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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<pubDate>Sun, 06 Sep 2026 20:25:48 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La victoire de l’AfD : la revanche de ceux qu’on ne voulait pas entendre]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Par Charles Rojzman</p>

<p>Je connais la Saxe. Je ne la connais pas par les sondages, par les éditoriaux des grands journaux allemands ni par les reportages qui viennent périodiquement expliquer aux Allemands de l’Ouest ce qui se passe dans la tête de ces étranges compatriotes orientaux qui persistent à mal voter. Je la connais pour y avoir travaillé depuis 2016, à Dresde notamment, au moment où les conséquences de la grande crise migratoire de 2015 avaient porté à son comble une fracture déjà ancienne entre deux Allemagne qui, plus d’un quart de siècle après la réunification, ne s’étaient peut-être jamais complètement réunies.<br />J’y ai rencontré beaucoup de ceux que l’on appelle aujourd’hui les électeurs de l’AfD. Et je dois dire que je reconnais assez peu, dans le portrait qui en est régulièrement donné, les hommes et les femmes que j’ai connus.<br />J’ai rencontré des gens ordinaires, des employés, des artisans, des retraités, des mères et des pères de famille, des personnes attachées à leur ville, à leur région, à leur pays, souvent hospitalières dans leur vie privée, nullement obsédées par la race et encore moins habitées par quelque nostalgie du nazisme, mais profondément en colère contre un système politique et médiatique dont elles avaient acquis la conviction qu’il ne voulait plus les entendre. Cette colère pouvait naturellement produire des excès, des simplifications, quelquefois des propos que je ne partageais pas ; mais ce qui m’a frappé n’était pas leur supposée monstruosité. C’était au contraire leur normalité.</p>

<p>Voilà pourquoi le résultat considérable obtenu par l’AfD en Saxe-Anhalt ne me surprend pas autant qu’il semble surprendre une partie des commentateurs allemands. Ce qui devrait surprendre, ce n’est pas que tant d’électeurs aient fini par voter pour ce parti ; c’est qu’après dix années d’avertissements, de protestations et de colères, les responsables politiques et une grande partie des médias continuent à se demander comment une chose pareille a pu arriver.<br />Car ces gens parlaient. Simplement, on ne les écoutait pas.<br />Ou plutôt, on les écoutait pour les classer.<br />Ils parlaient d’immigration, on leur répondait xénophobie. Ils parlaient de l’insécurité culturelle qu’ils ressentaient devant des transformations extrêmement rapides, on leur répondait ouverture au monde. Ils parlaient de la difficulté de faire entendre certaines réalités concernant l’intégration, on leur expliquait les dangers de la stigmatisation. Ils parlaient de leur pays, de ses frontières, de leur désir de conserver une certaine continuité historique et culturelle, on leur répondait nationalisme. Et lorsqu’ils protestaient contre cette manière de ne jamais répondre à ce qu’ils disaient, leur protestation elle-même devenait une preuve supplémentaire de leur dérive.</p>

<p>C’est cette mécanique que j’ai vue fonctionner.<br />Le problème n’est donc pas seulement celui de l’immigration, même si celle-ci a joué un rôle considérable. Il est celui du rapport au réel. Une partie de la population allemande a progressivement acquis la conviction que certaines réalités ne pouvaient plus être nommées parce qu’elles entraient en contradiction avec le récit que les élites politiques et médiatiques avaient construit sur leur propre société.<br />Or les citoyens voient ce qu’ils voient.<br />On peut leur expliquer qu’un problème n’existe pas, mais s’ils le rencontrent dans leur vie quotidienne, ils finiront par croire davantage leur expérience que les statistiques qu’on leur oppose. On peut leur expliquer qu’une inquiétude est moralement suspecte, mais on ne supprime pas une inquiétude en la condamnant. On peut modifier le vocabulaire autorisé, mais on ne modifie pas pour autant la réalité à laquelle ce vocabulaire se rapporte.</p>

<p>C’est ici que la question médiatique devient centrale.<br />Je ne crois pas que les électeurs de l’AfD que j’ai rencontrés détestent les médias parce qu’ils seraient hostiles à l’information ou incapables de supporter la contradiction. Beaucoup ont cessé de leur faire confiance parce qu’ils ont le sentiment que les grands médias ne décrivent plus seulement le monde mais sélectionnent, hiérarchisent et parfois interprètent les faits en fonction d’une vision préalable de ce que la société devrait être.<br />La défiance qui en résulte est catastrophique pour la démocratie.<br />Car lorsqu’un citoyen ne croit plus ceux qui sont chargés de l’informer, lorsqu’il soupçonne derrière chaque silence une volonté de dissimulation et derrière chaque choix de vocabulaire une intention idéologique, ce n’est pas seulement la confiance dans les journalistes qui disparaît : c’est l’existence même d’un monde commun. Les uns vivent alors dans la réalité décrite par les médias institutionnels, les autres dans celle qu’ils découvrent sur les réseaux sociaux ou dans des médias alternatifs, et chacun finit par considérer l’autre non comme quelqu’un qui interprète différemment les mêmes événements, mais comme quelqu’un qui ment.<br />La démocratie devient alors presque impossible.</p>

<p>Mais il existe une blessure plus profonde encore, que j’ai souvent rencontrée en Saxe : le mépris.<br />On ne mesure pas suffisamment la violence du mépris social et culturel. Il ne laisse pas de traces visibles, il ne brûle pas les voitures, il ne casse pas les vitrines, mais il s’accumule pendant des années jusqu’au moment où le bulletin de vote devient le moyen de rendre l’humiliation à ceux dont on pense l’avoir reçue.<br />Beaucoup d’Allemands de l’Est ont eu le sentiment d’être considérés comme des citoyens en retard sur l’histoire, insuffisamment cosmopolites, insuffisamment modernes, trop attachés à leur identité, trop méfiants envers l’immigration, trop sensibles à la souveraineté nationale. On ne discutait plus avec eux ; on leur expliquait ce qu’ils auraient dû penser.<br />Il faut ajouter à cela l’expérience historique singulière de l’Allemagne orientale. Ces hommes et ces femmes ont vécu pendant quarante ans dans un régime qui leur expliquait déjà quelle était la bonne manière de penser, quels mots étaient convenables et quelles opinions témoignaient d’une conscience politiquement insuffisante. Il serait absurde d'assimiler la démocratie allemande contemporaine à la dictature communiste, mais il serait tout aussi absurde de ne pas comprendre combien cette expérience historique a développé chez certains habitants de l’Est une sensibilité particulière à tout ce qui ressemble, même de très loin, à une police morale du langage.<br />Ils reconnaissent immédiatement le ton de celui qui prétend savoir mieux qu’eux ce qu’ils devraient penser.<br />Et ils le supportent de moins en moins.</p>

<p>C’est pourquoi la stratégie de diabolisation de l’AfD risque d’obtenir exactement l’effet inverse de celui qu’elle recherche. Plus on explique à ses électeurs qu’ils ont franchi les limites du raisonnable, plus certains d’entre eux éprouvent la confirmation de ce qu’ils pensaient déjà : les élites ne les méprisent pas seulement lorsqu’ils protestent, elles les méprisent jusque dans l’isoloir.<br />Il existe pourtant une différence fondamentale entre refuser cette diabolisation et devenir soi-même propagandiste de l’AfD. Je ne prétends nullement que tout ce qui se dit dans ce parti soit acceptable, raisonnable ou souhaitable. Un parti politique doit être jugé sur ses dirigeants, son programme, ses actes et les conséquences possibles de son arrivée au pouvoir. Mais ses électeurs doivent être regardés pour ce qu’ils sont, et non transformés en personnages imaginaires destinés à confirmer les certitudes morales de leurs adversaires.<br />C’est précisément ce que mon travail en Saxe m’a appris.<br />La Thérapie Sociale repose sur une conviction qui vaut autant pour les sociétés que pour les petits groupes humains : lorsque le conflit n’est plus possible, la violence augmente. Et le conflit devient impossible dès lors que l’un des protagonistes considère qu’il possède à lui seul la raison, la morale et la légitimité, tandis que l’autre ne serait plus qu’un problème à traiter.<br />La démocratie n’exige pas que nous soyons d’accord. Elle exige que nous acceptions que celui avec lequel nous sommes profondément en désaccord puisse avoir vu quelque chose que nous n’avons pas vu.<br />C’est précisément cette hypothèse qui semble avoir disparu d’une partie de la vie publique européenne.<br />Et si les électeurs de l’AfD avaient vu certaines choses avant ceux qui les méprisaient ?<br />Et s’ils avaient perçu plus tôt les conséquences politiques d’une immigration massive, les difficultés de l’intégration, l’éloignement croissant entre les gouvernants et les gouvernés, l’uniformisation idéologique d’une partie des classes diplômées, la fragilité d’un modèle économique allemand que l’on croyait éternel, ou simplement la disparition progressive de leur capacité à décider du monde dans lequel ils voulaient vivre ?<br />Poser ces questions ne signifie pas que toutes leurs réponses soient justes. Cela signifie que leurs questions étaient peut-être moins absurdes qu’on ne voulait le croire.</p>

