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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Tue, 16 Dec 2025 09:31:33 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Pourquoi l&#039;immigration massive n&#039;est pas une solution.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Le conférencier utilise des boules de chewing-gum pour démontrer pourquoi l'immigration massive n'est pas une solution pour lutter contre la pauvreté.</p>
<p>
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</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1174/la-suisse-et-lunion-europeenne</guid>
	<pubDate>Tue, 16 Dec 2025 09:17:00 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La Suisse et l&#039;Union européenne.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>La confrontation entre la démocratie directe suisse et la technocratie européenne n’est pas un simple désaccord politique : c’est un choc de légitimités.<br />D’un côté, un peuple qui décide. De l’autre, des élites qui imposent.<br />Ce texte montre pourquoi la Suisse représente aujourd’hui le dernier bastion de souveraineté populaire en Europe.</p>

<p>La démocratie directe suisse face à la technocratie européenne : le choc des légitimités</p>

<p>L’Union européenne a une doctrine simple : les traités priment sur les peuples.</p>

<p>« Il ne peut y avoir de choix démocratiques contre les traités européens. »<br />— Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, 2015</p>

<p>Tout est dit.<br />Dans cette phrase, tout le projet technocratique européen est résumé : neutraliser la volonté populaire derrière la façade du droit.<br />Des traités écrits par des technocrates, pour des technocrates — sans mandat, sans peuple, sans contre-pouvoir.</p>

<p>En Suisse, c’est l’inverse.<br />Le peuple décide. Le gouvernement exécute.<br />La démocratie directe n’est pas un folklore institutionnel, c’est le cœur battant de notre souveraineté.</p>

<p>Et c’est précisément ce que Bruxelles ne supporte pas.</p>

<p>« La démocratie directe suisse est contraire aux intérêts des 27 pays européens. »<br />— Ursula von der Leyen, citée par André Bercoff, 2023</p>

<p>Il ne s’agit plus d’un débat de politiques, mais d’un affrontement entre deux visions du monde.</p>

<p>L’Europe post-démocratique : les décisions se prennent à huis clos, entre eurocrates, juges non élus et lobbies transnationaux.</p>

<p>La Suisse confédérale : le peuple est l’autorité suprême, le référendum un droit vivant, le vote une arme pacifique.</p>

<p>Deux systèmes irréconciliables.<br />Deux légitimités qui ne peuvent coexister.</p>

<p>En France, le peuple a dit NON à 55 % à la Constitution européenne en 2005.<br />Bruxelles a répondu : « Mauvaise réponse. »<br />Le même texte fut imposé sous un autre nom — le traité de Lisbonne — par voie parlementaire.<br />Un viol démocratique maquillé en progrès.</p>

<p>En Suisse, un tel scénario serait impensable.<br />Ici, le peuple est souverain.<br />Ni le Conseil fédéral, ni les juges étrangers, ni Bruxelles ne peuvent se substituer à lui.</p>

<p>On ne mélange pas l’huile et l’eau.<br />Et on ne mélange pas une démocratie directe vivante avec un système technocratique qui ne croit plus aux peuples.</p>

<p>La technocratie européenne ne supporte pas la liberté populaire.<br />Elle la considère comme un bug dans le système, une anomalie à corriger.<br />Mais la Suisse n’est pas un bug.<br />Elle est un bastion — le dernier d’Europe où la voix du citoyen compte plus que celle des experts payés par les lobbies.</p>

<p>À chaque nouvelle négociation Suisse-UE, certains rêvent d’« harmonisation », d’« adoption dynamique du droit européen ».<br />Mais soumettre la démocratie directe à la logique technocratique, c’est tuer l’âme de la Suisse.</p>

<p>La Suisse n’a pas à s’aligner sur un modèle post-démocratique : elle doit en être l’antidote.<br />Défendre notre démocratie directe, ce n’est pas refuser l’Europe :<br />c’est rappeler à l’Europe ce qu’elle a oublié — la souveraineté des peuples.</p>

<p>La vigilance n’est pas de la colère.<br />C’est le prix de la liberté.<br />Un peuple qui dort laisse gouverner ceux qui le trahissent.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Mon, 15 Dec 2025 23:04:14 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1173/comment-la-dystopie-du-%E2%80%9Ccredit-social%E2%80%9D-a-la-chinoise-a-disparu-des-radars</link>
	<title><![CDATA[Comment la dystopie du “crédit social” à la chinoise a disparu des radars]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>BRUNO GUIGUE<br />Aug 03, 2025</p>

<p>Après des années de délire interprétatif sur le thème du contrôle totalitaire, les médias occidentaux, tant bien que mal, ont fini par redécouvrir les vertus du réel.</p>

<p>Traquant obstinément les preuves d’une “dictature totalitaire”, les médias occidentaux et leurs prétendus experts se sont jetés avec gourmandise, pendant des années, sur le “crédit social” à la chinoise. A les croire, ce dispositif aurait soumis l’ensemble de la population à un système orwellien de surveillance généralisée et de contrôle total. Permettant d’évaluer au jour le jour l’ensemble des comportements individuels, il aurait été assorti d’un système de notation et de sanctions impitoyables. Observé, noté, brimé sans limites par les exécutants d’un pouvoir tentaculaire, le malheureux citoyen chinois vivrait dans la hantise de cette épée de Damoclès. Asservi aux technologies les plus liberticides, tétanisé par la peur de commettre une faute, il accomplirait ses tâches quotidiennes avec la docilité de celui qui doit son salut à une obéissance totale.</p>

<p>Évidemment, tous ceux qui connaissent la Chine savent que cette histoire est un conte à dormir debout. On a beau chercher, on trouve difficilement un citoyen chinois qui relève du système en question, et la plupart d’entre eux ignorent en quoi il consiste. L’explication est simple : en réalité, seuls 2% de la population environ ont été concernés par l’application d’un dispositif qu’on nous a longtemps présenté dans les médias occidentaux comme universel, englobant et “totalitaire”. C’est un bon exemple, parmi d’autres, de ces polémiques qui monopolisent l’attention malveillante des professionnels de la désinformation, alors qu’ils n’intéressent guère la majorité des Chinois et affectent rarement leur vie quotidienne.</p>

<p>Susciter des comportements vertueux</p>

<p>En quoi consiste précisément, en effet, le “système chinois du crédit social” ? En 2014, une directive du pouvoir central de la République populaire de Chine a invité les autorités de différents niveaux à mettre en place un dispositif ayant trois caractéristiques. Prioritairement destiné aux entreprises, il devait d’abord chercher à fluidifier les interactions financières. Ensuite, il devait reposer sur l’expérimentation locale avant d’envisager une extension nationale. Enfin, il devait susciter des comportements vertueux dans l’ensemble de la société.</p>

<p>A noter que l’objectif éthique du dispositif est clairement assumé au plus haut niveau de l’État, même si l’expression correspondante n’apparaît qu’au second rang dans le rapport de Xi Jinping au XXe Congrès du PCC : “Dans le cadre du développement du projet d’éducation morale des citoyens, nous ferons rayonner les vertus traditionnelles chinoises, renforcerons l’esprit familial, l’éducation familiale (..) et élèverons le niveau de moralité et de civisme du peuple. Nous promouvrons la culture de l’honnêteté et améliorerons les mécanismes permanents du crédit social”.</p>

<p>Le PCC entend ainsi promouvoir les valeurs civiques au moment où l’individualisme, sous l’effet de la libéralisation économique, a le vent en poupe. Dans une société de tradition holiste comme la société chinoise, cette injonction n’est pas nouvelle, et la tonalité confucéenne du propos dans la Chine d’aujourd’hui n’est guère plus surprenante.</p>

<p>Retour au réel</p>

<p>Les médias occidentaux, quant à eux, semblent avoir subitement redécouvert les vertus du réel après plusieurs années de délire interprétatif. Pourquoi un tel retournement ? Il semble que l’événement déclencheur ait été la publication d’une étude particulièrement rigoureuse par la prestigieuse MIT Review, le 22 novembre 2022 (1).</p>

<p>“Pour la plupart des gens en dehors de la Chine, les mots ‘système de crédit social’ évoquent une image instantanée : un réseau de technologies à la ‘Black Mirror’ qui note automatiquement tous les citoyens chinois en fonction de ce qu’ils ont fait de bien et de mal. Mais la réalité est que ce système terrifiant n’existe pas, et le gouvernement central ne semble pas non plus avoir envie de le construire”, souligne d’emblée l’étude du MIT.</p>

<p>En fait, “le système sur lequel le gouvernement central est en train de travailler vise à réglementer le crédit financier, à permettre aux agences gouvernementales de partager des données et à promouvoir des valeurs morales sanctionnées par l’État. A ce jour, il n’y a aucune preuve que ce système ait été utilisé abusivement en vue d’un contrôle social généralisé, bien qu’il reste possible qu’il puisse être utilisé pour restreindre certains droits individuels”. Voilà qui a le mérite d’être clair, mais il faut reconnaître que la fable dystopique du “crédit social” avait déjà été ébranlée par un article de la revue Foreign Policy du 15 septembre 2021, lequel fournissait un bon résumé de la situation : “Le système de crédit social chinois est en réalité assez ennuyeux. Un système soi-disant orwellien qui est fragmenté, localisé et principalement destiné aux entreprises”.</p>

<p>En France, c’est L’Express qui dévoile le pot aux roses le 3 décembre 2022 : “Le terrifiant système chinois de ‘notation sociale’ n’a pas de réalité. Le pays, qui vit une forte montée de l’endettement privé, cherche surtout à éviter des excès. Le projet de la Chine de construire un système de ‘crédit social’ a fait l’objet d’innombrables caricatures. A cause de documentaires fallacieux ou de séries d’anticipation comme ‘Black Mirror’, le ‘crédit social’ évoque immédiatement un système de notation automatique pour la plupart des gens vivant en dehors de la Chine. Combien de fois avons-nous entendu à la télé, à la radio, dans un dîner, l’exemple de ces gens qui, après avoir traversé hors des passages piétons, voient leur visage affiché sur des écrans publics, leur note baisser et leur compte en banque prélevé d’une amende ?”</p>

<p>Solvabilité financière et solvabilité sociale</p>

<p>Revenons donc à la réalité du “crédit social” chinois pour tenter de comprendre sur quels éléments la supercherie médiatique a pu s’appuyer et prospérer aussi longtemps, brouillant les pistes d’une compréhension rationnelle de ce programme fort complexe.</p>

<p>Lorsque le gouvernement chinois a décidé de créer le système de crédit social, en effet, le terme recouvrait deux aspects différents : la solvabilité financière et la solvabilité sociale. “La solvabilité financière est un concept familier en Occident : le système documente l’historique financier des particuliers ou des entreprises et prédit leur capacité à rembourser les emprunts futurs. Parce que l’économie de marché dans la Chine moderne est beaucoup plus jeune, le pays manque d’un système fiable pour consulter les dossiers financiers des particuliers et des entreprises. Construire un tel système, destiné à aider les banques et les autres acteurs du marché à prendre des décisions commerciales, est une mission essentielle et peu controversée”, explique l’étude du MIT.</p>

<p>Bien sûr, la notion de solvabilité sociale soulève davantage de questions. “Fondamentalement, le gouvernement chinois dit qu’il doit y avoir un niveau de confiance plus élevé dans la société, et pour nourrir cette confiance, le gouvernement lutte contre la corruption, les escroqueries aux télécommunications, l’évasion fiscale, la publicité mensongère, le plagiat universitaire, la contrefaçon de produits, la pollution, etc. Dans ce système, non seulement les individus et les entreprises seront tenus responsables, mais les institutions juridiques et les agences gouvernementales le seront également”.</p>

<p>Le problème, c’est qu’une définition extensive des objectifs poursuivis a semé involontairement la confusion. “Le gouvernement semble croire que tous ces problèmes sont vaguement liés à un manque de confiance et que l’établissement de la confiance nécessite une solution unique. Ainsi, tout comme la notation du crédit financier aide à évaluer la solvabilité d’une personne, il pense qu’une certaine forme de crédit social peut aider les gens à évaluer la fiabilité des autres à d’autres égards. En conséquence, la notation de crédit dite sociale est souvent regroupée avec la notation de crédit financière dans les discussions politiques, même s’il s’agit d’un domaine beaucoup plus récent avec peu de précédents dans d’autres sociétés”.</p>

<p>Ce qui a rendu la situation déroutante, c’est que “les gouvernements locaux ont parfois confondu ces deux éléments”. Par exemple, “la province du Liaoning envisage de récompenser le don de sang dans le système de crédit financier, alors qu’au niveau national les deux dispositifs sont séparés”. Particulièrement zélées, certaines autorités locales ont imprudemment exploité le filon en tentant d’élargir le système au contrôle de la population. Devant les réactions peu enthousiastes de la société civile comme du pouvoir central, elles ont généralement dû revoir à la baisse leurs prétentions.</p>

<p>Un dispositif destiné aux entreprises</p>

<p>Dans les faits, il s’agit donc pour l’essentiel d’un dispositif destiné aux entreprises. Le seul système qui fonctionne à l’échelle nationale est le système de “contrôle du crédit”, rendu public en 2006 et mis à jour en 2020. Selon le chercheur français Pierre Sel, l’un des rares à avoir étudié le sujet de manière approfondie, il faut comprendre ce qu’est vraiment le crédit social et “casser les mythes orwelliens”. Si l’on s’en tient à une définition rigoureuse, le “système de crédit social” sert deux fonctions principales : “faciliter le partage de l’information entre les administrations, et mettre en place un mécanisme de récompenses et de sanctions”.</p>

<p>“Afin de faciliter le partage d’informations, explique le chercheur dans une tribune publiée par Les Échos, l’État construit des bases de données à disposition des administrations. Ces données sont issues tant de l’administration fiscale, du régulateur financier, que des départements en charge de la protection de l’environnement, etc. Elles concernent majoritairement les entreprises : licence, historique juridique, déclarations fiscales – 73% des documents liés au crédit social concernent les entreprises” (2).</p>

<p>Consultable sur internet, le portail du crédit social contient surtout des données sur les entreprises, les administrations, les hôpitaux ou les particuliers qui ont manqué à leurs obligations et qui peuvent s’amender en modifiant leur comportement. “Pour ce qui est de la mise en place d’un mécanisme de récompenses et sanctions, le système de crédit social permet de pénaliser une entreprise si elle est reconnue coupable par une administration compétente d’avoir enfreint les lois en vigueur”, note Pierre Sel.</p>

