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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de France]]></title>
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	<pubDate>Wed, 03 Nov 2021 12:07:42 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[L’insaisissable monsieur Gauchet – Libération]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article_link">Il signait des livres remarqués. Il apporte désormais son paraphe aux pétitions. Marcel Gauchet, 70 ans, est l'un des soutiens du «Manifeste pour un Printemps républicain», publié par les journaux Marianne et Causeur, et lancé le week-end dernier. Son nom trône aux côtés de ceux de la philosophe Elisabeth Badinter, du sociologue Laurent Bouvet (inventeur du concept controversé «d'insécurité culturelle» et ancien élève de Marcel Gauchet) ou du cinéaste Abderrahmane Sissako. «Il faut remettre à l'ordre du jour les mots de "République" ou de "laïcité" qui sont en danger de confusion, justifie-t-il à Libération. Notre laïcité s'est historiquement construite contre le catholicisme. Ce cadre n'est plus adapté pour l'islam. L'Eglise posait un problème politique : elle était contre la République. Ce n'est absolument pas le cas de l'islam, qui pose, lui, des problèmes d'ordre sociétaux : la condition des femmes, la visibilité dans l'espace public…»</p><p class="article_link">Marcel Gauchet publie aussi un livre, Comprendre le malheur français (Stock) où il tente de percer les raisons de notre «désespoir». Celui-ci, dit-il, «a de solides motifs qui n'ont rien de déraisonnable». Dans une prose teintée de pessimisme, sinon de déclinisme - deux mots qu'il récuse pourtant fermement - le philosophe et historien y égrène les conséquences néfastes de l'individualisme, de la mondialisation et du divorce entre «les peuples» et «les élites». «L'heure est en effet venue de s'engager, explique Gauchet à Libération. Je suis affolé par la perspective du FN au pouvoir. L'exemple actuel de la réforme du code du travail est frappant : "Mais puisque des prix Nobel vous disent que cette loi est bien,vous devriez être contents !" disent les élites. Ils ne voient même pas quelle image ils renvoient du salariat qui ne serait qu'une variable d'ajustement.»</p><p class="article_link">Chaque livre de Gauchet est accueilli avec respect dans le milieu politique et médiatique français. Grâce à sa culture, l'homme a la capacité de donner sens à des enjeux immenses (la religion, le droit, l'individu…). Grâce à des modèles limpides - au risque d'être «binaires et linéaires», selon le philosophe Jean-Yves Pranchère, coauteur du Procès des droits de l'homme, qui vient de paraître au Seuil, il séduit au-delà des clivages politiques.</p><p class="article_link">Car le succès de Marcel Gauchet tient aussi à son don d'adapter son discours à ses interlocuteurs : échos souverainistes quand il parle aux lecteurs de Causeur, élan spirituel pour Télérama ou progressiste quand il échange avec le philosophe maoïste Alain Badiou (dans Que faire ? Philosophie éditions, 2014). Preuve, sa récente volte-face sur le mariage homosexuel : le philosophe y a d'abord vu «une manipulation de repères extrêmement profonde de la condition humaine» avant de s'y dire favorable.</p><p class="article_link">La déférence dont jouit Gauchet vient enfin de sa position centrale dans le paysage institutionnel et éditorial du champ intellectuel français. S'il fut brièvement anarchiste dans sa jeunesse, il a vite rallié le camp de la gauche libérale et antitotalitaire. Ses mentors s'appellent alors François Furet et Pierre Nora. Ce dernier lui donne son premier poste à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et la rédaction en chef de la revue le Débat. Dans les années 90, Gauchet incarne la pensée dominante à gauche, aux côtés de Nora ou Rosanvallon. «Mais, contrairement à ces deux "poids lourds", il ne "décolle" pas vraiment dans les années 2000, Peu de ses livres sont traduits à l'étranger»,analyse l'historien des idées Sudhir Hazareesingh, auteur de Ce pays qui aime les idées : histoire d'une passion française (Flammarion).</p><p class="article_link">Ces dernières années, Gauchet essuie même deux violentes polémiques. En 2002, il est épinglé comme «néoréactionnaire» dans le livre de l'historien des idées Daniel Lindenberg - qui vient d'être réédité au Seuil (1). Ce pamphlet est publié dans la collection «la Vie des idées» de son ancien ami Rosanvallon… avec lequel la rupture politique a été violente quelques années plus tôt. En 2014, dans Libé, les jeunes écrivain et sociologue Edouard Louis et Geoffroy de La Gasnerie annoncent qu'ils boycottent les «Rendez-vous de l'histoire» de Blois : Marcel Gauchet doit y prononcer la leçon inaugurale sur le thème des «rebelles», une provocation pour ces frondeurs qui réfutent les thèses «familialistes, sexistes et homophobes» de l'intellectuel. Alors, démocrate modéré ou néoréac, Gauchet ? «Un intellectuel à la pensée ondoyante», avance le philosophe Jean-Yves Pranchère. Portrait du philosophe historien par ses thèses.</p><p class="article_link">Le théoricien de la sortie de la religion</p><p class="article_link">C'est devenu un lieu commun du débat français, et c'est Gauchet qui en a popularisé l'idée. Le Désenchantement du monde est le titre d'un de ses premiers livres, paru en 1985 chez Gallimard. L'expression, reprise, en réalité, du sociologue Max Weber, va faire florès. Depuis trente ans, l'opus de Gauchet est très souvent cité, sa thèse maintes fois reprise. Même par ceux qui ne l'ont pas lue. Nos sociétés occidentales seraient sorties de la religion. L'idée peut sembler paradoxale à l'heure où le débat public est saturé de croyances. «Mais Gauchet pose une idée tout à fait originale en France : la modernité ne viendrait pas d'une rupture d'avec la religion, elle serait née au cœur même de la religion», précise Philippe Portier, politologue spécialiste de la laïcité.</p><p class="article_link">Dans la généalogie de la modernité d'après Gauchet, le christianisme joue un rôle essentiel. Selon sa formule (à succès, là encore), le christianisme serait «la religion de la sortie de la religion». «Le terreau chrétien, qui permet une progressive autonomie de l'individu, engendre la modernité qui à son tour remet en cause le christianisme jusqu'à s'en séparer», traduit Portier. <a href="http://www.revueducrieur.fr/archives/sommaire01.html">Et tant pis si Gauchet l'hégélien «ne s'embarrasse guère d'analyses historiques précises», condamnent les historiens Ludivine Bantigny et Julien Théry-Astruc, qui ont signé une enquête fouillée sur l'homme dans la Revue du crieur (2).</a>Peu importe, en effet, que «l'Eglise catholique ait lutté de toutes ses forces contre la démocratie», pointent les historiens, qui soulignent les liens du philosophe, athée, avec les milieux catholiques. En 2000, Gauchet lançait dans l'hebdomadaire catholique la Vie : «La communauté catholique est la seule minorité persécutée, culturellement parlant, dans la France contemporaine.» Le philosophe est bien perçu chez les chrétiens. «Tout simplement parce que j'ai étudié avec sérieux la religion, répond-il, contrairement aux élites occidentales pour qui elle n'est que folklore, et qui sont du coup incapables de comprendre le monde actuel.»</p><p class="article_link">Car pour le philosophe, «l'islam tel que nous le recevons […] arrive dans un état de décalage civilisationnel et culturel considérable par rapport au traitement qu'ont subi les religions à l'intérieur de la culture occidentale», comme il l'écrit dans Comprendre le malheur français. Marcel Gauchet ne valide pas pour autant la thèse catastrophiste d'un choc des civilisations inéluctable. «C'est un raisonnement anti-historique aux antipodes du mien, dit-il à Libé. Il faut aider l'islam à rentrer dans un monde qu'il n'a pas défini, en cherchant des alliances avec certains courants.» Dans deux ou trois générations pense-t-il «le monde musulman sera démocratisé».0</p><p class="article_link">Le critique des droits de l’homme</p><p class="article_link">C'est un leitmotiv de Gauchet : l'extension illimitée des droits mettrait en danger la démocratie. «L'essence du néolibéralisme devient pour la première fois la règle ultime du fonctionnement collectif, écrit-il dans son Malheur français. Il n'y a que des individus - des individus définis par leurs droits, sur le plan abstrait, juridique, et par leurs intérêts, sur le plan concret, économique.» La doxa individualiste et juridique, encouragée par l'Europe néolibérale, pousserait les minorités, les victimes et les marges (homosexuels, associations antiracistes, etc.) à revendiquer sans cesse de nouveaux droits. Au risque de sacrifier la cohésion sociale. Quant à l'émancipation des femmes, elle a fait voler en éclats la hiérarchie traditionnelle entre mari et femme, «indispensable pour fabriquer une unité qui s'impose aux acteurs et leur impose des devoirs, leurs manières de se conduire, leurs rôles», estime Gauchet. On sent poindre le regret derrière le constat. «Le conservatisme et la nostalgie me sont totalement étrangers, jure-t-il pourtant à Libération. La question n'est pas de savoir si c'est bien ou mal, c'est un fait. La famille traditionnelle était intenable, mais l'extension des droits et des libertés font aussi naître de nouveaux problèmes.»</p><p class="article_link">Rien que du constat factuel, et jamais de point de vue normatif, chez Gauchet ? «Son constat de prolifération des droits est discutable, note le philosophe Pranchère. Les droits de l'homme n'ont jamais été si populaires, c'est vrai, mais le néolibéralisme se caractérise plutôt par une précarité des droits sociaux. Marcel Gauchet s'appuie là sur un diagnostic moral sans aucun empirisme.»</p><p class="article_link">Le détracteur de l’individualisme</p><p class="article_link">C'est une «révolution silencieuse» qui aurait commencé sous la présidence de François Mitterrand. Sa devise : «Tolérance», «ouverture», «identité». Marcel Gauchet a depuis longtemps dressé le diagnostic de notre «pathologie de la désappartenance». «D'un côté, il y a le monde, de l'autre, les individus, et rien entre les deux, plus de nations, plus de peuples, plus d'institutions», écrit-il dans son dernier opus. La privatisation des individus entraînerait une dépolitisation radicale. Narcissisme et isolement contemporains seraient à la source du «malheur français».</p><p class="article_link">Le pourfendeur de l’Europe</p><p class="article_link">C'est une évidence à lire son dernier livre : l'Europe, «laboratoire mondial de la réalisation de l'utopie néolibérale», est la dernière hantise de Gauchet. «Un piège», assène-t-il, en admirateur de De Gaulle qu'il est. Puisque l'Europe n'est plus capable «d'imaginer l'alternative que sur le mode de la régression», «face à elle, on est condamné à la révolte abstraite ou à la résignation concrète».</p><p class="article_link">«Cet antieuropéanisme est une incongruité chez un intellectuel libéral comme Gauchet», note Hazareesingh. Car si Gauchet fustige depuis longtemps le «néolibéralisme» comme système politique - celui de la «bonne gouvernance» prônée par les instances supranationales - sa critique du libéralisme économique, elle, est encore confuse. Le philosophe est d'une gauche (il s'en réclame toujours) réformiste qui ne rejette ni le marché ni la concurrence. En 1995, il critique le sociologue Bourdieu, qui soutient le mouvement social. En 2002, il est un temps attiré par Nicolas Sarkozy. «Il participe d'un mouvement très puissant dans le champ intellectuel français : le courant "national républicain", aux côtés d'un Pierre Manent ou d'un Régis Debray», tente de cerner Jean-Yves Pranchère. Sa philosophie est avant tout politique. C'est par cet unique prisme qu'il juge l'intégration européenne. «Pour lui, l'Europe signe la disparition du politique, dit le philosophe Frédéric Worms, alors que nous assistons précisément en ce moment à sa politisation, comme en a témoigné l'affrontement Merkel-Tsípras.»</p><p class="article_link">Marcel Gauchet, un «néoréac» ?