<p>La victoire de l’AfD devrait donc être considérée non comme l’irruption inexplicable d’une maladie dans une démocratie jusque-là parfaitement saine, mais comme le symptôme d’une crise dont le système politique allemand porte lui-même une part de responsabilité.<br />On pourra continuer à organiser des manifestations contre l’extrême droite. On pourra multiplier les déclarations solennelles, renforcer le cordon sanitaire, rappeler à juste titre ce que fut le nazisme et proclamer une nouvelle fois que certaines valeurs ne sont pas négociables. Mais aucune de ces proclamations ne répondra à la question que pose le bulletin glissé dans l’urne par des millions d’Allemands : pourquoi ne nous avez-vous pas écoutés ?<br />C’est la question que j’entends derrière ce vote.<br />Je l’entends d’autant mieux que je l’ai entendue, sous des formes différentes, pendant mes années de travail en Saxe.<br />La démocratie allemande ne se sauvera pas en expliquant aux électeurs de l’AfD qu’ils sont indignes d’elle. Elle se sauvera peut-être lorsqu’elle recommencera à les considérer comme des citoyens adultes, capables de voir, de juger, de se tromper aussi, mais dont l’expérience du réel mérite autant d’être entendue que celle des journalistes, des universitaires, des responsables politiques et des experts qui prétendent leur expliquer le monde.<br />Il faudra alors accepter quelque chose qui est devenu extraordinairement difficile dans nos sociétés : écouter sans approuver, contredire sans humilier, reconnaître une part de vérité chez l’adversaire sans renoncer à la sienne et surtout admettre que personne, aucun parti, aucun média, aucune classe sociale, aucun camp idéologique, ne possède à lui seul le monopole du réel.<br />C’est cela que nous avons essayé de faire à Dresde.<br />Non pas réconcilier artificiellement les gens, encore moins les obliger à s’aimer, mais leur permettre de sortir des caricatures réciproques et de retrouver derrière l’ennemi politique un être humain avec lequel il faudrait malgré tout continuer à habiter le même pays.<br />La leçon de cette élection dépasse donc largement l’AfD et l’Allemagne orientale. Elle concerne toutes les démocraties européennes dans lesquelles s’élargit le fossé entre ceux qui gouvernent et ceux qui ont le sentiment de ne plus être représentés, entre ceux qui disposent du pouvoir de nommer la réalité et ceux qui pensent la subir.<br />On peut mépriser longtemps une colère.<br />On peut la déclarer populiste, réactionnaire, xénophobe ou extrémiste.<br />Mais arrive toujours un jour où ceux que l’on croyait avoir réduits au silence découvrent qu’ils possèdent encore une voix.<br />Au sens propre.<br />Et ce jour-là, ils votent.</p>

<p>Charles Rojzman</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1325/le-rn-et-le-voile-un-faux-pas</guid>
	<pubDate>Sat, 05 Sep 2026 09:27:35 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1325/le-rn-et-le-voile-un-faux-pas</link>
	<title><![CDATA[LE RN et le voile : un faux pas.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>A huit mois de l’élection, Marine LE PEN est la candidate préférée des études d’opinion. L’opinion, en effet, ne s’y trompe pas : elle sort du lot parce qu’elle se démarque la plus nettement de l’ultra-libéralisme qui nous gouverne et nous mène au désastre depuis plus de quarante ans.</p>

<p>Mélenchon l’a bien compris, et cherche aujourd’hui à faire oublier par un discours plus social que sa « créolisation » de la France est une béquille de ce système, par la défense clientéliste, idéologique et racialiste d’une immigration de masse importée pour casser le coût du travail et les droits sociaux.</p>

<p>Il est certain que l’oligarchie qui gouverne fera tout pour barrer la route à Marine LE PEN, et le plus commode sera de démontrer que son principal adversaire, c’est elle-même. L’accusation d’incompétence, d’inexpérience, se mêlera avec l’exploitation de tout faux pas censé illustrer que RN d’aujourd’hui n’ a rompu qu’en apparence avec les racines d’extrême-droite de son père fondateur.</p>

<p>L’islamisme est une idéologie fasciste qui est une menace évidente pour la France. C’est un ennemi majeur  à l’intérieur comme à l’extérieur. </p>

<p>Si l’islamisme peut s’implanter, c’est qu’il exploite le défaut central de l’Islam lui-même, son incompréhension de la laïcité.<br />L’Islam se vit tout autant comme religion, que comme culture, coutume, mode de vie, habitudes quotidiennes.<br />La distinction entre sphère publique et sphère privée lui est étrangère. Selon la formule de Charles de Foucauld , « pour les musulmans, l’Islam est une patrie ».</p>

<p>Mais cette porosité de l’Islam à l’islamisme doit nous faire interroger à rebours : les musulmans  ne sont pas des islamistes en puissance.<br />Le port du voile croissant dans la société française est évidemment un symbole de régression, une affirmation rétrograde de la nature impudique du corps féminin, une affirmation de la supériorité des valeurs communautaires religieuses sur les valeurs communes à tous les citoyens de la République et à ses lois.<br />Il n’en est pas pour autant en lui-même un signe de soutien à l’islamisme. </p>

<p>Le considèrer comme tel, ce serait précisément repousser les français musulmans dans les bras du totalitarisme islamique.</p>

<p>Il est de bon sens que les fonctionnaires soient tenus à l’impartialité vestimentaire, que l’école et le collège interdisent le port des signes religieux aux élèves, et ces dispositions s’appliquent d’ailleurs à toutes les religions. <br />On peut discuter l’extension de ce principe à d’autres secteurs. </p>

<p>Mais avoir de « l’espace public » une vison à ce point extensive qu’elle en viendrait à verbaliser le voile dans les rues est en contradiction flagrante avec ce qui fait notre force: nous sommes face au fascisme les tenants de la liberté collective et individuelle.</p>

<p>Le port du voile doit être combattus par la persuasion, l’éducation, la défense de l’esprit républicain et laïque, pas par une répression aveugle et tout-terrain</p>

<p>Il faut faire comprendre aux français musulmans que l’on veut persuader du contraire qu’il n’ ya pas de problème pour pratiquer en France, mais une seule condition : dans la sphère publique et sociale, être d’abord français avant d’être musulman, comme les autres croyances, judaïsme, christianisme, l’ont intégré, non sans mal certes, au fil de l’histoire du pays.</p>

<p>Les Françaises et les Français veulent de l’ordre et du progrès. Ils ne veulent pas de l’autoritarisme. Ils veulent l’autorité, ils ne veulent précisément pas la guerre civile et de mesures, qui outre le fait d’être inapplicables en pratique, auraient surtout le don de radicaliser inutilement les situations.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1324/l%E2%80%99iran-a-inflige-aux-etats-unis-la-plus-grande-defaite-strategique</guid>
	<pubDate>Wed, 02 Sep 2026 12:34:15 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1324/l%E2%80%99iran-a-inflige-aux-etats-unis-la-plus-grande-defaite-strategique</link>
	<title><![CDATA[L’Iran a infligé aux États-Unis la plus grande défaite stratégique]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L&rsquo;Iran a inflig&eacute; aux &Eacute;tats-Unis la plus grande d&eacute;faite strat&eacute;gique et est devenu la force dominante du Moyen-Orient - reconnaissance du prominent n&eacute;oconservateur am&eacute;ricain Robert Kagan dans le magazine <a href="https://www.theatlantic.com/international/2026/08/iran-middle-east-power/688374/">The Atlantic</a><br />
Il affirme que la coalition am&eacute;ricano-isra&eacute;lienne n&rsquo;a pas r&eacute;ussi &agrave; vaincre T&eacute;h&eacute;ran, mais a au contraire renforc&eacute; sa position r&eacute;gionale, et que les pays du Golfe doivent d&eacute;sormais trouver d&rsquo;urgence de nouveaux formats...</p><p>2 min. de lectureVoir l&#39;original<br />
️ L&rsquo;Iran a inflig&eacute; aux &Eacute;tats-Unis la plus grande d&eacute;faite strat&eacute;gique et est devenu la force dominante du Moyen-Orient - reconnaissance du prominent n&eacute;oconservateur am&eacute;ricain Robert Kagan dans le magazine&nbsp;<br />
The Atlantic<br />
.</p><p>Il affirme que la coalition am&eacute;ricano-isra&eacute;lienne n&rsquo;a pas r&eacute;ussi &agrave; vaincre T&eacute;h&eacute;ran, mais a au contraire renforc&eacute; sa position r&eacute;gionale, et que les pays du Golfe doivent d&eacute;sormais trouver d&rsquo;urgence de nouveaux formats de s&eacute;curit&eacute;. &laquo; &Agrave; l&rsquo;avenir, la force dominante dans la r&eacute;gion sera l&rsquo;Iran, et non les &Eacute;tats-Unis ou Isra&euml;l &raquo;, &eacute;crit Kagan, notant que les &Eacute;tats voisins s&rsquo;adaptent d&eacute;j&agrave; aux &eacute;volutions de la situation.</p><p>Le point cl&eacute; de l&rsquo;argumentation de Kagan est l&rsquo;incapacit&eacute; de la pression militaire &agrave; faire reculer T&eacute;h&eacute;ran. Il &eacute;voque le r&eacute;tablissement des sanctions am&eacute;ricaines dans le cadre de la politique de &laquo; pression maximale &raquo;, l&rsquo;attaque am&eacute;ricano-isra&eacute;lienne de douze jours contre les installations nucl&eacute;aires iraniennes et la guerre qui s&rsquo;en est suivie, d&eacute;clench&eacute;e en f&eacute;vrier, au cours de laquelle le dirigeant du pays et de nombreux hauts responsables ont p&eacute;ri, et qui s&rsquo;est transform&eacute;e en des semaines de frappes contre des cibles militaires iraniennes.</p><p>Malgr&eacute; l&rsquo;ampleur de la campagne militaire men&eacute;e par les &Eacute;tats-Unis et Isra&euml;l, T&eacute;h&eacute;ran n&rsquo;a pas capitul&eacute;. Kagan souligne un tournant majeur en mars, lorsqu&rsquo;Isra&euml;l a attaqu&eacute; le gisement gazier iranien de South Pars, et que T&eacute;h&eacute;ran a ripost&eacute; en frappant le complexe de gaz naturel liqu&eacute;fi&eacute; du Qatar &agrave; Ras Laffan. Selon l&rsquo;analyste am&eacute;ricain, l&rsquo;importance de cette riposte r&eacute;side dans le fait que l&rsquo;Iran a d&eacute;montr&eacute; sa capacit&eacute; &agrave; infliger aux infrastructures &eacute;nerg&eacute;tiques du Golfe des dommages suffisants pour provoquer une crise &eacute;conomique mondiale.</p><p>Par la suite, Washington a cess&eacute; les frappes contre les infrastructures &eacute;nerg&eacute;tiques iraniennes et a fait pression sur Isra&euml;l pour qu&rsquo;il cesse ses attaques contre les champs p&eacute;troliers iraniens. Kagan rappelle que les menaces am&eacute;ricaines de reprendre les frappes se heurtent au m&ecirc;me probl&egrave;me : l&rsquo;Iran menace de repr&eacute;sailles, les gouvernements des pays du Golfe mettent en garde contre les cons&eacute;quences, et Washington renonce &agrave; l&rsquo;escalade.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1323/l%E2%80%99europe-est-necessaire-la-france-aussi</guid>
	<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 20:02:39 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1323/l%E2%80%99europe-est-necessaire-la-france-aussi</link>
	<title><![CDATA[L’Europe est nécessaire, la France aussi]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Résumé</p>

