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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de France]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Sat, 08 May 2021 07:17:37 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Deux regards africains posés sur les collections du musée sur l&#039;esclavage de Nantes]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Un artiste béninois et un historien ivoirien questionnent la responsabilité des Africains dans le processus colonial, n'hésitant pas à bousculer les discours convenus.</p><p class="fig-paragraph">À partir du 19 mai, une exposition au château des ducs de Bretagne proposera deux regards africains, d'un artiste béninois et d'un historien ivoirien, sur les collections du musée d'Histoire de Nantes sur l'esclavage. «L'objectif est de porter un regard neuf sur nos collections en décolonisant notre pensée», a expliqué, lors d'une visite de presse, Krystel Gualdé, directrice scientifique du musée et commissaire de l'exposition «Expression(s) décoloniale(s) #2».</p><p class="fig-body-link">À lire aussi :<a class="fig-body-link__link fig-premium-mark" href="https://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2017/04/27/03015-20170427ARTFIG00304-jean-pigozzi-les-artistes-africains-sont-venus-a-moi.php" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">Jean Pigozzi : «Je suis parti avec l'objectif de faire la plus grande collection d'art africain contemporain»</a></p><p class="fig-paragraph">La première édition de l'exposition s'était tenue en 2018 avec l'artiste congolais Moridja Kitenge. Organiser cet événement dans cette ville, qui fut le premier port négrier français avant l'abolition - définitive - de l'esclavage en 1848, est un symbole fort. Jusqu'au 14 novembre prochain, la cour du château et les salles du musée accueilleront vingt pièces de l'artiste béninois contemporain Romuald Hazoumé, dont les oeuvres réalisées à partir de matériaux de récupération sont exposées dans le monde entier. «J'ai le devoir, comme artiste, de dire aux miens qu'il faut prendre notre part de responsabilité dans l'histoire de l'esclavage pour faire notre résilience et régler les problèmes d'aujourd'hui, a déclaré le plasticien à l'Agence France-Presse. Il faut arrêter de dire que les Occidentaux sont les seuls responsables, car pour qu'il y ait des acheteurs d'esclaves, il fallait des vendeurs.»</p>
<p>Des voix «peu entendues et acceptées»</p>
<p class="fig-paragraph">L'historien ivoirien Gildas Bi Kakou a, pour sa part, été convié à commenter plusieurs pièces du musée à l'aune de ses recherches sur la traite négrière en Côte d'Ivoire, qui préexistait à l'arrivée des Européens. «Cette recherche n'est pas encouragée en Afrique car elle gêne pour des raisons politiques et d'harmonie sociale», a indiqué le chercheur, auteur d'une série de cartels intitulés Un autre regard historique.</p><p class="fig-body-link">À lire aussi :<a class="fig-body-link__link fig-premium-mark" href="https://www.lefigaro.fr/musique/gael-faye-l-afrique-n-est-plus-une-colonie-il-y-a-une-decolonisation-des-esprits-a-operer-20190819" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">Gaël Faye: «L’Afrique n’est plus une colonie. Il y a une décolonisation des esprits à opérer»</a></p><p class="fig-paragraph">L'historien souligne que les esclaves venaient des côtes mais aussi de l'intérieur du pays, via les cours d'eau, avec l'appui de populations locales qui prélevaient un droit de passage, enchérissant le «coût» de l'esclave au fil de son trajet. «Les voix de cet artiste et de cet historien sont encore peu entendues et acceptées sur le continent africain», s'est navrée Krystel Gualdé.</p><p class="fig-paragraph">Plusieurs oeuvres monumentales sont réalisées à partir de bidons utilisés dans le trafic d'essence frelaté entre le Nigéria et le Bénin. Transportés par des hommes au péril de leur vie, ils alimentaient jusqu'à peu la majorité du pays en essence. Une autre pièce maîtresse, placée à l'entrée du musée, prend la forme d'un dé, formé par des tongs laissées par des migrants avant leur traversée mortifère en Méditerranée, et interroge sur le prix à payer pour obtenir une vie meilleure.</p><p class="fig-paragraph">À VOIR AUSSI - Figaro Hors-Série: le rétablissement de l'esclavage est-il la preuve du racisme «systémique» de Napoléon ?</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/532/a-t-on-deja-vu-une-voix-off-contaminer-des-telespectateurs</guid>
	<pubDate>Sun, 02 May 2021 08:31:34 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/532/a-t-on-deja-vu-une-voix-off-contaminer-des-telespectateurs</link>
	<title><![CDATA[a-t-on déjà vu une voix off contaminer des téléspectateurs ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">Que demande-t-on à la voix off d’un film documentaire ? D’être posée et agréable. Qu’elle se fasse neutre, et distanciée.</p><p class="article-text article-body__item">Dans un monde idéal, ce sont les critères que le directeur régional de France 3 Centre-Val-de-Loire, et seulement ceux-ci, aurait dû prendre en compte pour valider le film que la ville d’Orléans a produit à l’occasion des festivités annuelles célébrant Jeanne d’Arc, et que la chaîne publique s’était engagée à diffuser afin de pallier l’impossibilité pour les spectateurs locaux de s’y rendre, dans le contexte sanitaire que nous connaissons.</p><p>« Jeanne d’Arc entendait des voix. Monsieur le directeur régional ne veut pas entendre celle de Charlotte d’Ornellas. »</p><p class="article-text article-body__item">Mais le directeur régional de France 3 a décidé de prendre en compte d’autres critères. À qui appartient donc cette voix ? Ne travaille-t-elle pas dans un média qui ne me plaît pas ? Jeanne d’Arc entendait des voix. Monsieur le directeur régional ne veut pas entendre celle de Charlotte d’Ornellas, sous prétexte qu’elle travaille dans un journal dont la ligne éditoriale ne lui convient pas.</p><p class="article-text article-body__item">Peu importe qu’elle soit elle-même orléanaise, et qu’elle ait d’ailleurs incarné Jeanne d’Arc il y a quelques années dans lesdites fêtes johanniques. Peu importe que sa pratique régulière des médias audiovisuels la prédispose professionnellement à cet exercice. L’important, ce n’est pas le message, mais le messager.</p>
<p>Sectaire sans le savoir</p>
<p class="article-text article-body__item">« Quand j'ai appris, lundi, que la voix off de ce programme serait faite par une journaliste de Valeurs actuelles les bras m'en sont tombés. Pour un programme diffusé sur une chaîne publique, c'est quand même très compliqué », explique-t-il à La République du Centre. En quoi, Monsieur le directeur régional ? A-t-on déjà vu le timbre d’une voix off contaminer des téléspectateurs ? Vous seriez-vous posé la question si la ville d’Orléans avait proposé la mission à un journaliste de l’Humanité ou de Mediapart ? Le pire, c’est qu’il n’y voit pas malice. Il n’y a aucun cynisme de sa part. À la manière de Monsieur Jourdain, le directeur régional de France 3 est sectaire sans le savoir.</p><p class="article-text article-body__item">La plupart des téléspectateurs, d’ailleurs, comme pour tout film documentaire, ne se seraient pas préoccupés de l’identité de la propriétaire de la voix. Je prends à témoin les lecteurs de ces lignes. Combien de fois vous vous êtes souciés de cela en regardant un film documentaire ? Parfois, on reconnaît un acteur célèbre. Il m’est arrivé de reconnaître Francis Huster à l’occasion. Mais la plupart du temps, surtout quand c’est réussi, on ne cherche pas à savoir. C’est un peu comme un arbitre de football : si on ne s’aperçoit pas de sa présence, c’est qu’il a réalisé le match parfait.</p>
<p>Timbre de voix politique</p>
