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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de Monde]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Wed, 18 Aug 2021 20:17:50 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[« Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes … » par Zbigniew Brzezinski]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Au vu de la triste actualité en Afghanistan, nous ressortons cette importante interview de 1998, dont il est fascinant de voir qu’elle n’a eu aucun impact dans notre mémoire collective.</p><p>Rappelons que <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zbigniew_Brzezi%C5%84ski" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Zbigniew Brzezinski</a> était le conseiller du président Carter pour les affaires de sécurité – et que Barack Obama l’a nommé conseiller aux affaires étrangères lors de sa campagne présidentielle… Voir aussi <a href="https://www.les-crises.fr/le-grand-echiquier-de-zbigniew-brzezinski/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ce billet sur son fameux livre Le grand échiquier.</a></p><p>Source : <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Le Nouvel Obs</a>, 15/01/1998</p><p><a href="https://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2015/11/1-1968-3ad6f1.jpg"></a>Le Nouvel Observateur : L’ancien directeur de la CIA Robert Gates l’affirme dans ses Mémoires : les services secrets américains ont commencé à aider les moudjahidine Afghans six mois avant l’intervention soviétique. A l’époque, vous étiez le conseiller du président Carter pour les affaires de sécurité. Vous avez donc joué un rôle clé dans cette affaire ? Vous confirmez ?</p><p>Zbigniew Brzezinski : Oui. Selon la version officielle de l’histoire, l’aide de la CIA aux moudjahidine a débuté courant 1980, c’est-à-dire après que l’armée soviétique eut envahi l’Afghanistan, le 24 décembre 1979.</p><p>Mais la réalité gardée secrète est tout autre : c’est en effet le 3 juillet 1979 que le président Carter a signé la première directive sur l’assistance clandestine aux opposants du régime prosoviétique de Kaboul. Et ce jour-là j’ai écrit une note au président dans laquelle je lui expliquais qu’à mon avis cette aide allait entraîner une intervention militaire des Soviétiques.</p><p>Le Nouvel Observateur : Malgré ce risque vous étiez partisan de cette « covert action » (opération clandestine). Mais peut-être même souhaitiez-vous cette entrée en guerre des Soviétiques et cherchiez-vous à la provoquer ?</p><p>Zbigniew Brzezinski : Ce n’est pas tout à-fait cela. Nous n’avons pas poussé les Russes à intervenir, mais nous avons sciemment augmenté la probabilité qu’ils le fassent.</p><p>Le Nouvel Observateur : Lorsque les Soviétiques ont justifié leur intervention en affirmant qu’ils entendaient lutter contre une ingérence secrète des Etats-Unis en Afghanistan, personne ne les a crus. Pourtant il y avait un fond de vérité. Vous ne regrettez rien aujourd’hui ?</p><p>Zbigniew Brzezinski : Regretter quoi ? Cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d’attirer les Russes dans le piège Afghan et vous voulez que je le regrette ? Le jour où les Soviétiques ont officiellement franchi la frontière, j’ai écrit au président Carter, en substance : « Nous avons maintenant l’occasion de donner à l’URSS sa guerre du Vietnam. » De fait, Moscou a dû mener pendant presque dix ans une guerre insupportable pour le régime, un conflit qui a entraîné la démoralisation et finalement l’éclatement de l’empire soviétique.</p><p>Le Nouvel Observateur : Vous ne regrettez pas non plus d’avoir favorisé l’intégrisme islamiste, d’avoir donné des armes, des conseils à de futurs terroristes ?</p><p>Zbigniew Brzezinski : Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques excités islamistes où la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ?</p><p>Le Nouvel Observateur : Quelques excités ? Mais on le dit et on le répète : le fondamentalisme islamique représente aujourd’hui une menace mondiale.</p><p>Zbigniew Brzezinski : Sottises. Il faudrait, dit-on, que l’Occident ait une politique globale à l’égard de l’islamisme. C’est stupide : il n’y a pas d’islamisme global. Regardons l’islam de manière rationnelle et non démagogique ou émotionnelle. C’est la première religion du monde avec 1,5 milliard de fidèles. Mais qu’y a-t-il de commun entre l’Arabie Saoudite fondamentaliste, le Maroc modéré, le Pakistan militariste, l’Egypte pro-occidentale ou l’Asie centrale sécularisée ? Rien de plus que ce qui unit les pays de la chrétienté.</p><p>———————————————–</p><p>(1) « From the Shadows », par robert gates, Simon and Schuster</p><p>(2) Zbigniew Brzezinski vient de publier « Le Grand Échiquier », Bayard éditions</p>
<p><a href="https://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2015/11/brzezinski-obs-1998.jpg"></a><br />Traduction en anglais :</p>
<p>Question: The former director of the CIA, Robert Gates, stated in his memoirs [« From the Shadows »], that American intelligence services began to aid the Mujahadeen in Afghanistan 6 months before the Soviet intervention. In this period you were the national security adviser to President Carter. You therefore played a role in this affair. Is that correct?</p><p>Brzezinski: Yes. According to the official version of history, CIA aid to the Mujahadeen began during 1980, that is to say, after the Soviet army invaded Afghanistan, 24 Dec 1979. But the reality, secretly guarded until now, is completely otherwise Indeed, it was July 3, 1979 that President Carter signed the first directive for secret aid to the opponents of the pro-Soviet regime in Kabul. And that very day, I wrote a note to the president in which I explained to him that in my opinion this aid was going to induce a Soviet military intervention.</p><p>Q: Despite this risk, you were an advocate of this covert action. But perhaps you yourself desired this Soviet entry into war and looked to provoke it?</p><p>B: It isn’t quite that. We didn’t push the Russians to intervene, but we knowingly increased the probability that they would.</p><p>Q: When the Soviets justified their intervention by asserting that they intended to fight against a secret involvement of the United States in Afghanistan, people didn’t believe them. However, there was a basis of truth. You don’t regret anything today?</p><p>B: Regret what? That secret operation was an excellent idea. It had the effect of drawing the Russians into the Afghan trap and you want me to regret it? The day that the Soviets officially crossed the border, I wrote to President Carter. We now have the opportunity of giving to the USSR its Vietnam war. Indeed, for almost 10 years, Moscow had to carry on a war unsupportable by the government, a conflict that brought about the demoralization and finally the breakup of the Soviet empire.</p><p>Q: And neither do you regret having supported the Islamic fundamentalism, having given arms and advice to future terrorists?</p><p>B: What is most important to the history of the world? The Taliban or the collapse of the Soviet empire? Some stirred-up Moslems or the liberation of Central Europe and the end of the cold war?