<?xml version='1.0'?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" >
<channel>
	<title><![CDATA[Signet Loupe: Juillet 2021]]></title>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/archive/ememiom/1625097600/1627776000</link>
	<atom:link href="https://ememiom.fr/iom/blog/archive/ememiom/1625097600/1627776000" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<description><![CDATA[]]></description>
	
	<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/674/la-vaccination-covid-a-l%E2%80%99epreuve-des-faits-2eme-partie-une-mortalite-inedite</guid>
	<pubDate>Sat, 31 Jul 2021 09:27:15 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/674/la-vaccination-covid-a-l%E2%80%99epreuve-des-faits-2eme-partie-une-mortalite-inedite</link>
	<title><![CDATA[La vaccination Covid à l’épreuve des faits. 2ème partie : une mortalité inédite]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Épisode 59</p><p>Par Laurent MUCCHIELLI (sociologue, directeur de recherche au CNRS), Hélène BANOUN (pharmacien biologiste, PhD, ancienne chargée de recherches à l’INSERM), Emmanuelle DARLES (maîtresse de conférences en informatique à Aix-Marseille Université), Éric MENAT (docteur en médecine, médecin généraliste), Vincent PAVAN (maître de conférences en mathématique à Aix-Marseille Université) &amp; Amine UMLIL (pharmacien des hôpitaux, praticien hospitalier, unité de « pharmacovigilance/CTIAP (centre territorial d’information indépendante et d’avis pharmaceutiques)/Coordination des vigilances sanitaires » du Centre hospitalier de Cholet).</p><p>Contact : laurent.mucchielli@protonmail.com</p><p class="center">* * *</p><p>Dans le <a href="https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/200721/la-vaccination-l-epreuve-des-faits-1ere-partie-les-chiffres-de-l-epidemie" class="external" target="_blank">précédent épisode</a> de notre mini-série sur la vaccination, nous avions montré que les données épidémiologiques les plus facilement disponibles à l’échelle mondiale suffisent à prouver que la vaccination ne protège pas de la contamination et de la transmission du Sars-Cov-2, en particulier de l’actuel variant Delta (ou indien), ce qui contredit massivement les déclarations répétées des représentants du pouvoir exécutif français relatives à la « protection vaccinale ». Aux États-Unis, le directeur du NIAID, Antony Fauci, vient du reste de <a href="https://www.msnbc.com/all-in/watch/dr-fauci-explains-updated-cdc-mask-guidance-for-vaccinated-people-amid-covid-hotspots-117489221538" class="external" target="_blank">le reconnaître publiquement</a>, recommandant même le port du masque en intérieur par les personnes vaccinées. Autre exemple : en Angleterre, les touristes français doivent subir une quarantaine <a href="https://www.bfmtv.com/international/europe/angleterre/covid-19-l-angleterre-exempte-de-quarantaine-les-voyageurs-vaccines-arrivant-de-l-ue-et-des-etats-unis_AD-202107280250.html" class="external" target="_blank">même s’ils sont vaccinés</a>. Il est donc déjà clair que la vaccination n’est pas la solution miracle annoncée pour endiguer l’épidémie et que le chantage formulé par l’exécutif français (vaccination générale ou reconfinement) est fondé sur un mensonge. Un second mensonge répété à plusieurs reprises tant par le président de la République, le premier Ministre que le ministre de la Santé (et d’autres élus adoptant des postures sanitaires autoritaires, <a href="https://www.leparisien.fr/societe/covid-19-a-nice-christian-estrosi-impose-un-pass-sanitaire-aux-enfants-pour-aller-au-centre-de-loisirs-23-07-2021-SA22NHM3NJCRJNIK35X3NFBN5M.php" class="external" target="_blank">à l’image du maire de Nice M. Estrosi</a>) est probablement la prétendue quasi-disparition (« à 96% ») des formes sévères de la Covid grâce à la vaccination. En Israël, un des pays où la population est la plus vaccinée au monde, les autorités viennent ainsi de décider de <a href="https://www.businesstravel.fr/israel-ne-rouvre-pas-ses-frontieres-aux-voyageurs-vaccines.html" class="external" target="_blank">fermer les frontières du pays aux touristes vaccinés</a>, indiquant non seulement que la vaccination ne protège pas de la contamination et de la transmission, mais également que <a href="https://www.jpost.com/breaking-news/for-first-time-since-march-855-new-coronavirus-cases-in-israel-674084" class="external" target="_blank">la majorité des personnes hospitalisées pour des formes graves</a> sont désormais des personnes vaccinées. Tout ceci suggère clairement qu’un gouffre sépare le marketing des industriels (repris par la propagande politique) des réalités de santé publique. Et c’est également au fond de ce gouffre qu’est pour le moment oubliée la question des effets indésirables les plus graves de la vaccination anti-covid, sujet de ce nouvel épisode.</p><p>Sortir du déni, observer froidement les données de la pharmacovigilance</p><p>Dans <a href="https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/150721/la-crise-sanitaire-revele-l-inquietant-declin-du-journalisme" class="external" target="_blank">un autre précédent épisode de notre enquête</a>, nous avons montré comment et pourquoi la plupart des journalistes français travaillant dans les médias mainstream ont trahi certains principes déontologiques de base de leur profession, n’exerçant plus leur rôle de contre-pouvoir pour devenir au contraire de simples relais de la communication gouvernementale. En cause notamment, la fin du journalisme d’investigation, remplacé par un fact-checking de bureau qui n’est plus qu’un simulacre de journalisme. S’agissant de la sécurité des vaccins anti-covid, le pseudo-journalisme va ainsi chercher à dénier la réalité des effets indésirables, dans la droite ligne du discours gouvernemental. Un exemple parmi de nombreux autres est fourni par les fact-checkers du groupe de télévision TFI-LCI qui, depuis janvier 2021, s’évertuent à dénier toute conséquences médicales négatives de la vaccination (le dernier article en ce sens est à <a href="https://www.lci.fr/sante/covid-19-attention-ces-chiffres-europeens-ne-prouvent-pas-que-10000-deces-sont-dus-aux-vaccins-2186895.html" class="external" target="_blank">lire ici</a>). L’argument est toujours le même, et il est bien connu. Sur tous les sites de pharmacovigilance du monde, on trouve en effet les mêmes précautions d’interprétation indiquant que les déclarations d’effets indésirables imputées à tel ou tel médicament ne sont qu’une présomption de causalité (imputabilité) et que seul un examen complet des déclarations individuelles par des médecins pourrait ultérieurement établir ce lien de causalité.</p><p>Ceci est une évidence et il est bien clair que tout ce qu’on va lire par la suite relève d’une présomption de causalité. Mais, ceci est vrai pour la pharmacovigilance de manière générale, et on verra que la comparaison avec d’autre médicaments montre qu’il se passe bel et bien quelque chose de totalement inédit pour ces vaccins génétiques anti-covid. Comme d’habitude, les journalistes sont aveuglés par leur dépendance au pouvoir politique et aux sources institutionnelles directement liées au ministère de la Santé, et ils font preuve d’un esprit critique à géométrie extrêmement variable. Les mêmes précautions valent en effet, par exemple, pour le comptage des morts imputables à la Covid, sujet sur lequel on n’a pourtant quasiment jamais lu d’article critique dans la presse. En d’autres termes, pour la plupart des journalistes, les statistiques sanitaires sont indiscutables quand elles vont dans le sens de la narration officielle, mais elles deviennent soudainement discutables lorsqu’elles contredisent cette même narration. Cette malhonnêteté intellectuelle devrait sauter aux yeux.</p><p>En outre, nous allons voir que, dans certains pays (comme la France mais également les États-Unis), les remontées d’informations de pharmacovigilance sur la sécurité des vaccins anti-covid sont principalement le fait de médecins et non de malades. Et nous verrons également qu’elles corroborent largement celles des pays (comme les Pays-Bas) où la déclaration est principalement le fait des malades. Nous verrons même qu’il existe des recherches qui ont testé rétrospectivement la fiabilité de ces déclarations, et qui indiquent un haut niveau de fiabilité.</p><p>A distance de ces jeux de représentations et de ces arguments d’autorité, nous allons donc ici observer froidement les données de la pharmacovigilance concernant la sécurité des vaccins anti-covid. Et nous allons le faire dans plusieurs pays afin d’échapper au tropisme français. On verra alors que, en réalité, les mêmes constats peuvent être faits un peu partout dans les pays occidentaux.</p><p>Dernière précision avant d’entamer l’examen des chiffres : loin d’exagérer les problèmes, ces chiffres sont au contraire à considérer comme des minima sous-évaluant la réalité. En effet, la pharmacovigilance fonctionne presque partout de façon passive (et non pro-active) : les centres dédiés à la collecte des effets indésirables des médicaments attendent que les professionnels de santé et les particuliers leur signalent les problèmes. Si pour une raison ou une autre (oubli, incertitude, auto-censure, manque de temps ou négligence des médecins généralistes ou hospitaliers, isolement du malade qui meurt seul à domicile, ignorance du dossier médical de la personne décédée par le médecin établissant le certificat de décès, problèmes informatiques divers et variés, etc.) les médecins ou les malades ne remplissent pas le formulaire de déclaration d’incident, ce dernier ne sera jamais connu. Dès lors, la sous-estimation de l’état réel des problèmes est à la fois permanente et massive. Les <a href="https://documentation.ehesp.fr/index.php?lvl=notice_display&amp;id=240656" class="external" target="_blank">premières études</a> françaises, au début des années 2000, estimaient qu’environ 95% des effets indésirables des médicaments n’étaient pas rapportés. Encore très récemment, dans la revue Santé Publique, <a href="https://www-cairn-info.lama.univ-amu.fr/revue-sante-publique-2019-4-page-561.htm" class="external" target="_blank">onze chercheurs montraient</a> que seule une fiche de pharmacovigilance sur six était renseignée de façon complète. Même si on peut faire l’hypothèse que la sous-déclaration concerne surtout les effets indésirables les moins graves, tout ce qui suit doit donc non seulement être pris très au sérieux, mais de surcroît regardé comme constituant très probablement une euphémisation de la réalité des problèmes de sécurité posés par les vaccins anti-covid (comme pour tout autre médicament).</p><p>En France, les rapports de l’agence du médicament</p><p>En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) publie un « <a href="https://ansm.sante.fr/dossiers-thematiques/covid-19-suivi-hebdomadaire-des-cas-deffets-indesirables-des-vaccins" class="external" target="_blank">suivi hebdomadaire des effets indésirables des vaccins </a>» dont nous avons épluché les rapports détaillés sur chacun des quatre vaccins utilisés en France. On va systématiquement y observer ce qui est dit sur les effets « graves » (par opposition aux effets non-graves qui sont les petites réactions locales immédiates à l’injection).</p><p>Concernant le vaccin d’AstraZeneca, l’ANSM indique que 7,2 millions de doses avaient été administrées au 08 juillet 2021, majoritairement dans la population ciblée par les recommandations vaccinales des plus de 55 ans, mais « on note néanmoins 623 doses tracées comme administrées chez des patients de moins de 16 ans ». A la même date, plus de 22 071 évènements indésirables ont été déclarés, exclusivement par des professionnels de santé (on se souvient qu’il leur était réservé en priorité au début, conformément à la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3235868/fr/strategie-de-vaccination-contre-la-covid-19-place-du-covid-19-vaccine-astrazeneca" class="external" target="_blank">Recommandation de la Haute Autorité de Santé du 2 février 2021</a>), dont 5 191 événements « graves » (soit près d’un quart du total). Comme l’indique le tableau ci-dessous, ces cas graves concernent toutes les tranches d’âge mais sont concentrés entre 30 et 74 ans. Parmi ces 5 191 événements graves, un quart a nécessité une hospitalisation, 247 ont engagé le pronostic vital, 121 ont entraîné des invalidité ou incapacités et 170 ont conduit à la mort.</p><p>Source : CRPV d’Amiens ‐ CRPV de Rouen, <a href="https://ansm.sante.fr/uploads/2021/07/23/20210723-covid-19-rapport-14-vaxzevira-astrazeneca-2.pdf" class="external" target="_blank">Enquête de pharmacovigilance du vaccin VAXZEVRIA®</a></p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>Concernant le vaccin de Pfizer, plus de 42,5 millions de doses avaient été administrées au 1er juillet 2021 (dont 700 000 à des jeunes de 16 à 18 ans) et 31 389 cas effets/évènements indésirables déclarés, principalement par les professionnels de santé. Parmi eux, 8 689 événements « graves » survenus à partir de l’âge de 30 ans (27,7% du total des événements indésirables), dont 2 551 mises en jeu du pronostic vital, 460 invalidités ou incapacités et 761 décès.</p><p>Source : CRPV de Bordeaux, CRPV de Marseille, CRPV de Toulouse, CRPV de Strasbourg, <a href="https://ansm.sante.fr/uploads/2021/07/16/20210716-vaccins-covid-19-rapport-pfizer-periode-28-05-2021-01-07-2021.pdf" class="external" target="_blank">Enquête de pharmacovigilance du vaccin Pfizer – BioNTech Comirnaty</a></p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>Concernant le vaccin de Janssen, l’ANSM indique que 608 489 injections ont eu lieu au 08 juillet 2021, dont 7% de personnes âgées de 16 à 49 ans et même 407 enfants âgés de 0 à 15 ans, « contrairement aux recommandations nationales de réserver ce vaccin aux plus de 55 ans » ! A la même date, 243 évènements indésirables ont été déclarés, principalement par des professionnels de santé. Parmi ces événements, on note 39 hospitalisations, 4 pronostics vitaux engagés, 1 invalidité ou incapacité et 7 décès.</p><p>Source : CRPV de Grenoble et CRPV de Lyon, <a href="https://ansm.sante.fr/uploads/2021/07/23/20210723-covid-19-rapport-janssen-2.pdf" class="external" target="_blank">Enquête de pharmacovigilance du vaccin JANSSEN®</a></p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>Concernant le vaccin de Moderna, l’ANSM indique que 5,2 millions de doses avaient été administrées au 08 juillet 2021, dont près de 53 000 à des mineurs. A la même date, environ 6 000 évènements indésirables avaient été déclarés, dont 14,4% de cas graves et autant de « cas inattendus » (on ignore hélas ce que recouvre cette catégorie), signalés ici presque autant par les particuliers que par les professionnels de santé. Sur les 1 050 événements graves, on note 312 hospitalisations, 50 mises en jeu du pronostic vital, 25 incapacités ou invalidités et 44 décès (dont quelques cas de morts fœtales). Les principaux problèmes constatés parmi ces cas graves sont de type hématologiques/vasculaires (thromboses, AVC, embolies pulmonaires), neurologiques (paralysies faciales, convulsions généralisées), cardiaques (troubles du rythme, myocardites), à quoi s’ajoutent « 28 morts subites inexpliquées ».</p><p>Source : CRPV de Lille, CRPV de Besançon, <a href="https://ansm.sante.fr/uploads/2021/07/16/20210716-vaccins-covid-19-rapport-moderna-periode-28-05-2021-01-07-2021.pdf" class="external" target="_blank">Enquête de pharmacovigilance du VACCINE MODERNA</a></p><p>.</p><p>.</p><p>De quels effets indésirables s’agit-il précisément ?</p><p>Au 8 juillet 2021, au terme d’environ 6 mois de campagne vaccinale, la pharmacovigilance française du vaccin AstraZeneca rapporte un total de près de 43 000 effets/évènements indésirables, dont 9 637 (22,5%) classés comme « graves ». Ces derniers sont des réactions immédiates à la vaccination, des affections du système nerveux (paralysies notamment), des problèmes vasculaires (thromboses, AVC notamment), des problèmes respiratoires graves et cardiaques graves, enfin des problèmes cutanés très importants, des affections hématologiques et des troubles graves de la vision et/ou de l’audition.