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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Août 2021]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Wed, 18 Aug 2021 20:17:50 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[« Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes … » par Zbigniew Brzezinski]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Au vu de la triste actualité en Afghanistan, nous ressortons cette importante interview de 1998, dont il est fascinant de voir qu’elle n’a eu aucun impact dans notre mémoire collective.</p><p>Rappelons que <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zbigniew_Brzezi%C5%84ski" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Zbigniew Brzezinski</a> était le conseiller du président Carter pour les affaires de sécurité – et que Barack Obama l’a nommé conseiller aux affaires étrangères lors de sa campagne présidentielle… Voir aussi <a href="https://www.les-crises.fr/le-grand-echiquier-de-zbigniew-brzezinski/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ce billet sur son fameux livre Le grand échiquier.</a></p><p>Source : <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Le Nouvel Obs</a>, 15/01/1998</p><p><a href="https://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2015/11/1-1968-3ad6f1.jpg"></a>Le Nouvel Observateur : L’ancien directeur de la CIA Robert Gates l’affirme dans ses Mémoires : les services secrets américains ont commencé à aider les moudjahidine Afghans six mois avant l’intervention soviétique. A l’époque, vous étiez le conseiller du président Carter pour les affaires de sécurité. Vous avez donc joué un rôle clé dans cette affaire ? Vous confirmez ?</p><p>Zbigniew Brzezinski : Oui. Selon la version officielle de l’histoire, l’aide de la CIA aux moudjahidine a débuté courant 1980, c’est-à-dire après que l’armée soviétique eut envahi l’Afghanistan, le 24 décembre 1979.</p><p>Mais la réalité gardée secrète est tout autre : c’est en effet le 3 juillet 1979 que le président Carter a signé la première directive sur l’assistance clandestine aux opposants du régime prosoviétique de Kaboul. Et ce jour-là j’ai écrit une note au président dans laquelle je lui expliquais qu’à mon avis cette aide allait entraîner une intervention militaire des Soviétiques.</p><p>Le Nouvel Observateur : Malgré ce risque vous étiez partisan de cette « covert action » (opération clandestine). Mais peut-être même souhaitiez-vous cette entrée en guerre des Soviétiques et cherchiez-vous à la provoquer ?</p><p>Zbigniew Brzezinski : Ce n’est pas tout à-fait cela. Nous n’avons pas poussé les Russes à intervenir, mais nous avons sciemment augmenté la probabilité qu’ils le fassent.</p><p>Le Nouvel Observateur : Lorsque les Soviétiques ont justifié leur intervention en affirmant qu’ils entendaient lutter contre une ingérence secrète des Etats-Unis en Afghanistan, personne ne les a crus. Pourtant il y avait un fond de vérité. Vous ne regrettez rien aujourd’hui ?</p><p>Zbigniew Brzezinski : Regretter quoi ? Cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d’attirer les Russes dans le piège Afghan et vous voulez que je le regrette ? Le jour où les Soviétiques ont officiellement franchi la frontière, j’ai écrit au président Carter, en substance : « Nous avons maintenant l’occasion de donner à l’URSS sa guerre du Vietnam. » De fait, Moscou a dû mener pendant presque dix ans une guerre insupportable pour le régime, un conflit qui a entraîné la démoralisation et finalement l’éclatement de l’empire soviétique.</p><p>Le Nouvel Observateur : Vous ne regrettez pas non plus d’avoir favorisé l’intégrisme islamiste, d’avoir donné des armes, des conseils à de futurs terroristes ?</p><p>Zbigniew Brzezinski : Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques excités islamistes où la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ?</p><p>Le Nouvel Observateur : Quelques excités ? Mais on le dit et on le répète : le fondamentalisme islamique représente aujourd’hui une menace mondiale.</p><p>Zbigniew Brzezinski : Sottises. Il faudrait, dit-on, que l’Occident ait une politique globale à l’égard de l’islamisme. C’est stupide : il n’y a pas d’islamisme global. Regardons l’islam de manière rationnelle et non démagogique ou émotionnelle. C’est la première religion du monde avec 1,5 milliard de fidèles. Mais qu’y a-t-il de commun entre l’Arabie Saoudite fondamentaliste, le Maroc modéré, le Pakistan militariste, l’Egypte pro-occidentale ou l’Asie centrale sécularisée ? Rien de plus que ce qui unit les pays de la chrétienté.</p><p>———————————————–</p><p>(1) « From the Shadows », par robert gates, Simon and Schuster</p><p>(2) Zbigniew Brzezinski vient de publier « Le Grand Échiquier », Bayard éditions</p>
<p><a href="https://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2015/11/brzezinski-obs-1998.jpg"></a><br />Traduction en anglais :</p>
<p>Question: The former director of the CIA, Robert Gates, stated in his memoirs [« From the Shadows »], that American intelligence services began to aid the Mujahadeen in Afghanistan 6 months before the Soviet intervention. In this period you were the national security adviser to President Carter. You therefore played a role in this affair. Is that correct?</p><p>Brzezinski: Yes. According to the official version of history, CIA aid to the Mujahadeen began during 1980, that is to say, after the Soviet army invaded Afghanistan, 24 Dec 1979. But the reality, secretly guarded until now, is completely otherwise Indeed, it was July 3, 1979 that President Carter signed the first directive for secret aid to the opponents of the pro-Soviet regime in Kabul. And that very day, I wrote a note to the president in which I explained to him that in my opinion this aid was going to induce a Soviet military intervention.</p><p>Q: Despite this risk, you were an advocate of this covert action. But perhaps you yourself desired this Soviet entry into war and looked to provoke it?</p><p>B: It isn’t quite that. We didn’t push the Russians to intervene, but we knowingly increased the probability that they would.</p><p>Q: When the Soviets justified their intervention by asserting that they intended to fight against a secret involvement of the United States in Afghanistan, people didn’t believe them. However, there was a basis of truth. You don’t regret anything today?</p><p>B: Regret what? That secret operation was an excellent idea. It had the effect of drawing the Russians into the Afghan trap and you want me to regret it? The day that the Soviets officially crossed the border, I wrote to President Carter. We now have the opportunity of giving to the USSR its Vietnam war. Indeed, for almost 10 years, Moscow had to carry on a war unsupportable by the government, a conflict that brought about the demoralization and finally the breakup of the Soviet empire.</p><p>Q: And neither do you regret having supported the Islamic fundamentalism, having given arms and advice to future terrorists?</p><p>B: What is most important to the history of the world? The Taliban or the collapse of the Soviet empire? Some stirred-up Moslems or the liberation of Central Europe and the end of the cold war?</p><p>Q: Some stirred-up Moslems? But it has been said and repeated Islamic fundamentalism represents a world menace today.</p><p>B: Nonsense! It is said that the West had a global policy in regard to Islam. That is stupid. There isn’t a global Islam. Look at Islam in a rational manner and without demagoguery or emotion. It is the leading religion of the world with 1.5 billion followers. But what is there in common among Saudi Arabian fundamentalism, moderate Morocco, Pakistan militarism, Egyptian pro-Western or Central Asian secularism? Nothing more than what unites the Christian countries.</p><p>Translated from the French by Bill Blum</p><p class="text-box">Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. <a href="https://www.les-crises.fr/oui-la-cia-est-entree-en-afghanistan-avant-les-russes-par-zbigniew-brzezinski/#">[Lire plus]</a>Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. </p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Wed, 18 Aug 2021 20:14:09 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[« La recette ultra-droitière de la gauche danoise »]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Reportage passionnant (malgré un titre complètement crétin), dans Le Monde Magazine du 26 juin, sur la mutation du Parti social-démocrate danois, qui tend de plus en plus à ressembler au mouvement allemand "Aufstehen". Il était temps que la gauche se réveille !</p>

