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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Décembre 2025]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Mon, 29 Dec 2025 14:15:52 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Accord de siège Suisse–GAVI : la zone de non-droit que la Suisse a créée… volontairement]]></title>
	<description><![CDATA[<p id="ember736" class="ember-view reader-text-block__paragraph">La Suisse a accordé à une organisation privée un régime d’immunités si extrême qu’il équivaut, en droit, à la création d’une enclave extraterritoriale au cœur de Genève.</p><p id="ember737" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Ce régime n’a rien d’un outil administratif : c’est une rupture majeure dans la chaîne constitutionnelle du contrôle démocratique.</p><p id="ember738" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Ce régime n’a pas été imposé à la Suisse.</p><p id="ember739" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Il a été signé, approuvé et inscrit dans le droit suisse.</p><p id="ember740" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Source officielle de l’accord :</p><p id="ember741" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Accord de siège entre la Confédération suisse et GAVI Alliance, 23 juin 2009</p><p id="ember742" class="ember-view reader-text-block__paragraph"><a class="qnYTlArzYtboRwdjbntMpxxVLYbykXIogw" tabindex="0" href="https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/2009/541/fr" target="_self" data-test-app-aware-link="">https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/2009/541/fr</a></p><p id="ember743" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Cet accord est l’un des plus permissifs de toute l’histoire du droit suisse contemporain.</p><p id="ember744" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Il institue – noir sur blanc – des locaux inviolables, des archives inviolables “à tout moment et en tout lieu”, une immunité totale de juridiction, une immunité d’exécution, et des exonérations fiscales totales.</p><p id="ember745" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Le tout accordé à une entité privée, à gouvernance hybride, sans aucune obligation de transparence publique substantielle.</p><p id="ember746" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Ce n’est pas un simple “accord administratif”.</p><p id="ember747" class="ember-view reader-text-block__paragraph">C’est un précédent d’une gravité institutionnelle exceptionnelle.</p>
<p>I. Une enclave extraterritoriale privée créée par la Suisse elle-même</p>
<p id="ember749" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Un État de droit peut tolérer des immunités proportionnées.</p><p id="ember750" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Il ne peut tolérer la création d’un territoire juridiquement impénétrable.</p><p id="ember751" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Dans l’accord Suisse–GAVI :</p>
<p>Aucune autorité suisse ne peut entrer dans les locaux sans consentement.<br />Aucune autorité suisse ne peut saisir de documents, de serveurs, d’échantillons, de matériels.<br />Aucune perquisition n’est possible, même en cas de soupçon grave.<br />Aucune action civile ou pénale ne peut aboutir devant un tribunal suisse.<br />La levée d’immunité dépend… de GAVI elle-même.</p>
<p id="ember753" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Cet ensemble constitue une suspension effective de l’État de droit dans le périmètre de l’organisation.</p><p id="ember754" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Pour un pays qui fonde sa légitimité sur l’article 5 de la Constitution (principe de légalité et proportionnalité), l’article 8 (égalité devant la loi) et l’article 29a (accès au juge), cet accord relève de l’abdication pure et simple.</p>
<p>II. L’inviolabilité absolue des données : un gouffre juridique</p>
<p id="ember756" class="ember-view reader-text-block__paragraph">L’accord protège les archives et supports de données de GAVI “à tout moment et en tout lieu”.</p><p id="ember757" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Cette formulation est rarissime, et pour cause : elle rend impossible :</p>
<p>tout audit informatique ou scientifique,<br />toute saisie judiciaire,<br />toute reconstitution de faits,<br />toute enquête en cas de litige ou d’allégation grave.</p>
<p id="ember759" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Dans le domaine des données de santé, des données d’activité corporelle, des technologies biométriques et des flux de données sensibles, cette immunité totale est une anomalie structurelle.</p><p id="ember760" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Or, depuis plusieurs années, des technologies radicales émergent dans l’écosystème biométrique. Parmi elles :</p><p id="ember761" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Brevet Microsoft WO/2020/060606</p><p id="ember762" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Titre : Cryptocurrency system using body activity data</p><p id="ember763" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Ce brevet décrit l’usage de signaux corporels captés par capteurs pour valider des opérations informatiques, illustrant le glissement vers une économie où la donnée biologique devient un actif stratégique.</p><p id="ember764" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Il n’est pas question ici d’accuser GAVI de quoi que ce soit.</p><p id="ember765" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Le point juridique est ailleurs :</p><p id="ember766" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Une immunité absolue sur les données offre, par définition, le terrain idéal pour que des opérations sensibles deviennent impossible à auditer ou à contester.</p>
<p>III. Quand la preuve devient impossible, la vérité devient inaccessible</p>
<p id="ember768" class="ember-view reader-text-block__paragraph">La puissance d’un système juridique se mesure à sa capacité d’établir la vérité.</p><p id="ember769" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Or l’accord Suisse–GAVI annihile cette capacité.</p><p id="ember770" class="ember-view reader-text-block__paragraph">En créant une enclave :</p>
<p>impossible à perquisitionner,<br />impossible à auditer,<br />impossible à contraindre,<br />impossible à juger,</p>
<p id="ember772" class="ember-view reader-text-block__paragraph">la Suisse a instauré un espace où toute activité – licite ou illicite – deviendrait par nature indémontrable.</p><p id="ember773" class="ember-view reader-text-block__paragraph">C’est précisément ce que dénonçait Edward Snowden lorsqu’il affirmait que « la transparence doit être exigée des puissants, pas des peuples ».</p><p id="ember774" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Et c’est ce que rappelait l’expert américain David Brin : « Une société où les puissants échappent à la lumière finit toujours dans l’abus ».</p><p id="ember775" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Ce n’est pas une spéculation.</p><p id="ember776" class="ember-view reader-text-block__paragraph">C’est la logique juridique directe d’un régime d’immunité totale.</p>
<p>IV. Le financement public sans contrôle : l’absurdité démocratique</p>
<p id="ember778" class="ember-view reader-text-block__paragraph">La Suisse a versé – et continue de verser – des dizaines de millions de francs à GAVI :</p><p id="ember779" class="ember-view reader-text-block__paragraph">– 30 millions annoncés en 2020 ;</p><p id="ember780" class="ember-view reader-text-block__paragraph">– 10 millions pour les programmes de base 2021–2025 ;</p><p id="ember781" class="ember-view reader-text-block__paragraph">– plusieurs centaines de millions indirects via COVAX/ACT-A au niveau global.</p><p id="ember782" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Or dans le même temps :</p>
<p>elle renonce à tout droit d’inspection,<br />elle renonce à tout droit d’accès aux preuves,<br />elle renonce à toute possibilité de contrôle démocratique,<br />elle renonce à toute supervision indépendante.</p>
