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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Avril 2025]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1114/le-moment-trump-ou-lempire-emancipe</guid>
	<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 20:06:55 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[LE MOMENT TRUMP ou L&#039;EMPIRE EMANCIPE]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Eh bien, voilà. Il l'avait bien dit, Donald, qu'il réglerait la question en 24 heures, et en fait cela ne lui a pris que quelques minutes.<br />Simplement, on avait omis de lui faire préciser quelle était exactement la question relative à la guerre en Ukraine qu'il entendait solder.<br />Les Américains, eux, en ont vu d'autres : Vietnam, Irak, Somalie. Quand ils lâchent leurs domestiques ou leurs mercenaires, ils le font en général rapidement, et sans trop de manières.<br />Là, bien sûr, il s'agit de quelque chose de différent.<br />Trump est le nom de ce moment où, pour éviter la faillite d'un empire qui ne tient plus, il devient vital de le libérer de ses devoirs et privilèges qui le relient au reste du monde, surtout à ses vassaux, depuis trois quarts de siècle.<br />Cela ne se fait pas sans crises ni sans drames, mais cela doit se faire, c'est tout.<br />Il en a été de même lorsque Hadrien a construit son mur breton, ou lorsque Charles De Gaulle s'est résolu à abandonner l'Algérie et liquider l'empire français d'Afrique.<br />C'était même pire car il y avait en Algérie un million d'Européens de nationalité française, plus quelques centaines de milliers de musulmans fidèles à la France, qu'il fallait sacrifier aussi violemment qu'Agamemnon Iphigénie. De surcroît, De Gaulle avait été rappelé au pouvoir grâce à Soustelle, Massu et les militaires d'Alger, qui comptaient surtout sur lui pour maintenir les départements d'Algérie au sein de la souveraineté française. <br />Pourtant il en a été ainsi, car il ne pouvait pas en être autrement. <br />Et on sourit aujourd'hui, quand on lit ce qu'écrivaient Bidault, Debré, Lacoste ou Mitterrand (oui, Mitterrand) sur l'ignominie que constituerait le renoncement à vouloir hisser vers l'universel Arabes, Berbères et Africains ainsi que le danger que cela ferait courir à la grandeur française.<br />Avec Trump, c'est à la fois plus facile et plus difficile.<br />Plus facile parce qu'il n'y a pas un million d'Américains qui vivent en Ukraine, et qu'on peut solder ce protectorat mafieux et impécunieux à très bon compte (même si les minerais et les terres rares sont surtout un prétexte commode).<br />Plus difficile parce que les Européens, comme les Japonais, ont les moyens - jusqu'à un certain degré, toutefois - de fragiliser la valeur de la dette obligataire américaine, et donc la valeur de change du dollar elle-même, en les vendant massivement sur les marchés secondaires (mais ça, peut-être que Trump le recherche justement sans le dire, car cela permettrait d'accompagner sa politique protectionniste de redressement du commerce extérieur tout en reprenant le contrôle sur la gouvernance de la Réserve Fédérale).<br />Pour autant, cela ne changera rien à la suite du film.<br />Trump a une mission à accomplir, et il va la mener à terme.<br />Cet homme que ses ennemis disent versatile, ignare et abruti a quand même suffisamment les pieds sur terre pour savoir qu'une Ukraine rattachée à l'Europe n'a pas plus de sens qu'un Texas redevenu mexicain ou indépendant.<br />Ce qui affole les Européens, en vérité, c'est qu'il les met au pied du mur.<br />"Vous voulez vraiment vous battre pour les margoulins de Kiev et les ukronazis de Galicie ? Eh bien, ma foi, allez-y. On va voir ce que vous savez faire, et si vous êtes prêts à risquer la vie de vos enfants et/ou ruiner vos économies défaillantes pour mettre Poutine en échec. Moi, j'ai des choses sérieuses à faire ; les Chinois sont autrement plus retors que vous. Si vous voulez initier des conquêtes dans le pré carré moscovite, ce n'est pas moi qui vous y aiderai. On a assez ri, et en Ukraine beaucoup trop pleuré. Bye bye, pauvres larbins vindicatifs ; on se reverra peut-être dans un autre millénaire."<br />24 heures ?<br />Non : cinq minutes, et l'affaire est réglée. Pas assez sûr de lui, Donald.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1111/ukraine-les-revelations-du-new-york-times</guid>
