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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de France]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Sat, 17 Apr 2021 16:20:30 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Changement de période historique]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Quelques son­da­ges récents ont sou­li­gné une nou­velle fois le déclin irré­mé­dia­ble de la gauche en France. Il semble bien, sauf retour­ne­ment impro­ba­ble à quel­ques mois de la pro­chaine pré­si­den­tielle que l’essen­tiel se jouera entre le « centre droit » (Macron, LREM), la droite clas­si­que (LR) et le RN de Marine Le Pen. La gauche semble vouée à faire de la figu­ra­tion au pre­mier tour pour se par­ta­ger un bon quart des électeurs. Cette situa­tion n’est pas propre à la France. La puis­sante social-démo­cra­tie alle­mande est en voie de lente dis­pa­ri­tion. En Israël, le parti tra­vailliste qui long­temps fut le pilier de ce pays joue main­te­nant les uti­li­tés. Au Royaume-Uni, les conser­va­teurs réno­vés par Boris Johnson ont fait s’écrouler le « red wall » tra­vailliste. Nos voi­sins ita­liens, dont nous sommes sou­vent si pro­ches, ne connais­sent plus, en matière de gauche, que le « cen­tro­si­nis­tra », le centre gauche qui, poli­ti­que­ment, n’est pas bien dif­fé­rent de LREM. La liste est longue ! Mais nous pou­vons, sans être exhaus­tifs, com­men­cer à réflé­chir sur ce qui appa­raît bien comme un chan­ge­ment d’époque his­to­ri­que.</p><p>Ce qui est épuisé, c’est tout un ensem­ble de caté­go­ries poli­ti­ques rui­nées par l’évolution du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste au cours des der­niè­res décen­nies. Pour carac­té­ri­ser cette évolution, il est sans doute per­ti­nent de repren­dre l’expres­sion du phi­lo­so­phe ita­lien Diego Fusaro, « Capitalisme absolu ». Ce capi­ta­lisme est absolu pour plu­sieurs rai­sons. D’une part, il a rompu tous les liens avec les formes socia­les qui l’avaient pré­cédé. Les appar­te­nan­ces fami­lia­les, natio­na­les, reli­gieu­ses, n’ont plus aucune place : les indi­vi­dus sont des indi­vi­dus inter­chan­gea­bles, mobi­les, noma­des, qui doi­vent pou­voir cir­cu­ler à volonté dans le marché mon­dial du tra­vail. La famille et la patrie, pour tout dire, les capi­ta­lis­tes trou­vent cela par­fai­te­ment rin­gard. Accumuler du capi­tal et accu­mu­ler du patri­moine, cela n’a rien à voir. L’impé­ra­tif du capi­tal est de cir­cu­ler en per­ma­nence, alors que le patri­moine, l’usine fondée par le grand-père, la maison de famille, tout cela est du capi­tal mort, empâté dans la matière, alors que la flui­dité est la vertu pre­mière du capi­tal. On l’a trop oublié : Marx, dans Le Manifeste du parti com­mu­niste, défi­nit la bour­geoi­sie comme la grande classe révo­lu­tion­naire et le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste ne peut sur­vi­vre qu’en révo­lu­tion­nant en per­ma­nence les forces pro­duc­ti­ves et les rap­ports de pro­duc­tion.</p><p>Le capi­ta­lisme actuel peut être dit absolu en un deuxième sens : il règne sans par­tage. Le capi­ta­lisme de la période anté­rieure sou­le­vait deux types d’oppo­si­tions qui pou­vaient se com­bi­ner : l’oppo­si­tion de la classe ouvrière — le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste pro­duit son propre fos­soyeur — et celle d’une partie de classe domi­nante, notam­ment chez les intel­lec­tuels, por­teurs de ce que Hegel nom­mait « cons­cience mal­heu­reuse », c’est-à-dire la prise de cons­cience de l’oppo­si­tion entre les idéaux pro­cla­més par les révo­lu­tions bour­geoi­ses du XVIIIe et XIXe siècle et la réa­lité concrète du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste. La culture bour­geoise, la « grande culture » comme dirait Adorno, est, de fait, deve­nue incom­pa­ti­ble avec le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste au stade actuel. La véri­ta­ble opé­ra­tion de des­truc­tion de la culture menée par une frac­tion de la « classe capi­ta­liste trans­na­tio­nale » prend ainsi son sens. Les pré­ten­dus « éveillés » (woke), les acti­vis­tes trans­gen­ris­tes et autres « déco­lo­niaux » sont l’aile mar­chante du capi­tal, son extrême gauche et rien d’autre.</p><p>Pendant ce temps, la classe ouvrière a été métho­di­que­ment pul­vé­ri­sée par la mon­dia­li­sa­tion et la réor­ga­ni­sa­tion du capi­tal. Significativement, l’indus­trie auto­mo­bile fran­çaise est en voie de dis­pa­ri­tion — on annonce dans cer­tains milieux économiques que, d’ici à la fin de la décen­nie, plus aucune voi­ture ne sera cons­truite en France. Autour de la « numé­ri­sa­tion » de l’économie — le « great reset » dont parle le forum de Davos — se joue une réor­ga­ni­sa­tion struc­tu­relle du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste avec le nou­veau pilier qui n’est plus l’entre­prise, mais la pla­te­forme (Amazon et ses émules) qui joue à la fois le rôle de marché et d’orga­ni­sa­teur de la pro­duc­tion sans avoir à en sup­por­ter les coûts et les ris­ques. Ce qui conduit à la trans­for­ma­tion du pro­lé­ta­riat tra­di­tion­nel en un « pré­ca­riat », mêlant sala­riés aux sta­tuts pré­cai­res et pseudo tra­vailleurs indé­pen­dants — en réa­lité des tra­vailleurs à façon comme l’étaient les canuts lyon­nais dans les années 1830.</p><p>Ces trans­for­ma­tions n’ont pas été com­bat­tues, mais accom­pa­gnées et même pré­cé­dées par les partis de la gauche. Champion des reven­di­ca­tions « socié­ta­les », les partis de gauche ont tourné réso­lu­ment le dos non seu­le­ment aux reven­di­ca­tions des ouvriers et employés, mais aussi à leurs préoc­cu­pa­tions et à leur men­ta­lité. Ils recru­tent électeurs et mili­tants dans les clas­ses moyen­nes supé­rieu­res ins­trui­tes, habi­tant les cen­tres-villes des gran­des métro­po­les. Ces partis sont des éléments, bien­tôt inu­ti­les d’ailleurs, de la classe capi­ta­liste trans­na­tio­nale.</p><p>Dans ces condi­tions, sur le plan social, la gauche et la droite se valent, dans l’opi­nion de ceux que Christophe Guilluy appelle « les gens ordi­nai­res ». C’est parce qu’ils sont ration­nels et qu’ils com­pren­nent assez bien ce qui est en ques­tion sur le théâ­tre poli­ti­que que les mem­bres des clas­ses popu­lai­res pré­fè­rent aujourd’hui voter pour Marine Le Pen plutôt que pour Mélenchon. Évidemment, les don­neurs de leçons dénon­ce­ront l’abru­tis­se­ment des masses par les médias et les réseaux sociaux, ou leur « alié­na­tion ». On connait le mépris des gens qui se croient ins­truits pour « ceux d’en bas ». Mais en réa­lité, le « pro­gres­sisme » appa­raît comme la prin­ci­pale menace pour les clas­ses pau­vres, pour ce pré­ca­riat qui subit le « pro­grès » dans ses pires aspects. Être conser­va­teur, au moins, c’est se pro­non­cer pour conser­ver ce que l’on a, les acquis sociaux des décen­nies de luttes ouvriè­res, mais aussi un cer­tain genre de vie auquel les « gens ordi­nai­res » sont atta­chés. Quand l’inter­na­tio­na­lisme a été liquidé au profit du mon­dia­lisme, le retour à la nation appa­raît comme un ultime refuge.</p><p>De cette situa­tion, il ne sera pas facile de sortir. En effet, toute marche arrière est inter­dite : on ne peut pas reve­nir à la situa­tion des « trente glo­rieu­ses » et au « par­tage » (pro­duit d’un rap­port de forces) entre capi­tal et tra­vail : la com­bi­nai­son des des­truc­tions mas­si­ves, de l’hégé­mo­nie des États-Unis et de la puis­sance sovié­ti­que ne revien­dra pas. Pas plus que ne revien­dra l’énergie abon­dante et bon marché qu’était le pétrole. On ne peut comp­ter sur la crois­sance infi­nie pour per­met­tre à toutes les aspi­ra­tions de coexis­ter et on sait bien qu’il n’est guère pos­si­ble que les pau­vres s’appau­vris­sent indé­fi­ni­ment et que les riches conti­nuent de s’enri­chir. Tout indi­que qu’à moyen terme nous connai­trons une crise économique et sociale de grande ampleur et per­sonne ne peut exclure une catas­tro­phe de type troi­sième guerre mon­diale dont les consé­quen­ces seraient autre­ment effroya­bles que celles de la deuxième. Comme il n’y a pas de grand com­plot dont il suf­fi­rait de démas­quer les com­plo­teurs, mais ce que ce qui est en cause, c’est le grand auto­mate qu’est le capi­tal, c’est à une révo­lu­tion radi­cale qu’il faut nous pré­pa­rer, pas seu­le­ment une révo­lu­tion sociale, mais aussi une révo­lu­tion morale. Au « tou­jours plus », au délire de toute-puis­sance de l’homme qui croit se faire tout seul, il faut sub­sti­tuer le sens des limi­tes, de la juste mesure et retrou­ver la com­mu­nauté poli­ti­que comme lieu où peut se penser véri­ta­ble­ment le bon­heur. On se sou­vient peut-être qu’un des grou­pes post-soixante-hui­tards avait pour devise : « nous vou­lons tout, tout de suite, vivre sans entra­ves et jouir sans temps mort. » Cette devise n’avait abso­lu­ment rien de révo­lu­tion­naire, contrai­re­ment à ce que croyaient ses auteurs, elle était exac­te­ment la devise du capi­ta­lisme absolu et c’est à cela que nous devons tour­ner le dos, défi­ni­ti­ve­ment après quel­ques siè­cles de crois­sance de la richesse et de la puis­sance.</p><p>Denis COLLIN – 13 avril 2021</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 17 Apr 2021 05:46:45 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/469/2022-l%E2%80%99outsider-unite-nationale-citoyenne</link>
