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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de Monde]]></title>
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	<pubDate>Sun, 06 Sep 2026 20:25:48 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La victoire de l’AfD : la revanche de ceux qu’on ne voulait pas entendre]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Par Charles Rojzman</p>

<p>Je connais la Saxe. Je ne la connais pas par les sondages, par les éditoriaux des grands journaux allemands ni par les reportages qui viennent périodiquement expliquer aux Allemands de l’Ouest ce qui se passe dans la tête de ces étranges compatriotes orientaux qui persistent à mal voter. Je la connais pour y avoir travaillé depuis 2016, à Dresde notamment, au moment où les conséquences de la grande crise migratoire de 2015 avaient porté à son comble une fracture déjà ancienne entre deux Allemagne qui, plus d’un quart de siècle après la réunification, ne s’étaient peut-être jamais complètement réunies.<br />J’y ai rencontré beaucoup de ceux que l’on appelle aujourd’hui les électeurs de l’AfD. Et je dois dire que je reconnais assez peu, dans le portrait qui en est régulièrement donné, les hommes et les femmes que j’ai connus.<br />J’ai rencontré des gens ordinaires, des employés, des artisans, des retraités, des mères et des pères de famille, des personnes attachées à leur ville, à leur région, à leur pays, souvent hospitalières dans leur vie privée, nullement obsédées par la race et encore moins habitées par quelque nostalgie du nazisme, mais profondément en colère contre un système politique et médiatique dont elles avaient acquis la conviction qu’il ne voulait plus les entendre. Cette colère pouvait naturellement produire des excès, des simplifications, quelquefois des propos que je ne partageais pas ; mais ce qui m’a frappé n’était pas leur supposée monstruosité. C’était au contraire leur normalité.</p>

<p>Voilà pourquoi le résultat considérable obtenu par l’AfD en Saxe-Anhalt ne me surprend pas autant qu’il semble surprendre une partie des commentateurs allemands. Ce qui devrait surprendre, ce n’est pas que tant d’électeurs aient fini par voter pour ce parti ; c’est qu’après dix années d’avertissements, de protestations et de colères, les responsables politiques et une grande partie des médias continuent à se demander comment une chose pareille a pu arriver.<br />Car ces gens parlaient. Simplement, on ne les écoutait pas.<br />Ou plutôt, on les écoutait pour les classer.<br />Ils parlaient d’immigration, on leur répondait xénophobie. Ils parlaient de l’insécurité culturelle qu’ils ressentaient devant des transformations extrêmement rapides, on leur répondait ouverture au monde. Ils parlaient de la difficulté de faire entendre certaines réalités concernant l’intégration, on leur expliquait les dangers de la stigmatisation. Ils parlaient de leur pays, de ses frontières, de leur désir de conserver une certaine continuité historique et culturelle, on leur répondait nationalisme. Et lorsqu’ils protestaient contre cette manière de ne jamais répondre à ce qu’ils disaient, leur protestation elle-même devenait une preuve supplémentaire de leur dérive.</p>

<p>C’est cette mécanique que j’ai vue fonctionner.<br />Le problème n’est donc pas seulement celui de l’immigration, même si celle-ci a joué un rôle considérable. Il est celui du rapport au réel. Une partie de la population allemande a progressivement acquis la conviction que certaines réalités ne pouvaient plus être nommées parce qu’elles entraient en contradiction avec le récit que les élites politiques et médiatiques avaient construit sur leur propre société.<br />Or les citoyens voient ce qu’ils voient.<br />On peut leur expliquer qu’un problème n’existe pas, mais s’ils le rencontrent dans leur vie quotidienne, ils finiront par croire davantage leur expérience que les statistiques qu’on leur oppose. On peut leur expliquer qu’une inquiétude est moralement suspecte, mais on ne supprime pas une inquiétude en la condamnant. On peut modifier le vocabulaire autorisé, mais on ne modifie pas pour autant la réalité à laquelle ce vocabulaire se rapporte.</p>

<p>C’est ici que la question médiatique devient centrale.<br />Je ne crois pas que les électeurs de l’AfD que j’ai rencontrés détestent les médias parce qu’ils seraient hostiles à l’information ou incapables de supporter la contradiction. Beaucoup ont cessé de leur faire confiance parce qu’ils ont le sentiment que les grands médias ne décrivent plus seulement le monde mais sélectionnent, hiérarchisent et parfois interprètent les faits en fonction d’une vision préalable de ce que la société devrait être.<br />La défiance qui en résulte est catastrophique pour la démocratie.<br />Car lorsqu’un citoyen ne croit plus ceux qui sont chargés de l’informer, lorsqu’il soupçonne derrière chaque silence une volonté de dissimulation et derrière chaque choix de vocabulaire une intention idéologique, ce n’est pas seulement la confiance dans les journalistes qui disparaît : c’est l’existence même d’un monde commun. Les uns vivent alors dans la réalité décrite par les médias institutionnels, les autres dans celle qu’ils découvrent sur les réseaux sociaux ou dans des médias alternatifs, et chacun finit par considérer l’autre non comme quelqu’un qui interprète différemment les mêmes événements, mais comme quelqu’un qui ment.<br />La démocratie devient alors presque impossible.</p>

<p>Mais il existe une blessure plus profonde encore, que j’ai souvent rencontrée en Saxe : le mépris.<br />On ne mesure pas suffisamment la violence du mépris social et culturel. Il ne laisse pas de traces visibles, il ne brûle pas les voitures, il ne casse pas les vitrines, mais il s’accumule pendant des années jusqu’au moment où le bulletin de vote devient le moyen de rendre l’humiliation à ceux dont on pense l’avoir reçue.<br />Beaucoup d’Allemands de l’Est ont eu le sentiment d’être considérés comme des citoyens en retard sur l’histoire, insuffisamment cosmopolites, insuffisamment modernes, trop attachés à leur identité, trop méfiants envers l’immigration, trop sensibles à la souveraineté nationale. On ne discutait plus avec eux ; on leur expliquait ce qu’ils auraient dû penser.<br />Il faut ajouter à cela l’expérience historique singulière de l’Allemagne orientale. Ces hommes et ces femmes ont vécu pendant quarante ans dans un régime qui leur expliquait déjà quelle était la bonne manière de penser, quels mots étaient convenables et quelles opinions témoignaient d’une conscience politiquement insuffisante. Il serait absurde d'assimiler la démocratie allemande contemporaine à la dictature communiste, mais il serait tout aussi absurde de ne pas comprendre combien cette expérience historique a développé chez certains habitants de l’Est une sensibilité particulière à tout ce qui ressemble, même de très loin, à une police morale du langage.<br />Ils reconnaissent immédiatement le ton de celui qui prétend savoir mieux qu’eux ce qu’ils devraient penser.<br />Et ils le supportent de moins en moins.</p>

<p>C’est pourquoi la stratégie de diabolisation de l’AfD risque d’obtenir exactement l’effet inverse de celui qu’elle recherche. Plus on explique à ses électeurs qu’ils ont franchi les limites du raisonnable, plus certains d’entre eux éprouvent la confirmation de ce qu’ils pensaient déjà : les élites ne les méprisent pas seulement lorsqu’ils protestent, elles les méprisent jusque dans l’isoloir.<br />Il existe pourtant une différence fondamentale entre refuser cette diabolisation et devenir soi-même propagandiste de l’AfD. Je ne prétends nullement que tout ce qui se dit dans ce parti soit acceptable, raisonnable ou souhaitable. Un parti politique doit être jugé sur ses dirigeants, son programme, ses actes et les conséquences possibles de son arrivée au pouvoir. Mais ses électeurs doivent être regardés pour ce qu’ils sont, et non transformés en personnages imaginaires destinés à confirmer les certitudes morales de leurs adversaires.<br />C’est précisément ce que mon travail en Saxe m’a appris.<br />La Thérapie Sociale repose sur une conviction qui vaut autant pour les sociétés que pour les petits groupes humains : lorsque le conflit n’est plus possible, la violence augmente. Et le conflit devient impossible dès lors que l’un des protagonistes considère qu’il possède à lui seul la raison, la morale et la légitimité, tandis que l’autre ne serait plus qu’un problème à traiter.<br />La démocratie n’exige pas que nous soyons d’accord. Elle exige que nous acceptions que celui avec lequel nous sommes profondément en désaccord puisse avoir vu quelque chose que nous n’avons pas vu.<br />C’est précisément cette hypothèse qui semble avoir disparu d’une partie de la vie publique européenne.<br />Et si les électeurs de l’AfD avaient vu certaines choses avant ceux qui les méprisaient ?<br />Et s’ils avaient perçu plus tôt les conséquences politiques d’une immigration massive, les difficultés de l’intégration, l’éloignement croissant entre les gouvernants et les gouvernés, l’uniformisation idéologique d’une partie des classes diplômées, la fragilité d’un modèle économique allemand que l’on croyait éternel, ou simplement la disparition progressive de leur capacité à décider du monde dans lequel ils voulaient vivre ?<br />Poser ces questions ne signifie pas que toutes leurs réponses soient justes. Cela signifie que leurs questions étaient peut-être moins absurdes qu’on ne voulait le croire.</p>

<p>La victoire de l’AfD devrait donc être considérée non comme l’irruption inexplicable d’une maladie dans une démocratie jusque-là parfaitement saine, mais comme le symptôme d’une crise dont le système politique allemand porte lui-même une part de responsabilité.<br />On pourra continuer à organiser des manifestations contre l’extrême droite. On pourra multiplier les déclarations solennelles, renforcer le cordon sanitaire, rappeler à juste titre ce que fut le nazisme et proclamer une nouvelle fois que certaines valeurs ne sont pas négociables. Mais aucune de ces proclamations ne répondra à la question que pose le bulletin glissé dans l’urne par des millions d’Allemands : pourquoi ne nous avez-vous pas écoutés ?<br />C’est la question que j’entends derrière ce vote.<br />Je l’entends d’autant mieux que je l’ai entendue, sous des formes différentes, pendant mes années de travail en Saxe.<br />La démocratie allemande ne se sauvera pas en expliquant aux électeurs de l’AfD qu’ils sont indignes d’elle. Elle se sauvera peut-être lorsqu’elle recommencera à les considérer comme des citoyens adultes, capables de voir, de juger, de se tromper aussi, mais dont l’expérience du réel mérite autant d’être entendue que celle des journalistes, des universitaires, des responsables politiques et des experts qui prétendent leur expliquer le monde.<br />Il faudra alors accepter quelque chose qui est devenu extraordinairement difficile dans nos sociétés : écouter sans approuver, contredire sans humilier, reconnaître une part de vérité chez l’adversaire sans renoncer à la sienne et surtout admettre que personne, aucun parti, aucun média, aucune classe sociale, aucun camp idéologique, ne possède à lui seul le monopole du réel.<br />C’est cela que nous avons essayé de faire à Dresde.<br />Non pas réconcilier artificiellement les gens, encore moins les obliger à s’aimer, mais leur permettre de sortir des caricatures réciproques et de retrouver derrière l’ennemi politique un être humain avec lequel il faudrait malgré tout continuer à habiter le même pays.<br />La leçon de cette élection dépasse donc largement l’AfD et l’Allemagne orientale. Elle concerne toutes les démocraties européennes dans lesquelles s’élargit le fossé entre ceux qui gouvernent et ceux qui ont le sentiment de ne plus être représentés, entre ceux qui disposent du pouvoir de nommer la réalité et ceux qui pensent la subir.<br />On peut mépriser longtemps une colère.<br />On peut la déclarer populiste, réactionnaire, xénophobe ou extrémiste.<br />Mais arrive toujours un jour où ceux que l’on croyait avoir réduits au silence découvrent qu’ils possèdent encore une voix.<br />Au sens propre.<br />Et ce jour-là, ils votent.</p>

