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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de France]]></title>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 22:29:09 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Facebook]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Les marchés financiers veulent imposer une fiscalité unique à l'échelle de l'Europe. Par le bas, ils veulent harmoniser, pour cet ensemble, les assiettes de l'impôt. Ils veulent tuer l'impôt, assécher les Etats pour mieux les dépouiller. Ils rêvent d'une Europe fédérale, d'un ensemble impuissant, sans dessein pour les peuples. Illusion politique, chimère métaphysique, l'Europe est dévoyée pour rester dévouée toute entière aux marchés. Otages de la finance, d'intérêts singuliers, nous voyons disparaître notre souveraineté. Dans les mains du marché, les règles démocratiques sont proprement violées souligne le Belfortain. Il prêche dans le désert. Nous mordrons la poussière. Peuple ressaisit toi !</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 22:06:12 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[«Contre l’“islamophobie”»? ~ Je ne marche pas.]]></title>
	<description><![CDATA[<p>À part donner bonne conscience à celles et ceux qui y participeront, la seule fonction originale de la marche du 10 novembre sera d’entériner le terme « <a href="https://lignesdeforce.wordpress.com/2015/08/23/et-dieu-crea-lislamophobie/" target="_blank" rel="noopener">islamophobie</a> ».</p><p>Tel politicien annonce sa participation « même s’il n’aime pas le mot », telle organisation démocrate croit noyer le poisson en ajoutant « …et contre tous les racismes », telle féministe enfin confirme sa présence, mais se retire de l’appel. Elle ne veut pas voir son nom figurer auprès de celui d’islamistes censés être repentis, mais elle supportera leur proximité physique dans le cortège ! Constatation qui n’est pas nouvelle : le concept d’ « islamophobie » rend sot. C’est d’ailleurs un des buts recherchés par ses créateurs. Il n’est pas fait pour aider à penser ou même pour dénoncer, mais pour sidérer.</p><p>Menée depuis quelques années, l’opération est d’une efficacité remarquable. Ainsi l’Union communiste libertaire, résultat de la fusion d’Alternative libertaire et de la Coordination des groupes anarchistes a pris grand soin de ne pas mentionner dans son manifeste l’aliénation religieuse parmi les phénomènes d’aliénation et de domination qu’elle combat. Cet « oubli » – en fait l’abandon d’un des socles de la pensée anarchiste – est destiné à pouvoir reprendre à l’aise et sans critique le concept d’« islamophobie ».</p><p>Le passage le plus savoureux du texte d’appel à la manifestation du 10 porte précisément – pour en récuser l’intérêt – sur la question sémantique : « L’islamophobie en France est une réalité. Quel que soit le nom qu’on lui donne [etc.] » On peut lire sur le blogue « Les mots sont importants » que le terme « islamophobie » est pour les musulmans « l’un des instruments essentiels pour lutter contre la stigmatisation qu’ils subissent ». Il s’agit bien de faire admettre ce terme précis, en considérant comme acquis qu’il décrit la réalité de manière adéquate, et non n’importe quel autre.</p><p>Il faudrait donc croire que les discriminations dont sont victimes, non pas « les musulmans », mais certain·e·s d’entre eux – les pauvres, les jeunes pauvres et les femmes pauvres (les émirs ne sont pas discriminés !) – ne relève pas du racisme, mais d’une haine particulière de leur religion supposée.</p><p>Oui, parce que c’est le moment de rappeler que toutes les personnes originaires du Maghreb ne sont pas de confession musulmane, même si elles sont de culture musulmane. Personnellement, je suis baptisé, j’ai été au catéchisme, j’ai fait ma première communion. Je suis donc « de culture catholique » ; de plus je vis dans un pays de vieille tradition judéo-chrétienne. Ça ne m’empêche pas d’être antithéiste, et d’ailleurs de dénoncer les persécutions religieuses contre les chrétiens, en Égypte ou en Chine…</p><p>Revenons à ce que l’on nous invite à croire : les discriminations contre les personnes identifiées, à tort ou à raison, comme « Arabes » ne seraient pas racistes mais « culturelles » ou « antireligieuses ». C’est se foutre du monde ! Bien sûr que la « peur de l’islam », sens originel d’« islamophobie » sert à certaines personnes et groupes politiques de masque présentable du racisme.</p><p>« Quel que soit le nom qu’on lui donne… » dit l’appel. Eh bien j’appelle le racisme : « racisme ». Quant à l’islam comme religion, je n’ai pas plus de tolérance à son égard qu’à l’égard de toutes les religions, celle dans laquelle j’ai été élevé comprise.</p><p>Edwy Plenel fait partie des signataires de l’appel. Il considère les musulmans comme des amis ; sa position a le mérite d’être cohérente. Les musulmans, j’entends par là ici celles et ceux qui sont croyant·e·s et non celles et ceux qui ont simplement baigné dans une culture musulmane sont-ils·elles mes ami·e·s ? Marx précisait justement : « Tout homme n’est pas mon frère ». Je l’ai déjà écrit dans ces pages, je vois mal comment je pourrais considérer comme ami·e celui ou celle qui pense que je mérite de brûler dans les flammes de l’enfer pour mon incroyance.</p><p>Il se trouve que la sécularisation progressive de la société a pour conséquence que beaucoup de personnes ne peuvent tout simplement pas imaginer que d’autres puissent réellement croire que je vais brûler en enfer. En somme, ces imbéciles ne peuvent ou ne veulent pas croire à la croyance. Naïveté et ignorance également coupables.</p><p>Ces personnes croyantes peuvent ne manifester aucune agressivité à mon égard dans la vie courante : elle pensent néanmoins réellement que j’irai en enfer. Il ne s’agit pas pour elles d’une métaphore. Dans leur esprit mon destin de merguez est absolument réel, aussi réel, « objectif » que le fait que le feu brûle par exemple. Et ce destin, elles le jugent réellement mérité.</p><p>Est-ce que je peux considérer de telles personnes comme des « égales », des « ami·e·s », des « frères » et des « sœurs » ? Dussé-je être diagnostiqué « phobique » du barbecue, ma réponse est non.</p><p>S’agit-il pour autant d’approuver ou de tolérer les discriminations à l’embauche, locative ou lors de sorties scolaires ou dans quelque circonstance que ce soit ? Bien sûr que non.</p><p>Pour autant, si je défends le droit d’une mère de famille (de grâce cessez de nous parler des « mamans » !) à accompagner des enfants en sortie scolaire avec le foulard qu’elle a l’habitude de mettre sur ses cheveux, on ne me fera pas croire et je ne tenterai pas de faire croire à d’autres qu’il s’agit d’un signe de liberté. C’est un signe d’aliénation, dont le propre est précisément que la personne est persuadée de l’avoir choisi.</p><p>Parle-t-on d’interdire révolutionnairement le visionnage d’émissions télévisées débilitantes ? Non. Peut-on en inférer que ce décervelage « choisi » doit échapper à la critique, qui serait nécessairement inquisitoriale (toujours les pauvres qui trinquent) ? Non.</p><p>Pour en revenir à l’appel de la manifestation du 10, il y manque un aspect de la réalité, qui confirme qu’il ne s’agit nullement de lutter « contre le racisme sous toutes ses formes », comme le prétend in extremis sa conclusion, cet aspect c’est la guerre entre les racisé·e·s.</p><p>Il est parfaitement légitime de dénoncer les agressions contre des mosquées ou des femmes voilées, mais pourquoi ne rien dire des discriminations qui visent les personnes noires de peau, les personnes de confession juive ou les roms ? Parce que ce jour-là c’est pour les musulmans ? Dimanche pour les musulmans, lundi contre l’antisémitisme, mardi contre la « négrophobie », c’est ça ? Et on oublie les roms comme d’habitude… Ou bien serait-ce parce qu’une partie non négligeable des agressions contre des personnes de confession juive est le fait de personnes au moins de culture sinon de confession musulmane ? Connaît-on des cas de juifs agressant des femmes voilées ? Ce sont des questions en passant…</p><p>Je suis hostile à tous les racismes, à toutes les religions et à toutes les stratégies identitaires.</p><p>« Contre l’“islamophobie”» ? Je ne marche pas.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/421/macron-avenir-de-la-droite-rn-les-confidences-demmanuelle-mignon</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:17:08 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/421/macron-avenir-de-la-droite-rn-les-confidences-demmanuelle-mignon</link>
	<title><![CDATA[Macron, avenir de la droite, RN... les confidences d&#039;Emmanuelle Mignon]]></title>
	<description><![CDATA[<p>C'est une femme de l'ombre à la parole rare. Une parole désormais libre. <a href="https://www.lepoint.fr/tags/emmanuelle-mignon" class="Link Link--entity">Emmanuelle Mignon</a> a été conseillère de <a href="https://www.lepoint.fr/tags/nicolas-sarkozy" class="Link Link--entity">Nicolas Sarkozy</a> de 2002 à 2009 avant de revenir aux côtés du président-candidat en 2012. Si elle travaille aujourd'hui au sein d'un cabinet d'avocats d'affaires, l'ex-directrice de cabinet du président Sarkozy garde un œil avisé sur la politique. Et la débâcle des Républicains aux européennes (8,48 % pour la liste menée par <a href="https://www.lepoint.fr/tags/francois-xavier-bellamy" class="Link Link--entity">François-Xavier Bellamy</a>, classée quatrième) a soulevé chez elle une inquiétude : la droite républicaine peut-elle mourir  ? Au-delà des batailles de chef, celle qui a bâti en grande partie le programme du candidat Sarkozy souhaite que <a href="https://www.lepoint.fr/tags/les-republicains" class="Link Link--entity">Les Républicains</a> revoient l'intégralité de leur logiciel et exclut toute alliance avec le Rassemblement national, comme le suggèrent certains à droite. Dans le long entretien qu'elle nous a accordé, Emmanuelle Mignon revient également sur les deux premières années du mandat d'<a href="https://www.lepoint.fr/tags/emmanuel-macron" class="Link Link--entity">Emmanuel Macron</a> et les ressemblances entre lui et Nicolas Sarkozy dans l'exercice du pouvoir.</p><p>Le Point : 8,48 % aux dernières européennes, un chef qui démissionne, une famille divisée… La droite traverse la plus grave crise de son histoire contemporaine. Comment en est-on arrivé là ?</p><p>Emmanuelle Mignon : C'est un phénomène qui vient d'assez loin et c'est très injuste, même si c'est la cruauté de la vie politique, de faire porter la responsabilité de cette situation à François-Xavier Bellamy et plus encore à Laurent Wauquiez. Les électeurs de la droite républicaine ont d'abord sanctionné ce qui s'est passé en 2017, avec un candidat qui, derrière son apparence de probité et d'intégrité, avait, semble-t-il, même s'il est présumé innocent, des choses à cacher. Ajoutez à cela une incapacité confondante à substituer un plan B – qui aurait pu fonctionner – à cause de la guerre des chefs ! N'ayant pu sanctionner cette mascarade en 2017, faute de solution alternative, les électeurs de droite se sont rattrapés en 2019. Et puis cela vient de plus loin encore. Je le dis avec beaucoup de franchise : cela vient du quinquennat de Nicolas Sarkozy, qui avait beaucoup promis en 2007, sans doute trop, et sur ce point, j'ai ma part de responsabilité, mais qui n'a pas été à la hauteur des promesses faites, tant sur le plan économique que sur le régalien.</p><p>Comment expliquer que La République en marche <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/politique/neuilly-versailles-ces-fiefs-qui-ont-bascule-de-la-droite-a-lrem-28-05-2019-2315623_20.php" title="">ait capté une partie de l'électorat de droite</a> ?</p><p>Il faut dire les choses comme elles sont : Emmanuel Macron est le meilleur président de droite qu'on ait eu depuis un certain temps. Il faut toutefois faire attention : l'élection européenne n'est pas l'élection présidentielle. Les projections sur 2022 sont hâtives. Si Emmanuel Macron fait des réformes qui vont dans le sens souhaité par l'électorat de droite, on reste loin de ce qu'un électeur de droite considère comme nécessaire pour redresser vraiment le pays. Je crois aussi que les Français sont pragmatiques. Quoi qu'ils fassent, le quinquennat d'Emmanuel Macron ira à son terme : autant lui donner la possibilité de poursuivre son mandat dans de bonnes conditions. C'est en 2022 qu'ils feront les comptes !