<?xml version='1.0'?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" >
<channel>
	<title><![CDATA[Signet Loupe: Novembre 2021]]></title>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/group/71/archive/1635724800/1638316800</link>
	<atom:link href="https://ememiom.fr/iom/blog/group/71/archive/1635724800/1638316800" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<description><![CDATA[]]></description>
	
	<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/771/derriere-la-crise-entre-lue-et-la-pologne-la-revanche-du-politique-sur-le-juridique</guid>
	<pubDate>Sun, 14 Nov 2021 18:47:47 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/771/derriere-la-crise-entre-lue-et-la-pologne-la-revanche-du-politique-sur-le-juridique</link>
	<title><![CDATA[Derrière la crise entre l&#039;UE et la Pologne, la revanche du politique sur le juridique]]></title>
	<description><![CDATA[<p>

 12h45 , le 12 novembre 2021, modifié à 12h48 , le 12 novembre 2021</p><p>La décision du Tribunal constitutionnel polonais selon laquelle la Constitution nationale doit primer sur le droit européen est apparue comme un coup de semonce porté à l'édifice juridique européen et a déclenché une série de débats. La hiérarchie des normes semblait acquise à partir du moment où un État adhérait à ce nœud de traités qu'est l'Union européenne (UE) : le droit national en conflit avec le droit européen devait céder. La Cour de justice de l'Union (CJUE) était la gardienne scrupuleuse de la solidité des liens juridiques unissant les différentes composantes de cet ensemble. Mais en revenant sur ce postulat, le Tribunal polonais a pris une décision très politique.</p><p>Celle-ci est apparue d'autant plus choquante aux yeux des observateurs que le gouvernement de Varsovie est considéré par plus d'un comme autoritaire et malmenant l'État de droit.</p><p>Le débat possible sur les rapports entre le droit national et le droit européen a donc été rendu inaudible, car il a été placé à des niveaux qui faisaient de la discussion quelque chose d'impossible à tolérer. Pour certains, l'affaire était trop grave : l'État de droit, et même l'avenir de l'Union étaient en jeu. La décision polonaise devait donc absolument être révisée.</p><p>La question devenait dès lors "comment faire plier ce gouvernement?" Or, comme la capacité de l'Union à faire appliquer certaines de ses décisions est aussi puissante que celle de la Société des Nations en son temps, c'est-à-dire nulle, il n'y avait que l'arme économique et celle des fonds promis au titre du plan de relance "EU Next generation" qui pouvaient peut-être faire plier Varsovie.</p><p>Que l'Union doive recourir à pareille menace en dit long sur l'état de dégradation des rapports politiques en son sein.</p><p>Pour d'autres, acquis à un certain souverainisme et prêts à oublier les atteintes à l'État de droit orchestrées par le gouvernement polonais, la Pologne était libre de ses choix, et c'est le droit européen qui devait céder. Peu importe la nature des décisions prises, la démocratie impliquait un renversement dans la hiérarchie des normes.</p><p>Le débat impossible prend ainsi une nouvelle fois place, avec l'opposition supposée entre, d'un côté, le camp du droit et du bien et de l'autre, le camp du souverainisme arc-bouté, nationaliste et, dans le fond, condamnable. La pensée binaire avait encore une fois frappé.</p><p>L'UE est pétrie de paradoxes : projet politique, elle s'est construite sur la méfiance envers le politique et a voulu le museler par le droit et l'économique.</p><p>Désormais, le politique revient à la charge sous différentes formes, illustrant à sa manière la théorie du frigo de Jacques Rupnik. Ce dernier, en analysant l'éclatement du fédéralisme yougoslave, l'expliquait par des conflits conservés au réfrigérateur pendant l'ère de Tito, mais au prix d'un pourrissement inquiétant. L'Union européenne, sans basculer dans la guerre civile, expérimente elle aussi les retours d'un politique trop longtemps endigué.</p>
<p>Le politique saisi par le droit</p>
<p>Le projet européen se voulait un projet politique dont l'arc allait du rétablissement de la paix sur le continent à la lutte contre le communisme.</p><p>Il est l'enfant de l'Europe vaticane des années 1950, un projet chrétien-démocrate qui s'est pensé aussi bien contre le keynésianisme que contre le socialisme et, surtout, le communisme.</p><p>Le projet était très largement fondé sur l'idée que des solidarités successives de nature économique débordant sur d'autres domaines donneraient naissance à quelque chose d'hybride qui ne serait ni État-nation, ni Empire, mais une sorte de fédération des nations.</p><p>En réalité, le projet s'est construit sur la méfiance à l'égard du politique, visant à l'enserrer, le limiter et le placer sous la férule du marché et du droit (lois budgétaires encadrées, gestion de la monnaie confiée à une banque centrale indépendante, ordre juridique émanant de la concurrence libre et non faussée…). Le politique étant assimilé à la guerre, au nationalisme ou encore aux préjugés, il ne pouvait qu'inspirer la défiance.</p><p>Mais il ne s'est pas seulement agi de l'encadrer. Il s'est aussi agi de se substituer à lui, et d'imaginer ses intentions. C'est ici que la CJUE entre en scène, comme je l'indique dans mon livre : sa méthode d'interprétation du droit poursuit des objectifs de nature politique. Elle considère que le droit ne doit pas être strictement appliqué, mais appréhendé de façon extensive, dans le cadre des objectifs implicites contenus dans les traités : en cas de litige, l'interprétation du droit doit toujours privilégier un supposé "esprit des traités", impliquant le renforcement de l'intégration supranationale.</p><p>Les prérogatives accordées au juge lui donnent donc un pouvoir presque constituant, puisqu'il lui appartient de combler les lacunes supposées du droit communautaire.</p><p>On voit donc bien là comment le juridique est censé guider et soumettre le politique.</p>
<p>L'UE ou l'art du paradoxe : défense de l'État de droit et méfiance à l'égard de la démocratie</p>
<p>La méfiance à l'égard du politique s'est parfois transformée en dérive antidémocratique. Cela, moins pour les raisons habituellement évoquées (Parlement européen faiblement doté de pouvoirs, technocratie omnipotente) que du fait d'une sorte de suspicion de la part des autorités européennes vis-à-vis de ce qui pouvait sortir des urnes nationales.</p><p>L'élection d'Alexis Tsípras en Grèce avait ainsi été accueillie par la surprenante sortie de Jean-Claude Juncker, l'ancien président de la Commission européenne, qui avait affirmé qu'"il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens".</p><p>L'UE, qui se veut le parangon de l'État de droit, exige son respect de la part des nations européennes pour obtenir une adhésion ou, pour ses membres, des fonds dans le cadre de son plan de relance. Mais, dans le même temps, elle n'hésite pas à vider la démocratie de l'intérieur ou en rend l'exercice compliqué.</p><p>Il faut se souvenir combien, dans les pays du Sud durant les années 2011 et suivantes, il a été difficile de former des majorités, car les choix des citoyens risquaient d'être incompatibles avec les règles européennes. Que l'on se remémore, à cet égard, la difficile accession du bloc des gauches au Portugal, le fonctionnement récent de la démocratie espagnole ou les nouveaux rôles des présidents italiens, comme Giorgio Napolitano ou Sergio Matarella, grands ordonnateurs de gouvernements européistes.</p>
<p>Le paradoxe économique : quand l’économique capture le politique</p>
<p>L'autre paradoxe vient de l'économie. Cette dernière devait donner naissance à du politique, mais le marché a finalement capturé le politique.</p><p>Les politiques économiques non coopératives l'ont emporté, et la recherche de la compétitivité a fait oublier que l'Union européenne était, au départ, une communauté de partenaires et pas uniquement de concurrents.</p><p>La logique de la libre circulation des capitaux et l'affirmation de la logique concurrentielle ont autonomisé la sphère économique, qui est devenue centrale dans le projet européen. L'objectif désormais était la mise en œuvre de réformes structurelles affectant la protection sociale et le marché du travail. De plus en plus de domaines économiques, comme la politique commerciale, sont ainsi soustraits de la délibération collective.</p><p>En somme, les paradoxes traversant l'organisation juridique et économique de l'Union en font non seulement un lieu de développement des travers les plus inquiétants de la seconde mondialisation (la mondialisation financière, débutée à la fin des années 1970) à travers les possibilités de concurrence déloyale (dumping social et fiscal) qu'ils ouvrent, mais nourrissent aussi les contestations.</p><p>Cet arrière-plan met à mal certains piliers sur lesquels repose l'adhésion des citoyens à l'UE et participe à l'intensification de la fréquence à laquelle l'Union rencontre des crises depuis 2010 (la crise dite grecque, la crise migratoire, les tensions à l'est, etc.). Ce faisant, la contestation de l'ordre européen, ne pouvant s'opérer sur un terrain politique cadenassé, s'est déportée dans les domaines économique et juridique.</p><p>Que l'on songe déjà au Brexit : le Royaume-Uni avait fait du retour à la supériorité au droit britannique sur celui de l'Europe une pierre angulaire de sa sortie. Et dans l'ordre économique, les pays d'Europe centrale et orientale cédaient, ces dernières années, au contre-projet de mondialisation chinois, les nouvelles routes de la soie. Mais le politique prend désormais d'autres visages.</p>
<p>Les différents visages du retour du politique</p>