<p>Cette entreprise “est alors ajoutée sur une liste noire et se voit appliquer les sanctions correspondantes. Elles incluent le plus souvent des restrictions pour l’accès aux financements ou aux marchés publics. Loin de former un système monolithique notant les individus en fonction de leur comportement quotidien, le système de crédit social punit principalement les enregistrements frauduleux d’entreprises, les chauffeurs Uber dont la licence est expirée, les ventes de médicaments non autorisés, etc.”</p>

<p>S’agissant des particuliers, qu’en est-il du système punitif si souvent présenté de manière alarmante par les médias occidentaux ? “Pour les individus, les sanctions les plus sévères sont réservées aux personnes qui refusent de rembourser leurs dettes tout en ayant la capacité de le faire. Cela reste encore à nuancer : l’inscription sur cette liste ne s’effectue qu’après trois rappels à la loi. Par exemple, les personnes qui n’ont pas payé les indemnités fixées par le tribunal se voient interdire de voyager en avion ou d’envoyer leurs enfants dans des écoles privées coûteuses, au motif qu’elles constituent une consommation de luxe. Globalement, on peut dire que le système de crédit social concerne surtout les entreprises et qu’il affecte très peu la vie de 98% des Chinois”.</p>

<p>Exit, donc, le mythe orwellien cher aux reportages à sensation façon ARTE. “Existe-t-il donc un score de crédit social centralisé calculé pour chaque citoyen chinois ? Non. Contrairement à la croyance populaire, il n’y a pas de score central de crédit social pour les individus. Et franchement, le gouvernement central chinois n’a jamais parlé d’en vouloir un”, lit-on dans l’étude publiée par la MIT Review. “Alors pourquoi les gens, en particulier en Occident, pensent-ils qu’il y en a ? Eh bien, puisque le gouvernement central a donné peu d’indications sur la façon de construire un système de crédit social qui fonctionne dans les domaines non financiers, il a ouvert la porte aux municipalités pour expérimenter leurs propres solutions. En conséquence, de nombreux gouvernements locaux ont introduit des programmes pilotes qui cherchent à définir à quoi ressemble la réglementation du crédit social, et certains sont très controversés”.</p>

<p>Des initiatives trop zélées</p>

<p>Le meilleur exemple est Rongcheng, une petite ville d’un demi-million d’habitants qui a mis en place le système de pointage de crédit social le plus célèbre au monde : “En 2013, la ville a commencé à donner à chaque résident une cote de crédit personnelle de base de 1 000 qui peut être influencée par ses bonnes et ses mauvaises actions. Par exemple, la ville a décidé que diffuser des informations nuisibles sur WeChat, les forums et les blogs enlevait 50 points, tandis que “gagner une compétition sportive ou culturelle de niveau national rapportait 40 points”.</p>

<p>Or la plupart de ces expériences ont tourné court. “Ces systèmes de notation ont eu un impact très limité en Chine, car ils n’ont jamais été élevés au niveau provincial ou national. Mais lorsque la nouvelle de programmes pilotes comme celui de Rongcheng s’est propagée en Occident, elle a sonné l’alarme pour les activistes et les médias, et certains ont dit qu’elle concernait toute la population chinoise. Comment savons-nous que ces programmes pilotes ne deviendront pas des règles officielles pour tout le pays ? Personne ne peut en être sûr à 100%, mais il convient de rappeler que le gouvernement central chinois a annulé les actions illégales de certains gouvernements locaux en matière de crédit social”.</p>

<p>Les médias occidentaux, à l’époque, se sont bien gardés d’en parler : en décembre 2020, le conseil d’État chinois a publié une directive visant à réguler l’activité des gouvernements locaux utilisant le système de crédit social pour punir des actions insignifiantes comme le recyclage incorrect ou le non-port du masque. Cette directive nationale a demandé aux gouvernements locaux de “ne punir que les comportements qui sont illégaux en vertu du système législatif actuel de la Chine et de ne pas aller au-delà”. A plusieurs reprises, des dispositifs locaux ont été modifiés à la demande du pouvoir central, suite à des plaintes ou à des contrôles révélant que certaines mesures locales étaient “incompatibles avec l’État de droit”. La ville de Rongcheng, par exemple, a dû mettre à jour sa réglementation locale sur les scores de crédit social et “permettre aux résidents de se retirer du programme de notation”.</p>

<p>Corollaire du mythe orwellien de la notation généralisée, un autre mythe tenace est celui de l’utilisation massive de la haute technologie pour ficher toute la population. “Y a-t-il une technologie de pointe, comme l’intelligence artificielle, impliquée dans le système ?” interroge l’article du MIT. “Globalement, non. C’est un autre mythe courant sur le système de crédit social en Chine : les gens s’imaginent que pour suivre les comportements sociaux de plus d’un milliard de personnes, il doit y avoir un puissant algorithme central qui peut collecter et traiter les données. Mais ce n’est pas vrai. Puisqu’il n’y a pas de système central qui note tout le monde, ce type d’algorithme puissant n’est même pas nécessaire”</p>

<p>Au contraire, les experts du crédit social affirment que l’ensemble de l’infrastructure recourt assez peu à des technologies innovantes. “Alors que les responsables chinois nomment parfois des technologies telles que la blockchain et l’intelligence artificielle lorsqu’ils parlent du système, ils ne parlent jamais en détail de la manière dont ces technologies pourraient être utilisées. Si vous consultez le site Web de Credit China, ce n’est rien de plus qu’une bibliothèque numérisée de bases de données distinctes. Il n’existe aucun cas connu dans lequel la collecte automatisée de données conduit à l’application automatisée de sanctions sans l’intervention de régulateurs humains”, conclut le MIT.</p>

<p>La fable orwellienne du contrôle généralisé</p>

<p>En définitive, il va falloir faire son deuil de la fable orwellienne du crédit social à la chinoise et du contrôle totalitaire qu’il imposerait à la population. “Le crédit social, c’est un assemblage d’indicateurs hétérogènes et de mécanismes d’application qui diffèrent selon le lieu de résidence et l’activité, et dont la capacité à combiner dans un seul indicateur toutes les dimensions des interactions d’un seul individu avec les lois et les réglementations reste un fantasme”, résume la chercheuse Séverine Arsène, principale spécialiste de ce dispositif dans les milieux universitaires français (3).</p>

<p>“Ce système reste associé à l’idée d’un score universel attribué à l’ensemble des citoyens chinois qui permet d’évaluer leur comportement”, conclut également Pierre Sel. “La réalité est tout autre, et surtout plus ennuyeuse : le système de crédit social est un outil bureaucratique, reposant avant tout sur des tableurs Excel, qui concerne plus les entreprises que les individus – ceux-ci ne représentent que 0,2% des entités sanctionnées”.</p>

<p>Les Chinois espionnés, notés et brimés par une machine totalitaire qui brasse les big data pour exercer une surveillance tentaculaire et contrôler les moindres faits et gestes du simple citoyen ? Une légende, tout simplement. “Il n’y a pas de score donné aux citoyens, et personne ne se voit interdire l’accès aux hôpitaux pour avoir traversé au feu rouge. Personne ne nie les dangers posés par les technologies numériques. Mais faire croire que chaque citoyen chinois perd des points s’il achète du soda est tout bonnement faux”.</p>

<p>Dans Le Monde du 16 janvier 2020, Brice Pedroletti donnait son explication personnelle du crédit social chinois : “C’est le grand paradoxe du régime autoritaire chinois : les règles et les lois, pléthoriques et souvent très strictes, continuent d’être peu respectées, tant par les institutions que par les citoyens. Pour compenser, l’État-parti gouvernement sévit par des campagnes d’une sévérité inouïe. Il s’agirait donc de trouver un entre-deux : apporter une solution systémique à l’empire de la fraude et de l’arbitraire qu’est la Chine en instaurant une ‘contrôlocratie’ (sic) grâce à toutes sortes de paramètres et à l’intelligence artificielle. Le crédit social chinois accrédite l’idée d’un ‘capital de points’ accordé par l’État au citoyen, qui peut être bonifié – ou bien s’éroder : la citoyenneté n’obéit pas en Chine à une logique universalisante comme en Occident”.</p>

<p>Issue du journal de référence de la doxa, cette diatribe méritait d’être citée, tant elle brode avec imagination sur une notation généralisée des citoyens dont nous avons vu qu’elle n’existait pas et que le gouvernement de Beijing n’a jamais eu l’intention d’instaurer. Aussi les Chinois, très peu concernés par le système incriminé, ne sont-ils guère effrayés par ces “campagnes d’une sévérité inouïe” et ne considèrent-ils pas majoritairement leur pays, non plus, comme “l’empire de la fraude et de l’arbitraire”. A vrai dire, ils ignorent tout de cette “contrôlocratie” (catégorie journalistique parfaitement ridicule, soit dit en passant) dans laquelle un “capital de points” est accordé par l’État au citoyen, même s’ils n’ont pas la chance de vivre en Occident pour y bénéficier de la “logique universalisante” d’une citoyenneté qui, dans certains pays qui se vantent d’être démocratiques, fut longtemps réservée à la race supérieure.</p>

<p>En revanche, la société chinoise se veut une société civilisée dans laquelle les règles de droit s’appliquent à tout le monde, les hommes d’affaires ou les cadres du parti ne sont pas exemptés de la loi pénale, les rues sont sûres et les violences urbaines extrêmement rares, les policiers n’ont pas d’arme létale et ne dégainent pas le calibre pour un refus d’obtempérer. Peut-être parce qu’une certaine éthique confucéenne qui fait passer l’intérêt général avant les intérêts particuliers y exerce encore son influence malgré la montée en puissance, comme ailleurs, de l’individualisme et du consumérisme. Sans doute aussi parce que le “régime chinois” auquel la doxa occidentale attribue tous les défauts du monde prend tout de même au sérieux la sécurité de ses citoyens et se donne, tant bien que mal, les moyens de la garantir.</p>

<p>1. Zeyi Yang, « China has just announced a credit social law. Here’s what it means » , MIT Technology Review, 22 novenbre 2022.</p>

<p>2. Pierre Sel, « Crédit social en Chine : cassons les mythes orwelliens », Les Échos, 17 février 2022.</p>