</p><p>Quand on vous écoute, vous dédouanez presque complètement Laurent Wauquiez…</p><p>Oui. <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/politique/demission-de-la-presidence-lr-pourquoi-wauquiez-n-avait-pas-le-choix-02-06-2019-2316440_20.php" title="">Sa démission laisse les vraies questions béantes</a>. Et je constate que, depuis qu'il est parti, la situation s'aggrave !</p><p>Que doivent faire Les Républicains ?</p><p>Arrêter de dire « c'est le problème Bellamy ou le problème Wauquiez » ; ce sont des maux qui viennent de plus loin. Tenir compte des erreurs du passé et repenser ce qu'ils sont en prenant en considération les mouvements très profonds qui traversent la société française – et en réalité toutes les sociétés occidentales : l'écologie, le brassage sociologique et culturel né des migrations, les transformations de la démocratie, la mondialisation, l'intelligence artificielle et la robotisation.</p><p>Faut-il lever le tabou d'une alliance avec le Rassemblement national comme le suggérait déjà en 1997 Jean d'Ormesson dans le Figaro, comme l'ont repéré <a class="Link" href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/06/03/la-faute-strategique-de-laurent-wauquiez_5470702_3232.html" target="_blank" title="">nos confrères du Monde</a> ?</p><p>Ce serait une impasse complète. D'abord, pour des raisons de culture. Les partis politiques ne peuvent pas ignorer leur histoire. Comment la droite républicaine pourrait-elle s'allier avec l'extrême droite ? C'est inimaginable pour les gaullistes et pour les centristes. On voit bien que ceux qui ont tenté l'expérience lors des régionales de 1998 ne s'en sont jamais remis. De plus, si on regarde concrètement les propositions des uns et des autres, par exemple aux européennes, on ne voit pas comment il pourrait y avoir un accord. Le RN veut la modification des institutions européennes et la suppression de la Commission. LR ne peut pas être d'accord avec cette proposition. Le RN proposait la suppression de la directive sur les travailleurs détachés. Cela ne peut pas être dans les propositions de la droite républicaine. Je pourrais multiplier les exemples. Idem pour les questions économiques. Je ne vois pas comment une alliance pourrait être possible, car ce qui éloigne LR du RN est plus important que ce qui les rapproche. Enfin, en termes de pure cuisine politique, ça me paraît clair : une partie des Républicains quitterait LR et le Rassemblement national mangerait ce qui reste. Si, effectivement, l'objectif est de plier boutique et se faire racheter par le plus offrant, qu'ils y aillent. Mais pour moi, c'est impossible.</p><p>Si on regarde dans l'Histoire, la droite républicaine tenait un discours proche de celui du RN : sur l'Europe par exemple à la fin des années 1970 avec l'appel de Cochin ou en 1990 sur l'immigration…</p><p>L'électorat de droite évolue avec son temps. Heureusement ! Il n'a plus rien de commun avec l'appel de Cochin. Et les positions sur l'immigration évoluent aussi à la faveur d'une plus grande mixité. Ce n'est pas parce qu'on trouve des thématiques et des approches communes entre le Rassemblement national aujourd'hui et ce qu'a été une partie de la droite, le RPR essentiellement, à la fin des années 1970 ou même à la fin des années 1980, que l'on doit souhaiter un rapprochement avec le Rassemblement national. De toute façon, cela ferait partir définitivement une partie de l'électorat des Républicains.</p><p>Ils sont déjà partis…</p><p>Je ne pense pas. Ils ont envoyé un signal dans ces élections. Encore une fois, ce sont des élections européennes. Et si Emmanuel Macron a récupéré l'électorat de droite, c'est qu'il existe encore un électorat de droite !</p><p>Nicolas Sarkozy, en 2007, avait droitisé son discours pour siphonner les voix du FN et cela avait fonctionné.</p><p>Il a veillé à ne pas apparaître comme trop libéral. Cela avait provoqué des tensions dans l'équipe de campagne et explique en partie les ambiguïtés de son quinquennat sur le plan économique. Et il a effectivement ramené à lui l'électorat frontiste par des propositions fortes sur le régalien. Mais la caractéristique de son discours en 2007, c'est le caractère extrêmement ouvert de ses propositions, couvrant tout le spectre de l'électorat de droite, et dont certaines, franchement et sincèrement, à gauche. C'est à partir de 2010 que la ligne s'est resserrée. Je note, parce que cela me paraît important et à mettre à son crédit, qu'aussi bien en 2007 qu'en 2012, il y a eu un vrai choix alternatif pour les Français puisqu'on a eu au deuxième tour le choix entre un candidat de gauche de gouvernement et un candidat de droite de gouvernement. La droite peut retrouver un logiciel gagnant comme en 2007, mais il ne peut pas être le même. Cela suppose un travail tout à fait considérable sur elle-même.</p><p>En 2017, le choix entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen était également un vrai choix entre, comme l'a dit le président de la République, les progressistes et les populistes. N'est-ce pas là le vrai clivage ?</p><p>Si c'est le vrai clivage, alors c'est le vrai vertige parce qu'à force de dire aux Français, c'est moi ou le RN, on finira par avoir le RN. Pour moi, l'enjeu le plus délicat est de savoir comment on arrive à continuer à faire nation dans une France effectivement divisée entre, d'un côté, les gagnants de la mondialisation, de l'autre, les perdants ou ceux qui ont le sentiment de perdre. Si le jeu politique se réduit à un choix entre Emmanuel Macron, qui porterait les espoirs des gagnants de la mondialisation, et des partis politiques dispersés qui ne parleraient qu'aux perdants, on se prépare des lendemains difficiles parce que la question, pour que le pays regarde l'avenir positivement, c'est de pouvoir réunir dans une même espérance les privilégiés et les moins privilégiés, comme avaient su le faire de Gaulle ou Mitterrand. La démocratie doit avoir deux poumons, tournés vers le progrès, mais qui parlent au peuple, ayant en commun l'essentiel des valeurs républicaines, tout en permettant l'alternance. Et en cas de crise, comme la vague d'attentats de 2015 et 2016, ceux qui gouvernent peuvent s'appuyer sur ceux qui ne gouvernent pas pour faire nation ensemble. C'est important aussi.</p><p class="Blockquote">Il faut clairement abandonner les sujets de mœurs. Les Français sont devenus libéraux : les gens vivent comme ils veulent</p><p>Qu'est-ce que la droite aujourd'hui ?</p><p>La liberté, et la responsabilité qui en est la contrepartie. Le travail, facteur d'épanouissement individuel. On a des devoirs envers son pays avant d'avoir des droits. Une certaine vision de l'immigration et de l'intégration : les nouveaux venus doivent adhérer – sans perdre leur identité – aux fondamentaux de la culture française. La droite refuse le communautarisme. Le refus de l'égalitarisme. La méritocratie à condition que tout le monde puisse faire valoir son talent et son mérite. Sur ce point, c'est bien que la gauche nous ait ouvert les yeux. Ces valeurs sont éternelles, mais il faut les confronter aux enjeux du monde d'aujourd'hui.</p><p>Quel regard portez-vous sur les deux années de quinquennat d'Emmanuel Macron ?</p>
<p>Il a, de manière tout à fait spectaculaire malgré son jeune âge, revêtu les habits du président de la République. Il exerce la fonction avec toute la dignité requise, notamment à l'international. Il y a une centralisation du pouvoir à l'Élysée qui est extrêmement forte, mais c'est dans l'ADN de la Ve République. Ça ne me dérange donc pas outre mesure. Pour lui, en revanche, c'est assez dangereux et on a bien vu que, dans la crise des Gilets jaunes, il était quand même très seul. Nicolas Sarkozy était aussi très directif dans son comportement de président de la République, mais il avait autour de lui une équipe gouvernementale et parlementaire solide. On a beaucoup critiqué les petits déjeuners hebdomadaires de la majorité à l'Élysée, mais cela avait de la tenue. Emmanuel Macron a autour de lui des ministres techniciens, très compétents, mais sans assise politique, des politiques, mais qui ne sont pas des poids lourds, et enfin, des élus de droite dont on peut se demander jusqu'à quand ils seront macronistes puisqu'ils ont déjà quitté une fois leur camp… Cet aréopage est assez fragile.</p>
<p>Durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, vous étiez l'une des dernières à parler franchement au président de la République. Doit-on bousculer un chef de l'État que l'on conseille ?</p><p>C'est le problème du pouvoir en général, qu'il soit politique ou entrepreneurial. Je dis toujours aux étudiants, qui se préparent à devenir chefs eux aussi, que la responsabilité du chef est de veiller en permanence à ce que la parole soit libre autour de lui et à ce que son équipe ne se transforme pas en cour. Si on ne parle pas franchement au président, c'est d'abord la faute du président. C'est un exercice difficile, car avoir une cour est agréable et il faut avoir le courage d'accepter d'entendre ce que l'on ne veut pas entendre. Je cite souvent Confucius : « Le plus important dans ce que vous devez savoir, c'est précisément ce que vous n'avez pas envie de savoir. » Le général de Gaulle avait une bonne technique : il renouvelait son cabinet tous les trois ans. La parole était plus libre puisqu'il n'y avait pas l'enjeu de durer. La vérité m'oblige à dire que si les conseillers sont souvent timorés, c'est aussi parce que la politique n'est pas une vérité scientifique. Vous ne dîtes rien parce que vous avez peur de vous tromper. Les meilleures décisions prises par Nicolas Sarkozy, c'est quand il avait le temps de les prendre : il nous réunissait, on discutait d'une décision, chacun donnait son avis. Le président réfléchissait ensuite quelques jours, puis nous réunissait une nouvelle fois pour nous faire connaître sa décision et surtout nous convaincre de son bien-fondé. Un nouveau tour de table était alors organisé qui conduisait généralement à la validation de la décision, mais avec les nuances ou les compléments qui la rendaient vraiment bonne et acceptable par tous. Le problème est qu'à l'Élysée, on n'a généralement pas le temps. Voilà mon modeste conseil à Emmanuel Macron : permettre cette libre discussion.</p><p>On a beaucoup comparé Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron dans leur façon de gérer la présidence. Êtes-vous d'accord ?</p><p>(Sourires) Il y a beaucoup de points communs, c'est évident. L'Élysée fait perdre en sincérité, mais gagner en épaisseur. On va voir si c'est pareil avec Emmanuel Macron.</p><p>Nicolas Sarkozy aurait dit « Emmanuel Macron, c'est moi en mieux »…</p><p>C'est en tout cas ce que semble penser l'électorat de droite !</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:12:58 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Européennes 2019 : L’avenir est à ceux qui ne se lèvent pas]]></title>
