<?xml version='1.0'?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" >
<channel>
	<title><![CDATA[Signet Loupe: Mars 2025]]></title>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/group/71/archive/1740787200/1743465600</link>
	<atom:link href="https://ememiom.fr/iom/blog/group/71/archive/1740787200/1743465600" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<description><![CDATA[]]></description>
	
	<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1101/</guid>
	<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 18:40:07 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1101/</link>
	<title><![CDATA[[unable to retrieve full-text...]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>[unable to retrieve full-text content]</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1088/entre-illusions-geopolitiques-et-narratifs-fallacieux-tout-est-fait-pour-prolonger-le-conflit-%E2%80%93-telegraph</guid>
	<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 19:50:44 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1088/entre-illusions-geopolitiques-et-narratifs-fallacieux-tout-est-fait-pour-prolonger-le-conflit-%E2%80%93-telegraph</link>
	<title><![CDATA[Entre Illusions Géopolitiques et Narratifs Fallacieux tout est fait pour prolonger le conflit – Telegraph]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Cyrille de LATTRE</p>
<p>L’intervention d’Emmanuel Macron à l’issue du sommet de Paris, ce jeudi 27 mars, consacré à l’avenir de l’Ukraine, s’inscrit dans une continuité rhétorique aussi prévisible que problématique. Sous couvert d’unanimité feinte entre les trente-et-un pays alliés de Kiev, le président français a déployé un discours où se mêlent ambitions martiales, contradictions flagrantes et une méconnaissance persistante des réalités géopolitiques. Loin de proposer une voie crédible vers la paix, cette allocution confirme une stratégie vouée à envenimer les tensions, tout en entretenant un climat de peur propice à l’acceptation passive de mesures contraires aux intérêts des Français et des Européens. </p><p>Macron, en affirmant que « le temps n’est pas à la levée des sanctions » contre la Russie, persiste dans une logique punitive dont les conséquences désastreuses pour l’Europe sont pourtant patentes. L’idée que ces sanctions porteraient un coup fatal à Moscou relève d’une naïveté coupable, voire d’une tromperie délibérée. La Russie, en dépit des difficultés économiques initiales, a su réorganiser son appareil productif et renforcer ses alliances avec des puissances non occidentales, réduisant à néant l’impact escompté des mesures coercitives. Pire encore, ces sanctions ont infligé des dommages collatéraux massifs aux économies européennes, notamment française, engendrant inflation, pénuries énergétiques et affaiblissement industriel. L’entêtement de Macron à maintenir cette politique, présentée comme un levier de pression, trahit soit une ignorance coupable des réalités économiques, soit une volonté délibérée de sacrifier le bien-être des Européens sur l’autel d’un conflit sans issue. </p><p>Le projet d’envoyer une « équipe franco-britannique » en Ukraine pour « concevoir l’armée ukrainienne de demain » s’inscrit dans cette même logique de surenchère guerrière. Sous des atours techniques – évoquant des « capacités maritimes », des « équipements » ou une prétendue « dissuasion » –, cette initiative dissimule mal une ambition plus trouble : implanter une force occidentale sur le sol ukrainien, officiellement pour « réassurer » Kiev, mais en réalité pour y ancrer une présence militaire permanente. Macron précise que ces troupes ne seraient ni des forces de maintien de la paix ni des substituts à l’armée locale, mais des éléments « présents dans des endroits stratégiques pré-identifiés ». Une formulation aussi vague qu’inquiétante, qui laisse entrevoir une occupation déguisée, pilotée par Paris et Londres, sous prétexte de protéger des « sites sensibles ». Or, cette manœuvre ignore superbement les avertissements répétés de la Russie, pour qui toute présence de l’OTAN ou de pays « hostiles » en Ukraine constituera une cible légitime. L’absence de mandat onusien, soulignée avec justesse par les critiques, rend cette initiative illégale au regard du droit international, tout en exposant les soldats européens à un risque démesuré. Et il n’y aura pas de mandat de l’ONU, la Russie avec justesse usera de son droit de veto.</p><p>La rhétorique macronienne sur la « sécurité collective des Européens », censée être renforcée par une coordination des industries de défense et des exigences communes face à la Russie, ne résiste pas à l’analyse. Depuis le début du conflit, Moscou n’a jamais menacé l’intégrité territoriale de l’Union européenne, contrairement aux allégations régulièrement brandies par Bruxelles. Le véritable danger pour la stabilité continentale réside plutôt dans les décisions irresponsables de dirigeants comme Ursula von der Leyen, Keir Starmer, Friedrich Merz et Macron lui-même, qui instrumentalisent la peur d’une invasion fantasmée pour justifier une militarisation accrue et un alignement inconditionnel sur les desiderata américains. Cette sujétion stratégique, camouflée sous le vocable de « coalition d’action », ne sert ni la paix ni les intérêts européens, mais prolonge indéfiniment un état de guerre dont les conséquences humanitaires et économiques sont déjà catastrophiques. </p><p>L’obsession de Macron pour un « renforcement militaire » de l’Ukraine, présenté comme une condition sine qua non de toute paix future, révèle une contradiction majeure : comment prétendre œuvrer pour la stabilité tout en alimentant une escalade armée ? Les déclarations de Zelensky, refusant toute concession sur les territoires dits « annexés » par la Russie et évoquant une reconquête future, confirment que le président ukrainien – coaché par le duo Macron-Starmer – mise sur une victoire militaire illusoire plutôt que sur la diplomatie. Cette intransigeance, encouragée par les promesses de soutien perpétuel de l’Occident, condamne l’Ukraine à un cycle infernal de violence, sans perspective réaliste de résolution. </p><p>Enfin, la référence aux « forces de réassurance » pilotées par la France et le Royaume-Uni, bien que présentées comme non combattantes, ne trompe personne. Il s’agit bel et bien d’une force d’interposition, voire d’occupation, dont la présence sur le terrain ne pourra qu’attiser les tensions avec Moscou. La Russie, contrairement aux fantasmes entretenus par certains cercles européens, a parfaitement compris le jeu de Macron : maintenir la guerre à distance suffisante pour éviter un engagement direct, mais assez proche pour justifier une sujétion atlantiste et un contrôle accru sur les politiques de défense européennes. Le risque c’est justement l’affrontement direct, ce que macron recherche en mettant comme aplat des troupes française en Ukraine. </p><p>Force est donc de constater qu’Emmanuel Macron, loin d’incarner un leadership éclairé, persiste dans une fuite en avant aussi vaine que dangereuse. Son refus de lever les sanctions malgré leur inefficacité, son entêtement à militariser la réponse européenne, et sa complaisance envers les fantasmes revanchards de Zelensky dessinent un scénario cauchemardesque : une guerre prolongée indéfiniment, au mépris des vies ukrainiennes et des intérêts européens. La Russie, quant à elle, observe ces manœuvres avec lucidité, sachant pertinemment que le couple Macron-Starmer ne cherche ni la paix ni la stabilité, mais la perpétuation d’un conflit servant leurs agendas politiques domestiques et leur soumission aux injonctions étasuniennes. Décidément, Macron ne comprend rien – ou feint de ne rien comprendre – aux dynamiques réelles de cette crise. Il ne saurait dès lors prétendre à la moindre crédibilité face à Moscou, qui voit en lui non un interlocuteur sérieux, mais un pantin désarticulé par ses propres contradictions et son aveuglement idéologique. La France et l’Europe méritent mieux que ces pantomimes guerrières : une diplomatie de la raison, affranchie des diktats atlantistes et soucieuse de l’intérêt général. Hélas, tant que des dirigeants aussi myopes que Macron tiendront les rênes, cet horizon restera inaccessible.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1087/deploiement-en-ukraine-une-initiative-dangereuse-sans-objectifs-clairs-ni-strategie-coherente</guid>
	<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 19:37:18 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1087/deploiement-en-ukraine-une-initiative-dangereuse-sans-objectifs-clairs-ni-strategie-coherente</link>
	<title><![CDATA[Déploiement en Ukraine : une initiative dangereuse, sans objectifs clairs ni stratégie cohérente.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Aujourd'hui, les dirigeants européens se sont réunis à Paris pour un sommet de la « coalition des volontaires » visant à renforcer le soutien à l'Ukraine.</p>

<p>La réunion a rassemblé plus de 30 dirigeants de pays européens, de l'OTAN et de l'UE, dans le but d’intensifier l’aide militaire et de discuter des garanties de sécurité à long terme pour l'Ukraine.</p>

<p>Le sommet visait à finaliser les garanties de sécurité et à envisager le déploiement de troupes de maintien de la paix, bien que les détails restent flous.</p>

<p>L’annonce par Emmanuel Macron et Keir Starmer d’un possible envoi de troupes franco-britanniques en Ukraine, sous couvert de « maintien de la paix », suscite de vives critiques parmi les experts militaires et stratégiques. Loin d’être une réponse mesurée, cette initiative apparaît comme un théâtre politique risqué, dépourvu d’objectifs de guerre clairs et ignorant les principes fondamentaux de la dissuasion nucléaire.<br />Une mission floue, des objectifs incohérents<br />D’après des sources militaires britanniques citées par The Telegraph (23/03/2025), le plan de Starmer semble davantage relever d’une « mise en scène politique » (« Political Theatre ») que d’une stratégie réaliste. Les critiques portent sur :</p>

<p>L’absence de mandat clair : Aucun accord de paix n’étant en place, ces troupes ne pourront pas jouer un rôle de médiation crédible.</p>

<p>Le flou sur leur mission : S’agit-il de protéger des zones ukrainiennes ? D’entraîner des soldats ? D’intervenir en cas d’offensive russe ? Aucune réponse précise n’est fournie.</p>

<p>Le risque d’enlisement : Sans lignes rouges clairement définies, ces soldats pourraient passer de « casques bleus » à belligérants directs en quelques heures.</p>

<p>Comme le résume un officier britannique : « Envoyer des troupes sans objectif militaire précis, c’est les exposer inutilement. C’est de la politique spectacle, pas de la stratégie. »</p>

<p>Une violation des principes de base de la dissuasion nucléaire<br />Le déploiement de troupes de deux puissances nucléaires, la France et le Royaume-Uni, dans une zone de guerre totale impliquant une troisième puissance nucléaire, la Russie (première puissance nucléaire mondiale en termes d’armes et de vecteurs), constitue une aberration stratégique.</p>

<p>Le principe fondamental de la dissuasion : On évite tout face-à-face direct entre nations dotées de l’arme atomique, car un incident (tir accidentel, escalade locale, provocations, etc.) pourrait déclencher une spirale incontrôlable.</p>

<p>Un précédent gravissime : Si des soldats français ou britanniques sont tués par des forces russes (ou inversement), la tentation de riposter – y compris par des frappes conventionnelles étendues – deviendrait politiquement irrésistible. Or, dans un tel scénario, Poutine a explicitement menacé d’utiliser « tous les moyens disponibles ».</p>

<p>Un prétexte à l’escalade ?<br />Cette initiative crée un risque calculé :</p>

<p>Provocation indirecte : En plaçant des troupes occidentales sur le terrain, on augmente mécaniquement les chances d’un incident. Une attaque russe (volontaire ou non) contre elles pourrait alors servir de justification à une intervention plus large.</p>

<p>Jeu dangereux pour l’Europe : La France et le Royaume-Uni, en agissant sans coordination claire au sein de l’OTAN, pourraient entraîner le continent dans une guerre dont personne ne veut – et dont personne n’a défini les limites.</p>

<p>Les Européens, divisés par des réticences fortes face à l’initiative franco-britannique, mettent principalement Washington au défi et non Moscou. Le positionnement pris par Macron et Starmer lors de ce sommet de la « coalition des volontaires » met la Russie en position de force dans les négociations en cours avec les États-Unis. Ces derniers apparaissent faibles et donnent toute latitude à la Russie de poursuivre sa guerre d’attrition et sa lente conquête de l’Ukraine. Les Russes peuvent en effet argumenter que tant que les Européens ne s’alignent pas sur les Américains, toute négociation est de facto caduque.</p>

