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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Janvier 2021]]></title>
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	<pubDate>Mon, 25 Jan 2021 05:28:12 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[&quot;Le projet de loi « séparatismes » « inspire une certaine tristesse et un sentiment d’inconfort »]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Je suis pas sûr d'avoir parfaitement compris mais je crois que ce texte est absolument intéressant</p>

<p>"Le projet de loi « séparatismes » « inspire une certaine tristesse et un sentiment d’inconfort » selon la philosophe Ayyam Sureau</p>

<p>Nous n’avions pas imaginé que des principes ancrés au plus profond de nous-mêmes, et qui sont à la source de la Constitution, auraient un jour besoin d’être confortés, se désole la philosophe dans une tribune au « Monde ».</p>

<p>Tribune. Le projet de loi « confortant le respect des principes de la République » inspire une certaine tristesse et un sentiment d’inconfort. Après plusieurs changements de titre, un exposé des motifs plutôt bavard trahit encore la difficulté de traiter, dans un texte de portée générale, des menaces d’une idéologie particulière sans la nommer.</p>

<p>L’islamisme progresse en France depuis les années 1980. Qu’il soit devenu urgent et indispensable, après quarante ans de compromissions, de renforcer par des lois explicites, des sanctions plus sévères, des mécanismes de contrôle plus efficaces, les manquements à des principes qui nous paraissaient aller de soi, personne ne peut encore en douter.</p>

<p>Le projet de loi s’immisce dans la vie privée, abolit le droit ancien d’enseigner à ses enfants à domicile, invente la notion comique de vie « en état de polygamie », fait du « rejet de la haine » un principe républicain. Il y aurait beaucoup à dire et cependant on préférera se taire.</p>

<p>La grande habileté de l’islamisme est d’attendre que la défense de ses intérêts coïncide avec celle des défenseurs de la liberté. C’est là notre faiblesse. Nos ennemis l’ont repérée depuis longtemps. Ils nous prennent à revers, nous obligeant à admettre des restrictions à nos propres libertés pour les priver de celle de nous détruire. Est-ce si difficile de leur dire que la liberté, telle qu’elle est individuellement aimée, constitutionnellement garantie et politiquement espérée en France, a fort peu à voir avec celle qu’ils revendiquent ?</p>

<p>Le « contrat » n’a rien à faire ici<br />D’où viennent la tristesse et l’inconfort ? La tristesse de ce que nous n’avions pas imaginé que des principes, ancrés au plus profond de nous-mêmes et qui sont à la source de la Constitution, auraient un jour besoin d’être confortés. L’on s’adresse aux Français comme à un peuple à qui on imposerait, pour le rendre meilleur, des lois étrangères à sa culture.</p>

<p>Peut-on lire sans tristesse au sein d’un dispositif de lois françaises, au XXIe siècle, l’article consacré à l’interdiction de délivrer des certificats de virginité ? Cette intrusion de la loi entre les jambes des femmes est destinée à les protéger. On le sait, on y consent sans retenue. Une nausée nous envahit et l’on croit reconnaître l’étrange obscénité – dans le même temps émancipatrice et humiliante – du législateur colonial. Voilà pour la tristesse.</p>

<p>Quant à l’inconfort, il provient pour l’essentiel du « contrat d’engagement républicain », introduit dans l’article 6. « Toute association désireuse d’obtenir une subvention s’engagera par un contrat d’engagement républicain, à respecter des principes et valeurs de la République, en particulier le respect de la dignité de la personne humaine, le principe d’égalité, notamment entre les femmes et les hommes, le principe de fraternité et le rejet de la haine ainsi que la sauvegarde de l’ordre public. » L’Etat soumettait déjà l’octroi d’un financement public à trois conditions : l’objet d’intérêt général, le fonctionnement démocratique et la transparence financière. Le projet de loi y ajoute la signature d’un contrat visant à obtenir le respect des principes républicains.</p>

<p>La nouveauté ne réside pas dans le contenu des conditions imposées – depuis toujours – par l’Etat, mais dans la notion même de « contrat ». Si les mots signifient encore quelque chose, le « contrat » n’a rien à faire ici. L’Etat paraît négocier l’adhésion aux principes qui inspirent la loi alors même qu’il a l’obligation de les faire respecter. Qu’en est-il des associations qui ne sont pas subventionnées – c’est-à-dire la très grande majorité d’entre elles ? Resteront-elles libres de bafouer les principes si elles n’ont pas signé ?</p>

