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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Août 2021]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Sun, 29 Aug 2021 20:24:04 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Un ancien agent secret suisse au regard hors normes]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Jacques Baud, avec ses cheveux poivre et sel et son sourire prévenant est une personne qui a du tact. Il pèse ses mots, calme et clair. Il va loin dans l'explication des choses pour qu’on puisse comprendre le contexte, il soulève des questions, propose des interprétations qui peuvent paraître inattendues. Il ne s'est donc pas fait que des amis avec ses points de vue divergents sur le sujet qu’il le connaît le mieux: les services de renseignements et leur fonctionnement. Sa grande passion est l’écriture; plus d’une douzaine de livres à son actif, il en a publié trois ces dernières années, et deux sont en cours. Ce qui lui a valu un jour le surnom du «plus bavard des espions suisses». C’est le portrait d’une vie d’un homme qui a «murmuré aux oreilles des services de renseignement du monde entier».</p>
<p>L'arrivée dans le milieu du renseignement</p>
<p>Son parcours a commencé tôt, durant ses études d’économétrie à l’Université de Genève. Il publiait déjà des articles dans des revues britanniques sur des questions militaires, ce qui a attiré l’attention du service de renseignement suisse. Lequel s’est approché de lui pour le recruter.</p><p>Il traite alors les forces du Pacte de Varsovie, y compris celle qui se trouvaient alors en Afghanistan. En 1986, son analyse l’amène à conclure que le Pacte de Varsovie va devoir réduire ses forces. Elle est reçue avec dédain et passe à la poubelle, mais trois ans plus tard Mikhaïl Gorbatchev annonce une réduction des forces du Pacte de Varsovie: les chiffres qu’il évoque sont à 5'000 hommes près les mêmes que ce que Baud avait anticipé!.. Durant cette période, il reçoit des informations de la résistance afghane sur les tactiques soviétiques. En retour, il écrit un manuel pour aider les moudjahidin à neutraliser les mines soviétiques. Ce petit ouvrage sera repris par les Américains durant la guerre du Golfe. </p><p>Dans les années 90, alors que la Suisse commence à s’intéresser à la question des mines anti-personnel, le Département des affaires étrangères sollicite l’expérience de Jacques Baud. Il propose alors la création d’un centre de déminage au profit des Nations Unies. Il est envoyé deux ans aux Nations Unies à New York pour créer ce centre et un système de gestion informatique qui recense et traite les informations sur le minage. Un système qui est aujourd’hui en activité dans plus de 70 pays et qui est géré par le Centre International de Déminage Humanitaire de Genève.</p>
<p>Premier livre, un succès</p>
<p>En 1997, ce colonel d’Etat-major général, publie une «Encyclopédie du renseignement et des services secrets» chez un éditeur français. Le succès est immédiat. Ce pavé de plus de 500 pages dépasse les 50'000 exemplaires. Il fait grincer quelques dents chez ses collègues à Berne. Mais à l’étranger, il devient rapidement une référence, y compris dans les services de renseignement, qui lui envoient alors des informations pour compléter les futures éditions du livre. Dans certains pays de l’Est, il est traduit et utilisé pour la formation de leurs agents. Ecrivant après l’affaire des fiches en Suisse, Jacques Baud défend une idée simple: les services de renseignements ne peuvent travailler que dans la confiance, il est donc inutile de les entourer de trop de mystères; leur travail doit rester confidentiel, mais leur existence et leurs domaines d’activités peuvent être connus, car 90% des informations qu’ils utilisent sont ouvertes. Certes, il ne dévoile que ce qui est dévoilable. Pas question de porter préjudice aux services. Mais, dans un contexte démocratique, le secret ne garantit pas forcément la sécurité. Ce qui lui paraît déterminant, c’est l’intelligence avec laquelle on traite les données et comment la réflexion est partagée au sein d’un service de renseignement. </p><p>Deux ans plus tard, il publie un autre pavé, cette fois-ci avec plus de 700 pages, une «Encyclopédie des terrorismes et violences politiques». Par définition, une encyclopédie se veut un ouvrage de référence visant à synthétiser toutes les connaissances pour les rendre accessibles au public dans un but d’éducation, d’information ou de soutien à la mémoire. L’édition 2005 de cet ouvrage recevra le prix du meilleur livre sur la sécurité du Ministère de l’Intérieur en France.</p>
<p>Département des affaires étrangères, l’ONU puis l’OTAN, qui dit mieux?</p>
<p>En 2002, il est engagé par le Département des Affaires étrangers pour contribuer à développer le Centre de politique de sécurité internationale (CPSI) fraichement créé. Pour mémoire, il s’agit de l’une des unités qui complètent les services helvétiques, les deux principales étant le Service de renseignement stratégique du département de la Défense et le Service d'analyse et de prévention du département de Justice et Police. </p><p>Son ouvrage, «La guerre asymétrique ou la défaite du vainqueur», publié peu avant la guerre d'Irak, analyse méthodiquement les mécanismes du terrorisme et la manière de les contrer. Il jette un regard critique sur la stratégie des États-Unis et de la Grande-Bretagne dans le conflit irakien.</p><p>Il reçoit un mandat des Nations Unies pour aider à créer une structure de renseignement multidimensionnel pour les opérations de maintien de la paix. En 2003, l’ONU venait de subir une attaque mortelle contre ses bureaux à Bagdad, Kofi Annan ne souhaitait plus s’appuyer sur les espions des grandes puissances, notamment américains. L’agent suisse est choisi pour prendre la tête du premier «Joint Mission Analysis Center» (JMAC) au Soudan. Le JMAC est un organe civilo-militaire, directement subordonné au représentant spécial du Secrétaire-général des Nations Unies. Avec une équipe de 30 collaborateurs (moitié militaires, moitiés civils, moitié féminins, moitié masculins) Jacques Baud recense les groupements rebelles, discute avec eux, reconstitue leurs structures formelles et informelles sur la base des liens familiaux, amicaux, voire économiques, un vrai travail de renseignement. A cette occasion Jacques Baud constate que les informations qui circulent en Occident ont peu à voir avec la situation sur le terrain: les milliers de morts rapportés par les médias n’avaient aucune réalité, les «janjaweed» que l’on attribuait au gouvernement s’attaquaient aux forces gouvernementales. </p><p>Le quartier-général des Nations Unies à New York le rappelle alors et l’engage comme chef de la doctrine des opérations de maintien de la paix aux Nations Unies où il traite notamment la protection des civils et de la coopération civilo-militaire. Il a ainsi pu suivre la situation en Libye et une fois de plus, constater que la réalité du terrain ne correspondait guère à celle rapportée dans les médias. Il publie alors le livre «Le renseignement et la lutte contre le terrorisme» qui explique les mécanismes complexes du terrorisme et du renseignement, analyse les défauts du système actuel et la manière d'y remédier dans le cadre d'une lutte plus efficace contre le terrorisme.</p><p>Après cette mission, il passe directement de New York à Nairobi, où il effectue un travail semblable: travailler sur la doctrine de maintien de la paix pour la force d’intervention de l’Union Africaine. Deux ans plus tard il est nommé à l’OTAN à Bruxelles, comme chef de la lutte contre la prolifération des armes légères. Un poste particulier puisque la Suisse ne fait pas partie de l’OTAN. Il existe alors quelques postes négociés bilatéralement entre l’OTAN et des pays dits «partenaires». Ainsi, Jacques Baud est le seul Suisse à y travailler. Depuis Bruxelles, il observe l’enlisement de la situation en Lybie et la crise ukrainienne. Et une fois de plus, il est frappé par l’écart entre les informations transmises dans les médias et les réalités complexes du terrain.</p>
<p>2016, «Terrorisme: mensonges politiques et stratégies fatales de l’Occident»</p>
<p>Avec sa riche expérience, sa passion d’écrire et sa méthode analytique, Jacques Baud publie un ouvrage de plus de 400 pages où il critique radicalement la «guerre contre le terrorisme» menée par l'Occident, et en particulier par les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France. La violence d'aujourd'hui a été provoquée par des gouvernements occidentaux en quête de succès extérieurs pour compenser leurs déboires en politique intérieure. Le terrorisme est né d'une résistance (Djihad) contre les interventions militaires occidentales, presque toujours illégitimes et souvent illégales, oubliées ou camouflées par des mensonges. Un livre sans concessions, qui condamne une certaine hypocrisie occidentale, et décrypte les insuffisances du renseignement et de nos décisions, pour nous pousser à porter un regard plus critique et mieux informé sur les conséquences de nos propres actions. </p>
<p>Fake News</p>
