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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de Monde]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Sun, 02 Jul 2023 21:52:35 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La rébellion de Prigojine ne serait-elle pas une psyop russe ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Wayan – Le 26 juin 2023 – Le Saker Francophone</p><p>La grande histoire médiatique de la semaine dernière fut la « rébellion armée conduite par Prigojine » et sa « marche pour la justice sur Moscou ». Une histoire rocambolesque comme les aiment les médias du monde entier. Un rebondissement de plus dans l’histoire médiatique déjà pleine de rebondissements qu’est « l’invasion de l’Ukraine par la Russie ».</p><p>Pendant quelques jours, les spéculations allèrent grand train sur le pourquoi et pour qui de cette rébellion totalement suicidaire pour Prigojine. Un coup de folie mégalomane, sa corruption par l’Occident, une colère noire et incontrôlable contre Shoigu, autant de spéculations auxquelles nous n’aurons pas de réponse.</p><p>Mais dans ce déluge d’hypothèse, une n’a pas été étudiée et pourtant, selon ma logique, elle correspond le mieux aux faits observés, à la dinguerie du scénario et aux intentions des scénaristes : Et si cette soudaine et intempestive « rébellion armée » n’était qu’une psyop menée par le gouvernement russe avec en tête d’affiche le couple d’acteurs Poutine/Prigojine.</p><p>Expliquons maintenant cette hypothèse en commençant par remonter le temps de quelques mois, à la prise de Bhakmut par Wagner, l’armée de mercenaires dirigée par Prigojine. Rappelons-nous qu’à cette époque un mélodrame du même genre, à plus petite échelle, s’était déroulé quand Prigojine avait, par réseaux sociaux interposés, maudit l’armée russe de ne pas lui fournir assez d’armes et de soutien logistique, menaçant de tout laisser tomber. Cette histoire s’était paradoxalement passée au moment même où Wagner était en train de prendre les derniers quartiers résistants de Bhakmut. [Beaucoup <a href="https://www.rt.com/russia/575918-wagner-promised-needed-ammo-prigozhin/">d’articles</a> de <a href="https://www.rt.com/russia/576629-key-donbass-city-captured-wagner/">RT</a> sur cette <a href="https://www.rt.com/russia/578555-ukraine-attempts-retake-artyomovsk-mod/">histoire</a> ont été effacés depuis, mais suivant RT de près a cette époque je m’en souviens bien].</p><p>Pour comprendre ma logique, il faut bien se rappeler de deux choses :</p>
<p>Le but actuel de l’armée russe n’est pas de prendre du terrain en Ukraine mais de « démilitariser le pays », c’est-à-dire d’infliger le maximum de pertes en vie humaines et en matériel. Une fois la « démilitarisation » effectuée, prendre du terrain sera un jeu d’enfant. Cette démilitarisation permettant surtout que ce terrain ne soit plus pris et repris par d’incessantes et douloureuses attaques et contre-attaques. A Bhakmut, Prigojine a lancé ces attaques verbales contre l’armée russe au moment ou les ukrainiens commençait à perdre espoir de tenir la ville et battre en retraite. Voir Wagner en difficulté leur a redonné de l’élan et ils ont donc envoyé quelques centaines d’hommes en plus dans le « hachoir à viande » qu’était Bhakmut. Toujours cela de pris pour les russes.<br />Dès le début de son « Opération Militaire Spéciale », le gouvernement russe a pondu un décret condamnant à la prison quiconque critiquait ou cherchait à déstabiliser l’armée russe. Pourtant, Prigojine a pu le faire publiquement sans subir la moindre répercussion, même pas une frappe sur les doigts. On sait pourtant que Poutine peut être très dur quand il le faut. Cette « faiblesse » de la part du gouvernement russe alors même que Shoigu était publiquement touché est donc extrêmement surprenante. Dans un scénario « vraie vie » Prigojine aurait déjà dû, dès l’épisode Bhakmut, être mis sur la touche, d’une manière ou d’une autre, d’autant plus qu’il n’a rien d’indispensable dans cette « Opération Militaire Spéciale ». Kadirov, le grand chef de l’armée Tchétchène est prêt à le remplacer, comme il l’a déjà proposé moultes fois.</p>
<p>Maintenant revenons à cette « <a href="https://www.dedefensa.org/article/glossairedde-la-tragedie-bouffe">tragédie bouffe</a> » russe du week-end et notons qu’elle se déroule dans un timing identique à celui de Bhakmut. La contre-offensive ukrainienne bat de l’aile et des rumeurs de repli stratégique commencent à poindre malgré l’impérieuse nécessité d’une victoire ukrainienne. C’est-à-dire, pour les russes, un « taux de démilitarisation » passant de 800-1000/jours à quelques dizaines/jours. Voilà qui ne fait pas leur affaire. Il faut donc redonner des ardeurs guerrières à l’armée ukrainienne. Tout combattant sait combien percevoir l’adversaire faiblir va relancer son ardeur à la bagarre. Alors Prigojine qui, à Bhakmut, s’était déjà révélé un aussi bon acteur que Zelensky rentre en scène et déclare que l’armée russe ment, que ses pertes sont totalement sous-évaluées, que la dissension interne va entraîner la défaite de la Russie, que le chef des armées est soit un incapable soit un traitre. Il y va très fort et balance tout à la fois puis, histoire que le scénario soit plus convaincant et marque les esprits, passe à l’action. « <a href="https://twitter.com/nexta_tv/status/1672562335573999617">Envahissement de Rostov sur le Don</a> », « <a href="https://twitter.com/PeelTheFern/status/1672465191261306890">prise du quartier général militaire</a> », « <a href="https://twitter.com/OliLondonTV/status/1672381443895336963">Marche sur Moscou</a> », sans une goutte de sang versée et minutieusement reporté sur Twitter où sa tronche de folle-dingue apparaît sans arrêt, tel un joker fou. En voyant ces scènes, on se dit que le metteur en scène avait visiblement peu de moyens mais le sens du mélodrame. Alors pour donner encore plus de consistance au scénario, Poutine lui-même entre en jeu et fait un discours martial mais sans accuser directement Prigojine ni prononcer son nom une seule fois. Pour un caractère moral comme Poutine, le mensonge a ses limites</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Fri, 19 May 2023 11:19:03 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/915/un-rapport-chinois-devoile-les-stratagemes-de-la-cia-pour-organiser-des-revolutions-de-couleur-dans-le-monde-entier</link>
	<title><![CDATA[Un rapport chinois dévoile les stratagèmes de la CIA pour organiser des révolutions de couleur dans le monde entier]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Yuan Hong – Le 4 mai 2023 – Source <a href="https://www.globaltimes.cn/page/202305/1290090.shtml">Global Times</a></p><p>Depuis longtemps, la Central Intelligence Agency (CIA) américaine prépare des “évolutions pacifiques” et des “révolutions colorées”, ainsi que des activités d’espionnage dans le monde entier. Les détails de ces opérations ont toujours été obscurs, mais un nouveau rapport publié jeudi par le Centre national chinois de réponse d’urgence aux virus informatiques et la société chinoise de cybersécurité 360 a dévoilé les principaux moyens techniques utilisés par la CIA pour organiser et promouvoir l’agitation dans le monde.</p><p>Selon ce rapport, depuis le début du 21e siècle, le développement rapide de l’internet a offert de “nouvelles opportunités” aux activités d’infiltration de la CIA dans d’autres pays et régions. Toute institution ou tout individu, où qu’il se trouve dans le monde, qui utilise des équipements numériques ou des logiciels américains peut être transformé en “agent fantoche” de la CIA.</p><p>Depuis des décennies, la CIA a renversé ou tenté de renverser au moins 50 gouvernements légitimes à l’étranger (la CIA n’a reconnu que sept de ces cas), provoquant des troubles dans les pays concernés. Qu’il s’agisse de la “révolution du Maidan” en Ukraine en 2014, de la “révolution des tournesols” dans l’île de Taïwan en Chine, de la “révolution du safran” au Myanmar en 2007, de la “révolution verte” en Iran en 2009 ou d’autres tentatives de “révolutions des couleurs“, les agences de renseignement américaines sont derrière tout cela, d’après le rapport.</p><p>La position dominante des États-Unis dans les technologies de télécommunication a offert à la communauté du renseignement américain des possibilités sans précédent de lancer des “révolutions de couleur” à l’étranger. Le rapport publié par le National Computer Virus Emergency Response Center et 360 révèle cinq méthodes couramment utilisées par la CIA.</p><p>La première consiste à fournir des services de communication en réseau cryptés. Afin d’aider les manifestants de certains pays du Moyen-Orient à rester en contact et à éviter d’être suivis et arrêtés, une société américaine, qui aurait des antécédents militaires aux États-Unis, a mis au point la technologie TOR, qui permet d’accéder furtivement à l’internet – la technologie Onion Router.</p><p>Les serveurs cryptent toutes les informations qui y transitent afin d’aider certains utilisateurs à naviguer sur le web de manière anonyme. Après le lancement du projet par des entreprises américaines, il a été immédiatement fourni gratuitement à des éléments antigouvernementaux en Iran, en Tunisie, en Égypte et dans d’autres pays et régions, afin que ces “jeunes dissidents qui veulent ébranler le pouvoir de leur propre gouvernement” puissent échapper à la surveillance de ce dernier, selon le rapport.</p><p>La deuxième méthode consiste à fournir des services de communication hors ligne. Par exemple, afin de s’assurer que le personnel antigouvernemental en Tunisie, en Égypte et dans d’autres pays puisse rester en contact avec le monde extérieur lorsque l’internet est déconnecté, Google et Twitter ont rapidement lancé un service spécial appelé “Speak2Tweet“, qui permet aux utilisateurs de composer et d’envoyer gratuitement des notes vocales.</p><p>Ces messages sont automatiquement convertis en tweets, puis téléchargés sur l’internet et diffusés publiquement via Twitter et d’autres plateformes afin de compléter le “compte rendu en temps réel” de l’événement sur place, selon le rapport.</p><p>La troisième méthode consiste à fournir des outils de commandement sur place pour les rassemblements et les défilés, basés sur l’internet et les communications sans fil. Le rapport indique que la société américaine RAND a passé plusieurs années à développer une technologie non traditionnelle de changement de régime appelée “swarming“. Cet outil est utilisé pour aider un grand nombre de jeunes gens connectés via l’internet à rejoindre le mouvement de protestation mobile “d’un coup d’un seul“, ce qui améliore considérablement l’efficacité du commandement sur place de l’événement.</p><p>Le quatrième est un logiciel américain appelé “Riot“. Ce logiciel prend en charge un réseau à large bande indépendant à 100 %, fournit un réseau WiFi variable, ne dépend d’aucune méthode d’accès physique traditionnelle, n’a pas besoin de téléphone, de câble ou de connexion par satellite, et peut facilement échapper à toute forme de surveillance gouvernementale.</p><p>Le dernier est le système d’information “anti-censure“. Le département d’État américain considère la recherche et le développement de ce système comme une tâche importante et a injecté plus de 30 millions de dollars dans le projet.</p><p>Une grande vigilance s’impose</p><p>Par ailleurs, le National Computer Virus Emergency Response Center et la société 360 ont repéré des programmes chevaux de Troie ou des plug-ins liés à la CIA dans les récentes cyberattaques visant la Chine. Les autorités chargées de la sécurité publique ont enquêté sur ces cas, a appris le Global Times.</p><p>Outre les cinq méthodes utilisées par la CIA pour provoquer des troubles dans le monde entier, le National Computer Virus Emergency Response Center et la société 360 ont également identifié, grâce à une analyse technique plus poussée, neuf autres méthodes utilisées par la CIA comme “armes” pour lancer des cyberattaques, notamment la livraison de modules d’attaque, le contrôle à distance, la collecte et le vol d’informations, ainsi que des outils open-source de tiers.</p><p>Le centre de réponse et la société 360 ont également repéré un outil de vol d’informations utilisé par la CIA, qui est également l’une des 48 cyberarmes exposées dans le document confidentiel de l’Agence nationale de sécurité des États-Unis.</p><p>La découverte de ces outils de vol d’informations montre que la CIA et l’Agence nationale de sécurité américaine attaquent conjointement la même victime, partagent des armes de cyberattaque ou fournissent un soutien technique ou humain, selon le rapport.</p><p>Ces nouvelles découvertes offrent également de nouvelles preuves importantes pour retracer l’identité des attaquants de l’APT-C-39. En 2020, la société 360 a découvert de manière indépendante une organisation APT qui n’avait jamais été exposée au monde extérieur, et l’a baptisée APT-C-39. L’organisation cible spécifiquement la Chine et ses pays amis pour mener des activités de cyberattaque et de vol, et ses victimes sont réparties dans le monde entier.</p><p>Le rapport note également que le danger des armes d’attaque de la CIA peut être perçu à partir d’outils open-source de tiers, car elle utilise souvent ces outils pour mener des cyberattaques.</p><p>L’attaque initiale des opérations de cyberattaque de la CIA est généralement menée contre l’équipement de réseau ou le serveur de la victime. Après avoir obtenu l’accès à la cible, elle explore la topologie du réseau de l’organisation cible et se déplace vers d’autres dispositifs du réseau interne pour voler des informations et des données plus sensibles.</p><p>L’ordinateur cible contrôlé est surveillé en temps réel pendant 24 heures et toutes les informations sont enregistrées. Dès qu’un périphérique USB est connecté, les fichiers privés qu’il contient sont surveillés et automatiquement volés. Lorsque les conditions le permettent, la caméra, le microphone et le dispositif de positionnement GPS du terminal de l’utilisateur sont contrôlés à distance et accessibles, selon le rapport.</p><p>Ces cyberarmes de la CIA utilisent des spécifications techniques d’espionnage standardisées, et diverses méthodes d’attaque se font écho et s’imbriquent les unes dans les autres. Elles couvrent désormais la quasi-totalité des actifs Internet dans le monde, et peuvent contrôler les réseaux d’autres pays à tout moment et en tout lieu afin de voler des données importantes et sensibles à d’autres pays.</p><p>La cyber-hégémonie américaine est évidente, note le rapport.</p><p>Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a déclaré jeudi que les activités de renseignement et d’espionnage des États-Unis et les cyberattaques contre d’autres pays méritent une grande vigilance de la part de la communauté internationale.</p><p>Les États-Unis doivent prendre au sérieux les préoccupations de la communauté internationale, y répondre et cesser d’utiliser des cyberarmes pour mener des activités d’espionnage et des cyberattaques dans le monde entier, a déclaré M. Mao.</p><p>En réponse aux cyberattaques hautement systématiques, intelligentes et dissimulées lancées par la CIA contre la Chine, il est important que les agences gouvernementales nationales, les institutions de recherche scientifique, les entreprises industrielles et les organisations commerciales les découvrent rapidement et y remédient dès qu’elles les découvrent, indique le rapport.</p><p>Le rapport suggère qu’afin de faire face efficacement aux menaces imminentes sur les réseaux et dans le monde réel, tout en adoptant des équipements localisés et autocontrôlables, la Chine devrait organiser une auto-inspection contre les attaques APT dès que possible, et mettre progressivement en place un système de défense à long terme pour parvenir à une prévention et un contrôle systématiques complets contre les attaques avancées.</p><p>Yuan Hong</p><p>Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/908/why-ukraine-may-embrace-china%E2%80%99s-peace-plan-%E2%80%93-asia-times</guid>
	<pubDate>Sat, 01 Apr 2023 18:08:35 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/908/why-ukraine-may-embrace-china%E2%80%99s-peace-plan-%E2%80%93-asia-times</link>
	<title><![CDATA[Why Ukraine may embrace China’s peace plan – Asia Times]]></title>
	<description><![CDATA[<p>A gloomy assessment of Ukraine’s prospects for victory against Russia emerged from a recent private gathering of former top US soldiers, intelligence officials and scholars with resumes reaching from the Reagan to the Trump administrations.</p><p>Short of trained personnel and ammunition, one speaker argued, Ukraine’s President Volodymyr Zelensky might consider a Chinese peace plan, especially after Beijing’s successful mediation of the Iran-Saudi dispute.</p><p>The several dozen attendees, many of whom had held cabinet or sub-cabinet positions, met under Chatham House rules, which forbid identification of individual participants but allow the content itself to be presented.</p><p>Overwhelmingly, the sentiment of participants leaned towards escalation in the form of providing additional weapons to Ukraine. One prominent analyst proposed the formation of a “foreign legion” of fighters from other countries to supplement Ukraine’s shrinking pool of trained manpower.</p><p>The great majority of participants favored risking everything for absolute victory over Russia. None of the attendees mentioned the qualms that former president Donald Trump voiced on May 17 about the risk of nuclear escalation in Ukraine.</p><p>The question of how the Russia-Ukraine war might escalate into a broader conflict received no attention. Their frustration, rather, was that Ukraine seems less likely to defeat Russia, even if the West makes the maximum effort and risks escalation.</p><p>We should not be surprised, one of the lead presenters said at the end of the conclave, if Ukraine’s President Zelensky takes up China’s peace plan. No one in the West anticipated that China would mediate between Saudi Arabia and Iran.</p><p>Although Washington has dismissed China’s peace plan for Ukraine, Zelensky has not. Russia would keep the Sea of Azov and most of the Donbas, a settlement that might be forced on Ukraine as it runs out of manpower and ammunition. America’s view of China is “primitive,” the expert added, and tends to underestimate Chinese sophistication.</p><p>A spokesman for the National Security Council dismissed the Chinese initiative, which calls for an immediate ceasefire, noting that a ceasefire would allow Russia to remain in place on territory it seized from Ukraine.</p><p>Ukraine has sustained two-thirds as many casualties as Russia, but with a third to a quarter of Russia’s population, is far less able to sustain them, according to one expert who spent many months on the ground in Ukraine.</p><p>The entire army that NATO trained between 2014 and 2022 in preparation for a Russian attack is dead, and recruits are being thrown into battle lines with three weeks of training.</p>
<p>Ukraine’s best soldiers have already been killed in the war. Photo: US Department of Defense</p>
<p>It isn’t that Ukraine will literally run out of live bodies, but that the quality of its armed forces, enlisted men as well as officers, has deteriorated. Critical parts of the civilian economy will collapse as manpower is shifted to the military.</p><p>This expert put Ukraine’s “unrecoverable” casualties (killed or seriously wounded) at two-thirds of Russia’s: 120,000 Ukrainian dead or seriously wounded versus 150,000 to 200,000 Russians.</p><p>Other estimates from expert US analysts are slightly higher for Ukraine, but the strategic conclusion is the same: With a much larger military, Russia will win a war of attrition. One Ukrainian battalion lost 600 men in January, received 700 replacements, and then lost 800 men in February—a 60% casualty rate over two months.</p><p>The prospects for a breakthrough to end the stalemate along the Line of Contact are poor, the rapporteur continued. The expected Ukrainian Spring offensive is one of the most anticipated maneuvers in military history, and Russia has had plenty of time to prepare defensive positions. Ukraine would need 650 modern main battle tanks and 1,000 armed personnel carriers to make a difference, in the view of one expert.</p><p>Another former senior US commander argued that the United States should send 1,000 Abrams M1 tanks to Ukraine, although he didn’t explain from where they might be obtained. Ukraine should receive weapons that can destroy targets deep inside Russia, he added, and the US “should get rid of the artificial boundary that says Ukraine can’t strike into Russia. Russia is part of the battlefield.”</p><p>America has political constraints on aid to Ukraine, a former senior Pentagon official objected: If we cannot provide large amounts of aid two years from now, we are better off cutting our losses now.</p><p>A foreign policy analyst who has advised the US Defense Department noted that Putin can call up 1.7 million reserves if he has to. “It may be fun to sink Russian ships in the Black Sea or to destroy targets inside Russia,” he said, “But it doesn’t relieve pressure on Ukraine. It’s like the American Civil War. The South fought more effectively, but the North had an overwhelming advantage in manpower and munitions. By 1865, the South didn’t have enough soldiers to defend Richmond.” He proposed an international army of volunteers to fight for Ukraine.</p><p>A former senior foreign policy official proposed that the United States threaten China with sanctions to limit its support for Russia. Although sanctions on Russia haven’t worked, China is a different case, he argued, because it is more integrated than Russia into the world economic system.</p>
<p>Russian President Vladimir Putin and Chinese President Xi Jinping in a file photo. Photo: AFP / Getty</p>
<p>There is a lot of anti-Russian sentiment in China, he added, and the Chinese people won’t like the idea of accepting hardship to help Russia. Ukraine and China, he added, “have a robust partnership going back decades.”</p><p>I am at liberty to report what I told the group. The Ukraine war has set in motion a global realignment, including the China-Iran-Saudi agreement. Looking at America’s blunders in Ukraine, the Saudis have concluded that America won’t put boots on the ground in the Middle East and are looking for other friends.</p><p>Turkey has flourished as a trade intermediary between China and Russia, and has patched up relations with the Gulf States as well as Israel. India, supposedly an ally against China, has become Russia’s biggest customer for oil and has vastly expanded its trade with China, which now provides 30% of its non-oil imports.</p><p>The United States is losing influence catastrophically by underestimating Russia. It doesn’t have the industrial capacity to provide artillery ammunition to Ukraine. The best policy is an immediate ceasefire, I argued.</p><p>That would be a humiliation for the United States, but a salutary one. In the 1970s, Vietnam did the US a favor by humiliating it before Russia did. The Vietnam debacle made possible a complete rethinking of US defense strategy, and America’s ultimate victory in the Cold War. Putin may thus be doing the US a favor by humiliating it now.</p>
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]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/901/dmitri-medvedev-parle</guid>
	<pubDate>Mon, 06 Feb 2023 19:02:43 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/901/dmitri-medvedev-parle</link>
	<title><![CDATA[DMITRI MEDVEDEV PARLE]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Dmitri Medvedev a commenté la rencontre entre Vladimir Zelensky et Ursula von der Leyen, qui a eu lieu la veille, au cours de laquelle la "restauration de l'économie ukrainienne" (sic) a été discutée. </p>

