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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de France]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Tue, 22 Jun 2021 04:32:14 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[[CONVERSATION] Marc Eichinger : “J’ai la preuve indiscutable que le Qatar s’est payé un secrétaire d’État français pour 260 000 euros, une misère”]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Portail de l’IE (PIE) : Vous êtes critiqué pour partager des informations avec d’autres services de renseignement que la DGSE, vous dites avoir été fatigué par le fait que ça n'aboutissait jamais, quel a été le déclencheur?</p><p>Marc Eichinger : En un mot : l'efficacité. La DGSE n’a pas les mêmes moyens que le FBI par exemple, elle ne joue pas dans la même division. Le FBI c’est <a href="https://nsarchive2.gwu.edu/NSAEBB/NSAEBB386/">35 000 agents</a> qui ont un tronc commun de formation exigeant. La DGSE c’est quoi? 7000 personnes? Un concours pour des gens de Sciences-po? Et puis la DGSE n’a pas vocation à diffuser l’information. Exemple : les <a href="https://www.blast-info.fr/articles/2021/qatar-connection-les-documents-qui-visent-carla-bruni-sarkozy-bhl-et-laurent-platini-9HQJ-w4kRFqJW-NRLEYWvg">“Qatar leaks”</a> ce sont des informations qui ont une portée historique, les victimes se comptent par dizaines de milliers dans beaucoup de pays, en Israël, en Syrie, en Libye, les victimes d’attentats, au Sahel… Cela doit-être connu des agences qui ont les moyens de détruire les circuits de financement du terrorisme et ce n’est pas la cas de la DGSE malheureusement. </p><p>PIE: D’ailleurs pourquoi la DGSE s’est adressé à vous à l’origine?</p><p>Marc Eichinger : J’ai commencé à travailler pour eux parce que j’avais des capacités différentes des autres : c'est-à-dire pouvoir faire une analyse financière et tenir une kalash (rires). J’accepte aussi le fait de vivre comme un chien. Il m’est arrivé de vivre dans une vieille baraque de chantier chinoise pendant 3 mois ou encore une forteresse en ruine à Kirkuk. Il faut savoir vivre comme son adversaire, il souffre de la pauvreté, alors apprenez à avoir faim comme lui.</p><p>PIE : Vous avez dit que l'intelligence économique n'existait pas, pourquoi?</p><p>Marc Eichinger : Parce que c'est du renseignement et rien d'autre, une mauvaise traduction de l’anglais. Je peux vous dire que si vous vous faites remarquer en Jordanie, qui est un pays plutôt "cool", à accumuler des informations sur des entreprises, vous êtes arrêté de suite. Allez leur dire “non, je fais de l’IE” (rires). D’ailleurs, les gens ne font pas la différence et c’est normal, si vous allez en “centraf” (Centrafrique, NDLR) vous deviendrez une sorte de barbouze pour tout le monde même si vous faites du renseignement en boulangerie!</p><p dir="ltr">D’autant plus que, de par mon expérience, dans certaines sociétés d’IE bien précises, beaucoup font de la corruption ! Souvent la “business diplomacy” en général, malheureusement ce n’est rien d’autre que de la corruption ! Une fois, j'ai été appelé par un parlementaire britannique qui avait “oublié” de déclarer un actif au Kazakhstan. Je suis passé par un cabinet d’IE pour “régler” le problème. On peut suivre la corruption via certaines boites d’IE sans grande difficulté.</p><p>PIE: Cette mauvaise définition est-elle symptomatique d'un manque de reconnaissance ?</p><p>Marc Eichinger : Tout à fait, c’est symptomatique de cette fausse pudeur qui existe en France, un manque de courage pour dire les choses. Le renseignement français a mauvaise réputation, peut-être à raison après tout, il faudrait se poser la question du pourquoi. En tout cas il n’y a pas de reconnaissance c’est certain! En Israël, ce sont des stars, ils sont appelés les “<a href="https://lire.la-bible.net/archives/moise-envoie-douze-espions-en-canaan">princes</a>”, en France c’est des riens du tout. En même temps si c’est pour in fine travailler pour Bolloré, Dassault et pas le service de l’Etat, qui est motivé ?</p><p>PIE: Pourquoi les SR français ne sont-ils pas au même niveau de reconnaissance selon vous?</p><p>Marc Eichinger : Il y a en France un manque de culture du renseignement et de <a href="https://www.challenges.fr/supersonique/defense/plf-2020-les-perles-du-rapport-cornut-gentille/">moyens</a> qui est indécent. Déjà au plus haut niveau quelque chose ne va pas! Il n’y a aucune volonté de rendre compte devant le Parlement. Notre <a href="https://www.defense.gouv.fr/portail/ministere/organisation-du-ministere-des-armees/organisation-des-pouvoirs-en-matiere-de-defense-et-de-securite">Constitution</a> permet au Président de faire tout ce qu’il veut en matière de Défense, il n’y a pas de contre-pouvoir. De mon point de vue , les services finissent par ne plus travailler pour le contribuable mais pour un homme et ses amis. </p><p>A propos du renseignement français, en ce moment, c’est la grande mode du cyber : tout le monde veut en faire mais personne n’en fait. Les agences françaises sont éclatées en plusieurs entités aux budgets ridicules. Comment faire du cyber avec des moyens aussi faibles et divisés? La <a href="https://www.performance-publique.budget.gouv.fr/sites/performance_publique/files/farandole/ressources/2020/pap/html/DBGPGMPRESCREDPGM144.htm">DRSD</a>, c’est 1500 personnes et 15 millions d’euros de dépense de fonctionnement, dans l’affaire <a href="https://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/uramin-areva-et-lauvergeon_1762669.html">Uramin</a>, j’ai vu un géologue d’Areva toucher 14 millions, c’est ridicule (rires)! J'en ai rencontré, ce sont des gens compétents mais que peuvent-ils faire avec si peu de moyens? Pour l'opération Geronimo c'est budget no-limit pour les Américains. En France ils se battent avec des bouts de ficelles.</p><p>Et puis qu’est ce qu’on sait faire quand on sort d’un service de renseignement français? Par exemple, le milieu britannique a des défauts, c’est une sorte d’aristocratie, d’entre soi, mais il y a une vraie reconnaissance du privé. En France, ils font quoi quand ils en sortent les analystes, quelles sont leurs compétences?</p><p>PIE: À quel niveau de maturité économique sommes-nous en France par rapport aux Anglo-Saxons selon vous?</p><p>Marc Eichinger : Le niveau de culture économique en France est risible. J’ai l’impression qu’il y a une vraie volonté de ne pas voir les choses. Un seul exemple : ceux qui se glosent sur la vente de Rafales… Quand on vend des Rafales à l'Egypte, il y a un problème de solvabilité : les Rafales vendus sont garantis par le contribuable français (via le Trésor Public) et l’Egypte a une dette qui est tout simplement <a href="https://fr.countryeconomy.com/gouvernement/dette/egypte">irremboursable</a>! Nous avons fait un cadeau à L’Egypte, pas une vente. Et combien de commissions là-dessus ?</p><p>PIE : Pourquoi selon vous un tel éclatement des entités publiques anti-corruption et compliance en France ?</p><p>Marc Eichinger : De mon point de vue c’est évidemment voulu, c’est le principe du diviser pour mieux régner. Pour bien comprendre les choses, il faut savoir qu’une grosse affaire financière dure entre 10 et 15 ans, voire <a href="https://www.marianne.net/societe/police-et-justice/proces-balladur-apres-la-condamnation-des-bras-droits-les-ministres-epargnes">plus</a>. Les magistrats changent de ressort bien avant, ils n'ont pas la possibilité de suivre une affaire en entier. Et puis c’est bien connu : pour “pourrir” une affaire la Chancellerie refourgue au juge un peu trop regardant un nombre insensé d’autres dossiers pour le noyer. </p><p>Il faut une réforme de la Justice.  L’indépendance de la Justice devrait être totale! En France, si tu es pauvre, c’est <a href="https://www.lemonde.fr/ete-2007/article/2006/07/11/l-affaire-saint-aubin-le-mystere-du-camion-fantome_794328_781732.html">terminé</a>! Au moins aux États-Unis, même si c’est compliqué c’est possible d’avoir gain de cause car la Justice est réellement indépendante : par exemple le FBI peut enquêter sur un Président en exercice. </p><p>PIE: La réorganisation des services viendra-t-elle du monde politique ?</p><p>Marc Eichinger : Pourquoi les services de police français anti-corruption ne sont pas centralisés ? C’est tout simplement absurde! De mon point de vue le problème c’est que les politiques sont corrompus, cela paie très bien la politique ! J’ai la preuve indiscutable que le Qatar s’est payé un secrétaire d’Etat français pour 260 000 euros, une misère. Pourquoi a-t-on plus de 30 ministres ? il y en a 7 en Suisse et cela marche très bien. La Belgique a très bien survécu sans gouvernement (rires). <a href="https://www.challenges.fr/politique/les-comptes-de-lassemblee-nationale-derapent-dans-le-rouge_769396">Pourquoi</a> 577 députés ? Aux États-Unis la totalité du Congrès, donc des deux chambres compte 535 élus en tout. C’est moins que notre seule Chambre des Députés et ça marche très bien ! Je pense que voir des individus comme Benjamin Griveaux, qui a été député, porte-parole, candidat à la mairie de Paris, qui redevient député cela rend les gens amères. A quoi servait cet homme ? Idem, M. Bayrou, qui considère que 4000 euros par mois c’est le salaire de la classe moyenne, que fait-il au commissariat au Plan ? La France a-t-elle une économie soviétique ? A l’instar de nos haut-commissaires quel chef d’entreprise gagne 14 000 euros par mois en France aujourd’hui</p><p>PIE : En parlant de corruption, selon vous la Françafrique a-t-elle vraiment disparu?</p><p>Marc Eichinger : Non hélas! C'est une catastrophe! D’ailleurs je comprends le sentiment anti-français qui monte en Afrique. Par exemple l’affaire du Tchad, si j’étais tchadien je l’aurais aussi mauvaise. Le père Deby tombe, cela devrait-être la Constitution tchadienne qui prévaut (donc l’intérim assuré par le président de l’Assemblée Nationale) et la France met le fils... </p><p>Autre exemple, le Niger fait venir 916 missiles S8 qui disparaissent. Les dirigeants traînent avec une famille mafieuse qui possède 3 biens immobiliers avenue Foch et personne ne va leur demander des comptes, c’est une blague ? Ils traînent avec la mafia Al Zayn de Berlin personne ne s’en soucie ? Barkhane aussi, qu’est- ce qu’on est parti faire là-bas ? Où va l’argent ? J’ai donné les preuves des nombreux détournements de fonds d’Areva, pensez que la fausse mine d’Imouraren a été valorisée jusqu’à 1,3 milliards d’euros dans le bilan d’Areva. La reconstruction d’une route a été payée par nos impôts et jamais construite. Le nouveau bâtiment du ministère des mines commencé en 2014 nous a coûté 10 millions d’euros et il a fallu informer la brigade financière à Paris pour qu’il soit terminé en 2021. L’ambassade américaine a construit un bâtiment beaucoup plus grand pour 2,3 millions d’euros et en moins de deux ans. C’est le nouveau siège de la DST nigérienne. D’un côté il y a une diplomatie rigoureuse et de l’autre celle qui partage. Pour preuve aussi le scandale de l’uraniumgate dont on attend toujours le jugement ! Nous avons des agents de la DGSE, DRSD, DRM sur place et autant de sourds muets qui ne rapportent jamais rien au Procureur alors <a href="https://www.senat.fr/questions/base/2009/qSEQ090408239.html">qu’ils en ont l’obligation</a> comme tous les fonctionnaires. Si la DGSE n’aide pas la justice à lutter contre des criminels, à quoi sert- elle ?</p><p>PIE : Le silence des autorités est un chose mais comment expliquez-vous le silence des journalistes sur l’affaire des “<a href="https://www.blast-info.fr/articles/2021/le-proces-fait-par-bernard-henri-levy-contre-denis-robert-et-blast-4OuthVvxRiu7jL3-LH7nyg">Qatar Papers</a>” par exemple ?</p><p>Marc Eichinger : C’est tout simple : peur du procès et jalousie aussi peut-être. Ils n’ont pas accès à mes sources. Mais il faut leur donner du temps maintenant que le procès BHL a eu lieu. Et puis regarder l’actionnariat des médias, il est très concentré. Le meilleur exemple pour comprendre la frilosité des médias c’est Chesnot et Malbrunot qui ont été condamnés alors qu’ils avaient raison...</p><p>PIE : En termes de management des risques et compliance, selon vous quelles seront les conséquences pour Areva ou les parties prenantes ?</p><p>Marc Eichinger : Je suis persuadé que si Christine Lagarde a été dégagée au FMI c’est à cause de cela et de l’affaire Ausra. Maintenant elle est à la BCE et c’est d’ailleurs un joli coup pour les Allemands : les Français se vantent d’avoir une française à la tête de la BCE, mais ils connaissent ses faiblesses. Edouard Philippe qui a travaillé pour le cabinet américain Debevoise &amp; Plimpton (l’ancien cabinet d’Hillary Clinton) avant de rejoindre Areva ne pouvait vraisemblablement rien ignorer de l’<a href="https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/rachat-d-ausra-la-nouvelle-affaire-qui-inquiete-orano-areva_2037518.html">affaire Ausra</a>. Il était Premier Ministre au moment où le Parquet recevait ce dossier accablant. Aucune instruction. Al Gore a vendu 275 millions de dollars une société en faillite à Areva en 2010, le mari de Lauvergeon se retrouve actionnaire, elle disparaît du bilan d’Areva trois ans après et cela ne <a href="https://www.capital.fr/entreprises-marches/affaire-areva-la-monstrueuse-amende-qui-menace-la-france-1308725">gêne</a> personne ? C’est juste votre argent de contribuable français qui est parti dans la poche de membres du parti démocrate américain…</p><p>Si la France ne veut pas être rangée dans la catégorie des républiques bananières, il faut changer de cap sérieusement !</p><p dir="ltr"> </p><p dir="ltr">Propos recueillis par Pierre Gonsolin &amp; Pierre-Guive Yazdani</p><p dir="ltr">Pour aller plus loin :</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Mon, 21 Jun 2021 18:31:40 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/650/le-degagisme-a-t-il-ete-degage</link>
