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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Janvier 2026]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Sun, 25 Jan 2026 15:05:27 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[« Les Frères musulmans, les Émirats arabes unis et les universités britanniques » Entretien de Razika Adnani avec Atlantico – Razika Adnani]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Publié le 18 janvier 2026</p>
<p>© Le contenu de ce site est protégé par les droits d’auteurs. Merci de citer la source et l'auteure en cas de partage.</p><p class="has-lightgrey-background-color has-background">Les Émirats arabes unis suppriment les bourses à leurs étudiants souhaitant intégrer des universités britanniques car le risque qu’ils y soient radicalisés par les Frères musulmans est trop grand…<a href="https://atlantico.fr/article/decryptage/emirats-arabes-unis-suppriment-bourses-etudiants-souhaitant-integrer-universites-britanniques-risque-radicalises-par-freres-musulmans-trop-grand-entrisme-islamisme-fondamentalisme-radicalisation-Europe-Moyen-Orient-France-Razika-Adnani">Atlantico</a></p><p>Atlantico – Les Émirats arabes unis ont décidé de restreindre les bourses accordées à leurs étudiants souhaitant intégrer des universités britanniques, invoquant un risque de radicalisation lié à la menace des Frères musulmans sur les campus. Que révèle cette décision, prise par un État étranger, sur l’état réel des universités européennes sur la question de l’islamisme et sur la perception internationale de leur capacité à contenir l’islam politique ?</p><p>Razika Adnani – Les Émirats arabes unis sont en rivalité politico-religieuse avec le Qatar qui soutient les Frères musulmans et avec les wahhabites saoudiens, même si depuis 2014 ils se sont rapprochés de l’Arabie saoudite qui a déclaré la Confrérie comme « organisation terroriste ». Leur décision de restreindre les bourses à leurs étudiants souhaitant intégrer des universités britanniques rentre dans le cadre de cette rivalité. Ils craignent que leurs ressortissants soient endoctrinés par les Frères musulmans, leurs ennemis, dans les universités britanniques et veulent également que l’Angleterre prenne des décisions au sujet des Frères musulmans. C’est une décision met l’Angleterre devant la réalité de ses universités qui n’est pas un secret y compris dans les pays musulmans. Les proches des étudiants, dans les universités britanniques mais aussi françaises, remarquent souvent quand ils rentrent chez eux que leur rapport à la religion est devenu plus strict, voire plus fondamentaliste. En Algérie, on a commencé à le remarquer dès la fin des années 1990.</p><p>Les Émirats arabes unis sont un État musulman pratiquant un islam politique, c’est-à-dire un islam qui n’est pas séparé de sa dimension politique, car c’est cela le sens de l’islam politique. Ils stipulent dans l’article 7 de leur Constitution que l’islam est la religion de l’État et que la charia est la source principale de leur législation. Dans les universités des Émirats arabes unis, les femmes sont toutes voilées et la Constitution ne reconnaît pas l’égalité entre les hommes et les femmes. La décision des Émirats est une preuve que la lutte contre les Frères musulmans n’est pas une lutte contre l’islam politique, mais contre une forme d’islam politique celle des Frères musulmans.</p><p>Cette décision révèle également que les Frères musulmans agissent en Occident comme ils ont agi dans les pays musulmans, c’est-à-dire en ciblant les universités. C’est donc une erreur de croire que les Frères musulmans ont, en Occident, un mode d’action différent de celui qu’ils ont dans les pays musulmans comme le prétendent certains. </p><p>Atlantico – Plusieurs pays, dont les Émirats arabes unis, affirment que des phénomènes de radicalisation idéologique se développent dans certaines universités européennes. Quels sont, selon vous, les mécanismes concrets par lesquels l’université peut devenir un lieu de diffusion de l’islam politique ?</p><p>Razika Adnani-Les mécanismes sont nombreux. Le plus logique : si les étudiants arrivant à l’université sont nombreux à être dans un rapport à l’islam plus conservateur et plus extrémiste, donc plus politique, cela va imprégner l’atmosphère universitaire d’autant plus que les islamistes s’activent davantage dans les milieux universitaires.</p><p>Il y a aussi le fait que l’université européenne est aujourd’hui un lieu où s’expriment des idées wokistes. Dans mon ouvrage Sortir de l’islamisme j’explique comment l’idéologie « woke » a corrompu les valeurs d’égalité et de liberté et a fourni ainsi aux musulmans fondamentalistes et islamistes des arguments pour s’imposer. Défendre par exemple le port du voile, l’arme de guerre des islamistes, au nom de l’égalité alors qu’il est la pratique de discrimination par excellence.</p><p>L’université devient un lieu de diffusion de l’islam extrémiste et politique quand elle ne permet plus la pensée libre et créatrice dans le domaine de l’islam. Pas seulement à cause de l’activisme des islamistes, mais aussi à causes des idées et des concepts qu’elle-même produit qui empêchent cette pensée libre et créatrice de s’exprimer ainsi que tout regard critique porté sur l’islam.</p><p>Au XXe siècle, l’université française a produit le concept d’islamisme qui s’est par la suite propagé dans les autres universités européennes. Il s’inscrit parfaitement dans le projet des conservateurs et des islamistes  de mettre l’islam à l’abri de tout regard critique. Leur objectif est de contrer la réforme de l’islam et la modernisation des sociétés musulmanes voulues par les modernistes. Dans mon ouvrage j’évoque également le concept d’islamophobie.</p><p>Je m’explique. C’est à l’université française qu’on a décidé de changer le sens du terme islamisme qui désignait au départ la religion musulmane. Ils ont décidé qu’il signifiait l’islam politique qu’ils ont présenté comme la cause de tous les problèmes. Ils ont surtout décidé, et c’est là que c’est devenu un problème, que l’islamisme était un mouvement contemporain, né notamment avec la création des Frères musulmans, et qu’il n’avait rien à voir avec l’islam. Cette distinction entre l’islam et l’islamisme qui n’a aucun fondement scientifique, ne permet pas d’interroger l’islam ou de mener un travail en son sein pour lui permettre d’évoluer, pour le réformer. Voilà comment ce concept, forgé par les universitaires européens, a joué un rôle important dans le fait qu’aujourd’hui, c’est ce que je constate, la voix des musulmans qui portaient en France le projet de réformer l’islam est en recul net.</p><p>Atlantico – Des données publiques montrent que le Qatar est l’un des principaux financeurs étrangers d’universités occidentales, notamment aux États-Unis, mais aussi indirectement en Europe. Ces financements ont-ils une influence potentielle sur les orientations idéologiques, académiques ou institutionnelles des universités ? (Quels liens factuels peut-on établir entre ces financements, l’orientation idéologique de certains programmes ou partenariats universitaires, et la tolérance envers des courants liés à l’islam politique ?)</p><p>Razika Adnani- Là où il y a financement, il y a influence. Les pays pétroliers du Golfe le savent et ils ne sont pas radins sur ce plan et cela ne se limite pas au Qatar. Le concept d’islamisme comme je viens de le dire est une preuve importante de cette influence étant donné qu’il répète le discours des conservateurs musulmans, en premier lieu des Frères musulmans.  Même si l’influence n’est pas forcément financière ni forcément frériste.</p><p><br />Atlantico – En France, certaines grandes écoles et universités, dont Sciences Po, sont régulièrement citées dans le débat public sur l’islamisme, l’entrisme, le militantisme idéologique et la liberté académique. Quels faits objectifs permettent aujourd’hui d’évaluer la situation française, et observe-t-on des similitudes ou des différences avec le cas britannique ? </p><p>Razika Adnani- L’université est le milieu où l’islamisme extrémiste agit et s’active et pas uniquement en Europe, mais également dans les pays musulmans. Je l’ai vu et vécu en Algérie. C’est donc une similitude qui va au-delà de la France et l’Angleterre. Le port du voile par les étudiantes est assurément le premier fait objectif qui permet d’évaluer cette situation. Dans mon ouvrage je parle de « voilomètre », car le voile permet de mesurer le degré de pénétration de l’islam politique et conservateur dans une société.</p><p>Les débats publics en France ne sont pas des éléments suffisamment et scientifiquement fiables pour évaluer une situation étant donné qu’ils sont de plus en plus orientés par l’affect et la guerre politique entre la gauche et la droite. Dans ces débats publics, on cherche les preuves de ses convictions et c’est la meilleure manière de se tromper.  </p><p>La France, dans sa lutte contre l’islamisme, cible de plus en plus les Frères musulmans qui représentent pourtant une partie de l’islam politique et non tout l’islam politique ou l’islamisme. C’est la preuve que la rivalité entre les Frères musulmans et les autres mouvements islamistes (c’est-à-dire ceux qui ne séparent pas l’islam de la politique) s’est bien installée en France. L’intérêt de l’Occident, et en particulier de la France, n’est pas de se mettre du côté de l’un ou de l’autre, mais de lutter contre toute intrusion de l’islam dans le domaine politique et de permettre l’émergence d’un islam laïc, c’est-à-dire séparé de sa dimension politique et cela ne se fera qu’avec un travail au sein de l’islam.</p><p>Razika Adnani</p>
<p>Lire également</p>
<p>© Le contenu de ce site est protégé par les droits d’auteurs. Merci de citer la source et l'auteure en cas de partage.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 18 Jan 2026 21:42:14 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La révolution iranienne de 1979 ou le discours de l&#039;effacement du féminisme au nom d&#039;une vision grandiose.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>À l’automne 1978, alors que le régime du Shah s’effondrait sous le poids du coup d’État, Michel Foucault se rendit en Iran comme correspondant spécial du Corriere della Sera. Ce qu’il y découvrit le bouleversa. Il était convaincu d’assister à un phénomène négligé par la théorie politique moderne : une révolution non pas mue par la lutte des classes, la technocratie ou le rationalisme occidental, mais par ce qu’il nommait « spiritualité politique ».</p>