<p id="ember784" class="ember-view reader-text-block__paragraph">La Suisse finance.</p><p id="ember785" class="ember-view reader-text-block__paragraph">GAVI opère.</p><p id="ember786" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Personne ne voit rien.</p><p id="ember787" class="ember-view reader-text-block__paragraph">C’est l’exact inverse de notre modèle démocratique.</p>
<p>V. Ce que le Parlement doit exiger immédiatement</p>

<p>Audit juridique exhaustif de l’accord et de l’usage réel des immunités.<br />Publication annuelle obligatoire d’un rapport détaillé : demandes de levée d’immunité, coopérations judiciaires, cas litigieux, conformité.<br />Révision stricte de l’inviolabilité des locaux et des données.<br />Introduction d’un arbitrage indépendant pour garantir l’accès au juge aux tiers.<br />Activation du préavis de dénonciation si GAVI refuse une réforme substantielle.</p>

<p>Conclusion : la Suisse doit refermer la brèche qu’elle a elle-même ouverte</p>
<p id="ember791" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Le texte officiel de Fedlex le montre : la Suisse a créé une zone de non-droit sur son propre territoire pour une organisation privée.</p><p id="ember792" class="ember-view reader-text-block__paragraph">C’est une faute politique, un trou noir juridique, et un précédent dangereux.</p><p id="ember793" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Un État de droit n’existe que si la loi s’applique partout.</p><p id="ember794" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Un État souverain n’existe que s’il contrôle son territoire.</p><p id="ember795" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Une démocratie n’existe que si les puissants ne sont pas placés hors de portée de la justice.</p><p id="ember796" class="ember-view reader-text-block__paragraph">L’accord de siège Suisse–GAVI doit être rouvert, révisé ou dénoncé.</p><p id="ember797" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Le Parlement doit agir.</p><p id="ember798" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Le peuple a le droit de savoir.</p><p id="ember799" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Et la Suisse doit retrouver le contrôle qu’elle n’aurait jamais dû céder.</p><p id="ember801" class="ember-view reader-text-block__paragraph">Ce que les médias taisent, nous l’analysons. Ce que Berne négocie, nous le décortiquons. Rejoignez maintenant notre QG sur Telegram: <a class="qnYTlArzYtboRwdjbntMpxxVLYbykXIogw" tabindex="0" href="https://t.me/souverainetesuisse" target="_self" data-test-app-aware-link="">https://t.me/souverainetesuisse</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1187/la-chute-du-droit-naturel%C2%AB-l%E2%80%99affaire-jacques-baud-%C2%BBsymptome-d%E2%80%99un-basculement-de-civilisation</guid>
	<pubDate>Mon, 22 Dec 2025 17:30:30 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La Chute du Droit Naturel« L’affaire Jacques Baud »,symptôme d’un basculement de civilisation]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-0oewq153">Quand la loi perd son intégrité</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-yo42t157">L’affaire Jacques Baud dépasse le cadre d’un simple scandale politique ; elle met en lumière une rupture profonde dans notre relation au droit et à la vérité.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-h02vm161">Un citoyen suisse, ancien colonel, expert reconnu au sein de l’ONU et collaborateur de l’OTAN, est soumis à des sanctions financières et à une interdiction de territoire par l’Union européenne, non pas en raison d’actes criminels, mais à cause de ses analyses sur le conflit en Ukraine. Aucune procédure judiciaire, aucune audience, aucun juge, aucune défense véritable : une simple décision administrative lui enlève ses revenus et ses droits fondamentaux.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-3zft4169">D’un point de vue juridique traditionnel, cela enfreint déjà des principes fondamentaux tels que :</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-cunyx171">• le droit à être entendu,</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-yb80c174">• la présomption d’innocence,</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-7tb2v177">• le droit à un recours effectif.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-jvugw180">Cependant, au-delà du droit positif, une menace plus grave pèse sur la légitimité de l’ordre juridique.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-wfhuq184">Lorsque la loi ne sert plus la justice, elle devient un outil de pouvoir au service de l’oppression.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-jsupw188">Droit naturel face à la loi de la force</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-q177x190">La tradition du droit naturel, qui va d’Aristote à Rousseau en passant par le jusnaturalisme moderne, rappelle une vérité essentielle : il existe des droits qui ne sont pas octroyés par l’État, mais qui émanent de la dignité humaine elle-même.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-gwp9x196">Parmi ces droits figurent :</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-a7cw4198">• le droit à la vérité (ou, au minimum, à la quête authentique de la vérité),</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-x2eip201">• le droit à la liberté de pensée et d’expression,</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-5yomf204">• le droit de ne pas subir de pertes économiques en raison de ses opinions.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-e0t6y209">Sanctionner un homme parce qu’il propose une lecture différente d’un conflit, fondée sur des sources occidentales publiques, ce n’est pas « lutter contre la désinformation », c’est « criminaliser la diversité d’opinion ».</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-ghv8t213">À partir de là, nous ne sommes plus dans un État de droit au sens fort du terme, mais dans un système qui utilise la forme juridique pour imposer un récit officiel.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-r25pa215">Le message sous-jacent est limpide :« Tu es libre de penser… tant que tu partages notre point de vue. »</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-q3vdi219">La Suisse : de rempart des libertés individuelles à complice muette</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-yxhf7223">La Suisse a historiquement été bâtie sur une compréhension proche du droit naturel : des droits jugés inaliénables, une méfiance à l’égard des autorités centrales, et une forte souveraineté populaire.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-6oryi225">Face à la sanction infligée à un citoyen suisse par une puissance étrangère, sans procès ni défense, quelle est la réaction du Conseil fédéral ?</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-nbpyo227">Il choisit le silence.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-1uq01231">Ce silence n’est ni neutre ni anodin. Il signifie en creux :</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-8ocw9233">qu’un État étranger peut détruire la vie d’un Suisse pour ses idées,et que le gouvernement suisse n’ose plus le défendre.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-e0y8c237">Pourquoi cette inaction ? Parce que la Suisse se retrouve désormais piégée dans un cercle vicieux :</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-bjd3i239">• 50 à 60% de la législation suisse est d’ores et déjà influencée ou alignée sur le droit européen ;</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-ni936242">• les accords bilatéraux III prévoient une adoption dynamique (comprendre « automatique ») du droit de l’UE, avec des mesures de rétorsion (nommées «compensation») en cas de refus.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-zx7bb247">Autrement dit : plus la Suisse s’aligne, moins elle peut invoquer ses propres principes.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-0vo1p251">Un État qui n’ose plus défendre ses citoyens par crainte d’un partenaire économique a déjà sacrifié une part essentielle de sa souveraineté.