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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Avril 2022]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Sat, 16 Apr 2022 11:28:12 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[L’AMÉLIORATION DES RETRAITES EST POSSIBLE À COURT ET MOYEN TERME (50 ANS)]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Le <a>précédent article</a> a prouvé, notamment à partir des chiffres du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) que les cotisations actuelles et les fonds de réserves permettent d’améliorer dès aujourd’hui les retraites notamment en garantissant 1 100 euros dès aujourd’hui à tous les retraités actuels et futurs sans toucher à l'âge de départ. Cela est possible en prenant la situation actuelle : 42 ans de cotisations et âge légal de départ à 62 ans.</p>

<p>Mais le poids des retraites dans un pays se calcule autrement que par le ratio cotisations/retraites payées : il faut faire le rapport entre le Produit Intérieur Brut (PIB) et le total des dépenses pour les retraites.</p>

<p>Aujourd’hui, en France, qui a le meilleur système de retraite du monde, malgré ses carences, notamment pour les femmes, il est de 14,7%. C’est un ratio plus élevé que dans la majorité des pays européens pour un service bien supérieur. <br />En effet, dans les autres pays, le régime obligatoire est nécessairement complété par des régimes privés qui rapportent aux banques et assurances et coûte beaucoup plus cher qu’un régime obligatoire aux populations. Si l’on inclut les cotisations ou capitalisations privées pour la retraite, le taux français est inférieur à ce qui est ailleurs consacré pour la retraite ; par rapport aux États-Unis c’est même 30% de moins et pourtant il y a des américains qui doivent travailler jusqu’à la mort pour éviter la misère. Et, de plus, le montant de la retraite est garanti en France avec le système du calcul par rapport aux salaires perçus pendant 25 ans alors que les retraites par capitalisation peuvent s’effondrer avec une crise boursière. </p>

<p>Le COR a fait le calcul de l’évolution du ration retraites/PIB. Il a retenu divers scénarios. <br />Dans tous les cas, d’ici 2070, le ratio sera en constante baisse sur la base des conditions actuelles de retraite.<br />La situation la plus probable est la suivante : sans modifications, le ratio actuel de 14,7 % se maintiendra jusqu’en 2030 et diminuera ensuite pour atteindre seulement 11,3 % en 2070.<br />Cela signifie, par rapport au PIB de la France en 2019 (2,7 billions soit 2 700 Md €), une marge d'action de 91,8 milliards d’euros par an ou encore une possibilité d’augmenter de près de 25% les retraites sans peser plus sur les autres catégories sociales.</p>

<p>Voilà la seule vérité : le système actuel est plus que pérenne. Il est garanti avec des déficits déjà comblés par les réserves et améliorable immédiatement sans prendre de risques. Il est pérenne sur le demi-siècle à venir et pourra être amélioré.</p>

<p>Il est vrai que cela nécessiterait de trouver une autre base aux cotisations que le travail humain, par exemple en créant « une cotisation robots » taxant la plus-value du travail des robots. <br />De plus, une égalité des salaires femmes/hommes et un rééquilibrage entre salaires et dividendes, afin de mettre fin à la dérive actuelle, donneraient des ressources supplémentaires pour les retraites et toute la protection sociale. </p>

<p>DIRE, COMME MACRON QU’IL FAUT PORTER A 65 ANS (voire 67 ans selon Édouard Philippe) L’AGE DE LA RETRAITE POUR AMÉLIORER TRÈS LÉGEREMENT LES BASSES RETRAITES ET SAUVER UN SYSTÈME EN PÉRIL EST DONC UN TERIBLE MENSONGE.<br />Il au noter que mis devant ce constat par le journaliste à France Inter mercredi matin, Édouard Philippe a invalidé les études du CO car il n’avait aucun argument crédible. <br />Merci de partager sans modération <br />À suivre : Retraite 3 : Puisque c’est possible, comment améliorer les retraites et la situation des jeunes.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
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	<pubDate>Sat, 16 Apr 2022 10:50:51 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Adieu la gauche ! Le 24 avril, défaire Macron !]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Avec le résul­tat du pre­mier tour de l’élection pré­si­den­tielle, la gauche appa­rait tri­ple­ment désar­mée, électoralement, phy­si­que­ment et sur­tout poli­ti­que­ment.</p><p>  Électoralement, les scores réa­li­sés de ce que les com­men­ta­teurs nom­ment les can­di­dats de gauche n’ont jamais été à un niveau aussi catas­tro­phi­que.</p><p>• Le PS et le PCF sont réduits à un état micro­sco­pi­que, et de fait à un rôle mar­gi­nal.<br />
Le PS tient encore par quel­ques muni­ci­pa­li­tés et un réseau d’élus qui ont de plus en plus de dif­fi­cultés à se renou­ve­ler. A court terme il est sim­ple­ment menacé de dis­pa­ri­tion, d’autant que ses porte-dra­peaux que la macro­nie n’a pas encore avalés sont sur le point, au len­de­main du second tour, de faire le pas que la plu­part des caci­ques ont déjà fran­chi.</p><p>• Le PCF, en plus grande dif­fi­culté, finan­cière notam­ment, ne repose pas sur le réseau local qui existe encore au PS. Il tente pour s’en sortir de tabler sur des accords aux élections légis­la­ti­ves, mais il est là dans une situa­tion inex­tri­ca­ble. Selon les pro­jec­tions des résul­tats acquis au pre­mier tour, lui, comme le PS, ne pour­rait pré­ten­dre à rien face à LFI qui a raflé les fonds de tiroirs électoraux de la gauche.</p><p>• Le score de LFI ne peut faire illu­sion. Il s’appuie essen­tiel­le­ment sur la dis­pa­ri­tion des pré­cé­dents, mais aussi sur un électorat essen­tiel­le­ment petit- bour­geois ou encore rele­vant de cou­ches socia­les mar­gi­na­les. Il est aussi la réa­li­sa­tion de réseaux com­mu­nau­tai­res à qui LFI et Jean Luc Mélenchon font les yeux doux. La néces­sité de repren­dre pied dans la classe ouvrière et chez les sala­riés n’est pas atteinte. La ligne « Terra Nova » l’a emporté. Les ouvriers majo­ri­tai­re­ment comme les sala­riés ont choisi Marine Le Pen et non Jean Luc Mélenchon.</p><p>  Physiquement, la cam­pa­gne électorale n’a pas témoi­gné d’un engoue­ment par­ti­cu­lier. Contrairement aux pré­cé­den­tes, les mobi­li­sa­tions ont été moin­dres. L’effet Ukraine et la double manoeu­vre — média­ti­que et poli­ti­que, avec la non-cam­pa­gne de Macron — expli­quent en partie cela. Mais en partie seu­le­ment. Ce sont les dis­cours, les pro­gram­mes, les ini­tia­ti­ves qui n’ont pas mobi­lisé les foules.</p><p>  Politiquement enfin et sur­tout. Tout se résume dans l’appel au soir du pre­mier tour à cons­ti­tuer un « front répu­bli­cain » contre MLP et en faveur de Emmanuel Macron, tour­nant le dos au combat urgent contre celui qui depuis 5 ans assume une poli­ti­que auto­ri­taire, liber­ti­cide, répres­sive, vio­lente, anti sociale, des­truc­trice de la nation. Voir <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Ql6KFmssvN8" rel="external">ici</a>.<br />
Cela relève d’une faillite poli­ti­que sur laquelle les res­pon­sa­bles toutes ten­dan­ces confon­dues se mon­trent inca­pa­bles de tirer le moin­dre bilan. A force d’avoir tourné le dos aux cou­ches popu­lai­res, aux ouvriers et sala­riés pour pré­fé­rer la petite bour­geoi­sie des villes essen­tiel­le­ment toute acquise à la mon­dia­li­sa­tion, la « gauche » en arrive à s’inven­ter un fas­cisme fan­tasmé qui lui permet de tour­ner casa­que à la vitesse grand V. « L’anti­fas­cisme » de paco­tille de la gauche n’est en réa­lité qu’alibi à l’adhé­sion à la mon­dia­li­sa­tion dont Emmanuel Macron est le chan­tre, au libé­ra­lisme économique, au capi­ta­lisme, tout sim­ple­ment.</p><p>• Le fas­cisme de Marine Le Pen relève de la dia­bo­li­sa­tion néces­saire à la réé­lec­tion de Macron. Si le FN his­to­ri­que­ment —dans les années 1970, 1990 — a compté en son sein des nazillons actifs, et d’autres, plus expé­ri­men­tés, dont l’ori­gine relève des heures les plus som­bres de l’his­toire, le temps aidant, ceux-là ont soit bon­ne­ment dis­paru, soit choisi une acti­vité plus clas­si­que. Ils n’en sont pas plus sym­pa­thi­ques, mais poli­ti­que­ment, ils ne don­nent pas au RN la cou­leur que la gauche tient à lui attri­buer pour jus­ti­fier le ral­lie­ment à Macron. Le RN s’appa­rente plus à l’aile droi­tière du RPR des années 80 qu’à un parti de mili­ciens cons­ti­tué de gros bras armés dont la tâche, comme cela est de cou­tume dans tout parti fas­ciste, est de casser le mou­ve­ment ouvrier et ses orga­ni­sa­tions.</p><p>• La gauche oublie dans ce ral­lie­ment à Macron qu’elle creuse encore plus pro­fon­dé­ment sa tombe. Comme dans la région PACA par exem­ple, cette stra­té­gie risque de l’éradiquer pour une longue période de la vie poli­ti­que natio­nale.</p><p>• La gauche et tous ses res­pon­sa­bles démon­trent leur inca­pa­cité à s’inter­ro­ger sur les rai­sons pour les­quel­les 3 ouvriers sur 4, parmi ceux qui iront voter, le feront pour Marine Le Pen, les rai­sons pour les­quel­les le PIS polo­nais trouve ses sou­tiens les plus sta­bles dans les cou­ches les plus pau­vres, les rai­sons pour les­quel­les aussi elle a dis­paru de la carte là où les PC étaient des puis­san­ces (France, Italie) et pour­quoi les autres pays ont suivi la même voie. Cette situa­tion est inter­na­tio­nale et tient indis­cu­ta­ble­ment à l’orien­ta­tion des dif­fé­rents partis com­mu­nis­tes et socia­lis­tes sur les­quels il fau­drait reve­nir. En Grande-Bretagne par exem­ple, le « red wall » tra­vailliste a voté Johnson… Les dif­fé­rents ater­moie­ments sur le fas­cisme, la néces­sité des mobi­li­sa­tions anti­fas­cis­tes, le fait de devoir faire bar­rage à l’extrême droite évacuent sim­ple­ment la réflexion sur la lutte des clas­ses, ses res­sorts et les répon­ses à appor­ter.</p><p>Dans cette situa­tion, alors que l’échéance du 24 avril s’annonce comme impor­tante pour pou­voir ren­voyer l’actuel loca­taire de l’Elysée, Emmanuel Macron, les chefs de gauche sont plus inté­res­sés par leurs manœu­vres électorales en vue des légis­la­ti­ves pour sauver leurs postes que par l’urgence pour les Français.</p><p>Macron a su ordon­ner l’usage des LBO dans les mani­fes­ta­tions contre la réforme des retrai­tes ou encore des GJ, pour créer des mil­liers de bles­sés, des dizai­nes d’éborgnés ou d’ampu­tés. Pour tout citoyen atta­ché aux valeurs répu­bli­cai­nes, il devrait être exclu de donner sa voix à celui dont le bilan auto­ri­taire, vio­lent, anti­so­cial, liber­ti­cide est sans pré­cé­dent. Il s’ins­crit dans la pour­suite d’une poli­ti­que syno­nyme de sac­cage des ser­vi­ces publics, de l’école, des hôpi­taux, des­truc­tion des sta­tuts, de l’emploi, des salai­res… Il a su béné­fi­cier des cabi­nets-conseils à Mac Kinsey, a su illus­trer la répu­bli­que exem­plaire avec plus de 30 pro­ches, minis­tres, dépu­tés ou inti­mes, pour­sui­vis par la jus­tice, mais pro­tégé, a été capa­ble de rabais­ser la nation et de fouler les prin­ci­pes répu­bli­cains, et encore et encore pour 5 ans.</p><p>Voilà ce que la gauche reven­di­que en appe­lant à voter Macron.</p><p>Voilà pour­quoi, le 24 avril, "pas une voix pour Macron" devrait être un cri de ral­lie­ment.</p><p>Jacques Cotta<br />
le 15 avril 2022</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/864/retraites-la-verite</guid>
	<pubDate>Sat, 16 Apr 2022 07:21:02 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/864/retraites-la-verite</link>
	<title><![CDATA[RETRAITES : LA VÉRITÉ]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Il n’y a pas de problème des retraites dans le système actuel. </p>