<p>Foucault n’était pas le seul à être fasciné. Une grande partie de la Nouvelle Gauche européenne, désabusée par le communisme soviétique et lasse du néolibéralisme, observait l’Iran avec une sorte de nostalgie. Là, semblait-il, se levait une révolution non pas au nom du socialisme bureaucratique, mais en opposition à celui-ci ; non pas pour l’abondance matérielle, mais pour le sens. </p>

<p>Foucault décrivait les foules en des termes quasi mystiques, s’émerveillant de leur volonté d’affronter la mort et de leur refus d’exprimer leurs revendications dans le langage familier de la politique moderne. Il croyait assister à une rupture dans l'histoire, une forme de révolte qui échappait à la dialectique éculée de la gauche et de la droite.</p>

<p>Mais alors même que Foucault se laissait séduire par cette vision, des Iraniennes – féministes, écrivaines et militantes – avertissaient déjà qu'une menace plus sombre se profilait. Elles n'étaient pas dupes de la rhétorique de la transcendance. Bien avant que l'ayatollah Khomeini ne consolide son pouvoir, les féministes iraniennes avaient identifié et dénoncé le mythe central de la révolution : l'idée que la libération pouvait être atteinte par un retour à l'authenticité religieuse et que la subordination des femmes était une condition nécessaire à la résistance anti-impériale. Lorsque Foucault loua le soulèvement comme une révolte contre la modernité occidentale, ces femmes y entendirent autre chose : le discours familier d'un intellectuel idéalisant leur effacement au nom d'une vision grandiose.</p>

<p>En mars 1979, quelques semaines seulement après la victoire de la révolution, des milliers de femmes iraniennes ont envahi les rues de Téhéran pour protester contre l'imposition du voile obligatoire. Elles ont été accueillies par des coups, des menaces et des slogans tels que « le voile ou un coup de poing ». La promesse de la révolution s'est concrétisée avec une brutalité fulgurante. Ce que Foucault avait décrit comme un soulèvement spirituel s'était transformé en une législation sur le corps des femmes, une répression de la dissidence et une fusion entre théologie et violence d'État.</p>