</p><p>Q: Some stirred-up Moslems? But it has been said and repeated Islamic fundamentalism represents a world menace today.</p><p>B: Nonsense! It is said that the West had a global policy in regard to Islam. That is stupid. There isn’t a global Islam. Look at Islam in a rational manner and without demagoguery or emotion. It is the leading religion of the world with 1.5 billion followers. But what is there in common among Saudi Arabian fundamentalism, moderate Morocco, Pakistan militarism, Egyptian pro-Western or Central Asian secularism? Nothing more than what unites the Christian countries.</p><p>Translated from the French by Bill Blum</p><p class="text-box">Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. <a href="https://www.les-crises.fr/oui-la-cia-est-entree-en-afghanistan-avant-les-russes-par-zbigniew-brzezinski/#">[Lire plus]</a>Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. </p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Wed, 18 Aug 2021 16:49:00 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Les talibans, nouveau souffle inspirateur du jihadisme mondial]]></title>
	<description><![CDATA[<p>La victoire des talibans risque de faire souffler un vent d’allégresse chez tous les jihadistes du monde, galvanisés par la nouvelle défaite d’une puissance étrangère et le triomphe de la stratégie, de la négociation et de la patience. Dans le monde entier, les combattants du mouvement jihado-salafiste, dont la plupart sont affiliés à el-Qaëda ou au groupe rival État islamique, ne peuvent que constater la réussite des « étudiants en religion » afghans, au pouvoir à Kaboul dès après le départ des troupes américaines, 20 ans après en avoir été chassés. « Ça donne aux jihadistes un formidable élan. Cela leur fait croire qu’ils peuvent expulser une puissance étrangère, même une majeure telle que les États-Unis », estime Colin Clarke, directeur de recherche du Soufan Center, un think-tank de géopolitique new-yorkais. « Je m’attends à un solide bombardement de propagande, culminant avec le 20e anniversaire des attaques du 11 septembre (2001). Cela va gonfler le moral des jihadistes, de l’Afrique du Nord jusqu’en Asie du Sud-Est. »</p><p>Le cas afghan n’est pas nécessairement possible à calquer ailleurs car tous les groupes actifs ne combattent pas de puissances étrangères. L’exemple du Sahel, où la France a récemment annoncé un retrait d’une partie de ses 5 100 soldats au profit de forces spéciales européennes, après plus de huit années de présence, est très différent du dossier afghan. Mais « la conquête de l’Afghanistan par les talibans est quelque chose qui va enhardir les jihadistes partout », convient Aymenn Jawad al-Tamimi, chercheur pour le programme sur l’extrémisme de l’Université George Washington (États-Unis). « C’est pertinent dans le contexte ouest-africain, où ont émergé toutes ces discussions sur les négociations avec le GSIM », le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à el-Qaëda.</p><p>La « résistance des peuples »</p><p>Les talibans ne se sont pas contentés de laisser pourrir la situation. Tout en faisant la guerre, ils ont négocié avec les Américains et le gouvernement afghan et avancé leurs pions avec les milices locales, clans et tribus qui font la mosaïque nationale. Mais, symboliquement, leur triomphe permet de convaincre les militants que « s’ils continuent à se battre, leurs adversaires finiront par s’effondrer », ajoute le chercheur irakien. Depuis 24 heures, les réseaux sociaux relaient moult commentaires de propagande de la sphère jihadiste. Dont celui du mouvement Hamas, selon lequel ce succès « prouve que la résistance des peuples, au sommet desquels notre peuple moudjahidine palestinien, mènera finalement à la victoire et à la réussite de ses objectifs de liberté et de retour, avec la permission d’Allah ».</p><p>L’agence de propagande d’el-Qaëda, al-Thabat, assure pour sa part que « les musulmans et moudjahidine du Pakistan, Cachemire, Yémen, Syrie, Gaza, Somalie et Mali célèbrent la libération de l’Afghanistan et son application de la charia ». Du côté de l’EI, la question est plus épineuse. Quand el-Qaëda a prêté allégeance aux talibans, l’EI les a qualifiés d’apostats. En Afghanistan, la haine est d’autant plus tenace que l’État islamique au Khorasan (ISKP) a été créé par des transfuges talibans. Mais l’EI ne profite pas moins de l’effondrement de l’État afghan. « Dr. Q », un spécialiste occidental de l’EI, qui publie sous ce pseudonyme ses recherches sur Twitter, a ainsi relevé 216 attaques de l’ISKP entre 1er janvier et 11 août, contre 34 l’an passé à la même période. « Cela fait de l’Afghanistan une des provinces de l’EI les plus dynamiques », assure-t-il. « Tout n’est pas directement lié au retrait américain mais la victoire des talibans donne de l’air aussi à l’ISKP. »</p><p>Réminiscence de l’Irak en 2011</p><p>Au-delà des haines fratricides, il pointe des convergences d’objectifs : « L’EI communique régulièrement sur le fait que les Occidentaux ne peuvent rester éternellement » en terre étrangère ; à cet égard, le triomphe des talibans « légitime leur façon de faire ». Colin Clarke rappelle lui aussi que le chaos et la guerre constituent les conditions élémentaires du développement de tout groupe jihadiste, quelle que soit son obédience. « L’effondrement de l’armée afghane est une étrange réminiscence de ce que nous avons vu en Irak en 2011. Je crains que la même situation se reproduise en Afghanistan, avec simultanément le développement de l’EI et la résurrection d’el-Qaëda. »</p><p>Là réside peut-être la plus grande leçon que les talibans aient livrée à la sphère jihadiste mondiale : patience et détermination peuvent triompher, quel que soit l’ennemi. Un enseignement galvanisant pour tous les mouvements aux ambitions locales, adversaires ou alliés des nouveaux patrons de Kaboul. « Pour beaucoup de groupes qui poursuivent un agenda local, les talibans ont constitué l’archétype de la bonne application de cette stratégie », constate froidement, dans une vidéo postée sur YouTube, Charles Lister, chercheur au Middle-East Institute.</p><p>Didier LAURAS/AFP</p><p><br />La victoire des talibans risque de faire souffler un vent d’allégresse chez tous les jihadistes du monde, galvanisés par la nouvelle défaite d’une puissance étrangère et le triomphe de la stratégie, de la négociation et de la patience. Dans le monde entier, les combattants du mouvement jihado-salafiste, dont la plupart sont affiliés à el-Qaëda ou au groupe rival État islamique, ne...