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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 20:58:04 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La Russie selon les idiots utiles par Gilles CASANOVA]]></title>
	<description><![CDATA[<p>06/08/2018</p><p>"Toujours actuel !</p><p>On peut ajouter à la liste des méfaits de la Russie selon les idiots utiles, l’invention et la promotion des Gilets jaunes…"</p><p>L’Union soviétique avait cette caractéristique d’être un pouvoir organisé non à partir d’une démocratie représentative mais à partir de conseils, en russe « soviets » d’où procédait un système politique appuyé sur un système économique qui avait mis fin à la propriété privée des moyens de production.</p><p>Ce système, donc, pouvait avoir comme visée de s’étendre dans le monde et d’imposer son système social, économique et politique au monde entier.</p><p>On comprend donc pourquoi un expansionnisme soviétique pouvait être dénoncé en Occident avec l’idée que les « soviets » voulaient s’emparer de l’ensemble de la Terre pour y faire régner leur système à la fois économique et politique.</p><p>La guerre froide procédait de cette analyse.</p><p>Mais aujourd’hui si nous observons la Russie : économiquement elle est revenue au capitalisme, la propriété privée des moyens de production y est absolument identique à ce qu’elle est dans tout l’Occident.</p><p>Si dans le passé on imagine bien qu’une crise politique aurait pu engendrer une révolution communiste en Occident qui aurait étendu l’espace des soviets, comme l’espace d’un système économique et politique, aujourd’hui quelle serait l’objectif des Russes, vendre leur gaz plus cher ?</p><p>Ce serait pour cela qu’ils auraient monté et développé l’affaire Alexandre Benalla-Emmanuel Macron ?</p><p>C’est pour acheter le Coca-Cola moins cher qu’ils auraient fait élire Trump ?</p><p>Pour avoir des réductions sur l’intégrale des Beatles remasterisée, qu’ils auraient imposé le Brexit ?</p><p>Je veux bien que ces gens veuillent la guerre, mais quand on veut la guerre à moins d’être un imbécile – comme ces philosophes que le monde nous envie – il faut avoir des buts de guerre.</p><p>Pour vouloir la guerre, quelles sont les buts de guerre de la Russie ?</p><p>Si nous regardons leur système politique, il est basé sur des élections au suffrage universel, avec scrutin secret, comme c’est le cas dans tous l’Occident.</p><p>Si vous me dites que leur système politique est truqué, alors expliquez-moi comment les 36 % de Marine Le Pen font une poignée de députés en France, où le système ne serait pas truqué… un système où lorsqu’on vote non à un référendum, on applique le oui...</p><p>Si nous comparons la Russie d’aujourd’hui à l’Union soviétique, elle a perdu 22 des 23 États qui la composaient, et elle a gagné, dans chacun de ces 22 États, de puissantes bases militaires de l’OTAN qui entourent et ceinturent son territoire.</p><p>Et on prétend que ces gens là organisent en permanence chez nous des crises et des difficultés ?</p><p>Mais qu’est-ce que ça leur rapporte ?</p><p>Ils aiment faire le Mal ?</p><p>Je vois autre chose : je vois les États-Unis d’Amérique qui nous ont expliqué à la fin du siècle dernier dans un document du Département d’État qui avait malencontreusement fuité sur l’Internet que l’Europe étant la principale puissance commerciale, si elle arrivait à faire une alliance de longue durée avec la Russie qui possède d’immenses richesses naturelles, elle pourrait devenir un concurrent aux États-Unis d’Amérique et leur passer devant en terme de puissance économique.</p><p>Et qu’il fallait construire tous les conflits possibles pour empêcher cette alliance.</p><p>Là je vois un motif réel et sérieux pour les États-Unis de construire ici et là des crises, les Balkans, l’Ukraine, et d’autres que l’on a pas encore vues, pour s’opposer à ceux qui avaient eu en tête au moment de la chute du Mur de Berlin de construire une « Maison commune européenne » avec la Russie.</p><p>Mais maintenant à force d’agressions et de sanctions contre la Russie, celle-ci se tourne vers la Chine, système tellement démocratique que nous encensons chaque jour.</p><p>Cette même Chine qui est un danger bien plus grand que l’Europe pour les États-Unis.</p><p>C’est ce qui explique pourquoi le très habile Donald Trump – qui en plus joue au fou pour abuser les Européens qui sont retombés dans le culte de l’apparence comme au XIXe siècle – ce Donald Trump a envie de recoudre les choses avec la Russie, parce qu’il a compris que le danger principal pour les États-Unis d’Amérique c’est la Chine et pas l’Europe, et qu’il vaut encore mieux que la Russie se rapproche de l’Europe que la Chine.</p><p>Pour l’instant ce qu’il essaye de faire c’est de la rapprocher des États-Unis sans la rapprocher de l’Europe, ce qui n’est pas très facile...</p><p>En attendant, allons-nous continuer à braire comme des ânes que la Russie organise tous nos malheurs ?</p><p>Le Brexit, les élections, les scandales ?</p><p>Mais qu’on m’explique son intérêt ?</p><p>À part bien sur cette explication obscurantiste : « c’est l’empire du Mal ! ».</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 20:57:34 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Hiroshima : un prétexte pour étaler ignorance, hypocrisie et fausse compassion par Régis de CASTELNAU]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Rubrique : révisionnisme historique.</p><p>Le 6 août, date anniversaire du bombardement d’Hiroshima a permis de nouveau d’étaler ignorance, hypocrisie et fausse compassion.</p><p>Taper sur les Américains à tout propos en ce moment est facile surtout qu’ils ont Donald Trump comme président. Et il est vrai qu’il y a beaucoup à dire, par exemple alors que la déclassification d’un certain nombre de documents permet de confirmer officiellement qu’il n’y avait aucune raison de lancer la guerre d’agression de Bush contre l’Irak avec les conséquences épouvantables que l’on connaît. Mais là, curieusement personne ne demande la condamnation et la pendaison de ce président criminel et de sa bande. Et chez nous, tous ces néocons qui ont soutenu cette stratégie sont toujours aux manettes.</p><p>En revanche sur le bombardement d’Hiroshima, qu’est-ce qu’on n’entend pas !<br />« Évidemment, cette décision n’a été dictée que par la pure méchanceté. Le Japon ayant déjà capitulé, il ne s’agissait en fait que d’impressionner Staline ». On ne va pas ici rappeler les éléments d’un débat historique qui démontrerait avec un minimum de bonne foi que cette mesure a été l’objet d’une décision prise en fonction d’un bilan coûts avantages, comme le sont TOUTES LES DÉCISIONS PRISES EN TEMPS DE GUERRE. Et qu’elle a permis de mettre fin aux hostilités.</p><p>Juste quelques observations :<br />• allié du nazisme le Japon a imposé au monde une guerre d’extermination qui a globalement fait plus de 60 millions de morts.</p><p>• Comme l’Allemagne, le Japon s’est livré sans déclaration à une guerre destinée à la conquête d’un « espace vital ». L’agression de Pearl Harbour était destinée affaiblir les États-Unis pour avoir les mains libres en Asie.</p><p>• comme l’Allemagne, le Japon s’est livré à des exactions abominables dans tous les pays conquis et en particulier en Chine. Et là aussi avec le soutien indéfectible de son peuple qui savait tout. Extermination de masse, massacre de prisonniers, utilisation d’armes interdites etc. etc, qui n’avaient rien à envier à celles commises en Europe par l’Allemagne. Il faut d’ailleurs noter que le Japon aujourd’hui refuse toujours de reconnaître ses responsabilités entraînant ainsi de fortes tensions avec les pays victimes de ses forfaits.