	<title><![CDATA[Le dégagisme a-t-il été dégagé ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L'abstention a été choisie par deux électeurs sur trois. La démocratie est presque à l'os. A l'os, mais le squelette bouge encore.</p><p>Le squelette, ce sont les présidents de région sortants. Hier soir, ils et elles ont passé une bonne soirée. Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, à droite. Même chose à gauche, pour Alain Rousset en Nouvelle-Aquitaine, Carole Delga en Occitanie, et même Marie-Guite Dufay en Bourgogne-France-Comté. Dans ce cadre, le parti présidentiel, La République En Marche, très peu implanté, a été balayé (à l'exception notable de la Guadeloupe).</p><p>Alors comment comprendre cette prime aux sortants ? Ces dernières années, l'on parlait beaucoup de dégagisme : le "dégagisme" a-t-il été dégagé ?</p><p>D'abord, dans une élection où si peu de citoyens votent, il y a une prime aux partis les mieux ancrés et aux personnalités les plus identifiées. De ce point de vue, les sortants ont eu un avantage indéniable. Pendant six ans, la gestion du conseil régional a accru leur notoriété. Leurs réalisations ont assuré leur publicité. Combien d'entre eux ont fourni des masques pendant la crise sanitaire - sans jamais oublier d'y adjoindre le logo de la région ?  </p><p>N'oublions pas, non plus, qu'un conseil régional permet de tisser un puissant réseaux d'élus et de collaborateurs. Lesquels sont décisifs pour aller à la pêche aux voix ; des voix d'autant plus précieuses que la participation est à marée basse.</p><p>La gauche s'est-elle refaite une santé hier soir ?</p><p>Elle va mieux, en sauvant ses bastions. Mais elle reste sur la défensive. Elle n'a pas réussi à porter le fer dans des régions comme Auvergne-Rhône-Alpes, où de nombreuses villes sont pourtant détenues par les écologistes ou les socialistes. Quant à la France insoumise, elle passe de justesse la barre des 10% en Île de France et stagne à moins de 5% au niveau national. Preuve que la ligne choisie par Jean-Luc Mélenchon ces dernières années n'attire pas les foules.</p><p>Les gauches n'ont pas trouvé comment convaincre les jeunes électeurs, qui constituaient jadis leur premier réservoir de voix. Hier, parmi les 18-35 ans, seuls 2 sur 10 se sont rendus aux urnes.</p><p>Par ailleurs, au sein de la gauche, il y avait aussi une compétition interne. Les écologistes ont voulu arrêter d'être une force d'appoint pour le PS. Ils ont monté leurs propres listes pour se compter.</p><p>Eh bien, hier soir, les Verts n'ont pas pris le pouvoir à gauche. Même s'ils arrivent devant le PS en Île-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes, tout comme (de peu) en Pays de la Loire... Ils n'ont pas inversé le rapport de force. Dimanche prochain, il y aura des régions dirigées par les socialistes... Mais y en aura-t-il par les écologistes ? Rien n'est moins sûr, même si la région parisienne est mathématiquement à portée de victoire.</p><p>Et puis le Rassemblement national obtient un score beaucoup plus faible qu'anticipé par les sondages...</p><p>C'est un paradoxe : longtemps, le RN a été sous-estimé dans les études d'opinion (souvenez-vous du 21 avril 2002). Désormais, c'est l'inverse ; il a été sur-estimé.</p><p>A l'évidence, l'électorat modeste, souvent jeune, parfois précaire, qui constitue une bonne part des réserve du RN, ne s'est pas déplacé pour ce premier tour. D'où les appels au sursaut, presque comminatoires, entendus dans la bouche de Marine Le Pen.</p><p>A moyen terme, le Rassemblement National va se trouver aux prises avec un débat interne. La stratégie de normalisation, de banalisation, n'a-t-elle pas rebuté une partie des électeurs ?</p><p>Ces électeurs qui votent avec rage et colère, qui utilisent l'isoloir comme exutoire : ne trouvent-t-ils pas Marine Le Pen « trop molle », pour reprendre l'expression que lui a lancée Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, au cours d'un débat ? </p><p>La frange historique du RN s'agace de voir le parti polir son discours et recruter des cadres issus de la droite. C'est le cas de Thierry Mariani au Sud, Sébastien Chenu au Nord, ou Jean-Paul Garraud dans le Sud-Ouest, tous les trois anciens de l'UMP.</p><p>Dans leurs propositions de campagne, peu de différences absolues avec leur ancien parti. Ils ont pris soin d'éviter les dérapages. L'idée était de récupérer l'électorat de droite.</p><p>Là encore, retournement. Longtemps, on a dit que les électeurs votaient pour l'extrême-droite car ils préféraient l'original à la copie. C'est peut-être ce qui est en train de se passer dans l'autre sens. Quand le RN imite LR, les électeurs préfèrent l'original à la copie. Ou du moins : choisissent de ne pas choisir.</p><p>Frédéric Says</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/645/%C2%AB-4-mois-de-prison-pour-une-gifle-mazette-%C2%BB</guid>
	<pubDate>Tue, 15 Jun 2021 06:03:44 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/645/%C2%AB-4-mois-de-prison-pour-une-gifle-mazette-%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[« 4 mois de prison pour une gifle ! Mazette... »]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Zéro mois de prison(pour l’instant) et les honneurs de la République en Marche pour quelqu’un qui a failli me tuer devant trois témoins. Des Coups reconnus par l’agresseur. Qui avait été interrogé par la police  2 à 3mn seulement après l’agression. </p>

<p>4 ans plus tard... j’attends patiemment que la justice juge...en espérant que mon agresseur et ses avocats n’obtiennent pas le renvoi. </p>

<p>Après tout je peux attendre après les législatives et les prochaines présidentielles, non ? </p>

<p>Il y a des jours où j’ai envie de crier ma révolte devant les lenteurs de la justice et devant les lâchetés de certains politiques...le temps permet toutes les réhabilitations et tous les mensonges qui continuent d’être formulés en coulisse (et dont j ai les preuves écrites... )</p>

<p>La Photo date  de septembre 2017. Une cicatrice de 15 centimètres due aux chirurgiens qui m’ont sauvé la vie en me découpant le crâne. Après deux coups de casque qui avaient provoqué une hémorragie dangereuse...</p>

<p>Cet Acte chirurgical nécessaire  a permis de traiter en urgence un hématome extradural soit une poche de sang mortelle de la taille d’une aubergine... </p>

<p>oui deux coups de casque c’est plus fort qu’une gifle ! Et  je ne suis qu’un justificiable ordinaire....</p>

<p>J’ai eu deux mois d’ITT. Et j’ai été hospitalisé à Beujon à Paris et à St Luc à bruxelles. Ce fut long. Les dommages sont aussi psychologiques comme on s’en doute. </p>

<p>Je réclame la même Justice pour tous et des délais raisonnables pour toutes les affaires !</p>

<p>Monsieur Macron dotez svp la justice des moyens qui s’imposent !</p>

<p><a href="https://www.facebook.com/boris.faure.7">Boris FAURE</a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/643/chevenement%C2%A0-%C2%AB%C2%A0la-degradation-du-niveau-du-debat-politique-est-consternante%C2%A0%C2%BB</guid>
	<pubDate>Sun, 13 Jun 2021 09:15:21 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/643/chevenement%C2%A0-%C2%AB%C2%A0la-degradation-du-niveau-du-debat-politique-est-consternante%C2%A0%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[Chevènement : « La dégradation du niveau du débat politique est consternante »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Entre <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/elections-regionales/declarations-de-melenchon-la-gauche-denonce-mais-pas-trop-08-06-2021-2430122_2592.php" title="">les déclarations complotistes de Jean-Luc Mélenchon</a> qui ont fait scandale et <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-macron-gifle-par-un-homme-dans-la-drome-08-06-2021-2430053_20.php" title="">la gifle infligée au président de la République</a>, la vie publique française cabote dans des marécages de plus en plus nauséabonds. Ce n'est pas bon signe alors que la présidentielle se jouera dans moins d'un an maintenant et que, dans un pays sous pression, la surenchère verbale et éditoriale et la radicalisation des positions tiennent lieu de débat. Dans cette atmosphère délétère, nous sommes allés interroger celui qui incarne encore « l'ordre juste » républicain, l'ancien ministre de la Recherche et de l'Industrie, de l'Éducation nationale, de la Défense et de l'Intérieur – sous François Mitterrand – <a href="https://www.lepoint.fr/tags/jean-pierre-chevenement" class="Link Link--entity">Jean-Pierre Chevènement</a>.</p><p>Le Point : Le débat politique, si l'on peut parler encore de débat, est-il devenu un cloaque ?</p><p>Jean-Pierre Chevènement : La dégradation du niveau du débat politique est évidemment consternante. Mais à quoi faut-il la rattacher ? Ne sommes-nous pas victimes d'une sorte de maladie infantile ou peut-être sénile de nos institutions parce que le système des partis politiques ne répond plus ou pas encore à la demande ? Je m'explique. Il ne suffit pas de détruire. Il faut remplacer. Le général de Gaulle a mis près de dix ans pour substituer aux anciens partis de la IVe République une majorité gaulliste, d'ailleurs trop écrasante pour ne pas lui échapper. Les anciens partis se sont adaptés aux institutions de la Ve République, le Parti socialiste à Épinay en 1971, quand son premier secrétaire a été considéré comme le candidat naturel à l'élection présidentielle, mouvement auquel la droite a répondu avec la création du RPR par <a href="https://www.lepoint.fr/tags/jacques-chirac" class="Link Link--entity">Jacques Chirac</a> en 1976. Dès lors, chaque parti devenu « parti de système » a prospéré sur son orbe, les socialistes de 1981 à 2017, la droite de 1995 à 2012. Les Français ont d'abord considéré cette opposition inscrite dans l'histoire comme naturelle, avant de s'en détourner de plus en plus manifestement. En 1993, le <a href="https://www.lepoint.fr/tags/ps" class="Link Link--entity">PS</a> est écrasé et, en 1997, Jacques Chirac se piège avec sa dissolution ratée. Les abstentions et les votes extrêmes ne cessent de monter tout au long de cette période, jusqu'à donner corps au « dégagisme » que nous connaissons aujourd'hui. Les partis de gouvernement qui avaient adapté leurs modes de fonctionnement aux institutions ne recueillent plus en 2002 que 35 % des voix au premier tour et, en 2017, ils sont renvoyés sèchement dans les cordes, la droite avec <a href="https://www.lepoint.fr/tags/francois-fillon" class="Link Link--entity">François Fillon</a> et le PS avec Benoît Hamon ne totalisent à eux deux que 26 %.<br /></p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/en-marche-pour-la-pestilentielle-2022--11-06-2021-2430564_20.php" class="Capsule free" title="">À LIRE AUSSIEn marche pour la pestilentielle 2022 ?</a></p><p class="Blockquote">Je recommande un peu plus de hauteur de vues dans la manière dont le président de la République est traité dans le débat public.</p><p>Comment en sommes-nous arrivés à l'impasse dans laquelle nous nous trouvons, selon vous ?</p><p>La turbulence du système en 2017 traduit le sentiment des Français que ni l'un ni l'autre des partis de gouvernement n'apportent de réponses claires aux grands défis que doit relever le pays. Tous les deux sont prisonniers de choix européistes partagés mais qui sont en fait néolibéraux et même caractéristiques d'une société de l'avidité, multipliant les fractures. Les électeurs rejettent les candidats qui expriment cette politique du pareil au même à tel point que François Hollande n'a même pas pu se représenter en 2017 et qu'Emmanuel Macron a empoché la mise, mais très provisoirement puisque le « dégagisme » dont il a bénéficié le frappe aujourd'hui à son tour. Pourtant, Emmanuel Macron ne manque pas de réelles qualités : il est intelligent, il a dominé politiquement la gestion de la crise du Covid en ne s'en remettant pas aux avis contradictoires des experts, et il a eu raison. Mais cela ne suffit pas, car il n'a pas surmonté le rejet et la méfiance que les Français éprouvent vis-à-vis de leurs élites dirigeantes depuis les années 1930 et qui expriment la crise de la France à notre époque. Pourtant, Emmanuel Macron est armé intellectuellement pour y remédier : il lui faut penser une Europe autonome où la France puisse exercer sa souveraineté sans l'aliéner. C'est le « cercle carré » de la politique française ! Il est un peu tôt pour reprocher à Emmanuel Macron de ne pas y avoir réussi. C'est pourquoi je recommande un peu plus de hauteur de vues dans la manière dont le président de la République est traité dans le débat public.</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/jean-pierre-chevenement-contre-la-violence-l-angelisme-ne-protege-pas-09-09-2020-2391180_20.php" class="Capsule premium" title="">À LIRE AUSSIJean-Pierre Chevènement : « Contre la violence, l'angélisme ne protège pas »</a></p>
<p><a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/justice/macron-gifle-des-armes-et-mein-kampf-auraient-ete-decouverts-chez-un-suspect-09-06-2021-2430304_2386.php" title="">Recevoir une gifle, ou en l'occurrence un soufflet, est un geste fort humiliant.</a> Quand la victime en est le président de la République, c'est aussi la fonction qui est visée…</p>
<p>Je comprends qu'humainement Emmanuel Macron veuille relativiser la portée de ce soufflet, comme vous dîtes, mais symboliquement il s'agit d'un acte gravissime car il porte atteinte au président de la République élu au suffrage universel par 66 % des Français au second tour de la présidentielle et donc à l'homme de la nation qu'il est ainsi devenu, pour reprendre l'expression de De Gaulle. Est-ce que pour autant Emmanuel Macron en perd sa légitimité démocratique ? Assurément, non. Mais cela signifie que, malgré ses efforts, plusieurs discours de fond bien construits sur le séparatisme, par exemple, sans parler du renouvellement du gouvernement, l'actuel président de la République peine à convaincre. Je lui conseille de se concentrer sur l'essentiel : comment économiquement, après la crise, allons-nous retomber sur nos pieds ? Quid de cette dette faramineuse ? La Banque centrale européenne (BCE) maintiendra-t-elle sa politique monétaire accommodante qui nous a permis d'emprunter à des taux très bas et qui a soutenu le « quoi qu'il en coûte » ? Le gouvernement, à travers prêts garantis et indemnisation du chômage partiel, est parvenu à préserver le tissu économique du pays. Mais sera-t-il capable de financer les choix courageux que <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/politique/reforme-des-retraites-ce-qu-en-pensent-bayrou-et-woerth-05-06-2021-2429712_20.php" title="">le commissariat général du Plan lui recommande, ainsi en matière de politique énergétique ou de politique familiale ?</a> La France saura-t-elle redevenir une puissance industrielle et technologique majeure en Europe ? Après septembre 2021, date où auront lieu les élections allemandes, l'ambiance risque de se tendre. Il faudra convaincre la CDU allemande de maintenir, au sein de la BCE, le cap d'une politique monétaire accommodante afin de préserver les chances de croissance en Europe et d'éviter que ne se creuse à nouveau la fracture entre les pays du Nord et les pays du Sud. Il faudra convaincre la CDU que cette politique est plus conforme aux intérêts à long terme de l'Allemagne que la remontée des taux d'intérêt souhaitée par les défenseurs du « bas de laine ». Cette politique intelligente est conforme aux intérêts de la France et elle est à notre portée. Emmanuel Macron est-il résolu à défendre à l'échelle européenne le maintien d'une politique qui nous permettrait à nous Français de rester à flot ? C'est là un point capital.</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/jean-pierre-chevenement-memoires-d-un-insoumis-10-09-2020-2391254_20.php" class="Capsule premium" title="">À LIRE AUSSIJean-Pierre Chevènement – Mémoires d'un insoumis</a></p><p>Ne prête-t-on pas trop d'importance à cette gifle dont l'auteur a un profil et un CV pour le moins baroques ?</p><p>Malheureusement, non. Il s'agit d'un attentat contre l'homme qui doit incarner la légitimité et donc la puissance de l'État. C'est donc un acte extrêmement grave auquel Emmanuel Macron ne peut répondre que politiquement. Il lui incombe de faire que son quinquennat apparaisse non pas comme le stade ultime de la décomposition de l'ancien système des partis, mais comme le point de départ d'une dynamique vertueuse de refondation républicaine.</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/postillon/sebastien-le-fol-lettre-aux-melencholatres-07-06-2021-2429918_3961.php" class="Capsule premium" title="">À LIRE AUSSISébastien Le Fol – Lettre aux mélenchonlâtres</a></p>
<p>À sa place, comment auriez-vous réagi ? Comme François Bayrou qui avait donné une taloche à un gamin qui lui faisait les poches ?</p>
<p>François Bayrou avait eu un geste de père de famille, mais François Bayrou n'incarnait pas l'État. C'est pourquoi on ne peut pas traiter ce geste par le mépris. <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/justice/macron-gifle-des-armes-et-mein-kampf-auraient-ete-decouverts-chez-un-suspect-09-06-2021-2430304_2386.php" title="">Il nécessite une riposte judiciaire ferme</a>.</p><p>Vous dites qu'Emmanuel Macron doit y répondre politiquement. De quelle manière ?</p><p>En reprenant la main sur une politique d'envergure, allant dans le sens de ce qu'il a défini quand il a évoqué la reconquête de l'indépendance industrielle et technologique de la France. J'attends, par exemple, qu'en matière énergétique la France fasse le choix en matière nucléaire qui nous donne une visibilité à long terme. Que l'on cesse de nous créer à nous-mêmes, et particulièrement aux catégories modestes, des difficultés au nom d'une lutte dogmatique contre un réchauffement climatique dont la France et l'Europe sont infiniment moins responsables que la Chine et les États-Unis.<br /></p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/le-choc-mai-1981-chevenement-mitterrand-me-regarde-comme-un-demeure-11-05-2021-2425822_20.php" class="Capsule premium" title="">À LIRE AUSSILe choc mai 1981 – Chevènement : « Mitterrand me regarde comme un demeuré… »</a></p>
