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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Janvier 2022]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Mon, 17 Jan 2022 21:01:59 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[CE QUI MANQUE A ZEMMOUR]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Ce qui manque à Eric Zemmour, c’est de pas avoir pas l’audace de faire comme Donald Trump lorsqu’il a affirmé avec force  à à la communauté africaine-américaine qu’ils étant des américains comme les autres, aussi capables de réussir dans la société américaine que d’autres,  mais qu’ils devaient aussi regarder en face les vices et les fautes au sein de leur communauté. Ce qui manque à Eric Zemmmour  c’est de parler droit dans les yeux aux musulmans et aux franco-africains de ce pays, à la jeunesse des quartiers, à leurs parents, à tous ceux qui se sentent plus algériens ou maliens, plus maliens ou sénégalais que français, à tous les immigrés du Maghreb et d’Afrique noire, à toutes les générations nées sur le sol français et qui possèdent la nationalité française, de parler à tous,  à ceux qui travaillent et à ceux qui ne travaillent pas , aux gens honnêtes et aux délinquants, à ceux qui veulent réussir et à ceux qui sont assistés, aux femmes, aux hommes, de leur parler et de leur dire la réalité crue de ce qu’ils font ou ne font pas pour être des français comme les autres, leurs responsabilités et leurs fautes, leurs vices et bien sûr leurs vertus car elles existent, de leur dire qu’il les accueillera volontiers avec amour s’ils acceptent de se fondre dans ce pays, avec gratitude et bonheur, s’ils renoncent à la victimisation que certains encouragent pour les utiliser dans leur combat politique, s’ils chassent de leur sein les brebis galeuses, qu’ils connaissent bien, qu’ils cessent enfin d’écouter les voix qui tentent de les  arracher à la communauté nationale. Il faudra aussi  qu’il considère leur bonne volonté qui n’est pas toujours reconnue parce qu’ils sont essentialisés de part et d’autre et qu’il leur demande de l’aider dans son combat contre l’immigration de masse, légale ou clandestine sans qu’il soit traité de raciste et en y voyant  leur propre intérêt. </p>

<p>Ce qui manque à Zemmour c’est une certaine finesse de langage qui lui fait dire quand il parle de grand remplacement qu’il ne voit dans la rue que des noirs et des arabes, choquant inutilement ceux-là même des français antillais ou d’origine africaine ou maghrébine  qui sont en accord avec ses idées sur l’assimilation. Il alimente  ainsi les préjugés de racistes véritables, et  éloigne de lui des esprits lucides et généreux qui deviennent enclins à accepter les caricatures qu’on fait de lui dans la presse et les réseaux sociiaux. .</p>

<p>Ce qui manque à Zemmour c’est de ne pas voir qu’il ne suffira pas d’arrêter l’immigration de masse  légale ou illégale et de changer la façon de gouverner le pays pour retrouver une société saine et indemne de toutes les maladies des sociétés modernes,  et qu’il faudra mettre en place une nouvelle  éducation civique et populaire  des adultes adaptée à l’époque et  qui aide chacun à retrouver le goût de se projeter dans l’avenir et de vivre le présent avec moins de violences dans les familles et les organisations. La tentation totalitaire ne se limite pas à l’islamisation. Elle est la réponse inévitable à l’addition de tous les malaises sociaux provoqués par la crise multiple du sens, de l’autorité, du travail, du lien  que vit la civilisation occidentale.   </p>

<p>Ce qui manque à Eric Zemmour dans son combat pour l’école, c’est de parler aux enseignants, de leur dire qu’ils ne sont pas  des « pédagogistes »  qui refusent de transmettre le savoir et la belle histoire de France, mais qu’ils ne le peuvent pas dans les conditions qui leur sont imposées et qu’il faudra changer, faire une pédagogie de l’autorité et de la responsabilité, qu’il reconnaisse qu’ils font ce qu’ils peuvent pour susciter l’intérêt de gamins malmenés dans leurs familles, dans leur quartiers, soumis à de propagandes diverses, écrasés par la folie du monde adulte. </p>

<p>Ce qui manque à Eric Zemmour, c’est d’avoir l’audace de dire aux juifs de France que leurs institutions ne les représentent pas et qu’elles   aussi vivent sur les bénéfices que leur assurent leur adhésion aux pouvoirs en place  tout comme les dignitaires musulmans avec les pays d’origine  et leur rappeler tout ce que la France a fait pour les juifs, depuis la révolution française et Napoléon et même un peu avant au temps de la royauté finissante, qu’elle en a fait des citoyens pour la première fois dans l’histoire et que malgré les antisémitismes, le peuple français a  dans sa majorité courageusement aidé les juifs à rester indemnes de l’horrible persécution d l’occupation, qu’il leur dise aussi qu’il n’est pas maurassien, pétainiste, mais qu’il cherche à rétablir le réel pour ne pas rester dans toutes les repentances, en se trompant peut-être et qu’il s’excuse s’il a été maladroit et blessant, comme il l’a fait dans sa conversation au téléphone avec les Sandler. </p>

<p>Il faudra donc qu’il ne se contente pas de dire qu’il sera le président de tous les français sans exclusive quand il sera élu mais qu’il le démontre dès aujourd’hui, dans sa campagne pour l’accession au pouvoir suprême en allant voir des publics qui ne l’aiment pas peut-être, qui n’aiment pas en tout cas  cet avatar de lui qui a été fabriqué par ses adversaires , qu’il ne se contente pas de parler à ses partisans, à ces foules enthousiastes et honnêtes auxquelles se sont mêlés des groupes qui ne rêvent que d’exclusion et d’intolérance, qu’il refuse , malgré ou en raison de ses convictions profondes,  de faire ce que font  tous les politiques qui ne s’adressent qu’à leur clientèle privilégiée et négligent trop souvent ce qui fait l’âme d’une nation . Car, il le sait bien, comme le disait Renan qu’il admire , « l'essence d'une nation est que tous les individus aient beaucoup de choses en commun, et que tous aient oublié bien des choses. «  </p>

<p><a href="https://www.facebook.com/Charles.Rojzman"><br />Charles Rojzman </a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/831/quand-jean-daniel-lancien-directeur-du-nouvel-observateur-sinquietait-du-changement-de-visage-de-la-france</guid>
	<pubDate>Mon, 10 Jan 2022 07:53:19 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/831/quand-jean-daniel-lancien-directeur-du-nouvel-observateur-sinquietait-du-changement-de-visage-de-la-france</link>
	<title><![CDATA[Quand Jean Daniel, l&#039;ancien directeur du Nouvel Observateur, s&#039;inquiétait du changement de visage de la France.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>par Bérénice Levet, pour Le Figaro - décembre 2021</p>

<p>L'écrivain et philosophe Bérénice Levet a lu le livre posthume de Jean Daniel. Aux antipodes de certaines positions prises par son hebdomadaire, le fondateur du Nouvel Observateur, que l'on découvre sous un jour nouveau, y regrette notamment l'abandon de notre modèle d'assimilation.</p>

<p>La gauche n'a pas seulement perdu le peuple au sens sociologique du terme, elle ne l'a pas non plus perdu seulement en tant que réalité politique, communauté historiquement constituée cimentée par des souvenirs, une langue, des mœurs, elle a perdu l'homme, les hommes, conspuant depuis plusieurs décennies, le besoin d'histoire et d'histoires même, de passé, de racines, de continuité historique.</p>

<p>Tel est le sentiment, poignant, qui nous gagne et nous étreint en refermant le livre de Jean Daniel qui paraît aujourd'hui aux Éditions de l'Observatoire, «Réconcilier la France. Une histoire vécue de la nation».</p>

<p>Ce livre est une somme, couvrant quelque quatre décennies de réflexions, fruit du magnifique et patient travail accompli par Benoît Kanabus qui a sélectionné les textes, les a articulés et ordonnés aux questions qui travaillent plus impérieusement que jamais notre société, rendant sa continuité et sa cohérence à cette méditation. Livre posthume, certes, dans la forme, non dans le fond. À l’exception de quelques inédits, l'essentiel fut publié du vivant de l'auteur, il convient d'y insister car bon nombre de lecteurs ne laisseront pas d'être surpris tant le contraste semble grand entre le souvenir que l'on peut avoir du directeur du Nouvel observateur, du rôle qu'il joua dans la vie intellectuelle, des positions prises par son journal, et le Jean Daniel tel qu'il se dessine au fil des pages de cet ouvrage. Énigme que cette mise en sourdine d'une pensée légitimement inquiète. Seul Alain Finkielkraut saura faire valoir cet autre visage de Jean Daniel.</p>

<p>Ce livre est important à plusieurs titres. D'abord parce qu'il est l'œuvre d'un observateur engagé, ou plutôt embarqué, au sens de Camus : un observateur qui ne déserte pas la caverne des hommes mais n'entend pas sacrifier à la cause de la vérité à quelque combat du jour ou à quelque idéologie.</p>

<p>«Je ne pardonnerai jamais à la gauche, ma famille, [de ne s'être] pas inquiété de ce que devenait le visage même de la France.» Jean Daniel <br />Jean Daniel se fait le témoin, capital, l'enquêteur, l'explorateur et le penseur des mutations qui affectent la France dès les années 1980 et les peint par le menu. Il voit ce qu'il voit, et le dit, l'écrit, sans trembler. Il voit une France qui se communautarise, s'islamise, se décompose -– «Il y a en ce moment, en Occident,  prévient-il, une islamisation de la vie quotidienne dont l'expansion est inquiétante». Une France gagnée, grignotée par un modèle non seulement étranger mais contraire au génie français – génie au sens d'esprit : le modèle communautaire importé des pays anglo-saxons. Il entend se lever, de manière toujours plus sonore et véhémente, l'exigence de représentativité, de «visibilité» comme on dit aujourd'hui, dans les séries télévisées, dans les grandes écoles, dans l'espace public.</p>

<p>Il voit une gauche flagornant la jeunesse issue de l'immigration, l'incarcérant dans ses dites origines, et se spécialisant dans la fabrique de victimes, dessinant, avec complaisance et délectation, une France xénophobe, raciste, esclavagiste, coloniale, farouchement inamicale, hostile même, aux différences. Une gauche se plaisant à «remuer chez la jeune génération issue de l'immigration, et contre la France, des souvenirs reconstruits de l'esclavagisme et du colonialisme». Et Jean Daniel de remettre les pendules à l'heure : «Le drame de la jeunesse issue de l'immigration n'est pas le passé esclavagiste et colonial que la France se refuserait à regarder en face», selon une antienne qui l'impatiente, comprenant que la France n'en sera quitte, aux yeux de ces procureurs acharnés de la France, que lorsqu'elle ne regardera plus que ses fautes, ses pages sombres, et n'aura plus d'yeux pour ses nobles accomplissements. Le drame de cette jeunesse maghrébine ou africaine est dans «l'échec de la lutte émancipatrice de leur pays d'origine», et, point absolument capital, dans la valorisation et l'exaltation des différences qui, sous couvert de générosité, n'est rien d'autre qu'un «abandon», selon le mot si profond de Jean Daniel. Et tout cela sur fond de renoncement à une politique d'intégration digne de ce nom.</p>

<p>«Le Pen apporte les plus mauvaises solutions à de bonnes questions». Nous sommes en 1984. La phrase est prononcée par le premier ministre d'alors, Laurent Fabius. Jean Daniel qui rappelle ce moment, en espère beaucoup. Tempête de réprobations. Et, en un éclair, le rideau déchiré se voit de nouveau tiré. Laurent Fabius se ravise, il «n'avait pas dit ce qu'on lui avait fait dire». Occasion manquée et depuis lors, jamais retrouvée.<br />«Je ne pardonnerai jamais à la gauche, ma famille, [de ne s'être] pas inquiété de ce que devenait le visage même de la France», écrit Jean Daniel, ce visage étant celui du communautarisme et de l'islamisation. Il ne le pardonne pas à la gauche parce qu'elle est sa famille de cœur mais force lui est de constater que les élites dans leur ensemble, politique, médiatique intellectuelle, droite, gauches mêlées, sont compromises dans cette funeste reddition avec notre modèle de civilisation, avec notre forme de société, qui renferme une certaine entente de la vie et une certaine idée de l'homme auxquelles Jean Daniel est attaché et trouve infiniment de charmes – nous y reviendrons.</p>

<p>Il voit en effet les aveuglements volontaires et les complicités de la gauche, mais celle-ci est loin d'avoir l'exclusivité du déni et de la complaisance. Lorsqu'il s'ouvre de ces inquiétudes aux hommes qui successivement présideront aux destinées de la France, il se heurte à chaque fois à une même fin de non-recevoir - Valéry Giscard d'Estaing ou Jacques Chirac ne se montreront pas moins sourds que François Mitterrand aux avertissements de Jean Daniel. Lorsqu'il fait observer au chef de l'État socialiste: «Président, le pays est en train de changer. Le clocher de votre affiche électorale, dans peu de temps, vous le verrez entouré de deux minarets», il reçoit pour toute réponse : «Vous parlez comme Le Pen» et devine un Mitterrand «redoutant ensuite qu'à chacune de nos rencontres je ne me le sujet sur le tapis».<br />«Entre le confort intellectuel et moral et le réel, de toute évidence, Jean Daniel choisit le réel.» Bérénice Levet <br />De cette lucidité qui le distingue au sein de la gauche, la clef se trouve peut-être dans une remarque faite en passant : «J'ai rarement été en complet accord avec les miens sur tous ces sujets, car je pense que les hommes sont naturellement racistes, et qu'ils ont du mal à supporter le différent. À leur nature mauvaise, il faut opposer avec une infinie patience une culture de la coexistence». Question d'anthropologie, autrement dit. Jean Daniel se sépare de la gauche rousseauiste, de cet angélisme d'un homme qui serait naturellement bon et que seules les institutions corrompraient. Son homme, comme celui du péché originel, comme celui de Soljenitsyne ou de Kolakowski, est traversé par le bien et le mal. Son anthropologie, est celle que l'on attache traditionnellement à la droite. En lisant ces lignes, l'on songe aussi à Merleau-Ponty distinguant entre deux formes d'humanisme : le premier, et le seul authentique, «affronte comme un problème le rapport de l'homme avec l'homme et la constitution entre eux d'une situation et d'une histoire qui leur soient communes», le second, faux humanisme, humanisme frelaté, «ne trouve aucune difficulté de principe dans les rapports de l'homme avec les autres hommes». L'humaniste digne de ce nom sait que l'altérité est une épreuve et que cimenter un peuple n'a rien qui va de soi. L'humanisme de Jean Daniel relève incontestablement du premier, lui qui n'eut de cesse de dénoncer un «angélisme» qui, singulièrement dans les questions d'immigration et de confrontation de l'Occident avec l'islam, «mêle la mauvaise foi à l'irresponsabilité», ou s'agaçant de ces vaines réunions politiques «où [en] revenait toujours à la même logomachie humanitariste».<br />Une des grandes saveurs de cet ouvrage vient du vent de liberté qui y souffle. Entre le confort intellectuel et moral et le réel, de toute évidence, Jean Daniel choisit le réel. On retrouve, dans ce livre, la passion de penser, d'interroger, d'inquiéter les évidences qui n'a cessé d'animer le journaliste, sa disposition à l'admiration aussi. Qui commence de penser en a fini avec le repos, la tranquillité, le mol oreiller. Pacte signé et agréé! Jean Daniel savait qu'on ne pense pas seul avec soi-même. Il se nourrissait des grands esprits du passé et du présent, on le vérifie dans cet ouvrage. C'est cette vie de l'esprit qu'il avait su faire vivre au sein du Nouvel Observateur, conviant Mona Ozouf, François Furet, d'autres intellectuels à rejoindre la rédaction. Qu'on me permette de rappeler deux anecdotes, significatives de ces dispositions d'esprit. La première, l'échange, savoureux, de Jean Daniel avec Claire Brétécher alors qu'il invitait la dessinatrice à se joindre au Nouvel Observateur. Intriguée, et quelque peu sur la défensive, l'auteur à venir de la série des Frustrés objecte : «Je ne vois pas ce que je peux faire ici», et Jean Daniel de répliquer: «- Vous moquer de nous», nous, les intellectuels de gauche, «nos tics, nos réflexes, nos secrets accommodements avec le ciel des idéologies». Pari conclu et promesse tenue, et Jean Daniel bientôt de s'en féliciter : «Grâce à Claire, il est désormais impossible de se prendre au sérieux au Nouvel Obs». «Elle est notre contre-pouvoir». À l'heure de la Woke culture et en un temps où la rédaction d'un grand journal du Soir bâillonne un dessinateur, belle leçon !<br />«J’ai commencé à me poser ces questions un jour où je regardais des jeunes gens jouer au football qui se parlaient en arabe et ignoraient les Français qui les côtoyaient.» Jean Daniel </p>

<p>La seconde, rapportée par la sociologue Évelyne Sullerot, dans son autobiographie, L'Insoumise : en avril 1971, invité à prendre la parole lors d'une conférence organisée par France Observateur  dans le sillage de la publication du «Manifeste des 343» - passé à la postérité sous le titre, donné à l'époque par Charlie Hebdo, «Manifeste des 343 salopes» -, sur le thème «Faut-il, oui ou non, dépénaliser l'avortement ?», la cofondatrice du Planning familial s'oppose vigoureusement au slogan brandi par certaines des militantes : «Mon ventre est à moi et ce qui est dedans aussi», rappelant hardiment que, dans l'avortement, «trois personnes sont concernées : la femme, le bébé et le père». «Quand j'ai dit le père, se souvient-elle, j'ai entendu des hurlements […]. J'ai vu des filles arriver sur moi comme pour me jeter dans la fosse en m'assenant des coups». «Le lendemain,  poursuit-elle dans ses mémoires, Jean Daniel, le directeur de France Observateur, m'a envoyé un immense bouquet de fleurs d'un mètre cinquante de haut : “Au nom des hommes disparus dans la circulation.” Il saluait mon courage d'avoir osé parler».</p>

<p>Pas de totems donc, pour Jean Daniel, pas de tabous, pas d'auto-censure. Quelques exemples entre mille, et c'est le livre tout entier qu'il faudrait citer. La question fait irruption dans sa vie à la faveur d'une expérience : «J'ai commencé à me poser ces questions, relate-t-il, un jour où je regardais des jeunes gens jouer au football qui se parlaient en arabe et ignoraient les Français qui les côtoyaient» - et l'on a, en lisant ces lignes, une pensée émue pour Franz-Olivier Giesbert évoquant semblable expérience, semblable épreuve, pourrait-on dire, et se voyant cloué au pilori, accusé de verser dans le suprématisme blanc par une Laure Adler ânonnant le catéchisme woke, risible au sens de Bergson, tant sa réaction relevait de cette mécanique plaquée sur du vivant qui définit le rire, selon le philosophe. Autre indice de la liberté de Jean Daniel : «La France, tu l'aimes ou tu la quittes», la célèbre sentence de Nicolas Sarkozy : croit-on que Jean Daniel allait se joindre au concert d'indignation qu'elle suscita. Nullement : «ça ne m'aurait pas choqué si Nicolas Sarkozy avait montré qu'il s'adressait à tous, aux Français de souche comme aux autres».</p>

