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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Mai 2021]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Fri, 21 May 2021 09:36:50 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Entre autonomie et embrigadement militant : les skinheads néo-nazis des années 1980-1990]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Première parution ; <a rel="noreferrer noopener" href="https://tempspresents.com/contributeurs/jean-yves-camus/" target="_blank">Jean-Yves Camus</a>, « Entre autonomie et embrigadement militant : les skinheads néo-nazis des années 1980-1990 », <a href="https://tempspresents.com/contributeurs/nicolas-lebourg/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Nicolas Lebourg</a> et Isabelle Sommier dir., <a href="https://tempspresents.com/2018/01/25/la-violence-des-marges-politiques/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Violence des marges politiques des années 1980 à nos jours</a>, Paris, Riveneuve, 2017, pp. 29-52.</p><p class="has-drop-cap">Le meurtre de Brahim Bouaraam, un ressortissant marocain mort noyé dans la Seine, après y avoir été jeté pour des motifs racistes et homophobes par des militants d’extrême droite, le 1er mai 1995 à Paris, a sans doute été, par sa résonance politique et médiatique, le point culminant d’une longue série de faits divers, souvent meurtriers, qui ont jalonnés les années 1980-90 et qui ont été attribués à la catégorie, au demeurant floue dans sa définition, des « skinheads », recouvrant un large spectre d’opinions politiques allant de l’extrême droite néo-nazie à l’antifascisme radical représenté entre autres par les « Redskins ». La culture skinhead a été décrite avec raison par Michel Wieviorka, reprenant le sociologue britannique Mike Brake, comme « une sous-culture ouvrière, profondément marquée par une éthique puritaine du travail » et par l’opposition au mouvement hippie<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn1">[1]</a>. Cette partie du mouvement skinhead qui s’est arrimée politiquement à l’extrême droite française des années 1980-1990 peut toutefois être cernée avec davantage de précision. Pour cela, il importe de dégager les étapes de l’importation en France des phénomènes skinheads anglo-saxons, et ce qu’ils recouvrent alors en termes de radicalité et de violence. Une fois effectuée cette caractérisation des skinheads, il s’agit de dégager les aspects de militance politique pris par ce qui était un phénomène socio-culturel, venu s’enchâsser dans les formations des extrêmes droites.</p>
<p>Caractérisation du phénomène skinhead</p>
<p>Avant que d’être une affiliation idéologique, le fait skinhead doit être vu comme un phénomène subculturel transnational, à l’origine urbain, où la question de la violence participe de la norme comportementale.Le skinhead se revendique d’une culture de la violence mais aussi de la transgression. Il se distingue de la norme par ses codes vestimentaires (crâne rasé ou cheveux coupés ras, port du bomber et des chaussures montantes à lacets connues sous le nom générique de Doc Martens). Ceci étant, ces codes ne sont pas déterminés par l’idéologie mais sont étroitement liés aux origines sociales de la sous-culture qu’ils représentent, née dans la Grande-Bretagne ouvrière des années 1960 et unissant, à l’origine, de jeunes prolétaires blancs appartenant au phénomène des Mods à de jeunes Afro-antillais de même milieu, passionnés de musique ska et reggae<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn2">[2]</a>. C’est à la fin des années 1970 qu’avec la crise économique qui frappe l’Angleterre industrielle d’une part, et l’émergence d’un parti politique, le National front, fugacement sorti de la marginalité, que s’entérine la séparation définitive, au sein du mouvement skinhead, sur une base ethnique et politique, mais également musicale : la scène skinhead d’extrême droite se structure autour de l’archétype du Militant blanc <a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn3">[3]</a>, mais surtout du Rebelle blanc, adolescent ou jeune homme (ou, minoritairement, femme) qui revendique sa couleur de peau et son origine ethnique contre l’émergence des minorités visibles, endosse un racisme et un antisémitisme extrêmes dont l’action violente est une composante essentielle, et abandonne définitivement les musiques « non-européennes » pour deux styles propres : la Oi, un dérivé du punk rock<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn4">[4]</a> et le RAC ( « Rock against Communism »), qui est un dérivé politisé du précédent dans lequel les paroles glorifient non pas seulement la lutte anticommuniste mais surtout le « nettoyage ethnique » des villes britanniques, et la violence physique en général<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn5">[5]</a>. Pour autant, l’extrême droite n’a jamais eu une emprise totale sur le mouvement communément appelé skinhead, ni en France, ni ailleurs : le mouvement S.H.A.R.P. (Skinheads Against Racial Prejudice) notamment, rassemble des skinheads de même extraction ouvrière mais proches de l’extrême gauche ou des milieux libertaires. Ils sont souvent actifs dans les villes mêmes où sont leurs rivaux qu’ils surnomment, pour s’en démarquer, boneheads (crânes d’os). Ils sont restés musicalement ouverts aux styles des origines puis au punk. La division idéologique du mouvement skinhead donne lieu, dès les années 1980, à l’émergence de « bandes » rivales qui se disputent la maîtrise des territoires urbains par la violence<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn6">[6]</a>.</p><p>De même que l’arrivée en France du phénomène skinhead d’extrême droite était une importation d’un phénomène britannique, et même anglais, la radicalisation idéologique de la scène française dans les années 1990 fut le résultat du transfert en Europe d’idées, de méthodes d’action et d’effets de mode venus des États-Unis. La première apparition publique importante des skinheads américains, lors d’un meeting du 7 octobre 1989 fédérant à peu près toutes les tendances de l’extrême droite autour d’une commémoration de la Confédération sudiste<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn7">[7]</a>, avait montré la convergence, au moins partielle, des skinheads « White Power », des nostalgiques de la ségrégation raciale et de la nébuleuse connue sous le nom d’Identity Churches, sortes de dénominations religieuses sectaires professant l’idée de la suprématie de la race blanche voulue par la volonté divine et les Écritures, relues à la lumière de l’anglo-israélisme (pour lequel les Anglo-saxons sont les descendants des tribus perdues d’Israël) et de l’idée d’un christianisme débarrassé de toutes ses racines juives. Loin de n’être qu’une sous-culture marginale de la jeunesse, cette nébuleuse s’était organisée sous un modèle, la « résistance sans chef », qui prônait la lutte armée contre l’État fédéral, jugé illégitime et appelé ZOG, ou Zionist Occupation Government (gouvernement d’occupation sioniste).</p><p>Dès 1983-1984, de petites cellules étaient passées à l’action terroriste contre des agents fédéraux et des adversaires politiques. Elles étaient connues sous le nom de The Order, disposaient de leur manuel de passage à l’action pour déclencher une guerre raciale (le livre de William Luther Pierce, alias Andrew Macdonald, The Turner Diaries, publié en 1978) et d’une forme de mantra, les 14 Mots, formulés par le suprémaciste David Lane pour lequel « We must secure the existence of our people and a future for white children » (« Nous devons préserver l’existence de notre peuple et un avenir pour les enfants blancs »). Cet ensemble de concepts, mis en action, font qu’au milieu de la décennie 1990, les autorités fédérales et les associations du type watchdog, luttant contre le racisme (Anti-Defamation League ; Southern Poverty Law Center) estiment que les 3 500 skinheads recensés ont commis 22 meurtres depuis 1990. C’est précisément ce qui séduit des skinheads français.</p><p>En juin 1993, parait le premier numéro du bimensuel Terreur d’élite, « voix indépendante et radicale des nationaux-socialistes francophones ». En couverture de ce fanzine d’une qualité d’impression inhabituelle, cette phrase : « Juifs : lire cette publication vous transformera en abat-jour, en savonnettes ou en engrais. » Le ton de l’antisémitisme délirant est donné. Il est habituel chez les Hammer Skins, réseau skinhead américain dont l’emblème est le marteau de Thor et dont la branche française, éditrice du bulletin, se nomme Charlemagne Hammer Skins. Très hostile au Front national (le FN serait « le dernier bastion de la juiverie française »), proche du parti nazi transnational NSDAP/AO<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn8">[8]</a>, elle est animée par Hervé Guttuso, un jeune Marseillais dont la précédente publication s’intitulait Neuvième Croisade. Ancien membre de Troisième Voie, puis de la section Prinz Eugen (du nom d’une division SS) du Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE), Guttuso s’est formé au contact de l’American Front et des Chicago White Vikings lors d’un séjour outre-Atlantique. Il y a rencontré les animateurs de la revue Résistance, fanzine devenu un magazine en quadrichromie doublé d’une maison de disques, Resistance Records, dont l’audience est devenue mondiale (le numéro 1 du journal, en 1994, est tiré à 12 000 exemplaires). Idéologiquement, les Hammerskins américains défendent l’idée selon laquelle la résistance armée au pouvoir fédéral est légitime puisque, loin d’être l’émanation du peuple, le gouvernement serait aux mains des juifs qui assureraient leur mainmise sur le pouvoir politique, économique et médiatique, dans l’objectif d’éliminer la race blanche en promouvant le métissage généralisé. Dès lors, toute forme de résistance armée est juste et nécessaire, y compris le terrorisme<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn9">[9]</a>, par des modes d’action souvent inspirés des Turner Diaries, traduits en français tardivement (1999) par Henri de Fersan, avec des illustrations de Chard, caricaturiste à Rivarol<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn10">[10]</a>. D’où ce surnom de ZOG (Zionist Occupation Government), qu’elle donne au gouvernement des États-Unis.</p><p>Cette théorie conspirationniste, qui se réfère souvent aux Protocoles des sages de Sion, débouche sur la conviction que le seul espoir de survie pour la race blanche réside dans la création de communautés aryennes vivant en autarcie dans des régions reculées (aux États-Unis, dans les montagnes Rocheuses et les Appalaches). À partir d’elles s’organisera la riposte violente au pouvoir en place, qu’un livre décrit en détail : les Turner diaries (1978), de William Pierce, leader du groupe américain National Alliance, sorte de bible des suprémacistes blancs. L’intention terroriste apparaît clairement dans Terreur d’élite : « Les cibles principales du révolutionnaire aryen doivent être en première priorité des cibles économiques, énergétiques, puis en dernier lieu des cibles humaines. Le paroxysme de la jouissance étant bien sûr de cumuler les trois facteurs à grande échelle » (n° 5, printemps 1995). La nouveauté dans le rapport à la violence est ici qu’elle est revendiquée dans sa dimension terroriste, comme dans la couverture du magazine skinhead nazi anglais The order (n° 10) qui montre un militant en train de manipuler des détonateurs. En France, le magazine de Guttuso suit le même chemin et celui qui lui succède, 14 Mots, indique clairement « nous devons tuer »<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn11">[11]</a>.</p><p>Un nouveau bulletin confidentiel, Das Schwartze Korps (n° 2, 1995), franchit un pas supplémentaire en écrivant : « Nous, Blancs purs, ne reconnaissons aucun droit aux non-Blancs de quelque sorte qu’ils soient. Si, peut-être un seul, celui de crier dans la chambre à gaz quand on jettera le Zyklon B! ». Cette référence explicite au génocide nazi montre que les skinheads, tout en reprenant quelquefois les textes des historiens négationnistes sur la Shoah, ont plutôt tendance à en assumer et même à en valoriser l’existence. La montée en puissance de la tendance terroriste du mouvement skinhead néo-nazi sera toutefois arrêtée nette dès 1993 par la très forte volonté politique du ministre de l’Intérieur Charles Pasqua et de son conseiller pour la lutte contre le racisme, Patrick Gaubert, suivi par ses successeurs : début 1998 Guttuso est arrêté à Londres, où il séjournait depuis 1996 chez les frères Sargent, animateurs de Combat 18, mouvement considéré par la police britannique comme responsable de meurtres racistes et ayant des intentions terroristes. En définitive, un juge d’instruction toulonnais fera écrouer neuf personnes mises en examen pour « incitation à la haine raciale et menaces de mort », notamment contre Anne Sinclair, Jean-François Kahn, Simone Veil et Patrick Gaubert<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn12">[12]</a>. Les Charlemagne Hammer Skins survivront à cette répression et perdurent jusqu’à ce jour<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn13">[13]</a>, mais avec un fonctionnement plus discret, comme leur concurrent direct les Blood and Honour Hexagone<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn14">[14]</a> avec leur revue Signal 28, tous deux ayant pour activité visible essentielle l’organisation de concerts ou de tournois de MMA (mixed martial arts). La propension à la violence demeure : le 30 mars 2016, principalement en région marseillaise, onze skinheads néo-nazis ont été mis en examen après la découverte à leur domicile d’un stock d’armes.</p><p>Cette appétence pour la violence relève des actions des skinheads mais également de leur vision du monde, voire de leur caractérisation psycho-sociale.Dans son ouvrage sur les motivations de l’adhésion au Front national (FN)<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn15">[15]</a>, Birgitta Orfali reprend la distinction faite par Michael Billig, dans son ouvrage sur les militants du National front britannique<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn16">[16]</a>, entre le militant autoritaire et « l’homme de violence ». Ce dernier, mû par le ressentiment, « est ainsi dénommé car c’est la notion de lutte, de combat qui retient toute son attention. L’opposition violente à tout adversaire (individu ou groupe) le caractérise. L’antagonisme, le conflit sont les lieux par excellence qui définissent ce type ». Elle ajoute que ces hommes « vivent à l’heure de la psychologie des foules grâce au FN »<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn17">[17]</a>. Stéphane François a bien montré que ce type d’individu correspondait profondément au profil des militants des mouvements qui, aujourd’hui encore, appartiennent à la frange la plus radicale de l’extrême droite, celle qui refuse l’aggiornamento du FN et se manifeste par une activité particulièrement élevée dans la région des Hauts-de France, parfois sur le mode de ce que le même auteur appelle le « skinhead rural » <a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn18">[18]</a>.