</p><p>CRPV d’Amiens ‐ CRPV de Rouen, <a href="https://ansm.sante.fr/uploads/2021/07/23/20210723-covid-19-rapport-14-vaxzevira-astrazeneca-2.pdf" class="external" target="_blank">Enquête de pharmacovigilance du vaccin VAXZEVRIA®</a></p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>La même analyse peut être faite sur les 4 vaccins qui ont des effets indésirables graves en partie différents (surtout neurologiques et nerveux pour le Moderna et le Janssen, davantage cardiaques pour le Pfizer).</p><p>Enfin, si l’on additionne les conséquences les plus graves, mentionnés précédemment pour chacun des 4 vaccins, l’on parvient au tableau ci-dessous qui livre le constat de plus de 15 000 événements indésirables graves, parmi lesquels près de 1 800 hospitalisations, plus de 2 800 mises en jeu du pronostic vital et près de 1 000 morts. Le tout en seulement 6 mois. Par comparaison, indiquons par exemple qu’il y a eu 863 homicides en France <a href="https://www.interieur.gouv.fr/Interstats/Themes/Homicides/Insecurite-et-delinquance-en-2020-bilan-statistique-Fiche-Homicides" class="external" target="_blank">sur l’ensemble de l’année 2020</a>. A eux seuls, les vaccins anti-covid feraient donc plus du double de victimes que les homicides.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>Ce que dit la pharmacovigilance dans d’autres pays occidentaux</p><p>Au Royaume Uni, le ministère de la santé indique que, le 14 juillet 2021, ont été administrées environ 20 millions de premières doses et 12 millions de deuxièmes doses du vaccin Pfizer/BioNTech, 25 millions de premières doses et 23 millions de deuxièmes doses du vaccin AstraZeneca (cette firme pharmaceutique étant domiciliée à Londres), et environ 1,3 million de premières doses du vaccin Moderna. Au total, plus de 46 millions de personnes ont reçu au moins une dose et plus de 35 millions deux doses. Le <a href="https://www.gov.uk/government/publications/coronavirus-covid-19-vaccine-adverse-reactions/coronavirus-vaccine-summary-of-yellow-card-reporting" class="external" target="_blank">rapport de pharmacovigilance</a> <a href="https://www-gov-uk.translate.goog/government/publications/coronavirus-covid-19-vaccine-adverse-reactions/coronavirus-vaccine-summary-of-yellow-card-reporting?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=ajax,sc,elem#yellow-card-reports" class="external" target="_blank">du 22 juillet</a> commence par indiquer que les vaccins sont sûrs et fait tout pour appeler à la vaccination générale. Le début du rapport officiel signale que les vaccins ont des effets indésirables de court terme qui sont très peu graves. Par exemple, pour la Pfizer, « les effets indésirables les plus fréquents dans les essais étaient la douleur au site d'injection, la fatigue, les maux de tête, les douleurs musculaires, les frissons, les douleurs articulaires et la fièvre ; ceux-ci ont été signalés chacun chez plus de 1 personne sur 10. Ces réactions étaient généralement d'intensité légère ou modérée et se sont résorbées en quelques jours après la vaccination ». Certes, le ministère précise aussi avoir enregistré quelques 325 000 signalements d’effets indésirables (dont les deux tiers pour l’AstraZeneca). Mais dans le détail, il précise que « l'écrasante majorité des rapports concernent des réactions au site d'injection (douleur au bras par exemple) et des symptômes généralisés tels que syndrome « ​​grippal », maux de tête, frissons, fatigue (fatigue), nausées (envie de vomir), fièvre, étourdissements, faiblesse, douleurs musculaires et rythme cardiaque rapide. Généralement, ceux-ci surviennent peu de temps après la vaccination et ne sont pas associés à une maladie plus grave ou plus durable ». En un mot : tout va bien. Comme en France, le gouvernement anglais martèle du reste dans son rapport que « les vaccins sont le meilleur moyen de protéger les gens contre le COVID-19 et ont déjà sauvé des milliers de vies. Tout le monde doit continuer à se faire vacciner lorsqu'on lui demande de le faire, sauf indication contraire ». Et pourtant. Une fois passée l’introduction à la gloire de la vaccination, la seconde partie du rapport détaille les effets indésirables : chocs anaphylactiques, paralysie de Bell (paralysie faciale), thromboses (71 décès de ce type avec l’AstraZeneca), troubles menstruels et saignements vaginaux, myocardites et péricardites (surtout avec le Pfizer), réactions cutanées sévères (surtout avec le Moderna), syndromes de Guillain Barré (surtout avec l’AstraZeneca) et enfin des « événements à l’issue fatale », c’est-à-dire des morts. Dans le détail, à la date donc du 14 juillet 2021, l’agence britannique reconnaît 999 morts liés à l’injection du vaccin AstraZeneca, 460 liés à celle du Pfizer et 31 autres, ce qui porte le total à près de 1 500 morts.</p><p>Aux Pays-Bas, le centre de pharmacovigilance (<a href="https://www.lareb.nl/" class="external" target="_blank">bijwerkinden centrum</a> <a href="https://www.lareb.nl/" class="external" target="_blank">- LAREB</a>) fait un point mensuel sur la vaccination et ses effets indésirables, ces derniers étant principalement signalés par les citoyens. Dans sa dernière <a href="https://www-lareb-nl.translate.goog/pages/update-van-bijwerkingen?_x_tr_sl=nl&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=ajax,sc,elem,se" class="external" target="_blank">actualisation du 4 juillet 2021</a>, il faisait état de 16,5 millions de doses administrées, principalement le Pfizer (11,8 millions de doses, contre 2,8 millions pour AstraZeneca, 1,3 million pour Moderna et 600 000 pour Janssen). A cette date, 93 453 déclarations d’effets indésirables avaient été remontées concernant les conséquences de la vaccination anti-covid, parmi lesquels les thromboses dans le cas des vaccins AstraZeneca et Janssen. Enfin, le centre comptait 448 décès rapportés comme liés à la vaccination, concernant principalement des personnes âgées et principalement le vaccin Pfizer.</p><p>En Europe, le site de pharmacovigilance de l’Agence européenne du médicament est particulièrement difficile à manier informatiquement, le chargement des <a href="https://www.adrreports.eu/fr/search_subst.html" class="external" target="_blank">données concernant les vaccins anti-Covid</a> est compliqué à trouver et extrêmement long à réaliser, quand il fonctionne. Deux chercheurs français les ont cependant étudiées patiemment à la fin du mois de juin et présenté <a href="https://odysee.com/@ColCovMed-Reunion:9/CSI-N%C2%B0-12---Vincent-Pavan---Emmanuelle-Darles---Pharmacovigilance-du-vaccin-Pfizer-:6" class="external" target="_blank">dans cette vidéo</a>. A la fin du mois de juin, la pharmacovigilance européenne avait déjà enregistré environ 9 000 décès liés à la vaccination uniquement pour le vaccin de Pfizer, notamment du fait de complications cardiaques, pulmonaires ou cérébro-vasculaires, inclues des morts par Covid (un comble pour les vaccins anti-covid…). Par ailleurs, ces données livrent également un deuxième constat très préoccupant, qui est le fait que ces risques d’effets indésirables graves concernent non seulement les personnes âgées de plus de 65 ans, mais aussi les nourrissons et les adolescents (12-17 ans). En d’autres termes, les vaccins génétiques anti-covid utilisés en Europe présentent des risques d’effets indésirables graves (pouvant aller jusqu’à la mort) dans des catégories de la population qui ne sont nullement menacées par la Covid. Les professionnels de santé du collectif ReinfoCovid et de la Coordination Santé Libre ont ainsi montré que, en dessous de l’âge de 45 ans, <a href="https://www.aimsib.org/2021/07/25/la-comparaison-entre-mortalite-par-covid-et-letalite-due-aux-vaccins-est-juste-catastrophique/" class="external" target="_blank">la balance bénéfice/risque est très défavorable à la vaccination génétique anti-covid</a>. Concernant les enfants et les adolescents, elle relève même d’une forme de violence sur mineurs qu’il serait par conséquent criminel de généraliser.</p><p>Enfin, aux États-Unis, où la pharmacovigilance (comme la transparence des données d’administration publique de manière générale) est beaucoup mieux organisée et plus contraignante que dans beaucoup de pays européens, des données très précises peuvent être exploitées sur <a href="https://vaers.hhs.gov/data.html" class="external" target="_blank">le site de la Vaccine Adverse Event Reporting System (VAERS)</a>. Et, contrairement à l’argument des industriels, répétés en boucle par les journalistes français (à l’image des fact-checkers déjà cités), ces données sont très largement fiables. <a href="https://www.researchgate.net/publication/352837543_Analysis_of_COVID-19_vaccine_death_reports_from_the_Vaccine_Adverse_Events_Reporting_System_VAERS_Database_Interim_Results_and_Analysis" class="external" target="_blank">Six chercheurs anglais viennent ainsi d’analyser</a> un échantillon de 250 déclarations de décès attribués aux vaccins anti-covid dans la VAERS. Il en résulte que les deux tiers des déclarations ont été faites par des médecins et qu’elles sont fiables à 86%. Or le constat qui ressort des données américaines est plus saisissant encore. En recherchant dans ces données les décès liés à la vaccination, il est possible non seulement d’avoir un comptage détaillé pour chaque vaccin anti-covid, mais de surcroît de pouvoir comparer ces résultats avec ceux de tous les autres vaccins administrés depuis plus de 30 ans dans ce pays. Au 16 juillet 2021, date à laquelle 160 millions d’Américains avaient été intégralement vaccinés, les vaccins anti-covid sont liés à plus de 6 000 décès, 91% d’entre eux étant attribuables aux seuls vaccins de Moderna et Pfizer (deux entreprises pharmaceutiques/biotechnologiques américaines, Janssen étant la filiale belge d’une autre entreprise pharmaceutique américaine, Johnson &amp; Johnson). Nous avons reconstitué le tableau ci-dessous qui donne le détail de ces chiffres.</p><p>Source : <a href="https://wonder.cdc.gov/controller/datarequest/D8;jsessionid=3E4511F66596003FFCFC92C1DA52" class="external" target="_blank">VAERS</a>, calcul réalisé sur les données datant du 16 juillet 2021</p><p>.</p><p>.</p><p>Par ailleurs, ces fichiers permettent donc de comparer cette mortalité des vaccins anti-covid à la mortalité vaccinale globale dans ce pays depuis 30 ans (concernant des centaines de vaccins). Ce fichier donne un total de 16 605 décès pour l’ensemble des vaccins sur toute la période. A elle seule et en seulement 6 mois, la vaccination anti-covid représente donc 36% de la totalité de la mortalité vaccinale dans ce pays depuis 30 ans. Par comparaison, dans la même base de données, nous avons compté le nombre de morts occasionnés par l’administration des différents vaccins contre la grippe saisonnière (influenza seasonal). En 30 ans (1990-2020), ces vaccins ont occasionné 1 106 décès, ce qui représente 6,66% du total de la mortalité vaccinale depuis 30 ans. Une autre façon d’exprimer ces résultats est donc de dire que, aux Etats-Unis, en 6 mois, la vaccination anti-covid a tué 5 fois plus de personnes que la vaccination anti-grippe en 30 ans. Ceci confirme d’une autre façon encore que nous sommes bien en présence de vaccins d’un nouveau genre, dont la dangerosité est inédite. </p><p>Conclusion </p><p>La question des effets indésirables graves des vaccins anti-covid fait l’objet d’un déni et d’un silence proprement scandaleux de la part du gouvernement et des principales agences sanitaires (Agence nationale de sécurité du médicament, Haute autorité de santé, Haut conseil de santé publique, etc.). Tout se passe comme s’il s’agissait d’un véritable tabou, en France comme dans la plupart des autres pays occidentaux. L’importance de ces effets apporte en effet une contradiction trop flagrante et dévastatrice pour l’idéologie de la vaccination intégrale qui guide des gouvernements ayant choisi de s’abandonner dans les bras de l’industrie pharmaceutique. Cette dernière est en effet au cœur de toute la gestion d’une épidémie qui constitue pour elle une aubaine inédite dans l’histoire : quel produit commercial breveté a pour marché potentiel la totalité de l’humanité, renouvelable chaque année qui plus est ? Patrons et actionnaires de ces firmes pharmaceutiques et biotechnologiques sont en train de <a href="https://www.alternatives-economiques.fr/covid-19-tres-chers-vaccins/00099304" class="external" target="_blank">devenir immensément riches</a>. Au vu de la façon (dans l’urgence, pour générer un maximum de profits) dont ces industries ont travaillé, notamment aux Etats-Unis et en Angleterre, pour mettre au point ces nouveaux vaccins génétiques (ADN ou ARN), on pouvait ainsi dès le départ redouter que ces produits ne soient pas de très bonne qualité. Mais la réalité dépasse ces craintes et montre que ces vaccins ont davantage d’effets indésirables plus ou moins graves qu’aucun autre avant eux. Nous avons vu ainsi qu’aux Pays-Bas l’on parvient à un taux de 2,7 morts pour 100 000 vaccinés (16,5 millions de vaccinés, 448 morts). En France et aux Etats-Unis, ce taux monte à environ 3,7 morts pour 100 000 vaccinés. Et en Grande-Bretagne, ce taux grimpe même à 4,3 morts pour 100 000 vaccinés, très probablement en raison de la prépondérance du vaccin AstraZeneca que l’on sait <a href="https://www.sudouest.fr/sante/coronavirus/vaccin/vaccin-astrazeneca-les-pays-bas-suspendent-a-leur-tour-son-utilisation-1672594.php" class="external" target="_blank">depuis le mois de mars 2021</a> être le plus dangereux des quatre vaccins couramment utilisés en Occident (en particulier du fait des nombreuses thromboses qu’il provoque et qui commencent à être documentées dans la littérature scientifique médicale, voir par exemple <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2104840" class="external" target="_blank">ici</a> et <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2104882" class="external" target="_blank">là</a>), ce qui n’est guère surprenant lorsque l’on connaît <a href="https://www.nytimes.com/2020/12/07/business/china-vaccine-astrazeneca.html" class="external" target="_blank">les conditions dans lesquelles il a été fabriqué en Chine</a>. Au passage, nous avons également signalé que ce fut le premier vaccin administré en France, dès février 2021, aux professionnels de santé. De là une des raisons rationnelles probables de la grande réticence à la vaccination anti-covid que manifestent une partie d’entre eux.</p><p>Cette mortalité vaccinale (qui n’est que la pointe émergée de l’iceberg des effets indésirables graves) est donc inédite, elle est particulièrement grave et sa dissimulation l’est plus encore. Soyons clair : dissimuler d’une façon ou d’une autre un tel danger est tout simplement criminel vis-à-vis de la population. Même réduite à ses plus élémentaires principes de déontologie (primum non nocere), l’approche de cette question en termes de santé publique devrait conduire à suspendre d’urgence la campagne vaccinale, à étudier beaucoup plus en détail les données de cette pharmacovigilance (en particulier selon les classes d’âge et en fonction des différents facteurs de risque) et, au terme d’une analyse bénéfices/risques méticuleuse, à déterminer à quelles catégories bien précises de la population il est possible de proposer la vaccination sans risque que les effets indésirables graves soient plus nombreux que les formes graves de la Covid dont elle sensée les protéger. Tout autre approche ne relève pas de la santé publique mais de postures idéologiques ou d’un marketing commercial. Et l’histoire a déjà montré (sur le tabac, sur les pesticides, sur la pollution aux hydrocarbures, etc.) que ces postures et ce marketing étaient responsables de véritables crimes contre les populations civiles. Que ces crimes soient commis au nom du Bien ou au nom de la Santé ne devrait en aucun cas aveugler sur leur réalité et leur nature. Toutes celles et ceux qui s’y adonnent pourront être désormais considérés comme complices de cette nouvelle mortalité vaccinale inédite dans l’histoire de la médecine.</p><p>Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/672/le-point-de-bascule</guid>
	<pubDate>Wed, 28 Jul 2021 15:02:43 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/672/le-point-de-bascule</link>
	<title><![CDATA[Le point de bascule.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Nous voici donc parvenus (déjà !) au mitan de cette trêve estivale qu’il est bien dur de respecter sereinement en raison de la stratégie du choc et du chaos organisée par l’exécutif.<br />Toutefois, quelques points.</p>

