou ténébreuses.</p><p>Les violences du quotidien, l’insécurité grandissante, la peur de perdre son identité culturelle ont donné le sentiment à beaucoup de gens qu’ils ne pouvaient plus changer leur destin et ce sentiment d’impuissance a été renforcé par le cynisme ou l’inconscience des pouvoirs.</p><p>La suite des événements est incertaine. Beaucoup de choses dépendent de ce qui se passer samedi, en particulier de la capacité de l’Etat à faire face à toutes ces colères divergentes mais réunies pour l’occasion. La raison va-t-elle l’emporter sur les rêves chimériques d’un grand soir et permettre, en profitant de cette crise, la transformation de ce pays sur le moyen le long terme? Rien n’est moins sûr. Comme le dit Carl Gustav Jung: "En présence d'une situation donnée, la discussion basée sur des arguments de raison ne demeure possible et n'a de chances d'aboutir que tant que le potentiel émotionnel inhérent à la situation n'a pas dépassé un certain seuil critique. Dès que ce dernier est franchi par la température affective et l'émotivité, les possibilités et l'efficacité de la raison se trouvent anéanties; s'y substituent des slogans et des désirs chimériques et fumeux; c'est-à-dire que la raison fait place à une espèce d'état de possession collective qui se propage à la manière d'une épidémie psychique."</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:01:48 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/412/charia-ce-que-revele-la-decision-de-la-cedh</link>
	<title><![CDATA[Charia, ce que révèle la décision de la CEDH]]></title>
	<description><![CDATA[<p>La charia a-t-elle sa place en Europe? Si oui, à quelles conditions? Ce sont les questions que se posent actuellement les instances du Conseil de l'Europe.</p><p><a href="http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2018/12/26/31002-20181226ARTFIG00181-charia-ce-que-revele-la-decision-de-la-cedh.php" rel="noopener" target="_blank">http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2018/12/26/31002-20181226ARTFIG00181-charia-ce-que-revele-la-decision-de-la-cedh.php</a></p><p>Non, la CEDH n'a pas érigé la charia en droit de l'homme !</p><p><a href="http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/12/28/31003-20181228ARTFIG00078-non-la-cedh-n-a-pas-erige-la-charia-en-droit-de-l-homme.php" rel="noopener" target="_blank">http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/12/28/31003-20181228ARTFIG00078-non-la-cedh-n-a-pas-erige-la-charia-en-droit-de-l-homme.php</a></p><p><a href="https://twitter.com/ECLJ_Official/status/1078654809748791296?s=09" rel="noopener" target="_blank">https://twitter.com/ECLJ_Official/status/1078654809748791296?s=09</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/411/%C2%AB-on-evite-les-amis-qui-ont-reussi-on-sort-moins-on-recoit-peu-%C2%BB</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 20:59:23 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/411/%C2%AB-on-evite-les-amis-qui-ont-reussi-on-sort-moins-on-recoit-peu-%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[« On évite les amis qui ont réussi. On sort moins. On reçoit peu »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Dans « Classe moyenne, des vies sur le fil », diffusé sur Arte, en 2015, le réalisateur Frédéric Brunnquell était parti à la rencontre de quatre familles vivant avec quelques centaines d’euros par mois. La chaîne rediffuse la série sur Arte.tv. Entretien.</p><p>[ Documentaire "Classe moyenne, des vies sur le fil" : disponible sur Arte.tv du 18/12/2018 au 16/02/2019 =&gt; <a href="https://youtu.be/8xbwkrh8o6E" rel="noopener" target="_blank">https://youtu.be/8xbwkrh8o6E</a> ]</p><p>TéléObs</p><p>]</p><p>Par TéléObs</p><p>Publié le 20 décembre 2018 à 17h01</p><p>La télévision leur donne peu la parole. Cette série documentaire d’exception : « Classe moyenne, des vies sur le fil », en trois volets, s’intéressait aux oubliés de la petite classe moyenne. Frédéric Brunnquell, le réalisateur, racontait, en février 2015, à « TéléObs » le terrible cercle vicieux du sentiment de déclassement et de l’isolement.</p><p>Téléobs. Vous vous intéressez à une catégorie sociale, inconnue des statistiques, que vous nommez « la petite classe moyenne ». Que recouvre-t-elle ?</p><p>Frédéric Brunnquell. La classe moyenne inférieure, juste au-dessus de celle des Français les plus modestes. Soit 10 millions de personnes désormais exposées à des difficultés les rendant de plus en plus vulnérables. Ces gens ont une existence très différente de celle qu’ils prévoyaient il y a peu. Leur angoisse du lendemain irradie l’ensemble de la société.