<p class="article-text article-body__item">Nous nous doutions qu’une voix off pouvait être genrée. Nous pouvions lui trouver un accent local ou pas. Nous pouvions parfois déceler la fréquentation régulière de nicotine. Mais jamais, ô grand jamais, nous n’aurions eu l’idée farfelue d’accoler à ce timbre une orientation politique ou idéologique. Grâce au directeur régional d’une antenne du service public de télévision, nous savons désormais que nous manquions singulièrement d’imagination.</p><p class="article-text article-body__item">Alors oui, Monsieur le directeur régional, France 3 est effectivement une chaîne publique, financée par les contribuables. Tous les contribuables. Et que son dirigeant se permette de refuser un film sur des critères non professionnels, qu’il se permette ainsi de faire le tri selon des critères politiques, « c’est quand même très compliqué ». Et les bras nous en tombent.</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/agora/2020-annee-de-la-censure-enquete-sur-les-nouveaux-maitres-censeurs">2020, année de la censure : enquête sur les nouveaux maîtres censeurs</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/531/rapprochement-de-lr-et-lrem-en-provence</guid>
	<pubDate>Sun, 02 May 2021 08:26:59 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/531/rapprochement-de-lr-et-lrem-en-provence</link>
	<title><![CDATA[Rapprochement de LR et LREM en Provence]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Le rapprochement de LR et LREM en Provence, dès le premier tour, n'est une surprise que pour ceux qui ne voulaient pas voir que tout était écrit dès lors que Christian Jacob était élu président de LR.</p>

<p>Cet accord, qui n'est pas le premier pour qui s'est intéressé aux municipales, en prépare bien d'autres. Une énorme vague entre les deux tours des régionales et départementales, voire un tsunami lors des fameux "troisièmes tours".</p>

<p>Beaucoup d'élus LR ne voient dans ce rapprochement LR-LREM qu'une resucée de la bonne vieille alliance RPR-UDF. La logique, c'est le soutien à la prochaine présidentielle d'Emmanuel Macron, dont bien souvent le nom fait briller leurs yeux quand on le prononce devant eux.</p>

<p><a rel="nofollow" href="https://www.facebook.com/David%20Desgouilles">David DESGOUILLES</a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/528/du-respect-des-puissants-%E2%80%93-chronique-147-%E2%80%93-le-blog-de-bertrand-renouvin</guid>
	<pubDate>Sat, 01 May 2021 06:44:48 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/528/du-respect-des-puissants-%E2%80%93-chronique-147-%E2%80%93-le-blog-de-bertrand-renouvin</link>
	<title><![CDATA[Du respect des puissants – Chronique 147 – Le blog de Bertrand Renouvin]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Lors de visites officielles, quand les bains de foule ne sont pas soigneusement préparés, il arrive que les dirigeants du pays soient interpellés par des citoyens en colère. Un chroniqueur d’Arrêt sur images (1) a rassemblé et commenté quelques-unes de ces confrontations. Je choisis les plus récentes, qui mettent en scène Emmanuel Macron et Bruno Le Maire.</p><p>Le 5 septembre 2017, dans une usine, au milieu d’un groupe, un homme refuse la main tendue par le président des riches :</p><p>–          Je ne vous salue pas !</p><p>–          Vous savez, saluer, c’est de la politesse. Je suis gentil avec les gens, rétorque Emmanuel Macron.</p><p>Le 5 avril 2018, au CHU de Rouen, deux aides-soignantes interpellent Emmanuel Macron et lui expliquent leurs difficultés :</p><p>–          Je vous écoute, j’ai la courtoisie alors que vous ne m’avez même pas serré la main, répond le président avant de poursuivre son chemin.</p><p>Le 23 février 2018, à l’usine Peugeot de Mulhouse, un délégué de la CGT s’adresse au ministre des Finances en évoquant la situation des intérimaires qui gagnent moins de 1 000 euros par mois : ils sont 1 400 dans l’usine, ce qui est contraire au droit car il faut à partir d’un certain moment les embaucher.</p><p>–           Vous êtes le ministre des Finances, vous êtes ministre, est-ce que vous êtes venu ici pour faire respecter la loi ? demande le délégué CGT.</p><p>–          Vous pourriez d’abord, monsieur, dire bonjour, rétorque Bruno Le Maire qui demande au délégué de lui serrer la main.</p><p>–          Non ! je ne vous serrerai pas la main. Vous allez écouter parce que vous êtes ministre.</p><p>–          Je n’écoute pas ceux qui ne me serrent pas la main, qui ne me disent pas bonjour. Vous êtes ici dans une entreprise qui marche, qui fonctionne …</p><p>La technique de communication est simple : l’interpellateur est disqualifié par son impolitesse, alors que l’interpellé se signale à son entourage et aux caméras par sa courtoisie. L’atteinte aux bonnes manières justifie le refus d’un débat… qui pourrait mettre l’interpellé dans l’embarras.</p><p>Les deux oligarques vont certainement faire école et les citoyens en colère seront systématiquement renvoyés à leur prétendue grossièreté. Pourtant Emmanuel Macron, titulaire d’un Diplôme d’études approfondies de philosophie, et Bruno Le Maire, agrégé de lettres modernes, devraient savoir que leur habileté face aux « gens » est cousue de gros fil blanc.</p><p>Quand un dirigeant politique contesté en appelle à la politesse, il se place sur un terrain mouvant. La politesse n’est pas une vertu mais une qualité ambiguë. Il existe mille manières blessantes d’être poli ou de cacher sous ses bonnes manières des intentions malveillantes. Les règles de la politesse doivent cependant être respectées car elles inclinent au respect des autres, de tout autre personne.</p><p>Dans la vie quotidienne, on se salue sans effort et de différentes manières selon la nature des relations qu’on entretient avec autrui. Il est d’ailleurs impoli de faire remarquer à l’autre son impolitesse, surtout devant témoins, car ce type de remarque crée un malaise alors que la politesse a pour fonction de mettre chacun à l’aise. Si l’on se place du point de vue des relations interpersonnelles, Emmanuel Macron se comporte en personnage mal élevé : dans les dialogues précités, il se sert de la politesse pour humilier – attitude courante dans les hautes classes. De plus, il s’adresse aux personnes qui le contestent dans le cadre d’un rapport de forces : il est entouré des policiers chargés de sa protection – ou d’hommes de main.</p><p>Emmanuel Macron se présente, très normalement, comme une autorité qui dispose de la force et il se sert de cette force pour imposer, non la politesse, mais le respect. Mettre en valeur son autorité, sous prétexte de politesse, c’est une manière de dire que tout citoyen, même mécontent, doit respecter l’autorité politique – président de la République ou ministre.</p><p>Respecter l’autorité, c’est l’évidence même ! Mais à condition que l’on s’entende sur ce qui signifie l’autorité et sur ce qu’implique le respect. Au cours de leurs belles et longues études, Emmanuel Macron et Bruno Le Maire ont étudié Blaise Pascal et ses Trois discours sur la condition des grands ne leur ont certainement pas échappé. Tous deux se souviennent que Pascal s’adresse au jeune Charles-Honoré d’Albert. Nous sommes en 1660, au début du règne de Louis XIV, et le jeune Charles-Honoré n’est pas n’importe qui : fils de Louis-Charles d’Albert de Luynes, il deviendra duc de Chevreuse. Pascal prépare Charles-Honoré à devenir « grand », selon son grand lignage, à une époque où l’on ne plaisante pas avec l’autorité. Or l’enseignement pascalien a pu déconcerter son élève et paraît aujourd’hui encore fort étrange à ceux qui ont en tête les clichés sur le Grand Siècle « absolutiste » et sur une société d’Ancien régime hiérarchisée en ordres – noblesse, clergé, tiers-état.</p><p>Pascal enseigne en effet que l’homme qui a un rang élevé dans la société peut agir avec les hommes selon son rang dans l’espace public, mais il doit se souvenir qu’il est, par état naturel, dans une « égalité parfaite » avec les autres hommes. Il faut en effet distinguer dans le monde deux sortes de grandeurs. Les grandeurs naturelles sont des « qualités réelles et effectives de l’âme ou du corps » comme la santé, la force, la vertu, l’intelligence. Les grandeurs d’établissement sont créées par la volonté humaine, par la « fantaisie des hommes » pour honorer certains « états » ou statuts sociaux : la noblesse est le fruit de ce type de convention, dont Pascal ne discute pas plus la nécessité que la règle qui fait qu’un fils succède à son père dans la royauté.