<p>La réaction de Foucault fut frappante, non par sa cruauté, mais par son absence. Confronté aux critiques, y compris celles des Iraniennes en exil, il s'est retranché. Il n'a publié aucune analyse approfondie du régime qu'il avait jadis encensé. Au contraire, il a insisté sur le fait que les observateurs occidentaux devaient s'abstenir de juger les révolutions non occidentales selon des critères occidentaux. L'implication était claire : critiquer le traitement des femmes par la République islamique revenait à imposer des valeurs étrangères, à méconnaître une logique civilisationnelle différente. Des écrivaines comme Simin Behbahani, Azar Nafisi et d'autres, certaines encore en Iran, d'autres déjà contraintes à l'exil, comprenaient que le discours sur la différence culturelle était instrumentalisé contre elles par des figures comme Foucault et les réseaux militants européens. Elles constataient avec quelle rapidité « authenticité » devenait un euphémisme pour la coercition, et avec quelle facilité les intellectuels occidentaux excusaient la misogynie lorsqu'elle se dissimulait sous un vernis de rhétorique anti-impérialiste.</p>

<p>Ce qui les indignait le plus, ce n'était pas tant que Foucault se soit trompé, mais plutôt qu'il se soit trompé d'une manière familière. Elles reconnaissaient un schéma où la souffrance des femmes était traitée comme une contradiction secondaire, à résoudre après la révolution – ou jamais. Le monde avait déjà vu cela en Algérie, à Cuba, en Chine : des révolutions qui promettaient l'émancipation universelle tout en exigeant des femmes qu'elles attendent, endurent ou disparaissent. La fascination de Foucault pour la mort, le sacrifice et la transcendance leur semblait être une philosophie exaltée, confortablement installée à distance.</p>

<p>La critique des féministes iraniennes dépassait le simple désaccord politique. Elle révélait une faille au sein même de la pensée occidentale post-1968. Foucault avait consacré sa carrière à l'analyse du pouvoir, de la discipline et des mécanismes de régulation des corps par les institutions. Pourtant, en Iran, il ne reconnut pas un régime dont le projet central était précisément celui-ci : la régulation des corps (et des esprits) par la loi religieuse, appliquée par l'État. Celui qui avait mis en garde contre la violence insidieuse des systèmes totalisants se retrouvait désormais à en défendre un, tant qu'il paraissait extérieur à l'Occident.</p>

<p>Foucault, comme nombre de ses contemporains, en était venu à considérer l'universalisme libéral comme un masque dissimulant la domination. Les féministes iraniennes comprenaient, par l'expérience vécue, ce qu'une grande partie de la théorie occidentale avait oublié : le pouvoir ne devient pas bienveillant simplement parce qu'il rejette le langage libéral. La mainmise demeure sur la nuque, même lorsqu'elle parle au nom de Dieu.</p>

<p>L'histoire a rendu son verdict avec une patience implacable.</p>

<p>L'histoire de Foucault et de l'Iran ne se résume pas à l'échec d'un seul penseur. Aujourd'hui, alors que les Iraniennes descendent en masse dans la rue pour défier un régime qui, depuis des décennies, impose une ségrégation sexuelle, l'absence de soutien de la part des mouvements féministes occidentaux est frappante. On ne constate aucun élan durable de solidarité envers les Iraniennes qui s'opposent aux religieux totalitaires. La conclusion est difficile à éviter : les principes que ces mouvements prétendent défendre ne sont pas des engagements universels, mais des postures conditionnelles, activées de manière sélective et mises de côté lorsqu'elles entrent en conflit avec un discours politique privilégié. Ce qui subsiste, ce n'est pas un féminisme comme engagement pour les droits des femmes, mais un féminisme comme affiliation. Et c'est précisément cette substitution du principe à l'affiliation contre laquelle les féministes iraniennes de la fin des années 1970 mettaient en garde.</p>

