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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Avril 2021]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Wed, 14 Apr 2021 19:55:24 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Bernard Lugan : « Décoloniaux : nous allons aboutir à une réaction atomique, ils vont s&#039;entre-dévorer, il faut laisser faire ! »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Qu’est-ce que le mouvement décolonialiste qui gangrène notre <a href="https://www.bvoltaire.fr/sujet/societe/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Article avec ce mot clé : Société">société</a> ? Comment expliquer son implantation dans les mentalités, avec quelles références ? Et quel est le rôle de l’université de l’<a href="https://www.bvoltaire.fr/sujet/unef/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Article avec ce mot clé : UNEF">UNEF</a> dans cette pensée ?</p><p>A-t-on une chance d’en finir un jour ?</p><p>Décryptage, analyse et perspective avec <a href="https://www.bvoltaire.fr/sujet/bernard-lugan/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Article avec ce mot clé : Bernard Lugan">Bernard Lugan</a> pour Boulevard <a href="https://www.bvoltaire.fr/sujet/voltaire/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Article avec ce mot clé : Voltaire">Voltaire</a>.</p><p>[embedded content]</p><p>L’université est-elle le berceau de la repentance ?</p><p>Je ne sais pas si c’est le berceau mais, en tout cas, c’est le vecteur et un peu l’accoucheur de ce phénomène, surtout dans le domaine des sciences humaines. Je suis très sévère avec l’université, qui est mon corps d’origine dans lequel j’ai servi pendant plus de trente ans. Je suis très sévère avec la branche sciences humaines. Pour le droit et la médecine, c’est différent puisqu’il y a des concours. Il n’y a pas la prise en main idéologique comme dans les sciences humaines. Cela étant, cela ne veut pas dire que les enseignants en sciences humaines n’ont pas de bons diplômes. Ils ont tous de bons diplômes et des peaux de lapin à n’en plus finir. En plus des diplômes, pour faire carrière dans les sciences humaines, il faut être de <a href="https://www.bvoltaire.fr/sujet/gauche/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Article avec ce mot clé : Gauche">gauche</a>. Si vous n’êtes pas de gauche, quels que soient les diplômes que vous pouvez avoir, vous ne risquez pas de faire carrière.<br />Tout a commencé dans les années de la fin de l’Empire colonial. Un certain courant a commencé à militer pour la décolonisation. Ce courant a pris, petit à petit, le contrôle des universités. Je parle toujours dans le domaine de l’histoire de l’Afrique et l’africanisme. Disons qu’à partir des années 70-80, lorsque les derniers anciens qui avaient une vision traditionnelle de l’histoire de l’Afrique, une nouvelle génération est apparue. Cette dernière a recruté par endogamie sur un certain nombre de points essentiels. Il fallait absolument défendre l’idée que les ethnies n’existaient pas avant la colonisation. Le fait ethnique est un fait d’enracinement. C’est donc à condamner dès le départ. Si l’Afrique a des problèmes, c’est parce qu’il y a un problème ethnique. Ce problème a été créé par la colonisation. Tout <a href="https://www.bvoltaire.fr/sujet/le-monde/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Article avec ce mot clé : Le Monde">le monde</a> sait que l’Afrique était un continent où coulait le lait et le miel, la paix et la fraternité universelle.<br />Premier courant : la colonisation est responsable de la création des ethnies.<br />Deuxième courant, qui va de pair : la colonisation n’a fait que des malheurs et n’a provoqué que des catastrophes en Afrique. Nous ne voyons systématiquement que le côté négatif.<br />Pendant trente ans, ce courant a imposé une fausse histoire de l’Afrique, a créé une histoire de l’Afrique basée sur l’autoflagellation et la repentance. Les <a href="https://www.bvoltaire.fr/sujet/etudiants/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Article avec ce mot clé : étudiants">étudiants</a> africains qui ont suivi ces cours ont été formatés par ces gens. Résultat : aujourd’hui, les décoloniaux sont issus des études d’histoire, de sociologie, d’ethnographie et de philosophie.<br />Par conséquent, l’Université française et les sciences humaines ont créé ce courant décolonial.<br />La situation n’est pas récupérable. Avec cette semi-autonomie qui existe, les recrutements vont être de plus en plus locaux. Que faisaient les rois de France lorsqu’une institution était pourrie ? Ils ne cherchaient pas à la retaper mais ils la laissaient mourir et créaient autre chose à côté. Il faut laisser se créer des universités ou des instituts supérieurs parallèles privés, peut-être d’État, et laisser mourir l’université comme aux États-Unis.<br />Il va y avoir deux universités. L’université pour les nuls, pour la plus grande masse, et les bonnes universités dans lesquelles vont aller les bons étudiants.<br />98 % des élèves ont le bac, les nuls vont donc former les nuls qui continueront à former des nuls et l’élite partira ailleurs.</p><p>L’UNEF, l’enfant de cette repentance ?</p><p>L’UNEF a toujours été un mouvement gauchiste. Déjà, à l’époque, quand j’étais étudiant, l’UNEF était le mouvement d’extrême gauche. Nous avions contre nous les gens de l’UNEF. Les élites qui entouraient <a href="https://www.bvoltaire.fr/sujet/francois-mitterrand/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Article avec ce mot clé : François Mitterrand">François Mitterrand</a> sortaient tous de l’UNEF. Tous les leaders des mouvements de l’<a href="https://www.bvoltaire.fr/sujet/ultra-gauche/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Article avec ce mot clé : ultra-gauche">ultra-gauche</a> sont aussi tous sortis de l’UNEF.<br />Dernièrement, j’écoutais Julien Dray à la télévision face à Maître Goldnadel et il ne savait plus où il en était. Ces gens ont lutté pour l’universalisme, contre l’enracinement, contre tout ce qui était identitaire, pour l’immense migration mondiale et pour la planète Terre. Et aujourd’hui, ils se retrouvent attaqués par ceux qu’ils ont formés. Ces derniers les attaquent au nom du renversement des principes qui furent popularisés par eux. Ils sont donc pris à leur propre piège. Ces gens voient toutes leurs idéologies s’effondrer : l’idéologie des droits de l’homme, l’idéologie de l’universalisme et de la <a href="https://www.bvoltaire.fr/sujet/laicite/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Article avec ce mot clé : laïcité">laïcité</a>. Tout cela est faux puisque les décoloniaux n’en veulent pas.<br />Cela m’amuse beaucoup puisque j’ai toujours combattu ces idéologies. Mon courant politique n’a jamais réussi à casser ces idéologies et regarde avec amusement le fait que les enfants œdipiens de cette ultra-gauche cassent eux-mêmes les principes de leur géniteur.</p><p>Quelles sont les références idéologiques de ces « décoloniaux » ?</p><p>Edward Saïd, Américano-Libanais, a dit, dans les années 60-70, que la vision que nous avions des civilisations qui ne sont pas les civilisations européennes, blanches, occidentales, était une vision créée par les Blancs pour inférioriser tout ce qui n’est pas blanc, de façon à les inférioriser et à maintenir une domination. Pour casser cette domination, il faut attaquer les fondements mêmes de la civilisation occidentale, par ses références historiques et philosophiques. C’est le problème de la réappropriation de l’Histoire par ceux qui ne sont pas blancs. Je ne suis pas contre la réappropriation de l’Histoire. Je suis un identitaire, donc c’est très clair. Néanmoins, il y a une différence entre réappropriation de l’Histoire et enfermement de l’Histoire. Aujourd’hui, nous sommes passés de la réappropriation à l’enfermement. Nous sommes dans l’ethno-enfermement, mais plus du tout dans une réappropriation. Aujourd’hui, nous tournons à vide. Nous allons aboutir à une réaction atomique. Ils vont s’entre-dévorer.<br />Je vais vous donner un exemple. Dans le mouvement décolonial, vous avez à la fois des Noirs et des Noirs africains unis contre le monde blanc. Les Nord-Africains sont des Blancs et non des Noirs. Bien souvent, ces Nord-Africains descendent d’esclavagiste qui ont vendu les ancêtres de leurs petits copains noirs décoloniaux en esclavage. À force d’avancer, ils sont entrés en lutte les uns contre les autres. J’attends cela en frisant les moustaches et en buvant un vieux verre de rhum. Cela commence à arriver.<br />Regardez ce délicieux mouvement qui s’est produit. Ces féministes gauchistes qui sont en guerre contre eux. Nous arrivons à l’auto-exclusion au sein de ce propre mouvement. Par conséquent, la réaction atomique se fait. Je pense qu’il faut laisser faire ce phénomène et être assis au bord de l’oued et regarder passer les cadavres.</p><p>b&gt;Les « Blancs » sont-ils finalement responsables de l’esclavage et du racisme ?