<p>Hier, un patient vert du service de traitement de la toxicomanie a reçu la visite d'une femme gynécologue qui s'est fait passer pour le médecin en chef de l'Europe. Ils discutaient de la reprise rapide et fabuleuse de l'économie de la Petite Russie (*) dans l'UE. Eh bien, c'est, bien sûr, un mensonge. </p>

<p>Pendant ce temps, le régime de Kiev, soutenu par ses manipulateurs occidentaux, combat la Russie "jusqu'à la victoire", et l'économie de ce malheureux territoire se transforme rapidement en détritus puants. On en parle ouvertement, même dans les pays qui promettent au régime ukrainien le rétablissement et l'amour éternel de l'Europe.</p>

<p>Voici une brève épicrise de l'économie ukrainienne en difficulté, basée sur les données médicales de Goldman Sachs. Quelques chiffres marquants caractérisant la maladie.</p>

<p>1. L'Ukraine a désormais perdu les territoires qui lui fournissaient environ 40 % de son potentiel industriel national et environ 15 % de son PIB d'avant-guerre.</p>

<p>2. Elle n'a plus accès à des réserves minérales d'une valeur de plus de 12 000 milliards de dollars. Dont 63 % des gisements de charbon et 42 % des métaux.</p>

<p>3. L'agriculture se dirige vers l'abîme à toute vapeur. Tout d'abord, une forte baisse des rendements. Blé : 19,4 millions de tonnes en 2022 contre 32,5 millions en 2021. Maïs : 18,4 millions de tonnes, soit 35,1 millions. <br />Deuxièmement, les itinéraires terrestres à travers la Pologne et la Roumanie ont multiplié les coûts de transport par un facteur de 2 à 3.  </p>

<p>4. A la fin de 2022, le PIB de l'Ukraine aura chuté de 35 à 36 %. Et ses pertes totales dues à l'affrontement avec la Russie ont atteint 830-850 milliards de dollars. Et ce malgré le fait qu'en 2021, le PIB du pays était de 200 milliards de dollars. Même leur ministère de l'économie a dû reconnaître cette chute record comme le pire résultat de l'histoire du pays.  </p>

<p>5. Ensuite, seulement l'effondrement final de l'industrie, l'hyperinflation, la pauvreté et le chômage total. La dette nationale du pays passera de 107 milliards à 180 milliards-200 milliards d'ici la fin de l'année. Les espoirs d'une récupération, même microscopique, sont minces. </p>

<p>Il est évident que la Russie continuera à travailler pour atteindre les objectifs de l'opération militaire spéciale. Cela signifie que le PIB de l'Ukraine pourrait s'effondrer de 5 à 10 % supplémentaires d'ici la fin de l'année. Par conséquent, la perspective de la faillite complète de l'État ukrainien et de sa fin inévitable devient de plus en plus claire.  </p>

<p>Qui est à blâmer est une question rhétorique. Comme l'a honnêtement admis la sage-femme maléfique Ursula von Quelque chose d'incompréhensible, le gouvernement ukrainien paie son adhésion à l'UE et à l'OTAN avec la vie de ses citoyens. </p>

<p>Peu importe une économie misérable. La camarilla de Kiev n'est pas embarrassée par la ruine du pays. Elle continue à dilapider son territoire par des dépenses militaires exorbitantes. </p>

<p>En partant du principe que l'Occident mettra toujours de l'argent sur la table. Il ne laissera pas tous les détourneurs de fonds, qui se partagent l'argent de l'Occident, mourir de faim. </p>

<p>Car cette année, pour les seuls besoins urgents, le budget ukrainien doit dépenser 55 milliards de dollars avec un déficit de 38 milliards de dollars. Il est clair que plus le soutien est important, plus le clown fou et les autres parasites, malades d'une forme ouverte de kleptomanie, voleront.</p>

<p>Seulement, plus longtemps les dirigeants nazis ukrainiens mendient et volent l'aide de leurs donateurs, plus proche sera l'effondrement final de l'économie. Après tout, ils devront payer l'intégralité de leur traitement. Et le but des esthéticiens occidentaux n'est pas de soigner l'économie du pays malheureux.</p>

<p>L'Occident a beaucoup d'expérience dans l'élimination des pays tests. L'Occident n'est pas le bon docteur Eibolite, mais le docteur Mengele. C'est un sinistre tueur de médecins. Par conséquent, l'Ukraine connaîtra le triste sort de ces colonies qui ont été violées sous la forme la plus perverse, puis jetées pour mourir dans la poubelle pourrie de l'histoire. </p>

<p>Le traitement sadique de l'économie ukrainienne sera progressif. D'abord, l'amputation de l'industrie et du secteur agraire. Puis la paralysie de toute l'économie. Et après ça, la mort organique du reste du pays.</p>