<p>-La mobilisation contre le passe de la honte, le puçage du bétail humain, est, contrairement à ce que prétend la propagande, très forte. Tout est fait pour feindre de confondre cette mobilisation avec un rejet de la vaccination, ce qui est et doit demeurer deux choses tout à fait différentes.</p>

<p>-Je me permets modestement de vous mettre en garde contre la poursuite des manifestations car, quiconque observe un peu les sites des réseaux d’ultra-gauche, antifas, black blocs et compagnie, sait que ces derniers sont furibards qu’un mouvement de rue leur échappe, et qu’ils ont lancé de nombreux appels afin de venir parasiter, je dirais gangrener, le mouvement. Comme d’habitude, ils serviront en cela de petits SA au pouvoir, sèmeront opportunément le chaos et permettront aux macronnards de couiner à la violence, en vous traitant, dans un amalgame de compétition, d’ignares, d’incultes, de CSP-, d’obscurantistes, d’extrémistes etc, on connaît la chanson (ces gens sont des petits-bourgeois aux souliers encore crottés, en ascension sociale ou hantés par le spectre de leur éventuel déclassement, et ont besoin d’afficher ce mépris afin de se rassurer, comme un parvenu a besoin d’afficher ses signes extérieurs de richesse…).<br />La stratégie du boycott me paraît désormais beaucoup plus efficace pour 2 raisons: d’abord parce qu’elle frappe au porte-monnaie, qui est la seule chose qui ait de la valeur en Macronie  composée d’individus ne croyant ni à Dieu ni à Diable, et contraindra les prestataires tentés par la collaboration à rejeter le puçage humain pour retrouver leurs clients.<br />Ensuite et surtout parce que plus la situation sera économiquement difficile à tenir, plus nous aurons de chances que ce passe de la honte soit réellement supprimé à l’automne, sans quoi, je vous le redis, il sera éternellement reconduit, comme les états d’urgence, par un exécutif qui ne respecte plus que les apparences de l’État de droit, puis ce puçage deviendra la norme.<br />(Et bientôt : la ségrégation entre les enfants, joli programme de rentrée scolaire…)</p>

<p>-Le monde dans lequel nous basculons dépasse très largement la question complètement anecdotique du covid. Je vous invite à lire avec attention l’ouvrage indispensable de S.Zuboff sur le « Capitalisme de surveillance » (s’il y a un livre à lire en ce moment c’est celui-ci), afin de comprendre (et là c’est mon analyse) que nous sommes dans un processus parfaitement historicisé, de développement du capitalisme lequel est en train d’opérer sa survie violente sur fond de confiscation des technologies numériques au profit de (et grâce à) la domestication des populations, sur fond aussi de prédation, de destruction des peuples et des nations (indispensable corollaire) mais aussi de destruction de la nature sans autre considération que le profit.<br />Pour cette raison, le délire sanitariste est nécessairement mondial.<br />Pour cette raison aussi, les peuples du monde entier sont en train de se mobiliser contre cette bascule qui, si nous la laissons opérer, sera irréversible.<br />Dans cette vaste bascule, le covid n’est qu’anecdotique et sert de prétexte.<br />Nous savions que le numérique bouleverserait l’humanité mais nous ne savions dans le fond pas vraiment comment. Ce qui est en train de se produire dépasse largement les bienfaits initiaux (et démocratiques) de la révolution numérique (réseaux de communication, accès aux données d’information etc) : il s’agit de la connexion directe de ces technologies avec le pouvoir par le biais du contrôle des corps.</p>

<p>-Pour ces différentes raisons, fuyez systématiquement les lieux où l’on collaborera en vous demandant le puçage humain, reprenez l’habitude de payer en espèces, laissez vos portables éteints quand vous n’en avez pas besoin, laissez-les chez vous autant que possible lorsque vous faites des activités personnelles extérieures, connectez-vous aux réseaux sur des durées limitées et dans des temps restreints, pour communiquer entre nous, ou pour vous réinformer, selon des canaux que vous maîtrisez, mais le moins possible depuis des lieux qui permettent d’identifier vos pratiques personnelles (loisirs, voyages etc, ou alors ne le faites pas en direct), lisez des livres imprimés sur du papier, achetez des journaux imprimés sur du papier, achetez des disques et cessez de télécharger des mp3, faites de la marche, du vélo non électrique, pour les passionnés de sports mécaniques (comme moi) désactivez vos GPS, faites vivre vos terroirs, revenez au local, reprenez le contrôle de vos espaces publics, bref, en un mot, reprenez votre liberté et surtout gardez le contrôle de vos corps.</p>

<p>-L’année à venir sera politique. Tout y sera violent et ils oseront tout pour se maintenir en place. Il faudra être lucides et forts. Je rappelle d’ailleurs qu’il n’y a pas que des présidentielles mais aussi des législatives et que le peuple dispose donc de deux chances pour neutraliser les semeurs de chaos et les destructeurs acharnés du pays.<br />La forfaiture du Parlement sur le puçage humain restera comme un choc au moins équivalent à ce que fut la trahison du Traité de Lisbonne après le vote «non » au Traité Constitutionnel européen de 2005. La sécession des «élites» se poursuit, cette fois-ci en visant directement les populations dans leur chair, mais aussi en dynamitant de manière hallucinante le droit du travail, et tous nos principes ainsi que nos valeurs.<br />Il conviendra donc de se mobiliser, en allant chercher tous les gens que nous connaissons et qui s’abstiennent, pour les conduire aux bureaux de vote, et s’ils sont interdits d’accès pour un prétexte sanitaire quelconque, ne pas les inciter à voter numériquement mais prendre leurs procurations.<br />(Programme non exhaustif, à compléter à la rentrée).</p>

<p>Bref, nous aurons beaucoup de pain sur la planche. Vraiment, prenez des forces !</p>

<p>À bientôt…</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/671/the-us-air-force-quietly-admits-the-f-35-is-a-failure</guid>
	<pubDate>Tue, 27 Jul 2021 17:25:08 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/671/the-us-air-force-quietly-admits-the-f-35-is-a-failure</link>
	<title><![CDATA[The US Air Force Quietly Admits the F-35 Is a Failure]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>This site may earn affiliate commissions from the links on this page. <a href="https://www.ziffdavis.com/terms-of-use#endorsement" target="_blank">Terms of use</a>.</p>
<p>The Air Force has announced a new study into the tactical aviation requirements of future aircraft, dubbed TacAir. In the process of doing so, Air Force chief of staff General Charles Q. Brown finally admitted what’s been obvious for years: The F-35 program has failed to achieve its goals. There is, at this point, little reason to believe it will ever succeed.</p><p><a href="https://www.airforcemag.com/brown-launching-major-tacair-study-with-cape-considering-5th-gen-minus/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">According to Brown,</a> the USAF doesn’t just need the NGAD (Next Generation Air Dominance) fighter, a sixth-generation aircraft — it also needs a new, “5th-generation minus / 4.5th-generation aircraft.” Brown acknowledged some recent issues with the F-35 and suggested one potential solution was to fly the plane less often.</p><p>“I want to moderate how much we’re using those aircraft,” the general said. “You don’t drive your Ferrari to work every day, you only drive it on Sundays. This is our high end, we want to make sure we don’t use it all for the low-end fight… We don’t want to burn up capability now and wish we had it later.”</p>
<p>Ferrari Would Not Consider This Comparison a Compliment</p>
<p>These statements may not seem provocative, but they represent a huge shift in the Air Force’s stance regarding the F-35. The F-35 originated from what was originally known as the Joint Strike Fighter (JSF) program, a multi-national development effort between the United States, the UK, and multiple other partner nations. The explicit purpose of the JSF program was to create a single aircraft that could replace a wide range of air, ground, and strike fighter capabilities. Today, the F-35 exists in three variants. The F-35A provides conventional takeoff/landing and is operated by the USAF, the F-35B provides short-takeoff and vertical-landing (STVOL) capabilities for the US Marines, and the F-35C is designed for carrier operations and is operated by the US Navy.</p><p>The DoD and Lockheed-Martin have spent years painting the F-35 as a flexible, multi-role aircraft capable of outperforming a range of older planes. The rhetoric worked. The F-22 Raptor, F/A-18 Hornet, and several jets in the Harrier family were retired because the F-35 was supposed to replace them. The Air Force <a href="https://www.extremetech.com/extreme/222536-us-air-force-to-keep-the-ugly-deadly-and-uniquely-capable-a-10-in-the-air-through-2022" target="_blank" rel="noopener noreferrer">fought</a> to replace the beloved A-10 Warthog with the F-35 on the grounds that the latter was, somehow, a superior replacement.</p>
<p><a href="https://www.extremetech.com/wp-content/uploads/2016/02/Kim_campbell_damage_a10.jpg"></a></p>
<p id="caption-attachment-222537" class="wp-caption-text">This jet flew home. The F-35 has not proven itself to be equivalently robust. Credit: USAF</p><p>The F-16 was supposed to be replaced by the F-35. Back in 2010, Lockheed expected the F-35 to <a href="https://www.flightglobal.com/singapore-2010-lockheed-says-f-35s-will-replace-usaf-f-15s/91830.article" target="_blank" rel="noopener noreferrer">replace the F-15C/D variants as well as the F-15E Strike Eagle</a>. That’s six different aircraft covering all three roles (air-to-air, strike, and ground). The F-35 was explicitly developed and designed to be a flexible, effective, and relatively affordable aircraft with sophisticated logistics management systems that would reduce downtime and boost reliability.</p><p>This aircraft wasn’t supposed to be a Ferrari. It was billed, explicitly, loudly, and repeatedly, as the single platform that could fill any mission requirement and satisfy virtually any mission profile outside of something a B-52 might handle. Instead, the Air Force, Marines, and Navy have all adjusted plans at various times to keep older aircraft in service due to delays and problems with the F-35.</p><p>To say the F-35 has failed to deliver on its goals would be an understatement. Its mission capable rate is <a href="https://www.defensenews.com/air/2021/01/20/the-defense-department-still-isnt-meeting-its-f-35-readiness-goals/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">69 percent</a>, below the 80 percent benchmark set by the military. 36 percent of the F-35 fleet is available for any required mission, well below the required 50 percent standard. Current and ongoing problems include faster than expected engine wear, transparency delamination of the cockpit, and unspecified problems with the F-35’s power module. The General Accountability Office (GAO) has blamed some of this on spare parts shortages, writing:</p><p>[T]he F-35 supply chain does not have enough spare parts available to keep aircraft flying enough of the time necessary to meet warfighter requirements. “Several factors contributed to these parts shortages, including F-35 parts breaking more often than expected, and DOD’s limited capability to repair parts when they break.</p><p>There have been so many problems with the F-35, it’s difficult even to summarize them. Pilot blackouts, premature part failures, software development disasters, and more have all figured in various documents over the years. Firing the main gun can <a href="https://www.extremetech.com/extreme/305600-the-f-35-is-still-broken-and-the-f-35a-cant-shoot-straight" target="_blank" rel="noopener noreferrer">crack the plane</a>. The Air Force has already moved to buy new F-15EX aircraft. Multiple partner nations that once promised F-35 buys have shifted orders to other planes. The USAF continues to insist it will purchase 1,763 aircraft, but the odds of it doing so are <a href="https://www.extremetech.com/extreme/266746-us-air-force-considers-cutting-f-35-orders-third-pay-fighters-support-costs" target="_blank" rel="noopener noreferrer">increasingly dubious</a>. The F-15EX costs an estimated $20,000 per hour to fly. The F-35 runs $44,000. Lockheed-Martin has promised to bring that cost down to $25,000, but it’s been promising that for years. Former Air Force pilots <a href="https://www.thenation.com/article/archive/f35-fighter-jet-pentagon/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">have not been kind</a> in their recent evaluations of the aircraft’s performance and capabilities.</p><p>Brown indicated he’s not interested in buying more F-16s, because not even the most advanced variants have the full scope of features the USAF hopes to acquire. This would presumably also disqualify the “F-21” Lockheed-Martin recently announced for the Indian market. Instead, Brown wants to develop a new fighter with fresh ideas on implementing proven technologies.</p><p>Congress will have a voice in this discussion, so it’s far from a done deal, but after over a decade mired in failure, someone at the DoD is willing, however quietly, to acknowledge that the F-35 will never perform the role it was supposed to play. As for how much it’ll actually cost to build that 4.5th-generation fighter, all I’ll say is this: The F-35 was pitched to Congress and the world as a way of saving money. Today, the lifetime cost of the aircraft program, including R&amp;D, is estimated to be over $1.5 trillion. The price of a supposedly cheaper 4.5-generation plane could easily match or exceed the F-35’s flyaway cost by the time all is said and done, though hopefully any future aircraft would still manage to offer a much lower cost per hour.</p><p>Feature Image by Staff Sgt Joely Santiago, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/File:First_F-35_headed_for_USAF_service.jpg" target="_blank" rel="noopener noreferrer">USAF</a>. </p><p>Now Read:</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/670/le-revenu-universel-peut-il-nous-sortir-de-l%E2%80%99impasse-entretien-avec-david-cayla</guid>
	<pubDate>Sun, 25 Jul 2021 09:43:16 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/670/le-revenu-universel-peut-il-nous-sortir-de-l%E2%80%99impasse-entretien-avec-david-cayla</link>
	<title><![CDATA[Le revenu universel peut-il nous sortir de l’impasse ? entretien avec David Cayla]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Entretien réalisé par Mathilde Nutarelli, étudiante en économie, 05/07/2021</p>

<p>David Cayla est économiste, chercheur et maître de conférences à l’université d’Angers. Membre des économistes atterrés, il a publié des ouvrages sur la question européenne, notamment La Fin de l’Union européenne, avec Coralie Delaume. Son dernier livre, Populisme et Néolibéralisme explore les mécanismes économiques à l’oeuvre derrière la résurgence actuelle des mouvements de contestations. Dans cet entretien, nous avons échangé sur le revenu universel, outil qui revient à la mode à la faveur de la pandémie et des alternatives qui peuvent lui être proposés.</p>

<p>LTR : Avec la pandémie et les difficultés économiques qui en ont découlé, le revenu universel a le vent en poupe. Expérimentations dans certaines régions ou pays, élus demandant de le mettre en place, … Le sujet est omniprésent depuis un an. C’est une notion très large qui englobe plusieurs visions. De la version libérale de Milton Friedman au salaire à vie de Bernard Friot, les écarts sont importants, tant sur le plan idéologique que pratique. Pourriez-vous nous exposer brièvement les différentes philosophies qui sous-tendent ce concept ?</p>

<p>David Cayla : Derrière le revenu universel, il y a beaucoup de conceptions différentes, qui vont de la plus libérale à la plus communiste. La proposition de Milton Friedman n’est pas tout à fait un revenu universel, c’est plutôt une allocation minimale, un impôt négatif. Il propose que les personnes ayant un revenu inférieur à un certain seuil puissent toucher une allocation complémentaire. Chez Bernard Friot, à l’inverse, l’objectif est de remplacer le capitalisme. Pour cela, il propose que tout le monde ait un revenu socialisé qui se substitue au revenu de la sphère privée. Entre ces deux principes, il y a de grandes différences. On peut ausssi citer le « Liber » des libéraux à la Gaspard Koening, le revenu de base du Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB), ou encore le revenu universel d’existence de Benoît Hamon.</p>