<p>« Londres et Paris continuent d'élaborer des plans d’intervention militaire en Ukraine. Tout cela est déguisé en une sorte de mission de maintien de la paix », a déclaré Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.</p>

<p>Une provocation organisée contre les Américains et Donald Trump</p>

<p>Volodymyr Zelensky, lors d'une interview sur France 2 le 26 mars, a affirmé que Donald Trump pourrait mettre fin à la guerre en 24 heures, en acceptant l’Ukraine dans l’OTAN – un point rejeté par Trump, Mark Rutte (Secrétaire général de l’OTAN) et même Joe Biden.</p>

<p>Zelensky a aussi déclaré que la Maison Blanche avait « adopté la propagande et le narratif du Kremlin » et a exprimé son mécontentement à l’égard des déclarations de Steve Witkoff, envoyé américain chargé de négocier un cessez-le-feu.</p>

<p>On peut être certains que Donald Trump goûtera fort peu ces piques clairement qui lui sont clairement destinées.</p>

<p>Jouer avec le feu<br />Macron et Starmer prétendent « stabiliser » l’Ukraine, mais leur plan manque de cadre légal, d’objectifs militaires clairs et de prise en compte des risques nucléaires. Soit ils ignorent les fondamentaux stratégiques – ce qui est grave –, soit ils les connaissent et acceptent délibérément le danger. Dans les deux cas, c’est une faute historique.</p>

<p>Par ailleurs, l’attitude des Européens favorise la position des durs du régime au Kremlin. Ces derniers ne veulent pas d’un cessez-le-feu : d’une part, l’économie russe, non seulement résiliente mais en forte croissance (contrairement à l’économie européenne), et d’autre part, la Russie engrangeant des succès géopolitiques, notamment avec le développement des BRICS, préfèrent continuer la guerre, d’autant que l’armée russe étouffe chaque jour un peu plus une armée ukrainienne exsangue.</p>

<p>La position des Européens ultra-engagés (Macron, Starmer, von der Leyen en tête) leur donne un prétexte pour poursuivre la guerre. Le Kremlin, en effet, a maintes fois affirmé qu’il ne souhaite pas un « cessez-le-feu », mais un règlement global et un traité international en la matière. Il refuse l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et le déploiement de troupes de l’OTAN en Ukraine. Cette guerre est existentielle pour la Russie, et la position européenne les incite à continuer, prenant ainsi tout ce qu’ils peuvent, à savoir l’est de l’Ukraine au-delà du Dnipro, ainsi qu’Odessa. Le temps joue en faveur de la Russie.</p>

<p>Une hypothèse :<br />Cette détermination renouvelée et belliciste de Zelensky, Macron, Starmer et von der Leyen – bien que les moyens réels fassent défaut – pourrait être le fait des néocons américains, menacés d’une défaite stratégique en Ukraine et de l’effondrement de tout ce qu’ils ont construit depuis 1994. Après leur défaite lors des dernières élections présidentielles américaines, certes leur pouvoir a diminué, en particulier aux États-Unis, mais ils restent puissants, notamment au sein de l’Union européenne, où de nombreux dirigeants actuels leur doivent beaucoup pour leurs carrières et partagent leur vision d’un monde occidental dominé par les États-Unis.</p>

<p>Sous couvert de « défense de l’Ukraine » et de « défense des valeurs européennes », ils pourraient jouer ce coup dangereux pour tenter un double objectif : maintenir vive la flamme néoconservatrice jusqu’aux prochaines élections américaines et accélérer le processus de fédéralisation de l’Union européenne, en substituant un choix éclairé des peuples (par exemple, via des référendums) par une peur entretenue d’une invasion russe improbable.</p>

<p>Ce qui inquiète également dans ce contexte tendu avec des dirigeants jouant avec es allumettes à côtés de barils de poudres, c'est l'unanimité craintive, ou le silence gêné, de la quasi totalité de la classe politique en Europe et en particulier en France.</p>