<p>Il y aurait tout un nuancier à explorer pour observer le retour du politique dans la contestation contre l'UE.</p><p>Il est revenu de manière inquiétante lors de la crise dite grecque, durant laquelle les préjugés à l'égard des pays du sud ont prospéré un peu partout. Le nationalisme que l'Europe avait combattu depuis sa création revenait sous la forme d'un racisme décomplexé. Souvenons-nous de certains titres de journaux allemands ou encore des sorties de l'ancien président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, parlant de la préférence des habitants du sud pour l'alcool et les femmes.</p><p>Mais le politique n'a pas cessé d'exister dans les pays forts et dominants du continent, comme l'Allemagne qui, d'une part, adhérait à l'ordre économique et juridique européen, mais, de l'autre, disposait d'une Cour constitutionnelle ne cédant pas d'un pouce sur la souveraineté allemande, exigeant que l'Allemagne puisse toujours décider par soi-même et pour soi-même.</p><p>La Pologne, sans détenir la même puissance - et peu importent ses motifs - voulait à son tour faire valoir la possibilité d'imposer son ordre juridique national et a porté la contestation là où le Royaume-Uni l'avait fait avant elle : sur le terrain du droit. En faisant prévaloir son droit sur celui de l'Europe, elle n'est pas le héraut de la démocratie retrouvée de demain qui reconquiert fièrement sa souveraineté, mais le signe supplémentaire de la décomposition d'un ordre européen fondé sur le droit et le marché.</p><p>La déconstruction européenne continuera d'emprunter les chemins du droit, d'autant plus que les sujets clés à venir sont à haute teneur juridique : gestion des flux migratoires, dumping social, fiscal, normes techniques, sanitaires, phytosanitaires. La Pologne poursuit le travail britannique et l'Union européenne n'a rien d'autre à offrir. Elle est en panne d'imaginaire et a montré que face aux enjeux de nos économies, elle apparaît confuse, contradictoire et exacerbe les tensions plus qu'elle ne parvient à les résoudre.</p><p>Cet article est republié à partir de <a href="https://theconversation.com">The Conversation</a> sous licence Creative Commons. Lire l’<a href="https://theconversation.com/crise-ue-pologne-le-retour-du-politique-170577">article original</a>.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/768/cop26-comment-les-elites-nous-preparent-un-%E2%80%9Cpass-carbone%E2%80%9C</guid>
	<pubDate>Sun, 14 Nov 2021 14:53:12 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/768/cop26-comment-les-elites-nous-preparent-un-%E2%80%9Cpass-carbone%E2%80%9C</link>
	<title><![CDATA[COP26 : comment les élites nous préparent un “pass carbone“]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>1.Le prince Charles en roue libre</p>
<p>Lors de la COP26,  le <a href="https://www.nbcnews.com/video/u-k-s-prince-charles-addresses-u-n-cop26-climate-conference-in-glasgow-125089861646">Prince Charles</a> a tenu des propos surréalistes concernant le futur de l’humanité. Des propos, qui par ailleurs, ont été peu ou pas repris par les médias hexagonaux.</p><p>La feuille de route ne parle pas de confinement pour fin 2021 mais de pénuries et d’installation de contrôles militaires pour le programme de transition et de renoncement à la dette. </p><p>Il a expliqué, d’un ton sur et monotone, qu’il fallait mettre en place une campagne militaire qui imposera la nouvelle transition économique mondiale afin de sauver la planète en y injectant des milliers de milliards de dollars, une somme plus importante que le PIB mondial !</p><p>Il affirme que les pays sont gravement endettés et qu’ils ne pourront pas faire face aux défis climatiques.</p><p>Qui pouvait mieux annoncer cette grande réinitialisation du monde que « son Altesse » dont l’obsession climatique est bien connue de tous !</p><p>Ségolène Royal l’avait d’ailleurs fait venir chez nous, en décembre 2015, pour trôner aux côtés de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Bloomberg">Michael Bloomberg</a> (un des mécènes de Joe Biden), <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Al_Gore">Al Gore</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Sp%C3%A9cial%3ARecherche&amp;fulltext=1&amp;search=Arnold%20Schwarzenegger&amp;ns0=1">Arnold Schwarzenegger</a>, au sommet de la COP21 aboutissant aux fameux Accords de Paris.</p><p>Si ces dirigeants mondiaux mettaient à disposition cet argent fictif gagné via la spéculation boursière, ce n’est pas pour le bien de l’humanité mais pour en contrôler l’avenir.</p><p>Comment imaginer un seul instant que Jeff Bezos, le patron d’Amazon, devenu milliardaire en vendant des gadgets chinois aux Américains et aux Européens en détruisant leur industrie et leur petit commerce, puisse à un moment devenir une partie de la solution au problème climatique !</p><p>Nous assistons, donc, à la mise en place du Nouvel ordre mondial, une dictature mise en place par le secteur privé mondialiste, qui veut mettre fin aux démocraties que nous connaissons en utilisant systématiquement la menace pour arriver à ses fins.</p><p>Pour rappel, du 9 au 11 novembre 2020, s’est tenue une rencontre de haut niveau, baptisée  <a href="https://fr.weforum.org/events/green-horizon-summit-the-pivotal-role-of-finance-2020">Green Horizon summit </a>, réunissant une centaine de décideurs financiers et économiques de haut vol, tous avides d’examiner comment passer de la théorie climatique à la spéculation verte : le Great Reset de leur portefeuille au détriment de la planète.</p><p>Selon les organisateurs, le sommet avait pour but d’accélérer l’innovation financière dans le climat, en promouvant des initiatives semblables à celles des obligations vertes.</p>
<p>2.Et maintenant l’état d’urgence climatique</p>
<p>En 2015, c’était la menace terroriste, depuis 2 ans nous sommes en état d’urgence sanitaire et demain ce sera la menace climatique.</p><p>En effet, comment ne pas admettre la conformité massive et sans questionnement des peuples aux réglementations restrictives et liberticides du COVID.</p><p>L’idée de confinement climatique pourrait être facilement normalisée à la lumière du respect massif des confinements pandémiques.</p><p>Alors qu’avec la crise sanitaire, beaucoup de responsables se rendent à l’évidence que la mondialisation financière a rongé la substance productive de nos économies et fragilisé nos secteurs publics, cette « Caste » voit comme une énorme menace le retour aux recettes économiques élémentaires ayant fait leurs preuves lors de la reconstruction d’après-guerre.</p><p>Pour ces élites déconnectées, il s’agit, donc, de saisir la formidable occasion que leur offre la peur suscitée par la crise sanitaire mondiale, pour imposer une dictature climatique et de contrôler directement le portefeuille de chaque citoyen.</p><p>De faire en sorte que l’essentiel des investissements soit affecté exclusivement au fameux <a href="https://ec.europa.eu/info/strategy/priorities-2019-2024/european-green-deal_fr">New Green Deal</a> et que les citoyens se comportent comme il faut.</p><p>L’idée est donc de mettre en place une tyrannie plus intrusive en misant sur le fait que les gens peuvent être plus disposés à accepter le suivi et les limitations liées aux quotas carbone personnels pour obtenir un climat plus sûr.</p><p>Si, lors de cette COP26, les gouvernements décident soudainement de bannir le CO2 de leur économie, le monde pourrait connaître un retournement brutal des valeurs d’un tiers de l’économie mondiale, soit la partie liée aux hydrocarbures (lignite, charbon, gaz, pétrole, etc.) et l’écosystème qu’elles entretiennent (exploitation minière, pétrochimie, plastique, etc.).</p><p>Mieux vaut donc prendre les devants et organiser le verdissement de la finance mondiale, afin de limiter les frais et surtout les secousses.</p><p>Pour cette finance-là, faute d’une réelle opposition de la part de gouvernants obéissant à l’intérêt général et non aux lobbies, la crise pandémique de Covid-19 a offert une fenêtre de tir pour mettre en place le type de société totalitaire et de surveillance dont elle rêve depuis longtemps.</p><p>Car s’il s’agit, officiellement, de sauver le climat et la planète, en réalité, ce n’est que l’ultime bouée de sauvetage de la bulle des « actifs verts » et un moyen efficace pour la faire gonfler.</p><p>Nos élites, présentes à Glasgow,  préparent donc des quotas de carbone personnels obligatoires qui introduiraient le rationnement dans tous les domaines de votre vie et ceci via une application qui enregistrerait vos déplacements, vos dépenses de chauffage et même la nourriture que vous mangez.</p><p>D’ailleurs, cette proposition avait été présentée dans la revue scientifique <a href="https://www.nature.com/articles/s41893-021-00756-w">Nature</a> par quatre experts de l’environnement comme un moyen de réduire les émissions mondiales de carbone.</p><p>Le discours ambiant de cette COP26 est donc que, face aux problèmes écologiques présents et à venir,  il est nécessaire de mettre dans l’esprit collectif,  que chaque citoyen soit conscient d’avoir un rôle à jouer dans la lutte contre le changement climatique, en proposant l’instauration d’un compte ou pass carbone.</p><p>À l’image d’un compte en banque, ce compte carbone sera crédité de 2000kg de carbone par français par an, suivant les accords de Paris.<br />Il sera demandé lors de tout achat de produits ou services de première main générant une quantité non négligeable de carbone dans son cycle de production / commercialisation de présenter son compte ou pass carbone sur lequel sera débité le montant de carbone lié à la dépense.</p><p>Il est donc envisagé que pass sanitaire se transformera en pass carbone et donc une limitation des voyages, de la  nourriture, des de km en voiture, etc…</p><p>Le tout au nom de la prochaine crise à venir : le changement climatique.</p><p>Aujourd’hui le pass, renouvelé à minima jusqu’en juillet 2022, offre un QR code pour le vaccin. Et demain ce sera pour votre bilan carbone.</p><p>Et le surlendemain ?</p><p>Reste à savoir si les populations mondiales vont se laisser faire et se faire esclavagiser et de la sorte par cette caste.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/767/scoop-quest-ce-que-le-great-reset-recherche-vraiment-avec-le-passe-sanitaire</guid>
	<pubDate>Sun, 14 Nov 2021 14:51:09 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/767/scoop-quest-ce-que-le-great-reset-recherche-vraiment-avec-le-passe-sanitaire</link>