<p>Charles Rojzman</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1324/l%E2%80%99iran-a-inflige-aux-etats-unis-la-plus-grande-defaite-strategique</guid>
	<pubDate>Wed, 02 Sep 2026 12:34:15 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[L’Iran a infligé aux États-Unis la plus grande défaite stratégique]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L&rsquo;Iran a inflig&eacute; aux &Eacute;tats-Unis la plus grande d&eacute;faite strat&eacute;gique et est devenu la force dominante du Moyen-Orient - reconnaissance du prominent n&eacute;oconservateur am&eacute;ricain Robert Kagan dans le magazine <a href="https://www.theatlantic.com/international/2026/08/iran-middle-east-power/688374/">The Atlantic</a><br />
Il affirme que la coalition am&eacute;ricano-isra&eacute;lienne n&rsquo;a pas r&eacute;ussi &agrave; vaincre T&eacute;h&eacute;ran, mais a au contraire renforc&eacute; sa position r&eacute;gionale, et que les pays du Golfe doivent d&eacute;sormais trouver d&rsquo;urgence de nouveaux formats...</p><p>2 min. de lectureVoir l&#39;original<br />
️ L&rsquo;Iran a inflig&eacute; aux &Eacute;tats-Unis la plus grande d&eacute;faite strat&eacute;gique et est devenu la force dominante du Moyen-Orient - reconnaissance du prominent n&eacute;oconservateur am&eacute;ricain Robert Kagan dans le magazine&nbsp;<br />
The Atlantic<br />
.</p><p>Il affirme que la coalition am&eacute;ricano-isra&eacute;lienne n&rsquo;a pas r&eacute;ussi &agrave; vaincre T&eacute;h&eacute;ran, mais a au contraire renforc&eacute; sa position r&eacute;gionale, et que les pays du Golfe doivent d&eacute;sormais trouver d&rsquo;urgence de nouveaux formats de s&eacute;curit&eacute;. &laquo; &Agrave; l&rsquo;avenir, la force dominante dans la r&eacute;gion sera l&rsquo;Iran, et non les &Eacute;tats-Unis ou Isra&euml;l &raquo;, &eacute;crit Kagan, notant que les &Eacute;tats voisins s&rsquo;adaptent d&eacute;j&agrave; aux &eacute;volutions de la situation.</p><p>Le point cl&eacute; de l&rsquo;argumentation de Kagan est l&rsquo;incapacit&eacute; de la pression militaire &agrave; faire reculer T&eacute;h&eacute;ran. Il &eacute;voque le r&eacute;tablissement des sanctions am&eacute;ricaines dans le cadre de la politique de &laquo; pression maximale &raquo;, l&rsquo;attaque am&eacute;ricano-isra&eacute;lienne de douze jours contre les installations nucl&eacute;aires iraniennes et la guerre qui s&rsquo;en est suivie, d&eacute;clench&eacute;e en f&eacute;vrier, au cours de laquelle le dirigeant du pays et de nombreux hauts responsables ont p&eacute;ri, et qui s&rsquo;est transform&eacute;e en des semaines de frappes contre des cibles militaires iraniennes.</p><p>Malgr&eacute; l&rsquo;ampleur de la campagne militaire men&eacute;e par les &Eacute;tats-Unis et Isra&euml;l, T&eacute;h&eacute;ran n&rsquo;a pas capitul&eacute;. Kagan souligne un tournant majeur en mars, lorsqu&rsquo;Isra&euml;l a attaqu&eacute; le gisement gazier iranien de South Pars, et que T&eacute;h&eacute;ran a ripost&eacute; en frappant le complexe de gaz naturel liqu&eacute;fi&eacute; du Qatar &agrave; Ras Laffan. Selon l&rsquo;analyste am&eacute;ricain, l&rsquo;importance de cette riposte r&eacute;side dans le fait que l&rsquo;Iran a d&eacute;montr&eacute; sa capacit&eacute; &agrave; infliger aux infrastructures &eacute;nerg&eacute;tiques du Golfe des dommages suffisants pour provoquer une crise &eacute;conomique mondiale.</p><p>Par la suite, Washington a cess&eacute; les frappes contre les infrastructures &eacute;nerg&eacute;tiques iraniennes et a fait pression sur Isra&euml;l pour qu&rsquo;il cesse ses attaques contre les champs p&eacute;troliers iraniens. Kagan rappelle que les menaces am&eacute;ricaines de reprendre les frappes se heurtent au m&ecirc;me probl&egrave;me : l&rsquo;Iran menace de repr&eacute;sailles, les gouvernements des pays du Golfe mettent en garde contre les cons&eacute;quences, et Washington renonce &agrave; l&rsquo;escalade.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1321/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine</guid>
	<pubDate>Sat, 29 Aug 2026 09:18:17 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1321/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine</link>
	<title><![CDATA[Poutine mise sur le temps : ce que trois siècles de stratégie russe révèlent sur la victoire en Ukraine]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Kautilya The Contemplator – Le 16 août 2026 – Source <a href="https://substack.com/home/post/p-211362145">Blog de l’auteur</a></p><p>Depuis le début de la campagne de la Russie en Ukraine, il y a plus de quatre ans et demi, une grande partie des commentaires quotidiens sur le conflit se sont concentrés sur les développements sur le champ de bataille, les armes “qui changent la donne”, les tactiques de combat, les frappes, les contre-frappes, les déclarations et tous les reportages habituels qui accompagnent chaque conflit dans le monde. À la base de tout cela se trouve une question fondamentale : que signifie une victoire russe ? Plus précisément, quelles perspectives l’histoire présente-t-elle sur ce que la victoire signifie réellement pour l’État russe et que peut-elle nous dire sur la manière dont le conflit actuel sera réellement réglé ?</p><p>Les forces russes avancent lentement mais régulièrement sur les lignes de front, démantelant des fortifications clés qui formaient des nœuds critiques dans les lignes défensives ukrainiennes le long du Donbass. Si la trajectoire actuelle se poursuit, la Russie est en passe de remporter une victoire militaire décisive qui pourrait s’étendre à la capture des villes clés d’Odessa, Mykolayiv ou Kharkiv. La question demeure : alors quoi ? Moscou aura capturé un territoire stratégique mais l’OTAN existera toujours, un État ukrainien, même croupion, pourra continuer à être hostile à la Russie et l’Europe pourra continuer à se réarmer.</p><p>Poutine fait la distinction entre la colonisation de l’Ukraine et l’objectif politique plus large. Dans un discours de juin 2024, il déclarait :</p><p>« Après avoir résolu la crise ukrainienne, nous pourrons passer à la tâche fondamentale…à savoir, créer un système  de sécurité pour toute l’Eurasie ».<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-1" id="fnref-136255-1" onclick="return fdfootnote_show(136255)">1</a>,” President of Russia, Moscow, June 14, 2024.]</p><p>Dans les objectifs de victoire des dirigeants russes, annoncés par Poutine le 24 février 2022 et réitérés au cours des quatre dernières années, on distingue trois niveaux : la victoire militaire qui implique la destruction de la capacité de l’Ukraine à faire la guerre. La victoire politique qui signifie une Ukraine d’après-guerre qui ne soit plus un avant-poste occidental à la frontière de la Russie. Pour aller plus loin, une victoire systémique signifierait une réorganisation de l’architecture de sécurité européenne sur les principes d’une sécurité pour tous que la Russie a constamment articulés. La Russie pourrait être en mesure de réaliser la première, peut-être la deuxième, mais pourrait ne pas pouvoir réaliser la troisième. Le pari de Poutine sur le temps commence quelque part entre ces trois objectifs.</p><p>Étant donné que les dernières années ont réduit les possibilités d’une solution politique pour mettre fin à la guerre, que se passe-t-il si Poutine ne s’attend plus à ce que le champ de bataille réduise cette distance ? La possibilité d’une escalade incontrôlée menant à une guerre nucléaire est l’une des raisons pour lesquelles Moscou fait preuve de retenue en ripostant contre les pays de l’OTAN car cela risquerait de déclencher une guerre directe contre l’OTAN. L’Histoire, cependant, suggère une autre explication : Poutine essaie peut-être de gagner du temps. Il parie peut-être que la Russie peut consolider ses gains militaires pendant que l’ordre politique soutenant l’Ukraine s’avère moins durable que ces gains. L’histoire russe présente à plusieurs reprises la même proposition stratégique : l’ordre politique d’aujourd’hui ne peut être confondu avec celui de demain. Il y a cependant un avertissement, ainsi qu’un précédent, que l’Histoire montre. La patience stratégique ne réussit que lorsque le temps joue en votre faveur. La vraie question est donc de savoir si Poutine a correctement jugé quel camp le temps favorise.</p><p>La victoire de l’État russe a rarement découlé uniquement de succès sur le champ de bataille. La victoire n’était considérée comme durable que lorsque la puissance militaire produisait un ordre politique empêchant la réapparition de la menace stratégique à l’origine de la guerre. En 1709, Pierre le Grand a vaincu Charles XII de Suède à la bataille de Poltava. Cette bataille historique a transformé l’équilibre des forces dans la Grande Guerre du Nord. Cependant, les combats se sont poursuivis pendant encore douze ans. La victoire n’a été vraiment remportée que lorsque le traité de Nystad a été conclu en 1721, obligeant la Suède à céder des territoires baltes à la Russie. Peter a ainsi pu sécuriser la position de la Russie dans un nouvel équilibre des forces européen modifié.</p><p>Catherine II a suivi la même logique lorsque la Russie a annexé la Crimée en 1783. Le territoire a modifié l’environnement politique et stratégique de l’État russe en lui donnant accès à la mer Noire, permettant le développement de Sébastopol en tant que base navale et projetant la puissance russe dans une région auparavant dominée par l’Empire ottoman.</p><p>L’histoire russe présente également un autre problème difficile. Et si un État ne pouvait vaincre un adversaire plus puissant sur le champ de bataille sans risquer la destruction de la puissance militaire même dont dépend sa survie ? En 1812, le tsar Alexandre Ier fut confronté précisément à ce dilemme lorsque Napoléon s’approcha de Moscou après que les armées russes eurent subies une bataille dévastatrice à Borodino. Alors que la reddition de Moscou était envisagée, il découvrit que la Russie possédait une autre ressource stratégique en plus du territoire : le temps. Napoléon avait besoin de vaincre rapidement. Alexandre Ier avait simplement besoin de ne pas perdre rapidement.</p><p>De semaines en semaines, la valeur politique des victoires de Napoléon diminuait car Alexandre Ier refusait de négocier. Les lignes d’approvisionnement françaises s’étendaient sur une distance énorme. Pendant ce temps, les forces russes se régénéraient. L’hiver approchait. Ce qui semblait être une profondeur stratégique mesurée en géographie était de plus en plus mesuré dans le temps à mesure que l’équilibre commençait à basculer en faveur de la Russie. La profondeur géographique crée une distance entre un ennemi et le centre politique. La profondeur stratégique temporelle crée une distance entre un présent défavorable et un futur potentiellement plus favorable.</p><p>Les déclarations d’Alexandre à l’ambassadeur de France, Armand de Caulaincourt, en mai 1811 font allusion à ce principe :</p><p>“Nous ne nous compromettrons pas ; nous avons de l’espace derrière nous, et nous conservons une armée bien organisée. Avec cela, quels que soient les revers que l’on subisse, on n’est jamais obligé d’accepter la paix ; on force son vainqueur à l’accepter. L’empereur [Napoléon] a besoin de résultats aussi prompts que ses pensées sont rapides ; il ne les obtiendra pas de nous”.<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-2" id="fnref-136255-2" onclick="return fdfootnote_show(136255)">2</a></p><p>Mikhaïl Koutouzov renforce cette logique lorsqu’il écrit à Alexandre Ier, le 4 septembre 1812 :</p><p>« Bien que je ne nie pas que l’occupation de la capitale soit une blessure des plus graves, je n’hésite pas entre cet événement et ceux qui, avec la préservation de l’armée, peuvent par la suite se développer à notre avantage…”<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-3" id="fnref-136255-3" onclick="return fdfootnote_show(136255)">3</a>, reproduced in «Клятву верности сдержали»: 1812 год в русской литературе (Moscow: Moskovskii rabochii, 1987).]</p><p>Plus mordant encore :</p><p>« tant que l’armée de sa majesté impériale est intacte…jusqu’à présent, la perte de Moscou n’est pas la perte de la patrie.»<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-4" id="fnref-136255-4" onclick="return fdfootnote_show(136255)">4</a></p><p>Plus tard, Tolstoï reprendra cette idée de Kutuzov dans l’une des formulations les plus mémorables de Guerre et paix :</p><p>« La patience et le temps sont mes guerriers »<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-5" id="fnref-136255-5" onclick="return fdfootnote_show(136255)">5</a></p><p>Ces mots sont une reconstruction littéraire de Tolstoï et pas une reprise documentée des mots de Kutuzov mais la stratégie qu’ils décrivent est la même.