<p>La fin de la vie, ou la mort de l'ancien Etat, sera accompagnée de rires insensés, de rictus intolérables et de grimaces clownesques dégoûtantes d'une bande de nazis, rendus finalement fous par l'abondance de sang et de drogues. Et le silence assourdissant des guérisseurs occidentaux, regardant avec un froid mépris l'agonie de leurs propres patients torturés.....</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/899/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter</guid>
	<pubDate>Mon, 06 Feb 2023 14:30:28 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/899/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter</link>
	<title><![CDATA[The Ukraine War in the light of the UN Charter]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Alfred de Zayas, Professor of international law and world history at the Geneva School of Diplomacy (J.D., Harvard, Ph.D. Göttingen) former UN Independent Expert on International Order (2012-18), former Secretary of the UN Human Rights Committee, author of 12 books including “Building a Just World Order” <a href="https://www.claritypress.com/product/building-a-just-world-order/">https://www.claritypress.com/product/building-a-just-world-order/</a></p><p>The war in Ukraine did not start on 24 February 2022, but already in February 2014.  The civilian population of the Donbas has endured continued shelling from Ukrainian forces since 2014, notwithstanding the Minsk Agreements.  These attacks on Lugansk and Donetsk significantly increased in January-February 2022, as reported by the OSCE Special Monitoring Mission to Ukraine<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn1">[1]</a>.</p><p>Like all wars, this war is a tragedy for all concerned, — not only for Ukrainians and Russians, but also for the continued validity of international law and the primacy of the UN Charter.  Already NATO’s military campaigns in Yugoslavia, Afghanistan and Iraq in the 1990’s and early 2000’s sorely tried the authority and credibility of the United Nations as an Organization.  These military campaigns conducted outside Chapter VII of the UN Charter rendered the United Nations nearly irrelevant, because the Organization was unable to prevent the illegal use of force or mediate peace.  The unilateral actions of a number of states were never subject to accountability, not even the grave war crimes committed in Iraq and Afghanistan, as documented by Julian Assange in the Wikileaks publications. NATO countries grossly violated articles 2(3) and 2(4) of the Charter, absent any Charter justification, since article 51, which stipulates the right of self-defence does not cover pre-emptive military actions.  </p><p>The so-called “coalition of the willing” perpetrated naked aggression against the people of Iraq in 2003 in a series of criminal acts that constituted a revolt against the UN Charter and international law.  Such military campaigns carried out against the letter and spirit of the UN Charter and hitherto not subject to prosecution by the International Criminal Court have significantly weakened the force of international law and resulted in the emergence of “precedents of permissibility” <a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn2">[2]</a>, as I described in a Counterpunch article published on 4 March 2022, in which I clearly condemned the Russian invasion of Ukraine as an egregious violation of Art. 2(4) of the UN Charter.</p><p>On the other hand, it is clear that a violation of international law does not change jus cogens or create new international law (ex injuria non oritur jus – no right emerges from a wrong). Impunity only manifests the weakness of the system due to a lack of adequate enforcement mechanisms<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn3">[3]</a>.</p><p>On 31 January 2023 Counterpunch published an essay by history Professor Lawrence Wittner entitled “The Ukraine War and International Law”<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn4">[4]</a>.  He correctly condemns the violation of article 2(4) of the UN Charter by Russia and the war crimes that have ensued, for which there must be accountability.   Prof. Wittner refers to “rules of behavior among nations” in connection with war, diplomacy, economy, etc.  Among those rules of behavior are, of course, the “general principles of law” referred to in article 38 of the Statute of the International Court of Justice, notably the principles of good faith and the uniform application of norms. </p><p>In his book The Great Delusion<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn5">[5]</a>, Professor John Mearsheimer of the University of Chicago elucidated principles of international order and the necessity to respect agreements (pacta sunt servanda), including oral agreements.  In his article in the Economist on 19 March 2022<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn6">[6]</a>, Mearsheimer explains why the West bears responsibility for the Ukrainian crisis.  Already in 2015 Mearsheimer had signalled the importance of keeping oral agreements, as those given by the United States to Mikhail Gorbachev in 1989-91, to the effect that NATO would not expand eastward<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn7">[7]</a>.  In subsequent lectures Mearsheimer has explained that, whether of not the West considers NATO’s expansion a provocation, what is crucial is how NATO expansion is perceived by those who feel threatened by it.  In this context we must remember that article 2(4) of the UN Charter prohibits not only the use of force but also the threat of the use of force.  Promising to expand NATO to the very borders of Russia and the massive weaponization of Ukraine certainly constitute such a threat, especially bearing in mind the aggressive campaigns by NATO members in Yugoslavia, Afghanistan, Iraq, Syria and Lybia.</p><p>For decades Russian Presidents Vladimir Putin and Dmitry Medvedev have been warning the West – notably at the 2007 Munich Security Conference<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn8">[8]</a> — that NATO eastward expansion constitutes an existential menace to Russia.  Both Presidents advocate a European security architecture that will take into account the national security concerns of all countries, including Russia. Whether Russian fears are objectively justified or not (I think they are) is not the pertinent question, since their apprehension is a factum.  What is crucial is the obligation of all UN member states to settle their differences by peaceful means, i.e. to negotiate in good faith.  That is precisely what the Minsk agreements were all about.  Yet, Ukraine violated the Minsk agreements systematically.  Russia did make a credible effort to negotiate since 2014 in the context of the OSCE and the Normandy Format.  German Chancellor Angela Merkel<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn9">[9]</a> and French President François Hollande<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn10">[10]</a> recently confirmed that the Minsk agreements were intended to give Ukraine time to prepare for war.  Thus, essentially, the West entered the agreements in bad faith by deliberately deceiving the Donbas Russians.  In a very real sense, Putin was taken for a ride at Minsk and during the eight years of Normandy Format discussions.  Such behavior reflects a “culture of cheating”<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn11">[11]</a> and violates well-established principles of international relations amounting to perfidy, in contravention of the UN Charter and general principles of law.  Notwithstanding, In December 2021 the Russians put forward two peaceful proposals in the hope of averting military confrontation.  Although the treaty proposals were moderate and pragmatic, the US and NATO refused to negotiate pursuant to article 2(3) of the Charter and arrogantly rejected them.  If this was not a provocation in contravention of article 2(4) of the UN Charter, I do not know what is.</p><p>Professor Wittner is right in reminding us of the Budapest Memorandum of 1994 and the 1997 Treaty of Friendship, Cooperation and Partnership, but these instruments have to be placed in legal and historical context, in particular in the context of Western pronouncements since 2008 to bring Ukraine into NATO, an issue that in no way was foreseen in the two instruments above.</p><p>Wittner is wrong in his evaluation of the Crimean issue.  I was the UN representative for the elections in Ukraine in March and June 1994 and criss-crossed the country, including Crimea.  Without a doubt, the vast majority of the population there and in the Donbass are Russian and feel Russian.  This brings up the issue of the jus cogens right of self-determination of peoples, anchored in articles 1 and 55 of the UN Charter (and in Chapters XI and XII of the Charter) and in Art. 1 common to the International Covenant on Civil and Political Rights and International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights.  Wittner seems to forget that the US and EU supported the illegal coup d’état<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn12">[12]</a> against the democratically elected President of Ukraine, Victor Yanukovich, and immediately started working together with the Putsch-regime in Kiev, instead of insisting in re-establishing law and order as provided for in the Agreement of 20 February 2014<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn13">[13]</a>.  As Professor Stephen Cohen wrote in 2018, Maidan was a “seminal event”<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn14">[14]</a>. </p><p>Without the Maidan Putsch and the anti-Russian measures immediately taken by the Putsch-regime, the Crimean and Donbass peoples would not have felt menaced and would not have insisted on their right of self-determination.  Wittner errs when he uses the term “annexation” to refer to the reincorporation of Crimea into Russia.  “Annexation” in international law presupposes an invasion, military occupation contrary to the will of the people.  That is not what happened in Crimea in March 2014.  First there was a referendum to which the UN and OSCE were invited – and never came. Then there was an unilateral declaration of independence by the legitimate Crimean Parliament, only then was there an official request to be re-incorporated into Russia, a request that went through the due process mill, being first approved by the Duma, then by the Constitutional Court of Russia, and only then signed by Putin.  Had a referendum been held in 1994, when I was in Crimea, the results would surely have been similar.  A referendum today would confirm the will of the Crimeans to be part of Russia, not Ukraine, to which they had been artificially attached by decision of Nikita Khruschev, a Ukrainian himself.  There are no historical or ethnic reasons justifying Crimea’s attachment to the Ukraine. Many international lawyers agree that Crimea exercised its right of self-determination and was not “annexed” by Russia<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn15">[15]</a>.</p><p>Wittner is correct in recalling the fact that the General Assembly adopted a Resolution of 27 March 2014 rejecting the “annexation” of Crimea.  But what exactly does that Resolution tell us?  As a former senior lawyer with the Office of the UN High Commissioner for Human Rights and former UN Independent Expert, I must admit that for many decades the United Nations Organization applies double standards and does not live up to the Charter.  Many resolutions and pronouncements by successive Secretary Generals apply international law selectively, à la carte.  What the 2014 GA Resolution demonstrates is that the Organization is largely in the service of Washington and Brussels, partly because of the enormous financial dependency of the UN on the West.  Similarly, the GA Resolution of 2 March 2022 is yet another example of double-standards, bearing in mind that the GA had not adopted any similar resolutions when NATO committed aggression on Yugoslavia in 1999 or when the “coalition of the willing” devastated Iraq in 2003 without any threat or provocation by Saddam Hussein. </p><p>Wittner also cites Secretary General Guterres with regard to the “annexation” of Crimea and the Donbass.  As a former senior UN staffer and former rapporteur, it pains me to see how the Organization has been hijacked to support certain untenable positions of Western countries, and how it allows itself to be used in the geopolitical game, instead of remaining true to the Principles and Purposes of the Organization as laid out in the Charter. Where is the “outrage” of the Organization when it comes to the multiple aggressions of the United States against Cuba, Grenada, Nicaragua, Panama, Venezuela, the many coups-d’état directed by the US against governments it does not like, when the Organization keeps silent about the crimes committed by the CIA in Guantanamo, Abu Ghraib and secret detention centres, when the “annexation” of the Syrian Golan Heights by Israel is tacitly accepted.</p><p>Wittner poses an important question “what…are we to think about the value of international law”? As a professor of international law and a believer in the UN Charter, I ask the same question.  My 25 Principles of International Order<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn16">[16]</a> give some answers.   In my 14 reports to the UN Human Rights Council and General Assembly (2012-18) I formulated pragmatic recommendations how to reform the United Nations in order to deliver on the 1945 promise to “to save succeeding generations from the scourge of war”.  I agree with Wittner that it is necessary “to strengthen global governance, thereby providing a firmer foundation for the enforcement of international law”.  But there is a caveat – the Organization must be truly committed to peace, and not only sometimes.  It must not continue to apply international law à la carte, or it will lose all its authority and credibility.</p><p>Today what is absolutely necessary is an immediate cease-fire. The United Nations is failing the Charter if it does not make peace its priority and puts the entire system in the service of peace. The mediation proposals of Brazilian President Luiz Inácio Lula<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn17">[17]</a> must be taken seriously as well as the warnings and proposals by Professors John Mearsheimer<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn18">[18]</a>, Jeffrey Sachs<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn19">[19]</a> and Richard Falk<a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftn20">[20]</a>.</p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref1">[1]</a> <a href="https://www.osce.org/special-monitoring-mission-to-ukraine/512683">https://www.osce.org/special-monitoring-mission-to-ukraine/512683</a></p><p><a href="https://www.osce.org/special-monitoring-mission-to-ukraine-closed" rel="nofollow">https://www.osce.org/special-monitoring-mission-to-ukraine-closed</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref2">[2]</a> <a href="https://www.counterpunch.org/2022/03/04/precedents-of-permissibility/" rel="nofollow">https://www.counterpunch.org/2022/03/04/precedents-of-permissibility/</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref3">[3]</a> <a href="https://www.counterpunch.org/2022/04/07/no-right-arises-from-a-wrong/" rel="nofollow">https://www.counterpunch.org/2022/04/07/no-right-arises-from-a-wrong/</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref4">[4]</a> <a href="https://www.counterpunch.org/2023/02/01/the-ukraine-war-and-international-law/" rel="nofollow">https://www.counterpunch.org/2023/02/01/the-ukraine-war-and-international-law/</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref5">[5]</a> Yale University Press, 2018.</p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref6">[6]</a> <a href="https://www.economist.com/by-invitation/2022/03/11/john-mearsheimer-on-why-the-west-is-principally-responsible-for-the-ukrainian-crisis" rel="nofollow">https://www.economist.com/by-invitation/2022/03/11/john-mearsheimer-on-why-the-west-is-principally-responsible-for-the-ukrainian-crisis</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref7">[7]</a> <a href="http://www.mearsheimer.com/wp-content/uploads/2019/06/Why-the-Ukraine-Crisis-Is.pdf">http://www.mearsheimer.com/wp-content/uploads/2019/06/Why-the-Ukraine-Crisis-Is.pdf</a></p><p><a href="https://www.realclearpolitics.com/video/2023/01/10/john_mearsheimer_on_ukraine_conflict_there_are_no_realistic_options_the_west_is_screwed.html#" rel="nofollow">https://www.realclearpolitics.com/video/2023/01/10/john_mearsheimer_on_ukraine_conflict_there_are_no_realistic_options_the_west_is_screwed.html#</a>!</p><p><a href="https://duckduckgo.com/?q=john+mearsheimer+youtube+ukraine&amp;atb=v314-1&amp;iax=videos&amp;ia=videos&amp;iai=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3DJrMiSQAGOS4" rel="nofollow">https://duckduckgo.com/?q=john+mearsheimer+youtube+ukraine&amp;atb=v314-1&amp;iax=videos&amp;ia=videos&amp;iai=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3DJrMiSQAGOS4</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref8">[8]</a> <a href="http://en.kremlin.ru/events/president/transcripts/24034" rel="nofollow">http://en.kremlin.ru/events/president/transcripts/24034</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref9">[9]</a> <a href="https://english.almayadeen.net/news/politics/merkel:-minsk-agreement-attempted-to-give-ukraine-time" rel="nofollow">https://english.almayadeen.net/news/politics/merkel:-minsk-agreement-attempted-to-give-ukraine-time</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref10">[10]</a> <a href="https://global.espreso.tv/minsk-agreements-gave-ukraine-time-to-strengthen-army-and-destroyed-putins-plans-in-2022-francois-hollande" rel="nofollow">https://global.espreso.tv/minsk-agreements-gave-ukraine-time-to-strengthen-army-and-destroyed-putins-plans-in-2022-francois-hollande</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref11">[11]</a> <a href="https://www.counterpunch.org/2022/01/28/a-culture-of-cheating-on-the-origins-of-the-crisis-in-ukraine/" rel="nofollow">https://www.counterpunch.org/2022/01/28/a-culture-of-cheating-on-the-origins-of-the-crisis-in-ukraine/</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref12">[12]</a> <a href="https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-le-yeti-voyageur-a-domicile/20140311.RUE9766/le-coup-d-etat-ukrainien-a-bien-ete-pilote-par-les-etats-unis-la-preuve.html">https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-le-yeti-voyageur-a-domicile/20140311.RUE9766/le-coup-d-etat-ukrainien-a-bien-ete-pilote-par-les-etats-unis-la-preuve.html</a></p><p><a href="https://www.bbc.com/news/world-europe-26079957" rel="nofollow">https://www.bbc.com/news/world-europe-26079957</a></p><p><a href="https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2658245" rel="nofollow">https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2658245</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref13">[13]</a> <a href="https://www.scoop.co.nz/stories/HL2011/S00116/how-the-western-press-lied-about-the-2014-coup-in-ukraine-pretending-that-it-was-instead-a-real-democratic-revolution.htm" rel="nofollow">https://www.scoop.co.nz/stories/HL2011/S00116/how-the-western-press-lied-about-the-2014-coup-in-ukraine-pretending-that-it-was-instead-a-real-democratic-revolution.htm</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref14">[14]</a> <a href="https://www.thenation.com/article/archive/four-years-of-ukraine-and-the-myths-of-maidan/" rel="nofollow">https://www.thenation.com/article/archive/four-years-of-ukraine-and-the-myths-of-maidan/</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref15">[15]</a><a href="https://www.faz.net/aktuell/feuilleton/debatten/die-krim-und-das-voelkerrecht-kuehle-ironie-der-geschichte-12884464.html" rel="nofollow">https://www.faz.net/aktuell/feuilleton/debatten/die-krim-und-das-voelkerrecht-kuehle-ironie-der-geschichte-12884464.html</a> <a href="https://www.rubikon.news/artikel/die-krim-und-das-volkerrecht">https://www.rubikon.news/artikel/die-krim-und-das-volkerrecht</a></p><p><a href="https://www.faz.net/aktuell/feuilleton/debatten/die-krim-und-das-voelkerrecht-kuehle-ironie-der-geschichte-12884464.html" rel="nofollow">https://www.faz.net/aktuell/feuilleton/debatten/die-krim-und-das-voelkerrecht-kuehle-ironie-der-geschichte-12884464.html</a></p><p><a href="https://www.faz.net/aktuell/feuilleton/debatten/die-krim-und-das-voelkerrecht-kuehle-ironie-der-geschichte-12884464.html" rel="nofollow">https://www.faz.net/aktuell/feuilleton/debatten/die-krim-und-das-voelkerrecht-kuehle-ironie-der-geschichte-12884464.html</a></p>
<p>[embedded content]</p>
<p><a href="https://www.foreignaffairs.com/articles/ukraine/2020-04-03/russia-love" rel="nofollow">https://www.foreignaffairs.com/articles/ukraine/2020-04-03/russia-love</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref16">[16]</a> <a href="https://www.counterpunch.org/2022/11/28/principles-of-international-order/">https://www.counterpunch.org/2022/11/28/principles-of-international-order/</a></p><p>See Chapter 2 of my book “Building a Just World Order”, Clarity Press, 2021.</p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref17">[17]</a> <a href="https://www.politico.eu/article/ukraine-war-luiz-inacio-lula-da-silva-mercosur-olaf-scholz/amp/" rel="nofollow">https://www.politico.eu/article/ukraine-war-luiz-inacio-lula-da-silva-mercosur-olaf-scholz/amp/</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref18">[18]</a> <a href="https://www.youtube.com/watch?v=CmqojuijtFg" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.youtube.com/watch?v=CmqojuijtFg</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref19">[19]</a> <a href="https://mail.google.com/mail/u/0/?tab=wm#search/mearsheimer/WhctKKXpTdsZMnWHKprjzQLSCBwNkVfcWmKkHxltlbQMdkZgfksnmLmnKDjdVDrHpNTHxLV" rel="nofollow">https://mail.google.com/mail/u/0/?tab=wm#search/mearsheimer/WhctKKXpTdsZMnWHKprjzQLSCBwNkVfcWmKkHxltlbQMdkZgfksnmLmnKDjdVDrHpNTHxLV</a></p><p><a href="https://dezayasalfred.wordpress.com/2023/02/06/the-ukraine-war-in-the-light-of-the-un-charter/#_ftnref20">[20]</a> <a href="https://richardfalk.org/2022/09/14/ukraine-war-statecraft-and-geopolitical-conflict-the-nuclear-danger/" rel="nofollow">https://richardfalk.org/2022/09/14/ukraine-war-statecraft-and-geopolitical-conflict-the-nuclear-danger/</a></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 31 Dec 2022 22:28:32 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/894/blackrock-to-take-zelenskyy%E2%80%99s-panhandling-act-to-the-next-level</link>
	<title><![CDATA[Blackrock to Take Zelenskyy’s Panhandling Act to the Next Level]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Blackrock is the world’s largest asset management and investment firm. It invests <a href="https://www.cnbc.com/2022/03/24/blackrocks-larry-fink-who-oversees-10-trillion-says-russia-ukraine-war-is-ending-globalization.html">more than $10 trillion in client funds</a>, a mountain of cash that casts a shadow over the GDP of many countries, including Germany, the fourth largest GDP in the world. It is fair to say it controls, or has outsized influence, on the Federal Reserve, Wall Street banks, including Goldman Sachs and Vanguard, the WEF meet and greet at Davos (and its control freak Great Reset), and all that follows, including President Biden and Congress.</p><p>Larry Fink, the founder, and CEO of Blackrock has <a href="https://discernreport.com/corrupt-volodymyr-zelensky-brings-in-globalist-blackrock-ceo-larry-fink-to-coordinate-ukraines-money-laundering/">teamed up with the Man in Perpetual Green</a>, Ukrainian President Volodymyr Zelenskyy. “Specialists of this company are already helping Ukraine to structure the fund for the reconstruction of our state,” said Green Man after a video call with Fink, according to <a href="https://www.businesslive.co.za/bloomberg/news/2022-12-28-zelensky-prepares-for-ukraines-participation-at-wef-in-davos/">Bloomberg</a>.</p><p>Zelenskyy has taken his worldwide panhandling act to the next level. According to <a href="https://www.president.gov.ua/en/news/prezident-obgovoriv-z-generalnim-direktorom-blackrock-koordi-80105">Zelenskyy’s government web page</a>—up and running, although average Ukrainians are freezing in the dark—Larry Fink will help drum up the funds to rebuild what will be blown up again. (As for Zelenskyy’s website, it is safe for the moment, hosted as it is in Santa Clara, California.)
</p><p>In accordance with the preliminary agreements struck earlier this year between the Head of State and Larry Fink, the BlackRock team has been working for several months on a project to advise the Ukrainian government on how to structure the country’s reconstruction funds.</p>
<p>Zelenskyy and Fink “agreed to focus in the near term on coordinating the efforts of all potential investors and participants in the reconstruction of our country, channelling investment into the most relevant and impactful sectors of the Ukrainian economy,” <a href="https://www.cnbc.com/2022/12/28/zelenskyy-blackrock-ceo-fink-agree-to-coordinate-ukraine-investment.html">CNBC</a> reports.</p>
<p>Good luck with that. It might be a good idea to glance at Ukraine’s massive corruption before investing a dime in that black hole. According to <a href="https://borgenproject.org/10-facts-about-corruption-in-ukraine/">Transparency International</a>, Ukraine is the second most corrupt country in Europe and <a href="https://nationalinterest.org/blog/buzz/ukraine-one-world%E2%80%99s-most-corrupt-countries-49712">ranked 120 out of 182</a> of the most corrupt countries in the world.</p><p>According to <a href="https://uacrisis.org/en/54793-top-5-ukrainian-oligarchs">Dragon Capital</a>, the richest Ukrainian oligarchs in 2016, two years after the USG-orchestrated coup in Kyiv, have accumulated over $11 billion, almost 13% of Ukraine’s GDP.</p><p>Much of the money accrued by Rinat Akhmetov, Ihor Kolomoyskyi, Victor Pinchuk, and former president and confectionary/automotive magnate Petro Poroshenko, was taken through the neoliberal organized theft of public assets, known as privatization. Kolomoyskyi is a major funder of the neo-Nazi group, Right Sector. He is widely seen as the <a href="https://warsawinstitute.org/kolomoyskyi-imf-problem-zelensky/">puppet master</a> of the former comedian and current president Zelenskyy. His reach includes <a href="https://kolomoyskyi.anticorax.org/">business operations in the US</a>.</p><p>Ukraine is a money launderer’s dream come true. Its banking sector thrives on Ponzi schemes. Oligarchs reap fortunes skimming billions from government-subsidized gas prices. Corrupt officials collaborate with oligarchs to monopolize business. In 2015, it was determined less than 50 percent of businesses in Ukraine turned a profit, and 9.8 of all business operations were controlled by and benefited corrupt government officials and the oligarchs they work for.</p><p>In July, the <a href="https://www.npr.org/2022/07/20/1112414884/corruption-concerns-involving-ukraine-are-revived-as-the-war-with-russia-drags-o">Associated Press</a> reported,
</p><p>Ukrainian President Volodymyr Zelenskyy's dismissal of senior officials is casting an inconvenient light on an issue that the Biden administration has largely ignored since the outbreak of war with Russia: Ukraine's history of rampant corruption and shaky governance.</p>
<p>Of course, Biden—or that is, since he is obviously cognitively impaired, his neocon “advisers”—do not give a hoot about the suffering of average Ukrainians victimized by free-hand oligarchs and corrupt government officials. It’s all about Russia, China, and the role of the world hegemon.</p>
<p>Earlier this year, <a href="https://www.cnbc.com/2022/03/24/blackrocks-larry-fink-who-oversees-10-trillion-says-russia-ukraine-war-is-ending-globalization.html">Larry Fink told stockholders</a> “Russia’s invasion of Ukraine is reversing the long-running trend of globalization.” Strangely, Fink seems to believe Russia’s effort to keep NATO out of Ukraine and away from its western border has “exacerbated the polarization and extremist behavior we are seeing across society today.” Submit, lest you be tarred and feathered as a polarized extremist.</p><p>It now appears Fink’s cherished globalization is headed for the rocks as <a href="https://www.forbes.com/sites/rebeccaszkutak/2022/03/23/record-setting-venture-capital-market-shows-signs-of-a-slowdown/?sh=2b4a31b13f47">the growth of capital markets slow</a> and the centrally managed economy pivots toward recession (actually a full-blown depression, but this scary subject is rarely broached in the respectable, misinformation, narrative-strict corporate propaganda media).</p><p>Larry’s not alone in his waking nightmare. Oaktree Capital Management founder Howard Marks also loses sleep over the demise of centralized, corporate-driven, neoliberal-infused, government-enforced globalization. <a href="https://www.weforum.org/agenda/2022/04/globalization-decline-ukraine-war/">Marks and WEF</a> said in April “the war is forcing the pendulum of international affairs to swing away from globalization as companies and governments rethink their interdependence.”
</p><p>To be sure, authoritarian regimes often cut themselves off from the global market for a host of reasons—Russia’s Vladimir Putin is just one example.</p>
<p>If not for lies, these guys would stand naked. According to the World Economic Forum, Putin is an “authoritarian” because he understands the global elite want to kill him, destroy Russia, and turn its JDAM-blasted smoldering remains into mutually hostile little bantustans, thus easily plundered and controlled. It has nothing to do with interdependence or the joke that is democracy. That’s feel-good PR pablum designed to deceive you.</p>
<p>“The basic problem with globalization is not hard to grasp,” writes <a href="https://www.europereloaded.com/putin-on-globalization-bonehead-elites-and-the-ever-shrinking-middle-class/">Mike Whitney</a>. “The giant corporations have outsourced millions of high-paying manufacturing jobs to low wage platforms across Asia leaving behind thousands of shuttered factories and broken communities, a sharp spike in opiate addiction, and the steady erosion of living standards.”</p><p>Putin argued the elite are oblivious to the effect of their predation. I disagree. Pathocrats enjoy witnessing the misery of millions, that’s how they get their jollies. If they are oblivious to anything, it is that many of them may be swinging from lamp posts before this is over.
</p><p>It seems like elites don’t see the deepening stratification in society and the erosion of the middle class…(but the situation) creates a climate of uncertainty that has a direct impact on the public mood. Sociological studies conducted around the world show that people in different countries and on different continents tend to see the future as murky and bleak. This is sad. The future does not entice them, but frightens them. At the same time, people see no real opportunities or means for changing anything, influencing events and shaping policy. As for the claim that the fringe and populists have defeated the sensible, sober and responsible minority—we are not talking about populists or anything like that but about ordinary people, ordinary citizens who are losing trust in the ruling class. That is the problem.</p>
<p>Zelenskyy and Fink are preparing to turn a profit on the destruction of Ukraine. “Bringing in BlackRock signals the beginning of the much-anticipated shift from bilking taxpayers to bilking private investors,” writes <a href="https://discernreport.com/corrupt-volodymyr-zelensky-brings-in-globalist-blackrock-ceo-larry-fink-to-coordinate-ukraines-money-laundering/">JD Rucker</a>.</p>
<p>BlackRock will wield its tremendous influence over corporations across the globe to funnel as much private equity into the nation as possible where the money will be distributed to all powerful parties [oligarchs] that need their palms greased.</p>
<p>Corrupt government officials (many of them Ukronazis) and the psychopathic oligarchs they serve will profit from the Zelenskyy-Fink scheme to rebuild what Russia will knock down. Russia is determined, for the sake of its national security, to turn Ukraine into a toothless, nazi- and NATO-free rump state, a former oligarch-dominated state busted up into little harmless and easily controlled remnants.</p>
<p>I don’t have a crystal ball, but I believe Zelenskyy will ultimately flee the country with a proverbial suitcase stuffed with <a href="https://americanmonetaryassociation.org/2010/12/09/how-the-us-dollar-came-to-be-a-fiat-currency/">fiat greenbacks</a> and <a href="https://seekingalpha.com/article/2850716-massive-devaluation-of-the-euro">equally devalued paper money</a> of the European Union, following in the footsteps of previous defeated and humiliated autocrats.</p><p>Larry Fink will continue to be Larry Fink. He will push “<a href="https://nypost.com/2022/02/19/larry-fink-as-wall-st-dr-evil-woke-within-reason/">stakeholder capitalism</a>,” squeaky clean window dressing for predatory neoliberalism. Larry knows what side of his bread gets the butter, that’s why he has embraced “woke” politics. “Stakeholder capitalism might just force CEOs to think twice before doing things that hurt the public,” the New York Post surmises.</p><p>More PR poison. For “Klaus Schwab and the WEF, the framework of stakeholder capitalism must be globalized,” observes <a href="https://mises.org/wire/great-reset-part-iv-stakeholder-capitalism-vs-neoliberalism">Michael Rectenwald</a> at Mises Wire. Schwab and the WEF have high hopes for rebranded neoliberalism merged with the preposterous “woke” ideology.</p><p>Not going to happen. The collective nations of the world, led by the example of Russia, will ultimately pitch neoliberalism into the dustbin of history. The problem is WEF and globalist psychopaths, deluded by mental illness and corrosive hubris. They may indeed begin the process of irradiating the planet and making any sort of social and commercial activity a relic of a forgotten past.</p><p>Reprinted with permission from <a href="https://kurtnimmo.substack.com/p/blackrock-to-take-zelenskyys-panhandling">Kurt Nimmo on Geopolitics</a>.<br />Subscribe and support <a href="https://kurtnimmo.substack.com/">here</a>.
</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/893/ukraine-bon-a-savoir</guid>
	<pubDate>Thu, 29 Dec 2022 22:06:57 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/893/ukraine-bon-a-savoir</link>
	<title><![CDATA[Ukraine : bon à savoir]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Pour ceux qui se demandent : "Pourquoi l'Ukraine est-elle importante, économiquement aussi ? " </p>