</p><p>Au-delà de la typologie sociologique et psychologique, le concept d’homme de violence s’est traduit, dans les décennies 1980 et 1990, par toute une série d’actions dont se sont saisies, non seulement les organisations antiracistes (Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme ; Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples ; SOS-Racisme ; Ligue des Droits de l’Homme), mais aussi la presse locale et nationale, qui a ainsi donné une visibilité importante au phénomène skinhead néo-nazi. À bon escient d’ailleurs : en effet, la glorification continue de la violence physique, telle qu’elle figurait dans les publications skinhead de l’époque, accompagnée par l’affirmation de la supériorité ethnique blanche et un antisémitisme obsessionnel, avait de grandes chances d’aboutir à un passage à l’acte. L’accroissement des agressions imputables aux skinheads était déjà sérieux dans les années 1987-90 : en 1988, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) leur imputait 20 actions violentes sur 64 actes racistes répertoriés ; l’année suivante 16 sur 53. Il s’ensuivit une répression policière avec 70 arrestations en 1987.</p><p>Il n’est pas possible de dresser ici une chronologie exhaustive des homicides commis par des skinheads néo-nazis sur la période. Pour ne citer que ceux au plus fort retentissement, on rappellera le meurtre, à Lille, d’un clochard par un proche du mouvement Troisième Voie (TV), en 1988<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn19">[19]</a>. En 1990 au Havre, une dizaine de militants locaux et parisiens du groupe Blood and Honour tue un jeune Mauricien, obligé par eux d’avaler de la soude caustique avant d’être jeté à l’eau. Les faits ne sont élucidés qu’en 1998 et les deux principaux mis en cause, Régis Kerhuel<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn20">[20]</a> et Joël Giraud, sont également des membres des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR). Puis, en 1995, David Beaune, 25 ans, est accusé du meurtre d’Imad Bouhoud, mort noyé, dans un bassin du port du Havre. Il est jugé par la cour d’assises de Rouen. Pour lui, le FN se trompe en voulant forcer les immigrés à quitter la France : il souhaitait construire pour eux des «camps de concentration et des chambres à gaz en Normandie ». « Maintenez-vous toujours cela aujourd’hui ? » lui demande le président lors de l’audience. Il maintient<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn21">[21]</a>.</p><p>L’affaire est intéressante à un autre titre, celui de la persistance des comportements violents de l’auteur des faits, même après sa sortie du milieu skin : Beaune est de nouveau condamné en 2013 à un mois ferme pour menaces avec arme<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn22">[22]</a>, sans circonstance aggravante de racisme. Ce qui n’est pas le cas pour Marc Grubica, ancien responsable du fanzine nordiste Tempête et Tonnerre, appréhendé en 2010 pour des dégradations commises contre la façade de la mosquée Salman-Al-Farissi, à Tourcoing et qui, à 43 ans, a déjà sept condamnations à son casier – dont une pour meurtre lors de sa période skinhead<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn23">[23]</a>. Enfin, le 7 janvier 1998, à Mortefontaine-en-Thelle (Oise, autre département de prédilection de la scène skinhead), Antoine Bonnefis, 18 ans, tue son beau-frère et un de ses amis africains. Il écope de 14 ans de prison sans que le mobile raciste soit retenu et les parties civiles sont déboutées.</p><p>Ce panorama serait incomplet sans citer deux événements. Le premier est la profanation d’un cadavre dans le cimetière juif de Carpentras (Vaucluse), en mars 1990. Imputé à l’influence culturelle du FN, cet acte, qui devint un événement de mobilisation fondamental dans la stratégie de mobilisation politique et associative contre le Front national, fut élucidé seulement en 1996, alors que l’un des auteurs, Jean-Claude Gos, skinhead de Denain (Nord) et membre du PNFE, était déjà décédé. Le second est exceptionnel parce qu’il est entièrement provoqué par la commande d’un média télévisuel peu scrupuleux (et disparu) qui, comme bien d’autres à l’époque, traite le phénomène skinhead sous l’angle du sensationnalisme : le 22 avril 1990 pour les besoins d’un reportage, une équipe de journalistes incite des membres des JNR, dont Joël Giraud, à agresser un Africain, Karim Diallo, sous les caméras des journalistes. Les mis en cause seront condamnés à 8 mois de prison avec sursis en janvier 1994 pour cette agression.</p><p>Certains de ces actes violents ont notablement influencé l’image de l’ensemble de la mouvance. Ce qui est devenu « l’affaire Bouarram » a connu un retentissement exceptionnel parce que les faits se sont déroulés en marge du cortège de Jeanne d’Arc organisé chaque premier mai par le Front national, dont le service de sécurité a d’ailleurs collaboré avec la police dans l’identification des agresseurs. Ils sont également emblématiques de trois dimensions du phénomène de la violence skinhead en France autour desquelles peut s’organiser la réflexion sur cette mouvance dans une période qui constitue son apogée.</p><p>La première est la dialectique de l’autonomie et du militantisme politique au sein du FN ou de groupuscules activistes plus radicaux : violents, ouvertement racistes, antisémites et même néo-nazis, réputés incontrôlables et hostiles à toute forme d’organisation sociale autre que celui de la « bande », les skinheads veulent-ils, peuvent-ils s’agglomérer durablement à une organisation hiérarchisée, voire à un parti impliqué dans le jeu électoral ? Seconde question : quelle est l’ampleur du phénomène, à la fois en termes de nombre de personnes concernées, d’influence politique sur le reste de l’extrême droite et de niveau de violence, symbolique ou physique ? Enfin, la catégorie « skinheads » a-t-elle un contenu clair ? N’est-ce pas en partie une construction, notamment médiatique, qui inclut à la fois des individus se revendiquant tels et d’autres qui y ont été rattachés pour des raisons liées à leur « look » (tout « crâne rasé » n’est pas un skinhead) ou à leurs idées – des skinheads ont milité aux Faisceaux nationalistes européens (FNE) ou au PNFE, mais ceux-ci n’étaient pas uniquement ni même prioritairement des mouvements skinheads ?</p><p>Deux éléments de réponse peuvent être avancés. Le premier est que les skinheads ont vite été repérés par les fondateurs du PNFE et dans une moindre mesure des FNE, comme le seul canal leur permettant d’étoffer de maigres effectifs et de dépasser la fonction de mouvements nationaux-socialistes orthodoxes, voire de cultes néo-nazis. Le second est que l’époque où ils apparaissent est plus largement celle où les medias découvrent le phénomène des « bandes urbaines » (skins mais aussi « zoulous » ou punks d’extrême gauche) et lui donnent une couverture qui n’est que bénéfice pour les groupes d’extrême droite. La police elle-même prend conscience du phénomène que les Renseignements généraux globalisent sous l’appellation « Violences urbaines ». Ils créent en 1991 une section spécialisée intitulée « Villes et banlieues ». Volens, nolens le phénomène skinhead s’est en tous cas polarisé à l’extrême droite, posant par là-même la question de sa possible structuration par les mouvements organisés de cet espace politique.</p>
<p>La mouvance skinhead et les organisations françaises d’extrême droite</p>
<p>Le mouvement skinhead politisé à l’extrême droite apparaît d’abord vers 1983-1984 et se signale lors de la fête de Jeanne d’Arc 1985 par la présence d’un groupe qui s’appelle « Les Amis de Barbie ». Il s’étend vraiment à partir de 1987, lorsque l’organisation Troisième Voie (TV), alors dirigée par Jean-Gilles Malliarakis<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn24">[24]</a>, se rapproche des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) menées par Serge Ayoub. Avec le PNFE, ces deux groupes sont ceux qui ont voulu et réussi à recruter en milieu skinhead avec le plus de constance et de succès. Cependant, ils ont des précurseurs, figures individuelles qui ont généralement connu les skinheads politisés à l’extrême droite lors de séjours à l’étranger, en particulier en Grande-Bretagne, qui en deviendront des figures et qui prouvent que la culture skinhead est un article d’importation comme beaucoup de modes qui façonnent les sous-cultures de la jeunesse européenne. Les antifascistes radicaux publiant la revue REFLEXes, puis le site internet éponyme<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn25">[25]</a>, et qui ont suivi avec une précision certaine la trajectoire des skinheads de la droite radicale, datent de 1983-84 l’apparition à Marseille de skinheads ayant séjourné en Grande-Bretagne et à la même période, celle à Tours d’un fanzine intitulé Bras tendu, édité par Olivier Devalez alias « Tod », une des figures historiques de la scène, mis au contact du British Movement lors d’un séjour à Londres. La même source affirme que Serge Ayoub (né en 1964), aurait adopté le « look » skinhead au retour d’un voyage outre-Manche. Enfin, une autre personnalité importante de la scène skinhead des premières années est un Britannique installé en France, Bruce Thompson, qui suivra Ayoub aux JNR et restera actif jusqu’en 1995 au moins<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn26">[26]</a>.</p><p>La question est de savoir comment, et pourquoi, le développement des skinheads d’extrême droite en France, à cette époque précise, croise la route d’organisations politiques du même milieu et aboutit à ce que celles-ci cherchent à attirer des individus connus pour leur propension à la violence et dont le credo consiste à rejeter tout type de hiérarchie autre que le charisme naturel du chef de bande, généralement reconnu pour ses « faits d’armes », sans parler du fait que les skinheads, dont Thompson semble être le vétéran, étant trentenaire dans les années pionnières, ne souhaitent pas se donner de leader n’appartenant pas à leur génération.</p><p>C’est là qu’intervient la dialectique de l’autonomie et de la récupération. En 1983-1984, l’arrivée de la gauche au pouvoir trouve un Front national qui attire toujours des militants très radicaux, mais l’entreprise de marginalisation de ceux-ci, commencée par Jean-Pierre Stirbois, aboutit à la création de groupuscules qui se disputent le maigre espace existant à la droite d’un FN déjà jugé embourgeoisé. En 1989, Bruce Thompson déclare ainsi au fanzine Le rebelle blanc : « Le Pen est trop vieux, trop mou, trop riche »<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn27">[27]</a>. Les quelques mouvements qui existent à l’époque en dehors du FN ont un rapport de suspicion vis-à-vis de la violence politique. L’Œuvre française, de Pierre Sidos, est un groupe dont le chef a connu l’épuration puis la répression de l’Organisation de l’Armée Secrète (OAS), il tient au respect de la légalité et dirige en outre son organisation, étroitement nationaliste française, d’une manière hyper-centralisée, tout en normant étroitement les comportements des militants (costume tenant de l’uniforme, défilés en rangs, chant du mouvement…) : les jeunes aux cheveux ras qui y militent ressemblent aux skinheads, mais n’en sont que très exceptionnellement. Le Parti Nationaliste Français (PNF), scission du FN opérée fin 1982 par les animateurs du journal Militant, militent pour un nationalisme européen racialiste qui recoupe davantage le slogan du White Power, mais outre qu’il est aussi légaliste, ses animateurs d’alors sont en majorité d’anciens du Parti Populaire Français ou du Francisme <a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn28">[28]</a> ayant servi dans les rangs de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme ou de la Division Charlemagne et nés dans les années 1920 : le fossé générationnel est trop important. Serge Ayoub fondera en 1990 un éphémère Comité de base jeunesse, hébergé à l’adresse du local du PNF avec lequel il partageait la « défense de l’identité française face au cosmopolitisme », l’affirmation selon laquelle « la nation est avant tout une communauté de destin et de sang », inaccessible aux non-européens, l’« opposition au système », la démocratie étant décrite comme un moyen d’asseoir la domination des « grands financiers et des grands trusts », la « lutte pour la justice sociale » et la répudiation de la lutte des classes ; la « conscience européenne contre le mondialisme ». Ce rapprochement restera toutefois sans lendemain.</p><p>L’instrumentalisation la plus réussie du phénomène skinhead par des mouvements politiques d’extrême droite est le fait de deux groupes : Troisième Voie (1985-1992, réactivé en 2010-2013) auquel il faut ajouter les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR, 1987-2013)<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn29">[29]</a> et le PNFE<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn30">[30]</a>, fondé en 1987 par un ancien militant de l’OAS et du FN, Claude Cornilleau, qui avait en 1983 réussi à se faire élire conseiller municipal de Chelles (Seine-et-Marne) sur une liste menée par un élu du Rassemblement Pour la République (RPR).</p><p>Troisième voie a été fondée en 1985 par Jean-Gilles Malliarakis sur des bases idéologiques nationalistes-révolutionnaires ou solidaristes ; il n’était pas un mouvement skinhead. Son slogan était : « Ni trusts, ni soviets » et outre un anti-sionisme affiché, il tenait à une Europe réunifiée et indépendante des blocs américain et soviétique. Le rapprochement opéré en 1986-1987 entre TV et Serge Ayoub, volontiers interviewé par les media et présenté comme la figure emblématique du milieu skin français, est une initiative de ce dernier, originaire de la classe moyenne parisienne à fort capital culturel, et déjà une figure de la scène skinhead depuis 1982 environ. Il est à la fois chef d’une bande (le Klan), qui se targue volontiers d’avoir le recrutement prolétarien, l’attitude violente et les objectifs anticapitalistes des Sections d’Assaut (SA) ; acteur du milieu hooligan politisé qui, à partir de 1984, s’installe dans la tribune Boulogne du Parc des Princes et qui s’engage dans des affrontements violents contre des personnes de couleur, des supporters des clubs adverses ou d’autres groupes de hooligans apolitiques ou antifascistes<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn31">[31]</a> ; et entrepreneur ouvrant en 1986 une boutique de vêtements brassant une clientèle de skinheads, hooligans et amateurs de marques anglaises que se sont appropriés comme dress-code une partie des jeunes d’extrême droite.