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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de Monde]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Fri, 04 Mar 2022 18:44:18 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Crise ukrainienne, une épreuve de vérité.]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Lilya Chavaga. – « Crying Crimea » (Crimée en pleurs), 2014</p><p>Décidée fin 1991 par Boris Eltsine, président de la Russie, et par ses homologues ukrainien et biélorusse, la dissolution de l’Union soviétique s’est déroulée pacifiquement parce que son président, M. Mikhaïl Gorbatchev, n’a pas voulu s’y opposer. Mais elle était grosse de conflits potentiels : dans cet espace multinational, vingt-cinq millions de Russes étaient laissés en dehors des frontières de la Russie (qui comptait 147 millions d’habitants au dernier recensement de 1989, contre 286 millions pour l’ex-URSS), celle-ci rassemblant au surplus des entités très diverses. Par ailleurs, le tracé capricieux des frontières allait multiplier les tensions entre Etats successeurs et minorités (Haut-Karabakh, Transnistrie, Ossétie du Sud, Abkhazie, Adjarie, etc.). Beaucoup de ces Etats multiethniques n’avaient jamais existé auparavant. C’était notamment le cas de l’Ukraine, qui n’avait été indépendante que trois ans dans son histoire, de 1917 à 1920, à la faveur de l’effondrement des armées tsaristes.</p><p>L’Ukraine telle qu’elle est née en décembre 1991 est un Etat composite. Les régions occidentales ont fait partie de la Pologne entre les deux guerres mondiales. Les régions orientales sont peuplées de russophones orthodoxes. Les côtes de la mer Noire étaient jadis ottomanes. La Crimée n’a jamais été ukrainienne avant une décision de rattachement imposée sans consultation par Nikita Khrouchtchev en 1954. La tradition de l’Etat est récente : moins d’un quart de siècle. Les privatisations des années 1990 ont fait surgir une classe d’oligarques qui dominent l’Etat plus que l’Etat ne les domine. La situation économique est très dégradée ; l’endettement, considérable. L’avenir de l’Ukraine — adhésion à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) ou neutralité — est ainsi inséparable de la reconfiguration des rapports de forces à l’échelle européenne et mondiale. En 1997, M. Zbigniew Brzezinski écrivait déjà que le seul moyen d’empêcher la Russie de redevenir une grande puissance était de soustraire l’Ukraine à son influence (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2015/06/CHEVENEMENT/53060#nb1" rel="appendix" title="Zbigniew Brzezinski, Le Grand Echiquier.L’Amérique et le reste du monde, (...)" id="nh1">1</a>).</p>
<p>Un dérapage accidentel</p>
<p>Le rappel des faits est essentiel pour qui veut comprendre. La crise ukrainienne actuelle était prévisible depuis la « révolution orange » (2004) et la première tentative de faire adhérer le pays à l’OTAN (2008). Cette crise était évitable pour peu que l’Union européenne, au moment du lancement du partenariat oriental (2009), eût cadré la négociation d’un accord d’association avec l’Ukraine, de façon à le rendre compatible avec l’objectif du partenariat stratégique Union européenne-Russie de 2003 : créer un espace de libre circulation « de Lisbonne à Vladivostok ».</p><p>Il eût fallu, bien entendu, tenir compte de l’intrication des économies ukrainienne et russe. L’Union eût ainsi évité de se laisser instrumentaliser par les tenants d’une extension de l’OTAN toujours plus à l’est. Au lieu de quoi, Bruxelles a mis l’Ukraine devant le dilemme impossible d’avoir à choisir entre l’Europe et la Russie. Le président ukrainien, M. Viktor Ianoukovitch, a hésité : l’offre russe était, financièrement, nettement plus substantielle que l’offre européenne. Il a demandé le report de la signature de l’accord d’association qui devait être conclu à Vilnius le 29 novembre 2013.</p><p>J’ignore si le commissaire européen compétent, M. Stefan Füle, a pris ses directives auprès de M. José Manuel Barroso, alors président de la Commission européenne, et si le Conseil européen a jamais délibéré d’une question qui portait en germe la plus grave crise géopolitique en Europe depuis celle des euromissiles (1982-1987). Le président Poutine a déclaré s’être vu refuser par les autorités européennes (MM. Barroso et Herman Van Rompuy) en janvier 2014, toute possibilité de discuter du contenu de l’accord d’association avec Kiev, sous le prétexte de la souveraineté de l’Ukraine.</p><p>Le report de la signature de l’accord par le président Ianoukovitch a été le signal des manifestations dites « proeuropéennes » de Maïdan, qui allaient aboutir, le 22 février 2014, à son éviction. Que l’Union européenne fasse rêver une partie notable de l’opinion ukrainienne est compréhensible. On doit cependant se poser la question de savoir si la Commission européenne était mandatée pour promouvoir les normes et les standards européens à l’extérieur de l’Union. Les manifestations de Maïdan ont été encouragées sur place par les multiples visites de responsables européens, mais surtout américains, souvent éminents (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2015/06/CHEVENEMENT/53060#nb2" rel="appendix" title="Notamment Mme Victoria Nuland, secrétaire d’Etat adjointe américaine pour (...)" id="nh2">2</a>), tandis qu’organisations non gouvernementales et médias initiaient une véritable guerre de l’information. Ce soutien explicite à des manifestations dont le service d’ordre était assuré pour l’essentiel par des organisations d’extrême droite — Praviy Sektor et Svoboda — ne prêtait-il pas à confusion entre ce qui était du ressort de l’Union européenne et les initiatives de l’OTAN, quand ce n’étaient pas celles de Washington et de ses services ? L’« exportation de la démocratie » peut revêtir des formes diverses.</p><p>La non-application de l’accord du 21 février 2014, qui prévoyait une élection présidentielle à la fin de l’année, et l’éviction inconstitutionnelle, dès le lendemain, d’un président qui avait sans doute beaucoup de défauts, mais qui fut quand même élu, peut passer pour une « révolution » ou pour un coup d’Etat. C’est cette dernière interprétation qui a prévalu à Moscou. Bien que la Crimée ait été russe avant 1954, il n’est guère contestable que la décision d’organiser son rattachement à la Russie, même couverte par un référendum, a été une réaction disproportionnée. Elle est contraire au principe constamment affirmé par la Russie du respect de l’intégrité territoriale des Etats, notamment quand ce principe fut bafoué par le détachement du Kosovo de la Yougoslavie. M. Poutine, en Crimée, a fait passer les intérêts stratégiques de la Russie en mer Noire avant toute autre considération, redoutant sans doute que le nouveau gouvernement ukrainien ne respecte pas l’accord donnant Sébastopol en bail à la Russie... jusqu’en 2042 !</p><p>Cette crise a donc été un dérapage accidentel. L’annexion de la Crimée n’était pas programmée : M. Poutine clôturait, fin février, les Jeux olympiques de Sotchi, qui se voulaient une vitrine de la réussite russe. Il a surréagi à un événement que l’Union européenne n’avait pas non plus programmé, même si elle l’a encouragé par imprudence. Il est clair qu’elle a été débordée par des initiatives venues d’ailleurs, même si elles trouvaient en son sein des relais importants. La question posée aujourd’hui est de savoir si les Européens vont pouvoir reprendre le contrôle de la situation.</p><p>M. Poutine n’avait sans doute pas prévu que les Etats-Unis allaient se saisir de l’annexion de la Crimée pour édicter des sanctions d’abord limitées (juillet 2014), puis beaucoup plus sévères (septembre). Début mai 2014, il se déclarait prêt à circonscrire le conflit. Il encourageait les régions russophones à trouver une solution à leurs problèmes à l’intérieur de l’Ukraine. Le 10 mai, M. François Hollande et Mme Angela Merkel évoquaient, à Berlin, une décentralisation de l’Ukraine à inscrire dans sa Constitution. Le 25 mai, le président Petro Porochenko était élu et immédiatement reconnu par Moscou. Le « format de Normandie » (Allemagne, France, Russie, Ukraine) était ébauché le 6 juin. La crise paraissait pouvoir être résorbée pacifiquement.</p><p>Mais tout dérape à l’été : les autorités de Kiev lancent vers les « républiques autoproclamées » une « opération antiterroriste », qui dresse contre elles la population du Donbass. L’affaire tourne court du fait du délitement de l’armée ukrainienne, malgré le soutien de « bataillons de volontaires » pro-Maïdan. Signés le 5 septembre, les accords de Minsk I proclament un cessez-le-feu. Six jours plus tard, le 11 septembre, des sanctions sévères commencent à être mises en œuvre par les Etats-Unis et par l’Union européenne, officiellement pour garantir l’application du cessez-le-feu. Par le canal des banques, tétanisées par les sanctions américaines, le commerce eurorusse va se trouver progressivement freiné sinon paralysé. La Russie décrète des contre-sanctions dans le domaine alimentaire et se tourne vers les « émergents », particulièrement vers la Chine, pour diversifier son commerce extérieur et ses coopérations industrielles.</p><p>Dans le même temps, les cours du brut s’effondrent. Le rouble dévisse de 35 à 70 roubles pour un dollar fin 2014. Faute de suivi, les accords de cessez-le-feu s’enlisent. Kiev lance une seconde offensive militaire, qui finit par échouer comme la première. Grâce à l’initiative des chefs d’Etat réunis par M.Hollande, de nouveaux accords, dits « Minsk II », sont signés le 12 février 2015.</p><p>Le piège se referme : les sanctions occidentales sont faites, en principe, pour être levées. Or, si le volet militaire des accords de Minsk II s’applique à peu près, le volet politique reste en panne. Il obéit à une séquence bien définie : vote d’une loi électorale par la Rada (le Parlement ukrainien), élections locales dans le Donbass, réforme constitutionnelle, loi de décentralisation, nouvelles élections, et enfin récupération par Kiev du contrôle de sa frontière avec la Russie. Mais, le 17 mars dernier, la Rada adopte un texte qui bouleverse cette séquence en faisant du « retrait des groupes armés » un préalable. Le blocage du volet politique des accords de Minsk par le gouvernement de Kiev oriente en réalité le conflit ukrainien vers un « conflit gelé ». La levée des sanctions est ainsi prise en otage dans un cercle vicieux. En principe, elles ne peuvent être reconduites qu’à l’unanimité. En réalité, c’est la « loi du consensus » qui risque de s’appliquer : déjà, Mme Merkel a annoncé, le 28 avril 2015, que les sanctions européennes seraient probablement reconduites fin juin.