<p>Mais alors, comment peut-on englober dans un même terme toutes ces propositions différentes ? Je leur vois trois points communs : il s’agit d’allouer un revenu déconnecté du travail, universel, dans le sens où il toucherait tout le monde, et suffisant. Le caractère suffisant signifie qu’il faut qu’on puisse vivre et combler ses besoins essentiels avec. Tout réside ensuite dans ce que l’on entend par « besoins essentiels ». On peut commencer au niveau du RSA ou bien se placer à un niveau supérieur.</p>

<p>Universel, cela veut dire que tout le monde doit pouvoir bénéficier de ce minimum-là. Parfois, cela signifie le donner à tout le monde, en taxant en contrepartie, ce qui ne fera pas augmenter le revenu de la majorité des gens, mais l’idée de départ est que les plus pauvres ne soient pas oubliés.</p>

<p>Le troisième élément, c’est qu’il est sans contrepartie, c’est-à-dire qu’il est totalement déconnecté de l’activité économique. Il ne se fait pas en échange d’un travail ou d’une démarche. C’est cela qui le distingue du RSA ; car dans le cadre du RSA, on demande au bénéficiaire de signer un contrat d’insertion.</p>

<p>LTR : Pour défendre le revenu universel, ses partisans expliquent qu’il permet de repenser la place du travail, et plus particulièrement des tâches mécaniques, dans la société afin de s’en libérer. Que pensez-vous de cet argument ?</p>

<p>David Cayla : Les promoteurs de gauche du revenu universel considèrent que son intérêt est justement de libérer les individus du besoin de travailler. Ils le justifient par la disparition du travail, liée à la mécanisation. C’est quelque chose que l’on trouve beaucoup chez Benoît Hamon et Baptiste Mylondo, par exemple. Ils justifient aussi cela par l’idée qu’aujourd’hui, toute une partie de l’activité productive des gens ne s’organise pas dans un rapport marchand mais plutôt dans les liens sociaux, comme des grands-parents qui gardent leurs petits-enfants, et qui ne sont pas rémunérés.</p>

<p>Derrière cela, il y a plusieurs choses. Il y a d’abord l’idée de la société post travail : le travail aurait été nécessaire dans la société, mais depuis l’automatisation en a supprimé en grande partie le besoin. Deuxièmement, il y a l’idée qu’il faut valoriser le non marchand. Troisièmement, il est sous-entendu que le plein emploi est une utopie aujourd’hui illusoire et qu’il faut donc trouver une solution pour que les gens puissent vivre décemment sans être obligés de trouver un emploi. Il y a enfin l’idée de renforcer le pouvoir de négociation des salariés sur le marché du travail. Cela aurait pour but d’améliorer leurs conditions de travail, parce qu’aujourd’hui le travail est absolument nécessaire pour vivre et les travailleurs n’ont pas le choix que d’accepter des travaux pénibles et difficiles.</p>

<p>Ce sont les principaux arguments des partisans de gauche du revenu universel. Le problème, c’est qu’ils sont incohérents entre eux. Ils affirment deux choses contradictoires. Premièrement, ils disent qu’il faut favoriser le non marchand mais proposent pour cela de rémunérer les individus avec de l’argent, qui par définition, ne peut être dépensé que dans la sphère marchande. C’est la contradiction philosophique la plus importante. Si l’on veut mettre en avant le non marchand, il ne faut pas donner de l’argent aux citoyens, mais leur fournir des services publics gratuits.</p>

<p>Et là on pose une deuxième question : quel est le rôle de l’État ? Est-il de garantir aux gens des allocations monétaires en espèces ou doit-il fournir des services publics gratuits ? Je suis attaché à la gratuité, j’en tire la conclusion logique que tous les revenus ne passent pas par des revenus monétaires, qu’une partie de la richesse dont nous disposons est non marchande et produite par l’État. Transformer l’État d’un producteur de services non marchands à un État qui alloue de la monnaie en espèces aux ménages pour leur permettre de consommer de manière marchande, c’est à mon avis une dérive grave qui ne peut pas se comprendre dans une perspective de gauche. </p>

<p>Derrière le revenu universel, il y a beaucoup de conceptions différentes qui vont de la plus libérale à la plus communiste.<br />C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les libéraux sont favorables au revenu universel. On le retrouve très bien chez Friedman. La pensée au cœur de sa thèse c’est de substituer des programmes gouvernementaux de services publics par des allocations de même coût et laisser le marché pourvoir à la satisfaction des besoins des ménages. Cette logique-là est cohérente. Mais la logique qui consiste à faire de l’État un producteur d’allocations pour que la population puisse consommer tout en étant contre le tout marché me semble particulièrement contradictoire. C’est le premier point. Le deuxième point, c’est que je ne crois pas à la disparition du travail. Si on veut aller plus loin dans la réflexion, l’argument de la mécanisation et de l’automatisation n’est pas bon. Certes une automatisation a lieu, on ne peut pas le nier, mais c’est un processus ancien, qui date de la révolution industrielle. Au fur et à mesure qu’on mécanise, on s’aperçoit que les emplois se déversent vers les secteurs qui sont non mécanisables et non automatisables. Ils se déversent en particulier vers un secteur très important, celui du care, plus largement de tout ce qu’on appelle les emplois relationnels. Ce sont les emplois qui sont liés à la relation entre le pourvoyeur de service et l’usager. On peut citer par exemple l’éducation, la santé, la sécurité, l’accompagnement. Ce type d’emploi n’a cessé d’augmenter et aujourd’hui on en manque. Aussi, un vrai problème se pose:on a à la fois des chômeurs qui cherchent un emploi et des besoins en emplois qui ne sont pas mécanisables et qu’on ne crée pas en dépit de leur importance. Comment en est-on arrivé là ? Pour une raison simple : la très grande majorité des emplois relationnels sont des emplois publics. Or, on refuse que l’État, au nom de l’austérité budgétaire, crée les emplois relationnels qui sont nécessaires socialement.</p>

<p>Si on veut résoudre le chômage, il suffit de diminuer la taille des classes, d’améliorer les conditions de travail dans les EHPADs et les hôpitaux, d’améliorer les conditions de travail et de formation de la police, etc. C’est-à-dire créer des emplois publics. Cela couterait beaucoup moins cher que d’allouer un revenu universel de 800€ à tout le monde chaque mois. C’est là qu’à mon sens il y a un problème. Si on considère que le rôle de l’État est d’abord de fournir des services publics gratuits à sa population et qu’on lui substitue un rôle d’allocation monétaire sans créer les emplois publics, alors cela créera une concurrence implicite que les partisans du revenu universel de gauche ne mettent jamais en avant. La base fiscale, ce qu’on peut taxer, est de toute façon limitée. Si l’on arrive à collecter 100 milliards d’euros de plus, par exemple, la question va vite se poser pour savoir s’il faut les utiliser pour créer des emplois publics ou pour verser une allocation de type revenu universel. Benoît Hamon dirait qu’il faut faire les deux. Pour moi, ce n’est pas une réponse satisfaisante. Il faut avoir une idée des mesures prioritaires qui vont être financées avec cet argent.</p>

<p>LTR : Certains détracteurs du revenu universel affirment qu’au lieu de permettre aux salariés de mieux négocier avec leurs employeurs, avoir une rentrée d’argent régulière et inconditionnelle inciterait ces derniers à revoir les rémunérations à la baisse. Qu’en pensez-vous ?</p>

<p>David Cayla : Ce qui me gêne le plus dans cette argumentation sur le pouvoir de négociation des salariés c’est qu’on prend pour fait acquis l’idée des économistes selon laquelle l’emploi est organisé essentiellement par un marché du travail, avec une offre, une demande et un pouvoir de négociation. Or, cette vision fait l’impasse sur tout un ensemble d’autres dimensions dans le travail qui sont plus sociologiques ou anthropologiques, en particulier le fait que le travail n’est pas du tout une marchandise comme une autre. Je comprends qu’on puisse parler de pouvoir de négociation quand il s’agit de voitures, mais je pense que, dans le cadre de la relation de travail, cela laisse beaucoup de choses de côté. On oublie en particulier que le travail a une dimension identitaire. C’est-à-dire que l’emploi que l’individu accomplit participe de son identité et donc de l’idée qu’il se fait de lui-même. Ce n’est pas du tout équivalent, par exemple, de toucher 1000 euros d’allocations ou de toucher 1000 euros sous forme de salaire. Quand on est de gauche, on ne peut pas raisonner comme des économistes néolibéraux, qui affirment que l’argent n’a pas d’odeur, que les individus raisonnent comme des homo economicus.</p>

<p>Deuxièmement, le travail est aussi un rapport social, d’autorité entre deux personnes. Lorsqu’on parle de pouvoir de négociation, on ne pense qu’au moment où on va négocier le salaire ou les conditions de travail. Ce qu’on oublie, c’est qu’une fois qu’on est salarié, on est de toute façon soumis à un rapport de domination. Je doute que le revenu universel permettre de se détacher plus facilement de son travail, de changer les rapports de force dans l’entreprise. Tout collectif, par définition, produit des règles qui contrarient l’autonomie individuelle. Je crois beaucoup plus à la démocratie d’entreprise pour améliorer cela qu’à une allocation extérieure. Si l’on veut libérer le travailleur, il faut aller voir ce qui se passe dans l’entreprise. Ce qui passe par les lois de protection des salariés, le droit du travail, la démocratisation des entreprises.</p>

<p>On prend pour fait acquis l'idée des économistes selon laquelle l'emploi est organisé essentiellement par un marché du travail.<br />LTR : Pensez-vous que la mode du revenu universel dure au- delà de la crise actuelle ?</p>

<p>David Cayla : Le revenu universel est une très vieille idée. Elle est d’autant plus attractive qu’aujourd’hui on analyse la richesse, le niveau de vie et la pyramide sociale uniquement à travers la question du revenu monétaire. Répondre à des problèmes qu’on envisage uniquement à travers le prisme du revenu par des revenus, cela paraît donc l’évidence même. On est tellement imbibé par le marché, par l’idée que l’argent fait la richesse, qu’on finit par décider d’aller vers le revenu universel.</p>

<p>C’est d’autant plus important que la question de l’inflation a disparu aujourd’hui de la pensée. L’une des raisons qui pourrait empêcher le revenu universel d’être une idée populaire, ce serait que la situation soit similaire à celle des années 70- 80, dans un régime de forte inflation. Là, toute personne qui proposerait le revenu universel se verrait opposer l’argument de l’augmentation des prix. Mon sentiment, c’est que quand on propose ce genre de solution, c’est qu’on a déjà accepté la naturalité du marché, c’est-à-dire que les individus ne peuvent exister autre- ment qu’en étant des consommateurs, que toute la richesse vient de ce qu’on achète. Or, tout cela est extrêmement contestable. J’aimerais que les responsables politiques et les intellectuels par- viennent à penser la richesse indépendamment de la question du revenu, en prenant en compte le fait qu’une grande partie de la richesse est non marchande. Par exemple, on ne met plus en avant la question du temps libre. Une grande partie de la richesse est produite par les gens sur leur temps libre ; le temps est en soi une richesse extrêmement importante.</p>

<p>Ainsi, l’une des manières de contrer la question du revenu uni- versel serait d’organiser une vraie diminution du temps de travail. On résoudrait le problème du manque d’emplois et on mettrait en avant le fait que le temps libre est aussi une richesse non-marchande importante. On pourrait tout à fait redistribuer le temps pour réorganiser le travail autrement.</p>

<p>Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles le revenu universel est à la mode. La raison principale, c’est l’idéologie néolibérale dominante. L’idée que tout procède du marché. On dit que quand on a un marteau comme seul outil, tous les problèmes finissent par se présenter sous la forme de clous. Aujourd’hui, on est tellement persuadés que le problème de la richesse est lié au problème du revenu monétaire, que pour résoudre le problème des inégalités, on va forcément augmenter les revenus ou en donner à tous. La réalité c’est que l’économie ne se présente pas uniquement de cette façon-là. Si on réfléchit avec un peu de distance, l’économie est la sphère de la production et de la répartition des richesses marchandes et non marchandes. On peut donc augmenter la sphère non marchande, on peut penser la richesse que constitue le temps libre, et organiser l’économie pour le maximiser. On peut penser que toute une partie de la richesse doit être soustraite du marché. Dans ce cas-là, donner des revenus aux gens sera beaucoup moins important, puisqu’une grande partie de la richesse ne sera pas achetable.</p>

<p>Quand on pense les choses avec un peu plus de recul, on s’aperçoit que le revenu universel n’est qu’une réponse ponctuelle. Un point de vigilance, cependant : je ne dis pas qu’il ne faut pas d’allocations en espèces, je ne dis pas non plus qu’il faut supprimer le marché. Je dis simplement que le marché ne peut pas être l’alpha et l’oméga de la production et de la distribution de la richesse.</p>

<p>LTR : S’il est impossible voire délétère de se défaire du travail, il n’en demeure pas moins que son organisation actuelle, dans de nombreux secteurs, ne permet pas aux travailleurs de s’épanouir voire les aliène. Les écarts de rémunération grandissants, le déclin des syndicats et le développement des « bull- shit jobs » en sont des manifestations. Comment répondre à cette situation sans revendiquer un monde sans travail ?</p>

<p>David Cayla : Il faut prendre en considération le fait que l’univers du travail est un univers particulier, dans lequel on agit collectivement. Ce n’est pas que l’individu qui travaille, c’est surtout un groupe de personnes. Le droit du travail encadre tout cela et notamment l’idée de l’abus de bien social. Un chef d’entreprise ne peut pas tout faire. Je pense qu’il faut sortir l’entreprise du féodalisme, de l’idée que les individus s’organisent seulement en rapports de force liés à la position du capital. Cela a déjà été fait. La démocratisation de l’entreprise c’est, par exemple, la reconnaissance du fait syndical, les instances représentatives de concertation.</p>

<p>Mais il faudrait aller plus loin. Il devrait y avoir des règles plus strictes sur l’organisation du par- tage de la richesse. Dans nos entreprises subsiste un problème fondamental : les revenus sont distribués individuellement, alors que la richesse est toujours produite collectivement. Il n’y a pas de corrélation claire, contrairement à ce que disent les économistes, entre la production réalisée par chaque travailleur et ce qu’il récupère en termes de revenu. Il n’y a pas non plus de corrélation entre ce qu’apporte le capitaliste et comment il est rémunéré en termes de dividendes. En fait, quand on regarde ceux qui tirent des revenus des entreprises, on voit que tout cela est totalement arbitraire. Ce qui signifie que les revenus que chacun prélève ne sont que les produits de rapports de force, liés à la capacité qu’à chaque personne à se vendre, à la rareté relative qu’il représente, et à la place institutionnelle qu’il occupe.</p>

<p>Ainsi, quand l’entreprise se financiarise, sa priorité devient la rémunération des actionnaires, au détriment à la fois du bien-être des salariés mais aussi de sa valorisation à long terme et de sa propre capacité à créer des richesses. Je pense que l’État a un rôle à jouer pour réorganiser les arrangements institutionnels au sein des entreprises, c’est-à-dire faire en sorte que les rapports de force soient plus équilibrés, que les revenus soient plus égalitaires, que le partage de la valeur ajoutée se fasse sur des critères plus égaux, mais aussi que l’entreprise puisse se recentrer sur sa fonction première qui est de produire de la richesse à long terme et non de racheter ses propres actions en détruisant son propre capital au seul profit de ses actionnaires.</p>

<p>LTR : Le revenu universel est souvent présenté comme la solution pour lutter contre la grande exclusion. Vous en avez soulevé les limites au cours de cet entretien. Mais alors, que faut-il faire pour lutter contre les inégalités et la pauvreté ?</p>

