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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de France]]></title>
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	<pubDate>Thu, 13 May 2021 18:00:41 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[le programme commun de la gauche depuis quarante ans]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Quarante ans après l’accession de <a href="https://www.revuedesdeuxmondes.fr/article-revue/francois-mitterrand-ou-la-republique-des-psychodrames/" target="_blank" rel="noopener">François Mitterrand</a> à la présidence de la République, que reste-t-il de la gauche ? <a href="https://www.francetvinfo.fr/politique/la-france-insoumise/presidentielle-2022-la-gauche-est-en-mauvaise-situation-pour-plus-de-huit-francais-sur-dix-selon-notre-sondage_4373441.html" target="_blank" rel="noopener">Totalisant à grand peine 30 % des voix dans les intentions de votes</a>, divisée en trois blocs opposés (Insoumis, PS, Verts) incapables de se mettre d’accord sur un programme et une candidature commune, elle a peu de chance de figurer au second tour de l’élection présidentielle de 2022. En 1981, les socialistes promettaient au « peuple de gauche [de] passer des ténèbres à la lumière », selon la célèbre formule de Jack Lang. Une chose est sûre, quarante ans plus tard, la gauche n’a jamais été aussi éloignée des Lumières. Le côté obscur de la force semble avoir eu raison d’elle : néo-racisme, communautarisme, relativisme culturel, américanisation, défense de la religion contre la laïcité. Le Parti socialiste n’a plus de boussole, <a href="https://www.revuedesdeuxmondes.fr/mosquee-strasbourg-gros-sous-islamophobe-gauchisme/" target="_blank" rel="noopener">les Verts financent les mosquées des Frères musulmans</a> et défilent avec l’extrême gauche <a href="https://www.revuedesdeuxmondes.fr/marche-islamophobie-gauche-deshonneur/" target="_blank" rel="noopener">contre l’« islamophobie »</a>, le nouveau <a href="https://www.revuedesdeuxmondes.fr/mila-le-delit-de-blaspheme-et-la-demission-de-la-gauche/" target="_blank" rel="noopener">crime de blasphème remis au goût du jour</a> par le camp du bien. Interdiction de critiquer la religion. Tout ça pour ça !, doivent se lamenter Voltaire, Hugo et Jaurès en se retournant dans leurs tombes.</p><p>La gauche avait un sens lorsqu’elle représentait les classes populaires, se battait pour les réformes sociales, valorisait le travail, défendait l’esprit de la laïcité, était fidèle aux valeurs universalistes. La IIIe République, dont on critique tant le bilan à cause du colonialisme, avait réussi à forger un socle unificateur. Une grammaire commune dans laquelle se reconnaissait ceux qui défendaient l’égalité des chances et des droits, qui valorisaient le mérite et chérissaient l’éducation comme pilier de l’émancipation. Le récit national, en grande partie forgé par la gauche, embrassait les grandes heures de l’histoire française, réconciliait dans un même mouvement allant de Vercingétorix à la guerre de 14 « ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas », les défenseurs de la nation et ceux de la République. Après des décennies de combats violents avec l’église, le principe de laïcité avait été accepté. Au-delà de la loi de séparation de 1905, l’État avait pour mission de protéger la liberté de conscience mais veillait aussi à ce que le religieux n’interfère pas dans la vie publique. Nul ne le contestait plus.</p><p>« Pétrifiée par la faute originelle du colonialisme mais aussi par celle de la collaboration (la chambre du Front populaire a voté les pleins pouvoirs à Pétain), la gauche a mis en place une rhétorique implacable pour se faire « pardonner » ses crimes d’antan. »</p><p>Quarante ans plus tard, la gauche n’est plus qu’un grand corps malade. La décennie des années 1980 qui l’a portée au pouvoir fut celle de la fin des idéologies, de la chute du mur, de la mondialisation. Le monde d’avant semblait englouti. La désindustrialisation accentuait le sentiment de déclassement. On prétendait que c’était le sens de l’histoire. Les ouvriers ? Une classe révolue. Il s’agissait de conquérir de nouveaux publics : les minorités, les « communautés », les populations issues de l’immigration, nouveau « peuple de gauche ». <a href="https://www.marianne.net/politique/quand-la-gauche-dit-adieu-aux-ouvriers-et-employes" target="_blank" rel="noopener">La fameuse note du think tank Terra Nova de 2011</a>, actant cette mutation de l’électorat de gauche, ne faisait qu’entériner une réalité. Le parti socialiste a-t-il eu raison d’en faire sa bible, son petit livre rose ?</p><p>Les années SOS Racisme, pleines de bonnes intentions, ont également produit leurs dégâts. La première équivalence, « critiquer la religion, c’est être raciste », date de cette époque. Lors de l’affaire du foulard de Creil, en 1989, Lionel Jospin est ministre de l’Éducation nationale. <a href="https://www.revuedesdeuxmondes.fr/laicite-contraire-integrisme/" target="_blank" rel="noopener">Baptisée Munich de la République</a> par des intellectuels républicains inquiets de cette « tolérance » envers l’islam politique au sein de l’école, l’affaire émeut SOS Racisme qui prend la défense des fillettes voilées. Gisèle Halimi, avocate et féministe historique, claque la porte de l’association. « Jamais la gauche n’a été aussi soumise aux injonctions religieuses », <a href="https://www.revuedesdeuxmondes.fr/elisabeth-badinter-la-gauche-na-jamais-ete-aussi-soumise-aux-injonctions-religieuses/" target="_blank" rel="noopener">déplore Élisabeth Badinter</a>, vent debout depuis trente ans contre les déviations essentialistes de la gauche qui favorise ce qui nous divise au lieu de mettre en avant ce qui nous rassemble.</p><p>Pétrifiée par la faute originelle du colonialisme mais aussi par celle de la collaboration (la chambre du Front populaire a voté les pleins pouvoirs à Pétain), la gauche a mis en place une rhétorique implacable pour se faire « pardonner » ses crimes d’antan :</p><p>– considérer les immigrés, surtout ceux issus des anciennes colonies, comme les nouveaux juifs. Vouloir limiter leur arrivée, leurs droits, c’est être un nazi ;<br />– ne pas favoriser l’assimilation mais respecter la culture d’origine des nouveaux arrivants. Et se vautrer dans le relativisme culturel au mépris, par exemple, du droit des femmes : leur culture n’est pas la nôtre, qu’elles restent voilées/excisées/soumises ;<br />– abandonner à leur sort les classes populaires victimes de la délinquance et de la radicalisation dans les quartiers à forte immigration, par peur d’apparaître comme stigmatisants et racistes. Et laisser Marine Le Pen engranger les voix des territoires perdus de la République ;<br />– accréditer la théorie d’un État « raciste systémique », qui serait un héritage de la colonisation. Créer une suspicion de principe contre les forces de l’ordre par essence racistes et violentes, alors que gendarmes, policiers, militaires, pompiers sont les premiers au front dans ces quartiers où les principes républicains sont bafoués continuellement.</p><p>Cette confusion des valeurs est un succès total : (presque) plus personne à gauche ne parle de social mais tout le monde parle intersectionnalité, <a href="https://www.revuedesdeuxmondes.fr/flagellation-martyrologie-ideologie-decoloniale-nouvelle-religion-seculiere/" target="_blank" rel="noopener">décolonialisme</a>, <a href="https://www.revuedesdeuxmondes.fr/ecriture-inclusive-novlangue-inquietante/" target="_blank" rel="noopener">écriture inclusive</a>…</p><p>« Les classes populaires, les artisans, les salariés, les enseignants, les ouvriers avaient une fierté et une dignité : leur travail. Encore une valeur qui ne signifie plus rien. »</p><p>Les classes populaires, les artisans, les salariés, les enseignants, les ouvriers avaient une fierté et une dignité : leur travail. Encore une valeur qui ne signifie plus rien. La bataille pour les 35 heures (et maintenant pour les 32 au sein de l’extrême gauche), le droit au revenu universel, coupent la France en deux : ceux qui en font de moins en moins et ceux qui en font de plus en plus, dans un environnement de plus en plus hostile. Les premiers de cordée de cette catégorie ? Les enseignants, les personnels soignants, les forces de l’ordre… Bien souvent des forces vives de la gauche qu’on a laissées tomber. Ces mêmes classes populaires avaient une espérance : progresser dans la société grâce à leur mérite. Que leurs enfants bénéficient de l’ascenseur social. Cela passait d’abord par l’école.</p><p>La gauche et la droite ont agi de concert pour casser l’école depuis quarante ans. Pour la droite c’est une faute, pour la gauche c’est un crime. Donner le baccalauréat à 80 % d’une classe d’âge (loi d’orientation sur l’éducation, 1989, Michel Rocard Premier ministre), c’est dévaloriser le baccalauréat, asphyxier l’université, créer du chômage. Mais comment valoriser l’apprentissage et le travail manuel quand la gauche française, censée défendre les plus humbles, les méprise autant ? Mettre l’enfant au centre du système, dévaloriser les matières nobles pour plus « d’égalitarisme » – encore une faute morale de la gauche –, c’est abandonner toute exigence. C’est tirer les plus faibles vers le bas. Le niveau est de plus en plus catastrophique.</p><p>« La gauche devait changer la vie, elle a changé de logiciel. Ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette mutation gauchiste, communautariste et anti-laïque n’osent plus moufter de peur de se faire traiter de fascistes. »</p><p>Et les pédagos de la rue de Grenelle qui ont instauré ce naufrage réfléchissent désormais à la façon d’imposer l’écriture inclusive, nouvelle doxa du camp du bien. En vérité, une vision élitiste qui favorisera les plus privilégiés et enfoncera les plus vulnérables. Jean-Michel Blanquer s’oppose mais gagnera-t-il la partie contre le mammouth ?</p><p>La gauche devait changer la vie, elle a changé de logiciel. Ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette mutation gauchiste, communautariste et anti-laïque n’osent plus moufter de peur de se faire traiter de fascistes. Dire que ceux qui souffrent le plus d’une immigration non contrôlée, de la radicalisation des quartiers et de la criminalité sont justement les classes populaires, c’est penser raciste. Or, tant que la gauche n’osera pas aborder de front la question migratoire, elle sera condamnée à perdre des élections. Cette triste litanie des errements et des renoncements de la gauche ne saurait faire oublier le rôle de la droite dans le déclin français. Mais si Marine Le Pen fait 43 % d’intentions de vote dans les classes populaires aujourd’hui, on le doit à un long dérèglement du sens et des valeurs de la gauche. Hélas, hélas.</p><p>Illustration : François Mitterrand vote lors du premier tour de l’élection présidentielle, le 27 avril 1981. Photo : Alamy/ABACAPRESS.COM.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/545/un-avant-propos-a-une-histoire-du-ceres</guid>