	<title><![CDATA[2022 : L’OUTSIDER - UNITE NATIONALE CITOYENNE]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Macron contre Le Pen, Le Pen contre Macron… A un peu plus d’un an du second tour de l’élection présidentielle, tel est le scénario d’un « remake » sur lequel s’accordent encore la quasi-totalité des acteurs, des commentateurs et des augures professionnels d’une vie politique que la pandémie en cours a figée dans une trompeuse immobilité. La seule différence, qui n’est pas insignifiante, que ces divers spécialistes envisagent par rapport au scrutin de 2017 résiderait dans le fait que la victoire du président sortant sur sa concurrente ne lui serait pas automatiquement assurée en 2022.</p><p>Or, cette deuxième manche, présentée comme inéluctable, d’un duel qui opposerait les mêmes protagonistes qu’il y a quatre ans, les Français, dans leur très grande majorité, n’en veulent pas et jusqu’à plus ample informé, c’est à eux, c’est aux électeurs, c’est aux citoyens qu’il appartient de faire en sorte que l’histoire ne nous repasse pas les plats mal réchauffés d’une confrontation qu’ils ne souhaitent pas voir se reproduire. Qu’en est-il, pour autant que l’on puisse se risquer au jeu hasardeux des pronostics, alors que l’équation française, par ces temps difficiles et troublés est particulièrement lourde d’inconnues ?</p><p>D’un côté, l’emprise incontestée de Marine Le Pen sur son Rassemblement national, le niveau et la stabilité de son socle électoral semblent lui garantir, dans l’état actuel de l’opinion et des candidatures déclarées, l’accès à la finale. Il n’en est pas de même pour son vainqueur de 2017 dont le sort se joue en ce moment même sur sa personne, sur son bilan et sur sa capacité à vaincre le plus redoutable des adversaires, ce virus face auquel son gouvernement, sa majorité, et lui-même, empêtrés dans leurs hésitations, leurs contradictions, leurs variations, leurs promesses non tenues, leurs résultats décevants, sont apparus toujours en retard d’une guerre. La stature et les chances d’Emmanuel Macron sont singulièrement fragilisées au moment où il aborde la dernière ligne droite de ce funeste mandat quinquennal, trop long quand le chef de l’Etat n’est pas à la hauteur de ses pouvoirs et de ses responsabilités, trop court pour que son tempo soit différent de celui des législateurs.</p><p>Il y a quatre ans, la jeunesse, l’audace, la nouveauté, l’annonce d’une pratique différente de la politique, le rejet des anciens partis, (et le naufrage de François Fillon) étaient autant d’atouts qui avaient permis au séduisant transfuge de la gauche, discrètement soutenu par le grand patronat, d’arriver en tête du premier tour. La sainte horreur du nom de Le Pen, une prestation ratée de sa concurrente, et le ralliement, au nom du front républicain, de douze millions de votants (quarante-deux points gagnés d’un dimanche sur l’autre !) lui avaient permis de triompher avec 66% des suffrages exprimés. Ceux qui avaient voté pour Emmanuel Macron au premier tour, ceux qui avaient voté contre Marine Le Pen au second tour, ont été également déçus. Parvenu à l’Elysée, l’inconnu le plus célèbre de France s’y est révélé un homme sans convictions, en tout cas sans autre conviction qu’un attachement moutonnier à l’Union européenne, sans cohérence, sans boussole et sans scrupules. A la fois autoritaire et inconséquent, volontaire et velléitaire, despotique et solitaire, il n’a pas renouvelé l’art de gouverner, il n’a pas davantage apporté au pouvoir le changement et la « révolution » qu’il s’était imprudemment engagé à mener. Quant à ceux dont l’appoint massif lui avait offert la présidence sur un plateau, aussi ingrat, aussi léger, aussi oublieux que Jacques Chirac quinze ans plus tôt, il avait à peine élu ignoré et désappointé les gogos à qui il devait sa victoire écrasante. Eux s’en souviendront le jour venu et ne reporteront pas sur lui, la prochaine fois, des votes qui ne devaient rien à la sympathie pour sa personne mais tout au rejet de la fille de Jean-Marie.</p><p>Aussi bien, avant et au lieu de spéculer sur la répartition des suffrages entre le président sortant et les autres candidats à la magistrature suprême, il y aurait peut-être lieu, au moment où nous sommes et au point où il en est, de se demander si Emmanuel Macron sera en mesure de se représenter ou si, comme son prédécesseur, il ne sera pas conduit par l’évidence des sondages et l’éclatement de sa majorité, hier pléthorique, aujourd’hui divisée, à décliner le dangereux honneur d’être candidat à sa réélection. Ne sont pas seulement en cause dans cette affaire l’affaiblissement et la perte de poids d’un homme qui, comme les grand rôles de l’Opéra, ne cesse de chanter « Marchons ! Marchons ! » sans bouger d’un pouce ni les résultats vraisemblablement désastreux pour lui de ces élections départementales et régionales qui, comme les mirages dans le désert semblent s’éloigner à mesure qu’on s’en rapproche. La vraie question, la question de fond est de savoir si le Cercle de la raison sociale, si le grand lobby médiatique, financier, économique et politique qui a ses entrées à l’Elysée et qui dîne au « Siècle » misera comme en 2017 sur le jeune poulain qui s’est avéré un canasson ou s’il se trouvera un cheval de rechange.</p><p>Il est en France, en 2021, un personnage que sa cote de popularité place depuis des mois en tête du palmarès des hommes politiques. Venu de l’ex-UMP en même temps qu’un certain nombre de ralliés, ayant au fil des mois imposé son autorité au groupe parlementaire de la République en marche, bien placé de par son origine partisane et de son séjour de trois ans à Matignon pour faire l’union du centre droit et du centre gauche. Alors que, d’évidence, le parti dit des Républicains n’a pas encore choisi celui de ses représentants qui le mènerait en 2022 à une nouvelle défaite et une nouvelle humiliation, et que les Marcheurs prient tous les jours le ciel qu’un nouveau report le nouveau désastre que leur promettent les prochaines élections locales, Edouard Philippe est le mieux placé aujourd’hui, pour ne pas dire le seul candidat en mesure de prendre avec une chance réelle de l’emporter le relais que lui offriraient une majorité effilochée et une opposition démoralisée. Silencieux et discret, l’ancien Premier ministre qui peut légitimement se flatter d’être le seul représentant de la Macronie à avoir emporté une grande ville aux dernières municipales, n’en est pas moins à l’affût et la publication, dans quelques jours, d’un livre signé de son nom lui permet une opportune rentrée en scène. La correction la plus élémentaire lui a interdit jusqu’à présent de prendre ses distances avec un président qui ne l’a pas particulièrement bien traite. Mais la loyauté a ses limites. Nul ne s’étonnerait ni ne serait en droit de s’offusquer si le maire du Havre rompait le moment venu avec le futur ancien président de la République. Il n’est pas plus condamnable de trahir un traître que de voler un voleur.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/466/david-dornbusch-ca-fait-un-moment-que-ces-campagnes</guid>
	<pubDate>Sat, 17 Apr 2021 05:39:43 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/466/david-dornbusch-ca-fait-un-moment-que-ces-campagnes</link>
	<title><![CDATA[David Dornbusch - Ça fait un moment que ces campagnes...]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Ça fait un moment que ces campagnes délirantes anti Verts m interrogent et je m'appretais à écrire quelques commentaires suite à une énième affaire ridicule à Vincennes quand je suis tombé sur cet édito d'Abel Mestre dans Le Monde que je reproduis précédé de quelques commentaires.</p><p>J'en partage très largement les analyses.</p><p>Au coeur du dispositif il y a très probablement LREM. On est pas ici pour faire de la morale mais de la politique, c'est pas charmant comme méthodes mais c'est leur choix.</p><p>Le plus surprenant dans cette affaire est surtout la coalition qui s'opère à chaque occasion.</p><p>D'un côté on a la droite poubello-mediatique, en gros tout ce qui va de Julien Aubert à Goldnadel-Zemmour, et évidemment au delà toute la fachosphère. Rien de très surprenant.</p><p>Et d'un autre côté on a ce que je vais appeler les "je suis laïc et republicain" puisque chacunes de leur intervention commence par ces mots qu'elles concernent la pêche à la ligne, les courses en sac ou la purée de céleri.<br />On va trouver comme exemple type ici le vieux stalinien Konopnicki, qui s'est mis en valeur par un post et un édito particulièrement intéressant "je suis laïc et republicain donc j'aime les aéro clubs"<br />On va évidemment trouver les roquets de la galaxie vallso-PR, j'en ai trouvé un, Delb, dont je met une photo ci dessous.<br />Et puis toute une galaxie d'ex socialistes en déshérence, qui ne semble plus savoir hoqueter rien que "je suis laïc et republicain"</p><p>Qu'est ce qui peut réunir ces 3 composantes aux motivations si disparates, LREM la peur, les ex socialos la mauvaise rancune, l'extrême droite sa haine naturelle de tout. Mystère.</p><p>Bon laissons la parole à Mestre pour des compléments d'analyses</p><p>"La « diabolisation », une occasion à saisir pour les écologistes<br />Les attaques régulières contre Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ont un côté positif pour les écologistes : elles leur confèrent un statut de principal opposant au gouvernement.</p><p>Par Abel Mestre</p><p>Analyse. Parfois, il faut savoir contre-attaquer. C’est aussi vrai en politique. Les différentes polémiques qui frappent les maires écologistes depuis plusieurs semaines – menus végétariens dans les cantines à Lyon ; financement de la mosquée de Strasbourg ; propos de la maire de Poitiers, Léonore Moncond’huy, affirmant que « l’aérien ne doit plus faire partie des rêves d’enfants » ; accusations d’« islamo-gauchisme » – sont autant d’occasions pour Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de renforcer sa centralité dans le débat politique français.