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-g75ju253">Le nouveau blasphème : penser autrement que l’OTAN</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-vdn3a257">Le point philosophique central est le suivant : la pensée stratégique indépendante devient un tabou politique.Ce que l’on reproche à Jacques Baud n’est pas de mentir, ni d’inventer des faits, ni d’appeler à la haine, mais :</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-wlz48259">• de contester la narration dominante sur l’Ukraine,</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-43pcm262">• d’expliquer que certaines décisions occidentales prolongent la guerre,</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-cwvxp265">• de rappeler que la réalité militaire ne s’aligne pas nécessairement avec le discours politique.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-tudiv272">Dans une société en bonne santé, un tel point de vue serait entendu dans les parlements, relayé par les médias, et intégré au débat public précisément parce qu’il dérange. Dans le système qui s’installe, il est puni.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-qky9v274">Cette inversion est typique d’un monde qui renonce à la recherche de la Vérité pour se réfugier dans la gestion du récit dominant.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-nmdl4278">La question n’est plus : « Est-ce vrai ? »,mais : « Est-ce conforme à la ligne ? ».</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-ttriq280">Le point de vue de Themisia Gioia : pourquoi cette affaire est un signal d’alarme ?</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-hbyrq284">La vision de Themisia Gioia est de restaurer la dignité humaine par le biais de la justice, de la culture et de la conscience.Dans ce contexte, l’affaire Baud ne peut être considérée comme un simple dossier parmi d’autres :</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-f9rav286">c’est un véritable test de civilisation.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-ldn24288">Elle met en lumière plusieurs dérives préoccupantes :</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-hahhb290">• le passage du délit d’action au délit d’opinion ;</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-0tv3d293">• le passage du droit comme protection au droit comme arme ;</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-8pydp296">• le passage de la souveraineté affirmée à la soumission silencieuse.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-6o2dv301">Ce qui est en jeu dépasse la seule personne de Jacques Baud :</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-ebkky303">• c’est le droit pour chacun d’entre nous de penser à contre-courant sans risquer la mort civile et sociale ;</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-p6o0a306">•  c’est la capacité d’un petit pays comme la Suisse à rester fidèle à ses principes face à des pressions géopolitiques contraires.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-duz32311">Un ordre juridique qui ne se laisse plus guider par la justice, la vérité et la conscience est un ordre qui commence à se décomposer.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-6gl19316">C’est précisément ici que commence le travail de conscience civique :</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-zc3un318">Oser identifier cette décomposition et refuser d’y participer.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-prm9v322">Un appel fondé sur les faits observables, loin de toute idéalisation romantique.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-zcgle326">Défendre les droits inaliénables et le respect de l’intégrité de la personne n’est pas abstrait : c’est une question d’ordre pratique et observable, car cela touche directement à la manière dont les vies réelles sont, soit détruites, soit préservées.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-guyv0330">À partir de cette affaire, trois exigences s’imposent :</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-lmi1r332">- Exiger du Conseil fédéral une prise de position claire sur la sanction de Jacques Baud et sur la compatibilité de ce type de mécanisme avec les valeurs suisses.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-rb9wr336">- Rejeter, tant par le dialogue que par le vote, tout accord qui placerait le droit européen au-dessus du jugement éthique et politique du peuple suisse (Bilatérales III).</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-6dra4338">- Apporter soutien à ceux qui, comme Baud, subissent les conséquences de leur liberté d’expression : les lire, les inviter et les défendre lorsqu’ils sont victimes de diffamation ou de sanctions.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-wtbgg344">Il ne s’agit pas uniquement d’un combat juridique. C’est un combat pour que le droit retrouve son essence : être un service à la vérité et à la dignité humaine, et non un outil de répression pour les esprits indépendants.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-p9x94350">La dignité humaine n’est pas un concept, c’est un acte. C’est le refus de participer à l’injustice, même lorsque le silence est plus confortable.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-t5iie354">La liberté d’expression en est l’armature : elle permet à chacun d’affirmer sa conscience sans craindre d’être écrasé pour ses idées.</p><p class="Hasdr P8FAI nXREP DWkY9" dir="auto" id="viewer-0vivc358">L’affaire Baud nous rappelle que la vraie Suisse n’existe que si nous la défendons activement. Themisia Gioia existe précisément pour cela : restaurer ce qu’on croyait perdu, réveiller ce qu’on croyait endormi.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1181/interview-explicite-de-jacques-baud-%E2%80%93-voix</guid>
	<pubDate>Thu, 18 Dec 2025 21:57:18 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1181/interview-explicite-de-jacques-baud-%E2%80%93-voix</link>
	<title><![CDATA[Interview explicite de Jacques Baud – Voix]]></title>
	<description><![CDATA[<p>La situation dans laquelle se retrouve Jacques Baud est littéralement kafkaïenne. Il l’explique très bien dans les réponses qu’il apporte aux questions de Roger Köppel de la Weltwoche.</p><p>L’interview vous vraiment la peine pour autant que vous puissiez comprendre l’allemand.</p><p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=XLcqwrabN68&amp;t=4695s">Dans un premier temps, Roger Köppel demande à Jacques Baud de se présenter. Ensuite, on entre dans le dur du sujet. Et là, on mesure la réalité dans laquelle ces sanctions placent notre compatriote.</a></p><p>Ces sanctions sont d’ordre politique. Et elles ont été prises par une administration composée d’individus que personne n’a élus.</p><p>Or si le concerné les enfreint, ces sanctions, il devient justiciable.</p><p>En d’autres termes, il n’est condamné par aucun tribunal mais s’il contrevient d’une manière ou d’une autre aux sanctions qui lui ont été infligées, là, il est passible de peine.</p><p>Imaginez un peu comment un homme qui, pour avoir livré des analyses dont on s’est ingénié à déformer le sens et la démarche se retrouve comme en prison, sauf qu’en prison, remarque non sans humour Jacques Baud, on est nourri.</p><p>Peut-être mal, ajouterais-je à en croire un ancien Président français mais on a à manger.</p><p>Jacques Baud a ses comptes bloqués. Pour payer loyer, nourriture et autres, seule lui reste l’aide humanitaire. Car il l’explique clairement: toute personne qui voudrait l’aider sera, elle aussi, susceptible d’être traînée devant les tribunaux.</p><p>Heureusement qu’on vit en démocratie, heureusement qu’on réagit à la moindre atteinte aux « droits humains ». Heureusement que l’on se mobilise pour toutes les victimes de dictatures, vous imaginez, sinon?</p><p>Cela dit et trêve d’ironie, au-delà de l’effroi ressenti et exprimé, que faire d’efficace pour aider Jacques Baud reste bel et bien la question!</p><p>En rappel de ses origines et de <a href="https://c.org/G2Tp7RJKRw">la pétition de soutien lancée en sa faveur</a>, je reprends la même photo de Genève pour illustrer ce sujet.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1179/la-chute-de-l%E2%80%99occident-nicolas-baverez</guid>