</p><p>Le noyautage des supporters parisiens a débuté en septembre 1989 avec la création du groupe Pitbull Kop par Serge Ayoub. Leur prise en main par les JNR est allée de pair avec l’établissement de liens internationaux avec d’autres supporters d’extrême droite, comme ceux du « 0 Side » d’Anderlecht (Belgique) ou les Brigadas Blanquazules de Barcelone. Vers l984-1985, divers sous-groupes se sont constitués, tous influencés par les thèmes racistes et comprenant des skinheads, mais possédant chacun leur mode d’habillement et leur forme préférée d’affrontement : les « casual  », hooligans qui n’arborent plus l’allure skinhead et sont donc moins repérables de prime abord, se sont développés sous le nom de « Commando pirates », tandis que les Fire Birds, une cinquantaine d’individus formant la fraction la plus violente au Parc des Princes, ont choisi une stratégie d’affrontement contre la police et les supporters adverses. </p><p>Les JNR, dont Ayoub reste la figure tutélaire avec une longévité exceptionnelle ne se terminent qu’avec la dissolution de 2013 et la fermeture administrative de son quartier général parisien, Le Local. C’est une sorte de garde prétorienne composée d’éléments généralement issus des classes populaires, impliquée comme on l’a vu dans des agressions racistes sordides, dans lesquelles, à l’exception de la « ratonnade » télévisée évoquée plus haut, Serge Ayoub, bien que son nom ait souvent été évoqué après les faits, n’a jamais été condamné. L’histoire des JNR comporte deux périodes : l’une court jusqu’à l’autodissolution du milieu des années 1990 et est celle de la violence débridée ; l’autre, de la reformation en 2010 jusqu’à 2013, est celle de la violence canalisée, et même de la tentative pour engager une nouvelle mouture de Troisième Voie dans davantage de visibilité publique, avec la présentation de candidats aux élections (2012), l’ouverture de locaux associatifs à Paris et à Lambersart (Nord) sous le nom à consonance régionaliste flamande de Vlaams Huis et la publication d’un journal intitulé Salut public.</p><p>Le mouvement est aussi le seul de la scène à avoir réussi à construire des ponts avec le milieu des « bikers » et l’un des rares à prendre la grande majorité de ses références idéologiques dans l’histoire de France, que ce soit chez les révolutionnaires les plus radicaux (Babeuf), les blanquistes et le syndicalisme-révolutionnaire, adoptant d’ailleurs comme emblème le faisceau des licteurs<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn32">[32]</a>le rattachant bien davantage à la Révolution française qu’au fascisme. La carrière des JNR et de Troisième Voie se terminera cependant dans la violence avec l’implication de plusieurs de leurs membres dans la mort du militant antifasciste Clément Méric, le 5 juin 2013. Une des questions essentielles qui se pose, au moment de dresser le bilan de l’activité violente des JNR, est celle de la facilité avec laquelle, des années 1980 à nos jours, les multiples groupes qu’a dirigés Serge Ayoub ou dont il a été proche, ont pu continuer à opérer en étant impliqués dans des faits très graves : en mars 2017 encore, il comparaissait devant le tribunal correctionnel d’Amiens en compagnie d’une quinzaine de membres du groupe picard White Wolves Klan (WWK), poursuivis pour des faits de violences, vols, séquestration et tentative de meurtre. Serge Ayoub a été relaxé.</p><p>Le PNFE n’a jamais disposé d’un porte-parole ayant les capacités communicationnelles de Serge Ayoub. Il a toutefois joué un rôle essentiel dans la socialisation politique des skinheads. Adepte d’un néo-nazisme orthodoxe qui s’exprime dans les colonnes de son journal, Tribune nationaliste, le PNFE décide, semble-t-il en 1988, de se lancer dans l’action violente et ce, de manière préméditée et concertée. Le 31 juillet 1988, le journal Globe est plastiqué. En novembre 1988 quatre policiers membres du parti participent au Château de Corvier (Loir-et-Cher) au congrès du PNFE. Ils y assistent à une démonstration sur la fabrication et l’utilisation d’engins explosifs et y apprennent que de tels engins ont déjà été utilisés lors de deux attentats encore inexpliqués, ceux du foyer d’immigrants du Cannet (9 mai 1988) et contre Globe (31 juillet 1988)<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn33">[33]</a>. Certains adhérents non-skinheads se rendent coupables, le 19 décembre 1989, d’un attentat contre le foyer Sonacotra de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes) qui fait un mort et onze blessés. Cette affaire déclenche une vague de répression policière qui se traduit, début 1989 par une vague d’arrestations de 24 cadres (dont le président) et militants dont quatre policiers appartenant à la Fédération Professionnelle Indépendante de la Police (FPIP), un fait qui donne au PNFE la réputation d’être au moins aussi infiltré par des indicateurs qu’il dit avoir réussi à infiltrer la police. Le 5 juin 1990, son journal est interdit. Cependant le PNFE connaît une seconde vie à partir de son cinquième congrès, tenu le 3 avril 1993 en présence de John Tyndall, le président du British National Party (BNP) comme de néo-nazis allemands, et qui consacre sa fusion avec les FNE. Ce sursaut est dû, en bonne partie, au choix stratégique de Cornilleau ainsi résumé par Alain Léauthier dans le quotidien Libération du 2 août 1996 : « Adepte du marketing et de la communication, il [Cornilleau] a su donner à ses troupes le style et le ton qui manquaient aux concurrents : tenues de parade copiées sur celle des SA (sections d’assaut nazies), chants hitlériens, congrès événement, comme en 1989 au château de Corvier. Surtout, quand le phénomène s’est développé, Cornilleau a fait la cour aux skins rétifs aux longues séances d’endoctrinement mais amateurs de musique oï (rock des skinheads, ndlr), de bière et de bastons avec les “bronzés”, c’est-à-dire avec toute personne d’apparence non-européenne. Résultat : à son apogée, vers 1990, le PNFE compte plusieurs centaines de sympathisants dans toute la France. Il adopte une structure extrêmement décentralisée. Les sections locales sont très autonomes, ont leur fanzine<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn34">[34]</a>. Le PNFE s’implante dans le Nord, l’Ouest et le Sud-Est ».</p><p>Le mouvement attire à lui, précisément en raison de cette décentralisation, les groupes musicaux de skinheads d’extrême droite les plus en vue, généralement formés sur une base strictement locale. Le plus connu est Légion 88, dans l’Essonne, qui fera du nom du mouvement le titre d’une de ses chansons<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn35">[35]</a>.</p><p>L’organisation satellise aussi de nombreux fanzines et leurs animateurs ainsi que plusieurs structures à but commercial dont la plus importante est, de 1987 à 1994, le label Rebelles européens, basé à Brest. Les CDs sont aussi vendue et des concerts, organisés, par une structure militante non-lucrative et amie, l’AME ou Association Musicale Européenne, basée dans les Bouches du Rhône). Vis-à-vis des militants ou des recrues potentielles, la musique est utilisée comme moyen d’endoctrinement : la plupart des fanzines publient des interviews de groupes de musique « oi ! », qui laissent peu de doutes quant à la motivation politique des chansons. Le groupe Bifrost, dénommé d’après un terme de la mythologie nordique désignant le pont qui relie le monde des hommes à celui des dieux, déclare par exemple que ses textes « véhiculent le sentiment de révolte face au capitalisme sauvage, hybride et apatride ». Ses références doctrinales sont Georges Sorel et Proudhon, Drieu La Rochelle et Doriot, ou l’écrivain néo-nazi français René Binet. Le groupe Baygon blanc se réfère à Rudolf Hess et Hitler<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn36">[36]</a>. Action dissidente, basé dans les Yvelines, a pour slogan : « Mort à ZOG [Zionist occupation government] et à tous les parasites de notre pays. » Dans les années 1984-1985 le groupe-culte Evilskins chantait : « le Führer est de retour, on va rallumer les fours, dérouler les barbelés et préparer le Zyklon B », ce texte sans ambiguïté constituant jusqu’à aujourd’hui un « tube » de la scène skinhead. Une partie de cette violence antisémite a pu se transformer en actes sous la forme de profanations de cimetières juifs, particulièrement en Alsace et Lorraine, tandis que celles de carrés musulmans des cimetières ont été nombreuses dans le Nord-Pas-de-Calais.</p><p>Une nouvelle catégorie de profanateurs a même vu le jour en 1997, lorsqu’a été violé un caveau du cimetière de Six-Fours (Var). Les auteurs, jugés en 2004, diffusaient la revue W.O.T.A.N. (Will of the aryan nation – volonté de la nation aryenne), « bulletin mensuel de rééducation » des CHS (Charlemagne Hammer Skin – nom choisi en référence à la division SS française), édité à Londres. Un des mis en cause avait été condamné, en 1997, pour avoir exhumé un corps dans le cimetière central de Toulon lors d’une sorte de rituel gothico-satanique. Courant de longue date aux Etats-Unis, le lien entre satanisme et néo-nazisme se retrouve en 2001 dans le procès de David Oberdorf, meurtrier en 1996 d’un prêtre haut-rhinois et dont l’un des mis en cause du Var avait été l’inspirateur<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn37">[37]</a>. À Rouen, la police arrêtera en mars 1995 les animateurs d’un fanzine nazi-sataniste, Deo Occidi, précurseurs du sous-genre musical connu sous le nom de National-Socialist Black Metal (NSBM), qui avaient formé une association nommée AMSG (Ad Majorem Satanae Gloriam), valorisant l’action terroriste. Sa charte stipulait en effet : « Tout terrorisme se pratique de manière individuelle sans engager la totalité du mouvement Black Metal (…). Chacun doit s’armer de manière individuelle en vue de combattre tout opposant. Tous les moyens devront être utilisés pour se procurer un armement légal et illégal »<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn38">[38]</a>.</p><p>La réussite du PNFE dans la manière d’agglomérer les skinheads a évidemment eu un coût en termes d’image et hypothéqué finalement la pérennité du mouvement. Son journal est interdit en 1990, ses réunions militantes sont interrompues par la police<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn39">[39]</a>. Une réorganisation de l’appareil, en 1990-1991, voit le PNFE diversifier ses activités vers le soutien aux prisonniers politiques néo-nazis en France et à l’étranger via le COBRA (Comité Objectif Boycott de la Répression antinationaliste) créé par Olivier Devalez dans les années 1980 et animé par Rolf Guillou, un skinhead du Havre. À cette époque, le nombre de « prisonniers de guerre » que Devalez demande aux lecteurs de soutenir dans son fanzine L’Empire invisible<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn40">[40]</a> est de 37, en majorité américains. Les Français ne sont que 4, deux militants du PNFE inculpés dans l’affaire des attentats azuréens du Cannet et de Cannes, l’ancien militant frontiste Edouard Serrière, et Michel Lajoye, figure emblématique de l’activisme racialiste qui a rejoint le parti pendant son incarcération<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn41">[41]</a>. Le PNFE se lance également dans le soutien au négationnisme du génocide des juifs par l’intermédiaire de l’ANEC (Association normande pour l’Éveil du Citoyen) basée à Caen et fondée par Vincent Reynouard, qui adhère au parti et devient, jusqu’à ce jour, une icône de la seconde génération des auteurs négationnistes. Néanmoins dès 1995, l’activité militante semble fléchir dans les départements où le journal Le Flambeau « compte pourtant un nombre d’abonnés non négligeables, tels que les Alpes-Maritimes, la Seine-Maritime, certains départements bretons ou d’Ile- de- France »<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn42">[42]</a>.</p><p>Le PNFE se désintègre lentement, malgré une tentative de revitalisation qui passe par l’importation en France d’un certain nombre de thématiques américaines comme la guerre ethnique : dans son avant-dernier numéro, son journal dresse un tableau apocalyptique des violences commises dans les « quartiers sensibles » par des personnes non-blanches et conclut : « seule une répression im-pi-to-ya-ble viendra à bout de la violence. Mais d’ici-là, vu l’état d’abrutissement dans lequel le régime a plongé la masse des veaux, beaucoup de sang aura coulé. Et la reconquête sera longue et douloureuse »<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn43">[43]</a>. Toutefois dans la surenchère idéologique et la promotion du passage à l’acte dans ce qu’il faut bien appeler la guerre raciale, le PNFE est déjà débordé.</p><p>Les organisations radicales ayant quelque difficulté à gérer les bandes skinheads, il va de soi que les relations de celles-ci avec le FN ne sauraient être monolithiques.Si les cortèges annuels de la fête de Jeanne d’Arc et d’autres manifestations frontistes rendaient visible la présence en queue de cortège (ou en marge de celui-ci) d’individus au « look skinhead », il faut garder à l’esprit que le concept de « partei-skin » (skin de parti), élaboré par l’historien et politiste Patrick Moreau pour désigner le skinhead inféodé à un parti organisé dans lequel il milite<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn44">[44]</a>, n’a jamais été pertinent en France. D’une part, l’individualisme, le caractère provocateur et incontrôlable des skins les rendent inaptes à s’insérer durablement dans une structure politique hiérarchisée comme celle du FN. D’autre part, contrairement à une idée reçue, si la stratégie dite de dédiabolisation ne s’est imposée vraiment qu’à partir de 2011, lorsque Marine Le Pen a supplanté son père, elle n’était pas totalement inexistante auparavant : ainsi, outre que la double appartenance était interdite dans les statuts, le parti cherchait à exercer un contrôle étroit sur l’emploi de la force et de la violence, tâche dévolue au Département Protection Sécurité (DPS), placé sous le seul contrôle du président Le Pen. Les projecteurs s’étant braqués sur celui-ci, tout au long de la décennie 1990, au point qu’en 1999 il faisait l’objet d’une enquête parlementaire préludant à une éventuelle dissolution<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn45">[45]</a>, le FN se devait de contenir les skinheads, de sorte que les relations entre le parti et eux étaient depuis longtemps très conflictuelles. Ainsi, lors du défilé FN du premier mai 1993, 32 skins furent interpellés sur dénonciation d’un responsable du DPS et c’est dans la « zone grise » alors constituée autour du Front national de la jeunesse (FNJ) et des nationalistes-révolutionnaires radicaux (notamment ceux d’Unité radicale<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn46">[46]</a>) que la jonction pouvait s’opérer, davantage d’ailleurs sur le mode du jeune « rebelle blanc » proclamant son appartenance ethnique face à la société multiculturelle que du skinhead proprement dit, en prélude en somme au futur phénomène identitaire des années 2000 à nos jours que Stéphane François analyse dans le chapitre 7 du présent volume.</p><p>Idéologiquement, la mouvance skinhead trouvait le discours de Le Pen beaucoup trop modéré. Elle ne comprenait pas la tactique de normalisation par le jeu électoral exposée par Hubert Massol, élu municipal du FN (depuis 1989) et président de l’Association pour défendre la mémoire du Maréchal Pétain (ADMP), dans un fanzine skinhead finement intitulé Gestapo<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn47">[47]</a>: « Pour que les nationaux reviennent au pouvoir, ils doivent être de plus en plus présents dans le jeu démocratique qui leur permet d’exister, afin de le faire basculer en leur faveur et ensuite faire pression pour instaurer la Révolution nationale. » Subtilité que l’éditeur (Fabien Ménard, des Sables d’Olonne en Vendée, ancien militant du FNJ) de ladite publication récuse ainsi : « Comme notre présence les dérange, exprès nous serons toujours là et encore plus provocants. Notre but n’est pas de nuire au FN, mais rien ne doit nous empêcher de nous exprimer ». Cette affirmation donne la clé de l’attitude des skinheads lors des manifestations du FN : une sorte de complicité idéologique mâtinée d’une réelle aversion à fusionner de manière organisationnelle, ainsi qu’un refus de la « mise au pas » par le DPS, dans la rue. C’est Gestapo encore, orné en couverture d’un portrait d’Hitler, qui l’avoue au final : « Beaucoup critiquent le FN, mais il serait bon de s’apercevoir qu’en fait ce parti est le déclic pour notre peuple. Par la modération de son programme, il permet d’être écouté et de convaincre, apportant ainsi parmi notre grande famille des nationalistes d’innombrables sympathisants. » D’autres ont eu un avis plus tranché : dans son n°10, le fanzine Le Rebelle blanc affirme qu’il s’agit non seulement « d’un parti de corrompus » mais aussi qu’il est « infiltré par les sionistes »<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn48">[48]</a>.</p>
