<?xml version='1.0'?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" >
<channel>
	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de Sciences]]></title>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/group/267/all?offset=20</link>
	<atom:link href="https://ememiom.fr/iom/blog/group/267/all?offset=20" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<description><![CDATA[]]></description>
	
	<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/275/avec-la-pandemie-la-democratie-en-sante-fragilisee-%E2%80%93-liberation</guid>
	<pubDate>Wed, 07 Apr 2021 10:11:40 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/275/avec-la-pandemie-la-democratie-en-sante-fragilisee-%E2%80%93-liberation</link>
	<title><![CDATA[Avec la pandémie, la démocratie en santé fragilisée – Libération]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Voici d&eacute;j&agrave; pr&egrave;s d&rsquo;un an, le 15 avril 2020, la Conf&eacute;rence nationale de sant&eacute; (CNS) appelait instamment les pouvoirs publics &agrave; faire, enfin, le pari de la d&eacute;mocratie en sant&eacute;. Le constat &eacute;tait alors, il est vrai, particuli&egrave;rement s&eacute;v&egrave;re. Si, dans l&rsquo;urgence, le gouvernement s&rsquo;est appuy&eacute; sur des comit&eacute;s d&rsquo;experts scientifiques pour prendre des d&eacute;cisions concernant la gestion de la crise sanitaire, la &laquo;soci&eacute;t&eacute;&raquo; a &eacute;t&eacute; oubli&eacute;e.</p><p>Les instances de d&eacute;mocratie en sant&eacute; rassemblent les diff&eacute;rentes composantes de la soci&eacute;t&eacute; civile organis&eacute;e en mati&egrave;re de sant&eacute; dans une dynamique de dialogue et de concertation. Elles n&rsquo;ont pas ou peu &eacute;t&eacute; impliqu&eacute;es. Dans les &eacute;tablissements sanitaires et m&eacute;dico-sociaux, les repr&eacute;sentants des usagers du syst&egrave;me de sant&eacute; ont &eacute;t&eacute;, eux aussi, bien souvent oubli&eacute;s. La Commission nationale consultative des droits de l&rsquo;homme, le Conseil &eacute;conomique social et environnemental et la CNS, en concertation avec le Conseil scientifique, se sont mobilis&eacute;s pour proposer au gouvernement la cr&eacute;ation d&rsquo;un comit&eacute; de liaison. Ce comit&eacute; aurait eu pour vocation de mobiliser la soci&eacute;t&eacute; civile et de d&eacute;ployer une dynamique de participation citoyenne. Le comit&eacute; de liaison aurait pu r&eacute;pondre aux enjeux majeurs que constituent l&rsquo;adh&eacute;sion de la population aux mesures de lutte contre la pand&eacute;mie, la mobilisation de l&rsquo;expertise sociale des organisations de la soci&eacute;t&eacute; civile au plus pr&egrave;s des populations vuln&eacute;rables, ou encore l&rsquo;adaptation des mesures aux contextes locaux.</p><p>Il n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; donn&eacute; suite &agrave; cette proposition, m&ecirc;me si quelques initiatives en faveur de la d&eacute;mocratie en sant&eacute; ont &eacute;t&eacute; prises &ndash; comme la mise en place en janvier 2021 d&rsquo;un collectif citoyen sur la vaccination. Pour tirer les le&ccedil;ons de cette crise afin d&rsquo;accompagner et adapter les mesures de lutte contre la pand&eacute;mie, trois pistes de r&eacute;flexion semblent pouvoir &eacute;clairer la fragilit&eacute; de la d&eacute;mocratie en sant&eacute;.</p><p>Posture paternaliste privil&eacute;gi&eacute;e</p><p>On a pr&eacute;f&eacute;r&eacute; faire une lecture biom&eacute;dicale de la pand&eacute;mie, plut&ocirc;t qu&rsquo;une lecture sociale ou politique. Le simple fait d&rsquo;&ecirc;tre en vie est d&egrave;s lors plus important que le riche accomplissement d&rsquo;une vie. Didier Fassin parle sur ce point de la pr&eacute;&eacute;minence de la valeur de la vie humaine comme fait &laquo;physique et biologique&raquo; sur la valeur de la vie humaine comme fait &laquo;social et politique&raquo;.</p><p>Le choix d&rsquo;appliquer une grille de lecture biom&eacute;dicale limite notre capacit&eacute; &agrave; appr&eacute;hender la pand&eacute;mie du Covid-19 et la gestion de la crise dans leurs dimensions sociales, dans leurs v&eacute;cus par chacun et dans leurs cons&eacute;quences in&eacute;gales ou injustes selon la position des personnes. Les mesures d&rsquo;interdiction des visites aux personnes &acirc;g&eacute;es en Ehpad en sont une illustration de cette grille de lecture.