</p><p>Nous sommes dans une fausse histoire idéologique dans laquelle est utilisé d’une manière négative tout ce qui peut être utilisé pour détruire ce qu’on appelle le patriarcat blanc. Le patriarcat est forcément blanc. L’homme blanc de cinquante ans, à la fois phallocrate, raciste et colonialiste, etc. Pour les décoloniaux et pour tout ce mouvement, l’écriture est un des éléments de maintenance de la domination de ce patriarcat. Ils considèrent l’écriture comme un phénomène masculin. Ils sont pour la nouvelle écriture pour essayer de casser ce phénomène. C’est un phénomène de subversion totale de tout ce qui représente, à leurs yeux, le monde blanc occidental. Je pense qu’ils vont trop loin. Nous sommes dans une phase classique de révolution. Nous avons connu cela avec le phénomène maoïste avec le Petit Livre rouge. Nous sommes dans une phase exacerbée. Il faut laisser passer cette phase d’exacerbation parce que le réel sera toujours là. Après cela, il y aura une contre-révolution. Un ordre reviendra, mais ce ne sera certainement pas leur ordre.</p><p>Avez-vous un message à adresser aux indigénistes ?</p><p>Continuez ce que vous faites. Chaque jour, vous êtes en train de détruire ce que moi, contre- révolutionnaire, n’ai pas réussi à faire depuis deux siècles. Magnifique, continuez à détruire les droits de l’homme, continuez à détruire la laïcité, continuez à détruire l’universalisme et continuez à bafouer au pied les vertus de la République. Merci !</p>
<p><a href="https://www.bvoltaire.fr/bernard-lugan-decoloniaux-nous-allons-aboutir-a-une-reaction-atomique-ils-vont-sentre-devorer-il-faut-laisser-faire/#" rel="nofollow" onclick="window.print();if(typeof(_gaq) != 'undefined') { _gaq.push(['_trackEvent','PRINTFRIENDLY', 'print', 'NULL']); }else if(typeof(ga) != 'undefined') { ga('send', 'event','PRINTFRIENDLY', 'print', 'NULL'); } return false;" title="Printer Friendly, PDF &amp; Email">Imprimer ou envoyer cet article</a></p>

<p>]]&gt;</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Wed, 14 Apr 2021 19:06:54 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Quand la presse conservatrice israélienne parle de l’Arabie saoudite…]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Les relations entre l’Arabie saoudite et son voisin israélien sont pour le moins complexes. De l’extérieur, il est toujours compliqué de comprendre ce qui est de l’ordre du réel et ce qui est de l’ordre du fantasme. Ainsi, quand le prince Faisal ben Farhan al-Saoud, ministre des Affaires étrangères du Royaume, déclarait il y a quelques jours que la normalisation avec Israël apporterait d’énormes avantages au Moyen-Orient, on ne peut y voir qu’un indice intéressant sur ce que pourrait être l’avenir et sur la façon dont le Royaume voit son voisin.</p><p>Bien évidemment, une normalisation, et c’est ce que le gouvernement saoudien précise systématiquement, serait conditionnée à un règlement du conflit entre Israël et la Palestine. Toutefois, les propos plutôt encourageants et les signaux faibles montrant un rapprochement entre Tel-Aviv et Riyad sont assez fréquents ces derniers temps, y compris du côté israélien.</p><p>Ainsi, il y a quelques jours, le journal Makor Rishon, réputé proche des conservateurs sionistes de droite, sortait un numéro spécial Arabie saoudite, avec un dossier de 23 pages sur le pays. Venant d’un journal conservateur, on aurait pu s’attendre à une vision critique, mais pas du tout. L’Arabie saoudite y est présentée dans toute sa complexité et toute sa modernité.</p><p>Le pays y est comparé à Israël en termes de revenus par habitant, de taxes, de coût de la vie, les récentes réformes sont commentées, des pages touristiques montrent les sites culturels les plus remarquables et présentent les Saoudiens sous un jour plutôt sympathique. La tonalité du dossier montre une certaine déception par rapport à la nouvelle administration américaine. Selon les auteurs de l’article, si Donald Trump avait été réélu, il aurait davantage encouragé au rapprochement entre les deux pays.</p><p>Le dossier se compose d’une partie politique, internationale, il aborde également la question des femmes, la gestion de la Covid-19 sur les Lieux saints, il explique la gouvernance dynastique, puis traite d’emploi, de pétrole, de la communauté juive et enfin du sport et du tourisme sur lequel il est dithyrambique.</p><p>Ce genre de reportage est surprenant, mais il y a une explication: «En fait, on oublie beaucoup qu’Israël a été fondé par des juifs européens et occidentaux et que lors des origines, les séfarades, juifs orientaux, venant souvent de pays arabes, se sont sentis un peu relégués car leur culture arabe était moins considérée», nous explique une journaliste israélienne, citant notamment la difficile intégration des juifs yéménites, et surtout le traitement réservé à leurs enfants, parfois séparés de leurs parents, lors de leur arrivée en Israël il y a plusieurs décennies.</p><p>Beaucoup d’Israéliens juifs sont en effet de culture et d’origine arabes, parlent la langue et se sentent souvent très à l’aise lorsqu’ils se rendent dans des pays arabes, l’afflux de touristes israéliens à Dubaï en décembre dernier montre parfaitement cette attirance assez naturelle et ce goût du voyage et de la découverte qui les animent.</p><p>Le problème, qui reste entier, est celui de la paix avec la Palestine. Car les Israéliens séfarades ne sont traditionnellement pas vraiment ceux qui sont le plus disposés à faire des concessions vis-à-vis des Palestiniens, tandis que les ashkénazes sont historiquement ceux qui ont conduit les processus de paix précédents.</p><p>L’autre problème est la place des Arabes de nationalité israélienne. Longtemps mis à l’écart, ils sont désormais de plus en plus présents dans la société et sont actuellement électoralement en position d’arbitre pour la nomination du futur gouvernement. Un récent sondage montrait d’ailleurs que pour la première fois, une majorité d’Israéliens étaient en faveur d’un gouvernement soutenu par les députés arabes, ce qui montre aussi une vraie forme de changement des mentalités.</p><p>En définitive, le dicton selon lequel on ne fait la paix qu’avec ses ennemis n’a jamais été autant d’actualité. Le ministre des Affaires étrangères saoudien a clairement expliqué ce qu’il manquait pour avancer dans un processus de normalisation, qu’un journal conservateur religieux israélien appelle de ses vœux.</p><p>Tout va donc dépendre de la façon dont Israël va mettre fin à la crise politique qui le mine. Si le nouveau gouvernement est capable de faire les gestes nécessaires et si l’Autorité palestinienne y est disposée, alors peut-être que les mots du prince Faisal ben Farhan al-Saoud qui disait la semaine dernière que «si nous progressons sur la question israélo-palestinienne, nous pourrons, espérons-le, accueillir dans le Royaume des citoyens israéliens de toutes les confessions, pas seulement des musulmans» pourront devenir une réalité. Cela créerait une stabilité et une paix durable dans la région ainsi que des opportunités économiques de premier plan.</p><p>Arnaud Lacheret est Docteur en science politique, Associate Professor à l’Arabian Gulf University de Bahreïn où il dirige la French Arabian Business School, partenaire de l’Essec dans le Golfe. Il est l’auteur de « La femme est l’avenir du Golfe » paru aux éditions Le Bord de l’Eau.</p><p>Twitter: @LacheretArnaud</p><p>NDLR : L’opinion exprimée dans cette page est propre à l’auteur et ne reflète pas nécessairement celle d’Arab News en français.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Wed, 14 Apr 2021 19:04:32 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[&quot;Défendre l’identité de la France, c’est défendre sa souveraineté, c’est-à-dire son existence&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">Depuis <a href="https://www.marianne.net/culture/marianne-vous-remet-a-niveau/quand-la-dissolution-de-generation-identitaire-en-rappelle-une-autre">la dissolution du mouvement Génération identitaire</a>, en février dernier, on ose à peine aborder la question de l’identité de la France, une question pourtant étroitement liée à celle de l’indépendance et de la souveraineté du pays, c’est-à-dire son avenir. Selon les termes mêmes du ministère de l’Intérieur, le mouvement a été interdit car il véhiculait « une idéologie incitant à la discrimination des individus à raison de leur non-appartenance à la nation française ».</p><p class="article-text article-body__item">Incroyable raisonnement. Il y a discrimination s’il y a différence de traitement entre deux individus ou groupes d’individus se trouvant dans une situation identique. Mais précisément, le citoyen français, celui qu’on appelait autrefois le régnicole, ne se trouve pas dans la même situation que l’étranger. L’État en est d’accord puisqu’il délivre des cartes d’identité au premier et des permis de séjour au second : c’est bien reconnaître que la nationalité, une notion proche de l’identité, est discriminante, qu’il existe des Français et des étrangers, et qu’à ces deux catégories, s’appliquent des règles de droit différentes. D’ailleurs, si l’État ne reconnaissait pas cette discrimination, pourquoi procéderait-il à des naturalisations dont l’objectif est précisément de l’effacer ?</p>