</p><p>Faudrait-il donc respecter toutes les formes d’autorité, sans se poser de questions ? Dans les régimes tyranniques, où l’on confond les grandeurs naturelles et les grandeurs d’établissement – Staline, proclamé coryphée des sciences -, le respect de tout ce qui est déclaré respectable est imposé par la violence. Dans la France monarchique et royale, il doit en aller autrement. Il y a certes des grands qui pèchent par insolence, en se croyant supérieurs en tous points aux hommes qui ne sont pas de leur rang. Ces nobles se trompent et nous trompent, dit Pascal : « nous devons quelque chose à l’une et à l’autre de ces grandeurs ; mais comme elles sont d’une nature différente, nous leur devons aussi différents respects ».</p><p>Aux grandeurs d’établissement, nous devons des respects d’établissement, « c’est-à-dire certaines cérémonies extérieures […] » qui varient selon l’importance du personnage : « il faut parler aux rois à genoux ; il faut se tenir debout dans la chambre des princes ». Le respect tient aux signes extérieurs de respect, selon les indications du protocole et des simples usages. Quant aux grandeurs naturelles, elles méritent notre estime. D’où la célèbre maxime pascalienne : « Il n’est pas nécessaire, parce que vous êtes duc, que je vous estime ; mais il est nécessaire que je vous salue ». Pascal ajoute qu’un duc peut être estimé s’il fait preuve de ses qualités naturelles, mais précise qu’un duc malhonnête mériterait encore le salut extérieur assorti d’un profond mépris intérieur.</p><p>Les « Trois discours » mériteraient une présentation moins succincte mais il faut en revenir à l’attitude des ouvriers et des employées face à Emmanuel Macron et Bruno Le Maire. Si par le plus grand des hasards les lignes qui précèdent leur tombent sous les yeux, ils se diront que Pascal leur donne raison : le président de la République et le ministre de l’Economie et des Finances ont un statut qui relève des grandeurs d’établissement : il est par conséquent nécessaire qu’on les salue !</p><p>Pourtant, cette nécessité peut être mise en question.</p><p>Plus haut, j’ai coupé une citation de Pascal : nous devons des respects d’établissement, écrit-il, « c’est-à-dire certaines cérémonies extérieures qui doivent être néanmoins accompagnées, selon la raison, d’une reconnaissance intérieure de la justice de cet ordre … ».</p><p>La « justice de cet ordre » ? Ces mots évoquent la théorie pascalienne des ordres – l’ordre de la chair, l’ordre de l’esprit, l’ordre de la charité. Ces ordres hiérarchisés sont en relation grâce à un principe de justice qui règle également les actes qui se déroulent à l’intérieur de chaque ordre (2). L’action politique s’inscrit dans l’ordre de la chair. Emmanuel Macron et Bruno Le Maire sont des « grands de chair ». Mais la force sans la justice est tyrannique et c’est bien la question de la justice que posent les ouvriers et les employées aux autorités politiques.</p><p>Face aux « gens », Emmanuel Macron fait son malin mais il a créé, depuis son élection, une confusion telle que l’ordre constitutionnel s’en trouve à nouveau récusé. Au siècle de Louis XIV et de Pascal, les statuts sociaux et politiques étaient clairement assignés : on était roi de France, ou on était duc. Depuis le début de notre siècle, on voit des hommes politiques se faire élire à la présidence de la République puis agir comme s’ils étaient chef du gouvernement. Au CHU de Rouen, les aides-soignantes parlent de leurs problèmes comme si elles avaient en face d’elles un ministre de la Santé publique et Emmanuel Macron leur répond effectivement par des considérations pratiques avant de rompre le débat au prétexte d’un manquement aux règles élémentaires de la politesse.</p><p>Mais cette politesse, qui la demande ? Et pour qui ? Emmanuel Macron pourrait rappeler que le respect est dû au président de la République. Il ne le fait pas : « je suis gentil avec les gens » s’exclame-t-il. Il invoque donc une grandeur naturelle – une vertu – et demande qu’on la reconnaisse par quelque signe qui établirait une connivence – au moins dans la gentillesse commune aux hommes de bonne volonté. Pascal jugerait que cette posture est tyrannique : la tyrannie, selon lui, c’est de sortir de son ordre pour imposer sa puissance là où elle ne doit pas s’appliquer. On n’impose pas les préceptes de la religion aux hommes de sciences ; on ne se sert pas de la reconnaissance due à une grandeur d’établissement pour faire reconnaître une grandeur naturelle. Faut-il vraiment s’incliner devant la gentillesse d’un personnage accompagné du préfet en uniforme et de gardes du corps ?</p><p>Les employées et ouvriers tancés par Emmanuel Macron ont raison de ne pas céder à ce qui n’est qu’une tentative d’intimidation. A Rouen, les employées du CHU réclament à l’Etat les moyens de soigner les malades. Elles demandent que les malades soient respectés, que leur métier soit respecté, et elles reçoivent une leçon de bonnes manières.</p><p>Devant l’usine Peugeot de Mulhouse, c’est la même requête que le délégué de la CGT adresse à l’autorité politique représentée par Bruno Le Maire. Le syndicaliste ne s’adresse pas à un simple visiteur mais au ministre des Finances qui doit effectivement vérifier, comme ministre, que la loi est respectée. Comme Emmanuel Macron, Bruno Le Maire invoque les règles de la politesse pour justifier son refus du dialogue. Mais c’est le syndicaliste qui a raison : il n’a pas à prodiguer des marques extérieures de respect à un ministre qui ne respecte pas le principe de justice dans l’ordre qui est le sien. Pour reprendre les termes de mon maître Claude Bruaire (3), le délégué CGT demande, selon la raison politique, que toute la force de l’Etat soit appliquée à la justice.</p><p>Le principe de justice est supérieur à toute la machinerie entrepreneuriale et s’impose lors de l’élaboration du budget de l’Etat. Ce sont « les gens » qui donnent des leçons de philosophie politique aux « grands » de notre époque, si fiers de leurs titres universitaires, et tellement assurés de leur puissance. Leur politesse affectée n’est que le masque de leur violence.</p><p>***</p><p>(1)    Arrêt sur images, Chronique de André Gunthert :  <a href="https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-regard-oblique/serrez-moi-la-main-ou-larme-de-la-politesse">https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-regard-oblique/serrez-moi-la-main-ou-larme-de-la-politesse</a>. En accès libre.</p><p>(2)    Cf. Christian Lazzeri, Force et justice dans la politique de Pascal, PUF, 1993.</p><p>(3)    Claude Bruaire, La raison politique, Fayard, 1974.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/522/une-reaction-d%E2%80%99officiers-patriotes-et-republicains-reponse-a-l%E2%80%99appel-de-mille-militaires</guid>
	<pubDate>Fri, 30 Apr 2021 21:07:17 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/522/une-reaction-d%E2%80%99officiers-patriotes-et-republicains-reponse-a-l%E2%80%99appel-de-mille-militaires</link>
	<title><![CDATA[Une réaction d’officiers patriotes et républicains : Réponse à l’appel de mille militaires !]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Voici la réaction d’un certain nombre d’officiers républicains et patriotes à l’appel de 1000 militaires qu’a soutenu Mme Le Pen et qui défraie la chronique depuis quelques jours.</p><p>Bien entendu, ces officiers de haut grade ne s’expriment pas comme le feraient les communistes internationalistes que nous sommes, mais ils ont le double mérite :</p><p>a) de distinguer entre les symptômes et les causes profondes du malaise français,</p><p>b) d’appeler à une rupture de la France avec la domination du capital financier, avec la “construction” européenne qui détruit notre pays, avec la politique linguistique du “tout-anglais” et avec l’OTAN, qui nous asservit à l’impérialisme atlantique.</p><p>Georges Gastaud</p><p><a href="https://arretsurinfo.ch/wp-content/uploads/2021/04/france-armee.jpg"></a></p><p>« Les Français ont besoin d’un projet ». En aucun cas d’une guerre civile.</p>