<p>Retarder l’âge de départ en retraite n’est pas un choix comptable mais un choix idéologique qui vise à un double transfert d’argent vers le capital.<br /> Le premier transfert par l’augmentation des dividendes au lieu de payer des cotisations de retraite. <br />Le deuxième par l’incitation que cela produit à capitaliser pour la retraite : les milieux financiers sont les grands bénéficiaires des fonds de pension. </p>

<p>Les chiffres de la huitième édition du rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) prouvent que le régime est garanti et qu’il peut rapidement être amélioré sans le mettre en péril.</p>

<p>Sauf en 2020 avec l’effet COVID où il fut de 0,8%, le déficit annuel actuel est de 0,4% soit 9 Md par an. Mais ce déficit est très passager. En maintenant la part du PIB consacré aux retraites, Il diminuera progressivement d’ici 5 ans pour atteindre l’équilibre au plus tard en 2030.</p>

<p>Or, il y a actuellement 2 fonds de réserves des retraites.<br />Le premier, grâce à Martine Aubry, qui est la seule à avoir pris une bonne mesure pour les retraites depuis 1990, est le fonds de réserves de 35 Md € de la Caisse Nationale d’assurance Vieillesse (Retraite Sécurité Sociale).<br />Le second, celui des caisses de retraites complémentaires est de 116 Md.</p>

<p>Il y a donc en réserves plus 150 Md d’euros, plus les revenus générés par cette épargne et ses plus-values, pour faire face aux déficits qui vont diminuer jusqu’en 2030 soit plus de 20 Md de réserves par an pour un déficit de 4Md par an maximum. Il suffit d’employer moins de 20% des réserves pour combler le déficit prévu jusqu’à son extinction naturelle en 2030.</p>

<p>Dans le régime actuel il est donc possible d’améliorer les retraites d’au moins 10 Md par an sans toucher à l’âge des retraites. Porter à 1 100 € par mois la retraite minimale pour ceux ayant une carrière complète (sur la base de 42 ans de cotisations) cela concernerait 150 000 personnes par an et représente en moyenne environ 100 € par personne soit 15 millions € par mois et 180 millions par an. (ATTENTION, il y a actuellement 5 millions de personnes avec une retraite inférieure à 1 100 € par mois mais le projet de Macron ne prévoit les 1 100 € minimum que pour les futurs retraités avec une carrière complète). DIRE QU’IL RECULE LA RETRAITE À 65 ANS POUR AUGMENTER. À 1 100 EUROS LE MINIMUM DE RETRAITE POUR UNE CARRIÈRE COMPLÈTE AVEC AU MOINS LE SMIC COMME BASE DE COTISATION EST DONC UNE ÉNORME FUMISTERIE.</p>

<p>En maintenant l’âge actuel des retraites (62 ans) et le nombre actuel d’années de cotisations exigés (42 ans), il est possible, sans épuiser les fonds de réserve et sans obérer l’avenir de garantir ce minimum de retraite à tous les retraités ! </p>

<p>Plus encore, puisque le régime actuel sera excédentaire à partir de 2033, il est possible de faire plus d‘ici là. </p>

<p>Bien noter que le minimum de retraite de 1 100 € par mois promis par Macron concerne les futurs retraités et seulement ceux ayant cotisé sur la base du SMIC pendant au moins 42 ans à temps complet.<br />Tous ceux qui croient qu’avec Macron ils auront une augmentation de leur retraite actuelle à 1 100 €/mois sont trompés, ils ne sont pas concernés par la promesse. De même tous ceux qui prendront leur retraite à partir de 2023 mais qui ont eu des périodes d’inactivité ou des périodes à temps partiel ne seront pas concernés. C’est souvent le cas des femmes. Il en est de même pour les agriculteurs, les autoentrepreneurs ou les commerçants quand ils cotisent sur une base mensuelle inférieure au SMIC.   </p>

<p>À suivre, SUR MA PAGE UNIQUEMENT, <a href="https://ememiom.fr/iom/blog/view/866/l%E2%80%99amelioration-des-retraites-est-possible-a-court-et-moyen-terme-50-ans"><br />POURQUOI LE RÉGIME SERA-T-IL MATHÉMATIQUEMENT EXCÉDENTAIRE APRÈS 2030  ? </a> permettant de ramener progressivement l’âge de départ à 60 ans avec 40 ans de cotisations ?</p>