</p><p>Rappelons aussi que le Japon refuse toujours de signer le traité de l'ONU sur l'interdiction de l'arme atomique approuvé le 7 juillet 2017 par 122 pays.</p><p>• Les statisticiens de l’armée américaine avaient calculé, après la prise d’Okinawa, qu’une conquête terrestre du Japon coûterait 600 000 tués à l’armée américaine. (Oui oui, en temps de guerre on fait ce genre de calcul avant de lancer une opération).</p><p>• Après la catastrophe entraînée par les traités de paix signés après la première guerre mondiale, qui n’avaient pas empêché le retour de la guerre, les Américains considéraient à raison qu’il fallait mener une guerre « juste » et « régler définitivement » le problème. Concernant ce dernier point la capitulation sans condition du Japon était indispensable.<br />• Aussi terrible soit-il, les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki l’ont permis. Cette décision a été prise évidemment en fonction de nombreux critères et d’abord de l’intérêt des États-Unis dont on rappelle qu’ils avaient fait l’objet d’une agression japonaise et d’une déclaration de guerre de l’Allemagne.<br />• On rappellera enfin, que les soviétiques travaillaient également sur l’arme atomique, et qu’ils ont pu l’obtenir très rapidement. Et c’est justement cet équilibre, et non pas l’UE comme nous le serinent les imbéciles, qui a assuré par la dissuasion la paix en Europe depuis 70 ans.<br />• Il faut commémorer le bombardement d’Hiroshima, pour perpétuer le souvenir de quelque chose qui doit nous inciter à dire « plus jamais ça ! » Sans beaucoup d’illusions malheureusement.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 20:56:06 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[l&#039;habit fait le moine – Telegraph]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Poisson CHÈVRE</p>
<p>*L'habit fait le moine ou comment faire de la peine aux racialistes*</p><p>Par Antoine DESJARDINS (https://www.facebook.com/ANTOINE.DESJARDINS2) </p><p>Source :  https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10220826844414510&amp;id=1640720791</p><p>La vérité oblige à dire que la police ne contrôle pas au faciès, en France, mais qu'elle contrôle à juste titre, et de façon relativement rationnelle, les gens qui *mettent en circulation volontairement et de façon ostentatoire*, sans que rien ne les y oblige qu'une gloriole stupide et un mimétisme appliqué (presque scolaire), les signes extérieurs de la délinquance.</p><p>Ce mimétisme implacable fait peser sur la jeunesse des banlieues des injonctions auxquelles on aimerait bien qu'elle échappât un peu, pour goûter aux joies de la liberté </p><p>On me dira que le signe n'est pas la chose cela est vrai, mais j'examine, de la part de "racailles" (réelles ou costumées) qui se plaignent d'être harcelées, une aspiration étrange à la souffrance, quand il serait si simple de se soustraire à la méfiance en ne cherchant pas, par tous les moyens, à la susciter.</p><p>Le goût de l'uniforme et de l'uniformité est quelque chose d'universel, certes, mais il est étonnant de voir la "rébellion" emprunter son morne chemin et faire presque un métier d’une sorte de chorégraphie urbaine en costumes, extrêmement codifiée : gestes, attitudes, propos, provocations. Le livret (*)est parfaitement au point mais un peu monotone.</p><p>Si ces "jeunes" n'étaient pas habités de l'ardent désir d'attirer sur eux l'attention des forces publiques, de s'enfermer dans des stéréotypes (je n'entends pas souvent les sociologues dont c'est le métier, les inviter à les "déconstruire" pour échapper au déterminisme) ils ne feraient vraisemblablement l’objet de presque aucun harcèlement. </p><p>Cela ne leur coûterait rien qu'un peu de volonté propre, et l'envie de s'extraire du troupeau des victimes, même si faire sa mue (au fond on appelait cela jadis l'assimilation) demande un tout petit effort.</p><p>**</p><p>Si par contrôle au faciès on entend une présomption de culpabilité qui reposerait sur l'aspect du *visage* et un soupçon raciste portant sur l'origine ethnique, on se trompe, dans la plupart des cas. En France en tout cas. </p><p>Mais je vais faire de la peine aux racialistes en disant cela.</p><p>.....</p><p>(*) Il serait amusant de voir comment ce "livret" dont je parle est "sponsorisé" en quelque façon par des grandes multinationales de fringues aux marques "prestigieuses" et qui tirent les ficelles de l'âme adolescente avec une autorité que beaucoup de professeurs pourraient leur envier hihi. Soumission culturelle au capitalisme, en somme, hihi, à défaut de soumission au méchant magister.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 20:55:13 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/406/enquete-sur-la-secte-neoliberale-%E2%80%93-telegraph</link>
	<title><![CDATA[Enquête sur LA SECTE néolibérale – Telegraph]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Poisson CHÈVRE</p>
<p>Source : https://www.marianne.net/archive/enquete-sur-la-secte-neoliberale</p><p>Date publication : 18/08/1997</p><p>Auteur : <a href="https://www.marianne.net/auteur/jean-francois-kahn" target="_blank">Jean-François KAHN</a></p><p>Ce que nous voulons montrer ici est pour une part une évidence... murmurée, souvent, mais généralement informulée. Parce que la censure médiatique est trop forte. Ce constat tient en cinq assertions:</p><p>Les néolibéraux, à la fois hypermi-noritaires et ultra-influents, constituent une véritable secte.</p><p>Cette secte reproduit en creux, formellement au moins, le discours communiste du temps où la vulgate marxiste brillait de tous ses feux.</p><p>Le néolibéralisme est au libéralisme véritable ce que le stalinisme fut au socialisme, à la fois sa prolongation et sa totale perversion.</p><p>Sous les dehors de l'internationalisme (ou du mondialisme), le néolibéralisme véhicule une formidable haine de toute spécificité nationale non conforme. En clair, il déteste la France</p><p>Cela étant dit, et comme le communisme des années 30, il charrie, au milieu d'un fatras d'erreurs, un certain nombre d'incontestables vérités.</p><p>Précisons:</p><p>Les néo-libéraux constituent une secte.</p><p>D'abord, ils ont leur pro-pre dieu, qu'ils appellent «le marché». Comme toutes les divinités unitaires, celui-ci est invisible, inreprésen-table, immatériel, ineffable, omniprésent, inaccessible, intemporel et incontournable. Son ubiquité le dispute à sa transcendance. Il est à la fois le vrai, le bon, le droit et le juste. Nul ne doit, ou ne peut, se soustraire à sa volonté, car sa «main invisible» n'est que l'autre forme de la divine providence. Ses ordres, révélés à quelques prophètes, ont été gravés dans des tables de la loi et nul ne saurait, sans préjudice grave, s'en émanciper ou s'en soustraire. S'écarter de cette orthodoxie confine à l'hérésie. La seule ligne séculière possible est donc celle qui consiste à se soumettre passivement à la «loi du marché» comme métaphore de la volonté de Dieu. Toute résistance, c'est-à-dire toute tentative de correction ou de régulation, s'apparente à une rébellion que le réel (comme reflet du Ciel) sanctionne immanquablement. Au dieu Marché, les néolibéraux élèvent des temples - les Bourses des valeurs -, servis par des prêtres initiés qui seuls ont droit d'officier dans le saint des saints. Ils lui consacrent un culte, lui adressent (en anglais, leur langage liturgique) des prières et des cantiques, lui dédient un droit canon. Mais surtout, autour de lui, inspirés par lui, affirment-ils, comme poulie protéger, ils élaborent un dogme qui se veut l'armature de leur théologie. Dogme simple, simpliste même, tenant en une dizaine de credo seulement (par exemple: «Je crois que la seule raison ici-bas est celle qui s'incarne dans le libre processus de formation des prix sur un marché libre»), principes évidemment sacrés qu'ils psalmodient à satiété et dans lesquels ils s'enferment à double tour, n'acceptant jamais, sous aucun prétexte, d'en réviser la moindre parcelle.