<p>Que ce projet réussisse ou échoue, il aurait pour corollaire ce que la RAND avait clairement écrit dès 2018 : le sacrifice de l’Ukraine. Et cela, Macron, Starmer, von der Leyen et Zelensky le savent parfaitement.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1086/la-russie-represente-t-elle-une-menace</guid>
	<pubDate>Wed, 26 Mar 2025 18:40:14 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1086/la-russie-represente-t-elle-une-menace</link>
	<title><![CDATA[La Russie représente-t-elle une menace ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Tel le loup des comptines d’antan, la menace russe est brandie de façon quasi quotidienne depuis des mois. Selon certains, elle serait même devenue « existentielle » pour l’Europe. Par-delà les déclamations et les effets de manche des personnalités politiques et des « experts » qui se relaient sur les chaînes d’information en continu, essayons d’y voir clair et d’apprécier à sa juste mesure la réalité de cette menace.<br /> On ne peut pas répondre à cette question sans mettre de côté le narratif occidental qui se résume à : « la Russie est l’agresseur et l’Ukraine le pays agressé » et sans avoir une vision claire des enjeux de ce conflit qui dépasse largement l’Ukraine. L’Occident a la mémoire courte lorsqu’il évoque « l’emploi désinhibé de la force » par la Russie, lui qui n’a cessé de conduire des opérations militaires depuis la fin de la guerre froide. Tellement convaincu de son bon droit et que l’emploi de la force relève de sa seule compétence, il est en quelque sorte désarçonné intellectuellement qu’un pays hors de son contrôle puisse se sentir menacé et utiliser la force sans lui demander son autorisation.<br /> Est-ce que cela signifie accorder un nihil obstat à la Russie et céder à toutes ses exigences ? Certainement pas, mais cela signifie au moins les étudier et les prendre en compte sans les balayer avec mépris. La diplomatie ne se limite pas à discuter avec ses amis mais elle consiste aussi à maintenir le contact avec ses compétiteurs, voire ses adversaires pour faire en sorte que la guerre soit l’ultime recours.<br /> Il est plus que temps de faire notre examen de conscience, de comprendre ce qui se passe dans la tête de l’autre et de bloquer la montée aux extrêmes sous peine de s’acheminer vers une extension généralisée du conflit à moyen terme.<br /> Nous exposons dans une première partie les raisons d’être sceptiques sur la réalité d’une menace russe « existentielle » pour dans un deuxième temps, donner des éléments d’appréciation sur la réalité de cette menace.<br />Trois éléments de contexte qui autorisent un certain scepticisme sur la réalité d’une menace russe «existentielle». La manipulation des foules n’est pas l’apanage des régimes autoritaires<br /> Nous sommes à l’ère des manipulations à grande échelle des opinions publiques et dans ce domaine, les Américains et les Européens ont acquis une expertise indéniable. On sait depuis Gustave Le Bon que la psychologie des foules repose sur des sentiments primaires tels que la haine et la peur. Un bon meneur de foule est celui qui est capable de générer et d’exciter ces sentiments obtenant ainsi ce qu’il veut de son opinion publique.<br /> Les opérations de désinformation conduites lors des guerres menées par les États-Unis et leurs alliés, que ce soit au Kosovo en 1999, en Irak en 2003 ou encore en Libye en 2011 en sont des exemples éclatants : diabolisation à outrance de l’adversaire ; déformation voire invention de faits comme la soi-disant présence d’armes de destruction massives justifiant le déclenchement de la deuxième guerre du Golfe en 2003. Rien n’a été épargné pour justifier des engagements militaires profondément déstabilisateurs et contrevenant aux règles du droit international.                                      La guerre en Ukraine ne fait pas exception. Poutine était soi-disant malade et le voilà bien vivant; son pouvoir était au bord de l’effondrement et il est toujours là après 25 ans d’exercice ; l’image de l’armée russe a été «vendue» aux opinions occidentales pendant trois ans comme une piètre armée, mal équipée, mal commandée et subissant des pertes effroyables et voilà maintenant qu’elle constitue une menace redoutable et que le « front se rapproche de chez nous ». Par quel tour de magie, une armée considérée comme peu performante peut-elle se transformer en menace existentielle pour l’Europe ?<br />La bonne conscience de l’Occident et le deux poids deux mesures<br /> Nous vivons, nous Occidentaux, dans un milieu politique et culturel doté d’une bonne conscience inaltérable, convaincus que nous sommes d’être la boussole morale de l’univers. C’est la raison pour laquelle, nous ne craignons pas le deux poids deux mesures. Il est en quelque sorte connaturel à notre façon de penser.<br /> L’intégrité territoriale du Koweït hier et de l’Ukraine aujourd’hui ne se discutent pas mais celles de la Serbie et de l’Arménie ne pèsent pas lourd lorsqu’il s’agit de remodeler le monde ou de ménager les pays fournisseurs d’énergie fossile. On invente des faits invraisemblables comme l’affaire des couveuses au Koweït pour justifier la première guerre du Golfe en 1990 mais on ferme les yeux sur le nettoyage ethnique opéré par l’Azerbaïdjan au Nagorno-Karabakh.                                                        On peut assassiner des chefs d’État tels que Saddam Hussein ou Kadhafi sans que cela suscite une émotion particulière. Un changement de régime orchestré par l’Occident, comme le coup d’État de Maïdan en 2014 est légitime ; les tentatives russes – ou présentées comme telles – pour influencer les élections dans les pays de l’Est ou au Caucase sont illégitimes et conduisent à l’annulation des élections et l’interdiction pour certains candidats de se présenter, comme c’est le cas en Roumanie.<br /> Ce deux poids deux mesures et l’utilisation à géométrie variable du droit international qui caractérisent la conduite des pays occidentaux dans les relations internationales sont devenus tout bonnement indéfendables et inacceptables au reste du monde et expliquent en grande partie le profond ressentiment de la majorité des États. Les Assemblées générales des Nations Unies montrent cette fracture ; mais aussi le nombre d’États qui ont rejoint le mouvement des pays non alignés, soit 120 États, l’expansion des BRICS (Brésil-Russie-Inde-Chine-Afrique du Sud-Egypte-Indonésie-Iran-Ethiopie-EAU-Arabie Saoudite et bientôt la Turquie, soit 4 milliards d’habitants), l’Union africaine. La Russie est fortement impliquée au niveau diplomatique dans tous ces forums alors que nous devrions y avoir toute notre place.<br /> Ce deux poids deux mesures accompagné de grandes leçons de morale sur la démocratie et l’État de droit est, en grande partie, à l’origine de la perte de légitimité morale de l’Occident<br />Vers une Europe fédérale « quoiqu’il en coûte »<br /> Troisième élément. Nous sommes gouvernés en France et au niveau des institutions européennes par des personnalités politiques qui ont un projet politique précis : celui d’une Europe fédérale dans laquelle les États deviendraient des Länder. Au nom de ce projet, les résultats du référendum sur le « Traité établissant une Constitution pour l’Europe » en 2005 ont été superbement ignorés et ont donné lieu au Traité de Lisbonne donnant à l’Union européenne une personnalité juridique. Au nom de ce projet, Madame Ursula Von der Leyen, présidente réélue à la tête de la Commission européenne, se conduit en véritable chef d’État. Au nom de ce projet, le président français, Emmanuel Macron est prêt à mutualiser notre dissuasion nucléaire montrant d’ailleurs sur ce sujet, une véritable constance depuis 2017.<br /> La poursuite de ce projet fédéral semble être l’unique boussole du président français. Ce qui le sert est mis en avant et ce qui peut lui nuire est mis de côté. C’est la raison pour laquelle le chef de l’État peut proclamer que la culture française n’existe pas et le lendemain, faire appel au patriotisme. Ses prises de parole controversées et contestées, y compris par nos partenaires européens, donnent le sentiment qu’il s’inscrit dans un combat personnel contre Poutine tout en cherchant à faire oublier nos échecs diplomatiques au Proche-Orient où la voix de la France ne compte plus comme l’a souligné notre ancien ambassadeur en Israël, Eric Danon, et en Afrique d’où nous avons été évincés sans ménagement au bénéfice d’autres puissances telles que la Russie, la Turquie et la Chine. Lorsque Dominique de Villepin évoque « l’excitation stratégique » du président français, il n’a sans doute pas tort.<br />Pourquoi être sceptique ?<br /> Lorsqu’une bonne partie de la classe politique et médiatique brandit la menace russe, nous avons donc de bonnes raisons d’être sceptiques car nous sommes avertis des vraies-fausses menaces et de leur capacité à manipuler l’opinion publique ; nous sommes avertis aussi de leur incapacité à juguler les vraies menaces : celles qui tuent en France (islam radical, crime organisé) et celles qui détruisent notre tissu social et notre économie (combien d’entreprises travaillant pour la défense sont passées sous contrôle américain depuis trente ans ?). Nous avons de bonnes raisons d’être sceptiques car, à peine masquée, se profile à chaque fois une nouvelle étape vers plus de fédéralisme comme si la France, pays de plus de 60 millions d’habitants, n’était plus capable de se gouverner par elle-même.<br /> Ces éléments de contexte, s’ils permettent d’émettre un doute sérieux sur la réalité d’une menace russe « existentielle » doivent être néanmoins complétés par une étude la plus objective possible de la réalité de cette menace.<br />La menace russe : entre mythes et réalités<br />Un bloc sino-russe constituerait une menace forte pour l’Europe et les grands équilibres mondiaux<br /> De par sa taille, ses ressources, ses armements, notamment son arsenal nucléaire, et son positionnement eurasiatique, la Russie joue naturellement un rôle géopolitique majeur sans pour autant constituer par elle-même une grande puissance capable de rivaliser avec les États-Unis ou la Chine. En effet, la Russie souffre de deux handicaps majeurs :<br />• sa grande faiblesse démographique (150 millions d’habitants ; un taux de fécondité de 1,4 enfant par femme qui ne remonte pas en dépit de la promotion des valeurs conservatrices et une pyramide des âges comparable à celle des pays de l’Union européenne pris dans leur ensemble) ;<br />• sa relative faiblesse économique en raison de sa dépendance aux hydrocarbures (1) et son PIB équivalent à celui de l’Espagne. Néanmoins, soulignons qu’en dépit de sa faiblesse, l’économie russe a déjoué les pronostics et ne s’est pas effondrée avec les sanctions.<br /> Tout réside donc dans le jeu des alliances. Si la Russie s’allie avec les pays d’Europe, en particulier la France et l’Allemagne, elle constitue alors une menace pour les puissances maritimes que sont les États-Unis et le Royaume-Uni ; c’est la raison pour laquelle les Anglo-saxons ont tout fait pour couper les liens entre la France et la Russie d’une part (annulation de la vente d’un bâtiment de projection et de commandement Mistral en 2014 suite à l’annexion de la Crimée) et l’Allemagne et la Russie d’autre part (sabotage du gazoduc Nord Stream en 2022).<br /> Si la Russie se retourne vers l’Asie et la Chine, c’est alors l’Europe continentale qui peut se retrouver menacée. Dans une vision à courte vue, l’administration Biden a cherché à couper les liens économiques entre les pays d’Europe et la Russie obligeant celle-ci à se jeter dans les bras de la Chine et à chercher des alliances avec d’autres pays également en froid avec l’Occident. C’est une grave faute géopolitique car, si la Russie prise isolément ne constitue pas une menace redoutable, en revanche, un bloc sino-russe constitue une menace sérieuse pour l’Europe et les grands équilibres mondiaux.<br /> Si la géopolitique a une raison d’être, c’est bien de montrer que par-delà les événements et l’actualité, la tendance de fond qui se dessine constitue, à moyen terme, une menace sérieuse pour les pays d’Europe. C’est la raison pour laquelle, en dépit de sa brutalité et son arrogance, la politique étrangère de Trump, à 180 degrés de ses prédécesseurs, est sage dans son principe, tout du moins en ce qui concerne l’Europe. La Russie, même si elle est un voisin peu commode, doit rester arrimée à l’Europe et ne pas se constituer en bloc avec la Chine.<br /> L’équilibre des forces est une donnée essentielle des relations internationales et il convient de rappeler que si la France vaincue de Napoléon est revenue dans le Concert européen lors du Congrès de Vienne, elle le doit à la grande habileté de son ministre des relations extérieures Talleyrand et à la Russie. Ce qui était vrai pour l’Europe au XIXe siècle l’est pour le monde à notre époque.<br />Conflit en Ukraine : expansion territoriale ou coup d’arrêt à l’influence occidentale ?<br /> Rappelons les lignes rouges de la politique étrangère russe pour bien comprendre le cadre général : (a) La Russie refuse que l’Ukraine adhère à l’OTAN ; (b) Elle refuse aussi la présence de troupes étrangères en Ukraine ; (3) Elle refuse tout accès de l’Ukraine au nucléaire militaire ; (4) Elle exige la protection de la langue russe dans les régions russophones de l’Ukraine.<br />La Russie est-elle dans une logique d’expansion territoriale ?<br /> Oui, en première approche si l’on considère la reprise de la Crimée en 2014 par un coup de force mais sans violence, l’appui aux séparatistes du Donbass de 2014 à 2022 et au final l’occupation d’environ 20% du territoire ukrainien en 2025.<br /> Non en deuxième lecture, car ce conflit dépasse de loin le cadre ukrainien et s’inscrit dans un Niet catégorique face à la volonté occidentale de ramener, par tous les moyens, dans sa zone d’influence les anciens pays du bloc soviétique.<br /> En effet, de 1999 à 2004, on assiste à une progression constante de l’influence occidentale sans réaction du côté russe : en 1999, le GUAM réunissant la Géorgie, l’Ukraine, l’Azerbaïdjan et la Moldavie est créé pour tenter d’échapper à l’influence russe ; en 2003, la « révolution des roses » en Géorgie, après les élections législatives, voit l’arrivée au pouvoir de Mikhaïl Saakashvili, candidat pro-occidental ; cette « révolution des roses » est suivie de près en 2004 par la « révolution orange » en Ukraine qui voit l’annulation des élections et l’arrivée au pouvoir du candidat pro occidental Viktor Iouchtchenko. Ces deux « révolutions » bénéficient de l’appui inconditionnel des anglo-saxons pour qui l’ingérence dans les affaires intérieures d’un pays est une chose normale et qu’ils considèrent comme un droit exclusif.<br /> A partir de cette date, la Russie, qui jusqu’à alors présent avait laissé faire, réagit pour tenter de reprendre le contrôle de ses marches. En 2008, elle lance une opération militaire en Géorgie qui aboutit à la sécession de l’Ossétie du Sud. Mais cela ne freine pas les velléités du camp occidental car en 2009, l’Union européenne (UE) lance le Partenariat oriental avec les six pays de l’espace ex-soviétique – Belarus, Ukraine, Moldavie, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan – suivi en 2013 d’un accord d’association entre l’UE et la Moldavie d’une part et l’UE et la Géorgie d’autre part.<br /> En 2014, la « révolution de Maïdan », orchestrée par la CIA et financée par l’USAID, aboutit au départ de Ianoukovitch. C’est la révolution de trop, le « 11 septembre 2001 » de la Russie selon l’expression de Pierre Verluise car l’Ukraine est considérée comme le berceau de la Russie. La réaction russe, manifestement bien anticipée, est immédiate avec la prise de contrôle de la République autonome de Crimée.<br /> A partir de cette date, l’Ukraine cristallise l’affrontement entre la Russie et l’Occident. Le conflit se déplace à bas bruit médiatique dans le Donbass où pendant 8 ans, l’armée ukrainienne affronte les séparatistes soutenus par l’armée russe. Au niveau politique, les accords de Minsk censés trouver une solution diplomatique s’avèrent être « un moyen de gagner du temps » comme le reconnaitra, avec cynisme ou candeur, Angela Merkel, chancelier allemand de 2005 à 2021. Persuadé à tort qu’il peut répéter à grande échelle le coup de la Crimée, Poutine tente une opération militaire qui vise à renverser le régime de Kiev, desserrer l’étau ukrainien autour du Donbass et ramener l’Ukraine dans sa zone d’influence. S’ensuit alors une guerre de haute intensité entre la Russie soutenue par la Chine, l’Iran et la Corée du Nord, et l’Ukraine soutenue par les Occidentaux.<br /> En résumé, les opérations militaires de la Russie ont pour objectif moins une expansion territoriale que  (i) la volonté de conserver des leviers de puissance (la Crimée et le port de Sébastopol 2014) et (ii) mettre un coup d’arrêt aux ingérences et aux opérations de déstabilisation de l’Occident (Caucase 2008, Syrie 2015) ainsi qu’à l’élargissement de l’OTAN (Ukraine 2022).<br /> Ce point est essentiel et a été souligné à maintes reprises. La Russie ne veut pas d’une extension indéfinie de l’OTAN vers l’Est avec l’installation de systèmes d’armes capables de faire peser une menace sur son territoire et particulièrement Moscou. C’est un argument qui mérite d’être entendu. Est-ce que les États-Unis accepteraient le déploiement d’une base militaire russe au Mexique ou à Cuba ? C’est très peu probable. L’armée russe a-t-elle les moyens d’envahir l’Europe ?<br /> La réponse doit être nuancée. A première vue, l’armée russe n’a guère brillé pendant cette campagne. Même si elle a repris l’initiative depuis décembre 2023, les gains territoriaux sont réels mais limités. A ce rythme, il faudrait plusieurs dizaines d’années avant d’arriver au bord du Rhin. Ensuite, en admettant que les pertes « colossales » de l’armée russe soient vérifiées, il faudrait à la Russie un réservoir humain autrement plus conséquent s’il lui prenait l’envie d’envahir l’Europe.<br /> Cette perspective, soutenue par certains cénacles de l’OTAN ou proches de l’OTAN, ayant conservé le logiciel de la guerre froide, est donc à court-moyen terme totalement irréaliste.<br /> Posons donc la question autrement : qu’a cherché à faire l’armée russe en Ukraine ? Elle a d’abord cherché l’anéantissement de l’armée ukrainienne et de l’appareil de défense ukrainien en lui infligeant des pertes massives sur le front et en détruisant dans la profondeur les infrastructures indispensables à l’effort de guerre. C’est d’abord une guerre par épuisement avant d’être une guerre de conquête territoriale. Ce faisant, la Russie a aussi provoqué l’assèchement de nos stocks et donc un affaiblissement militaire ponctuel de l’Occident. Il faudra autre chose que des forums à Londres ou à Paris pour pallier cet affaiblissement, reconstituer des stocks et permettre à l’industrie de défense de se réorganiser.<br /> Est-ce que l’armée russe sort renforcée de cette guerre ? En dépit des pertes importantes, il est permis de le penser car elle a su tirer rapidement les leçons de ses échecs initiaux et reconfigurer son économie et son industrie pour soutenir son effort de guerre. On peut donc raisonnablement estimer que la Russie dispose maintenant d’une armée aguerrie et d’un solide complexe militaro-industriel capable de faire peser une menace sur des petits pays tels que les pays baltes ou la Moldavie si les relations venaient à se détériorer.<br /> Précisons cependant que la menace n’est pas que militaire. La Russie a fait de la désinformation et de la guerre hybride un art à part entière. La France en sait quelque chose dans certains de ses territoires d’outre-mer, où la Russie (et la Turquie pour un objectif différent) a utilisé l’Azerbaïdjan comme proxy chargé d’appuyer et soutenir les revendications violentes des partisans de l’indépendance mais aussi en Afrique d’où  nous avons été chassés, en partie à cause de l’arrogance du comportement des plus hautes autorités françaises, et en partie en raison de notre incapacité à contrer efficacement la propagande russe antifrançaise en Afrique.<br /> Si les relations entre la France et la Russie venaient à se détériorer encore plus, nous pourrions effectivement avoir à faire face à des opérations de déstabilisation à grande échelle comme des troubles intérieurs sur le territoire national par le biais de certaines communautés soutenues et instrumentalisées par la Russie, des cyberattaques d’ampleur ou des attaques dans le domaine spatial (destruction de nos satellites et donc d’une partie de nos capacités garantissant notre autonomie d’appréciation stratégique). Ce type de menace est donc à prendre avec le plus grand sérieux.<br />Que doivent faire la France et l'Europe ?<br /> A l’évidence, la Russie, à l’instar de la Chine, est dans une quête de puissance qui puise sa force dans un ressentiment profond et durable à l’encontre de l’Occident en raison des promesses faites lors de l’effondrement de l’Union soviétique et non tenues depuis. Faut-il continuer à attiser ce ressentiment et continuer à exciter nos opinions publiques ou au contraire faut-il chercher les voies de l’apaisement ?<br /> La deuxième solution est la seule raisonnable. La France qui se targue d’être une puissance d’équilibre avait un rôle historique à jouer dans ce conflit, au lieu de quoi, elle s’est alignée sur la politique anglosaxonne de soutien inconditionnel à l’Ukraine pour in fine, se trouver en porte-à-faux après l’élection de Donald Trump, écartée du processus de paix et obligée de poursuivre une ligne intransigeante totalement décalée par rapport à la réalité du terrain et de ses propres moyens militaires.<br /> Est-ce que chercher l’apaisement signifie abdiquer et donc ouvrir la voie à d’autres conflits ? Nous ne le pensons pas mais reconnaissons que le risque existe. Les pays européens, doivent effectivement se doter d’une puissance militaire correspondant à leur rang et à leurs prétentions à peser sur les affaires du monde.</p>