	<pubDate>Mon, 10 May 2021 13:56:04 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/545/un-avant-propos-a-une-histoire-du-ceres</link>
	<title><![CDATA[Un avant-propos à une histoire du CERES]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Le présent texte est une introduction à une histoire du CERES écrite par Didier Motchane, disparu le 29 octobre 2017. Si l’ouvrage historique relatif au CERES reste à écrire, ce texte fournira néanmoins des clés de compréhension. Didier Motchane a été l’un des fondateurs du CERES, le Centre d’Etudes, de Recherche et d’Education Socialiste, avec Jean-Pierre Chevènement, Alain Gomez, Pierre Guidoni ou Jacques-Arnaud Penant et quelques autres qui les rejoignirent au fil des années. Il en a été le charismatique théoricien, auteur en 1972 de Clés pour le Socialisme. Au fil des années 1970, il anima évidemment le CERES et ses revues (Frontière, Repères…) et fut en charge des relations avec le tiers-monde au PS.</p><p>On sait le rôle déterminant du CERES dans le Congrès d’Epinay de juin 1971. On sait aussi sa place dans la construction de l’Union de la Gauche à partir de 1972. Didier Motchane fut ainsi, avec Pierre Joxe, le co-rédacteur de la motion de synthèse d’Epinay, c’est-à-dire du véritable texte fondateur du PS, celui qui consacrait l’Union de la Gauche comme objectif stratégique en vue de la transition au socialisme. La pensée de Didier Motchane et celle du CERES sont ainsi incontestablement à verser à l’actif du socialisme français, tant la puissance conceptuelle et le caractère visionnaire qui sont alors les siennes frappent l’esprit de l’observateur. Entrés à la SFIO, vieille machine bureaucratique, les animateurs du CERES réussirent à susciter l’étincelle qui révéla la social-démocratie française à elle-même. De la vieille SFIO engluée entre FGDS et « dialogue idéologique » avec le PCF on passait à un PS doté d’une stratégie nouvelle, dont l’Union de la Gauche était le vecteur. Le dessein du CERES n’était pas « d’assumer la condition humaine du socialisme » mais bien d’instaurer « la condition socialiste de l’humanité ». Au fil des années 70 dans la majorité du PS ou dans la minorité, le CERES demeura fidèle à l’esprit d’Epinay, menant la bataille sur l’Europe ou l’autogestion, suscitant une effervescence militante qui a propulsé le courant à 26% du parti. En articulant le « mouvement d’en haut » et le « mouvement d’en bas », le CERES fut aussi un efficace pont entre la bouillonnante société des années 1970 et l’appareil en construction du Parti Socialiste. Promoteur de l’autogestion (et de la très volontariste 16ème thèse), le CERES apparaissait comme « l’aile gauche » du PS tout en revendiquant de vouloir en être « l’axe ».</p><p>Avec François Mitterrand, les relations furent marquées par l’accord politique initial puis, chemin faisant, par des désaccords mineurs puis majeurs, dont la Guerre du Golfe et le traité de Maastricht furent le paroxysme qui a provoqué la rupture. François Mitterrand dit un jour à Didier Motchane que s’ils n’avaient pas fait de politique ils auraient été amis. A partir de 1983, ils cessèrent néanmoins de se voir personnellement, considérant – du point de vue de Didier Motchane – avoir épuisé tous les sujets. L’Europe avait alors remplacé le socialisme comme grand récit mobilisateur, ce qui équivalait dans l’esprit de Didier Motchane à accepter le caractère indépassable d’un capitalisme voué à la financiarisation, dont le contenu de l’action de la CEE n’était qu’une méthodique codification. A partir de 1990, les relations se dégradant avec la majorité du PS, les amis de Didier Motchane et de Jean-Pierre Chevènement – réunis au sein de Socialisme et République – s’éloignèrent progressivement jusqu’à fonder un nouveau parti – le Mouvement des Citoyens – dont l’identité était de « gauche républicaine », ligne promue depuis 1983 et le tournant de la rigueur, et qui visait à se substituer à la ligne de normalisation européenne.</p><p>L’aventure du CERES ne saurait évidemment être rééditée à l’identique. Ne serait-ce que par la situation actuelle du PS, bien plus périlleuse que celle de l’antique SFIO. Trop de facteurs ont changé. Cependant, il manque assurément aujourd’hui un « nouveau CERES », c’est-à-dire d’abord une ligne politique, une vision qui permette de forcer le destin. Cette ligne devrait s’incarner de nouveau dans un groupe d’hommes et de femmes qui, forts d’une analyse méthodique des mutations du capitalisme mondial, imprégné par le mouvement de la société, aptes à mettre en œuvre une stratégie cohérente pourrait être la force qui ravive ce corps mort qu’est la gauche française.</p><p>Le CERES fut aussi une méthode. Cette méthode n’est, quant à elle, aucunement démodée. C’est pourquoi, en 2018, le CERES a, par la plume de Didier Motchane, encore à nous dire. Ces lignes de Didier Motchane éclaireront le lecteur sur ce que fut le CERES. Sans doute inspireront-elles quelques-un(e)s. Elles donnent une idée de ce qu’est une authentique pensée politique. – Gaël Brustier.</p>
<p>Avant-propos à une histoire du CERES, par Didier Motchane</p>
<p>Ne rien écrire sur soi qu’au présent. Béaba-tificateur de son impuissance romanesque, l’autobiographe pontifiant ou pénitent ne se fait jamais que le souverain veuf d’une mémoire épuisée. Cependant des souvenirs toujours inégalement partagés, mais pour peu qu’ils le soient, appellent clairement l’honneur du récit, s’ils perpétuent le bonheur d’une commune présence, parce qu’ils sont les témoins d’un éternel espoir, fut-il éternellement cantonné aux demeures du futur antérieur.</p><p>Dans le cours ordinaire du temps, l’espoir – et le désespoir – de changer la vie, afin de – ou faute de – changer sa vie, gisent côte à côte. Ils se raniment l’un l’autre à partir de la banalité de la condition humaine. C’est la trace d’un mouvement de ce genre que l’histoire du CERES pourrait nous avoir laissé.</p><p>N’importe quel âge de la vie peut faire de sa jeunesse son horizon mental. La jeunesse elle-même y vit le rêve de son éternité. D’autres temps de l’existence s’y marient ; ils assaisonnent une rétrospection douce – amère à la saveur des revanches posthumes. Telle aurait été la jeunesse du CERES, jeunesse d’espoir d’une renaissance du socialisme.</p><p>***</p><p>L’Europe, comme d’ailleurs l’ensemble du monde des années 60, porte la marque d’une mutation des héritages de la guerre.</p><p>Sur le fond d’une conscience accélérée, toujours plus impatiente, de l’activité économique, soutenue par la diffusion planétaire d’une pensée technicienne ingénument distribuée selon la préséance des rentes, le cloisonnement des savoirs et la puissance militaire. L’acuité des conflits qui opposent les nations et les divisent elles-mêmes s’est revissée d’un quart de tour. Sous l’emprise d’un capitalisme dont l’empire tend à égaler l’ambition jusqu’à toucher son horizon planétaire, la mondialisation départage plus profondément désormais le Nord et le Sud du monde que l’Est et l’Ouest qui sont les apostats du socialisme déclaré des renégats de la Révolution.</p><p>Les Trente Glorieuses auront été l’épopée du Nouveau Scientisme Historique où les idées du Progrès, fondées sur la conviction de la permanence d’une Croissance majuscule, d’une croissance économique ininterrompue se réinventèrent. L’Europe, ou plus largement ce que l’on appelait l’Occident, semblait faire l’expérience du régime durablement stabilisé d’une marche à l’abondance sans autres à coups que ceux des – relativement – légers coups de lancette de ponction monétaire qui, comme ceux des médecins de Molière, venaient de loin en loin maintenir la circulation bien étagée de la richesse. Dans ce cours tranquille, les entrepreneurs – capitalistes de la dette – et leurs héritiers – capitalistes de la rente – se sont partagé le haut du pavé avant de le céder à ces piétons du ciel atterris sur les tapis volants de la finance : « gnomes de Zurich » et d’ailleurs, spermatozoïdes distillateurs de l’Argent Roi.</p><p>Ce fut le moment où l’avènement d’une fin de l’histoire, c’est-à-dire son accomplissement, put s’entendre proclamer aux pauvres des pays riches à l’unisson des riches de tous les pays, comme le règne spirituel d’un social-libéralisme étendant la main sur le monde de la misère et de la peur pour s’en faire le bénisseur définitif.</p><p>Ainsi n’était-il plus question de mettre en cause l’abîme d’inégalités des revenus, des patrimoines et des savoirs, mais d’en pérenniser la légitimité. L’histoire accomplie, sanctuarisée par le temps, éloigne au Royaume de l’Au-delà la république de l’égalité des chances, l’urgence et le lieu d’un repartage du passé par le présent. Telle est l’intime contradiction que porte la financiarisation de l’économie spéculaire : prise entre les murs du capital accumulé, la spéculation ne peut sans se détruire soustraire l’ordre de ses raisons au calcul, l’avenir au passé, la vie à la mort.</p><p>Sans doute l’Ange Gardien des Trente Glorieuses – la Croissance – a-t-il déplacé vers le haut les failles de l’intégration sociale par son œuvre et par son mythe ; mais celle-ci s’approfondit : telle est la pente de la société bourgeoise qu’aucun tempérament de protection sociale, aucun placebo,  ne saurait redresser à peine d’en détruire le ressort. Ce fut un train qui, en déplaçant plus vite des wagons de plus en plus nombreux et de mieux en mieux suspendus, laissait une proportion croissante des voyageurs en gare, ou sur les bas-côtés de la voie.</p><p>Les petits cailloux de la pauvreté blessent davantage au fond d’une botte d’éboueur qu’à un va-nu-pieds les graviers de sa misère. Sans ralentir le pas du peuple trottinant qui reste à l’aise à côté des petits souliers de sa bonne conscience. Cette portion bouillonnante du produit de la machine d’un capitalisme désangoissé tournant à plein régime dans la candeur –ou le cynisme refoulé du Nouveau Scientisme Historique – était moins un objet de scandale que de compassion ; en raison peut-être du fait que ce que l’on pourrait nommer l’humeur installée du siècle, son « idéologie dominante » devenait, suprême illusion, celle de la mort des idéologies. Raymond Aron venait détrôner Jean-Paul Sartre dans le magistère du Grand Maître Penseur pour prononcer, avec le geste de l’étalonneur des certitudes et du donneur de diapason, l’éloge funèbre et réjouie du marxisme ; au-delà de l’extinction célébrée de celui-ci,  c’était l’éthique de l’engagement avec l’ensemble des engagements existentiels de l’Après Libération qui s’en trouvaient plus ou moins nettement récusés.</p><p>Qui aurait pu attendre de l’esprit du Nouveau Scientisme Historique que s’en gonflassent les voiles d’une  « Grande Cause » ? Au travers de la titillation obsédante des processus d’évaporation inéluctable de ses révoltes, l’humanité chercherait l’apaisement de ses anxiétés archaïques dans sa « modernité » ; les petites voix chevrotantes de cette fin de siècle ne se lassent pas d’invoquer chacune la leur. Ce ne sont pas celles de Rimbaud.