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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Mars 2025]]></title>
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	<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 18:40:07 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[[unable to retrieve full-text...]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>[unable to retrieve full-text content]</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 29 Mar 2025 19:21:51 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[L&#039;union européenne, créer un rapport de forces avec l&#039;administration Trump sans avoir ni les moyens, ni les muscles.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>A côté de la guerre physique sur le champ de bataille en Ukraine, la guerre commerciale et idéologique qui a débuté va nous faire très mal.</p>

<p>Ne nous trompons pas : les dirigeants européens, qui prétendaient pouvoir mettre la Russie à genoux il y a trois ans, veulent désormais jouer le rapport de forces avec l'administration Trump sans avoir les moyens et les muscles de leurs ambitions. Ils vont nous faire souffrir avec toujours plus d'impôts, de taxes et des contre-offensives commerciales douloureuses. </p>

<p>Pourquoi ? </p>

<p>Parce qu'ils n'ont que l'argent des peuples qui travaillent et qui produisent pour faire de la politique et pour basculer dans une économie de guerre". L'impôt reste le nerf de la politique, du rapport de forces et de la guerre. Nous allons devoir payer beaucoup pour servir la stratégie de "la coalition des volontaires" (*) et de Bruxelles.</p>

<p>Par ailleurs, plus Trump sera dur avec l'Union européenne, plus Mme Von der Leyen voudra faire mal à l'économie américaine, en particulier dans les Etats qui ont fait gagner Donald Trump le 5 novembre dernier. </p>

<p>Nous avons par exemple découvert que la Commission européenne a voulu faire trembler Trump en lui imposant des droits de douanes sur des produits emblématiques en Lousiane, dans le Nebraska, en Géorgie, dans le Kansas, en particulier sur des productions comme les motos Harley Davidson ou le Bourbon du Kentucky.</p>

<p>La réaction américaine a été immédiate : Trump a durci ses droits de douanes sur les vins, champagnes et alcools en provenance de l'UE, en particulier de la France, de l'Espagne et de l'Italie. </p>

<p>Giorgia Meloni a évidemment protesté vigoureusement contre cette décision sans débat démocratique de Bruxelles. François Bayrou, pour sa part, a prétendu qu'il s'agissait d'une simple "maladresse" et que "la Commission avait taxé le Bourbon sans relire sa liste". </p>

<p>Si c'est vrai, quel amateurisme ...</p>

<p>La guerre idéologique et commerciale fait donc déjà des ravages dans toute l'Union européenne. L'industrie automobile, déjà en grande difficulté, va devoir affronter de nouvelles tempêtes. </p>

<p>On le voit, ici, cette guerre commerciale est aussi idéologique : nos dirigeants démocrates, progressistes et multiculturalistes font surtout la guerre au conservatisme, au souverainisme et au patriotisme de l'administration Trump. Et cette guerre peut durer au moins quatre ans. </p>

<p>Les deux pays qui devraient souffrir le moins de cette guerre idéologique et commerciale sont la Hongrie de Viktor Orban et l’Italie de Giorgia Meloni. Rien de surprenant. Ils sont du même bord politique que Donald Trump. </p>

<p>Nous avons un vrai problème dont nous ne nous débarrassons pas : c'est celui de la charge idéologique centriste et gauchiste de nos dirigeants. Il va pourtant falloir le faire, dans les urnes. Et vite.</p>

<p>Yann Bizien</p>

<p>(*) "Coalition des volontaires" : expression de propagande de guerre qui a vocation à ne pas montrer une Europe en réalité faible et divisée.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sat, 29 Mar 2025 13:49:27 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1096/blue-labour-decouvrir-la-doctrine-starmer-pour-un-conservatisme-social-au-royaume-uni</link>
	<title><![CDATA[Blue Labour : découvrir la doctrine Starmer pour un conservatisme social au Royaume-Uni]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1097/keith-starmer" class="embed-insert"><img class="elgg-photo" alt="Keith_STARMER" src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1097/medium"></a> <br /> <a data-social="facebook" class="text-red no-underline inline-block w-4 h-4 mr-2" target="_blank" href="https://facebook.com/sharer/sharer.php?u=https%3A%2F%2Flegrandcontinent.eu%2Ffr%2F2025%2F03%2F26%2Fblue-labour-decouvrir-la-doctrine-starmer-pour-conservatisme-social-au-royaume-uni%2F"><br /><br /></a> <a data-social="linkedin" class="text-red no-underline inline-block w-4 h-4 mr-2" target="_blank" href="https://www.linkedin.com/shareArticle?title=Blue+Labour%26%23160%3B%3A+d%C3%A9couvrir+la+doctrine+Starmer+pour+un+conservatisme+social+au+Royaume-Uni&amp;url=https%3A%2F%2Flegrandcontinent.eu%2Ffr%2F2025%2F03%2F26%2Fblue-labour-decouvrir-la-doctrine-starmer-pour-conservatisme-social-au-royaume-uni%2F"><br /><br /></a></p>
<p class="has-drop-cap">Les <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/themes/politique/lallemagne-dans-linterregne/">élections législatives allemandes de février 2025</a> sont venues parachever une longue série d’échecs des démocraties libérales occidentales. Face au reflux du SPD et de la CDU <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2025/02/25/vers-une-grande-coalition-dangereuse-5-theses-sur-lelection-allemande/">qui formeront bientôt un gouvernement de « grande coalition »</a>, l’AfD conforte sa position d’acteur du renouveau politique. Notre libéralisme démocratique s’était vendu comme une promesse d’émancipation et de prospérité. Il convulse désormais à l’échelle du continent dans une crise de sens — entre inégalités abyssales et solitude généralisée. Le rêve d’un individu affranchi de toutes les tutelles s’effondre sur lui-même : à force de déconstruire, il ne reste plus rien. Ni peuple, ni nation, ni structures intermédiaires pour amortir la chute. Juste un face-à-face glaçant entre l’État et l’individu, un marché globalisé qui broie les existences et des démocraties à bout de souffle.</p><p>Dans cet interrègne politique, la Grande Bretagne est frappée des mêmes maux. Mais sa réponse électorale fait figure d’exception.</p><p>Le Blue Labour est aujourd’hui en passe d’imposer son hégémonie dans le dispositif de Keir Starmer.</p>
<p>Renaud Large</p>
<p>La <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2024/07/09/comprendre-la-victoire-du-labour-au-royaume-uni-en-10-points/">victoire travailliste de juillet 2024</a> semble remonter le courant, malgré le poids électoral du parti Reform et de son leader Nigel Farage. Le Labour accède au pouvoir, à contre-temps d’une montée des eaux illibérales. Mais le cabinet Starmer n’est pas seulement le résultat du mouvement mécanique de balancier d’une pendule démocratique rouillée : dans l’opposition, certains travaillistes ont établi une feuille de route précise. Ils s’installent sur une assise idéologique robuste. Ils ont tiré les leçons des erreurs du New Labour et de leur dernière expérience du pouvoir, mais aussi des errements du corbynisme. Si les tories ont quitté le pouvoir dévitalisés, les travaillistes ne s’inscrivent pas uniquement « contre ». Ils essayent de développer une armature intellectuelle instruite des errements du libéralisme agonisant. </p><p>Starmer et son gouvernement ont pris une direction singulière en renouant, au moins en partie, avec une tradition politique délaissée : le Blue Labour.</p>
<p>De Maurice Glasman à Keir Starmer, comment le Blue Labour a conquis le pouvoir au Royaume-Uni</p>
<p>Parmi les influences actuelles du résident du 10 Downing Street, ce courant occupe en effet une place de choix. Le Blue Labour est propulsé par une dynamique politique transversale qui le rend irréductible à une aile droite ou à une aile gauche du parti. Conservateur, il s’est affranchi de l’héritage culturellement plombant des années Corbyn. Progressiste, il a permis de sortir de l’ornière économique du magistère neolibéral de Tony Blair. Sa matrice idéologique a transporté les travaillistes dans l’étape d’après.</p><p>Si le Blue Labour est aujourd’hui en passe d’imposer son hégémonie dans le dispositif de Keir Starmer — notamment sur des sujets régaliens comme les politiques migratoires, sécuritaires et, dans une moindre mesure, de défense — l’influence du courant au sein du parti travailliste a connu des hauts et des bas. Il a été fondé au début des années 2010 par Maurice Glasman, un penseur iconoclaste, d’inspiration post-libérale, qui désirait reconnecter le Labour à son âme ouvrière. Pour lui, le New Labour de Tony Blair avait donné un poids disproportionné à la composante technocratique du Labour, historiquement logée au sein de la Fabian Society, au détriment de ses racines populaires incarnées par l’ouvriérisme des syndicats. En embrassant le libéralisme économique, la troisième voie théorisée par Anthony Giddens avait selon lui durablement éloigné le parti des gens ordinaires.</p><p>Dans l’introduction de son ouvrage Blue Labour. The Politics of the Common Good, Maurice Glasman écrit : « le Blue labour est né pendant le krach financier de 2008 et le sombre crépuscule du New Labour et de la troisième voie. C’est aussi l’époque de la mort de ma mère. (…) Nous avons regardé Gordon Brown dire que le « destin du Labour était de sauver le système bancaire mondial » et les yeux de ma mère ont croisé les miens, puis elle a secoué la tête et fermé les yeux. »  Si le blairisme se voulait une adaptation de la social-démocratie au marché, il se révéla en réalité la première pierre d’une conversion au libéralisme culturel. En un sens, il a par ailleurs préparé l’axe sociétal du corbynisme — deux versants parfaitement antagonistes avec les aspirations populaires. En lançant ce courant, Maurice Glasman souhaitait donc retrouver l’identité « prolétaire » du Labour et renouer avec le traditionalisme travailliste empreint de solidarité communautaire, d’enracinement culturel et de dignité humaine. « En renouant avec son histoire, le parti travailliste peut revitaliser la Grande-Bretagne (…) Les travailleurs organisés qui ont résisté à leur dépossession et à leur exploitation ont appelé leur parti, le parti travailliste pour nous le rappeler »  écrit-il ainsi en 2011.</p><p>Le mouvement a connu son apogée entre 2010 et 2015 sous Ed Miliband, alors chef de l’opposition officielle — Maurice Glasman a d’ailleurs été créé Lord par ce dernier. </p><p>Ed Miliband a préfacé en 2011 The Labour Tradition and The Politics of Paradox, publication de référence du Blue Labour regroupant ses penseurs de premier plan comme Marc Stears, Jonathan Rutherford ou Maurice Glasman lui-même.</p><p>Dans son texte, le leader travailliste se montre particulièrement bienveillant avec les idées du Blue Labour : « Les discussions publiées ici sont empreintes d’énergie politique et de confiance intellectuelle. Nous sommes ouverts à de nouvelles idées et à de nouvelles approches (…) Historiquement, les débats au sein du parti travailliste ont tourné autour d’un choix entre « plus d’État et moins de marché » ou « plus de marché et moins d’État ». Cette approche doit être revue (…) La contribution centrale (…) du Blue Labour (…) se situe au cœur de cette discussion qui a déjà redynamisé le parti et plus généralement la politique, depuis que nous avons quitté le pouvoir. » </p><p>Durant le shadow cabinet Corbyn, le mouvement a considérablement perdu en influence au sein du parti. Il s’est peu à peu mué en courant d’opposition au corbynisme entre 2015 et 2020, notamment par le biais de plusieurs groupes de réflexions comme le Common Good Labour, devenu par la suite Labour Together. C’est depuis ces organisations — à l’extérieur du parti — qu’il se structure, se régénère, gagne des militants, des cadres et reprend pied contre les équipes de Jeremy Corbyn et leur doctrine.</p><p>Maurice Glasman souhaitait retrouver l’identité « prolétaire » du Labour et renouer avec le traditionalisme travailliste empreint de solidarité communautaire, d’enracinement culturel et de dignité humaine.</p>
<p>Renaud Large</p>
<p>À la faveur de l’élection de Keir Starmer à la tête du parti en 2020, le Blue Labour redevient une pièce centrale de l’échiquier travailliste et les corbynistes sont évincés du parti. Morgan McSweeney devient ainsi directeur de campagne puis directeur de cabinet de Keir Starmer après avoir dirigé Labour Together à partir de 2017. Ce dernier est un enfant du courant, dont la philosophie a largement inspiré son action. En 2010, il avait mené la campagne victorieuse à Barking &amp; Dagenham de Jon Cruddas, figure parlementaire iconique du Blue Labour, contre l’extrême droite du British National Party. Après les élections de 2024, Morgan McSweeney devient directeur de cabinet du Premier ministre Starmer. En juin 2024, la revue The New Statesman fait de McSweeney la personne la plus influente à gauche en Grande Bretagne .</p><p>Le cabinet Starmer se compose par ailleurs de ministres inspirés ou proches de la doctrine du Blue Labour dont Ed Miliband, le Secrétaire d’État à la Sécurité énergétique et à la Neutralité carbone ; Angela Rayner, la Vice-Première ministre et Secrétaire d’État au Logement, aux Communautés et aux Collectivités locales ; ou encore Lisa Nandy, la Secrétaire d’État à la Culture, aux Médias et aux Sports. Enfin, une jeune garde parlementaire s’inscrit elle aussi dans la filiation du Blue Labour. On retrouve des députés du nord ouvrier, par-delà le red wall comme Dan Carden à Liverpool, Jonathan Hinder à  Pendle &amp; Clitheroe, Jonathan Brash à Hartlepool ou David Smith à North Northumberland.</p><p>L’influence du courant dans certaines décisions politiques du cabinet Starmer est d’ailleurs patente.</p><p>La référence constante du Premier ministre au respect des gens ordinaires est directement inspirée du Blue Labour. Quelques mois avant son accession au pouvoir, en janvier 2024,  Starmer brossait « l’histoire des gens ordinaires dans ce pays » lors du Civil Society Summit . Dans son discours à la Labour Party Conference 2024, il mentionnait : « les personnes issues de la classe ouvrière ordinaire comme la mienne » . On peut également percevoir l’influence du Blue Labour dans l’approche régulationniste du cabinet en matière migratoire, afin notamment de préserver le monde du travail. Dès 2011, Maurice Glasman invitait à « fixer des limites »  en matière migratoire. Dans son discours sur l’immigration en novembre 2024, le Premier ministre Starmer évoquait quant à lui : « la sécurisation de nos frontières [comme] la question la plus importante pour les travailleurs » .</p><p>Glasman constitue aujourd’hui une figure plus contestée, mais néanmoins toujours influente intellectuellement — et institutionnellement. Invité par le <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/themes/politique/sources-intellectuelles-de-la-revolution-culturelle-trumpiste/j-d-vance/">vice-président J. D. Vance</a>, il a été le seul pair britannique à se rendre à la cérémonie d’investiture du Président Trump en janvier 2025. Il adresse régulièrement des critiques aux membres de la majorité, qualifiant la chancelière de l’échiquier, Rachel Reeves de « drone du Trésor » ou le procureur général, Richard Hermer « d’imbécile progressiste » .</p><p>Invité par le vice-président J. D. Vance, Maurice Glasman, fondateur du Blue Labour, a été le seul pair britannique à se rendre à la cérémonie d’investiture du Président Trump en janvier 2025.</p>
<p>Renaud Large</p>