	<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 14:33:20 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1111/ukraine-les-revelations-du-new-york-times</link>
	<title><![CDATA[UKRAINE : LES RÉVÉLATIONS DU NEW YORK TIMES]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Le New York Times avait déjà enquêté par le passé sur le rôle secret des USA, de la CIA en particulier, en Ukraine, lors de la guerre du Donbass, c'est-à-dire avant l'invasion russe. J'avais donné ici même un résumé en français de cette enquête. Fin mars, le journal américain a sorti une nouvelle enquête. Elle porte cette fois sur le rôle secret des USA depuis l'invasion russe de 2022 (ou, du moins, une partie de ce rôle secret). J'en donne ci-dessous, à nouveau, une brève synthèse en français.<br />Peu après l'invasion russe de février 2022, Washington décide de coordonner la guerre en Ukraine depuis ses bases en Europe, dans le cadre de l'OTAN. C'est ainsi que des généraux ukrainiens sont conviés à Wiesbaden, en Allemagne. C'est le quartier général américain pour les opérations militaires en Europe et en Afrique. Un partenariat est scellé. Pour coordonner cette alliance : un général ukrainien, Zabrodskyi (photo de droite), et un général américain, Donahue (photo de gauche). Sous Donahue s'organise un état-major de l'OTAN, avec un général polonais comme adjoint, un général britannique affecté à la logistique et un général canadien commis à la formation des unités ukrainiennes. Les différents services de renseignement américains intègrent ce commandement. De leur côté, les Ukrainiens implantent à Wiesbaden près d'une vingtaine d'officiers d'état-major. La guerre sera donc dirigée depuis l'Allemagne par un quartier général conjoint.<br />Le mode de fonctionnement est le suivant. Les Américains recueillent du renseignement sur les Russes, par leurs espions, par leurs satellites, par leurs écoutes des communications... Ce renseignement leur permet de désigner des cibles à frapper sur le terrain. Ils livrent aux Ukrainiens des armements aptes à cette mission : des drones navals, de l'artillerie, des lance-roquettes à longue portée... Et les Ukrainiens détruisent les cibles russes désignées par les Américains. Quelques exemples. Le navire amiral de la flotte russe de la mer Noire, le Moskva, coulé en pleine mer ; le commandement de la redoutable 58e armée russe décapité par une frappe sur l'état-major ; la base navale de Sébastopol ciblée, grâce au travail de la CIA, par des drones qui endommagent plusieurs navires et contraignent les Russes à se replier sur un port plus éloigné (les USA avaient fourni à cet effet à l'Ukraine le prototype d'un drone destiné à s'opposer, dans le futur, à une invasion chinoise à Taïwan).<br />Le New York Times conclut que l'action américaine dans la guerre en Ukraine s'inscrit dans la longue suite de confrontations avec Moscou par pays interposés, comme les conflits du Vietnam et d'Afghanistan ; et que cette guerre est d'un grand intérêt pour les USA car elle leur permet de valider, ou pas, les tactiques et les armements en usage, et de tirer d'utiles leçons en vue des conflits du futur. En cela, le journal new-yorkais apporte de l'eau au moulin de Moscou qui considère que le conflit n'est pas une guerre entre la Russie et l'Ukraine mais entre la Russie et l'OTAN, l'Ukraine faisant office de ce qu'on appelle aujourd'hui un proxy, c'est-à-dire un intermédiaire au service des USA.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1110/la-petite-histoire-sur-la-guerre-russo-ukrainienne</guid>
	<pubDate>Thu, 17 Apr 2025 07:27:31 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1110/la-petite-histoire-sur-la-guerre-russo-ukrainienne</link>
	<title><![CDATA[La petite histoire sur la guerre russo-ukrainienne.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>A celles et ceux qui ne connaissent pas la vraie histoire, peut être qu’après cette lecture, certains réviseront leurs positions, enfin ceux qui ne partagent pas mes opinions.<br />Alors Français attachés à la France : ouvrez les yeux ! <br />Ne vous laissez pas non plus trahir par Macron !<br />Défendons avec acharnement la France libre,  la Paix, la liberté et l’avenir !<br />Bon week-end à tous...</p>