<p>3. Séverine Arsène, « Le système de crédit social ou la gestion technocratique de l’ordre public », in Penser en Chine, Gallimard, 2021, p. 332.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Mon, 15 Dec 2025 12:11:41 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Qu’a Trump en tête pour que les États-Unis s’adaptent à la multipolarité ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par M.K. Bhadrakumar – Le 12 décembre 2025 – Source <a href="https://www.indianpunchline.com/whats-on-trumps-mind-as-us-adjusts-to-multipolarity/">Indian Punchline</a></p><p>La transformation de l’ordre mondial en multipolarité est un travail en cours avec des variables à l’œuvre, mais son issue sera largement déterminée par l’alignement des trois grandes puissances – les États-Unis, la Russie et la Chine. Historiquement, ce « triangle » est apparu lorsque le couvercle s’est détaché du schisme sino-soviétique dans les années 1960 et qu’une féroce acrimonie publique a éclaté entre Moscou et Pékin, ce qui a incité l’administration Nixon à contrecarrer la mission secrète d’Henry Kissinger à Pékin pour rencontrer face à face le Président Mao Zedong et le Premier ministre Zhou En-lai et, espérait-il, trouver un modus vivendi pour contrer conjointement la Russie.</p><p>En réanalysant le schisme sino-soviétique, il est maintenant bien compris que le triangle Américano-sino-Soviétique n’a jamais vraiment suivi le cours envisagé par Kissinger. L’échec de Kissinger à consolider l’ouverture des relations avec la Chine était en partie dû à sa perte de pouvoir en janvier 1977 et, du point de vue systémique, c’était inévitable étant donné la complexité du chaudron bouillonnant du schisme sino-soviétique où l’idéologie se mêlait à la politique, à la géopolitique et à la realpolitik.</p><p>Alors que la mythologie occidentale dit que les États-Unis ont jeté les bases de l’essor de la Chine, l’historiographie pointe dans une autre direction, à savoir que Pékin avait toujours à l’esprit la dialectique à l’œuvre, et même un certain degré de compatibilité existait entre les intérêts chinois et américains pour contrôler l’expansion du pouvoir soviétique, Pékin étant déterminé à éviter un conflit militaire avec l’Union soviétique et concentrait son attention sur l’amélioration de sa position tactique au sein du triangle Américano-sino-soviétique.</p><p>De son côté, l’Union soviétique a également constamment encouragé l’intensification des échanges avec la Chine, malgré l’acrimonie amère et même les affrontements militaires, en vue de saper les avantages perçus que les États-Unis tiraient de la scission sino-soviétique – allant même jusqu’à chercher à persuader la Chine d’accepter le statu quo militaire et territorial en Asie.</p><p>En fait, pour retarder la coopération sino-américaine contre eux au début des années 1970, les Soviétiques ont proposé de modifier leurs revendications territoriales le long de leur frontière, de signer des pactes de non-agression et/ou des accords interdisant l’usage de la force, de fonder les relations sino-soviétiques sur les cinq principes de coexistence pacifique et de rétablir des contacts de haut niveau, y compris des liens entre partis, dans l’intérêt de leur opposition commune aux États-Unis.</p><p>Si la Chine a largement ignoré ces ouvertures, c’était presque entièrement en raison des grandes turbulences de sa politique intérieure. On se rappelle qu’à peine Mao, l’ennemi juré de l’Union soviétique, décédé en septembre 1976 (et le rideau tombé sur la Révolution culturelle), Moscou a rapidement enchaîné plusieurs gestes, y compris Brejnev envoyant un message de condoléances (le premier message du PCUS à la Chine en une décennie), suivi d’un autre message du Parti en octobre félicitant le Président nouvellement élu du PCC, Hua Guofeng, et peu de temps après, en novembre, renvoyant en Chine leur négociateur en chef pour les pourparlers frontaliers, le vice-ministre des Affaires étrangères Ilichev, afin de tenter de reprendre les pourparlers frontaliers. Mais, encore une fois, si rien n’en est sorti, ce fut à cause de l’invasion du Vietnam par la Chine et de l’intervention soviétique en Afghanistan peu de temps après, en 1980.</p><p>En effet, avec le recul, le principal héritage des années 1970, vu à travers le prisme du « triangle » États-Unis-Chine-Russie, fut la réorientation de la politique de défense de la Chine et son réalignement géopolitique avec l’Occident. La Chine n’a pas contribué de manière significative à affaiblir l’Union soviétique ou à aggraver la stagnation et la crise qui couvait dans l’économie politique soviétique.</p><p>Pendant ce temps, les divergences sino-américaines sur Taïwan et d’autres questions avaient refait surface en 1980-1982, obligeant la Chine à réévaluer sa stratégie de politique étrangère, ce qui s’est manifesté par l’annonce par Pékin, en 1982, de sa politique étrangère “indépendante” – en clair, une tentative de compter moins explicitement sur les États-Unis comme contrepoids stratégique à l’Union soviétique – et l’ouverture de « pourparlers consultatifs » avec Moscou, et une réceptivité croissante aux nombreuses ouvertures soviétiques en attente d’échanges bilatéraux (dans les domaines sportif, culturel et économique, etc.), l’orientation générale étant de réduire les tensions avec les Soviétiques et d’augmenter la marge de manœuvre de Pékin au sein du triangle Chine-États-Unis-URSS.</p><p>En effet, une détente plus large entre la Chine et l’Union soviétique a dû attendre le retrait soviétique d’Afghanistan à la suite des Accords de Genève signés en avril 1988. Néanmoins, un changement fondamental dans les relations sino-soviétiques est apparu au cours des années 1980, qui comprenait des réunions au sommet régulièrement programmées ; la reprise des liens de coopération entre le PCC et le PCUS ; l’acceptation par Pékin des propositions soviétiques en suspens de non-agression/non-recours à la force ; et la reprise des questions frontalières sino-soviétiques au niveau du vice-ministre des Affaires étrangères.</p><p>Washington a bien senti le changement d’orientation de la politique chinoise vis-à-vis de l’Union soviétique. Notamment, en examinant le changement marqué dans la stratégie chinoise, <a href="https://www.cia.gov/readingroom/docs/CIA-RDP11S00229R000201310001-2.pdf">une évaluation de la CIA notait</a> :</p><p>Plus récemment, Moscou a suivi l’appel de Brejnev en 1982 pour une amélioration des relations avec la Chine avec un arrêt de la plupart des déclarations soviétiques critiquant la Chine. Lorsque les discussions sino-soviétiques ont repris en octobre 1982, les médias soviétiques ont fortement réduit les critiques à l’égard de la Chine. Et ils sont restés discrets sur ce sujet, bien que des échanges polémiques occasionnels aient marqué la couverture sino-soviétique au moment de la visite du Premier ministre Zhao Ziyang aux États-Unis en janvier 1984. Moscou a continué à critiquer la Chine par le biais de la radio clandestine soviétique Ba Yi China. La Chine, pour sa part, a continué à critiquer la politique étrangère soviétique, bien que l’attention accordée par le passé aux politiques internes “révisionnistes” soviétiques ait pratiquement disparu depuis que les propres politiques économiques de la Chine ont été considérablement modifiées après la mort de Mao.</p><p>En résumé, avec le Secrétaire général du PCUS, Gorbatchev, consolidant le pouvoir, vers la fin 1988, par son élection à la présidence du présidium du Soviet suprême et sur, une voie parallèle, Deng avait déjoué ses rivaux politiques et était devenu le chef suprême de la Chine en 1978 – et avait lancé le programme Boluan Fanzheng pour rétablir la stabilité politique, réhabiliter les persécutés pendant la Révolution culturelle et réduire l’extrémisme idéologique – la porte s’était ouverte pour que les deux anciens adversaires entrent dans la roseraie de la réconciliation.</p><p>De manière significative, le moment de la visite de Gorbatchev à Pékin pour rencontrer Deng en 1989 était loin d’être idéal en raison des incidents de la place Tiannenmen, mais aucune des deux parties n’a proposé de reporter ou de reprogrammer la réunion. Telle était l’intensité de leur désir mutuel de réconciliation.</p><p>Aujourd’hui, le résumé ci-dessus est devenu nécessaire lorsque nous évaluons les orientations futures des politiques chinoises de l’administration Trump. La perception commune est que Trump tente de créer un fossé entre la Russie de Poutine et la Chine de Xi Jinping en vue d’isoler cette dernière et de l’empêcher de dépasser les États-Unis. Mais il n’y a aucune preuve disponible montrant un découplage entre la Russie et la Chine.</p><p>Au contraire, tous les signes montrent l’intégration progressive des deux pays. La semaine dernière, <a href="https://english.news.cn/20251202/a69a88dacc304c989ef8b088528f91e4/c.html">le Kremlin a annoncé</a> un régime sans visa pour les citoyens chinois souhaitant se rendre en Russie. Fait intéressant, c’était un mouvement réciproque. Le Financial Times a récemment rapporté qu’un homme d’affaires chinois avait acquis une participation dans le plus grand fabricant russe de drones qui approvisionne l’armée – dans le cadre de la première collaboration connue dans le domaine de l’industrie de la défense.</p><p>Avec la future puissance de Sibérie 2, la dépendance de la Chine vis-à-vis de la Russie pour sa sécurité énergétique augmentera encore. Le commerce extérieur de la Russie connaît une profonde mutation, la Chine remplaçant l’UE en tant que principal partenaire commercial de la Russie. Dans l’ensemble, les relations sino-russes sont plus étroites aujourd’hui <a href="https://merics.org/en/china-russia-dashboard-facts-and-figures-special-relationship">qu’elles ne l’ont été depuis des décennies</a>.</p><p>D’un autre côté, il n’y a aucune suggestion crédible que l’administration Trump se prépare à une guerre contre la Chine. Le Japon, sous sa nouvelle direction, marche contre le vent.</p><p>Alors, qu’a Trump en tête ? Dans son programme révolutionnaire pour la refonte du nouvel ordre mondial, Trump vise une concorde stratégique entre les États-Unis d’un côté et la Russie et la Chine de l’autre. La récente <a href="https://www.stimson.org/2025/experts-react-trump-administrations-national-security-strategy/">Stratégie de sécurité nationale</a> des États-Unis va également dans ce sens. Les implications de cette pensée révolutionnaire pour la multipolarité vont être profondes ; pour des partenaires tels que l’Inde ou des alliés comme le Japon ou l’Allemagne.</p><p>M.K. Bhadrakumar</p><p>Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Mon, 17 Nov 2025 19:52:34 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Halalisation et islamisation de l’Occident]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Je ne peux que conseiller à ceux qui ont raté l’intervention de Florence Bergeaud-Blackler ce matin sur CNews de la regarder ! Ce qu’elle décrit est EFFRAYANT ! Dans un monde normal, cette femme, réduite à écrire des livres et à en parler sur les plateaux de télévision, devrait être conseillère spéciale du président de la République ou - encore mieux - ministre d’État !</p>

<p>Elle nous apprend notamment que le halal est une invention pure et simple de l’ayatollah Khomeini au début des années 1980, qui a décrété que la viande des Occidentaux était corrompue et pouvait empoisonner les musulmans et a alors envoyé des émissaires dans tous les pays occidentaux pour y transformer la façon de fabriquer la viande en mettant au point l’abattage rituel halal ! </p>

<p>Le halal, qui fait polémique depuis quelques années, et dont ses défenseurs nous expliquent que c’est une « tradition religieuse », n’existait donc pas avant le début des années 1980 ! Mais il est parvenu à s’implanter en Occident grâce à l’aide d’idiots utiles : les chefs d’entreprise ! Car, de la même façon que, à partir des années 1970, les libéraux et en premier lieu les chefs d’entreprise ont encouragé l’immigration massive afin de remplacer les ouvriers français qui se battaient pour avoir des salaires et des conditions de travail dignes par des étrangers qui se contentent de peu, ils ont accompagné l’arrivée du halal en France mais plus largement partout en Occident car ce nouveau marché destiné à une nouvelle clientèle signifiait des entrées d’argent supplémentaires !</p>

<p>Florence Bergeaud-Blackler le dit et l’assène : la raison première de la halalisation et de l’islamisation de l’Occident, c’est l’argent, car l’argent est le nerf de la guerre !</p>

<p>Et cet exemple n’est qu’une infime partie de l’islamisation de nos sociétés occidentales, qui sont petit à petit grignotées par ces changements de mœurs !!!</p>

<p>À tout cela, Pascal Praud a naïvement répondu : « C’est difficile de combattre ce changement, car après tout, ce sont deux cultures différentes qui se font face et c’est délicat de dire que l’une est davantage dans le vrai que l’autre » !  Alors que la solution est en fait très simple ! Et elle tient en un proverbe : « À Rome, fais comme les Romains » ! Quand on est dans un pays, la culture qui est dans le vrai, c’est celle dudit pays, point barre !!!</p>

<p>C’est aussi simple que ça : quand on est dans un pays, on se conforme à la culture de ce pays ! Il ne s’agit pas de dire que cette culture est supérieure aux autres, mais simplement de dire que dans ce pays-là, c’est cette culture-là qui a cours, et que dans d’autres pays c’en est certainement une autre, mais que justement, s’il existe différents pays, c’est bien parce qu’ils existe différentes cultures !</p>

<p>Si, au Moyen-Âge, les hommes ont décidé de diviser le monde en pays avec des frontières les séparant les uns des autres, c’est bien parce qu’ils avaient conscience de l’existence de peuples distincts les uns des autres et ayant chacun une culture et des mœurs différentes ! Il n’y a donc aucune raison pour que des gens viennent s’installer dans un pays et tentent d’y imposer leur culture et leurs mœurs pour qu’elles remplacent celles dudit pays !</p>

<p>Mais durant le même Moyen-Âge, les hommes ont aussi fait l’erreur de penser qu’ils pouvaient coloniser les autres pays et y importer et imposer leur culture et leurs mœurs. On en est ensuite revenus. Alors si on a progressivement mis fin à la colonisation au début du XXe siècle, ce n’est pas pour se laisser nous-mêmes coloniser aujourd’hui par des individus de culture arabo-musulmane !</p>

<p>Que chacun reste chez soi et les vaches seront bien gardées !</p>

<p>À Rome, fais comme les Romains ; en France, faisons comme les Français ! Si tu ne veux pas vivre à la française, ne viens pas vivre en France ! Si tu veux vivre à l’arabo-musulmane, va/reste vivre dans un pays arabo-musulman !</p>

<p>Une fois de plus, ce discours-là devrait mettre tout le monde d’accord !</p>

<p>Hélas, ce n’est pas du tout le cas, puisque répétons-le, les élites dirigeantes (chefs d’entreprise, hommes politiques, etc), qui sont tous des libéraux-mondialistes, cautionnent cette importation culturelle, et plus précisément cette islamisation, autant par appât du gain que par conviction !</p>

