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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Juillet 2021]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Sun, 11 Jul 2021 08:23:55 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[L&#039;affaire Haouach: 60.000 wallons pour oublier un fiasco politique - Belgique]]></title>
	<description><![CDATA[<p itemprop="description">Le débat sur la neutralité de l'État et la problématique du port des signes convictionnels par des fonctionnaires publics devient une ligne de fracture qui divise profondément la société. Elle se manifeste entre partis politiques, au sein de certains d'entre eux et se reproduit dans toutes les strates de la société. Elle divise les générations, et parfois même les familles.</p><p>C'est dans ce contexte que s'inscrit l'affaire Haouach, qui s'est terminée piteusement par la <a href="https://www.levif.be/actualite/belgique/ihsane-haouach-demissionne-en-tant-que-commissaire-aupres-de-l-institut-pour-l-egalite-entre-les-femmes-et-les-hommes/article-normal-1446485.html" target="_blank">démission de l'intéressée</a>, soupçonnée d'accointances avec les Frères musulmans, le lendemain du jour où la secrétaire d'Etat, Sarah Schlitz, qui se glorifiait d'être seule responsable de sa désignation, était parvenue à sauver sa tête à la suite d'un débat devant la Chambre des représentants. L'arbre de cette démission ne doit pas cacher la forêt des manquements démocratiques qui ont caractérisé cette triste affaire. Nonobstant les propos forts du Premier ministre devant la Chambre, le 8 juillet dernier, qui a rappelé avec force quelques valeurs fondamentales, le gouvernement a multiplié les erreurs, les dérapages, les fautes.</p><p>Le premier manquement grave a été la désignation de Ishane Haouach en qualité de commissaire du gouvernement auprès de l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes (IEFH). Ecolo - cela s'était déjà manifesté clairement lors de la campagne électorale bruxelloise avant les élections du 27 mai 2019 - milite activement pour un modèle de société dans lequel la neutralité est inclusive et où, exception faite des agents qui ont un pouvoir de coercition, chacun peut exhiber en tout temps et en tout lieu son appartenance religieuse.</p><p>L'affaire Haouach: 60.000 wallons pour oublier un fiasco politique</p><p>Force, cependant, est de constater que cette position n'a pas été reprise dans le pacte de gouvernement, et que lorsqu'un membre de celui-ci exerce ses fonctions, il se doit de se conformer à l'accord passé entre les partenaires de la majorité, et est tenu, pour le surplus, à poursuivre l'intérêt général. Il ne peut se laisser guider par sa propre militance. En trois clics sur Internet, la secrétaire d'État pouvait savoir qu'Ishane Haouach est une croisée musulmane de la neutralité inclusive. Elle s'exprimait notamment ainsi "Le point négatif est que malheureusement notre communauté est à la traîne, nous sommes une réelle force politique mais nous ne sommes pas unis, il n'existe pas de véritable lobby. Il n'y a qu'à regarder les dernières élections politiques et le nombre de musulmans qui ont élu des représentants de partis politiques qui ont voté des lois qui ne sont pas en faveur des musulmans (abattage rituel, voile, cours de religion...) Nous ne sommes pas du tout organisés pour faire pression.".</p><p>En faisant que la voix de l'Etat au sein de cette institution soit celle d'une activiste religieuse, la secrétaire d'État a commis une lourde faute, couverte malheureusement trop longtemps par l'ensemble du gouvernement</p><p>De même, diabolisant ses contradicteurs, elle n'hésite jamais à évoquer des "intégristes laïques", des "fondamentalistes laïques", à suggérer que certains d'entre eux sont liés à l'extrême droite, à confondre le combat pour une neutralité d'apparence des fonctionnaires publics à de l'islamophobie et à du sexisme. Bref, Ishane Haouach, qu'elle soit ou non liée aux Frères musulmans, est une activiste. Par essence, l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes est un lieu qui a pour vocation de protéger toutes les femmes, quelles que soient leurs convictions, leur origine, leur situation sociale. Il s'agit autant de protéger les femmes issues de la diversité qui entendent porter le voile contre les discriminations dont elles sont victimes notamment au travail que les femmes issues de la diversité qui sont victimes de pressions archaïques et patriarcales. En faisant que la voix de l'Etat au sein de cette institution soit celle d'une activiste religieuse, la secrétaire d'État a commis une lourde faute, couverte malheureusement trop longtemps par l'ensemble du gouvernement. La faute aurait été identique si elle avait désigné une activiste intransigeante, issue des milieux laïques.</p><p>Toutes les femmes comme l'IEFH méritent que la voix de l'Etat au sein de cet Institut soit celle d'une personnalité dans laquelle chacune et chacun puisse se reconnaître, qui soit consensuelle sur les questions qui divisent et qui fasse naturellement preuve de tolérance. Il est grand temps de tirer les enseignements de ce triste épisode qui n'est que la pointe émergée d'un iceberg. Il arrive malheureusement que des commissaires de gouvernement soient désignés sur un coin de table, en catimini, afin de gratifier des affidés sans grande aptitude. Le principe d'égal accès des Belges aux emplois publics exige que la législation soit modifiée, à tous les niveaux de pouvoir, pour que les représentants de l'État dans des organismes publics soient désignés après un appel public aux candidats et une comparaison objective de leurs titres et mérites. Il est singulier, en effet, que dans l'affaire Haouach, c'est le parti qui a fait de la moralisation de la vie publique l'un de ses principes fondateurs qui est tombé dans les dérives qu'il a dénoncées, souvent à juste titre, chez les autres, pendant tant d'années.</p><p>Le deuxième manquement grave de la secrétaire d'Etat et du gouvernement est de ne pas avoir sur le champ réagi à <a href="https://www.levif.be/actualite/belgique/de-croo-apres-les-declarations-d-ihsane-haouach-pas-de-marge-pour-le-moindre-incident-supplementaire/article-normal-1445945.html" target="_blank">l'interview indigne pour un représentant de l'État, donnée dans la presse le 3 juillet 2021 par Ishane Haouach</a>. Risible est le pare-feu, avancé tant par l'intéressée que par la Secrétaire d'État, selon lequel elle se serait exprimée à titre personnel. Lorsqu'une représentante de l'Etat réagit à sa mise en cause, pour la manière dont elle exerce ses fonctions, elle ne s'exprime pas à titre personnel. Elle engage l'État et le gouvernement responsable de sa désignation. A ce titre, il est lourdement fautif dans son chef de plaider pour une conception de la neutralité qui n'est pas celle du gouvernement. Il est lourdement fautif de taxer de sexiste et de raciste celui qui exige qu'elle conserve une neutralité d'apparence. Il est lourdement fautif, par référence à la démographie, d'induire l'idée que la protection des libertés individuelles doit se fonder sur une logique arithmétique et de remettre ainsi en cause la séparation des Églises et de l'État. Il est lourdement fautif de remettre en cause implicitement la jurisprudence de la Cour constitutionnelle qui estime que dans l'enseignement officiel doivent coexister des établissements qui acceptent le port des signes convictionnels par les élèves et d'autres qui les interdisent. Il est lourdement fautif, a fortiori dans le chef de quelqu'un qui, à tort ou à raison, est soupçonné d'accointances avec les Frères musulmans, de qualifier ceux et celles qui ne partagent pas ses vues de "fondamentalistes laïques".