<p>NB : Sources : rapports du COR, données INSEE, démographie et budgets divers</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/863/en-france-qui-fera-barrage-a-l%E2%80%99extreme-droite-economique</guid>
	<pubDate>Mon, 11 Apr 2022 17:43:18 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/863/en-france-qui-fera-barrage-a-l%E2%80%99extreme-droite-economique</link>
	<title><![CDATA[En France, qui fera barrage à l’extrême-droite économique?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Myret Zaki</p><p>Il ne faut pas se leurrer: ce 24 avril, l’élection présidentielle dans l’Hexagone n’opposera pas une candidate d’extrême-droite à un candidat «républicain», mais deux candidats extrêmes, chacun à sa façon. À l’extrême-droite identitaire de Marine Le Pen, s’opposera l’extrême-droite économique, celle d’Emmanuel Macron. On connaissait depuis longtemps la première et son héritage xénophobe assumé, qui fait une nouvelle fois office de repoussoir pour une partie de la France, comme en 2017. Mais on a plus de mal à saisir l’extrémisme économique d’Emmanuel Macron, qui est rejeté par l’autre partie de la France, un électorat de taille quasi égale. Le 24 avril, Macron sera probablement reconduit pour un second mandat. C’est pourquoi cet édito abordera sa politique économique, et pourquoi les politiciens que l’on situait le plus à droite par le passé la trouveraient extrême aujourd’hui.</p><p>Avec Macron, il y a un problème d’étiquetage: d’aucuns le situent au centre de l’échiquier, le jugent modéré. Mais ce sont ses clients, ceux qui bénéficient de ses politiques. Les autres, qui sont demandeurs d’une politique sociale, ont massivement porté leur vote sur Jean-Luc Mélenchon et aussi sur Marine Le Pen. Si on examine le premier mandat de Macron du point de vue des politiques sociales, et son programme 2022 encore plus décomplexé, on le trouvera à droite de la droite. Encore une fois, ceux dont la situation ne s’est pas détériorée ou s’est améliorée sous son quinquennat le situeront sur leur centre parfait, parce qu'il défend leurs intérêts et qu’ils sont sa cible prioritaire. Ils trouveront choquant d’associer «Macron» et «extrémisme». Lier le président au bon vieux camp républicain leur convient. Mais ils ne représentent pas la majorité. Que signifie le mot républicain et pour qui, quand plus de 50% des votes des Français sont allés à des partis d’extrême-droite ou d’extrême-gauche, ce 10 avril? Plus rien, évidemment.</p>
<p>L’échelle gauche-droite s’est déplacée vers la droite</p>
<p>L’évaluation du président sortant souffre d’une faiblesse majeure. Elle échoue à mesurer Emmanuel Macron aux dirigeants de droite les plus radicaux du passé, comme Giscard, Reagan ou Thatcher, sur des points de politique fiscale et sociale. Si on le fait, on sera surpris de voir qu’il va plus loin que ces ultras qu’on a tant caricaturés.</p><p>Beaucoup ont loupé le phénomène, mais depuis une quarantaine d’années, l’échelle gauche-droite s’est déplacée vers la droite. Ce qu’on appelait socialiste à l’époque du premier mandat de Mitterrand (qui a nationalisé les banques et des fleurons industriels, et créé l’ISF, cet impôt de solidarité sur la fortune que Macron a supprimé) serait aujourd’hui jugé d’extrême-gauche, voire comparé à Chavez au Venezuela. Ce qu’on situait au centre hier serait aujourd’hui classé socialiste. Le dernier spécimen en date de président socialiste, François Hollande, n’a jamais taxé à 75% les revenus supérieurs, mais il a par contre allégé les cotisations patronales et lourdement imposé les classes moyennes en augmentant la TVA, c’est la façon moderne d’être socialiste. Ce qu’on appelait «de droite» ou même «ultra-libéral» hier serait aujourd’hui perçu comme social-libéral ou centriste modéré. Comme Giscard d’Estaing, qui avait certes instauré le CDD en 1979, mais qui avait augmenté l’imposition des entreprises et des plus hauts revenus; aujourd’hui, c’est tout juste s’il resterait admis au club de la droite.</p><p>Mieux: si Reagan et Thatcher étaient là aujourd’hui, ils seraient choqués (ou jaloux). Sous Ronald Reagan, le taux d’imposition des entreprises a baissé de 45% à 35% aux États-Unis. Sous Margaret Thatcher, il a été ramené de 52% à 34% au Royaume-Uni. On a trouvé ces politiques extrêmes, et Renaud chantait qu’aucune femme n’est plus con, fière ou malhonnête que son frère, «à part peut-être Madame Thatcher». Mais aujourd’hui, ces figures paraissent pépères. Sous Macron, les entreprises ont vu leur taux d’imposition passer de 33,3% en 2017 à 25% en 2022, un taux qui pourrait encore baisser s’il est réélu.</p><p>Publicité</p><p>Le côté radical de la politique de Macron réside encore plus dans le rabotage méthodique de tout le volet social. Les aides personnelles au logement (APL), mises en place en 1977 sous le très libéral Giscard d’Estaing, sont trop sociales pour Emmanuel Macron, qui coupe dedans pour financer les baisses d’impôts des entreprises et des grandes fortunes.</p>
<p>Le passé, témoin gênant d’une autre façon d’être à droite</p>
<p>L’assurance chômage est aussi un marqueur de la droitisation. Non seulement Emmanuel Macron n’a pas tenu sa promesse de campagne 2017 d’élargir les droits aux allocations chômage «à tous» et «avec les mêmes droits», ni l’idée d’indemniser en cas de démission, mais depuis octobre il a durci le droit aux allocations chômage, dont le montant va baisser. En outre, les contrôles vont s’intensifier et «les demandeurs d’emploi qui ne démontreront pas une recherche active verront leurs allocations suspendues», a averti Macron.</p><p>Ce type de mesures n’est pas nouveau, et la France n’est pas une exception. «Temps Présent» vient de faire un reportage éclairant sur la sévérité des sanctions de l’assurance-chômage en Suisse. C’est cette attitude kick ass (plus sévère) héritée du sarkozysme qui interpelle. Sa tonalité contraste avec un Jacques Chirac qui en 1995, demandait aux entreprises de «considérer comme un devoir national d'offrir une chance d'insertion à des milliers de Français». Le passé est le témoin gênant d’une autre façon d’être à droite. Dans le même temps qu’il traque la fraude sociale, le gouvernement Macron délaisse la fraude fiscale, qui porte sur des dizaines de milliards d’euros, et qui n’est pas un sujet de campagne.</p><p>Publicité</p><p>Dans le même registre, on assiste au durcissement des conditions du RSA (le revenu de solidarité active, versé aux plus pauvres). Pour l’obtenir, il faut désormais travailler au moins 15 à 20 heures par semaine. Un filet social qui se transforme en travail précaire à mi-temps, payé au salaire minimum. Une mesure qui peut servir à vernir la façade du taux de chômage. Et qui est une subvention de plus aux entreprises, qui auront de la main-d’œuvre payée par l’État, tandis qu’elles touchent déjà deux fois plus d’aides publiques qu’il y a quinze ans (dont une bonne part finit en dividendes plutôt qu’en salaires).</p><p>Quant à l’inflation, le sujet brûlant qui concerne tous les salariés, et qu’ont combattu en priorité les présidents de la Ve république, il est absent du programme de Macron. À ce jour, les fonctionnaires n’ont pas de garantie de voir leurs payes ajustées à la forte hausse des prix. Les promesses destinées à stimuler le pouvoir d’achat, de type «primes exceptionnelles», restent cosmétiques. Les salaires seront les grands oubliés de ce second quinquennat.</p>
<p>Le choix proposé aux Français.e.s sera entre deux extrêmes</p>
<p>Le curseur a beau se déplacer à droite, et à droite de la droite, beaucoup d’observateurs dérivent avec lui, sans attaches, perdant leurs points de repère historiques, estimant que c’est «gauchiste» de voir de l’extrémisme dans cette politique (qui sied à leurs intérêts spécifiques). Mais si l’on sait se placer dans l’analyse et que l’on a saisi le glissement progressif, on voit que le choix proposé aux Français.e.s sera entre deux positions extrêmes. L’une (celle de Marine Le Pen) est nettement plus inacceptable en raison de sa tentation du rejet et de la discrimination. Mais, tout en lui faisant barrage, il vaut mieux prendre ses repères dans le passé et regarder en face le genre de politiques, socialement aliénantes et clivantes, qu’on verra s’affirmer de manière plus crue avec le deuxième mandat d'Emmanuel Macron.</p><p>Publicité</p><p>C’est la deuxième fois que les Français votent pour ces deux propositions qui divisent le pays en deux parties irréconciliables. Cela nous met face à un parti gouvernemental qui est radical pour une moitié des Français, et à une opposition lepéniste qui est radicale pour l’autre moitié du pays. Et tandis que l’extrême est la nouvelle norme et que ces partis sont devenus mainstream, ce sont les socialistes et les républicains qui sont devenus marginaux, en voie d’extinction. Pire qu’extrêmes, eux sont insignifiants.</p><p>Chroniques de Myret Zaki:</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/862/%C2%AB%C2%A0l%E2%80%99art-de-la-guerre%C2%A0%C2%BB</guid>
	<pubDate>Sun, 10 Apr 2022 12:16:24 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/862/%C2%AB%C2%A0l%E2%80%99art-de-la-guerre%C2%A0%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[« L’Art de la guerre »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Si l’on veut bien prendre un peu de recul par rapport à des évènements très angoissants, la guerre en Ukraine n’est pas une initiative russe, même si la Russie a pris l’initiative des combats en court-circuitant les forces ukrainiennes qui s’apprêtaient à attaquer la Crimée et le Donbass. Elle a été planifiée dès 2019 comme l’atteste le plan de la Rand Corporation présenté à la Chambre des représentants le 5 septembre 2019.</p>
<p>Le plan stratégique des États-Unis contre la Russie a été élaboré il y a trois ans par la Rand Corporation. La Rand Corporation dont le quartier-général siège à Washington, est « une organisation mondiale de recherche qui développe des solutions pour les défis politiques » : elle a une armée de 1 800 chercheurs et autres spécialistes recrutés dans 50 pays, qui parlent 75 langues, distribués en bureaux et autres sièges en Amérique du Nord, en Europe, en Australie et dans le Golfe Persique. Le personnel états-unien de la Rand vit et travaille dans plus de 25 pays. La Rand Corporation, qui s’auto-qualifie d’« organisation sans profit et non partisane », est officiellement financée par le Pentagone, par les armées de Terre et de l’Air US, par les Agences de sécurité nationale (CIA et autres), par des agences d’autres pays et de puissantes organisations non-gouvernementales.</p>

<p>La Rand Corp. se vante d’avoir contribué à élaborer la stratégie qui permît aux États-Unis de sortir vainqueurs de la Guerre froide, en contraignant l’Union Soviétique à consumer ses propres ressources dans l’exténuante confrontation militaire. De ce modèle s’est inspiré le nouveau plan élaboré en 2019 : <a href="#get1">« Overextending and Unbalancing Russia » (Étendre et déséquilibrer la Russie)</a> , soit : contraindre l’adversaire à s’étendre excessivement pour le déstabiliser et l’abattre. Voilà les principales lignes directrices d’attaque tracées dans le plan de la Rand, sur lesquelles les États-Unis ont effectivement avancé ces dernières années.</p>

<p>Avant tout, stipule le plan, il faut attaquer la Russie sur son flanc le plus vulnérable, celui de son économie fortement dépendante de l’exportation de gaz et de pétrole : à cet effet on va utiliser les sanctions commerciales et financières et, en même temps, faire en sorte que l’Europe diminue l’importation de gaz russe, en le remplaçant par du gaz naturel liquéfié étasunien. Dans le domaine idéologique et informatif, il faut encourager les protestations internes et en même temps miner l’image de la Russie à l’extérieur. Dans le domaine militaire il faut opérer pour que les pays européens de l’Otan augmentent leurs forces dans une fonction anti-russe. Les USA peuvent avoir de hautes probabilités de succès et de forts bénéfices, avec des risques modérés, en investissant majoritairement dans des bombardiers stratégiques et des missiles d’attaque à longue portée dirigés contre la Russie. Déployer en Europe de nouveaux missiles nucléaires à portée intermédiaire pointés sur la Russie leur assure de fortes probabilités de succès mais comporte aussi de grands risques. En calibrant chaque option pour obtenir l’effet désiré —conclut la Rand— la Russie finira par payer le prix le plus haut dans la confrontation avec les USA, mais ceux-ci et leurs alliés devront investir de grosses ressources en les soustrayant à d’autres objectifs.</p>

<p>Dans le cadre de cette stratégie —prévoyait en 2019 le plan de la Rand Corporation— « fournir des aides létales à l’Ukraine exploiterait le plus grand point de vulnérabilité extérieure de la Russie, mais toute augmentation des armes et du conseil militaire fournis par les USA à l’Ukraine devrait être attentivement calibrée afin de provoquer les coûts pour la Russie sans provoquer un conflit beaucoup plus ample dans lequel la Russie, à cause de la proximité, aurait des avantages significatifs ». C’est justement là —dans ce que la Rand Corporation définissait comme « le plus grand point de vulnérabilité extérieure de la Russie », exploitable en armant l’Ukraine de façon « calibrée pour augmenter les coûts pour la Russie sans provoquer un conflit beaucoup plus ample »— qu’est advenue la rupture. Prise dans l’étau politique, économique et militaire que les USA et l’Otan resserraient de plus en plus, en ignorant les avertissements répétés et les propositions de négociations de la part de Moscou, la Russie a réagi avec l’opération militaire qui a détruit en Ukraine plus de 2 000 structures militaires réalisées et contrôlées en réalité non pas par les gouvernants de Kiev mais par les commandements des USA et de l’Otan. L’article qui, il y a trois ans, rapportait le plan de la Rand Corporation se terminait par ces mots : « Les “options” prévues par le plan ne sont en réalité que des variantes de la même stratégie de guerre, dont le prix en termes de sacrifices et de risques est payé par nous tous ».</p>

<p>Nous sommes en train de le payer maintenant, nous les peuples européens, et nous le paierons de plus en plus cher, si nous continuons à être des pions sacrifiés dans la stratégie USA-Otan.</p>