<p>Tout cela est EFFRAYANT ! <br /><a href="https://x.com/cnews/status/1990350787117981855?s=46">https://x.com/cnews/status/1990350787117981855?s=46</a></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 08 Nov 2025 22:01:29 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La Chine a trouvé dans les archives américaines une source d’énergie qui pourrait alimenter son avenir pendant 20 000 ans et l’a fait fonctionner]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Arnaud Bertrand – Le 6 novembre 2025 – Source <a href="https://arnaudbertrand.substack.com/p/china-found-in-us-archives-an-energy">Blog de l’auteur</a></p><p>Je n’invente rien. Dans les années 1960, les États-Unis, plus précisément le Laboratoire national d’Oak Ridge dans le Tennessee avait inventé un type révolutionnaire de réacteur nucléaire qui pouvait fonctionner au thorium au lieu de l’uranium (beaucoup plus abondant et moins cher), sans risque de fusion, générant 50 fois moins de déchets et ne nécessitant pas d’eau. Puis, en raison d’une politique désordonnée, le programme a été abandonné en 1969 et le visionnaire scientifique derrière cette invention a été renvoyé chez lui.</p><p>Par la suite, les plans déclassifiés du projet sont restés oubliés dans les archives pendant des décennies. Jusqu’à ce que des scientifiques chinois les trouvent et décident, en 2011, de mener un projet expérimental dans le désert du Gansu pour voir s’ils pouvaient le faire fonctionner.</p><p>Il y a quelques jours, après 14 ans de travail, ils ont finalement réussi.</p><p>Voici l’histoire complète. Comment fonctionne la technologie, la politique bureaucratique qui l’a tuée aux Etats-Unis, et pourquoi cela pourrait véritablement changer la donne.</p><p>Tout d’abord, permettez-moi d’expliquer l’énergie nucléaire conventionnelle parce que je me suis rendu compte au cours des discussions de ces derniers jours que beaucoup de gens ne connaissent pas très bien son fonctionnement.</p><p>Une centrale nucléaire conventionnelle est fondamentalement comme une bouilloire géante pour faire bouillir de l’eau. Au fond, c’est essentiellement ça : vous déclenchez une réaction nucléaire en chaîne dans les barres de combustible d’uranium (les atomes se divisent et libèrent des particules qui divisent plus d’atomes, c’est-à-dire une “fission”), cela génère une quantité folle de chaleur, vous utilisez cette chaleur pour faire bouillir de l’eau en vapeur, et la vapeur fait tourner des turbines pour produire de l’électricité.</p><p>Ce qui est assez drôle est que beaucoup de gens ne réalisent pas qu’une centrale nucléaire n’est fondamentalement pas une technologie si différente de la machine à vapeur du 18ème siècle. C’est le même concept de base avec la vapeur qui fait le travail, sauf qu’au lieu de brûler du charbon pour chauffer l’eau, nous utilisons des barres de combustible à l’uranium.</p><p>Assez simple en théorie mais, comme nous le savons tous, en pratique, l’énergie nucléaire conventionnelle présente des inconvénients assez importants :</p>
<p>Sécurité. Nous connaissons tous ce problème : les centrales nucléaires conventionnelles ont une fâcheuse tendance à fondre et à rendre des régions entières radioactives et inhabitables pendant des millénaires. Ce qui est, disons, un résultat peu recommandé. Il est vrai que cela ne s’est produit que deux fois dans l’histoire, mais le risque est bien réel.<br />Pénurie d’uranium. Ces substances sont relativement rares et concentrées dans quelques pays seulement (quatre pays seulement – le Kazakhstan, le Canada, la Namibie et l’Australie – produisent ensemble 80% de l’uranium mondial).<br />Inefficacité du carburant. Les réacteurs conventionnels n’extraient qu’environ 1 à 3% de l’énergie contenue dans l’uranium avant que les barres de combustible ne soient “épuisées« . Vous jetez littéralement 97 à 99% du combustible sous forme de déchets radioactifs.<br />Déchets nucléaires. Le combustible usé reste mortellement radioactif pendant des dizaines de milliers d’années. Nous n’avons pas de solutions de stockage permanentes, juste des installations temporaires et beaucoup d’optimisme – probablement naïf – que les générations futures découvriront un moyen d’y remédier.</p>
<p>En raison de tous ces inconvénients, les scientifiques recherchent des alternatives depuis des décennies. Et en fait, ils en ont trouvé une en remontant dans les années 1940, au Laboratoire national d’Oak Ridge dans le Tennessee, un centre de R &amp; D financé par le gouvernement américain.</p><p>L’idée est en fait assez simple : si une fusion – comme quand les barres de combustible d’uranium deviennent si chaudes qu’elles fondent – est le principal danger des centrales nucléaires conventionnelles, pourquoi ne rendons-nous pas le combustible nucléaire liquide? Il n’y a rien à fondre si c’est déjà fondu… Et là, vous avez l’idée de base du “Réacteur à sels fondus” (MSR).</p><p class="wp-caption-text">Exemple de schéma de réacteur à sels fondus</p><p>La façon dont cela fonctionne est que vous prenez des sels spéciaux (comme des sels de fluorure) et que vous les chauffez jusqu’à ce qu’ils se liquéfient, à environ 500°C. Ensuite, vous dissolvez votre combustible nucléaire (thorium ou uranium) directement dans ce sel fondu et faites en sorte que la réaction nucléaire en chaîne se produise là dans le liquide – les atomes se divisent, dégagent de la chaleur, réchauffent le sel lui-même.</p><p>Comment est-ce plus sûr, je vous entends demander ? Grâce à une conception assez astucieuse où le fond du réacteur est lui-même constitué de sels non fondus qui fondraient si jamais les sels fondus surchauffaient (le “bouchon de congélation” que vous voyez sur le schéma ci-dessus). Et si ces sels non fondus fondaient, cela ferait tomber automatiquement les sels fondus surchauffés – par la seule gravité – dans des réservoirs muets d’urgence dont la géométrie (ce sont de larges récipients plats) arrêterait automatiquement la réaction nucléaire.</p><p>Pensez-y de cette façon. Imaginez pour les besoins de l’argument que vous faites un feu de camp – un paquet serré de bâtons brûlants – au-dessus d’une épaisse couche de glace, à quelques mètres sous laquelle se trouve juste du béton plat. Si votre feu de camp devient trop chaud, la glace fond et vos bâtons s’étalent à plat sur le béton en dessous : le feu s’éteint car il ne peut pas sauter entre les bâtons. Concept assez similaire.</p><p>Pour être clair, dans ce concept MSR, ces sels fondus chauds mélangés à du combustible nucléaire doivent encore finalement chauffer de l’eau (ou un autre gaz, comme nous le verrons plus tard) en vapeur pour faire tourner des turbines et produire de l’électricité ; même principe de base que les réacteurs conventionnels. Mais voici la principale différence : le sel fondu radioactif s’écoule à travers des tuyaux métalliques à l’intérieur d’un échangeur de chaleur, où il chauffe l’eau propre qui coule de l’autre côté sans que les deux ne se mélangent jamais. Cela signifie que les sels radioactifs restent complètement séparés dans leur propre boucle fermée, tandis que seule la vapeur propre et non radioactive va aux turbines. S’il y a une fuite dans le système de vapeur, vous ne libérez pas de matières radioactives dans l’environnement, vous libérez simplement de l’eau propre.</p><p>Il y a un autre avantage de sécurité tout aussi important mais moins évident : les MSR fonctionnent à la pression atmosphérique – la même pression que l’air qui nous entoure. Les réacteurs conventionnels fonctionnent à plus de 150 atmosphères car ils utilisent de l’eau comme liquide de refroidissement, et pour maintenir l’eau liquide à 300°C+ – 3 fois son point d’ébullition normal – vous avez besoin d’une pression intense. Cela signifie que les réacteurs conventionnels nécessitent des cuves sous pression en acier massives avec des parois jusqu’à un pied d’épaisseur, pesant des centaines de tonnes. Et si jamais ces vaisseaux tombaient en panne, vous auriez une explosion massive : un peu comme un pneu de voiture qui éclate, sauf que la taille est celle d’une centrale nucléaire, et répandrait des éléments radioactifs mortels partout. Comparativement, si un tuyau MSR fuit, vous obtenez juste un goutte-à-goutte lent de sel fondu qui se solidifie au contact de l’air : ennuyeux, mais pas catastrophique.</p><p>Cela a aussi incidemment un impact énorme sur l’économie : le récipient sous pression représente à lui seul une grande partie des raisons pour lesquelles les centrales nucléaires conventionnelles coûtent 6 à 10 milliards de dollars pièce (ou, dans le cas de Vogtle, la dernière centrale nucléaire des États-Unis, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Vogtle_Electric_Generating_Plant">18 milliards de dollars pièce</a>) et prennent une décennie à construire (11 ans dans le cas de Vogtle). Se débarrasser de l’exigence de pression rend les MSR considérablement moins chers et plus rapides à construire.</p><p>Voilà pour la sécurité. Comment les autres inconvénients sont-ils résolus ? Examinons maintenant la rareté de l’uranium et l’inefficacité du combustible.</p><p>L’immense avantage des MSR est que, contrairement aux réacteurs conventionnels, vous pouvez utiliser du thorium à la place de l’uranium. Ce qui est énorme car le thorium est <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Abundance_of_elements_in_Earth%27s_crust">un élément beaucoup plus courant</a> que l’uranium : il se produit à environ 9-10 parties par million (ppm) dans la croûte terrestre – à peu près aussi courant que le plomb – contre seulement 2-3 ppm pour l’uranium.</p><p>Un aspect clé à comprendre cependant est que le thorium, contrairement à l’uranium, n’est PAS une matière dite “fissile”, ce qui signifie qu’il ne peut pas soutenir une réaction nucléaire en chaîne par lui-même. Il est simplement « fertile« , ce qui signifie qu’il peut devenir “fissile”, mais seulement après avoir été transformé, et dans ce cas transformé en uranium 233.</p><p>C’est ce qu’on appelle la “reproduction”. Vous créez du combustible nucléaire à partir de matière non-combustible. Le processus de transformation se déroule de la manière suivante : lorsqu’un atome de Thorium-232 absorbe un neutron (rappelez-vous, les neutrons volent constamment dans un réacteur actif à cause de la division des atomes), il devient du thorium-233. Ensuite, le thorium-233 se désintègre naturellement-en environ 22 minutes, en Protactinium-233. Ensuite, le protactinium-233 se désintègre, en environ 27 jours, en uranium-233. Et voilà : l’uranium 233 est fissile, ce qui signifie qu’il peut maintenant se diviser et entretenir la réaction en chaîne. Donc, en environ un mois, vous avez converti un atome non combustible (thorium) en atome combustible (Uranium-233) simplement en le faisant reposer dans le réacteur pour qu’il absorbe les neutrons. Tant que vous continuez à ajouter du thorium et qu’il continue à absorber des neutrons, vous produisez continuellement de nouveaux combustibles.</p><p>Attendez, pourquoi ne pouvez-vous pas faire cette « reproduction » en transformant le Thorium-232 en uranium-233 fissile dans un réacteur conventionnel ? Techniquement, vous pourriez, mais vous seriez confronté à un problème insurmontable : vous ne pouvez pas réaliser un cycle de reproduction autonome avec du combustible solide. Donc, vous reproduiriez de l’U-233, mais pas assez pour à la fois soutenir la réaction ET reproduire plus d’U-233 à partir de thorium frais. Vous resteriez dépendant de l’uranium importé et revenez au même problème.</p><p>La beauté des MSR cependant est que, parce que le combustible est liquide et fluide, vous pouvez continuellement ajouter du thorium frais, l’uranium-233 se reproduit et reste dans le liquide où il participe immédiatement à la réaction nucléaire en chaîne ET à la production de plus d’uranium-233 à partir du thorium, tandis que le tout continue de fonctionner et de générer de l’énergie. En substance, vous avez créé une machine à mouvement perpétuel pour le combustible nucléaire : le réacteur fabrique son propre combustible à partir de thorium tout en fonctionnant simultanément avec ce combustible, en reproduisant davantage à mesure qu’il le brûle.</p><p>Il y a un autre énorme avantage. Rappelez-vous comment les réacteurs conventionnels n’extraient qu’environ 1 à 3% de l’énergie contenue dans l’uranium avant que les barres de combustible ne soient “épuisées”. C’est parce que les déchets de fission s’accumulent dans le combustible solide et empoisonnent la réaction, la faisant s’arrêter, un peu comme la pâte à pain cesse de lever une fois que trop de CO2 s’accumule ; les déchets de la réaction finissent par étouffer la réaction elle-même.</p><p>Il n’y a pas un tel problème avec les MSR car dans un système à combustible liquide, vous pouvez éliminer chimiquement les déchets de fission du sel liquide qui s’écoule pendant que le réacteur continue de fonctionner, et ainsi extraire près de 99% de l’énergie du combustible, au lieu d’en gaspiller 97-99%. C’est une amélioration de 30 à 50 fois au niveau de l’efficacité énergétique !</p><p>Cela signifie que notre problème de déchets nucléaires est également en grande partie résolu. Premièrement, il y a 30 à 50 fois moins de déchets parce que vous extrayez 30 à 50 fois plus d’énergie du carburant ; une mathématique de base. Deuxièmement, le peu de déchets qui restent est beaucoup moins méchant : contrairement aux déchets des réacteurs conventionnels qui restent dangereusement radioactifs pendant des dizaines de milliers d’années (plus longtemps que l’histoire humaine enregistrée), les déchets MSR n’ont besoin que d’un stockage sécurisé pendant 300 à 500 ans. C’est encore long mais construire des installations de stockage qui durent une poignée de siècles est un défi d’ingénierie relativement trivial, nous savons comment le faire alors que nous ne savons pas comment construire quoi que ce soit destiné à rester en sécurité pendant potentiellement 100 000 ou 200 000 ans.</p><p>Dernier point critique : contrairement aux réacteurs conventionnels, les MSR n’ont pas besoin d’être construits à côté de sources d’eau massives, ils peuvent être construits essentiellement n’importe où. En fait, le réacteur MSR “TMSR-LF1” chinois, le projet révolutionnaire dont nous discutons, est situé dans le comté de Minqin, dans la province du Gansu, l’une des régions les plus arides de Chine, juste au bord du désert de Gobi (voir capture d’écran ci-dessous, vous pouvez <a href="https://maps.app.goo.gl/xHnEajx52W6UYRjg9">consulter la carte vous-même ici</a>).</p><p class="wp-caption-text">L’usine MSR chinoise « TMSR-LF1 » est située dans le comté de Minqin, dans la province du Gansu, l’une des régions les plus arides de Chine</p><p>Attendez, je vous entends dire, je pensais que les MSR devaient également vaporiser de l’eau pour faire tourner les turbines et produire de l’électricité ? Eh bien, pas toujours : rappelez-vous comment j’ai écrit “ou un autre gaz, comme nous le verrons plus tard” comme une mise en garde ? C’est le cas ici. Le réacteur actuel est un projet de démonstration testant le cycle du combustible au thorium sans produire d’électricité (il n’y a donc pas de turbine), mais la Chine commence déjà à construire la centrale proprement dite sur le même site : un réacteur de 60 MW qui produira 10 MW d’électricité en utilisant des turbines à dioxyde de carbone supercritiques au lieu de la vapeur traditionnelle. Le CO2 reste dans une boucle pressurisée fermée ; le sel fondu chaud le chauffe, il fait tourner la turbine, le refroidissement à l’air ambiant le refroidit, et cela recommence. Aucune eau nécessaire n’importe où dans le système.</p><p>Concrètement, cela signifie que les MSR peuvent être déployés dans les provinces occidentales pauvres en eau de la Chine (comme le Nord du Gansu dans ce cas), dans les déserts d’Asie centrale le long des Nouvelles routes de la soie, ou même – laissez-moi vous épater ici – sur la lune (<a href="https://www.reuters.com/business/energy/china-led-lunar-base-include-nuclear-power-plant-moons-surface-space-official-2025-04-23/">oui, vraiment !</a>). Partout où un besoin stratégique l’exige, quelle que soit la disponibilité de l’eau.</p><p>D’accord, je l’admets, c’est devenu un peu technique. Mais vous deviez comprendre ce que font réellement les MSR et pourquoi ils sont révolutionnaires, sinon cet article n’aurait guère de sens.</p><p>Une chose que je n’ai pas expliquée cependant, c’est le sort de ce programme d’Oak Ridge : pourquoi l’Amérique a-t-elle inventé une technologie aussi prometteuse, l’a démontrée avec succès, puis a arrêté le programme et publié toutes les recherches publiquement ? C’est la grande ironie : le programme MSR chinois, qui pourrait être la clé de son avenir, est construit sur la base de plans américains déclassifiés.</p><p>Voici ce qui rend cette histoire particulièrement « embarrassante » si on la regarde d’un point de vue américain, surtout si les MSR tiennent leur promesse et finissent par devenir très conséquents pour l’avenir énergétique de la Chine : l’Amérique n’a pas seulement théorisé sur les réacteurs à sels fondus, ils en ont en fait construit un !</p><p>À Oak Ridge dans les années 1960, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Alvin_M._Weinberg">le directeur Alvin Weinberg</a> croyait sincèrement que les MSR étaient l’avenir de l’énergie nucléaire. Il a convaincu la Commission de l’énergie atomique de financer un test approprié. L’expérience du Réacteur à sels fondus (MSRE) a duré de 1965 à 1969, quatre ans, enregistrant <a href="https://www.ornl.gov/blog/time-warp-molten-salt-reactor-experiment-alvin-weinbergs-magnum-opus">plus de 13 000 heures de fonctionnement</a>. Ils ont prouvé que le concept fonctionnait. Le circuit d’alimentation en sel fondu était stable. Les dispositifs de sécurité passive fonctionnaient exactement comme prévu (ceux que j’ai expliqués ci-dessus avec l’analogie du feu de camp sur glace).</p><p>Ils n’ont jamais démontré le cycle complet de reproduction – transformant le thorium en uranium 233 à l’intérieur d’un réacteur en marche – mais ils avaient suffisamment prouvé que la voie à suivre était claire. Weinberg a continué à chercher. Il avait les données. Il avait l’expérience opérationnelle. Il avait une technologie qui pouvait résoudre les plus gros problèmes de l’énergie nucléaire.</p><p>Puis la politique s’en est mêlée.</p><p>Au début des années 1970, l’administration Nixon avait décidé que l’avenir appartenait au Réacteur surgénérateur rapide à métal Liquide (LMFBR) – une technologie concurrente. L’homme chargé d’y arriver était Milton Shaw, qui dirigeait la division des réacteurs de la Commission de l’énergie atomique. Shaw était un protégé de l’amiral Rickover, le père légendaire et abrasif de la marine nucléaire. Il avait complètement <a href="https://energyfromthorium.com/2008/09/23/milton-shaw-and-the-decline-of-the-american-nuclear-establishment/">absorbé le style de gestion de son mentor</a> : à ma façon, pas de discussion, et si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre moi.</p><p>Weinberg a continué à plaider en faveur des réacteurs à sels fondus. Pire encore, il n’arrêtait pas de souligner publiquement les problèmes de sécurité liés à la construction de réacteurs conventionnels partout ; le genre de vérité qui rend les bureaucrates nerveux. Cela le rendit incommode.</p><p>Selon <a href="https://moltensalt.org/references/static/downloads/pdf/WhyMSRsAbandonedORNLWeinbergsFiringV3.pdf">les propres mots de Weinberg</a> : “Il était clair que [Shaw] avait peu confiance en moi ou, d’ailleurs, en le Laboratoire national d’Oak Ridge. Après tout, nous poussions pour du sel fondu, pas du LMFBR.”</p><p>Il a été licencié en 1973. À ce moment-là, le réacteur à sels fondus était déjà mort, Shaw l’avait forcé à fermer en 1969.</p><p>L’équipe de Shaw a produit un rapport (<a href="https://7c17075a.flowpaper.com/WASH12221/">WASH-1222</a>) déclarant que les MSR « nécessitaient trop de développement » tout en désignant les LMFBR comme la « technologie mature » que l’Amérique devait poursuivre. Peu importe que le MSR ait fonctionné pendant plusieurs années alors que les LMFBR en étaient encore à la planche à dessin. Les décisions politiques ne nécessitent pas de cohérence logique.</p><p>Et bien sûr, cela s’est avéré être un mauvais choix : la technologie LMFBR “mature” sur laquelle les États-Unis ont tout misé n’a abouti absolument nulle part. Ils ont essayé de développer un projet autour de celui-ci appelé <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Clinch_River_Breeder_Reactor_Project">le surgénérateur de Clinch River</a>, autorisé en 1970 avec un prix initial de 400 millions de dollars. En 1983, les coûts avaient grimpé à 8 milliards de dollars sans fin en vue. Le Congrès a interrompu le financement en octobre 1983 ; le réacteur n’a jamais été achevé et aucun watt d’électricité n’avait été produit.</p><p>Cette perte pour l’Amérique est devenue un gain pour la Chine de la manière la plus littérale possible. Oak Ridge, comme il est normal pour un tel projet, avait documenté son travail par des centaines de rapports techniques, rapports d’avancement semestriels de 1958 à 1967, spécifications techniques détaillées, données sur la science des matériaux, journaux opérationnels du MSRE. Après la fin du programme en 1976, ces rapports sont devenus accessibles au public, se trouvant dans des bibliothèques techniques et des archives largement oubliées.</p><p>En 2002, Kirk Sorensen, ingénieur aérospatial à la NASA, les a découverts et, avec son collègue Bruce Patton, <a href="https://energyfromthorium.com/2011/04/26/five-years-eft/">a obtenu un financement</a> pour les numériser. En 2006, Sorensen avait créé <a href="https://energyfromthorium.com/">energyfromthorium.com</a>, et a tout publié en ligne en tant que référentiel public. Gratuit. Accessible à tous.</p><p>La Chine a utilisé cette recherche américaine accessible au public comme fondement de son programme MSR, un fait qu’elle reconnaît ouvertement. Xu Hongjie, scientifique principal du projet MSR de la Chine, <a href="https://www.scmp.com/news/china/science/article/3306933/no-quick-wins-china-has-worlds-first-operational-thorium-nuclear-reactor">a déclaré lors d’une réunion de l’Académie chinoise des sciences</a> plus tôt cette année : “Les États-Unis ont rendu leurs recherches accessibles au public, en attendant le bon successeur. Nous étions ce successeur.”</p><p>Ce qui est vrai, une technique scientifique révolutionnaire ne devrait pas prendre la poussière pendant un demi-siècle simplement parce qu’un pays a perdu son sang-froid. Si l’Amérique n’était pas disposée à adopter la vision de Weinberg, quelqu’un d’autre devait le faire. Ce quelqu’un s’est avéré être la Chine.</p><p>La Chine ne s’est pas contentée de dépoussiérer les plans d’Oak Ridge et d’en construire une réplique. Ils ont fait ce que Weinberg n’a jamais eu la possibilité de finir : ils ont bouclé la boucle.</p><p>Rappelez-vous la pièce manquante critique de l’expérience d’Oak Ridge ? Le MSRE a prouvé que vous pouviez faire fonctionner un réacteur à sels fondus. Il a prouvé que les systèmes de sécurité fonctionnaient. Il a même prouvé que vous pouviez utiliser de l’uranium 233 comme combustible. Mais il n’a jamais démontré le cycle de reproduction autonome – le réacteur créant continuellement son propre combustible à partir de thorium tout en fonctionnant, la “machine à mouvement perpétuel” que j’ai décrite plus tôt. C’était le saint graal, la chose qui rendrait l’ensemble du concept révolutionnaire plutôt qu’intéressant.</p><p>Il y a quelques jours, la Chine y est parvenue.</p><p>Leur réacteur TMSR-LF1 dans le Gansu a achevé avec succès la première conversion de thorium en uranium au monde à l’intérieur d’un réacteur à sels fondus en fonctionnement. L’Institut de Physique Appliquée de Shanghai de l’Académie Chinoise des Sciences <a href="https://www.chinadaily.com.cn/a/202511/05/WS690aa6e3a310f215074b9062.html">a annoncé avoir obtenu</a> des données expérimentales valides prouvant le fonctionnement du cycle du combustible au thorium ; le thorium-232 capturant en continu les neutrons et se transformant en uranium-233 à l’intérieur du réacteur en fonctionnement.</p><p>Cela peut sembler une étape progressive : « d’accord, ils ont réussi, et alors ? » Mais comprenez ce que cela débloque : cela prouve que le cycle du combustible au thorium fonctionne. Cela signifie que la Chine peut désormais, en principe, concevoir et construire des réacteurs fonctionnant indéfiniment au thorium, disponible sur le marché intérieur, sans dépendance vis-à-vis des approvisionnements étrangers en uranium et sans vulnérabilité aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement.</p><p>En fait, <a href="https://www.chinadaily.com.cn/a/202511/05/WS690aa6e3a310f215074b9062.html">selon Cai Xiangzhou</a>, directeur adjoint de l’Institut de physique appliquée de Shanghai (qui dirige le projet), la Chine n’a pratiquement AUCUNE dépendance externe vis-à-vis de cette technologie : « Plus de 90% des composants du réacteur sont produits dans le pays, avec une localisation à 100% des pièces clés et une chaîne d’approvisionnement totalement indépendante. Cette réalisation marque la mise en place initiale d’un écosystème industriel pour les technologies des réacteurs à sels fondus au thorium en Chine« .</p><p>Et c’est sans parler du thorium lui-même, dont la Chine dispose d’énormes réserves. Certaines estimations suggèrent qu’elles suffiraient pour alimenter le pays pendant 20 000 à 60 000 ans. Ce n’est pas une faute de frappe. Des dizaines de milliers d’années d’indépendance énergétique grâce aux ressources nationales, avec une technologie que la Chine contrôle désormais de bout en bout.</p><p>Pour être clair, il y a encore un long chemin à parcourir. Le TMSR-LF1 actuel est un réacteur de démonstration thermique de 2 mégawatts – il prouve simplement que le cycle de reproduction fonctionne, mais il ne produit pas d’électricité. C’est essentiellement une preuve de concept : « Oui, nous pouvons reproduire de l’uranium 233 à partir de thorium dans un réacteur à sels fondus. » Un jalon critique, mais pas encore une centrale électrique.</p><p>La prochaine étape est déjà en cours. La construction a commencé cette année sur ce qui est effectivement le grand frère de TMSR-LF1 sur le même site du Gansu : un réacteur qui ajoutera la partie production d’électricité. Il est conçu pour produire 10 MW d’énergie électrique en utilisant les turbines à dioxyde de carbone supercritique (sCO2) que j’ai mentionnées précédemment.</p><p>La chose incroyable, qui met vraiment en évidence le niveau d’ambition de la Chine sur ce projet, est que les turbines sCO2 sont elles-mêmes une technologie de pointe. En fait, pour autant que je sache, ce serait la première centrale nucléaire au monde à utiliser cette technologie de turbine pour la production d’électricité. <a href="https://energy.wisc.edu/industry/technology-highlights/supercritical-co2-gas-turbines">Selon le Wisconsin Energy Institute</a>, le remplacement des turbines à vapeur traditionnelles par des turbines à gaz à cycle fermé sCO2 pourrait augmenter l’efficacité de la production d’électricité de 50% ou plus ; une amélioration transformatrice pour toute technologie de production d’électricité.</p><p>Ainsi, la Chine prouve simultanément une toute nouvelle technologie de réacteur nucléaire (MSR à reproduction du thorium) ET une technologie révolutionnaire de turbine (CO2 supercritique), et ils construisent tout cela comme une centrale électrique intégrée dans le désert de Gobi. Quelle ambition !</p><p>Si cela fonctionne – et la partie la plus compliquée vient d’être faite – la Chine aura dépassé le nucléaire conventionnel dans une toute nouvelle catégorie de production d’électricité. Non seulement plus sûr et moins cher que les réacteurs traditionnels, mais fondamentalement plus efficace pour convertir la chaleur en électricité. Et bien sûr, encore une fois, tous utilisant du thorium abondant comme source d’énergie.</p><p>La dernière étape consiste à démontrer l’état de préparation à la commercialisation. <a href="https://www.chinadaily.com.cn/a/202511/05/WS690aa6e3a310f215074b9062.html">Cai Xiangzhou affirme</a> que l’objectif est « d’achever la construction et la démonstration d’un prototype thermique de 100 mégawatts d’ici 2035 et de réaliser une application à l’échelle commerciale. » Un réacteur de 100 MW est petit par rapport aux normes nucléaires conventionnelles – la plupart des réacteurs modernes font plus de 1 000 MW – mais il est suffisamment grand pour valider les caractéristiques économiques et opérationnelles nécessaires au déploiement commercial.</p><p>Si un MSR au thorium de 100 MW peut fonctionner de manière fiable et produire de l’électricité à un coût compétitif, la Chine disposera de tout ce dont elle a besoin pour commencer à construire ces réacteurs commercialement. Et étant donné qu’elle contrôle l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement au niveau national – du thorium lui-même à chaque composant clé – il n’y a en théorie aucune barrière technique ou géopolitique qui les empêche de construire des dizaines, puis des centaines de ces réacteurs, dans tout le pays.