<p>L'art, indissociable de l'identité</p>
<p class="article-text article-body__item">« Identité française » : apparemment, l’expression est désormais considérée comme relevant du « politiquement incorrect ». Au début de son quinquennat, le président Macron avait déjà déclaré qu’il « n’y avait pas d’art français » : c’était affirmer qu’il n’y avait pas d’identité française. À la trappe les quatre magnifiques volumes de L’Art français d’André Chastel (Flammarion, 1993), malheureusement inachevés ! Un art étroitement lié à l’identité de la France : « C’est à travers leur idée de la France que les Français ont entrepris et accompli tant de choses extraordinaires dans leur art », rappelait l’auteur dans son introduction. L’art d’une nation est une des composantes fondamentales de son identité.</p><p class="article-text article-body__item">Il n’y a pas si longtemps, la gauche n’avait pas encore honte de parler d’identité française. On admettra facilement que <a href="https://www.marianne.net/agora/humeurs/braudel-l-historien-monde">Fernand Braudel</a> n’était pas un dangereux extrémiste de droite : or c’est à lui qu’on doit ce beau livre (inachevé, lui aussi) intitulé L’identité de la France (Arthaud, 1986). Il est vrai que les premiers mots de son introduction ne trouveraient guère d’écho chez nos dirigeants d’aujourd’hui : « Je le dis une fois pour toutes : j’aime la France ». Un a priori qui ne coïncide guère avec le « prêt-à-penser » actuel, fait d’Europe, d’universalisme, de cosmopolitisme, agrémenté de déconstructionnisme et autres -ismes tout aussi malsonnants.</p>
<p>Gauche et identité, un vieux malentendu</p>
<p class="article-text article-body__item">Et pourtant, Fernand Braudel était un partisan convaincu de la construction européenne. Il s’était d’ailleurs posé la question – comment l’éviter ? – de la compatibilité d’un livre sur l’identité de la France et le credo universaliste de la gauche, sa famille de pensée. Mais sa réponse était claire : « L’Europe, le monde sont parties prenantes dans notre passé (...). Mais qu’il soit entendu que, pour aucune nation, le dialogue obligatoire et de plus en plus pesant avec le monde, n’entraîne une expropriation, un effacement de sa propre histoire ».</p><p class="article-text article-body__item">« Alors qu’entendre par identité de la France ? s’interrogeait Fernand Braudel. Sinon une prise en main de la France par elle-même, sinon le résultat vivant de ce que l’interminable passé a déposé patiemment par couches successives ». Mais d’ajouter aussi « une nation ne peut être qu’au prix (...) de s’opposer à autrui sans défaillance ». Et de conclure : « Toute identité nationale implique, forcément, une certaine unité nationale, elle en est comme le reflet, la transposition, la condition ». Bref, tout le contraire de la « déconstruction » nationale à laquelle nous assistons depuis quatre ou cinq décennies.</p>
<p>Un peu d'histoire</p>
<p class="article-text article-body__item">L’identité de la France soulève directement la question de sa naissance. Depuis quand peut-on parler de « France », dans quelles conditions s’est-elle constituée ? L’historien allemand Carlrichard Brülh a publié sur le sujet, en 1994 pour la traduction française, un livre très érudit, intitulé Naissance de deux peuples. Français et Allemands, IXe-XIe s (Fayard). Il y expose comment, selon un long processus de plus de deux siècles, les deux pays sont nés de la cassure du grand royaume des Francs, issu de l’empire carolingien.</p><p class="article-text article-body__item">Ce divorce au sein du Regnum francorum a fini par donner naissance à la France et à l’Allemagne. La grande leçon de cette histoire est qu’identité et souveraineté sont nées ensemble, du même phénomène de partition. Ce sont, dès l’origine, deux notions strictement jumelles. En défendant l’identité de la France, on défend sa souveraineté et vice versa.</p><p class="article-text article-body__item">Mais Carlrichard Brülh était aussi un fervent partisan de la construction européenne. La version allemande de son livre coïncide avec la préparation du traité de Maastricht, la version française suit de peu sa signature. Or après avoir, pendant des centaines de pages, exposé qu’il ne fallait pas simplifier cette question de la naissance des deux États, il en vint lui-même, par pure idéologie, à simplifier sa conclusion. Ayant déclaré que les deux États avaient « la nette conscience d’une origine commune », ses derniers mots étaient pour souhaiter une nouvelle « amitié » (amicitia) entre Germains et Gaulois.</p>
<p>Gaulois et Germains n'ont rien en commun</p>
<p class="article-text article-body__item">Là, semble-t-il, est l’erreur. Ce qui était commun, c’étaient les populations franques qui s’étaient imposées au pouvoir et la structure franque de ce pouvoir. Mais la masse des populations sous leur contrôle était extrêmement diverse. Carlrichard Brülh explique lui-même que le Regnum francorum était composé de très nombreux regna. Par exemple, à l’ouest : Austrasie, Neustrie, Bourgogne, Aquitaine, Provence. À l’est : Bavière, Saxe, Frise, Carinthie, etc.</p><p>L’on voudrait qu’en un coup de baguette magique – le traité de Maastricht – « Gaulois » et « Germains » renouent des liens d’amitié !</p><p class="article-text article-body__item">La réunion de ces regna finira par donner, à l’ouest, la France, à l’est, l’Allemagne, mais que de différences entre ces deux regroupements ! L’ « origine commune » était celle des régimes politiques auxquels avaient été soumises ces populations, non celle des populations régnicoles elles-mêmes. À l’ouest et à l’est, les ingrédients furent différents : c’est pourquoi les identités française et allemande n’ont rien de commun.</p><p class="article-text article-body__item">Depuis mille ans, France et Allemagne se forgent des identités différentes, pour ne pas dire opposées : nation centralisée française d’un côté, empire fédéral allemand, de l’autre. Depuis cinq siècles, selon Carlrichard Brülh lui-même, les deux États ont été séparés par « une très réelle rivalité dynastique » qui est devenue « véritable antagonisme national » depuis la Révolution et l’Empire. Et l’on voudrait qu’en un coup de baguette magique – le traité de Maastricht – cette évolution millénaire se renverse subitement et que « Gaulois » et « Germains » renouent des liens d’amicitia !</p>
<p>Paris-Berlin : identité-souveraineté vs. déclin-disparition</p>
<p class="article-text article-body__item">C’était le souhait du général de Gaulle, lorsqu’il signa, le 22 janvier 1963, le traité de l’Élysée avec l’Allemagne. Mais dès le 15 juin suivant, le Bundestag votait un texte qui en contredisait radicalement l’esprit. Le général songea même à dénoncer le traité : « Ils se conduisent comme des cochons ! Ils mériteraient que nous dénoncions le traité et que nous fassions un renversement d’alliance en nous entendant avec les Russes ! » Voilà ce que fut la « réconciliation » franco-allemande, les retrouvailles entre « Gaulois » et « Germains » : l’amère constatation de leur impossibilité.</p><p>Au vu de notre histoire et de notre identité, l’Europe de Maastricht est une impossibilité.</p><p class="article-text article-body__item">Revenons à Fernand Braudel : « l’identité de la France (...), c’est le résultat vivant de ce que l’interminable passé a déposé patiemment par couches successives ». Navré pour les pacifistes béats : ces « couches successives », ce sont celles de deux identités, française et allemande, différentes, divergentes, opposées, et qui continuent à différer, diverger et s’opposer. Il n’est évidemment pas question de les attiser, de les envenimer et de revenir aux immenses malheurs que nous avons connus entre 1870 et 1945.</p><p class="article-text article-body__item">Mais soyons réalistes : au vu de notre histoire et de notre identité, l’Europe de Maastricht est une impossibilité. Le couple identité-souveraineté, c’est tout simplement, depuis le début, la marque de notre naissance, devenue garantie de notre existence. L’abandonner au profit d’une supra-souveraineté et d’une supra-identité, c’est s’abandonner soi-même. Le contraire de la définition de l’identité française par Fernand Braudel : « la prise en main de la France par elle-même ». À nous de choisir entre identité-souveraineté et déclin-disparition, c’est-à-dire entre Paris et Berlin.</p><p class="article-text article-body__item">François Joyaux est professeur émérite de civilisation de l'Asie de l'Est à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO). Collectionneur de roses anciennes, sur lesquelles il a écrit plusieurs ouvrages, il est également l'auteur de « Nam Phuong : La dernière impératrice du Vietnam » (Perrin, 2019).</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/agora/les-signatures-de-marianne/marianne-germanophobes-ou-vrais-defenseurs-de-leurope">"Marianne" : "germanophobes" ou vrais défenseurs de l’Europe ?