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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de France]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 07:13:07 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Pour ou contre l’écriture inclusive? Deux linguistes débattent]]></title>
	<description><![CDATA[<p>INTERVIEW - Julie Neveux, maîtresse de conférences en linguistique, et Franck Neveu, professeur de linguistique française, s’opposent sur l’utilité de cette graphie controversée.</p><p class="fig-paragraph">Depuis son apparition, l’écriture inclusive cristallise les passions. Qu’elle s’invite à l’université, dans des médias ou au sein des sphères de l’Etat, à chaque fois son utilisation crée le débat. Franck Neveu, professeur de linguistique française à la Sorbonne, et Julie Neveux, maîtresse de conférences en linguistique à la Sorbonne et <a href="https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/je-parle-comme-je-suis-portrait-de-la-france-a-travers-ses-nouveaux-mots-20201004" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">auteure de Je parle comme je suis (Grasset)</a>, ne sont pas d’accord sur son emploi et sa signification. Pour le premier, cette graphie sous-tend «une idéologie», quand pour la seconde, elle est «une nouvelle ressource linguistique disponible».</p><p class="fig-paragraph"><a href="https://www.lefigaro.fr/actualite-france/ecriture-inclusive-les-incoherences-d-un-systeme-complexe-20210223" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">» LIRE AUSSI - Écriture inclusive: les incohérences d’un système complexe</a></p><p class="fig-paragraph">LE FIGARO. - Que vous inspire l’écriture inclusive?</p><p class="fig-paragraph">Julie NEVEUX. - Je suis stupéfaite de la violence des débats autour de l’écriture inclusive, qui me rappellent à quel point la langue est politique, à quel point elle est un enjeu de pouvoir et à ce titre soumise à des jeux de négociation permanents. Pourquoi tant de haine de part et d’autre? De la part des puristes de la langue, qui pensent que leur objet chéri est menacé par ces barbares militantes, mais aussi de la part de certain(e)s défenseuses et défenseurs de ce type d’écriture, qui croient à tort qu’on peut imposer à tous une façon d’écrire ou de parler…</p><p class="fig-paragraph">La langue en réalité, s’accommode mal des positions dogmatiques, elle vit sa vie plus tranquillement assez loin des débats; elle accompagne et reflète les changements profonds de nos sociétés, mais en douceur. Ainsi un volet majeur de l’écriture inclusive, le volet lexical, qui consiste à re-féminiser les noms de métier, comme «autrice» (que trois siècles de domination patriarcale avaient tout simplement évacués alors qu’ils existaient depuis le latin!) s’installe peu à peu dans la pratique des francophones.</p><p class="fig-paragraph">On peut voir en l’écriture inclusive non pas une menace terrible, mais une nouvelle ressource linguistique disponible. Dont on peut, selon ses convictions, aussi selon les habitudes nouvelles qui seront prises, se servir. Mais encore faut-il être mieux éclairé sur les termes du débat. Il ne s’agit pas seulement, loin s’en faut, de points médians. L’écriture inclusive comprend en fait trois aspects: l’aspect lexical (féminisation des noms de métiers), lancé au Québec dans les années 1970, arrivé en France près de quarante ans plus tard; l’aspect syntaxique, avec l’accord de proximité (dire «les auteurs et les actrices sont créatives» en accordant «créatives» au nom le plus proche, ici le féminin, ce qui était une possibilité jusqu’au 17e siècle); et enfin l’épineux point médian, aspect purement graphique de l’écriture inclusive et proposition qui crée le plus de polémique.</p><p class="fig-paragraph">Franck NEVEU. - On sait à présent que ce que l’on appelle «inclusivisme» dans le domaine de la langue ne saurait en aucune manière se limiter à des questions d’ajustement graphique ou d’usage du lexique. Il ne s’agit pas d’équilibrer les usages du masculin et du féminin dans le discours, comme on le fait avec la nécessaire et légitime féminisation des noms de métiers.</p><p class="fig-paragraph">L’inclusivisme, comme idéologie, ne saurait être isolé d’un vaste mouvement entropique qui fait émerger un déconstructionnisme où prévaut la dialectique dominant/dominé. Celle-ci s’évertue à dénoncer en permanence la prétendue mainmise du patriarcat sur les emplois de la langue française, et à revendiquer la visibilité, dans les échanges privés comme institutionnels, des usages communautaires de la langue. Avec les traces laissées dans les emplois de la langue par l’inclusivisme on a quitté la fonction linguistique. Il s’agit souvent de tags qui servent de surligneurs idéologiques.</p><p class="fig-paragraph">Nombre d’études ont fait apparaître les incohérences de l’écriture inclusive, l’irrégularité de son application, le développement des aberrations linguistiques qu’elle impose (on a pu voir récemment préconisé au Québec l’usage de «membresse» pour membre au féminin ; ou plus proche de nous une affiche diffusée dans la ville de Montreuil portant les mentions «marché paysan.ne», «produits fermier.e.s»).</p><p class="fig-paragraph">Il est un point à souligner. L’extension de fait de l’écriture «inclusive» est en train de se transformer en application de droit. Contrairement à ce que l’on croit l’écriture «inclusive» n’a pas vocation à rester une option pour ceux qui la défendent, elle vise à s’imposer et à étendre son contrôle à tous les niveaux de l’usage linguistique. Ce qu’elle ferait d’autant plus facilement par l’immixtion mentale de l’autocensure: pour qui est-ce que je vais passer si je ne fais pas l’effort de l’inclusivisme linguistique.</p><p class="fig-quote__text">« La réalité à laquelle s’attache l’écriture dite « inclusive » n’a rien à voir avec la langue. Elle s’attache à une réalité sociale et politique »</p>
<p>Franck Neveu</p>
<p class="fig-paragraph">Ajouter des points médians permet-il vraiment de donner plus d’égalité, de visibilité des femmes?</p><p class="fig-paragraph">Julie NEVEUX. - Les points médians ne sont qu’une des solutions proposées pour redonner plus de visibilité aux femmes. Pour celles et ceux qui défendent cette écriture, la réponse est oui. Ecrire les auteurs.trices serait faire acte de justice dans la langue, en nommant celles à qui les autorités linguistiques ont fait barrage à partir de la moitié du XVIIe siècle, leur interdisant d’accéder aux métiers de prestige (dont celui de l’écrivain, dont le statut se professionnalise à l’époque, devenant un enjeu économique et social majeur).</p><p class="fig-paragraph">Je pense à un propos récemment tenu par Madame le Président de l’Académie Française, Hélène Carrère d’Encausse, propos rapporté par <a href="https://www.franceculture.fr/sciences-du-langage/a-lacademie-francaise-refuse-toujours-la-feminisation-des-mots-sauf-pour-la-covid" target="_blank" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE">Frédéric Martel</a>: «Si Madame Hidalgo veut se faire appeler Madame la Maire, c’est son droit. Je respecte son choix. Mais “la maire”, ce n’est vraiment pas beau». Mais, pour que la maire de Paris puisse s’autoriser à se désigner comme «la maire», il faut que cette ressource soit disponible! Et tous les arguments esthétiques («autrice» et «la» maire seraient laids) ne reposent que sur une très longue habitude. Est jugé laid ce qui phonétiquement n’est pas habituel. Linguistiquement, nous sommes tous, spontanément, réactionnaires! Alors, si certaines décisions linguistiques peuvent aider la langue à être plus en accord avec la société qui la parle, tant mieux. La langue reflète la société, mais avec parfois un temps de retard.</p><p class="fig-paragraph">À VOIR AUSSI - Écriture inclusive: faut-il l’interdire dans l’administration?</p><p class="fig-paragraph">Franck NEVEU. - Ni les points médians ni aucune autre marque d’«inclusivisme» appliquée à l’usage de la langue ne peut avoir d’effet sur la place des femmes dans la société, ni sur les représentations que l’on peut en avoir. La langue, même «policée», ne saurait prémunir contre les idéologies discriminatoires ou les injustices sociales. Il est curieux d’avoir à rappeler au XXIe siècle que le mot arbre et l’arbre ce n’est pas la même chose. La réalité à laquelle s’attache l’écriture dite «inclusive» n’a rien à voir avec la langue. Elle s’attache à une réalité sociale et politique. Comme le rappelle Jean-Claude Milner dans un entretien à paraître dans la revue Cités (PUF, n° 86, p. 129): «À ceux qui croient qu’en généralisant l’écriture inclusive on aura changé la réalité je pourrais répondre qu’ils retrouvent très exactement ce que Marx dénonçait comme idéologie: image inversée de la réalité. On invente une convention orthographique, pour ne pas regarder la réalité en face. […] Croire qu’en manipulant les signes inscrits sur un support, on change le monde, c’est pire que de l’idéologie, c’est de la pensée magique. Le temps des runes est revenu». L’écriture «inclusive» ne dit pas ce qui est, mais ce qui, pour ses thuriféraires, devrait être. Lorsque l’on charge la langue de la mission de refléter dans la conscience linguistique non ce qui est mais ce qui doit être, on en fait une langue artificielle, c’est-à-dire un instrument idéologique mis au service de l’expression verbale du dogmatisme.</p><p class="fig-quote__text">« Les anglophones pratiquent beaucoup plus que nous les mots épicènes pour neutraliser la langue »</p>
<p>Julie Neveux</p>