</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Wed, 18 Aug 2021 16:39:58 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Vu de Téhéran, les talibans sont un « moindre mal »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Herat, Kandahar, Kaboul. <br /><br />Comme le reste du monde, les Iraniens regardent avec surprise le spectacle de ce « blietzkrieg » conduit par les talibans en Afghanistan. Ils s’étaient préparés à la possibilité d’un effondrement de l’armée afghane dans le sillage du retrait américain mais, comme le reste du monde, Téhéran avait largement sous-estimé le niveau de préparation, l’efficacité et la rapidité de la machine guerrière des talibans. Les autorités iraniennes s’étaient pourtant mises en état d’alerte dès mai, suite au retrait des forces américaines et au début de l’offensive talibane contre le gouvernement afghan. Inquiétées par un possible débordement du conflit, un flux de réfugiés et la montée en puissance de certaines factions sunnites extrémistes qui pourraient s’en prendre à la minorité chiite d’Afghanistan, les troupes s’amassent progressivement au cours de l’été le long de la frontière afghane. Les canaux diplomatiques s’activent et, les 7 et 8 juillet, le ministre iranien des Affaires étrangères reçoit des délégations du gouvernement voisin et des talibans afin de tenter une médiation, tout en cherchant à remplir l’espace laissé vacant par les Américains qui sont sur le départ.</p><p>Une opportunité ?</p><p>Les rumeurs vont bon train : certains experts parlent d’une possible intervention des Iraniens, d’autres d’un affrontement par milices interposées sur le modèle irakien. Mais l’Iran de 2021 n’est plus celui de la fin des années 1990. Certes, les divergences idéologiques persistent entre le régime des mollahs et celui des talibans qui « ne représentent pas une solution idéale », note Fatemeh Aman, analyste au Middle East Institute. Mais l’arrivée à Kaboul d’islamistes sunnites ne terrorise plus Téhéran, qui depuis s’est accommodé de ses anciens ennemis jusqu’à coopérer avec eux notamment dans le but de mettre à mal les intérêts américains dans le pays. D’autant que sur le plan sécuritaire, la situation reste pour l’instant sous contrôle. Le 6 août, les talibans capturaient la ville de Zaranj, à la frontière iranienne, provoquant de nouvelles vagues d’exode. Pourtant, « hormis ce flux de réfugiés que Téhéran tentera probablement de régler en payant les talibans, il n’y a pas de menace sécuritaire directe », estime Farzin Nadimi, expert en défense et sécurité régionale au Washington Institute for Near East Policy.</p>
<p><a href="https://www.lorientlejour.com/article/1271818/larrivee-des-talibans-a-kaboul-fait-craindre-le-pire-aux-habitants.html"><br /><br />Lire aussi<br />L’arrivée des talibans à Kaboul fait craindre le pire aux habitants<br /><br /></a></p>
<p>Malgré l’affairement à Téhéran, la reconquête territoriale des talibans se présente donc comme une opportunité de gagner en influence régionale et, surtout, de marquer des points contre Washington. « L’Iran, qui a soutenu les talibans tout au long de la dernière décennie afin de mettre un terme à la présence militaire américaine, voit le retour des talibans au pouvoir comme une victoire stratégique », fait remarquer ainsi Afshon Ostovar, professeur à la Naval Postgraduate School en Californie et spécialiste de l’Iran. Les enjeux économiques qui lient les deux entités poussent également à maintenir un rapport de bon voisinage. Pour les talibans, « l’apport iranien en termes d’énergie, d’essence et de gaz est vital », rappelle Fatemeh Aman. Côté iranien, il s’agit surtout de préserver les investissements et de poursuivre les activités de narcotrafic de l’autre côté de la frontière en cas de changement de régime.</p><p>Mais malgré cette alliance de circonstance qui mijote à feu doux depuis plusieurs années, le tableau est très loin d’être idyllique. « L’Iran ne sortira pas gagnant des récents événements : les talibans ne sont pas l’une de ces milices affiliées à Téhéran, dont l’influence pourrait même décroître à l’avenir compte tenu de la perte de confiance des Afghans envers les Iraniens », poursuit Fatemeh Aman. Ici, l’historique conflictuel entre la mouvance fondamentaliste sunnite et la république chiite ne peut pas être évacué de l’analyse des événements actuels. En 1998, les talibans, arrivés au pouvoir deux ans plus tôt, exécutent au consulat d’Iran de Mazar-e Sharif 11 Iraniens, dont une majorité appartenaient à la Force al-Qods, l’unité d’élite des IRGC (Corps des gardiens de la révolution islamique). Une guerre est évitée de justesse : le guide suprême Ali Khamenei donne son accord, avant de le retirer, en vue d’une « action militaire fortement encouragée par les IRGC », rappelle Farzin Nadimi. Un démêlé auquel s’ajoute un différend portant sur la rivière transfrontalière Helmand. Cet ensemble amène en 2001 les Iraniens à soutenir Washington dans sa tentative de renverser le régime des talibans. « Après avoir travaillé dur pour aider les renseignements américains et les seigneurs de guerre locaux, les Iraniens célèbrent alors la chute des talibans », poursuit Fatemeh Aman.</p><p>Une action a minima</p><p>Il faudra attendre deux ans, et le début de la rhétorique de « l’axe du mal » dirigée par Washington contre Téhéran, pour que les prémices d’un mariage de raison s’esquissent entre les talibans et le régime iranien, qui ne partageront jamais que des ennemis. « C’est à ce moment que les Iraniens ont pris contact avec les insurgés des talibans, leur fournissant des explosifs, de sorte à s’assurer que les Américains ne puissent pas utiliser l’Afghanistan comme une base arrière pour attaquer l’Iran », explique Fatemeh Aman. À partir de 2015, c’est contre la branche locale de l’État islamique, IS-Khorasan (IS-K), que la coopération se poursuit. « Les Iraniens arrivent à la conclusion que le gouvernement afghan ne sera pas en mesure de venir à bout d’IS-K et entrent alors en contact avec les talibans pour faire front commun », poursuit cette dernière. Le rapprochement se poursuit jusqu’à aujourd’hui sur le plan diplomatique, ouvrant la voie à une série de rencontres entre des représentants du mouvement islamiste et des officiels de Téhéran. « Les Iraniens sont nerveux : un gouvernement entièrement dominé par les talibans n’est pas leur premier choix, mais ils n’ont plus d’autre option afin de contenir l’État islamique et les possibles retombées d’une nouvelle guerre », affirme Fatemeh Aman.</p>
<p><a href="https://www.lorientlejour.com/article/1271900/la-facile-victoire-des-talibans-ecorne-profondement-limage-de-washington.html"><br /><br />Lire aussi<br />La facile victoire des talibans écorne profondément l’image de Washington<br /><br /></a></p>