<p>David Cayla : Le grand argument du revenu universel est de dire qu’il va permettre de lutter contre la pauvreté et cela d’autant plus si l’on fixe son montant au-dessus du seuil de pauvreté. Il y a un aspect important dans cet argument, c’est le taux de non-recours élevé des minima sociaux. Des gens ont droit à des revenus mais n’y ont pas recours en raison de la difficulté à se faire connaître. Si l’on met en place le revenu universel, alors on toucherait tout le monde et il y aurait beaucoup moins de taux de non-recours. Je pense que ce n’est pas tout à fait vrai. Même dans le cadre du revenu universel, il faudra effectuer une démarche administrative, remplir un dossier, indiquer un compte bancaire sur lequel verser l’allocation… Il faudra aussi contrôler les fraudes.</p>

<p>Par ailleurs, il y a des questions auxquelles on ne répond jamais : que fait-on des immigrés et des clandestins ? Auront-ils droit au revenu universel et jusqu’à quel point ? Et quel sera le statut des Français expatriés ? Il faudra créer une administration du reve- nu universel et des conditions d’attribution pour qu’il arrive. Aussi on ne supprimera pas complètement le taux de non-recours.</p>

<p>J'aimerais que les responsables politiques et les intellectuels parviennent à penser la richesse indépendamment de la question du revenu.<br />La deuxième chose, c’est la question du RSA. Est-ce que le revenu universel est un meilleur outil pour lutter contre la pauvreté ? Je mets de côté la question du montant. Imaginons qu’on les fixe tous les deux à 700 euros, par exemple. La différence entre les deux, c’est que le RSA est conditionné, on ne le touche qu’en contrepartie d’une démarche d’insertion active, avec des entretiens individuels, un suivi par un conseiller, etc… Le revenu universel, à l’inverse, serait donné sans aucune contrepartie. On peut penser que s’il n’y a plus de contrepartie, on allègera la structure administrative, on aura ainsi besoin de moins de fonctionnaires, ce qui est sans doute vrai et ce qui coûtera moins cher qu’un RSA de même montant. Mais il y aura du coup moins de personnel pour accompagner les personnes. Et puisque le revenu sera universel, on n’identifiera plus les personnes dans le besoin contrairement à ce qui se passe aujourd’hui.</p>

<p>Plus largement, je ne crois pas qu’il faille limiter la pauvreté a la question du revenu, et c’est ça que fait le revenu universel. Pour moi, le problème de la pauvreté, c’est surtout un problème d’exclusion. C’est-à-dire d’exclusion sociale, d’abord, parfois de problèmes d’auto-valorisation et puis un problème de perspectives. On ne peut pas dire à une personne qu’elle va toucher un revenu universel, de 700€ par mois toute sa vie. Certes, elle ne sera plus en situation de grande pauvreté, mais pourra-t-on dire qu’on a résolu le problème de la grande pauvreté en général et de l’exclusion en particulier ? Je ne crois pas.</p>

<p>La norme doit être la contribution sociale que chacun produit par son travail dans un cadre marchand ou non marchand. Si l’objectif de l’individu n’est pas juste d’être un consommateur et de recevoir un revenu minimal pour continuer de consommer, mais aussi d’être un contributeur, d’avoir une place dans la société, de produire pour les autres, alors je crois que le RSA est bien plus qualifié pour sortir des gens de l’exclusion et de la pauvreté. Celles et ceux qui sont au RSA, non seulement bénéficient d’un revenu, mais aussi d’un accompagnement personnalisé. C’est d’autant plus vrai pour les jeunes avec la Garantie jeunes, parce qu’ils ont des besoins d’accompagnement bien plus importants que les plus de 25 ans. Toutes ces démarches d’accompagnement et d’insertion vont disparaître ou devenir marginale avec le revenu universel.</p>

<p>Les partisans disent que l’on pourra tout de même organiser ces dé- marches d’insertion de manière volontaire. C’est oublier que le problème de l’exclusion est justement de ne pas aller vers ce genre de dispositifs, à moins d’y être contraint. Je pense qu’il y a là aussi une mauvaise conception de l’exclusion. Quand on demande aux associations caritatives ce qu’elles pensent du revenu universel, il y en a beaucoup qui sont contre, parce qu’elles comprennent bien que la situation réelle des personnes exclues est qu’elles ne savent pas comment s’organiser et s’intégrer, qu’elles n’iront donc pas spontanément chercher les dispositifs d’aide et d’accompagnement qui peuvent exister.</p>

<p>Le RSA, avec la stratégie du donnant-donnant, permet d’identifier ceux qui ont le plus de problèmes et d’adapter à ce public-là des dis- positifs d’insertion qui fonctionnent bien.</p>

<p>LTR : Pour conclure, une ques- tion plus actuelle. Récemment, à gauche, un embryon de consensus s’est formé pour réclamer l’établissement d’un RSA pour les moins de 25 ans, que pensez-vous de cette proposition ?</p>

<p>David Cayla : La situation actuelle est extrêmement précaire, dramatique, pour la jeunesse. Elle l’est à la fois pour les étudiants, mais aussi pour ceux qui sortent de leurs études et qui recherchent un stage ou en emploi, et pour les jeunes qui sont déjà exclus. Face à cela, je ne suis pas opposé à ce qu’on puisse temporairement élargir le RSA, comme première solution. Le problème, c’est lorsqu’on on le présente comme une solution de long terme.</p>

<p>Je suis beaucoup plus réservé sur ce sujet parce que le problème de la jeunesse, c’est premièrement un manque d’emploi et de stages. Globalement, la covid a fait disparaître des petits emplois que beaucoup d’étudiants occupaient et des embauches, impliquant que ceux qui sortent de leurs études sont en difficulté pour trouver un travail.</p>

<p>Or, répondre au manque d’emploi par un RSA n’est pas satisfaisant. Vous sortez de vos études et au lieu d’avoir un emploi bien rémunéré, on vous donne une allocation minime. Ce n’est pas ce que veulent les jeunes. Ils savent bien qu’ils ne vont pas s’ouvrir une carrière au RSA. La priorité devrait donc être de créer des emplois. Je comprends qu’on ne puisse pas les créer immédiatement et qu’en attendant, le RSA peut être une solution transitoire, mais ce n’est pas une solution qui correspond aux besoins spécifiques de cette jeunesse.</p>

<p>De la même façon, il faut aider les étudiants qui cherchent à faire leurs études et qui pour cela doivent avoir des petits boulots à côté. Il faut leur donner des allocations spécifiques en augmentant, prolongeant et généralisant les bourses, en leur permettant de redoubler une deuxième fois sans la perdre. Aujourd’hui, certains ne peuvent pas réussir leur année à cause des conditions d’études dégradées. Cela me semble mieux répondre aux problèmes des étudiants que de simplement leur accorder le RSA.</p>

<p>Troisièmement, il faut aider tous les jeunes qui sont exclus et qui bénéficient de la Garantie jeunes. C’est un dispositif qui date de janvier 2017, organisé sous la pression de l’Union Européenne. Il est sous-dimensionné : il n’y a que 100 000 à 150 000 jeunes qui en dis- posent. On ne peut avoir un revenu équivalent au RSA que durant 1 an à 1 an et demi. Il y a très peu de communication sur ce dispositif, ce qui veut dire qu’il y a beaucoup de jeunes qui en auraient besoin mais qui ne peuvent pas l’avoir faute d’information, ou qui l’ont eu pendant un temps court et ne peuvent pas y revenir après un échec d’insertion. Clairement, je suis pour la généralisation de la Garantie jeunes, qui est un RSA renforcé sur le plan de l’accompagnement. Mais pour cela, il va falloir recruter des accompagnants. Si l’on veut tripler le nombre de bénéficiaires et garantir le revenu jusqu’à 25 ans, ou tant que le bénéficiaire n’est pas inséré, il va falloir tripler les personnes des Missions locales, en créer de nouvelles, notamment en zone rurale. C’est un effort d’investissement extrêmement important que doit faire l’État, et ce serait beaucoup plus efficace que la généralisation du RSA aux moins de 25 ans. La démarche d’insertion d’un jeune de 19 ans est bien plus spécifique et nécessite un accompagnement bien plus important que ce qui se fait avec le RSA.</p>

<p>Pour résumer, le RSA comme solution d’urgence, de court terme, pourquoi pas. Mais la réponse aux problèmes de la jeunesse aujourd’hui doit être d’abord de créer des emplois pour les jeunes. Il faut en créer beaucoup, à la fois pour ceux qui sont qualifiés et pour ceux qui ne le sont pas. Pour se substituer au secteur privé qui n’en crée plus, il faut que le secteur public prenne la place. Cette réponse doit aussi passer par une amélioration, au moins ponctuelle, mais plus structurelle également, des allocations pour les étudiants. Enfin, je souhaite une généralisation et une extension massive de la Garantie jeunes.</p>