<p>RÉPONSE À L’APPEL DE MILLE MILITAIRES</p>
<p>Jugeant qu’ il y a péril en la maison France, vingt officiers généraux de la deuxième section et plus de mille militaires en retraite ou du cadre de réserve ont lancé un appel aux instances gouvernementales.<br />Voici, sans esprit de polémique, l’opinion émise à titre personnel par un groupe de citoyens qui ont en commun d avoir servi à une période active de leur vie comme officiers dans l’ une des trois Armées . C’est à ce titre qu’ ils partagent une inquiétude concernant le présent et l avenir de la France qu’ à terme plus ou moins rapproché ils lègueront à leur descendance</p><p>Ce faisant aucun ne revendique pour autant la représentation de l’ opinion des militaires d’active ni ne suggère un quelconque engagement de la part de ces derniers, eux qui sont dédiés à servir activement et souvent au péril de leur vie leur nation considérée comme un tout.</p><p>“L’heure est grave, la France est en péril, plusieurs dangers mortels la menacent.” (…)<br />“Aussi, ceux qui dirigent notre pays doivent impérativement trouver le courage nécessaire à l’éradication de ces dangers. Pour cela, il suffit souvent d’appliquer sans faiblesse des lois qui existent déjà. N’oubliez pas que, comme nous, une grande majorité de nos concitoyens est excédée par vos louvoiements et vos silences coupables.”</p><p>Ces militaires font un constat que l’on ne peut que partager dans sa généralité mais apparaît plus discutable quand on en vient au choix plus précis des dits dangers.<br />Quant à la solution pour éradiquer le grand péril, il apparaît n’être qu’un vœu pieux.<br />En effet quand on veut soigner un mal, il convient de distinguer les symptômes et la racine du mal proprement dite et donc de distinguer le <a class="st_tag internal_tag" title="Posts tagged with traitement" href="https://www.initiative-communiste.fr/theme/traitement/" rel="tag">traitement</a> de confort comme disent les médecins du traitement curatif. Ils sont complémentaires. Le premier sans le second est inopérant et, le plus souvent, le second n’est pas humainement supportable sans l’apport du premier.</p><p>C’est dans cette approche que réside notre désaccord car si nous partageons la définition de ces dangers ils nous apparaissent comme les simples symptômes d’un mal plus profond à la racine duquel il convient de s’attaquer si l’on veut que la France survive. N’est-il pas illusoire de demander à ceux qui instillent le poison de façon probablement consciente et sans doute en toute sincérité de bien vouloir changer de seringue pour nous instiller le contre-poison ?<br />Dans sa grande majorité, la classe politique de notre pays servie par un système parlementaire plus que séculaire a été depuis des décennies dévoyée par la haute finance qui détient les cordons de la bourse et la maîtrise des grands médias et qui décide donc de qui sera ou non élu, servie en cela par toutes sortes de relais que sont parmi d’autres Bilderberg, Davos, le CRIF et les fratries.</p><p>Cette classe politique que Jean-Pierre Chevènement, alors lucide, avait qualifiée de pareille-au-même, servie par une administration solide et déférente, n’est là que pour faire exécuter les diktats de ceux qui détiennent le pouvoir c’est-à-dire la haute finance, diktats relayés par l’organisation de la Communauté européenne composée de plus de 25000 fonctionnaires qui n’ont été élus par personne mais sont investis de l’autorité que leur confèrent les traités.</p><p>Alors qu’il s’agisse d’immigration, de délitement de la nation et de la multiplication des zones de non-droit, de violence et de montée de la haine entre communautés, la classe politique aux manettes ne fait que suivre la feuille de route qui lui est dictée devant aboutir à la destruction de la nation très ancienne que nous sommes, obstacle symbolique au mondialisme montant qu’il convient de faire disparaître.</p><p>Ce qui met mortellement en péril la France, c’est tout simplement le libéralisme effréné qui est inscrit dans le marbre des traités dits européens se traduisant par la désindustrialisation du pays tout autant que par l’abaissement de notre langue, l’emploi du globish par les médias, la publicité envahissante et …le chef de l’État lui-même, c’est aussi la destruction de l’outil de l’énergie nucléaire et la politique d’auto-flagellation au plus haut niveau et en toute occasion, c’est encore le délitement de l’éducation nationale et de la politique de santé publique, c’est enfin la mise en résidence surveillée de 66 millions de Français avec port obligatoire de la muselière.</p><p>C’est tout cela que souligne notre servile alignement sur la doctrine politique et militaire anglo-saxonne que concrétisent notre appartenance à l’OTAN et notre souveraineté perdue.</p><p>Chers camarades militaires voilà ce que nous pensons être de notre devoir de vous répondre.<br />Votre appel parle à juste titre de Gilets jaunes. Et si c’était la voie qui permettrait enfin d’attaquer le mal à la racine tout en appliquant les mesures que vous préconisez pour le traitement de confort dont notre nation ressent un très urgent besoin ? Rappelons cette brève citation du alors Président Charles De Gaulle : « Les Français ont besoin d’un projet ». En aucun cas d’une guerre civile.</p><p>Sous signature de</p><p>Claude Gaucherand, contre-amiral (2S), Alain Corvez, colonel -Terre (er), Bernie Le Van Xieu, colonel-Terre (er) Jean-Marie Lauras, colonel (Air) (er), Jean Marie Six IGA (2S), Jacques Hogard, colonel-Terre (er),<br />Michel Debray, vice-amiral (2S), Olivier Frot,commissaire colonel-Terre (er) Michel Lucas colonel-Terre (er), Hubert de Gevigney, contre-amiral (2s) Philippe Bourcier de Carbon, capitaine de frégate (er), Vivian Gauvin lieutenant-colonel (Air) (er), Jean Baptiste de Fontenilles, colonel Terre (er), Regis Chamagne colonel (Air) (er)</p><p>Source: <a href="https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/une-reaction-publique-collective-dofficiers-patriotes-et-republicains-reponse-a-lappel-de-mille-militaires/?fbclid=IwAR0w9z-D8uK-Mw7QEoBV4DZNE6zvlZr2HjkVJu1vXjwGGjwatouqe6b4enA">initiative-communiste.fr</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Thu, 29 Apr 2021 11:09:51 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Thomas Pesquet : « Sans l’école publique, gratuite et obligatoire, je n’aurais sans doute pas fait grand-chose de ma vie »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Article publié le 17 septembre 2018</p><p id="caption-attachment-616963" class="wp-caption-text">Thomas Pesquet selfie Crédits – ESA-NASA</p><p>Ce film est le fruit du travail d’une équipe de documentaristes qui m’ont suivi pendant toute la mission. Mon investissement fut d’abord d’être leur interlocuteur afin de leur indiquer ce qui était intéressant à montrer pendant la phase de préparation. Une fois à bord de la station, j’ai changé de rôle et me suis transformé en cadreur, preneur de sons, réalisateur aussi, car, évidemment, j’étais seul pour manipuler la caméra HD. J’ai donc un rapport assez proche avec le film puisque j’en signe toutes les images dans l’espace. Ce fut une expérience intéressante, mais qui m’a occasionné quelques frustrations, car il y a beaucoup d’images que j’aurais aimé faire, mais que je n’avais pas le temps de tourner. J’aurais notamment adoré montrer la préparation des <a href="http://www.esa.int/spaceinvideos/Videos/2017/01/Spacewalker_s_view">sorties extra-véhiculaires</a>, mais ma priorité n’était évidemment pas là ! Sur la fin de la mission toutefois, l’un de mes coéquipiers m’a aidé à tourner des plans dans lesquels je suis devant la caméra. Si j’ai accepté ce projet de film, c’est parce qu’il a une dimension pédagogique. Expliquer ce que l’on fait dans la station et pourquoi on le fait, c’est essentiel, tout comme il est essentiel de faire passer un message écologique. Le spectacle que nous offre la terre, c’est celui de sa beauté, mais aussi de sa fragilité.</p>