</p><p>Tout est jugé à cette aune, interprété à cette lumière. Aucune réalité ne peut être prise en compte qui ne rentre dans ce carcan. Sur 40 faits que leur offre l'actualité, 38 infirmeraient-ils un tant soit peu leurs certitudes que les néolibéraux ne prendraient en compte que les deux faits qui restent et qui les confortent</p><p>En fonction de quoi ils restent entre eux, devisent entre eux, dialoguent entre eux, confinés dans les lieux qu'ils contrôlent, scotchés à leur caste et ancrés à leur classe, coupés de tout ce qui, dans le monde extérieur, ne reproduit pas à l'identique leurs intimes convictions. Infirmes du réel, ils ne lisent rien, n'écoutent rien qui ne rentre totalement dans le cadre de leur rationalité. Forcément, puisque toute pensée différente est fausse par définition, une vérité unique induisant un discours unique dont ils sont les détenteurs.</p><p>Toutes ces particularités suffiraient, à l'évidence, à en faire une secte.</p><p>Ils ne représentent rien mais ils sont partout</p><p>Mais il y a plus significatif encore: c'est que les néolibéraux sont ultraminoritaires (s'ils se présentaient aux élections sous leurs vraies couleurs, ils recueilleraient moins de 5% des suffrages, comme Ariette Laguiller) tout en exerçant une influence majeure grâce à leur omniprésence dans les lieux de pouvoir et de propagande. Et, en particulier, grâce à leur conquête des grands médias. Certes, il y a partout des journalistes qui récusent la nouvelle «vulgate» (Laurent Mauduit au Monde, Laurent Joffrin à Libération, Eric Zemmour au Figaro, Stéphane Paoli à France Inter. entres autres). Mais pratiquement tous les services économiques des radios, des télévisions, de la presse écrite sont, au mieux sous l'influence, au pire sous le contrôle des néolibéraux. Tous les autres courants, y compris le courant authentiquement libéral, sont, soit purement et simplement exclus, soit implacablement marginalisés.</p><p>Quant aux centres de décision (c'est-à-dire là où siègent les «décideurs: »comme on dit), du CNPF au Conseil monétaire de la Banque de France, de l'université Dauphine à Radio Classique - y compris ceux où la gauche a ses grandes entrées -, les néolibéraux les ont systématiquement investis. D'un côté, ils se sont emparés de l'ex-Parti républicain devenu Démocratie libérale; de l'autre, ils commencent à infiltrer le courant du PS dit de la gauche «moderne». En termes démocratiques, ils ne représentent rien, mais ils sont - et en position de force - partout où se forge le destin de la France.</p><p>Cette secte reproduit le discours communiste d'antan: ce qui précède le montre déjà éloquemment. A quoi on ajoutera le simplisme théorique (enlever partout l'Etat devient aussi miraculeux que le mettre partout); le dualisme manichéen absolu (pas de troisième voie possible); la conception purement guerrière du dialogue (le débat n'est qu'un combat); la langue de bois (toujours les mêmes mots et expressions qui s'enroulent autour des mêmes arguments de plomb); le rejet des déviationnismes et des révisionnismes; la diabolisation de la contradiction (tout ce qui n'est pas strictement néolibéral est rejeté dans l'enfer du socialisme étatiste et collectiviste); l'internationalisme comme alibi d'un ralliement à un leadership hégémonique; la conviction très stalinienne qu'une vérité unique induit une pensée unique; la fascination qu'exercent les concepts de «conquête» et de «taille critique» en justification de l'impérialisme économique et de l'ultraconcentration financière; la pratique, enfin, d'une lutte des classes à l'envers.</p><p>Pour eux, l'exception française est une horreur absolue</p><p>Mais, surtout, comme hier les sectateurs de l'Union soviétique, les néolibéraux ont un modèle absolu - les Etats-Unis d'Amérique - dont il convient, selon eux, non seulement d'adopter la philosophie, mais encore d'imiter scrupuleusement les méthodes et les procédés. L'Union soviétique, aux yeux des communistes, affichait sa supériorité à travers ses mirifiques taux de croissance, ses prix qui n'augmentaient jamais, ses plans quinquennaux prométhéens. Jamais, évidemment, ils ne se posaient la question du coût social et humain, ni ne s'interrogeaient sur l'indice subjectif de bonheur ni sur l'indice objectif de liberté. Les néolibéraux ne raisonnent pas autrement. Pour eux, les Etats-Unis, outre un credo et un symbole, ce sont d'abord de merveilleuses statistiques. Ils ne veulent pas savoir ce qu'il y a derrière. Quand on le leur dit, ils n'écoutent pas. Aucun d'entre eux en réalité (et on aurait pu en dire de même des communistes) n'accepterait la régression absolue que représenterait, dans de nombreux domaines, un total alignement sur le modèle américain. Mais ils font comme si.</p><p>Que le néolibéralisme soit à la fois la prolongation et la négation du libéralisme authentique, c'est ce que nous examinons dans l'encadré page 26.</p><p>Les néolibéraux détestent la France. C'est évidemment la conséquence de tout ce qui a été constaté plus haut. Pour eux, tout ce qui, en tant que spécificité nationale, ne s'intègre pas au modèle anglo-saxon est à éradiquer. Pour eux, l'exception française est une horreur absolue. Le New York Times publia à propos du pays de Descartes, qui n'est pour eux que celui de Dupont-la-Joie, une étude injurieuse et caricaturale. Loin de s'indigner, ils applaudirent ostensiblement. Rien de ce qui déprécie notre pays, qualifié d'étriqué, de ringard, de prétentieux, de conservateur, de replié sur ses illusions, ses tabous et ses acquis, n'est jamais à leurs yeux trop outrancier. Les insupporte surtout l'idée qu'il pourrait, lui aussi, être porteur d'un modèle. Ce qui se traduit en privé par cette phrase passe-partout qu'ils répètent à tout bout de champ: «La France est un pays de merde. »Que les Américains et les Anglais aient construit leur modèle à partir de leurs spécificités ne leur est apparemment pas venu à l'esprit.</p><p>Reste qu'il en est du néolibéralisme comme du communisme. De même que le communisme continuait de véhiculer, au milieu d'un fatras d'absurdités, certaines des idées fortes que lui avaient léguées ses origines sociales - démocrates -, de même le néolibéralisme porte en lui - en ce qui concerne, par exemple, l'esprit d'entreprise, l'autonomie personnelle, le libre-échange, la critique des gestions bureaucratiques, ou la nécessité d'une certaine rigueur financière - quelques vérités essentielles de la pensée libérale originelle. C'est pourquoi il ne faut en aucun cas se comporter à son égard comme lui-même se comporte envers ses contradicteurs. Le critiquer, le démystifier, le contrer, oui, mais l'écouter, l'entendre, le décrypter. Nous acceptons, nous, ce débat.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/405/impressionnante-bravo-elisabeth-christian-barbaray</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 20:52:58 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/405/impressionnante-bravo-elisabeth-christian-barbaray</link>