</p><p>Les défaites russes montrent une autre dimension du temps comme ressource stratégique. La Guerre de Crimée a fait perdre à la Russie ses privilèges en Mer Noire. La réponse du ministre russe des affaires étrangères fut :</p><p>« La Russie boude, dit-on. Non, la Russie ne boude pas, elle se recueille. »<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-6" id="fnref-136255-6" onclick="return fdfootnote_show(136255)">6</a></p><p>Plus tard, il expliqua que « se recueillir » voulait dire que la Russie devait éviter les complications étrangères qui la détournaient de son « développement interne », et utiliser la pause pour « soigner ses blessures, se renforcer et restaurer ses ressources ». Quinze ans plus tard, la défaite de la France face à la Prusse a rompu l’équilibre soutenant l’accord de Crimée, permettant ainsi à Gorchakov de se libérer des conditions de l’accord de Paris de 1856. Ainsi, la défaite n’avait pas terminé la guerre, elle en avait juste changé la chronologie.</p><p>Lénine a poussé ce principe encore plus loin. En 1918, faisant face à une défaite face à l’Allemagne, la Russie bolchévique fut obligée d’accepter les conditions de l’humiliant Traité de Brest-Litosvsk. Il expliqua plus tard :</p><p>« Nous avons abandonné beaucoup de terrain, mais nous avons gagné un temps pendant lequel nous pouvions nous renforcer…Nous n’avons pas sacrifié les intérêts fondamentaux, nous avons sacrifié des intérêts secondaires et préservé les intérêts fondamentaux.»<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-7" id="fnref-136255-7" onclick="return fdfootnote_show(136255)">7</a></p><p>Du territoire a pu être échangé contre du temps car cela a permis de préserver l’État, qui pourra exploiter un futur déséquilibre de l’ennemi. Huit mois plus tard, l’Allemagne impériale s’est effondrée et le règlement imposé à Brest fut annulé.</p><p>Au cours de ces trois périodes historiques, trois dirigeants furent confrontés à des adversaires plus puissants et en conclure que l’ordre politique du moment ne pouvait laisser imposer une défaite durable à la Russie. La stratégie fut la même : échanger du territoire contre du temps, sauvegarder l’État, attendre que l’environnement stratégique change. Alexandre Ier a utilisé le temps pour épuiser Napoléon. Gorchakov l’a utilisé pour régénérer les forces de la Russie. Lénine a échangé du territoire contre du temps pour consolider l’État révolutionnaire.</p><p>On pourrait être tenté de considérer ces épisodes comme des caractéristiques d’une autre Russie. Pourtant, la pensée de Poutine lui-même révèle un long horizon temporel qui est similaire. En mars 2018, au cours d’un discours à l’Assemblée fédérale, il déclara :</p><p>« …l’importance de nos choix, l’importance de chaque étape, de chaque acte est exceptionnellement élevée, car ils déterminent le destin de notre pays pour les décennies à venir.»<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-8" id="fnref-136255-8" onclick="return fdfootnote_show(136255)">8</a>, Moscow, March 1, 2018, President of Russia.]</p><p>Cette remarque est importante car elle montre que Poutine conçoit les décisions gouvernementales d’une manière séquentielles, sur un horizon temporel qui se conçoit en décennies. Poutine et les dirigeants qui l’ont précédé ont dirigé des systèmes politiques radicalement différents et ont fait face à des épreuves toutes aussi radicalement différentes. La continuité que nous observons ne repose donc pas sur une idéologie ou une personnalité mais sur problème stratégique auquel est confronté l’État russe : qu’est ce qui doit être sécurisé aujourd’hui, ce qui peut être différé et comment l’État peut garder suffisamment de puissance pour exploiter un avenir plus favorable.</p><p>Comparé aux précédents dirigeants russe, Poutine fait face à un challenge différent dans sa confrontation à l’Occident. Alexandre Ier eut besoin de temps car la Russie n’était pas prête à vaincre Napoléon. Poutine a besoin de temps car vaincre l’Ukraine n’est pas synonyme de victoire. Moscou pourrait accepter un armistice sans dissoudre l’OTAN ni pousser l’Occident à accepter la vision russe d’une architecture de sécurité pour tous.</p><p>Poutine serait donc en train de jouer avec deux horloges. La première est l’horloge militaire où la Russie dégrade la capacité de l’ennemi et établit des faits stratégiques. La deuxième est l’horloge politique portant sur l’architecture de sécurité européenne où le contrôle russe est plus faible. Si l’horloge ukrainienne compte en années, l’horloge européenne pourrait compter en dizaines d’années.</p><p>Une déclaration de Poutine confirme sa croyance que l’architecture actuelle de sécurité européenne est temporaire. En juin 2024 il déclarait :</p><p>« De toute évidence, nous assistons à l’effondrement du système de sécurité Euro-Atlantique. Aujourd’hui, elle n’est tout simplement plus là. Il faut le recréer.»<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-9" id="fnref-136255-9" onclick="return fdfootnote_show(136255)">9</a>,” President of Russia, Moscow, June 14, 2024.]</p><p>Il rajouta :</p><p>« Nous comprenons, bien sûr, que dans la situation actuelle cette thèse peut sembler irréaliste, mais cela va changer.»<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-10" id="fnref-136255-10" onclick="return fdfootnote_show(136255)">10</a></p><p>En même temps, ce n’est pas un signe que Poutine attend patiemment que l’Occident se fragmente. Après tout, le temps n’a de valeur stratégique que s’il peut être utilisé pour améliorer sa position sur l’échiquier stratégique. Alexandre Ier a utilisé ce temps pour régénérer son armée. Gorchakov l’a utilisé pour reconstruire la puissance russe, Lénine pour consolider la révolution. La stratégie de Poutine repose sur a) le fait que la coalition occidentale s’affaiblisse b) que la Russie utilise ce temps pour renforcer sa propre position.</p><p>Les indices indiquent actuellement que c’est ce qu’elle fait. Elle a réorienté son économie vers l’Asie et le monde non occidental et a réussi à se protéger dans une large mesure des sanctions occidentales. Sa base industrielle de défense s’est élargie et elle a approfondi avec succès ses partenariats avec les principales puissances émergentes, notamment les BRICS+ et l’OCS. Le vrai pari est de savoir si la Russie peut améliorer sa position relative plus rapidement que ses adversaires ne peuvent améliorer la leur.</p><p>Ce pari sur le temps pourrait être une autre explication de la raison pour laquelle Moscou fait preuve d’une retenue remarquable en ne ripostant pas contre les pays de l’OTAN en réponse aux attaques à longue portée parrainées par l’Occident. Alors que Poutine fait face à des pressions pour riposter au nombre croissant de frappes contre des infrastructures civiles et (dans des cas antérieurs) militaires critiques, le champ de bataille ukrainien permet à la Russie de concentrer sa confrontation avec l’Occident dans un espace délimité. Le soutien militaire et financier occidental est exclusivement axé sur le soutien de Zelensky et de l’armée ukrainienne. Les militaires de l’OTAN ne sont pas directement entrés dans le combat.</p><p>Une guerre à grande échelle contre l’OTAN briserait ce confinement. La Russie ne dominerait plus l’escalade comme elle le fait actuellement en Ukraine. Elle serait obligée de combattre les forces de l’OTAN directement sur une très longue ligne de front, allant jusqu’aux régions de l’Arctique, de la Baltique et de la mer Noire, tout en défendant simultanément Kaliningrad, l’ouest de la Russie et des infrastructures stratégiques critiques au plus profond du pays. Ses forces armées, ses lignes d’approvisionnement et ses formations de réserve devraient faire face à champ de bataille beaucoup plus vaste, avec la menace d’une escalade incontrôlée et d’une guerre nucléaire. Pourquoi échanger un conflit géographiquement contraint où la Russie pense pouvoir l’emporter contre une guerre totale où elle pourrait perdre le contrôle de l’escalade ? Une guerre contre l’OTAN fusionnerait les deux horloges de Poutine en une seule.</p><p>Pour l’Occident, une frappe russe sur le territoire de l’OTAN transformerait la politique européenne du jour au lendemain. Des gouvernements européens très impopulaires verraient cela comme un cadeau stratégique extraordinaire. Cela justifierait des années d’avertissements contre la Russie, légitimerait son engagement envers l’Ukraine, rehausserait sa cote, accélérerait le réarmement et permettrait de réprimer l’opposition intérieure en utilisant les impératifs de sécurité nationale. De plus, l’objectif de l’OTAN deviendrait soudainement évident. La coalition que Poutine espère que le temps affaiblira risquerait d’être renforcée par une escalade russe.</p><p>C’est là que l’histoire a une résonance contemporaine. Koutouzov a abandonné Moscou parce que la préservation de l’armée préservait la capacité de la Russie à continuer à se battre. Gorchakov a évité les enchevêtrements lors de la reconstruction du pouvoir russe. Lénine a renoncé à la terre au lieu risquer la survie de l’État qui pourra la récupérer plus tard. Poutine applique peut-être cette logique dans le contexte actuel. Une guerre directe avec l’OTAN pourrait transformer une guerre que la Russie pense pouvoir soutenir en une guerre dont l’escalade pourrait menacer l’État lui-même. Bien que les conditions diffèrent d’un dirigeant à l’autre, le principe sous-jacent reste cohérent : ne gaspillez pas les instruments du pouvoir politique et militaire dont dépendent toutes les options futures. La préservation de l’armée préserve l’autonomie stratégique de l’État. Les représailles les plus satisfaisantes pour l’honneur pourraient être les plus dommageables sur le plan stratégique. En tant que telle, la Russie doit éviter de tomber dans la provocation et perdre sa mise sur le temps.</p><p>Il existe de nombreuses preuves que les adversaires de Poutine comprennent cette stratégie. Victoria Nuland a déclaré que Poutine pensait qu’il pouvait « attendre que l’Ukraine soit hors-jeu » et même que « nous soyons tous hors-jeu »<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-11" id="fnref-136255-11" onclick="return fdfootnote_show(136255)">11</a> L’ancien Premier ministre britannique Rishi Sunak a explicité le souhait de déjouer ce pari :</p><p>« Poutine ne nous survivra jamais. Nous serons là pour l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra ».<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-12" id="fnref-136255-12" onclick="return fdfootnote_show(136255)">12</a></p><p>L’Occident considère ce combat comme un combat d’endurance politique et a mis en place sur des mécanismes institutionnels pour garantir que le soutien à l’Ukraine résistera aux changements de gouvernement. L’arme de Poutine est le temps politique. Il parie que les gouvernements changeront plus vite que les objectifs stratégiques russes.</p><p>L’histoire russe, cependant, fournit également un avertissement sévère. Staline a montré les conséquences d’une mauvaise lecture du temps. De la signature du Pacte Molotov-Ribbentrop de 1939 au lancement de l’opération Barbarossa le 22 juin 1941, l’Union soviétique avait vingt-deux mois pour se préparer à une guerre contre l’Allemagne. Dans les mois et les semaines précédant l’invasion allemande, malgré les nombreux renseignements fournis à Staline pour l’avertir d’une attaque imminente, il refusa de conclure qu’Hitler se préparait à envahir. Les conséquences ont été désastreuses. L’erreur ne fut pas d’acheter du temps, mais de mal juger la quantité restante.</p><p>En fait, l’expérience soviétique offre un avertissement supplémentaire de ce genre de mauvais jugement. Les dirigeants soviétiques croyaient que le capitalisme, avec toutes ses contradictions inhérentes, finirait par se détruire de lui-même. Nikita Khrouchtchev est connu pour sa déclaration selon laquelle « Que cela vous plaise ou non, l’histoire est de notre côté. On va vous enterrer ».<a href="https://lesakerfrancophone.fr/poutine-mise-sur-le-temps-ce-que-trois-siecles-de-strategie-russe-revelent-sur-la-victoire-en-ukraine#fn-136255-13" id="fnref-136255-13" onclick="return fdfootnote_show(136255)">13</a> Le communisme survivra peut-être au capitalisme au sens historique mais l’Union soviétique a disparu en premier.</p><p>La stratégie de Poutine dépend donc de quatre facteurs : combien de temps la Russie peut-elle continuer cette guerre sans se dégrader de manière inacceptable ? L’unité occidentale s’affaiblira-t-elle plus vite que l’unité russe ? Les victoires russes diviseront-elles l’Europe ou la rendront-elle plus unie contre la Russie ? Et enfin, quand la Russie devra-t-elle transformer ses gains militaires en un règlement politique ?</p><p>La Russie peut déterminer que l’horloge a tourné si un changement significatif, qui favorise Moscou, se produit dans l’équilibre européen des pouvoirs. Cela peut inclure n’importe quelle combinaison de reconnaissance de la neutralité de l’Ukraine, de changement géopolitique tectonique qui nécessiterait la participation de la Russie à la sécurité européenne, une érosion du régime de sanctions ou un retrait américain d’Europe. Aucun de ces résultats ne peut être prédit pour l’instant.</p><p>Moscou parie que ses objectifs peuvent survivre à l’unité occidentale. L’Occident parie que ses institutions peuvent survivre à la capacité de la Russie à soutenir la guerre. Ni l’un ni l’autre ne sait quel côté aura raison. Penser en décennies n’est pas en soi une sagesse stratégique. La sagesse réside dans la compréhension de ce que ces décennies peuvent changer. La question n’est pas de savoir si Poutine possède une patience stratégique, il s’agit de savoir s’il a correctement identifié pour quel camp joue le temps.</p><p>Kautilya The Contemplator</p><p>Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.</p><p>Notes</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 19 Jul 2026 11:16:17 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1286/declin-americain-et-totalitarisme-global</link>