<p>Conclusion</p>
<p>Les skinheads français ont constitué dans les décennies 1980 et 1990 un mouvement que des observateurs étrangers, ceux de l’Anti-Defamation League (ADL), estimaient entre 1000 et 1500 personnes en 1985-1986<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn49">[49]</a> et que le rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme pour 1995 évaluait encore à un millier. Ils ont formé une sous-culture de la jeunesse séduite par un mode de vie au slogan apolitique (« bière, baise et baston », ou, dans la version du fanzine One Voice : « Oï, Sex and Beer »<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn50">[50]</a>) mais que certains groupes d’extrême droite ont tenté de radicaliser politiquement, à une époque où le Front national dépassait pour le première fois la barre des 10% des voix (1984) mais où les skins séduits par les idées nationalistes, voire racistes, le considéraient déjà comme une formation « bourgeoise ». Ne voulant pas s’intégrer durablement dans un parti politique d’extrême droite, les skins nationaux-socialistes, que d’ailleurs le Front national ne souhaitait utiliser que pour des tâches électorales (collages) ou de service d’ordre, ont constitué un vivier facile pour des groupuscules glorifiant la violence raciste voire le terrorisme (PNFE) qui s’est exprimé par un niveau exceptionnellement élevé d’actes violents visant les personnes de couleur et les personnes d’origine maghrébine. La réaction des autorités politiques, l’existence d’une législation antiraciste votée dès 1972 et renforcée en 1990, ainsi que la différence entre les lois française et américaine sur la détention des armes, ont sans doute permis que le passage au terrorisme soit évité.</p><p>L’internationalisation des liens entre skinheads, en particulier en direction de l’Europe de l’Est, notamment la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie après 1990, a donné une dimension transnationale à la violence de ces milieux. Les groupes musicaux voyagent, se produisent sur tout le continent. Les deux principaux réseaux, Hammerskins et Blood and Honour, sont par essence transnationaux et les concerts qu’ils organisent, y compris en France, drainent un public souvent venu des pays voisins (par exemple en Alsace-Lorraine, d’Allemagne et de Belgique ; en Franche-Comté, d’Allemagne et de Suisse). Cette dimension transnationale de la violence, tout comme le caractère d’importation des idées, des méthodes et même de la musique et de la mode, font du phénomène skinhead un mouvement en porte-à-faux avec le nationalisme français. Il s’agit en définitive d’un phénomène d’affirmation raciale dans l’optique d’une imminente confrontation du type « guerre urbaine »<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn51">[51]</a>, entre Européens blancs et « allogènes », soit cette part de l’idéologie d’extrême droite qu’un FN intégré dans le système parlementaire ne peut plus assumer et qui continue, en 2017, à être l’horizon partagé d’une partie importante de l’extrême droite, avec toutefois un nombre de violences graves et d’homicides moins élevé que dans les années 1980.</p>
<p>Notes</p>
<p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref2">[2]</a> Cf. George Marshall  Spirit of ’69: A Skinhead Bible, Dunoon, S.T. Publishing, 1991.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref1">[1]</a> Michel Wieviorka, La France raciste, Paris, Seuil, 1992, ch. 10.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref3">[3]</a> Titre d’un fanzine publié au milieu des années 1990 dans les Bouches- du-Rhône par Mickael P., alors proche du Parti Nationaliste Français et Européen.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref4">[4]</a> Le terme « oi !» est une déformation, utilisée en argot anglais, de « hey you ».</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref5">[5]</a> Cf. Timothy Scott Brown, «Subcultures, Pop Music and Politics: Skinheads and “Nazi Rock” in England and Germany », Journal of Social History, 2004, Volume 38, Number 1, p.157-173.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref6">[6]</a> Sur ce sujet, voir le documentaire de Marc-Aurèle Vecchione : Antifa, chasseur de skins (Résistance films, 2008) et pour une version diamétralement opposée celui produit par les proches de Serge Ayoub : Sur les pavés, (Autonomiste media, 2009).</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref7">[7]</a> Voir Leonard Zeskind : Blood and Politics, the history of the White Nationalist Movement, Farrar, Strauss and Giroux, 2009, ch. 22.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref8">[8]</a> Fondé en 1972 par l’Américain Garry Rex Lauck, le « NSDAP Aufbau- und Auslandsorganisation » continue à vendre sur le net des ouvrages en français : <a href="https://third-reich-books.com/product-tag/francais/" rel="nofollow">https://third-reich-books.com/product-tag/francais/</a></p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref9">[9]</a> Des suprémacistes américains sont les auteurs de l’attentat contre un bâtiment fédéral d’Oklahoma City qui fit, le 19 avril 1995, 168 morts et 680 blessés.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref10">[10]</a> La diffusion de l’ouvrage a été interdite en France par arrêté du 21 octobre 1999 :  <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000197597" rel="nofollow">https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000197597</a></p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref11">[11]</a> 14 Mots n°1, n.d mais postérieur à juillet 1995, n.p.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref12">[12]</a> Cf. Libération, 18 février 1998.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref13">[13]</a> Voir leur site : <a href="http://www.hammerskins.net/fhs/" rel="nofollow">http://www.hammerskins.net/fhs/</a></p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref14">[14]</a> Voir : <a href="https://28hexagone.wordpress.com/" rel="nofollow">https://28hexagone.wordpress.com/</a></p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref15">[15]</a> L’adhésion au Front national. De la minorité active au mouvement social, Paris, Editions Kimé, 1990.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref16">[16]</a> Michael Billig, Fascists: A social psychological view of the National Front, London: Academic Press, 1978.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref17">[17]</a> Op. cit, p. 202.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref18">[18]</a> Voir : <a href="http://www.slate.fr/story/85579/extreme-droite-radicale" rel="nofollow">http://www.slate.fr/story/85579/extreme-droite-radicale</a></p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref19">[19]</a> Le mouvement Troisième Voie, fondé en novembre 1985, se réclamait du nationalisme-révolutionnaire : voir la contribution de Nicolas Lebourg dans ce volume. Sa direction était composée d’anciens cadres du Parti des forces nouvelles (PFN) et du Mouvement Nationaliste-Révolutionnaire (MNR) menés par Jean-Gilles Malliarakis. Il attira toutefois, notamment à Lille, des éléments de la mouvance skinhead. C’est l’existence de ce vivier spécifique qui conduisit Serge Ayoub à créer en 1987 les JNR comme une structure destinée à regrouper les sympathisants skinheads de TV, qui disparaitra en 1991. Après cette date, les JNR sont définitivement une organisation autonome se réclamant tantôt du « solidarisme », tantôt du nationalisme-révolutionnaire », mais dont les militants sont bien issus du milieu skinhead et l’assument. Cf. Petrova Youra, « Les skinheads : solidarité de classe ou combat national », Agora débats/jeunesses, vol. 9, n°1, 1997, pp. 76-93.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref20">[20]</a> Kerhuel était le bassiste d’un groupe nommé Evil Skins, jusqu’en 1987. Il a affirmé lors de son procès avoir adhéré aux JNR. À l’audience Giraud a déclaré : «Aux JNR, on pouvait se permettre d’avoir une connotation raciste.» Cf. Libération, 18 octobre 2000.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref21">[21]</a> Libération, 12 décembre 1997.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref22">[22]</a> Ouest-France édition locale de Carhaix, 29 septembre 2013.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref23">[23]</a> La Voix du Nord, 26 mars 2010.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref24">[24]</a> TV a édité un bulletin mensuel, Troisième voie information [dir. publ. Philippe Cabassud], n°1, décembre 1986.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref25">[25]</a> Voir : <a href="http://reflexes.samizdat.net/" rel="nofollow">http://reflexes.samizdat.net/</a>. Si l’information factuelle contenue dans tous les numéros (désormais numérisés) à partir de juin 1986 est donnée dans un contexte militant avoué, du point de vue de la mouvance libertaire, et qu’elle doit être prise par  les chercheurs avec les précautions d’usage, puisqu’elle n’est pas toujours confirmable par des archives accessibles, elle n’en donne pas moins une trame historique fiable du mouvement.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref26">[26]</a> Cf. Libération, 4 mai 1995.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref27">[27]</a> Le Rebelle blanc, 1989, n.p.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref28">[28]</a> Le Francisme, fondé en 1933 par le héros de la guerre de 1914-1918, Marcel Bucard (1895-1946), a été le parti d’extrême droite le plus proche du Fascism</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Thu, 20 May 2021 11:21:09 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Mahle développe un moteur électrique sans aimants]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="zeta py0p5">L'équipementier allemand Mahle vient d'annoncer qu'il avait mis au point un <a href="https://www.futura-sciences.com/tech/breves/voiture-electrique-yamaha-developpe-puissant-moteur-electrique-hypercars-4202/" title="Yamaha développe un puissant moteur électrique pour les hypercars">moteur électrique</a> qui a la particularité de ne pas utiliser d'<a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/matiere-aimant-3883/" class="tooltip-link" data-color="purple" data-title="Aimant" data-number="" data-copy="Un aimant est un matériau développant naturellement un champ magnétique et capable d'attirer du fer, le nickel, le cobalt, le chrome.&lt;br /&gt;Un aimant possède un pôle nord et un pôle sud. Les pôles de même nature se repoussent, ceux de natures différentes s'attirent. Les aimants sont donc des dipôles..." data-image="https://cdn.futura-sciences.com/buildsv6/images/midioriginal/5/a/1/5a1b5e0814_50034606_champ-magnetic-aimant-droit.jpg" data-url="/sciences/definitions/matiere-aimant-3883/" data-more="Lire la suite">aimants</a>. Une solution qui évite de recourir à des <a href="https://www.futura-sciences.com/planete/photos/geologie-merveilleuses-terres-rares-leur-utilisation-1323/" title="Les merveilleuses terres rares et leur utilisation">terres rares</a>, en l'occurrence le <a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/chimie-neodyme-15194/" class="tooltip-link" data-color="purple" data-title="Néodyme" data-number="" data-copy="Très proche du praséodyme sous forme oxydée, le néodyme tient son nom de deux mots grecs, nêos et dîdymos (« nouveau » et « jumeau »), car les chimistes ont longtemps pensé que les deux oxydes ne formaient qu’un seul et même corps simple. Il fait partie des terres rares.&lt;br /&gt;Généralités&lt;br /&gt;Symbole :..." data-image="https://cdn.futura-sciences.com/buildsv6/images/midioriginal/6/c/1/6c113c6be6_79956_neodyme1.jpg" data-url="/sciences/definitions/chimie-neodyme-15194/" data-more="Lire la suite">néodyme</a>, dont l'extraction et le conditionnement sont à la fois dommageables pour l'environnement et largement concentrés en Chine.</p><p class="zeta py0p5">Les <a href="https://www.futura-sciences.com/tech/breves/bateau-ce-moteur-hors-bord-electrique-bateau-plus-puissant-monde-2290/" title="Ce moteur hors-bord électrique de bateau est le plus puissant du monde">moteurs</a> utilisant la force électromagnétique à la place des aimants existent déjà. Mais leur gros défaut est qu'ils reposent sur des pièces mobiles qui génèrent un frottement et donc une usure. C'est là que Mahle dit avoir réussi une avancée déterminante, en utilisant des bobines qui transmettent l'<a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/energie-energie-15884/" class="tooltip-link" data-color="purple" data-title="Énergie" data-number="" data-copy="Les physiciens emploient le terme d'énergie pour désigner une capacité à modifier un état ou à produire un travail entraînant un mouvement ou générant un rayonnement électromagnétique – de la lumière, par exemple – ou de la chaleur. Le mot vient d’ailleurs du grec et signifie «&amp;nbsp;force en..." data-image="https://cdn.futura-sciences.com/buildsv6/images/midioriginal/c/5/a/c5afae0dcb_92507_energie.jpg" data-url="/sciences/definitions/energie-energie-15884/" data-more="Lire la suite">énergie</a> de la batterie au rotor par induction. Ce design n'entraine aucun frottement et par conséquent pas d'usure mécanique. L'entreprise met en avant plusieurs avantages clés en termes de coûts, de production plus respectueuse de environnement et de sécurisation des ressources.