<p>Mais on se demande surtout s’il est acceptable que l’Etat puisse disposer de ces principes comme de la matière d’un contrat. L’Etat, l’ensemble des institutions qui le constituent, est mandaté par la Nation pour défendre les principes de la République. En serait-il devenu le propriétaire ?</p>

<p>« Ceux qui sont visés par le projet de loi n’en seront pas plus affectés qu’auparavant »</p>

<p>Avec ce contrat, le projet de loi inverse les rôles. Il considère l’Etat comme le détenteur de principes auxquels les citoyens doivent se soumettre. Il est, à l’évidence, à la fois constitutionnellement contestable et politiquement blâmable d’ériger « la sauvegarde de l’ordre public », avec tout le vague que cette notion comporte, en principe de même nature, par exemple, que l’égalité des hommes et des femmes.</p>

<p>La liberté des citoyens, de contester, d’imaginer, de créer, d’agir, de s’associer – sans laquelle la République ne serait qu’un corps inerte – suppose un engagement et une responsabilité personnelle, un désir de servir l’intérêt général qui puise sa légitimité ailleurs que dans la soumission à l’autorité administrative.</p>

<p>Perte d’honneur et de liberté<br />Si la République avance peu à peu vers ce que Hugo appelait « plus de civilisation », si elle a cessé de torturer, si elle a aboli le bagne et la peine de mort, si elle continue de combattre les discriminations, de corriger les injustices, elle le fait parce que les citoyens libres, puisant dans les sources obscures de leur conscience, l’ont aidée à progresser dans la voie qu’elle a choisie. Quel autre motif y aurait-il à défendre la liberté de la presse et la liberté d’association si ce n’est que l’avenir de la République en dépend ? Celle-ci ne peut être que cette « promesse tenue d’avance » qui confie et garantit aux citoyens eux-mêmes la responsabilité de cette République à jamais perfectible et les moyens de l’assumer.</p>

<p>Un « contrat » par lequel l’Etat obligerait les citoyens, et les associations qu’ils forment librement, à consentir aux principes qui les animent ? Non. Ceux qui sont visés par le projet de loi, et dont les comportements transgressent nos lois n’en seront pas plus affectés qu’auparavant. Ceux qui s’honorent d’être républicains seront obligés de reconnaître à l’Etat le pouvoir, c’est-à-dire à la fois l’autorité et la compétence, d’exiger l’adhésion à quelque principe que ce soit, fût-il le leur. Ils perdront alors, en s’engageant par avance à obéir à l’autorité administrative, la liberté et l’honneur de servir la République.</p>

<p>Ayyam Sureau est philosophe. Elle a fondé, en 2008, l’Association Pierre Claver, pour l’intégration des réfugiés en France."</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 17 Jan 2021 00:24:52 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Retranscription de l’intervention d’Alain Finkielkraut au sujet de l’affaire Duhamel]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>David Pujadas : Vous m’avez dit Alain Finkielkraut ce qui retient d’abord mon attention c’est que je suis contre un lynchage généralisé, que voulez-vous dire ?</p>

<p>Alain Finkielkraut : Commençons par le commencement, le père d’Albert Camus a dit un jour « un homme ça s’empêche », quand j’ai lu cette phrase dans le Premier Homme je me la suis immédiatement appropriée, j’y ai vu l’article premier de la morale. Un homme ça s’empêche, c’est la définition de ce qu’en yiddish on appelle un Mensch. Si mû par une passion inattendue ou par une pulsion irrépressible Olivier Duhamel n’a pas su, pas pu, ou pas voulu s'empêcher, il n’a pas seulement commis un acte répréhensible, ce qu’il a fait est très grave, il est inexcusable.<br />En même temps, j’observe que notre époque dévore goulument un M le maudit par trimestre. Et je me dis qu’au lieu de se gargariser de sa moralité supérieure elle devrait commencer à se poser des questions sur son régime alimentaire… M le maudit c’est un film génial, M le maudit c’est du lourd. Cet homme est un tueur de petite fille, il dérange car il terrorise la ville, il dérange les truands dans leur entreprise. Ceux-ci réussissent à la capturer et au terme d’un procès expéditif ils l’exécutent.<br />Ce qu’on peut retenir de ce film c’est deux choses, ce n’est jamais un progrès quand une société refait son unité autour d’une victime expiatoire, cette victime fut-elle coupable. D’autre part, ce qui est aussi important : quand la justice sort du prétoire, elle sort en même temps de la civilisation, voilà pourquoi je parle en effet de lynchage.</p>