<p> Non seulement pour être respecté de la Russie et lui tenir tête lorsque c’est nécessaire, mais aussi parce que d’autres puissances, animées d’ambitions territoriales adossées à des idéologies, manifestent des appétits de puissance de plus en plus insatiables.</p>

<p>François-Régis Legrier, Philippe Kalfayan  23/03/2025</p>

<p>François-Régis Legrier est colonel à la retraite et professeur de géopolitique.</p>

<p>Philippe Kalfayan est juriste internationaliste, conseil en stratégie et spécialiste de l’espace post-soviétique.</p>

<p>Notes<br />1) Ce qui fait dire dans les milieux néoconservateurs que la Russie n’est qu’une station-service dotée de missiles nucléaires</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1079/laccord-entre-le-president-syrien-et-les-kurdes-leur-permet-de-gagner-du-temps-face-a-trump</guid>
	<pubDate>Sun, 16 Mar 2025 11:58:31 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1079/laccord-entre-le-president-syrien-et-les-kurdes-leur-permet-de-gagner-du-temps-face-a-trump</link>
	<title><![CDATA[&quot;L&#039;accord entre le président syrien et les Kurdes leur permet de gagner du temps face à Trump&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L'accord, conclu ce 10 mars entre le président syrien par intérim, Ahmed al-Charaa, et le leader des Forces démocratiques syriennes (FDS) – dominées par les Kurdes –, Mazloum Abdi, prévoit notamment « l'intégration » dans le cadre de l'État syrien toutes les institutions civiles et militaires relevant de l'administration autonome kurde. Alors que cette ethnie est marginalisée et réprimée dans ce pays depuis des décennies, cet accord lui est-il bénéfique ? Entretien avec Thomas Pierret, chargé de recherche au CNRS et à l'Institut de recherches et d'études sur les mondes arabes et musulmans (IREMAM).</p><p class="article-text article-body__item">Alors que la Syrie est secouée, ces derniers jours, par des affrontements d’une violence inédite depuis <a href="https://www.marianne.net/monde/proche-orient/personne-ne-veut-plus-mourir-pour-ce-regime-en-syrie-la-fin-du-regime-al-assad-vu-depuis-homs-et-hama">la chute de l'ancien président Bachar al-Assad</a>, le président par intérim du pays a voulu lancer un signal fort d’unité. Ainsi, ce lundi 10 mars, Ahmed al-Charaa a annoncé un accord historique, conclu sous la médiation des États-Unis, avec Mazloum Abdi, le chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes.</p><p class="article-text article-body__item">L'objectif : « intégrer » dans le cadre de l'État syrien toutes les institutions civiles et militaires relevant de l'administration autonome kurde – à savoir les postes-frontières, l'aéroport et les champs pétroliers et gaziers. « La communauté kurde est une composante essentielle de l’État syrien », qui « garantit son droit à la citoyenneté et l'ensemble de ses droits constitutionnels », est-il également précisé dans cet accord, qui prévoit en outre un cessez-le-feu et l’intégration des FDS dans l’armée syrienne.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1078/rapport-de-force</guid>
	<pubDate>Sat, 15 Mar 2025 09:48:21 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1078/rapport-de-force</link>
	<title><![CDATA[Rapport de force]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Bernard Pons − Mars 2025</p><p id="caption-attachment-128893" class="wp-caption-text">Bernard Pons, 2025, Homme dimension maximum, huile sur papier, 81/81cm</p><p>J’observe que l’élément de langage « rapport de force » apparaît chez tous les éditorialistes bien dressés.</p><p>Mis à part que ça ressemble plutôt à une blague, juste un exemple, le personnel cumulé des trois armes de l’armée britannique ne remplit même pas les tribunes du stade de Wembley. Ils ont déjà refilé leurs chars Challenger (qui se sont fait démolir) aux Ukrainiens. Pour les avions, ils ont les vieux Eurofighter Typhoon qu’ils sont en train de retirer progressivement du service parce qu’ils sont complètement obsolètes. Ils ont également 33 F35, le célèbre fer à repasser américain complètement dysfonctionnel qu’ils ont été obligés d’acheter.</p><p>Ceci n’inquiète pas le côté Russe ; Parce que lui il a : des SU 57, SU 35, SU 34, SU 30, MIG 35, MIG 31, MIG 29, etc. Au total, les forces aérospatiales russes disposent d’environ 1500 avions de combat, ce qui en fait une des plus grandes forces aériennes du monde. Sans oublier bien sûr les missiles Oreshnik qui peuvent frapper Londres en 15 minutes. Sans oublier non plus que les sous-marins français ne peuvent fonctionner sans l’aval des USA depuis la vente d’Alstom.</p><p>Voulez-vous vraiment que la France attaque la Russie + la Chine + les USA ?</p><p>Ceci posé ; Que nous devions être forts, cela relève de l’évidence, une colonne vertébrale soutient un cœur pulsant du sang frais. Pour continuer la métaphore, sans cœur, une colonne vertébrale n’est qu’un tas d’os. Et le cœur, c’est quoi ? Eh bien l’économie Monsieur, et tout économiste sérieux vous dira que la rupture des liens économiques et commerciaux avec la Russie a accéléré le processus de désindustrialisation de l’Europe. Les plus grandes économies du continent perdent leur compétitivité dans le contexte de l’Amérique et de la Chine dynamiques. Sans économie solide, – et elle ne peut l’être sans les BRICS – le réalisme du rapport de force ressemble à un crapaud voulant devenir bœuf.</p><p>Il me semble évident que les rapports de forces compris comme cela n’ont pas de sens, mais peut-être faut-il mieux définir les acteurs.</p><p>Les Kennedy nous disent :</p><p>« Notre véritable ennemi n’est ni la Russie ni l’Ukraine. Ce n’est même pas la Chine. Ce sont ceux qui ont provoqué et tenté de perpétuer les guerres – afin de pouvoir blanchir des milliards de notre argent dans leurs propres poches. Ce sont eux qui ont financé les révoltes et l’instabilité partout dans le monde via l’USAID. Ce sont ceux qui ont commis des crimes innommables sur des enfants sur une île et qui se sont considérés au-dessus de la loi. Ce sont ceux qui manipulent les gens avec une propagande sans fin en achetant tous les médias – en utilisant nos impôts. Ce sont eux qui ont semé tant de divisions parmi notre propre peuple. Ce sont ceux qui ont tiré une balle dans la tête de mon père, de mon oncle et @realDonaldTrump, l’ami de John John Kennedy junior, décédé dans un accident d’avion lors de sa campagne présidentielle financée par …Trump. Ce sont eux qui ont empoisonné notre propre peuple pendant des années juste pour pouvoir en tirer davantage de profit. C’est le même groupe de personnes. Et nous ne nous arrêterons pas tant que nous n’aurons pas brisé l’État profond en mille morceaux et récupéré notre pays. Si cela n’a pas été clair, il s’agit de Soros, Bill Gates, Schwab, BlackRock, Big Military, Big Pharma, les politiciens corrompus comme les Clinton, Biden, Chuck Schumer, Pelosi, Mitch McConnell et Fauci, et plus important encore, les bureaucrates non élus qui contrôlent et dirigent efficacement le FBI, la CIA et le DOJ contre la volonté du peuple. Pendant des années, notre gouvernement a<br />été une marionnette et un complice. » Robert Kennedy.</p><p>Si cela n’a pas été clair, il s’agit de Soros, Bill Gates, Schwab, BlackRock, Big Military, Big Pharma, et de leurs fils incestueux, j’ai nommé notre président français. Vu comme cela, ce n’est pas les trois avions anglais qu’ils veulent envoyer au combat dans le « rapport de force » mais toute la pyramide ; Vanguard, BlackRock et consorts et leur shadow banking. Chacun se lovant dedans comme dans un enclos. Il s’agit du contrat Fordien, pour ne pas dire le contrat Faustien, « toit, nourriture et sécurité contre temps de travail à l’usine ». La pyramide, c’est tout cela, chacun cherchant à se placer, le combat des classes remplacé par le combat des places. Voici donc le paradigme cerné, et qui dit paradigme dit enclos. Celui qui dit enclos dit : positionnement dans cet enclos ; la posture. Tout est là ; chacun cherchant à être bien positionné par rapport à cette clôture, chacun se place du côté du bien, puis le bien du bien pour les meilleurs, les plus serviles, jusqu’à s’emmurer vivant dans le mur du bien pour les plus crétins. Voici la posture totalitaire ; emmuré dans le bien. Voilà le secret de la recette du totalitarisme.</p><p>C’est cela le rapport de force, sortir de la grotte. Et croyez-moi, il y a du monde dans la grotte. Quelques hommes essaient de nous l’expliquer avec le mouvement des non-alignés :</p>
<p>Conférence de Bandung (1955) : C’est l’événement fondateur de l’esprit non-aligné,<br />Conférence de Brioni (1956) : Une réunion cruciale entre Tito (Yougoslavie), Nehru (Inde) et Nasser (Égypte) à Brioni, en Yougoslavie, pour préparer Belgrade.<br />Conférence de Belgrade (1961) : Première conférence officielle du mouvement des non-alignés, à Belgrade (Yougoslavie). Le Brésil a envoyé un observateur.</p>
<p>Ensuite le Mouvement des non-alignés (NAM) continue d’organiser des sommets réguliers pour promouvoir l’indépendance des pays du Sud et un nouvel ordre mondial. (le monde se divise en trois catégories géopolitiques ; l’occident, l’orient Indonésie et Chine, et les pays du Sud, la Russie faisant partie de cette catégorie).</p>
<p>Le Caire, Égypte (1964) : Consolidation du NAM après Belgrade, avec un accent sur la décolonisation.<br />Lusaka, Zambie (1970) : Ajout des objectifs de paix et de non-alignement face aux blocs Est-Ouest.<br />Alger, Algérie (1973) : Appel à un nouvel ordre économique international (NIEO), influençant les émergents.<br />Colombo, Sri Lanka (1976) : Officialisation du terme « Mouvement des non-alignés » dans les documents.<br />La Havane, Cuba (1979) : Premiers signes de tensions internes sur l’alignement avec l’URSS.<br />New Delhi, Inde (1983) : Positionnement comme « le plus grand mouvement pour la paix ».<br />Harare, Zimbabwe (1986) : Focus sur l’apartheid et la désindustrialisation.<br />Belgrade, Yougoslavie (1989) : Dernier sommet avant la fin de la Guerre froide.<br />Jakarta, Indonésie (1992) : Révision des objectifs post-Guerre froide.<br />Carthagène, Colombie (1995) : Adaptation à la globalisation.<br />Durban, Afrique du Sud (1998) : Renforcement des liens Sud-Sud.<br />Kuala Lumpur, Malaisie (2003) : Réponse aux tensions post-11 septembre.<br />La Havane, Cuba (2006) : Critique de l’unilatéralisme américain.<br />Charm el-Cheikh, Égypte (2009) : Soutien à l’autodétermination (ex. : Sahara occidental).<br />Téhéran, Iran (2012) : Focus sur la souveraineté face aux sanctions.<br />Île Margarita, Venezuela (2016) : Développement durable et critiques du néocolonialisme.<br />Bakou, Azerbaïdjan : Renforcement du multilatéralisme.<br />Kampala, Ouganda (2024) : accent sur la coopération Sud-Sud.</p>