</p><p class="zeta py0p5">Selon Mahle, ce moteur offre un rendement global de 95%. Une performance que seules les <a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/developpement-durable-formule-e-15681/" class="tooltip-link" data-color="light-green" data-title="Formule E" data-number="" data-copy="Une Formule E est une voiture monoplace à motorisation électrique obéissant au réglement établi par la FIA (Fédération Internationale de l'Automobile) pour les compétitions du championnat de cette catégorie. Pour la première saison – 2014-2015 –, la motorisation (moteur, boîte de vitesse et..." data-image="https://cdn.futura-sciences.com/buildsv6/images/midioriginal/6/3/d/63dbf4cf38_89464_formule-e-renault-spark-srt-01e.jpg" data-url="/planete/definitions/developpement-durable-formule-e-15681/" data-more="Lire la suite">Formule E</a> peuvent atteindre à l'heure actuelle, dixit l'équipementier. Il conviendrait à toutes les catégories de véhicules électriques. Mahle a <a href="https://spectrum.ieee.org/cars-that-think/transportation/advanced-cars/mahles-electric-motor-says-look-ma-no-contacts" target="_blank">indiqué</a> à <a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/tech/definitions/tech-ieee-1222/" class="tooltip-link" data-color="bright-blue" data-title="IEEE" data-number="" data-copy="Institute of Electronic and Electronics Engineers. Cette organisation internationale de la recherché recompense chaque année une équipe de chercheurs pour leur contribution exceptionnelle à l'avancée des sciences et technologies de l'information et de la communication. L’organisation a pour but..." data-url="/tech/definitions/tech-ieee-1222/" data-more="Lire la suite">IEEE</a> Spectrum qu'il pensait pouvoir lancer la production de série de ce moteur électrique d'ici deux ans et demi.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/584/comment-la-blockchain-a-profondement-transforme-la-rarete</guid>
	<pubDate>Thu, 20 May 2021 09:57:19 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/584/comment-la-blockchain-a-profondement-transforme-la-rarete</link>
	<title><![CDATA[Comment la blockchain a profondément transformé la rareté]]></title>
	<description><![CDATA[<p>La blockchain est une technologie qui compte bien remettre de la rareté dans nos sociétés. Elle réalise l’exploit de rendre des actifs numériques rares, c’est-à-dire de forcer leur existence en quantité limitée.</p>
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<p>Par François Jolain.</p><p>Des monnaies entièrement numériques valent <a href="https://coinmarketcap.com/" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://coinmarketcap.com/&amp;source=gmail&amp;ust=1621407774054000&amp;usg=AFQjCNHS0WTQyFvGEpBZgLlzRZBtHDtHOg">1000 milliards de dollars</a> comme Bitcoin. Des oeuvres d’art que n’importe qui peut copier à l’identique se vendent pourtant <a href="https://www.nytimes.com/2021/03/11/arts/design/nft-auction-christies-beeple.html" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://www.nytimes.com/2021/03/11/arts/design/nft-auction-christies-beeple.html&amp;source=gmail&amp;ust=1621407774054000&amp;usg=AFQjCNHh2It4LakWgrgTqAp-ODHumzk4YA">69 millions de dollars</a>. Au-delà des possibles bulles, les cryptoactifs (actifs existant sur une blockchain) ont bien une valeur, car ils ont bien une rareté. Nous allons voir comment la rareté a évolué au cours des derniers siècles pour arriver jusqu’aux blockchains avec leur rareté toute particulière.</p>
<p>La rareté à l’ère pré-industrielle</p>
<p>Selon wikipedia, la rareté « exprime la difficulté de trouver une chose particulière, du fait qu’elle existe en faibles quantités ou sous forme d’exemplaires en nombre limité.. »</p><p>Jusqu’à l’arrivée de l’industrie la rareté était subie. Toute chose nécessitait beaucoup d’heures de travail et l’humanité avait peu de travailleurs pour réaliser toutes les tâches.</p><p>Un moine copiste prenait <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bible_de_Gutenberg#Fabrication" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://fr.wikipedia.org/wiki/Bible_de_Gutenberg%23Fabrication&amp;source=gmail&amp;ust=1621407774054000&amp;usg=AFQjCNEx7MNX3fz5xvkDETh5T_xvxA8NKQ">3 ans</a> pour recopier une bible. Au XIII siècle, 200 mètres de tissu nécessitaient <a href="https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1971_num_26_6_422413#:~:text=La%20productivit%C3%A9%20du%20filage%20dans,selon%20les%20titres%20de%20fil." target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1971_num_26_6_422413%23:~:text%3DLa%2520productivit%25C3%25A9%2520du%2520filage%2520dans,selon%2520les%2520titres%2520de%2520fil.&amp;source=gmail&amp;ust=1621407774054000&amp;usg=AFQjCNEvi5_3b-W-e7p_5SQDrsjDAYaTXA">6000 heures de travail</a>. La cathédrale de Paris que Macron veut reconstruire en 5 ans, a nécessité <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Notre-Dame_de_Paris" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%25C3%25A9drale_Notre-Dame_de_Paris&amp;source=gmail&amp;ust=1621407774054000&amp;usg=AFQjCNEssffUh25MqdNTG-SxN1k0BlWuSQ">182 ans</a> à l’époque. Un hectare de blé produisait seulement <a href="http://medieval.mrugala.net/Paysan/Agriculture.txt" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=http://medieval.mrugala.net/Paysan/Agriculture.txt&amp;source=gmail&amp;ust=1621407774054000&amp;usg=AFQjCNFmU1JBteRYI1rdB6qtsjftbDBlNg">570 kg</a> de blé, juste assez pour nourrir deux personnes par an.</p><p>Cette rareté avait aussi quelques avantages. La monnaie nécessitait des métaux précieux tels que l’or ou l’argent. La planche à billets gouvernementale était donc limitée. L’art était le fruit d’un temps humain considérable, telle <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/La_C%C3%A8ne_%28L%C3%A9onard_de_Vinci%29" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://fr.wikipedia.org/wiki/La_C%25C3%25A8ne_%2528L%25C3%25A9onard_de_Vinci%2529&amp;source=gmail&amp;ust=1621407774054000&amp;usg=AFQjCNHb0qujWNko5hJEXbNAGbcP1Rd5JQ">La Cène</a> de Léonard de Vinci, réalisée en 4 années.</p><p>La rareté provenait donc d’une pénurie de temps humain à une époque où tout nécessitait énormément de temps humain. Cette quantité donnait également une valeur à chaque objet, au point de lier prix et rareté : « ce qui est rare est cher.»</p>
<p>La rareté à l’ère industrielle</p>
<p>La révolution industrielle n’a eu de cesse de réduire le temps humain nécessaire.</p><p>En trois ans, Gutemberg a pu imprimer <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bible_de_Gutenberg#Fabrication" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://fr.wikipedia.org/wiki/Bible_de_Gutenberg%23Fabrication&amp;source=gmail&amp;ust=1621407774054000&amp;usg=AFQjCNEx7MNX3fz5xvkDETh5T_xvxA8NKQ">180 exemplaires</a> de sa Bible de 1455. <a href="https://global-industrie.com/fr/actualites/153/un-7-juillet-1752-naissait-joseph-jacquard-inventeur-du-metier-a-tisser-mecanique-programmable" target="_blank" rel="noopener">La machine à tisser Jacquard</a> a permis à un seul ouvrier d’effectuer le travail de cinq ouvriers, provoquant la révolte des Canuts. Aujourd’hui, les productions agricoles par hectare ont été <a href="https://www.terre-net.fr/observatoire-technique-culturale/strategie-technique-culturale/article/les-previsions-de-surfaces-et-de-rendement-en-ble-tendre-par-departement-217-169749.html" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://www.terre-net.fr/observatoire-technique-culturale/strategie-technique-culturale/article/les-previsions-de-surfaces-et-de-rendement-en-ble-tendre-par-departement-217-169749.html&amp;source=gmail&amp;ust=1621407774054000&amp;usg=AFQjCNEAmtEGCEYKuMkhDm_mpYFk_WHFIg">multipliées par dix</a>. Et nous pouvons construire des bâtiments, tel <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Viaduc_de_Millau" target="_blank" rel="noopener">le viaduc de Millau</a>, en seulement trois années.</p><p>Cette volonté de produire en masse avec peu de temps humain et encore moins d’énergie humaine a permis de baisser le coût de la vie, mais aussi de faire disparaître la rareté de nos vies ! Le point culminant d’une société aux ressources infinies est arrivée avec l’informatique. Les ressources numériques se copient et partagent quasi instantanément et gratuitement.</p><p>Bien sûr, cette perte de rareté dans la société est bénéfique. 90 % des humains <a href="https://www.contrepoints.org/2019/08/26/352197-comment-lhumanite-a-vaincu-les-famines" target="_blank" rel="noopener">mangent à leur faim</a>. Le savoir n’a jamais été aussi répandu et accessible. En France, nous vivons dans <a href="https://www.20minutes.fr/societe/1596367-20150428-cinq-choses-savoir-conditions-logement-francais" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://www.20minutes.fr/societe/1596367-20150428-cinq-choses-savoir-conditions-logement-francais&amp;source=gmail&amp;ust=1621407774054000&amp;usg=AFQjCNHCqtcrZHGT_Pxtjf9ealFMKsRTIw">90 m2</a> en moyenne avec seulement 2,3 personnes par logement. Nous achetons <a href="https://www.planetoscope.com/Commerce/1545-.html" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://www.planetoscope.com/Commerce/1545-.html&amp;source=gmail&amp;ust=1621407774054000&amp;usg=AFQjCNHPyXGZv3Tu7tVFtXGBfsPh5P3eoQ">10 kg</a> de vêtements par an et par habitant. La diminution de la rareté est corrélée par une baisse du prix, toutes les deux liées au temps humain présent dans l’objet.</p><p>Cependant, ce manque de rareté présente des défauts.</p><p>Premièrement, nos monnaies sont devenues des monnaies de singe, qui s’effondrent avec leur gouvernement (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation#Les_cas_d'hyperinflation_dans_l'Histoire" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation%23Les_cas_d'hyperinflation_dans_l'Histoire&amp;source=gmail&amp;ust=1621407774054000&amp;usg=AFQjCNG78ZxArhZYMWZv32p4XMOjrFEeqw">liste des hyperinflations</a>). Il faut dire que la garantie de leur valeur ne provient plus d’une quelconque rareté mais de la seule confiance dans le gouvernement… L’art aussi s’est effondré, les techniques de copie ne permettent plus de distinguer original et plagiat, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Knoedler#Scandale_et_fraudes_:_la_fermeture" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://fr.wikipedia.org/wiki/Knoedler%23Scandale_et_fraudes_:_la_fermeture&amp;source=gmail&amp;ust=1621407774054000&amp;usg=AFQjCNGBWsuL94bE0wt3aa5S9ABen0FHlQ">surtout dans l’art moderne</a>.</p><p>Les notions d’original et de propriétaire se perdent dans le format numérique où chaque œuvre est copiable à l’infini et à l’identique tel les vidéos, musiques ou photos.</p>
<p>La rareté à l’ère de la blockchain</p>
<p>La blockchain est une technologie qui compte bien remettre de la rareté dans nos sociétés. Elle réalise l’exploit de rendre des actifs numériques rares, c’est-à-dire de forcer leur existence en quantité limitée. Pour se faire, elle va rendre ces actifs ni falsifiable ni duplicable, une véritable prouesse.</p><p>Elle s’est d’abord attaquée aux actifs fongibles avec la monnaie bitcoin, une monnaie où la rareté est garantie par des preuves mathématiques. Ces preuves sont plus exactement du cryptage, ce qui donne leur nom aux cryptomonnaies ou cryptoactifs.</p><p>La rareté ne provient plus d’un temps humain, mais de preuves mathématiques. Chaque actif est un bien rare sur la blockchain, mais on peut en créer autant de différents que l’on souhaite. Ce premier cas d’usage des actifs fongibles a donné  d’autres cryptoactifs comme <a href="https://ethereum.org/fr/" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://ethereum.org/fr/&amp;source=gmail&amp;ust=1621407774054000&amp;usg=AFQjCNEEDR1wKEoKnBi4vQTbysM1L0NB-Q">Ethereum</a> (monnaie), <a href="https://tether.to/" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://tether.to/&amp;source=gmail&amp;ust=1621407774055000&amp;usg=AFQjCNHJQcn5tT7-MHaSazz7PPKBFZryTQ">Tether</a> (tracker valant un dollar), <a href="https://veraone.io/" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://veraone.io/&amp;source=gmail&amp;ust=1621407774055000&amp;usg=AFQjCNE7zAWcxP494mzh5PM44jQ_Z2vqPw">VeraOne</a> (tracker valant un gramme d’or) ou encore UNI (action de la compagnie <a href="https://uniswap.org/" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://uniswap.org/&amp;source=gmail&amp;ust=1621407774055000&amp;usg=AFQjCNGQB5Dx2PqM0ee5zl3gPzJP4S6PoQ">Uniswap</a>).</p><p>Puis sont venus les célèbres Non Fungible Token (NFT), pour les actifs numériques non fongibles, que l’on peut considérer comme des certificats numériques d’authenticité. Ainsi des œuvres d’art digitales physiques ou des objets de luxe peuvent retrouver une rareté et une authenticité forte en se liant à leur NFT.</p><p>Nous entrons ainsi dans un monde à double rareté.</p><p>La rareté physique garantie par une dépense de temps humain perdurera encore sur les métaux précieux ou l’artisanat de luxe. Et de l’autre, tous les actifs se devant d’être rares comme la monnaie ou l’art, mais qui ont perdu leur rareté par le passage de l’industrie puis du numérique. Ceux-ci trouveront refuge sur la blockchain, et sa rareté numérique garantie par des preuves mathématiques.</p><p>Dépourvue de temps humain, la rareté numérique n’a intrinsèquement pas de valeur. Ce qui est rare n’est plus forcément cher pour les cryptoactifs, seuls l’usage et la demande de l’actif créeront sa valeur. Ainsi le vrai bitcoin culmine à <a href="https://coinmarketcap.com/" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://coinmarketcap.com/&amp;source=gmail&amp;ust=1621407774055000&amp;usg=AFQjCNFO3yR4qrHLO5vZg33R7brMQvUfpQ">50 000 euros</a>, alors qu’un projet concurrent : Bitcoin SV n’est qu’à <a href="https://coinmarketcap.com/" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://coinmarketcap.com/&amp;source=gmail&amp;ust=1621407774055000&amp;usg=AFQjCNFO3yR4qrHLO5vZg33R7brMQvUfpQ">270 euros</a>, les deux ayant pourtant la même rareté (21 millions d’unités) et les mêmes garanties mathématiques. La valeur des cryptoactifs n’est donnée que par le marché. Mais au moins, la blockchain permet la rareté donc la possibilité d’une valeur.</p>
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]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/583/la-fondation-ethereum-annonce-la-fin-de-partie</guid>
	<pubDate>Thu, 20 May 2021 09:34:54 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/583/la-fondation-ethereum-annonce-la-fin-de-partie</link>