	<title><![CDATA[Scoop : qu&#039;est-ce que le Great Reset recherche vraiment avec le passe sanitaire ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Peut-être vous êtes-vous demandé, comme moi, quelle mouche avait brutalement piqué Emmanuel Macron le 12 juillet lorsqu’il a annoncé la mise en place d’un passe sanitaire restreint dès le mois d’août. Il est encore trop tôt pour avoir toutes les réponses aux questions qui peuvent se poser, notamment sur le poids exact de l’industrie pharmaceutique dans les décisions politiques (on pense ici aux disparitions étonnantes de certains chefs d’Etat hostiles à la vaccination, qui laissent à penser que des méthodes de persuasion parfois assez violentes sont utilisées dans le milieu… l’Histoire éclaircira ces affaires). </p><p>Les langues commencent toutefois à se délier dans les milieux industriels, et ce qu’on apprend ne manque pas d’intérêt. </p>
<p>Thalès au coeur du passe sanitaire</p>
<p>C’est en allant sur le <a href="https://dis-blog.thalesgroup.com/identity-biometric-solutions/2021/07/27/how-digital-id-can-help-citizens-access-government-services-from-anywhere/?utm_source=twitter&amp;utm_medium=Hootsuite&amp;utm_term=&amp;utm_content=&amp;utm_campaign=DIS-Digital-Identity">blog de l’entreprise Thalès (en anglais)</a> qu’on comprend dans quelle cohérence d’ensemble s’inscrit cette première étape du capitalisme de surveillance qui s’appelle le passe sanitaire. Thalès entend en effet proposer une solution globale d’identité numérique et nous expose avec une forme de naïveté comment ce projet va se décliner. </p><p>Thalès écrit donc :</p><p>So-called digital ‘vaccination passports’ will play a key role in enabling citizens to access all manner of services and will act as a precursor to the rollout of mobile digital IDs.</p><p>(Les passeports vaccinaux joueront un rôle-clé dans la capacité des citoyens à accéder à toutes sortes de services et agiront comme des précurseurs au passage vers l’identité numérique sur téléphone portable).</p><p>Le passe sanitaire est donc un “précurseur” ! L’anticipation d’un système généralisé où l’identité ne sera plus établie par un document officiel “autonome” comme une carte d’identité, mais bien par un “portefeuille” numérique conservé sur un cloud et une application dont l’archivage échappera à l’utilisateur. </p><p>Autrement dit, il s’agit de nous habituer à changer de mode d’établissement de notre identité. </p>
<p>Un portefeuille digital pour accéder aux services publics</p>
<p>Sur le fond, Thalès ne cache pas l’ambition “centrale” du passe sanitaire, qui est de devenir une plate-forme d’accès aux différents services publics disponibles sur Internet. Pour ce faire, le passe-sanitaire repose sur un “wallet”, un portefeuille numérique, <a href="https://lecourrierdesstrateges.fr/2021/07/01/de-lunion-monetaire-a-lurss-la-planification-centrale-europeenne-organisee-par-la-bce/">pour lequel la Commission Européenne a d’ores et déjà posé les bases</a>. </p><p>In both cases, the deployment of a digital wallet – primarily for digital driving licenses – will act as a gateway and the foundations for other vital government services, such as health passes.</p><p>(Dans tous les cas, le déploiement du portefeuille digital – initialement pour le permis de conduire – fonctionnera comme une plateforme d’accès et des piliers pour d’autres services publics vitaux, comme les passes sanitaires”. </p><p>On comprend donc que le passe sanitaire est la face émergée d’un iceberg technique qui se constitue progressivement, et qui va bouleverser la notion d’identité “administrative”. Désormais, les citoyens seront directement gérés par un Big Data qui permettra de leur donner accès à certains lieux ou à certains services par le contrôle de l’intelligence numérique. </p>
<p>Quand le portefeuille digital remplacera le passeport</p>
<p>Dans la palette de services que “l’ID numérique” devra rendre, on trouve en particulier le remplacement en bonne et due forme du bon vieux passeport actuel. Celui-ci sera bientôt rangé aux oubliettes de la préhistoire et remplacé par une application sur un téléphone, où toutes les données individuelles seront centralisées. </p><p>Last butcertainlynot least, the EU Digital Identity will allow citizens to use their documentation across the entire region.</p><p>(Enfin et pas des moindres, l’identité digitale européenne permettra aux citoyens d’utiliser leurs documents à travers tout le continent). </p><p>On se souvient que l’Europe s’était fondée sur l’aspiration à un continent sans frontière et sans contrôles d’identité. Subrepticement, on est passé à une Europe avec des contrôles universels poussés à un point inconnu jusqu’ici. C’est sans doute le progrès des Lumières qui veut ça. </p>
<p>Portefeuille digital et euro numérique</p>
<p>Mais c’est une autre fonctionnalité du “wallet” qui doit retenir l’attention, car <a href="https://lecourrierdesstrateges.fr/2021/08/17/%f0%9f%8e%96pour-eviter-la-ruine-par-leuro-numerique-preparez-votre-secession-monetaire/">elle rejoint le projet d’euro numérique que nous avons évoqué cette semaine</a>. Il s’agit de l’utilisation du portefeuille digital comme moyen de paiement. </p><p>It gets really exciting when you realise that the wallet can host both digitalised identity and payment credentials. This could allow people, for example, to pay a deposit on a new apartment or settle an outstanding speeding fine directly from their smartphone. </p><p>(Cela devient exaltant de penser que le portefeuille digital peut héberger à la fois une identité numérique et des moyens de paiement. Ceci permettrait aux gens, par exemple, de payer une caution pour un nouvel appartement ou de régler une amende pour excès de vitesse directement depuis un smartphone). </p><p>On y vient, donc : le passe sanitaire devrait déboucher sur une ramification future, le paiement en ligne, par exemple des impôts ou des amendes. Ou du loyer. Ou des traites sur en emprunt bancaire…</p><p>Bref, si l’on se souvient que l’euro numérique serait à la main complète de la Banque Centrale Européenne, l’espace de liberté qui restera au consommateur pour arbitrer ses dépenses va devenir de plus en plus contraint. Du propre aveu de Thalès, en effet, l’Etat saura tout de vous, y compris de votre situation financière ou bancaire. </p>
<p>La porte ouverte au crédit social</p>
<p>On va bien dans quel état de dépendance ce système entreprend, sans que ce projet ne soit publiquement explicité auprès des citoyens, de placer les individus. Se met en place une architecture qui rendra possible le “crédit social” à la chinoise : le wallet contiendra des marqueurs indiquant qui n’a pas payé ses impôts, ou ses dettes, qui a roulé trop vite, qui a tardivement réglé sa pension alimentaire. Et si le marquer apparaît, l’individu sera interdit d’accès à certains services, ou à certains achats. </p><p>Peu à peu, il sera marginalisé, sans possibilité de s’y opposer. </p><p>C’est bien à cela que sert le passe sanitaire. Il n’est pas une fin en soi. Il est un début, un précédent, une mise en bouche. Vous savez désormais dans l’attente de quoi il sera maintenu après le 15 novembre.  </p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/765/150-000-milliards-de-dollars-tel-est-le-cout-estime-de-la-croisade-contre-le-changement-climatique</guid>
	<pubDate>Sun, 14 Nov 2021 12:40:29 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/765/150-000-milliards-de-dollars-tel-est-le-cout-estime-de-la-croisade-contre-le-changement-climatique</link>
	<title><![CDATA[150 000 milliards de dollars. Tel est le cout estimé de la croisade contre le changement climatique]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Tyler Durden – Le mardi 19 octobre 2021 – Source <a href="https://www.zerohedge.com/energy/one-bank-reveals-dismal-truth-about-150-trillion-crusade-against-climate-change">Zero Hedge</a></p><p>La semaine dernière, Bank of America a déclenché une tempête de réactions dans les camps des partisans et des opposants au changement climatique, lorsqu’elle a publié l’un de ses énormes tomes de « Recherche thématique », cette fois-ci couvrant le monde du « Transwarming », et qui sert d’introduction clé à la réalité du plan Zero Carbone d’aujourd’hui, ne serait-ce que pour être l’une des premières banques à <a href="https://www.zerohedge.com/markets/here-hidden-150-trillion-agenda-behind-crusade-against-climate-change">quantifier le coût</a> de la plus grande remise en question économique, écologique et sociale de l’histoire moderne.</p><p>En résumé, pas moins de 150 000 milliards de dollars de nouveaux investissements en capital seraient nécessaires pour atteindre un monde « zéro carbone » sur 30 ans – ce qui équivaut à 5 000 milliards de dollars d’investissements annuels – c’est-à-dire deux fois le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Produit_mondial_brut">PIB mondial actuel</a>.</p><p>Il va sans dire que le secteur privé est loin de disposer du capital nécessaire pour réaliser cet investissement. C’est pourquoi Bank of America estime généreusement que tout ou partie de la facture devra être payée par les banques centrales sous la forme de dizaines de milliards de dollars d’assouplissement quantitatif. Et comme l’assouplissement quantitatif est essentiellement une monétisation de la dette, et que 150 000 milliards de dollars de nouvelles dettes auraient des conséquences dévastatrices sur l’économie, la BofA a eu l’amabilité de partager ses calculs sur l’ampleur de l’inflation que provoquerait ce projet de milliardaires : le scénario de « monétisation totale », dans lequel les banques centrales injecteraient 5 000 milliards de dollars de liquidités chaque année via un assouplissement quantitatif durant 30 ans, entraînerait une inflation supplémentaire de 3 % pendant une bonne décennie. Il s’agirait d’une inflation s’ajoutant à celle déjà en cours.