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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Mai 2024]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Fri, 31 May 2024 04:58:22 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[France | Recette Jambon Fumé au Barbecue]]></title>
	<description><![CDATA[<p id="u177808-4">1 Jambon de 2,5 à 3 kg</p><p id="u177808-6">Bouillon de poulet</p><p id="u177808-8">Huile végétale</p><p id="u177808-10">Poivre noir</p><p id="u177808-12">Paprika</p><p id="u177808-14">1 cuillère à soupe de sucre</p><p id="u177808-16">Sel</p><p id="u177808-18">Moutarde</p><p id="u177808-20">Piment de Cayenne</p><p id="u177808-22">Clous de girofle</p><p>Granulés de bois suggéré : Mélange de compétition</p><p id="u177807-4">1. À l'aide de votre couteau bien aiguisé, faites de longues entailles, d'un centimètre de profondeur, en forme de croix. quand le jambon va chauffer, ces coupes formeront de petites tranchées qui donneront à votre jambon un bel aspect. Il permet également à la saveur de fumée de pénétrer plus profondément dans la viande.</p><p id="u177807-6">2. Mélangez le poivre, le paprika, le sucre, le sel, la moutard et le piment de Cayenne.</p><p id="u177807-8">3. Couvrir le jambon entier avec une légère couche d'huile pour aider à maintenir les épices en place. Assaisonnez généreusement. À ce stade, vous pouvez le couvrir et le placer dans le réfrigérateur pendant prêt d'une heure ou pendant une nuit.</p><p id="u177807-10">4. Fumez à chaud sur votre Barbecue, à une température d'environ 105°C / 220°F à 120°C / 250°F, pendant 3 à 5 heures, selon la profondeur de la saveur de fumée que vous souhaitez obtenir.</p><p id="u177807-12">5. Préparez la sauce à badigeonner en mélangeant le bouillon de poulet, l'huile végétale, la moutarde et les clous de girofle. Réchauffer à feu moyen et badigeonner le jambon toutes les demi-heures.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 19 May 2024 11:00:55 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Politique européenne : un premier bilan des grandes décisions sur les véhicules électriques]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par José Martí − Le 28 avril 2024 − Source Le Saker Francophone</p><p>Cela fait des dizaines d’années que l’on “construit” une Union européenne supra-nationale, justifiée par l’idée que les États nationaux sont trop égoïstes pour pouvoir servir, et encore moins entrapercevoir le bien commun. Il est peut-être temps, à l’approche des élections d’une représentation populaire, d’établir un bilan de cette “construction”. Nous avons décidé ici de contribuer à ce bilan sur un plan important : la protection de l’environnement, les transports et l’énergie. Tout cela se cristallise autour du véhicule électrique.<br /></p><p>Dans leur immense sagesse supranationale, au service du bien commun et au-dessus des égoïsmes étatiques, les institutions supranationales, commission en-tête, et son parlement servile et corrompu dans son sillage, ont adopté fin 2022 une décision qui n’a échappé à l’attention de personne : <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/10/27/l-union-europeenne-trouve-un-accord-sur-la-fin-des-moteurs-thermiques-en-2035_6147631_3234.html">l’interdiction de facto des ventes de voitures et véhicules utilitaires légers neufs à essence et diesel, ainsi que des hybrides d’ici à 2035</a>. Une décision énorme, qui aura forcément été méticuleusement étudiée, du fait des colossales conséquences qu’elle porte sur des sujets aussi divers que :</p>
<p>L’écosystème des entreprises agissant dans le domaine du transport automobile. En jeu, des emplois, des évolutions normatives colossales, des chaînes d’approvisionnement à revoir, etc.<br />L’organisation des infrastructures. Prévoir des bornes de recharge en nombre, des moyens de production électrique à la hauteur, équiper la population, y compris les personnes qui ne disposent pas d’une place de parking dédié.<br />Le coût d’achat, de maintenance, d’assurance, pour le citoyen. La durée de vie des véhicules ainsi produits.<br />Le maintien en condition de sécurité du parc — il faut savoir qu’un objet doté de batteries, a fortiori s’il est en charge, peut prendre feu spontanément très rapidement, et que l’incendie qui en résulte est <a href="https://www.youtube.com/watch?v=518ddNigwQQ">particulièrement difficile à contenir, et encore plus à éteindre</a>.</p>
