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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Mars 2026]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Thu, 19 Mar 2026 11:28:08 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La menace de Netanyahou n’est pas nucléaire mais pourrait être bien pire]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Avigail Abarbannel – Le 11 mars 2026 – Source <a href="https://avigail.substack.com/p/what-netanyahu-is-threatening-is">Blog de l’auteur</a></p><p class="wp-caption-text">Itamar Ben-Gvir se tient devant la mosquée al-Aqsa. Itamar Ben. Compte Gvir X</p><p>Le 10 mars 2026, le colonel à la retraite de l’Armée américaine, Lawrence Wilkerson un ancien chef d’État-major du secrétaire d’État Colin Powell, <a href="https://www.democracynow.org/2026/3/10/lawrence_wilkerson">a accordé une interview</a> à Amy Goodman sur Democracy Now! Wilkerson a passé des décennies à l’intérieur du système militaire américain et a été publiquement responsable de ses crimes depuis au moins 2003. C’est quelqu’un qui mérite d’être écouté, d’autant plus qu’il est aussi un homme compatissant qui a eu de nombreuses années pour réfléchir à sa propre contribution aux crimes de guerre commis par les États-Unis pendant son temps dans l’armée.</p><p>Vers la fin de l’entretien, il a dit quelque chose d’alarmant. Il a dit qu’il croyait que Benjamin Netanyahu était prêt à utiliser une arme nucléaire si la guerre en Iran tournait mal. Il a cité les remarques de Netanyahu à son entourage, prononcées en hébreu, dans lesquelles Netanyahu aurait indiqué qu’il était prêt à « montrer aux Iraniens quelque chose qu’ils n’avaient jamais vu auparavant ». Wilkerson a établi un parallèle avec 1973, lorsque Golda Meir a déclaré à un journaliste de la BBC qu’elle utiliserait une arme nucléaire si Israël était menacé de destruction.</p><p>Je prends Wilkerson au sérieux. Il a observé la prise de décision militaire américaine et israélienne de l’intérieur pendant des décennies et a toujours dit la vérité sur ce qu’il a vu, à un coût personnel considérable. Mais je ne suis pas sûr que sa prédiction soit juste sur la question de l’utilisation d’armes nucléaires par Israël. Ce n’est pas parce que la menace n’est pas réelle, mais parce qu’il la lit à travers une logique stratégique occidentale que Netanyahu ne partage pas nécessairement.</p><p>Israël posséderait entre 200 et 300 ogives nucléaires, ce qu’Israël n’a bien sûr jamais officiellement confirmé. Donc, la capacité est bien là. Même une petite arme tactique, de l’ordre de 1 à 10 kilotonnes, déployée contre l’Iran générerait une catastrophe régionale. Le vent et l’air ne peuvent pas être contrôlés et les retombées nucléaires ne resteraient pas confinées à l’intérieur des frontières de l’Iran. Le golfe Persique, une mer peu profonde et semi-fermée <a href="https://theconversation.com/persian-gulf-desalination-plants-could-become-military-targets-in-regional-war-277597">d’où la majeure partie de la péninsule arabique tire son eau dessalée</a>, serait contaminée. Le littoral israélien, libanais, jordanien et irakien seraient tous dans la zone de retombées. L’Iran, pour sa part, n’a pas encore tiré ses missiles les plus sophistiqués, ce que Wilkerson lui-même reconnaît. Une frappe nucléaire ne neutraliserait pas cette capacité avant que l’Iran ne riposte. Cela garantirait des représailles. Les États du Golfe, déjà sous la pression des frappes iraniennes, pourraient faire face à une menace existentielle non pas de la part de l’Iran mais de leur prétendu allié, Israël.</p><p>Et puis il y a Netanyahu lui-même. C’est un narcissique de premier ordre, un homme dont toute l’architecture psychologique est organisée autour de sa propre survie, de son statut et de son héritage historique. Il veut qu’on se souvienne de lui comme le sauveur du peuple juif, et non comme de l’homme qui a mis fin à son propre « royaume« . Son narcissisme et sa propre peur de perdre tout ce qu’il a gagné au fil des décennies servent paradoxalement de contrainte. Netanyahu a des rêves grandioses pour un grand Israël et il veut peut-être en être le grand prêtre ou le roi. Il est peu probable qu’il appuie sur un bouton qui mettrait fin à son propre rêve.</p><p>Alors, de quoi menace Netanyahu ? Je pense que la réponse est quelque chose de beaucoup plus cohérent avec l’idéologie du gouvernement religieux d’extrême droite israélien qu’il dirige, et le passage accéléré <a href="https://braveneweurope.com/ilan-pappe-chris-hedges-is-israel-on-the-brink">d’Israël à un régime religieux</a>. C’est quelque chose que les analystes occidentaux, même bien informés comme Wilkerson, pourraient manquer parce qu’ils ne comprennent pas <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Millenarianism">la mentalité millénariste</a> d’Israël et de ses dirigeants. Ils pourraient encore penser à tort qu’Israël est la démocratie occidentale qu’il prétend être depuis plus de soixante-dix ans.</p><p>Je ne crois pas que Netanyahu menace d’utiliser des armes nucléaires. Je pense qu’il menace de détruire la mosquée Al-Aqsa.</p><p>La destruction de la mosquée Al-Aqsa et la reconstruction du « Troisième Temple » sur le site sont une vision explicite et un objectif déclaré de l’extrême droite religieuse juive depuis des décennies. Ils ont toujours trouvé que l’existence de la mosquée sur ce site était une insulte à leur sensibilité religieuse et un obstacle à la reconstruction de leur Temple convoité. Ce ne sont pas des gens logiques ou réfléchis. Ce sont des fanatiques messianiques avec un type de psychologie inquiétant qui est parallèle à la psychologie des groupes chrétiens évangéliques et charismatiques.</p><p>En Israël, le désir de construire un Temple sur le site d’Al Aqsa n’est pas une position marginale. Itamar Ben-Gvir, le ministre israélien de la Sécurité nationale, a <a href="https://www.bbc.co.uk/news/articles/c4gjxg65p56o">mené des incursions provocatrices répétées</a> dans le complexe d’Al-Aqsa. Chacune de ces incursions est une déclaration de dédain pour son existence, et une inquiétante expression de son intention. Bezalel Smotrich, le ministre israélien des Finances, est issu d’un mouvement qui considère l’ensemble de l’enceinte de la mosquée comme légitimement juive et son statut actuel comme une injustice temporaire en attente d’être corrigée.</p><p>Ces hommes ne sont pas les partenaires réticents de la coalition de Netanyahu. Ils sont son gouvernement. Netanyahu utilise et renforce l’extrême droite religieuse pour sa propre survie politique et son agrandissement. Il ne se fait aucune illusion sur la capacité destructrice qu’il a placée au cœur de son gouvernement, ni sur ce que Ben-Gvir et Smotrich en feraient s’ils en avaient l’occasion.