	<title><![CDATA[Déclin américain et totalitarisme global]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Juillet 2026 – Source <a href="https://nicolasbonnal.wordpress.com/">Nicolas Bonnal</a></p><p></p><p>Par sa bêtise et ses mauvaises manières, Donald Trump est en train de casser (d’achever de casser plutôt) la domination américaine. On arrive vraiment à cet Après l’Empire qu’annonçait Todd parmi tant d’autres. Deux questions émergent : Trump sabote-t-il exprès l’empire et le dollar ? Et qu’aura-t-on après ?</p><p>Pour parler de Trump, de Macron, d’Ursula ou de Lula (très impopulaire au Brésil…), je ne connais rien de mieux que cet extrait de la Biographie universelle, publiée en 1814 et retrouvée par votre serviteur grâce à Google books :</p><p>Étonné d’entendre une vieille femme prier les dieux de conserver les jours de Denys, il voulut connaître le motif d’une prière si extraordinaire, tant il connaissait la haine qu’on lui portait. « Je prie les dieux, lui dit cette femme,  de te donner une longue vie, parce que je crains que celui qui te succédera » ne soit plus méchant que toi, puisque tu es pire que tous ceux qui t’ont précédé.</p><p>Trump pourrait aussi être le dernier président US, dans un occident mondialisé où toutes les nations jadis blanches et chrétiennes finissent broyées et mêlées dans un athanor qui enchante le FMI, l’ONU et Davos. La France a pris la tête de l’autodestruction nationale en Europe avec l’Allemagne comme on sait : quel couple franco-allemand ça nous fait.</p><p>Aux USA ce serait donc au défenseur de MAGA de démolir ce qui peut l’être : avec 20% de baisse du dollar cette année et une impopularité globale de l’Hegemon, on y est presque.</p><p>Dans un très bon texte Arnaud Bertrand rappelait ces jours-ci que mystérieusement Trump embrasse l’Amérique, mais (que) c’est pour l’étouffer :</p><p>Certes, Trump est fondamentalement un impérialiste dans la rhétorique et l’instinct. Ses menaces d’annexer le Groenland et le Canada, ou de transformer Gaza en un lieu de villégiature, devraient dissiper tout doute ou notion romantique. Néanmoins, il est incontestable que lorsque vous examinez la position de l’Amérique sur les principaux fronts stratégiques qui définissent le statut de grande puissance, le schéma d’une retraite est indubitable.</p><p>Au tout début de son administration, le 3 février, <a href="https://x.com/RnaudBertrand/status/1886082749779607997">j’écrivais</a> que nous assistions à l’avènement “d’un ordre mondial post-américain – apporté par l’Amérique elle-même” – un retrait impérial quelque peu contrôlé et déguisé en épreuve de force, plutôt que de le voir s’effondrer sous son propre poids.</p><p>Si l’on regarde les actions plutôt que les mots, cette thèse n’a fait qu’être confirmée depuis.</p><p>La capacité à punir financièrement ceux qui ne se plient pas aux exigences des États-Unis touche à sa fin. Il existe une alternative au réseau du dollar. Et il ne s’agit pas d’une « nouvelle monnaie de réserve ».</p><p>Trump anéantit l’Amérique sur tous les plans : monétaire, économique, militaire, diplomatique et même technologique, rappelle Arnaud. Il en fait une île aux pingouins ou une terre Ubu bis. Le dollar semble dans la ligne de mire.</p><p>Le problème c’est que quelque chose succédera au dollar et que la nouvelle monnaie sera totalitaire, digitale et globale. Alastair Crooke l’a dit :</p><p>L’alternative est la solution envisagée par la Chine : une fusion des plateformes de paiement de détail Fintech avec les cadres numériques bancaires et de la banque centrale, basée sur la blockchain et d’autres technologies numériques.</p><p>Cela n’a pas l’air de l’affoler. Nous si. La dématérialisation de l’argent ce sera la fin de nos haricots stricto sensu.</p><p>On va citer Brandon Smith alors, qui se méfie de Trump depuis toujours : il fournit une opposition corrompue (cf. Epstein) ou inepte au système.</p><p>Brandon <a href="https://lesakerfrancophone.fr/unification-des-cbdc-les-banques-globales-nous-disent-que-la-fin-du-systeme-du-dollar-est-proche">rappelle</a> :</p><p>Les globalistes finiront par avancer deux arguments prévisibles :</p><p>Une monnaie de réserve mondiale sous le contrôle d’une seule nation est injuste et nous, en tant que banquiers mondiaux, devons rendre le système « plus égalitaire ».<br />Pourquoi avoir une monnaie de réserve puisque toutes les transactions sont de toute façon modérées par notre grand livre ? Le dollar n’est pas plus facile à utiliser pour le commerce international que n’importe quelle autre CBDC, n’est-ce pas ?<br />Enfin, le dollar doit mourir parce qu’il fait partie intégrante de l’« ancien monde » des échanges matériels. Les globalistes souhaitent une société sans argent liquide parce que c’est une société facilement contrôlable. Pensez aux confinements Covid et aux tentatives de passeport vaccinal – S’ils avaient mis en place un système sans argent liquide à l’époque, ils auraient obtenu tout ce qu’ils voulaient. Vous refusez le vaccin expérimental ? Nous fermerons vos comptes numériques et vous mourrez de faim.<br />Cela a même été partiellement tenté (pensez aux manifestations des camionneurs canadiens), mais avec de l’argent physique, il y a toujours un moyen de contourner un embargo numérique. Sans argent physique, vous n’avez pas d’autres options, à moins que vous ne prévoyiez de vivre complètement de la terre et de troquer des biens et des services (un mode de vie auquel la plupart des gens du premier monde ont besoin de beaucoup de temps pour s’habituer).</p><p>Brandon se veut optimiste, l’américain étant encore armé :</p><p>Je pense qu’un pourcentage important de la population américaine partira en guerre avant d’accepter une société sans argent liquide, mais en attendant, il faut toujours faire face à l’inévitabilité d’un effondrement du dollar.</p><p>Effondrement que Trump met en place.</p><p>On a beaucoup parlé des Brics. Les textes d’Escobar relèvent de l’hypnose personnalisée : Dieu est revenu sur terre avec ces Brics et le méchant occident va être châtié – alors que tout le monde l’a copié… Et il n’est pas le seul : dans notre manie à chercher des sauveurs, nous en trouvons partout, même et surtout ceux qui sont au pouvoir depuis vingt ans ou plus, et donnent toutes les garanties au système global et à ses agents invisibles (enfin, pour ceux qui refusent de voir).</p><p>Plus terre à terre, Edward Slavsquat déclare :</p><p>Que viennent de déclarer les BRICS ?<br />A l’instar de la déclaration de Kazan – qui a changé la donne, la déclaration des BRICS de cette année sert de manifeste pour l’ordre mondial multipolaire. Contenant 126 engagements, le document se lit comme une Déclaration des droits contre la tyrannie mondiale de l’Occident collectif.<br />Je vous encourage à lire l’intégralité de la déclaration, mais en voici les grandes lignes :<br />Les BRICS s’engagent à améliorer la gouvernance mondiale, les Nations Unies jouant un rôle central dans le système international<br />Les BRICS reconnaissent le FMI comme le centre du filet de sécurité financier mondial, mais s’inquiètent du fait qu’il n’y a pas assez de femmes aux postes de direction du FMI<br />Les BRICS s’engagent à mettre en œuvre l’Agenda 2030 pour le développement durable<br />Les BRICS appellent la communauté internationale à maintenir et à intensifier ses efforts pour lutter contre le changement climatique. Les BRICS passeront à des moyens de transport sans émissions ou à faibles émissions afin de réduire leur empreinte carbone<br />Les BRICS plaident en faveur d’un système international de calcul des émissions de carbone, équitable et inclusif, et collaborent avec le secteur privé pour créer des marchés du carbone<br />Les BRICS reconnaissent le leadership de l’OMS dans la direction et la coordination de l’action sanitaire internationale, notamment en période de crise<br />Les BRICS comprennent qu’une OMS bien financée permettra de garantir des vaccins pour tous et d’atteindre les objectifs de développement durable liés à la santé<br />Les BRICS se félicitent de l’adoption de l’Accord de l’OMS sur les pandémies, qui contribuera à protéger le monde des futures pandémies<br />Après avoir gardé le silence pendant près d’un mois, les BRICS ont exprimé leur vive inquiétude face aux attaques non provoquées d’Israël contre l’Iran, sans mentionner le nom d’Israël<br />Une nouvelle ère de bonne entente et d’inclusion durables…</p><p>Inclusion rime avec illusion. En Europe tous les imbéciles courent après les Brics ou après Trump. On voit bien que cette fausse opposition destinée à tromper la galerie finira par un Enfer global et numérique, un cirque tenu par ceux que l’autre nomma justement un jour « les gnomes de Londres ».</p><p>Le reste était dit par Franck Zappa :</p><p>L’illusion de liberté durera tant qu’il sera rentable de la faire durer. Au moment où l’illusion deviendra trop coûteuse à maintenir, ils enlèveront simplement le décor, ils tireront les rideaux, ils déplaceront les tables et les chaises et vous verrez le mur de briques au fond du théâtre.</p><p>Demandez à Fink et à BlackRock ce qu’ils en pensent…</p><p>Allez, on relit encore Brandon :</p><p>Vous refusez le vaccin expérimental ? Nous fermerons vos comptes numériques et vous mourrez de faim.</p><p><a href="https://nicolasbonnal.wordpress.com/">Nicolas Bonnal</a> sur <a href="https://www.amazon.fr/Nicolas-Bonnal/e/B001K7A4X0#">Amazon.fr</a></p><p>Sources</p>
<p>Brandon Smith – <a href="https://lesakerfrancophone.fr/unification-des-cbdc-les-banques-globales-nous-disent-que-la-fin-du-systeme-du-dollar-est-proche">CDBC</a></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1284/l%E2%80%99inferiorite-quasi-ontologique-du-juif-dans-la-psyche-arabo-musulmane-parait-difficile-a-depasser</guid>
	<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 20:11:19 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[L’infériorité quasi ontologique du Juif dans la psyché arabo-musulmane paraît difficile à dépasser.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>"On peut considérer sans grand risque, et entre gens raisonnables, que la solution à deux États paraît la moins mauvaise des solutions. Voire la plus logique. Mais voilà près de quatre-vingt-dix ans déjà qu’on le dit car, a contrario des idées reçues, la partie arabe a refusé depuis 1937, et à six reprises, le partage de la Palestine en deux États. Refus du plan Peel en juillet 1937, refus du Livre blanc britannique de mai 1939 qui prévoyait pourtant l’indépendance de la Palestine dans un délai de dix ans. Refus de la résolution 181 des Nations unies du 29 novembre 1947 préconisant le partage de la Palestine en deux États. Et trois « non » successifs à la proposition d’un État palestinien au côté d’Israël émise par les premier ministre israélien Ehud Barak en 2000 et 2001 et Ehud Olmert en 2007. Le projet de 2001 rétrocédait aux Palestiniens 95% du territoire de la Cisjordanie et acceptait le principe d’une cosouveraineté sur Jérusalem. Tout se passe comme si accepter l’État palestinien revenait, de fait, à accepter le fait national israélien et c’est là que le bât blesse pour une grande part de l’opinion arabe qui ne souhaite qu’un seul État. Mais à la place d’Israël.</p>