</p><p>Vous avez choisi de suivre 6 hommes et femmes. Comment les avez-vous rencontrés ?</p><p>Même s’ils vivent autour de nous, il n’était pas évident de les convaincre de témoigner sur une période compliquée de leur vie. Une journaliste m’a aidé en contactant des associations. J’ai ainsi rencontré Régis, qui multiplie les heures dans une brasserie de Lille, et son épouse Jacqueline, vendeuse en CDD à temps partiel. J’ai aussi connu, à Lyon, Gaëlle, intermittente du spectacle et célibataire avec 3 enfants. J’avais travaillé sur le phénomène du hard-discount et c’est ainsi que j’ai pensé à Jean-Philippe, directeur d’un de ces supermarchés dans la région de Nancy, et à sa femme Isabelle, visiteuse médicale à mi-temps. Quant à Catherine, j’étais entré un jour par hasard dans sa maison de la presse, à Paris. Nous avions discuté. Je me suis souvenu de cette petite dame qui a du caractère et des choses à dire.</p><p>Ces Français se sentent oubliés. Comment l’expriment-ils ?</p><p>De manière assez détournée. Ils ne s’intéressent plus à la politique ni à l’actualité. La plupart d’entre eux fuient les JT, ne lisent pas les journaux. Depuis que son salaire a été diminué de 25 %, Jean-Philippe laisse la télévision fermée afin de ne pas inquiéter ses enfants. Isabelle et lui se protègent du climat anxiogène, comme beaucoup de Français. Gaëlle, metteuse en scène de théâtre, ignorait même le nom du Premier ministre. Ils rejettent tout ce qui, pour eux, s’apparente à l’élite, tournent le dos au débat public. Autant de répercussions de leur impression de délaissement.</p><p>Quel est le sentiment qui domine chez ces familles précarisées ? (Extrait du documentaire disponible à cet URL : <a href="https://youtu.be/IyoO4iSb_Fs" rel="noopener" target="_blank">https://youtu.be/IyoO4iSb_Fs</a>)</p><p>La colère. Cette indignation qui naît lorsqu’on se rend soudain compte que ses aspirations ne peuvent être satisfaites. On évite les amis qui ont réussi. On sort moins, parce qu’on n’en a pas les moyens. On reçoit peu : offrir un repas coûte cher. On rompt avec certaines activités, sportives ou autres, par crainte de ne plus être à la hauteur dans certains cercles. La vie sociale se réduit. On s’enferme. On s’isole.</p><p>« Gilets jaunes » : « Le sentiment de se casser la gueule est insupportable »</p><p>Comment les enfants vivent-ils ces bouleversements ?</p><p>Tout dépend de leur âge et du contexte parental. Les plus jeunes, comme les enfants de Jean-Philippe et d’Isabelle, très couvés, ne réalisent pas la paupérisation. Dans leur cas, la famille élargie compense financièrement les besoins. Les deux pré-ados de Gaëlle composent très bien avec la situation. Ils parviennent à s’offrir des marques en courant les promos et ils en sont très fiers. Pour les plus grands, c’est un peu compliqué. Durant toute leur adolescence, ils ont vu leurs parents trimer comme des dingues pour s’en sortir avec un résultat proche de zéro. « La valeur travail » est très dépréciée auprès de ces jeunes. Pourquoi se tuer au boulot si c’est pour se retrouver au chômage à 45 ans ?</p><p>La précarisation atteint forcément l’intimité des couples... (Extrait du documentaire disponible à cet URL : <a href="https://youtu.be/oL08b9xZNf0" rel="noopener" target="_blank">https://youtu.be/oL08b9xZNf0</a>)</p><p>Rentrer le soir chez soi épuisé déstructure forcément la vie familiale. Catherine, qui travaille douze heures par jour, reconnaît qu’elle n’a pas pu s’occuper de ses filles comme elle l’aurait souhaité. Régis, qui fait de 80 à 90 heures par semaine sans connaître ses horaires à l’avance, tombe de fatigue en permanence. De retour à la maison, il ne pense qu’à dormir. Il n’a même plus l’énergie d’emmener ses enfants se balader. Les couples n’ont plus de vrais moments à deux. Et si ça va mal, ils sont bien obligés de rester ensemble. Impossible d’abandonner l’autre alors qu’il ne gagne que 600 euros par mois. La précarité interdit de choisir sa vie.</p><p>Vous avez filmé vos personnages entre juillet 2013 et mars 2014. Qu’en retenez-vous ?</p><p>On s’en tire mieux quand la famille est présente, quand son enfance a été choyée, quand ses repères restent forts, quand le système ne vous broie pas depuis trop longtemps, via des CDD à répétition. A la longue, certains s’accusent même de ce qui leur arrive et finissent par mettre en doute leurs propres capacités. Le problème qui touche souvent cette population fragile est la perte de confiance en soi.