<p>Percevez-vous en ce moment une surenchère dans la violence en politique ou la loupe déformante des réseaux sociaux et des chaînes d'information en continu exagère-t-elle le phénomène ?</p>
<p>La violence en politique a toujours existé, elle prend aujourd'hui des formes différentes. La gifle de Tain-l'Hermitage est quand même beaucoup moins grave que l'attentat du Petit-Clamart contre le général de Gaulle. Mais l'effet de loupe des réseaux sociaux et des chaînes d'information que vous pointez fort justement participe à l'enfièvrement du climat. Il faut retrouver du bon sens. Résister à l'idéologie du temps. Un exemple : « l'heuristique de la peur », concept forgé par le philosophe Hans Jonas, s'est substituée à la recherche du progrès sous l'influence des écologistes. L'idée de catastrophe à l'horizon a remplacé la perspective méliorative des Lumières.</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/jean-pierre-chevenement-les-guerres-civiles-commencent-toujours-a-bas-bruit-10-10-2019-2340497_20.php" class="Capsule premium" title="">À LIRE AUSSIJean-Pierre Chevènement : « Les guerres civiles commencent toujours à bas bruit »</a></p>
<p>L'évolution du discours de <a href="https://www.lepoint.fr/tags/jean-luc-melenchon" class="Link Link--entity">Jean-Luc Mélenchon</a> est à ce titre symptomatique, jusqu'à ses propos choquants sur les meurtres ignobles de Mohammed Merah…</p>
<p>Il est en effet peu sensé, comme l'a fait <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/politique/melenchon-predit-un-meurtre-la-semaine-avant-la-prochaine-election-06-06-2021-2429837_20.php" title="">Jean-Luc Mélenchon, d'assimiler les meurtres commis en 2012 par Mohammed Merah à une tentative de manipulation de l'opinion</a> à l'occasion de la campagne présidentielle. Hélas, le djihadisme trouve son origine dans des fractures bien plus anciennes et bien plus profondes dans le monde musulman, dans les relations entre l'Orient et l'Occident et dans la société française. Mais il y a un équilibre à trouver entre ces menaces bien réelles et le déchaînement tous azimuts du « pia pia » médiatique.</p><p>Les déclarations de Jean-Luc Mélenchon ne sont pas de simples « pia pia » médiatiques.</p><p>Soyons charitables : elles dénotent surtout d'une très grande confusion d'esprit. Mais, s'il vous plaît, peut-on revenir au fond ?<br /></p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/dans-les-abimes-de-jean-luc-melenchon-09-06-2021-2430301_20.php" class="Capsule premium" title="">À LIRE AUSSIDans les abîmes de Jean-Luc Mélenchon</a></p>
<p>Allez-y !</p>
<p>Le fond, pour moi, ce sont les problèmes auxquels est confronté Emmanuel Macron en tant que président de la République : la crise économique, la tension sino-américaine, le déséquilibre qui s'est créé en Europe entre l'Allemagne, les pays du Nord, d'une part, et les pays du Sud, d'autre part, la montée de l'islamisme radical à l'échelle mondiale… Sommes-nous capables d'apporter des réponses à ces problèmes qui préservent les chances de l'autonomie européenne face aux États-Unis et à la Chine ? Sommes-nous capables de mener une politique européenne dans laquelle la France puisse s'inscrire en préservant son identité ? Beaucoup ont glosé sur la « déconstruction » de la France qui serait le vrai projet d'Emmanuel Macron alors qu'il n'a employé cette expression – peut-être mal calibrée – que dans une seule interview à un média américain. Pour le reste, il a plutôt multiplié les interventions destinées, au contraire, à redonner ses lettres de noblesse au patriotisme républicain. Je l'encourage à persévérer dans cette voie. Emmanuel Macron n'a pas d'autre choix que de créer un rapport de force avec les débris de l'ancien système politique. C'est la seule manière à terme d'obliger à une restructuration de la vie politique française qui ait du sens du point de vue de la démocratie, mais de laquelle nous sommes encore fort éloignés. Cette béance de notre système politique est la meilleure explication de la violence à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui. Rappelons-nous qu'en 1967 de Gaulle n'avait plus qu'une voix de majorité à l'Assemblée nationale et cela ne l'a pas empêché d'installer pour longtemps la Ve République. Maintenant, celle-ci doit s'adapter aux grands enjeux qui se profilent devant nous : la France en Europe et l'Europe entre les États-Unis et la Chine. Ce n'est pas facile. Il faut beaucoup de ténacité et de courage à Emmanuel Macron pour défricher ce nouveau chemin que l'incivisme ambiant rend particulièrement ingrat.</p><p>Le discours de fermeté républicaine qui a toujours été le vôtre peut-il encore imprimer de nos jours dans une société qui semble de plus en plus fracturée ? N'est-ce pas trop tard ?</p><p>Non, si ce discours allie la fermeté et la continuité dans le contenu et le laconisme dans l'expression.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Fri, 11 Jun 2021 21:16:59 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/638/la-creation-du-parc-des-buttes-chaumont-en-1867-retronews</link>
	<title><![CDATA[La création du parc des Buttes-Chaumont en 1867 | RetroNews]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="rtejustify">Dans les dernières années du Second Empire, l'empereur Napoléon III prend Londres en exemple et veut aérer la capitale. Outre les travaux qu'il confie à Haussmann, il demande à l'ingénieur Jean-Charles Alphand de construire un parc aux buttes Chaumont, un lieu alors insalubre situé sur l'ex-commune de Belleville (rattachée à Paris en 1860). Le site, anciennement appelé "mont Chauve", fut une carrière de gypse avant d'être transformée en décharge.</p><p class="rtejustify">L'architecte Gabriel Davioud, l'ingénieur Eugène Belgrand et le jardinier Jean-Pierre Barillet-Deschamps participent au projet. Le parc est inauguré le 1er avril 1867, après trois ans de travaux. Superbe jardin à l'anglaise, il séduit aussitôt les journalistes avec son lac, son belvédère, ses falaises et sa grotte artificielle.</p><p class="rtejustify"><a href="https://www.retronews.fr/journal/la-presse/28-fevrier-1867/126/554267/2" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Presse du 28 février</a>, si elle rappelle que "tout est à faire dans les quartiers qui entourent ce beau parc", n'hésite pas à placer celui-ci "au premier rang des curiosités parisiennes". Tout comme <a href="https://www.retronews.fr/journal/le-petit-journal/28-mars-1867/100/1092933/3" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Petit Journal du 28 mars</a> qui affirme que le parc des Buttes-Chaumont est "la plus belle chose que Paris puisse montrer". Et de rappeler ce qu'était le lieu avant la création du parc :</p><p class="rtejustify">"Tout était là réuni comme à plaisir – le laid, l'horrible, le dangereux, le puant, l'infect ! La nature y avait mis la sécheresse, l'aridité, des fondrières impossibles ; l'homme y avait établi des dépôts de poudrette et des ateliers d’équarrissage. Pouah !"</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Mon, 07 Jun 2021 20:44:22 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/634/qu%E2%80%99est-ce-que-la-nation-pour-les-nationalistes%C2%A0</link>
	<title><![CDATA[Qu’est-ce que la Nation pour les nationalistes ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p id="caption-attachment-9452" class="wp-caption-text">Affiche, exposition internationale de 1937.</p><p>Ce texte est composé d’extraits de <a href="https://tempspresents.com/contributeurs/jean-yves-camus/" target="_blank" rel="noopener">Jean-Yves Camus</a>, « Les droites nationalistes radicales en France », Dominique Vidal dir., Les Nationalistes à l’assaut de l’Europe, Paris, Demopolis, 2019, pp. 133-152.</p><p>Raoul Girardet nous a fourni du nationalisme, dans l’article de l’Encyclopedia Universalis qu’il lui a consacré, une définition qui mérite d’être citée dans son intégralité. Selon lui le terme, d’origine britannique, est apparu en France « à l’extrême-fin du XVIIIe siècle, et pour désigner essentiellement les excès du patriotisme jacobin ».</p><p>Il ajoute que le mot « se généralise dans les dernières années du siècle suivant, mais en conservant, dans multiples habitudes les plus courantes de la langue, une triple signification. Il peut en effet être péjorativement employé pour stigmatiser certaines formes outrancières de patriotisme, devenant alors synonyme de chauvinisme. Il peut encore désigner les revendications d’un peuple assujetti aspirant à l’indépendance (…). Il peut enfin servir d’étiquette et de profession de foi à certaines écoles et à certains groupements qui, affirmant la primauté dans l’ordre politique de la défense des valeurs nationales et des intérêts nationaux, sont généralement classés à droite ou à l’extrême-droite de l’opinion politique (les nationalismes barrésien, maurrassien, etc…) ».</p><p>Il découle de cette définition la constatation que le mot « nationalisme » est étroitement lié à la modernité d’une part, à la forme de l’État-nation d’autre part.</p><p>On en déduit aussi que le nationalisme et le patriotisme ne sont pas sans rapports dans l’usage courant du mot : les deux termes ne renverraient pas à des idées de nature différente, mais de degré différent, selon une norme d’acceptabilité sociale qui varie dans le temps et l’espace.</p><p>Pour s’en tenir à deux exemples français du XXe siècle, la « foi patriotique » évoquée par Raymond Poincaré dans son message aux Chambres du 4 août 1914 évoquant « l’union sacrée » n’était-elle qu’une manifestation d’un réflexe de défense de « la patrie en danger » dans l’esprit de 1793, ou s’agissait-il d’une forme déguisée de nationalisme destinée à légitimer un conflit inutile causé par le choc des intérêts français et allemand ? Alors que le général de Gaulle semble avoir placé son action sous l’étendard du patriotisme, ne peut-on pas dire, avec Jean-Christian Petitfils, que « de Gaulle s’est nourri de l’œuvre de Maurice Barrès dont il adopta le nationalisme républicain, émotif et sentimental » ?</p><p>Deux faits semblent établis. Le premier est que la Révolution française modifie le rapport des français à la nation parce que, de sujets du souverain, ils accèdent au rang de citoyen d’un État et parce que la souveraineté leur est conférée. Les anciennes fidélités qui faisaient le sentiment d’appartenance à la patrie sont remplacées par des valeurs. Ainsi Monsieur de Charrette a raison, finalement, lorsqu’il exhorte les officiers de l’Armée catholique et royale en leur disant :</p><p>« Notre Patrie, c’est notre Foi, notre Terre, notre Roi. Mais leur Patrie à eux, qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l’ordre, la tradition. Alors, qu’est-ce que cette Patrie marguante du passé, sans fidélité, sans amour ? Cette Patrie de billebaude et d’irréligion ? Pour eux, la Patrie semble n’être qu’une idée, pour nous, elle est une terre ».</p><p>Le deuxième fait indubitable est que, dans la France d’après 1789, si le sentiment patriotique peut être présent dans les catégories modernes de « droite » et de « gauche », sa forme exacerbée qui est le nationalisme tend, dès la fin du XIXe siècle, à migrer définitivement vers la droite et l’extrême droite du spectre politique en prenant, en particulier, un tour xénophobe et souvent antisémite bien que n’étant fondé, chez Barrès et Maurras, sur aucun sentiment de supériorité proprement raciale.</p><p>On nous objectera qu’il existe toujours un patriotisme de gauche, porté aujourd’hui par Jean-Pierre Chevènement et Jean-Luc Mélenchon et auquel le Parti Communiste n’a jamais été insensible. Certains en déduiront la nécessité d’établir, dans l’étude du nationalisme français contemporain, une stricte symétrie entre sa forme « de droite » et sa forme « de gauche », pour aboutir parfois à une mise en équivalence quasi-totale du souverainisme des deux bords ainsi que de leurs questionnements des institutions et de la démocratie représentative. Nous ne suivrons pas cette voie, parce qu’elle conduit à ignorer que le patriotisme, à gauche, diffère de sa version de droite en ce qu’il reconnait l’existence des conflits de classe, d’une part, et qu’il n’a pas pour programme d’inscrire dans la loi l’inégalité des droits entre nationaux et étrangers, ni de rechercher, parmi les citoyens, qui peut exciper d’une antériorité suffisante pour mériter le label de « français de souche ».</p><p>Mais il est d’autres familles de pensée qui peuvent, au premier abord, sembler réfuter le nationalisme, pour peu qu’on considère celui-ci comme purement hexagonal. Il y a d’abord les indépendantismes marqués à l’extrême droite, qui ne cachent pas leur volonté d’en finir avec une France centralisatrice qui les opprimerait. À l’exception du groupuscule breton Adsav (Renaissance, fondé en 2000), ils ont disparu et leur projet d’Europe des ethnies, popularisé un temps par les figures de l’extrême-droite que furent Jean Mabire et Saint-Loup, a fait long feu. On doit mentionner aussi les nationalistes-européens, qui dès la fin de la guerre d’Algérie ont tenté, avec Dominique Venner, de dépasser le nationalisme français pour mettre en avant le combat civilisationnel de ce qu’on nommait alors l’« Occident » contre le métissage culturel et ethnique et la perte progressive d’influence de l’Europe sur les affaires du monde.</p><p>Mais ce nationalisme européen, qui inspira la Nouvelle droite à son lancement en 1968-1969, n’est pas un effacement du nationalisme français : c’est la construction, que l’on retrouve aujourd’hui au sein des diverses facettes du mouvement identitaire, d’une identité se présentant comme trois poupées gigognes : une identité locale, ancrée dans le pays ou la province (ainsi les « bannières » du mouvement völkisch Terre et Peuple, fondé par Pierre Vial, portent le nom de provinces traditionnelles, comme les locaux de Génération identitaire sont dénommés d’après des références historiques locales) ; puis une identité nationale, en l’occurrence française ; enfin une identité européenne, définie par une culture et une appartenance ethnique communes qui plongent leurs racines bien avant l’ère chrétienne, dans ce qu’on sait des indo-européens et même avant.</p><p>Jean-Yves Le Gallou, dans un essai paru en 2018 et intitulé Européens d’abord, Essai sur la préférence de civilisation, résume bien le but de cette famille de pensée : surpasser le nationalisme français pour faire face à l’immigration extra-européenne et à ce qu’elle appelle le « grand Remplacement », en adjurant les Européens de mettre de côté leurs querelles et différences en considérant ce qui les rassemble et qui est un héritage ethnique commun.</p><p>Seul le théoricien belge Jean Thiriart, qui eut une influence réduite dans les milieux nationalistes français des années 1960, peut être considéré comme ayant voulu abolir les nationalismes spécifiques pour les fondre dans celui d’un Empire européen unifié, y compris au plan étatique et qui se serait étendu, selon ses dires, « de Galway à Vladivostok ».