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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Avril 2021]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Fri, 30 Apr 2021 19:18:36 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[la réponse de Gilles Clavreul à Alain Finkielkraut]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX/TRIBUNE - Dans un entretien paru le 26 avril dans Le Figaro, Alain Finkielkraut critiquait sévèrement le terme de «tenaille identitaire». Gilles Clavreul, qui a fait l’expression sienne, défend son usage et revient sur le débat qui sous-tend leur désaccord selon lui: la nation est-elle un fait de culture ou une construction politique?</p><p class="fig-paragraph">Gilles Clavreul est co-fondateur du Printemps républicain et délégué général du club de réflexion L’Aurore. Il a été délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme de 2015 à 2017.</p><p>À découvrir</p><p class="fig-paragraph">Lorsque j’ai commencé à employer l’expression «tenaille identitaire», courant 2016, mon idée n’était pas d’habiller de neuf le poncif usé jusqu’à la corde, ni vrai ni faux comme tous les poncifs, qui voudrait que «les extrêmes se rejoignent». Pas davantage n’ai-je voulu dire qu’ils se ressemblent, qu’ils disent la même chose ou qu’ils représentent le même type de menace.</p><p class="fig-paragraph">En revanche, m’est apparu quelque chose comme un mécanisme qui rend solidaires entre elles des formes de protestation politique, sociale, religieuse, thématique très diverses, caractéristiques de l’ «âge identitaire» dans lequel, comme le signale Laurent Bouvet*, nous sommes désormais entrés. Généralisation des affirmations individuelles et collectives au détriment du commun, effacement des repères normatifs traditionnels (politiques, syndicaux, de classe, etc.), valorisation publicitaire du «narcissisme des petites différences»…Autant de signes auxquels nous ne pouvons plus échapper.</p><p class="fig-paragraph">Ce n’est pas seulement un fait politique, ni de culture, mais un fait de civilisation, sensible aussi bien dans la consommation de masse - le «venez comme vous êtes» de Mc Donald’s - que dans le militantisme radical. C’est que, pour être furieuse et stridente, la petite musique identitaire s’écrit sur une portée néo-libérale et marchande, la «dégradation de l’être en avoir et de l’avoir en paraître» dénoncée par Guy Debord. L’abaissement du politique a créé un vide, la solitude de l’individu perdu dans la foule prophétisée par Tocqueville a précipité le manque et engendré de nouveaux besoins: les propositions identitaires remplissent ce vide.</p>
<p>Pour être furieuse et stridente, la petite musique identitaire s’écrit sur une portée néo-libérale et marchande</p>
<p class="fig-paragraph">Pourquoi «tenaille»? Parce que ces propositions que tout oppose politiquement, par exemple celle des suprémacistes américains et celles des «wokes», s’articulent néanmoins autour d’un même axe, en l’occurrence celui de la race. Elles prétendent rapporter ce que l’on dit et ce que l’on pense à ce que l’on est. Ce faisant, le tout-identitaire étouffe petit à petit la conversation démocratique: rabattant le citoyen sur l’individu et l’individu sur ses attaches, sa naissance, son genre ou encore la religion dans laquelle il a été élevé, il assigne à chacun des positions fixes et tue l’idée même d’une délibération collective. Second attribut de la tenaille: la pression de la pince gauche accentue celle de la pince droite, et réciproquement. Elles s’entre-alimentent dans une surenchère d’anathèmes et de procès en sorcellerie où chacun est sommé de prendre parti ou enrôlé de force dans l’un ou l’autre camp.</p><p class="fig-paragraph"><a href="https://www.lefigaro.fr/vox/societe/alain-finkielkraut-sarah-halimi-insecurite-ecologie-qu-est-la-gauche-devenue-20210425" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">Dans une interview parue lundi dernier dans Le Figaro</a> , Alain Finkielkraut réfute l’idée de tenaille, y voyant une «idée fausse». Tel que je comprends son raisonnement, il estime qu’on ne peut pas opposer ni mettre sur le même plan ceux qui participent de l’avènement de cet âge identitaire et ceux qui s’en inquiètent, s’en affligent et tentent d’y résister. Ceux-ci ont pour seul tort d’être parfois excessifs, poussés par l’angoisse de voir leur culture disparaître ; les premiers, en revanche, sont les agents d’une passion destructrice qui vise à ce qu’un multiculturalisme obligatoire supplante la culture française. En d’autres termes, il n’y aurait pas deux grands récits identitaires face-à-face, mais une identité menacée d’un côté et des destructeurs d’identité de l’autre, ou plus simplement une proie, le «nous» français et européen, et des prédateurs.</p>
<p>Quelle identité défend-on ? Qui s’accorde sur quoi ? Prend-on tout en bloc, ou bien s’autorise-t-on à faire le tri ?</p>
<p class="fig-paragraph">Je vois surgir immédiatement deux difficultés. D’abord je ne suis pas sûr que tous ceux qui défendent une identité menacée s’en font exactement la même idée qu’Alain Finkielkraut: Péguy, Kundera, la galanterie française dont «Finkie» faisait un magnifique éloge dans L’identité malheureuse, sont des figures assez imperceptibles, pour dire le moins, dans le programme du Rassemblement national. Nous voilà face à un premier écueil: quelle identité défend-on? Qui s’accorde sur quoi? Prend-on tout en bloc, ou bien s’autorise-t-on à faire le tri? Etc. Deuxième problème: les contempteurs de notre identité menacée veulent-ils le nivellement généralisé des valeurs et l’écrasement des origines dans un grand tout relativiste - ce qui a plutôt été la thèse d’Alain Finkielkraut depuis La défaite de la pensée - ou bien avancent-ils masqués, derrière un multiculturalisme apparent, pour imposer une identité de remplacement, comme le disent Eric Zemmour ou Renaud Camus? Dans cette dernière hypothèse, il y a certes bien confrontation des modèles, pour ne pas dire choc des civilisations ; reste que la France selon Zemmour et Camus n’est pas plus la France que l’islam selon Tariq Ramadan et Youssef Al-Qaradawi n’est l’islam - du moins, rien n’oblige à adhérer à la vision qu’ils en donnent.</p><p class="fig-paragraph">Je pourrais m’en tenir là pour dire pourquoi je garde quand même la tenaille dans ma caisse à outils: elle me sert à repousser des propositions dont l’identité est le principe, et dont je ne veux pas. Mais l’argumentation d’Alain Finkielkraut se situe sur un plan plus élevé. D’abord, il invite - et là-dessus nous tomberons entièrement d’accord - à juger les champions identitaires sur le plan à la fois intellectuel et moral: entre la pensée pauvrette et répétitive des wokes, le délire décolonial et la brutalité islamiste, d’un côté, et la culture démocratique, française et européenne, de l’autre, est-il seulement besoin de manifester sa préférence, tant elle est évidente, spontanée, immédiate?</p>
<p>Identité politique et identité culturelle</p>
<p class="fig-paragraph">Ensuite, il pose, et se pose, la question culturelle: pour Alain Finkielkraut, l’identité, c’est la culture. Eh bien, si curieux que cela paraisse, c’est sur cette idée qui sonne comme une évidence, que mon chemin s’éloigne pourtant du sien: de l’identité culturelle, qu’on recueille en héritage et qu’on perpétue, je sépare l’identité politique, celle qu’on choisit en fonction d’un projet d’organisation collective et de principes de vie auxquels on adhère. Or mon identité politique, c’est celle d’un citoyen de la République française indivisible, laïque, démocratique et sociale. Bien sûr, cette identité n’est pas sans lien avec ma culture ; mais elle ne s’y résume pas. Je peux même dire qu’en sens inverse, Méditerranéen que je suis, une partie de ma culture échappe à mon être politique. Ainsi, culture et politique se recoupent, mais ne se superposent pas.</p><p class="fig-paragraph">Alain Finkielkraut a le grand mérite de poser clairement les termes du débat: soit on fait de la nation un fait de culture, comme il l’avance. Soit, comme je le crois, la nation est d’abord une construction politique. Là est le fond de notre désaccord. On pourrait, de façon un peu scolaire, renvoyer à l’opposition entre Fichte et Renan: bien qu’Alain cite ce dernier, c’est plutôt vers le premier qu’il penche quand il fait de la nation la transcription dans l’ordre du politique d’une communauté d’idée et de sensation dont la langue est le creuset.</p>
<p>Soit on fait de la nation un fait de culture, comme il l’avance. Soit, comme je le crois, la nation est d’abord une construction politique.</p>
<p class="fig-paragraph">Or, me semble-t-il, l’histoire de la construction nationale en France témoigne d’une expérience toute autre: c’est l’Etat qui a fait la nation, d’abord sur le plan juridique, militaire et administratif, et ensuite seulement, bien plus tard, par l’unification culturelle. Ainsi, de quand faut-il dater la naissance d’une «politique de la langue», pour paraphraser Michel de Certeau? Certainement pas de la Renaissance, écrivait Colette Beaune**: vers 1500, «la langue n’est pas l’un des soucis majeurs du sentiment national français». L’erreur d’interprétation est pourtant fréquente à propos de l’édit de Villers-Cotterêts (1539): il fixe la langue administrative, mais ne lui assigne aucune fonction unificatrice. C’est la langue des papiers officiels, ce n’est pas encore celle du peuple. Plus tard, la création de l’Académie française, qui participe de l’idéal de perfection formelle du Grand Siècle, n’a rien d’un instrument de conquête des masses. Après les projets inaboutis de l’abbé Grégoire sous la Convention, il faut attendre la IIIème République pour que la mosaïque linguistique et la faible pénétration du français au sud d’une ligne Saint-Malo-Genève soient perçues comme un enjeu, la persistance des parlers locaux étant vue comme un frein à l’établissement ferme et durable du régime républicain. Mais auparavant, on compte plusieurs siècles de cohabitation paisible entre plurilinguisme et sentiment national: les divisions dont le pouvoir s’inquiète sont politiques, sociales, religieuses surtout, mais pas linguistiques.</p><p class="fig-paragraph">La culture ne devient un enjeu qu’avec l’effacement progressif et inexorable de la référence religieuse, à laquelle les plus hardis des révolutionnaires, nota Quinet, n’ont pas osé toucher un siècle plutôt. Mais dans la France en plein bouleversement technique, économique, démographique de la fin du XIXème siècle, il devient urgent de donner à une République encore fragile et contestée une base sociale solide: si on sourit aujourd’hui de la forme naïve et franchement catéchuménale de la «morale de nos pères» prônée par Jules Ferry, il faut se rappeler que des intellectuels conséquents, comme le néo-kantien Charles Renouvier, ont auparavant jeté les bases d’une «morale laïque» et proposé à la République d’assumer le «pouvoir spirituel» en lieu et place de l’Eglise. Discours si puissant qu’il est difficilement entendu de nos jours: pourtant, il nous a faits.</p>
<p>Identité de la France et identité nationale</p>