	<title><![CDATA[La Fondation Ethereum annonce la fin de partie ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>La <a href="https://blog.ethereum.org/2021/05/18/country-power-no-more/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Fondation Ethereum</a> vient de confirmer officiellement qu’elle prévoyait de passer à un modèle PoS (Proof of Stake) dans les mois à venir (<a href="https://ethereum.org/en/eth2/merge/" target="_blank" rel="noopener nofollow">The Merge</a>). Cette information qui était déjà connue par ceux qui suivent les cryptos, comportait encore un lot important d’incertitudes notamment en ce qui concerne la date de bascule, la subsistance du mining GPU, etc. Le passage au PoS est une <a href="https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/antienne/4053" target="_blank" rel="noopener nofollow">antienne</a> qui date maintenant de plusieurs années.</p>
<p>L’Ethereum et les mineurs coupables de tous les maux ( d’après les fabricants et Elon Musk)</p>
<p>Sur son blog officiel, la fondation vient documenter ce qui va entraîner des changements importants dans le fonctionnement de l’une des crypto-monnaies les plus détestées par les joueurs en ce moment.</p><p>Actuellement, Ethereum utilise une preuve de travail. La preuve de travail (PoW) nécessite beaucoup de puissance de calcul pour fonctionner, tout comme le Bitcoin. Cependant, le Bitcoin est très majoritairement exploité par des composants spécifiques dédiés (ASIC). Ethereum lui est quasi exclusivement miné par un composant PC qui nous perturbe tous en ce moment : la carte graphique. Mais au delà des cartes graphiques, ce qui préoccupe les défenseurs de la crypto ces derniers temps c’est la pollution ( et donc la consommation électrique démesurée qui serait engendrée par le minage ).</p>
<p>La fin du minage par GPU…Pour l’Ether</p>
<p>D’après la Fondation Ethereum elle même, l’utilisation du Proof-of-Work (PoW) consomme actuellement l’équivalent énergétique d’un pays de taille moyenne. L’enjeu écologique et les déclarations d’<a href="https://www.forbes.fr/business/le-bitcoin-chute-suite-aux-commentaires-delon-musk/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Elon Musk</a> (si si) ont donc rendu le sujet extrêmement pressant dans l’objectif d’imposer plusieurs cryptos pour l’avenir.</p><p>La mise en œuvre du PoS est donc une préoccupation majeure pour la communauté  Ethereum puisqu’elle permettrait de réduire la consommation d’énergie de 95,95%, passant des 44,49 TWh actuellement consommés ( avec le système Proof of Work) aux 2,62 mégawatts estimés ( après le passage au Proof of Stake ).</p><p>Sans rentrer dans les détails techniques du fonctionnement de cette crypto, vous l’aurez bien compris, le passage au Proof-of-Stake doit réduire considérablement le besoin de miner avec des GPU. La vraie nouveauté c’est que le discours est maintenant clairement assumé et que l’issue semble inéluctable : “Plusieurs équipes d’ingénieurs font des heures supplémentaires pour s’assurer que The Merge arrive le plus tôt possible, et sans compromettre la sécurité (…) Les jours gourmands en énergie d’Ethereum sont comptés, et j’espère que c’est également vrai pour le reste de l’industrie.”</p><p>Il est donc maintenant acquis que le minage de l’Ether par GPU va perdre sa raison d’être dans les prochains mois. Certains se retourneront sans doute vers d’autres cryptos pour finir de rentabiliser leurs investissements. Dans le milieu on fonde beaucoup d’espoirs sur “Ethereum classic” pour prendre le relai. Mais il semble que les achats massifs de GPU liés aux cryptos soient rapidement des histoires du passé.</p><p>Il faudra ensuite voir comment se manifeste ce changement sur le marché des cartes graphiques. Si on écoute les fabricants, les mineurs sont coupables de tous les maux…La situation devrait donc se rétablir avec une rapidité spectaculaire non ?</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/582/proton-turns-7</guid>
	<pubDate>Thu, 20 May 2021 08:44:20 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/582/proton-turns-7</link>
	<title><![CDATA[Proton turns 7]]></title>
	<description><![CDATA[<p>In May 2014, we created ProtonMail on the premise that an internet where privacy is the default is essential to building a better world. On the 7th anniversary of the founding of ProtonMail, we wanted to take a moment to reflect and thank everyone who helped us get where we are today. Proton’s history as a project created by <a rel="noreferrer noopener" href="https://home.cern/news/news/computing/cern-inspires-entrepreneurs-email-encryption" target="_blank">scientists who met at CERN</a>, also the birthplace of the World Wide Web, is well known. But equally important is the community that has made our work possible. </p><p>Over the past 7 years, our movement has grown exponentially as people have chosen ProtonMail, ProtonVPN, and other Proton products to protect their privacy. Back in 2014, ProtonMail was received as a niche product because an internet that puts privacy first was treated like a wild idea, but today it seems like common sense. This privacy shift is something that will change the world for the better, and we’re proud that the Proton community has been leading this fight. </p><p>In a very literal way, Proton is for the people, by the people. We exist today thanks to an incredible crowdfunding campaign and your continued support over the past 7 years. This has allowed Proton to grow and develop new privacy-focused services, including ProtonVPN, Proton Calendar, and Proton Drive. Together, we have been active in the greater privacy debate, advocating for privacy-focused alternatives, challenging Big Tech and government surveillance, and demanding better data protection laws. </p><p>Together, we can create another internet, one where you can choose what information you share and who can see it.</p>
<p>Our work continues</p>
<p>Today, the fact that over 50 million people have signed up for Proton services illustrates just how far privacy is reaching into the mainstream. Without the Proton community acting as champions for privacy, none of this would have been possible.</p><p>However, on balance, we still have much to do. There are still billions of people using an internet that exploits their data for profit and does not have their best interests at heart. Our mission continues to be to create more trusted ways for people to be secure online and in control of their information at all times.  </p><p>Moving forward as an organization, we will be putting a much stronger emphasis on delivering better and better user experiences. After all, building the most private service in the world is not useful if it is too difficult for anybody to use. Our relentless focus on product will, as always, be driven by our community. As Proton only exists because of our community, we exist to serve you, and we only build products according to your needs. </p><p>Over the course of 2021, we will be releasing brand new versions of ProtonMail on all platforms, starting with web. We will also be bringing Proton Calendar and Proton Drive to all users on all platforms. These enhancements will lead to a more easy-to-use and complete Proton ecosystem, one that can protect your privacy in many more ways and reach more people.</p><p>The challenges ahead also require Proton to do more than writing software. While it is clear that people want more privacy and freedom online, there are also strong forces determined to prevent this at all costs. The success of anti-encryption movements in Australia and the UK has also shown us that we must always remain vigilant and that progress is not always constant. Big Tech companies are also increasingly leveraging their market dominance to ensure that alternatives do not thrive and threaten their monopolies. Such anti-competitive behavior is now subject to antitrust investigations in both the US and the EU. </p><p>In the years to come, you can also expect us to engage more with policymakers on these issues as we work to ensure that the internet of the future is one that puts your interests first. </p>
<p>Thank you for your support</p>
<p>Together, we have achieved incredible things over the past 7 years. With your help, Proton has gone from <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.youtube.com/watch?v=hbkB_jNG-zE" target="_blank">an idea</a> of how the internet could be better to the forefront of the global privacy wave. So today, on our 7th birthday, we want to thank every member of the Proton community. Your support has enabled our work. Your choices have driven this movement. We look forward to what we can achieve together in the coming years.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/581/quand-israel-creait-un-groupe-terroriste-pour-semer-le-chaos-au-liban</guid>
	<pubDate>Wed, 19 May 2021 21:29:07 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/581/quand-israel-creait-un-groupe-terroriste-pour-semer-le-chaos-au-liban</link>
	<title><![CDATA[Quand Israël créait un groupe terroriste pour semer le chaos au Liban]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a title="Le ministre de la défense Ariel Sharon et le chef d'état-major Rafael Eitan au Liban en 1982. " data-photo-w="1200" data-photo-h="833" class="mediabox photoshow" type="image/jpeg" href="https://orientxxi.info/IMG/arton2496.jpg?1529314285"></a><br />Le ministre de la défense Ariel Sharon et le chef d’état-major Rafael Eitan au Liban en 1982.<br />David Rubinger/Corbis</p>
<p> Ronen Bergman, Rise and Kill First : The Secret History of Israel’s Targeted Assassinations Random House, 30 janvier 2018. — 784 pages ; 24 euros.</p><p>Des choses terribles ont été faites avec le soutien de Sharon. J’ai soutenu et même participé à quelques-unes des opérations d’assassinats effectuées par Israël. Mais là nous parlons d’extermination de masse, juste pour tuer et pour semer le chaos et l’effroi chez les civils. Depuis quand envoyons-nous des ânes chargés de bombes dans des marchés pour qu’ils explosent ? </p><p>Ainsi s’exprime un agent du Mossad cité dans Rise and Kill First : The Secret History of Israel’s Targeted Assassinations, du journaliste israélien Ronen Bergman.</p><p>En juillet 1979 à Jérusalem, une conférence sur le « terrorisme international » fut organisée par le Jonathan Institute, un organisme intimement lié au gouvernement israélien et nommé d’après Jonathan Nétanyahou, qui avait perdu la vie pendant le raid fameux des forces israéliennes à Entebbe<a href="https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/quand-israel-creait-un-groupe-terroriste-pour-semer-le-chaos-au-liban,2496#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976, un commando israélien intervint à (...)" id="nh1">1</a>. Son père, l’historien Benzion Nétanyahou, ancien secrétaire personnel de Ze’ev Jabotinsky (le fondateur du sionisme révisionniste, branche ultranationaliste du sionisme), était un acteur majeur de la création de l’institut. Il prononça l’allocution inaugurale de la conférence. L’événement, expliqua-t-il, annonçait le début d’un « processus nouveau – le ralliement des démocraties au combat contre le terrorisme et ses dangers ». « Contre le front international du terrorisme », arguait Nétanyahou père, l’enjeu consiste à mobiliser « une opinion publique organisée qui poussera les gouvernements à agir ». Les orateurs de la conférence de 1979 représentaient un véritable Who’s Who du gotha conservateur, principalement d’Israël et des États-Unis.</p>
<p>Un « mal moral » chez l’Autre</p>
<p>Benzion Nétanyahou insista sur « l’importance d’établir d’emblée qu’il existait un cadre conceptuel clair » : le terrorisme, expliquait-il, est le « meurtre délibéré et systématique de civils de manière à inspirer la peur ». C’est « un mal moral » qui « infecte ceux qui commettent ces crimes et aussi ceux qui, par méchanceté, ignorance ou simple refus de penser, les approuvent ».</p><p>L’Institut organisa une deuxième conférence à Washington en juin 1984. Ses actes furent ensuite édités par Benyamin Nétanyahou et publiés sous le titre Terrorism : How the West Can Win. Comme Nétanyahou fils l’expliquait, la conférence de 1979 avait « contribué à focaliser l’attention de cercles occidentaux influents sur la vraie nature de la menace terroriste ». Ce n’était cependant « pas suffisant », puisqu’il n’y avait pas encore de « réponse internationale cohérente et unie ». Promouvoir une telle politique unifiée, concluait-il, était « l’objectif principal du deuxième rassemblement international » du Jonathan Institute. Et de fait, à la fin du premier mandat de Ronald Reagan, les élus américains en étaient arrivés à accepter et à adopter les principales assertions et hypothèses qui avaient été, depuis des années, au cœur du discours israélien sur le « terrorisme ». Le « terroriste » est l’« Autre » non occidental. Il utilise des moyens mauvais et immoraux, au service de fins mauvaises et immorales. En ce sens, « le terroriste » appartient au monde pré- ou non civilisé. Par contraste, « nous » nous opposons à, condamnons et rejetons « tous les terrorismes ». Nos usages de la force sont légitimes et toujours défensifs, car ils ne viennent qu’en réponse à la « menace terroriste ».</p><p>Ce discours est de l’idéologie pure. Car de 1979 à 1983, précisément durant la période qui sépare les conférences de Jérusalem et de Washington, de très hauts responsables israéliens menèrent une campagne à large échelle d’attentats à la voiture piégée qui tua des centaines de Palestiniens et de Libanais, civils pour la plupart. Plus remarquable encore, un des objectifs de cette opération secrète était précisément de pousser <a href="https://orientxxi.info/magazine/il-y-a-cinquante-ans-naissait-l-organisation-de-liberation-de-la-palestine,0641" class="spip_in">l’Organisation de libération de la Palestine (OLP)</a> à recourir au « terrorisme » pour fournir à Israël la justification d’une invasion du Liban. Ces assertions ne sont pas le produit d’un esprit conspirationniste. Une description des grandes lignes de cette opération secrète a été publiée par Ronen Bergman, un journaliste israélien respecté, dans le New York Times Magazine du 23 janvier 2018. Il était adapté de son livre Rise and Kill First : The Secret History of Israel’s Targeted Assassinations où figure un compte rendu bien plus détaillé de l’opération, entièrement basé sur des interviews avec des responsables israéliens impliqués dans ou informés de l’opération à l’époque.</p>
<p>Sans laisser d’empreintes</p>