</p><p>Dans son essai, « <a href="https://dzyk.substack.com/p/decolonizing-my-zionist-mind">Décoloniser mon esprit sioniste</a>« , Daniel Klein, qui est né et a grandi dans une colonie orthodoxe en Cisjordanie avant de la quitter, témoigne :</p><p>“On m’a appris toute ma vie que la mosquée Al-Aqsa située à Jérusalem devait être enlevée pour que le Temple juif soit reconstruit. Que le sol sur lequel il se dresse nous appartient de droit divin, par des revendications anciennes antérieures à la présence de la mosquée. Que ce lieu saint fonctionnel, où d’innombrables personnes ont prié pendant des générations, était un obstacle à notre rédemption.</p><p>La réalité est que de nombreux Juifs pratiquants fantasment ouvertement sur la démolition d’une structure sainte appartenant à une autre foi, un lieu servant activement la connexion de tout un peuple au divin depuis plus de mille ans, appelant sa destruction divine.</p><p>En grandissant dans ma communauté, nous avons chanté sur la reconstruction du Temple à Jérusalem, à l’école, dans les groupes de jeunes, dans les yeshivas, pendant les vacances, lors des mariages, dans l’armée. Nous avons chanté le jour où la rédemption viendrait et où le Troisième Temple serait enfin debout. J’ai visité l’Institut du Temple où ils nous ont montré les vases qu’ils avaient préparés, les vêtements sacerdotaux recréés, les plans architecturaux pour le moment venu. C’est une croyance commune que la plus grande erreur de la guerre des Six Jours était que nous “nous ne sommes pas allé jusqu’au bout” dans la libération de Jérusalem.</p><p>Le Troisième Temple, en substance, était apparent dans tout, nos prières, nos chants, notre identité en tant que peuple attendant de revenir. Il est dans le verre qu’on casse à chaque mariage juif. Il est dans nos chants à la Pâque, lors des rassemblements. C’est le fil qui devient le tissu des histoires qui composent notre identité”.</p><p>Les gens parmi lesquels Daniel a été élevé et leur système de croyances sont maintenant en charge du gouvernement d’Israël et de son armée. Ce qui était autrefois un fantasme, ces personnes ont maintenant les moyens de le réaliser. Et ce n’est pas un accident. Le secteur religieux en Israël <a href="https://avigail.substack.com/p/settler-colonial-israel-was-never">a travaillé régulièrement et sans relâche</a> pendant des décennies pour arriver exactement à cette position.</p><p>Les conséquences de la destruction d’Al-Aqsa seraient sans précédent dans l’histoire moderne. La mosquée se trouve sur Haram al-Sharif (en arabe, « Le Noble Sanctuaire« ), le troisième site le plus saint de l’Islam. Il est sacré pour environ 1,8 milliard de musulmans dans le monde. Sa destruction ne serait pas vécue comme un acte militaire. Ce serait vécu comme une déclaration de guerre à l’Islam tout entier.</p><p>S’ils ne réagissaient pas, tous les gouvernements à majorité musulmane du monde, y compris ceux qui ont fait la paix avec Israël ou normalisé leurs relations avec Israël, seraient confrontés à une situation politique intérieure à laquelle ils ne pourraient pas survivre. L’Arabie saoudite, qui s’est alignée sur Israël, se retrouverait avec un choix impossible entre ses obligations religieuses et ses relations géopolitiques.</p><p>Mais Netanyahu ne le présenterait pas de cette façon. Il le présenterait à ses partisans sionistes chrétiens aux États-Unis comme un acte de rédemption. La reconstruction du Troisième Temple n’est pas seulement une aspiration religieuse juive. C’est un pilier central de la théologie de la Fin des Temps qui motive des dizaines de millions d’électeurs évangéliques américains. Dans leur théologie, la reconstruction du Temple est une condition préalable à la Seconde Venue du Christ.</p><p>Netanyahu se produit devant ce public depuis des décennies. Il comprend que la destruction d’Al-Aqsa, présentée comme la libération du Mont du Temple de l’Islam, électriserait la base sioniste chrétienne aux États-Unis d’une manière qu’aucune autre ne pourrait. Il serait présenté comme Israël sauvant le monde, sauvant le christianisme, debout seul contre les forces de l’Islam. Et Trump, qui doit précisément sa coalition politique à cette circonscription, aurait tout intérêt à l’encourager.</p><p>C’est la logique d’un homme acculé, qui a passé toute sa carrière à survivre grâce à l’escalade et à la manipulation, et qui a maintenant tout misé sur une guerre que, comme le note correctement Wilkerson, les États-Unis et Israël sont stratégiquement en train de perdre. Une arme nucléaire détruirait l’héritage de Netanyahu et son royaume. Mais la destruction d’Al-Aqsa, enveloppée dans le langage de la prophétie biblique et du conflit civilisationnel, pourrait, dans son esprit, remodeler l’ensemble du jeu. Ce serait un acte de provocation spectaculaire et irréversible conçu pour rendre la retraite impossible et pour lier ses alliés américains à lui par des croyances religieuses et une ferveur apocalyptique plutôt que par de simples intérêts géopolitiques, économiques ou stratégiques qui peuvent changer.</p><p>Si Netanyahu et sa bande de fous réalisent leur fantasme de détruire Al-Aqsa, ne vous attendez pas à ce que ce soit une opération secrète. Ils en feraient un spectacle mondial. Tout sera filmé, diffusé et célébré en Israël et ailleurs. Netanyahu et Ben-Gvir voudraient que le monde le voie. Ce ne sera pas « juste un autre » acte de destruction comme faire sauter un hôpital à Gaza ou une école en Iran. Ce sera une performance de domination et d’accomplissement prophétique, mise en scène pour deux publics simultanément : la droite sioniste chrétienne aux États-Unis et le propre peuple d’Israël. Je n’ai aucun doute que Netanyahu sera en mesure de vendre cela avec succès même à la société laïque israélienne comme le symbole ultime de rendre la Palestine exclusivement juive.</p><p>Je peux me tromper, et j’espère que ce sera le cas. Mais je sais comment le gouvernement israélien et son peuple pensent, et je sais ce qu’ils considèrent comme leur récompense ultime. Je connais aussi la psychologie des narcissiques. La question n’est pas de savoir si Netanyahu en est capable. La question est de savoir si le monde prête suffisamment d’attention pour l’arrêter avant qu’il ne soit trop tard. Non seulement un acte aussi abominable de vandalisme barbare représentera une destruction imprudente d’une belle partie de notre patrimoine humain commun, mais il sera profondément irrespectueux et douloureux pour près de deux milliards de personnes.</p><p>Et nous ne savons pas ce que cela pourrait déclencher. Mais je suis à peu près sûr que ce ne sera pas la Première, ou la Seconde venue, ou la prophétie de la Fin des Temps sur laquelle les fanatiques des deux religions fantasment.</p><p>Avigail Abarbannel</p><p>Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 15 Mar 2026 17:17:05 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La Crise d’Ormuz comme Catalyseur Orchestré d’une Transition Financière Mondiale vers la Blockchain.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>J'ai bien conscience que certains ne vont pas tout comprendre à ce post, pas par manque d'intelligence évidemment mais par manque d'informations.</p>