</p><p>Le nationalisme d’extrême droite reste donc attaché à la forme France, à son histoire et à sa pérennité. On le voit, ces dernières années, se référer à deux formes supranationales : l’Europe des patries, celle des nations souveraines pouvant conclure entre elles des alliances ponctuelles mais n’étant pas soumises aux normes juridiquement supérieures de l’Union européenne (UE) et l’Occident, concept culturel et civilisationnel qui est opposé à l’Europe unie parce que les valeurs sur lesquelles le projet européen actuel est fondé sont dans un langage de droite, « anti-traditionnelles », « subversives » et en fin de compte périmées, vouées à disparaître du fait de ce que la droite radicale considère être la fin d’un cycle historique : celui de la domination des idées des Lumières.</p><p>Le national-populisme français est incarné, lui, par le Rassemblement National (RN), nouvelle dénomination du Front National depuis le 1er juin 2018. Son logiciel idéologique a, paraît-il, été revu pour satisfaire aux exigences de la « dédiabolisation » et de la culture de gouvernement. Pour en juger, notamment en ce qui concerne les conceptions de la nation, nous pouvons nous reporter au discours de Marine Le Pen à Lille lors du congrès du FN, le 11 mars 2018.</p><p>De par la place qu’y occupe la question de l’immigration, il indique une continuité avec les origines du parti. Une continuité débarrassée des scories propres au contexte historique de l’extrême droite des années 1970, mais une continuité quand même, seule voie, d’ailleurs, qui lui permette de se distinguer durablement dans l’offre politique, de dire et promettre « toujours plus » que la droite dite « de gouvernement » la plus droitière.</p><p>Dès le début, tout y est. Un patriotisme « de l’honneur et du devoir », de la « passion » autant que de la raison. Un pessimisme qui entrevoit « la submersion de notre continent » et la disparition de la France. L’appel à une éthique et une conception de l’homme fondée sur les valeurs traditionnelles bref, une vision du monde résolument de droite.</p><p>Marine Le Pen indique dans ce discours ce qui sera la ligne directrice du RN pour les élections à venir jusqu’en 2022 inclus : l’opposition totale entre les « mondialistes » et les « nationaux », qu’elle espère fédérer au sein de sa formation. Cette division du monde entre ceux qui ont des racines dans le sol et ceux qui n’en ont pas est, dans la vision frontiste, anhistorique, mythique, puisque Marine Le Pen la fait remonter à l’histoire biblique, évoquant le clivage politique entre «mondialistes» et «nationaux» qui, dit-elle, serait «une version moderne de la lutte éternelle des nomades contre les sédentaires», commencée «avec le mythe de l’affrontement entre Abel, le pasteur itinérant, et Caïn, l’agriculteur».</p><p>Sa vision de la nation et de la citoyenneté se décline dans des propositions : dans le domaine de l’identité avec l’arrêt de l’immigration légale et l’instauration de la préférence nationale ; dans celui des valeurs avec l’éloge de la transmission matérielle et immatérielle comme « devoir sacré », du « parti des fidélités », c’est-à-dire de la communauté de destin ; de l’économie et du social avec l’idée centrale de « régulation », qui doit permettre à l’État de contrôler l’immigration et d’instaurer des protections tarifaires aux frontières.</p><p>La régulation de l’économie et des rapports sociaux conçue par le RN veut être une riposte à la mondialisation libérale avec pour objectif la « défense des plus humbles » contre le poids de la finance (nomade) mais aussi contre l’incertitude que fait planer le passage de la société industrielle à celle des services et des nouvelles technologies. Il s’agit de lutter contre le « déclassement généralisé » en assurant à chacun à la fois la liberté d’entreprendre selon les règles du marché et un ancrage dans le sol, l’emploi (avec la mise en équivalence de la mobilité et du nomadisme, auquel Marine Le Pen oppose la réconciliation du salarié et de l’entreprise, de préférence à taille humaine, donc ancrée dans le territoire local), l’éloge de la ruralité. Le projet frontiste réaffirme la nécessité de renouer avec l’État-stratège et propose d’établir des protections tarifaires aux frontières.</p><p>Contrairement à un argument parfois utilisé par la droite libérale, cela ne montre en rien qu’il rejoint les propositions d’une certaine gauche : il y a dans Maurice Allais, économiste dont la lecture est recommandée par le parti, toutes les bases d’un capitalisme national, c’est-à-dire fondé sur l’initiative privée et l’acceptation des différences de statut social, mais tempéré par la protection qu’offrirait l’État à tous les nôtres (salariés comme entrepreneurs) face aux autres. C’est le capitalisme sans le libre-échange, plus le rapatriement dans nos frontières de tout, y compris ce qui par essence (les données stockées sur des serveurs informatiques par exemple) a été conçu pour échapper à l’inscription dans un espace fini.</p><p>La question de l’immigration, évidemment posée par le discours de Lille, tout comme celle de la présence de l’islam dans des termes de conflit civilisationnel, est finalement secondaire par rapport à la division du monde énoncée par le RN entre ce qui est fixe et ce qui bouge, entre le proche et le lointain, l’espace protégé et celui ouvert sans limite. Sur les sujets de l’immigration et du multiculturalisme, le RN n’a rien changé, simplement parce que c’est l’item de son programme qui constitue le séparateur le plus solide avec le reste du spectre politique, celui sur lequel il peut renvoyer la droite à la contradiction entre son discours et sa pratique, celui qui suscitera les dissensions les plus profondes au sein de la droite et du centre-droit.</p><p>Il faut enfin mentionner, car elle est infiniment paradoxale, la référence de Marine Le Pen à un « sens de l’histoire » qui verrait le camp nationaliste-identitaire, le sien au fond, à la veille de triompher partout. La « droite nationale » a longtemps cru, soit que l’histoire était chaos, soit qu’elle était providentiellement ordonnée. Désormais, elle semble y entrevoir un sens, celui de sa prochaine victoire qui passe par le démantèlement de l’UE mais, plus largement, par la réhabilitation des identités nationales mises entre parenthèse du fait de l’opprobre jetée en 1945, sur toutes les formes de nationalisme, du fait de leur potentielle agressivité pouvant mener à la guerre, à la discrimination et de là, aux massacres de masse.</p>
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</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/630/panda-la-voix-du-djihad-lappel-episode-1</guid>
	<pubDate>Sun, 06 Jun 2021 19:21:57 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/630/panda-la-voix-du-djihad-lappel-episode-1</link>
	<title><![CDATA[Panda la voix du djihad. L&#039;appel (épisode 1)]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="chapo">Aujourd'hui dans Affaires Sensibles, le premier épisode d’une série de six fictions inédites adaptées d’une histoire réelle : celle de terroristes islamistes impliqués dans les attentats commis en France en 2015 et 2016 et celle de leur traque par les services de renseignement.</p>
<p>Image non datée et non localisée du Français converti à l'islam Fabien Clain, identifié comme la voix de l'enregistrement audio revendiquant les attaques de Paris du 13 novembre 2015. © AFP / AFP/OFFEpisode 1 : L'appel</p>
<p>Panda, la voix du Djihad, est un récit tiré du réel, avec de nombreux personnages existants, certains connus d’autres moins. Nous racontons ce qui s’est passé, le processus qui a mené à ces vagues d’attentats et cette violence aveugle qui a marqué et continue de meurtrir la France. En montrant les deux versants de l’histoire, la traque et le quotidien de Fabien Clain, l’idée est d’exposer la complexité des situations, et de tenter d’expliquer comment nous en sommes arrivés là.  Si les Fabien Clain, Mohammed Mérah ou autres Abdelhamid Abaaoud sont réels et leurs parcours et actions reconstitués d’après les témoignages précis, les officiers de renseignements sont fictifs, pour des raisons évidentes de sécurité. Et comme le dit Karim, l’agent des renseignements qui a fait de cette traque une affaire personnelle, : "Mon vrai nom n’est pas Karim, mais tout ce que vous allez entendre est vrai." Le personnage de Karim est inspiré de plusieurs agents, dont l'agent traitant de Mohammed Mérah. Sa vie a réellement été menacée. Fabien Clain alias « Panda », est le djihadiste devenu célèbre par la vidéo de revendication du Bataclan. Clain et son frère sont liés aux attentats terroristes les plus traumatisants connus par la France depuis 20 ans.</p><p>Panda, la voix du djihad, une fiction en six épisodes écrite par Vincent Hazard. Enquête de Vincent Hazard et Claire Tesson. Réalisation : Baptiste Guitton</p><p>Les comédiens : Salim Kechiouche, Teddy Chawa, Laurent Robert, Ariane Ascaride, Kenza Laala, Oscar Copp, Jules Ritmanic, Brahim Koutari, Slimane Yefsah, Nadhir El Arabi, Kevin Yumakaso, Aymen Saïdi, Marie-Sohna Condé, Mustapha Abourachid, Jean-Luc Porraz, Juliette Allain, Odja Llorca, Manuel Le Lièvre, Quentin Baillot, Tariq Bettahar, Emilie Chertier, Maxime Pambet, Elodie Vincent, Morgane Hainaux.</p><p>Bruitage : Sophie Bissantz Création sonore : Sébastien Quencez Prise de son, montage, mixage: Bruno Mourlan, Pierre Henry Assistante à la réalisation: Justine Dibling, avec l’aide de Maxime Pambet</p><p>Recherche d’archives : Rébecca Denantes. Coordination Christophe Barreyre</p>
<p>Invité : </p>
<p>Après la diffusion de ce premier épisode, nous recevons Hakim El Karoui, normalien et agrégé de géographie, il travaille pour l’institut Montaigne. Auteur de  <a target="_blank" href="http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Le-Debat/L-islam-une-religion-francaise">L’Islam une religion française</a>, chez Gallimard  en 2018 et tout récemment <a target="_blank" href="https://www.fayard.fr/documents-temoignages/les-militants-du-djihad-9782213718286">Les Militants du djihad, portrait d'une génération</a> coécrit avec Benjamin Hodayé (Fayard)</p><p>A lire aussi :<a target="_blank" href="https://editions.flammarion.com/le-roman-du-terrorisme/9782081513006">Le roman du terrorisme. Discours de la méthode terroriste</a>, de Marc Trévidic, Chez Flammarion (2020)</p><p>Pour ne manquer aucun épisode, abonnez-vous à ce podcast sur l’application Radio France, disponible sur iOS et Android, ou via <a target="_blank" href="http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_13940.xml">le fil RSS</a> et <a target="_blank" href="https://podcasts.apple.com/fr/podcast/affaires-sensibles/id912451024">Apple Podcast.</a></p>
<p><a href="https://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles/affaires-sensibles-25-mai-2021" data-xiti-trackable="true" data-xiti-libelle="vignette_1_Fiction : Panda, la voix du djihad. Dans l'obscurité (épisode 2) La vie rêvée (épisode 3)" data-xiti-type="N"></a></p>
<p>51 min</p>
<p>À écouter  -   <a class="card-text-title tag" href="https://www.franceinter.fr/histoire" data-xiti-trackable="true" data-xiti-libelle="Histoire" data-xiti-type="N" data-xiti-button="plus_d_infos">Histoire</a> <a class="card-text-sub" href="https://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles/affaires-sensibles-25-mai-2021" data-xiti-trackable="true" data-xiti-libelle="Fiction : Panda, la voix du djihad. Dans l'obscurité (épisode 2) La vie rêvée (épisode 3)" data-xiti-type="N" data-xiti-button="plus_d_infos">Fiction : Panda, la voix du djihad. Dans l'obscurité (épisode 2) La vie rêvée (épisode 3) </a></p>
<p>51 min</p>
<p>Programmation musicale : </p>
<p>NOEL GALLAGHER'S HIGH FLYING BIRDS : _We're on our way now (_2021)</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/615/pour-la-gauche-woke-un-pouce-leve-d%E2%80%99eric-zemmour-vaut-condamnation-morale</guid>
	<pubDate>Sat, 29 May 2021 06:08:20 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/615/pour-la-gauche-woke-un-pouce-leve-d%E2%80%99eric-zemmour-vaut-condamnation-morale</link>
	<title><![CDATA[Pour la gauche woke, un pouce levé d’Éric Zemmour vaut condamnation morale]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Hier a vu naître une énième polémique navrante, dont les réseaux sociaux se sont fait une spécialité. Invité dans l’émission de Paris Première, “Zemmour et Naulleau”, le journaliste de Marianne Hadrien Mathoux (<a href="https://frontpopulaire.fr/o/Content/co260236/on-peut-interroger-l-indulgence-troublante-de-melenchon-envers-l-islamisme">que nous avons déjà eu le plaisir d’interroger</a>) est devenu la cible du soir d’une partie de la France Insoumise. Qu’avait-il donc bien pu faire, bien pu dire pour mériter une telle déferlante d’attaques ? Rien du tout. S’il a été attaqué, c’est à cause d’Éric Zemmour. Car Hadrien Mathoux a eu comme seul tort de voir le polémiste adhérer à ses propos, en levant le pouce.</p><p>Voilà qui était suffisant pour cette gauche (militants LFI en tête) qui ne sait plus penser, et ne vit que par l’image et les séquences tronquées. Lors de cette courte vidéo d’environ 2 minutes, Hadrien Mathoux a déclaré que : “La gauche n’est plus le parti de la sécurité économique et sociale, mais c’est le parti de l’insécurité culturelle et identitaire”. C’est à la fin de cette déclaration que l’éditorialiste du Figaro a levé le pouce.</p><p>Un plaidoyer pour une gauche économique et sociale</p><p>Probablement que certains à gauche se sont vus un peu trop concernés par ce triste constat. C’est notamment le cas de David Guiraud, porte-parole Jeunesse de la France Insoumise qui a twitté : “Normalement quand tu es de gauche c’est censé faire tilt pendant que tu parles cette image. Mais non la le (sic) journaliste de Marianne continue tranquille sans se demander s’il n’y a pas comme un — léger — souci”. Imaginez, Hadrien Mathoux n’a pas osé s’arrêter en plein raisonnement parce que Zemmour appréciait le constat fait. Un tweet sectaire, approuvé entre autres par le YouTubeur débauché par MediapartUsul et, plus surprenant (quoique), le journaliste et présentateur d’Arrêt sur images Daniel Schneidermann.</p><p>Mais ont-ils seulement écouté la suite de la séquence ? Si tel était le cas, ils auraient entendu Hadrien Mathoux recentrer son propos sur “la première partie” qui “est importante, attention, on l’oublie trop souvent”. À savoir donc, un plaidoyer pour une gauche économique et sociale avant tout, une gauche qui retrouverait ses racines. Mais comment peut-on s’affirmer de gauche et désapprouver ce propos ? Quand bien même Éric Zemmour approuverait le constat ? À quel degré de malhonnêteté intellectuelle faut-il être pour aboutir à ce résultat ?</p><p>Un propos argumenté et concis, résumé à un pouce levé d’Éric Zemmour</p><p>C’est là l’un des drames de l’époque : on traque le dérapage, on isole la petite phrase, la petite image pour ensuite dénoncer, balancer, et alimenter l’infernale machine à buzz. Le propos, argumenté et concis, d’Hadrien Mathoux se retrouve résumé à un pouce levé d’Éric Zemmour. Cette partie de la France Insoumise est incapable de se défendre sur le fond, de défendre son virage sociétal. David Guiraud et ses supporters n’ont sans doute pas apprécié ce constat du journaliste : “Il y a un décalage de la gauche sur ce que pense une majorité de Français sur l’immigration, l’islamisme et l’insécurité.”</p><p>Quelque part, la suite était écrite. L’auteur de l’ouvrage “Mélenchon : la chute — Comment la France Insoumise s’est effondrée” est devenu un ennemi de la gauche insoumise. À la fin de la séquence, il avait d’ailleurs complété cette dernière citation ainsi : “Vous avez une partie (de la gauche) qui va accuser ceux qui en parlent de fascisme”. Bien évidemment, l’histoire lui a vite donné raison, l’adhésion de Zemmour étant devenu un synonyme de fascisme pour cette gauche devenue incapable de penser autrement que par raccourcis.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/609/jour-1-les-nazis-sont-gentils-les-antifas-sont-mechants</guid>