<p class="fig-paragraph">Alors, en effet, s’est épanouie une culture proprement française - française, comme le dit Braudel, et non nationale, car rien ne ressemble moins à une nation, quant à ses caractères propres, qu’une autre nation. Ce fut l’erreur de Nicolas Sarkozy, que de mal choisir ses mots, lorsqu’il se mit en quête «d’identité nationale», initiative mi-politicienne, mi-bureaucratique, à partir d’une intuition pourtant légitime: eût-il parlé d’identité de la France, sans la tremper dans le bain finalement peu révélateur de la question migratoire, l’initiative aurait pu porter ses fruits. Chérir la France, c’est être patriote ; mais exalter la nation, de façon générique, comment le faire sans être complaisant envers le nationalisme? Voilà une belle question de frontières…</p><p class="fig-paragraph">Revenons à l’aurore de la IIIème République. L’identité française y devint un projet politique à part entière, adossée à un récit unificateur, parfois oublieux des vicissitudes de l’Histoire, peu disert sur les zones d’ombre, mais plus respectueux de la diversité qu’on ne le dit souvent. Une culture-palimpseste qui se surimpose aux identités locales sans les effacer complètement. «Les France cousues ensemble» de Braudel se manifestent encore partout, les «petites patries»*** ne défient pas la culture française, au contraire elles la fortifient. Tel ces disques multicolores qui paraissent tout blancs quand on les fait tourner, c’est la richesse de ses tons, la variété de sa palette, qui fait l’unité de la France, à condition de rester toujours en mouvement. A cela, une seule limite, mais elle est nette: de la diversité, on peut tout accepter comme culture, mais on doit tout lui refuser comme politique. Ainsi, comme l’avait fermement rappelé le Conseil constitutionnel, il y a une langue corse, une histoire corse, des paysages et une âme corses ; mais il n’y a pas de peuple corse. Et pas davantage - au moment où le Gouvernement s’engage sur une pente glissante, celle de la reconnaissance d’un prétendu «droit à la différenciation» - de peuples basque, breton, afro-descendant, alsacien, etc.</p><p class="fig-paragraph">Ainsi l’identité n’est, pour la vie de la cité, ni bonne, ni mauvaise en soi. Elle est une donnée que le politique doit intégrer, mais elle n’indique rien par elle-même quant à ce qui permet à l’homme d’habiter l’espace collectif. En revanche, l’instrumentalisation idéologique de l’identité, c’est-à-dire la politique identitaire, raréfie incontestablement l’oxygène démocratique en restreignant nos choix à nos appartenances. Il y a peut-être des identités plus désirables ou plus confortables que d’autres, mais aucune politique assise sur l’identité n’est construite, selon moi, sur des fondations solides.</p>
<p>La laïcité, enfin</p>
<p class="fig-paragraph">Un dernier mot sur la laïcité. Là encore, quand bien même son histoire témoigne d’une modalité singulière de règlement de la question théologico-politique, elle est un principe philosophique et politique et non un trait culturel. Nous ne la défendons pas parce qu’elle est française, mais parce qu’elle rend possible un équilibre précieux entre les libertés individuelles et les règles de vie collective. En faire une spécialité française, c’est se résigner à ce qu’elle ne soit pas universalisable: ce n’est pas ce qu’attendent de nous les intellectuels et militants algériens, tunisiens, turcs ou iraniens qui envient notre laïcité. Ayons de l’ambition pour nos principes: ils sont plus grands que nous. Et le principe de laïcité nous intime - non pas de déchirer le palimpseste du récit français où le Texte catholique se laisse découvrir à chaque ligne ; mais de regarder avec un intérêt bienveillant et détaché toutes les écritures, pour écrire notre propre partition, librement.</p><p class="fig-paragraph">* Laurent Bouvet, Le péril identitaire, Éditions de l’Observatoire, 2020</p><p class="fig-paragraph">** Colette Beaune, Naissance de la nation France, Gallimard, 1985</p><p class="fig-paragraph">*** Olivier Grenouilleau, Nos petites patries, Gallimard, 2019</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Wed, 28 Apr 2021 05:20:07 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Terrorisme, le tunisien Jamel Gorchene n&#039;est pas un loup solitaire]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2021/04/Gorche%CC%80ne.jpg" data-caption=""></a></p>
<p>Originaire de M’saken en Tunisie où il a été endoctriné par un imam salafiste, Bechir Ben Hassen, le terroriste de Rambouillet, Jamel Gorchene n’a pas surgi de nulle part ! </p><p class="article__paragraph">Quel processus, s’interroge le très docte quotidien « le Monde, a conduit Jamel Gorchene, un Tunisien de 36 ans arrivé clandestinement en France en 2009, à assassiner une adjointe administrative du commissariat de Rambouillet (Yvelines), le 23 avril ? Quels ressorts ont fait basculer  « ce chauffeur-livreur sans histoire » dans la dérive meurtrière? « Troubles de personnalité », failles psychologiques », « profil énigmatique ». À en croire les déclarations publiques des experts des services anti terroristes, Jamel Gorchene serait un loup solitaire, du genre déprimé, mais sans réseaux ni visibilité. Nous ne sommes pourtant pas obligés de croire sur parole à cette présentation angélique d’un terroriste à l’allure d’un « chauffeur livreur sans histoire ».</p><p class="article__paragraph">La radicalisation progressive du terroriste de Rambouillet n’a rien à voir avec le story telling qu’on nous impose.même si son parcours a échappé, semble-t-il, à tous les radars anti terroristes. Plus grave encore, aucune coopération n’a véritablement fonctionné entre les services français et tunisiens qui aurait pu permettre de repérer les dérives de Jamel Gorchene.</p>
<p><a href="https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2021/04/3QPFNJWWNFUVCLBN42C2X2PZG4.jpg"></a><br />Mohamed Salmin Bouhlel,: 86 morts, plus de deux cent blessésDeux amis d’enfance<br />Lors de son arrivée sur le territoire français en 2009, le jeune tunisien rejoint Mohamed Lahouaiej Bouhlel, installé à Nice depuis cinq ans et qui sera l’auteur du terrible attentat de 2016 (86 morts). Ce sont des amis d’enfance du même age, originaires l’un et l’autre de la ville de M’Saken en Tunisie. La région niçoise est en effet une terre d’émigration privilégiée pour les Tunisiens de cette grande banlieue de Sousse. </p>
<p>En 2020, un autre Tunisien âgé lui d’une vingtaine d’années et originaire de Sfax, assassine trois personnes en perpétrant un attentat à la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption à Nice toujours. Dix jours plus tôt, une vidéo était diffusée sur Facebook, prêchant en arabe la décapitation de tous ceux qui offensent le prophète Mahomet. L’auteur? Un certain Bechir Ben Hassen, l’Imam de M’sakem, qui a vécu en France entre 2016 et 2020.</p><p><a href="https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2021/04/24-02-2014-09-52-24bechir_ben_hassen.jpg"></a></p>
<p> Béchir Ben Hassen, la matrice<br />Imam populiste, proche de l’Arabie Saoudite , Béchir Ben Hassen aura formé à un Islam salafiste les deux apprentis terroristes.  Né à Msaken comme eux, ce religieux n’a rien d’un tueur, mais il est bien un notable au discours rigoriste qui prêche sur la chaine qatarie El Djazira. Lors de l’arrivée au pouvoir des islamistes après 2011, ce fondamentaliste soutient le mouvement Ennhadha et encadre, par des prêches enflammés, une jeunesse en voie de radicalisation qu’il faut contenir. « Cet Imam piétiste, explique un universitaire,  tentait comme d’autres d’amortir le choc provoqué par l’islamisation du pouvoir et de la société ». .<br />Ce notable pieux n’a cessé de multiplier les allers et retours entre la Tunisie, le Maroc et la France. Béchir Ben Hassen a étudié à l’Institut d’Oum Al Qura à la Mecque, ainsi qu’à l’Université Américaine internationale de théologie islamique avant de suivre des cycles de formations au Centre Islamique et culturel de Bruxelles. Installé quelque temps au Maroc où il fait de la prison, le Cheikh Béchir Ben Hassen rentre finalement dans son pays en 2014 après avoir passé neuf mois en détention en France en raison dune plainte déposée par son épouse française pour avoir kidnappé ses enfants.<br />Al-karama à la manoeuvre<br />Lorsqu’en 2015, le vent est moins favorable aux islamistes tunisiens après l’élection de Beji Caïd Essebsi, l’Imam est  renvoyé de la mosquée de M’sakem. Après quatre ans passés à nouveau en France, il revient en Tunisie retrouve les clés du lieu de prière. C’est le moment où ses amis d’Ennahdha et leurs alliés d’ « Al Karama » forment le gouvernement. Le fait qu’il ait pris pour avocat Maitre Seifeddine Maklhouf, le chef du groupe Al-Karama, lui  permet d’asseoir encore d’avantage son influence. <br />En pleine épidémie de Covid, l’Imam conseille aux fidèles de s’immuniser en s’arrosant avec un peu d’eau et l’aide d’Allah. Or c’est ce notable porteur d’un Islam rétrograde que Jamel Gorchene consulte en février dernier lorsque, muni enfin de papiers français, il séjourne quelque temps en Tunisie dans sa banlieue de Sousse.<br />Déclarations embarrassées </p>
<p>Une certitude, Jamel Gorchene, citoyen tunisien, en pinçait pour  « Al-Karama » et ses prédicateurs réactionnaires, tout comme une masse de jeunes islamistes énervés qui trouvent bien trop mous les Frères Musulmans d’Ennahdha au pouvoir depuis dix ans.</p><p>Après l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty en octobre 2020, un des députés d’Al-Karama, bienveillant avec Daech et connu pour ses positions hostiles à la France, Rached Khiari, avait en effet justifié, à travers un post, l’opération terroriste. L’élu qui est aussi enseignant avait montré à ses élèves les caricatures dégradantes du prophète Mohamed, en assurant que « l’atteinte au prophète est le plus grand des crimes et que celui qui ose le faire doit en assumer les conséquences qu’il soit un Etat, un groupe ou une personne » ! Le Parquet de Tunis avait ouvert une enquête.</p><p>Interrogé par Mondafrique sur les liens du terroriste avec sa mouvance, l’ancien bloggeur et aujourd’hui député d’Al-Karama, Maher Zid, répond de façon assez embarrassée: « Nous ne sommes pas un véritable parti, personne n’est vraiment partie prenante de notre organisation ». Les déclarations de Rached Khiari ne provoquent chez lui  » aucun souvenir ». Et de botter en touche en suspectant les autorités françaises d’avoir pu organiser une telle mise en scène macabre. « Il arrive que des services de renseignement organisent de tels attentats pour détourner l’attention de l’opinion publique lorsqu’ils sont déstabilisés ». Et le même Maher Zid d’ajouter: « Al Karama n’a donné aucun ordre d’assassiner cette fonctionnaire de police ». Cela va encore mieux en le disant !</p><p>De là à penser que la mouvance d’Al-Karama ait armé les assassins en France, il y aurait un pas à ne pas franchir. Pour autant, une coopération entre services de sécurité tunisien et français aurait évité utilement quelques drames ! De cet échec, personne ne veut parler.</p>
<p> </p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/508/verra-t-on-un-jour-brad-pitt-dans-le-role-de-martin-luther-king%E2%80%89</guid>
	<pubDate>Mon, 26 Apr 2021 19:44:34 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[verra-t-on un jour Brad Pitt dans le rôle de Martin Luther King ?&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">En matière de lutte contre les discriminations, on croyait avoir trouvé l’arme absolue : pulvériser tous les stéréotypes, en libérant le casting des fictions grand public de toute référence à une réalité honnie. En quelques années, le monde entier, abonné à Netflix et Cie, serait converti à l’interchangeabilité générale des personnes.</p><p class="article-text article-body__item">Patatras, encore raté ! Car certains « bénéficiaires » présumés de ces mascarades (à savoir les discriminés) ont compris tout autrement le message : vous n’existez pas ! D’où une colère légitime et sans doute salutaire.</p>
<p>Visuellement correct</p>