	<description><![CDATA[<p>« L’Europe intégrée, ça ne pouvait convenir à la France, ni aux Français… Sauf à quelques malades comme Jean Monnet, qui sont avant tout soucieux de servir les Etats-Unis. Ou alors à tous ces personnages lamentables de la IVe République. Ils trouvaient ainsi un moyen de se décharger de leurs responsabilités ! Ils n’étaient pas capables de les saisir ; alors, il fallait les repasser à d’autres. Tenir leur rang dans le monde ? Pas question ! Mettons-nous sous le parapluie. Avoir une armée et la faire obéir ? Pas question ! La donner à d’autres ! Remettre le pays debout et servir d’exemple au monde ? Pas pour eux ! L’alibi tout trouvé, c’était l’Europe. L’excuse à toutes les dérobades, à toutes les lâchetés : l’Europe intégrée ! » (Charles de Gaulle, in “C’était De Gaulle” d’Alain Peyrefitte)</p><p>Certains de mes lecteurs se sont étonnés du silence de ce blog sur le débat des élections européennes. A titre personnel, je dois dire la honte au front que je me suis pratiquement désintéresse de la campagne, moi qui d’habitude regardait tous les débats, lisait tous les programmes. Je dirais même que j’ai eu du mal à supporter cette campagne. La pauvreté des argumentaires, les cris hystériques, l’accent mis sur l’accessoire et le désintérêt pour l’essentiel, la pauvreté humaine des porte-parole des différents camps… non, franchement, il n’y a rien à retenir. Si l’affaire n’était pas sérieuse, on pourrait presque s’amuser de voir ceux qui condamnent le nationalisme taxer hystériquement leurs adversaires de « parti de l’étranger », ceux qui dénoncent les théories du complot révéler à longueur d’émissions le Grand Komplot Russo-Americain contre l’Europe. On a plus parlé de la visite de Steve Bannon à Paris – une espèce de Séguéla américain – ou des « racines chrétiennes de l’Europe » que du chômage de masse et la précarité, qui est pourtant le cancer qui ronge nos sociétés tous pays confondus.</p><p>Cette élection fait pour moi un désagréable contraste par rapport aux élections présidentielles de 2017. A l’époque, et grâce au positionnement « social-souverainiste » du Front National, on avait pu débattre – ou au moins effleurer – des questions de fond : De l’appartenance de la France à l’Euro et même à l’Union européenne, du chômage, du rôle de l’Etat. Les débats politiques n’étaient peut-être pas extraordinaires, mais au moins il y avait des gens qui proposaient des choses différentes. Cette fois-ci, c’est le même discours partout. Comme le notait à très juste titre un commentateur, l’ensemble de la classe politique française a embrassé la vision supranationale. Qu’ils soient partisans de cette Europe ou d’une autre Europe, l’ensemble des partis et des commentateurs politiques – à de très rares exceptions groupusculaires près – accepte aujourd’hui l’idée que la souveraineté ne réside pas dans la Nation, et que celle-ci doit être soumise à une normative venue d’institutions placées au dessus d’elle et de nature fédérale. Personne ne parle de sortir de l’Euro, de reprendre les instruments de la souveraineté. Ceux qui parlent d’une « sortie des traités » n’y voient qu’un moyen tactique de négocier de nouveaux traités, d’établir de nouvelles institutions tout aussi supranationales que celles d’aujourd’hui.</p><p>Vous trouvez que j’y vais un peu fort ? Je pense qu’il est inutile de donner des exemples de soumission au principe supranational chez les europhiles, tant elle me paraît évidente. Mais même les partis traditionnellement considérés comme eurosceptiques s’y mettent. Vous voulez quelques exemples ? Et bien, prenez Ian Brossat qui affirme sur la foi de l’exemple britannique qu’un Frexit serait « une folie » et qu’il faut « faire l’Europe sociale ». Ou bien la France Insoumise, qui propose un « règlement européen sur la règle verte » qui reviendrait en fait à ce que les institutions européennes impose aux nations une règle par nature constitutionnelle. Et je pourrais continuer à l’infini. Lorsque les eurolâtres dénoncent les « nationalistes », ils se fabriquent des croquemitaines qui n’existent pas. Il n’y a plus de nationalistes chez nous. Même le Rassemblement national, depuis le départ de Philippot et le recentrage sur les fondamentaux de l’extrême droite, semble nolens volens adhérer à la pensée unique supranationale.</p><p>Je pense qu’il ne faut pas banaliser ce point, qui pour moi est le grand saut conceptuel des trente dernières années. Ceux qui se remplissent la bouche du mot démocratie feraient bien de réfléchir au fait que l’idée même de démocratie est inséparable de l’idée de cité, c’est-à-dire, d’un ensemble de personnes unies par des liens de solidarité inconditionnelle et se concevant un destin commun. C’est cette solidarité inconditionnelle (ce mot est important), ce destin conçu comme commun qui permet, dans une société aux intérêts divers et souvent antagoniques, de fonder un compromis vivable, de limiter l’expression nue des rapports de force, d’imposer aux dominants des obligations envers les dominés. Cette solidarité, cette vision de destin commun existe dans beaucoup de collectivités : la famille, le village… mais la plus grande d’elles est la nation. Et c’est pourquoi la pensée politique a fait résider la souveraineté « essentiellement » à ce niveau-là. Tout pouvoir, toute contrainte exercée sur les nations ne peut avoir d’autre fondement que la force. Toute structure supranationale, quelle que soit le déguisement « démocratique » qu’elle puisse revêtir, n’est en fait qu’un lieu ou les plus forts imposent leur volonté aux plus faibles, sans qu’une quelconque solidarité vienne adoucir cette domination. L’exemple grec illustre parfaitement cette question : imaginez-vous une nation européenne administrer à l’une de ses régions et à ses habitants le traitement que l’Union européenne a administré à la Grèce et aux Grecs ? Non, bien sûr que non. A l’intérieur des nations, l’idée de devoir de solidarité réciproque est trop forte pour permettre de tels excès.</p><p>C’est pourquoi la question fondamentale n’est pas ce savoir si c’est cette Europe ou une autre Europe qu’il faut, mais de savoir si les décisions finales doivent être prises au niveau national, c’est-à-dire par des assemblées et des gouvernements représentant des individus solidaires entre eux, ou bien par des organismes supranationaux qui ne représentent et ne peuvent représenter que des rapports de force entre groupes qu’aucune solidarité ne réunit. Et la question, comme le montre l’exemple grec, n’est pas purement théorique.</p><p>A cette question, l’ensemble de notre classe politique a répondu « supranationalité ». Et l’explication est double. Du point de vue structurel, cette évolution est logique dans le contexte d’un capitalisme mondialisé qui n’a plus besoin des nations. La libre circulation des capitaux, la mise en compétition de tous contre tous nécessite précisément qu’on affaiblisse ce lien national, cette solidarité inconditionnelle qui empêche les rapports de compétition de se manifester dans toute leur force. Marx le disait déjà en 1848 : le capitalisme transforme tous les rapports sociaux en rapports monétaires, et tend à briser tout ce qui s’oppose à cette transformation. Mais au niveau de la l’idéologie, il faut aussi comprendre comment la supranationalité, qui était anathème il y a quelques années presque partout, est devenue aujourd’hui presque naturelle dans l’ensemble de la sphère politico-médiatique.</p><p>L’explication tient à mon sens à la complète domination du champ politique par les classes intermédiaires, dont le propre est de vivre dans le présent. Un groupe social qui, pour reprendre la formule d’un politicien britannique, est comme le mulet : sans la fierté d’une origine, et sans espoir de postérité. Or, l’exercice de la souveraineté implique effort et responsabilité dans le temps long. Celui qui exerce un pouvoir souverain ne peut se cacher derrière quelqu’un d’autre pour couvrir ses fautes. Et cela fait peur à nos politiques. Eh oui, nos politiques ont la trouille. La trouille de devoir vraiment gouverner, la trouille d’avoir à prendre des vraies décisions et des responsabilités qui vont avec. C’est pourquoi d’ailleurs ils ont organisé leur propre impuissance, transférant des pouvoirs à Bruxelles, à des autorités administratives indépendantes, aux juges, à toutes sortes de comités et commissions. Chaque décision fait aujourd’hui l’objet de dizaines de consultations d’organismes de toute sorte, appelés à donner un avis qui n’a aucun intérêt mais qui permet à l’autorité de diluer les responsabilités.</p><p>Imaginez-vous : si demain on récupérait les instruments de souveraineté, nos politiques ne pourraient plus se contenter de discuter de la couleur du papier peint et de réunir des « conférences citoyennes » pour ne rien faire. Il faudrait définir et mettre en œuvre une politique monétaire, une politique commerciale, une politique industrielle, une politique budgétaire. Une idée devenue inimaginable pour les jeunes politiques d’aujourd’hui. Il n’y a que les vieux pour se souvenir qu’il fut un temps où la France avait un ministère de l’industrie qui faisait une politique industrielle, un ministère des finances qui faisait la politique monétaire et budgétaire. Aujourd’hui, le ministère de l’industrie a disparu et le ministère des finances soumet son budget à Bruxelles pour approbation. A la rigueur, on pourrait se contenter d’un ministère de la transposition, qui se contenterait de prendre les directives européennes et les transcrire dans le droit interne. Et cela conviendrait parfaitement à nos politiques, qui détestent prendre des responsabilités. Mieux vaut laisser quelqu’un là-haut à Bruxelles nous dire ce qu’il faut faire et prendre le blâme si les choses tournent mal. Ces gens-là veulent une France à leur dimension : ce sont des nains, et ils veulent une France naine. Je dirai même plus : ce sont des nains qui ne peuvent imaginer que la France puisse être autre chose.</p><p>En témoigne l’argument vedette de la campagne, celui qu’on peut résumer dans la formule « unis nous sommes plus forts ». On nous a répété jusqu’à la nausée que la France toute seule ne pèse rien, qu’il nous faut cette « union de 500 millions de citoyens » pour avoir du poids devant les géants que sont la Chine, la Russie et les Etats-Unis. Seulement, il faut écouter la voix de l’expérience : en quoi l’Europe nous a permis de peser quand les Etats-Unis utilisent leur appareil judiciaire et l’extraterritorialité de leurs lois pour imposer des amendes ou faire pression sur nos entreprises ? Qu’a fait cette « Europe de 500 millions de citoyens » lorsque les américains ont décidé d’imposer unilatéralement des sanctions à l’Iran et menacé les entreprises européennes qui ne les appliqueraient pas ? Rien, bien entendu. Ou plutôt si : elle a fait des moulinets, voté des motions de principe… et à l’arrivée, aucun effet. C’est Sun Tzu qui constatait déjà, six siècles avant notre ère, que la victoire ne va pas aux armées plus nombreuses, mais aux armées les plus décidées à combattre. Les européens sont peut-être une armée de 500 millions, mais leurs troupes et surtout leurs généraux n’ont pas envie de combattre. Parce que combattre, c’est dangereux, on risque de prendre des coups. Mieux vaut s’entendre avec le chef de bande, d’être dans ses bonnes grâces même s’il faut de temps en temps lui donner son goûter pour qu’il ne vous tape pas.</p><p>Il faut quelquefois sortir de son pays pour réaliser des choses qui pourtant sont évidentes. Il y a un mois, j’ai eu l’occasion de passer quelques semaines en Hollande. Un pays dont les citoyens ont leurs priorités fort claires. Leur préoccupation est de s’enrichir, de vivre dans un cadre agréable, d’avoir une belle maison dans une belle ville. Ils n’ont aucun message à transmettre à l’humanité, aucune envie de consacrer des moyens à peser dans les affaires du monde, aucune ambition qui aille au-delà du quotidien. Ils ont la vision autocentrée qu’on peut résumer dans la formule « ça m’suffit ». Et il ne faut pas se tromper : cette position, c’est celle de la plupart des européens aujourd’hui, le tintamarre écologique servant à fournir l’indispensable petit supplément d’âme.</p><p>La France, qui avait d’elle une vision qui allait un peu plus loin que cela, est en train de rentrer dans le moule « européen ». Chez nous aussi, quelque soient les rodomontades de nos hommes politiques sur la place de la France dans le monde, on est tout à fait prêts à sortir de l’histoire, à remiser le surmoi républicain dont parlait Slama au magasin des accessoires. Quels sont les dirigeants français qui aujourd’hui sont prêts à payer le prix pour continuer à peser dans les affaires du monde ? Il suffit de regarder la manière dont le budget de la Défense est traité pour répondre à cette question. Et il n’y a pas que les armées. Un a un, les laboratoires qui ont fait notre fierté ferment, les entreprises qui forment notre base industrielle disparaissent ou sont rachetées et dépecées par des intérêts étrangers, y compris en usant de pressions politiques ou judiciaires. Ou sont les grands projets nationaux industriels et scientifiques ? On les confie à l’incompétence européenne : alors que le GPS américain fonctionne depuis un quart de siècle, le projet Galileo européen a vingt ans de retard et reste confidentiel. ITER se construit à Cadarache et, financé à minima et géré en dépit du bon sens par la Commission européenne, prend un an de retard chaque année qui passe. Et surtout n’essayez pas de constituer un champion industriel national ou européen : la commission veille et mettra des bâtons dans les roues au nom de la défense des intérêts du consommateur. Et cela ne semble gêner personne. Ces sujets sont absents du débat électoral, qu’il soit national ou européen. Au fond, on votera pour celui qui maintiendra le niveau de vie – quitte à emprunter – et qui nous permettra de mener notre petite vie tranquille. On est même prêt à accepter des immigrés pour payer nos retraites. Et après nous, le déluge. C’est un point sur lequel Macron et les « gilets jaunes » sont d’accord : les maitres mots de la politique doivent être « proximité » et « quotidien ». L’éternité ? L’Histoire ? Rien à foutre. Ecoutez ceux qui vous disent que l’Euro est une bonne chose parce que cela vous permet de voyager sans avoir à changer d’argent à la banque. Ses effets globaux ? Ses conséquences à long terme ? Aucune importance. S’il y a un argument qui illustre parfaitement la médiocrité du rêve européen d’aujourd’hui, c’est bien celui-là.