<p>Cette dimension pédagogique, de partage de vos expériences, de vos connaissances, de votre vie à bord… est une première en France. Elle a suscité un engouement inédit qui tient beaucoup à votre personnalité, non ?</p>
<p>Ce n’est pas uniquement grâce à moi, énormément de gens ont été impliqués dans cette volonté de partager la mission avec le plus grand nombre. D’autres l’ont d’ailleurs fait avant moi, notamment aux États-Unis. Mais il est vrai que j’ai été le premier Français à m’impliquer autant. Gamin, j’aurais adoré suivre le quotidien des astronautes et je me dis que pour les enfants d’aujourd’hui fascinés par l’espace, c’est extraordinaire de pouvoir vivre les travaux des astronautes en direct grâce aux technologies modernes et aux réseaux sociaux.</p>
<p>Vous avez particulièrement échangé avec les écoliers avant, pendant et après la mission. Pendant, il y a notamment eu une série d’<a href="https://proxima.cnes.fr/fr/proxima-et-les-jeunes">expériences</a> (croissance de graines, de cristaux, réaction enzymatique) réalisées conjointement par les classes et vous-même afin de comparer vos résultats, des conférences vidéos, un <a href="https://www.esa.int/fre/ESA_in_your_country/France/Concours_d_ecriture_Le_Petit_Prince_et_Proxima">concours d’écriture</a>…, des <a href="http://www.ariss-f.org">liaisons radioamateurs.</a>Pourquoi autant d’interactions avec les scolaires  ?</p>
<p>D’abord, je dois avouer que, concernant ces petites expériences, les lycéens et collégiens ont obtenu de bien meilleurs résultats que moi. J’ai trouvé très sympa qu’ils constatent que je ratais des manipulations qu’eux parvenaient à faire ! (Rires). Pour répondre à votre question, l’<a href="https://www.esa.int">agence spatiale européenne </a>m’a accompagné dans cette démarche-là. Elle m’a aidé à mettre en place ces échanges et a créé ces kits de manipulations destinés aux écoliers. Il y a d’ailleurs au <a href="https://cnes.fr/">CNES</a> (Centre national d’études spatiales) et à l’<a href="https://www.esa.int">ESA</a> des gens qui se servent de l’espace comme outil pédagogique. Bien sûr, lorsqu’on part dans l’espace, c’est pour faire de la recherche et préparer des explorations, pas pour prendre des photos et tweeter ! Cette communication ne se fait donc que sur le temps libre des astronautes qui ont envie de le faire. Même si ce partage n’est pas, et ce ne sera jamais, un objectif des missions spatiales, celles-ci ont évidemment une dimension d’inspirations et d’éducation essentielles selon moi.</p><p>Le spatial peut être un outil pédagogique, qui aide à faire passer des connaissances. Mais on peut aussi le voir à l’envers, autrement dit, comme un moyen de faire comprendre qu’acquérir des connaissances scientifiques à l’école c’est la première étape pour des missions comme Proxima. C’est un cercle vertueux. Si, par l’exploration spatiale, on donne envie à des jeunes de suivre des études scientifiques, on rend possibles les missions du futur, missions dont ils seront les maîtres d’œuvre. Je pense aussi à cette petite fille de 5 ans qui, avec l’aide de ses parents, m’avait écrit de manière très candide son intérêt pour mon aventure. Son père lui, m’avait remercié en me disant : « grâce à vous, elle ne veut pas devenir Thomas Pesquet, mais Peggy Whitson ». Peggy Whitson était ma collègue à bord et la commandante de la station. La petite avait compris que la chef de Thomas Pesquet c’était une fille, et que c’était ça qu’elle voulait devenir ! Génial non ?</p>
<p>Vous avez un don pour la pédagogie. Vous vient-il de vos parents – votre mère était institutrice et votre père professeur de mathématiques ?</p>
<p id="caption-attachment-616966" class="wp-caption-text">Affiche film 16 levers de soleil</p><p>Le goût de l’apprentissage est dans mon caractère. J’aime découvrir des nouveautés, j’aime apprendre, avoir de nouvelles cordes à mon arc. Ce qui, d’ailleurs, n’est pas si simple, passé un certain âge. Cela m’oblige à me remettre en cause, à accepter de ne pas « bien faire », de rater… Lorsqu’on aime apprendre, souvent on aime aussi transmettre. C’est mon cas. J’aime expliquer, vulgariser les choses compliquées, utiliser des images… Et sans doute mon histoire familiale n’y est-elle pas étrangère. Outre mes parents, mon frère – après avoir fait des études d’ingénieur – s’est réorienté pour devenir prof en école d’ingénieur. En fait, je suis le seul qui a mal tourné ! Même si, enfant, je ne m’en rendais pas compte, je sais aujourd’hui qu’avoir des parents enseignants a forgé en moi la conviction de l’importance des études. C’est un moyen extraordinaire de faire de sa vie ce que l’on a envie d’en faire, de réaliser ses rêves. J’ai bien conscience que ce que je dis là ressemble à de « grands mots », que cela pourra passer pour des clichés, mais c’est pourtant la réalité. Ce n’est certes pas le seul moyen d’être heureux dans sa vie, mais c’est le moyen accessible à tous. J’ai grandi avec ça en moi. J’ai toujours eu foi dans la mission de l’école, je ne l’ai jamais remise en cause comme d’autres adolescents ou jeunes adultes peuvent le faire.</p>
<p>Y avait-il quelque chose que vous n’aimiez vraiment pas à l’école ?</p>
<p>Mais il y avait plein de choses que je n’aimais pas à l’école, que croyez-vous ?! (Rires) Le fait d’avoir conscience que l’école a tant fait pour moi ne signifie pas non plus que je me levais joyeusement tous les matins pour m’y rendre ou que j’étais toujours passionné par ce qui se passait sur le tableau noir. Je reconnais toutefois que j’étais un élève facile. Comme j’habitais à la campagne, je me levais chaque jour à 6 h, mercredi et samedi compris pour prendre le car et, ça je n’aimais pas ! Par contre, aucune matière ne me rebutait. Bien qu’ayant fait une carrière scientifique, j’étais fan de langues et de philosophie, j’ai même passé le concours général en anglais et en philo. Je me souviens aussi que j’étais très nul en travaux pratiques de physique-chimie. Je consternais mon prof tant je ratais toutes les expériences d’une façon presque absurde, un peu comme dans ces bandes dessinées où le savant fou fait jaillir du tube à essai un improbable mélange bouillonnant !</p>
<p>De quoi rêvait l’élève Thomas Pesquet ?</p>
<p>Figurez-vous que je rêvais de devenir… astronaute ! Mais j’avais bien conscience que c’était presque impossible, qu’il fallait tomber au bon endroit au bon moment. Je savais qu’il n’était pas raisonnable d’orienter toute ma vie vers un objectif si incertain. L’un de mes anciens profs de maths m’a un jour ressorti les fiches de renseignements que les élèves remplissent au début de l’année. À la question : quel métier voulez-vous faire plus tard ? J’avais écrit « pilote », ce qui était tout à fait sincère. Comme quoi, je ne m’étais pas totalement trompé. J’ignore, par contre, d’où me vient cette passion depuis toujours pour l’espace… Je ne l’ai pas hérité de mes proches, aucun n’ayant de liens avec l’activité aéronautique. Je n’avais d’ailleurs jamais pris l’avion avant d’embarquer, à 20 ans, pour Toulouse afin d’intégrer <a href="https://www.isae-supaero.fr/fr/">Supaero</a>, l’Institut Supérieur de l’Aéronautique et de l’Espace.</p><p id="caption-attachment-616968" class="wp-caption-text">Thomas Pesquet</p>
<p>Vous échangez beaucoup avec les enseignants. Quel regard portez-vous sur leur travail ?</p>