</p><p>Ces propos devaient s'analyser comme une faute grave qui devait déboucher sur une sanction immédiate. Il est déplorable que cette décision n'ait pas été prise immédiatement, que la secrétaire d'Etat et le gouvernement aient pu se satisfaire de la comédie consistant pour l'intéressée à nuancer ses propos sur un réseau social, tout en continuant - c'est une constante - à jouer la victimisation. Il est préoccupant que dans pareil contexte, car telle est la réalité, elle ait pu conserver la confiance du gouvernement.</p><p>Le troisième manquement grave est, pour le gouvernement, d'avoir refusé l'audition d'Ishane Haouach par le Parlement sollicitée par l'opposition parlementaire. La qualité du modèle démocratique s'apprécie au degré de respect de l'opposition. Refuser cette audition a été une manière vaine d'instituer le "Circulez, il n'y a rien à voir", et plus grave encore de se solidariser avec l'intéressée, en la déresponsabilisant pour les propos qu'elle avait tenus.</p><p>Le flou entoure les raisons réelles de la démission d'Ishane Haouach</p><p>Le quatrième manquement grave est un dysfonctionnement structurel de l'État qui engage le gouvernement dans son ensemble. Le flou entoure les raisons réelles de la démission d'Ishane Haouach. A-t-elle démissionné parce que le Premier ministre, à juste titre cette fois, lui a rappelé les exigences de sa fonction ? A-t-elle démissionné, comme elle l'affirme, parce qu'elle n'a pas supporté des attaques personnelles dont elle aurait fait l'objet sur les réseaux sociaux, ces égouts de la démocratie, y subissant comme tant d'autres des attaques abjectes dirigées contre tout qui exprime des opinons tranchées. Ou a-t-elle démissionné parce que, dans l'ombre du non-dit public, le choix ne lui en a pas été laissé, les services de renseignement ayant mis en évidence les liens qui l'uniraient aux Frères musulmans ?</p><p>Le simple fait qu'un tel rapport des services de renseignement existe est plus que préoccupant. Après la faillite du SGRS dans l'affaire Conings, voici les services de renseignement qui se comportent à nouveau comme les carabiniers d'Offenbach. Ils laissent le gouvernement se solidariser publiquement avec une personnalité dont ils estiment qu'elle est de nature à présenter un danger pour les valeurs qui fondent l'état de droit. En tout état de cause, ceci pose à nouveau la question de la responsabilité personnelle de la secrétaire d'Etat. Il lui appartenait, en effet, avant de procéder à la désignation de Ishane Haouach, compte tenu d'éléments qu'elle ne pouvait ignorer, de vérifier et faire vérifier par les services compétents que rien ne pouvait lui être reproché et qu'elle n'avait pas de liens avec des mouvances douteuses.</p><p>Le cinquième manquement serait de ne pas faire, au Parlement, dans la transparence démocratique, la clarté sur la nature exacte des liens qui existeraient entre Ishane Haouach et les Frères musulmans. Dans son interview au Soir, elle déclarait : "J'invite qui que ce soit à prouver quoi que ce soit, je n'ai rien à cacher. Je ne connais pas cette mouvance, ni de près ni de loin. Là aussi, je réfléchis à l'opportunité d'une action en justice". Affirmer qu'elle ne connaît pas cette mouvance, ni de près, ni de loin n'est guère crédible.</p><p>Rien ne serait pire que de laisser la rumeur en suspens.</p><p>Agir en justice pour laver son honneur est un droit inconditionnel qui se justifierait avec plus d'évidence encore que cette suspicion semble émaner désormais de l'appareil d'État. Mais, au-delà de cette éventuelle initiative personnelle, l'intéressée, tout comme l'ensemble des citoyens, ont le droit de savoir à partir de quels éléments factuels ce soupçon a été émis. Rien ne serait pire que de laisser la rumeur en suspens. Si elle est inexacte, l'intéressée a droit à un démenti officiel. Si elles se fondent sur des éléments objectivés, les citoyens ont le droit de savoir avec quelle légèreté ce dossier a été traité par leur gouvernement en général, par la secrétaire d'État en particulier.</p><p>Que déduire de ce fiasco démocratique ?</p><p>Il était un temps où les membres du gouvernement n'assumaient pas leur responsabilité politique. Accrochés à leur mandat comme des crabes sur un rocher, il se refusaient à démissionner quand bien même des manquements graves avaient été commis sous leur égide. Tel fut par exemple le cas de Charles-Ferdinand Nothomb après le drame du Heysel. Puis vint l'affaire Dutroux et le retour de la dignité en politique. Louis Tobback après la mort de Samira Adamou, Johan Vande Lanotte et Stefaan De Clerck après l'évasion de Marc Dutroux ont, avec honneur, assumé la responsabilité d'actes accomplis sous leur égide et dont ils n'étaient pas personnellement responsables. Nous voilà revenus au temps passé.</p><p>Ici, la secrétaire d'Etat est personnellement responsable de ses choix. Elle est responsable de son manque de minutie au moment de désigner Ishane Haouach. Elle est responsable de s'être satisfaite de l'excuse absurde selon laquelle la commissaire se serait exprimée à titre personnel et n'engageait ainsi qu'elle-même par ses propos et elle est responsable d'avoir manifesté à son égard une indulgence et une mansuétude extrêmes en passant l'éponge après la tenue de ceux-ci. En ne tirant pas immédiatement les conséquences de cette situation, Sarah Schlitz démontre qu'est revenu le temps de Charles-Ferdinand Nothomb.</p><p>Le deuxième enseignement, non moins préoccupant, est que le gouvernement dans son ensemble, malgré la réticence de certains partenaires de la majorité, a admis qu'un représentant de l'État doté, d'une fonction d'autorité et d'un pouvoir de coercition, peut, dans son apparence, manifester son appartenance à une confession religieuse. Un commissaire de gouvernement, en effet, a le pouvoir de suspendre les décisions de l'organisme qu'il contrôle. Devant la Chambre, le Premier ministre s'est référé au code de déontologie des mandataires publics qui prévoit que "Les mandataires publics sont au service de tous les citoyens, sans discrimination d'aucune sorte. Dans leur attitude ou comportement, ils s'abstiennent de manifester des préjugés ou des stéréotypes". En admettant qu'Ishane Haouach siège voilée au conseil d'administration de l'IEFH, le gouvernement, dans son ensemble, a admis, implicitement mais certainement, qu'elle ne méconnaissait pas cette disposition. Autrement dit, malgré ce qui ressemble à une bérézina pour ceux qui ont défendu la désignation d'Ishane Haouach, celle-ci constitue sans doute pour eux, une victoire en creux, un rendez-vous avec l'avenir et avec une société où il ne sera plus exigé des fonctionnaires publics d'être neutres et d'apparaître comme tels.