</p><p>Pour être clair, en théorie, l’énergie générée par le MSR devrait être beaucoup moins chère que l’énergie nucléaire conventionnelle (qui est déjà relativement bon marché). C’est logique : le thorium est moins cher que l’uranium, il y a une meilleure utilisation du combustible, de 30 à 50 fois plus, les MSR seront beaucoup moins chers à construire (rappelez-vous: pas de récipient massif sous pression), vous pouvez faire le plein en direct pendant que la centrale est en activité, etc. Bien sûr, “en théorie” et “en pratique” sont séparés par des années de résolution des problèmes, des défis d’ingénierie imprévus et la réalité brutale des opérations dans le monde réel. La Chine a fait un pari massif que la théorie peut se réaliser en pratique. Mais s’ils ont raison – et rien jusqu’à présent n’indique que ce ne soit pas le cas – ils auront au moins une décennie d’avance sur tous les autres.</p><p>Si le pari MSR se concrétise, ce que cela pourrait signifier à terme pour la position stratégique de la Chine est presque trop grand pour être compris.</p><p>D’abord, l’évidence : l’indépendance vis-à-vis des goulots d’étranglement énergétiques. Pas de détroit d’hormuz. Pas de détroit de Malacca. Pas de vulnérabilité face à un blocus navals sur les expéditions de pétrole.</p><p>Deuxièmement, il ne s’agit pas seulement de production d’électricité : une énergie abondante et bon marché transforme toutes les industries à forte intensité énergétique. La fusion de l’aluminium, la production d’acier, la fabrication de produits chimiques, la fabrication de semi-conducteurs, les opérations des centres de données IA, tout cela devient structurellement encore moins cher à exploiter en Chine qu’il ne l’est déjà. Même le transport de marchandises : il y a quelques heures à peine, <a href="https://www.scmp.com/news/china/science/article/3331031/china-unveils-power-thorium-reactor-worlds-largest-cargo-ship">la Chine a annoncé son intention</a> de construire le plus grand cargo du monde, propulsé par… vous l’aurez deviné : un réacteur à sels fondus à base de thorium !</p><p>Le pays qui domine déjà la plus grande capacité manufacturière mondiale gagnerait encore un autre avantage de coût insurmontable dans les industries les plus stratégiques du 21e siècle.</p><p>Troisièmement : flexibilité de déploiement. La Chine pourrait construire ces centrales nucléaires sûres n’importe où ; au Tibet, au Xinjiang, dans les déserts intérieurs, les cargos, sur la lune, partout où la nécessité stratégique l’exige. Des pays d’Asie centrale sans ressources en eau mais avec beaucoup de désert ? Candidats parfaits pour les MSR. Pakistan, Kazakhstan, Ouzbékistan, tous des clients potentiels pour des réacteurs au thorium de construction chinoise sûrs qui ne nécessitent ni importation de combustible ni eau, et qui ne présentent aucun risque de fusion.</p><p>Quatrièmement, les effets en cascade sur d’autres technologies. Une électricité abondante et bon marché rend viables des processus auparavant non rentables. Par exemple, la production d’hydrogène à grande échelle pour l’industrie et les transports. Ce n’est probablement pas un hasard si le premier réacteur expérimental de 10 MW en construction en ce moment dans le Gansu <a href="http://english.sinap.cas.cn/Highlights/202412/t20241204_893098.html">est déjà prévu pour produire</a> ce que l’on appelle de “l’hydrogène violet”, un moyen de stocker de l’énergie sous forme d’hydrogène que vous pouvez ensuite utiliser comme combustible pour de nombreuses applications. La production traditionnelle d’hydrogène est coûteuse, mais le pari est évidemment que les MSR peuvent rendre la production d’hydrogène plus efficace et économiquement viable.</p><p>Mais surtout, ce projet MSR illustre une histoire plus profonde : celle d’une Chine qui ose là où l’Occident abandonne. Il ne s’agit pas seulement des MSR : dans pratiquement toutes les sources d’énergie, dans pratiquement tous les domaines imaginables, nous constatons la même dynamique. Nous vivons dans un monde où le bureaucratisme et le manque de vision grandiose, de rêves, ne sont pas une réalité dans un pays géré par un Parti communiste, mais dans les pays qui ne le sont pas.</p><p>L’histoire de la Chine reprenant le rêve de Weinberg est presque douloureusement symbolique. Les plans pour l’abondance de l’énergie prenaient la poussière dans les archives parce qu’ils ne correspondaient pas au moment politique et ont été tués par la bureaucratie. Et voici la Chine, travaillant méthodiquement grâce à ces documents américains déclassifiés, résolvant les problèmes qu’Oak Ridge n’a jamais pu terminer, construisant dans le Gansu l’avenir que le Tennessee a abandonné. Une civilisation en plein essor qui fouille et ravive littéralement les rêves abandonnés d’une civilisation en déclin, les archéologues du futur que l’Amérique a abandonné.</p>
<p>Addendum : le problème de la corrosion. Ajouté le 7 novembre 2025</p>
<p>Merci à tous pour les importantes réponses à mon article, je ne m’attendais pas à ce que le sujet de l’énergie nucléaire au thorium passionne autant de personnes !</p><p>Une réponse commune que j’ai reçue, sur laquelle je pense qu’il est très intéressant de développer davantage, est la conviction que le projet américain d’Oak Ridge dans les années 1960 a été arrêté en raison de problèmes de corrosion insurmontables et qu’à l’époque, il n’y avait tout simplement aucun matériau sur terre capable de gérer la nature profondément corrosive des sels fondus.</p><p>Tout d’abord, il est vrai que la corrosion ÉTAIT un défi technique majeur à Oak Ridge. Cependant, c’était un défi qu’ils étaient en bonne voie de résoudre. <a href="https://energyfromthorium.com/2012/06/15/1973-news-article/">Lisez cet article de 1973</a> : ils y expliquent qu’ils ont inventé un alliage appelé Hastelloy-N qui pouvait résister à la corrosion, mais lui-même avait des problèmes car il développait des fissures de surface. Cependant, ils ont également résolu ce problème en découvrant qu’“en ajoutant du titane à l’Hastelloy-N, à la fois le problème de fissuration et la fragilisation par rayonnement de l’Hastelloy-N pouvaient être atténués.”</p><p>Vous avez également <a href="https://energyfromthorium.com/2009/05/14/secretary-chus-answer-and-the-facts/">cet autre document</a> datant du début des années 1970 dans lequel ils expliquent à nouveau que l’Hastelloy-N contenant du titane et du niobium serait vraisemblablement parfait mais que, étant donné que le réacteur d’Oak Ridge avait été arrêté, il ne pouvait pas être testé.</p><p>En d’autres termes, le problème de la corrosion avait été en grande partie résolu – ou du moins était en voie de l’être – et ce n’est pas ce qui a arrêté le projet Oak Ridge. Ce qui l’a arrêté, comme je l’explique dans l’article, était un pari spectaculairement erroné des États-Unis : ils pensaient que l’avenir de l’énergie nucléaire appartenait au Surgénérateur rapide à métal liquide, pas au sel fondu. Ils y ont investi des milliards de dollars et cela n’a abouti à rien.</p><p>Quant à la Chine, elle a également travaillé très dur sur la question de la corrosion, avec de nombreuses recherches publiées sur le sujet. Dans leur réacteur à sels fondus du Gansu, ils utilisent un alliage appelé “GH3535” ; essentiellement la version améliorée chinoise de l’Hastelloy-N développé par Oak Ridge.</p><p>GH3535 est un superalliage à base de nickel avec à peu près la même composition chimique que l’Hastelloy-N (71% de nickel, 16% de molybdène, 7% de chrome et 4% de fer-5% dans le cas de l’Hastelloy-N) qui a été spécifiquement conçu pour résister à la corrosion par les sels fondus à des températures autour de 700°C.</p><p>Les Chinois ont publié de nombreux articles à ce sujet, y compris des recherches de pointe en 2024-2025 sur la manipulation de la fissuration des joints de grains induite par le tellure (exemples <a href="https://www.jcscp.org/article/2024/1005-4537/1005-4537-2024-44-5-1157.shtml">ici</a> et <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s41365-025-01771-8">ici</a>), ce qui est remarquablement similaire au problème exact qu’Oak Ridge essayait de résoudre avec leur Hastelloy-N modifié au titane.</p><p>La grande différence, bien sûr, est que le réacteur à sels fondus de la Chine fonctionne réellement, et bien qu’ils fassent encore des recherches pour l’optimiser davantage, cela démontre que le problème de corrosion pouvait être résolu avec une bonne dose d’engagement et de patience.</p><p>Arnaud Bertrand</p><p>Note du Saker Francophone</p><p>Ce projet a aussi été enterré en Occident car le cycle du nucléaire est avant tout un sujet militaire devant amener à produire du plutonium de qualité militaire pour la bombe ce que cette filière ne permet pas.  </p><p>Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 08 Nov 2025 14:53:42 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Quand New York s’incline, l’Occident capitule ! Par Rony Akrich – Ashdod Café]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://www.ashdodcafe.com/wp-content/uploads/2025/11/WhatsApp-Image-2025-11-05-at-07.26.52.jpeg" data-caption=""></a></p>
<p>L’élection de Zohran Mamdani à la mairie de New York n’est pas une simple anecdote politique : elle symbolise un basculement de civilisation. Ce qui s’est joué dans la nuit américaine, c’est la confrontation entre deux mondes : celui de l’Occident judéo-chrétien, fondé sur la raison, la liberté et la responsabilité, et celui d’un Occident nouveau, rongé par la culpabilité, la fragmentation et la haine de soi. Derrière les mots séduisants de “justice sociale” et “égalité”, s’avance un projet plus vaste : la subversion douce d’un modèle de civilisation.</p><p>Fils d’immigrés musulmans, Mamdani a été élu avec le soutien de tout l’appareil progressiste et woke — Alexandria Ocasio-Cortez, le Working Families Party, les mouvements de “justice climatique” et de “droits identitaires”. Sa campagne, enveloppée dans le langage de la compassion, promettait transports gratuits, logements publics, équité universelle. Mais sous ce vernis social s’est imposé un message idéologique : la culpabilisation morale de l’Occident et l’inversion du bien et du mal. Le même candidat qui exaltait la solidarité a accusé Israël de “génocide” et n’a évoqué le massacre du 7 octobre qu’à demi-mots. Ce n’est pas un simple glissement rhétorique : c’est le signe d’une mutation morale mondiale.</p><p>L’Occident n’est pas en train de mourir : il se dissout, lentement, sous l’effet d’un venin idéologique que ses propres élites ont fabriqué. L’ennemi n’est plus extérieur. Il se glisse dans le langage, dans la morale, dans le droit. Sous le visage séduisant du progrès social, il avance avec les armes de la vertu, les slogans de la justice et les apparences de la compassion. C’est le visage du nouveau pouvoir moral : celui de la déconstruction.<br />Née dans les campus européens d’après-guerre, la déconstruction a d’abord érodé les fondations intellectuelles de la civilisation : on a déconstruit l’Histoire, la nation, la famille, la foi, jusqu’à vider l’homme de toute identité stable. L’Europe a livré les concepts, l’Amérique a fourni les moyens. La première a théorisé la culpabilité ; la seconde en a fait une industrie. Sous couvert d’émancipation, on a appris à soupçonner tout héritage, à dénoncer toute fidélité. Le résultat : une humanité culpabilisée, désarmée, prête à accueillir sa propre négation comme progrès moral.</p><p>Les États-Unis, jadis foyer de la liberté, sont désormais frappés de plein fouet. Le pays devient le terrain d’expérimentation d’un puritanisme inversé : la religion du soupçon. Le lexique de la déconstruction — race, genre, privilège, domination — s’est allié au pouvoir bureaucratique pour imposer une nouvelle orthodoxie. Les universités et administrations se couvrent de départements “DEI” (Diversity, Equity, Inclusion) ; les entreprises se font morales, les réseaux sociaux inquisitoriaux. La vertu devient un outil de contrôle. Et dans le vide créé par la repentance occidentale, d’autres forces s’engouffrent.<br />Car au cœur de cette fragilisation s’est inséré un autre projet, plus méthodique : celui de l’entrisme islamiste. Il ne s’agit pas ici des millions de citoyens musulmans pacifiques et loyaux, mais d’un réseau idéologico-religieux qui, sous couvert d’intégration, vise à remodeler les sociétés d’accueil selon sa propre norme. Cette stratégie s’avance à pas comptés : associations, ONG, programmes sociaux, infiltration des partis, capture des symboles. Elle ne brandit plus le sabre, mais le droit ; non la violence, mais la culpabilité. On réclame d’abord reconnaissance, puis exceptions, qui deviennent précédents et enfin normes. L’État recule devant la peur d’être taxé de racisme, la démocratie s’incline devant ceux qui ne croient pas en elle. L’entrisme devient hégémonie douce.</p><p>Le “projet social” n’est plus un humanisme, c’est un instrument. Un moyen de phagocyter l’Amérique de l’intérieur, d’utiliser la bienveillance comme cheval de Troie, d’exploiter la honte occidentale pour imposer une nouvelle hiérarchie des valeurs. Le discours du “vivre ensemble” devient une arme : on efface les différences au nom de la tolérance, on détruit la fidélité au nom de l’ouverture, on rend suspecte toute attache au nom de l’universalité. C’est la conquête par absorption : on ne combat plus, on engloutit.</p><p>Ce phénomène n’est pas né aux États-Unis. Il vient d’Europe, où la philosophie de la déconstruction a remplacé la foi en la vérité par le culte du soupçon. Au départ, il s’agissait de penser autrement ; mais la critique s’est faite poison. L’Europe a engendré la théorie, l’Amérique lui a donné puissance : universités, médias, réseaux sociaux. Le progressisme s’est transformé en religion séculière, où la faute remplace le péché et la victimisation la vertu. Le totalitarisme du XXe siècle renaît sous la forme d’un moralisme sans transcendance.</p><p>Les États-Unis, laboratoire de la liberté, sont devenus le théâtre d’un totalitarisme sentimental. On ne brûle plus les livres : on les “contextualise”. On ne censure plus : on “protège des blessures”. On ne débat plus : on dénonce. Les départements de diversité ont remplacé la culture du mérite ; la peur de déplaire a remplacé le courage de penser. L’idéologie woke ne libère personne : elle discipline les consciences. Et dans cet affaissement, des forces patientes s’engouffrent.<br />Car l’entrisme islamiste, sous couvert de dialogue et de tolérance, utilise exactement les failles ouvertes par la déconstruction. Plus besoin de menaces : il suffit d’indignation. Plus besoin d’armes : il suffit d’accusations de “racisme” ou “d’islamophobie”. L’Europe et l’Amérique ont désarmé moralement leurs peuples et remis leur conscience à leurs adversaires. Dans un renversement spectaculaire, la tolérance devient le masque de la servitude volontaire.</p><p>Le plus inquiétant est la convergence entre ces deux dynamiques : la gauche progressiste et l’islamisme politique marchent désormais côte à côte, l’un fournissant le langage, l’autre la ferveur. Ensemble, ils dissolvent la civilisation occidentale dans un relativisme moral où plus rien n’a de valeur absolue — ni le vrai, ni le bien, ni la liberté. La religion du ressenti remplace la raison ; la compassion sans discernement devient doctrine d’État.<br />Une société ne meurt pas de ses ennemis, mais de ses renoncements. L’Occident ne s’effondre pas parce qu’il est attaqué, mais parce qu’il ne croit plus en sa légitimité. Il a troqué la fierté de ses racines contre le culte du doute. Il a oublié que la liberté exige un socle, que la tolérance suppose la force et que la paix se défend. Quand tout se vaut, plus rien ne vaut.</p><p>La civilisation judéo-chrétienne, fruit du dialogue entre Athènes et Jérusalem, unissait foi et raison, loi et conscience. Cet équilibre fragile a permis à l’homme occidental de chercher le vrai, d’assumer sa responsabilité. Le perdre, c’est perdre l’âme de l’humanité. Défendre cet héritage n’est pas nostalgie : c’est protéger l’avenir même de la liberté. Car sans transcendance, il ne reste que le pouvoir ; sans vérité, il ne reste que le bruit.<br />Il ne s’agit pas de rejeter l’Autre, mais de refuser la haine de soi. Pas de condamner les croyants, mais d’exposer les idéologues. Pas de fermer les portes, mais de restaurer les fondations. La vigilance n’est pas la peur, c’est la lucidité ; la fermeté n’est pas la haine, c’est le courage.</p><p>L’élection de Mamdani est un signal d’alarme : la preuve que le cœur du monde occidental bat désormais au rythme d’un discours qui le nie. Si l’Occident ne retrouve pas la conscience de lui-même, il sera avalé, non par la violence, mais par la douceur anesthésiante de ses fossoyeurs.<br />Il n’y a pas de fatalité. Il y a un choix : redevenir adulte, assumer son histoire, affirmer sa foi en la raison et sa confiance dans la liberté. Car protéger la civilisation occidentale, c’est défendre l’humanité de l’homme.</p><p>© 2025 Rony Akrich — Tous droits réservés<br />כל הזכויות שמורות</p><p>Ashdodcafe.com<br />Vous pouvez nous retrouver tous les jours sur notre <a href="https://chat.whatsapp.com/C05gcDCMnHMG4KGzqETGz9">groupe whatsapp</a> et recevoir notre  <a href="https://www.ashdodcafe.com/newsletter/?amp=1">newsletter hebdomadaire</a> en vous y inscrivant et en invitant vos amis à faire de même.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 01 Nov 2025 18:27:34 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[la recette traditionnelle française à découvrir]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Le pot-au-feu, ce plat emblématique de la gastronomie française, incarne l’essence même de la cuisine familiale et réconfortante. Symbole de convivialité et de tradition culinaire, ce mets rustique a traversé les siècles pour devenir un incontournable de nos tables. Avec ses viandes tendres, ses légumes savoureux et son bouillon parfumé, le pot-au-feu est bien plus qu’un simple plat : c’est une véritable institution qui réchauffe les cœurs et ravit les papilles, particulièrement apprécié lors des froides journées d’hiver.</p>
<p>Origines et histoire culinaire du pot-au-feu français</p>
<p>Le pot-au-feu puise ses racines dans l’histoire médiévale de la France. À l’époque, il était connu sous le nom de « viande au pot », un plat simple et nourrissant qui permettait aux paysans de tirer le meilleur parti des morceaux de viande les moins nobles. Au fil des siècles, cette préparation a évolué pour devenir le pot-au-feu que nous connaissons aujourd’hui.</p><p>Au XVIIIe siècle, le pot-au-feu gagne ses lettres de noblesse et s’impose comme un plat apprécié par toutes les classes sociales. Il devient un symbole de la cuisine bourgeoise, tout en restant accessible aux foyers plus modestes. C’est à cette époque que l’ajout de légumes variés et d’aromates devient systématique, enrichissant la saveur et la texture du plat.</p><p>Le célèbre gastronome Jean Anthelme Brillat-Savarin déclarait au XIXe siècle que</p><p>« le pot-au-feu est la base de la cuisine française »</p><p>. Cette affirmation témoigne de l’importance culturelle et culinaire de ce plat dans l’hexagone. Aujourd’hui encore, le pot-au-feu reste un pilier de la cuisine traditionnelle française, apprécié pour sa simplicité et sa capacité à rassembler les convives autour d’un repas chaleureux.</p>
<p>Sélection des ingrédients pour un pot-au-feu authentique</p>
<p>La réussite d’un bon pot-au-feu repose en grande partie sur le choix judicieux des ingrédients. Chaque élément joue un rôle crucial dans l’élaboration des saveurs et des textures qui font la renommée de ce plat. Examinons en détail les composants essentiels d’un pot-au-feu authentique.</p>
<p>Choix des viandes : bœuf à braiser et os à moelle</p>
<p>Le cœur du pot-au-feu réside dans la sélection des viandes. Traditionnellement, on privilégie des morceaux de bœuf à braiser, riches en collagène, qui se transforment en une chair tendre et savoureuse après une longue cuisson. Les morceaux les plus couramment utilisés sont :</p>
<p>Le gîte à la noix<br />La macreuse<br />Le plat de côtes<br />La queue de bœuf<br />Le paleron</p>
<p>L’ajout d’os à moelle est essentiel pour enrichir le bouillon et lui conférer une onctuosité incomparable. La moelle fond lentement pendant la cuisson, libérant ses saveurs et sa texture crémeuse dans le bouillon.</p>
<p>Légumes traditionnels : carottes, poireaux, navets</p>
<p>Les légumes apportent saveur, couleur et texture au pot-au-feu. Les incontournables sont :</p>
<p>Les carottes, pour leur douceur et leur couleur vive<br />Les poireaux, qui parfument délicatement le bouillon<br />Les navets, pour leur légère amertume qui équilibre les saveurs<br />Le céleri-branche, qui apporte une note aromatique distinctive</p>
<p>Ces légumes, cuits lentement dans le bouillon, s’imprègnent des saveurs de la viande tout en conservant leur intégrité. Il est important de choisir des légumes frais et de saison pour garantir une qualité optimale.</p>
<p>Aromates essentiels : bouquet garni, oignon piqué</p>
<p>Les aromates jouent un rôle crucial dans l’élaboration du bouquet aromatique du pot-au-feu. Le bouquet garni, composé traditionnellement de thym, de laurier et de persil, infuse ses parfums tout au long de la cuisson. L’oignon piqué de clous de girofle est un autre ingrédient clé, apportant une subtile note épicée au bouillon.</p><p>N’hésitez pas à expérimenter avec d’autres herbes aromatiques comme le romarin ou la sauge pour personnaliser votre recette. Cependant, veillez à ne pas surcharger le plat d’aromates au risque de masquer les saveurs naturelles des viandes et des légumes.</p>
<p>Importance de la qualité de l’eau et du sel</p>
<p>L’eau, bien qu’elle soit souvent négligée, est un ingrédient fondamental du pot-au-feu. Utilisez de préférence une eau faiblement minéralisée pour ne pas altérer le goût des autres ingrédients. Quant au sel, optez pour un sel de qualité, comme le sel de Guérande, qui apportera une saveur plus fine et complexe à votre plat.</p><p>Le dosage du sel est crucial : il faut en mettre suffisamment pour révéler les saveurs, mais pas trop pour ne pas masquer la subtilité des arômes. Une règle d’or est de saler légèrement au début de la cuisson et d’ajuster l’assaisonnement en fin de préparation.</p>
<p>Techniques de préparation et de cuisson</p>
<p>La réussite d’un pot-au-feu dépend autant de la qualité des ingrédients que des techniques de préparation et de cuisson employées. Maîtriser ces aspects est essentiel pour obtenir un plat savoureux et équilibré.</p>
<p>Méthode de blanchiment des viandes</p>
<p>Le blanchiment des viandes est une étape préliminaire souvent négligée mais cruciale pour obtenir un bouillon clair et dégraissé. Voici comment procéder :</p>
<p>Plongez les morceaux de viande dans une casserole d’eau froide<br />Portez à ébullition et laissez bouillir 2 à 3 minutes<br />Égouttez la viande et rincez-la à l’eau froide<br />Essuyez la viande avant de la remettre dans la marmite pour la cuisson finale</p>
<p>Cette technique permet d’éliminer les impuretés et l’excès de graisse, garantissant ainsi un bouillon plus raffiné et digeste.</p>
<p>Ordre d’ajout des ingrédients pour une cuisson optimale</p>
<p>L’ordre d’ajout des ingrédients est crucial pour obtenir une cuisson homogène et préserver les textures de chaque élément. Voici l’ordre recommandé :</p>
<p>Commencez par la viande et les os à moelle dans l’eau froide<br />Ajoutez les aromates (bouquet garni, oignon piqué) dès le début<br />Incorporez les légumes à cuisson longue (carottes, navets) après 1h30 de cuisson<br />Ajoutez les légumes plus fragiles (poireaux, céleri) 30 minutes avant la fin</p>
<p>Cette méthode permet d’obtenir une viande tendre, des légumes cuits à point et un bouillon savoureux et équilibré.</p>
<p>Gestion de la température et du temps de mijotage</p>
<p>La cuisson lente à feu doux est le secret d’un pot-au-feu réussi. Maintenez une température de frémissement, juste en dessous du point d’ébullition, pendant toute la durée de la cuisson. Un mijotage doux permet aux saveurs de se développer pleinement sans que la viande ne devienne sèche ou fibreuse.</p><p>Le temps de cuisson total varie généralement entre 3 et 4 heures, selon la taille et la nature des morceaux de viande choisis. Un bon indicateur de cuisson est lorsque la viande se détache facilement à la fourchette.</p>
<p>Écumage et clarification du bouillon</p>
<p>L’écumage régulier du bouillon est essentiel pour obtenir un résultat limpide et savoureux. Utilisez une écumoire pour retirer délicatement l’écume qui se forme à la surface du bouillon, particulièrement au début de la cuisson. Cette opération permet d’éliminer les impuretés et d’obtenir un bouillon clair et raffiné.</p><p>Pour une clarification plus poussée, vous pouvez utiliser la technique du clarificateur : battez un blanc d’œuf avec un peu d’eau froide et ajoutez-le au bouillon chaud. Les protéines de l’œuf vont coaguler et emprisonner les impuretés, que vous pourrez ensuite retirer facilement.</p>
<p>Présentation et service du pot-au-feu</p>
<p>La présentation et le service du pot-au-feu sont des aspects importants qui contribuent à l’expérience gustative globale. Une mise en scène soignée et des accompagnements bien choisis subliment ce plat traditionnel.</p>
<p>Dressage traditionnel à la française</p>
<p>Le dressage traditionnel du pot-au-feu à la française suit généralement ces étapes :</p>
<p>Servez le bouillon chaud en entrée, garni de quelques légumes coupés et de vermicelles si désiré<br />Présentez les viandes sur un grand plat, entourées des légumes<br />Disposez les os à moelle sur une assiette séparée<br />Proposez le reste du bouillon à part, dans une soupière</p>
<p>Cette présentation permet aux convives de se servir selon leurs préférences et maintient les différents éléments du plat à la bonne température.</p>
<p>Accompagnements classiques : moutarde, cornichons, gros sel</p>
<p>Les accompagnements traditionnels du pot-au-feu sont essentiels pour rehausser les saveurs et apporter des contrastes gustatifs intéressants. Voici les incontournables :</p>
<p>La moutarde forte, qui relève la viande<br />Les cornichons, pour leur acidité qui coupe le gras<br />Le gros sel, pour ajuster l’assaisonnement à sa convenance<br />Le raifort râpé, pour les amateurs de sensations plus piquantes</p>
<p>N’oubliez pas de proposer du pain de campagne frais pour accompagner le repas et saucer le délicieux bouillon.</p>
<p>Utilisation du bouillon en entrée ou en soupe</p>
<p>Le bouillon du pot-au-feu est un trésor culinaire à part entière. Voici quelques suggestions pour l’utiliser :</p>
<p>Servez-le en entrée, simplement garni de quelques légumes coupés finement<br />Transformez-le en soupe en y ajoutant des vermicelles ou des petites pâtes<br />Utilisez-le comme base pour d’autres soupes ou sauces</p>
<p>Le bouillon peut également être congelé pour une utilisation ultérieure, ce qui en fait un excellent fond de cuisine pour vos préparations futures.</p>
<p>Variations régionales et modernisation du pot-au-feu</p>
<p>Bien que le pot-au-feu soit un plat emblématique de la cuisine française, il existe de nombreuses variations régionales et des réinterprétations modernes qui témoignent de sa versatilité et de son évolution constante.</p>
<p>Pot-au-feu bourguignon avec vin rouge</p>
<p>En Bourgogne, région réputée pour ses vins, le pot-au-feu prend une tournure particulière avec l’ajout de vin rouge dans le bouillon. Cette variante, appelée pot-au-feu bourguignon , apporte une profondeur et une complexité supplémentaires aux saveurs du plat. Le vin rouge, généralement un Bourgogne, est ajouté en début de cuisson et confère au bouillon une belle couleur rubis et des notes fruitées.</p><p>Pour réaliser cette version, remplacez environ un quart du liquide de cuisson par du vin rouge de qualité. Veillez à choisir un vin que vous apprécieriez boire, car ses arômes vont imprégner l’ensemble du plat.</p>
<p>Version provençale aux herbes de provence</p>
<p>Dans le sud de la France, le pot-au-feu s’enrichit des saveurs méditerranéennes avec l’ajout d’herbes de Provence. Cette version ensoleillée, parfois appelée aïgo boulido en provençal, se distingue par son bouquet aromatique intense. Les herbes de Provence (thym, romarin, origan, sarriette) sont ajoutées au bouquet garni traditionnel, apportant une fraîcheur et une légèreté caractéristiques de la cuisine du sud.</p><p>Pour une touche encore plus provençale, n’hésitez pas à inclure quelques gousses d’ail écrasées et un zeste d’orange dans votre bouillon. Ces ajouts subtils transformeront votre pot-au-feu en une véritable ode aux saveurs méditerranéennes.</p>
<p>Réinterprétations gastronomiques par des chefs étoilés</p>
<p>Les chefs étoilés s’emparent régulièrement du pot-au-feu pour en proposer des versions revisitées et raffinées. Ces réinterprétations modernes conservent l’esprit du plat tout en y apportant une touche de créativité et de sophistication. Voici quelques exemples de ces innovations culinaires :</p>
<p>Pot-au-feu en gelée, servi froid avec une émulsion de légumes</p>