</p><p>Et nous en arrivons au cœur du sujet, car comme BofA l’admet, la croisade contre le changement climatique, la doctrine GES, le monde « Zero Carbone », quel que soit le nom qu’on veuille lui donner, devient un feu vert au plus grand épisode d’assouplissement quantitatif de l’histoire, un épisode enveloppé dans le vernis « noble » de la lutte pour la cause la plus importante de l’histoire de la civilisation, mais en réalité, c’est juste le plus grand plan de transfert de richesse de l’histoire :</p><p>Nous venons de voir un pic d’inflation supplémentaire de &lt;1% par an sur un horizon de trois décennies. Dans des scénarios plus agressifs où les banques centrales choisissent d’absorber la moitié ou la totalité de la facture de la décarbonation par le biais de l’assouplissement quantitatif, les risques d’un choc inflationniste augmentent. Néanmoins, nous pensons que notre troisième cas est le plus probable, car il serait politiquement difficile de justifier une impulsion monétaire beaucoup plus expansive. Il est vrai que si les banquiers centraux ont exprimé le désir de contribuer à rendre l’économie plus verte, leurs achats d’obligations d’entreprises ont historiquement été limités aux politiques de crise par le biais de l’assouplissement quantitatif et restent bien en deçà des achats de dette souveraine. En tant que tel, tout achat d’obligations vertes d’entreprises serait probablement limité à la fois par la taille des futurs programmes d’achat et par leur proportion par rapport à l’ensemble du marché des obligations d’entreprises, avec des allocations légèrement plus élevées dans le cadre de politiques d’achat plus progressives qui mettent l’accent sur les préoccupations environnementales.</p><p>À ce stade, la sonnette d’alarme devrait être tirée, même par les progressistes les plus écervelés, car malgré tous les avantages vantés, les coûts commencent à apparaître et – au moins pour les deux ou trois prochaines générations – ils seront absolument écrasants pour la classe moyenne, tout en permettant aux 1 % les plus riches de piller et de saccager pratiquement tous les actifs du monde. Pensez-y comme au plus grand vol mandaté de l’histoire du monde, et vous comprendrez soudain pourquoi tous les milliardaires en jet privé soutiennent si bruyamment un monde « zéro carbone ».</p><p>Mais il y a pire.</p><p>Maintenant que le génie est sorti de la bouteille et que les questions difficiles telles que « qui va payer pour tout cela » sont posées, la Bank of America a publié un rapport de suivi dans lequel elle indique très clairement que « contrairement à certains arguments, nous pensons que les efforts d’atténuation du changement climatique sont susceptibles de nuire à la croissance au cours des dix prochaines années environ« .</p><p>Dans sa note intitulée « A hot take on climate change », l’économiste en chef de la Bank of America, Ethan Harris, passe d’abord en revue toutes les étapes familières expliquant pourquoi il est si impératif – et noble – de faire quelque chose pour lutter contre les gaz à effet de serre (semblable à ce que nous avons lu pendant une grande partie du début du 20e siècle, où, <a href="https://paperspast.natlib.govt.nz/newspapers/ROTWKG19120814.2.56.5">depuis 1912</a>, article après article, on se lamentait sur la catastrophe que représentait le réchauffement de la planète, du moins jusqu’aux années 1970, lorsque l’absence de réchauffement réel de la planète a incité les « scientifiques » à suggérer que le refroidissement de la planète et une « nouvelle ère glaciaire » étaient inévitables). Au moins, les scientifiques pouvaient s’accorder sur le fait qu’il s’agissait de « quelque chose de global » (il s’est avéré que cela signifiait en réalité « une impression monétaire globale »), et comme Harris l’a exposé, c’est ce sur quoi le « consensus scientifique » semble s’accorder maintenant :</p>
<p>Le comportement humain a un impact significatif sur le changement climatique et les événements climatiques.<br />Même dans le cadre d’hypothèses optimistes – comme l’atteinte d’un taux d’émissions nettes nul d’ici 2050 – les impacts vont probablement augmenter au cours de ce siècle.<br />Il est beaucoup plus efficace d’agir maintenant que d’attendre trop tard.<br />L’incertitude quant à l’impact exact n’est pas une excuse pour l’inaction : un large éventail de résultats signifie qu’il est plus urgent d’agir, et non moins.</p>
<p>Rien de ce qui précède n’est nouveau, puisque les médias grand public bombardent leur public depuis dix ans de platitudes émotionnelles et d’appels qualitatifs expliquant pourquoi il faut agir.</p><p>Cependant, comme nous <a href="https://www.zerohedge.com/markets/here-hidden-150-trillion-agenda-behind-crusade-against-climate-change">l’avons abordé</a> la semaine dernière, toute discussion sur l’économie du changement climatique devrait commencer et se terminer par le fait qu’il s’agit de l’exemple ultime d’« externalités » – des activités privées (généralement pour des sociétés dont les descendants et les actionnaires se situent désormais dans le top 0,01% de la richesse mondiale) qui créent des coûts publics. En effet, comme l’écrit Harris, le changement climatique est l’externalité ultime, car une activité menée à un endroit a un impact sur le monde entier. Le fait que le changement climatique soit mondial par nature et qu’une si grande partie des bénéfices des actions reviennent à tout le monde a des implications importantes.</p><p>Premièrement, contrairement à d’autres « courses » technologiques, l’atténuation du changement climatique est davantage un « jeu » de coopération qu’une compétition. Lorsque des pays comme les États-Unis et la Chine « rivalisent » pour développer de nouvelles technologies, deux points de conflit tendent souvent à apparaître : une lutte pour la part de marché et une lutte pour la supériorité géopolitique. En revanche, les pays qui développent des technologies efficaces d’atténuation du changement climatique sont fortement incités à en partager les bénéfices. S’ils gardent la technologie pour eux, l’impact sur leur propre climat sera beaucoup plus faible.</p><p>C’est formidable… si seulement ce n’était pas une chimère. Pourquoi ? Parce que le récent refus de Xi Jinping, le plus grand pollueur de la planète, de se joindre à ses homologues de la « croisade contre le changement climatique » au sommet COP26 Net Zero qui se tiendra en Italie à la fin du mois, est un spectacle géant destiné aux masses. Parce que si le plus grand pollueur du monde fait clairement savoir qu’il n’a aucun intérêt à réduire réellement ses propres émissions de CO2, alors tous ceux qui prêchent des conneries sur un « jeu coopératif » peuvent aller se faire voir.</p><p>Cependant, là où Harris a quelque peu raison, c’est en soulignant le « consensus déprimant de la littérature sur le changement climatique » selon lequel, même si tout le monde coopère, la terre continuera à se réchauffer car il existe des décalages dans le lien entre les GES [Gaz à Effet de Serre] et le réchauffement de la planète. En effet, dans le meilleur des cas – chaque pays atteignant des objectifs agressifs au milieu du siècle – le changement de politique atténuera le problème, mais ne l’arrêtera pas. Ainsi, selon BofA, « les événements climatiques constitueront un risque croissant, d’intensité variable, dans presque tous les scénarios plausibles ».</p><p>En d’autres termes, le théâtre de l’absurde du « zéro carbone » est un théâtre où les motivations des acteurs divergent clairement – où seule une convergence dès le départ pourrait faire fonctionner le système – et où même le meilleur scénario de coopération totale n’a aucune chance d’arrêter réellement le problème, mais seulement de l’atténuer. Oh, et pendant ce temps, le monde devrait supporter des coûts de quelque 150 000 milliards de dollars.</p><p>Ce qui nous amène à l’évaluation principale de BofA : tout cela sera-t-il bon ou mauvais pour la croissance ? Ici, nous trouvons une vérité inattendue…</p><p>Selon BofA, les rapports de presse et de nombreuses études sur le changement climatique se concentrent sur le mauvais côté de l’économie – l’impact sur la demande globale plutôt que sur la capacité de production. Par exemple, le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) affirme que l’objectif de zéro émission nette réduirait l’emploi dans le secteur de l’énergie traditionnelle de 5 millions d’ici 2030, mais créerait 14 millions d’emplois dans le secteur de l’énergie propre. Ils affirment également que « l’augmentation des emplois et des investissements stimulerait la production économique, ce qui se traduirait par une augmentation nette du PIB mondial jusqu’en 2030. » La croissance du PIB mondial serait en moyenne de 0,4 plus élevée sur la période 2020 à 2030. L’inconvénient serait que certains pays seraient gagnants et d’autres perdants, et que l’inflation – une fois que l’on prend en compte les milliers de milliards d’euros d’assouplissement quantitatif des banques centrales nécessaires pour financer toute cette croisade – pourrait être de 1 à 3 % plus élevée.</p><p>Ici, Bank of America n’est pas d’accord et écrit qu’au moment où des efforts sérieux d’atténuation du changement climatique seront entrepris, l’économie mondiale sera probablement proche du plein emploi. Ce sera probablement le cas aux États-Unis. Par conséquent, pour doter l’industrie en personnel, il faut retirer des travailleurs du reste de l’économie. Dans le même temps, la mise en place d’une infrastructure d’énergie verte nécessitera plus qu’un doublement des investissements dans le secteur, qui passeront d’environ 2 % du PIB actuellement à une moyenne de 4,5 % sur la période 2020-30. D’où viendront ces 2,5 % du PIB ? (alerte spoiler : impression monétaire, et tout le monde le sait).</p><p>Ou alors : Harris admet qu’à court terme, les banques centrales pourraient en effet s’accommoder de la poussée de la demande, permettant ainsi à leurs économies de surchauffer. D’où l’estimation de l’AIE d’une hausse de l’inflation de 1 à 3 %. Cependant, l’économiste de BofA n’est pas d’accord avec cette estimation non plus. Si la Fed autorise un dépassement permanent du potentiel économique, l’inflation ne fera pas qu’augmenter, elle aura tendance à surchauffer. Comme dans les années 1970, il y aura une boucle de rétroaction entre l’inflation des prix, l’inflation des salaires et les attentes en matière de prix.