<p>David Pujadas : Dans ce cas d’espèce, avez-vous le sentiment en l’occurrence que l’on cherche un coupable expiatoire ?</p>

<p>Alain Finkielkraut : On s’unit contre lui, tous les plateaux de télévision de ces derniers jours étaient des tribunaux avec une surenchère dans la condamnation, c’est à dire que c’est un rebut de l’Humanité, c’est un monstre etc…  Qu’est-ce que c’est que la justice dans les prétoires ? C’est l’instruction à charge et à décharge, c’est le contradictoire, et c’est aussi les avocats. Là il n’y a pas d’avocats et il ne peut pas y avoir de contradictoire, car ni la victime ni l’accusé ne parlent. L’un des mérites du livre de Camille Kouchner c’est de le rappeler. Ce livre il ne l’a pas voulu et à chaque fois qu’on lui en parle, lui dit « arrêtez de m'embêter », « moi je veux regarder devant, c’est comme ça que je veux faire ma vie. »</p>

<p>David Pujadas :  Pardon mais c’est aussi souvent et malheureusement un réflexe des victimes, la honte, la volonté de ne plus regarder malgré…</p>

<p>Finkielkraut (le coupant) : Écoutez non. C’est surtout que dans notre Cité victimaire une victime qui déroge à sa fonction christique est mal vue. On considère même que c’est une trahison, et je pense que ce n’est pas comme cela qu’il faut raisonner. Ce que fait la Justice aussi c’est qu’elle recherche le cas dans sa singularité. Et là on ne peut pas, d’abord on n’a pas les éléments, et quand on essaye de le faire… Y a-t-il eu consentement, à quel âge ça a commencé ? Y a-t-il eu une forme de réciprocité ? On vous tombe immédiatement dessus.</p>

<p>Pujadas : Parce que l’on parle d’un enfant de 14 ans !</p>

<p>Alain Finkielkraut : Et alors ? D’abord on parle d’un adolescent, ce n’est pas la même chose. Même pour spécifier le crime il faut savoir s’il y a eu consentement ou non. À chaque fois que vous voulez faire une distinction ça apparait comme une absolution. À chaque fois que vous recherchez la spécificité ou vous accuse à peu près de complicité, de crime. Or la Justice dans son exercice s’appuie sur une vertu intellectuelle que les Grecs appelaient la phronesis, l’intelligence des cas particuliers. Cette sagesse pratique est aujourd'hui complètement balayée par la furie de la pitié, ce mot c’est Michelet qui l’écrit à propos de la maladie des hommes de 1793. Cette maladie les a conduits à édifier une tribune révolutionnaire sans avocat. C’est cette furie de la pitié qui se déchaîne aujourd’hui. Il y a eu une émission très intéressante sur France Culture. Un philosophe fringant disait que ce n’était pas seulement un crime mais un crime contre l’humanité. On a inventé cette notion après Auschwitz et maintenant c’est Olivier Duhamel. Et une avocate, Marie Dosé [David Pujadas lance l’intervention de Marie Dosé sur France Culture : intervention de Marie Dosé : « en 48h tous les registres sont mêlés. Finalement, ça n’est plus une œuvre littéraire que nous lisons mais un débat de société, un sujet de société ou quelque chose qui confirme ou infirme une enquête. C’est en réalité l’imprescriptibilité qui va finir par protéger la présomption d’innocence, le secret de l’information, le secret de l’enquête, parce que finalement le lynchage est tel et l’impossibilité de se défendre d’une accusation qui de toute façon est prescrite sur le plan judiciaire, c’est finalement l’imprescribilité qui redonner un peu de présomption et d’encadrement à ce type d’accusations »].</p>