<p>Quelques extraits : </p>

<p>« Paw Østergaard Jensen, peintre en bâtiment, président social-démocrate du comité des affaires sociales de la mairie d’Albertslund, parle de la concurrence sur le marché du travail, des entreprises qui en profitent pour presser les salaires, accélérer les cadences. Pour lui, une seule solution : “Il faut arrêter d’accueillir des réfugiés et des immigrés et intégrer les gens qui sont déjà là.” Longtemps, quand Paw Østergaard Jensen osait exprimer cette position tout haut, il était étiqueté “de droite”, voire accusé d’être “raciste”. Les temps ont changé : las de perdre les élections, les leaders du parti social-démocrate (Social-démocratie, SD) ont commencé à prêter l’oreille à ces voix qui demandaient un changement. Quatre ans de réflexion, lancés après une énième défaite électorale en 2015, pour aboutir à un nouveau logiciel : résolument à gauche sur la défense de l’État-providence et des classes populaires, mais à droite toute sur l’immigration et l’intégration. Deux ans après sa nomination à la tête du gouvernement, la leader sociale-démocrate, Mette Frederiksen, 43 ans, dirigeante du Parti social-démocrate danois, assume complètement ce virage. D’ailleurs pourquoi douterait-elle, alors que son parti frôle la barre des 30 % dans les sondages, que sa popularité atteint des records, après une pandémie bien gérée, et que la droite, en face, a des allures de champs de ruines ? [...]</p>

<p>Fille d’un typographe et d’une enseignante, élevée à Aalborg, dans le Jutland, et titulaire d’un master d’études africaines, Mette Frederiksen, est classée à gauche. Mais ses trois années passées à la direction du ministère du travail, puis dix mois à celui de la justice, “lui ont fait prendre conscience des problèmes d’intégration et de la charge que représente l’immigration pour le modèle social”, selon le journaliste Thomas Larsen, qui a signé sa biographie. Surtout, Mette Frederiksen “a compris que le SD ne pourra pas regagner une élection à moins de se reconnecter avec les électeurs traditionnels du parti, qui demandent une politique migratoire restrictive”. […] </p>

<p>Pour Henrik Sass Larsen, président du groupe social-démocrate au Parlement, si la gauche européenne va mal, c’est parce qu’elle a trop longtemps été tétanisée par “la peur d’être taxée de raciste” ou d’être accusée de “faire le jeu de l’extrême droite”. Elle n’a voulu voir “que le bon côté du multiculturalisme” et n’a pas osé “reconnaître qu’une bonne partie des musulmans ne sont pas intégrés”. À la place, elle s’est fourvoyée dans la défense des minorités : “Quand vous dites à des ouvriers que vous allez vous battre pour qu’ils aient des toilettes transgenres, vous n’êtes plus pertinents auprès de vos électeurs de base”, martèle-t-il. Après les élections de 2015, c’est la confiance de ces électeurs qu’Henrik Sass Larsen et Mette Frederiksen veulent retrouver parce qu’“un parti social-démocrate qui ne représente plus les classes populaires ne peut pas se déclarer social-démocrate”. […] À l’Assemblée, un groupe de jeunes députés sociaux-démocrates, la plupart issus des classes populaires, est prêt à leur emboîter le pas. […] </p>

<p>Ancien maçon et fils d’un réfugié éthiopien, Mattias Tesfaye, devenu ministre de l’immigration et de l’intégration en 2019, publie un essai de 385 pages récapitulant “cinquante ans de politique migratoire du parti social-démocrate”. Sa thèse : le parti ne fait rien d’autre qu’appliquer les analyses des maires de l’ouest de Copenhague – dont celui d’Albertslund, où Mattias Tesfaye vit avec sa famille – qui plaidaient déjà, dans les années 1980, contre la droite et les patrons, pour une politique migratoire restrictive. […] </p>

<p>En Europe, l’exemple danois suscite chez de nombreux sociaux-démocrates un mélange d’effroi, d’incompréhension mais aussi... d’intérêt. En France, Arnaud Montebourg semble en tout cas emprunter la même analyse, avec son récent plaidoyer pour une alliance des forces populaires qui passerait par un programme économique très interventionniste, un contrôle plus strict de l’immigration et la lutte contre l’islam politique. »</p>