<p>Manlio Dinucci<br />Traduction<br />Marie-Ange Patrizio</p>

<p><a name="get1" id="get1"><br />Document Rand Corporation<br /></a> : <br /><a href="https://www.rand.org/content/dam/rand/pubs/research_briefs/RB10000/RB10014/RAND_RB10014.pdf"><br />Overextending and Unbalancing Russia. Assessing the Impact of Cost-Imposing Options</a>, by James Dobbins, Raphael S. Cohen, Nathan Chandler, Bryan Frederick, Edward Geist, Paul DeLuca, Forrest E. Morgan, Howard J. Shatz, Brent Williams, Rand Corporation, May 2019.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/861/guerre-dukraine-jour-44-ursula-von-der-leyen-en-docteur-folamour-a-bucha-et-kiev</guid>
	<pubDate>Sun, 10 Apr 2022 10:00:20 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/861/guerre-dukraine-jour-44-ursula-von-der-leyen-en-docteur-folamour-a-bucha-et-kiev</link>
	<title><![CDATA[Guerre d&#039;Ukraine - Jour 44 - Ursula von der Leyen en Docteur Folamour à Bucha et Kiev]]></title>
	<description><![CDATA[<p>+ La monnaie russe s’est renforcée à un peu moins de 72 roubles pour un dollar américain et à 77 contre l’euro lors des échanges à la Bourse de Moscou vendredi.</p><p>Le rouble a maintenant atteint son niveau le plus fort par rapport au dollar depuis novembre dernier et par rapport à l’euro depuis juin 2020. </p><p>+ Passionnant article d’<a href="https://planetes360.fr/la-revolution-financiere-mondiale-a-venir/">Ellen Brown</a>. Quelques extraits (1ère partie): </p><p>“En 1971, le président Richard Nixon a mis fin à la convertibilité du dollar en or au niveau international (connu sous le nom de « fermeture de la fenêtre de l’or »), afin d’éviter de vider les réserves d’or des États-Unis. La valeur du dollar s’est alors effondrée par rapport aux autres monnaies sur les marchés mondiaux. Pour le soutenir, Nixon et le secrétaire d’État Henry Kissinger ont conclu un accord avec l’Arabie saoudite et les pays de l’OPEP selon lequel l’OPEP ne vendrait le pétrole qu’en dollars, et que les dollars seraient déposés dans les banques de Wall Street et de la City de Londres. En contrepartie, les États-Unis défendraient militairement les pays de l’OPEP. Le chercheur en économie William Engdahl présente également des preuves d’une promesse selon laquelle <a href="http://www.engdahl.oilgeopolitics.net/1973_Oil_Shock/1973_oil_shock.html#:~:text=The%20Fake%20Oil%20Crisis%20of%201973%20From%20QuestionsQuestions.Net,that%20crisis%20was%20likely%20a%20completely%20contrived%20affair." target="_blank" rel="noopener">le prix du pétrole serait quadruplé</a>. Une crise pétrolière déclenchée par une brève guerre au Moyen-Orient a effectivement fait quadrupler le prix du pétrole, et l’accord de l’OPEP a été finalisé en 1974.</p><p>L’accord a tenu jusqu’en 2000, lorsque Saddam Hussein l’a rompu en vendant le pétrole irakien en euros. Le président libyen Mouammar Kadhafi a fait de même. Les deux présidents ont été assassinés, et leurs pays ont été décimés par la guerre avec les États-Unis. Le chercheur canadien Matthew Ehret <a href="https://canadianpatriot.org/2022/03/28/the-rhodes-scholars-guiding-bidens-presidency" target="_blank" rel="noopener">observe</a> :</p><p>« N’oublions pas que l’alliance Soudan-Libye-Égypte, sous la direction combinée de Moubarak, Kadhafi et Bashir, avait entrepris d’établir un nouveau système financier adossé à l’or, en dehors du FMI et de la Banque mondiale, afin de financer un développement à grande échelle en Afrique. Si ce programme n’avait pas été sapé par la destruction de la Libye sous l’égide de l’OTAN, le dépeçage du Soudan et le changement de régime en Égypte, le monde aurait vu l’émergence d’un bloc régional majeur d’États africains façonnant leur propre destin pour la première fois dans l’histoire en dehors du jeu truqué de la finance contrôlée par les Anglo-Américains. (…) </p><p>Dans le mois qui a suivi le début du conflit en Ukraine, les États-Unis et leurs alliés européens ont imposé de lourdes <a href="https://outsidevoices.substack.com/p/reporting-from-moscow-sanctions-may?s=r" target="_blank" rel="noopener">sanctions financières</a> à la Russie en réponse à l’invasion militaire illégale. Les mesures occidentales comprenaient le <a href="https://tass.com/economy/1421403" target="_blank" rel="noopener">gel</a> de près de la moitié des 640 milliards de dollars américains de réserves financières de la banque centrale russe, <a href="https://www.reuters.com/business/finance/eu-excludes-seven-russian-banks-swift-official-journal-2022-03-02/" target="_blank" rel="noopener">l’expulsion</a> de plusieurs des plus grandes banques russes du système de paiement mondial SWIFT, <a href="https://www.jdsupra.com/legalnews/new-restrictions-on-exports-to-russia-4618366/" target="_blank" rel="noopener">l’imposition</a> de contrôles à l’exportation visant à limiter l’accès de la Russie aux technologies de pointe, <a href="https://www.businessinsider.com/map-shows-countries-that-closed-airspace-russia-over-ukraine-war-2022-3" target="_blank" rel="noopener">la fermeture</a> de leur espace aérien et de leurs ports aux avions et aux navires russes, et <a href="https://home.treasury.gov/news/press-releases/jy0650" target="_blank" rel="noopener">l’instauration</a> de sanctions personnelles à l’encontre de hauts fonctionnaires russes et de magnats très en vue. (…)</p><p> Le président russe <a href="https://www.youtube.com/watch?v=7FyFkAyqn4Q" target="_blank" rel="noopener">Vladimir Poutine</a> a déclaré dans un discours prononcé le 16 mars que les États-Unis et l’Union européenne avaient manqué à leurs obligations et que le gel des réserves de la Russie marquait la fin de la fiabilité des actifs dits de première classe. Le 23 mars, Poutine a <a href="https://astutenews.com/2022/04/putins-rubles-for-gas-demand-ensures-unfriendly-countries-prop-up-russian-economy/" target="_blank" rel="noopener">annoncé</a> que le gaz naturel russe serait vendu aux « pays inamicaux » uniquement en roubles russes, plutôt qu’en euros ou en dollars, comme c’est le cas actuellement. Quarante-huit nations sont considérées par la Russie comme « inamicales », dont les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Ukraine, la Suisse, la Corée du Sud, Singapour, la Norvège, le Canada et le Japon.</p><p>Poutine a noté que plus de la moitié de la population mondiale reste « amie » de la Russie. Les pays qui n’ont pas voté en faveur des sanctions comprennent deux grandes puissances – la Chine et l’Inde – ainsi que le principal producteur de pétrole, le Venezuela, la Turquie et d’autres pays du Sud. Les pays « amis », a déclaré Poutine, peuvent désormais acheter à la Russie dans différentes devises. (…)</p><p>(…)</p><p>Les ministres de l’Énergie des pays du G7 ont rejeté la demande de Poutine, affirmant qu’elle violait les termes des contrats de gaz qui exigent une vente en euros ou en dollars. Mais le 28 mars, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a <a href="https://tass.com/politics/1428229?utm_source=tomluongo.me&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=tomluongo.me&amp;utm_referrer=tomluongo.me" target="_blank" rel="noopener">déclaré</a> que la Russie n’était « pas engagée dans la charité » et qu’elle ne fournirait pas de gaz à l’Europe gratuitement (ce qu’elle ferait si les ventes se faisaient en euros ou en dollars qu’elle ne peut actuellement pas utiliser dans le commerce). Les sanctions elles-mêmes constituent une violation de l’accord visant à honorer les devises sur les marchés mondiaux.(…)</p><p>.L’économie de la Russie est beaucoup plus petite que celle des États-Unis et de l’Union européenne, mais la Russie est un <a href="https://outsidevoices.substack.com/p/reporting-from-moscow-sanctions-may?s=r" target="_blank" rel="noopener">fournisseur mondial majeur</a> de produits de base essentiels – non seulement le pétrole, le gaz naturel et les céréales, mais aussi le bois, les engrais, le nickel, le titane, le palladium, le charbon, l’azote et les métaux des terres rares utilisés dans la production de puces informatiques, de véhicules électriques et d’avions.</p><p>Le 2 avril, le géant gazier russe <a href="https://www.zerohedge.com/energy/gazprom-halts-gas-shipments-europe-critical-pipeline" target="_blank" rel="noopener">Gazprom a officiellement interrompu</a> toutes les livraisons à l’Europe via le gazoduc Yamal-Europe, une artère critique pour l’approvisionnement énergétique européen. (…) </p><p>Richard Werner, professeur d’économie au Royaume-Uni, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=IwpjYyMHSJ0" target="_blank" rel="noopener">qualifie</a> la manœuvre russe d’astucieuse – une répétition de ce que les États-Unis ont fait dans les années 1970. Pour obtenir des produits russes, les pays « inamicaux » devront acheter des roubles, ce qui fera grimper la valeur du rouble sur les marchés mondiaux, tout comme le besoin de pétrodollars a soutenu le dollar américain après 1974. En effet, le 30 mars, le rouble avait déjà <a href="https://abcnews.go.com/Business/wireStory/russias-ruble-rebound-raises-questions-sanctions-impact-83768547" target="_blank" rel="noopener">atteint</a> le niveau où il se trouvait un mois plus tôt.(…)</p><p>La Russie suit les États-Unis non seulement en liant sa monnaie nationale aux ventes d’un produit de base essentiel, mais aussi en suivant un protocole antérieur – ce que les dirigeants américains du XIXe siècle appelaient le « système américain » de monnaie et de crédit souverains. Ses trois piliers étaient (a) des subventions fédérales pour les améliorations internes et pour soutenir les industries naissantes de la nation, (b) des tarifs douaniers pour protéger ces industries, et (c) un crédit facile émis par une banque nationale.</p><p>Michael Hudson, professeur d’économie et auteur de « <a href="https://michael-hudson.com/2021/10/3rd-edition-super-imperialism/" target="_blank" rel="noopener">Super-Impérialisme : La stratégie économique de l’empire américain</a> », parmi de nombreux autres ouvrages, note que les sanctions obligent la Russie à faire ce qu’elle a été réticente à faire elle-même : réduire sa dépendance à l’égard des importations et développer ses propres industries et infrastructures. L’effet, dit-il, est équivalent à celui des tarifs douaniers protecteurs. Dans un article intitulé « <a href="https://michael-hudson.com/2022/03/the-american-empire-self-destructs/" target="_blank" rel="noopener">L’empire américain s’autodétruit</a> », Hudson écrit au sujet des sanctions russes (qui remontent en fait à 2014) :</p><p>« La Russie était restée trop captivée par l’idéologie du marché libre pour prendre des mesures visant à protéger sa propre agriculture ou son industrie. Les États-Unis ont apporté l’aide nécessaire en imposant à la Russie une autonomie intérieure (via les sanctions). Lorsque les États baltes ont perdu le marché russe du fromage et d’autres produits agricoles, la Russie a rapidement créé son propre secteur fromager et laitier – tout en devenant le premier exportateur mondial de céréales. …</p><p>La Russie découvre (ou est sur le point de découvrir) qu’elle n’a pas besoin de dollars américains pour garantir le taux de change du rouble. Sa banque centrale peut créer les roubles nécessaires pour payer les salaires nationaux et financer la formation de capital. Les confiscations américaines pourraient donc finalement amener la Russie à mettre fin à la philosophie monétaire néolibérale, comme le préconise depuis longtemps Sergey Glaziev en faveur de la MMT [Modern Monetary Theory]. …</p><p>Ce que les pays étrangers n’ont pas fait d’eux-mêmes – remplacer le FMI, la Banque mondiale et les autres bras de la diplomatie américaine – les politiciens américains les obligent à le faire (…)”</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/860/marine-le-pen-eric-zemmour-jean-luc-melenchon</guid>
	<pubDate>Fri, 08 Apr 2022 21:32:37 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/860/marine-le-pen-eric-zemmour-jean-luc-melenchon</link>
	<title><![CDATA[Marine LE PEN, Éric ZEMMOUR, Jean-Luc MELENCHON]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Ils ne sont pas les candidats de Bruxelles</p>

<p>Ils ne sont pas au pouvoir depuis 40 ans.</p>

<p>Ils ne sont pas les candidats choisis par Davos, Bilderberg, la Trilatérale, la Banque centrale Européenne, Vanguard, BlackRock, la City ou Wall Street.</p>

<p>Aucun des trois n'a préféré le drapeau bleu à 12 étoiles jaunes au drapeau tricolore dans ses meetings…</p>

<p>Ils se sont opposées aux folies les plus graves de Macron-McKinsey dans la crise sanitaire.</p>