<p>Face à la réalité du terrain, et en l’absence d’alternative, Téhéran est ainsi contraint de composer avec les talibans afin de préserver ses intérêts. Les options sont limitées : l’intervention directe sur un terrain connu pour être devenu « le cimetière des empires » semble exclue, tandis qu’une présence indirecte par milice interposée sur le modèle des « Fatemyioun », ces brigades d’Afghans chiites envoyés en Syrie pour combattre au nom de la République islamique, est impensable si Téhéran veut continuer de s’attirer les bonnes grâces des talibans. L’Iran pourrait dans ce contexte être réduit à une action a minima, qui viserait simplement à « concentrer son attention sur l’action diplomatique ; la présence militaire à la frontière ; et un volet plus humanitaire visant à gérer la crise des réfugiés afin de restaurer sa réputation compromise par l’alliance avec les talibans », estime Fatemeh Aman.</p><p>Un seul dossier, s’il revenait au-devant de la scène, pourrait compromettre cet équilibre : celui des Hazaras, la minorité chiite d’Afghanistan pour qui les Iraniens auront du mal à négocier toute protection si les talibans décidaient de renouer avec les méthodes brutales exercées contre les minorités, ce dont ils se défendent jusqu’à aujourd’hui. En cas de violence, « l’Iran pourrait décider de les protéger, par exemple en ressuscitant l’Alliance du Nord (front militaire formé en 1996 pour combattre les talibans), ou encore en misant sur des réseaux d’insurgés », observe Farzin Nadimi. Sans engagement de la part de Téhéran, c’est alors « toute sa crédibilité auprès de ses clients régionaux qui pourrait alors se trouver compromise », avertit Afshon Ostovar.</p><p><br />Herat, Kandahar, Kaboul. Comme le reste du monde, les Iraniens regardent avec surprise le spectacle de ce « blietzkrieg » conduit par les talibans en Afghanistan. Ils s’étaient préparés à la possibilité d’un effondrement de l’armée afghane dans le sillage du retrait américain mais, comme le reste du monde, Téhéran avait largement sous-estimé le niveau de préparation,...</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/688/les-questions-en-suspens-laissees-par-washington-en-afghanistan</guid>
	<pubDate>Tue, 17 Aug 2021 19:24:39 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/688/les-questions-en-suspens-laissees-par-washington-en-afghanistan</link>
	<title><![CDATA[Les questions en suspens laissées par Washington en Afghanistan]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="lead-text">La prise de Kaboul par les talibans rappelle la chute de Saigon en 1975 et représente une défaite cuisante pour la politique étrangère américaine. En cherchant à répondre à la crise humanitaire en cours, la communauté internationale de Genève est confrontée à beaucoup plus de questions que de réponses.</p>
<p>Ce contenu a été publié le 17 août 2021 - 16:00 17 août 2021 - 16:00Daniel Warner, politologue helvético-américain</p>

<p>Autres langues: 3</p>
<p>Le retrait précipité des troupes et des civils américains d'Afghanistan marque la fin de la plus longue guerre de l'histoire des États-Unis. Pendant 20 ans, les présidents américains, républicains et démocrates, avec l'aide de l'OTAN et de leurs alliés, ont assuré une présence continue dans ce pays. La mission a évolué, passant des représailles et de la sécurité à une forme non déclarée d’édification d’une nation. Des milliers de soldats ont été tués dans ce conflit, plus de 83 milliards de dollars ont été dépensés en matériel pour l'armée afghane et plus de 1000 milliards de dollars ont été gaspillés.</p><p>Mais le gouvernement afghan n'a jamais gagné «les cœurs et les esprits» de la population. Le succès rapide des talibans dans les campagnes et les villes en est la preuve la plus évidente. Le niveau de corruption et d'incompétence du gouvernement a été sous-estimé par les militaires et les responsables de la politique étrangère des États-Unis. Alors que le retrait des troupes étrangères était inévitable et annoncé, le manque de volonté et l'incapacité de l'armée afghane à se défendre ont été un coup dur. La plupart des observateurs prévoyaient une guerre civile d'un an ou 18 mois entre l'armée afghane et les talibans. En 10 jours, l'armée s'est effondrée.</p><p>&gt;&gt; Joe Biden défend fermement sa décision (RTS)</p>
<p>Contenu externe</p>
<p>Dans un changement largement salué par les gouvernements occidentaux et à Genève, le président Biden a déclaré que «l'Amérique est de retour» avec une politique étrangère plus internationale et multilatérale que l'America First de Donald Trump. La chute de l'Afghanistan aux mains des talibans modifiera-t-elle cette nouvelle bonne volonté à l'égard des États-Unis?  Comment cela affecte-t-il le prestige de l'Amérique dans le monde? Je soupçonne un certain malaise chez des alliés comme Taïwan qui doivent s'interroger sur les promesses américaines de les défendre.</p>
<p>L'accord de paix ignoré</p>
<p>Le potentiel de la diplomatie et de l'aide humanitaire pour remédier à la situation est également remis en question. Un accord de paix signé à Doha entre les États-Unis et les talibans en 2020 n'a eu aucun effet, pas plus que les négociations ultérieures entre le gouvernement afghan et les talibans, engagées sous l'administration de l'ancien président américain Donald Trump.</p><p>«Les retards que nous constatons de la part de l'autre partie dans l'avancement des pourparlers ne correspondent pas au sentiment d'urgence que nous avons», a déclaré en juillet Nader Nadery, négociateur principal du gouvernement afghan, au Wall Street Journal, à propos de la participation des talibans. «La violence doit cesser, la guerre doit prendre fin, et nous devons parvenir à un règlement politique», a-t-il ajouté. Ce règlement n'est jamais venu.</p><p>Aujourd'hui, l'aéroport de Kaboul est débordé. Les États-Unis ne doivent pas seulement aider leurs citoyens à partir ; ils sont aussi moralement responsables envers ceux qui sont menacés et qui ont travaillé pour eux et avec eux au cours des deux dernières décennies. Tous ceux qui veulent partir ne pourront pas le faire. Le président afghan a fui, ne laissant en place aucun gouvernement légitime et internationalement reconnu.</p><p>Si certains dirigeants talibans ont exprimé une volonté de non-représailles à l'égard de ceux qui ont aidé le gouvernement ou ses alliés et une volonté de permettre aux jeunes femmes de poursuivre leur scolarité, le fait que les promesses faites à Doha n'aient pas été suivies d'effet n'est pas de bon augure pour l'avenir des droits humains en Afghanistan. Les politiques menées par les talibans dans les zones qu'ils contrôlent sont en contradiction directe avec les normes internationales en matière de droits humains.</p><p>&gt;&gt; La nouvelle génération de <a rel="noopener" target="_blank" href="https://www.rts.ch/info/monde/12418862-qui-sont-les-talibans-qui-ont-repris-le-pouvoir-en-afghanistan.html">talibansLien externe</a> (RTS)</p>
<p>Contenu externe</p>

<p>Pas de réponses faciles</p>
<p>Ceux qui tentent de répondre à la crise humanitaire en cours sont confrontés à plus de questions que de réponses.  La communauté internationale ne peut pas être assurée que les talibans coopéreront, car ils n'ont pas l'habitude de le faire. La Turquie et d'autres pays ouvriront-ils leurs frontières aux personnes qui fuient? Comment une réponse ordonnée à l'exode pourra-t-elle être mise en place puisque les talibans ont montré peu de respect pour les normes humanitaires et les normes relatives aux réfugiés dans le passé?</p><p>Les agences d'aide ne peuvent fonctionner à l'intérieur des pays que si elles ont le consentement des autorités en place. Les talibans accepteront-ils une intervention étrangère, même humanitaire, si l'aide est fournie par des personnes traditionnellement hostiles à l'établissement d'un califat fondamentaliste? Même les agences d'aide travaillant en dehors des gouvernements auront du mal à convaincre les talibans radicaux qu'il est dans l'intérêt de tous de coopérer.</p><p>&gt;&gt; L'inquiétude gagne les Afghans de Suisse (RTS)</p>
<p>Contenu externe</p>

<p>Les leçons apprises?</p>