<p>«Je ne vois pas pourquoi il serait indécent pour l'Europe de rappeler ce qu'elle a apporté au monde.» Jean Daniel <br />De cette police de la pensée qui frappe d'interdit certaines questions, Jean Daniel n'a cure. Ainsi de la question du droit du sol, brûlante d'actualité pour nous dans le contexte de l'élection présidentielle et alors que trois candidats à la fonction suprême (Éric Ciotti, Marine Le Pen, Éric Zemmour) ont eu la témérité de la remettre à l'ordre du jour. «Si les enfants d'étrangers que le hasard fait naître sur notre sol deviennent français sans que l'école fasse d'eux des citoyens – et quand Jean Daniel écrit citoyen, il entend bien des Français, c'est-à-dire des êtres investis d'une responsabilité pour la communauté historiquement constituée dont ils sont appelés à devenir membre -, alors la nation ne deviendra plus qu'une juxtaposition de communautés, c'est-à-dire qu'elle sera condamnée à disparaître». Le droit du sol sans l'intégration, martèlera-t-il, «c'est la porte ouverte au communautarisme et à la ghettoïsation ».</p>

<p>Jean Daniel s'emploie aussi à déconstruire quelques poncifs amis du masochisme occidental, et propagandes à destination de «la diversité». Entre la dette que l'Occident aurait contractée envers les autres civilisations Jean Daniel là encore s'impatiente de cette hémiplégie, de ce deux poids deux mesures : «Puisqu'on nous rappelle à juste titre ce que nous devons tous à l'âge d'or de la grande civilisation arabe, je ne vois pas pourquoi il serait indécent pour l'Europe de rappeler ce qu'elle a apporté au monde».</p>

<p>Et, en riposte à l'antienne de «ces étrangers qui ont fait la France», si assourdissante qu'on en viendrait à croire que la France est leur seul œuvre, Jean Daniel rappelle de la manière la plus énergique que là n'est pas l'esprit dans lequel il a été élevé, que dans sa famille, prévalait le sens de la dette, de la gratitude pour le don qui leur était fait : «pour les miens, [il s'agissait] de mettre l'accent non sur leur apport mais sur l'identité reçue», «mes parents ne se demandaient pas ce que le pays leur devait mais ce qu'ils devaient au pays» et ce qu'ils devaient à la France, c'étaient «des souvenirs, des projets, des valeurs, des mœurs, des rites, des usages».</p>

<p>La question de l'intégration, de l'assimilation est au cœur de cet ouvrage. Assimilation ? Reconnaissons que le terme n'apparaît que très rarement sous la plume de Jean Daniel, et l'on aurait aimé interroger sur ce point dont l'enjeu n'est pas que sémantique, mais je ne crois pas le trahir en disant qu'il ne l'aurait pas refusé. Car si le mot n'y est pas, la chose s'y trouve, et sans fard. La description qu'il propose du mécanisme de l'intégration ne laisse aucun doute sur ce point : il s'agit bel et bien de se fondre dans le creuset français, de faire pleinement sien les usages, les mœurs du pays dont on est appelé à devenir membre. La citoyenneté n'est en aucune façon une simple question de respect des lois. Le patriotisme de Jean Daniel n'est pas un patriotisme constitutionnel à la Habermas mais charnel.</p>

<p>«L’intégration était la plus merveilleuse machine au monde à fabriquer des Français.» Jean Daniel <br />Jean Daniel oppose les plus fermes répliques à chacun des faux procès intentés à l'assimilation, restituant ainsi son sens véritable, et grand, et généreux à cet idéal français. Non l'assimilation ne signifie pas le sacrifice de soi : «Devenir français, rappelle-t-il magnifiquement, ce n'était pas cesser d'être soi-même contrairement à ce que l'on entend aujourd'hui. C'était faire en sorte que la meilleure partie de soi adhère à une volonté commune».<br />La question de l'assimilation travaille tout l'ouvrage, parce que longtemps elle fut la réponse proprement, spécifiquement française à l'arrivée de populations étrangères sur notre sol et que nous y avons funestement renoncé. «L'intégration était la plus merveilleuse machine au monde à fabriquer des Français», admire Jean Daniel. Sans elle, et face au défi de l'immigration, la France se condamne à disparaître, en tout cas, à changer définitivement de visage.</p>

<p>La France se communautarise, s'islamise, se sépare. Fatalité ? Était-elle, est-elle réellement sans ressource face à ce processus ? Nullement, elle possède dans sa besace cette formidable machine, comme l'appelle Jean Daniel, qu'était l'intégration imitative, qui n'est pas qu'une machine, pas qu'une mécanique, mais une philosophie. Au poncif selon lequel l'intégration ou l'assimilation aurait échoué, Jean Daniel s'oppose vigoureusement et très justement : «On dit que le modèle français a échoué. C'est faux. Aussi longtemps qu'il a été appliqué, il a parfaitement réussi. Et quand il a cessé d'être appliqué, il n'a pas été remplacé».</p>

<p>Et ce modèle, on ne l'a plus appliqué parce que la philosophie qui l'inspirait nous a quittés, parce que les principes qui le portaient nous ont abandonnés, parce que les ressorts qui le soutenaient se sont grippés. Et Jean Daniel en fait un bel inventaire, avant, pendant, après liquidation : l'intégration, l'assimilation a été forte aussi longtemps que «la confiance que les Français avaient dans la vocation et l'avenir de leur pays» l'étaient ; aussi longtemps que «l'identité française était plus forte que celle des communautés que la France accueillait». Or c'est cette force, cette confiance, cette foi en soi, cette consistance identitaire qui se sont étiolées, et ce, alors et à raison exactement inverse, pendant que l'identité islamiste, elle, se fortifiait. De la déliquescence de l'identité française, de la substituions de la France par une myriade de communautés, Jean Daniel en reçoit le choc alors qu'il est en Algérie : «Des gens faisaient des projets de voyage, raconte-t-il. L'un d'eux me dit : ‟Il faut qu'on aille dans la société miloudine”. Je lui demande ce que c'est. C'était près de Lyon. ‟Pourquoi ne dites-vous pas Lyon ? – Parce qu'il y a toute une société berbère installée là. Il y a d'ailleurs trois voyages par semaine organisés entre Sétif et Lyon». Et Jean Daniel de commenter : «Ils en parlaient comme s'ils n'allaient plus en France, mais comme s'ils se rendaient dans une partie algérienne de la France qui se trouvait par hasard au-delà de la Méditerranée». Or, ainsi qu'il le rappelle avec force, «il est tout simplement contraire à la République qu'il y ait des ‟musulmans vivant en France”, disposant de la nationalité française mais se référant, culturellement à d'autres pays».</p>

<p>Cette situation est le fruit d'un renoncement, d'une capitulation de la France : l'abandon d'une politique d'assimilation ; elle est inséparable de la valorisation et de l'exaltation des différences qui pénètre la France dans les années 1980, selon un modèle importé des pays anglo-saxons et notamment des États-Unis, totalement étranger à la France. Le succès de l'intégration tenait aussi et d'abord à ce que la France n'accueillait pas des communautés mais des individus, elle se refusait à regarder le nouveau venu comme le représentant d'une communauté quelle qu'elle soit. La décomposition de la France procède également, et d'abord, d'une absence de politique migratoire digne de ce nom, car quelle que soit la volonté assimilationniste, le problème est insoluble aussi longtemps que l'immigration demeure massive. Selon l'analyse de Hegel, il est un moment où les changements quantitatifs se font changements qualitatifs.</p>

<p>La thèse selon laquelle l'idéal français d'assimilation, la passion du monde commun, le refus d'un pays où les individus et les communautés se trouveraient comme l'huile et l'eau, selon l'image de Renan, posés côté à côté - prélude au face-à-face selon l'avertissement d'un ancien ministre -, aurait fait son temps, ne l'a jamais impressionné. Que l'heure soit aux identités, à la diversité, à la visibilité des minorités… Jean Daniel refuse de se laisser intimider. La hantise d'être retard sur son temps ne l'a jamais atteint. Ses amis peuvent prêcher l'adaptation, il reste ferme. Et ce pour une raison simple et forte – de celle qui vous rende inflexible : le modèle français lui paraît infiniment plus savoureux, plus délectable que le modèle communautariste des Anglo-Saxons. Autre temps ? Sans doute, mais pourquoi autres mœurs, pourquoi autre modèle ? La manière française, l'entente française de la vie en commun doit être préservée, continuée, sauvée.</p>
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«Jean Daniel ne craint pas de mettre les pieds dans le plat : la rencontre de la civilisation occidentale et de la civilisation musulmane constitue bel et bien un choc.» Bérénice Levet 
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<p>Venons-en à présent au totem, au tabou, par excellence, la question de l'islam, centrale dans Réconcilier la France. Jean Daniel ne craint pas de mettre les pieds dans le plat : la rencontre de la civilisation occidentale et de la civilisation musulmane constitue bel et bien un choc – l'ouvrage de Samuel Huntington avait fait forte impression sur Jean Daniel et ce livre en porte un puissant témoignage. Redoutable erreur, note Jean Daniel, et cause des aveuglements dont nous payons le funeste prix, que d'avoir esquivé la question de la civilisation des nouveaux immigrés. L'islam est un problème et un défi pour chacun des pays européens, mais plus brûlants en France, tant le communautarisme est étranger et contraire à l'esprit français. Menace accrue pour nous, mais chance inédite aussi pour les musulmans. Occasion unique pour l'islam de se réformer, de rendre à l'individu une certaine liberté, un certain jeu. C'est sur ce défi singulier que la lecture du livre de Jean Daniel jette de très vives lumières.</p>

<p>«L'islam pose-t-il un problème à la France ?», «L'islam pose-t-il un problème à la laïcité ?, demande Jean Daniel. Lorsque la réponse n'est pas un réquisitoire, la réponse est oui». La république française est une république des individus - et le mot de Clermont-Tonnerre est, pour Jean Daniel, l'unique et dernier mot en ce domaine : ne rien accorder aux Juifs comme nation, tout leur accorder comme individu, et des individus dont nous ne voulons rien savoir des appartenances particulières (religion, certes, mais sexe, mais sexualité, que sais-je encore). Or, là est la gageure : «Il est difficile de concevoir un islam qui ne soit pas communautaire», explique Jean Daniel, «pour l'islam, la religion, c'est d'abord le groupe, la tribu, la ummah». Ce n'est donc pas seulement comme communautarisme que l'islam représente un défi, voire une «menace», pour la France, «mais en tant qu'universalisme islamiste». La laïcité libère l'individu du groupe, lui permet de faire un pas de côté par rapport à la religion de sa communauté, de sa famille, de sa tribu or, l'islam n'admet pas cette liberté du pas de côté.</p>

<p>Et c'est là, parce que la France s'adresse à l'individu et non au représentant d'une communauté, que La France peut être regardée avec Mohamed Arkoun par exemple, que cite Jean Daniel, comme une chance pour les musulmans. Et Jean Daniel de renchérir sur son ami islamologue : «Il n'est pas possible que les Arabes ignorent que la France est l'une des grandes chances de leur histoire». La France et sa farouche indifférence aux différences, aux communautés, cette république des individus leur est l'occasion de desserrer l'étau du groupe.</p>

<p>La laïcité, qui exige de l'individu de cantonner à l'espace privé l'exercice de la religion, fait le pari de la liberté : elle postule en chacun, au milieu de toutes les formes de déterminismes, ce que le poète René Char appelait «une enclave de liberté».</p>
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«La France, comme d'ailleurs presque toutes les sociétés occidentales, [..] affiche une solitude de citoyen d'où les Français ne sortent que par l'angoisse et les immigrés par le repli sur le ghetto.» Jean Daniel 
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<p>Mais de toute évidence, la France ne représente plus un modèle désirable, elle a perdu de son charme. La raison en est, en partie, et sans exonérer de leur responsabilité les musulmans, qu'elle ne s'offre plus comme nourriture spirituelle. Le spectacle que nous offrons ne présente rien de très heureux. Ces atomes, ces monades que nous sommes devenus, ces êtres vides et creux, sans histoire(s), sans passé, sans Verbe, sortis du laboratoire progressiste, et singulièrement de la pédagogie progressiste, des années 1960-1970, dont Michel Houellebecq s'est fait le romancier le plus sagace, peinent à séduire. Péché originel des années 1960-1970, que d'avoir prêté des vertus émancipatrices à toutes les formes de déliaison. Et Jean Daniel de résumer le malheur existentiel de l'homme contemporain : «La France, comme d'ailleurs presque toutes les sociétés occidentales, [..] affiche une solitude de citoyen d'où les Français ne sortent que par l'angoisse et les immigrés par le repli sur le ghetto» – parfaite trahison à l'endroit des fondateurs de la Troisième République qui exigeaient de chacun qu'il laisse ses appartenances particulières dans l'espace privé pour mieux se rattacher à cette grande et noble histoire qu'est celle de la France. Et c'est là que le rôle de l'école était majeur. Il n'est pas de tenaille identitaire : les identités particulières enferment chacun dans le cercle étroit de son identité, de sexe, de sexualité, de race, de religion ; l'identité nationale rattache chacun à une réalité plus vaste et plus haute que la sienne. Celle-ci cimente, quand les autres séparent.</p>

<p>De cette impasse, de cette crise existentielle, du malheur français, la propagande islamiste se saisit avec jubilation. L'islam politique exploite l'indigence de ce modèle, se plaît à peindre l'Occident et singulièrement la France laïque, parce que laïque, enfoncés dans le consumérisme.</p>