<p>Ils ne vous proposent pas d’être réduits à un QR-Code en liberté surveillée</p>

<p>Ils ne relaient pas sans discernement la propagande folle de l’OTAN sur la guerre en Ukraine.</p>

<p>Ils préfèrent que les décisions soient prises par le peuple français plutôt que par la Commission de Bruxelles et Joe Biden, assistés par McKinsey et ses pareils.</p>

<p>Si deux d’entre eux sont au second tour, Macron sera battu dès ce dimanche, ce sera une victoire pour les Français, contre les forces puissantes qui veulent détruire les Nations pour construire une « société liquide » dans laquelle chacun sera isolé face à d’immenses conglomérats mondialisés.</p>

<p>C’est vers eux que les votes doivent se tourner pour faire face à l’urgence de l’entrée progressive dans un monde technologique totalitaire, que représentent les projets des patrons de Macron.</p>

<p>C’est ce projet totalitaire du XXIe siècle qui est le danger, et pas les rabâchages permanents des peurs de revivre les drames du XXe siècle, qui sont dans le rétroviseur et ne reviendront pas à l’identique, mais servent à vous asservir, comme une peur de plus.</p>

<p>Selon votre Histoire et vos préférences vous avez le choix, mais seuls ces trois candidats permettent de voter contre Macron, dans ce référendum sur la disparition de ce qui a été construit en 1945 par le pacte social passé alors entre les forces, si diverses, qui avaient résisté.</p>

<p>J'ai, avec chacun de ces trois candidats, de très grandes divergences politiques. Sur des sujets importants. Mais, dans ce référendum, il faut voir où se situent les questions décisives et où se situent les questions subsidiaires.</p>

<p>Je n'hésiterai à voter pour aucun des trois, si au second tour il se trouve en face d'Emmanuel Macron. Car voter blanc, nul ou s'abstenir, ce sera alors choisir Macron.</p>

<p>Engagé à gauche depuis ma jeunesse, en ce premier tour, je voterai naturellement pour Jean-Luc Mélenchon.</p>