</p><p>Nous sommes en présence d’une guerre qui ne dit pas son nom. Le débat feutré entre ceux qui souhaitent — généralement à voix basse — le maintien du partenariat eurorusse tel qu’il avait été conçu au début des années 2000 et les partisans d’une politique d’endiguement, voire de refoulement de la Russie, c’est-à-dire en fait d’une nouvelle guerre froide, reflète un heurt de volontés entre Washington et Moscou. Une guerre par procuration se déroule sur le terrain. Elle oppose d’une part l’armée ukrainienne et les « bataillons de volontaires » soutenus par les Etats-Unis et leurs alliés, et d’autre part les milices dites « séparatistes », qui trouvent leur appui d’abord dans la population de l’Est russophone et, bien sûr, dans une aide russe parée aux couleurs de l’aide humanitaire. La poursuite de ce conflit peut conduire à faire de l’Ukraine un brandon de discorde durable entre l’Union européenne et la Russie. A travers une véritable croisade idéologique largement relayée, Washington cherche à la fois à isoler la Russie et à resserrer son contrôle sur le reste de l’Europe.</p><p>Les hérauts d’une nouvelle guerre froide nous décrivent la Russie comme une dictature fondamentalement hostile aux valeurs universelles et qui aspirerait à reconstituer l’URSS. Pour ceux qui connaissent la Russie d’aujourd’hui, cette description est outrée, voire caricaturale. La popularité de M. Poutine tient à la fois au redressement économique qu’il a su opérer dans un pays qui avait perdu la moitié de son produit intérieur brut dans les années 1990 et au coup d’arrêt qu’il a su donner à la désagrégation de l’Etat. Son projet n’est pas impérial, mais national. C’est un projet de modernisation de la Russie, étant donné bien évidemment que celle-ci, comme tout Etat, a des intérêts normaux de sécurité.</p><p>On peut évidemment tenter de ranimer de vieilles peurs : il en est qui prennent Le Pirée pour un homme (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2015/06/CHEVENEMENT/53060#nb3" rel="appendix" title="Que le lecteur veuille bien excuser cette référence à La Fontaine [Le Singe et (...)" id="nh3">3</a>) et M. Poutine pour un pays. La Russie est en fait en pleine transformation. Sa société est marquée par la montée de couches moyennes nombreuses, qui contestaient souvent le retour de M. Poutine au pouvoir en 2012, mais qui lui semblent aujourd’hui ralliées. Même M. Mikhaïl Gorbatchev considère que l’Occident, depuis 1991, a traité injustement la Russie comme un pays vaincu, alors que le peuple russe est un grand peuple évidemment européen (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2015/06/CHEVENEMENT/53060#nb4" rel="appendix" title="Discours de Berlin, 9 novembre 2014." id="nh4">4</a>). Est gommé le fait qu’il a payé le tribut le plus lourd dans la guerre contre l’Allemagne nazie. Nous assistons ainsi à une véritable réécriture de l’histoire, comme si l’anticommunisme devait éternellement survivre au communisme.</p>
<p>Russophobie médiatique</p>
<p>Les bases matérielles de la guerre froide — l’opposition de deux systèmes économiques et idéologiques antagonistes— n’existent plus. Le capitalisme russe a certes ses spécificités, mais c’est un capitalisme parmi d’autres. Les valeurs conservatrices affirmées par M. Poutine visent surtout, dans son esprit, à cicatriser les plaies ouvertes pendant la parenthèse de soixante-dix ans qu’a été le bolchevisme dans l’histoire russe.</p><p>Le véritable enjeu de la crise ukrainienne actuelle est la capacité de l’Europe à s’affirmer comme un acteur indépendant dans un monde multipolaire ou, au contraire, sa résignation à une position de subordination durable vis-à-vis des Etats-Unis. La russophobie médiatique relève d’un formatage de l’opinion comparable à celui qui avait accompagné la guerre du Golfe en 1990-1991. Cette mise en condition de l’opinion repose sur l’ignorance et l’inculture s’agissant des réalités russes contemporaines, quand ce n’est pas sur une construction idéologique manichéenne et manipulatrice.</p><p>La Russie manifeste une capacité de résilience certaine. Il appartient à la France d’incarner, dans le format de Normandie dont elle a pris l’initiative, l’intérêt supérieur de l’Europe. Il est difficile d’accepter que notre politique extérieure soit entravée par des courants extrémistes ou révisionnistes. Pour ma part, je ne mets pas un signe d’égalité entre le communisme et le nazisme, comme le font les « lois mémorielles » votées par la Rada de Kiev le 9 avril dernier. Dans la crise ukrainienne, l’Allemagne conservatrice de Mme Merkel me paraît beaucoup trop alignée sur les Etats-Unis. Elle peut être tentée d’abandonner provisoirement son Ostpolitik traditionnelle vers la Russie pour une percée vers l’Ukraine. Le nombre des implantations industrielles allemandes en Ukraine atteignait mille huit cents en 2010, contre cinquante pour la France. L’Ukraine prolonge naturellement le bassin de main-d’œuvre à bas coût de la Mitteleuropa, avantage comparatif pour l’industrie allemande, que l’augmentation des salaires dans les pays d’Europe centrale et orientale tend aujourd’hui à éroder. L’Allemagne doit convaincre les Européens qu’elle n’est pas le simple relais de la politique américaine en Europe, comme pourrait le faire penser l’instrumentalisation du BND (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2015/06/CHEVENEMENT/53060#nb5" rel="appendix" title="Bundesnachrichtendienst : service de renseignement allemand." id="nh5">5</a>) par la National Security Agency (NSA). Le format de Normandie doit être le moyen de faire appliquer Minsk II, bref, de lever l’opposition de l’Ukraine à l’application du volet politique de l’accord. Et l’Europe détient des leviers financiers.</p><p>Il est temps qu’une « Europe européenne » se manifeste. Elle pourrait d’abord essayer de convaincre les Etats-Unis que leur véritable intérêt n’est pas de bouter la Russie hors de l’« Occident », mais de redéfinir avec elle des règles du jeu mutuellement acceptables et propres à restaurer une confiance raisonnable.</p>
<p>Jean-Pierre CHEVÈNEMENT</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Tue, 01 Mar 2022 23:50:33 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Quand le gouvernement français dénonçait l’extrême droite au pouvoir en Ukraine – Le Courrier des Stratèges]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Le gamin réélu haut la main au second tour par les instituts de sondage de ses potes milliardaires face à Z, comme Le Lionel en 2002 ! Alors pourquoi aller voter face à cet embargo médiatique vantant l’immense valeur du Grand Timonier dans la négo et l’interdiction des médias opposants ? Pourquoi voter, merde ?</p><p>Moi je dis que dès qu’il est réélu, le gamin doit centraliser l’information sous un Haut Commissariat héritier du CSA En Marche, qui désormais dira aux journalistes de se mettre à sprinter vers ce qu’il faut dire ou pas – la marche, c’est lent, c’est long comme l’arrivée au pouvoir de Mao, Hurry Up! a hurlé Tonton McKinsey – , car l’AFP sous contrôle de Facebook et Le Monde sous celui de la Fondation Bill et Melinda Gates sont encore trop timorés, de véritables tortues des Galápagos… Dans StartUp Nation, il y a Start(Hurry)Up !</p><p>« Mais regardez comment le Courrier des Stratèges ose faire un article tendancieux contre mon ami Bill et son fils Hunter ? Je n’ai même pas eu l’temps de leur rendre la politesse d’avoir accéléré le conflit en Ukraine pour installer un énième nuage de fumée devant la crise du Covid ? A 45 jours du premier tour, sont des génies du timing les p’tit gars de McKinsey ! J’avais quand même pas l’choix vu l’énormité des scandales en cours de publication… Qu’auraient tué ma campagne de 15 jours ! On a eu raison de faire une perquis’ chez Mediapart, hein. Et de saisir les ordi avec leur stratégie d’entre deux tours… Finaux, hein ! »</p><p>« Mais quelle crise du Covid ? » se dit Mame Michu… « Caisse qu’y barbot’ cor’ ces s’tanés sites complotis’ ? » Mame Michu a la mémoire de poisson rouge, elle vient de changer de chaîne avec sa zapette et a déjà oublié ce que disait la précédente émission… Gars Jacques Tsé vendait non seulement la face peu avenante en 1981 de Tonton La Francisque, mais aussi à ses annonceurs du temps de cerveau disponible, par tranches de trente secondes d’attention, séquence du genre « où est le paper board, les gars, MERDE, chui en présentation ! » :</p><p>– 1. 30″ pour le Covid ;<br />– 2. 30″ pour le dernier Petit Gervais Danone ;<br />– 3. 30″ pour le dernier BigMac triple steack, triple cheddar, triple bacon ;<br />– 4. 30″ pour le dernier opus posthume de Johnny ;<br />– 5. 30″ pour le CD Band Aid dont 4,5% des recettes après impôts iront aux réfugiés ukrainiens ;<br />– 6. 30″ pour la tablette de chocolat blanc Milka ;<br />– 7. 30″ pour le Babybel vert ;<br />– 8. 30″ pour les biscottes Pasquier ;<br />– 9. 30″ pour les radiateurs à bain d’huile Delonghi ;<br />– etc.</p><p>Mame Michu achètera pour ses p’tits quinquins ce qui l’a fait saliver… certain !<br />Elle votera pour le candidat qui la f’ra saliver…<br />« Tu sais que Monsieur Manu il est passé hier à la télé, la veille des élections, il était à la maison d’retraite de Trifoullis et il a donné une tablette de chocolat blanc Milka spécial gencives à toutes les centenaires retraitées… Il est génial Monsieur Manu, hein, je l’adore, moi aussi… »</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/846/le-projet-d%E2%80%99adhesion-de-l%E2%80%99ukraine-a-l%E2%80%99ue-cache-t-il-le-declenchement-d%E2%80%99un-jeu-d%E2%80%99alliance-militaire-%E2%80%93-le-courrier-des-strateges</guid>
	<pubDate>Tue, 01 Mar 2022 23:44:32 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/846/le-projet-d%E2%80%99adhesion-de-l%E2%80%99ukraine-a-l%E2%80%99ue-cache-t-il-le-declenchement-d%E2%80%99un-jeu-d%E2%80%99alliance-militaire-%E2%80%93-le-courrier-des-strateges</link>
	<title><![CDATA[Le projet d’adhésion de l’Ukraine à l’UE cache-t-il le déclenchement d’un jeu d’alliance militaire ? – Le Courrier des Stratèges]]></title>
