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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de Monde]]></title>
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	<pubDate>Sat, 12 Oct 2024 21:21:05 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Russie/Ukraine, négociations ? Dimitri de Kochko livre son analyse au Diplomate]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Dimitri de Kochko est journaliste et responsable associatif. Il a travaillé trente-trois ans pour l’AFP, ce qui ne l’a pas empêché de publier ailleurs divers articles sur les relations internationales et la micro-économie. Il a également réalisé des reportages et des films pour la télévision et été régulièrement l’invité d’émissions de radio et de télévision en France et à l’étranger. Plus particulièrement orienté vers le monde russophone, après la fin de l’URSS il a créé plusieurs associations d’amitié et de coopération entre la France, l’Europe occidentale et la Russie et de manière plus large ensuite, une union de russophones. Et puis, en lien avec les exigences de l’actualité, il est à l’origine d’un comité contre la haine et pour la paix en Europe : <a href="http://stoprussophobie.info/">stoprussophobie.info</a>. Le site existe depuis 2017 et est actuellement en reconstruction.  </p><p>Propos recueillis par Hélène Richard-Favre</p><p>Le Diplomate :  Avant tout, merci de nous dire quelques mots de vous.</p><p>Dimitri de Kochko : Je suis journaliste par vocation. Je reconnais qu’aujourd’hui, à mon grand regret, je ne mets plus ça en avant, compte tenu de ce qu’est devenue l’image de la profession dans la société. Malheureusement à juste titre. La première charte de déontologie journalistique a été élaborée en France en 1918, à la fin de la 1ère guerre mondiale. D’autres versions ont vu le jour depuis, dont une version internationale dans les années 1970 à Munich. Elles définissent toutes un certain nombre de préceptes et de conduite morale (déontologique) qui sont aujourd’hui abondamment bafoués chez nous. J’invite vos lecteurs à consulter ces chartes sur internet (site du SNJ français par exemple) pour ne pas trop s’éloigner du sujet diplomatique d’aujourd’hui.</p><p>Pardonnez ce « préambule ». Je crois qu’il répond un peu à la question sur moi : je tiens dans ma profession et dans ma vie à une recherche des faits et à une relation honnête et équilibrée de ces faits, même si leur interprétation et les opinions qu’on peut en avoir sont différentes. Un débat de bonne foi doit contribuer à rendre nos sociétés vivables et intéressantes.</p><p>J’ai trop d’expérience humaine et journalistique pour être complètement idiot et employer une langue de bois « bisounours ». Bien sûr qu’il y a le possible et le souhaitable. Bien sûr que parfois la langue d’Ésope est indispensable ou le silence, incontournable. Mais la confusion entre information et communication à laquelle on assiste aujourd’hui en matière de médias est insupportable. Elle a des conséquences pour l’évolution de nos sociétés et de nos enfants.</p><p>Ce n’est pas seulement le mensonge orwellien (cf. 1984) du contenu qui est grave : le ministère de la vérité qui gère le mensonge chez Orwell et aujourd’hui, le comité « pour la paix » qui alimente la guerre dans les nouvelles structures de l’Union européenne… Il y a aussi les procédés et la forme empruntés à la publicité et à la propagande : l’appui exclusif sur l’émotion, la négation de la connaissance, le révisionnisme historique, les amalgames, les double standards et bien sûr le refus de tout débat ou réflexion en discréditant les sources gênantes et cataloguant, avec force répétition, les voix discordantes. En leur coupant tous les micros et médias. Orwell dénonçait le totalitarisme stalinien. Nous en subissons pleinement les techniques chez nous. Pourvu que cette folie ne nous entraîne pas vers l’irréparable, comme on peut le craindre aujourd’hui.</p><p>À lire aussi : <a href="https://lediplomate.media/2024/03/ce-jour-ou-ukraine-et-russie-sont-devenues-ennemies/helene-richard-favre/monde/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ce Jour où Ukraine et Russie sont devenues ennemies</a></p><p>J’ai eu la chance de pouvoir vivre en partie ma vocation. J’ai été plus de trente ans « soutier de l’information » au sein d’une agence de presse internationale sans me priver, ce qui est plus rare, d’autres activités dans le domaine journalistique écrit, télévisé, radiophonique et numérique dès ses débuts. J’ai pu exercer en France et à l’étranger. Après l’implosion de l’URSS, j’ai trouvé le temps de me lancer dans l’activité associative, non comme un palliatif mais par conviction et espoir que je pouvais contribuer à la naissance d’une Europe de prospérité maintenue et de paix. Pour moi, grâce à la prise en compte de son ensemble territorial de l’Atlantique au Pacifique et de ses complémentarités économiques, naturelles et humaines. Là encore, c’était ignorer le pouvoir hégémonique de l’outre-Atlantique et de ses « proxy » chez nous. Pour notre malheur maintenant.</p><p>Beaucoup de déceptions donc à première vue. Pourtant, renoncer au souhaitable, c’est tomber dans l’opportunisme, l’iniquité et la servitude. Ce n’est pas ma conception du bonheur : peut-être à tort.</p><p>Pour finir de répondre, je raconte : j’étais aussi journaliste syndicaliste et lors d’une réunion du Comité d’Entreprise d’alors, je soulevais un problème sensible à l’époque. Le PDG, homme supérieurement intelligent mais quelque peu cynique, m’interrompt pour dire : « vous savez je vous sens de bonne foi mais… » ce qui signifiait dans son esprit « quel imbécile ! ». J’ai aggravé mon cas en lui répondant : « à l’école primaire, j’étais pour les Indiens ! ». « Alors là, c’est sans espoir », a conclu le PDG.      </p><p>LD : Le 24 février 2022, pour mon blog, je vous avais posé <a href="https://helenerichardfavre.ch/guerre-en-ukraine-quelques-questions-a-dimitri-de-kochko-journaliste/">quelques questions suite à l’offensive russe en Ukraine</a>. Plus de deux ans se sont écoulés depuis lors. Comment estimez-vous la situation actuelle entre la Russie et ce qu’on appelle Occident ?</p><p>DdK : En février 2022, la Russie se mêlait du conflit qui durait depuis 2014 dans le Donbass, quotidiennement bombardé, pour empêcher ce qui se passe aujourd’hui à Gaza. Comme l’ont reconnu Mme Merkel, ex-chancelière allemande, et François Hollande, sans parler de</p><p>À lire aussi : <a href="https://lediplomate.media/2024/09/ukraine-gaza-et-autres-tracas-les-bonnes-feuilles-du-livre-de-marc-fromager-extrait-8-russie/marc-fromager/france/culture/livres/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ukraine, Gaza et autres tracas : Les bonnes feuilles du livre de Marc Fromager (Extrait 8) : Russie</a></p><p>Porochenko, l’ex de Kiev, les accords de Minsk I et II entre le gouvernement de Kiev et les rebelles n’étaient pas destinés à être appliqués mais à préparer des forces armées kiéviennes pour régler par les armes la question des « êtres inférieurs » (selon la terminologie employée par les partis qui ont pris le pouvoir à Kiev en 2014 – en fait des Russes historiques) du Donbass. Ces accords devaient mettre fin aux combats de 2014 et 2015 déclenchés par les forces de Kiev en réaction à la rébellion du Donbass contre le coup d’état de Maidan de février 2014 qui a interdit la langue russe maternelle dans la région et qui a généré le massacre des partisans fédéralistes de la maison des syndicats les 1-2 mai à Odessa.</p><p>Après 5 ans de préparation militaire, de construction de lignes de fortifications à l’ouest de la région du Donbass, d’installations de la CIA dévoilées cette année dans la presse américaine, de laboratoires de recherches biologiques, de formations de militaires ukrainiens en UE et USA, le jour J était enfin arrivé en février 2022. L’heure était venue pour lancer le nettoyage ethnique sur le modèle de ce que firent les Croates en 1995 contre les populations serbes de la Krajina qui vivaient là depuis des siècles. Il s’agissait d’environ 250.000 personnes, alors qu’il y avait 4 millions d’habitants dans le Donbass. Du reste, l’allusion à « la solution croate » était mentionnée publiquement depuis plusieurs mois par des dirigeants kiéviens. Le conseiller de la Présidence kievienne, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=H50ho9Dlrms">M. AlexeÏ Arestovitch avait expliqué dès 2019 </a> qu’une guerre avec la Russie était indispensable pour que l’Ukraine puisse entrer dans l’OTAN et avait annoncé déjà que cette guerre serait totale et aurait lieu en 2022 ! Les barrages d’artillerie contre les habitants se sont intensifiés dès le 13 février, selon les observateurs de l’OSCE qui, sans être neutres étaient encore sur place et de ce fait témoins.</p><p>Les Russes sont intervenus précipitamment, ce qui explique en partie certaines incohérences et impréparations du début de leur opération militaire spéciale. La propagande, chez nous, parle « d’invasion de l’Ukraine ». Ce qui est évidemment ridicule, compte tenu qu’on n’envahit pas un pays comme l’Ukraine avec quelque 170’000 hommes ! </p><p>Je me permets ce retour en arrière car c’est ce qui explique partiellement la situation actuelle. Il faut garder à l’esprit que l’affrontement armé n’aurait pas eu lieu si les États-Uniens et leurs obligés de l’OTAN avaient répondu à la proposition russe en décembre 2021 d’un sommet sur la sécurité européenne ou même mondiale. On peut l’interpréter comme un Yalta actualisé mais le fait est que ça aurait évité la guerre.</p><p>L’offre a été rejetée avec mépris. L’explication, en substance, était qu’on n’a pas à discuter sécurité avec « une pompe à essence ». Tout en traduisant bien sûr la condescendance des « élites » occidentales à l’endroit des Russes, ce n’est pas un mépris en l’air : c’est le rôle attribué à la Russie dans la division internationale du travail du point de vue des globalistes de la City et de Wall Street, après la fin de l’URSS. Et ils y sont parvenus pendant une vingtaine d’années en s’appuyant sur une caste d’oligarques compradores nouveaux riches, bien utiles mais non admis de plein droit parmi les grands.</p><p>À lire aussi : <a href="https://lediplomate.media/2023/09/lesprit-guerrier-ed-balland-2023-par-jean-bernard-pinatel-extrait-exclusif-1/jean-bernard-pinatel/france/culture/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’Esprit guerrier (Ed. Balland, 2023) par Jean-Bernard Pinatel – Extrait exclusif 1</a></p><p>Voilà une des clés pour comprendre l’action du président Poutine (cf. le discours de Munich en 2007), qui malgré tous ses efforts, n’a pas cessé d’être éconduit lorsqu’il demandait un traitement digne pour la Russie. Pour les Yankees, la Russie est une terre de matières premières dont il faut s’emparer, comme ce fut le cas pour les terres des Indiens en Amérique. Et si les proxys de l’époque Eltsine ne suffisent pas pour le faire et que des Poutine parlent soudain « d’intérêt national », on envisage de démanteler la Russie. La Rand corporation, un think tank proche de la CIA et d’autres agences, a même dessiné une carte avec drapeaux et trouvé quelques Russes « opposants » pour leur attribuer le projet. </p><p>Les choses n’ont pas tourné comme prévu ni d’un côté ni de l’autre.</p><p>Les Russes espéraient garantir la sécurité des habitants des deux républiques insurgées du</p><p>Donbass et parvenir assez rapidement à un accord avec Kiev. Cela a failli se produire, lorsque les négociations en mars 2022 ont abouti à un accord, interdit par les Anglo-Saxons. </p><p>Ces derniers attendaient l’intervention des Russes en réaction aux opérations de nettoyage ethnique du Donbass. Or ceux-ci sont intervenus par surprise juste avant. Le plan otanien de règlement à la croate explique la « clairvoyance » des services américains qui annonçaient l’intervention imminente des Russes en Ukraine. En dernière analyse, elle dépendait de leur calendrier à eux. D’où l’application ultra-rapide de nouvelles « sanctions » anti-russes, préparées à l’avance en plus de celles mises en place depuis 2014. Il y en avait même avant, sous le prétexte Magnitsky qui marque en réalité le début de l’offensive contre la Russie.</p><p>Il a tout de même fallu organiser (mal) la farce tragique de Boutcha pour contraindre les</p><p>Européens ayant des états d’âme à se tirer un obus dans le pied en acceptant le nouveau train de « sanctions » que parfois les Américains n’appliquaient pas ou avec des nuances ! Mais c’est pourquoi un Bruno Lemaire, à l’époque ministre français des finances, a pu répéter publiquement -au risque de se ridiculiser- les briefings des maîtres américains auxquels a aussi pu croire un Boris Johnson lorsqu’il a interdit à Zelenski de signer un accord avec les Russes en mars 2022.   </p><p>D’où aussi des effectifs armés massifs otano-kiéviens en lisière du Donbass et des fortifications (trois lignes Maginot) bien préparées, pour lesquelles des combats ont lieu depuis le début de l’opération militaire russe. Maintenant, avec la prise de Pokrovsk, les Russes pourraient passer à un autre rythme sur le terrain. Visiblement, sur le plan militaire les choses tournent à l’avantage de la Russie. Pour ma part, je ne crois pas pour autant que c’est déjà la victoire. Hannibal aussi avait remporté des victoires sur les Romains… Les otaniens n’avaient pas prévu une aussi bonne résistance et, pire encore pour eux, une telle résilience économique. Ils avaient un peu trop cru à leurs propres narratifs de propagande russophobe et aux « confidences » que leur susurraient toutes sortes d’opposants, qu’ils généraient et soutenaient et qui cherchaient à leur soutirer toujours plus.</p><p>À lire aussi : <a href="https://lediplomate.media/2023/09/lesprit-guerrier-ed-balland-2023-par-jean-bernard-pinatel-extrait-exclusif-1/jean-bernard-pinatel/france/culture/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’Esprit guerrier (Ed. Balland, 2023) par Jean-Bernard Pinatel – Extrait exclusif 1</a></p><p>Par conséquent, ils ne pouvaient pas prévoir non plus qu’ils manqueraient d’armes à la suite de leur désindustrialisation massive. Du coup, on en est arrivé au seuil de la confrontation nucléaire pour laquelle les Russes sont en supériorité grâce à l’hypersonique. Ces derniers ont aussi été capables de réorganiser leurs troupes au sol et de rattraper leur retard en matière de drones et de protection des combattants. Une victoire otanienne sur le terrain semble hors d’atteinte pour l’instant.</p><p>Du point de vue américain toutefois, une première victoire de taille a été remportée : l’Europe occidentale est coupée de la Russie, les États-Unis vendent leur gaz et pétrole à l’Europe après avoir fait sauter le Nord Stream, chèrement payé en plus des Russes, par les Allemands et les Français. Ces derniers avalent et se terrent dans le silence et restent sous contrôle grâce à un personnel acquis à l’Atlantique Nord.