<p>Pot-au-feu déstructuré, avec chaque élément présenté séparément mais formant un ensemble cohérent<br />Bouillon clarifié servi en consommé, accompagné de ravioles de viande et légumes<br />Viande confite à basse température, présentée avec une écume de légumes</p>
<p>Ces réinterprétations gastronomiques démontrent la capacité du pot-au-feu à s’adapter aux tendances culinaires modernes tout en conservant son essence réconfortante. Elles offrent une nouvelle perspective sur ce plat traditionnel, le rendant accessible à une nouvelle génération de gourmets.</p><p>Que vous optiez pour la version classique ou que vous vous laissiez tenter par une variation régionale ou une interprétation contemporaine, le pot-au-feu reste un plat emblématique de la cuisine française. Sa richesse gustative, sa convivialité et sa capacité à évoluer en font un incontournable de notre patrimoine culinaire, apprécié bien au-delà de nos frontières.</p><p>En définitive, le pot-au-feu incarne l’art de vivre à la française : le partage d’un repas savoureux, préparé avec soin et dégusté sans hâte. Il nous rappelle l’importance de prendre le temps de cuisiner et de savourer, valeurs essentielles dans notre monde moderne souvent trop pressé. Alors, pourquoi ne pas redécouvrir ce classique et l’adapter à vos goûts ? Le pot-au-feu vous attend, prêt à réchauffer vos hivers et à enchanter vos convives.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Fri, 17 Oct 2025 09:15:58 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[une monnaie adossée à l’or et au XRP se prépare en secret pour contourner le dollar]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="p1-texte" data-start="386" data-end="397">En bref</p><p data-start="843" data-end="950">Les BRICS développent une monnaie numérique adossée à l’or et fonctionnant via le XRP Ledger.</p><p data-start="955" data-end="1061">L’objectif est de contourner le dollar et de créer un réseau de règlements indépendant de SWIFT.</p><p data-start="1066" data-end="1190">Russie et Chine tokenisent déjà leurs réserves d’or, pendant que l’Inde et le Brésil multiplient les tests blockchain.</p><p data-start="1195" data-end="1295">Le projet avance de façon coordonnée mais discrète, avec un déploiement possible dès 2026.</p><p data-start="1300" data-end="1401">Cette stratégie de dédollarisation pourrait rebattre les cartes du système monétaire mondial.</p><p class="p1-texte"> </p>
<p>Une monnaie numérique BRICS adossée à l’or et à la blockchain XRP</p>
<p class="p1-texte" data-start="1478" data-end="1832">Les cinq membres du bloc BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) multiplient les initiatives pour bâtir un système de règlements transfrontaliers libéré du dollar américain. Au cœur de cette stratégie : une monnaie numérique reposant sur deux piliers technologiques et géopolitiques majeurs, l’or et la blockchain XRP.</p><p class="p1-texte" data-start="1834" data-end="2200">Des documents internes, notamment issus de la New Development Bank, confirment l’existence d’un projet avancé visant à établir une devise commune interopérable, pilotée par un registre distribué (XRP Ledger), avec des mécanismes de séquestre automatisé. L’objectif : réaliser des paiements rapides, sûrs, traçables, sans passer par les réseaux de type SWIFT.</p><p class="p1-texte" data-start="1443" data-end="1960"> </p><p class="p1-texte" data-start="1443" data-end="1960">A lire aussi : <a onclick="window.open(this.href, ''); return false;" href="https://www.bdor.fr/actualites-or/cours-or-en-hausse-fed-chine-ukraine-shutdown-usa" title="Le cours de l’or explose à 4 179 $ : guerre, Fed, Chine et chaos budgétaire attisent la ruée">L’or n’a jamais été aussi stratégique : les BRICS veulent en faire le socle d’un nouveau système mondial.</a></p><p data-start="1962" data-end="2379"> </p>
<p>Russie, Chine et Brésil en tête de pont</p>
<p class="p1-texte" data-start="2246" data-end="2503">Sur le terrain, la Russie accélère la tokenisation de ses réserves d’or. Une réponse directe à l’exclusion de son système bancaire du réseau SWIFT en 2022, qui a mis en lumière la dépendance structurelle aux infrastructures financières occidentales.</p><p class="p1-texte" data-start="2505" data-end="2798">La Chine, quant à elle, poursuit une politique de renforcement de ses stocks d’or tout en développant son yuan numérique. Ces réserves deviennent le socle monétaire d’une stratégie visant à sécuriser les règlements entre États, dans un contexte de tensions croissantes avec Washington.</p><p class="p1-texte" data-start="2800" data-end="3090">Le Brésil, de son côté, intègre officiellement Ripple dans plusieurs expérimentations menées par sa banque centrale sur les systèmes de paiement distribués. Certains consortiums financiers utilisent déjà XRP Ledger pour des opérations de financement domestique et international.</p><p data-start="2800" data-end="3090"> </p>
<p>Le XRP Ledger, outil central du règlement multilatéral</p>
<p class="p1-texte" data-start="3151" data-end="3445">Les choix technologiques des BRICS ne relèvent pas du hasard. Le XRP Ledger permet de verrouiller des fonds via des contrats automatisés, libérés dès que les conditions sont remplies. Une fonctionnalité décisive pour les règlements interétatiques, où la confiance interbancaire est limitée.</p><p class="p1-texte" data-start="3447" data-end="3766">Le XRP présente également des avantages de coût, de rapidité et de traçabilité. Contrairement à d’autres cryptomonnaies, il est conçu pour un usage institutionnel, avec des délais de traitement compris entre 3 et 5 secondes, et des frais de transaction très bas un atout essentiel pour des volumes souverains.</p><p data-start="3447" data-end="3766"> </p>
<p>Une adoption progressive, mais stratégique</p>
<p class="p1-texte" data-start="3815" data-end="4116">Si le calendrier exact n’est pas public, plusieurs sources convergentes évoquent un lancement dès 2026. L’objectif est d’établir un réseau interconnecté entre les systèmes d'information financiers russes, chinois et indiens, pour des transactions en devises locales hors du contrôle américain.</p><p class="p1-texte" data-start="4118" data-end="4365">Anatoly Aksakov, président du comité des marchés financiers à la Douma, a confirmé que l’interopérabilité des infrastructures nationales est en cours de développement, dans une logique de confidentialité maximale vis-à-vis des acteurs occidentaux.</p><p data-start="4118" data-end="4365"> </p>
<p>L’Inde reste prudente… officiellement</p>
<p class="p1-texte" data-start="4409" data-end="4732">Si l’Inde participe activement aux projets techniques, sa diplomatie reste plus mesurée. Le ministre des Affaires étrangères S. Jaishankar a affirmé en mars 2025 que l’Inde ne visait pas à supplanter le dollar en tant que devise de réserve mondiale. Une déclaration perçue comme un geste d’apaisement envers Washington.</p><p class="p1-texte" data-start="4734" data-end="4920">En coulisses, l’Inde poursuit toutefois ses recherches en matière de blockchain monétaire, renforçant son infrastructure pour ne pas rester dépendante des flux bancaires occidentaux.</p><p data-start="4734" data-end="4920"> </p>
<p>Un système parallèle en construction</p>
<p class="p1-texte" data-start="4963" data-end="5297">La vision des BRICS est limpide : construire un système monétaire parallèle, basé sur des actifs tangibles comme l’or et sur des infrastructures décentralisées. Le but est de se soustraire aux instruments de contrainte géopolitique comme le gel des avoirs, les sanctions financières, ou les restrictions SWIFT.</p><p class="p1-texte" data-start="5299" data-end="5527">Cette tendance n’est plus théorique. La Russie a proposé un stablecoin adossé à l’or, la Chine étend son yuan numérique, et Ripple poursuit son déploiement dans des régions stratégiques (Asie, Moyen-Orient, Amérique latine).</p><p class="p1-texte" data-start="5299" data-end="5527"> </p><p class="p1-texte" data-start="5299" data-end="5527">Selon notre expert : <a href="https://www.youtube.com/@agencebdor?sub_confirmation=1" title="Agence BDOR - Youtube" onclick="window.open(this.href,'');return false;" onkeypress="window.open(this.href,'');return false;">Guerre monétaire en vue : les BRICS construisent une arme financière en or et en blockchain pour échapper au dollar.</a></p><p data-start="5299" data-end="5527"> </p>
<p>Une remise en cause de l’ordre monétaire établi</p>
<p class="p1-texte"> </p><p class="p1-texte" data-start="5581" data-end="5852">Le système actuel repose sur trois leviers de pouvoir : le dollar US, le réseau SWIFT et les banques centrales occidentales. En réponse, les BRICS misent sur l’or physique comme réserve ultime, et sur la tokenisation blockchain comme outil d’indépendance.</p><p class="p1-texte" data-start="5854" data-end="6067">Cette dynamique pourrait remodeler en profondeur les équilibres géo-financiers mondiaux, en offrant aux pays du Sud global un outil pour contourner les pressions exercées par les institutions de Bretton Woods.</p><p class="p1-texte" data-start="6069" data-end="6264">Le dollar resterait dominant à court terme, mais l’émergence d’un système monétaire alternatif fondé sur l’or et les technologies de registre distribué représenterait une rupture stratégique.</p><p class="p1-texte" data-start="6069" data-end="6264"> </p><p class="p1-texte" data-start="6069" data-end="6264">Sources :<br />https://infobrics.org/en/post/50822/ <br />https://coincentral.com/xrp-ledger-gains-traction-as-brics-nations-test-its-capabilities/<br />https://www.mitrade.com/insights/news/live-news/article-3-1116043-20250912/<br />https://investx.fr/en/crypto-news/brics-central-banks-betting-big-on-ripple-xrp-network/<br /></p><p class="p1-texte" data-start="6069" data-end="6264"> </p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1163/loperation-militaire-speciale-une-facette-de-la-troisieme-guerre-mondiale</guid>
	<pubDate>Tue, 07 Oct 2025 17:35:31 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1163/loperation-militaire-speciale-une-facette-de-la-troisieme-guerre-mondiale</link>
	<title><![CDATA[L&#039;opération militaire spéciale : une facette de la troisième guerre mondiale.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1162/russie-bombardiers" class="embed-insert" width="80%"><img class="elgg-photo" alt="La puissance et la finesse. " src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1162/medium"></a><br />Beaucoup continuent de répéter, avec une naïveté déconcertante, que la Russie, avec sa puissance militaire, aurait pu écraser l’Ukraine en quelques semaines. C’est une lecture simpliste qui ignore tout de la nature profonde de ce conflit. Moscou ne mène pas une guerre contre un pays de quarante millions d’habitants. Elle affronte, à travers l’Ukraine, l’ensemble du bloc atlantiste, l’OTAN tout entière, ses services de renseignement, ses arsenaux, ses satellites, son industrie militaire et sa machine médiatique. L’Ukraine n’est qu’un théâtre d’opération, un champ de bataille dans une guerre mondiale larvée.</p>