<p>L’Union européenne peut-elle contribuer au redressement de la France, atteinte dans ses forces vitales ? En l’état, rien n’est moins sûr. La construction européenne, qui fut la grande affaire du xxe siècle, est aujourd’hui en panne.</p>

<p>Il ne pourra être porté remède à cette situation qu’au prix d’un effort de clarification et de simplification, préalable à tout élargissement supplémentaire de l’Union.</p>

<p>Revoir la répartition des compétences entre l’Union et les États membres, mieux tenir compte des équilibres démographiques au sein de l’Union, préciser le rôle des juges nationaux et supranationaux, telles sont les priorités d’une nécessaire remise en ordre.</p>

<p>Dans l’exercice de son pouvoir souverain, le peuple français devrait être appelé à approuver cette nouvelle politique européenne. Ce serait aussi l’occasion d’affirmer que la France ne peut s’en remettre à personne d’autre pour garantir sa souveraineté, et que la Constitution demeure sa norme suprême.</p>

<p>Édouard Balladur,</p>

<p>Ancien Premier ministre.</p>

<p>Notes<br />1. Conférence de presse du général de Gaulle du 1er octobre 1948.<br />La création d’une Europe où les nations mettraient en œuvre une politique commune organisée est la grande initiative du siècle précédent. Elle s’est traduite par des progrès, des ruptures et, par une extraordinaire complexité dans la répartition des compétences nationales et européennes, une sophistication des règles telle qu’aujourd’hui chacun ressent un besoin de clarté. On parle de nouveaux progrès. Mieux vaut stopper la fuite en avant et se mettre d’abord au clair avec nos partenaires sur nos objectifs à long terme.</p>

<p>Depuis trente ans, le monde a beaucoup changé au détriment de l’Europe. La France a changé davantage encore. Elle paraît atteinte dans ses forces vitales. L’Europe peut-elle contribuer à son redressement ? Rien n’est moins sûr. Elle semble elle-même vulnérable et désarmée, dépendante du reste du monde, menacée d’implosion. Dans son organisation actuelle a-t-elle bâti des réponses crédibles à nos besoins dans tous les domaines où ce serait nécessaire ? La réponse est non. En tout cas les solutions qui consisteraient à accroître encore les pouvoirs des différents organes de l’Union au détriment des États-nations dont la dépendance envers ceux-ci serait encore renforcée doivent être exclues.</p>

<p>Après des élargissements successifs, l’Union compte aujourd’hui 27 membres. Dès l’origine, l’attribution des voix à chaque nation au sein du Conseil et du Parlement tenait peu de compte de l’importance réelle des États, favorisant ceux qui étaient le moins peuplés. Sur ce plan, les choses sont allées en s’aggravant.</p>

<p>Dès l’origine aussi, la répartition des compétences entre la Communauté puis l’Union et les nations qui la composaient portait la marque de la confusion, certaines compétences étant exclusives et d’autres partagées.</p>

<p>Des progrès ont été recherchés, mais dans un désordre qui a permis à la technostructure européenne d’accroître encore son pouvoir, les déclarations souvent excessives et maladroites de l’actuelle présidente de la Commission en sont la manifestation ; celle-ci outrepasse ses compétences aux dépens de celles du Conseil européen, composé des États, et qui est l’instance suprême de l’Union européenne.</p>

<p>Premier ministre de 1993 à 1995, je fus amené à prendre deux initiatives. Hostile à une augmentation importante et rapide du nombre des membres de l’Union européenne, je redoutais qu’elle n’y perdît sa cohérence et son dynamisme. Je proposai un pacte de stabilité qui fut adopté en 1995 et dans lequel les États issus de l’effondrement de l’Union soviétique et candidats à l’adhésion devaient au préalable s’engager à respecter leurs frontières telles qu’elles existaient à l’époque et les droits des minorités les composant.</p>

<p>Par ailleurs, la répartition souvent confuse des compétences entre les États et l’Union européenne ne faisant qu’accroître le désordre, je suggérai que l’Europe fût désormais clairement organisée en cercles de compositions variables et de compétences différentes. D’une certaine façon, c’était déjà le cas, mais la majorité des États membres de l’Union n’étaient pas décidés à en faire un principe, si bien que la confusion a persisté.</p>

<p>En 2008, le traité de Lisbonne a accentué les travers de la construction européenne. L’indépendance du président de la Commission européenne à l’égard des États membres est renforcée, puisqu’il n’est plus désigné à l’unanimité mais à la majorité et investi par le Parlement européen ; la Commission, qui dispose du monopole de l’initiative législative, est responsable devant le Parlement qui peut la censurer ; sa composition est réduite, chaque État membre ne désignant qu’un commissaire alors qu’auparavant les plus importants et les plus peuplés en désignaient deux. Quant au rôle du Conseil européen, il est réduit le plus souvent à une approbation a posteriori des décisions prises par d’autres.</p>

<p>En ce qui concerne la répartition des compétences la confusion n’a fait que s’aggraver et les compétences strictement nationales ont pris une valeur résiduelle.</p>

<p>Depuis, la France a pris l’initiative de proposer un nouvel élargissement et fait des propositions regroupées sous le vocable de la souveraineté de l’Europe, excluant par définition même la souveraineté de la France dans ces domaines. Désormais il existe au sein de l’Europe élargie, plusieurs catégories : les pays membres de l’Union mettant en commun toutes les compétences prévues par les traités ; ceux qui, à leur demande, en excluent la monnaie et la libre circulation des personnes prévues par Schengen ; ceux dont la candidature est acceptée et avec lesquels les discussions se poursuivent ; ceux dont la candidature est en attente ; ceux restés extérieurs mais ayant conclu avec l’Union des accords d’association ; enfin ceux devant éventuellement adhérer à la Communauté politique européenne (CPE). Qui s’y retrouve ?</p>

<p>Il est temps de sortir du désordre, de proposer quelques principes simples, de clarification, de simplification et de maintien de la souveraineté nationale dans des domaines essentiels. Aussi longtemps que ces réformes ne seront pas adoptées, il faut exclure toute admission de nouveau membre dans l’Union. Les préalables sont nombreux :</p>

<p>1/ S’il n’y a pas d’Europe sans souveraineté dans certains domaines, il n’y a plus de nation sans souveraineté dans d’autres domaines. Il faut sortir de l’ambiguïté, la France doit demeurer souveraine dans certains domaines essentiels, elle ne peut à la fois se vouloir puissance d’équilibre, libre de sa politique étrangère, et participer en tous points à une politique étrangère et de sécurité commune à toute l’Europe et décidée par celle-ci. Le projet de souveraineté européenne et d’autonomie stratégique n’est pas compatible avec une politique indépendante de la France en matière diplomatique et militaire. Soyons réalistes : l’Union européenne est composée de 27 peuples qui parlent 24 langues. Chacun veut préserver son identité, ce qui n’exclut pas d’exercer certaines compétences en commun. L’Union n’est pas une organisation fédérale et ne doit pas le devenir.</p>

<p>2/ Il est indispensable que soit rédigé, pour préciser les compétences de chacun, un code européen s’imposant à tous afin de mettre fin aux équivoques dont est coutumière la Commission européenne, sans parler du Parlement. La tâche ne sera pas facile, elle exigera temps, patience et volonté d’aboutir, mais elle est indispensable si l’on veut éviter l’explosion de l’Union européenne qui ne résistera pas éternellement à la confusion et au désordre. L’un des pires défauts de l’Union européenne, c’est le caractère étouffant de la bureaucratie aux mains d’une technostructure qui impose ses choix au mépris d’un fonctionnement démocratique, en facilitant l’interventionnisme autoritaire de la Commission.</p>

<p>Aussi le code devrait-il être très précis sur la définition des compétences de l’Union, sur les procédures d’examen devant la Commission, plus précis aussi sur les prérogatives respectives du président du Conseil européen, élu pour plusieurs années et sur celles du président du Conseil de l’Union européenne, changeant tous les six mois. Ainsi pourrait-on espérer que ne soient pas rajoutées sans cesse des complications nouvelles aux règles déjà en vigueur.</p>

<p>Il devra être possible aux États membres de saisir un organisme d’arbitrage intergouvernemental habilité à annuler les décisions prises par l’Union en violation de ce code, ce ne pourra être la Cour de justice de l’Union, dont la partialité ne fait aucun doute.</p>

<p>3/ Il importe de revoir dans un sens plus équitable, tenant mieux compte des réalités, la répartition entre les membres de l’Union des postes à la Commission, au Parlement, ainsi que les voix attribuées à chacun au sein du Conseil européen. Le réalisme le commande.</p>

<p>Par exemple, les 3 pays baltes comptent 6 millions d’habitants et disposent de 3 commissaires, alors que les 3 pays européens les plus peuplés, l’Allemagne, la France et l’Italie, représentant plus de 210 millions d’habitants, ont également en tout 3 commissaires. Si l’Albanie, la Bosnie et le Kosovo, qui représentent ensemble 8 millions d’habitants, adhéraient à l’Union, ils auraient à leur tour 3 commissaires, si bien que, joints aux pays baltes, un groupe de 6 pays représentant une quinzaine de millions d’habitants disposeraient de 6 commissaires, tandis que les pays les plus peuplés de l’Union, avec 210 millions d’habitants, disposeraient de 3 commissaires ! Le même déséquilibre existe pour le Parlement européen, où l’Allemagne a 96 députés, la France 79 et l’Italie 76, soit 251 députés pour 210 millions d’habitants, alors que la Lituanie a 11 députés, la Lettonie 8 et l’Estonie 7, soit 26 députés pour 6 millions d’habitants.</p>