<p>Anne-Françoise Hivert, « La recette ultra-droitière de la gauche danoise », dans Le Monde Magazine du 26 juin</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Wed, 18 Aug 2021 16:49:00 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/690/les-talibans-nouveau-souffle-inspirateur-du-jihadisme-mondial</link>
	<title><![CDATA[Les talibans, nouveau souffle inspirateur du jihadisme mondial]]></title>
	<description><![CDATA[<p>La victoire des talibans risque de faire souffler un vent d’allégresse chez tous les jihadistes du monde, galvanisés par la nouvelle défaite d’une puissance étrangère et le triomphe de la stratégie, de la négociation et de la patience. Dans le monde entier, les combattants du mouvement jihado-salafiste, dont la plupart sont affiliés à el-Qaëda ou au groupe rival État islamique, ne peuvent que constater la réussite des « étudiants en religion » afghans, au pouvoir à Kaboul dès après le départ des troupes américaines, 20 ans après en avoir été chassés. « Ça donne aux jihadistes un formidable élan. Cela leur fait croire qu’ils peuvent expulser une puissance étrangère, même une majeure telle que les États-Unis », estime Colin Clarke, directeur de recherche du Soufan Center, un think-tank de géopolitique new-yorkais. « Je m’attends à un solide bombardement de propagande, culminant avec le 20e anniversaire des attaques du 11 septembre (2001). Cela va gonfler le moral des jihadistes, de l’Afrique du Nord jusqu’en Asie du Sud-Est. »</p><p>Le cas afghan n’est pas nécessairement possible à calquer ailleurs car tous les groupes actifs ne combattent pas de puissances étrangères. L’exemple du Sahel, où la France a récemment annoncé un retrait d’une partie de ses 5 100 soldats au profit de forces spéciales européennes, après plus de huit années de présence, est très différent du dossier afghan. Mais « la conquête de l’Afghanistan par les talibans est quelque chose qui va enhardir les jihadistes partout », convient Aymenn Jawad al-Tamimi, chercheur pour le programme sur l’extrémisme de l’Université George Washington (États-Unis). « C’est pertinent dans le contexte ouest-africain, où ont émergé toutes ces discussions sur les négociations avec le GSIM », le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à el-Qaëda.</p><p>La « résistance des peuples »</p><p>Les talibans ne se sont pas contentés de laisser pourrir la situation. Tout en faisant la guerre, ils ont négocié avec les Américains et le gouvernement afghan et avancé leurs pions avec les milices locales, clans et tribus qui font la mosaïque nationale. Mais, symboliquement, leur triomphe permet de convaincre les militants que « s’ils continuent à se battre, leurs adversaires finiront par s’effondrer », ajoute le chercheur irakien. Depuis 24 heures, les réseaux sociaux relaient moult commentaires de propagande de la sphère jihadiste. Dont celui du mouvement Hamas, selon lequel ce succès « prouve que la résistance des peuples, au sommet desquels notre peuple moudjahidine palestinien, mènera finalement à la victoire et à la réussite de ses objectifs de liberté et de retour, avec la permission d’Allah ».</p><p>L’agence de propagande d’el-Qaëda, al-Thabat, assure pour sa part que « les musulmans et moudjahidine du Pakistan, Cachemire, Yémen, Syrie, Gaza, Somalie et Mali célèbrent la libération de l’Afghanistan et son application de la charia ». Du côté de l’EI, la question est plus épineuse. Quand el-Qaëda a prêté allégeance aux talibans, l’EI les a qualifiés d’apostats. En Afghanistan, la haine est d’autant plus tenace que l’État islamique au Khorasan (ISKP) a été créé par des transfuges talibans. Mais l’EI ne profite pas moins de l’effondrement de l’État afghan. « Dr. Q », un spécialiste occidental de l’EI, qui publie sous ce pseudonyme ses recherches sur Twitter, a ainsi relevé 216 attaques de l’ISKP entre 1er janvier et 11 août, contre 34 l’an passé à la même période. « Cela fait de l’Afghanistan une des provinces de l’EI les plus dynamiques », assure-t-il. « Tout n’est pas directement lié au retrait américain mais la victoire des talibans donne de l’air aussi à l’ISKP. »</p><p>Réminiscence de l’Irak en 2011</p><p>Au-delà des haines fratricides, il pointe des convergences d’objectifs : « L’EI communique régulièrement sur le fait que les Occidentaux ne peuvent rester éternellement » en terre étrangère ; à cet égard, le triomphe des talibans « légitime leur façon de faire ». Colin Clarke rappelle lui aussi que le chaos et la guerre constituent les conditions élémentaires du développement de tout groupe jihadiste, quelle que soit son obédience. « L’effondrement de l’armée afghane est une étrange réminiscence de ce que nous avons vu en Irak en 2011. Je crains que la même situation se reproduise en Afghanistan, avec simultanément le développement de l’EI et la résurrection d’el-Qaëda. »</p><p>Là réside peut-être la plus grande leçon que les talibans aient livrée à la sphère jihadiste mondiale : patience et détermination peuvent triompher, quel que soit l’ennemi. Un enseignement galvanisant pour tous les mouvements aux ambitions locales, adversaires ou alliés des nouveaux patrons de Kaboul. « Pour beaucoup de groupes qui poursuivent un agenda local, les talibans ont constitué l’archétype de la bonne application de cette stratégie », constate froidement, dans une vidéo postée sur YouTube, Charles Lister, chercheur au Middle-East Institute.</p><p>Didier LAURAS/AFP</p><p><br />La victoire des talibans risque de faire souffler un vent d’allégresse chez tous les jihadistes du monde, galvanisés par la nouvelle défaite d’une puissance étrangère et le triomphe de la stratégie, de la négociation et de la patience. Dans le monde entier, les combattants du mouvement jihado-salafiste, dont la plupart sont affiliés à el-Qaëda ou au groupe rival État islamique, ne...</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/689/vu-de-teheran-les-talibans-sont-un-%C2%AB%C2%A0moindre-mal%C2%A0%C2%BB</guid>
	<pubDate>Wed, 18 Aug 2021 16:39:58 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Vu de Téhéran, les talibans sont un « moindre mal »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Herat, Kandahar, Kaboul. <br /><br />Comme le reste du monde, les Iraniens regardent avec surprise le spectacle de ce « blietzkrieg » conduit par les talibans en Afghanistan. Ils s’étaient préparés à la possibilité d’un effondrement de l’armée afghane dans le sillage du retrait américain mais, comme le reste du monde, Téhéran avait largement sous-estimé le niveau de préparation, l’efficacité et la rapidité de la machine guerrière des talibans. Les autorités iraniennes s’étaient pourtant mises en état d’alerte dès mai, suite au retrait des forces américaines et au début de l’offensive talibane contre le gouvernement afghan. Inquiétées par un possible débordement du conflit, un flux de réfugiés et la montée en puissance de certaines factions sunnites extrémistes qui pourraient s’en prendre à la minorité chiite d’Afghanistan, les troupes s’amassent progressivement au cours de l’été le long de la frontière afghane. Les canaux diplomatiques s’activent et, les 7 et 8 juillet, le ministre iranien des Affaires étrangères reçoit des délégations du gouvernement voisin et des talibans afin de tenter une médiation, tout en cherchant à remplir l’espace laissé vacant par les Américains qui sont sur le départ.</p><p>Une opportunité ?</p><p>Les rumeurs vont bon train : certains experts parlent d’une possible intervention des Iraniens, d’autres d’un affrontement par milices interposées sur le modèle irakien. Mais l’Iran de 2021 n’est plus celui de la fin des années 1990. Certes, les divergences idéologiques persistent entre le régime des mollahs et celui des talibans qui « ne représentent pas une solution idéale », note Fatemeh Aman, analyste au Middle East Institute. Mais l’arrivée à Kaboul d’islamistes sunnites ne terrorise plus Téhéran, qui depuis s’est accommodé de ses anciens ennemis jusqu’à coopérer avec eux notamment dans le but de mettre à mal les intérêts américains dans le pays. D’autant que sur le plan sécuritaire, la situation reste pour l’instant sous contrôle. Le 6 août, les talibans capturaient la ville de Zaranj, à la frontière iranienne, provoquant de nouvelles vagues d’exode. Pourtant, « hormis ce flux de réfugiés que Téhéran tentera probablement de régler en payant les talibans, il n’y a pas de menace sécuritaire directe », estime Farzin Nadimi, expert en défense et sécurité régionale au Washington Institute for Near East Policy.</p>
<p><a href="https://www.lorientlejour.com/article/1271818/larrivee-des-talibans-a-kaboul-fait-craindre-le-pire-aux-habitants.html"><br /><br />Lire aussi<br />L’arrivée des talibans à Kaboul fait craindre le pire aux habitants<br /><br /></a></p>
<p>Malgré l’affairement à Téhéran, la reconquête territoriale des talibans se présente donc comme une opportunité de gagner en influence régionale et, surtout, de marquer des points contre Washington. « L’Iran, qui a soutenu les talibans tout au long de la dernière décennie afin de mettre un terme à la présence militaire américaine, voit le retour des talibans au pouvoir comme une victoire stratégique », fait remarquer ainsi Afshon Ostovar, professeur à la Naval Postgraduate School en Californie et spécialiste de l’Iran. Les enjeux économiques qui lient les deux entités poussent également à maintenir un rapport de bon voisinage. Pour les talibans, « l’apport iranien en termes d’énergie, d’essence et de gaz est vital », rappelle Fatemeh Aman. Côté iranien, il s’agit surtout de préserver les investissements et de poursuivre les activités de narcotrafic de l’autre côté de la frontière en cas de changement de régime.</p><p>Mais malgré cette alliance de circonstance qui mijote à feu doux depuis plusieurs années, le tableau est très loin d’être idyllique. « L’Iran ne sortira pas gagnant des récents événements : les talibans ne sont pas l’une de ces milices affiliées à Téhéran, dont l’influence pourrait même décroître à l’avenir compte tenu de la perte de confiance des Afghans envers les Iraniens », poursuit Fatemeh Aman. Ici, l’historique conflictuel entre la mouvance fondamentaliste sunnite et la république chiite ne peut pas être évacué de l’analyse des événements actuels. En 1998, les talibans, arrivés au pouvoir deux ans plus tôt, exécutent au consulat d’Iran de Mazar-e Sharif 11 Iraniens, dont une majorité appartenaient à la Force al-Qods, l’unité d’élite des IRGC (Corps des gardiens de la révolution islamique). Une guerre est évitée de justesse : le guide suprême Ali Khamenei donne son accord, avant de le retirer, en vue d’une « action militaire fortement encouragée par les IRGC », rappelle Farzin Nadimi. Un démêlé auquel s’ajoute un différend portant sur la rivière transfrontalière Helmand. Cet ensemble amène en 2001 les Iraniens à soutenir Washington dans sa tentative de renverser le régime des talibans. « Après avoir travaillé dur pour aider les renseignements américains et les seigneurs de guerre locaux, les Iraniens célèbrent alors la chute des talibans », poursuit Fatemeh Aman.</p><p>Une action a minima</p><p>Il faudra attendre deux ans, et le début de la rhétorique de « l’axe du mal » dirigée par Washington contre Téhéran, pour que les prémices d’un mariage de raison s’esquissent entre les talibans et le régime iranien, qui ne partageront jamais que des ennemis. « C’est à ce moment que les Iraniens ont pris contact avec les insurgés des talibans, leur fournissant des explosifs, de sorte à s’assurer que les Américains ne puissent pas utiliser l’Afghanistan comme une base arrière pour attaquer l’Iran », explique Fatemeh Aman. À partir de 2015, c’est contre la branche locale de l’État islamique, IS-Khorasan (IS-K), que la coopération se poursuit. « Les Iraniens arrivent à la conclusion que le gouvernement afghan ne sera pas en mesure de venir à bout d’IS-K et entrent alors en contact avec les talibans pour faire front commun », poursuit cette dernière. Le rapprochement se poursuit jusqu’à aujourd’hui sur le plan diplomatique, ouvrant la voie à une série de rencontres entre des représentants du mouvement islamiste et des officiels de Téhéran. « Les Iraniens sont nerveux : un gouvernement entièrement dominé par les talibans n’est pas leur premier choix, mais ils n’ont plus d’autre option afin de contenir l’État islamique et les possibles retombées d’une nouvelle guerre », affirme Fatemeh Aman.</p>
<p><a href="https://www.lorientlejour.com/article/1271900/la-facile-victoire-des-talibans-ecorne-profondement-limage-de-washington.html"><br /><br />Lire aussi<br />La facile victoire des talibans écorne profondément l’image de Washington<br /><br /></a></p>
<p>Face à la réalité du terrain, et en l’absence d’alternative, Téhéran est ainsi contraint de composer avec les talibans afin de préserver ses intérêts. Les options sont limitées : l’intervention directe sur un terrain connu pour être devenu « le cimetière des empires » semble exclue, tandis qu’une présence indirecte par milice interposée sur le modèle des « Fatemyioun », ces brigades d’Afghans chiites envoyés en Syrie pour combattre au nom de la République islamique, est impensable si Téhéran veut continuer de s’attirer les bonnes grâces des talibans. L’Iran pourrait dans ce contexte être réduit à une action a minima, qui viserait simplement à « concentrer son attention sur l’action diplomatique ; la présence militaire à la frontière ; et un volet plus humanitaire visant à gérer la crise des réfugiés afin de restaurer sa réputation compromise par l’alliance avec les talibans », estime Fatemeh Aman.</p><p>Un seul dossier, s’il revenait au-devant de la scène, pourrait compromettre cet équilibre : celui des Hazaras, la minorité chiite d’Afghanistan pour qui les Iraniens auront du mal à négocier toute protection si les talibans décidaient de renouer avec les méthodes brutales exercées contre les minorités, ce dont ils se défendent jusqu’à aujourd’hui. En cas de violence, « l’Iran pourrait décider de les protéger, par exemple en ressuscitant l’Alliance du Nord (front militaire formé en 1996 pour combattre les talibans), ou encore en misant sur des réseaux d’insurgés », observe Farzin Nadimi. Sans engagement de la part de Téhéran, c’est alors « toute sa crédibilité auprès de ses clients régionaux qui pourrait alors se trouver compromise », avertit Afshon Ostovar.</p><p><br />Herat, Kandahar, Kaboul. Comme le reste du monde, les Iraniens regardent avec surprise le spectacle de ce « blietzkrieg » conduit par les talibans en Afghanistan. Ils s’étaient préparés à la possibilité d’un effondrement de l’armée afghane dans le sillage du retrait américain mais, comme le reste du monde, Téhéran avait largement sous-estimé le niveau de préparation,...</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/688/les-questions-en-suspens-laissees-par-washington-en-afghanistan</guid>
	<pubDate>Tue, 17 Aug 2021 19:24:39 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/688/les-questions-en-suspens-laissees-par-washington-en-afghanistan</link>
	<title><![CDATA[Les questions en suspens laissées par Washington en Afghanistan]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="lead-text">La prise de Kaboul par les talibans rappelle la chute de Saigon en 1975 et représente une défaite cuisante pour la politique étrangère américaine. En cherchant à répondre à la crise humanitaire en cours, la communauté internationale de Genève est confrontée à beaucoup plus de questions que de réponses.</p>
<p>Ce contenu a été publié le 17 août 2021 - 16:00 17 août 2021 - 16:00Daniel Warner, politologue helvético-américain</p>