<p>Imaginez un instant : la plus puissante armada militaire de l’histoire – porte-avions USS Nimitz, escadrilles F-35, drones Reaper en essaim – déploie une supériorité aérienne totale au-dessus du détroit d’Ormuz, et pourtant, 20 millions de barils de pétrole par jour restent cloués aux quais de Dubaï, Singapour et Rotterdam. Pas un seul missile iranien n’a touché un pétrolier. Le blocus ? Pure fiction militaire. La vraie arme, celle qui paralyse le commerce mondial, s’appelle *assurance maritime*.</p>

<p>La crise du détroit d’Ormuz, déclenchée le 28 février 2026 par l’opération militaire Epic Fury, ne se mesure pas en missiles ni en porte-avions déployés, mais en un verrou invisible et infiniment plus puissant : l’effondrement total du système assurantiel maritime.</p>

<p>Les 12 clubs P&I — Lloyd’s of London, Steamship Mutual, UK P&I Club, Gard (Norvège), Skuld (Norvège), Japan P&I Club, Sweden Steamship, North of England, West of England, Standard Club, Shipowners’ Club, Alandia — qui contrôlent 90% du tonnage mondial, ont suspendu leurs couvertures « war risk » en exactement 72 heures, passant de primes standard (0,025% valeur navire) à des tarifs prohibitifs multipliés par 50 (250 000 $ → 375 000 $ par transit pour un supertanker de 100 M$) ou refusant carrément les garanties dans une zone classée « notation 7/10 » (échelle Joint War Risk Committee).</p>

<p>Résultat : 15-20 millions de barils/jour de pétrole brut et un tiers du GNL mondial bloqués, non par barrières physiques mais parce qu’aucun armateur — Maersk, MSC, CMA CGM, Hapag-Lloyd, Cosco — ne peut légalement naviguer sans cette police conforme Solvabilité II (UE) et réassurée par Munich Re, Swiss Re, Hannover Re, Berkshire Hathaway. Les navires reçoivent des avis « passage non autorisé » des Gardiens de la Révolution, les grands armateurs ordonnent « mise à l’abri » immédiate, et le fret explose : +50% primes, détours via Cap de Bonne-Espérance (+15-20 jours), congestion ports Asie/Europe.</p>

<p>Le 2 mars 2026, Donald Trump ordonne à la DFC (U.S. International Development Finance Corporation) — agence d’aide au développement sans aucun modèle actuariel maritime, sans réassurance, sans infrastructure sinistres drones iraniens — de fournir une « assurance risque politique immédiate » pour tout transit Golfe Persique, avec escortes navales Earnest Will 2.0 « dès que possible ». </p>

<p>Son décret présidentiel ne remplace pas les 40+ syndicurs Lloyd’s ni les 5 grands réassureurs, mais il est signé.</p>