</p><p>C’est là peut-être l’effet le plus pernicieux de la construction européenne. Certains europhiles sincères ont pensé possible d’injecter à l’Union européenne le surmoi à la française. C’est l’inverse qui s’est passé : c’est le provincialisme de la Mitteleuropa qui l’a emporté. La grande majorité des européens aujourd’hui ne demande à l’Europe autre chose que de préserver sa richesse et son niveau de vie, rien d’autre. Et surtout pas de se mêler des affaires du monde : ça coûte cher, on peut prendre des coups et ça rapporte peu. En France, les europhiles ont lâché la proie pour l’ombre. Ils ont réussi en trente ans à tuer l’idée même d’un projet national, mais sans être capables de créer un projet européen. Ils ont construit une société profondément médiocre, bâtie essentiellement sur les peurs. La grande expérience traumatique initiatique de notre jeunesse, c’est de devoir attendre un mois les résultats de Parcoursup, son idole politique une jeune autiste obsédée par la fin du monde.</p><p>Dans ces conditions, le débat politique n’a plus aucun intérêt. Dès lors que Le Pen comme Macron, Brossat comme Bellamy, Mélenchon comme Jadot sont d’accord pour laisser aux bonzes de Bruxelles le soin de décider de l’avenir de notre pays, dès lors que leur projet est finalement le même projet, qu’est-ce que cela change de voter pour l’un plutôt que pour l’autre ? Et quel est l’intérêt de les voir s’écharper pour savoir qui est le plus écologique, qui a les plus dansé avec Bannon ou Poutine ?</p><p>Et à l’arrivée, qu’est-ce qu’on constate ? Un vote circonstanciel. Le fait que les résultats diffèrent largement des prévisions des sondages tend d’ailleurs à indiquer que le choix des électeurs est moins un choix longuement réfléchi que le résultat d’un coup de tête de dernière minute. La polarisation organisée et voulue par l’Elysée lui a permis de rejouer la stratégie de l’élection présidentielle en appelant au vote utile contre le croquemitaine « nationaliste » et de doper la participation. La manœuvre n’a que partiellement fonctionné – le RN reste le premier parti de France – mais a permis de réduire les dégâts et surtout de poursuivre le dynamitage du paysage politique français. Les partis politiques « de gouvernement » dont on attendait qu’ils organisent un véritable bipartisme en France se retrouvent laminés : à eux deux, ils ne dépassent pas les 15%. LREM se voit donc confirmé dans son rôle de parti unique des classes intermédiaires, avec EELV dans le rôle de conscience morale. Plus que jamais le RN se voit donc confirmé dans son rôle de premier opposant… et d’opposant inéligible.</p><p>Car il y a un autre enseignement de ce scrutin, et c’est l’effondrement de l’organisation qui revendiquait la fonction d’opposition à LREM, c’est-à-dire, de la France Insoumise. Avec 6,3%, elle ne retrouve même pas le résultat du Front de Gauche de 2014. Et ne parlons même pas de ses scores de 19,6% à la présidentielle et 11% au premier tour des législatives de 2017. Même s’il passe d’un cheveu devant la liste du Parti socialiste, il peut difficilement maintenant revendiquer une primauté dans l’opposition de gauche. Mélenchon aimait à dire que la force allait à la force, et que la position de leader des Insoumis dans la gauche ne laissait d’autre alternative aux autres forces que de passer par les fourches caudines d’un ralliement inconditionnel à LFI et à son chef. J’ai toujours pensé – et je l’ai écrit largement ici – que cette attitude était suicidaire, parce qu’elle supposait que les autres organisations de gauche allaient renoncer à leur autonomie sans aucune contrepartie. Je pense que le Petit Timonier a raté le coche : en 2017, plus de souplesse dans la négociation aurait pu lui permettre d’être au deuxième tour. Après la présidentielle, un peu de bienveillance aurait pu lui permettre de regrouper derrière lui une gauche déboussolée et en mal de leader. Mais cela aurait impliqué de mettre sous contrôle les tendances « gauchistes » de son mouvement. Il a préféré leur laisser la bride sur le cou, avec les résultats qu’on connaît : LFI a humilié ses alliés institutionnels potentiels tout en pratiquant le débauchage au moyen de prébendes – le cas de Leila Chaïbi ou celui d’Emmanuel Maurel, récompensés de leur ralliement par des postes de député européen, sont de ce point de vue assez emblématiques.   </p><p>En laissant les tendances « gauchistes » agir, Mélenchon a oublié la règle N°1 de tout gourou qui veut faire son chemin dans la vie, à savoir, qu’il doit recadrer régulièrement chaque groupe de son mouvement de manière qu’aucun ne puisse réclamer une primauté quelconque sur les autres, et que tous restent dépendants du gourou. Laisser un groupe prendre l’ascendant sur les autres, c’est risquer qu’il puisse remettre en cause un jour le pouvoir du gourou lui-même. Mélenchon a commis la grave erreur de laisser les « gauchistes » de son mouvement prendre le pas sur les « centristes » comme Guénolé et les « souverainistes » comme Kuzmanovic et de pratiquer une véritable chasse aux sorcières dans la constitution de la liste pour les élections européennes. Les départs fracassants qui s’en sont suivis ne sont que la partie visible d’un gros iceberg sur lequel le Titanic insoumis s’est fracassé.</p><p>Et maintenant ? Et bien, rien ne changera. Le gouvernement n’a aucune raison pour modifier sa politique, puisqu’aucune alternative pouvant lui disputer le pouvoir n’apparaît à l’horizon. Le RN est en tête mais reste aussi inéligible qu’avant, et il est difficile de voir dans les écologistes, qui ont cru nécessaire de rappeler qu’ils étaient favorables « à la liberté d’entreprendre et à l’économie de marché », une opposition sérieuse aux politiques macroniennes. L’avenir est à ceux qui ne se lèvent pas.</p><p>Descartes</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:11:40 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Pour Castaner, « l’islam de France » c’est l’islam des Frères musulmans]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Depuis 1999, nos dirigeants s’entêtent à vouloir construire « l’islam de France ». De Chevènement à Macron en passant par Sarkozy et Valls, la ligne politique aura été erratique, les objectifs flous, les moyens insuffisants. Mais surtout, le choix des interlocuteurs aura été jusqu’à aujourd’hui calamiteux permettant à l’islam consulaire de se maintenir tout en légitimant la prise de pouvoir des Frères musulmans. Dernier exemple en date: le 29 mai, le ministre des Cultes Christophe Castaner a rompu le jeûne du ramadan aux côtés du CRCM, une organisation frériste.</p>
<p>Notre ministre des Cultes, Christophe Castaner, a honoré de sa présence lors d’un dîner d’iftar (rupture du jeûne du Ramadan), le 29 mai dernier, le Conseil régional du Culte musulman d’Alsace, ce qui a offusqué le Conseil national dudit culte, actuellement aux mains des Turcs pro-Erdogan. Mais le choix de M. Castaner, avec l’accord probable du président, en dit long sur la stratégie inquiétante de l’exécutif concernant l’organisation de la religion musulmane en France. Cette dernière demeure un des angles morts de la « pensée politique » du pouvoir macronien, mais soyons honnête, c’est l’angle mort de tous les partis politiques français depuis quarante ans.</p><p dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">À <a href="https://twitter.com/hashtag/Strasbourg?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Strasbourg</a>, pour partager l’iftar du CRCM.<br />Une ville de concorde et de fraternité où le respect des sensibilités, des croyances et des convictions de chacun est naturel. <a href="https://t.co/iJeYIFEiFW">pic.twitter.com/iJeYIFEiFW</a></p><p>— Christophe Castaner (@CCastaner) <a href="https://twitter.com/CCastaner/status/1133828945709867009?ref_src=twsrc%5Etfw">29 mai 2019</a></p><p>La nouvelle génération de nos politiciens ne connait quasi rien à l’islam, son histoire, ses fondements théologiques, ses évolutions contemporaines, sa géopolitique. De même elle perpétue une « politique arabe » erratique, sans cap ni intelligence. La politique désastreuse de Nicolas Sarkozy en la matière en aura été l’illustration, projetant sur les représentants français autoproclamés de l’islam dans les années 2000, une vision simpliste mêlant la longue histoire des relations entre l’Etat et l’Eglise catholique et protestante et avec les juifs, avec la mémoire floue de la gestion de l’islam colonial algérien.</p>
<p>Sarkozy rompt la digue du Culte</p>
<p>En 2003, se prenant pour un tout petit Napoléon, Nicolas Sarkozy alors ministre des Cultes, voulait un interlocuteur : il créa le Conseil français du Culte musulman (CFCM). Il n’aura réussi qu’à adouber l’islam politique des Frères musulmans qui a rapidement mis la main sur le CFCM et ses instances régionales. Puis il a aggravé la situation durant son quinquennat en décidant que ce serait à l’aune des mètres carrés de mosquée qu’on élirait les représentants siégeant au CFCM. Résultat ? L’ouverture de la compétition générale : c’est à qui aura la plus grande mosquée pour avoir le plus d’élus ! Or qui peut financer des mosquées-cathédrales dans toutes les métropoles françaises sinon les réseaux financiers étrangers. Les subsides publics – donc l’argent du contribuable français – furent aussi utilisés pour cofinancer la construction de centres culturels islamiques annexes aux mosquées venant agrandir de facto les espaces cultuels ; et le tour est joué.</p><p>A lire aussi: <a href="https://www.causeur.fr/royaume-uni-islamophobie-definition-161811" target="_blank">L’appel de 44 intellectuels britanniques contre une définition officielle de l’islamophobie</a></p><p>Dès lors, le président Sarkozy a renforcé l’islam consulaire autant qu’il a encouragé des puissances financières islamiques étrangères (Qatar, Arabie saoudite, Emirats, Turquie) à déverser des millions pour construire des mosquées favorables à leur courant idéologique. Les islamistes des Frères musulmans et autres dérivés salafistes ont évidemment raflé la mise. Puis, le quinquennat achevé en terminant sur la catastrophe libyenne, Nicolas Sarkozy s’en est lavé les mains quand il s’est avéré que l’arrière boutique n’était pas aussi « modérée » que la vitrine qu’il avait vendue aux Français ignares en la matière. François Hollande, le président, inventa « la déradicalisation », concept fumeux qui coûta un « pognon de dingue » mais ne lui survécut pas faute d’avoir le début d’un embryon de résultat… Où l’on voit que si Emmanuel Macron met ses pas dans ceux de Nicolas Sarkozy ou de son prédécesseur, il n’en sortira rien de bon. Doit-on craindre qu’il fasse pire ?</p>
<p>« L’islam français » ne peut pas exister</p>
<p>Islam de France, en France, islam français… Autant d’expressions qui ne disent rien de la réalité. « L’islam français » tel qu’en rêvent candidement nos politiques ne peut pas exister, et ce pour différentes raisons. Les musulmans sont une minorité religieuse nouvellement installée en France depuis les années 1960 et dont le dynamisme démographique est incomparable à tout ce que la France a connu en termes de minorités religieuses. La première vague vient de divers pays, des singularités nationales qui colorent aussi pour partie leur islam ; longtemps cet islam fut dirigé à distance par les pays d’origine (Algérie, Maroc, Tunisie, etc.). La force de l’idéologie fréro-salafiste est d’avoir surmonté ses folklores nationaux d’origine pour proposer aux générations nées en France une identité « neuve » de double rupture : d’avec l’islam dit du bled et d’avec la France républicaine.</p><p>En outre, imaginer construire l’islam sur le modèle consistorial juif comme certains ont l’air de le plaider auprès du président de la République est une aberration en plus d’une stupidité anachronique : les musulmans du XXIe siècle ne ressemblent en rien aux Israélites de 1806 déjà quasi totalement assimilés quand Napoléon achève le projet d’émancipation citoyenne commencé avec le mémoire de Malesherbes adressé à Louis XVI en 1788. Au début du XIXe siècle, les juifs n’aspirent qu’à être d’authentiques Français et ne nourrissent aucune acrimonie à l’égard de la civilisation française. Ensuite, l’histoire des relations entre la France et les mondes de l’islam est singulière et complique beaucoup les choses, elle est faite de conflictualités, de guerres mémorielles, de méfiance réciproques, ce que tout le monde feint d’ignorer en glissant perpétuellement la poussière sous le tapis ou en clivant inutilement, comme le fit le candidat Macron en novembre 2016 lors de son voyage en Algérie. Enfin, et c’est sans doute le plus sérieux, que cela plaise ou pas aux candides, l’islam est un ordre politico-juridique qui ne peut pas, ne veut pas se fondre dans un ensemble social laïc qui lui préexiste, à savoir la loi de 1905.</p>