	<pubDate>Wed, 26 May 2021 13:27:28 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/609/jour-1-les-nazis-sont-gentils-les-antifas-sont-mechants</link>
	<title><![CDATA[Jour 1 : &quot;les nazis sont gentils, les antifas sont méchants&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Mardi 25 mai s’est tenu le premier jour du procès des responsables de la mort de notre camarade Clément : après la constitution du jury et un rapport du président du tribunal sur <a href="https://lahorde.samizdat.net/Proces-en-appel-des-neonazis-responsables-de-la-mort-de-Clement" class="spip_in">la motivation et la condamnation prononcées en première instance</a>, les débats ont principalement tourné autour de la personnalité d’Esteban Morillo, reconnu coupable des coups mortels.<br class="autobr">
Morillo a un nouvel avocat : Jérôme Triomphe, proche des milieux catholiques traditionalistes. Quinze jours après la mort de Clément, il participait à une conférence de l’Agrif au Centre Charlier avec Bernard Antony et Vivien Hoch sur le thème « les racismes anti-français et anti-chrétiens et face à la culture de mort du socialisme »…</p>
<p><a href="https://lahorde.samizdat.net/IMG/jpg/triomphe-min.jpg" title="Jérôme Triomphe en 2013." type="image/jpeg"></a><br />Jérôme Triomphe en 2013.</p>
<p>Cet avocat très politique a rapidement adopté une défense elle aussi très politique qu’on pourrait résumer ainsi : Morillo est facho mais gentil, les méchants violents ce sont les antifas, il n’a fait que se défendre. C’est donc logiquement que Morillo invoque la légitime défense, et que son avocat va chercher, probablement durant les quinze jours du procès, à le faire passer pour la victime dans ce procès (Triomphe a osé l’emploi du mot « rescapés » pour qualifier Morillo et Dufour).<br class="autobr">
Face aux avocats des parties civiles, Morillo est pourtant surtout dans le déni. « Travail, famille, patrie » qu’il a tatoué sur le bras ? Il ne sait pas ce que ça signifie, il trouvait ça « beau ». Ses bagues à croix gammée, son profil Facebook où il considère Mein Kampf comme son livre préféré (« je ne l’ai pas lu » concède-t-il) montrent pourtant une certaine connaissance de la Seconde Guerre mondiale… Mais tout comme sa panoplie de skinhead de l’époque, il n’en a « aucun souvenir », ou alors celles et ceux qui l’ont vu, policiers des renseignements généraux compris, inventeraient les faits.<br class="autobr">
Concernant son engagement à Troisième Voie, dont il a le logo tatoué sur le cœur (le fameux trident que Triomphe, qu’on aurait pensé davantage expert en héraldique, a appelé improprement un « blason »), il le nie là aussi, ou bien l’évalue à « deux ou trois mois » alors qu’il en a fait partie de 2010 jusqu’à son arrestation en 2013 (« C’est une période que j’essaye d’occulter » déclara-t-il dans un rare moment de lucidité). De toute façon il dit qu’il n’en connaissait pas l’idéologie (il qualifie pourtant le mouvement de « solidariste ») : c’était pour boire et se faire des amis qu’il se rendait au Local de Serge Ayoub. Les conférences qui s’y déroulaient plusieurs fois par mois ? « Impossible, c’était trop petit. »</p>
<p><a href="https://lahorde.samizdat.net/IMG/png/local-conferences-min.png" title="Deux exemples des conférences régulières qui se sont déroulées au Local, et que Morillo dit qu'elles n'ont pas eu lieu…" type="image/png"></a><br />Deux exemples des conférences régulières qui se sont déroulées au Local, et que Morillo dit qu’elles n’ont pas eu lieu…</p>
<p>Ayoub ? Il lui trouve « du charisme » mais dans le même temps il prétend ne lui avoir « jamais dit plus que bonjour, au revoir ». Encore plus gros, « je m’étais éloigné de Troisième Voie en 2013 » ose-t-il, alors qu’on le voit en mai 2013, moins d’un mois avant qu’il ne tue Clément, au premier rang de la manif de Troisième Voie, tendant fièrement son drapeau…</p>
<p><a href="https://lahorde.samizdat.net/IMG/png/morillo-min.png" title="Morillo au premier rang dans une manif de Troisième Voie dont il se serait &quot;éloigné&quot; à l'époque : pas flagrant… [Photo : La Horde]" type="image/png"></a><br />Morillo au premier rang dans une manif de Troisième Voie dont il se serait "éloigné" à l’époque : pas flagrant… [Photo : La Horde]</p>
<p>« On a compris qu’il était facho ! » interrompt Triomphe, au mépris du respect le plus élémentaire de la parole de la partie adverse. Et d’en rajouter une couche au moment de ses questions qui sont vite devenues une plaidoirie : « Il est facho, on est d’accord. Mais ce n’est pas le sujet. »<br class="autobr">
Car oui Morillo est un néonazi, mais un néonazi gentil. Un néonazi non violent, ami des bêtes. La preuve, il a un ami malgache et des collègues « de couleur » (sic). Sa mère « lui avait appris à tendre la main » : ce n’est pas de sa faute si son fils a préféré tendre le bras… Bref, un naziboloss sensible, qui pleure quand son chef lui fait remarquer qu’il est en retard au travail (authentique).<br class="autobr">
Mais Morillo aurait aussi été un néonazi qui vivait dans la peur des antifas : c’est pour ça qu’il avait des poings américains sur lui et chez lui (il ne les avait pas pour s’en servir mais parce qu’il trouve ça « beau » comme un slogan vichyste). Les « preuves » de la violence supposée des antifas ? Triomphe va les chercher en évoquant des affaires non jugées et postérieures à 2013… Mais peu importe la vérité des faits, car la stratégie est claire : faire passer les accusés pour les victimes, justifier l’injustifiable, inverser les rôles.<br class="autobr">
Cette stratégie alliant à la fois le déni voire le mensonge du côté du principal accusé et une attitude agressive de son avocat envers les parties civiles est certainement celle de la dernière chance. Triomphe a l’air sûr de lui, mais rien ne dit que sa stratégie sera payante, tant lui-même est insupportable d’arrogance et Morillo peu crédible.<br class="autobr">
Elle met en tout cas les nerfs des proches de Clément et de leurs soutiens sont soumis à rude épreuve, ce qui est probablement là aussi un piège tendu par la défense, qui espère certainement, par son attitude provocatrice, les faire sortir de leurs gonds ; à nous de ne pas lui donner ce plaisir.<br class="autobr">
Reste à voir demain quelle sera l’attitude de Dufour et de son avocat…</p><p>La Horde</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/586/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees%C2%A01980-1990</guid>
	<pubDate>Fri, 21 May 2021 09:36:50 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/586/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees%C2%A01980-1990</link>
	<title><![CDATA[Entre autonomie et embrigadement militant : les skinheads néo-nazis des années 1980-1990]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Première parution ; <a rel="noreferrer noopener" href="https://tempspresents.com/contributeurs/jean-yves-camus/" target="_blank">Jean-Yves Camus</a>, « Entre autonomie et embrigadement militant : les skinheads néo-nazis des années 1980-1990 », <a href="https://tempspresents.com/contributeurs/nicolas-lebourg/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Nicolas Lebourg</a> et Isabelle Sommier dir., <a href="https://tempspresents.com/2018/01/25/la-violence-des-marges-politiques/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Violence des marges politiques des années 1980 à nos jours</a>, Paris, Riveneuve, 2017, pp. 29-52.</p><p class="has-drop-cap">Le meurtre de Brahim Bouaraam, un ressortissant marocain mort noyé dans la Seine, après y avoir été jeté pour des motifs racistes et homophobes par des militants d’extrême droite, le 1er mai 1995 à Paris, a sans doute été, par sa résonance politique et médiatique, le point culminant d’une longue série de faits divers, souvent meurtriers, qui ont jalonnés les années 1980-90 et qui ont été attribués à la catégorie, au demeurant floue dans sa définition, des « skinheads », recouvrant un large spectre d’opinions politiques allant de l’extrême droite néo-nazie à l’antifascisme radical représenté entre autres par les « Redskins ». La culture skinhead a été décrite avec raison par Michel Wieviorka, reprenant le sociologue britannique Mike Brake, comme « une sous-culture ouvrière, profondément marquée par une éthique puritaine du travail » et par l’opposition au mouvement hippie<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn1">[1]</a>. Cette partie du mouvement skinhead qui s’est arrimée politiquement à l’extrême droite française des années 1980-1990 peut toutefois être cernée avec davantage de précision. Pour cela, il importe de dégager les étapes de l’importation en France des phénomènes skinheads anglo-saxons, et ce qu’ils recouvrent alors en termes de radicalité et de violence. Une fois effectuée cette caractérisation des skinheads, il s’agit de dégager les aspects de militance politique pris par ce qui était un phénomène socio-culturel, venu s’enchâsser dans les formations des extrêmes droites.</p>
<p>Caractérisation du phénomène skinhead</p>
<p>Avant que d’être une affiliation idéologique, le fait skinhead doit être vu comme un phénomène subculturel transnational, à l’origine urbain, où la question de la violence participe de la norme comportementale.Le skinhead se revendique d’une culture de la violence mais aussi de la transgression. Il se distingue de la norme par ses codes vestimentaires (crâne rasé ou cheveux coupés ras, port du bomber et des chaussures montantes à lacets connues sous le nom générique de Doc Martens). Ceci étant, ces codes ne sont pas déterminés par l’idéologie mais sont étroitement liés aux origines sociales de la sous-culture qu’ils représentent, née dans la Grande-Bretagne ouvrière des années 1960 et unissant, à l’origine, de jeunes prolétaires blancs appartenant au phénomène des Mods à de jeunes Afro-antillais de même milieu, passionnés de musique ska et reggae<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn2">[2]</a>. C’est à la fin des années 1970 qu’avec la crise économique qui frappe l’Angleterre industrielle d’une part, et l’émergence d’un parti politique, le National front, fugacement sorti de la marginalité, que s’entérine la séparation définitive, au sein du mouvement skinhead, sur une base ethnique et politique, mais également musicale : la scène skinhead d’extrême droite se structure autour de l’archétype du Militant blanc <a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn3">[3]</a>, mais surtout du Rebelle blanc, adolescent ou jeune homme (ou, minoritairement, femme) qui revendique sa couleur de peau et son origine ethnique contre l’émergence des minorités visibles, endosse un racisme et un antisémitisme extrêmes dont l’action violente est une composante essentielle, et abandonne définitivement les musiques « non-européennes » pour deux styles propres : la Oi, un dérivé du punk rock<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn4">[4]</a> et le RAC ( « Rock against Communism »), qui est un dérivé politisé du précédent dans lequel les paroles glorifient non pas seulement la lutte anticommuniste mais surtout le « nettoyage ethnique » des villes britanniques, et la violence physique en général<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn5">[5]</a>. Pour autant, l’extrême droite n’a jamais eu une emprise totale sur le mouvement communément appelé skinhead, ni en France, ni ailleurs : le mouvement S.H.A.R.P. (Skinheads Against Racial Prejudice) notamment, rassemble des skinheads de même extraction ouvrière mais proches de l’extrême gauche ou des milieux libertaires. Ils sont souvent actifs dans les villes mêmes où sont leurs rivaux qu’ils surnomment, pour s’en démarquer, boneheads (crânes d’os). Ils sont restés musicalement ouverts aux styles des origines puis au punk. La division idéologique du mouvement skinhead donne lieu, dès les années 1980, à l’émergence de « bandes » rivales qui se disputent la maîtrise des territoires urbains par la violence<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn6">[6]</a>.</p><p>De même que l’arrivée en France du phénomène skinhead d’extrême droite était une importation d’un phénomène britannique, et même anglais, la radicalisation idéologique de la scène française dans les années 1990 fut le résultat du transfert en Europe d’idées, de méthodes d’action et d’effets de mode venus des États-Unis. La première apparition publique importante des skinheads américains, lors d’un meeting du 7 octobre 1989 fédérant à peu près toutes les tendances de l’extrême droite autour d’une commémoration de la Confédération sudiste<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn7">[7]</a>, avait montré la convergence, au moins partielle, des skinheads « White Power », des nostalgiques de la ségrégation raciale et de la nébuleuse connue sous le nom d’Identity Churches, sortes de dénominations religieuses sectaires professant l’idée de la suprématie de la race blanche voulue par la volonté divine et les Écritures, relues à la lumière de l’anglo-israélisme (pour lequel les Anglo-saxons sont les descendants des tribus perdues d’Israël) et de l’idée d’un christianisme débarrassé de toutes ses racines juives. Loin de n’être qu’une sous-culture marginale de la jeunesse, cette nébuleuse s’était organisée sous un modèle, la « résistance sans chef », qui prônait la lutte armée contre l’État fédéral, jugé illégitime et appelé ZOG, ou Zionist Occupation Government (gouvernement d’occupation sioniste).</p><p>Dès 1983-1984, de petites cellules étaient passées à l’action terroriste contre des agents fédéraux et des adversaires politiques. Elles étaient connues sous le nom de The Order, disposaient de leur manuel de passage à l’action pour déclencher une guerre raciale (le livre de William Luther Pierce, alias Andrew Macdonald, The Turner Diaries, publié en 1978) et d’une forme de mantra, les 14 Mots, formulés par le suprémaciste David Lane pour lequel « We must secure the existence of our people and a future for white children » (« Nous devons préserver l’existence de notre peuple et un avenir pour les enfants blancs »). Cet ensemble de concepts, mis en action, font qu’au milieu de la décennie 1990, les autorités fédérales et les associations du type watchdog, luttant contre le racisme (Anti-Defamation League ; Southern Poverty Law Center) estiment que les 3 500 skinheads recensés ont commis 22 meurtres depuis 1990. C’est précisément ce qui séduit des skinheads français.</p><p>En juin 1993, parait le premier numéro du bimensuel Terreur d’élite, « voix indépendante et radicale des nationaux-socialistes francophones ». En couverture de ce fanzine d’une qualité d’impression inhabituelle, cette phrase : « Juifs : lire cette publication vous transformera en abat-jour, en savonnettes ou en engrais. » Le ton de l’antisémitisme délirant est donné. Il est habituel chez les Hammer Skins, réseau skinhead américain dont l’emblème est le marteau de Thor et dont la branche française, éditrice du bulletin, se nomme Charlemagne Hammer Skins. Très hostile au Front national (le FN serait « le dernier bastion de la juiverie française »), proche du parti nazi transnational NSDAP/AO<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn8">[8]</a>, elle est animée par Hervé Guttuso, un jeune Marseillais dont la précédente publication s’intitulait Neuvième Croisade. Ancien membre de Troisième Voie, puis de la section Prinz Eugen (du nom d’une division SS) du Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE), Guttuso s’est formé au contact de l’American Front et des Chicago White Vikings lors d’un séjour outre-Atlantique. Il y a rencontré les animateurs de la revue Résistance, fanzine devenu un magazine en quadrichromie doublé d’une maison de disques, Resistance Records, dont l’audience est devenue mondiale (le numéro 1 du journal, en 1994, est tiré à 12 000 exemplaires). Idéologiquement, les Hammerskins américains défendent l’idée selon laquelle la résistance armée au pouvoir fédéral est légitime puisque, loin d’être l’émanation du peuple, le gouvernement serait aux mains des juifs qui assureraient leur mainmise sur le pouvoir politique, économique et médiatique, dans l’objectif d’éliminer la race blanche en promouvant le métissage généralisé. Dès lors, toute forme de résistance armée est juste et nécessaire, y compris le terrorisme<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn9">[9]</a>, par des modes d’action souvent inspirés des Turner Diaries, traduits en français tardivement (1999) par Henri de Fersan, avec des illustrations de Chard, caricaturiste à Rivarol<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn10">[10]</a>. D’où ce surnom de ZOG (Zionist Occupation Government), qu’elle donne au gouvernement des États-Unis.