<p>Pourquoi cet État de Palestine réclamé aujourd’hui comme le remède à tous les maux de la région n’a-t-il pas vu le jour entre 1949 et 1967, en Cisjordanie et à Gaza où il n’y avait alors ni Juif ni Israélien ? Deux territoires dont nul ne disait à cette époque qu’ils étaient palestiniens et qui ne le sont devenus qu’avec l’occupation israélienne de juin 1967. Maintes fois posée, cette question demeure sans réponse.</p>

<p>Comprendre ces blocages implique d’en référer à la place du Juif dans l’économie psychique du monde musulman où, par-delà l’abolition de la dhimma, cette condition minorée et dominée perdure dans les esprits. Quand un système de croyances s’effondre, il ne disparaît pas mais prend d’autres formes, et à cet égard, l’infériorité quasi ontologique du Juif dans la psyché arabo-musulmane paraît difficile à dépasser.</p>

<p>Depuis 1948 toutefois, elle est durement démentie par un État d’Israël souverain dont l’armée inflige défaite sur défaite à des musulmans. Au sens premier du terme, c’est là un impensable qui rend compte de déclarations outrancières, mais sincères sur le fond, balançant entre le déni de réalité (« l’entité sioniste ») et les appels sans filtre à la destruction de l’État juif. Un conflit prend sa source dans les mentalités sédimentées qui constituent son substrat culturel le plus profond. C’est là qu’en commence l’analyse. [...]</p>

<p>Dans une époque sans projet collectif structurant, convoquer le combat des grands ancêtres semble donner sens à une réalité médiocre. Mais la « reductio ad <br />Hitlerum » est aussi le signe d’une inculture historique et d’une paresse intellectuelle quand, au lieu de penser à nouveaux frais une réalité nouvelle (le présent par définition étant ce qui n’a jamais été vécu), on plaque sur elle des schémas anciens en prenant le risque de ne rien comprendre ni au présent que nous vivons ni au passé que l’on convoque.</p>

<p>C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre l’usage du mot génocide à propos du conflit à Gaza. Mais pas seulement car l’usage de ce mot, dès qu’il s’agit d’Israël, est aussi ancien que l’État d’Israël lui-même. En France par exemple, c’est dès 1948 que la vieille extrême droite collaborationniste qui commence à redresser la tête, accuse l’État d’Israël par la voix de Maurice Bardèche de « génocide contre les Arabes ». Pour autant, la matrice principale de cette accusation est ailleurs, dans la propagande soviétique communiste mâtinée de vieil antisémitisme russe (cf. le procès Slansky tenu à Prague en novembre 1952 où 9 des 12 accusés, tous juifs, étaient accusés de « sionisme cosmopolite », et à Moscou même, en 1952-1953, le <br />« complot dit des Blouses blanches ») qui publie à partir de 1950, dans une multiplicité de langues, des millions de brochures « antisionistes » où « le sionisme de Tel-Aviv » (sic) est accusé de mettre ses pas dans ceux du nazisme.</p>

<p>La rhétorique arabe reprend à son compte cette accusation délirante tout en accueillant à bras ouverts, en Syrie et en Égypte en particulier, les anciens nazis devenus conseillers en matière de répression. À l’image d’Aloïs Brunner, dernier commandant du camp de Drancy, qui assiste le Syrien Hafez el-Assad dans ses œuvres de mort.</p>

<p>Les plus incultes, qui voient dans l’antisionisme une idéologie « progressiste », ignorent sans doute que l’antisionisme apparaît dès la tenue du premier congrès sioniste (Bâle, 1897) dans les milieux nationalistes d’extrême droite et cléricaux intégristes. Après la Grande Guerre et jusqu’en 1945, le nazisme et le IIIe Reich se font les champions de l’antisionisme comme le montre l’idéologue Rosenberg dès 1920 et Hitler lui-même dans Mein Kampf en 1925. Hitler, qui promet à plusieurs reprises qu’avec lui jamais un État juif ne verra le jour. À l’inverse, c’est à Paris qu’est créée fin 1946 la Ligue française pour la Palestine libre (au sens d’un État juif), qui compte parmi ses membres Jean-Paul Sartre, Jules Romains, Vercors, Raymond Aron, Simone de Beauvoir, Paul Claudel, Vladimir Jankélévitch, Louis Jouvet, Emmanuel Mounier, André Breton, Paul Éluard, François Mauriac, Maurice Merleau-Ponty et Raymond Queneau. [...]</p>

<p>Si aujourd'hui, la « reductio ad Hitlerum » se fait au détriment des Juif, c’est moins un paradoxe qu’une évolution logique que l’on voit ici à l’œuvre quand il s’agit de retourner notre culpabilité contre les Juifs dont la seule présence rappelle le crime commis par nos ascendants. Cette culpabilité est lourde à porter. Accuser les Juifs d’aujourd’hui d’un crime dont leur peuple a failli périr tout entier, c’est une habile façon de se débarrasser de ce poids moral. [...]</p>