<p>Aujourd’hui, le colonel à l'Etat-major général qui reste établi à Bruxelles est un retraité heureux et toujours passionné par l’écriture. </p><p>En 2020, il a sorti un livre intitulé «Gouverner par les Fake News, 30 ans d’infox par les pays occidentaux» (BPLT en a parlé <a href="https://bonpourlatete.com/actuel/l-agent-suisse-qui-denonce-les-fake-news-des-gouvernements" target="_blank" rel="noopener">ici</a>). Cet ouvrage de 400 pages, sans doute jugé provocant, lui a valu le silence des grands médias. Durant toutes les années actives dans les services de renseignement du monde entier, il y a été considéré et invité comme un expert indéniable du terrorisme pour se retrouver à la fin de sa carrière sur le banc des accusés. Suite à plusieurs interviews, notamment à TV Libertés, Le Media, RT France et Sputnik où il a détaillé les nombreuses contre-vérités, il est accusé par le site Conspiracy Watch de «cocher toutes les cases du conspirationnisme géopolitique». La réponse de Jacques Baud? «Comme on le verra dans mon dernier ouvrage sur Navalny, Conspiracy Watch est une structure qui travaille au profit du gouvernement britannique. Sa démarche est un exemple magistral d’arguments basés sur des informations que l’on a soigneusement choisies en retirant celles qui dérangent. Certaines de ses affirmations sont même contredites par le président Obama lui-même! Un comble! Ils ont fait un travail à charge, d’ailleurs, ils n’ont même pas eu le courage d’accepter ma demande de droit de réponse!»; «En fait, Conspiracy Watch n’a pas compris (ou voulu comprendre) que le propos de mon livre n’est pas de "blanchir" certains acteurs, ni de déterminer si X ou Y a raison ou tort, voire affirmer des "vérités", mais de montrer que les jugements sur lesquels les gouvernements occidentaux sont basés sur des informations très incomplètes, mais ont des conséquences parfois dramatiques.»</p><p>Libre à chacun de se faire une opinion.</p>
<p>Entretien avec Jacques Baud</p>
<p>Si vous souhaitez en savoir plus sur le plus bavard de nos agents secrets, nos confères d’Antithèse l’ont interviewé récemment. Vous trouverez <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Wec5V-OQKyM" target="_blank" rel="noopener">ici un long entretien</a> où il répond en détail à toutes les questions imaginables.</p>
<p>Indications bibliographiques<br />Encyclopédie du renseignement et des services secrets, Paris, Lavauzelle, 1997, 524 p.<br />Encyclopédie du renseignement et des services secrets, Paris, Lavauzelle, 1998, 598 p.<br />Encyclopédie des terrorismes, Paris, Lavauzelle, 1999, 270 p.<br />Les forces spéciales de l'Organisation du Traité de Varsovie : 1917-2000, Paris, L'Harmattan, 2002, 219 p.<br />Encyclopédie du renseignement et des services secrets, Panazol, Lavauzelle, 2002, 740 p.<br />Encyclopédie des terrorismes et violences politiques, Panazol, Lavauzelle, 2003, 752 p.<br />La guerre asymétrique ou la défaite du vainqueur, Monaco, Editions du Rocher, 2003, 212 p.<br />Le renseignement et la lutte contre le terrorisme: stratégies et perspectives internationales, Panazol, Lavauzelle, 2005, 413 p.<br />Encyclopédie des terrorismes et violences organisées, Panazol, Lavauzelle, 2009, 1278 p.<br />Djihad: l'asymétrie entre fanatisme et incompréhension, Panazol, Lavauzelle, 2009, 185 p.<br />Terrorisme: mensonges politiques et stratégies fatales de l'Occident, Monaco, Editions du Rocher, 2016, 424 p.<br />Gouverner par les Fake News, Clamecy, Max Milo, 2020, 399 p.<br />L'affaire Navalny - Le complotisme au service de la politique étrangère. Clamecy, Max Milo, 2021, 144 p.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
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	<pubDate>Fri, 27 Aug 2021 11:09:22 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/702/institut-detudes-de-geopolitique-appliquee</link>
	<title><![CDATA[Institut d&#039;Études de Géopolitique Appliquée]]></title>
	<description><![CDATA[<p>D'aucuns imaginent la puissance américaine en déclin et brandissent le cas afghan comme le symbole de sa perte de puissance. En réalité il n'en est rien. La première puissance mondiale a préparé, depuis plus d'une décennie, son redéploiement stratégique : un désengagement des théâtres d'opérations méditerranéen et moyen-orientaux, pour se focaliser sur une nouvelle région bien plus stratégique dans la nouvelle guerre économique avec la Chine, l'indo-pacifique. Le « pivot » engagé par Barack Obama est aujourd'hui assumé par Joe Biden.</p><p>Loin du déclin, les États-Unis préparent au contraire leurs offensives contre leurs nouveaux adversaires, au premier rang desquels la Chine. Leur méthode ? Ne plus sacrifier des hommes et des budgets dans des guerres sans fin, ne plus tenter d'instaurer à l'étranger une démocratie libérale sur la base de valeurs étrangères [1] dont le résultat est à chaque fois (Irak, Afghanistan) implacable, à savoir le rejet par une partie des populations locales, dont on a trop souvent oublié de prendre en compte le nationalisme et le prisme religieux. De quoi nous interroger dans une autre mesure, en France, sur l'avenir de notre engagement au Mali où les groupes que l'on combat bénéficient d'un soutien populaire.</p><p>Quoi qu'il en soit, la puissance américaine, bien que désengagée des théâtres d'opérations, disposera toujours de puissants moyens de détection [2] sur les théâtres où elle s'est désengagée. En cas de nécessité, elle pourra toujours dissuader et frapper lorsque ses intérêts seront directement menacés. Si le théâtre afghan est essentiellement une affaire locale et régionale, qui devra se régler aux échelles locale et régionale, les États-Unis ont déjà noué le contact avec les forces vives en Afghanistan. Les Américains connaissent bien Abdul Ghani Baradar, qualifié de premier vice-commandeur des croyants de l' « Émirat islamique d'Afghanistan » et chef du bureau politique des talibans. Arrêté au Pakistan en 2010, il a été libéré en 2018 à la demande des États-Unis qui ont fait de lui leur principal interlocuteur. Dès lors, aujourd'hui, les États-Unis ont un contact au plus haut niveau avec les talibans [3].</p><p>Pour l'heure, la priorité américaine est dans les océans Indien et Pacifique, en mer de Chine méridionale, dans le détroit de Malaca, le canal de Panama et toute l'Asie du Sud-Est [4]. Plus que jamais, l'Union européenne doit penser à son autonomie stratégique. Si la présidence Trump avait imposé aux Européens de repenser leurs intérêts stratégiques, certains voyaient en l'élection de Joe Biden le retour de l'allié américain, garant de nos intérêts et de notre protection. Grand mal leur en a pris. Sur les plans géopolitique et géoéconomique, les prochaines décennies seront guidées par la compétition sino-américaine [5]. C'est là que se nouent les nouveaux équilibres stratégiques.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
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	<pubDate>Tue, 24 Aug 2021 20:56:06 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/701/le-patron-de-la-cia-aurait-rencontre-a-kaboul-le-fondateur-des-taliban-%E2%80%94-rt-en-francais</link>
	<title><![CDATA[Le patron de la CIA aurait rencontré à Kaboul le fondateur des Taliban — RT en français]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="text__summary">Le directeur de la CIA aurait rencontré le nouvel homme fort d'Afghanistan, le mollah Abdul Ghani Baradar, d'après plusieurs sources concordantes comme le Washington Post. Il s'agirait d'une rencontre inédite entre les Etats-Unis et les Taliban.</p><p>Le Washington Post rapporte <a href="https://www.washingtonpost.com/national-security/burns-afghanistan-baradar-biden/2021/08/24/c96bee5c-04ba-11ec-ba15-9c4f59a60478_story.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">dans un article du 24 août</a> que le directeur de la CIA, William Burns, aurait eu un entretien confidentiel le 23 août à Kaboul avec le mollah Abdul Ghani Baradar, vice-commandeur des croyants de l'Émirat islamique d'Afghanistan qui dirigeait auparavant le bureau politique des Taliban au Qatar. Il s'agirait de la plus haute rencontre à ce niveau entre les Etats-Unis et le régime fondamentaliste depuis son retour au pouvoir.</p><p>Le Washington Post n'a pas révélé la teneur des discussions entre le chef Taliban et le patron de la CIA mais il est probable qu'elles aient tourné autour du délai des évacuations depuis l'aéroport de la capitale afghane, où des milliers de personnes veulent fuir le retour au pouvoir des Taliban.</p><p>L'agence <a href="https://www.reuters.com/world/cia-director-met-taliban-leader-kabul-monday-washington-post-reports-2021-08-24/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Reuters</a> a également confirmé l'information en évoquant un responsable étasunien et une source proche des activités du gouvernement. Tous deux auraient parlé sous couvert d'anonymat. Un représentant de la CIA a toutefois déclaré que l'agence ne ferait aucun commentaire. La Maison Blanche n'a pas souhaité non plus répondre aux sollicitations de la part de Reuters.</p><p>L'agence a cependant également rapporté <a href="https://www.reutersconnect.com/all?id=tag%3Areuters.com%2C2021%3Anewsml_MT1ALTL4N2PV2MD10&amp;share=true" target="_blank" rel="noopener noreferrer">dans l'après-midi du 24 août</a> que le porte-parole des Taliban n'était pas au courant d'une telle rencontre.</p>
<p>Une rencontre qui illustre la crise traversée par l'administration Biden ?</p>