<p>Que disent-ils ? ; « nous n’allons pas sacrifier ce que nous sommes ». « Les mêmes droits pour tous, pas de racisme, vive le développement ». Ces deux idées fortes conjointes ont mis le sud en orbite. – les pays qui ne souhaitaient pas s’inscrire dans la logique d’affrontement Est-Ouest mais au contraire favoriser l’indépendance effective des pays du Sud.</p><p>Cette liste n’est pas exhaustive, des nombreuses conférences apparaissent en Amérique latine : Forum de São Paulo (FSP) 1990 São Paulo, Brésil.<br />sous l’impulsion de Lula da Silva, soutenu par Fidel Castro.</p>
<p>« Nous manifestons notre volonté commune de réaffirmer un caractère émancipateur, de corriger ses conceptions erronées, et de dépasser toute forme de bureaucratisme et toute absence de véritable démocratie sociale de masse. »<br />« Promouvoir des propositions d’unité d’action consensuelles dans la lutte anti-impérialiste et populaire, en opposition à l’intégration sous la domination impérialiste, et définir les bases d’un nouveau concept d’unité et d’intégration continentale. » Ces mouvements appellent un nouvel ordre économique, « vous n’allez pas continuer à nous dominer ; on a les ressources. Il faut repenser l’économie mondiale. »</p>
<p>Le premier qui a eu la puissance, la résilience de lever la tête est le président Poutine, il y a bien longtemps. Cet homme nous l’explique depuis la chute du mur en initialisant les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), qui partagent des racines idéologiques du NAM – indépendance et de non-alignement face aux puissances occidentales – Le premier sommet formel a lieu en 2009 à Iekaterinbourg, Russie (BRIC), suivi de l’ajout de l’Afrique du Sud en 2010 (BRICS, 3e sommet, Sanya, Chine, 2011). Les BRICS reprennent des revendications du NAM avec un focus économique et pragmatique plutôt que politique ou idéologique.</p><p>Les sommets s’enchaînent</p>
<p>Sanya, Chine (14 avril 2011) : Entrée de l’Afrique du Sud (BRICS).<br />Oufa, Russie (8-9 juillet 2015) : Lancement de la Nouvelle Banque de Développement (NBD).<br />Chine (23-24 juin 2022) : Expansion envisagée.<br />Johannesbourg, Afrique du Sud (2023) : Invitation de nouveaux membres.<br />Kazan, Russie (2024) : Première avec les 10 membres, thème « Renforcer le<br />multilatéralisme ».<br />(et bientôt) – Rio de Janeiro, Brésil (6-7 juillet 2025) : Prochain sommet, présidence brésilienne.</p>
<p>Souvenez-vous du vieux Lula qui a fondé le mouvement en 1990 São Paulo, Brésil. Le président Lula qui a été en prison en 1980 ; Accusé de violation de la Loi de sécurité nationale pour avoir organisé des grèves illégales. Il a été condamné à 3 ans et demi de prison par un tribunal militaire, mais la Cour suprême militaire l’a libéré en 1981 après un appel. Et encore l’opération Lava Jato (2018-2019) pour bloquer un second mandat.</p><p>Toujours par les mêmes qui ont tiré sur Kennedy.</p><p>Ils sont toujours là. Le camp de la pyramide est solide. Le projet caché de Macron, c’est la réhabilitation de cette dynastie à Moscou avec l’Europe comme levier.</p><p>Pas sûr que ce rapport de force soit la volonté populaire. C’est une guerre servile (merci Goscinny !) l’exact contraire de ce qu’est une civilisation, à savoir : l’entente naturelle entre individus dans un village. C’est une guerre mondiale où il ne s’agit pas de trois avions anglais contre 1500 avions SU57 Russes. Mais bien plus profond, le combat est très ancien. (1880), Dostoïevski écrit dans Les Frères Karamazov</p><p>L’amour de l’humanité, l’humilité devant les hommes, voilà une force terrible, la plus forte de toutes, et il n’y en a point de semblable.</p><p>Maintenant souvenons-nous de Soljenitsyne</p><p>Et c’est là justement que se trouve, négligée par nous, mais si simple, si accessible, la clé de notre libération : Le refus de participer personnellement au mensonge ! Qu’importe si le mensonge recouvre tout, s’il devient maître de tout, mais soyons intraitables au moins sur ce point : qu’il ne le devienne pas par moi !</p><p>Bernard Pons</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1073/l%E2%80%99ingeniosite-de-trump-vis-a-vis-de-la-russie-et-de%C2%A0l%E2%80%99iran</guid>
	<pubDate>Thu, 13 Mar 2025 12:20:22 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1073/l%E2%80%99ingeniosite-de-trump-vis-a-vis-de-la-russie-et-de%C2%A0l%E2%80%99iran</link>
	<title><![CDATA[L’ingéniosité de Trump vis-à-vis de la Russie et de l’Iran]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-136277">Le pr&eacute;sident am&eacute;ricain Donald Trump a r&eacute;v&eacute;l&eacute; qu&rsquo;il avait adress&eacute; une lettre au guide , l&rsquo;ayatollah Ali Khamenei supr&ecirc;me iranien, sugg&eacute;rant des pourparlers sur la question , Washington, le 5 mars 2025.</p><p>Au cours des trois derni&egrave;res ann&eacute;es, Moscou a affirm&eacute; qu&rsquo;elle &eacute;tait confront&eacute;e &agrave; une menace existentielle du fait de la guerre par procuration men&eacute;e par les &Eacute;tats-Unis en Ukraine. Mais au cours des six derni&egrave;res semaines, cette perception de la menace s&rsquo;est dissip&eacute;e largement. Le pr&eacute;sident am&eacute;ricain Donald Trump a fait une tentative h&eacute;ro&iuml;que pour changer l&rsquo;image de son pays en un porte-manteau d&rsquo; &laquo;&nbsp;ami&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;ennemi&nbsp;&raquo; avec lequel Moscou peut &ecirc;tre amical malgr&eacute; l&rsquo;arri&eacute;r&eacute; d&rsquo;une aversion ou d&rsquo;une suspicion fondamentale.</p><p>La semaine derni&egrave;re, Trump s&rsquo;est tourn&eacute; vers la question de l&rsquo;Iran pour ce qui pourrait &ecirc;tre un acte de foi similaire. Les deux situations pr&eacute;sentent des similitudes. Le pr&eacute;sident russe Vladimir Poutine et le pr&eacute;sident iranien Masoud Pezeshkian sont tous deux des nationalistes et des modernisateurs par excellence, ouverts &agrave; l&rsquo;occidentalisme. La Russie et l&rsquo;Iran sont tous deux confront&eacute;s &agrave; des sanctions am&eacute;ricaines. Tous deux cherchent &agrave; obtenir une lev&eacute;e des sanctions qui pourrait ouvrir des possibilit&eacute;s d&rsquo;int&eacute;gration de leurs &eacute;conomies dans le march&eacute; mondial.</p><p>Les &eacute;lites russes et iraniennes peuvent &ecirc;tre qualifi&eacute;es d&rsquo;&nbsp;&laquo;&nbsp;occidentalistes&nbsp;&raquo;. Tout au long de leur histoire, la Russie et l&rsquo;Iran ont v&eacute;cu l&rsquo;Occident comme une source de modernit&eacute; pour &laquo;&nbsp;am&eacute;liorer&nbsp;&raquo; leurs &eacute;tats de civilisation. Dans un tel paradigme, Trump tient un b&acirc;ton dans une main et une carotte dans l&rsquo;autre, offrant la r&eacute;conciliation ou le ch&acirc;timent selon leur choix. Est-ce une approche judicieuse ? Une r&eacute;initialisation sans coercition n&rsquo;est-elle pas possible ?</p><p>Dans la perception russe, la menace des &Eacute;tats-Unis s&rsquo;est att&eacute;nu&eacute;e consid&eacute;rablement ces derniers temps, l&rsquo;administration Trump ayant signal&eacute; sans ambigu&iuml;t&eacute; une strat&eacute;gie visant &agrave; s&rsquo;engager avec la Russie et &agrave; normaliser les relations &ndash; en laissant entrevoir les perspectives d&rsquo;une m&ecirc;me coop&eacute;ration &eacute;conomique mutuellement b&eacute;n&eacute;fique.</p><p>Jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent, la Russie a connu des montagnes russes avec Trump (qui a m&ecirc;me menac&eacute; la Russie de nouvelles sanctions) dont les prescriptions d&rsquo;un cessez-le-feu pour mettre fin au conflit en Ukraine cr&eacute;ent un malaise dans l&rsquo;esprit des Russes. Cependant, Trump a &eacute;galement claqu&eacute; la porte de l&rsquo;adh&eacute;sion de l&rsquo;Ukraine &agrave; l&rsquo;OTAN ; il a rejet&eacute; en bloc tout d&eacute;ploiement militaire am&eacute;ricain en Ukraine ; il a exon&eacute;r&eacute; la Russie de toute responsabilit&eacute; dans le d&eacute;clenchement du conflit ukrainien et a rejet&eacute; la faute sur l&rsquo;administration Biden ; il a ouvertement reconnu le d&eacute;sir de la Russie de mettre fin au conflit et a pris note de la volont&eacute; de Moscou d&rsquo;entamer des n&eacute;gociations &ndash; il a m&ecirc;me conc&eacute;d&eacute; que le conflit lui-m&ecirc;me &eacute;tait en fait une guerre par procuration.</p><p>Sur le&nbsp;plan pratique, M. Trump s&rsquo;est dit pr&ecirc;t &agrave; r&eacute;tablir le fonctionnement normal de l&rsquo;ambassade russe.&nbsp; Si l&rsquo;on en croit les rapports, les deux pays ont gel&eacute; leurs activit&eacute;s de renseignement offensives dans le cyberespace.</p><p>Une fois encore, lors du r&eacute;cent vote du Conseil de s&eacute;curit&eacute; des Nations unies sur r&eacute;solution du l&rsquo;Ukraine, les &Eacute;tats-Unis et la Russie se sont retrouv&eacute;s face aux alli&eacute;s europ&eacute;ens de Washington qui se sont ralli&eacute;s &agrave; Kiev. On peut supposer que les diplomates russes et am&eacute;ricains &agrave; New York ont coordonn&eacute; leurs actions.</p><p>Il n&rsquo;est pas surprenant que les capitales europ&eacute;ennes et Kiev paniquent &agrave; l&rsquo;id&eacute;e que Washington et Moscou soient en contact direct et qu&rsquo;elles ne soient pas dans le coup. M&ecirc;me si le niveau de confort &agrave; Moscou a augment&eacute; avec perspicacit&eacute;, la morosit&eacute; dans l&rsquo;esprit des Europ&eacute;ens ne fait que s&rsquo;&eacute;paissir, incarnant la confusion et le pressentiment qui ont impr&eacute;gn&eacute; des moments importants de leur lutte.</p><p>En somme, Trump a conc&eacute;d&eacute; la l&eacute;gitimit&eacute; de la position russe avant m&ecirc;me le d&eacute;but des n&eacute;gociations. Est-il possible d&rsquo;envisager un raisonnement hors des sentiers battus en ce qui concerne l&rsquo;Iran &eacute;galement ?</p><p>Sur le fond, du point de vue russe, les points restants &agrave; r&eacute;gler sont les suivants : premi&egrave;rement, un changement de r&eacute;gime &agrave; Kiev qui garantisse l&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;un voisin neutre et amical ; deuxi&egrave;mement, la lev&eacute;e des sanctions am&eacute;ricaines ; et, troisi&egrave;mement, des pourparlers sur le contr&ocirc;le des armes et le d&eacute;sarmement adapt&eacute;s aux conditions actuelles pour garantir l&rsquo;&eacute;quilibre et la stabilit&eacute; de l&rsquo;Europe et du reste du monde.