</p><p>Sylvie Véran</p><p>Classe moyenne, des vies sur le fil</p><p>« En France, dix millions de personnes forment la petite classe moyenne, oubliée des statistiques et ignorée des politiques. En équilibre instable sur un fil, compte tenu de leurs faibles revenus (à peine au-dessus du seuil de pauvreté, soit 1 200 euros pour une personne seule et 2 600 euros pour une famille avec deux enfants), ces hommes et femmes se démènent pour ne pas sombrer dans la misère. Frappés de plein fouet par la crise, ils ont vu leur niveau de vie se dégrader ». Avec sa série documentaire humaine et sans pathos, dont les trois volets sont diponible sur Arte, Frédéric Brunnquell a voulu parler de ces déclassés qui tentent de s’en sortir. Afin de mettre des visages sur cette précarité qui prospère en silence, il a suivi le quotidien de quatre familles face à la crise.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/410/fr-les-avantages-inattendus-de-lecriture-cryptee</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 20:58:38 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/410/fr-les-avantages-inattendus-de-lecriture-cryptee</link>
	<title><![CDATA[Fr / Les avantages inattendus de l&#039;écriture cryptée]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Admettons, devons-nous, que la liberté doit avoir son propre espace.</p><p>J'ai passé environ la dernière décennie de ma vie à développer des outils de prise de notes et de gestion de fichiers, dont le plus important est une application de prise de notes cryptée. Et quand je parle aux autres de la façon dont leur vie a changé une fois qu’ils savaient que leurs pensées et leurs paroles étaient privées, la réponse est toujours la même: «Je me sens libre», c’est ce que j’entends. Ils parlent de la différence subtile mais puissante que la vie privée vous apporte. Vous vous habituez au luxe de savoir que ce que vous dites ne sera jamais répété.</p><p>Ceux qui n'ont pas essayé la vie privée en ligne me demandent ce que c'est. Eh bien voilà:</p><p>Imaginez que vous étiez dans une pièce avec 50 personnes. Tout autour de vous, dans toutes les directions, des personnes respirent le même air en circulation que vous. Il y a beaucoup de monde. L'environnement change radicalement vos pensées. Vous êtes distrait. Vous êtes influencé par ce que vous entendez. Vous n'avez pas les mêmes pensées que si vous étiez seul.</p><p>Maintenant, imaginez que tout ce que vous avez dit dans cette pièce a 1% de chance d’être entendu par quelqu'un d’autre. Changements de vie. Soudain, vous vous inquiétez de ce que vous avez dit. Que pourriez-vous dire? Vous êtes une personne totalement différente. Vous devenez une version modérée de vous-même, limitée dans votre créativité et votre dynamisme.</p><p>La vie sur Internet consiste à être dans une pièce avec 50 millions de personnes. Nous ne sommes pas nous-mêmes là. Nous devons être beaucoup plus prudents envers nous-mêmes. Nous nous adaptons où que nous soyons. Et nous nous multiplions. Nous sommes une centaine de personnes différentes, en fonction de l'endroit où nous nous trouvons sur le Web ce jour-là. Je sais que lorsque je parle avec des amis sur Slack ou que je rédige une note sur Evernote ou Google Docs, il y a toujours 1% de chances que ce que je tape soit un jour lu par quelqu'un d'autre. Et avec cette pensée persistante dans le fond de mon esprit à tout moment, je n'écris pas comme j'écrirais dans un journal privé. J'écris comme si un public était présent. Je marque une pause entre chaque phrase pour regarder dans les deux sens.</p><p>J'écris comme pour dire: "si cela se présentait, en quoi cela me ferait-il paraître? Que penseraient les autres de moi?" Et de cette façon, mon écriture perd sa partie la plus importante: moi.</p><p>C'est pourquoi j'ai passé du temps sur le cryptage et la confidentialité. Je ne veux pas l'inquiétude et le souci des autres qui me surveillent. Je ne veux pas avoir à vérifier mes portes tous les soirs. Je veux savoir que je suis en sécurité pour être moi. Et sûr d'avoir mes meilleures pensées. Ecrire sans souci de perfection.</p><p>Je veux juste écrire comme si c'était l'affaire de personne</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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