</p><p>Les stratèges écologistes sont persuadés que ces « attaques » sont le fruit d’une « stratégie délibérée » du gouvernement. A deux mois du scrutin régional, une « diabolisation » viserait le parti au tournesol pour casser sa dynamique électorale acquise lors des élections européennes de 2019, confirmée aux municipales de 2020. « C’est une cabale, un pilonnage politique, veut croire Sandra Regol, numéro 2 du parti. Et, à côté de cela, le Rassemblement national a un tapis rouge. Tout est fait pour refaire le match Macron-Le Pen. Leur stratégie est de nous avoir à l’épuisement. »</p><p>Pendant longtemps, les écologistes n’ont eu de cesse de se justifier, de rectifier leurs déclarations, ignorant le vieux principe politique qui veut qu’« en bien ou en mal, l’essentiel est que l’on parle de nous ». Ce ne serait plus le cas. Mme Regol continue : « C’est difficile, tout cela. Mais on revendique le clivage, on répond. D’où notre idée de plainte en diffamation contre Marlène Schiappa et Gérald Darmanin. » Fin mars, Julien Bayou, secrétaire national, avait en effet annoncé son intention d’attaquer les deux ministres après les accusations visant son parti de proximité avec « l’islamisme radical ».</p><p>Resserrer les rangs<br />Ces polémiques, qui se succèdent à un rythme hebdomadaire, sont usantes pour les écologistes, peu habitués à un tel déluge. Les coups les plus durs sont portés par des ministres et relayés par des personnalités de droite et d’extrême droite. Ils deviennent ainsi les épouvantails de la vie politique.</p><p>Mais si l’on change de perspective, il y a un aspect positif, pour eux, à cette « diabolisation » : c’est autour d’EELV que le débat se fait, ce sont leurs propositions et l’action de leurs élus qui clivent. In fine, cela confère au parti écologiste un statut de principal opposant au gouvernement. Un avantage certain un an avant la présidentielle. Autre point positif : cela contribue à resserrer les rangs d’une famille qui s’est souvent distinguée par son individualisme et son manque de solidarité interne.</p><p>« Même si on a fait corps face à ces attaques, il y a tout de même des dommages collatéraux, pondère David Cormand, l’ancien secrétaire national d’EELV, aujourd’hui député européen. On doit venir sur un champ de bataille qui n’est pas le nôtre, mais celui de l’extrême droite. Cela fait le jeu des fachos. S’ils [certains ministres] font cela, c’est pour créer des dissensions au sein de la gauche et des écologistes, en faisant croire que l’on a un problème avec la République. Ils veulent nous marquer du sceau de l’infamie. »</p><p>Arnauld Champremier-Trigano, conseiller en communication auprès d’EELV, est habitué à ce genre de campagne. Lui qui a travaillé pour Jean-Luc Mélenchon lors de la présidentielle de 2012 sait les bénéfices qu’un parti peut tirer d’une telle période. « La centralité que cela nous confère est une bonne chose. On voit que l’écologie politique est le nouveau paradigme, ce contre quoi le vieux monde se mobilise. La droite et La République en marche ont des électorats âgés. Ils parlent à leur socle. Ils n’ont pas compris que l’écologie était une pensée globale qui ne se limite pas à la question environnementale mais qui comprend les questions démocratiques, sociales, de genre, etc. »</p><p>Pour M. Champremier-Trigano, c’est surtout la preuve qu’un redécoupage politique est à l’œuvre : « La pensée du passé, c’est l’extrême droite. Celle du présent, qui estime qu’il faut sauver les meubles, c’est LRM. Et celle du futur, c’est l’écologie. » Et, selon lui, il est logique que les deux premières se coalisent contre la troisième.</p><p>« Maladresse »<br />Il y a un risque pour EELV : celui de décourager les électeurs pouvant être tentés par le vote Vert et de perdre des suffrages essentiels. Jean-Daniel Lévy, directeur délégué d’Harris Interactive, estime que ce danger est plus que modéré. Selon lui, ces « polémiques apportent, au contraire, de l’eau au moulin des détracteurs d’EELV, mais ne lui portent pas préjudice ». M. Lévy poursuit : « Les écologistes parviennent à être une alternative alors qu’ils ne sont pas à l’Assemblée nationale et ne sont pas incarnés par une personnalité forte. Que l’on soit d’accord ou pas, leur projet est identifiable et en rupture avec ce qui s’est fait dans le passé, aussi bien à droite qu’à gauche. »</p><p>Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean Jaurès (proche du PS), souligne, de son côté, que la séquence vécue par EELV peut être « dommageable en ce qui concerne [son] changement de statut ». Il estime que les « effets négatifs » sont probables, « car la crédibilisation est une question très importante pour une élection présidentielle. Ils ont une maladresse, un manque de sensibilité à ce qu’est le pays ».</p><p>Mais M. Finchelstein insiste également sur les effets que ce genre de polémiques a sur l’ambiance politique générale. « Je ne comprends pas cette stratégie de diabolisation d’EELV. On voit que la frontière entre le RN et certaines autres forces politiques est de plus en plus poreuse, poursuit-il. Les intentions de vote des sondages récents montrent aussi qu’il y a une dédramatisation de l’idée d’une possible accession au pouvoir de Marine Le Pen. C’est très inquiétant. » Comme si, pour le pouvoir, il y avait une inversion des valeurs et des adversaires principaux.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/465/la-gauche-doit-s%E2%80%99oublier-pour-s%E2%80%99extraire-de-son-petit-espace-reclus</guid>
	<pubDate>Sat, 17 Apr 2021 05:38:03 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/465/la-gauche-doit-s%E2%80%99oublier-pour-s%E2%80%99extraire-de-son-petit-espace-reclus</link>
	<title><![CDATA[&quot;La gauche doit s’oublier pour s’extraire de son petit espace reclus&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">Cher Benoît Hamon,</p><p class="article-text article-body__item"><a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/04/14/benoit-hamon-mettons-nous-d-accord-sur-nos-desaccords-et-agregeons-ce-qui-nous-reunit-pour-2022_6076686_3232.html" target="_blank">Vous avez raison</a>, il y a assurément dans la gauche un socle de valeurs dans lequel beaucoup se reconnaissent. Et bien entendu, personne ne dira le contraire, il faut agir vite et fort face au réchauffement climatique et face à l’énième crise économique et sociale qui s’abat sur notre pays. Les constats sont largement partagés et l’effroi nous envahit tous chaque jour davantage. Dire que 2022 est le dernier rendez-vous est cependant inconséquent pour un responsable politique. Élémentaire.</p>
<p>La gauche morcelée</p>
<p class="article-text article-body__item">Voyez-vous, la question aujourd’hui n’est pas celle des valeurs, mais celle des projets politiques concrets qui se constituent pour gouverner le pays face à ces grands défis. Et il n’est pas vrai que toute union vaille, même sur la base d’un tout petit dénominateur commun. Le contexte, lui, n’est pas celui d’une victoire politique possible d’une des forces constituées à gauche - toutes sont données perdantes en 2022. Alors, comme vous le dites : « Après tout, si les divergences dominent les convergences, épargnons-nous le simulacre de vaines réunions de famille qui ajouteront une couche supplémentaire de dépit et de déception dans l’électorat de gauche. »</p><p>« Ces divergences - mot peut-être trop faible - dominent les convergences, et endigueront sans aucun doute l’avènement d’un projet politique national commun et ambitieux. »</p><p class="article-text article-body__item">En effet, il existe bel et bien au sein de la gauche des ruptures profondes sur l’Union européenne, sur la décentralisation, sur le travail, sur l'antiracisme, et sur bien d’autres sujets qui produisent logiquement des conflits politiques réguliers. Et ces sujets ne sont pas secondaires, ils sont fondamentaux en cela qu’ils augurent des formes d’organisation de la société bien dissemblables. Sans revenir sur chacun d’eux, ces antagonismes mis en exergue ne permettent pas aux gens, fort logiquement, d’identifier le PS, EELV, la FI ou le PC dans un espace politique cohérent. Ces divergences - mot peut-être trop faible - dominent les convergences, et endigueront sans aucun doute l’avènement d’un projet politique national commun et ambitieux. C’est une question de fond et non d’ego, même si les ego sont largement répandus.</p><p class="article-text article-body__item">Surtout, sur ces questions qui sectionnent la gauche, il n’y a pas d’éloignement évident entre deux camps qui pourraient se dissocier rationnellement. Les proximités et les discordes se réajustent et ré-ordonnent la gauche sur chaque sujet. Les conflits sont aussi à l'œuvre à l'intérieur même des partis. Tout est décousu. Ce grand désordre et l’inertie des organisations sclérosent les clarifications historiques nécessaires. En l’état, la gauche est un espace politique informe qui s’efface.</p><p>« L’élection présidentielle de 2017 et la crise des gilets jaunes avaient montré que son effondrement était jusqu’ici en route. Les récents sondages de l’IFOP et d’Elabe indiquent que sa mort est désormais actée. »</p><p class="article-text article-body__item">Dès lors, faire croire aux Français qu’une union des partis de gauche est possible et souhaitable, ce serait continuer de leur mentir. Il faut dire la vérité aux Français, la gauche n’est plus le signifiant juste qui porte l’idéal républicain d’émancipation qu’elle a pu être. Elle n’existe plus en tant que tel, et toute union des forces qui s’en réclament serait stérile et perfide. La dignité de la représentation se situe à travers cette vérité-là.</p><p class="article-text article-body__item">L’élection présidentielle de 2017 et la crise des gilets jaunes avaient montré que son effondrement était jusqu’ici en route. Les récents sondages de l’IFOP et d’Elabe indiquent que sa mort est désormais actée.