</p><p>À en croire les échos de la presse d’outre-Atlantique et les déclarations de plus en plus nettes de politiciens -et pas seulement trumpistes-  le deep state a compris que c’était raté pour cette fois. Et le pragmatisme américain les pousse à limiter les dépenses inutiles pour l’Ukraine. D’autant qu’il y a aussi l’allié israélien qui est en demande et qu’ils sont tout de même en période pré-électorale.</p><p>Le choix que les Américains ont fait, vraisemblablement depuis près d’un an (après l’explosion du Nord Stream et l’échec de la « contre » offensive otano-kievienne de l’été 2023), est d’obtenir un cessez-le-feu pour geler la situation à la coréenne. Mais en plus agressif, pour éviter que les Européens ne lèvent des sanctions contre la Russie. De plus, il leur faut éviter que les Russes ne s’emparent ou libèrent Odessa, selon les points de vue. Car alors, il n’y aurait plus moyen de réarmer sur le territoire ukrainien, utile pour la prochaine offensive dans quelques années. Et bien sûr, il leur faut défendre le monopole du dollar qui commence à fléchir mais pas à s’effondrer, comme veulent le croire -ou le faire croire- trop de commentateurs. Ce contexte explique les déclarations et les actions actuelles. D’une part, faire plier les Russes qui n’ont aucunement intérêt à un gel des opérations alors qu’ils ont l’avantage, d’autre part, permettre aux Américains et otaniens de se réarmer et, selon leurs méthodes habituelles, de préparer opinions et pays où ils ont des bases à la confrontation prochaine contre la Russie et peut-être la Chine. C’est bien sûr sans compter sur un éventuel succès des BRICS, qui représentent sans doute le meilleur espoir pour la Russie et le monde d’échapper à l’Apocalypse nucléaire et aux plans hégémoniques. Il est toutefois peu probable que l’Hégémon justement acceptera sa chute, aussi limitée et temporisée soit-elle. Ces éléments permettent aussi de comprendre les discours jusqu’au-boutiste et les remaniements totalement extrémistes russophobes au sein de la Commission européenne. Ils visent à empêcher, en cas de gel des combats, tout rapprochement avec la Russie. Ou pire encore, la remise en marche de la branche restante du Nord Stream pour alimenter en gaz bon marché et non polluant l’Allemagne et l’Europe occidentale. Et horreur, la reprise des affaires qui rapportaient tant aux Européens.</p><p>À lire aussi : <a href="https://lediplomate.media/2023/06/driss-ghali-il-faut-absolument-que-la-france-reste-la-france-quitte-a-ce-que-certains-me-traitent-dextremiste-ils-me-remercieront-plus-tard/angelique-bouchard/france/politique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Driss Ghali : « Il faut absolument que la France reste la France, quitte à ce que certains me traitent d’extrémiste, ils me remercieront plus tard ! »</a></p><p>Renault, qui était N°1 en Russie, a quitté ses usines avec une possibilité de reprendre au bout de cinq ans… L’oncle Sam veillera au grain !</p><p>Bien sûr, si les Russes se montrent trop réticents à se faire rouler encore une fois, il faudra envisager d’utiliser les Européens comme proxys en lieu et place des Ukrainiens qui n’en peuvent plus mais… C’est la raison de l’intensification de la propagande guerrière et de la volonté d’interdire toute information sur les réseaux sociaux dans les pays occidentaux (cf. les projets et lois en France où Dourov de Telegram a été arrêté et dans l’UE avec Thierry Breton et les déclarations incongrues des officiels états-uniens contre RT !) Même de si faibles voix s’avèrent gênantes ! Les services britanniques du MI6 -spécialisés en matière d’information- avaient signalé dans un rapport, quelques mois après l’intervention de Boris Johnson pour empêcher un armistice en mars 2022, que la lutte contre « la propagande russe » s’avérait compliquée car de nombreuses assertions de cette dernière s’avéraient « factuellement vraies » ! Joliment dit !</p><p>Reste à faire céder les Russes pour les faire « négocier pour la paix », en utilisant là encore le mensonge orwellien en parlant de paix alors qu’il n’en n’est pas question à terme.</p><p>Bien sûr, la paix est un mot d’ordre porteur et un arrêt des hostilités ce sont des morts, des destructions et des dépenses en moins. Pour inciter l’opinion russe à être tentée par ce désir tout naturel, les otaniens ont choisi des voies qui ne semblent pas être des plus efficaces car elles ont tendance à provoquer une prise de conscience du danger et un réflexe d’auto-défense. Des actions terroristes, des attaques par drones du territoire russe d’avant 2014 (pour les nouveaux territoires, certains sont bombardés par les kiévo-otaniens depuis 10 ans), la promesse d’attaques par des missiles à longue portée guidés par les satellites otaniens, le chantage de l’attaque contre des centrales nucléaires de Zaporojié et/ou de Koursk ! Et puis, toujours sur le terrain, des menaces de fermeture du détroit de Finlande ou contre Kaliningrad ! Ajoutons les pressions sur les pays de l’ex URSS, en Asie centrale, en Arménie que le dirigeant actuel mène à sa perte, ou la Géorgie qui au contraire se réveille d’un mauvais rêve.  </p><p>À cela s’ajoutent les mesures économiques : le renforcement des « sanctions » et des pressions contre les pays qui ne veulent pas en entendre parler mais qu’on peut casser. Beaucoup plus fin et pervers : le jeu sur l’économie intérieure russe qui s’est montrée particulièrement brillante avec un PIB proche de 4 % et l’absence d’endettement, en partie grâce aux sanctions. Cela passe par le biais de liens du FMI et d’autres organisations internationales que visiblement la Présidence russe cherche à ménager. L’élément le plus relevant est la politique de la Banque centrale, dont le statut a été fixé constitutionnellement dans les années 1990 et échappe partiellement à l’État russe. Elle fixe un taux directeur prohibitif pour tout entrepreneur et plus encore pour toute start up, à 19 %, sous prétexte de lutte contre l’inflation et la « surchauffe » de l’économie.</p><p>Cette question mériterait un article à part. Disons simplement que dans le contexte russe actuel avec la guerre et les « sanctions », une lutte efficace contre l’inflation passerait par une augmentation des biens offerts et que même si les taux peuvent être augmentés en bonne orthodoxie financière occidentale, 20 % est incontestablement excessif. Plus grave, le ministère du développement économique a publié des prévisions justes avant la visite prévue mais annulée d’un responsable du FMI : il semblait notamment se réjouir de la diminution de la production industrielle et constatait avec un étonnement feint que l’inflation ne baissait pas sensiblement, faute de biens à acquérir… On ne peut développer ici mais la conclusion est sans doute que ce qu’on appelle la « cinquième colonne » en Russie, c’est à dire toute une caste ou des gens issus des années 1990 et dont les intérêts ou la mentalité sont très liés aux Occidentaux, cherchent à saboter la politique indépendante de leur pays. D’aucuns espèrent qu’avec une élection éventuelle de Trump aux USA, ils pourront retrouver certains de leurs biens ou acquis dans les zones offshores ou les pays occidentaux. C’est un aspect peu évoqué mais important. En fait, avec la guerre et les menées hostiles de « l’Occident collectif » contre la Russie, la sociologie de cette dernière est en train d’évoluer. Schématiquement, on peut sans doute dire que la Présidence et ses partisans cherchent à encourager cette tendance et un certain nettoyage des écuries d’Augias est en cours, y compris au sein du ministère de la Défense et chez certains gouverneurs régionaux. Les castes issues des années 1990 qui sont encore dans les arcanes du pouvoir s’opposent bien évidemment à ces évolutions.</p><p>À lire aussi : <a href="https://lediplomate.media/2024/08/le-grand-entretien-du-diplomate-avec-le-general-pinatel-sur-les-derniers-evenements-en-ukraine/jean-bernard-pinatel/monde/russie-et-ukraine/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le grand entretien du Diplomate avec le général Pinatel sur les derniers évènements en Ukraine</a></p><p>C’est l’un des leviers que cherchent à actionner les Américano-otaniens afin de contraindre le pouvoir russe à négocier pour accepter un gel de la guerre en vue de la prochaine à préparer. Ils espèrent que les échéances électorales en Russie ouvriraient un après-Poutine favorable à la menée de leur projet stratégique de démantèlement de la Russie en dizaines d’états facilement exploitables. Des milliers de jeunes Ukrainiens continuent à être sacrifiés pour cet objectif anglo-saxon que le monde russe ne peut accepter.        </p><p>LD : Dans une interview qui m’avait été demandée il y aura bientôt dix ans déjà, je disais que <a href="https://helenerichardfavre.ch/la-russie-na-jamais-ete-lennemie-de-leurope/">la Russie n’avait jamais été l’ennemie de l’Europe</a>. Le serait-elle désormais devenue selon vous ?</p><p>DdK : La Russie est Europe. Elle l’est géographiquement, historiquement, culturellement, affectivement. Le poids et le rayonnement de l’Europe dans le monde était (on ne peut plus dire est) en partie dû à la présence et à l’héritage de la Russie.</p><p>En ce qui concerne la France, la Russie l’a sauvée à plusieurs reprises dans l’histoire : après la défaite de Napoléon, le Tsar Alexandre I a interdit toute exaction pour venger la destruction de Moscou et a empêché les Anglais et les Autrichiens de se partager la France. Au début de la guerre de 14-18, la Russie, pas prête, a lancé une offensive en Prusse qui a permis la victoire de la Marne. Pendant cette guerre, 40’000 Russes sont venus renforcer les rangs des soldats français contre les Allemands. Enfin, à l’issue de la seconde guerre mondiale, en permettant au général de Gaulle de faire entrer la France dans le camp des vainqueurs, alors que les Américains ne voyaient pas les choses ainsi. On peut encore rappeler le rôle de Russes dans la Résistance française et par exemple que le Chant des partisans a été écrit et chanté par des Russes ! Le maréchal Foch a reconnu le rôle de la Russie et le général de Gaulle rappelle que quand la France et la Russie s’entendent, tout va bien pour la France. Ce qui n’est pas le cas quand elles s’opposent.</p><p>Avec tout ce qui précède, il est clair que ces délires sur les pseudos projets russe d’envahir l’Europe ne sont que des aboiements de propagande.</p><p>La Russie n’a pas besoin de territoires : elle est le plus grand pays du monde et celui qui a le plus de matières premières. En Ukraine, l’armée russe ne cherche pas à conquérir du terrain, sinon elle aurait fait comme les Américains en Irak ou les Israéliens à Gaza. Même si elle voulait envahir l’Europe, elle ne le pourrait pas : avec l’histoire tragique de ce pays au XXème siècle, elle n’a pas assez d’habitants pour mener ce genre d’opérations. Et pour tout observateur de bonne foi, il est évident qu’elle ne le veut pas. Les Russes aiment l’Europe et se sentent européens, au point qu’ils éprouvaient depuis plus d’un siècle parfois un complexe d’infériorité assez absurde. Beaucoup sont en train d’en revenir aujourd’hui et l’aspiration à une réalité eurasiatique commence peu à peu à prendre corps, au dépend du désir d’Europe qu’exprimait le slogan de Gorbatchev et Eltsine sur « notre maison commune, l’Europe ».  </p><p>#DimitriDeKochko, #RelationsInternationales, #GéopolitiqueRusse, #ConflitUkraineRussie, #Russophobie, #RelationsRussoEuropéennes, #CoopérationFranceRussie, #GéopolitiqueMondiale, #TensionsRussieOccident, #JournalismeInternational, #StratégieRusse, #DiplomatieRusse, #RôleDeLaRussie, #ConflitDansLeDonbass, #StopRussophobie, #RelationsOTANRussie, #DébatGéopolitique, #StratégieInternationale, #UnionEuropéenneEtRussie, #ActualitéRussie, #GéopolitiqueContemporaine, #ConflitsInternationaux, #JournalismeGéopolitique, #TensionsEnEurope, #PolitiqueÉtrangèreRusse, #RelationsRussoEuropéennes, #CoopérationInternationale, #ActualitéGéopolitique, #UnionRussophone, #SoutienAuxRelationsRussoEuropéennes</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/977/aux-origines-de-la-pensee-de-m-netanyahou-par-dominique-vidal-le-monde-diplomatique-novembre-1996</guid>
	<pubDate>Sun, 29 Sep 2024 18:44:42 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/977/aux-origines-de-la-pensee-de-m-netanyahou-par-dominique-vidal-le-monde-diplomatique-novembre-1996</link>
	<title><![CDATA[Aux origines de la pensée de M. Nétanyahou, par Dominique Vidal (Le Monde diplomatique, novembre 1996)]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L’intransigeance de M. Benyamin Nétanyahou a surpris certains. De ce premier ministre mal élu, théoriquement ficelé par la signature de ses prédécesseurs au bas des accords d’Oslo et en principe soumis à la volonté de l’Europe comme des Etats-Unis de voir avancer les négociations, ils attendaient un minimum de réalisme. Il n’en a rien été. En quatre mois, les décisions du dirigeant du Likoud ont provoqué parmi les Palestiniens une explosion de colère sans précédent depuis l’Intifada. « Chassez le naturel, il revient au galop. » Le proverbe s’applique ici on ne peut mieux. Car, si son entrée en politique remonte à moins de quinze ans, le chef du gouvernement israélien est un pur produit du sérail « révisionniste », mâtiné il est vrai d’ultralibéralisme américain.</p><p>On a présenté son père, Ben-Zion, comme un professeur d’histoire juive, spécialiste de l’Inquisition en Espagne. Information exacte, mais incomplète : il fut surtout, dans les années 30, le secrétaire particulier de Vladimir (Zeev) Jabotinsky, le fondateur du courant sioniste le plus réactionnaire, dit révisionniste. Homme de conviction, Ben-Zion Nétanyahou décida même, en 1962, de fuir le « socialisme » israélien en s’exilant, avec sa famille, aux Etats-Unis où il éleva ses fils dans la fidélité aux idées de Jabotinsky. Un retour en arrière, aux sources de l’extrême droite juive, s’impose donc.</p><p>Vladimir Jabotinsky se fait connaître durant la première guerre mondiale en créant la Légion juive, qui contribuera — tardivement — à la « libération » de la Palestine par les troupes du général Allenby en 1918. Intégré en 1921 dans l’Exécutif sioniste, il en dénonce les compromissions avec la puissance mandataire britannique et le quitte pour fonder, en 1923, le Betar (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb1" rel="appendix" title="Acronyme de Brit (alliance) Trumpeldor, du nom d’un officier juif de l’armée (...)" id="nh1">1</a>), puis, en 1925, l’Alliance des sionistes révisionnistes. Entre-temps, par antibolchevisme, il s’est compromis avec les hommes de l’ataman Simon Petlioura, pourtant responsables, dans son Ukraine natale, d’épouvantables pogroms où périssent quelque 40 000 juifs (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb2" rel="appendix" title="Sur ce point, voir l’excellente Histoire de la droite israélienne, de Marius (...)" id="nh2">2</a>)…</p><p>En quoi les révisionnistes s’opposent-ils à la majorité des sionistes, au point de quitter, en août 1935, l’Organisation mondiale, au sein de laquelle ils ont rassemblé jusqu’à 21 % des suffrages ? Au socialisme dans lequel le parti Mapaï dissimule son nationalisme, Jabotinsky préfère un modèle occidental à la fois politiquement autoritaire (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb3" rel="appendix" title="Les révisionnistes extrémistes, dits birionim (brigands), préconisent même (...)" id="nh3">3</a>) et économiquement libéral, qui plaît à la bourgeoisie et aux classes moyennes affluant alors en Palestine. Pour le reste, les sionistes révisionnistes disent tout haut ce que les sionistes socialistes et libéraux pensent sans doute tout bas, mais estiment nécessaire de dissimuler.</p><p>Mieux vaut, considèrent David Ben Gourion comme Haïm Weizmann, s’abriter derrière la présence britannique pour conquérir la Palestine hectare après hectare, plutôt que de prétendre former, sans attendre et par la force, un Etat. Vladimir Jabotinsky, lui, ne veut pas de ce vague commonwealth national au statut et aux frontières mal définis. « Le but du sionisme, explique-t-il en 1924, est de créer un Etat juif. Son territoire : les deux rives du Jourdain. Le système : la colonisation de masse. La solution du problème financier : un emprunt national. Ces quatre principes ne peuvent être appliqués sans une approbation internationale. D’où le mot d’ordre de l’heure : une nouvelle campagne politique et la militarisation de la jeunesse juive d’Eretz Israël et de la diaspora (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb4" rel="appendix" title="Cité par Walter Laqueur, Histoire du sionisme. Calmann-Lévy, Paris, 1973, p.  (...)" id="nh4">4</a>). »</p>