<p>Des comparaisons faciles sont faites entre la chute de Saigon en 1975 et la chute de Kaboul. La guerre du Vietnam avait pour but d'arrêter la propagation du communisme, et les États-Unis ont perdu la guerre malgré une supériorité militaire écrasante. Aujourd'hui, le Vietnam est un pays pacifique et prospère.</p><p>L'intervention en Afghanistan visait à l'origine à contenir le terrorisme. Cela a échoué. Al-Qaïda et des organisations telles que Daech existent toujours. Une fois encore, dans un contexte différent, une supériorité militaire écrasante a échoué. Mais on peut difficilement prévoir que l'Afghanistan devienne un pays pacifique et prospère comme le Vietnam. Il restera probablement un pays clanique dirigé par des chefs de guerre locaux qui ont réussi à vaincre trois empires : britannique, soviétique et aujourd’hui américain.</p><p>Quelles leçons peut-on tirer de l'effondrement du gouvernement afghan après 20 ans de soutien occidental? La plus évidente est que la puissance militaire ne garantit pas le succès dans une guerre asymétrique. Les talibans, comme le Viêt-Cong, ont pu réussir malgré une infériorité militaire écrasante. Les «cœurs et les esprits» des gens n'ont pas suivi la force militaire de l'Amérique.</p><p>Et une fois de plus, comme au Vietnam, le renseignement militaire a été incapable de décrire la situation réelle sur le terrain.</p><p>Des leçons seront-elles tirées? J'en doute. L'orgueil démesuré qui se cache derrière cette intervention de 20 ans était à l'origine une réaction émotionnelle au 11 septembre, le président George W. Bush ayant envoyé des troupes américaines en Afghanistan en réponse aux attentats. La mission était de punir les responsables et de veiller à ce que l'Afghanistan n'abrite pas de terroristes internationaux.</p><p>Avec le temps, c'est devenu plus que cela. Comme dans les rizières du Vietnam, les États-Unis se sont embourbés dans un terrain inconnu en pensant qu'ils avaient toutes les solutions. Il reste à voir si la chute de Kaboul modifiera cet orgueil démesuré. Rien ne permet d'envisager cette possibilité.</p><p>La nation «indispensable et exceptionnelle» est trop embourbée dans sa propre image. Et les organisations internationales basées à Genève, parmi beaucoup d'autres, devront se démener pour ramasser les pots cassés.</p><p class="si-teaser__label">Articles mentionnés</p>
<p>Mots clés:</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/682/ces-bateaux-militaires-fantomes-qui-menacent-la-paix-mondiale</guid>
	<pubDate>Wed, 04 Aug 2021 20:34:28 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/682/ces-bateaux-militaires-fantomes-qui-menacent-la-paix-mondiale</link>
	<title><![CDATA[Ces bateaux militaires fantômes qui menacent la paix mondiale]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Mer Noire, Baltique, mer de Chine méridionale, mer d'Oman... Les zones maritimes en extrême tension ne manquent pas dans le monde et, <a href="https://www.wired.com/story/fake-warships-ais-signals-russia-crimea/" rel="noreferrer" target="_blank">comme l'explique Wired</a>, de mystérieux pyromanes géopolitiques ont trouvé un moyen d'ajouter de la poudre aux flammes: truquer les données GPS des navires qui rôdent, se croisent et se décroisent dans le parage immédiat de ces zones âprement contestées.</p><p>Le site américain cite en introduction de son article le cas du <a href="https://www.royalnavy.mod.uk/our-organisation/the-fighting-arms/surface-fleet/aircraft-carriers/hms-queen-elizabeth" rel="noreferrer" target="_blank">HMS Queen Elizabeth</a>, porte-avions britannique et fleuron de la marine de Sa Majesté. Le 17 septembre 2020, son transpondeur AIS (système d'identification automatique, destiné entre autres à éviter les collisions) indiquait au monde qu'il croisait en mer d'Irlande, flanqué d'autres navires de guerre, notamment belges ou néerlandais.</p><p>Ces données pouvaient être suivies sur <a href="https://www.marinetraffic.com" rel="noreferrer" target="_blank">les plateformes ad hoc</a> et publiques que vous avez peut-être utilisées pour suivre <a href="https://korii.slate.fr/et-caetera/ever-given-porte-containers-blocage-canal-suez-etranges-dessins-penis-crise-transport" rel="noreferrer" target="_blank">les mésaventures de l'Ever Given dans le canal de Suez</a>.</p><p>Sauf que: pointés sur les coordonnées fournies par l'AIS des navires en question, les satellites ne montraient que l'océan et lui seul, les embarcations concernées n'étant en réalité ni regroupées ni dans cette zone à cet instant précis.</p><p>Bien qu'il ne soit <a href="https://news.usni.org/2021/06/21/positions-of-two-nato-ships-were-falsified-near-russian-black-sea-naval-base" rel="noreferrer" target="_blank">pas souvent officiellement rapporté</a>, le phénomène n'a rien de rare. Selon <a href="https://skytruth.org/2021/07/systematic-data-analysis-reveals-false-vessel-tracks/" rel="noreferrer" target="_blank">une analyse menée par SkyTruth et Global Fishing Watch</a>, plus de 100 navires issus de 14 nations différentes ont ainsi vu leurs données GPS falsifiées depuis août 2020.</p><p>Il s'agit, pour la plupart mais pas uniquement, de bateaux militaires, généralement européens. Leurs données ont été truquées par un acteur dont le mode opératoire laisse à penser qu'il est unique, et peut-être étatique.</p>
<p>Incursions fantômes, représailles réelles</p>
<p>Data analyst pour SkyTruth et Global Fishing Watch, Bjorn Bergman enquête depuis des années sur ces falsifications, qui sont régulièrement utilisées dans le cadre d'activités de pêche illégale.</p><p>C'est en croisant méticuleusement les données open source, les rapports privés et les annonces militaires avec les flux AIS de centaines de navires que le Suédois a compris que ces falsifications avaient pris une ampleur inédite, et ne concernaient pas uniquement la pêche illégale.</p><p>Ce qu'il a découvert est pour le moins inquiétant. Telle cette incursion de l'USS Roosevelt, <a href="https://www.c6f.navy.mil/About-Us/Our-Task-Forces/CTF-65/USS-Roosevelt-DDG-80/" rel="noreferrer" target="_blank">important destroyer américain</a>, dans les eaux territoriales russes, à quelques encablures de Kaliningrad en novembre 2020, suivie de cinq autres occurrences similaires.</p><p>Ou, en juin 2021, le HMS Defender britannique et le HNLMS Evertsen néerlandais procédant à une approche directe du port de Sébastopol en Crimée, territoire hautement contesté sur une mer Noire transformée en poudrière. <a href="https://korii.slate.fr/tech/royaume-uni-documents-secret-defense-retrouves-arret-bus-kent-hms-defender-crimee-russie" rel="noreferrer" target="_blank">Victime récente d'une bien étrange fuite</a>, le HMS Defender a également, le même mois, été l'objet d'<a href="https://www.bbc.com/news/world-europe-57583363" rel="noreferrer" target="_blank">intimidations proches et directes de la part des forces armées russes</a>.</p><p>Interrogé sur la question, le ministère britannique de la Défense assure connaître la situation et être conscient des manipulations. Bjorn Bergman explique quant à lui ne pas pouvoir clairement identifier l'auteur, l'organisation ou l'État responsable de ces falsifications. Interrogé par Wired, l'expert américain en communications Todd Humphreys ne le peut pas plus –mais il n'hésite pas quant à lui à pointer la Russie du doigt.</p><p>Comme le prouve le travail de Bergman, il est généralement simple de découvrir et prouver ces falsifications, sans doute plus simple encore pour un État et ses moyens illimités. Mais noyer les données véritables sous un torrent de fausses informations pourrait aider une nation –la Russie, peut-être– à justifier, dans l'urgence, la légitimité de représailles face à une incursion pourtant inexistante.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 12 Jun 2021 14:17:25 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/642/neil-oliver-lockdown-is-the-biggest-single-mistake-in-world-history</link>