<p>Auraient forcément également dû être étudiés, de toute évidence, les prémisses même de l’idée fondamentale, à savoir que le remplacement du parc thermique vers un parc électrique est de nature à diminuer la pollution ; étude réalisée sur l’ensemble du cycle de vie des véhicules : comprenant leur conception, leur mise au point, leurs tests, l’industrialisation de leur fabrication, leur fabrication, leur transport, leur maintenance, leur recyclage. Le simple fait qu’un véhicule ne produit pas de CO2 pendant qu’il roule ne constitue qu’un tout petit aspect de tout ce cycle.</p><p>Bien entendu, de la part d’organisations aussi empressées à produire des montagnes de normes, de processus de vérification, de spécifications, il va de soi que le Citoyen européen pouvait attendre de la part de la sage Commission européenne qu’elle s’applique à elle-même ce niveau normatif : qu’elle conduise et justifie une décision politico-industrielle de cette ampleur par des études et des processus à la hauteur des enjeux.</p><p>Ce qui s’est produit est tout autre. La Commission européenne, pilotée par des idéologues bien pensants, a pris cette décision sans consulter aucun acteur du marché, sans mener d’étude de préparation. Il a simplement été décidé d’appliquer ce changement, et que tout le réel allait s’adapter.</p><p>Nous ne décrétons pas cette idée de notre propre chef. Ce sont les experts issus de l’industrie, et le marché lui-même, qui le disent. Voici ce que monsieur Jean-Dominique Sénard, le 20 mars 2024, lors d’une audition face au Sénat français, a trouvé à exprimer :</p><p>[embedded content]</p><p>Au vu de l’importance de cette analyse, nous publions ici en texte la transcription de cette audition.</p><p>Je ferai simplement une remarque au passage, c’est que la décision a été prise à Bruxelles après des dialogue qui n’étaient pas toujours très faciles ; il se trouve qu’à cette époque-là l’industrie automobile n’avait pas forcément le vent en poupe et je dirais que nous avons à l’époque été un peu soumis à une forme de déni autour des capacités d’innovation — je l’avais vécu comme d’autres dans le monde automobile avec beaucoup de souffrance mais c’est comme ça — et je voudrais simplement faire remarquer que la décision a été prise avec un niveau d’analyse d’impact proche de pas grand-chose. J’espère ne choquer personne en vous disant que l’analyse d’impact n’a pas été faite — j’en veux pour preuve qu’une fois la décision prise, tout le monde a découvert ou a fait mine de découvrir que nous avions un énorme sujet autour de la question des ressources nécessaires pour alimenter les usines de batterie que nous sommes en train de mettre en place en France et nos concurrents de la même manière considérant que de fait l’Europe était dépourvue d’accès significatif aux mines dans le monde qui produisent les métaux nécessaires à la fabrication des batteries. J’ai cité le lithium, le nickel, le manganèse, le cobalt, je parle des terres rares, ne serait-ce que le cuivre aussi [qui] est un sujet majeur comme vous le savez, et même à court terme. Donc cette découverte, liée à un certain nombre de rapports qui sont sortis après coup et qui ont été très bien faits évidemment ont tout simplement entraîné le fait que l’industrie automobile se retrouvait devant des défis majeurs qui n’avaient pas été anticipés. Je ne vais pas faire trop long sur ce sujet mais chacun sait et on ne va quand même pas le reprocher à la Chine que depuis 25 ans la Chine avait mis en place une stratégie extraordinairement directive en la matière mettant la main sur une quantité significative d’exploitation minière dans le monde, en Afrique et ailleurs. La Chine domine aujourd’hui entre 60 et 70 % de l’accès aux mines nécessaires aux métaux pour la production d’énergie électrique, et peut-être un pas plus loin elle domine entre 70 et 75 % — selon les métaux — l’industrie de la transformation de ces métaux qui, je vous le rappelle, est une industrie extrêmement lourde qui nécessite des investissements majeurs parce que le métal, une fois extrait de la mine, doit être raffiné en plusieurs étapes pour être capable ensuite d’être intégré dans des cellules de batterie ; faire une cathode et faire une anode nécessite évidemment des métaux — je n’ai pas évoqué le graphite, j’aurais pu le faire puisque il est absolument essentiel pour fabriquer une anode — et donc ce constat-là, soyons clair, il faut regarder les choses en face, c’est pour ça que je crois que la lucidité est la première des vertus, au fond est apparue après la décision et non pas avant. L’autre sujet qui est apparu effectivement dans la foulée, c’est que les demandes que vont nécessiter l’électrification de la mobilité en Europe mais pas seulement parce qu’il s’agit là aussi de la décarbonation de l’ensemble de l’industrie qui est en train d’électrifier une immense partie des processus de production — et donc là je sors un instant de l’automobile mais cette demande d’énergie, notamment d’énergie électrique, est considérable et les chiffres aujourd’hui que nous avons devant nous, y compris ceux que le gouvernement français nous présente dans le cadre de la stratégie de décarbonation sont des chiffres qui aujourd’hui impressionnent par l’ampleur des besoins nécessaires et que donc nous nous retrouvons, tant en termes de capacité électrique disponible que de son prix qui est une incertitude aujourd’hui devant un deuxième grand défi.