<p>-----------------</p>

<p>La petite histoire sur la guerre russo-ukrainienne que les médias ne veulent pas rappeler au public pour, certainement des raisons de leur appartenance à des groupes d'influence.<br />Pendant des années, il a été salué comme un héros. Pour certains, il l’est toujours. Maintenant, il est exposé.<br />Voici l’histoire de l’Ukraine et de Volodomyr Zelenskyy que vous n’entendrez pas dans les médias.<br />Zelenskyy n’a jamais eu les cartes en main. Il n’est pas un dirigeant courageux qui donne les ordres. C’est un homme désespéré, qui s’accroche au pouvoir dans un régime en train de s’effondrer, soutenu par l’argent, les armes et la propagande occidentale. Et comme l’Ukraine perd la guerre des relations publiques et la vraie guerre, il panique.<br />L’Ukraine n’était pas un acteur indépendant dans cette guerre. Les véritables courtiers en pouvoir sont à Washington, Bruxelles et Londres, jouant leurs jeux géopolitiques.<br />Cette guerre a été conçue pour affaiblir la Russie. Pour comprendre cela, vous devez comprendre l’histoire qu’ils ne vous raconteront jamais.<br />L’Ukraine et la Russie sont liées depuis plus de 1 000 ans. Kiev, la capitale de l’Ukraine, autrefois le cœur de la Rus’ de Kiev – le premier grand État slave – a jeté les bases de la Russie elle-même. Le nom même de l’Ukraine signifie « pays frontalier » – c’est-à-dire le pays frontalier de la Russie.<br />Pendant des siècles, elle a fait partie intégrante de l’Empire russe, et non d’une nation « opprimée ». Même à l’époque soviétique, l’Ukraine n’était pas occupée – elle était au cœur de l’URSS. Même le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev était ukrainien.<br />Lorsque l’URSS s’est effondrée, l’Ukraine est devenue indépendante et Washington est intervenu – non pas pour aider l’Ukraine, mais pour l’utiliser comme arme contre la Russie.<br />Les États-Unis et l’OTAN ont menti à Gorbatchev, promettant qu’ils ne s’étendraient pas « d’un pouce vers l’est ». Pourtant, l’OTAN s’est installée en Pologne et dans les États baltes.<br />L’Ukraine était le prix ultime de l’OTAN.<br />L’Occident a investi des milliards en Ukraine – en finançant des groupes politiques pro-OTAN, des ONG et des médias pour fabriquer un État antirusse.<br />En 2004, la CIA a soutenu la « Révolution orange », annulant une élection qui favorisait un candidat pro-russe.<br />Le véritable coup d’État a eu lieu en 2014.<br />Le président ukrainien démocratiquement élu, Viktor Ianoukovitch, a rejeté un accord commercial avec l’UE qui aurait détruit l’économie ukrainienne. C’était inacceptable pour Washington. Ils l’ont donc destitué par le biais d’une révolution colorée fabriquée de toutes pièces.<br />La soi-disant « révolution de Maïdan » n’était pas un mouvement populaire. C’était un coup d’État soutenu par la CIA, orchestré par des responsables comme Victoria Nuland. Washington était si effronté que Nuland a même été surprise lors d’une fuite téléphonique, choisissant personnellement le prochain dirigeant de l’Ukraine avant le départ de Ianoukovitch.<br />Les foules violentes qui ont pris le contrôle de Kiev n’étaient pas des manifestants pacifiques. Elles étaient dirigées par des groupes néonazis comme le bataillon Azov, des groupes qui célèbrent ouvertement les collaborateurs nazis et portent des insignes SS.<br />Ces mêmes groupes reçoivent désormais des armes occidentales.<br />Le régime post-coup d’État a ensuite interdit la langue russe, attaquant directement des millions d’Ukrainiens russophones à l’est.<br />C’est à ce moment-là que le Donbass et la Crimée ont dit stop. La Crimée a organisé un référendum : plus de 90 % des habitants ont voté pour le retour à la Russie. Le Donbass a également voté pour l’indépendance.<br />Les habitants du Donbass ont rejeté Kiev, mais Kiev ne les a pas laissés partir. Au lieu de cela, ils ont lancé une guerre brutale contre leur propre peuple, bombardant des civils pendant huit ans. Où était l’indignation occidentale ? Nulle part !<br />Et Zelenskyy ? Qui est-il ? Est-ce un dirigeant organique venu de nulle part ou a-t-il été installé ?<br />Covert Action a rapporté qu’en 2020, Zelenskyy a secrètement rencontré le chef du MI6, Richard Moore. Pourquoi un président étranger rencontrerait-il le principal espion du Royaume-Uni au lieu de son Premier ministre ?<br />Zelenskyy est-il un agent britannique ? Selon certaines informations, il est personnellement protégé par la sécurité britannique, et non ukrainienne. Lorsqu’il s’est rendu au Vatican, il a snobé le pape et a rencontré un évêque britannique. Devinez qui d’autre était là ? Encore Richard Moore du MI6 ! C’est une sacrée coïncidence.<br />Avant de se lancer en politique, Zelensky était comédien et acteur, jouant littéralement le rôle du président dans une émission de télévision. Puis, avec l’aide des équipes de relations publiques occidentales, la fiction est devenue réalité.<br />Sa campagne a été financée par l’oligarque Ihor Kolomoisky, qui possédait la plus grande compagnie pétrolière et la plus grande banque d’Ukraine.<br />Une fois au pouvoir, la priorité de Zelensky n’était pas de lutter contre la corruption, mais de s’assurer que BlackRock et les banques occidentales prennent le contrôle de l’économie ukrainienne.<br />Entre-temps, il a fait circuler des millions de dollars dans des comptes offshore et aurait acquis un manoir de 34 millions de dollars à Miami ainsi qu’un appartement de plusieurs centaines de livres à Londres.<br />En 2022, l’OTAN avait armé l’Ukraine jusqu’aux dents et Kiev avait amassé des forces près du Donbass.<br />La Russie avait le choix :<br />Laisser le Donbass faire face à un nettoyage ethnique ;<br />Laisser l’OTAN transformer l’Ukraine en base militaire ;<br />Ou, <br />Intervenir.<br />Elle est intervenue, tout comme d’autres nations l’auraient fait dans ces circonstances.<br />Les médias ont crié à l’« invasion non provoquée ». Mais l’expansion de l’OTAN, le coup d’État de 2014, les huit années de guerre dans le Donbass – cette guerre a été provoquée à chaque étape.<br />L’Ukraine a été érigée en pion.<br />Avec la défaite de l’Ukraine, Zelenskyy est abandonné. Donald Trump lui a dit : « Vous n’avez pas les cartes. » Et il a raison. Cette guerre a été orchestrée. L’Ukraine avait besoin d’une intervention occidentale pour gagner et cela signifierait que la troisième guerre mondiale serait/pourrait être inévitable. Il est temps que le monde se réveille face à cette réalité.<br />La guerre en Ukraine a été délibérément provoquée par l’Occident. Zelenskyy n’est qu’une autre marionnette – son temps est compté… et Trump le sait.<br />La question est : voyez-vous la vérité maintenant ? Ou bien le voyez-vous toujours comme un héros ?</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 10:49:22 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[LA RUSSIE ET LES ÉTATS-UNIS ONT FAIT « TROIS PAS EN AVANT » APRÈS DEUX JOURS DE CONSULTATIONS À WASHINGTON]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>INDIAN PUNCHLINE<br />Version traduite</p>

<p>06.04.2025</p>

<p>La visite du directeur du Fonds Russe d'Investissement Direct et représentant spécial du président russe pour l'investissement et la coopération économique, Kirill Dmitriev, à Washington les 2 et 3 avril, la première visite de ce type d'un haut fonctionnaire du Kremlin depuis 2022, semble avoir été un accomplissement modeste dont le résultat productif sera crucial pour le reste des relations entre les États-Unis et la Russie. </p>