</p><p>Comme un vaste ressac des élans de la Libération dont le 10 mai (1958) fut sans doute dans le désarroi de la République, avec le retour du Général de Gaulle, un dernier et combien ambivalent soubresaut, les années 50 – 60 auront été celles de la décolonisation, dans la douleur des guerres d’Indochine et d’Algérie. Elles portent la marque d’une démoralisation croissante de l’esprit public, que les déferlements libertaires de mai 68 tentaient pathétiquement de régénérer.</p><p>La Cinquième république a couvert comme d’une burqua les déhanchements d’une société française violemment arraisonnée par un capitalisme qui n’en avait jusque là caressé que les bords : à preuve l’exode rural, diffus en France depuis le Second Empire, brutalement torrentiel après 1950. Le capitalisme de la dette subjugue le capitalisme de la rente dont il est issu sans le remplacer. Notre visage national lui doit ses grimaces d’aujourd’hui.</p><p>En bref, l’efflorescence du social-libéralisme envahit l’air du temps ; un ninisme politique, qui prenait naguère le masque de la « Troisième Force » berce le peuple dans une balançoire dont les partis politiques tirent les quatre bouts ; de la Gauche à la Droite, même mélopée ; des paroles différentes font refrain. Elles changent un peu de rythme mais jamais de ton ; de Delors en Sarkozy, de Juppé en Hollande le débat public s’englue dans une à peu près même rhétorique social-démocrate, au point de s’en faire entendre comme une langue commune.</p><p>Gauche, Droite, droite, gauche ; que ne cessiez-vous, vieilles et jacassantes ennemies complices, de vous serrer chaleureusement la « main réciproque » (selon l’expression rescapée d’une copie de baccalauréat recueillie par un ami) ; que ne cessez-vous  de tenter perpétuellement de vous définir l’une par l’autre, plutôt que d’assumer la vérité de votre regard sur le monde, le choix des points de vue pris pour le dévisager ; mais tout de même, quoiqu’il en soit, faire votre monde des miettes de l’univers que vous pourrez recueillir. Ce que vous manquerez à tous les coups ma Gauche, tant que vous vous résignerez à n’être que l’espace rétréci de l’âme renoncée du siècle, errant infiniment au désert élargi de sa passivité. Celle la même où la troupe remuante de toutes nos droites nourrit d’angoisse le troupeau de vos béatitudes.</p><p>La démystification des communismes déclarés, dont la Chute du Mur marque la débâcle, la fin de la guerre froide puis le saut américain de Bush à Obama, l’exténuation accélérée des utopies tiers-mondistes et du mythe de l’accomplissement démocratique de l’histoire, laissent désormais, et semble-t-il pour un long moment, l’Europe sans utopie, au fur et à mesure que s’en dégonfle lentement la baudruche – sauf sans doute pour quelques instants encore, aux yeux des peuples est-européens fraîchement émancipés de l’emprise soviétique, le Saint–Graal du capitalisme lui-même dont ils sont toujours en quête. Leur reste encore pour ce faire l’Europe elle-même,  inaccessible parce qu’indéfinissable idéologie de rechange offerte à des sociaux-libéraux non déclarés. L’européisme, cette idolâtrie douce, verse à ces exilés du capitalisme la plus romantique des sublimations possibles, celle de l’économisme indéfectiblement social-libéral des bourgeoisies contemporaines.</p><p>Telle était la toile de fond sur laquelle le CERES a voulu inscrire son destin. Mieux vaut maintenant laisser parler les textes qui en ont scandé les intentions et les efforts plutôt que les empaqueter d’une glose rétrospective. Ne s’agit-il pas aujourd’hui, plus que toujours, de rénover et de réunir une gauche capable, du fond de son marasme actuel, de rendre aux orphelins du socialisme le sens de mots trop souvent perdu ?</p><p>Rappelons encore que cette gauche ne doit pas chercher à se définir par rapport à ses adversaires, ou ses partenaires sur un échiquier politique, mais par la détermination de sa raison d’être : dans les conflits de classe qui traversent l’épaisseur sociale dont l’expérience, selon le mot de Fernand Pelloutier, « donne aux dominés la science de leur malheur ». Cette gauche s’éprouve dans une prise de conscience de la République dont l’effort même constitue celle-ci ;  transcendant les clivages qui opposent justement la Gauche et la Droite, elle nomme un peuple à l’existence à partir de sa population et selon l’essence métaphysique de celle-ci.</p><p>Ainsi la République le fait de la nation, dont l’indépendance, brique de base d’un internationalisme républicain, pétri au four d’une souveraineté populaire authentique, sauvegarde de la démocratie contre les emprises du capital et l’atteinte des empires.</p><p>Egalement éloignés des romantismes et des cynismes contemporains le CERES s’est voulu le radiesthésiste des sources profondes du socialisme républicain, s’efforçant en cela de faire grandir une troupe fidèle, soucieuse d’offrir aux enfants du siècle la générosité et la sobriété en partage. Tel est le sens de la République moderne dont il cherche à ranimer l’esprit à partir d’une commune ferveur ; héritage contrasté, mais poursuivi de Babeuf en Marx, de Robespierre à Jaurès, de Saint Just à Clémenceau, De Gaulle et Mendès France.</p><p>Crédits photos : ©Communautés européennes 1985</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/536/deux-regards-africains-poses-sur-les-collections-du-musee-sur-lesclavage-de-nantes</guid>
	<pubDate>Sat, 08 May 2021 07:17:37 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/536/deux-regards-africains-poses-sur-les-collections-du-musee-sur-lesclavage-de-nantes</link>
	<title><![CDATA[Deux regards africains posés sur les collections du musée sur l&#039;esclavage de Nantes]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Un artiste béninois et un historien ivoirien questionnent la responsabilité des Africains dans le processus colonial, n'hésitant pas à bousculer les discours convenus.</p><p class="fig-paragraph">À partir du 19 mai, une exposition au château des ducs de Bretagne proposera deux regards africains, d'un artiste béninois et d'un historien ivoirien, sur les collections du musée d'Histoire de Nantes sur l'esclavage. «L'objectif est de porter un regard neuf sur nos collections en décolonisant notre pensée», a expliqué, lors d'une visite de presse, Krystel Gualdé, directrice scientifique du musée et commissaire de l'exposition «Expression(s) décoloniale(s) #2».</p><p class="fig-body-link">À lire aussi :<a class="fig-body-link__link fig-premium-mark" href="https://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2017/04/27/03015-20170427ARTFIG00304-jean-pigozzi-les-artistes-africains-sont-venus-a-moi.php" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">Jean Pigozzi : «Je suis parti avec l'objectif de faire la plus grande collection d'art africain contemporain»</a></p><p class="fig-paragraph">La première édition de l'exposition s'était tenue en 2018 avec l'artiste congolais Moridja Kitenge. Organiser cet événement dans cette ville, qui fut le premier port négrier français avant l'abolition - définitive - de l'esclavage en 1848, est un symbole fort. Jusqu'au 14 novembre prochain, la cour du château et les salles du musée accueilleront vingt pièces de l'artiste béninois contemporain Romuald Hazoumé, dont les oeuvres réalisées à partir de matériaux de récupération sont exposées dans le monde entier. «J'ai le devoir, comme artiste, de dire aux miens qu'il faut prendre notre part de responsabilité dans l'histoire de l'esclavage pour faire notre résilience et régler les problèmes d'aujourd'hui, a déclaré le plasticien à l'Agence France-Presse. Il faut arrêter de dire que les Occidentaux sont les seuls responsables, car pour qu'il y ait des acheteurs d'esclaves, il fallait des vendeurs.»</p>
<p>Des voix «peu entendues et acceptées»</p>
<p class="fig-paragraph">L'historien ivoirien Gildas Bi Kakou a, pour sa part, été convié à commenter plusieurs pièces du musée à l'aune de ses recherches sur la traite négrière en Côte d'Ivoire, qui préexistait à l'arrivée des Européens. «Cette recherche n'est pas encouragée en Afrique car elle gêne pour des raisons politiques et d'harmonie sociale», a indiqué le chercheur, auteur d'une série de cartels intitulés Un autre regard historique.</p><p class="fig-body-link">À lire aussi :<a class="fig-body-link__link fig-premium-mark" href="https://www.lefigaro.fr/musique/gael-faye-l-afrique-n-est-plus-une-colonie-il-y-a-une-decolonisation-des-esprits-a-operer-20190819" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">Gaël Faye: «L’Afrique n’est plus une colonie. Il y a une décolonisation des esprits à opérer»</a></p><p class="fig-paragraph">L'historien souligne que les esclaves venaient des côtes mais aussi de l'intérieur du pays, via les cours d'eau, avec l'appui de populations locales qui prélevaient un droit de passage, enchérissant le «coût» de l'esclave au fil de son trajet. «Les voix de cet artiste et de cet historien sont encore peu entendues et acceptées sur le continent africain», s'est navrée Krystel Gualdé.</p><p class="fig-paragraph">Plusieurs oeuvres monumentales sont réalisées à partir de bidons utilisés dans le trafic d'essence frelaté entre le Nigéria et le Bénin. Transportés par des hommes au péril de leur vie, ils alimentaient jusqu'à peu la majorité du pays en essence. Une autre pièce maîtresse, placée à l'entrée du musée, prend la forme d'un dé, formé par des tongs laissées par des migrants avant leur traversée mortifère en Méditerranée, et interroge sur le prix à payer pour obtenir une vie meilleure.</p><p class="fig-paragraph">À VOIR AUSSI - Figaro Hors-Série: le rétablissement de l'esclavage est-il la preuve du racisme «systémique» de Napoléon ?</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/532/a-t-on-deja-vu-une-voix-off-contaminer-des-telespectateurs</guid>
	<pubDate>Sun, 02 May 2021 08:31:34 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/532/a-t-on-deja-vu-une-voix-off-contaminer-des-telespectateurs</link>
	<title><![CDATA[a-t-on déjà vu une voix off contaminer des téléspectateurs ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">Que demande-t-on à la voix off d’un film documentaire ? D’être posée et agréable. Qu’elle se fasse neutre, et distanciée.</p><p class="article-text article-body__item">Dans un monde idéal, ce sont les critères que le directeur régional de France 3 Centre-Val-de-Loire, et seulement ceux-ci, aurait dû prendre en compte pour valider le film que la ville d’Orléans a produit à l’occasion des festivités annuelles célébrant Jeanne d’Arc, et que la chaîne publique s’était engagée à diffuser afin de pallier l’impossibilité pour les spectateurs locaux de s’y rendre, dans le contexte sanitaire que nous connaissons.</p><p>« Jeanne d’Arc entendait des voix. Monsieur le directeur régional ne veut pas entendre celle de Charlotte d’Ornellas. »</p><p class="article-text article-body__item">Mais le directeur régional de France 3 a décidé de prendre en compte d’autres critères. À qui appartient donc cette voix ? Ne travaille-t-elle pas dans un média qui ne me plaît pas ? Jeanne d’Arc entendait des voix. Monsieur le directeur régional ne veut pas entendre celle de Charlotte d’Ornellas, sous prétexte qu’elle travaille dans un journal dont la ligne éditoriale ne lui convient pas.</p><p class="article-text article-body__item">Peu importe qu’elle soit elle-même orléanaise, et qu’elle ait d’ailleurs incarné Jeanne d’Arc il y a quelques années dans lesdites fêtes johanniques. Peu importe que sa pratique régulière des médias audiovisuels la prédispose professionnellement à cet exercice. L’important, ce n’est pas le message, mais le messager.</p>