	<pubDate>Thu, 18 Dec 2025 11:18:32 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1179/la-chute-de-l%E2%80%99occident-nicolas-baverez</link>
	<title><![CDATA[La chute de l’Occident | Nicolas Baverez]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L&rsquo;Occident a perdu sa cr&eacute;dibilit&eacute; et montr&eacute; sa vuln&eacute;rabilit&eacute; en &eacute;chouant &agrave; g&eacute;rer les risques syst&eacute;miques et les chocs qui caract&eacute;risent le XXIe si&egrave;cle.</p><p>L&rsquo;Occident a domin&eacute; le monde de la fin du XVe&nbsp;si&egrave;cle au d&eacute;but du XXe&nbsp;si&egrave;cle, exportant ses modes de production, ses institutions et ses id&eacute;es sur tous les continents &agrave; travers trois grands mouvements de mondialisation&nbsp;: le XVIe&nbsp;si&egrave;cle avec les grandes d&eacute;couvertes ; le XIXe&nbsp;si&egrave;cle avec la convergence de la colonisation, de la r&eacute;volution industrielle et du libre-&eacute;change ; la fin du XXe&nbsp;si&egrave;cle avec l&rsquo;effondrement de l&rsquo;empire sovi&eacute;tique, l&rsquo;universalisation et la d&eacute;r&eacute;gulation du capitalisme, le basculement dans l&rsquo;&egrave;re num&eacute;rique. Le succ&egrave;s de l&rsquo;Occident a repos&eacute; sur quatre principes&nbsp;: l&rsquo;invention du capitalisme ; le progr&egrave;s de la science pour conna&icirc;tre et valoriser l&rsquo;univers ; la construction de la libert&eacute; politique qui permet aux individus et aux nations de d&eacute;cider de leur destin ; enfin, la conscience de l&rsquo;unit&eacute; et de la solidarit&eacute; des nations libres face aux soci&eacute;t&eacute;s d&rsquo;Ancien R&eacute;gime puis aux totalitarismes.</p><p>La troisi&egrave;me mondialisation a sembl&eacute; marquer le triomphe de l&rsquo;Occident, en faisant entrer l&rsquo;humanit&eacute; dans l&rsquo;&acirc;ge de l&rsquo;histoire universelle. Elle a en r&eacute;alit&eacute; provoqu&eacute; sa chute. La part des grands pays d&eacute;velopp&eacute;s dans la production mondiale a &eacute;t&eacute; ramen&eacute;e de 45 &agrave; 30 % tandis que le centre de gravit&eacute; du capitalisme basculait vers l&rsquo;Asie.</p><p>Le syst&egrave;me g&eacute;opolitique est devenu multipolaire et le leadership des &Eacute;tats-Unis s&rsquo;est d&eacute;compos&eacute; en m&ecirc;me temps qu&rsquo;ils d&eacute;mantelaient l&rsquo;ordre mondial de 1945. Enfin, les d&eacute;mocraties occidentales ont &eacute;t&eacute; frapp&eacute;es par une crise existentielle li&eacute;e &agrave; la d&eacute;stabilisation des classes moyennes, faisant le lit des mouvements et des dirigeants populistes.</p><p>L&rsquo;Occident a perdu sa cr&eacute;dibilit&eacute; et montr&eacute; sa vuln&eacute;rabilit&eacute; en &eacute;chouant &agrave; g&eacute;rer les risques syst&eacute;miques et les chocs qui caract&eacute;risent le XXIe&nbsp;si&egrave;cle. &Agrave; la suite des attentats du 11 septembre 2001, il a encha&icirc;n&eacute; les conflits sans fin. Il s&rsquo;est r&eacute;v&eacute;l&eacute; incapable de ma&icirc;triser le krach financier de 2008 provoqu&eacute; par l&rsquo;emballement de l&rsquo;&eacute;conomie de bulles. Aujourd&rsquo;hui, &agrave; la rare exception de l&rsquo;Allemagne ou d&rsquo;Isra&euml;l, il d&eacute;montre son incapacit&eacute; &agrave; g&eacute;rer l&rsquo;&eacute;pid&eacute;mie de coronavirus et cumule catastrophe sanitaire, &eacute;croulement &eacute;conomique et troubles politiques.</p><p>L&rsquo;Occident fait d&eacute;sormais face &agrave; de puissantes forces qui lui sont hostiles et qui entendent le supplanter.</p><p>Mais l&rsquo;origine de sa chute est int&eacute;rieure, li&eacute;e &agrave; la corruption de ses valeurs, de ses institutions et de ses m&oelig;urs.</p><p>Le capitalisme de bulles a d&eacute;laiss&eacute; la production pour la sp&eacute;culation et l&rsquo;innovation pour la rente&nbsp;: il repose sur un mod&egrave;le &eacute;conomique et social insoutenable associant croissance faible, surendettement et accroissement vertigineux des in&eacute;galit&eacute;s. L&rsquo;ignorance et la d&eacute;magogie cultiv&eacute;es par les dirigeants politiques et par les r&eacute;seaux sociaux ont nourri le m&eacute;pris pour l&rsquo;&eacute;ducation et pour la science, cr&eacute;ant un foss&eacute; entre une &eacute;lite ma&icirc;trisant les nouvelles technologies et la population. La d&eacute;mocratie a &eacute;t&eacute; largement vid&eacute;e de son sens par l&rsquo;&eacute;rosion des contre-pouvoirs et de l&rsquo;&Eacute;tat de droit, l&rsquo;asservissement du d&eacute;bat public aux passions collectives, la d&eacute;ification des identit&eacute;s qui ont euthanasi&eacute; l&rsquo;id&eacute;e de bien commun, la tyrannie du court terme qui interdit toute vision de l&rsquo;avenir. Enfin, comme dans les ann&eacute;es 1930, l&rsquo;unit&eacute; des nations libres s&rsquo;est d&eacute;faite avec le tournant nationaliste, protectionniste et isolationniste des &Eacute;tats-Unis, le Brexit et la divergence de plus en plus explosive de l&rsquo;Europe entre le Nord et le Sud &ndash; autour de la gouvernance de l&rsquo;euro &ndash; comme entre l&rsquo;Ouest et l&rsquo;Est &ndash; qui a bascul&eacute; dans l&rsquo;autoritarisme sous l&rsquo;influence de la Hongrie de Viktor Orban.</p><p>L&rsquo;Occident a ainsi perdu son leader, avec la trahison par les &Eacute;tats-Unis de l&rsquo;h&eacute;ritage des P&egrave;res fondateurs comme de leurs alli&eacute;s, sa strat&eacute;gie et sa colonne vert&eacute;brale avec l&rsquo;Otan, mais surtout ses principes avec le d&eacute;voiement de la libert&eacute; politique et l&rsquo;abandon des droits de l&rsquo;homme. La force de l&rsquo;Occident a tenu &agrave; sa capacit&eacute; &agrave; se remettre r&eacute;guli&egrave;rement en question &agrave; travers la comp&eacute;tition entre les individus, les entreprises et les nations, tout en restant fid&egrave;le &agrave; ses valeurs. Il doit aujourd&rsquo;hui se r&eacute;inventer, quitte &agrave; s&rsquo;inspirer de la Cor&eacute;e du Sud et de Ta&iuml;wan. En &eacute;laborant un nouveau pacte &eacute;conomique et social inclusif.</p><p>En r&eacute;orientant le capitalisme vers la production, l&rsquo;innovation et la transition &eacute;cologique. En investissant massivement dans l&rsquo;&eacute;ducation &agrave; la science, aux technologies mais aussi &agrave; la citoyennet&eacute;. En ranimant le d&eacute;bat public et en r&eacute;engageant les citoyens dans la vie des nations. En reconstruisant une alliance des d&eacute;mocraties face aux menaces des d&eacute;mocratures et du djihadisme.</p><p>En renouant avec le fil de son destin qui se confond avec la libert&eacute;. Non pour dominer le monde mais pour d&eacute;fendre, dans l&rsquo;environnement g&eacute;opolitique tr&egrave;s chaotique et dangereux du XXIe&nbsp;si&egrave;cle, la conciliation de la diversit&eacute; des cultures et l&rsquo;existence de valeurs universelles qui fondent la dignit&eacute; des hommes.</p><p>(Chronique parue dans&nbsp;Le Figaro du 04 mai 2020)</p><p>&gt;&nbsp;<a href="http://www.lefigaro.fr" target="_blank">Lefigaro.fr</a></p><p>&nbsp;</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1177/jacques-baud-nous-repond-%E2%80%93-voix</guid>
	<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 13:19:57 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1177/jacques-baud-nous-repond-%E2%80%93-voix</link>
	<title><![CDATA[Jacques BAUD nous répond – Voix]]></title>