<p>Si le choix du président Vladimir Poutine s'est porté sur M. Dmitriev pour une mission pionnière d'une telle importance, c'est pour de bonnes raisons. Un règlement durable en Ukraine dépend de la stabilisation des liens russo-américains, qui sont profondément défectueux en raison de leur faible contenu en substance. </p>

<p>Poutine et le président américain Donald Trump partagent la conviction que le projet MAGA de ce dernier offre une rare fenêtre d'opportunité pour associer les vastes ressources de la Russie à la régénération de l'économie américaine dans un nouvel ordre où la géopolitique ne sera plus le pivot. </p>

<p>D'un point de vue historique, il s'agit d'un formidable défi dans la mesure où il ne s'agit de rien de moins que de revenir sur un siècle de mentalité conflictuelle, de part et d'autre, qui a commencé dans la période 1918-1920 lorsque les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et le Japon ont envoyé des milliers de troupes des pays baltes au nord de la Russie, de la Sibérie à la Crimée et ont expédié des millions d'euros d'aide financière et de fournitures militaires aux Russes blancs anticommunistes, dans une tentative avortée d'étrangler le bolchevisme dans son berceau.</p>

<p>L'administration Biden avait déjà sanctionné Dmitriev après l'avoir identifié comme un « allié connu de Poutine ». Mais M. Trump considère que ce défaut fatal dans l'ADN de M. Dmitriev le qualifie en fait pour être un excellent homologue de son propre envoyé spécial, Steve Witkoff, l'homme d'affaires milliardaire et ami proche du président américain. Dmitriev est un ancien banquier qui a étudié à Stanford et à Harvard et qui a travaillé chez McKinsey et Goldman. Il connaît bien les rouages de Wall Street où il a de vieux amis et associés. La Maison Blanche a apprécié le rôle de Dmitriev dans la libération du prisonnier américain Marc Fogel en février, dans le cadre d'un accord négocié par Witkoff. </p>

<p>Sans surprise, des « membres clés de l'administration américaine » ont reçu Dmitriev, y compris Witkoff. Les messages de M. Dmitriev dans les médias sociaux ont été rédigés sur un ton optimiste, ce qui indique que le dialogue naissant entre les États-Unis et la Russie est au moins en bonne voie. Les rapports russes mentionnent que l'ordre du jour de M. Dmitriev comprend la possibilité de reprendre les vols directs entre les deux pays, le cessez-le-feu en Ukraine et, surtout, la coopération dans l'Arctique et dans le domaine des terres rares. </p>

<p>Entre-temps, dans un geste significatif, alors même que M. Dmitriev se rendait à Washington, M. Trump a exclu la Russie de la liste des pays contre lesquels de nouveaux droits de douane ont été annoncés le « jour de la libération » (2 avril). </p>

<p>De même, il apparaît que des entreprises américaines ont demandé à participer au Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF) qui se tiendra à Saint-Pétersbourg les 19 et 20 mai. Traditionnellement, Poutine interagit personnellement avec les participants étrangers au SPIEF.</p>

<p>M. Dmitriev a probablement fait le point sur tout cela lorsqu'il a déclaré aux journalistes à Washington que ses réunions avec les représentants de l'administration constituaient un pas en avant. « Je dirais qu'aujourd'hui et hier, nous avons fait trois pas en avant sur un grand nombre de questions », a déclaré M. Dmitriev. Il a reconnu que les problèmes s'accumulaient depuis trois ans, car il n'y avait pratiquement pas de communication entre la Russie et les États-Unis. « Par conséquent, le processus de dialogue et de résolution prendra un certain temps, mais il est incontestablement positif et constructif », a-t-il déclaré. </p>

<p>Le vice-ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Ryabkov, a laissé entendre vendredi que le deuxième cycle de discussions entre les délégations russe et américaine se concentrerait sur la simplification du processus d'obtention des visas, l'amélioration des mécanismes de voyage mutuel et la résolution des problèmes de transferts financiers pour les missions diplomatiques.</p>

<p>Certes, l'éléphant dans la pièce, ce sont les « sanctions de l'enfer » de l'Occident à l'encontre de la Russie. Même une modification affectueuse des sanctions concernant les exportations russes de produits agricoles et d'engrais se heurte à la résistance de l'Union européenne.</p>

<p>Le dialogue russo-américain continue de faire face à des tentatives de sabotage de la part de l'Ukraine et de l'UE, ainsi que de certains groupes au sein des États-Unis qui ne veulent tout simplement pas d'une normalisation avec la Russie, y compris des législateurs influents tels que le sénateur Lindsey Graham, qui est par ailleurs un fervent partisan politique de Trump.  </p>

<p>Lors de son séjour à Washington, M. Dmitriev a fait remarquer que « de nombreuses forces intéressées par le maintien de la tension » s'opposent au rétablissement du dialogue. Il a déclaré qu'elles déformaient délibérément la position de la Russie et tentaient de perturber toute démarche de coopération entre les États-Unis et la Russie, « n'épargnant ni l'argent ni les ressources pour ce faire ». (Voir l'attaque virulente de CNN contre la visite de Dmitriev ici.) </p>

<p>Les dirigeants ukrainiens considèrent que les négociations entre les États-Unis et la Russie constituent une menace existentielle. Leur belligérance et leurs tentatives de sabotage du processus de négociation sont directement liées à leur principal objectif, qui est de conserver, bon gré mal gré, les leviers du pouvoir à Kiev. </p>