</p><p>Le troisième enseignement est l'émergence progressive d'une pensée unique. L'universalisme est considéré comme un microbe viral. Défendre la neutralité de l'Etat et exiger une neutralité d'apparence de tout fonctionnaire public, homme ou femme, quelle que soit sa religion, quelle que soit son origine, quelle que soit ses convictions idéologiques, est trop souvent présenté comme une manifestation de racisme, de sexisme, voire de complaisance avec les idées de l'extrême droite. Plus pernicieuse encore est cette idée sous-jacente selon laquelle le combat nécessaire et indispensable contre les discriminations racistes et sexistes et notamment contre les biens réelles discriminations à l'embauche ou dans l'éducation, ne peut se concilier avec la volonté de maintenir une neutralité d'apparence dans le chef des fonctionnaires publics. Ainsi considère-t-on, en réalité, que le prescrit religieux domine la loi civile et que si une loi religieuse impose un traitement différencié entre femmes et hommes, l'Etat doit s'y conformer. Or il n'y a guère de raison de donner à la liberté de religion une primauté sur les autres droits et libertés. C'est à juste titre que le Premier ministre, devant la Chambre, a déclaré à ce propos : "Tous les droits fondamentaux ont la même importance. Il ne s'agit pas d'un catalogue 3 Suisses. La Constitution est notre contrat de cohabitation et contient l'ensemble des droits fondamentaux que nous devons protéger et renforcer tous ensemble".</p><p>Lorsque les responsables politiques, comme c'est le cas ici, s'avèrent incapables de résoudre un problème et, par leurs atermoiements, le laissent se gangréner, il faut faire preuve d'imagination pour sortir de la crise par le haut.</p><p>Le quatrième enseignement est la faillite du monde politique dans la manière d'aborder la problématique du port des signes convictionnels dans les administrations publiques. Certains ont des positions tranchées et les défendent de manière cohérente, mais antinomiques. D'autres, tétanisés à l'idée de déplaire à leur électorat, offrent des numéros de funambulisme, préférant n'affirmer leurs valeurs que dans le secret cadenassé de leurs consciences. Les événements récents ont démontré que pour les différents partis politiques, aussi essentielle soit la question de la neutralité, elle ne peut constituer une question de gouvernement. Ils s'arrêtent avant que la crise politique ne devienne inéluctable, avant que ne se pose la question de la démission du gouvernement alors même que, dans le modèle démocratique, c'est souvent de la crise assumée que nait la solution, fut-elle de compromis. Lorsque les responsables politiques, comme c'est le cas ici, s'avèrent incapables de résoudre un problème et, par leurs atermoiements, le laissent se gangréner, il faut faire preuve d'imagination pour sortir de la crise par le haut. Ne faut-il pas alors s'adresser au peuple lui-même ?</p><p class="last-paragraph">Le référendum est interdit en Belgique, mais la Constitution consacre la possibilité d'organiser des consultations populaires dans les régions. Tant à Bruxelles qu'en Flandre, le législateur s'est abstenu de rendre l'instrument effectif. En Région wallonne, cependant, 60.000 citoyens peuvent provoquer une consultation populaire. Le moment est sans doute venu qu'ils prennent la main, que soit soumise au vote de chacune et de chacun une question cohérente et équilibrée sur les exigences de neutralité dans les administrations publiques. Ainsi, dans une démocratie revivifiée, les citoyens suppléeraient les défaillances coupables de leurs responsables politiques. Qui sait alors, si ceux-ci, aux parlements flamand, de la Communauté germanophone et de la Région de Bruxelles-Capitale ainsi qu'à la Chambre des représentants, ne pourront, dans un effet d'entraînement, tirer, dans l'intérêt général, les conséquences de ce qui serait une magistrale leçon de démocratie vivante.</p><p>C'est dans ce contexte que s'inscrit l'affaire Haouach, qui s'est terminée piteusement par la démission de l'intéressée, soupçonnée d'accointances avec les Frères musulmans, le lendemain du jour où la secrétaire d'Etat, Sarah Schlitz, qui se glorifiait d'être seule responsable de sa désignation, était parvenue à sauver sa tête à la suite d'un débat devant la Chambre des représentants. L'arbre de cette démission ne doit pas cacher la forêt des manquements démocratiques qui ont caractérisé cette triste affaire. Nonobstant les propos forts du Premier ministre devant la Chambre, le 8 juillet dernier, qui a rappelé avec force quelques valeurs fondamentales, le gouvernement a multiplié les erreurs, les dérapages, les fautes. Le premier manquement grave a été la désignation de Ishane Haouach en qualité de commissaire du gouvernement auprès de l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes (IEFH). Ecolo - cela s'était déjà manifesté clairement lors de la campagne électorale bruxelloise avant les élections du 27 mai 2019 - milite activement pour un modèle de société dans lequel la neutralité est inclusive et où, exception faite des agents qui ont un pouvoir de coercition, chacun peut exhiber en tout temps et en tout lieu son appartenance religieuse. Force, cependant, est de constater que cette position n'a pas été reprise dans le pacte de gouvernement, et que lorsqu'un membre de celui-ci exerce ses fonctions, il se doit de se conformer à l'accord passé entre les partenaires de la majorité, et est tenu, pour le surplus, à poursuivre l'intérêt général. Il ne peut se laisser guider par sa propre militance. En trois clics sur Internet, la secrétaire d'État pouvait savoir qu'Ishane Haouach est une croisée musulmane de la neutralité inclusive. Elle s'exprimait notamment ainsi "Le point négatif est que malheureusement notre communauté est à la traîne, nous sommes une réelle force politique mais nous ne sommes pas unis, il n'existe pas de véritable lobby. Il n'y a qu'à regarder les dernières élections politiques et le nombre de musulmans qui ont élu des représentants de partis politiques qui ont voté des lois qui ne sont pas en faveur des musulmans (abattage rituel, voile, cours de religion...) Nous ne sommes pas du tout organisés pour faire pression.". De même, diabolisant ses contradicteurs, elle n'hésite