<p>Sectaire sans le savoir</p>
<p class="article-text article-body__item">« Quand j'ai appris, lundi, que la voix off de ce programme serait faite par une journaliste de Valeurs actuelles les bras m'en sont tombés. Pour un programme diffusé sur une chaîne publique, c'est quand même très compliqué », explique-t-il à La République du Centre. En quoi, Monsieur le directeur régional ? A-t-on déjà vu le timbre d’une voix off contaminer des téléspectateurs ? Vous seriez-vous posé la question si la ville d’Orléans avait proposé la mission à un journaliste de l’Humanité ou de Mediapart ? Le pire, c’est qu’il n’y voit pas malice. Il n’y a aucun cynisme de sa part. À la manière de Monsieur Jourdain, le directeur régional de France 3 est sectaire sans le savoir.</p><p class="article-text article-body__item">La plupart des téléspectateurs, d’ailleurs, comme pour tout film documentaire, ne se seraient pas préoccupés de l’identité de la propriétaire de la voix. Je prends à témoin les lecteurs de ces lignes. Combien de fois vous vous êtes souciés de cela en regardant un film documentaire ? Parfois, on reconnaît un acteur célèbre. Il m’est arrivé de reconnaître Francis Huster à l’occasion. Mais la plupart du temps, surtout quand c’est réussi, on ne cherche pas à savoir. C’est un peu comme un arbitre de football : si on ne s’aperçoit pas de sa présence, c’est qu’il a réalisé le match parfait.</p>
<p>Timbre de voix politique</p>
<p class="article-text article-body__item">Nous nous doutions qu’une voix off pouvait être genrée. Nous pouvions lui trouver un accent local ou pas. Nous pouvions parfois déceler la fréquentation régulière de nicotine. Mais jamais, ô grand jamais, nous n’aurions eu l’idée farfelue d’accoler à ce timbre une orientation politique ou idéologique. Grâce au directeur régional d’une antenne du service public de télévision, nous savons désormais que nous manquions singulièrement d’imagination.</p><p class="article-text article-body__item">Alors oui, Monsieur le directeur régional, France 3 est effectivement une chaîne publique, financée par les contribuables. Tous les contribuables. Et que son dirigeant se permette de refuser un film sur des critères non professionnels, qu’il se permette ainsi de faire le tri selon des critères politiques, « c’est quand même très compliqué ». Et les bras nous en tombent.</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/agora/2020-annee-de-la-censure-enquete-sur-les-nouveaux-maitres-censeurs">2020, année de la censure : enquête sur les nouveaux maîtres censeurs</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/531/rapprochement-de-lr-et-lrem-en-provence</guid>
	<pubDate>Sun, 02 May 2021 08:26:59 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/531/rapprochement-de-lr-et-lrem-en-provence</link>
	<title><![CDATA[Rapprochement de LR et LREM en Provence]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Le rapprochement de LR et LREM en Provence, dès le premier tour, n'est une surprise que pour ceux qui ne voulaient pas voir que tout était écrit dès lors que Christian Jacob était élu président de LR.</p>

<p>Cet accord, qui n'est pas le premier pour qui s'est intéressé aux municipales, en prépare bien d'autres. Une énorme vague entre les deux tours des régionales et départementales, voire un tsunami lors des fameux "troisièmes tours".</p>

<p>Beaucoup d'élus LR ne voient dans ce rapprochement LR-LREM qu'une resucée de la bonne vieille alliance RPR-UDF. La logique, c'est le soutien à la prochaine présidentielle d'Emmanuel Macron, dont bien souvent le nom fait briller leurs yeux quand on le prononce devant eux.</p>

<p><a rel="nofollow" href="https://www.facebook.com/David%20Desgouilles">David DESGOUILLES</a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/528/du-respect-des-puissants-%E2%80%93-chronique-147-%E2%80%93-le-blog-de-bertrand-renouvin</guid>
	<pubDate>Sat, 01 May 2021 06:44:48 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/528/du-respect-des-puissants-%E2%80%93-chronique-147-%E2%80%93-le-blog-de-bertrand-renouvin</link>
	<title><![CDATA[Du respect des puissants – Chronique 147 – Le blog de Bertrand Renouvin]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Lors de visites officielles, quand les bains de foule ne sont pas soigneusement préparés, il arrive que les dirigeants du pays soient interpellés par des citoyens en colère. Un chroniqueur d’Arrêt sur images (1) a rassemblé et commenté quelques-unes de ces confrontations. Je choisis les plus récentes, qui mettent en scène Emmanuel Macron et Bruno Le Maire.</p><p>Le 5 septembre 2017, dans une usine, au milieu d’un groupe, un homme refuse la main tendue par le président des riches :</p><p>–          Je ne vous salue pas !</p><p>–          Vous savez, saluer, c’est de la politesse. Je suis gentil avec les gens, rétorque Emmanuel Macron.</p><p>Le 5 avril 2018, au CHU de Rouen, deux aides-soignantes interpellent Emmanuel Macron et lui expliquent leurs difficultés :</p><p>–          Je vous écoute, j’ai la courtoisie alors que vous ne m’avez même pas serré la main, répond le président avant de poursuivre son chemin.</p><p>Le 23 février 2018, à l’usine Peugeot de Mulhouse, un délégué de la CGT s’adresse au ministre des Finances en évoquant la situation des intérimaires qui gagnent moins de 1 000 euros par mois : ils sont 1 400 dans l’usine, ce qui est contraire au droit car il faut à partir d’un certain moment les embaucher.</p><p>–           Vous êtes le ministre des Finances, vous êtes ministre, est-ce que vous êtes venu ici pour faire respecter la loi ? demande le délégué CGT.</p><p>–          Vous pourriez d’abord, monsieur, dire bonjour, rétorque Bruno Le Maire qui demande au délégué de lui serrer la main.</p><p>–          Non ! je ne vous serrerai pas la main. Vous allez écouter parce que vous êtes ministre.</p><p>–          Je n’écoute pas ceux qui ne me serrent pas la main, qui ne me disent pas bonjour. Vous êtes ici dans une entreprise qui marche, qui fonctionne …</p><p>La technique de communication est simple : l’interpellateur est disqualifié par son impolitesse, alors que l’interpellé se signale à son entourage et aux caméras par sa courtoisie. L’atteinte aux bonnes manières justifie le refus d’un débat… qui pourrait mettre l’interpellé dans l’embarras.</p><p>Les deux oligarques vont certainement faire école et les citoyens en colère seront systématiquement renvoyés à leur prétendue grossièreté. Pourtant Emmanuel Macron, titulaire d’un Diplôme d’études approfondies de philosophie, et Bruno Le Maire, agrégé de lettres modernes, devraient savoir que leur habileté face aux « gens » est cousue de gros fil blanc.</p><p>Quand un dirigeant politique contesté en appelle à la politesse, il se place sur un terrain mouvant. La politesse n’est pas une vertu mais une qualité ambiguë. Il existe mille manières blessantes d’être poli ou de cacher sous ses bonnes manières des intentions malveillantes. Les règles de la politesse doivent cependant être respectées car elles inclinent au respect des autres, de tout autre personne.</p><p>Dans la vie quotidienne, on se salue sans effort et de différentes manières selon la nature des relations qu’on entretient avec autrui. Il est d’ailleurs impoli de faire remarquer à l’autre son impolitesse, surtout devant témoins, car ce type de remarque crée un malaise alors que la politesse a pour fonction de mettre chacun à l’aise. Si l’on se place du point de vue des relations interpersonnelles, Emmanuel Macron se comporte en personnage mal élevé : dans les dialogues précités, il se sert de la politesse pour humilier – attitude courante dans les hautes classes. De plus, il s’adresse aux personnes qui le contestent dans le cadre d’un rapport de forces : il est entouré des policiers chargés de sa protection – ou d’hommes de main.</p><p>Emmanuel Macron se présente, très normalement, comme une autorité qui dispose de la force et il se sert de cette force pour imposer, non la politesse, mais le respect. Mettre en valeur son autorité, sous prétexte de politesse, c’est une manière de dire que tout citoyen, même mécontent, doit respecter l’autorité politique – président de la République ou ministre.</p><p>Respecter l’autorité, c’est l’évidence même ! Mais à condition que l’on s’entende sur ce qui signifie l’autorité et sur ce qu’implique le respect. Au cours de leurs belles et longues études, Emmanuel Macron et Bruno Le Maire ont étudié Blaise Pascal et ses Trois discours sur la condition des grands ne leur ont certainement pas échappé. Tous deux se souviennent que Pascal s’adresse au jeune Charles-Honoré d’Albert. Nous sommes en 1660, au début du règne de Louis XIV, et le jeune Charles-Honoré n’est pas n’importe qui : fils de Louis-Charles d’Albert de Luynes, il deviendra duc de Chevreuse. Pascal prépare Charles-Honoré à devenir « grand », selon son grand lignage, à une époque où l’on ne plaisante pas avec l’autorité. Or l’enseignement pascalien a pu déconcerter son élève et paraît aujourd’hui encore fort étrange à ceux qui ont en tête les clichés sur le Grand Siècle « absolutiste » et sur une société d’Ancien régime hiérarchisée en ordres – noblesse, clergé, tiers-état.</p><p>Pascal enseigne en effet que l’homme qui a un rang élevé dans la société peut agir avec les hommes selon son rang dans l’espace public, mais il doit se souvenir qu’il est, par état naturel, dans une « égalité parfaite » avec les autres hommes. Il faut en effet distinguer dans le monde deux sortes de grandeurs. Les grandeurs naturelles sont des « qualités réelles et effectives de l’âme ou du corps » comme la santé, la force, la vertu, l’intelligence. Les grandeurs d’établissement sont créées par la volonté humaine, par la « fantaisie des hommes » pour honorer certains « états » ou statuts sociaux : la noblesse est le fruit de ce type de convention, dont Pascal ne discute pas plus la nécessité que la règle qui fait qu’un fils succède à son père dans la royauté.