<p>Face à de tels obstacles, il est appréciable que Washington et Moscou soient toujours sur la bonne voie en ce qui concerne le rétablissement complet du fonctionnement des missions diplomatiques - bien que les négociations sur l'initiative de la mer Noire lors de la récente réunion de Riyad soient en suspens. </p>

<p>D'autre part, lors du dernier sommet des dirigeants européens, il y a une semaine, de rares appels ont été lancés à l'UE pour qu'elle entame un dialogue avec la Russie. Le président finlandais Alexander Stubb a suggéré que la France ou la Grande-Bretagne entament des négociations avec Poutine. La Slovaquie et la Hongrie sont traditionnellement favorables à une telle démarche. </p>

<p>Ce vol de cerf-volant est un signal suffisamment important pour montrer que la matrice n'est peut-être plus perçue de manière binaire - comme une confrontation entre l'Occident et la Russie - mais qu'elle s'oriente vers un modus operandi de « chacun pour soi ». Si l'Europe constate que les sanctions continuent de nuire à l'UE elle-même, il est possible qu'elle reconsidère ses anciennes positions. Le fait est que la glace peut se briser à tout moment. </p>

<p>En dernière analyse, les États-Unis restent un acteur économique important dans le réseau transatlantique et le système occidental, y compris l'UE, fonctionne comme une création de Washington, et l'administration Trump est capable d'exercer des pressions sur Bruxelles. </p>

<p>Par conséquent, la question se résume à savoir dans quelle mesure l'équipe de Trump partage la vision du président concernant l'amitié et la camaraderie avec Poutine à un niveau personnel et un engagement constructif des anciens rivaux dans un esprit de coopération. Pour un observateur attentif, le secrétaire d'État Marco Rubio, qui nourrit des ambitions présidentielles, semble déjà être l'homme de la situation.</p>

<p>En effet, malgré le changement d'administration, certains responsables du gouvernement américain, même du parti républicain, sont toujours opposés au dialogue. Leur ton s'est peut-être un peu adouci, mais il n'y a pas encore de signe de « nouvelle pensée ». Autant de signes inquiétants qui montrent qu'une véritable détente russo-américaine est encore loin d'être acquise. </p>

<p>Surtout, comme si le changement de politique à l'égard de la Russie n'était pas assez compliqué, M. Trump doit également s'attaquer à la question de l'Iran, pour laquelle une échéance est attendue d'ici octobre et le spectre de la confrontation hante Washington et l'Iran, à moins qu'un accord n'apparaisse dans les trois ou quatre prochains mois. </p>

<p>Mais alors, « Douces sont les utilisations de l'adversité, qui, comme le crapaud, laid et venimeux, porte pourtant un bijou précieux dans sa tête ». L'adversité, comme l'a suggéré Shakespeare, cache souvent des leçons précieuses et des opportunités de croissance. Même dans les moments difficiles, il est possible d'acquérir de la sagesse et de trouver de la force. </p>

<p>Le « connu connu » est que Poutine jouit d'un immense respect à Téhéran. Et l'« inconnue connue » est de savoir dans quelle mesure la Russie peut contribuer à une mission de médiation pour conclure un accord entre les États-Unis et l'Iran. En d'autres termes, l'« inconnue inconnue » est la suivante : Trump cherchera-t-il à obtenir l'aide de Poutine ?</p>