</p><p class="article_link">Marcel Gauchet ne peut ignorer que son Malheur français rime avec le best-seller zemmourien le Suicide français. Hantise du divorce entre les élites et le peuple, mépris de Mai 68, revendication d'un «parler vrai» sur l'immigration («il faut oser dire qu'elle pose aujourd'hui un problème», assène-t-il à Libération)… autant de topics qui le rapprochent du clan des Finkielkraut et consorts. «Gauchet est un tocquevillien, il incarne un néoconservatisme à la française.» analyse la sociologue Christine Fauré, auteure, justement, des Néoconservateurs à la française (Mimésis, 2015). Lassé de ce procès, Gauchet attaque : «Nous sommes dans une merde incroyable et il faudrait dire "tout va bien" pour ne pas se faire traiter de "néoréac" ! J'essaie d'éclairer l'impasse dans laquelle nous nous trouvons pour la surmonter.» Le classer dans les réactionnaires serait «profondément injuste», estime Pranchère : «C'est un républicain sincère, un social-démocrate. Mais ses théories si peu empiriques se prêtent à des réinterprétations conservatrices contre lesquelles il n'a pas les moyens de se défendre.» Nostalgique, mais pas «néoréac», appuie le philosophe Worms : «Il défend une France porteuse d'une certaine idée du politique, certainement pas une "France éternelle" qui reposerait sur des critères ethniques. Il est nostalgique du pur citoyen, une idée très française et jacobine.» La nostalgie d'une abstraction.</p><p class="article_link">(1) Le Rappel à l'ordre, Seuil, 2016. (2) «Marcel Gauchet ou le consensus conservateur», Revue du crieur, numéro 1, juin 2015, La Découverte-Mediapart</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Mon, 01 Nov 2021 21:39:25 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Présidentielle : Laurent Wauquiez courtisé pour devenir Premier ministre d’Eric Zemmour ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Et on peut imaginer que l’essayiste, qui laisse encore et toujours planer le doute sur sa candidature à la présidentielle 2022, fasse un crochet par Lyon avant ou après se rendre dans la commune du Nord-Isère.</p><p>L’occasion peut-être de rencontrer <a href="https://www.lyonmag.com/profil-personnalite-lyonnaise/55/laurent-wauquiez" target="_blank">Laurent Wauquiez</a>. Car selon <a href="https://www.lexpress.fr/actualite/politique/presidentielle-eric-zemmour-reve-de-laurent-wauquiez_2160484.html?utm_medium=Social&amp;utm_source=Facebook&amp;Echobox=1634227711&amp;fbclid=IwAR20bHKviGCSKhU84GMCgEi9aRICMvoUThK6ghZShJVxbM6vEW3_8qMH-lM#xtor=CS3-5076" target="_blank">l’Express</a>, Eric Zemmour aurait fait du président d’Auvergne-Rhône-Alpes son favori pour devenir Premier ministre en cas de victoire au printemps prochain.</p><p>"Celui qui organise en ce moment l'échec de la droite, c'est Laurent Wauquiez. Donc si on veut résoudre le désordre à droite, il faut l'intégrer dans l'équation", déclare même le soutien d’Eric Zemmour, Loup Bommier auprès de nos confrères.</p><p>Dans le clan Wauquiez, on s’amuse et on s'étonne de cette parade nuptiale qui s’engage. Le dernier échange entre les deux hommes remonterait au mois d’août, quand l’ancien président des Républicains renonçait publiquement à participer à la primaire de son parti.</p><p>Il est encore beaucoup trop tôt pour imaginer Laurent Wauquiez céder aux sirènes zemmouriennes, même si certains proches comme le sénateur du Rhône <a href="https://www.lyonmag.com/profil-personnalite-lyonnaise/167/etienne-blanc" target="_blank">Etienne Blanc</a> peuvent militer en ce sens. D’autant que le <a href="https://www.lci.fr/politique/sondage-exclusif-presidentielle-2022-le-pen-zemmour-et-bertrand-dans-un-mouchoir-de-poche-pour-acceder-au-second-tour-2199053.html" target="_blank">dernier sondage publié ce vendredi</a> relance dans la course les possibles candidats de la droite, dans un mouchoir de poche avec Eric Zemmour et Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle.</p><p>Mais aussi parce que le rêve de Laurent Wauquiez ne s'appelle pas Matignon, mais Elysée.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 31 Oct 2021 20:45:53 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Une alliance Franco-Russe est-elle encore possible ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Emmanuel Leroy − Octobre 2021</p><p id="caption-attachment-104630" class="wp-caption-text">Emmanuel Leroy (debout) et Slobodan Despot (Assis)</p><p>Mesdames et Messieurs,</p><p>Pour bien présenter les choses, et de manière un peu paradoxale, je voudrais commencer mon introduction par une conclusion, celle que fit Alexis de Toqueville, le célèbre philosophe français dans son fameux livre De la démocratie en Amérique paru en 1835 :</p><p>Il y a aujourd’hui sur la terre deux grands peuples qui, partis de points différents, semblent s’avancer vers le même but : ce sont les Russes et les Anglo-Américains. Tous deux ont grandi dans l’obscurité ; et tandis que les regards des hommes étaient occupés ailleurs, ils se sont placés tout à coup au premier rang des nations, et le monde a appris presque en même temps leur naissance et leur grandeur. Tous les autres peuples paraissent avoir atteint à peu près les limites qu’a tracées la nature, et n’avoir plus qu’à conserver.</p><p>Mais eux sont en croissance : tous les autres sont arrêtés ou n’avancent qu’avec mille efforts ; eux seuls marchent d’un pas aisé et rapide dans une carrière dont l’œil ne saurait encore apercevoir la borne (…). Pour atteindre son but, le premier s’en repose sur l’intérêt personnel, et laisse agir, sans les diriger, la force et la raison des individus. Le second concentre en quelque sorte dans un homme toute la puissance de la société (…). Leur point de départ est différent, leurs voies sont diverses ; néanmoins, chacun d’eux semble appelé par un dessein secret de la Providence à tenir un jour dans ses mains les destinées de la moitié du monde.</p><p>Presque deux siècles après la sortie du livre de Toqueville, il faut reconnaître à cet auteur d’avoir eu une certaine prescience des événements, même si l’on peut observer que depuis le XIXème siècle, c’est un peu plus de la moitié du monde que les Anglo-américains ont mis sous leur coupe, bien que l’on puisse remarquer aujourd’hui leur retrait en Irak, en Syrie et en Afghanistan, prélude sans doute à d’autres abandons, ce qu’illustre parfaitement le célèbre aphorisme prêté, entre autres auteurs, à Oscar Wilde : « Les États-Unis d’Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence, sans jamais avoir connu la civilisation. »</p><p>Sur les relations diplomatiques entre la France et la Russie depuis le 11ème siècle, force est de reconnaître qu’elles connurent des hauts et des bas et que de Henri 1er à Emmanuel Macron ce fut un peu un parcours de montagnes russes entre nos deux pays ; mais j’observe que dans la langue française, il n’existe pas de mot péjoratif pour désigner un Russe. Tout au plus, on dira un Popov ou un cosaque – ce qui pour les Russes serait plutôt un compliment – alors que pour d’autres pays voisins comme l’Angleterre ou l’Allemagne avec lesquels la France fut longtemps en guerre, les termes dépréciatifs ne manquent pas : des Godons aux Rosbifs en passant par les Schleuhs ou les Boches et je ne les citerai pas tous.</p>
<p>Aujourd’hui quel est l’état des lieux que l’on peut faire dans le domaine des relations franco-russes ?</p>
<p>On se souvient que le quinquennat de M. Macron avait commencé de manière assez ambiguë en accueillant avec faste Vladimir Poutine à Versailles en mai 2017 à l’occasion du tricentenaire de la venue de Pierre 1er en France, ce qui ne l’avait pas empêché d’accuser la Russie d’être intervenue dans la campagne présidentielle de l’année précédente. Puis, lors du Forum de Saint Pétersbourg le 25 mai 2018 le journal Kommersant avait noté qu’ « Emmanuel Macron était étonnamment soumis à Vladimir Poutine » et plus fort encore, ce qu’aucun chef d’État occidental n’avait encore admis «  que l’OTAN n’avait pas tenu ses promesses faites à la Russie, que l’Occident et surtout les États-Unis étaient responsables de la dégradation des relations avec la Russie ».</p><p>Mais ce n’est pas tout, durant l’automne 2019, le président français recevait les félicitations du journal Vzgliad qui écrivait, je cite : « Macron est devenu le nationaliste n°1 en Europe […] Il se comporte comme Marine Le Pen ». La comparaison est peut-être un peu osée et parfois la presse russe, il faut le reconnaître, fait preuve d’un optimisme quelque peu excessif.</p><p>Mais toutes ces déclarations sont à remettre en perspective et surtout dans leur contexte. N’oublions pas que depuis 2016, Donald Trump est au pouvoir et que son arrivée dans l’arène politique internationale a provoqué un véritable électrochoc dans les chancelleries occidentales. La parfaite adéquation qui existait entre les capitales européennes et Washington avant l’élection de M. Trump a volé en éclat et désormais les chefs d’État occidentaux ont perdu leur chef d’orchestre et ne savent plus à quel saint se vouer, si j’ose dire.</p><p>Ceci explique en grande partie la position française durant ces 4 années, avec notamment la critique de l’OTAN et le rapprochement sur certains sujets avec les positions du Kremlin. Mais au final, n’oublions jamais que M. Macron a fait ses classes à la French American Foundation, comme ses deux prédécesseurs et un certain nombre d’autres dirigeants français, et je doute fort que cette officine créée par M.M. Giscard d’Estaing et Gerald Ford au siècle dernier soit devenue une pépinière d’agents du Kremlin.</p><p>Donc, pour résumer notre propos, M. Macron a profité du relatif effacement de l’Amérique sur la scène internationale durant les années Trump, pour tenter de faire avancer son agenda européen, quitte à relâcher un peu la pression contre la Russie, essentiellement en paroles, car dans les faits, la France ne s’est jamais désolidarisée de la politique de sanctions anti-russe votée à l’initiative de Londres et de Washington.</p><p>Pour entrer dans le vif du sujet, sur la possibilité d’une alliance entre la France et la Russie, je vous propose d’examiner la situation dans chacun des deux pays :</p>
<p>État des lieux en France</p>
<p>Il n’est pas aisé de le reconnaître tant cela est difficile à accepter mais cela fait très longtemps que la France a perdu sa souveraineté au profit d’une bourgeoisie compradore elle-même au service de l’oligarchie anglo-saxonne. On peut bien évidemment faire remonter les origines de cet abandon à la Révolution française, mais des signes avant-coureurs se faisaient déjà sentir sous l’Ancien régime.</p><p>Cela s’est fait de manière subreptice, sans à-coups majeurs, essentiellement par la corruption mais aussi par une habile politique d’influence qui a consisté à subjuguer et corrompre les élites françaises, à les convertir à l’idéologie marchande. Cela n’empêcha pas bien sûr quelques sursauts ou quelques frictions, on se souvient de Fachoda ou de Mers-El-Kébir, mais dans l’ensemble, et surtout après la parenthèse napoléonienne, la haute bourgeoisie française avait choisi son camp, celui de l’alliance avec Albion et la haute finance.</p><p>De la Restauration jusqu’à aujourd’hui – hormis quelques rares sursauts d’indépendance comme sous le règne de Charles X ou l’épisode gaullien – la France fut un pays sous influence dont l’espace de souveraineté s’est réduit comme une peau de chagrin d’année en année et dont la marge de manœuvre aujourd’hui est à peu près aussi étendue que celle dont disposait un Etat satellite membre du Pacte de Varsovie. C’est d’ailleurs ce que disait à sa façon Vladimir Poutine en 2011 : « Nous aimerions être alliés aux États-Unis, mais ce que je vois aujourd’hui (…) ce n’est pas une alliance ; parfois, j’ai l’impression que l’Amérique ne veut pas d’alliés mais qu’elle veut des vassaux ». On voit ici la parfaite maîtrise de l’art de la litote du président russe.</p><p>De fait, la France se trouve depuis les traités de Maastricht et de Lisbonne dans la situation d’un pays ayant abdiqué toute idée d’indépendance en la transférant à des fonctionnaires européens, donc non élus, qui émettent leurs directives dans la plus totale opacité et sous la pression continue des groupes de pression financiers ou idéologiques. En même temps, ayant abandonné sa monnaie au profit de l’euro, aucune politique économique nationale ne peut être lancée sans l’accord de la BCE et aucun pays ne peut prétendre à la souveraineté lorsqu’il n’est pas maître de sa monnaie, et a fortiori lorsque des juges étrangers sont maîtres de ses lois et de sa jurisprudence.</p><p>Et lorsque la république française se croit encore une grande puissance en signant un contrat mirobolant avec l’Australie, ses bons « amis » anglo-saxons se font une joie de lui rappeler quel est son rang et que dans cette alliance atlantique, malgré toutes ses courbettes et tous ses efforts, et Dieu sait si elle en a fait depuis son retour en 2009 dans le commandement intégré de l’OTAN, elle restera à jamais l’éternelle vassale.</p><p>Après avoir brossé un rapide état des lieux de la situation française, peu réjouissante il faut le reconnaître, qu’en est-il de la Russie ?</p>