</p><p class="article-text article-body__item">Pour autant, cela ne signifie guère que son idéal, que l’on évoquait juste avant, s’est lui aussi éteint. Non, il est simplement désormais orphelin d’un corpus politique concret, de figures qui l’incarnent, d’une esthétique qui le redessine et d’un camp qui le porte de façon harmonieuse. L’édification d’une nouvelle proposition de contrat social, ancrée dans les valeurs de partage, de solidarité et d’écologie et qui réenchante la vie, constitue bien la nécessité historique.</p><p>« Loin de certains de ces combats puérils et débranchés du sens commun, elle doit enfin prendre conscience des véritables conditions sociologiques et culturelles de la victoire. »</p><p class="article-text article-body__item">Pour mettre en place ce véritable aggiornamento, la gauche doit s’oublier pour s’extraire de son petit espace reclus et redescendre de son piédestal moralisant du haut duquel elle est toujours convaincue d’avoir raison et d’être en avance. Loin de certains de ces combats puérils et débranchés du sens commun, elle doit enfin prendre conscience des véritables conditions sociologiques et culturelles de la victoire. Alors, certains resteront évidemment englués dans leur petit enclos sectaire et continueront de ne se parler et de ne se comprendre qu’entre eux. Pour d’autres, il faudra non pas s’unir mais se désunir de la gauche. Ce décrochage est inévitable pour se reconnecter au pays et recomposer alors à partir des aspirations et des afflictions majoritaires du peuple français.</p><p class="article-text article-body__item">Oui, l’heure presse pour avancer et éviter bien des désastres.</p><p>A LIRE AUSSI :<a href="https://www.marianne.net/politique/gauche/union-de-la-gauche-une-reunion-pour-sauver-les-apparences" target="_blank">Union de la gauche : une réunion pour sauver les apparences ?</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/462/boualem-sansal-des-voix-dans-le-desert-a-propos-de-sarah-halimi-i</guid>
	<pubDate>Fri, 16 Apr 2021 20:54:48 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Boualem Sansal. Des voix dans le désert. A propos de Sarah Halimi ( I )]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Boualem Sansal, abasourdi par l’arrêt de la Cour de Cassation, m’a confié ce matin ce qu’il écrivit concernant “l’Affaire Sarah Halimi”. Les mots de l’écrivain-lanceur d’alerte infatigable prennent encore plus de résonnance aujourd’hui.</p><p>Lisez…</p><p>“Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de France. Le pays est gangrené par l’islamisme qui l’a élu terre de djihad, il est martyrisé par le terrorisme, abîmé dans ses valeurs et son mode de vie, mais rien n’y fait, la France laïque et bêtement généreuse maintient la ligne, elle protège et promeut l’islam, cheval de Troie de l’islamisme, et honore grassement ceux-là, les agents de l’UOIF, du CFCM et autres groupuscules, qui se sont autoproclamés gouverneurs de l’islam de et en France. Quel formidable succès pour eux, en peu de temps ! Encore une marche ou deux et ils seront les maîtres du pays, de très méchants maîtres, de vrais daéchiens, on peut s’en douter.</p><p>Librement ou contraint et forcé, par opportunisme ou par bêtise, ou tout simplement à son insu, on ne sait trop, l’Etat français s’est inscrit dans cette division du travail. Il participe à sa manière et selon ses moyens au plan de conquête de la planète par la soumission islamique de ses habitants. Le point de non-retour n’est plus loin d’être atteint… mais peut-être a-t-il été franchi puisque tout va à son rythme, fervent et violent.</p><p>L’antisémitisme français traditionnel qui avait reflué dans les marges obscures de la société reprend du poil de la bête à la faveur de la montée vertigineuse de l’antisémitisme islamique. Quand l’orage est là, les vents soufflent tous dans la même direction.</p><p>L’antisémitisme islamique, c’est de la haine pure, une obligation dogmatique conforme, rémunérée par des jouissances suprêmes, mais c’est aussi de la politique, des affaires. A ce train, il deviendra rapidement la valeur centrale de la France, sa colonne vertébrale. Il l’est dans certaines enclaves où on ne vit plus que dans et par la haine bienheureuse du juif.</p><p>L’assassinat de Sarah Halimi s’inscrit dans ce cadre d’évolution. Sa mort était en quelque sorte programmée. La France étant élue terre de djihad, il y a comme une fatwa naturelle sur la tête de tous les juifs de ce pays. Il y a eu les clients de l’Hyper casher à Paris, les enfants de l’école Ozar Atorah à Toulouse, Ilan Halimi à Bagneux, c’était le tour de Sarah Halimi, et demain d’autres seront la cible de l’antisémitisme islamique. Un jour, il y aura des massacres de masse, préfigurant ce à quoi beaucoup rêvent : la grande extermination finale.</p><p>Le rêve est déjà là, implanté, il travaille les esprits. La France ne le voit pas, elle refuse de comprendre qu’en la matière le rêve fait partie de la réalité, il la conçoit, l’annonce, la magnifie, l’organise, la fructifie.</p><p>Mais voilà, la France n’a jamais été très forte pour voir arriver les tempêtes. Quand elle décille, elle est déjà sinistrée, jetée sur les routes de la défaite.</p><p>Revenons à notre pauvre Sarah Halimi pour voir que dans cette affaire, il n’y a pas que l’antisémitisme islamique. Il y a la bêtise, l’aveuglement, l’entêtement, la lâcheté, la méchanceté au quotidien.</p><p>Un jeune musulman tenté par le djihad de quartier entre nuitamment chez elle par le balcon des voisins, la bat, puis prenant plaisir à la chose, la torture longuement, puis soudainement lassé la défénestre au cri de « Allah akbar ! ».</p><p>Soit dit en passant, Allah akbar n’est pas Allah est grand comme on le traduit en France, mais Allah est le plus grand, akbar est un superlatif. Les anglais qui sont de meilleurs traducteurs disent Allah the greatest. Cela veut dire qu’une sentence émise par Allah, via le coran, ne peut jamais être révoquée que par lui, aucune puissance au monde ne lui est égale ou supérieure.</p><p>Les représentants autoproclamés des musulmans et du culte musulman en France n’ont rien dit et ne disent rien. La France officielle, pareille, elle ne dit rien. Deux silences indifférents… coupables… complices.</p><p>La juge chargée d’instruire l’affaire ne voit apparemment que d’un œil, elle a refusé de qualifier le crime dans toutes ses dimensions. Elle y voyait simplement un homicide volontaire. Bon sang, on le lui a répété, c’est un abominable crime antisémite, il y a eu assassinat, séquestration, torture, barbarie, le tout au nom Allah. Mieux, elle s’est persuadée que le meurtrier était un peu dérangé sur les bords, qu’il était malade, qu’il a agi sous l’effet de la drogue, et l’a envoyé se reposer à l’hôpital. De son côté, la police n’a pas cherché très loin, elle a tellement à faire par ailleurs.</p><p>Les semaines et les mois passent. La famille est au désespoir. Des voix hurlent dans le désert. Des gens se mobilisent, des intellectuels, des écrivains, des amis. Qui les entend, qui les écoute ? Personne. L’affaire est une affaire crapuleuse et doit le rester. On ne va pas stigmatiser la religion de paix et de tolérance et faire des amalgames pour si… pour un banal homicide commis par un débile mental, drogué et oisif. Le parquet finit quand même par s’émouvoir et prie le juge d’instruction de revoir sa copie. Et là, le miracle se produit ou tout simplement la raison l’emporte : la juge reconnaît que le crime a un caractère antisémite. Il reste à souhaiter qu’elle le considère comme un facteur indiscutablement aggravant.</p><p>On en est là en France, on gère ces affaires et les dossiers afférents comme on gère des contentieux administratifs, et ainsi l’antisémitisme est en voie de retrouver le chemin de la banalité et de la petite bureaucratie qui lui a si bien réussi en d’autres temps.</p><p>Cette affaire a une autre dimension qui me terrifie. J’y vois l’expression d’un antisémitisme que je qualifierais de fondamental : tuer un juif c’est bel et bon mais tuer une juive c’est déjà un beau génocide, l’assassin coupe ainsi à la racine, car c’est par la mère, par la femme, que la judéité se transmet. En la torturant et en la défénestrant, il ne fait pas que prendre son pied, il la châtie pour avoir transmis le sang juif à des enfants. Les femmes juives sont doublement en danger.</p><p>Reculer sur cette affaire, se taire, c’est très directement se comporter en complices des Merah, des Coulibaly, des Fofana, et pis de ceux qui les arment aux plans religieux et idéologique et leur désignent les cibles. La justice en la matière est de punir sévèrement le coupable matériel, de dénoncer les maîtres à penser mais aussi et surtout d’agir fermement pour faire reculer l’idéologie qui fabrique aujourd’hui de l’antisémitisme au grand jour, en masse, et en toute légitimité.”</p><p>Boualem Sansal</p><p>Alger, janvier 2018</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Thu, 15 Apr 2021 21:32:02 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/458/je-ne-dis-pas-que-les-elus-eelv-se-anne-sophie-chazaud</link>
	<title><![CDATA[Je ne dis pas que les élus EELV se... - Anne-Sophie Chazaud]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Je ne dis pas que les élus EELV se partagent environ 10 neurones à eux tous qu’ils se répartissent à tour de rôle en tirant à la courte-paille, non, je dis juste qu’un élu EELV a refusé de voter la subvention du yacht club de Vincennes au motif que «c’est polluant». Des bateaux à voile. Qui avancent avec le vent. Le vent du Dieu Éole. Du vent polluant quoi... </p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/455/bernard-lugan-%C2%AB-decoloniaux-nous-allons-aboutir-a-une-reaction-atomique-ils-vont-sentre-devorer-il-faut-laisser-faire-%C2%BB</guid>