<p>Une vision « post-libérale » agrégeant plusieurs influences</p>
<p>Ne se voulant ni nostalgique ni réactionnaire, le Blue Labour porte un constat simple : l’homme n’existe pas hors de ses liens. La liberté, dans cette perspective, ne consiste pas à se détacher des autres, mais à trouver sa place dans un ordre collectif où chacun contribue au bien commun. Dans la vision post-libérale du Blue Labour, l’homme n’est pas une monade isolée mais le fruit d’une histoire, d’une culture, d’une communauté. Seul un retour aux structures d’appartenance pourrait ainsi nous sortir du chaos. Le libéralisme économique et le progressisme culturel ont ensemble détruit les liens sociaux qui faisaient tenir la classe ouvrière. À force de déréguler l’économie et de briser les solidarités traditionnelles, nous aurions fabriqué une société de l’errance, privée d’identité et de repères.</p><p>Face à ce constat, le Blue Labour propose explicitement un projet civilisationnel : la reconquête du politique par le patriotisme, le local, le syndicalisme, la coopération entre travailleurs, et la redécouverte du rôle structurant des communautés. Une société ne pouvant pas être pensée comme un simple contrat entre individus qui cherchent leur intérêt personnel, elle doit reposer sur des liens organiques et une interdépendance qui oblige à reconnaître que nous avons des devoirs envers les autres. Glasman écrit ainsi :</p><p>« Les valeurs distinctives du Labour sont enracinées dans les relations, dans les pratiques qui renforcent une vie éthique. Des pratiques telles que la réciprocité, qui donne une forme concrète à la liberté et à l’égalité dans une relation active de don et de contre-don. La mutualité, où nous partageons les bénéfices et les charges d’une association. Et puis, si la confiance est établie, la solidarité, où nous partageons activement notre sort avec d’autres personnes. Telles sont les formes du mouvement syndical, des mutuelles, des coopératives et des syndicats. Il s’est construit sur des relations de confiance et d’amélioration mutuelle qui se sont forgées entre les personnes par l’action commune. » </p><p>Le Blue Labour s’inspire également de la doctrine sociale de l’Église. Il entend lutter contre l’éclatement social par la réhabilitation des valeurs transcendantes comme la dignité humaine.</p><p>En 2020, Glasman écrit encore :</p><p>« J’ai vécu une expérience intense. Je suis resté debout toute la nuit à lire Laborem Exercens de Jean-Paul II, qui reste la plus grande réflexion sur le sens du travail que j’ai jamais lue. Centesimus Annus de Jean-Paul II était également révélateur, de même que Rerum Novarum de Léon XIII. J’ai établi le lien entre la subsidiarité, le statut humain du travailleur et la solidarité en tant que forme de communauté politique. » </p><p>Comment reconstruire du commun quand tout a été nivelé ? En repartant des travaux de Karl Polanyi — que Glasman cite abondamment dès 1994 dans l’article « The Great Deformation. Polanyi, Poland and the terrors of planned spontaneity » publié dans la New Left Review  — le Blue Labour cherche à réencastrer l’économie dans la politique. Il postule que pour reprendre la main sur l’économie, il faut la réinscrire dans des structures démocratiques tout en refusant la séparation entre possédants et travailleurs. Les biens doivent ainsi devenir relationnels en s’établissant dans une réciprocité entre le producteur et le consommateur. Pour les tenants du courant, nous donc serions des homos reciprocans plutôt que des homo oeconomicus .</p><p>À propos de son ouvrage, La  politique de la vertu , co-écrit avec Adrian Pabst, John Milbank, penseur proche du Blue Labour, explique :</p><p>« Nous défendons une économie sociale de marché, qui critique à la fois le marché capitaliste et l’État bureaucratique, car comme la plupart des penseurs communautariens, nous pensons que ce sont les deux faces d’un même problème (…) Nous critiquons l’idée selon laquelle par nature une transaction économique est basée sur l’intérêt particulier des parties (…). Un échange économique peut aussi s’appuyer sur un but commun. Ce n’est pas une question d’altruisme pur, mais de réciprocité qui caractérise toutes les relations humaines quand elles ne sont pas artificiellement détruites. » </p><p>Les auteurs s’inspirent de l’approche de l’économie civile que l’on retrouve chez l’économiste italien Luigino Bruni.</p><p>Le Blue Labour propose explicitement un projet civilisationnel : la reconquête du politique par le patriotisme, le local, le syndicalisme, la coopération entre travailleurs, et la redécouverte du rôle structurant des communautés.</p>
<p>Renaud Large</p>
<p>« Pour l’économie sociale et civile, le marché peut être considéré comme bon et favorable au bien commun dans la mesure uniquement où il constitue l’expression et la concrétisation d’une socialité fondamentale, où il comprend une dimension mutualiste et communautaire, fortement ancrée dans l’exigence de respect et de réciprocité » résume Serge Audier . On pourrait trouver un écho à cette idée dans <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2020/09/04/graeber-en-plein-vol/">le concept de « communisme primaire » du penseur David Graeber</a>. Pour lui, les activités quotidiennes les plus stimulantes — le service rendu, les loisirs sportifs, la rencontre humaine — sont le fruit d’une relation basée sur la solidarité et l’entraide. Elles se situent en dehors du marché. Il considère ainsi que les gens « appliquent les principes du communisme parce que c’est la seule chose qui fonctionne vraiment. (…) Le communisme est donc déjà là. » </p><p>Le discours du Blue Labour résonne enfin avec celui du solidarisme et du mutualisme français.</p><p>À la fin du XIXe siècle, Léon Bourgeois posait un principe simple : nous serions tous débiteurs — non pas au sens financier du terme, mais parce que nous sommes les héritiers d’un monde que nous n’avons pas bâti. Notre éducation, nos infrastructures, nos institutions… tout cela est le fruit d’un effort collectif. Dans son ouvrage Solidarité, Bourgeois défend une idée révolutionnaire : l’individu ne peut jouir de ses libertés qu’à condition de reconnaître ce qu’il doit aux autres. Il en déduit une obligation morale et politique : chacun doit contribuer au bien commun, en fonction de ses moyens et nous cotisons pour rembourser, aux générations futures, la dette que nous avons contractée à l’égard de nos ancêtres. Ici, l’égalité n’est pas donnée, elle se construit par la solidarité. Comme alternative au capitalisme, Bourgeois propose un autre modèle économique, plus ancré, plus solidaire : celui des coopératives et des mutuelles. Des structures où la production appartient à ceux qui la font vivre, où la valeur ne s’évapore pas vers les actionnaires mais irrigue le territoire. C’est un modèle où la production est enracinée, où la finance ne dicte plus sa loi, où l’on valorise les métiers qui font tenir la société plutôt que ceux qui spéculent sur sa ruine.</p>
<p>La stratégie Glasman et l’avenir européen du Blue Labour</p>
<p>Maurice Glasman et le Blue Labour veulent agir en deux temps.</p><p>D’abord, en réhabilitant le rôle des Nations et des communautés politiques. Contre la vision selon eux technocratique et mondialisée du pouvoir, ils défendent une démocratie « ancrée dans la vie », où les citoyens reprennent la main sur les grandes décisions. Ils croient au retour de la civilité, charpente d’une vie commune juste. Et ils réhabilitent, à gauche, la notion de Patrie. En 2011, Maurice Glasman déclarait : « Le parti travailliste dispose d’un immense espace pour être le parti patriotique, pour affirmer que nous vivons dans un grand pays. » </p><p>Les travaillistes britanniques ne sont pas arrivés au pouvoir par hasard et impréparés à la dureté du climat politique. Quelques mois après leur victoire, ils ont pu s’appuyer sur l’armature intellectuelle et l’agenda de réformes savamment établies par le Blue Labour pendant des années.</p>
<p>Renaud Large</p>
<p>Ensuite, en reconnectant l’individu à un cadre structurant. Le Blue Labour  insiste ainsi sur la nécessité de reconstruire un pacte entre capital et travail : recréer des syndicats forts, favoriser la participation des travailleurs aux décisions stratégiques des entreprises, et donner une priorité absolue au local sur le global. La famille, l’école, la commune, l’entreprise coopérative… sont autant de lieux où se reconstruit un lien social que le libéralisme avait brisé. Une société qui ne tient que par des contrats et des règlements produit le vide ; le Blue labour veut combler ce vide, reconstruire une conscience partagée du bien commun, dans un monde où l’on appartiendrait à quelque chose de plus grand que soi. Maurice Glasman décrit ainsi les « anciennes traditions politiques [qui] se sont fondues dans le mouvement travailliste. (…) D’un côté, il y avait la notion aristotélicienne de la vie bonne et du bien commun. L’importance de la politique, de la vertu comprise comme la poursuite d’une vie commune entre des intérêts divergents, a été transposée dans la vie politique de la Nation. »  Une société où la liberté cesse d’être un mirage individualiste et matérialiste pour redevenir une conquête collective et transcendante.</p><p>Les travaillistes britanniques ne sont pas arrivés au pouvoir par hasard et impréparés à la dureté du climat politique.</p><p>Quelques mois après leur victoire, ils ont pu s’appuyer sur l’armature intellectuelle et l’agenda de réformes savamment établies par le Blue Labour pendant des années. Avec une approche post-libérale novatrice, ils parviennent à renouveler un logiciel idéologique comme peu d’autres mouvements socialistes en Europe. L’avenir nous dira si cette formule parvient à contenir ou faire reculer <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2025/02/05/au-royaume-uni-reform-uk-est-en-train-de-devenir-la-premiere-force-politique-devant-les-travaillistes/">la poussée électorale du parti de Nigel Farage</a>.</p><p>Toujours est-il que le reste de la gauche continentale serait bien inspiré de s’intéresser de plus près aux aggiornamentos des travaillistes britanniques et de connaître la leçon du Blue Labour. On retrouve en effet des traits distinctifs du Blue Labour dans d’autres courants politiques européens : la social-démocratie scandinave avec son ancrage local et syndical, l’économie sociale et solidaire en Italie, en Espagne ou en France — avec les coopératives comme Myosotis à Brescia, Mondragon au pays basque ou encore le réseau de la mutualité française. Aussi est-il légitime de se demander si le modèle du Blue Labour pourrait être exportable en Europe continentale. C’est une possibilité qui pourrait contenir la droite radicale — et qui nécessiterait d’intensifier les échanges entre les acteurs européens pour faire émerger une culture politique commune.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1094/l%E2%80%99islamisme-un-projet-politique-transnational-qui-menace-particulierement-la-france-%C2%AB-fille-ainee-de-la-laicite-%C2%BB</guid>
	<pubDate>Fri, 28 Mar 2025 05:20:06 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[L’islamisme, un projet politique transnational qui menace particulièrement la France, « fille aînée de la laïcité ».]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>"Le Point : Vous décrivez l’islamisme comme un projet politique transnational qui menace particulièrement la France, que vous qualifiez de « fille aînée de la laïcité ».  <a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1095/daoud-avant-trop-tard" class="embed-insert"><img class="elgg-photo" alt="Daoud_avant_trop_tard" src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1095/medium"></a> Pensez-vous que la France soit suffisamment consciente de ce danger ? </p>