<p>Dans le New York Times, Bergman, chroniqueur chevronné sur les questions militaires et de renseignement du quotidien israélien Yedioth Ahronoth décrit comment, le 22 avril 1979, un « escadron terroriste » du Front de libération de la Palestine a pris en otage puis sauvagement assassiné à Naharyia, une bourgade israélienne proche de la frontière libanaise, un père et deux de ses filles de 4 et 2 ans. « Dans la foulée », explique l’auteur, le général Rafael Eitan, alors chef d’état-major, lança avec le général commandant de la région nord Avigdor Ben-Gal, la mise en place d’un groupe dont le rôle serait de mener des opérations terroristes en territoire libanais. Avec l’accord d’Eitan, Ben-Gal recruta le général Meir Dagan, « le plus grand expert en opérations spéciales » d’Israël (et futur chef du Mossad), et « tous les trois mirent en place le Front pour la libération du Liban des étrangers [FLLE] ».</p><p>Bergman cite le général David Agmon, un des rares hommes à avoir été informé de l’opération, qui explique ainsi son objectif :</p><p>Le but était de créer le chaos parmi les Palestiniens et les Syriens au Liban, sans laisser d’empreinte israélienne, pour leur donner l’impression qu’ils étaient constamment sous attaque et leur instiller un sentiment d’insécurité.</p><p>Pour y parvenir, Eitan, Ben-Gal et Dagan « recrutèrent des locaux libanais, druzes, chrétiens et musulmans chiites, qui n’aimaient pas les Palestiniens et souhaitaient qu’ils quittent le Liban. » Entre 1979 et 1983, « le Front a tué des centaines de personnes ».</p><p>Pour ceux qui connaissent le conflit au Liban, la référence à ce FLLE est extraordinairement significative. Ce groupe a, au début des années 1980, revendiqué la responsabilité de dizaines d’attentats destructifs à la voiture piégée ciblant les Palestiniens et leurs alliés libanais. Ces attentats furent largement couverts par la presse américaine de l’époque. Le plus souvent, les journalistes américains décrivirent le FLLE comme un « mystérieux » ou « insaisissable groupe d’extrême droite ». À l’occasion, ils notèrent que les Palestiniens et leurs alliés libanais étaient convaincus que ce groupe n’était qu’une invention d’Israël destinée à cacher son rôle.</p><p>En revanche, aucune connaissance préalable du conflit libanais n’est requise pour comprendre l’ampleur et l’importance des révélations de Bergman. Au début, explique-t-il, l’opération utilisait surtout « des explosifs cachés dans des bidons d’huile ou des boîtes de conserve » fabriqués dans un atelier de tôlerie du kibboutz Mahanayim où résidait Ben-Gal. Ces « petits barils » passaient ensuite au Liban. Rapidement, poursuit l’auteur,</p><p>des bombes ont commencé à exploser dans les maisons de collaborateurs de l’OLP au <a href="https://orientxxi.info/magazine/le-sud-liban-au-prisme-de-la-resistance-palestinienne,1728" class="spip_in">Sud-Liban</a>, tuant toutes les personnes qui s’y trouvaient, ou dans les bureaux de l’OLP, surtout à Tyr, à Sidon et dans les camps de réfugiés palestiniens alentour, causant des dommages et des victimes en masse. </p>
<p>Des actions non autorisées ?</p>
<p>L’opération était menée dans le plus grand secret. Selon Bergman, elle ne fut jamais approuvée par le gouvernement lui-même et il n’y a « pas moyen de savoir » à quel degré Ezer Weizman, alors ministre de la défense, en fut informé. Mais malgré leurs efforts, Eitan, Ben-Gal et Dagan furent incapables de garder l’opération complètement hermétique. Bientôt, plusieurs hauts responsables d’AMAN (acronyme d’Agaf Ha-Modi’in, renseignement militaire israélien) s’y opposèrent énergiquement, mais sans succès. La contestation vint aussi de l’intérieur du gouvernement. Le vice-ministre israélien de la défense, Mordechai Tzippori, fut informé d’une attaque en avril 1980 durant laquelle des femmes et des enfants avaient été tués par l’explosion d’une voiture piégée au Sud-Liban. En juin, une réunion eut lieu dans le bureau du premier ministre Menahem Begin. Tzippori accusa Ben-Gal de « mener des actions non autorisées au Liban » durant lesquelles « des femmes et des enfants avaient été tués. » « Inexact !, répliqua ce dernier. Quatre ou cinq terroristes ont été tués. Qui circule au Liban dans une Mercedes à 2 h du matin ? Seulement des terroristes ! » Begin accepta les assurances de Ben-Gal et mit fin à la réunion. Celle-ci marqua la fin de toute contestation contre l’opération secrète menée par Eitan, Ben-Gal et Dagan.</p><p>Le 16 juillet 1981, des roquettes palestiniennes Katioucha tuèrent trois civils israéliens dans la bourgade de Kiryat Shmonah. Le jour suivant, les forces aériennes israéliennes ripostèrent par des bombardements massifs ciblant les quartiers généraux de l’OLP au centre de Beyrouth ainsi que plusieurs ponts autour de Sidon, tuant entre 200 et 300 personnes, principalement des civils libanais, et en blessant plus de 800. Le 5 août 1981, Begin choisit Ariel Sharon pour le remplacer comme ministre de la défense. Ainsi que des historiens et chroniqueurs israéliens comme Zeev Schiff, Ehoud Yaari, Benny Morris, Avi Shlaim ou Zeev Maoz l’ont depuis longtemps documenté, dans les dix mois qui suivirent, Israël s’engagea dans des nombreuses opérations militaires dans l’objectif clair de provoquer les Palestiniens à quelque forme de réponse armée qu’Israël aurait alors pu condamner comme une attaque « terroriste » justifiant une offensive majeure au Liban. Rise and Kill First représente une contribution majeure à notre compréhension de ce moment historique, car il montre, à partir de comptes-rendus de première main des responsables israéliens impliqués dans l’opération, que la campagne d’attentats à la voiture piégée qui s’intensifia beaucoup lorsque Sharon devint ministre de la défense doit être comprise précisément comme un élément de cette stratégie plus large de provocation.</p><p>Comme l’explique Bergman, « dès la mi-septembre 1981, des voitures piégées explosaient régulièrement dans les quartiers palestiniens de Beyrouth et d’autres villes du Liban ». L’auteur mentionne ensuite précisément des attentats à Beyrouth et à Sidon début octobre. Il note que « rien qu’en décembre 1981, dix-huit bombes dans des voitures ou sur des motos, des bicyclettes et des ânes explosèrent près des bureaux de l’OLP ou dans des lieux à forte concentration palestinienne, provoquant un grand nombre de morts ». Il ajoute qu’« une organisation inconnue s’appelant le Front pour la libération du Liban des étrangers (FLLE) revendiqua la responsabilité de tous ces incidents ».</p><p>[Sharon] espérait que ces opérations pousseraient Yasser Arafat à attaquer Israël, qui pourrait alors répondre en envahissant le Liban, ou au moins inciteraient l’OLP à des représailles contre la Phalange, ce qui permettrait à Israël de se précipiter en grande force à la défense des chrétiens. </p><p>Ainsi, le 1er octobre, une voiture « piégée avec 220 livres [100 kg] de TNT et 20 gallons [75 litres] de carburant » explosa près des bureaux de l’OLP, dans ce qu’un journaliste de United Press International décrivit comme « une rue très fréquentée du Beyrouth-Ouest musulman avec des vendeurs de fruits et de légumes et des ménagères faisant leur marché du matin ». La bombe « arracha la façade des bâtiments, détruisit 50 voitures et laissa la rue jonchée de débris et de corps démembrés ». Immédiatement après l’explosion, une deuxième bombe, pesant 330 livres (150 kg) et qui avait été placée dans une autre voiture garée dans la même rue fut trouvée et démantelée par les experts du déminage. Plus tard dans la même journée, écrivit l’agence de presse internationale,</p><p>six autres voitures chargées de centaines de kilos d’explosifs furent trouvées et désamorcées dans Beyrouth et Sidon dans ce qui avait été planifié comme un blitz dévastateur contre les Palestiniens et les miliciens libanais de gauche par des terroristes de droite.</p><p>Comme Barbara Slavin et Milt Freudenheim l’ont rapporté dans le New York Times, un appel anonyme du FLLE avait déclaré aux médias étrangers que « les attaques étaient dirigées contre des cibles palestiniennes et syriennes au Liban et continueraient jusqu’à ce qu’il ne reste aucun étranger ». Quant à Israël, notent-ils, elle « attribuait l’explosion aux guerres intestines de l’OLP »…</p>
<p>« Ils sont tous de l’OLP ! »</p>
<p>Cependant, Arafat vit clair dans la stratégie d’Israël et s’assura que les membres de l’OLP ne répliqueraient pas. Sharon perdait patience. Dès lors, écrit Bergman, « face à la retenue palestinienne, les dirigeants du Front décidèrent de monter d’un cran. » En 1974, le Mossad avait décidé de retirer Arafat de sa liste des personnes recherchées, ayant conclu qu’il devait être considéré comme une figure politique et donc ne pas être assassiné. Une fois ministre de la défense, Sharon replaça le chef de l’OLP sur la liste et, avec Ben-Gal et Eitan, commença à planifier l’opération Olympia qui, espéraient-ils, « changerait le cours de l’histoire du Moyen-Orient ».</p><p>Selon leur plan, plusieurs camions chargés de deux tonnes d’explosifs devaient être stationnés près d’un théâtre de Beyrouth où la direction de l’OLP projetait de dîner en décembre. « Une explosion massive éliminerait la totalité de la direction de l’OLP », écrit Bergman. Mais l’idée fut abandonnée (l’auteur n’en donne aucune explication) et immédiatement remplacée par un projet encore plus ambitieux. Sous le nom de code « Olympia 2 », il devait avoir lieu le 1er janvier 1982. La cible : un stade de Beyrouth où l’OLP projetait de célébrer l’anniversaire de sa fondation. Dix jours avant l’attaque, des agents recrutés par Dagan placèrent de larges quantités d’explosifs sous l’estrade où les dirigeants palestiniens devaient être assis. « Leur détonation était contrôlée à distance ». De plus, « sur l’une des bases de l’unité (israélienne), à 5 km de la frontière, trois véhicules — un camion chargé d’une tonne et demie d’explosifs et deux berlines Mercedes avec 250 kg chacune — avaient été préparés ». Le jour de la célébration, « trois membres chiites du Front pour la libération du Liban des étrangers » conduiraient ces véhicules et les gareraient à l’extérieur du stade. « Ils seraient activés par télécommande une minute après les explosifs placés sous l’estrade quand la panique serait à son pic et que les personnes qui avaient survécu essaieraient de s’enfuir », écrit l’auteur. Et d’ajouter :</p><p>La mort et la destruction devaient être de proportion sans précédent, même au niveau du Liban, selon les mots d’un très haut responsable du commandement du nord .</p><p>Sharon, Dagan et Eitan furent incapables de garder leur opération complètement secrète. Des rumeurs parvinrent à Tzippori, et le vice-ministre porta l’affaire devant Begin, qui convoqua une réunion d’urgence le 31 décembre, veille de la mise en œuvre prévue d’Olympia 2. Eitan et Dagan présentèrent leur plan, et Tzippori ses objections. Begin était surtout troublé par la possibilité que l’ambassadeur soviétique assiste à l’événement. Dagan l’assura que « la probabilité que lui ou n’importe quel autre diplomate étranger soit présent » était très faible. Mais Ouri Saguy (alors chef des opérations de l’armée) insistait sur le fait que la probabilité était élevée et que « si quelque chose lui arrivait, nous serions responsables d’une très grave crise avec l’URSS ». Sharon, Dagan et Eitan essayèrent de convaincre Begin qu’une telle opportunité de détruire la direction de l’OLP ne se représenterait peut-être jamais plus, mais, écrit Bergman,</p><p>le premier ministre prit au sérieux le danger d’une menace soviétique et leur ordonna d’abandonner.</p><p>Le 3 juin 1982, Shlomo Argov, ambassadeur d’Israël en Angleterre, fut abattu dans une rue de Londres. Il devait survivre à ses blessures, mais Sharon et Begin tenaient enfin leur prétexte pour envahir le Liban. Pour les services de renseignement israéliens, il fut rapidement évident que l’attentat avait été ordonné par Abou Nidal, un ennemi juré d’Arafat dont les propres objectifs, la destruction de l’OLP, se trouvaient coïncider avec ceux d’Israël. Le cabinet israélien se réunit le matin suivant et, comme plusieurs historiens israéliens l’ont documenté, ni Begin ni Eitan ne manifestèrent beaucoup d’intérêt dans le fait que l’OLP n’était pas responsable de la tentative d’assassinat. Quand Gideon Mahanaïmi, conseiller de Begin sur le terrorisme, commença à détailler la nature de l’organisation d’Abou Nidal, son chef le coupa simplement d’un : « Ils sont tous de l’OLP ! » Quelques minutes plus tôt, Eitan avait réagi d’une façon très similaire quand un responsable des renseignements l’avait assuré que les hommes d’Abou Nidal étaient clairement derrière l’attaque : « Abou Nidal, Abou Shmidal, répliqua le chef d’état-major, « nous devons frapper l’OLP ! ».</p><p>Le cabinet ordonna un bombardement aérien massif des positions de l’OLP dans Beyrouth et aux alentours, qui tua 45 personnes. Cette fois, Arafat réagit, et les villages israéliens le long de la frontière nord se trouvèrent bientôt sous un feu nourri d’artillerie. Le 5 juin, Sharon présenta son plan au cabinet, l’opération « Paix en Galilée ». Le nom avait été conçu, écrit Bergman, « pour donner l’impression que c’était une mission d’autoprotection faite presque à contrecœur ». La première « guerre du Liban » israélienne était lancée.</p>
<p>Le FLLE, organisation criminelle</p>
<p>Des enquêtes contemporaines sur les attentats revendiqués par le FLLE entre 1980 et 1983, qui aboutirent à l’objectif qui les motivait — permettre in fine à Israël d’intervenir militairement contre l’OLP au Liban — suggèrent que ces attaques correspondent aux définitions les plus communément acceptées du « terrorisme », dont celle adoptée à la conférence de Jérusalem de 1979 : « Le terrorisme est le meurtre délibéré et systématique de civils pour inspirer de la peur ». Une conclusion similaire peut être tirée de l’affirmation de Bergman selon laquelle d’innombrables bombes israéliennes explosèrent dans « des camps de réfugiés », « des quartiers palestiniens » ou des « zones à forte concentration de Palestiniens », suggérant que des cibles purement civiles étaient visées. Dans Rise and Kill First, Bergman n’utilise pas le terme « terrorisme » quand il se réfère à cette opération secrète. Cependant, dans une note de son prologue, il décrit le FLLE comme « une organisation terroriste qu’Israël organisa au Liban dans les années 1980-1983, et qui attaqua de nombreux membres de l’OLP et des civils palestiniens. »</p><p>Des déclarations faites anonymement à Bergman par des responsables du Mossad confirment aussi que beaucoup d’attentats du FLLE relevaient tout à fait clairement du « terrorisme ». Ainsi l’un d’eux expliqua à Bergman comment il « voyait à distance une des voitures exploser et démolir une rue entière », ajoutant :</p><p>Nous enseignions aux Libanais à quel point une voiture piégée pouvait être efficace. Tout ce que nous avons vu plus tard avec le Hezbollah est né de ce qu’ils ont vu arriver après ces opérations. </p><p>De façon encore plus évidente, il est difficile d’imaginer des responsables israéliens ou des élus américains, des commentateurs politiques ou des « experts en terrorisme » ne qualifiant pas ces attaques de « terrorisme » si elles avaient eu lieu en Israël ou aux États-Unis et si elles avaient été perpétrées par des Palestiniens ou d’autres acteurs de la région. Après tout, à l’époque, des attaques à la voiture piégée contre les forces militaires israéliennes stationnées à Tyr et contre les marines américains à Beyrouth ont été très clairement condamnées comme des actes scandaleux de terrorisme par ces gouvernements. Enfin, onze et quinze attaques, respectivement, revendiquées entre 1980 et 1983 par le FLLE figurent dans Rand Corporation et Start, deux des bases de données parmi les plus prestigieuses et fiables sur le « terrorisme ».</p><p>De fait, le FLLE était mentionné longuement dans une note d’avril 1983 sur « les tendances récentes du terrorisme international » produite par la Rand et qui se focalisait sur les attaques des années 1980 et 1981. Dans leurs commentaires introductifs, ses auteurs, Brian Michael Jenkins et Gail Bass, notaient qu’il y avait eu 24 incidents avec de multiples morts chacun en 1980 et 25 en 1981, que le nombre de morts avait fortement augmenté, de 159 en 1980 à 295 en 1981. Dans une section ultérieure intitulée « Les terroristes », les deux chercheurs consacraient deux pages aux « terroristes palestiniens », remarquant qu’ils avaient « continué leurs attaques contre Israël et contre les cibles israéliennes à l’étranger » et qu’entre 1980 et 1981, « 16 personnes étaient mortes et 136 blessées lors de 19 attentats, attaques à la grenade et embuscades ». Ils consacraient ensuite une page au FLLE, un « nouveau groupe mystérieux apparu en 1980 au Liban ». Ils décrivaient en détail les attentats qu’il avait perpétrés entre le 17 septembre et le 1er octobre 1981, et qui avaient provoqué 122 morts et des centaines de blessés. Les attaques du FLLE au cours de ces deux semaines représentaient donc plus de 40 % de toutes les morts dues au « terrorisme » dans le monde entier pour l’année entière, et 8 fois plus de morts que toutes les attaques par des « terroristes palestiniens » pour les deux années précédentes.</p>