	<pubDate>Wed, 14 Apr 2021 19:55:24 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/455/bernard-lugan-%C2%AB-decoloniaux-nous-allons-aboutir-a-une-reaction-atomique-ils-vont-sentre-devorer-il-faut-laisser-faire-%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[Bernard Lugan : « Décoloniaux : nous allons aboutir à une réaction atomique, ils vont s&#039;entre-dévorer, il faut laisser faire ! »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Qu’est-ce que le mouvement décolonialiste qui gangrène notre <a href="https://www.bvoltaire.fr/sujet/societe/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Article avec ce mot clé : Société">société</a> ? Comment expliquer son implantation dans les mentalités, avec quelles références ? Et quel est le rôle de l’université de l’<a href="https://www.bvoltaire.fr/sujet/unef/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Article avec ce mot clé : UNEF">UNEF</a> dans cette pensée ?</p><p>A-t-on une chance d’en finir un jour ?</p><p>Décryptage, analyse et perspective avec <a href="https://www.bvoltaire.fr/sujet/bernard-lugan/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Article avec ce mot clé : Bernard Lugan">Bernard Lugan</a> pour Boulevard <a href="https://www.bvoltaire.fr/sujet/voltaire/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Article avec ce mot clé : Voltaire">Voltaire</a>.</p><p>[embedded content]</p><p>L’université est-elle le berceau de la repentance ?</p><p>Je ne sais pas si c’est le berceau mais, en tout cas, c’est le vecteur et un peu l’accoucheur de ce phénomène, surtout dans le domaine des sciences humaines. Je suis très sévère avec l’université, qui est mon corps d’origine dans lequel j’ai servi pendant plus de trente ans. Je suis très sévère avec la branche sciences humaines. Pour le droit et la médecine, c’est différent puisqu’il y a des concours. Il n’y a pas la prise en main idéologique comme dans les sciences humaines. Cela étant, cela ne veut pas dire que les enseignants en sciences humaines n’ont pas de bons diplômes. Ils ont tous de bons diplômes et des peaux de lapin à n’en plus finir. En plus des diplômes, pour faire carrière dans les sciences humaines, il faut être de <a href="https://www.bvoltaire.fr/sujet/gauche/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Article avec ce mot clé : Gauche">gauche</a>. Si vous n’êtes pas de gauche, quels que soient les diplômes que vous pouvez avoir, vous ne risquez pas de faire carrière.<br />Tout a commencé dans les années de la fin de l’Empire colonial. Un certain courant a commencé à militer pour la décolonisation. Ce courant a pris, petit à petit, le contrôle des universités. Je parle toujours dans le domaine de l’histoire de l’Afrique et l’africanisme. Disons qu’à partir des années 70-80, lorsque les derniers anciens qui avaient une vision traditionnelle de l’histoire de l’Afrique, une nouvelle génération est apparue. Cette dernière a recruté par endogamie sur un certain nombre de points essentiels. Il fallait absolument défendre l’idée que les ethnies n’existaient pas avant la colonisation. Le fait ethnique est un fait d’enracinement. C’est donc à condamner dès le départ. Si l’Afrique a des problèmes, c’est parce qu’il y a un problème ethnique. Ce problème a été créé par la colonisation. Tout <a href="https://www.bvoltaire.fr/sujet/le-monde/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Article avec ce mot clé : Le Monde">le monde</a> sait que l’Afrique était un continent où coulait le lait et le miel, la paix et la fraternité universelle.<br />Premier courant : la colonisation est responsable de la création des ethnies.<br />Deuxième courant, qui va de pair : la colonisation n’a fait que des malheurs et n’a provoqué que des catastrophes en Afrique. Nous ne voyons systématiquement que le côté négatif.<br />Pendant trente ans, ce courant a imposé une fausse histoire de l’Afrique, a créé une histoire de l’Afrique basée sur l’autoflagellation et la repentance. Les <a href="https://www.bvoltaire.fr/sujet/etudiants/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Article avec ce mot clé : étudiants">étudiants</a> africains qui ont suivi ces cours ont été formatés par ces gens. Résultat : aujourd’hui, les décoloniaux sont issus des études d’histoire, de sociologie, d’ethnographie et de philosophie.<br />Par conséquent, l’Université française et les sciences humaines ont créé ce courant décolonial.<br />La situation n’est pas récupérable. Avec cette semi-autonomie qui existe, les recrutements vont être de plus en plus locaux. Que faisaient les rois de France lorsqu’une institution était pourrie ? Ils ne cherchaient pas à la retaper mais ils la laissaient mourir et créaient autre chose à côté. Il faut laisser se créer des universités ou des instituts supérieurs parallèles privés, peut-être d’État, et laisser mourir l’université comme aux États-Unis.<br />Il va y avoir deux universités. L’université pour les nuls, pour la plus grande masse, et les bonnes universités dans lesquelles vont aller les bons étudiants.<br />98 % des élèves ont le bac, les nuls vont donc former les nuls qui continueront à former des nuls et l’élite partira ailleurs.</p><p>L’UNEF, l’enfant de cette repentance ?</p><p>L’UNEF a toujours été un mouvement gauchiste. Déjà, à l’époque, quand j’étais étudiant, l’UNEF était le mouvement d’extrême gauche. Nous avions contre nous les gens de l’UNEF. Les élites qui entouraient <a href="https://www.bvoltaire.fr/sujet/francois-mitterrand/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Article avec ce mot clé : François Mitterrand">François Mitterrand</a> sortaient tous de l’UNEF. Tous les leaders des mouvements de l’<a href="https://www.bvoltaire.fr/sujet/ultra-gauche/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Article avec ce mot clé : ultra-gauche">ultra-gauche</a> sont aussi tous sortis de l’UNEF.<br />Dernièrement, j’écoutais Julien Dray à la télévision face à Maître Goldnadel et il ne savait plus où il en était. Ces gens ont lutté pour l’universalisme, contre l’enracinement, contre tout ce qui était identitaire, pour l’immense migration mondiale et pour la planète Terre. Et aujourd’hui, ils se retrouvent attaqués par ceux qu’ils ont formés. Ces derniers les attaquent au nom du renversement des principes qui furent popularisés par eux. Ils sont donc pris à leur propre piège. Ces gens voient toutes leurs idéologies s’effondrer : l’idéologie des droits de l’homme, l’idéologie de l’universalisme et de la <a href="https://www.bvoltaire.fr/sujet/laicite/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Article avec ce mot clé : laïcité">laïcité</a>. Tout cela est faux puisque les décoloniaux n’en veulent pas.<br />Cela m’amuse beaucoup puisque j’ai toujours combattu ces idéologies. Mon courant politique n’a jamais réussi à casser ces idéologies et regarde avec amusement le fait que les enfants œdipiens de cette ultra-gauche cassent eux-mêmes les principes de leur géniteur.</p><p>Quelles sont les références idéologiques de ces « décoloniaux » ?</p><p>Edward Saïd, Américano-Libanais, a dit, dans les années 60-70, que la vision que nous avions des civilisations qui ne sont pas les civilisations européennes, blanches, occidentales, était une vision créée par les Blancs pour inférioriser tout ce qui n’est pas blanc, de façon à les inférioriser et à maintenir une domination. Pour casser cette domination, il faut attaquer les fondements mêmes de la civilisation occidentale, par ses références historiques et philosophiques. C’est le problème de la réappropriation de l’Histoire par ceux qui ne sont pas blancs. Je ne suis pas contre la réappropriation de l’Histoire. Je suis un identitaire, donc c’est très clair. Néanmoins, il y a une différence entre réappropriation de l’Histoire et enfermement de l’Histoire. Aujourd’hui, nous sommes passés de la réappropriation à l’enfermement. Nous sommes dans l’ethno-enfermement, mais plus du tout dans une réappropriation. Aujourd’hui, nous tournons à vide. Nous allons aboutir à une réaction atomique. Ils vont s’entre-dévorer.<br />Je vais vous donner un exemple. Dans le mouvement décolonial, vous avez à la fois des Noirs et des Noirs africains unis contre le monde blanc. Les Nord-Africains sont des Blancs et non des Noirs. Bien souvent, ces Nord-Africains descendent d’esclavagiste qui ont vendu les ancêtres de leurs petits copains noirs décoloniaux en esclavage. À force d’avancer, ils sont entrés en lutte les uns contre les autres. J’attends cela en frisant les moustaches et en buvant un vieux verre de rhum. Cela commence à arriver.<br />Regardez ce délicieux mouvement qui s’est produit. Ces féministes gauchistes qui sont en guerre contre eux. Nous arrivons à l’auto-exclusion au sein de ce propre mouvement. Par conséquent, la réaction atomique se fait. Je pense qu’il faut laisser faire ce phénomène et être assis au bord de l’oued et regarder passer les cadavres.</p><p>b&gt;Les « Blancs » sont-ils finalement responsables de l’esclavage et du racisme ?</p><p>Nous sommes dans une fausse histoire idéologique dans laquelle est utilisé d’une manière négative tout ce qui peut être utilisé pour détruire ce qu’on appelle le patriarcat blanc. Le patriarcat est forcément blanc. L’homme blanc de cinquante ans, à la fois phallocrate, raciste et colonialiste, etc. Pour les décoloniaux et pour tout ce mouvement, l’écriture est un des éléments de maintenance de la domination de ce patriarcat. Ils considèrent l’écriture comme un phénomène masculin. Ils sont pour la nouvelle écriture pour essayer de casser ce phénomène. C’est un phénomène de subversion totale de tout ce qui représente, à leurs yeux, le monde blanc occidental. Je pense qu’ils vont trop loin. Nous sommes dans une phase classique de révolution. Nous avons connu cela avec le phénomène maoïste avec le Petit Livre rouge. Nous sommes dans une phase exacerbée. Il faut laisser passer cette phase d’exacerbation parce que le réel sera toujours là. Après cela, il y aura une contre-révolution. Un ordre reviendra, mais ce ne sera certainement pas leur ordre.</p><p>Avez-vous un message à adresser aux indigénistes ?</p><p>Continuez ce que vous faites. Chaque jour, vous êtes en train de détruire ce que moi, contre- révolutionnaire, n’ai pas réussi à faire depuis deux siècles. Magnifique, continuez à détruire les droits de l’homme, continuez à détruire la laïcité, continuez à détruire l’universalisme et continuez à bafouer au pied les vertus de la République. Merci !</p>