</p><p>En ce qui concerne l&rsquo;Iran, nous n&rsquo;en sommes qu&rsquo;au d&eacute;but, mais la situation est beaucoup moins exigeante. Il est vrai que les deux pays entretiennent une relation conflictuelle depuis des d&eacute;cennies. Mais cela peut &ecirc;tre enti&egrave;rement attribu&eacute; &agrave; l&rsquo;ing&eacute;rence am&eacute;ricaine dans la politique, l&rsquo;&eacute;conomie, la soci&eacute;t&eacute; et la culture ; une hostilit&eacute; mutuelle ininterrompue n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; la r&egrave;gle de base, historiquement.</p><p>Il existe en Iran un groupe d&rsquo; &laquo;&nbsp;occidentalistes&nbsp;&raquo; qui pr&ocirc;ne la normalisation avec les &Eacute;tats-Unis comme moyen de relancer l&rsquo;&eacute;conomie du pays. Bien entendu, comme en Russie, les super faucons et les dogmatiques iraniens ont &eacute;galement des int&eacute;r&ecirc;ts directs dans le statu quo. Le complexe militaro-industriel des deux pays est une voix influente.</p><p>La grande diff&eacute;rence aujourd&rsquo;hui est que l&rsquo;environnement ext&eacute;rieur en Eurasie se nourrit des tensions entre les &Eacute;tats-Unis et la Russie, alors que les alignements intrar&eacute;gionaux dans la r&eacute;gion du Golfe sont propices &agrave; la d&eacute;tente entre les &Eacute;tats-Unis et l&rsquo;Iran. Le rapprochement entre l&rsquo;Arabie saoudite et l&rsquo;Iran, la politique de r&eacute;sistance de l&rsquo;Iran qui s&rsquo;adoucit r&eacute;guli&egrave;rement et largement, l&rsquo;abandon par l&rsquo;Arabie saoudite des groupes djihadistes comme outil g&eacute;opolitique et son recentrage sur le d&eacute;veloppement et la r&eacute;forme comme strat&eacute;gies nationales &ndash; tout cela fa&ccedil;onne l&rsquo;esprit du temps, qui a horreur de la confrontation entre les &Eacute;tats-Unis et l&rsquo;Iran.</p><p>Cette transformation historique rend l&rsquo;ancienne strat&eacute;gie am&eacute;ricaine visant &agrave; isoler et &agrave; &laquo; contenir &raquo; l&rsquo;Iran plut&ocirc;t obsol&egrave;te. Entre-temps, les &Eacute;tats-Unis eux-m&ecirc;mes se rendent de plus en plus compte que leurs int&eacute;r&ecirc;ts en Asie occidentale ne recoupent plus ceux d&rsquo;Isra&euml;l. Trump ne peut qu&rsquo;en &ecirc;tre conscient.</p><p>De m&ecirc;me, la capacit&eacute; de dissuasion de l&rsquo;Iran est aujourd&rsquo;hui une r&eacute;alit&eacute; incontournable. En attaquant l&rsquo;Iran, les &Eacute;tats-Unis peuvent au mieux remporter une victoire &agrave; la Pyrrhus au prix de la destruction d&rsquo;Isra&euml;l. Trump sera dans l&rsquo;impossibilit&eacute; de sortir les &Eacute;tats-Unis du bourbier qui s&rsquo;ensuivra au cours de sa pr&eacute;sidence, ce qui, en fait, pourrait d&eacute;finir son h&eacute;ritage.</p><p>Les n&eacute;gociations entre les &Eacute;tats-Unis et la Russie risquent de durer longtemps. Apr&egrave;s en &ecirc;tre arriv&eacute;e l&agrave;, la Russie n&rsquo;est pas dispos&eacute;e &agrave; geler le conflit jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;elle prenne le contr&ocirc;le total de la r&eacute;gion du Donbass et, &eacute;ventuellement, de la rive orientale du Dniepr (y compris Odessa, Kharkhov, etc.) Mais dans le cas de l&rsquo;Iran, le temps presse. Quelque chose doit c&eacute;der dans six mois, lorsque le sablier se videra et que la date limite d&rsquo;octobre arrivera pour que le m&eacute;canisme de rappel du JCPOA de 2015 r&eacute;impose les r&eacute;solutions de l&rsquo;ONU visant &agrave; &laquo; suspendre toutes les activit&eacute;s de retraitement, li&eacute;es &agrave; l&rsquo;eau lourde et li&eacute;es &agrave; l&rsquo;enrichissement &raquo; men&eacute;es par T&eacute;h&eacute;ran.</p><p>Trump sera appel&eacute; &agrave; prendre une d&eacute;cision capitale sur l&rsquo;Iran. Ne vous y trompez pas : si les choses se g&acirc;tent, T&eacute;h&eacute;ran pourrait quitter purement et simplement le TNP. M. Trump a d&eacute;clar&eacute; mercredi qu&rsquo;il avait envoy&eacute; une lettre &agrave; Ali Khamenei, le guide supr&ecirc;me de l&rsquo;Iran, appelant &agrave; la conclusion d&rsquo;un accord pour remplacer le JCPOA. Il a laiss&eacute; entendre, sans donner de pr&eacute;cisions, que la question pourrait rapidement d&eacute;boucher sur un conflit avec l&rsquo;Iran, mais il a &eacute;galement indiqu&eacute; qu&rsquo;un accord nucl&eacute;aire avec l&rsquo;Iran pourrait voir le jour dans un avenir proche.</p><p>Plus tard dans la journ&eacute;e de vendredi, M. Trump a d&eacute;clar&eacute; &agrave; la presse, dans le bureau ovale, que les &Eacute;tats-Unis n&eacute;gociaient avec l&rsquo;Iran &laquo; jusqu&rsquo;aux derniers instants &raquo; et qu&rsquo;il esp&eacute;rait qu&rsquo;une intervention militaire s&rsquo;av&eacute;rerait inutile. Il a d&eacute;clar&eacute; : &laquo; C&rsquo;est une p&eacute;riode int&eacute;ressante dans l&rsquo;histoire du monde. Mais nous avons une situation avec l&rsquo;Iran dans laquelle quelque chose va se produire tr&egrave;s bient&ocirc;t, tr&egrave;s, tr&egrave;s bient&ocirc;t.</p><p>&laquo; Vous en parlerez tr&egrave;s bient&ocirc;t, je suppose. J&rsquo;esp&egrave;re que nous pourrons conclure un accord de paix. Je ne parle pas de force ou de faiblesse, je dis simplement que je pr&eacute;f&egrave;re un accord de paix &agrave; l&rsquo;autre. Mais l&rsquo;autre solution r&eacute;soudra le probl&egrave;me. Nous sommes dans les derniers instants. Nous ne pouvons pas les laisser disposer d&rsquo;une arme nucl&eacute;aire&raquo;.</p><p>Trump vise &agrave; g&eacute;n&eacute;rer des dividendes de paix &agrave; partir de toute normalisation avec la Russie et l&rsquo;Iran, deux superpuissances &eacute;nerg&eacute;tiques, qui pourraient donner de l&rsquo;&eacute;lan &agrave; son projet MAGA. Mais il faut d&rsquo;abord balayer les toiles d&rsquo;araign&eacute;e. Les mythes et les id&eacute;es fausses ont fa&ccedil;onn&eacute; la pens&eacute;e occidentale contemporaine sur la Russie et l&rsquo;Iran. Trump ne doit pas tomber dans la phobie des ambitions &laquo; imp&eacute;rialistes &raquo; de la Russie ou du programme nucl&eacute;aire &laquo; clandestin &raquo; de l&rsquo;Iran.</p><p>Si le premier est le r&eacute;cit du camp n&eacute;ocon lib&eacute;ral-mondialiste, le second est une fabrication du lobby isra&eacute;lien. Il s&rsquo;agit dans les deux cas de r&eacute;cits int&eacute;ress&eacute;s. Au cours de ce processus, la diff&eacute;rence entre l&rsquo;occidentalisation et la modernisation s&rsquo;est perdue. L&rsquo;occidentalisation est l&rsquo;adoption de la culture et de la soci&eacute;t&eacute; occidentales, tandis que la modernisation est le d&eacute;veloppement de sa propre culture et de sa propre soci&eacute;t&eacute;. L&rsquo;occidentalisation ne peut &ecirc;tre, au mieux, qu&rsquo;un sous-processus de la modernisation dans des pays comme la Russie et l&rsquo;Iran.</p><p>L&rsquo;ing&eacute;niosit&eacute; de Trump consiste donc &agrave; mettre fin aux guerres par procuration des &Eacute;tats-Unis avec la Russie et l&rsquo;Iran en cr&eacute;ant une synergie &agrave; partir du partenariat strat&eacute;gique russo-iranien. Si les guerres par procuration des &Eacute;tats-Unis n&rsquo;ont fait que rapprocher la Russie et l&rsquo;Iran plus que jamais dans leur histoire mouvement&eacute;e de quasi-alli&eacute;s ces derniers temps, leur int&eacute;r&ecirc;t commun r&eacute;side &eacute;galement aujourd&rsquo;hui dans l&rsquo;ing&eacute;niosit&eacute; de Trump &agrave; obtenir l&rsquo;aide de Poutine pour normaliser les liens entre les &Eacute;tats-Unis et l&rsquo;Iran. Si quelqu&rsquo;un peut r&eacute;ussir un tour de corde magique aussi audacieux, c&rsquo;est bien Trump.</p><p><a href="https://arretsurinfo.ch/authors/m-k-bhadrakumar/">M.K. Bhadrakumar</a>, ancien ambassadeur indien&nbsp;</p><p>Source:<a href="https://www.indianpunchline.com/trumps-ingenuity-vis-a-vis-russia-iran/">Indianpunchline.com,</a> <a href="https://www.indianpunchline.com/trumps-ingenuity-vis-a-vis-russia-iran/" rel="bookmark">10 mars 2025</a></p><p>Share Post Print</p><p>Les assertions et opinions&nbsp;exprim&eacute;es ici sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas &ecirc;tre imput&eacute;es &agrave; Arr&ecirc;t sur Info.</p><p>Vous pouvez reproduire les articles d&rsquo;Arr&ecirc;t sur Info &agrave; condition de citer la source et de ne pas les modifier ni les utiliser &agrave; des fins commerciales.</p><p>Vous voulez r&eacute;agir,&nbsp;signaler une erreur, communiquer un renseignement&nbsp;?&nbsp;<a href="https://arretsurinfo.ch/contact/">Contact</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1071/plus-de-la-moitie-des-emissions-mondiales-dues-a-une-poignee-de-geants-de-l%E2%80%99energie</guid>
	<pubDate>Mon, 10 Mar 2025 05:11:11 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1071/plus-de-la-moitie-des-emissions-mondiales-dues-a-une-poignee-de-geants-de-l%E2%80%99energie</link>
	<title><![CDATA[plus de la moitié des émissions mondiales dues à une poignée de géants de l’énergie]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Les plus gros producteurs de gaz, de pétrole, de charbon et de ciment émettent toujours plus de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique. C’est le constat d’une nouvelle étude publiée ce mercredi 5 février par le think tank britannique InfluenceMap. Non seulement ces émissions continuent d’augmenter, mais plus de la moitié d’entre elles sont attribuées à seulement 36 entreprises.</p><p class="m-pub-dates">Publié le : 05/03/2025 - 11:16</p><p>1 min</p><p>Publicité</p>
<p>Lire la suite</p>