	<description><![CDATA[<p>A l’heure actuelle, la seule démarche existante d’adhésion prévue par les traités est celle de l’article 49 décrite ci-dessus, et c’est une procédure longue.</p><p>L’état dépose sa candidature, le Conseil doit voter à l’unanimité et recevoir un avis conforme du parlement européen, puis s’engage les négociations entre les états-membres et l’état candidat.  </p><p>La très bureautique Union européenne n’est pas célèbre pour la rapidité de ses procédures ! par exemple, la Croatie, dernier pas à avoir rejoint l’UE, a déposé sa candidature en 2003, est devenue officiellement candidate en 2004, les négociations ont débuté en 2005, se sont finies en 2011 et l’adhésion a eu effectivement lieu en 2013.</p><p>Cinq pays sont actuellement candidats à l’adhésion — la Turquie, la Serbie, la Macédoine du Nord, le Monténégro et l’Albanie — mais leurs candidatures sont bloquées depuis des années.</p><p> A moins de changer les traités, on a peu de chance de voir l’Ukraine adhérer à l’UE demain matin, mais il est certain que le sujet est sur la table des négociations à moyen terme.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/845/plusieurs-franchises-cybercriminelles-se-positionnent-sur-le-conflit-ukraine-russie</guid>
	<pubDate>Tue, 01 Mar 2022 22:29:52 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/845/plusieurs-franchises-cybercriminelles-se-positionnent-sur-le-conflit-ukraine-russie</link>
	<title><![CDATA[Plusieurs franchises cybercriminelles se positionnent sur le conflit Ukraine-Russie]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Des franchises cybercriminelles affichent de plus en plus ouvertement leur soutien, soit au gouvernement russe, soit aux Ukrainiens. Ainsi, le groupe biélorusse UNC1151, les Red Bandits, Cooming Project et SandWorm se font défenseurs du gouvernement de Vladimir Poutine. A rebours, les Anonymous ont été parmi les premiers à lancer des cyberattaques sur des infrastructures russes, dont le site internet du Kremlin, et Ghostsec s’érige également en allié des Ukrainiens. Quant à ATW, tout en étant contre l’Occident (AgainstTheWest), il est en faveur de l’Ukraine.</p><p>Au sein du gang Conti, c’est la débandade. Officiellement, la franchise a pris parti pour le gouvernement russe : « Si une organisation quelconque décide d’organiser une cyberattaque ou des activités de guerre contre la Russie, nous utiliserons toutes les ressources possibles pour riposter en attaquant les infrastructures critiques de l’ennemi ». Mais l’unité est loin d’être faite. L’un des proches du groupe, un infiltré ukrainien a priori, a décidé de faire fuiter des archives équivalent à un an d’échanges entre les hackers du gang. Ces échanges mettent en évidence des adresses Bitcoin, les liens entre Conti et les attaques par rançongiciels Emotet et TrickBot, le contenu de négociations avec des grandes entreprises piratées, mais aussi la manière dont les hackers approchent des éditeurs en sécurité pour obtenir d’eux des produits en démo pour analyse.</p><p>Pour sa part, la franchise LockBit 2.0 se proclame pour la paix dans le monde et l’argent dans ses poches : « Notre communauté est composée de nombreuses nationalités du monde. Nous venons de la CEI, notamment Russes et Ukrainiens, mais nous avons également des Américains, des Anglais, des Chinois, des Français, des Arabes, des Juifs et bien d’autres dans notre équipe. Nous sommes tous des gens simples et pacifiques. Nous sommes tous des Humains. Pour nous, il ne s’agit que d’affaires et nous sommes tous apolitiques. Nous ne sommes intéressés que par l’argent. Nous ne participerons jamais, en aucune circonstance, à des cyberattaques contre les infrastructures critiques d’un pays du monde ou à des conflits internationaux ».</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/844/crise-en-ukraine-victoire-strategique-pour-la-chine-danger-pour-l%E2%80%99europe</guid>
	<pubDate>Mon, 28 Feb 2022 22:07:08 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/844/crise-en-ukraine-victoire-strategique-pour-la-chine-danger-pour-l%E2%80%99europe</link>
	<title><![CDATA[Crise en Ukraine : victoire stratégique pour la Chine, danger pour l’Europe]]></title>
	<description><![CDATA[<p>La Russie a reconnu l’indépendance des territoires séparatistes du Donbass. Ses troupes sont prêtes à pénétrer sur le territoire ukrainien où déjà les Spetsnaz opèrent.</p><p>Je ne peux que condamner cette action contrevenant au respect de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et au droit international, même si les précédents des référendums d’autodétermination de Bosnie-Herzégovine de 1992 et la déclaration d’indépendance du Kosovo, suivis de déploiements militaires par les USA ou l’OTAN servent de prétexte à la Russie.</p><p>On peut être étonné de l’impréparation de l’Occident, car l’offensive hybride russe est préparée de longue date : déploiement de troupes qui ont attiré l’attention, certes, mais avant attaques cyber clairement identifiées, déploiement d’agents provocateurs en Ukraine, distribution de 700000 passeports russes à des Ukrainiens d’origine russe (ce qui est en soit une invasion), vote au parlement russe d’une résolution reconnaissant l’indépendance des républiques autoproclamées de l’est de l’Ukraine, ballet diplomatique avec la Chine.</p><p>L’opération militaire en cours aurait pu être évitée si, dès 2014, l’OTAN et l’UE n’avaient pas encouragé l’éviction du président ukrainien démocratiquement élu ; si la Russie n’avait pas réagi à cette ingérence par l’annexion de la Crimée et le soutien aux revendications des séparatistes russophones du Donbass.</p><p>L’Ukraine aurait dû dès son indépendance en 1991 devenir neutre et fédérale, reconnaissant les droits de ses minorités russophone et tatare et adoptant le bilinguisme. Elle n’a en effet cessé de frôler des guerres civiles que la géographie des résultats électoraux prédisait.</p><p>Surtout l’extension sans fin de l’OTAN à l’est (dont celle, en cours de facto, à l’Ukraine), le refus de la mise en place d’une grande conférence sur la paix et la sécurité en Europe, le refus d’entendre le besoin de protection des minorités russes dans les pays de l’ex-URSS (près de 20 millions de Russes de l’étranger proche) et le refus du multilatéralisme au profit d’une hégémonie étasunienne dans les relations internationales ont été les facteurs d’une guerre froide larvée entre l’Occident et la Russie. Par ailleurs, la relance de la course aux armements initiée par les USA a été perçue à Moscou comme une menace : mise en place du « bouclier antimissile » en 2012, arrêt des discussions sur les accords New START (traité de réduction des armes stratégiques), sortie des USA du FNI (traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire) en 2020, ou encore sortie des USA du traité dit « ciel ouvert » en 2019 ont été autant d’étapes d’une escalade à laquelle l’Union européenne n’a fait qu’emboîter le pas. La Russie de son côté a renforcé ses dispositifs militaires, dont le plus grave a été le déploiement de missiles nucléaires de moyenne portée Iskander dans l’enclave de Kaliningrad en 2018.</p><p>Rien n’a été fait pour remédier à la montée des tensions, bien au contraire. Ainsi, aucune pression n’a été exercée en sept ans par l’UE pour que soient ratifiés par l’Ukraine les accords de Minsk, lesquels prévoyaient une autonomie des régions séparatistes dans les frontières ukrainiennes. Depuis 8 ans, la situation de guerre dans les régions de Louhansk et de Donetsk n’a donc pas été résorbée – 14000 êtres humains y ont trouvé la mort. Notons que l’Ukraine, malgré une armée de plus de 280000 soldats n’est absolument pas préparée pour tenir tête à l’armée russe. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky le sait fort bien – il faut dire qu’il a été sûrement, et paradoxalement, le plus sage des dirigeants européens ces dernières semaines, car il comprend le rapport de force réelle et que si celui-ci s’exacerbe, les rodomontades occidentales seront suivies de peu d’effets concrets sur le terrain. L’Ukraine a été utilisée comme prétexte à l’escalade, d’abord par la Russie, mais aussi par les Etats-Unis et pourrait être le pion sacrifié dont la conséquence serait un démembrement plus grave encore. La perte des deux républiques autoproclamées de l’est est un minimum presque acceptable. Plus grave serait l’extension de l’offensive jusqu’aux rives du Dniepr et la prise de la région de Marioupol qui permettrait à la Russie d’assurer une continuité territoriale avec la Crimée et qui est, je le crois, son objectif stratégique de long terme et dont elle se saisira immédiatement si les USA enjoignaient l’Ukraine à une riposte militaire.</p><p>La réalité, c’est que l’Ukraine est laissée à elle-même.</p><p>La France, elle, paie très cher les conséquences de son abandon manifeste de souveraineté nationale par son retour depuis 2009 dans le commandement intégré de l’OTAN. Emmanuel Macron ne peut à la fois être juge et partie en proposant des solutions de paix bienvenues d’un côté et en demeurant de l’autre soumis aux intérêts de l’OTAN et de l’UE. La voix d’une France souveraine, indépendante et non alignée aurait pu apporter une solution diplomatique ; elle aurait eu à tout le moins plus de crédit. Cela exige de cesser de suivre la ligne politique du clan des néoconservateurs et des faucons états-uniens pour qui l’OTAN et son extension permanente sont l’alpha et l’oméga d’une vision des Etats-Unis comme la « Nation utile » et donc hégémonique.</p><p>Aujourd’hui, les fauteurs de guerre des deux camps, partisans du choc des civilisations, des empires contre les nations, semblent marquer un point. Pour la France, plus que jamais alignée sur un empire américain qui la méprise, la rupture définitive avec la Russie ne fera qu’accélérer le déclin – « C’est de la guerre entre Napoléon et les Russes que date notre décadence » déclarait de Gaulle.</p><p>Pour le monde, le renforcement des liens entre une Russie éloignée de l’Europe et une Chine impérialiste dessine les frontières de deux blocs et les fronts d’une nouvelle guerre froide à l’échelle du monde.</p><p>Le positionnement atlantiste de la France et les nouvelles sanctions économiques que l’OTAN et l’UE prévoient d’infliger déjà à la Russie, en plus des sanctions déjà existantes, ne resteront pas sans conséquences pour les peuples d’Europe. Ces sanctions, comme les précédentes, frapperont aussi les Français et nos entreprises. Le prix du gaz russe sera encore accru, avec des conséquences graves pour notre population, tandis que les exportations agricoles et industrielles françaises se verront privées de marchés importants dans le monde russophone. Il y a plus de 500 entreprises françaises en Russie. Qui sait que ces entreprises françaises sont le premier employeur privé sur le marché russe ? L’Europe importe un tiers de son gaz de Russie. Or, la totalité ne pourra être compensée par le gaz de schiste étasunien ou celui du Qatar.