<p><a href="https://www.bvoltaire.fr/bernard-lugan-decoloniaux-nous-allons-aboutir-a-une-reaction-atomique-ils-vont-sentre-devorer-il-faut-laisser-faire/#" rel="nofollow" onclick="window.print();if(typeof(_gaq) != 'undefined') { _gaq.push(['_trackEvent','PRINTFRIENDLY', 'print', 'NULL']); }else if(typeof(ga) != 'undefined') { ga('send', 'event','PRINTFRIENDLY', 'print', 'NULL'); } return false;" title="Printer Friendly, PDF &amp; Email">Imprimer ou envoyer cet article</a></p>

<p>]]&gt;</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/445/defendre-l%E2%80%99identite-de-la-france-c%E2%80%99est-defendre-sa-souverainete-c%E2%80%99est-a-dire-son-existence</guid>
	<pubDate>Wed, 14 Apr 2021 19:04:32 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[&quot;Défendre l’identité de la France, c’est défendre sa souveraineté, c’est-à-dire son existence&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">Depuis <a href="https://www.marianne.net/culture/marianne-vous-remet-a-niveau/quand-la-dissolution-de-generation-identitaire-en-rappelle-une-autre">la dissolution du mouvement Génération identitaire</a>, en février dernier, on ose à peine aborder la question de l’identité de la France, une question pourtant étroitement liée à celle de l’indépendance et de la souveraineté du pays, c’est-à-dire son avenir. Selon les termes mêmes du ministère de l’Intérieur, le mouvement a été interdit car il véhiculait « une idéologie incitant à la discrimination des individus à raison de leur non-appartenance à la nation française ».</p><p class="article-text article-body__item">Incroyable raisonnement. Il y a discrimination s’il y a différence de traitement entre deux individus ou groupes d’individus se trouvant dans une situation identique. Mais précisément, le citoyen français, celui qu’on appelait autrefois le régnicole, ne se trouve pas dans la même situation que l’étranger. L’État en est d’accord puisqu’il délivre des cartes d’identité au premier et des permis de séjour au second : c’est bien reconnaître que la nationalité, une notion proche de l’identité, est discriminante, qu’il existe des Français et des étrangers, et qu’à ces deux catégories, s’appliquent des règles de droit différentes. D’ailleurs, si l’État ne reconnaissait pas cette discrimination, pourquoi procéderait-il à des naturalisations dont l’objectif est précisément de l’effacer ?</p>
<p>L'art, indissociable de l'identité</p>
<p class="article-text article-body__item">« Identité française » : apparemment, l’expression est désormais considérée comme relevant du « politiquement incorrect ». Au début de son quinquennat, le président Macron avait déjà déclaré qu’il « n’y avait pas d’art français » : c’était affirmer qu’il n’y avait pas d’identité française. À la trappe les quatre magnifiques volumes de L’Art français d’André Chastel (Flammarion, 1993), malheureusement inachevés ! Un art étroitement lié à l’identité de la France : « C’est à travers leur idée de la France que les Français ont entrepris et accompli tant de choses extraordinaires dans leur art », rappelait l’auteur dans son introduction. L’art d’une nation est une des composantes fondamentales de son identité.</p><p class="article-text article-body__item">Il n’y a pas si longtemps, la gauche n’avait pas encore honte de parler d’identité française. On admettra facilement que <a href="https://www.marianne.net/agora/humeurs/braudel-l-historien-monde">Fernand Braudel</a> n’était pas un dangereux extrémiste de droite : or c’est à lui qu’on doit ce beau livre (inachevé, lui aussi) intitulé L’identité de la France (Arthaud, 1986). Il est vrai que les premiers mots de son introduction ne trouveraient guère d’écho chez nos dirigeants d’aujourd’hui : « Je le dis une fois pour toutes : j’aime la France ». Un a priori qui ne coïncide guère avec le « prêt-à-penser » actuel, fait d’Europe, d’universalisme, de cosmopolitisme, agrémenté de déconstructionnisme et autres -ismes tout aussi malsonnants.</p>
<p>Gauche et identité, un vieux malentendu</p>
<p class="article-text article-body__item">Et pourtant, Fernand Braudel était un partisan convaincu de la construction européenne. Il s’était d’ailleurs posé la question – comment l’éviter ? – de la compatibilité d’un livre sur l’identité de la France et le credo universaliste de la gauche, sa famille de pensée. Mais sa réponse était claire : « L’Europe, le monde sont parties prenantes dans notre passé (...). Mais qu’il soit entendu que, pour aucune nation, le dialogue obligatoire et de plus en plus pesant avec le monde, n’entraîne une expropriation, un effacement de sa propre histoire ».</p><p class="article-text article-body__item">« Alors qu’entendre par identité de la France ? s’interrogeait Fernand Braudel. Sinon une prise en main de la France par elle-même, sinon le résultat vivant de ce que l’interminable passé a déposé patiemment par couches successives ». Mais d’ajouter aussi « une nation ne peut être qu’au prix (...) de s’opposer à autrui sans défaillance ». Et de conclure : « Toute identité nationale implique, forcément, une certaine unité nationale, elle en est comme le reflet, la transposition, la condition ». Bref, tout le contraire de la « déconstruction » nationale à laquelle nous assistons depuis quatre ou cinq décennies.</p>
<p>Un peu d'histoire</p>
<p class="article-text article-body__item">L’identité de la France soulève directement la question de sa naissance. Depuis quand peut-on parler de « France », dans quelles conditions s’est-elle constituée ? L’historien allemand Carlrichard Brülh a publié sur le sujet, en 1994 pour la traduction française, un livre très érudit, intitulé Naissance de deux peuples. Français et Allemands, IXe-XIe s (Fayard). Il y expose comment, selon un long processus de plus de deux siècles, les deux pays sont nés de la cassure du grand royaume des Francs, issu de l’empire carolingien.</p><p class="article-text article-body__item">Ce divorce au sein du Regnum francorum a fini par donner naissance à la France et à l’Allemagne. La grande leçon de cette histoire est qu’identité et souveraineté sont nées ensemble, du même phénomène de partition. Ce sont, dès l’origine, deux notions strictement jumelles. En défendant l’identité de la France, on défend sa souveraineté et vice versa.</p><p class="article-text article-body__item">Mais Carlrichard Brülh était aussi un fervent partisan de la construction européenne. La version allemande de son livre coïncide avec la préparation du traité de Maastricht, la version française suit de peu sa signature. Or après avoir, pendant des centaines de pages, exposé qu’il ne fallait pas simplifier cette question de la naissance des deux États, il en vint lui-même, par pure idéologie, à simplifier sa conclusion. Ayant déclaré que les deux États avaient « la nette conscience d’une origine commune », ses derniers mots étaient pour souhaiter une nouvelle « amitié » (amicitia) entre Germains et Gaulois.</p>
<p>Gaulois et Germains n'ont rien en commun</p>
<p class="article-text article-body__item">Là, semble-t-il, est l’erreur. Ce qui était commun, c’étaient les populations franques qui s’étaient imposées au pouvoir et la structure franque de ce pouvoir. Mais la masse des populations sous leur contrôle était extrêmement diverse. Carlrichard Brülh explique lui-même que le Regnum francorum était composé de très nombreux regna. Par exemple, à l’ouest : Austrasie, Neustrie, Bourgogne, Aquitaine, Provence. À l’est : Bavière, Saxe, Frise, Carinthie, etc.</p><p>L’on voudrait qu’en un coup de baguette magique – le traité de Maastricht – « Gaulois » et « Germains » renouent des liens d’amitié !</p><p class="article-text article-body__item">La réunion de ces regna finira par donner, à l’ouest, la France, à l’est, l’Allemagne, mais que de différences entre ces deux regroupements ! L’ « origine commune » était celle des régimes politiques auxquels avaient été soumises ces populations, non celle des populations régnicoles elles-mêmes. À l’ouest et à l’est, les ingrédients furent différents : c’est pourquoi les identités française et allemande n’ont rien de commun.</p><p class="article-text article-body__item">Depuis mille ans, France et Allemagne se forgent des identités différentes, pour ne pas dire opposées : nation centralisée française d’un côté, empire fédéral allemand, de l’autre. Depuis cinq siècles, selon Carlrichard Brülh lui-même, les deux États ont été séparés par « une très réelle rivalité dynastique » qui est devenue « véritable antagonisme national » depuis la Révolution et l’Empire. Et l’on voudrait qu’en un coup de baguette magique – le traité de Maastricht – cette évolution millénaire se renverse subitement et que « Gaulois » et « Germains » renouent des liens d’amicitia !</p>
<p>Paris-Berlin : identité-souveraineté vs. déclin-disparition</p>