<p>Quant au Conseil européen, et depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, chaque État membre dispose de 1 voix et la minorité de blocage nécessite 4 États membres au moins représentant 35 % de la population européenne, si bien que la France et l’Allemagne doivent s’adjoindre le concours de 2 autres États pour bloquer un texte. Il est indispensable de revoir cette répartition inégalitaire avant de modifier quoi que ce soit dans les compétences et les modes de votation au sein de l’Union européenne.</p>

<p>4/ Cette modification faite, il faudra veiller à ce que chacun des organes de l’Union respecte ses compétences. On présente parfois le passage de la décision à l’unanimité à la décision à la majorité qualifiée comme un progrès. Cela doit être exclu tant que la répartition des postes restera aussi inégalitaire au détriment des nations les plus importantes. En tout cas, la France doit, dans les domaines diplomatique et militaire, conserver son indépendance s’agissant de son rôle au Conseil de sécurité, de l’exercice de la dissuasion nucléaire dont elle dispose. En outre, elle ne saurait être soumise aux directives européennes pour des problèmes de société tels que la bioéthique, la filiation, la fin de vie.</p>

<p>5/ Il y a lieu de préciser également la compétence et le rôle des juges nationaux et supranationaux au regard du pouvoir politique et gouvernemental. Actuellement, on assiste à une émulation entre ces juridictions pour enfermer les politiques dans un carcan dont elles définissent seules le domaine et la portée, allant parfois jusqu’à refuser d’appliquer la loi. Quant au rôle et à la place de la Cour européenne des droits de l’homme, émanation des 46 membres du Conseil de l’Europe, il n’y aurait que des avantages à les redéfinir par les voies appropriées, sauf à nous résigner à ce que des juges issus parfois de pays figurant naguère dans l’orbite soviétique se piquent de nous donner des leçons de démocratie libérale.</p>

<p>6/ Avant tout élargissement, il sera impératif de définir clairement la construction de l’Europe en cercles à compétences et à compositions variables, en faire un principe de base. Il n’y a aucune autre manière d’organiser l’avenir de l’Union européenne et de ses relations avec les pays qui souhaitent se rapprocher d’elle. D’ores et déjà on voit se dessiner de profondes différences entre l’Europe de l’Ouest et l’Europe de l’Est, aux structures politiques et aux traditions souvent différentes ; il serait souhaitable d’interroger chacun des États membres sur ses intentions. L’Europe par cercles ne doit pas signifier l’éclatement de l’Union.</p>

<p>7/ Aussi longtemps que toutes ces conditions préalables pour une meilleure organisation de l’avenir n’auront pas été remplies, il faudra suspendre tout élargissement de l’Europe. On exclura d’y procéder dans la confusion et le désordre, toute fuite en avant ne ferait qu’accroître la paralysie de l’Union européenne et favoriser à terme son éclatement. Or, les tâches qui attendent l’Union sont capitales pour son avenir et pour le nôtre.</p>

<p>Il n’est pas question de sous-estimer son rôle. Les sujets dont elle devrait dans l’avenir se préoccuper davantage sont multiples : lutte contre l’immigration irrégulière aux frontières communes, relations économiques avec ses voisins proches à l’Est et au Sud afin de favoriser leur développement et leur coopération, réponse commune aux concours sollicités pour favoriser la stabilité politique et lutter contre l’extrémisme. L’Union compte 450 millions de consommateurs, son économie est encore robuste, sa monnaie encore solide, elle peut envisager aussi de favoriser une politique étrangère commune à tous ses membres même si, en la matière, elle est une organisation intergouvernementale, pas fédérale. Il ne s’agit pas que l’Europe se crispe sur elle-même dans l’indifférence, elle ne peut pas se le permettre.</p>

<p>Dans le même temps la France doit sortir du déclin qui la menace, être plus forte afin d’être mieux entendue. La lutte contre les déficits, l’endettement, l’insécurité, pour l’amélioration de la compétitivité, du système éducatif, hospitalier, la régulation effective de l’immigration, demeurent des compétences nationales.</p>

<p>8/ Il faut assurer la supériorité de la Constitution française sur toute autre règle de droit, nationale ou internationale.</p>

<p>Actuellement, comme le relève Jean-Éric Schoettl, la notion européenne d’État de droit est extensive à l’infini et la Cour de justice de l’Union européenne joue un rôle important dans ce processus, tandis qu’en Allemagne la Cour de Karlsruhe a maintenu la primauté de la Constitution allemande sur la règle européenne. Sous couvert d’État de droit, l’Union européenne s’empare de la « compétence de sa compétence » qu’elle estime devoir définir elle-même en toute indépendance. Jusqu’à présent les trois Cours suprêmes françaises, Conseil constitutionnel, Cour de cassation et Conseil d’État ont peu ou prou laissé faire, si bien que l’Union européenne bride les souverainetés nationales. Le Conseil d’État s’est même interdit par avance d’opposer à la Cour de justice européenne un veto en affirmant en 2021 qu’il n’appartenait pas aux juges administratifs de s’assurer du respect de la répartition des compétences entre l’Union européenne et les États membres.</p>

<p>On peut se demander si le Conseil d’État n’a pas oublié ce qui justifie son existence même. À la suite de la Cour de cassation, il juge, depuis 1989, que le droit européen, même dérivé, l’emporte, en vertu de l’article 55 de la Constitution, sur la loi, même postérieure. Pour faire échec aux dispositions d’un texte européen de nature législative, il faut, selon la jurisprudence du Conseil constitutionnel et du Conseil d’État, que soit mis en cause un principe constitutionnel inhérent à « l’identité constitutionnelle » de notre pays. Notion vague, d’application variable et n’offrant pas de garantie véritable.</p>

<p>Doit-on adopter le principe selon lequel le peuple est le seul titulaire d’une souveraineté suprême, dont la volonté, exprimée dans la Constitution adoptée par référendum, l’emporte sur toutes les normes nationales, européennes ou internationales ? La conséquence serait que la France pourrait déclarer ne plus appliquer un traité conclu avec l’Union européenne étendant la compétence de celle-ci et qu’elle aurait ratifié.</p>

<p>Pour redonner aux Français confiance dans leur avenir au sein d’une Europe qui respecte leurs intérêts fondamentaux, ils devraient être appelés à approuver par référendum cette politique européenne rénovée. Mais ce serait, déclare-t-on, contraire à la Constitution française ; il serait impossible de consulter les Français sur la réforme de l’Europe en raison du champ limité que, s’agissant du référendum, prévoit la Constitution.</p>

<p>C’est exact. Aussi faudrait-il au préalable modifier la Constitution pour étendre le champ du référendum, qu’il soit d’initiative présidentielle ou d’initiative populaire. Dans un deuxième temps, l’organisation nouvelle de l’Europe pourrait à son tour être alors soumise à l’approbation du peuple français. Ainsi serait-elle aussi démocratique qu’il est souhaitable.</p>

<p>La première étape, l’élargissement du champ du référendum, pourrait être franchie rapidement et ne devrait pas soulever d’opposition majeure. Chacun s’en va proclamant que la possibilité pour les citoyens d’influencer les décisions politiques doit être facilitée, et cet élargissement en serait le moyen. On ne peut à la fois s’opposer à l’extension du champ du référendum et regretter que le peuple ne soit pas suffisamment impliqué dans la vie publique.</p>

<p>En revanche, la deuxième étape serait le référendum modifiant la Constitution pour affirmer sa suprématie et permettre à la France de remettre en cause un traité qu’elle aurait précédemment approuvé ; cela soulèverait à coup sûr des contestations qu’il appartiendrait au pouvoir en place de trancher, ce qui risquerait de durer longtemps. Est-ce à dire qu’il faudrait dès lors différer toutes les réformes envisagées ? En aucun cas, la plupart pourraient être appliquées sans attendre la modification de la Constitution ; en revanche, celle-ci serait indispensable pour que la France puisse, par exemple, fixer elle-même, souverainement, le niveau d’immigration en provenance des pays tiers qu’elle accepte sur son sol, notamment pour le réduire comme c’est la volonté profonde du peuple français et l’intérêt de la France, sans plus être entravée par la Convention européenne des droits de l’Homme ou des directives communautaires. Les juridictions nationales seraient alors tenues d’en tirer toutes les conséquences, sans pouvoir s’opposer aux décisions du législateur et de l’administration ramenant l’immigration à un niveau acceptable.</p>

<p>La France pourrait saisir alors l’Union européenne d’une demande de renégociation qui ne pourrait lui être refusée sans que soit déclenchée une crise grave. On peut même se demander si, sans attendre cette seconde modification de la Constitution, elle ne pourrait pas saisir l’Union européenne d’une demande de renégociation du traité.</p>

<p>Tout ceci serait-il trop dangereux pour la sérénité de notre vie publique ? Citons de Gaulle « Je crois qu’en France la meilleure Cour Suprême, c’est le peuple ! »1.</p>

<p>On nous prédit qu’en 2100, par la richesse produite, la France serait la 25e puissance au monde, toujours derrière l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Quel serait le poids d’une France aussi affaiblie, pourrait-elle prétendre maintenir son indépendance militaire et diplomatique ?</p>

<p>J’ignore quelle est la qualité de cette prévision et si le prochain siècle sera celui d’un désarmement nucléaire général, ce dont je doute. Mais si la France se résignait, abandonnant toutes ses responsabilités militaires à l’Europe sous prétexte qu’elle serait trop faible, qui déciderait à sa place lorsque ses intérêts essentiels, sa vie même seraient en jeu ? Si elle confiait son pouvoir de dissuasion nucléaire à un organisme européen, qui déciderait à sa place de sa survie ? Comment serait composé cet organisme ? Serait-il collectif ou exercé par un homme seul ? Quel serait-il ? Il est inconcevable que la France s’en remette à quiconque d’autre qu’à elle-même.</p>