<p>Pour donner à aimer ce modèle encore faut-il prouver que l'émancipation ne confine pas au vide identitaire et spirituel, d'où l'injonction de Jean Daniel : la France doit faire rayonner la patrie littéraire, artistique, intellectuelle, politique qu'elle fut, elle doit faire valoir qu'elle n'est pas un «no spirit's land».<br />On l'aura compris, ce livre s'offre comme une formidable profession de foi dans le modèle français d'intégration. Non par fétichisme du passé mais parce que Jean Daniel le juge infiniment plus savoureux que le modèle communautaire, plus savoureux et parfaitement accordé à ce que Simone Weil appelait les besoins fondamentaux de l'âme humaine. Et si ce livre est essentiel c'est que Jean Daniel sait l'art de peindre et de rendre sensibles les vertus de ce modèle. «On pousse dehors avec d'autant plus de légèreté les grandes choses qu'on ne les comprend plus», disait Balzac. Or, si nous avions montre d'autant de désinvolture à l'endroit de l'assimilation, c'est assurément que nous n'en mesurions plus la grandeur, la noblesse. Jean Daniel nous rafraîchit la mémoire. Et c'est pourquoi il doit être lu toute affaire cessante.<br />La lassitude cependant, et toujours plus au fil du temps, le gagne. «Alors ce fameux modèle français, peut-on le réexhumer, le ranimer ? Je ne le crois plus, hélas». Jean Daniel ne le dissimule pas : «Je suis fatigué et j'ai presque envie de rendre les armes et de ne plus poursuivre ce combat d'arrière-garde» – en réalité, il reprendra le flambeau, et ce jusqu'à son dernier souffle. Sans illusion toutefois, doutant toujours plus qu'on puisse arrêter le processus, seulement pourra-t-on escompter le ralentir, semble-t-il conclure par moments.<br />Là encore, il voit ce qu'il voit et il voit une France, des élites en tout cas, toujours plus disposées à laisser la France devenir américaine, comme dirait Régis Debray, se convertissant à la politique des quotas, satisfaisant à l'exigence de représentativité, de «visibilité», parlant la langue de la «diversité», des «minorités». Or, y concéder, avertit Jean Daniel, c'est s'accoutumer à «penser en termes de communautés», et rompre par là même avec la singularité française et sa délectable indifférence aux différences. Redoutable boîte de Pandore ! Une fois le couvercle soulevé…«A quand la représentation des communautés au Parlement ?», demande Jean Daniel. Le Président Macron a préfacé le livre de Jean Daniel, on ne peut que l'inviter désormais à le lire et à le méditer, lui qui s'indigne de ce que le mot «assimilation» figure dans la Constitution - qui «ne correspond plus à ce que nous voulons faire» - ou institue une commission, confiée à un soutien affiché des indigénistes, Pascal Blanchard, et chargée de dresser des listes de personnalités issues de la diversité afin de leur édifier des statues et de leur attribuer des noms de rues ou de monuments, ou dont, encore, la politique mémorielle consiste en une distribution de caractère communautaire, selon la description pénétrante qu'en a donnée récemment Pierre Nora : «Il s'agissait autrefois de rassembler la collectivité nationale autour d'une figure symbolique. [Avec Emmanuel Macron], il s'agit maintenant de faire un geste politique ou de satisfaire un groupe, une famille, une frange de la nation. Charles Aznavour pour les Arméniens, Simone Veil pour les femmes et les juifs, bientôt Joséphine Baker pour la diversité. C'est le signe d'une nation ethnicisée, parcellisée, émiettée». Martingale électorale en 2017, le «en même temps» ne trompe désormais plus personne en ce domaine : à la fin, quelles que soit les hautes et vaillantes proclamations d'Emmanuel Macron, ce sont toujours les communautaristes et les indigénismes qui gagnent.<br />«Il est une chose dont Jean Daniel ne se départira jamais : son attachement au modèle français.» Bérénice Levet <br />Cependant, aussi sévère que puisse se montrer Jean Daniel à l'endroit des dirigeants français, il n'inverse pas l'ordre des responsabilités. Il voit ce qu'il voit et il voit un islamisme de plus en plus vindicatif et des nouveaux venus et des Français d'origines maghrébine et africaine toujours plus farouchement «rebelles à la fusion». Et c'est là, rappelle Jean Daniel, «une des grandes différences avec l'immigration de la fin du XIXe siècle et du début du XXe : les Polonais, les Italiens, avaient un seul but (un seul rêve) : se fondre dans la société où ils avaient choisi de s'expatrier, de travailler». Il s'agissait bel et bien de «prendre racine» quand, à l'inverse, un Tariq Ramadan proclame que «les nouveaux immigrés, musulmans ou pas, ont le droit de modifier l'identité française», c'est alors, prévient Jean Daniel que «la difficulté survient et que la République [et la France, peut-on ajouter sans forcer son propos car la France qu'il souhaite voir se continuer ne commence pas en 1789] peut s'estimer en danger».<br />Doutes donc quant à la pérennité de la France, mais il est une chose dont Jean Daniel ne se départira jamais : son attachement au modèle français. La clef de cette opiniâtreté se trouve sans doute dans le sous-titre Une histoire vécue de la nation. Vécue et non théorique, c'est important. Cela explique, me semble-t-il, la constance dont il fait montre dans ses positions, l'assurance avec laquelle Jean Daniel avance, se risque, persiste et signe, quelle que soit l'incompréhension à laquelle il se heurte, les réprobations, les suspicions qu'il lui faudra essuyer dans son propre camp. Ce livre raconte aussi le cheminement, l'itinéraire d'un enfant du XXe siècle, du jeune homme universaliste qu'il était à sa prise de conscience de ce que l'universel ne nourrit pas son homme, que l'être humain besoin de racines, d'histoire(s), d'ancêtres. Pour se tenir debout, pour se faire bâtisseur, il a besoin de cette sève. «L'avenir ne donne rien, disait Simone Weil, il n'y a rien de plus vital que le passé». Seul le passé est nourricier, susceptible de nous orienter, de nous indiquer une direction. Puissance d'inspiration non de répétition.<br />Cette défense et illustration de la nation, de l'identité française, de l'enracinement s'ancrent en effet dans l'expérience. «Que la nation ne soit pas une assemblée d'individus libres et égaux auxquels la Déclaration des droits de l'homme aurait procuré un jour la souveraineté», «il m'a fallu beaucoup de temps, confesse Jean Daniel, pour arriver à une telle conclusion». «J'ai longtemps vécu dans le culte de l'individu et l'idolâtrie de l'universel», écrit-il encore ; il a longtemps sacrifié au «culte dévot de l'autonomie du sujet», il a voulu croire «que l'individu pouvait devenir ce voyageur sans bagages», «cet homme libre, dépourvu de passé, déraciné, disponible pour une liberté pure, une volonté désincarnée».<br />Et puis, les hommes, la réalité humaine l'ont instruit. «Cet homme n'existe pas et ne peut pas exister» et mieux encore, plus fondamentalement, «il n'est pas souhaitable qu'il existe». La saveur, la gourmandise, la délectation d'une vie d'homme est dans l'incarnation. L'abstraction, les «valeurs», selon cette clochette pavlovienne qu'on se plaît à faire tintinnabuler, ne sont guère nourricières.<br />Instruit par sa propre expérience d'abord, par le manque, peut-on dire : il sait la douleur de n'avoir pas de maison de famille, pas de paysage familier, au milieu duquel on a grandi – «J'en suis privé depuis l'Algérie» ; les Cévennes, les Causses, la Lozère, de son épouse, Michèle Bancilhon - grande photographe soit dit en passant, de Michel Foucault notamment - lui seront une terre, une civilisation de substitution.<br />L'homme, décrit Jean Daniel se faisant l'interprète profond et attentif de l'humaine condition, a besoin de «s'adosser à une Histoire comme à un refuge et à une source». Que ce refuge, que cette source vienne à manquer et notre homme s'atrophie, se dessèche, s'étiole. La nation est pourvoyeuse de vie, disait la philosophe Simone Weil. Ou alors il trouve «refuge» dans «sa» communauté, prévient Jean Daniel. Et l'on songe au mot de Voltaire, «ils se sont faits dévots de peur de n'être rien».<br />«C’est la façon de faire vivre certains morts, de faire revivre quelques disparus et de vivre à nouveau à travers eux qui rend plus armés pour affronter l'avenir…on peut fabriquer du passé.» Jean Daniel <br />«J'ai surtout découvert, poursuit Jean Daniel, que toutes les formes d'affirmation de l'identité nationale relèvent d'un besoin éperdu de continuité», besoin de continuité historique, dont José Ortega y Gasset, Simone Weil, Hannah Arendt se sont fait les penseurs. Cette créature éphémère qu'est l'homme a besoin d'opposer à sa précarité, la «pérennité» d'une civilisation, comprend-il encore. Je ne résiste pas à la tentation de citer sur ce point, la belle réflexion d'Hannah Arendt que Jean Daniel aurait sans doute infiniment goûtée : «Le monde devient inhumain, impropre aux besoins humains – qui sont besoins de mortels – lorsqu'il est emporté dans un mouvement où ne subsiste aucune espèce de permanence».<br />Fidélité à l'héritage, mémoire des morts, gratitude pour les ancêtres, cela ne signifie pas que la nation soit «un ossuaire», insiste Jean Daniel : «C'est la façon de faire vivre certains morts, de faire revivre quelques disparus et de vivre à nouveau à travers eux qui rend plus armés pour affronter l'avenir…on peut fabriquer du passé», ajoute-t-il superbement.<br />Pourquoi la gauche, les progressistes, les élites se refusent-elles à faire droit à cette belle philosophie ? Pourquoi s'obstinent-ils à criminaliser cette noble idée de l'humaine condition ? Voilà ce que l'on ne peut en effet en aucune façon pardonner à la gauche et à l'ensemble de ceux qui se réclament du progrès de l'humanité !◾️<br />Illustration : Jean Daniel &amp; son livre «Réconcilier la France. Une histoire vécue de la nation», avec la participation  de Benoît Kanabus, éditions de L'Observatoire, 577 pages, 24,00 €.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Fri, 07 Jan 2022 12:53:44 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[« La présidentielle 2022 s&#039;annonce comme une comédie tragique »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Nous vivons un triste moment sur le plan civique, mais notre situation n’est pas sans intérêt. Nous pouvons faire en direct de « l’histoire-problème », nous poser des questions historiques et essayer de les résoudre.</p><p>Comment un historien pourrait-il décrire notre campagne présidentielle ? Des évènements importants se sont produits ces dernières années : la crise des gilets jaunes a mis en évidence la baisse de niveau de vie d’une partie importante de la population ; l’épidémie de coronavirus a révélé nos déficits de production industrielle, l’incapacité de la France à produire ce dont elle a besoin – en l’occurrence des masques, des respirateurs, des médicaments.</p><p>Notre déficit commercial s’aggrave. La réindustrialisation est l’urgence, par l’action d’un État qui encouragerait l’entreprise privée. Pourtant, au-delà de quelques mots sur le sujet, mais sans programme effectif et massif, hommes et femmes politiques nous parlent d’immigration, de sécurité et d’identité.</p><p>La gauche s’évanouit dans les intentions de vote. Aujourd’hui, tout le monde est de droite. D’après les sondages, 75 % du corps électoral. C’est un minimum puisqu‘il paraît difficile de considérer comme de gauche, en un sens économique, Anne Hidalgo, maire anti-banlieusard de Paris, ou Jean-Luc Mélenchon, identitaire d’un nouveau genre avec son concept de créolisation. Quant à Christiane Taubira, qu’est-elle exactement ? Aucune idée. La France semble hésiter entre l’extrême-droite (Le Pen, Zemmour) et une droite très à droite (Valérie Pécresse ciottisée et Emmanuel Macron législateur du séparatisme musulman). Au pays de 1789, ce qui nous arrive est historiquement stupéfiant.</p><p>Cette orientation identitaire générale, dans un contexte de désastre économique menaçant, définit un nouvel unanimisme et signe la disparition, non seulement du système des partis, mais surtout des grandes idéologies qui avaient constitué notre histoire nationale.</p><p>J’ai décrit, depuis 1981 (date de publication de L’Invention de la France, co-écrit avec Hervé Le Bras) étape après étape, cette décomposition. C’est donc une véritable satisfaction intellectuelle pour un retraité tel que moi de voir s’achever un processus que j'avais commencé à suivre quarante ans auparavant. Disparition de la structuration religieuse de la France, et à sa suite, de la droite catholique, du communisme, de la social-démocratie, de la droite nationale gaulliste : tout a fini par mourir.</p>
<p><a href="https://elucid.media/wp-content/uploads/2022/01/9QF87U-highres-scaled-e1641288039196.jpg"></a></p>
<p id="caption-attachment-8419">Emmanuel Macron rencontre Valérie Pécresse à la maison Émile Zola (Medan), pour l'inauguration du musée sur l'Affaire Dreyfus, 26 octobre 2021 - @AFP</p><p>Le corps des citoyens est atomisé, privé de sentiments collectifs globaux ou sectoriels. Il est vieux. Il est donc de droite et fantasme sur l’Islam ou les Arabes. Avec cette précision que le vieillissement mental touche toutes les tranches d’âge. On pourrait évoquer une hégémonie gramscienne des retraités, dont nous avons vu s’épanouir la toute-puissance pendant l’épidémie de Covid.</p><p>On a enfermé les jeunes pour protéger les vieux, vieux eux-mêmes non soumis à l’obligation vaccinale. On s’apprête à vacciner des enfants de 5 à 11 ans sans rendre la vaccination obligatoire pour les plus de 50 ans. Si nous ne nous ressaisissons pas, nous allons atteindre un sommet du ridicule politique avec une élection présidentielle tenue pendant une cinquième vague épidémique, mais qui ne parlera, au fond, que des musulmans...</p><p>Religion et idéologies meurent partout en Occident, mais l’unanimisme de droite extrême français est unique. L’Angleterre a toujours un système bipartisan ; les États-Unis connaissent un affrontement violent entre Républicains et Démocrates. L’Allemagne reste un pays normal. Ses dernières élections ont vu une certaine reconquête des territoires de l’Est par la social-démocratie, c’est-à-dire un retour à des traditions nées avant 1914. On y a aussi assisté à une marginalisation-radicalisation de l’AfD. Contraction de l’extrême-droite en Allemagne au moment même où elle s’épanouit en France : l’histoire reste une discipline fascinante.</p><p>Il y a certainement une crise des démocraties occidentales, mais la situation française est spéciale. D’ailleurs, l’affrontement idéologique structurant des années 1992-2017, entre élitisme et populisme, toujours vivant aux États-Unis ou en Angleterre, a disparu chez nous. C’est une mutation capitale.</p><p>Arabophobie populaire et islamophobie des éduqués supérieurs ont fusionné dans un magma conceptuel qui mêle réfugiés, immigrés, enfants d’immigrés, petits-enfants d’immigrés, musulmans pratiquants ou non pratiquants. Je n’arrive pas à voir si l’immigration « noire », subsaharienne, désormais importante, intéresse vraiment les Français, mais ils ne me semblent en tout cas pas sur le point de sombrer dans un racisme de couleur de style américain. Restons nuancés dans la description de notre désastre moral.</p><p>Au-delà du vieillissement, notre fuite dans cette purée idéologico-politique a une cause : l’impuissance économique.</p><p>La France était une démocratie d’alternance, et pouvait l’être quand elle était une nation indépendante. Mais elle a perdu, avec le traité de Maastricht et ses suites, toute capacité d’action économique autonome et son système politique se trouve donc engagé dans une fuite hors de la réalité.</p><p>Le Président de la République française est, d’un point de vue constitutionnel, plus puissant dans son pays que le président des États-Unis ne l’est dans le sien. Il dispose du droit de dissolution de l’Assemblée. Il n’est pas équilibré par une Cour suprême largement nommée par ses prédécesseurs. Mais désormais, le potentiel de décision économique d’un président de la Ve république est nul. L’exécutif a abandonné le pouvoir de création monétaire et de régulation commerciale. Cet abandon rend toute action de réindustrialisation sérieuse, au-delà du mot, impossible.</p><p>Pour être efficace, l’État devrait investir conjointement avec le secteur privé, et protéger par des barrières tarifaires ou autres les industries renaissantes. L’Europe l’interdit. Ce que l’exécutif peut faire « d’économique » en France, c’est gérer, répartir la baisse du niveau de vie. Cela s’appelle dans la novlangue européenne : la réforme - des retraites, du marché du travail, etc.</p><p>Destruction des hôpitaux. Sous-équipement de la justice. Ce monde en contraction se cherche un bouc émissaire. L’Islam est là, cible irrésistible. Mais en vérité, malgré le freinage récent de l’assimilation qui résulte du blocage économique et de la chute de la mobilité sociale générale, l’intégration des Français d’origine musulmane est déjà tellement avancée et massive en France que toute islamophobie autre que symbolique, toute « reconquête » de style Zemmour, n’aboutirait qu’à une plongée immédiate du niveau de vie de tous les Français. Trop de musulmans, pratiquants ou non, bossent dans l’appareil productif français. L’identitaire est un fantasme.</p>
<p><a href="https://elucid.media/wp-content/uploads/2022/01/shutterstock_2088176203-scaled-e1641288565103.jpg"></a></p>
<p id="caption-attachment-8423">Meeting d'Éric Zemmour au parc des expositions de Villepinte, 5 décembre 2021 - @Shutterstock</p><p>Les questions identitaires permettent donc l’oubli du véritable problème : la perte de capacité d’action économique de la France et, sa conséquence, la désindustrialisation. L’élection présidentielle, dans ce contexte, est une comédie. Il faut jouer une pièce de théâtre à l’issue de laquelle un énarque quelconque sera aux commandes d’une bureaucratie impuissante et de plus en plus répressive.</p><p>La baisse du niveau de vie, quelle que soit sa répartition, finit par produire des troubles de l’ordre public, tel le mouvement des gilets jaunes. La suppression de l’Ena accompagne logiquement la montée en puissance du Ministère de l’Intérieur et de la Police. La diminution des droits juridiques des citoyens progresse à grands pas, théoriquement dirigée contre le terrorisme islamique, elle permettra en pratique un enfermement plus rapide des révoltés économiques dans le futur. L’histoire avance, assez peu masquée au fond…</p><p>Chaque élection, je le répète, est une pièce de théâtre qui doit donner le sentiment aux citoyens qu’ils vont voter pour quelque chose d’important. Les journalistes politiques sont des critiques de théâtre, qui vont commenter la qualité du spectacle. Nous avons eu, avec Sarkozy, « Le Karcher », avec Hollande, « Mister normal », enfin avec Macron, « Jeune et vieux en même temps ».</p><p>Ensuite, après l’élection… aucune différence de politique économique parce qu’il ne peut pas y avoir de politique économique. La contrainte européenne est là pour l’empêcher. Considérons, si l’on veut être optimiste, que les Français élisent un président « vice-chancelier de l’Allemagne ». En vérité, l’élection importante pour la France a déjà eu lieu en septembre et amené le SPD au pouvoir. Olaf Scholz sera notre vrai président.</p><p>La comédie en cours est jouée toutefois dans un nouveau contexte mental, parce que les électeurs ont été psychologiquement ébranlés par l’épidémie de Covid, par les confinements, par l’enfermement, le télétravail, la fermeture des universités. Une fébrilité difficile à définir rôde, menaçante. Tout peut bouger encore, tout va bouger ; une incertitude d’un genre nouveau s’installe.</p><p>Ce que nous pressentons, pour le moment, est un spectacle en deux parties, plutôt Olympia que Comédie française. En première partie : Éric Zemmour, avec « Je suis raciste et juif ». Trop fort ! Son succès au moment où j’écris (15 % dans les sondages) doit beaucoup à l’égarement du Covid et doit sans doute être classé par les historiens du futur parmi les effets psychologiques secondaires de l’épidémie. Pour la sociologie historique, le sujet n’est d’ailleurs pas la personne de Zemmour, demi-intellectuel qui a mené le discours politique français au niveau du pipi-popo-caca des écoles maternelles (au pays de Montaigne, Montesquieu, Voltaire et Diderot !). Mais ses lecteurs et ses électeurs potentiels, ce sont ces 15 % d’égarés qui méritent analyse…</p><p>Entracte… Entre en scène Valérie Pécresse, avec la possibilité d’une nouvelle pièce : « La Présidente ». Tentant. Surtout à l’échelle européenne. Si Pécresse était élue, nous assisterions à un renversement très moderne d’allure : après avoir eu une chancelière en Allemagne (Merkel) et un vice-chancelier en France (Macron), nous aurions un chancelier en Allemagne (Scholz) et une vice-chancelière en France (Pécresse). Bien sûr, Valérie Pécresse est une énarque comme Macron, comme lui bien classée à la sortie, garantie de conformisme, sélectionnée pour son incompétence économique euro-pseudo-libérale, supérieurement armée intellectuellement pour gérer la baisse du niveau de vie.</p>
<p><a href="https://elucid.media/wp-content/uploads/2022/01/9VD967-highres-scaled-e1641288903276.jpg"></a></p>
<p id="caption-attachment-8427">Vœux du nouveau chancelier allemand Olaf Scholz, Berlin, 30 décembre 2021 - @AFP</p><p>Je vais terminer par une remarque d’ordre moral, et qui s’adresse aux citoyens français en tant que responsables de leur destin. Critiquer les politiques est devenu un exercice trop facile. L’anéantissement de leur pouvoir économique par la construction européenne en fait des clowns naturels. Des boucs émissaires au second degré, des « Arabes de luxe » pour les humoristes. Ils font plus facilement ricaner que rêver.</p><p>C’est vrai, voter, dans le contexte économico-institutionnel actuel, n’a plus de sens. Mais quand même, le droit de vote existe, la liberté d’expression existe, le droit d’association existe. L’impuissance systémique de la France résulte autant de la passivité du corps des citoyens que de la nullité des professionnels de la politique.</p><p>Or, les Français ne militent pas pour l’industrie, ils ne fondent pas des partis pour prendre le pouvoir, instruments possibles de leur salut économique. Ils ne veulent pas prendre le risque de sortir de l’euro, ensemble, pour devenir ainsi les bâtisseurs d’une France nouvelle, inclusive et solidaire, qui regarderait vers l’avenir plutôt que vers un passé fantasmé. Dont acte.</p><p>Mais les électeurs français – vieux, jeunes, actifs, chômeurs, retraités, lorrains, bretons, charentais, savoyards ou rapatriés d’Algérie, riches, médiocres ou pauvres, diplômés ou non diplômés - doivent savoir que s’ils votent pour ceux qui bavassent sur la sécurité, l’immigration et l’islam, ils seront punis, personnellement et en masse, par une chute aggravée, accélérée, de leur niveau de vie dans les vingt ans qui viennent. Le racisme, s’ils s’y abandonnent, et contrairement à ce qu’ils pensent, va avoir pour eux un coût. Très élevé.</p><p>Si l’élection présidentielle qui vient est dans sa forme une comédie, elle est dans sa substance une tragédie.</p><p>Photo d'ouverture : Emmanuel Todd, Paris, 7 mai 2015 - @AFP</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/829/%C2%AB-les-islamistes-font-en-europe-ce-qu%E2%80%99ils-ont-fait-en-syrie-dans-les-annees-1980-%C2%BB</guid>
	<pubDate>Fri, 07 Jan 2022 12:38:23 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[« Les islamistes font en Europe ce qu’ils ont fait en Syrie dans les années 1980. »]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Olivier Crouslé a posté :<br />RELIGIONS<br />« Les islamistes font en Europe ce qu’ils ont fait en Syrie dans les années 1980. »</p>

<p>Rencontre avec Omar Youssef Souleimane, APOSTAT, écrivain : <br />Entretien</p>

<p>"Charlie Hebdo : À quels signaux reconnaît-on une société sous l’emprise du religieux, ou en passe de l’être  ? Quelle est la stratégie des islamistes pour s’imposer  ?</p>

<p>Omar Youssef Souleimane : En Europe, ils commencent par identifier les différentes ethnies et cultures d’origine musulmane. Puis ils manipulent les politiciens, les intellectuels. En général, les islamistes s’adaptent. Ici, ils n’emploient pas les mêmes méthodes qu’au Moyen-Orient, ils profitent de la démocratie, de la liberté d’expression.</p>