<p>Un « mur d’acier » contre les Arabes</p>
<p>Voilà le fameux « mur d’acier ». Marqué par les premières émeutes antijuives de 1921 et 1922, Vladimir Jabotinsky livre sous ce titre, dans l’hebdomadaire sioniste russe Rasswyet, le 4 novembre 1923, le fond de sa stratégie : « Tous les peuples indigènes — qu’ils soient civilisés ou sauvages — considèrent leur pays comme leur foyer national, dans lequel ils seront toujours les seuls maîtres. Ils n’accepteront pas volontairement non seulement un nouveau maître, mais même un nouveau partenaire. Ainsi les Arabes.  (…) La colonisation sioniste, même la plus limitée, doit soit s’arrêter, soit s’accomplir au mépris de la volonté de la population indigène. C’est pourquoi cette colonisation ne peut se poursuivre et se développer que sous la protection d’une force indépendante de la population locale — un mur d’acier que la population indigène ne puisse percer.  (…) Le mur d’acier, c’est le renforcement en Palestine d’un gouvernement sur lequel les Arabes n’auraient aucune influence, autrement dit un gouvernement contre lequel les Arabes se battront (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb5" rel="appendix" title="Cité par Lenni Brenner, The Iron Wall. Zed Books, Londres, 1984, pp. 74 et (...)" id="nh5">5</a>). »</p><p>Entre le sionisme révisionniste et les fascismes alors en pleine ascension, il y a plus que des ressemblances : une parenté. D’autant que les militants du mouvement portent volontiers la chemise brune, célèbrent le culte du chef et se comportent en armée disciplinée. Chez eux, la violence est une seconde nature : contre les grévistes ou les meetings juifs de gauche, ils font le coup de poing ; contre les militants nationalistes arabes, ils tirent des coups de fusil. Et lorsque les Palestiniens déclenchent leur grande révolte, en 1936, les révisionnistes, avec leur milice, la Haganah-B, aident les troupes britanniques à la réprimer dans le sang. Même le racisme n’est pas absent de la pensée de Jabotinsky : il affleure notamment dans sa nouvelle, Samson, qui rejette toute « mixité » entre juifs et non-juifs. Tant et si bien que David Ben Gourion surnommera Jabotinsky « Vladimir Hitler » — et les nazis des « révisionnistes allemands ». Le futur premier ministre d’Israël commentera même publiquement un article du Führer en affirmant : « Je pensais lire Jabotinsky — les mêmes mots, le même style, le même esprit (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb6" rel="appendix" title="Cité par Michel Bar-Zohar, Ben Gourion. Fayard, Paris, 1986, pp. 112 à (...)" id="nh6">6</a>). »</p><p>Idéologique et politique, le rapprochement se matérialise sur le terrain. Si Jabotinsky se défend d’admirer le Duce, Mussolini, lui, ne tarit pas d’éloges à son sujet. « Pour que le sionisme réussisse, il vous faut un Etat juif, avec un drapeau juif et une langue juive. La personne qui comprend vraiment cela, c’est votre fasciste, Jabotinsky », confiera-t-il en 1935 à David Prato, futur grand rabbin de Rome (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb7" rel="appendix" title="Cité par Lenni Brenner, Zionism in the Age of the Dictators. Croom Helm, (...)" id="nh7">7</a>). Généreux, le maître de l’Italie accepte d’accueillir une école navale du Betar à Civitavecchia, au nord de Rome. Lors de son inauguration, les étudiants révisionnistes entonnent Giovinezza, l’hymne fasciste, et crient : « Vive l’Italie ! Vive le roi ! Vive le duce ! (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb8" rel="appendix" title="Idem, p. 119." id="nh8">8</a>) »…</p><p>A la mort de Jabotinsky, en 1940, ses héritiers se divisent pour un temps. La seconde guerre mondiale voit les tenants de l’Irgoun respecter la trêve dans le combat contre les Britanniques, qui sont en revanche la cible de nombreuses actions armées du groupe Stern, puis Lehi — ce dernier se déshonorera en proposant une alliance au Troisième Reich (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb9" rel="appendix" title="Même M. Itzhak Shamir le reconnaît, tout en rejetant la responsabilité sur (...)" id="nh9">9</a>)… Tous se retrouveront néanmoins pour recourir au terrorisme dans leur « lutte de libération » : de l’attentat de l’Hôtel King David, qui fit 200 morts et blessés le 22 juillet 1946, au massacre du village palestinien de Deir Yassine (9 avril 1945), où tombèrent 250 civils, les pages les plus noires de la naissance de l’Etat d’Israël et de l’expulsion de 800 000 Palestiniens sont signées par les hommes de Menahem Begin et de M. Itzhak Shamir, dont on sait le rôle qu’ils joueront, trente ans plus tard, à la tête du Likoud et de l’Etat juif.</p><p>M. Benyamin Nétanyahou a de qui tenir.</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh1" title="Notes 1" rev="appendix">1</a>) Acronyme de Brit (alliance) Trumpeldor, du nom d’un officier juif de l’armée tsariste, héros de la guerre russo-japonaise, mort en défendant la colonie juive de Tel Hai, en Haute-Galilée, contre les Bédouins du voisinage. L’hymne du Betar commence par ces mots : « Betar,De la fosse, pourriture et poussière,Naîtra une racePar le sang et la sueur,Fière, généreuse, dure. »</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh2" title="Notes 2" rev="appendix">2</a>) Sur ce point, voir l’excellente Histoire de la droite israélienne, de Marius Schattner, coll. « Questions au XXe siècle », Complexe, Bruxelles, 1991.</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh3" title="Notes 3" rev="appendix">3</a>) Les révisionnistes extrémistes, dits birionim (brigands), préconisent même ouvertement la dictature. Dans ses « Chroniques d’un fasciste » (sic), publiées par le journal Doar Hayam, leur chef, Aba Ahimeir, écrit en 1928 : « Je ne suis pas un démocrate et je suis fermement convaincu que la seule forme de gouvernement possible est celle d’une minorité active sur une majorité passive » (Cité par Yaacov Shalit, Jabotinsky and the Revisionist Movement. 1925-1948, Frank Cass, Londres, 1988, p. 365). A peine les nazis arrivés au pouvoir, Ahimeir suggérera à ses amis de prendre « la pulpe antimarxiste » et de rejeter « l’écorce antisémite ». « Hitler, assure-t-il, ne nous a pas fait plus de mal que Staline. » (Cité par Marius Schattner, ibid, p. 110.)</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh4" title="Notes 4" rev="appendix">4</a>) Cité par Walter Laqueur, Histoire du sionisme. Calmann-Lévy, Paris, 1973, p. 386.</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh5" title="Notes 5" rev="appendix">5</a>) Cité par Lenni Brenner, The Iron Wall. Zed Books, Londres, 1984, pp. 74 et 75.</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh6" title="Notes 6" rev="appendix">6</a>) Cité par Michel Bar-Zohar, Ben Gourion. Fayard, Paris, 1986, pp. 112 à 115.</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh7" title="Notes 7" rev="appendix">7</a>) Cité par Lenni Brenner, Zionism in the Age of the Dictators. Croom Helm, Londres et Canberra, 1983, p. 117.</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh8" title="Notes 8" rev="appendix">8</a>) Idem, p. 119.</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh9" title="Notes 9" rev="appendix">9</a>) Même M. Itzhak Shamir le reconnaît, tout en rejetant la responsabilité sur Abraham Stern. Ce qui ne l’empêche pas de commenter ainsi ces démarches : « Elles n’étaient pas de mon goût et pourtant, du point de vue moral et national, j’estimais qu’elles n’étaient pas interdites. » (Voir Charles Enderlin, Shamir, Olivier Orban, Paris, 1991, pp. 80 à 82.)</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 21 Sep 2024 20:53:28 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/974/ce-jour-ou-ukraine-et-russie-sont-devenues-ennemies</link>
	<title><![CDATA[Ce Jour ou Ukraine et Russie sont devenues ennemies]]></title>
	<description><![CDATA[<p>D’année en année, en Occident, les 24 février courent le risque d’être rappelés comme jour où l’Ukraine aura été envahie par la Russie qui, pour sa part, s’en tiendra aux termes d’opération spéciale. </p><p>En réalité, le 24 février 2022 a été le jour où la tension entre Ukraine et Russie se sera radicalisée. </p><p>Il sera le jour où des familles auront commencé à se déchirer avant de se désunir. Il sera ce jour où, aux treize mille victimes tombées dans le Donbass depuis 2014, auront commencé à s’en ajouter d’autres par centaines de milliers. </p><p>Dans les chancelleries et dans les rédactions occidentales, le narratif de rigueur fixera et jusqu’à nouvel avis figera la Fédération de Russie dans son rôle de coupable et de responsable des hostilités. </p><p>Alors que l’application des accords de Minsk I et II aurait ouvert une autre voie que celle d’un conflit d’ampleur, négliger l’échec de la diplomatie a toutes les chances de s’imposer si l’essentiel est de rendre fautive, « la Russie de Poutine ».</p><p>Certes, l’Occident ne se résume pas aux porte-voix qui, urbi et orbi vouent aux gémonies un pays si souvent résumé à son seul dirigeant alors que sa population avoisine les 144 millions d’habitants. Mais la place accordée à qui voudrait nuancer ce discours dominant est réduite à peau de chagrin.</p><p>Et quand existe la possibilité de livrer un autre éclairage que celui sensé illuminer les esprits, c’est souvent pour le disqualifier et le dénoncer comme provenant du Kremlin, avec toute la déconsidération convenue.</p><p>Alors oui, dans nos contrées, la liberté de s’exprimer demeure mais au prix du discrédit jeté sur toute parole qui s’écarte de la ligne suivie par les médias dits « mainstream ». Or ce sont eux qui façonnent l’opinion publique.</p><p>Et celle-ci, forte de ce qu’elle assimile, affirme. Que l’Ukraine est une démocratie et la Russie, une dictature. Que l’Ukraine est victime de l’agression russe. Le ton est ainsi donné. Pour combien de temps, l’avenir le dira.</p><p>Mais il sera de toutes façons trop long et ne ressuscitera plus les morts ni ne guérira les plaies ouvertes il y a dix ans déjà sur un champ de bataille fratricide. </p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 05 Nov 2023 09:35:04 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/936/les-mysteres-de-notre-soumission-au-parti-democrate-americain</link>
	<title><![CDATA[Les mystères de notre soumission au parti Démocrate américain]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Novembre 2023 – Source <a href="https://nicolasbonnal.wordpress.com/">Nicolas Bonnal</a></p><p></p><p>Le parti Démocrate est le parti préféré des Français et des Européens ; c’est le parti dit-on du social et des minorités, le parti des écologistes et des LGBTQ et le parti surtout de la guerre à mort contre la Chine et la Russie. Quand Obama fit soi-disant tuer le Ben Laden de service, Kagan se rengorgea et se dit que l’on pouvait ‘démocratiquement’ mener une guerre messianique d’extermination contre le reste du monde. Surtout avec Trump en face…</p><p><br />Mais le parti Démocrate c’est surtout celui des deux premières guerres mondiales : les USA ont vu, ils sont venus, ils ont vaincu – et comme dit Trotski ils ont commis à leur service la social-démocratie européenne pour mettre l’Europe à la portion congrue.<br />Il semble que le parti Démocrate invincible et indéboulonnable sera aussi le parti de la troisième guerre mondiale qui achèvera le vieillard débile et consentant européen.<br />En France terre des droits de l’homme et des guerres en boucle on honore surtout le parti Démocrate. Le téléphage froncé voulait dans les sondages voter à 90% pour Biden contre Trump qui lui garantissait la paix et l’énergie peu chère (mais on ne refera pas les Français). On honore la mémoire de Roosevelt (Franklin Delano), de Wilson donc ou de Kennedy. On y a déifié Obama en France, qui a démoli la Libye, peuplé l’Europe de migrants, et qui a déclenché les hostilités finales contre la Russie en 2014, tout en recevant un prix Nobel à Stockholm et en déclenchant sur ordre écolo-bancaire la liquidation de nos industries.</p><p>Ce parti Démocrate mène le monde à sa perdition avec sa troisième guerre mondiale contre la Chine et la Russie ; il mène l’Europe à sa ruine totale et il livre l’Amérique aux hordes ethniques comme on dit, au lobby LGBTQ et à la faillite financière via la dette – le tout sur fond de hausse infinie et arrogante de la bourse.</p><p>C’est lui qui peuplé de « <a href="https://lesakerfrancophone.fr/appelez-les-exorcistes">dibbouks </a>» (Kunstler) a créé sous Wilson (élu grâce à une division des républicains et à une participation abusive et sans doute contrôlée de Théodore Roosevelt aux élections présidentielles de 1912) la Banque Fédérale avec les Warburg, c’est lui a liquidé le libéralisme américain et renforcé et créé l’Etat moderne (voyez l’ouvrage collectif de Denton, Goldberg ou Hoppe), c’est lui qui a militarisé la nation et créé les mille bases, c’est lui a créé la Deuxième Guerre Mondiale et réduit l’Europe à la portion congrue, c’est lui qui avec Truman a créé de A à Z la guerre froide contre la Russie (génial Ralph Raico) et c’est lui qui a fait la guerre pendant dix ans au Vietnam, guerre inutile, assassine et cruelle. Mais c’est lui qui est adoré.</p><p>Et ce parti en même temps qu’il veut une guerre d’extermination contre la Russie et la Chine désire remplacer la population (quelque que soit le pays qu’il contrôle en Europe) et liquider agriculture et industrie (Harris-Kerry).</p><p>Et c’est normal puisque c’est le parti non pas du chaos (comme le dit Kunstler) mais de la mort. L’occidental des temps de la Fin adore l’obscur, disait Guénon, alors qu’il adore la mort.</p><p>Et on ne parlera pas de JFK par pitié. On répètera avec Trotski :</p><p>Pendant ce temps, l’Amérique édifie son plan et se prépare à mettre tout le monde à la portion congrue… La social-démocratie est chargée de préparer cette nouvelle situation, c’est-à-dire d’aider politiquement le capital américain à rationner l’Europe. Que fait en ce moment la social-démocratie allemande et française, que font les socialistes de toute l’Europe ? Ils s’éduquent et s’efforcent d’éduquer les masses ouvrières dans la religion de l’américanisme; autrement dit, ils font de l’américanisme, du rôle du capital américain en Europe, une nouvelle religion politique.</p><p><a href="https://nicolasbonnal.wordpress.com/">Nicolas Bonnal</a> sur <a href="https://www.amazon.fr/Nicolas-Bonnal/e/B001K7A4X0#">Amazon.fr</a></p><p>Sources</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/935/la-guerre-est-perdue-%E2%80%93-zelenski-va-partir-%E2%80%93-la-maison-blanche-a-echoue</guid>