<p>Alain Finkielkraut : Je ne suis pas sûr de bien comprendre ce raisonnement. Simplement, ce que je constate, c’est qu’un auditeur a tweeté, « j’aime pas beaucoup ce philosophe mais là bravo il a raison et Marie Dosé en taule ». C’est très intéressant car Marie Dosé s’est inquiétée aussi du phénomène #metoo. Elle a dit attention, la justice est contradictoire, ce n’est pas sur les réseaux sociaux. Mais là, justement, « avocat en taule », c’est justement la justice d’après parce que l’avocat met forcément un peu en doute la parole de la victime, ou en tout cas il l’interroge, il la questionne, il la contextualise. Cela est vécu comme une offense, comme une insulte insupportable. Mais il n’y a pas que cela...</p>

<p>David Pujadas : La question que je voudrais vous poser sur l’aspect judiciaire, c’est comment faire, pour la société, quand justement il y a prescription, qu’il ne peut pas y avoir de procès mais qu’il y a témoignage, témoignage a priori parce qu’il y a eu une douleur qui a été trop longtemps contenue, comment peut faire la société sans être accusée de lynchage ?</p>

<p>Alain Finkielkraut : Quand il y a prescription, la société doit respecter la prescription. Elle doit d’autant plus le faire aujourd’hui que la victime, je le répète, ne demande rien et que Camille Kouchner a l’honnêteté de le dire, elle le dit vraiment.</p>

<p>David Pujadas : Donc la société devrait passer sous silence, les témoignages existent mais elle devrait observer une réserve selon vous ...</p>

<p>Alain Finkielkraut : Vous dites « la société ». C’est très intéressant parce que s’il y a un tribunal, ce n’est pas un tribunal de truands comme dans M le Maudit, c’est un tribunal de compatissants. Ils ne sont pas seulement compatissants parce que vous imaginez que Le Monde n’a pas publié un article énorme avec une annonce en première page simplement par compassion. Ce sont des célébrités. Et cela sollicite en nous, à la fois notre pitié et notre voyeurisme. C’est une alliance de compassionnel et de salace. Je peux vous dire que nombre de lecteurs qui n’ont aucune indulgence pour le type de comportement reproché à Olivier Duhamel ont été étonnés d’avoir à lire cela dans une presse haut de gamme. J’ai pensé à un propos de Soljenitsyne dans un discours de Harvard qui a pris tout le monde de court. Parce qu’à Harvard, ce dissident s’en est pris à la presse. Il a dit, cette presse qui viole impudemment la vie privée des célébrités en invoquant le droit de savoir. C’est un slogan mensonger au siècle des mensonges. Parce qu’au-dessus du droit de savoir, il y a un droit bien supérieur, qui est un droit de ne pas savoir, de ne pas encombrer son âme avec des ragots ou avec un déballage d’intimité. Il faut aussi songer à cela. J’ajoute, cela c’est pour la gauche « morale », qui invente un genre de presse tout à fait étranger, le trou de serrure vertueux. Mais j’en ai autant au service de la droite, une certaine droite. Ivan Rioufol dans le Figaro, lui qui défend semaines après semaines le peuple en colère contre l’élite corrompu, « ah ben voilà, la voilà votre gauche caviar ! ». Donc là encore, on ne veut pas de la spécificité, la machine à généraliser se met en marche, en action. Voilà, c’est comme cela que se comporte les « people ».</p>

<p>David Pujadas : Vous m’avez dit aussi, dans cette affaire et contrairement à ce que l’on entend partout, il n’y a pas d’omerta.</p>

<p>Alain Finkielkraut : Je finis sur les « people », c’est très intéressant car Éric Drouet, le gilet des gilets jaunes - et Ivan Rioufol est le porte-parole du peuple en colère - a été condamné, je crois, à 5 mois de prison pour violences sur son beau-fils. Cela n’a pas fait les gros titres car ce n’est pas les « people », ce n’est pas les célébrités, ce n’est pas croustillant. Mais devrais-je dire moi que cela veut dire que tous les gens sur les ronds-points qui revendiquaient un peu de visibilité, de dignité en disant « la France ce n’est pas seulement les métropoles et les quartiers dit populaires », ce serait des violeurs et des violents ? Bien sûr que non. Ça n’a aucun sens.</p>