</p><p>Dans la r&eacute;ponse &agrave; la pand&eacute;mie, c&rsquo;est une posture injonctive et paternaliste de la sant&eacute; publique qui a &eacute;t&eacute; privil&eacute;gi&eacute;e, aux d&eacute;pens des droits des personnes et de leurs autonomies. Cette posture se concr&eacute;tise souvent par des interventions qui m&ecirc;lent la culpabilisation d&rsquo;un public cible et la prise de mesures contraignantes.</p><p>Voici plus de vingt ans, Jonathan Mann, en r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la pand&eacute;mie mondiale de sida, soulignait le caract&egrave;re indissociable des pratiques de sant&eacute; publique et de l&rsquo;action pour la d&eacute;fense des droits de la personne. La sant&eacute; publique visant &laquo;par d&eacute;finition&raquo; le bien de la population, il peut &ecirc;tre en effet &laquo;tentant&raquo; de restreindre la libert&eacute; d&rsquo;action d&rsquo;une personne en le justifiant par la recherche de son bien-&ecirc;tre. Certains auteurs ont utilis&eacute; le terme de &laquo;paternalisme&raquo; pour caract&eacute;riser ces situations.</p><p>A lire aussi</p><p>Il ne s&rsquo;agit pas ici d&rsquo;opposer les droits de la personne et la protection de la collectivit&eacute;. Dans certaines situations, les atteintes aux droits et libert&eacute;s par l&rsquo;Etat peuvent, bien s&ucirc;r, &ecirc;tre justifi&eacute;es &agrave; condition, toutefois, d&rsquo;&ecirc;tre ad&eacute;quates, n&eacute;cessaires et proportionn&eacute;es. Mais, face &agrave; la multiplication des injonctions faites aux personnes quant aux bons comportements &agrave; observer conduisant &agrave; une forme de gouvernance de la vie, il para&icirc;t essentiel de plaider en faveur de d&eacute;marches permettant de renforcer la capacit&eacute; d&rsquo;agir et l&rsquo;autonomie des personnes et des collectifs.</p><p>Levier d&rsquo;une solidarit&eacute; renforc&eacute;e</p><p>La d&eacute;mocratie en sant&eacute; permet d&rsquo;associer l&rsquo;ensemble des acteurs du syst&egrave;me de sant&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;laboration et &agrave; la mise en &oelig;uvre de la politique de sant&eacute;. Ces acteurs d&eacute;tiennent une expertise d&rsquo;usage vis-&agrave;-vis des mesures envisag&eacute;es ou mises en &oelig;uvre dans le cadre des politiques de sant&eacute;. Une d&eacute;mocratie en sant&eacute; mobilis&eacute;e, aux diff&eacute;rents niveaux territoriaux, est la garante d&rsquo;une capacit&eacute; d&rsquo;action aux niveaux individuel et populationnel. Elle est le levier d&rsquo;un &laquo;agir ensemble&raquo; et d&rsquo;une solidarit&eacute; renforc&eacute;e. Elle est la condition indispensable de d&eacute;cisions efficaces, efficientes et &eacute;thiques, y compris (et peut &ecirc;tre plus encore) en situation de crise sanitaire.</p><p>A lire aussi</p><p>Les dynamiques qui irriguent notre d&eacute;mocratie dans le champ de la sant&eacute; sont plurielles : repr&eacute;sentation parlementaire, &eacute;lus des collectivit&eacute;s territoriales, soci&eacute;t&eacute; civile organis&eacute;e (CNS, etc.), partenaires sociaux, participation citoyenne. Elles pr&eacute;sentent, chacune, leur propre l&eacute;gitimit&eacute; et plus-value. Cette pluralit&eacute; peut &ecirc;tre positive &agrave; condition toutefois que ces dynamiques ne soient pas mises en concurrence entre elles et que le recours &agrave; ces dynamiques ne soit pas facultatif. Ainsi, le dispositif du &laquo;collectif citoyen sur vaccination&raquo; doit pouvoir &ecirc;tre articul&eacute; en compl&eacute;mentarit&eacute; des autres dispositifs existants et non pas se substituer &agrave; ceux-ci.</p><p>Valeurs d&eacute;mocratiques et principes &eacute;thiques me semblent indissociables. Les trois pistes de r&eacute;flexion propos&eacute;es ici &agrave; la sagacit&eacute; du lecteur me semblent illustrer, &agrave; leur mani&egrave;re, les trois dimensions de la d&eacute;finition de Paul Ric&oelig;ur d&rsquo;une vis&eacute;e &eacute;thique : &laquo;une vie bonne&raquo;, &laquo;pour et avec autrui&raquo;, &laquo;dans des institutions justes&raquo;.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>

</channel>
</rss>