<p>Rappel historique : L’Operation Earnest Will (1987-88) avait pris 7 mois à s’organiser et fonctionnait parce que l’assurance privée (clubs P&I) restait intacte — primes augmentées, mais couverture continue.</p>

<p>Aujourd’hui, sans sous-jacente privée, un destroyer US escortant un pétrolier ne satisfait pas les exigences de capital des réassureurs londoniens. Le marché entend « immédiat ». Résultat : paralysie persistante, malgré la « plus puissante armée du monde » et sa supériorité aérienne totale sur l’Iran.</p>

<p>La blockchain : solution préinstallée sur la route commerciale<br />Pendant que les pétroliers géants de Maersk, MSC, CMA CGM et Cosco restent amarrés à Singapour, Rotterdam ou Dubaï, incapables de traverser Ormuz sans risquer la saisie judiciaire pour non-conformité assurantielle, un réseau parallèle de transactions financières opère déjà à pleine capacité sur la même route commerciale vitale qui alimente la Chine (50% des importations pétrolières mondiales), l’Inde, le Japon et la Corée du Sud en énergie. Ce réseau n’est pas hypothétique : il s’agit de la technologie blockchain qui permet des règlements transfrontaliers quasi-instantanés (3 à 5 secondes par transaction), à un coût infime inférieur à 0,0001 dollar par opération, et avec une capacité de traitement de plusieurs milliers de transactions par minute, indépendamment des perturbations physiques ou réglementaires du monde maritime traditionnel.</p>

<p>Prenons des exemples concrets et datés qui illustrent cette pré-installation stratégique. En février 2026, la Deutsche Bank, l’une des plus grandes banques commerciales mondiales basée à Francfort, a officiellement annoncé et déployé l’intégration complète de RipNet et de son module On-Demand Liquidity (ODL) pour moderniser l’ensemble de ses opérations de paiements cross-border, de change de devises (FX) et de gestion d’actifs tokenisés. Cela signifie que les clients institutionnels de la Deutsche Bank — qu’il s’agisse de multinationales européennes exportant vers le Golfe ou d’investisseurs asiatiques achetant du pétrole saoudien — peuvent désormais régler leurs factures en quelques secondes via un token  comme pont de liquidité, sans passer par les circuits lents et coûteux du système SWIFT, qui prend 3 à 5 jours ouvrables et facture toutes transactions. Cette intégration n’est pas un test pilote isolé : elle couvre l’ensemble des flux globaux de la banque, avec une emphase particulière sur les corridors Moyen-Orient-Asie, précisément ceux affectés par Ormuz.</p>

<p>De manière synchronisée, la Bank of Japan (BoJ), banque centrale du troisième économie mondiale, a élargi en le 3 mars 2026 son sandbox de règlement interbancaire sur blockchain privée, visant explicitement à accélérer les transferts de réserves entre institutions japonaises, renforcer la transparence des opérations via un registre immuable et améliorer la liquidité globale dans un contexte de tensions géopolitiques. Les résultats préliminaires publiés dans leur document officiel du 3 mars 2026 montrent une réduction des délais de règlement de 24 heures à moins de 10 secondes, avec une traçabilité parfaite qui élimine les risques de double-spending ou de fraude, tout en maintenant la conformité aux régulations locales. Le Japon, qui importe 90% de son pétrole via Ormuz, n’attend pas la résolution de la crise : il bascule déjà ses flux financiers internes sur cette infrastructure numérique résiliente.<br />Mais c’est au cœur même de la zone de crise, dans les pays du Golfe Persique directement exposés au détroit d’Ormuz, que l’adoption de la blockchain atteint des niveaux d’opérationnalité qui défient toute coïncidence.</p>

<p>En Arabie Saoudite, Riyad Bank — l’une des plus importantes institutions financières du royaume, filiale du géant bancaire national — a conclu en janvier 2026 un partenariat stratégique avec ODL dans le cadre du programme Vision 2030, le plan ambitieux de diversification économique lancé par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Ce partenariat couvre non seulement les paiements internationaux et la garde d’actifs numériques (custody), mais aussi des prêts adossés à des cryptomonnaies pour financer des exportations pétrolières, permettant à des investisseurs américains ou européens de régler directement en stablecoins des cargaisons de brut saoudien sans dépendre des assurances maritimes traditionnelles. Résultat concret : des transactions pétrolières de plusieurs millions de dollars traitées en minutes, contournant élégamment la paralysie d’Ormuz.</p>

<p>Aux Émirats Arabes Unis, l’activité est encore plus frénétique et diversifiée. L’Abu Dhabi Global Market (ADGM), la place financière réglementée d’Abu Dhabi, a approuvé en novembre 2025 un stablecoin  pour une utilisation institutionnelle complète, ouvrant la voie à des règlements stables 1:1 adossés au dollar américain dans tous les secteurs. À Dubaï, un pilote lancé en février 2026 a tokenisé avec succès 280 millions de dollars de diamants physiques sur un Ledger, transformant ces actifs tangibles en tokens numériques négociables instantanément sur des marchés globaux, sans fret maritime ni assurances war risk. Parallèlement, le groupe immobilier MAG Group, en partenariat avec l’exchange bahreïni CoinMENA, permet depuis 2022 (et accéléré en 2025-2026) l’achat de propriétés immobilières de luxe à Dubaï via les stablecoins USDT (Tether) et USDC (Circle), avec des contrats intelligents auto-exécutables qui transfèrent la propriété en secondes. </p>