jamais à évoquer des "intégristes laïques", des "fondamentalistes laïques", à suggérer que certains d'entre eux sont liés à l'extrême droite, à confondre le combat pour une neutralité d'apparence des fonctionnaires publics à de l'islamophobie et à du sexisme. Bref, Ishane Haouach, qu'elle soit ou non liée aux Frères musulmans, est une activiste. Par essence, l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes est un lieu qui a pour vocation de protéger toutes les femmes, quelles que soient leurs convictions, leur origine, leur situation sociale. Il s'agit autant de protéger les femmes issues de la diversité qui entendent porter le voile contre les discriminations dont elles sont victimes notamment au travail que les femmes issues de la diversité qui sont victimes de pressions archaïques et patriarcales. En faisant que la voix de l'Etat au sein de cette institution soit celle d'une activiste religieuse, la secrétaire d'État a commis une lourde faute, couverte malheureusement trop longtemps par l'ensemble du gouvernement. La faute aurait été identique si elle avait désigné une activiste intransigeante, issue des milieux laïques. Toutes les femmes comme l'IEFH méritent que la voix de l'Etat au sein de cet Institut soit celle d'une personnalité dans laquelle chacune et chacun puisse se reconnaître, qui soit consensuelle sur les questions qui divisent et qui fasse naturellement preuve de tolérance. Il est grand temps de tirer les enseignements de ce triste épisode qui n'est que la pointe émergée d'un iceberg. Il arrive malheureusement que des commissaires de gouvernement soient désignés sur un coin de table, en catimini, afin de gratifier des affidés sans grande aptitude. Le principe d'égal accès des Belges aux emplois publics exige que la législation soit modifiée, à tous les niveaux de pouvoir, pour que les représentants de l'État dans des organismes publics soient désignés après un appel public aux candidats et une comparaison objective de leurs titres et mérites. Il est singulier, en effet, que dans l'affaire Haouach, c'est le parti qui a fait de la moralisation de la vie publique l'un de ses principes fondateurs qui est tombé dans les dérives qu'il a dénoncées, souvent à juste titre, chez les autres, pendant tant d'années. Le deuxième manquement grave de la secrétaire d'Etat et du gouvernement est de ne pas avoir sur le champ réagi à l'interview indigne pour un représentant de l'État, donnée dans la presse le 3 juillet 2021 par Ishane Haouach. Risible est le pare-feu, avancé tant par l'intéressée que par la Secrétaire d'État, selon lequel elle se serait exprimée à titre personnel. Lorsqu'une représentante de l'Etat réagit à sa mise en cause, pour la manière dont elle exerce ses fonctions, elle ne s'exprime pas à titre personnel. Elle engage l'État et le gouvernement responsable de sa désignation. A ce titre, il est lourdement fautif dans son chef de plaider pour une conception de la neutralité qui n'est pas celle du gouvernement. Il est lourdement fautif de taxer de sexiste et de raciste celui qui exige qu'elle conserve une neutralité d'apparence. Il est lourdement fautif, par référence à la démographie, d'induire l'idée que la protection des libertés individuelles doit se fonder sur une logique arithmétique et de remettre ainsi en cause la séparation des Églises et de l'État. Il est lourdement fautif de remettre en cause implicitement la jurisprudence de la Cour constitutionnelle qui estime que dans l'enseignement officiel doivent coexister des établissements qui acceptent le port des signes convictionnels par les élèves et d'autres qui les interdisent. Il est lourdement fautif, a fortiori dans le chef de quelqu'un qui, à tort ou à raison, est soupçonné d'accointances avec les Frères musulmans, de qualifier ceux et celles qui ne partagent pas ses vues de "fondamentalistes laïques". Ces propos devaient s'analyser comme une faute grave qui devait déboucher sur une sanction immédiate. Il est déplorable que cette décision n'ait pas été prise immédiatement, que la secrétaire d'Etat et le gouvernement aient pu se satisfaire de la comédie consistant pour l'intéressée à nuancer ses propos sur un réseau social, tout en continuant - c'est une constante - à jouer la victimisation. Il est préoccupant que dans pareil contexte, car telle est la réalité, elle ait pu conserver la confiance du gouvernement. Le troisième manquement grave est, pour le gouvernement, d'avoir refusé l'audition d'Ishane Haouach par le Parlement sollicitée par l'opposition parlementaire. La qualité du modèle démocratique s'apprécie au degré de respect de l'opposition. Refuser cette audition a été une manière vaine d'instituer le "Circulez, il n'y a rien à voir", et plus grave encore de se solidariser avec l'intéressée, en la déresponsabilisant pour les propos qu'elle avait tenus.Le quatrième manquement grave est un dysfonctionnement structurel de l'État qui engage le gouvernement dans son ensemble. Le flou entoure les raisons réelles de la démission d'Ishane Haouach. A-t-elle démissionné parce que le Premier ministre, à juste titre cette fois, lui a rappelé les exigences de sa fonction ? A-t-elle démissionné, comme elle l'affirme, parce qu'elle n'a pas supporté des attaques personnelles dont elle aurait fait l'objet sur les réseaux sociaux, ces égouts de la démocratie, y subissant comme tant d'autres des attaques abjectes dirigées contre tout qui exprime des opinons tranchées. Ou a-t-elle démissionné parce que, dans l'ombre du non-dit public, le choix ne lui en a pas été laissé, les services de renseignement ayant mis en évidence les liens qui l'uniraient aux Frères musulmans ? Le simple fait qu'un tel rapport des services de renseignement existe est plus que préoccupant. Après la faillite du SGRS dans l'affaire Conings, voici les services de renseignement qui se comportent à nouveau comme les carabiniers d'Offenbach. Ils laissent le gouvernement se solidariser publiquement avec une personnalité dont ils estiment qu'elle est de nature à présenter un danger pour les valeurs qui fondent l'état de droit. En tout état de cause, ceci pose à nouveau la question de la responsabilité personnelle de la secrétaire d'Etat. Il lui appartenait, en effet, avant de procéder à la désignation de Ishane Haouach, compte tenu d'éléments qu'elle ne pouvait ignorer, de vérifier et faire vérifier par les services compétents que rien ne pouvait lui être reproché et qu'elle n'avait pas de liens avec des mouvances douteuses. Le cinquième manquement serait de ne pas faire, au Parlement, dans la transparence démocratique, la clarté sur la nature exacte des liens qui existeraient entre Ishane Haouach et les Frères musulmans. Dans son interview au Soir, elle déclarait : "J'invite qui que ce soit à prouver quoi que ce soit, je n'ai rien à cacher. Je ne connais pas cette mouvance, ni de près ni de loin. Là aussi, je réfléchis à l'opportunité