<p>Ce softpower, c’est précisément le sujet de votre prochain roman…</p>

<p>Oui. Ce roman s’appelle Une chambre en exil. C’est l’histoire d’un réfugié syrien, apostat, qui enseigne la langue arabe, et ne souhaite qu’une seule chose : oublier la guerre, la violence. Il veut une vie simple, rencontrer la femme de sa vie… En cherchant un logement, il trouve une chambre dans une ville de banlieue parisienne, où il s’installe. Et là, il retrouve ce qu’il a fui : l’islamisation de la société, la radicalisation, la manipulation. Il croise une fillette de 9 ans qui est voilée. Même en Syrie, c’est très rare  ! Il est terriblement choqué. Et on découvre aussi, à travers ses discussions avec un imam, très poli, sympa avec les jeunes, avenant, que ce religieux a un vrai plan politique. Il tient un tout autre discours en public, évidemment, mais avec ce migrant qui lui fait confiance, il montre son vrai visage.</p>

<p>Vous êtes réfugié en France depuis 2012. Voyez-vous cette stratégie à l’oeuvre actuellement dans la société française  ?</p>

<p>Oui. Et c’est plus dangereux que le terrorisme. Je vais vous donner un exemple. Je dirige des ateliers d’écriture dans les Yvelines, dans des collèges et des lycées, dans le cadre d’un programme contre la radicalisation. Dans un lycée de Trappes, j’ai vu un panneau accroché au mur d’une classe, où était inscrite une longue phrase en arabe, une très belle calligraphie. C’était un verset du Coran. J’étais extrêmement choqué de voir cette phrase affichée dans une école publique, laïque, en France. J’ai demandé au professeur pourquoi il avait accroché ça, il m’a répondu : « C’est très beau. – C’est vrai, c’est très beau, mais est-ce que vous savez ce que ça dit  ? » Il m’a répondu : « Non. »… Je lui ai dit : « Ça, c’est un verset coranique. Et ce verset, je me demande bien comment il est arrivé là… »</p>

<p>Que disait-il, ce verset  ?</p>

<p>C’est un peu compliqué à traduire en français, c’est un verset très connu de la deuxième sourate, qui dit, en gros, que Dieu est la lumière du ciel et de la terre. On peut rapprocher ça de la vidéo qui a été publiée il y a quelques semaines par le Conseil de l’Europe, sur le voile associé à la beauté, à la liberté, à la mode. Ça m’a fait penser à une anecdote que j’ai vécue dans les années 1980, en Syrie. J’étais tombé sur des photos de ma grand-mère, dans les années 1960–1970. Elle n’était pas voilée. Elle était à la plage, avec ses camarades, des hommes et des femmes, en train de s’amuser. Et j’ai été vraiment interloqué, car j’ai grandi dans une famille où toutes les femmes étaient voilées. Alors, j’ai demandé à ma mère pourquoi mamy n’était pas voilée à l’époque. Elle m’a répondu : « Parce qu’à l’époque ils ne savaient pas ce qu’était la religion, ils étaient ignorants. » Plus tard, j’ai compris le pourquoi de ce changement radical entre les années 1970 et les années 1980. En 1982, à Hama, une petite ville du centre de la Syrie, les Frères musulmans avaient organisé une rébellion contre le régime d’Hafez al-Assad. Ça s’est achevé par un massacre. Après cette défaite, les Frères musulmans ont changé de stratégie. Ils ont commencé à s’infiltrer dans les milieux ouvriers, les universités, à convertir les étudiants, à leur dire qu’ils n’étaient pas de vrais musulmans. Ils appelaient ça « le nouvel islam ». Ils ont publié des livrets, des poèmes, des chansons sur le voile, pour dire que c’était quelque chose de beau, de moderne, qu’il servait à protéger le corps de la femme. Je me souviens d’une phrase qui disait : la femme voilée est beaucoup plus libre, elle est indépendante, car elle garde son corps pour elle. C’est exactement ce qu’on entend actuellement en Europe. Alors, petit à petit, les jeunes Syriennes se sont mises à se voiler, même si beaucoup d’entre elles ne le souhaitaient pas, car les non-voilées, désormais, on les regardait bizarrement, comme des femmes impudiques. Je constate qu’il se passe la même chose aujourd’hui en France, dans certaines cités de banlieue où je suis allé.</p>

<p>Des partis politiques relaient ce discours, aussi. Une partie de la gauche reprend parfois mot pour mot les arguments des islamistes radicaux…</p>

<p>J’appelle cette gauche la « gauche halal ». Je ne comprends pas leur sympathie pour les islamistes, leur complicité. En 1978, ils soutenaient Khomeyni, parce que, pour eux, il faisait la révolution contre l’impérialisme américain et le capitalisme. Et c’est toujours ce qu’ils pensent aujourd’hui. Je trouve qu’ils ont un côté masochiste, parce qu’en Iran, une fois Khomeyni au pouvoir, les premiers à avoir été massacrés ont été les militants de gauche et les communistes. Pour moi qui viens du Moyen-Orient, c’est toujours un grand étonnement de voir tout ça, parce que chez nous, la gauche et les islamistes sont des ennemis jurés. Je trouve tellement bizarre ce mariage entre les deux, en France… Quand j’ai publié mon livre Le Petit Terroriste, qui raconte mon adolescence en Arabie saoudite à l’époque du 11 Septembre, une période où j’étais très radical, de nombreux intellectuels de gauche m’ont accusé de faire le jeu de l’extrême droite, certains m’ont même dit que je faisais la pute pour le Front national… Ils paniquent dès qu’on parle de l’islam ou des islamistes, on est considérés comme des traîtres. Quand j’entends le mot « islamophobie », je suis effondré. Ça n’existe pas  ! Le seul ennemi de l’islam, c’est l’islam lui-même. Il suffit de lire le Coran pour comprendre qu’une bonne partie de cette religion, malheureusement, invite à la haine. Ce n’est pas une simple religion, c’est aussi un système politique, et depuis le début. Mahomet n’était pas seulement un prophète, c’était un chef d’État. C’est ça, le problème de l’islam. Quand les islamistes, en France, jouent les victimes, c’est ça le plus dangereux. Et quand une partie de la gauche manifeste avec eux et crie « Allah akbar  ! », pauvre France… Ce dont on a besoin, maintenant, c’est d’une vraie gauche laïque. Moi, je m’identifie à cette gauche républicaine, mais je la cherche, et je ne la trouve pas. Vous savez, après le massacre à Charlie Hebdo, j’étais dans les manifestations, place de la République, et j’étais extrêmement secoué par les slogans que j’entendais. C’était la même mélodie et les mêmes mots qu’on répétait en Syrie, au début de la révolution. Ça m’a bouleversé. Le soir même, je repensais à mon adolescence en Arabie ­saoudite, et je me disais : si je n’étais pas sorti de cette idéologie, j’aurais pu être parmi les tueurs, ce matin-là. Parce que pour nous, être un bon musulman, c’était ça : être comme ces assassins. C’était ça, l’exemple à suivre. Et à ce moment-là, j’ai décidé d’écrire mon livre Le Petit Terroriste.</p>

<p>Pourquoi, selon vous, certains musulmans considèrent que la religion est leur seule identité  ?</p>

<p>Ça vient principalement du mouvement des Frères musulmans, en Égypte. Leur slogan, c’est « L’islam est la solution ». Ils ont émergé dans les années 1920, juste après la chute de l’Empire ottoman. Il y avait une sorte de nostalgie très forte pour le personnage du calife. Ici, en France, en discutant avec de nombreux musulmans, j’ai constaté qu’on trouve cette recherche d’identité, aussi. Dans mes ateliers d’écriture, je vois beaucoup de ces jeunes de 16–17 ans, qui sont les petits-enfants des immigrés qui sont arrivés dans les années 1960–1970, et qui vivent repliés sur leur communauté. La plupart de ces élèves ne sont jamais allés à Paris, n’ont jamais vu un spectacle, jamais lu un roman, parlent très mal le français, et ne se considèrent pas comme des Français. Je leur ai posé la question : est-ce que vous êtes français  ? Non, je suis algérien. Est-ce que vous parlez arabe  ? Non. Vous êtes déjà allé en Algérie  ? Non. Pourquoi vous n’allez pas en Algérie  ? Parce que là-bas, on n’est pas les bienvenus, au bled, on est considérés comme des fils de riches… Vous êtes qui, alors  ?</p>

<p>Comment expliquez-vous ça  ?</p>

<p>Il y a beaucoup de raisons à cela, je pense. L’influence familiale, bien sûr, mais pas seulement. Quand je suis arrivé, en 2012, comme réfugié, j’ai reçu un appel de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), pour suivre un stage d’intégration. À l’époque, je ne parlais pas français. J’étais très content, je me disais que j’allais découvrir la culture française, la république, la politique… Ça a duré une journée. On a vu un type qui nous a parlé toute la journée en français, je ne compre­nais rien, et en sortant, on m’a donné une attestation pour pouvoir poursuivre mes démarches administratives, et j’ai récupéré une carte de séjour pour dix ans… C’est ça, l’intégration  ? Donc, il y a aussi une responsabilité de l’État. Les islamistes profitent de tout ça, et de l’histoire compliquée de la France avec ses anciennes colonies, ils disent aux gens : vous êtes avant tout des musulmans. Et dans les pays arabes, comme la vie est très misérable, ils nous serinent que la seule solution à tous nos problèmes, c’est l’islam, et surtout la charia. Une fois qu’on applique la charia, c’est le paradis…</p>

<p>Quand vous entendez qu’il ne faut pas confondre l’islam et l’islamisme, que dites-vous  ?</p>

<p>Je réponds : vous ne savez pas ce qu’est l’islam. Lisez le Coran. Mais si les imams eux-mêmes n’ont pas le courage de dire « ce verset appelle à la violence », nous, on ne nous croira pas. Nous sommes des apostats. Il faut savoir qu’une partie de l’histoire islamique est très, très violente, et que c’est toujours à cette partie de l’histoire que les salafistes, et les islamistes en général, renvoient, comme un exemple à suivre. Ils cultivent la nostalgie de ce passé. D’ailleurs, Éric Zemmour me fait penser à ça. Il ferait un super musulman fanatique : il est misogyne, polygame, il défend la société du patriarcat, il a la nostalgie du passé. Je me demande pourquoi il ne fonde pas un parti islamiste, avec Tariq Ramadan, par exemple…</p>

<p>Vous êtes syrien, vous avez vécu en Arabie saoudite, vous avez suivi une éducation coranique, vos parents sont très religieux… Comment passe-t-on de l’étude du Coran à l’athéisme  ?</p>

<p>Je suis devenu athée grâce au Coran. Quand je suis allé avec mon père et mon frère faire le pèlerinage à La Mecque, j’étais salafiste, très, très croyant, je connaissais le Coran par coeur. Avec ce pèlerinage, j’espérais trouver Dieu, trouver la paix, et j’ai été choqué de me retrouver dans une ambiance très violente, agressive, dans une petite ville où il faisait 50 °C, avec environ 3 millions de pèlerins… Il fallait monter en haut d’une montagne pour être au plus proche de Dieu, on tournait autour de la Kaba, on jetait des pierres pour tuer le diable, en poussant des cris… J’avais l’impression d’être dans un hôpital psychiatrique. De plus, depuis que nous étions en Arabie saoudite, je n’avais vu le visage d’aucune autre femme que ma mère, car toutes sont masquées, là-bas… Or, ce qui est paradoxal à La Mecque, c’est que c’est la seule ville où les femmes n’ont pas le droit d’être masquées. Il y avait donc des milliers de femmes du monde entier, le visage découvert, qui faisaient le pèlerinage, et moi, j’avais 15 ans… J’ai passé mon temps à les regarder au lieu d’être au plus proche de Dieu. J’ai énormément culpabilisé, aussi. Et quand on est rentrés à Riyad, j’avais beaucoup de doutes sur la religion. J’ai relu le Coran sans tabou, et je me suis aperçu que ça ne me représentait pas du tout, que je ne m’identifiais plus à ce texte. Et j’ai divorcé de Dieu définitivement.</p>

<p>Que reste-t-il des « printemps arabes »  ? Qu’espère, de nos jours, la jeunesse dans les pays arabes  ?</p>

<p>Je crois qu’aujourd’hui il y a une nouvelle génération, qui a grandi dans la guerre, dans la violence, et qui n’a plus peur de rien. En Syrie, par exemple, le régime a vendu notre pays aux Russes et aux Iraniens. La situation économique est impossible. Je pense que ça va repartir, et plus fort.</p>

<p>Mais les islamistes ne risquent-ils pas d’en profiter, justement  ?</p>

<p>Ils l’ont déjà fait. En Égypte, ils sont arrivés au pouvoir, mais ils ont été renversés par le peuple. Tout le monde a vu qui étaient les Frères musulmans, dans les pays arabes. D’ailleurs, actuellement, il y a une vague d’athéisme impressionnante dans les pays arabes, des centaines de milliers de jeunes qui détestent les islamistes. Bien sûr, ils sont menacés, alors ils se cachent, s’activent sur Internet, sous pseudonyme, mais ils sont là. Et ils cherchent autre chose. Et cette autre chose, c’est la démocratie.<br />Propos recueillis par Gérard Biard.</p>

<p>Post scriptum<br />Voir aussi dans la Revue de presse le dossier "Les nouveau clusters de l’islamisme" (Charlie Hebdo, 5 jan. 22) (note du  Comité Laïcité Répubique).</p>