</p><p>Cette théorie conspirationniste, qui se réfère souvent aux Protocoles des sages de Sion, débouche sur la conviction que le seul espoir de survie pour la race blanche réside dans la création de communautés aryennes vivant en autarcie dans des régions reculées (aux États-Unis, dans les montagnes Rocheuses et les Appalaches). À partir d’elles s’organisera la riposte violente au pouvoir en place, qu’un livre décrit en détail : les Turner diaries (1978), de William Pierce, leader du groupe américain National Alliance, sorte de bible des suprémacistes blancs. L’intention terroriste apparaît clairement dans Terreur d’élite : « Les cibles principales du révolutionnaire aryen doivent être en première priorité des cibles économiques, énergétiques, puis en dernier lieu des cibles humaines. Le paroxysme de la jouissance étant bien sûr de cumuler les trois facteurs à grande échelle » (n° 5, printemps 1995). La nouveauté dans le rapport à la violence est ici qu’elle est revendiquée dans sa dimension terroriste, comme dans la couverture du magazine skinhead nazi anglais The order (n° 10) qui montre un militant en train de manipuler des détonateurs. En France, le magazine de Guttuso suit le même chemin et celui qui lui succède, 14 Mots, indique clairement « nous devons tuer »<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn11">[11]</a>.</p><p>Un nouveau bulletin confidentiel, Das Schwartze Korps (n° 2, 1995), franchit un pas supplémentaire en écrivant : « Nous, Blancs purs, ne reconnaissons aucun droit aux non-Blancs de quelque sorte qu’ils soient. Si, peut-être un seul, celui de crier dans la chambre à gaz quand on jettera le Zyklon B! ». Cette référence explicite au génocide nazi montre que les skinheads, tout en reprenant quelquefois les textes des historiens négationnistes sur la Shoah, ont plutôt tendance à en assumer et même à en valoriser l’existence. La montée en puissance de la tendance terroriste du mouvement skinhead néo-nazi sera toutefois arrêtée nette dès 1993 par la très forte volonté politique du ministre de l’Intérieur Charles Pasqua et de son conseiller pour la lutte contre le racisme, Patrick Gaubert, suivi par ses successeurs : début 1998 Guttuso est arrêté à Londres, où il séjournait depuis 1996 chez les frères Sargent, animateurs de Combat 18, mouvement considéré par la police britannique comme responsable de meurtres racistes et ayant des intentions terroristes. En définitive, un juge d’instruction toulonnais fera écrouer neuf personnes mises en examen pour « incitation à la haine raciale et menaces de mort », notamment contre Anne Sinclair, Jean-François Kahn, Simone Veil et Patrick Gaubert<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn12">[12]</a>. Les Charlemagne Hammer Skins survivront à cette répression et perdurent jusqu’à ce jour<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn13">[13]</a>, mais avec un fonctionnement plus discret, comme leur concurrent direct les Blood and Honour Hexagone<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn14">[14]</a> avec leur revue Signal 28, tous deux ayant pour activité visible essentielle l’organisation de concerts ou de tournois de MMA (mixed martial arts). La propension à la violence demeure : le 30 mars 2016, principalement en région marseillaise, onze skinheads néo-nazis ont été mis en examen après la découverte à leur domicile d’un stock d’armes.</p><p>Cette appétence pour la violence relève des actions des skinheads mais également de leur vision du monde, voire de leur caractérisation psycho-sociale.Dans son ouvrage sur les motivations de l’adhésion au Front national (FN)<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn15">[15]</a>, Birgitta Orfali reprend la distinction faite par Michael Billig, dans son ouvrage sur les militants du National front britannique<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn16">[16]</a>, entre le militant autoritaire et « l’homme de violence ». Ce dernier, mû par le ressentiment, « est ainsi dénommé car c’est la notion de lutte, de combat qui retient toute son attention. L’opposition violente à tout adversaire (individu ou groupe) le caractérise. L’antagonisme, le conflit sont les lieux par excellence qui définissent ce type ». Elle ajoute que ces hommes « vivent à l’heure de la psychologie des foules grâce au FN »<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn17">[17]</a>. Stéphane François a bien montré que ce type d’individu correspondait profondément au profil des militants des mouvements qui, aujourd’hui encore, appartiennent à la frange la plus radicale de l’extrême droite, celle qui refuse l’aggiornamento du FN et se manifeste par une activité particulièrement élevée dans la région des Hauts-de France, parfois sur le mode de ce que le même auteur appelle le « skinhead rural » <a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn18">[18]</a>.</p><p>Au-delà de la typologie sociologique et psychologique, le concept d’homme de violence s’est traduit, dans les décennies 1980 et 1990, par toute une série d’actions dont se sont saisies, non seulement les organisations antiracistes (Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme ; Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples ; SOS-Racisme ; Ligue des Droits de l’Homme), mais aussi la presse locale et nationale, qui a ainsi donné une visibilité importante au phénomène skinhead néo-nazi. À bon escient d’ailleurs : en effet, la glorification continue de la violence physique, telle qu’elle figurait dans les publications skinhead de l’époque, accompagnée par l’affirmation de la supériorité ethnique blanche et un antisémitisme obsessionnel, avait de grandes chances d’aboutir à un passage à l’acte. L’accroissement des agressions imputables aux skinheads était déjà sérieux dans les années 1987-90 : en 1988, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) leur imputait 20 actions violentes sur 64 actes racistes répertoriés ; l’année suivante 16 sur 53. Il s’ensuivit une répression policière avec 70 arrestations en 1987.</p><p>Il n’est pas possible de dresser ici une chronologie exhaustive des homicides commis par des skinheads néo-nazis sur la période. Pour ne citer que ceux au plus fort retentissement, on rappellera le meurtre, à Lille, d’un clochard par un proche du mouvement Troisième Voie (TV), en 1988<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn19">[19]</a>. En 1990 au Havre, une dizaine de militants locaux et parisiens du groupe Blood and Honour tue un jeune Mauricien, obligé par eux d’avaler de la soude caustique avant d’être jeté à l’eau. Les faits ne sont élucidés qu’en 1998 et les deux principaux mis en cause, Régis Kerhuel<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn20">[20]</a> et Joël Giraud, sont également des membres des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR). Puis, en 1995, David Beaune, 25 ans, est accusé du meurtre d’Imad Bouhoud, mort noyé, dans un bassin du port du Havre. Il est jugé par la cour d’assises de Rouen. Pour lui, le FN se trompe en voulant forcer les immigrés à quitter la France : il souhaitait construire pour eux des «camps de concentration et des chambres à gaz en Normandie ». « Maintenez-vous toujours cela aujourd’hui ? » lui demande le président lors de l’audience. Il maintient<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn21">[21]</a>.</p><p>L’affaire est intéressante à un autre titre, celui de la persistance des comportements violents de l’auteur des faits, même après sa sortie du milieu skin : Beaune est de nouveau condamné en 2013 à un mois ferme pour menaces avec arme<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn22">[22]</a>, sans circonstance aggravante de racisme. Ce qui n’est pas le cas pour Marc Grubica, ancien responsable du fanzine nordiste Tempête et Tonnerre, appréhendé en 2010 pour des dégradations commises contre la façade de la mosquée Salman-Al-Farissi, à Tourcoing et qui, à 43 ans, a déjà sept condamnations à son casier – dont une pour meurtre lors de sa période skinhead<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn23">[23]</a>. Enfin, le 7 janvier 1998, à Mortefontaine-en-Thelle (Oise, autre département de prédilection de la scène skinhead), Antoine Bonnefis, 18 ans, tue son beau-frère et un de ses amis africains. Il écope de 14 ans de prison sans que le mobile raciste soit retenu et les parties civiles sont déboutées.</p><p>Ce panorama serait incomplet sans citer deux événements. Le premier est la profanation d’un cadavre dans le cimetière juif de Carpentras (Vaucluse), en mars 1990. Imputé à l’influence culturelle du FN, cet acte, qui devint un événement de mobilisation fondamental dans la stratégie de mobilisation politique et associative contre le Front national, fut élucidé seulement en 1996, alors que l’un des auteurs, Jean-Claude Gos, skinhead de Denain (Nord) et membre du PNFE, était déjà décédé. Le second est exceptionnel parce qu’il est entièrement provoqué par la commande d’un média télévisuel peu scrupuleux (et disparu) qui, comme bien d’autres à l’époque, traite le phénomène skinhead sous l’angle du sensationnalisme : le 22 avril 1990 pour les besoins d’un reportage, une équipe de journalistes incite des membres des JNR, dont Joël Giraud, à agresser un Africain, Karim Diallo, sous les caméras des journalistes. Les mis en cause seront condamnés à 8 mois de prison avec sursis en janvier 1994 pour cette agression.</p><p>Certains de ces actes violents ont notablement influencé l’image de l’ensemble de la mouvance. Ce qui est devenu « l’affaire Bouarram » a connu un retentissement exceptionnel parce que les faits se sont déroulés en marge du cortège de Jeanne d’Arc organisé chaque premier mai par le Front national, dont le service de sécurité a d’ailleurs collaboré avec la police dans l’identification des agresseurs. Ils sont également emblématiques de trois dimensions du phénomène de la violence skinhead en France autour desquelles peut s’organiser la réflexion sur cette mouvance dans une période qui constitue son apogée.</p><p>La première est la dialectique de l’autonomie et du militantisme politique au sein du FN ou de groupuscules activistes plus radicaux : violents, ouvertement racistes, antisémites et même néo-nazis, réputés incontrôlables et hostiles à toute forme d’organisation sociale autre que celui de la « bande », les skinheads veulent-ils, peuvent-ils s’agglomérer durablement à une organisation hiérarchisée, voire à un parti impliqué dans le jeu électoral ? Seconde question : quelle est l’ampleur du phénomène, à la fois en termes de nombre de personnes concernées, d’influence politique sur le reste de l’extrême droite et de niveau de violence, symbolique ou physique ? Enfin, la catégorie « skinheads » a-t-elle un contenu clair ? N’est-ce pas en partie une construction, notamment médiatique, qui inclut à la fois des individus se revendiquant tels et d’autres qui y ont été rattachés pour des raisons liées à leur « look » (tout « crâne rasé » n’est pas un skinhead) ou à leurs idées – des skinheads ont milité aux Faisceaux nationalistes européens (FNE) ou au PNFE, mais ceux-ci n’étaient pas uniquement ni même prioritairement des mouvements skinheads ?</p><p>Deux éléments de réponse peuvent être avancés. Le premier est que les skinheads ont vite été repérés par les fondateurs du PNFE et dans une moindre mesure des FNE, comme le seul canal leur permettant d’étoffer de maigres effectifs et de dépasser la fonction de mouvements nationaux-socialistes orthodoxes, voire de cultes néo-nazis. Le second est que l’époque où ils apparaissent est plus largement celle où les medias découvrent le phénomène des « bandes urbaines » (skins mais aussi « zoulous » ou punks d’extrême gauche) et lui donnent une couverture qui n’est que bénéfice pour les groupes d’extrême droite. La police elle-même prend conscience du phénomène que les Renseignements généraux globalisent sous l’appellation « Violences urbaines ». Ils créent en 1991 une section spécialisée intitulée « Villes et banlieues ». Volens, nolens le phénomène skinhead s’est en tous cas polarisé à l’extrême droite, posant par là-même la question de sa possible structuration par les mouvements organisés de cet espace politique.</p>
<p>La mouvance skinhead et les organisations françaises d’extrême droite</p>
<p>Le mouvement skinhead politisé à l’extrême droite apparaît d’abord vers 1983-1984 et se signale lors de la fête de Jeanne d’Arc 1985 par la présence d’un groupe qui s’appelle « Les Amis de Barbie ». Il s’étend vraiment à partir de 1987, lorsque l’organisation Troisième Voie (TV), alors dirigée par Jean-Gilles Malliarakis<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn24">[24]</a>, se rapproche des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) menées par Serge Ayoub. Avec le PNFE, ces deux groupes sont ceux qui ont voulu et réussi à recruter en milieu skinhead avec le plus de constance et de succès. Cependant, ils ont des précurseurs, figures individuelles qui ont généralement connu les skinheads politisés à l’extrême droite lors de séjours à l’étranger, en particulier en Grande-Bretagne, qui en deviendront des figures et qui prouvent que la culture skinhead est un article d’importation comme beaucoup de modes qui façonnent les sous-cultures de la jeunesse européenne. Les antifascistes radicaux publiant la revue REFLEXes, puis le site internet éponyme<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn25">[25]</a>, et qui ont suivi avec une précision certaine la trajectoire des skinheads de la droite radicale, datent de 1983-84 l’apparition à Marseille de skinheads ayant séjourné en Grande-Bretagne et à la même période, celle à Tours d’un fanzine intitulé Bras tendu, édité par Olivier Devalez alias « Tod », une des figures historiques de la scène, mis au contact du British Movement lors d’un séjour à Londres. La même source affirme que Serge Ayoub (né en 1964), aurait adopté le « look » skinhead au retour d’un voyage outre-Manche. Enfin, une autre personnalité importante de la scène skinhead des premières années est un Britannique installé en France, Bruce Thompson, qui suivra Ayoub aux JNR et restera actif jusqu’en 1995 au moins<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn26">[26]</a>.</p><p>La question est de savoir comment, et pourquoi, le développement des skinheads d’extrême droite en France, à cette époque précise, croise la route d’organisations politiques du même milieu et aboutit à ce que celles-ci cherchent à attirer des individus connus pour leur propension à la violence et dont le credo consiste à rejeter tout type de hiérarchie autre que le charisme naturel du chef de bande, généralement reconnu pour ses « faits d’armes », sans parler du fait que les skinheads, dont Thompson semble être le vétéran, étant trentenaire dans les années pionnières, ne souhaitent pas se donner de leader n’appartenant pas à leur génération.