	<title><![CDATA[Neil Oliver: &#039;Lockdown is the biggest single mistake in world history&#039;]]></title>
	<description><![CDATA[<p>IN the week in which calls have been made for “freedom day” to be delayed in England, and in the wake of pausing of easing of restrictions in <a href="https://www.heraldscotland.com/news/homenews/" class="section-link">Scotland</a>, archeologist and television presenter Neil Oliver has called the continued lockdown “the world’s biggest mistake”.</p><p>Speaking in an interview in the Herald magazine tomorrow, ahead of his debut as live show host on the new television channel, GB News, he said, “I think it’s been mishandled from very early on.</p><p>“I think it’s the biggest mistake in <a href="https://www.heraldscotland.com/news/world_news/" class="section-link">world</a> history. I’m not suggesting evil or malicious intent. I just think it’s a mistake.”</p><p>He described how over the past year, it was finding his voice as a commentator, both on Talk <a href="https://www.heraldscotland.com/life_style/arts_ents/tv_radio/" class="section-link">Radio</a> and in his Sunday Times column, led to him voicing the kind of views that he felt were otherwise unspoken – and landing the GB News job.</p><p>“I’m apolitical, but over the lockdown I have had opinions. I think it is the biggest single mistake in world history, and I’m just horrified by the damage that has been done.</p><p>"Whoever lockdown has saved, I think by an order of magnitude others have been hurt.”</p><p>Seeing the footage coming out of Italy, he and his wife, he said, accepted the first lockdown as probably a good thing.</p><p>“But then it became clear to me the damage that was being done to the <a href="https://www.heraldscotland.com/business_hq/markets_economy/" class="section-link">economy</a>, and I became aware of the number of people I know personally that have been ruined by it, self-employed people that were getting no help, nothing for furlough.</p><p>"People who have had no support, no help, lost businesses, lost livelihoods and all the rest of it.”</p><p>The period of the pandemic, he said, has seen a “stymying and silencing of debate”. “People talk to me all the time – people that I know quite well, but also people who come up to me for the first time.</p><p>"And they whisper. On the dog walk, miles from anywhere, people come up and they lower their voices, because they want to say that they think things are wrong.”</p><p>The <a href="https://www.heraldscotland.com/opinion/letters/" class="section-link">letters</a> he received over the past year, and these conversations he had, and his sense that these "views were not being reflected in the established media" were what, he said, had made him "interested in being part of GB News".</p><p><a href="https://www.heraldscotland.com/news/19363751.neil-oliver-lockdown-biggest-mistake-world-history/">READ FULL INTERVIEW: Neil Oliver ahead of GB News debut: 'I'm in disbelief at the shambles Scotland has become'</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/640/la-vigie-n%C2%B0-169-gratuit-qu%E2%80%99est-ce-que-la-france-garder-le-bon-cap-lorgnette-tchuss-angele</guid>
	<pubDate>Sat, 12 Jun 2021 11:12:35 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/640/la-vigie-n%C2%B0-169-gratuit-qu%E2%80%99est-ce-que-la-france-garder-le-bon-cap-lorgnette-tchuss-angele</link>
	<title><![CDATA[La Vigie n° 169 (Gratuit) : Qu’est-ce que la France ? | Garder le bon cap | Lorgnette : Tchüss, Angèle !]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Lettre de la Vigie en date du 9 juin 2021</p><p><a href="https://www.lettrevigie.com/wp-content/uploads/2021/06/image-LV-169.jpg"></a></p>
<p>Qu’est-ce que la France ?</p>
<p>Dire la France est aujourd’hui beaucoup moins évident et partagé qu’hier. De nombreux hiatus existent, entre générations, entre populations. Au-delà, c’est une compréhension commune de la géographie, de l’histoire et de l’État, ces trois piliers de la personne France, qui semble ne plus être partagée. En prendre conscience est indispensable avant de lancer tout projet de grande stratégie.</p><p>Pour lire l’article, <a href="https://www.lettrevigie.com/blog/2021/06/09/quest-ce-que-la-france-lv-169-gratuit/">cliquez ici</a></p>
<p>Garder le bon cap</p>
<p>Dans une situation stratégique aussi fluide, comment garder le bon cap ? Comment conduire une manœuvre efficace ? Comment se débarrasser de biais stratégiques intempestifs ? De l’Europe à l’Afrique, la pratique est difficile, les difficultés se suivent et se ressemblent.</p><p>Pour lire l’article, <a href="https://www.lettrevigie.com/blog/2021/06/09/garder-le-bon-cap-lv-169/">cliquez ici</a></p>
<p>Lorgnette : Tchüss, Angèle</p>
<p>Angela Merkel quitte le pouvoir : nous ne la regretterons pas. Cette politicienne au sang froid savait tuer ses rivaux politiques. Excellente pour arriver au pouvoir et s’y maintenir, mais ô combien décevante depuis qu’elle y régnait. Certes, son côté mesuré, nuancé et « comme il faut » a plu au notable français, impressionné par cette retenue germanique qu’il prend pour de la saine rigueur. Et pourtant… elle a systématiquement décidé tard, prenant toujours le temps de laisser se pourrir les situations avant de se prononcer, du bout des lèvres. Les quelques fois où elle s’est laissé guider par l’instinct, ce fut catastrophique : que ce soit la décision d’arrêter le nucléaire après Fukushima ou celle d’accueillir un million de migrants au cœur de l’été 2015.</p><p>Bien sûr, sa politique n’est peut-être pas néfaste pour l’Allemagne dont elle a su toujours préserver les intérêts de court terme et l’idéal de petit rentier satisfait et vieillissant. À l’extérieur, ce fut pire. On la présente comme pro européenne : ce fut la plus germanolâtre des dirigeants allemands depuis la guerre. Pire : Pas un dirigeant français pour s’en apercevoir.</p><p>Tschüss Angèle, tu ne nous manqueras pas.</p><p>JOCV</p><p>Abonnés : cliquez directement sur les liens pour lire en ligne ou téléchargez le numéro pdf (<a href="https://www.lettrevigie.com/page-abonnes-telechargement-des-numeros/">ici</a>), toujours avec votre identifiant/mot de passe. Nouveau lecteur : lisez l’article au numéro, en cliquant sur chaque article (2,5 €), ou alors en vous abonnant (abo découverte 17 €, abo annuel 70 €, abo. orga 300 € HT) : <a href="https://www.lettrevigie.com/s-abonner-la-vigie/">ici, les différentes formules</a>.</p><p>Crédit photo : Black nexus.cz Photography on Visualhunt</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/639/sahelistan-poil-aux-dents-le-cadet-n%C2%B0-67</guid>