<p>Situation de la Russie De Eltsine à Poutine, 20 ans pour reconstruire une nation</p>
<p>De la Rus’ de Kiev jusqu’à aujourd’hui, la vie du peuple russe n’a pas été celle d’un long fleuve tranquille, et des invasions mongoles jusqu’au démantèlement de l’Union soviétique les habitants de la grande Russie n’ont pas toujours connu une vie de quiétude ; mais quel peuple sur la terre peut se targuer de n’avoir connu que paix et prospérité ?</p><p>Pour mettre un peu de baume au cœur des Français et leur donner quelque espoir quant à l’avenir, regardons simplement les 30 dernières années qu’a connu la Russie.</p><p>En 1991, Gorbatchev est renversé et remplacé par Boris Eltsine qui appliquera à la lettre tous les conseils que lui donneront les « spins doctors » anglo-saxons et qui transformera la Russie en vaste champ de foire où tout pouvait s’acheter et se vendre. Dans la dernière décennie du siècle passé le PIB de la Russie s’effondrera de près de 50 %.</p><p>A partir de 1991, l’économie est privatisée à marche forcée et c’est le règne des oligarques et de la finance hors sol. Les partisans de la thérapie de choc menée par le professeur Jeffrey Sachs qui prônaient la libéralisation rapide des prix et du commerce, des programmes de stabilisation de l’inflation et des privatisations massives, l’ont emporté avec l’appui du FMI et de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) qui était à l’époque dirigée, on s’en souvient, par un certain Jacques Attali avant que ce dernier ne soit contraint à démissionner en 1993 pour la gestion problématique de son établissement.</p><p>Mais au tournant du millénaire, lors de son entrée en fonction de président par intérim de la Fédération de Russie le 31 décembre 1999, Vladimir Poutine va remettre progressivement la Russie sur les rails en mettant au pas les oligarques et en restaurant la souveraineté et le prestige de l’État.</p><p>Cela ne s’est pas fait tout seul et si la Russie est sortie aujourd’hui de l’ornière, tous les problèmes ne sont pas résolus, mais à la différence de l’Europe, et notamment de la France qui semble s’enfoncer chaque jour dans un puits sans fond, la Russie à contresens de l’Occident, reconstruit sa puissance et son indépendance dans un monde qui sera multipolaire – que cela plaise ou non à Washington et à Londres -.</p><p>Mais parallèlement au redressement économique et financier spectaculaire de la Russie depuis le début du siècle, c’est surtout sur le plan militaire que la Russie a effectué un rétablissement tout à fait exceptionnel, qui a dissuadé jusqu’à présent les puissances occidentales à s’aventurer sur les voies dangereuses de l’intervention militaire.</p><p>Schématiquement, on peut considérer que la Russie à opérer ce redressement en deux périodes :</p><p>2000-2010 : La Russie reconstruit son dispositif de défense afin de sanctuariser son territoire c’est la politique du bouclier, où il est impératif d’empêcher l’OTAN d’utiliser son avantage stratégique en termes de puissance aérienne et de puissance navale.</p><p>Le développement par la Russie des systèmes anti-missiles actuellement sans équivalent dans le monde, et la mise au point de systèmes de guerre électronique qui sont capables d’annihiler une attaque massive de missiles de croisière ont tout simplement changé la donne en matière stratégique, comme l’a montré l’attaque avortée des Américains – avec la France à leurs côtés, hélas – le 31 août 2013 contre la République arabe syrienne. Les années qui suivirent verront de nombreux navires britanniques et américains subir les curieux effets de cette guerre électronique capable de transformer un redoutable cuirassé, voire un porte-avions en un inoffensif tas de ferraille. Ce ne sont pas les commandants successifs du malheureux destroyer USS Donald Cook qui pourront dire le contraire.</p><p>La seconde période 2010 -2020 est celle que l’on pourrait appeler la politique de la lance où la Russie a réussi à mettre au point tout un arsenal d’armes offensives révolutionnaires à capacité hypersonique qui réduisent à néant les velléités offensives de l’OTAN.</p><p>Ainsi, en l’espace de 20 années, la Russie a mis sur pied une politique de défense qui a tétanisé les états-majors occidentaux et qui pourrait se définir comme la possibilité d’opposer un véritable déni de guerre à tout éventuel agresseur. C’est une révolution dans l’art de la guerre et qui va bien sûr relancer le phénomène des guerres hybrides que nous observons depuis quelques années et vis-à-vis desquelles la Russie semble nettement moins bien préparée.</p><p>Après avoir fait état du retour de la puissance en Russie, et au lendemain de la victoire du parti présidentiel lors des dernières législatives, comment définir ce pays et ses institutions ?</p><p>Je crois que la meilleure définition qui n’ait jamais été donnée est celle de Winston Churchill : « La Russie est un rébus enveloppé de mystère au sein d’une énigme. » et pour moi qui l’observe et la suit depuis des décennies, je ne peux qu’acquiescer à cette laconique mais très juste définition. Et c’est sans doute une volonté de la Providence que d’avoir rendu ce pays relativement peu perméable aux influences étrangères.</p><p>Quoique, depuis la fin de l’Union soviétique et jusqu’à aujourd’hui, l’influence occidentale pour tenter de modifier l’ADN du peuple russe est plus que jamais active :</p><p>Que ce soit le par le biais des diverses ONG à vocation prétendument humanitaire, des sectes religieuses, des réseaux sociaux, de la publicité, de la mode vestimentaire même, nous voyons le poison sirupeux de l’Occident se répandre dans le corps et dans l’esprit de la société russe. Tant que les jeunes étudiants du MGU ou du MGIMO continueront d’arborer des vêtements avec l’inscription « University of Los Angeles » ou des casquettes « I love New-York », cela signifiera que dans leur tête – et de manière inconsciente, ce qui est plus grave – ils considèrent la culture américaine comme supérieure à la leur.</p><p>Sur le plan constitutionnel aussi, il reste encore des scories datant de l’ère Eltsine. Certes l’article 15 qui assurait la prévalence des traités internationaux sur les lois russes a été heureusement aboli à l’occasion de la révision constitutionnelle de 2020, mais le fameux article 13 qui interdit à la Russie de définir juridiquement sa propre conception du monde est toujours en vigueur.</p><p>Certes, cela n’a pas empêché Vladimir Poutine lors du sommet du G20 de 2019, de déclarer que « le libéralisme est obsolète » et que les valeurs libérales entrent « en conflit avec l’intérêt de la majorité écrasante de la population », mais si le libéralisme est dépassé, ce dont je suis bien convaincu, la question qui se pose alors est : par quoi le remplacer ? Et la Russie n’a toujours pas répondu à cette question.</p>
<p>En conclusion, que pouvons-nous tirer de tout ce que nous venons de voir ?</p>
<p>En ce qui concerne la France institutionnelle, tant qu’elle n’aura pas recouvré une pleine et entière souveraineté, aucune alliance politique avec la Russie ne sera possible, puisque le jeu des puissances thalassocratiques avec lesquelles la France est embarquée, est justement d’isoler, d’encercler et de faire chuter le dernier adversaire qui leur reste sur le continent.</p><p>Alors, si aucune alliance de nature politique entre la Russie et la France n’est envisageable aujourd’hui… que faire ?</p><p>Sans être un adepte du marxisme-léninisme, mes amis m’accorderont cette qualité, je dois reconnaître certaines vertus à la praxis marxiste et à ce sujet je me souviens qu’au siècle dernier, quand il y avait encore un Parti communiste en France, lorsque l’unité d’action au sommet entre les dirigeants de gauche n’était plus possible, on prônait alors l’unité d’action à la base entre les militants des différents partis.</p><p>Eh bien en quelque sorte, c’est la voie qui nous est ouverte, celle de l’action par la capillarité qui consiste à tisser des liens, chacun à son niveau, dans le domaine culturel – comme l’érection de la statue de Jeanne d’Arc à St Petersbourg, ce qui n’est pas un événement anodin, ou encore la présentation à Paris de la prestigieuse collection Morozov – et bien sûr dans le monde des idées avec le travail inlassable du Dialogue Franco-russe, et aussi avec les Journées du livre russe de notre ami Dimitri de Kochko et avec les multitudes d’associations russophiles qui œuvrent chacune dans leur domaine pour tisser les liens d’amitié entre nos deux pays et parmi lesquelles notre jeune <a href="https://www.institut1717.org">Institut 17/17</a> entend également jouer son rôle.</p><p>Quant à moi, comme disait Léon Bloy, j’attends les Cosaques et le Saint-Esprit… Quoique, les Cosaques nous ayant fort aimablement accueillis aujourd’hui, attendons surtout le Saint-Esprit !</p><p>Emmanuel Leroy</p><p>  INSTITUT 1717<br /></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 31 Oct 2021 20:42:52 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Comment sauver la chasse ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>16 septembre 2021#16</p><p>Interdiction de la chasse à la glu, conflits avec les écolos, colère des agriculteurs contre les sangliers… Les chasseurs seraient-ils une espèce menacée ? Un livre blanc sur l’avenir de la chasse à l’horizon 2040 propose de tout changer. L’AntiÉditorial l’a lu.</p>
<p>Un contexte tendu  </p>
<p>Les chasseurs sont à cran. <a href="https://www.conseil-etat.fr/actualites/actualites/le-conseil-d-etat-juge-que-la-chasse-a-glu-est-illegale">Le Conseil d’État a interdit la chasse à la glu</a>, une méthode traditionnelle de capture des grives et des merles. Jusqu’ici pratiquée dans les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse et le Var, elle a été jugée non conforme à<a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex%3A32009L0147"> la réglementation européenne sur la protection des oiseaux</a>. Puis la haute juridiction administrative <a href="https://www.conseil-etat.fr/actualites/actualites/le-conseil-d-etat-juge-que-plusieurs-techniques-de-chasse-traditionnelles-des-oiseaux-sont-illegales">a annulé les arrêtés ministériels</a> autorisant d’autres pratiques régionales. Citons la tenderie aux grives, merles noirs, vanneaux huppés et pluviers dorés, en usage dans les Ardennes. Ou encore, la capture des alouettes des champs à l’aide de pantes (filets horizontaux) ou de matoles (cages), comme on le fait en Gironde, dans les Landes, dans le Lot-et-Garonne et dans les Pyrénées-Atlantiques.</p><p>Ces chasses sont très minoritaires, elles représentent à peine 7 % des prises de gibiers, mais elles ont un impact émotionnel fort, aussi bien auprès des antichasse que des fédérations. Pour les uns, leur mise en cause est une étape nécessaire pour la sauvegarde d’espèces dont les effectifs sont en chute libre. C’est <a href="https://www.lpo.fr/actualites/lettre-ouverte-de-la-lpo-aux-5-parlementaires-landais-qui-demandent-le-maintien-du-piegeage-des-alouettes-a-l-aide-des-matoles-et-pantes">le point de vue de la Ligue de protection des oiseaux</a>. Les autres la considèrent comme <a href="https://www.chassepassion.net/actualite-de-la-chasse/chasse-petit-gibier-deau/chasse-traditionelles-conseil-etat/">un acharnement contre le mode de vie rural et les traditions locales</a>. Ces deux arrêts successifs du Conseil d’État suscitent des mouvements de protestation, <a href="https://www.chassepassion.net/actualite-de-la-chasse/insolites/chasseurs-et-agriculteurs-unis-pour-une-mobilisation-inedite-dans-les-ardennes/">dans les Ardennes</a> comme <a href="https://www.sudouest.fr/gironde/bordeaux/chasses-traditionnelles-les-chasseurs-ecrivent-a-macron-5265437.php">en Gironde</a>. Certaines associations locales ont même <a href="https://www.francebleu.fr/infos/agriculture-peche/a-biscarrosse-et-pissos-les-chasseurs-votent-la-greve-des-battues-1629478183">décrété la grève</a>. Les chasseurs sont en effet responsables de la régulation des sangliers.</p>
<p>Un loisir en crise</p>