<p>Deuxième plus grand pays d'Europe par sa superficie et comptant une population de plus de 40 millions d'habitants, l'Ukraine occupe les rangs suivants :</p>

<p>1er rang en Europe pour les réserves prouvées récupérables de minerais d'uranium.</p>

<p>2ème place en Europe et 10ème place dans le monde en termes de réserves de minerai de titane</p>

<p>la 2e place mondiale en termes de réserves explorées de minerais de manganèse (2,3 milliards de tonnes, soit 12 % des réserves mondiales)</p>

<p>2ème place mondiale en termes de réserves de minerai de fer (30 milliards de tonnes)</p>

<p>2ème place en Europe en termes de réserves de minerai de mercure</p>

<p>3ème place en Europe (13ème place dans le monde) en termes de réserves de gaz de schiste (22 trillions de mètres cubes)</p>

<p>4e rang mondial pour la valeur totale des ressources naturelles</p>

<p>7e place mondiale en termes de réserves de charbon (33,9 milliards de tonnes)</p>

<p>L'Ukraine est un important pays agricole :</p>

<p>1ère place en Europe par la superficie des terres arables</p>

<p>3ème place mondiale pour la superficie des terres noires (25% du volume mondial)</p>

<p>1ère place mondiale pour les exportations de tournesol et d'huile de tournesol</p>

<p>2e rang mondial pour la production d'orge et 4e rang pour les exportations d'orge</p>

<p>3ème producteur et 4ème exportateur mondial de maïs</p>

<p>4e producteur mondial de pommes de terre</p>

<p>5e producteur mondial de seigle</p>

<p>5e rang mondial pour la production d'abeilles (75 000 tonnes)</p>

<p>8e rang mondial pour les exportations de blé</p>

<p>9ème rang mondial pour la production d'œufs de poule</p>

<p>16e rang mondial pour les exportations de fromage</p>

<p>L'Ukraine peut répondre aux besoins alimentaires de 600 millions de personnes.</p>

<p>L'Ukraine est un important pays industrialisé :</p>

<p>1er en Europe pour la production d'ammoniac</p>

<p>2ème réseau de gazoducs en Europe et 4ème au monde</p>

<p>3e en Europe et 8e dans le monde en termes de capacité installée de centrales nucléaires;l</p>

<p>3ème place en Europe et 11ème dans le monde en termes de longueur du réseau ferroviaire (21 700 km)</p>

<p>3e rang mondial (après les États-Unis et la France) pour la production de localisateurs et d'équipements de localisation.</p>

<p>3ème exportateur mondial de fer</p>

<p>4e exportateur mondial de turbines pour centrales nucléaires</p>

<p>4e fabricant mondial de lance-roquettes</p>

<p>4e place mondiale pour les exportations d'argile</p>

<p>4e rang mondial pour les exportations de titane</p>

<p>8e rang mondial pour les exportations de minerais et de concentrés</p>

<p>9e rang mondial pour les exportations de produits de l'industrie de la défense</p>

<p>10e producteur mondial d'acier (32,4 millions de tonnes).</p>

<p>L'Ukraine est importante. C'est pourquoi son indépendance est importante pour le reste du monde. Ces ressources sont la raison pour laquelle la Russie fait des pieds et des mains pour la prendre.</p>