<p>Quant à l’omerta, j’ai lu très attentivement le livre de Camille Kouchner. Sa mère a été prévenue 20 ans après les faits. Ses enfants n’étaient plus des enfants, n’étaient plus des adolescents, ils avaient leurs vies faites. Elle n’a strictement rien couvert, elle a d’autant moins couvert les choses que le fils répétait sans cesse qu’il ne voulait pas porter plainte. Tous ceux qui ont été prévenus tard avaient aussi cette injonction du fils. Même Marie-France Pisier, qui semble-t-il était très fâchée contre l’attitude de sa sœur qui a voulu rester avec Olivier Duhamel et qui a dit à sa fille « je l’aurais quitté si tu me l’avais dit à temps », là elle était très malade, elle avait sombré dans l’alcoolisme après le suicide de sa propre mère, Olivier Duhamel l’aidait à vivre. Elle n’a pas voulu le quitter. Mais même Marie-France Pisier n’est pas allée à la police. C’était l’injonction de celui que Camille Kouchner appelle Victor pour le protéger dit-elle alors que j’imagine que sur internet, tout le monde peut voir son nom, son prénom, sa situation de famille et la profession qu’il exerce. Il n’y a pas d’omerta, il y a le désir exprimé par la victime. Quand on parle d’omerta, c’est parce qu’on veut en faire, non pas un cas spécifique, mais un cas symbolique et exemplaire. Souvent dans les familles incestueuses, on parle d’omerta.<br />Un mot sur l’inceste : il faut quand même rappeler qu’Olivier Duhamel n’est pas le père naturel de la victime. Alors peut-être est-ce un inceste...</p>

<p>David Pujadas : Même s’il n’est pas le père biologique, il avait une autorité paternelle sur ces enfants. Il en était le beau-père.</p>

<p>Alain Finkielkraut : Bien sûr mais écoutez, vous avez lu sans doute ou vu Phèdre de Racine. Phèdre est l’épouse de Thésée. Hyppolite est son beau-fils. Phèdre tombe folle amoureuse d’Hippolyte. C’est une passion qu’elle juge criminelle. Mais imaginez Phèdre amoureuse de son propre fils ! C’est tout simplement irreprésentable parce que nous avons en nous très fort le tabou de l’inceste. Je ne dis pas cela pour excuser, je dis qu’il faut savoir faire des différences, que c’est ainsi que l’on pense et que c’est ainsi que s’exerce la justice.</p>

<p>David Pujadas : Pour être sûr de bien comprendre, je voudrais vous montrer la réaction d’une figure de l’intelligentsia de gauche comme on dit, la philosophe Catherine Clément qui a tweeté sur le coup « Décidément je n’aime pas la délation, surtout familiale, ça me répugne. » [apparaît sur l’écran le tweet de Catherine Clément]. Est-ce que vous diriez la même chose ?</p>

<p>Alain Finkielkraut : Ce tweet comme on dit me révolte. Le livre de Camille Kouchner n’est pas un acte de délation. Ce n’est pas non plus, comme on l’a dit un peu souvent, un acte de courage. Le courage, c’est de défier le pouvoir et de défier l’opinion. Il est clair que ce n’est pas le cas. C’est un acte de vengeance. Je ne dis pas ça pour le délégitimer. Olivier Duhamel occupait des postes très importants, une grande visibilité médiatique, ça nourrissait sa souffrance et elle a dit « c’est pas possible ». Mais en tout cas, jamais, jamais je ne parlerai de délation. On ne peut pas s’exprimer en ses termes, d’autant plus que si l’on s’exprime en ces termes, cela veut dire vraiment qu’on appelle à l’omerta dans toutes les familles dans lesquelles il se passe des choses un peu litigieuses pour le coup. Je ne suis pas de ce camp-là du tout.</p>

<p>David Pujadas : Un livre de vengeance, peut-être de libération pourrait-on dire même si cela a mis des années à pouvoir se faire.</p>

<p>Alain Finkielkraut :  Peut-être que pour elle c’est une libération. Mais d’un autre côté, et c’est aussi le sens de la prescription, il y a un moment où c’est trop tard pour juger parce des gens meurent. Evelyne Pisier n’est plus là pour témoigner de ce qu’elle a fait ou de ce qu’elle n’a pas fait. Marie-France Pisier non plus. Et quand Camille Kouchner ne dit pas qu’avant de mourir, Marie-France Pisier avait une terrible récidive de son cancer et qu’elle pensait ne pas pouvoir le subir, elle a l’air de laisser entendre qu’elle s’est suicidée aussi à cause de cette affaire. Et quand elle dit qu’Evelyne Pisier a été atteinte d’un cancer et que c’est Olivier Duhamel qui a préconisé absurdement l’opération fatale, elle a l’air non seulement de l’accuser des faits qu’il a commis mais d’être responsable de la mort des deux sœurs. C’est un peu charger la barque quand même. Cela étant, il y a quelque chose de très authentique dans l’entreprise qui a été la sienne.</p>