</p><p>C’est là qu’intervient la dialectique de l’autonomie et de la récupération. En 1983-1984, l’arrivée de la gauche au pouvoir trouve un Front national qui attire toujours des militants très radicaux, mais l’entreprise de marginalisation de ceux-ci, commencée par Jean-Pierre Stirbois, aboutit à la création de groupuscules qui se disputent le maigre espace existant à la droite d’un FN déjà jugé embourgeoisé. En 1989, Bruce Thompson déclare ainsi au fanzine Le rebelle blanc : « Le Pen est trop vieux, trop mou, trop riche »<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn27">[27]</a>. Les quelques mouvements qui existent à l’époque en dehors du FN ont un rapport de suspicion vis-à-vis de la violence politique. L’Œuvre française, de Pierre Sidos, est un groupe dont le chef a connu l’épuration puis la répression de l’Organisation de l’Armée Secrète (OAS), il tient au respect de la légalité et dirige en outre son organisation, étroitement nationaliste française, d’une manière hyper-centralisée, tout en normant étroitement les comportements des militants (costume tenant de l’uniforme, défilés en rangs, chant du mouvement…) : les jeunes aux cheveux ras qui y militent ressemblent aux skinheads, mais n’en sont que très exceptionnellement. Le Parti Nationaliste Français (PNF), scission du FN opérée fin 1982 par les animateurs du journal Militant, militent pour un nationalisme européen racialiste qui recoupe davantage le slogan du White Power, mais outre qu’il est aussi légaliste, ses animateurs d’alors sont en majorité d’anciens du Parti Populaire Français ou du Francisme <a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn28">[28]</a> ayant servi dans les rangs de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme ou de la Division Charlemagne et nés dans les années 1920 : le fossé générationnel est trop important. Serge Ayoub fondera en 1990 un éphémère Comité de base jeunesse, hébergé à l’adresse du local du PNF avec lequel il partageait la « défense de l’identité française face au cosmopolitisme », l’affirmation selon laquelle « la nation est avant tout une communauté de destin et de sang », inaccessible aux non-européens, l’« opposition au système », la démocratie étant décrite comme un moyen d’asseoir la domination des « grands financiers et des grands trusts », la « lutte pour la justice sociale » et la répudiation de la lutte des classes ; la « conscience européenne contre le mondialisme ». Ce rapprochement restera toutefois sans lendemain.</p><p>L’instrumentalisation la plus réussie du phénomène skinhead par des mouvements politiques d’extrême droite est le fait de deux groupes : Troisième Voie (1985-1992, réactivé en 2010-2013) auquel il faut ajouter les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR, 1987-2013)<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn29">[29]</a> et le PNFE<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn30">[30]</a>, fondé en 1987 par un ancien militant de l’OAS et du FN, Claude Cornilleau, qui avait en 1983 réussi à se faire élire conseiller municipal de Chelles (Seine-et-Marne) sur une liste menée par un élu du Rassemblement Pour la République (RPR).</p><p>Troisième voie a été fondée en 1985 par Jean-Gilles Malliarakis sur des bases idéologiques nationalistes-révolutionnaires ou solidaristes ; il n’était pas un mouvement skinhead. Son slogan était : « Ni trusts, ni soviets » et outre un anti-sionisme affiché, il tenait à une Europe réunifiée et indépendante des blocs américain et soviétique. Le rapprochement opéré en 1986-1987 entre TV et Serge Ayoub, volontiers interviewé par les media et présenté comme la figure emblématique du milieu skin français, est une initiative de ce dernier, originaire de la classe moyenne parisienne à fort capital culturel, et déjà une figure de la scène skinhead depuis 1982 environ. Il est à la fois chef d’une bande (le Klan), qui se targue volontiers d’avoir le recrutement prolétarien, l’attitude violente et les objectifs anticapitalistes des Sections d’Assaut (SA) ; acteur du milieu hooligan politisé qui, à partir de 1984, s’installe dans la tribune Boulogne du Parc des Princes et qui s’engage dans des affrontements violents contre des personnes de couleur, des supporters des clubs adverses ou d’autres groupes de hooligans apolitiques ou antifascistes<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn31">[31]</a> ; et entrepreneur ouvrant en 1986 une boutique de vêtements brassant une clientèle de skinheads, hooligans et amateurs de marques anglaises que se sont appropriés comme dress-code une partie des jeunes d’extrême droite.</p><p>Le noyautage des supporters parisiens a débuté en septembre 1989 avec la création du groupe Pitbull Kop par Serge Ayoub. Leur prise en main par les JNR est allée de pair avec l’établissement de liens internationaux avec d’autres supporters d’extrême droite, comme ceux du « 0 Side » d’Anderlecht (Belgique) ou les Brigadas Blanquazules de Barcelone. Vers l984-1985, divers sous-groupes se sont constitués, tous influencés par les thèmes racistes et comprenant des skinheads, mais possédant chacun leur mode d’habillement et leur forme préférée d’affrontement : les « casual  », hooligans qui n’arborent plus l’allure skinhead et sont donc moins repérables de prime abord, se sont développés sous le nom de « Commando pirates », tandis que les Fire Birds, une cinquantaine d’individus formant la fraction la plus violente au Parc des Princes, ont choisi une stratégie d’affrontement contre la police et les supporters adverses. </p><p>Les JNR, dont Ayoub reste la figure tutélaire avec une longévité exceptionnelle ne se terminent qu’avec la dissolution de 2013 et la fermeture administrative de son quartier général parisien, Le Local. C’est une sorte de garde prétorienne composée d’éléments généralement issus des classes populaires, impliquée comme on l’a vu dans des agressions racistes sordides, dans lesquelles, à l’exception de la « ratonnade » télévisée évoquée plus haut, Serge Ayoub, bien que son nom ait souvent été évoqué après les faits, n’a jamais été condamné. L’histoire des JNR comporte deux périodes : l’une court jusqu’à l’autodissolution du milieu des années 1990 et est celle de la violence débridée ; l’autre, de la reformation en 2010 jusqu’à 2013, est celle de la violence canalisée, et même de la tentative pour engager une nouvelle mouture de Troisième Voie dans davantage de visibilité publique, avec la présentation de candidats aux élections (2012), l’ouverture de locaux associatifs à Paris et à Lambersart (Nord) sous le nom à consonance régionaliste flamande de Vlaams Huis et la publication d’un journal intitulé Salut public.</p><p>Le mouvement est aussi le seul de la scène à avoir réussi à construire des ponts avec le milieu des « bikers » et l’un des rares à prendre la grande majorité de ses références idéologiques dans l’histoire de France, que ce soit chez les révolutionnaires les plus radicaux (Babeuf), les blanquistes et le syndicalisme-révolutionnaire, adoptant d’ailleurs comme emblème le faisceau des licteurs<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn32">[32]</a>le rattachant bien davantage à la Révolution française qu’au fascisme. La carrière des JNR et de Troisième Voie se terminera cependant dans la violence avec l’implication de plusieurs de leurs membres dans la mort du militant antifasciste Clément Méric, le 5 juin 2013. Une des questions essentielles qui se pose, au moment de dresser le bilan de l’activité violente des JNR, est celle de la facilité avec laquelle, des années 1980 à nos jours, les multiples groupes qu’a dirigés Serge Ayoub ou dont il a été proche, ont pu continuer à opérer en étant impliqués dans des faits très graves : en mars 2017 encore, il comparaissait devant le tribunal correctionnel d’Amiens en compagnie d’une quinzaine de membres du groupe picard White Wolves Klan (WWK), poursuivis pour des faits de violences, vols, séquestration et tentative de meurtre. Serge Ayoub a été relaxé.</p><p>Le PNFE n’a jamais disposé d’un porte-parole ayant les capacités communicationnelles de Serge Ayoub. Il a toutefois joué un rôle essentiel dans la socialisation politique des skinheads. Adepte d’un néo-nazisme orthodoxe qui s’exprime dans les colonnes de son journal, Tribune nationaliste, le PNFE décide, semble-t-il en 1988, de se lancer dans l’action violente et ce, de manière préméditée et concertée. Le 31 juillet 1988, le journal Globe est plastiqué. En novembre 1988 quatre policiers membres du parti participent au Château de Corvier (Loir-et-Cher) au congrès du PNFE. Ils y assistent à une démonstration sur la fabrication et l’utilisation d’engins explosifs et y apprennent que de tels engins ont déjà été utilisés lors de deux attentats encore inexpliqués, ceux du foyer d’immigrants du Cannet (9 mai 1988) et contre Globe (31 juillet 1988)<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn33">[33]</a>. Certains adhérents non-skinheads se rendent coupables, le 19 décembre 1989, d’un attentat contre le foyer Sonacotra de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes) qui fait un mort et onze blessés. Cette affaire déclenche une vague de répression policière qui se traduit, début 1989 par une vague d’arrestations de 24 cadres (dont le président) et militants dont quatre policiers appartenant à la Fédération Professionnelle Indépendante de la Police (FPIP), un fait qui donne au PNFE la réputation d’être au moins aussi infiltré par des indicateurs qu’il dit avoir réussi à infiltrer la police. Le 5 juin 1990, son journal est interdit. Cependant le PNFE connaît une seconde vie à partir de son cinquième congrès, tenu le 3 avril 1993 en présence de John Tyndall, le président du British National Party (BNP) comme de néo-nazis allemands, et qui consacre sa fusion avec les FNE. Ce sursaut est dû, en bonne partie, au choix stratégique de Cornilleau ainsi résumé par Alain Léauthier dans le quotidien Libération du 2 août 1996 : « Adepte du marketing et de la communication, il [Cornilleau] a su donner à ses troupes le style et le ton qui manquaient aux concurrents : tenues de parade copiées sur celle des SA (sections d’assaut nazies), chants hitlériens, congrès événement, comme en 1989 au château de Corvier. Surtout, quand le phénomène s’est développé, Cornilleau a fait la cour aux skins rétifs aux longues séances d’endoctrinement mais amateurs de musique oï (rock des skinheads, ndlr), de bière et de bastons avec les “bronzés”, c’est-à-dire avec toute personne d’apparence non-européenne. Résultat : à son apogée, vers 1990, le PNFE compte plusieurs centaines de sympathisants dans toute la France. Il adopte une structure extrêmement décentralisée. Les sections locales sont très autonomes, ont leur fanzine<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn34">[34]</a>. Le PNFE s’implante dans le Nord, l’Ouest et le Sud-Est ».</p><p>Le mouvement attire à lui, précisément en raison de cette décentralisation, les groupes musicaux de skinheads d’extrême droite les plus en vue, généralement formés sur une base strictement locale. Le plus connu est Légion 88, dans l’Essonne, qui fera du nom du mouvement le titre d’une de ses chansons<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn35">[35]</a>.</p><p>L’organisation satellise aussi de nombreux fanzines et leurs animateurs ainsi que plusieurs structures à but commercial dont la plus importante est, de 1987 à 1994, le label Rebelles européens, basé à Brest. Les CDs sont aussi vendue et des concerts, organisés, par une structure militante non-lucrative et amie, l’AME ou Association Musicale Européenne, basée dans les Bouches du Rhône). Vis-à-vis des militants ou des recrues potentielles, la musique est utilisée comme moyen d’endoctrinement : la plupart des fanzines publient des interviews de groupes de musique « oi ! », qui laissent peu de doutes quant à la motivation politique des chansons. Le groupe Bifrost, dénommé d’après un terme de la mythologie nordique désignant le pont qui relie le monde des hommes à celui des dieux, déclare par exemple que ses textes « véhiculent le sentiment de révolte face au capitalisme sauvage, hybride et apatride ». Ses références doctrinales sont Georges Sorel et Proudhon, Drieu La Rochelle et Doriot, ou l’écrivain néo-nazi français René Binet. Le groupe Baygon blanc se réfère à Rudolf Hess et Hitler<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn36">[36]</a>. Action dissidente, basé dans les Yvelines, a pour slogan : « Mort à ZOG [Zionist occupation government] et à tous les parasites de notre pays. » Dans les années 1984-1985 le groupe-culte Evilskins chantait : « le Führer est de retour, on va rallumer les fours, dérouler les barbelés et préparer le Zyklon B », ce texte sans ambiguïté constituant jusqu’à aujourd’hui un « tube » de la scène skinhead. Une partie de cette violence antisémite a pu se transformer en actes sous la forme de profanations de cimetières juifs, particulièrement en Alsace et Lorraine, tandis que celles de carrés musulmans des cimetières ont été nombreuses dans le Nord-Pas-de-Calais.</p><p>Une nouvelle catégorie de profanateurs a même vu le jour en 1997, lorsqu’a été violé un caveau du cimetière de Six-Fours (Var). Les auteurs, jugés en 2004, diffusaient la revue W.O.T.A.N. (Will of the aryan nation – volonté de la nation aryenne), « bulletin mensuel de rééducation » des CHS (Charlemagne Hammer Skin – nom choisi en référence à la division SS française), édité à Londres. Un des mis en cause avait été condamné, en 1997, pour avoir exhumé un corps dans le cimetière central de Toulon lors d’une sorte de rituel gothico-satanique. Courant de longue date aux Etats-Unis, le lien entre satanisme et néo-nazisme se retrouve en 2001 dans le procès de David Oberdorf, meurtrier en 1996 d’un prêtre haut-rhinois et dont l’un des mis en cause du Var avait été l’inspirateur<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn37">[37]</a>. À Rouen, la police arrêtera en mars 1995 les animateurs d’un fanzine nazi-sataniste, Deo Occidi, précurseurs du sous-genre musical connu sous le nom de National-Socialist Black Metal (NSBM), qui avaient formé une association nommée AMSG (Ad Majorem Satanae Gloriam), valorisant l’action terroriste. Sa charte stipulait en effet : « Tout terrorisme se pratique de manière individuelle sans engager la totalité du mouvement Black Metal (…). Chacun doit s’armer de manière individuelle en vue de combattre tout opposant. Tous les moyens devront être utilisés pour se procurer un armement légal et illégal »<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn38">[38]</a>.</p><p>La réussite du PNFE dans la manière d’agglomérer les skinheads a évidemment eu un coût en termes d’image et hypothéqué finalement la pérennité du mouvement. Son journal est interdit en 1990, ses réunions militantes sont interrompues par la police<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn39">[39]</a>. Une réorganisation de l’appareil, en 1990-1991, voit le PNFE diversifier ses activités vers le soutien aux prisonniers politiques néo-nazis en France et à l’étranger via le COBRA (Comité Objectif Boycott de la Répression antinationaliste) créé par Olivier Devalez dans les années 1980 et animé par Rolf Guillou, un skinhead du Havre. À cette époque, le nombre de « prisonniers de guerre » que Devalez demande aux lecteurs de soutenir dans son fanzine L’Empire invisible<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn40">[40]</a> est de 37, en majorité américains. Les Français ne sont que 4, deux militants du PNFE inculpés dans l’affaire des attentats azuréens du Cannet et de Cannes, l’ancien militant frontiste Edouard Serrière, et Michel Lajoye, figure emblématique de l’activisme racialiste qui a rejoint le parti pendant son incarcération<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn41">[41]</a>. Le PNFE se lance également dans le soutien au négationnisme du génocide des juifs par l’intermédiaire de l’ANEC (Association normande pour l’Éveil du Citoyen) basée à Caen et fondée par Vincent Reynouard, qui adhère au parti et devient, jusqu’à ce jour, une icône de la seconde génération des auteurs négationnistes. Néanmoins dès 1995, l’activité militante semble fléchir dans les départements où le journal Le Flambeau « compte pourtant un nombre d’abonnés non négligeables, tels que les Alpes-Maritimes, la Seine-Maritime, certains départements bretons ou d’Ile- de- France »<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn42">[42]</a>.