<p>Je sais à quel point la mission d’enseigner est difficile. Les connaissances techniques, scientifiques, les savoirs ne suffisent évidemment pas. Il faut intéresser celles et ceux qui sont en face de soi, convaincre, se renouveler, mais aussi garder sa propre motivation à enseigner année après année. Or, le chômage crée beaucoup d’inquiétudes et d’interrogations chez la jeune génération. Beaucoup d’adolescents se demandent, plus qu’autrefois, à quoi va leur servir le diplôme qu’ils auront parfois eu tant de mal à obtenir. Il y a un vrai questionnement sur l’utilité de l’école qui se traduit par une remise en cause du rôle des enseignants. Pour l’avoir vu avec mes parents, puis aujourd’hui avec mon frère, je sais à quel point leur tâche est compliquée. Même si je pratique la pédagogie à mon petit niveau, je ne suis pas certain d’être capable de faire face, jour après jour, à des élèves de CM2 ou de 4e pas tous passionnés par ce que je leur raconterais.</p><p>Je sais ce que je dois à chacun de mes professeurs. C’est grâce à eux qu’il y a des parcours comme les miens et comme tant d’autres. Le système éducatif français m’a permis de beaucoup recevoir. Sans l’école publique, gratuite et obligatoire, je n’aurais sans doute pas fait grand-chose de ma vie. Je sais qu’on ne leur dit pas souvent merci, moi je le dis : merci à vous !</p>
<p>Pour finir, quelle est votre vie aujourd’hui ?</p>
<p>Aujourd’hui, je suis revenu au centre des astronautes de l’ESA, à Cologne, en Allemagne. Je continue à m’entraîner pour le cas où l’on déciderait de me renvoyer dans l’espace et je travaille sur la suite de la station spatiale internationale. D’ici une dizaine d’années, nous aimerions mettre en orbite autour de la lune une plus petite station internationale qui ne sera pas habitée de façon permanente. Elle servirait de base pour faire des missions vers la lune et pour assembler des structures sur la route vers mars. Il faut définir cette station, ses missions, les projets qui vont en bénéficier, comment on va opérer depuis le sol, avec quels réseaux de communication… les tâches ne manquent pas.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/516/une-campagne-abjecte</guid>
	<pubDate>Thu, 29 Apr 2021 11:08:24 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/516/une-campagne-abjecte</link>
	<title><![CDATA[Une campagne abjecte]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Ancien EELV passé à LFI, Sergio Coronado s’est fendu sur Twitter d’un mes­sage de sou­tien à l’igno­ble cam­pa­gne EELV d’Ile-de-France, cam­pa­gne visant les « vieux » (les « boo­mers »), les chas­seurs et Alain Finkielkraut. Voici le texte de Coronado : « “Ok Boomer !” peut être résumé par : “Votre géné­ra­tion a connu le plein emploi, elle a consommé sans limi­tes, n’a pas pris soin de la pla­nète et vous voulez encore nous expli­quer ce que nous devons faire ? Vous avez échoué. Laissez-nous gérer main­te­nant” ». Ce mes­sage est tout sim­ple­ment une salo­pe­rie qui signe la nature pro­fonde de son auteur et des cra­pu­les d’EELV à qui il apporte son sou­tien. Il faut en effet ne pas man­quer d’air pour s’en pren­dre à une « géné­ra­tion qui a consommé sans limite ». Peut-être mon­sieur Coronado appar­tient-il à un milieu où l’on consomme sans limite, mais les gens qui ont plus 60 ans aujourd’hui (les « boo­mers » sont nés entre 1942 et 1960) n’ont pas passé leur jeu­nesse pendus au por­ta­ble, ou rivés sur leur écran d’ordi­na­teur… Boomer moi-même, je peux témoi­gner que la très grande majo­rité de mes cama­ra­des d’école pri­maire n’a jamais mis les pieds ni dans un lycée, ni dans un col­lège : à l’âge de 14 ans, ils sont partis au tra­vail ou, pour les chan­ceux en appren­tis­sage. Comme les gens de cette époque consom­maient sans limi­tes, ils étaient plu­sieurs cen­tai­nes de mil­liers à vivre dans des bidon­vil­les et encore plus nom­breux étaient ceux qui habi­taient des loge­ments insa­lu­bres et étroits (une famille de 5 per­son­nes dans 40 m² était chose cou­rante. Ah ! Ces salauds de pau­vres qui ne son­geaient qu’à consom­mer sans limi­tes ! Quand les cités HLM sont sor­ties de terre, elles appa­rais­sent comme de véri­ta­bles palais : salles de bain, WC, des fenê­tres par­tout et même par­fois un balcon ! Je vous le dis, ces boo­mers ne pen­saient qu’à consom­mer sans limi­tes… En plus, ils tra­vaillaient ! Quelle hor­reur ! Quant aux « boo­mers » tar­difs, ils ont connu de meilleu­res condi­tions sani­tai­res et sco­lai­res, mais aussi le chô­mage de masse [qui com­mence dans les années 70], les « plans sociaux » et la montée en flèche des iné­ga­li­tés.</p><p>Le mes­sage de ce M. Coronado s’ins­crit cepen­dant dans une orches­tra­tion sour­noise, menée depuis de nom­breu­ses années main­te­nant : les res­pon­sa­bles de la crise sont les « vieux » [« boo­mers » en nov­lan­gue] qui n’ont pensé qu’à eux avec leurs miro­bo­lan­tes retrai­tes et ont sac­cagé la pla­nète — ce que ne font évidemment pas les don­neurs de leçon à Coronado, qui ne pren­nent évidemment jamais l’avion, vivent dans des appar­te­ments où il ne fait jamais plus de 12° l’hiver et don­nent aux pau­vres leurs indem­ni­tés par­le­men­tai­res… Et pour­quoi l’atta­que contre les vieux ? Tout sim­ple­ment pour 1) jus­ti­fier la réforme des retrai­tes et 2) faire, comme en Grèce, main basse sur les pen­sions, ce qui est déjà dans les tuyaux de Bercy.</p><p>De deux choses l’une : Coronado est un crétin ou un agent sti­pen­dié. À moins que ce ne soient les deux. En tout cas, il se situe clai­re­ment du côté des pri­vi­lé­giés et il est un bon repré­sen­tant de cette petite-bour­geoi­sie demi-ins­truite, gen­tri­fiée qui peuple l’appa­reil de LFI comme celui des Verts (de gris). Pouah ! Comme disait jadis Mélenchon, qu’ils s’en aillent tous ! Et ne jamais voter EELV.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/512/%C2%ABquand-les-verts-pratiquent-la-discrimination-quils-denoncent%C2%BB</guid>
	<pubDate>Wed, 28 Apr 2021 05:15:42 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/512/%C2%ABquand-les-verts-pratiquent-la-discrimination-quils-denoncent%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[«Quand les Verts pratiquent la discrimination qu&#039;ils dénoncent»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX/TRIBUNE - Ce week-end, EELV a partagé plusieurs affiches mettant en scène Alain Finkielkraut ou encore les «boomers» pour encourager les électeurs à s'inscrire sur les listes pour les élections régionales. Une campagne haineuse, qui vise à cliver la société, estime Anne-Sophie Chazaud.</p><p class="fig-paragraph">Anne-Sophie Chazaud est chercheuse et essayiste, auteur de «Liberté d'inexpression, des formes contemporaines de la censure», éditions de l'Artilleur 2020 et de «Le Nouvelle Révolution culturelle» à paraître en octobre 2021.<br />_________________________________________________________</p><p class="fig-paragraph">Dans le grand concours national d'inepties que semble avoir organisé le parti EELV à l'usage d'un nombre important de ses élus qui se prêtent au jeu avec zèle, au rythme métronomique et soutenu d'une ânerie (minimum) par semaine, la dernière en date représentera peut-être, par son outrance, sa bêtise et la haine qu'elle laisse transparaître, la fameuse « petite faiblesse qui vous perdra », le coup fatal de celui qui a « trop pris la confiance » (comme disent les non-boomers).</p><p class="fig-paragraph">En effet, les affiches de campagne du candidat à la présidence de la région Île-de-France, Julien Bayou, visent cette fois-ci directement une catégorie de population, ainsi que des personnalités publiques : « Les boomers, eux, ont prévu d'aller voter », décliné en thème et variations avec « Les chasseurs, eux, ont prévu d'aller voter », mais également le plus traditionnel, infantile et indémodable « Les fachos ont prévu d'aller voter », ou encore Alain Finkielkraut nommé et représenté en photo, tout comme Éric Zemmour ou encore Gérald Darmanin dont on ne distingue pas trop ce qu'ils viennent faire dans cette brumeuse galère. Bref, on le voit, le niveau intellectuel du propos concurrence avec vigueur l'élégance du procédé.