</p><p>La conséquence d’une éventuelle rupture de l’approvisionnement en gaz russe pourrait conduire à une crise économique sans précédent : de l’industrie allemande qui sera gravement touchée à la désagrégation définitive de l’Ukraine dont les finances et le système politique ne supporteront pas un choc du gaz en plus de l’occupation de son territoire.</p><p>Enfin et surtout, l’isolement de la Russie par le camp occidental précipitera inéluctablement son alliance avec la Chine, déjà largement avancée.</p><p>L’action commune des deux pays dans le cadre de l’Organisation de la coopération de Shanghai et la multiplication des ingérences extérieures signent bien une nouvelle configuration géopolitique, dont le camp occidental sortira affaibli. Notons que cette alliance en construction a été rejointe par l’Iran – là encore, le retrait unilatéral des USA de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, après quinze ans de négociation, accroît les tensions et précipite l’Iran dans les bras de la Chine.</p><p>Pour se prémunir de sanctions éventuelles, la Russie a développé avec la Chine un système SWIFT autonome (CIPS) et a liquidé ses réserves en dollars. Le risque pour les USA est de plomber le dollar comme monnaie de référence mondiale, pourtant l’objectif géostratégique premier de Washington. Si tel devait être le cas, l’affaire ukrainienne serait un terrible coup du scorpion de la Chine contre les USA dont elle veut briser la domination hégémonique.</p><p>Lors du « premier conflit d’Ukraine » qui a vu l’annexion de la Crimée par la Russie, c’est déjà la Chine qui lui était venue en secours pour tenir bon face aux sanctions occidentales. Ainsi la Chine avait sauvé l’économie russe par le biais d’un prêt financier de 50 milliards de dollars et d’une entente commerciale de plus de 400 milliards de dollars, matérialisée par l’achat de gaz naturel russe sur… 30 ans, à un très bon prix sous le cours, donnant un immense avantage à la Chine. De plus, la Chine investissait également 25 milliards pour construire le gazoduc « Force de Sibérie » pour acheminer le gaz. Il est en fonction depuis 2019. Cela avait sauvé la Russie, et depuis la coopération entre les deux puissances n’a fait que s’accélérer : accords commerciaux, agricoles, spatiaux (avec le projet notable de construction d’une base commune permanente sur la Lune) et bien entendu géostratégique avec des votes communs réguliers au Conseil de Sécurité de l’ONU et surtout des transferts de technologies militaires au profit de la Chine, au point que la Chine est aidée pour le développement de son système de défense anti-missiles, domaine dans lequel la Russie a un avantage comparatif notable.</p><p>Cette fois, en préparation de la deuxième crise ukrainienne, la Russie a signé un nouvel accord de coopération avec la Chine, lors de la visite officielle de Vladimir Poutine à Xi Jinping, le 4 février dernier où a été signé un nouvel accord gazier de 30 ans !</p><p>Aujourd’hui, la Russie livre près de 17 milliards de mètres cubes de gaz à la Chine. Le nouvel accord prévoit de livrer 48 milliards de mètres cubes de gaz en 2025 !</p><p>Les premières installations pour réorienter le gaz fourni à l’Europe vers l’est sont déjà posées, il s’agit du titanesque gazoduc « Force de Sibérie 2 » qui traversera tout le continent, depuis la zone d’extraction de Yamal au nord de la Russie – dont l’entreprise française TotalEnergies pourrait être finalement exclue – jusqu’à la Chine. Celle-ci, de surcroît, s’engage à acheter 300 000 barils de pétrole par jour sur 10 ans à la Russie !</p><p>Résultat, la Chine reçoit un soutien massif en hydrocarbures à bas coût lui permettant de… ne plus dépendre du gaz liquéfié des Etats-Unis ni du charbon d’Australie. Ça tombe bien pour Pékin compte tenu de l’accord stratégique AUKUS (Australie, Royaume-Uni, USA dont la France est exclue) orienté contre la Chine dans le cadre du redéploiement stratégique des USA dans le Pacifique et dans l’Océan Indien. Fort logiquement, ayant reçu le soutien chinois dans l’affaire ukrainienne, la Russie soutient la Chine face à l’alliance AUKUS en particulier dans ses prétentions en mer de Chine et sur Taïwan.</p><p>Mais ce n’est pas tout ! Chine et Russie se promettent de faire croître leurs échanges commerciaux de 40%, et de les libeller non pas en dollars, mais en Euros ! D’ailleurs, la plus grande partie du commerce entre Moscou et Pékin se fait déjà en Euro. C’est là que la Chine porte principalement le fer contre les Etats-Unis d’Amérique.</p><p>Dans l’affaire ukrainienne, la chine est largement gagnante : approvisionnements garantis en gaz bon marché, contrôle sur la Russie qu’elle loge dans son escarcelle stratégique tout en déstabilisant l’Europe durablement, et enfin, elle retarde de facto le redéploiement stratégique des USA dans la zone indopacifique – toute riposte d’envergure des USA sera autant de moins à déployer face à la Chine.  </p><p>Souhaitons-nous voir la Russie se détacher définitivement de l’Europe vers laquelle elle est naturellement tournée ? Car, il doit être clair à chacun que l’alliance de la Russie avec la Chine est un pis-aller : avec la Chine, la Russie sera toujours un second couteau, menacée démographiquement et économiquement dans son extrême est sibérien et vendant son gaz à bas coût.</p><p>Le destin de la Russie était de s’aligner sur l’Occident – c’était la volonté initiale de Boris Eltsine et même de Vladimir Poutine alors jeune président de Russie – l’entêtement à vouloir étendre l’OTAN a brisé le destin d’une Europe des Nations où la Russie avait toute sa place, ce qui était la vision du Général de Gaulle.</p><p>Qu’avons-nous à gagner, nous Européens et spécifiquement Français, à perdre la Russie et à renforcer ainsi encore et encore la Chine ?</p><p>Voulons-nous que soit tiré un nouveau rideau de fer ?</p><p>Souhaitons-nous un tel dénouement ?</p><p>Si la réponse est non, cela exige d’œuvrer à un monde multilatéral et non à un monde où les blocs se confrontent en visant une hégémonie dévastatrice pour tous.</p><p>
<a>
Georges Kuzmanovic
</a>, Président de <a href="https://www.republique-souveraine.fr/projet/texte-dorientations-programmatiques/">République souveraine</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/835/la-taxonomie-une-maladie-europeenne</guid>
	<pubDate>Wed, 09 Feb 2022 21:20:50 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/835/la-taxonomie-une-maladie-europeenne</link>
	<title><![CDATA[La taxonomie, une maladie européenne]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Pendant que les can­di­dats et les médias essaient de nous inté­res­ser, sans y par­ve­nir vrai­ment, à la cam­pa­gne en vue de l’élection pré­si­den­tielle fran­çaise, la com­mis­sion de l’Union euro­péenne s’occupe de notre avenir.<br />
Elle s’est enga­gée dans l’élaboration d’une « taxo­no­mie » (en bruxel­lois dans le texte) des acti­vi­tés économiques, per­met­tant de les clas­ser dans la caté­go­rie « verte » ou « non verte ». Il s’agit de dis­tin­guer celles qui sont com­pa­ti­bles avec le « déve­lop­pe­ment dura­ble » de l’Union euro­péenne et nos mul­ti­ples tra­jec­toi­res de « tran­si­tion écologique et énergétique » vers la neu­tra­lité car­bone en 2050, de celles qui ne le sont pas.<br />
Cette clas­si­fi­ca­tion aura des consé­quen­ces impor­tan­tes pour les États et pour les inves­tis­seurs privés. Les États ne pour­ront plus sub­ven­tion­ner le déve­lop­pe­ment des acti­vi­tés économiques se trou­vant dans la mau­vaise colonne de la « taxo­no­mie ». Les ban­ques et les fonds d’inves­tis­se­ment pour­ront exiger que les pro­jets qui leur seront pré­sen­tés par les entre­pre­neurs soient consi­dé­rés comme « verts », ce qui sécu­ri­sera leurs inves­tis­se­ments.<br />
Le voca­bu­laire uti­lisé dans ces négo­cia­tions est loin d’être neutre. Il mêle la tech­no­cra­tie la plus abs­conse et la morale à des­ti­na­tion des jeunes enfants, un jargon incom­pré­hen­si­ble fait de seuils dont la jus­ti­fi­ca­tion scien­ti­fi­que et tech­ni­que ne peut être com­prise que de quel­ques spé­cia­lis­tes, et un code cou­leur pour le commun des mor­tels, sem­bla­ble aux petits visa­ges sou­riants ou gri­ma­çants à l’inten­tion des enfants des écoles pri­mai­res.<br />
Cela me rap­pelle les négo­cia­tions com­mer­cia­les inter­na­tio­na­les des années 1990, bap­ti­sées « Uruguay round », conclues par la créa­tion de l’orga­ni­sa­tion mon­diale du com­merce en 1995. Dans ces négo­cia­tions, les États-Unis ont imposé que les aides publi­ques à l’agri­culture, dans le monde entier, soient clas­sées de façon à pou­voir être pla­cées dans trois boîtes : une verte, une orange et une rouge. Seules les aides pou­vant être pla­cées dans la boîte verte seraient auto­ri­sées après la signa­ture d’un nouvel accord, les autres devant dis­pa­raî­tre. Tout à fait par hasard, la boîte verte cor­res­pon­dait au sys­tème amé­ri­cain d’aide à l’agri­culture, tandis que la poli­ti­que agri­cole com­mune, fondée à cette époque sur une pro­tec­tion du marché euro­péen et une garan­tie des prix agri­co­les, tom­bait dans la boîte rouge. L’Union euro­péenne a, bien entendu, accepté de réfor­mer sa poli­ti­que agri­cole dans le sens voulu par les États-Unis, en 1992. Elle a pro­gres­si­ve­ment déman­telé la pro­tec­tion du marché euro­péen et laissé la concur­rence mon­diale fixer le revenu des agri­culteurs euro­péens, ce qui a favo­risé une indus­tria­li­sa­tion de l’agri­culture dont tout le monde déplore les effets aujourd’hui, en raison de ses consé­quen­ces sur l’envi­ron­ne­ment et la santé, sans que per­sonne ne remette en cause les rai­sons de cette évolution.<br />
La dis­cus­sion sur la taxo­no­mie euro­péenne d’aujourd’hui pré­sente des simi­li­tu­des avec cette ancienne négo­cia­tion.<br />
Cette dis­tinc­tion entre ce qui est vert et ce qui ne l’est pas, entre le bien et le mal, laisse penser qu’il pour­rait y avoir un chemin indo­lore de « tran­si­tion » vers une crois­sance dura­ble, grâce au déve­lop­pe­ment de tech­no­lo­gies nous per­met­tant de vivre demain comme aujourd’hui tout en ayant fait ce que nous devions pour « sauver la pla­nète ».<br />