<p>GÉRARD BIARD ·<br />MIS EN LIGNE LE 6 JANVIER 2022 · <br />PARU DANS L'ÉDITION 1537 DU 5 JANVIER</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Thu, 06 Jan 2022 23:19:02 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[«La stratégie du bouc émissaire n&#039;a rien à voir avec la science»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX/TRIBUNE - En déclarant vouloir «emmerder» les non-vaccinés, Emmanuel Macron a désigné un bouc émissaire estiment les universitaires Danièle Dehouve et Christophe Lemardelé. Ils y voient un mécanisme anthropologique, qui devient politique dans la gestion de la crise sanitaire.</p><p>Danièle Dehouve est anthropologue, spécialiste des rituels religieux de Méso-Amérique.</p><p>Christophe Lemardelé est historien des religions, spécialiste des sacrifices dans l'Antiquité méditerranéenne.</p><p>Dans une <a href="https://www.lefigaro.fr/vox/societe/le-non-vaccine-correspond-a-ce-que-l-anthropologie-designe-comme-un-bouc-emissaire-20211201">tribune parue le 1er décembre 2021</a>, nous rappelions que le phénomène du bouc émissaire est un mécanisme anthropologique, c'est-à-dire présent dans toutes les sociétés humaines, qui a été mis en évidence depuis la fin du XIXe siècle, par des chercheurs appartenant à divers horizons et disciplines de sciences humaines. Ce mécanisme s'installe plus ou moins consciemment si nous n'y prenons garde, quelle que soit la société, même dans des sociétés démocratiques qui pensent avoir pour représentation du monde des conceptions fondées sur les sciences.</p><p>Nous écrivions que la désignation des non vaccinés comme responsables de l'épidémie et leur mise à l'écart d'une vie quotidienne normale relevait de ce mécanisme et que nous nous inquiétions «de voir surgir à nouveau ces logiques d'accusation, de harcèlement, d'exclusion comme si le savoir scientifique et universitaire n'était qu'un divertissement de colloques».</p><p>Le passe sanitaire a commencé à créer une catégorie de citoyens de seconde zone.</p>
<p>Danièle Dehouve et Christophe Lemardelé</p>
<p>Lorsque la société se pense attaquée par un ennemi extérieur – ici le virus personnifié comme un être pervers contre lequel on est en guerre – existe la nécessité inconsciente collective de trouver un ennemi intérieur. Cette catégorie est toujours construite. Ce doit être une entité, considérée comme un groupe au fonctionnement solidaire. La catégorie des «antivax» créée une vingtaine d'années auparavant pour stigmatiser les personnes qui posaient des questions concernant les vaccins, notamment la présence d'adjuvants à l'aluminium, a été réactivée. Et le passe sanitaire a commencé à créer une catégorie de citoyens de seconde zone.</p><p>Mais la <a href="https://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/covid-19-emmanuel-macron-a-tres-envie-d-emmerder-les-non-vaccines-20220104">déclaration d'Emmanuel Macron</a> dans le Parisien, le 5 janvier 2022, a tout changé. Désormais le mécanisme du bouc émissaire n'est plus un phénomène social, avec lequel l'État jouerait dangereusement. Pour la première fois depuis longtemps, et du sein même de la démocratie française, l'autorité la plus haute de l'État revendique le mécanisme du bouc émissaire comme mode de gouvernement. «Les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire, jusqu'au bout, c'est ça la stratégie (…) Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n'est plus un citoyen». Cette partie de la population que l'on prive de ses droits les plus élémentaires – et dont on questionne même son droit à la citoyenneté – n'a rien fait d'illégal, puisque le vaccin n'est pas obligatoire. Elle ne constitue pas non plus une catégorie bien définie, mais fluctuante – puisque le vacciné d'aujourd'hui peut devenir le non vacciné de demain s'il cesse pour des raisons diverses de recevoir de nouvelles injections à répétition.</p><p>Il ne s'agit pas d'une stratégie sanitaire visant à contrôler la propagation du virus. Cette désignation sans précédent d'un « faux coupable » est politique.</p>
<p>Danièle Dehouve et Christophe Lemardelé</p>
<p>Nous écrivions que le problème des «logiques d'accusation» est qu'elles relèvent de mécanismes anthropologiques qui n'ont rien à voir avec la science. Chaque jour qui passe confirme que ce ne sont pas les non vaccinés qui propagent l'épidémie. Dans tous les pays, il est reconnu que le vaccin n'empêche ni de contracter le virus, ni de le propager. Il ne s'agit donc pas d'une stratégie sanitaire visant à contrôler la propagation du virus. Cette désignation sans précédent d'un «faux coupable» est politique.</p><p>La déclaration, écrite, réfléchie, d'Emmanuel Macron, arrive à un moment précis. Elle a été précédée de la parution d'une tribune de médecins mettant en question la réanimation des non vaccinés. À leur façon et dans leur sphère d'action, ces médecins ont appliqué la stratégie du bouc émissaire. Il en est résulté cette déclaration inouïe, contraire à tous les principes de la médecine depuis toujours, qui sont transcrits dans le serment d'Hippocrate. Si le Conseil de l'Ordre des médecins ne réagit pas et que le refus des soins à une partie de la population en vient à se banaliser, la médecine elle-même change de nature.</p><p>À lire aussi<a href="https://www.lefigaro.fr/vox/politique/macron-et-les-non-vaccines-malaise-democratique-20220105">Macron et les non-vaccinés: «Malaise démocratique»</a></p><p>Après l'application de la stratégie du bouc émissaire à la médecine, la déclaration du président l'institue dans la sphère politique, comme mode de gouvernement, au moment même où la loi de transformation du passe sanitaire en passe vaccinal est en examen au Parlement. Lorsque le président écrit «on va continuer de le faire, jusqu'au bout, c'est ça la stratégie» il met tous ces événements en contexte, il revendique la désignation du bouc émissaire comme stratégie globale, à mener aujourd'hui en France. Aussi, la loi du passe vaccinal que les élus viennent de voter ne peut être dissociée de cette stratégie globale. Le contexte du vote a changé. Voter pour cette loi est revenu à accepter de fait la désignation de boucs émissaires comme mode de gouvernement, ce qui est totalement contraire à tous les principes de la République et de la démocratie.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Thu, 06 Jan 2022 22:41:42 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/827/la-strategie-demmanuel-macron-fait-de-lui-le-fossoyeur-de-la-communaute-nationale</link>
	<title><![CDATA[&quot;La stratégie d&#039;Emmanuel Macron fait de lui le fossoyeur de la communauté nationale&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Le quinquennat d’Emmanuel Macron aura été celui de la fracture, de la division, du morcellement de la France et des Français. En renvoyant systématiquement ses opposants aux extrêmes, en cristallisant la colère et la rancœur des classes rurales et populaires, en opposant les Français les uns aux autres, la stratégie du président sortant est claire.</p><p>Il veut polariser l’électorat entre lui, le camp de « la raison » et « les extrêmes ». Il souhaite ainsi faire barrage aux Républicains et s’assurer de la victoire en cas de deuxième tour avec Marine Le Pen ou <a href="https://www.marianne.net/tags/eric-zemmour" target="_blank">Éric Zemmour</a>. Cette stratégie électoraliste est aussi dangereuse que cynique. Elle est en tout cas indigne d’un chef d’État.</p><p>À LIRE AUSSI :<a href="https://www.marianne.net/agora/les-signatures-de-marianne/emmerder-les-non-vaccines-un-president-peut-donc-desormais-dire-ca" target="_blank">"Emmerder les non-vaccinés" : un président peut donc désormais dire ça…</a></p><p>Pour fracturer l’électorat, tous les moyens sont bons : Emmanuel Macron utilise une rhétorique cinglante et raillante à l’égard des anti-passe ou des gilets jaunes. Il exclut les non-vaccinés par le biais de mesures sanitaires et de passes toujours plus restrictifs. Il recourt à des méthodes de maintien de l’ordre brutales pour inciter les manifestants à la violence. Il pénalise les classes moyennes et populaires sous couvert d’une fiscalité soi-disant écologique. Il exaspère les automobilistes, c’est-à-dire, principalement, les Français ruraux, avec <a href="https://www.marianne.net/politique/80-kmh-la-france-divisee-par-la-vitesse" target="_blank">les 80 km/h</a>. Il appauvrit les plus pauvres par la baisse des APL [aide pour le logement] et des allocations de chômage. À l’inverse, il multiplie les cadeaux aux plus aisés : suppression de l’ISF [impôt de solidarité sur la fortune], prélèvement forfaitaire unique, chute de l’impôt sur les sociétés.</p><p>« Au terme du quinquennat d’Emmanuel Macron, jamais la France n’a été aussi divisée, aussi morcelée, aussi électrique. »</p><p>Finalement, le constat est implacable : depuis 2017, si les grands gagnants du quinquennat Macron sont les 1 % les plus riches, dont le pouvoir d'achat a progressé de 2,8 %. Les grands perdants sont les 5 % les plus pauvres, dont le niveau de vie a reculé le 0,5 %, selon une étude de l’Institut des politiques publiques du 16 novembre dernier. Les conséquences politiques sont claires : Emmanuel Macron veut tirer de l’abstention un électorat défavorisé, marginalisé, qui vit hors des grandes mégapoles, pour qu’il aille voter Marine Le Pen. La candidate du Rassemblement national a d’ailleurs bien compris la logique, et exploite au mieux ce potentiel électoral par un programme économique interventionniste et social.</p><p>À LIRE AUSSI :<a href="https://www.marianne.net/politique/macron/on-ne-sait-pas-tout-sur-ce-vaccin-a-emmerder-les-non-vaccines-comment-macron-a-durci-le-ton" target="_blank">"On ne sait pas tout sur ce vaccin" à "Emmerder les non-vaccinés" : comment Macron a durci le ton</a></p><p>Emmanuel Macron mise sur la colère, sur l’exaspération, sur le désespoir pour favoriser le vote en faveur de candidats dits « populistes ». À cet égard, Éric Zemmour, qui divise cet électorat, est une épine dans son pied. La dynamique Pécresse qui s’est enclenchée à la suite de la primaire de la droite assombrit encore plus les perspectives du président. Alors que sa réélection est désormais compromise, il s’enfonce tête baissée dans sa stratégie de division des Français et de clivage de l’électorat. En affirmant avoir « très envie d’emmerder » les non-vaccinés « jusqu’au bout », le président a porté sa rhétorique à un niveau de mépris et d’agressivité inédit.</p><p>Au terme du quinquennat d’Emmanuel Macron, jamais la France n’a été aussi divisée, aussi morcelée, aussi électrique. La communauté nationale est atomisée, rongée le ressentiment envers un pouvoir qui s’autoproclame « camp de la raison » (Clément Beaune), tandis que ses opposants seraient des populistes. Il règne en France un climat de défiance et de haine qui est le résultat de cinq ans de mépris envers les ruraux, les non-vaccinés, les classes populaires.</p><p>« Incapable de s’adresser correctement aux Français, voilà que le président s’égare en vulgarité et en division. »</p><p>Emmanuel Macron aura tout d’abord cristallisé la rancœur des ruraux. Alors que son quinquennat est un désastre écologique, qu’aucune proposition structurante de la convention citoyenne pour le climat n’a été retenue dans la loi Climat et résilience de juillet 2021, qu’il a attendu l’année des élections pour annoncer une relance (modeste) de la filière nucléaire, Emmanuel Macron n’aura pas tardé à pénaliser les ruraux par la hausse de la fiscalité des carburants (juste après avoir retiré l’ISF, alors que ce sont bien les plus aisés qui polluent le plus).</p><p><a href="https://www.marianne.net/tags/gilets-jaunes" target="_blank">Les manifestations des gilets jaunes</a> qui ont suivi auront été l’occasion pour le pouvoir de consolider cette stratégie de polarisation de la société française. Emmanuel Macron n’aura pas hésité à traiter les gilets jaunes de « foule haineuse ». Ce mépris s’est également manifesté par les méthodes de maintien de l’ordre employées, avec la technique controversée de la nasse, l’usage déraisonné des LBD [lanceur de balles de défense] par des unités non formées au maintien de l’ordre (comme les BAC ou les compagnies de sécurisation et d’intervention) ou encore l’emploi des brigades de répression des actions violentes motorisées (unités de motocyclistes créées en 2019 par le préfet Didier Lallement lors des manifestations des gilets jaunes), critiquées pour la brutalité de leurs interpellations.</p><p>À LIRE AUSSI :<a href="https://www.marianne.net/politique/macron/emmerder-les-non-vaccines-la-strategie-du-bouc-emissaire-peut-elle-beneficier-a-macron" target="_blank">"Emmerder" les non-vaccinés : la stratégie du bouc émissaire peut-elle bénéficier à Macron ?</a></p><p>Dès le début de la pandémie, le gouvernement a adopté une rhétorique infantilisante en faisant de la « pédagogie » aux Français qui se montraient réticents aux mesures de confinement. La stigmatisation atteint son comble avec les « antivax ». Déjà, en juillet dernier, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal épinglait les Français « capricieux » et « défaitistes » qui manifestaient contre le passe sanitaire. Le chef de l’État ne s’est pas non plus privé de jouer avec le feu des antivax, en les accusant de « créer un désordre permanent ». Hier, la « pédagogie » infantilisante s’est mue en « emmerdement », en grossièreté, en ostracisation. Incapable de s’adresser correctement aux Français, voilà que le président s’égare en vulgarité et en division.</p><p>Un président de la République devrait unir les Français. En mettant toute opposition dans le même bloc « populiste-nationaliste », Emmanuel Macron fait exactement le contraire. Cette stratégie cynique fait du chef de l’État le fossoyeur de la communauté nationale. Avec Emmanuel Macron, il y a, plus que jamais, « les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien ». La boucle du mépris est bouclée.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Thu, 06 Jan 2022 22:38:10 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/826/ces-gouvernants-qui-se-pretendent-liberaux-mais-nous-entrainent-vers-une-autocratie-post-moderne-sous-couvert-de-protection-sanitaire</link>
	<title><![CDATA[Ces gouvernants qui se prétendent libéraux mais nous entraînent vers une autocratie post-moderne sous couvert de protection sanitaire]]></title>
	<description><![CDATA[<p>2021 restera tout à la fois une année de colmatage, de transition mais aussi de recomposition. </p><p>Le colmatage n’est autre que le maintien à flot d’une économie catapultée par la crise sanitaire. La perfusion de la puissance publique a assuré l’essentiel : sauvegarder l’immédiat pour “cranter “ électoralement 2022 , mais au prix d’un accroissement de la dette dont les conséquences politiques, économiques et sociales sont à ce stade loin d’être soldées. Dans ce contexte, le retour des tensions inflationnistes ravive le spectre des années 1970, dans un monde plus fragmentée que jamais en apparence mais où un conflit primordial, celui de la Chine autocratique, capitaliste et conquérante avec l’Occident vient concurrencer d’autres divisions plus civilisationnelles comme celle d’un islamisme agressif et protéiforme en butte aux aires chrétiennes et démocratiques. Ces luttes surplombent à l’instar d’amoncellements nuageux les cieux tourmentés de nos démocraties, à commencer par la France . Pour autant , les incertitudes qui invisibilisent toute esquisse de perspectives ne contredisent pas cet enseignement: face au surgissement de la crise, le " nouveau monde " macroniste n’aura pas trouvé d’autre alternative que le recours au bon vieil État providence pour éviter le pire, quand bien même le " quoiqu’il en coûte " pourrait constituer une bombe à retardement. </p><p>Mais la COVID qui n’en finit pas aura marqué de son empreinte 2021 , suscitant le sentiment d’une métamorphose endogène des démocraties libérales , notamment encore une fois en France. Il s’agit là d’une transition qui s’accélère . Le modèle chinois du contrôle social imprègne , bien qu’ils s’en défendent, les pratiques des dirigeants . L’instauration du pass sanitaire, puis du pass vaccinale confirme une tendance qui n’aura connu que peu de résistances dans les instances parlementaires , pas plus dans l’opinion , encore moins au sein des organes chargés de veiller au respect de nos libertés fondamentales, qu’il s’agisse du Conseil d’Etat ou du Conseil constitutionnel qui ont justifié sans vrai recul toutes les mesures d’exception mettant à mal notre tradition libérale. La crise sanitaire résonne de ce point de vue comme une étape supplémentaire dans ce qu’il faut bien appeler le recul du libéralisme politique. Le paradoxe cruel veut que cela soit des gouvernants se prétendant libéraux qui initient ce mouvement d’acculturation à une autocratie post-moderne , sous couvert de protection sanitaire. </p>
<p><a href="https://atlantico.fr/article/decryptage/l-annee-ou-le-politique-s-est-masque-christophe-boutin"><br />À Lire Aussi<br />L'année où le politique s’est masqué<br /></a></p>
<p>C’est sous le signe de la poursuite épidémique que la recomposition politique s’est poursuivie - ou plutôt la décomposition. Les élections régionales auront accéléré les processus de désinvestissement électoraux dont la démocratie française est l’objet , les classes populaires et moyennes manifestant au travers de l’abstention une forme d’objection de conscience civique à l’encontre d’une offre politique en laquelle ils ne semblent plus se reconnaître. C’est dans ce contexte de défiance croissante que les tectoniques de la présidentielle à venir se sont mises en place , laissant entrevoir trois grands courants se constituer mais respectivement eux-mêmes divisés en leur sein : une droite nationale pronostiquée autour de 30% selon les instituts de sondage mais fracturée désormais entre une ligne sociale incarnée par Marine le Pen et une ligne plus identitaire portée par l’offre nouvelle d’Eric Zemmour ; un centre techno-liberal partagé entre le macronisme et la droite républicaine qui s’est choisie sa championne en la personne de Valerie Pecresse ; une gauche sociétale fracturée entre une social-démocratie anémiée , une écologie scindée entre pragmatisme et gauchisme, et le melenchonisme des insoumis . De cette configuration inédite dont l’évolution n’est pas achevée , loin s’en faut , dépend l’issue de la bataille du printemps prochain . Rien ne nous dit que son terme clôture définitivement la période de turbulences dans laquelle nous sommes entrés .</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/825/edito-quotidien-driss-ghali</guid>
	<pubDate>Thu, 06 Jan 2022 10:53:49 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/825/edito-quotidien-driss-ghali</link>
	<title><![CDATA[Edito quotidien | Driss Ghali]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Chronique du 04/01/2022 : Que peut faire Zemmour face à l’immigration ?</p><p>L’immigration est hors de contrôle, elle s’est emballée sous l’effet de deux phénomènes distincts mais qui opèrent en parallèle et à plein régime.</p>
<p>Le moteur biologique :</p>
<p>Il y a tellement d’immigrés désormais sur le sol européen que les diasporas sont devenues des êtres politiques à part entière. Elles amènent les gens depuis les pays d’origine, elles leur fournissent un gîte et une occupation, elles les assimilent même. En effet, une diaspora est une machine à assimiler car elle offre un « refuge » complet à l’immigré : tant matériel que moral et spirituel. Très concrètement, le migrant marocain n’émigre pas en France, il se rend dans l’annexe de son village ou de sa tribu installée en France. La diaspora forme un continuum humain qui ignore les frontières politiques et opère en-dessous du radar. Il suffit qu’un immigré pose les pieds en Europe, à Lampedusa par exemple, pour qu’il soit pris en charge et transporté vers Lyon, Rotterdam ou Berlin par sa diaspora. D’où les gestes désespérés de ceux qui jettent à l’eau ou escaladent une barrière de dix mètres : ils savent qu’il s’agit du « seul » obstacle face à leur entrée en Europe et leur assimilation par une nouvelle famille, la diaspora !</p>
<p>Le moteur politique ou le pacte oligarchique</p>
<p>Les diasporas sont devenues des véritables forces aspirantes de l’immigration grâce à la politique menée par les Etats. Au sud et au nord de la Méditerranée, on s’est mis d’accord pour transporter les classes populaires et les classes moyennes arabes et africaines vers les grandes villes européennes.</p><p>Partent en effet les prolétaires et les sous-prolétaires, ça ne surprend personne. Mais, il faut bien voir que les avant-gardes partent aussi : les intellectuels, les entrepreneurs, les diplômés du supérieur etc. Ainsi, les élites pourries qui gouvernent le Maghreb et l’Afrique font d’une pierre deux coups, se débarrassant des classes dangereuses (les jeunes désœuvrés) et des cerveaux qui auraient pu les guider vers le palais présidentiel pour renverser le dictateur.</p><p>La fuite des cerveaux me direz-vous ? Tout le monde s’en fiche, car il n’y a rien de plus facile de nos jours que d’importer les compétences techniques. Les Turcs vous font un barrage clefs en main en quelques mois, les Chinois une autoroute, les Américains un systèmes informatique crypté pour les besoins de l’Etat. La ressource « ingénieur » est abondante dans le monde et sait très bien exécuter un chantier sans poser de questions : il suffit de payer.</p><p>Vous voyez donc le moteur caché de l’immigration : débarrasser les potentats du sud et leur entourage des classes sociales qui peuvent les gêner.</p><p>Les oligarchies européennes y trouvent leur compte de toute façon, certains jeunes immigrés ayant une grande utilité dans la destruction des sociétés encore bercées par le rêve de l’Etat-Providence. L’importation de populations accoutumées à l’inégalité radicale voire à l’arbitraire accélère la destruction de la cohésion sociale. Nous au Maroc nous sommes habitués à la sécession des élites et à la disparition des classes moyennes : le bidonville est notre horizon commun.</p><p>Voyez les rappeurs issus de l’immigration : ils incarnent le prolétariat dont a besoin l’oligarchie dans le futur proche c’est-à-dire une masse de zombies drogués, désarticulés sur le plan mental et passionnés par la violence. Quelle est la vocation d’un rappeur lambda ? Incarner la domination du fort par le faible, substrat de la nouvelle société qui émerge sous nos yeux.</p><p>Par ailleurs, la hausse de la délinquance, issue de l’immigration, détruit l’estime de soi du peuple de souche, le seul qui soit capable de s’opposer à l’oligarchie, car il dispose d’une tradition syndicale et d’une histoire révolutionnaire. Or, quand tu humilies un père de famille jour après jour en lui taxant une cigarette ou en molestant sa fille, tu le désactives en tant qu’agent politique. Il se transforme en un sous-homme qui ne sert qu’à obéir et à fermer sa gueule. Est-ce un hasard que le peuple français soit devenu aussi pacifique et passif depuis le début des années 2000 ?  Plus question de grève générale, et encore moins de Commune…</p><p>Zemmour, une fois élu, aura affaire à ces deux moteurs qui tournent à plein régime : le biologique et le politique. Deux ennemis mortels car l’un a la logique du nombre pour lui (plus de 2,6 millions d’Algériens en France, un million de Marocains etc.) et l’autre a les relais de pouvoir à son service (BFM, Libération, les ONG, l’ONU etc.).</p><p>Une suggestion à mon modeste niveau à mon candidat à l’élection : (1) mettre en avant son programme tel quel, il est pertinent et aura un effet immédiat et (2) agir discrètement sur les pays du sud pour mettre en place des élites qui ne veulent pas exporter tous leurs problèmes vers la France.  Dans un monde idéal, il faudra changer les régimes en place. Comme nous ne vivons pas dans un monde idéal, il convient de gêner les régimes actuels au point de leur faire comprendre que leur survie dépend d’un changement de comportement. Au Sahel par exemple, il convient peut-être de maintenir un certain niveau d’instabilité pour que les castes au pouvoir dans la région « aient suffisamment la trouille » pour renoncer au jackpot migratoire.</p><p>Enfin, ces choses là ne s’écrivent pas et ne se publient pas…</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Les masques sont tombés. Nous sommes face à un coup d’Etat mondial qui se met en place dans chaque pays. Les constitutions sont mises entre parenthèses, la démocratie est devenue une sorte de vernis à ongles qui ne trompe plus personne. Le peuple n’est plus qu’un spectateur passif, il est tombé de son piédestal, poussé par Big Pharma et les politiciens véreux.</p><p>Chacun doit agir selon ses talents. Les héros vont prendre le maquis ou bien s’engager dans des actions de résistance plus ou moins ouvertes. Les ennemis de la démocratie vont continuer sur leur lancée : que la pandémie s’arrête ou pas, ils chercheront à solidifier leurs positions en modifiant les lois une bonne fois pour toutes. Nous aurons affaire à des lois de discrimination systémique et d’injection obligatoire voire de confiscation des biens pour des raisons sanitaires ou politiques. La majorité de la population, elle, continuera dans l’apathie : elle ne fera rien dans l’espoir qu’on lui fiche la paix. C’est humain, trop humain, inutile de s’en indigner. Il convient au contraire de danser la musique du moment et de faire semblant que les collabos ne collaborent pas.</p><p>Il est temps d’envisager une résistance à bas bruit, élégante et discrète. Une grève du zèle, un sabotage bien senti, une épidémie d’arrêts maladies etc. Il faut penser au moyen de retarder le déploiement de la dictature, le temps que les héros fassent le job.</p><p>Vous savez, s’abstenir de dénoncer un résistant est en soi un acte de résistance.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 18/11/2021 : les surprises de Vichy</p><p>Les monstres qui nous gouvernent diabolisent Vichy, matin, midi et soir. C’est de bonne guerre, car ils ne peuvent supporter la comparaison auprès d’aucun autre gouvernement français du XX° siècle. Les allusions lancinantes aux années 1939-1945 servent à détourner le regard de l’ignominie du régime actuel. C’est un attrape-nigaud en réalité, les lucides ne s’y trompent pas, les naïfs et les nigauds (la majorité) se laissent séduire.</p><p>Or, une approche calme et apaisée de l’histoire de Vichy révèle quelques nuances surprenantes. Celles que je connais le mieux correspondent à l’histoire de l’armée française durant les années 1940-1945. L’armée a protégé des officiers juifs, quitte à désobéir aux ordres de Pétain et de Laval. Je me réfère bien à l’armée de Vichy, celle qui a refusé de rejoindre De Gaulle à Londres. Ainsi, David Galula, jeune capitaine juif fraîchement sorti de St-Cyr, a été caché au Maroc par l’Etat-Major, histoire de le soustraire à l’ordonnance du 18 octobre 1940 qui stipulait l’expulsion des juifs de la fonction publique. Galula a été protégé, caché et payé par les militaires de Vichy jusqu’à l’été 1941, moment où le deuxième statut des juifs prit effet. Il était devenu trop risqué de le maintenir dans les rangs.