</p><p>Traduction : la croisade « zéro carbone » contre le changement climatique est en réalité…. la condition nécessaire et suffisante pour déclencher l’hyperinflation dont les nations massivement endettées du monde ont besoin pour dégonfler leur dette.</p><p>Mais attendez, ce n’est pas tout, car comme le concède Harris ensuite, en réalité, alors que l’inflation va monter en flèche, l’atténuation du climat est « également susceptible de ralentir l’offre de l’économie, en particulier dans la phase d’accélération ». Il explique plus loin :</p><p>Les grands changements structurels dans l’économie ont tendance à créer de grands défis de transition. Les travailleurs doivent passer d’un secteur à l’autre, certaines industries vont connaître un essor tandis que d’autres vont se contracter, et à mesure que les réglementations et les taxes augmentent, le capital qui avait été investi dans la production et l’utilisation d’énergies sales deviendra rapidement obsolète.</p><p>Tout cela signifie une croissance tendancielle plus faible pendant la transition d’une économie sale à une économie verte. Et, comme indiqué plus haut, il n’y a même aucune garantie que la transition vers une économie verte sera un jour achevée une fois qu’elle aura commencé ; au mieux, nous pourrions être coincés pour toujours dans la phase d’« atténuation ».</p><p>Le gain très asymétrique – concède BofA – se produit sur le très long terme, les avantages s’accumulant ici et maintenant pour ceux qui sont susceptibles de récolter les bénéfices de la générosité de l’impression des banques centrales, qui seront naturellement ceux qui possèdent les actifs résistant à l’inflation tels que les actions, les matières premières et, bien sûr, les cryptos ; tandis que la douleur sera supportée par tous les autres, c’est-à-dire, malheureusement, par les classes moyennes et inférieures, et aura de plus des effets « sur le long terme », alors que les avantages d’un climat plus propre apportera (peut-être) des bénéfices à leurs petits-enfants et arrière-petits-enfants. Leur génération, cependant, sera sacrifiée sur l’autel des 0,1 %. Car comme toute vraie religion, le « changement climatique » exige aussi un sacrifice pour qu’une poignée d’élus puisse vivre mieux.</p>
<p>La partie visible de l’iceberg</p>
<p>Voilà pour la théorie, mais que se passe-t-il sur le terrain ? Comme l’explique Harris, les progrès en matière de politique sont terriblement lents, car certaines politiques continuent d’aggraver le problème au lieu de le résoudre. Prenons deux exemples. Premièrement, selon l’AIE, les pays dépensent plus de 400 milliards de dollars par an pour subventionner principalement la consommation de pétrole, mais aussi de gaz et d’électricité. Dans de nombreux cas, il existe un conflit entre l’aide aux pauvres et l’aide à l’environnement. Deuxièmement, malgré ce que BofA appelle « l’élévation du niveau de la mer et l’augmentation du nombre d’ouragans », certains pays encouragent l’installation de maisons dans des zones à risque en subventionnant les assurances et les secours en cas de catastrophe. C’est presque comme si les pays eux-mêmes, et certainement les milliardaires des plages de Malibu, ne croyaient pas à l’augmentation du niveau des mers. Là encore, il y a conflit entre deux objectifs : aider les personnes vulnérables et réduire le coût des événements climatiques.</p><p>Entre-temps, le changement climatique et les efforts d’atténuation climatique semblent déjà avoir un impact sur l’économie mondiale. Bien que les scientifiques prennent bien soin d’éviter d’attribuer une relation de cause à effet entre le changement climatique et les événements climatiques individuels – peut-être pour la même raison que la « science » est apparue comme une farce à motivation politique lorsqu’il s’est agi de tirer des conclusions hâtives et idéologiques pendant la mise en scène Covid – ils soulignent néanmoins certaines tendances inquiétantes. Prenons deux exemples mis en évidence par BofA : « Premièrement, les données publiées par l’Agence de protection de l’environnement montrent que le nombre d’incendies de forêt aux États-Unis n’a montré aucune tendance entre 1983 et 2020. Toutefois, si l’on se concentre uniquement sur les grands incendies, le nombre d’hectares brûlés semble avoir augmenté de manière significative à partir de 2000 environ. Deuxièmement, le Geophysical Fluid Dynamics Laboratory rassemble des études sur les ouragans et les cyclones tropicaux. Son rapport est parsemé des qualificatifs habituels (confiance moyenne à élevée), mais les preuves indiquent une augmentation de l’intensité des tempêtes ces dernières années. » Chère Bank of America, c’est ce qu’on appelle une recherche d’objectif torturée : pressez les données suffisamment fort et n’importe quel modèle que vous voulez finira par en émerger.</p><p>Plus important encore, BofA admet qu’il existe désormais des preuves que le changement climatique et l’atténuation de ses effets jouent « un certain rôle » dans la récente hausse des prix de l’énergie (à cela nous répondons que non seulement l’atténuation du changement climatique joue « un certain rôle » mais que la principale raison de la crise énergétique mondiale est la poussée idiote vers une utopie GES, ce dont nous avions déjà averti en juin dans « <a href="https://www.zerohedge.com/markets/why-one-bank-thinks-esg-could-trigger-hyperinflation">Will ESG Trigger Energy Hyperinflation</a>« ).</p><p>Mais le pire, c’est qu’étant donné les perspectives réglementaires et la stigmatisation qui prévaut actuellement en ce qui concerne les combustibles fossiles, les investissements dans les capacités d’énergie sale seront faibles et dépendront de coûts élevés. Pendant ce temps, l’énergie verte n’augmente pas assez rapidement pour combler le vide. De façon ironique, les changements dans les régimes de vent et de pluie semblent avoir affecté l’offre d’énergie éolienne et hydraulique. Ces mêmes énergies éolienne et hydraulique qui étaient censées sortir le monde de sa dépendance aux combustibles fossiles. Parce que les scientifiques étaient tellement aveugles pour faire avancer leur agenda politique qu’ils n’ont pas vu ce qui était juste devant leur nez, de la même manière que Reuters <a href="https://www.reuters.com/technology/rocking-down-electric-avenue-good-luck-charging-your-car-2021-10-13/">a découvert</a> la semaine dernière que les villes européennes et américaines qui prévoient d’éliminer progressivement les moteurs à combustion au cours des 15 prochaines années doivent d’abord combler un manque de prises de recharge pour des millions de résidents qui garent leur voiture dans la rue. Oups – peut-être qu’avec le recul, les décideurs et les scientifiques auraient dû penser d’abord à l’évidence, au lieu de se précipiter sur l’agenda qui leur rapporte le plus d’argent…</p><p>Tyler Durden</p><p>Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/762/saif-al-islam-kadhafi-sur-le-point-d%E2%80%99annoncer-sa-candidature-sera-t-il-le-favori-de-la-presidentielle-en-libye%C2%A0-ledito-de-michel-taube</guid>
	<pubDate>Sat, 13 Nov 2021 20:02:50 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/762/saif-al-islam-kadhafi-sur-le-point-d%E2%80%99annoncer-sa-candidature-sera-t-il-le-favori-de-la-presidentielle-en-libye%C2%A0-ledito-de-michel-taube</link>
	<title><![CDATA[Saïf al-Islam Kadhafi, sur le point d’annoncer sa candidature, sera-t-il le favori de la présidentielle en Libye ? L&#039;édito de Michel Taube]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Si une énième conférence internationale sur la Libye se tient aujourd’hui à Paris, après Berlin, Rome et de nombreuses autres capitales, l’événement du jour ne se produira peut-être pas dans la capitale française mais bien dans la région tripolitaine.</p><p>A Paris donc, le président français Emmanuel Macron accueille une conférence de haut niveau en présence, tout de même, d’une vingtaine de chefs d’États, dont la vice-présidente des États-Unis Kamala Harris, la chancelière allemande Angela Merkel (tiens les noces d’adieu avec Emmanuel en Bourgogne n’étaient donc pas sa dernière visite française), le Premier ministre italien Mario Draghi et le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres. Les principaux protagonistes libyens seront-ils nombreux à Paris ? Le président du Conseil présidentiel, Mohamed Al-Menfi, et le premier ministre sont attendus, mais pas les candidats à la prochaine élection.<br /></p><p>C’est que les élections présidentielles approchent en Libye. Elles sont prévues pour le 24 décembre, suivies des législatives deux mois après. C’est déjà un miracle si elles ont lieu après des années de tergiversations et de tensions entre forces libyennes sous couvert de bras de fer entre puissances régionales (Turquie, Égypte, Émirats arabes unis, Congo Brazzaville, Maroc…) et mondiales (la Russie, les États-Unis, l’Italie et la France).</p><p>Dix ans après la chute de Mouammar Kadhafi à la suite du soulèvement du peuple libyen et de l’intervention des Nations unies, largement à l’initiative de la France, une lueur d’espoir se lèverait-elle dans le désert libyen ?</p><p>Le corps électoral est évalué à près de 3 millions d’électeurs. Mais les élections auront-elles lieu dans de bonnes conditions ? Les organisations de défense des libertés, comme Human Rights Watch, interpellent les participants du Sommet de Paris : “les autorités libyennes peuvent-elles garantir des élections sans coercition, discrimination et intimidation des électeurs, des candidats et des partis politiques ? […] Existe-t-il un plan de sécurité solide pour les bureaux de vote ? Le système judiciaire est-il en mesure de traiter rapidement et équitablement les litiges liés aux élections ? Les organisateurs des élections peuvent-ils garantir que des observateurs indépendants auront accès aux bureaux de vote, même dans les zones reculées ?”