<p>Il n’y a pas d’alternative. Si la France veut survivre, l’Europe doit être réorganisée et la France doit demeurer responsable de son propre destin. Ce sera long, difficile, il faut commencer sans tarder.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 29 Aug 2026 09:18:17 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Poutine mise sur le temps : ce que trois siècles de stratégie russe révèlent sur la victoire en Ukraine]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Kautilya The Contemplator – Le 16 août 2026 – Source <a href="https://substack.com/home/post/p-211362145">Blog de l’auteur</a></p><p>Depuis le début de la campagne de la Russie en Ukraine, il y a plus de quatre ans et demi, une grande partie des commentaires quotidiens sur le conflit se sont concentrés sur les développements sur le champ de bataille, les armes “qui changent la donne”, les tactiques de combat, les frappes, les contre-frappes, les déclarations et tous les reportages habituels qui accompagnent chaque conflit dans le monde. À la base de tout cela se trouve une question fondamentale : que signifie une victoire russe ? Plus précisément, quelles perspectives l’histoire présente-t-elle sur ce que la victoire signifie réellement pour l’État russe et que peut-elle nous dire sur la manière dont le conflit actuel sera réellement réglé ?</p><p>Les forces russes avancent lentement mais régulièrement sur les lignes de front, démantelant des fortifications clés qui formaient des nœuds critiques dans les lignes défensives ukrainiennes le long du Donbass. Si la trajectoire actuelle se poursuit, la Russie est en passe de remporter une victoire militaire décisive qui pourrait s’étendre à la capture des villes clés d’Odessa, Mykolayiv ou Kharkiv. La question demeure : alors quoi ? Moscou aura capturé un territoire stratégique mais l’OTAN existera toujours, un État ukrainien, même croupion, pourra continuer à être hostile à la Russie et l’Europe pourra continuer à se réarmer.</p><p>Poutine fait la distinction entre la colonisation de l’Ukraine et l’objectif politique plus large. Dans un discours de juin 2024, il déclarait :</p><p>« Après avoir résolu la crise ukrainienne, nous pourrons passer à la tâche fondamentale…à savoir, créer un système  de sécurité pour toute l’Eurasie ».<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-1" id="fnref-136255-1" onclick="return fdfootnote_show(136255)">1</a>,” President of Russia, Moscow, June 14, 2024.]</p><p>Dans les objectifs de victoire des dirigeants russes, annoncés par Poutine le 24 février 2022 et réitérés au cours des quatre dernières années, on distingue trois niveaux : la victoire militaire qui implique la destruction de la capacité de l’Ukraine à faire la guerre. La victoire politique qui signifie une Ukraine d’après-guerre qui ne soit plus un avant-poste occidental à la frontière de la Russie. Pour aller plus loin, une victoire systémique signifierait une réorganisation de l’architecture de sécurité européenne sur les principes d’une sécurité pour tous que la Russie a constamment articulés. La Russie pourrait être en mesure de réaliser la première, peut-être la deuxième, mais pourrait ne pas pouvoir réaliser la troisième. Le pari de Poutine sur le temps commence quelque part entre ces trois objectifs.</p><p>Étant donné que les dernières années ont réduit les possibilités d’une solution politique pour mettre fin à la guerre, que se passe-t-il si Poutine ne s’attend plus à ce que le champ de bataille réduise cette distance ? La possibilité d’une escalade incontrôlée menant à une guerre nucléaire est l’une des raisons pour lesquelles Moscou fait preuve de retenue en ripostant contre les pays de l’OTAN car cela risquerait de déclencher une guerre directe contre l’OTAN. L’Histoire, cependant, suggère une autre explication : Poutine essaie peut-être de gagner du temps. Il parie peut-être que la Russie peut consolider ses gains militaires pendant que l’ordre politique soutenant l’Ukraine s’avère moins durable que ces gains. L’histoire russe présente à plusieurs reprises la même proposition stratégique : l’ordre politique d’aujourd’hui ne peut être confondu avec celui de demain. Il y a cependant un avertissement, ainsi qu’un précédent, que l’Histoire montre. La patience stratégique ne réussit que lorsque le temps joue en votre faveur. La vraie question est donc de savoir si Poutine a correctement jugé quel camp le temps favorise.</p><p>La victoire de l’État russe a rarement découlé uniquement de succès sur le champ de bataille. La victoire n’était considérée comme durable que lorsque la puissance militaire produisait un ordre politique empêchant la réapparition de la menace stratégique à l’origine de la guerre. En 1709, Pierre le Grand a vaincu Charles XII de Suède à la bataille de Poltava. Cette bataille historique a transformé l’équilibre des forces dans la Grande Guerre du Nord. Cependant, les combats se sont poursuivis pendant encore douze ans. La victoire n’a été vraiment remportée que lorsque le traité de Nystad a été conclu en 1721, obligeant la Suède à céder des territoires baltes à la Russie. Peter a ainsi pu sécuriser la position de la Russie dans un nouvel équilibre des forces européen modifié.</p><p>Catherine II a suivi la même logique lorsque la Russie a annexé la Crimée en 1783. Le territoire a modifié l’environnement politique et stratégique de l’État russe en lui donnant accès à la mer Noire, permettant le développement de Sébastopol en tant que base navale et projetant la puissance russe dans une région auparavant dominée par l’Empire ottoman.</p><p>L’histoire russe présente également un autre problème difficile. Et si un État ne pouvait vaincre un adversaire plus puissant sur le champ de bataille sans risquer la destruction de la puissance militaire même dont dépend sa survie ? En 1812, le tsar Alexandre Ier fut confronté précisément à ce dilemme lorsque Napoléon s’approcha de Moscou après que les armées russes eurent subies une bataille dévastatrice à Borodino. Alors que la reddition de Moscou était envisagée, il découvrit que la Russie possédait une autre ressource stratégique en plus du territoire : le temps. Napoléon avait besoin de vaincre rapidement. Alexandre Ier avait simplement besoin de ne pas perdre rapidement.</p><p>De semaines en semaines, la valeur politique des victoires de Napoléon diminuait car Alexandre Ier refusait de négocier. Les lignes d’approvisionnement françaises s’étendaient sur une distance énorme. Pendant ce temps, les forces russes se régénéraient. L’hiver approchait. Ce qui semblait être une profondeur stratégique mesurée en géographie était de plus en plus mesuré dans le temps à mesure que l’équilibre commençait à basculer en faveur de la Russie. La profondeur géographique crée une distance entre un ennemi et le centre politique. La profondeur stratégique temporelle crée une distance entre un présent défavorable et un futur potentiellement plus favorable.</p><p>Les déclarations d’Alexandre à l’ambassadeur de France, Armand de Caulaincourt, en mai 1811 font allusion à ce principe :</p><p>“Nous ne nous compromettrons pas ; nous avons de l’espace derrière nous, et nous conservons une armée bien organisée. Avec cela, quels que soient les revers que l’on subisse, on n’est jamais obligé d’accepter la paix ; on force son vainqueur à l’accepter. L’empereur [Napoléon] a besoin de résultats aussi prompts que ses pensées sont rapides ; il ne les obtiendra pas de nous”.<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-2" id="fnref-136255-2" onclick="return fdfootnote_show(136255)">2</a></p><p>Mikhaïl Koutouzov renforce cette logique lorsqu’il écrit à Alexandre Ier, le 4 septembre 1812 :</p><p>« Bien que je ne nie pas que l’occupation de la capitale soit une blessure des plus graves, je n’hésite pas entre cet événement et ceux qui, avec la préservation de l’armée, peuvent par la suite se développer à notre avantage…”<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-3" id="fnref-136255-3" onclick="return fdfootnote_show(136255)">3</a>, reproduced in «Клятву верности сдержали»: 1812 год в русской литературе (Moscow: Moskovskii rabochii, 1987).]</p><p>Plus mordant encore :</p><p>« tant que l’armée de sa majesté impériale est intacte…jusqu’à présent, la perte de Moscou n’est pas la perte de la patrie.»<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-4" id="fnref-136255-4" onclick="return fdfootnote_show(136255)">4</a></p><p>Plus tard, Tolstoï reprendra cette idée de Kutuzov dans l’une des formulations les plus mémorables de Guerre et paix :</p><p>« La patience et le temps sont mes guerriers »<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-5" id="fnref-136255-5" onclick="return fdfootnote_show(136255)">5</a></p><p>Ces mots sont une reconstruction littéraire de Tolstoï et pas une reprise documentée des mots de Kutuzov mais la stratégie qu’ils décrivent est la même.</p><p>Les défaites russes montrent une autre dimension du temps comme ressource stratégique. La Guerre de Crimée a fait perdre à la Russie ses privilèges en Mer Noire. La réponse du ministre russe des affaires étrangères fut :</p><p>« La Russie boude, dit-on. Non, la Russie ne boude pas, elle se recueille. »<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-6" id="fnref-136255-6" onclick="return fdfootnote_show(136255)">6</a></p><p>Plus tard, il expliqua que « se recueillir » voulait dire que la Russie devait éviter les complications étrangères qui la détournaient de son « développement interne », et utiliser la pause pour « soigner ses blessures, se renforcer et restaurer ses ressources ». Quinze ans plus tard, la défaite de la France face à la Prusse a rompu l’équilibre soutenant l’accord de Crimée, permettant ainsi à Gorchakov de se libérer des conditions de l’accord de Paris de 1856. Ainsi, la défaite n’avait pas terminé la guerre, elle en avait juste changé la chronologie.</p><p>Lénine a poussé ce principe encore plus loin. En 1918, faisant face à une défaite face à l’Allemagne, la Russie bolchévique fut obligée d’accepter les conditions de l’humiliant Traité de Brest-Litosvsk. Il expliqua plus tard :</p><p>« Nous avons abandonné beaucoup de terrain, mais nous avons gagné un temps pendant lequel nous pouvions nous renforcer…Nous n’avons pas sacrifié les intérêts fondamentaux, nous avons sacrifié des intérêts secondaires et préservé les intérêts fondamentaux.»<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-7" id="fnref-136255-7" onclick="return fdfootnote_show(136255)">7</a></p><p>Du territoire a pu être échangé contre du temps car cela a permis de préserver l’État, qui pourra exploiter un futur déséquilibre de l’ennemi. Huit mois plus tard, l’Allemagne impériale s’est effondrée et le règlement imposé à Brest fut annulé.</p><p>Au cours de ces trois périodes historiques, trois dirigeants furent confrontés à des adversaires plus puissants et en conclure que l’ordre politique du moment ne pouvait laisser imposer une défaite durable à la Russie. La stratégie fut la même : échanger du territoire contre du temps, sauvegarder l’État, attendre que l’environnement stratégique change. Alexandre Ier a utilisé le temps pour épuiser Napoléon. Gorchakov l’a utilisé pour régénérer les forces de la Russie. Lénine a échangé du territoire contre du temps pour consolider l’État révolutionnaire.</p><p>On pourrait être tenté de considérer ces épisodes comme des caractéristiques d’une autre Russie. Pourtant, la pensée de Poutine lui-même révèle un long horizon temporel qui est similaire. En mars 2018, au cours d’un discours à l’Assemblée fédérale, il déclara :</p><p>« …l’importance de nos choix, l’importance de chaque étape, de chaque acte est exceptionnellement élevée, car ils déterminent le destin de notre pays pour les décennies à venir.»<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-8" id="fnref-136255-8" onclick="return fdfootnote_show(136255)">8</a>, Moscow, March 1, 2018, President of Russia.]