</p><p>Déchu de sa nationalité française, Galula a été pris en charge par l’armée qui venait de le mettre dehors. Oui, cette armée de « collabos » si on en croit les intellos de pacotille qui servent de porte-voix à l’establishment. Un réseau d’officiers vichystes a envoyé Galula espionner les Allemands à Tanger, ville internationale. Galula, transformé en commerçant juif marocain, s’est faufilé dans les milieux diplomatiques et militaires de Tanger pour le compte de Vichy. En effet, Vichy collaborait avec les Américains ! Une partie de Vichy pour dire vrai collaborait avec les Alliés : échange d’informations, échange de bons procédés diplomatiques… La preuve : Washington avait un ambassadeur à Vichy. Les Alliés ont longtemps combattu De Gaulle car ils voulaient s’appuyer sur l’armée loyaliste pour renverser le régime nazi en France.</p><p>Tout cela, votre prof d’histoire-géo ne vous l’a pas dit au collège. Ne vous inquiétez pas : même Macron et ses sbires ne sont pas au courant, cette caste se limite à lire les instructions rédigées en Allemand depuis Frankfort, siège de la BCE.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique des 10,11,12 et 15/11/2021 : une autre histoire de Tindouf</p><p>C’est avec retard que j’écris le récapitulatif des vidéos des journées citées ci-dessus. Trop de travail, trop de factures à payer…</p><p>En quelques mots, je voudrais souligner ici le caractère absolument inutile et en même temps stratégique de la localité de Tindouf. Cette ville est le néant : elle n’a aucun monument, aucune ressource, aucun charme, aucun cachet. Rien. Pourtant, ce rien cristallise la querelle algéro-marocaine.</p><p></p><p>Qu’est-ce que Tindouf ?</p><p>Tindouf est d’abord un haut lieu de la traite négrière musulmane. Point d’étape niché dans un oasis à 330 km au sud-est d’Agadir, Tindouf a toujours connu les cris et les pleurs des noirs transportés par les commerçants arabes vers les marchés de Marrakech et de Fez.</p><p>Ce commerce infâme a duré plusieurs siècles, puis il s’est éteint très vite comme on éteint une bougie avec le doigt. La France a interdit l’esclavage et pourchassé les traitants. De suite, Tindouf se vida de ses habitants. Ne restèrent que les souvenirs et les malédictions gravées dans la pierre par les ongles à vif des captifs.  Nous sommes au début du XX° siècle. Le Maroc est sur les rotules, son sultan ne contrôle même pas la banlieue de Fez. L’Algérie est déjà « la France » qui lui a accolé le Sahara, immense territoire avec lequel elle n’a aucune affinité ni aucun lien historique. Au sud, la Mauritanie est un vide humain affilié à l’Afrique Occidentale Française, créée en 1904.</p><p>La tragédie se noue à ce moment précis, et en particulier après 1912, date à partir de laquelle le Maroc tombe officiellement sous l’escarcelle de la France.  Tindouf , à l’époque, est une zone de non-droit, occupée par la confédération tribale arabe des Reguibate. Personne ne les contrôle ni n’a envie de les contrôler, la région ne recelant aucune richesse particulière qui puisse justifier un déploiement de forces. De 1912 à 1934 grosso modo, la France se contente de contenir la région sans y mettre les pieds. A l’ouest, les autorités françaises au Maroc sont absorbées par la rébellion des berbères du Souss. A l’est, les forces françaises en Algérie répugnent à prendre pied à Tindouf si c’est pour rendre le territoire quelque temps plus tard au Protectorat français du Maroc qui revendique sa souveraineté sur toute la région.  Au sud, les militaires de l’AOF sont trop peu nombreux pour peser dans le jeu, surtout que Tindouf est en périphérie de leur circonscription.</p><p>On palabre pendant longtemps, sans résultat probant. Le Ministère des Affaires Étrangères (en charge du Maroc), le Ministère de l’Intérieur (en charge de l’Algérie) et celui des Colonies (en charge de l’AOF).  Un accord fragile et temporaire est trouvé en 1934 : les méharistes stationnés en Algérie prennent le contrôle de Tindouf avec la promesse de la reverser au territoire marocain plus tard. Un PC des « confins algéro-marocains » est installé à Marrakech, en guise de dédommagement aux Marocains. Il chapeaute la sécurité à Tindouf et aux alentours.</p><p>Le provisoire devient définitif les années suivantes.  La Seconde Guerre Mondiale passe par : elle brouille les souvenirs et change les hommes.</p><p>Après 1945, on ne reparle plus du sujet dans le contexte franco-français (Maroc français vs Algérie française). Les esprits sont occupés par le projet de l’indépendance des deux côtés de la frontière (frontière qui n’existe pas puisqu’elle n’est ni tracée, ni reconnue par qui que ce soit).</p><p>Le Maroc s’émancipe en 1956, l’Algérie en 1962. Le Maroc demande Tindouf à son voisin ainsi que Béchar, une autre localité des confins algéro-marocains annexée manu militari par la France à sa colonie au XIX° siècle. Refus des Algériens. On « en arrive aux mains », c’est la guerre des sables en 1963 qui n’aboutit à rien de concret : Tindouf et Béchar restent en dehors de l’orbite du Maroc.</p><p>Le problème se complique après le retrait espagnol de l’immense territoire qu’elle occupait au sud du Maroc et au nord de la Mauritanie. Les Marocains appellent ce territoire le Sahara Marocain, la communauté internationale parle de Sahara Occidental. Peu importe, l’essentiel est que toute la région entretient depuis toujours des liens d’allégeance avec le Sultan du Maroc. Allégeance ne veut pas dire obéissance. Personne n’a réussi à apprendre aux tribus nomades à obéir. Au mieux, elles payent le tribut et s’abstiennent d’attaquer les fonctionnaires du Sultan. En réalité, personne n’a intérêt à adoucir leurs mœurs. Bien au contraire, quand le Sultan est fort, il utilise les tribus comme des forces supplétives, féroces et sans pitié. Elles servent de garde-frontières vivants, avec femmes, enfants et chameaux. Nul besoin de poser des piquets ou d’édifier des fortins, il suffit de déléguer aux nomades le soin de terroriser les voyageurs et les égarés.</p><p>L’Algérie, elle, n’a aucun argument à avancer, à part que Tindouf lui a été donné en cadeau par la France, tout comme l’intégralité de son sahara. Maigre comme argument, vous ne trouvez pas ?</p><p>Aujourd’hui, Tindouf est la base de repli du POLISARIO, une guérilla armée et sponsorisée par l’Algérie et jadis par la Libye aussi.  La ville demeure lugubre et désolée. La malédiction des innocents pèse toujours sur elle…</p><p>Chronique du 16/11/2021 :  Rousseau est mort !</p><p>Nous vivons une époque horrible mais néanmoins historique! Sous nos yeux, la doctrine des droits de l’homme s’effondre, piétinée par les confinements, les injections expérimentales et le refus de soigner les patients. Deux cents ans d’histoire s’écroulent en ce moment :  au revoir Rousseau, adieu Voltaire, ciao Toqueville !  Les temps nouveaux s’annoncent, et ils ne riment pas forcément avec la dignité et la liberté.</p><p>Tant pis pour nous. Après tout, nous ne valions pas la peine. Nous ne méritions pas la Liberté, avec L majuscule. Nous l’avons abandonnée en un clin d’œil au prétexte du virus.</p><p>La seule bonne nouvelle est qu’il convient de se sentir absolument dégagés de toute allégeance aux droits de l’homme.  Tirons les conclusions : nous sommes à nouveau libres !</p><p>Libres des « bêtises » énoncées par Rousseau depuis son exil suisse et qui sont devenues notre constitution. Non, les hommes ne sont pas égaux. Non, nous ne sommes pas les frères des uns des autres. Non, il n’y a pas de volonté générale et il n’y en a jamais eu. Non, le peuple n’est pas souverain.</p><p>Il y a juste le peuple, souvent abruti et égaré, et des élites. Quand les élites sont vendues comme c’est le cas aujourd’hui, tout est perdu. Quand les élites sont dignes, alors le pays va bien.</p><p>Le seul combat qui en vaille la peine est de sauver un peuple contre lui-même en lui adjoignant des bonnes élites.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 17/11/2021 : d’un fascisme à l’autre</p><p>L’Europe a vaincu le nazisme pour se livrer, corps et âme, à la diversité. Elle a refusé le grand remplacement aryen pour mettre en place le grand remplacement africain et musulman. Telle est une manière comme une autre d’apprécier l’histoire européenne de 1945 à aujourd’hui.</p><p>Le procès de Nuremberg avait en lui-même les racines du mal : il a criminalisé le patriotisme et l’a assimilé au fascisme. Depuis lors, les patriotes se cachent et se travestissent sous des bannières stériles comme le libéralisme ou la démocratie-chrétienne. Or, le libéralisme a donné l’immigration de masse, les patrons étant « accros » aux bas salaires. Le catholicisme, lui, entraîne dans sa chute (définitive à mon goût) le peu d’attachement qu’avait les Européens pour leur mode de vie et leur identité.</p><p>Aujourd’hui, le fascisme est arc-en-ciel : il a la peau sombre, il est bisexuel ou homosexuel, il est urbain, il est écolo, il est covidiste. Il ne jure que par l’apparition d’un homme nouveau qui est une cumulation de néants : il n’est pas blanc, il n’est pas viril, il n’est pas fier, il n’est pas cultivé. Les nazis voulaient un homme nouveau, blond et fort ; les fascistes d’aujourd’hui le veulent basané, castré et confiné. Dans les deux cas, nous avons affaire à une monstruosité.</p><p></p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 18/11/2021 : les surprises de Vichy</p><p>Les monstres qui nous gouvernent diabolisent Vichy, matin, midi et soir. C’est de bonne guerre, car ils ne peuvent supporter la comparaison auprès d’aucun autre gouvernement français du XX° siècle. Les allusions lancinantes aux années 1939-1945 servent à détourner le regard de l’ignominie du régime actuel. C’est un attrape-nigaud en réalité, les lucides ne s’y trompent pas, les naïfs et les nigauds (la majorité) se laissent séduire.</p><p>Or, une approche calme et apaisée de l’histoire de Vichy révèle quelques nuances surprenantes. Celles que je connais le mieux correspondent à l’histoire de l’armée française durant les années 1940-1945. L’armée a protégé des officiers juifs, quitte à désobéir aux ordres de Pétain et de Laval. Je me réfère bien à l’armée de Vichy, celle qui a refusé de rejoindre De Gaulle à Londres. Ainsi, David Galula, jeune capitaine juif fraîchement sorti de St-Cyr, a été caché au Maroc par l’Etat-Major, histoire de le soustraire à l’ordonnance du 18 octobre 1940 qui stipulait l’expulsion des juifs de la fonction publique. Galula a été protégé, caché et payé par les militaires de Vichy jusqu’à l’été 1941, moment où le deuxième statut des juifs prit effet. Il était devenu trop risqué de le maintenir dans les rangs.</p><p>Déchu de sa nationalité française, Galula a été pris en charge par l’armée qui venait de le mettre dehors. Oui, cette armée de « collabos » si on en croit les intellos de pacotille qui servent de porte-voix à l’establishment. Un réseau d’officiers vichystes a envoyé Galula espionner les Allemands à Tanger, ville internationale. Galula, transformé en commerçant juif marocain, s’est faufilé dans les milieux diplomatiques et militaires de Tanger pour le compte de Vichy. En effet, Vichy collaborait avec les Américains ! Une partie de Vichy pour dire vrai collaborait avec les Alliés : échange d’informations, échange de bons procédés diplomatiques… La preuve : Washington avait un ambassadeur à Vichy. Les Alliés ont longtemps combattu De Gaulle car ils voulaient s’appuyer sur l’armée loyaliste pour renverser le régime nazi en France.</p><p>Tout cela, votre prof d’histoire-géo ne vous l’a pas dit au collège. Ne vous inquiétez pas : même Macron et ses sbires ne sont pas au courant, cette caste se limite à lire les instructions rédigées en Allemand depuis Frankfort, siège de la BCE.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 05/11/2021 : De Bamako à Bruxelles, une autre histoire de la construction européenne</p><p>Peu le savent, mais la construction européenne doit énormément à une décision du Général De Gaulle. S’il n’avait pas sorti la France de l’Algérie, le couple franco-allemand n’aurait jamais pu se former, constituant le moteur principal de l’intégration européenne.</p><p>Revenons en arrière. En 1944, De Gaulle est à Brazzaville au Congo où il promet aux Africains le développement. Il tient parole à la Libération et la IV° République lui emboîte le pas. Routes, aéroports, écoles, universités : la France prend à bras le corps la misère du monde, dans sa version noire et arabe, l’Indochine a « décroché » dès 1946 en entrant en insurrection sous le commandement de Ho Chi Minh. La facture d’autant de philanthropie est salée : la France se ruine à petit feu et les rentrées fiscales attendues n’ont pas lieu, la productivité étant très basse aux colonies. En Algérie, l’évidence crève les yeux : on déverse des milliards à travers le Plan de Constantine (entamée en 1958) et « rien » ne sort en bout de piste : la croissance et l’enrichissement ne sont pas au rendez-vous ou pas suffisamment pour couvrir une partie des dépenses colossales engagées aux frais du contribuable métropolitain.</p><p>Or, ce dernier rêve de modernisation et il a bien raison. La France des années 1950 est en retard sur ses pairs comme la Hollande ou la RFA sur le plan de l’infrastructure (le téléphone par exemple) et de l’industrie. Pour accélérer le rattrapage, il faudrait beaucoup d’argent et surtout des cerveaux. Ces derniers sont en partie « capturés » par les projets de développement aux colonies.</p><p>Un autre obstacle au rattrapage est de caractère structurel. Les entreprises françaises n’ont pas intérêt à innover puisqu’elles sont assurées d’écouler leur production aux colonies, marché captif.</p><p>De Gaulle a compris et a le courage d’agir : il se désengage de l’Afrique (très facilement) en 1960 et de l’Algérie en 1962 (très honteusement).</p><p>Six mois après l’indépendance algérienne, en janvier 1963, il fonde le couple franco-allemand à Paris en compagnie du chancelier Adenauer. La suite est connue de tous : l’intégration économique ne cessera de s’accentuer et l’industrie française rattrapera largement son retard dans les années 1960- début 1970.</p><p>Malheureusement, la droite (Giscard d’Estaing) et la gauche (Mitterrand, Chirac, Sarkozy) ont décidé de transférer Bamako à Paris et Alger à Marseille. L’immigration de masse n’était pas du tout au programme du Général, qui voulait désengager la France du bourbier africain et arabe… Le seul vrai défaut de De Gaulle, à part d’avoir trahi les harkis, est de ne pas avoir assuré sa relève…</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 04/11/2021 : le caniche de Merkel<br /></p><p>Merkel a dit adieu à Macron ces derniers jours lors d’un déplacement à Beaune. Nous devons lui dire « bon débarras » en guise d’au revoir ! Mme.Merkel n’est pas l’amie de la France, ni de l’Europe d’ailleurs. Durant son mandat interminable, elle a marginalisé et vassalisé la France. Il faut dire que nos chefs étaient candidats à l’insignifiance au berceau… Elle nous a abandonné en rase campagne au Sahel, alors que nous y sommes allés pour défendre la frontière sud de l’Europe, c’est-à-dire la tranquillité des Allemands aussi. Concernant l’Europe, la chancelière allemande a organisé l’impuissance et cultivé l’insignifiance collective. Elle a veillé personnellement à ce que les liens de vassalité avec les Américains soient maintenus et cimentés. Elle a perdu toutes les occasions de forger un dialogue sérieux avec les Russes. A peine a-t-elle connecter son pays au gazoduc en construction qui passe par la Mer Baltique. Point besoin de prolonger outre mesure cette litanie, vous m’avez compris. J’aurais pu parler du million de clandestins syriens accueillis en 2015, dont des terroristes avérés et des égorgeurs en herbe…</p><p>Au fond, Merkel ou pas, l’Allemagne est un problème. L’Allemagne est le problème de la France. Nous sommes en couple avec un cadavre !</p><p>Ce peuple est mort à plusieurs égards. (a) Il n’a pas le droit d’être fier de lui-même pour les raisons que vous connaissez. Au passage, il nous a privés du droit d’aimer notre pays et d’oser le dire, car depuis 1945 tout patriote est un fasciste en puissance, il doit s’excuser d’avance et donner des gages de respectabilité. (b) les Allemands sont occupés par des armées étrangères, à commencer par les troupes US basées à Frankfort et ailleurs. Autrement dit, nous nous appuyons sur un pays colonisé, quel beau partenaire en effet et après on s’étonne que la défense européenne n’avance pas. ! (c) les Allemands ne savent plus se battre et ne veulent plus se battre, leurs soldats sont dévitalisés. (d) les Allemands, quel que soit leur gouvernement, nous empêchent de donner l’attention nécessaire à la Méditerranée et au flanc sud de de l’UE. C’est d’ailleurs une doléance commune aux Italiens et aux Espagnols aussi : eux aussi doivent négocier avec Berlin de l’opportunité d’intégrer les moyens de communication des douaniers italiens avec leurs homologues tunisiens.</p><p>La faute, à qui ? La faute incombe à un mort nommé De Gaulle. Il nous a mis dans ce couple de la mort en janvier 1963 en signant la réconciliation franco-allemande avec Adenauer (traité de l’Elysée). Mais, là c’est une histoire que je vais vous raconter demain, vendredi.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 03/11/2021 : On tue à Montauban, aussi…</p><p>Il n’y a plus de zones sûres. Le spectre de la mort violente est partout même au cœur de ce qui était jadis la douce France : l’albigeois, les provinces riantes autour de Toulouse…</p><p>L’insécurité a pris la tournure du terrorisme. Quand on lynche un homme devant sa femme, c’est du terrorisme. Quand on tue un ancien parachutiste sur un parking, c’est du terrorisme. Pas besoin d’un manifeste ou d’une revendication signée Bin Laden pour qu’un acte abjecte soit considéré comme terroriste. L’effet est là : les lâches sont intimidés, les patriotes sont enragés. Autrement dit, la société est divisée, il ne reste plus qu’à allumer la mèche.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 29/10/2021 : les goumiers et les tirailleurs</p><p>Tout le monde en parle, peu les connaissent vraiment. Les combattants maghrébins et africains qui ont participé aux combats de la Première et de la Seconde Guerre Mondiale n’étaient pas des as de la communication et du marketing. Ils n’ont pas songé à leur légende, ils ont fait le boulot et ont vécu comme des hommes et non des adolescents attardés comme la plupart d’entre nous.</p><p>Résultat, on leur prête des motivations qui n’étaient pas les leurs.</p><p>Pourquoi ont-ils rejoint les forces françaises, c’est-à-dire l’armée du pays qui a occupé leur pays ?</p><p>D’abord, plusieurs n’avaient pas de « pays » avant la colonisation. Le Mali ou le Sénégal sont des inventions françaises. Jadis, il n’y avait dans ces contrées que des peules nobles et des peuples soumis, des maîtres et des esclaves. Point de nation, point de peuple. La France a mis fin à l’esclavage et au servage. Elle a regroupé sous le même toit des peuples qui se faisaient la guerre (donc du mal) depuis toujours. C’est donc par gratitude que les membres des tribus et des ethnies les plus basses ont rejoint l’armée françaises pour devenir tirailleur à Dakar, Conakry ou Fort-Lamy. En une génération, ils sont passés du statut d’esclave domestique à celui de soldat, porteur de fusil. La France leur a donné aussi le sentiment d’appartenance à quelque chose d’autre que l’ethnie ou la caste : l’Empire et par extension l’Afrique Occidentale ou Equatoriale Française.  Rejoindre un bataillon de Maliens ou de Guinéens, c’était faire l’expérience pour la première fois que quelque chose nommée Mali ou Guinée !</p><p>Gratitude aussi au Maroc où les goumiers se souvenaient de l’apport immense de la pacification française. Avant 1912 et l’entrée de la France, le pays était un coupe gorge. La France a redonné aux Marocains le droit d’aller et de venir dans leur propre territoire. Cela s’appelle un service rendu, une bénédiction.</p><p>A la gratitude s’ajoute aussi l’appel du grand large. L’armée française a été un débouché à l’envie de voir du pays de milliers de jeunes de l’Atlas ou de la Kabylie. La même envie de voyager explique grandement les départs massifs vers l’Indochine à partir de 1946 : plus de 8000 volontaires sont partis faire la guerre aux communistes vietnamiens. Bien sûr, voyager permet d’échapper à la surpopulation, un mal chronique des zones montagneuses : Atlas, Rif ; Kabylie etc.</p><p>Enfin, il y avait l’amour des chefs. Un amour réciproque entre des officiers français de grande valeur et des soldats d’exception. Je doute que nous soyons capables aujourd’hui, du haut de nos plateaux de bureau, de ne serait-ce que d’imaginer le respect et la fraternité qui reliaient ces hommes entre eux.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 28/10/2021 : nous avons les dirigeants que nous méritons</p><p>Comment expliquer qu’un homosexuel français se sente solidaire de la lutte d’un Frère musulman ? ou bien qu’une femme noire marche main dans la main avec un indigéniste maghrébin sachant que le Maghreb a pratiqué la traite négrière jusqu’aux années 1910 ?</p><p>La seule explication est la bêtise. Oui, la bêtise, cet oxygène que respire la fameuse intersectionnalité, mot impossible à prononcer et qui correspond plutôt à l’alliance des abrutis.</p><p>Quand on y regarde de plus près, tout est intersectionnalité aujourd’hui. Voyez l’assise électorale de M.Macron : les bourgeois mondialisés, les bourgeois conservateurs qui ont peur de la banlieue, la banlieue elle-même qui voit en lui le président de l’invasion migratoire et du laxisme pénal. C’est de l’intersectionnalité ! Des catégories qui sont opposés du point de leurs intérêts de classe s’unissent autour d’un même personnage et d’une même politique.</p><p>La bêtise ne suffit pas à expliquer la stabilité et la durabilité de cette alliance. Il convient de considérer un autre argument : la haine. Chaque groupe se définit comme « une nuisance » à autrui ou au reste de la société. Pour rester sur l’alliance pro-Macron, vous avez la haine du bourgeois pour la France version De Gaulle et la haine de l’immigré pour la France (je généralise bien sûr, tous les bourgeois et tous les immigrés ne se valent pas). Dans l’intersectionnalité de gauche, vous avez une très forte dose de haine : la détestation des lobbies LGBT pour la famille traditionnelle et la France (ce monstre patriarcal…), la détestation des moches (pardon, des féministes…) pour les autres femmes et les vrais hommes (forts et beaux), la haine des islamistes pour la France et pour tout ce qui est beau et lumineux etc.</p><p>Le ciment tient grâce à l’adjonction de la peur. La haine marche côte à côte avec la peur en effet. Les conflits réels ou supposés peuvent mal se terminer et déboucher sur la violence. Et personne ne veut en faire l’expérience et à juste titre. D’où la peur palpable de la guerre civile, une peur trans-partisane, multigénérationnelle et multiethnique. Certains voteront Macron en 2022, non par conviction, mais juste pour gagner cinq ans de tranquillité…avant la grande explication. Au final, ils votent contre eux-mêmes car ce monsieur exacerbe les risques d’éclatement d’une guerre intérieure : il promeut la déconstruction de la France et donne une tape sur le dos à toutes les forces de destruction.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 27/10/2021 : Don Quichotte de Tourcoing</p><p>M.Darmanin nous a habitué à des communiqués triomphalistes à chaque fois qu’un commissariat est attaqué au mortier ou qu’un policier est visé par des tirs. Pour lui, toute humiliation de la police est une victoire, car il s’agit d’une répercussion de sa croisade contre la drogue.</p><p>Curieuse croisade sans étendard, sans foi et sans armée.</p><p>Personne n’ a entendu parler de cette guerre contre la drogue, à part le cabinet du Ministre. Pas de plan, pas de buts de guerre, pas de mobilisation, pas de territoires à conquérir.</p><p>M.Darmanin ne fait pas la guerre aux dealers. Il nous fait la guerre à nous en se moquant de notre bon sens et de notre dignité. Sa communication nous fait tourner en bourrique. Les reculades de sa police sont autant de coups de poignard dans notre fierté : un policier humilié représente le rabaissement de la France entière.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 26/10/2021 : le climat a bon dos</p><p>De plus en plus, les médias et les bobos veulent nous habituer à croire que les changements climatiques rendent inéluctables les mouvements migratoires. Après « une chance pour la France », l’immigration de masse serait la conséquence naturelle du réchauffement, lui-même intégralement causé par l’homme occidental bien entendu…</p><p>C’est tellement bête et absurde comme raisonnement que j’ai peine à croire qu’il se diffuse aussi vite dans l’opinion publique.  En effet, les immigrés fuient la mauvaise gouvernance, pour le dire autrement ils fuient les mauvaises élites qui pillent leurs pays d’origine et éradiquent leurs chances d’y vivre dignement. Vous voulez des exemples ? Tracez une ligne qui démarre à Casablanca et s’étend jusqu’au Caire avant de plonger vers les profondeurs de l’Afrique noire, à la hauteur de Kinshasa. Dans cet arc de la mauvaise gouvernance, règnent la corruption et l’injustice : les deux ingrédients de l’immigration. Les départs sont d’autant plus aisés de nos jours que les immigrés « ne quittent plus vraiment leurs pays » : ils voyagent du Mali vers la diaspora malienne en France, du Rif vers la diaspora rifaine en Hollande, de l’Afghanistan vers la diaspora afghane à Paris… Les diasporas organisent et aiguillent les migrations. Dans mon village marocain, nombre de mariages blancs ont permis à des « cousins » de Toulouse ou de Nantes de faire partir des jeunes filles ou des jeunes hommes ! Détail important : notre village est féministe, les mariages blancs sont souvent le fait de jeunes musulmanes de France qui vendent les papiers français aux jeunes désœuvrés marocains.</p><p></p><p>Nous sommes fatigués de la bêtise des bobos. Ils n’ont rien compris au monde et compensent leur ignorance par une arrogance toute épreuve. Ils veulent accueillir les immigrés avec l’argent emprunté à Mme.Merkel ! A ce stade, il ne s’agit plus de générosité, mais d’irresponsabilité.</p><p>Ces précieuses ridicules qui peuplent les rédactions et les classes dirigeantes sont convaincues de rendre service aux Africains et aux Maghrébins alors qu’elles ne font que ruiner leur pays. Nous rendre service, c’est nous obliger à faire le changement politique chez nous : au Maroc, en Algérie et au Sénégal.  Nous rendre service, c’est conserver la France telle qu’elle est : belle, humaniste et rayonnante. Si vous la transformez en une annexe de Marrakech, nous n’aurons plus de référence. Nous ne voulons pas que le tiers-monde s’installe en Europe, nous voulons que l’Europe demeure un havre de raffinement et de sophistication.