<br />[…]</p><p>On se rendait déjà compte, depuis quelques mois, que les ventes de véhicules électriques, dès lors que les aides publiques à l’achat se tarissent, ont une tendance unifiée dans tous les pays à s’effondrer. Voici quelques articles de presse qui en témoignent :</p><p>En parallèle de cela, les personnes qui ont accepté d’acheter en premier des véhicules électriques se rendent compte qu’il est particulièrement difficile de les revendre sur le second marché : la décote subie par un véhicule électrique d’occasion est très significativement supérieure à celle d’un véhicule thermique. <a href="https://www.wardsauto.com/dealers/used-bevs-another-storm-cloud-ahead-mass-bev-adoption">Marché de l’occasion : un autre orage sur la voie de l’adoption de masse des véhicules électriques</a> — wardsauto.com.</p><p>Et quand on y prête attention, on trouve pour dire du bien inconditionnel des véhicules électriques les acteurs de la communication comme les hommes politiques, les journalistes… Mais les ingénieurs, dans leur écrasante majorité, se montrent nettement plus prudents, et ce depuis de nombreuses années.</p><p>Ce qui est en train de se produire est un désastre industriel majeur, à l’échelle du continent européen, piloté, voulu, assumé par des élites totalement déconnectées et corrompues. Nous avons financé à grands frais des institutions européennes totalement dysfonctionnelles. Bien entendu, ce désastre se retrouve sur d’autres sujets, tels que la viabilité de la monnaie Euro, un engagement géopolitique délirant dans la guerre en Ukraine, une politique sanitaire plus que dommageable… En vérité, on peinerait à trouver un seul domaine dans lequel ces institutions apportent quelque chose de significativement bon pour le citoyen européen.</p><p>On va continuer de nous expliquer qu’il faut plus d’Europe pour résoudre ces problèmes. De notre côté, nous pensons que plus d’Europe correspond simplement à plus de déconnexion vis-à-vis du réel, et donc encore plus de désastre.</p><p>Merci à la chaîne youtube <a href="https://www.youtube.com/@VoituresIngenierie">Voitures et Ingénierie</a> pour la persistante pertinence de ses analyses. Elle aura grandement inspiré et apporté des sources à la prise d’angle du présent article.</p><p>José Martí</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 19 May 2024 08:41:51 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Obsédé par « l’islam »?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>A tous mes "amis" </p>

<p>Qui me reprochent d’être obsédé par « l’islam » et qui prétendent que je publie  sur mon mur  trop de  textes ou d’ articles qui discréditent les musulmans déjà, selon eux, victimes d’islamophobie dans les sociétés occidentales.</p>

<p>Je voudrais être clair : chacun, selon moi, est livre de croire ce qu’il veut : y compris ce qu’un esprit rationaliste se refuse à croire : que Moïse a reçu les tables de la loi sur le mont Sinaï, que l’ange Gabriel a dicté le Coran à Mohammed  et que celui-ci est monté au ciel sur sa jument, que Jésus a été conçu par le Saint-Es II prit… Je le répète : chacun est livre de croire ce qu’il vaut, y compris bien sûr d’être athée ou agnostique. Chacun est libre d’avoir une foi qui le relie au divin et de prier dans le silence de sa maison ou en groupe avec ses frères de religion.</p>

<p>Ici, il s’agit d’autre chose : il s’agit d’une idéologie politique totalitaire qui n’accepte pas la diversité des croyances et des incroyances, tout comme dans le passé le nazisme, le stalinisme, le maoïsme,  le polpotisme, l’inquisition, la Terreur… Cette idéologie politique issue du Coran et des Hadith et qui pratique à la lettre une partie des  enseignements du Coran et de la biographie du Prophète lui-même, est conquérante et s’oppose absolument à une conception de la vie et des relations entre les humains que je défends, avec d’autres, dans ma pensée et ma pratique.</p>

<p>Les musulmans, dans leur majorité, me disent mes amis, ne défendent pas les actions monstrueuses du Hamas, de  l’Etat islamique ou  de Boko Haram. Ils ont raison. Mais trop souvent beaucoup de musulmans les justifient en les mettant en parallèle avec les exactions américaines, européennes et surtout israéliennes ou même en affirmant  que ces mouvements ne sont que les marionnettes des précédents et n’ont rien à voir avec l’islam véritable. Sans le vouloir, ils constituent ainsi  une masse qui se prépare à accepter  l’intolérable. Les russes et les allemands, dans leur totalité,  n’étaient pas, à l’avènement du stalinisme et du nazisme, favorables à la création d’un état totalitaire, mais ils étaient réceptifs à une propagande qui leur proposait une certaine vision manichéenne du monde.</p>