<p>Carlton Properties suit le même modèle, acceptant les cryptos pour des investissements immobiliers, tandis que la première plateforme de real estate tokenisé du Moyen-Orient, lancée à Dubaï en 2025, traite déjà des millions en transactions quotidiennes. Ces initiatives ne sont pas théoriques : elles fonctionnent aujourd’hui.</p>

<p>Enfin, Bahreïn héberge depuis 2025 le  Middle East Hub, un centre régional dédié aux paiements cross-border via ODL, servant de plaque tournante pour l’ensemble du Golfe et connectant directement aux infrastructures déployées en Arabie Saoudite et aux Émirats.<br />Donald Trump, réélu en novembre 2024 et investi en janvier 2025, n’est pas seulement le commandant en chef qui déploie des porte-avions : il est l’architecte d’une refonte systémique de la finance mondiale.</p>

<p>Positionnant les États-Unis comme leader incontesté des actifs numériques. « Les États-Unis seront la crypto capital of the world » — galvanisent les marchés et les régulateurs.<br />Mais le véritable levier géopolitique réside dans le Conseil de Paix Trump, créé en janvier 2026 comme une alliance informelle mais opérationnelle regroupant des pays stratégiques directement impactés par Ormuz : Bahreïn, Pakistan (membre non-permanent ONU Security Council 2026, importateur énergie), Grèce (accès Méditerranée-Golfe, membre ONU 2026), Arabie Saoudite et Émirats Arabes Unis. Ces nations partagent une exposition critique à la route Ormuz et convergent vers l’adoption massive de la blockchain pour restaurer leurs liquidités gelées. Le GENIUS Act, loi fédérale votée fin 2025 et effective en 2026, encadre strictement les stablecoins : réserves 100% en dollars US détenus en custody bancaire, audits mensuels indépendants, pleine conformité KYC/AML, et reporting en temps réel à la SEC et au Trésor américain. Cette régulation booste directement  Circle USDC et Tether USDT, en les rendant attractifs pour les institutions globales tout en éliminant les risques de fraude ou de non-conformité qui freinaient l’adoption massive.<br />Chronologie implacable : la preuve d’une coordination au-delà du hasard. </p>

<p>Examinons la séquence temporelle avec précision, car elle constitue la fumée qui trahit le feu d’une orchestration délibérée. Dès février 2025, signature avec  des partenariats phares au Moyen-Orient : tokenisation diamants Dubaï, Riyad Bank pour Vision 2030. Ces déploiements ne sont pas spéculatifs : ils sont live, testés et scalables, avec des volumes réels de centaines de millions de dollars traités.</p>

<p>Le 28 février 2026, l’Iran riposte aux frappes américano-israéliennes en fermant de facto Ormuz via les Gardiens de la Révolution : drones sur pétroliers (Skylight, MKD Vyom), avis « passage dangereux ». En 72 heures pile — délai standard des clauses war risk des P&I clubs —, Lloyd’s, Gard, Skuld et consorts suspendent toutes couvertures, paralysant 20% du pétrole mondial.</p>

<p>Le 2 mars 2026, Trump contre-attaque avec le décret DFC : assurance fédérale immédiate et escortes Earnest Will 2.0. Mais comme analysé, c’est une illusion : sans réassurance privée, cela ne tient pas juridiquement.<br />Simultanément, mars 2026 voit l’accélération : Deutsche Bank se déploie à pleine échelle, Bank of Japan élargit son sandbox blockchain, les pilotes grecs et pakistanais (Conseil Paix) entrent en phase live. Les marchés crypto, après un choc initial (Bitcoin -4-8%, Ethereum -10%), rebondissent violemment comme hedge contre l’inflation pétrolière, avec des retraits massifs d’exchanges iraniens (Nobitex +700% vers BTC).</p>

<p>Cette chronologie — préparation blockchain (2025), trigger crise (28/02/2026), réaction Trump (02/03), accélération institutions (mars) — sur une même route commerciale, avec des acteurs interconnectés (USA-Golfe-Asie), rend le hasard statistiquement improbable (probabilité inférieure à 0,01% sur un modèle bayésien standard tenant compte des corrélations géopolitiques).</p>

<p>Nouveau Paradigme Post-Maritime<br />Toutes les parties prenantes — les États-Unis via Trump et la DFC, les monarchies du Golfe (Arabie Saoudite, Émirats, Bahreïn), les institutions financières globales (Deutsche Bank, Bank of Japan), les technologies leaders — convergent avec une précision chirurgicale vers un objectif commun : démontrer en conditions réelles que la blockchain rend obsolète le système maritime vulnérable.</p>

<p>La crise d’Ormuz n’est pas un accident géopolitique imprévu, mais le stress-test grandeur nature d’un paradigme où la finance échappe aux missiles, aux assureurs de Londres et aux détroits physiques. Les liquidités, gelées par l’absence d’assurances, se libèrent via des tokens instantanés ; les actifs réels (pétrole, diamants, immobilier) se tokenisent pour circuler numériquement ; les nations du Conseil de Paix Trump sécurisent leurs importations énergétiques sans porte-avions.</p>

<p>Ce rapport conclut que la probabilité d’une telle synchronicité aléatoire est quasi nulle. Il s’agit d’un phénomène coordonné, où la « soif de liquidités » paralytiques sert de prétexte à une transition planifiée vers un monde financier décentralisé, résilient et souverain. Loin du contrôle de la City de Londres.</p>

<p>Contexte historique : Depuis plus d’un siècle, l’Iran a subi l’influence directe du pouvoir financier de la City de Londres. Tout commence en 1908, lorsque William Knox D’Arcy obtient les droits sur le pétrole iranien, ouvrant la voie à la création de la British Petroleum (BP) et à plus de cent ans de domination économique étrangère.</p>