<p>La France était « une et indivisible »</p>
<p>Ce cadre où se sont inscrits, non sans peine, catholiques, protestants et juifs, les représentants qui parlent aujourd’hui au nom des Français musulmans n’en veulent pas. S’ils le voulaient vraiment comme ils le prétendent dans leurs discours devant les ministres, pourquoi ne s’entendent-ils pas depuis près de deux décennies, pour se structurer en conformité stricte avec la loi de 1905 ? Mais nous sommes, paraît-il, au temps du « patriotisme inclusif » (discours d’Emmanuel Macron devant la presse du 25 avril), de l’identité nationale « à la carte » ; quand en 1806 sous l’autoritarisme napoléonien et en 1905 au temps de la IIIe République, nous étions dans le patriotisme assimilateur qui garantissait la liberté de cultes aux individus et aux collectifs, mais rejetait toute forme de sécession politique au nom de son appartenance religieuse.</p><p>A lire aussi: <a href="https://www.causeur.fr/islam-de-france-musulmans-146022" target="_blank">L’islam de France est-il (vraiment) différent des autres?</a></p><p>La France fut en effet « une et indivisible ». Elle ne l’est plus depuis que, devant une immigration de masse qu’ils n’ont souhaité ni contenir ni analyser les effets à long terme, nos dirigeants nationaux et locaux ont décidé de pratiquer une gestion communautariste des populations. C’est cela la cause de la partition ou sécession dont tous les politiques parlent aujourd’hui comme s’ils n’y étaient pour rien : ils en sont les premiers artisans. Les minorités tyranniques ne s’affirment que quand le camp majoritaire est las ou naïf. Les hommes de la IIIe République avaient fait l’expérience de la pression religieuse dans la vie sociale et dans la vie politique, ils n’en voulaient plus. Nos politiques actuels n’ont rien connu de l’antagonisme entre un pouvoir religieux et un pouvoir civil, ils ont l’air de benêts qui pensent que la sécularisation est un fait établi qui va s’imposer par magie à tous les nouveaux venus. Ils regardent donc l’islam comme une sorte de judaïsme acariâtre ou de protestantisme belliqueux, ne comprenant pas la spécificité de la religion musulmane qui est une orthodoxie en même temps qu’une orthopraxie, qui ne délie pas pouvoir temporel et spirituel, à moins de renier le sens même de la vie du prophète de l’islam Mohamed, donc s’exposer à se renier soi-même. Le wahhabisme né en Arabie au XVIIIe siècle s’inspirait du rigorisme de l’école hanbalite (IXe siècle) et d’Ibn Taymiya (XIIIe siècle), et illustre bien que l’islamisme n’a pas attendu les impérialismes coloniaux européens ou le méchant « orientalisme » occidental pour se forger, indépendamment, en idéologie politique. Cet ordre politico-religieux consubstantiel à l’islam dès ses origines, n’a été qu’en se durcissant au gré des aléas géopolitiques du siècle écoulé, avant même l’abolition du califat par Atatürk.</p>
<p>Inculte comme un ministre des Cultes</p>
<p>Tout cela, nos dirigeants n’en ont cure car ils ne lisent plus rien d’autre que des livres de management des organisations ou de communication politique. La classe politique et médiatique actuelle est inculte sur ces sujets. La paresse intellectuelle autant que le désintérêt mâtiné de mépris pour la « chose religieuse » font que nos dirigeants et nos élites parlent sans savoir, se reposent sur quelques agents d’influence dont ils sont bien incapables la plupart de temps de déceler au nom de qui ils parlent, au nom de quels intérêts ils proposent telle ou telle organisation de l’islam en France. L’ignorance de nos dirigeants sur l’islam est dangereuse. L’islam comme religion, comme fait social, comme doctrine juridico-politique ne peut être ignoré car il s’est imposé dans notre paysage politique du fait d’une immigration de masse doublée d’un dynamisme démographique avéré.</p><p>Cette inculture justifie qu’ils se satisfassent de la situation bipolaire actuelle. D’un côté, nous avons les beaux discours islamo-républicains tenus dans les diners d’iftar où nos élus, nos ecclésiastiques, nos pasteurs et nos rabbins jouent des coudes à qui mieux-mieux, ou dans les colloques dits « interreligieux » organisés systématiquement par les autorités catholiques, protestantes ou juives pour valoriser « l’islam des Lumières », plutôt que débattre de questions théologiques qui fâchent. De l’autre côté, nous avons la réalité du terrain, l’islam à l’échelle locale qui demeure revendicatif politiquement et largement irrigué par le courant fréro-salafiste qui n’a de quiétiste que le nom car Hassan al-Banna est peu connu pour avoir œuvré en faveur de la doctrine de « la passivité dans la quête spirituelle » !</p>
<p>En marche vers « l’islam de France » macronien</p>
<p>« L’islam de France » est un projet qui n’avancera pas parce que l’islam dominant actuel ne se laisse pas enfermer dans un cadre de minorité, qui plus est au sein d’une nation d’héritage judéo-chrétien. Toutefois, le dynamisme démographique étant du côté de l’islam, ce culte doit s’organiser en tant que tel. Mais l’acte politique programmateur doit revenir à la République et à elle seule, et non aux représentants autoproclamés de l’islam en France. Car eux exigeront sans se décourager, comme ils le font depuis 1999, d’obtenir un statut spécifique, des arrangements singuliers, une place à part. Voilà pourquoi le choix de notre actuel ministre des Cultes est inquiétant. Il a négligé le CFCM aux mains des Turcs proches d’Erdogan, ce qui n’est pas une mauvaise idée en soi, mais ce fut pour aller adouber le représentant de l’islam concordataire, Abdelaq Nabaoui qui préside le Conseil régional du Culte musulman d’Alsace. A l’instar de Tareq Oubrou, autre star frériste convertie récemment au républicanisme, Nabaoui est chevalier de la Légion d’honneur depuis avril 2017, et il est aussi un ancien militant actif de l’UOIF (habilement rebaptisée à la veille de l’élection présidentielle, Musulmans de France). L’UOIF est une des associations islamiques les plus importantes de France, elle contrôle de nombreux lieux de culte, écoles, centres de formations ; elle est liée à l’échelle européenne aux Frères musulmans, même si ses chefs s’en défendent mollement.</p><p>A lire aussi: <a href="https://www.causeur.fr/voitures-incendies-sylvestre-castaner-157851" target="_blank">Incendies du Nouvel An: cette fois, Castaner n’a pas vu de « séditieux »</a></p><p>A la tête du CRCM depuis deux ans et demi, Nabaoui est un ancien aumônier des hôpitaux (et des armées de l’Est) qui a fait de Strasbourg la plateforme de lancement de l’islam de France dont rêve les ultralibéraux communautaristes pour qui l’argent est le nerf de la guerre. Beaucoup de ceux qui encensent <a href="https://www.institutmontaigne.org/ressources/pdfs/publications/rapport-un-islam-francais-est_-possible.pdf" target="_blank">le rapport El Karoui</a> de 2016 (« Un islam français est possible ») pour avoir alerté sur l’imprégnation salafiste dans la jeunesse musulmane française, oublient les recommandations de ce dernier en faveur d’une profonde modification de la loi de 1905 afin que l’Etat prenne notamment en charge le financement des édifices religieux à l’issue d’un « audit des cultes ». Pour conduire son projet, Hakim El Karoui a lancé, fin 2018, l’Association musulmane pour un islam de France (AMIF) avec l’aval de son ami Emmanuel Macron rencontré à la banque Rothschild. Les statuts ont été déposés en avril dernier. Abdelaq Nabaoui est membre de l’AMIF, plateforme préparant « l’islam de France » macronien, comme le CFCM fut le bébé de Nicolas Sarkozy. A ses côtés, la fine fleur frériste reconvertie dans le républicanisme inclusif du Nouveau Monde : Tareq Oubrou ou Mohamed Bajrafil. L’AMIF ne servirait-elle pas aussi de plateforme de labellisation républicaine pour l’idéologie frériste ? Tout cela se ferait bien sûr « à l’insu de notre plein gré », à l’instar de l’Institut des Cultures de l’Islam dont le Conseil d’administration est dirigé par un duo pour le moins surprenant : Bariza Khiari, ancienne sénatrice socialiste ralliée dès 2016 à Emmanuel Macron, et Nacira Guenif-Souilamas, sociologue proche des Indigènes de la République.</p>
<p>Christophe Castaner : « Le CRCM est un exemple, un laboratoire d’idées pour le futur de l’islam en France. »</p>
<p>A l’instar de son ami Hakim El Karoui, M. Nabaoui rêve de voir l’islam inclus dans le régime concordataire afin d’en faire la base arrière pour la construction de cet islam de France qui pourrait bénéficier des subsides publics, de libéralités pour enseigner dans les écoles publiques, etc. El Karoui écrit en 2016 dans son rapport que le régime concordataire est « un écosystème politique et juridique qui permet aux instances représentatives des musulmans de France et à la puissance publique de faire émerger un islam français. » Alors que 70% des Français sont pour l’abrogation du régime concordataire et que des militants républicains laïcs luttent vainement depuis des décennies pour son abrogation, M. Castaner vient valider le projet El Karoui/Nabaoui. Notre ministre a en effet déclaré lors de ce dîner de Ramadan : « À Strasbourg, le CRCM est un exemple, un laboratoire d’idées pour le futur de l’islam en France. » Bien sûr, Christophe Castaner a fait du « et en même temps » en jurant ses grands dieux qu’on ne toucherait pas à la loi de 1905, mais force est de constater que, dans l’indifférence générale, parce que ces sujets sont laissés dans l’ombre, l’opposition et les journalistes d’investigation font silence. Personne ne se donne la peine d’expliquer aux Français ce qui se joue, à savoir un énième blanc-seing offert aux idéologues fréristes, c’est-à-dire aux ennemis de la liberté, de l’égalité et de la démocratie. Aux ennemis de la nation.</p><p>La stratégie à la petite semaine de Christophe Castaner est révélatrice de l’indécision du pouvoir. Il y a fort à parier que si l’acte 2 du quinquennat qu’on nous annonce est aussi amateuriste et tourmenté que le premier, « l’islam de France » restera une Arlésienne car l’exécutif aura d’autres chats à fouetter. Et vu ce que prépare les amis du président, ce serait souhaitable pour le bien des musulmans eux-mêmes, pour la sécurité des Français également à long terme. Car, sous prétexte de lutter contre l’argent sale des Etats étrangers qui viendrait pourrir l’islam de France, le projet El Karoui/Nabaoui équivaut à financer l’islam avec l’argent public sans nettoyer les écuries d’Augias, à savoir déraciner l’idéologie fréro-salafiste dominante dans la plupart des quartiers où les musulmans sont quasi majoritaires. Pour réaliser un tel nettoyage, il faudrait déjà que nos élus soient informés (ou souhaitent l’être !) des pedigrees idéologiques de leurs interlocuteurs par les agents de liaison qui les mettent en relation… Mais chacun préfère l’aveuglement réciproque d’un marché de dupes.</p>
<p>Vers un Grand imam de France</p>
<p>En attendant, le statu quo permet la poursuite de la politique des intermédiaires, des agents troubles au service de différentes puissances étrangères qui tiennent chacun leur petite boutique de fidèles binationaux ; pour certains pays amis, cette gestion se fait en lien avec les services de renseignements français, ce qui n’est pas inutile. Le statu quo permet à des notables musulmans de s’embourgeoiser gentiment en se rapprochant du Roi-soleil, de troquer la calotte blanche en crochet pour le chapeau mou du Grand rabbin de France – ce personnage inventé par Napoléon – rêvant sans doute ainsi d’être adoubé un jour Grand imam de France. Le statu quo permet enfin à la confrérie des Frères musulmans transnationale et à tous les réseaux salafistes alliés, de continuer paisiblement à gangrener la population musulmane française.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:10:38 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[FICHES DE LECTURES – Michèle TRIBALAT, “Assimilation, la fin du modèle français,” (2013)]]></title>