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 25/10/2021 : le cirque</p><p>L’immigration est un business nord-sud. Les pays du sud en ont fait un véritable secteur économique. Au Maroc, l’on parle de 7 milliards d’euros/an au seul titre des transferts financiers de la diaspora. A ce rythme, il n’y aura bientôt plus besoin de travailler ou de faire des réformes : il suffira de « placer » des milliers de jeunes chaque années à Paris, Berlin et Rotterdam. Pour les pays du nord, l’immigration amène une main d’œuvre peu onéreuse à des secteurs en mal de productivité : le BTP, une certaine agriculture, la restauration parisienne. Mieux encore, parmi les migrants se faufilent les voyous et les monstres qui se chargent chaque jour de rabaisser le peuple de souche et de le terroriser. Bingo ! Le migrant est doublement utile à l’oligarchie : il réduit ses coûts et lui permet de mater le mâle de souche, le germe de toutes les contestations sérieuses, le dernier segment de la société qui se préoccupe encore des prix de l’immobilier et du salaire minimum. Les autres, les fameuses minorités, préfèrent s’inquiéter du taux de mélanine dans le sexe…</p><p></p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 22/10/2021 : le visiteur malvenu</p><p>La vidéo de ce jour a été largement inspirée par les anecdotes rapportées par David Galula de son passage en Algérie. En voici une en droite ligne avec sa vision originale et décapante de la pacification.</p><p>Le visiteur malvenu</p><p>La population a des liens avec la guérilla, bien malgré elle dans la plupart des cas. Elle doit offrir gîte et nourriture à des combattants qui n’utilisent ni uniformes ni badge d’identification. Aux soldats de Galula il est presque impossible de dire qui est qui, faire la différence entre civils et insurgés. Au tout de début de la pacification, Galula recommande de nouer des liens avec la population, non pour se montrer gentils ou amicaux mais pour habituer les villageois à voir leurs mouvements contrôlés. Comment y parvenir sans soumettre les civils à des conditions de vie insupportables ?</p><p>Certains proposeront de les enfermer dans des villages dits sécurisés. En Malaisie, les Anglais ont obligé les paysans à vivre dans des hameaux stratégiques entourés de barbelés et fermés hermétiquement la nuit. L’idée est de séparer les rebelles des habitants donc les priver de riz, de pénicilline, de vêtements propres et de renseignements sur le mouvement des Anglais.</p><p>En Algérie, les autorités créent des camps de regroupement (appelés aussi village pilote) où les fellahs passent la nuit. Le jour ils peuvent labourer leurs champs. Dans certains cas,  leurs terres sont déclarées zones interdites et les paysans condamnés au chômage.  Pendant la guerre d’Algérie, d’immenses superficies seront vidées de leurs habitants ; l’armée y a le droit de tirer à vue. Les riverains sont obligés de fuir vers les bidonvilles d’Alger ou se regrouper dans les villages que la France monte à la hâte. On parle de 2 millions de déplacés (sur 10 millions d’habitants). Galula rejette ces « solutions », elles lui paraissent contreproductives car susceptibles d’aliéner la France un peu plus la population. Comment susciter le respect et la loyauté de celui dont vous détruisez le mode de vie?</p><p>Dans son secteur, Galula recense minutieusement et périodiquement la population. Ses équipes visitent chaque maison et peignent à la chaux le nom du chef de famille et le nombre d’habitants. Le tout est consigné dans un carnet et les données seront mises à jour au travers de visites impromptues. Entrées et sorties sont détectées par ce biais. Si un jeune rejoint le maquis, Galula l’apprend vite et met sa famille sous surveillance. Il y a fort à parier que d’autres départs auront lieu parmi les frères et cousins sans oublier que ceux qui seront restés dans le village pourront offrir le gite à des rebelles le cas échéant. De nos jours, ces techniques seraient inacceptables car trop intrusives mais nous sommes dans les années 1950 et tous les jours des bombes éclatent tuant européens et musulmans. Quand une famille reçoit une visite elle doit la signaler aux Français (si le visiteur passe la nuit). Autrement, Galula confisque un mouton ou une chèvre, propriété de la famille, qu’il fait sacrifier sur le champ. La viande est distribuée aux nécessiteux. Ainsi, le message passe immédiatement, sans attendre les médiations et les lenteurs de la justice officielle. D’ailleurs, il n’existe aucun texte pour sanctionner ce genre de situation, chaque officier improvise comme il peut dans son sous-quartier.</p><p>Le système fonctionne à merveille. Trop bien même. Un jour, un homme kabyle souhaite rendre visite à son cousin. Galula est à son P.C quand des villageois lui amènent spontanément l’intrus. Les soldats prennent les renseignements nécessaires et le libèrent. Un peu plus tard, d’autres riverains ramènent le malheureux. Galula le libère à nouveau. Le pauvre voyageur reviendra une troisième fois au poste, toujours escorté par des villageois qui ne veulent pas perdre leur mouton ! Galula ordonnera le transport du visiteur par jeep pour qu’il puisse enfin se réunir avec sa famille.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 14/10/2021 : S’assimiler à quoi ?</p><p>Superman sera bisexuel. 007 sera représentée par une femme. La cérémonie des César exhibe des actrices à poil et couverte de tampons hygiéniques. Macron prend des jeunes délinquants au torse nu dans ses bras. La France a instauré la PMA pour lesbiennes, excluant le mâle du processus de reproduction. La loi de bioéthique autorise le croisement de cellules animales et humaines… Et la liste des horreurs est longue.</p><p>Quel  individu dans la parfaite maîtrise de ses facultés mentales voudra s’assimiler à la civilisation occidentale ? Quelle personne raisonnable et saine désirera se rallier à cette bande de dingues ?</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 15/10/2021 : Pinocchio fait du journalisme<br /></p><p>La presse française n’est pas capable de comprendre ce qui se passe dans les quartiers nord de Marseille ou la banlieue lyonnaise. Imaginez donc son incompétence en ce qui concerne les problèmes brésiliens… Pourtant, les correspondants locaux des grands journaux français s’autorisent à émettre des verdicts définitifs concernant le Brésil. Leur dernière bêtise en date concerne le prétendu scandale de la Prevent Senior, une assurance privée qui dispose d’une dizaine d’hôpitaux et de cliniques à São Paulo.</p><p>La Prevent Senior figure au cœur d’une cabale menée par ce que la classe politique brésilienne a de plus abject. On l’accuse d’avoir expérimenté sur les patients un « kit » thérapeutique à base de substances ultra-connues comme la choloroquine et l’azuthromicine. Foutaise ! On lui reproche en vérité d’avoir soigné les gens au lieu de les « sacrifier » comme du bétail en les intubant abusivement. Ma propre belle-mère a été sauvée d’une mort certaine par les médecins de la Prevent Senior, et ce à base du « kit » thérapeutique cité ci-dessus. N’en déplaise aux hystériques et aux obscurantistes. Âgée de 80 ans et porteuse d’une maladie chronique des poumons, la patiente a été récupérée d’extrême justesse par des médecins qui soignent au lieu de maltraiter. Des vrais médecins, pas des larbins à la solde des labos. Des vrais praticiens, pas des diplômés de médecine sidérés et terrorisés par la propagande.</p><p>De la santé des gens, la caste se fiche. Elle se sert de l’imbécilité généralisée des médias et d’une partie de l’opinion publique pour massacrer la Prevent Senior et l’obliger à quitter le marché. Elle dérange en effet car elle pratique des prix modérés : de 100 à 150 USD par mois tandis que la concurrence facture plus de 500 USD ! Il s’agit donc, à travers la cabale sanitaire, de se débarrasser d’un concurrent qui fait baisser les marges. Un concurrent qui a vu grossir sa base de clients depuis le début de la pandémie, grâce à ses prix et à sa bonne réputation.</p><p>Les correspondants des journaux français au Brésil, au lieu d’enquêter, participent de l’entreprise de désinformation. J’espère au moins qu’ils y gagnent quelque chose. Autrement, ils seraient juste incompétents, sourds et insensibles à ce qui les entoure.</p><p>Je préfère avoir affaire à Pinocchio plutôt qu’à un âne imbu de lui-même.</p><p></p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 13/10/2021 : le grand déclassement</p><p>L’époque est à la dégradation de l’homme européen et occidental. D’une part, l’immigration et la sacrosainte diversité le banalise, faisant de lui un « être humain » comme les autres admis à vivre parmi les nouveaux-venus, alors qu’il est chez lui et devrait jouir de la primauté accordée aux enfants du pays. Il est devenu un étranger comme un autre à Paris, Londres et Berlin.  D’autre part, les mesures restrictives l’ont transformé en un « rat » de plus sur terre, tout bon à être pourchassé par la police (au nom du confinement) et à servir de cobaye de laboratoire. Il est un homme dégradé et vidé de toute singularité.</p><p>Descends de ton piédestal, baisse la tête (devant la racaille) et tends le bras (devant le médecin)…comme tout le monde. Du grand déclassement.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 11/07/2021 : la démocratisation de la mort</p><p>Macron veut promouvoir une initiative européenne pour interdire la peine de mort au niveau mondial. Quelle drôle d’idée de la part d’un chef d’État dont le pays « élimine » 250 000 grossesses par an ! La France n’est pas ce que l’on pourrait appeler un modèle en matière de protection de la vie, loin de là. 250 000 IVG, bien qu’ils soient légaux au sens de la loi, sont 250 000 vies empêchées, pour ne pas dire tuées.</p><p>Sur dix ans, ce sont 2,5 millions de vies qui ont été éliminées. Ça donne le vertige !</p><p>La France a renoncé à tuer les criminels irrécupérables, mais n’hésite pas une seconde à tuer les embryons innocents. Cruelle coïncidence : l’instauration de l’IVG a précédé de quelques années à peine l’abolition de la peine de mort (1981). On dirait qu’il eut un passage de relais occulte, l’on s’est déchaîné sur les enfants au lieu de se déchaîner sur les tueurs et les psychopathes.</p><p>En réalité, chaque société a un côté sombre, mortifère et cruel. La sagesse (deux mille ans de civilisation à vrai dire) commande de le canaliser, non de le refouler. Jadis, nous canalisions la pulsion de mort dans la chasse, la corrida et la punition des criminels. De nos jours, nous nous infligeons la mort à nous-mêmes : l’utérus est devenu un lieu de mort.</p><p>La peine de mort n’a pas disparu, elle a quitté les mains du bourreau pour atterrir entre celles des femmes. Notre société a brisé la barrière morale qui sépare le bourreau (au visage caché par la cagoule) des citoyens. Au final, les femmes et les hommes sont devenus des bourreaux, avec tout ce que cela implique comme blessure narcissique et dégradation morale. Quel immense déclassement de la personne humaine ! Où est le progrès ? Moi, je vois un recul inquiétant dans cette confusion des rôles.</p><p>Les voyous aussi ont récupéré le privilège de donner la mort, auparavant réservé à l’État. Ils tuent pour des motifs crapuleux ou au nom de la religion, et personne n’y trouve rien à dire.</p><p>Pour toutes ces raisons, Macron devrait éviter de donner des leçons de « vie » à la terre entière.</p><p>P.S je ne suis pas contre l’IVG, je suis contre sa massification qui confine à la transformation de la société en un repère d’homicides.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 08/10/2021 :  007</p><p>Je vous conseille vivement de voir le dernier 007. Il s’agit d’un spectacle efficace et plaisant. Nous sommes loin du grand cinéma bien entendu, mais nous ne bouderons pas notre plaisir devant ce cinéma populaire qui ne se prend pas au sérieux et s’adresse à toute la famille. Profitez-en vite avant que la patrouille politiquement correcte ne le mette à sac. Ce saccage est prévu pour le prochain épisode où James Bond sera remplacé par une femme issue de la diversité.</p><p>Parlons-en de la diversité. James Bond sauve le monde (of course) en collaborant avec la CIA. Quoi de plus normal entre Anglo-saxons qui, dès qu’il s’agit de choses sérieuses, se replient sur leur civilisation et leur ethnicité. Point question de diversité et d’ouverture lorsqu’il s’agit de contrer la Chine dans le Pacifique : l’alliance AUKUS, pour Australie-Royaume Uni- Etats Unis, en est l’incarnation parfaite. Au passage, cette alliance a privé  la France, d’une manière fort inamicale, de 56 milliards d’euros au titre des sous-marins australiens.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 07/10/2021 : Le peuple n’a pas toujours raison</p><p>Méfiez-vous des élites, elles nomment « populiste » quiconque ose redonner à la démocratie un peu de son essence qui est la souveraineté du peuple. Nos élites n’acceptent la démocratie que lorsqu’elle tourne le dos au peuple et agit contre ses intérêts. La démocratie libérale se nourrit de l’impuissance des classes populaires et des classes moyennes. Notre division, notre affaiblissement, notre abrutissement sont l’oxygène du système.</p><p>Méfiez-vous du peuple, il se vend pour pas grand-chose, il aime se faire cocufier et a la mémoire courte. Notre peuple a accepté le grand remplacement pendant quarante ans. Il a été acheté par les élites au moyen de la Coupe du Monde de 1998 où a été mise en scène la fable de la diversité heureuse. Le peuple n’a pas levé le petit doigt contre le laxisme pénal, il ne fait rien d’ailleurs contre cette politique scélérate aujourd’hui. Il attend qu’on lui vienne en aide… Il attend le sauveur, tandis que ses enfants se font massacrer.</p><p>C’est à désespérer.</p><p>Les considérations ci-dessus ne doivent pas vous faire haïr le peuple. Non. Il convient de le prendre sous son aile et de le protéger contre lui-même, avec bienveillance et abnégation. Tel est le rôle des bonnes élites.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 05/10/2021 :  la politique, c’est raconter une histoire</p><p>La chronique de ce jour s’inspire de ces deux phrases :</p><p>« Les histoires ont le pouvoir d’envoyer les enfants au lit et les soldats à la guerre »</p><p>Jens Eder, chercheur en audiovisuel et professeur d’art dramatique</p><p>« Dites-moi des faits et je vais apprendre. Dites-moi la vérité et je vais croire. Mais, si vous me dites une histoire, elle vivra à jamais dans mon cœur »</p><p>Proverbe amérindien</p><p>Quiconque veut faire de la politique doit raconter une histoire puissante et engageante. On n’obtient pas le changement, on ne met pas les gens en mouvement avec des statistiques et des indicateurs.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 04/10/2021 : Non-lieu</p><p>Quand je vois un homme ou une femme masqués, je vois une non-personne.</p><p>Quand je me balade dans la rue parmi les gens masqués, je me trouve dans un non-lieu.</p><p>Ils ont effacé la diversité. Les nains et les eunuques qui nous gouvernent ont éradiqué la diversité des visages et des sourires. Ils ont uniformisé les identités. Brésiliens, Français, Espagnols, Arabes, nous sommes tous pareils avec nos muselières sanitaires marqués du logo 3M. Quelle dégradation de l’humain ! Quelle disgrâce !</p><p>Pas la peine de voyager : impossible de se dépayser. Tous les lieux se ressemblent. Ce sont des non-lieux car ils sont vides de ce qui importe le plus : l’humain.</p><p>O civilisation qui a tué l’interaction entre les individus, ô civilisation qui a interdit le baiser, le sourire et l’accolade, il ne te reste plus qu’à brûler en enfer !</p><p></p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 01/10/2021 : Quand l’Occident sonne creux</p><p>Cela fait au moins soixante ans que l’Occident « emmerde » la planète entière au nom des droits de l’homme. La France s’y est prise plus tôt, elle qui donne des leçons de Liberté, d’Egalité et de Fraternité depuis 1789.</p><p>Tout ça pour quoi ? Pour se confiner honteusement dès l’apparition du virus, pour obliger les gens à porter le masque, pour transformer les citoyens libres en cobayes ?</p><p>L’Occident a eu peur, alors il s’est sabordé. Quelle honte ! Les musulmans aussi ont peur, ils ont peur du Jugement Dernier. Ils oppriment les femmes et les homosexuels pour ça. Qu’allez-vous leur dire la prochaine fois que vous leur donnerez des leçons de démocratie ? Vous êtes au même niveau qu’eux : vous méprisez la liberté car votre peur vous domine. (et entre nous, je préfère avoir peur du supplice de l’Enfer que du virus)</p><p>L’Occident opprime au nom du Bien Commun, la fameuse solidarité qui oblige les uns à masquer leur visage et les autres à se faire piquer une, deux voire trois fois. Les musulmans aussi oppriment au nom du Bien Commun. Dans leur vision du monde, une société harmonieuse est une société où la femme est voilée et où elle hérite moins que l’homme.</p><p>Très sincèrement, il y a de quoi désespérer de l’Occident. Tout ça pour ça ? Autant de bruit, d’indignation et de bons sentiments pour s’écraser aussi honteusement…</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 30/09/2021 : Quand les contre-maîtres s’emparent du débat démocratique</p><p>Ils sont insupportables et présomptueux. Ils sont la quintessence de notre époque où l’équipage du Titanic s’autorise à donner des cours de pilotage après le naufrage !</p><p>Je me réfère aux vérificateurs que les médias nomment « fact checkers », expression horrible importée de l’Anglais comme une recette de hamburger saturé de gras et de sucre, copiée sur le site web d’une chaîne de malbouffe américaine. Nos vérificateurs crânent et donnent des leçons alors qu’ils sont vides de l’intérieur. Aucune culture, aucune production littéraire ou artistique, aucun bagout. Juste l’assurance d’être soutenu par son maître à chaque aboiement. Définition du chien de garde. Vous me direz que le berger allemand a une certaine noblesse, le vérificateur lui compense en traitant le public avec condescendance, confondant le mépris avec le sang bleu. Il n’est rien d’autre au fond qu’un contre-maître dans une plantation. Il est comme nous, un esclave, mais il s’obstine à cacher sa servitude en nous traitant comme des animaux.</p><p>J’invite les hommes et les femmes politiques véritables à s’affranchir de l’empire des contre-maîtres et autres tâcherons de l’information. Qu’ils quittent le plateau à chaque fois que l’antenne est donnée aux stagiaires arrogants qui trouvent dans wikipedia les réponses à tous les problèmes. J’invite les chefs naturels à restreindre le débat démocratique aux seules voix légitimes à les censurer : les élus, les intellectuels (les vrais, pas les baudruches sponsorisées par les états étrangers et les lobbies) et les citoyens libres. Un chômeur peut être un citoyen libre, s’il parle en son nom. Un vérificateur est un salarié servile qui surveille le troupeau. Qu’il soit rassuré cela dit, nous le recevrons les bras ouverts s’il s’affranchit. Contrairement à ses maîtres, nous ne sommes ni intolérants ni sectaires.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 29.09.2021</p><p>L’assimilation naturelle</p><p>Le Brésil est une véritable machine à assimiler. Ici, l’étranger n’a pas le choix : soit il s’assimile, soit il meurt. Impossible ou très difficile de rester soi-même et de s’enfermer dans une bulle identitaire dans ces contrées. Il en va de la survie de la personne, car la société brésilienne ne parle pas de langue étrangère, elle ne fait pas de place aux faibles et aux déshérités, elle repose sur les relations interpersonnelles. Là où en France, on peut dire « merde » au pays d’accueil et fréquenter l’hôpital et obtenir les allocations ; ici, il est strictement impossible de gagner son pain sans tisser des liens avec des Brésiliens qui vont vous ouvrir les portes de l’Etat, de l’hôpital et des entreprises.</p><p>Par ailleurs, le Brésilien, par sa personnalité , coupe court à toute velléité « impérialiste » de telle ou telle diaspora. Tu dis à une brésilienne que sa jupe est trop courte, son mari ou son ami risque de te remettre à ta place à l’aide d’un revolver. La violence endémique d’ailleurs dissuade les « loups isolés » et les « racailles », car la mafia ne tolère pas qu’un étranger brise son monopole des crimes et des délits.</p><p>Enfin, et c’est une vérité qui dérange, les Arabes installés au Brésil ne sont pas des Maghrébins. Il s’agit de Libanais et de Syriens, des gens capables de former des noyaux d’excellence partout où ils se trouvent. Ils sont portés sur les études supérieures, excellent dans le commerce et la banque. Ils ont tellement réussi qu’ils ont fait élire plusieurs maires à São Paulo (une ville de onze millions d’habitants) et un président de la République ! Parmi les Libanais et les Syriens, relativement peu de musulmans aussi. A titre personnel, je crois que l’Islam ne pose aucun problème quand il est en minorité et quand il est concurrencé par d’autres communautés. Chez les Libanais et les Syriens du Brésil, les maronites sont en concurrence avec les sunnites qui courent après les chiites etc. Tous sont en concurrence avec les juifs venus d’Europe de l’Est, les Japonais de São Paulo, les Coréens, les noirs et les Indiens. C’est la concurrence entre les communautés qui oblige les uns et les autres à cesser de « déconner » et à donner le meilleur d’eux-mêmes. En France, plusieurs immigrés ont le luxe de « déconner » car la CAF paye et rattrape leurs bêtises : au Brésil, ils mourraient de faim.</p><p>Le Brésil est donc une terre promise de l’assimilation, au point où les gens oublient d’où ils viennent au terme de deux générations. On touche ici le drame de l’assimilation : c’est un abandon de ses ancêtres pour en gagner d’autres. Ainsi est la vie, il n’y a pas de déjeuner gratuit.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 28/09/2021 :</p><p>La magie du Brésil<br /></p><p>Le Brésil est un pays formidable, réellement magique, aussi magique qu’il n’est possible de l’imaginer. Voyez vous-mêmes : la semaine dernière, une délégation brésilienne s’est rendue à New York pour participer à l’Assemblée Générale des Nations Unies ; Bolsonaro sa femme, son fils et plusieurs ministres en ont fait partie ; à la fin du séjour, trois membres de la délégation ont attrapé l</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Wed, 05 Jan 2022 14:07:09 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Zemmour a baptisé son parti « Reconquête ! » : un nom chargé de sens pour l’extrême droite]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L’idée de « reconquête » est-elle nouvelle à l’extrême droite ?</p><p>Elle est mise à la mode il y a plus de vingt ans par <a href="http://www.slate.fr/story/174363/deces-guillaume-faye-theoricien-extreme-droite">Guillaume Faye,</a> un théoricien issu de la Nouvelle droite et dont le livre posthume a été récemment publié par le nationaliste banc <a href="https://www.streetpress.com/sujet/1636994123-daniel-conversano-influenceur-raciste-adore-zemmour-neonazi-extreme-droite-supremaciste-blanc-Dieudonne-Soral">Daniel Conversano</a> sous le titre de Guerre civile raciale. Alors que dans les années 1980 Faye appelait à l’union d’action des nationalistes européens avec les musulmans contre le « mondialisme » et le « sionisme », il publie en 2000 un ouvrage La Colonisation de l’Europe, où il appelle à la « Reconquista » contre l’Islam. On est dans le contexte de la guerre du Kosovo, où les nationalistes serbes prétendaient défendre leur peuple contre des musulmans qui chercheraient à le génocider pour établir un État islamique. On est aussi dans le contexte de la scission du Front national menée par Bruno Mégret qui, le premier, tente de faire une campagne électorale sur “l’islamophobie,” aux européennes de 1999 puis à la présidentielle de 2002. Faye a galvanisé et réorienté les jeunes radicaux en particulier : ceux qui allaient devenir les cadres des Identitaires, comme Philippe Vardon ou Fabrice Robert, ont alors un groupe de rock, d’ailleurs très récemment reformé, qui sort un album « Reconquista » avec un titre « Islam hors d’Europe ». C’est vraiment entre la guerre du Kosovo et le 11 septembre 2001 que l’islamophobie commence à s’étendre dans la radicalité de droite.</p><p>Est-ce la seule référence d’Eric Zemmour à Guillaume Faye ?</p><p>Éric Zemmour reprend à Faye l’idée que l’acte de délinquance commis en bas de chez soi par un Maghrébin c’est aussi une des attaques du djihad, il l’a encore déclaré fin septembre. Ça c’est du Faye. Mais le serpent se mord la queue : des militants d’extrême droite qui considéraient que Faye poussait dangereusement au terrorisme l’avaient enregistré avec un micro-caché. L’auteur expliquait qu’écrire son livre avait été simple, tant il avait pu puiser dans Le Figaro des faits-divers choisis pour l’ethnicité de leurs auteurs. Il y a une convergence de critiques de la société multi-ethnique qui travaille en sourdine. Détail amusant : Faye déclarait aussi « l’extrême droite n’a jamais voulu les chasser [les immigrés], c’est moi qui ai dit “ il faut les chasser ! “. Mais quand je le dis, j’y crois pas ! J’y crois pas mais il faut le dire ! » car les militants seraient, selon lui, « des mongoliens »… Anecdote moins plaisante : dans les arrestations depuis les attentats de 2015 d’apprentis-terroristes on trouve un ex-militaire, déclarant s’être formé intellectuellement par la lecture de Faye, qui avait incendié une mosquée et a été arrêté alors qu’il voulait en attaquer une autre à l’arme lourde.</p><p>Sur ce la notion de djihad justement, Éric Zemmour en fait la continuité de la guerre d’Algérie. D’où vient cette idée ?</p><p>Depuis les attentats de 2015, Éric Zemmour n’a cessé d’expliquer que ceux-ci étaient la suite de la guerre d’Algérie. C’est une idée <a href="https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01696051/document">qu’on avait de suite voulu déconstruire avec Jérôme Fourquet.</a> Ça paraît saugrenu et sans importance à nombre de nos élites les représentations de la guerre d’Algérie. Mais l’argument, qui a été repris par Philippe de Villiers et par Robert Ménard, est <a href="https://www.illiberalism.org/extreme-right-terrorist-radicalization-in-france-since-november-13-2015/">au cœur de nombre de dérives terroristes de droite depuis,</a> en particulier avec le groupe Action des Forces Opérationnelles. Zemmour donne du sens et du lien transgénérationnel aux traumatismes de 1962 et 2015 : tant qu’à gauche on se refusera à regarder ça en face on n’aura rien compris à ce qui se joue.</p><p>La « reconquête » est-elle un thème porteur hors de France ?</p><p>Là aussi on va des populistes se présentant aux élections à ceux tendant vers les radicalités violentes. En Espagne, le parti Vox multiplie les références fortes à la Reconquista, l’une de ses figures ayant même déclaré qu’elle n’était pas achevée. De l’autre côté, un réseau pan-européen « Reconquista » avait été lancée en 2017 en Ukraine, dans une ambiance assez nazifiante. Pour les Français, on y trouvait le GUD Lyon, juste avant qu’il ne lance le Bastion social.<br />Afin de préserver la tranquillité des fêtes de chacun, cette interview a été menée par mail.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/823/ce-que-nous-dit-le-drapeau-bleu-de-larc-de-triomphe</guid>
	<pubDate>Sun, 02 Jan 2022 18:36:10 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/823/ce-que-nous-dit-le-drapeau-bleu-de-larc-de-triomphe</link>
	<title><![CDATA[Ce que nous dit le drapeau bleu de l&#039;arc de triomphe.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Philippe GUIBERT - page Facebook </p>