<p class="article-text article-body__item">Une erreur de casting n’a rien à voir, en général, avec une dissemblance physique. Ainsi, la troisième saison de l’excellente série britannique <a href="https://www.marianne.net/culture/cultures-pop/series-tv-peut-on-esperer-un-the-crown-a-la-francaise">The Crown</a> est gâchée par l’actrice (Gillian Anderson), pourtant assez « ressemblante », qui incarne Thatcher, mais dont le registre expressif très réduit bousille littéralement le personnage de Maggie.</p><p class="article-text article-body__item">Mais il y a tout de même des limites… Napoléon incarné par Omar Sy passe encore. Mais les spectateurs les plus coincés (ils sont encore nombreux) risquent de « tiquer » en découvrant Bovary (Madame) sous les traits de Richard Berry, d’autant que cet acteur fait l’objet de graves accusations d'agressions sexuelles. Et que dire d’un Jésus de Nazareth interprété par Marion Cotillard ?</p>
<p>Catéchisme visuel</p>
<p class="article-text article-body__item">Dans les productions les plus avancées (comme l’impayable Chronique des Bridgerton, une espèce d’utopie rétroactive fantasmée digne des Monty Python), le message est tellement lourdingue qu’il efface tout le reste, on ne voit, on n'entend plus que lui. L’intrigue, l’époque, les décors, les personnages, les dialogues, et même le jeu des acteurs n’ont plus aucune importance, seul s’impose le « catéchisme visuel » qui a remplacé ce que l’on appelait autrefois, en politique, la « propagande ».</p><p class="article-text article-body__item">Le spectacle se voulait édifiant, il tourne au comique (involontaire), parfois au grotesque, et enfin à l’odieux. Les producteurs ont fini par s’en apercevoir, et ils se défendent désormais en parlant d’humour ou d’anachronisme délibéré, forcément « créatif »… Ils seraient mieux avisés d’inscrire leurs productions dans la plus prestigieuse catégorie de la littérature surréaliste : « beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection de la reine Victoria et de Gérard Depardieu ».</p><p class="article-text article-body__item">Ces hardiesses semblent encore bien souvent fonctionner à sens unique : ainsi, une Jeanne d’Arc jouée par une jeune (ou une moins jeune) femme africaine : bravo ! Noomi Rapace en improbable hackeuse : génial ! Mais Brad Pitt en Martin Luther King ou Leonardo DiCaprio dans le rôle de Marie Curie ? On frôle le sacrilège… Pourquoi diable ces différences d’appréciations entre un casting progressiste et un autre insupportable ?</p>
<p>« Vous êtes interchangeables : vous n’existez pas »</p>
<p class="article-text article-body__item">Il y a pire. À savoir que certains de celles et ceux qui auraient dû être les principaux bénéficiaires de ces initiatives (les femmes, les non-Blancs et autres discriminés), et dont les producteurs attendaient sans doute des témoignages de gratitude (et puis quoi encore ?), n’apprécient pas du tout. Et on les comprend.</p><p class="article-text article-body__item">Si un Noir peut jouer le rôle d’un Blanc (ou vice-versa), une femme interpréter un homme (ou vice-versa) ou encore, de manière intersectionnelle, un homme blanc jouer le rôle d’une femme noire, cela peut tout au plus enchanter la mouvance bie, trans ou métisse – encore que celle-ci préférerait sans doute que des acteurs bis, trans ou métis interprètent de grands rôles de bis, trans ou métis, le chevalier d’Éon, Dumas ou Pouchkine, par exemple.</p><p>On ne sous-estimera pas le risque inverse : celui d’un monde où Brad Pitt ne serait plus autorisé qu’à jouer le rôle de… Brad Pitt, au stade ultime d’une crise de la représentation.</p><p class="article-text article-body__item">Mais ce genre de bouffonnerie peut aussi gravement indisposer les intéressé(e)s : car que signifie au bout du compte l’interchangeabilité générale, sinon que vous n’existez pas !</p><p class="article-text article-body__item">Et comme par hasard, cette équivalence se trouve être aussi une loi du marché, où tout se vaut, réduit à l’équivalent général appelé « argent », lequel, comme chacun sait, n’a pas d’odeur ni de genre, ni de couleur – sinon le vert du dollar américain. La showrunneuse Lauren S. Hissrich a mangé le morceau : « dans les jeux vidéo, Geralt et les Witcher ont un accent américain. Ce n’est pas le cas dans les livres [!] mais les développeurs ont pensé que ça plairait à un plus large public ». Bingo !</p><p class="article-text article-body__item">On ne sous-estimera pas pour autant le risque inverse : celui d’un monde où Brad Pitt ne serait plus autorisé qu’à jouer le rôle de… Brad Pitt, au stade ultime d’une crise de la représentation. Ce qui n’est pas non plus très raisonnable…</p>
<p>Les showrunneurs, ça ose tout</p>
<p class="article-text article-body__item">Quand les problèmes de société les plus difficiles et les plus explosifs sont pris en charge par des showrunneurs dont la compréhension des sujets est forcément limitée, le théorème d’Audiard s’applique implacablement : « les c… ça ose tout, et c’est même à ça qu’on les reconnaît ». Expier les péchés de nos ancêtres, rendre le monde meilleur, chacun y va de sa petite solution inspirée par sa profession, aussi futile soit-elle…</p><p class="article-text article-body__item">Les politiques sont à vrai dire les seuls « professionnels » compétents pour traiter, à défaut de les résoudre, les « problèmes de société », et sans chercher, surtout pas, à rendre le monde meilleur. Leur carence laisse la voie ouverte aux initiatives les plus ubuesques, en général contre-productives, surtout venant de ceux qui incarnent aujourd’hui les pires aspects de la domination de l’Occident sur le reste du monde.</p>
<p>La « pulvarisation » d’un tabou</p>
<p class="article-text article-body__item">Une fois de plus, désolé amis médiologues, il va nous falloir nuancer la réprobation courroucée que suscitent (ici-même) le woke et la cancel culture : ne sommes-nous pas nous-mêmes victimes de l’occidentalisation du monde – cette « carnavalisation », selon le mot de Jean Baudrillard – que certains combattent d’une manière (qui nous paraît) extravagante ou choquante ?</p><p class="article-text article-body__item"><a href="https://www.marianne.net/politique/gauche/en-invitant-les-blancs-a-se-taire-audrey-pulvar-rouvre-les-fractures-a-gauche">Audrey Pulvar nous montre le chemin.</a> Courageusement. On lui a beaucoup reproché sa complaisance bafouillée envers la « non-mixité »… La pulvarisation de ce tabou ouvre pourtant d’intéressantes perspectives : grâce à vous, Madame, nous allons (peut-être) pouvoir de nouveau, comme dans la vieille Angleterre, fonder des clubs réservés aux hommes (aux mâles). Ou bien exclusivement féminins, bien entendu… Et laisser les gentils organisateurs se débrouiller avec les demandes d’adhésion de candidat e s trans.</p><p class="article-text article-body__item">Quel soulagement ! Mais précisons pour les plus méfiants et autres paranos que les clubs mixtes, et plus si affinités, resteront autorisés.</p><p class="article-text article-body__item">P.-S. : plus sérieusement, on trouvera une brève analyse médiologique de l’affaire sur <a href="https://www.mediologie.org/le-medium-c-est-le-casting">le site de la médiologie</a>.</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/agora/humeurs/de-dix-petits-negres-valeurs-actuelles-quand-la-mauvaise-foi-l-emporte-sur-les">De "Dix petits nègres" à "Valeurs actuelles" : quand la mauvaise foi l'emporte sur les arguments rationnels</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/503/a-mes-amis-musulmans</guid>
	<pubDate>Fri, 23 Apr 2021 15:13:19 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/503/a-mes-amis-musulmans</link>
	<title><![CDATA[A mes amis musulmans]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Qui me reprochent d’être obsédé par « l’islam » et de proposer sur mon mur de nombreux textes ou articles qui discréditent une fois de plus  les musulmans déjà selon eux victimes d’islamophobie dans les sociétés occidentales.</p>

<p>Je voudrais être clair : chacun, selon moi, est libre de croire ce qu’il veut : y compris ce qu’un esprit rationaliste se refuse à croire : que Moïse a reçu les tables de la loi sur le mont Sinaï, que l’ange Gabriel a dicté le Coran à Mohammed  et que celui-ci est monté au ciel sur sa jument, que Jésus a été conçu par le Saint-Esprit… Je le répète : chacun est livre de croire ce qu’il vaut, y compris bien sûr  d’être athée ou agnostique. Chacun est libre d’avoir une foi qui le relie au divin et de prier dans le silence de sa maison ou en groupe avec ses frères de religion.</p>

<p>Ici, il s’agit d’autre chose : il s’agit d’une idéologie politique totalitaire qui n’accepte pas la diversité des croyances et des incroyances, tout comme dans le passé le nazisme, le stalinisme, le maoïsme,  le polpotisme, l’inquisition, la Terreur… Cette idéologie politique issue du Coran et des Hadith et qui pratique à la lettre une partie des  enseignements du Coran et de la biographie du Prophète lui-même, est conquérante et s’oppose absolument à une conception de la vie et des relations entre les humains que je défends, avec d’autres, dans ma pensée et ma pratique.</p>

<p>Les Musulmans, dans leur majorité, me disent mes amis, ne défendent pas les actions monstrueuses de l’Etat islamique ou  de Boko Haram. Ils ont raison. Mais trop souvent beaucoup de musulmans les justifient en les mettant en parallèle avec les exactions américaines, européennes et surtout israéliennes ou même en affirmant  que ces mouvements ne sont que les marionnettes des précédents et n’ont rien à voir avec l’islam véritable. Sans le vouloir, ils constituent ainsi  une masse qui se prépare à accepter  l’intolérable. Les russes et les allemands, dans leur totalité,  n’étaient pas, à l’avènement du stalinisme et du nazisme, favorables à la création d’un état totalitaire, mais ils étaient réceptifs à une propagande qui leur proposait une certaine vision manichéenne du monde.</p>

<p>Je ne suis pas « obsédé » par l’islam. C’est cet islam-là qui se rend obsédant et propagandiste dans le monde d’aujourd’hui, en conquérant peu à peu les esprits, encore rétifs à ses visions et ses actions. </p>

<p>Cela ne signifie pas qu’il faille absoudre de leurs fautes  les empires, les égoïsmes, les semeurs de haine, partout où ils existent. Le combat que je mène, depuis longtemps, contre la haine et le mensonge, je n’y renoncerai pas mais je n’accepterai pas qu’on m’empêche de dire ce que je pense et ce que je vois, sous le prétexte d’une lutte pour la justice et l’égalité, qui, une fois de plus, sert de bouclier au totalitarisme.  </p>

<p>Charles Rojzman</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/498/des-medias-suisses-sous-pression</guid>
	<pubDate>Thu, 22 Apr 2021 21:33:03 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/498/des-medias-suisses-sous-pression</link>
	<title><![CDATA[des médias suisses sous pression]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">À un mois d’intervalle, deux rédactions de Suisse romande ont reçu la visite de groupes en colère. Mi-mars, un collectif d’activistes transgenres s’est invité dans les locaux du Temps, à Lausanne. Motif : la publication, quelques jours plus tôt, sur le site du quotidien helvétique francophone de référence, d’une vidéo dans laquelle la comédienne et humoriste Claude-Inga Barbey interroge, s’en moquant un peu, l’idéologie et le vocabulaire transgenres. Elle y interprète deux personnages : une femme en pleine affirmation de sa nouvelle identité face à une psy dépassée par la situation. Tollé dans les groupes LGBT, qui accusent l’humoriste et son partenaire Le Temps de faire peu de cas de la souffrance de personnes trans. D’où la visite domiciliaire subséquente.</p><p class="article-text article-body__item">[embedded content]</p><p class="article-text article-body__item">La semaine dernière, c’est au tour du quotidien régional La Liberté, édité à Fribourg, de faire les frais d’un courroux, après la parution d’une lettre peu inspirée dans le courrier des lecteurs. Un certain Paul C. y dit son émoi face aux « jeunes filles en fleur » qualifiées de « nymphettes » vêtues de tenues dont elles ne peuvent selon lui ignorer le côté « provocant ». Plusieurs personnes se sont elles aussi invitées dans les locaux du journal.</p>