	<title><![CDATA[Impressionnante : BRAVO ! Elisabeth... - Christian Barbaray]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Impressionnante : BRAVO !</p><p>Elisabeth Moreno, née à Tarrafal, au nord de l'île de Santiago (Cap-Vert), est l'aînée d'une fratrie de six enfants. Son père travaille sur les chantiers et sa mère fait des ménages, ses deux parents ne savent ni lire ni écrire. Sa famille émigre en France en 1977, et s'installe dans une cité d'Athis-Mons, dans l'Essonne, pour trouver une structure hospitalière pouvant accueillir une de ses sœurs, gravement brûlée dans un accident domestique.</p><p>En tant qu'aînée, elle est bien souvent la deuxième maman : « Très tôt, j'ai ressenti le besoin d'être un soutien pour ma famille. J'ai construit ma vie en ce sens, en essayant de trouver les solutions qui pourraient l'aider. D'autant plus que mes parents ne savaient pas lire ni écrire. Vous savez, j'ai finalement un parcours d'émigrée classique. Mais cela n'a jamais été un poids. »</p><p>À l'école, une orientation vers un CAP lui est proposée, ce qu'elle refuse en souhaitant poursuivre vers un bac littéraire, puis de faire des études supérieures de droit, afin de devenir avocate. Après une maîtrise, finalement en droit des affaires à l’université Paris XII, elle débute dans un cabinet juridique.</p><p>En 1991, elle fonde une entreprise du bâtiment avec son mari, une société qui compte jusqu'à 30 collaborateurs</p><p>En 1998, après avoir divorcé, elle prend un poste chez France Telecom pour piloter les ventes PME et PMI de la région Paris Sud. En 2002, elle passe chez Dell comme directrice des grands comptes et y reste dix ans, passe par la la division marocaine du groupe, puis est promue directrice commerciale EMEA (Europe Moyen Orient Afrique) de Dell pour les grands comptes stratégiques, lors de son retour en France. Elle bénéficie de la possibilité, également, durant son parcours dans cette entreprise, de reprendre temporairement des études à 35 ans en 2006, pour obtenir un Executive MBA à l'ESSEC et à l'université de Mannheim en Allemagne. Elle devient également juge consulaire bénévole au tribunal de commerce de Bobigny en janvier 2015, après une formation à l'École nationale de la magistrature</p><p>Elle a également des engagements associatifs, ayant notamment participé à la fondation, avec d'autres Cap-verdiens, du Cabo Verde business club en 2005, et de la Casa Cabo Verde de 2008 à 2011, avec des actions tournées vers la diaspora cap-verdienne en France.</p><p>En 2012, elle est recrutée par Lenovo comme directrice commerciale Europe. Cinq ans plus tard, en 2017, elle devient présidente directrice générale France du groupe Lenovo. Ses parents rentrent au Cap vert, pour y tenir un hôtel, mais continuent à suivre, avec une certaine fierté, son parcours.</p><p>En janvier 2019, elle est nommée présidente de HP Afrique, et s'installe, avec son second mari et une de ses deux filles en Afrique du Sud</p><p>Le 6 juillet 2020, elle est nommée, dans le gouvernement Castex, ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l'égalité des chances, en remplacement de Marlène Schiappa.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/404/les-traore-ces-grands-charly-karl-ekoule-maneng</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 20:51:51 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/404/les-traore-ces-grands-charly-karl-ekoule-maneng</link>
	<title><![CDATA[Les Traoré, ces grands... - Charly Karl Ékoulé Maneng]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Les Traoré, ces grands esclavagistes oubliés<br />Texte de Yaya sy</p><p>Voici donc ce qu'on peut qualifier de "résumé" par Isabelle Deakin-Brown : « La famille Traoré, victime auto-proclamée de racisme, hurle sur tous les toits que l'homme blanc est un esclavagiste par nature. Ces ancêtres, affirme-t-elle ont été réduits en esclavage par l'oppresseur blanc. Il n'y a rien de plus injuste et de plus abominable que l'esclavagiste blanc.<br />Mais l'Histoire montre une origine bien différente de la famille Traoré :<br />Le nom de Traoré est une déformation du nom de Tarawélé, un des quarante-quatre clans de l’ethnie Soninké, ethnie qui s’étend essentiellement en Afrique de l’Ouest sahélienne. Dans l’empire du Ghana, les soninkés se disaient “enfants de la chasse” et le groupe qui nous intéresse prit le nom patronymique de Tarawélé ou Traoré après l’occupation du royaume par Diabé Cissé.<br />Après leur conversion à l’islam au XIème siècle, les Soninkés se sont dispersés en Afrique de l’Ouest pour fonder, entre autres, le royaume de Galam, spécialisé dans le commerce de l’or, de la gomme arabique et … des esclaves … capturés dans d’autres tribus et vendus sans aucun état d’âme, non pas aux méchants blancs mais aux Maures dont ce commerce était la spécialité. Le commerce avec les Européens viendra plus tard et ne sera que la continuité des traites négrières arabo-musulmanes.<br />La société soninké évoluera très vite et ce, dès l’époque précoloniale, vers un modèle esclavagiste extrêmement brutal. A la fin du XIXème siècle, alors que les blancs ont aboli l’esclavage depuis un demi-siècle, la société soninké compte près de la moitié d’esclaves qu’il faut réprimer par la violence et parquer dans des quartiers réservés. Ces malheureux captifs ne connaîtront l’affranchissement qu’à partir du début du XXème siècle sous l’influence des vilains occidentaux colonisateurs.<br />Il est à noter que les traditions ont la vie dure chez les Soninkés puisque des cas d’esclavagisme perdurent encore de nos jours dans leur société en particulier en Mauritanie, les Maures et les Soninkés étant depuis toujours les spécialistes de ce type de commerce.<br />Le clan Traoré peut certes fièrement porter ses origines soninkés mais il serait de bon ton que toute la famille mette un genou en terre et demande pardon au nom de ses ancêtres aux autres populations africaines maltraitées par eux. Traoré, à esclavagistes, esclavagistes et demi ?»</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 20:50:38 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/403/pier-paolo-pasolini-dialogue-avec-alberto-moravia-%E2%80%93-telegraph</link>
	<title><![CDATA[Pier Paolo Pasolini dialogue avec Alberto Moravia – Telegraph]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Poisson CHÈVRE</p>
<p>« Je me demande, cher Alberto, si cet antifascisme furieux qui s’épanche dans les places aujourd’hui ne serait pas au fond une arme de distraction que la classe dominante use envers les étudiants et les travailleurs pour provoquer la discorde. Inciter les masses à combattre un ennemi inexistant pendant que le consumérisme moderne rampe, s’insinue et ruine une société déjà moribonde. »</p><p>-Pier Paolo Pasolini, conversation avec Alberto Moravia-</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 18:33:15 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Jacques Julliard : « La suppression de l’ENA est de la poudre aux yeux ! »]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Il y a vingt ans, Jacques Julliard démissionnait avec fracas du conseil d'administration de l'ENA. Dans une lettre au président du conseil d'administration, Renaud Denoix de Saint-Marc, publiée par son ancien journal Le Nouvel Observateur, l'historien justifiait son départ par « le malaise qui depuis des années plane autour des fonctions de l'ENA et de sa place au sein des élites du pays ». Il plaidait pour une réforme ambitieuse de l'école – sans demander sa suppression — et voyait dans le classement de sortie la fabrication d'une « aristocratie d'État » éloignée des préoccupations du pays. <a href="https://www.lepoint.fr/tags/emmanuel-macron" class="Link Link--entity">Emmanuel Macron</a> vient d'annoncer le remplacement de l'ENA par un Institut du service public, qu'il veut plus ouvert sur la société, tout en conservant le très critiqué classement de sortie…</p>