<p>Je ne suis pas « obsédé » par l’islam. C’est cet islam-là qui se rend obsédant et propagandiste dans le monde d’aujourd’hui, en conquérant peu à peu les esprits, encore rétifs à ses visions et ses actions. </p>

<p>Cela ne signifie pas qu’il faille absoudre de leurs fautes, les égoïsmes, les violents,  les semeurs de haine, partout où ils existent. Le combat que je mène, depuis longtemps, contre la haine et le mensonge, je n’y renoncerai jamais mais je n’accepterai pas qu’on m’empêche de dire ce que je pense et ce que je vois, sous le prétexte d’une lutte pour la justice et l’égalité, en Europe comme au Moyen-Orient qui, une fois de plus, sert de bouclier et de prête-nom à un nouveau  totalitarisme. </p>

<p>Charles Rojzman</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/956/30-ans-apres-trois-penseurs-quil-est-urgent-de-redecouvrir</guid>
	<pubDate>Sat, 18 May 2024 18:27:26 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/956/30-ans-apres-trois-penseurs-quil-est-urgent-de-redecouvrir</link>
	<title><![CDATA[30 ans après, trois penseurs qu&#039;il est urgent de redécouvrir]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Décédés il y a trente ans cette année, Guy Debord, Jacques Ellul et Christopher Lasch s'avèrent d'une grande actualité. Alors que les militants et universitaires de gauche n'ont aujourd'hui d'yeux que pour Michel Foucault ou Judith Butler, il serait urgent qu'ils redécouvrent la pensée de ces trois auteurs radicaux.</p><p>Le 25 juin 1984, disparaît le philosophe postmoderne Michel Foucault, né en 1926. Du mouvement queer et des études de genre à l'idée selon laquelle le pouvoir s'exerce moins verticalement qu'entre individus (« micropouvoirs ») dans une société productrice de « normes » (le fameux « construit » social), son legs va de l'université, où il reste l'un des auteurs les plus cités en sciences sociales, jusqu'au monde militant. Hostile au socialisme, en sympathie à la fin de sa vie avec le néolibéralisme – car il permettrait l'affirmation du sujet – ou la révolution iranienne, il n'en reste pas moins un penseur clé des gauches « radicales ». À l'occasion du quarantième anniversaire de sa mort, un Congrès mondial lui est consacré sous l'égide du Centre Michel Foucault, avec pas moins de cinquante événements à travers le monde.</p><p>À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/politique/irrationalisme-anti-progressisme-anti-universalisme-la-gauche-t-elle-perdu-la-tete">Irrationalisme, anti-progressisme, anti-universalisme : la gauche a-t-elle perdu la tête ?</a></p><p>Les commémorations sont bien plus modestes, voire inexistantes, pour le trentième anniversaire de la disparition de Christopher Lasch, Jacques Ellul et Guy Debord, tous trois décédés en 1994, respectivement les 14 février, 19 mai et 30 novembre. Penseurs majeurs du XXe siècle, ils sont pourtant largement ignorés de la gauche… qui gagnerait d'autant plus à les lire en priorité. Leurs analyses développent en effet une critique culturelle radicale des sociétés sous le capitalisme et offrent des outils conceptuels puissants pour comprendre notre présent.</p>
<p>Plus conservateur que progressiste</p>
<p>Dans le Manifeste du Parti communiste (1848), <a href="https://www.marianne.net/agora/lectures/la-lutte-finale-on-a-lu-les-dernieres-annees-de-karl-marx-de-marcello-musto">Karl Marx</a> et <a href="https://www.marianne.net/agora/engels-vrai-pere-du-marxisme">Friedrich Engels</a> écrivaient : « La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment […] l'ensemble des rapports sociaux […]. Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelles distinguent l'époque bourgeoise de toutes les précédentes. Tous les rapports sociaux, figés et couverts de rouille, avec leur cortège de conceptions et d'idées antiques et vénérables, se dissolvent […]. Tout ce qui avait solidité et permanence s'en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané […]. » À maints égards, les travaux de Debord, Lasch et Ellul approfondissent ce constat et prolongent la pensée de Marx, quoique d'une façon très hétérodoxe, loin du dogmatisme des syndicats ou du Parti communiste contemporains.</p><p>C'est, en bonne partie, à <a href="https://www.marianne.net/agora/entretiens-et-debats/jean-claude-michea-les-nouvelles-classes-moyennes-urbaines-ont-pour-role-dencadrer-le-capitalisme">Jean-Claude Michéa</a> et aux éditions Climat – à présent sous parapluie Flammarion – que l'on doit l'introduction en France des écrits de l'historien et sociologue américain Christopher Lasch, né en 1932. En 2003, dans une recension de son essai Le seul et vrai paradis. Une histoire de l’idéologie du progrès et de ses critiques, la Revue du MAUSS (Mouvement anti-utilitaire en sciences sociales) le présente comme « historien (et figure hétérodoxe) de la gauche américaine, spécialiste de l’histoire de la famille et des femmes, critique de la société thérapeutique et du narcissisme contemporains, pourfendeur des nouvelles élites du capitalisme avancé », animé par une « volonté de poursuivre une analyse de la société moderne dans la perspective d’une théorie critique de la culture contemporaine et de ses idéologies, notamment des idéologies progressistes ».