<p>Ce qui est révélateur, dans cette affaire de drapeau européen à l’arc de triomphe , c’est la grande illusion europeiste : surmonter les nations par l’Union européenne - le drapeau européen effaçant enfin les drapeaux nationaux, dans un lieu hautement « national » comme l’arc de triomphe. Comme si c’était seulement possible et souhaitable ! </p>

<p>Une personne raisonnable se serait contentée de faire cohabiter un drapeau français et un drapeau européen pour le 1er jour de la présidence française de l’Union européenne. Personne n’aurait moufté, c’est désormais une tradition. Mais non, il fallait marquer le coup, faire un symbole. </p>

<p>C’est une illusion dangereuse que l’européisme: il a bien contribué au retour du nationalisme. </p>

<p>La preuve : il y a des gens qui à cette occasion ont osé faire une comparaison avec le drapeau allemand flottant en 1940, ou qui ont parlé « d’attentat contre la patrie ». Au passage si certains candidats pensent ce qu’ils disent , qu’ils proposent la sortie de l’Union européenne , ça sera plus clair et cohérent. </p>

<p>Grande Illusion des uns contre gros fantasmes des autres : ce n’est pas en 2022 qu’on sera débarrassé des délirants. On peut déjà oublier ce vœu. </p>

<p>On s’en doutait. Mais ça devient lassant.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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