</p><p>Les grands de ce monde risquent aussi de ne pas avoir les mêmes priorités : la vice-présidente américaine aura beau jeu d’insister sur le sort alarmant des migrants, demandeurs d’asile et autres réfugiés en Libye ou passant par la Libye. Facile pour Madame Harris car ce ne sont pas les États-Unis qui ont à gérer cette pression migratoire. Certes, les violations des droits de l’homme sur le sol libyen y sont constantes et la communauté internationale devrait subordonner ses aides à la Libye au respect de ces libertés.</p><p>Il est certain aussi que l’Europe a le plus grand intérêt à ce que la Libye retrouve les voies de la stabilité, condition pour mieux assurer évidemment la gestion sur place, et non sur nos côtes méditerranéennes, de ces dizaines de milliers de candidats à la migration vers le nord. Sans parler des enjeux pétroliers. En période de crise énergétique mondiale, le sol libyen est l’objet de convoitises incessantes.</p><p>Stabilité, disions-nous ? Parlons-en justement ? Car c’est la clé de l’avenir de la Libye. </p><p>Or qui sera candidat à la présidence de la République libyenne ? Le dépôt des candidatures a débuté lundi 8 novembre. La commission électorale libyenne et son président Emad al-Sayeh ont annoncé que les candidats à la présidence ont jusqu’au 22 novembre pour se déclarer, ceux aux législatives jusqu’au 7 décembre.</p><p>ET surtout qui a le plus de chance de gagner ? </p><p>Le maréchal Khalifa Haftar, l’homme de Benghazi, soutenu par les Émirats arabes unis et l’Égypte, va certainement se déclarer rapidement. Il a renoncé depuis septembre au commandement de l’Armée nationale libyenne pour préparer la présidentielle. </p><p>Le Premier ministre libyen Abdel Hamid Dbeibah devrait aussi se présenter.</p><p>Mais ces acteurs, connus de la scène internationale, sont, dans l’esprit des citoyens libyens, associés à une décennie d’anarchie et de violences incessantes. C’est pourquoi, grand paradoxe de la situation (ruse de l’histoire ?), le grand favori est peut-être celui qui porte le nom de son père et auquel sont associées, certes des décennies de dictature, mais aussi de stabilité et de prospérité du peuple libyen ! Kadhafi est en train de se faire un prénom : Saïf al-Islam.</p><p>Et selon nos informations, Saïf al-Islam Kadhafi devrait annoncer sa candidature d’ici la fin de la semaine. Selon plusieurs observateurs attentifs du dossier libyen et surtout des Libyens que nous avons pu joindre sur place, il se passe en Libye ce que se passe en Tunisie : l’anarchie, l’effondrement économique, les attentats conduisent les citoyens à regretter les années Ben Ali et Kadhafi. Les droits de l’hommistes européens s’en offusqueront mais l’impérieux désir, besoin et droit légitime à la stabilité, condition du développement, de l’éducation, de la prospérité, du respect de l’environnement et de la gestion des flux migratoires, va peser lourd dans l’isoloir de chaque votant le 24 décembre en Libye.</p><p>N’en déplaise à Paris, le nom Kadhafi est associé à cette perte de stabilité dans l’esprit des Libyens. Et Saïf al-Islam, le libéral du régime sous les années de son père, pourrait bénéficier d’une rente historique insoupçonnée qui pourrait l’aider à l’emporter le 24 décembre.</p><p>Si l’élection a bel et bien lieu dans six semaines, le père Noël à Tripoli aura peut-être un nom connu de tous…</p><p>Michel Taube</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/752/l%E2%80%99eurasie-terrain-du-%C2%AB%C2%A0grand-jeu%C2%A0%C2%BB</guid>
	<pubDate>Sat, 06 Nov 2021 23:06:49 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/752/l%E2%80%99eurasie-terrain-du-%C2%AB%C2%A0grand-jeu%C2%A0%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[L’Eurasie, terrain du « Grand Jeu »]]></title>
	<description><![CDATA[<p></p><p>L’Eurasie, centre géostratégique de la planète, objet depuis longtemps de stratégies de domination nommées « le Grand jeu ». Voici d’abord une série de textes écrits par Christian Greiling, un spécialiste français du sujet, pour vous expliquer le contexte historique et vous permettre de mieux comprendre l’importance de ce continent et de ce qui s’y passe actuellement.</p><p>Voyons maintenant plus en détail l’histoire contemporaine autour de ce « grand jeu ».</p><p>D’abord un point de vue occidental,</p><p>puis le « point de vue alternatif ».</p><p>L’Eurasie, centre de gravité d’un monde multipolaire en formation, abandonnant le monde unipolaire étasunien dans les poubelles de l’histoire.</p><p>Les deux fondations principales de cette « Eurasie multipolaire » sont la Russie et la Chine.</p><p>C’est bien sûr la Chine, puisqu’elle en a la capacité financière, qui aide au financement d’une grande partie de l’infrastructure nécessaire à l’intégration eurasiatique avec son colossal projet d’infrastructure nommé « Nouvelles Routes de la Soie », que nous verrons plus en détail dans le chapitre sur la Chine.</p><p>C’est la Russie qui garantit l’aspect sécuritaire du bloc eurasien grâce à sa puissance militaire et la finesse diplomatique du gouvernement de Vladimir Poutine.</p><p>Voyons maintenant l’intégration eurasienne en marche.</p><p>L’inde, le troisième grand pôle du continent hésite, à cause de sa peur de la Chine et des pressions occidentales.</p><p>Un des moyens de résister aux pressions déstructurantes des États-Unis pour empêcher l’intégration eurasiatique est de créer un réseau financier intégré et d’arrêter d’utiliser le dollar pour leurs échanges commerciaux.</p><p>Une fois le cadre eurasiatique défini, nous allons nous pencher plus avant sur les deux principaux piliers eurasiens, pays sans lesquels aucune intégration n’aurait lieu et qui du coup sont dans la ligne de mire de l’Empire, <a href="https://lesakerfrancophone.fr/ceg6-la-russie">la Russie</a> et <a href="https://lesakerfrancophone.fr/ceg8-la-chine">la Chine</a>. Mais commençons par étudier <a href="https://lesakerfrancophone.fr/ceg5-le-combat-usa-vs-russie">la guerre hybride entre la Russie et l’OTAN</a> sur le terrain eurasien.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/751/comprendre-les-enjeux-geopolitiques-l%E2%80%99eurasie-terrain-du-grand-jeu</guid>
	<pubDate>Sat, 06 Nov 2021 23:06:15 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/751/comprendre-les-enjeux-geopolitiques-l%E2%80%99eurasie-terrain-du-grand-jeu</link>
	<title><![CDATA[Comprendre les enjeux géopolitiques : L’Eurasie, terrain du Grand jeu]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Wayan − Le 6 Novembre 2021 − Source <a href="https://lesakerfrancophone.fr/ceg4-leurasie-terrain-du-grand-jeu">Le Saker Francophone</a></p><p></p><p>L’Eurasie, centre géostratégique de la planète, objet depuis longtemps de stratégies de domination nommées « le Grand jeu ». Voici d’abord une série de textes écrits par Christian Greiling, un spécialiste français du sujet, pour vous expliquer le contexte historique et vous permettre de mieux comprendre l’importance de ce continent et de ce qui s’y passe actuellement.</p><p>Retrouver la suite de cette analyse sur la page : <a href="https://lesakerfrancophone.fr/ceg4-leurasie-terrain-du-grand-jeu">L’Eurasie, terrain du Grand jeu</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/749/l%E2%80%99iran-a-decide-de-jouer-la-carte-des-taliban</guid>
	<pubDate>Sat, 06 Nov 2021 12:13:39 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/749/l%E2%80%99iran-a-decide-de-jouer-la-carte-des-taliban</link>
	<title><![CDATA[L’Iran a décidé de jouer la carte des Taliban]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2015/10/mollah-iran.png" data-caption=""></a></p>
<p>Le développement d’une relation forte entre la théocratie chiite iranienne et le gouvernement des extrémistes sunnites afghans, ennemis jurés dans le passé, est l’une des répercussions les plus paradoxales de la prise de pouvoir à Kaboul, le 15 août dernier, par les « Etudiants en religion ».</p>
<p><a href="https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2021/10/Ali-Khameini.jpg"></a><br />Le « Guide suprême », Ali Khamenei était autrefois très virulent l’égard des talibans, qu’il qualifiait de « ramassis de mercenaires cruels et fanatiques ».</p>
<p>Lors du premier passage au pouvoir des talibans ( 1996-2001), l’Iran et le régime de l’Afghanistan « talibanisée » avaient presque failli se faire la guerre : en 1998, un conflit armé avait été évité de justesse après que des soldats taliban eurent investi le consulat iranien de Mazar-e-Sharif ( nord de l’Afghanistan). Onze diplomates iraniens avaient été tués. L’année précédente, les talibans avaient massacré trois mille hazara, minorité afghane chiite qui, pour d’évidentes raisons religieuses, linguistiques et culturelles, sont les « protégés » et alliés de Téhéran.</p><p>L’Iran soutenait aussi le célèbre commandant Ahmad Shah Massoud, Tadjik persanophone, héros du « djihad » contre les soviétique, ex maître de Kaboul devenu chef de la résistance anti talibane après sa débâcle de 1996, quand ses ennemis s’emparèrent une première fois de la capitale afghane.</p>
<p>Changement de ton de Téhéran</p>
<p>Peu après la victoire des taliban, les autorités iraniennes ont « conseillé » à leurs médias de modérer leurs critiques envers les « séminaristes » au pouvoir à Kaboul. Il a été expressément demandé aux journalistes iraniens d’éviter les termes de « brutalité », « crimes », « atrocités », termes naguère en vigueur quant il s’agissait de qualifier les talibans, symbole du « suprémacisme » sunnite incarné par les extrémistes afghans.</p><p>En fait, le réchauffement entre les deux voisins-adversaires ne date pas tout à fait d’hier : en 2005, l’ex président Mahmoud Ahmadinejad, grand pourfendeur d’Israël, avait engagé l’ébauche d’un dialogue avec les talibans. Qui, à l’époque, bataillaient avec le gouvernement afghan installé à Kaboul par les Américains. Tout ce qui pouvait contribuer à l’affaiblissement des troupes des Etats-Unis et de leurs alliés était bien entendu bon à prendre…</p><p>Le « Guide suprême », Ali Khamenei a, ces dernières années, modéré son discours, « incluant les talibans dans l’’axe de résistance’ avec la Syrie, l’Irak et le Yémen, leur fournissant armes et entraînement », ainsi que l’affirmait récemment l’ancien diplomate Bernard Chappedelaine dans le Numéro 26 de la « Revue de presse internationale ».</p><p>A la fin du mois de juin, soit un mois et demi avant la chute de Kaboul et la désastreuse opération de retrait menée par les Américains, le quotidien ultra conservateur iranien « Kayhan », dont le directeur est choisi par le « Guide », avait publié un article laissant entendre que les talibans n’étaient plus ceux que « nous connaissions avant, quand ils coupaient des têtes ». Et d’ajouter que, lors des offensives des insurgés contre le gouvernement de Kaboul « aucun crime affreux n’a eu lieu, contrairement à l’Etat islamique qui en a commis en Irak ». Le journal insistait aussi, détail qui n’en est pas un, sur le fait que les talibans avaient promis de ne pas s’en prendre aux minorités chiites afghanes.</p>