<p>Samuel J Hyde</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1230/%C2%ABla-guerre-des-12-jours-une-autre-victoire-pour-les-mollahs-%C2%BB</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Jan 2026 12:22:24 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[«La guerre des 12 jours, une autre victoire pour les mollahs ?»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX/TRIBUNE - Si l’Iran est sorti de la guerre de 12 jours contre l’État hébreu avec des pertes considérables, le régime chiite iranien n’a jamais été autant glorifié, aimé et soutenu par les populations musulmanes, analyse Razika Adnani, philosophe et islamologue.</p><p class="fig-paragraph">Razika Adnani est philosophe et islamologue. Son dernier ouvrage Sortir de l’islamisme (éditions Erick bonnier, 2024). </p><p class="fig-paragraph">Beaucoup d’analystes géopolitiques ont affirmé que <a href="http://www.lefigaro.fr/international/make-iran-great-again-donald-trump-brandi-la-menace-d-un-changement-de-regime-20250623" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">le régime chiite iranien</a> était sorti affaibli de la dernière guerre, dite la guerre des 12 jours, qui l’avait opposé à Israël et aux États-Unis. En effet, l’Iran en est sorti avec des pertes considérables. Sur le plan de la politique internationale, cette guerre a révélé un Iran isolé, étant donné que ni la Russie, ni la Chine, ni les pays musulmans sunnites ne lui ont manifesté leur soutien. Sur le plan militaire, elle a montré un Iran incapable de protéger sa population en situation de guerre et qui a encaissé beaucoup de pertes. Cependant, si on analyse la situation selon l’idéologie du chiisme, l’histoire de l’islam politique, la doctrine politico-religieuse de Khomeiny et du point de vue du monde musulman, on arrive plutôt à une autre conclusion.</p><p class="fig-paragraph">L’Iran est le pays qui compte aujourd’hui <a href="https://www.lefigaro.fr/international/comment-l-iran-s-appuie-sur-les-chiites-pour-asseoir-son-influence-regionale-20200109" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">le plus de chiites</a> dans le monde et dont le pouvoir est aux mains d’un clergé chiite. Le chiisme est une version de l’islam qui est née à Médine, aujourd’hui en Arabie saoudite, en 632, le jour même de la mort du prophète d’un différend politique entre Ali, son gendre et son cousin, et les autres compagnons du prophète. Ali a revendiqué son droit légitime de succéder au prophète comme guide politique et spirituel des musulmans, que les autres compagnons du prophète ne lui ont pas reconnu. Ils ont alors désigné Abou Baker comme calife, ensuite Omar, ensuite Othman et enfin Ali. Non seulement Ali est arrivé en quatrième position, mais son pouvoir lui a été également contesté par le gouverneur de Damas Muawiya et une guerre civile qui a duré cinq ans les a opposés. Elle a fini par la victoire du dernier qui fonda la dynastie des Umayyades. Ali a été assassiné en 661 par ses anciens partisans et, en 680, son fils al-Hossein a été massacré par les Umayyades lors de la bataille de Karbala. Des événements politiques que les chiites n’ont jamais oubliés. Le chiisme, qui était une doctrine politique, est alors devenu une théologie et une idéologie constituant un islam à part entière et surtout en opposition à l’islam sunnite qui était celui de l’État.</p><p class="fig-body-link">À lire aussi <a class="fig-body-link__link" href="http://www.lefigaro.fr/vox/monde/israel-a-agi-dans-la-legalite-contre-l-iran-20250703" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">«Israël a agi dans la légalité contre l’Iran»</a></p><p class="fig-paragraph">Dans toute leur histoire, les chiites ont été animés par le désir de venger Ali et son fils al-Hossein, de reprendre le commandement politico-religieux du monde musulmans usurpé par les sunnites et de récupérer les deux villes saintes de l’islam : <a href="http://www.lefigaro.fr/flash-actu/arabie-saoudite-les-pelerins-affluent-a-la-mecque-pour-accomplir-le-rite-du-tawaf-20250602" target="_blank" data-fig-type="NewsFlash" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">La Mecque</a> et Médine. Ils ont réalisé des avancées importantes dans certaines étapes de l’histoire musulmane dont le Califat fatimide qu’ils ont créé au Xe siècle (909 -1171). Le problème, c’est qu’ils ont toujours été minoritaires dans le monde musulman et les villes saintes ont continué d’être dans les mains des sunnites, leurs ennemis ancestraux, faisant que leur désir de vengeance n’a jamais été réellement assouvi.</p><p class="fig-paragraph">Le chiisme s’est implanté en Iran et est devenu la religion officielle du pays en 1501 où la population majoritairement sunnite a été forcée de se convertir au chiisme. Les dignitaires religieux chiites se veulent toujours des descendants du prophète, ce qui leur donne un statut social et politique spécifique, mais aussi une légitimité pour porter l’idéologie et le combat du chiisme, le vrai islam selon eux, contre le sunnisme, le mauvais islam. En 1979, la branche la plus conservatrice et fanatique, guidée par Khomeiny (1902-1989), arrive à prendre le pouvoir en Iran. L’événement était grandiose pour tous les musulmans conservateurs et notamment les militants islamistes, c’est-à-dire ceux qui refusent toute séparation entre le politique et le religieux en islam. Pour les Mollahs iraniens, c’était une étape historique vers la réalisation de leur objectif final : unifier les musulmans pour constituer un seul peuple musulman indivisible sous l’autorité de l’Imam et donc du chiisme, comme l’affirme Khomeiny dans Le petit livre vert de l’Ayatollah Khomeiny.</p>
<p>Même les populations du Moyen-Orient qui ont craint l’embrasement de la région et ont voulu que la guerre s’arrête ont exprimé de l’admiration pour le régime iranien et les Mollahs</p>
<p class="fig-paragraph">Ainsi, si <a href="http://www.lefigaro.fr/international/apres-l-elimination-de-hauts-grades-iraniens-l-ayatollah-ali-khamenei-sait-qu-il-n-est-plus-intouchable-20250615" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">Khomeiny </a>évoque la guerre sainte contre l’Occident, dont fait partie Israël selon lui, qu’il présente comme le monde du mal, de l’impérialisme et de l’injustice, en finir avec l’Occident et Israël n’est pas la finalité de son idéologie qui est d’unifier tous les musulmans sous l’autorité de l’Imam, mais un des moyens vers sa réalisation. Pour les Mollahs, le conflit israélo-palestinien est ce que l’histoire leur a offert pour réaliser cette finalité. Afficher une hostilité à Israël et ses alliés les États-Unis, ce que la majorité des pays musulmans sunnites ne font plus, est le moyen le plus efficace pour influencer les populations musulmanes sunnites et les avoir dans leur camp ou même les voir se convertir au chiisme.</p><p class="fig-paragraph">Ils n’ont pas eu tout à fait tort. Le régime chiite iranien n’a jamais été autant glorifié, aimé et soutenu par les populations musulmanes - sunnites et chiites confondus - que cette fois-ci. Pour la plus grande partie, les Mollahs sont des héros. Ils sont les seuls à avoir tenu tête à Israël depuis la guerre du Kippour de 1973, à lui infliger des dégâts sur son propre territoire et à ne pas se faire petit devant l’arrogance des États-Unis. Même les populations du Moyen-Orient qui ont craint l’embrasement de la région et ont voulu que la guerre s’arrête ont exprimé de l’admiration pour le régime iranien et les Mollahs. Très rares sont les populations qui en Syrie, au Liban et en Irak ont rejeté les Mollahs en rappelant leur entrisme et les malheurs qu’ils ont causés à leur pays.</p><p>

</p><p class="fig-paragraph">Le régime iranien et par conséquent les Mollahs ne sortent pas affaiblis de <a href="http://www.lefigaro.fr/international/iran-des-funerailles-nationales-pour-les-morts-de-la-guerre-des-douze-jours-20250628" target="_blank" data-fig-type="NewsFlash" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">cette dernière guerre</a> qui les a opposés à Israël et aux États-Unis même si elle leur a démontré que l’idée du gouvernement islamique universel dont parle Khomeyni semblait plus compliquée à réaliser. Cependant, elle leur a permis d’avoir une image positive auprès d’une grande partie des populations musulmanes chiite et sunnite compris, ce qui est pour eux une victoire de plus dans leur marche vers la réalisation de la finalité de leur doctrine : gouverner spirituellement et politiquement le monde musulman.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1228/citations-de-l%E2%80%99ayatollah-khomeini-publiees-apres-la-revolution-de-1979</guid>
	<pubDate>Sat, 10 Jan 2026 21:58:29 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1228/citations-de-l%E2%80%99ayatollah-khomeini-publiees-apres-la-revolution-de-1979</link>
	<title><![CDATA[Citations de l’ayatollah Khomeini, publiées après la révolution de 1979]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Cette série de citations de l’ayatollah Khomeini, publiées après la révolution de 1979, explique contre quoi le peuple iranien se bat : </p>