	<pubDate>Sat, 12 Jun 2021 11:11:21 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/639/sahelistan-poil-aux-dents-le-cadet-n%C2%B0-67</link>
	<title><![CDATA[Sahelistan, poil aux dents (Le Cadet n° 67)]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Les articles se multiplient, en France mais surtout à l’étranger, unanimes quant à l’échec annoncé de Barkhane – car il est inutile de se bercer de périphrases.</p><p></p><p><a href="https://allafrica.com/view/group/main/main/id/00071159.html">Source</a></p><p>Le sommet de Pau n’aura rien apporté, et la conférence de presse n’aura été qu’un déroulé de formules creuses. Ce ne sont pas 220 soldats français de plus ni même les drones Reaper qui vont nous faire gagner la guerre dans cette zone immense où la France n’a jamais été que tolérée par des peuples plus ou moins nomades qui n’avaient pas désarmé même du temps de la colonisation (relire Terre des hommes de Saint-Exupéry). C’est notamment ce que rappelle un essai paru récemment <a href="https://www.lettrevigie.com/blog/2020/01/25/sahelistan-poil-aux-dents-le-cadet-n-67/#_ftn1" name="_ftnref1" id="_ftnref1">[1]</a> : nous ne sommes au Sahel que les instruments d’un jeu africain sur lequel nous pensons encore peser, cultivant une nostalgie coloniale assez déplacée, finalement fiers de ce mot de Françafrique qui nous donne le rôle du vilain mais nous fait croire encore à un statut de moyenne puissance, et nous essayant comme les Américains au nation building.</p><p>Guerre contre le terrorisme, guerre préemptive, bataille de l’avant : voilà qu’on nous ressort la panoplie de Bush-le-petit, comme si les batailles perdues et les guerres ratées depuis 2001 n’avaient servi à rien. Sommet du vocabulaire d’importation, le concept de « Sahelistan », un mot (pour citer Robespierre, dans un tout autre contexte), inventé par des fripons pour faire peur aux imbéciles. Il est censé désigner un gigantesque no-man’s-land, sans ressource immédiatement négociable comme le pétrole, sans eau, sans infrastructure, sans débouché par la mer si ce n’est la Libye, mais dont la constitution serait un danger mortel pour l’Europe, à l’image de l’État islamique en Syrie et en Irak.</p><p>Sauf que ces pays présentent à l’inverse des facilités dans tous les domaines ci-dessus rappelés. Et surtout qu’ils n’ont pas constitué un front avancé dans la lutte contre les djihadistes – que la très fine manœuvre de Trump contre la Perse nous force désormais à récupérer – puisque ceux-ci sont nos propres gamins endoctrinés religieusement dans nos mosquées, partis pour d’emblée revenir, la grâce divine ne leur étant pas tombée dessus sur le chemin de Damas mais dans les rues de Seine Saint-Denis comme le rappellent deux autres ouvrages parus ce mois-ci <a href="https://www.lettrevigie.com/blog/2020/01/25/sahelistan-poil-aux-dents-le-cadet-n-67/#_ftn2" name="_ftnref2" id="_ftnref2">[2]</a>.</p><p>Les Américains et les Européens l’ont bien compris qui nous laissent nous débrouiller au Sahel, puisque le risque que les Peuls, Dogons ou Touaregs provoquent des troubles en France est le même que celui de voir les Talibans faire des attentats sur les Grands boulevards : à peu près égal à zéro. Et si question religieuse il y a à régler, ce n’est pas au « Sahelistan », c’est à domicile.</p><p>Le Cadet</p><p><a href="https://www.lettrevigie.com/blog/2020/01/25/sahelistan-poil-aux-dents-le-cadet-n-67/#_ftnref1" name="_ftn1" id="_ftn1">[1]</a>           Marc-Antoine Pérouse de Montclos, Une guerre perdue. La France au Sahel. J.C. Lattès, 2020.</p><p><a href="https://www.lettrevigie.com/blog/2020/01/25/sahelistan-poil-aux-dents-le-cadet-n-67/#_ftnref2" name="_ftn2" id="_ftn2">[2]</a>           Bernard Rougier (dir.), Les territoires conquis de l’Islamisme, PUF, 2020.</p><p>            Hugo Micheron, Le jihadisme français : Quartiers, Syrie, prisons, Gallimard, 2020.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/636/qatar-connection-le-courrier-qui-accable-doha-dans-le-financement-du-terrorisme-au-sahel-blast</guid>
	<pubDate>Thu, 10 Jun 2021 20:41:16 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/636/qatar-connection-le-courrier-qui-accable-doha-dans-le-financement-du-terrorisme-au-sahel-blast</link>
	<title><![CDATA[Qatar Connection : le courrier qui accable Doha dans le financement du terrorisme au Sahel | Blast]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Au lendemain de la chute de Mouammar Kadhafi en octobre 2011 en Libye, le Qatar a été soupçonné de financer les groupes terroristes islamistes au Sahel, sans preuves. Dans un nouveau volet de notre enquête sur l’argent noir de l’émirat, un courrier officiel - et explosif - prouve le double jeu de Doha et son soutien à ceux que la France combat depuis dix ans, entre Mali et Niger.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/635/abou-moussab-al-souri-lhomme-qui-a-theorise-le-nouveau-jihad</guid>
	<pubDate>Wed, 09 Jun 2021 19:32:24 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/635/abou-moussab-al-souri-lhomme-qui-a-theorise-le-nouveau-jihad</link>
	<title><![CDATA[Abou Moussab Al-Souri, l&#039;homme qui a théorisé le &quot;nouveau jihad&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p><a href="https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/affaire/merah/merah-un-enfant-de-toulouse_123017.html" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::/faits-divers/affaire/merah/merah-un-enfant-de-toulouse_123017.html">Merah</a>, <a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/attentat-a-boston/attentats-de-boston-les-deux-suspects-viendraient-de-l-etranger_307161.html" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::/monde/usa/attentat-a-boston/attentats-de-boston-les-deux-suspects-viendraient-de-l-etranger_307161.html">Tsarnaev</a>, <a href="https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/tueries/meurtre-terroriste-de-londres/qui-est-le-principal-suspect-du-meurtre-d-un-soldat-a-londres_331856.html" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::/faits-divers/tueries/meurtre-terroriste-de-londres/qui-est-le-principal-suspect-du-meurtre-d-un-soldat-a-londres_331856.html">Adebolajo</a>. <a href="https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/affaire/merah/" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::/faits-divers/affaire/merah/">Toulouse</a>, <a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/attentat-a-boston/" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::/monde/usa/attentat-a-boston/">Boston</a>, <a href="https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/tueries/meurtre-terroriste-de-londres/" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::/faits-divers/tueries/meurtre-terroriste-de-londres/">Londres</a> et maintenant <a href="https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/attaque-au-siege-de-charlie-hebdo/" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::/faits-divers/attaque-au-siege-de-charlie-hebdo/">Paris</a>. Les tueries perpétrées par de jeunes hommes se répètent dans le monde. Fini les explosions simultanées dans les métros et les gares, les avions détournés ou lancés sur des tours. Fini les attentats nécessitant des années de préparation minutieuse et des réseaux sophistiqués.