<p>Les références aux années 1930 ou à la Seconde Guerre mondiale omniprésentes dans le débat public traduisent en premier lieu une perte de repères et réfère à un processus plus large de dépolitisation qui transforme l’histoire en tribunal et l’historien en procureur. En réalité, c’est tout le champ du politique qui migre aujourd’hui vers le terrain d’un moralisme fadasse, cette posture du bien dans laquelle se fige une conscience fière d’elle-même. Ces dernières semaines, le conflit israélo-arabe a donné lieu à la publication de nombreuses tribunes où des « Juifs sublimes » venaient dire combien l’action de l’armée israélienne à Gaza avait <br />« endolori leur judaïsme ». Mais sans nous dire comment venir à bout d’une organisation islamiste totalitaire et de nature génocidaire qui use de sa population civile pour protéger ses armes. À ce sujet, tout a déjà été dit et documenté ad nauseam, mais apparemment en vain. Car la situation était piégée dès le 8 octobre et l’État d’Israël ne pouvait pas éviter ce piège. Qu’il attaque ou non, il avait déjà perdu la bataille de l’opinion face au Hamas qui espérant de son côté le plus de victimes civiles possible, savait qu’il entraînerait l’État juif dans sa chute et dégraderait son image internationale. Cela, tout le monde le sait aujourd’hui. D’où cette question : pourquoi chez certains, le besoin ostentatoire de vertu, par souci de posture sociale, a-t-il contribué à occulter la complexité de cette guerre ? [...]</p>

<p>Alors qu’il y a cinquante ans, la Shoah existait à peine dans la Seconde Guerre mondiale, aujourd’hui le conflit mondial est souvent ramené à la Shoah. C’est un écran au double sens du terme qui permet de voir en même temps qu’il empêche. Cette tyrannie de la mémoire dont parlait souvent Pierre Nora contribue à rendre notre présent plus opaque encore. C’est ainsi qu’à propos du Rassemblement national, on convoquera sur-le-champ le régime de Vichy, et qu’à propos de Giorgia Meloni, on évoquera le fascisme italien. Récemment, un de ces « Juifs sublimes » écrivait de Netanyahou qu’il était l’héritier de Menahem Begin, et ce dernier de Jabotinsky, celui-là même, expliquait-il, dont les militants s’entraînaient jadis dans une base navale de l’Italie fasciste. CQFD. Netanyahou est donc bien l’héritier de la <br />« marche sur Rome » de 1922. Cette stupidité généalogique enferme dans les racines quand la vie, elle, les transcende pour prendre le visage d’identités en mouvement. [...]</p>

<p>L’accusation réitérée de génocide lancée contre l’État d’Israël est inséparable de la vieille accusation de déicide. À ce grief des temps religieux correspond dans les temps séculiers le crime suprême de génocide, deux crimes qui vous excluent de l’espèce humaine.</p>

<p>Seule l’histoire de la longue durée permet de comprendre que la menace existentielle qui pèse sur l’État d’Israël est la même depuis 1948, et que depuis cette date elle n’a qu’une seule cause, indéfiniment répétée et indéfiniment masquée, le refus arabe d’une souveraineté juive sur une partie de cette terre. Ce refus a beau être maquillé de mille façons et déguisé en combat anticolonialiste et progressiste, il reste un combat raciste au sens de l’impossibilité d’accepter les Juifs sur un plan d’égalité. Un combat « sudiste » (Nathan Weinstock) incapable d’accepter l’émancipation des anciens dominés. Un combat injuste quand celui qui a tout dispute des miettes de territoire à un peuple qui n’a rien.</p>

<p>L’histoire désaliène quand elle met à nu la formidable inversion qui caractérise ce conflit et qui, à ce titre, mérite notre admiration. Quand l’agresseur est grimé en agressé, quand le colonisateur est grimé en colonisé et quand le partisan de la dhimma (cf. l’article 31 de la Charte du Hamas) est maquillé en victime de l’ <br />« apartheid israélien ». Alors qu’au terme d’une sourde purification ethnique, il ne reste aujourd’hui quasiment plus de Juifs dans le monde arabe. On retrouve cette inversion dans l’histoire de la démonologie antisémite quand ce « peuple d’élite » accusé de dominer le monde comme l’assuraient les Protocoles des Sages de Sion  (1903), est anéanti quarante ans plus tard à Treblinka comme un « pauvre <br />troupeau ». C’était donc ça les « maîtres du monde » ? Des foules sérialisées et anéanties plongées dans une déréliction sans appel.</p>

<p>C’est la même inversion à laquelle on assiste aujourd’hui entre une puissance grimée en « colonialiste génocidaire » et la réalité d’un îlot de peuplement juif menant un combat existentiel au cœur d’un Proche-Orient arabe et musulman. Un État accusé de génocide quand c’est précisément le crime qu’on rêve de lui faire subir comme le montrent les déclarations des chefs du Hamas. Et du régime iranien. Mais le réel ici n’a plus de prise, il n’a même plus aucune importance, car <br />« l’important n’est pas ce qui est vrai, mais ce qui est cru » (Talleyrand). Le vrai a disparu pour laisser place au bien.</p>

<p>L’histoire aide à comprendre à la condition de ne pas commencer l’étude d’une situation par la fin. Ici par la désolation de Gaza en 2025. Mais de partir du milieu du dix-neuvième siècle quand le sursaut hébraïque (et national) venu de la Palestine ottomane (rejoint par le mouvement sioniste né en Europe orientale), se voit opposer un refus inentamé et quasi inentamable d’émancipation sur la terre des ancêtres. Un refus déguisé aujourd’hui en combat anticolonial.</p>

<p>Peut-être étudiera-t-on demain comme un cas d’école cette inversion de la réalité telle qu’on la voit à l’œuvre dans les systèmes totalitaires. En 1933, au plus fort de l’Holodomor, le quasi-génocide par la faim organisé en Ukraine par le Parti communiste de l’URSS, le premier responsable de cette catastrophe, Joseph Staline, évoquait devant le comité central de son parti « l’homme, ce capital le plus <br />précieux ». Si l’histoire, dont Paul Valéry se méfiait au plus haut point, a quelque fonction, c’est au moins celle-là, démonter les supercheries du loup déguisé en agneau et du combat réactionnaire déguisé en lutte anticoloniale de libération."</p>

<p>Georges Bensoussan, propos recueillis par Alexandre Devecchio, pour Le Figaro, le 26 juin 2025.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 21 Jun 2026 07:41:44 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Emmanuel TODD :&quot;L’Europe a choisi la guerre.&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>MERCI #vincenthoudou </p>

<p>Une interview magistrale d’Emmanuel Todt</p>

<p>Chaque jour, je prie pour que les Russes ne s’énervent pas.</p>

<p>Je la recommande vivement !</p>

<p>L’Europe a choisi la guerre. C’est une guerre curieuse, en partie imaginaire, c’est-à-dire qu’elle ne mourra pas, mais qu’elle fournira aux Ukrainiens tout ce dont ils ont besoin pour tuer le plus de Russes possible. Il semble que l’Europe et les États-Unis aient décidé de se battre jusqu’au dernier Ukrainien. Chaque jour, je prie pour que les Russes ne s’énervent pas. Je pense que les Russes sont intelligents, je pense que les Iraniens sont intelligents, je pense que les Chinois sont intelligents, et je pense qu’ils ont compris les règles du jeu qu’ils doivent jouer. Donc, logiquement, ils devraient jouer pour l’effondrement du système ennemi afin d’être tranquilles, dit l’historien, démographe et anthropologue français Emmanuel Todt.</p>

<p>Et plus encore :</p>

<p>- L’Ukraine est finie. C’est un pays qui n’existera pas. L’Ukraine est un pays qui disparaîtra à long terme. La grande différence entre les Occidentaux et les Russes, c’est qu’ils n’ont pas la même conception du temps. C’est-à-dire que les Russes pensent à long terme, comme des historiens du temps long. Maintenant, les Russes attendent la crise finale de l’Union européenne. Et dès que l’Union européenne entrera en crise – cela pourrait être une crise de pays à pays ou au sein de différentes sociétés –, le régime ukrainien sera livré à lui-même, il s’effondrera et ce sera la fin de l’Ukraine, de l’Ukraine telle que nous la connaissons.</p>

<p>- Ce que les gens voient, c’est que la Russie est entrée en Ukraine, qu’il y a eu une invasion et je comprends pourquoi les gens réagissent comme ça, c’est-à-dire qu’il y a une visibilité directe de l’invasion. Mais la réalité, la raison de cette invasion, c’est que les Ukrainiens voulaient reconquérir tout le Donbass, qui, bien sûr, se trouvait dans les frontières administratives de l’Ukraine soviétique, mais qui était peuplé de Russes. Par conséquent, en termes ethnopolitiques, nous, les Occidentaux, soutenons une guerre agressive. En Iran, les États-Unis sont l’agresseur. D’abord, ils ont envoyé les Israéliens, ensuite ils y sont allés avec les Israéliens, mais la réalité, c’est qu’il y a un Occident malade, extrêmement violent, qui vit très mal son déclin global en tant que puissance économique et qui se comporte de manière très dangereuse. Mais l’idée qu’il faille prier Poutine, les dirigeants iraniens et les Chinois de rester calmes reste quand même très étrange.<br />------<br />La première étape de l’analyse, c’est que nous sommes effectivement passés à un système oligarchique. Il est vrai qu’il y a des gens très riches, très protégés. En fin de compte, faire la guerre économiquement à la Russie, c’est recréer les problèmes qui ont été créés pour les « gilets jaunes » avec l’augmentation de l’accise sur le carburant, mais maintenant en mettant des gens qui sont au bord de la survie dans une situation où ils vont mourir. Mais avoir des classes dirigeantes qui nous gardent et nous jettent dans le conflit, nous y maintiennent, contre tous nos intérêts, en nous privant d’abord de l’énergie russe, puis de l’énergie du golfe Persique, et qui s’en fichent et obéissent aux Américains, parce que l’idée d’une dissidence européenne est une blague, l’OTAN est toujours dirigée par les Américains, c’est un jeu de marionnettes, une marionnette c’est l’OTAN, une autre marionnette c’est la CIA et les Européens obéissent toujours aux Américains. Ce n’est jamais clair si nos dirigeants, les dirigeants français, obéissent aux Américains ou aux Allemands. C’est clair qu’ils n’obéissent pas aux Français. Je me demande comment c’est possible. Et ce n’est pas une question d’intérêt, ce n’est pas pour gagner plus d’argent.</p>

<p>- Il y a de la servilité.</p>

<p>- Il y a de la servilité, du sadisme, le mot nihilisme est une forme d’autodestruction et ici nous revenons à l’histoire de la décadence religieuse. Ce qui vient après le stade de la religion active et le stade de la religion zombie, c’est la religion zéro, et la religion zéro signifie zéro patriotisme. Donc, ce qui doit vraiment être expliqué à propos de la France et de nombreux pays, c’est le manque de patriotisme. Apparemment, les gens ont oublié que le patriotisme était une force économique.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1280/il-n%E2%80%99y-aura-pas-d%E2%80%99accord-entre-les-usa-et-l%E2%80%99iran</guid>
	<pubDate>Sat, 20 Jun 2026 20:42:50 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1280/il-n%E2%80%99y-aura-pas-d%E2%80%99accord-entre-les-usa-et-l%E2%80%99iran</link>
	<title><![CDATA[Il n’y aura pas d’accord entre les USA et l’Iran.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Les négociations ont 60 jours pour aboutir à un accord qui ne viendra jamais.</p>