<p>« Nous exporterons notre révolution dans le monde entier. Jusqu’à ce que le cri “Il n’y a de dieu que Allah” résonne sur toute la Terre »… </p>

<p>« Le Coran ordonne : “Guerre ! Guerre jusqu’à la victoire !” Une religion sans guerre est une religion boiteuse. » « Tuer les infidèles est l’une des missions les plus nobles qu’Allah ait réservées à l’humanité. » </p>

<p>« L’établissement de l’État islamique dans le monde entier fait partie des grands objectifs de la révolution. » </p>

<p>« Nous nous sommes fixé comme but la diffusion mondiale de l’influence de l’islam et la suppression de la domination des conquérants du monde. » </p>

<p>« Nous souhaitons faire dépérir les racines corrompues du sionisme, du capitalisme et du communisme dans le monde entier. Nous souhaitons, comme le veut Dieu Tout-Puissant, détruire les systèmes fondés sur ces trois piliers, et promouvoir l’ordre islamique du Prophète… dans le monde de l’arrogance. » </p>

<p>« L’islam impose à tous les hommes adultes, à condition qu’ils ne soient ni handicapés ni incapables, de se préparer à la conquête des pays afin que la loi de l’islam soit obéie dans chaque pays du monde. » </p>

<p>« Ceux qui étudient la Guerre Sainte islamique comprendront pourquoi l’islam veut conquérir le monde entier. » </p>

<p>« On ne peut rendre les gens obéissants qu’avec l’épée ! L’épée est la clé du Paradis, qui ne s’ouvre que pour les Guerriers Saints ! »</p>

<p>Aucun de ces propos n’est un langage codé.</p>

<p>Il n'y a aucune métaphore dans ces discours qui sont clairs comme du cristal. C'est l'islam.</p>

<p>D'un mur ami</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Fri, 09 Jan 2026 22:18:49 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Mahyar Monshipour sur le voile : &quot;À trop vouloir inclure, on risque de rendre invisibles celles qu’on prétend défendre&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Alors que Teddy Riner appelle à la tolérance sur le port du voile dans le sport, Mahyar Monshipour, ancien champion du monde de boxe, prend une tout autre voie. Né à Téhéran et fort de son expérience, il alerte auprès de « Marianne » sur la dimension idéologique d’un symbole qu’il refuse de banaliser.</p>

<p>Alors que Teddy Riner s’est récemment exprimé sur le port du voile dans le sport en appelant à la tolérance et à la relativisation, d’autres voix, beaucoup plus rares, mais ô combien plus courageuses, choisissent de regarder la réalité en face. Mahyar Monshipour en fait partie.</p>

<p>Champion du monde de boxe, français né en Téhéran, il parle en connaissance de cause. À rebours des discours consensuels, il boxe avec les mots comme il le faisait avec les poings : le voile n’est pas un simple bout de tissu, mais l’instrument visible d’un système profondément patriarcal, liberticide, codifié dans des textes religieux que bien peu osent encore critiquer frontalement.</p>

<p>Là où le monde du sport reste largement silencieux – par prudence, ignorance ou par souci d’inclusion mal comprise – Mahyar, lui, prend position, tel qu’il l’explique à Marianne. Il parle du voile, de l’islam, du Coran, et de ce que signifie vraiment l’acceptation de certains symboles dans l’espace public, en particulier dans les arènes sportives. Car derrière le voile, dit-il, il n’y a pas que de l’identité ou de la foi : il y a un projet. Et ce projet, si on n’y prend garde, pourrait bien fissurer ce que la République a mis des décennies à construire. Il le fait sans haine, mais avec clarté. Et avec une franchise rare. Et un amour pour la France et son modèle de laïcité. Tout était au fond, dans le titre de son livre, publié en 2007 : La rage d'être Français (Grasset).</p>

<p>Marianne : Vous êtes l’un des rares, dans le monde du sport, à tenir ce genre de propos sur le voile, tel que vous l’avez fait en réponse à Teddy Riner. Est-ce que vous ne vous sentez pas un peu seul, malheureusement ?</p>

<p>Mahyar Monshipour : Oui, je le suis. Pour deux raisons. D’abord parce que nos compatriotes ne savent pas ce qu’est le voile. Notamment ceux qui sont eux-mêmes de culture musulmane. C’est un sujet que je connais bien. J’ai quitté l’Iran à cause de cela. Il m’habite. C’est devenu l’un de mes centres d’intérêt, j’ai beaucoup lu, beaucoup réfléchi sur la question.</p>

<p>À LIRE AUSSI : Port du voile avec la robe : saisi par un syndicat d'avocats, le Conseil d'État confirme l'interdiction</p>

<p>J’en parle souvent avec des amis, parfois eux-mêmes issus de milieu musulman. Et je vois bien à quel point c’est compliqué pour eux d'en parler. Parce que, quand ta mère est voilée, quand ta sœur l’est aussi, même si tu n’adhères pas entièrement à l’idéologie du voile, cet objet abject, il y a quelque chose de profondément intime qui est touché. Et donc, forcément, en parler, le critiquer, ça devient délicat. Il y a une réaction émotionnelle.</p>

<p>Il y a ceux qui sont ignorants – et j’utilise ce mot sans mépris – parce qu’ils ne connaissent pas, parce qu’ils viennent d’un contexte judéo-chrétien où le voile n’a pas le même sens, la même charge symbolique. Et puis il y a ceux qui, sans vraiment pratiquer ou adhérer à la religion, se laissent porter par le « move », par une forme d’air du temps, sans recul critique. Donc oui, je suis un des seuls à m’exprimer ainsi. Mais je me le permets parce que je connais très bien ce dont je parle.</p>

<p>Et justement, est-ce que vous pouvez nous parler des conditions dans lesquelles vous avez quitté l’Iran ?</p>

<p>Bien sûr. Et je vais vous dire : je suis arrivé dans de très bonnes conditions grâce à la France. Je suis arrivé ici en 1986, j’avais dix ans. Je suis arrivé à Poitiers, et à l’époque, j’étais ce qu’on appelait un allophone – le seul de mon établissement. À ce moment-là, ce n’était pas courant. Les élèves issus de l’immigration étaient pour la plupart originaires d’anciennes colonies francophones. Mais un enfant qui arrive à dix ans, qui ne parle pas un mot de français, c’était rare. Aujourd’hui, on a vu arriver des vagues venues de Tchétchénie, de Géorgie, du Soudan, d’Afghanistan ou de Syrie. Mais il y a quarante ans, c’était très différent.</p>