<p>Derrière ce débat se profile un autre : l’avenir de la chasse. Ce loisir va-t-il, peut-il, doit-il disparaître ? Va-t-il, peut-il, doit-il évoluer ? Naguère, ces questions auraient semblé incongrues, tant le lobby de la chasse était électoralement puissant. Désormais, elles s’imposent, parce que la chasse est en déclin. Certes, <a href="https://www.chasseurdefrance.com/">la fédération nationale</a> (FNC) revendique plus d’un million d’adhérents. Mais dans les faits, il y a deux fois moins de chasseurs qu’en 1975. Ils sont moins nombreux que les pêcheurs, et deux fois moins nombreux que les footballeurs amateurs. Et leur population prend de l’âge. La moitié a plus de 55 ans.</p><p>« La chasse est une occasion unique de brassage intergénérationnel et sociologique », <a href="https://www.chasseurdefrance.com/decouvrir/les-chasseurs-aujourdhui/">proclame la fédération nationale</a>. Elle permet « de dépasser les clivages sociaux : ruraux, urbains et tous les milieux socioprofessionnels se retrouvent. » Si cela reste en partie vrai, pas plus de 8 % des chasseurs sont agriculteurs. Beaucoup (49 %) sont des cadres ou des professions libérales. Plus ennuyeux à notre époque : il n’y aurait que 25 000 chasseresses. Plus de 97 % des effectifs sont masculins.</p><p>Les chasseurs insistent sur la « défense de la ruralité », mais ils sont de plus en plus urbains, comme l’ensemble des Français. Et avec la perte de la transmission de père en fils, le déclin du monde agricole, le développement de l’habitat périurbain et la progression des idées animalistes ou vegan, les porteurs de fusil sont cernés. Une évolution qui n’a pas échappé à certains élus locaux. Signe des temps : la FNC a récemment adressé à 600 000 de ces élus <a href="https://www.chasseurdefrance.com/wp-content/uploads/2021/02/LaChassecoeurdeBiodiversiteV1.pdf">un plaidoyer chiffré</a> pour défendre son point de vue, en insistant sur la contribution de la chasse à l’économie, via le tourisme par exemple, où l’apport est estimé à un milliard d’euros.</p>
<p>Qui en veut aux chasseurs ?</p>
<p>« On aurait tort de croire que seule la chasse est attaquée. En réalité, c’est l’ensemble de nos modes de vie qui sont chaque jour remis en cause par une minorité militante », <a href="https://www.lefigaro.fr/vox/societe/willy-schraen-la-chasse-fait-partie-de-la-vie-tout-comme-la-mort-qui-donne-un-sens-a-notre-existence-20210409">déclare au Figaro</a> le président de la Fédération nationale des chasseurs. « La pensée écologiste radicale, qui compose la branche politique de nombreux mouvements antichasse et antichasseurs, pratique un véritable travail de sape à coups d’éclat médiatiques uniquement à charge. »</p><p>Mais passé le constat défensif, peut-être destiné à rassurer son public, le patron des chasseurs livre une analyse lucide. « Nous payons des années de silence », reconnaît Willy Schraen. Nous n’avons pas su nous remettre véritablement en cause. L’humanisation de l’animal, et maintenant du végétal, accompagnée par une urbanisation grandissante et une rupture profonde avec le monde naturel, a provoqué un bouleversement ontologique majeur. Pour beaucoup de nos concitoyens, l’animal est devenu sacré par essence. Pour eux, l’équilibre naturel doit se faire sans les hommes, considérés comme inutiles dans le monde sauvage et nuisibles dans l’univers rural où l’agriculture façonne les paysages. Nous avons lourdement péché par orgueil en croyant que la chasse pouvait demeurer inchangée. »</p><p></p>
<p>Comment rebondir ?</p>
<p>La fondation François-Sommer a été créée pour favoriser une chasse soucieuse de la nature. C’est un organisme reconnu d’utilité publique. L’AntiÉditorial a lu avec attention le <a href="https://fondationfrancoissommer.org/wp-content/uploads/2021/06/LIVRE_BLANC.pdf">livre blanc que cette fondation vient de publier.</a> Il le dit clairement : en gros et en détail, la chasse a moins d’une génération pour changer. Par exemple, les experts se prononcent pour l’interdiction des élevages destinés au lâcher de faisans, une activité qui ressemble sans doute plus au ball-trap qu’à la chasse. Ce n’est « pas défendable », estiment les auteurs. De même, en y mettant les formes, le livre blanc recommande la disparition des grandes chasses privées et clôturées empêchant le gibier de circuler librement. En fait, le document fourmille de propositions et d’idées, qui vont de la formation au tir à la participation aux réseaux de surveillance des espèces protégées.</p><p>L’idée principale, c’est de retisser « le lien avec la société ». D’un côté, il faudrait faire partager aux non-chasseurs « le bonheur de sentir partie prenante de l’univers sauvage qui entoure l’homme depuis sa création ». De l’autre, les chasseurs doivent progresser dans le « respect de l’animal », un sujet particulièrement sensible à notre époque, comme il l’est devenu pour les éleveurs. En d’autres termes, « l’éthique » et « l’exemplarité » sont devenues essentielles. « Cela passe notamment par une connaissance plus fine de l’environnement sociétal », « une meilleure formation aux problématiques agricoles et environnementales », et une participation plus active à la sauvegarde « des espèces et des espaces ». En bref : alors que les conflits d’usage de la nature entre paysans, écolos, sportifs et chasseurs se multiplient, il va falloir apprendre à comprendre. À se comprendre.</p><p>Le livre blanc insiste sur la formation et la sécurité, un sujet sensible pour une activité qui se veut accessible à tous. Car les chasseurs font peur. Leur présence dans les zones partiellement urbanisées ne va pas de soi, et le partage de la nature devient problématique avec le développement de toutes sortes de loisirs. Certes, le nombre d’accidents a baissé de 41 % en vingt ans, celui des accidents mortels suivant la même évolution. Mais la société n’est plus prête à tolérer dix morts par an.</p><p>Le livre blanc sur la chasse en 2040 milite pour une « chasse raisonnée », soucieuse des « biens communs » chers aux nouvelles générations et veut proposer « un contrat social, moral et écologique avec la société ».</p>
<p>Réconcilier chasseurs et agriculteurs</p>
<p>La réconciliation avec les agriculteurs, en particulier, est un sujet fondamental. Les chasseurs estiment que les paysans ont leur part de responsabilité dans le déclin de la biodiversité. De fait, la lutte contre les insectes, l’usage de gros matériel agricole, les monocultures ou la suppression des haies provoquent, sans doute plus que la chasse, la disparition d’oiseaux jadis communs. L’agriculture productiviste a précipité le déclin de la chasse au petit gibier. Mais son alternative, disons la battue aux sangliers, ne convient pas forcément à une époque plus individualiste, et qui cherche aussi à retrouver des plaisirs simples. Les chasseurs ont donc un intérêt vital à la transition écologique de l’agriculture et à la transformation des paysans en « gestionnaires essentiels des paysages et de la biodiversité ».</p><p>Mais <a href="https://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=7591&amp;PHPSESSID=ktufn2co6f8d7jjel2u22acs06">les agriculteurs aussi ont des raisons d’être fâchés</a>. Prenez les ravages commis par les sangliers dans les champs de céréales. Certains syndicats, comme la Confédération paysanne, voudraient désormais que ces animaux, qui commettent 85 % des dégâts agricoles, soient <a href="https://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=7679">déclarés nuisibles</a>. La population de ceux que l’on appelle parfois familièrement « cochons » a quintuplé en vingt ans et ne cesse de croître, alors même que l’on en abat 800 000 par an, un chiffre déjà astronomique. Les chasseurs versent désormais quelque 50 millions d’euros par an aux exploitants agricoles victimes des dégâts. Au rythme de progression des sangliers, <a href="http://www.fedechasseurslandes.com/IMG/pdf/les_degats_de_sangliers_aux_cultures_menacent_la_chasse_def.pdf">certaines sociétés de chasse pourraient être au bord de la faillite</a>. Clairement, pour des raisons d’ailleurs complexes, <a href="https://reporterre.net/La-proliferation-des-sangliers-un-casse-tete-ecologique">la chasse au sanglier a échappé à ses promoteurs</a>, qui y voyaient une réponse au déclin du petit gibier.</p>
<p>Un rôle indispensable</p>
<p>Oui, me diront certains, mais en fait, pourquoi tous ces efforts ? Ne serait-il pas plus simple d’abolir la chasse ? C’est un autre débat. En attendant, L’AntiÉditorial relève deux objections, l’une pratique, l’autre éthique. Côté philosophie, l’enjeu sociétal est de partager la nature alors que nous avons des visions souvent très différentes… de l’humain. Côté concret, rappelons que nous ne vivons plus dans un monde sauvage où l’équilibre se fait autrement. Il faut bien réguler certaines espèces qui prolifèrent comme il faut préserver certaines qui déclinent. Comme le montre <a href="https://www.la-croix.com/traces-loup-brigade-traque-protege-2021-08-13-1201170704">ce reportage publié dans l’hebdo de La Croix</a> même les loups sont chassés, bien que l’espèce soit protégée. Si la chasse actuelle est condamnée, un monde sans chasse n’est pas d’actualité. Et décidément, l’avenir de la chasse n’est pas au bout du fusil, mais dans le dialogue.</p><p></p><p>Livre blanc publié par la fondation François-Sommer (2021)</p><p>Plaidoyer chiffré adressé par la Fédération Nationale des Chasseurs (2020)</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 31 Oct 2021 12:27:29 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/733/zemmour-en-kippa-ou-le-precheur-petainiste-de-la-synagogue-de-la-victoire</link>
	<title><![CDATA[Zemmour en kippa, ou le prêcheur pétainiste de la synagogue de la Victoire]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-infos article-infos--top-article">Temps de lecture: 10 min</p><p>À la grande synagogue de la Victoire, cœur majestueux du judaïsme français, un homme est venu dénoncer la «formidable puissance juive» dans la France d’avant-guerre, et refuser qu’on use de «sentimentalisme» à propos de Vichy ou de l’extermination des Juifs. C’était le 1er juin dernier. Gilles Bernheim, ancien grand-rabbin de France, débattait des juifs français avec le journaliste Éric Zemmour. Zemmour vraiment? L’Institution cédait à une tentation: que le théoricien à succès du néo-nationalisme français, dénonciateur du grand remplacement, chantre éploré d’un pays rongé par l’immigration, figure de proue du lepenisme culturel, fut un juif, paroissien de la synagogue voisine de la rue Saint Lazare, il fallait bien regarder? Ils ont vu.</p><p>Aujourd’hui, les administrateurs de la Victoire ont décidé de ne pas diffuser le film intégral de la conférence, tétanisés par un scandale qui monte. Recensant le débat, <a href="http://www.actuj.com/2016-06/france/3642-eric-zemmour-gilles-bernheim-que-s-est-il-reellement-dit-a-la-victoire">le site juif Actu J</a> parle de propos «donnant la nausée» et décrit une réhabilitation du pétainisme par le polémiste. C’est encore plus ennuyeux que ça.</p><p>On peut en juger. La fin de la conférence <a href="https://www.youtube.com/watch?v=JGyJDNSmDNo">est sur le web</a>. Interpellé par Bernheim, Zemmour y défend une des thèses de son livre: l’influence salvatrice du régime de Vichy –l’État Français, dirigé par le Maréchal Pétain, auquel les Allemands concédèrent une souveraineté théorique après 1940– sur le destin des juifs français. Ce serait grâce à Vichy, son existence même et sa pratique, que les «israelites» français (Zemmour affectionne ce vocabulaire daté) eurent la vie sauve, tandis que les juifs étrangers, majoritairement immigrés de l’Est, les «ashkenazes» (Zemmour use avec une obsession quasi-raciale de ce terme) étaient livrés à la déportation.</p><p>Une pratique de realpolitique nationale et cynique, que Zemmour, au fil de ses propos, ne désapprouve en rien. Il admet que les lois raciales de Vichy étaient antisémites: l’abrogation du décret Crémieux, dénationalisant les juifs d’Algérie, ne visait-elle pas sa propre famille! Mais ces lois n’étaient pas exterminationnistes, et, ajoute-t-il, elles pouvaient se comprendre, tant il existait dans le peuple français une rancœur envers les juifs à la veille de la guerre.</p><p>Un antisémitisme acceptable?</p><p>Posons ceci. Zemmour brandit des banalités. L’effet retard de la zone non-occupée –lieu du pouvoir fantoche de Pétain– sur le destin des juifs est une réalité physique que toute famille juive passant <a href="https://www.cairn.info/revue-les-cahiers-de-la-shoah-2001-1-page-13.htm">la ligne de démarcation</a>, entre 1940 et 1942, connaissait. De même, l’introduction de la xénophobie dans l’antisémitisme pétainiste. De même, la différence entre l’antisémitisme d’État vichyssois, qui prétendait libérer la société Française de ses juifs, présumés irréductibles à l’intérêt national, et la rage de Hitler et de ses émules. Être chassé de la Nation n’est pas être gazé, enfin! C’était pour autant un préambule. Hitler, avant d’en venir à l’extermination, avait commencé par priver les juifs de leurs droits de citoyen, comme Pétain après lui… Mais ensuite?