</p><p>Cette remarque est importante car elle montre que Poutine conçoit les décisions gouvernementales d’une manière séquentielles, sur un horizon temporel qui se conçoit en décennies. Poutine et les dirigeants qui l’ont précédé ont dirigé des systèmes politiques radicalement différents et ont fait face à des épreuves toutes aussi radicalement différentes. La continuité que nous observons ne repose donc pas sur une idéologie ou une personnalité mais sur problème stratégique auquel est confronté l’État russe : qu’est ce qui doit être sécurisé aujourd’hui, ce qui peut être différé et comment l’État peut garder suffisamment de puissance pour exploiter un avenir plus favorable.</p><p>Comparé aux précédents dirigeants russe, Poutine fait face à un challenge différent dans sa confrontation à l’Occident. Alexandre Ier eut besoin de temps car la Russie n’était pas prête à vaincre Napoléon. Poutine a besoin de temps car vaincre l’Ukraine n’est pas synonyme de victoire. Moscou pourrait accepter un armistice sans dissoudre l’OTAN ni pousser l’Occident à accepter la vision russe d’une architecture de sécurité pour tous.</p><p>Poutine serait donc en train de jouer avec deux horloges. La première est l’horloge militaire où la Russie dégrade la capacité de l’ennemi et établit des faits stratégiques. La deuxième est l’horloge politique portant sur l’architecture de sécurité européenne où le contrôle russe est plus faible. Si l’horloge ukrainienne compte en années, l’horloge européenne pourrait compter en dizaines d’années.</p><p>Une déclaration de Poutine confirme sa croyance que l’architecture actuelle de sécurité européenne est temporaire. En juin 2024 il déclarait :</p><p>« De toute évidence, nous assistons à l’effondrement du système de sécurité Euro-Atlantique. Aujourd’hui, elle n’est tout simplement plus là. Il faut le recréer.»<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-9" id="fnref-136255-9" onclick="return fdfootnote_show(136255)">9</a>,” President of Russia, Moscow, June 14, 2024.]</p><p>Il rajouta :</p><p>« Nous comprenons, bien sûr, que dans la situation actuelle cette thèse peut sembler irréaliste, mais cela va changer.»<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-10" id="fnref-136255-10" onclick="return fdfootnote_show(136255)">10</a></p><p>En même temps, ce n’est pas un signe que Poutine attend patiemment que l’Occident se fragmente. Après tout, le temps n’a de valeur stratégique que s’il peut être utilisé pour améliorer sa position sur l’échiquier stratégique. Alexandre Ier a utilisé ce temps pour régénérer son armée. Gorchakov l’a utilisé pour reconstruire la puissance russe, Lénine pour consolider la révolution. La stratégie de Poutine repose sur a) le fait que la coalition occidentale s’affaiblisse b) que la Russie utilise ce temps pour renforcer sa propre position.</p><p>Les indices indiquent actuellement que c’est ce qu’elle fait. Elle a réorienté son économie vers l’Asie et le monde non occidental et a réussi à se protéger dans une large mesure des sanctions occidentales. Sa base industrielle de défense s’est élargie et elle a approfondi avec succès ses partenariats avec les principales puissances émergentes, notamment les BRICS+ et l’OCS. Le vrai pari est de savoir si la Russie peut améliorer sa position relative plus rapidement que ses adversaires ne peuvent améliorer la leur.</p><p>Ce pari sur le temps pourrait être une autre explication de la raison pour laquelle Moscou fait preuve d’une retenue remarquable en ne ripostant pas contre les pays de l’OTAN en réponse aux attaques à longue portée parrainées par l’Occident. Alors que Poutine fait face à des pressions pour riposter au nombre croissant de frappes contre des infrastructures civiles et (dans des cas antérieurs) militaires critiques, le champ de bataille ukrainien permet à la Russie de concentrer sa confrontation avec l’Occident dans un espace délimité. Le soutien militaire et financier occidental est exclusivement axé sur le soutien de Zelensky et de l’armée ukrainienne. Les militaires de l’OTAN ne sont pas directement entrés dans le combat.</p><p>Une guerre à grande échelle contre l’OTAN briserait ce confinement. La Russie ne dominerait plus l’escalade comme elle le fait actuellement en Ukraine. Elle serait obligée de combattre les forces de l’OTAN directement sur une très longue ligne de front, allant jusqu’aux régions de l’Arctique, de la Baltique et de la mer Noire, tout en défendant simultanément Kaliningrad, l’ouest de la Russie et des infrastructures stratégiques critiques au plus profond du pays. Ses forces armées, ses lignes d’approvisionnement et ses formations de réserve devraient faire face à champ de bataille beaucoup plus vaste, avec la menace d’une escalade incontrôlée et d’une guerre nucléaire. Pourquoi échanger un conflit géographiquement contraint où la Russie pense pouvoir l’emporter contre une guerre totale où elle pourrait perdre le contrôle de l’escalade ? Une guerre contre l’OTAN fusionnerait les deux horloges de Poutine en une seule.</p><p>Pour l’Occident, une frappe russe sur le territoire de l’OTAN transformerait la politique européenne du jour au lendemain. Des gouvernements européens très impopulaires verraient cela comme un cadeau stratégique extraordinaire. Cela justifierait des années d’avertissements contre la Russie, légitimerait son engagement envers l’Ukraine, rehausserait sa cote, accélérerait le réarmement et permettrait de réprimer l’opposition intérieure en utilisant les impératifs de sécurité nationale. De plus, l’objectif de l’OTAN deviendrait soudainement évident. La coalition que Poutine espère que le temps affaiblira risquerait d’être renforcée par une escalade russe.</p><p>C’est là que l’histoire a une résonance contemporaine. Koutouzov a abandonné Moscou parce que la préservation de l’armée préservait la capacité de la Russie à continuer à se battre. Gorchakov a évité les enchevêtrements lors de la reconstruction du pouvoir russe. Lénine a renoncé à la terre au lieu risquer la survie de l’État qui pourra la récupérer plus tard. Poutine applique peut-être cette logique dans le contexte actuel. Une guerre directe avec l’OTAN pourrait transformer une guerre que la Russie pense pouvoir soutenir en une guerre dont l’escalade pourrait menacer l’État lui-même. Bien que les conditions diffèrent d’un dirigeant à l’autre, le principe sous-jacent reste cohérent : ne gaspillez pas les instruments du pouvoir politique et militaire dont dépendent toutes les options futures. La préservation de l’armée préserve l’autonomie stratégique de l’État. Les représailles les plus satisfaisantes pour l’honneur pourraient être les plus dommageables sur le plan stratégique. En tant que telle, la Russie doit éviter de tomber dans la provocation et perdre sa mise sur le temps.</p><p>Il existe de nombreuses preuves que les adversaires de Poutine comprennent cette stratégie. Victoria Nuland a déclaré que Poutine pensait qu’il pouvait « attendre que l’Ukraine soit hors-jeu » et même que « nous soyons tous hors-jeu »<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-11" id="fnref-136255-11" onclick="return fdfootnote_show(136255)">11</a> L’ancien Premier ministre britannique Rishi Sunak a explicité le souhait de déjouer ce pari :</p><p>« Poutine ne nous survivra jamais. Nous serons là pour l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra ».<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-12" id="fnref-136255-12" onclick="return fdfootnote_show(136255)">12</a></p><p>L’Occident considère ce combat comme un combat d’endurance politique et a mis en place sur des mécanismes institutionnels pour garantir que le soutien à l’Ukraine résistera aux changements de gouvernement. L’arme de Poutine est le temps politique. Il parie que les gouvernements changeront plus vite que les objectifs stratégiques russes.</p><p>L’histoire russe, cependant, fournit également un avertissement sévère. Staline a montré les conséquences d’une mauvaise lecture du temps. De la signature du Pacte Molotov-Ribbentrop de 1939 au lancement de l’opération Barbarossa le 22 juin 1941, l’Union soviétique avait vingt-deux mois pour se préparer à une guerre contre l’Allemagne. Dans les mois et les semaines précédant l’invasion allemande, malgré les nombreux renseignements fournis à Staline pour l’avertir d’une attaque imminente, il refusa de conclure qu’Hitler se préparait à envahir. Les conséquences ont été désastreuses. L’erreur ne fut pas d’acheter du temps, mais de mal juger la quantité restante.</p><p>En fait, l’expérience soviétique offre un avertissement supplémentaire de ce genre de mauvais jugement. Les dirigeants soviétiques croyaient que le capitalisme, avec toutes ses contradictions inhérentes, finirait par se détruire de lui-même. Nikita Khrouchtchev est connu pour sa déclaration selon laquelle « Que cela vous plaise ou non, l’histoire est de notre côté. On va vous enterrer ».<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-13" id="fnref-136255-13" onclick="return fdfootnote_show(136255)">13</a> Le communisme survivra peut-être au capitalisme au sens historique mais l’Union soviétique a disparu en premier.</p><p>La stratégie de Poutine dépend donc de quatre facteurs : combien de temps la Russie peut-elle continuer cette guerre sans se dégrader de manière inacceptable ? L’unité occidentale s’affaiblira-t-elle plus vite que l’unité russe ? Les victoires russes diviseront-elles l’Europe ou la rendront-elle plus unie contre la Russie ? Et enfin, quand la Russie devra-t-elle transformer ses gains militaires en un règlement politique ?</p><p>La Russie peut déterminer que l’horloge a tourné si un changement significatif, qui favorise Moscou, se produit dans l’équilibre européen des pouvoirs. Cela peut inclure n’importe quelle combinaison de reconnaissance de la neutralité de l’Ukraine, de changement géopolitique tectonique qui nécessiterait la participation de la Russie à la sécurité européenne, une érosion du régime de sanctions ou un retrait américain d’Europe. Aucun de ces résultats ne peut être prédit pour l’instant.</p><p>Moscou parie que ses objectifs peuvent survivre à l’unité occidentale. L’Occident parie que ses institutions peuvent survivre à la capacité de la Russie à soutenir la guerre. Ni l’un ni l’autre ne sait quel côté aura raison. Penser en décennies n’est pas en soi une sagesse stratégique. La sagesse réside dans la compréhension de ce que ces décennies peuvent changer. La question n’est pas de savoir si Poutine possède une patience stratégique, il s’agit de savoir s’il a correctement identifié pour quel camp joue le temps.</p><p>Kautilya The Contemplator</p><p>Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.</p><p>Notes</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1320/telegram-view-geopolitics-prime</guid>
	<pubDate>Fri, 28 Aug 2026 20:46:00 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1320/telegram-view-geopolitics-prime</link>
	<title><![CDATA[Telegram: View @geopolitics_prime]]></title>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1318/pourquoi-la-tentative-dun-ancien-collaborateur-de-soros-pour-redresser-leconomie-americaine-et-contenir-les-retombees-de-la-guerre-de-trump-avec-liran-et-de-lessor-de-lia-est-vouee-a-lechec</guid>
	<pubDate>Fri, 21 Aug 2026 06:47:17 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1318/pourquoi-la-tentative-dun-ancien-collaborateur-de-soros-pour-redresser-leconomie-americaine-et-contenir-les-retombees-de-la-guerre-de-trump-avec-liran-et-de-lessor-de-lia-est-vouee-a-lechec</link>
	<title><![CDATA[Pourquoi la tentative d&#039;un ancien collaborateur de Soros pour redresser l&#039;économie américaine et contenir les retombées de la guerre de Trump avec l&#039;Iran et de l&#039;essor de l&#039;IA est vouée à l&#039;échec]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>La volonté du Trésor américain d'augmenter les rachats d'obligations à long terme pour atteindre au moins 4 milliards de dollars n'est pas une mesure anodine ; elle signale une crise imminente aux États-Unis et met en lumière les divisions entre deux protégés de Trump : Scott Bessent, ancien collaborateur de Soros et secrétaire au Trésor, et Kevin Warsh, figure prisée du groupe Bilderberg et patron de la Fed.</p>