<p>David Pujadas : Il nous reste quelques minutes pour parler de Donald Trump et des réseaux sociaux. Il fallait prendre le temps, Alain Finkielkraut, parce qu’on est sur une ligne de crête, une pensée complexe qui ne se prête pas aux raccourcis.</p>

<p>Alain Finkielkraut : Je sais, je sais ce que l’on risque à dire cela. Un dernier mot : parce que justement, cette ligne de crête, on va dire, écoutez regardez ce type. Il défend tous les prédateurs. Il a défendu Polanski, il défend maintenant Olivier Duhamel. J’ai défendu Polanski en m’alignant sur la position de Samantha Geimer, la victime au nom de laquelle on veut sa mort définitive. C’est elle qui raisonne en ces termes, c’est elle qui dit « il a payé, c’est déplacé » et qui le félicite à chacune de ses récompenses. Pour Olivier Duhamel, je ne le défends pas. Je ne le défends pas. Ce que je dis, c’est mon allergie au lynchage. Un jour j’ai lu cette phrase du poète Bernard Delvaille, « je n’ai jamais hué personne ». Et bien cette phrase, je l’ai faite mienne. Je ne veux jamais huer personne.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sat, 16 Jan 2021 11:39:45 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/198/la-perte-de-confiance-envers-l%E2%80%99ordre-politique-et-economique-est-peut-etre-definitive</link>
	<title><![CDATA[La perte de confiance envers l’ordre politique et économique est peut-être définitive.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Ce jour, paraît un entretien dans L'Echo réalisé par Simon Brunfaut, à propos de certains enjeux de "L'Ère de l'individu tyran. La fin d'un monde commun" (Editions Grasset et Fasquelle).<br />« Plus qu’un complotisme généralisé, nous vivons un moment de désillusion collective, une perte de confiance, peut-être définitive, à l’égard d’un ordre politique et économique en place depuis quatre décennies. Chacun en est arrivé à ne plus s’en remettre qu’à soi, à se construire ses récits, alimentés par un foisonnement de canaux d’information et l’usage ad nauseam desdits "réseaux sociaux". Il s’est opéré une atomisation des croyances rabattues à ses propres souffrances. <br />Concernant la science, cela fait bien longtemps que celle-ci a été redéfinie, devenant une "technoscience". Depuis l’après-guerre, la science s’est moins développée en termes de recherche fondamentale qu’en termes de productions techniques aux fins d’être commercialisées. Le monde scientifique s’est vu complètement inféodé au monde économique et, plus tard, à l’industrie numérique. C’est pourquoi, j’avais avancé que la technique n’existe plus. Il n’existe plus que le "technico-économique", érigé dans le seul but de générer des profits. La science, en tant qu'entité "pure" uniquement vouée à la recherche de la vérité et au bien de tous, n’existe plus depuis bien longtemps. <br />Cette situation a progressivement entrainé une défiance qui va aujourd’hui jusqu’à une paranoïa généralisée. C’est regrettable et inquiétant. Cependant, il ne faut pas s'étonner que ces réactions aient lieu. Trop d’expériences passées ont démontré des formes d’irresponsabilité du monde technoscientifique et les conflits d’intérêts à l’œuvre, notamment dans le monde pharmaceutique. Cette longue histoire, faite de tant de dévoiements, nous en payons aujourd’hui le prix.»<br />"La perte de confiance envers l’ordre politique et économique est peut-être définitive", entretien avec Simon Brunfaut, L'Echo, 16/01/21.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/197/les-lendemains-qui-dechanteront</guid>
	<pubDate>Sat, 09 Jan 2021 11:24:23 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/197/les-lendemains-qui-dechanteront</link>
	<title><![CDATA[Les lendemains qui déchanteront !]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Certains, stupides, à courte vue, petits bourgeois convenables de la petite gauche molle ou droitards macro-compatibles, se réjouissent de la censure appliquée par les plateformes de réseaux sociaux à l’encontre d’un président des États-Unis sortant qui a rassemblé plus de 74 millions de voix, soit le plus grand nombre de voix jamais rassemblées par un président sortant.</p>