<p><a href="https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2021/10/Iran-1.jpg"></a><br />Le drapeau des Taliban à la frontière de l’Iran et de l’AfghanistanLes Gardiens de la Révolution en embuscade</p>
<p>La menace de l’Organisation « Etat islamique » (EI) est en réalité l’une des raisons les plus évidentes qui pousse l’Iran à faire ami ami avec des talibans longtemps honnis. Comme le dit dans l’Orient- le-Jour la chercheuse du Carnegie Middle East Center Fatemeh Aman, « les Iraniens sont nerveux : un gouvernement entièrement dominé par les talibans n’est pas leur premier choix, mais ils n’ont plus d’autre options pour contenir l’Etat islamique et les possibles retombées d’une nouvelle guerre ».</p><p>Si le retrait des Américains fait l’affaire de l’Iran, le régime des ayatollahs s’inquiète en effet de l’instabilité que font régner en ce moment chez son voisin les combattants de l’EI dans le cadre d’une sanglante campagne d’attentats : 100 morts à l’aéroport de Kaboul, le 26 août ; 60 morts dans l’explosion qui s’est produite le 8 octobre dans une mosquée chiite de Kunduz ( Nord-afghan) ; 41 morts dans l’attentat suicide, le 15 octobre, dans une mosquée chiite de Kandahar, « capitale » historique des talibans, au cœur du pays pachtoune, l’ethnie ultra majoritaire des « Etudiants ». Tous ces attentats ont été revendiqués par l’Etat islamique au Khorassan ( EI-K).</p><p>Le changement d’orientation prise par la diplomatie iranienne est l’œuvre des « Pasdarans » , les tous puissants « Gardiens de la révolution » qui phagocytent le pouvoir à Téhéran, une emprise politique et économique que ces derniers ont encore accru en instrumentalisant à leur profit le régime des sanctions imposées à l’Iran par les Etats-Unis, l’ONU et l’Union européenne à cause du non respect par le régime de Téhéran des accords de 2015 sur le nucléaire. Les « Gardiens » profitent notamment de l’embargo imposé en tirant profit du marché noir provoqué par les sanctions économiques.</p><p>« Cette nouvelle approche à l’égard des talibans a vraisemblablement été promue par le commandant du Corps des gardiens de la révolution ( IRC), Ismail Qaani, considéré comme un vétéran des affaires afghanes qui serait notamment le pourvoyeur de combattants hazara chiites afghans en Syrie », observe le site de l’« Atlantic Council ».</p>
<p>L’Etat islamique, l’ennemi commun</p>
<p>Cet infléchissement remarquable de la politique iranienne à propos de talibans – même si elle ne s’accompagne pas d’une volonté de reconnaître le nouveau régime- est rendue plus aisée en raison des signes de bonne volonté émis par les « Etudiants en religion » avant même leur prise de pouvoir. L’année dernière, les talibans avaient nommé un mollah chiite d’ethnie hazara au poste de gouverneur de district dans une zone qu’ils contrôlaient, au nord de l’Afghanistan. Ces derniers n’ont également pas manqué de condamner les attaques à répétitions contre des mosquées chiites, attribués – ou revendiqués- par l’EI.</p><p>Tout cela n’empêche pas qu’un certain nombre de voix restent sceptiques en Iran quant à la pertinence de ce rapprochement avec un régime autrefois ennemi : les talibans n’ont fait presque aucun compromis dans la formation d’un gouvernement que leurs voisins et l’occident voulaient « inclusif ». Seul deux membres de la minorité tadjike persanophone, courtisée et soutenue par l’Iran, ont été appointés à des postes ministériels dans le gouvernement talib.</p><p>« Il y a un débat en cours en ce moment en Iran, certaines voix s’élevant contre l’hypothèse que les talibans ont changé », analyse le chercheur Adnan Tabatabai, responsable du Center for applied research in partnership with the orient », un think tank installé à l’université de Bonn, en Allemagne.</p><p>Mais dans un contexte général qui voit les puissances régionales prêtes à redevenir les acteurs d’un « grand jeu » où l’Afghanistan est à nouveau le centre, l’Iran ne peut que faire preuve de pragmatisme à l’égard d’un pays avec lequel il partage 900 kilomètres de frontière commune. Alors que l’Arabie Saoudite, grand rival de Téhéran, maintient un curieux silence pour une monarchie qui avait naguère était l’un des grands soutiens des talibans. Et qui fut l’un des trois pays, avec les Emirats Arabes Unis ( EUA) et le Pakistan, à reconnaître le régime des talibans, « Saison 1 »…</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/742/yanis-varoufakis-%C2%AB-angela-merkel-a-nui-a-l%E2%80%99europe-et-au-monde-%C2%BB</guid>
	<pubDate>Wed, 03 Nov 2021 04:45:57 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/742/yanis-varoufakis-%C2%AB-angela-merkel-a-nui-a-l%E2%80%99europe-et-au-monde-%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[Yanis Varoufakis : « Angela Merkel a nui à l’Europe et au monde »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Les élections allemandes d’aujourd’hui marquent la fin effective du règne de 16 ans d’Angela Merkel. Yanis Varoufakis décrit pour Jacobin comment elle est devenue la dirigeante la plus puissante d’Europe en temps de paix – aux dépens de l’Europe elle-même.</p><p>Source : <a href="https://jacobinmag.com/2021/09/yanis-varoufakis-angela-merkel-divided-europe-north-south-greece-debt-banks-bailout" target="_blank" rel="noopener">Jacobin Mag, Yanis Varoufakis</a><br />Traduit par les lecteurs du site Les-Crises</p>
<p><a href="https://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2021/10/1-12.jpeg"></a></p>
<p id="caption-attachment-268598" class="wp-caption-text">Le long mandat d’Angela Merkel en tant que chancelière allemande prend fin alors que des élections fédérales ont lieu aujourd’hui en Allemagne. (JOHN MACDOUGALL/AFP via Getty Images)</p><p>Le mandat d’Angela Merkel restera dans les mémoires comme le paradoxe le plus cruel de l’Allemagne et de l’Europe. D’une part, elle a dominé la politique du continent comme aucun autre dirigeant en temps de paix – et elle laisse la chancellerie allemande considérablement plus puissante qu’elle ne l’avait trouvée. Mais la manière dont elle a construit ce pouvoir a condamné l’Allemagne à un déclin de longue durée et l’Union européenne à la stagnation.</p>
<p>Un déclin alimenté par la richesse</p>
<p>Il ne fait aucun doute que l’Allemagne est aujourd’hui plus forte politiquement et économiquement qu’elle ne l’était quand Merkel est devenue chancelière en 2005. Cependant, les raisons mêmes pour lesquelles l’Allemagne est plus forte sont aussi celles pour lesquelles son déclin est assuré dans une Europe en stagnation.</p><p>La puissance de l’Allemagne est le résultat de trois excédents massifs : son excédent commercial, l’excédent structurel de son gouvernement fédéral et l’afflux de l’argent des autres dans les banques de Francfort, en raison de la crise sans fin de l’euro qui se consume lentement.</p><p>Alors que l’Allemagne baigne dans l’argent, grâce à ces trois excédents, cet argent est principalement gaspillé. Au lieu d’être injecté dans les infrastructures du futur, publiques ou privées, il est soit exporté (par exemple, investi à l’étranger), soit utilisé pour acheter des biens improductifs en Allemagne (par exemple, des appartements à Berlin ou des actions Siemens).</p><p>Pourquoi les entreprises allemandes, ou le gouvernement fédéral, ne peuvent-ils pas investir ces fleuves d’argent de manière productive en Allemagne ? Parce que – et c’est là que réside une partie du cruel paradoxe – la raison pour laquelle ces excédents existent est qu’ils ne sont pas investis ! En d’autres termes, sous le règne de Mme Merkel, l’Allemagne a conclu un marché faustien : en limitant les investissements, elle a acquis auprès du reste de l’Europe et du monde des excédents qu’elle n’a pas pu ensuite investir, cela lui aurait fait perdre sa capacité future à dégager davantage d’excédents.</p><p>Si l’on s’attarde sur leur origine, les excédents massifs qui ont donné du pouvoir à l’Allemagne sous Mme Merkel sont le résultat de l’obligation faite aux contribuables allemands et, plus tard, européens de renflouer les banquiers cinglés de Francfort à condition d’organiser une crise humanitaire dans la zone périphérique de l’Europe (en particulier en Grèce) – moyen par lequel le gouvernement de Merkel a imposé une austérité sans précédent à l’égard des travailleurs tant allemands que non allemands (de manière disproportionnée, bien sûr).</p><p>En bref, le faible investissement intérieur, l’austérité généralisée et le fait de monter les fiers peuples européens les uns contre les autres ont été les moyens par lesquels les gouvernements successifs de Merkel ont transféré à l’oligarchie allemande richesse et pouvoir. Hélas, ces moyens ont également conduit à une Allemagne divisée qui passe complètement à côté de la prochaine révolution industrielle au sein d’une Union européenne qui se fragmente.</p><p>Trois épisodes permettent de comprendre comment Merkel a exercé son pouvoir à travers l’Europe pour construire, étape par étape, le cruel paradoxe qui sera son héritage.</p>
<p>Episode 1 : Le socialisme paneuropéen pour les banquiers allemands</p>