<p>Tout est possible dans l'esprit révolutionnaire de Trump. Après tout, l'administration a cessé d'exiger le retrait des troupes russes de Syrie. Ce point tendancieux est absent de la nouvelle liste des conditions posées par Washington aux autorités de Damas.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1104/right-now-nato-could-not-win-a-war-with-russia</guid>
	<pubDate>Thu, 03 Apr 2025 13:57:07 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1104/right-now-nato-could-not-win-a-war-with-russia</link>
	<title><![CDATA[Right now NATO could not win a war with Russia]]></title>
	<description><![CDATA[<p>In 2024, reflecting a popular Western belief, former Secretary of Defense Lloyd Austin said: “NATO is the most powerful and successful alliance in history.” Yet just two years earlier in 2022, after a 15-year campaign, NATO was defeated by the Taliban, a rag-tag group of poorly armed insurgents.</p><p>How can NATO’s humiliating defeat and Austin’s view be reconciled?</p><p>Of course NATO was never the most powerful military alliance in history — that accolade surely goes to the World War II Allies: the U.S., <a href="https://responsiblestatecraft.org/tag/russia/">Russia</a>, Britain, and the Commonwealth nations. Nevertheless, after 1945, NATO did its job, did it well, and those of us who served in it were proud to do so.</p><p>Since the Berlin Wall’s fall, though, its record has become tarnished. Satisfactory in Kosovo. Humiliated in Afghanistan. Strategic failure looming in Ukraine. Are we really sure NATO is up to the job of defending democratic <a href="https://responsiblestatecraft.org/regions/europe/">Europe</a> from a supposedly expansionist Russia in the doomsday scenario of a conventional NATO-Russia war?</p><p>The doomsday NATO-Russia war scenario is the defining way to explore this question. “<a href="https://www.newamerica.org/future-security/reports/army-logistics-in-the-pacific/introduction/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Amateurs talk tactics, professionals study logistics</a>,” and our strategic analysis needs to start all the way back in NATO’s logistics rear areas, then work forward to a future line of battle on the continent of Europe.</p><p>First, unlike Russia, <a href="https://responsiblestatecraft.org/russia-ammunition-ukraine/" target="_self">no major NATO nation</a> is industrially mobilized for war, as evidenced by the fact that Russia is still outproducing NATO on 155mm shells for Ukraine. Which, incidentally, gives the lie to the view that Russia is poised to take more of Europe — if we in NATO truly believed this, we would all be mobilizing at speed.</p><p>More importantly, it is not clear that NATO could mobilize at the speed or scale needed to produce the levels of equipment, ammunition, and people to match Russia. And certainly not without a long build up that would signal our intent. This is not just about lost industrial capacity, but also lost financial capacity. Of the largest NATO nations, <a href="https://www.imf.org/external/datamapper/GG_DEBT_GDP@GDD/CAN/FRA/DEU/ITA/GBR/USA" rel="noopener noreferrer" target="_blank">only Germany</a> has a debt to GDP ratio below 100%.</p><p>Second, to have the remotest chance of success in this doomsday scenario of a NATO-Russia war, U.S. forces would need to deploy at scale into continental Europe. Even if the U.S. Army was established at the necessary scale — with a <a href="https://comptroller.defense.gov/Portals/45/Documents/defbudget/FY2023/FY2023_Budget_Request_Overview_Book.pdf" rel="noopener noreferrer" target="_blank">2023 establishment of 473,000</a>, under one third of the current Russian Army, it is not — the overwhelming majority of American equipment and logistics would have to travel by sea.</p><p>There, they would be vulnerable to Russian submarine-launched torpedoes and mines. As a former underwater warfare specialist, I do not believe that NATO now has the scale of anti-submarine or mine-warfare forces needed to protect Europe’s sea lines of communication.</p><p>Nor, for that matter, would these forces be able to successfully protect Europe’s hydrocarbon imports, in particular oil and LNG so critical to Europe’s economic survival. Losses because of our sea supply vulnerability would not only degrade military production, but also bring accelerating economic hardship to NATO citizens, as soaring prices and energy shortages accompanying an outbreak of war rapidly escalated the political pressure to settle.</p><p>Third, our airports, sea ports, training, and logistics bases would be exposed to conventional ballistic missile attack, against which we have extremely limited defenses. Indeed, <a href="https://www.theweek.in/news/defence/2024/12/21/oreshnik-missile-is-unstoppable-undetectable-another-military-analyst-echoes-putins-claims.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">in the case of the Oreshnik missile</a>, no defense.</p><p>An Oreshnik missile arriving at Mach 10+ would devastate a NATO arms factory, or naval, army and air force base. As in Ukraine, Russia’s ballistic campaign would also target our transport, logistics, and energy infrastructure. In 2003, while I was working for the British MOD’s Policy Planning staffs, our post 9/11 threat analysis suggested a successful attack against an LNG terminal, such as Milford Haven, Rotterdam, or Barcelona, <a href="https://www.resilience.org/stories/2004-09-20/lloyds-executive-likens-lng-attack-nuclear-explosion/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">would have sub-nuclear consequences</a>. The follow-on economic shock-waves would rapidly ripple across a European continent, now increasingly dependent on LNG.</p><p>Fourth, unlike Russia, NATO nations’ forces are a heterogenous bunch. My own experience, while leading the offshore training of all European warships at <a href="https://www.royalnavy.mod.uk/international-defence-training/onsite-courses/warfare/operational-sea-training" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Flag Officer Sea Training in Plymouth</a>, and later working with NATO forces in Afghanistan, was that all NATO forces were exceptionally enthusiastic but had very different levels of technological advancement and trained effectiveness.</p><p>Perhaps more contemporarily important, other than a handful of NATO trainers forward deployed in Ukraine, our forces are trained according to a pre-drone “maneuver doctrine" and have no real-world experience of modern peer-to-peer attritional warfighting. Whereas the Russian Army has close to three years experience now, and is unarguably the world's most battle-hardened.