C’est une super­che­rie, car aucune tech­no­lo­gie, aucune source d’énergie n’est « verte » au sens où elle serait sans impact sur notre envi­ron­ne­ment. Toutes sont consom­ma­tri­ces d’énergie, qu’il faudra pro­duire, et de matiè­res (métaux, miné­raux, eau…) qu’il faudra extraire de l’envi­ron­ne­ment.<br />
La voi­ture électrique dont la bat­te­rie sera rechar­gée par de l’électricité pro­duite par des éoliennes, des pan­neaux solai­res, voir des réac­teurs nucléai­res, ne pro­duira pas de CO2 lorsqu’elle rou­lera sur nos routes (ce qui ne sera pas vrai si l’électricité est pro­duite avec du char­bon, du gaz ou du fioul). En revan­che, sa cons­truc­tion aura généré une pro­duc­tion de gaz à effet de serre supé­rieure à celle de la cons­truc­tion d’une voi­ture à moteur ther­mi­que. Le métal et le plas­ti­que néces­sai­res à son assem­blage, s’ils ne peu­vent pas être com­plè­te­ment recy­clés, géné­re­ront des déchets. Le recy­clage de ces véhi­cu­les électriques lui-même consom­mera des quan­ti­tés impor­tan­tes d’énergie. Celui des bat­te­ries est encore bien loin d’être garanti. Enfin, pour ali­men­ter en électricité un parc auto­mo­bile équivalent à celui du parc de véhi­cu­les ther­mi­ques d’aujourd’hui, il faudra pro­duire et poser des mil­liers de kilo­mè­tres de câbles de cuivre et d’après cer­tains experts consom­mer en 30 ans plus de réser­ves de ce métal que nous n’en avons consommé depuis l’aube de l’huma­nité. Les mines de cuivre sont de moins en moins pro­duc­ti­ves. Le pour­cen­tage de mine­rai dans la roche de plus en plus faible et il faut dépla­cer et trans­for­mer des quan­ti­tés crois­san­tes de roches pour extraire, à l’aide de pro­duits chi­mi­ques, le mine­rai qui est ensuite trans­porté vers les lieux de consom­ma­tion. Mais cela ne nous trou­blera pas, cette acti­vité minière se dérou­lant loin de chez nous, en Amérique du Sud ou bien en Afrique, alors qu’en Europe, aucun projet minier ne peut être déve­loppé en raison de l’oppo­si­tion des opi­nions publi­ques.<br />
Il n’y a rien de très écologique dans tout cela et l’amé­lio­ra­tion en termes d’émissions de CO2 sera payée par d’impor­tan­tes dégra­da­tions des milieux et une exploi­ta­tion ren­for­cée des res­sour­ces métal­li­ques de la pla­nète, portée un niveau sans pré­cé­dent.<br />
Ces nou­vel­les tech­no­lo­gies « de tran­si­tion » devraient être pré­sen­tées pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire des ten­ta­ti­ves de trou­ver des solu­tions à l’impasse du déve­lop­pe­ment du capi­ta­lisme fondé sur la consom­ma­tion sans limite d’énergies fos­si­les. Ces ten­ta­ti­ves com­por­tent d’impor­tan­tes consé­quen­ces néga­ti­ves sur l’envi­ron­ne­ment qui sont loin d’être connues et évaluables avant leur géné­ra­li­sa­tion.<br />
Aussi, plutôt que de pro­mou­voir de grands bas­cu­le­ments tech­no­lo­gi­ques, obéis­sant à des calen­driers très serrés, d’ailleurs inte­na­bles, il serait plus pru­dent de mul­ti­plier les ini­tia­ti­ves, de tester, d’étudier les consé­quen­ces de chacun de nos actes sur notre envi­ron­ne­ment, d’aller len­te­ment en somme.<br />
Mais la len­teur ne cor­res­pond pas aux inté­rêts du capi­ta­lisme finan­cier à la recher­che de nou­veaux mar­chés qu’il faut déve­lop­per rapi­de­ment pour géné­rer des taux de retour sur inves­tis­se­ments rapi­des et élevés. La « taxo­no­mie euro­péenne » sécu­ri­sera les inves­tis­se­ments futurs et contri­buera au déve­lop­pe­ment de ces nou­veaux mar­chés, en leur don­nant un label écologique et en assu­rant la bonne cons­cience des consom­ma­teurs.<br />
Cette pru­dence ne convient pas non plus à ce qu’est deve­nue la poli­ti­que qui, faute d’être capa­ble de pro­po­ser un projet de société, pré­sente un cata­lo­gue de solu­tions tech­ni­ques. Les partis poli­ti­ques ne nous pro­po­sent plus de choi­sir entre le socia­lisme ou le capi­ta­lisme, la coo­pé­ra­tion ou la concur­rence, la fra­ter­nité ou la défense de nos inté­rêts égoïstes, la droite ou la gauche, mais entre le nucléaire ou les énergies renou­ve­la­bles, la réno­va­tion ther­mi­que totale ou par­tielle de nos loge­ments, la 5 G pour tous main­te­nant au plus tard, etc.<br />
Le capi­ta­lisme a connu une période de crois­sance extra­or­di­naire au len­de­main de la Deuxième Guerre mon­diale jusqu’au début des années 1970. Là, il a connu un pre­mier coup d’arrêt dont il s’est sorti en s’affran­chis­sant des contrain­tes natio­na­les qui limi­taient son déve­lop­pe­ment, ce que l’on a décrit comme la mon­dia­li­sa­tion ou la glo­ba­li­sa­tion de l’économie. Ce deuxième souf­fle n’a pas été dura­ble et depuis le début des années 2000 les économistes s’inter­ro­gent pour savoir si nous sommes entrés dans une phase longue de sta­gna­tion économique.<br />
Mis en cause du point de vue de sa capa­cité à géné­rer une crois­sance économique dura­ble, le capi­ta­lisme l’est aussi en raison des résul­tats de cette crois­sance économique : des­truc­tion mas­sive de l’envi­ron­ne­ment, épuisement des res­sour­ces natu­rel­les à com­men­cer par les énergies fos­si­les, bou­le­ver­se­ments cli­ma­ti­ques, explo­sion des iné­ga­li­tés dans le monde entier. Cette évolution a été syn­thé­ti­sée par l’économiste Branko Milanovic en 2016 grâce à sa « courbe de l’éléphant » décri­vant l’évolution des reve­nus de la popu­la­tion mon­diale. Cette courbe mon­trait une aug­men­ta­tion forte en pour­cen­tage, mais déri­soire valeur abso­lue, des reve­nus des plus pau­vres, une explo­sion des reve­nus les plus riches, et entre les deux un effon­dre­ment du revenu des clas­ses dites moyen­nes, c’est-à-dire la grande majo­rité de la popu­la­tion mon­diale.<br />
Dans ces condi­tions, l’accu­mu­la­tion du capi­tal a besoin d’inven­ter un récit ver­tueux pour se retrou­ver une légi­ti­mité. Cette taxo­no­mie y contri­buera en habillant de vert la pour­suite de la crois­sance économique dans les mêmes condi­tions que celles dont nous déplo­rons les effets aujourd’hui.<br />
Mais il y a un autre visage de ce débat euro­péen sur la taxo­no­mie.<br />
Il s’est concen­tré sur l’énergie, en par­ti­cu­lier sur le fait de savoir s’il fal­lait clas­ser le nucléaire et le gaz dans la caté­go­rie des « pro­duits verts » ou non. Le gou­ver­ne­ment fran­çais a défendu ce point de vue en expli­quant que la pro­duc­tion d’électricité d’ori­gine nucléaire était peu émettrice de CO2, à la dif­fé­rence de la pro­duc­tion d’électricité uti­li­sant des énergies fos­si­les. L’Allemagne et la Pologne ont défendu l’intro­duc­tion du gaz dans la caté­go­rie verte en expli­quant que celui-ci émettait beau­coup moins de gaz à effet de serre pour pro­duire de l’électricité que le char­bon ou le lignite et per­met­tait une baisse impor­tante et rapide des émissions de gaz à effet de serre du sec­teur de l’énergie dans les pays ne sou­hai­tant pas uti­li­ser l’énergie nucléaire. La France, l’Allemagne et la Pologne se sont enten­dues pour défen­dre leurs inté­rêts, deve­nus com­muns, et ont obtenu gain de cause auprès de la Commission de l’Union euro­péenne qui a inté­gré le nucléaire et le gaz dans les énergies de tran­si­tion pour une durée limi­tée.<br />
Les Verts alle­mands à peine arri­vés au pou­voir avec leurs par­te­nai­res du SPD en ont été un peu fâchés, sans aller jusqu’à se reti­rer de la coa­li­tion. Pascal Canfin, ex-minis­tre EELV du gou­ver­ne­ment de Jean-Marc Ayrault et ex-direc­teur géné­ral du WWF, main­te­nant député euro­péen macro­nisme s’est féli­cité de ce com­pro­mis.<br />
Sans tran­cher sur le fait de savoir si le nucléaire et le gaz sont des énergies écologiques ou non, il faut cons­ta­ter que grâce à cet acte délé­gué, la Commission euro­péenne étend sen­si­ble­ment son champ de com­pé­tence sans que per­sonne n’y trouve à redire.<br />
Le traité de Lisbonne entrée en vigueur le 1er décem­bre 2009 a fait de la poli­ti­que énergétique une com­pé­tence par­ta­gée : les États mem­bres sont com­pé­tents pour tout ce que l’union n’a pas décidé de régler elle-même. L’arti­cle 194 du TFUE (traité sur le fonc­tion­ne­ment de l’Union euro­péenne) pré­cise que les États mem­bres conser­vent le droit de déter­mi­ner leur mix de pro­duc­tion énergétique. En d’autres termes, les États mem­bres ont le droit de choi­sir s’ils pré­fè­rent recou­rir au nucléaire, au gaz ou à tout autre source d’énergie pour répon­dre à leurs besoins. Cependant l’arti­cle 191 du même traité pré­voit que l’Union euro­péenne peut adop­ter, pour pro­té­ger l’envi­ron­ne­ment, des mesu­res affec­tant sen­si­ble­ment le choix d’un État membre entre les dif­fé­ren­tes sour­ces d’énergie et la struc­ture géné­rale de son appro­vi­sion­ne­ment énergétique.<br />
C’est un bon exem­ple de l’équilibre du droit de l’Union euro­péenne : entre la liberté lais­sée aux états mem­bres et le pou­voir de la Commission euro­péenne, c’est ce der­nier qui finit tou­jours par l’empor­ter. Dans l’exem­ple qui nous occupe, la liberté lais­sée aux États de choi­sir leur mix énergétique n’est plus qu’un leurre, puisqu’un acte délé­gué de la com­mis­sion de l’Union euro­péenne peut en réa­lité le défi­nir. Il est amu­sant de voir les can­di­dats à l’élection pré­si­den­tielle en France défen­dre ou récu­ser le recours à l’énergie nucléaire pour pro­duire de l’électricité alors qu’en réa­lité, la réponse à cette ques­tion ne dépend déjà plus d’eux, mais de l’avenir du texte que la Commission euro­péenne a mis en consul­ta­tion au début du mois de février. Il faut pré­ci­ser que le texte en ques­tion ne peut plus être amendé, il ne peut plus être qu’adopté ou rejeté par le Parlement euro­péen et le conseil euro­péen.<br />
Il y a par ailleurs quel­que chose d’irréel à voir la Commission euro­péenne déci­der du bon mix énergétique pour l’Union euro­péenne d’ici à 2050, au moment où les résul­tats désas­treux de la poli­ti­que de libé­ra­li­sa­tion du marché de l’énergie qu’elle a impo­sée en Europe affec­tent dure­ment la popu­la­tion. Les prix de l’électricité et du gaz sont au plus haut. La com­mis­sion a d’ailleurs dû oublier pour quel­que temps les règles qu’elle a impo­sées ces der­niè­res années, pour per­met­tre aux gou­ver­ne­ments euro­péens de cor­ri­ger mas­si­ve­ment les « dys­fonc­tion­ne­ments » du marché de l’énergie, en sub­ven­tion­nant les entre­pri­ses, en fixant des prix régu­lés de vente de l’énergie très loin des cours astro­no­mi­ques atteints sur « les mar­chés », en accor­dant des chè­ques au consom­ma­teur pour qu’ils puis­sent se chauf­fer et se dépla­cer, en pra­ti­quant la fis­ca­lité qu’ils sou­hai­taient sur l’énergie.<br />