</p><p>Et les juifs français étaient les premiers à se plaindre des problèmes que causaient les juifs ashkenazes</p><p>Éric Zemmour</p><p>Cette dispute est inconfortable par l’idée qu’elle induit. Si l’antisémitisme peut s’arrêter avant les chambres à gaz, devient-il une option acceptable? Si un statut discriminatoire n’est pas un assassinat, fait-il partie de l’arsenal tolérable d’un État? Il n’est pas inintéressant que ce soit Éric Zemmour, ce soir-là coiffé d’une kippa, invité à prêcher à la Victoire, prophête juif et plus seulement national, qui le suggère. Il est tragique que sa vigueur anti-immigrés lui ait valu, un instant, l’intérêt d’une synagogue, avant qu’elle ne soit horrifiée. Il faut reprendre son texte. L’usage qu’il fait des banalités qu’il assène est fascinant. L’homme est d’une <a href="http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2014/10/18/polemique-zemmour-vichy-une-collaboration-active-et-lamentable_4508542_823448.html">impavidité de faussaire</a> et d’une habileté de contrebandier. Son discours glisse d’une observation supposée objective de la situation de 1940 à l’instillation de ses convictions profondes. Il évoque ainsi les prémisses des lois anti-juives de Pétain.</p><p>«À l’époque, on estime que les juifs ont pris trop de pouvoir, qu’ils ont trop trop de puissance, qu’ils dominent excessivement l’économie, les medias, la culture françaie comme d’ailleurs en Allemagne et en Europe. Et d’ailleurs c’est en partie vrai (…). Il y avait des Français qui trouvaient que les juifs se comportaient avec une arrogance de colonisateur. Et arrive encore l’immigration des juifs d’Europe de l’est et de l’Allemagne. La France est le pays qui a reçu le plus de réfugiés. Et c’est la France qui a subi le plus de conséquences. Les medecins français se plaignaient que les medecins juifs leur volent leur clientèle. Il y avait des concurrences terribles. il y avait des trafics. Il y avait l’affaire Stavisky. Tout ça n’a pas été inventé par les antisémites. Et les juifs français etaient les premiers à se plaindre des problèmes que causaient les juifs ashkenazes.»</p><p>Tout est dans une phrase: «Et d’ailleurs c’est en partie vrai»… Vrai donc qu’en 1940, les juifs sont des colonisateurs? Arrogants? Voleurs de pratiques? Tenant les medias? Si c’est «en partie vrai», Zemmour est «en partie» fasciste. Il défend «en partie» ce que les feuilles antisémites assenaient, avant la guerre et et après la défaite. En partie seulement. Il est «en partie», compréhensif pour les raisons de ceux qui hurlèrent au massacre. En partie chez Brasillach? À l’Action française dont le nationalisme intégral l’a inspiré?</p><p>La falsification de l'histoire</p><p>Ce n’est pas faire injure à un homme que de dire d’où il parle. Zemmour est de l’extrême droite française –pas simplement celle d’aujourd’hui, quelle dégénérescence, mais l’authentique, celle d’avant quarante, dont il est l’interprète et l’avocat. Quand il dit, «on estime que les juifs ont pris trop de pouvoir», il est imprécis. «On» n’est pas la France. «On» est le fascisme de l’époque, et cette histoire de puissance juive n’était pas une opinion banale: c’était l’opinion des fascistes. Cela faisait un peu de monde, mais pas du joli. «On» est l’extrême droite qui contestait à Léon Blum, en 1936, le droit d’être Président du Conseil.</p><p>«Pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain sera gouverné par un juif, avait lancé en séance le député Xavier Vallat. Pour gouverner cette nation paysanne qu’est la France, il vaut mieux avoir quelqu’un dont les origines, si modestes soient-elles, se perdent dans les entrailles de notre sol, qu’un talmudiste subtil.»</p><p>Vallat, sous Vichy, serait un commissaire général aux Questions juives tenant de <a href="http://www.akadem.org/medias/documents/--XavierVallat_8.pdf">l’antisémitisme national</a>, infiniement moins vulgaire que le teuton… Quant à Blum, normalien, conseiller d’État, admirateur de Barrès, plus que français puisqu’alsacien de souche, il n’avait rien à voir avec les débarqués d’Allemagne ou de Roumanie qui auraient créé l’antisémtisme, mais ne le subissait pas moins.</p><p>C’est la grande falsification de Zemmour. Laisser supposer que seuls les «ashkenazes» et la détestation qu’ils inspiraient faisaient naître un antisémitisme dont la véritable France aurait été immune sans cette immigration-agression. Las… L’antisémitisme pouvait aussi se passer de métèques. Entre l’affaire Dreyfus, la haine de Blum et Vichy, c’était entre nous, Français, que se jouait une méchante partie. Charles Maurras, idéologue de l’antisémitisme d’État, qui pourfendait les «États confédérés» hostiles à la Nation, ragera, condamné à la Libération: «C’est la revanche de Dreyfus»… C’est cette partie de la France qui prit le pouvoir en 1940. Ce sont les héritiers de cette France qui entendent Zemmour avec ravissement –les autres sont des dupes.</p><p>Il faudrait lire les témoignages des français libres de 1940 qui sont pour la plupart très remontés contre les juifs, très remontés contre l’influence juive qu’ils estiment néfaste et qui a préparé la défaite</p><p>Éric Zemmour</p><p>Cette falsification n’est pas sans but. Zemmour, qui entretient méthodiquement l’hostilité contre les arabos-musulmans dans la France contemporaine, puisque l’immigration nous détruirait, valide en passant par Vichy la «préférence nationale» qu’il appelle de ses vœux. Il le dit, à La Victoire. Au fond, il faut minimiser ce que Pétain faisait aux juifs -simplement des lois d’exceptions, simplement des dénaturalisations- puisqu’il faudra en venir là pour nos « États confédérés », bistres et mahométans. Zemmour n’est pas un juif timide. Il offre la diginité de son être à sa violence contemporaine. C’est presque admirable.</p>
<p>Ici Londres</p>
<p>Il y a toujours eu des enamourés de leurs persécuteurs, des bons nègres, des oncles Tom. Parfois, ce sont des personnages littéraires. Zemmour m’a toujours fait penser à Silbermann, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Silbermann_(roman)">héros d’un roman triste et ambigu</a> du futur académicien Jacques de Lacretelle: un petit juif immigré rêvant de devenir un grand français avant d’être défait par l’antisémitisme. Au moins Silbermann n’était pas un salaud. Il ne demandait la mise à l’index de personne. De même, on a connu de braves juifs communistes qui faisaient mine de croire aux procès des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Complot_des_blouses_blanches">blouses blanches</a> (des médecins juifs accusés d’avoir voulu tuer Staline) et niaient l’antisémitisme de l’Est, puisque la cause valait cela. Zemmour-Stal, Zemmour-Silbermann, Zemmour fasciste (seulement en partie) qui aimerait que notre fascisme n’ait pas tant fait de mal, qui s’arrange bien de Vichy, puisqu’un nationalisme est sa cause sacrée. Il en rajoute alors, diffamant au passage ce que la France a connu de meilleur.</p><p>Pour Zemmour, l’antisémitisme provoqué par «l’influence juive» était si courant, si normal, que même le gaullisme le véhiculait. Comment, alors, en vouloir à Pétain? «Il faudrait lire les témoignages des français libres de 1940 qui sont pour la plupart très remontés contre les juifs, très remontés contre l’influence juive qu’ils estiment néfaste et qui a préparé la défaite.» Textuellement, à la Victoire. Les Français libres. Évidemment, quelle saloperie! Ni les pêcheurs de l’Ile de Sein, ni Leclerc, ni Koenig, compagnon d’arme de la Légion juive de Palestine dans le désert de Lybie, ne méritent cela. Il y avait chez de Gaulle des radicaux et des socialistes, des maurrassiens qui abandonnaient les violences de leur maître en entrant en résistance, i<a href="http://www.laviedesidees.fr/Les-Juifs-un-probleme-pour-la.html">l y avait des juifs et des antisémites</a>, qui cessèrent de l’être dans le combat commun…</p><p>C’est à Londres, justement, que se purgeaient les insanités d’avant-guerre. Mais Zemmour n’aime pas Londres –et se le réinvente. Il fut un homme, qui correspond à la généralisation du polémiste. Il s’appelait Pierre Tissier, conseiller d’État et héros, entré antisémite chez De Gaulle, et s’indignait devant le général de l’arrivée à Londres de Georges Boris, juif et proche de Léon Blum. De Gaulle l’envoya bouler. Tissier, en pleine résistance, prônait pour la France libéréée un statut des juifs un peu soft. Il était le seul. Il n’était pas «la plupart des gaullistes», mais certainement le gaulliste auquel Zemmour, dans son étrangeté, doit trouver du charme.</p>
<p>«Auschwitz et tout ça»</p>
<p>On notera que Zemmour prophétise et manipule l’histoire à gros traits pâteux, et que cet homme est un satané imprécis.</p>
<p>Quelques exemples, tous venus de sa péroraison à la Victoire.</p>
<p>Zemmour assimile Stavisky, bourgeois et fils de dentiste, dont les escroqueries démontrèrent la corruption de la République radicale, aux immigrés des années 1930? <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Staviskyhttps:/fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Stavisky">Le bel Alexandre</a>, qui ignorait caftan et papillottes, l’aurait bien mal pris!</p><p>Zemmour dit, à quelques minutes de distance, qu’on ignorait tout du sort funeste des juifs déportés, mais que Pierre Laval, président du Conseil de Pétain, dès que furent connus les massacres à «Auschwitz et tout ça» (sic) refusa de participer à d’autres déportations. Las. Cet humanisme est une ritournelle hypothétique. Laval faisait de la politique avec les convois…</p><p>Zemmour est un cuistre avec un agenda, qui, hélas, exerce en des lieux estimables</p>
<p>Zemmour dit qu’avant la conférence de Wannsee (il prononce curieusement «wannsi», à l’anglaise) et «la Shoah, etc.» (re-sic), il n’y avait pas de massacre spécifique des juifs de la part de l’Allemagne nazie, il suffirait de lire <a href="http://www.gallimard.fr/Catalogue/DENOEL/Denoel-d-ailleurs/Kaputt">Malaparte</a>. Imbécile. Pardon. On peut aussi relire les témoignages sur la <a href="http://www.liberation.fr/planete/2010/01/08/les-traces-enfouies-de-la-shoah-par-balles_603218">Shoah par balles</a>, <a href="http://rue89.nouvelobs.com/blog/balagan/2010/06/24/censure-et-redecouverte-du-livre-noir-de-la-shoah-en-urss-155950">Le Livre noir</a> de Ehrenbourg et Grossmann, se souvenir de Babi Yar où furent fusillés les juifs de Kiev, et de <a href="http://www.ina.fr/video/VDD09029990">Panerai</a> où furent éradiqués de ceux de Vilno.<br />À l'ère des clowns</p>
<p>Zemmour n’est pas très intéressé par la vérité des morts. Il dit que 100% des juifs hollandais furent tués pendant la guerre, puiqu’ils n’avaient pas de Vichy pour les protéger. Non, 20% survécurent. Dont la famille de ma mère. C’est un peu plus qu’un détail. Il y a juste un moment où la promenade spécieuse dans les cadavres devient désobligeante.</p><p>Il suffit. Avant même d’être un révisionniste, Zemmour est un cuistre. Il en est d’autres? Mais Zemmour est un cuistre avec un agenda, qui, hélas, exerce en des lieux estimables. Il faudrait passer une existence à réfuter mot par mot les tricheries de Zemmour, en extraire le sens. Ce serait avilissant. Il n’en vaut pas la peine. Il n’est que le tricheur d’un méchant moment.</p><p>En d’autres temps, une synagogue de bon ton n’aurait pas invité un juif tenant le discours des antisémites. En d’autres temps, des républicains de bonne tenue auraient jugé indigne de considérer cet homme. En d’autres temps, il se serait trouvé quelqu’un pour lui demander raison, parce que l’idée de la France n’est pas une plaisanterie. Nous sommes à l’ère des clowns. Il en est un, qui a grimacé à la Victoire, où psalmodiaient jadis les anciens combattants, où résonne toujours la prière à la République.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 31 Oct 2021 08:13:38 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Renée Fregosi et Jacques Tarnero. “La surenchère de Zemmour à dire son amour de la France ne puise pas aux bonnes sources”]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Hans Lucas via AFP</p>