<p>Le rédac chef recule devant la pression</p>
<p class="article-text article-body__item">Machine arrière du rédacteur en chef, Serge Gumy, qui admet le contenu déplacé de la lettre et dit ses « regrets » de l’avoir publiée. Des « regrets » jugés insuffisants. Les activistes féministes, qui invoquent la « culture du viol », exigent des excuses. Deux voitures de la rédaction sont par ailleurs taguées : « Collabo du viol », « violeur »… L’action est revendiquée par un groupe au parfum anarchiste se faisant appeler « La Volte rose, verte et noire ». Le rédacteur en chef présente finalement des excuses, mais rappelle dans un éditorial le risque mortel pour la presse de l’autocensure face aux intimidations. La liberté, ce beau nom porté par le quotidien fribourgeois, doit toujours l’emporter.</p><p class="article-text article-body__item">Un mois plus tôt, après l’intrusion d’un collectif transgenre dans les locaux du Temps, sa rédactrice en chef Madeleine von Holzen, avait dit elle aussi son attachement à la liberté d’expression. Sauf que là, elle avait à batailler au sein même de sa rédaction, divisée, comme Le Monde ou Libération en France, entre wokes et boomers, entre jeunes et vieux pour aller vite, les premiers faisant preuve d’un certain puritanisme adossé à la défense des « minorités », chose que leur reprochent les seconds, porteurs d’idées libertaires.</p>
<p>Fracture générationnelle au sein des rédactions</p>
<p class="article-text article-body__item">Ce jeune journaliste au Temps, qu’on peut ranger dans le camp woke (qui veut dire « vigilant face à toute forme d’injustice »), confirme l’existence d’une fracture générationnelle dans la rédaction : « Je la retrouve avec mes parents qui s’étonnent que ma génération soit celle qui, disent-ils, veuille introduire à nouveau des interdits. » L’époque change, aux anciens de s’adapter, fait comprendre le journaliste du Temps, citant en exemple ces chorégraphies de rues de féministes chiliennes qui se sont répandues partout en Occident. Avec l’arrivée de Madeleine von Holzen aux commandes du Temps à la fin de l’année dernière, le quotidien, économiquement à droite, sociétalement à gauche, a pris ses distances avec une forme de jeunisme imprimé par l’ancienne équipe dirigeante.</p><p class="article-text article-body__item">Le Temps qui, depuis le 16 avril, a les projecteurs en partie braqués sur lui. Le 31 octobre, peu avant l’entrée en fonction de Madeleine von Holzen, le quotidien publiait une enquête sur des allégations de harcèlement au sein de la télévision suisse romande (RTS) et dévoilait au passage des pans entiers, supposés problématiques, même si légaux, de la vie privée de Darius Rochebin, l’ex-présentateur vedette du JT de la RTS, retiré de l’antenne de son employeur français LCI suite aux « révélations » du quotidien suisse. Il se trouve qu’après six mois d’enquête interne, Darius Rochebin est « blanchi ». Il n’a rien à se reprocher pénalement, selon cette investigation de nature administrative. Le journaliste suisse, qui poursuit Le Temps pour diffamation, réintégrera l’antenne de LCI ce lundi 26 avril et laissera à ses avocats le soin de régler une affaire où l’intimité d’un individu aura été exposée manifestement sans raisons impérieuses.</p><p class="article-text article-body__item">A LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/agora/les-signatures-de-marianne/quand-la-pensee-woke-se-rendormira" target="_blank">Quand la pensée "woke" se rendormira</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/497/%C2%AB-la-focalisation-sur-la-race-et-le-genre-fait-aujourd%E2%80%99hui-ecran-aux-questions-sociales-%C2%BB-%E2%80%93-le-comptoir</guid>
	<pubDate>Thu, 22 Apr 2021 21:30:50 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/497/%C2%AB-la-focalisation-sur-la-race-et-le-genre-fait-aujourd%E2%80%99hui-ecran-aux-questions-sociales-%C2%BB-%E2%80%93-le-comptoir</link>
	<title><![CDATA[« La focalisation sur la race et le genre fait aujourd’hui écran aux questions sociales » – Le Comptoir]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Philosophe spécialiste des Lumières et des précurseurs du socialisme, Stéphanie Roza vient de publier « La gauche contre les Lumières ? » (Fayard, 2020) dans lequel elle revient sur l’émergence, au sein de la gauche intellectuelle, d’une critique radicale contre les principes fondateurs des Lumières, au risque de jeter le bébé avec l’eau du bain. À l’heure où le rapport à l’universalisme, à la science ou au progrès sont au cœur du débat public, nous avons souhaité nous entretenir avec elle.</p>
<p>Le Comptoir : Dans votre livre, vous analysez la manière dont s’est développée dans une partie de la gauche, à partir des années 1970, une critique radicale contre l’universalisme, le rationalisme et le progressisme des Lumières. En quoi s’agit-il d’une rupture avec les critiques qui avaient déjà pu être observées depuis le XIXe siècle ?</p>

<p><a href="https://comptoirdotorg.files.wordpress.com/2021/04/lxa1096_23.jpg"></a><br />Stéphanie Roza © Celine Nieszawer</p>
<p class="has-text-align-left">Stéphanie Roza : Dès le XIXe siècle, il y a déjà des critiques du machinisme mais qui ne sont pas forcément dirigées contre le progrès en tant que tel. En revanche, au début du XXe siècle, des syndicalistes révolutionnaires en rupture de ban par rapport au mouvement socialiste et la Deuxième Internationale, comme Georges Sorel et un certain nombre d’intellectuels regroupés autour de la Revue socialiste, développent une critique très radicale du progrès. Ce dernier est accusé d’être une valeur portée par la République bourgeoise qui compromet le mouvement ouvrier avec la bourgeoisie républicaine. S’il s’agit d’une critique radicale de l’héritage des Lumières, ce n’est pas une critique du rationalisme. Sorel prend soin de distinguer le rationalisme des Lumières, critiquable car lié au progressisme, du rationalisme de Pascal au XVIIe siècle qui constitue à ses yeux le bon rationalisme. Cette critique reste toutefois limitée à l’entourage de Sorel et ne débordera pas sur le mouvement ouvrier, la CGT et les socialistes. Une bonne partie de ce très petit groupe partira vers l’extrême droite. Comme l’a montré Zeev Sternhell, les idées soréliennes auront une influence sur Mussolini et constitueront l’une des sources du fascisme italien. Georges Valois fondera même le premier parti fasciste français et Hubert Lagardelle deviendra ministre du travail sous Pétain…</p><p>Dans les années 1970, la critique est à la fois plus radicale sur le plan philosophique puisque, chez Michel Foucault et Jacques Derrida, la raison est en soi à rejeter, mais prend également plus de poids au sein de la gauche. Progressivement, l’héritage de Foucault va devenir particulièrement présent dans la gauche intellectuelle. La critique radicale du progrès va également fonder des mouvements décroissants au sein desquels quelqu’un comme Jean-Claude Michéa a un certain écho. Ce sont des critiques beaucoup plus massives au sein de la gauche aujourd’hui.</p>
<p>Quel est votre regard sur le concept d’intersectionnalité et ses usages qui font aujourd’hui débat ?</p>
<p>Je ne suis pas hostile à l’idée que l’on puisse prendre en compte des discriminations qui peuvent s’empiler, d’autant que ce n’est pas une découverte. C’est même une idée assez banale prise en compte depuis longtemps à gauche dans le mouvement ouvrier, féministe ou antiraciste. Les revendications féministes dans le mouvement ouvrier émergent notamment avec l’idée déjà chez Marx que « La femme est le prolétaire de l’homme » et qu’il existe une double oppression. En revanche, le concept d’intersectionnalité dans ses usages actuels provient de militants et d’intellectuels, comme Kimberlé Crenshaw, qui militent ouvertement pour une politique de l’identité. Elle l’écrit très clairement dès son article fondateur : la race et le genre sont plus déterminants que la classe. Crenshaw considère même que la classe est une conséquence de la race et du genre. Ce n’est pas possible de faire plus anti-marxiste et plus éloigné de la manière dont les combats pour l’émancipation ont été menés jusqu’à présent. La mise à l’écart des problématiques socio-économiques est centrale et, en tant que représentante de la vieille tradition socialiste, je ne suis pas du tout d’accord avec cette approche.</p><p>Dans le débat public, les questions de race et de genre finissent aujourd’hui par faire écran aux problématiques sociales, comme on l’observe avec cette notion délirante de « privilège blanc ». Des personnalités noires, journalistes, ultra-médiatiques, ayant toutes leurs entrées dans les salons parisiens expliquent qu’il existerait un « privilège blanc », et, par conséquent, que les gens au RSA et les mères célibataires dans le fin fond des Ardennes ou de la Basse-Normandie seraient « privilégiées ». D’un point de vue de gauche, c’est renversant !</p>
<p>L’ouvrage de Stéphane Beaud et Gérard Noiriel, Races et sciences sociales, qui avait été précédé d’<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2021/01/BEAUD/62661" target="_blank" rel="noreferrer noopener">un article dans le Monde Diplomatique</a> et analyse de façon critique l’intersectionnalité, a fait l’objet d’une violente cabale médiatique et sur les réseaux sociaux. Comment expliquer ces réactions ?</p>

<p><a href="https://comptoirdotorg.files.wordpress.com/2021/04/gerard-noiriel1_0.jpg"></a></p>
<p>Si j’ai également été surprise par la violence des réactions, elle s’explique à mon avis par la publication en 2019 par Gérard Noiriel de son livre Le Venin dans la plume dans lequel il comparait Édouard Drumont et Éric Zemmour en expliquant que la haine du premier pour les juifs était comparable à celle du second pour les musulmans. Cette analogie historique, qui me paraît largement excessive et peu sérieuse venant d’un historien, a pu amener le milieu militant à considérer Noiriel comme étant dans le camp des intersectionnels et des indigénistes. Dès lors, ce nouveau livre peut apparaître comme une volte-face expliquant la violence des attaques.</p><p>Il faut également ajouter que l’atmosphère est devenue complètement empoisonnée. Nous sommes quand même en pleine pandémie, dans un contexte où les gens ne vont pas bien, se retrouvent seuls chez eux, derrière leur ordinateur et en arrivent à des niveaux de violence verbale qu’ils n’auraient pas face à quelqu’un dans la vraie vie. Enfin, la logique des anti-universalistes est une logique de surenchère. Ces gens sont dans une fuite en avant vers toujours plus d’agressivité contre ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, en particulier vis-à-vis des personnes qui viennent de la gauche. On n’est jamais assez purs pour eux et il s’agit d’excommunier les hérétiques.</p>
<p>Vous soulignez que, contrairement à une idée répandue, la vision attribuée aux Lumières d’une croyance aveugle dans un progrès linéaire, mécanique, irréversible des sciences et des techniques amenées à s’imposer aux peuples est une reconstruction historique. Pouvez-vous expliquer ce malentendu ?</p>