En quel­ques semai­nes, l’Europe a remis en vigueur tous les outils de l’économie admi­nis­trée qui avait permis à l’Europe de sortir de la pré­ca­rité énergétique.<br />
Étonnamment, cela ne sus­cite aucun vrai débat en France et ailleurs, sur la libé­ra­li­sa­tion du marché de l’énergie, la per­ti­nence de la poli­ti­que de l’Union euro­péenne et des moda­li­tés d’inter­ven­tion de la Commission euro­péenne. Des amé­na­ge­ments tem­po­rai­res sont pro­po­sés, mais per­sonne ne se risque à deman­der que nous sor­tions de ce cadre absurde, imposé par pure idéo­lo­gie par la Commission euro­péenne appuyée par un cer­tain nombre d’États mem­bres de l’Union, convain­cus que la concur­rence était la réponse à toutes les ques­tions.<br />
Bien au contraire, les can­di­dats à gauche comme à droite, se disent par­ti­sans d’une Europe forte. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Elle dis­pose déjà d’une force consi­dé­ra­ble. Les États-Unis d’Amérique sont, per­sonne ne le contes­tera, un vieil État fédé­ral. Mais dans celui-ci, le niveau fédé­ral n’a jamais pré­tendu impo­ser à chacun des États son mix électrique, une fis­ca­lité indi­recte unique, ni beau­coup d’autres choses impo­sées au sein de l’Union euro­péenne. Impuissante à l’exté­rieur, l’Union euro­péenne dis­pose d’une puis­sance déme­su­rée à l’inté­rieur. La com­mis­sion la ren­force chaque jour sous les applau­dis­se­ments. Thierry Breton vient de pré­sen­ter un plan de déve­lop­pe­ment de l’indus­trie euro­péenne des semi-conduc­teurs. Au lieu de lais­ser les États mem­bres déve­lop­per leur poli­ti­que indus­trielle, les allian­ces qu’il sou­haite avec d’autres états mem­bres de l’union, la com­mis­sion veut impo­ser un cadre à tous les États mem­bres, conforme au droit de la concur­rence de l’Union euro­péenne, la com­mis­saire en charge de ce dos­sier l’a réaf­firmé. Généreusement, Thierry Breton pré­voit un finan­ce­ment de son plan, en partie par le plan de relance euro­péen, lequel est financé par les contri­bu­tions des États mem­bres et la France paie beau­coup plus qu’elle ne reçoit à ce titre. C’est ainsi que si la France veut faire quel­que chose dans le domaine des semi-conduc­teurs, elle va fina­le­ment payer plus cher en le fai­sant dans le cadre euro­péen que si elle le fai­sait toute seule, en étant de sur­croît sou­mise aux inter­mi­na­bles pro­cé­du­res de l’Union qui font que nous arri­vons tou­jours après la bataille.<br />
Évidemment cela n’est pas un sujet de débat pour une élection pré­si­den­tielle en France, puis­que chacun sait que nous élisons un Président de la République dis­po­sant de pou­voirs tel­le­ment étendus qu’il pourra trans­for­mer le pays en cinq ans sans être soumis à toutes ces choses secondai­res…<br />
La cam­pa­gne pré­si­den­tielle est déci­dé­ment déconnec­tée de la réa­lité et il est dif­fi­cile de repro­cher aux citoyens de s’en désin­té­res­ser.<br />
Jean-François Collin<br />
9 février 2022</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Mon, 27 Dec 2021 22:16:33 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Il n’y a pas qu’en Europe que la résistance s’installe]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Les protestations concernant les décès post-vaccinaux s’étendent à la Corée du Sud</p><p>Par <a href="https://www.rt.com/news/544464-south-korea-vaccine-death-protests/">Russia Today</a> − Le 26 decembre 2021</p><p>Des manifestants affirmant que des membres de leur famille ont été tués par les vaccins Covid-19 sont montrés lors d’un rassemblement au début du mois en Corée du Sud. YouTube / Conseil des familles et des victimes du vaccin Covid-19</p><p>L’une des nations les plus vaccinées au monde voit son opinion publique s’opposer de plus en plus aux vaccins Covid-19. Les manifestations contre les décès consécutifs à la vaccination se multiplient en Corée du Sud.</p><p>Des manifestants se sont réunis à Busan dimanche, après qu’un rassemblement similaire ait eu lieu à Séoul le jour de Noël. Des manifestants mécontents ont brandi de grands portraits de membres de leur famille décédés – comme ceux qui sont généralement exposés lors des funérailles en Corée du Sud – et ont témoigné de la façon dont leurs proches sont morts peu après avoir été vaccinés contre le Covid-19.</p><p>Des dizaines de portraits funéraires ont été exposés lors de la manifestation de samedi au complexe gouvernemental de Séoul. Les manifestants ont demandé au gouvernement d’identifier les causes des effets indésirables et d’admettre que les vaccins sont à blâmer.</p><p>[embedded content]</p><p>Plus de 1 000 Sud-Coréens <a href="https://koreajoongangdaily.joins.com/2021/08/24/national/socialAffairs/covid19-vaccine-deaths/20210824191200483.html">sont morts</a> peu après avoir reçu des injections de vaccins anti Covid-19, mais le gouvernement n’a confirmé un lien de causalité avec les vaccins que dans un petit nombre de cas. Dans l’un des rares cas où un effet indésirable grave a été reconnu, une aide-soignante a été, en août, victime d’un accident du travail et a reçu des allocations gouvernementales après avoir été <a href="https://www.yahoo.com/now/korea-nurse-eligible-govt-benefit-024721124.html">paralysée</a> à la suite d’une injection d’AstraZeneca.</p><p>Une semaine seulement après le lancement des vaccins Covid-19, fin février début mars, l’agence sud-coréenne de <a href="https://www.kdca.go.kr/board.es?mid=a20501000000&amp;bid=0015&amp;list_no=712645&amp;act=view">contrôle et de prévention des maladies</a> a déclaré que sept personnes étaient décédées et que 24 autres avaient signalé des effets indésirables graves après avoir reçu les vaccins d’AstraZeneca. Le gouvernement aurait ouvert une enquête en août après le décès d’un adolescent qui ne présentait aucune pathologie sous-jacente, suite à l’inoculation du vaccin Covid-19 de Pfizer-BioNTech.</p><p>Une association appelée Conseil des familles et des victimes du vaccin Covid-19 a organisé des rassemblements dans plusieurs villes de Corée du Sud. Dimanche, les manifestants <a href="https://www.yna.co.kr/view/AKR20211226056600051?section=search">ont défilé</a> de l’hôtel de ville de Busan à l’université nationale de l’éducation de Busan, selon Yonhap News.</p><p>La sécurité des vaccins pourrait devenir un sujet de controverse lors de l’élection présidentielle en Corée du Sud. La semaine dernière, le parti d’opposition <a href="https://www.yna.co.kr/view/AKR20211221147400001?section=search">People’s Power</a> a organisé une audience publique sur les effets secondaires des vaccins, invitant les victimes présumées et les membres de leur famille à proposer des mesures de soutien que le candidat présidentiel Yoon Seok-yeol pourrait adopter.</p><p>Kim Jong-in, le président de campagne du parti, aurait accusé l’administration du président Moon Jae-in d’être indifférente aux dommages causés par les vaccins. L’administration s’est engagée à indemniser les victimes des effets secondaires des vaccins, mais c’est également elle qui décide si les blessures et les décès sont attribués aux vaccins. « Je pense que les gens ont atteint un point où ils ne peuvent plus faire confiance au gouvernement », a déclaré Kim.</p><p>La Corée du Sud a l’un des <a href="https://www.usnews.com/news/best-countries/articles/covid-19-vaccination-rates-by-country">taux de vaccination</a> les plus élevés au monde, et le vaccin Covid-19 n’a pas fait exception. Environ 83 % des Sud-Coréens ont été vaccinés contre le Covid-19, ce qui en fait l’un des taux le plus élevé parmi les pays du G20.</p><p>Russia Today</p><p>Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/817/biden-ouvre-la-voie-a-une-ideologie-dangereuse</guid>
	<pubDate>Sun, 26 Dec 2021 09:51:59 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/817/biden-ouvre-la-voie-a-une-ideologie-dangereuse</link>
	<title><![CDATA[Biden ouvre la voie à une idéologie dangereuse]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Si l’on se penche sur les organisations qui ont contribué à la préparation et à la présentation de personnalités politiques américaines telles qu’Ilhan Omar ou Rashida Tlaib, dans leMichigan, ainsi qu’un nombre important d’islamistes qui se sont portés candidats aux élections américaines, on se rend compte qu’elles proviennent toutes d’une même source, ce qui explique ce récit unifié et l’utilisation d’un vocabulaire commun.</p><p>Le Conseil des relations américano-islamiques, qui se définit comme la plus grande organisation musulmane des libertés civiles – et dont le directeur exécutif, Nihad Awad, ne cache pas son admiration pour le régime turc ni ses liens étroits avec Erdogan –, est l’unique source de cette vague politique islamiste qui déferle depuis peu aux États-Unis.</p><p>Awad a appelé la direction du Congrès et l’administration Biden-Harris à soutenir ce projet de loi et à rendre concret ce poste d’envoyé spécial. «Alors que l’islamophobie mondiale, les politiques étatiques antimusulmanes et les incidents motivés par la haine augmentent au cours des deux dernières décennies, la communauté musulmane américaine a toujours appelé à la création d’un poste d’envoyé spécial pour surveiller et combattre ce flot croissant de haine», écrit-il.</p><p>Au cours du présent mois, le Conseil des relations américano-islamiques a décerné à Ilhan Omar le prix du fonctionnaire américano-musulman de l’année pour «son militantisme au sein de la Chambre des représentants des États-Unis, à la lumière de sa récente querelle avec la représentante Lauren Boebert [la représentante du Colorado], qui a tenu des propos islamophobes à l’encontre de sa collègue membre du Congrès».</p><p>C’est exactement ainsi que fonctionnent les islamistes: en se victimisant, puis en glorifiant leurs actions au nom de «l’islamophobie», profitant du fait que le président Joe Biden ouvre la voie à l’idéologie la plus dangereuse de notre histoire moderne.</p><p>«L’administration est impatiente de travailler avec le Congrès afin de garantir que le secrétaire d’État dispose de la flexibilité et de l’autorité permissive nécessaires pour désigner un bureau ainsi qu’un envoyé spécial et pour fournir un rapport annuel de surveillance des actes d’islamophobie dans les pays étrangers», déclare la Maison Blanche.</p><p>Les Américains doivent comprendre que les islamistes sont des oppresseurs dans leur propre patrie. Ils sont prêts à tout pour manipuler la bonne volonté de l’Américain moyen qui respecte la liberté de religion et s’attend à ce que les autres le fassent aussi.</p><p>Les deux cent douze députés républicains qui ont voté contre cette loi ne sont pas des «islamophobes». Au contraire, ils ont pris cette mesure courageuse afin de défendre des musulmans qui, comme moi, croient en la Constitution américaine et sont la cible des islamistes américains – justement parce qu’ils y croient. Ils l’ont fait pour protéger la première modification apportée à la Constitution, qui garantit la liberté d’expression en interdisant au Congrès de restreindre la presse ou les droits des individus à s’exprimer librement.</p><p>Cependant, le combat est loin d’être fini. L’année prochaine, le projet de loi sera présenté au Sénat américain, où il devrait stagner – comme il se doit – tandis que des sénateurs tels queTed Cruz devraient se concentrer sur la désignation des Frères musulmans comme groupe terroriste avant qu’il ne soit trop tard.</p><p>Dalia al-Aqidi est chercheuse principale au Center for Security Policy. Twitter: @DaliaAlAqidi</p><p>NDLR: L’opinion exprimée dans cette page est propre à l’auteur et ne reflète pas nécessairement celle d’Arab News en français.</p><p>Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/771/derriere-la-crise-entre-lue-et-la-pologne-la-revanche-du-politique-sur-le-juridique</guid>