<p>En 1953, la nationalisation du pétrole par le Premier ministre Mossadegh provoque un coup d’État orchestré par le Royaume-Uni et les États-Unis, rétablissant le Shah et prolongeant la dépendance du pays. Même la révolution islamique de 1979 n’a pas totalement rompu avec cet héritage, conservant certaines dynamiques d’influence étrangères et régionales.</p>

<p>La confrérie des Frères musulmans, utilisée pendant des décennies pour entretenir l’instabilité et défendre les intérêts financiers londoniens, vient récemment d’être classée comme organisation terroriste, coupant un canal d’ingérence historique.</p>

<p>Selon l’administration Trump, la fin de ce contrôle symbolise la clôture d’un cycle impérial entamé il y a 118 ans. Cette politique s’inscrit dans le programme “Board of Peace”, associé aux Accords d’Abraham, visant à réorienter la richesse du Golfe et à promouvoir une “paix par le développement” au Moyen-Orient.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 15 Mar 2026 09:41:50 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1244/shlomo-sand-deux-peuples-pour-un-etat%C2%A0-relire-l%E2%80%99histoire-du-sionisme-paris-seuil-2024-256-p-21-e</link>
	<title><![CDATA[Shlomo Sand, Deux peuples pour un État ?, Relire l’histoire du sionisme, Paris, Seuil, 2024, 256 p., 21 €.]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="para" id="pa1"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa1">1</a> Professeur émérite à l’université de tel-aviv, l’historien israélien shlomo sand, auteur du remarqué Comment le peuple juif fut inventé (Fayard, 2008), signe avec Deux peuples pour un État ? Relire l’histoire du sionisme un ouvrage stimulant qui ne peut qu’inviter à la réflexion tous les citoyens qui regardent avec effroi le conflit israélo-palestinien et son cortège de victimes, qui ne cesse de s’alourdir depuis l’attaque meurtrière du Hamas du 7 octobre et la riposte brutale de l’armée israélienne à Gaza.</p><p class="para" id="pa2"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa2">2</a> Dans son avant-propos, rédigé avant les attaques du 7 octobre, l’historien de gauche, figure du camp de la paix et longtemps partisan d’une solution à deux états, exprime ses doutes devant ce qu’il qualifie désormais de « mantra » et de « formules creuses » qui l’ont poussé à se replonger dans les débats du siècle dernier pour relire l’histoire du sionisme : « Les grands penseurs des courants pacifistes du sionisme […] avaient rejeté l’idée d’un état juif exclusif sur une terre majoritairement peuplée d’Arabes et […] ont soutenu, par conséquent, les démarches d’édification d’une entité politique binationale. […] l’élite des intellectuels de diverses époques a craint que l’avenir d’une petite Sparte juive en armes face à un Moyen-orient hostile ne soit pas du tout assuré. Ils pensaient plutôt que seule l’intégration égalitaire dans le cadre d’un pouvoir commun serait à même de garantir qu’Israël puisse être un refuge sûr pour tous ses habitants » (p. 10).</p><p class="para" id="pa3"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa3">3</a> Shlomo Sand revient d’abord sur la genèse du nationalisme juif. Le mouvement national juif prend racine à l’est de l’Europe où il s’oppose aux positions autonomistes des socialistes du Bund, qui défendaient la formation d’un peuple yiddish, doté d’une langue et d’une culture spécifique et ouverte aux autres.</p><p class="para" id="pa4"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa4">4</a> Fondé sur la construction imaginaire et rétrospective d’un peuple juif quasi intemporel, le sionisme se distingue des nationalismes français, allemand ou italien de l’époque – qui s’appuient eux aussi sur une histoire nationale mythifiée – par son ethnocentrisme rigide : « La cause première de ce phénomène est liée au fait que le nationalisme hégémonique en Europe centrale et orientale a toujours été, du fait de ses faiblesses, un nationalisme ethnocentrique, et non inclusif et politique, englobant tous ses citoyens » (p. 25). Cet ethnocentrisme rigide sépare aussi le nationalisme juif des modèles belge, suisse ou canadien, qui ont su créer un consensus civique et constituer des nations fédérales en dépit de leurs fractures culturelles et de leurs différences linguistiques.</p><p class="para" id="pa5"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa5">5</a> L’un des premiers adversaires de cet ethnocentrisme juif qui ne pouvait qu’amener les Juifs à ériger une « muraille d’acier » autour d’Eretz Israël (la terre d’Israël) selon la formule de vladimir Jabotinsky, le fondateur de la droite sioniste, s’appelle Ahad Haam, originaire d’Ukraine et contemporain de theodor Herzl. Membre des amants de Sion, Ahad Haam se rend en Palestine en 1891 et publie à son retour un article très  critique sur ceux qu’il appelle les « colonistes » et leur comportement vis-à-vis de la population arabe. opposé aux conceptions d’Herzl, ahad Haam fonde en 1896 le journal Hashiloah, qu’il dirige jusqu’en 1902. Il estimait que l’avenir de la majorité des Juifs serait beaucoup mieux assuré en Amérique qu’en Palestine. S’il croyait en la nécessité d’établir un centre spirituel du judaïsme en Palestine, il considérait que le projet sioniste d’y établir un foyer national juif relevait d’une démarche colonisatrice et conduirait tôt ou tard à un affrontement avec des autochtones dépossédés de leurs terres.</p><p class="para" id="pa6"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa6">6</a> La lucidité d’Ahad Haam se retrouve aussi dans les positions du groupe Brit Shalom (Alliance pour la paix), fondé en 1925, dans lequel on retrouve le philosophe Hugo Bergmann, né à Prague et ami de Franz Kafka, qui deviendra recteur de l’Université hébraïque de Jérusalem. « L’héritage d’Ahad Haam battait dans le cœur des membres de l’association et orientait leur stratégie », note Shlomo Sand (p. 65). Logiquement, Bergmann et ses amis désapprouvent la déclaration Balfour dans laquelle ils voient une démonstration de force impérialiste dont la logique discrimine les autochtones. Aux côtés d’Hugo Bergmann, il faut citer le nom d’Hans Kohn, secrétaire de Brit Shalom, originaire de Prague, pacifiste et antimilitariste convaincu. admirateur de Gandhi, Hans Kohn imaginait une structure binationale arabo-juive au Moyen-orient, sur le modèle de la suisse.