<p>La décision du président étasunien Joe Biden de dépêcher à Kaboul William Burns – souvent présenté comme un diplomate expérimenté – témoignerait <a href="https://francais.rt.com/international/89801-afghanistan-biden-dit-ne-pas-voir-comment-retrait-americain-aurait-ete-possible-sans-chaos">de la gravité de la crise pour son administration</a>. Les <a href="https://francais.rt.com/international/89637-foule-etait-hors-controle-scenes-chaos-tirs-air-aeroport-kaboul-afghanistan-taliban">images des évacuations précipitées à l'aéroport international de Kabou</a>l ont largement fait le tour du monde depuis la reprise de la ville par les Taliban.</p><p>Les Taliban avaient par ailleurs <a href="https://francais.rt.com/international/89926-afghanistan-taliban-mettent-garde-contre-depart-troupes-etrangeres-apres-31-aout">averti qu'ils ne toléreraient plus ces opérations d'évacuation au-delà du 31 août</a>. La France a cependant estimé <a href="https://francais.rt.com/international/89929-evacuations-dafghanistan-paris-juge-necessaire-delai-supplementaire-au-dela%C3%A831-aout">qu'un délai supplémentaire serait nécessaire</a>, position exprimée par la voix de son ministre des Affaires étrangères le 22 août.</p><p>Un sommet virtuel du G7 doit faire le point le 24 août sur les évacuations.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/698/kaboul-tombe-la-france-doit-se-reveiller</guid>
	<pubDate>Sat, 21 Aug 2021 11:01:27 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/698/kaboul-tombe-la-france-doit-se-reveiller</link>
	<title><![CDATA[Kaboul tombe, la France doit se réveiller]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L'effondrement de l'État afghan, lâché par sa fantomatique armée et son gouvernement comprador, est avant tout un sujet de tristesse et d’inquiétude. Des millions de femmes afghanes, de jeunes filles, de Hazaras et plus largement d'Afghans ne partageant pas les options rétrogrades des taliban se retrouvent désormais sans défense. C’est aussi un motif d’amertume pour nos soldats qui ont été engagés en Afghanistan, dont certains y ont été blessés ou ont perdu des camarades – quatre-vingt-neuf familles pleurent toujours leurs fils. Nombre d'entre eux se demandent aujourd’hui quel a été le sens de leur présence dans ce pays désormais rendu, quasiment sans résistance, à l’ennemi qu’ils étaient censés combattre.</p><p>Le retour des taliban en Afghanistan signe la fin d'un cycle. Celui ouvert par les théoriciens du droit voire du devoir d'ingérence et par les néoconservateurs anglo-saxons qui voulurent transformer le Proche-Orient et l’Asie centrale à coups d'exportation de la démocratie occidentale. De l'Irak au Pakistan, de Palestine à l'Algérie, de Bosnie à la Libye, le seul résultat de cette politique fut de renforcer l'intégrisme islamique sous toutes ses formes. En ce 15 août (quelle date!), Kaboul tombe. Vingt ans après le 11 septembre, Ben Laden est mort depuis dix ans, mais son ambition triomphe.</p><p>Le sentiment de l’absurde et du tragique ne doit pas obérer l'analyse de nos erreurs et de nos naïvetés. Trois enseignements sont à tirer de ce drame.</p>
<p>Le bilan désastreux de la politique américaine au Proche et au Moyen-Orient</p>
<p>Il est facile de critiquer Joe Biden pour sa décision; mais ce qu’il faut remettre en cause, c’est une ligne géopolitique vieille de plus de soixante-dix ans.</p><p>Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont promu, dans cette région, le développement de mouvements et de régimes islamistes, notamment pour contrer la constitution d’États-nations laïques non alignés. Ainsi, dès 1945, ils offrent leur soutien indéfectible à l'Arabie saoudite, théocratie wahhabite régressive et vecteur international du terrorisme. En 1953, ils organisent, en Iran, le renversement de Mossadegh et mettent en place la terrible dictature du Shah, qui permettra l'avènement des mollahs. En 1979, en Afghanistan, ils soutiennent les Moudjahidines les plus religieux, dont Ben Laden. Ils collaborent activement avec le Pakistan et spécifiquement ses services de renseignement (ISI). En Palestine, la CIA facilite l’avènement du Hamas pour déstabiliser l’OLP. Ils comblent de faveurs les islamistes de Bosnie-Herzégovine, où s'installeront les premiers camps djihadistes d’Europe. Ils déclenchent la guerre du Kosovo en appui à un groupe mafieux islamomaoïste (sic!). Leur renversement incontrôlé de Saddam Hussein plonge l’Irak dans le chaos, jusqu'à la création de l'État islamique sur les ruines de Falloujah. Le même scénario se répète en Libye avec, là encore, l’immense succès que l'on sait et en Syrie, même si dans ce dernier pays, Bachar el-Assad réussit, au prix d’une sanglante répression et grâce à l’appui des Russes, à garder le pouvoir, et les islamistes reculent.</p><p>Frappés sur leur propre sol, en 2001, par les fanatiques qu’ils ont contribué à faire croître, les États-Unis ont certes fait de l’islamisme radical leur ennemi officiel et se sont attaqués aux taliban afghans; mais dans les faits (j’en veux pour preuve leur politique en Syrie et en Libye), ils ont continué leur soutien aux forces les plus obscurantistes, pourvu que celles-ci servent leurs intérêts.</p><p>Cette duplicité laisse planer les plus grands doutes sur les ressorts réels de l’intervention américaine en Afghanistan. Lorsque j'y étais, en 2006 et 2007, il était déjà évident à tous que ce qui se passe aujourd'hui serait l'issue finale du conflit. La stratégie américaine n'a jamais été d'apporter une quelconque démocratie en Afghanistan ni de pacifier ce pays, mais de faire payer aux taliban leur refus de choisir les États-Unis pour construire les pipelines et gazoducs devant amener le pétrole de la mer Caspienne et de l'Asie centrale vers Karachi. En ce sens, il n’est probablement pas approprié de qualifier le retrait des troupes américaines d’"échec", de "défaite" ou de "fiasco" – en tout cas pour les néoconservateurs et l’appareil militaro-industriel étasunien, qui ont atteint leurs objectifs. Mais quoi qu’on en pense, le grand Moyen-Orient d'aujourd'hui est bien pire que celui qui précéda les interventions militaires américaines, de Bagdad à Kaboul.</p>
<p>L’atlantisme n'a plus de sens</p>
<p>De ce constat, évident pour la majorité des Français, mais encore nié par une partie de notre oligarchie perdue dans une nouvelle "étrange défaite", découle le deuxième enseignement à tirer de la chute de Kaboul, à savoir le discrédit définitif de l’atlantisme.</p><p>En effet, suivre les Américains dans leurs aventures belliqueuses est non seulement indéfendable (plus encore qu’en 2003, lorsque Dominique de Villepin prononça son discours historique devant l’ONU), mais éminemment périlleux. Le retrait américain de l’Afghanistan montre une nouvelle fois que pour les États-Unis seuls comptent leurs intérêts. Ainsi, ils laissent tomber, froidement, non plus seulement leurs alliés, mais leurs créatures au profit de leur nouvel objectif: contenir la Chine, notamment dans le Pacifique. L’Europe ferait bien de s’en souvenir: si, demain, le vieux continent ne leur est plus directement utile, il en ira de même pour lui.</p><p>Plutôt que de se reposer sur l’alliance atlantique, les Européens devraient réfléchir à une défense autonome, fondée sur la coopération entre États souverains. Si celle-ci s’avère impossible en raison de la trop grande inféodation des pays européens aux États-Unis, alors les futurs dirigeants de la France devront s’assurer que notre pays soit en mesure, de manière indépendante, tant de défendre le territoire national que de projeter nos forces à l’extérieur pour protéger nos intérêts.</p>
<p>Le renforcement tous azimuts de l’islamisme</p>
<p>Troisième enseignement enfin, qui apparaîtra dans les mois qui viennent: il n'y a pas d'islamisme ou de djihadisme modéré, dressé au contact des Occidentaux, il n'y a que des différences de méthode au service d'un même objectif. Les artifices de communication auxquels les taliban se livrent aujourd’hui ne doivent tromper personne: une fois que les caméras seront parties de Kaboul, les Afghans subiront les conséquences de cette victoire des islamistes.</p><p>En perte de vitesse depuis une décennie, Al-Qaïda devrait reprendre du souffle et rattraper l'État islamique en termes de puissance. Sa ligne que l'on pourrait qualifier, par analogie, de "stalinienne" (l’islamisme dans un seul pays), soutenue par le Qatar, vient de remporter une grande victoire face à la voie "trotskiste", qui, elle, soutenue par l’Arabie saoudite et mise en oeuvre par l'État islamique, prône l’exportation à l’international. Mais le fonds idéologique de ces deux mouvances est similaire. Surtout, Riyad n’acceptera pas l’hégémonie momentanée de Doha, auréolée de la victoire des taliban, sur le djihadisme mondial et tentera de prendre sa revanche. Le plus sûrement au Sahel où le retrait annoncé de la France et la fragilité des États rendent possible un califat territorialisé.</p>
<p>Face à ce désastre, que devrait faire une France souveraine ?</p>