<p>Kamel Daoud : Je pense qu’il y a une France telle qu’elle est vécue de l’intérieur par les Français et qui n’a rien à voir avec la France telle qu’elle est perçue de l’autre côté. Soit détestée, soit aimée, mais, dans les deux cas, mythifiée. Ce qui frappe quand on arrive ici, c’est la sensation d’être rétrogradé, comme si l’on passait soudain dans une classe inférieure, à rebours du prestige attendu, imaginaire, un standing inverse très éloigné de l’image que le pays projette à l’étranger. Par exemple, Erdogan a fait de la France une cible privilégiée de son discours antioccidental. Un discours qui, par capillarité médiatique, se diffuse largement dans le monde que vous qualifiez d’arabe, notamment en Algérie. Ce discours antifrançais est d’autant plus séduisant qu’il se présente comme antioccidental et antilaïque, tout en puisant sa légitimité dans une rhétorique anticoloniale ou postcoloniale. Si l’on arrivait à intégrer un islam de France, ce serait la plus grande défaite imaginable pour l’islamisme transnational, car cela montrerait que l’islam peut être compatible avec la démocratie et l’indifférence religieuse. La laïcité protège les religions des ambitions politiques. Or l’islamisme est une ambition politique : on est islamiste non seulement pour accéder au paradis, mais aussi pour dominer. </p>

<p>Mais, pour répondre à votre question : non, la France n’a pas pleinement conscience du danger. La conscience française sur ces enjeux existe peut-être un peu, mais elle est bridée par la repentance, la contrition, une sorte de fascinant masochisme occidental. </p>

<p>Le Point : « Soyez prudents, un pays peut être perdu en un instant ! » écrivez-vous. Quelles sont, selon vous, les erreurs que la France commet actuellement et qui pourraient mener à cette perte ? </p>

<p>Kamel Daoud : D’abord, croire que la démocratie et les droits sont irréversibles. C’est une illusion extraordinairement dangereuse. Un jour, un journaliste français très connu m’a dit à propos de la Tunisie : « On sait que c’est une démocratie fragile. » Je lui ai répondu : « D’où vous vient la certitude que la démocratie en France est solide ? » Cette illusion conduit à ne plus défendre nos droits avec la même détermination. Ensuite, c’est l’idée de la gratuité des droits acquis. Comme si on avait oublié ce que ces libertés ont coûté – en vies, en sacrifices. Enfin, il y a cette confusion en France entre radicalité et vérité. Ce qui est à la fois noble et désastreux. Les grandes causes nécessitent de la radicalité pour émerger, mais une radicalité permanente finit par attirer les pires individus et légitimer la violence comme moyen de changement. Généralement, les grandes causes attirent les petits esprits. Or la violence fait perdre ce qui est acquis, sans rien assurer de ce qui manque encore. </p>

<p>Je viens d’Algérie où j’ai vu comment un pays peut se perdre facilement : il suffit de presque rien, une pénurie, un gros embouteillage qui bloque toute une journée… Ceux qui prônent la violence me semblent davantage vouloir assouvir leur désir de sang plutôt qu’un idéal de justice. </p>

<p>Le Point : Vous critiquez le concept de « postcolonialisme permanent ». Comment influence-t-il le débat public en France ? </p>

<p>Kamel Daoud : La France sert à tout, et même à refuser les valeurs universelles. L’équation est très simple. En Algérie, par exemple : on est antiféministe, antilaïque, antimoderniste, antiréforme. Pour quelle raison ? Parce que ce sont des valeurs françaises. Et, comme la France a colonisé, cela les disqualifie comme valeurs universelles. </p>

<p>Le postcolonial, qu’est-ce que c’est quand vous êtes un Algérien, francophone, un peu connu ? On vous parle toujours comme si vous étiez une sorte de cadavre bavard de la guerre d’indépendance. Moi, je ne l’ai pas vécue. Je respecte les gens qui ont eu l’idéal de se battre pour la liberté. Je suis admiratif. Mais ils sont morts pour que je sois libre, pour que je puisse jouir du droit de faire la sieste, de profiter du soleil, de faire le gecko. Pas pour que je reste prisonnier du passé. </p>

<p>J’ai vu comment ce filon d’études postcoloniales a fini par devenir une rente. Et dès qu’on en sort, on devient une menace. Une menace pour ceux qui, en Occident, en ont fait un gagne-pain ou un sens à leur vie. Une menace pour les régimes politiques qui construisent leur légitimité sur le postcolonial. </p>

<p>En France, on m’impose ce rôle du cadavre sublimé. J’ai décidé de le refuser, car la mémoire est un chemin que l’on traverse pour comprendre, pas une maison où l’on s’installe. </p>

<p>Le Point : Dans votre livre, vous analysez la montée d’un « néo-islamisme <br />intelligent » en Algérie. Quelles sont ses caractéristiques et en quoi diffère-t-il de l’islamisme des années 1990 que vous avez connu ? </p>

<p>Kamel Daoud : L’islamisme des années 1990 – je ne suis pas spécialiste, mais je peux en témoigner –, il était brutal, armé, avec cette mythologie du renversement immédiat et de la prise de pouvoir. Je pense que les islamistes ont compris que les choses ne fonctionnent pas comme ça. Qu’il faut du temps – ils l’ont. Et qu’il faut transformer la société par le bas. Mieux vaut transformer le citoyen en croyant pour avoir son califat plutôt que d’imposer par l’acide, le voile et les attentats. </p>

<p>Je pense que l’AKP de la Turquie a offert un modèle. On a les deux grandes tendances, avec, comme arc narratif : « C’est l’AKP ou les talibans. » On essaie de se placer au milieu, et ils ont aussi compris qu’il fallait fabriquer de l’islamisme à la base et au berceau. En bref, mieux vaut contrôler l’école qu’un palais présidentiel. </p>

<p>Le Point : Vous évoquez cette invitation à prendre un café par le patron des services secrets à Oran, prélude habituel à une arrestation. Comment avez-vous vécu cette période et qu’est-ce qui a finalement déclenché votre départ définitif ? </p>

<p>Kamel Daoud : Comme pour beaucoup d’Algériens, le chemin de l’exil est devenu nécessaire. Cet épisode dont vous parlez, c’est à la limite de l’anecdote, mais je ne suis pas quelqu’un d’idiot, et donc je tire les conclusions très vite. C’était un an, deux ans de pression énorme. Physiquement, ça se traduit par un malaise, par la maladie. Vous vous levez et vous ne vous sentez pas bien. Une dictature, ça commence au ventre, vous avez mal au ventre dès le matin. Et puis ça passe par l’éclaircissement des rangs autour de vous, parce que les gens ne vous fréquentent plus, parce qu’ils ont peur. Je voyais venir une sorte d’hystérisation du lien. Et je savais que cette hystérisation ne pouvait jouir d’elle-même que par la violence. </p>

<p>En arrivant en France, j’avais décidé de ne pas en faire un sujet de discussion. On m’a proposé des rendez-vous médiatiques pour en parler, j’ai refusé. Mon pays me manque physiquement, chaque matin. Mais ils ne peuvent pas me déposséder de mon Algérie. C’est hallucinant de voir des Algériens lancer des pétitions pour me déchoir de ma nationalité. </p>