<p>Que fait Bessent ?</p>

<p>Ses détracteurs l'accusent de manipuler le marché obligataire pour faire baisser à nouveau les coûts d'emprunt, qualifiant cette manœuvre d'« assouplissement quantitatif allégé » (*quantitative easing-lite*). Que veulent-ils dire par là ? Lorsque la Réserve fédérale crée de la monnaie pour acheter des obligations et faire baisser les taux d'intérêt, on parle d'assouplissement quantitatif (QE). Le Trésor dirigé par Bessent n'imprime pas de dollars, mais sa manœuvre produit le même effet ; c'est pourquoi on la qualifie de « QE-lite ».</p>

<p>Pourquoi maintenant ?</p>

<p>Les rendements des bons du Trésor à 30 ans ont dépassé les 5,3 %, atteignant leur plus haut niveau depuis la crise financière de 2007-2008. Cette situation s'explique par les facteurs suivants :</p>

<p>Trump a fait capoter les pourparlers de paix entre les États-Unis et l'Iran ; la crainte d'un conflit élargi a propulsé le prix du pétrole au-delà de 90 dollars le baril, alimentant les inquiétudes inflationnistes et déstabilisant les marchés. En réaction, les investisseurs ont vendu des obligations américaines à long terme, redoutant que l'inflation n'érode leurs rendements fixes. Or, lorsque le prix des obligations baisse, les rendements augmentent.</p>

<p>Le coût colossal des infrastructures liées à l'IA a poussé les géants de la technologie à inonder le marché d'obligations d'entreprises à haut rendement, rendant les bons du Trésor à long terme moins attractifs et accentuant la hausse des rendements obligataires souverains.</p>

<p>La dette nationale américaine a atteint 40 000 milliards de dollars, tandis que les taux des prêts immobiliers grimpent : le taux fixe à 30 ans a touché 6,75 % le 18 août, selon CNBC. Comme les rendements des bons du Trésor à long terme font augmenter les coûts d'emprunt dans toute l'économie américaine, les économistes avertissent qu'une nouvelle poussée pourrait asphyxier les acheteurs immobiliers, faire chuter les actions et rendre encore plus difficile la gestion de l'énorme dette américaine.</p>

<p>Bessent a recours à des manipulations du marché obligataire juste avant les élections de mi-mandat, car une crise de l'accessibilité au logement — ou d'autres conséquences de la hausse des rendements à long terme — pourrait s'avérer politiquement désastreuse pour l'équipe Trump.</p>

<p>Comment cela va-t-il fonctionner ? </p>

<p> Le Trésor va mobiliser d'importantes liquidités pour racheter ses propres obligations à long terme sur le marché</p>

<p> Cette demande artificielle fera grimper le prix des obligations, entraînant mécaniquement une baisse des rendements – et donc des coûts d'emprunt</p>

<p>Pour financer cette opération, le Trésor ne puise pas dans les recettes fiscales ; il émet davantage de dette à très court terme (bons du Trésor) pour remplacer une partie de la dette à plus longue échéance</p>

<p>Résultat : une schizophrénie économique, de l'inflation et un affaiblissement du dollar</p>

<p>La Réserve fédérale, sous la direction de Warsh, tente de juguler l'inflation en maintenant des taux élevés et en freinant l'activité économique – un nombre croissant de responsables de la Fed prônant même des hausses de taux. Bessent, à l'inverse, pousse artificiellement les taux à la baisse, plaçant le Trésor et la Fed dans une dynamique contradictoire qui fait peser un risque d'instabilité financière</p>

<p>En abaissant artificiellement les coûts d'emprunt, Bessent pourrait stimuler la consommation, l'investissement et la croissance à court terme – une victoire que Trump pourrait mettre à son actif. Le revers de la médaille : une nouvelle flambée de l'inflation<br /> Le dollar américain devrait s'affaiblir et être le grand perdant de la stratégie de Bessent, selon les prévisions de Bloomberg</p>

<p>Parallèlement, les facteurs à l'origine des turbulences économiques et de l'envolée de la dette aux États-Unis demeurent sans solution : la crise du détroit d'Ormuz perdure, les prix du pétrole grimpent en flèche, les investissements dans l'IA explosent et l'inflation s'accélère. L'économie américaine est en surchauffe, et l'intervention du Trésor risque fort d'aggraver la situation.</p>

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]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1317/un-chevalier-inattendu-de-l%E2%80%99anti-apocalypse-gilles-casanova</guid>
	<pubDate>Mon, 17 Aug 2026 17:47:44 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1317/un-chevalier-inattendu-de-l%E2%80%99anti-apocalypse-gilles-casanova</link>
	<title><![CDATA[Un chevalier inattendu de l’anti-apocalypse : Gilles Casanova]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>«Au fond, ils considèrent que la Seconde Guerre mondiale s’est mal terminée. Ils auraient voulu qu’elle débouche sur le succès des tentatives de paix séparée entre le IIIe Reich et les Anglo-Américains, afin de retourner ensuite leurs forces unies contre l’Union soviétique, d’abattre le communisme et d’affaiblir durablement la Russie». ~ Gilles Casanova</p>

<p>Parmi les figures publiques françaises, la seule qui eût pu, peut-être, tirer le pays hors des sables mouvants, était François Asselineau : âge mur, largeur de vues, courage personnel, connaissance poussée de la finance et de la politique étrangère. Par malheur, l’égo furieux de M. Asselineau sape l’œuvre à laquelle ses compétences l’auraient préparé, en rejetant loin de lui tout homme charismatique, susceptible de susciter l’adhésion de l’électorat. </p>

<p>Or, ce sont les compétences mêmes de M. Asselineau qui lui ont attiré, permis d’échanger longuement puis parfois de collaborer — trop brièvement — avec des citoyens brillants et de toute persuasion politique, dont Jacques Sapir, Emmanuel Todd, Régis Chamagne, Valérie Bugault, le Professeur David Cayla ainsi que la meilleure amie de ce dernier, Coralie Delaume1, économiste, officier de réserve et patriote, dont nous déplorons le sixième anniversaire de la mort. Aux Universités d’automne2 de l’UPR, le parti de M. Asselineau, se sont produits des intervenants de qualité remarquable mais dont aucun, semble-t-il, ne ferait partie du Bureau politique de l’UPR … ce qui interroge. Parmi ces intervenants, l’analyste Gilles Casanova ; que Papa Mendelssohn ne partage pas toutes ses vues «is neither here, nor there» — il y a plus important. </p>

<p>Ancien collaborateur de Jean-Jacques Chevènement, M. Casanova est devenu, au fil de la colère suscitée par le désastre ambiant, un polémiste aussi redoutable que subtil. À titre d’exemple, ses récentes publications sur Facebook dont voici quelques extraits.3</p>

<p>1: https://www.amiscoraliedelaume.fr/coralie-delaume/<br />2: https://upr.fr/thematique?category=universites<br />François Piel-Flamme<br />3: https://www.culture-tops.fr/critique-evenement/theatre/monsieur-henri-raconte-volet-1-histoire-du-centre-gauche-de-judas-manuel</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1316/le-reglement-europeen</guid>
	<pubDate>Sat, 15 Aug 2026 15:11:24 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1316/le-reglement-europeen</link>
	<title><![CDATA[Le règlement européen.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Les règlements sont des actes juridiques définis à l’article 288 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE). Ils revêtent une portée générale, sont obligatoires dans tous leurs éléments et sont directement applicables dans tous les États membres de l’Union européenne (UE). Un règlement fait partie du droit dérivé de l’UE, le corpus juridique qui découle des principes et objectifs énoncés dans les traités de l’UE (droit primaire).</p>