<p>Le Point : <a href="https://www.lepoint.fr/tags/pierre-bourdieu" class="Link Link--entity">Pierre Bourdieu</a>, qui fut l'auteur de La Noblesse d'État (1989) et le pourfendeur de l'ENA, semble avoir été entendu. <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/politique/suppression-de-l-ena-ce-qui-va-vraiment-changer-08-04-2021-2421355_20.php#xtmc=macron-ena&amp;xtnp=1&amp;xtcr=7" title="">Emmanuel Macron va donc supprimer l'école d'administration</a> et la remplacer par un « Institut du service public » (ISP). Qu'en pense celui qui a démissionné avec fracas du conseil d'administration de l'ENA en 2000 ?</p><p>Jacques Julliard* : D'abord, s'agissant de la noblesse d'État théorisée par Bourdieu, je tiens à dire qu'aucun pays ne se passe d'une élite dirigeante. L'idée d'égalitarisme et de nivellement est absurde, car il vaut mieux contrôler les élites plutôt que de les laisser se développer seules.Pour ce qui est de la décision du président, en dehors de la tentation de faire un coup ou de prendre le contre-pied de ce qu'on le soupçonne d'être, c'est-à-dire l'homme de « l'énarchie », je ne la comprends pas. D'autant plus qu'on nous annonce que l'on va conserver le concours de sortie. Or, si j'ai démissionné du conseil d'administration de l'ENA, c'est bien pour cette raison. À l'époque, j'avais saisi le conseil d'administration car je voulais qu'on remette en cause ce classement de sortie qui fait que des « fils d'archevêques », parce qu'ils ont été premiers au concours de sortie, vont toute leur vie dominer la société. Une société à laquelle ils sont souvent peu associés…</p><p>L'idée du président est de mettre plus de diversité sociale dans la formation des élites…</p><p>Le principe de l'ENA, fondée par <a href="https://www.lepoint.fr/tags/michel-debre" class="Link Link--entity">Michel Debré</a> et de Gaulle, était de résister aux formes de copinage qu'il y a dans la désignation de la haute fonction publique. Le principe était excellent et a produit toute une série d'hommes de qualité, des énarques qui ont été pour beaucoup dans la planification à la française et ont constitué, à la fin de la IVe République et surtout sous de Gaulle, le moteur du renouvellement et de l'enrichissement de la <a href="https://www.lepoint.fr/tags/france" class="Link Link--entity">France</a>. Alors, réformer l'ENA tout en conservant ce concours de sortie est un contresens. De la poudre aux yeux ! On sera bien avancé s'il y a des fils d'ouvriers, de paysans et des classes moyennes dans la future ENA et qu'on laisse se développer, avec ce classement, la coupure entre les élites et le peuple.</p><p>Comment « reconnecter » ces futurs hauts fonctionnaires ?</p><p>Il est normal que même les meilleurs d'entre eux passent par l'expérience d'une préfecture ou d'une administration régionale. Il faut les obliger à se mêler à la population dès le début de leur formation. Tous les élèves disent d'ailleurs que le plus efficace, ce n'est pas l'école mais les stages. On avance l'idée qu'il faut démocratiser le recrutement, j'y suis favorable, mais il ne faut pas confondre la démocratisation du corps des fonctionnaires avec la démocratisation de leur action.</p><p>Cette coupure entre eux et la société ne précède-t-elle pas leur passage à l'ENA ? Entre 60 et 70 % des élèves de l'ENA sont passés par Sciences Po…</p><p>La démocratisation, il faut en effet la prendre de plus haut, idéalement dès l'enseignement secondaire. Mais malheureusement, ce qui a été fait depuis vingt ans dans l'Éducation nationale est une catastrophe. Sous prétexte de faciliter l'accès aux classes populaires, Sciences Po a supprimé la culture générale dans son concours d'entrée. Si on nous démontre, par exemple, que les classes populaires ont des difficultés en mathématiques, va-t-on les supprimer ? La République est un système égalitaire qui vise à l'excellence. Si on ne tient pas ces deux bouts, on tombe dans le « velléitarisme » que je déplore chez Macron et qui me donne le tournis…</p><p>Pour quelle raison ?</p><p>Quand il fait quelque chose, il compense par autre chose. C'est la définition du « en même temps »…</p><p>Cette question de la déconnexion des élites est revenue de façon criante avec la crise des Gilets jaunes. Or cette déconnexion, et peut-être le payent-ils, se vérifie chez beaucoup de députés En marche ! qui n'ont pas fait l'ENA…</p><p>L'interdiction du cumul des mandats pour les politiques fait qu'un député n'a plus l'expérience du terrain. Les maires, eux, restent très populaires, quelle que soit leur couleur politique. Ils ont un lien avec la population. Avec le non-cumul, on a créé une classe politique nationale avec des élus au Parlement très déconnectés des réalités du pays. J'en veux pour preuve l'organisation d'un débat à l'Assemblée nationale sur l'euthanasie dans le contexte sanitaire actuel. Il n'y a qu'en France qu'on voit ça !</p><p>*Auteur de « Carnets inédits, 1987-2020 », Bouquins, 1 152 p., 32 €.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/397/espoir-de-reconciliation-familiale-avec-le-retour-du-prince-harry-a-londres</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 17:10:13 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/397/espoir-de-reconciliation-familiale-avec-le-retour-du-prince-harry-a-londres</link>
	<title><![CDATA[Espoir de réconciliation familiale avec le retour du prince Harry à Londres]]></title>
	<description><![CDATA[<p>e d&eacute;c&egrave;s, deux mois avant ses 100 ans, de l&#39;&eacute;poux de la reine Elizabeth II marque un changement d&#39;&eacute;poque pour des g&eacute;n&eacute;rations de Britanniques familiers de la pr&eacute;sence d&eacute;vou&eacute;e, aux c&ocirc;t&eacute;s de la monarque, du patriarche de la famille royale, r&eacute;put&eacute; pour son fort caract&egrave;re, sa franchise et son humour, parfois de mauvais go&ucirc;t.</p><div id="ad-iav-1">Un an apr&egrave;s le d&eacute;part fracassant du prince Harry et de son &eacute;pouse Meghan Markle et un mois apr&egrave;s leur interview d&eacute;vastatrice &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision am&eacute;ricaine, il donne aussi &agrave; la famille l&#39;occasion de tenter de recoller les morceaux, rel&egrave;ve dimanche la presse britannique.</div><p>Lire aussi:&nbsp;<a href="https://mdb.ringier.ch/dcx_rng/La%20presse%20britannique%20rend%20hommage%20%C3%A0%20l'%C2%ABindomptable%C2%BB%20prince%20Philip" rel="noopener noreferrer" target="_blank">La presse britannique rend hommage &agrave; l&#39;&laquo;indomptable&raquo; prince Philip</a></p><p>En pleine p&eacute;riode de pand&eacute;mie, les obs&egrave;ques organis&eacute;es samedi prochain au ch&acirc;teau de Windsor, &agrave; l&#39;ouest de Londres, resteront dans le cercle familial. Seules 30 personnes seront pr&eacute;sentes, parmi lesquelles devraient figurer les quatre enfants du prince Philip et d&#39;Elizabeth II (Charles, Anne, Andrew et Edward) et leurs conjoints et enfants.</p><h3>De retour... sans Meghan</h3><p>Harry viendra de Californie. En revanche son &eacute;pouse Meghan, 39 ans, qui attend son deuxi&egrave;me enfant pour cet &eacute;t&eacute;, restera aux Etats-Unis. Son m&eacute;decin lui a conseill&eacute; de ne pas se rendre au Royaume-Uni, a pr&eacute;cis&eacute; le palais de Buckingham.</p><div id="ad-iav-2">&nbsp;</div><p>C&#39;est le grand retour du fils cadet de Charles et Diana apr&egrave;s l&#39;interview choc qu&#39;il a donn&eacute; avec son &eacute;pouse &agrave; Oprah Winfrey le 7 mars. Sortant de la r&eacute;serve habituelle des membres de la famille royale britannique, il a accus&eacute; &laquo;la Firme&raquo;, surnom de la monarchie, d&#39;avoir manqu&eacute; de soutenir sa femme, bien que celle-ci ait &eacute;voqu&eacute; ses pens&eacute;es suicidaires.</p><p>Harry et son &eacute;pouse, qui est m&eacute;tisse, ont &eacute;voqu&eacute; le racisme d&#39;un membre de la famille royale qui se serait interrog&eacute; sur la couleur de peau de leur enfant &agrave; na&icirc;tre, pr&eacute;cisant hors cam&eacute;ra qu&#39;il ne s&#39;agissait ni de la reine ni de son &eacute;poux.