<p>Les dizaines de milliers d’Iraniens massacrés, les Iraniennes violées de façon industrielle, la menace terroriste mondiale spécialement existentielle pour Israël, la colonisation du Liban via les terroristes du Hezbollah, constituent des critères négligés par les analystes, qui doivent plaquer leur propre amoralité sur Donald Trump pour lui prêter une absence d’humanité.</p>

<p>Il n’y aura aucun accord pour deux raisons.</p>

<p>Jamais les Pasdaran ni le Hezbollah ne respectent de cessez-le-feu.</p>

<p>Ils le violent copieusement et continueront à le faire.</p>

<p>L’Iran aura la bombe nucléaire pour la rentrée si l’accord est finalisé.</p>

<p>L’opération devait avoir lieu en juin et elle a été avancée en février à cause de l’avancement du nucléaire chiite.</p>

<p>Les 24 mds prévus lors des negociations, les 100 mds dégelés, les 300 mds d’investissements, les 3 mds gagnés par mois, vont donner aux excellents ingénieurs militaires iraniens tout ce dont ils ont besoin.</p>

<p>Beaucoup d’installations souterraines sous les montagnes sont intactes, il a suffit de déblayer les accès.</p>

<p>Cette trêve a un excellent motif tactique.</p>

<p>L’opposition interne politique américaine rendait la poursuite de la guerre intenable.</p>

<p>Une dénonciation des accords, en raison des violations du cessez-le-feu, permettrait à M. Trump de se libérer de cette opposition en disant « j’ai donné sa chance à la paix ».</p>

<p>Il a fait la même chose en janvier 2025 pour libérer les otages du HamaSS, en imposant à Israël un traité catastrophique et aucune des clauses apocalyptiques n’a été appliquée car le HamaSS n’a pas respecté le cessez-le-feu.</p>

<p>En 6 ans de pouvoir Trump a toujours combattu l’islamisme.</p>

<p>Il a détruit DAESH, il a asséché le terrorisme palestinien et les Mollahs, il a fait signer les Accords d’Abraham dont il prépare l’extension à 95% du monde musulman par la paix à Gaza.</p>

<p>Les ors de Versailles et le concert médiatique sont des diversions.</p>

<p>Conclusion.</p>

<p>Donald Trump n’a pas trahi le peuple iranien, Israël, ses électeurs, les USA et le monde, il n’offrira pas aux Pasdaran l’arme suprême à l’automne.</p>

<p>La guerre et le blocus reprendront, en tordant le bras de l’opposition US et mondiale, jusqu’à la chute des Mollahs.</p>

<p>L’option contraire implique l’auto-sabotage de l’héritage MAGA, auquel seuls peuvent croire les victimes de la peste cognitive débilitante de la détestation anti-Trump.</p>

<p>Sir Winston Churchill a livré à la Gestapo la Résistance de Dunkerque pour faire croire aux Nazis que le Débarquement y aurait lieu, laissé bombarder Coventry pour préserver le secret du décodage du code Enigma.</p>

<p>L’alternative était de précipiter la fin du régime en détruisant le réseau énergétique et condamner l’Iran Libre à la pauvreté.</p>

<p>Reza ARDESTANI<br />Marjan ABADIE<br />Stephane GOLDIN<br />Mona JAFARIAN<br />Hervé GHANNAD<br />Guy MILLIERE<br />Michel FAYAD<br />Alexandre DEL VALLEE<br />Jean-Marie MONTALI</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1279/comment-donald-trump-et-benyamin-netanyahou-ont-organise-le-renversement-des-mollahs-avec-90-de-bluff</guid>
	<pubDate>Sat, 20 Jun 2026 20:36:25 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1279/comment-donald-trump-et-benyamin-netanyahou-ont-organise-le-renversement-des-mollahs-avec-90-de-bluff</link>
	<title><![CDATA[Comment Donald Trump et Benyamin Netanyahou ont organisé le renversement des Mollahs avec 90% de bluff.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Et comment ils vont réussir malgré ce que pense quasiment le monde entier.</p>

<p>En janvier dernier, l’opération a été reportée à cause du manque de moyens pour protéger les États du Golfe des missiles et drones iraniens.</p>

<p>L’operation devait être déclenchée en ce mois de juin mais c’était trop tard pour contrer l’avancement nucléaire et balistique iranien, donc elle a été déclenchée en février.</p>

<p>Si la France avait rallié Israël et les USA, le monde aurait suivi, la Guerre de Libération de l’Iran aurait été gagnée depuis des mois, des dizaines de milliers de vies iraniennes épargnées et des milliards de pertes économies évitées.</p>

<p>Les missiles intercepteurs coûtent très chers, les missiles bien moins chers, les drones encore moins chers, les stocks d’intercepteurs de plusieurs années ont été épuisés sans possibilité de les reconstituer assez vite.</p>

<p>Sans troupe au sol, des bombardements ne suffisent pas à renverser un régime.</p>

<p>C’est pourquoi la stratégie israélo-US repose sur un Coup d’État intérieur dirigé par le Mossad, avec certains dirigeants les dizaines de milliers de soldats ayant promis à Reza Pahlavi de combattre le régime.</p>

<p>Ces dirigeants organisés par l’équipe de M. Pahlavi et les résistances Perses, Kurdes, Baloutches, Kurdes et Arabes formeront une plateforme de transition ; d’ici 2 ans les Iraniens voteront pour le régime laïc et démocratique de leur choix.</p>

<p>Cette guerre se mène dans l’ombre et son coup final ne peut se déclencher que lorsque la chute des Mollahs semble inéluctable, car l’échec signifie la mort de pas familles de tous les insurgés.</p>

<p>Depuis le début les stratèges Israéliens et US savent que les stocks d’intercepteurs seront épuisés et que le seul moyen de victoire était l’étouffement économique, ou précipiter la fin du régime en détruisant ses capacités énergétiques en pétrole et en électricité, condamnant ainsi la Perse à la pauvreté 3 à 5 ans.</p>

<p>Pour éviter ce scénario, il faut acheter du temps auprès de l’opinion domestique US et des marchés, la pression politique anti-guerre ne faisant que monter jusqu’à devenir intenable.</p>

<p>La variable d’ajustement est cette fausse négociation, où il suffit de laisser les Pasdaran se discréditer eux-mêmes en ne respectant pas leurs engagements et retourner l’opposition politique intérieure.</p>

<p>L’opposition politique intérieure exigeant la fin de la guerre était intenable, l’échec de l’accord permettra de prolonger le blocus qui fait perdre 500 millions de dollars par jour aux Pasdaran et rend intenable leur position.</p>

<p>Vendredi l’accord est sensé être finalisé, on saura vite si le Président Trump est devenu islamiste en offrant la bombe nucléaire aux Mollahs, ou s’il les a roulé dans la farine, avec les analystes du monde entier au passage.</p>

<p>Marjan ABADIE<br />Stephane GOLDI<br />Mona JAFARIAN<br />Hervé GHANNAD<br />Guy MILLIERE<br />Michel FAYAD<br />Alexandre DEL VALLEE<br />Jean-Marie MONTALI</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1278/%C2%ABukraine-europe-and-global-security%C2%BB-19-june-2026</guid>
	<pubDate>Fri, 19 Jun 2026 09:36:11 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1278/%C2%ABukraine-europe-and-global-security%C2%BB-19-june-2026</link>
	<title><![CDATA[«Ukraine, Europe and Global Security», 19 June 2026]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>This article by Sergey Lavrov was initially planned to be published in the Brussels-based “Politico-Europe”, but via a last minute decision of the outlet's editorial team the publication was canceled.</p>

<p>Some Reflections on Resolving the Ukrainian Crisis, Europe and Global Security</p>

<p>At a meeting in London on 7 June 2026, the leaders of Britain, France, and Germany, as well as Vladimir Zelensky, laid out five preconditions for Russia to secure a "just and lasting peace" in Ukraine. The united Europe now presents this list of demands as the basis for dialogue with Moscow.</p>

<p>Background</p>

<p>More than two decades of negotiation with Europe, as part of the collective West, leads to only one conclusion: engaging Russia in dialogue has served as a diplomatic smokescreen for the geopolitical expansion of Western institutions, above all NATO and the European Union, eastwards, right up to Russia's borders.</p>

<p>Europe's complicity in fuelling the Ukrainian crisis is undeniable. Together with the United States, European countries orchestrated the Orange Revolution in Kiev in 2004. To create an anti-Russian bridgehead in Ukraine, they spent years buying off politicians and entire parties, rewriting history and educational curricula, cultivating and nurturing Ukrainian nationalism, and went to great lengths to pull away Ukraine away from Russia.</p>

<p>In 2013, the European Union rejected outright our proposal for a compromise on the association agreement – a deal Brussels had long been pressing Viktor Yanukovich to sign. It is worth recalling: Ukraine was offered unilateral market opening, without reciprocal commitments – terms that would have proved incompatible with Kiev's continued membership in the CIS free-trade zone. When Viktor Yanukovich requested a deferral, the Europeans incited street riots which swiftly escalated into a coup d'état in Kiev in February 2014.</p>

<p>Germany, France and Poland then proved themselves to be equally treacherous. Having guaranteed that the agreement struck between the opposition and Viktor Yanukovich would be honoured, they washed their hands of it the instant that same opposition, their own handiwork, took power. "Democracy," they shrugged, "takes unexpected turns."</p>

<p>Europe thereafter lent its backing to the new authorities. In Odessa on 2 May 2014, the burning alive of dozens of innocent supporters of closer ties with Russia did not draw a single word of condemnation from European capitals.</p>

<p>As co-guarantors of the 2015 Minsk Agreements, France and Germany effectively encouraged the Ukrainian regime to sabotage its own commitments. As Angela Merkel and François Hollande later conceded – after the special military operation had already begun – the implementation by Kiev of the Minsk Agreements, unanimously approved by the UN Security Council, was never genuinely intended. The objective, they admitted, was merely to buy time: to shore up the Armed Forces of Ukraine and flood them with Western weaponry.</p>

<p>Russia, for its part, explored every diplomatic avenue to defuse Europe's security crisis. However, in January 2022, the United States and NATO rejected Russia's proposal for legally binding mutual security guarantees. European NATO members actively endorsed that rebuff.</p>

<p>Following the launch of the special military operation, the united Europe threw its support behind the British Prime Minister's efforts to sabotage the Istanbul negotiations between Russia and Ukraine. Boris Johnson's appeal to Kiev – "don't sign anything, just fight" – slammed the door on genuine diplomacy for the foreseeable future. </p>

<p>Current Situation</p>

<p>So what has prompted European leaders to suddenly shift their rhetoric and start talking of negotiations and what are they aiming for with these statements? For instance, the EU diplomacy head Kaja Kallas has stated: the purpose of any dialogue with Russia is to dictate Europe's terms. These include: paying "reparations" to Ukraine; withdrawing troops from Transnistria and the South Caucasus; abolishing the "foreign agents" law; and accept hard limits on the size of the Russian Federation's Armed Forces. In her framing, "there can be no just and lasting peace without accountability for Russia." During the UN Security Council session on 19 May 2026, an EU representative made the point unequivocally: "supporting Ukraine militarily does not contradict the pursuit of peace, but rather serves as a fundamental prerequisite for any credible, good-faith negotiations."</p>