<p>Tout d'abord, il faut aider les Afghans qui ont collaboré avec notre armée. À long terme, il n'y a pas de souveraineté diplomatique sans crédibilité et donc sans honneur.</p><p>Ensuite, il faut tout faire pour affaiblir le pouvoir taliban, en appuyant les dissidences et les résistances locales, notamment armées. Laisser ce régime se renforcer, c'est exposer les Français à une menace terroriste démultipliée, une fois le sanctuaire afghan sécurisé pour les djihadistes. À ce propos, défaisons-nous de nos naïvetés atlantistes: si, demain, les taliban contrecarrent l’influence de la Chine en Afghanistan, les États-Unis les soutiendront, quelles qu’en soient les conséquences pour les Européens.</p><p>Les larmes de crocodile des élites françaises, qui déplorent le retrait américain de l’Afghanistan tout en restant inféodées aux États-Unis, entre autres sous l’égide de l’OTAN, sont insupportables. Plutôt que de continuer à emboîter le pas aux Américains, par habitude, par facilité ou par manque de courage politique, la France doit renouer avec sa tradition diplomatique indépendante, de filiation gaullienne. Cela implique avant tout de rompre ses partenariats avec les États finançant et promouvant le djihadisme, en premier lieu avec le Qatar et l’Arabie saoudite, qui dorent la tranche de la moitié de notre classe politique et arrosent de leurs deniers un large éventail de structures sur notre sol, des grands clubs de football aux associations des quartiers difficiles. Les élites de Doha ont dû bien rire en voyant les Parisiens enthousiastes de recevoir Messi, alors que les forces spéciales qataries préparaient l'entrée du chef des taliban dans le palais présidentiel de Kaboul… On récolte ce qu'on sème, et nous, Français, sommes responsables de ce manque d’indépendance.</p><p>Enfin, il faut porter la contradiction, sur le territoire national, à ceux qui se feront les alliés objectifs de ce régime. Non, les taliban ne sont pas des combattants anti-impérialistes, mais les fers de lance d'un autre impérialisme. Ils ne portent la voix d'aucun opprimé, mais sont le bras armé d'oligarchies étrangères en Afghanistan, et les exactions qu'ils feront subir aux femmes et aux minorités ne sont en rien comparables au sexisme et au racisme qui se rencontrent en France – et qu’il faut par ailleurs combattre.</p><p>La victoire des taliban est certes militaire, mais elle est surtout psychologique et symbolique. Là est le vrai danger. Il ne fait aucun doute que cette victoire galvanisera, par son exemple, l'ensemble des mouvances qui se réclament de cette idéologie et qui posent les questions en termes civilisationnels. L'islam politique et radical, qui dispose d'ores et déjà de relais dans notre pays, risque de se sentir pousser des ailes. Face à ce danger, le combat n'est pas seulement politique, encore moins militaire, il est philosophique et (j'ose le terme) spirituel, au sens non pas religieux, mais existentiel.</p><p>L’élection présidentielle de 2022 sera, en ce domaine également, un moment de vérité: soit accepter de voir la France se perdre dans des alliances qui la desservent, et d’abord l’OTAN, s’affaiblir et s’exposer à des menaces multiples, soit renouer avec une certaine idée gaullienne de l’indépendance, de la grandeur et de la confiance en son génie propre pour affronter les crises géopolitiques à venir. Mon choix est fait.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Thu, 19 Aug 2021 19:09:24 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Le contrôle social à la chinoise est bien dans le Pass sanitaire]]></title>
	<description><![CDATA[<p>par h16</p><p>On vous l’a dit, on vous l’a répété : il faut absolument que vous installiez l’application <a href="https://www.contrepoints.org/2020/11/01/383357-stopcovid-devient-tousanticovid-meme-fiasco" target="_blank" rel="noopener">TousseAntiCovid</a> tant elle s’inscrit dans l’indispensable boîte à outils de nos dirigeants pour aider le bon peuple à sortir de l’actuelle pandémie et surtout pour parer aux prochaines qui ne manqueront pas d’arriver, mondialisation ultralibérale oblige.</p><p>Mais si. C’est ainsi.</p><p>Le fait que les gesticulations gouvernementales aient, sur l’année écoulée, <a href="https://h16free.com/2021/06/11/68857-schiappa-decouvre-sans-le-savoir-laventure-incroyable-du-prive">amplement prouvé leur caractère toxique et castrateur</a> sur l’activité spontanée ne doit pas entrer en considération. Le fait que la précédente mouture de la même application ait <a href="https://www.bfmtv.com/tech/developpement-publicite-l-appli-tous-anti-covid-a-coute-7-millions-d-euros_AN-202104080390.html" target="_blank" rel="noopener">coûté une blinde</a> pour un <a href="https://www.latribune.fr/technos-medias/l-application-stopcovid-n-a-pas-obtenu-les-resultats-esperes-selon-castex-855588.html" target="_blank" rel="noopener">résultat minable</a> ne constitue en rien un critère pour ne pas relancer le manège en augmentant le volume de la sono quitte à faire clignoter le stroboscope encore plus vite.</p><p>Quant au fait que la dernière version de cette application, destinée à venir stocker les données de tests médical et de vaccination, soit manifestement <a href="https://www.contrepoints.org/2021/06/09/399255-donnees-medicales-anonymat-surveillance-un-pass-sanitaire-passoire" target="_blank" rel="noopener">une passoire à données</a> à tel point que plusieurs particuliers et associations, dont la Quadrature du Net, <a href="https://siecledigital.fr/2021/06/11/quadrature-pass-sanitaire/" target="_blank" rel="noopener">ont déposé plainte</a> à ce sujet, que la sécurité afférente aux procédés n’est garantie en rien, que son financement soit toujours aussi opaque et l’attribution du marché public toujours aussi <a href="https://www.anticor.org/2020/06/12/application-stopcovid-anticor-saisit-le-parquet-national-financier/" target="_blank" rel="noopener">sujette à débat</a>, tout cela ne peut pas non plus servir d’excuse pour ne pas le mettre en place.</p><p>Il en va de la réputation de tous les groupes publics et parapublics mouillés impliqués dans cette aventure électronique truculente, depuis les ministres qui en vantent niaisement les avantages sans en voir toutes les dérives possibles et avérées, jusqu’aux groupes nationaux stipendiés par le contribuable à son corps défendant comme IN Groupe, émanation de l’ancienne Imprimerie Nationale et dont on imagine déjà les babines luisantes d’appétit devant la masse de données juteuses et monnayables que représente l’introduction de cette application dans le public français.</p><p>Il faudrait en effet être fort naïf pour croire que ces histoires de passeports sanitaires ne sont qu’une histoire de suivi sanitaire et d’assurance globale qu’on ne court pas de risques de choper un virus : à mesure qu’on découvre les conflits d’intérêts, les correspondances personnelles de personnes haut placées et les contrats hippopotamesques entre États et grands industriels, il devient en effet difficile d’écarter que cette application et l’ensemble des contorsions gouvernementales autour de la crise sanitaire ne cherchent pas avant tout le profit personnel et très spécifique de certains individus, que ce soit financier ou politique.</p><p>Et si certains, douillettement confits de leurs certitudes que tout finira en chansons, croient encore mordicus qu’il y a bien un intérêt médical à souscrire à ces âneries électroniques, on se devra de leur rappeler les dernières saillies de quelques sénateurs manifestement en roue libre sur le sujet : pour eux, pas de doute et tant qu’à faire, il faut aller bien au-delà de ce qui est envisagé et déjà relativement cauchemardesque pour se lancer, tout nu et les bras en l’air avec un sourire idiot scotché au visage, vers une version même pas édulcorée du contrôle social totalitaire à la chinoise.</p><p>J’exagère ? J’aimerais.</p><p>On découvre ainsi <a href="http://www.senat.fr/rap/r20-673/r20-6731.pdf" target="_blank" rel="noopener">le rapport</a> des sénateurs Véronique Guillotin, Christine Lavarde et René-Paul Savary sur « Le recours aux outils numériques dans la prévention et la gestion des épidémies » dont le contenu est détaillé dans quelques (trop rares) <a href="https://www.publicsenat.fr/article/societe/covid-19-un-rapport-du-senat-preconise-la-collecte-de-donnees-personnelles-pour" target="_blank" rel="noopener">articles de presse</a> qui ne font pas assez ressortir toute la fulgurante croustillance des propositions sénatoriales de ces sénateurs LR ; ce qui montre au passage que l’opposition qu’on avait pu entrevoir n’était qu’une pure façade opportuniste et que ces clowns réussissent la parfaite synthèse du pire de la majorité et de l’opposition, ce qui donne une idée de l’infini.</p><p>Et finalement, c’est dommage qu’on n’entende pas plus parler de ce rapport tant l’avenir qui nous est brossé dans ses 182 pages veloutées mérite plus d’attention.</p><p>Au détour de la prose habituelle en sabir politico-sénatorial, on découvre que ♩ le numérique c’est fantastique ♪ et le tracking ♫ super doux ♬ (à partir de la page 126). Grâce à lui, on pourra s’éviter de nouveaux confinements si de nouvelles pandémies devaient à nouveau parcourir la planète.</p><p>Décidément, ces outils numériques – que la gent politique ne maîtrise même pas en rêve et affuble donc de qualités quasi-magiques – sont drôlement pratiques puisqu’ainsi dotés de ces superpouvoirs, ils peuvent sinon changer l’eau en vin et faire revivre les morts (encore que), au moins seraient-ils capables de mitiger les effets consternants des politiques idiotes menées par la troupe d’andouilles qui nous dirigent. Corriger des problèmes politiques et organisationnels par un bricolage technologique ? On y croit !</p><p><a href="http://h16free.com/wp-content/uploads/2018/05/malin-think-about-it-pensez-y.jpg"></a>En pratique, on comprend surtout que ces outils, dont l’aspect invasif n’est plus à prouver, sont autrement pratiques pour paver l’enfer de bonnes intentions sénatoriales détaillées sur des douzaines de pages : grâce à un traçage numérique aussi précis que possible, géolocalisé et bien évidemment obligatoire, on peut offrir une solution crédible pour tabasser le citoyen qui viendrait à ne surtout pas se calfeutrer chez lui s’il était testé positif.</p><p>L’idée même qu’on puisse ensuite subrepticement tester positif tout citoyen enquiquinant (qui distribue des baffes par exemple) ne semble pas effleurer nos sénateurs. Nous sommes en démocratie, tralali, la justice fait son travail, tralala, il y aura des garde-fous youkaïdi et CNIL et contrôles et attossion les enfants tout sera encadré, youkaïda. Ayez confiance.