d'une action en justice". Affirmer qu'elle ne connaît pas cette mouvance, ni de près, ni de loin n'est guère crédible. Agir en justice pour laver son honneur est un droit inconditionnel qui se justifierait avec plus d'évidence encore que cette suspicion semble émaner désormais de l'appareil d'État. Mais, au-delà de cette éventuelle initiative personnelle, l'intéressée, tout comme l'ensemble des citoyens, ont le droit de savoir à partir de quels éléments factuels ce soupçon a été émis. Rien ne serait pire que de laisser la rumeur en suspens. Si elle est inexacte, l'intéressée a droit à un démenti officiel. Si elles se fondent sur des éléments objectivés, les citoyens ont le droit de savoir avec quelle légèreté ce dossier a été traité par leur gouvernement en général, par la secrétaire d'État en particulier. Que déduire de ce fiasco démocratique ?Il était un temps où les membres du gouvernement n'assumaient pas leur responsabilité politique. Accrochés à leur mandat comme des crabes sur un rocher, il se refusaient à démissionner quand bien même des manquements graves avaient été commis sous leur égide. Tel fut par exemple le cas de Charles-Ferdinand Nothomb après le drame du Heysel. Puis vint l'affaire Dutroux et le retour de la dignité en politique. Louis Tobback après la mort de Samira Adamou, Johan Vande Lanotte et Stefaan De Clerck après l'évasion de Marc Dutroux ont, avec honneur, assumé la responsabilité d'actes accomplis sous leur égide et dont ils n'étaient pas personnellement responsables. Nous voilà revenus au temps passé. Ici, la secrétaire d'Etat est personnellement responsable de ses choix. Elle est responsable de son manque de minutie au moment de désigner Ishane Haouach. Elle est responsable de s'être satisfaite de l'excuse absurde selon laquelle la commissaire se serait exprimée à titre personnel et n'engageait ainsi qu'elle-même par ses propos et elle est responsable d'avoir manifesté à son égard une indulgence et une mansuétude extrêmes en passant l'éponge après la tenue de ceux-ci. En ne tirant pas immédiatement les conséquences de cette situation, Sarah Schlitz démontre qu'est revenu le temps de Charles-Ferdinand Nothomb.Le deuxième enseignement, non moins préoccupant, est que le gouvernement dans son ensemble, malgré la réticence de certains partenaires de la majorité, a admis qu'un représentant de l'État doté, d'une fonction d'autorité et d'un pouvoir de coercition, peut, dans son apparence, manifester son appartenance à une confession religieuse. Un commissaire de gouvernement, en effet, a le pouvoir de suspendre les décisions de l'organisme qu'il contrôle. Devant la Chambre, le Premier ministre s'est référé au code de déontologie des mandataires publics qui prévoit que "Les mandataires publics sont au service de tous les citoyens, sans discrimination d'aucune sorte. Dans leur attitude ou comportement, ils s'abstiennent de manifester des préjugés ou des stéréotypes". En admettant qu'Ishane Haouach siège voilée au conseil d'administration de l'IEFH, le gouvernement, dans son ensemble, a admis, implicitement mais certainement, qu'elle ne méconnaissait pas cette disposition. Autrement dit, malgré ce qui ressemble à une bérézina pour ceux qui ont défendu la désignation d'Ishane Haouach, celle-ci constitue sans doute pour eux, une victoire en creux, un rendez-vous avec l'avenir et avec une société où il ne sera plus exigé des fonctionnaires publics d'être neutres et d'apparaître comme tels. Le troisième enseignement est l'émergence progressive d'une pensée unique. L'universalisme est considéré comme un microbe viral. Défendre la neutralité de l'Etat et exiger une neutralité d'apparence de tout fonctionnaire public, homme ou femme, quelle que soit sa religion, quelle que soit son origine, quelle que soit ses convictions idéologiques, est trop souvent présenté comme une manifestation de racisme, de sexisme, voire de complaisance avec les idées de l'extrême droite. Plus pernicieuse encore est cette idée sous-jacente selon laquelle le combat nécessaire et indispensable contre les discriminations racistes et sexistes et notamment contre les biens réelles discriminations à l'embauche ou dans l'éducation, ne peut se concilier avec la volonté de maintenir une neutralité d'apparence dans le chef des fonctionnaires publics. Ainsi considère-t-on, en réalité, que le prescrit religieux domine la loi civile et que si une loi religieuse impose un traitement différencié entre femmes et hommes, l'Etat doit s'y conformer. Or il n'y a guère de raison de donner à la liberté de religion une primauté sur les autres droits et libertés. C'est à juste titre que le Premier ministre, devant la Chambre, a déclaré à ce propos : "Tous les droits fondamentaux ont la même importance. Il ne s'agit pas d'un catalogue 3 Suisses. La Constitution est notre contrat de cohabitation et contient l'ensemble des droits fondamentaux que nous devons protéger et renforcer tous ensemble". Le quatrième enseignement est la faillite du monde politique dans la manière d'aborder la problématique du port des signes convictionnels dans les administrations publiques. Certains ont des positions tranchées et les défendent de manière cohérente, mais antinomiques. D'autres, tétanisés à l'idée de déplaire à leur électorat, offrent des numéros de funambulisme, préférant n'affirmer leurs valeurs que dans le secret cadenassé de leurs consciences. Les événements récents ont démontré que pour les différents partis politiques, aussi essentielle soit la question de la neutralité, elle ne peut constituer une question de gouvernement. Ils s'arrêtent avant que la crise politique ne devienne inéluctable, avant que ne se pose la question de la démission du gouvernement alors même que, dans le modèle démocratique, c'est souvent de la crise assumée que nait la solution, fut-elle de compromis. Lorsque les responsables politiques, comme c'est le cas ici, s'avèrent incapables de résoudre un problème et, par leurs atermoiements, le laissent se gangréner, il faut faire preuve d'imagination pour sortir de la crise par le haut. Ne faut-il pas alors s'adresser au peuple lui-même ? Le référendum est interdit en Belgique, mais la Constitution consacre la possibilité d'organiser des consultations populaires dans les régions. Tant à Bruxelles qu'en Flandre, le législateur s'est abstenu de rendre l'instrument effectif. En Région wallonne, cependant, 60.000 citoyens peuvent provoquer une consultation populaire. Le moment est sans doute venu qu'ils prennent la main, que soit soumise au vote de chacune et de chacun une question cohérente et équilibrée sur les exigences de neutralité dans les administrations publiques. Ainsi, dans une démocratie revivifiée, les citoyens suppléeraient les défaillances coupables de leurs responsables politiques. Qui sait alors, si ceux-ci, aux parlements flamand, de la Communauté germanophone et de la Région de Bruxelles-Capitale ainsi qu'à la Chambre des représentants, ne pourront, dans un effet d'entraînement, tirer, dans l'intérêt général, les conséquences de ce qui serait une magistrale leçon de démocratie vivante.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Thu, 08 Jul 2021 16:34:52 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/662/ils-prevoient-un-krach-boursier-aux-proportions-bibliques</link>