<p>Autres langues: 3</p>
<p>Le retrait précipité des troupes et des civils américains d'Afghanistan marque la fin de la plus longue guerre de l'histoire des États-Unis. Pendant 20 ans, les présidents américains, républicains et démocrates, avec l'aide de l'OTAN et de leurs alliés, ont assuré une présence continue dans ce pays. La mission a évolué, passant des représailles et de la sécurité à une forme non déclarée d’édification d’une nation. Des milliers de soldats ont été tués dans ce conflit, plus de 83 milliards de dollars ont été dépensés en matériel pour l'armée afghane et plus de 1000 milliards de dollars ont été gaspillés.</p><p>Mais le gouvernement afghan n'a jamais gagné «les cœurs et les esprits» de la population. Le succès rapide des talibans dans les campagnes et les villes en est la preuve la plus évidente. Le niveau de corruption et d'incompétence du gouvernement a été sous-estimé par les militaires et les responsables de la politique étrangère des États-Unis. Alors que le retrait des troupes étrangères était inévitable et annoncé, le manque de volonté et l'incapacité de l'armée afghane à se défendre ont été un coup dur. La plupart des observateurs prévoyaient une guerre civile d'un an ou 18 mois entre l'armée afghane et les talibans. En 10 jours, l'armée s'est effondrée.</p><p>&gt;&gt; Joe Biden défend fermement sa décision (RTS)</p>
<p>Contenu externe</p>
<p>Dans un changement largement salué par les gouvernements occidentaux et à Genève, le président Biden a déclaré que «l'Amérique est de retour» avec une politique étrangère plus internationale et multilatérale que l'America First de Donald Trump. La chute de l'Afghanistan aux mains des talibans modifiera-t-elle cette nouvelle bonne volonté à l'égard des États-Unis?  Comment cela affecte-t-il le prestige de l'Amérique dans le monde? Je soupçonne un certain malaise chez des alliés comme Taïwan qui doivent s'interroger sur les promesses américaines de les défendre.</p>
<p>L'accord de paix ignoré</p>
<p>Le potentiel de la diplomatie et de l'aide humanitaire pour remédier à la situation est également remis en question. Un accord de paix signé à Doha entre les États-Unis et les talibans en 2020 n'a eu aucun effet, pas plus que les négociations ultérieures entre le gouvernement afghan et les talibans, engagées sous l'administration de l'ancien président américain Donald Trump.</p><p>«Les retards que nous constatons de la part de l'autre partie dans l'avancement des pourparlers ne correspondent pas au sentiment d'urgence que nous avons», a déclaré en juillet Nader Nadery, négociateur principal du gouvernement afghan, au Wall Street Journal, à propos de la participation des talibans. «La violence doit cesser, la guerre doit prendre fin, et nous devons parvenir à un règlement politique», a-t-il ajouté. Ce règlement n'est jamais venu.</p><p>Aujourd'hui, l'aéroport de Kaboul est débordé. Les États-Unis ne doivent pas seulement aider leurs citoyens à partir ; ils sont aussi moralement responsables envers ceux qui sont menacés et qui ont travaillé pour eux et avec eux au cours des deux dernières décennies. Tous ceux qui veulent partir ne pourront pas le faire. Le président afghan a fui, ne laissant en place aucun gouvernement légitime et internationalement reconnu.</p><p>Si certains dirigeants talibans ont exprimé une volonté de non-représailles à l'égard de ceux qui ont aidé le gouvernement ou ses alliés et une volonté de permettre aux jeunes femmes de poursuivre leur scolarité, le fait que les promesses faites à Doha n'aient pas été suivies d'effet n'est pas de bon augure pour l'avenir des droits humains en Afghanistan. Les politiques menées par les talibans dans les zones qu'ils contrôlent sont en contradiction directe avec les normes internationales en matière de droits humains.</p><p>&gt;&gt; La nouvelle génération de <a rel="noopener" target="_blank" href="https://www.rts.ch/info/monde/12418862-qui-sont-les-talibans-qui-ont-repris-le-pouvoir-en-afghanistan.html">talibansLien externe</a> (RTS)</p>
<p>Contenu externe</p>

<p>Pas de réponses faciles</p>
<p>Ceux qui tentent de répondre à la crise humanitaire en cours sont confrontés à plus de questions que de réponses.  La communauté internationale ne peut pas être assurée que les talibans coopéreront, car ils n'ont pas l'habitude de le faire. La Turquie et d'autres pays ouvriront-ils leurs frontières aux personnes qui fuient? Comment une réponse ordonnée à l'exode pourra-t-elle être mise en place puisque les talibans ont montré peu de respect pour les normes humanitaires et les normes relatives aux réfugiés dans le passé?</p><p>Les agences d'aide ne peuvent fonctionner à l'intérieur des pays que si elles ont le consentement des autorités en place. Les talibans accepteront-ils une intervention étrangère, même humanitaire, si l'aide est fournie par des personnes traditionnellement hostiles à l'établissement d'un califat fondamentaliste? Même les agences d'aide travaillant en dehors des gouvernements auront du mal à convaincre les talibans radicaux qu'il est dans l'intérêt de tous de coopérer.</p><p>&gt;&gt; L'inquiétude gagne les Afghans de Suisse (RTS)</p>
<p>Contenu externe</p>