</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Wed, 14 Apr 2021 17:15:59 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[&quot;Quand les ultra-progressistes défendent les agressions sexuelles envers les lesbiennes&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">Il y a des femmes qui aiment les femmes, et qui ne sont pas attirées physiquement par les hommes. C’est ainsi, et ce n’est ni un choix ni une revendication, c’est un état de fait. Naturellement, nous ne haïssons pas les hommes, simplement ce n’est pas sexuellement « notre truc ». Or, depuis quelque temps, on nous oppose – au sein même de notre famille politique qu’est la gauche – que nous devrions par conviction accepter des relations sexuelles non désirées avec des hommes ayant transitionné.</p><p class="article-text article-body__item">Nous, signatrices de cette tribune, témoignons avoir vécu des violences sexistes, punitives et sexuelles visant à « corriger » notre orientation sexuelle au sein d’espaces se présentant pourtant comme LGBTQIAP+, ou Queer-TransPédéGouinesNonBinaires. Ce n’est pas une légende urbaine. Ce ne sont pas des cas isolés. Du reste, quand consécutivement à ces agressions, nous entreprenons de créer d'autres espaces pour nous réunir en toute sécurité et ensemble vivre sereinement notre homosexualité, nous subissons encore des brimades (agressions physiques, cyber harcèlement…) de l’extrême droite traditionnelle mais aussi de la part d’activistes qui arborent des symboles visuels de l’antifascisme (le mouvement antifasciste, qui existe depuis longtemps, fait bien sûr un gros travail de résistance, mais nous constatons qu'aujourd'hui, certains fascistes s’en revendiquent abusivement).</p><p>« Nous constatons que les hommes ayant transitionné tentent systématiquement de prendre le contrôle des associations lesbiennes. »</p><p class="article-text article-body__item">Parce qu’elle avait publié sur son blog un article sur <a href="https://christinedelphy.wordpress.com/2017/08/01/le-lesbianisme-est-la-cible-dattaques-mas-pas-de-la-part-de-ses-adversaires-habituels" target="_blank">les pressions faites aux lesbiennes pour coucher avec des hommes</a>, la sociologue lesbienne Christine Delphy a été attaquée par un collectif de trois personnes lors d’une conférence de sociologie qu’elle donnait à Toulouse. Ses agresseurs se sont employés violemment à bloquer la tenue de la conférence, <a href="https://iaata.info/Transphobie-et-feminisme-intervention-de-Clar-T-I-lors-de-la-rencontre-avec-2222.html" target="_blank">pour y lire un communiqué</a> expliquant que « dire non à une femme en tant que lesbienne parce que cette femme a un pénis, c’est confondre identité sociale de genre et désirs ou pratiques sexuelles. »…  Autrement dit, si des hommes se décrètent comme étant des femmes « à pénis », ils gagnent de fait le droit d’avoir avec nous des relations sexuelles (indépendamment de notre consentement), et de confisquer notre visibilité !</p><p class="article-text article-body__item">Nous constatons que les hommes ayant transitionné tentent systématiquement de prendre le contrôle des associations lesbiennes et qu'ils arrivent là où celles-ci ne sont pas assez vigilantes. Dans les espaces qu’ils dirigent, nous devons subir des ateliers dits de « déconstruction des préférences génitales », des lavages de cerveaux pour surmonter notre aversion au coït et à la fellation. Ce mouvement politique, qui a ouvertement utilisé la violence sexuelle punitive pour prendre le contrôle des institutions originelles de la communauté lesbienne et en dénaturer les revendications, cible maintenant le féminisme en général.  Nous avons pu  constater cela à plusieurs reprises dans l’actualité récente, notamment avec l’affaire J.K. Rowling accusée d’avoir utilisé le mot « femme » sur Twitter, ou les violences commises contre des manifestantes le 7 mars dernier lors de la traditionnelle manifestation du 8 mars (déplacée un jour avant en raison du couvre-feu). Nous allons citer les faits tels que décrit le lendemain par <a href="https://charliehebdo.fr/2021/03/societe/feminisme/quand-des-antifas-en-prennent-a-des-feministes-lors-une-manifestation/" target="_blank">des journaux comme Charlie Hebdo</a>.</p><p>« Nous entendons dénoncer les pressions toujours plus prégnantes exercées sur les jeunes lesbiennes. »</p><p class="article-text article-body__item">Attaquées pour avoir brandi des pancartes critiquant le système de la prostitution (en manifestation féministe…), elles ont été la cible de multiples jets d’œufs ininterrompus de la part d’autres manifestants portant des drapeaux queer et antifa qui les traitaient de « putophobes » et de « transphobes ». Il a fallu que d’autres féministes interviennent pour les exfiltrer, non sans s’être auparavant castagnées avec les jeteurs d’œufs.</p><p class="article-text article-body__item">Voilà qui donne une idée de ce qu’à quoi nous sommes confrontées depuis deux ou trois ans déjà, quand nous tentons par exemple d’organiser des soirées dansantes ou des tournois de foot non mixtes dans des espaces pourtant privés. Quand nous parlons de violences sexuelles punitives, j’insiste, nous n’exagérons pas : les concernés le reconnaissent d’ailleurs eux-mêmes, puisqu’il suffit de voir avec quelle violence <a href="https://terfestuneinsulte.wordpress.com/cotton-ceilling/" target="_blank">leurs menaces s’étalent ouvertement sur les réseaux sociaux</a>… Dès lors qu’ils ont, pour unique argument, accusé leurs contradictrices de « haine » et de « violence morale », tous les déchaînements leur semblent permis.</p><p>« On rencontre des jeunes qui croient en l’existence de personnes avec un utérus et des testicules fonctionnels après avoir lu des brochures militantes. »</p><p class="article-text article-body__item">Parmi les signatrices de cette tribune, il y a du reste des femmes intersexuées qui demandent qu’on arrête de les utiliser, pour faire dire tout et n’importe quoi à la biologie : il y a de fait une différence entre les personnes intersexes (qui naissent avec des organes génitaux considérés comme ambigus puis sont donc « assignées » à un sexe via des opérations mutilantes), les personnes intersexuées (qui produisent trop ou pas assez d’hormones et /ou ont des organes reproductifs non fonctionnels), et les hermaphrodites (qui n’existent guère en dehors de la mythologie). En effet, s’il existe bien des personnes qui naissent sans ovaires ni testicules fonctionnels, personne ne naît avec les deux à la fois. Or, on rencontre maintenant des jeunes qui croient en l’existence de personnes avec un utérus et des testicules fonctionnels après avoir lu des brochures militantes.</p><p class="article-text article-body__item">Par ailleurs, dans le même souci d’alerte de l’opinion publique et de recentrage du débat LGBT, nous entendons dénoncer les pressions toujours plus prégnantes exercées sur les jeunes lesbiennes pour accepter des injections de testostérone artificielle : dans certains centres LGBT en effet, des psychologues sont même formés à repérer les jeunes filles qu’ils prétendent identifier comme des « hommes trans refoulés qui s’ignorent », et les incitent à s’affirmer ainsi puis, en conséquence, à transitionner médicalement.</p><p>« En Suède, où les enfants sont autorisés à tenter de changer de sexe avec l’accord de leurs parents, une étude gouvernementale a montré que 15 % des fillettes qui en faisaient la demande étaient autistes. »</p><p class="article-text article-body__item">De pareilles pratiques ne nous renvoient-elles pas plus d’un siècle en arrière, lorsqu’Alan Turing par exemple, l’inventeur de l’ordinateur, condamné en 1952 pour homosexualité avait eu le choix entre prendre des œstrogènes (hormones féminines) artificielles ou aller en prison ?</p><p class="article-text article-body__item">Du reste, en Suède, où les enfants sont autorisés à tenter de changer de sexe avec l’accord de leurs parents, <a href="http://https://www.theguardian.com/society/2020/feb/22/ssweden-teenage-transgender-row-dysphoria-diagnoses-soar" target="_blank">une étude gouvernementale</a> a montré que 15 % des fillettes qui en faisaient la demande étaient autistes et 19 % hyperactives : voilà quand même qui interroge sur le bien-fondé de ces pratiques médicales sur des êtres juvéniles, et qui du moins réclameraient sans doute une réflexion collective non idéologisée.</p><p class="article-text article-body__item">Nous sommes de gauche et si aujourd’hui nous écrivons, c’est pour informer le grand public de la grande inversion en cours dans le féminisme français. Aux yeux de ce pseudo-féminisme inversé, quand une femme dit non ce n’est pas forcément non, les femmes oppriment les hommes en dénonçant des violences sexuelles et les enfants peuvent consentir à tout et n’importe quoi.</p><p class="article-text article-body__item">Quant à nous, nous savons que l’Histoire nous donnera raison. Regardez donc outre-Atlantique : là-bas, ils ont déjà commencé à revenir sur les excès de tout cela. Le vent tourne.