	<description><![CDATA[<p>BIBLIOTHÈQUE VIRTUELLE – FICHES DE LECTURE</p><p>Michèle TRIBALAT, Assimilation. La fin du modèle français. , France, 2013</p><p>« Que voulons-nous d’eux ? »</p><p>FICHE TECHNIQUE</p><p>TRIBALAT (Michèle), Assimilation. La fin du modèle français, 2013, Paris, aux éditions Télégraphe / éditions du Toucan (éditeur indépendant), 349 pages, ISBN 978-2-81000-553-6.</p><p>L’AUTEUR</p><p>Michèle TRIBALAT est chercheuse à l’Institut National des Études Démographiques (INED), prestigieux établissement français chargé d’établir et d’analyser les statistiques relatives à la démographie. Spécialisée dans les questions de l’immigration et de l’intégration des étrangers en France, puis de la place de l’Islam et de sa pratique, elle s’est régulièrement élevée contre le flou des statistiques publiques en matière d’immigration et des pratiques religieuses. Depuis 2010, alors qu’elle s’était prononcée en faveur de la mise en place de statistiques dites « ethniques », statistiques réclamées également par des organisations d’immigrées (Mais refusées par d’autres) comme le Conseil Représentatif des Associations Noires de France, (CRAN, mais sous un autre nom), elle se trouve au centre d’une polémique alimentée par une partie de l’intelligentsia de gauche dont Hervé LE BRAS, brillant statisticiens français, qui a accusé Michèle TRIBALAT de vouloir renouer avec les pratiques nazies de fichage ethnique et religieux.</p><p>LE LIVRE</p><p>Le livre de Michel TRIBALAT, Assimilation. La fin du modèle français, est un livre à thèse. Et la thèse, dure, est crument exposée : les immigrés ne s’assimilent plus parce qu’ils ne sont plus tenus de le faire (La culture des élites valorisant d’autant plus le multiculturalisme qu’elles mêmes s’y sont plus confrontées), et, de ce fait, les immigrés, surtout musulmans, imposent la permanence de traits culturels forts, y compris ceux en désaccords flagrants avec les devoirs républicains, comme les limites toujours plus étendues posées à la liberté d’expression. Pour Michel TRIBALAT il s’agit d’une nouvelle « trahison des clercs », à l’échelle française mais aussi à l’échelle européenne.</p><p>Favorable au projet européen, Michel TRIBALAT n’en dénonce pas moins la dérive multi culturaliste des fonctionnaires de Bruxelles, trop soucieux de saper l’identité nationale dans une mosaïque de cultures, sans se rendre compte qu’au-delà du multi culturalisme le communautarisme menace de saper les fondements politiques communs à l’Europe : la démocratie sociale et politique.</p><p>L’immigration en France et en Europe est devenue un objet politique à part entière. L’arrivée au pouvoir des partis eurosceptiques, la montée des partis xénophobes et de l’extrême-droite, leur participation de plus en plus fréquente et de plus en plus longue aux gouvernements, leur enracinement dans les instances locales, la part prise par les questions migratoires dans les programmes politiques des autres formations l’illustrent. Et à chaque élection, l’illustrent de plus en plus.</p><p>Michèle TRIBALAT, chercheur à l’INED, tente de démêler les mécanismes de la politique migratoire, en France et en Europe, à travers la flou des statistiques mais, aussi, à travers les pétitions de principes et les multiples déclarations politiques et les directives européennes.</p><p>La France ne dispose pas d’un outil statistique pour mesurer sa population étrangère. Chaque ministère (Ministère des Affaires Étrangères, MAE, Ministère de l’Intérieur, Ministère des Affaires Sociales) dispose pour la partie qui le concerne de ses propres enquêtes statistiques, menées sur des critères qui ne se recoupent pas forcément d’un ministère à l’autre. Par ailleurs le recensement général de la population ne prenait qu’imparfaitement en compte la question de l’origine, et pas du tout les questions religieuses. Il a été supprimé, au profit d’enquêtes territoriales restreintes, qui rendent plus lointaine la possibilité d’établir des séries statistiques fiables.</p><p>La seule enquête fiable et d’envergure dont dispose la France est l’Application de Gestion centralisée des Dossiers des Ressortissants Étrangers en France (AGDREF, Ministère de l’Intérieur) dont l’INED faisait régulièrement une synthèse dans sa revue Chroniques de l’Immigration. Mais les chiffres d’AGDREF émanant du Ministère de l’Intérieur étaient plus élevés (215 000 entrées d’étrangers par an) que ceux collectés par l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSEE) qui estimait les entrées à 136 000 étrangers, soit un différentiel de 79 000 entrées représentant un écart de 58%. La revue Chroniques de l’Immigration publiant les chiffres peu consensuels d’AGDREF, elle fut supprimée (2008). Les dernières statistiques centralisées connues concernent donc la période 2008 pour des chiffres de 2006.</p><p>Ce sont donc les chiffres grossièrement sous-évalués, ceux de l’INSEE essentiellement, qui sont transmis à l’Union Européenne (UE) et à sa division statistique (EUROSTAT). La France reprenant parfois les données d’EUROSTAT pour avoir un aperçu statistique de ses propres flux migratoires, oubliant que ces chiffres d’origine soit disant européenne viennent par une grande partie de ses propre statistiques faussées.</p><p>La France se distingue en cela de ses voisins (Grande-Bretagne, Pays Bas, Danemark) qui mènent plus souvent et plus précisément des enquêtes concernant la nationalité d’origine et les pratiques religieuses. Il est parfois plus simples pour avoir des informations statistiques récentes sur la population étrangère et immigrée en France de passer par des organismes étrangers comme le Pew Forum.</p><p>Les questions du flou statistique, des outils statistiques et de la connaissance des flux migratoires sont au cœur des questions qui agitent les politiques et les démographes. Michèle TRIBALAT milite depuis de nombreuses années, et avec elle des associations d’immigrés et d’étrangers, pour des statistiques dites ethniques. Ceux qui s’y opposent mettent en avant le risque que feraient peser sur les immigrés et les étrangers de telles statistiques si un mouvement xénophobe prenait le pouvoir en France. Pour Michel TRIBALAT au contraire, seule la connaissance précise des phénomènes migratoires permettra des réponses appropriées et rapides aux questions d’intégration et d’assimilation.</p><p>Pour Michèle TRIBALAT la France est entrée depuis 2000 dans une phase d’immigration intense. Si entre 1975 et 1999 la population étrangère et immigrée avait cru de 11% (Au même rythme que le reste de la population) elle a cru en revanche de 24% entre 1999 et 2009 alors que la population native n’augmentait que de 5%. En conséquence la part des immigrés étrangers est passée de 7,4% à 8,5%, soit la plus haute proportion de son histoire. Il faut remonter à la période 1920-1926 pour avoir la même croissance de la population immigrée en France. On compte actuellement plus de 5 millions d’étrangers en France pour 65 millions d’habitants (2006).</p><p>Par rapport à ses voisins, l’immigration en France sur la période 2001-2011 est plus faible : en Espagne la population immigrée est passée de 0,9% (1991) à 12% (2011) de la population totale. En Grande-Bretagne elle a augmenté de 63% en dix ans. Si l’on prend non plus seulement la population immigrée et étrangère, mais la population immigrée et celle ayant des parents immigrés (Dite population « Immigrée sur deux générations), la France compte 19% d’immigrés et d’enfants d’immigrés, contre 20% en Allemagne, 21% aux Pays Bas, 23,5% aux États-Unis et 26% en Suède.</p><p>L’immigration sur une ou deux générations est donc forte en France comme partout en Europe. Quelle part l’immigration va prendre dans la croissance démographique de l’Europe ? Le scénario élaboré par la Commission de Bruxelles (Scénario Convergence 2010-2060) estime que sans immigration, l’Union Européenne va perdre entre 79 et 86 millions d’habitants en un demi siècle (L’indice de fécondité étant bas : 1,54 enfant par femme en Italie, 1,36 en Allemagne).</p><p>Pour la France, au vu des comportements démographiques actuels, l’immigration permettrait à la France de gagner 15 millions d’habitants sur 50 ans, faute de quoi la population française stagnerait, voire régresserait légèrement (Moins 3 millions d’habitants). Mais ce qui compte c’est l’indice synthétique de soutien (Nombre de personnes en âge d’être des actifs pour le nombre de personnes en âge d’être inactifs, soit avant 16 ans et après 67 ans). Sans immigration il passerait de 1,7 en 2007 à 1,21 en 2060, ou 1,28 avec les effets de l’immigration. Ainsi, l’immigration aura un impact majeur sur la structure démographique de la France, mais un impact très faible sur l’activité économique.</p><p>Plus important peut-être, l’indice de soutien réel (Nombre d’actifs sur les inactifs) passerait de 0,82 en 2007 à 0,56 (Sans immigration) à 0,58 (Avec immigration) en 2060, soit un apport de l’immigration de 0,02 point. Autant dire rien. L’immigration ne va donc pas compenser la détérioration de l’indice de soutien réel : il y aura, en 2060, toujours plus d’inactifs (Essentiellement des personnes âgées) que d’actifs. L’immigration n’est donc pas, selon Michèle TRIBALAT (se fondant sur les statistiques françaises, européennes et internationales) le remède universel au vieillissement de la population française.</p><p>Au sein de la population immigrée en France (Étrangère ou immigrée, sur une ou deux générations), les Musulmans en représentent la part principale. La France a la plus importante population musulmane d’Europe, exceptée la Bulgarie dont une partie de la population native est musulmane depuis le XVe siècle. Les Musulmans étaient environ 3,7 millions en France en 2006, ils étaient estimés à 4,2 millions en 2009, soit 6,7% de la population métropolitaine, 4,8 millions en 2012 soit 7,5% de la population. La France accueille 25% des musulmans d’Europe. Si elle reste à 38% catholique, 8% musulmane et 2% protestante, les personnes qui déclarent accorder beaucoup d’importance à la religion sont dans leur majorité des musulmans : les jeunes musulmans en particuliers (18 ans – 27 ans) sont 56% à accorder une grande importance à la religion (Contre 7% pour les Catholiques de la même tranche d’âge).</p><p>Les Musulmans représentent donc l’essentiel de la population immigrée (Mais plus forcément des flux migratoires actuels qui viennent d’Afrique centrale ou d’Europe de l’Est), et les Musulmans sont de plus en plus pratiquants. C’est ce qu’on appelle la désécularisation. Elle est souvent expliquée par des facteurs sociaux : la détresse économique jetant les Musulmans et leurs enfants dans les bras des imams et des prédicateurs.</p><p>Sans aucun doute la population musulmane vit dans les quartiers les plus pauvres des villes de France : ils sont 37% à vivre dans les quartiers les plus pauvres (Identifiés à travers les IRIS, Îlots Regroupés pour l’Information Statistique, unité statistique de l’INSEE de 2 000 à 5 000 habitants) alors qu’ils ne représentent que moins de 8% de la population. Ils sont 4,6 fois plus nombreux dans ces quartiers qu’ils ne le devraient. Le facteur social joue dans la mesure où les enfants d’immigrés du Sahel, du Maghreb et de Turquie (SMT) sont plus nombreux dans les quartiers aisés à accorder une importance faible à la religion que dans les quartiers pauvres.</p><p>Sur l’ensemble de l’Union Européenne (UE), les jeunes musulmans se déclarent plus religieux que leurs parents au même âge. Au contraire, les enfants d’immigrés catholiques (Les Portugais par exemple) sont en 2009 moins pratiquants que ne l’étaient leurs parents ou leurs grands frères 20 ans plus tôt, et ce même dans les quartiers pauvres. La nouvelle génération de Musulmans (étrangère, immigrée ou native), est donc plus religieuse.</p><p>La désécularisation de la population musulmane s’explique par une très forte endogamie : si 60% des Protestants se marient avec un conjoint non-protestant, ils ne sont que 11% chez les Musulmans. L’endogamie est donc très forte. 84% des enfants d’un couple comptant au moins un (Sinon les deux) parent musulman sont eux-mêmes Musulmans. Contre 60% pour les Catholique et 44% pour les Protestants.</p><p>Les Turcs sont les champions européens de l’endogamie : en France 3% seulement des jeunes filles turques arrivées enfants en France se sont mariées avec un non-Turc, 5% de l’ensemble des jeunes filles immigrées turques se sont mariées avec un non Turc. Aux Pays-Bas, 60% des Turcs se sont mariés avec des jeunes femmes turques arrivées exprès de Turquie pour le mariage.