<p class="article-text article-body__item">C’était le souhait du général de Gaulle, lorsqu’il signa, le 22 janvier 1963, le traité de l’Élysée avec l’Allemagne. Mais dès le 15 juin suivant, le Bundestag votait un texte qui en contredisait radicalement l’esprit. Le général songea même à dénoncer le traité : « Ils se conduisent comme des cochons ! Ils mériteraient que nous dénoncions le traité et que nous fassions un renversement d’alliance en nous entendant avec les Russes ! » Voilà ce que fut la « réconciliation » franco-allemande, les retrouvailles entre « Gaulois » et « Germains » : l’amère constatation de leur impossibilité.</p><p>Au vu de notre histoire et de notre identité, l’Europe de Maastricht est une impossibilité.</p><p class="article-text article-body__item">Revenons à Fernand Braudel : « l’identité de la France (...), c’est le résultat vivant de ce que l’interminable passé a déposé patiemment par couches successives ». Navré pour les pacifistes béats : ces « couches successives », ce sont celles de deux identités, française et allemande, différentes, divergentes, opposées, et qui continuent à différer, diverger et s’opposer. Il n’est évidemment pas question de les attiser, de les envenimer et de revenir aux immenses malheurs que nous avons connus entre 1870 et 1945.</p><p class="article-text article-body__item">Mais soyons réalistes : au vu de notre histoire et de notre identité, l’Europe de Maastricht est une impossibilité. Le couple identité-souveraineté, c’est tout simplement, depuis le début, la marque de notre naissance, devenue garantie de notre existence. L’abandonner au profit d’une supra-souveraineté et d’une supra-identité, c’est s’abandonner soi-même. Le contraire de la définition de l’identité française par Fernand Braudel : « la prise en main de la France par elle-même ». À nous de choisir entre identité-souveraineté et déclin-disparition, c’est-à-dire entre Paris et Berlin.</p><p class="article-text article-body__item">François Joyaux est professeur émérite de civilisation de l'Asie de l'Est à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO). Collectionneur de roses anciennes, sur lesquelles il a écrit plusieurs ouvrages, il est également l'auteur de « Nam Phuong : La dernière impératrice du Vietnam » (Perrin, 2019).</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/agora/les-signatures-de-marianne/marianne-germanophobes-ou-vrais-defenseurs-de-leurope">"Marianne" : "germanophobes" ou vrais défenseurs de l’Europe ?</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/444/quand-les-ultra-progressistes-defendent-les-agressions-sexuelles-envers-les-lesbiennes</guid>
	<pubDate>Wed, 14 Apr 2021 17:15:59 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[&quot;Quand les ultra-progressistes défendent les agressions sexuelles envers les lesbiennes&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">Il y a des femmes qui aiment les femmes, et qui ne sont pas attirées physiquement par les hommes. C’est ainsi, et ce n’est ni un choix ni une revendication, c’est un état de fait. Naturellement, nous ne haïssons pas les hommes, simplement ce n’est pas sexuellement « notre truc ». Or, depuis quelque temps, on nous oppose – au sein même de notre famille politique qu’est la gauche – que nous devrions par conviction accepter des relations sexuelles non désirées avec des hommes ayant transitionné.</p><p class="article-text article-body__item">Nous, signatrices de cette tribune, témoignons avoir vécu des violences sexistes, punitives et sexuelles visant à « corriger » notre orientation sexuelle au sein d’espaces se présentant pourtant comme LGBTQIAP+, ou Queer-TransPédéGouinesNonBinaires. Ce n’est pas une légende urbaine. Ce ne sont pas des cas isolés. Du reste, quand consécutivement à ces agressions, nous entreprenons de créer d'autres espaces pour nous réunir en toute sécurité et ensemble vivre sereinement notre homosexualité, nous subissons encore des brimades (agressions physiques, cyber harcèlement…) de l’extrême droite traditionnelle mais aussi de la part d’activistes qui arborent des symboles visuels de l’antifascisme (le mouvement antifasciste, qui existe depuis longtemps, fait bien sûr un gros travail de résistance, mais nous constatons qu'aujourd'hui, certains fascistes s’en revendiquent abusivement).</p><p>« Nous constatons que les hommes ayant transitionné tentent systématiquement de prendre le contrôle des associations lesbiennes. »</p><p class="article-text article-body__item">Parce qu’elle avait publié sur son blog un article sur <a href="https://christinedelphy.wordpress.com/2017/08/01/le-lesbianisme-est-la-cible-dattaques-mas-pas-de-la-part-de-ses-adversaires-habituels" target="_blank">les pressions faites aux lesbiennes pour coucher avec des hommes</a>, la sociologue lesbienne Christine Delphy a été attaquée par un collectif de trois personnes lors d’une conférence de sociologie qu’elle donnait à Toulouse. Ses agresseurs se sont employés violemment à bloquer la tenue de la conférence, <a href="https://iaata.info/Transphobie-et-feminisme-intervention-de-Clar-T-I-lors-de-la-rencontre-avec-2222.html" target="_blank">pour y lire un communiqué</a> expliquant que « dire non à une femme en tant que lesbienne parce que cette femme a un pénis, c’est confondre identité sociale de genre et désirs ou pratiques sexuelles. »…  Autrement dit, si des hommes se décrètent comme étant des femmes « à pénis », ils gagnent de fait le droit d’avoir avec nous des relations sexuelles (indépendamment de notre consentement), et de confisquer notre visibilité !</p><p class="article-text article-body__item">Nous constatons que les hommes ayant transitionné tentent systématiquement de prendre le contrôle des associations lesbiennes et qu'ils arrivent là où celles-ci ne sont pas assez vigilantes. Dans les espaces qu’ils dirigent, nous devons subir des ateliers dits de « déconstruction des préférences génitales », des lavages de cerveaux pour surmonter notre aversion au coït et à la fellation. Ce mouvement politique, qui a ouvertement utilisé la violence sexuelle punitive pour prendre le contrôle des institutions originelles de la communauté lesbienne et en dénaturer les revendications, cible maintenant le féminisme en général.  Nous avons pu  constater cela à plusieurs reprises dans l’actualité récente, notamment avec l’affaire J.K. Rowling accusée d’avoir utilisé le mot « femme » sur Twitter, ou les violences commises contre des manifestantes le 7 mars dernier lors de la traditionnelle manifestation du 8 mars (déplacée un jour avant en raison du couvre-feu). Nous allons citer les faits tels que décrit le lendemain par <a href="https://charliehebdo.fr/2021/03/societe/feminisme/quand-des-antifas-en-prennent-a-des-feministes-lors-une-manifestation/" target="_blank">des journaux comme Charlie Hebdo</a>.</p><p>« Nous entendons dénoncer les pressions toujours plus prégnantes exercées sur les jeunes lesbiennes. »</p><p class="article-text article-body__item">Attaquées pour avoir brandi des pancartes critiquant le système de la prostitution (en manifestation féministe…), elles ont été la cible de multiples jets d’œufs ininterrompus de la part d’autres manifestants portant des drapeaux queer et antifa qui les traitaient de « putophobes » et de « transphobes ». Il a fallu que d’autres féministes interviennent pour les exfiltrer, non sans s’être auparavant castagnées avec les jeteurs d’œufs.</p><p class="article-text article-body__item">Voilà qui donne une idée de ce qu’à quoi nous sommes confrontées depuis deux ou trois ans déjà, quand nous tentons par exemple d’organiser des soirées dansantes ou des tournois de foot non mixtes dans des espaces pourtant privés. Quand nous parlons de violences sexuelles punitives, j’insiste, nous n’exagérons pas : les concernés le reconnaissent d’ailleurs eux-mêmes, puisqu’il suffit de voir avec quelle violence <a href="https://terfestuneinsulte.wordpress.com/cotton-ceilling/" target="_blank">leurs menaces s’étalent ouvertement sur les réseaux sociaux</a>… Dès lors qu’ils ont, pour unique argument, accusé leurs contradictrices de « haine » et de « violence morale », tous les déchaînements leur semblent permis.</p><p>« On rencontre des jeunes qui croient en l’existence de personnes avec un utérus et des testicules fonctionnels après avoir lu des brochures militantes. »</p><p class="article-text article-body__item">Parmi les signatrices de cette tribune, il y a du reste des femmes intersexuées qui demandent qu’on arrête de les utiliser, pour faire dire tout et n’importe quoi à la biologie : il y a de fait une différence entre les personnes intersexes (qui naissent avec des organes génitaux considérés comme ambigus puis sont donc « assignées » à un sexe via des opérations mutilantes), les personnes intersexuées (qui produisent trop ou pas assez d’hormones et /ou ont des organes reproductifs non fonctionnels), et les hermaphrodites (qui n’existent guère en dehors de la mythologie). En effet, s’il existe bien des personnes qui naissent sans ovaires ni testicules fonctionnels, personne ne naît avec les deux à la fois. Or, on rencontre maintenant des jeunes qui croient en l’existence de personnes avec un utérus et des testicules fonctionnels après avoir lu des brochures militantes.</p><p class="article-text article-body__item">Par ailleurs, dans le même souci d’alerte de l’opinion publique et de recentrage du débat LGBT, nous entendons dénoncer les pressions toujours plus prégnantes exercées sur les jeunes lesbiennes pour accepter des injections de testostérone artificielle : dans certains centres LGBT en effet, des psychologues sont même formés à repérer les jeunes filles qu’ils prétendent identifier comme des « hommes trans refoulés qui s’ignorent », et les incitent à s’affirmer ainsi puis, en conséquence, à transitionner médicalement.