<p>Gilles CASANOVA</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/859/%C2%ABpretendre-que-linvasion-de-lukraine-accelere-la-construction-europeenne-est-un-contresens%C2%BB</guid>
	<pubDate>Fri, 08 Apr 2022 21:25:07 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/859/%C2%ABpretendre-que-linvasion-de-lukraine-accelere-la-construction-europeenne-est-un-contresens%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[«Prétendre que l&#039;invasion de l&#039;Ukraine accélère la construction européenne est un contresens»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX /TRIBUNE - La guerre en Ukraine n'entraîne nullement un réveil stratégique de l'Union européenne, objecte l'éditorialiste.</p><p>Guillaume Bigot est essayiste et éditorialiste sur CNews et Sud Radio. Il dirige le groupe Ipag Business school.</p><p>«Nous sommes pareils à des voyageurs de wagons-lits qui ne se réveilleront qu'au moment de la collision» écrivait Robert Musil à propos de la première guerre mondiale dans L'Europe désemparée.</p><p>Plus d'un siècle plus tard, les Européens ne sont pas moins surpris par le retour de la <a href="https://www.lefigaro.fr/vox/monde/sommes-nous-prets-pour-une-guerre-de-haute-intensite-20220227">guerre de haute intensité</a> comme disent les spécialistes. En réaction à l'invasion de l'Ukraine, l'Union européenne (UE) serait en train de sortir de sa torpeur stratégique. On assisterait à l'émergence d'une authentique volonté d'<a href="https://www.lefigaro.fr/international/friedrich-merz-l-autonomie-strategique-de-l-ue-est-une-vision-lointaine-20220127">autonomie stratégique continentale</a>. Et ceci pour trois raisons brandies par les partisans de la construction européenne : une raison sentimentale, une raison énergétique et une raison militaire dont chacune mérite d'être examinée.</p><p>La raison sentimentale a été formulée par Ursula von der Leyen: « Les Ukrainiens font partie de nous. Ils sont des nôtres et nous souhaitons qu'ils nous rejoignent. » Nous sommes tous ukrainiens répète-t-on à Bruxelles et cette communauté de destin a été renforcée par la <a href="https://www.lefigaro.fr/flash-actu/l-union-europeenne-lance-l-examen-des-candidatures-de-l-ukraine-de-la-georgie-et-de-la-moldavie-20220307#:~:text=L'Union%20europ%C3%A9enne%20a%20lanc%C3%A9,du%20Conseil%20de%20l'UE.&amp;text=Les%20trois%20pays%20ont%20d%C3%A9pos%C3%A9%20leur%20demande%20%C3%A0%20la%20suite,invasion%20russe%20de%20l'Ukraine." target="_blank" rel="noopener">demande d'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne</a>. La découverte de <a href="https://www.lefigaro.fr/flash-actu/guerre-en-ukraine-une-enquete-sur-boutcha-est-la-prochaine-etape-selon-l-onu-20220407">charniers</a> laissés par les soudards impitoyables de l'armée russe dans la banlieue de Kiev ne peut que renforcer la sympathie naturelle des Européens pour les Ukrainiens.<br />La cruauté de l'agression russe serait ressentie comme celle de tous les Européens, une sorte d'affectio societatis continental sera en train d'émerger.</p><p>À lire aussi<a href="https://www.lefigaro.fr/vox/monde/didier-rebut-le-massacre-de-boutcha-entre-dans-la-definition-du-crime-de-guerre-20220405">Didier Rebut: «Le massacre de Boutcha entre dans la définition du crime de guerre»</a></p><p>Or, dans l'histoire, on ne se pose qu'on s'opposant. La France n'est devenue elle-même qu'en combattant les Anglais pendant la guerre de Cent ans. Plus décisif encore, un sentiment d'insécurité collective continentale aurait fait naître la résolution des Européens de se défendre contre la Russie poutinienne, ennemi commun de l'UE et de ses valeurs.</p><p>Un sentiment d'insécurité collective continentale aurait fait naître la résolution des Européens de se défendre contre la Russie poutinienne, ennemi commun de l'Union européenne et de ses valeurs. En examinant cet argument sentimental, on est cependant frappé par sa fragilité.</p>
<p>Guillaume Bigot</p>
<p>En examinant cet argument sentimental, on est cependant frappé par sa fragilité. D'abord, la guerre russo-ukrainienne est intra-européenne. Les Ukrainiens sont européens mais les Russes ne le sont pas moins. Les Grecs attaqués à Chypre par des Turcs non européens et membres de l'Otan, étaient aussi européens. Les<br />Serbes bombardés par l'Otan étaient également européens. Si l'UE se sent aujourd'hui ukrainienne alors qu'elle ne s'est jamais sentie serbe ou grecque, c'est que l'Ukraine est une nation européenne pro-Otan attaquée par un autre pays européen anti-Otan.</p><p>C'est d'ailleurs ce que Madame von der Leyen confirme en expliquant qu'en Ukraine : "c'est la démocratie qui se dresse contre l'autocratie et dans ce combat-là, nous sommes unis avec nos amis canadiens et américains. »</p><p>Passons au deuxième argument de ceux qui affirment que l'UE aurait pris en main ses intérêts stratégiques à l'occasion de la guerre en Ukraine, c'est l'argument énergétique. Tous les Européens seraient réunis, nous dit-on, par la recherche d'une résilience énergétique. « La guerre d'agression russe en Ukraine nous montre de manière dramatique à quel point la sécurité et l'approvisionnement énergétique sont étroitement liés. Nous ne pouvons-nous permettre d'ignorer cela », reconnaît Patrick Graïchen, le secrétaire d'État allemand au climat. La présidente von der Leyen abonde dans le même sens : « Les 27 sont bien trop dépendants aux énergies fossiles russes, et il faut nous débarrasser de cette dépendance. »</p><p>Constats difficilement contestables mais incitent-ils les Européens à développer une vision commune de leur indépendance énergétique ? Le diagnostic est partagé, les remèdes le sont moins.</p><p>Les sanctions européennes contournent les banques impliquées dans les transactions avec Gazprom.</p>
<p>Guillaume Bigot</p>
<p>Et pour commencer, les sanctions européennes contournent les banques impliquées dans les transactions avec Gazprom. Le gaz et le pétrole russes continuent d'arriver en Europe. Face à l'ignominie des crimes commis par les soudards russes, l'UE vient de renoncer au <a href="https://www.lefigaro.fr/conjoncture/guerre-en-ukraine-la-pologne-met-la-pression-sur-les-sanctions-20220407">charbon russe</a>. C'est un dérisoire volontarisme de sauts de puces. L'indépendance énergétique demeure ainsi une velléité.<br />La filière nucléaire française offre une solution, peut-être pas immédiate mais au moins compatible avec un objectif d'autonomie énergétique européenne. Pourtant, le plan de relance européen exclut le nucléaire.</p><p>En revanche, la présidente de la Commission a déclaré que nous devons nous tourner vers "nos amis américains pour voir s'il n'est pas possible de disposer de davantage de gaz naturel liquéfié".<br />L'intérêt des 27 étaient-ils de se passer de Nord Stream II pour se jeter dans les bras du Qatar ou du Texas afin de se fournir en énergie ? Joseph Biden a répondu à cette question lors de sa conférence de presse avec le chancelier allemand, le 7 février dernier, en déclarant : « si la Russie envahit l'Ukraine, Nord Stream II ne se fera pas. »</p><p>Enfin, le troisième argument de ceux qui voient dans la crise ukrainienne l'acte de naissance d'une Europe puissance, c'est que la question militaire intéresserait enfin Bruxelles.</p><p>« La guerre a enfin contribué à créer le consensus autour de la défense européenne » analyse Nathalie Loiseau, eurodéputé et présidente de la sous-commission défense au Parlement européen. « Pour la première fois de notre histoire, nous finançons l'achat et la livraison d'armes à un pays attaqué avec des fonds européens » explique Ursula von der Leyen. Pour le Haut représentant Josep Borrell, l'adoption par le Conseil européen d'un<br />texte de doctrine défensive intitulé « boussole stratégique » exprimerait un « changement tectonique. »</p><p>Autre signe que les Européens auraient renoncé à leur naïveté : l'Allemagne a décidé de consacrer 100 milliards d'euros à sa défense. Pourtant, ici encore, on est loin de tenir les preuves d'une authentique volonté d'autonomie stratégique européenne. Effectivement, l'UE va fournir une aide militaire mais ce sont les États membres qui l'ont décidé et ce sont les Etats membres qui livreront, le tout avec la bénédiction et sous la supervision de l'Otan.</p><p>Quant au réarmement de l'Allemagne, il n'exprime aucune solidarité européenne. Berlin a commencé à s'équiper en achetant des F35 américains.</p>
<p>Guillaume Bigot</p>
<p>Quant au réarmement de l'Allemagne, il n'exprime aucune solidarité européenne. Berlin a commencé à s'équiper en achetant des F35 américains, compatibles avec les standards Otan et habilités à porter des charges nucléaires américaines… Pour l'autonomie stratégique continentale, on repassera.</p><p>Dans l'affaire Aukus, Allemands et Suédois ont réalisé un intense lobbying intensif pour que Canberra n'achète pas de sous-marins français. En matière spatiale, les sociétés allemandes préfèrent Space X à Ariane 6. La maxime gaullienne se vérifie ad nauseam : les États n'ont pas d'amis… Même les États membres n'ont que des intérêts.</p><p>D'ailleurs, la « boussole stratégique » appelle à une « coopération plus étroite et mutuellement bénéfique avec les États-Unis. » Nathalie Loiseau confirme que cette fameuse boussole européenne ne change pas de cap : « Il faut arrêter de penser qu'autonomie stratégique et lien transatlantique sont contradictoires. » Au-delà de confirmer la prophétie gaulliste d'une Union européenne qui ne<br />pourrait se réaliser qu'au profit d'une tierce puissance, deux évidences devraient nous sauter aux yeux.</p><p>La première évidence, c'est que la crise ukrainienne signe le retour de la guerre. Or, le plus authentique cri de guerre des Européens, c'est Aristide Briand qui l'a poussé en 1926: « Arrière les fusils, les mitrailleuses, les canons ! Place à la conciliation, à l'arbitrage, à la paix! » Le projet européen est tout entier fondé sur l'espoir de neutraliser la guerre par l'économie. Pourtant, l'UE commerce davantage avec la Russie qu'avec l'Ukraine.</p><p>C'est parce qu'elles ne veulent plus se défendre elles-mêmes que les nations se sont abandonnées au projet européen. C'est aussi pour cette raison que l'Union européenne est consubstantiellement liée à l'Otan.</p>
<p>Guillaume Bigot</p>
<p>C'est parce qu'elles ne veulent plus se défendre elles-mêmes que les nations se sont abandonnées au projet européen. C'est aussi pour cette raison que l'UE est consubstantiellement liée à l'Otan. Les Européens n'ont plus ni la capacité, ni la volonté de se défendre eux-mêmes alors comment les 27 trouveraient-ils le ressort de défendre une entité commune ? Les volontés se multiplient, les renoncements s'annulent. La crise ukrainienne, c'est aussi le retour des nations.</p><p>Il y a un peuple allemand et un peuple français. Il y a un peuple ukrainien et un peuple russe et sans doute les Ukrainiens sont-ils plus proches des Russes que nous ne le sommes des Allemands.<br />Les Ukrainiens se battent pour leur terre, pour défendre leurs frontières et pour leur drapeau. Les Ukrainiens sont un peuple mais les Européens ne le sont pas. D'ailleurs, qui irait mourir pour le drapeau européen ?</p><p>À lire aussi<a href="https://www.lefigaro.fr/vox/societe/guerre-en-ukraine-les-occidentaux-sont-ils-prets-a-mourir-pour-la-democratie-20220228">Guerre en Ukraine: «Les Occidentaux sont-ils prêts à mourir pour la démocratie ?»</a></p><p>On voit plus de drapeaux ukrainiens dans les beaux quartiers parisiens aux fenêtres que de tricolores au lendemain de Charlie, comme si les bobos français avaient besoin d'un patriotisme de substitution. Le bleu et le jaune du drapeau ukrainien ne sont pas les couleurs d'un patriotisme post-national qui aurait moralement réarmé ceux qui posaient des bougies après le Bataclan en bêlant : vous n'aurez pas ma haine !</p><p><a href="https://www.lefigaro.fr/vox/histoire/guerre-en-ukraine-la-memoire-du-goulag-concourt-a-l-esprit-de-resistance-contre-les-russes-20220407">La résistance héroïque des Ukrainiens</a> montre par ailleurs que ce n'est pas la taille d'un pays mais la détermination de son peuple à le défendre qui fonde son indépendance. La Suisse est petite mais personne n'ira l'envahir car le patriotisme helvète est ombrageux et armé !</p><p>Platon savait déjà que ce ne sont pas les murs qui font les cités mais le courage des hommes qui les défendent. Prétendre que l'invasion de l'Ukraine accélérerait la construction européenne revient ainsi à tomber dans un grave contresens.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Fri, 08 Apr 2022 21:21:31 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/858/emmanuel-macron-aladin-de-limaginaire-francais</link>
	<title><![CDATA[Emmanuel Macron, Aladin de l&#039;imaginaire français ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Le mouvement de grève soulevé par la réforme de la SNCF est, pour le moment, moins soutenu par l'opinion publique que la grande mobilisation sociale de 1995. Quelles en sont les raisons ? Le contexte socio-économique a-t-il changé ? Ou bien est-ce la figure d'Emmanuel Macron qui fait davantage consensus que Jacques Chirac à l'époque ? Le politologue Stéphane Rozès, président de la société de conseil CAP et professeur à Sciences Po et HEC, livre à Émile son analyse.</p>
<p>Peut-on comparer la situation d’aujourd’hui à celle des grèves de 1995 ? Quelles différences et quelles similitudes ?</p>