</p><p>Harry, 36 ans, s&#39;&eacute;tait aussi dit &laquo;vraiment d&eacute;&ccedil;u&raquo; par le manque de soutien de son p&egrave;re, le prince Charles et avait r&eacute;v&eacute;l&eacute; s&#39;&ecirc;tre &eacute;loign&eacute; de son fr&egrave;re William. Depuis sa mise en retrait de la famille royale il y a plus d&#39;un an, le prince Harry n&#39;a pas remis les pieds au Royaume-Uni.</p><h3>Histoire commune</h3><p>L&#39;ancien Premier ministre John Major a esp&eacute;r&eacute; sur la BBC que les &laquo;frictions&raquo; s&#39;apaisent &laquo;le plus rapidement possible&raquo;, estimant que la &laquo;douleur partag&eacute;e (...) repr&eacute;sente une opportunit&eacute; id&eacute;ale&raquo;.</p><p>Lire aussi:&nbsp;<a href="https://www.letemps.ch/monde/deces-philip-epoux-delisabeth-ii-une-vie-prince-consort-malgre-lui" target="_blank">D&eacute;c&egrave;s de Philip, &eacute;poux d&rsquo;Elisabeth II: une vie de prince consort malgr&eacute; lui</a></p><p>Lors d&#39;une messe comm&eacute;morative &agrave; la cath&eacute;drale de Canterbury dimanche, l&#39;archev&ecirc;que Justin Welby a appel&eacute; &agrave; prier pour la famille royale endeuill&eacute;e. Le prince Philip &laquo;manque &eacute;norm&eacute;ment &agrave; ma famille et &agrave; moi&raquo;, a confi&eacute; son fils a&icirc;n&eacute;, Charles, samedi, rendant hommage &agrave; son &laquo;cher papa&raquo;.</p><p>Samedi prochain, Harry et William suivront &agrave; pied le cercueil de leur grand-p&egrave;re jusqu&#39;&agrave; la chapelle St George du ch&acirc;teau de Windsor o&ugrave; aura lieu la c&eacute;r&eacute;monie, rappelant les images des deux fr&egrave;res ensemble derri&egrave;re celui de leur m&egrave;re Diana apr&egrave;s sa mort en 1997 &agrave; Paris.</p><p>&laquo;Tous deux ont tout &agrave; fait conscience de leur histoire commune et ils se souviendront sans aucun doute de l&#39;impact qu&#39;a eu leur grand-p&egrave;re sur leurs vies. Il y a de l&#39;espoir dans une occasion comme celle-ci, lorsque des fr&egrave;res sont unis dans la douleur, qu&#39;ils prennent un nouveau tournant&raquo;, a d&eacute;clar&eacute; une source au sein de la monarchie au tablo&iuml;d&nbsp;The Mirror.</p><h3>Sur les &eacute;paules d&#39;Harry</h3><p>Harry, duc de Sussex, profitera certainement de son s&eacute;jour au Royaume-Uni pour passer du temps aux c&ocirc;t&eacute;s de sa grand-m&egrave;re, Elizabeth II, qui f&ecirc;tera ses 95 ans le 21 avril. Ces derniers mois, il est rest&eacute; en contact avec elle via Zoom, ce qui a permis &agrave; la reine de continuer &agrave; voir son arri&egrave;re-petit-fils Archie, qui f&ecirc;tera ses deux ans le mois prochain.</p><p>Avec son entretien &agrave; CBS, &laquo;l&#39;intention de Harry n&#39;a jamais &eacute;t&eacute; de blesser ses grands-parents, seulement d&#39;expliquer pourquoi il a a choisi de prendre du recul&raquo;, le d&eacute;fend la chroniqueuse Bryony Gordon dans les colonnes du quotidien&nbsp;The Telegraph.</p><p>Harry retrouvera son p&egrave;re avec qui la relation s&#39;est d&eacute;grad&eacute;e. Dans son interview, il avait r&eacute;v&eacute;l&eacute; que le prince Charles avait cess&eacute; un temps de lui r&eacute;pondre au t&eacute;l&eacute;phone.</p><p>Pour que les tensions s&#39;apaisent, &laquo;cela d&eacute;pendra d&#39;Harry&raquo;, estime Tom Bower, auteur d&#39;une biographie du prince Charles, dans&nbsp;The Sun&nbsp;dimanche. &laquo;S&#39;il arrive avec une attitude guerri&egrave;re s&ucirc;r de son bon droit et exempt de tout reproche, il risque de sceller un divorce permanent avec sa famille&raquo;.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/360/pour-ou-contre-l%E2%80%99ecriture-inclusive-deux-linguistes-debattent</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 07:13:07 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/360/pour-ou-contre-l%E2%80%99ecriture-inclusive-deux-linguistes-debattent</link>
	<title><![CDATA[Pour ou contre l’écriture inclusive? Deux linguistes débattent]]></title>
	<description><![CDATA[<p>INTERVIEW - Julie Neveux, maîtresse de conférences en linguistique, et Franck Neveu, professeur de linguistique française, s’opposent sur l’utilité de cette graphie controversée.</p><p class="fig-paragraph">Depuis son apparition, l’écriture inclusive cristallise les passions. Qu’elle s’invite à l’université, dans des médias ou au sein des sphères de l’Etat, à chaque fois son utilisation crée le débat. Franck Neveu, professeur de linguistique française à la Sorbonne, et Julie Neveux, maîtresse de conférences en linguistique à la Sorbonne et <a href="https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/je-parle-comme-je-suis-portrait-de-la-france-a-travers-ses-nouveaux-mots-20201004" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">auteure de Je parle comme je suis (Grasset)</a>, ne sont pas d’accord sur son emploi et sa signification. Pour le premier, cette graphie sous-tend «une idéologie», quand pour la seconde, elle est «une nouvelle ressource linguistique disponible».</p><p class="fig-paragraph"><a href="https://www.lefigaro.fr/actualite-france/ecriture-inclusive-les-incoherences-d-un-systeme-complexe-20210223" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">» LIRE AUSSI - Écriture inclusive: les incohérences d’un système complexe</a></p><p class="fig-paragraph">LE FIGARO. - Que vous inspire l’écriture inclusive?</p><p class="fig-paragraph">Julie NEVEUX. - Je suis stupéfaite de la violence des débats autour de l’écriture inclusive, qui me rappellent à quel point la langue est politique, à quel point elle est un enjeu de pouvoir et à ce titre soumise à des jeux de négociation permanents. Pourquoi tant de haine de part et d’autre? De la part des puristes de la langue, qui pensent que leur objet chéri est menacé par ces barbares militantes, mais aussi de la part de certain(e)s défenseuses et défenseurs de ce type d’écriture, qui croient à tort qu’on peut imposer à tous une façon d’écrire ou de parler…</p><p class="fig-paragraph">La langue en réalité, s’accommode mal des positions dogmatiques, elle vit sa vie plus tranquillement assez loin des débats; elle accompagne et reflète les changements profonds de nos sociétés, mais en douceur. Ainsi un volet majeur de l’écriture inclusive, le volet lexical, qui consiste à re-féminiser les noms de métier, comme «autrice» (que trois siècles de domination patriarcale avaient tout simplement évacués alors qu’ils existaient depuis le latin!) s’installe peu à peu dans la pratique des francophones.</p><p class="fig-paragraph">On peut voir en l’écriture inclusive non pas une menace terrible, mais une nouvelle ressource linguistique disponible. Dont on peut, selon ses convictions, aussi selon les habitudes nouvelles qui seront prises, se servir. Mais encore faut-il être mieux éclairé sur les termes du débat. Il ne s’agit pas seulement, loin s’en faut, de points médians. L’écriture inclusive comprend en fait trois aspects: l’aspect lexical (féminisation des noms de métiers), lancé au Québec dans les années 1970, arrivé en France près de quarante ans plus tard; l’aspect syntaxique, avec l’accord de proximité (dire «les auteurs et les actrices sont créatives» en accordant «créatives» au nom le plus proche, ici le féminin, ce qui était une possibilité jusqu’au 17e siècle); et enfin l’épineux point médian, aspect purement graphique de l’écriture inclusive et proposition qui crée le plus de polémique.</p><p class="fig-paragraph">Franck NEVEU. - On sait à présent que ce que l’on appelle «inclusivisme» dans le domaine de la langue ne saurait en aucune manière se limiter à des questions d’ajustement graphique ou d’usage du lexique. Il ne s’agit pas d’équilibrer les usages du masculin et du féminin dans le discours, comme on le fait avec la nécessaire et légitime féminisation des noms de métiers.