</p><p>Faudrait-il donc respecter toutes les formes d’autorité, sans se poser de questions ? Dans les régimes tyranniques, où l’on confond les grandeurs naturelles et les grandeurs d’établissement – Staline, proclamé coryphée des sciences -, le respect de tout ce qui est déclaré respectable est imposé par la violence. Dans la France monarchique et royale, il doit en aller autrement. Il y a certes des grands qui pèchent par insolence, en se croyant supérieurs en tous points aux hommes qui ne sont pas de leur rang. Ces nobles se trompent et nous trompent, dit Pascal : « nous devons quelque chose à l’une et à l’autre de ces grandeurs ; mais comme elles sont d’une nature différente, nous leur devons aussi différents respects ».</p><p>Aux grandeurs d’établissement, nous devons des respects d’établissement, « c’est-à-dire certaines cérémonies extérieures […] » qui varient selon l’importance du personnage : « il faut parler aux rois à genoux ; il faut se tenir debout dans la chambre des princes ». Le respect tient aux signes extérieurs de respect, selon les indications du protocole et des simples usages. Quant aux grandeurs naturelles, elles méritent notre estime. D’où la célèbre maxime pascalienne : « Il n’est pas nécessaire, parce que vous êtes duc, que je vous estime ; mais il est nécessaire que je vous salue ». Pascal ajoute qu’un duc peut être estimé s’il fait preuve de ses qualités naturelles, mais précise qu’un duc malhonnête mériterait encore le salut extérieur assorti d’un profond mépris intérieur.</p><p>Les « Trois discours » mériteraient une présentation moins succincte mais il faut en revenir à l’attitude des ouvriers et des employées face à Emmanuel Macron et Bruno Le Maire. Si par le plus grand des hasards les lignes qui précèdent leur tombent sous les yeux, ils se diront que Pascal leur donne raison : le président de la République et le ministre de l’Economie et des Finances ont un statut qui relève des grandeurs d’établissement : il est par conséquent nécessaire qu’on les salue !</p><p>Pourtant, cette nécessité peut être mise en question.</p><p>Plus haut, j’ai coupé une citation de Pascal : nous devons des respects d’établissement, écrit-il, « c’est-à-dire certaines cérémonies extérieures qui doivent être néanmoins accompagnées, selon la raison, d’une reconnaissance intérieure de la justice de cet ordre … ».</p><p>La « justice de cet ordre » ? Ces mots évoquent la théorie pascalienne des ordres – l’ordre de la chair, l’ordre de l’esprit, l’ordre de la charité. Ces ordres hiérarchisés sont en relation grâce à un principe de justice qui règle également les actes qui se déroulent à l’intérieur de chaque ordre (2). L’action politique s’inscrit dans l’ordre de la chair. Emmanuel Macron et Bruno Le Maire sont des « grands de chair ». Mais la force sans la justice est tyrannique et c’est bien la question de la justice que posent les ouvriers et les employées aux autorités politiques.</p><p>Face aux « gens », Emmanuel Macron fait son malin mais il a créé, depuis son élection, une confusion telle que l’ordre constitutionnel s’en trouve à nouveau récusé. Au siècle de Louis XIV et de Pascal, les statuts sociaux et politiques étaient clairement assignés : on était roi de France, ou on était duc. Depuis le début de notre siècle, on voit des hommes politiques se faire élire à la présidence de la République puis agir comme s’ils étaient chef du gouvernement. Au CHU de Rouen, les aides-soignantes parlent de leurs problèmes comme si elles avaient en face d’elles un ministre de la Santé publique et Emmanuel Macron leur répond effectivement par des considérations pratiques avant de rompre le débat au prétexte d’un manquement aux règles élémentaires de la politesse.</p><p>Mais cette politesse, qui la demande ? Et pour qui ? Emmanuel Macron pourrait rappeler que le respect est dû au président de la République. Il ne le fait pas : « je suis gentil avec les gens » s’exclame-t-il. Il invoque donc une grandeur naturelle – une vertu – et demande qu’on la reconnaisse par quelque signe qui établirait une connivence – au moins dans la gentillesse commune aux hommes de bonne volonté. Pascal jugerait que cette posture est tyrannique : la tyrannie, selon lui, c’est de sortir de son ordre pour imposer sa puissance là où elle ne doit pas s’appliquer. On n’impose pas les préceptes de la religion aux hommes de sciences ; on ne se sert pas de la reconnaissance due à une grandeur d’établissement pour faire reconnaître une grandeur naturelle. Faut-il vraiment s’incliner devant la gentillesse d’un personnage accompagné du préfet en uniforme et de gardes du corps ?</p><p>Les employées et ouvriers tancés par Emmanuel Macron ont raison de ne pas céder à ce qui n’est qu’une tentative d’intimidation. A Rouen, les employées du CHU réclament à l’Etat les moyens de soigner les malades. Elles demandent que les malades soient respectés, que leur métier soit respecté, et elles reçoivent une leçon de bonnes manières.</p><p>Devant l’usine Peugeot de Mulhouse, c’est la même requête que le délégué de la CGT adresse à l’autorité politique représentée par Bruno Le Maire. Le syndicaliste ne s’adresse pas à un simple visiteur mais au ministre des Finances qui doit effectivement vérifier, comme ministre, que la loi est respectée. Comme Emmanuel Macron, Bruno Le Maire invoque les règles de la politesse pour justifier son refus du dialogue. Mais c’est le syndicaliste qui a raison : il n’a pas à prodiguer des marques extérieures de respect à un ministre qui ne respecte pas le principe de justice dans l’ordre qui est le sien. Pour reprendre les termes de mon maître Claude Bruaire (3), le délégué CGT demande, selon la raison politique, que toute la force de l’Etat soit appliquée à la justice.</p><p>Le principe de justice est supérieur à toute la machinerie entrepreneuriale et s’impose lors de l’élaboration du budget de l’Etat. Ce sont « les gens » qui donnent des leçons de philosophie politique aux « grands » de notre époque, si fiers de leurs titres universitaires, et tellement assurés de leur puissance. Leur politesse affectée n’est que le masque de leur violence.</p><p>***</p><p>(1)    Arrêt sur images, Chronique de André Gunthert :  <a href="https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-regard-oblique/serrez-moi-la-main-ou-larme-de-la-politesse">https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-regard-oblique/serrez-moi-la-main-ou-larme-de-la-politesse</a>. En accès libre.</p><p>(2)    Cf. Christian Lazzeri, Force et justice dans la politique de Pascal, PUF, 1993.</p><p>(3)    Claude Bruaire, La raison politique, Fayard, 1974.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/522/une-reaction-d%E2%80%99officiers-patriotes-et-republicains-reponse-a-l%E2%80%99appel-de-mille-militaires</guid>
	<pubDate>Fri, 30 Apr 2021 21:07:17 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/522/une-reaction-d%E2%80%99officiers-patriotes-et-republicains-reponse-a-l%E2%80%99appel-de-mille-militaires</link>
	<title><![CDATA[Une réaction d’officiers patriotes et républicains : Réponse à l’appel de mille militaires !]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Voici la réaction d’un certain nombre d’officiers républicains et patriotes à l’appel de 1000 militaires qu’a soutenu Mme Le Pen et qui défraie la chronique depuis quelques jours.</p><p>Bien entendu, ces officiers de haut grade ne s’expriment pas comme le feraient les communistes internationalistes que nous sommes, mais ils ont le double mérite :</p><p>a) de distinguer entre les symptômes et les causes profondes du malaise français,</p><p>b) d’appeler à une rupture de la France avec la domination du capital financier, avec la “construction” européenne qui détruit notre pays, avec la politique linguistique du “tout-anglais” et avec l’OTAN, qui nous asservit à l’impérialisme atlantique.</p><p>Georges Gastaud</p><p><a href="https://arretsurinfo.ch/wp-content/uploads/2021/04/france-armee.jpg"></a></p><p>« Les Français ont besoin d’un projet ». En aucun cas d’une guerre civile.</p>
<p>RÉPONSE À L’APPEL DE MILLE MILITAIRES</p>
<p>Jugeant qu’ il y a péril en la maison France, vingt officiers généraux de la deuxième section et plus de mille militaires en retraite ou du cadre de réserve ont lancé un appel aux instances gouvernementales.<br />Voici, sans esprit de polémique, l’opinion émise à titre personnel par un groupe de citoyens qui ont en commun d avoir servi à une période active de leur vie comme officiers dans l’ une des trois Armées . C’est à ce titre qu’ ils partagent une inquiétude concernant le présent et l avenir de la France qu’ à terme plus ou moins rapproché ils lègueront à leur descendance</p><p>Ce faisant aucun ne revendique pour autant la représentation de l’ opinion des militaires d’active ni ne suggère un quelconque engagement de la part de ces derniers, eux qui sont dédiés à servir activement et souvent au péril de leur vie leur nation considérée comme un tout.</p><p>“L’heure est grave, la France est en péril, plusieurs dangers mortels la menacent.” (…)<br />“Aussi, ceux qui dirigent notre pays doivent impérativement trouver le courage nécessaire à l’éradication de ces dangers. Pour cela, il suffit souvent d’appliquer sans faiblesse des lois qui existent déjà. N’oubliez pas que, comme nous, une grande majorité de nos concitoyens est excédée par vos louvoiements et vos silences coupables.”</p><p>Ces militaires font un constat que l’on ne peut que partager dans sa généralité mais apparaît plus discutable quand on en vient au choix plus précis des dits dangers.<br />Quant à la solution pour éradiquer le grand péril, il apparaît n’être qu’un vœu pieux.<br />En effet quand on veut soigner un mal, il convient de distinguer les symptômes et la racine du mal proprement dite et donc de distinguer le <a class="st_tag internal_tag" title="Posts tagged with traitement" href="https://www.initiative-communiste.fr/theme/traitement/" rel="tag">traitement</a> de confort comme disent les médecins du traitement curatif. Ils sont complémentaires. Le premier sans le second est inopérant et, le plus souvent, le second n’est pas humainement supportable sans l’apport du premier.</p><p>C’est dans cette approche que réside notre désaccord car si nous partageons la définition de ces dangers ils nous apparaissent comme les simples symptômes d’un mal plus profond à la racine duquel il convient de s’attaquer si l’on veut que la France survive. N’est-il pas illusoire de demander à ceux qui instillent le poison de façon probablement consciente et sans doute en toute sincérité de bien vouloir changer de seringue pour nous instiller le contre-poison ?<br />Dans sa grande majorité, la classe politique de notre pays servie par un système parlementaire plus que séculaire a été depuis des décennies dévoyée par la haute finance qui détient les cordons de la bourse et la maîtrise des grands médias et qui décide donc de qui sera ou non élu, servie en cela par toutes sortes de relais que sont parmi d’autres Bilderberg, Davos, le CRIF et les fratries.</p><p>Cette classe politique que Jean-Pierre Chevènement, alors lucide, avait qualifiée de pareille-au-même, servie par une administration solide et déférente, n’est là que pour faire exécuter les diktats de ceux qui détiennent le pouvoir c’est-à-dire la haute finance, diktats relayés par l’organisation de la Communauté européenne composée de plus de 25000 fonctionnaires qui n’ont été élus par personne mais sont investis de l’autorité que leur confèrent les traités.