<p><a href="https://bonpourlatete.com/journaliste/Jacques-PILET"><br />Jacques PILET </a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/884/l%E2%80%99operation-russe-en-ukraine-est-elle-parfaitement-legale-selon-la-charte-des-nations-unies</guid>
	<pubDate>Tue, 11 Oct 2022 21:08:46 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/884/l%E2%80%99operation-russe-en-ukraine-est-elle-parfaitement-legale-selon-la-charte-des-nations-unies</link>
	<title><![CDATA[L’opération russe en Ukraine est-elle parfaitement légale selon la charte des Nations Unies ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Poutine s’est adressé au secrétaire des Nations Unies, António Guterres pour signaler que la Charte des Nations Unies donne à la Russie en tant que successeur légal du vainqueur de la seconde guerre mondiale le droit de son intervention. En effet l’article 106 et 107 de la Charte des Nations Unies lui donnent le droit de prendre toutes les mesures y compris militaires contre l’Allemagne, la Hongrie, l’Autriche, la Roumanie, la Bulgarie, la Finlande , la Croatie, la Slovénie, la république tchèque, la Lettone, l’Estonie, la Lituanie et l’Ukraine pour des tentatives de renaissance du nazisme. Voici la démonstration :</p>
<p>.Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a été surpris d’apprendre de Poutine qu’un article de la Charte des Nations unies autorise une opération spéciale russe en Ukraine. LA RUSSIE A LE DROIT DE PUNIR LES NAZIS PARTOUT (selon la Charte des Nations Unies) Le tribunal de Nuremberg a condamné à la responsabilité pénale tous ceux qui ont combattu les Nations unies et commis un génocide. Le plus grand génocide a été commis contre le peuple soviétique.</p><p>Les articles 106 et 107 de la Charte des Nations unies donnent aux vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, à savoir l’URSS, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Chine, le droit de prendre des mesures à l’encontre des pays qui les ont combattus afin d’empêcher toute action visant à réviser les résultats de la Seconde Guerre mondiale. En particulier, le recours à la force militaire contre ces pays est autorisé. Pour cela, il suffit de NOTIFIER les trois autres pays gagnants, mais pas d’obtenir leur approbation. La Russie, étant le successeur LÉGAL de l’URSS, peut également recourir à la force contre les États qui souhaitent réviser le système Yalta-Potsdam en Europe. La Russie peut mettre fin aux tentatives de renaissance du nazisme en Allemagne, en Hongrie, en Roumanie, en Autriche, en Bulgarie, en Finlande, en Croatie, en Slovénie et en République tchèque, qui, pendant la guerre, a joué le rôle de protectorat de la Bohême et de la Moravie.</p><p>“Charte des Nations Unies, chapitre XVII (17): Dispositions de sécurité transitoires</p><p>Article 106: En attendant l’entrée en vigueur des accords spéciaux visés à l’article 43* qui, de l’avis du Conseil de sécurité, lui permettent de commencer à exercer ses responsabilités en vertu de l’article 42*, les parties à la déclaration des quatre nations, signée à Moscou le 30 octobre 1943, et la France, conformément aux dispositions du paragraphe 5 de ladite déclaration, se consulteront et, selon que de besoin, avec d’autres Membres de l’Organisation des Nations Unies en vue d’une action commune au nom de l’Organisation qui pourra être nécessaire dans le but de maintenir la paix et la sécurité internationales.</p><p>Article 107: Rien dans la présente Charte n’invalide ou n’empêche une action, à l’égard d’un État qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, a été l’ennemi d’un signataire de la présente Charte, prise ou autorisée à la suite de cette guerre par les gouvernements responsables de telles actions.</p><p>*Article 41: Le Conseil de sécurité peut décider quelles mesures n’impliquant pas l’emploi de la force armée doivent être employées pour donner effet à ses décisions, et il peut demander aux Membres de l’Organisation des Nations Unies d’appliquer ces mesures. Celles-ci peuvent comprendre l’interruption totale ou partielle des relations économiques et des voies de communication ferroviaires, maritimes, aériennes, postales, télégraphiques, radio et autres, ainsi que la rupture des relations diplomatiques.</p><p>Article 42: Au cas où le Conseil de sécurité estimerait que les mesures prévues à l’article 41* seraient insuffisantes ou se sont révélées insuffisantes, il peut prendre, par des forces aériennes, maritimes ou terrestres, les actions nécessaires au maintien ou au rétablissement de la paix et de la sécurité internationales. Une telle action peut comprendre des manifestations, un blocus et d’autres opérations aériennes, maritimes ou terrestres des membres des Nations Unies.</p><p>Article 43: Tous les Membres de l’Organisation des Nations Unies, afin de contribuer au maintien de la paix et de la sécurité internationales, s’engagent à mettre à la disposition du Conseil de sécurité, sur sa demande et conformément à un ou plusieurs accords spéciaux, des forces armées, une assistance et des facilités, y compris les droits de passage, nécessaires au maintien de la paix et de la sécurité internationales. Cet accord ou ces accords régiront le nombre et les types de forces, leur degré de préparation et leur emplacement général, ainsi que la nature des installations et de l’assistance à fournir. L’accord ou les accords sont négociés dans les meilleurs délais à l’initiative du Conseil de sécurité. Ils sont conclus entre le Conseil de sécurité et les Membres ou entre le Conseil de sécurité et des groupes de Membres et sont soumis à ratification par les États signataires conformément à leurs règles constitutionnelles respectives.</p><p>“Sources:Chapitre 17:<a href="https://l.facebook.com/l.php?u=https%3A%2F%2Fwww.un.org%2Fen%2Fabout-us%2Fun-charter%2Fchapter-17%3Ffbclid%3DIwAR1ZOtovuKV6ITeN8u8inP8KbfKHRziOfZ3p_bZkXjRQmwdn6gvRtZjxMyI&amp;h=AT1dC_BQx9TC52gP_fYDHk0c-1SaIuhZxwfE1lPj3EXyEX3YMZFZniL-sf5ubFbf-TOoYAJ_2_9_zde5jfCmYXBAxMHfSy3fZpRpWW-99zx-IZuLwhTQYJQlK2Jti_JXHxabqJS_Qkd4SArSM357&amp;__tn__=-UK-y-R&amp;c%5B0%5D=AT0qUr7Ir0Gp5ghSx4HMLVx_QIqdyeyCjH2nErfTdrlXuzlt8LMY_Xc4vOz_cQ1eO7sD2TxE0BMZyPBhnUb32dBmyGWPAQ4QBOfHxfDkQGeteQLG5N-ODEh92ICHDGLyPov_DjY09cB6css7fBnzh3StSwlqOGEZJQJ_SO-fg_F4wri09hdI_Urt-5VDadJ73NHC8fn8Gu04D7AAtAd_C-ni1SVNUt_iCh-wzlmyoA" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.un.org/en/about-us/un-charter/chapter-17</a>Chapitre 7:<a href="https://l.facebook.com/l.php?u=https%3A%2F%2Fwww.un.org%2Fen%2Fabout-us%2Fun-charter%2Fchapter-7%3Ffbclid%3DIwAR2ABjpkhaaKka2Uq__T5JY2gso_OYiOFlF1TiNjgwj6Rxo8WQQe3BmBpF4&amp;h=AT1jWQmTMmkT6Z5pWB6roOVlp5OWO7yOo-9GBaUkjJAgY7idmNbwrrJmitU9qppOppCT6RBmFQj6Fddyfs4yakGcjLlxrgiX_plP4IATAu0P7rejm8_8we9MJj304gCwk__o6lPM2_2i1r5aWo75&amp;__tn__=-UK-y-R&amp;c%5B0%5D=AT0qUr7Ir0Gp5ghSx4HMLVx_QIqdyeyCjH2nErfTdrlXuzlt8LMY_Xc4vOz_cQ1eO7sD2TxE0BMZyPBhnUb32dBmyGWPAQ4QBOfHxfDkQGeteQLG5N-ODEh92ICHDGLyPov_DjY09cB6css7fBnzh3StSwlqOGEZJQJ_SO-fg_F4wri09hdI_Urt-5VDadJ73NHC8fn8Gu04D7AAtAd_C-ni1SVNUt_iCh-wzlmyoA" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.un.org/en/about-us/un-charter/chapter-7</a><a href="https://www.facebook.com/AGORA.actualites?__cft__%5B0%5D=AZVslzmMnocCRXdjzp5UreVWUbGXfiFkRVsWBAgpGaPJr1Qjv295uBILgECR5W6qv-gU1dBWlbqeMCgOD_J099a4elFgDcIePHMrDb7VdGWEsicdMkXAvWys1JrHG2ffYKjTYIl5cMuw5Gp5VhwSg4Pd1Pq11iC-MgQiblpvG2yTq6dP-QDt5YA2TqKs19u2U_ebZ8AP7R_N3Iarctliw245&amp;__tn__=-%5DK-y-R">AGORA Actualités</a></p>
<p><a href="https://histoireetsociete.com/2022/10/08/loperation-russe-en-ukraine-est-elle-parfaitement-legale-selon-la-charte-des-nations-unies/#" rel="nofollow" title="Printer Friendly, PDF &amp; Email"></a></p>
<p>Vues : 926</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Tue, 11 Oct 2022 20:41:11 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/883/vers-une-reconnaissance-par-la-russie-de-l%E2%80%99ukraine-comme-etat-terroriste</link>
	<title><![CDATA[Vers une reconnaissance par la Russie de l’Ukraine comme Etat terroriste ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Hier, 10 octobre, un changement radical s’est produit dans la réaction de la Russie face aux attaques de l’armée otano-ukrainienne. Cela s’est constaté dans les faits, avec près de 5 heures de bombardement le matin et depuis plusieurs salves régulières contre les infrastructures énergétiques et stratégiques en Ukraine. Mais aussi dans le discours politique, qui tend à reconnaître l’Ukraine comme un Etat terroriste. Ce pas peut avoir une importance fondamentale pour la suite de l’opération militaire et la détermination de ses buts, qui restent encore très flous du côté russe, alors que le clan atlantiste revendique de plus en plus clairement la disparition de «la Russie de Poutine».</p><p>Dès le petit matin du 10 octobre, le territoire ukrainien s’est trouvé sous le feu de l’armée russe (voir en détail sur notre <a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">canal Telegram ici)</a>. En fin de matiné, juste avant la réunion du Conseil de sécurité, quelques heures de répis ont été accordées. Dans l’après-midi, puis dans la soirée, ensuite ce matin, les tirs reprennent vers différentes <a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">régions</a>, de Lvov à Odessa.</p><p>Voici la carte des régions ukrainiennes touchées hier matin — en gris :</p><p>Et la carte des tirs publiée par Readovka :</p><p>Suite aux tirs, hier les cibles énergétiques <a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">suivantes</a> ont été touchées:</p><p>«Kiev : centrale de production combinée de chaleur et d’électricité (CPCE) -5 et 3, Sous-station 110 Vokzalnaya, Darnytska CPCE — affectées. Jusqu’à présent, les sous-stations de Severnaya et Brovary, ainsi que CPCE-6, fonctionnent toujours ;</p><p>Kharkov : pas de raccordement et pas d’eau. Le métro ne fonctionne pas. Très probablement, la sous-station Zalyutino, Kharkivskaya, Losevo, ainsi que Kharkovskaya CPCE-5, Zmievskaya CPCE et Chuguevskaya CPCE-2 ont été mises hors service, ce qui a assuré une panne totale dans la ville et dans la région ;</p><p>Ternopol : au moins 5 sous-stations ont été éteintes, la sous-station de Ternopol a été physiquement détruite — les sous-stations restantes en ont été alimentées ;</p><p>Rovno : la liquidation de la sous-station de Rovno a déclenché une panne d’électricité dans toute la ville, le reste de la sous-station a été surchargé et mis hors service ;</p><p>Sumy : un coup à la sous-station de Konotop a provoqué des coupures de courant dans toute la région, dans la ville et dans la région du blackout ;</p><p>Kryvoy Rog : Une attaque contre la centrale thermique de Kryvoy Rog a provoqué des pannes de courant partielles et l’arrêt de l’usine d’acier à haute teneur de Kryvoy Rog pour les pays occidentaux ;</p><p>Dnepropetrovsk : la sous-station et la caserne des Forces armées ukrainiennes ont été détruites ;</p><p>Zhytomyr: Sous-station Zhytomyr — en conséquence, une panne d’électricité et une coupure d’eau dans toute la ville.</p><p>Lvov : la mise hors-service de deux centrales thermiques a provoqué une panne d’électricité dans la ville et coupé l’approvisionnement en eau ;</p><p>Ivano-Frankovsk : centrale thermique Burshtynska — coupures de courant ;</p><p>Khmelnytsky : Cogénération et sous-stations touchées. Il n’y a ni électricité ni eau dans la ville;</p><p>Poltava : détruit un certain nombre de sous-stations. La ville est blackout et il n’y a pas d’eau.»</p><p>En ce qui concerne le nombre de missiles tirés lors de la salve du <a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">matin</a> :</p><p>«Nombre de missiles russes tirés sur des cibles militaires en Ukraine :</p><p>47 dans la région de Nikolaïev ;<br />60 à Kiev ;<br />15 à Lvov;<br />27 dans la région de Vinnitsa ;<br />20 à Kharkov ;<br />15 dans la région d’Odessa ;<br />10 à Dniepropetrovsk.</p><p>Une partie de l’électricité, depuis, a été remis en fonction, mais il reste encore plus de 300 localités sans électricité et l’Ukraine suspend au 11 octobre l’exportation d’électricité vers l’Europe, ce qui va encore aggraver la situation énergétique dans les pays de l’UE. Les tirs continuent aujourd’hui sur les sites énergétiques et stratégiques ukrainiens, comme les noeuds ferroviaires, vous trouverez plus d’informations sur le canal T<a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">elegram Russie Politics</a>.</p><p>Au-delà de ces faits, dont il est (encore) trop tôt pour estimer l’impact sur le plan militaire, mais qui <a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">accompagnent</a> déjà une stabilisation du front par l’armée russe et des <a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">avancées</a> sur certaines lignes du front,  l’on notera un changement de ton et d’approche. Les premières personnalités du pays commencent à qualifier l’Ukraine d’Etat terroriste. </p><p>Tout d’abord, Vladimir <a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">Poutine</a>, dans son allocution introductive devant le Conseil de sécurité hier, a souligné qu’à plusieurs reprises déjà l’Ukraine recourrait aux méthodes du terrorisme pour tuer, notamment en Russie, certaines personnalités (dans le monde scientifique, politique, philosophique, etc.), qu’elle avait attenté à la centrale de Koursk, sans oublier le Pont de Crimée. Cela fait d’elle, pour le Président russe, une entité comparable aux grands groupes terroristes internationaux.</p><p>A peu près au même moment, Dmitri <a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">Medvedev</a> s’est exprimé ainsi :</p><p>«Le premier épisode a été joué.<br />Il y en aura d’autres.</p><p>Et plus loin. Je vais exprimer ma position personnelle. Je ne peux pas m’empêcher de le mentionner maintenant. L’État ukrainien, dans sa configuration actuelle avec un régime politique nazi, constituera une menace constante, directe et claire pour la Russie. Par conséquent, en plus de protéger notre peuple et de protéger les frontières du pays, le but de nos actions futures, à mon avis, devrait être le démantèlement complet du régime politique de l’Ukraine.»</p><p>Et maintenant, V. <a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">Volodine</a>, le président de la Douma d’écrire :</p><p>«La coupe de la patience a débordé.</p><p>Le régime de Keiv est devenu terroriste. Bombardements réguliers de l’infrastructure critique des centrales nucléaires — Zaporozhye et Koursk, meurtres de personnalités publiques sur le territoire de l’Ukraine et de la Russie, sabotage du pont de Crimée.</p><p>Les actions de Zelensky ont entraîné la souffrance du peuple ukrainien, qui est en fait pris en otage par sa politique nazie.</p><p>Le président de l’Ukraine, donnant l’ordre de commettre des attentats terroristes, était sur un pied d’égalité avec Oussama ben Laden et d’autres terroristes internationaux.</p><p>Les politiciens occidentaux qui soutiennent le régime de Zelensky parrainent le terrorisme.</p><p>A cet égard, je voudrais rappeler une règle connue dans le monde entier : on ne négocie pas avec les terroristes.»</p><p>Alors que l’Occident condamne, mais surtout s’inquiète du réveil de la Russie, l’Ukraine a lancé des avis de recherche contre 700 civils et militaires russes, dont le ministre de la Défense ou le chef du Parquer. Il y a un véritable moment d’inquiétude en Occident, comme il y en a eu un au début de l’Opération militaire, jusqu’à ce que la Russie s’enlise dans les négociations. </p><p>En fait, l’Occident veut savoir s’il s’agit d’une «réaction», c’est-à-dire d’une action situative en réaction à l’attaque du Pont de Crimée, ou s’il s’agit d’une nouvelle stratégie, c’est-à-dire si la Russie a décidé de réellement combattre en Ukraine. Dans le premier cas, ces tirs ne présentent stratégiquement pas un grand danger, la système énergétique sera rétabli, un peu plus longtemps qu’après les frappes faisant suite à la perte de Kharkov, mais ce n’est qu’une question de temps. Dans le second cas, le clan Atlantiste risque de se retrouver en difficulté, car il devra de plus en plus s’impliquer dans le conflit et garder le voile illusoire de la distanciation et de la «guerre ukrainienne de libération nationale» sera de plus en plus difficile. </p><p>C’est certainement pour cela qu’Erdogan part en croisade pour de nouvelles négociations, au sujet de l’Ukraine, avec la Russie, les Etats-Unis et leurs pays satellites (notamment la France). Cela permettrait de bloquer le redémarrage de la Russie et de la faire à nouveau tomber dans les filets de la pseudo-négociation politique, surtout pour donner le temps aux forces atlantistes de se réorganiser et de relancer la production d’armes, qui commence à être problématique, paraît-il. De son côté, le porte-parole du Kremlin, <a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">Peskov</a>, n’écarte pas cette voie. Espérons que cette réponse soit strictement diplomatique.</p><p>Le conflit en Ukraine est bien à un tournant et beaucoup va dépendre de l’émergence, ou non, d’une stratégie politique propre de la Russie dans ce conflit, qui semble commencer à être formulée. Et pour ceux qui se morfondent en en appelant à la paix (sans préciser de quelle paix, ils se désespèrent), étrangement, la fermeté de la Russie serait le meilleur moyen d’éviter la mondialisation du conflit.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Tue, 11 Oct 2022 08:50:20 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/882/la-structure-changeante-de-la-culture-politique-chinoise-selon-wang-huning</link>