<p>Les leçons apprises?</p>
<p>Des comparaisons faciles sont faites entre la chute de Saigon en 1975 et la chute de Kaboul. La guerre du Vietnam avait pour but d'arrêter la propagation du communisme, et les États-Unis ont perdu la guerre malgré une supériorité militaire écrasante. Aujourd'hui, le Vietnam est un pays pacifique et prospère.</p><p>L'intervention en Afghanistan visait à l'origine à contenir le terrorisme. Cela a échoué. Al-Qaïda et des organisations telles que Daech existent toujours. Une fois encore, dans un contexte différent, une supériorité militaire écrasante a échoué. Mais on peut difficilement prévoir que l'Afghanistan devienne un pays pacifique et prospère comme le Vietnam. Il restera probablement un pays clanique dirigé par des chefs de guerre locaux qui ont réussi à vaincre trois empires : britannique, soviétique et aujourd’hui américain.</p><p>Quelles leçons peut-on tirer de l'effondrement du gouvernement afghan après 20 ans de soutien occidental? La plus évidente est que la puissance militaire ne garantit pas le succès dans une guerre asymétrique. Les talibans, comme le Viêt-Cong, ont pu réussir malgré une infériorité militaire écrasante. Les «cœurs et les esprits» des gens n'ont pas suivi la force militaire de l'Amérique.</p><p>Et une fois de plus, comme au Vietnam, le renseignement militaire a été incapable de décrire la situation réelle sur le terrain.</p><p>Des leçons seront-elles tirées? J'en doute. L'orgueil démesuré qui se cache derrière cette intervention de 20 ans était à l'origine une réaction émotionnelle au 11 septembre, le président George W. Bush ayant envoyé des troupes américaines en Afghanistan en réponse aux attentats. La mission était de punir les responsables et de veiller à ce que l'Afghanistan n'abrite pas de terroristes internationaux.</p><p>Avec le temps, c'est devenu plus que cela. Comme dans les rizières du Vietnam, les États-Unis se sont embourbés dans un terrain inconnu en pensant qu'ils avaient toutes les solutions. Il reste à voir si la chute de Kaboul modifiera cet orgueil démesuré. Rien ne permet d'envisager cette possibilité.</p><p>La nation «indispensable et exceptionnelle» est trop embourbée dans sa propre image. Et les organisations internationales basées à Genève, parmi beaucoup d'autres, devront se démener pour ramasser les pots cassés.</p><p class="si-teaser__label">Articles mentionnés</p>
<p>Mots clés:</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/687/pass-sanitaire-un-climat-explosif-pour%C2%A0atlantico</guid>
	<pubDate>Sat, 14 Aug 2021 06:40:26 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Pass sanitaire, un climat explosif (pour Atlantico)]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Selon les derniers sondages Odoxa et Ipsos, une majorité de Français est favorable à la vaccination obligatoire et au pass sanitaire. Dans le détail, on observe une forte disparité et une adhésion particulièrement forte chez les soutiens de LREM et de LR. Comment expliquer que ce soit parmi les courants politiques les plus au centre et libéraux que l’on retrouve cette adhésion ?</p>
<p>Oui, mais le paradoxe n’est qu’apparent. Les sympathisants de partis politiques qui se réclament du libéralisme approuvent dans leur ensemble les mesures de contrainte tandis que les mouvements étatistes et anti-systèmes ou les « sans partis » y sont les moins favorables. Il faut comprendre que nous vivons sous l’emprise d’une peur qui bouleverse les repères traditionnels. 66% des Français sont inquiets. Ils vivent la progression du « variant delta » comme l’attente d’un troisième cavalier de l’apocalypse. Cette peur est cultivée par le pouvoir politique, médiatique, médical, qui abonde dans le catastrophisme. La simple vérité, par exemple, que le tabac et l’alcool en ce moment tuent 7 fois plus que le covid19, est totalement inaudible. La peur, comme le montre Hobbes dans le Leviathan, écrase la liberté. Or, les catégories les plus apeurées sont justement les plus satisfaites et conservatrices, la bourgeoisie installée qui a tout à perdre. Pour reprendre un titre célèbre, nous vivons une grande peur des bien-pensants. La fracture sociale qui était déjà à l’œuvre dans la crise des Gilets Jaunes joue très fort dans le clivage actuel : 75% des cadres sont pour le « pass » sanitaire obligatoire contre 50% des employés et ouvriers. S’y ajoute une fracture générationnelle encore plus marquée : 76% des plus de 55 ans (vaccinés) y sont favorables pour seulement 47% des 18-34 ans (la plupart non vaccinés).  C’est une constante dans l’histoire de France, ceux qui se lèvent les premiers pour défendre la liberté même très minoritaires, sont en général les moins favorisés et les jeunes.</p>
<p>Faut-il voir dans ces prises de position, en France et en Europe, la manifestation de l’intérêt personnel de cette frange de la population qui, parce qu’elle ne craint pas ces mesures pour elle-même, ne voit pas de problème à les imposer globalement ?</p>
<p>Nous vivons une nouvelle guerre civile froide autour du covid 19. La France se déchire sur le conflit entre partisans des mesures contraignantes et adversaires. Les « bien-pensants » majoritaires et portés par la peur caricaturent violemment les défenseurs des libertés, minoritaires, en les traitant systématiquement « d’anti-vaccin » –  alors qu’ils se battent non pas contre le vaccin, mais pour la liberté – de complotistes et d’obscurantistes. Les réfractaires à la politique de contraintes dénoncent de leur côté une « dictature sanitaire ». Une fois de plus, la France montre son incapacité à se parler en dehors de l’invective et du conflit. La majorité bien-pensante fait naufrage dans l’égoïsme: sous l’effet de la terreur, elle se montre incapable d’essayer de comprendre la détresse authentique d’une minorité déstabilisée par ces mesures : restaurateurs condamnés sous la menace de lourdes sanctions à se transformer en gendarmes du « pass » sanitaire, ce qui est évidemment impossible et obère leur survie ; jeunes auxquels la vaccination a été interdite pendant des mois et soudain menacés de mort sociale pour n’être pas encore vaccinés ; personnes de santé fragile qui redoutent parfois avec de bonnes raisons les effets du vaccin. Rien n’est plus fascinant que le déchaînement de mépris de la majorité bien-pensante envers ces catégories qui font désormais office de bouc émissaires de l’épidémie, accusées – par un absurde paradoxe – de menacer la vie des « vaccinés » (protégés).  </p>
<p>Cet électorat censé incarner et défendre les valeurs de la démocratie est-il en train de devenir, d’une certaine mesure, le moins démocrate de l’échiquier politique ? </p>
<p>La démocratie, comme la liberté, est la dernière préoccupation de la majorité bien-pensante qui est sous l’emprise de la peur. Terrorisée par le discours alarmiste du pouvoir politico-médical sur le variant delta, elle songe avant tout à sauver sa peau et c’est tout ce qui l’intéresse en ce moment. Pourtant, le mode d’exercice du pouvoir politique soulève de légitimes interrogations.  Il se caractérise par une personnalisation obsessionnelle autour d’une figure « providentielle » ultra-médiatisée qui assène périodiquement au pays des « annonces » en dehors de tout débat de société. Le prétendu état de « guerre », proclamé le 16 mars 2020 n’a fait qu’exacerber ce phénomène. De fait, le Parlement affaibli par un état d’urgence qui l’a dépouillé de sa compétence en matière de libertés publiques et le recours systématique aux ordonnances, est devenu une simple chambre d’enregistrement. Le suffrage universel dont il procède est mis entre parenthèses en tant que source de toute légitimité à définir les règles d’une société. D’où l’abstentionnisme massif. Le débat d’idées est en recul partout, étouffé par la soumission du Parlement et le conformisme assourdissant qui règne dans le monde intellectuel ou médiatique.  En s’effaçant, le débat d’idées laisse place à un climat d’incommunicabilité, de caricature et de mépris. Rarement dans la période récente, les Français ne se sont détestés autant qu’aujourd’hui. Le pouvoir politique est le premier responsable de cette tension qu’il ne cesse d’attiser par son exubérance alarmiste. L’opinion majoritaire, en ce moment anesthésiée par la peur, peut basculer très vite. La situation actuelle est terriblement volatile et explosive.</p>
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<p>Articles similaires</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/686/une-erreur-strategique-qui-impacte-lavenir-de-lhumanite-appel-du-pr-luc-montagnier</guid>
	<pubDate>Sun, 08 Aug 2021 15:53:21 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/686/une-erreur-strategique-qui-impacte-lavenir-de-lhumanite-appel-du-pr-luc-montagnier</link>
	<title><![CDATA[&quot;Une erreur stratégique qui impacte l&#039;avenir de l&#039;humanité&quot; : appel du Pr Luc Montagnier]]></title>
	<description><![CDATA[<p><a href="http://"></a></p><p>Depuis le début de la pandémie, le professeur Luc Montagnier, prix Nobel de médecine, a fait plusieurs déclarations qui ont défrayé la chronique. L’un d’elles est sur l’origine « fabriquée » du virus et de ses insertions identifiées au travers de modèles mathématiques permettant d’identifier les ruptures d’harmonie attendue. Cette révélation a été confirmée dans une étude, revue par les pairs, écrite avec le mathématicien Jean-Claude Perez, puis sur le plateau de FranceSoir, ainsi que par de nombreux experts internationaux jusqu’à devenir une des hypothèses les plus probables et non plus une thèse complotiste comme nombre de médias mainstream l’ont représentée.</p><p>Aujourd’hui, le professeur Montagnier lance un appel à la lumière de ses analyses et nombreuses conversations avec des experts de par le monde entier.</p><p>"Ceci est un appel aux dirigeants qui font la promotion dans leur pays et au niveau international d'une vaccination massive pour la prévention de la diffusion du coronavirus Covid-19.</p><p>Sur la base de données encore expérimentales, ils ont permis et encouragé des campagnes d'inoculation massive de nouveaux types de vaccins.</p><p>Ces vaccins portent une partie de l'ARN du virus codant pour sa protéine de surface permettant sa fixation sur des cellules-cibles. Les fabricants de ces vaccins ont naïvement cru et fait croire que les organismes injectés allaient monter une forte réponse en anticorps neutralisant cette protéine de surface et ainsi empêcher la transmission du virus. </p><p>Or les faits contredisent cet espoir : les vaccins Pfizer , Moderna, Astra Zeneca n'empêchent pas la transmission du virus de personne à personne et les vaccinés sont aussi transmetteurs que les non-vaccinés .</p><p>Par conséquent l'espoir d'une "immunité collective" par une augmentation du nombre de vaccinés est totalement vain.</p><p>L'explication de cet échec est simple : la haute capacité de mutation du virus liée à sa haute transmissibilité permettent la sélection de variants résistant aux vaccins.</p><p>C'est une course où le virus aura toujours une longueur d'avance. <br />Il faut l'abandonner, et refuser la vaccination obligatoire, notamment des personnels médicaux déjà bien informés des effets secondaires des vaccins actuels.</p><p>Je propose aux autorités des solutions salvatrices :</p><p>1. Une vaccination par un vaccin générant une forte immunité cellulaire de type T tel le BCG (les pays pratiquant cette vaccination ont une faible incidence de Covid19),</p><p>2. Le traitement précoce de l'infection par ivermectine et antibiotique bactérien car il existe un cofacteur bactérien amplifiant les effets du virus."<br /></p><p>Le professeur Montagnier a donc pesé chacun de ses mots en lançant cet appel qui est reçu favorablement par la communauté des soignants, dont certains sont dévastés par la décision du Conseil constitutionnel de rendre la vaccination obligatoire.</p><p>Un médecin réagit : "merci au professeur Montagnier, nous espérons que de nombreux scientifiques comme lui viendront se joindre à cet appel afin que le gouvernement puisse enfin ouvrir le débat".</p><p>Aujourd'hui, de nombreuses manifestations contre le passe sanitaire et la vaccination obligatoire du personnel médical vont se tenir dans plus de 180 villes de France.  </p>
<p><a href="https://www.francesoir.fr/societe-sante/une-erreur-strategique-qui-impacte-lavenir-de-lhumanite-appel-du-pr-luc-montagnier">Source</a></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/685/marx-avait-raison</guid>
	<pubDate>Sat, 07 Aug 2021 19:22:17 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/685/marx-avait-raison</link>
	<title><![CDATA[Marx avait raison !]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Marx – l’analyste – ne s’était pas trompé en décrivant le processus par lequel les révolutions arrivent et par lequel les modes de production se succèdent.</p>