</p><p class="para" id="pa7"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa7">7</a> Shlomo Sand évoque plus loin au chapitre quatre les noms des philosophes Martin Buber et Hannah Arendt, qui se sont tous deux opposés au plan de partage de 1947 et aux affrontements qui en résulteraient. Au chapitre cinq, Sand évoque Léon Magnes, ce rabbin réformateur américain né en 1877 en Californie, qui s’installe à Jérusalem en 1922 avant de devenir le premier chancelier de l’Université hébraïque de Jérusalem. Dirigeant académique hors pair guidé par les principes des droits de l’homme et des pères fondateurs du libéralisme américain, Leon Magnes est acquis à l’idée binationale et très critique des modes de colonisation et d’appropriation des terres par la communauté juive. En 1942, avec Martin Buber, il fonde le groupe Ihoud (Union) qui lutte contre un nationalisme juif « tristement chauvin, d’esprit étroit et terroriste » (p. 120).</p><p class="para" id="pa8"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa8">8</a> Le chapitre six de l’ouvrage de Shlomo Sand s’intéresse au Parti communiste palestinien, fondé en 1919 sous l’appellation de Parti ouvrier socialiste hébreu, qui devient le PCP et adhère à l’Internationale communiste (IC) en 1922. Fidèle aux orientations de l’IC, le PCP a toujours récusé le sionisme, considéré comme un mouvement colonialiste illégitime, appelant à l’indépendance d’un état démocratique à majorité arabe en Palestine, dans lequel les Juifs seraient des citoyens à égalité de droits. Le PCP se divise en 1943 avec le départ d’adhérents arabes qui fondent la Ligue de libération nationale sous la direction d’émile touma, reprochant au groupe de Shmuel Mikounis d’avoir évolué vers l’acceptation d’un état binational, et donc, de fait, de l’existence d’une entité juive. Les deux groupes finissent par se réunifier en 1947, après l’acceptation du plan de partage de la Palestine élaboré par l’onu, entérinant la création de deux états séparés, juif et arabe : c’est l’acte de naissance du Parti communiste israélien (Maki).</p><p class="para" id="pa9"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa9">9</a>  La guerre de 1948, qui place pendant dix-huit ans les 150 000 Arabes restés en Israël sous un régime d’administration militaire, et plus encore celle de 1967 changent radicalement la donne. Plusieurs centaines de milliers de Palestiniens de la Cisjordanie et de la bande de Gaza se retrouvent dans des territoires occupés. La gauche israélienne opte d’emblée pour le projet « deux états pour deux peuples », tandis que la droite pousse à l’annexion des territoires occupés où la première colonie, Kfar Etzion, est fondée dès le mois de septembre 1967.</p><p class="para" id="pa10"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa10">10</a> Dix ans plus tard, après la victoire du Likoud aux élections législatives de 1977, le Premier ministre Menahem Begin, favorable à l’annexion des territoires occupés, mais préoccupé par le risque qu’Israël ne devienne un état d’apartheid comme la Rhodésie, présente un plan visant à annexer les territoires palestiniens occupés, mais à accorder à l’ensemble des Palestiniens la citoyenneté israélienne et la liberté de circulation et d’installation. Ce plan qui aurait pu transformer Israël en état binational ne verra jamais le jour.</p><p class="para" id="pa11"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa11">11</a> En parallèle, l’oLP, fondée en 1964 et dont la charte rejette le partage de 1947 et toute existence d’un foyer juif évolue peu à peu. La résolution d’indépendance palestinienne rédigée par Mahmoud Darwich en 1988 reconnaît pour la première fois le plan de partage de 1947 et l’existence de facto de l’état d’Israël, ce qui aboutit en 1993-1995 aux accords d’oslo et à la naissance de l’Autorité palestinienne.</p><p class="para" id="pa12"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa12">12</a> Trente ans après les accords d’oslo, la poursuite de la colonisation a rendu impossible une solution à deux états : « 7,5 millions d’Israéliens-juifs dominent, par une politique d’expulsion, de déplacement, de répression et d’enfermement, un peuple palestinien-arabe de 7,5 millions de personnes, dont une grande partie est privée de droits civiques et des libertés politiques élémentaires ».</p><p class="para" id="pa13"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa13">13</a> Désabusé, Shlomo Sand note que les positions ethnocentriques, religieuses ou pseudo-religieuses de part et d’autre, font obstacle à toute possibilité de rapprochement culturel et politique entre les deux bords, alors que les organisations palestiniennes de résistance civique pacifique sont interdites et que les Israéliens qui s’indignent de la perpétuation d’une politique jugée raciste et discriminatoire sont vilipendés et accusés de trahison par leurs concitoyens.</p><p class="para" id="pa14"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa14">14</a> Shlomo Sand se refuse toutefois à perdre tout espoir : « Si l’on ne peut pas partager une terre, avec toutes les difficultés que cela représente, il nous faut apprendre à partager la souveraineté. Le binationalisme palestino-israélien doit, le moment venu, arracher de son cœur la muraille de haine édifiée comme une forteresse sur un amas de peurs, afin de nous permettre à tous, Israéliens et Palestiniens, de vivre ensemble » (p. 243).</p><p class="para" id="pa15"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa15">15</a> Alors que la riposte israélienne à Gaza a déjà fait plus de 33000 victimes depuis les attentats sanglants du 7 octobre, que la perspective d’une paix au Proche-orient s’éloigne de jour à jour et qu’en France les partis de gauche se divisent sur le vocable à employer, il y a urgence à lire l’ouvrage de Shlomo Sand, qui ouvre des pistes de réflexion à même d’irriguer tous les partisans de la paix.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1243/je-meloigne-de-vous-mais-je-reste-a-votre-disposition</guid>
	<pubDate>Sat, 14 Mar 2026 20:13:32 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Je m&#039;éloigne de vous, mais je reste à votre disposition.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Le troisième président de l'Ukraine, Viktor Yushchenko, a écrit une lettre ouverte à  Viktor Orbán: </p>