	<title><![CDATA[Ils prévoient un krach boursier aux proportions bibliques]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Publié8 juillet 2021, 06:53</p><p>
Dans la foulée de Michael Burry, un des visionnaires de «The Big Short», de plus en plus d’experts prévoient un effondrement prochain des marchés.
</p><p>Michael Burry, en 2015, lors de la première new-yorkaise de «The Big Short», film hautement recommandable tiré du best-seller homonyme. Il fut un des rares qui anticipèrent à leur profit l’explosion de la bulle spéculative immobilière qui conduisit à l’effondrement de 2008.</p>
<p>Getty Images via AFP</p>
<p>Mars 2020, débâcle historique sur les marchés mondiaux. Mars 2021, records battus à Wall Street, à Francfort… En un an, les marchés boursiers mondiaux sont passés du krach à l’exaltation, à une <a href="https://www.lematin.ch/story/les-records-sur-les-marches-boursiers-presagent-ils-une-veritable-crise-financiere-213792791999">vitesse qui inquiète</a> certains observateurs, constatait l’Agence France Presse lors d’un de ses précédents états des lieux.</p><p>Ce qui ressemble à un miracle va inéluctablement se transformer en cauchemar, claironnent de plus en plus fort quelques grands noms de la finance mondiale faisant fi de toute nuance. «Il va y avoir du sang sur le sol» se risque même à affirmer l’un d’entre eux. La raison? Une intense spéculation alimentée par les interventions massives des États pour soutenir l’économie mise à l’arrêt par les vagues pandémiques. Quelque «24’000 milliards de dollars» d’argent frais ont été injectés à l’échelle mondiale, indique à l’AFP Kokou Agbo-Bloua, responsable mondial de la recherche macroéconomique chez Société Générale,</p><p>Premier sur une liste des lanceurs d’alerte établie par «Market Insider», Michael Burry est ressorti de son silence en juin pour décrire l’état des marchés comme «la plus grande bulle spéculative de tous les temps en toutes choses». Cet investisseur a acquis une certaine notoriété pour avoir détecté (et d’en avoir à terme profité), deux ans au moins avant que les faits ne lui donnent raison, que quelque chose ne tournait pas rond dans les chiffres obscurs du marché immobilier américain. Une bulle spéculative qui lorsqu’elle explosa provoqua la crise économique mondiale de 2008.</p><p>C’est «la mère de tous les krachs» qu’entrevoit désormais celui qui a été incarné par Christian Bale dans «The Big Short – Le casse du siècle», l’excellente comédie dramatique (visible sur Prime Video) tirée du best-seller homonyme qui mis en lumière ceux qui virent arriver la crise avant tout le monde.</p><p>
Jeremy Grantham
</p><p>Jeremy Grantham, en 2013 à Boston.</p>
<p>Boston Globe via Getty Images</p>
<p>Et il n’est pas le seul à jouer les Cassandre. En janvier dernier, le cofondateur du fonds GMO, Jeremy Grantham, qualifiait d’«épique» la bulle spéculative qui prospère en 2021. «Lorsque vous avez atteint ce niveau de super-enthousiasme, la bulle a toujours, sans exception, éclaté au bout de quelques mois, et non au bout de quelques années». Et de préciser: «Nous devrons vivre, potentiellement, probablement, avec la plus grande perte de valeur perçue des actifs que nous ayons jamais vue».</p><p>
Leon Cooperman
</p><p>Leon Cooperman, de sortie en 2015.</p>
<p>Getty Images</p>
<p>En mai dernier, un autre investisseur milliardaire, Leon Cooperman, prévenait «Quand ce marché aura une raison de baisser, il baissera si vite que vous aurez la tête qui tourne.» Tout en précisant que toutes les conditions pour que cela survienne n’étaient pas encore tout à fait présentes.</p><p>
Kevin O’Leary
</p><p>Kevin O’Leary, en 2019 à Los Angeles.</p>
<p>Getty Images</p>
<p>Animateur vedette de l’émission de télé-réalité financière américaine «Shark Tank», Kevin O’Leary, ne voit également pas d’autre scénario qu’un prochain effondrement. «La correction arrive — je ne sais pas quand, je ne sais pas ce qui la déclenchera…», affirme-t-il. La génération qui boursicote actuellement n’ayant jamais connu un tel retournement, le présentateur – qui semble croire aux vertus éducatives de l’expérience – assure qu’elle en tirera la leçon.</p><p>
Stanley Druckenmiller
</p><p>Investisseur milliardaire et chef du Duquesne Family Office, Stanley Druckenmiller est plus précis sur la question du quand. Il a indiqué en mai dernier qu’il retirerait ses actifs dans quelques mois. «Je serai surpris si nous ne sortons pas du marché boursier d’ici à la fin de l’année, simplement parce que les bulles ne peuvent pas durer aussi longtemps».</p><p>
Robert Kiyosaki
</p><p>Mais qui est cette personne au côté de Robert Kiyosaki? Photo prise ici en 2006.</p>
<p>Patrick McMullan via Getty Image</p>
<p>Le gourou de la finance personnelle, Robert Kiyosaki, ne fait pas dans la dentelle: «ÊTES-VOUS PRÊTS?" a-t-il tweeté en avril. "Boom, faillite, folie, crash, dépression. (…) Préparez-vous au plus grand krach et à la plus grande dépression de l’histoire mondiale.»</p><p>
Gary Shilling
</p><p class="Quote_quoteText__1fnOf">À un moment donné, mon garçon, il va y avoir beaucoup de sang sur le sol.</p><p>Gary Shilling en 1983.</p>
<p>Denver Post via Getty Images</p>
<p>C’est en avril dernier que Gary Shilling, président du fonds A. Gary Shilling &amp; Co, a livré sa grande prédiction: «Les spéculations dépassent toute logique et ce sera probablement le cas pour celle-ci. Mais à un moment donné, mon garçon, il va y avoir beaucoup de sang sur le sol.». Tout en prévenant: «Je ne fais aucune prédiction ferme quant au moment où tout cela va s’effondrer». Au moins, c’est dit.</p><p>
Eric Bourguignon
</p><p>De tous les experts s’étant exprimé dernièrement, Eric Bourguignon, responsable des activités sur titres pour compte de tiers de Swiss Life AM, compte parmi les plus modérés. À l’AFP, il indiquait: «Surendettement majeur, des secteurs qui ont été laminés définitivement, une économie tenue à bout de bras… il va falloir beaucoup de doigté pour maintenir dans la durée (ce) système.»</p><p>(JChC)</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/661/quest-ce-que-la-propagande</guid>
	<pubDate>Tue, 06 Jul 2021 16:17:54 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/661/quest-ce-que-la-propagande</link>
	<title><![CDATA[Qu&#039;est-ce que la propagande ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>C'est une façon de présenter les choses, il y a de la vérité, comme il y a de vrais morceaux de fruits dans un yaourt, mais au total c'est un mensonge…</p>