<p>Dans nos entreprises subsiste un problème fondamental : les revenus sont distribués individuellement, alors que la richesse est toujours produire collectivement.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/669/extension-du-passeport-sanitaire%C2%A0-une-mesure-inapplicable-qui-fracture-la-societe</guid>
	<pubDate>Wed, 21 Jul 2021 20:25:12 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/669/extension-du-passeport-sanitaire%C2%A0-une-mesure-inapplicable-qui-fracture-la-societe</link>
	<title><![CDATA[Extension du passeport sanitaire : une mesure inapplicable qui fracture la société]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Lundi 12 juillet, le président Macron a pris de nombreux Français de court en leur annonçant l’extension du passeport sanitaire à des activités du quotidien telles que la fréquentation des cafés, restaurants ou centres commerciaux, ainsi qu’aux transports de longue distance, souvent utilisés en cette période de vacances. Personne n’a été dupe : avec la fin de la gratuité des tests sans prescription médicale, promise pour l’automne, c’est une condamnation à la mort sociale de ceux qui refuseront de se faire vacciner.</p><p>Cette annonce surprend d’autant plus que la France est la seule démocratie à prendre cette décision, à l’exception du Danemark, de l’Autriche et de la Grèce. Étrangement, cette fois-ci, le Gouvernement a préféré suivre le modèle grec plutôt que le modèle allemand.</p><p>La vaccination est une invention majeure de l’histoire de l’humanité. Je suis vacciné contre le Covid et j’encourage chaque citoyen responsable à faire de même. Non seulement cela réduit considérablement les risques de développer une forme grave pour chacun, mais surtout cela restreint la circulation du virus et protège donc les autres, tout en faisant baisser le risque d’apparition de variants sur notre sol.</p><p>Naturellement, on peut comprendre la prudence de certains, échaudés par les nombreux scandales sanitaires dus à la puissance des intérêts privés dans un domaine où l’intérêt général devrait primer. La technologie de l’ARN messager est utilisée pour la première fois dans une vaccination, et les vaccins traditionnels comme celui d’AstraZeneca ont suscité des suspicions d’effets secondaires. Cependant, non seulement nous avons maintenant un recul suffisant pour juger de l’innocuité à court terme des vaccins anti-Covid, mais les risques résiduels sont infiniment inférieurs à ceux d’une circulation du virus et de ses variants.</p><p>Il est donc rationnel et légitime de faire en sorte qu’un maximum de Français se vaccinent. C’est d’ailleurs la solution choisie par tous les États du monde, même ceux, en Asie ou en Océanie, qui sont parvenus à contrôler la circulation du virus.</p><p>Toutefois, la voie brutale choisie par l’exécutif était-elle la meilleure pour atteindre cet objectif ? À République souveraine, nous pensons que c’est la pire, et nous nous demandons si d’autres considérations n’expliquent pas ce choix.</p>
<p>Des doutes favorisés par les tergiversations du pouvoir</p>
<p>Rappelons pour commencer que le pouvoir macronien a un passif à l’égard de la vaccination.</p><p>Si Agnès Buzyn avait soulevé des protestations en 2018 en étendant l’obligation vaccinale des enfants à onze maladies, contre trois auparavant, elle a aussi, discrètement, supprimé la sanction spécifique du refus de vaccination par les parents.</p><p>En 2020, alors que les gouvernements britannique et états-unien investissaient massivement dans la recherche vaccinale, la France choisissait de confier cette question à la commission de Bruxelles, pourtant incompétente en la matière. Résultat : les doses sont arrivées en retard, les investisseurs étant naturellement les premiers servis.</p><p>Fin 2020, le discours de la présidence sur la vaccination était frileux, voire méfiant.</p><p>Commentant l’arrivée imminente du vaccin de Pfizer BioNTech, Macron déclarait ainsi : « Je ne crois pas à la vaccination obligatoire pour ce vaccin parce que d’abord, il faut être toujours très honnête et transparent, on ne sait pas tout sur ce vaccin », ajoutant : « On n’est pas en train de dire aux gens : “Vaccinez-vous, vaccinez-vous”, à toute force et toute la population, on a une autre stratégie ».</p><p>Lorsque la campagne est censée commencer, début 2021, aucun vaccinodrome n’est d’ailleurs prévu : prétextant la réticence des Français au vaccin, il fallait se hâter lentement. À cause de ce retard à l’allumage, la France a ainsi perdu plusieurs semaines précieuses, et sans doute bien des vies ; les Français ont surtout retenu qu’il y avait des raisons de se méfier des vaccins – méfiance qui leur est désormais reprochée. Ces changements de cap et ces atermoiements n’ont pu que contribuer à inquiéter certains de nos citoyens – le gouvernement dès lors serait bien avisé de faire preuve de plus de modération envers nos concitoyens récalcitrants à la vaccination.</p><p>Enfin, lorsque les livraisons semblèrent enfin se faire en quantité suffisante, le Gouvernement n’a pas choisi d’être proactif. Une fois les résidents des EHPAD vaccinés, on aurait pu imaginer que les autorités sanitaires contactent les personnes les plus à risque – âgées ou souffrant de comorbidités – pour leur proposer des rendez-vous, comme cela se fait en Corée du Sud, par exemple. Non, le Gouvernement a préféré le « laisser faire » à « l’aller vers » : chaque Français a ainsi dû passer des heures sur des sites privés de prise de rendez-vous, dans une sorte de course où tout le monde ne partait pas avec les mêmes chances d’arriver.</p><p>Comment s’étonner, dans ces conditions, que la campagne patine, à l’heure où les Français veulent penser plutôt à leurs congés ou à leurs retrouvailles estivales en famille ? Doit-on considérer une personne de quarante ans vivant à la campagne – donc, à cause de l’impéritie gouvernementale, dans un désert médical –, peu familière avec internet et que personne n’a jamais sollicitée, comme irresponsable parce qu’elle ne s’est pas jetée sur les vaccins ? Doit-on lui en vouloir d’avoir cru naïvement les promesses d’avril du Président de la République dans la presse régionale de ne jamais, au grand jamais, étendre le passeport sanitaire au-delà des voyages à l’étranger et des soirées en discothèque ?</p><p>Avant de passer à une politique répressive, un gouvernement digne et respectueux de ses citoyens aurait dû se demander s’il avait véritablement tout fait pour convaincre les non vaccinés de le faire. A-t-il organisé des caravanes dans les villages ? A-t-il organisé des campagnes dans des entreprises, des universités, des administrations… ? A-t-il ciblé les publics qu’on peut imaginer éloignés du numérique ? A t-il demandé aux représentants de l’Etat, fonctionnaires et forces de l’ordre de montrer l’exemple ? Non. Tout a été laissé à l’initiative individuelle. Le discours officiel a toujours présenté la vaccination comme une décision individuelle visant à se protéger personnellement – alors que c’est bien au contraire un acte collectif ayant pour but de protéger la société. Mais c’était peut-être trop en demander à des libéraux que de parler de décision collective dans l’intérêt général.</p>
<p>Un dispositif inapplicable</p>
<p>L’annonce, un 12 juillet, de mesures coercitives commençant début août ne laisse pas non plus le temps à chacun de prendre ses dispositions, puisque la période recommandée entre deux doses est d’un mois. On peut donc légitimement considérer l’extension si précoce du passeport sanitaire comme une loi rétroactive, donc anticonstitutionnelle : comment les Français pouvaient-ils savoir, plus d’un mois avant le 1er août, qu’ils devraient montrer une preuve de vaccination pour aller boire un café au comptoir ?</p><p>On le voit avec la ruée sur les rendez-vous de vaccination de deux millions de nos compatriotes : les macronistes ont beau mettre l’accent sur les « antivax », devenus dans la bouche de certains de véritables ennemis publics, semblables aux sorciers d’autrefois, la plupart des Français qui ne s’étaient pas vaccinés n’étaient pas des opposants acharnés, mais plutôt des personnes sceptiques ou considérant ne pas courir de risque personnellement, voire des personnes distraites ou n’ayant pas le temps ou la possibilité de passer des heures sur internet pour prendre rendez-vous. Une campagne incitative, avec un accès facilité au vaccin les aurait sans nul doute convaincus de passer le pas. Au pire, le Gouvernement aurait pu annoncer, trois ou quatre mois avant, une obligation laissant à chacun le temps de s’organiser.</p><p>Le dispositif annoncé par le Président le 12 juillet est de toute manière inapplicable en droit et en fait, ce que le pouvoir semble anticiper, vu les rétropédalages déjà avérés.</p><p>Le Conseil d’État, suivant son habitude de complaisance envers le locataire de l’Élysée, a validé le projet de loi moyennant quelques réserves ; le texte doit toutefois encore être adopté par le Parlement et surtout passer par les mains du Conseil constitutionnel, qui risque de lui faire perdre de sa superbe. Le pass sera surtout inappliqué en fait. La police et la gendarmerie devront-elles cesser toutes leurs activités habituelles pour vérifier que le moindre patron de bar de village a vérifié le certificat de vaccination de son client ? Il en sera de même que pour l’obligation actuelle de s’inscrire sur un registre ou de s’identifier via TousAntiCovid lorsqu’on se rend dans un espace clos – personne ne le fait et cela ne dérange personne. Même les voyageurs s’embarquant pour des vols, y compris long-courriers, dans les aéroports français ne trouvent en général personne à qui montrer leur certificat de vaccination ou leur test PCR négatif ; qui peut croire que ce sera fait dans les restaurants ?</p><p>Les autres dispositions du projet de loi risquent de s’avérer tout aussi difficiles à appliquer. Ainsi, vu la tension sur les effectifs, comment la police, qui a déjà du mal à s’acquitter de l’ensemble de ses missions, pourra-t-elle contrôler le respect de l’isolement des personnes testées positives ? Enfin, il a été adopté en commission à l’Assemblée Nationale sur le « projet de loi N°4368 relatif à la gestion de la crise sanitaire » une peine de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende pour défaut de pass sanitaire ou de fraude, soit la même sanction que pour… une agression sexuelle ou des violences sur un mineur. C’est proprement délirant, surtout si les contrôles sont effectués pas des forces de l’ordre, elles, exemptes de l’obligations vaccinales (on se demande bien pourquoi…).</p><p>Mais surtout, tout cela risque de s’avérer caduque en raison de la pénurie de vaccin, en particulier Pfizer comme l’a révélé France 3 Bourgogne Franche-Comté ce 20 juillet. En interne, à l’ARS (Agence Régionale de Santé) on parle de suspension des prises de rendez-vous pour l’injection des premières doses jusqu’à nouvel ordre. Jusqu’à fin juillet ça tiendra, au-delà, rien n’est sûr pour le mois d’août. Si cette situation perdure, comment les citoyens pourraient-ils se mettre en conformité avec la loi, quand bien même ils le voudraient ? Dès lors, certains citoyens pourraient voir leur vie sociale disparaître pour la seule raison que le gouvernement n’aura pas été en mesure, encore une fois, de rendre possible ce qu’il préconise.</p><p>Alors comment comprendre cette cacophonie ?</p>
<p>La division de la société qui profite à Macron</p>
<p>On devine dans la propagande macronienne les vraies raisons du choix d’une telle volte-face brutale et autoritaire. En reconnaissant des droits différents aux prétendus « responsables » vaccinés, qu’il refuse aux prétendus « irresponsables » qui ne le sont pas, le pouvoir macronien revient à une division de la société digne de Louis-Philippe, avec les gens de bien et les gens de rien. Ces derniers, comme les Gilets jaunes, peuvent être brutalisés. On peut leur créer inopinément une obligation de fait qu’ils ne peuvent matériellement remplir avant plusieurs mois, et leur interdire toute vie sociale en attendant… Bref, la schlague, ils ne comprennent que cela.</p><p>Les électeurs macronistes, à l’exception peut-être de quelques anthroposophes comme Mme Nyssen, sont très majoritairement vaccinés : ils habitent les métropoles, ils sont connectés à internet, ils ont confiance dans le pouvoir et plus globalement dans le système – et on les comprend, ils en profitent. Le pouvoir ne risque donc pas de perdre d’électeurs ; bien au contraire, les couches sociales qui forment le socle de la Macronie ne doivent pas trouver d’inconvénient majeur à se vivre comme des citoyens éclairés s’opposant à des irresponsables irrationnels – je n’ose dire à un « bunch of deplorable », pour reprendre les termes de Hillary Clinton. Comme l’antisémitisme fantasmatique des Gilets jaunes, l’obscurantisme imaginaire des opposants au passeport sanitaire (même si certains minoritaires le sont) permet au bloc macronien de s’identifier non comme des privilégiés défendant leurs biens, mais comme « la partie la plus saine de la société ». En revanche, les électeurs des autres courants de pensée se divisent, car ils sont moins homogènes sociologiquement. Dix mois avant une présidentielle, c’est toujours bon à prendre…</p><p>J’irai plus loin. Mon sentiment, c’est que Macron surfe sur la vague « antivax », donnant aux sceptiques du grain à moudre afin d’accentuer le clivage profond dans le pays, car ce clivage le sert et occulte tout le reste. Le débat public est désormais si focalisé sur la vaccination et les dispositifs de contrainte afférents que les autres sujets pourtant cruciaux – les réformes des retraites et du chômage, la justice sociale et fiscale, l’Union européenne – deviennent secondaires. Cette focalisation va permettre à Macron de faire oublier tant sa politique antisociale et ses compromissions en matière de souveraineté que la nullité de sa gestion de la crise du Covid – depuis un an et demi, on n’a toujours pas de politique sanitaire cohérente aux frontières, on a fermé 1 800 lits d’hôpitaux supplémentaires, y compris des lits de réanimation, on n’a toujours pas organisé de réquisition des hôpitaux privés, etc. Si en automne reconfiner s’avère nécessaire, Macron en rejettera la responsabilité sur les « antivax », qui seront présentés comme ceux qui auront fait capoter les efforts du Gouvernement et de la partie éclairée des citoyens. Lorsqu’il s’agira de faire passer, en douce, de nouvelles réformes ultralibérales, la protestation aura du mal à prendre tant l’indignation populaire sera accaparée par la question sanitaire.</p><p>Au total, ce clivage est totalement à l’avantage de Macron, auquel il permettra d’incarner le camp du bien et de la raison, tout en escamotant les autres sujets de débat durant cette année préélectorale.</p><p>Quelles que soient les raisons profondes et les arrière-pensées éventuelles, cette décision restera une tache sur le bilan déjà catastrophique du Jupiter de l’Élysée. Non content d’avoir continué et accentué la destruction de la souveraineté et du modèle social et économique de notre pays, il restera le chef d’État qui aura le plus trahi sa mission de garant de la cohésion nationale. En pleine « guerre », pour reprendre son terme, il n’aura pas hésité à fracturer encore plus la société française, qui n’en avait pourtant pas besoin, pour des raisons qui tiennent certainement bien plus à la politique qu’à la santé publique.</p><p>Voici quarante ans que les élites politiques se sont appliquées à trahir l’intérêt général, et une grande partie des citoyens – grosso modo, tous ceux qui ne se trouvent pas du côté des « gagnants » – ne leur font plus confiance. La méfiance envers la politique sanitaire du Gouvernement est, à cet égard, aussi représentative que les chiffres de l’abstention. Or un gouvernement ne peut mener une politique contraignante, aussi rationnelle soit-elle, que s’il est légitime aux yeux de la population. Cette légitimité manquant cruellement à l’actuelle équipe dirigeante, une politique de cet ordre risque de produire des effets désastreux. Quels que soient les avantages immédiats, pour Macron, de se présenter comme le tenant de la rationalité et de la responsabilité, son parti pris est profondément irresponsable, la division du pays qu’il contribue à amplifier étant grosse de futures catastrophes.</p><p>Georges Kuzmanovic<br />Président de <a href="https://www.republique-souveraine.fr/charte/">République souveraine</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/668/de-nombreux-etats-utilisent-un-logiciel-espion-pour-cibler-leurs-concitoyens</guid>
	<pubDate>Mon, 19 Jul 2021 08:15:21 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/668/de-nombreux-etats-utilisent-un-logiciel-espion-pour-cibler-leurs-concitoyens</link>
	<title><![CDATA[de nombreux États utilisent un logiciel espion pour cibler leurs concitoyens]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Révélations d’un consortium de journalistes créé par Forbidden Stories, avec la cellule investigation de Radio France : de nombreux États utilisent un logiciel espion pour cibler des militants, des avocats, des hommes politiques, et des journalistes.Plus de 50 000 numéros de téléphone ont été entrés dans le système qui active le logiciel Pegasus © AFP / Andrew Brookes / Cultura CreativeProjet Pegasus</p>
<p>C’est sans doute l’affaire de cyber espionnage la plus importante depuis l’affaire Snowden. En 2013, on découvrait, sidéré, dans le contexte de l’après-11 septembre, que la NSA avait mis en place un système de surveillance mondialisé de données. Mais les révélations que <a target="_blank" href="https://forbiddenstories.org/fr/">Forbidden Stories</a> et ses partenaires, avec le concours technique du Security Lab d’Amnesty International, sont en mesure de faire aujourd’hui, semblent encore plus graves. Car elles montrent que cette surveillance n’est pas l’apanage d’un pays aux pratiques déviantes, aussi grand soit-il, mais qu’elle est généralisée, et concerne tous types de nations. </p><p>Qu’il s’agisse du Mexique, de l’Inde, du Maroc, de l’Indonésie, de l’Arabie Saoudite, des Émirats arabes unis, du Kazakhstan, de l’Azerbaïdjan, du Togo, du Rwanda, et même de la Hongrie, un membre de l’Union européenne, des agences gouvernementales ciblent leur propres concitoyens, ainsi que des personnalités à l’extérieur de leurs pays qui n’ont pour seul tort que d’être des avocats, des journalistes, des diplomates, des médecins, des sportifs, des syndicalistes, de simples militants, ou des hommes politiques, y compris des ministres, et 13 chefs d’État ou de gouvernements (dont trois européens comme nous le préciserons durant les jours prochains). "Ce que l’on voit avec le projet Pegasus est très différent et encore plus inquiétant que ce qu’on voyait dans l’affaire Snowden", estime Laurent Richard, le directeur de Forbidden Stories. "Ici, on a affaire à une société privée qui vend un logiciel extrêmement intrusif, à des États connus pour leur politique répressive en matière des droits de l’Homme et contre des journalistes. Et on voit clairement que ces États détournent cet outil pour l’utiliser contre ces populations-là". </p>