</p><p class="fig-paragraph">Après les sapins de Noël prohibés pour cause d'arbres morts (à ce propos d'ailleurs, des affiches de campagne ne sont-elles pas imprimées sur du papier fabriqué, au départ, avec des arbres morts ? Hérésie !), les bateaux à voile déclarés polluants, les rêves des enfants qu'il conviendrait de contrôler afin d'empêcher ceux-ci de voler (idéal de retour à l'âge des cavernes que Thomas Pesquet n'a manifestement pas suivi, pour notre plus grand bonheur), après les subventions islamisto-complaisantes, après le dégenrage et la débitumisation des cours de récréation (ce qui revient, grosso modo, à transformer ces dernières en sortes de cloaques boueux ou de litières pour chats dans le but principal d'y empêcher les enfants qui le souhaitent, garçons ou filles, de jouer au football, pour quelque raison mystérieuse), après la suppression arbitraire de la viande à la cantine, le bannissement de la Patrouille de France du ciel lyonnais, les élucubrations insanes sur le Tour de France, l'imposition idéologique -et dont on n'a toujours pas vu le début du commencement d'un quelconque rapport avec la préservation de la planète- de l'écriture inclusive -sauf à explorer avec la curiosité minutieuse de l'ethnologue ou du psychiatre les lubies semi-délirantes de l'écoféminisme-, voici donc venu le temps beaucoup plus clair de révéler au grand jour ce qui motive toutes ces inepties : la haine, le rejet, la catégorisation, l'essentialisation et la dénonciation des adversaires politiques transformés en ennemis. Ou comment les élus d'EELV ont illustré tout seuls comme des grands le surnom de « Khmers verts » (verts à l'extérieur, rouges à l'intérieur) qui leur est attribué de plus en plus fréquemment. Joli acte manqué (donc réussi) de cette communication politique qui, se voulant clivante et disruptive, revient en boomerang contre ses promoteurs.</p>
<p>Lors des dernières élections municipales qui ont porté à la tête de certaines métropoles des élus EELV, cela s'est précisément opéré à la faveur d'une massive désertion des bureaux de vote de la part des… boomers.</p>
<p class="fig-paragraph">On ne fera pas l'injure aux vrais marxistes de qualifier la haine exprimée sur ces affiches de « haine de classe », pour une raison simple : le gros des bataillons EELV, comme l'ont montré les dernières élections municipales, est précisément constitué de privilégiés, de gagnants de la métropolisation des territoires, de CSP+ des grandes villes qui, du reste, se sont ralliés derrière Emmanuel Macron en 2017, bien à l'abri, c'est la règle, du côté du manche. Il est toujours plaisant de voir des privilégiés dénoncer les privilèges et intérêts supposés des autres (les personnes âgées –papi mamie apprécieront- ou simplement plus âgées que soi, les chasseurs ou Dieu sait qui encore). Le vote populaire, celui des classes laborieuses ou de la France périphérique est de facto méprisé.</p><p class="fig-paragraph">On commencera tout d'abord par rappeler que, lors des dernières élections municipales qui ont porté à la tête de certaines métropoles des élus EELV, cela s'est précisément opéré à la faveur d'une massive désertion des bureaux de vote de la part des… boomers, lesquels étaient au premier tour principalement soucieux de protéger leur santé en pleine arrivée du tsunami covidien puis qui, au second tour, pour beaucoup ne se sont pas déplacés, considérant que cette élection était faussée par les difficultés du premier tour et l'absence de parallélisme des formes, ce qui d'une part entache d'une certaine façon ce scrutin d'une forme d'illégitimité dans l'esprit de nombreux citoyens en le rendant infinitésimalement représentatif du corps électoral, mais aussi permet de comprendre que c'est précisément parce que le réel a été l'exact inverse de ce qui est énoncé sur les affiches de Julien Bayou que l'écologisme politique a pu gagner quelques places. L'électorat EELV, lui, s'est déplacé. C'est du reste peut-être la conscience que ce « coup » de 2020 ne serait pas réitérable qui a poussé à la faute morale et politique que représentent ces affiches stigmatisantes, discriminatoires et haineuses : zut, la démocratie revient !</p><p class="fig-paragraph">Concernant la question de l'âge induite à la fois par le visuel et par l'emploi du terme « boomer », plusieurs remarques s'imposent. Il convient tout d'abord de rappeler que ce terme désigne les personnes nées entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et la seconde moitié des années 1960, soit les citoyens âgés de 55 à 75 ans. Selon nos jeunes Gardes rouges de foire, l'ensemble de ces personnes seraient donc rassemblables dans un gigantesque sac fourre-tout à grande contenance puisqu'elles représentent environ 22,5 millions de personnes et environ 47 % du corps électoral (comme le rappelle le journaliste Benjamin Sire sur son compte Twitter). Dans le tweet calamiteux sur lequel Julien Bayou lançait cette campagne d'affichage (dont il s'est excusé depuis, ce qui ne change rien à l'intention initiale à laquelle il a bel et bien adhéré puisqu'il l'a lui-même relayée à grand son de trompe), le candidat « écologiste » déclare : « Pour défendre leurs intérêts [sic, nous soulignons], les chasseurs, les boomers et tous les autres iront voter en juin » (oui, cela s'appelle la démocratie…). Or, quels seraient les « intérêts » communs à la vingtaine de millions de personnes âgées de plus de 55 ans, si ce n'est le vague espoir de défendre leurs retraites et leur droit d'essayer d'en jouir un minimum après des années de travail lesquelles se sont déroulées pour beaucoup, à partir des années 1980 sur fond de crise économique et de précarisation tout en élevant malgré tout des enfants dont on voudrait qu'ils viennent à présent leur cracher au visage ? Qu'est-ce qui, par ailleurs, permet aux « écologistes » d'EELV de déterminer que l'ensemble amalgamé de toute cette partie de la population serait, par nature, par essentialisation, hostile à la protection de l'environnement, à la préservation de la planète ? Au plan de l'écologie politique, le mouvement n'a-t-il pas d'abord été promu par le boomer le plus archétypal qu'est Daniel Cohn-Bendit (certes plutôt intéressé par la jeunesse) ? La discrimination par l'âge, sans doute l'une des plus abjectes qui soient au plan anthropologique, qui se veut iconoclaste, est du reste l'un des grands poncifs du conformisme de l'anticonformisme, lequel règne depuis plusieurs décennies, et qui culmina notamment dans son expression à la fois grotesque et tragique lors de la Révolution culturelle chinoise. Les jeunes y étaient incités à dénoncer (voire condamner à mort) leurs propres parents et chantaient « Les parents sont importants mais Mao l'est plus encore ». L'autorité était systématiquement défiée, les scènes d'humiliation publique étaient la règle. Dans le fond, ces affiches EELV ne sont qu'une pâle copie des dazibao de leurs aïeux.</p>
<p>Tout y démontre la haine, la volonté de monter des pans de population les uns contre les autres, d'y casser aussi la solidarité inter-générationnelle en draguant grossièrement quelque électorat jeune abstentionniste, de cliver violemment la société selon un alphabet et une sémantique manichéenne et simpliste, mais dangereuse [...].</p>