<p class="fig-paragraph">Les défenseurs de l’écriture inclusive confondraient-ils la question du genre avec le sexe?</p><p class="fig-paragraph">Julie NEVEUX. - Non! Ils sont tout à fait au courant bien sûr que le genre de la grammaire n’est pas toujours un indicateur du sexe; et qu’il est, le plus souvent, complètement aléatoire. Beaucoup d’objets inanimés sont ainsi au masculin sans qu’on puisse s’expliquer pourquoi, à part à remonter le cours du temps et regarder leur étymologie. «Le livre» que l’on lit est au masculin, car «liber» était masculin en latin, tandis que «la livre», unité de mesure, vient du féminin en latin «libra».. Il n’y a que pour les personnes qu’on se pose la question du sexe, et que les partisan(s) de l’écriture inclusive revendiquent que le féminin se voie. Et encore. Si je dis «personne», justement, je ne vous donne aucune indication sur le sexe. C’est ce qu’on appelle un terme «épicène», dont l’emploi fait partie des recommandations de tenants de l’écriture inclusive. Les anglophones pratiquent beaucoup plus que nous les mots épicènes pour neutraliser la langue. C’est une solution sans doute plus consensuelle. Car il est sûr que l’étiquette «masculin» est peu heureuse et n’apaise pas le débat. Il serait d’ailleurs plus pertinent, d’un point de vue linguistique, de parler de forme non marquée (par défaut), et de forme marquée (le féminin). Tout le débat tient en réalité là: dans cette question de marque, du féminin; mais aussi du pluriel. Ce qui est difficile à comprendre et accepter pour la plupart d’entre nous c’est l’idée que la marque du pluriel ne soit plus capable d’inclure. La forme au pluriel, «les étudiants», exclurait donc les étudiantes.. Or ce n’est pas comme ça que nous avons appris à parler français. Mais pour certains militant(e)s, c’est une évolution nécessaire afin de rééquilibrer les formes masculin/féminin dans le langage.</p><p class="fig-paragraph">Franck NEVEU. - Les mots n’ont pas de sexe, mais ils ont un genre, qui est conventionnel, et qui en français se répartit entre deux pôles (masculin/féminin). Le genre est une catégorie grammaticale, comme le nombre, l’aspect, par exemple, ou, dans les langues flexionnelles, le cas (c’est-à-dire la fonction). Ces catégories ont un rôle morphosyntaxique. Elles permettent d’établir les relations entre les mots au sein de l’énoncé, les accords par exemple. Elles n’ont aucun effet sur les représentations du monde. Si au restaurant je commande un lapin aux pruneaux je ne demande pas qu’on me serve un lapin mâle. Si j’évoque les sentinelles qui gardent l’entrée d’un bâtiment militaire je ne féminise pas les soldats qui occupent cette fonction. Il n’y a aucune corrélation à établir entre le genre des mots et le sexe de leur référent. La langue est faite de signes. Le signe linguistique est caractérisé par la linéarité et l’arbitraire: la linéarité, parce que deux signes ne peuvent être articulés simultanément ; l’arbitraire, parce qu’il est conventionnel. Le déficit de réflexion grammaticale devient préoccupant dans la société française. L’Ecole devrait tenir son rang sur ce point, et ne rien lâcher, sauf à accepter l’idée que des courants de pensée puissent faire fond sur cette ignorance. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que le courant inclusiviste cible régulièrement la discipline linguistique à l’Université, censément porteuse de représentations patriarcales de la langue.</p><p class="fig-quote__text">« L’écriture inclusive n’est pas seulement un problème majeur pour les personnes souffrant de handicap, mais bien au-delà, pour les enfants en apprentissage »</p>
<p>Franck Neveu</p>
<p class="fig-paragraph">Est-elle vraiment inclusive, dans la mesure où elle complique la langue et la rend difficilement visible pour les personnes qui sont malvoyantes et/ou ont des difficultés à l’écrit?</p><p class="fig-paragraph">Julie NEVEUX. - Le point médian peut en effet rendre la lecture plus difficile. Cet aspect de l’écriture inclusive, qui est purement graphique, et n’a d’ailleurs que très peu de cohérence morphologique, est celui qui a selon moi le moins d’avenir, même si je pense qu’il va rester dans l’usage en ce qui concerne les formules d’adresse dans certains milieux, comme à l’université, où l’on dit souvent, depuis quelques années, «bonjour à tous.tes». Aucune réforme n’est jamais apte à convenir à tous, et peut être est-elle en effet portée, en ce cas précis, par un idéal impraticable, et qui n’a pas vocation à être enseigné aux plus jeunes. Mais l’usage, comme toujours, fera son travail: il ne retiendra que ce qui se pratique aisément.</p><p class="fig-paragraph">Franck NEVEU. - Une tribune signée en septembre par de nombreux linguistes, et que j’ai co-rédigée, soulignait précisément ce problème. L’écriture inclusive n’est pas seulement un problème majeur pour les personnes souffrant de handicap (malvoyance, dyslexie, dyspraxie), mais bien au-delà, pour les enfants en apprentissage. L’écriture inclusive rompt avec les règles de prononciation et de ponctuation, ainsi qu’avec les règles morphologiques que les jeunes élèves sont en train d’acquérir. C’est pourquoi de nombreuses associations de parents d’élèves et une très large partie du corps enseignant se montrent hostiles à son application dans l’enseignement.</p><p class="fig-paragraph"><a href="https://www.lefigaro.fr/actualite-france/ecriture-inclusive-le-niveau-en-orthographe-des-eleves-est-deja-bien-bas-20210223" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">» LIRE AUSSI - Écriture inclusive: le niveau en orthographe des élèves est déjà bien bas</a></p><p class="fig-paragraph">Est-il possible qu’elle entre dans l’usage alors même qu’elle est intenable à l’oral?</p><p class="fig-paragraph">Julie NEVEUX. - En fait, on peut très bien imaginer que coexistent différents types d’écrits et différents usages. Un usage administratif, un usage officiel (les candidat.e.s doivent se présenter à telle heure), et un usage plus quotidien. Je m’aperçois pour ma part qu’à force de pratiquer l’adresse inclusive à mes étudiant.es, je me suis mise à les saluer, à l’oral, du mot «toustes», où je prononce le «s» et le «t», pour faire entendre le masculin et le féminin. S’en portent-ils, s’en portent-elles mieux? Je ne le sais pas. Certaines tentatives resteront, la plupart s’en iront..</p><p class="fig-paragraph">Franck NEVEU. - L’inclusivisme linguistique strict n’est pas seulement intenable à l’oral, il l’est tout autant à l’écrit. Il est aisé de constater que son application systématique ne dépasse guère les quelques lignes d’ouverture d’un texte. Le reste s’égare dans des incohérences qui soulignent le fait que son usage systématique est impossible, et que l’écriture «inclusive» n’est finalement qu’une position doctrinale. Quant à se généraliser, encore faut-il prendre conscience du fait que l’usage de la langue ne se limite pas au discours institutionnel. L’inclusive est contre-intuitive, c’est sa faiblesse.</p><p class="fig-quote__text">« La langue est beaucoup plus mesurée que nous ne savons l’être! C’est la meilleure arbitre de nos débats: le temps passant, elle ne retiendra, de l’écriture inclusive, que l’essentiel... »</p>
<p>Julie Neveux</p>
<p class="fig-paragraph">Il est d’ailleurs possible de noter une certaine anarchie dans ces écritures (on lit parfois «tou.tes.s» puis «tous.tes…»)…</p><p class="fig-paragraph">Julie NEVEUX. - Quand un nouvel emploi arrive, il y a hésitation; regardez l’alternance entre le masculin et le féminin pour «Covid»! C’est donc d’abord la marque de son caractère récent. Mais il est vrai qu’en raison de son peu de cohérence morphologique et étymologique, le découpage par le point ne risque de s’inscrire dans la durée que dans certains usages bien circonscrits.</p><p class="fig-paragraph">Franck NEVEU. - Disons que son utilisation n’est pas impossible, puisqu’on l’observe déjà. Mais cette application partielle et incohérente ne peut aucunement représenter l’usage de la langue dans son ensemble. Les usages d’une langue évoluent au gré des locuteurs, et non pas en fonction des règles établies par des groupes de pression.</p><p class="fig-paragraph">Faut-il donc l’interdire comme cela a été proposé par des députés de la majorité et de l’opposition?</p><p class="fig-paragraph">Julie NEVEUX. - En matière de langue, il est absurde d’interdire. Je parle, car j’ai besoin de parler, car j’ai envie de parler. Pour le faire, je me saisis de ce qui est disponible à ce moment-là dans mon stock lexical et grammatical. Des lois peuvent bien être votées, mais si l’usage se répand, car le plus grand nombre y trouve un écho (parmi ses voisins, ses voisines), une raison (lutter contre l’inégalité), ou juste une possibilité (et pourquoi pas?), elles ne serviront à rien. Les deux dernières interventions de l’Etat en matière de langue, en 1982 en faveur de la féminisation des métiers et en 1990 pour simplifier l’orthographe, n’ont fait qu’accompagner une évolution plus lente mais inéluctable de la langue. La langue est, en réalité, beaucoup plus mesurée que nous ne savons l’être! C’est en fait la meilleure arbitre de nos débats: le temps passant, elle ne retiendra, de l’écriture inclusive, que l’essentiel...</p><p class="fig-paragraph">Franck NEVEU. - La proposition de loi portant interdiction de l’usage de l’écriture dite «inclusive» par les personnes morales en charge d’une mission de service public doit être comprise comme le prolongement des préconisations énoncées en novembre 2017 par le Premier Ministre. Le recours à la loi peut être jugé légitime, même si cela reste de peu d’effet sur les pratiques linguistiques institutionnelles, qu’il s’agisse de l’inclusive ou de l’application de la loi Toubon. Ce que la loi doit protéger, c’est l’intégrité de la morphologie de la langue française, afin de ne pas laisser se diffuser les paralogismes grammaticaux dont les conséquences sont dévastatrices sur les apprentissages linguistiques.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 07:04:50 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[«L’écriture inclusive est contre-intuitive, illisible et excluante»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>INTERVIEW - Le député LREM de l’Indre a déposé une proposition de loi pour faire interdire cette écriture militante.