<p>Un logiciel de piratage des smartphones</p>
<p>Le logiciel espion dont il est question porte le nom très évocateur de Pegasus. Il n’est commercialisé qu’auprès d’États ou d’agences gouvernementales, avec l’aval du gouvernement israélien, par une société baptisée NSO, qui emploie 750 salariés à Herzliya, dans la banlieue de Tel Aviv, mais aussi à Chypre et en Bulgarie. Officiellement, il a pour but d’aider les services de renseignement à lutter contre la criminalité. Sur son site Internet, NSO précise qu’il "crée des technologies qui aident les agences gouvernementales à prévenir et à enquêter sur le terrorisme et les crimes, pour sauver des milliers de vies dans le monde". Pour cela, Pegasus pénètre dans les smartphones, qu’ils fonctionnement sous le système d'exploitation d'Apple, iOS (y compris dans sa dernière version) ou celui de Google, Android. </p><p>Il a ensuite accès à tout : contacts, photos, mots de passe. Il peut lire les emails, suivre les conversations, même sur les messageries chiffrées, géolocaliser l’appareil, et activer micros et caméras pour transformer le smartphone en véritable mouchard. "Nous nous engageons à vérifier le bon usage de notre technologie (…) et nous enquêtons sur toute allégation crédible d’un mauvais usage de nos produits", affirme NSO sur son site. Et il est vrai que la société a mis en place une adresse mail dédiée aux lanceurs d’alerte qui auraient des informations sur un possible détournement de l’usage de son logiciel.</p>
<p>Un consortium pour enquêter </p>
<p>La réalité semble cependant éloignée de ce discours officiel. Nos confrères de Forbidden Stories l’ont très vite compris lorsqu’ils ont eu accès à une liste de plus de 50 000 numéros de téléphones entrés par 12 clients de NSO dans le système qui active Pegasus. Ils ont alors partagé cette liste, qui court sur plusieurs années après 2016, avec un consortium international qu’ils ont constitué avec 16 médias, parmi lesquels : le Washington Post aux Etats-Unis, le Guardian en Grande-Bretagne, le Süddeutsche Zeitung en Allemagne, la cellule investigation de Radio France, et le journal Le Monde en France. </p><p>Pendant plusieurs mois, près de 80 journalistes ont analysé ces numéros de téléphone et identifié nombre de leurs propriétaires, dans une cinquantaine de pays. Certains ont accepté de nous confier leurs téléphones, car être sélectionné comme cible ne signifie pas forcément être attaqué ou infecté. Le Security Lab d’Amnesty International, partenaire technique du projet et spécialiste de l’analyse de ce type d’infection, a pu établir que sur 67 téléphones expertisés, 37 présentaient des signes d’attaque ou d’infection de Pegasus. </p>
<p>Cibles de Pegasus : les journalistes </p>
<p>Parmi les numéros sélectionnés comme cible, nous avons pu comptabiliser plus de 180 journalistes. Et si l’on devait établir un classement des pays les plus actifs avec Pegasus, le Mexique serait sans doute dans le peloton de tête. Là-bas, ce sont près de 15 000 numéros de téléphone qui ont été sélectionnés comme autant de cibles potentielles pour une attaque du logiciel espion. Parmi eux, celui de Cecilio Pineda, un journaliste assassiné en mars 2017, quelques semaines après que son numéro est apparu dans le listing. Figurent aussi une vingtaine de membres des principaux médias de la capitale Mexico (dont El Tiempo, El Mundo et la télévision nationale), ainsi que des journalistes de publications locales, un chroniqueur de Bloomberg, et un producteur de CNN. </p><p>En Inde, ce sont 30 journalistes, dont cinq d’investigation, 10 chargés de l’information internationale, et huit spécialistes politiques, qui ont été sélectionnés parmi les cibles du logiciel espion. Y-a-t-il un lien de cause à effet ? Certains d’entre eux avaient enquêté sur le contrat controversé des 36 avions Rafale vendus en 2016 par la France au gouvernement indien. Ils étaient poursuivis par des grands groupes industriels proches du premier ministre indien, Narendra Modi, dont "Reliance Industrie", le partenaire de Dassault soupçonné d’être impliqué dans une affaire de corruption dans le cadre de la vente des Rafale. </p><p>Nos investigations nous ont aussi conduits en Arabie Saoudite. Le journal israélien Haaretz avait déjà révélé que le royaume avait acheté le logiciel Pegasus en 2017, juste avant que Mohamed Ben Salman n’entame une purge parmi près de 500 de ses opposants. Mais nos investigations démontrent qu’une partie de l’entourage et de la famille du journaliste Jamal Khashoggi, assassiné au consulat saoudien d’Istanbul le 2 octobre 2018, a été sélectionné sur la liste de ses cibles potentielles après le meurtre, dont sa fiancée, son avocat, l’un de ses enfants, et même le procureur en charge de l’enquête à Istanbul. Figurent aussi sur la liste des journalistes de la chaîne qatarie Al Jazeera. </p><p>En Hongrie, pays membre de l’Union européenne, même constat. Les numéros de 10 avocats ont été rentrés dans le système Pegasus, ainsi que ceux de nombreuses personnalités, dont Zoltan Varga, le patron d’un grand groupe de médias indépendant, et deux journalistes de Direkt36, un site d’investigation indépendant de Budapest. </p>
<p>Des Français ciblés</p>
<p>La France n’est pas cliente de NSO... Mais plusieurs journalistes de l’hexagone figurent parmi les numéros sélectionnés. C’est le cas de deux journalistes de Mediapart, dont son fondateur, Edwy Plenel, mais aussi de Dominique Simonnot, l’actuelle contrôleuse générale des lieux de privations de liberté (CGLPL), qui jusqu’en 2020 était journaliste au Canard enchaîné, ou encore de Bruno Delport, le directeur de TSF Jazz, qui postula en 2019 à la présidence de Radio France. Figurent encore parmi les numéros sélectionnés, ceux de confrères du Monde, de France2, de France24, de RFI, Rosa Moussaoui de l'Humanité, un ancien responsable du bureau de l’AFP à Rabat, ainsi que le journaliste du Figaro Eric Zemmour.</p><p>L’analyse des données auxquelles nous avons eu accès nous a permis de démontrer que ces numéros de téléphone avaient été rentrés dans le système Pégasus par le Maroc, parfois compte tenu de leurs prises de positions considérées comme hostiles au régime ou de leur proximité avec des Marocains perçus comme des opposants, mais dans d’autres cas pour des raisons inconnues. Le Security Lab d’Amnesty avait déjà trouvé des traces d’infection du logiciel Pegasus <a href="https://www.franceinter.fr/le-pouvoir-marocain-soupconne-d-avoir-espionne-un-journaliste-d-investigation-avec-le-logiciel-pegasus">dans le téléphone portable d’Omar Radi</a>, le journaliste du site d’information indépendant Le Desk, officiellement accusé de viol et d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État, et emprisonné au Maroc depuis juillet 2020. </p><p>Or le même laboratoire a pu démontrer que le téléphone d’Edwy Plenel a lui aussi été infecté, après qu’il a participé au festival culturel d’Essaouira en juin 2019, à l’invitation du Desk, où il a plaidé pour la libération des prisonniers du Rif, incarcérés après des manifestations en 2016. Outre ses fonctions de patron de média, Bruno Delport préside quant à lui, le conseil d’administration de Solidarité Sida, une association qui démarrait des projets de prévention auprès de prostituées et de toxicomanes au Maroc, lorsque son téléphone a été attaqué. Au total, nous avons pu établir qu’au moins 35 numéros de journalistes ont été sélectionnés comme cibles par le Maroc. Et en deux ans, toutes professions confondues, ce sont plus de 10 000 numéros que l’utilisateur du logiciel de NSO dans ce pays a rentré dans le système, dont près de 1 000 correspondent à des citoyens Français.  </p><p>En réponse à nos questions, l’ambassade du Maroc nous a adressé la réponse suivante : "Les autorités marocaines ne comprennent pas le contexte de la saisine par le consortium international de journalistes (Forbidden Stories) sollicitant les réponses et précisions du gouvernement marocain sur les outils de surveillance numérique de NSO group". </p><p>Evoquant le cas d’Omar Radi, elle ajoute : "Les autorités marocaines demeurent depuis le 22 juin 2020 dans l’attente de preuves matérielles de la part d’Amnesty International qui a été incapable de prouver une quelconque relation entre le Maroc et NSO".</p>
<p>NSO argue de sa bonne foi</p>
<p>En octobre 2019, NSO avait déjà été fragilisé pour avoir rendu possible le piratage de 1 400 téléphones, en exploitant une vulnérabilité de la messagerie chiffrée WhatsApp. Une centaine de journalistes et des militants des droits de l’Homme avaient alors été ciblés. Facebook, maison mère de WhatsApp, avait déposé une plainte à laquelle s’étaient joints Google, Microsoft et d’autres sociétés informatiques. En décembre 2020, nos confrères du Guardian révélaient que des traces de Pegasus avaient été repérées dans les téléphones portables d’une douzaine de journalistes de la chaine Qatari Al Jazeera. Et en décembre 2020, le projet Cartel, déjà conduit par Forbidden Stories avec la cellule investigation de Radio France, avait documenté un dévoiement de Pégasus au Mexique. </p><p>En réponse aux questions que nous lui avons adressées, NSO réaffirme qu’il a pour mission de sauver des vies. "Nous assurons cette mission avec détermination, en dépit de tentatives répétées de nous discréditer sur la base de fausses informations", explique le groupe. Au regard de ce que nous révélons, peut-il pour autant continuer d’ignorer que de nombreux pays détournent sa technologie à d’autres fins que la prévention du crime organisé et du terrorisme ? Dans sa réponse, la société ajoute : "_NSO Group continuera d’enquêter sur toute allégation de mauvais usage (de Pégasus), et nous prendrons des décisions en fonction des résultats de ces enquêtes. Cela peut aller jusqu’à fermer l’accès de notre système à nos clients … Ce que nous avons déjà fait par le passé de nombreuses fois, et que nous n’hésiterons pas à refaire si nécessaire_".</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/667/rapport-de%C2%A0la%C2%A0rand-sur%C2%A0l%E2%80%99armee-francaise%C2%A0-l%E2%80%99avant-dernier%C2%A0clou-du%C2%A0cercueil%C2%A0-t%C2%A01299</guid>
	<pubDate>Fri, 16 Jul 2021 11:10:24 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/667/rapport-de%C2%A0la%C2%A0rand-sur%C2%A0l%E2%80%99armee-francaise%C2%A0-l%E2%80%99avant-dernier%C2%A0clou-du%C2%A0cercueil%C2%A0-t%C2%A01299</link>
	<title><![CDATA[Rapport de la RAND sur l’Armée française : l’avant-dernier clou du cercueil ? (T 1299)]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Rapport de la RAND sur l’Armée française : l’avant-dernier clou du cercueil ? (T 1299)</p>
<p><a href="https://www.defnat.com/e-RDN/vue-tribune.php?ctribune=1405" target="_blank"></a></p>
<p>Le think tank RAND Corporation a présenté un rapport intéressant sur les armées françaises. Il y a ici matière à réflexion sur le rôle et la place de la France dans l’Otan. Une contribution pour alimenter un débat nécessaire et utile alors que la campagne présidentielle démarre et qu’il est important de réfléchir aux grands enjeux de notre politique de défense pour les années à venir.</p><p><a href="https://www.rand.org/pubs/research_reports/RRA231-1.html"></a>Les rapports de la RAND Corporation sur l’Armée française se suivent et ne se ressemblent pas. En 2014, elle avait publié une étude sur Serval qui avait laissé les Américains pantois, eux qui découvraient notre guerre légère, imposée certes par des moyens limités mais fidèle à nos traditions <a href="https://www.defnat.com/e-RDN/vue-tribune.php?ctribune=1405#1">(1)</a>. Intérêt à l’époque très relatif, puisque nous relevions que dans le même temps « la Quadriennal Defense Review 2014 nous ignore, ne nous citant qu’une fois en légende de photo comme complément de la composante africaine en RCA, ce qui nous ramène à 1991 où, dans l’ordre de bataille du Pentagone, la division Daguet n’était que la force d’appoint du 30e Corps d’armée égyptien ». Sept ans plus tard, nous n’intéressons de nouveau la RAND – et le Pentagone commanditaire du rapport – que comme force d’appoint dans la guerre annoncée sur le théâtre européen.</p>
<p><br />Nach Moskau!</p>
<p>La France est, dès le titre, embarquée dans la nouvelle croisade du monde libre face au péril slave. « France could support a U.S.-led war effort in Eastern Europe now or in the next ten years. The French are practiced in joint operations, which surely would be a requirement in a conflict against Russia. » Nous voici revenus à cette vieille couverture du magazine Collier’s du début des années 1950, montrant un GI aux couleurs américaine et onusienne devant une carte indiquant Moscou comme quartier général des forces d’occupation occidentales. La chose semble acquise : les tankistes de Poutine ont acheté les cartes Michelin qui les mèneront jusqu’aux bords de Seine sur les traces des cosaques d’Alexandre Ier. Aurions-nous manqué un épisode ?</p><p>La RAND s’interroge tout de même : « Is Russia a French Strategic Priority? ». Sans doute pas, vu que « a large-scale conventional war with Russia in that region is generally considered unlikely ». Les Français, en cette année de Bicentenaire napoléonien, se souviennent surtout de ce que Bernard Montgomery répondit à un journaliste qui mettait en doute ses compétences stratégiques : « Je sais au moins une chose, qu’il ne faut jamais prendre la route de Moscou ». Il semble que cette première et peut-être unique leçon de l’art de la guerre soit oubliée du Pentagone. Mais si les Français ont planté leur drapeau sur les tours du Kremlin en 1812, pourquoi pas la bannière étoilée ? Nous allons donc faire la guerre aux Russes, une guerre de haute intensité comme on dit dans les colloques, que ça plaise ou non aux Français. La RAND ne s’interroge même pas, commettant l’erreur habituelle sur les pouvoirs ou plutôt l’absence de pouvoirs de guerre du président de la République <a href="https://www.defnat.com/e-RDN/vue-tribune.php?ctribune=1405#2">(2)</a>, et l’adhésion supposée des Français qui n’est que de l’indifférence à des guerres pour lesquelles ils ne sont plus consultés.</p><p>Qu’importe : The French sont relégués au rôle de supplétifs fidèles à l’Alliance mais à l’usage limité, et notre Céma réduit au rôle de commandant de harka. Merci pour La Fayette et de Grasse ! Il faut dire que le spectacle que nous donnons de meilleur élève de la classe atlantique a de quoi combler les Américains : la Royale a terminé son intégration dans l’US Navy et s’en félicite, l’Armée de l’air fait des manœuvres communes depuis le printemps avec l’US Air Force, et on annonce nos Leclerc pour les prochains exercices dans les faubourgs varsoviens. Quant à la fameuse interopérabilité, que pourrait-elle être d’autre que l’adoption par nos forces des normes Made in USA – s’il est une guerre que l’Amérique a gagnée, c’est bien celle des normes ?</p>
<p>Le clairon de Gunga Din <a href="https://www.defnat.com/e-RDN/vue-tribune.php?ctribune=1405#3">(3)</a></p>
<p>Sur le fond, la RAND ne nous apprend rien qu’on ne sache déjà au travers des multiples travaux parlementaires qui se succèdent depuis des années, dont son rapport n’est qu’un copié-collé (qu’elle a dû facturer très cher). Il n’est par exemple un secret pour personne que nous n’avons plus d’hélicoptères lourds (le rapport de 2014 citait un officier français qui regrettait déjà l’absence de CH-47 Chinook) et que Barkhane a dû en emprunter aux Danois et aux Britanniques : que le taux d’attrition de nos matériels est ridiculement bas ; que nos stocks ne nous permettent de tenir un feu que quelques jours ; que nos avions de transport tactiques se compteront sur les doigts des deux mains l’année prochaine avec le retrait anticipé des Transall C-160, etc. S’y ajoute une certaine mauvaise foi, comme dans l’évocation de l’A330 MRTT, avion certes polyvalent mais qui n’emporte que la moitié de la charge utile du C-17 Globemaster III américain – les Américains restent dans la compétition de celui qui aura le plus gros engin –, tout en oubliant de signaler que l’US Air Force ne se remet pas de ne pas avoir choisi l’avion d’Airbus plutôt que le Boeing KC-46 Pegasus.</p><p>Relevons que dans un tableau, la RAND indique l’inflation de poids de nos engins blindés, sans les mettre toutefois en regard des capacités d’emport désormais inadéquates de nos C-130J et A400M. Cela renvoie au rapport de 2014 où elle émettait des doutes pour l’avenir, et s’interrogeait sur la pertinence du nouveau matériel au standard Otan, trop lourd pour des expéditions, trop chichement compté pour une guerre en Europe : « Intriguingly, although the French are moving forward with fleet modernization in tune with SCORPION, there is an undercurrent of resistance because of the perceived value of lower-technology vehicles, which reportedly are easier to sustain in the field than their newer replacements. It would be interesting to learn what the logistical burden of operating VBCIs in Mali was compared with the ancient VABs. »</p><p>On attend toujours ce bilan comparatif. On attend surtout que s’élabore une stratégie française d’emploi des forces, puisque les incantations d’ingénieurs comme « numérisation » ou « protection » ne sauraient en tenir lieu, de même que le fantasme de « furtivité » qui vient d’être abandonné par l’US Air Force.</p>
<p>Aporie nucléaire</p>