</p><p>Alors qu’il s’agisse d’immigration, de délitement de la nation et de la multiplication des zones de non-droit, de violence et de montée de la haine entre communautés, la classe politique aux manettes ne fait que suivre la feuille de route qui lui est dictée devant aboutir à la destruction de la nation très ancienne que nous sommes, obstacle symbolique au mondialisme montant qu’il convient de faire disparaître.</p><p>Ce qui met mortellement en péril la France, c’est tout simplement le libéralisme effréné qui est inscrit dans le marbre des traités dits européens se traduisant par la désindustrialisation du pays tout autant que par l’abaissement de notre langue, l’emploi du globish par les médias, la publicité envahissante et …le chef de l’État lui-même, c’est aussi la destruction de l’outil de l’énergie nucléaire et la politique d’auto-flagellation au plus haut niveau et en toute occasion, c’est encore le délitement de l’éducation nationale et de la politique de santé publique, c’est enfin la mise en résidence surveillée de 66 millions de Français avec port obligatoire de la muselière.</p><p>C’est tout cela que souligne notre servile alignement sur la doctrine politique et militaire anglo-saxonne que concrétisent notre appartenance à l’OTAN et notre souveraineté perdue.</p><p>Chers camarades militaires voilà ce que nous pensons être de notre devoir de vous répondre.<br />Votre appel parle à juste titre de Gilets jaunes. Et si c’était la voie qui permettrait enfin d’attaquer le mal à la racine tout en appliquant les mesures que vous préconisez pour le traitement de confort dont notre nation ressent un très urgent besoin ? Rappelons cette brève citation du alors Président Charles De Gaulle : « Les Français ont besoin d’un projet ». En aucun cas d’une guerre civile.</p><p>Sous signature de</p><p>Claude Gaucherand, contre-amiral (2S), Alain Corvez, colonel -Terre (er), Bernie Le Van Xieu, colonel-Terre (er) Jean-Marie Lauras, colonel (Air) (er), Jean Marie Six IGA (2S), Jacques Hogard, colonel-Terre (er),<br />Michel Debray, vice-amiral (2S), Olivier Frot,commissaire colonel-Terre (er) Michel Lucas colonel-Terre (er), Hubert de Gevigney, contre-amiral (2s) Philippe Bourcier de Carbon, capitaine de frégate (er), Vivian Gauvin lieutenant-colonel (Air) (er), Jean Baptiste de Fontenilles, colonel Terre (er), Regis Chamagne colonel (Air) (er)</p><p>Source: <a href="https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/une-reaction-publique-collective-dofficiers-patriotes-et-republicains-reponse-a-lappel-de-mille-militaires/?fbclid=IwAR0w9z-D8uK-Mw7QEoBV4DZNE6zvlZr2HjkVJu1vXjwGGjwatouqe6b4enA">initiative-communiste.fr</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Thu, 29 Apr 2021 11:09:51 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Thomas Pesquet : « Sans l’école publique, gratuite et obligatoire, je n’aurais sans doute pas fait grand-chose de ma vie »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Article publié le 17 septembre 2018</p><p id="caption-attachment-616963" class="wp-caption-text">Thomas Pesquet selfie Crédits – ESA-NASA</p><p>Ce film est le fruit du travail d’une équipe de documentaristes qui m’ont suivi pendant toute la mission. Mon investissement fut d’abord d’être leur interlocuteur afin de leur indiquer ce qui était intéressant à montrer pendant la phase de préparation. Une fois à bord de la station, j’ai changé de rôle et me suis transformé en cadreur, preneur de sons, réalisateur aussi, car, évidemment, j’étais seul pour manipuler la caméra HD. J’ai donc un rapport assez proche avec le film puisque j’en signe toutes les images dans l’espace. Ce fut une expérience intéressante, mais qui m’a occasionné quelques frustrations, car il y a beaucoup d’images que j’aurais aimé faire, mais que je n’avais pas le temps de tourner. J’aurais notamment adoré montrer la préparation des <a href="http://www.esa.int/spaceinvideos/Videos/2017/01/Spacewalker_s_view">sorties extra-véhiculaires</a>, mais ma priorité n’était évidemment pas là ! Sur la fin de la mission toutefois, l’un de mes coéquipiers m’a aidé à tourner des plans dans lesquels je suis devant la caméra. Si j’ai accepté ce projet de film, c’est parce qu’il a une dimension pédagogique. Expliquer ce que l’on fait dans la station et pourquoi on le fait, c’est essentiel, tout comme il est essentiel de faire passer un message écologique. Le spectacle que nous offre la terre, c’est celui de sa beauté, mais aussi de sa fragilité.</p>
<p>Cette dimension pédagogique, de partage de vos expériences, de vos connaissances, de votre vie à bord… est une première en France. Elle a suscité un engouement inédit qui tient beaucoup à votre personnalité, non ?</p>
<p>Ce n’est pas uniquement grâce à moi, énormément de gens ont été impliqués dans cette volonté de partager la mission avec le plus grand nombre. D’autres l’ont d’ailleurs fait avant moi, notamment aux États-Unis. Mais il est vrai que j’ai été le premier Français à m’impliquer autant. Gamin, j’aurais adoré suivre le quotidien des astronautes et je me dis que pour les enfants d’aujourd’hui fascinés par l’espace, c’est extraordinaire de pouvoir vivre les travaux des astronautes en direct grâce aux technologies modernes et aux réseaux sociaux.</p>
<p>Vous avez particulièrement échangé avec les écoliers avant, pendant et après la mission. Pendant, il y a notamment eu une série d’<a href="https://proxima.cnes.fr/fr/proxima-et-les-jeunes">expériences</a> (croissance de graines, de cristaux, réaction enzymatique) réalisées conjointement par les classes et vous-même afin de comparer vos résultats, des conférences vidéos, un <a href="https://www.esa.int/fre/ESA_in_your_country/France/Concours_d_ecriture_Le_Petit_Prince_et_Proxima">concours d’écriture</a>…, des <a href="http://www.ariss-f.org">liaisons radioamateurs.</a>Pourquoi autant d’interactions avec les scolaires  ?</p>
<p>D’abord, je dois avouer que, concernant ces petites expériences, les lycéens et collégiens ont obtenu de bien meilleurs résultats que moi. J’ai trouvé très sympa qu’ils constatent que je ratais des manipulations qu’eux parvenaient à faire ! (Rires). Pour répondre à votre question, l’<a href="https://www.esa.int">agence spatiale européenne </a>m’a accompagné dans cette démarche-là. Elle m’a aidé à mettre en place ces échanges et a créé ces kits de manipulations destinés aux écoliers. Il y a d’ailleurs au <a href="https://cnes.fr/">CNES</a> (Centre national d’études spatiales) et à l’<a href="https://www.esa.int">ESA</a> des gens qui se servent de l’espace comme outil pédagogique. Bien sûr, lorsqu’on part dans l’espace, c’est pour faire de la recherche et préparer des explorations, pas pour prendre des photos et tweeter ! Cette communication ne se fait donc que sur le temps libre des astronautes qui ont envie de le faire. Même si ce partage n’est pas, et ce ne sera jamais, un objectif des missions spatiales, celles-ci ont évidemment une dimension d’inspirations et d’éducation essentielles selon moi.</p><p>Le spatial peut être un outil pédagogique, qui aide à faire passer des connaissances. Mais on peut aussi le voir à l’envers, autrement dit, comme un moyen de faire comprendre qu’acquérir des connaissances scientifiques à l’école c’est la première étape pour des missions comme Proxima. C’est un cercle vertueux. Si, par l’exploration spatiale, on donne envie à des jeunes de suivre des études scientifiques, on rend possibles les missions du futur, missions dont ils seront les maîtres d’œuvre. Je pense aussi à cette petite fille de 5 ans qui, avec l’aide de ses parents, m’avait écrit de manière très candide son intérêt pour mon aventure. Son père lui, m’avait remercié en me disant : « grâce à vous, elle ne veut pas devenir Thomas Pesquet, mais Peggy Whitson ». Peggy Whitson était ma collègue à bord et la commandante de la station. La petite avait compris que la chef de Thomas Pesquet c’était une fille, et que c’était ça qu’elle voulait devenir ! Génial non ?</p>
<p>Vous avez un don pour la pédagogie. Vous vient-il de vos parents – votre mère était institutrice et votre père professeur de mathématiques ?</p>
<p id="caption-attachment-616966" class="wp-caption-text">Affiche film 16 levers de soleil</p><p>Le goût de l’apprentissage est dans mon caractère. J’aime découvrir des nouveautés, j’aime apprendre, avoir de nouvelles cordes à mon arc. Ce qui, d’ailleurs, n’est pas si simple, passé un certain âge. Cela m’oblige à me remettre en cause, à accepter de ne pas « bien faire », de rater… Lorsqu’on aime apprendre, souvent on aime aussi transmettre. C’est mon cas. J’aime expliquer, vulgariser les choses compliquées, utiliser des images… Et sans doute mon histoire familiale n’y est-elle pas étrangère. Outre mes parents, mon frère – après avoir fait des études d’ingénieur – s’est réorienté pour devenir prof en école d’ingénieur. En fait, je suis le seul qui a mal tourné ! Même si, enfant, je ne m’en rendais pas compte, je sais aujourd’hui qu’avoir des parents enseignants a forgé en moi la conviction de l’importance des études. C’est un moyen extraordinaire de faire de sa vie ce que l’on a envie d’en faire, de réaliser ses rêves. J’ai bien conscience que ce que je dis là ressemble à de « grands mots », que cela pourra passer pour des clichés, mais c’est pourtant la réalité. Ce n’est certes pas le seul moyen d’être heureux dans sa vie, mais c’est le moyen accessible à tous. J’ai grandi avec ça en moi. J’ai toujours eu foi dans la mission de l’école, je ne l’ai jamais remise en cause comme d’autres adolescents ou jeunes adultes peuvent le faire.</p>
<p>Y avait-il quelque chose que vous n’aimiez vraiment pas à l’école ?</p>
<p>Mais il y avait plein de choses que je n’aimais pas à l’école, que croyez-vous ?! (Rires) Le fait d’avoir conscience que l’école a tant fait pour moi ne signifie pas non plus que je me levais joyeusement tous les matins pour m’y rendre ou que j’étais toujours passionné par ce qui se passait sur le tableau noir. Je reconnais toutefois que j’étais un élève facile. Comme j’habitais à la campagne, je me levais chaque jour à 6 h, mercredi et samedi compris pour prendre le car et, ça je n’aimais pas ! Par contre, aucune matière ne me rebutait. Bien qu’ayant fait une carrière scientifique, j’étais fan de langues et de philosophie, j’ai même passé le concours général en anglais et en philo. Je me souviens aussi que j’étais très nul en travaux pratiques de physique-chimie. Je consternais mon prof tant je ratais toutes les expériences d’une façon presque absurde, un peu comme dans ces bandes dessinées où le savant fou fait jaillir du tube à essai un improbable mélange bouillonnant !</p>
<p>De quoi rêvait l’élève Thomas Pesquet ?</p>