<p>Un silence qui en dit long</p>
<p>Après la publication de Rise and Kill First, Ronen Bergman a fait l’objet d’importantes invitations publiques, en particulier au Center on National Security de l’université Fordham. Il a été interviewé aux États-Unis sur la radio et la chaîne de télévision publique ainsi que sur CBSN, MSNBC, CNN, dans le GQ Magazine et sur le podcast de Stratfor. Bergman a écrit un article dans le National Review, un récit à la une de Newsweek. Le magazine Foreign Policy a publié un long article adapté de son livre et l’a interviewé. Enfin, des recensions du livre sont parues dans la plupart des grands journaux américains, du New York Times (deux fois, la seconde recension étant accompagnée d’un interview) au Washington Post, à Newsweek, dans le Bloomberg News et au New Yorker, ainsi que sur Lawfare, un blog très connu sur le droit et la sécurité internationale. Il a aussi fait l’objet de recensions au Royaume-Uni dans le Guardian, le London Times, l’Independent et à la BBC.</p><p>Le débat public autour de Rise and Kill First s’est focalisé sur l’histoire, l’efficacité, la légalité et la moralité du programme israélien d’assassinats ciblés. Ce programme, et toutes les utilisations israéliennes de la force ont été discutés seulement dans le contexte du combat de ce pays contre le « terrorisme ». Il est remarquable et révélateur que cette discussion ait eu lieu, intégralement et sans une seule exception, comme si la campagne d’attentats du FLLE n’avait jamais existé, comme si les Palestiniens n’avaient jamais été eux aussi victimes d’une vaste campagne de « terrorisme », comme si cette campagne n’avait jamais été encadrée par certains des plus hauts dirigeants israéliens, autrement dit comme si les révélations contenues dans Rise and Kill First n’avaient jamais été publiées.</p><p>Dans toutes ces recensions, ces interviews et ces interventions publiques, l’opération secrète montée par Eitan, Ben-Gal, Dagan et Sharon n’est pas mentionnée une seule fois. L’idée que des responsables israéliens pourraient avoir été engagés dans du « terrorisme » au début des années 1980 a été traitée comme simplement extravagante, ou pour reprendre la terminologie du spécialiste des médias Daniel Hallin, comme une idée « déviante » qui « n’appartient simplement pas » au discours public et doit en être exclue. Notons enfin que de nombreux et éminents « experts du terrorisme » ont loué Rise and Kill First tout en restant totalement silencieux sur les révélations sur la campagne d’attentats à la voiture piégée du FLLE. Thomas Friedman, qui à l’époque avait couvert plusieurs attentats du FLLE à la une du New York Times, n’a pas encore écrit un seul mot sur les révélations de Bergman.</p><p>Richard Jackson explique dans Writing the War on Terrorism qu’analyser le discours sur le « terrorisme » implique d’« apprécier les règles guidant ce qui peut ou ne peut pas être dit et de savoir ce qui a été exclu autant que ce qui a été inclus ». « Les silences d’un texte », ajoute-t-il, « sont souvent aussi importants que ses contenus explicites ». L’opération secrète des attentats à la voiture piégée menée par les responsables israéliens au Liban au début des années 1980 représente un remarquable exemple historique de tels « silences » et des « règles » qui sous-tendent le discours sur le « terrorisme » et garantissent que certaines choses ne « peuvent tout bonnement pas être dites », que certains faits ne sont tout bonnement jamais mentionnés.</p><p>Notre opposition absolue au « terrorisme » est fondée sur des principes. « Nous », par définition, n’avons pas recours au « terrorisme ». Dans le cas où la preuve du contraire est présentée, la réaction est : le silence.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Wed, 19 May 2021 21:18:43 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Institutions de la petite enfance – À Lancy, la fonction publique va doubler de volume]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Le principe de la municipalisation des crèches et garderies a été accepté par le Conseil municipal, intégrant le personnel dans l’administration.</p>
<p><img class="author-image ContentMetaInfo_authorimage__3TgXA -content-head" width="70" height="70" src="https://cdn.unitycms.io/image/ocroped/400,400,1000,665,128,0/4IAq5kLA2Co/CihOkJCpKoCByFiTM2CDa4.jpg" alt="Eric Budry"></p>
<p>Eric Budry</p>
<p>Publié: 18.05.2021, 21h00</p>

<p><img alt="Malgré les 540 places de garde offertes par Lancy pour les enfants en âge préscolaire, 600 demandes n’ont pu être satisfaites." class="ResponsiveImage_root__3glVb responsive-image" src="https://cdn.unitycms.io/image/ocroped/1200,1200,1000,1000,0,0/b53pzCZZsh8/FbmDrYfKaFvBYh0XRP6I51.jpg" srcset="https://cdn.unitycms.io/image/ocroped/400,400,1000,1000,0,0/htL9-9OBhaU/FbmDrYfKaFvBYh0XRP6I51.jpg 400w, https://cdn.unitycms.io/image/ocroped/800,800,1000,1000,0,0/2kYE8MikRAA/FbmDrYfKaFvBYh0XRP6I51.jpg 800w, https://cdn.unitycms.io/image/ocroped/1200,1200,1000,1000,0,0/b53pzCZZsh8/FbmDrYfKaFvBYh0XRP6I51.jpg 1200w, https://cdn.unitycms.io/image/ocroped/1600,1600,1000,1000,0,0/kzwAE6Grnow/FbmDrYfKaFvBYh0XRP6I51.jpg 1600w, https://cdn.unitycms.io/image/ocroped/2001,2000,1000,1000,0,0/Brz_g30Gisk/FbmDrYfKaFvBYh0XRP6I51.jpg 2001w" sizes="100vw" height="798" width="1200" draggable="false"></p>
<p>Malgré les 540 places de garde offertes par Lancy pour les enfants en âge préscolaire, 600 demandes n’ont pu être satisfaites.</p><p>PIERRE ABENSUR</p><p class="ArticleParagraph_root__3J10I ArticleContainer_content-width__pYdH3 link_focus__2-gJz link_externalicon-big__3ypDf link_externalicon__2CDAi">En acceptant le 25 mars le principe de la municipalisation des institutions lancéennes de la petite enfance, le Conseil municipal de la commune a de facto accepté l’entrée de leur personnel dans l’administration. Cela représentera à terme 274 personnes supplémentaires, contre 259 actuellement.</p><p class="ArticleParagraph_root__3J10I ArticleContainer_content-width__pYdH3 link_focus__2-gJz link_externalicon-big__3ypDf link_externalicon__2CDAi">Portée par la conseillère administrative socialiste Salima Moyard, la réforme de la petite enfance a pour objectif général de renforcer le dispositif communal et de proposer davantage des places de garde aux familles. Elle sera concrétisée en plusieurs étapes, indique la commune dans un communiqué.</p>
<p>Un coût de 1,3 million</p>
<p class="ArticleParagraph_root__3J10I ArticleContainer_content-width__pYdH3 link_focus__2-gJz link_externalicon-big__3ypDf link_externalicon__2CDAi">Actuellement, Lancy offre 540 places de garde. Malgré cela, 600 demandes n’ont pu être satisfaites. Pour y remédier, deux nouvelles crèches verront le jour d’ici à 2023, ainsi qu’une garderie. Un autre axe d’amélioration identifié par le Conseil administratif – qui s’est appuyé sur le rapport d’un consultant externe – est de changer le modèle de gouvernance de ces institutions. Et par conséquent de les municipaliser.</p><p class="ArticleParagraph_root__3J10I ArticleContainer_content-width__pYdH3 link_focus__2-gJz link_externalicon-big__3ypDf link_externalicon__2CDAi">Mais le passage du personnel sous le régime salarial et statutaire de l’administration communale aura un coût. À l’automne, le Conseil municipal devra donc se prononcer sur le financement nécessaire, soit environ 1,3 million de francs. Aujourd’hui déjà, la Ville de Lancy consacre annuellement près de 18 millions de francs pour la petite enfance, ce qui représente 15% de son budget.</p>
<p>Publié: 18.05.2021, 21h00</p>
<p class="Feedback_root__nzXeS ArticleContainer_content-width__pYdH3">Vous avez trouvé une erreur?<a href="mailto:tes_correction@tamedia.ch?subject=Avis%20d'erreur%20%7C%20Eric%20Budry%20%7C%20%C3%80%20Lancy%2C%20la%20fonction%20publique%20va%20doubler%20de%20volume&amp;body=J'ai%20trouv%C3%A9%20une%20erreur%20dans%20cet%20article%3A%20https%3A%2F%2Fwww.tdg.ch%2Fa-lancy-la-fonction-publique-va-doubler-de-volume-774343378936" class="Feedback_feedbacklink__2ys-x">Rapporter maintenant.</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Wed, 19 May 2021 21:07:25 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Renouveau médiéval - L’effondrement de l’empire byzantin (1109–1204)]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Au début du XIIe siècle, la Première Croisade couplée à la fragmentation du sultanat seldjoukide permet à l’empire byzantin de souffler un peu. L’empereur Jean Comnène tente de taxer les marchands de Venise, ancienne possession byzantine, mais ça va s’avérer dramatique : les Vénitiens répliquent en pillant toutes les îles. En plus, les Petchenègues en profitent pour reprendre leurs raids en Thrace.</p><p>Finalement, le fossé s’élargit entre les Latins catholiques et les Grecs orthodoxes. Lorsque l’empire byzantin connaît de nouveaux revers en Anatolie face au sultanat de Roum, les Grecs attribuent ces défaites aux marchands latins accusés de piller les ressources de l’empire. En 1182, le massacre des Latins à Constantinople amplifie encore l’inimité entre les 2 camps. Au passage, la Serbie et la Bulgarie en profitent pour reprendre leur indépendance.</p><p>Au cours de la Troisième Croisade, Richard Cœur de Lion n’hésite pas à fonder un nouvel état latin à Chypre aux dépens des Byzantins. Mais c’est surtout la Quatrième Croisade qui voit le paroxysme de cette rivalité : menés par les Vénitiens, les croisés obliquent vers Constantinople au lieu de se diriger vers Jérusalem, et ils s’emparent de la ville le 12 avril 1204. Une première depuis sa fondation en l’an 350 ! A compter de cette date, l’empire byzantin n’existera plus qu’à l’état d’épave.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/OEqhb9K8SdA" title="YouTube video player" width="100%">&amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;nbsp;</iframe></p>
<p><a href="https://www.herodote.net/L_irruption_des_Turcs_1055_1092_-synthese-2943-556.php">Épisode suivant</a></p><p>Vincent Boqueho</p><p>Publié ou mis à jour le : 2021-05-17 18:05:44</p><p>Seulement<br />20€/an!</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Wed, 19 May 2021 15:40:28 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Renouveau médiéval - L’effondrement de l’empire byzantin (1109–1204)]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Au début du XIIe siècle, la Première Croisade couplée à la fragmentation du sultanat seldjoukide permet à l’empire byzantin de souffler un peu. L’empereur Jean Comnène tente de taxer les marchands de Venise, ancienne possession byzantine, mais ça va s’avérer dramatique : les Vénitiens répliquent en pillant toutes les îles. En plus, les Petchenègues en profitent pour reprendre leurs raids en Thrace.</p><p>Finalement, le fossé s’élargit entre les Latins catholiques et les Grecs orthodoxes. Lorsque l’empire byzantin connaît de nouveaux revers en Anatolie face au sultanat de Roum, les Grecs attribuent ces défaites aux marchands latins accusés de piller les ressources de l’empire. En 1182, le massacre des Latins à Constantinople amplifie encore l’inimité entre les 2 camps. Au passage, la Serbie et la Bulgarie en profitent pour reprendre leur indépendance.</p><p>Au cours de la Troisième Croisade, Richard Cœur de Lion n’hésite pas à fonder un nouvel état latin à Chypre aux dépens des Byzantins. Mais c’est surtout la Quatrième Croisade qui voit le paroxysme de cette rivalité : menés par les Vénitiens, les croisés obliquent vers Constantinople au lieu de se diriger vers Jérusalem, et ils s’emparent de la ville le 12 avril 1204. Une première depuis sa fondation en l’an 350 ! A compter de cette date, l’empire byzantin n’existera plus qu’à l’état d’épave.</p>
<p>&amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;nbsp;</p>
<p><a href="https://www.herodote.net/L_irruption_des_Turcs_1055_1092_-synthese-2943-556.php">Épisode suivant</a></p><p>Vincent Boqueho</p><p>Publié ou mis à jour le : 2021-05-17 18:05:44</p><p>Seulement<br />20€/an!</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Tue, 18 May 2021 21:04:29 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Elon Musk fait fluctuer les cours du bitcoin]]></title>
	<description><![CDATA[<p>La régulation des cryptodevises n'est plus qu'une question de temps, croit savoir Die Presse :</p><p>«La mode du bitcoin, y compris ses manipulations du marché, est principalement favorisée par le fait qu'elle n'est pratiquement pas régulée. Un Far West dans lequel prospèrent les spéculateurs comme les criminels. ... Pas étonnant que l'on s'attèle de toutes parts à élaborer des régulations. La Chine a déjà interdit les transactions avec les cryptomonnaies non étatiques, tandis que l'UE travaille à une régulation stricte et que les Etats-Unis devraient eux aussi redoubler d'efforts dans le domaine. ... Les cryptodevises ne disparaîtront en aucun cas ; elles continueront à exister, mais vraisemblablement sous la forme de devises étatiques, ou du moins fortement régulées.»</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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