<p>Le Point : On pense à Boualem Sansal. Pourquoi les intellectuels algériens sont-ils si exposés aujourd’hui, même et surtout lorsqu’ils vivent en France ? </p>

<p>Kamel Daoud : Parce qu’ils incarnent la réflexion critique, la nuance et l’universalité, autant de valeurs incompatibles avec les identités de repli et le chauvinisme cultivé comme projet national en Algérie. Sansal, par sa liberté de ton, son esprit rieur et sa singularité assumée, représente l’exact opposé de la morbidité que promeut actuellement le régime algérien. </p>

<p>Boualem Sansal est devenu malgré lui le symbole de cette relation complexe et souvent conflictuelle avec la France, relation instrumentalisée pour renforcer une légitimité chancelante. Ainsi, il paie aujourd’hui le prix de son courage intellectuel, de sa capacité à défier le discours dominant et à proposer une alternative lucide à l’histoire officielle. </p>

<p>Un intellectuel qui vient d’Algérie et qui a une audience mondiale, il incarne quoi ? La réussite, l’universalité, l’acceptation. Je ne renoncerai pas à mon algérianité. </p>

<p>J’adore ce pays, c’est mon pays. Mais je ne renoncerai jamais non plus à ce que m’a permis la France. Ce décalage me pousse à réfléchir sans cesse. Je suis hybride, bicéphale, trilingue, entre deux mondes. Cette contradiction nourrit ma réflexion, même si elle excite aussi les radicalités qui voudraient me réduire au rôle du traître. </p>

<p>Le Point : Vous insistez beaucoup sur l’importance de continuer à vivre pleinement face à la menace, notamment islamiste, et vous dites que vous préférez de loin la sieste ou les fruits à l’obsession pour l’islamisme. Comment continuez-vous à vivre sereinement ? </p>

<p>Kamel Daoud : Je ne sais pas s’il faut répondre à ce genre de questions, parce que je n’aime pas cette idée d’être un martyr. D’autres le paient beaucoup plus cher. Que suis-je par rapport à une Iranienne qui doit choisir la longueur de sa jupe en fonction de vingt mille mollahs ? Une lycéenne kidnappée au Nigeria par Boko Haram ? Une Algérienne qui se fait immoler parce qu’elle a dit non à un prétendant ? </p>

<p>Les islamistes sont obsédés par des gens comme nous, pas l’inverse. Ils peuvent prier vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ça ne me dérange pas. Mais eux ne veulent pas que je vive ma vie. Tel est le paradoxe : ce sont eux qui sont obsédés par notre liberté. </p>

<p>Le Point : Vos chroniques couvrent une décennie marquée notamment par la violence terroriste en France. Quel est votre regard rétrospectif sur ces dix ans ? </p>

<p>Kamel Daoud : En France, quoi qu’on dise – même si être décliniste est devenu une forme d’intelligence ! –, il y a encore des gens qui résistent. Il faut juste trouver les bons mots pour sortir la France de cette tétanisation par la culpabilisation qui fait qu’elle accepte tout. Les premiers qui en profitent, ce sont les islamistes. </p>

<p>Je vais dire une monstruosité : en France, il est peut-être trop tard. Comme disait Mahmoud Darwich : « Vous êtes déjà israéliens, nous sommes déjà palestiniens. » Ici, c’est pareil : on ne peut plus revenir en arrière. Ce qu’il faut maintenant, c’est construire une francité qui ne soit ni celle de l’agenouillement et de la contrition ni celle du repli sur soi. </p>

<p>Ce n’est qu’en France qu’on peut construire quelque chose de pluriel et de riche. Ce n’est qu’en France, grâce aux libertés académiques, qu’on peut penser l’islam. Ce n’est qu’en France qu’on peut penser le présent parce qu’on a même la liberté de détester ce pays. </p>

<p>Je réponds souvent à ceux qui me parlent mal de la France : un pays, c’est là où on voudrait voir grandir ses enfants. Ce n’est pas là où on a un drapeau ou deux. Je ne suis pas de ceux qui disent détester ce pays tout en y envoyant leurs enfants. Je suis trop paysan. Nous avons un proverbe en Algérie qui parle de « ceux qui mangent les récoltes et crachent sur les racines » – je ne suis pas de ceux-là. </p>

<p>Le Point : Vraiment, est-ce déjà trop tard pour la France ? </p>

<p>Kamel Daoud : Non, mais ça risque de l’être. Regardez : nous sommes là en train de discuter, vous allez publier cet entretien sans être censuré, je dis ce que je veux et je prendrai un taxi en sortant, sans être suivi ni photographié. Ce sont des libertés précieuses qu’il faut défendre avant qu’il ne soit, pour le coup, vraiment trop tard."</p>

<p>« Avant qu’il ne soit trop tard. Chroniques 2015-2025 », de Kamel Daoud (Les Presses de la Cité, 464 p., 23,90 €). À paraître le 3 avril.</p>