</p><p>À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/agora/entretiens-et-debats/laurent-ottavi-le-populisme-de-lasch-articule-des-traditions-liberales-socialistes-conservatrices-et-religieuses">Laurent Ottavi : "Le populisme de Lasch articule des traditions libérales, socialistes, conservatrices et religieuses"</a></p><p>Son œuvre – une dizaine d'ouvrages, dont sept traduits en français – analyse les mutations de la société et du sujet états-uniens depuis le XIXe siècle. Contrairement aux gauches qui dominent le champ politique et intellectuel, Lasch est plutôt conservateur que progressiste sur le plan social, plutôt partisan des petits artisans et producteurs que du salariat et de l'industrie, plus favorable à l'autonomie qu'au dirigisme étatique, aux petites unités sociales et à l'enracinement – au sens de <a href="https://www.marianne.net/agora/analyses/ecologie-travail-progres-pourquoi-simone-weil-a-encore-raison-80-ans-apres-sa-mort">Simone Weil</a> – en tant que cadres de formation de l'esprit civique qu'au gigantisme métropolitain et au « bougisme » de la gauche contemporaine.</p>
<p>L'importance de la Technique</p>
<p>Dans son essai Christopher Lasch face au Progrès (L'Escargot, 2022), Laurent Ottavi estime que les « douloureuses épreuves à venir » rendront d'autant plus nécessaire de redécouvrir sa pensée qu'elles « exigeront de revenir à l'essentiel : la vie intérieure et la vie publique ; la capacité d'initiative ; les grands desseins ; les liens de fidélité ; la solidarité ; la transmission ; le courage ; la morale ; l'indépendance ; la conscience de ses obligations ; le sens du sacrifice, tiré d'une compréhension de l'âpreté et de la tragédie de la vie ». Aux antipodes du catéchisme du Progrès qui anime la gauche… C'est en elles que Lasch voit les ferments d'une vie libre et autonome.</p><p>Lui aussi sociologue et historien, l'anarchiste et théologien protestant Jacques Ellul, né en 1912, s'est interrogé, encore jeune : « Si Marx vivait aujourd'hui, quel serait pour lui l'élément fondamental de la société ? » Selon lui, c'est la Technique qui constituerait un déterminant plus important que l'économie. Concept central de son œuvre, la Technique n'inclut pas que l’ensemble des outils, procédés et procédures de l’industrie moderne, concrets (automobiles, ordinateurs…) ou abstraits (management, marketing…), mais désigne aussi le principe qui préside à leur développement exponentiel.</p><p>Les techniques modernes, loin d'être au service des humains, ont acquis leur autonomie, au point que, dans L'Empire du non-sens, il écrit que « c’est la Technique elle-même qui devient un milieu [...]. C’est-à-dire ce dans quoi on trouve les possibilités de vivre, les orientations de sa vie, ce qui nous entoure totalement, et ce que nous sommes obligés de connaître avant de connaître quoi que ce soit d’autre. La Technique nous entoure comme un cocon total et sans faille qui rend la Nature parfaitement inutile (à notre évaluation immédiate), dominée, secondaire, et insignifiante. »</p><p>À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/culture/jacques-ellul-precurseur-de-l-ecologie-politique-et-de-la-decroissance">Jacques Ellul, précurseur de l’écologie politique et de la décroissance</a></p><p>Du ministre ou du PDG sautant de téléconférence en avion au livreur Deliveroo téléguidé par un algorithme, de l’employé filant sur sa trottinette électrique un casque sur les oreilles lui diffusant de la musique électronique à l'ado abîmant son temps sur son « smartphone », tout notre environnement contemporain confirme les analyses d'Ellul. « Par son caractère englobant, et l'ensemble des interactions qu'il provoque, le développement technologique entretient un imaginaire de puissance et de croissance et intègre toujours plus d'éléments nouveaux, y compris les êtres vivants. Nous vivons à notre corps défendant dans un univers de plus en plus technicisé, dont il convient de saisir les enjeux », résume Édouard V. Piély dans Jacques Ellul : Face à la puissance technologique (L'Escargot, 2024).</p>
<p>Debord et le Spectacle</p>