<p>Voyez le titre : « Londres : pourquoi les Français font leurs bagages ». </p>

<p>Vous avez bien lu « les Français », donc vous avez bien compris que c'est la communauté française de Londres qui s'en va, si ce n'est intégralement, du moins majoritairement ou dans des proportions extraordinairement fortes.</p>

<p>En lisant un petit peu plus bas vous voyez qu'elle a diminué de 2,3 %, c'est-à-dire qu'on est tout à fait dans la marge d'erreur des statistiques, des comptage, des décomptes, des flux d'entrée et des flux de sortie !</p>

<p>C'est donc un mensonge, avec une présentation mensongère d'une information qui est certes donnée comme il y a de vrais morceaux de fruits dans un yaourt, dont on ne peut pas penser cependant que c'est un fruit.</p>

<p>Dites-vous bien que la très très grande majorité de ce que vous voyez sur ces chaînes d'information Mainstream est construit exactement de la même façon.</p>

<p>On vous y a dit que le variant Delta était plus proche d'un mauvais rhume que d'une grosse maladie, on vous a expliqué pourquoi : la logique de la vie est la logique des virus, ils s'adaptent de plus en plus au corps humain, ils sont donc de plus en plus contagieux, ils sont aussi de moins en moins destructeurs puisque leur but est de se reproduire et non de tuer.</p>

<p>Mais on vous dit maintenant de ce variant que les chiffres sont alarmants et que ce fou de Boris Johnson qui est un terrible partisans du Brexit, veut rouvrir toutes les libertés dans son pays alors que le variant Delta menace avec des chiffres à mourir !</p>

<p>Les chiffres sont à mourir, certes, mais il semble que la maladie l'est moins, puisque le nombre de personnes contaminées est plus grand, mais les entrées dans les hôpitaux sont moindres.</p>

<p>Naturellement, si l'on est au bord de la mort avec quatre ou cinq causes qui permettent de penser que l'on va mourir dans les jours qui viennent, il suffit d'un petit ou d'un gros rhume, ou simplement d'un coup de chaleur ou de froid. On imputera donc à ce variant un assez grand nombre de morts; dont la caractéristique sera d'être des personnes très âgées, on pourra même ajouter qu'elles étaient vaccinées… Pour bien maintenir la peur.</p>

<p>On pourrait prendre des dizaines d'autres sujets et l'on verrait que c'est toujours construit de la même façon.</p>

<p>Si vous avez une très grande intelligence, si vous déployez une très grande attention, si vous avez un très fort esprit de synthèse, et que vous avez en tête ce que l'on vous a dit à chaque instant, et le détail des propos, vous pouvez reconstituer une vérité. </p>

<p>Mais on sait très bien qu'un téléspectateur habituel ne va jamais être dans ces conditions là et qu'il ne va retenir que le sens général des gros titres.</p>