<p>La RAND finit par aborder la question de la nucléarisation du conflit, et est bien ennuyée car cet impensé de la Force de frappe française, ce brouillard sur lequel repose notre concept de dissuasion, ce refus de la riposte graduée qui avait motivé le retrait de l’Otan, le Pentagone non seulement ne le maîtrise toujours pas, mais il n’entre pas dans ses plans de bataille qui reposent toujours sur le découplage entre bataille de terrain et escalade nucléaire. Sauf que l’Amérique est hors de portée des divisions russes, pas la France. Ce n’est pas nouveau, on le sait depuis 1966.</p><p>Comment articuler la projection dans une bataille de rencontre avec la sanctuarisation de l’Hexagone ? Si nos troupes sont au contact à Kaliningrad ou si nous autorisons les Américains à utiliser nos ports, nos aéroports et nos routes pour acheminer du matériel et des hommes, les Russes effectueront des frappes en profondeur sur notre territoire. La riposte nucléaire sera donc mise en œuvre. La sécurité de la France passe-t-elle alors par l’injonction faite à Moscou de ne pas neutraliser les marches de son empire hérité des Tsars ? L’hypothèse de loin la plus probable est que nous nous retirerons sur le Mont Pagnotte <a href="https://www.defnat.com/e-RDN/vue-tribune.php?ctribune=1405#4">(4)</a> et resterons à l’écart, comme à la bataille de Lépante (1571).</p><p>Le rapport de la RAND, bancal dès son prolégomène arbitraire, a au moins le mérite de reposer la question restée encore sans réponse en 2021 : que fait la France dans l’Otan <a href="https://www.defnat.com/e-RDN/vue-tribune.php?ctribune=1405#5">(5)</a> ? Les Américains y répondent, nous délivrant du trouble de penser comme écrivit d’eux Tocqueville. Avec en ligne de mire la neutralisation de la bombinette du Général. On peut leur reprocher beaucoup de choses, sauf de ne pas avoir de suite dans les idées. Surtout quand il s’agit de la France. ♦</p><p><br /><a id="1" name="1">(1)</a> Voir : « La Guerre des Français », RDN n° 777, février 2015.<br /><a id="2" name="2">(2)</a> Voir : « Je veux savoir pourquoi je me fâche » (Tribune n° 919), RDN, 25 juillet 2017 ; et « La guerre, le Président et la Constitution » (Tribune n° 995), RDN, 24 avril 2018.<br /><a id="3" name="3">(3)</a> Gunga Din est un poème de Rudyard Kipling de 1892, adapté à Hollywood en 1939 par George Stevens avec Sam Jaffe, du nom d'un Intouchable qui n'a d'autre ambition que de devenir le clairon d'un régiment britannique de l’Armée des Indes. Une parodie de son sacrifice final sert de séquence d'ouverture à The Party de Blake Edwards avec Peter Sellers (1968).<br /><a id="4" name="4">(4)</a> Domaine royal dans l'Oise, où se trouve un petit belvédère de chasse pour regarder de loin la meute, auquel Louis XV fit allusion en conseil des ministres au début de la Guerre de Succession d’Autriche, pour indiquer que la France ne retirerait rien à y participer (ce qui se confirmera à la fin du conflit).<br /><a id="5" name="5">(5)</a> Voir : « Le degré zéro de la pensée stratégique », RDN n° 711, août-septembre 2008, repris in « L’Alliance atlantique transformée », RDN n° 752, Été 2012.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/666/la-prediction-du-mit-sur-leffondrement-de-la-civilisation-semble-etre-en-phase-avec-la-realite</guid>
	<pubDate>Fri, 16 Jul 2021 11:06:31 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/666/la-prediction-du-mit-sur-leffondrement-de-la-civilisation-semble-etre-en-phase-avec-la-realite</link>
	<title><![CDATA[La prédiction du MIT sur l&#039;effondrement de la civilisation semble être en phase avec la réalité]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Ces dernières décennies sont marquées par la crainte d’un déclin de notre civilisation telle que nous la connaissons, alors même que les progrès technologiques et industriels semblent exponentiels. La surpopulation et la surconsommation placent les générations actuelles dans une véritable impasse. En 1972, une équipe de scientifiques du MIT a publié une étude prédisant la fin de ce que l’on appelle la « civilisation industrielle » au cours du 21e siècle, et ces prédictions semblent aujourd’hui totalement en phase avec la réalité, selon une nouvelle étude.</p><p>Actuellement, d’autres chercheurs tentent toujours d’établir des scénarios prédictifs afin d’aider les acteurs au pouvoir à prendre des décisions, qui détermineront en quelques sortes l’avenir de l’humanité. Si <a href="https://archive.org/details/limitstogrowthr00mead" target="_blank" rel="noopener">l’étude</a> a été critiquée à l’époque, de nouvelles recherches montrent que ces prédictions se sont révélées étrangement exactes jusqu’à présent.</p><p>Une <a href="https://advisory.kpmg.us/content/dam/advisory/en/pdfs/2021/yale-publication.pdf" target="_blank" rel="noopener">nouvelle étude</a> publiée dans le Yale Journal of Industrial Ecology et menée par Gaya Herrington, responsable de la durabilité et de l’analyse des systèmes dynamiques au sein du cabinet comptable KPMG, a examiné l’évolution de la situation depuis le rapport initial de 1972 et a conclu que nous pourrions effectivement assister à l’effondrement de la civilisation (telle que nous la connaissons) dès 2040.</p><p>Mais cela ne se produira que si nous poursuivons notre approche actuelle de l’extraction et de la surexploitation des ressources, ce qui suggère qu’il y a de l’espoir, bien qu’il soit difficile de le croire. Nous précisons que cette étude a été réalisée de manière indépendante — et exclut le cabinet KPMG, dans le cadre de la thèse de maîtrise à Harvard de Gaya Herrington.</p>
<p>Mesurer le risque d’effondrement et établir des scénarios</p>
<p>Herrington a comparé les projections de l’équipe du MIT à des données réelles et tangibles sur le développement économique et l’extraction des ressources, afin de déterminer à quel point nous nous sommes engagés dans ce scénario inadéquat.</p><p>Ont été étudiées les données relatives à dix variables clés, à savoir la population, les taux de fertilité, les taux de mortalité, la production industrielle, la technologie, la production alimentaire, les services, les ressources non renouvelables, la <a id="acttrigger0" onmouseout="if (!window.__cfRLUnblockHandlers) return false; javascript:act_hide_tooltip(event,this);" onmouseover="if (!window.__cfRLUnblockHandlers) return false; javascript:act_show_tooltip(event,this,'#tooltip62722','.trigger62722');" href="https://trustmyscience.com/?s=Pollution" target="_self" class="act_anchor trigger62722" data-cf-modified-e2ed62f7a02ce4b0f937d3d2-="">pollution</a> persistante, le bien-être humain et l’empreinte écologique. Herrington a ainsi constaté que les données les plus récentes correspondent le mieux à deux scénarios particuliers, à savoir le scénario « BAU2 » (business-as-usual) et « CT » (comprehensive technology).</p><p></p>
<p>Le scénario BAU2 (business-as-usual), qui implique de continuer à vivre selon nos modèles actuels, montre un déclin drastique de la population et de ses différents indicateurs de qualité de vie, avec notamment une augmentation exponentielle de la pollution et des pénuries alimentaires. © Gaya Herrington, 2021</p>
<p>« Les scénarios BAU2 et CT montrent un arrêt de la croissance d’ici une dizaine d’années », conclut l’étude. « Les deux scénarios indiquent donc que le maintien du statu quo, c’est-à-dire la poursuite d’une croissance continue, n’est pas possible. Même associé à un développement et à une adoption technologiques sans précédent, le business as usual tel que modélisé conduirait inévitablement à un déclin du capital industriel, de la production agricole et des niveaux de bien-être au cours de ce siècle ».</p><p></p>
<p>Dans le scénario de « technologie globale » (CT), le déclin économique s’installe aussi, avec toute une série de conséquences négatives possibles, mais il ne conduit pas à un effondrement de la société. © Gaya Herrington, 2021</p>
<p>« Étant donné la perspective peu attrayante de l’effondrement, j’étais curieuse de voir quels scénarios s’alignaient le plus étroitement sur les données empiriques actuelles », a expliqué Herrington. « Après tout, le livre qui présentait ce modèle de monde était un best-seller dans les années 70, et nous devrions maintenant disposer de plusieurs décennies de données empiriques qui rendraient la comparaison significative. Mais à ma grande surprise, je n’ai pas trouvé de tentatives récentes en ce sens. J’ai donc décidé de le faire moi-même ».</p><p></p>
<p>Malheureusement, le scénario qui correspondait le moins aux dernières données empiriques se trouve être le plus optimiste, connu sous le nom de « SW » (Stabilized World, soit « monde stabilisé »), dans lequel la civilisation suit une voie durable et connaît les plus faibles baisses de croissance économique, grâce à une combinaison d’innovations technologiques et d’investissements généralisés dans la santé publique et l’éducation. © Gaya Herrington, 2021</p>
<p>Herrington a précisé au magazine Motherboard que l’effondrement « ne signifie pas que l’humanité cessera d’exister ». « Mais il détruira notre mode de vie. La croissance économique et industrielle s’arrêtera, puis déclinera, ce qui nuira à la production alimentaire et au niveau de vie… En termes de calendrier, le scénario BAU2 montre qu’un déclin brutal s’installera vers 2040 », ajoute-t-elle.</p><p>Tout semble donc indiquer que les meilleures données disponibles suggèrent que ce que nous déciderons au cours des dix prochaines années déterminera le sort à long terme de la civilisation humaine.</p><p>Herrington a notamment souligné la « montée en puissance rapide » des priorités environnementales, sociales et gouvernementales, ce qui incite à l’optimisme et témoigne du changement de mentalité qui s’opère au sein des gouvernements et des entreprises. Selon elle, il n’est peut-être pas trop tard pour créer une civilisation véritablement durable et équitable pour tous, bien qu’il soit de plus en plus difficile d’y croire.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/665/pass-sanitaire-%C2%ABune-remise-en-cause-profonde-et-inedite-de-notre-modele-de-societe%C2%BB</guid>
	<pubDate>Thu, 15 Jul 2021 05:30:43 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/665/pass-sanitaire-%C2%ABune-remise-en-cause-profonde-et-inedite-de-notre-modele-de-societe%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[Pass sanitaire: «Une remise en cause profonde et inédite de notre modèle de société» .]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Par François-Xavier Bellamy et Loïc Hervé<br />Publié 13/07/2021<br /> <br />Depuis l’apparition du coronavirus, nous sommes passés par bien des expériences inédites, et nous avons vu vaciller, de confinement en couvre-feu, la rassurante et illusoire évidence de nos libertés publiques. <br />Mais il ne faut pas se méprendre: la vraie rupture historique pour notre modèle de société date de lundi dernier, avec les mesures annoncées par le président de la République. Si nous nous sommes opposés, il y a plusieurs mois déjà, à la création du pass sanitaire par le Parlement européen et le Parlement français, c’est parce que nous refusons absolument le monde qui se dessine sous nos yeux.<br />Une précision d’abord, dans la confusion et les caricatures du moment: s’opposer au pass sanitaire n’est pas être antivaccins. <br />La vaccination est un progrès scientifique prodigieux, et l’une des plus belles pages de l’histoire de notre pays est sans doute d’y avoir largement contribué à travers l’œuvre de Pasteur. <br />Mais comment comprendre que cette tradition scientifique aboutisse à la déraison que nous constatons aujourd’hui? Avec dix-huit mois de recul, nous connaissons désormais le coronavirus: nous savons chez quels sujets il provoque des formes graves. 93 % des victimes du coronavirus en France avaient plus de 65 ans; 65 % avaient un facteur de comorbidité. <br />En dessous de 40 ans, sans facteur de comorbidité, le risque de mourir du coronavirus est quasi inexistant.<br />Pourquoi alors ne pas adopter la même stratégie de vaccination que celle qui a lieu chaque année face à la grippe saisonnière ? <br />Rappelons que, sans susciter aucune opposition, plus de 10 millions de vaccins ont été administrés l’an dernier contre cette épidémie, majoritairement pour les personnes vulnérables, âgées ou présentant une fragilité particulière. Le nombre de morts est ainsi contenu chaque année, sans qu’il soit jamais question de vacciner toute la population tous les ans au motif qu’il faudrait éviter la circulation du virus. On ne traite pas les plus jeunes d’irresponsables égoïstes parce qu’ils ne se font pas vacciner contre la grippe! Ce débat doit être mené sans simplisme et sans leçons de morale: oui, on peut être favorable aux vaccins, y compris à une campagne très large pour vacciner les personnes vulnérables face à cette épidémie, et affirmer que la stratégie de masse actuellement choisie semble hors de toute mesure: pourquoi faudrait-il vacciner un adolescent, qui ne risque absolument rien du coronavirus, au motif qu’il faut protéger les personnes âgées, si celles-ci sont vaccinées? C’est faire complètement l’impasse sur le nécessaire arbitrage entre bénéfice et risque, y compris du point de vue collectif.<br />L’accès à un espace public sera différencié selon nos données de santé. <br />Comment une telle révolution peut-elle s’opérer avec une justification si faible, sans vrai débat parlementaire, et en caricaturant tous ceux qui osent s’en inquiéter ?<br />Mais là n’est même pas le problème essentiel, en un sens. Ce que nous n’acceptons pas, et n’accepterons jamais, c’est la transformation de nos vies quotidiennes, de nos relations humaines, de notre modèle de société, qui s’accomplira de manière certaine et potentiellement irréversible par la mise en œuvre du pass sanitaire. <br />Pour la première fois dans notre histoire, il faudra présenter un document de santé pour effectuer les actes les plus simples du quotidien - prendre un train, entrer dans un magasin, aller au théâtre… <br />L’accès à un espace public sera différencié selon nos données de santé. <br />Comment une telle révolution peut-elle s’opérer avec une justification si faible, sans vrai débat parlementaire, et en caricaturant tous ceux qui osent s’en inquiéter? <br />Rappelons pourtant combien ces contraintes inédites paraissaient inimaginables il y a encore quelques mois: quand certains redoutaient que le vaccin puisse devenir le critère d’une existence à deux vitesses, on les traitait de complotistes. <br />Lorsque le pass sanitaire a été créé, le gouvernement jurait que jamais il ne conditionnerait l’accès à des actes quotidiens - seulement à des événements exceptionnels réunissant des milliers de personnes. <br />C’est d’ailleurs à cette condition explicite qu’un tel dispositif avait été accepté par les autorités administratives compétentes pour la protection des libertés ou des données privées. <br />Le fait que l’État méprise à ce point la parole donnée, sur des sujets aussi graves et en un temps aussi court, a de quoi inquiéter n’importe quel Français sur l’avenir de la liberté.<br />Car c’est bien tout notre modèle de société qui est aujourd’hui menacé. Si le gouvernement a la certitude que la vaccination générale est absolument indispensable, alors il devrait en tirer toutes les conséquences, et la rendre obligatoire. <br />Nous ne pensons pas cela; mais ce serait au moins, du point de vue démocratique, une décision plus loyale que l’hypocrisie de cette contrainte déguisée. <br />Ce serait surtout éviter de basculer dans ce nouveau monde où l’État contraindra chaque citoyen à contrôler son prochain pour déterminer ses droits. Le serveur d’un bistrot sera sommé de vérifier la vaccination et la pièce d’identité d’un client pour pouvoir servir un café; les mariés devront demander un QR Code à leurs invités avant de les laisser entrer… <br />Et la police viendra sanctionner ceux qui n’auront pas participé efficacement à ce contrôle permanent. Qui peut prétendre qu’un tel dispositif permet de «retrouver la liberté»? <br />Il constitue au contraire un précédent redoutable en matière de contrôle permanent et de droits différenciés, en particulier au regard des enjeux majeurs touchant la santé et la bioéthique dans les années qui viendront. Ne pensez surtout pas que, parce que vous êtes vacciné, vous aurez «une vie normale»: quand on doit présenter dix fois par jour un document de santé et sa carte d’identité, pour acheter une baguette ou faire du sport, on n’a pas retrouvé la liberté. Quand chacun doit devenir le surveillant de tous les autres, on n’a pas «une vie normale».<br />On nous dira qu’il faut choisir entre le pass sanitaire et le confinement généralisé: mais ce chantage est absurde. Dès lors que les plus vulnérables sont vaccinés, il n’y a aucune raison de revenir au confinement, aucune raison en particulier de fermer les amphis et d’enfermer les adolescents. <br />Nous n’avons pas à choisir entre deux manières inutiles et dangereuses d’abandonner la liberté. <br />Ce combat n’est pas individualiste, au contraire: c’est se sentir vraiment responsables d’un bien commun essentiel que de défendre cette liberté aujourd’hui gravement menacée. Il y a là un défi de civilisation: face aux modèles autoritaires qui triomphent ailleurs dans le monde, l’Europe et la France doivent montrer qu’une action publique efficace, même en période de crise, n’impliquera jamais d’abandonner les règles intangibles qui fondent nos démocraties. <br />Les libertés fondamentales, l’égalité des droits, l’amitié civique, ne sont pas des privilèges pour temps calmes, mais des principes qui nous obligent.</p>

<p>François-Xavier Bellamy est philosophe et député européen. Loïc Hervé est vice-président des Centristes</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/664/est-il-juridiquement-possible-de-rendre-le-vaccin-covid-obligatoire</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Jul 2021 21:02:02 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/664/est-il-juridiquement-possible-de-rendre-le-vaccin-covid-obligatoire</link>
	<title><![CDATA[Est-il juridiquement possible de rendre le vaccin Covid obligatoire ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Merci à vous, @StarHawk Louise Michel, d'apporter votre pierre au rétablissement de la vérité, et de faire oeuvre de salubrité et je dirais même de "santé" publique - de santé intellectuelle notamment - en ayant écrit ce 11/07/2021 : <br />"Je viens d’écouter le dernier «  interdit d’interdire « sur la vaccination obligatoire et je dois dire que le niveau de comprenette de l’invité juriste censé expliquer le droit en la matière m’a laissé pantois. </p>

<p>On a un vrai pb de comprenette</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>

</channel>
</rss>