</p><p class="fig-paragraph">En février dernier, François Jolivet a déposé une proposition de loi, visant à interdire l’usage de l’écriture inclusive dans les documents administratifs, signée par plus de soixante députés. Aurore Bergé, Agnès Thill, Bertrand Sorre… Ils sont aujourd’hui 115, du Parti communiste jusqu’au Rassemblement national, à le soutenir. Le député LREM explique au Figaro les raisons de son combat contre cette graphie militante, qui est, selon lui, loin d’être «inclusive».</p><p class="fig-paragraph">LE FIGARO.- Comment est né votre combat contre l’écriture inclusive?</p><p class="fig-paragraph">François JOLIVET. - J’ai toujours été lié dans mon mandat municipal au monde du handicap. Ainsi, je possède des relations avec des associations qui ont en charge des personnes dyslexiques, dyspraxiques, dysorthographiques, dites «dys». Un jour, des parents sont venus me dire que leurs enfants avaient des difficultés à lire certains documents, du fait de l’écriture dite «inclusive», et plus précisément les graphies comme le «point médian». Je le rappelle, quand on est «dys», et qu’on lit un point, on revient à la phrase du début. Cela empêche la lecture. Je me suis donc intéressé à ce sujet. Je me suis aperçu que l’université aujourd’hui fait parfois ses fiches de formation en écriture inclusive (exemple récent avec l’ONISEP sur Parcours Sup). Or, un certain nombre de personne n’arrivent pas à lire cette écriture et ne peuvent donc pas répondre. Quand on sait les effort fournis par certains pour obtenir un baccalauréat, c’est insupportable. Puis, j’ai vu que l’OMS, l’ONU, l’Union européenne publiaient en écriture inclusive. Je me suis aussi rendu compte que des collectivités communiquaient et délibéraient de cette façon. Quand on n’est pas capable de lire un document, on ne peut ni faire valoir ses droits ni contester une mesure administrative… Lorsque ma proposition de loi a été médiatisée, j’ai été très étonné du tohu-bohu qu’elle avait engendrée. Avant, je recevais 200 mails par jour, aujourd’hui, c’est 400. On m’envoie des cours, des sujets corrigés en écriture inclusive. J’ai été contacté par des étudiants de l’IEP de Grenoble, de Sciences po Paris qui m’ont expliqué que certains élèves avaient été privilégiés parce qu’ils utilisaient cette écriture. <a href="https://etudiant.lefigaro.fr/article/a-sciences-po-paris-des-points-bonus-accordes-pour-l-utilisation-de-l-ecriture-inclusive_70f90efe-777e-11eb-930c-df8a7d3f696f/" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="ETUDIANT">Le Figaro</a> <a href="https://etudiant.lefigaro.fr/article/a-sciences-po-paris-des-points-bonus-accordes-pour-l-utilisation-de-l-ecriture-inclusive_70f90efe-777e-11eb-930c-df8a7d3f696f/" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="ETUDIANT">l’a d’ailleurs révélé</a>. Je me suis dit que c’était intolérable.</p>
<p>« À l’origine, l’écriture inclusive était élitiste, mais je pense qu’elle est devenue une espèce de mode »</p>
<p class="fig-paragraph">L’écriture inclusive comporte diverses règles: point médian, double pronom, mots épicènes… Contre quelle écriture inclusive vous opposez-vous?</p><p class="fig-paragraph">Je ne m’élève pas contre la féminisation des noms, mais contre le point médian qui est selon moi un point bloquant. J’aimerais une écriture pour tous, ce que cette écriture dite «inclusive», n’est pas. Des enseignants qui enseignent le français dans d’autres pays m’ont contacté pour dire leur stupéfaction. À mon sens, le combat de l’opinion est gagné, mais le combat de quelques autoentrepreneurs de l’écriture n’est pas facile à remporter. Lorsqu’on est un homme contre l’écriture inclusive, on est catalogué de terrible machiste et de vieux réactionnaire…</p><p class="fig-paragraph">Est-elle une écriture élitiste?</p><p class="fig-paragraph">Elle est contre-intuitive, illisible, excluante et donc, elle désunie. À l’origine, l’écriture inclusive était élitiste, mais je pense qu’elle est devenue une espèce de mode. Elle est un indice de la déconstruction de notre pays et de notre culture ; tout cela, sous-couvert d’une minorité agissante qui a su faire prospérer ses idées un peu partout. Nous sommes aujourd’hui dans une dictature des minorités.</p>
<p>« Pour obtenir l’égalité femme-homme, il est préférable de voter la loi PACTE qui impose autant d’hommes que de femmes dans les conseils d’administration, plutôt que défendre l’écriture inclusive »</p>
<p class="fig-paragraph">Comment expliquez-vous alors que son usage s’étende?</p><p class="fig-paragraph">Certaines personnes ont l’impression de satisfaire un combat, peut-être de bonne foi. Ils font cela sans se poser de question. Aujourd’hui, le militantisme fait que l’on mélange parfois sa fonction et les causes qu’on peut défendre à titre personnel. Parfois, certains cèdent à une mode pour plaire à un supérieur hiérarchique. Et c’est ainsi que l’on se retrouve, dans des entreprises, avec une communication en écriture inclusive. Or, pour obtenir l’égalité femme-homme, il est préférable de voter la loi PACTE qui impose autant d’hommes que de femmes dans les conseils d’administration, qui exige des rattrapages salariaux, plutôt que défendre l’écriture inclusive.</p><p class="fig-paragraph">Votre proposition réunit des personnalités de différents bords politiques. Comment expliquer cette «convergence des luttes»?</p><p class="fig-paragraph">Nous sommes aujourd’hui 115 signataires, venant du PC jusqu’au RN, mais pas le PS. Valérie Pécresse et Xavier Bertrand ont apporté leur soutien à cette proposition de loi, même s’ils ne sont plus parlementaires. Normalement les bords politiques ne signent pas en-dehors de leur propre groupe. Mais il y a des gens qui ont pensé que j’avais raison. Cette question de l’écriture inclusive va au-delà de divergences politiques. La parole publique, plutôt que de désunir, doit unir. C’est mon ambition. Je crois que le débat pour l’égalité femme-homme est juste, mais je trouve que le chemin qu’il emprunte et les moyens qu’il utilise met à l’écart les enfants dys. Il faut conserver une écriture compréhensible. À une époque où les gens ne se comprennent plus, il ne s’agit pas de leur enlever l’écriture, mais de la préserver. C’est elle qui unit.</p>
<p>« Les moments que nous vivons, et que nous avons vécu montrent combien l’attente d’égalité et de liberté sont devenues une priorité des Français »</p>
<p class="fig-paragraph">Où en est-on de cette proposition de loi?</p><p class="fig-paragraph">Nous nous sommes fixé un objectif de 200. Je pense que l’on va prendre l’initiative de faire une pétition dite à caractère institutionnel pour obtenir 100 000 signatures, d’ici à septembre. À la rentrée, le président de l’Assemblée nationale recevra la procédure constitutionnelle. La Commission l’examinera et la discutera. J’espère qu’ainsi, cette proposition de loi sera inscrite à l’ordre du jour. On verra si le gouvernement s’en saisira. On sera dans un calendrier qui permettra beaucoup de débats. Si la présidentielle ne se fera évidemment pas sur l’écriture inclusive, elle portera entre autres sur la culture française, sur les marqueurs culturels et sur l’égalité de tous pour accéder à ses droits et à l’usage de sa liberté. Les moments que nous vivons, et que nous avons vécu (gilets jaunes, crise sanitaire) montrent combien l’attente d’égalité et de liberté sont devenues une priorité des Français.</p><p class="fig-paragraph">Quand on voit l’échec de la loi Toubon dans les publicités, où l’anglais est roi, peut-on penser qu’une loi puisse faire respecter l’interdiction d’utiliser l’écriture inclusive?</p><p class="fig-paragraph">L’article de la proposition de loi modifie un code qui historiquement s’appelait le Code des procédures administratives contentieuses et qui s’appelle désormais le Code des relations entre le public et l’administration. À partir du moment où l’administration écrit et que l’usager ne peut lire, cela signifie qu’il ne peut plus faire valoir ses droits. C’est ce que modifie la proposition, l’écriture appartient donc bien au domaine de la loi. Si, dans l’entreprise, le dirigeant ne veut pas être compris de ses collaborateurs ou de ses clients, c’est son droit. Cela étant, s’il veut les exclure de promotions parce qu’ils ne parviennent pas à lire certains documents, cela relève du ressort des organisations syndicales.</p><p class="fig-paragraph">Si cette proposition de loi aboutit, où sera-t-elle interdite?</p><p class="fig-paragraph">La proposition de loi a pour objectif de l’interdire dans les documents administratifs et documents destinés aux usagers (rapports, études, procès verbaux, circulaires, notes et réponses ministérielles, avis, décisions, courriers électroniques envoyés aux usagers, publications officielles sur internet…). Tout document produit et diffusé par une personne qu’elle soit publique ou privée en charge d’une mission de service public.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 07:01:18 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Fatiha Boudjahlat : «Contre le racisme des bons sentiments qui livrent les femmes au patriarcat oriental»]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="paragraph text_align_left">Fatiha Boudjahlat, enseignante et essayiste, cofondatrice du mouvement Vivre la République.</p><p class="paragraph text_align_left">« Du 27 au 31 août se tiendra le huitième congrès international des recherches féministes dans la francophonie, à Paris-Nanterre. Un événement majeur, réunissant artistes, chercheuses, militantes du monde entier, avec des financements publics français et européens considérables. Un des thèmes sera : Dés-effacer les féministes racisées. Pourtant, maghrébine donc racisée, féministe, j'ai été effacée de ce colloque.