<p>À LIRE AUSSI : 2 ans de la mort de Mahsa Amini : en Iran, les femmes desserrent l'étau... et surtout leur voile</p>

<p>Moi, je suis arrivé dans des conditions extrêmement favorables. Mon père voulait me protéger. J’ai quitté l’Iran avec un visa d’études. À dix ans. Je ne suis pas arrivé sur un bateau, ni caché sous un camion. Non, je suis arrivé comme si je venais faire des études universitaires. J’ai eu cette chance. Et je n’oublie pas que c’est une exception.</p>

<p>Est-ce que vous pouvez nous expliquer en quoi, selon vous, le voile sert à invisibiliser le corps des femmes et à les extraire du monde du sport ?</p>

<p>Regardez, au-delà des débats d’opinion sur l’islam ou des hadiths – du type « on ne sait pas si c’est vrai » – il y a un fait incontournable : dans le livre sacré de l’islam – je n’ai même pas envie de le nommer – celui que les croyants considèrent comme la parole divine, ces règles sont écrites noir sur blanc. C’est dans ce texte, considéré comme intouchable, sacré. Évidemment, pour moi, c’est une parole d’homme, pas une parole divine.</p>

<p>Mais ce texte, il ne contient pas seulement des prescriptions sur le voile. Il contient aussi des passages sur l’esclavage, ce que Daesh a reproduit dans les territoires conquis : vendre des femmes sur les marchés aux esclaves, ça ne sortait pas de nulle part. C’était codifié, il y a 1400 ans. Codifié. Et dans ce même texte, à plusieurs reprises, il est dit que les femmes doivent cacher leur corps à la vue des hommes pubères – sauf à certains membres masculins de leur famille.</p>

<p>À LIRE AUSSI : Le prix de la créativité : la guerre de l’Iran contre les chanteuses, rappeurs et poètes</p>

<p>Ça veut dire qu’il y a une hiérarchie religieuse définissant qui a le droit de voir une femme « normalement » et devant qui elle doit se cacher. On a là un système qui construit une forme d’invisibilisation des femmes dans l’espace public.</p>

<p>Et ça va plus loin. Le même livre stipule qu’une fille hérite de la moitié de ce qu’hérite son frère. Il affirme que le témoignage d’une femme vaut la moitié de celui d’un homme. J’aime bien rappeler ça aux Français, souvent peu au fait de ces réalités. Quand on les touche personnellement, ils réalisent. Je le dis à vous cher ami journaliste : imaginez que votre sœur témoigne dans une affaire d’agression, qu’elle soit en face de son agresseur, et que lui aussi témoigne. Son témoignage à lui vaudra le double du sien. Donc oui, c’est un système profondément misogyne.</p>

<p>Donc, l’islam est, selon vous, intrinsèquement misogyne ?</p>

<p>Misogyne, esclavagiste, oui. Et là vous me direz « oui mais ce n’est pas cela qu’on autorise ». C’est là que ça devient dangereux : si, sur une base d’ « inclusion » mal comprise, on permet le port du voile dans le sport, alors dans quelques années, ce sera la même chose à l’école. Et tout ce qu’on aura construit pourra s’effondrer.</p>

<p>Parce que ce qu’on fait, c’est tenter de faire cohabiter notre modèle républicain avec des prescriptions moyenâgeuses, misogynes et oppressives. Ce sont des textes écrits il y a plus de mille ans. Et ce qui me sidère, c’est de voir des gens – des personnalités publiques, des athlètes – parler du voile sans en comprendre la signification. Je l’ai écrit en réponse à Teddy : « Cher Teddy, tu ne sais même pas de quoi tu parles. Tu crois que le voile, c’est juste un bout de tissu ? Mais non. Le voile, c’est tout ça. C’est un système. »</p>

<p>Et la religion, ce n’est pas un menu à la carte. Ce n’est pas comme à la cantine, où on peut dire « je prends l’entrée, mais pas le plat, juste le dessert aujourd’hui ». Quand tu entres dans une religion avec ses préceptes, tu es censé les suivre de A à Z. C’est d’ailleurs l’objectif des Frères musulmans et d’autres mouvances fondamentalistes : que tout soit appliqué. Et si on laisse une brèche – si on accepte une petite concession – c’est là que le ver entre dans la pomme. Et la pomme finit par pourrir de l’intérieur.</p>

<p>Donc pour vous, ce modèle français de laïcité, c’est une vraie richesse ? Et il faut se battre pour le préserver, y compris dans le sport ?</p>

<p>Mais bien sûr ! Qu’est-ce qu’elle est belle, la France. On a un modèle unique, précieux.</p>

<p>Je le dis souvent : il y a trois piliers de l’éducation. La famille, l’école et ensuite la culture et le sport. Regardez l’école : c’est formidable. Jusqu’au bac, tant qu’un élève n’a pas 18 ans, même s’il redouble, on considère qu’il doit être protégé des influences religieuses. Et puis, à la majorité, il entre à l’université, et là, il peut s’habiller religieusement comme il veut. C’est ça, la liberté à la française. Une loi belle, équilibrée. Elle n’interdit pas une religion, elle ne discrimine pas. Elle dit simplement : « Chaque chose à sa place. » Et c’est ainsi qu’on protège la liberté de conscience.</p>

<p>Est-ce que vous ne pensez pas qu’il faudrait, pour le sport, une loi un peu équivalente à celle de 2004 sur l’école ? Quelque chose de clair, qui fixe les règles ?</p>

<p>C’est justement ce que vise le fameux amendement en cours de discussion. Il a été adopté au Sénat et concerne l’interdiction des signes religieux ostensibles dans la pratique sportive – mais uniquement en compétition, pas dans le cadre des clubs ou du loisir. L’amendement est passé au Sénat, et j’espère qu’il passera aussi à l’Assemblée nationale.</p>

<p>Et qu’est-ce que vous voudriez dire aux sportifs, au-delà de Teddy Riner, qui tiennent un discours assez relativiste sur le voile ? Ceux qui disent : « Après tout, dans certains pays, ça se passe bien. » ?</p>