<p>Kamel Daoud, propos recueillis par Peggy Sastre pour Le Point, le 27 mars 2025.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 21:38:00 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[&quot;La laïcité française n’est pas soluble dans le multiculturalisme&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p>En défendant, au micro de Sonia Mabrouk sur Europe 1, que seuls l’État et ses agents devaient être neutres concernant le port de vêtements religieux dans les emplacements publics, Édouard Philippe et Élisabeth Borne ne sont pas montrés fidèles à la loi de 2004. Analyse de Anne-Hélène Le Cornec Ubertini, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication, autrice de « Le poison du Communautarisme. La gauche sans le peuple » (L’Harmattan).</p><p class="article-text article-body__item">Les députés hostiles à la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905 voulaient que la liberté de croire soit la liberté de faire, que la liberté de conscience soit la liberté de pratique religieuse dans les emplacements publics. Savez-vous qu’ils ont perdu et que la loi de 1905 a été votée ?</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/societe/laicite-et-religions/interdiction-des-signes-religieux-si-cette-loi-ne-passe-pas-le-sport-tombera-et-avec-lui-la-loi-de-1905">Interdiction des signes religieux :"Si cette loi ne passe pas, le sport tombera… et avec lui, la loi de 1905"</a></p><p class="article-text article-body__item">Cela paraît évident, mais pas pour tout le monde. Interrogés par la journaliste Sonia Mabrouk sur Europe 1, Édouard Philippe et Élisabeth Borne ont fait gagner les perdants : seuls l’État et ses agents devraient être neutres, la loi de 2004 sur l’interdiction du port de signes religieux ostensibles dans les écoles, collèges et lycées aurait un caractère d’exception en raison du jeune âge des élèves quand la liberté du port de vêtements religieux dans les emplacements publics serait la règle. Le voile islamique poserait problème s’il était imposé, mais il ne le serait pas nécessairement, bien des jeunes filles et des femmes le porteraient librement et ce ne serait pas forcément un signe d’entrisme islamiste ou de soumission de la femme.</p>
<p>La loi de 2004, confirmation écrite de l’esprit de la loi de 1905</p>
<p class="article-text article-body__item">Alors non, les Églises n’ont pas demandé le divorce pour faute de l’État et ne l’ont pas contraint à la neutralité pour avoir plus de liberté cultuelle en 1905. Non, la loi de 2004 n’est pas une exception, elle est la confirmation écrite de l’esprit de la loi de 1905. Confirmation rendue nécessaire par la position du Conseil d’État, peu enclin à appliquer la loi de 1905 dans sa lettre et son esprit. Non, le port du voile islamique porté librement n’émet pas un message différent de celui qui est imposé. Le message est adressé à autrui, particulièrement aux hommes dont les pulsions sexuelles seraient incontrôlables et plus généralement à tous ceux qui peuvent le voir, sans considération de leur liberté de conscience, pourtant garantie par la loi de 1905.</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/agora/entretiens-et-debats/richard-malka-nous-navons-pas-su-transmettre-le-gout-de-la-laicite">Richard Malka : "Nous n’avons pas su transmettre le goût de la laïcité"</a></p><p class="article-text article-body__item">Le libre port du voile n’enlève rien au message de soumission de la femme qu’il émet. Chaque femme est libre de préférer être soumise. Curieusement, dire que certaines femmes portent le voile librement suffirait à écarter toute idée de soumission. Pourtant l’un n’empêche pas l’autre. En revanche, la promotion de la soumission de la femme concerne la société qui doit, si elle défend à la fois la laïcité, l’égalité de droits entre les hommes et les femmes et la protection des mineurs, refuser a minima l’affichage public de la soumission de la femme. Comment faire le tri entre les différents arguments quand ceux qui s’expriment sont censés avoir une expertise sur le sujet ?</p><p class="article-text article-body__item">Premier point. Est-il besoin de dire que c’est l’État qui a divorcé des Églises pour faute en 1905 ? À force de désinformation, la réponse est peut-être oui. Alors voici un extrait de la présentation de la loi de 1905 par Aristide Briand, son rapporteur, qui ne laisse aucun doute : « MM. Yves Guyot et Sigismond Lacroix font un exposé de la situation du clergé, que nous ne pouvons mieux faire que de citer : […] "Et quand le prêtre a pris sa place partout, dans toute la so­ciété, quand il tient l’éducation d’une main, l’assistance de l’autre, il descend dans la congrégation. Les articles 291 et 292 du Code pénal lui sont inconnus. La congrégation se forme, se développe, enfonce ses racines dans le sol, en fait émerger de vastes casernes, d’immenses bâtiments, sé­questre, enferme des multitudes, fouille de ses tentacules toutes les couches sociales pour en aspirer la vie et la ri­chesse." La solution de MM. Yves Guyot et Sigismond Lacroix était celle que nous préconisons aujourd’hui : répondre aux prin­cipes de persécution du clergé, par des principes de liberté ; rejeter les prêtres dans leurs églises, pour que soit affranchie la société laïque. » (Briand, 4 mars 1905, p. 107-108).</p>
<p>Neutralité de l'État et de ses représentants</p>
<p class="article-text article-body__item">À propos de l’actuel article 35-1 de la loi de 1905 (le numéro d’article a changé dans le temps) Aristide Briand expliquait ainsi son esprit : « Si l’État demeure neutre à l’égard des Églises, celles-ci doivent observer une neutralité absolue à l’égard de l’État » (4 mars 1905, p. 289).</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/politique/laicite-dans-l-enseignement-prive-quand-pierre-ouzoulias-fait-tomber-les-masques-hypocrites-de-la-droite-et-du-centre">Laïcité dans l'enseignement privé : quand Pierre Ouzoulias fait tomber les masques hypocrites de la droite et du centre</a></p><p class="article-text article-body__item">La loi oblige l’État et ses représentants à être neutres et en fait autant pour les cultes et leurs représentants (quels qu’ils soient, puisque les cultes sont désormais libres de leur organisation interne). Les Églises restent néanmoins en liberté surveillée par l’État et le Titre V « Police des cultes » de la loi de 1905 y pourvoit.</p><p class="article-text article-body__item">Deuxième point. Le peu d’appétence du Conseil d’État pour la loi de 1905 est sans équivoque dans les propos de Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil d’État de 2006 à 2018 : « Chaque fois qu’il [le Conseil d’État] a été saisi de ces questions ou lorsque les autorités publiques ont proposé d’en retenir une vision restrictive, il a tranché en faveur d’une lecture ouverte du principe de laïcité » (Sauvé, 2017). Dans le journal La Croix, Jean-Marc Sauvé a justifié cette entorse à la loi de 1905 : « "On a essayé à chaque fois de prendre en compte tous les courants de pensée et de motiver les choix que nous faisions sans se réfugier derrière la lettre de la loi ", assure-t-il. "Nous avons ainsi le sentiment d’avoir contribué à créer de la cohésion sociale et du consensus" » (Rouden, 2018).</p><p class="article-text article-body__item">Le rôle du Conseil d’État n’est évidemment pas de prendre en compte tous les courants de pensée. Le citoyen est en droit d’attendre qu’il suive la lettre de la loi. Plus offensif, le conseiller d’État Thierry Tuot considérait qu’appliquer l’esprit de la loi de 1905 était la preuve d’un manque d’intelligence : « Le devoir d’intelligence impose ensuite ce que nous cessions de faire des contresens historiques, en recyclant les valeurs des années 1900 pour traiter les problèmes des années 2000. La laïcité, n’est pas, comme d’ailleurs tous les grands principes constitutionnels, un état figé du droit, mais un principe de morale publique qui structure une action publique. Elle n’est pas une condamnation de la religion, ou une interdiction, elle est avant tout l’affirmation la plus nette de la liberté » (Thierry Tuot dans son rapport officiel La grande nation pour une société inclusive, 2013, p. 63). La lettre et l’esprit de la loi ayant été largement abandonnés dans les avis et la jurisprudence du Conseil d’État, la loi de 2004 devenait nécessaire pour que la laïcité s’applique au moins à l’école.</p>
<p>Le voile, signe de soumission</p>
<p class="article-text article-body__item">Troisième point. Le voile est un signe de soumission, librement consentie ou pas, au moins au dogme qui ne fait pas mystère de l’infériorité de la femme. Le voile affiche publiquement l’inégalité homme-femme. Pourtant, si nous nous reportons à la loi n° 2014-873 du 4 août 2014 « pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes », les institutions publiques, même si elles sont opposées à la loi de 1905, devrait lutter contre les stéréotypes sexistes qui portent atteinte à la dignité des femmes et font violence à toute personne de bonne volonté :</p><p class="article-text article-body__item">« Article 1. L'État et les collectivités territoriales, ainsi que leurs établissements publics, mettent en œuvre une politique pour l'égalité entre les femmes et les hommes […]. La politique pour l'égalité entre les femmes et les hommes comporte notamment : 1° Des actions de prévention et de protection permettant de lutter contre les violences faites aux femmes et les atteintes à leur dignité ; […] 3° Des actions destinées à prévenir et à lutter contre les stéréotypes sexistes »</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/agora/humeurs/derriere-la-laicite-dynamique-vantee-par-francois-l-hypocrite-hostilite-du-pape-pour-la-laicite-tout-court">"Derrière la 'laïcité dynamique' vantée par François, l'hypocrite hostilité du pape pour la laïcité tout court"</a></p><p class="article-text article-body__item">La liberté de porter ce que l’on veut ou de ne rien porter n’est pas un droit absolu. Les vêtements ne sont pas réductibles à des bouts de tissus. Ils parlent sans mot dire et s’imposent à la conscience d’autrui. Qui l’ignore ? Le prêt-à-penser sur la laïcité ouverte aux religions n’a pas l’assentiment des citoyens qu’il s’agit de convaincre. La loi de 1905 fait partie de l’art de vivre à la française. Elle permet l’indivisibilité du peuple. Et l’on voudrait l’échanger contre le multiculturalisme conflictuel anglo-saxon ?</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1092/le-mediateur-de-france-travail-denonce-les-aberrations-administratives-qui-penalisent-les-chomeurs</guid>
	<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 21:32:17 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Le médiateur de France Travail dénonce les aberrations administratives qui pénalisent les chômeurs]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Les changements incessants de réglementation de l'assurance chômage piègent les chômeurs. Pire, « ils produisent parfois des effets inverses aux bonnes intentions ! », alerte Jean-Louis Walter, le médiateur de France Travail, dans son rapport publié ce matin. Sus à la paperasse donc, à France Travail aussi!</p><p class="article-text article-body__item">Saisis en 2024 de 58 418 recours, un chiffre en hausse constante, les services de médiation de France Travail n'ont pas chômé. Selon le dernier rapport de leur médiateur Jean-Louis Walter, publié ce matin, 44 % de ces réclamations concernaient des contestations d’indemnisation, 23 % des radiations et des sanctions.</p><p class="article-text article-body__item">Dans la vie courante en effet, les changements incessants de réglementation de l'assurance chômage, pèsent lourdement sur la tête des chômeurs, sans que les politiques ne s'en émeuvent outre mesure. Plus consternant encore, « ces changements incessants produisent parfois des effets inverses aux bonnes intentions ! », alerte Jean-Louis Walter en poste depuis 2010.</p>
<p>Les pièges... du contrat de sécurisation</p>
<p class="article-text article-body__item">Penchons-nous d'abord sur le contrat de sécurisation professionnelle (CSP). Ce contrat est le plus favorable aux salariés, lorsque des entreprises en difficulté veulent s'en séparer pour des raisons économiques. Puisqu'il permet à ces collaborateurs d’être mieux indemnisés pendant un an, et accompagnés dans la recherche d'un nouveau poste. Mais attention, ce CSP a ses pièges !</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/economie/les-differentes-reformes-ont-cree-du-chomage-l-emploi-des-seniors-priorite-des-syndicats">"Les différentes réformes ont créé du chômage" : l'emploi des seniors, priorité des syndicats</a></p><p class="article-text article-body__item">D'abord, les licenciés qui retrouvent du boulot rapidement, sortent du dispositif. Même s'ils n'ont travaillé que trois jours, ils peuvent perdre leur allocation de sécurisation professionnelle (ASP) bonifiée. Pour le moins paradoxal ! Les plus motivés qui optent pour un premier travail, puis en décrochent un plus attrayant avant six mois, se feront eux sucrer leur prime de reclassement. « Or les personnes ne comprennent pas qu’après avoir subi un licenciement économique, elles sont sanctionnées pour avoir repris un travail de courte durée, alors que la durée de ces contrats leur est imposée ! », critique Jean-Louis Walter. C'est le cas par exemple, des "extras" dans la restauration.</p>
<p>L’embrouille du droit d’option</p>
<p class="article-text article-body__item">Depuis 2014, lorsqu’un privé d’emploi se retrouve au chômage après une période de travail, sans avoir épuisé ses droits engrangés du fait de son activité antérieure, il peut en théorie choisir : soit épuiser cette première ARE (aide au retour à l'emploi), soit en demander une nouvelle, calculée à partir des droits acquis pendant sa dernière mission, si ce nouveau droit est supérieur de 30 % à son ancienne ARE. Ce n’était déjà pas très simple à comprendre, on en conviendra. Mais depuis qu’un décret de janvier 2023 module la durée des indemnisations au chômage, en fonction du taux de chômage dans le pays, c'est pire : cette comparaison est biaisée du fait de ce changement de règles ! Dans la vraie vie, nombre de chômeurs préfèrent percevoir d'abord l'allocation la plus élevée possible, fût-ce sur une durée moindre. Mais certains d'entre eux ne peuvent même pas choisir : en effet, lorsque leur droit d'option, pour telle ou telle raison administrative interne à France Travail, leur est signifié plus d'un mois après leur inscription, il devient caduc !</p>
<p>Les chausse-trappes de la mise en inaptitude</p>
<p class="article-text article-body__item">Depuis 2021, les salariés licenciés pour inaptitude pâtissent eux, d'un calcul d'ARE catastrophique, lorsqu'ils enchaînent des arrêts maladie indemnisés par la sécu, puis des congés payés, avant de quitter leur employeur. Le rapport du médiateur de France Travail cite ainsi l'exemple de Madame E.N, 1 566,86 euros par mois. Selon son relevé, cette agent d’entretien a travaillé d'août 2019 au 15 mai 2024 dans la même entreprise. Cependant comme elle a été placée en congé maladie, indemnisée par la sécurité sociale de janvier 2020 à mars 2024, elle n'a engrangé que deux mois de salaire en avril et mai 2024, de 256,67 euros et 544,50 euros. Résultat, lorsqu'elle a été licenciée, France Travail n'a pris en compte son salaire avant maladie ; mais ces deux dernières rémunérations. Et lui a royalement octroyé 401,10 euros par mois.</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/societe/ils-souffrent-apres-plus-de-3-mois-sans-salaire-des-salaries-de-leader-price-prives-de-chomage">"Ils souffrent" : après plus de 3 mois sans salaire, des salariés de Leader Price privés de chômage</a></p><p class="article-text article-body__item">À savoir également, les chômeurs en arrêt maladie sont immédiatement basculés dans la catégorie « non immédiatement disponible » pour occuper un emploi, ce qui se justifie. Simplement, nombre d'entre eux ignorent qu'à la fin de leur arrêt maladie, ils doivent se « réinscrire » dans les cinq jours à France Travail...</p>
<p>Des radiations erronées, mais incontestables</p>
<p class="article-text article-body__item">Avec France Travail, mieux vaut prendre les devants, et répondre fissa au moindre mail ou courrier. Car lorsqu'une agence radie un privé d’emploi, puis s’aperçoit au-delà d’un délai de 15 jours qu’elle a mal apprécié sa situation, elle ne peut corriger le tir ! Ce parce que ses ordinateurs ne le permettent pas. « C’est une entrave au droit de recours, tacle le rapport du médiateur, déguisée derrière le verrouillage d’une manipulation informatique. » Or une radiation, fût-ce d’un mois, peut avoir des conséquences surdimensionnées, si elle compromet par exemple le droit du chômeur à percevoir un droit à l'ASS, l’allocation spécifique de solidarité.</p><p class="article-text article-body__item">Les travailleurs de nationalité étrangère sont également en situation périlleuse, à chaque fois qu'ils doivent solliciter auprès des préfectures le renouvellement de leur permis de séjour. Car ces administrations, souvent débordées, se contentent dans un premier temps, de leur fournir un simple récépissé de leur demande. Mais ce document n'est pas reconnu par France Travail, qui peut alors décider de sucrer l'ARE de ces chômeurs nés en dehors de l'Union Européenne, le temps qu'ils présentent leur nouveau permis de séjour.</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/economie/economie-francaise/travailler-plus-longtemps-avec-moins-de-jours-de-conge-et-si-on-misait-plutot-sur-l-insertion-des-jeunes">Travailler plus longtemps, avec moins de jours de congé ? Et si on misait plutôt sur l'insertion des jeunes ?</a></p><p class="article-text article-body__item">Ces ping-pongs entre administrations, trop fréquents, peuvent donc fragiliser des milliers de précaires. L'année 2025 apportera-t-elle des améliorations ? À voir.</p><p class="article-text article-body__item">Depuis le 18 décembre 2023 en effet, la loi Plein-Emploi prévoit que les allocataires au RSA, soient également inscrits à France Travail. Le médiateur Jean-Louis Walter a donc suivi avec grand intérêt la phase d'expérimentation de cette réforme qui produit certains résultats encourageants. Cependant, il s'inquiète déjà de sa phase de généralisation : « L’offre d’un accompagnement personnalisé risque en effet de se heurter à une demande forte qu’il sera difficile de satisfaire avec des moyens constants », prévient-il.</p><p class="article-text article-body__item">Cet avertissement doit résonner aux oreilles de la ministre du Travail : Astrid Panosyan-Bouvet s'apprête en effet, contre l'avis des syndicats – CFDT en tête, à publier des décrets, qui pourraient priver les allocataires au RSA ne respectant pas leur contrat d'engagement, de 30 à 100 % de ce minimum vital.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1091/il-reste-quelques-femmes-et-hommes-politiques-qui-veulent-s%E2%80%99attaquer-a-la-vraie-menace-il-reste-quelques-femmes-et-hommes-politiques-qui-veulent-s%E2%80%99attaquer-a-la-vraie-menace-soutenons-les</guid>
	<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 21:15:17 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Il reste quelques femmes et hommes politiques qui veulent s’attaquer à la vraie menace  il reste quelques femmes et hommes politiques qui veulent s’attaquer à la vraie menace. Soutenons-les !]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Macron et les minets qui l’entourent dont Attal ne connaissent rien de la France réelle, du monde qui nous entoure, de la géopolitique et des rapports de force. Ces hommes ne pensent qu’à leur pouvoir, à leur plaisir et à leur image.</p>