<p>Gilles CASANOVA</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/659/durabilite-horlogere-et-horlogerie-durable</guid>
	<pubDate>Sun, 04 Jul 2021 10:04:02 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/659/durabilite-horlogere-et-horlogerie-durable</link>
	<title><![CDATA[Durabilité horlogère et horlogerie durable]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Le développement durable s’installe dans nos montagnes. La loi invite les entreprises à prendre des mesures pour atteindre des buts précis. Une saine émulation règne pour dépasser ces objectifs légaux. Estompées par la facilité des dernières années, ces procédures sont pour beaucoup d’entre nous du déjà vu, du déjà pratiqué. Après la crise horlogère, nous retournons vers un fonctionnement raisonné. La montre mécanique s’inscrit pleinement dans la démarche du développement durable.</p>

<p>Le développement durable et l’horlogerie</p>
<p>Chercher à ménager la Terre pour les générations futures est une démarche récente pour nous tous. Plusieurs gouvernements nous y engagent et dans l’industrie horlogère, cette démarche se traduit de plusieurs manières.</p><p>Tout d’abord nous sommes invités à respecter plusieurs dispositions légales, comme la diminution de notre consommation électrique, le contrôle très strict de nos rejets d’eaux usées, la gestion de nos déchets et celles de nos matières dangereuses. Plusieurs autres sont regroupées dans l’appellation de Responsabilité Sociétale des Entreprises.</p>
<p>C’est à celui qui sera le plus attentif à s’inscrire dans la démarche<br />Ensuite pour beaucoup, viennent les mesures décidées librement.<br />En amont, il y a le choix des matières, de leur provenance et la gestion attentive des quantités mises en œuvre.</p>
<p>En aval, sont installés des panneaux solaires, des systèmes de tri pour le PET, le matériel informatique et électrique, les métaux, le papier, le carton, le bois et les emballages.</p><p>Tout autour, les manufactures sont vigilantes ; elles surveillent, adaptent et optimisent leur consommation électrique. L’objet jetable, à usage unique est pourchassé, place au recyclé. Les déplacements des personnes sont optimisés. Les parkings diminuent de surface ; ils incluent des places réservées au co-voiturage et aux vélos. Les espaces verts autour des bâtiments deviennent des prairies, des vergers et des potagers. A l’image des travailleurs horlogers, les abeilles s’activent autour des ruches.</p>
<p>Un beau challenge à faire connaître</p>
<p>Pour beaucoup, faire mieux, réussir à minimiser l’influence environnementale de l’entreprise, c’est un beau défi, un vertueux challenge.</p><p>Et comme les belles choses sont à faire connaître, les jardins s’ouvrent à tous, la vie si particulière des abeilles est expliquée aux enfants des alentours et les services de communication mettent en avant la saine approche de l’entreprise. Suivre la démarche du développement durable attentivement voire passionnément est une chose dont il faut parler, c’est un important levier promotionnel.</p>
<p>Une longue tradition locale</p>
<p>Ce développement durable est d’actualité depuis le Moyen âge dans nos montagnes.</p><p>Déterminé par le contexte historique, il s’agit alors plus d’un usage prudent des ressources disponibles que d’une volonté délibérée.</p><p>Dans le monde agricole, cela se traduit par une économie de tout, par une production et une consommation locale, par une recherche de rentabilité, de durabilité et par une politique d’investissement à très long terme. A cette époque, le coût colossal des transports, la difficulté d’accéder à l’énergie et la cherté de tous les biens incitent à une parcimonie qui ménage grandement l’environnement.</p><p>Dictées par une économie de subsistance, ces prémices du développement durable s’imposent aussi dans le monde horloger commençant. Transmis de génération en génération, les outils sont faits pour durer ; les bâtiments sont soigneusement adaptés pour le métier ; la lumière gratuite du jour contribue grandement à l’éclairage des établis. Et déjà la communication sert à la recherche d’acheteurs pour les montres et les pendules. Quant aux crises, elles vont scander le rythme du négoce et par là-même celui des revenus de la population.</p>
<p>Les découvertes de la Crise du Quartz</p>
<p>Les Trente Glorieuses, ce court temps de dépenses irraisonnées, s’achèvent par la Crise du Quartz.</p><p>Les majuscules sont nécessaires pour la nommer car à la différence des crises usuelles, dues à des difficultés économiques, aux adaptations trop lentes à la modernité ou aux guerres et à leurs corollaires, la Crise du Quartz est unique. Elle sonne le glas définitif de la gestion attentive et prudente. Les bâtiments deviennent inutiles. Les outils, les machines, la montre elle-même ne valent plus rien et les décharges se remplissent de tout et de n’importe quoi. </p>
<p>Un juste retour des choses</p>
<p>Arrivant à temps, le renouveau horloger redonne de la valeur aux montres. Aujourd’hui nous renouons avec les vertus d’économie et de gestion avisée de nos prédécesseurs, les paysans-horlogers. Non pas par un ménagement de nos ressources imposé par nos capacités financières et techniques d’autrefois, mais plutôt par une gestion attentive de notre capital commun apprise après les excès de ces dernières décades.</p>
<p>Un objet dans l’air du temps</p>
<p>L’horlogerie est bien inscrite dans cette démarche de développement durable. Oui, la montre mécanique a plusieurs atouts.</p><p>Elle est autonome, car elle se remonte gratuitement soit à la main, soit au bras du porteur.</p><p>Elle est aussi économe en tout, car elle reste fonctionnelle longtemps et elle peut être entretenue partout avec un minimum de connaissances techniques.</p><p>Elle ne se jette pas, elle s’entretient sur place, donc pas besoin de voyages en Suisse pour sa révision et, bien conçue, elle ne requiert qu’un minimum de pièces de remplacement.</p><p>Elle est vraiment durable, cette machine à compter le temps ; presque inusable, Elle accompagne l’humanité et consomme très peu d’énergie provenant de son porteur.</p><p>Qui plus est, elle se transmet de génération en génération. Oui la montre mécanique est vraiment novatrice et durable !</p><p>Benoît Conrath</p><p>Horloger chez <a href="http://www.vauchermanufacture.ch">Vaucher Manufacture Fleurier</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>

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