	<description><![CDATA[<p>– Bonjour Jacques BAUD! Vous vous rappelez bien sûr la <a href="https://helenerichardfavre.ch/?s=Jacques+BAUD">série d’entretiens</a> que nous avions menés ensemble sur ce blog. C’était un article de Sylvain BESSON qui avait motivé ma démarche auprès de vous <a href="https://helenerichardfavre.ch/serie-dentretiens-avec-jacques-baud-auteur-de-gouverner-par-les-fake-news/">pour en savoir un peu plus</a>. Nous étions début septembre 2020. </p><p>Voici ce même journaliste reprendre un article paru sur <a href="https://www.rferl.org/a/eu-blacklist-russia-sanctions-shadow-fleet/33619173.html">Radio free Europe</a> et parler de vous en termes que je vous serais reconnaissante de commenter. L’article en question, paru sur le site de la <a href="https://www.tdg.ch/jacques-baud-lex-agent-secret-suisse-sanctionne-par-lue-741232896311">Tribune de Genève</a>, est déjà suivi de plus de 300 commentaires. Qu’avez-vous à nous en dire?</p><p>Jacques BAUD: Merci pour votre question. Oui, j’ai été surpris par cette information, même si je ne sais pas encore en ce moment si elle est vraie ou non. Je pars de l’idée qu’elle l’est.</p><p>Mon approche du conflit russo-ukrainien (comme des autres, d’ailleurs) est d’exposer les faits afin de comprendre ce qui se passe, avec la finalité d’y trouver une solution. Comme je le répète souvent: « de la manière de comprendre une crise découle celle de la résoudre ». Cette compréhension doit se faire indépendamment de toute préférence pour l’une ou l’autre des parties en présence. Aujourd’hui, particulièrement en Europe, si votre appréciation s’écarte un tant soit peu de la ligne officielle, vous êtes considéré comme « pro-russe » ou « conspirationniste ». Si vous lisez les commentaires des différentes interviews que j’ai accordées, les commentaires « équilibrés », « factuels » ou « balancés » reviennent le plus souvent. Après une interview qui a été publiée sur un média américain, un internaute a commenté: « Bien que Baud soit pro-ukrainien, il a bien compris la position russe! ». On est aux antipodes de ce que racontent nos journalistes. En novembre 2022, le journaliste suisse Jean-Philippe Schaller de la RTS déclarait que j’<a href="https://youtu.be/bEv4-IJsl9k?t=1510">étais un agent</a> au service de Vladimir Poutine! Quelles sont ses sources? Aucune: c’est du conspirationnisme pur et simple.</p><p>Le problème aujourd’hui est que si l’on dit que « la Russie gagne » on est automatiquement considéré comme « pro-russe ». Mais la victoire ou la défaite de l’un ou de l’autre ne dépend pas de ce que nous disons ou pensons! C’est une réalité. On pourrait même aller plus loin, j’ai expliqué dès 2022 pourquoi l’Ukraine perdait. Si on en avait tenu compte et aidé l’Ukraine non pas pour affaiblir la Russie mais pour qu’elle gagne, elle gagnerait aujourd’hui. Tout était parfaitement clair à la fin 2022. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les Américains ont conseillé à Zelensky <a href="https://www.washingtonpost.com/national-security/2022/11/05/ukraine-russia-peace-negotiations/">d’ouvrir un dialogue</a> avec la Russie.</p><p>Nos journalistes croient aider l’Ukraine, mais c’est faux. À Bruxelles, j’ai été à quatre reprises arrêté dans la rue par des Ukrainiens (de Kharkiv, Odessa et Dniepropetrovsk) qui m’ont remercié pour ce que je fais. Un Ukrainien m’a même envoyé une carte postale avec le timbre de l’attaque contre le croiseur russe Moskva dans la Mer Noire. Nous avons un regard plus polarisé que les Ukrainiens eux-mêmes sur ce conflit. D’ailleurs, pour ceux qui veulent prendre la peine de lire mes livres, ils constateront que je n’utilise aucune source russe, mais exclusivement la presse ukrainienne et américaine: je prends la presse européenne (suisse en particulier) pour les mauvais exemples! Nos journalistes n’utilisent que l’information qui sort des bureaux de l’administration ukrainienne. Les journalistes ukrainiens sont beaucoup plus honnêtes et professionnels que les nôtres. La catastrophe de la bataille de Krinky, sur le Dniepr, par exemple, a été rapportée en grands détails avec des critiques sérieuses contre les militaires britanniques qui l’avaient planifiée et dirigée. Pas un mot dans nos médias. Lisez mes livres. Il y a des centaines de notes: elles viennent presque toutes de médias ukrainiens ou américains.</p><p>Aujourd’hui, même le premier ministre belge reconnaît qu’une <a href="https://newsukraine.rbc.ua/news/russia-won-t-lose-belgium-s-pm-makes-controversial-1764794303.html">défaite de la Russie est une illusion</a>. C’était déjà ce que les Américains pensaient en novembre 2022, lorsqu’ils ont conseillé à Zelensky d’ouvrir un dialogue avec Moscou. Dire que la Russie ne perd pas ne signifie pas que l’on est pro-russe, c’est un avertissement. Qu’ont fait les Besson et autres plumitifs pour tenir compte de ces avertissements et faire en sorte que l’on aide l’Ukraine efficacement ? Rien! Rien du tout, à part vociférer contre la Russie. Le problème est qu’aujourd’hui le narratif entre en collision avec la réalité et, après 4 ans (!), le système se défend en interdisant les vues qui ne lui plaisent pas. J’ai décrit exactement les mécanismes internes à la conduite ukrainienne qui la défavorisaient sur le terrain. Qui s’en est soucié pour améliorer la conduite ukrainienne? Personne. Aujourd’hui, on s’aperçoit qu’on a loupé une occasion. Cette guerre, qu’on le veuille ou non, est plus dictée par la haine de la Russie que par l’amour de l’Ukraine. Même Zelensky s’en est aperçu.</p><p>Lorsque Sylvain Besson m’a appelé vendredi 12 décembre, il m’a demandé si je croyais que la Russie avait bien attaqué l’Ukraine, j’ai répondu que oui, mais que je pense qu’il y a eu provocation, exactement comme en Géorgie en 2008, et que je m’appuyais sur une interview d’Olekseï Arestovitch (alors conseiller de Zelensky), dans une <a href="https://www.youtube.com/watch?v=1xNHmHpERH8">interview du 18 mars 2019</a> au média ukrainien Apostrof’, lors de laquelle il explique qu’il faudra une guerre avec la Russie pour pouvoir entrer dans l’OTAN et que cette guerre aurait probablement lieu en « 2021-2022 ».  À ceci s’ajoutent les observations faites par les observateurs de l’OSCE entre le 16 et le 21 février 2022, qui montraient une claire intensification des frappes contre les populations du Donbass. Sans compter le décret du 24 mars 2021 de Zelensky qui déclare la reprise de la Crimée et qui marque le début de la montée en puissance de l’Ukraine sur les pourtours du Donbass. Évidemment, Besson s’est bien gardé de le mentionner dans son article!… et pour cause!</p><p>Mais il y a d’autres choses pas honnêtes. Par exemple, j’ai toujours refusé les invitations de médias officiels russes, parce que je voulais éviter que mes analyses puissent être instrumentalisées à des fins de propagande. J’ai expliqué ça aux journalistes russes qui l’ont très bien compris. Les médias mentionnés par Besson (Agoravox, media 4-4-2 et RT) sont des médias qui ont repris (sans me le demander) des interviews faites sur d’autres plateformes et/ou vendues par elles. Omerta est un média qui m’interviewe occasionnellement, dont le directeur (Régis le Sommier) apparaît également sur Europe 1 et d’autres médias mainstream français.</p><p>Quant à la présence de soldats nord-coréens en Ukraine, je ne l’ai pas mise en doute. J’ai mis en doute leur intégration dans les forces russes. Et les faits m’ont donné raison.  La conférence à laquelle j’ai participé à Winterthour portait sur la neutralité de la Suisse. Je ne me suis jamais exprimé sur les questions liées au Covid et aux vaccins, comme le suggère Besson. Contrairement à ce qu’il affirme, je n’ai jamais participé à la « formation d’armées locales », j’ai toujours été engagé dans le cadre des Nations Unies et sous leur contrôle.</p><p>Conclusion: une fois de plus, Sylvain Besson ne s’est pas montré comme un  journaliste intègre. Une étude de l’Université d’Uppsala (pas une officine comme Conspiracy Watch payée par le gouvernement britannique!) le qualifie de <a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/09546553.2014.849930?scroll=top&amp;needAccess=true">conspirationniste et d’inspirateur d’Anders Breivik</a>, responsable de la tuerie d’Utoya.</p><p>Dans tous les cas de figure, penser que l’UE conduit l’Ukraine à sa perte n’est – à ma connaissance – pas un délit!</p><p>-Merci beaucoup de vos réponses, Jacques BAUD. Et juste encore pour préciser à nos lecteurs que si vous avez donc eu droit à être fiché conspirationniste par Conspiracy Watch, du seul fait de vous avoir <a href="https://www.conspiracywatch.info/sur-rt-france-jacques-baud-coche-toutes-les-cases-du-conspirationnisme-geopolitique.html">interrogé sur mon blog m’a valu d’être étiquetée telle sur ledit site.</a> C’est dire où on en est!</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1176/trump-prepare-t-il-la-prochaine-crise-economique-europeenne</guid>