<p>En comparaison avec les sages universitaires Lasch et Ellul, Guy Debord fait plus « rock'n'roll », en raison d'un ancrage dans les avant-gardes. Il fonde successivement l'Internationale lettriste (1952-1957), puis l'Internationale situationniste (1957-1972). Partageant avec <a href="https://www.marianne.net/culture/litterature/arthur-rimbaud-un-siecle-et-demi-plus-tard-la-force-inalterable-de-une-saison-en-enfer">Arthur Rimbaud</a> la certitude que « la vraie vie est absente », Debord et les situationnistes ont la « conviction que c'est dans la vie quotidienne que se jouent le plus immédiatement les transformations révolutionnaires », écrit Patrick Marcolini dans Le mouvement situationniste. Une histoire intellectuelle (L'échappée, 2013).</p><p>À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/anselm-jappe-pour-debord-le-capitalisme-a-fait-reculer-la-misere-materielle-au-prix-dune-alienation-grandissante">Anselm Jappe : "Pour Debord, le capitalisme a fait reculer la misère matérielle au prix d’une aliénation grandissante"</a></p><p>La création de « situations », la psychogéographie, les « dérives » à travers les grandes villes introduisent le jeu comme un art de vivre destiné à réinventer la vie, déprise du prévisible, de l'utilitaire – c'est-à-dire de l'emprise marchande sur l'existence : « Se masquer la question politique posée par la misère de la vie quotidienne veut dire se masquer la profondeur des revendications portant sur la richesse possible de cette vie ; revendications qui ne sauraient mener à moins qu'à une réinvention de la révolution », affirme Debord en 1961. Révolution qui ne saurait passer par les « bureaucraties politiques et syndicales de gauche », qui ne sont à ses yeux qu'« un mécanisme d'intégration à la société capitaliste ».</p><p>À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/agora/entretiens-et-debats/patriotes-critiques-du-progres-et-defenseurs-des-limites-on-vous-presente-les-conservateurs-de-gauche">Patriotes, critiques du progrès et défenseurs des limites : on vous présente les "conservateurs de gauche"</a></p><p>Par son œuvre très diverse (tracts, revues, films, essais) et sa vie même, Guy Debord a tenté d'unir théorie critique et pratique révolutionnaire dans le sens d'une autonomie indissociablement individuelle et collective. Sa réflexion l'a conduit à théoriser le concept qui donne son titre à son essai majeur : La Société du spectacle (1967). Par « spectacle », Debord décrit un « phénomène de dépossession par lequel l'homme contemple ce dont il est exclu », <a href="https://www.marianne.net/agora/lectures/portrait-dun-penseur-radical-on-a-lu-guy-debord-abolir-le-spectacle-demmanuel-roux">explique Emmanuel Roux</a> (Guy Debord. Abolir le spectacle, Michalon, 2022). Il synthétise le règne totalisant de la marchandise, la domination des images et représentations sur la vie vécue, la dépossession pour chacun du pouvoir sur sa vie. Ses critiques de la séparation et de la spécialisation qui divisent décisionnaires et exécutants, spectacle et spectateurs, n'ont rien perdu de leur tranchant. Mieux : elles ont gagné en acuité à mesure que, comme il l'écrivait en 1978, « le spectacle n’a fait que rejoindre plus exactement son concept ».</p><p>Il est lointain le temps où Debord prônait un idéal révolutionnaire de conseils ouvriers s'autodéterminant démocratiquement. De Netflix, Amazon et Twitter à Uber et Deliveroo, la Technique, le narcissisme et le spectacle ont étendu – notamment via les smartphones – une emprise presque totale sur les modes de vie et les imaginaires. Et si la vraie « déconstruction », la vraie « décolonisation » qu'il convenait d'engager passait par les voies tracées par Lasch, Ellul et Debord ?</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Fri, 03 May 2024 21:48:07 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Le changement climatique est normal et naturel et ne peut être contrôlé]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Frits Byron Soepyan − Le 30 mars 2024 −  Source <a href="https://www.realclearmarkets.com/articles/2024/03/30/climate_change_is_normal_and_natural_and_cant_be_controlled_1021250.html">Real Clear Markets</a></p><p></p><p>La NASA a <a href="https://climate.nasa.gov/">affirmé</a> que “la Terre se réchauffe à un rythme sans précédent” et que “l’activité humaine en est la cause principale”. D’autres ont proposé de dépenser des milliards de dollars pour <a href="https://www.usaid.gov/climate/progress-on-climate-finance">contrôler</a> le climat. Mais sommes-nous responsables du changement climatique ? Et que pouvons-nous faire pour y remédier ?</p><p>“Le climat de la planète Terre n’a jamais cessé de changer depuis la genèse de la Terre, parfois relativement rapidement, parfois très lentement, mais toujours sûrement”, déclare <a href="https://co2coalition.org/teammember/patrick-moore/">Patrick Moore</a> dans <a href="https://www.google.com/books/edition/Fake_Invisible_Catastrophes_and_Threats/r8dizgEACAAJ?hl=en">Fausses catastrophes invisibles et menaces de malheur</a>. Espérer un “climat parfait et stable” est aussi futile que d’espérer que le temps sera toujours le même et agréable, tous les jours de l’année, pour toujours.