<p>Lorsqu’un mode de production n’arrive plus à contenir les forces productives qu’il a lui-même développées et engendrées, alors il doit laisser la place à un nouveau mode de production, sur d’autres bases, et sa classe dominante doit laisser la place à une nouvelle classe pour le dominer. </p>

<p>Marx – le prophète – voyait dans la classe ouvrière, la nouvelle classe dominante qui allait réaliser la finalité hégélienne de l’Histoire en construisant une société sans classes apportant à chacun une sorte de bonheur permanent, sans qu’il n’y ait plus de contradiction ni de conflit dans la société.</p>

<p>Marx, l’analyste, s’est rarement trompé. Marx, le prophète, était profondément dans l’erreur et a engendré à sa suite une série de praticiens qui, eux, ont produit des catastrophes pour l’Humanité. </p>

<p>L’analyste donc s’est rarement trompé, et on peut dire aujourd’hui, à sa suite, que le mode de production dans lequel nous sommes n’arrive plus à contenir les forces productives gigantesques engendrées par la généralisation de la numérisation de la société, dans laquelle nous ne faisons qu’entrer, l’intelligence artificielle n’étant encore que peu développée industriellement. </p>

<p>Il expliquait que l’on voyait d’abord une série de signes qui montraient que la nouvelle classe dominante apparaissait et souhaitait prendre le pouvoir, sans en avoir tout à fait les moyens, jusqu’au moment où elle renverserait ses prédécesseurs, ayant acquis à la fois la force économique, et les capacités politiques. ￼￼</p>

<p>Les signes se situant parallèlement sur le plan économique, culturel, sociétal, et politique.</p>

<p>Comment ne pas voir dans la décomposition de notre civilisation ces signes…</p>

<p>Comment ne pas voir cette prise de pouvoir à travers ces ultra-milliardaires qui installent à la tête des États, des marionnettes ici ou là pour dévitaliser la démocratie, démocratie typique du capitalisme qui fonctionne bien.</p>

<p>Comment ne pas voir cela dans un système médiatique, aux mains de quelques ultra-milliardaires, système totalement autonomisé de la société et de ses représentations majoritaires, dont une des grandes activités est de montrer que les élus du suffrage universel sont des voleurs, des escrocs, des violeurs, voir des tueurs… et que toute personne cherchant à représenter la société à travers ce dispositif électoral ne peut que leur ressembler.</p>

<p>Et qui conduit avec succès et à l’abandon des urnes par les citoyens… et à la découverte du tirage au sort. ￼<br />￼<br />Comment ne pas voir cela dans ce système médiatique qui promeut systématiquement les valeurs de groupes ultra-minoritaires, ultra-marginaux dans la société réelle, et en apparence totalement contestataires « de gauche » et « progressistes » de l’autorité, comme ceux qui tiennent en ce moment le haut du pavé avec leurs divers programmes totalitaires : « genrés», « racisés », « inclusifs » ou puritains néoféministes…</p>

<p>Comment ne pas voir cette prise de pouvoir à travers ces milliardaires qui financent des organisations en apparence d’extrême-gauche pour susciter largement, et organiser un tout petit peu, de très vastes mouvements de population, largement encore à venir, visant à déstructurer les sociétés occidentales anciennement organisées dans des formations sociales marquées par par le mode de production capitaliste et les contradictions qui l’animaient. Notamment entre les salariés et les employeurs, avec la présence d’un mouvement ouvrier organisé, non pour asservir les travailleurs mais pour les représenter auprès des employeurs dans la négociation de la vente de leur force de travail.  Associations dont l’idéal est formé de monades d’individus « sans-papiers » et sans patrie, mais pas sans smartphones !</p>