	<pubDate>Wed, 01 Nov 2023 20:38:54 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/935/la-guerre-est-perdue-%E2%80%93-zelenski-va-partir-%E2%80%93-la-maison-blanche-a-echoue</link>
	<title><![CDATA[La guerre est perdue – Zelenski va partir – La Maison Blanche a échoué]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par <a href="https://www.moonofalabama.org/2023/10/the-war-is-lost-zelenski-will-leave-the-white-house-has-failed.html#more">Moon of Alabama</a> – Le 31 octobre 2023</p><p>Personne ne croit en la victoire autant que moi. PERSONNE.</p><p>Quelle différence en une année…</p><p>Le personnage de l’année</p><p>Le nouvel article du Time est très révélateur :</p><p><a href="https://time.com/6329188/ukraine-volodymyr-zelensky-interview/">“Personne ne croit autant en notre victoire que moi”. Le combat de Volodymyr Zelensky pour maintenir l’Ukraine dans la bataille</a> – Time – 30 octobre 2023</p><p>Cette offensive s’est déroulée à un rythme insoutenable et avec des pertes énormes, ce qui fait que Zelensky a de plus en plus de mal à convaincre ses partenaires que la victoire est à portée de main. Avec le déclenchement de la guerre en Israël, le simple fait de maintenir l’attention du monde sur l’Ukraine est devenu un défi majeur.</p><p>Citant un soldat sur le front de la contre-offensive, The Economist <a href="https://www.economist.com/europe/2023/10/29/trenches-and-tech-on-ukraines-southern-front">abonde</a> dans le même sens :</p><p>“Left Handed“, un fantassin qui se bat sur le front entre Robotyne et Verbove, affirme que les pertes ukrainiennes ont atteint des niveaux alarmants, en partie grâce au travail des drones. Les plaines de Zaporizhia ont tourné le dos à la vie, dit-il. “C’est l’enfer. Des cadavres, l’odeur des cadavres, la mort, le sang et la peur. Pas une once de vie, juste la puanteur de la mort“. Les membres d’unités comme la sienne avaient plus de chances de mourir que de survivre. “70% – 30%. Certains ne survivent même pas jusqu’à leur première bataille“.</p><p>Pourtant, Zelenski les <a href="https://time.com/6329188/ukraine-volodymyr-zelensky-interview/">encourage</a> à continuer :</p><p>Mais ses convictions n’ont pas changé. Malgré les récents revers sur le champ de bataille, il n’a pas l’intention d’abandonner le combat ou de demander une quelconque paix.</p><p>Au contraire, sa conviction de la victoire finale de l’Ukraine sur la Russie s’est durcie, au point d’inquiéter certains de ses conseillers. Elle est inébranlable, à la limite du messianisme. “Il se fait des illusions“, me dit l’un de ses plus proches collaborateurs, frustré. “Nous n’avons plus d’options. Nous ne sommes pas en train de gagner. Mais essayez de le lui dire“.</p><p>L’entêtement de Zelensky, selon certains de ses collaborateurs, a nui aux efforts de leur équipe pour élaborer une nouvelle stratégie, un nouveau message. Alors qu’ils débattaient de l’avenir de la guerre, une question est restée taboue : la possibilité de négocier un accord de paix avec les Russes. À en juger par de récents sondages, la plupart des Ukrainiens rejetteraient une telle démarche, surtout si elle impliquait la perte de tout territoire occupé.</p><p>La guerre est perdue. Les Ukrainiens le savent. Mais ils ne veulent pas abandonner.</p><p>Les gens de Zelenski rejettent la faute sur tout le monde sauf sur ceux qui ont causé le désordre. C’est le message de “victoire” de Zelenski et de son équipe qui a conduit l’opinion publique à la complaisance la plus totale.</p><p>Comme le titre Strana (traduction automatique) :</p><p><a href="https://strana.news/news/449257-kombat-vooruzhjonnykh-sil-schitaet-chto-stratehicheski-ukraina-proihryvaet-rossii.html">L’Ukraine est en train de perdre sa guerre contre la Fédération de Russie en raison de la perception inadéquate de la situation par la société – commandant des forces armées de l’Ukraine</a> – Strana.news – 30 oct. 2023</p><p>D’un point de vue stratégique, l’Ukraine est en train de perdre la guerre en raison de la perception inadéquate de la situation par la société.</p><p>Cette opinion a été exprimée par le commandant des forces armées ukrainiennes Dmitry Kukharchuk dans une interview avec Channel Five.</p><p>Il affirme qu’au début de la guerre, tous les Ukrainiens étaient prêts à défendre le pays et qu’il y avait de nombreux volontaires. Mais après le retrait des troupes russes de Kiev, la situation a changé.</p><p>“Immédiatement après, j’ai remarqué que les médias diffusaient des thèses selon lesquelles nous nous battions contre des sans-abri, que l’armée russe ne savait pas se battre, qu’en principe la victoire serait acquise dans une semaine ou deux, un mois au maximum. Que d’abord au printemps, puis en été, puis en automne, puis en hiver, sans préciser lequel, nous irons en Crimée. Que la victoire est fondamentalement victorieuse. On a donc mis les gens dans une salle de bain chaude. Nous avons brisé leur vision de la réalité. Mais cela ne s’est pas produit en Russie. Les Russes ont commencé à se rendre compte que la guerre n’allait pas être facile pour eux. Ils ont compris qu’ils allaient devoir se battre pendant longtemps“, estime M. Kukharchuk.</p><p>Il ajoute que les Russes “deviennent plus forts” chaque jour et que si l’Ukraine avait vraiment combattu des “dégénérés“, elle les aurait vaincus depuis longtemps.</p><p>“C’est la raison pour laquelle nous perdons. Ils ont ces processus en cours, et leur état de préparation est bien plus élevé que celui de notre société. Et lorsqu’ils parlent d’une bombe nucléaire, d’une guerre de tous contre tous, pour une raison ou une autre, il me semble qu’ils sont prêts pour ces processus“, a ajouté le commandant du bataillon.</p><p>Napoléon, Hitler et bien d’autres qui ont cherché la guerre contre la Russie ont dû apprendre à ne jamais sous-estimer la profondeur de ses ressources. Aujourd’hui, l’OTAN, les États-Unis et leurs mandataires européens sont en train d’apprendre cette leçon.</p><p>Zelenski ne l’a toujours pas apprise. Il ne <a href="https://time.com/6329188/ukraine-volodymyr-zelensky-interview/">cédera pas</a> :</p><p>Le froid rendra également les avancées militaires plus difficiles, bloquant les lignes de front au moins jusqu’au printemps. Mais Zelenski refuse de l’admettre. “Pour moi, geler la guerre, c’est la perdre“, déclare-t-il. Avant l’arrivée de l’hiver, ses collaborateurs m’ont prévenu qu’ils devaient s’attendre à des changements majeurs dans leur stratégie militaire et à un remaniement important de l’équipe du président. Selon eux, au moins un ministre devrait être licencié, ainsi qu’un général de haut rang chargé de la contre-offensive, afin de rendre compte de la lenteur des progrès de l’Ukraine sur le front. “Nous n’avançons pas“, déclare l’un des proches collaborateurs de Zelensky. Certains commandants de première ligne, poursuit-il, ont commencé à refuser les ordres d’avancer, même lorsqu’ils venaient directement du bureau du président. “Ils veulent simplement rester dans les tranchées et tenir la ligne“, ajoute-t-il. “Mais nous ne pouvons pas gagner une guerre de cette façon“.</p><p>Lorsque j’ai soulevé ces questions auprès d’un officier supérieur, il m’a répondu que certains commandants n’avaient pas vraiment le choix de remettre en question les ordres émanant du sommet de la hiérarchie. Selon lui, à un moment donné, début octobre, les dirigeants politiques de Kiev ont demandé une opération pour “reprendre” la ville de Horlivka, un avant-poste stratégique dans l’est de l’Ukraine que les Russes tiennent et défendent farouchement depuis près d’une décennie. La réponse a pris la forme d’une question : “Avec quoi ? Ils n’ont ni les hommes ni les armes“, déclare l’officier. “Où sont les armes ? Où est l’artillerie ? Où sont les nouvelles recrues ?”</p><p>Dans certaines branches de l’armée, la pénurie de personnel est devenue encore plus grave que le déficit en armes et en munitions. L’un des proches collaborateurs de Zelensky me dit que même si les États-Unis et leurs alliés fournissent toutes les armes qu’ils ont promises, “nous n’avons pas les hommes pour les utiliser“.</p><p>Depuis le début de l’invasion, l’Ukraine a refusé de publier un décompte officiel des morts et des blessés. Mais selon les estimations américaines et européennes, le bilan dépasse depuis longtemps les 100 000 morts de part et d’autre de la guerre. La guerre a tellement érodé les rangs des forces armées ukrainiennes que les bureaux de recrutement ont été contraints de faire appel à du personnel de plus en plus âgé, ce qui a porté l’âge moyen d’un soldat ukrainien à environ 43 ans. “Ce sont des hommes adultes maintenant, et ils ne sont pas en très bonne santé“, déclare le proche collaborateur de Zelensky. “Nous sommes en Ukraine, pas en Scandinavie. Ce n’est pas la Scandinavie.“</p><p>Les vieux problèmes de l’Ukraine, en particulier la corruption, persistent :</p><p>Avec toutes les pressions exercées pour éradiquer la corruption, j’ai supposé, peut-être naïvement, que les fonctionnaires ukrainiens réfléchiraient à deux fois avant d’accepter un pot-de-vin ou d’empocher des fonds publics. Mais lorsque j’ai fait cette remarque à un haut conseiller présidentiel au début du mois d’octobre, il m’a demandé d’éteindre mon enregistreur audio afin de pouvoir parler plus librement. “Simon, vous vous trompez“, me dit-il. “Les gens volent comme s’il n’y avait pas de lendemain“.</p><p>Sachant que le bateau est en train de couler, c’est probablement ce que je ferais aussi. J’embarquerais tout ce qui est disponible sur mon radeau de sauvetage personnel et je me préparerais à couper les amarres avec le navire-mère.</p><p>L’article du Time est un signal. Il annonce la fin du régime Zelenski. Je suis sûr que le Conseil national de sécurité, ainsi que le département d’État, cherchent fébrilement une alternative – et un moyen de sauver la face en mettant cette alternative en place.</p><p>Quelqu’un semble protéger et <a href="https://strana.news/articles/analysis/448104-kto-vedet-na-vybory-alekseja-arestovicha.html">promouvoir</a> Alexey Arestovich exactement dans ce but :</p><p>Après avoir quitté le bureau présidentiel à la suite d’un scandale en janvier 2023, Arestovich, bien qu’il ait commencé à critiquer les actions des autorités, l’a fait avec prudence jusqu’à récemment.</p><p>Mais aujourd’hui, il se contente de critiquer l’équipe au pouvoir.</p><p>Arestovich se concentre sur deux choses : les décisions militaires des dirigeants du pays et leur politique intérieure.</p><p>…</p><p>La deuxième version : Arestovich a obtenu le soutien des Américains qui souhaitent une plus grande diversité politique en Ukraine et ne sont pas intéressés par la monopolisation du pouvoir par Zelensky.</p><p>En faveur de cette version, ils utilisent également le fait mentionné plus haut que le durcissement de la rhétorique de l’ex-conseiller du cabinet du président a commencé après son voyage aux États-Unis. A cet égard, ils rappellent également <a href="https://strana.news/news/447151-zapad-zastavit-kiev-pojti-na-mir-smirivshis-s-poterej-kryma-i-donbassa-arestovich.html">son interview</a> avec Gordon au début du mois d’octobre, dans laquelle il déclare que si l’Occident décide de mettre fin à la guerre sans atteindre les frontières de 1991 et que Zelensky s’y oppose, alors le président de l’Ukraine sera “changé” lors des élections.</p><p>…</p><p>“Il est possible qu’Arestovich soit soutenu par une certaine partie des élites occidentales, qui se soucient de la diversité des opinions en Ukraine. Ils disent que le pays ne peut pas parler seulement avec la voix de Zelensky, mais qu’il y a aussi différentes opinions critiques“, commente l’analyste politique Ruslan Bortnik à Strana.</p><p>Dans sa grande stratégie, la Maison Blanche avait cherché à pivoter vers l’Asie. Mais les États-Unis sont avant tout coincé en Ukraine, dans un conflit totalement inutile qu’ils ont eux-mêmes provoqué, puis, avec Gaza en flammes, de nouveau au Moyen-Orient.</p><p>Lors d’une récente conférence en Australie, John Mearsheimer <a href="https://www.youtube.com/watch?v=62FCVJycwSA">s’est penché</a> sur ce dilemme (vidéo). Il n’entrevoit pas d’issue favorable.</p><p>Moon of Alabama</p><p>Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Wed, 18 Oct 2023 09:24:51 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Les États-Unis déploient d’importantes forces, les yeux rivés sur la Syrie]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par <a href="https://www.moonofalabama.org/2023/10/us-deploys-large-force-eyes-on-syria.html#more">Moon of Alabama</a> − Le 17 octobre 2023</p><p>Les États-Unis ont récemment déployé beaucoup trop de troupes au Moyen-Orient pour qu’il s’agisse d’un objectif pacifique ou simplement pour dissuader les autres d’agir.</p><p>Contre qui ont-ils l’intention de se battre ?