	<pubDate>Sun, 14 Nov 2021 18:47:47 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/771/derriere-la-crise-entre-lue-et-la-pologne-la-revanche-du-politique-sur-le-juridique</link>
	<title><![CDATA[Derrière la crise entre l&#039;UE et la Pologne, la revanche du politique sur le juridique]]></title>
	<description><![CDATA[<p>

 12h45 , le 12 novembre 2021, modifié à 12h48 , le 12 novembre 2021</p><p>La décision du Tribunal constitutionnel polonais selon laquelle la Constitution nationale doit primer sur le droit européen est apparue comme un coup de semonce porté à l'édifice juridique européen et a déclenché une série de débats. La hiérarchie des normes semblait acquise à partir du moment où un État adhérait à ce nœud de traités qu'est l'Union européenne (UE) : le droit national en conflit avec le droit européen devait céder. La Cour de justice de l'Union (CJUE) était la gardienne scrupuleuse de la solidité des liens juridiques unissant les différentes composantes de cet ensemble. Mais en revenant sur ce postulat, le Tribunal polonais a pris une décision très politique.</p><p>Celle-ci est apparue d'autant plus choquante aux yeux des observateurs que le gouvernement de Varsovie est considéré par plus d'un comme autoritaire et malmenant l'État de droit.</p><p>Le débat possible sur les rapports entre le droit national et le droit européen a donc été rendu inaudible, car il a été placé à des niveaux qui faisaient de la discussion quelque chose d'impossible à tolérer. Pour certains, l'affaire était trop grave : l'État de droit, et même l'avenir de l'Union étaient en jeu. La décision polonaise devait donc absolument être révisée.</p><p>La question devenait dès lors "comment faire plier ce gouvernement?" Or, comme la capacité de l'Union à faire appliquer certaines de ses décisions est aussi puissante que celle de la Société des Nations en son temps, c'est-à-dire nulle, il n'y avait que l'arme économique et celle des fonds promis au titre du plan de relance "EU Next generation" qui pouvaient peut-être faire plier Varsovie.</p><p>Que l'Union doive recourir à pareille menace en dit long sur l'état de dégradation des rapports politiques en son sein.</p><p>Pour d'autres, acquis à un certain souverainisme et prêts à oublier les atteintes à l'État de droit orchestrées par le gouvernement polonais, la Pologne était libre de ses choix, et c'est le droit européen qui devait céder. Peu importe la nature des décisions prises, la démocratie impliquait un renversement dans la hiérarchie des normes.</p><p>Le débat impossible prend ainsi une nouvelle fois place, avec l'opposition supposée entre, d'un côté, le camp du droit et du bien et de l'autre, le camp du souverainisme arc-bouté, nationaliste et, dans le fond, condamnable. La pensée binaire avait encore une fois frappé.</p><p>L'UE est pétrie de paradoxes : projet politique, elle s'est construite sur la méfiance envers le politique et a voulu le museler par le droit et l'économique.</p><p>Désormais, le politique revient à la charge sous différentes formes, illustrant à sa manière la théorie du frigo de Jacques Rupnik. Ce dernier, en analysant l'éclatement du fédéralisme yougoslave, l'expliquait par des conflits conservés au réfrigérateur pendant l'ère de Tito, mais au prix d'un pourrissement inquiétant. L'Union européenne, sans basculer dans la guerre civile, expérimente elle aussi les retours d'un politique trop longtemps endigué.</p>
<p>Le politique saisi par le droit</p>
<p>Le projet européen se voulait un projet politique dont l'arc allait du rétablissement de la paix sur le continent à la lutte contre le communisme.</p><p>Il est l'enfant de l'Europe vaticane des années 1950, un projet chrétien-démocrate qui s'est pensé aussi bien contre le keynésianisme que contre le socialisme et, surtout, le communisme.</p><p>Le projet était très largement fondé sur l'idée que des solidarités successives de nature économique débordant sur d'autres domaines donneraient naissance à quelque chose d'hybride qui ne serait ni État-nation, ni Empire, mais une sorte de fédération des nations.</p><p>En réalité, le projet s'est construit sur la méfiance à l'égard du politique, visant à l'enserrer, le limiter et le placer sous la férule du marché et du droit (lois budgétaires encadrées, gestion de la monnaie confiée à une banque centrale indépendante, ordre juridique émanant de la concurrence libre et non faussée…). Le politique étant assimilé à la guerre, au nationalisme ou encore aux préjugés, il ne pouvait qu'inspirer la défiance.</p><p>Mais il ne s'est pas seulement agi de l'encadrer. Il s'est aussi agi de se substituer à lui, et d'imaginer ses intentions. C'est ici que la CJUE entre en scène, comme je l'indique dans mon livre : sa méthode d'interprétation du droit poursuit des objectifs de nature politique. Elle considère que le droit ne doit pas être strictement appliqué, mais appréhendé de façon extensive, dans le cadre des objectifs implicites contenus dans les traités : en cas de litige, l'interprétation du droit doit toujours privilégier un supposé "esprit des traités", impliquant le renforcement de l'intégration supranationale.</p><p>Les prérogatives accordées au juge lui donnent donc un pouvoir presque constituant, puisqu'il lui appartient de combler les lacunes supposées du droit communautaire.</p><p>On voit donc bien là comment le juridique est censé guider et soumettre le politique.</p>
<p>L'UE ou l'art du paradoxe : défense de l'État de droit et méfiance à l'égard de la démocratie</p>
<p>La méfiance à l'égard du politique s'est parfois transformée en dérive antidémocratique. Cela, moins pour les raisons habituellement évoquées (Parlement européen faiblement doté de pouvoirs, technocratie omnipotente) que du fait d'une sorte de suspicion de la part des autorités européennes vis-à-vis de ce qui pouvait sortir des urnes nationales.</p><p>L'élection d'Alexis Tsípras en Grèce avait ainsi été accueillie par la surprenante sortie de Jean-Claude Juncker, l'ancien président de la Commission européenne, qui avait affirmé qu'"il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens".</p><p>L'UE, qui se veut le parangon de l'État de droit, exige son respect de la part des nations européennes pour obtenir une adhésion ou, pour ses membres, des fonds dans le cadre de son plan de relance. Mais, dans le même temps, elle n'hésite pas à vider la démocratie de l'intérieur ou en rend l'exercice compliqué.</p><p>Il faut se souvenir combien, dans les pays du Sud durant les années 2011 et suivantes, il a été difficile de former des majorités, car les choix des citoyens risquaient d'être incompatibles avec les règles européennes. Que l'on se remémore, à cet égard, la difficile accession du bloc des gauches au Portugal, le fonctionnement récent de la démocratie espagnole ou les nouveaux rôles des présidents italiens, comme Giorgio Napolitano ou Sergio Matarella, grands ordonnateurs de gouvernements européistes.</p>
<p>Le paradoxe économique : quand l’économique capture le politique</p>
<p>L'autre paradoxe vient de l'économie. Cette dernière devait donner naissance à du politique, mais le marché a finalement capturé le politique.</p><p>Les politiques économiques non coopératives l'ont emporté, et la recherche de la compétitivité a fait oublier que l'Union européenne était, au départ, une communauté de partenaires et pas uniquement de concurrents.</p><p>La logique de la libre circulation des capitaux et l'affirmation de la logique concurrentielle ont autonomisé la sphère économique, qui est devenue centrale dans le projet européen. L'objectif désormais était la mise en œuvre de réformes structurelles affectant la protection sociale et le marché du travail. De plus en plus de domaines économiques, comme la politique commerciale, sont ainsi soustraits de la délibération collective.</p><p>En somme, les paradoxes traversant l'organisation juridique et économique de l'Union en font non seulement un lieu de développement des travers les plus inquiétants de la seconde mondialisation (la mondialisation financière, débutée à la fin des années 1970) à travers les possibilités de concurrence déloyale (dumping social et fiscal) qu'ils ouvrent, mais nourrissent aussi les contestations.</p><p>Cet arrière-plan met à mal certains piliers sur lesquels repose l'adhésion des citoyens à l'UE et participe à l'intensification de la fréquence à laquelle l'Union rencontre des crises depuis 2010 (la crise dite grecque, la crise migratoire, les tensions à l'est, etc.). Ce faisant, la contestation de l'ordre européen, ne pouvant s'opérer sur un terrain politique cadenassé, s'est déportée dans les domaines économique et juridique.</p><p>Que l'on songe déjà au Brexit : le Royaume-Uni avait fait du retour à la supériorité au droit britannique sur celui de l'Europe une pierre angulaire de sa sortie. Et dans l'ordre économique, les pays d'Europe centrale et orientale cédaient, ces dernières années, au contre-projet de mondialisation chinois, les nouvelles routes de la soie. Mais le politique prend désormais d'autres visages.</p>