</p><p>En d’autres termes, le changement climatique est normal et naturel, et vous pouvez oublier de le contrôler.</p><p>Par exemple, les <a href="https://www.space.com/solar-cycle-frequency-prediction-facts">cycles solaires</a>, déterminés par le champ magnétique du Soleil sur des périodes de 8 à 14 ans, exercent une influence majeure sur le temps et le climat. Ils libèrent des quantités variables d’énergie et produisent des taches solaires sombres à la surface du Soleil. Les <a href="https://wattsupwiththat.com/2023/07/05/solar-activity-cycle-25-surpasses-cycle-24/">effets</a> des cycles solaires sur la Terre varient, certaines régions se réchauffant de plus de 1°C et d’autres se refroidissant.</p><p>Les changements climatiques résultent des variations de l’interaction de l’énergie solaire avec la couche d’ozone de la Terre, ce qui influence les niveaux d’ozone et les températures stratosphériques. Celles-ci, à leur tour, influencent la vitesse des vents d’ouest en est et la stabilité du vortex polaire. Le fait que le vortex polaire reste stable et proche de l’Arctique ou qu’il plonge vers le sud détermine si les hivers aux latitudes moyennes de l’hémisphère nord sont rigoureux ou doux.</p><p>Outre les cycles solaires, il existe trois <a href="https://climate.nasa.gov/news/2948/milankovitch-orbital-cycles-and-their-role-in-earths-climate">cycles de Milankovitch</a> dont la durée varie de 26 000 à 100 000 ans. Ils comprennent l’excentricité, ou la forme, de l’orbite elliptique de la Terre autour du Soleil. De petites fluctuations dans la forme de l’orbite influencent la durée des saisons. Par exemple, lorsque l’orbite ressemble davantage à un ovale qu’à un cercle, les étés de l’hémisphère nord sont plus longs que les hivers et les printemps plus longs que les automnes.</p><p>Les cycles de Milankovitch impliquent également l’obliquité, c’est-à-dire l’angle d’inclinaison de l’axe de la Terre. Cette inclinaison explique l’existence de saisons, et plus l’inclinaison de la Terre est importante, plus les saisons sont extrêmes. Des angles d’inclinaison plus importants peuvent entraîner la fonte et le recul des glaciers et des calottes glaciaires, car chaque hémisphère reçoit plus de rayonnement solaire pendant l’été et moins pendant l’hiver.</p><p>Enfin, la Terre en rotation, telle une toupie, oscille légèrement sur son axe. Connu sous le nom de précession, ce troisième cycle de Milankovitch provoque des contrastes saisonniers plus marqués dans un hémisphère et moins marqués dans l’autre.</p><p>Les courants océaniques et éoliens, qui se déplacent de l’espace vers la Terre, influencent également le climat.</p><p>Par exemple, en <a href="https://oceanservice.noaa.gov/facts/ninonina.html">temps normal</a>, dans l’océan Pacifique, les alizés soufflent d’est en ouest le long de l’équateur, poussant les eaux de surface chaudes de l’Amérique du Sud vers l’Asie. Lors du phénomène <a href="https://oceanservice.noaa.gov/facts/ninonina.html">El Niño</a>, les alizés faiblissent et les eaux chaudes s’inversent, se déplaçant vers l’est et la côte ouest des États-Unis. D’autres fois, pendant <a href="https://oceanservice.noaa.gov/facts/ninonina.html">La Niña</a>, les alizés deviennent plus forts que d’habitude et davantage d’eau chaude est poussée vers l’Asie. Aux États-Unis et au Canada, ces phénomènes font que certaines régions deviennent plus chaudes, plus froides, plus humides ou plus sèches que d’habitude.</p><p>Outre El Niño et La Niña, il existe également <a href="https://www.climate.gov/news-features/understanding-climate/climate-variability-north-atlantic-oscillation">l’oscillation nord-atlantique</a>, qui est due à une faible pression atmosphérique dans l’océan Atlantique Nord, près du Groenland et de l’Islande (connue sous le nom de dépression subpolaire ou dépression islandaise), et à une forte pression atmosphérique dans le centre de l’océan Atlantique Nord (connue sous le nom d’anticyclone subtropical ou d’anticyclone des Açores). La force relative de ces régions de basses et hautes pressions atmosphériques influe sur le climat de l’est des États-Unis et du Canada, ainsi que sur celui de l’Europe, en influençant à la fois les températures et les précipitations.</p><p>De même, c’est grâce aux <a href="https://www.britannica.com/video/185630/role-cells-extent-Hadley-rainforests-deserts">cellules de Hadley</a> que la Terre possède des forêts pluviales équatoriales délimitées par des <a href="https://earthobservatory.nasa.gov/biome/biodesert.php">déserts</a> au nord et au sud. Comme le soleil réchauffe le plus la Terre à l’équateur, l’air de part et d’autre de l’équateur est plus froid et plus dense. Par conséquent, l’air frais souffle vers l’équateur tandis que l’air équatorial chaud et moins dense s’élève et se refroidit, libérant de l’humidité sous forme de pluie et créant une végétation luxuriante. L’air ascendant et plus sec atteint la stratosphère en soufflant vers le nord et le sud pour s’installer dans les régions rendues arides par le manque d’humidité atmosphérique.