<p>Europe's plan is to talk with Russia while simultaneously pressing ahead with a campaign of legal warfare orchestrated through the Council of Europe. Within this once-respected organization, an entire infrastructure is being assembled for the express purpose of "holding Russia accountable": a Register of Damage, a Claims Commission, and a Special Tribunal.</p>

<p>The European Union has also given the green light to detaining merchant vessels on the high seas. Several incidents have already taken place in the Baltic and the Atlantic. At the same time, the West studiously averts its gaze from the terrorist acts of sabotage perpetrated by the Armed Forces of Ukraine in the Black and Mediterranean Seas.</p>

<p>The real objective of Europe's leaders, then, is not to negotiate with Russia. It is to shore up the Zelensky regime and preserve it as a launchpad for continued confrontation against Russia. With this in mind, European leaders are scrambling to secure a ceasefire as quickly as possible and for one reason only: to prevent the collapse of Armed Forces of Ukraine on the battlefield. The plan is to "freeze" the conflict without addressing its root causes, and then rapidly deploy military contingents from the Anglo-French "coalition of the willing" onto Ukrainian soil.</p>

<p>It is widely known that European elites have invested their "political capital" in the confrontation with Russia, pouring hundreds of billions of dollars into propping up the Kiev regime and on ramping up the military budgets of EU member states and NATO. Europe now aims to achieve "defence readiness" against Russia by 2030. Until then, they mean to buy time by whatever means available. In a strikingly candid remark this April, Belgium's chief of staff put it bluntly: "We still have a few years. Thanks to the courage and blood of the Ukrainians, who are buying us that time."</p>

<p>The united Europe continues to dream of expansion. It intends to absorb Ukraine and Moldova, while pulling Armenia into its sphere of influence. NATO has already expanded eastward, swallowing up Finland and Sweden. As for Ukraine, it is increasingly eyed as the "striking fist" of a future European military force, independent of the United States and independent of NATO.</p>

<p>Risks to Global Security</p>

<p>This state of affairs poses serious threats to global security. A direct confrontation between NATO and Russia could rapidly escalate into an exchange of nuclear strikes, with catastrophic consequences.</p>

<p>Under the banner of "strategic autonomy," Europe is witnessing a significant build-up of its military capabilities, including in the nuclear sphere. Paris's intention to extend its "nuclear umbrella" to several EU and NATO member states is a source of deep concern. This will do nothing to strengthen the security of France itself or the recipients of its so-called protection.</p>

<p>For all that, Europe's political and military establishment continues to attribute aggressive plans to Russia – plans that, they claim, reach far beyond Ukraine. The Russian President has stated on numerous occasions that all of this is nonsense, provocation, and disinformation, all aimed solely at extracting budget funds for the fight against Russia. That is scarcely the climate for substantive dialogue.</p>

<p>Russia's Position</p>

<p>As for negotiations, Vladimir Putin reiterated at the St. Petersburg International Economic Forum that Russia is not opposed to contacts with any party. We see Europe, however, as a party bent on Russia's defeat – a stance the Europeans themselves openly avow. Dialogue with Europe, therefore, cannot be conducted as though it were an impartial third-party observer.</p>

<p>Russia would prefer to achieve the goals of the special military operation through diplomacy. That requires reliably guaranteeing security along Russia's western borders and ensuring respect and dignity for our citizens and compatriots, including the right to speak their native Russian language and practice Orthodox Christian faith. Further military, political and economic expansion by the West is unacceptable: it runs counter to the imperatives of a multipolar world.</p>

<p>European leaders should recognize that the model of regional security built in Europe over decades, ever since the adoption of the Helsinki Final Act in 1975, has been destroyed by their own hands. And it will never be restored. We must now move toward creating a continent-wide security architecture open to all Eurasian countries and that reflects today's multipolar reality.<br />The principle of equal and indivisible security trampled upon by the Euro-Atlantists, can be embodied within a new Eurasian architecture. When the time is ripe, Europe too will be able to join this great effort.</p>

<p>The key point is that meaningful dialogue requires the restoration of trust, shattered by the anti-Russian actions of the West, and Europe as part of it, in the post-Cold War era. Trust can be recovered only through concrete steps that demonstrate a sincere commitment to move away from using diplomacy as a cover for expansionist ambitions. Trust cannot be restored, nor can dialogue be resumed, through ultimatums such as the one issued to Russia in London on 7 June 2026.</p>

<p>P.S.: It is noteworthy that the London ultimatum was unequivocally reaffirmed by the ambassadors of Britain, France and Germany at the meeting at the Russian Foreign Ministry on 11 June 2026, – a meeting they had so insistently requested. That was the sole purpose of their visit to the Ministry.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1276/ah-quil-est-mechant-poutine-cest-bien-un-dictateur</guid>
	<pubDate>Sat, 06 Jun 2026 11:15:21 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1276/ah-quil-est-mechant-poutine-cest-bien-un-dictateur</link>
	<title><![CDATA[Ah qu&#039;il est méchant Poutine, c&#039;est bien un dictateur....]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Zelensky "tend régulièrement la main" à Poutine, qui immanquablement la lui refuse. "Ah qu'il est méchant Poutine, c'est bien un dictateur, voyez il veut toujours pour la guerre.. "<br />Qui a lu le "mage du Kremlin" ?  Poutine n'a rien d'un sauvage inculte de la Toundra, il sait que ces offres de Zelensky, ne valent pas un pet de lapin. </p>

<p>D'abord l'Ukraine ne cesse de pilonner les bases pétrolières et gazières russes. Y compris maintenant avec des missiles Allemands  Torus. La Russie répond en pilonnant les bases des commandements militaires de l'Ukraine. </p>

<p>Ensuite l'Ukraine et ses copains la bande de "canards sans tête" de l'UE dont les peuples - non consultés -  sont saignés à coup de milliards d'euros extraits des budgets sociaux pour la guerre "contre la Russie", pensent ainsi tout simplement montrer que le "criminel" c'est Poutine. "Voyez comment il refuse la main tendue" ? "Voyez comment il refuse la Paix" ?</p>

<p>Zelensky vient de bombarder St Petersburg, la ville du Tzar Pierre le Grand qui l'avait construite sur la Baltique pour s'ouvrir vers l'Ouest et l'Europe au début des années 1700. St Petersburg n'était pas protégée, car jamais les Russes ne pensaient pas qu'elle serait bombardée en raison de son prestige historique et culturel et dans laquelle il y a toujours des milliers de touristes ébahis. </p>

<p>Zelensky veut la victoire! Avec toujours 20% de son territoire occupé par les Russes. Zelensky se croit le roi du" monde nouveau de Trump". Il se positionne dans le sillage des guerres de Trump, au Moyen Orient, en Afrique.. Il veut transformer son pays en bunker militaro-industriel et vendre ses services militaires à l'étranger partout où il y a des guerres ou des affrontements.</p>

<p>Question : Zelensky est-il un homme de Paix ? Non. Et Poutine le sait. Ils ont la même culture, mais pas la même histoire. Car celui qui vénère et fait des cérémonies en faveur de la mémoire des nazis ukrainiens des années 1941/1943, et qui sont responsables de "la shoah par balles" la première extermination des juifs s'est faite en d'Ukraine, c'est Zelensky, qui ce mois ci a rapatrié les restes d'officiers ukrainiens nazis officiants sous l'uniforme allemand, et leur a offert une cérémonie provocatrice aux yeux du monde. Zelensky n'a aucun tabou.</p>

<p>Qui s'en est offusqué ? La Pologne, qui elle aussi à subi les exactions nazis ukrainiennes lors de la 2ème guerre mondiale, contre la population polonaise juive ou non, et Israël qui bien que soutenant Zelensky, à trouvé qu'il allait quand même un peu loin.</p>

<p>Cette ou plutôt ces propositions de Paix réitérées par Zelensky répondent à ce que demande Trump depuis 2 ans, "un cesser le feu", et veulent ternir l'image de Poutine dans le monde hors européen. <br />Raté. En règle générale le monde des BRICS - les 2/3 de l'humanité et 40% du Pib mondial en parité mondiale de pouvoir d'achat contre 27% pour les pays du G7 - soutient la Russie, parce qu'il a besoin du pétrole, du gaz et des technologies russes pour se développer, et du soutien des Russes et Chinois contre les vomissures guerrières d'un Trump dont les pays du "Sud"  se méfient ..</p>

<p>Zelensky a pensé faire tilt en bombardant St Petersburg, en réalité il agressé les représentants de pays qui venaient à un symposium invités par Poutine. <br />Quand les ministres européens sont arrivés en Ukraine ces jours-ci "pour protéger l'Ukraine", Poutine ne les a pas bombardé.</p>

<p>Or militairement et politiquement, sauf pour l'Europe suicidaire,  Poutine a gagné la guerre. Hélas, Zelensky ne doit sa survie qu'à la bêtise et la haine d'Européens qui veulent "finir la deuxième guerre mondiale" en rasant la Russie, s'ils le pouvaient.</p>

<p>Et la question reste toujours : Qu'est-ce que l'on peut faire, nous les Européens ? Eh bien  - contrairement à l'Allemagne ou Schröder, Merkel et les Allemands qui s'expriment pour la Paix, où en Italie et en Espagne, Rien en France où les élus ont même accepté majoritairement de démultiplier le budget militaire "défense" en taillant dans le budget social. Ils ont succombé à la Doxa en cours : "la Russie va nous attaquer".</p>

<p>Entrée dans sa 5ème année de guerre et soutenue par l'UE, l'Ukraine est à bout de force moralement, physiquement, et les Ukrainiens sont de plus en plus réfractaires à la conscription. Ils continuent d'émigrer et manifestent régulièrement contre le pouvoir corrompu : ils sont victimes de leur gouvernement qui joue sur leur fibre nationaliste, jusqu'à quand ?</p>

<p>Par contre on voit chez les européens une fébrilité toute guerrière. Mais ils n'ont pas les hommes ni les armes pour entrer directement dans le conflit contre la Russie. La situation en devient en fait plus dangereuse. Certains de l'Otan envisagent que c'est peut-être le moment de mettre quelque nucléaire "tactique" dans les têtes de missiles" etc..</p>

<p>Si la guerre se poursuit, c'et parce que nous ne faisons rien pour qu'elle s'arrête. Mais la guerre finira tôt ou tard, et l'on pourra établir clairement les responsabilités des uns et des autres : Boris Johnson, Biden, Trump, Poutine, Zelensky, Von der Leyen, Kallas, Macron, etc.. et les autres têtes vides de quelques canards européens qui ne font que caqueter.</p>

<p>Quand le capitalisme est en crise, quand il juge que le rapport Capital/Travail s'amenuise pour le Capital, ou qu'il veuille au contraire augmenter ses marges de bénéfices profitant des faiblesses du mouvement du Travail, il génère des guerres. Nous sommes en plein dedans.</p>

<p>Nous n'avons donc qu'un seul choix : LA PAIX.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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