</p><p>En fait, les idées fourmillent : un citoyen est (politiquement ?) détecté comme simplement positif ? Il est assigné à résidence, sans faire de vague. S’il veut tenter de bouger, on lui sucre les transports en commun et son argent est bloqué. C’est d’autant plus facile que grâce à une habile convergence des données de différentes applications qu’on va s’empresser d’autoriser pour les piller sans vergogne « mettre à profit », on aura eu la présence d’esprit de rendre les transports individuels impossibles à utiliser (trop taxés ou purement et simplement interdits), et que l’argent liquide, préalablement banni sous forme de pièces et de billets physiques, sera donc exclusivement sous forme numérique particulièrement simple à tracer et geler.</p><p>Et rassurez-vous : nos gentils bouffeurs de chatons sénateurs ont même trouvé le toupet courage de pondre ce rapport afin d’améliorer la future réponse du pays aux prochaines pandémies. Ce sont des altruistes et des chevaliers du beau geste qui l’expliquent eux-mêmes :</p><p>« Nous ne proposons pas de limiter les libertés, nous cherchons un moyen de les retrouver »</p><p>Et qu’y a-t-il de plus beau que des gens de l’État qui permettent aux manants de retrouver des libertés qu’ils leur avaient supprimé en premier chef ? Quel beau geste, et pour une si petite remise en question de nos informations privées !</p><p><a href="http://h16free.com/wp-content/uploads/2021/03/bilbo-garde-pouvoir-exceptionnel-covid.jpg"></a></p><p>Devant cet amoncellement de mesures toutes plus liberticides, intrusives et parfaitement scandaleuses, on doit se demander qui peut encore soutenir le passeport sanitaire tel qu’il est envisagé actuellement et tel qu’il se profile de plus en plus. Quand, il y a quelques mois, on évoquait déjà les dérives possibles d’un contrôle social à la chinoise, beaucoup trop expliquaient, l’index en l’air, que nenni il n’y aurait pas de dérives et que les pessimistes l’étaient vraiment trop. Il apparaît à présent que tout se déroule comme prévu, c’est-à-dire fort mal.</p><p>En outre, on peut s’interroger sur l’empressement de nos élus à ainsi pousser de telles mesures.</p><p>Sentiraient-ils le vent tourner défavorablement pour eux et, voyant la fenêtre d’opportunité de mettre en place les pires saloperies, se pressent-ils d’en faire le maximum avant l’ire des foules ? Ou pire encore, ces tristes graines de tyrans considèrent-elles au contraire que le peuple, malaxé par une douzaine de mois de propagande, est maintenant mûr pour l’estocade finale et la mise aux fers rapide ?</p><p><a href="http://h16free.com/wp-content/uploads/2021/02/we-re-complying-we-re-gonne-be-fine.jpg"></a><br />—-<br /><a href="https://wp.me/pEiuL-hVh" target="_blank" rel="noopener">Sur le web</a></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/693/%C2%AB-en-afghanistan-ce-n%E2%80%99est-pas-l%E2%80%99islamisme-qui-a-gagne-mais-l%E2%80%99heroine-%C2%BB-dit-le-journaliste-roberto-saviano</guid>
	<pubDate>Thu, 19 Aug 2021 18:55:47 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[« En Afghanistan, ce n’est pas l’islamisme qui a gagné mais l’héroïne », dit le journaliste Roberto Saviano]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Le journaliste et écrivain italien, spécialisé dans la mafia et le crime organisé, affirme dans un article du « Corriere della Sera » qu’il est évident que les talibans sont avant tout des trafiquants de drogue et que leur entreprise finance la guerre. Cette affirmation doit être complétée par une autre dénonciation de Saviano les Etats-Unis dans toutes leurs interventions contre les peuples ont favorisé le trafic de la drogue, de l’Asie à la Colombie en passant par l’Afghanistan, dans leur sillage et celui de leur base on trouve le trafic de drogue. Les hypocrites pleurnicheries sur le sort des femmes et sur le terrorisme d’une presse aux ordres marquent la complicité de la dite presse avec cette réalité. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociété)</p>
<p>MADRID<a href="https://www.publico.es/archive/2021-08-18">18/08/2021  </a></p><p><a href="https://www.publico.es/politica/afganistan-no-ganado-islamismo-ganado-heroina.html">“En Afganistán no ha ganado el islamismo, ha ganado la heroína” | Público (publico.es)</a></p><p id="m408-407-409">Le journaliste et écrivain italien Roberto Saviano interprète la situation en Afghanistan d’un point de vue économique plutôt que purement idéologique. L’auteur du best-seller Gomorrhe a publié un article mercredi dans le quotidien ‘Corrieri della Sera’ dans lequel il affirme catégoriquement qu'”en Afghanistan, ce n’est pas l’islamisme qui a gagné, c’est l’héroïne ».</p><p id="m413-1-414">« Ce que de nos jours de nombreux diffuseurs et opinologues ont complètement ignoré, c’est que si l’on cherche les principales dynamiques du conflit, les premières sources qui le financent, on en arrive là: laguerre de l’Afghanistan est une guerre de l’opium.  l’islamisme, comme beaucoup le disent, n’a pas gagné mais l’héroïne. Et plus de 90 % de l’héroïne mondiale est produite en Afghanistan. Cela signifie que les talibans, ainsi que les narcos sud-américains, sont les trafiquants de drogue les plus puissants au monde. En d’autres termes, dans cette guerre, les meilleurs trafiquants ont gagné. »</p><p id="m418-2-419">Saviano fait valoir avec des données ses affirmations, loin du discours majoritaire sur le poids idéologique des talibans. « Ainsi, les drogues qu’ils produisent financent la guerre et sont vendues aux États-Unis et au monde et aux mafias italiennes. L’erreur est de les appeler des miliciens islamistes : les talibans sont des trafiquants de drogue.</p><p id="m423-3-424">Le célèbre journaliste napolitain affirme que « si l’on lit les rapports de la FDC, le bureau de l’ONU pour la drogue et la criminalité, pendant au moins vingt ans, on trouvera toujours les mêmes données : plus de 90 % de l’héroïne mondiale est produite en Afghanistan. Cela signifie que les talibans, ainsi que les narcos sud-américains, sont les trafiquants de drogue les plus puissants au monde. Au cours des dix dernières années, ils ont également commencé à jouer un rôle très important en ce qui concerne le haschschet la marijuana.</p><p id="m428-4-429">Consciemment, la stratégie des États-Unis était de séparer la guerre proprement dite du trafic de drogue exercé par les talibans, selon Saviano. « Voici l’une des erreurs les plus graves de l’administration américaine : en 2002, le général Franks, le premier à coordonner l’invasion de l’Afghanistan par les troupes terrestres américaines, a déclaré : « Nous ne sommes pas un groupe de travail sur ladrogue. Ce n’est pas notre mission. » Le message s’adressait aux seigneurs de l’opium, les exhortant à ne pas rester avec les talibans, affirmant que les États-Unis leur permettraient de grandir. Le « New York Times » a publié que la liste noire du Pentagone des trafiquants d’héroïne qui devaient être arrêtés n’incluait pas ceux qui s’étaient rangés du côté des troupes américaines. »</p><p id="m433-5-434">Roberto Saviano conclut son article en avertissant qu’on ne peut oublier, en parlant du conflit afghan, de mentionner l’opium. « Avant les écoles coraniques, l’obligation de la burka, avant les fillettes mariées, avanttout cela les talibans sont des trafiquants de drogue. »</p>
<p><a href="https://histoireetsociete.com/2021/08/19/en-afghanistan-ce-nest-pas-lislamisme-qui-a-gagne-mais-lheroine-dit-le-journaliste-roberto-saviano/#" rel="nofollow" onclick="window.print(); return false;" title="Printer Friendly, PDF &amp; Email"></a></p>
<p>Vues : 515</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/692/%C2%AB-oui-la-cia-est-entree-en-afghanistan-avant-les-russes-%E2%80%A6-%C2%BB-par-zbigniew-brzezinski</guid>
	<pubDate>Wed, 18 Aug 2021 20:17:50 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[« Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes … » par Zbigniew Brzezinski]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Au vu de la triste actualité en Afghanistan, nous ressortons cette importante interview de 1998, dont il est fascinant de voir qu’elle n’a eu aucun impact dans notre mémoire collective.</p><p>Rappelons que <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zbigniew_Brzezi%C5%84ski" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Zbigniew Brzezinski</a> était le conseiller du président Carter pour les affaires de sécurité – et que Barack Obama l’a nommé conseiller aux affaires étrangères lors de sa campagne présidentielle… Voir aussi <a href="https://www.les-crises.fr/le-grand-echiquier-de-zbigniew-brzezinski/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ce billet sur son fameux livre Le grand échiquier.</a></p><p>Source : <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Le Nouvel Obs</a>, 15/01/1998</p><p><a href="https://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2015/11/1-1968-3ad6f1.jpg"></a>Le Nouvel Observateur : L’ancien directeur de la CIA Robert Gates l’affirme dans ses Mémoires : les services secrets américains ont commencé à aider les moudjahidine Afghans six mois avant l’intervention soviétique. A l’époque, vous étiez le conseiller du président Carter pour les affaires de sécurité. Vous avez donc joué un rôle clé dans cette affaire ? Vous confirmez ?</p><p>Zbigniew Brzezinski : Oui. Selon la version officielle de l’histoire, l’aide de la CIA aux moudjahidine a débuté courant 1980, c’est-à-dire après que l’armée soviétique eut envahi l’Afghanistan, le 24 décembre 1979.</p><p>Mais la réalité gardée secrète est tout autre : c’est en effet le 3 juillet 1979 que le président Carter a signé la première directive sur l’assistance clandestine aux opposants du régime prosoviétique de Kaboul. Et ce jour-là j’ai écrit une note au président dans laquelle je lui expliquais qu’à mon avis cette aide allait entraîner une intervention militaire des Soviétiques.