</p><p class="fig-paragraph">L’inclusivisme, comme idéologie, ne saurait être isolé d’un vaste mouvement entropique qui fait émerger un déconstructionnisme où prévaut la dialectique dominant/dominé. Celle-ci s’évertue à dénoncer en permanence la prétendue mainmise du patriarcat sur les emplois de la langue française, et à revendiquer la visibilité, dans les échanges privés comme institutionnels, des usages communautaires de la langue. Avec les traces laissées dans les emplois de la langue par l’inclusivisme on a quitté la fonction linguistique. Il s’agit souvent de tags qui servent de surligneurs idéologiques.</p><p class="fig-paragraph">Nombre d’études ont fait apparaître les incohérences de l’écriture inclusive, l’irrégularité de son application, le développement des aberrations linguistiques qu’elle impose (on a pu voir récemment préconisé au Québec l’usage de «membresse» pour membre au féminin ; ou plus proche de nous une affiche diffusée dans la ville de Montreuil portant les mentions «marché paysan.ne», «produits fermier.e.s»).</p><p class="fig-paragraph">Il est un point à souligner. L’extension de fait de l’écriture «inclusive» est en train de se transformer en application de droit. Contrairement à ce que l’on croit l’écriture «inclusive» n’a pas vocation à rester une option pour ceux qui la défendent, elle vise à s’imposer et à étendre son contrôle à tous les niveaux de l’usage linguistique. Ce qu’elle ferait d’autant plus facilement par l’immixtion mentale de l’autocensure: pour qui est-ce que je vais passer si je ne fais pas l’effort de l’inclusivisme linguistique.</p><p class="fig-quote__text">« La réalité à laquelle s’attache l’écriture dite « inclusive » n’a rien à voir avec la langue. Elle s’attache à une réalité sociale et politique »</p>
<p>Franck Neveu</p>
<p class="fig-paragraph">Ajouter des points médians permet-il vraiment de donner plus d’égalité, de visibilité des femmes?</p><p class="fig-paragraph">Julie NEVEUX. - Les points médians ne sont qu’une des solutions proposées pour redonner plus de visibilité aux femmes. Pour celles et ceux qui défendent cette écriture, la réponse est oui. Ecrire les auteurs.trices serait faire acte de justice dans la langue, en nommant celles à qui les autorités linguistiques ont fait barrage à partir de la moitié du XVIIe siècle, leur interdisant d’accéder aux métiers de prestige (dont celui de l’écrivain, dont le statut se professionnalise à l’époque, devenant un enjeu économique et social majeur).</p><p class="fig-paragraph">Je pense à un propos récemment tenu par Madame le Président de l’Académie Française, Hélène Carrère d’Encausse, propos rapporté par <a href="https://www.franceculture.fr/sciences-du-langage/a-lacademie-francaise-refuse-toujours-la-feminisation-des-mots-sauf-pour-la-covid" target="_blank" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE">Frédéric Martel</a>: «Si Madame Hidalgo veut se faire appeler Madame la Maire, c’est son droit. Je respecte son choix. Mais “la maire”, ce n’est vraiment pas beau». Mais, pour que la maire de Paris puisse s’autoriser à se désigner comme «la maire», il faut que cette ressource soit disponible! Et tous les arguments esthétiques («autrice» et «la» maire seraient laids) ne reposent que sur une très longue habitude. Est jugé laid ce qui phonétiquement n’est pas habituel. Linguistiquement, nous sommes tous, spontanément, réactionnaires! Alors, si certaines décisions linguistiques peuvent aider la langue à être plus en accord avec la société qui la parle, tant mieux. La langue reflète la société, mais avec parfois un temps de retard.</p><p class="fig-paragraph">À VOIR AUSSI - Écriture inclusive: faut-il l’interdire dans l’administration?</p><p class="fig-paragraph">Franck NEVEU. - Ni les points médians ni aucune autre marque d’«inclusivisme» appliquée à l’usage de la langue ne peut avoir d’effet sur la place des femmes dans la société, ni sur les représentations que l’on peut en avoir. La langue, même «policée», ne saurait prémunir contre les idéologies discriminatoires ou les injustices sociales. Il est curieux d’avoir à rappeler au XXIe siècle que le mot arbre et l’arbre ce n’est pas la même chose. La réalité à laquelle s’attache l’écriture dite «inclusive» n’a rien à voir avec la langue. Elle s’attache à une réalité sociale et politique. Comme le rappelle Jean-Claude Milner dans un entretien à paraître dans la revue Cités (PUF, n° 86, p. 129): «À ceux qui croient qu’en généralisant l’écriture inclusive on aura changé la réalité je pourrais répondre qu’ils retrouvent très exactement ce que Marx dénonçait comme idéologie: image inversée de la réalité. On invente une convention orthographique, pour ne pas regarder la réalité en face. […] Croire qu’en manipulant les signes inscrits sur un support, on change le monde, c’est pire que de l’idéologie, c’est de la pensée magique. Le temps des runes est revenu». L’écriture «inclusive» ne dit pas ce qui est, mais ce qui, pour ses thuriféraires, devrait être. Lorsque l’on charge la langue de la mission de refléter dans la conscience linguistique non ce qui est mais ce qui doit être, on en fait une langue artificielle, c’est-à-dire un instrument idéologique mis au service de l’expression verbale du dogmatisme.</p><p class="fig-quote__text">« Les anglophones pratiquent beaucoup plus que nous les mots épicènes pour neutraliser la langue »</p>
<p>Julie Neveux</p>
<p class="fig-paragraph">Les défenseurs de l’écriture inclusive confondraient-ils la question du genre avec le sexe?</p><p class="fig-paragraph">Julie NEVEUX. - Non! Ils sont tout à fait au courant bien sûr que le genre de la grammaire n’est pas toujours un indicateur du sexe; et qu’il est, le plus souvent, complètement aléatoire. Beaucoup d’objets inanimés sont ainsi au masculin sans qu’on puisse s’expliquer pourquoi, à part à remonter le cours du temps et regarder leur étymologie. «Le livre» que l’on lit est au masculin, car «liber» était masculin en latin, tandis que «la livre», unité de mesure, vient du féminin en latin «libra».. Il n’y a que pour les personnes qu’on se pose la question du sexe, et que les partisan(s) de l’écriture inclusive revendiquent que le féminin se voie. Et encore. Si je dis «personne», justement, je ne vous donne aucune indication sur le sexe. C’est ce qu’on appelle un terme «épicène», dont l’emploi fait partie des recommandations de tenants de l’écriture inclusive. Les anglophones pratiquent beaucoup plus que nous les mots épicènes pour neutraliser la langue. C’est une solution sans doute plus consensuelle. Car il est sûr que l’étiquette «masculin» est peu heureuse et n’apaise pas le débat. Il serait d’ailleurs plus pertinent, d’un point de vue linguistique, de parler de forme non marquée (par défaut), et de forme marquée (le féminin). Tout le débat tient en réalité là: dans cette question de marque, du féminin; mais aussi du pluriel. Ce qui est difficile à comprendre et accepter pour la plupart d’entre nous c’est l’idée que la marque du pluriel ne soit plus capable d’inclure. La forme au pluriel, «les étudiants», exclurait donc les étudiantes.. Or ce n’est pas comme ça que nous avons appris à parler français. Mais pour certains militant(e)s, c’est une évolution nécessaire afin de rééquilibrer les formes masculin/féminin dans le langage.