<p>Si l’on a autant de discussions aujourd’hui sur la question des progrès, c’est d’abord parce que l’on se rend bien compte des dégâts du progrès technologique et industriel tel qu’on l’a connu, et il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. On est forcé de s’interroger sur le concept de progrès et j’ai voulu rappeler que depuis le XVIIIe siècle, c’est une notion complexe. Les Lumières, que l’on a tendance à présenter rétrospectivement comme un mouvement univoque, sont traversées par énormément de polémiques et de débats, en particulier sur la question du progrès. La question était de savoir si les progrès des sciences et des arts amenaient mécaniquement ou pas le progrès moral ou des mœurs, comme on disait au XVIIIe siècle. Rousseau, qui est pourtant l’auteur du Contrat social, a un rapport d’autocritique vis-à-vis des Lumières. Dans le Discours sur les sciences et les arts, il dit que le progrès des sciences et des arts nous corrompt moralement et rend les sociétés plus malades qu’elles ne l’étaient. D’autres, comme Montesquieu ou Voltaire estiment que le progrès des arts et des sciences ainsi que le développement du « doux commerce », rapprochent les peuples mais ce n’est pas une opinion partagée par tous. Ceci conduira au débat de savoir s’il faut en finir avec la réglementation du prix du grain par l’État royal, en libéralisant le marché, ou si cela ne risque pas de dérégler l’économie et générer des problèmes d’approvisionnement. Là aussi, il y a débat.</p><p>« S’il existe un courant libéral au sein des Lumières et progressiste au sens commun du terme, il existe aussi des courants minoritaires proposant une vision du monde et du progrès plus égalitariste. Les Lumières sont un courant pluriel. »</p>
<p>Quelle a été l’influence des penseurs liés à la révolution conservatrice allemande (Spengler, Heidegger) sur Max Horkheimer et Theodor Adorno dans leur critique du règne de la technique, de la raison ou de la marchandisation de la science ? N’y-a-t-il pas un risque de réduire l’ École de Francfort à ces influences encombrantes ?</p>
<p>Je tiens d’abord à souligner que je n’incrimine pas l’École de Francfort en général ni l’ensemble du travail d’Adorno et Horkeimer mais que mon propos porte sur la Dialectique de la raison — texte sur lequel ils sont d’ailleurs revenus de façon critique. Dans ce texte publié dans les années 1940, ils rejettent la raison dans son fondement même. Raisonner de manière logique, c’est déjà contraindre et hiérarchiser donc dominer. L’ École de Francfort est d’ailleurs d’autant moins à incriminer dans son ensemble qu’Habermas qui est l’un de ses héritiers a lui-même critiqué la Dialectique de la raison au nom du rationalisme.</p>
<p><a href="https://comptoirdotorg.files.wordpress.com/2016/02/foucault43.jpg"></a></p>
<p>En revanche, cette critique isolée dans les années 1940 est reprise par Foucault, Derrida et la french theory dans les années 1960-1970. Or, Foucault cite abondamment Nietzsche qui est dans une critique radicale de la raison dès la fin du XIXe siècle et pas du tout d’un point de vue de gauche. Il fait le lien entre le rationalisme, le progressisme, l’universalisme des Lumières et le socialisme contre lequel il est en guerre. Il y a un grand malentendu sur l’héritage de Nietzsche, notamment en France, où des gens pensent que c’est un auteur subversif et progressiste. Lui-même se prononce ouvertement pour l’esclavage, explique que les nobles se sont avilis quand ils ont abandonné leurs privilèges lors de la nuit du 4 août 1789 et cite les théories racistes de son époque. Il faut vraiment faire une lecture sélective des textes de Nietzsche sans s’intéresser au sens global pour voir en lui un penseur de l’émancipation. Finalement, les « nietzschéens de gauche » comme Foucault s’avèrent être des gens beaucoup plus troubles d’un point de vue politique que ce que l’on a voulu faire croire…  </p>
<p>Foucault est d’ailleurs en guerre contre le marxisme et la tradition socialiste…</p>
<p>Oui, s’il apparaît aujourd’hui comme un penseur de gauche, rappelons qu’à l’époque il fait campagne contre le marxisme et l’union de la gauche. Foucault soutient André Glucksmann quand ce dernier sort son pamphlet Les maîtres penseurs (1977), déclare que la tradition socialiste est raciste, entièrement condamnable, et serait proche de ce que l’on a appelé la « deuxième gauche ». La démarche de Foucault est une démarche de substitution par rapport à la tradition socialiste historique.</p>
<p>Vous reprenez le concept d’Anti-lumières à Zeev Sternhell, qui tend à créer une filiation entre des contre-révolutionnaires du XVIIIe siècle, comme Joseph de Maistre ou Edmund Burke, et des penseurs de la révolution conservatrice allemande des années 1920 dont certains se sont directement compromis dans le nazisme. N’y-a-t-il pas là une focalisation sur les idées qui néglige les facteurs politiques, économique, sociaux ou religieux dans la construction des idéologies ? Une critique que vous adressez par ailleurs à ceux qui font des Lumières la cause principale des totalitarismes et de tous nos maux contemporains.</p>
<p>Zeev Sternhell a été au centre de polémiques très vives entre historiens et ses travaux ne sont pas sans défauts. Il est vrai qu’il s’intéresse principalement à la bataille des idées sans toujours s’interroger sur leur diffusion. Il oublie en particulier que Sorel a occupé une place marginale dans le mouvement socialiste d’ensemble et que le fascisme avait bien d’autres sources politiques, socio-économiques que les seules idées soréliennes. Je partage en partie ces critiques.</p><p>Néanmoins, Sternhell a eu, à mes yeux, une intuition extrêmement puissante car il a été le premier à souligner l’existence d’une contre-modernité idéologique qui s’est construite dès le XVIIIe siècle en opposition aux Lumières, à l’héritage de la Révolution française et dont les schèmes de pensée sont restés à peu près les mêmes. Il y a évidemment des évolutions car les Anti-Lumières ont à réagir face à des facteurs nouveaux, comme l’émergence du socialisme international, mais la matrice conceptuelle reste assez stable. Cette intuition profonde et juste rejoint d’ailleurs celle de Georges Lukacs qui avait exhumé dans La destruction de la raison (1954) toute une tradition d’irrationalisme depuis la Révolution française. Le nazisme a bien sûr de multiples causes, comme le traité de Versailles ou la crise de 1929 mais dans le cœur idéologique du fascisme, il y a la haine explicite de 1789 et la volonté d’annuler la Révolution française. Cela n’explique pas tout et mon livre ne prétend pas tout expliquer. Le succès des Anti-lumières de gauche que je dénonce dans le livre s’explique, outre les raisons idéologiques, par des raisons socio-politiques, comme l’effondrement de l’Union soviétique, le fait que la gauche a perdu sa base de classe, les mutations structurelles dans le monde du travail, mais du point de vue de l’histoire intellectuelle, Sternhell a raison.</p>
<p>À l’heure du défi écologique, défendre les Lumières n’implique-t-il pas de reconsidérer une partie de son héritage du XVIIIe siècle ? Dans son livre Les Lumières à l’âge du vivant, la philosophe Corinne Pelluchon plaide pour un renforcement de ses idéaux émancipateurs — autonomie, idée d’une société d’égaux, rationalisme, unité du genre humain — mais de repenser le sens du progrès technologique, la séparation absolue nature/civilisation ou encore la question de l’universalisme.</p>
<p>Tout d’abord, les Lumières ne sont qu’un héritage et ne pouvaient pas prévoir la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui, ni Marx d’ailleurs. Il y a bien sûr un droit d’inventaire à faire mais qui n’est pas spécifique aux Lumières. Ce que je trouve intéressant dans l’héritage des Lumières concernant la question du progrès, c’est le méliorisme, l’idée qu’il est possible d’améliorer notre condition individuelle et collective par des efforts communs qui passent par le politique et la démocratie.</p><p>Les progrès techniques doivent être soumis au débat démocratique. On trouve déjà chez Rousseau et un peu chez Condorcet cette idée qu’il faut soumettre tout cela à la discussion publique afin que nous restions maîtres, en tant que collectivité humaine, de nos progrès. Choisir ceux qui nous intéressent, ceux qui ne nous intéressent pas, ou encore ceux sur lesquels on souhaite revenir. Aujourd’hui, nous devrions à mon sens nous interroger beaucoup plus sur ce que les réseaux sociaux et les nouvelles technologies font de nous et nous demander si nous n’avons pas intérêt à abandonner certaines choses.</p><p>« Je crois que le déplacement de la vie politique sur les réseaux sociaux détruit complètement le débat démocratique. Je ne suis donc pas une dévote aveugle du progrès technologique. »</p>
<p><a href="https://comptoirdotorg.files.wordpress.com/2021/04/9782348059803.jpg"></a></p>
<p>En revanche, si je suis d’accord avec la nécessité de décroître dans un certain nombre de domaines, c’est une erreur de croire que l’on pourra dépolluer uniquement en décroissant. Nous sommes allés tellement loin dans la dégradation de notre environnement qu’il va nous falloir de la science et de la technologie pour conjurer le danger écologique majeur qui pèse sur nous. De la même manière que pour faire face à l’épidémie de Covid-19 provoquée par les conséquences de la mondialisation, on a fait confiance à la science pour développer des vaccins. À propos de la séparation nature/civilisation, le livre de Serge Audier, La cité écologique, qui plaide pour une réconciliation entre le républicanisme, la tradition socialiste et l’écologie politique, apporte une contribution intéressante au débat. Ce qui n’est plus possible, c’est d’être progressiste comme dans les années 1920-1930 mais les décroissants qui fustigent la gauche de l’époque devraient se rappeler que les gens mourraient de faim. Quoi qu’on pense rétrospectivement des plans quinquennaux en Union soviétique, ils répondaient à une nécessité urgente de modernisation et d’industrialisation. La Chine s’est développée à toutes vitesses et on l’accuse de polluer mais elle nourrit et vaccine sa population. Il faut donc être nuancé et remettre les choses dans leur contexte. Si l’on doit rétro-pédaler, cela ne pourra se faire efficacement que de façon rationaliste, sans renoncer au progrès scientifique et technique car cela serait se priver d’une de nos meilleures armes.</p><p>Concernant l’universalisme, s’il est vrai qu’une partie des Lumières a défendu la colonisation au XVIIIe siècle, d’autres l’ont fortement critiquée, comme Denis Diderot qui appelait les indigènes à se révolter contre le colonisateur les armes à la main. De façon plus générale, s’imaginer que les colonisateurs français ont colonisé parce qu’ils étaient pénétrés par leur mission civilisatrice, c’est quand même avoir un raisonnement anti-matérialiste et croire que les idées mènent le monde. La Grande-Bretagne, l’Italie ou l’Allemagne ont colonisé sans avoir besoin d’invoquer les Lumières. Ce mouvement a davantage à voir avec l’économie européenne et il ne faut pas être dupe des justifications en surestimant le rôle de l’idéologie. Si l’on reste sur les idées, on peut d’ailleurs aussi bien opposer que les Lumières ont justifié la décolonisation. C’est au nom de ces idéaux que des leaders indépendantistes ont justifié leur lutte contre le colonisateur. Finalement, les Lumières représentent un mouvement pluriel qui a permis de mettre en avant l’idée de droits humains, même s’ils ne sont pas partout respectés. En ce sens, la Déclaration des droits de l’Homme est quand même un progrès par rapport à la situation qui prévalait auparavant. De ce point de vue, les Lumières restent quelque chose de positif pour l’histoire de l’Humanité.</p>
<p>Nos desserts :</p>
<p>Crédit photo de la une : © Flickr / Hossam el-Hamalawy</p>
<p>WordPress:</p>
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</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/489/terrorisme-anatomie-du%C2%A0%C2%AB%C2%A0mein%C2%A0kampf%C2%A0%C2%BB-djihadiste</guid>