</p><p>Le PNFE se désintègre lentement, malgré une tentative de revitalisation qui passe par l’importation en France d’un certain nombre de thématiques américaines comme la guerre ethnique : dans son avant-dernier numéro, son journal dresse un tableau apocalyptique des violences commises dans les « quartiers sensibles » par des personnes non-blanches et conclut : « seule une répression im-pi-to-ya-ble viendra à bout de la violence. Mais d’ici-là, vu l’état d’abrutissement dans lequel le régime a plongé la masse des veaux, beaucoup de sang aura coulé. Et la reconquête sera longue et douloureuse »<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn43">[43]</a>. Toutefois dans la surenchère idéologique et la promotion du passage à l’acte dans ce qu’il faut bien appeler la guerre raciale, le PNFE est déjà débordé.</p><p>Les organisations radicales ayant quelque difficulté à gérer les bandes skinheads, il va de soi que les relations de celles-ci avec le FN ne sauraient être monolithiques.Si les cortèges annuels de la fête de Jeanne d’Arc et d’autres manifestations frontistes rendaient visible la présence en queue de cortège (ou en marge de celui-ci) d’individus au « look skinhead », il faut garder à l’esprit que le concept de « partei-skin » (skin de parti), élaboré par l’historien et politiste Patrick Moreau pour désigner le skinhead inféodé à un parti organisé dans lequel il milite<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn44">[44]</a>, n’a jamais été pertinent en France. D’une part, l’individualisme, le caractère provocateur et incontrôlable des skins les rendent inaptes à s’insérer durablement dans une structure politique hiérarchisée comme celle du FN. D’autre part, contrairement à une idée reçue, si la stratégie dite de dédiabolisation ne s’est imposée vraiment qu’à partir de 2011, lorsque Marine Le Pen a supplanté son père, elle n’était pas totalement inexistante auparavant : ainsi, outre que la double appartenance était interdite dans les statuts, le parti cherchait à exercer un contrôle étroit sur l’emploi de la force et de la violence, tâche dévolue au Département Protection Sécurité (DPS), placé sous le seul contrôle du président Le Pen. Les projecteurs s’étant braqués sur celui-ci, tout au long de la décennie 1990, au point qu’en 1999 il faisait l’objet d’une enquête parlementaire préludant à une éventuelle dissolution<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn45">[45]</a>, le FN se devait de contenir les skinheads, de sorte que les relations entre le parti et eux étaient depuis longtemps très conflictuelles. Ainsi, lors du défilé FN du premier mai 1993, 32 skins furent interpellés sur dénonciation d’un responsable du DPS et c’est dans la « zone grise » alors constituée autour du Front national de la jeunesse (FNJ) et des nationalistes-révolutionnaires radicaux (notamment ceux d’Unité radicale<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn46">[46]</a>) que la jonction pouvait s’opérer, davantage d’ailleurs sur le mode du jeune « rebelle blanc » proclamant son appartenance ethnique face à la société multiculturelle que du skinhead proprement dit, en prélude en somme au futur phénomène identitaire des années 2000 à nos jours que Stéphane François analyse dans le chapitre 7 du présent volume.</p><p>Idéologiquement, la mouvance skinhead trouvait le discours de Le Pen beaucoup trop modéré. Elle ne comprenait pas la tactique de normalisation par le jeu électoral exposée par Hubert Massol, élu municipal du FN (depuis 1989) et président de l’Association pour défendre la mémoire du Maréchal Pétain (ADMP), dans un fanzine skinhead finement intitulé Gestapo<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn47">[47]</a>: « Pour que les nationaux reviennent au pouvoir, ils doivent être de plus en plus présents dans le jeu démocratique qui leur permet d’exister, afin de le faire basculer en leur faveur et ensuite faire pression pour instaurer la Révolution nationale. » Subtilité que l’éditeur (Fabien Ménard, des Sables d’Olonne en Vendée, ancien militant du FNJ) de ladite publication récuse ainsi : « Comme notre présence les dérange, exprès nous serons toujours là et encore plus provocants. Notre but n’est pas de nuire au FN, mais rien ne doit nous empêcher de nous exprimer ». Cette affirmation donne la clé de l’attitude des skinheads lors des manifestations du FN : une sorte de complicité idéologique mâtinée d’une réelle aversion à fusionner de manière organisationnelle, ainsi qu’un refus de la « mise au pas » par le DPS, dans la rue. C’est Gestapo encore, orné en couverture d’un portrait d’Hitler, qui l’avoue au final : « Beaucoup critiquent le FN, mais il serait bon de s’apercevoir qu’en fait ce parti est le déclic pour notre peuple. Par la modération de son programme, il permet d’être écouté et de convaincre, apportant ainsi parmi notre grande famille des nationalistes d’innombrables sympathisants. » D’autres ont eu un avis plus tranché : dans son n°10, le fanzine Le Rebelle blanc affirme qu’il s’agit non seulement « d’un parti de corrompus » mais aussi qu’il est « infiltré par les sionistes »<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn48">[48]</a>.</p>
<p>Conclusion</p>
<p>Les skinheads français ont constitué dans les décennies 1980 et 1990 un mouvement que des observateurs étrangers, ceux de l’Anti-Defamation League (ADL), estimaient entre 1000 et 1500 personnes en 1985-1986<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn49">[49]</a> et que le rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme pour 1995 évaluait encore à un millier. Ils ont formé une sous-culture de la jeunesse séduite par un mode de vie au slogan apolitique (« bière, baise et baston », ou, dans la version du fanzine One Voice : « Oï, Sex and Beer »<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn50">[50]</a>) mais que certains groupes d’extrême droite ont tenté de radicaliser politiquement, à une époque où le Front national dépassait pour le première fois la barre des 10% des voix (1984) mais où les skins séduits par les idées nationalistes, voire racistes, le considéraient déjà comme une formation « bourgeoise ». Ne voulant pas s’intégrer durablement dans un parti politique d’extrême droite, les skins nationaux-socialistes, que d’ailleurs le Front national ne souhaitait utiliser que pour des tâches électorales (collages) ou de service d’ordre, ont constitué un vivier facile pour des groupuscules glorifiant la violence raciste voire le terrorisme (PNFE) qui s’est exprimé par un niveau exceptionnellement élevé d’actes violents visant les personnes de couleur et les personnes d’origine maghrébine. La réaction des autorités politiques, l’existence d’une législation antiraciste votée dès 1972 et renforcée en 1990, ainsi que la différence entre les lois française et américaine sur la détention des armes, ont sans doute permis que le passage au terrorisme soit évité.</p><p>L’internationalisation des liens entre skinheads, en particulier en direction de l’Europe de l’Est, notamment la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie après 1990, a donné une dimension transnationale à la violence de ces milieux. Les groupes musicaux voyagent, se produisent sur tout le continent. Les deux principaux réseaux, Hammerskins et Blood and Honour, sont par essence transnationaux et les concerts qu’ils organisent, y compris en France, drainent un public souvent venu des pays voisins (par exemple en Alsace-Lorraine, d’Allemagne et de Belgique ; en Franche-Comté, d’Allemagne et de Suisse). Cette dimension transnationale de la violence, tout comme le caractère d’importation des idées, des méthodes et même de la musique et de la mode, font du phénomène skinhead un mouvement en porte-à-faux avec le nationalisme français. Il s’agit en définitive d’un phénomène d’affirmation raciale dans l’optique d’une imminente confrontation du type « guerre urbaine »<a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftn51">[51]</a>, entre Européens blancs et « allogènes », soit cette part de l’idéologie d’extrême droite qu’un FN intégré dans le système parlementaire ne peut plus assumer et qui continue, en 2017, à être l’horizon partagé d’une partie importante de l’extrême droite, avec toutefois un nombre de violences graves et d’homicides moins élevé que dans les années 1980.</p>
<p>Notes</p>
<p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref2">[2]</a> Cf. George Marshall  Spirit of ’69: A Skinhead Bible, Dunoon, S.T. Publishing, 1991.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref1">[1]</a> Michel Wieviorka, La France raciste, Paris, Seuil, 1992, ch. 10.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref3">[3]</a> Titre d’un fanzine publié au milieu des années 1990 dans les Bouches- du-Rhône par Mickael P., alors proche du Parti Nationaliste Français et Européen.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref4">[4]</a> Le terme « oi !» est une déformation, utilisée en argot anglais, de « hey you ».</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref5">[5]</a> Cf. Timothy Scott Brown, «Subcultures, Pop Music and Politics: Skinheads and “Nazi Rock” in England and Germany », Journal of Social History, 2004, Volume 38, Number 1, p.157-173.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref6">[6]</a> Sur ce sujet, voir le documentaire de Marc-Aurèle Vecchione : Antifa, chasseur de skins (Résistance films, 2008) et pour une version diamétralement opposée celui produit par les proches de Serge Ayoub : Sur les pavés, (Autonomiste media, 2009).</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref7">[7]</a> Voir Leonard Zeskind : Blood and Politics, the history of the White Nationalist Movement, Farrar, Strauss and Giroux, 2009, ch. 22.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref8">[8]</a> Fondé en 1972 par l’Américain Garry Rex Lauck, le « NSDAP Aufbau- und Auslandsorganisation » continue à vendre sur le net des ouvrages en français : <a href="https://third-reich-books.com/product-tag/francais/" rel="nofollow">https://third-reich-books.com/product-tag/francais/</a></p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref9">[9]</a> Des suprémacistes américains sont les auteurs de l’attentat contre un bâtiment fédéral d’Oklahoma City qui fit, le 19 avril 1995, 168 morts et 680 blessés.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref10">[10]</a> La diffusion de l’ouvrage a été interdite en France par arrêté du 21 octobre 1999 :  <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000197597" rel="nofollow">https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000197597</a></p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref11">[11]</a> 14 Mots n°1, n.d mais postérieur à juillet 1995, n.p.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref12">[12]</a> Cf. Libération, 18 février 1998.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref13">[13]</a> Voir leur site : <a href="http://www.hammerskins.net/fhs/" rel="nofollow">http://www.hammerskins.net/fhs/</a></p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref14">[14]</a> Voir : <a href="https://28hexagone.wordpress.com/" rel="nofollow">https://28hexagone.wordpress.com/</a></p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref15">[15]</a> L’adhésion au Front national. De la minorité active au mouvement social, Paris, Editions Kimé, 1990.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref16">[16]</a> Michael Billig, Fascists: A social psychological view of the National Front, London: Academic Press, 1978.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref17">[17]</a> Op. cit, p. 202.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref18">[18]</a> Voir : <a href="http://www.slate.fr/story/85579/extreme-droite-radicale" rel="nofollow">http://www.slate.fr/story/85579/extreme-droite-radicale</a></p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref19">[19]</a> Le mouvement Troisième Voie, fondé en novembre 1985, se réclamait du nationalisme-révolutionnaire : voir la contribution de Nicolas Lebourg dans ce volume. Sa direction était composée d’anciens cadres du Parti des forces nouvelles (PFN) et du Mouvement Nationaliste-Révolutionnaire (MNR) menés par Jean-Gilles Malliarakis. Il attira toutefois, notamment à Lille, des éléments de la mouvance skinhead. C’est l’existence de ce vivier spécifique qui conduisit Serge Ayoub à créer en 1987 les JNR comme une structure destinée à regrouper les sympathisants skinheads de TV, qui disparaitra en 1991. Après cette date, les JNR sont définitivement une organisation autonome se réclamant tantôt du « solidarisme », tantôt du nationalisme-révolutionnaire », mais dont les militants sont bien issus du milieu skinhead et l’assument. Cf. Petrova Youra, « Les skinheads : solidarité de classe ou combat national », Agora débats/jeunesses, vol. 9, n°1, 1997, pp. 76-93.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref20">[20]</a> Kerhuel était le bassiste d’un groupe nommé Evil Skins, jusqu’en 1987. Il a affirmé lors de son procès avoir adhéré aux JNR. À l’audience Giraud a déclaré : «Aux JNR, on pouvait se permettre d’avoir une connotation raciste.» Cf. Libération, 18 octobre 2000.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref21">[21]</a> Libération, 12 décembre 1997.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref22">[22]</a> Ouest-France édition locale de Carhaix, 29 septembre 2013.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref23">[23]</a> La Voix du Nord, 26 mars 2010.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref24">[24]</a> TV a édité un bulletin mensuel, Troisième voie information [dir. publ. Philippe Cabassud], n°1, décembre 1986.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref25">[25]</a> Voir : <a href="http://reflexes.samizdat.net/" rel="nofollow">http://reflexes.samizdat.net/</a>. Si l’information factuelle contenue dans tous les numéros (désormais numérisés) à partir de juin 1986 est donnée dans un contexte militant avoué, du point de vue de la mouvance libertaire, et qu’elle doit être prise par  les chercheurs avec les précautions d’usage, puisqu’elle n’est pas toujours confirmable par des archives accessibles, elle n’en donne pas moins une trame historique fiable du mouvement.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref26">[26]</a> Cf. Libération, 4 mai 1995.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref27">[27]</a> Le Rebelle blanc, 1989, n.p.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2021/05/20/entre-autonomie-et-embrigadement-militant-les-skinheads-neo-nazis-des-annees-1980-1990/#_ftnref28">[28]</a> Le Francisme, fondé en 1933 par le héros de la guerre de 1914-1918, Marcel Bucard (1895-1946), a été le parti d’extrême droite le plus proche du Fascism</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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