	<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 12:43:54 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1176/trump-prepare-t-il-la-prochaine-crise-economique-europeenne</link>
	<title><![CDATA[Trump prépare-t-il la prochaine crise économique européenne ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://legrandcontinent.eu/fr/p/gilles-gressani/" class="text-red no-underline">Gilles Gressani</a><br />31 juillet 2025</p>
<p>Le dernier volume papier du Grand Continent paru sous la direction de <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2025/07/30/face-a-trump-leurope-ramasse-les-coquillages-une-conversation-avec-giuliano-da-empoli/">Giuliano da Empoli</a> — L’Empire de l’ombre  : guerre et terre au temps de l’IA — est disponible <a href="https://legrandcontinent.eu/shop/produit/empire-de-lombre/">par ici</a>, ainsi <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/offre-legc-x/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">qu’en abonnement</a></p>
<p>Au-delà des tarifs, vous êtes persuadés que nous sommes en train de manquer un élément central de la stratégie de Donald Trump de vassalisation du continent.</p>
<p>L’annonce de l’accord avec Donald Trump marque <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2025/07/29/le-jour-de-la-dependance/">un déclassement politique</a> et ouvre un risque réel de <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2025/07/29/le-jour-de-la-dependance/">dissolution de l’Union européenne</a> — mais sur le plan économique quelque chose de bien pire que n’importe quel effet de droits de douane se dessine en ce moment.</p>
<p>De quoi s’agit-il ?</p>
<p>Pour comprendre ce qui se joue, il faut faire quelques pas en arrière. </p><p>Car, loin des projecteurs du spectacle trumpiste, quelque chose s’est passé ces derniers mois d’extrêmement étonnant. </p><p>Depuis janvier, les économies qui ont récemment noué des accords asymétriques avec Trump — comme celui de dimanche avec Ursula von der Leyen — ont acheté 400 milliards de dollars supplémentaires de dette publique américaine. </p>
<p><a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2025/02/21/lempire-aux-pieds-dargile-la-faille-economique-du-projet-de-donald-trump/">La stratégie conçue</a> par le conseiller économique de Trump — <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2025/02/28/la-doctrine-miran-le-plan-de-trump-pour-disrupter-la-mondialisation/">Stephen Miran</a> — d’absorption de l’immense dette américaine par un tribut impérial est-elle en train de fonctionner ?</p>
<p>Depuis le début de son second mandat, Trump montre qu’il est pleinement conscient de la principale vulnérabilité américaine — celle que nous avions appelée précédemment <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2025/02/21/lempire-aux-pieds-dargile-la-faille-economique-du-projet-de-donald-trump/">son talon d’Achille</a>. </p><p>Elle découle de l’état extrême du cycle de l’endettement accumulé au cours du dernier quart de siècle aux États-Unis.</p><p>Sous Clinton, en 2001, les comptes étaient excédentaires. Depuis, chaque événement majeur a creusé davantage le déficit : l’éclatement de la bulle Internet, le 11 septembre, les baisses d’impôts pour les riches sous Bush, les guerres en Irak et en Afghanistan, la crise Lehman et ses suites, les baisses d’impôts pour les entreprises sous Trump, la crise Covid, puis les politiques industrielles de Biden. </p><p>À chaque fois, il y a un choc, puis un ajustement partiel, mais on ne revient jamais en arrière. Le déficit s’aggrave par paliers.</p>
<p>Et il ne semble pas y avoir de consensus pour corriger cette trajectoire dans la politique américaine.</p>
<p>Absolument. Ni les républicains, ni les démocrates ne sont prêts à faire les sacrifices nécessaires. Les finances publiques deviennent alors le réceptacle de toutes les tensions sociales et politiques du pays — c’est un contexte qu’a connu, dans une tout autre dimension, l’Italie dans les années 70-80.</p>
<p>À ce stade, quelle est la place de la dette américaine dans le monde ?</p>
<p>Je pense qu’on ne se rend pas toujours compte de l’immensité de son poids.</p><p>Aujourd’hui, la dette américaine représente plus d’un tiers de la dette publique mondiale, 35 000 milliards de dollars sur un total de 102 000 milliards, selon les données du Fonds monétaire international, et les deux-tiers de la dette de l’OCDE (59 000 milliards).</p><p>Un autre chiffre impressionnant : la moitié des nouveaux titres de dette émis dans le monde en 2025 seront des bons du Trésor américains.</p>
<p>Face à l’inertie de cette dette immense, l’administration Trump cherche donc à éviter une crise de la dette sans demander de sacrifices aux différentes composantes de sa coalition — les électeurs non-éduqués, les investisseurs de Wall Street et les seigneurs de la tech ?</p>
<p>Oui c’est exactement cela.</p><p>Plusieurs pistes sont explorées. D’abord, les droits de douane sont vus comme une taxe indirecte sur les étrangers — même si, en réalité, ce sont les consommateurs américains qui en paient le prix. Ensuite, <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2025/04/07/pourquoi-le-dollar-americain-va-continuer-de-dominer-le-monde-geopolitique-des-stablecoins/">Trump favorise la diffusion des stablecoins</a>, car les émetteurs sont obligés d’investir leurs réserves en bons du Trésor américain. </p><p>Mais ce sont là des solutions partielles. </p><p>Les États-Unis sont à un stade avancé de dégradation fiscale. En 2024, ils ont dû trouver des acheteurs pour l’équivalent de près d’un tiers de leur PIB en titres de nouvelle émission. </p><p>Et cela ne va pas s’arrêter là. Car Trump ne fera qu’empirer les choses, avec les plus de 3 000 milliards de nouveau déficit promis au cours des dix prochaines années via son « Big Beautiful Bill ».</p>
<p>C’est impressionnant, d’autant que les États-Unis connaissent pourtant croissance et plein emploi…</p>
<p>Et pourtant, après Israël, qui était en guerre, les États-Unis ont eu en 2024 le déficit le plus élevé de l’OCDE en proportion du PIB. </p><p>L’OCDE montre qu’ils ont la plus forte nécessité de refinancement parmi les 38 démocraties avancées, bien qu’en Italie, la dette a continué de grimper et en France, elle a littéralement explosé .</p>
<p>Mais justement, pourquoi serait-il difficile pour les États-Unis de trouver des acheteurs pour leur dette — un défaut américain semble inconcevable ? </p>
<p>Le Trésor américain doit retourner constamment sur les marchés pour emprunter des montants colossaux. Si ce n’était pas l’Amérique, avec son dollar, sa suprématie technologique et militaire, un tel pays aurait déjà sombré.</p><p>Pour contrôler le coût des intérêts, qui approche désormais les 1 000 milliards de dollars, les administrations récentes ont privilégié des titres à très court terme — les fameux bills. </p><p>En cela, il y a une continuité totale de méthode entre l’administration Biden, quand Janet Yellen était Secrétaire au Trésor, et l’administration Trump, dont la politique est mise en œuvre par Scott Bessent qui a revendiqué hier cette proximité . </p><p>Résultat : les États-Unis ont aujourd’hui la part de dette à court terme la plus élevée de l’OCDE, et celle-ci a le plus progressé ces cinq dernières années. Cela les rapproche des pays émergents, incapables de se financer à long terme. </p>
<p>Et c’est là qu’intervient la pression de Donald Trump sur le président de la Réserve fédérale, Powell ?</p>
<p>D’abord je remarque que Donald Trump attaque Powell et la Fed dans un style typique d’un autocrate de pays en développement. L’affaire des 2,5 milliards pour la rénovation du siège n’est qu’un prétexte pour le virer de ces fonctions sous de fausses apparences constitutionnelles.</p><p>L’objectif, c’est de soumettre la Fed. Virer son président pour y placer un fidèle lors du prochain renouvellement, au plus tard en mai 2026.</p>