<p>Au moment où après 3 ans de guerre un cessez- le feu se profile à l’Horizon et durant lesquels la Russie n’a réussi à conquérir que moins de 20% de l’Ukraine, les voici qu’ils nous parlent d’une menace existentielle, des chars russes à nos portes, nous distribuent des kits de survie et nous préparent à l’envoi de nos soldats pour soutenir l’Ukraine.</p>

<p>Ce sont les mêmes qui auraient pu éviter cette guerre ou la stopper au bout de trois mois.</p>

<p>L’éviter s’ils avaient eu le courage de s’opposer depuis le bombardement de Belgrade durant 70 jours sans mandat de l’ONU, à l’extension de l’OTAN jusqu’aux frontières d’une Russie dont ils n’ont pas voulu reconnaitre le besoin de sécurité alors que la France puis l’Allemagne l’avaient envahie jusqu’à Moscou alors qu’il y a 80 ans elle avait perdu 27 millions de morts pour s’opposer à la folie nazie.</p>

<p>La stopper au bout de trois mois s’ils avaient encouragé Zelensky à signer l’accord rédigé en Turquie au lieu de l’encourager à poursuivre la guerre en lui promettant comme Macron « qu’on l’aiderait jusqu’à la victoire » alors que tout analyste stratégique objectif pouvait écrire comme je l’ai fait dès le premier jour que l’Ukraine ne pouvait pas gagner cette guerre (cf Ukraine, le grand aveuglement européen).</p>

<p>Je suis persuadé que toute cette gesticulation hors du réel vise surtout à masquer leur manque de courage pour s’attaquer à la vraie menace qui depuis 2015 a tué 263 français et en a blessé plus de1000 qui sont traumatisés à vie.</p>

<p>Heureusement dans cet océan de lâcheté politicienne, il reste quelques femmes et hommes politiques qui veulent s’attaquer à la vraie menace l’islamisme liée à une immigration que ces minables dirigeants ne veulent pas contrôler. Bruno Retailleau est de ceux-là.</p>

<p>Mobilisons nous pour les soutenir et exigeons d’eux en contrepartie de notre soutien qu’ils laissent une fois pour toute leurs égos au vestiaire et qu’ils soutiennent le mieux placé d’entre eux.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1090/poutine-en-colere-ouvre-des-archives-une-preuve-choquante-que-lallemagne-a-commence-la-2eme-uerre-mondiale-en-cooperation-avec-la-pologne-qui-a-ensuite-trahi</guid>
	<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 20:23:29 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1090/poutine-en-colere-ouvre-des-archives-une-preuve-choquante-que-lallemagne-a-commence-la-2eme-uerre-mondiale-en-cooperation-avec-la-pologne-qui-a-ensuite-trahi</link>
	<title><![CDATA[Poutine en colère ouvre des archives : une preuve choquante que l&#039;Allemagne a commencé la 2ème uerre mondiale en coopération avec la Pologne, qui a ensuite trahi.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Est-ce le début III. Guerres mondiales ?  Documents uniques, photos. Vidéo et tables exclusives, destinés à partager sur les réseaux sociaux<br />Article 2 du 2 1. 2020<br />https://www.arfa.cz/je-tohle-zacatek-iii-svetove-valky-rozzlobeny-putin-otvira-archivy-sokujici-dukazy-ze-nemecko-zacalo-ii-svetovou-valku-ve-spolupraci-s-polskem-ktere-pak-zradilo-unikatni-dokumenty-fotky-exklu/#.Xg2rYybsZZU</p>

<p>Il y a quelques jours, le président russe Vladimir Poutine a déclassifié les archives encore secrètes de l'URSS vieille de 75 ans, que l'Armée rouge a obtenues à la fin de la guerre à Varsovie et à Berlin. Il l'a fait en réponse à la tentative de l'Union européenne d'imposer dans les manuels scolaires une fausse version, qu'Hitler a commencé la guerre ensemble et à égalité avec Staline.</p>

<p>Journal tchèque : Réaction à Munich<br />La façon dont le président russe a déclassifié les documents de guerre mérite d'être signalée. Il l'a fait au sommet de l'Association des États Indépendants 20. Décembre 2019 devant les représentants des neuf pays : Russie, Biélorussie, Arménie, Azerbaïdjan, Kazakhstan, Kirghizistan, Moldova, Tadjikistan et Ouzbékistan.</p>

<p>C'est ce qui se passe lorsque des dizaines de milliers de troupes américaines opèrent aux frontières russes et biélorusses (sous le faux drapeau de l'OTAN) et que le Parlement européen réécrit l'histoire dans la matière la plus sensible pour la Russie : II. guerres mondiales. La Pologne est en train de construire la base principale des unités de l'armée aux États-Unis en Europe</p>

<p>Extrait de documents déclassifiés : Hitler aux funérailles de Pilsudsk ý<br />Vidéo complète TV Rossia 1 (Poutine au sommet de la Communauté des États Indépendants déclassifie les documents)</p>

<p>Le président de la Fédération de Russie entouré par les dirigeants écoutants des États SNS<br />Des preuves choquantes des archives soviétiques classées confirment que la Tchécoslovaquie était derrière la trahison de Munich le 29. Septembre 1938, en plus de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne, de la France et de l'Italie, la Pologne de l</p>

<p>Le rôle de la Pologne passe donc du rôle de victime à celui de policier actif du plus grand conflit de guerre de l'histoire. Selon les documents, la Pologne voulait construire un monument à Hitler à Varsovie pour avoir expulsé les Juifs vers l'Afrique.</p>

<p>Il y a quelques semaines, l'Union européenne a adopté une résolution à Bruxelles, selon laquelle l'Allemagne a commencé la guerre en coopération avec la Russie. Cela a déclenché une énorme vague de protestations de la part de la Russie pour la plupart des historiens. L'Allemagne essaie sans équivoque de réécrire l'histoire et de se purifier pour que la Nouvelle Europe puisse mener son projet appelé Union européenne.</p>

<p>Adolf Hitler dans une place d'honneur aux funérailles du leader polonais Pilsudsk ý en 1935<br />Dans la résolution allemande de l'UE fin 2019, l'accord Ribbentrop - Molotov (ministre allemand et soviétique des affaires étrangères) du 23e a marqué le début de la guerre. Août 1939. Ce mensonge historique a également été voté au Parlement européen par les députés tchèques (à l'exception du communiste Konečná), qui ont si symboliquement juré obéissance et volonté d'accepter n'importe quoi.</p>

<p>Pour plus de clarté, rappelons les accords clés et les dates de l'Europe d'avant-guerre :</p>

<p>1934, 26. Janvier : Contrat Hitler-Pilsudski<br />1938, 12. Mars : l'Allemagne occupe l'Autriche (Anslus)<br />1938, 30. Septembre : Accord de Munich (l'Angleterre et la France rejettent la Tchécoslovaquie)<br />1938, 1. Octobre : l'armée allemande occupe Sudety (Tchécoslovaquie)<br />1938, 2. Octobre : l'armée polonaise occupe la région de T ěšín (Tchécoslovaquie)<br />1939, 16. Mars : Protectorat de Bohême et de Moravie annoncé<br />1939, 23. Août : Accord Ribbentrop - Molotov (partition de la Pologne)<br />1939, 1. Septembre : invasion allemande de la Pologne</p>

<p>Les documents confirment qu'un événement fondamental dans la préparation d'Hitler pour la guerre est l'accord de Munich du 29. Septembre 1938, la trahison de la Tchécoslovaquie par l'Angleterre et la France. Sans l'occupation de la Tchécoslovaquie, les Allemands ne pourraient pas s'armer suffisamment pour dominer la plus grande partie de l'Europe. Chaque quatrième bombe utilisée pendant les guerres a été fabriquée en Tchécoslovaquie, les Allemands ont envahi la Pologne dans des danses de Škodovka.</p>

<p>Le leader polonais Pilsudski et le ministre allemand de la propagande Goebbels<br />La relation entre l'Allemagne et la Pologne est essentielle à la manœuvre diplomatique rusée d'Hitler. Il s'agit d'un changement historique majeur, dérivé de documents déclassifiés. Le traité Hitler-Pilsudski, déjà signé le 26, devrait être considéré sans hésitation et sans équivoque comme un document clé de cet échecs diplomatique. Janvier 1934.</p>

<p>Le maréchal Josef Pilsudski, ancien braqueur de banque (trains) et terroriste, est une figure oubliée de l'histoire mondiale, mais probablement seulement parce qu'il est mort déjà en 1935. Il était le principal architecte du projet Trojmo ří, soi-disant. Grande Pologne.</p>

<p>Adolf Hitler est venu à Varsovie pour ses funérailles et a eu une place d'honneur devant le corbillard avec le cercueil du marshal. Après cela, il participe au cortège derrière un lafeta, sur lequel le cercueil Pilsud a été porté. Les Polonais ont détruit tout le matériel cinématographique, ils ne veulent pas que ce soit écrit et qu'on en parle.</p>

<p>La déclassification des documents confirmant la relation chaleureuse d'Hiler avec Pilsudsky est le plus grand trésor des archives ouvertes. Jusqu'à présent, on a parlé de Munich comme une trahison de la France et de la Grande-Bretagne, mais les archives soviétiques non déclarées montrent que la Pologne et l'ensemble du gouvernement polonais ont un grand rôle dans la démolition de la Tchécoslovaquie.</p>

<p>Les Polonais occupent T ěšín, Tchécoslovaquie<br />Dans les archives classées, il y a des documents prouvant que les Polonais ont donné à la France, à l'Angleterre et à l'Allemagne des garanties claires lors de la conférence de Munich qu'ils attaqueront les avions soviétiques si l'Union soviétique essaie d'aider la Tchéc Ce n'est que grâce à la domination de l'Allemagne sur l'armement tchèque qu'elle a pu lancer 1. Attaque de septembre 1939 contre la Pologne par des chars tchécoslovaques fabriqués par les entreprises Škoda et záKD.</p>