</p><p class="article-text article-body__item">Signatrices :</p><p class="article-text article-body__item">Camille Girard, auxiliaire de vie</p><p class="article-text article-body__item">Carole Barthès, graphiste</p><p class="article-text article-body__item">Chantal Hervouet, cadre de la fonction publique</p><p class="article-text article-body__item">Claire Raynaud Gauthier, couturière</p><p class="article-text article-body__item">Muriel Petit, enseignante</p><p class="article-text article-body__item">Agnès Rakovec, musicienne</p><p class="article-text article-body__item">Julie Gosselin, informaticienne</p><p class="article-text article-body__item">Florence-Lina Humbert, journaliste</p><p class="article-text article-body__item">Sophie Plisson, archéologue</p><p class="article-text article-body__item">Sarah Masson, doctorante,</p><p class="article-text article-body__item">Marie Moisdon, formatrice féministe.</p><p class="article-text article-body__item">Soutien :</p><p class="article-text article-body__item">Marie-Jo Bonnet, historienne, écrivaine et militante féministe</p><p class="article-text article-body__item">Pilar Aguilar Carrasco, critique de cinéma et militante féministe</p><p class="article-text article-body__item">Laurence Croix, psychanalyste et maître de conférence à l’université.</p><p class="article-text article-body__item">Delphine Girard, professeur de Lettres.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Wed, 14 Apr 2021 12:34:04 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Le bitcoin: une monnaie, de l’or ou rien de tout cela?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Cryptomonnaie la plus connue, le bitcoin est souvent présenté comme étant une monnaie, une réserve de valeur ou de l’or numérique. Quelques éléments de réflexion autour de ces idées.</p><p>Lire aussi: <a href="https://www.letemps.ch/en-continu" data-hovercard="https://www.letemps.ch/en-continu">La sulfureuse tentation des cryptomonnaies</a></p><p>Le bitcoin est-il une monnaie? Le bitcoin permet-il d’acheter des biens et des services facilement? C’est possible en théorie mais très peu le cas en pratique. Chaque transaction prend de longues minutes et est sujette à une commission, qui varie selon le niveau d’utilisation du réseau. Ces dernières semaines, ces frais ont varié entre 13 et 25 dollars (12 à 23 francs). «Avec de telles commissions, personne ne veut payer son café en bitcoin, mais ce dernier peut être intéressant pour envoyer de l’argent dans un autre pays, puisque les transferts internationaux facturent en moyenne 6,5% de frais. Donc pour un virement international de plus de 300 dollars, le bitcoin est meilleur marché», relève Yves Longchamp, chef de la recherche chez SEBA, une banque spécialisée dans les actifs numériques.</p><p>Le bitcoin est-il une réserve de valeur? De nombreux partisans du bitcoin prévoient que la valeur du bitcoin ne s’effondrera pas comme celle des monnaies traditionnelles, laminées par les injections massives de liquidités dans le système financier. Car il sera émis un maximum de 21 millions d’unités de bitcoin, probablement d’ici à 2140. Environ 18,5 millions ont déjà été produits, et plusieurs millions ont été perdus ou sont irrécupérables car leur propriétaire a égaré le code de son portefeuille électronique, ce qui accentue la rareté de cette cryptomonnaie. A l’inverse, un instrument financier qui perd 85% de sa valeur en moins d’un an – comme en 2018 – peut-il vraiment assurer une fonction de réserve de valeur?</p><p>Lire également: <a href="https://www.letemps.ch/economie/bitcoin-mort#:~:text=Plan%C3%A8te%20finance&amp;text=C'est%20officiel%2C%20le%20bitcoin,on%20ne%20le%20reconna%C3%AEt%20plus." data-hovercard="https://www.letemps.ch/economie/bitcoin-mort#:~:text=Plan%C3%A8te%20finance&amp;text=C'est%20officiel%2C%20le%20bitcoin,on%20ne%20le%20reconna%C3%AEt%20plus.">Le bitcoin est mort. Encore</a></p><p>Le bitcoin est-il de l’or? Les deux actifs affichent de nombreux points communs, en plus de se trouver en quantité limitée et de ne pas être émis par une seule entité. Comme l’or, le bitcoin est coûteux à produire, il peut être divisé, il ne produit pas d’intérêt et il ne peut pas être dupliqué. Tous deux font l’objet d'une spéculation et tous deux «sont utilisés pour des transactions entre inconnus, en absence de confiance. Parce que la valeur de l’or est universellement reconnue et parce que le bitcoin repose sur un système qui génère de la confiance par lui-même; c’est une «outside money», une monnaie qui existe par elle-même, en dehors de tout système centralisé», observe encore Yves Longchamp, auteur d’une récente étude sur le bitcoin.</p><p>Côté différences, le bitcoin n’a pas de valeur intrinsèque et son historique d’une dizaine d’années est bien maigre face aux 5000 ans d’utilisation du métal jaune. Le bitcoin est facilement transportable, peut être accessible en tout temps et peut être envoyé relativement facilement à l’autre bout du monde.</p><p>Lire finalement: <a href="https://www.letemps.ch/economie/encheres-senflamment-bitcoin" data-hovercard="https://www.letemps.ch/economie/encheres-senflamment-bitcoin">Les enchères s’enflamment pour le bitcoin</a></p><p>Quelle utilité hors du boursicotage? «Tout dépend du résultat final. Si le bitcoin finit l’année à 10 000, on dira que c’est du boursicotage; s’il termine à 100 000 dollars, on vous félicitera pour votre investissement. L’histoire nous le dira; pour le moment, la plupart des gens sont obnubilés par le potentiel de hausse», relève notre interlocuteur.</p><p>Le bitcoin est-il écolo?</p><p>Sa production mobiliserait <a href="https://www.letemps.ch/economie/climat-preoccupe-oubliez-bitcoin" data-hovercard="https://www.letemps.ch/economie/climat-preoccupe-oubliez-bitcoin">autant d’énergie</a> que ce qu’un pays comme la Finlande ou que l’ensemble des data centers de la planète. Cette vision est <a href="https://blogs.letemps.ch/yves-bennaim/2021/02/20/bitcoin-energies-renouvelables/" data-hovercard="https://blogs.letemps.ch/yves-bennaim/2021/02/20/bitcoin-energies-renouvelables/">systématiquement combattue</a> par les tenants de la cryptomonnaie. Pour se faire une idée, comparons avec un système de paiement traditionnel, propose le blog <a href="https://digiconomist.net/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Digiconomist</a>, qui décrit les conséquences inattendues des nouveautés numériques.</p><p>Selon ce site, une transaction en bitcoin consommerait autant d’énergie qu’environ 800 000 transactions effectuées par Visa. Mais ce calcul ne prend pas en compte l’énergie consommée indirectement par Visa à travers les déplacements journaliers de ses 20 000 employés se rendant au travail par exemple. En ajoutant cette dimension, l’empreinte carbone de Visa est multipliée par 10, à 586 000 tonnes d’équivalent carbone par an. Contre 41,4 tonnes pour le bitcoin, selon Digiconomist, soit 14 000 fois moins que Visa, dans cette logique. «Au niveau d’une transaction par contre, le bitcoin a une empreinte carbone plus élevée que Visa. Le réseau bitcoin peut effectuer 5 transactions par seconde, contre 4400 pour Visa. Si l’on observe toutes ces dimensions, le bitcoin est-il pire, meilleur ou équivalent à Visa?» se demande encore Yves Longchamp.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/442/poltron-et-sofa</guid>
	<pubDate>Tue, 13 Apr 2021 21:48:11 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/442/poltron-et-sofa</link>
	<title><![CDATA[Poltron et Sofa]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="http://eurojournalist.eu/wp-content/uploads/2021/04/OK-Michel-von-der-Leyen-European-Parliament-from-EU-Wiki-ccby20.jpg" rel="prettyPhoto"></a> A se demander si Charles Michel, lui aussi, a quitté la Convention d'Istanbul... Foto: European Parliament from EU / Wikimedia Commons / CC-BY 2.0</p>