</p><p class="paragraph text_align_left">Racisé est le terme qui permet de réhabiliter la distinction raciale dans les recherches en sciences sociales. La race obsède les nouveaux sociologues et les militantes, y compris celles qui se réclament du féminisme. Les 14 et 15 juin derniers, un colloque avait déjà pour thème Approches phénoménologiques du genre et de la race. Avec toujours un seul courant de pensée représenté et homologué : celui des indigénistes.</p><p class="paragraph text_align_left">Ceux-là mêmes qui ont vu dans la victoire de l'équipe de France de foot celle de l'Afrique, refusant de considérer les joueurs comme des Français, et qui prétendent que les petits-enfants d'immigrés sont traités comme des sous-citoyens par un État structurellement raciste. Nous étions deux féministes dites universalistes, invitées dans ces réunions, Christine Le Doaré et moi. Nous allions défendre une autre vision, tout aussi légitime. Nous n'étions que deux, mais c'était déjà deux de trop.</p><p class="paragraph text_align_left">Il nous a été expliqué d'abord que notre présence, actée officiellement dans le programme dès mai, était un malentendu. Puis que nous n'étions pas en capacité de lancer et d'entretenir un débat dans des conditions sereines. Nous avons enfin pu lire que c'est la menace d'actions violentes de la part de militantes indigénistes qui avait contraint les organisatrices à nous déprogrammer.</p><p class="paragraph text_align_left">Notre discours pose problème et nos opposants fuient le débat. Nous critiquons l'intersectionnalité -concept utile quand il est étudié par des spécialistes-, qui a dévoré le féminisme et l'a détourné de ses objectifs : l'émancipation individuelle et collective des femmes. De toutes les femmes. Nous combattons le culturalisme, qui consiste à défendre des droits différents en fonction de la couleur et de la culture des femmes, en fait leur ethnie et leur religion.</p><p>Newsletter L'essentiel du matin</p><p>Un tour de l'actualité pour commencer la journée</p><p class="paragraph text_align_left">L'intersectionnalité, qui prétend faire reconnaître le cumul de discriminations (femme et noire par exemple), fonctionne comme une intersection routière : il y a toujours une priorité et un cédez le passage. Avec l'intersectionnalité, ce sont toujours les femmes qui cèdent le passage aux intérêts du groupe ethnique et religieux auquel on les assigne. Houria Bouteldja, digne représentante de ce courant de pensée, explique qu'une femme noire violée par un Noir ne devrait pas porter plainte contre cet homme pour ne pas nuire à sa communauté, des féministes s'opposent à la pénalisation du <a href="https://www.leparisien.fr/societe/harcelement-de-rue-une-video-pour-ouvrir-les-yeux-30-07-2018-7837971.php" target="_blank">harcèlement de rue</a> parce qu'elle aurait visé les hommes d'une certaine origine ethnique!</p><p class="paragraph text_align_left">Je considère que ma couleur de peau, mes origines, mes croyances ne me rendent pas différente de mes compatriotes blanches. Que ces nouvelles féministes me contestent le droit à la parole parce que je ne reste pas à la place qu'elles me destinent, voilà le racisme. Celui des bons sentiments qui livrent les femmes au patriarcat oriental. Voilement, excision, mariages précoces et/ou forcés, triptyque imposé aux femmes de la virginité, de la pudeur et de l'humilité.</p><p class="paragraph text_align_left">Que l'État et ses institutions financent sans mesure ces colloques qui ne prêchent que la haine de la République, réhabilitent le racisme, nient tous les progrès qui font de nous une communauté nationale, accrochent les femmes non blanches à de nouvelles laisses, est une faute et un scandale. Si vous refusez aux femmes qui ne sont pas blanches ce que vous exigez pour vous, ce n'est pas de la tolérance, c'est du racisme, celui qui protège vos privilèges de classe. »</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Thu, 08 Apr 2021 21:28:20 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/303/%C2%ABl%E2%80%99opera-de-paris-formate-par-l%E2%80%99ideologie-decolonialiste%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[«L’Opéra de Paris formaté par l’idéologie décolonialiste?»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX/ENTRETIEN - L’arrivée à l’Opéra de Paris de promoteurs zélés de la diversité fait redouter un nouvel appauvrissement du répertoire et de la mise en scène, estime la maître de conférences et essayiste.</p><p class="fig-paragraph">Isabelle Barbéris est maître de conférences (HDR) en arts de la scène. Elle a notamment publié <a href="https://www.puf.com/content/Lart_du_politiquement_correct" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE">L’Art du politiquement correct</a> (PUF, 2019).</p><p class="fig-paragraph">FIGAROVOX. - Un article du Monde se réjouit que l’opéra de Paris s’apprête à son tour à «décoloniser» son répertoire, ses décors, ses costumes... Est-on à nouveau face à une manifestation de «l’art du politiquement correct»?</p><p class="fig-paragraph">Isabelle BARBÉRIS. - On est face à un académisme anticulturel décomplexé, qui transforme l’art - patrimoine et création - en ingénierie sociale. Les directions de prestige des Conservatoires nationaux comme de l’Opéra sont désormais formatées par cette idéologie du ressentiment, avec à leur tête des militants qui font passer au forceps leur propagande inclusiviste - ce qui ne se fait pas sans violence pour les élèves de ces écoles, qui ressentent la dégradation de leurs formations.</p><p class="fig-body-link">À lire aussi :<a class="fig-body-link__link" href="https://www.lefigaro.fr/vox/politique/taguieff-le-decolonialisme-est-la-maladie-senile-de-la-gauche-intellectuelle-contemporaine-20201110" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">Taguieff: «Le décolonialisme est la maladie sénile de la gauche intellectuelle contemporaine»</a></p><p class="fig-paragraph">Ce qu’il se passe à l’intérieur des murs du Conservatoire national supérieur d’art dramatique, par exemple, est proprement carnavalesque. On qualifie fallacieusement cela de «cancel culture». Il s’agit d’une énième expression inversatoire puisque nous avons au contraire affaire à une haine de la culture.</p><p class="fig-paragraph">Craignez-vous un appauvrissement du répertoire et de la mise en scène à l’opéra, au prétexte paradoxal de promouvoir davantage de diversité?</p><p class="fig-paragraph">L’appauvrissement du répertoire est en fait en cours depuis des années. Le déconstructionnisme ambiant a réduit comme une peau de chagrin le nombre d’œuvres jouées, au profit de mises en scène et de relectures prétendument «dépoussiérantes»… en fait, bien souvent poussives et dogmatiques.</p>
<p>Lorsque l’on ne sait plus créer, on s’attaque aux œuvres qui existent car leur grandeur (...) ne peut que paraître insupportables aux mal-inspirés</p>
<p class="fig-paragraph">Mais au-delà, c’est d’abord un appauvrissement des imaginaires, ce qui est bien plus inquiétant. Les sornettes des démolisseurs dissimulent à peine l’absence de projet artistique et de substance. Lorsque l’on ne sait plus créer, on s’attaque aux œuvres qui existent car leur grandeur, leur pesanteur également, ne peuvent que paraître insupportables aux mal-inspirés.</p><p class="fig-paragraph">L’argument de «conquérir des nouveaux publics» est-il selon vous recevable?</p><p class="fig-paragraph">La démocratisation a déchu en démocratisme. C’était avant la même exigence pour tous, et la volonté tenace d’élever l’humanité grâce à l’art. L’idée même de s’élever, dans tous les sens du terme, est devenue suspecte et «oppressive».</p><p class="fig-body-link">À lire aussi :<a class="fig-body-link__link fig-premium-mark" href="https://www.lefigaro.fr/vox/societe/michel-onfray-la-restriction-des-libertes-est-une-affaire-qui-date-d-avant-le-covid-20201223" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">Michel Onfray: «Sortir de la déploration, de la logique de la haine de soi»</a></p><p class="fig-paragraph">On a donc troqué cette exigence (autre mot «oppressif») contre de la communication flattant les réflexes d’identification les plus sommaires, pour conquérir des nouveaux publics segmentés en niches et en «intersections» de niches.</p><p class="fig-paragraph">Que vous inspire la proposition des auteurs du manifeste de promouvoir davantage les danseurs de couleur?</p><p class="fig-paragraph">Toute diversité autre que sociale et artistique n’a pas à être «promue», car elle est un fait. Fait que l’on transforme en campagne de communication criarde et permanente, en moulin à prières. Assorti d’une inflation de rapports et autres «études» en autoreporting elles-mêmes pilotées par des experts en idéologie, sans aucun pluralisme consultatif, histoire de bien boucler la boucle.</p>
<p>Pour promouvoir les danseurs, quelle que soit leur « couleur », il faudrait commencer par ne pas amoindrir la vision de leur art, ni rabougrir le prestige de l’institution qui les forme et les accueille</p>
<p class="fig-paragraph">Les choses devraient se passer naturellement, sans tout ce tapage racialiste, sexiste et nihiliste, et scientiste, insultant pour les artistes et les publics. Pour promouvoir les danseurs, quelle que soit leur «couleur», il faudrait commencer par ne pas amoindrir la vision de leur art, ni rabougrir le prestige de l’institution qui les forme et les accueille.</p><p class="fig-paragraph">Ni les exhiber comme des trophées. Les inclusivistes gagneraient à méditer cette maxime de Chamfort: «il faut être juste avant d’être généreux, comme on a des chemises avant d’avoir des dentelles».</p><p class="fig-paragraph">À VOIR AUSSI - Natacha Polony: «Arrêtons cette vision simpliste entre victimes et bourreaux» (6/05/2020)<br /></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/302/charled-rojzman-un-futur-de-folie-ou-de-raison-les</guid>
	<pubDate>Thu, 08 Apr 2021 21:23:37 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/302/charled-rojzman-un-futur-de-folie-ou-de-raison-les</link>
	<title><![CDATA[Charled Rojzman - UN FUTUR DE FOLIE OU DE RAISON? Les...]]></title>