</p><p><a href="https://www.haaretz.com/israel-news/security-aviation/2023-10-16/ty-article/airlift-to-israel-bombers-in-jordan-two-carriers-u-s-deploying-more-forces-to-mideast/0000018b-385d-d450-a3af-795de1010000">Transport aérien d’armes vers Israël, bombardiers en Jordanie, deux porte-avions : Les Etats-Unis déploient davantage de forces au Moyen-Orient</a> – Haaretz</p><p>La semaine dernière, les États-Unis ont déployé le porte-avions Gerald R. Ford et son groupe d’intervention en Méditerranée orientale. L’USS Ford transporte environ 80 avions de combat, de guerre électronique et de renseignement. Il est accompagné de cinq navires à guidage de missiles avancés, armés de missiles de croisière Tomahawk capables d’atteindre des cibles en Iran. D’après les images satellite, l’USS Ford se trouve à environ 180 kilomètres au sud-ouest de Chypre. Des avions de reconnaissance maritime P-8 dotés de capacités anti-sous-marines et anti-navires patrouillent autour du groupe.</p><p>…</p><p>Au cours du week-end, un deuxième groupe d’attaque de porte-avions, dirigé par l’USS Dwight D. Eisenhower, a été envoyé en Méditerranée orientale et devrait arriver dans le courant du mois.</p><p>Chaque groupe d’attaque de porte-avions comprend également un ou deux sous-marins. Outre divers avions de soutien, chaque porte-avions dispose d’une “aile” d’avions de combat composée de quatre escadrons de 12 avions de combat chacun.</p><p>Mais il y a plus …</p><p>Depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre, les États-Unis ont envoyé un grand nombre de jets au Moyen-Orient afin de “renforcer la position de défense des États-Unis“, comme l’a déclaré le Commandement central des États-Unis.</p><p>Un escadron de bombardiers américains F-15E Strike Eagle, basé en Grande-Bretagne, a été déployé ce week-end sur la base aérienne de Muwaffaq Salti, à l’est d’Amman, la capitale jordanienne. Un autre escadron d’avions d’attaque A-10 y a également été déployé.</p><p>Il convient d’ajouter à cette liste un impressionnant pont aérien à destination d’Israël. Selon les sites Internet de suivi de l’aviation, au moins 11 avions de transport lourd américains C-17 ont atterri au cours des dix derniers jours à l’aéroport israélien Ben Gurion et à la base Nevatim de l’armée de l’air israélienne.</p><p>…</p><p>En plus des avions de combat et de transport, deux avions de reconnaissance Rivet Joint appartenant aux forces aériennes américaines et britanniques ont opéré au large des côtes israéliennes ces derniers jours.</p><p>Chaque escadron de l’armée de l’air régulière dispose de 24 avions de combat.</p><p>Ce n’est pas tout…</p><p>Amichai Stein @AmichaiStein1 – <a href="https://twitter.com/AmichaiStein1/status/1713942652360564955">15:39 UTC – 16 oct. 2023</a></p><p>WSJ : L’armée américaine a sélectionné environ 2 000 soldats pour se préparer à un déploiement potentiel afin de soutenir Israël dans des missions telles que le conseil et le soutien médical. Ils ne sont pas destinés à servir dans un rôle de combat et aucune infanterie n’a été mise en ordre de préparation au déploiement.</p><p>Les troupes susmentionnées ne sont probablement pas vraiment pertinentes, sauf pour être soumises à des tirs et tuées. Mais les troupes suivantes sont de véritables forces terrestres de combat et pas seulement de soutien :</p><p>OSINTdefender @sentdefender – <a href="https://twitter.com/sentdefender/status/1713947743897456941">15:59 UTC – 16 oct. 2023</a></p><p>Selon plusieurs responsables de la défense américaine, le groupe amphibie Bataan, composé de l’USS Bataan (LHD-5) et de l’USS Carter Hall (LSD-50), ainsi que d’environ 2 500 marines de la 26e unité expéditionnaire des marines, est actuellement en route vers la Méditerranée orientale depuis la mer d’Arabie, où il rejoindra l’USS Mesa Verde (LPD-19), qui a terminé sa “période d’entretien à mi-déploiement” en Espagne et qui traverse déjà la Méditerranée.</p><p>Plusieurs milliers de soldats américains se trouvent également en Irak et en Syrie, ainsi que sur plusieurs bases en Turquie et dans divers pays du Golfe.</p><p>Je suis d’accord avec Will Schryver :</p><p>Will Schryver @imetatronink – <a href="https://twitter.com/imetatronink/status/1713965563545026831">17:10 UTC – 16 oct. 2023</a></p><p>Donc … une grande flottille d’assaut amphibie va rejoindre les deux groupes de combat de porte-avions qui se rassemblent dans l’est de la Méditerranée. Beaucoup pensent qu’il s’agit simplement d’une “projection de puissance“. Je trouve cette explication insuffisante.</p><p>Il s’agit d’une flotte de guerre. Et le Hamas n’est PAS sa cible.</p><p>Le Hamas n’est pas la cible.</p><p>Dimanche, lors d’une <a href="https://www.cbsnews.com/news/president-joe-biden-2023-60-minutes-transcript/">interview</a> guindée à 60 Minutes, le président Joe Biden a mis le doigt sur le problème :</p><p>Scott Pelley : Soutiendriez-vous l’occupation israélienne de Gaza à ce stade ?</p><p>Le président Biden : Je pense que ce serait une grave erreur. Ce qui s’est passé à Gaza, à mon avis, c’est que le Hamas et ses éléments extrêmes ne représentent pas l’ensemble du peuple palestinien. Et je pense que… Ce serait une erreur de… de la part d’Israël d’occuper… Gaza à nouveau. Nous… mais en entrant et en éliminant les extrémistes, le Hezbollah au nord et le Hamas au sud. C’est une condition nécessaire.</p><p>…</p><p>Scott Pelley : Et vous croyez qu’Israël poursuivra [la solution des deux États] après ce qui s’est passé…</p><p>Le président Biden : Pas maintenant. Pas maintenant. Pas maintenant, mais… mais je pense qu’Israël comprend qu’une partie importante du peuple palestinien ne partage pas les vues du Hamas et du Hezbollah. Le Hezbollah est une puissante milice islamiste au nord d’Israël, armée et entraînée par l’Iran. L’Iran soutient également le Hamas.</p><p>Scott Pelley : Il y a déjà des combats limités à la frontière nord d’Israël, et je me demande quel est votre message au Hezbollah et à son soutien, l’Iran ?</p><p>Le président Biden : Ne le faites pas. Ne le faites pas, ne le faites pas, ne le faites pas.</p><p>Scott Pelley : Ne pas franchir la frontière ? Ne pas intensifier cette guerre ?</p><p>Le président Biden : C’est cela.</p><p>S’il était attaqué, le Hezbollah, avec ses 100 000 missiles, détruirait Israël. Je ne crois donc pas que le Hezbollah au Liban soit la véritable cible opérationnelle que Biden a à l’esprit.</p><p>Le Hezbollah ne peut être dissuadé d’attaquer Israël. S’il le veut et s’il en a besoin, il le fera inévitablement, et avec succès. Il a caché ses forces et ses armes soit sous terre, soit au sein de la population de Beyrouth et du Sud-Liban. Les bombarder n’a pas de sens. Il y a aussi le fait que la dernière intervention américaine au Liban s’est tristement terminée par un grand nombre de Marines morts et un retrait embarrassant du pays. Je ne pense pas que les États-Unis veuillent répéter cette expérience.</p><p>L’Iran, autre cible potentielle, est trop difficile à attaquer. Il peut exercer des représailles efficaces sur une vaste zone, causant d’énormes dommages à toute installation américaine au Moyen-Orient. Il pourrait également faire grimper les prix du pétrole à un moment où l’administration Biden s’efforce de les faire baisser de toute urgence.</p><p>C’est pourquoi je pense que le véritable objectif de cette montée en puissance est de parvenir à un “changement de régime” en Syrie et d’expulser les forces russes qui soutiennent le gouvernement de ce pays.</p><p>Israel Radar @IsraelRadar_com – <a href="https://twitter.com/IsraelRadar_com/status/1711436143852486849">17:39 UTC – 9 octobre 2023</a></p><p>Avertissement israélien au Hezbollah : Tsahal détruira Damas, visera le président syrien Assad si le Hezbollah entre en guerre ; les navires de guerre américains soutiendront Israël dans la guerre. Message relayé par la France (@ynetalerts)</p><p>Israel Radar @IsraelRadar_com – <a href="https://twitter.com/IsraelRadar_com/status/1711433003627397516">9 octobre</a></p><p>L’IDF demande aux Israéliens de se préparer à un séjour de 3 jours dans des abris anti-bombes/locaux sécurisés, de s’assurer d’avoir de la nourriture, de l’eau, des appareils à piles au cas où l’électricité serait coupée. Il s’agit là d’une indication claire d’une escalade imminente vers une guerre plus importante.</p><p>Les récents bombardements israéliens sur les aéroports d’Alep et de Damas, qui les ont tous deux mis hors service, vont dans ce sens.</p><p>Les fous néo-conservateurs de la Maison Blanche pourraient bien penser qu’ils ont maintenant une chance d’éliminer la présence de la Russie au Moyen-Orient.</p><p>Ils y verront une revanche sur leur défaite dans la guerre en Ukraine. Ils pensent également que cela empêchera, ou compensera, leur <a href="https://www.indianpunchline.com/us-faces-defeat-in-geopolitical-war-in-gaza/">défaite géopolitique</a> à Gaza.</p><p>La Russie est sans aucun doute préparée à cela. Cependant, son contingent en Syrie est trop faible. Une attaque combinée de toutes les forces américaines dans la région, soit plus de 150 avions, la mettrait certainement en échec.</p><p>La question qui se posera alors sera la suivante : “Quelle sera la prochaine étape ?”</p><p>Pour ma part, je n’ose pas y répondre.</p><p>Moon of Alabama</p><p>Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 15 Oct 2023 12:05:36 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/933/un-etat-binational-et-democratique-ou-deux-etats-vivant-paisiblement-cote-a-cote</link>
	<title><![CDATA[Un état binational et démocratique ou deux états vivant paisiblement côte à côte ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Un état binational et démocratique (laissez moi rire jaune) ou deux états vivant paisiblement côte à côte (je ris encore.. et toujours jaune ). On nous fait croire que le problème israélo-palestinien est complexe alors qu'il est très simple et facile à résoudre si...</p>

<p>LA SOLUTION : Reconnaissance par les Palestiniens  et le monde arabo-musulman d'un état souverain juif ( entendu comme nationalité intégrant des minorités aux droits égaux). Renoncement au retour des réfugiés ou plutôt aux descendants de plusieurs générations des réfugiés de 1948 sur le territoire de l'état d'Israël comme c'est le cas pour les réfugiés du monde entier ( Inde-pakistan, Grèce-Turquie, Allemagne-Pologne...). Création d'un état palestinien intégrant Gaza, la Cisjordanie, la Jordanie, état provisoirement démilitarisé, coopérant économiquement avec Israël. Aides données au développement de cet état par Israël, la communauté internationale, les pays richissimes  du Golfe.  Education à la paix en Palestine en place des incitations à la haine anti-juive des manuels scolaires et de l'éducation en général. Echange de territoires entre Israël et cet état palestinien: grandes implantations de Cisjordanie contre certains  territoires du Neguev et de Galilée... Traités de paix entre Israël, la Palestine et les états arabes et garanties sécuritaires. </p>

<p>La clé du problème , c'est uniquement la reconnaissance et l'acceptation d'un état souverain juif. Tout le reste en découle. </p>

<p>Mais voilà... avec le développement irrésistible de l'islamisme dans le  monde musulman, il n'en sera pas question, pas plus que le renoncement à islamiser le continent européen. </p>

<p>Charles Rojzman</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 14 Oct 2023 06:26:02 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/932/la-%E2%80%9Cbible%E2%80%9D-strategique-de-mackinder-reexaminee</link>
	<title><![CDATA[La “Bible” stratégique de Mackinder réexaminée]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Il y a si longtemps que Brzezinski a formulé la notion de Mackinder que la diplomatie classique s’est étiolée.</p><p>Par Alastair Crooke – Le 11 septembre 2023 – Source <a href="https://strategic-culture.su/news/2023/09/11/the-mackinder-strategic-bible-reconsidered/">Strategic Culture</a></p><p>En 1997, Zbig Brzezinski, le premier à avoir fait de l’Afghanistan un bourbier dans lequel la Russie devait être entraînée, a écrit son célèbre ouvrage, The Grand Chessboard (Le Grand Échiquier). Cet ouvrage a ancré “pour toujours” dans le zeitgeist des Américains la doctrine Mackinder selon laquelle “celui qui contrôle le Heartland asiatique contrôle le monde” .</p><p>Il est intéressant de noter que son sous-titre était “American Primacy and Its Geostrategic Imperatives” (La primauté américaine et ses impératifs géostratégiques). Brzezinski avait déjà écrit dans son livre qu’en l’absence de l’Ukraine, la Russie ne deviendrait jamais la puissance centrale ; mais avec l’Ukraine, la Russie pourrait le faire et le ferait. C’est ainsi que la doctrine de Mackinder, “Celui qui contrôle le Heartland” , a été codifiée dans le “droit canon” des États-Unis : ne jamais permettre un Heartland uni. L’Ukraine a été considérée comme la charnière autour de laquelle tournait le pouvoir du Heartland.</p><p>Brzezinski a en outre ordonné que ce “Grand jeu d’échecs” soit une pure primauté américaine : “Non, personne d’autre ne joue” , a-t-il insisté ; il s’agit d’un jeu exclusivement réservé à un seul joueur. Une fois qu’une pièce d’échecs est déplacée, “nous” (les États-Unis) tournons simplement l’échiquier dans l’autre sens – et déplaçons les pièces d’échecs de l’autre camp (pour “eux”). Il n’y a pas ‘d’autre’ dans ce jeu” , a averti Brzezinski.</p><p>C’est le dilemme d’aujourd’hui. Il y a si longtemps que Brzezinski a formulé la notion de Mackinder que la diplomatie classique s’est étiolée.</p><p>C’est toutefois Henry Kissinger qui a modifié la célèbre formule de Mackinder : “Celui qui contrôle l’argent contrôle le monde” en référence au dollar et à l’hégémonie financière des banques.</p><p>Mais Kissinger s’est trompé dès le départ. Le principe a toujours été le suivant : “Celui qui dispose de capacités de production, de matières premières, de denrées alimentaires, d’énergie (humaine et fossile) et d’une monnaie saine peut changer le monde” . Mais Kissinger a tout simplement ignoré ces conditions complémentaires et a axé les États-Unis sur la création d’une “toile d’araignée” mondiale de dollars militarisés (touchez-la et la poudre des sanctions vous empoisonne). En outre, ce système a été renforcé par Wall Street, qui a réservé l’accès à des milliers de milliards de dollars nouvellement imprimés aux seuls pays qui s’y conformaient.</p><p>Kissinger a toutefois élaboré la doctrine de la “triangulation” , en guise de clin d’œil à Mackinder : les États-Unis doivent chercher à s’allier soit à la Russie contre la Chine, soit à la Chine contre la Russie. Mais ils ne doivent jamais laisser la Chine et la Russie s’allier contre l’Occident. Le Heartland doit toujours être fracturé.</p><p>Ces “règles” sont inscrites dans les circuits mentaux de Washington. Pourtant, les notions qui les sous-tendent n’ont plus guère de validité aujourd’hui. La masse terrestre, les États militarisés (du Heartland asiatique) contre les puissances navales (les atlantistes) ne reflètent guère les instruments de pouvoir plus abstraits d’aujourd’hui.</p><p>La sphère du dollar, par exemple, a sans aucun doute été une source de puissance américaine (imposant aux États la contrainte d’acheter et de détenir des dollars) depuis les accords de Bretton Woods et les accords sur les pétrodollars. Elle a créé une demande virtuelle massive pour le dollar qui a d’abord bien fonctionné pour Washington. Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas.</p><p>C’était trop beau pour être vrai : imprimer et au diable les conséquences. La dette ? Peu importe, il suffit d’imprimer un peu plus. Washington en a trop fait (l’attrait politique était trop grand).</p><p>C’est ainsi que l’“hégémonie” du dollar est passée du statut d’outil de projection de puissance à celui de principale source de vulnérabilité pour les États-Unis. En clair, l’excédent massif de dollars et de dettes en dollars de Washington a transformé le “dollar” en une épée à double tranchant : il se retourne désormais contre l’Occident. Sous le poids de la finance, la base manufacturière occidentale s’est atrophiée et s’est rétrécie, entraînant une société américaine à deux vitesses, caractérisée par d’énormes inégalités.</p><p>Le conflit actuel en Ukraine a mis en évidence les déficiences de la puissance hégémonique qui découlent spécifiquement d’une base manufacturière négligée.</p><p>Mackinder, s’il était présent aujourd’hui, devrait donc ajuster son modèle, en faisant la distinction entre les terres qui sont “en dehors” d’un ensemble de politiques économiques (le bloc asiatique, africain et mondial du Sud dirigé par les BRICS) et celles qui sont “à l’intérieur” , c’est-à-dire au sein d’un paradigme consumériste “côtier” fondé sur l’endettement.</p><p>Les coûts spécifiques associés à cette militarisation excessive (c’est-à-dire à une “guerre” financière “totale”) sont liés à ce qui précède. Le Trésor américain a utilisé de multiples variantes : la dette (pour effondrer en premier lieu la position mondiale de la Grande-Bretagne d’après-guerre) ; les taux d’intérêt militarisés pour “remettre à sa place” le miracle économique japonais du début des années 1980. La France et l’Occident ont déployé la guerre pour mettre fin aux aspirations de Kadhafi à une sphère panafricaine utilisant un dinar or, plutôt que le franc ou le dollar. Et puis il y a eu la sanction sans précédent de la Russie qui, paradoxalement, a donné lieu à un <a href="https://www.businessinsider.com/war-in-ukraine-russia-richer-millionaires-billionaires-uhnw-wealth-ubs-2023-8">regain de force économique russe</a>, plutôt qu’à un effondrement financier (comme on s’y attendait).</p><p>Mais là encore, nous voyons l’incongruité du double tranchant de l’“épée des sanctions” : le Wall Street Journal a <a href="https://www.wsj.com/articles/europeans-poorer-inflation-economy-255eb629">noté</a> que les Européens s’appauvrissaient – en raison des confinements, mais plus précisément en se joignant au “projet” de guerre financière de Biden (destinée à mettre la Russie à genoux) :</p><p>En 2008, la zone euro et les États-Unis avaient des produits intérieurs bruts (PIB) équivalents, l’écart de PIB est maintenant de 80 %. Le Centre européen d’économie politique internationale, un groupe de réflexion basé à Bruxelles, a <a href="https://www.lemonde.fr/en/opinion/article/2023/09/04/the-gdp-gap-between-europe-and-the-united-states-is-now-80_6123491_23.html">publié</a> un classement du PIB par habitant des États américains et des pays européens : l’Italie se situe juste devant le Mississippi, le plus pauvre des 50 États, tandis que la France se situe entre l’Idaho et l’Arkansas, respectivement 48e et 49e. L’Allemagne ne sauve pas la face : elle se situe entre l’Oklahoma et le Maine (38e et 39e). Le salaire médian américain est désormais une fois et demie supérieur à celui de la France.</p><p>Cela valait-il la peine que les dirigeants européens hypothèquent l’avenir de l’Europe au nom de la solidarité avec la Maison Blanche ? De toute façon, le stratagème des sanctions n’a pas fonctionné.</p><p>Eh bien… les États-Unis et l’Union européenne sont confrontés à une nouvelle version de l’histoire géostratégique de Mackinder, qui consiste à empêcher l’émergence d’un Heartland unifié. Il s’agit d’une variante du plan de “recadrage” des prouesses technologiques japonaises : il est clair que l’outil de l’“Accord du Plaza” (1985) consistant à truquer les taux d’intérêt contre un Japon “vaincu” et docile ne fonctionnera pas pour la Chine.</p><p>Au contraire, la Chine est soumise à un siège technologique accompagné d’une campagne de stigmatisation, au cours de laquelle son dirigeant est dénigré, tandis que l’économie chinoise est écrasée par un nombre croissant de technologies interdites à l’exportation ou par des mesures visant à interdire la coopération technologique. Chaque jour, les médias occidentaux célèbrent les difficultés économiques qui en résultent pour la Chine :</p><p>Sa croissance fulgurante s’est ralentie, la brève poussée post-pandémique s’est essoufflée, et les analystes soulignent les problèmes structurels profonds qui <a href="https://s2.washingtonpost.com/camp-rw/?trackId=596a495a9bbc0f0e09e976aa&amp;s=64f6a9046ab78601b57bd9db&amp;linknum=5&amp;linktot=77&amp;linknum=5&amp;linktot=77">minent</a> les perspectives d’avenir de la Chine. Xi et la clique au pouvoir (sic) s’efforcent de relever les nouveaux défis posés par l’économie chinoise qui arrive à maturité… L’économie chinoise a un jour semblé être le nouveau moteur du monde [comme le Japon l’a été]… mais un sentiment de stagnation est en train de s’installer.</p><p>C’est vrai. L’usure prolongée de l’économie chinoise par les Américains a freiné la croissance. Les exportations chinoises vers les États-Unis et l’Europe sont en baisse et le chômage des jeunes est une préoccupation majeure des dirigeants chinois.</p><p>Mais la Chine comprend bien qu’il s’agit d’une guerre : la “guerre stratégique de Mackinder” . Lors d’un récent voyage à Pékin, la secrétaire américaine au commerce, Gina Raimondo, a <a href="https://s2.washingtonpost.com/camp-rw/?trackId=596a495a9bbc0f0e09e976aa&amp;s=64f6a9046ab78601b57bd9db&amp;linknum=5&amp;linktot=77&amp;linknum=5&amp;linktot=77">prévenu</a> que l’incertitude ambiante, alimentée également par les mesures sévères prises par le gouvernement chinois à l’encontre des entreprises étrangères, rendait la Chine “ininvestissable” aux yeux des investisseurs américains.</p><p>Stop ! Prenez le temps d’assimiler les propos de la secrétaire au commerce : adoptez notre modèle économique, ou nous vous rejetterons !</p><p>La secrétaire d’État Yellen a elle aussi récemment prononcé un <a href="https://home.treasury.gov/news/press-releases/jy1425">discours</a> sur les relations entre les États-Unis et la Chine, laissant entendre que la Chine avait largement prospéré grâce à l’ordre de marché anglo-saxon de “libre fonctionnement” , mais qu’elle s’orientait à présent vers une position étatique – qui “est conflictuelle à l’égard des États-Unis et de leurs alliés” . Les États-Unis veulent coopérer avec la Chine, mais entièrement et exclusivement selon leurs propres conditions, a-t-elle déclaré.</p><p>Les États-Unis recherchent un “engagement constructif” , mais qui doit être subordonné à la garantie par les États-Unis de leurs propres intérêts et valeurs en matière de sécurité : “Nous ferons clairement part à la RPC de nos préoccupations concernant son comportement (…) tout en nous engageant avec le monde à faire progresser notre vision d’un ordre économique mondial ouvert, équitable et fondé sur des règles” . Mme Yellen a conclu en déclarant que la Chine devait “respecter les règles internationales actuelles” .</p><p>Comme on pouvait s’y attendre, la Chine n’a pas l’intention de s’en laisser conter.</p><p>Cette situation est exactement la même que celle qui s’est produite en 2007 lors du Forum de Munich sur la sécurité. L’Occident insistait pour que la Russie accepte le paradigme de sécurité globale de l’OTAN. Le président Poutine a défié l’Occident : “Vous le faites : vous attaquez continuellement la Russie – mais nous ne plierons pas” . L’Ukraine est aujourd’hui le terrain d’essai de ce défi lancé en 2007.</p><p>En d’autres termes, le discours de Mme Yellen témoigne d’une incapacité totale à reconnaître que la “révolution” sino-russe ne se limite pas à la sphère politique, mais qu’elle s’étend également à la sphère économique. Il montre à quel point l’“autre guerre” – la guerre pour sortir de l’emprise de l’“ordre” mondial dirigé par l’Occident – est importante à la fois pour Poutine et pour Xi.</p><p>En 2013 déjà, dans un <a href="https://branko2f7.substack.com/p/the-rule-of-nihilists">discours</a> sur les leçons tirées de la désintégration de l’Union soviétique, Xi avait attribué la cause de cette explosion aux “couches dirigeantes” (avec le pivot vers l’idéologie occidentale du marché libéral de l’ère Gorbatchev-Yeltsine), qui avaient conduit l’Union soviétique au nihilisme.</p><p>Le point de vue de Xi était que la Chine n’avait jamais fait ce détour désastreux vers le système libéral occidental.</p><p>Poutine a répondu : “[La Chine] a réussi de la meilleure façon possible, à mon avis, à utiliser les leviers de l’administration centrale (pour) le développement d’une économie de marché … L’Union soviétique n’a rien fait de tel, et les résultats d’une politique économique inefficace – ont eu un impact sur la sphère politique” .</p><p>Washington et Bruxelles ne comprennent pas. En clair, Xi et Poutine estiment que le désastre soviétique est le résultat d’un virage imprudent vers le libéralisme occidental, tandis que l’“Occident collectif” considère que l’“erreur” de la Chine – qui fait l’objet d’une guerre technologique financiarisée – est son éloignement du système mondial “libéral” .</p><p>Ce décalage analytique est tout simplement inscrit dans les circuits mentaux de Washington. Cela explique en partie la conviction absolue de l’Occident que la Russie est si faible et si fragile sur le plan financier, en raison de l’erreur primordiale qu’elle a commise en s’éloignant du système anglo-saxon.</p><p>Le point culminant : Washington enfreint sa (propre) règle numéro un, celle de Brzezinski : l’“impératif” de veiller à ce que la Russie et la Chine ne s’unissent pas contre l’Occident.</p><p>La grande question qui se pose aujourd’hui est de savoir si la militarisation de la technologie en tant qu’“impératif géostratégique” pour diviser le Heartland sera plus efficace pour atteindre cet objectif que ne l’a été la militarisation du dollar.</p><p>La semaine dernière, Huawei a lancé son nouveau smartphone équipé de son propre processeur 9000s fabriqué par l’entreprise chinoise de semi-conducteurs SMIC, à l’aide d’un processus de fabrication 7nm-class. Il y a moins d’un an, lorsque les États-Unis ont introduit leur vaste ensemble de sanctions contre l’industrie chinoise des semi-conducteurs, les “experts” ont promis que cela tuerait l’industrie, ou du moins que cela bloquerait son processus technologique à la norme 28nm. Il est évident que la Chine est désormais en mesure de produire en masse des puces de 7 nm sur son propre sol. L’iPhone 14 Pro a des puces de 4 nm, la Chine est donc presque à égalité, ou peut-être avec 1 ou 2 ans de retard.</p><p>D’un seul coup, <a href="https://twitter.com/RnaudBertrand/status/1698709810164945014">note</a> Arnaud Bertrand, la Chine a démontré que les efforts des États-Unis pour entraver Huawei et l’industrie chinoise des semi-conducteurs ont été inefficaces. Qu’ont apporté les sanctions ? Elles ont contribué à la construction d’un écosystème autochtone de semi-conducteurs qui n’existait pas avant les sanctions. D’<a href="https://www.phenomenalworld.org/analysis/iran-sanctions-inequality/">autres</a> <a href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2023-08-25/for-global-oil-markets-a-us-iran-deal-is-already-happening">États</a> l’ont compris : confiez vos semi-conducteurs à des entreprises occidentales et les États-Unis n’hésiteront pas à utiliser l’industrie à des fins géopolitiques. Achetez donc chinois, dit Bertrand.</p><p>Cette semaine, la Chine a lancé un fonds d’investissement de 40 milliards de dollars pour soutenir son industrie des semi-conducteurs.</p><p>Alastair Crooke</p><p>Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Wed, 04 Oct 2023 04:10:20 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Les États-Unis et l’Occident sont en train de dégriser – Le Courrier des Stratèges]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Jour 576 -Le New York Times a dressé un bilan impartial des derniers neuf mois de guerre: il apparaît que, dans la guerre d’attrition qui se livre, les Russes ont gagné plus de terrain que les Ukrainiens depuis janvier 2023. Cette semaine, Seymour Hersh a publié de nouvelles informations sur le sabotage de Nordstream, effectué il y a un an, véritable acte de guerre des États-Unis…contre l’Allemagne, comme l’explique le grand journaliste américain. Enfin, nous revenons sur l’ovation au Waffen SS Hunka au Parlement canadien. Cynthia Chung explique qu’il s’est agi de tout sauf d’une gaffe malencontreuse.</p>

<p>Les Russes ont conquis plus de territoire que les Ukrainiens depuis janvier 2023</p>
<p>Les forces russes ont gagné plus de territoire en Ukraine cette année que la partie ukrainienne, malgré la contre-offensive ukrainienne lancée en juin, a rapporté <a href="https://www.nytimes.com/interactive/2023/09/28/world/europe/russia-ukraine-war-map-front-line.html">le New York Times</a> jeudi 28 septembre.</p><p>Malgré neuf mois de combats acharnés en Ukraine, seulement 500 miles carrés de territoire ont changé de mains cette année. La Russie a gagné 331 miles carrés et l’Ukraine 143, soit une différence de 188 miles carrés, ce qui représente le gain net de territoire de la Russie depuis le début de l’année.</p><p>La plupart des combats du premier semestre se sont concentrés autour de la ville de Bakhmut, dans le Donbass, que la Russie a entièrement capturée en mai après une bataille brutale qui a débuté en août 2022. La contre-offensive de l’Ukraine s’est concentrée sur le sud, mais les combats se sont poursuivis près de Bakhmut et sur l’ensemble du front oriental.</p>
<p>New York Times, 28 septembre 2023</p>
<p>Le New Yor Times cite Marina Miron, chercheur postdoctorale au King’s College de Londres, qui déclare que la Russie semble se satisfaire de conserver le territoire qu’elle contrôle actuellement plutôt que de chercher à obtenir des gains rapides.</p><p>“Elle ne perd rien à ne pas aller de l’avant”, explique le chercheur. “Toute la stratégie en Ukraine consiste pour les Russes à laisser les Ukrainiens se heurter à ces défenses, à en tuer autant que possible et à détruire autant d’équipements occidentaux que possible“.</p>
<p>Seymour Hersh publie un nouveau texte un an après l’attaque américaine contre Nordstream</p>