<p>Aujourd’hui, nous sommes dans la même période idéologique anti-néolibérale qu’en 1995. Au début des années 90, après la chute du mur de Berlin, le libre déploiement des marchés a semblé remettre en cause les compromis au sein des nations entre capital et travail, mais aussi le rapport entre la démocratie et la substance démocratique, par l’idée d’un dessaisissement des gouvernants. Dès cette époque, 55% des Français redoutent de devenir des exclus, c’est à dire des SDF ou des chômeurs de longue durée.</p><p>Cette nouvelle période empêche les individus de comprendre les logiques économiques, et de s’y projeter, ce qui entraîne un réflexe de retour à des notions passées qui avaient été précédemment jugées désuètes et dépassées : la Nation, la République, la citoyenneté… À partir de ce moment-là, des classes moyennes rejoignent dans ce réflexe les catégories populaires. Le mouvement commence par le bas du pays et n’atteindra la représentation politique et les débats idéologiques qu’une décennie après.</p><p>Le mouvement social contre le plan Juppé, soutenu par deux Français sur trois, est devenu une « grève par procuration » (notion théorisée par Stéphane Rozès en 1995, ndlr) pour envoyer un message au président Chirac. Il avait été élu sur la fracture sociale en 1995 et, six mois après, il est revenu à la politique de ses prédécesseurs de désinflation compétitive, pour que la France soit au rendez-vous de la mise en place de l’euro. Ainsi, ce soutien important de l’opinion ne reposait pas réellement sur les revendications des grévistes (d’ailleurs, prises une à une, les Français étaient d’accord avec les mesures du plan Juppé). Mais cette grève par procuration était, en fait, un appel aux gouvernants, à Jacques Chirac en particulier, pour qu’il revienne à l’idée que c’était aux représentants des citoyens et de la nation de fixer le cours des choses. La pétition Bourdieu, qui marque le ralliement de la petite bourgeoisie intellectuelle aux catégories traditionnelles de la classe ouvrière, est illustrative de ce point-là. Elle avance des arguments sociaux, mais d’abord la question nationale. Or, ce qu’il y a de commun entre 1995 et aujourd’hui c’est bien que la question nationale préempte la question sociale : la question de la souveraineté des hommes politiques prévaut sur la question des équilibres et rapports sociaux.</p><p>C’est sur cet aspect que, pour l’heure, 2018 est différent de 1995, parce que la situation politique n’a rien à voir. Emmanuel Macron, inexistant il y a quatre ans, est au pouvoir avec une majorité profondément renouvelée. La raison intime de sa victoire - qui explique également que le pays consente aux réformes et ne soutienne pas majoritairement la grève -  est que l’idée d’Emmanuel Macron est de restaurer la souveraineté de la Nation, comme il l’a lui-même indiqué devant le Congrès une fois élu. Il a compris que sa victoire venait du fait que, contrairement aux autres politiques, il disait que le malheur français ne venait pas des Français, mais du système politique au sommet de l’État, et qu’il allait remettre le pays en marche, non pas contre la mondialisation ou en se soumettant à elle, mais à partir des talents des Français et de ce qu’ils sont.</p><p>Cette raison intime de la victoire d’Emmanuel Macron fait que, même si l’opinion peut être hostile à des mesures, voire les trouver injustes, le pays consent à laisser Emmanuel Macron réformer, au prix de quelques coups de canif à notre modèle social, pourvu que ce mouvement de remise en marche signe le fait que la France se réapproprie son destin et que ces réformes, à terme, profitent à l’ensemble de la nation.</p>
<p>Un front antilibéral existe-t-il toujours en France ou les Français sont-ils en train d’accepter qu’il faille être dans la course à la mondialisation ?</p>
<p>Depuis 1995, l’individualisme et le repli sur soi ont beaucoup progressé, les sentiments d’appartenance à des collectifs de travail voire des solidarités de classe ont pu s’émousser, mais au fond, le pays est toujours idéologiquement anti-néolibéral. Ça ne tient pas tant à des considérations politiques, qu’à des considérations liées à l’imaginaire des Français.</p><p>Et la promesse que porte Emmanuel Macron, dans un geste néo-bonapartiste, est de dire au pays qu’il existe un chemin sur lequel nous ne sommes pas obligés de choisir entre la survie dans le monde tel qu’il est et notre modèle. C’est son discours de Cracovie, dans lequel il dit : « Les Français refusent la réforme quand elle est imposée de l’extérieur, par contre on peut transformer le pays à partir de ce qu’il est ». Et comme les Français sont universalistes, ils ont besoin de profondeur de champ. Sauf que l’environnement européen, notamment l’attitude allemande, oblige les gouvernants à faire deux choses en même temps : rentrer dans les clous des déficits budgétaires, ce qui est le cas, et en même temps occasionner des mouvements des secteurs – marché du travail, école, services publics…</p><p>Malgré tout, le problème qui reste vital pour les Français, c’est de savoir si les réformes visent à moderniser, solidifier notre modèle, ou à en changer ? Voilà la tension de notre pays. De sorte que les arguments du gouvernement qu’on a pu entendre récemment, selon lesquels la France devrait adopter en matière ferroviaire le modèle allemand, sont des arguments évidemment dangereux, qui pourraient se retourner contre leurs initiateurs.</p>
<p>Et pensez-vous que le gouvernement est dans la sauvegarde de notre modèle social ou qu’il est en train de le transformer ?</p>
<p>Je pense que la réponse à cette question dépend de la façon dont le gouvernement va répondre aux interrogations des Français et surtout de la capacité d’Emmanuel Macron à faire bouger Bruxelles et Berlin. Si les Français jugent que son action reprend le cours de celle de ses prédécesseurs, alors la situation sera beaucoup plus grave que par le passé. Dans mon dernier papier, <a href="https://www.cairn.info/revue-le-debat-2017-4-p-52.htm" target="_blank">publié dans la revue Le débat</a> (n°196), j’utilise la formule « Emmanuel Macron, Aladin de l’imaginaire français ». C’est-à-dire que, comme Aladin, il a libéré l’énergie du pays, avec l’idée que les Français peuvent être à nouveau maîtres de leur destin. Mais, tout comme Aladin, il ne pourra faire rentrer dans le flacon l’énergie qui a été libérée. S’il échoue, si l’Allemagne et l’Union européenne ne bougent pas pour redonner des marges de manœuvre aux pays européens, alors les Français iront trouver des alternatives plutôt du côté de Mélenchon ou de Marine Le Pen, que du côté du Parti socialiste ou des Républicains.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Fri, 01 Apr 2022 21:56:35 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Chevènement raconte Vladimir Poutine]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Jean-Pierre Chevènement, haut fonctionnaire et homme politique français, né en 1939 à Belfort, à été un des artisans de la victoire de la gauche en 1981. Plusieurs fois ministre dans le gouvernement de François Mitterrand (Industrie, Intérieur, Ecole), il démissionne en 1991 comme Ministre de la Défense. En 1992, il votre contre le Traité de Maastricht. François Hollande le nomme Représentant Spéciale de la France pour les relations avec la Russie. C’est dans le cadre de cette mission qu’il rencontre Vladimir Poutine pour régler, après l’annexion de la Crimée, le conflit autour de l’Ukraine. </p><p>Weltwoche: Vous êtes entré dans l’histoire en tant que ministre de la Défense qui a démissionné pour protester contre la guerre. C’était en 1991, lorsque le président Français F. Mitterrand a envoyé son armée aux côtés des Américains dans la guerre du Golfe contre Saddam Hussein. </p><p>Chevènement: Geste historique, non, car je n’ai pas empêché l’essor ultérieur du fanatisme, mais geste original à coup sûr ! Les ministres de la Défense qui démissionnent pour protester contre une guerre qu’ils désapprouvent n’y survivent presque jamais. La guerre que j’avais essayé d’empêcher avait éclaté. J’avais annoncé au président Mitterrand que je démissionnerais en cas d’implication française, car je ne voulais pas cautionner une guerre inévitable et qui portait en elle d’immenses catastrophes. F. Mitterrand ne s’attendait pas à ce que je le fasse vraiment, alors que l’opinion publique était devenue favorable à la guerre.</p><p>Weltwoche: Pourquoi étiez-vous contre ?</p><p>Chevènement: Cette guerre n’était pas nécessaire. Une solution aurait pu être trouvée dans le cadre de la Ligue arabe. Le roi de Jordanie l’avait suggéré. J’étais conscient des conséquences d’une guerre moderne avec 500 000 soldats et des bombes contrôlées par laser : qu’elle détruirait l’Irak, l’État, l’administration, les institutions.  La guerre a immédiatement produit une montée en puissance d’Al-Qaïda avec El Zarkaoui et la bataille de Falloujah. La confrontation des chiites et des sunnites a provoqué la montée de l’État islamique et sa proclamation à Mossoul. Un politicien responsable doit comprendre ce qu’il fait.  Et être en règle avec sa conscience.</p><p>Weltwoche: Vous avez joué un grand rôle dans la victoire de F. Mitterrand en 1981 et avez été l’un des ministres emblématiques de son gouvernement. Des années plus tard (1990), vous avez appris que Bush et Thatcher étaient déterminés à la guerre d’Irak dès le premier jour, et F. Mitterrand en a informé son ministre des Affaires étrangères, Roland Dumas, alors que son ministre de la Défense travaillait encore sur une solution diplomatique. Comment a-t-il réagi à votre démission ?</p><p>Chevènement: «Les politiciens arabes crient fort», m’a-t-il dit. « Attendons, le temps passe. Demain ils nous mangeront à nouveau dans la main ». Je lui ai dit que cette vision était une incompréhension totale de la mentalité de « la rue arabe ». Que les Arabes n’oublieraient pas avant longtemps la destruction de l’Irak. La relation entre F. Mitterrand et moi était très bonne depuis 1971, mais bien sûr il y avait des tensions. Après ma démission, nous avons continué à nous voir.</p><p>Weltwoche: Dans votre récit, l’invasion de l’Irak semble être la mère de toutes les guerres depuis lors. Compte tenu de la condescendance envers les Arabes, on pense inévitablement à la façon de traiter avec les Russes après la fin de l’Union soviétique. François Hollande président de la République, vous a envoyé négocier avec Vladimir Poutine. Vous l’avez rencontré à Sotchi le 5 mai 2014. Quelle était votre mission ?</p><p>Chevènement: F. Hollande m’a nommé Représentant spécial pour les relations avec la Fédération de Russie après son élection à la présidence de la France. J’ai transmis à Poutine une lettre de F. Hollande.  F. Hollande a invité Poutine à l’Élysée et aux célébrations du soixante-dixième anniversaire du débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944. Ils n’avaient pas participé au débarquement. Mais il était juste d’inviter les Russes. Ils avaient joué un rôle décisif dans l’issue de la Seconde Guerre mondiale. L’invitation était un signe de respect.  Poutine lisait la lettre en ma présence et me posait parfois des questions sur le sens d’une phrase.</p><p>Weltwoche: C’était au tout début de la crise ukrainienne.</p><p>Chevènement: Après les manifestations de Maïdan, un accord pour régler le conflit avait été élaboré. Les négociations se sont déroulées sous la supervision des ministres des Affaires étrangères de la Pologne, de l’Allemagne et de la France. L’accord prévoyait la réélection à la fin de 2014 d’un Président de l’Ukraine qui a était alors le Président Ianoukovitch. Lorsque le parlement ukrainien a refusé le lendemain de donner son accord, les ministres des Affaires étrangères étaient déjà partis. Ianoukovitch s’enfuit à Donetsk cette nuit-là. Poutine m’a dit à Sotchi qu’une tentative d’assassinat avait été perpétré contre Ianoukovitch, dans laquelle son garde du corps a été blessé.</p><p>Weltwoche: Qu’a dit Poutine à propos de Ianoukovitch ?</p><p>Chevènement: Ianoukovitch louvoyait entre la Russie et l’UE. À cette époque, il y avait un accord de libre-échange entre la Russie et l’Ukraine. Suivant le même principe, l’UE a proposé un accord d’association à l’Ukraine. Ianoukovitch a comparé les deux accords et a choisi la Russie. Le facteur décisif a été l’approvisionnement en gaz et le gazoduc rapportait des frais de transit considérables dans les coffres du pays.  Cette décision a déclenché les manifestations dites « pro européens » de Maïdan. Poutine m’a dit qu’il s’était rendu à Bruxelles pour rencontrer le président de la Commission, José Manuel Barroso, et d’autres dirigeants. Il a été référé aux experts. Quand il a pu parler à Barroso, celui-ci s’est comporté avec beaucoup d’arrogance. C’est la version de Poutine. Notre conversation a duré près de trois heures. Elle a donné lieu à une interprétation.</p><p>Weltwoche: Vous l’avez publiée dans votre livre Passion de la France.</p><p>Chevènement: J’ai omis les déclarations de Poutine sur les dirigeants ukrainiens. Il avait peu de respect pour eux. Surtout, il les considérait comme facilement corruptibles. À propos de Petro Porochenko, qui s’est présenté aux élections présidentielles prévues à la fin du mois de mai, il a seulement déclaré qu’il était un fabricant de chocolat, « ce qui n’est pas interdit ». On pouvait sentir son mépris pour les partis et les politiciens ukrainiens. Je n’ai pas non plus publié sa description de la conversation avec Barroso. L’accord d’association de l’Ukraine avec l’Europe, aurait dit Barroso à Poutine, n’est pas l’affaire de la Russie : « Que les Russes s’occupent de leurs propres affaires. Et allez-vous faire foutre ! ». J’ai interrompu le traducteur : Barroso a-t-il vraiment choisi ces mots ?  Poutine a confirmé ce propos. Il a exprimé un fort ressentiment envers Bruxelles et les gouvernements occidentaux. Ils avaient ouvertement soutenu la « Révolution de Maïdan », comme on l’appelle aujourd’hui. En Allemagne Guido Westerwelle, en Amérique le vice-président de l’époque Joe Biden, et là Mme Victoria Nuland, du Département d’État.