</p><p>Le Nouvel Observateur : Malgré ce risque vous étiez partisan de cette « covert action » (opération clandestine). Mais peut-être même souhaitiez-vous cette entrée en guerre des Soviétiques et cherchiez-vous à la provoquer ?</p><p>Zbigniew Brzezinski : Ce n’est pas tout à-fait cela. Nous n’avons pas poussé les Russes à intervenir, mais nous avons sciemment augmenté la probabilité qu’ils le fassent.</p><p>Le Nouvel Observateur : Lorsque les Soviétiques ont justifié leur intervention en affirmant qu’ils entendaient lutter contre une ingérence secrète des Etats-Unis en Afghanistan, personne ne les a crus. Pourtant il y avait un fond de vérité. Vous ne regrettez rien aujourd’hui ?</p><p>Zbigniew Brzezinski : Regretter quoi ? Cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d’attirer les Russes dans le piège Afghan et vous voulez que je le regrette ? Le jour où les Soviétiques ont officiellement franchi la frontière, j’ai écrit au président Carter, en substance : « Nous avons maintenant l’occasion de donner à l’URSS sa guerre du Vietnam. » De fait, Moscou a dû mener pendant presque dix ans une guerre insupportable pour le régime, un conflit qui a entraîné la démoralisation et finalement l’éclatement de l’empire soviétique.</p><p>Le Nouvel Observateur : Vous ne regrettez pas non plus d’avoir favorisé l’intégrisme islamiste, d’avoir donné des armes, des conseils à de futurs terroristes ?</p><p>Zbigniew Brzezinski : Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques excités islamistes où la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ?</p><p>Le Nouvel Observateur : Quelques excités ? Mais on le dit et on le répète : le fondamentalisme islamique représente aujourd’hui une menace mondiale.</p><p>Zbigniew Brzezinski : Sottises. Il faudrait, dit-on, que l’Occident ait une politique globale à l’égard de l’islamisme. C’est stupide : il n’y a pas d’islamisme global. Regardons l’islam de manière rationnelle et non démagogique ou émotionnelle. C’est la première religion du monde avec 1,5 milliard de fidèles. Mais qu’y a-t-il de commun entre l’Arabie Saoudite fondamentaliste, le Maroc modéré, le Pakistan militariste, l’Egypte pro-occidentale ou l’Asie centrale sécularisée ? Rien de plus que ce qui unit les pays de la chrétienté.</p><p>———————————————–</p><p>(1) « From the Shadows », par robert gates, Simon and Schuster</p><p>(2) Zbigniew Brzezinski vient de publier « Le Grand Échiquier », Bayard éditions</p>
<p><a href="https://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2015/11/brzezinski-obs-1998.jpg"></a><br />Traduction en anglais :</p>
<p>Question: The former director of the CIA, Robert Gates, stated in his memoirs [« From the Shadows »], that American intelligence services began to aid the Mujahadeen in Afghanistan 6 months before the Soviet intervention. In this period you were the national security adviser to President Carter. You therefore played a role in this affair. Is that correct?</p><p>Brzezinski: Yes. According to the official version of history, CIA aid to the Mujahadeen began during 1980, that is to say, after the Soviet army invaded Afghanistan, 24 Dec 1979. But the reality, secretly guarded until now, is completely otherwise Indeed, it was July 3, 1979 that President Carter signed the first directive for secret aid to the opponents of the pro-Soviet regime in Kabul. And that very day, I wrote a note to the president in which I explained to him that in my opinion this aid was going to induce a Soviet military intervention.</p><p>Q: Despite this risk, you were an advocate of this covert action. But perhaps you yourself desired this Soviet entry into war and looked to provoke it?</p><p>B: It isn’t quite that. We didn’t push the Russians to intervene, but we knowingly increased the probability that they would.</p><p>Q: When the Soviets justified their intervention by asserting that they intended to fight against a secret involvement of the United States in Afghanistan, people didn’t believe them. However, there was a basis of truth. You don’t regret anything today?</p><p>B: Regret what? That secret operation was an excellent idea. It had the effect of drawing the Russians into the Afghan trap and you want me to regret it? The day that the Soviets officially crossed the border, I wrote to President Carter. We now have the opportunity of giving to the USSR its Vietnam war. Indeed, for almost 10 years, Moscow had to carry on a war unsupportable by the government, a conflict that brought about the demoralization and finally the breakup of the Soviet empire.</p><p>Q: And neither do you regret having supported the Islamic fundamentalism, having given arms and advice to future terrorists?</p><p>B: What is most important to the history of the world? The Taliban or the collapse of the Soviet empire? Some stirred-up Moslems or the liberation of Central Europe and the end of the cold war?</p><p>Q: Some stirred-up Moslems? But it has been said and repeated Islamic fundamentalism represents a world menace today.</p><p>B: Nonsense! It is said that the West had a global policy in regard to Islam. That is stupid. There isn’t a global Islam. Look at Islam in a rational manner and without demagoguery or emotion. It is the leading religion of the world with 1.5 billion followers. But what is there in common among Saudi Arabian fundamentalism, moderate Morocco, Pakistan militarism, Egyptian pro-Western or Central Asian secularism? Nothing more than what unites the Christian countries.</p><p>Translated from the French by Bill Blum</p><p class="text-box">Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. <a href="https://www.les-crises.fr/oui-la-cia-est-entree-en-afghanistan-avant-les-russes-par-zbigniew-brzezinski/#">[Lire plus]</a>Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. </p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/690/les-talibans-nouveau-souffle-inspirateur-du-jihadisme-mondial</guid>
	<pubDate>Wed, 18 Aug 2021 16:49:00 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/690/les-talibans-nouveau-souffle-inspirateur-du-jihadisme-mondial</link>
	<title><![CDATA[Les talibans, nouveau souffle inspirateur du jihadisme mondial]]></title>
	<description><![CDATA[<p>La victoire des talibans risque de faire souffler un vent d’allégresse chez tous les jihadistes du monde, galvanisés par la nouvelle défaite d’une puissance étrangère et le triomphe de la stratégie, de la négociation et de la patience. Dans le monde entier, les combattants du mouvement jihado-salafiste, dont la plupart sont affiliés à el-Qaëda ou au groupe rival État islamique, ne peuvent que constater la réussite des « étudiants en religion » afghans, au pouvoir à Kaboul dès après le départ des troupes américaines, 20 ans après en avoir été chassés. « Ça donne aux jihadistes un formidable élan. Cela leur fait croire qu’ils peuvent expulser une puissance étrangère, même une majeure telle que les États-Unis », estime Colin Clarke, directeur de recherche du Soufan Center, un think-tank de géopolitique new-yorkais. « Je m’attends à un solide bombardement de propagande, culminant avec le 20e anniversaire des attaques du 11 septembre (2001). Cela va gonfler le moral des jihadistes, de l’Afrique du Nord jusqu’en Asie du Sud-Est. »</p><p>Le cas afghan n’est pas nécessairement possible à calquer ailleurs car tous les groupes actifs ne combattent pas de puissances étrangères. L’exemple du Sahel, où la France a récemment annoncé un retrait d’une partie de ses 5 100 soldats au profit de forces spéciales européennes, après plus de huit années de présence, est très différent du dossier afghan. Mais « la conquête de l’Afghanistan par les talibans est quelque chose qui va enhardir les jihadistes partout », convient Aymenn Jawad al-Tamimi, chercheur pour le programme sur l’extrémisme de l’Université George Washington (États-Unis). « C’est pertinent dans le contexte ouest-africain, où ont émergé toutes ces discussions sur les négociations avec le GSIM », le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à el-Qaëda.</p><p>La « résistance des peuples »</p><p>Les talibans ne se sont pas contentés de laisser pourrir la situation. Tout en faisant la guerre, ils ont négocié avec les Américains et le gouvernement afghan et avancé leurs pions avec les milices locales, clans et tribus qui font la mosaïque nationale. Mais, symboliquement, leur triomphe permet de convaincre les militants que « s’ils continuent à se battre, leurs adversaires finiront par s’effondrer », ajoute le chercheur irakien. Depuis 24 heures, les réseaux sociaux relaient moult commentaires de propagande de la sphère jihadiste. Dont celui du mouvement Hamas, selon lequel ce succès « prouve que la résistance des peuples, au sommet desquels notre peuple moudjahidine palestinien, mènera finalement à la victoire et à la réussite de ses objectifs de liberté et de retour, avec la permission d’Allah ».