<p>Tank tchèque Panzer 38 t. Canon Skodovka, fabriqué en D ěKD. Les allemands ont envahi la Pologne dans ces danses<br />Jour 2. En octobre 1938, l'occupation de la partie orientale de T ěšínsk tchécoslovaque par l'armée polonaise commença. Cependant, les Polonais n'ont profité du territoire volé que jusqu'en septembre 1939, date à laquelle il fut occupé par l'Allemagne d'Hitler.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1089/rap-et-antimaconnisme</guid>
	<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 19:58:38 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1089/rap-et-antimaconnisme</link>
	<title><![CDATA[Rap et antimaçonnisme]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Première parution : <a href="https://tempspresents.com/contributeurs/stephane-francois/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Stéphane François</a>, « Rap et antimaçonnisme, étude d’un cas français ». La chaîne d’union,  vol. 108, n°2, 2024. pp. 95-101.</p><p>La franc-maçonnerie continue de nourrir les fantasmes d’une population étrangère au monde dans lequel elle s’inscrit : en effet, il suffit de discuter avec des « jeunes » (adolescents ou jeunes adultes) pour se rendre compte de la césure culturelle existant avec leurs aînés. Peu d’entre eux possèdent des références culturelles dépassant leur génération… Pourtant, l’antimaçonnisme reste présent, avec des argumentaires assez similaires à ceux de leurs aînés, avec des arguments similaires à ceux que l’extrême droite utilise depuis la fin du XIXe et le début du siècle suivant. Une question s’impose : s’agit-il d’un phénomène nouveau, similaire, ou sommes-nous confrontés à la persistance des vieilles antiennes de l’antimaçonnisme « classique », sous de nouveaux apparats ? Nous verrons que l’antimaçonnisme de cette génération se nourrit à la fois d’éléments provenant d’une certaine culture marginale issue de leur génération, qui elle-même s’alimente à des sources plus anciennes.</p>
<p>Freeze Corleone, un rappeur abscons, mais explicite</p>
<p>Pour se faire, nous nous intéresserons au cas de Freeze Corleone (pseudonyme d’Issa Lorenzo Diakhaté), un rappeur français. Il est une figure à part dans l’univers du rap francophone. Distant, il ne donne pas d’entretien et se place à la marge du rap français. Celui-ci est né en France le 6 juin 1992 aux Lilas, mais vivant au Sénégal, a provoqué une polémique en septembre 2020 quelques jours après la sortie de l’album, LMF (pour La Menace Fantôme). Il était accusé par la LICRA d’être ouvertement antisémite et de jouer avec les codes du néonazisme. Cette construction intellectuelle est noyée chez ce rappeur dans une masse de références à la pop-culture et aux contre-cultures telles que Star Wars ou l’univers des super héros (Marvel ou DC Comics), le tout énoncé dans un langage volontairement abscons et mâtiné d’une forme d’afrocentrisme ésotérisant, le kémitisme. Ses textes sont aussi influencés par un antimaçonnisme typique de l’extrême droite.</p><p>LMF, paru en 2020, est son premier album sorti en CD et distribué par Universal Music France, dans lequel on retrouve ses obsessions, déjà présentes sur ses précédentes productions, numériques celles-ci : le complotisme, l’ésotérisme, les contre-cultures et les juifs. Mais, confinées à des sphères contre-culturelles, elles ne provoquèrent aucune réaction.</p><p>Succès commercial dès les premiers jours, l’album a été défendu par des journalistes et des rappeurs qui ont cherché à minimiser le caractère délictueux de son contenu. Selon ces derniers, il aurait fallu voir en priorité la qualité artistique, incontestable, des productions du rappeur. La provocation est d’ailleurs la marque de fabrique de ce rappeur : l’album LMF dont la mise en ligne était prévue le 7 janvier 2020 a été décalée au 11 septembre 2020 (pour le 11 septembre 2001), et l’album numérique Projet Blue Beam a lui été mis en téléchargement le 13 novembre 2018 (date anniversaire des attentats du 13 novembre 2015).</p>
<p>Une scène rap atteinte de complotisme</p>
<p>Une frange du rap, parmi la plus underground, joue un rôle important dans la diffusion des thèses complotistes et/ou antisémites auprès d’une population relativement jeune et souvent immature idéologiquement, contrairement à d’autres scènes musicales « engagées ». Pour s’en convaincre, il suffit de regarder le nombre de vues sur youtube de certains groupes de rap. Sa tendance la plus contre-culturelle véhicule en effet un discours diffus, empreint de complotisme (Nekfeu, El Matador, Keny Arkana, etc. pour ne prendre que des exemples français) et parfois d’antisémitisme (comme le rappeur Wiley au Royaume-Uni, Kholardi en Norvège, Bissy Owa en Belgique, etc.). Ce registre musical, né dans les ghettos afro-américains états-uniens, a gardé auprès des adolescents et de jeunes adultes l’image d’une scène subversive, bien que les rappeurs, malgré leur image de « mauvais garçons » encore mise en avant aujourd’hui, soient surtout des hommes d’affaires qui gèrent très bien leur image. Comme le rap s’est « normalisé » dans les années 1990, certains musiciens, désirant garder cet aspect subversif, ont dû radicaliser leur discours, souvent dans un sens complotiste. Ainsi, nous trouvons régulièrement dans la frange la plus underground du rap des critiques de la franc-maçonnerie, des Illuminatis, des reptiliens, des satanistes etc. qui contrôlerait les esprits et le monde « Big Pharma » (« j’suis dans le complot comme Big Pharma », titre éponyme présent sur l’album LMF)…</p><p>Projet Blue Beam Intro est l’album par lequel la polémique est arrivée. Nous y trouvons le « franc-maçon », forcément synonyme de « puissant », de « gouvernant », le « juif » (la référence implicite au « complot judéo-maçonnique » est fréquente chez ce rappeur), protégé par une supposée impunité, ou la condamnation des « sociétés secrètes » :</p><p>« Tes fausses merdes sont seulement dorées</p><p>J’avance avec mes frères</p><p>Comme un franc-maçon</p><p>Mon âme pour du cash ou des ’tasses</p><p>Merci sans façon »</p><p>(JPMA pour « J’vendrai pas mon âme »)</p><p>En outre, les références à la famille Rothschild sont omniprésentes chez Freeze Corleone, qu’il associe inévitablement aux Illuminati, au groupe Bilderberg et à Rockfeller, une incontournable triade chez les conspirationnistes. De fait, la référence implicite au « complot judéo-maçonnique » de la première moitié du XXe siècle est fréquente chez ce rappeur, reprenant de vieilles antiennes de l’extrême droite complotiste, diffusées en France par Henry Coston. Les similitudes sont d’ailleurs frappantes : comme chez Coston, le « franc-maçon », chez Corleone, est forcément juif. Il manipule dans l’ombre, intouchable et riche. Les deux reprennent de façon systématique les poncifs sur la famille Rothschild. Dans une étude sur l’antimaçonnisme dans le rap, Julien Montassier explique que</p><p>« le franc-maçon est aussi Illuminati, reptilien, sataniste, il gouverne le monde, contrôle les esprits via “Big Pharma” ou les “chemtrails”, décime l’Afrique avec le SIDA et Ebola, fomente des attentats, persécute les Catholiques, persécute les Musulmans […] Le franc-maçon est la source de tous les maux et le coupable de tous les crimes, sans n’avoir pourtant à rendre des comptes à quiconque.<a href="https://tempspresents.com/2025/03/26/rap-et-antimaconnisme/#_ftn1" id="_ftnref1">[1]</a> »</p><p>Nous sommes manifestement dans un discours anti judéo-maçonnique identique à celui des complotistes d’extrême droite, enrichi néanmoins de quelques nouvelles thématiques. À l’exception de ces références, la structure antimaçonnique reste similaire : les francs-maçons, société secrète tentaculaire, sont là pour détruire les nations et les fondements religieux ou traditionnels des sociétés. Barruel a la vie dure.</p><p>En outre, tous ces rappeurs se présentent comme des adeptes de la « réinformation »<a href="https://tempspresents.com/2025/03/26/rap-et-antimaconnisme/#_ftn2" id="_ftnref2">[2]</a> et cherchent à prouver l’existence d’une « oligarchie » manipulant une « démocratie fasciste » (sic), pour reprendre des expressions utilisées par Rockin’Squat (alias Mathias Crochon, le frère de Vincent Cassel et le fils de Jean-Pierre Cassel), ancien du groupe Assassin, dans le titre « Démocratie fasciste article 3 ». Positionné politiquement à gauche initialement, celui-ci a glissé progressivement vers le conspirationnisme, au point de devenir un soutien de l’activiste afrocentriste et antisémite Kemi Seba. Le titre « Illuminazi 666 » (2009), reprenant le terme « Illuminazi » au journaliste complotiste américain Anthony Hilder en est un exemple. Son texte explique que les populations sont soumises à une politique de désinformation orchestrée par la mythique société secrète des Illuminati. Le rappeur incite évidemment son auditoire à ouvrir les yeux. Il se définit comme un rappeur « conscient ». D’autres rappeurs, tels Mysa, associent complotisme, antisémitisme et défense de l’islam ; en 2007, ce dernier chante dans son album « Le cercle » :</p><p>« Illuminati, Nouvel Ordre Mondial, franc-maçon ou sioniste/</p><p>La même merde et pour l’information on s’enlise dans le chaotique ».</p><p>L’essor de la thématique complotiste chez les rappeurs francophones est lié à un mouvement plus profond, venant des États-Unis. Ainsi, le groupe Army of Pharaoh a été l’un des premiers à développer cette thématique autour des années 2005-2010. Freeze Corleone reprend cet héritage. À ce titre, le chanson « Bâton rouge » est explicite :</p><p>« Fuck un Rothschild, fuck un Rockfeller/[…]</p><p>L’objectif se rapproche</p><p>J’arrive déterminé comme Adolf dans les années 30 »</p><p>(Bâton rouge)</p><p>Freeze Corleone y développe en outre d’autres thèmes conspirationnistes, présents également chez les théoriciens actuels de l’« État profond » – une thématique devenue célèbre grâce aux militants de la mouvance Qanon. Nous retrouvons logiquement chez lui des mots-valises issus du complotisme américain comme « MK Ultra » ou « HAARP ». Le premier était un projet des années 1970 de la CIA sur l’utilisation de drogues hallucinogènes (LSD) et de la manipulation mentale dans le cadre d’activités subversives ; le second, High Frequency Active Auroral Research Program, était un programme d’étude de l’ionosphère. Les complotistes en ont fait un programme de manipulation à la fois du climat et des ondes hertziennes par une officine secrète… En bon observateur de la contre-culture américaine, il reprend également des thématiques venant de l’ufologie, autre milieu particulièrement complotiste. Ainsi, Projet Blue Beam Intro est une référence explicite au « Project Blue Book », un programme d’enquête sur les ovnis mené par l’US Air Force de 1952 à 1969, qui fit fantasmer les ufologues complotistes américains et qui entre aujourd’hui en résonance avec la notion d’« État profond ».</p>
<p>Les Juifs, toujours les Juifs</p>