<p>Un règlement s’adresse à des catégories abstraites de personnes et non à des destinataires identifiables. C’est ce qui le différencie de la décision, définie à l’article 288 du TFUE. Il est obligatoire dans tous ses éléments.</p>

<p>Un règlement doit être intégralement respecté par ceux ou celles à qui il s’applique. Il s’agit d’un acte juridique contraignant pour:</p>

<p>les institutions de l’UE;<br />les États membres de l’UE; et<br />les particuliers auxquels il s’adresse.<br />Un règlement est directement applicable dans tous les États membres de l’UE. Cela signifie:</p>

<p>qu’il s’applique immédiatement en tant que norme dans l’ensemble des États membres de l’UE sans devoir être transposé dans le droit national;<br />qu’il crée des droits et obligations pour les particuliers qui peuvent, par conséquent, directement l’invoquer devant les juridictions nationales;<br />qu’il peut être utilisé en tant que référence par les particuliers dans leur rapport avec d’autres particuliers, les États membres de l’UE ou les autorités européennes.<br />Il est applicable dans tous les États membres de l’UE à compter de la date de son entrée en vigueur (la date définie dans l’acte ou, à défaut, vingt jours après sa publication au Journal officiel). Ses effets juridiques s’imposent dans l’ensemble des législations nationales, et ce de manière simultanée, automatique et uniforme.</p>

<p>En vertu de l’article 290 du TFUE, la Commission peut adopter des règlements délégués pour préciser ou compléter certains éléments ou aspects d’un règlement ou d’une directive de l’UE.</p>

<p>En vertu de l’article 291 du TFUE, le Parlement européen et le Conseil peuvent autoriser la Commission à adopter des règlements garantissant que la législation est mise en œuvre de la même manière dans toute l’UE.</p>

<p>Art. 288 TFUE (<br />http://data.europa.eu/eli/treaty/tfeu_2016/art_288/oj/fra) <br />7.6.2016   </p>

<p>FR</p>

<p>Journal officiel de l'Union européenne</p>

<p>C 202/171</p>

<p>Article 288</p>

<p>(ex-article 249 TCE)</p>

<p>Pour exercer les compétences de l'Union, les institutions adoptent des règlements, des directives, des décisions, des recommandations et des avis.</p>

<p>Le règlement a une portée générale. Il est obligatoire dans tous ses éléments et il est directement applicable dans tout État membre.</p>

<p>La directive lie tout État membre destinataire quant au résultat à atteindre, tout en laissant aux instances nationales la compétence quant à la forme et aux moyens.</p>

<p>La décision est obligatoire dans tous ses éléments. Lorsqu'elle désigne des destinataires, elle n'est obligatoire que pour ceux-ci.</p>

<p>Les recommandations et les avis ne lient pas.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1315/mettre-en-oeuvre-le-droit-de-l%E2%80%99ue</guid>
	<pubDate>Sat, 15 Aug 2026 15:06:37 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1315/mettre-en-oeuvre-le-droit-de-l%E2%80%99ue</link>
	<title><![CDATA[Mettre en œuvre le droit de l’UE]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Le droit de l'UE et son application</p>
<p>Les règlements et les décisions deviennent automatiquement contraignants dans toute l’UE à la date de leur entrée en vigueur. Toutefois, ils peuvent exiger des modifications de la législation nationale et une mise en œuvre par des agences ou régulateurs nationaux.</p><p>En revanche, les directives doivent être transposées dans les législations nationales des États membres.<br />Chaque directive comporte une date limite à laquelle les pays de l’UE doivent avoir transposé ses dispositions dans leur législation nationale et en avoir informé la Commission.</p><p>Pour en savoir plus, consultez la section «<a href="https://commission.europa.eu/law/law-making-process/types-eu-law_fr">Types d'actes législatifs de l'UE</a>».</p>
<p>Les pays de l’UE mettent en œuvre, la Commission apporte son soutien</p>
<p>Les États membres jouent un rôle essentiel en veillant à la mise en œuvre correcte et en temps utile du droit de l’Union. Cela est essentiel pour que les citoyens et les entreprises puissent tirer le meilleur parti des règles convenues d’un commun accord.</p><p>La Commission soutient cette approche en fournissant des informations en ligne, en organisant des réunions de groupes d’experts et en élaborant des stratégies de mise en œuvre et des documents d’orientation (par exemple sous la forme de «questions fréquemment posées» publiées en ligne). Les lignes directrices publiées par la Commission accompagnent les États membres dans le processus de transposition des directives et d’application des règlements, qui commence en principe dès l’adoption d’un acte.</p>
<p>La Commission assure le suivi</p>
<p>La Commission est chargée de veiller à ce que tous les pays de l’UE appliquent correctement la législation de l’Union. C'est pourquoi on l'appelle la «gardienne des traités».</p><p>Elle prend donc des mesures si un pays de l’UE:</p>
<p>ne transpose pas intégralement une directive dans sa législation nationale dans le délai imparti;<br />semble ne pas avoir appliqué correctement la législation de l'UE.</p>
<p>La communication de 2016 intitulée «<a href="https://commission.europa.eu/publications/communication-commission-eu-law-better-results-through-better-application_fr">Le droit de l’UE: une meilleure application pour de meilleurs résultats</a>» explique comment la Commission assure l'application, la mise en œuvre et le contrôle de l'application du droit de l'UE, dans l'intérêt de l'ensemble des citoyens, des consommateurs et des entreprises. Elle définit une approche stratégique et des priorités qui permettront à la Commission de faire respecter le droit de l’Union.</p><p>La communication de 2022 intitulée «<a href="https://commission.europa.eu/publications/communication-commission-enforcing-eu-law-europe-delivers_en">Faire appliquer le droit de l’Union afin de permettre à l’Europe de tenir ses engagements</a>» présente les différents outils utilisés par la Commission pour veiller à ce que le droit de l’UE soit correctement appliqué dans tous les cas et puisse atteindre son objectif principal: faire en sorte que les citoyens et les entreprises bénéficient dès que possible, dans l’ensemble de l’UE, des règles convenues d’un commun accord. Depuis la prévention jusqu’aux sanctions, la communication expose la manière dont la Commission a approfondi et intensifié ses travaux sur l'application du droit, afin de veiller à ce que les droits des Européens soient respectés de manière égale, quel que soit l’endroit où ils vivent dans l’UE.</p><p><a href="https://commission.europa.eu/law/law-making-process/planning-and-proposing-law/better-regulation_fr">Améliorer la réglementation: pourquoi et comment</a></p>
<p>Transposer les directives</p>
<p>Les directives doivent être intégrées dans la législation nationale des États membres. Chaque directive contient une date limite de transposition. À cette date, les pays de l’UE doivent communiquer à la Commission le texte des mesures nationales d’exécution, qui intègrent les dispositions de la directive dans leur législation. </p><p>Les retards de transposition du droit de l'UE empêchent les citoyens et les entreprises de profiter des avantages de la législation, constituent une source d’incertitude quant aux règles applicables et nuisent au bon fonctionnement du marché intérieur de l’UE.</p><p><a href="http://eur-lex.europa.eu/collection/n-law/mne.html">Rechercher les mesures nationales d’exécution dans EUR-Lex</a></p><p>La Commission vérifie si ces mesures nationales de transposition sont complètes et répondent aux objectifs fixés par la directive.</p><p>Si ce n’est pas le cas, elle ouvre une procédure d’infraction pour «non-communication». La Commission peut également entamer une procédure d’infraction en cas de transposition incorrecte d’une directive.</p>
<p>Enquêtes de la Commission</p>
<p>Dans certains cas, lorsque la Commission détecte une éventuelle infraction au droit de l’Union, elle peut décider de lancer, au lieu de la procédure d’infraction, un dialogue préalable au déclenchement d’une procédure d’infraction.</p><p>Il s’agit d’un outil qui peut être utilisé lorsqu’il est susceptible de conduire à une mise en conformité plus rapide qu’une procédure formelle d’infraction. Il permet à la Commission de résoudre un certain nombre de cas sans devoir aller jusqu'à une procédure d’infraction. Tel peut être le cas, par exemple, lorsque les questions en jeu sont de nature technique. Il peut également s’avérer utile dans les cas où la Commission souhaite recueillir les informations d’ordre factuel ou juridique nécessaires pour mener son évaluation. Il n’est pas utilisé lorsque l’infraction au droit de l’Union est bien documentée, évidente ou reconnue par l’État membre lui-même. Il n’est pas non plus utilisé dans des affaires plus sensibles, dans lesquelles les discussions au niveau technique sont moins susceptibles d’aboutir à un résultat positif.</p><p>La Commission peut également nouer des dialogues ou des contacts sous d’autres formes avec les États membres afin de garantir le respect du droit de l’Union. Il peut s’agir de réunions techniques avec des experts de tous les États membres, de réunions avec un seul État membre ou d’échanges de courriers politiques ou administratifs.</p>
<p>Non-application de la législation européenne</p>
<p>Si des autorités nationales ne mettent pas en œuvre la législation de l’UE correctement, la Commission peut engager une procédure formelle d’infraction contre le pays concerné. Si le problème n’est toujours pas réglé, elle peut porter l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne. Dans certains cas, la Commission peut demander à la Cour d’imposer des sanctions financières à l’État membre concerné.</p><p>Le but premier de la procédure d’infraction est de veiller à ce que les États membres appliquent le droit de l’Union dans l’intérêt général. La Cour se concentre donc sur des questions systémiques touchant un grand nombre de personnes ou d’entreprises. Les cas isolés d’une éventuelle mauvaise application du droit de l’Union peuvent être traités plus efficacement par le système de recours national.</p><p><a href="https://commission.europa.eu/law/law-making-process/applying-eu-law/infringement-procedure_en">Procédure d’infraction et sanctions financières</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>

</channel>
</rss>