<p>[embedded content]</p><p>Seymour Hersh est, avec <a href="https://johnhelmer.net/the-bornholm-blow-up-repeats-the-bornholm-bash-poland-attacks-germany-and-blames-russia/">John Helmer</a> et <a href="https://www.moonofalabama.org/2022/09/whodunnit-facts-related-to-the-sabotage-attack-on-the-nord-stream-pipelines.html">Moon of Alabama</a>, un des analystes qui a donné des informations fiables sur la responsabilité directe du gouvernement américain dans le sabotage de Nordstream fin septembre 2022. Huit mois après son premier article et un an après les faits, il donne <a href="https://seymourhersh.substack.com/p/a-year-of-lying-about-nord-stream">d’amples détails sur les motivations du gouvernement américain.</a> Nous en traduisons plusieurs extraits :</p><p>“Il y avait une faille – un manque de compréhension entre ceux qui ont mené la mission et le président Biden, quant aux raisons pour lesquelles il a ordonné la destruction des oléoducs au moment où il l’a fait. Mon rapport initial de 5 200 mots, publié au début du mois de février, se terminait de manière énigmatique par la citation d’un fonctionnaire au courant de la mission qui m’avait dit : “C’était une belle histoire de couverture”. Le fonctionnaire a ajouté : “Le seul défaut était la décision de le faire”. (…)</p><p>Je suis maintenant en mesure d’écrire sur la faille inexpliquée citée par le fonctionnaire anonyme. (…)</p><p>Revenons aux gazoducs Nord Stream : Il est important de comprendre qu’aucun gaz russe ne circulait vers l’Allemagne via les gazoducs Nord Stream lorsque Joe Biden a ordonné leur destruction le 26 septembre dernier. Nord Stream 1 fournissait de grandes quantités de gaz naturel à bas prix à l’Allemagne depuis 2011 et contribuait à renforcer le statut de l’Allemagne en tant que colosse industriel et manufacturier. Mais il a été fermé par Poutine à la fin du mois d’août 2022, alors que la guerre en Ukraine était, au mieux, dans une impasse. Nord Stream 2 a été achevé en septembre 2021, mais le gouvernement allemand dirigé par le chancelier Olaf Scholz l’a empêché de livrer du gaz deux jours avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie.</p><p>Étant donné les vastes réserves de gaz naturel et de pétrole de la Russie, les présidents américains, depuis John F. Kennedy, ont été attentifs à l’utilisation potentielle de ces ressources naturelles à des fins politiques. Ce point de vue reste dominant chez Joe Biden et ses conseillers en politique étrangère, le secrétaire d’État Antony Blinken, le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan et Victoria Nuland, aujourd’hui adjointe intérimaire de M. Blinken.</p><p>Jake Sullivan a convoqué une série de réunions de haut niveau sur la sécurité nationale à la fin de l’année 2021, alors que la Russie renforçait ses forces le long de la frontière ukrainienne et qu’une invasion était considérée comme presque inévitable. Le groupe, qui comprenait des représentants de la CIA, a été invité à formuler une proposition d’action susceptible de dissuader Poutine. La mission de destruction des oléoducs est motivée par la volonté de la Maison Blanche de soutenir le président ukrainien Volodymyr Zelensky. L’objectif de Sullivan semblait clair. “La politique de la Maison-Blanche consistait à dissuader la Russie d’attaquer”, m’a dit le fonctionnaire. “Le défi qu’elle a lancé à la communauté du renseignement était de trouver un moyen suffisamment puissant pour y parvenir et d’affirmer avec force la capacité des États-Unis.</p><p><br />Je sais maintenant ce que j’ignorais à l’époque : la véritable raison pour laquelle l’administration Biden “a évoqué la suppression du gazoduc Nord Stream”. Le fonctionnaire m’a récemment expliqué qu’à l’époque, la Russie fournissait du gaz et du pétrole dans le monde entier via plus d’une douzaine de gazoducs, mais que les gazoducs Nord Stream 1 et 2 partaient directement de la Russie pour rejoindre l’Allemagne en passant par la mer Baltique. “L’administration a mis Nord Stream sur la table parce que c’était le seul auquel nous pouvions accéder et qu’il serait totalement dénié”, a déclaré le fonctionnaire. “Nous avons résolu le problème en quelques semaines, début janvier, et en avons informé la Maison Blanche. Nous avons supposé que le président utiliserait la menace contre Nord Stream comme moyen de dissuasion pour éviter la guerre”.</p><p>Le groupe de planification secret de l’agence n’a pas été surpris lorsque, le 27 janvier 2022, Mme Nuland, alors sous-secrétaire d’État aux affaires politiques, assurée et confiante, a averti Poutine de manière stridente que s’il envahissait l’Ukraine, comme il en avait manifestement l’intention, “d’une manière ou d’une autre, Nord Stream 2 n’ira pas de l’avant”. Cette phrase a suscité une grande attention, mais pas les mots qui l’ont précédée. La transcription officielle du département d’État montre qu’elle a fait précédé sa menace en disant qu’en ce qui concerne le gazoduc, “nous continuons d’avoir des contacts très forts et très étroits avec le gouvernement ukrainien” : “Nous continuons à avoir des conversations très fortes et très claires avec nos alliés allemands”.</p><p>Interrogée par un journaliste qui lui demandait comment elle pouvait affirmer avec certitude que les Allemands seraient d’accord “parce que ce que les Allemands ont dit publiquement ne correspond pas à ce que vous dites”, Mme Nuland a répondu par un étonnant double langage : “Je dirais qu’il faut revenir en arrière et lire le document que nous avons signé en juillet [2021] et qui indique très clairement les conséquences pour le gazoduc en cas de nouvelle agression de l’Ukraine par la Russie. Mais cet accord, qui a été présenté aux journalistes, n’a pas précisé les menaces ou les conséquences, selon les rapports du Times, du Washington Post et de Reuters. Au moment de l’accord, le 21 juillet 2021, M. Biden a déclaré à la presse que l’oléoduc étant achevé à 99 %, “l’idée que quoi que ce soit puisse être dit ou fait pour l’arrêter n’était pas possible”. À l’époque, les républicains, menés par le sénateur Ted Cruz du Texas, ont décrit la décision de M. Biden d’autoriser l’acheminement du gaz russe comme une “victoire géopolitique générationnelle” pour Poutine et une “catastrophe” pour les États-Unis et leurs alliés.</p><p>Mais deux semaines après la déclaration de Nuland, le 7 février 2022, lors d’une conférence de presse conjointe à la Maison Blanche avec Scholz en visite, Biden a indiqué qu’il avait changé d’avis et qu’il se joignait à Nuland et à d’autres conseillers en politique étrangère tout aussi faucons pour parler de l’arrêt de la construction de l’oléoduc. “Si la Russie envahit – ce qui signifie que des chars et des troupes franchissent à nouveau – la frontière de l’Ukraine, a-t-il déclaré, il n’y aura plus de Nord Stream 2. Nous y mettrons fin”. Interrogé sur la manière dont il pourrait le faire puisque le gazoduc est sous le contrôle de l’Allemagne, il a répondu : “Nous le ferons, je vous le promets : “Nous le ferons, je vous le promets, nous pourrons le faire”.</p><p>M. Scholz, interrogé sur la même question, a déclaré : “Nous agissons ensemble : “Nous agissons ensemble. Nous sommes absolument unis et nous ne prendrons pas de mesures différentes. Nous prendrons les mêmes mesures, et elles seront très très dures pour la Russie, et elle devrait le comprendre.” Certains membres de l’équipe de la CIA considéraient alors, et considèrent aujourd’hui, que le dirigeant allemand était parfaitement au courant de la planification secrète en cours pour détruire les oléoducs.</p><p>À ce stade, l’équipe de la CIA avait établi les contacts nécessaires en Norvège, dont la marine et les forces spéciales partagent depuis longtemps des missions de couverture avec l’agence. Les marins norvégiens et les bateaux de patrouille de classe Nasty ont aidé à faire entrer clandestinement des agents de sabotage américains au Nord-Vietnam au début des années 1960, lorsque les États-Unis, sous les administrations Kennedy et Johnson, menaient une guerre américaine non déclarée dans ce pays. Avec l’aide de la Norvège, la CIA a fait son travail et a trouvé un moyen de faire ce que la Maison Blanche de Biden voulait faire aux oléoducs.</p><p>À l’époque, le défi lancé à la communauté du renseignement était d’élaborer un plan suffisamment énergique pour dissuader Poutine d’attaquer l’Ukraine. Le fonctionnaire m’a dit : “Nous l’avons fait : “Nous avons réussi. Nous avons trouvé un moyen de dissuasion extraordinaire en raison de son impact économique sur la Russie. Et Poutine a agi en dépit de la menace”. Il a fallu des mois de recherche et de pratique dans les eaux tumultueuses de la mer Baltique aux deux plongeurs experts de la marine américaine recrutés pour cette mission avant qu’elle ne soit jugée concluante. Les superbes marins norvégiens ont trouvé l’endroit idéal pour poser les bombes destinées à faire sauter les pipelines. Les hauts fonctionnaires suédois et danois, qui continuent d’affirmer qu’ils n’avaient aucune idée de ce qui se passait dans leurs eaux territoriales communes, ont fermé les yeux sur les activités des agents américains et norvégiens. L’équipe américaine de plongeurs et de personnel de soutien à bord du navire-mère de la mission – un dragueur de mines norvégien – serait difficile à cacher pendant que les plongeurs feraient leur travail. L’équipe n’a appris qu’après le bombardement que Nord Stream 2 avait été fermé avec 750 miles de gaz naturel à l’intérieur.</p><p>Ce que je ne savais pas à l’époque, mais que j’ai appris récemment, c’est qu’après l’extraordinaire menace publique de Biden de faire exploser Nord Stream 2, avec Scholz à ses côtés, le groupe de planification de la CIA a été informé par la Maison Blanche qu’il n’y aurait pas d’attaque immédiate contre les deux gazoducs, mais que le groupe devait s’organiser pour poser les bombes nécessaires et être prêt à les déclencher “à la demande” – après le début de la guerre. “C’est à ce moment-là que nous avons compris que l’attaque des oléoducs n’était pas dissuasive, car au fur et à mesure que la guerre avançait, nous n’en avons jamais reçu l’ordre”, a déclaré le petit groupe de planification qui travaillait à Oslo avec la marine royale norvégienne et les services spéciaux sur le projet.</p><p>Après l’ordre de Biden de déclencher les explosifs placés sur les oléoducs, il a suffi d’un court vol avec un chasseur norvégien et du largage d’un sonar de série modifié au bon endroit dans la mer Baltique pour que l’opération soit menée à bien. À ce moment-là, le groupe de la CIA avait été dissous depuis longtemps. C’est aussi à ce moment-là que le fonctionnaire m’a dit : “Nous avons compris que la destruction des deux pipelines russes n’était pas liée à la guerre en Ukraine – Poutine était en train d’annexer les quatre oblasts ukrainiens qu’il voulait – mais qu’elle faisait partie d’un programme politique néocon pour empêcher Scholz et l’Allemagne, avec l’hiver qui approchait et les pipelines fermés, de se dégonfler et d’ouvrir le Nord Stream 2, qui avait été fermé. “La crainte de la Maison Blanche était que Poutine mette l’Allemagne sous sa coupe et qu’il s’attaque ensuite à la Pologne.(…)</p><p>L’administration Biden a fait sauter les oléoducs, mais cette action n’avait pas grand-chose à voir avec la victoire ou l’arrêt de la guerre en Ukraine. Elle résulte de la crainte de la Maison Blanche de voir l’Allemagne hésiter et se détourner du gaz russe, et de voir l’Allemagne, puis l’OTAN, pour des raisons économiques, tomber sous l’emprise de la Russie et de ses ressources naturelles étendues et peu coûteuses. C’est ainsi qu’est née la crainte ultime : que l’Amérique perde sa primauté de longue date en Europe occidentale.</p>
<p>seymourhershsubstack.com<br />Cynthia Chung : l’hommage du Parlement canadien à Iaroslav Hunka était tout sauf un “malheureux incident”</p>
<p>Cynthia Chung, présidente de la Fondation “Rising Tide” et auteur d’un ouvrage de première qualité sur les survivances du fascisme après la Seconde Guerre mondiale, a commenté sur son blog l’hommage rendu à l’ancien Waffen SS Iaroslav Hunka. Selon elle, il s’agit de tout sauf d’un raté malencontreux :</p><p>Encore un scandale “très embarrassant” pour le gouvernement canadien, impliquant cette fois un nazi ukrainien de 98 ans qui a été ovationné au Parlement canadien lors du discours du président ukrainien Zelensky vendredi dernier, le 22 septembre 2023. Hmmm, coïncidence ?</p><p>Selon les responsables des relations publiques, tout cela est dû au président de la Chambre des communes, Anthony Rota, qui avait invité Yaroslav Hunka à assister au discours du président ukrainien Zelensky devant le Parlement canadien. On nous dit donc que le gouvernement Trudeau et Zelensky ne sont que les spectateurs innocents de cette malencontreuse bévue due à l’inadvertance d’un seul homme.</p><p>Plus étrange encore, le discours de Rota lors de la comparution de Zelensky devant le Parlement s’est déroulé comme suit :</p><p>“Nous avons ici dans cette salle aujourd’hui un vétéran ukrainien canadien de la Seconde Guerre mondiale, qui a combattu pour l’indépendance de l’Ukraine contre les Russes… (il écarquille les yeux et fait une pause) et qui continue à soutenir les troupes aujourd’hui, même à l’âge de 98 ans (applaudissements et standing ovation).</p><p>Vous pouvez visionner la vidéo du discours de Rota ici. M. Rota a depuis démissionné de son poste de président de la Chambre des communes, acceptant l’entière responsabilité de cet incident “profondément embarrassant”.</p><p>Dans ses “excuses”, M. Trudeau a déclaré :</p><p>“Il sera très important que nous nous opposions tous à la propagande russe, à la désinformation russe, et que nous continuions à soutenir fermement et sans équivoque l’Ukraine, comme nous l’avons fait la semaine dernière en annonçant de nouvelles mesures pour soutenir l’Ukraine dans la guerre illégale que mène la Russie contre elle.</p><p>Apparemment, Trudeau s’excuse en disant que tout cela est de la faute de la Russie ?!?</p><p>Cependant, si nous devons croire qu’il s’agit simplement d’une erreur de Rota, pourquoi M. Hunka, qui a servi dans la 14e division de grenadiers de la Waffen-SS, une unité volontaire composée principalement d’Ukrainiens ethniques sous le commandement nazi, a-t-il été présenté par le président de la Chambre des communes comme un vétéran de la Seconde Guerre mondiale qui a combattu les Russes ? Un point sur lequel même M. Rota a semblé perplexe après avoir lu ces lignes à haute voix… manifestement, ce n’est pas lui qui a rédigé son discours.</p><p>Oui, si vous étiez Ukrainien et que vous combattiez les Russes pendant la Seconde Guerre mondiale, cela signifiait que vous étiez directement aligné sur les nazis. Pour être clair, la division de grenadiers de la Waffen-SS à laquelle M. Hunka a participé n’a pas seulement tué des Russes, mais aussi des civils polonais et juifs.(…)</p><p><br />Cependant, ce n’est pas la seule gaffe que le gouvernement canadien a commise récemment et dont il a rendu les “ze Russians” responsables.