<p>L’analyste a su nous montrer aussi comment les Parlements d’ancien régime ont su favoriser l’arrivée de la nouvelle classe dominante pour accroître leur puissance au détriment de la précédente.</p>

<p>Comment ne pas voir qu’un certain nombre d’organismes « indépendants » dans le système actuel jouent exactement la même carte, même s’il ne le savent pas tout à fait – les hommes qui font l’histoire ne savent pas toujours l’histoire qu’ils font –. En faisant remise de 13 milliards d’Euros de taxes à Apple, est-ce que ce n’est pas cela que nous avons vu récemment.</p>

<p>Comment ne pas voir cela lorsque l’appareil judiciaire descendant d’une des fonctions du Parlement d’Ancien régime, qui accepte de truquer dans plusieurs pays des élections présidentielles décisives, va mettre en jugement à titre personnel, après lui avoir fait retirer son immunité parlementaire, un ministre de l’intérieur italien qui a refusé l’entrée de migrants clandestins sur son territoire, comme ayant séquestré personnellement des personnes en mer. </p>

<p>Comment ne pas voir cette prise de pouvoir dans l’interdiction de communication de Donald Trump sur Twitter.</p>

<p>Mais ce dernier phénomène est un pas de plus, il marque d’une pierre blanche un point tournant, ceux qui profitent de l’innovation massive qui est en train de révolutionner le mode de production n’ont plus envie de laisser le pouvoir à leurs prédécesseurs et commencent à montrer les dents.</p>

<p>Nous nous sommes pas à la veille du renversement des État-nation par les Gafa, mais nous sommes entrés dans cet affrontement d’une façon peut-être irréversible.</p>

<p>Comment ne pas voir aussi ce phénomène dans le mode d’organisation d’un totalitarisme numérique par l’État chinois pour contrôler chaque élément de sa population urbaine sans lui laisser plus guère d’espace de liberté. Avec l’arme de contrôle massif qu’est le smartphone￼. </p>

<p>Et comment ne pas apercevoir la tentation de mettre sur pied ici quelque chose qui ressemblerait de plus en plus à cette vision des autorités chinoises, au nom de la lutte « contre un virus » ou « contre le terrorisme », ou pour quelques nouvelles autres causes du « Bien » et qu’on se propose de réaliser dans nos contrées.</p>

<p>Eh oui, il n’y a aucun complot dans tout cela, mais tout cela fait système. </p>

<p>Le grand système de l’Histoire dans lequel de temps en temps, comme l’on voit en ce moment, le soir, Jupiter briller à côté de Saturne, on peut, avec un peu d’attention, se trouver à un endroit où l’on aperçoit la dérive des continents…</p>

<p>Si la physionomie générale de ce qui dominera le monde se dessine, il reste que toute société génère en son sein une opposition. Cela aussi, Marx – l’analyste – l’avait fort bien expliqué￼￼. </p>