	<title><![CDATA[La structure changeante de la culture politique chinoise selon Wang Huning]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Wang Huning (né en 1955) est largement considéré comme l’intellectuel le plus influent de Chine. Il a servi directement le Comité central du PCC sous trois dirigeants successifs : Jiang Zemin, Hu Jintao, et Xi Jinping. Il est actuellement le cinquième membre du Comité permanent de ce Politburo, qui compte sept membres, et dirige le Secrétariat central, ce qui fait de lui l’adjoint direct de Xi Jinping pour la gestion des affaires courantes du Parti.</p><p>Bien que le rôle de Wang soit succinctement décrit à l’extérieur de la Chine comme celui d’un « idéologue », il siège également dans une série de commissions centrales du Parti qui dirigent l’élaboration des politiques dans des domaines tels que les affaires politiques et juridiques, la cybersécurité, les finances, la construction du Parti, les nominations officielles et la fusion militaire-civile. Compte tenu de sa grande expérience et de sa proximité avec Xi, il est possible que Wang s’élève encore plus haut dans la hiérarchie du Parti lorsque le 20e Congrès du Parti se réunira la semaine prochaine, le 16 octobre 2022.</p><p>L’influence de Wang Huning au sein du Parti est attribuable à ses idées sur la manière de sécuriser le socialisme contre les forces de la mondialisation occidentale. Au début de sa carrière universitaire à l’Université de Fudan, Wang a diagnostiqué les faiblesses du système chinois comme étant la principale menace à la survie du socialisme. Il s’agissait notamment de l’absence d’une « technologie politique »plus inclusive de l’organisation Parti-État adaptée aux conditions nationales de la Chine, de l’absence d’une culture politique unifiée et de la vulnérabilité à l’hégémonie culturelle occidentale importée par le biais du commerce extérieur et d’autres formes de soft power, ce qui inclut la culture populaire — télévision, films, littérature, sports…</p><p>Wang a produit la plupart de ses écrits les plus importants entre le milieu des années 1980 et le milieu des années 1990 — une période où l’économie politique et les relations extérieures de la Chine étaient toutes transformées par une intégration plus profonde dans l’économie mondiale. Dans ce processus de « réforme et d’ouverture », aucun pays n’apparaissait plus important que les États-Unis, que Wang a visités en 1988.</p><p>Son compte-rendu de ce voyage, America Against America, a été publié au lendemain du massacre de Tiananmen et de la répression politique de 1989, à la fois loué et critiqué la société américaine, et a établi la réputation de Wang en tant qu’analyste critique des démocraties. Notamment, l’impression de Wang sur les États-Unis était celle d’un pays en crise, qu’il attribuait à des tensions irréconciliables entre les forces d’unité et d’individualisme. Écrivant à l’apogée de la concurrence économique entre les États-Unis et le Japon, il semblait prédire que le « collectivisme » (集体主义) du Japon constituait un modèle pour ce pays et d’autres pays qui défieraient la position mondiale des États-Unis pour les décennies à venir.</p><p>Des variations sur les thèmes connexes du contre-hégémonisme mondial de la Chine et de l’étatisme intérieur apparaissent dans toutes les grandes théories du Parti, de l’ère Mao Zedong à aujourd’hui. Néanmoins, les évaluations intellectuellement rigoureuses de Wang Huning ont offert un cadre persuasif pour reconstruire la politique de l’après-Mao car elles contredisaient directement l’inévitabilité de la démocratie libérale, en utilisant des exemples tirés directement des succès économiques de l’après-guerre froide de pays autres que les États-Unis. En d’autres termes, il dit de manière crédible et convaincante aux dirigeants chinois ce qu’ils voulaient entendre.</p><p>Étant l’un des principaux intellectuels « néo-autoritaires » à la fin des années 1980, Wang a construit une version spécifique à la Chine de la théorie de la modernisation inspirée par le politologue américain Samuel P. Huntington, qu’il a utilisée comme une grille d’analyse pour diagnostiquer les problèmes d’organisation interne du Parti tels que la corruption, les relations institutionnelles centre-local et la préservation de l’ordre politique dans le cadre du développement économique.</p><p>L’étendue de son expertise, associée à un spectre d’interprétation qui tendait à légitimer le socialisme hautement centralisé en tant que système politique, a attiré l’attention des dirigeants du Parti, Wu Bangguo 吴邦国 (né en 1941) et Jiang Zemin, qui sont crédités d’avoir ordonné son transfert au groupe de réflexion sur la politique interne du Parti — le Bureau central de recherche sur la politique (CPRO). Wang est devenu le directeur du CPRO en 2002, un poste qu’il a occupé jusqu’à ce qu’il le cède à son protégé Jiang Jinquan 江金权 (né en 1959) en 2020. Durant cette période, il a rejoint le Secrétariat du Parti en 2002, le Politburo en 2007 et le Comité permanent du Politburo en 2017.</p><p>La proximité avec les allées du pouvoir à Zhongnanhai, le siège du Parti communiste chinois, a rendu l’évolution de la pensée de Wang Huning après les années 1990 plus difficile à reconstituer. Une hypothèse probable est que son structuro-fonctionnalisme à la Huntington est devenu indiscernable de l’idéologie dominante du Parti lui-même. Wang est largement crédité d’avoir contribué aux principales théories de chacun des dirigeants du Parti qu’il a servis : Les « Trois Représentants » de Jiang Zemin, le « Concept de nouveau développement » de Hu Jintao, et le « Rêve chinois du grand renouveau de la nation chinoise » et la « Pensée sur le socialisme aux caractéristiques chinoises pour une nouvelle ère » de Xi Jinping.</p><p>Il a également été, du moins dans sa phase initiale, identifié comme une influence sur l’initiative ds <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2022/09/24/chine-etats-unis-la-decennie-critique-et-la-nouvelle-grande-lutte/">nouvelles routes de la soie</a>. Le dénominateur commun de toutes ces théories – et, comme l’ont noté de nombreux observateurs, derrière une grande partie du travail de Wang est la vision partagée d’<a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2019/06/20/letat-du-parti-2/">une Chine dans laquelle le Parti règne indéfiniment</a>, et d’un monde dans lequel la Chine est une puissance plus influente.</p><p>Cela signifie que Wang a également été largement assimilé au <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2022/09/10/il-ny-a-pas-besoin-de-se-battre-comme-un-loup-guerrier-une-conversation-avec-xiang-lanxin/">virage stratégique plus combatif de la Chine sous Xi</a> – un point de vue indéniablement crédible étant donné l’histoire du rejet de Wang de la mondialisation occidentale et de tout ce qu’elle présage pour l’avenir de la Chine si elle n’est pas contrôlée. Pourtant, un élément clé de sa pensée qui est minimisé dans les profils de Wang en tant que politicien du pouvoir à la ligne dure, bien que teintée d’idéologie, est sa vision de la culture – exprimée en tant que « tradition », « valeurs » ou « civilisation » – comme un facteur indépendant pour déterminer les résultats politiques.</p><p>En tant qu’intellectuel, Wang s’inscrit donc dans une longue lignée de penseurs qui ont identifié la modernisation comme un processus en tension permanente avec les systèmes de croyances partagées qui lient les communautés humaines. Du point de vue de l’ordre politique, la modernisation n’est souhaitable que dans la mesure où elle peut être contrebalancée par la création de nouveaux systèmes de valeurs dont le rôle fonctionnel est de maintenir des institutions fortes et des sociétés gouvernables. Les États forts sont des États culturellement unifiés. Pour un intellectuel public dans le contexte de la Chine dirigée par le PCC, cela signifie préserver et centraliser l’autorité du Parti ; rénover et étendre la foi dans le socialisme du Parti ; et recalibrer la mondialisation pour rendre le système international plus propice à la survie du Parti.</p><p>Wang est un « idéologue » dans le sens où ses opinions soulignent l’importance d’homogénéiser les valeurs pour se conformer aux intérêts stratégiques du Centre du Parti, quel que soit le domaine – en d’autres termes, son rôle de fonctionnaire ne se limite pas uniquement à la propagande ou à l’éducation idéologique. Dans le même temps, ce n’est manifestement pas un hasard si l’ascension de Wang dans les rangs politiques a coïncidé avec l’accent de plus en plus urgent mis sur la conviction politique et l’unité d’objectif au sein du Parti (par exemple, la rectification politique de l’appareil de sécurité interne du Parti) ; la vénération orchestrée de Xi Jinping et de la « Pensée Xi Jinping » ; et le nettoyage culturel forcé effectué parmi les <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2022/08/27/le-nouveau-tianxia-reconstruire-lordre-interne-et-externe-de-la-chine/">communautés religieuses et le long des frontières ethniques de la Chine</a>.</p><p>Pour toutes ces raisons, le rôle de Wang dans l’histoire de la Chine pourrait bien finir par être celui d’un autre prétendu « ingénieur de l’âme », qui, pour des raisons à la fois politiques et nationalistes, envisage le salut du socialisme aux caractéristiques chinoises comme ne pouvant être atteint que par la transformation incessante de ceux qui vivent en son sein et en dessous.</p><p>Le texte traduit ici, « La structure de la culture politique changeante de la Chine », figure parmi les articles les plus cités de Wang Huning et, au moment de sa publication, il a contribué à un mouvement intellectuel plus large au sein de la Chine de la fin des années 1980 visant à remettre en question le modèle marxiste du socialisme. L’argument de Wang est simple : ce sont les facteurs culturels d’une société — plutôt que son organisation économique — qui créent sa politique. Les changements dans ce que Wang appelle le « logiciel » social — valeurs, sentiments, psychologie et attitudes — peuvent ainsi façonner l’avenir politique d’une société. Cependant, l’argument de Wang fonctionne également à un autre niveau : comme une affirmation selon laquelle la culture politique de la Chine, et donc la voie politique, est différente de celle de l’Occident. En examinant la Chine, Wang constate que la société est en train de se transformer, passant d’une « culture politique orientée culturellement » conduite par la mobilisation politique à une « économie politique orientée institutionnellement » conduite par la mobilisation économique. Essentiellement, il décrit le passage du maoïsme au dengisme, qui a remplacé l’accent mis sur la lutte des classes par la stabilité politique et l’amélioration du niveau de vie matériel.</p><p>Dans sa conception de base, l’analyse de Wang s’inspire du domaine de la théorie de la communication tel qu’il a émergé aux États-Unis au milieu des années 1960. Cette branche des sciences sociales a mis l’accent sur l’impact de la culture politique traditionnelle et d’autres aspects de la psychologie individuelle sur la construction de la nation et la création d’une « vie politique moderne » dans les sociétés émergentes. Comme les politologues américains qui ont écrit des décennies avant lui, Wang constate une tension persistante et indésirable entre les valeurs du passé et ce qui est nécessaire pour créer un avenir plus moderne. Ses exemples sont à la fois historiques et contemporains, traitant de ce qu’il appelle le « lien entre histoire, société et culture » de la Chine. Historiquement, affirme-t-il, la Chine est déjà passée par <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2022/10/01/politique-morale-traditionnelle-et-concepts-contemporains-de-gouvernance-une-conversation-avec-shaoguang-wang/">trois phases dans le développement de sa culture politique : traditionnelle, moderne et marxiste-socialiste</a>. Comme aucune de ces phases n’a entraîné l’élimination des structures qui les ont précédées, la culture politique de la Chine reste dans un « état non formé » — toujours en cours de modernisation, mais sans « identité propre. »</p><p>Wang est également sans réserve dans ses critiques de la société chinoise contemporaine au niveau local, et particulièrement dans les zones rurales. S’appuyant sur une enquête de 1987 sur les attitudes politiques, il décrit les structures traditionnelles de la vie dans les villages comme fondamentalement inchangées :</p><p>Tout ce que Fei Xiaotong [1910 – 2005] a constaté dans son étude de la Chine villageoise — le soi-disant « mode d’association différentiel », le « lignage », les « distinctions entre hommes et femmes », l' »ordre rituel » et les « liens du sang » — continue d’exister, si ce n’est au même niveau que par le passé. L’introduction du système de responsabilité, l’ouverture et l’économie de marchandises ayant produit leur effet, qui se manifeste parfois par une combinaison déformée d’éléments anciens et nouveaux. Nous pourrions même dire que dans de nombreuses cultures rurales éloignées, la conscience politique moderne et les concepts politiques ne sont pas encore arrivés, et le langage politique moderne reste couché dans le langage de la culture rurale de la famille et de la parenté, contrairement à la culture politique urbaine. La majeure partie de la culture politique rurale chinoise n’a pas connu de véritable développement pendant une période considérable, et commence seulement maintenant à changer. En outre, d’autres structures provinciales sont également en cours de transformation. </p><p>Vu sous cet angle, la situation de la société post-révolutionnaire chinoise est désastreuse. Cependant, Wang a une solution : il faut rapidement refaçonner et renouveler la culture politique de la Chine en purifiant les structures traditionnelles, modernes et marxistes-socialistes qui subsistent encore, et construire une culture politique « synchronique » unifiée qui part du dessus. À mesure que la population chinoise sera plus largement exposée au processus de socialisation politique, implique-t-il, un nouveau système de valeurs commencera à émerger plus complètement.</p><p>Mais quel type de système de valeurs ? L’article de Wang répond à cette question d’une manière qui peut surprendre les lecteurs plus familiers avec sa réputation de penseur néo-autoritaire de premier plan et — maintenant en tant que membre principal du Politburo du PCC — de centralisateur politique et idéologique. La clé apparaît dans cette brève description de l’objectif du développement politique de la Chine :</p><p>Le renouvellement de la culture politique est la base fondamentale de la construction d’une politique démocratique en Chine et une condition importante pour que le système socialiste puisse démontrer sa supériorité.</p><p>Ailleurs, Wang s’étend davantage sur la nécessité pour « les composantes de la structure moderne qui incarnent l’esprit de la démocratie moderne et de l’humanisme » de « prendre racine et de croître. » Bien qu’il cite (de manière approbatrice) le théoricien américain de la démocratie Robert Dahl, il est difficile de savoir à quel type de démocratie Wang fait référence – moins ambiguë, cependant, est sa recommandation spécifique selon laquelle :</p><p>Dans le contexte spécifique de la réforme et de l’ouverture de la Chine, la culture politique chinoise doit ajouter des éléments dans les domaines de la participation, de la démocratie, de la consultation, de l’égalité, des droits, de la responsabilité, de la concurrence et de l’État de droit.</p><p>La Chine ne passera pas inévitablement par une révolution bourgeoise de style occidental. Toutefois, sa révolution marxiste-socialiste a, selon lui, largement échoué à remplacer les valeurs fondamentales transmises depuis des temps anciens.</p><p>En 1988, l’avenir envisagé par Wang Huning était grand ouvert. La culture politique de la Chine était une ardoise vierge – ou seulement partiellement remplie. Un an plus tard, ce sentiment d’optimisme politique allait être considérablement atténué, voire supprimé, lorsque les caractéristiques politiques du dengisme ont commencé à émerger et à se durcir. Ce virage autoritaire plus dur était en partie une réponse au mouvement pour une participation politique élargie que l’article de Wang semble soutenir. Certaines de ses autres recommandations, en revanche, ont survécu : réaffirmation de l’ingénierie idéologique descendante comme caractéristique de base du Parti-État socialiste ; dépassement des particularismes locaux et régionaux de la société chinoise par des « valeurs fondamentales » universalisantes ; prise en compte de la modernisation et du développement de l' »économie de marchandises » comme condition préalable au renouveau culturel. Le dernier point en particulier est en tension avec la volonté apparente de Wang d’embrasser la culture politique comme sa propre force indépendante dans la création de la transformation sociale. Mais avec le recul, il semble préfigurer le report de la démocratisation en faveur de la croissance économique et de la force nationale, qui ont défini la politique chinoise tout au long de la carrière politique de Wang.</p><p>Le processus d’intégration mondiale a incité la science politique contemporaine à prendre de plus en plus conscience de l’importance politique des différences culturelles entre les sociétés et les peuples. Le dépassement des obstacles naturels, la suppression des barrières artificielles et l’élimination de l’esprit de clocher ont été les tremplins de l’introduction des facteurs culturels dans le travail des politologues. L’étude de la culture japonaise réalisée par Ruth Benedict (1887-1948) en 1946, Le chrysanthème et l’épée, peut être considérée comme le début de ce processus. Les sociétés humaines structurent inévitablement la vie de manière à favoriser certaines façons de faire face aux événements et certaines façons de les mesurer, et les personnes vivant dans des sociétés particulières considèrent leurs façons de résoudre les problèmes comme leur base pour analyser le monde entier. Plus que jamais, les gens comprennent aujourd’hui que la vie politique n’est pas uniquement déterminée par des facteurs « matériels » tels que les institutions, les systèmes, le pouvoir et les normes, car il y a également des « logiciels » impliqués, en d’autres termes, des forces sous-jacentes ou internes, telles que les valeurs, les sentiments, la psychologie, les attitudes, etc. L’analyse de la culture politique s’est développée précisément à partir des réponses des gens à cette nouvelle compréhension. La politique chinoise est actuellement en pleine mutation. Dans cette situation, il est nécessaire d’examiner l’histoire de la culture chinoise et ses composantes, ses structures synchroniques et diachroniques, son état actuel et son devenir. La culture politique chinoise est traditionnellement « orientée culturellement », ce qui est différent de la culture politique occidentale, qui est « orientée institutionnellement ». Orientée culturellement fait référence à une culture politique qui est elle-même inextricablement liée à la vie familiale, à la vie sociale, à la vie morale et à la vie éthique, de sorte que la culture politique se diffuse dans la culture sociale au sens large. </p><p>La société agit sur la vie politique à travers certains mécanismes culturels et la subjectivité générale façonnée par ces formes culturelles, de sorte que la réalisation de la vie politique est en fait le déploiement de la vie sociale et éthique. Une culture politique orientée vers les institutions établit une division plus claire entre la sphère politique et les autres sphères que nous venons de mentionner, en reconnaissant que les sujets peuvent prendre des identités différentes dans des sphères différentes, et en établissant les procédures, mécanismes, fonctions et structures uniques de la vie politique. À l’époque moderne, la structure traditionnelle de la culture politique chinoise s’est heurtée à de nombreuses attaques et a connu de nombreux hauts et bas, dus à la fois à la pénétration des cultures étrangères et aux changements des cultures internes qui l’ont accompagnée, mais il est difficile de dire que la subjectivité de base de la culture politique traditionnelle a été fondamentalement transformée.