<p>Parmi les plus gros pollueurs, les <a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/entreprises/" target="_self">entreprises</a> publiques dominent largement. En tête, on retrouve la compagnie <a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/p%C3%A9trole/" target="_self">pétrolière</a> nationale d’<a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/arabie-saoudite/" target="_self">Arabie saoudite</a>, Saudi Aramco, suivie par National Iranian Oil Company, en Iran. Le secteur du charbon n’est pas en reste avec Coal India, autre géant du charbon. Viennent ensuite deux entreprises chinoises, China Energy et Jinneng, qui comptent également parmi les plus gros émetteurs. À elles seules, ces cinq entreprises ont généré plus de 17% des émissions mondiales de CO₂ en 2023.</p><p>Du côté privé, les entreprises ne sont pas en reste. Parmi elles, les géants pétroliers ExxonMobil, Chevron, Shell, TotalEnergies et BP ont représenté près de 5% des émissions mondiales. </p><p>Dans le reste du classement, les entreprises <a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/chine/" target="_self">chinoises</a> sont les plus nombreuses. Ce sont elles qui ont le plus contribué au réchauffement global cette année-là.</p><p class="a-read-more">À lire aussi<a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250225-projet-eacop-de-totalenergies-les-organisations-esp%C3%A8rent-un-dernier-sursaut-judiciaire-%C3%A0-kigali" target="_self" class="a-read-more__link">Projet EACOP de TotalEnergies: les opposants espèrent un dernier sursaut judiciaire à Kigali</a></p>
<p>Inaction des géants de l’énergie</p>
<p>L’<a href="https://influencemap.org/briefing/The-Carbon-Majors-Database-2023-Update-31397" target="_blank">étude</a> souligne l’impact disproportionné d’une poignée d’entreprises sur une <a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/changement-climatique/" target="_self">crise</a> qui ne fait que débuter. Alors que les scientifiques alertent sur la nécessité de réduire de façon drastique la production d’énergies fossiles, les décisions prises par les grands groupes industriels vont dans le sens inverse.</p><p>BP, par exemple, vient d’abandonner ses objectifs de neutralité carbone et annonce un réinvestissement massif dans les énergies fossiles. Pendant ce temps, les pays pétroliers de l’<a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/chronique-des-mati%C3%A8res-premi%C3%A8res/20231123-p%C3%A9trole-tensions-au-sein-de-l-opep" target="_self">Opep+</a> prévoient de relancer la production.</p><p class="a-read-more">À écouter aussi<a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/d%C3%A9bat-du-jour/20240528-climat-faut-il-condamner-les-entreprises" target="_self" class="a-read-more__link">Climat : faut-il condamner les entreprises ?</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1070/jimmy-carter-took-call-about-china-from-concerned-donald-trump-china-has-not-wasted-a-single-penny-on-war</guid>
	<pubDate>Mon, 10 Mar 2025 05:09:05 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1070/jimmy-carter-took-call-about-china-from-concerned-donald-trump-china-has-not-wasted-a-single-penny-on-war</link>
	<title><![CDATA[Jimmy Carter Took Call About China From Concerned Donald Trump: &#039;China Has Not Wasted a Single Penny on War&#039;]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Former President Jimmy Carter told a church congregation this weekend that he had spoken with President Donald Trump about China on Saturday, and said the commander in chief was worried that Beijing had outpaced its global rivals.</p><p>According to Emma Hurt, a reporter for NPR affiliate WABE, Carter spoke of the call during his regular Sunday School lesson at Maranatha Baptist Church in his hometown of Plains, Georgia.</p><p>Carter, 94, said Trump was worried that "China is getting ahead of us," and suggested the president was right to be concerned.</p><p>He told the congregation that Trump feared China's growing economic strength. Economic modeling indicated that China would overtake the U.S. as the world's strongest economy by 2030, and many experts have said that we were already living in what has been dubbed the "Chinese Century."</p><p>Carter said he did not "really fear that time, but it bothers President Trump and I don't know why. I'm not criticizing him this morning," he added, to laughs from fellow churchgoers.</p><p>Carter—who normalized diplomatic relations between Washington and Beijing in 1979—suggested that China's breakneck growth had been facilitated by sensible investment and buoyed by peace.</p><p>"Since 1979, do you know how many times China has been at war with anybody?" Carter asked. "None. And we have stayed at war." The U.S., he noted, has only enjoyed 16 years of peace in its 242-year history, making the country "the most warlike nation in the history of the world," Carter said. This is, he said, because of America's tendency to force other nations to "adopt our American principles."</p><p>In China, meanwhile, the economic benefits of peace were clear to the eye. "How many miles of high-speed railroad do we have in this country?" he asked. While China has some 18,000 miles of high-speed rail, the U.S. has "wasted, I think, $3 trillion" on military spending. "It's more than you can imagine. China has not wasted a single penny on war, and that's why they're ahead of us. In almost every way."</p><p>"And I think the difference is if you take $3 trillion and put it in American infrastructure you'd probably have $2 trillion leftover. We'd have high-speed railroad. We'd have bridges that aren't collapsing, we'd have roads that are maintained properly. Our education system would be as good as that of say South Korea or Hong Kong," Carter told the congregation.</p><p>Before he left the pulpit, Carter noted, "I wasn't comparing my country adversely to China. I was just pointing that out because I happened to get a phone call last night."</p><p>The Trump administration remains locked in a costly trade war with China, though Treasury Secretary Steve Mnuchin said Saturday the end could be in sight. "I think we're hopeful that we're getting close to the final round of concluding issues," Mnuchin told reporters, according to The Wall Street Journal.</p><p>Meanwhile, military tensions remain over Chinese territorial claims in the <a href="https://www.newsweek.com/china-and-us-show-nuclear-bombers-south-china-sea-standoff-960809" class="multivariate">South China Sea</a> and its continued insistence that the independent island nation of <a href="https://www.newsweek.com/china-taiwan-us-taiwan-straits-one-china-south-china-sea-1384593" class="multivariate">Taiwan</a> will eventually fall back under Beijing's control.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1068/deal-sur-l%E2%80%99ukraine-le-gaz-russe-sinvite-dans-le-bras-de-fer</guid>
	<pubDate>Wed, 05 Mar 2025 22:18:09 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1068/deal-sur-l%E2%80%99ukraine-le-gaz-russe-sinvite-dans-le-bras-de-fer</link>
	<title><![CDATA[Deal sur l’Ukraine: le gaz russe s&#039;invite dans le bras de fer]]></title>
	<description><![CDATA[<p>AboL&rsquo;Europe prise &agrave; revers &ndash; Le gaz russe s&rsquo;invite dans le bras de fer sur l&rsquo;Ukraine</p><p class="ContentHead_lead____SsS link_regular__O0hk0 link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs">Les cargos de m&eacute;thane liqu&eacute;fi&eacute; seront au c&oelig;ur de tout accord entre Trump et Poutine, pr&eacute;vient l&rsquo;une des meilleures expertes du secteur.</p><p>Vladimir Poutine, aux c&ocirc;t&eacute;s de Leonid Mikhelson, patron du g&eacute;ant russe du GNL Novatek, lors de la visite d&rsquo;un chantier de construction de plateformes flottantes de liqu&eacute;faction du gaz naturel, pr&egrave;s de Mourmansk, en juillet 2023.</p><p>Abonnez-vous d&egrave;s maintenant et profitez de la fonction de lecture audio. <a class="Bottalk_bottalklink__cxEbJ" href="https://bottalk.io/" rel="noreferrer" target="_blank">BotTalk</a> En bref: En 2024, les seuls achats de gaz russe &eacute;taient pratiquement &eacute;quivalents aux 18,7&nbsp;milliards d&rsquo;euros d&rsquo;aide europ&eacute;enne pour l&rsquo;Ukraine. Le gaz sera au c&oelig;ur des n&eacute;gociations entre Moscou et Washington sur l&rsquo;Ukraine, pr&eacute;vient Anne-Sophie Corbeau, du CGEP &agrave; Columbia. Les &Eacute;tats-Unis peinent toujours &agrave; compenser le gaz russe exp&eacute;di&eacute; en Europe par leur propre gaz de schiste liqu&eacute;fi&eacute;.</p><p class="ArticleParagraph_root__lhFZo ArticleContainer_content-width__FRl7F link_focus__0ZMwx link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs ArticleElement_article-element__q93eL">Rel&eacute;gu&eacute;e &agrave; une autre &eacute;poque, apr&egrave;s trois ans de guerre, la question de notre approvisionnement en gaz russe? Bien au contraire. La r&eacute;ouverture des routes du m&eacute;thane sib&eacute;rien &ndash; cette fois arrivant sur d&rsquo;&eacute;normes navires &ndash; sera au c&oelig;ur de tout <a class="HtmlText_root__A1OSq" href="https://www.tdg.ch/trump-et-poutine-negocieront-lavenir-de-lukraine-287044144643">&laquo;deal&raquo; sur l&rsquo;Ukraine</a>, &agrave; en croire l&rsquo;une des meilleures sp&eacute;cialistes du secteur.</p><p class="ArticleParagraph_root__lhFZo ArticleContainer_content-width__FRl7F link_focus__0ZMwx link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs ArticleElement_article-element__q93eL">&laquo;Si Trump veut n&eacute;gocier avec Poutine, la lev&eacute;e des sanctions sur ses hydrocarbures &ndash; en particulier son gaz liqu&eacute;fi&eacute; (GNL) &ndash; sera la premi&egrave;re exigence &eacute;conomique russe &agrave; aborder&raquo;, alerte Anne-Sophie Corbeau, du Center on Global Energy Policy de l&rsquo;Universit&eacute; new-yorkaise de Columbia.</p><p class="ArticleParagraph_root__lhFZo ArticleContainer_content-width__FRl7F link_focus__0ZMwx link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs ArticleElement_article-element__q93eL">Le Vieux-Continent, en d&eacute;pit de trois ans de guerre &eacute;conomique contre la Russie, n&rsquo;a jamais r&eacute;ussi &agrave; se passer de son gaz. M&ecirc;me si elle promet de le faire, d&rsquo;ici &agrave; 2027. Mardi soir, <a class="HtmlText_root__A1OSq" href="https://apnews.com/article/trump-speech-congress-transcript-751b5891a3265ff1e5c1409c391fef7c" rel="noopener noreferrer" target="_blank">dans son discours face au Congr&egrave;s</a>, Donald Trump a d&eacute;nonc&eacute; une Union europ&eacute;enne &laquo;qui a d&eacute;pens&eacute; davantage &agrave; acheter du p&eacute;trole et du gaz russe qu&rsquo;&agrave; d&eacute;fendre l&rsquo;Ukraine&hellip; et de loin&raquo;.</p><p>Autant de gaz russe que d&rsquo;aide &agrave; l&rsquo;Ukraine</p><p class="ArticleParagraph_root__lhFZo ArticleContainer_content-width__FRl7F link_focus__0ZMwx link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs ArticleElement_article-element__q93eL">Une assertion valid&eacute;e par un <a class="HtmlText_root__A1OSq" href="https://energyandcleanair.org/wp/wp-content/uploads/2025/02/CREA_Analysis_Third-year-of-invasion_24.02.2025.pdf" rel="noopener noreferrer" target="_blank">r&eacute;cent rapport</a> du Centre for Research on Energy and Clean Air. L&rsquo;an dernier encore, les 27 pays de l&rsquo;UE ont achet&eacute; pour 22&nbsp;milliards d&rsquo;euros de produits p&eacute;troliers et de gaz &agrave; la Russie.