<p>(José Manuel Lamarque) – A l’occasion d’une énième rencontre entre l’Union européenne et le Sultan d’Ankara, l’UE s’est déconsidérée en les personnes de Monsieur Charles Michel, Président du Conseil européen et de Madame Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne. La farce a tourné au profit du Sultan et une nouvelle fois ridiculisé les représentants de l’UE. On imagine qu’une telle entrevue fut préparée bien à l’avance, entre les autorités turques et la représentation de l’UE à Ankara. L’ordre protocolaire fut respecté, sans aucun doute, mais la courtoisie européenne fut bien absente. Ce fut une mauvaise pièce de théâtre de boulevard.</p><p>Un Sultan sans limites – On connaît le Sultan, prêt à tout, qui n’hésite pas à occuper la basilique chrétienne Sainte Sophie pour en faire une mosquée, tout comme l’église Saint-Sauveur-in-Chora, remettre en question le Traité de Lausanne sur les frontières, ne plus respecter le traité de Montreux sur les détroits, ignorer les zones exclusives économiques ; fermer les yeux sur les actions de Daesh et de l’EI en Syrie, en laissant se faire massacrer les courageuses et superbes combattantes kurdes ; n’avoir de cesse de menacer la Grèce et Chypre et prolonger son chantage aux migrants face à l’UE, sans parler de son « soft power » en Europe, surtout à Strasbourg où le bâtiment du consulat et de la représentation turque auprès du Conseil de l’Europe à des allures de bunker.</p><p>De la honte au désespoir – Face au Sultan, ils étaient deux, le Président du Conseil de l’Europe et la Présidente de la Commission européenne. Sont-ils allés à Canossa, ont-ils joué les bourgeois de Calais ?… En tout état de cause, ils furent pitoyables. On connaît les intentions du Sultan que rien n’arrête, mais c’est manquer de courage, d’aplomb, de force que de ne pas lui faire face. Charles Michel, le président du Conseil européen est apparu aussi falot qu’insignifiant. Représentant les chefs d’état et de gouvernements européens, ils le sont fort mal, représentés. Quand à Madame von der Leyen, il lui a manqué ce petit rien qui fait tout. Face au Sultan, il faut être grand Mogol… quand Charles Michel est placé, même protocolairement, il faut toujours montrer à l’autre ce que l’on est et ce que l’on représente, cela s’appelle garder son rang. Quand on est deux, on reste deux. La diplomatie demande toujours du courage, de la hardiesse, de la finesse, à la condition d’être bien élevé. Monsieur Michel n’a rien de tout cela. Il s’est assis auprès du Sultan, bien content d’avoir un siège, il aurait pu avoir un strapontin. Jamais ne lui est venue l’idée d’attendre Madame von der Leyen et de se soucier de sa place, jamais. Ainsi la présidente de la Commission européenne a été assignée à un très grand canapé.</p><p>Le scandale ou la soumission – Dans ces conditions, il faut réagir. Soit Monsieur Michel demande un siège pour la présidente, soit il va rejoindre Ursula sur le canapé. Mais rien de cela, il a courbé l’échine devant le Sultan, qui ne portait pas de mules, sinon Michel les lui aurait baisés. Quant à notre chère Ursula, on imagine bien que son sang ne fit qu’un tour, mais dans ce cas, il faut toujours s’opposer pour résister. Donc, on tourne les talons, on rejoint son auto, son avion pour Bruxelles en créant un précédent, cela s’appelle marquer son territoire. Bien au contraire, elle fut la docilité même, ce qu’il ne faut jamais faire devant le Sultan. Quant à Monsieur Michel, refuser et partir avec Madame von der Leyen aurait été le camouflet rehaussant l’image de l’Europe. Entre la mollesse de Michel et la petitesse d’Ursula, une nouvelle fois l’Europe s’est couchée…</p><p>Oser, c’est gouverner ! – A travers un évènement de salon, c’est l’image de l’Europe qui, une nouvelle fois, a été mise à mal. Mais aussi -et surtout !- à l’heure où le Sultan vient de retirer son pays de la Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe, marquer son territoire, tenir tête au Sultan, aller jusqu’à l’incident diplomatique face au Sultan, eut été un message adressé aux femmes turques qui aujourd’hui, sont bien seules et isolées, livrées à elles-mêmes face aux assassinats à venir, et l’impunité pour le meurtrier. L’Europe s’est, une nouvelle fois, ridiculisée face à l’autocrate. Et dire que les femmes turques obtinrent le droit de vote en 1934 grâce à Atatürk, alors qu’aujourd’hui, elles sont réduites à toutes les soumissions, et à l’obscurantisme. Accepter l’allégeance par l’abandon, ne fera que renforcer les Eurosceptiques qui, il faut le dire, auront bien raison. Car ce 6 avril 2021 a revêtu les oripeaux des accords de Munich en septembre 1938, et aura le goût de la non-intervention durant la guerre d’Espagne.</p><p>« Quelle rage a-t-on d’apprendre ce qu’on craint toujours de savoir ! » (Beaumarchais) – Quelle conclusion, pour quelle entrevue ?… Rien, sinon comme l’explique la locution latine, fine origine pendent, la fin dépend du début… le début est minable depuis longtemps face au Sultan, la fin ne pourra qu’être tragique. Aujourd’hui, les femmes turques paieront le prix de la cécité bruxelloise, parce que ces dirigeants européens-là n’ont jamais su être la marge qui éclaire la page…</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/441/le-fiasco-de-la-politique-de-l%E2%80%99offre-hollande-macron</guid>
	<pubDate>Tue, 13 Apr 2021 21:45:50 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/441/le-fiasco-de-la-politique-de-l%E2%80%99offre-hollande-macron</link>
	<title><![CDATA[le fiasco de la politique de l’offre Hollande-Macron&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">Environ cinquante milliards par an de <a href="https://www.marianne.net/politique/pacte-de-responsabilite-sans-les-emplois-faut-il-verser-les-7-derniers-milliards-aux" target="_blank">baisses de cotisations sociales et d’impôts</a> pour les sociétés à l’horizon 2022, <a href="http://www.gaullistelibre.com/2018/07/chomage-croissance-le-fiasco-des.html" target="_blank">trois réformes du droit du travai</a>l toutes favorables aux entreprises : on ne peut pas dire que Hollande et Macron l’ont joué petits bras pour renforcer la compétitivité de notre pays. Pourtant, comme on pouvait s’y attendre dès les prémices de cette politique, quand Macron n’était encore que conseiller à l’Elysée, cela n’a aucun effet sur notre commerce, dont le déficit a battu des records en 2020.</p>
<p>Un coûteux fiasco tristement prévisible</p>
<p class="article-text article-body__item">Les <a href="https://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2013/december/tradoc_151969.pdf" target="_blank">chiffres d’EuroStat</a> sont cruels et révélateurs : le déficit commercial de la France a battu tous les records en 2020, atteignant <a href="https://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2013/december/tradoc_151969.pdf" target="_blank">la bagatelle de 82,5 milliards d’euros</a>, de loin le plus élevé de l’UE ! Plus intéressant, notre pays cumul un excédent de 25 milliards hors de l’UE, avec un déficit abyssal de 107,6 milliards dans l’UE, où <a href="https://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2013/december/tradoc_151969.pdf" target="_blank">nous avons acheté pour 336,6 milliards en 2020 et seulement vendu pour 229 milliards</a> ! En clair, nous achetons 50% de plus à l’UE que nous lui vendons ! Non seulement nous sommes toujours perdants d’un point de vue budgétaire, avec une contribution annuelle croissante, que le plan de relance va empirer, mais en plus, nous sommes considérablement perdants commercialement. La France est toujours perdante dans une UE où nous ne défendons jamais nos intérêts.</p><p class="article-text article-body__item">Les statistiques d’EuroStat révèlent une autre information très intéressante sur l’Allemagne. Notre voisin a un commerce légèrement déficitaire au sein de l’UE et réalise donc la totalité de son excédent hors de l’UE, près de 200 milliards ! Cela s’explique par son modèle économique, qui revient à utiliser les pays d’Europe de l’Est comme base arrière où sont délocalisées bien des pièces détachées (et une part des produits finis) pour baisser le coût global, avant d’exporter le tout dans le monde entier avec l’image du « fabriqué en Allemagne ». Cela est facilité par le fait que l’Allemagne profite d’un euro très bon marché par rapport à son économie, facilitant ses exportations dans le monde, alors que ses partenaires européens souffrent d’un euro trop cher pour eux. Cela a été souligné plusieurs fois par le FMI, pour qui l’euro devrait être 18% plus cher pour l’Allemagne, et 7% moins cher pour la France !</p>
<p>Echec complet</p>
<p class="article-text article-body__item">Mais ce qui est frappant, c’est que les très mauvaises statistiques du commerce extérieur devraient pousser à une analyse critique des politiques dites de compétitivité. Depuis le rapport Gallois en 2012, Hollande et Macron ont défendu une baisse du prix du travail et de toutes les contraintes du droit social pour dynamiser notre économie et l’emploi. En cinq ans, notre pays a expérimenté un vrai choc de compétitivité, avec pas moins de 50 milliards de baisse d’impôts et de cotisations pour les entreprises par an : les 41 milliards des deux plans du quinquennat précédent agrémenté de la baisse de l’IS décidée par Macron. Cela représente un effort d’environ 250 milliards sur le mandat Macron ! Et la politique de l’offre était aussi à l’œuvre avec les trois réformes du droit du travail : loi Macron, loi El Khomri, puis ordonnances Macron. De lourdes réformes improprement dites structurelles ont déjà été conduites.</p><p>"Plus de huit ans après le virage vers la politique de l’offre d’un Hollande dont le conseiller économique était Macron, il est stupéfiant que les records du déficit commercial de notre pays ne suscitent par un droit d’inventaire beaucoup plus approfondi et sévère."