</p><p>L’idée d’une culture politique culturellement orientée reste une dimension indispensable pour comprendre la vie politique chinoise, et quelque chose qui ne doit pas être négligé lorsque nous envisageons des réformes du système politique. Ni la culture politique orientée culturellement ni la culture politique orientée institutionnellement ne sont le résultat des choix personnels des gens, mais plutôt le résultat de l’interaction d’un certain niveau de développement social, d’une certaine structure sociale et d’une certaine subjectivité. Comme l’a dit Arnold J. Toynbee (1889-1975), les normes, les coutumes et les habitudes de la société humaine sont liées entre elles, formant un réseau de lois qui régit toutes les sphères de la vie humaine, même si ces composantes n’ont peut-être aucune relation logique interne. </p><p>Cependant, les connexions psychologiques existent même si les connexions logiques n’existent pas. L’évolution sociale est souvent très lente, et si la surface peut parfois changer complètement en quelques années ou décennies, les couches profondes des relations sociales évoluent moins rapidement. Par conséquent, pour étudier de plus près la situation de la société chinoise, il faut examiner les conditions historiques, sociales et culturelles de cette société, ainsi que les liens entre ces conditions. </p><p>Nous pouvons donc affirmer que le rôle de la culture politique ne peut être sous-estimé, que ce soit dans l’examen du développement actuel de la société et de la politique chinoises, ou dans l’analyse de leur évolution historique. À l’ère moderne, la politique chinoise s’est engagée sur le long chemin de la transition d’une culture politique orientée culturellement à une culture politique orientée institutionnellement, et la voie principale du développement politique de la Chine n’a pas encore dépassé ce processus historique. Il est exact de dire que les changements de ces dernières années ont été les plus rapides dans ce long processus, et la culture politique de la société chinoise est aujourd’hui en pleine transformation. En termes de développement social, la société chinoise passe d’une société politiquement mobilisée à une société économiquement mobilisée, d’une économie de production à une économie de consommation. </p><p>La vie politique n’est qu’une structure, ou un système, au sein de la vie sociale, et lorsque le système plus large change, la politique peut changer dans deux directions possibles : premièrement, elle peut changer en même temps que le lien histoire-société-culture, s’adaptant ainsi au changement social et le faisant progresser ; deuxièmement, elle peut transcender les limites existantes du changement économique et social et faire un bond en avant, devenant la force conceptuelle et psychologique elle-même qui dirige le changement social et économique. </p><p>Dans les deux cas, le soutien d’une certaine culture politique est indispensable. La culture politique est subtile, mais puissante. Si nous comparons la vie politique d’une société à un iceberg dans un vaste océan, la vaste partie située sous la surface est la culture politique d’une société. Selon le sociologue S. N. Eisenstadt (1923-2010), il est crucial d’intégrer les processus politiques dans le contexte plus large de la civilisation sociale ; la civilisation façonne le processus politique, qui se développe et mûrit dans la civilisation. Dans le contexte culturel particulier de la Chine, l’efficacité de la culture politique est particulièrement remarquable. Cela est dû en partie à l’état hautement développé de la culture politique, et en partie à l’identification de la société à la culture politique. </p><p>Selon une analyse réalisée en 1987, sur 7,4 millions de points de données tirés de 3 204 enquêtes administrées par le groupe de recherche sur la psychologie politique des citoyens chinois, ces derniers font preuve d’un haut niveau de sensibilité politique. Parmi les personnes interrogées, 83,51 % pensent qu’il est important de se préoccuper des grandes affaires nationales, 77,67 % se disent « très préoccupés » ou « relativement préoccupés » par la stabilité globale et les fluctuations occasionnelles de la situation politique, 57,01 % possèdent un certain nombre de convictions politiques, 49,13 % pensent qu’ils doivent se battre pour leurs convictions politiques à tout prix, et 56,99 % des citoyens se disent prêts à parler de questions politiques. </p><p>Ces chiffres ne révèlent pas la structure et le contenu spécifiques de la culture politique des citoyens, mais ils montrent le rôle que peut jouer la culture politique. En raison d’un conditionnement culturel à long terme, la société chinoise possède un niveau élevé de sensibilité politique. Cette sensibilité a été renforcée à un degré sans précédent par le développement de la politique moderne, ce qui constitue à son tour une condition pour l’existence d’une culture politique orientée culturellement. </p><p>Dans son analyse du concept de « peuple politique », le célèbre politologue américain Robert Dahl (1915-2014) établit une distinction entre la classe apolitique, la classe politique, les assoiffés de pouvoir et les puissants, afin d’analyser les différents rôles que ces groupes jouent dans la vie politique. Il ne semble pas approprié d’utiliser le concept de Dahl pour classer les personnes dans une culture politique orientée culturellement, car il les classe en fonction de leurs attitudes et de leurs relations avec le système. En Chine, la plupart des gens appartiennent à la classe politico-culturelle, et cette caractéristique détermine le rôle fondamental de la culture politique dans la vie politique chinoise. </p><p>La classe politico-culturelle est elle-même un ensemble complexe qui résiste à la généralisation. Mais la classe politico-culturelle est très différente de la classe politico-institutionnelle (ou ce que Dahl appelait la « classe politique »), et son rôle est évidemment différent aussi. La classe politico-institutionnelle se définit principalement par sa participation au processus politique, c’est-à-dire par sa « participation effective à la vie politique. » Dans le climat culturel de la Chine, cependant, l’efficacité et le pouvoir de la culture politique proviennent de l’approbation ou de la désapprobation du public, de sa réaction ou de son absence de réaction, de son acceptation ou de son absence d’acceptation, au lieu de sa participation personnelle. Il est facile de voir qu’il s’agit là d’une caractéristique à la fois culturelle et institutionnelle, d’une caractéristique fonctionnelle et structurelle. Ce n’est qu’une tentative préliminaire pour suggérer l’importance de la transformation d’une culture politique, et il vaut la peine de pousser la réflexion plus loin. </p><p>La culture politique a une existence illimitée et intangible qui ne peut être traitée et remodelée comme quelque chose ayant une forme plus tangible. Sa formation et sa transformation nécessitent toujours un processus. En tant qu’élément de la culture sociale, le développement de la culture politique partage beaucoup avec le développement de cette dernière, et il va sans dire que le développement de la culture politique est avant tout un processus diachronique. La culture politique est un concept large, et différents chercheurs en ont des définitions différentes. Gabriel Almond (1911-2002) considère la culture politique comme un ensemble d’attitudes, de croyances et de sentiments politiques prévalant dans une nation à un moment donné, et cette culture politique est le produit de l’histoire de la nation ainsi que des développements actuels dans les domaines social, économique et politique. On pense généralement que la culture politique se compose de connaissances politiques, de sentiments politiques, de valeurs politiques et d’idéaux politiques, qui s’assemblent pour constituer un tout, et qui nécessite un processus historique de traitement, de raffinement, de solidification et d’intégration. Par conséquent, pour analyser la transformation de la culture politique chinoise, nous devons d’abord considérer la structure diachronique de la culture politique, qui est le contexte historique nécessaire pour comprendre la culture politique contemporaine. Sans cela, nous ne pouvons pas saisir la parenté entre la culture politique contemporaine et la culture politique traditionnelle, ni saisir l’ampleur et la force motrice historique derrière la transformation de la culture politique contemporaine. </p><p>Les variables suivantes sont indispensables pour analyser la structure diachronique de la culture politique chinoise contemporaine : Premièrement, la structure classique de la culture politique, ou en d’autres termes, le contenu et l’esprit de base de la culture politique de la Chine traditionnelle. La culture politique chinoise traditionnelle met l’accent sur le caractère, l’éthique, la culture personnelle, la bonté et la moralité, de sorte qu’il n’y a pas de distinction entre l’Église et l’État, et que la politique et l’érudition se chevauchent. La culture politique occidentale met l’accent sur la société, la loi et les institutions, le pouvoir et les contraintes sur le pouvoir, séparant ainsi l’Église et l’État, la politique et l’érudition. </p><p>L' »inconscient collectif » produit par la culture politique occidentale met l’accent sur la régulation externe, c’est-à-dire qu’il régule les actions humaines par le biais des systèmes politiques, des relations de pouvoir, des systèmes juridiques et d’autres mécanismes pour atteindre des objectifs ou des idéaux politiques. L' »inconscient collectif » façonné par la culture politique chinoise met au contraire l’accent sur des vertus telles que la bienveillance, la droiture, la bienséance, la sagesse et la fidélité 仁义礼智信, la loyauté, la piété filiale, l’amour fraternel, le pardon et le courage 忠孝涕恕勇, les rites et les sacrifices, tels que ceux destinés au ciel, à la terre, au souverain, aux ancêtres et aux enseignants 天地君亲师, et des formules néo-confucéennes comme « Pour atteindre la connaissance, la sincérité et la droiture, et pour cultiver le corps, la famille, l’état et le monde. » 格物致知诚意正心修身齐家治国平天下, qui soulignent l’unité du ciel et de l’homme et l’objectif de devenir un « sage intérieur » et un « roi extérieur 内圣外王. » Cette conscience a conduit à l’émergence de concepts tels que celui qui souligne la distinction entre le souverain et les gens du peuple. </p><p>Comme l’esprit de la culture politique classique n’a pas changé, ses composantes spécifiques résistent également au changement. Le confucianisme, ancré dans la nature humaine et visant à apporter la paix au monde, diffuse la culture politique dans toute la culture générale, rendant les frontières entre elles floues, ce qui a eu le double effet de freiner le développement de la culture politique, mais aussi de la consolider. Bien sûr, la structure d’une culture politique classique est constituée d’une série de choix historiques, et elle ne peut pas être simplement imposée à la société d’aujourd’hui. La structure classique n’est qu’une partie de la culture politique d’aujourd’hui, et il serait injuste de l’utiliser pour expliquer l’intégralité de la culture politique chinoise. Les éléments spécifiques de cette structure classique évoluent également. </p><p>La deuxième est la structure moderne, c’est-à-dire la structure formée par le mouvement de réformes des Cent Jours de 1898 et la critique de la culture traditionnelle qui a suivi. Cette structure a commencé à émerger avec la guerre de l’opium et a atteint son point culminant avec le mouvement du Quatrième Mai/Nouvelle culture . Comme l’a noté à juste titre le philosophe Li Zehou (1930-2022), le rejet de la tradition et l’adoption de la culture occidentale par le mouvement du Quatrième Mai ont marqué un tournant dans l’histoire culturelle de la Chine, déjà vieille de plusieurs milliers d’années. En fait, la structure moderne et la structure classique se situent à des pôles épistémologiques différents. Le sens profond de la structure moderne repose sur la culture démocratique occidentale, ses idées de droits naturels, de souveraineté populaire, de contrat social et de séparation des pouvoirs, telles qu’elles sont défendues par Locke, Montesquieu, Rousseau, Penn, Jefferson et d’autres. </p><p>Ces idées sont contraires à l’esprit de la structure classique de la Chine, et une longue et féroce bataille les a opposées. Il est clair qu’après près de 150 ans de va-et-vient, l’existence de la structure moderne est bien établie, et au moins en termes de composants spécifiques, elle a remplacé la structure classique. Nous pouvons constater que la structure moderne a ses limites historiques et géographiques, et, en termes d’idées supérieures, elle a également des limites plus fondamentales, philosophiques, ce qui est lié à ses origines historiques. Pourtant, cette structure était particulièrement attrayante car elle représentait un domaine que la Chine moderne n’avait pas atteint.</p>
<p>Wang Huning plantant un arbre à Daxing District à Pékin le 3 avril 2020 © Xinhua/Zhang Ling</p>
<p>Troisièmement, la structure la plus récente, c’est-à-dire la structure politique et culturelle formée sous la direction du marxisme et du socialisme après 1949. Elle est plus récente et ses propres changements et transformations ont été davantage générés en interne. Son évolution a complété les révolutions néo-démocratique et socialiste de la Chine, et est également liée aux caractéristiques de la « société post-révolutionnaire ». En théorie, la structure récente aurait dû pouvoir transcender les structures classique et moderne, mais en raison des conditions spécifiques de la société chinoise, cette transcendance ne s’est pas produite complètement, de sorte que la structure récente reste entrelacée avec les autres structures, formant un mélange complexe. </p><p>La structure récente est dominée par les valeurs politiques marxistes et vise à transcender la deuxième structure, « moderne », sans parler de la structure classique. Cependant, la structure socialiste requiert l’existence de certaines conditions socio-économiques pour parvenir à la transcendance, ce que les décideurs politiques actuels depuis 1949 ont cherché à produire. Ces conditions n’étaient pas encore arrivées à maturité dans la Chine socialiste qui a évolué à partir d’un état mi-colonial/mi-féodal, et dans laquelle les relations socio-économiques et humaines sur lesquelles reposaient les anciennes structures n’avaient pas été complètement transformées. Ainsi, bien que la structure socialiste ait atteint une position directrice, elle n’a pas complètement éliminé les structures historiques, qui ont continué à offrir des défis occasionnels, dont certains étaient sérieux. </p><p>Le résultat de ces confrontations a été de renforcer considérablement la troisième structure, la plus récente, dont les composantes les plus extrêmes ont pris des positions extrêmes afin d’éliminer les autres structures. Ce processus était inévitable et nécessaire à l’époque ; sans lui, le nouveau système aurait pu devenir intenable. Cependant, le renforcement est allé à l’extrême sous l’influence de facteurs objectifs et subjectifs, et a fini par s’autodétruire, aboutissant à la <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2022/10/05/une-nouvelle-histoire-de-la-chine/">Révolution culturelle</a> (1966-1976).</p><p>La Révolution culturelle était essentiellement un changement de la structure récente. Les composantes de la culture politique façonnée par la Révolution culturelle se sont détachées de la source qui a donné naissance à cette culture, ainsi que des exigences sociales, des valeurs sociales et des relations sociales. Après la Révolution culturelle, d’autres changements se sont produits, dans lesquels la structure qui avait émergé pendant la Révolution culturelle a été complètement rejetée, et la structure conçue pour la remplacer était, d’une part, une restauration de la structure d’avant la Révolution culturelle, et d’autre part, une reconnaissance et une adaptation aux besoins actuels du développement social, politique, économique et culturel. Ainsi, la structure récente est à la fois « formée » et « non formée ». Elle est « formée » parce qu’elle s’est développée pendant des décennies, et elle est en même temps « non formée » ; elle lutte contre le déni de soi et cherche son identité propre. Les composantes de toute culture politique évoluent, changent et se subliment constamment, et on ne peut espérer former une culture politique en un clin d’œil. </p><p>Cependant, la « négation de la négation » au cœur de la structure la plus récente mérite l’attention, et elle a eu un impact important sur la vie politique de la société et la conscience politique du public. Il ne faut pas oublier que cette structure récente est la structure principale de la culture politique chinoise. D’un point de vue historique, la culture politique chinoise se renouvelle et se nie constamment depuis le début de l’ère moderne. Chaque structure diachronique implique la négation ou la critique de la structure précédente, et le résultat a été qu’aucun système de valeurs stable n’a évolué. Chaque nouveau système de valeurs est éliminé avant de s’enraciner dans le sol de la culture sociale et politique. Le renouvellement de la culture politique est étroitement lié à la formation de nouveaux systèmes de valeurs, en particulier à la socialisation de nouveaux systèmes de valeurs. Il faut un temps assez long pour qu’un nouveau système de valeurs pénètre une culture politique de manière à expulser l’ancien système de valeurs et à soutenir la nouvelle culture politique. </p><p>[Le monde se transforme. Si vous trouvez notre travail utile et souhaitez contribuer à ce que le Grand Continent reste une publication ouverte, vous pouvez vous abonner <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/user-dashboard/register/">par ici</a>.]</p><p>Un système de valeurs n’est vraiment solide que lorsqu’il devient ce que Pascal (1623-1662) appelait une « seconde nature ». Il n’y a pas beaucoup de pays dans le monde qui ont atteint cet objectif. Dans les pays développés de l’Occident, un nouveau système de valeurs a évolué pendant la Renaissance, et il a fallu environ trois cents ans pour achever le processus de socialisation. À l’époque moderne, le système de valeurs attaché à la culture politique chinoise subit une transformation complète depuis une cinquantaine d’années, tandis que la structure classique se perpétue silencieusement à un niveau latent, pénétrant même les deux structures plus récentes, de sorte que le renouvellement des valeurs poussé en avant par les changements sociaux et les mouvements historiques ne séduit pas les gens. Il s’agit d’un point de référence historique important dans la transformation politique et culturelle de la Chine. Bien sûr, cela s’explique en partie par des questions philosophiques plus profondes qui dépassent le cadre de cet article. </p><p>La culture politique a non seulement une structure diachronique, mais aussi une structure synchronique. En un sens, le rôle de la structure synchronique est encore plus crucial. La structure diachronique va finalement rejoindre la structure synchronique et en faire partie. Naturellement, dans un sens culturel, chaque partie de la structure synchronique a ses propres éléments diachroniques, et la structure diachronique accumulée se manifestera également comme la structure synchronique. Nous le voyons clairement dans la culture politique chinoise contemporaine. Par conséquent, lorsque nous parlons de la structure changeante de la culture politique chinoise, il est nécessaire de parler de sa structure diachronique. </p><p>La structure diachronique présente une combinaison de facteurs. Chaque facteur est lui-même en train de changer, et ces changements modifient à leur tour la relation entre les différentes composantes de la culture politique d’une part, et accélèrent la transformation de la culture sociale et politique d’autre part. L’analyse d’une structure diachronique est assez complexe. La nature diffuse de la culture politique la rend assez ambiguë. En outre, le vaste champ d’application de la culture politique rend difficile l’analyse de sa structure factorielle. </p><p>L’évolution de la culture politique en Chine présente une structure synchronique inhabituellement compliquée, et sous l’impulsion des changements importants en cours dans la société chinoise, divers facteurs se transforment de différentes manières. Ainsi, l’évolution de la structure diachronique nous a permis d’identifier trois éléments majeurs – la survivance de la culture politique traditionnelle, les composantes de la culture politique moderne et les éléments de la culture politique récente – qui sont tous actuellement en interaction, en concurrence et en complémentarité en tant que noyau de la culture politique actuelle. </p><p>Bien entendu, il ne s’agit que d’une généralisation. Les différences entre les cultures politiques comprennent également les différences entre les générations, entre les hommes et les femmes, entre les zones urbaines et rurales, entre les classes, entre les groupes et entre les groupes ethniques, sans parler des divergences en termes de connaissances politiques, de sentiments politiques, de valeurs politiques et d’idéaux politiques, ce qui inclut bien sûr les préférences et les jugements des gens concernant le pouvoir politique, les institutions politiques, les structures politiques, les fonctions politiques et les produits politiques, etc. Pour être juste, la culture politique est un objet insaisissable, car elle est trop vaste et sans limites, ce qui constitue effectivement un problème majeur dans l’analyse de la culture politique.