<p>La Fed et Powell semblent aujourd’hui la seule institution qui prétende une forme d’autonomie face au recentrement exécutif total mené par Donald Trump — quelles seraient les conséquences d’une Fed soumise à la Maison-Blanche ?</p>
<p>Une Fed politisée pourrait baisser les taux comme Trump le souhaite, même si le plein emploi et une inflation importée par les droits de douane ne le justifieraient pas. Cela réduirait immédiatement le coût des intérêts, au moins des obligations à court-terme sur les plus de 10 000 milliards de dollars de dette émise chaque année. Cela relancerait l’inflation, ce qui produirait une érosion de la valeur réelle du stock de dette existant.</p>
<p>Pensez-vous qu’il s’agit d’un autre coup politico-narratif de Donald Trump, une sorte de défaut masqué — comme les tarifs sont une sorte d’impôt géopolitiquement déguisé ?</p>
<p>Oui, c’est exactement cela. </p><p>Le Trésor rembourserait les montants promis, mais en dollars dévalués par l’inflation. Les intérêts pèseraient moins car les recettes fiscales gonfleraient avec les prix. Et, en dernier recours, Trump pourrait même ordonner à la Fed de racheter directement la dette publique.</p><p>Selon Ray Dalio, fondateur du fonds Bridgewater, ce serait un « défaut non déclaré » . </p>
<p>Et c’est là qu’intervient le risque pour les économies européennes, n’est-ce pas ?</p>
<p>Nous ne nous en rendons pas bien compte, mais le risque est direct, profond, presque existentiel.</p><p>Notre degré d’exposition est massif. </p><p>Aujourd’hui, l’Europe est le premier créancier mondial du gouvernement américain, devant la Chine et le Japon. Rien qu’en Belgique et au Luxembourg, on trouve 827 milliards de dollars de créances sur les États-Unis. Ajoutez la France (375 milliards), l’Irlande (327), l’Allemagne (102), et les investissements de la zone euro dans la dette américaine sont 1,5 fois ceux du Japon et deux fois ceux de la Chine. Et cela sans compter les flux via la Suisse (303 milliards) ou le Royaume-Uni (809 milliards). </p><p>Au total, l’exposition de la zone euro pourrait atteindre 2 000 milliards de dollars sur 9 000 de dette extérieure américaine.</p>
<p>Mais il n’y aurait pas aussi un risque pour l’économie américaine ?</p>
<p>Oui ce type d’inflation peut devenir très dangereuse, comme en Italie à l’époque ou plus récemment en Turquie sous Erdoğan. Mais tout laisse penser que c’est bien le plan de Trump. Un retour à la période 1941–1951, quand la Fed garantissait le financement de la guerre à Roosevelt.</p>
<p>Et malgré tout, nos achats de dette américaine continuent — pourquoi ?</p>
<p>C’est le plus surprenant. </p><p>Depuis janvier, alors que le dollar a perdu 13 % face à l’euro, les principaux créanciers étrangers des États-Unis n’ont pas réduit leur exposition. Au contraire, ils ont acheté pour 400 milliards de dollars supplémentaires de dette Trump.</p>
<p>Faut-il chercher une explication géopolitique ou politique plutôt qu’économique ?</p>
<p>Les chiffres parlent d’eux-mêmes.</p><p>La Chine continue à réduire son exposition lentement mais sûrement.</p><p>Ce sont surtout le Japon (+73 milliards), le Canada (+80), la France (+40), la Belgique (+37) — des pays qui ont adopté d’une manière plus ou moins forcée une position conciliante vis-à-vis de Trump — qui se sont engagés dans cet achat.</p>
<p>Comment expliquer cette stratégie, au vu des pertes déjà enregistrées et des risques que nous courons en augmentant notre exposition ?</p>
<p>Je n’ai aucune réponse. Je sais seulement que ceux qui ont acheté ont déjà perdu beaucoup, à cause de la dépréciation du dollar. Et si Trump affaiblit la Fed, cela ne fera que provoquer de nouvelles baisses du dollar. </p><p>Une baisse de 10 % supplémentaire — hypothèse plausible — ferait chuter de 200 milliards d’euros la valeur de nos investissements européens en dette américaine.</p>
<p>Mais qui prend ces décisions d’achat en Europe ? </p>
<p>C’est précisément l’un des points les plus problématiques. En Europe, les investisseurs en bons du Trésor américain sont de nature très diverse : banques centrales, certes, mais aussi institutions financières privées, fonds d’investissement, particuliers… </p><p>Les choix d’allocation ne résultent pas d’un centre décisionnel unique, comme en Chine. </p>
<p>Existe-t-il une forme de stratégie collective ?</p>
<p>Non, et c’est là qu’apparaît la faiblesse politique de la zone euro : une incapacité persistante à penser les grandes questions dans une optique systémique et globale. Au lieu d’une politique coordonnée, on assiste à une accumulation de décisions fragmentées, sans prise en compte des effets d’ensemble – sur les rapports de force politiques, les négociations commerciales, ou même la stabilité économique.</p><p>C’est un cas évident de problème d’action collective. </p><p>Et dans le monde trumpiste, nous pouvons nous interroger sur le rôle que pourraient jouer les grands régulateurs financiers européens. Ces derniers pourraient engager un dialogue plus ouvert avec le politique – non pas de façon contraignante, mais soft, pour orienter les grandes décisions d’allocation privées. </p><p>Il ne faut pas sacrifier l’autonomie en Europe, mais nous devons apprendre à fonctionner comme un système, justement, face à des puissances comme la Chine ou les États-Unis qui, elles, agissent comme des systèmes cohérents.</p>
<p>L’Europe pourrait-elle de nouveau être la grande perdante de l’offensive trumpiste ?</p>
<p>Tout à fait. Trump pourrait être le premier à en souffrir, bien sûr, si les investisseurs étrangers dans les actions américaines provoquaient une nouvelle chute de Wall Street. </p><p>Mais ce qui est certain, c’est que le plan de Trump semble se dessiner, et que l’assaut contre la Fed est aussi un assaut contre nous, Européens. Et cette fois-ci le coût économique pourrait faire bien plus de mal que les droits de douane.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Mon, 15 Dec 2025 12:11:41 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Qu’a Trump en tête pour que les États-Unis s’adaptent à la multipolarité ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par M.K. Bhadrakumar – Le 12 décembre 2025 – Source <a href="https://www.indianpunchline.com/whats-on-trumps-mind-as-us-adjusts-to-multipolarity/">Indian Punchline</a></p><p>La transformation de l’ordre mondial en multipolarité est un travail en cours avec des variables à l’œuvre, mais son issue sera largement déterminée par l’alignement des trois grandes puissances – les États-Unis, la Russie et la Chine. Historiquement, ce « triangle » est apparu lorsque le couvercle s’est détaché du schisme sino-soviétique dans les années 1960 et qu’une féroce acrimonie publique a éclaté entre Moscou et Pékin, ce qui a incité l’administration Nixon à contrecarrer la mission secrète d’Henry Kissinger à Pékin pour rencontrer face à face le Président Mao Zedong et le Premier ministre Zhou En-lai et, espérait-il, trouver un modus vivendi pour contrer conjointement la Russie.</p><p>En réanalysant le schisme sino-soviétique, il est maintenant bien compris que le triangle Américano-sino-Soviétique n’a jamais vraiment suivi le cours envisagé par Kissinger. L’échec de Kissinger à consolider l’ouverture des relations avec la Chine était en partie dû à sa perte de pouvoir en janvier 1977 et, du point de vue systémique, c’était inévitable étant donné la complexité du chaudron bouillonnant du schisme sino-soviétique où l’idéologie se mêlait à la politique, à la géopolitique et à la realpolitik.</p><p>Alors que la mythologie occidentale dit que les États-Unis ont jeté les bases de l’essor de la Chine, l’historiographie pointe dans une autre direction, à savoir que Pékin avait toujours à l’esprit la dialectique à l’œuvre, et même un certain degré de compatibilité existait entre les intérêts chinois et américains pour contrôler l’expansion du pouvoir soviétique, Pékin étant déterminé à éviter un conflit militaire avec l’Union soviétique et concentrait son attention sur l’amélioration de sa position tactique au sein du triangle Américano-sino-soviétique.</p><p>De son côté, l’Union soviétique a également constamment encouragé l’intensification des échanges avec la Chine, malgré l’acrimonie amère et même les affrontements militaires, en vue de saper les avantages perçus que les États-Unis tiraient de la scission sino-soviétique – allant même jusqu’à chercher à persuader la Chine d’accepter le statu quo militaire et territorial en Asie.