	<description><![CDATA[<p>UN FUTUR DE FOLIE OU DE RAISON?</p><p>Les camps sont désormais bien identifiés: extrême -gauche, décolonialisme, écologisme rougeâtre, pensée "woke", cancel culture et autres idiots utiles de l'islamisme et , en face, un assemblage hétéroclite de laïques, de souverainistes, de républicains du printemps, tous proches sans vouloir le dire toujours d'un nouveau rassemblement national et de ses transfuges ou du moins partageant leurs préoccupations sur l'immigration, la guerre des banlieues, la sécurité quotidienne et la survie de la nation comme les Ménard, Messiha, Maréchal, Zemmour, Charlotte d'Ornellas. Une gauche et une droite en capilotade, un islamisme représenté par des frères musulmans, des turcs erdoganistes, des tablighis, des salafistes. Des gouvernements qui tiennent la barre d'un navire qui craint de chavirer dans la tempête annoncée, s'appuyant sur une Europe à la face perdue et un droit désuet et une justice chancelante. Dans l'attente, une école qui ne se sait pas en ruines, une armée encore grande muette, une police qui gronde en sourdine et des citoyens divisés selon leurs revenus, leur lieux d'habitation et de travail, divisés également par leurs appartenances communautaires, taiseux mais parfois laissant échapper des colères pas toujours bien entendues ni bien résumées. Sur tout cela planent les ombres d'un Macworld encore américain mais désormais de plus en plus chinois et d'un djihad assumé et conquérant. Les réseaux sociaux s'empressent de n'offrir que le choix entre les arrangements soumis ou la guerre à outrance, où la raison, le dialogue et l'esprit critique n'ont plus de place ni la voix au chapitre. "Quos vult perdere Jupiter démentant". "Jupiter rend fous ceux qu'il veut perdre."</p><p>L'époque semble folle et le bon sens disparu. On est sommé d’appartenir à un camp et gare à ceux qui refusent d’être disposés dans de petites niches idéologiques. Ils sont vite vus comme des traitres à la cause. Comme dans la vie d'un individu tenté par le suicide, la dépression ou le meurtre, les sociétés balancent d'un extrême à l'autre, d'une maladie collective à une autre, élites et masses populaires unies dans le cynisme et la désespérance.</p><p>D'où viendra le salut ? La reconnaissance de la réalité? La fin des privilèges dans une nuit du 4 août renouvelée? Une révolution non manichéenne? Les retrouvailles avec l'amour de soi et la confiance en soi qui orientent l'action et déterminent un destin meilleur, même s'il faut en passer par l'usage de la force? Chacun de nous en est responsable et redevable, même si l'héritage des erreurs et des fautes passées est lourd. Nous aurons besoin de beaucoup de science et surtout de beaucoup de conscience. Charles Rojzman</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/301/%C2%ABil-n%E2%80%99est-plus-un-jour-ou-l%E2%80%99actualite-s%E2%80%99epargne-une-affaire-de-boycott-ou-de-censure%C2%BB</guid>
	<pubDate>Thu, 08 Apr 2021 21:20:13 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/301/%C2%ABil-n%E2%80%99est-plus-un-jour-ou-l%E2%80%99actualite-s%E2%80%99epargne-une-affaire-de-boycott-ou-de-censure%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[«Il n’est plus un jour où l’actualité s’épargne une affaire de boycott ou de censure»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX/TRIBUNE - L’omniprésence des boycotts et autres appels à la censure est un signe inquiétant pour nos sociétés occidentales, analyse Benjamin Sire. Selon lui, puritanisme progressiste et censure religieuse se nourissent et progressent dangeureusement.</p><p class="fig-paragraph">Benjamin Sire est compositeur. Il est membre du Conseil d’Administration du Printemps Républicain.</p><p class="fig-paragraph">Que ce soit en France ou dans le reste du monde, il n’est plus un jour où l’actualité s’épargne une affaire de boycott ou de censure. Religion, sexualité, mœurs, communautés, appropriation culturelle, racisme supposé, tous les sujets sont bons pour alimenter le nouvel ordre moral qui déferle sur la planète depuis quelques années.</p><p class="fig-paragraph">À l’époque du COVID et de la distanciation sociale qui l’exacerbe, ce mélange de puritanisme, d’intolérance à géométrie variable, de combats parfois légitimes et d’indignations souvent hypocrites, plombe la société et s’incarne dans les mots «cancel culture», cette mode piégeuse tout droit sortie des laboratoires de la gauche américaine.</p><p class="fig-body-link">À lire aussi :<a class="fig-body-link__link" href="https://www.lefigaro.fr/vox/societe/alice-coffin-pauline-harmange-quand-des-feministes-haissent-ouvertement-les-hommes-20201007" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">Alice Coffin, Pauline Harmange: Quand des féministes haïssent ouvertement les hommes</a></p><p class="fig-paragraph">La liste de ces «cancellisations» ne cesse de s’allonger et nous donne de quoi s’inquiéter. Affaire de la jeune Mila (encore gravement harcelée près d’un an après ses propos sur l’islam), plaintes actuelles à l’encontre de Netflix pour sa diffusion du film «Mignonnes», menaces permanentes reçues par le journal satirique Charlie Hebdo, appels au Boycott contre le quotidien Le Parisien, ou tel ou tel artiste, dangereuses intimidations subies par des personnalités comme Zineb El Rhazoui et Zohra Bithan orchestrée (comme souvent) par l’islamiste Idriss Sihamedi, n’en jetez plus, la coupe est pleine et on ne sait plus où donner de la tête, ici ou ailleurs.</p><p class="fig-paragraph">Ces affaires sont à distinguer de celles qui entrent en collision avec la loi et peuvent conduire à des condamnations, notamment en matière de racisme ou d’antisémitisme, ceux-ci étant de plus en plus débridés au fur et à mesure que la société se tend, de pédophilie ou de violence par exemple. Car l’une des particularités des sujets qui nous occupent ici vient justement du fait qu’à la justice se substitue le plus souvent le tribunal des réseaux et des indignations particulières, communautaires et religieuses, mécontent que la loi n’épouse pas ses desiderata.</p>
<p>La liste de ces « cancellisations » ne cesse de s’allonger et nous donne de quoi s’inquiéter.</p>
<p class="fig-paragraph">En tête de gondole de ces thèmes ignorés par le corpus législatif, notamment en France, se place le concept de blasphème. Il n’existe pas en droit et devrait donc s’abstenir d’être évoqué, mais il existe dans l’esprit des croyants à une époque où ils sont de plus en plus nombreux à souhaiter voir la loi de Dieu prévaloir sur les lois humaines locales. Cette notion de localisation a ici son importance. Contrairement à l’application des codes, la religion ne connaît pas de frontières, pas davantage que l’expression en réseaux à l’heure de la mondialisation.</p><p class="fig-paragraph">L’entrée en collision de ces différences territoriales balaye les particularismes législatifs et exacerbe les colères tandis que la vague puritaniste qui nous submerge dépasse largement la question confessionnelle, que l’on se réfère à la baroque demande de Jean-Michel Blanquer de suggérer aux élèves de porter des «tenues républicaines», ou au débat entourant le film «Mignonnes», accusé d’exhiber la sexualisation de jeunes enfants qu’il entend pourtant condamner. Au jeu de l’œuf et de la poule on ne sait d’ailleurs plus si c’est un phénomène de puritanisme purement sociétal dont la religion profite qui a initié le mouvement ou si ce puritanisme vient de la propagation de l’indignation religieuse qui modifie les codes sociaux.</p><p class="fig-body-link">À lire aussi :<a class="fig-body-link__link fig-premium-mark" href="https://www.lefigaro.fr/vox/societe/liberte-sexuelle-pma-pour-toutes-le-xxie-siecle-va-t-il-tuer-l-amour-20201002" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">Liberté sexuelle, PMA pour toutes... Le XXIe siècle va-t-il tuer l’amour?</a></p><p class="fig-paragraph">Dans la cascade incontinente de ces affaires mettant le blasphème en scène, l’une d’entre-elles, survenue ces jours-ci, est particulièrement à mettre en exergue et concerne la superstar planétaire Rihanna. L’objet du délit concerne le dernier défilé de mode de sa marque Savage x Fenty (Fenty étant le vrai nom de la chanteuse), diffusé sur Amazon Prime vendredi 2 octobre dernier. La déesse de la Barbade a osé, par le truchement de la DJette londonienne Coucou Chloé, insérer un hadith (parole du prophète) dans un remix illustrant la manifestation.</p><p class="fig-paragraph">Aussitôt, le cortège des outragés d’un Dieu, ne semblant pas en mesure de se défendre par lui-même, a déferlé sur les réseaux sociaux pour demander le boycott de la chanteuse, sur toute la gamme des tons pouvant être employés, allant de la plainte larmoyante à la menace explicite.</p>
<p>On ne sait (...) plus si c’est un phénomène de puritanisme (...) sociétal dont la religion profite qui a initié le mouvement ou si ce puritanisme vient de la propagation de l’indignation religieuse.</p>