<p>Figurez-vous que je rêvais de devenir… astronaute ! Mais j’avais bien conscience que c’était presque impossible, qu’il fallait tomber au bon endroit au bon moment. Je savais qu’il n’était pas raisonnable d’orienter toute ma vie vers un objectif si incertain. L’un de mes anciens profs de maths m’a un jour ressorti les fiches de renseignements que les élèves remplissent au début de l’année. À la question : quel métier voulez-vous faire plus tard ? J’avais écrit « pilote », ce qui était tout à fait sincère. Comme quoi, je ne m’étais pas totalement trompé. J’ignore, par contre, d’où me vient cette passion depuis toujours pour l’espace… Je ne l’ai pas hérité de mes proches, aucun n’ayant de liens avec l’activité aéronautique. Je n’avais d’ailleurs jamais pris l’avion avant d’embarquer, à 20 ans, pour Toulouse afin d’intégrer <a href="https://www.isae-supaero.fr/fr/">Supaero</a>, l’Institut Supérieur de l’Aéronautique et de l’Espace.</p><p id="caption-attachment-616968" class="wp-caption-text">Thomas Pesquet</p>
<p>Vous échangez beaucoup avec les enseignants. Quel regard portez-vous sur leur travail ?</p>
<p>Je sais à quel point la mission d’enseigner est difficile. Les connaissances techniques, scientifiques, les savoirs ne suffisent évidemment pas. Il faut intéresser celles et ceux qui sont en face de soi, convaincre, se renouveler, mais aussi garder sa propre motivation à enseigner année après année. Or, le chômage crée beaucoup d’inquiétudes et d’interrogations chez la jeune génération. Beaucoup d’adolescents se demandent, plus qu’autrefois, à quoi va leur servir le diplôme qu’ils auront parfois eu tant de mal à obtenir. Il y a un vrai questionnement sur l’utilité de l’école qui se traduit par une remise en cause du rôle des enseignants. Pour l’avoir vu avec mes parents, puis aujourd’hui avec mon frère, je sais à quel point leur tâche est compliquée. Même si je pratique la pédagogie à mon petit niveau, je ne suis pas certain d’être capable de faire face, jour après jour, à des élèves de CM2 ou de 4e pas tous passionnés par ce que je leur raconterais.</p><p>Je sais ce que je dois à chacun de mes professeurs. C’est grâce à eux qu’il y a des parcours comme les miens et comme tant d’autres. Le système éducatif français m’a permis de beaucoup recevoir. Sans l’école publique, gratuite et obligatoire, je n’aurais sans doute pas fait grand-chose de ma vie. Je sais qu’on ne leur dit pas souvent merci, moi je le dis : merci à vous !</p>
<p>Pour finir, quelle est votre vie aujourd’hui ?</p>
<p>Aujourd’hui, je suis revenu au centre des astronautes de l’ESA, à Cologne, en Allemagne. Je continue à m’entraîner pour le cas où l’on déciderait de me renvoyer dans l’espace et je travaille sur la suite de la station spatiale internationale. D’ici une dizaine d’années, nous aimerions mettre en orbite autour de la lune une plus petite station internationale qui ne sera pas habitée de façon permanente. Elle servirait de base pour faire des missions vers la lune et pour assembler des structures sur la route vers mars. Il faut définir cette station, ses missions, les projets qui vont en bénéficier, comment on va opérer depuis le sol, avec quels réseaux de communication… les tâches ne manquent pas.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Thu, 29 Apr 2021 11:08:24 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Une campagne abjecte]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Ancien EELV passé à LFI, Sergio Coronado s’est fendu sur Twitter d’un mes­sage de sou­tien à l’igno­ble cam­pa­gne EELV d’Ile-de-France, cam­pa­gne visant les « vieux » (les « boo­mers »), les chas­seurs et Alain Finkielkraut. Voici le texte de Coronado : « “Ok Boomer !” peut être résumé par : “Votre géné­ra­tion a connu le plein emploi, elle a consommé sans limi­tes, n’a pas pris soin de la pla­nète et vous voulez encore nous expli­quer ce que nous devons faire ? Vous avez échoué. Laissez-nous gérer main­te­nant” ». Ce mes­sage est tout sim­ple­ment une salo­pe­rie qui signe la nature pro­fonde de son auteur et des cra­pu­les d’EELV à qui il apporte son sou­tien. Il faut en effet ne pas man­quer d’air pour s’en pren­dre à une « géné­ra­tion qui a consommé sans limite ». Peut-être mon­sieur Coronado appar­tient-il à un milieu où l’on consomme sans limite, mais les gens qui ont plus 60 ans aujourd’hui (les « boo­mers » sont nés entre 1942 et 1960) n’ont pas passé leur jeu­nesse pendus au por­ta­ble, ou rivés sur leur écran d’ordi­na­teur… Boomer moi-même, je peux témoi­gner que la très grande majo­rité de mes cama­ra­des d’école pri­maire n’a jamais mis les pieds ni dans un lycée, ni dans un col­lège : à l’âge de 14 ans, ils sont partis au tra­vail ou, pour les chan­ceux en appren­tis­sage. Comme les gens de cette époque consom­maient sans limi­tes, ils étaient plu­sieurs cen­tai­nes de mil­liers à vivre dans des bidon­vil­les et encore plus nom­breux étaient ceux qui habi­taient des loge­ments insa­lu­bres et étroits (une famille de 5 per­son­nes dans 40 m² était chose cou­rante. Ah ! Ces salauds de pau­vres qui ne son­geaient qu’à consom­mer sans limi­tes ! Quand les cités HLM sont sor­ties de terre, elles appa­rais­sent comme de véri­ta­bles palais : salles de bain, WC, des fenê­tres par­tout et même par­fois un balcon ! Je vous le dis, ces boo­mers ne pen­saient qu’à consom­mer sans limi­tes… En plus, ils tra­vaillaient ! Quelle hor­reur ! Quant aux « boo­mers » tar­difs, ils ont connu de meilleu­res condi­tions sani­tai­res et sco­lai­res, mais aussi le chô­mage de masse [qui com­mence dans les années 70], les « plans sociaux » et la montée en flèche des iné­ga­li­tés.</p><p>Le mes­sage de ce M. Coronado s’ins­crit cepen­dant dans une orches­tra­tion sour­noise, menée depuis de nom­breu­ses années main­te­nant : les res­pon­sa­bles de la crise sont les « vieux » [« boo­mers » en nov­lan­gue] qui n’ont pensé qu’à eux avec leurs miro­bo­lan­tes retrai­tes et ont sac­cagé la pla­nète — ce que ne font évidemment pas les don­neurs de leçon à Coronado, qui ne pren­nent évidemment jamais l’avion, vivent dans des appar­te­ments où il ne fait jamais plus de 12° l’hiver et don­nent aux pau­vres leurs indem­ni­tés par­le­men­tai­res… Et pour­quoi l’atta­que contre les vieux ? Tout sim­ple­ment pour 1) jus­ti­fier la réforme des retrai­tes et 2) faire, comme en Grèce, main basse sur les pen­sions, ce qui est déjà dans les tuyaux de Bercy.</p><p>De deux choses l’une : Coronado est un crétin ou un agent sti­pen­dié. À moins que ce ne soient les deux. En tout cas, il se situe clai­re­ment du côté des pri­vi­lé­giés et il est un bon repré­sen­tant de cette petite-bour­geoi­sie demi-ins­truite, gen­tri­fiée qui peuple l’appa­reil de LFI comme celui des Verts (de gris). Pouah ! Comme disait jadis Mélenchon, qu’ils s’en aillent tous ! Et ne jamais voter EELV.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/512/%C2%ABquand-les-verts-pratiquent-la-discrimination-quils-denoncent%C2%BB</guid>
	<pubDate>Wed, 28 Apr 2021 05:15:42 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[«Quand les Verts pratiquent la discrimination qu&#039;ils dénoncent»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX/TRIBUNE - Ce week-end, EELV a partagé plusieurs affiches mettant en scène Alain Finkielkraut ou encore les «boomers» pour encourager les électeurs à s'inscrire sur les listes pour les élections régionales. Une campagne haineuse, qui vise à cliver la société, estime Anne-Sophie Chazaud.</p><p class="fig-paragraph">Anne-Sophie Chazaud est chercheuse et essayiste, auteur de «Liberté d'inexpression, des formes contemporaines de la censure», éditions de l'Artilleur 2020 et de «Le Nouvelle Révolution culturelle» à paraître en octobre 2021.<br />_________________________________________________________</p><p class="fig-paragraph">Dans le grand concours national d'inepties que semble avoir organisé le parti EELV à l'usage d'un nombre important de ses élus qui se prêtent au jeu avec zèle, au rythme métronomique et soutenu d'une ânerie (minimum) par semaine, la dernière en date représentera peut-être, par son outrance, sa bêtise et la haine qu'elle laisse transparaître, la fameuse « petite faiblesse qui vous perdra », le coup fatal de celui qui a « trop pris la confiance » (comme disent les non-boomers).</p><p class="fig-paragraph">En effet, les affiches de campagne du candidat à la présidence de la région Île-de-France, Julien Bayou, visent cette fois-ci directement une catégorie de population, ainsi que des personnalités publiques : « Les boomers, eux, ont prévu d'aller voter », décliné en thème et variations avec « Les chasseurs, eux, ont prévu d'aller voter », mais également le plus traditionnel, infantile et indémodable « Les fachos ont prévu d'aller voter », ou encore Alain Finkielkraut nommé et représenté en photo, tout comme Éric Zemmour ou encore Gérald Darmanin dont on ne distingue pas trop ce qu'ils viennent faire dans cette brumeuse galère. Bref, on le voit, le niveau intellectuel du propos concurrence avec vigueur l'élégance du procédé.</p><p class="fig-paragraph">Après les sapins de Noël prohibés pour cause d'arbres morts (à ce propos d'ailleurs, des affiches de campagne ne sont-elles pas imprimées sur du papier fabriqué, au départ, avec des arbres morts ? Hérésie !), les bateaux à voile déclarés polluants, les rêves des enfants qu'il conviendrait de contrôler afin d'empêcher ceux-ci de voler (idéal de retour à l'âge des cavernes que Thomas Pesquet n'a manifestement pas suivi, pour notre plus grand bonheur), après les subventions islamisto-complaisantes, après le dégenrage et la débitumisation des cours de récréation (ce qui revient, grosso modo, à transformer ces dernières en sortes de cloaques boueux ou de litières pour chats dans le but principal d'y empêcher les enfants qui le souhaitent, garçons ou filles, de jouer au football, pour quelque raison mystérieuse), après la suppression arbitraire de la viande à la cantine, le bannissement de la Patrouille de France du ciel lyonnais, les élucubrations insanes sur le Tour de France, l'imposition idéologique -et dont on n'a toujours pas vu le début du commencement d'un quelconque rapport avec la préservation de la planète- de l'écriture inclusive -sauf à explorer avec la curiosité minutieuse de l'ethnologue ou du psychiatre les lubies semi-délirantes de l'écoféminisme-, voici donc venu le temps beaucoup plus clair de révéler au grand jour ce qui motive toutes ces inepties : la haine, le rejet, la catégorisation, l'essentialisation et la dénonciation des adversaires politiques transformés en ennemis. Ou comment les élus d'EELV ont illustré tout seuls comme des grands le surnom de « Khmers verts » (verts à l'extérieur, rouges à l'intérieur) qui leur est attribué de plus en plus fréquemment. Joli acte manqué (donc réussi) de cette communication politique qui, se voulant clivante et disruptive, revient en boomerang contre ses promoteurs.</p>