</p><p class="fig-paragraph">Franck NEVEU. - Les mots n’ont pas de sexe, mais ils ont un genre, qui est conventionnel, et qui en français se répartit entre deux pôles (masculin/féminin). Le genre est une catégorie grammaticale, comme le nombre, l’aspect, par exemple, ou, dans les langues flexionnelles, le cas (c’est-à-dire la fonction). Ces catégories ont un rôle morphosyntaxique. Elles permettent d’établir les relations entre les mots au sein de l’énoncé, les accords par exemple. Elles n’ont aucun effet sur les représentations du monde. Si au restaurant je commande un lapin aux pruneaux je ne demande pas qu’on me serve un lapin mâle. Si j’évoque les sentinelles qui gardent l’entrée d’un bâtiment militaire je ne féminise pas les soldats qui occupent cette fonction. Il n’y a aucune corrélation à établir entre le genre des mots et le sexe de leur référent. La langue est faite de signes. Le signe linguistique est caractérisé par la linéarité et l’arbitraire: la linéarité, parce que deux signes ne peuvent être articulés simultanément ; l’arbitraire, parce qu’il est conventionnel. Le déficit de réflexion grammaticale devient préoccupant dans la société française. L’Ecole devrait tenir son rang sur ce point, et ne rien lâcher, sauf à accepter l’idée que des courants de pensée puissent faire fond sur cette ignorance. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que le courant inclusiviste cible régulièrement la discipline linguistique à l’Université, censément porteuse de représentations patriarcales de la langue.</p><p class="fig-quote__text">« L’écriture inclusive n’est pas seulement un problème majeur pour les personnes souffrant de handicap, mais bien au-delà, pour les enfants en apprentissage »</p>
<p>Franck Neveu</p>
<p class="fig-paragraph">Est-elle vraiment inclusive, dans la mesure où elle complique la langue et la rend difficilement visible pour les personnes qui sont malvoyantes et/ou ont des difficultés à l’écrit?</p><p class="fig-paragraph">Julie NEVEUX. - Le point médian peut en effet rendre la lecture plus difficile. Cet aspect de l’écriture inclusive, qui est purement graphique, et n’a d’ailleurs que très peu de cohérence morphologique, est celui qui a selon moi le moins d’avenir, même si je pense qu’il va rester dans l’usage en ce qui concerne les formules d’adresse dans certains milieux, comme à l’université, où l’on dit souvent, depuis quelques années, «bonjour à tous.tes». Aucune réforme n’est jamais apte à convenir à tous, et peut être est-elle en effet portée, en ce cas précis, par un idéal impraticable, et qui n’a pas vocation à être enseigné aux plus jeunes. Mais l’usage, comme toujours, fera son travail: il ne retiendra que ce qui se pratique aisément.</p><p class="fig-paragraph">Franck NEVEU. - Une tribune signée en septembre par de nombreux linguistes, et que j’ai co-rédigée, soulignait précisément ce problème. L’écriture inclusive n’est pas seulement un problème majeur pour les personnes souffrant de handicap (malvoyance, dyslexie, dyspraxie), mais bien au-delà, pour les enfants en apprentissage. L’écriture inclusive rompt avec les règles de prononciation et de ponctuation, ainsi qu’avec les règles morphologiques que les jeunes élèves sont en train d’acquérir. C’est pourquoi de nombreuses associations de parents d’élèves et une très large partie du corps enseignant se montrent hostiles à son application dans l’enseignement.</p><p class="fig-paragraph"><a href="https://www.lefigaro.fr/actualite-france/ecriture-inclusive-le-niveau-en-orthographe-des-eleves-est-deja-bien-bas-20210223" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">» LIRE AUSSI - Écriture inclusive: le niveau en orthographe des élèves est déjà bien bas</a></p><p class="fig-paragraph">Est-il possible qu’elle entre dans l’usage alors même qu’elle est intenable à l’oral?</p><p class="fig-paragraph">Julie NEVEUX. - En fait, on peut très bien imaginer que coexistent différents types d’écrits et différents usages. Un usage administratif, un usage officiel (les candidat.e.s doivent se présenter à telle heure), et un usage plus quotidien. Je m’aperçois pour ma part qu’à force de pratiquer l’adresse inclusive à mes étudiant.es, je me suis mise à les saluer, à l’oral, du mot «toustes», où je prononce le «s» et le «t», pour faire entendre le masculin et le féminin. S’en portent-ils, s’en portent-elles mieux? Je ne le sais pas. Certaines tentatives resteront, la plupart s’en iront..</p><p class="fig-paragraph">Franck NEVEU. - L’inclusivisme linguistique strict n’est pas seulement intenable à l’oral, il l’est tout autant à l’écrit. Il est aisé de constater que son application systématique ne dépasse guère les quelques lignes d’ouverture d’un texte. Le reste s’égare dans des incohérences qui soulignent le fait que son usage systématique est impossible, et que l’écriture «inclusive» n’est finalement qu’une position doctrinale. Quant à se généraliser, encore faut-il prendre conscience du fait que l’usage de la langue ne se limite pas au discours institutionnel. L’inclusive est contre-intuitive, c’est sa faiblesse.</p><p class="fig-quote__text">« La langue est beaucoup plus mesurée que nous ne savons l’être! C’est la meilleure arbitre de nos débats: le temps passant, elle ne retiendra, de l’écriture inclusive, que l’essentiel... »</p>
<p>Julie Neveux</p>
<p class="fig-paragraph">Il est d’ailleurs possible de noter une certaine anarchie dans ces écritures (on lit parfois «tou.tes.s» puis «tous.tes…»)…</p><p class="fig-paragraph">Julie NEVEUX. - Quand un nouvel emploi arrive, il y a hésitation; regardez l’alternance entre le masculin et le féminin pour «Covid»! C’est donc d’abord la marque de son caractère récent. Mais il est vrai qu’en raison de son peu de cohérence morphologique et étymologique, le découpage par le point ne risque de s’inscrire dans la durée que dans certains usages bien circonscrits.</p><p class="fig-paragraph">Franck NEVEU. - Disons que son utilisation n’est pas impossible, puisqu’on l’observe déjà. Mais cette application partielle et incohérente ne peut aucunement représenter l’usage de la langue dans son ensemble. Les usages d’une langue évoluent au gré des locuteurs, et non pas en fonction des règles établies par des groupes de pression.</p><p class="fig-paragraph">Faut-il donc l’interdire comme cela a été proposé par des députés de la majorité et de l’opposition?</p><p class="fig-paragraph">Julie NEVEUX. - En matière de langue, il est absurde d’interdire. Je parle, car j’ai besoin de parler, car j’ai envie de parler. Pour le faire, je me saisis de ce qui est disponible à ce moment-là dans mon stock lexical et grammatical. Des lois peuvent bien être votées, mais si l’usage se répand, car le plus grand nombre y trouve un écho (parmi ses voisins, ses voisines), une raison (lutter contre l’inégalité), ou juste une possibilité (et pourquoi pas?), elles ne serviront à rien. Les deux dernières interventions de l’Etat en matière de langue, en 1982 en faveur de la féminisation des métiers et en 1990 pour simplifier l’orthographe, n’ont fait qu’accompagner une évolution plus lente mais inéluctable de la langue. La langue est, en réalité, beaucoup plus mesurée que nous ne savons l’être! C’est en fait la meilleure arbitre de nos débats: le temps passant, elle ne retiendra, de l’écriture inclusive, que l’essentiel...</p><p class="fig-paragraph">Franck NEVEU. - La proposition de loi portant interdiction de l’usage de l’écriture dite «inclusive» par les personnes morales en charge d’une mission de service public doit être comprise comme le prolongement des préconisations énoncées en novembre 2017 par le Premier Ministre. Le recours à la loi peut être jugé légitime, même si cela reste de peu d’effet sur les pratiques linguistiques institutionnelles, qu’il s’agisse de l’inclusive ou de l’application de la loi Toubon. Ce que la loi doit protéger, c’est l’intégrité de la morphologie de la langue française, afin de ne pas laisser se diffuser les paralogismes grammaticaux dont les conséquences sont dévastatrices sur les apprentissages linguistiques.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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