<p class="fig-paragraph">On aurait pu s’attendre à ce que la star, habituée des provocations et considérée appartenir au gotha des personnalités les plus influentes du monde par le magazine Time, assume cette prétendue offense aux croyants d’un dogme dont les lecteurs les plus littéraux vouent la musique aux gémonies. Mais non. Pas de cela aux USA où la sacralisation des communautés va croissante, encore moins si la polémique devient planétaire...</p><p class="fig-paragraph">Pas de cela pour une business woman avisée, soucieuse de son image et de ses prodigalités caritatives... Pas de cela à l’ère identitaire où la loi de Dieu s’impose chaque jour davantage à la loi des hommes et où celle des minorités s’impose chaque jour davantage à celle de la majorité.</p><p class="fig-body-link">À lire aussi :<a class="fig-body-link__link" href="https://www.lefigaro.fr/vox/societe/tenue-republicaine-cette-querelle-revele-que-nous-n-avons-plus-d-evidences-partagees-20201001" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">Tenue républicaine: «Cette querelle révèle que nous n’avons plus d’évidences partagées»</a></p><p class="fig-paragraph">Alors, main sur le cœur et sur le clavier de la contrition, notre icône s’est fendue d’un long texte d’excuse sur son compte Instagram, allant jusqu’à «remercier la communauté musulmane d’avoir signalé un énorme oubli qui était involontairement offensant dans notre défilé Savage x Fenty. Je voudrais surtout vous présenter mes excuses pour cette erreur honnête mais non moins irréfléchie. Nous comprenons que nous avons blessé beaucoup de nos frères et sœurs musulmans, et je suis incroyablement démoralisée par tout ça!».</p><p class="fig-paragraph">Démoralisée! Rien que ça. Pourtant, la chanteuse pouvait envisager les conséquences de l’affaire, elle qui, en 2013, avait été expulsée de la mosquée d’Abu Dhabi à l’occasion d’un photo shoot durant lequel elle apparaissait pourtant entièrement voilée de noir, au prétexte que ses poses étaient jugées suggestives, ô sacrilège! L’époque est ainsi faite qu’une femme, belle de surcroît et maquillée, couverte des pieds aux cheveux et prenant une simple pose, est jugée offensante par un public, au mieux frustré, au pire incapable de freiner ses pulsions.</p>
<p>Alors, main sur le cœur et sur le clavier de la contrition, notre icône s’est fendue d’un long texte d’excuse sur son compte Instagram.</p>
<p class="fig-paragraph">Juste avant Rihanna, et lui coupant un peu l’herbe sous le pied, Coucou Chloé avait elle aussi battu sa coulpe sur Twitter avec une cynique innocence, bien que son morceau fût pourtant diffusé depuis deux ans: «À l’époque, je ne savais pas que ces samples utilisaient des textes issus d’un hadith islamique. J’assume l’entière responsabilité de ne pas avoir fait de recherches correctement sur ces mots et je tiens à remercier les personnes qui ont pris le temps de me les expliquer.»</p><p class="fig-paragraph">Mais les choses n’en sont pas restées au stade de l’excuse. Il fallait une victime et le titre endossa le rôle, se voyant retiré des plateformes de streaming par son autrice. On sourit encore à l’idée que la productrice ait prétendu ignorer l’origine et la signification des mots qu’elle avait insérés dans son titre. Il eut été sans doute plus honnête d’admettre que, ce qui était encore vaguement possible il y a deux ans, bien que déjà risqué, ne peut plus l’être aujourd’hui, voyant les religions dicter les nouvelles règles de la «décence commune».</p><p class="fig-body-link">À lire aussi :<a class="fig-body-link__link fig-premium-mark" href="https://www.lefigaro.fr/vox/societe/eric-zemmour-les-impostures-de-la-pensee-decoloniale-20200930" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">Éric Zemmour: «Les impostures de la pensée décoloniale»</a></p><p class="fig-paragraph">On pense avec ironie à la récente affaire «Freeze Corleone», du nom de ce rappeur, accusé d’antisémitisme et d’apologie du nazisme dans un de ses titres distribué partout par une major ayant prétendu ne pas avoir écouté la chanson avant de la diffuser, puis de la retirer consécutivement au tollé provoqué. Outre que ces excuses frôlent le ridicule, elles ne sont pas de nature à arranger l’image de feignante négligence qui entoure un milieu musical en lequel gravite, avec regret en ces circonstances, votre serviteur.</p><p class="fig-paragraph">Le buzz aurait pu en rester là. Après tout, une demande de boycott mondial frôle presque la banalité en ces temps où l’obscurantisme se pare de modernité. On l’a vu, le monde de la musique est loin d’être le seul concerné et ces tentatives, souvent couronnées de succès, touchent bien des domaines, y compris ceux auxquels on penserait le moins, comme celui du jeu vidéo, qui a été au cœur de plusieurs affaires ces dernières années.</p>
<p>Il eut été sans doute plus honnête d’admettre que, ce qui était encore vaguement possible il y a deux ans (...) ne peut plus l’être aujourd’hui.</p>
<p class="fig-paragraph">Ainsi, l’opus Little Big Planet a vu une des chansons l’illustrant être retirée, celle-ci reprenant une prière coranique. Les éditeurs du jeu Zack &amp; Wiki ont été contraints de gommer les mots «Allahu Abkar» qui y étaient présents à la suite d’une plainte du CAIR (Council on American-Islamic Relations). Il en a été de même pour Modern Warfare 2 où le mot Allah était inscrit sur un décor de toilettes et Tekken Tournament 2 où le nom du prophète était lisible sur un sol. Bref, le buzz aurait pu en rester là... Il aurait pu surtout épargner la France en dehors de son intégration à l’enclave mondialisée des réseaux, pays où, encore une fois, la notion de blasphème est légalement inexistante. Mais non...</p><p class="fig-paragraph">Et c’est là que l’affaire monte d’un cran sur l’échelle de l’absurde gravité. Dans son émission consacrée à cet abominable outrage aux croyants consistant à intégrer un hadith dans un morceau de musique, Cyril Hanouna a vu deux de ses chroniqueurs littéralement partir en roue libre dans un style qu’un Grand Inquisiteur n’aurait su désavouer.</p><p class="fig-body-link">À lire aussi :<a class="fig-body-link__link" href="https://www.lefigaro.fr/vox/societe/anne-sophie-chazaud-la-censure-est-desormais-un-moyen-d-action-militant-assume-20200926" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">Anne-Sophie Chazaud: «La censure est désormais un moyen d’action militant assumé»</a></p><p class="fig-paragraph">Ainsi la nouvelle venue de l’émission Touche Pas à Mon Poste, Meriem Debbagh, a pu tranquillement tenir les propos suivants, recadrée par un animateur pourtant pourfendeur du blasphème, mais voyant le large champ légal de la liberté d’expression être dépassé: «Moi, je trouve que limite j’ai envie de la tuer... parce que ça ne se fait pas du tout! Déjà son défilé c’est de la merde, son défilé est catastrophique et la lingerie est nulle à chier! En plus, elle sortait avec un prince saoudien avant, donc elle sait ce qu’elle a mis dans son show!».</p><p class="fig-paragraph">Nous vous épargnerons un retour sur les considérations propres à la qualité de la lingerie et du défilé la mettant en scène, domaine en lequel nos compétences sont vite atteintes, d’autant que les dites considérations, aussi vulgairement exprimées fussent-elles, sont parfaitement audibles. En revanche, que l’on en soit arrivé à une époque où, pour des motifs religieux, une petite vedette du PAF se croit en droit de pouvoir communiquer librement ses envies de meurtre à l’antenne, laisse sans voix.</p><p class="fig-quote__text">« Moi, je trouve que limite j’ai envie de la tuer... parce que ça ne se fait pas du tout ! »</p>
<p>Meriem Debbagh, sur l’émission Touche Pas à Mon Poste</p>
<p class="fig-paragraph">Mais Meriem Debbagh ne fut pas seule dans son réquisitoire. Elle fut rejointe dans le chœur des pleureuses par le journaliste Gilles Verdez, ancienne plume de l’Équipe et du Parisien, devenu polémiste d’infotainment à temps plein, celui-ci déclarant: «Je suis extrêmement choqué! [C’est une] provocation [] indigne [et une] insulte aux musulmans». Si le sieur Verdez avait parfaitement le droit d’être choqué et de le dire (liberté d’expression quand tu nous tiens), on est également en droit d’être «extrêmement choqué» par le fait qu’il le fut.</p><p class="fig-paragraph">Car, encore une fois, et sans ici à nouveau en appeler à la loi ou l’absence de loi définissant le blasphème, on rappellera que le «crime» imputé à Rihanna n’est en aucun cas lié à une insulte délibérée ou à une moquerie quelconque. Et cela témoigne du chemin parcouru en termes de tolérance des croyants les plus radicaux et les plus susceptibles.</p><p class="fig-paragraph">Dans un premier temps on s’attaque aux irrévérences assumées de caricaturistes, dans un second temps on condamne les promoteurs de la laïcité, puis on en vient à interdire toute évocation de la religion ou de ses dogmes par le commun non croyant des mortels, jusqu’à mettre une chape de plomb et de peur sur la société, démonétisant les institutions et leur cadre légal, de plus en plus impuissants face aux diktats citoyens.</p><p class="fig-body-link">À lire aussi :<a class="fig-body-link__link" href="https://www.lefigaro.fr/vox/societe/justice-filmee-la-dictature-de-la-transparence-20201007" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">Justice filmée: la dictature de la transparence?</a></p><p class="fig-paragraph">Il y a bien d’autres sujets qui mériteraient d’être débattus à l’heure où la pandémie de COVID fait planer le spectre d’une crise économique sans précédent, où les tensions internationales s’accentuent et où le péril écologique nous guette tous. Mais l’ère identitaire (et religieuse) et leurs relais médiatiques et en réseaux placent partout leurs pions, arrivant à faire de notions devant être cantonnées à la sphère privée, les sujets bénéficiant du plus large écho.</p><p class="fig-paragraph">Nous pourrions, à notre tour, être accusé de participer à cet engrenage. Mais comment se taire quand on se voit intimer l’ordre de courber l’échine sous le poids des ultimatum de plus en plus nombreux et de plus en plus étendus de croyants portant leur indignation en étendard pour nous imposer leurs fantasmes normatifs totalitaires? Comment se taire quand, chaque jour, comme Rihanna, de plus en plus de personnalités se donnent rendez-vous au Munich de l’abandon des libertés?</p>
<p>On en vient à interdire toute évocation de la religion ou de ses dogmes par le commun non croyant des mortels.</p>
<p class="fig-paragraph">Car enfin, quel monde naîtra d’une société où chacun, au prétexte de l’offense, même la plus infime, qu’il pourrait ressentir, serait en capacité de faire taire tous les autres? Imaginons un peu, comme le fit avec ironie Charlie Hebdo récemment, que les athées et les agnostiques s’y mettent et décident que la simple vue d’une église, d’un temple, d’une synagogue ou d’une mosquée constitue une offense indépassable à leurs yeux? Imaginons un peu que les uns se sentent agressés à la seule contemplation des autres et commandent leur extermination. On connaît le résultat.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/290/germanophobes-ou-vrais-defenseurs-de-l%E2%80%99europe%E2%80%89</guid>