</p><p>Cependant, une conception théorique peut être utile à l’analyse. De manière générale, la structure diachronique de la culture politique peut être insérée dans le cadre suivant : D’abord, la structure factorielle, c’est-à-dire les différents types de composantes qui composent la culture politique. La structure factorielle elle-même est multi-couches et multi-directionnelle. La structure factorielle peut inclure des concepts politiques traditionnels, des concepts politiques modernes, des concepts politiques marxistes et des concepts politiques qui évoluent actuellement dans la société chinoise, et la psychologie, les émotions et les idéaux qui en résultent peuvent également être différents composants du système de valeurs. </p><p>Deuxièmement, la structure du groupe, c’est-à-dire la culture sous-politique d’un groupe qui a évolué vers des frontières spécifiques en raison de certaines conditions. Elle peut être divisée par la profession, le niveau d’éducation, le statut social, la race, la langue, l’âge, etc. On peut aussi faire le lien entre l’influence des différences d’âge sur les perceptions politiques des gens. La structure de groupe est une structure dynamique de la culture politique et est également la structure porteuse 载体结构 ; et la structure factorielle n’a de sens que si elle est considérée avec son véhicule de transmission, ce qui est également vrai des structures fonctionnelle et géographique décrites ci-dessous.</p><p>La troisième est la structure fonctionnelle, c’est-à-dire les cultures « subpolitiques » liées aux diverses fonctions du système politique, telles que les perceptions, les sentiments et les évaluations de la fonction de direction, de la fonction administrative, de la fonction décisionnelle, de la fonction de soutien, de la fonction de développement, de la fonction législative, de la fonction réglementaire, etc. Cette partie de la culture subpolitique tend à régir le choix et la répartition des fonctions dans le système politique et, par conséquent, le style des activités politiques. Nous avons rencontré diverses difficultés lors de la transformation des fonctions gouvernementales (passage de la gestion directe à la gestion indirecte, passage de la micro-gestion à la macro-gestion, passage de l’intervention administrative à la réglementation juridique, etc.), dont la dislocation de la culture fonctionnelle subpolitique. Une fois que la fonction gouvernementale change, si les perceptions de longue date des gens sur la fonction gouvernementale ne s’adaptent pas à temps, cela deviendra un obstacle. Bien sûr, le changement fonctionnel lui-même favorisera toujours le changement de la culture subpolitique, mais pas si rapidement. </p><p>Quatrièmement, il y a la structure géographique, c’est-à-dire les différences de culture politique entre les régions ethniques, entre les zones urbaines et rurales, entre la côte est et l’extrême ouest de la Chine, et surtout l’analyse et la transformation de la culture politique rurale, en raison des différents emplacements géographiques et donc des différents niveaux de développement économique et de coutumes, qui sont tous frappants. 80 % de la population chinoise réside dans les zones rurales, de sorte que la plupart des porteurs de la culture politique se trouvent dans les zones rurales. En raison d’une longue période de sous-développement économique, l’économie de marchandises a à peine fait son apparition dans les zones rurales, et la structure traditionnelle y est particulièrement forte et durable. Tout ce que Fei Xiaotong (1910-2005) a découvert dans son étude de la Chine des villages – ce qu’il a appelé le « mode d’association différentiel », le « lignage », les « distinctions entre hommes et femmes », l' »ordre rituel » et les « liens du sang » – continue d’exister, si ce n’est au même niveau que par le passé. </p><p>L’introduction du système de responsabilité a commencé à modifier ce bassin stagnant ces dernières années, l’ouverture et l’économie de marchandises ayant produit leur effet, qui se manifeste parfois par une combinaison déformée d’éléments anciens et nouveaux. Nous pourrions même dire que dans de nombreuses cultures rurales éloignées, la conscience politique moderne et les concepts politiques ne sont pas encore arrivés, et le langage politique moderne reste couché dans le langage de la culture rurale de la famille et de la parenté, contrairement à la culture politique urbaine. La majeure partie de la culture politique rurale chinoise n’a pas connu de véritable développement pendant une période considérable, et commence seulement maintenant à changer. En outre, d’autres structures provinciales sont également en cours de transformation. </p><p>Ce qui précède n’est qu’une analyse préliminaire, et ce n’est qu’une façon de diviser les choses. Les composantes et facteurs politiques et culturels sont si variés que toute classification ne peut être qu’une description théorique, et non une image fidèle. Ces quatre structures diachroniques se chevauchent, agissant sur le système de manière intégrée. Mettre l’accent sur les structures diachroniques, c’est souligner qu’elles sont en état de transformation. </p><p>Un profond changement se produit actuellement dans la culture politique de la Chine. Les aspects traditionnels, conservateurs, fermés, centralisés, subjectifs et arbitraires de la culture politique chinoise sont en train de se transformer en aspects nouveaux, ouverts, décentralisés, objectifs et démocratiques. Cette transformation est à la fois la continuation d’une transformation historique et la manifestation d’une nouvelle transformation. La culture politique chinoise contemporaine a une dynamique historique de grande envergure. Elle est la continuation de la transformation de la culture politique chinoise depuis le début des temps modernes, une transcendance et un rejet des structures synchrones classiques, modernes et récentes. </p><p>Cette transformation a des effets sociaux, économiques et culturels profonds. Elle trouve son origine dans la transformation de la société post-révolutionnaire elle-même. J’ai un jour suggéré que les tendances générales du stade actuel de développement de la société post-révolutionnaire sont : </p><p>1. Une réforme générale de la ligne idéologique, </p><p>2. La modernisation en tant que projet socialiste principal, </p><p>3. Le mécanisme du marché en tant qu’auxiliaire de l’économie planifiée, </p><p>4. L’institutionnalisation de la vie politique et sa compréhension en termes de droit, </p><p>5. La réforme graduelle des institutions traditionnelles, donnant lieu à de nouvelles institutions,</p><p>6. Des connexions multiples avec le monde extérieur, </p><p>7. La pleine affirmation du concept de démocratie et des droits démocratiques, </p><p>8. Le développement et l’application complets de la science et de la technologie modernes, </p><p>9. Le développement complet de la culture et de l’éducation artistique, </p><p>10. Le renouvellement actif du dynamisme et de la créativité de tous les membres de la société post-révolutionnaire. La totalité du changement social actuel affectera inévitablement la transformation de la culture politique. </p><p>Aujourd’hui, la force motrice de la transformation de la culture politique chinoise est la réforme et l’ouverture de 1978. La réforme et l’ouverture donnent naissance à de nouveaux éléments politiques et culturels, qui nourriront à leur tour la réforme et l’ouverture. C’est comme l’a dit Marx : « Le mode de production de la vie matérielle conditionne l’ensemble du processus de la vie sociale, politique et spirituelle. » Cependant, la croissance de nouveaux éléments politiques et culturels est généralement lente, et jusqu’à ce qu’ils remplacent les anciens, les éléments politiques et culturels existants jouent souvent un rôle de frein ou d’inhibition plutôt que de facilitation. La transformation de la culture politique contemporaine est entraînée non seulement par l’économie et la société, mais elle est elle-même dans une structure synchronisée avec la société et la culture. Au cours de la dernière décennie, la société et la culture chinoises ont connu une transformation rapide, qui, en résumé, a présenté les dix caractéristiques suivantes : </p><p>1. L’évolution d’une culture de révolution à une culture de construction, </p><p>2. L’évolution d’une culture orientée politiquement à une culture orientée économiquement, </p><p>3. L’évolution d’une culture collectiviste à une culture individualiste, </p><p>4. L’évolution d’une culture unidimensionnelle à une culture plurielle, </p><p>5. L’évolution d’une culture orientée spirituellement à une culture orientée matériellement, </p><p>6. L’évolution d’une culture où la preuve est basée sur les principes à une culture où la preuve est basée sur la fonction,</p><p>7. L’évolution d’une culture orientée vers les objectifs à une culture orientée vers les processus, </p><p>8. L’évolution d’une culture définie par des idéaux à une culture définie par la réalité.</p><p>9. L’évolution d’une culture à source unique vers une culture à sources multiples. </p><p>10. L’évolution d’une culture dérivée vers une culture innovante. </p><p>Toutes ces formulations sont très abstraites et chacune d’entre elles possède un contenu riche et varié qui ne peut être abordé ici. La transformation de la culture politique chinoise est également caractérisée par les traits mentionnés ci-dessus. Les transformations socioculturelles agissent sur les structures diachroniques de la culture politique, mais les différentes structures de la culture politique ne subissent pas la même pression, et se transforment à des rythmes et des degrés différents. La variabilité de la vitesse et de l’ampleur de la transformation des diverses sous-cultures politiques est une caractéristique importante de l’évolution de la culture politique chinoise.</p>
<p>Wang Huning présidant une session plénière de la Commission centrale pour la direction culturelle et du progrès éthique © Xinhua/Yao Dawei</p>
<p>L’évolution globale de la culture politique chinoise depuis les temps modernes a été essentiellement un processus de transition d’une culture politique orientée « culture » à une culture politique orientée « institution ». Ce processus a été constamment interrompu par des changements politiques, sociaux et culturels, et s’est donc déroulé par à-coups. La transition a été particulièrement prononcée depuis le XXème siècle. Diverses raisons expliquent cette transition, parmi lesquelles l’effet de « modélisation » des aspects économiques, technologiques, scientifiques et culturels de la société occidentale est la plus importante. Ce qui est clair, c’est que la transition vers une culture politique orientée vers les institutions n’est pas encore terminée, mais reste dans un processus de changement graduel. Dans de nombreux cas, la culture politique orientée vers les institutions n’est qu’une aspiration ou un idéal, et le processus réel est beaucoup plus insaisissable. La culture politique orientée culturellement est enracinée dans le sol profond et fertile de l’histoire, de la société et de la culture chinoises, et ne peut être facilement modifiée ; elle ne changera qu’au fur et à mesure de l’évolution de la réalité sociale, et ces changements ne se produisent souvent pas simultanément. Accompagnant ce processus, la structure de la culture politique locale s’est manifestée de façon répétée et avec force. </p><p>Au cours de l’ère moderne, et encore aujourd’hui, la structure principale de la culture politique chinoise a connu plusieurs changements radicaux. La négation de la structure classique par la structure moderne a d’abord menacé le système de valeurs traditionnel, et un nouveau système de valeurs a commencé à se greffer sur la culture politique, et de son évolution a émergé le double système de valeurs de la culture politique orientée culturellement et de la culture politique orientée institutionnellement. Un changement encore plus important s’est produit après l’établissement du système socialiste. La structure moderne était essentiellement basée sur le système de valeurs de la démocratie moderne occidentale, qui était déjà assez éloigné de l’ordre humain et social de la société chinoise traditionnelle et qui n’a donc pas pris fermement racine. La structure récente est l’antithèse du système de valeurs sur lequel la structure moderne est basée, et le résultat logique est la négation de la structure moderne. Par conséquent, la culture politique chinoise possède un triple système de valeurs, et le système de valeurs de la structure la plus récente rejette les deux autres. </p><p>Pour diverses raisons, le développement structurel récent a perdu son équilibre et s’est développé dans des directions extrêmes, s’écartant du système de valeurs marxiste et créant une atmosphère encourageant la pensée et la pratique d’extrême gauche à un niveau psychologique profond. Ce système de valeurs biaisé a été progressivement imposé par l’autorité politique et la coercition, et a exercé une influence déterminante sur la société chinoise. </p><p>Par conséquent, la pensée de gauche et même le désastre de dix ans de la Révolution Culturelle s’expliquent non seulement par des facteurs institutionnels, mais aussi, et surtout, par une atmosphère culturelle qui a été adaptée pour la favoriser. Cela devrait être une leçon historique des plus éclairantes. Après 1949, la transition moderne d’une culture politique orientée vers la culture à une culture politique orientée vers les institutions s’est ralentie. Outre le rejet subjectif du système de valeurs basé sur la démocratie occidentale et son inadaptation au système socialiste, il y avait des raisons plus profondes. </p><p>Compris dans son intégralité, la démocratie occidentale est dérivée de la vision du monde fondée sur le droit, qui considère l’État et le droit formel comme les forces déterminantes de la société, tout cela étant lié à la façon dont la démocratie a évolué à partir du féodalisme. Le marxisme diffère de cette vision du monde fondée sur le droit en ce sens qu’il s’agit d’une vision du monde sociologique ou économique qui se concentre sur la société civile et les mécanismes et relations internes de cette société, sur les forces productives et les formes sociales exprimées par les relations de production, et sur les relations politiques et économiques sous-jacentes. La politique et la culture politique sont identifiées comme des facteurs secondaires déterminés par ces considérations primaires. Le marxisme transcende le système de valeurs fondé sur la démocratie occidentale et vise à transformer la société à un niveau plus large, en faisant progresser la vie humaine par la transformation de la culture sociale au sens large (y compris la culture économique). Ici, sauter une étape peut produire un résultat très différent : si la révolution socialiste chinoise a établi la domination du marxisme, la Chine n’avait pas le type de système de valeurs que le marxisme cherchait à transcender. De manière inattendue, les événements ont mis fin à la culture politique orientée vers les institutions, tandis que la culture politique orientée vers la culture a bénéficié d’un environnement inattendu dans lequel elle a pu se développer, et est même finalement intervenue dans le système de valeurs de la culture politique marxiste, se manifestant par des combinaisons et des alliances particulières. Certaines parties de la structure classique se sont libérées des contraintes de la structure moderne et renaissent sous une forme déguisée dans l’espace créé par la tourmente. L’ordre social dépend de la culture lorsque les facteurs institutionnels ne sont pas développés ; c’est simplement la façon dont les choses fonctionnent, et ce n’était pas le projet d’une conception consciente. </p><p>[Le monde se transforme. Si vous trouvez notre travail utile et souhaitez contribuer à ce que le Grand Continent reste une publication ouverte, vous pouvez vous abonner <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/user-dashboard/register/">par ici</a>.]</p><p>D’une part, ce saut historique a permis aux gens de sauter l’étape de l’opposition au féodalisme et, d’autre part, d’ignorer les conditions historiques et de poursuivre le système de valeurs de la future société. Ce n’est qu’après avoir enduré cette épreuve historique et le tumulte de la situation que les gens ont compris clairement ce qu’il fallait faire pour construire une culture politique : la première priorité était de déterminer notre position sur la base des conditions réelles de la société chinoise, et ici, la théorie de l’étape primaire du socialisme était un positionnement réaliste ; la seconde était d’éliminer les vestiges du féodalisme, comme l’a dit Deng Xiaoping, et la tâche d’éliminer ces influences résiduelles dans les domaines idéologique et politique devrait maintenant être clairement affirmée. </p><p>Ces dernières années, la culture politique de la Chine est entrée dans le moment de sa transformation la plus significative. Cette transformation a été entraînée par les changements politiques, économiques et culturels de la société chinoise. Les institutions économiques, politiques et culturelles existantes ont été ou sont actuellement confrontées à une réforme complète. La culture façonne les institutions, et les institutions peuvent façonner la culture. Le climat culturel qui a été façonné par plus de 30 ans d’institutions hautement centralisées sera inévitablement transformé dans cette réforme. La réforme du système politique a influencé plus directement la transformation de la culture politique, qui a été facilitée par l’émancipation des idées, l’établissement d’institutions démocratiques, la définition d’objectifs politiques démocratiques, le développement de l’éducation, l’ouverture de la culture et la construction de nombreuses institutions individuelles. Ce changement n’est pas moins important que les précédents. Mais il ne fait que commencer, et son issue dépendra de processus concrets. </p><p>La redéfinition des principes de vie de la société chinoise sur la base de la théorie de l’étape primaire du socialisme implique un réexamen des principes directeurs du passé. Du point de vue de la culture politique, il s’agit également d’une sorte de « réingénierie ». C’est la transformation de la culture politique. Cette transformation sera plus complète, plus profonde et plus approfondie, pour deux raisons : premièrement, il s’agit d’un rejet du système de valeurs de la culture politique d’extrême « gauche » qui a marqué la période précédant 1978 ; deuxièmement, il s’agit d’un réexamen de toute notre culture politique récente. Dans les conditions de la transformation du système existant, en particulier du système politique, la transformation de la culture politique est inévitable, et dans un sens, elle reprend l’évolution de la culture politique orientée vers les institutions. La réforme actuelle du système chinois vise à changer et à améliorer le système, contrairement à la voie précédente du développement politique, qui était basée sur la transformation idéologique. </p><p>Bien sûr, la question de savoir laquelle est la plus adaptée à la société chinoise est un sujet de discussion et d’examen pratique. La culture politique chinoise est en pleine transformation, et les éléments du passé disparaissent ou devraient disparaître, tandis que de nouveaux éléments sont créés. Le stade initial d’une telle transformation est marqué par certaines caractéristiques, dont la plus fondamentale est que le système de valeurs, qui est le cœur de la culture politique, subit un processus de renouvellement, rejetant l’ancien et inaugurant le nouveau. </p><p>Les caractéristiques générales de l’évolution de la culture politique de la Chine sont les suivantes : </p><p>1. Une sensibilité politique élevée. Celle-ci a été nourrie sur une longue période. Selon une enquête d’opinion publique, 94,22 % des personnes interrogées étaient d’accord pour dire que « l’essor et le déclin du pays sont la respo</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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