<p class="fig-paragraph">L'Histoire se répétant toujours, selon Marx, deux fois, la première sous forme de tragédie, la seconde sous forme de farce, nos « écologistes » rejouent donc la scène dans l'univers à la fois haineux et ridicule, vaguement aseptisé de la société du Spectacle dont ils sont issus, reprenant tous les stéréotypes discriminatoires de leurs aînés boomers dont ils n'ont pas même conscience d'incarner le plus pur produit, le parfait rejeton.</p><p class="fig-paragraph">Car enfin, de deux choses l'une : soit, nous le disions, le terme « boomer » désigne ici les plus âgés, au plan démographique, dans une irrévérence caricaturale de carton-pâte, soit il désigne une sorte de « catégorie politique » plus large, représentant une certaine forme d'idéologie propre à ces années au cours desquelles les boomers devinrent de jeunes adultes et prirent le pouvoir. Or, si l'on accepte cette définition du terme, force est de constater que l'idéologie qui s'est alors imposée est précisément celle que Jean-Pierre Le Goff désigne comme le « gauchisme culturel », délaissant la défense des intérêts des classes les plus défavorisées afin de promouvoir les intérêts catégoriels de minorités et communautés présentées comme dominées dans une dialectique morcelée de bac à sable. Or, le mouvement « écologiste » tel qu'il se manifeste politiquement en France (et auquel ne saurait en aucun cas se réduire la conscience écologique, fort heureusement) est précisément le produit chimiquement pur de cette idéologie typiquement « boomer » (au sens politique).</p><p class="fig-paragraph">Dans tous les sens où l'on analyse ce message, donc, rien ne va, et tout y démontre la haine, la volonté de monter des pans de population les uns contre les autres, d'y casser aussi la solidarité intergénérationnelle en draguant grossièrement quelque électorat jeune abstentionniste, de cliver violemment la société selon un alphabet et une sémantique manichéenne et simpliste, mais dangereuse : « tous les autres » (sic) sont les « méchants », les « pas beaux » (comme disent les enfants), et, quand on est à court d'argument, les autres qui ne sont pas d'accord avec nous sont nécessairement des « fachos » (terme éculé jusqu'à la corde depuis plus de 40 ans et qui désigne tout ce qui se trouve désormais grosso modo à la droite de Benoît Hamon).</p><p class="fig-paragraph">Pour finir, cette manière de désigner des pans de population à la vindicte des « jeunes » (supposés penser tous semblablement, ce qui est une façon bien méprisable de les considérer, soumis qu'ils seraient à quelque déterminisme et non possesseurs de leur libre arbitre), est une figure de style qui s'est par exemple mise en scène dans cette sorte d'hystérie haineuse exprimée par l'icône du jeunisme Greta Thunberg dans son fameux salmigondis à l'ONU « How dare you », accusant, clairement, les adultes d'être tous responsables de lui avoir « volé ses rêves et sa jeunesse » et d'être tous co-responsables de la destruction de la planète tandis que seuls les jeunes allaient expliquer la vie à tout le monde désormais, sans passer par la case « école », « études » ou « écoles d'ingénieurs » -dans lesquelles on apprendrait, par exemple en travaillant et non pas en faisant l'école buissonnière à grand renfort de coups médiatiques, à trouver des procédés écologiques qui ne seraient pas fondés sur la méfiance envers la technique et le progrès.</p><p class="fig-paragraph">Ce poncif du jeune qui vient expliquer la vie à l'adulte et lui redresser moralement ses torts (assez présent dans la sphère publicitaire, car le marché y retrouve fort bien ces petits), au besoin en l'affichant de manière ignominieuse (comme dans la campagne d'affichage EELV) est éculé jusqu'à la corde mais il traduit toujours la même haine infantile que précisément une partie importante des boomers avaient portée au pouvoir et mise en situation de domination culturelle depuis 40 ans. Comme disruption progressiste, on doit pouvoir faire mieux, même sans trop travailler…</p><p class="fig-paragraph">Enfin, l'infantilisme des mises en cause pose la question de la conception de l'écologie par ce mouvement qui se révèle n'être qu'idéologique. En effet, que sait EELV de la conscience écologique de tel ou tel mis en cause ? Sait-on si Alain Finkielkraut jette du plastique sur les chemins de randonnée ? Sait-on si Gérald Darmanin se chauffe au charbon ? Sait-on si Éric Zemmour ne pratique pas le tri sélectif et se réjouit de la destruction du patrimoine naturel mondial ? On peut, par ailleurs, être opposé pour des raisons éthiques, personnelles, à la chasse, sans pour autant avoir la stupidité de méconnaître le rôle de cette pratique dans la gestion des écosystèmes naturels et de leur régulation. Quel rapport, donc, avec l'écologie ? Certaines personnes catégorisées comme « fachos » par EELV pourront, quant à elles, être particulièrement sensibles, en raison même d'ailleurs de leur conservatisme, à la préservation de l'environnement, du patrimoine naturel, des paysages, des terroirs, de la nature et de ses vertus.</p><p class="fig-paragraph">Le message porté par ces affiches est donc inepte à tous les niveaux par lesquels on peut tenter de l'analyser. Gageons que l'électorat, même jeune, qui pourra en effet cette fois-ci se déplacer aux prochaines élections, le fera savoir, démocratiquement, ce qui permettra sans doute de refermer cette parenthèse carnavalesque sans toutefois obérer la prise en compte des enjeux environnementaux dont, en réalité, les élus EELV se préoccupent fort peu, tout occupés qu'ils sont à leur refonte sociétale.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Thu, 22 Apr 2021 21:34:57 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Patrick Cohen avec Marc Ferro]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Intellectuels, chefs d'entreprises, artistes, hommes et femmes politiques... Dans “C’est arrivé cette semaine”, pendant une heure, Patrick Cohen reçoit, des personnalités de tous horizons pour éclairer différemment et prendre du recul sur l'actualité de la semaine écoulée le samedi. Même recette le dimanche pour anticiper la semaine à venir. Un rendez-vous emblématique pour mieux comprendre l'air du temps et la complexité de notre monde.</p><p>Invité spécial : </p><p>-  Marc Ferro, historien</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 18 Apr 2021 08:35:54 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Eugène Poubelle : histoire d’un nom propre]]></title>
	<description><![CDATA[<p> C'est un nom qu'a priori personne ne voudrait porter. Pourtant, il serait assez flatteur d'être parent d'Eugène Poubelle. Si ce préfet de la Seine a été largement critiqué au XIXe siècle pour l'instauration des bacs à ordures ménagères, aujourd'hui, son apport à l'hygiène quotidienne est unanimement reconnu. Au point que Google célèbre ce jeudi le 190e anniversaire de sa naissance avec un doodle le mettant en scène en train de nettoyer les rues de la capitale.</p><p>À l'image du sandwich ou de la guillotine, la poubelle doit son nom à son créateur, avec la particularité que cette antonomase trouve son origine dans une volonté de critiquer et même de ridiculiser le porteur du nom. En 1883, les rues de Paris sont souvent jonchées de détritus, car chacun est libre d'y jeter ses déchets en attendant le passage des chiffonniers.</p>
<p>Premier tri sélectif</p>
<p>Face à cette situation, Eugène Poubelle impose aux propriétaires de fournir à leurs locataires des récipients « de bois garnis de fer blanc » avec couvercle, lesquels seront ensuite ramassés. Il met également en place un premier tri sélectif avec des bacs réservés aux papiers et chiffons, au verre et aux débris de vaisselle, et même un à destination des coquilles d'huîtres. Il sera également à l'origine du tout-à-l'égout.</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/environnement/le-casse-tete-du-recyclage-des-capsules-de-cafe-18-03-2021-2418354_1927.php" class="Capsule premium" title="">À LIRE AUSSILe casse-tête du recyclage des capsules de café</a></p><p>À la fois révolutionnaire et pleine de bon sens, la mesure est très mal accueillie, notamment parce qu'elle prive les chiffonniers de leur gagne-pain. Une partie de la presse dénonce cela, ainsi que des soupçons de conflit d'intérêts avec les fabricants de récipients ou entreprises de ramassage. Durant cette polémique apparaît l'appellation moqueuse « boîtes Poubelle », dont <a class="Link" href="https://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2017/07/12/26010-20170712ARTFIG00265-quand-le-prefet-poubelle-donnait-son-nom-a-la-boite-a-ordures.php" title="">Le Figaro</a> revendique la paternité. L'expression est restée, les critiques envers le système du préfet Eugène Poubelle ont depuis été balayées.</p><p>La rédaction vous conseille</p><p>dmp</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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