	<pubDate>Thu, 08 Apr 2021 17:12:02 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[&quot;germanophobes&quot; ou vrais défenseurs de l’Europe ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">Horreur ! Scandale ! La une de Marianne « Comment l’Allemagne tond la France… et l’Europe » a mis en émoi certains gardiens du temple idéologique. Il est des vérités qui ne sont pas bonnes à dire. Germanophobe, xénophobe… l’attirail classique de ceux qui cherchent à enfermer le débat dans cette « cage aux phobes » que Philippe Muray identifiait déjà au début des années 2000…</p><p class="article-text article-body__item">Il est intéressant de constater que les plus hostiles à une réflexion un peu iconoclaste sur le couple franco-allemand sont les sociaux-démocrates, ceux qui nous expliquent depuis des décennies et malgré les démentis obstinés du réel qu’un jour viendra où l’Europe sera sociale. Les libéraux, eux, défendent depuis longtemps l’idée que la France n’aura de salut qu’en adoptant le modèle allemand, tellement plus compétitif, tellement plus efficace… Ils voient dans ce constat d’une Allemagne qui taille des croupières à la France la confirmation de leurs thèses.</p>
<p>Regarder la situation en face</p>
<p class="article-text article-body__item">Que libéraux-sociaux et sociaux-libéraux aient, pour des raisons différentes, choisi de systématiquement renoncer à défendre les intérêts des citoyens français au nom d’une idéologie qui leur semblait plus légitime – la dérégulation censée nous « adapter » à la mondialisation pour les uns, l’arrimage à l’idéal européen qui valait qu’on lui sacrifiât l’essentiel pour les autres – est un fait.</p><p class="article-text article-body__item">Ce fait ne devrait pas, ne devrait plus, nous empêcher de penser, à l’heure où l’Union européenne semble enfin, sous les coups de boutoir des impérialismes, accepter de se muer en puissance. Mieux : quiconque est authentiquement européen devrait se plier à cet exercice de réalisme plutôt que de hurler au retour des « heures les plus sombres » (on se gardera de faire remarquer que, historiquement, la lucidité à l’égard de l’Allemagne n’a pas été le fait de l’extrême droite).</p>
<p>L'industrie française à l'abandon</p>
<p class="article-text article-body__item">Disons-le clairement : le déni et la béatitude n’ont jamais fait progresser l’Europe. Croire qu’il faudrait, au nom de l’Europe, abandonner les derniers fleurons industriels français, comme on l’a fait déjà de tous les autres, et laisser notre agriculture se faire torpiller à coups de dumping social et environnemental est une pure folie. Mais cela rentre dans un partage implicite des positions auquel adhèrent sans véritablement l’avouer les tenants de la social-démocratie à la française : l’Allemagne, par la puissance de sa monnaie (le Deutsche Mark, devenu euro) et de son industrie, permet à la France de préserver son modèle social en lui assurant un endettement indolore.</p><p class="article-text article-body__item">À elle, le poids économique et politique, à nous, la bonne conscience d’avoir maintenu ce « modèle ». François Hollande se rendant à Berlin au soir de son élection et renonçant à sa promesse de renégocier le traité budgétaire européen en est l’incarnation. À aucun moment, il n’aura cherché à défendre une industrie française qu’il considérait depuis toujours comme le reste baroque d’un passé révolu.</p>
<p>Succession de renoncements</p>
<p class="article-text article-body__item">Avant lui, Nicolas Sarkozy avait également renoncé. Notamment sur un point essentiel : cette Union pour la Méditerranée, qui devait permettre à la France de retisser le lien économique et culturel qu’elle a avec l’autre rive de la Méditerranée. Tuée dans l’œuf par Angela Merkel.</p><p class="article-text article-body__item">L’Europe est le projet d’une génération traumatisée par la guerre et qui croyait profondément que l’amitié franco-allemande nous prémunirait d’un nouveau cauchemar. Puis est venue la génération qui considérait que la France, trop petite dans un monde trop grand, allait trouver dans l’Union un levier d’Archimède. Les deux ont raison. À ceci près que ces objectifs ne seront pas atteints si les citoyens français nourrissent une colère contre un système qui les aura appauvris.</p><p class="article-text article-body__item">Et, contrairement à ce qu’ânonnent les adeptes de la pensée réflexe, pointer la façon dont l’Allemagne joue sa carte dans les domaines les plus divers – industrie, énergie, agriculture – ne revient pas à dédouaner la France, à « chercher des coupables extérieurs » mais bien à pointer les élites qui ont voulu, accepté, promu cet état de fait. Il est certain qu’il leur est plus facile de fustiger ces citoyens « assistés » ou « réfractaires au changement ».</p><p class="article-text article-body__item">Nous sommes à la croisée des chemins. Le PIB par habitant de la France était, en 1980, inférieur de 5 % à celui de l’Allemagne. Il l’est aujourd’hui de 13 %. La précédente présidentielle a porté au pouvoir un des représentants de ces élites qui considéraient qu’il fallait d’abord « faire des réformes », se montrer bon élève, pour pouvoir ensuite demander poliment si nous pouvions obtenir des contreparties. Et, comme de bien entendu, de contreparties, il n’y eut jamais.</p><p class="article-text article-body__item">Emmanuel Macron a visiblement appris, même s’il ne reconnaîtra jamais avoir fait fausse route. Qu’en sera-t-il des autres candidats à la présidentielle ? Arnaud Montebourg s’était fait, en son temps, traiter de germanophobe pour avoir osé défendre l’indépendance industrielle de la France. Sans parler de Jean-Luc Mélenchon… La meilleure façon, pour les élites françaises, d’éviter l’examen de conscience. Sur l’armement, sur le nucléaire, sur l’agriculture, Marianne a posé le débat. Qui se veut homme d’État devrait proposer des réponses précises plutôt que des postures.</p><p class="article-text article-body__item">A LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/politique/la-debacle-comment-la-france-sest-tiers-mondisee">La débâcle : comment la France s'est tiers-mondisée</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/288/jadis-jetais-homme-de-gauche-intransigeant-aujourdhui</guid>
	<pubDate>Thu, 08 Apr 2021 16:59:50 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/288/jadis-jetais-homme-de-gauche-intransigeant-aujourdhui</link>
	<title><![CDATA[Jadis, j&#039;étais homme de gauche intransigeant. Aujourd&#039;hui....]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Je suis pour :<br />- une réforme radicale des institutions et un retour au parlementarisme<br />- une stricte séparation des pouvoirs,<br />- la défense et l'extension du modèle social CNR 1945<br />- la mise en œuvre du préambule à la constitution qui demande la nationalisation des entreprises stratégiques ou ayant une  position de monopole (Autoroutes, télécommunications, eau, industries d'armement, etc.)<br />- pour la défense sans concession de la laïcité.<br />- la défense de la souveraineté nationale, la sortie de l'UE et de l'OTAN<br />- une politique de paix commençant par une union des nations souveraines d'Europe du Sud.<br />- et pas mal d'autres choses encore!</p>

<p>Mais je suis<br />- contre la légalisation de l'euthanasie (le suicide assisté est une expression aussi insensée qu'un cercle carré)<br />- contre la GPA<br />- contre la PMA pour toutes (limiter la PMA aux cas d'infertilité pathologique des couples)<br />- pas très emballé par le "mariage pour tous" (qui avait comme seule fonction de légitimer GPA et PMA pour toutes)<br />- contre l'intersectionnalité et les autres calembredaines de la même farine.<br />- contre le multiculturalisme et pour l'assimilation des immigrés qui veulent rester en France.</p>

<p>- Pour le retour à une école rigoureuse, fondée sur une sélection au mérite, une école qui apprend le français, les mathématiques, les langues anciennes, etc.. En gros abroger toutes les réformes depuis 1968 et repenser ce qu'on peut et doit faire pour reconstruire une école de l'exigence.</p>

<p>*Il y a quelques décennies, cela faisait de moi une homme de gauche intransigeant. Aujourd'hui la gauche (ou plutôt ce qu'il en reste, c'est-à-dire un gros quart des électeurs en majorité CSP++ est hostile à tout ce à quoi je crois) .</p>

<p><a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Denis%20Collin"><br />Denis COLLIN</a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/286/affaiblir-un-peu-plus-l%E2%80%99etat-et-la-france</guid>
	<pubDate>Thu, 08 Apr 2021 16:54:21 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/286/affaiblir-un-peu-plus-l%E2%80%99etat-et-la-france</link>