<p>En 2008, alors que les banques de Wall Street et de la City de Londres s’effondraient, Angela Merkel continuait à entretenir son image de chancelière à la main de fer, radine et prudente sur le plan financier. Pointant un doigt moralisateur vers les banquiers prodigues de l’Anglosphère, elle a fait les gros titres lors d’un discours à Stuttgart où elle a suggéré que les banquiers américains auraient dû consulter une ménagère souabe, qui leur aurait appris une chose ou deux sur la façon de gérer leurs finances.</p><p>Imaginez son horreur lorsque, peu après, elle a reçu une avalanche d’appels téléphoniques inquiets en provenance de son ministère des Finances, de sa banque centrale et de ses propres conseillers économiques, tous porteurs d’un message invraisemblable : Madame la Chancelière, nos banques aussi sont en faillite ! Pour faire fonctionner les guichets automatiques, il nous faut une injection de 406 milliards d’euros de l’argent de ces ménagères souabes – d’ici hier !</p><p>C’était la définition même du poison politique. Alors que le capitalisme mondial était en proie à des spasmes, Merkel et Peer Steinbrück, son ministre social-démocrate des Finances, introduisaient l’austérité pour la classe ouvrière allemande, prônant le mantra standard et autodestructeur du serrage de ceinture en pleine récession. Comment peut-elle maintenant se présenter devant ses propres membres du parlement – à qui elle a fait la leçon pendant des années concernant les vertus de la sobriété en matière d’hôpitaux, d’écoles, d’infrastructures, de sécurité sociale et d’environnement – pour les implorer de faire un chèque aussi colossal à des banquiers qui, quelques secondes auparavant, nageaient dans des rivières de liquidités ?</p><p>La nécessité étant la mère de l’humilité forcée, la chancelière Merkel a pris une profonde inspiration, est entrée dans le splendide Bundestag fédéral conçu par Norman Foster, a annoncé la mauvaise nouvelle à ses parlementaires abasourdis et est repartie avec le chèque demandé.</p><p>Au moins, c’est fait, a-t-elle dû penser. Sauf que ce n’était pas le cas. Quelques mois plus tard, une autre avalanche d’appels téléphoniques a exigé un nombre similaire de milliards pour les mêmes banques. Pourquoi ? Le gouvernement grec était sur le point de faire faillite. Si cela arrivait, les 102 milliards d’euros qu’il devait aux banques allemandes disparaîtraient et, peu après, les gouvernements italien, grec et irlandais feraient probablement défaut pour une créance d’un montant d’environ 500 milliards d’euros de prêts dus aux banques allemandes. À eux deux, les dirigeants français et allemands avaient intérêt à empêcher le gouvernement grec de dire la vérité, c’est-à-dire d’avouer sa faillite, pour un montant d’environ 1 000 milliards d’euros.</p><p>Angela Merkel a négligemment provoqué une crise humanitaire dans mon pays pour camoufler le sauvetage de banquiers allemands quasi-criminels.</p><p>C’est à ce moment-là que l’équipe d’Angela Merkel s’est montrée à la hauteur, en trouvant un moyen de renflouer les banquiers allemands une deuxième fois sans en informer le Bundestag : ils ont présenté le deuxième renflouement de leurs banques comme un acte de solidarité avec les cigales de l’Europe, le peuple grec. Et faire payer par les autres Européens, même les Slovaques et les Portugais beaucoup plus pauvres, un prêt qui irait momentanément dans les caisses du gouvernement grec avant de finir dans celles des banquiers allemands et français.</p><p>Ne sachant pas qu’ils payaient en réalité pour les erreurs des banquiers français et allemands, les Slovaques et les Finlandais, tout comme les Allemands et les Français, ont cru avoir la responsabilité d’assumer les dettes d’un autre pays. Ainsi, au nom de la solidarité avec ces insupportables Grecs, Mme Merkel a semé des graines du rejet entre de fiers peuples.</p>
<p>Épisode 2 : L’austérité paneuropéenne</p>
<p>Lorsque Lehman Brothers a fait faillite en septembre 2008, son dernier PDG a supplié le gouvernement américain de lui accorder une gigantesque ligne de crédit pour maintenir sa banque à flot. Supposons que le président américain lui ait répondu : « Pas de renflouement et, de plus, je ne vous autorise pas à déposer le bilan ! ». Ce serait d’une absurdité complète. Et pourtant, c’est précisément ce qu’Angela Merkel a dit au Premier ministre grec en janvier 2010 lorsque celui-ci a désespérément imploré de l’aide pour éviter de déclarer l’État grec en faillite. C’était comme dire à une personne qui est en train de tomber : je ne vais pas vous rattraper, mais vous n’avez pas non plus le droit de toucher le sol.</p><p>Quel était l’intérêt d’un double Nein aussi absurde ? Étant donné que Merkel avait toujours l’intention d’insister pour que la Grèce obtienne le prêt le plus important de l’histoire – dans le cadre du deuxième plan de sauvetage caché des banques allemandes (voir ci-dessus) – l’explication la plus plausible est aussi la plus triste : son double Nein, qui a duré quelques mois, a réussi à instiller un tel désespoir chez le Premier ministre grec qu’il a fini par accepter le programme d’austérité le plus écrasant de l’histoire. Faisant d’une pierre deux coups en un seul renflouement, Merkel a subrepticement renfloué les banques allemandes pour la deuxième fois. Et l’austérité généralisée a commencé à se répandre sur le continent, comme un feu de brousse qui aurait commencé en Grèce avant de se propager partout, y compris en France et en Allemagne.</p>
<p>Episode 3 : Jusqu’à la fin amère</p>
<p>La pandémie a offert à Angela Merkel une dernière chance de rassembler l’Allemagne et l’Europe.</p><p>Une nouvelle dette publique importante était inévitable, même en Allemagne, alors que les gouvernements tentaient de remplacer les revenus perdus pendant le confinement. Si un moment de rupture avec le passé s’imposait, c’était bien ce jour-là. Le moment était particulièrement propice pour investir les excédents allemands dans une Europe qui, simultanément, démocratisait ses processus décisionnels. Mais le dernier geste d’Angela Merkel a été de faire en sorte que ce moment soit également raté.</p><p>En mars 2020, dans un élan de panique harmonisé à la suite des confinements à l’échelle de l’UE, treize chefs de gouvernement de l’UE, dont le président français Emmanuel Macron, ont exigé de l’UE l’émission d’une dette commune (une « euro-obligation » ou eurobond) qui contribuerait à transférer les dettes nationales en hausse qui pesaient sur les faibles épaules des États membres vers l’UE comme un tout, afin d’éviter une austérité massive à la grecque dans les années post-pandémie. La chancelière Merkel, sans surprise, a dit Nein et, comme prix de consolation, a offert un fonds de relance qui ne fait strictement rien pour aider à faire face aux dettes publiques nationales croissantes – ou pour contribuer à faire pression pour que les excédents allemands accumulés soient utilisés dans l’intérêt à long terme de la société allemande.</p><p>Dans le style typique de Merkel, l’objectif du fonds de relance était de donner l’impression de faire le minimum nécessaire de ce qui est dans l’intérêt d’une majorité d’Européens (y compris une majorité d’Allemands) – sans le faire réellement ! L’acte de sabotage final de Mme Merkel avait deux dimensions.</p><p>Tout d’abord, le montant du fonds de relance est, à dessein, insignifiant sur le plan macroéconomique, c’est-à-dire qu’il est trop insuffisant pour défendre les personnes et les communautés les plus faibles de l’UE contre l’austérité qui finira par s’imposer une fois que Berlin aura donné son feu vert à la « consolidation fiscale » afin de freiner l’explosion des dettes nationales.</p><p>Deuxièmement, le fonds de relance va, en réalité, transférer des richesses des Nordistes les plus pauvres (par exemple, les Allemands et les Néerlandais) vers les oligarques du Sud de l’Europe (par exemple, les entrepreneurs grecs et italiens) ou vers les entreprises allemandes qui gèrent les services publics du Sud (par exemple, Fraport, qui gère maintenant les aéroports de la Grèce). Rien ne pourrait garantir plus efficacement la poursuite de la détérioration de la guerre des classes et de la fracture Nord-Sud en Europe que le fonds de relance de Mme Merkel – l’acte final de sabotage de l’unité économique et politique européenne.</p>
<p>Une complainte pour conclure</p>
<p>Elle a négligemment provoqué une crise humanitaire dans mon pays pour camoufler le sauvetage de banquiers allemands quasi-criminels, tout en montant les fières nations européennes les unes contre les autres.</p><p>Elle a intentionnellement saboté toutes les occasions de rassembler les Européens.</p><p>Elle a habilement comploté pour saper toute véritable transition verte en Allemagne ou dans toute l’Europe.</p><p>Elle a travaillé sans relâche pour émasculer la démocratie et empêcher la démocratisation d’une Europe désespérément antidémocratique.</p><p>Et pourtant, en observant la meute de politiciens banals et sans visage qui se bousculent pour la remplacer, je crains fort qu’Angela Merkel ne me manque. Même si, d’un point de vue analytique, mon évaluation de son mandat reste la même, je soupçonne que, d’ici peu, j’en aurai une pensée plus attendrie.</p><p>À propos de l’auteur</p><p>Yanis Varoufakis a été ministre grec des Finances pendant les premiers mois du gouvernement dirigé par Syriza en 2015. Il a notamment publié Le Minotaure planétaire et Conversations entre adultes.</p><p>Source : <a href="https://jacobinmag.com/2021/09/yanis-varoufakis-angela-merkel-divided-europe-north-south-greece-debt-banks-bailout" target="_blank" rel="noopener">Jacobin Mag, Yanis Varoufakis</a>, 26-09-2021<br />Traduit par les lecteurs du site Les-Crise<a href="https://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2021/10/0-14.jpeg"></a></p><p class="text-box">Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. <a href="https://www.les-crises.fr/yanis-varoufakis-angela-merkel-a-nui-a-l-europe-et-au-monde/#">[Lire plus]</a>Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. </p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>

</channel>
</rss>