	<pubDate>Wed, 21 Apr 2021 20:33:11 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Terrorisme : anatomie du « Mein Kampf » djihadiste]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Un certain Abu Bakr Al Naji a publié sur Internet, en 2004, un texte en langue arabe qu’il a intitulé « L’administration de la sauvagerie : l’étape la plus critique que traversera l’oumma ». En choisissant ce pseudonyme, Abu Bakr Neji envoie d’emblée plusieurs messages à son lecteur.</p><p>Tout d’abord, par le choix du prénom, il se réfère au premier calife, après la mort de Mahomet, qui s’est illustré dans ses guerres de l’apostasie contre les tribus arabes ayant quitté l’islam dès qu’elles ont appris la mort du prophète. Ensuite, par le choix du nom « Al Naji », adjectif dérivé de najat, qui signifie « le salut », il est le « sauvé » donc « le sauveur », celui qui montre la voie à l’oumma, la communauté musulmane.</p><p>En réalité, il s’agirait, selon des chercheurs de l’institut lié à la chaîne de télévision Al Arabiyya, de Mohamed Hassan Khalil al Hakim, alias Abu Jihad al Masri, un cadre d’Al-Qaeda. Né en 1961, il a été tué le 31 octobre 2008 par un drone américain au Waziristan, dans le nord du Pakistan.</p>
<p>103 pages de haine</p>
<p>Son texte compte 103 pages de discours de haine, contre le juif, contre le chrétien, contre l’apostat, contre la démocratie et ses valeurs. À tel point que certains ont qualifié ce brûlot de Mein Kampf du petit djihadiste.</p><p>L’intérêt de ce livre est qu’il nous met, dès le titre, devant le paradoxe du djihadisme, qui d’un côté prône le déchaînement de la sauvagerie, l’installation de la loi de la jungle, avec l’appel à la destruction de l’ordre ancien, et en même temps théorise la gestion de cette sauvagerie et son « administration ».</p><p>Pour l’auteur, les mouvements islamistes du monde arabe qui ont choisi de pactiser avec le pouvoir en place ou de jouer le jeu des élections ont tous échoué. Il revient notamment sur le cas de la Tunisie à plusieurs reprises, là où le mouvement islamiste a évité l’affrontement armé avec le pouvoir de Bourguiba et de Ben Ali. Le travail lent d’islamisation de la société par le bas, pratiqué depuis les années 1970, n’a pas réussi à donner le pouvoir aux mouvements islamistes. <a href="https://theconversation.com/lautre-visage-des-revoltes-en-tunisie-une-societe-civile-de-plus-en-plus-forte-et-affirmee-90865">La Tunisie en est l’exemple le plus éloquent</a>.</p><p>L’auteur préconise donc la politique de la sauvagerie et de la terreur, espérant rassembler autour des djihadistes une population fatiguée du désordre et prête à se soumettre à l’ordre promis par ces derniers. C’est donc par le djihad que la conquête du pouvoir devra se faire.</p>
<p>L’étape de la démoralisation</p>
<p>L’auteur distingue deux ensembles de pays visés par le djihad : un groupe principal – la Jordanie, le Maghreb, le Nigéria, le Pakistan, la presqu’île arabe et le Yémen – et un groupe secondaire – le reste des pays musulmans. Puis, il définit trois étapes dans la guerre de conquête : l’étape de la démoralisation et de l’épuisement, celle de l’administration de la sauvagerie, et enfin l’instauration de l’État islamique.</p><p>Le théoricien du terrorisme part du principe que l’armée et la police des régimes visés ne peuvent pas soutenir longtemps un état d’urgence. Il faut donc continuer à les harceler en attaquant les lieux de culte des chrétiens et des juifs, frapper les intérêts économiques, le tourisme et surtout le pétrole dans les pays qui dépendent de ces revenus.</p>
<p>Le 24 mars, devant le magasin de Trèbes (Aude), victime d’une attaque terroriste. Eric Cabanis/AFP</p>
<p>Il appelle à frapper par tous les moyens, afin d’entretenir un climat d’insécurité. Les objectifs sont d’épuiser les forces de l’ordre et d’attirer de jeunes candidats au djihad. Les forces de l’ordre finiront ainsi par abandonner certains territoires et certaines populations, ainsi livrées à elles-mêmes, afin de se concentrer sur la protection des zones vitales du pouvoir. Ce sera la fin de la première étape.</p>
<p>Administration de la sauvagerie et nouvel ordre</p>
<p>La seconde commencera lorsque les populations lassées de l’insécurité chercheront la protection d’un nouvel ordre : ce sera « l’administration de la sauvagerie ». Un certain nombre de pays verront s’installer des principautés dirigées par Daech, comme récemment en Irak, en Syrie, en Libye, au Yémen ou dans le Sinaï. La gestion de ces zones se fera avec une telle dureté que les armées régulières des autres espaces seront terrorisées et abandonneront le combat. C’est ce que nous avons vu en Irak où les troupes régulières ont fui devant l’arrivée des soldats de Daech, leur abandonnant <a href="https://theconversation.com/morts-et-resurrections-de-letat-islamique-en-irak-81135">Mossoul</a> sans coup férir.</p><p>La troisième et ultime étape sera celle de l’instauration de l’État islamique qui appliquera alors la charia, la <a href="https://theconversation.com/comment-la-loi-islamique-peut-sattaquer-a-Daech-50811">loi islamique</a>, et instaurera un nouvel ordre que la population ne pourra qu’accepter puisqu’il met fin au désordre et à la sauvagerie. L’application de la loi de l’islam partout est un objectif suprême, mais pour y parvenir, il faut réaliser les étapes ci-dessus. Les forces de l’administration de la sauvagerie devront donc <a href="https://theconversation.com/etat-islamique-non-pas-influencer-le-scrutin-mais-abattre-la-democratie-76625">tout saccager de l’ordre mondial actuel</a>, jugé « décadent et satanique ».</p>
<p>Les deux registres de la manipulation</p>
<p>Comment ce discours de la sauvagerie et de la barbarie arrive-t-il à séduire autant de monde ? Ces jeunes terroristes qui se présentent comme les nouveaux barbares attirent à eux parce qu’au-delà de leur discours de haine, ils promettent de réaliser la cité idéale sur terre. La manipulation s’opère selon au moins deux registres : celui de la justice, donc d’une certaine forme de rationalité, et celui de l’affectif.</p><p>Les régimes arabes oppriment leurs peuples et le système judiciaire souvent corrompu génère de l’injustice et de la frustration. Un jeune en quête de justice peut être sensible à cette promesse. La manipulation se fait aussi par l’affectivité, par la glorification du sacrifice, du don de soi, de la fraternité indéfectible et du partage d’un idéal commun.</p><p>C’est la conjonction des deux registres qui fait que ce discours touche des milliers de jeunes. C’est un discours simpliste, la simplicité étant érigée en règle de communication pour Daech. Derrière la simplicité affichée du discours se trouve l’idée de la soumission totale à Allah.</p>
<p>L’islam, une citadelle prétendument assiégée</p>
<p>Si l’auteur situe la bataille <a href="https://theconversation.com/comment-devenir-djihadiste-en-quelques-clics-81340">au niveau des médias</a>, c’est parce qu’il se montre soucieux de toucher le plus grand nombre possible de masses musulmanes. S’adresser à ces dernières, en se détournant des milieux islamistes traditionnels où les militants sont sous l’emprise de leurs chefs, permettrait de recruter de nouvelles troupes de djihadistes subjugués par ce discours radical millénariste et apocalyptique qui promet de sauver le monde en le détruisant.</p><p>Il est ainsi illusoire de croire qu’en réglant la question du chômage ou de l’exclusion, le djihadisme sera vaincu, puisque dans l’esprit du djhadiste, la guerre ne peut être que totale et éternelle, jusqu’à la fin des temps.</p><p>L’analyse de l’ouvrage d’Abu Bakr Al Naji dévoile ainsi les ressorts sur lesquels repose le discours djihadiste : une vision certes médiévale, mais toujours vivante, d’une terre coupée en deux, avec d’un côté Dar El Islam (« le territoire musulman ») et de l’autre Dar El Harb (« le territoire de la guerre »).</p><p>La citadelle de l’islam semble toujours assiégée par ses ennemis qui complotent contre elle. Ce sont, dans la vision djihadiste paranoïaque du monde, les juifs sionistes, incarnés par Israël, les chrétiens croisés, représentés par l’Occident et les apostats renégats incarnés par les régimes arabes actuels. Ce sont ces ennemis qu’il faut attaquer, harceler et combattre.</p><p>La victoire finale permettra ainsi de réaliser la cité idéale, le paradis sur terre, laquelle sera totalement soumise à la loi de l’islam, la seule qui vaille. Sans que nous sachions en quoi elle consiste concrètement.</p><p><a href="https://www.collegedesbernardins.fr/">Le Collège des Bernardins</a> est un lieu de formation et de recherche interdisciplinaire. Acteurs de la société civile et religieuse entrent en dialogue autour des grands défis contemporains, qui touchent l’homme et son avenir.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 17 Apr 2021 05:42:31 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[&quot;Face aux oppressions, la liberté de se définir est la plus belle conquête de la laïcité&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">Qu’est-ce que l’universel ? Une première définition résulte de la logique des ensembles. Trois termes permettent de quantifier le degré d’extension d’un caractère : universel, particulier, singulier. Est universel ce qui appartient à tous les individus d’un ensemble donné. Par exemple, tous les êtres humains sont des êtres de culture, munis de raison (homo sapiens). Est particulier ce qui concerne une partie des membres d’un ensemble. Par exemple, certains êtres humains sont adeptes d'une religion, d'autres de l'humanisme athée ou agnostique. Enfin, est singulier tout individu compris comme personne unique. Nelson Mandela a été un individu unique, singulier, par l'ensemble des qualités qui furent les siennes, notamment pour l'émancipation des Noirs. Les trois termes - universel, particulier et singulier - étant définis, on peut maintenant tenter de penser les questions qui importent à la réflexion pour comprendre le rapport entre laïcité et identité(s).</p><p class="article-text article-body__item">Chaque individu est donc unique, et singulier au sens littéral. La carte d'identité en témoigne : elle assure la possibilité de ne pas confondre un individu avec un autre. Un individu peut partager avec d'autres certains particularismes, tout en restant dépositaire des caractères universels de l'humanité. Singulier, particulier et universel sont donc trois aspects du même individu. Voyons l’identité de la personne. Qui suis-je ? Prenons l'exemple d'Ulysse, en grec « Odysseus ». C'est le rusé, l’homme « aux mille tours » de l’Iliade et de l’Odyssée. L'Odyssée, c'est son périple, le grand voyage de sa vie, après la victoire sur Troie. Un retour mouvementé à Ithaque, où l'attend Pénélope.</p>
<p>Mondialisation et communautarisme : une identité écartelée</p>