</p><p>L’agence de propagande d’el-Qaëda, al-Thabat, assure pour sa part que « les musulmans et moudjahidine du Pakistan, Cachemire, Yémen, Syrie, Gaza, Somalie et Mali célèbrent la libération de l’Afghanistan et son application de la charia ». Du côté de l’EI, la question est plus épineuse. Quand el-Qaëda a prêté allégeance aux talibans, l’EI les a qualifiés d’apostats. En Afghanistan, la haine est d’autant plus tenace que l’État islamique au Khorasan (ISKP) a été créé par des transfuges talibans. Mais l’EI ne profite pas moins de l’effondrement de l’État afghan. « Dr. Q », un spécialiste occidental de l’EI, qui publie sous ce pseudonyme ses recherches sur Twitter, a ainsi relevé 216 attaques de l’ISKP entre 1er janvier et 11 août, contre 34 l’an passé à la même période. « Cela fait de l’Afghanistan une des provinces de l’EI les plus dynamiques », assure-t-il. « Tout n’est pas directement lié au retrait américain mais la victoire des talibans donne de l’air aussi à l’ISKP. »</p><p>Réminiscence de l’Irak en 2011</p><p>Au-delà des haines fratricides, il pointe des convergences d’objectifs : « L’EI communique régulièrement sur le fait que les Occidentaux ne peuvent rester éternellement » en terre étrangère ; à cet égard, le triomphe des talibans « légitime leur façon de faire ». Colin Clarke rappelle lui aussi que le chaos et la guerre constituent les conditions élémentaires du développement de tout groupe jihadiste, quelle que soit son obédience. « L’effondrement de l’armée afghane est une étrange réminiscence de ce que nous avons vu en Irak en 2011. Je crains que la même situation se reproduise en Afghanistan, avec simultanément le développement de l’EI et la résurrection d’el-Qaëda. »</p><p>Là réside peut-être la plus grande leçon que les talibans aient livrée à la sphère jihadiste mondiale : patience et détermination peuvent triompher, quel que soit l’ennemi. Un enseignement galvanisant pour tous les mouvements aux ambitions locales, adversaires ou alliés des nouveaux patrons de Kaboul. « Pour beaucoup de groupes qui poursuivent un agenda local, les talibans ont constitué l’archétype de la bonne application de cette stratégie », constate froidement, dans une vidéo postée sur YouTube, Charles Lister, chercheur au Middle-East Institute.</p><p>Didier LAURAS/AFP</p><p><br />La victoire des talibans risque de faire souffler un vent d’allégresse chez tous les jihadistes du monde, galvanisés par la nouvelle défaite d’une puissance étrangère et le triomphe de la stratégie, de la négociation et de la patience. Dans le monde entier, les combattants du mouvement jihado-salafiste, dont la plupart sont affiliés à el-Qaëda ou au groupe rival État islamique, ne...</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Wed, 18 Aug 2021 16:39:58 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Vu de Téhéran, les talibans sont un « moindre mal »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Herat, Kandahar, Kaboul. <br /><br />Comme le reste du monde, les Iraniens regardent avec surprise le spectacle de ce « blietzkrieg » conduit par les talibans en Afghanistan. Ils s’étaient préparés à la possibilité d’un effondrement de l’armée afghane dans le sillage du retrait américain mais, comme le reste du monde, Téhéran avait largement sous-estimé le niveau de préparation, l’efficacité et la rapidité de la machine guerrière des talibans. Les autorités iraniennes s’étaient pourtant mises en état d’alerte dès mai, suite au retrait des forces américaines et au début de l’offensive talibane contre le gouvernement afghan. Inquiétées par un possible débordement du conflit, un flux de réfugiés et la montée en puissance de certaines factions sunnites extrémistes qui pourraient s’en prendre à la minorité chiite d’Afghanistan, les troupes s’amassent progressivement au cours de l’été le long de la frontière afghane. Les canaux diplomatiques s’activent et, les 7 et 8 juillet, le ministre iranien des Affaires étrangères reçoit des délégations du gouvernement voisin et des talibans afin de tenter une médiation, tout en cherchant à remplir l’espace laissé vacant par les Américains qui sont sur le départ.</p><p>Une opportunité ?</p><p>Les rumeurs vont bon train : certains experts parlent d’une possible intervention des Iraniens, d’autres d’un affrontement par milices interposées sur le modèle irakien. Mais l’Iran de 2021 n’est plus celui de la fin des années 1990. Certes, les divergences idéologiques persistent entre le régime des mollahs et celui des talibans qui « ne représentent pas une solution idéale », note Fatemeh Aman, analyste au Middle East Institute. Mais l’arrivée à Kaboul d’islamistes sunnites ne terrorise plus Téhéran, qui depuis s’est accommodé de ses anciens ennemis jusqu’à coopérer avec eux notamment dans le but de mettre à mal les intérêts américains dans le pays. D’autant que sur le plan sécuritaire, la situation reste pour l’instant sous contrôle. Le 6 août, les talibans capturaient la ville de Zaranj, à la frontière iranienne, provoquant de nouvelles vagues d’exode. Pourtant, « hormis ce flux de réfugiés que Téhéran tentera probablement de régler en payant les talibans, il n’y a pas de menace sécuritaire directe », estime Farzin Nadimi, expert en défense et sécurité régionale au Washington Institute for Near East Policy.</p>
<p><a href="https://www.lorientlejour.com/article/1271818/larrivee-des-talibans-a-kaboul-fait-craindre-le-pire-aux-habitants.html"><br /><br />Lire aussi<br />L’arrivée des talibans à Kaboul fait craindre le pire aux habitants<br /><br /></a></p>
<p>Malgré l’affairement à Téhéran, la reconquête territoriale des talibans se présente donc comme une opportunité de gagner en influence régionale et, surtout, de marquer des points contre Washington. « L’Iran, qui a soutenu les talibans tout au long de la dernière décennie afin de mettre un terme à la présence militaire américaine, voit le retour des talibans au pouvoir comme une victoire stratégique », fait remarquer ainsi Afshon Ostovar, professeur à la Naval Postgraduate School en Californie et spécialiste de l’Iran. Les enjeux économiques qui lient les deux entités poussent également à maintenir un rapport de bon voisinage. Pour les talibans, « l’apport iranien en termes d’énergie, d’essence et de gaz est vital », rappelle Fatemeh Aman. Côté iranien, il s’agit surtout de préserver les investissements et de poursuivre les activités de narcotrafic de l’autre côté de la frontière en cas de changement de régime.</p><p>Mais malgré cette alliance de circonstance qui mijote à feu doux depuis plusieurs années, le tableau est très loin d’être idyllique. « L’Iran ne sortira pas gagnant des récents événements : les talibans ne sont pas l’une de ces milices affiliées à Téhéran, dont l’influence pourrait même décroître à l’avenir compte tenu de la perte de confiance des Afghans envers les Iraniens », poursuit Fatemeh Aman. Ici, l’historique conflictuel entre la mouvance fondamentaliste sunnite et la république chiite ne peut pas être évacué de l’analyse des événements actuels. En 1998, les talibans, arrivés au pouvoir deux ans plus tôt, exécutent au consulat d’Iran de Mazar-e Sharif 11 Iraniens, dont une majorité appartenaient à la Force al-Qods, l’unité d’élite des IRGC (Corps des gardiens de la révolution islamique). Une guerre est évitée de justesse : le guide suprême Ali Khamenei donne son accord, avant de le retirer, en vue d’une « action militaire fortement encouragée par les IRGC », rappelle Farzin Nadimi. Un démêlé auquel s’ajoute un différend portant sur la rivière transfrontalière Helmand. Cet ensemble amène en 2001 les Iraniens à soutenir Washington dans sa tentative de renverser le régime des talibans. « Après avoir travaillé dur pour aider les renseignements américains et les seigneurs de guerre locaux, les Iraniens célèbrent alors la chute des talibans », poursuit Fatemeh Aman.</p><p>Une action a minima</p><p>Il faudra attendre deux ans, et le début de la rhétorique de « l’axe du mal » dirigée par Washington contre Téhéran, pour que les prémices d’un mariage de raison s’esquissent entre les talibans et le régime iranien, qui ne partageront jamais que des ennemis. « C’est à ce moment que les Iraniens ont pris contact avec les insurgés des talibans, leur fournissant des explosifs, de sorte à s’assurer que les Américains ne puissent pas utiliser l’Afghanistan comme une base arrière pour attaquer l’Iran », explique Fatemeh Aman. À partir de 2015, c’est contre la branche locale de l’État islamique, IS-Khorasan (IS-K), que la coopération se poursuit. « Les Iraniens arrivent à la conclusion que le gouvernement afghan ne sera pas en mesure de venir à bout d’IS-K et entrent alors en contact avec les talibans pour faire front commun », poursuit cette dernière. Le rapprochement se poursuit jusqu’à aujourd’hui sur le plan diplomatique, ouvrant la voie à une série de rencontres entre des représentants du mouvement islamiste et des officiels de Téhéran. « Les Iraniens sont nerveux : un gouvernement entièrement dominé par les talibans n’est pas leur premier choix, mais ils n’ont plus d’autre option afin de contenir l’État islamique et les possibles retombées d’une nouvelle guerre », affirme Fatemeh Aman.</p>
<p><a href="https://www.lorientlejour.com/article/1271900/la-facile-victoire-des-talibans-ecorne-profondement-limage-de-washington.html"><br /><br />Lire aussi<br />La facile victoire des talibans écorne profondément l’image de Washington<br /><br /></a></p>