</p><p>Fifth, NATO’s decision-making system is cumbersome, hampered by the need to constantly communicate from Supreme Headquarters Allied Powers Europe to national capitals — a complexity made worse each time another nation is admitted.</p><p>Worse still, NATO cannot do strategy. Shortly after arriving in Afghanistan in 2007, I was shocked to find that NATO had no campaign strategy. In 2022, notwithstanding numerous Russian warnings about NATO expansion constituting a red-line, NATO was wholly unprepared, strategically, for the obvious possibility of war breaking out — as evidenced again by our inability to match Russia’s 155mm shell production.</p><p>Even now, in 2025, NATO’s Ukraine strategy is opaque, perhaps best summarized as "double-down and hope.”</p><p>In summary, NATO is positioning itself as Europe’s defender, yet lacks the industrial capacity to sustain peer-to-peer warfighting, is wholly dependent on U.S. forces for the remotest chance of success, is unable satisfactorily to defend its sea lines of communication against Russian submarine, or its training and industrial infrastructure against strategic ballistic bombardment, is comprised of a diverse mix of un-bloodied conventional forces, and lacks the capacity to think and act strategically.</p><p>An easy NATO victory cannot be assumed, and I am afraid that the opposite looks far more likely to me.</p><p>So what? Conventionally, we could now work out how to redress the manifest weaknesses revealed. Strategic audits to confirm the capability gaps. Capability analyses to work out how to fill the gaps. Conferences to decide who does what and where costs should fall. Whilst all the time muddling on, hoping that NATO might eventually prevail in Ukraine, notwithstanding all the evidence to the contrary.</p><p>But without unanimous agreement of the NATO nations to increase military investment at scale, we would be lucky to solve these capability shortfalls within ten years, let alone five.</p><p>Or we could return to consider — at last — the judgement of many Western realists that NATO expansion was the <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Touchpaper" rel="noopener noreferrer" target="_blank">touchpaper</a> for the Russo-Ukraine War. The Russians warned us, time and again, that such expansion constituted a red line. So too did some of our very greatest strategic thinkers, starting with <a href="https://www.nytimes.com/1997/02/05/opinion/a-fateful-error.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">George Kennan</a> in 1996, <a href="https://www.nytimes.com/2023/12/18/opinion/henry-kissinger-ukraine-israel.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Henry Kissinger</a>, <a href="https://responsiblestatecraft.org/2022/02/15/the-origins-of-the-ukraine-crisis-and-how-conflict-can-be-avoided/" target="_self">Jack Matlock</a>, even Bill Burns in his famous <a href="https://wikileaks.org/plusd/cables/08MOSCOW265_a.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">‘Nyet means Nyet’</a> diplomatic telegram, and most recently <a href="https://www.jstor.org/stable/24483306" rel="noopener noreferrer" target="_blank">John Mearsheimer</a> with his 2014 forecasts. All ignored.</p><p>The truth is that NATO now exists to confront the threats created by its continuing existence. Yet as our scenario shows, NATO does not have the capacity to defeat the primary threat that its continuing existence has created.</p><p>So perhaps this is the time to have an honest conversation about the future of NATO, and to ask two questions. How do we return to the sustainable peace in Europe that all sides to the conflict seek? Is NATO the primary obstacle to this sustainable peace?</p><p>From Your Site Articles</p><p>Related Articles Around the Web</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Tue, 01 Apr 2025 13:09:47 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La cynique machination Britannico-Polonaises ou l’art de confisquer sous couvert de vertu – Telegraph]]></title>
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<p>Cyrille de LATTRE</p>
<p>Dans les salons feutrés de Whitehall, où l’ombre de l’impérialisme britannique plane encore sur les cartes déployées, le Royale United Service Institute (<a href="https://www.rusi.org/" target="_blank">RUSI</a>) distille, avec une froide élégance, des solutions aussi retorses que moralement équivoques. Sous la plume conjointe de <a href="https://www.rusi.org/people/keatinge#:~:text=Tom%20Keatinge%20is%20the%20founding,Foreign%20Affairs%20Committee%20ongoing%20enquiry." target="_blank">Tom Keatinge</a> et <a href="https://rusieurope.eu/team/kinga-redlowska/" target="_blank">Kinga Redlowska</a>, respectivement directeur et responsable européen du Centre Finance et Sécurité de ce think tank londonien, se déploie une argumentation sophistiquée visant à légitimer le détournement pur et simple des actifs russes gelés en Europe. Loin des fioritures diplomatiques, leur prose, en apparence technique, dissimule mal une ambition cynique : transformer l’éthique en instrument de prédation, au mépris des principes juridiques les plus élémentaires. </p><p>Leur <a href="https://www.politico.eu/article/russia-central-bank-assets-ukraine/" target="_blank">démonstration</a>, habilement structurée, s’ouvre sur un constat martelé comme une évidence : l’Europe, engluée dans ses lâchetés bureaucratiques, hésiterait indéfiniment à saisir les 300 milliards d’euros d’actifs de la Banque centrale russe immobilisés depuis l’invasion de l’Ukraine. Pourtant, arguent-ils, le droit international offrirait une échappatoire via la notion de « contre-mesures » – concept juridique autorisant des représailles proportionnées face à un acte illicite. Ainsi, confisquer ces fonds au profit de Kiev ne serait ni un vol ni une rupture du droit, mais une réponse légitime à l’agression du Kremlin. La manœuvre séduit par sa simplicité : transférer ces actifs dans un « véhicule » belge, générant des revenus annuels pour l’Ukraine, tout en préservant une réversibilité de façade. </p><p>Mais derrière cette façade de légalisme prudent, se niche une entreprise bien plus trouble. Car Keatinge et Redlowska, en véritables héritiers de l’esprit tortueux qui caractérisa jadis la Realpolitik britannique, omettent délibérément un détail essentiel : aucune guerre n’a été officiellement déclarée entre la Russie et l’Ukraine. Les termes mêmes employés par Moscou – « Opérations Spéciales » – furent choisis précisément pour éviter l’escalade juridique et symbolique qu’implique un état de guerre. En qualifiant le conflit de « guerre illégale », les auteurs biaisent le débat, instaurant un narratif belligène qui justifierait des mesures exceptionnelles. Or, c’est précisément sur ce