</p><p>Le 27 février 2022, la vice-première ministre canadienne Chrystia Freeland a tenu une écharpe portant le slogan “Slava Ukraini”, qui signifie “Gloire à l’Ukraine”, avec les couleurs “Sang et terre” de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) (qui a collaboré avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale et massacré des Juifs et des Polonais).</p><p>Elle a ensuite publié cette photo sur son compte Twitter (qu’elle a remplacée quelques heures plus tard par une photo d’elle sans l’écharpe “sang et terre”) et a accusé ses détracteurs de “puer la désinformation russe”.</p><p>Selon l’attaché de presse de Mme Freeland, il s’agissait là d’un autre cas de “diffamation classique par le KGB […] accusant les Ukrainiens et les Canadiens d’origine ukrainienne d’être des extrémistes de droite, des fascistes ou des nazis”, ce qui est une déclaration déroutante à plusieurs niveaux.</p><p>On ne voit pas très bien en quoi il s’agit d’un cas de “désinformation russe”, puisque la photo est bel et bien authentique, ce que Mme Freeland n’a pas nié. De plus, elle tenait bien un emblème “Blood and Soil” (sang et sol), d’origine nazie, à la vue de tous. Enfin, on se demande pourquoi le gouvernement canadien semble ignorer que le KGB n’existe plus. Pense-t-il également que l’Union soviétique existe toujours ?</p><p>Le fait que le grand-père de Mme Freeland ait été le rédacteur en chef d’un journal nazi pendant la Seconde Guerre mondiale en Galicie n’est pas sans rapport avec tout cela, et Mme Freeland en est consciente et ne s’en excuse apparemment pas. Chaque fois qu’elle est interrogée à ce sujet, elle ne nie rien, mais se contente d’imputer la responsabilité d’une telle enquête à la désinformation russe dans le but de “déstabiliser les démocraties occidentales”.</p><p>Il est intéressant de noter que c’est le journal canadien “The Globe and Mail” qui a rapporté cette histoire, intitulée “Freeland knew her grandfather was editor of Nazi newspaper” (Freeland savait que son grand-père était rédacteur en chef d’un journal nazi), et qu’il ne s’agit donc pas d’une publication russe, à ma connaissance. Et sur qui se fondent ces informations ? Sur personne d’autre que l’oncle de Mme Freeland, John-Paul Himka, qui était à l’époque professeur émérite à l’université d’Alberta.</p><p>Selon le Globe and Mail, Mme Freeland savait depuis plus de vingt ans que son grand-père, Michael Chomiak, était le rédacteur en chef d’un journal nazi qui vilipendait les Juifs et soutenait la cause nazie.(…)</p><p>Mais ce n’est pas tout, il y a aussi la conduite douteuse des militaires canadiens qui ont été surpris en train d’entraîner des nazis ukrainiens d’aujourd’hui.</p><p>Oui, il existe aujourd’hui des nazis ukrainiens. Même le “Conseil atlantique”, une publication pro-OTAN, a écrit un article intitulé “L’Ukraine a un vrai problème avec la violence d’extrême droite (et non, RT n’a pas écrit ce titre)”.</p><p>Les nazis ukrainiens ont reçu un entraînement continu de la CIA, du SAS britannique ainsi que d’autres pays de l’OTAN comme le Canada depuis au moins 2014, et ce jusqu’à aujourd’hui, comme l’ont confirmé The Times, Ottawa Citizen, CTV News et Radio Canada.</p><p>Le gouvernement canadien a tenté de nier toute connaissance de l’entraînement de militants nazis en Ukraine et a affirmé qu’il n’était pas responsable de la vérification des personnes qu’il entraînait, puisque cette responsabilité incombait au gouvernement ukrainien. Toutefois, ces affirmations d’ignorance se sont évanouies lorsque les nazis ukrainiens qu’ils entraînaient ont publié des photos sur leurs comptes de médias sociaux, montrant leurs badges nazis les identifiant comme tels lors de ces séances d’entraînement avec les forces canadiennes et américaines, au vu et au su de tout le monde.(…)</p><p>Max Blumenthal a récemment publié sur Twitter une émission spéciale de 60 minutes datant de 1997 et exposant la politique d’après-guerre d’Ottawa consistant à accueillir des vétérans SS nazis.</p><p>Andriy Biletsky, premier commandant du bataillon Azov et plus tard parlementaire du Corps national, a dirigé l’organisation paramilitaire nazie “Patriote d’Ukraine” et a déclaré en 2010 que la nation ukrainienne avait pour mission de “mener les races blanches du monde dans une croisade finale […] contre les Untermenschen [sous-hommes] dirigés par les Sémites”.</p><p>Pour ceux qui insistent particulièrement sur le fait que les nazis ne font pas “officiellement” partie de l’armée ukrainienne, sachez que le bataillon Azov fait partie de la Garde nationale ukrainienne et qu’il fait donc officiellement partie de l’armée ukrainienne.</p><p>En 2019, le Soufan Center, qui suit les groupes terroristes et extrémistes dans le monde entier, a lancé un avertissement :</p><p>“Le Bataillon Azov apparaît comme un nœud critique dans le réseau transnational de l’extrême droite violente… [Son] approche agressive de la mise en réseau sert l’un des objectifs primordiaux du Bataillon Azov, à savoir transformer les zones sous son contrôle en Ukraine en la principale plaque tournante de la suprématie blanche transnationale.”</p><p>Le Soufan Center a décrit comment le “réseau agressif” du Bataillon Azov s’étend dans le monde entier pour recruter des combattants et répandre son idéologie de suprématie blanche. Les combattants étrangers qui s’entraînent et combattent avec le Bataillon Azov retournent ensuite dans leur propre pays pour appliquer ce qu’ils ont appris et recruter d’autres personnes.</p><p>En 2014, Newsweek a publié un article intitulé “Ukrainian Nationalist Volunteers Committing ‘ISIS-Style’ War Crimes” (Volontaires nationalistes ukrainiens commettant des crimes de guerre à la manière d’ISIS). Est-ce une indication de la façon dont les Azov et ISIS ont reçu leur financement et leur formation des mêmes sources ? Hmmm.</p><p>L’un des conseillers du président Zelensky, Oleksiy Arestovych (qui a démissionné en janvier 2023), a déclaré dans de nombreuses interviews son admiration ouverte pour les tactiques et l’approche d’ISIS/ISIL en matière d’affaires et de gouvernance. Double hmmm….</p><p>En fait, ces officiers militaires canadiens et américains qui ont formé des nazis ukrainiens l’ont fait sous la rubrique de l’OTAN, qui a également fait d’étranges “gaffes” publiques sur le sujet des nazis.</p><p>Étrangement, l’OTAN a publié sur son fil Twitter, à l’occasion de la Journée de la femme en mai 2022, le portrait d’une femme soldat ukrainienne qui portait justement le symbole nazi du Soleil noir sur son uniforme.</p><p>L’OTAN a également fait la promotion d’un court-métrage en l’honneur des collaborateurs nazis de la Baltique appelés les “Frères de la forêt”. Le film de l’OTAN présente les “Frères de la forêt”, d’anciens combattants de la Waffen SS qui ont volontairement collaboré avec les nazis, comme des héros anticommunistes.</p><p>Une autre erreur ? (…)</p>
<p>cynthiachungsubstack.com</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/928/en-afghanistan-les-femmes-se-suicident-de-desespoir</guid>
	<pubDate>Wed, 13 Sep 2023 21:52:59 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[En Afghanistan, les femmes se suicident de désespoir]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Temps de lecture: 4 min — Repéré sur <a href="https://www.bbc.com/news/world-asia-66636750" target="_blank">BBC</a>, <a href="https://www.theguardian.com/world/2023/aug/28/despair-is-settling-in-female-suicides-on-rise-in-talibans-afghanistan?CMP=share_btn_tw" target="_blank">The Guardian</a></p><p>En Afghanistan, il n'y a plus de statistiques officielles. Ce que l'on sait de ce pays dont se sont emparés les <a href="https://www.slate.fr/dossier/677/talibans" rel="noreferrer" target="_blank">talibans</a> le 15 août 2021 est transmis par les quelques associations humanitaires qui y sont encore et par les Afghans qui parviennent à communiquer avec l'extérieur; le monde libre.</p><p>C'est le cas de Latifa, 18 ans, qui a raconté par téléphone lors d'une interview qu'elle avait fait une tentative de suicide. Latifa voulait devenir médecin, mais depuis deux ans, elle n'a plus le droit de faire <a href="https://www.slate.fr/dossier/6721/etudes" rel="noreferrer" target="_blank">d'études</a> puisqu'elle est une fille. Ses parents ont donc organisé un mariage pour elle, avec son cousin héroïnomane. «J'avais deux options: soit épouser un drogué et avoir une vie épouvantable, soit me tuer. J'ai choisi la deuxième option.»</p><p>Abonnez-vous gratuitement à la newsletter quotidienne de Slate.fr et ne ratez plus aucun article!</p><p><a href="https://www.slate.fr/newsletters" rel="noreferrer" target="_blank">Je m'abonne</a></p><p>Latifa est un poids mort pour sa famille, comme des millions de <a href="https://www.slate.fr/dossier/1815/filles" rel="noreferrer" target="_blank">filles</a> afghanes qui ne gagneront jamais leur vie, n'ont le droit de rien faire dans l'espace public et n'ont que le rôle de femelles reproductrices depuis que les fous de Dieu ont pris les commandes de leur pays. Selon les chiffres de l'ONU, neuf femmes sur dix y sont victimes de violences familiales sous une forme ou une autre.</p><p>Les filles sont devenues une monnaie d'échange contre de la nourriture; l'Unicef rapporte des occurrences de bébés filles de 3 semaines vendus pour éviter la famine à leur <a href="https://www.slate.fr/dossier/142/famille" rel="noreferrer" target="_blank">famille</a>. Les exemples de fillettes afghanes livrées à des hommes deux, trois, quatre fois plus âgés qu'elles ou davantage abondent. «Je ne veux pas de lui. S'ils m'obligent à y aller, je me tuerai. Je ne veux pas quitter mes parents»: tels sont les mots d'une fillette de 10 ans vendue à un homme de 70 ans pour acquitter les dettes de sa famille, <a href="https://www.independent.co.uk/asia/south-asia/afghanistan-child-marriages-food-crisis-b1963454.html" rel="noreferrer" target="_blank">relayés par</a> <a href="https://www.independent.co.uk/asia/south-asia/afghanistan-child-marriages-food-crisis-b1963454.html" rel="noreferrer" target="_blank">The Independent</a>. On ne sait ce qu'il est advenu d'elle.</p>
<p>Rêves brisés</p>
<p>La liste des interdits qui frappent les femmes depuis l'accession au pouvoir des talibans est interminable et vertigineuse: <a href="https://www.slate.fr/dossier/10963/interdiction" rel="noreferrer" target="_blank">interdiction</a> d'étudier après la primaire, interdiction de sortir sans être accompagnée d'un mahram (gardien), interdiction de montrer la moindre partie de son corps en public, interdiction de fréquenter les salons de beauté, les parcs d'attraction et les jardins publics, interdiction de passer le permis de conduire, interdiction d'être hôtesses de l'air, interdiction de fréquenter les bains publics et les salles de gym, interdiction de travailler pour des ONG...</p><p>Rien d'étonnant que le geste de Latifa ne soit pas isolé. Depuis l'arrivée des talibans, le nombre de <a href="https://www.slate.fr/dossier/5467/suicide" rel="noreferrer" target="_blank">suicides</a> et de tentatives de suicides de femmes a explosé dans le pays, selon les données fournies par des hôpitaux publics et des cliniques de santé mentale dans un tiers des provinces du pays. Les talibans ayant interdit la communication de ce type de statistiques dans de nombreuses provinces, elles sont envoyées en privé par des travailleurs du monde médical et correspondent à la période entre août 2021 et août 2022. Ces données laissent entendre que l'Afghanistan est l'un des très rares pays au monde où les femmes se suicident plus que les hommes.</p><p>Pour les filles qui veulent étudier quand même, il ne reste qu'une bien maigre solution: obtenir une <a href="https://www.slate.fr/dossier/369/bourse" rel="noreferrer" target="_blank">bourse</a> et un visa dans un pays étranger et partir. C'est le cas de Natkai, qui a continué à étudier même lorsque ce droit lui a été retiré. Elle a bénéficié d'une bourse lui permettant d'étudier à l'Université de Dubaï, aux Émirats arabes unis, financée par l'homme d'affaires milliardaire Khalaf Ahmad Al Habtoor.</p><p>Ce programme a été mis en place en décembre 2022, après que les talibans ont interdit aux femmes d'étudier à <a href="https://www.slate.fr/dossier/163/universite" rel="noreferrer" target="_blank">l'université</a>. Selon la BBC, cent Afghanes ont réussi à décrocher cette bourse. Certaines, qui vivaient déjà à l'étranger, se sont rendues à Dubaï.</p><p>Alors le 23 août dernier, Natkai a dit au revoir à sa famille et elle est partie à l'aéroport, direction Dubaï. Et ses rêves se sont effondrés.</p><p>«Quand les talibans ont vu nos billets et nos visas d'étudiantes, ils ont dit que les filles n'avaient pas le droit de quitter l'Afghanistan avec des visas d'études», a-t-elle confié au journaliste, la voix brisée. Natkai est l'une des soixante jeunes filles, au moins, à avoir été refoulées à <a href="https://www.slate.fr/dossier/18125/aeroport" rel="noreferrer" target="_blank">l'aéroport</a>. «Trois filles qui avaient un mahram étaient déjà dans l'avion», raconte Natkai. «Mais des fonctionnaires du ministère pour la Promotion de la vertu et la Répression du vice les ont fait descendre de l'avion.»</p><p>Shams Ahmad, qui avait accompagné sa sœur à l'aéroport dans le cadre de ce programme, témoigne: «La bourse avait donné un nouvel espoir à ma sœur après la fermeture des universités ici. Elle a quitté la maison pleine d'espoir, elle est revenue en larmes. Tous ses droits lui ont été retirés.»</p><p>Un porte-parole du ministère pour la Promotion de la vertu et la Répression du vice interrogé a déclaré qu'il n'était pas au courant de cet incident.</p>
<p>«S'il vous plaît, aidez-nous»</p>
<p>Certaines de ces filles avaient financé le <a href="https://www.slate.fr/dossier/17147/visa" rel="noreferrer" target="_blank">visa</a> d'un homme pour qu'il les accompagne, mais elles ont quand même été empêchées de partir. «Certaines sont si pauvres et impuissantes. Elles n'ont même pas les 400 afghanis [environ 5 euros] nécessaires pour la vérification des documents exigés par le ministère des Affaires étrangères», explique le frère de Natkai.</p><p>Khalaf Ahmad Al Habtoor a exprimé son indignation et sa tristesse dans un message filmé et <a href="https://twitter.com/KhalafAlHabtoor/status/1694244569800433820" rel="noreferrer" target="_blank">publié sur Twitter</a>, où il écrit: «C'est une immense tragédie, un coup porté aux principes d'humanité, d'éducation, d'égalité et de justice.» Dans cette vidéo, on entend une jeune femme relatant qu'elle a été empêchée de partir à l'aéroport, alors qu'elle était accompagnée d'un mahram. À la fin de son message, on l'entend supplier: «S'il vous plaît, aidez-nous.»</p><p>*Les noms des personnes interrogées ont été changés.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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