<p>Renée Fregosi, philosophe et politologue, et Jacques Tarnero, essayiste et documentariste, analysent le nationalisme de Zemmour. Pour eux, seul un discours républicain « sans illusions, sans myopie, sans aucun angélisme » peut le contrer.</p><p>Certains demandent comment, avec le nom qui est le sien, Zemmour peut-il tenir les propos qu’il tient ? Peut-on critiquer Zemmour au nom de son nom comme s’il fallait assigner à ce nom une vertu non transgressive ? Comment penser ce qui est en train de se produire chez les Français juifs ou les Juifs français, et chez les Français en général ?</p><p>Zemmour n’a jamais fait de son nom un étendard identitaire, mais pouvait-il, pour autant, ignorer ou feindre d’ignorer l’usage qui en serait fait ? Peut-il ne pas comprendre l’abri que son nom constitue pour un Jean-Marie Le Pen qui lui déclare sa sympathie ? Si Zemmour assume cette reconnaissance, cela signifie qu’il partage ses sympathies politiques, ses nostalgies, ses références, ses inspirations. Est-ce avec ce bagage-là que la France pourrait dire son dernier mot ?</p><p>Un conflit franco-judéo-juif s’est mis à enfler autour des propos d’Éric Zemmour et de sa vision de la France. Les coups pleuvent et chacun des pro et anti Zemmour est prêt à en découdre. D’un côté les représentants autoproclamés de la « communauté juive » dénonçant Zemmour, de l’autre les Juifs de banlieue, ceux qui ont dû fuir l’antisémitisme présent dans les « quartiers », partagés entre la tentation du départ vers Israël ou l’Aliyah dans le XVIIe arrondissement.</p><p>Le « creuset français » a dispersé les tribus à défaut d’unir les « masses populaires ». On connaît la version blague belge de ces fractures : à la suite d’une bagarre entre Flamands et wallons, la police sépare les parties : les Flamands à gauche et les Wallons à droite, ordonne le policier. Des voix s’élèvent: « Et nous les Belges, où se met-on ? » demandent David et Salomon. Que reste-t-il du peuple français ?</p><p>En France les focalisations sur le « signe juif » remuent toujours le passé et troublent le présent. Car « La France sans les Juifs ne serait plus la France » comme le déclarait Manuel Valls il y a quelques années, quand en 2014 la « propalestine » mettait le feu à des magasins juifs de Sarcelles, par solidarité avec Gaza.</p><p>Depuis les crimes de Mohamed Merah, l’assassinat de Sarah Halimi, celui d’Ilan Halimi, de Mireille Knoll, les Juifs ont compris qu’ils constituent, ici, une première ligne de front dans la guerre que l’islamisme a déclaré à l’Occident en général. Les  “Territoires perdus de la République” l’ont d’abord été pour les Juifs qui y vivaient. Les attentats de Nice en 2016, l’assassinat du père Hamel, du colonel Beltrame, le massacre de Charlie Hebdo, celui du Bataclan ou des terrasses du XIe arrondissement 2015 ont élargi la ligne de front et l’atroce assassinat de Samuel Paty, il y a un an, a signifié que le cancer islamiste n’avait pas régressé. </p><p>Tandis que Macron assume la mauvaise part du passé colonial et tend simultanément un miroir à la partie algérienne, celle-ci refuse ces paroles de vérité. La culture du ressentiment telle que l’Algérie l’entretient aujourd’hui n’aide sûrement pas à clarifier les choses ni à réconcilier les mémoires. Il faut rappeler que c’est bien un massacre au faciès contre les Français qui eut lieu le 5 juillet 1962 à Oran pour fêter l’indépendance. Il faut aussi rappeler les mots de Ben Bella à l’été 1982 dans Politique internationale, “Nous autres arabes, ne pouvons être que si l’autre n’est pas“. Il n’y a pas eu de Mandela en Algérie et la purification ethnique n’est pas un privilège blanc.</p><p>Depuis le 11 septembre 2001, l’islam radical a déclaré la guerre à tout ce qui n’est pas lui. Le choc des civilisations pronostiqué par Samuel Huntington s’est substitué à l’affrontement Est-Ouest.</p><p>À l’échelle de la France, comment combattre cette offensive ? À partir de quelles bases intellectuelles, de quel socle culturel, de quels principes ? La République n’est-elle pas assez armée pour affronter ce “séparatisme” ? Le pouvoir, les pouvoirs ont tardé à ouvrir les yeux, à prendre la mesure de ce que Christopher Caldwell pronostiquait dès le début des années 2000.</p><p>En France, malheur à ceux qui ont raison trop tôt. Pierre-André Taguieff depuis plus de vingt ans tirait la sonnette d’alarme en analysant les formes nouvelles de l’antisémitisme d’origine arabo islamique dont le pro-palestinisme fut le vecteur privilégié. Georges Bensoussan proposait une relecture des relations judéo arabes débarrassées de tout vernis aussi enchanté que fictif des douceurs andalouses. De son côté Boualem Sansal rappelait la part nazie du nationalisme arabe, baasiste, nassérien, algérien. Les mythologies ont la vie dure, mais celle de l’innocence arabe a fait long feu.</p><p>Lorsque Zemmour dénonce la menace islamiste comme d’autres l’ont fait bien avant lui, on ne peut alors qu’acquiescer. Dans la foulée, il dénonce la menace que l’islam ferait peser sur l’identité française, sur ses origines chrétiennes par les bouleversements démographiques intervenus depuis trente ans, autant que par les bouleversements culturels qui les accompagnent.</p><p>Tout ceci, la gauche, les gauches n’ont pas voulu le savoir tant la figure du colonisé ne pouvait être entachée des mauvaises fréquentations que les Frères musulmans ont développées dès leur création. Il faudra attendre 1989, un échange entre Pierre Vidal-Naquet et Jean-François Lyotard dans Libération, pour que ces deux compagnons de route de la décolonisation reconnaissent simultanément avoir négligé le poids de l’islam dans le mouvement national algérien. Germaine Tillon, peu suspecte de complaisance pour la colonisation, faisait le même constat et appréhendait la part ethno religieuse de la guerre du FLN contre la France.</p><p>Ce détour est indispensable pour comprendre la complexité du moment présent en France, car ce n’est pas en criant que “le fascisme ne passera pas” qu’il faut rejeter Zemmour. Opposer une incantation antifasciste conjuratoire à une incantation symétrique salvatrice consiste à nouveau à refuser de regarder le réel. Pourquoi est-ce dans Maurras que SuperDupont-Zemmour va chercher des raisons d’aimer la France ? Zemmour a-t-il oublié que c’est sous Vichy que le Décret Crémieux – faisant des juifs d’Algérie des citoyens français à part entière – fut abrogé ?</p><p>En réécrivant la responsabilité de Pétain dans la déportation des Juifs, Zemmour s’inscrit dans le droit fil du discours révisionniste.</p><p>Pour pasticher Laurent Fabius, Zemmour pose de bonnes questions, mais quelles réponses propose-t-il ? En défendant Pétain, supposé protecteur des juifs français, le féru d’histoire Zemmour oublie les mots du créateur des Annales : “Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France : ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims, ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la fédération.” Cette fête fondatrice de la République propose d’abord un principe avant d’être un système politique : celui de l’universalité du genre humain que Vichy avait contribué à détruire. En se soumettant à Hitler, Pétain et ses complices se sont soumis à la vision du monde proposée par les nazis. La République aurait-elle besoin de telles références ?</p><p>Quels seraient les derniers mots que la France n’a pas encore dits ? Ceux de Maurras, ceux de Maurice Barres, ceux d’Abel Bonnard ou bien ceux de Jankélévitch, de Marc Bloch ou de Victor Basch ?</p><p>La surenchère de Zemmour à dire son amour de la France ne puise pas aux bonnes sources. À l’abri de son nom, il légitime la parole de ceux qui auraient été ravis de le rafler au Vel’ d’Hiv’. Il y a une voie étroite pour lutter contre le fascisme islamiste et ses masques décoloniaux ou indigénistes.</p><p>C’est dans l’idée républicaine qu’il faut se ressourcer, sans illusions, sans myopie, sans aucun angélisme, sans se payer de beaux mots, mais sûrement pas dans une outrance nationaliste porteuse de guerre civile.</p><p>Jacques Tarnero et Renée Fregosi</p><p><a href="https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/la-surenchere-de-zemmour-a-dire-son-amour-de-la-france-ne-puise-pas-aux-bonnes-sources?fbclid=IwAR1X-GkD49vhKzhFNeu47N5JKCz-tLverBqpl8Xlp56UVR-EhCdVhyKofOE">https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/la-surenchere-de-zemmour-a-dire-son-amour-de-la-france-ne-puise-pas-aux-bonnes-sources?fbclid=IwAR1X-GkD49vhKzhFNeu47N5JKCz-tLverBqpl8Xlp56UVR-EhCdVhyKofOE</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 31 Oct 2021 08:11:07 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[«La primauté du droit européen est une impasse démocratique»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>GRAND ENTRETIEN - Observateur avisé de la vie publique, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy propose de revenir au principe dit de «loi écran», qui prévalait avant 1975 et qui donnait le dernier mot au législateur français.</p><p class="fig-paragraph">LE FIGARO. - Le thème du droit européen s’impose dans la campagne. Le lundi 18 octobre, Emmanuel Macron a condamné les remises en cause de celui-ci, fustigeant une <a href="https://www.lefigaro.fr/politique/macron-condamne-les-attaques-contre-le-droit-europeen-vieille-maladie-francaise-20211018" data-fig-type="NewsFlash" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">«vieille maladie française»</a>. Qu’est-ce que cette déclaration vous inspire?</p><p>À découvrir</p><p class="fig-paragraph">Henri GUAINO. - Que c’est tragique de ne pas avoir pris conscience de l’impasse démocratique dans laquelle nous sommes enfermés, en oubliant au passage la virulence avec laquelle son gouvernement fustigeait en 2019 la décision de la Cour de justice de l’Union européenne d’interdire <a href="https://www.lefigaro.fr/societes/2019/02/06/20005-20190206ARTFIG00103-bruxelles-rejette-comme-prevu-la-fusion-entre-alstom-et-siemens.php" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">la fusion entre Alstom et Siemens</a> et j’entends aujourd’hui le procès non moins virulent qu’il fait aux règles du marché européen de l’électricité.</p><p class="fig-paragraph">Est-ce réellement «une spécificité française»? Rappelons que, dans son fameux arrêt du 30 juin 2009, la Cour constitutionnelle fédérale allemande prévenait que «la République fédérale d’Allemagne ne reconnaît pas une primauté absolue d’application du droit de l’Union»…</p><p class="fig-paragraph">La Cour de Karlsruhe rappelle souvent que c’est le peuple allemand</p><p class="fig-premium-paywall__infos">Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 92% à découvrir.</p><p class="fig-premium-paywall__title">La liberté c’est aussi d’aller à la fin d’un débat.</p><p class="fig-premium-paywall__subtitle">Continuez à lire votre article pour 1€ le premier mois</p><p class="fig-premium-paywall__connect">Déjà abonné ? <a class="fig-premium-paywall__connect-link" href="https://connect.lefigaro.fr/login?client=horizon_web&amp;redirect_uri=https%3A%2F%2Fwww.lefigaro.fr%2Fvox%2Fsociete%2Fhenri-guaino-la-primaute-du-droit-europeen-est-une-impasse-democratique-20211026" data-js-gtm="{&quot;customCategorie&quot;: &quot;conversion&quot;, &quot;customAction&quot;: &quot;before_Landing_Connexion_paywall_auto&quot;, &quot;customLabel&quot;: &quot;bGVmaWdhcm8uZnJfXzAyOWMwOGUwLTM2N2MtMTFlYy1iNDMyLTU1MGQ5NWZmZTk2OF9fQXJ0aWNsZQ==_Henri Guaino: &#xAB;La primaut&#xE9; du droit europ&#xE9;en est une impasse d&#xE9;mocratique&#xBB;_64&quot;, &quot;customIDSPE&quot;: &quot;bGVmaWdhcm8uZnJfXzAyOWMwOGUwLTM2N2MtMTFlYy1iNDMyLTU1MGQ5NWZmZTk2OF9fQXJ0aWNsZQ==&quot;, &quot;event&quot;: &quot;customEventSPE&quot;}">Connectez-vous</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 30 Oct 2021 10:01:22 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[L&#039;assimilation, une idée selon Zemmour ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>28 octobre 2021#22</p><p>As-si-mi-la-tion&nbsp;! De plateaux t&eacute;l&eacute; en pr&eacute;campagne &eacute;lectorale, &Eacute;ric&nbsp;Zemmour mart&egrave;le sa&nbsp;conviction. Les&nbsp;personnes d&rsquo;origine &eacute;trang&egrave;re doivent se&nbsp;fondre compl&egrave;tement dans la&nbsp;culture fran&ccedil;aise. Mais d&rsquo;o&ugrave; vient cette&nbsp;id&eacute;e&nbsp;? A-t-elle toujours &eacute;t&eacute; de&nbsp;droite&nbsp;? C&rsquo;est quoi, au&nbsp;fond, l&rsquo;assimilation&nbsp;?