	<title><![CDATA[Affaiblir un peu plus l’Etat et la France.]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Affaiblir un peu plus l’Etat et la France.</p><p>Emmanuel Macron va annoncer la suppression de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) et s’offrir ainsi, à bon compte, l’image d’un « progressiste ».</p><p>Le Premier de Cordée en chef aura ainsi son moment « populiste » en faisant semblant de s’attaquer à une technocratie de plus en plus honnie par le peuple.<br />Pourtant, il est un pur produit de cette élite : énarque, banquier, néolibéral et européiste fanatique, culturellement plus Américain que Français et dont le modèle de société est celui de Margareth Thatcher et de Ronald Reagan.<br />Ce modèle, c’est celui d’une Nation désorganisée et d’un Etat incapable d’agir (comme chacun peut le voir avec la gestion calamiteuse de la crise de la COVID-19) ; c’est le modèle d’une société désorganisée et privée d'un Etat régulateur capable d'assurer la redistribution de la richesse produite et de contraindre les plus riches à participer au bien commun. C’est le modèle d’un monde régi par des instances supranationales – OMC, FMI, Union européenne, OTAN, traités de « libre-échange » - au détriment des institutions de la Nation.</p><p>Emmanuel Macron, qui aura accru les inégalités sociales plus que tout autre Président de la République, s’offre ainsi un ersatz de « justice sociale » en faisant mine de lutter contre une école qui n’ouvrirait pas assez ses portes aux jeunes Français les plus modestes.</p><p>Tout cela est bien évidemment faux et n’est que pure communication.</p><p>Le problème ce n'est pas l'ENA, mais l'enseignement qui y est prodigué depuis 30 ans : fanatiquement néolibéral, européiste jusqu’à l’absurde, atlantiste à l’excès et beaucoup trop en phase avec la finance internationale, les grandes banques et les multinationales, plutôt qu'avec les intérêts de la Nation et du peuple.<br />Je connais quelques énarques qui ont dû apprendre à mentir, apprendre par cœur la doxa du libéralisme économique pour réussir le concours, et passer trois ans à faire semblant d’être ce qu’ils ne sont pas. De véritables infiltrés.<br />Le problème de l’ENA, c’est également le manque d’expérience de vie dans la société de la plupart des candidats, dont très peu ont travaillé avant de rejoindre les bancs de cette institution.<br />Le problème de l’ENA, c’est également de donner trop de responsabilité à la sortie de l’école à des gens trop jeunes, même s’ils sont brillants. Arnaud Montebourg en a bien parlé dans son dernier ouvrage « L’Engagement » en comparant l’ENA et l’école militaire de Saint-Cyr : à la sortie de la première, on est immédiatement aux commandes et très haut gradé ; à la sortie de la seconde, on est sous-lieutenant et on se prépare à une lente mais nécessaire ascension des échelons, fruit de l’expérience. L’une donne immédiatement toutes les responsabilités et créé des princes, l’autre met en place l’apprentissage des responsabilités.</p><p>On ne va donc pas regretter cette ENA-là dont Macron est un produit chimiquement pur.<br />Et pourtant l’ENA a une belle histoire, bien que méconnue, et pourrait être réformée intelligemment dans l’intérêt de la France.</p><p>Une belle histoire ? L’ENA est une conséquence directe du programme des « Jours Heureux » du Conseil National de la Résistance (CNR) et un exemple d’union nationale tant elle est le produit de la France gaulliste et de la France communiste, la France de la résistance.<br />C’est le général de Gaulle, président du gouvernement provisoire de la République française, qui, en octobre 1945, crée par ordonnance l’Ecole Nationale d’Administration. Un beau nom qui invite à voir dans cette école - car la France est aussi héritière des institutions romaines - le début du Cursus Honorum.<br />Mais cette ordonnance est la conséquence du travail de la « Mission provisoire de réforme de l’administration » dont le responsable n’était autre que Maurice Thorez, vice-président du Conseil et surtout secrétaire général du Parti Communiste Français.</p><p>Je dis plus haut qu'on ne regrettera pas cette ENA-là. Et pourtant, si : quelles que soient ses dérives actuelles, on regrettera rapidement l’ENA, car ce qui, demain, remplacera cette grande école sera bien pire.<br />Emmanuel Macron suit à la lettre le programme dévoilé par un Denis Kessler, ex N°2 du MEDEF qui déclarait que l’objectif était de déconstruire tout ce que le CNR avait mis en place. Emmanuel Macron le fait déjà fort bien en cassant le code du travail, les logiques redistributives de l’assurance chômage ou en sabordant la retraite par répartition au profit de ses amis les grands financiers - Larry Fink, PDG de Black Rock, en premier lieu.<br />On verra la forme communicationnelle que cela prendra, mais le but est clair : dissocier encore plus la haute fonction publique des intérêts de la Nation, sûrement « l’ouvrir au monde » en incitant à des formations croisées en « MBA » anglo-saxons et autres formations qui ne produisent que des béni-oui-oui des « lois du marché ».<br />Emmanuel Macron nous vend du « progressisme », ce sera en fait une régression accélérée vers le 19e siècle et une société toujours plus fragmentée et dangereuse.</p><p>On aurait pu imaginer autre chose, une autre ENA, et c’est ce que nous proposons à <a href="https://m.facebook.com/rsouveraine/?refid=52&amp;__tn__=%2As-R">République souveraine</a> .<br />Modifier effectivement le recrutement, pour le rendre non pas plus « facilement accessible » - ce doit rester une école formant la future élite (au sens positif) de l’administration française – mais plus ouvert, et surtout rendre impératif le fait d’avoir eu des expériences de travail dans le monde réel avant de postuler.<br />Ensuite, appliquer le principe de Saint-Cyr : cursus honorum et passer les étapes au lieu d’être immédiatement aux manettes.<br />Alterner gestion de l’Etat et stages obligatoires dans les PME et TPE, sur les postes productifs des grandes entreprises publiques ou dans des associations d’intérêt public œuvrant auprès des Français les plus démunis.<br />Surtout, interdire le pantouflage, c’est-à-dire la possibilité pour un haut fonctionnaire d’aller travailler au service du privé (et surtout des banques et de la finance mondialisée, comme Emmanuel Macron) : quand on décide de servir la France et ses concitoyens, c’est un sacerdoce – imagine-t-on des officiers français allant servir comme mercenaires, puis revenir au sommet de l’armée française ? Non ! Il doit en aller de même avec le service civil de l’Etat.<br />Et enfin, modifier l’enseignement et le libérer du carcan du libéralisme économique et de la doxa de l’organisation supranationale du monde, en l’occurrence apprendre à défendre l’intérêt national, même s’il est hors de l’Union européenne ou d’une alliance atlantique dont on voit mal en quoi elle profite à la France.</p><p>Voilà ce que tout gouvernement soucieux de l’intérêt de la Nation et des Français devrait faire avec son école de la haute administration.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/285/radiographie-dune-pre-guerre-civile-en-france</guid>
	<pubDate>Thu, 08 Apr 2021 15:06:46 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/285/radiographie-dune-pre-guerre-civile-en-france</link>
	<title><![CDATA[Radiographie d&#039;une pré-guerre civile en France]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Une situation de pré-guerre civile s’installe en France. Bien sûr, les politiques et les médias feignent, une fois de plus, de ne rien voir, rien entendre. Les militaires hauts gradés qui alertent sur la vulnérabilité de la nation et sur la détermination de l’ennemi intérieur sont priés de la boucler, par un pouvoir qui jure que "ça va mieux". Les policiers qui manifestent, ce mercredi, sonnent une même alarme. Elle ne semble pas devoir être entendue davantage. Pourtant, que disent-ils ? Qu’ils n’ont jamais vu un tel degré de haine et de violence contre les forces de l’ordre. Ce ne sont plus les CRS qui mènent les assauts, mais les casseurs qui veulent tuer du flic. A Nantes, où un policier a échappé de peu à un lynchage fatal, un officier de police assure que lors de chaque manifestation, les forces de sécurité doivent faire usage de 400 à 1000 "grenades de désenclavement", afin de briser les encerclements dont ils sont eux-mêmes les victimes. 350 policiers et gendarmes ont été blessés ces deux derniers mois, lors des protestations contre la loi travail. Alors que la France est prétendument en état d’urgence, le gouvernement se comporte comme s’il ne voulait pas mesurer les tensions qui s’avivent. Elles sont portées par l’extrême gauche et des syndicats qui, comme la CGT, se radicalisent. Dans Le Figaro du 12 mai, un spécialiste de l’ordre public remarquait aussi que les groupes politiques à la manœuvre phagocytaient désormais avec une facilité déconcertante les milieux étudiants mais aussi les jeunes venus des cités qui, jusqu’alors, n’apparaissaient qu’en fin de cortège pour "dépouiller". "Jamais nous n’avions vu une telle collusion assumée".</p><p><br />Ce qui se dévoile progressivement est ce que j’annonce dans La guerre civile qui vient (1) : la contestation violente du modèle de société occidentale, capitaliste et libérale. Le rejet est porté en commun par la gauche radicalisée et par l’islam politique, qui fait passer le musulman pour le nouveau damné de la terre. Cet islam révolutionnaire s’est déjà introduit dans de nombreux syndicats. Il apporte une force conquérante inédite et potentiellement brutale. Il s’est immiscé également dans les rangs de Nuit debout, à travers la défense de la cause palestinienne et le boycott d’Israël (mouvement BDS). Les convergences que cette mobilisation, fixée sur la place de la République à Paris, tente d’établir avec les cités entrent dans la perspective d’un front uni contre le pouvoir affaibli. C’est le gourou de Nuit debout, Frédéric Lordon, qui a assuré dernièrement : "Nous ne sommes pas là pour être amis avec tout le monde et nous n’apportons pas la paix. Nous n’avons aucun projet d’unanimité démocratique". Ce mercredi, la contre-manifestation organisée par le collectif "Urgence, notre police assassine" a été annulée par la préfecture. Amal Bentounsi, sa fondatrice, s’en insurge : "Les violences policières ne viennent pas d’être inventées. Les quartiers ont servi de laboratoire à ce qui est étendu aux manifestants aujourd’hui". La guerre civile est déjà dans les esprits des islamo-gauchistes et de leurs collaborateurs, qui se disent en légitime défense face à la police criminelle. Cette même police est applaudie par une majorité de Français, pour sa vaillance lors des derniers attentats islamistes.</p><p><br />(1) Editions Pierre-Guillaume de Roux</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>

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