</p><p>Ces phénomènes et d’autres qui influencent notre climat échappent largement au contrôle de l’homme.</p><p>Frits Byron Soepyan</p><p>Associé scientifique et de recherche à la CO2 Coalition, Arlington, VA, est titulaire d’un doctorat en génie chimique de l’université de Tulsa et a travaillé comme ingénieur en systèmes de traitement et chercheur dans des projets liés à l’énergie.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Fri, 03 May 2024 13:03:07 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Röpke, l’économiste qui voulait dépasser l’offre et la demande]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Le fondateur de l’ordo-libéralisme, un courant qui vise à créer les conditions-cadres permettant la concurrence libre, était opposé au capitalisme de laissez-faire cher à Adam Smith, celui de l’ordre spontané et de la main invisible. Il préférait une voie médiane qui intègre un filet de sécurité sociale, selon Richard Ebeling, professeur d’éthique à l’école de management «The Citadel», aux Etats-Unis. Le penseur allemand, cofondateur de l’Institut du Mont Pèlerin qui allait donner naissance au néo-libéralisme, s’est toujours inquiété de la déshumanisation de la société. Il ne considérait l’économie que dans ses relations avec la société.</p>
<p>Un fort impact sur la Suisse</p>
<p>Wilhelm Röpke est né près de Hanovre en 1899. Professeur d’économie à 24 ans, le plus jeune d’Allemagne, il fut très tôt confronté aux totalitarismes, qu’ils soient communiste, fasciste ou nazi. Dénonçant la politique national-socialiste et sa brutalité, il perdit son emploi et fuit en Turquie puis, dès 1937, à Genève pour y enseigner à l’Institut Universitaire de Hautes Etudes Internationales (IUHEI), aujourd'hui l'IHEID. Il y resta 30 ans. «Lors de ses cours, passionné et détaché de l’objectivité scientifique, il y avait de l’électricité dans l’air», a indiqué Richard Ebeling.</p><p>Ses écrits ont été nombreux. Aux côtés d’ouvrages, comme «Civitas Humana», il publia ses analyses dans la Gazette de Lausanne ainsi que la NZZ. Son impact a été majeur tant en Suisse qu’en Allemagne. Pour Pierre Bessard, directeur de l’Institut Libéral, «si la Suisse est l’économie la plus libre d’Europe et si elle a si bien résisté au centralisme en vigueur en Europe, c’est aussi grâce à Wilhelm Röpke et à celui qui l’a invité à Genève, le libéral William Rappard, fondateur de l’IUHEI».</p><p>Défenseur d’un libéralisme défini par son ouverture et sa tolérance, Wilhelm Röpke a toujours été critique à l’égard de l’intervention de l’État, parce qu’elle crée un risque de déshumanisation des relations sociales. «Avec l’augmentation de la taille de l’État providence, la redistribution réelle ne se fait pas de Pierre à Paul, mais de Pierre à l’État, et c’est ce dernier qui définit qui reçoit et combien», a déclaré Richard Ebeling. Sa critique de l’État n’était donc pas économique, mais éthique. La politique sociale étatique détruit, à son avis, la classe moyenne et les modes de coopération volontaire entre individus et petits groupes. Les valeurs défendues par Wilhelm Röpke étaient celles de la bourgeoisie, celles de liberté, de responsabilité, de fidélité et leur ancrage dans la famille, la religion, la communauté.</p><p>Cet avocat de l’État minimum, aurait aujourd’hui critiqué l’UE et son intégration sous la contrainte, préférant une forme d’association flexible entre pays membres, a ajouté Richard Ebeling.</p><p>Libéral sans aucun doute, Wilhelm Röpke était, sous maints aspects, également un conservateur. Pessimiste à l’égard de la modernité, de l’industrialisation, de l’urbanisation et adversaire des grandes compagnies, il cherchait à préserver les valeurs d’antan. Mais, selon Tim Petersen, chercheur à l’Institut Röpke, «c’était un utopiste rétrograde dans la mesure où les valeurs qu’il voulait conserver n’ont jamais existé». Il était aussi conservateur par son opposition au droit de vote des femmes. Pourtant, les conservateurs eux-mêmes ne l’appréciaient guère, tant il était favorable au libre échange et critique à l’égard de l’État, écrit Gerhard Schwarz, ex-directeur d’Avenir Suisse, dans la NZZ.</p><p>Lire dans les archives:</p><p><a href="http://www.letempsarchives.ch/page/JDG_1966_02_14/3/roepke" rel="nofollow noopener" target="_blank">L’annonce du décès de Wilhelm Röpke</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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