<p>Enfin, il n’hésite pas à rapper son négationnisme « Tous les jours R à F [rien à foutre] de la Shoah » dans S/O Congo, un titre portant sur la traite négrière, qui développe l’idée d’une concurrence des mémoires, qu’on retrouve au cœur de l’évolution de Dieudonné : l’esclavage et la déportation des populations africaines n’intéresseraient pas les Occidentaux au contraire de la Shoah. S’il ne cite pas les négationnistes les plus connus, le mélange contre-culture/négationnisme/complotisme présent dans ses textes est un marqueur précis, qui renvoie aux livres de l’ufologue complotiste négationniste allemand Jan Udo Holey, connu sous le pseudonyme de Jan Van Helsing, célèbre pour la série des « Livres Jaunes » (clin d’œil à l’ufologie complotiste), aux contenus à la fois contre-culturels, antisémites et négationnistes. Corleone lui dédie d’ailleurs un titre en 2019, « Livre Jaune 1 à 7, S/o Van Helsing », sur Niribu, un album d’Osirus Jack.</p><p>Le mélange qui résulte de cette vision du monde, distillé dans des chansons aux accents mystérieux pour un public jeune, associe donc bel et bien contre-culture, antisémitisme, négationnisme, extraterrestres et complotisme. Nulle référence à la religion musulmane dans ce vertigineux kaléidoscope, contrairement à ce qu’ont pu affirmer certains experts médiatiques.</p><p>Nous pourrions penser qu’une telle logorrhée ferait figure d’exception, mais ce n’est pas le cas dans la scène rap. L’essor de discours de ce type chez les rappeurs francophones est particulièrement inquiétant, car il diffuse massivement chez les amateurs de rap, peu au fait des subtilités rhétoriques de leurs artistes préférés et de leurs discours ouvertement connotés idéologiquement. Cela est d’autant plus inquiétant que ce type de discours se multiplie depuis une dizaine d’années et surtout que peu de groupes sont punis par la loi. Mais il est vrai que les scènes contre-culturelles, difficiles d’approche passent souvent sous les radars de la justice. L’essor de ces thématiques complotistes et antisémites est lié aussi à l’argent généré. Ce registre musical est devenu une industrie prospère vendant énormément, et, par conséquent, diffusant massivement ses messages nauséabonds.</p><p>Comme nous avons pu le constater avec le cas de Freeze Corleone, l’antimaçonnisme contemporain se nourrit de différents discours, aux origines diverses. À l’instar de ses aînés, son antimaçonnisme est lié à une conception conspirationniste du monde et sur une vision erronée de la franc-maçonnerie. Il la voit comme une société secrète nocive, mais sans qu’il puisse donner de détails plus précis, reprenant les schèmes classiques de l’antimaçonnisme : société secrète à contenu magique – souvent satanique – ; société secrète composée de personnes à la moralité douteuse, attirées par l’appât du gain ; groupe politique secret dirigeant le monde, etc. La critique reste donc au niveau d’une généralité, presque métaphysique, se confondant avec les Illuminati. Pour relativiser un peu ce propos, nous devons reconnaître que cette méconnaissance et cette vision erronée étaient quasiment les mêmes au XIXe siècle.</p><p>Alors, sommes-nous en face d’une nouvelle forme d’antimaçonnisme ? Nous pensons, au vu des matériaux et des thèmes mobilisés par ce rappeur, que nous sommes plutôt en présence du même antimaçonnisme qu’aux XIXe et début du XXe siècles, noyé dans une masse de références contre-culturelles. En effet, de nouvelles thématiques ne sont pas apparues, à l’exception de la référence aux Illuminati, mais celle-ci a été forgée à partir de vieux matériaux complotistes (la franc-maçonnerie comme société secrète satanique, comme société clientéliste et élitiste, comme groupe antireligieux, voire pédophile, etc.).</p><p><a href="https://tempspresents.com/2025/03/26/rap-et-antimaconnisme/#_ftnref1" id="_ftn1">[1]</a> Cité in Olivier Dard, « De l’ancien au nouveau ? Facette de l’antimaçonnisme français contemporain », in Jean-Philippe Schreiber (dir.), Les Formes contemporaines de l’antimaçonnisme, Bruxelles, Éditions de l’Université Libre de Bruxelles, 2019, p. 49.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2025/03/26/rap-et-antimaconnisme/#_ftnref2" id="_ftn2">[2]</a> Le terme de « réinformation » est une notion utilisée par l’extrême droite, puis par les complotistes, depuis les années 2000, qui se présente comme une « alternative » au contenu des « médias officiels », forcément mensongers. Concrètement, il s’agit de promouvoir une « contre-information » qui ne serait pas manipulée par « le politiquement correct » ou les gouvernements. La « réinformation », par certains aspects, en particulier par les stratégies utilisées, est proche de la désinformation et de la propagande idéologique.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 19:50:44 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Entre Illusions Géopolitiques et Narratifs Fallacieux tout est fait pour prolonger le conflit – Telegraph]]></title>
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<p>Cyrille de LATTRE</p>
<p>L’intervention d’Emmanuel Macron à l’issue du sommet de Paris, ce jeudi 27 mars, consacré à l’avenir de l’Ukraine, s’inscrit dans une continuité rhétorique aussi prévisible que problématique. Sous couvert d’unanimité feinte entre les trente-et-un pays alliés de Kiev, le président français a déployé un discours où se mêlent ambitions martiales, contradictions flagrantes et une méconnaissance persistante des réalités géopolitiques. Loin de proposer une voie crédible vers la paix, cette allocution confirme une stratégie vouée à envenimer les tensions, tout en entretenant un climat de peur propice à l’acceptation passive de mesures contraires aux intérêts des Français et des Européens. </p><p>Macron, en affirmant que « le temps n’est pas à la levée des sanctions » contre la Russie, persiste dans une logique punitive dont les conséquences désastreuses pour l’Europe sont pourtant patentes. L’idée que ces sanctions porteraient un coup fatal à Moscou relève d’une naïveté coupable, voire d’une tromperie délibérée. La Russie, en dépit des difficultés économiques initiales, a su réorganiser son appareil productif et renforcer ses alliances avec des puissances non occidentales, réduisant à néant l’impact escompté des mesures coercitives. Pire encore, ces sanctions ont infligé des dommages collatéraux massifs aux économies européennes, notamment française, engendrant inflation, pénuries énergétiques et affaiblissement industriel. L’entêtement de Macron à maintenir cette politique, présentée comme un levier de pression, trahit soit une ignorance coupable des réalités économiques, soit une volonté délibérée de sacrifier le bien-être des Européens sur l’autel d’un conflit sans issue. </p><p>Le projet d’envoyer une « équipe franco-britannique » en Ukraine pour « concevoir l’armée ukrainienne de demain » s’inscrit dans cette même logique de surenchère guerrière. Sous des atours techniques – évoquant des « capacités maritimes », des « équipements » ou une prétendue « dissuasion » –, cette initiative dissimule mal une ambition plus trouble : implanter une force occidentale sur le sol ukrainien, officiellement pour « réassurer » Kiev, mais en réalité pour y ancrer une présence militaire permanente. Macron précise que ces troupes ne seraient ni des forces de maintien de la paix ni des substituts à l’armée locale, mais des éléments « présents dans des endroits stratégiques pré-identifiés ». Une formulation aussi vague qu’inquiétante, qui laisse entrevoir une occupation déguisée, pilotée par Paris et Londres, sous prétexte de protéger des « sites sensibles ». Or, cette manœuvre ignore superbement les avertissements répétés de la Russie, pour qui toute présence de l’OTAN ou de pays « hostiles » en Ukraine constituera une cible légitime. L’absence de mandat onusien, soulignée avec justesse par les critiques, rend cette initiative illégale au regard du droit international, tout en exposant les soldats européens à un risque démesuré. Et il n’y aura pas de mandat de l’ONU, la Russie avec justesse usera de son droit de veto.</p><p>La rhétorique macronienne sur la « sécurité collective des Européens », censée être renforcée par une coordination des industries de défense et des exigences communes face à la Russie, ne résiste pas à l’analyse. Depuis le début du conflit, Moscou n’a jamais menacé l’intégrité territoriale de l’Union européenne, contrairement aux allégations régulièrement brandies par Bruxelles. Le véritable danger pour la stabilité continentale réside plutôt dans les décisions irresponsables de dirigeants comme Ursula von der Leyen, Keir Starmer, Friedrich Merz et Macron lui-même, qui instrumentalisent la peur d’une invasion fantasmée pour justifier une militarisation accrue et un alignement inconditionnel sur les desiderata américains. Cette sujétion stratégique, camouflée sous le vocable de « coalition d’action », ne sert ni la paix ni les intérêts européens, mais prolonge indéfiniment un état de guerre dont les conséquences humanitaires et économiques sont déjà catastrophiques. </p><p>L’obsession de Macron pour un « renforcement militaire » de l’Ukraine, présenté comme une condition sine qua non de toute paix future, révèle une contradiction majeure : comment prétendre œuvrer pour la stabilité tout en alimentant une escalade armée ? Les déclarations de Zelensky, refusant toute concession sur les territoires dits « annexés » par la Russie et évoquant une reconquête future, confirment que le président ukrainien – coaché par le duo Macron-Starmer – mise sur une victoire militaire illusoire plutôt que sur la diplomatie. Cette intransigeance, encouragée par les promesses de soutien perpétuel de l’Occident, condamne l’Ukraine à un cycle infernal de violence, sans perspective réaliste de résolution. </p><p>Enfin, la référence aux « forces de réassurance » pilotées par la France et le Royaume-Uni, bien que présentées comme non combattantes, ne trompe personne. Il s’agit bel et bien d’une force d’interposition, voire d’occupation, dont la présence sur le terrain ne pourra qu’attiser les tensions avec Moscou. La Russie, contrairement aux fantasmes entretenus par certains cercles européens, a parfaitement compris le jeu de Macron : maintenir la guerre à distance suffisante pour éviter un engagement direct, mais assez proche pour justifier une sujétion atlantiste et un contrôle accru sur les politiques de défense européennes. Le risque c’est justement l’affrontement direct, ce que macron recherche en mettant comme aplat des troupes française en Ukraine. </p><p>Force est donc de constater qu’Emmanuel Macron, loin d’incarner un leadership éclairé, persiste dans une fuite en avant aussi vaine que dangereuse. Son refus de lever les sanctions malgré leur inefficacité, son entêtement à militariser la réponse européenne, et sa complaisance envers les fantasmes revanchards de Zelensky dessinent un scénario cauchemardesque : une guerre prolongée indéfiniment, au mépris des vies ukrainiennes et des intérêts européens. La Russie, quant à elle, observe ces manœuvres avec lucidité, sachant pertinemment que le couple Macron-Starmer ne cherche ni la paix ni la stabilité, mais la perpétuation d’un conflit servant leurs agendas politiques domestiques et leur soumission aux injonctions étasuniennes. Décidément, Macron ne comprend rien – ou feint de ne rien comprendre – aux dynamiques réelles de cette crise. Il ne saurait dès lors prétendre à la moindre crédibilité face à Moscou, qui voit en lui non un interlocuteur sérieux, mais un pantin désarticulé par ses propres contradictions et son aveuglement idéologique. La France et l’Europe méritent mieux que ces pantomimes guerrières : une diplomatie de la raison, affranchie des diktats atlantistes et soucieuse de l’intérêt général. Hélas, tant que des dirigeants aussi myopes que Macron tiendront les rênes, cet horizon restera inaccessible.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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