</p><p>De quoi l&rsquo;assimilation est-elle le&nbsp;pr&eacute;nom&nbsp;? &nbsp;</p><p>Le premier crit&egrave;re de l&rsquo;assimilation, ce serait le&nbsp;pr&eacute;nom. &Eacute;ric Zemmour a&nbsp;reproch&eacute; &agrave;&nbsp;Rachida Dati d&rsquo;avoir appel&eacute; sa&nbsp;fille Zohra. &Agrave;&nbsp;la&nbsp;naissance du&nbsp;b&eacute;b&eacute;, Dati &eacute;tait ministre de&nbsp;la&nbsp;Justice de&nbsp;Sarkozy. Elle&nbsp;aurait d&ucirc; donner l&rsquo;exemple, c&rsquo;est-&agrave;-dire &agrave;&nbsp;la&nbsp;fois renoncer &agrave;&nbsp;sa&nbsp;double nationalit&eacute; marocaine et donner un&nbsp;pr&eacute;nom fran&ccedil;ais &agrave;&nbsp;sa&nbsp;fille, selon le pol&eacute;miste. De&nbsp;m&ecirc;me, en&nbsp;2018, dans une&nbsp;&eacute;mission de&nbsp;divertissement, <a href="https://youtu.be/xFZehICfmNk">Les&nbsp;Terriens du&nbsp;dimanche</a>, &Eacute;ric Zemmour sugg&egrave;re &agrave;&nbsp;la&nbsp;chroniqueuse Hapsatou Sy de se&nbsp;faire appeler &laquo;&nbsp;Corinne&nbsp;&raquo;. L&rsquo;ambiance sur le&nbsp;plateau semble d&eacute;tendue. Mais la&nbsp;jeune femme se&nbsp;sent offens&eacute;e par des&nbsp;propos coup&eacute;s au&nbsp;montage et porte plainte. &Agrave;&nbsp;ce&nbsp;jour, le&nbsp;diff&eacute;rend n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; tranch&eacute; par&nbsp;la&nbsp;justice.</p><p>Raison de plus pour nous en tenir &agrave;&nbsp;ce&nbsp;qui int&eacute;resse L&rsquo;Anti&Eacute;ditorial&nbsp;: les&nbsp;id&eacute;es, la&nbsp;profondeur de&nbsp;champ. Citons Zemmour sur le&nbsp;fond&nbsp;: &laquo;&nbsp;Depuis une&nbsp;loi de&nbsp;Bonaparte qui a&nbsp;malheureusement &eacute;t&eacute; abolie en&nbsp;1993 par les&nbsp;socialistes, on&nbsp;doit donner des&nbsp;pr&eacute;noms dans ce&nbsp;qu&rsquo;on appelle le&nbsp;calendrier, c&rsquo;est-&agrave;-dire les&nbsp;saints chr&eacute;tiens.&nbsp;&raquo; Autrement dit, ce&nbsp;n&rsquo;est peut-&ecirc;tre plus une&nbsp;obligation l&eacute;gale, mais c&rsquo;est plus que jamais un&nbsp;imp&eacute;ratif civique.</p><p>La loi du&nbsp;11&nbsp;germinal an&nbsp;XI &ndash;&nbsp;le&nbsp;1er&nbsp;avril&nbsp;1803&nbsp;&ndash; encadrait bel et bien les&nbsp;pr&eacute;noms, sans doute dans un&nbsp;souci d&rsquo;ordre plut&ocirc;t que d&rsquo;assimilation. Apr&egrave;s la&nbsp;cr&eacute;ativit&eacute; de la&nbsp;p&eacute;riode r&eacute;volutionnaire, Bonaparte siffle la&nbsp;fin de la&nbsp;r&eacute;cr&eacute;ation&nbsp;: &laquo;&nbsp;Les&nbsp;noms en&nbsp;usage dans les&nbsp;diff&eacute;rents calendriers, et ceux des&nbsp;personnages connus de&nbsp;l&rsquo;histoire ancienne, pourront seuls &ecirc;tre re&ccedil;us, comme pr&eacute;noms sur les&nbsp;registres de l&rsquo;&eacute;tat civil destin&eacute;s &agrave;&nbsp;constater la&nbsp;naissance des&nbsp;enfants&nbsp;; et il&nbsp;est interdit aux&nbsp;officiels publics d&rsquo;en admettre aucun autre dans leurs&nbsp;actes.&nbsp;&raquo; Vous&nbsp;aurez not&eacute; que Bonaparte parle de&nbsp;&laquo;&nbsp;diff&eacute;rents calendriers&nbsp;&raquo;, au&nbsp;pluriel, et de&nbsp;&laquo;&nbsp;personnages connus de&nbsp;l&rsquo;histoire ancienne&nbsp;&raquo;, pas de&nbsp;&laquo;&nbsp;saints chr&eacute;tiens&nbsp;&raquo;. Germinal, par&nbsp;exemple, est un&nbsp;pr&eacute;nom tir&eacute; du&nbsp;calendrier r&eacute;volutionnaire. Olympe, un&nbsp;pr&eacute;nom tir&eacute; de&nbsp;l&rsquo;histoire ancienne.</p><p>Le mod&egrave;le Clermont-Tonnerre</p><p>Mais au fond, peu importe. La&nbsp;question des&nbsp;pr&eacute;noms sert de&nbsp;carburant pour imposer une&nbsp;probl&eacute;matique plus&nbsp;vaste. Dans son&nbsp;d&eacute;bat avec Jean-Luc M&eacute;lenchon, &Eacute;ric Zemmour l&rsquo;explique d&rsquo;ailleurs clairement&nbsp;: &laquo;&nbsp;L&rsquo;assimilation, &ccedil;a&nbsp;veut dire faire sienne l&rsquo;histoire de&nbsp;France, la&nbsp;culture fran&ccedil;aise, les&nbsp;m&oelig;urs fran&ccedil;aises.&nbsp;&raquo; Alors que les&nbsp;identit&eacute;s individuelles et culturelles auraient pris le&nbsp;dessus sur l&rsquo;identit&eacute; nationale, il&nbsp;milite pour le&nbsp;retour d&rsquo;une&nbsp;&laquo;&nbsp;France une et indivisible&nbsp;&raquo;. La&nbsp;crise du&nbsp;mod&egrave;le assimilationniste serait au&nbsp;c&oelig;ur du&nbsp;&laquo;&nbsp;d&eacute;clin fran&ccedil;ais&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Celui qui n&rsquo;a pas connu la&nbsp;France d&rsquo;avant le&nbsp;regroupement familial ne sait pas ce&nbsp;qu&rsquo;est le&nbsp;bonheur d&rsquo;une&nbsp;assimilation r&eacute;ussie&nbsp;&raquo;, &eacute;crit-il dans son livre La&nbsp;France n&rsquo;a pas dit son&nbsp;dernier mot. Contre cela, il&nbsp;faudrait notamment bannir le&nbsp;droit du&nbsp;sol, qui permet d&rsquo;obtenir la&nbsp;nationalit&eacute; fran&ccedil;aise par la&nbsp;naissance, quand on&nbsp;est n&eacute; en&nbsp;France de&nbsp;parents&nbsp;&eacute;trangers.</p><p>Dans son d&eacute;bat avec Jean-Luc M&eacute;lenchon, &Eacute;ric Zemmour rappelle qu&rsquo;il&nbsp;s&rsquo;agit d&rsquo;un&nbsp;&laquo;&nbsp;vieux mot r&eacute;publicain&nbsp;&raquo;. Ce n&rsquo;est pas&nbsp;faux. Il&nbsp;est d&rsquo;ailleurs marqu&eacute; par le&nbsp;progressisme et l&rsquo;id&eacute;alisme de&nbsp;son&nbsp;temps, et aussi par l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;une&nbsp;sup&eacute;riorit&eacute; culturelle, civilisationnelle&nbsp;m&ecirc;me.</p><p>C&rsquo;est cette&nbsp;logique qui pr&eacute;valait dans l&rsquo;administration coloniale lorsque les&nbsp;&laquo;&nbsp;sujets des&nbsp;colonies&nbsp;&raquo; (les&nbsp;habitants locaux) voulaient acc&eacute;der au&nbsp;statut de&nbsp;citoyen fran&ccedil;ais. La&nbsp;sociologue Laure Bl&eacute;vis a&nbsp;&eacute;tudi&eacute; <a href="https://www.cairn.info/revue-geneses-2003-4-page-25.htm">les&nbsp;dossiers de&nbsp;demande de&nbsp;naturalisation des&nbsp;&laquo;&nbsp;sujets fran&ccedil;ais&nbsp;&raquo; d&rsquo;Alg&eacute;rie</a>. Elle&nbsp;note que les&nbsp;candidats s&eacute;lectionn&eacute;s devaient &ecirc;tre monogames, m&eacute;ritants et loyaux politiquement. Ils&nbsp;devaient parler fran&ccedil;ais et fr&eacute;quenter les&nbsp;Fran&ccedil;ais. Il&nbsp;&eacute;tait bien vu qu&rsquo;ils&nbsp;soient convertis au&nbsp;catholicisme.&nbsp;</p><p>L&rsquo;assimilation est la&nbsp;condition de&nbsp;la&nbsp;citoyennet&eacute;, pas sa&nbsp;cons&eacute;quence. Elle&nbsp;est un&nbsp;devoir, pas un&nbsp;droit. Elle&nbsp;est accord&eacute;e aux&nbsp;individus, pas aux&nbsp;familles ou aux&nbsp;communaut&eacute;s. On&nbsp;peut citer le&nbsp;fameux mot du&nbsp;comte de&nbsp;Clermont-Tonnerre en&nbsp;1789&nbsp;: &laquo;&nbsp;Il&nbsp;faut tout refuser aux&nbsp;Juifs comme nation et accorder tout aux&nbsp;Juifs comme individus.&nbsp;&raquo; &Eacute;l&eacute;ment fondamental&nbsp;: le&nbsp;d&eacute;put&eacute; monarchiste plaidait ainsi pour l&rsquo;octroi de&nbsp;la&nbsp;citoyennet&eacute; fran&ccedil;aise aux&nbsp;juifs, contre ceux qui voulaient la&nbsp;leur&nbsp;refuser.</p><p>Citons encore Clermont-Tonnerre, parlant des&nbsp;juifs&nbsp;: &laquo;&nbsp;Il&nbsp;faut qu&rsquo;ils&nbsp;ne&nbsp;fassent dans l&rsquo;&Eacute;tat ni&nbsp;un&nbsp;corps politique ni&nbsp;un&nbsp;ordre&nbsp;; il&nbsp;faut qu&rsquo;ils&nbsp;soient individuellement citoyens. Mais, me&nbsp;dira-t-on, ils&nbsp;ne&nbsp;veulent pas l&rsquo;&ecirc;tre. Eh&nbsp;bien&nbsp;! S&rsquo;ils&nbsp;veulent ne&nbsp;l&rsquo;&ecirc;tre&nbsp;pas, qu&rsquo;ils&nbsp;le&nbsp;disent, et&nbsp;alors, qu&rsquo;on&nbsp;les&nbsp;bannisse. Il&nbsp;r&eacute;pugne qu&rsquo;il&nbsp;y&nbsp;ait dans&nbsp;l&rsquo;&Eacute;tat une&nbsp;soci&eacute;t&eacute; de&nbsp;non-citoyens et une&nbsp;nation dans la&nbsp;nation.&nbsp;&raquo;</p><p>Mais plus que la&nbsp;R&eacute;volution ou le&nbsp;Consulat, c&rsquo;est la&nbsp;Troisi&egrave;me&nbsp;R&eacute;publique qui est vue comme l&rsquo;&acirc;ge d&rsquo;or de&nbsp;l&rsquo;assimilation fran&ccedil;aise. Le&nbsp;mod&egrave;le est tr&egrave;s efficace, mais il&nbsp;se&nbsp;fait par la&nbsp;force, et parce que l&rsquo;&Eacute;tat est tout-puissant. Le&nbsp;service militaire et l&rsquo;&eacute;cole publique, la&iuml;que et obligatoire deviennent des&nbsp;vecteurs d&eacute;terminants, y&nbsp;compris contre les&nbsp;petits Bretons que l&rsquo;on contraint &agrave;&nbsp;renoncer &agrave;&nbsp;leur&nbsp;langue maternelle, sans quoi ils&nbsp;ne&nbsp;sont pas vraiment&nbsp;Fran&ccedil;ais.</p><p>Pour Fernand Braudel, &laquo;&nbsp;l&rsquo;assimilation a&nbsp;&eacute;t&eacute; la&nbsp;cl&eacute; d&rsquo;une&nbsp;int&eacute;gration sans douleur de&nbsp;ces&nbsp;immigr&eacute;s qui se&nbsp;sont vite confondus dans les&nbsp;t&acirc;ches et les&nbsp;replis de&nbsp;notre&nbsp;civilisation tandis que leurs&nbsp;cultures d&rsquo;origine ont&nbsp;apport&eacute; une&nbsp;nuance de&nbsp;plus &agrave;&nbsp;notre&nbsp;culture&nbsp;complexe.&nbsp;&raquo; Les&nbsp;historiens contemporains sont parfois moins enthousiastes. <a href="https://parolesdhistoire.fr/index.php/2018/10/03/22-histoire-populaire-de-la-france-avec-gerard-noiriel-et-philippe-olivera/">G&eacute;rard Noiriel raconte toutefois une&nbsp;p&eacute;riode plus&nbsp;chaotique qu&rsquo;on&nbsp;ne la pr&eacute;sente parfois.</a> Les&nbsp;mineurs polonais sont parfois jug&eacute;s inassimilables. Citons aussi les&nbsp;&eacute;meutes anti-italiennes de&nbsp;Marseille, en&nbsp;1881, apr&egrave;s que des&nbsp;Italiens auraient siffl&eacute; des&nbsp;soldats qui chantaient la&nbsp;Marseillaise.</p><p>&nbsp;</p><p>Que dit la&nbsp;loi&nbsp;?</p><p>Mais l&rsquo;assimilation, ce n&rsquo;est pas seulement une&nbsp;id&eacute;e, une&nbsp;possibilit&eacute;, une&nbsp;option &agrave;&nbsp;discuter, un&nbsp;truc du&nbsp;pass&eacute; un&nbsp;peu fantasm&eacute;. En&nbsp;th&eacute;orie au&nbsp;moins, c&rsquo;est la&nbsp;loi. Ouvrons le&nbsp;Code civil, lisons l&rsquo;article&nbsp;21-24&nbsp;: &laquo;&nbsp;Nul ne peut &ecirc;tre naturalis&eacute; s&rsquo;il&nbsp;ne&nbsp;justifie de&nbsp;son&nbsp;assimilation &agrave;&nbsp;la&nbsp;communaut&eacute; fran&ccedil;aise, notamment par une&nbsp;connaissance suffisante, selon sa&nbsp;condition, de&nbsp;la&nbsp;langue, de&nbsp;l&rsquo;histoire, de&nbsp;la&nbsp;culture et de&nbsp;la&nbsp;soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aises, dont le&nbsp;niveau et les&nbsp;modalit&eacute;s d&rsquo;&eacute;valuation sont fix&eacute;s par d&eacute;cret en&nbsp;Conseil d&rsquo;&Eacute;tat, et des&nbsp;droits et devoirs conf&eacute;r&eacute;s par la&nbsp;nationalit&eacute; fran&ccedil;aise ainsi que par l&rsquo;adh&eacute;sion aux&nbsp;principes et aux&nbsp;valeurs essentiels de la&nbsp;R&eacute;publique.&nbsp;&raquo; La&nbsp;R&eacute;publique fait donc de l&rsquo;assimilation une&nbsp;condition n&eacute;cessaire pour&nbsp;obtenir la&nbsp;nationalit&eacute; fran&ccedil;aise.</p><p>Fait significatif, cet&nbsp;article du&nbsp;Code civil a&nbsp;&eacute;t&eacute; r&eacute;guli&egrave;rement pr&eacute;cis&eacute;, renforc&eacute;. Certains diront peut-&ecirc;tre qu&rsquo;on&nbsp;l&rsquo;a&nbsp;alourdi. En&nbsp;1993, l&rsquo;unique crit&egrave;re &eacute;tait la&nbsp;ma&icirc;trise de&nbsp;&laquo;&nbsp;la&nbsp;langue fran&ccedil;aise&nbsp;&raquo;. Dix&nbsp;ans plus&nbsp;tard, en&nbsp;2003, on&nbsp;y&nbsp;ajoute la&nbsp;connaissance &laquo;&nbsp;des&nbsp;droits et devoirs conf&eacute;r&eacute;s par la&nbsp;nationalit&eacute;&nbsp;fran&ccedil;aise.&nbsp;&raquo;</p><p>La loi a &eacute;t&eacute; encore renforc&eacute;e en&nbsp;2011. On&nbsp;y&nbsp;a ajout&eacute; un&nbsp;nouvel alin&eacute;a. &laquo;&nbsp;&Agrave;&nbsp;l&rsquo;issue du&nbsp;contr&ocirc;le de son&nbsp;assimilation, l&rsquo;int&eacute;ress&eacute; signe la&nbsp;charte des&nbsp;droits et devoirs du&nbsp;citoyen fran&ccedil;ais. Cette&nbsp;charte, approuv&eacute;e par d&eacute;cret en&nbsp;Conseil d&rsquo;&Eacute;tat, rappelle les&nbsp;principes, valeurs et symboles essentiels de&nbsp;la&nbsp;R&eacute;publique fran&ccedil;aise.&nbsp;&raquo; Le&nbsp;mot-cl&eacute;, ici, c&rsquo;est &laquo;&nbsp;contr&ocirc;le&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est bien le&nbsp;signe que l&rsquo;assimilation ne va pas de&nbsp;soi. La&nbsp;personne qui demande la&nbsp;nationalit&eacute; fran&ccedil;aise est d&eacute;sormais inspect&eacute;e, pour ne pas dire suspect&eacute;e, avant d&rsquo;&ecirc;tre&nbsp;respect&eacute;e.</p><p>L&rsquo;assimilation dans l&rsquo;Histoire</p><p>Pour Patrick Simon, sociod&eacute;mographe &agrave;&nbsp;l&rsquo;Institut national d&rsquo;&eacute;tudes d&eacute;mographiques (INED), <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2016/11/11/integration-ou-assimilation-une-histoire-de-nuances_5029629_3232.html">l&rsquo;assimilation, c&rsquo;est comme la&nbsp;digestion</a>&nbsp;: &laquo;&nbsp;Le&nbsp;corps social et les&nbsp;institutions sont cens&eacute;s dig&eacute;rer les&nbsp;nouveaux venus et les&nbsp;transformer en&nbsp;Fran&ccedil;ais. Le&nbsp;but est qu&rsquo;ils&nbsp;ne soient plus rep&eacute;rables dans la&nbsp;structure sociale, que leurs&nbsp;sp&eacute;cificit&eacute;s culturelles, religieuses ou sociales disparaissent afin qu&rsquo;ils&nbsp;deviennent semblables en&nbsp;tout&nbsp;point aux&nbsp;Fran&ccedil;ais.