</p><p>La transmission de l’Islam s’est aussi améliorée : si 43% des parents musulmans arrivés entre 1950 et 1960 ont transmis leur religion, c’est le double un demi-siècle plus tard. Entre 1960 et 1970, 24% des enfants de parents musulmans avaient reçu une éducation religieuse, c’est 55% en 1990. Le double donc.</p><p>La population musulmane en France va prendre une place croissante dans la population française. Son accroissement démographique naturel étant égal en quantité à celui des Français natifs, soit un taux d’accroissement naturel 12 fois supérieur à celui des Français natifs, de deux parents français (Ceux que Michèle TRIBALAT appelle les « natifs au carré », faute de pouvoir dire les « Français de souche »). Avec une réduction de l’indice de fécondité de 2,8 (2007) à 2,4 (2030), le Pew Forum estime que les Musulmans en France seront 7 millions en 2020 et 9 millions en 2030. Soit une croissance de 46% en 20 ans. La France en 2030 comptera donc encore 23% des Musulmans de l’UE, qui seront 30 millions, soit 6% de la population européenne totale estimée.</p><p>Si les Musulmans sont plus nombreux qu’avant (1950-1980), et si l’Islam se transmet mieux qu’avant au sein des familles, l’Islam est aussi plus visible en France qu’auparavant. On peut le mesurer au port du voile : 19% des 18-50 ans des Musulmanes le portent, mais elles ne sont que 9% dans les quartiers riches. Ce qui veut dire que vous allez croiser une femme voilée sur 300 dans les quartiers riches contre une femme sur 12 dans les quartiers pauvres. Cela veut dire aussi que la pression sur les femmes musulmanes à porter le voile sera plus forte dans les quartiers pauvres.</p><p>Le degré de qualification joue sur le port du voile : si 35% des femmes musulmanes sans diplôme le portent, elles ne sont 12% pour celles ayant un diplôme universitaire. Les interdits alimentaires sont également plus respectés : si 80% des 18 ans – 50 ans déclarent les respecter toujours, ils sont 90% dans la tranche d’âge des moins de 18 ans (Et 94% chez les femmes). À cette visibilité accrue s’ajoute aussi une revendication accrue : des associations islamiques sont en France, comme en Europe, de plus en plus nombreuses à demander un respect des pratiques religieuses islamiques, y compris dans les écoles et y compris de la part des non-musulmans. La condamnation (Fatwa) de Salam RUSHDIE après la parution des Versets sataniques (1988) a ouvert la voie à un mouvement général d’abdication des pouvoirs publics et des élites devant les revendications des associations islamiques les plus agressives.</p><p>Face à cette visibilité accrue de l’islam et ces revendications accrues, les populations natives ont répondu de manière différenciée en fonction de leur niveau social. Les classes populaires (Ouvriers et employés) se sont retranchées dans les villes moyennes et petites (20 000 habitants), refusant la cohabitation avec une population immigrée musulmane de plus en plus visible et revendicative. Les classes populaires ont refusé d’être « touristes chez eux » pour s’isoler hors des grandes agglomérations. Les élites au contraire ont fait une promotion hypocrite de la diversité ethnique et culturelle, valorisant d’autant plus l’Autre qu’elles n’avaient pas à le côtoyer réellement.</p><p>La gauche en France a d’ailleurs abandonné l’électorat prolétaire, qu’elle a jugé trop éloigné de ses valeurs multiculturalistes, pour développer une thématique politique à destination des minorités (Ethniques, religieuses, sexuelles, de genre…) plus enclines selon elle à voter socialiste. Le Think Tank Terra Nova a été dans cette dynamique d’abandon des classes prolétaires la matrice idéologique du Parti Socialiste (PS).</p><p>L’assimilation, qui impose aux immigrés un référentiel cultuel établi d’après les normes du pays d’accueil, n’est donc plus au programme. La culture du dénigrement de la France est érigée en réflexe de pensée par les élites et les médias : les guerres mondiales et coloniales ayant abattu l’image positive que la France avait d’elle-même. Désormais l’Autre est valorisé a priori, de même que ce qui est français est dévalorisé systématiquement.</p><p>La France s’aligne donc sur les politiques des pays du Nord (Grande Bretagne, Belgique, Pays Bas), alors que ces mêmes pays remettent au même moment en question leur propre modèle multiculturel. Elle le fait d’autant plus aisément que l’Union Européenne (UE) encourage le modèle multiculturel.</p><p>Pour les eurocrates, en effet, l’affaiblissement de l’idée de nation renforce ses dynamiques de prise de contrôle de pans entiers de la souveraineté des États. Les élites françaises (Politiques, culturelles et médiatiques) sont des alliées objectives des fonctionnaires de Bruxelles en acceptant le transfert en France du modèle migratoire européen au détriment du modèle assimilationniste français. Alors même qu’elles n’ont pas à subir les conséquences du passage d’un modèle à un autre.</p><p>L’abandon du modèle assimilationniste est d’autant plus incompréhensible en terme démocratique que tous les signaux politiques et électoraux montrent que les classes populaires européennes sont farouchement hostiles à la perte de leurs identités nationales.</p><p>L’EXTRAIT</p><p>« Les natifs n’intéressent plus guère. »</p><p>« […] Les difficultés propres à ces natifs au carré (1) des catégories populaires n’intéressent plus guère. Terra Nova (2) brosse d’eux un portrait en creux dévastateur :</p><p>– ils incarnent la France d’hier et sont ainsi privés d’avenir ;</p><p>– ils résistent au changement et sont ainsi une entrave au progrès ;</p><p>– ils sont intolérants ;</p><p>– ils sont fermés, sur la défensive, indifférents aux autres et pessimistes.</p><p>                Ils n’ont rien pour plaire et ne peuvent qu’éprouver un fort ressentiment face à l’abandon de la gauche qui, si elle n’a pas endossée publiquement le programme de Terra Nova, est marquée par l’influence de ce groupe de réflexion. […] Ces natifs au carré […] regardent avec envie les efforts entrepris pour rendre plus agréables les fameux « quartiers populaires ». On a ainsi dépensé, dans le cadre du plan de rénovation urbaine […] 600 millions d’euros pour rénover le plateau de Clichy-sous-Bois / Montfermeil, soit une dépense d’environ 40 000 euros par habitant. […] Le lieu d’habitat des natifs au carré des catégories populaires les place souvent en dehors des zones bénéficiant de ces politiques sociales, zones qui sont aussi intégrées dans des périphéries urbaines très dynamiques. Un mélange d’exigence sur le mode de vie et d’absence de moyens financiers pour la satisfaire dans une zone fortement urbanisée les renvoie à la périphérie des centres urbains, dans des petites villes ou à la campagne où se trouvent encore quelques emplois industriels. Les catégories les plus favorisées n’ont pas de problème à faire coïncider leurs exigences avec un environnement urbain où elles peuvent facilement échapper aux nuisances.</p><p>[…] Dans les zones faiblement urbanisées, les ouvriers natifs au carré évitent les contextes les plus difficiles auxquels 9% d’entre eux sont confrontés dans les grandes unités urbaines où seulement 20% d’entre eux résident. Les cadres maximisent leur environnement social dans les grandes villes, les ouvriers dans les petites ou à la campagne.</p><p>En résidant dans de petites communes périphériques, les natifs au carré des catégories populaires réussissent à éviter les concentrations ethniques importantes auxquels ils seraient confrontés dans les grandes agglomérations. […]</p><p>Pour que l’assimilation fonctionne, les natifs au carré doivent aussi avoir le sentiment qu’ils exercent un ascendant culturel reconnu par l’ensemble du corps social, élites comprises qui sont celles qui distribuent les bons et les mauvais points. Or leur ascendant culturel est contesté […] par ces élites pour qui toutes les cultures ont un même droit de cité. La séparation devient alors la conduite rationnelle des catégories populaires pour protéger leurs propres modes de vie. […] »</p><p>(1) Natifs au carré : c’est ainsi que Michèle TRIBALAT nomme les citoyens français de parents eux-mêmes français. Ils sont donc natifs de natifs. D’où l’expression de natifs au carré. L’expression peu heureuse fait suite aux critiques formulées à l’encontre de Michèle TRIBALAT qui auparavant parlait des « Français de souche », expression jugée xénophobes par une partie de la gauche française. Notes de Erwan Bertho.</p><p>(2) Terra Nova : association de gauche proposant des idées forces dans le domaine politique (Think Tank) jugée par Michèle TRIBALAT responsable sur recentrement sur les minorités visibles des préoccupations du Parti Socialiste.</p><p>TRIBALAT (2013), pages 262 ; 263 ; 264 et 267. → Retrouvez cette fiche sur Pack Histoire-Géographie/Bibliothèque virtuelle, sur Serveur Docs/Public/Pack Histoire-Géographie/Bibliothèque virtuelle et sur histgeolaf.toile-libre.org/Bibliothèque virtuelle. © Erwan BERTHO.</p><p>→ Pour revenir à l’index des fiches de lectures classées par genre de la bibliothèque virtuelle, <a title="BIBLIOTHÈQUE VIRTUELLE – FICHES DE LECTURE – Index, « Index par genre des oeuvres présentées. »" href="http://www.hglycee.fr/?p=2961" target="_blank">cliquez ici</a>.</p><p>→ Pour revenir à l’index des fiches de lectures classées par auteurs de la bibliothèque virtuelle, <a title="BIBLIOTHÈQUE VIRTUELLE – FICHES DE LECTURE – Index, « Index par auteurs. »" href="http://www.hglycee.fr/?p=3109" target="_blank">cliquez ici</a>.</p>
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]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:03:31 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/413/charles-rojzman-10022019</link>
	<title><![CDATA[Charles Rojzman / 10/02/2019]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Ecrit dans les débuts des "gilets jaunes" : Au fur et à mesure que se rapproche l’échéance de samedi prochain, l’hystérie collective s’étend et touche désormais pratiquement de nombreux habitants de ce pays. Les ennemis se révèlent, les paranoïas se réveillent, avec leur cortège de discours incendiaires, à teneur souvent complotiste. Les « gilets jaunes » véritables sont désormais pris dans le piège des extrémismes de droite et de gauche, à moins d’un réveil peu probable de ce cauchemar.</p><p>L’origine proche de ce désastre, on la connait. Elle part d’une colère légitime d’une grande partie du peuple entraîné malgré lui dans une chute sociale et qui compare son sort précaire avec des privilèges étalés au grand jour. Mais on méconnait l’origine lointaine de ce désastre : ces dizaines d’années de ressentiments accumulés qui ont abouti à des haines, désormais clamées au grand jour. Les violences civiles que je pressentais depuis longtemps au vu des divisions du pays, manifestées d’abord à propos de la question de l’islam et de l’immigration, se sont tournées vers celui qui représente l’autorité suprême, le Président de la République. Rien de plus banal. Le premier pas vers la guerre civile, c’est la mise en cause du chef, surtout si celui-ci montre sa faiblesse. Or, ce garant de la solidité des institutions ne s’est pas montré à la hauteur d’une fonction qu’il a discrédité par ses errements caractériels et ses alliances fragiles ou ténébreuses.</p><p>Les violences du quotidien, l’insécurité grandissante, la peur de perdre son identité culturelle ont donné le sentiment à beaucoup de gens qu’ils ne pouvaient plus changer leur destin et ce sentiment d’impuissance a été renforcé par le cynisme ou l’inconscience des pouvoirs.</p><p>La suite des événements est incertaine. Beaucoup de choses dépendent de ce qui se passer samedi, en particulier de la capacité de l’Etat à faire face à toutes ces colères divergentes mais réunies pour l’occasion. La raison va-t-elle l’emporter sur les rêves chimériques d’un grand soir et permettre, en profitant de cette crise, la transformation de ce pays sur le moyen le long terme? Rien n’est moins sûr. Comme le dit Carl Gustav Jung: "En présence d'une situation donnée, la discussion basée sur des arguments de raison ne demeure possible et n'a de chances d'aboutir que tant que le potentiel émotionnel inhérent à la situation n'a pas dépassé un certain seuil critique. Dès que ce dernier est franchi par la température affective et l'émotivité, les possibilités et l'efficacité de la raison se trouvent anéanties; s'y substituent des slogans et des désirs chimériques et fumeux; c'est-à-dire que la raison fait place à une espèce d'état de possession collective qui se propage à la manière d'une épidémie psychique."</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 20:52:58 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/405/impressionnante-bravo-elisabeth-christian-barbaray</link>