<p>Dans ces conditions, l’idée d’une victoire rapide n’a aucun sens. Oui, la Russie aurait pu raser Kiev en quelques jours. Oui, elle aurait pu écraser les infrastructures ukrainiennes et réduire l’État à néant. Mais un tel choix aurait eu un coût humain et politique considérable : des dizaines de milliers de morts civils, une condamnation internationale unanime, une rupture avec ses partenaires stratégiques et une perte d’influence dans le Sud global. Moscou a donc choisi une stratégie plus subtile, plus lente, mais aussi beaucoup plus ambitieuse. Elle combine pression militaire, guerre économique, bataille diplomatique, influence géopolitique et guerre informationnelle. L’objectif n’est pas seulement de gagner militairement, mais de remodeler durablement l’ordre mondial.</p>

<p>Il faut comprendre également que l’Ukraine d’aujourd’hui est l’un des territoires les plus militarisés et les plus fortifiés du monde. Des milliards d’euros d’armes occidentales, des systèmes de défense antiaérienne sophistiqués, des lignes défensives profondes, des bunkers souterrains, une surveillance satellitaire permanente : même l’armée américaine, avec toute sa puissance, avancerait difficilement dans de telles conditions. La Russie agit donc avec prudence, car les régions qu’elle revendique comme historiquement siennes ne doivent pas être réduites en ruines. Elle avance lentement, consolide chaque mètre de terrain, organise des référendums, installe des administrations, et prépare déjà l’après-guerre.</p>