<p>Je pense qu’ils se trompent. Avec le concept d’inclusion – que tout doit être accepté, accueilli, intégré – on est en train, sans le vouloir, de préparer la future exclusion des femmes. À trop vouloir inclure sans discernement, on risque de rendre invisibles celles qu’on prétend défendre.</p>

<p>Etienne Campion, journaliste à Marianne<br />Par Etienne Campion</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1204/sanctions-personnelles-de-lue-sous-regime-extralegal</guid>
	<pubDate>Fri, 02 Jan 2026 22:14:55 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1204/sanctions-personnelles-de-lue-sous-regime-extralegal</link>
	<title><![CDATA[Sanctions personnelles de l&#039;UE, sous régime extralégal]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>L'inscription par l’UE sur la liste des sanctions contre la Russie de Jacques Baud (analyste, commentateur politique et ancien colonel de l'armée suisse), a été un choc dans le milieu des médias alternatifs. Il figure parmi les nouvelles personnes sanctionnées, aux côtés notamment du franco-russe Xavier Moreau.C’est le deuxième Suisse à être sanctionné, après Nathalie Yamb, militante suisse-camerounaise contre le néocolonialisme.</p>

<p>«Être inscrit sur la liste des sanctions de l'UE est un coup dur pour les personnes concernées, surtout si elles résident dans un pays de l'UE ou un État étroitement associé comme la Suisse, la Norvège ou le Royaume-Uni. Cela signifie que leurs comptes bancaires seront gelés, leurs cartes de crédit annulées, qu'elles ne pourront plus conclure de contrats avec des entreprises ou des particuliers liés à l'UE, et qu'aucune entreprise de l'UE ne sera autorisée à faire affaire avec elles, ce qui, en théorie, les empêchera même d'acheter du pain et d'autres produits de première nécessité. De plus, de nombreuses entreprises internationales suspendent tous leurs services, y compris les services postaux, les plateformes de réseaux sociaux, etc. Même les banques suisses gèlent ou clôturent les comptes, craignant des sanctions en cas de non-respect de la réglementation européenne».</p>

<p>Les sanctions contre les citoyens et résidents de l'UE sont-elles illégales ?</p>

<p>Début janvier 2025, 59 personnes figuraient sur la liste des sanctions de l'UE contre la Russie. Initialement, cet outil ne visait que les hommes d'affaires russes et les personnes résidant en Russie (ce qui était déjà problématique), mais depuis 2024, l'UE utilise les sanctions comme un instrument de pression politique pour réprimer diverses formes de dissidence. Yamb a été sanctionnée pour son activisme contre le néocolonialisme français en Afrique, et Dogru pour son engagement en tant que journaliste allemande en faveur de la cause palestinienne.</p>

<p>Dans une société libre et libérale, fondée sur l'État de droit, les sanctions contre les citoyens et résidents sont illégales. Le député européen Michael von der Schulenburg a commandé un rapport dont la conclusion est claire: les sanctions violent le droit européen en vigueur relatif aux libertés individuelles.</p>

<p>Cependant, si les sanctions violent certains droits de l'UE, le Conseil Européen utilise d'autres droits de l'UE pour prendre ces mesures. D'un point de vue procédural, l'UE ne viole pas ses compétences parce que les sanctions ne sont pas une question de police nationale mais *une décision de politique étrangère*.</p>

<p>Politique Étrangère, À Des Fins Intérieures</p>

<p>Aucune loi, ni dans l'UE ni dans ses États membres, n'interdit les activités menées par les personnes figurant sur la liste des sanctions contre la Russie. Au contraire. Nombre de ces activités, comme l'activisme citoyen (Nathalie Yamb), le journalisme (Hüsseyin Dogru) ou la publication d'analyses géopolitiques (Jacques Baud), relèvent explicitement des libertés fondamentales.</p>

<p>C'est là le point crucial. Puisque les actes commis ne constituent pas des crimes, les sanctions prononcées à leur encontre ne sont pas non plus des mesures judiciaires. L'UE l'affirme clairement sur sa page d'information relative aux sanctions : Les mesures restrictives, ou « sanctions », qui sont prises à l'unanimité par le Conseil de l'Union, sont un outil essentiel de la politique étrangère et de sécurité commune de l'UE pour répondre aux défis et aux évolutions mondiales qui vont à l'encontre de ses objectifs et de ses valeurs. </p>

<p>Les sanctions ne sont pas punitives et visent plutôt à modifier la politique ou le comportement des personnes visées, afin de promouvoir les objectifs de la politique étrangère et de sécurité commune de l'UE.</p>

<p>«L'UE est parvenue à créer un système permettant au pouvoir exécutif, dans le cadre légal de sa politique étrangère, de qualifier le comportement de ses citoyens d'«indésirable» et d'imposer ensuite les mesures les plus draconiennes qui soient, le tout sans procès ni condamnation. Tout ce que Baud, Yamb, Dogru et d'autres ont fait (et font encore) est parfaitement légal au sein de l'UE. Mais le Conseil de l'Union européenne a le pouvoir de leur imposer des mesures coercitives pour «encourager» un changement de comportement. Et comme les États membres sont tenus par traité d'appliquer les sanctions de l'UE, les victimes ne disposent d'aucun recours devant les tribunaux nationaux ».</p>

<p>Non illégales. Extralégales.</p>

<p>Les sanctions ne sont pas illégales au sens d’une violation du protocole. Elles relèvent des pouvoirs conférés au Conseil de l’UE par le traité de Lisbonne et s’appuient sur une procédure établie et bien définie. Elles créent un régime permettant de contourner les garanties contre la persécution politique. En ce sens, elles doivent être considérées comme des mesures extralégales. Elles ouvrent la voie à une persécution de personnes en dehors du  système juridique que nous connaissons.</p>

<p>C’est pourquoi tous les principes habituels de la justice, tous les fondements du système juridique  sont inopérants  : le respect des droits de la défense, la présomption d’innocence, le droit d’être entendu avant toute condamnation, etc., ne s’appliquent pas car les sanctions elles-mêmes ne constituent pas des mesures judiciaires.</p>