</p><p class="article-text article-body__item">L’augmentation du déficit commercial démontre leur échec complet et devrait amener à se poser la question de leur coût exorbitant. L’issue était prévisible malheureusement. Alors que nous sommes dans un marché unique où le prix du travail <a href="http://www.rexecode.fr/public/Indicateurs-et-Graphiques/Competitivite-l-observatoire/Indicateurs-du-cout-de-l-heure-de-travail-en-Europe">peut être 80% plus bas en Roumanie ou en Bulgarie</a>, et que nous échangeons très librement avec des pays où il peut être encore plus bas, le baisser de quelques pourcents n’a aucun impact positif sur la localisation des entreprises en France, surtout quand on continue à ouvrir nos marchés. En outre, les pays de l’UE sont engagés dans une compétition interne qui tire tout le monde vers le bas, sauf pour les rares pays proches du plein emploi. Pour couronner le tout, ces efforts dépriment la croissance puisque leur financement impose hausses d’impôts ou baisse de la dépense publique pour compenser les baisses de cotisations sociales et d’impôts pour les entreprises…</p><p class="article-text article-body__item">Bref, plus de huit ans après le virage vers la politique de l’offre d’un Hollande dont le conseiller économique était Macron, il est stupéfiant que les records du déficit commercial de notre pays ne suscitent par un droit d’inventaire beaucoup plus approfondi et sévère. C’est toute la politique économique des deux derniers mandats qui est un fiasco aussi complet que prévisible. Pire, cela a été, entre autres, financé par les milliards d’économie sur les hôpitaux qui nous ont tant manqués… </p><p>A LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/societe/117-milliards-d-economies-en-10-ans-comment-Etat" target="_blank">11,7 milliards d'économies en 10 ans : comment l'Etat a dépouillé l'hôpital</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Tue, 13 Apr 2021 20:54:51 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/440/harris-tweed-la-terre-qui-habille-les-hommes</link>
	<title><![CDATA[Harris Tweed, la terre qui habille les hommes]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Atlantique Nord, entre Bruxelles et Reykjavik. Hébrides extérieures: l’île écossaise de Lewis et Harris, à des années-lumière de l’agitation du monde. Sur la carte de l’élégance britannique, nous avons cette fois déplacé le curseur de 900 km (à vol d’oiseau), au nord du bouillonnement londonien, sur la principale île de l’archipel posé à la limite nord-ouest de l’Europe. Une seule et unique île qui porte deux noms: Lewis au nord et Harris au sud.</p><p>Des moutons, du vent. Une terre émergée au milieu de l’océan, où le gaélique est (avec l’anglais) la langue officielle. Un endroit unique où survit un métier ancestral réputé jusqu’au Japon: celui des tisseurs de Harris Tweed, une laine de prestige. Une institution. Aussi une industrie agonisante il y a moins de trente ans.</p><p>Voiture de location depuis Glasgow. L’Ecosse est un pays dans lequel il faudrait être fou pour se déplacer en avion. Des paysages à en oublier de circuler à gauche. Entre Uig (île de Skye) et notre destination: des dauphins pour escorter notre ferry.</p><p>Deux mille et quelques kilomètres carrés au milieu des eaux, 25 000 habitants disséminés entre landes et tourbières, reliefs rocailleux et côtes sauvages se partagent ce fragment du monde, autrefois celte et viking. Ils parlent une langue hors du temps héritée du picte et du vieux norrois, la langue scandinave médiévale. Quinze degrés. Fin du mois de juin. Plusieurs semaines sans pluie, ce qui est plutôt rare sous cette latitude. Mauvais pour l’herbe et les moutons, les black faces qu’on voit partout sur l’île.</p><p>«Siabost Bho Thuath». Bienvenue à «North Shawbost», sur la côte septentrionale de Lewis, où les hommes savent reproduire les paysages sur leurs vêtements. Nous sommes à <a href="http://www.harristweedhebrides.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Harris Tweed Hebrides</a>, la plus grande des trois filatures de l’île. Physique rustique, voix rugueuse et accent qui pourrait à lui seul faire l’objet d’une thèse de linguistique, Ian A. Mackenzie, le maître des lieux, nous fait la visite.</p><p>Une cinquantaine d’ouvriers nettoient, teintent, cardent (démêlent) et filent la laine brute de tonte qui sera distribuée à domicile aux tisserands. Feu d’artifice de couleurs chaudes, odeurs de toisons peignées et humides, bruit assommant des machines. «Le business est excellent, dit notre hôte entre deux piles gigantesques de tweeds qui attendent d’être roulés avant de gagner les quatre coins de la planète. Le Japon est le plus important marché, l’Allemagne et l’Amérique du Nord sont de très gros consommateurs.»</p><p>Les tweeds de Harris ne souffrent pas de la crise actuelle. «Les gens reviennent vers la qualité. Ils veulent des choses belles et qui durent longtemps», poursuit notre homme en caressant machinalement une bobine géante de fil brun aux reflets orange. «Ce que nous faisons depuis toujours sur l’île.»</p><p>Depuis toujours, seuls loin de tout, les habitants des Hébrides extérieures étaient du genre dégourdis. Les pêcheurs tissaient le tweed pendant les longs mois d’hiver, pour se vêtir. Les black faces étaient d’accord de fournir leur laine. Les baies, les racines et végétaux de l’île permettaient de la teindre. C’est ensuite une patricienne, lady Dunmore, au milieu du XIXe siècle, qui convaincra les notables des comtés du nord d’adopter le tweed. Un coup de pouce pour dynamiser l’économie précaire de l’île.</p><p>Le noble tissu devient la référence des gentlemen farmer. Hydrofuge et chaud, un vêtement d’extérieur par excellence. Avec une touche de raffinement en plus, qui n’a pas échappé aux créateurs de mode. Déjà en 1956, Coco Chanel, qui avait emprunté à son amant, le duc de Westminster, ses vestes en tweed, avait fini par en faire une pièce phare de ses créations. Et près de deux cents ans après Lady Dunmore: Vivienne Westwood. C’est la styliste anglaise, entre autres, qui a remis au goût du jour le tweed, tombé en disgrâce entre-temps. Que seraient les élégants outre-Manche sans les femmes?</p><p>Le tweed aujourd’hui? Même Nike s’y est mis. Le géant de la chaussure de sport a créé sa propre collection en tweed. Dans Doctor Who , la série culte de science-fiction de la BBC, le héros porte une Harris Tweed jacket.</p><p>Un emballement qui consacre un tissu d’exception: le Harris Tweed est protégé par une loi du parlement. Il doit être fait avec 100% de pure laine vierge, teintée, filée et fabriquée dans les Hébrides Extérieures, et tissée à la main à domicile par les habitants «des îles de Lewis, Harris, Uist, Barra et leurs nombreuses dépendances». La condition sine qua non pour qu’ils soient frappés du Orb Mark (un globe surmonté d’une croix de Malte), le sceau de certification délivré par les inspecteurs maniaques de la <a href="http://www.harristweed.org/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Harris Tweed Authority</a>: pas un seul fil cassé dans une trame n’est toléré.</p><p>«Nous n’utilisons plus la laine locale des «gueules noires», explique Ian A. Mackenzie, très disponible malgré les carnets de commandes entassés sur son bureau. Trop rêche et trop lourde. Quasiment à l’épreuve des balles. Elle sert aujourd’hui à faire des tapis.» C’est la laine des moutons cheviot, élevés dans le mainland écossais principalement, qui a pris le relais. «Nous en achetons 20 tonnes toutes les trois semaines.» A la filature, 130 couleurs servent à teinter cette fibre plus douce et plus légère. La combinaison des couleurs, dessins et motifs est quasi infinie.</p><p>Harris Tweed Hebrides produit 10 000 mètres de double width (1,50 mètre de large environ) chaque semaine. «Tout le monde en veut, commente le directeur. Nous pourrions faire encore plus à la filature. Mais nous sommes tributaires de la production des tisseurs qui nous achètent la laine avant de nous la revendre tissée. Cent vingt travaillent pour nous à la main, chez eux dans toute l’île.»</p><p>Un autre Mackenzie, Norman cette fois. L’homme vient d’accrocher 100 yards au mur de l’atelier attenant à sa maison. Du fil de laine, entre l’indigo et la flamme bleutée d’un bec à gaz, qu’il prépare avant de l’installer sur son métier. Une teinte que l’on peut apercevoir furtivement entre mille autres, dans les lochs et la mer qui nous cernent, à proximité de Carloway. Avant sa retraite, le vieil homme, dont les sourcils broussaillent comme un tweed avant le lavage, était dentiste à Glasgow. Il est né dans la maison où il nous reçoit. Il a appris à tisser adolescent, avant de quitter l’île, comme trop souvent les jeunes le font.</p><p>«En rentrant de Glasgow, j’ai acheté un métier à un voisin qui voulait s’en débarrasser, à une mauvaise période pour l’industrie, explique-t-il dans des gestes lents. C’était un hobby, c’est devenu une obsession.» L’homme tisse chaque jour une quinzaine de mètres sur un single width, l’ancêtre des double width, aujourd’hui majoritaires sur l’île, plus rapides, mais aussi plus chers. Ces deux types de métier ont pour principale différence la largeur de tissu qu’ils tissent et donc les rendements de production. Ils sont tous deux mus par les hommes (et les femmes) qui les utilisent. Un jeu de pédales assure les va-et-vient de la navette. Pas question de recourir à un moteur.</p><p>Norman est son propre patron, comme tous les tisserands de l’île. Il vend son tweed de grande qualité 15 livres le mètre à la filature, après l’avoir fait contrôler, fil par fil, par une femme du village qui le répare le cas échéant à la main. «Tout dépend de la qualité de la laine, elle casse parfois par endroits», commente Norman, qui possède deux vestes: «J’aime porter un tweed à l’église le dimanche.»