<p>Les différents visages du retour du politique</p>
<p>Il y aurait tout un nuancier à explorer pour observer le retour du politique dans la contestation contre l'UE.</p><p>Il est revenu de manière inquiétante lors de la crise dite grecque, durant laquelle les préjugés à l'égard des pays du sud ont prospéré un peu partout. Le nationalisme que l'Europe avait combattu depuis sa création revenait sous la forme d'un racisme décomplexé. Souvenons-nous de certains titres de journaux allemands ou encore des sorties de l'ancien président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, parlant de la préférence des habitants du sud pour l'alcool et les femmes.</p><p>Mais le politique n'a pas cessé d'exister dans les pays forts et dominants du continent, comme l'Allemagne qui, d'une part, adhérait à l'ordre économique et juridique européen, mais, de l'autre, disposait d'une Cour constitutionnelle ne cédant pas d'un pouce sur la souveraineté allemande, exigeant que l'Allemagne puisse toujours décider par soi-même et pour soi-même.</p><p>La Pologne, sans détenir la même puissance - et peu importent ses motifs - voulait à son tour faire valoir la possibilité d'imposer son ordre juridique national et a porté la contestation là où le Royaume-Uni l'avait fait avant elle : sur le terrain du droit. En faisant prévaloir son droit sur celui de l'Europe, elle n'est pas le héraut de la démocratie retrouvée de demain qui reconquiert fièrement sa souveraineté, mais le signe supplémentaire de la décomposition d'un ordre européen fondé sur le droit et le marché.</p><p>La déconstruction européenne continuera d'emprunter les chemins du droit, d'autant plus que les sujets clés à venir sont à haute teneur juridique : gestion des flux migratoires, dumping social, fiscal, normes techniques, sanitaires, phytosanitaires. La Pologne poursuit le travail britannique et l'Union européenne n'a rien d'autre à offrir. Elle est en panne d'imaginaire et a montré que face aux enjeux de nos économies, elle apparaît confuse, contradictoire et exacerbe les tensions plus qu'elle ne parvient à les résoudre.</p><p>Cet article est republié à partir de <a href="https://theconversation.com">The Conversation</a> sous licence Creative Commons. Lire l’<a href="https://theconversation.com/crise-ue-pologne-le-retour-du-politique-170577">article original</a>.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/768/cop26-comment-les-elites-nous-preparent-un-%E2%80%9Cpass-carbone%E2%80%9C</guid>
	<pubDate>Sun, 14 Nov 2021 14:53:12 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/768/cop26-comment-les-elites-nous-preparent-un-%E2%80%9Cpass-carbone%E2%80%9C</link>
	<title><![CDATA[COP26 : comment les élites nous préparent un “pass carbone“]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>1.Le prince Charles en roue libre</p>
<p>Lors de la COP26,  le <a href="https://www.nbcnews.com/video/u-k-s-prince-charles-addresses-u-n-cop26-climate-conference-in-glasgow-125089861646">Prince Charles</a> a tenu des propos surréalistes concernant le futur de l’humanité. Des propos, qui par ailleurs, ont été peu ou pas repris par les médias hexagonaux.</p><p>La feuille de route ne parle pas de confinement pour fin 2021 mais de pénuries et d’installation de contrôles militaires pour le programme de transition et de renoncement à la dette. </p><p>Il a expliqué, d’un ton sur et monotone, qu’il fallait mettre en place une campagne militaire qui imposera la nouvelle transition économique mondiale afin de sauver la planète en y injectant des milliers de milliards de dollars, une somme plus importante que le PIB mondial !</p><p>Il affirme que les pays sont gravement endettés et qu’ils ne pourront pas faire face aux défis climatiques.</p><p>Qui pouvait mieux annoncer cette grande réinitialisation du monde que « son Altesse » dont l’obsession climatique est bien connue de tous !</p><p>Ségolène Royal l’avait d’ailleurs fait venir chez nous, en décembre 2015, pour trôner aux côtés de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Bloomberg">Michael Bloomberg</a> (un des mécènes de Joe Biden), <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Al_Gore">Al Gore</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Sp%C3%A9cial%3ARecherche&amp;fulltext=1&amp;search=Arnold%20Schwarzenegger&amp;ns0=1">Arnold Schwarzenegger</a>, au sommet de la COP21 aboutissant aux fameux Accords de Paris.</p><p>Si ces dirigeants mondiaux mettaient à disposition cet argent fictif gagné via la spéculation boursière, ce n’est pas pour le bien de l’humanité mais pour en contrôler l’avenir.</p><p>Comment imaginer un seul instant que Jeff Bezos, le patron d’Amazon, devenu milliardaire en vendant des gadgets chinois aux Américains et aux Européens en détruisant leur industrie et leur petit commerce, puisse à un moment devenir une partie de la solution au problème climatique !</p><p>Nous assistons, donc, à la mise en place du Nouvel ordre mondial, une dictature mise en place par le secteur privé mondialiste, qui veut mettre fin aux démocraties que nous connaissons en utilisant systématiquement la menace pour arriver à ses fins.</p><p>Pour rappel, du 9 au 11 novembre 2020, s’est tenue une rencontre de haut niveau, baptisée  <a href="https://fr.weforum.org/events/green-horizon-summit-the-pivotal-role-of-finance-2020">Green Horizon summit </a>, réunissant une centaine de décideurs financiers et économiques de haut vol, tous avides d’examiner comment passer de la théorie climatique à la spéculation verte : le Great Reset de leur portefeuille au détriment de la planète.</p><p>Selon les organisateurs, le sommet avait pour but d’accélérer l’innovation financière dans le climat, en promouvant des initiatives semblables à celles des obligations vertes.</p>
<p>2.Et maintenant l’état d’urgence climatique</p>
<p>En 2015, c’était la menace terroriste, depuis 2 ans nous sommes en état d’urgence sanitaire et demain ce sera la menace climatique.</p><p>En effet, comment ne pas admettre la conformité massive et sans questionnement des peuples aux réglementations restrictives et liberticides du COVID.</p><p>L’idée de confinement climatique pourrait être facilement normalisée à la lumière du respect massif des confinements pandémiques.</p><p>Alors qu’avec la crise sanitaire, beaucoup de responsables se rendent à l’évidence que la mondialisation financière a rongé la substance productive de nos économies et fragilisé nos secteurs publics, cette « Caste » voit comme une énorme menace le retour aux recettes économiques élémentaires ayant fait leurs preuves lors de la reconstruction d’après-guerre.</p><p>Pour ces élites déconnectées, il s’agit, donc, de saisir la formidable occasion que leur offre la peur suscitée par la crise sanitaire mondiale, pour imposer une dictature climatique et de contrôler directement le portefeuille de chaque citoyen.</p><p>De faire en sorte que l’essentiel des investissements soit affecté exclusivement au fameux <a href="https://ec.europa.eu/info/strategy/priorities-2019-2024/european-green-deal_fr">New Green Deal</a> et que les citoyens se comportent comme il faut.</p><p>L’idée est donc de mettre en place une tyrannie plus intrusive en misant sur le fait que les gens peuvent être plus disposés à accepter le suivi et les limitations liées aux quotas carbone personnels pour obtenir un climat plus sûr.</p><p>Si, lors de cette COP26, les gouvernements décident soudainement de bannir le CO2 de leur économie, le monde pourrait connaître un retournement brutal des valeurs d’un tiers de l’économie mondiale, soit la partie liée aux hydrocarbures (lignite, charbon, gaz, pétrole, etc.) et l’écosystème qu’elles entretiennent (exploitation minière, pétrochimie, plastique, etc.).</p><p>Mieux vaut donc prendre les devants et organiser le verdissement de la finance mondiale, afin de limiter les frais et surtout les secousses.</p><p>Pour cette finance-là, faute d’une réelle opposition de la part de gouvernants obéissant à l’intérêt général et non aux lobbies, la crise pandémique de Covid-19 a offert une fenêtre de tir pour mettre en place le type de société totalitaire et de surveillance dont elle rêve depuis longtemps.</p><p>Car s’il s’agit, officiellement, de sauver le climat et la planète, en réalité, ce n’est que l’ultime bouée de sauvetage de la bulle des « actifs verts » et un moyen efficace pour la faire gonfler.</p><p>Nos élites, présentes à Glasgow,  préparent donc des quotas de carbone personnels obligatoires qui introduiraient le rationnement dans tous les domaines de votre vie et ceci via une application qui enregistrerait vos déplacements, vos dépenses de chauffage et même la nourriture que vous mangez.</p><p>D’ailleurs, cette proposition avait été présentée dans la revue scientifique <a href="https://www.nature.com/articles/s41893-021-00756-w">Nature</a> par quatre experts de l’environnement comme un moyen de réduire les émissions mondiales de carbone.</p><p>Le discours ambiant de cette COP26 est donc que, face aux problèmes écologiques présents et à venir,  il est nécessaire de mettre dans l’esprit collectif,  que chaque citoyen soit conscient d’avoir un rôle à jouer dans la lutte contre le changement climatique, en proposant l’instauration d’un compte ou pass carbone.</p><p>À l’image d’un compte en banque, ce compte carbone sera crédité de 2000kg de carbone par français par an, suivant les accords de Paris.<br />Il sera demandé lors de tout achat de produits ou services de première main générant une quantité non négligeable de carbone dans son cycle de production / commercialisation de présenter son compte ou pass carbone sur lequel sera débité le montant de carbone lié à la dépense.</p><p>Il est donc envisagé que pass sanitaire se transformera en pass carbone et donc une limitation des voyages, de la  nourriture, des de km en voiture, etc…</p><p>Le tout au nom de la prochaine crise à venir : le changement climatique.</p><p>Aujourd’hui le pass, renouvelé à minima jusqu’en juillet 2022, offre un QR code pour le vaccin. Et demain ce sera pour votre bilan carbone.</p><p>Et le surlendemain ?</p><p>Reste à savoir si les populations mondiales vont se laisser faire et se faire esclavagiser et de la sorte par cette caste.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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