<p>Espérons que celle là saura renouer avec une certaine tradition de l'universel et de l'émancipation. Celle qu’on a pu appeler jadis « la gauche »...</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Thu, 05 Aug 2021 22:24:55 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Apophenia - by Edward Snowden]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a class="image-link image2 image2-416-554" target="_blank" href="https://cdn.substack.com/image/fetch/f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fbucketeer-e05bbc84-baa3-437e-9518-adb32be77984.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F69bf4a8a-9150-454e-bd4c-291026e84fea_554x416.jpeg"></a></p>
<p>1.</p><p>The easier it becomes to produce information, the harder that information becomes to consume — and the harder we have to work to separate the spurious from the significant.<br /></p><p>Humans are meaning-making machines, seeking order in the chaos. Our pattern recognition capabilities are a key determinant in defining intelligence. But we now live in a dystopian digital landscape purpose-built to undermine these capabilities, training us to mistake planned patterns for convenient and even meaningful coincidences. <br /></p><p>You know the drill: email a colleague about the shit weather and start getting banner ads for cheap flights to Corsica (I hear it’s nice?); google "ordination license" or "city hall hours" and watch your inbox fill with rebates for rings and cribs. For those of us who grew up during the rise of surveillance capitalism, our online experience has been defined by the effort of separating coincidence from cause-and-effect. Today we understand, if not accept, that hyper-consumption of information online comes at the cost of being hyper-consumed, bled by tech companies for the that data our readings secrete: You click, and the Big Five scrape a sample of your “preferences”—to exploit.<br /></p><p>The real cost to this recursive construction of reality from the ephemera of our preferences is that it tailors a separate world for each individual.<br /></p><p>And when you do live at the center of a private world, reverse-engineered from your own search history, you begin to notice patterns that others can’t. Believe me when I say I know what it feels like to be told that you’re the only one who sees the connection—a pattern of injustice, say—and that you’re downright crazy for noticing anything at all. To manufacture meaning from mere coincidence is the essence of paranoia, the gateway to world-building your own private conspiracies—or else to an epiphany that allows you to see the world as it actually is.<br /></p><p>I want to talk about that epiphany, about taking back control of our atomized, pre-conspiracy world. <br /></p><p>2. <br /></p><p>The German psychologist <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Klaus_Conrad">Klaus Conrad</a> called this premonitory state <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Apophenia">apophenia</a>, defined as perceiving patterns that don't actually exist and referring them back to an unseen authority who must be pulling the strings. It’s a theory he developed as an army medical officer specializing in head traumas under the Third Reich. Today, it’s analogized to political conspiracy thinking.<br /></p><p>Consider Case No. 10: a German soldier at a filling station refuses to service a patrol that doesn’t have the proper paperwork. Chalk his behavior up to that infamous Nazi officiousness, but when the patrol returns, papers in hand, the soldier still refuses to obey orders. His pattern recognition has gone into overdrive, and he’s begun to see every detail—a locked door, these patrolmen, papers signed or unsigned—as a test. His paranoid disobedience lands him in the psych ward, where Conrad writes him up as one of 107 cases that revolutionizes the Germano-sphere’s understanding of human psychology.<br /></p><p>Conrad became famous for recognizing this oppressive emergence of patterns as a pre-psychotic state that he compared to stage-fright. It culminates in a false epiphany: an apophany is not a flash of insight into the true nature of reality but an aha experience (literally: Aha-Erlebnis) that constitutes the birth of delusion. The entire universe has “turned back” and “reorganized itself” to revolve around the individual, performing and corroborating his suspicions.  <br /></p><p>Shakespeare said that all the world’s a stage. But in this case it’s staged specifically for you, the audience who's also the star.<br /></p><p>For someone obsessed with the pathology of conspiracy, Conrad was pretty susceptible to conspiratorial thinking himself. Born in Germany and raised in Vienna, his loyalties to the Nazi Party preceded his military duty. He joined in 1940 when his earlier research in hereditary epilepsy looked like promising fodder for the Nazi's monstrous sterilization laws. Maybe it was careerist opportunism, maybe it was ideological. Or maybe it takes one delusion-obsessed man to recognize another: Hitler was one of greatest conspiracy theorists of all time.<br /></p>
<p><a class="image-link image2 image2-449-600" target="_blank" href="https://cdn.substack.com/image/fetch/f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fbucketeer-e05bbc84-baa3-437e-9518-adb32be77984.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2Fca182d52-370f-4d1b-b985-7c6777405567_600x449.png"></a></p>
<p>Only Conrad’s scientific findings aren’t themselves delusional. In fact he ended up being one of the only Nazi scientists to be producing science without rockets, torture, or pentagrams. The traumatized soldiers he treated on the battlefield turned out to be good data, and the hundreds of cases he worked on allowed him to work out the laws of ”Gestalt” (i.e. ‘pattern’) psychology, a school of thought that argues the human mind grasps in an instant not just individual elements of an information set, but entire configurations or patterns. For example, when we see alternating bars of light, they appear to be moving, even though they're not — our brains are just recalling patterns related to the perception of motion and applying them to stationary objects.<br /></p><p>In an apophenic state, everything’s a pattern. And while Conrad’s stage-model uses the analogy of starring in your own one-man show, the narcissism of living online today provides plenty more. On Instagram you can filter your face, filter out unwanted followers, construct an image that you and your peers want to believe in—you’re living a private illusion, in public, that the world reifies with likes. For-profit data collection has literally “reorganized” the world to revolve around you. As you wish it—or they will it.<br /></p><p>The true epiphany, I want to argue, is that you’re the one pulling the strings. Enlightenment is to realize you have more agency than your push-notifications would have you believe. <br /></p><p>3.<br /></p><p>Here’s a better way to think: in an apophenic, information-glutted world where you can basically find evidence for any theory you want, where people inhabit separate online realities, we should focus on falsifiability (which can be tested for) over supportability (which cannot). ​​​​​​​<br /></p><p>This what what the Austrian Jewish sociologist <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Karl_Popper">Karl Popper</a>, refugee of the Holocaust in New Zealand and later England, laid out in his theory of science. Popper believed conspiracy theories are exactly what feeds a totalitarian state like Hitler’s Germany, playing on and playing up the public’s paranoia of The Other. And authoritarians get away with it precisely because their pseudoscientific claims, masquerading as sound research, are designed to be difficult to prove “false” in the heat of the moment, when data sets — not to mention a sense of the historical consequences — are necessarily incomplete.<br /></p><p>By Popper’s lights—and, I’d argue, by the intuition of basic human decency—we shouldn’t consider these provisional theories “science” at all. <br /></p>
<p><a class="image-link image2 image2-722-960" target="_blank" href="https://cdn.substack.com/image/fetch/f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fbucketeer-e05bbc84-baa3-437e-9518-adb32be77984.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F2474d564-e866-471a-9455-774fc48001b9_960x722.png"></a></p>
<p>Popper’s a favorite in conspiracy theory studies, but I want to bring in an adjacent idea of his that I think is underemphasized in this context, which is that most human actions have unintended consequences. Instant advertising was supposed to yield informed consumers; the National Security Agency was supposed to protect "us" by exploiting "them." These plans went horribly wrong. But once you wake up to the idea that the world has been patterned, intentionally or unintentionally, in ways you don’t agree with, you can begin to change it.</p><p><br />It is in good faith that whistleblowers around the world bring these contradictions to public attention; they facilitate public epiphany, reminding us that we’re not quarantined in our private, paranoid “stages.” Thinking in public, together, allows us to stage a different performance entirely. We become more like Popper’s social theorists:<br /></p><p>The conspiracy theorist will believe that institutions can be understood completely as the result of conscious design; and as collectives, he usually ascribes to them a kind of group-personality, treating them as conspiring agents, just as if they were individual men. As opposed to this view, the social theorist should recognize that the persistence of institutions and collectives creates a problem to be solved in terms of an analysis of individual social actions and their unintended (and often unwanted) social consequences, as well as their intended ones.<br /></p><p>Maybe I’m the deluded one for finding reason for optimism in this idea—and not only because it saves me from letting the former Nazi Conrad have the last word. Popper’s thinking offers an escape hatch from our private worlds and back into the public sphere. The social theorist is a public thinker, oriented toward improving society; the conspiracy theorist is a victim of institutions that lie beyond their control. </p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://edwardsnowden.substack.com/p/conspiracy-pt2/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Leave a comment&quot;,&quot;class&quot;:null}"><a class="button primary" href="https://edwardsnowden.substack.com/p/conspiracy-pt2/comments">Leave a comment</a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://edwardsnowden.substack.com/p/conspiracy-pt2?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Share&quot;,&quot;class&quot;:null}"><a class="button primary" href="https://edwardsnowden.substack.com/p/conspiracy-pt2?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share">Share</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Wed, 04 Aug 2021 20:39:00 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/683/lhydrogene-rose-nouvelle-arme-dedf-pour-vendre-ses-centrales-nucleaires</link>
	<title><![CDATA[L&#039;hydrogène rose, nouvelle arme d&#039;EDF pour vendre ses centrales nucléaires]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Connaissez-vous toutes les couleurs d'hydrogène? L'hydrogène gris, le plus courant, est obtenu à partir de gaz naturel. Le bleu, lorsque les émissions sont captées et stockées dans le sol. L'hydrogène vert provient quant à lui de sources renouvelables et le jaune est produit par électrolyse de l'eau.</p><p>Et pour la première fois en Europe, un projet d'hydrogène rose, fabriqué à partir d'énergie nucléaire, vient de voir le jour au Royaume-Uni sous la houlette d'EDF.</p><p>L'électricien ambitionne ainsi de rentabiliser sa future centrale Sizewell C, située sur la côte du Sufolk et qui doit être mise en service en 2030 si elle obtient le feu vert des autorités britanniques.</p><p>Le problème, c'est qu'avec l'augmentation des coûts due aux règlementations, le nucléaire n'est plus franchement compétitif par rapport aux énergies renouvelables.</p><p>À Hinkley Point, une autre centrale actuellement en construction en Angleterre, le mégawattheure <a href="https://www.connaissancedesenergies.org/tribune-actualite-energies/le-financement-des-futures-centrales-nucleaires-britanniques" rel="noreferrer" target="_blank">sera vendu 108 euros</a>, contre <a href="https://www.iea.org/reports/projected-costs-of-generating-electricity-2020" rel="noreferrer" target="_blank">47 euros pour le photovoltaïque</a> ou 42 euros pour l'éolien terrestre.</p><p>Alors pour convaincre les autorités de l'utilité de son projet, EDF met en avant la production d'hydrogène, destinée à <a href="https://www.fch.europa.eu/news/hydrogen-roadmap-europe-sustainable-pathway-european-energy-transition" rel="noreferrer" target="_blank">remplir un quart des besoins énergétiques en Europe d'ici à 2050</a>.</p><p>Les jours où l'éolien, le solaire et l'hydraulique fourniront suffisamment, l'électricité à faible teneur en carbone produite par Sizewell C sera détournée vers un électrolyseur produisant de l'hydrogène propre.</p><p>De plus, la chaleur résiduelle produite par la centrale permet de rendre le processus 10% plus efficace, estime EDF. Cet argument devrait jouer en faveur de Sizewell C dans l'optique de son permis de construire.</p>
<p>Perspectives pharaoniques</p>
<p>Le Royaume-Uni s'est en effet fixé pour objectif de produire 5 gigawatts d'hydrogène d'ici à 2030, qu'il compte utiliser pour le transport routier, le chauffage domestique ou la propulsion des navires.</p><p>Selon des modélisations de l'opérateur du réseau britannique National Grid PLC, jusqu'à 28 térawattheures d'électricité produite par les réacteurs nucléaires pourraient être détournés pour fabriquer de l'hydrogène d'ici à 2050, soit l'équivalent de 14% de la production nationale, <a href="http://www.japantimes.co.jp/news/2021/08/02/business/hydrogen-nuclear-power/" rel="noreferrer" target="_blank">rapporte le Japan Times</a>.</p><p>Le Royaume-Uni n'est pas le seul pays à s'intéresser à cet hydrogène rose. Aux États-Unis, le département de l'Énergie a accordé 26,2 millions de dollars à deux projets menés par Xcel Energy et FuelCell Energy pour aider les centrales nucléaires à pivoter de la production d'électricité vers la production d'hydrogène lorsque cela est nécessaire. En Russie, EDF a signé un partenariat avec Rosatom pour produire de l'hydrogène rose et l'exporter comme carburant en Europe.</p><p>Tout le monde n'est pourtant pas convaincu de la rentabilité de ces projets. «Le nucléaire et l'hydrogène sont deux technologies très intensives en capital, et le mariage des deux ne va faire qu'accroître le coût des projets», s'inquiète notamment Rob Gross, professeur à l'Imperial College de Londres et directeur de recherche à l'UKERC (UK Energy Research Centre).</p><p>Il n'empêche que les opérateurs de nucléaire ne peuvent pas passer à côté des perspectives pharaoniques du marché de l'hydrogène, estimé à 820 milliards d'euros d'ici à 2050. L'occasion, aussi, de rappeler son faible impact carbone et son caractère complémentaire aux énergies intermittentes.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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