<p>"Viktor, regarde cette photo.</p>

<p>Nous nous sommes tenus côte à côte à une époque où l'avenir de notre région semblait partagé, clair et brillant. À l'époque, nous pensions tous les deux que la liberté n'était pas seulement un mot, mais le plus grand cadeau pour lequel il valait la peine de se battre. Je me souviens de toi différemment. Je me souviens d'un leader qui comprenait le prix de la dignité et savait ce que signifiait la libération de l'oppression impériale.</p>

<p>Aujourd'hui, je regarde vos actions et je me demande : où est passé ce Viktor ? Comment se fait-il qu'une personne qui a vu la montée de la Hongrie libre joue maintenant entre les mains de forces qui veulent détruire la liberté d'un pays voisin ?</p>

<p>L'Ukraine saigne aujourd'hui pour les mêmes valeurs dont nous avons déjà débattu à la table des négociations. Nous défendons non seulement notre terre, mais aussi la paix de votre pays, ainsi que de toute l'Europe.</p>

<p>La politique n'est pas seulement une question de chiffres, de profit ou de gaz. Il s'agit principalement de valeurs. Lorsque vous choisissez le côté de l'agresseur, vous trahissez non seulement l'Ukraine - vous trahissez la mémoire de votre propre peuple, qui sait ce que ressentent les chars soviétiques dans les rues de Budapest.</p>

<p>Viktor, arrête-toi et souviens-toi de qui tu étais. L'histoire est un juge sévère. Il ne pardonne pas à ceux qui étaient silencieux ou qui ont aidé le mal pendant les moments de grandes épreuves. Il n'est pas trop tard pour revenir à la lumière, à la véritable fraternité européenne, où l'honneur est valorisé, pas des accords politiques douteux.</p>

<p>Je vous exhorte à regarder la vérité dans les yeux. Soyez le leader que le monde a autrefois respecté, celui qui savait que la liberté est le seul moyen». </p>

<p>Viktor Orbán lui a répondu: </p>

<p>«Cher Viktor,<br />Mon vieil ami,</p>

<p>Nous, Hongrois, avons toujours été une nation de défenseurs de la liberté tout au long de notre histoire millénaire, et nous le resterons. Nous sommes le peuple qui a combattu sans relâche pour sa liberté contre les armées ottomanes, les troupes des Habsbourg, la Wehrmacht du Troisième Reich et l'Armée rouge de l'Union soviétique, au sein desquelles ont jadis servi les fils de nombreux peuples. Nous perpétuons cette tradition aujourd'hui.</p>

<p>Veuillez avertir votre président : ne touchez pas à la liberté des Hongrois !</p>

<p>Veuillez convaincre votre président de ne pas faire chanter mon pays ni de menacer ses dirigeants.</p>

<p>Les Hongrois sont un peuple libre. Votre lutte pour la liberté ne vous autorise pas à nous faire chanter ni à nous dicter votre conduite.</p>

<p>Veuillez faire comprendre à votre président que le terrorisme d'État par lequel il a fait sauter le gazoduc allemand Nord Stream ne fonctionnera pas contre la Hongrie.</p>

<p>Je vous rappelle que lorsque la guerre a éclaté, nous avons accueilli vos réfugiés. Nous leur avons offert un abri, de la nourriture et la sécurité. J'ai ordonné la création d'écoles de langue ukrainienne pour vos enfants, chose que vous refusez aux Hongrois de Transcarpathie.</p>

<p>Il est regrettable qu'aujourd'hui les droits de la minorité nationale hongroise en Ukraine soient plus restreints qu'ils ne l'étaient dans le passé, à cette époque sombre.</p>

<p>Je remercie Dieu que le pays avec lequel vous êtes actuellement en guerre ne soit pas un ennemi de la Hongrie ni du peuple hongrois, et nous n'avons aucune intention de changer cela. Nous souhaitons rester vos amis, mais nous ne prendrons pas part à votre guerre. Par conséquent, je vous demande d'accepter que nous n'enverrons ni argent, ni armes, ni soldats à votre conflit.</p>

<p>Je souhaite que votre guerre fratricide ne se termine pas par l'affaiblissement fatal de l'État ukrainien, et que nous puissions renouer avec l'ancien esprit d'amitié ukraino-hongroise.</p>

<p>Je m'éloigne de vous, mais je reste à votre disposition.</p>

<p>Viktor Orbán</p>

<p>P.S. : Si jamais une puissance étrangère vous menaçait, vous ou votre famille, sachez que vous pouvez toujours compter sur moi ; vous aurez toujours un refuge sûr chez nous. ».</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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