<p>Ce choix stratégique prend tout son sens si l’on écoute les analyses d’Emmanuel Todd, historien et anthropologue français respecté, qui voit dans cette guerre bien plus qu’un conflit territorial. Pour Todd, il s’agit d’un affrontement civilisationnel entre un Occident en déclin et une Russie qui défend une conception plus traditionnelle, plus souveraine, de l’ordre politique et social. Il souligne que l’Occident, malgré son apparente supériorité économique et technologique, montre des signes de fragilité profonde : démographie vieillissante, crise de confiance, désindustrialisation, perte de repères idéologiques.</p>

<p>Todd insiste sur un point capital : la Russie mène cette guerre avec seulement 3,3 % de son produit intérieur brut, un effort colossal mais soutenable, alors que les pays de l’OTAN, bien plus riches, sont contraints de dépenser des sommes gigantesques simplement pour maintenir l’équilibre. Ce chiffre, à première vue technique, révèle un déséquilibre stratégique profond. Comme le souligne Todd, si une nation capable de soutenir une guerre globale avec 3,3 % de son PIB peut tenir tête à l’ensemble de l’OTAN, alors cela signifie que l’Occident n’est plus ce qu’il était. Cela signifie que l’hégémonie occidentale repose désormais sur une illusion : celle de sa propre puissance.</p>

<p>John Symers, analyste américain souvent critiqué pour sa lucidité, va encore plus loin. Il rappelle que l’OTAN, les États-Unis, l’Union européenne, le Japon et la Corée du Sud réunis représentent une part écrasante du PIB mondial, bien supérieure à celle de la Russie. Pourtant, malgré cet écart gigantesque, Moscou non seulement résiste, mais progresse. Cela prouve que la puissance brute ne se mesure pas seulement en chiffres économiques. Elle réside aussi dans la cohésion nationale, dans la capacité à endurer, dans la volonté politique et dans la profondeur historique d’un projet. Symers parle d’un « paradoxe russe » : une nation aux ressources économiques plus modestes qui parvient à tenir tête, seule, à l’Occident collectif, parce que sa stratégie est fondée sur la patience, la résilience et la clarté de ses objectifs.</p>

<p>C’est pourquoi le facteur temps est crucial dans cette guerre. Plus elle dure, plus l’économie ukrainienne s’effondre, plus l’Occident s’épuise à fournir des armes, plus les sociétés européennes et américaines se lassent de financer un conflit qui n’a plus de sens pour leurs citoyens. Chaque mois qui passe révèle davantage les fractures internes du monde occidental et renforce la position russe.</p>

<p>La lenteur de la Russie n’est donc pas un signe de faiblesse, mais une stratégie de longue haleine. Elle cherche non pas une victoire brutale et spectaculaire, mais une victoire structurelle et durable. Elle veut démontrer, par les faits, que l’ordre mondial centré sur l’Occident est arrivé à bout de souffle. Et dans cette confrontation historique, Moscou ne se bat pas seulement pour l’Ukraine : elle se bat pour redéfinir les rapports de force mondiaux, pour mettre fin à des siècles d’hégémonie unilatérale et pour ouvrir la voie à un monde multipolaire.</p>

<p>Ainsi, demander pourquoi la Russie n’a pas fini la guerre rapidement revient à poser la mauvaise question. Elle ne veut pas la finir vite. Elle veut la gagner profondément. Elle veut qu’à la fin de ce conflit, ce ne soit pas seulement un drapeau qui change sur un bâtiment, mais une ère entière qui s’achève. Car ce qui se joue aujourd’hui à Kiev, à Donetsk ou à Kharkiv, ce n’est pas seulement le destin d’un pays, mais celui du monde.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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