<p>Le seul recours des victimes de ce système est de saisir la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE). Mais la CJUE se contente de vérifier la cohérence formelle de la décision de sanction. Elle ne vérifie pas la proportionnalité des accusations et du régime de sanctions imposé, ni leur conformité aux droits fondamentaux des personnes sanctionnées. La CJUE s'assure uniquement de la validité de la justification fournie. Autrement dit, la CJUE ne pourra ordonner au Conseil de l'UE de les radier de la liste que si les victimes peuvent démontrer l'inexactitude factuelle des informations figurant dans la base de données des sanctions. En revanche, si les accusations sont fondées, la CJUE confirmera les sanctions. Par conséquent, tant que le Conseil ne ment pas dans sa justification des sanctions, presque tout est possible. La CJUE s'en remet au Conseil de l'UE quant à l'importance politique de la sanction.</p>

<p>Mais même si la CJUE constate que le Conseil a utilisé un raisonnement erroné (autrement dit, que les accusations sont mensongères), ce dernier peut, à tout moment, réinscrire les personnes sur la liste des sanctions en se basant sur un raisonnement modifié. Dès lors, le cirque juridique recommence pour les victimes, qui doivent saisir à nouveau la CJUE. C'est ce qui est arrivé, par exemple, à Petr Aven et Mikhail Fridman, deux hommes d'affaires russes qui ont obtenu gain de cause contre le Conseil de l'UE en 2024, mais qui figurent toujours sur la liste des sanctions, malgré un raisonnement modifié. Le Conseil de l'UE dispose ainsi d'un pouvoir quasi absolu et illimité sur les personnes sanctionnées.</p>

<p>Le droit des personnes sanctionnées de faire appel devant la CJUE n'est, au mieux, qu'un prétexte fallacieux permettant à l'UE de faire croire à l'existence d'un véritable recours juridique. En réalité, accorder aux victimes ce faux accès à la CJUE rend (probablement) encore plus difficile pour elles d'obtenir gain de cause devant d'autres juridictions. Par exemple, étant donné que les sanctions constituent une grave atteinte à leurs droits humains, il ne fait aucun doute que les tribunaux des droits de l'homme (il en existe plusieurs) pourraient être saisis pour contester le régime. Cependant, pour que ces tribunaux puissent agir, l'un des principaux obstacles est de prouver que tous les recours internes ont été épuisés. Par conséquent, avant que la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) ne soit saisie, les chances pour les victimes de voir leur affaire examinée par un tribunal des droits de l'homme semblent relativement minces (il s'agit néanmoins d'une voie que les victimes devraient probablement explorer avec leurs avocats).</p>

<p>Retourner les armes vers l'intérieur</p>

<p>Ce n’est pas la première fois que les pays de l'UE et les États-Unis utilisent les sanctions depuis pour exercer des pressions extralégales sur les militants et les journalistes en Afrique et ailleurs. En réalité, il s'agit d'un comportement néocolonial classique.</p>

<p>Les États-Unis, eux aussi, utilisent les sanctions comme un outil pour réprimer des comportements légaux, comme en témoignent leurs attaques contre le personnel de la Cour pénale internationale (CPI) ou, plus récemment, les sanctions imposées à la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese.</p>

<p>A l’instar du Patriot Act, adopté après le 11 septembre, qui a donné au gouvernement américain le pouvoir d'utiliser à l'intérieur du pays des services de sécurité initialement destinés à protéger la nation uniquement contre les ennemis extérieurs, «l'extension des sanctions de l'UE contre des personnes au sein de l'UE (ou de l'espace Schengen) transforme un instrument de politique étrangère douteux en un instrument de politique intérieure encore plus abject».</p>

<p>Les armes utilisées pour lutter contre les injustices extérieures sont désormais retournées contre nous. C'est un exemple flagrant qui illustre pourquoi le silence face aux crimes commis par nos États à l'étranger finira par nous rattraper sur le plan intérieur.</p>

<p>«À l'heure actuelle, divers commentateurs, aussi bien dans la blogosphère que dans les médias traditionnels, tiennent des propos qui s'apparentent à : «Bien fait pour eux, ces traîtres !» Ces mêmes personnes comprendront un jour ce que signifie ce système si on le laisse se développer et s'étendre dans toute sa splendeur draconienne. Il sera alors trop tard. Soit cela cesse immédiatement, soit l'avenir de la liberté et de la démocratie au sein de l'UE est sombre ». </p>

<p>La mort eurocratique de la démocratie</p>

<p>«Mon seul espoir réside dans la révolte populaire contre ce régime de sanctions funeste. La répression politique exige des réponses politiques. Cependant, il faudra beaucoup d'efforts pour revenir en arrière. Même au niveau national, les États membres semblent se satisfaire de ce nouvel outil.</p>

<p>Florian Warweg, un courageux journaliste allemand,  a interrogé les porte-parole de son gouvernement lors de la Conférence fédérale de la presse (Bundespressekonferenz) le 17 décembre, au sujet de l'affaire Jacques Baud et de sa légalité. La réponse suffisante qu'il a reçue de Martin Giese, du ministère allemand des Affaires étrangères, en dit long sur la façon dont ces bureaucrates opaques perçoivent leurs actions et sur ce qu'ils nous réservent :</p>

<p>(…) les personnes qui commettent de tels actes peuvent être sanctionnées si le fondement juridique le permet et si le Conseil de l'Union européenne prend une décision en ce sens. C'est ce qui s'est passé lundi dernier, cela continuera de se produire, cela s'est déjà produit, et quiconque œuvre dans ce domaine doit s'attendre à ce que cela puisse également lui arriver. (…)<br />Tous ceux qui contestent ces sanctions disposent de tous les recours légaux possibles. Ils peuvent faire appel auprès du Conseil et saisir la Cour de justice de l'Union européenne.</p>

<p>« Voilà. C'est ainsi que la démocratie meurt (une fois de plus). Par décret et avec la suffisance bureaucratique. Bravo, Union européenne».</p>

<p><a href="https://x.com/PLottaz">Pascal Lottaz</a> est un professeur suisse associé à l'Université de Kyoto, où il étudie <a href="https://neutralitystudies.com/">la neutralité dans les relations internationales</a>. Il analyse ici le régime de sanctions de l’UE contre ses propres citoyens et résidents.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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