<p class="article-text article-body__item">Ulysse est-il encore le même après tant d'épreuves ? Selon Platon, dans le Mythe d’Er le Pamphylien, pas tout à fait. Au moment de choisir une nouvelle destinée, Ulysse prend celle d’une personne modeste, sans gloire ni pouvoir ni fortune. Ce choix de raison est inspiré par le souvenir de l’odyssée. Sagesse. Une idée forte, existentialiste : on se choisit, on se définit, plus ou moins librement certes, mais l’essence de chaque individu singulier est en suspens dans sa liberté, comme écrit Sartre. On se fait par son aventure existentielle et jusqu’au dernier souffle, on ne peut dire réellement ce que l’on est. Seule la mort transforme la vie en destin, et encore n'est-ce alors qu'une illusion rétrospective. Il n’est dès lors d’identité que narrative. En racontant l'Odyssée, on met en évidence le périple d'Odysseus comme vie singulière d'Ulysse.</p><p>« Tu trahis ta communauté » : telle est la condamnation par laquelle les islamistes refusent aux femmes la liberté de ne pas porter le voile.</p><p class="article-text article-body__item">Aujourd’hui, la question de l’identité personnelle se trouve écartelée. D’un côté, une mondialisation impérieuse, voire inhumaine, qui exalte l’individualisme tout en le canalisant par des conditionnements publicitaires et idéologiques uniformisants. De l’autre, les compensations identitaires apparentes que proposent des religions à nouveau avides de pouvoir politique et de restauration de traditions rétrogrades. À l’identité personnelle que chacun est libre de se définir, semble s’opposer l’identité collective d’un groupe humain qui attend des individus qui le composent une soumission inconditionnelle, au nom de la solidarité du groupe. La notion même d’identité collective consacre une logique de l’allégeance que l’on retrouve dans le communautarisme. Celui-ci impose littéralement le primat de la communauté particulière à la fois sur les individus et sur la communauté humaine universelle.</p>
<p>Risque de guerre entre communautés</p>
<p class="article-text article-body__item">D’un même mouvement, le souci de l’individu et celui de l’universel sont donc mis à mal. L’enfermement communautariste dans le particularisme religieux et coutumier nie l’individu, qu’il réduit à un échantillon anonyme, dans le moment même où il récuse toute référence universelle. Celle-ci consigne en effet dans les droits reconnus à tout être humain des libertés fondamentales qui transcendent la diversité des us et coutumes. Par exemple, le droit à l'intégrité physique conduit à condamner l'excision du clitoris, horrible mutilation physique, sexuelle et sensuelle.</p><p class="article-text article-body__item">Un autre exemple. « Tu trahis ta communauté » : telle est la condamnation menaçante par laquelle les islamistes refusent aux femmes la liberté de ne pas porter le voile. Tel est bien le communautarisme, qui exige l'allégeance voire l'effacement de toute singularité individuelle librement choisie. Avec, à la clef, le risque majeur d'affrontements intercommunautaires dès lors que l'appartenance prime absolument, sans distance aucune, sur la liberté de la personne. La montée des communautarismes ainsi compris porte donc en elle le danger de la guerre entre les communautés en même temps que celui de la négation de la liberté individuelle au nom de la fidélité au groupe.</p>
<p>Sacralisation du machisme</p>
<p class="article-text article-body__item">En quoi la laïcité est-elle concernée par ces rappels ? Perçue à tort comme une machine de guerre contre les religions, alors qu’elle assure leur égale liberté dans les limites du droit commun, elle est combattue par tous les moyens possibles, souvent hypocrites, au nom de cultures et d’identités collectives qui souvent sont mutuellement exclusives. Les communautarismes religieux se font entrepreneurs identitaires, au risque de ressusciter la guerre des Dieux. Il est grave en effet de convaincre les personnes que le fait de choisir librement ses références spirituelles et son mode d’accomplissement porte atteinte au groupe. C’est une version fanatique de l’identité, sans distance, que l’on donne ainsi.</p><p class="article-text article-body__item">Au nom de la culture et de la religion, le deuxième sexe subit la sacralisation de la domination machiste. Dans Tartuffe, le dévot intime l’ordre à Dorine de cacher son sein. Dans l’islamisme politique, la femme doit se voiler entièrement car sinon elle est rendue responsable du désir de l’homme, ainsi déchargé de sa responsabilité quand il ne maîtrise pas ce désir. Bref, la laïcité émancipe chacune et chacun au niveau le plus radical : celui de la libre définition de l'identité. Elle rend en effet possible le libre choix d'une façon d'être et de vivre en libérant la personne de toute aliénation à une vision du monde imposée, qu'elle soit religieuse ou idéologique. Ne demeurent plus alors que les droits fondamentaux des êtres humains, dans les limites qu'impose l'ordre public pour assurer leur coexistence. La liberté personnelle de se définir, et de choisir sa vie, voire sa mort, est la plus belle conquête de la laïcité, à rebours des oppressions traditionnelles.</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/promouvoir-le-respect-des-principes-de-la-republique-par-henri-pena-ruiz">"Promouvoir le respect des principes de la République", par Henri Pena-Ruiz</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/439/a-propos-de-%C2%AB-histoire-de-la-haine-identitaire-mutations-et-diffusions-de-l%E2%80%99alterophobie-%C2%BB-de-stephane-francois-et-nicolas-lebourg</guid>
	<pubDate>Tue, 13 Apr 2021 20:38:15 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/439/a-propos-de-%C2%AB-histoire-de-la-haine-identitaire-mutations-et-diffusions-de-l%E2%80%99alterophobie-%C2%BB-de-stephane-francois-et-nicolas-lebourg</link>
	<title><![CDATA[À propos de « Histoire de la haine identitaire. Mutations et diffusions de l’altérophobie » de Stéphane François et Nicolas Lebourg]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Nous reviendrons plus longuement, dans les notes de lecture du numéro 9 de la revue Critica Masonica, sur cet ouvrage du plus haut intérêt que nous proposent deux chercheurs spécialistes des <a href="http://criticamasonica.over-blog.com/2015/02/a-propos-des-mysteres-du-nazisme-aux-sources-d-un-fantasme-contemporain-de-stephane-francois-presses-universitaires-de-france-2015.h">courants radicaux</a>. Le livre édité par les Presses universitaires de Valenciennes (168 pages, 22 euros) part du drame que connut en 2011 la Norvège avec les assassinats perpétrés par Anders Behring Breivik. Pour nos auteurs, cette activité criminelle s’inscrit dans « une histoire internationale des marges radicales qui ne cessent d’inventer des formulations destinées à rationaliser et légitimer la pulsion altérophobe ».</p><p><a href="http://criticamasonica.over-blog.com/2016/01/numero-special-extreme-droite-et-esoterisme.html">Stéphane François</a> et Nicolas Lebourg mettent ensuite en tension quatre couples de concepts : inégalité et conflictualité ; suprématie et ségrégation ; différences et préférences ; identités et concurrences. Ils concluent sur la nécessité de prendre au sérieux la production intellectuelle de la droite radicale dont l'une des figures de proue est Alain Soral. Ils nous offrent enfin, comme à leur habitude, une remarquable bibliographie internationale qui montre qu’ils ne sont pas seuls sur ce front et que la question est bien, plus que jamais, celle de la transmission des connaissances utiles à la préservation d’un idéal d’émancipation, face à tout ce qui tend à diviser et à refuser, par une violence souvent aveugle, ce que les sociétés occidentales ont réussi à construire, fût-ce partiellement.</p><p>Ce travail d’identification d’une pensée considérée comme nauséabonde révulse énormément de chercheurs qui, du coup, refusent de s’y intéresser, comme s’ils avaient peur d’en être contaminés. Le travail de nos deux auteurs est d’autant plus précieux que viennent d’être communiqués au gouvernement et à la presse par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) les principaux éléments du traitement statistique pour 2015 d’un sondage existant depuis 25 ans. Ce <a href="http://www.cncdh.fr/fr/publications/les-essentiels-rapport-sur-la-lutte-contre-le-racisme-2015">rapport</a> dresse un état des lieux du racisme, de l’antisémitisme et de la xénophobie en France, ainsi que des moyens de lutte qui sont mis en œuvre par les institutions de la République et la société civile. Les résultats de la dernière livraison montrent que l’intolérance recule tendanciellement. Mais comme cette altérophobie ne sera jamais éradiquée et se reconfigure sans cesse, comme l'actualité en témoigne tristement, le travail des chercheurs spécialisés n’est pas prêt de perdre son intérêt.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/419/on-ne-peut-pas-se-dire-de-gauche-et-defendre-lideologie-islamo-salafiste-belgique</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:14:07 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/419/on-ne-peut-pas-se-dire-de-gauche-et-defendre-lideologie-islamo-salafiste-belgique</link>
	<title><![CDATA[On ne peut pas se dire de gauche et défendre l&#039;idéologie islamo-salafiste - Belgique]]></title>
	<description><![CDATA[<p itemprop="description">Accepterait-on, dans nos partis démocratiques respectant la neutralité de l'état, l'égalité de tous les citoyens et les libertés, des élus soutenant des mouvements catholiques intégristes ou chrétiens se revendiquant de l'Ancien Testament ? Non.</p><p>Pourtant, des élus et militants se présentant comme de gauche, actifs au sein de leurs partis, se prennent pour de nouveaux savants de l'islam et nous disent que le salafisme "quiétiste" - par opposition au salafisme djihadiste - ne représente aucun danger pour nos sociétés. Difficile alors de ne pas les qualifier d' "islamisto-gauchistes".</p><p>Je reprends les propos du Président Français tenus lors de l'hommage émouvant rendu au colonel Arnaud Beltrame assassiné dans l'attentat islamiste de Trèbes.</p><p>L'islam est une religion mais l'islamo-salafisme est une idéologie ennemie de nos démocraties.</p><p>Si on ne peut pas interdire une idée, comme le rappelle le premier ministre français, on peut combattre une idéologie totalitaire, sectaire, discriminatoire, neutraliser sa propagation et l'inféodation de franges de la population à celle-ci, comme on doit le faire face à l'idéologie néo-nazie.</p><p>Nous n'avons besoin ni d'un imam ni d'un islamologue pour rappeler à ces "démocrates de gauche" islamisto-compatibles que :</p><p>1- Le salafisme est une mouvance de la religion islamique qui a pour but de revenir aux sources d'un islam présenté comme originel.</p><p>2- Pour cette mouvance fondamentaliste, le texte coranique ne doit être interprété que sous le prisme de la sunna (ensemble de paroles, gestes et attitudes du prophète) et de la charia.</p><p>3- Cette forme de salafisme non djihadiste est présentée abusivement comme quiétiste et donc uniquement mystique ; elle refuserait, selon ses prosélytes et ses soutiens, de s'impliquer dans la vie politique. Il est pourtant connu que la diffusion de l'islamisme au sein des populations de culture musulmane a un impact politique puisqu'il vise à séparer celles-ci du reste de la population, des institutions publiques et des lois civiles.</p><p>4- Le salafisme "quiétiste" et le salafisme djihadiste (qui incite ses adeptes à prendre les armes sous le prétexte que ce serait pour eux une obligation religieuse pour combattre les démocraties et les régimes islamiques pas assez puristes) partagent la même matrice idéologique d'Ibn Taymiyya (1263-1367) - le premier à avoir appelé au djihad contre toutes formes d'interprétation - et d'Ibn Abdelwahb dans l'Arabie du XVIII siècle - fondateur du wahhabisme, il a élaboré la lutte contre toutes formes de croyances qui s'éloigneraient du Coran et de la sunna.</p><p>5- Les élus et militants islamisto-compatibles ignoreraient-ils la réalité de certains quartiers colonisés par les salafistes soi-disant quiétistes ? Bien loin de la méditation spirituelle, mystique chez eux ou dans des lieux de prière, on les rencontre dans les rues, les mosquées, des associations, lors de conférences et de colloques ; ils utilisent un langage violent, empreint de rejet, de haine, porteur de revendications spécifiques et de particularismes liés à leur vision religieuse et à l'application de la charia ; ils remettent en cause nos lois et nos valeurs, ils poussent parents et jeunes à refuser de suivre certains enseignements, rendant ainsi impossible l'intégration future dans la vie socio-économique ; ils considèrent les femmes comme inférieures aux hommes et méritant asservissement et une certaine violence de la part des hommes, justifient les agressions sexuelles. Ils abusent des libertés conquises chez nous contre le totalitarisme pour quémander toujours plus d'un religieux totalitaire dans la gestion de la cité.