</p><p>« En Suède, où les enfants sont autorisés à tenter de changer de sexe avec l’accord de leurs parents, une étude gouvernementale a montré que 15 % des fillettes qui en faisaient la demande étaient autistes. »</p><p class="article-text article-body__item">De pareilles pratiques ne nous renvoient-elles pas plus d’un siècle en arrière, lorsqu’Alan Turing par exemple, l’inventeur de l’ordinateur, condamné en 1952 pour homosexualité avait eu le choix entre prendre des œstrogènes (hormones féminines) artificielles ou aller en prison ?</p><p class="article-text article-body__item">Du reste, en Suède, où les enfants sont autorisés à tenter de changer de sexe avec l’accord de leurs parents, <a href="http://https://www.theguardian.com/society/2020/feb/22/ssweden-teenage-transgender-row-dysphoria-diagnoses-soar" target="_blank">une étude gouvernementale</a> a montré que 15 % des fillettes qui en faisaient la demande étaient autistes et 19 % hyperactives : voilà quand même qui interroge sur le bien-fondé de ces pratiques médicales sur des êtres juvéniles, et qui du moins réclameraient sans doute une réflexion collective non idéologisée.</p><p class="article-text article-body__item">Nous sommes de gauche et si aujourd’hui nous écrivons, c’est pour informer le grand public de la grande inversion en cours dans le féminisme français. Aux yeux de ce pseudo-féminisme inversé, quand une femme dit non ce n’est pas forcément non, les femmes oppriment les hommes en dénonçant des violences sexuelles et les enfants peuvent consentir à tout et n’importe quoi.</p><p class="article-text article-body__item">Quant à nous, nous savons que l’Histoire nous donnera raison. Regardez donc outre-Atlantique : là-bas, ils ont déjà commencé à revenir sur les excès de tout cela. Le vent tourne.</p><p class="article-text article-body__item">Signatrices :</p><p class="article-text article-body__item">Camille Girard, auxiliaire de vie</p><p class="article-text article-body__item">Carole Barthès, graphiste</p><p class="article-text article-body__item">Chantal Hervouet, cadre de la fonction publique</p><p class="article-text article-body__item">Claire Raynaud Gauthier, couturière</p><p class="article-text article-body__item">Muriel Petit, enseignante</p><p class="article-text article-body__item">Agnès Rakovec, musicienne</p><p class="article-text article-body__item">Julie Gosselin, informaticienne</p><p class="article-text article-body__item">Florence-Lina Humbert, journaliste</p><p class="article-text article-body__item">Sophie Plisson, archéologue</p><p class="article-text article-body__item">Sarah Masson, doctorante,</p><p class="article-text article-body__item">Marie Moisdon, formatrice féministe.</p><p class="article-text article-body__item">Soutien :</p><p class="article-text article-body__item">Marie-Jo Bonnet, historienne, écrivaine et militante féministe</p><p class="article-text article-body__item">Pilar Aguilar Carrasco, critique de cinéma et militante féministe</p><p class="article-text article-body__item">Laurence Croix, psychanalyste et maître de conférence à l’université.</p><p class="article-text article-body__item">Delphine Girard, professeur de Lettres.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Tue, 13 Apr 2021 07:57:00 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Présidentielle 2022 : Montebourg et Piolle s’affrontent courtoisement sur le nucléaire]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="paragraph text_align_left">« Le nucléaire est-il écologique ? » C’est le thème du débat qui opposait ce lundi soir <a href="https://www.leparisien.fr/politique/presidentielle-2022-ou-est-donc-passe-arnaud-montebourg-04-04-2021-VGJ35TGEORCXBCRDZJODIR7Q6M.php" target="_blank">Arnaud Montebourg</a> et <a href="https://www.leparisien.fr/politique/europe-ecologie-les-verts-eric-piolle-une-marche-apres-l-autre-vers-la-presidentielle-16-02-2021-8425133.php" target="_blank">Éric Piolle</a>, deux candidats putatifs à la future élection présidentielle de 2022. Un débat en direct sur les réseaux sociaux à l’initiative de <a href="https://reporterre.net/" target="_blank">Reporterre</a>, site d’actualités consacré à l’environnement. Sur ce sujet clivant, qui sera au cœur de la campagne, l’ex-ministre du Redressement productif de François Hollande et le maire (EELV) de Grenoble ont défendu deux visions très différentes au cours d’un échange respectueux, parfois technique, mais passionné.</p><p class="paragraph text_align_left">Pour le premier, chantre de la réindustrialisation et du souverainisme économique, le pays ne peut se passer du nucléaire, l’une des énergies les moins émettrices en gaz à effet de serre. Après avoir offert à son contradicteur, installé de l’autre côté d’une table en bois, <a href="https://www.leparisien.fr/politique/le-miel-made-in-france-l-etonnante-reconversion-d-arnaud-montebourg-07-08-2019-8129946.php" target="_blank">un pot de miel issu de sa PME Bleu Blanc Ruche</a>, l’entrepreneur entre dans le vif du sujet. D’emblée, il refuse d’opposer énergie nucléaire et énergies renouvelables (éolien, solaire). « On aura besoin des deux pour sortir du pétrole » qui est « aujourd’hui moins cher que l’eau ou le soda dans les supermarchés ».</p><p class="paragraph text_align_left">Mais ramener de 60 % à 50 % la part du nucléaire serait, selon lui, une erreur. Il prend <a href="https://www.leparisien.fr/environnement/l-allemagne-est-elle-vraiment-ecolo-24-08-2019-8138448.php" target="_blank">l’exemple de l’Allemagne</a> qui a fermé onze centrales depuis 2011. « Pour se pourvoir en électricité, ils ont ouvert dix centrales au charbon et au gaz » fait valoir l’ex-socialiste. Quant aux Belges, « ils sortent du nucléaire en 2025 mais ils augmentent le gaz ». Et pour l’ex-ministre, les énergies renouvelables ne sont pas la panacée. Elles provoquent « des conflits d’usage avec les agriculteurs » et « ont un défaut : elles sont intermittentes : quand il n’y a pas de vent les éoliennes ne tournent pas, quand il n’y a pas de soleil, on ne produit pas d’électricité ».</p><p class="paragraph text_align_left">Le défenseur du made in France défend enfin une filière où la France occupe les avant-postes et sur laquelle il veut poursuivre les investissements. « Les panneaux photovoltaïques sont chinois alors que le nucléaire est la troisième industrie nationale en nombre d’emplois (220 000, NDLR). Nous avons des compétences en ce domaine ».</p>
<p>«En 2050, le nucléaire ne doit plus faire partie de la photo»</p>
<p class="paragraph text_align_left">Face à l’ancien avocat, Éric Piolle enfile les habits de l’ingénieur qu’il a été pendant 18 ans. « Le nucléaire peut être séduisant par bien des aspects, reconnaît-il. Mais il est trop lent dans sa capacité à nous projeter vers la neutralité carbone. Il est trop risqué et vulnérable en matière de sécurité et il freine le développement des énergies renouvelables depuis des décennies ». Bref, selon le maire de Grenoble, qui défend un modèle basé sur 100 % d’énergies renouvelables, « en 2050, le nucléaire ne doit plus faire partie de la photo ».</p><p class="paragraph text_align_left">L’écologiste insiste également sur le bilan économique fragile de cette énergie. « Le nucléaire est beaucoup trop coûteux : on a 56 réacteurs qui vont devoir s’arrêter à l’échelle de 30 ans » souligne l’élu, taclant au passage <a href="https://www.leparisien.fr/economie/fiasco-de-l-epr-de-flamanville-l-etat-lance-un-ultimatum-a-edf-28-10-2019-8182143.php" target="_blank">le « fiasco industriel » de l’EPR de Flamanville</a>, qui a déjà englouti 19 milliards d’euros. Il s’alarme aussi du problème des déchets radioactifs. Et face à Arnaud Montebourg qui s’emploie à minimiser les risques du nucléaire évoquant même à tort « zéro mort à Tchernobyl et zéro mort à Fukushima », Éric Piolle réplique fermement. « A <a href="https://www.leparisien.fr/environnement/fukushima-le-japon-se-fige-pour-les-dix-ans-de-la-triple-catastrophe-de-2011-11-03-2021-DPRX72N6R5FI5KSVJO7PPS6V6M.php" target="_blank">Fukushima</a>, on est passé tout près d’une catastrophe ». Un risque « insupportable » estime-t-il.</p><p class="paragraph text_align_left">On le voit, le nucléaire est l’un des sujets (un de plus) qui fissure la gauche. Pour autant les deux présidentiables ne se sont pas quittés fâchés. En toute fin de débat, Piolle comme Montebourg ont évoqué l’échéance présidentielle et d’éventuelles convergences. « Nous pourrons, je l’espère coopérer dans cette France de l’année prochaine. Nous sommes là pour observer les points de jonction, les points d’accord qui nous permettraient d’exercer le pouvoir ensemble et de changer la donne » a lancé Éric Piolle à Arnaud Montebourg évoquant « un champ de travail commun ».</p><p>Newsletter L'essentiel du matin</p><p>Un tour de l'actualité pour commencer la journée</p><p class="paragraph text_align_left">Interrogé sur <a href="https://www.leparisien.fr/elections/presidentielle/presidentielle-de-2022-cacophonie-chez-les-verts-apres-le-lancement-dune-nouvelle-plateforme-12-04-2021-NGUEG6H3LNGJZGEIJJCIAOGY7I.php" target="_blank">l’union de la gauche</a>, Montebourg a de nouveau exprimé sa crainte <a href="https://www.leparisien.fr/politique/presidentielle-2022-macron-devant-le-pen-au-second-tour-que-battraient-aussi-bertrand-et-pecresse-selon-un-sondage-11-04-2021-PL2DEAYKYFFWBD3VZKMKP2IHBI.php" target="_blank">de voir l’extrême droite accéder au pouvoir</a>. « Sil ne se passe rien, s’il n’y a pas d’offre politique alternative au macronisme méprisant, nous allons droit vers la victoire de Marine Le Pen. C’est autrement plus grave de savoir si on construit des réacteurs ».</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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