<p>Face à la réalité du terrain, et en l’absence d’alternative, Téhéran est ainsi contraint de composer avec les talibans afin de préserver ses intérêts. Les options sont limitées : l’intervention directe sur un terrain connu pour être devenu « le cimetière des empires » semble exclue, tandis qu’une présence indirecte par milice interposée sur le modèle des « Fatemyioun », ces brigades d’Afghans chiites envoyés en Syrie pour combattre au nom de la République islamique, est impensable si Téhéran veut continuer de s’attirer les bonnes grâces des talibans. L’Iran pourrait dans ce contexte être réduit à une action a minima, qui viserait simplement à « concentrer son attention sur l’action diplomatique ; la présence militaire à la frontière ; et un volet plus humanitaire visant à gérer la crise des réfugiés afin de restaurer sa réputation compromise par l’alliance avec les talibans », estime Fatemeh Aman.</p><p>Un seul dossier, s’il revenait au-devant de la scène, pourrait compromettre cet équilibre : celui des Hazaras, la minorité chiite d’Afghanistan pour qui les Iraniens auront du mal à négocier toute protection si les talibans décidaient de renouer avec les méthodes brutales exercées contre les minorités, ce dont ils se défendent jusqu’à aujourd’hui. En cas de violence, « l’Iran pourrait décider de les protéger, par exemple en ressuscitant l’Alliance du Nord (front militaire formé en 1996 pour combattre les talibans), ou encore en misant sur des réseaux d’insurgés », observe Farzin Nadimi. Sans engagement de la part de Téhéran, c’est alors « toute sa crédibilité auprès de ses clients régionaux qui pourrait alors se trouver compromise », avertit Afshon Ostovar.</p><p><br />Herat, Kandahar, Kaboul. Comme le reste du monde, les Iraniens regardent avec surprise le spectacle de ce « blietzkrieg » conduit par les talibans en Afghanistan. Ils s’étaient préparés à la possibilité d’un effondrement de l’armée afghane dans le sillage du retrait américain mais, comme le reste du monde, Téhéran avait largement sous-estimé le niveau de préparation,...</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Tue, 17 Aug 2021 19:24:39 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Les questions en suspens laissées par Washington en Afghanistan]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="lead-text">La prise de Kaboul par les talibans rappelle la chute de Saigon en 1975 et représente une défaite cuisante pour la politique étrangère américaine. En cherchant à répondre à la crise humanitaire en cours, la communauté internationale de Genève est confrontée à beaucoup plus de questions que de réponses.</p>
<p>Ce contenu a été publié le 17 août 2021 - 16:00 17 août 2021 - 16:00Daniel Warner, politologue helvético-américain</p>

<p>Autres langues: 3</p>
<p>Le retrait précipité des troupes et des civils américains d'Afghanistan marque la fin de la plus longue guerre de l'histoire des États-Unis. Pendant 20 ans, les présidents américains, républicains et démocrates, avec l'aide de l'OTAN et de leurs alliés, ont assuré une présence continue dans ce pays. La mission a évolué, passant des représailles et de la sécurité à une forme non déclarée d’édification d’une nation. Des milliers de soldats ont été tués dans ce conflit, plus de 83 milliards de dollars ont été dépensés en matériel pour l'armée afghane et plus de 1000 milliards de dollars ont été gaspillés.</p><p>Mais le gouvernement afghan n'a jamais gagné «les cœurs et les esprits» de la population. Le succès rapide des talibans dans les campagnes et les villes en est la preuve la plus évidente. Le niveau de corruption et d'incompétence du gouvernement a été sous-estimé par les militaires et les responsables de la politique étrangère des États-Unis. Alors que le retrait des troupes étrangères était inévitable et annoncé, le manque de volonté et l'incapacité de l'armée afghane à se défendre ont été un coup dur. La plupart des observateurs prévoyaient une guerre civile d'un an ou 18 mois entre l'armée afghane et les talibans. En 10 jours, l'armée s'est effondrée.</p><p>&gt;&gt; Joe Biden défend fermement sa décision (RTS)</p>
<p>Contenu externe</p>
<p>Dans un changement largement salué par les gouvernements occidentaux et à Genève, le président Biden a déclaré que «l'Amérique est de retour» avec une politique étrangère plus internationale et multilatérale que l'America First de Donald Trump. La chute de l'Afghanistan aux mains des talibans modifiera-t-elle cette nouvelle bonne volonté à l'égard des États-Unis?  Comment cela affecte-t-il le prestige de l'Amérique dans le monde? Je soupçonne un certain malaise chez des alliés comme Taïwan qui doivent s'interroger sur les promesses américaines de les défendre.</p>
<p>L'accord de paix ignoré</p>
<p>Le potentiel de la diplomatie et de l'aide humanitaire pour remédier à la situation est également remis en question. Un accord de paix signé à Doha entre les États-Unis et les talibans en 2020 n'a eu aucun effet, pas plus que les négociations ultérieures entre le gouvernement afghan et les talibans, engagées sous l'administration de l'ancien président américain Donald Trump.</p><p>«Les retards que nous constatons de la part de l'autre partie dans l'avancement des pourparlers ne correspondent pas au sentiment d'urgence que nous avons», a déclaré en juillet Nader Nadery, négociateur principal du gouvernement afghan, au Wall Street Journal, à propos de la participation des talibans. «La violence doit cesser, la guerre doit prendre fin, et nous devons parvenir à un règlement politique», a-t-il ajouté. Ce règlement n'est jamais venu.</p><p>Aujourd'hui, l'aéroport de Kaboul est débordé. Les États-Unis ne doivent pas seulement aider leurs citoyens à partir ; ils sont aussi moralement responsables envers ceux qui sont menacés et qui ont travaillé pour eux et avec eux au cours des deux dernières décennies. Tous ceux qui veulent partir ne pourront pas le faire. Le président afghan a fui, ne laissant en place aucun gouvernement légitime et internationalement reconnu.</p><p>Si certains dirigeants talibans ont exprimé une volonté de non-représailles à l'égard de ceux qui ont aidé le gouvernement ou ses alliés et une volonté de permettre aux jeunes femmes de poursuivre leur scolarité, le fait que les promesses faites à Doha n'aient pas été suivies d'effet n'est pas de bon augure pour l'avenir des droits humains en Afghanistan. Les politiques menées par les talibans dans les zones qu'ils contrôlent sont en contradiction directe avec les normes internationales en matière de droits humains.</p><p>&gt;&gt; La nouvelle génération de <a rel="noopener" target="_blank" href="https://www.rts.ch/info/monde/12418862-qui-sont-les-talibans-qui-ont-repris-le-pouvoir-en-afghanistan.html">talibansLien externe</a> (RTS)</p>
<p>Contenu externe</p>

<p>Pas de réponses faciles</p>
<p>Ceux qui tentent de répondre à la crise humanitaire en cours sont confrontés à plus de questions que de réponses.  La communauté internationale ne peut pas être assurée que les talibans coopéreront, car ils n'ont pas l'habitude de le faire. La Turquie et d'autres pays ouvriront-ils leurs frontières aux personnes qui fuient? Comment une réponse ordonnée à l'exode pourra-t-elle être mise en place puisque les talibans ont montré peu de respect pour les normes humanitaires et les normes relatives aux réfugiés dans le passé?</p><p>Les agences d'aide ne peuvent fonctionner à l'intérieur des pays que si elles ont le consentement des autorités en place. Les talibans accepteront-ils une intervention étrangère, même humanitaire, si l'aide est fournie par des personnes traditionnellement hostiles à l'établissement d'un califat fondamentaliste? Même les agences d'aide travaillant en dehors des gouvernements auront du mal à convaincre les talibans radicaux qu'il est dans l'intérêt de tous de coopérer.</p><p>&gt;&gt; L'inquiétude gagne les Afghans de Suisse (RTS)</p>
<p>Contenu externe</p>

<p>Les leçons apprises?</p>
<p>Des comparaisons faciles sont faites entre la chute de Saigon en 1975 et la chute de Kaboul. La guerre du Vietnam avait pour but d'arrêter la propagation du communisme, et les États-Unis ont perdu la guerre malgré une supériorité militaire écrasante. Aujourd'hui, le Vietnam est un pays pacifique et prospère.</p><p>L'intervention en Afghanistan visait à l'origine à contenir le terrorisme. Cela a échoué. Al-Qaïda et des organisations telles que Daech existent toujours. Une fois encore, dans un contexte différent, une supériorité militaire écrasante a échoué. Mais on peut difficilement prévoir que l'Afghanistan devienne un pays pacifique et prospère comme le Vietnam. Il restera probablement un pays clanique dirigé par des chefs de guerre locaux qui ont réussi à vaincre trois empires : britannique, soviétique et aujourd’hui américain.</p><p>Quelles leçons peut-on tirer de l'effondrement du gouvernement afghan après 20 ans de soutien occidental? La plus évidente est que la puissance militaire ne garantit pas le succès dans une guerre asymétrique. Les talibans, comme le Viêt-Cong, ont pu réussir malgré une infériorité militaire écrasante. Les «cœurs et les esprits» des gens n'ont pas suivi la force militaire de l'Amérique.</p><p>Et une fois de plus, comme au Vietnam, le renseignement militaire a été incapable de décrire la situation réelle sur le terrain.</p><p>Des leçons seront-elles tirées? J'en doute. L'orgueil démesuré qui se cache derrière cette intervention de 20 ans était à l'origine une réaction émotionnelle au 11 septembre, le président George W. Bush ayant envoyé des troupes américaines en Afghanistan en réponse aux attentats. La mission était de punir les responsables et de veiller à ce que l'Afghanistan n'abrite pas de terroristes internationaux.</p><p>Avec le temps, c'est devenu plus que cela. Comme dans les rizières du Vietnam, les États-Unis se sont embourbés dans un terrain inconnu en pensant qu'ils avaient toutes les solutions. Il reste à voir si la chute de Kaboul modifiera cet orgueil démesuré. Rien ne permet d'envisager cette possibilité.</p><p>La nation «indispensable et exceptionnelle» est trop embourbée dans sa propre image. Et les organisations internationales basées à Genève, parmi beaucoup d'autres, devront se démener pour ramasser les pots cassés.</p><p class="si-teaser__label">Articles mentionnés</p>
<p>Mots clés:</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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