</p><p>La filature se charge ensuite de laver l’étoffe tissée, aussi pour l’adoucir, la rétrécir et la renforcer. Avant de la vendre, notamment aux tailleurs de Savile Row. A Londres, Norton &amp; Sons achète par exemple une partie de la production de Donald MacKay, une figure de l’île de Harris qui vit à Luskentyre, 90 kilomètres plus au sud.</p><p>Regard couleur mers tropicales, comme l’océan qui s’étale au pied de sa maison, arrêté par une plage de sable blanc virginal. Le tisserand, qui a appris le métier de son père et qui voit «des journalistes sans arrêt», a tissé aussi pour Nike. Il crée lui-même le design de ses tweeds. La visite de son atelier est menée tambour battant, «la BBC va arriver d’une minute à l’autre». «Le nombre de tisseurs est en augmentation car les jeunes commencent à revenir», s’enthousiasme-t-il entre deux coups de pédales sur son métier. Un single width, en raison du coût de l’investissement pour un double.</p><p>Kenny Neil MacIennan, la cinquantaine, tisse, lui, depuis douze ans sur un double width. Huit minutes pour faire un mètre, qu’il vendra 2,60 livres à la filature. «C’est un métier très difficile, dit-il dans un long soupir. Je suis soulagé que mon fils ait choisi l’industrie du pétrole. Je ne l’aurais jamais encouragé dans la voie du tissage, avant 2010. Les affaires vont beaucoup mieux aujourd’hui mais il y a quelque temps, j’aurais tout lâché si ma femme avait travaillé à l’époque.»</p><p>Dehors, dans la lande, un camaïeu de tweeds jusqu’à l’horizon. Comme si le prince Charles avait étalé tout son vestiaire par terre, recouvrant le paysage de ses vestes à chevrons. Symbiose entre le pays et le savoir-faire de ses hommes, le tweed est un tissu caméléon: «Les tweeds sont les paysages», résume sobrement Kenny Neil MacIennan.</p><p>Une raison pratique à cela: les couleurs traditionnelles utilisées pour la teinte sont végétales. Ambroisie et souci pour les oranges. Bruyère et ortie pour les verts. Lichen et gaillet pour les rouges. Racine de fougère pour les jaunes. Baies de sureau pour les violets. Iris pour les bleus… Aucune teinte brute. Uniquement des effets de couleur obtenus dans chaque fil par l’entortillement de plusieurs brins, tous différents. Les paysages sur les vêtements. Un supplément d’âme sur les épaules.</p><p>Dehors, dans la lande, un camaïeu de tweeds jusqu’à l’horizon. La Symbiose parfaite entre le pays et le savoir-faire de ses hommes</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/439/a-propos-de-%C2%AB-histoire-de-la-haine-identitaire-mutations-et-diffusions-de-l%E2%80%99alterophobie-%C2%BB-de-stephane-francois-et-nicolas-lebourg</guid>
	<pubDate>Tue, 13 Apr 2021 20:38:15 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[À propos de « Histoire de la haine identitaire. Mutations et diffusions de l’altérophobie » de Stéphane François et Nicolas Lebourg]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Nous reviendrons plus longuement, dans les notes de lecture du numéro 9 de la revue Critica Masonica, sur cet ouvrage du plus haut intérêt que nous proposent deux chercheurs spécialistes des <a href="http://criticamasonica.over-blog.com/2015/02/a-propos-des-mysteres-du-nazisme-aux-sources-d-un-fantasme-contemporain-de-stephane-francois-presses-universitaires-de-france-2015.h">courants radicaux</a>. Le livre édité par les Presses universitaires de Valenciennes (168 pages, 22 euros) part du drame que connut en 2011 la Norvège avec les assassinats perpétrés par Anders Behring Breivik. Pour nos auteurs, cette activité criminelle s’inscrit dans « une histoire internationale des marges radicales qui ne cessent d’inventer des formulations destinées à rationaliser et légitimer la pulsion altérophobe ».</p><p><a href="http://criticamasonica.over-blog.com/2016/01/numero-special-extreme-droite-et-esoterisme.html">Stéphane François</a> et Nicolas Lebourg mettent ensuite en tension quatre couples de concepts : inégalité et conflictualité ; suprématie et ségrégation ; différences et préférences ; identités et concurrences. Ils concluent sur la nécessité de prendre au sérieux la production intellectuelle de la droite radicale dont l'une des figures de proue est Alain Soral. Ils nous offrent enfin, comme à leur habitude, une remarquable bibliographie internationale qui montre qu’ils ne sont pas seuls sur ce front et que la question est bien, plus que jamais, celle de la transmission des connaissances utiles à la préservation d’un idéal d’émancipation, face à tout ce qui tend à diviser et à refuser, par une violence souvent aveugle, ce que les sociétés occidentales ont réussi à construire, fût-ce partiellement.</p><p>Ce travail d’identification d’une pensée considérée comme nauséabonde révulse énormément de chercheurs qui, du coup, refusent de s’y intéresser, comme s’ils avaient peur d’en être contaminés. Le travail de nos deux auteurs est d’autant plus précieux que viennent d’être communiqués au gouvernement et à la presse par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) les principaux éléments du traitement statistique pour 2015 d’un sondage existant depuis 25 ans. Ce <a href="http://www.cncdh.fr/fr/publications/les-essentiels-rapport-sur-la-lutte-contre-le-racisme-2015">rapport</a> dresse un état des lieux du racisme, de l’antisémitisme et de la xénophobie en France, ainsi que des moyens de lutte qui sont mis en œuvre par les institutions de la République et la société civile. Les résultats de la dernière livraison montrent que l’intolérance recule tendanciellement. Mais comme cette altérophobie ne sera jamais éradiquée et se reconfigure sans cesse, comme l'actualité en témoigne tristement, le travail des chercheurs spécialisés n’est pas prêt de perdre son intérêt.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/438/le-plein-emploi-de-nos-voisins-est-superficiel</guid>
	<pubDate>Tue, 13 Apr 2021 20:30:14 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Le plein-emploi de nos voisins est superficiel]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Dans son impossible reconquête du plein-emploi, la France est moins seule. Le paradis supposé des autres est en fait plus proche d’un purgatoire, dans lequel le chômage de masse s’est au mieux mué en une prolifération de petits jobs morcelés. Prenons l’exemple des sept économies européennes qui font mieux que nous en matière de chômage et d’emploi : Allemagne, Autriche, Suède, Pays-Bas, Danemark, Finlande et Royaume-Uni.</p><p>La première différence avec la France réside dans la part plus élevée des jeunes de moins de 25 ans en emploi. En réalité, les plus jeunes s’insèrent avec de petits jobs à temps partiel, parallèles à leurs études. Cet écart ne témoigne pas, contrairement à l’idée répandue, d’une insertion en sortie d’études mieux réussie qu’en France. Passé l’âge de 25 ans, la performance française est comparable à celle des meilleurs modèles européens, et ces derniers, exceptée la Suède, partagent avec la France un piètre bilan en matière d’échec scolaire. L’apprentissage, cofinancé par le secteur public, joue aussi un rôle-clé dans les performances allemande, autrichienne, et britannique. Alors qu’en France bien des stages de courte durée échappent au radar statistique.</p><p>La seconde différence concerne l’insertion des femmes, avec un recours au temps partiel très élevé aux Pays-Bas, en Allemagne ou au Royaume-Uni. Les femmes sont cantonnées dans des postes ne procurant que des revenus d’appoint au soutien de famille masculin. Troisième différence : dans ces pays, le niveau d’activité des seniors est plus élevé, avec une forte dose de temps partiel. Sur toutes les tranches d’âge, les temps partiels sont en moyenne plus courts. En clair, l’emploi est plus fractionné en petits jobs de survie ou d’appoint. Tous ces emplois produisent peu de chiffre d’affaires et de base fiscale supplémentaire. Ce que le cas américain confirme, où 8 à 9 millions d’emplois se sont, en quinze ans, évaporés, notamment parmi les 15-30 ans, sans cataclysme sur la production. Ces petits jobs d’appoint, dans le commerce ou la restauration notamment, se retrouvent dans l’économie collaborative. Bref, le plein-emploi de nos voisins repose sur du temps partiel court, concentré sur les jeunes, les femmes et les seniors, qui ont été favorisés par des incitations fiscales ou des exonérations de cotisations sociales. Ce sont, dans les pays plus libéraux, des jobs du soir, du dimanche dans des services tournant 7 jours sur 7, dans le commerce, la restauration, l’hôtellerie, ou dans la santé, l’action sociale, le soutien scolaire, face à l’attrition de la sphère publique. Un morcellement des emplois qui a plus d’impact que les réformes du droit du travail que l’on met en avant.</p><p>Olivier Passet, directeur des synthèses économiques au cabinet Xerfi.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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