<p>Battu au collège électoral par le jeu des swing states avec un écart d’environ 30000 voix, comme le rappelle avec expertise Régis de Castelnau, et quoi que l’on pense de l’individu Trump, celui-ci a su rassembler un nombre très important d’Américains, malgré la haine hystérique qui n’a cessé de contester sa légitimité par tous les moyens depuis 4 ans (sans que l’on couine alors à la remise en question factieuse de la légitimité du vote) : médias mainstream, milieu du show-biz remonté comme à la parade, activistes sociétalistes politiquement corrects complètement déchaînés, militants wokes en état de zombification, gravissimes émeutes de rues et lynchages violents encouragés par la bien-pensance, etc.</p>

<p>N’ayant pas le côté polissé (et cultivé) habituel du monde politique, Trump, lui, est allé jusqu’au bout de son combat, en tenant un discours dans lequel il redit que l’élection a été volée. Il a le droit. </p>

<p>Rappelons au passage que la liberté d’expression est garantie de manière sacrée aux États-Unis par le 1er amendement de la Constitution. Pas le 2ème ni le 3ème ni le 150ème, non, par le Premier : c’est dire son importance.</p>

<p>À cela, les petits-bourgeois qui s’en tiennent à quelques lignes incultes et de mauvaise foi de la même presse mainstream qui a fait campagne de manière systématique contre le grand méchant populiste répondent que les recours juridiques ont été déboutés : c’est simplement faux. </p>

<p>Comme le détaille très bien et avec expertise encore R. de Castelnau, les juridictions n’ont pas voulu ouvrir la boîte de Pandore et ont bénéficié dans cette abdication, ce renoncement en rase campagne de leur mission, du soutien de la haute administration, de l’État profond, de l’establishment y compris républicain qui commençait à trouver que Trump n’était pas assez convenable pour eux.</p>

<p>Les évidences de fraude demeurent flagrantes pour n’importe qui s’est penché quelques heures en se documentant sur le sujet, sans qu’on sache si elles ont ou pas pu inverser le scrutin, mais le fait est qu’elles n’ont tout simplement pas été prises en compte par le justice qui a remis la poussière sous le tapis.</p>

<p>L’envahissement tragi-comique du Capitole par une petite foule frustrée, dépitée, non armée, qui ne se sent plus représentée par la «représentation nationale» (tiens, ça nous rappelle ici quelque chose...) a permis au camp du Bien de sortir le grand jeu, n’hésitant pas à comparer cette farce des Village People à quelque pseudo Nuit de Cristal des pires heures sombres. Simplement grotesque.</p>

<p>Au passage, une femme qui a servi son pays pendant des années avec courage et dévouement, pour bien situer le côté séditieux de la dame, a été abattue de sang froid, alors qu’elle n’était pas armée. White privilege sans doute.</p>

<p>Hier, les derniers masques de cette mascarade anti-démocratique sont tombés avec la censure exercée par Twitter. Celle-ci s’abat depuis quelques heures sur tous les comptes et groupes qui ne rentrent pas dans l’idéologie des gouvernances des Gafa, dont j’ai expliqué dans mon livre combien elles etaient poreuses avec les objectifs des exécutifs néo-libéraux, prônant pour leur intérêt la déconstruction des souverainetés nationales, le communautarisme délirant, l’atomisation militante du corps social et l’avènement d’une forme de gouvernance mondiale dont la pandémie fournit un prétexte et une accélération par effet d’aubaine.</p>

<p>Chez nous, ce qui se joue ici c’est l’élection de 2022 et tous les coups tordus qui seront utilisés afin de fausser le scrutin : censure des réseaux (loi Avia remise en selle avec l’instrumentalisation abjecte de l’affaire Paty que la Macronie tente de retourner contre ce pour quoi celui-ci a été assassiné, à savoir la liberté d’expression), promotion du vote par correspondance puisque celui-ci a démontré aux USA qu’il permettait la fraude massive (alors pourquoi se priver?), etc.</p>