</p><p>En fait, pour retarder la coopération sino-américaine contre eux au début des années 1970, les Soviétiques ont proposé de modifier leurs revendications territoriales le long de leur frontière, de signer des pactes de non-agression et/ou des accords interdisant l’usage de la force, de fonder les relations sino-soviétiques sur les cinq principes de coexistence pacifique et de rétablir des contacts de haut niveau, y compris des liens entre partis, dans l’intérêt de leur opposition commune aux États-Unis.</p><p>Si la Chine a largement ignoré ces ouvertures, c’était presque entièrement en raison des grandes turbulences de sa politique intérieure. On se rappelle qu’à peine Mao, l’ennemi juré de l’Union soviétique, décédé en septembre 1976 (et le rideau tombé sur la Révolution culturelle), Moscou a rapidement enchaîné plusieurs gestes, y compris Brejnev envoyant un message de condoléances (le premier message du PCUS à la Chine en une décennie), suivi d’un autre message du Parti en octobre félicitant le Président nouvellement élu du PCC, Hua Guofeng, et peu de temps après, en novembre, renvoyant en Chine leur négociateur en chef pour les pourparlers frontaliers, le vice-ministre des Affaires étrangères Ilichev, afin de tenter de reprendre les pourparlers frontaliers. Mais, encore une fois, si rien n’en est sorti, ce fut à cause de l’invasion du Vietnam par la Chine et de l’intervention soviétique en Afghanistan peu de temps après, en 1980.</p><p>En effet, avec le recul, le principal héritage des années 1970, vu à travers le prisme du « triangle » États-Unis-Chine-Russie, fut la réorientation de la politique de défense de la Chine et son réalignement géopolitique avec l’Occident. La Chine n’a pas contribué de manière significative à affaiblir l’Union soviétique ou à aggraver la stagnation et la crise qui couvait dans l’économie politique soviétique.</p><p>Pendant ce temps, les divergences sino-américaines sur Taïwan et d’autres questions avaient refait surface en 1980-1982, obligeant la Chine à réévaluer sa stratégie de politique étrangère, ce qui s’est manifesté par l’annonce par Pékin, en 1982, de sa politique étrangère “indépendante” – en clair, une tentative de compter moins explicitement sur les États-Unis comme contrepoids stratégique à l’Union soviétique – et l’ouverture de « pourparlers consultatifs » avec Moscou, et une réceptivité croissante aux nombreuses ouvertures soviétiques en attente d’échanges bilatéraux (dans les domaines sportif, culturel et économique, etc.), l’orientation générale étant de réduire les tensions avec les Soviétiques et d’augmenter la marge de manœuvre de Pékin au sein du triangle Chine-États-Unis-URSS.</p><p>En effet, une détente plus large entre la Chine et l’Union soviétique a dû attendre le retrait soviétique d’Afghanistan à la suite des Accords de Genève signés en avril 1988. Néanmoins, un changement fondamental dans les relations sino-soviétiques est apparu au cours des années 1980, qui comprenait des réunions au sommet régulièrement programmées ; la reprise des liens de coopération entre le PCC et le PCUS ; l’acceptation par Pékin des propositions soviétiques en suspens de non-agression/non-recours à la force ; et la reprise des questions frontalières sino-soviétiques au niveau du vice-ministre des Affaires étrangères.</p><p>Washington a bien senti le changement d’orientation de la politique chinoise vis-à-vis de l’Union soviétique. Notamment, en examinant le changement marqué dans la stratégie chinoise, <a href="https://www.cia.gov/readingroom/docs/CIA-RDP11S00229R000201310001-2.pdf">une évaluation de la CIA notait</a> :</p><p>Plus récemment, Moscou a suivi l’appel de Brejnev en 1982 pour une amélioration des relations avec la Chine avec un arrêt de la plupart des déclarations soviétiques critiquant la Chine. Lorsque les discussions sino-soviétiques ont repris en octobre 1982, les médias soviétiques ont fortement réduit les critiques à l’égard de la Chine. Et ils sont restés discrets sur ce sujet, bien que des échanges polémiques occasionnels aient marqué la couverture sino-soviétique au moment de la visite du Premier ministre Zhao Ziyang aux États-Unis en janvier 1984. Moscou a continué à critiquer la Chine par le biais de la radio clandestine soviétique Ba Yi China. La Chine, pour sa part, a continué à critiquer la politique étrangère soviétique, bien que l’attention accordée par le passé aux politiques internes “révisionnistes” soviétiques ait pratiquement disparu depuis que les propres politiques économiques de la Chine ont été considérablement modifiées après la mort de Mao.</p><p>En résumé, avec le Secrétaire général du PCUS, Gorbatchev, consolidant le pouvoir, vers la fin 1988, par son élection à la présidence du présidium du Soviet suprême et sur, une voie parallèle, Deng avait déjoué ses rivaux politiques et était devenu le chef suprême de la Chine en 1978 – et avait lancé le programme Boluan Fanzheng pour rétablir la stabilité politique, réhabiliter les persécutés pendant la Révolution culturelle et réduire l’extrémisme idéologique – la porte s’était ouverte pour que les deux anciens adversaires entrent dans la roseraie de la réconciliation.</p><p>De manière significative, le moment de la visite de Gorbatchev à Pékin pour rencontrer Deng en 1989 était loin d’être idéal en raison des incidents de la place Tiannenmen, mais aucune des deux parties n’a proposé de reporter ou de reprogrammer la réunion. Telle était l’intensité de leur désir mutuel de réconciliation.</p><p>Aujourd’hui, le résumé ci-dessus est devenu nécessaire lorsque nous évaluons les orientations futures des politiques chinoises de l’administration Trump. La perception commune est que Trump tente de créer un fossé entre la Russie de Poutine et la Chine de Xi Jinping en vue d’isoler cette dernière et de l’empêcher de dépasser les États-Unis. Mais il n’y a aucune preuve disponible montrant un découplage entre la Russie et la Chine.</p><p>Au contraire, tous les signes montrent l’intégration progressive des deux pays. La semaine dernière, <a href="https://english.news.cn/20251202/a69a88dacc304c989ef8b088528f91e4/c.html">le Kremlin a annoncé</a> un régime sans visa pour les citoyens chinois souhaitant se rendre en Russie. Fait intéressant, c’était un mouvement réciproque. Le Financial Times a récemment rapporté qu’un homme d’affaires chinois avait acquis une participation dans le plus grand fabricant russe de drones qui approvisionne l’armée – dans le cadre de la première collaboration connue dans le domaine de l’industrie de la défense.</p><p>Avec la future puissance de Sibérie 2, la dépendance de la Chine vis-à-vis de la Russie pour sa sécurité énergétique augmentera encore. Le commerce extérieur de la Russie connaît une profonde mutation, la Chine remplaçant l’UE en tant que principal partenaire commercial de la Russie. Dans l’ensemble, les relations sino-russes sont plus étroites aujourd’hui <a href="https://merics.org/en/china-russia-dashboard-facts-and-figures-special-relationship">qu’elles ne l’ont été depuis des décennies</a>.</p><p>D’un autre côté, il n’y a aucune suggestion crédible que l’administration Trump se prépare à une guerre contre la Chine. Le Japon, sous sa nouvelle direction, marche contre le vent.</p><p>Alors, qu’a Trump en tête ? Dans son programme révolutionnaire pour la refonte du nouvel ordre mondial, Trump vise une concorde stratégique entre les États-Unis d’un côté et la Russie et la Chine de l’autre. La récente <a href="https://www.stimson.org/2025/experts-react-trump-administrations-national-security-strategy/">Stratégie de sécurité nationale</a> des États-Unis va également dans ce sens. Les implications de cette pensée révolutionnaire pour la multipolarité vont être profondes ; pour des partenaires tels que l’Inde ou des alliés comme le Japon ou l’Allemagne.</p><p>M.K. Bhadrakumar</p><p>Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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