</p><p>Tous ces points et bien d'autres prouvent qu'on est loin de l'image du gentil islamiste ne dérangeant personne telle que défendue par des élus et militants au nom de la liberté de culte et de l'anti-racisme.</p><p>Ces islamistes, se présentant comme non violents, restent de fervents religieux fondamentalistes, opposants acharnés à la séparation de la religion et de l'état et à la séparation des pouvoirs, intransigeants sur la soumission de la femme, fervents adeptes de la limitation des libertés, prosélytes hyperactifs et champions des interdits.</p><p>Affirmer que les Salafs "quiétistes" ne basculent pas dans le djihadisme ou dans le terrorisme est soit un manque de connaissance de la réalité soit une la dangereuse conscience d'une contre-vérité. Les exemples ne manquent pas dans nos sociétés européennes et dans d'autres pays de la bascule dans la violence. En ce sens, sous le regard à la fois attentif et haineux d'autres ennemis extrémistes religieux de nos démocraties pluralistes et égalitaires, ils sont les premiers ennemis de notre société sécularisée.</p><p>J'imagine qu'il est très difficile pour un non-musulman de comprendre que les imams et prédicateurs salafistes s'affichant quiétistes puissent, sous l'image savamment cultivée de religieux respectables, propagent leurs messages intransigeants et porteurs de violence, inquiétant non seulement le monde arabo-musulman mais aussi les pays à forte densité de citoyens musulmans.</p><p>Sous prétexte da la liberté religieuse - pourtant limitée par des lois belges et européennes sur la liberté de conscience de chacun, l'égalité, la non discrimination, l'ordre public, les Droits de l'Homme,...-, nos responsables ont laissé faire n'importe quoi dans une majorité de lieux de culte en Belgique et de leurs succursales à savoir les écoles coraniques. Les autorités politiques informées par le sécuritaire savent que n'importe qui peut se déclarer Imam et ouvrir une mosquée avec quelques amis proches et entamer le travail de diffusion de cette idéologie.</p><p>Il faudrait que l'exécutif des musulmans de Belgique, les musulmans laïques, les musulmans progressistes et toutes autres personnes d'appartenance musulmane souhaitant vivre dans une société apaisée entre citoyens, se mobilisent pour combattre toutes les formes de salafisme, surtout le soi-disant quiétiste, tranquillement et d'une moindre visibilité que les aspirants terroristes, à l'oeuvre pour continuer à gangrener un très grand nombre de mosquées du royaume. Par son inlassable travail de recrutement sur le terrain, par son contrôle socio-religieux dans les rues, les quartiers, sur les commerçants, sur les entreprises, sur les associations, il prend en otage des pans entiers de citoyens de confession musulmane et aggrave la ghettoïsation de populations déjà socialement et culturellement marginalisées.</p><p>Cette idéologie importée sur notre territoire, colonisatrice, il est de notre devoir de la dénoncer et d'évincer ses propagandistes et recruteurs pour protéger autant les citoyens musulmans que le reste de la population Le salafisme dont le qualificatif de quiétiste est une véritable arnaque pour tromper les crédules, constitue une menace réelle, un fléau, pour la cohésion du pays.</p><p>Les autorités doivent prendre des mesures urgentes pour disqualifier et neutraliser par les moyens adéquats cette armada de salafistes, anciennes et nouvelles versions, qui endoctrinent des citoyens musulmans partout où ils peuvent sévir, grâce à des discours et des programmes religieux importés.</p><p>A charge pour les hommes et femmes politiques, élus et militants, de se débarrasser de toute attitude complaisante, voire complice , envers l'idéologie salafiste. Ni la paix sociale, ni l'anti-racisme ne peuvent servir de caution à des accommodements n'ayant rien de raisonnable.</p><p class="last-paragraph">Hamid Bénichou, administrateur du Centre citoyen belge musulman laïque</p><p>Pourtant, des élus et militants se présentant comme de gauche, actifs au sein de leurs partis, se prennent pour de nouveaux savants de l'islam et nous disent que le salafisme "quiétiste" - par opposition au salafisme djihadiste - ne représente aucun danger pour nos sociétés. Difficile alors de ne pas les qualifier d' "islamisto-gauchistes".Je reprends les propos du Président Français tenus lors de l'hommage émouvant rendu au colonel Arnaud Beltrame assassiné dans l'attentat islamiste de Trèbes.L'islam est une religion mais l'islamo-salafisme est une idéologie ennemie de nos démocraties.Si on ne peut pas interdire une idée, comme le rappelle le premier ministre français, on peut combattre une idéologie totalitaire, sectaire, discriminatoire, neutraliser sa propagation et l'inféodation de franges de la population à celle-ci, comme on doit le faire face à l'idéologie néo-nazie.Nous n'avons besoin ni d'un imam ni d'un islamologue pour rappeler à ces "démocrates de gauche" islamisto-compatibles que :1- Le salafisme est une mouvance de la religion islamique qui a pour but de revenir aux sources d'un islam présenté comme originel.2- Pour cette mouvance fondamentaliste, le texte coranique ne doit être interprété que sous le prisme de la sunna (ensemble de paroles, gestes et attitudes du prophète) et de la charia.3- Cette forme de salafisme non djihadiste est présentée abusivement comme quiétiste et donc uniquement mystique ; elle refuserait, selon ses prosélytes et ses soutiens, de s'impliquer dans la vie politique. Il est pourtant connu que la diffusion de l'islamisme au sein des populations de culture musulmane a un impact politique puisqu'il vise à séparer celles-ci du reste de la population, des institutions publiques et des lois civiles.4- Le salafisme "quiétiste" et le salafisme djihadiste (qui incite ses adeptes à prendre les armes sous le prétexte que ce serait pour eux une obligation religieuse pour combattre les démocraties et les régimes islamiques pas assez puristes) partagent la même matrice idéologique d'Ibn Taymiyya (1263-1367) - le premier à avoir appelé au djihad contre toutes formes d'interprétation - et d'Ibn Abdelwahb dans l'Arabie du XVIII siècle - fondateur du wahhabisme, il a élaboré la lutte contre toutes formes de croyances qui s'éloigneraient du Coran et de la sunna.5- Les élus et militants islamisto-compatibles ignoreraient-ils la réalité de certains quartiers colonisés par les salafistes soi-disant quiétistes ? Bien loin de la méditation spirituelle, mystique chez eux ou dans des lieux de prière, on les rencontre dans les rues, les mosquées, des associations, lors de conférences et de colloques ; ils utilisent un langage violent, empreint de rejet, de haine, porteur de revendications spécifiques et de particularismes liés à leur vision religieuse et à l'application de la charia ; ils remettent en cause nos lois et nos valeurs, ils poussent parents et jeunes à refuser de suivre certains enseignements, rendant ainsi impossible l'intégration future dans la vie socio-économique ; ils considèrent les femmes comme inférieures aux hommes et méritant asservissement et une certaine violence de la part des hommes, justifient les agressions sexuelles. Ils abusent des libertés conquises chez nous contre le totalitarisme pour quémander toujours plus d'un religieux totalitaire dans la gestion de la cité.Tous ces points et bien d'autres prouvent qu'on est loin de l'image du gentil islamiste ne dérangeant personne telle que défendue par des élus et militants au nom de la liberté de culte et de l'anti-racisme.Ces islamistes, se présentant comme non violents, restent de fervents religieux fondamentalistes, opposants acharnés à la séparation de la religion et de l'état et à la séparation des pouvoirs, intransigeants sur la soumission de la femme, fervents adeptes de la limitation des libertés, prosélytes hyperactifs et champions des interdits.Affirmer que les Salafs "quiétistes" ne basculent pas dans le djihadisme ou dans le terrorisme est soit un manque de connaissance de la réalité soit une la dangereuse conscience d'une contre-vérité. Les exemples ne manquent pas dans nos sociétés européennes et dans d'autres pays de la bascule dans la violence. En ce sens, sous le regard à la fois attentif et haineux d'autres ennemis extrémistes religieux de nos démocraties pluralistes et égalitaires, ils sont les premiers ennemis de notre société sécularisée.J'imagine qu'il est très difficile pour un non-musulman de comprendre que les imams et prédicateurs salafistes s'affichant quiétistes puissent, sous l'image savamment cultivée de religieux respectables, propagent leurs messages intransigeants et porteurs de violence, inquiétant non seulement le monde arabo-musulman mais aussi les pays à forte densité de citoyens musulmans. Sous prétexte da la liberté religieuse - pourtant limitée par des lois belges et européennes sur la liberté de conscience de chacun, l'égalité, la non discrimination, l'ordre public, les Droits de l'Homme,...-, nos responsables ont laissé faire n'importe quoi dans une majorité de lieux de culte en Belgique et de leurs succursales à savoir les écoles coraniques. Les autorités politiques informées par le sécuritaire savent que n'importe qui peut se déclarer Imam et ouvrir une mosquée avec quelques amis proches et entamer le travail de diffusion de cette idéologie. Il faudrait que l'exécutif des musulmans de Belgique, les musulmans laïques, les musulmans progressistes et toutes autres personnes d'appartenance musulmane souhaitant vivre dans une société apaisée entre citoyens, se mobilisent pour combattre toutes les formes de salafisme, surtout le soi-disant quiétiste, tranquillement et d'une moindre visibilité que les aspirants terroristes, à l'oeuvre pour continuer à gangrener un très grand nombre de mosquées du royaume. Par son inlassable travail de recrutement sur le terrain, par son contrôle socio-religieux dans les rues, les quartiers, sur les commerçants, sur les entreprises, sur les associations, il prend en otage des pans entiers de citoyens de confession musulmane et aggrave la ghettoïsation de populations déjà socialement et culturellement marginalisées.Cette idéologie importée sur notre territoire, colonisatrice, il est de notre devoir de la dénoncer et d'évincer ses propagandistes et recruteurs pour protéger autant les citoyens musulmans que le reste de la population Le salafisme dont le qualificatif de quiétiste est une véritable arnaque pour tromper les crédules, constitue une menace réelle, un fléau, pour la cohésion du pays.Les autorités doivent prendre des mesures urgentes pour disqualifier et neutraliser par les moyens adéquats cette armada de salafistes, anciennes et nouvelles versions, qui endoctrinent des citoyens musulmans partout où ils peuvent sévir, grâce à des discours et des programmes religieux importés.A charge pour les hommes et femmes politiques, élus et militants, de se débarrasser de toute attitude complaisante, voire complice , envers l'idéologie salafiste. Ni la paix sociale, ni l'anti-racisme ne peuvent servir de caution à des accommodements n'ayant rien de raisonnable.Hamid Bénichou, administrateur du Centre citoyen belge musulman laïque</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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