</p><p>Weltwoche: Après votre visite, vous avez parlé de votre conversation à F. Hollande. Dans Un défi de civilisation, vous écrivez : « Par souci de vérité, je dois constater que Poutine n’a violé jusqu’en 2022 aucun des engagements qu’il a pris : ne pas empêcher les élections en Ukraines – du président et du parlement – et maintenir la perspective d’un accord de régionalisation qui laissait les deux oblasts de Lougansk et de Donetsk à l’intérieur des frontières ukrainiennes. »</p><p>Chevènement: Poutine était plutôt positif envers l’initiative française. Le but de mon voyage était d’initier des négociations : avec la Russie, la France, l’Allemagne et l’Ukraine. A la veille de la commémoration en Normandie, Poutine vient à l’Élysée. On espérait une solution rapide et simple avant même les vacances d’été. Mais l’été a été chaud. Il y a eu la destruction d’un avion de Malaysia Airlines avec des passagers néerlandais. Porochenko avait été élu et pensait pouvoir repousser les gens qui avaient conquis Donetsk et Lougansk sans beaucoup de résistance. Mais l’armée ukrainienne, encore mal entrainée, a subi une défaite. D’autres négociations ont eu lieu en février 2015. Elles ont conduit à l’accord de Minsk II. Elles prévoyaient un vote sur un statut de décentralisation et ensuite le rétablissement des frontières entre les deux pays. Mais il n’a jamais été mis en œuvre.  L’Ukraine voulait d’abord un retour aux frontières et seulement ensuite des élections sur un statut. </p><p>Weltwoche: Vous parlez de « rattachistes », de ceux qui sont prêts à s’y joindre, pas de séparatistes ? </p><p>Chevènement: C’est ainsi qu’on les appelle souvent. Vous pouvez les appeler séparatistes si vous prenez la position ukrainienne. </p><p>Weltwoche: Le film controversé Donbass d’Anne-Laure Bonnel, que le ministre des Affaires étrangères de Poutine Serguei Lavrov a instrumentalisé pour la propagande russe et dont il   accuse indûment la France de censure, commence par le discours de Porochenko. C’est une déclaration de guerre aux séparatistes.</p><p>Je ne commente pas un film que je n’ai pas vu.</p><p>Weltwoche: Poutine n’aimait pas la référence aux frontières de 1920.</p><p>Chevènement: Sa réaction m’a beaucoup surpris. Parce que c’est une question historique. Les frontières de l’Ukraine ont été tracées par Lénine en 1920. En 1917, l’Ukraine a été indépendante pendant un certain temps assez bref. Cette indépendance – après l’effondrement de l’armée tsariste – a duré quatre ou cinq ans. Il y eut une brève période d’indépendance en 1941 avec Stepan Bandera et ses nationalistes. La plupart des Ukrainiens ont combattu dans l’Armée rouge, mais il y avait deux divisions indépendantistes qui ont fait la guerre aux côtés des Allemands. Les deux étaient de courts épisodes. Mais depuis 1991, l’indépendance est un fait. Elle a été scellée par les présidents de la Biélorussie (Chouchkevitch), de l’Ukraine (Kravchuk) et de la Russie – Boris Eltsine.</p><p>Weltwoche: Depuis lors, l’Ukraine est une nation?</p><p>Chevènement: Oui. Une jeune nation. Et depuis trente ans, le sentiment national s’est affirmé.  Avec leur attitude brutale, les Russes ont apporté une contribution significative à sa consolidation. Les oligarques ont alimenté le conflit avec la Russie. Pour beaucoup de Russes, l’Ukraine est une province du sud, comme la Provence l’est pour la France. En Ukraine, un tiers de la population parle l’ukrainien, un tiers le russe et un tiers les deux langues. C’est un pays très hétérogène. La partie occidentale appartenait à l’Autriche-Hongrie. La ville de Lviv s’appelait Lemberg jusqu’en 1914. Entre les deux guerres mondiales, elle appartenait à la Pologne Lviv. Cette région est catholique uniate, l’Est russophone est orthodoxe. La Crimée a été attribuée à l’Ukraine en 1954 par Nikita Khrouchtchev. D’une certaine manière, comme un cadeau pour le 300e anniversaire du rattachement de l’Ukraine à la Russie. Khrouchtchev était conscient de tout ce qu’elle avait souffert sous Staline. Tout cela joue un rôle dans le traitement de l’Ukraine en tant que nation et de la Crimée en tant que région. </p><p>Weltwoche: Vous avez parlé de la brutalité de Poutine. Aviez-vous déjà pensé à la possibilité d’une intervention militaire russe ?</p><p>Chevènement: Non. Que Poutine commette une erreur aussi grave était tout à fait improbable. Je ne peux l’expliquer que par le fait qu’il a été trompé par son environnement. Il a été trompé en voyant en une réalité comme il voulait la voir. On lui a sans doute dit que les Ukrainiens n’attendaient que d’accueillir l’armée russe à bras ouverts. Il s’est trompé sur les Ukrainiens, mais aussi sur les Russes, qui ne voient pas le sens de cette guerre. Et il avait tort à propos de l’Occident, qu’il considérait comme un ensemble de pays décadents. Sa perception caricaturale de l’Occident a été sa troisième erreur.</p><p>Quand il a succédé à Eltsine, Poutine voulait transformer la Russie en un pays moderne, tout en maintenant, bien sûr, l’exercice vertical du pouvoir. Je ne l’ai jamais considéré comme un ange de l’innocence et un démocrate. Il voulait restaurer l’État russe. Il a forcé les oligarques à payer leurs impôts. Il a bénéficié de la hausse des prix du pétrole pour restructurer l’économie et les finances. Il a lancé des programmes d’industrialisation. Les villes russes d’aujourd’hui sont très modernes.</p><p>Weltwoche: Quand vous lui avez remis l’invitation à Paris, il s’est déjà renseigné sur le menu...</p><p>Chevènement: C’était une plaisanterie : « Maintenant il ne s’agit plus que de choisir le meilleur champagne. »</p><p>Weltwoche: Maintenant, il fait la guerre sans tenir compte des pertes.</p><p>Chevènement: Sa nouvelle logique remonte à l’époque où il a repris la présidence après Medvedev. À ses yeux, Medvedev avait commis une erreur en acceptant l’attaque contre la Libye. Elle était justifiée par la protection de la population civile. En fait, le but s’est révélé être un changement de gouvernement – les Anglo-Saxons appellent cela un « changement de régime ». De même, Poutine considérait la guerre au Kosovo  comme un viol du droit international. Au moment de la réunification, le monde s’était réjoui de la disparition de l’Union soviétique. Sans que le sang n’ait coulé. Mais le sang coule maintenant. Dans le changement de la logique de Poutine, l’Ukraine joue un rôle décisif. Poutine ne voulait pas d’une Ukraine antirusse. Il s’est inquiété à deux moments : la révolution orange (2004-2005) et l’accord d’association de 2014 avec l’UE.</p><p>Weltwoche: Poutine a parlé de la plus grande catastrophe géopolitique.  Pour vous, les relations de l’Occident avec l’Union soviétique en déclin sont la clé de la guerre en Ukraine ? Vous écrivez que la Russie a été traitée comme la perdante de la guerre froide.</p><p>Chevènement: L’Occident s’est célébré comme le gagnant. Les Russes, cependant, se considéraient comme ceux qui avaient mis fin au communisme. Gorbatchev considérait qu’il avait mis fin au communisme. Dans des conditions qui peuvent être débattues à l’infini. Nous savons par l’histoire que la dissolution d’un empire ne se produit jamais sans guerres et sans crises. La plupart des causes qui ont conduit à la Seconde Guerre mondiale remontent à la chute de l’Empire austro-hongrois et à sa division. Le traitement de la Russie à partir de 2009, avec le « partenariat oriental » a été très maladroit. La façon dont Poutine a été reçu par Barroso à Bruxelles est surréaliste. </p><p>Weltwoche: Et Hollande ? Qu’a-t-il dit au sommet devant l’impossibilité d’appliquer les accords de Minsk ?</p><p>Chevènement: (réfléchit longtemps) Après tout, il a eu le mérite de prendre l’initiative des négociations du format Normandie. Après que Merkel avait parlé, il ne se sentait plus habilité à ajouter quelque chose. La volonté de se battre qui distingue Macron faisait défaut. Macron est un président instruit qui connaît l’histoire. Il est à la fois ferme et ouvert à la négociation. </p><p>Weltwoche: Vous soutenez maintenant Emmanuel Macron ?</p><p>Chevènement: Emmanuel Macron a commis quelques erreurs mineures. Mais grâce à lui, la France a traversé au mieux la pandémie. Sa politique de vaccination est un succès. Grâce au soutien financier, les entreprises ont pu survivre.  Depuis 2017 – et pour la première fois depuis des décennies – de nouvelles industries se sont implantées en France. Le chômage est en baisse, à 7,4%, il est à son plus bas niveau depuis 2007. Des secteurs importants de l’économie ont été sauvés. Macron a formulé un nouvel objectif : la reconquête de l’indépendance industrielle et technologique. Cela inclut la production d’électricité par l’énergie nucléaire. Elle correspond aux intérêts nationaux du pays et garantit sa sécurité.</p><p>Oui, ses propositions sont sérieuses et réalistes. Je suis séduit par l’ambition de réindustrialiser la France. Les propositions en matière de politique énergétique et notamment la construction de six à quatorze réacteurs électro-nucléaires me paraissent conformes à la fois à l’objectif d’autonomie énergétique et à la nécessaire lutte contre le réchauffement climatique.</p><p>Weltwoche: Poutine vous a également mentionné le massacre de la maison syndicale d’Odessa le 2 mai 2014. Était-ce une provocation russe, était-ce un crime horrible commis par les nationalistes ukrainiens ? </p><p>Chevènement: Selon Poutine, des sympathisants pro-russes ont été pris au piège dans la Maison syndicale incendiée. Les auteurs étaient selon Poutine des extrémistes de droite ukrainiens. Il y a eu plusieurs dizaines de morts. Ceux qui ont sauté par la fenêtre ont été abattus. Leurs portefeuilles ont été volés. Tout cela aurait été filmé. Poutine était très contrarié quand il m’a dit cela. Et s’est plaint qu’aucun chef de gouvernement occidental n’a formulé ne serait-ce qu’un mot de protestation et de condoléances. Ces éléments psychologiques et ce ressentiment ont beaucoup de poids. Les souvenirs historiques et les traumatismes qui sont spécifiquement réactivés jouent toujours un rôle important dans les relations internationales. Dans cette guerre en particulier, la mémoire de la Seconde guerre mondiale est constamment instrumentalisée.</p><p>Weltwoche: Des deux côtés ?</p><p>Chevènement: L’Occident croit qu’il a vaincu seul le communisme. Il ignore les forces qui se sont manifestées au sein des sociétés soviétiques. Les Russes quant à eux ont une mentalité obsidionale. Ils se sentent constamment comme des victimes, encerclés et menacés. Ils ont été attaqués à plusieurs reprises, pas seulement par Napoléon et Hitler. Ils vivent dans la peur que cela se répète. En Ukraine, dit Poutine, une nouvelle opération Barbarossa est en préparation. On peut parler de paranoïa. Mais si vous voulez comprendre la situation et trouver des solutions, vous devez en tenir compte. </p><p>Weltwoche: Comment empêcher une Troisième Guerre mondiale ? </p><p>Chevènement: Si l’OTAN avait accepté l’appel de Zelensky pour une zone d’exclusion aérienne, la guerre aurait éclaté sous la forme d’une guerre aérienne d’abord. La Russie possède des armes nucléaires tactiques, à peu près le même nombre que les États-Unis. La doctrine russe n’est pas très claire. La rupture du tabou nucléaire serait une première historique après Hiroshima et Nagasaki. Tant qu’il n’y a pas d’accord, la situation reste extrêmement dangereuse.</p><p>Weltwoche: Il y a maintenant des idées claires sur ce à quoi cela pourrait ressembler.</p><p>Chevènement: Dans les grandes lignes : un statut de neutralité – que le Conseil de sécurité de l’ONU devrait garantir. On pourrait inclure l’Allemagne, la Turquie, la Pologne. La situation que cela entraînerait pour l’Ukraine serait meilleure que la situation actuelle. Les frontières de 2022 doivent être rétablies et des élections libres rendues possibles. </p><p>En ce qui concerne la Russie, l’Occident n’a pas suffisamment pris au sérieux ses intérêts légitimes en matière de sécurité. Le pays aurait dû être impliqué dans la coopération avec l’Ukraine. Il aurait été possible de créer une zone tampon.</p><p>Weltwoche: L’Ukraine s’est-elle vu promettre son adhésion à l’OTAN ?</p><p>Chevènement: La France et l’Allemagne s’y sont opposées en 2008. Mais il y avait un moyen de se préparer à l’adhésion. L’ambiguïté a été cultivée. </p><p>Weltwoche: Tout cela n’explique toujours pas comment cette guerre a pu se produire.</p><p>Chevènement: L’attaque contre l’Ukraine est stupide et criminelle. Personne ne s’y attendait. La probabilité de guerre était inférieure à un pour mille. Je pensais que Poutine était assez rationnel pour ne pas commettre cette erreur gravissime.</p><p>Weltwoche: Quelles seront les conséquences pour la Russie ?</p><p>Chevènement: Très négatives. L’Ukraine aura droit à des réparations et à sa reconstruction. Les relations entre la Russie et l’Europe ont été perturbées pour de longues années.  Pour le moment, je ne vois pas d’alternative politique à Poutine. Il y avait une nouvelle classe moyenne, dont l’émergence était une promesse démocratique. Il y a le danger d’une nouvelle guerre froide dans laquelle personne ne peut avoir d’intérêt. On se souviendra longtemps de cette guerre inepte.</p><p>Weltwoche: Comment peut-on l’arrêter?</p><p>Chevènement: C’est l’affaire de diplomates. Zelensky a gagné la bataille de la communication. Une rencontre entre les deux présidents pourrait-elle faire la différence ? La position de l’Ukraine me semble relativement claire : une fin est possible sur la base d’une neutralité garantie. </p><p>L’Europe peut apporter une contribution importante à une solution durable. Elle seule dispose des ressources financières nécessaires à la reconstruction. La guerre en Ukraine peut être éclipsée par les tensions entre les États-Unis et la Chine. Mais les dirigeants chinois n’entreprendront pas la reconquête militaire de Taïwan qui, elle, déclencherait la Troisième Guerre mondiale.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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