&nbsp;&raquo;</p><p>Or aujourd&rsquo;hui, la&nbsp;digestion semble difficile. Le&nbsp;concept d&rsquo;assimilation, promu d&rsquo;abord par la&nbsp;gauche r&eacute;publicaine, a&nbsp;fait consensus jusqu&rsquo;aux&nbsp;mouvements de&nbsp;d&eacute;colonisation. Mais le&nbsp;concept d&rsquo;int&eacute;gration l&rsquo;a remplac&eacute; peu&nbsp;&agrave;&nbsp;peu. Moins radicale, l&rsquo;int&eacute;gration ne&nbsp;visait plus &agrave;&nbsp;supprimer les&nbsp;diff&eacute;rences, mais &agrave; les int&eacute;grer dans un&nbsp;projet de&nbsp;soci&eacute;t&eacute; commun. Les&nbsp;immigr&eacute;s doivent faire un&nbsp;pas vers les&nbsp;Fran&ccedil;ais, et la&nbsp;soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise, un&nbsp;pas vers&nbsp;eux. Le&nbsp;multiculturalisme est en&nbsp;vogue. Les&nbsp;diff&eacute;rences sont enrichissantes. C&rsquo;est la&nbsp;fameuse France &laquo;&nbsp;black-blanc-beur&nbsp;&raquo; de la&nbsp;Coupe du&nbsp;monde de&nbsp;football, celle&nbsp;de&nbsp;1998.</p><p>Or depuis le d&eacute;but des&nbsp;ann&eacute;es&nbsp;2000, on&nbsp;assiste &agrave;&nbsp;un&nbsp;retour du&nbsp;concept d&rsquo;assimilation, notamment via des&nbsp;controverses sur&nbsp;l&rsquo;islam et sur&nbsp;l&rsquo;immigration. Nicolas Sarkozy, pendant la&nbsp;campagne &eacute;lectorale pr&eacute;sidentielle en&nbsp;2016, disait que l&rsquo;assimilation n&rsquo;&eacute;tait &laquo;&nbsp;pas une&nbsp;possibilit&eacute; offerte &agrave;&nbsp;ceux qui choisissent la&nbsp;France, elle&nbsp;doit &ecirc;tre une&nbsp;condition &agrave;&nbsp;tout s&eacute;jour de&nbsp;longue dur&eacute;e et &agrave;&nbsp;toute&nbsp;naturalisation&nbsp;&raquo;. Et <a href="https://www.i24news.tv/fr/actu/france/1623009408-une-france-fracturee-manuel-valls-sera-le-premier-leader-de-la-gauche-a-remettre-les-choses-en-place-avec-jean-pierre-chevenement-luc-ferry-dans-elie-sans-interdit">pour Manuel Valls</a>, n&eacute; en&nbsp;Espagne et naturalis&eacute; fran&ccedil;ais, &laquo;&nbsp;on&nbsp;n&rsquo;est pas fran&ccedil;ais par&nbsp;le&nbsp;sang, mais par&nbsp;l&rsquo;assimilation&nbsp;&raquo;.&nbsp;Pour &ecirc;tre fran&ccedil;ais, il&nbsp;ne suffit pas d&rsquo;&ecirc;tre n&eacute;&nbsp;fran&ccedil;ais, il&nbsp;faut vouloir l&rsquo;&ecirc;tre.&nbsp;</p><p>Assimilation contre int&eacute;gration&nbsp;: les&nbsp;deux&nbsp;mod&egrave;les successifs sont d&eacute;sormais en&nbsp;comp&eacute;tition. La&nbsp;campagne d&rsquo;&Eacute;ric Zemmour, apr&egrave;s celles de Nicolas Sarkozy, semble indiquer que le&nbsp;mod&egrave;le assimilationniste reprend id&eacute;ologiquement le&nbsp;dessus. Ce&nbsp;d&eacute;bat d&rsquo;id&eacute;es sera au&nbsp;c&oelig;ur de&nbsp;la&nbsp;pr&eacute;sidentielle.</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
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	<pubDate>Sat, 23 Oct 2021 10:12:28 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/726/23-octobre-1941-il-y-a-80-ans</link>
	<title><![CDATA[23 octobre 1941 (il y a 80 ans)]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Le Général de Gaulle tance Pétain et demande aux Résistants de cesser les actions violentes.</p>

<p>Après les attentats perpétrés  à Nantes et bordeaux, le général De Gaulle, chef de la France libre  fait un discours au micro de  la BBC au cours duquel il demande aux résistants français de cesser pour l’heure les actions violentes contre les troupes d’occupation, pour empêcher les représailles impitoyables de l’Occupant.  </p>

<p>« Nous savions bien que l’Allemand est l’Allemand. Nous ne doutions pas de sa haine ni de sa férocité. Nous étions certains que ce peuple déséquilibré ne contraindrait pas longtemps sa nature et qu’il irait tout droit au crime à la première crise de peur ou de colère.</p>

<p>Parce que deux des bourreaux de la France ont été abattus à Nantes et à Bordeaux au beau milieu de leurs canons, de leurs chars et de leurs mitrailleuses par quelques courageux garçons, l’ennemi prend au hasard, à Paris, à Lille, à Strasbourg, 100, 200, 300 Français et les massacre. Naturellement, les malheureux qui, à Vichy, s’épouvantent eux-mêmes des horreurs qu’ils ont causées par leur capitulation, se répandent en imprécations, non point du tout contre l’ennemi, mais contre ceux qui le frappent. Nous avons entendu hier la voix tremblante du vieillard que ces gens ont pris comme enseigne, qualifier de  » crime sans nom  » l’exécution de deux des envahisseurs.</p>

<p>Dans cette phase terrible de sa lutte contre l’ennemi, il faut que le peuple français reçoive un mot d’ordre. Ce mot d’ordre, je vais le lui donner. Il vient du Comité National Français qui dirige la nation dans sa résistance. Voici ! Il est absolument normal et il est absolument justifié que les Allemands soient tués par les Français. Si les Allemands ne voulaient pas recevoir la mort de nos mains, ils n’avaient qu’à rester chez eux et ne pas nous faire la guerre. Tôt ou tard, d’ailleurs, ils sont tous destinés à être abattus, soit par nous, soit par nos alliés.</p>

<p>Ceux d’entre eux qui tombent en ce moment sous le fusil, le revolver ou le couteau des patriotes ne font que précéder de peu tous les autres dans la mort. Du moment qu’après deux ans et deux mois de batailles ils n’ont pas réussi à réduire l’univers, ils sont sûrs de devenir chacun, et bientôt, un cadavre ou au moins un prisonnier. Mais il y a une tactique à la guerre. La guerre des Français doit être conduite par ceux qui en ont la charge, c’est-à-dire par moi-même et par le Comité national. Il faut que tous les combattants, ceux du dedans comme ceux du dehors, observent exactement la consigne. Or, actuellement, la consigne que je donne pour le territoire occupé, c’est de ne pas y tuer ouvertement d’Allemands. Cela, pour une seule mais très bonne raison, c’est qu’il est, en ce moment, trop facile à l’ennemi de riposter par le massacre de nos combattants momentanément désarmés. Au contraire, dès que nous serons en mesure de passer à l’attaque, vous recevrez les ordres voulus ».</p>

<p>De Gaulle en termine par une charge argumentée contre le régime de Vichy : « Jusque-là, patience, préparation, résolution. Cependant, pour pouvoir attaquer dans de bonnes conditions, il faut définitivement arracher toute autorité aux collaborateurs de l’ennemi. Vichy qui a livré nos armes, Vichy qui interdit à la flotte et à l’Empire de bouger, sauf pour combattre les Français et leurs alliés, Vichy qui collabore avec les assassins, Vichy qui tient les mains de la France pendant que l’ennemi l’égorge, doit rencontrer dans tous les domaines l’opposition complète et incessante du peuple français. Jusqu’à ce que la justice nationale ait pu s’abattre sur Vichy, tout ce qui est de Vichy n’a droit qu’au mépris public, à commencer, bien entendu, par le principal responsable du désastre militaire, de l’Armistice déshonorant et du malheur de la France : le Père-la-Défaite de Vichy ».</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/716/bon-ou-mauvais-mon-pays</guid>
	<pubDate>Sun, 19 Sep 2021 20:14:58 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/716/bon-ou-mauvais-mon-pays</link>
	<title><![CDATA[Bon ou mauvais, mon pays !]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Alors que la France se remet à peine du camouflet infligé par les <a href="https://lesfrancais.press/le-crime-de-monsieur-trump-et-autres-trahisons/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Etats-Unis</a> et l’Australie (bien aidés par nos voisins d’outre-Manche) et de la <a href="https://lesfrancais.press/laffaire-des-sous-marins-australiens-tourne-a-la-crise-ouverte-entre-paris-et-washington/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">perte d’un contrat signé</a> de plusieurs dizaines de milliards qui visait à fournir des sous-marins à l’Australie, il est temps de jeter un œil aux réseaux sociaux.</p><p></p>
<p>La cohorte de spécialistes frappe encore !</p>
<p>Comme il est de coutume désormais, après la génération spontanée de virologues et d’épidémiologistes née avec le Covid, on a bien entendu observé une cohorte de spécialistes en contrat d’armement et en sous-marins qui nous affirmaient que c’était bien fait pour nous, que Macron avait été mauvais, que la France n’était plus respectée etc. etc.</p><p>Tous ces gens, qui se sont gaussés de la perte de 50 milliards pour notre pays en versant dans l’antimacronisme de base ont pourtant le même passeport que moi. Ils sont Français.</p><p>Alors si l’on peut comprendre que critiquer le gouvernement soit un sport national, que dénigrer le pays soit aussi quelque chose de très français, il y a une chose que nous, Francais de l’étranger, ne devons jamais oublier.</p><p>C’est que lorsque la France est attaquée, trahie par ses alliés, peu importe la raison : nous devons être capable de solidarité. Et si l’on n’en est pas capables, le mieux est de s’abstenir de poster sur les réseaux sociaux car au vu de l’état des commentaires émis par nos compatriotes, aucune puissance étrangère n’a intérêt à payer des trolls pour dire du mal de notre pays : nous le faisons gratuitement !</p>
<p>Trahison de nos alliés</p>
<p>Je suis le premier à maudire le gouvernement parfois, mais dans un cas comme cette trahison de nos alliés, j’ai aussi tendance à penser à tous ceux qui sont des acteurs de l’influence française et qui se heurtent à armes inégales aux anglo-saxons.</p><p>Je pense aux profs des Alliances Françaises qui jour après jour mettent en avant notre langue face au mastodonte du British Council et à de multiples acteurs anglo-saxons privés.</p><p>Je pense aux proviseurs des lycées français AEFE et MLF, en première ligne pour perpétuer un système scolaire original face à la déferlante des acteurs promouvant la langue de Shakespeare.</p><p>Je pense à moi, petit directeur de la petite <a href="https://www.agu.edu.bh/en/Academics/FABS" target="_blank" rel="noreferrer noopener">French Arabian Business School</a>, qui tente d’imposer notre excellence française en matière d’enseignement supérieur, et à tous ceux qui d’Abu Dhabi à Shanghai doivent contrer au quotidien les assauts de nos concurrents américains.</p><p>Je pense évidemment à tous les représentants économiques de notre petit pays, disséminés partout dans le monde, qui se battent contre l’hégémonie pour montrer le drapeau de temps en temps…</p><p>Oui, la France ne se limite pas à l’hexagone et à l’outre-mer. La défense des intérêts français face à une forme d’impérialisme culturel anglo-saxon est l’affaire des milliers de français, partout dans le monde.</p><p>Ces Français se sont pris une claque avec l’affaire des sous-marins, et lorsqu’ils consultent les réseaux sociaux, qu’ils lisent cette vague de dénigrement venant de leurs compatriotes, pensez-vous vraiment qu’ils se sentent encouragés ? Pensez-vous que la prof de français à Riyad, qui vient de convaincre une gamine saoudienne d’apprendre le français et de s’imprégner de notre culture est heureuse quand des sachants lui expliquent, confortablement derrière leurs écran, que son action ne sert à rien ? Qu’elle ne sait pas s’y prendre ?</p><p>Les anglais ont une expression, que je n’écrirais pas dans leur langue, qui dit « bon ou mauvais : mon pays ». C’est très clair : jamais il ne faut dénigrer son pays à l’étranger, même quand celui-ci se plante manifestement.</p><p>Sans aller jusque-là, un minimum de cohésion et de sentiment patriotique devrait tous nous animer quand notre pays se trouve ainsi déshonoré. Pensez aussi à ceux qui travaillent pour la France, partout dans le monde avant de poster n’importe quoi.</p><p></p>
<p>Arnaud Lacheret<br />Arnaud Lacheret</p>
<p>Docteur en science politique, Associate Professor à l’Arabian Gulf University de Bahreïn où il dirige la French Arabian Business School, partenaire de l’Essec dans le Golfe. Il est l’auteur de « <a href="https://www.amazon.fr/femme-est-lavenir-Golfe-modernit%C3%A9/dp/2356877495" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La femme est l’avenir du Golfe</a> » paru aux éditions Le Bord de l’Eau. Il occupa des postes de conseil auprès des élus en mairie et à l’Assemblée nationale.</p>
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