<p>Lors des dernières élections municipales qui ont porté à la tête de certaines métropoles des élus EELV, cela s'est précisément opéré à la faveur d'une massive désertion des bureaux de vote de la part des… boomers.</p>
<p class="fig-paragraph">On ne fera pas l'injure aux vrais marxistes de qualifier la haine exprimée sur ces affiches de « haine de classe », pour une raison simple : le gros des bataillons EELV, comme l'ont montré les dernières élections municipales, est précisément constitué de privilégiés, de gagnants de la métropolisation des territoires, de CSP+ des grandes villes qui, du reste, se sont ralliés derrière Emmanuel Macron en 2017, bien à l'abri, c'est la règle, du côté du manche. Il est toujours plaisant de voir des privilégiés dénoncer les privilèges et intérêts supposés des autres (les personnes âgées –papi mamie apprécieront- ou simplement plus âgées que soi, les chasseurs ou Dieu sait qui encore). Le vote populaire, celui des classes laborieuses ou de la France périphérique est de facto méprisé.</p><p class="fig-paragraph">On commencera tout d'abord par rappeler que, lors des dernières élections municipales qui ont porté à la tête de certaines métropoles des élus EELV, cela s'est précisément opéré à la faveur d'une massive désertion des bureaux de vote de la part des… boomers, lesquels étaient au premier tour principalement soucieux de protéger leur santé en pleine arrivée du tsunami covidien puis qui, au second tour, pour beaucoup ne se sont pas déplacés, considérant que cette élection était faussée par les difficultés du premier tour et l'absence de parallélisme des formes, ce qui d'une part entache d'une certaine façon ce scrutin d'une forme d'illégitimité dans l'esprit de nombreux citoyens en le rendant infinitésimalement représentatif du corps électoral, mais aussi permet de comprendre que c'est précisément parce que le réel a été l'exact inverse de ce qui est énoncé sur les affiches de Julien Bayou que l'écologisme politique a pu gagner quelques places. L'électorat EELV, lui, s'est déplacé. C'est du reste peut-être la conscience que ce « coup » de 2020 ne serait pas réitérable qui a poussé à la faute morale et politique que représentent ces affiches stigmatisantes, discriminatoires et haineuses : zut, la démocratie revient !</p><p class="fig-paragraph">Concernant la question de l'âge induite à la fois par le visuel et par l'emploi du terme « boomer », plusieurs remarques s'imposent. Il convient tout d'abord de rappeler que ce terme désigne les personnes nées entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et la seconde moitié des années 1960, soit les citoyens âgés de 55 à 75 ans. Selon nos jeunes Gardes rouges de foire, l'ensemble de ces personnes seraient donc rassemblables dans un gigantesque sac fourre-tout à grande contenance puisqu'elles représentent environ 22,5 millions de personnes et environ 47 % du corps électoral (comme le rappelle le journaliste Benjamin Sire sur son compte Twitter). Dans le tweet calamiteux sur lequel Julien Bayou lançait cette campagne d'affichage (dont il s'est excusé depuis, ce qui ne change rien à l'intention initiale à laquelle il a bel et bien adhéré puisqu'il l'a lui-même relayée à grand son de trompe), le candidat « écologiste » déclare : « Pour défendre leurs intérêts [sic, nous soulignons], les chasseurs, les boomers et tous les autres iront voter en juin » (oui, cela s'appelle la démocratie…). Or, quels seraient les « intérêts » communs à la vingtaine de millions de personnes âgées de plus de 55 ans, si ce n'est le vague espoir de défendre leurs retraites et leur droit d'essayer d'en jouir un minimum après des années de travail lesquelles se sont déroulées pour beaucoup, à partir des années 1980 sur fond de crise économique et de précarisation tout en élevant malgré tout des enfants dont on voudrait qu'ils viennent à présent leur cracher au visage ? Qu'est-ce qui, par ailleurs, permet aux « écologistes » d'EELV de déterminer que l'ensemble amalgamé de toute cette partie de la population serait, par nature, par essentialisation, hostile à la protection de l'environnement, à la préservation de la planète ? Au plan de l'écologie politique, le mouvement n'a-t-il pas d'abord été promu par le boomer le plus archétypal qu'est Daniel Cohn-Bendit (certes plutôt intéressé par la jeunesse) ? La discrimination par l'âge, sans doute l'une des plus abjectes qui soient au plan anthropologique, qui se veut iconoclaste, est du reste l'un des grands poncifs du conformisme de l'anticonformisme, lequel règne depuis plusieurs décennies, et qui culmina notamment dans son expression à la fois grotesque et tragique lors de la Révolution culturelle chinoise. Les jeunes y étaient incités à dénoncer (voire condamner à mort) leurs propres parents et chantaient « Les parents sont importants mais Mao l'est plus encore ». L'autorité était systématiquement défiée, les scènes d'humiliation publique étaient la règle. Dans le fond, ces affiches EELV ne sont qu'une pâle copie des dazibao de leurs aïeux.</p>
<p>Tout y démontre la haine, la volonté de monter des pans de population les uns contre les autres, d'y casser aussi la solidarité inter-générationnelle en draguant grossièrement quelque électorat jeune abstentionniste, de cliver violemment la société selon un alphabet et une sémantique manichéenne et simpliste, mais dangereuse [...].</p>
<p class="fig-paragraph">L'Histoire se répétant toujours, selon Marx, deux fois, la première sous forme de tragédie, la seconde sous forme de farce, nos « écologistes » rejouent donc la scène dans l'univers à la fois haineux et ridicule, vaguement aseptisé de la société du Spectacle dont ils sont issus, reprenant tous les stéréotypes discriminatoires de leurs aînés boomers dont ils n'ont pas même conscience d'incarner le plus pur produit, le parfait rejeton.</p><p class="fig-paragraph">Car enfin, de deux choses l'une : soit, nous le disions, le terme « boomer » désigne ici les plus âgés, au plan démographique, dans une irrévérence caricaturale de carton-pâte, soit il désigne une sorte de « catégorie politique » plus large, représentant une certaine forme d'idéologie propre à ces années au cours desquelles les boomers devinrent de jeunes adultes et prirent le pouvoir. Or, si l'on accepte cette définition du terme, force est de constater que l'idéologie qui s'est alors imposée est précisément celle que Jean-Pierre Le Goff désigne comme le « gauchisme culturel », délaissant la défense des intérêts des classes les plus défavorisées afin de promouvoir les intérêts catégoriels de minorités et communautés présentées comme dominées dans une dialectique morcelée de bac à sable. Or, le mouvement « écologiste » tel qu'il se manifeste politiquement en France (et auquel ne saurait en aucun cas se réduire la conscience écologique, fort heureusement) est précisément le produit chimiquement pur de cette idéologie typiquement « boomer » (au sens politique).</p><p class="fig-paragraph">Dans tous les sens où l'on analyse ce message, donc, rien ne va, et tout y démontre la haine, la volonté de monter des pans de population les uns contre les autres, d'y casser aussi la solidarité intergénérationnelle en draguant grossièrement quelque électorat jeune abstentionniste, de cliver violemment la société selon un alphabet et une sémantique manichéenne et simpliste, mais dangereuse : « tous les autres » (sic) sont les « méchants », les « pas beaux » (comme disent les enfants), et, quand on est à court d'argument, les autres qui ne sont pas d'accord avec nous sont nécessairement des « fachos » (terme éculé jusqu'à la corde depuis plus de 40 ans et qui désigne tout ce qui se trouve désormais grosso modo à la droite de Benoît Hamon).</p><p class="fig-paragraph">Pour finir, cette manière de désigner des pans de population à la vindicte des « jeunes » (supposés penser tous semblablement, ce qui est une façon bien méprisable de les considérer, soumis qu'ils seraient à quelque déterminisme et non possesseurs de leur libre arbitre), est une figure de style qui s'est par exemple mise en scène dans cette sorte d'hystérie haineuse exprimée par l'icône du jeunisme Greta Thunberg dans son fameux salmigondis à l'ONU « How dare you », accusant, clairement, les adultes d'être tous responsables de lui avoir « volé ses rêves et sa jeunesse » et d'être tous co-responsables de la destruction de la planète tandis que seuls les jeunes allaient expliquer la vie à tout le monde désormais, sans passer par la case « école », « études » ou « écoles d'ingénieurs » -dans lesquelles on apprendrait, par exemple en travaillant et non pas en faisant l'école buissonnière à grand renfort de coups médiatiques, à trouver des procédés écologiques qui ne seraient pas fondés sur la méfiance envers la technique et le progrès.</p><p class="fig-paragraph">Ce poncif du jeune qui vient expliquer la vie à l'adulte et lui redresser moralement ses torts (assez présent dans la sphère publicitaire, car le marché y retrouve fort bien ces petits), au besoin en l'affichant de manière ignominieuse (comme dans la campagne d'affichage EELV) est éculé jusqu'à la corde mais il traduit toujours la même haine infantile que précisément une partie importante des boomers avaient portée au pouvoir et mise en situation de domination culturelle depuis 40 ans. Comme disruption progressiste, on doit pouvoir faire mieux, même sans trop travailler…</p><p class="fig-paragraph">Enfin, l'infantilisme des mises en cause pose la question de la conception de l'écologie par ce mouvement qui se révèle n'être qu'idéologique. En effet, que sait EELV de la conscience écologique de tel ou tel mis en cause ? Sait-on si Alain Finkielkraut jette du plastique sur les chemins de randonnée ? Sait-on si Gérald Darmanin se chauffe au charbon ? Sait-on si Éric Zemmour ne pratique pas le tri sélectif et se réjouit de la destruction du patrimoine naturel mondial ? On peut, par ailleurs, être opposé pour des raisons éthiques, personnelles, à la chasse, sans pour autant avoir la stupidité de méconnaître le rôle de cette pratique dans la gestion des écosystèmes naturels et de leur régulation. Quel rapport, donc, avec l'écologie ? Certaines personnes catégorisées comme « fachos » par EELV pourront, quant à elles, être particulièrement sensibles, en raison même d'ailleurs de leur conservatisme, à la préservation de l'environnement, du patrimoine naturel, des paysages, des terroirs, de la nature et de ses vertus.</p><p class="fig-paragraph">Le message porté par ces affiches est donc inepte à tous les niveaux par lesquels on peut tenter de l'analyser. Gageons que l'électorat, même jeune, qui pourra en effet cette fois-ci se déplacer aux prochaines élections, le fera savoir, démocratiquement, ce qui permettra sans doute de refermer cette parenthèse carnavalesque sans toutefois obérer la prise en compte des enjeux environnementaux dont, en réalité, les élus EELV se préoccupent fort peu, tout occupés qu'ils sont à leur refonte sociétale.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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