	<title><![CDATA[Impressionnante : BRAVO ! Elisabeth... - Christian Barbaray]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Impressionnante : BRAVO !</p><p>Elisabeth Moreno, née à Tarrafal, au nord de l'île de Santiago (Cap-Vert), est l'aînée d'une fratrie de six enfants. Son père travaille sur les chantiers et sa mère fait des ménages, ses deux parents ne savent ni lire ni écrire. Sa famille émigre en France en 1977, et s'installe dans une cité d'Athis-Mons, dans l'Essonne, pour trouver une structure hospitalière pouvant accueillir une de ses sœurs, gravement brûlée dans un accident domestique.</p><p>En tant qu'aînée, elle est bien souvent la deuxième maman : « Très tôt, j'ai ressenti le besoin d'être un soutien pour ma famille. J'ai construit ma vie en ce sens, en essayant de trouver les solutions qui pourraient l'aider. D'autant plus que mes parents ne savaient pas lire ni écrire. Vous savez, j'ai finalement un parcours d'émigrée classique. Mais cela n'a jamais été un poids. »</p><p>À l'école, une orientation vers un CAP lui est proposée, ce qu'elle refuse en souhaitant poursuivre vers un bac littéraire, puis de faire des études supérieures de droit, afin de devenir avocate. Après une maîtrise, finalement en droit des affaires à l’université Paris XII, elle débute dans un cabinet juridique.</p><p>En 1991, elle fonde une entreprise du bâtiment avec son mari, une société qui compte jusqu'à 30 collaborateurs</p><p>En 1998, après avoir divorcé, elle prend un poste chez France Telecom pour piloter les ventes PME et PMI de la région Paris Sud. En 2002, elle passe chez Dell comme directrice des grands comptes et y reste dix ans, passe par la la division marocaine du groupe, puis est promue directrice commerciale EMEA (Europe Moyen Orient Afrique) de Dell pour les grands comptes stratégiques, lors de son retour en France. Elle bénéficie de la possibilité, également, durant son parcours dans cette entreprise, de reprendre temporairement des études à 35 ans en 2006, pour obtenir un Executive MBA à l'ESSEC et à l'université de Mannheim en Allemagne. Elle devient également juge consulaire bénévole au tribunal de commerce de Bobigny en janvier 2015, après une formation à l'École nationale de la magistrature</p><p>Elle a également des engagements associatifs, ayant notamment participé à la fondation, avec d'autres Cap-verdiens, du Cabo Verde business club en 2005, et de la Casa Cabo Verde de 2008 à 2011, avec des actions tournées vers la diaspora cap-verdienne en France.</p><p>En 2012, elle est recrutée par Lenovo comme directrice commerciale Europe. Cinq ans plus tard, en 2017, elle devient présidente directrice générale France du groupe Lenovo. Ses parents rentrent au Cap vert, pour y tenir un hôtel, mais continuent à suivre, avec une certaine fierté, son parcours.</p><p>En janvier 2019, elle est nommée présidente de HP Afrique, et s'installe, avec son second mari et une de ses deux filles en Afrique du Sud</p><p>Le 6 juillet 2020, elle est nommée, dans le gouvernement Castex, ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l'égalité des chances, en remplacement de Marlène Schiappa.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 20:51:51 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/404/les-traore-ces-grands-charly-karl-ekoule-maneng</link>
	<title><![CDATA[Les Traoré, ces grands... - Charly Karl Ékoulé Maneng]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Les Traoré, ces grands esclavagistes oubliés<br />Texte de Yaya sy</p><p>Voici donc ce qu'on peut qualifier de "résumé" par Isabelle Deakin-Brown : « La famille Traoré, victime auto-proclamée de racisme, hurle sur tous les toits que l'homme blanc est un esclavagiste par nature. Ces ancêtres, affirme-t-elle ont été réduits en esclavage par l'oppresseur blanc. Il n'y a rien de plus injuste et de plus abominable que l'esclavagiste blanc.<br />Mais l'Histoire montre une origine bien différente de la famille Traoré :<br />Le nom de Traoré est une déformation du nom de Tarawélé, un des quarante-quatre clans de l’ethnie Soninké, ethnie qui s’étend essentiellement en Afrique de l’Ouest sahélienne. Dans l’empire du Ghana, les soninkés se disaient “enfants de la chasse” et le groupe qui nous intéresse prit le nom patronymique de Tarawélé ou Traoré après l’occupation du royaume par Diabé Cissé.<br />Après leur conversion à l’islam au XIème siècle, les Soninkés se sont dispersés en Afrique de l’Ouest pour fonder, entre autres, le royaume de Galam, spécialisé dans le commerce de l’or, de la gomme arabique et … des esclaves … capturés dans d’autres tribus et vendus sans aucun état d’âme, non pas aux méchants blancs mais aux Maures dont ce commerce était la spécialité. Le commerce avec les Européens viendra plus tard et ne sera que la continuité des traites négrières arabo-musulmanes.<br />La société soninké évoluera très vite et ce, dès l’époque précoloniale, vers un modèle esclavagiste extrêmement brutal. A la fin du XIXème siècle, alors que les blancs ont aboli l’esclavage depuis un demi-siècle, la société soninké compte près de la moitié d’esclaves qu’il faut réprimer par la violence et parquer dans des quartiers réservés. Ces malheureux captifs ne connaîtront l’affranchissement qu’à partir du début du XXème siècle sous l’influence des vilains occidentaux colonisateurs.<br />Il est à noter que les traditions ont la vie dure chez les Soninkés puisque des cas d’esclavagisme perdurent encore de nos jours dans leur société en particulier en Mauritanie, les Maures et les Soninkés étant depuis toujours les spécialistes de ce type de commerce.<br />Le clan Traoré peut certes fièrement porter ses origines soninkés mais il serait de bon ton que toute la famille mette un genou en terre et demande pardon au nom de ses ancêtres aux autres populations africaines maltraitées par eux. Traoré, à esclavagistes, esclavagistes et demi ?»</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 18:33:15 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Jacques Julliard : « La suppression de l’ENA est de la poudre aux yeux ! »]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Il y a vingt ans, Jacques Julliard démissionnait avec fracas du conseil d'administration de l'ENA. Dans une lettre au président du conseil d'administration, Renaud Denoix de Saint-Marc, publiée par son ancien journal Le Nouvel Observateur, l'historien justifiait son départ par « le malaise qui depuis des années plane autour des fonctions de l'ENA et de sa place au sein des élites du pays ». Il plaidait pour une réforme ambitieuse de l'école – sans demander sa suppression — et voyait dans le classement de sortie la fabrication d'une « aristocratie d'État » éloignée des préoccupations du pays. <a href="https://www.lepoint.fr/tags/emmanuel-macron" class="Link Link--entity">Emmanuel Macron</a> vient d'annoncer le remplacement de l'ENA par un Institut du service public, qu'il veut plus ouvert sur la société, tout en conservant le très critiqué classement de sortie…</p>
<p>Le Point : <a href="https://www.lepoint.fr/tags/pierre-bourdieu" class="Link Link--entity">Pierre Bourdieu</a>, qui fut l'auteur de La Noblesse d'État (1989) et le pourfendeur de l'ENA, semble avoir été entendu. <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/politique/suppression-de-l-ena-ce-qui-va-vraiment-changer-08-04-2021-2421355_20.php#xtmc=macron-ena&amp;xtnp=1&amp;xtcr=7" title="">Emmanuel Macron va donc supprimer l'école d'administration</a> et la remplacer par un « Institut du service public » (ISP). Qu'en pense celui qui a démissionné avec fracas du conseil d'administration de l'ENA en 2000 ?</p><p>Jacques Julliard* : D'abord, s'agissant de la noblesse d'État théorisée par Bourdieu, je tiens à dire qu'aucun pays ne se passe d'une élite dirigeante. L'idée d'égalitarisme et de nivellement est absurde, car il vaut mieux contrôler les élites plutôt que de les laisser se développer seules.Pour ce qui est de la décision du président, en dehors de la tentation de faire un coup ou de prendre le contre-pied de ce qu'on le soupçonne d'être, c'est-à-dire l'homme de « l'énarchie », je ne la comprends pas. D'autant plus qu'on nous annonce que l'on va conserver le concours de sortie. Or, si j'ai démissionné du conseil d'administration de l'ENA, c'est bien pour cette raison. À l'époque, j'avais saisi le conseil d'administration car je voulais qu'on remette en cause ce classement de sortie qui fait que des « fils d'archevêques », parce qu'ils ont été premiers au concours de sortie, vont toute leur vie dominer la société. Une société à laquelle ils sont souvent peu associés…</p><p>L'idée du président est de mettre plus de diversité sociale dans la formation des élites…</p><p>Le principe de l'ENA, fondée par <a href="https://www.lepoint.fr/tags/michel-debre" class="Link Link--entity">Michel Debré</a> et de Gaulle, était de résister aux formes de copinage qu'il y a dans la désignation de la haute fonction publique. Le principe était excellent et a produit toute une série d'hommes de qualité, des énarques qui ont été pour beaucoup dans la planification à la française et ont constitué, à la fin de la IVe République et surtout sous de Gaulle, le moteur du renouvellement et de l'enrichissement de la <a href="https://www.lepoint.fr/tags/france" class="Link Link--entity">France</a>. Alors, réformer l'ENA tout en conservant ce concours de sortie est un contresens. De la poudre aux yeux ! On sera bien avancé s'il y a des fils d'ouvriers, de paysans et des classes moyennes dans la future ENA et qu'on laisse se développer, avec ce classement, la coupure entre les élites et le peuple.</p><p>Comment « reconnecter » ces futurs hauts fonctionnaires ?</p><p>Il est normal que même les meilleurs d'entre eux passent par l'expérience d'une préfecture ou d'une administration régionale. Il faut les obliger à se mêler à la population dès le début de leur formation. Tous les élèves disent d'ailleurs que le plus efficace, ce n'est pas l'école mais les stages. On avance l'idée qu'il faut démocratiser le recrutement, j'y suis favorable, mais il ne faut pas confondre la démocratisation du corps des fonctionnaires avec la démocratisation de leur action.</p><p>Cette coupure entre eux et la société ne précède-t-elle pas leur passage à l'ENA ? Entre 60 et 70 % des élèves de l'ENA sont passés par Sciences Po…</p><p>La démocratisation, il faut en effet la prendre de plus haut, idéalement dès l'enseignement secondaire. Mais malheureusement, ce qui a été fait depuis vingt ans dans l'Éducation nationale est une catastrophe. Sous prétexte de faciliter l'accès aux classes populaires, Sciences Po a supprimé la culture générale dans son concours d'entrée. Si on nous démontre, par exemple, que les classes populaires ont des difficultés en mathématiques, va-t-on les supprimer ? La République est un système égalitaire qui vise à l'excellence. Si on ne tient pas ces deux bouts, on tombe dans le « velléitarisme » que je déplore chez Macron et qui me donne le tournis…</p><p>Pour quelle raison ?</p><p>Quand il fait quelque chose, il compense par autre chose. C'est la définition du « en même temps »…</p><p>Cette question de la déconnexion des élites est revenue de façon criante avec la crise des Gilets jaunes. Or cette déconnexion, et peut-être le payent-ils, se vérifie chez beaucoup de députés En marche ! qui n'ont pas fait l'ENA…</p><p>L'interdiction du cumul des mandats pour les politiques fait qu'un député n'a plus l'expérience du terrain. Les maires, eux, restent très populaires, quelle que soit leur couleur politique. Ils ont un lien avec la population. Avec le non-cumul, on a créé une classe politique nationale avec des élus au Parlement très déconnectés des réalités du pays. J'en veux pour preuve l'organisation d'un débat à l'Assemblée nationale sur l'euthanasie dans le contexte sanitaire actuel. Il n'y a qu'en France qu'on voit ça !</p><p>*Auteur de « Carnets inédits, 1987-2020 », Bouquins, 1 152 p., 32 €.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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