glissement sémantique que repose leur édifice argumentatif. En essentialisant une situation complexe – où les frontières entre agression, résistance et manipulations géostratégiques s’entremêlent –, ils légitiment une confiscation qui, en d’autres circonstances, serait perçue comme un acte de piraterie financière. </p><p>L’argument des « contre-mesures », s’il peut sembler juridiquement astucieux, ouvre en réalité une boîte de Pandore dont les conséquences échappent à ses promoteurs. En sapant le principe d’immunité souveraine – pierre angulaire des relations financières internationales –, l’Europe risquerait de dissuader tout investisseur étranger de placer ses avoirs sur son sol. Qui oserait, demain, confier ses réserves à des institutions européennes, sachant qu’un différend politique pourrait suffire à les voir gelées, voire confisquées ? Les craintes exprimées par Christine Lagarde, présidente de la BCE, quant aux « risques juridiques » pour l’euro, ne relèvent pas d’un syndrome post-traumatique lié aux crises passées, comme le suggèrent avec dédain les auteurs, mais d’une lucidité élémentaire. La crédibilité d’une monnaie repose sur la confiance en son inviolabilité – or, chaque entorse à ce principe en corrode irrémédiablement l’attrait. <br class="inline">
Les auteurs balayent également d’un revers de main les mises en garde du Premier Ministre belge Bart De Wever, qualifiant la confiscation « d’acte de guerre ». Là encore, leur rhétorique joue sur un amalgame pernicieux : en insinuant que la Russie mène déjà une « guerre illégale », ils estiment que toute réplique financière serait de facto justifiée. Cette logique circulaire ignore volontairement que la légalité internationale ne se construit pas sur des analogies hasardeuses, mais sur des déclarations formalisées. Sans état de guerre officiel, les mesures de rétorsion extrêmes – telles que la saisie d’actifs souverains – demeurent, en droit, injustifiables. Pire, elles instaurent un précédent où chaque puissance pourrait, à sa guise, requalifier un conflit pour s’emparer des biens d’un adversaire. </p><p>Le projet de créer un « véhicule » belge pour administrer ces actifs, présenté comme une solution technique neutre, mérite également le soupçon. En centralisant la gestion de ces fonds à Bruxelles – cœur bureaucratique de l’UE –, les auteurs entérinent une mainmise institutionnelle sur des ressources étrangères, tout en protégeant les intérêts fiscaux belges. Cette concentration du pouvoir financier entre les mains d’une technostructure non élue pose une question démocratique majeure : au nom de quel mandat populaire l’UE s’arrogerait-elle le droit de disposer des biens d’une nation souveraine, fût-elle adversaire ? </p><p>Enfin, la proposition de fonder une « Banque de reconstruction de l’Ukraine » sur le modèle de la Kreditanstalt für Wiederaufbau allemande achève de révéler l’hypocrisie du raisonnement. Comparer la reconstruction de l’Europe post-1945 – entreprise collective encadrée par des traités – à une opération de prédation unilatérale relève de la manipulation historique. La Kreditanstalt fut un outil de solidarité, non de spoliation. Transposer ce modèle dans un contexte de confiscation revient à travestir l’idéal européen en instrument de realpolitik cynique. </p><p>Mais au-delà des arguties juridiques et des faux-semblants moraux, c’est l’intention profonde de ce rapport qui doit alerter. Keatinge et Redlowska, en insistant sur « l’urgence » d’agir avant le renouvellement biannuel de l’immobilisation des actifs en juillet, cherchent à précipiter une décision irréversible. Leur rhétorique apocalyptique – évoquant un « désastre » en cas d’inaction – vise à court-circuiter tout débat démocratique, présentant la confiscation comme une fatalité plutôt qu’un choix politique. </p><p>Or, cette précipitation dissimule une réalité plus crue : en poussant l’Europe à franchir le Rubicon financier, le RUSI œuvre moins pour la paix en Ukraine que pour la pérennisation du conflit. Car en privant la Russie de tout espoir de récupérer ses actifs – même sous conditions de réversibilité théorique –, on réduit à néant toute incitation à une résolution négociée. Les auteurs le savent pertinemment : une Ukraine financée à hauteur de 45 milliards d’euros via ces fonds n’aurait que peu d’intérêt à chercher un compromis. La logique sous-jacente est donc claire : prolonger les « Opérations Spéciales » en les transformant en une guerre d’usure, où l’Occident, juge et partie, alimenterait indéfiniment le conflit via les ressources mêmes de son adversaire. </p><p>Cette stratégie, si elle devait être adoptée, consacrerait un tournant sombre dans l’histoire européenne. En normalisant la confiscation des avoirs souverains, l’UE renoncerait à son statut de sanctuaire juridique pour devenir une zone de non-droit, où les capitaux étrangers seraient otages des vicissitudes géopolitiques. Les investisseurs asiatiques, africains ou moyen-orientaux, déjà méfiants face aux sanctions arbitraires, se détourneraient d’un continent perçu comme prédateur. La France, qui rêve de redorer son attractivité économique, en paierait le prix fort : qui oserait y investir, sachant qu’un désaccord diplomatique pourrait suffire à geler ses actifs ? Remarquez, qui aujourd’hui va aller investir en Macronie, compte tenu de la situation économique et politique du Macronistan ?</p><p>Le rapport du RUSI, sous des dehors techniques, est donc un cheval de Troie idéologique. Il incarne la résurgence d’un impérialisme financier décomplexé, où la fin – affaiblir la Russie – justifie tous les moyens, y compris les plus moralement discutables. Keatinge et Redlowska, en prétendant servir l’intérêt ukrainien, servent en réalité une vision hégémonique où l’Europe, sous influence anglo-saxonne, se muerait en gendarme arbitraire des équilibres mondiaux. </p><p>Mais l’histoire est un éternel recommencement : les empires qui ont bâti leur puissance sur la prédation finissent toujours par en être les victimes. En ouvrant la boîte de Pandore de la confiscation, l’Europe signerait son propre déclin comme place « forte » de la stabilité économique. Les lumières de Bruxelles, jadis symbole de l’unité continentale, deviendraient alors les lanternes rouges d’un capitalisme de rapine, où chaque crise serait prétexte à spolier. Gageons que les peuples européens, attachés à leur souveraineté autant qu’à leur honneur, sauront discerner le piège dissimulé sous les oripeaux vertueux de ce rapport toxique, à moins qu’Ursula Von Der Leyen le nouveau Reich Führer européen n’ai déjà acté d’un tel acte.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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