</p><p class="ArticleParagraph_root__lhFZo ArticleContainer_content-width__FRl7F link_focus__0ZMwx link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs ArticleElement_article-element__q93eL">Le seul approvisionnement en gaz naturel &ndash; dont une partie circule sur le r&eacute;seau de Suisse romande &ndash; a co&ucirc;t&eacute; &agrave; lui seul 17&nbsp;milliards. La facture de gaz pr&eacute;sent&eacute;e par la Russie a donc pratiquement atteint le total de 18,7&nbsp;milliards d&rsquo;euros d&rsquo;aide europ&eacute;enne &agrave; l&rsquo;Ukraine, <a class="HtmlText_root__A1OSq" href="https://www.ifw-kiel.de/topics/war-against-ukraine/ukraine-support-tracker/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">comptabilis&eacute; par le Kiel Institute</a> allemand sur 2024.</p><p>Cartographie des achats de p&eacute;trole et de gaz russe par l&rsquo;Union europ&eacute;enne en 2024.</p><p>Rapport CREA, f&eacute;vrier 2024</p><p class="ArticleParagraph_root__lhFZo ArticleContainer_content-width__FRl7F link_focus__0ZMwx link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs ArticleElement_article-element__q93eL">Cette ann&eacute;e, l&rsquo;Europe ne pourra pas davantage renvoyer les m&eacute;thaniers russes au large, si elle veut &eacute;viter un nouveau choc sur les tarifs, fa&ccedil;on 2022. Surtout apr&egrave;s la fermeture, le 1er&nbsp;janvier, de l&rsquo;un des derniers gazoducs arrivant de Sib&eacute;rie &ndash; que l&rsquo;Ukraine continuait de laisser ouvert sur son territoire.</p><p class="ArticleParagraph_root__lhFZo ArticleContainer_content-width__FRl7F link_focus__0ZMwx link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs ArticleElement_article-element__q93eL">En cause, le retard de la cavalerie am&eacute;ricaine. En raison du temps que prend la mont&eacute;e en puissance des nouveaux ports de liqu&eacute;faction du gaz de schiste, en Louisiane ou au Texas. Et parce qu&rsquo;il est longtemps rest&eacute; plus rentable de l&rsquo;exp&eacute;dier en Asie. &laquo;Ce GNL am&eacute;ricain n&rsquo;&eacute;tait pas l&agrave; en quantit&eacute; suffisante en 2024 et m&ecirc;me s&rsquo;il restera cette ann&eacute;e la plus grande source dont b&eacute;n&eacute;ficiera l&rsquo;Europe, les gros volumes n&rsquo;arriveront pas avant 2027&hellip; au mieux&raquo;, pronostique Anne-Sophie Corbeau.</p><p>L&rsquo;industrie en mode panique</p><p class="ArticleParagraph_root__lhFZo ArticleContainer_content-width__FRl7F link_focus__0ZMwx link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs ArticleElement_article-element__q93eL">Oubli&eacute;es, les c&eacute;l&eacute;brations de la fin de la <a class="HtmlText_root__A1OSq" href="https://www.tdg.ch/a-lusine-des-bureaux-a-19-c-ne-reglent-pas-la-crise-553262274873">crise &eacute;nerg&eacute;tique</a>, il y a un an, alors que les prix de gros du gaz sur le continent revenaient &agrave; leurs niveaux d&rsquo;avant la guerre &ndash; autour de 25&nbsp;euros le MWh. D&eacute;sormais, il se n&eacute;gocie &agrave; plus de 45&nbsp;euros.</p><p class="ArticleParagraph_root__lhFZo ArticleContainer_content-width__FRl7F link_focus__0ZMwx link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs ArticleElement_article-element__q93eL">Chimie, acier, sans oublier les centrales &eacute;lectriques prenant le relais des &eacute;oliennes de mer du Nord&hellip; Toute l&rsquo;industrie, en particulier allemande, &laquo;panique aujourd&rsquo;hui &agrave; l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;un embargo total sur le gaz russe&raquo; et demande, au contraire, &laquo;un red&eacute;marrage des flux&raquo;, t&eacute;moigne l&rsquo;experte du CGEP de Columbia.</p><p class="ArticleParagraph_root__lhFZo ArticleContainer_content-width__FRl7F link_focus__0ZMwx link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs ArticleElement_article-element__q93eL">Pour l&rsquo;instant, seules la Finlande et la Su&egrave;de refusent d&rsquo;y toucher. Les compagnies gazi&egrave;res fran&ccedil;aises, belges et espagnoles &ndash; &laquo;et m&ecirc;me une filiale, sur le port de Dunkerque, de la Sefe allemande (ndlr: l&rsquo;ancien Gazprom Germania)&raquo;, pointe la sp&eacute;cialiste &ndash; ont continu&eacute; d&rsquo;en acheter environ 20&nbsp;milliards de m&sup3; en 2024. Soit pas loin de la moiti&eacute; des 50&nbsp;milliards de m3 arriv&eacute;s d&rsquo;Am&eacute;rique.</p><p>Contacts russes &agrave; Bruxelles</p><p class="ArticleParagraph_root__lhFZo ArticleContainer_content-width__FRl7F link_focus__0ZMwx link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs ArticleElement_article-element__q93eL">Pour l&rsquo;instant, l&rsquo;Europe laisse faire. Les <a class="HtmlText_root__A1OSq" href="https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/m/ip_24_3423" rel="noopener noreferrer" target="_blank">derni&egrave;res sanctions act&eacute;es</a> interdisent uniquement de transborder le gaz russe, notamment sur des m&eacute;thaniers repartant vers l&rsquo;Asie. Pas de l&rsquo;utiliser. &laquo;&Eacute;norm&eacute;ment de rumeurs entourent cette question &agrave; Bruxelles, o&ugrave; l&rsquo;on a vu les repr&eacute;sentants de Novatek (ndlr: le Gazprom du NLG)&raquo;, souffle cette figure du secteur du gaz naturel depuis vingt-cinq ans, au sein de l&rsquo;Agence internationale de l&rsquo;&eacute;nergie puis chez BP.</p><p class="ArticleParagraph_root__lhFZo ArticleContainer_content-width__FRl7F link_focus__0ZMwx link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs ArticleElement_article-element__q93eL">Pour la Russie, le bras de fer sur le gaz concerne avant tout celui exp&eacute;di&eacute; par bateau, devenu la principale cible de Washington, sous l&rsquo;administration Biden. Apr&egrave;s avoir <a class="HtmlText_root__A1OSq" href="https://www.thebarentsobserver.com/arctic-lng/doomed-arctic-lng-platform-arrives-in-gydan/113016" rel="noopener noreferrer" target="_blank">bloqu&eacute;</a> le gigantesque projet de liqu&eacute;faction lanc&eacute; par Novatek dans l&rsquo;Arctique sib&eacute;rien &ndash; &laquo;un projet central aux yeux de Moscou&raquo;, souffle la sp&eacute;cialiste &ndash;, de nouvelles sanctions <a class="HtmlText_root__A1OSq" href="https://www.bairdmaritime.com/shipping/gas/small-scale-russian-suppliers-halt-lng-exports-as-sanctions-kick-in" rel="noopener noreferrer" target="_blank">sur les terminaux de la Baltique</a>, pr&egrave;s de Saint-P&eacute;tersbourg, &eacute;taient encore act&eacute;es en janvier.</p><p class="ArticleParagraph_root__lhFZo ArticleContainer_content-width__FRl7F link_focus__0ZMwx link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs ArticleElement_article-element__q93eL">Probl&egrave;me, Vladimir Poutine se retrouve en opposition frontale avec Donald Trump sur le gaz. &laquo;Les grandes compagnies am&eacute;ricaines d&rsquo;extraction veulent faire de l&rsquo;Europe leur chasse gard&eacute;e, un continent vers lequel partent d&eacute;j&agrave; plus de 40% de leurs exportations de gaz&raquo;, rappelle Anne-Sophie Corbeau. Une d&eacute;pendance jusque-l&agrave; consentie &ndash; Ursula von&nbsp;der&nbsp;Leyen la mettait m&ecirc;me un temps en avant, afin d&rsquo;amadouer Donald Trump. Mais qui prend une tournure tr&egrave;s diff&eacute;rente, apr&egrave;s le revirement in&eacute;dit de l&rsquo;attitude de Washington face &agrave; l&rsquo;Europe.</p><p>Au robinet, encore 15% de gaz russe</p><p class="ArticleParagraph_root__lhFZo ArticleContainer_content-width__FRl7F link_focus__0ZMwx link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs ArticleElement_article-element__q93eL">Trois ans apr&egrave;s le d&eacute;but de la guerre en Ukraine, le gaz russe continue d&rsquo;&ecirc;tre m&ecirc;l&eacute; &agrave; celui circulant dans les r&eacute;seaux du continent. Ceux sur lesquels est branch&eacute; Gaznat n&rsquo;&eacute;chappent pas &agrave; la r&egrave;gle. La soci&eacute;t&eacute; assurant l&rsquo;approvisionnement de la Suisse occidentale se fournit en effet sur les march&eacute;s fran&ccedil;ais, allemand et italien. &laquo;Pour une part via des contrats pluriannuels &ndash; comme ceux avec le norv&eacute;gien Equinor &ndash; et compl&eacute;t&eacute;s par des achats ponctuels sur le march&eacute;&raquo;, pr&eacute;cise son directeur g&eacute;n&eacute;ral, Gilles Verdan. Le reste, environ 20%, provient des stocks souterrains constitu&eacute;s en France.</p><p>Anne-Sophie Corbeau, en marge d&rsquo;une conf&eacute;rence, &agrave; Gen&egrave;ve, en 2024. &laquo;Si Trump veut n&eacute;gocier avec Poutine, la lev&eacute;e des sanctions sur son gaz liqu&eacute;fi&eacute; sera la premi&egrave;re exigence &eacute;conomique russe &agrave; aborder&raquo;, avertit-elle.</p><p>Irina Popa</p><p class="ArticleParagraph_root__lhFZo ArticleContainer_content-width__FRl7F link_focus__0ZMwx link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs ArticleElement_article-element__q93eL">Le cocktail qui circule autour du L&eacute;man refl&egrave;te donc le m&eacute;lange observ&eacute; au niveau europ&eacute;en. En 2024, environ le tiers de ce dernier &eacute;tait constitu&eacute; de gaz norv&eacute;gien. Un autre tiers provenait de gaz liqu&eacute;fi&eacute; arrivant par m&eacute;thaniers &ndash; dont la moiti&eacute; en provenance des &Eacute;tats-Unis et un cinqui&egrave;me de Russie. De son c&ocirc;t&eacute; le m&eacute;thane russe re&ccedil;u par gazoduc, celui qui a longtemps inond&eacute; l&rsquo;Allemagne, repr&eacute;sentait encore 9% du &laquo;mix&raquo; europ&eacute;en.</p><p class="ArticleParagraph_root__lhFZo ArticleContainer_content-width__FRl7F link_focus__0ZMwx link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs ArticleElement_article-element__q93eL">Soit, au total, environ 15% de gaz russe. Le d&eacute;bit des quelques pipelines reliant encore la Sib&eacute;rie &agrave; l&rsquo;Europe est cependant drastiquement r&eacute;duit depuis le 1er&nbsp;janvier, avec la fermeture de ceux qui passaient encore par le nord-est de l&rsquo;Ukraine. Les m&eacute;thaniers russes cinglant vers les ports de l&rsquo;Atlantique prendront-ils le relais?</p><p>&nbsp;</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>

</channel>
</rss>