<p>Et des questions que l’on commence à se poser : si Trump est censuré parce qu’il affirme que le scrutin a été faussé, qu’en sera-t-il demain de ceux qui, chez nous, affirment, demontrent et continueront de démontrer et d’affirmer que Macron a été élu grâce à un coup d’État médiatico-judiciaire, le fameux raid contre Fillon (je renvoie là encore au livre de RdeCastelnau qui sort cette semaine) : cette dénonciation, pourtant évidente et lucide, vaudra-t-elle censure ? Sera-t-il à l’avenir possible de dénoncer la propagande en cours et à venir sans être censuré, l’objectif étant pour cette caste de conquérir puis garder le pouvoir ?</p>

<p>J’ai toujours dit que les lois de censure dont l’exécutif macronien était si friand avaient pour but non la lutte contre la haine (le compte d’Erdogan se porte bien), mais une lutte à venir contre le pluralisme démocratique et l’opposition politique et sociale. </p>

<p>Nous y sommes, et l’on comprend mieux pourquoi notre jeune banquier s’est relevé tout fringuant et frapadingue à 3 heures du matin en plantant son drapeau américain à l’Élysée comme d’autres sur la lune afin qu’on comprenne bien que ce sera pareil ici : nous allons, si nous ne nous réveillons pas, vivre la même chose.</p>

<p>Déjà nous subissons l’état d’urgence antidémocratique illimité, le contrôle et le fichage des opinions politiques récemment entériné, de nombreuses lois liberticides, etc. Ce n’est que l’apéro.</p>

<p>Alors oui, qu’on apprécie ou pas Trump (moi je ne l’apprécie pas en tant qu’individu, mais on s’en fiche), il est impératif de dénoncer le vrai coup d’État en cours et qui est celui du camp supposé du Bien contre les peuples et la souveraineté de ceux-ci.</p>

<p>La pusillanimité des petits-bourgeois en recherche des bonnes convenances (mais voyons mon cher, envahir le Capitole, ça ne se fait pas, comme on dirait à une jeune fille de bonne famille de ne pas mettre ses mains dans ses poches dans la rue ou de ne pas sortir de table sans demander la permission), se paiera cher.</p>

<p>Nous sommes, nous le peuple français, les prochains sur la liste.</p>

<p>Je conseille par ailleurs à chacun de préparer un repli rapide sur d’autres réseaux ne dépendant pas de cette gouvernance mondiale bien-pensante. Je constate avec plaisir chaque jour l’arrivée de nombreux internautes sur Telegram, sur VK, sur Parler. Cela va devenir vital. </p>

<p>Il va falloir s’accélérer, comme dit le Russe truculent dans Le Concert.</p>

<p>Auteur :  <a href="https://www.marianne.net/societe/anne-sophie-chazaud-la-liberte-dexpression-est-ontologiquement-non-negociable"><br />Anne-Sophie CHAZAUD </a></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/194/quel-adjectif-civisme-ou-citoyen</guid>
	<pubDate>Thu, 07 Jan 2021 05:59:21 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/194/quel-adjectif-civisme-ou-citoyen</link>
	<title><![CDATA[Quel adjectif : Civisme ou citoyen ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Réflexion de <a href="https://www.facebook.com/profile.php?id=100016558152945"><br />Philippe Forget </a>, à lire séances tenantes :                                            <br />"La notion de civisme implique une exigence éthique et politique, une discipline morale et intellectuelle. A l'époque de la démocratie consumériste et publicitaire, il est logique que l'idéologie dominante, voulant flatter la paresse massive, ait évacué le terme trop romain et républicain de "civique", au profit de celui de "citoyen" qui exalte le narcissisme idéologique de l'électeur, ou du militant sectaire, sans l'engager dans la charge de la volonté générale. Ainsi, les "initiatives citoyennes" ne traduisent le plus souvent que de l'activisme émotif, sectaire et publicitaire, pour gagner une place dans le marché de l'opinion publique. Dans notre démocratie postmoderne, la vie civique a été évacuée au profit de la gestion sociale et marchande des opinions. Quel que soit le parti, ou le mouvement ou le cercle, l'individu est posé comme objet et ressource. Ainsi objectivé, il lui est impossible de faire un "Nous".</p>
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