</p><p>Les récentes attaques jihadistes en Occident procèdent d'une nouvelle logique. Elles sont conduites par de toutes petites cellules autonomes agissant avec les moyens du bord. Un "nouveau jihad", théorisé par un Hispano-Syrien, dont les effets sont particulièrement pervers.</p><p>Ce nouveau type de jihad a été théorisé par Abou Moussab Al-Souri (le Syrien), un "idéologue d'Al-Qaïda 'canal historique', bien qu'ayant toujours fait preuve d'une grande indépendance personnelle vis-à-vis de la direction du mouvement", explique Alain Rodier, directeur de recherche au sein du Centre français de recherche sur le renseignement, sur <a href="http://www.atlantico.fr/decryptage/pourquoi-declenchement-guerre-civile-en-europe-rien-vue-esprit-mais-releve-bien-implacable-projet-applique-etat-islamique-alain-1918874.html" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::http://www.atlantico.fr/decryptage/pourquoi-declenchement-guerre-civile-en-europe-rien-vue-esprit-mais-releve-bien-implacable-projet-applique-etat-islamique-alain-1918874.html">Atlantico</a>.</p><p>Moustapha Sitt Mariam Nassar, de son vrai nom, est né à Alep, en Syrie, en 1958. Il a traversé toutes les époques du jihad, expliquait le politologue Gilles Kepel dans un portrait du théoricien pour <a href="http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2013/04/28/al-souri-le-cerveau-du-djihad-des-pauvres_3167899_3232.html" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2013/04/28/al-souri-le-cerveau-du-djihad-des-pauvres_3167899_3232.html">Le Monde</a>. Il rejoint en 1976 la branche paramilitaire des Frères musulmans syriens, assiste au soulèvement et au massacre de Hama (Syrie), vit un temps en France, puis en Espagne où il acquiert la nationalité par mariage, avant de partir pour l'Afghanistan où se déroule le "premier âge" du jihad, celui contre l'Armée soviétique. De retour en Europe (France, Espagne, Royaume-Uni), il défend le GIA (groupe terroriste algérien) et lance une publication.</p><p>Et puis, en 1996, quand les talibans prennent le pouvoir, il s'installe en Afghanistan aux côtés d'Oussama Ben Laden. En 1997, Al-Souri organise un rendez-vous entre le journaliste de CNN Peter Bergen et Ben Laden. <a href="http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e8d853c8-3205-11e4-861b-f2a0f94a952e/Les_th%C3%A9oriciens_de_lEtat_islamique" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e8d853c8-3205-11e4-861b-f2a0f94a952e/Les_th%C3%A9oriciens_de_lEtat_islamique">Le reporter se souvient</a> d'Al-Souri : "Il était dur et très intelligent. Il apparaissait comme un vrai intellectuel, très au courant de l’histoire, et il avait des objectifs des plus sérieux. Pour sûr, il m’a davantage impressionné que Ben Laden".</p><p>Après le 11 septembre 2001, les Américains envahissent l'Afghanistan, lancent des écoutes massives, surveillent les mouvements de fonds, utilisent des drones et ont même recours à la <a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/torture-la-cia-a-menti-a-la-maison-blanche-et-au-congres-selon-un-rapport-du-senat-americain_768517.html" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::/monde/usa/torture-la-cia-a-menti-a-la-maison-blanche-et-au-congres-selon-un-rapport-du-senat-americain_768517.html">torture</a>. Al-Souri se cache au Pakistan pour échapper à la traque. Il écrit un volumineux ouvrage de 1 600 pages intitulé Appel à la résistance islamique mondiale, explique <a href="http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2760p056.xml0/" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2760p056.xml0/">Jeune Afrique</a>. En décembre 2004, il met en ligne ce véritable manuel du jihad. Sa tête est mise à prix 5 millions de dollars par les Américains. Mais, un an plus tard, ce sont les Pakistanais qui lui mettent la main au collet, avant de le remettre à la CIA qui le retient dans ses prisons secrètes.</p><p>Les Américains finissent par le livrer aux Syriens. Une erreur. Il a été depuis relâché, comme d'autres islamistes radicaux. En effet, pour semer la zizanie parmi les rebelles et accréditer l'idée d'une guerre contre le terrorisme et non contre des opposants nationalistes, le régime de Bachar Al-Assad a lui-même fait libérer des jihadistes. Depuis, on ignore où se trouve Al-Souri.</p><p>La théorie d'Al-Souri, telle qu'elle est exposée dans son manuel, part d'un constat simple. Après le 11-Septembre, l'Afghanistan est perdu pour les talibans. Les moyens mis en place par les Occidentaux tiennent Al-Qaïda en échec. Et, en Irak, le deuxième âge du jihad contre les Américains n'a pas abouti à un califat islamique, mais à un nouveau pouvoir chiite. Abou Moussab Al-Souri, qui a toujours fait preuve d'indépendance d'esprit, prône une autre manière de conduire le jihad.</p><p>Comme l'explique Alain Rodier, pour échapper aux radars des services de renseignement, il prône "la création de cellules clandestines sans liens avec un commandement central pour ne pas se faire détecter". Ce nouveau terrorisme local, peu coûteux, soutenu par un accès facile à des contenus sur internet, déroute les services de renseignement.</p><p>Comme le résume Gilles Kepel, c'est un jihad "'par le bas', déstructuré, qu'il nomma 'nizam la tanzim' (un système et non une organisation)". Et d'ajouter : "A un terrorisme hâtif de destruction massive devenu impraticable, il oppose la multiplication d'actions quasi "spontanéistes", mises en œuvre au long cours par des jihadistes autoradicalisés grâce aux sites de partage de vidéos – prolongés par quelques stages de formation in situ – incités à choisir eux-mêmes, dans leur proximité, une cible opportune." Pas de morts par milliers, mais des cibles symboliques, de longues traques et une caisse de résonance médiatique assurée.</p><p><a href="http://www.liberation.fr/monde/2015/01/07/la-france-face-au-troisieme-jihad_1175843" class="ftvi-click" data-click-value="content::link-in-content::article::http://www.liberation.fr/monde/2015/01/07/la-france-face-au-troisieme-jihad_1175843">Libération</a> précise que deux types d'opérations sont privilégiées : "Celles qui visent en priorité les musulmans ayant trahi leur foi, comme ceux qui ont endossé l’uniforme des armées occidentales – ce qu’a fait Mohamed Merah. Et celles qui, selon Al-Souri, leur permettraient d’attirer les sympathies de la communauté musulmane, comme l’assassinat d’enfants juifs en représailles [à la mort] des enfants palestiniens tués par Israël. Ou les blasphémateurs – et Charlie Hebdo entre à l’évidence dans cette catégorie."</p><p>Car l'objectif de l'idéologue, explique Alain Rodier, c'est de dresser les uns contre les autres : "Ces cellules devaient pouvoir passer à l'action avec leurs propres moyens pour déclencher une guerre civile en créant des divisions entre les musulmans et les populations locales". Par la répétition de ces actions, les terroristes misent sur des réactions islamophobes, soudant en retour les croyants humiliés.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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